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LMD
S
Droit des personnes
et de la famille LMD Collection dirigée par Bernard Beignier

Le droit des personnes et de la famille couvre l’ensemble des questions relevant du livre
premier du Code civil (articles 7 à 515-13). Les sujets sont nombreux, allant des actes de

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l’état civil à la dissolution du mariage par le divorce, en passant par la protection du corps
humain, les conditions et effets du mariage, l’établissement de la filiation ou encore

Droit
le respect de la vie privée. L’ouvrage comporte deux parties. La première, consacrée
aux personnes, permet d’envisager successivement l’institution et la protection des
personnes. La seconde, dévolue à la famille, traite d’abord du couple, puis de l’enfant.
Outre le cours, des dossiers de travaux dirigés, comportant de nombreux exercices

des personnes
corrigés (cas pratiques, analyses d’arrêts et QCM) et des conseils méthodologiques

Droit des personnes


U
permettent aux étudiants de s’exercer pour mieux comprendre les sujets abordés.
Conçu pour les étudiants en droit découvrant le droit des personnes et de la famille en

et de la famille
licence 1 ou l’approfondissant en master 2, cet ouvrage accompagnera également les

et de la famille
professionnels du droit, avocats, magistrats ou notaires, dans leur activité. Un index et
une table des matières détaillée, en fin d’ouvrage, permettent un accès direct à toutes
les questions traitées.
Cette quatrième édition est à jour de la loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-
2022 et de réforme pour la justice portant notamment sur le mariage des personnes 4e édition
protégées, les modalités du consentement à l’assistance médicale à la procréation avec
tiers-donneur ou encore sur la suppression de la phase de conciliation de la procédure

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du divorce contentieux. Elle intègre, par ailleurs, les modifications apportées par la loi
du 10 juillet 2019 relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires. Elle tient
enfin compte des dernières évolutions de la jurisprudence en matière de gestation pour
autrui, notamment de l’avis rendu, en la matière, par la Cour européenne des droits de
l’homme le 10 avril 2019. À jour

B. Beignier
J.-R. Binet
Bernard BEIGNIER est professeur de droit privé. doyen honoraire de la Faculté de droit de de la loi de
l’Université de Toulouse, il exerce les fonctions de recteur de l’Académie d’Aix-Marseille.
programmation Bernard Beignier

C
Jean-René BINET est professeur de droit privé à la Faculté de droit de l’Université de
Rennes 1 et directeur de l’école doctorale de droit et de science politique de l’Université de la justice du Jean-René Binet
Bretagne-Loire. Il enseigne le droit des personnes et de la famille aux étudiants de 23 mars 2019
première année de licence en droit.

www.lgdj-editions.fr
ISBN 978-2-275-06486-4 38 €

COURS - Droit des personnes et de la famille - 4e ed_2.indd 1 02/09/2019 10:02


2e Exercice
Cas pratique

Énoncé
Mariée depuis deux ans à Denis, Amélie de Justice est inquiète. Son jeune époux, épris
de navigation en haute mer et désireux de se remettre de son cuisant échec à sa licence
en droit, a décidé de participer à l’édition 2013 de la transat Bretagne-Martinique,
course à la voile, en solitaire, sans escale et sans assistance. Le 5 avril 2013, vingt
jours après son départ de Brest, Denis l’a appelée pour lui indiquer qu’il s’apprêtait à
traverser une très violente tempête. Elle n’a plus eu aucune nouvelle de lui depuis ce
jour. Que peut-elle faire au sujet de la situation juridique de son mari ?
Cette situation l’inquiète d’autant plus qu’elle est enceinte depuis le début du mois
d’octobre. Elle s’interroge sur la situation juridique de son enfant à naître et se
demande s’il lui sera possible d’hériter du château d’Euquarte, superbe propriété de
son mari. Qu’en pensez-vous ?

Conseils
Il faut éviter de donner directement la réponse correspondant à la situation. Vous devez
envisager toutes les hypothèses et exclure celles qui ne correspondent pas. Enfin, il
convient de ne pas poser les questions de manière trop restrictive.

Proposition de corrigé
Amélie de Justice est inquiète car elle n’a plus de nouvelles de son jeune époux Denis
depuis qu’il lui a annoncé qu’il s’apprêtait à traverser une violente tempête le 5 avril
2013. Que peut-elle faire à propos de la situation juridique de son mari ?
Son inquiétude est d’autant plus légitime qu’elle est enceinte, elle s’interroge sur la
situation juridique de son enfant et se demande s’il pourra hériter du château de son
époux.
Nous envisagerons dans un premier temps la situation juridique du mari d’Amélie et
dans un second temps la situation de l’enfant d’Amélie.

I. Situation juridique du mari d’Amélie


Quelle est la situation juridique d’une personne qui ne donne plus de nouvelles et cesse
de paraître à son domicile ?
Juridiquement, deux situations permettent de qualifier une personne qui ne donne plus
de nouvelles et cesse de paraître à son domicile : l’absence et la disparition.

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Séance de travaux dirigés

Les conditions de l’absence sont posées à l’article 112 du Code civil. Une personne est
considérée absente lorsqu’elle a cessé de paraître au lieu de son domicile ou de sa rési-
dence, sans que l’on ait eu de ses nouvelles depuis.
En l’espèce, Amélie nous indique qu’elle est sans nouvelles de son mari depuis que ce
dernier lui a signalé qu’il s’apprêtait à traverser une très violente tempête. De plus, ce
dernier n’est pas reparu à leur domicile depuis cette même date.
L’autre situation juridique permettant de qualifier le cas d’une personne qui cesse de
paraître à son domicile et ne donne plus de ses nouvelles est la disparition. Une
personne est considérée comme disparue lorsqu’elle a cessé de paraître au lieu de
son domicile ou sa résidence, sans que l’on ait eu de nouvelles, et alors qu’un événe-
ment particulier l’a exposée à un péril de mort. L’article 88 du Code civil prévoit, dans
son alinéa 1er, la possibilité de déclaration judiciaire de décès de tout Français disparu
en France ou hors de France, dans des circonstances de nature à mettre sa vie en
danger, lorsque son corps n’a pu être retrouvé. L’appréciation de ces circonstances de
fait relève du pouvoir souverain des juges du fond.
En l’espèce, depuis le 5 avril 2013, Amélie n’a plus de nouvelles de son mari. Pis encore,
les dernières nouvelles qu’elle a reçues de Denis lui indiquaient qu’il s’apprêtait à
traverser une très violente tempête. Les mauvaises conditions météorologiques caracté-
risées par « la très violente tempête » sont telles que l’on ne peut s’empêcher de
présumer la mort du navigateur. Son corps n’a, par ailleurs, pas été retrouvé.
Les conditions de l’article 88 du Code civil étant réunies et la caractérisation d’un régime
excluant l’autre, la situation juridique la mieux adaptée permettant de qualifier l’état de
Denis est la disparition.
L’article 89 du Code civil énonce qu’en cas de disparition, la requête visant à établir le
décès de la personne concernée « est présentée au tribunal de grande instance du lieu
de la mort ou de la disparition, si celle-ci s’est produite sur un territoire relevant de
l’autorité de la France, sinon au tribunal du domicile ou de la dernière résidence du
défunt ou du disparu ».
En l’espèce, Denis de Justice ayant disparu en mer, le tribunal compétent pour
prononcer le jugement déclaratif de décès, sera celui dans le ressort duquel se trouve
son château d’Euquarte.
En conclusion, Amélie en sa qualité de conjoint, pourra, sans délai, introduire une
requête en disparition devant le tribunal de grande instance de leur domicile. Il appar-
tiendra au juge d’apprécier souverainement les faits et d’en déduire ou non sa dispari-
tion puis, de rendre un jugement déclaratif de décès. Le jugement déclaratif de décès
emportant toutes les conséquences du décès, la succession de Denis pourra dès lors
être ouverte et le mariage dissous.

II. Situation de l’enfant d’Amélie à naître


Un enfant à naître peut-il acquérir des droits et à quelles conditions ?
Selon l’article 725 du Code civil, « pour succéder, il faut exister à l’instant de l’ouverture de
la succession ou, ayant déjà été conçu, naître viable ».

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DROIT DES PERSONNES ET DE LA FAMILLE

En l’espèce, Amélie est enceinte depuis le début du mois d’octobre. L’enfant n’est donc
pas encore né et par conséquent il n’a pas acquis la personnalité juridique lui permet-
tant d’hériter.
En effet, la personnalité juridique s’acquiert par la naissance. Toutefois, la maxime
Infans conceptus pro nato habetur quoties de commodis ejus agitur constitue une exception
à ce principe. Elle signifie que l’enfant simplement conçu est considéré comme né
chaque fois qu’il y va de son intérêt. Il ressort de l’article 725 du Code civil et de cette
maxime, érigée en principe général du droit (Cass., 1re civ., 10 décembre 1985), qu’un
enfant à naître ne peut succéder que si trois conditions sont réunies.
La première condition repose sur l’existence d’un enfant conçu.
En l’espèce, Amélie est enceinte depuis le début du mois d’octobre. Il y a bien concep-
tion.
De plus, l’article 312 du Code civil prévoit que les enfants conçus ou nés pendant le
mariage ont pour père le mari.
En l’espèce, Amélie et Denis de Justice étant mariés depuis deux ans et puisqu’il a été
conçu avant la disparition de ce dernier, l’enfant à naître pourra voir sa filiation pater-
nelle établie à l’égard de Denis.
La seconde condition d’application de la règle infans conceptus est celle de l’intérêt de
l’enfant.
En l’espèce, l’enfant à naître est appelé à recueillir une succession. Il y va de son intérêt
d’hériter du château d’Euquarte.
Enfin, il faut que l’enfant conçu naisse vivant et viable. Cette notion de viabilité n’a pas
été définie par le Code civil. Toutefois, l’Organisation mondiale de la santé a fixé de
seuil de viabilité à 22 semaines d’aménorrhées ou 500 grammes pour le poids du fœtus.
En l’espèce, il faudra attendre la naissance de l’enfant pour vérifier que cette condition
est remplie. Si tel est le cas, il pourra alors recueillir la succession.
En conclusion, l’enfant à naître d’Amélie est présumé avoir pour père Denis, son mari.
Par conséquent, en application de la règle Infans conceptus, il pourra hériter du château
d’Euquarte à condition qu’il naisse ultérieurement vivant et viable.

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et de la famille LMD Collection dirigée par Bernard Beignier

Le droit des personnes et de la famille couvre l’ensemble des questions relevant du livre
premier du Code civil (articles 7 à 515-13). Les sujets sont nombreux, allant des actes de

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l’état civil à la dissolution du mariage par le divorce, en passant par la protection du corps
humain, les conditions et effets du mariage, l’établissement de la filiation ou encore

Droit
le respect de la vie privée. L’ouvrage comporte deux parties. La première, consacrée
aux personnes, permet d’envisager successivement l’institution et la protection des
personnes. La seconde, dévolue à la famille, traite d’abord du couple, puis de l’enfant.
Outre le cours, des dossiers de travaux dirigés, comportant de nombreux exercices

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corrigés (cas pratiques, analyses d’arrêts et QCM) et des conseils méthodologiques

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permettent aux étudiants de s’exercer pour mieux comprendre les sujets abordés.
Conçu pour les étudiants en droit découvrant le droit des personnes et de la famille en

et de la famille
licence 1 ou l’approfondissant en master 2, cet ouvrage accompagnera également les

et de la famille
professionnels du droit, avocats, magistrats ou notaires, dans leur activité. Un index et
une table des matières détaillée, en fin d’ouvrage, permettent un accès direct à toutes
les questions traitées.
Cette quatrième édition est à jour de la loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-
2022 et de réforme pour la justice portant notamment sur le mariage des personnes 4e édition
protégées, les modalités du consentement à l’assistance médicale à la procréation avec
tiers-donneur ou encore sur la suppression de la phase de conciliation de la procédure

O
du divorce contentieux. Elle intègre, par ailleurs, les modifications apportées par la loi
du 10 juillet 2019 relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires. Elle tient
enfin compte des dernières évolutions de la jurisprudence en matière de gestation pour
autrui, notamment de l’avis rendu, en la matière, par la Cour européenne des droits de
l’homme le 10 avril 2019. À jour

B. Beignier
J.-R. Binet
Bernard BEIGNIER est professeur de droit privé. doyen honoraire de la Faculté de droit de de la loi de
l’Université de Toulouse, il exerce les fonctions de recteur de l’Académie d’Aix-Marseille.
programmation Bernard Beignier

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Jean-René BINET est professeur de droit privé à la Faculté de droit de l’Université de
Rennes 1 et directeur de l’école doctorale de droit et de science politique de l’Université de la justice du Jean-René Binet
Bretagne-Loire. Il enseigne le droit des personnes et de la famille aux étudiants de 23 mars 2019
première année de licence en droit.

www.lgdj-editions.fr
ISBN 978-2-275-06486-4 38 €

COURS - Droit des personnes et de la famille - 4e ed_2.indd 1 02/09/2019 10:02