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Analyse des Impacts

de l’INDH sur
Rapport
Mai 2011
la Pauvreté et le Social
dans la Région
de Mohammedia

Laboratoire
Espaces et Aménagement des Territoires

Faculté des Lettres et des Sciences Humaines - Mohammedia


Université Hassan II Mohammedia - Casablanca

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Remerciements

Nous tenons vivement à remercier M. Bejad (SG de l’ONDH) et M. Mansouri (Responsable à l’ONDH) ainsi
que les experts de L’Observatoire national du Développement Humain, de leur soutien indéfectible et leurs
conseils judicieux tout au long de l’élaboration de cette étude.

Ce travail reste bien évidemment relatif en raison de la limite des moyens et du temps impartis pour son
accomplissement. Il a fallu certes opérer des abrègements. Mais des pistes de travail importantes se sont
dégagées qui nécessitent dans l’avenir des études beaucoup plus exhaustives. Avec ce travail, une nouvelle
expérience est acquise à laquelle il convient d’assurer une continuité.

Au nom de l’équipe du LEAT


Rachida NAFAA

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1. Introduction

1.1 Présentation du rapport

Ce rapport présente les résultats d’un travail accomplis par le Laboratoire Espace et Aménagement
du Territoire de l’Université Hassan II Mohammedia – Casablanca (LEAT) et entrepris avec le concours de
l’Observatoire National du Développement Humain (ONDH).
Il s’agit précisément d’une recherche action qui visait principalement à procéder à l’analyse de
l'impact de certains projets inscrits dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement humain
(INDH) sur la société, mais aussi à encourager les enseignants chercheurs à s’impliquer dans la dynamique
des changements socio-économiques et des études actions et, plus particulièrement, à tester la validité de
méthodes élaborées en vue d’analyser les impacts des programmes nationaux de développement, telle
l’INDH, qui constitue un acte de règne porté et mis en œuvre par tous les Marocains depuis 2005.
L’intérêt scientifique est certain pour l’équipe du LEAT, puisque cette recherche action a permis aux
enseignants chercheurs impliqués dans ce travail de tester la validité de la méthode dite PSIA (Poverty and
Social Impact Analyse) utilisée dans l’analyse des programmes de développement humain et d’approcher les
réalités du développement humain à l’échelle des communes rurales et urbaines. De fait, les visites de
terrains et les contacts avec les populations, les ONG, les autorités locales et les débats publics organisés sur
place ont permis de connaître, de comprendre et d’évaluer de manière participative les impacts attendus ou
non attendus des et de cerner les dysfonctionnements, les besoins et les aspirations des habitants,
notamment les jeunes et les femmes.
Il convient de rappeler que la méthode PSIA est adoptée par la Banque mondiale et le PNUD en vue
d’apprécier le rôle joué par la société civile, les acteurs locaux, les autorités et les bénéficiaires dans la
conduite des projets de développement humain, et tenter de comprendre par conséquent les pouvoirs et les
influences, les ressources et le fonctionnement des gestions.
Il s’agit également d’essayer de montrer, au-delà des projets concernés par ce rapport, que la
méthode PSIA peut être applicable sur des réformes publiques ayant une portée sociale, telle l’INDH, même
si à l’origine elle vise l’évaluation des impacts des réformes économiques sur les sociétés et la pauvreté.

1.2 Contextualisation de l'étude

Depuis les années 80, les instances internationales de développement et de financement (BM, FMI,
FAO, UNDP etc.) n’ont cessé de produire des politiques visant à remédier aux changements économiques
brutaux : restructurations, mondialisation, libre échange, ouverture des frontières par des actions et des
conceptualisations nouvelles, telles que le «développement durable, agenda 21, approches participatives,
genre, équité et égalité des chances, le commerce équitable », et ce, afin de colmater le hiatus qui s’est créé
entre les pays, d’une part, et à l’intérieur de chaque pays, d’autre part.

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Le Maroc, comme tous les pays en voie de développement, a vécu tant bien que mal ces
changements, et son développement a été affecté par des conjonctures qui ont limité son essor et contribué à
l’appauvrissement des régions rurales particulièrement, comme la sécheresse qui a duré vingt ans et causé un
exode rural effréné vers les villes, où les nouveaux arrivants ont créé des quartiers qu’on qualifie de périurbains
ou périphériques qui constituent des territoires de fragilités composites.
Le Maroc connaît, depuis le début des années deux mille, et notamment depuis l’année 2005, une
avancée accélérée en termes de développement humain et social. Afin de réaliser les objectifs de l’Initiative
royale, à savoir l’INDH, plusieurs mécanismes, outils, lois et procédures ont été mis en place. Des formations,
des débats, des études ont été lancés dans les quatre coins du Maroc. Des commissions et des instances de
suivi et d’évaluation, tel l’Observatoire National du Développement Humain, ont été créés afin d’assurer toutes
les conditions de réussite à cet acte qui vise les espaces et les hommes vivant des situations de précarité, de
fragilité et d’exclusion sociale et économique.
A travers les personnes ressources et les structures de recherche, les universités se sont également
efforcé de participer à cette dynamique par la contribution à la formation des acteurs de développement ou par
l’implication dans des études d’analyse, d’évaluation et de suivi. L’impartialité et l’objectivité des chercheurs
sont un atout réel pour rendre compte des états d’avancement, de réussite ou de dysfonctionnement.
Dans ce contexte, L’analyse et l’évaluation de l’impact des programmes nationaux de développement
humain, sur une société vivant dans des conditions sociales difficiles et sur la pauvreté, représentent l’axe
crucial de la problématique que l’équipe du Laboratoire Espaces et Aménagement des Territoires de la FLSH
de Mohammedia, qui a essayé d’analyser ce processus d’une façon différente en utilisant une approche
nouvelle qui a émané de la Banque Mondiale, elle-même, reconnaissant que cette approche est le résultat
des doléances des ONG de plusieurs pays qui ont demandé à comprendre toutes les causes, les motifs, les
pouvoirs, les interférences qui font d’un programme de développement une réussite ou un échec dans sa
lutte contre la pauvreté.
L’analyse et l’évaluation de l’impact des programmes nationaux de développement humain, sur une
société vivant dans des conditions difficiles et dans la pauvreté, représente l’axe crucial de la problématique
que l’équipe du Laboratoire Espaces et Aménagement des Territoires de la FLSH de Mohammedia se propose
d’effectuer.
La mise en place de la culture de l’évaluation et de suivi est également un objectif de ce travail,
puisque pendant plusieurs décennies, les projets et les réformes n’étaient pas sujets d’évaluation par la
population elle-même et par la société civile.
Les avis et les représentations des Marocains, notamment les populations locales et la société civile,
sur les politiques publiques ont rarement été sollicités, en dehors des partis, des politiques.
Il est certain que les conditions de vie, la santé, l’éducation, la nutrition, l’accès aux services de
base, le transport, la solidarité locale, la gouvernance locale et son degré de démocratie et d’équité sont
tous des indicateurs qui permettent de connaître non seulement les chances de lutte contre la pauvreté
mais aussi d’avoir une idée claire sur le développement local et sur la gouvernance locale dans un quartier,

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un douar, une ville ou un village. Il est temps que l’université s’active dans la recherche-action par ce genre
d’étude.
Le choix de la Préfecture de Mohammedia n’est pas fortuit. Car il s'agit d'une Préfecture que l’on peut
étudier aussi bien sur le plan de l’urbain, du rural et du périurbain. D'autant qu'elle peut mobiliser plusieurs
acteurs de développement, (L’université de Mohammedia, La DAS, le Conseil municipal, la Préfecture…).
Il faut souligner que toutes les parties impliquées directement ou indirectement ont fait preuve
d'ouverture et d'esprit de collaboration et ont manifesté une synergie sans égale avec l’équipe de l’étude en
mettant à sa disponibilité toutes les données et en répondant aux questions de l’enquête.

1.3 Généralités sur la zone de l’étude : Mohammedia et sa Préfecture

Située au coeur du Maroc, près de la métropole économique casablancaise et à une soixantaine de


kilomètres de la capitale du Royaume, la Préfecture de Mohammedia occupe une position géographique
privilégiée. Cette situation fait d’elle une Préfecture dynamique, dotée de potentialités industrielles, agricoles
et éco-touristiques. Elle devrait, par conséquent, offrir un cadre de vie de qualité.
Nous présentons dans cette partie un bref exposé de ces données dont l’importance est cruciale pour
bien saisir les enjeux liés à l'économie et aux politiques sociales de la lutte contre la pauvreté.
Le statut juridique de la Préfecture de Mohammedia n’a pas cessé d’évoluer depuis la création de la
ville. La naissance de la Préfecture de Mohammedia s'insère dans le cadre de la nouvelle organisation
administrative du Grand Casablanca. Elle est créée par le décret nº 2-81-853 du 26 Ramadan 1401 (28 juillet
1981) modifiant et complétant le dahir nº 1-59-351 du 1er Joumada II 1379 (2 décembre 1959) relatif au
découpage administratif du Royaume.
A cette date, la préfecture était divisée en 2 circonscriptions administratives:
1) Le Pachalik de Mohammedia qui correspond à la commune urbaine de Mohammedia.
2) Le Caïdat des Zénatas qui correspond à la commune rurale d’Aïn Harrouda et qui a été rattachée à
la nouvelle préfecture de Sidi Bernoussi Zénata au début de 1991.
Aujourd’hui, la Préfecture dispose d’un espace encore plus pertinent, car depuis le 25 mars 2003,
cinq nouvelles communes ont été rattachées à Mohammedia : la municipalité de Aïn Harrouda et les
communes rurales de Ech-Chellalate, Sidi Moussa Ben Ali, Sidi Moussa El Majdoub et Beni Yakhlef.

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Carte 1 : Préfecture de Mohammedia

Tableau 1 : Superficie et population de la Préfecture de Mohammedia :


Commune Supérficie (ha) Population (habitant)
Mohammedia (urbaine) 3400 190000
Ain Harrouda (urbaine) 3128 42000
Ech-Chellalate (rurale) 6260 40311
Bni Yakhlef (rurale) 4500 30000
Sidi Moussa Mejdoub (rurale) 4500 9400
Sidi Moussa Ben Ali (rurale) 6000 12412

Ce nouvel espace compte à son actif des atouts à la fois riches et variés :
 Un réseau d’infrastructures dense et complet;
 Une accessibilité directe à l’aéroport Mohammed V et à l’aéroport de Benslimane;

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 Des équipements modernes de télécommunications;


 Un tissu industriel performant et des traditions industrielles bien établies;
 Un complexe portuaire et d’industries pétrolières et thermiques qui en font le coeur énergétique
du Maroc. Des potentialités touristiques et de loisirs qui lui ont valu sa réputation de « Cité des
fleurs et des sports élégants »;
 Un arrière pays à vocation agricole prometteuse;
 Une expérience pilote en termes de projets sociaux;
 Une dimension universitaire appelée à constituer une véritable locomotive en matière de
Recherche-Développement.

Cependant, la Préfecture de Mohammedia doit parallèlement faire face à des défis de taille, liés
notamment à l’existence de bidonvilles et d’habitats anarchiques avec les problèmes sociaux qui les
accompagnent, telles :
1. L’exclusion et la marginalisation sociale,
2. La prolifération anarchique des dépôts industriels,
3. La dégradation de son littoral.
4. L’exposition aux risques technologiques et naturels.

Face à cette situation, et au moins sur le plan social, le plan de développement de la Préfecture a
défini les objectifs suivants :
1. renforcer les capacités des associations;
2. consolide les actions citoyennes menées par les acteurs économiques.

La volonté politique de concilier les habitants de la ville et sa Préfecture avec leur environnement est
réelle et se manifeste à travers les projets opérationnels suivants :

1- Encadrement et formation des acteurs associatifs;


2- Professionnalisation de l’action associative;
3- Assistance aux associations sur le plan financier;
4- Implication des opérateurs économiques dans l’INDH;
5- Encouragement des industriels à promouvoir des projets générateurs d’emploi;
6- Sensibilisation des industriels à la nécessité de l’amélioration du cadre de vie des citoyens.

Il s’agit donc de plusieurs actions publiques qui sont initiées grâce à la dynamique créée par l’INDH,
dont il faut assurer le suivi et l’évaluation, sachant que cela n’est possible qu’en se basant sur une approche
appropriée, telle la PSIA. Il s’agit là certes d’une opportunité offerte aux universitaires et dont ils doivent se
saisir pour mettre leurs analyses au service du développement de la ville.
Les projets INDH ou ceux auxquels l’INDH participe sont classifiés en cinq types :

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1. Les projets structurants territoriaux (mise à niveau, recasement, eau potable, électricité, voirie,
centres sociaux, santé) 2. Les projet de renforcement des capacités et des savoirs humains (formation,
éducation, sport, coaching)
3. Les projets AGR pour la pauvreté
4. Les projets d’empowerment des femmes et des filles
5. Projets dédiés

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2. Présentation des projets INDH dans la préfecture de Mohammedia :

Etat des lieux (2005-2010)

La Préfecture de Mohammedia est dotée d’une société civile assez développée et d’une Division des
Affaires Sociales professionnelle et ouverte. En plus d’un gouverneur qui a été chargé de la coordination
nationale de l’INDH et qui maîtrise un véritable savoir faire et une expertise confirmée. Elle se qualifie par
l’existence d’une université citoyenne qui a inscrit la philosophie et les objectifs de l’INDH parmi ses
préoccupations fondamentales ; comme en témoigne l’accréditation des filières de formations dédiées au travail
social, agent de développement social, médiation sociale etc. De même qu’elle est certifiée l’INDH comme l’une
des institutions les plus spécialisées dans la formation et la qualification des acteurs sociaux à l’échelle de la
Wilaya de Casablanca et de la Préfecture de Mohammedia. En plus certains membres de l’équipe chargée de
cette étude, sont membres des commissions locales, provinciales de l’INDH, d’autres sont impliqués dans le
tissu associatif de la ville. Il s’agit par conséquent de ressources ayant accumulé une information et des
expériences en matière des projets INDH.
La synergie existant entre l’équipe de recherche et la DAS, la Préfecture, les communes rurales, le
conseil municipal, les associations, a facilité l’accès aux informations, données, statistiques. La collaboration des
populations concernées s’est faite spontanément et naturellement. D’où la l’instauration d’un climat de
communication et de confiance, ce qui a favorisé aisément la collecte des données et des réponses.

2.1 Aperçu global sur les projets INDH dans la préfecture

Le graphique suivant montre l'évolution des projets INDH de 2005 à 2010 dans la préfecture de Mohammedia.

20

18

16

14

12 Urbain
Rural
10
Précarité
8 Transversal
6

0
2005 2006 2007 2008 2009 2010

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Lieux d’action des projets du Programme transversal et du Programme Précarité

Tableau 2 : Taux de répartition des projets du Programme transversal et du Programme


Précarité entre le milieu urbain et le milieu rural
Milieu urbain Milieu rural
Précarité 84.8 15.1
Milieu urbain Milieu rural

Transversal 51.6 48.3

Depuis 2005, la Préfecture de Mohammedia a mis en place plus de 100 projets dans le rural comme à
l’urbain. La plupart sont localisés en ville, avec 84% des projets qui s'insèrent dans le cadre de la lutte contre la
précarité. Alors que dans le cadre du programme transversal, elle détient 51%. Cela montre que la lutte contre
la précarité sociale est prioritaire dans les quartiers pauvres, de recasement et les quartiers dits « difficiles ».
Quant au transversal, la part des communes rurales est importante, soit 48%, les douars et villages ont
besoin de routes et pistes praticables, de l’électricité, de l’eau potable, de l’assainissement.
En ville, les gens ont plus besoin de centres sociaux, de formation, d’AGR, dans le rural, la population a
besoin de médicaments, de médecins, de maternité, d’internat pour les écoliers, de transport public etc.

La répartition spatiale des projets de l’INDH sur le territoire de la Préfecture de Mohammedia,


montre que la disparité entre l’urbain, le périurbain et le rural change d’un type de projet à l’autre.
Ainsi, en ce qui concerne les AGR, la part du périurbain et du rural est de 33% chacun, alors que
l’urbain est de 33,3 %, taux légèrement supérieur au premier.
Pour les projets qui visent le développement du sport et de l’infrastructure sportive, la répartition
entre l'urbain et le rural est la même, à savoir, 38%, alors que dans le périurbain, le taux est de 23%,
nettement inférieur au premier taux.
Le rural est le territoire le plus visé par la mise en place des structures de base. En effet, 72% des
projets sont localisés dans cette zone. Ce taux s’explique par l’énorme besoin de la campagne en termes de
réseau routier, d’eau potable, d’électricité et de centres sociaux.
Alors que 13% seulement des projets des structures de base sont réalisés dans le périurbain et en
ville.

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Tableau 3 : Récapitulatif des objectifs et des axes stratégiques des projets

Axes Stratégiques Code

Objectif
Généralisation et renforcement de l'accès aux services sociaux de base 1
n°1

Objectif
Renforcement de la proximité sociale 2
n°2

Objectif Convergence des projets des programmes sectoriels avec l'INDH pour l'amélioration en
3
n°3 termes de performance sociale de l’action publique.

Assurance d'une bonne gouvernance du dispositif préfectoral de l’INDH (renforcement de la


Objectif
participation des acteurs locaux au pilotage technique) 4
n°4
partage et/ ou délégation de la maîtrise d'ouvrage des projet,

Objectif
Promotion de l'emploi et création d'AGR 5
n°5

Tableau 4 : Répartition des projets par année de programmation


Année
Code_ Nombre de Projets par année

2005 1 12

2006 2 36

2007 3 30

2008 4 23

2009 5 36

Total général 137

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Tableau 5 : Répartition géographique des Projets


COMMUNE CODE Nbr_projets_par Commune
MOHAMMEDIA (urb) 1 69
AIN HARROUDA (urb) 2 27
BEN YAKHLEF (rur) 3 40
EECH-CHELLALATE (rur) 4 28
SMMAJDOUB (rur) 5 17
SM BEN ALI (rur) 6 17
Total Général 198

Tableau 6 : Etat d'avancement et nombre de projets

Etat d'Avancement Nombre de projets

Achevé 87

Démarré 27

En cours de résiliation 1

Etude en cours 3

non démarré 13

Arrêté 1

Annulé 5

Total Général 137

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2.2 Cas d’études : Présentation de quelques projets INDH réalisés dans la Préfecture de
Mohammedia

L’étude socio-spaciale, réalisée en fin 2005, à laquelle ont été associés des étudiants du master et
des doctorants relevant du laboratoire LEAT, a mis au jour une forme d’exclusion sociale, constatée surtout
dans les zones rurales, périurbaines, insalubres, et que traduisent les données suivantes :
- 1/4 ménages vit dans les bidonvilles ;
- 34 % des ménages ne sont pas raccordés au réseau d’eau potable,
- 34,9 % des ménages ne sont pas raccordés au réseau d’assainissement,
- 20,2 % des ménages ne sont pas raccordés au réseau d’électricité;
- L’analphabétisme et la montée de la déscolarisation chez les enfants à un âge très jeune (moins de
14 ans en milieu rural quittent les bancs de l'école);
- Près de 76% sont déscolarisés au niveau de la 9ème année du secondaire;
- 33,59 % des enfants bénéficient d'un encadrement préscolaire par rapport au nombre total de la
population de 3 à 5 ans ;
- Des risques sanitaires en augmentation continue :
o Seulement 60,9 % des accouchements effectuées sous surveillance
o Concernant l’insuffisance rénale, l’offre publique de la prise en charge actuelle n’atteint pas
10 % du coût global de la prise en charge estimée pour 77 malades nécessiteux selon le
dernier recensement.
Conformément aux dispositifs méthodologiques instaurés dans le cadre des manuels de procédures
des programmes spécifiques de l’INDH, l’action territoriale a été basée sur 05 orientations :
Les cas d’étude que nous présentons constituent des exemples des projets qui ont été conduits de
manières différentes. Le processus et le déroulement ont été soumis à des approches différentes. La réussite
n’est pas le facteur commun du choix, mais chaque projet a pris une allure qui lui est propre. Tous les trois
ont été examinés à travers les données fournies par la DAS, mais aussi des informations déduites des
déclarations et des enquêtes avec la population. L’intérêt d’individualiser ces 3 expériences est de démontrer
comment des projets peuvent aboutir en dépassant les contraintes et comment certains peuvent ne pas
aboutir faute de convergence et de synergie.
Plusieurs projets AGR, formation, santé, sport, sont en cours de réalisation ou achevés, mais il est plus
important de choisir des cas représentatifs et parmi les axes les plus sollicités et qui peuvent servir pour déceler
les défaillances, les défis et les impacts.

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2.2.1. Projet : Al Khoudoud pour l’eau potable

Porteur du projet : Association Al Khoudoud pour le développement humain du monde rural

Les douars Lakhdoud et Ain Bouchaib, zone d’intervention de ce projet, font partie des douars de la
commune rurale de Beni Yakhlef qui sont privés de l’accès à l’eau potable, avec une population d’environ
30000 habitants (conséquences de l’exode rural et de la forte urbanisation de la ville de Mohammedia).
Cette commune réalisait avant le lancement de L’INDH un taux de desserte de L’AEP de 35, l’objectif
de l'intervention était d'atteindre un taux de desserte de 99 % à l'horizon 2010.
La mise en place du programme PAGER en 1995 (le programme d’approvisionnement groupé en eau
potable des populations rurales) pour généraliser l’alimentation en eau potable dans le milieu rural a donné
des résultats satisfaisants puisque le taux de desserte en AEP a atteint 55% en 2003 et 65% en 2007 dans
l’ensemble du territoire national.
Cependant, de grands efforts restent encore à faire en vue de généraliser l’accès à l’eau potable en
milieu rural pour d’autres douars qui connaissent les mêmes difficultés. C’est dans cette perspective de
généralisation du branchement individuel en eau potable et par bornes fontaines des douars lakhdoud et Ain
Bouhchad que devrait être évalué cette action de l'INDH et par rapport à d'autres milieux ruraux.
Avec un coût global de 950.000.00dh, le projet Branchement individuel en eau potable des douars
est un projet financé dans le cadre du programme transversal 2007 dans la rubrique soutien de projets à
fort impact.
Retenu dans le cadre d'appel à projets, ce projet est appelé à contribuer à l’amélioration des
conditions de vie des populations rurales et encourager à la scolarisation des filles en milieu rural.
Ce projet peut être érigé en modèle, eu égard à sa pertinence, à ses nouveautés en matière de
financement et d'implication des bénéficieras, de gestion de conflits, et de rapprochement social.
Les leçons à tirer de ce projet peuvent être résumées comme suit :
- la participation et l’implication de la population pour s’approprier le projet sont des nécessités
de premier ordre pour la pérennisation du projet, le rapprochement social et le renforcement
des capacités de la population.
- La population peut devenir, lorsqu'elle est réellement impliquée, un autorégulateur de
solidarité financière et sociale.
- Les projets INDH réussis contribuer à instaurer la confiance de la population en elle-même et
à l'égard des autorités et des institutions publiques.

Le 21 mai 2207, l’Association Al Khoudoud pour le développement humain dans le monde rural a
déposé une demande à la préfecture de Mohammedia en remplissant le formulaire de la demande de
candidature pour bénéficier, dans le cadre du programme transversal, de la participation de l’INDH
concernant le projet : Branchement individuel en eau potable et par bornes fontaines des douars Lakhdoud
et Ain Bouhcha.

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Avant le lancement du projet, l’association a discuté le problème de l’alimentation en eau potable


lors de ses assemblées générales et à l'occasion de plusieurs réunions avec la population. Elle a donc
constaté un fort besoin des populations en eau potable. Ensuite, elle a procédé ensuite à un sondage
d’opinion en vue de s’assurer de l’adhésion de la population concernée au projet d’adduction à l’eau
potable. Ainsi, a-t-elle pu obtenir les engagements de la participation financière de la population concernée.

Les phases de la conception du projet peuvent être représentées comme suit :


- Célébration de la journée mondiale de l’eau le 21 mars 2007 par l’Association. Lors de cette
manifestation où presque 800 personnes étaient présentes, la population a exprimé son fort besoin en eau
potable en se plaignant des conditions insalubres et des conséquences sociales qu'elles entraînent.
- Tenue de réunions avec la population pour la sensibiliser à la nécessité d’alimentation en EP
- Réalisation d’un sondage d’opinion pour s’assurer des engagements de la participation financière
au projet.
- La signature d’une convention tripartite entre l’Assosiation Al Khoudoud de Développement
Humain, l’ONEP et la commune de Beni Yakhlef concernant le projet d’adduction en eau potable.
- Demande de subvention dans le cadre de l’INDH.

Pertinence du projet
L’eau potable est d’une extrême nécessité vu qu'elle détermine fondamentalement et directement à
l'amélioration des conditions et de la qualité de vie, ainsi que de la situation sociale d'un nombre important
de ménages ruraux de cette zone. Ainsi, l'adduction à l'eau potable contribue pleinement :
 au développement humain et en particulier à l’épanouissement des habitants, surtout dans le
milieu rural où les conditions élémentaires de la vie peuvent parfois faire défaut.
 a la scolarisation et par conséquent à la lutte contre l’analphabétisme, car elle contribue à
l'élimination de la corvée de l'eau qui prend beaucoup de temps et à laquelle sont voués filles et garçons, qui
se trouvent ainsi empêchés d'aller à l'école.
 à l’amélioration de l’état de santé de la population. Car l’utilisation des moyens traditionnels non
hygiéniques pour le transport de l’eau et l’eau souterraine non traitée peuvent souvent provoquer des
maladies à vecteur hydrique.

L'objectif général du projet :


L’alimentation en eau potable des habitants des douars Lakhdoud et Ain Bouhchad.

Les objectifs spécifiques du projet :


1. Branchement individuel en eau potable des douars Lakhdoud 1 et 2.
2. Installations des bornes fontaines au douar Ain Bouhchad.
3. Branchement de l’école primaire de Ain Bouhchad au réseau de l’eau potable.

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Les acteurs du projet


 l’INDH : Financement du projet à hauteur de 23 5000.00 DH
 ONEP : Assistance technique, approbation des études.
 La DAS : Assistance administrative et technique et Accompagnement social
 l’Association Al Khoudoud pour le Développement Humain : Exécution, suivi et gestion du projet
et collecte de la participation de la population à hauteur de 715 000.00 DH.

Les résultats du projet sont :


1. Branchement individuel de 220 ménages au douar Lakhdoud
2. Réalisation de 2 bornes fontaines au douar Bouhchad
3. Branchement en EP de l’école Bouhchad de 260 élèves
4. Branchement en EP de 2 mosquées.

Les résultats sont donc en parfaite adéquation avec la pertinence et les objectifs spécifiques
assignés au projet. Ces résultats sont aussi conformes à l’un des objectifs stratégiques de l’INDH, à savoir la
participation à l’accès des populations aux services sociaux de base, notamment l’adduction à l'eau potable.

L’Association Al Khoudoud, un modèle à suivre !


L’Association Al Khoudoud de Développement Humain, porteur de projet, a acquis une solide
expérience en matière d’organisation et d’exécution dans toutes les phases du projet :
- la phase de la collecte des participants de la population concernée : l’association a adopté un
découpage de la zone en 4 sites. Dans chaque site, une commission est chargée de la collecte des
participations de la population et de l’exécution des travaux par l’entreprise avec l’appui d’une commission
permanente de suivi des travaux.
- la phase d’exécution : la consultation d’un BET permet à l’association de bien maîtriser les aspects
techniques du projet.
- la phase du lancement du marché : cette phase lui a permis de prendre connaissance des aspects
juridiques et administratifs du projet.

Conformément à son statut, L’Association Lekhdoud de Développement Humain a constitué des


commissions spécifiques aux activités du projet, dont les attributions sont les suivantes :
- la commission permanente de suivi des travaux qui est composée des membres du bureau de
l’association et des bénéficiaires, elle a pour rôle de faire le suivi et l’évaluation du déroulement des
réalisations, de résoudre les conflits qui surgissent le plus souvent à cause du droit de passage et informe
l’assemblée générale de l’avancement des travaux.
- les commissions de collecte des participations financières des ménages : elles sont au nombre de 4
puisque la zone a été découpée en 4 sites. Leur rôle, comme leur nom l’indique, est de collecter les fonds de

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participations. Toutefois, elles jouent également un rôle de veille, puisqu’elles elles restent au plus proche de
la population pour être à son écoute et l’informer régulièrement de la progression du projet.
- l’assemblée générale de l’association : diffusion de l’information par les comptes rendus des
commissions.
Le financement de l’INDH s’élève à 235.000.00dh, alors que le coût global du projet est de l’ordre de
950.000.00dh.

2.2.2. Projet Grain d’entraide


Porteur du projet : Association Ennajah
Bénéficiaires : Les femmes rurales.

Présentation
Grain d’entraide est un projet innovant en matière d’AGR. Il regroupe à sa tête 15 femmes, toutes
de bonne volonté, du Douar El Hajba, un expert formateur en matière de production de semoule de blé dur,
faite dans le cadre des principes du commerce équitable.
Une maison au centre du Douar a été aménagée comme centre de rencontre des femmes, de
formation et de production.
Une formation en initiation au commerce solidaire a été montée au profit des femmes concernées
par le projet. Un travail exemplaire en termes de marketing (packaging et information) autour du produit a
pu se faire grâce à l’ouverture sur les acteurs de commerce solidaire en Europe.
Aujourd’hui et après une vente test, il s’avère que ce projet est rentable économiquement et
apportera une nette amélioration des revenus des femmes bénéficiaires.
Par ailleurs, l’association villageoise porteuse du projet a pris conscience de l’importance de
l’autonomisation des femmes dans la gestion de cette AGR et a décidé de transmettre le projet aux femmes
qui s’organisent dans le cadre d’une association spécifique à ce projet.
Les 15 femmes bénéficiant de ce projet sont représentatives des familles les plus pauvres du douar.
Leur investissement dans le projet, ainsi que sa visibilité ont rehaussé leur image et leur statut dans la
communauté. Leur succès a eu impact direct sur les 70 familles du douar, et même au-delà. On commence
à croire en effet que le travail collectif, l’ouverture sur d’autres acteurs sociaux, la valorisation des savoirs
faire locaux peuvent être source d’épanouissement individuel et collectif.

Naissance du projet
Le projet est né suite à une rencontre organisée entre un acteur associatif issu de la migration et
représentant de l’ONG Guilde Européenne du Raid, le président de la commune rurale de Beni Yakhlef,
l’Association ANAJAH et les femmes du douar Elhajba. La première réunion à laquelle 30 femmes y ont
participé a eu lieu dans le douar en plein air.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Lors de cette réunion, le représentant de la Guilde a présenté des productions issues d’activités
génératrices de revenu menées par des femmes, c’est cette présentation qui a motivé les femmes du douar
à réfléchir à un projet générateur de revenu.
Lors d’une enquête informelle auprès des femmes, il s’est avéré que le revenu mensuel moyen des
familles ne dépasse guère les 1000 dhs par mois. Sur les 70 familles du douar, la majorité s’adonne à des
activités d’agriculture réduite (élevage de bétails, culture céréalière et maraîchère). La moyenne des surfaces
de passerelles ne dépasse pas 1 hectare. Les femmes ont nettement exprimé leur besoin d’avoir des
activités permettant d’augmenter leur maigre revenu.
Le projet d’AGR a été adopté en fonction des savoirs faire des femmes. Le choix a tout de suite
porté sur la production de semoule de blé dur car elle implique un savoir faire que les femmes maîtrisent,
qui ne demande pas énormément d’investissement en termes de matériel et surtout en raison de l’existence
d’une niche économique d’achat dans les réseaux d’économie solidaire et un retour du consommateur à des
produits du terroir.

Le but original du projet étant de mobiliser les femmes de douar autour d’un projet générateur de
revenu mais également de :
1. Dynamiser une association du douar ;
2. Mise en place d’une formation de sensibilisation en commerce solidaire ;
3. Aménagement d’une maison du douar en lieu de production, de formation et de rencontre pour
les femmes ;
4. Embauche de trois salariés issus du douar, accompagnés par un expert formateur ;
5. Commercialisation du produit.

Au départ, le projet a été déposé auprès de la DAS de Mohammedia dans le cadre de l’appel à
projets du Programme Transversal 2007 par l’Association du douar, déjà impliquée dans un projet
d’électrification. Mais les membres de l’association se sont désengagés rapidement devant la rigueur et
l’ampleur de l’investissement qu’exige ce genre de projet. C’est ainsi que le projet a pu continuer grâce à
l’appui du formateur expert, à l’acharnement des femmes du douar et l’accompagnement de la DAS.
Des trois postes prévus au départ, deux jeunes du douar ont été embauchés durant deux mois avec
l’arrêt de leur contrat et sa transformation en travail bénévole suite à la demande de la DAS et en
application à la procédure de gestion de ce genre de projet AGR INDH.
L’expert formateur, ayant déjà géré et réussi plusieurs projets AGR de par le monde, trouve qu’il est
nécessaire que les jeunes du douar puissent se mettre dans une dynamique professionnelle afin d’acquérir
peu à peu le statut de cadres associatifs capables de pérenniser le projet.
Il serait donc judicieux, une fois le statut professionnel du porteur de ce projet acquis, de revenir sur
un format de deux jeunes salariés assurant le fonctionnement du projet en ayant reçu une formation
adéquate.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Analyse de la pertinence des résultats par rapport aux priorités de l’INDH

Le douar ALHAJBA présente un cas typique d’espace rural en marge d’une zone semi-urbaine (Ben
Yakhlef ) et urbaine (Mohammedia). Il se trouve donc à proximité d’une zone qui offre de meilleures
conditions de vie sans pouvoir en bénéficier. L’absence de transport en commun accentue le sentiment de
marginalité. Il faut noter que l’électrification du village en 2007 et l’adduction à l’eau potable en 2008 ont
constitué un véritable amélioration des conditions de vie des habitants.
Ces deux actions ont permis de réinstaurer la confiance dans les associations et démontré l’efficacité
de l’intervention de l’INDH. Fortement présente sur ces zones, l’AGR est ressentie par les femmes comme
une suite logique de ces changements. Cela a renforcé leur conviction dans la poursuite du projet malgré les
difficultés et les défaillances des responsables associatifs locaux. Le ciblage des femmes en situation de
pauvreté a consolidé le projet et consacré son ancrage, en raison des besoins pressants pour ces dernières
de projets générateurs de revenu et d’autonomie.
Malgré son peu de professionnalisme, l’Association a pu améliorer son fonctionnement administratif
grâce notamment à l’ouverture d’un compte bancaire et la mise en place d’outils permettant d’assurer un
service de comptabilité et de rédaction. Elle a également pu, avec l’aide de l’expert formateur, réaliser
l’aménagement d’un local administratif et l’achat d’un équipement de base.

L’expert formateur a veillé à la réalisation des décisions prises et à la mobilisation des femmes
bénéficiaires comme relais de plaidoyer pour le projet. Ainsi, une jeune fille leader du groupe a joué le rôle
de coordinatrice locale, alors que la DAS, à la demande de trois parties prenantes du projet (bénéficiaires,
formateur expert et Association), a joué le rôle de médiateur en cas de problèmes ou de dysfonctionnement
du projet.
Deux sortes d’évaluation ont été mises en place. La première est de nature informelle, regroupant le
président de l’Association, le trésorier, l’expert formateur et les femmes. Cette évaluation participative
s’attachait à vérifier l’exécution des décisions prises en commun. La seconde évaluation est plutôt formelle,
impliquant les trois parties, en plus des représentants de la DAS. Cette évaluation permettait d’avoir une
analyse externe et rappeler les exigences administratives des actions entamées.

2.2.3 Projet : Elevage Ovin et Cunicole

Porteur du projet : de l’Association Salma pour le développement et l’insertion :

Présentation du projet
La commune rurale de Sidi Moussa Ben Ali est une commune de la Préfecture de Mohammedia avec
un nombre d’habitants d’environ 12.000 habitants. La commune vit une situation sociale difficile avec un
taux de chômage très élevé et un revenu des ménages très faible de manière générale. C’est dans ce

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

contexte qu’intervient le Projet Elevage Ovin et Cunicole porté par l’Association Salma pour le
développement et l’insertion.

Objectif général du projet :


Amélioration des revenus des jeunes de la commune rurale de Sidi Moussa Ben Ali par la création
d’une unité de production et d’élevage des ovins et des lapins.

Objectifs spécifiques du projet :


1. Création d’emplois pour des jeunes chômeurs par la création de 2 unités de production : a)
Unité d’élevage des ovins, b) Unité d’élevage cunicole
2. Formation et encadrement technique des bénéficiaires
3. Commercialisation du produit
4. Lutter contre l’exode rural
5. Création des activités génératrices de revenus
6. Amélioration de l’économie rurale
7. Contribuer au développement rural.

Dans le souci de contribuer à l’amélioration des conditions de vie, au relèvement du niveau de vie
général, à la dynamisation des activités économiques de la commune, et à la réduction du taux de chômage
dans la zone à un niveau acceptable, ce projet vise à améliorer les revenus des bénéficiaires du projet, et à
renforcer leurs capacités en les amenant à réaliser eux-mêmes leurs propres projets après les avoir induis
dans le processus du démarrage.

C’est dans ce cadre que l’Association Salma pour le Développement et l’Insertion a proposé ledit
projet en le mettant au profit de 14 bénéficiaires. Ces derniers ont dû suivre progressivement à cet effet une
formation à l’institut Prince Sidi Mohammed de Gestion et Commerce agricole.
Le coût global du projet s’élève à 406.390,00Dh et d’inscrit dans le cadre du Programme
Transversal 2007, Rubrique Soutien aux projets à forts impacts.

Naissance du projet :
L’association Salma pour le développement et l’insertion est une association active dans la commune
Rurale de Sidi Moussa Ben Ali. Parmi ses objectifs fondamentaux, et conformément aux stipulations de son
statut, se trouve la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
Un groupe d’adhérents de l’Association, après avoir suivi une formation à l’institut Prince Sidi
Mohammed de Gestion et commerce agricole pendant 8 mois, qui leur a permis d’acquérir un savoir faire
dans le domaine de l’élevage des ovins et la cuniculture, décident de saisir l’association de leur projet
d’élevage et d’étudier les modalités de sa réalisation. L’Association les a fortement aidé pour obtenir l’aide

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financière et technique nécessaire au projet. C’est alors qu’une une demande de subvention dans le cadre de
l’INDH est faite qui sera accepté par le CPDH.
Ainsi, 14 jeunes bénéficiaires voient leur projet passer du rêve à la réalité, après avoir vécu les
difficultés du chômage et pensé même, pour certains d’entre eux, à tenter l’aventure de l’immigration
clandestine.

Les structures organisationnelles du projet


1. INDH : Financement du projet à hauteur de 158.490,00Dh.
2. L’institut Prince Sidi Mohammed & DPA : Formation technique sur l’élevage.
3. DAS : Assistance administrative
4. Les bénéficiaires : gestion directe du projet
5. L’association Salma pour le développement : contribution au financement du projet a hauteur de
247.900,00Dh, assister les bénéficiaires dans la gestion du projet et la commercialisation du produit.

2.2.4 Projet : Création d’un centre d’accueil Socioéducatif pour enfants Inadaptés
Mentalement.

Objectif général du projet :


Insertion sociale des enfants inadaptés mentalement

Objectifs spécifiques :
1. Contribuer à l’amélioration des services administratifs de l’association ;
2. Assurer les prestations paramédicales (rééducation et psychomotricité) au profit des
bénéficiaires ;
3. Initier les bénéficiaires à la scolarisation ;
4. Initier les bénéficiaires à l’outil informatique ;
5. Créer un espace de distraction pour les bénéficiaires
6. Insérer des enfants inadaptés mentalement par le biais du centre de solidarité sociale ;
7. Gérer et diriger le centre de solidarité ;
8. Promouvoir l’esprit de solidarité au sein des familles des enfants inadaptés mentalement

Les Bénéficiaires : les enfants inadaptés mentalement.


Nombre : Prévu 64, Actuel 37
Sexe : Féminin/Masculin
Age : de 6 ans à 16 ans
Nature Handicape : Mental et Physique
Degré Handicape : Léger et moyen

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Les Familles bénéficiaires :


Les parents des enfants inadaptés mentalement.

Structures organisationnelles du projet


Le centre d’accueil est dirigé actuellement par les membres de l’Association porteuse du projet,
domiciliée au siège du centre d’accueil sis, Quartier Hassania 2 Bloc D – El Alia Mohammedia.
Encadrement & Ressources Humaines : au nombre de 06
 Un Directeur, président de l’association porteuse du projet
 03 Assistantes (une avec un niveau bac + 5 et deux ont un niveau bac) ; les trois assistantes ont
suivi une formation dispensée par le « croissant rouge » ;
 Un Kinésithérapeute de nationalité sud-coréenne ; (suite à un engagement bénévole des autorités
consulaires sud-coréennes).
 Un Gardien de nuit.

Missions du personnel :
 Directeur : Gestion administrative du centre.
 Assistantes : Education, Formation, Animation et garde des enfants inadaptés mentalement.
 Kinésithérapeute : Offre des soins médicaux aux enfants et la rééducation.

Structures impliquées dans le projet :


 Le CRDH de Mohammedia : Financement du projet d’équipement du centre d’accueil des enfants
inadaptés mentalement.
 La DAS : Suivi et accompagnement de l’association pour la mise en œuvre du projet.
 L’Association porteuse du projet : Exécution et pérennisation du projet.

Présentation :
Le projet du centre d’accueil pour les enfants inadaptés mentalement est le fruit d’une lutte
passionnée, menée par une association constituée en majorité par les parents des enfants concernés.
Le projet a démarré par la recherche d’une assiette foncière pour accueillir le futur centre présumé.
Elle a été suivie ensuite, par la collecte de fonds et de soutien pour la construction de l’édifice sur une
superficie de 628m², enfin par la mise en service du centre. L’équipement adéquat a été financé par le
programme INDH de lutte contre la précarité au titre de l’année 2005.
Une fois équipé, le centre a démarré ces services avec un nombre limité de bénéficiaires (23), pour
passer en suite à 37, pour une capacité d’accueil estimée à 64 bénéficiaires. Le taux d’accueil n’est pas à son
maximum en raison, notamment, des capacités institutionnelles de l’association, qui restent très relatives et
de sa situation géographique loin du centre, à l’extrême Sud de la commune de Mohammedia.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Le centre offre aux bénéficiaires un espace d’apprentissage, de rééducation et d’épanouissement


personnel, par la diversité de ces activités et la qualité du service rendu par rapport aux moyens disponibles.
L’encadrement est assuré par un groupe d’assistantes éducatrices, dévouées aux services des enfants
inadaptés mentalement.
Actuellement, le centre est en plein essor avec le perfectionnement de ces outils de travail et
l’acquisition prochainement d’un véhicule pour le transport scolaire, ainsi que l’élaboration d’un Protocole de
Prise en charge dans le cadre du Programme de Lutte contre la Précarité de l’année 2008 et le renforcement
de ces composantes par des structures d’hébergement et de restauration programmés dans le budget de
l’INDH-2007.
Bien que la réalisation du projet soit récente, en termes de construction et d’équipement, l’idée de la
création d’un tel centre remonte à plusieurs années, lorsque des parents très préoccupés par l’état de santé
de leurs enfants, atteints de maladies qualifiées d’inadaptation mentale, c’est-à-dire ayant des besoins
spécifiques, ont pris la décision de mettre en place une structure qui puisse les aider à s’intégrer dans le
système éducatif, et ont constitué le 21 janvier 1996, l’Association Solidarité Pour l’Enfant inadapté
Mentalement à Mohammedia.
Une fois en âge de scolarisation, l’enfant inadapté mentalement est en besoin extrême d’être bien
encadré, d’abord sur le plan médical, ensuite éducatif, enfin social. Vu l’absence de structures qualifiées pour
l’accueil de ces enfants, que se soit dans les établissements scolaires publiques ou privés, il était impératif
d’en créer un qui leur soit voué totalement.
Ainsi vient l’idée de construire d’abord la structure d’accueil des enfants inadaptés mentalement et
ensuite l’équiper en matériel de suivi médical et d’encadrement socio-éducatif, pour passer enfin à
l’affinement du projet au fur et à mesure de la disponibilité des ressources.
De ce fait, l’Association de Solidarité Pour l’Enfant inadapté Mentalement une fois constituée, elle a
entamé les démarches pour la concrétisation du projet, à savoir :
 La contractualisation d’un bail de longue durée (99an) pour l’assise foncière ;
 La construction du centre en partenariat avec plusieurs acteurs, dont le Secrétariat d’Etat chargée
du développent social, de la famille et de la solidarité, la Préfecture et la Commune Urbaine de
Mohammedia, ainsi que les bienfaiteurs de la ville de Mohammedia ;
 L’équipement adéquat du centre.

L’effet sur les capacités locales en matière d’organisation et d’exécution diffère en fonction du statut
de la structure impliquée. Pour le CRDH (Programme de lutte contre la précarité), son implication consiste à
octroyer le financement nécessaire au projet en question, le suivi et l’accompagnement de la mise en œuvre
sont du ressort du CPDH dont relève le projet, en conséquence ces tâches sont à mettre au compte de la
DAS. Celle-ci s’en charge des modalités et formalités du suivi et validation des dépenses engagées par le
porteur du projet et c’est sur la base d’un rapport de suivi évaluation que la réception du projet se fait.
Donc, le rôle de la DAS est primordial pour ce type de projet, bien que l’équipement nécessite une expertise
à part pour la qualité des articles acquis.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Pour le porteur du projet, c’est la maîtrise d’ouvrage et d’œuvre qui lui incombe. Donc,
l’organisation et l’exécution du projet dépendent proportionnellement de la proportion de responsabilité des
parties prenantes dans le projet.
Ainsi, c’est le rôle de l’association qui parait très essentiel dans ce cas.
A signaler que ce projet à fait l’objet de plusieurs évaluation, dans le cadre de sessions de formation
INDH, notamment la formation des évaluateurs INDH ? intitulé : Travail social et management des
organisations sociales, organisée par l’Université Hassan II de Mohammedia en 2007 et les évaluations
ordonnées par la Coordination nationale de l’INDH en 2007 et 2008 effectuées respectivement par Mr. HAJIB
et Mme MIMOUNI.
A propos de la collecte et la diffusion des informations, ce projet figure parmi les pionniers de la
Région du Grand Casablanca à côté d’autres projets phares dans les documents officiels destinés au grand
public et dans les recueils de la Préfecture de Mohammedia.

2.2.5 Projet AGR de renforcement des capacités des femmes

Porteurs du projet : Association Mouassate

Le Focus Group organisé avec les bénéficiaires des projets AGR en faveur des femmes démunies,
était un outil de débat publique entre universitaires et les femmes porteuses du projet. Pour la première fois,
on a demandé aux femmes d’expliquer et de raconter leurs parcours ; leurs projets et les représentations
qu’elles ont vis-à-vis de la dynamique de l’INDH.
Une des associations qui militent pour un « empowrment » des femmes a ouvert tous les dossiers et
facilité la rencontre avec plus d’une trentaine de femmes de différents âges. L’association comme les
femmes bénéficiaires sont entrain de s’affirmer, de se construire une nouvelle vie et un début de leadership
à un moment ou les élus et certaines institutions n’aident pas à la réalisation de la convergence.
Nous présentons ci-dessous un résumé de cet entretien :
Le rôle de l’association Mouassate dans le cadre de l’Initiative Nationale de Développement Humain
(INDH) est de présenter sa vision pour ce qui est du travail de proximité :
- Sur le plan transversal : lutter contre la déperdition scolaire,
- Sur le plan de la vulnérabilité sociale : montage de projets régénérateurs de revenus.
L’association est actuellement membre de la commission provinciale de l’INDH, membre de la
commission d’évaluation des projets et membre de la commission provinciale qui s’occupe de l’étude et de
l’approbation des projets.
L’association Mouassate considère les adhérentes comme des bénéficières des services de
l’association. Cette dernière était au début destinée à faire de la bienfaisance. Ce n’est qu’après qu’elle a
procédé à l’identification des besoins des familles par l’intermédiaire d’une enquête qui a permis la collecte
des données et ensuite la détermination des priorités pour arriver enfin à la détermination des projets avec
les veuves concernées. L’association évite de produire les mêmes erreurs commises dans le passé, en

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

pensant à la place des bénéficiaires. L’approche participative est longuement discutée au niveau du bureau
de l’association. Elle est donc aussi pratiquée avec les adhérentes mais tout en utilisant un langage simple,
inspiré de leur environnement, sans donner le moindre sentiment que l’association fait de la charité.
Le montage de projets générateurs de revenus se fait après une enquête auprès des bénéficiaires
pour l’actualisation des données. L’application de la méthode de l’approche participative pour déterminer les
priorités nécessite une longue durée, puisqu’on a affaire à une couche sociale démunie, conservatrice et
analphabète. Ceci crée un climat de méfiance qui les pousse à fournir des données parfois erronées, sans
relation avec la réalité vécue.
Parfois, les adhérentes potentiels à l’époque et vu leur culture et leur dignité déclarent que rien ne
leur manque « que dieu soit loué » et pourtant elles vivaient dans la misère. Gagner la confiance des
femmes veuves nécessite donc plus de temps et d'efforts, c’est pourquoi les responsables de l’association
ont mis du temps depuis le démarrage de l’association pour déterminer les besoins. Le lancement de l’INDH
était pour les porteurs du projet une grande opportunité qui a été offerte dans un climat favorable
caractérisé par la lutte contre la déperdition scolaire, mais aussi et grâce à l’INDH Le nombre de femmes
veuves participantes qui est actuellement de 720 environ, le noyau dur de l’association n’est constitué au
début que de 200 femmes veuves.
Selon les déclarations des femmes de Mouassat, une vive amélioration est sentie chez les veuves
après leur adhésion à l’association :
- Amélioration de la scolarisation des enfants grâce au soutien scolaire dans plusieurs matières.
- Démarrage de projets générateur de revenus qui rentrent déjà dans le stade de
remboursement de crédits. Cette dernière action laisse les femmes se sentir et se conduire
comme des citoyennes à part entière.
L’association a procédé à la classification des femmes veuves en quatre catégories :
- Des veuves pauvres avec des enfants mineurs
- Des veuves avec des enfants handicapés
- Des veuves ayant bénéficié d’un héritage
- Des veuves ayant des enfants d’un premier mariage

L'implication des différents acteurs concernés dans la réalisation des projets de l’INDH est fort
disparate, les différentes administrations sont bien impliquées sauf la santé. Les rôles sont bien clairs entre
les intervenants, mais quelques partenaires ne connaissent pas les procédures comme la délégation de
l’éducation et de l’enseignement. Les procédures sont parfois complexes et constituent des éléments de
blocage, leur simplification est demandée pour faciliter le travail malgré la disponibilité des manuels de
procédure qui sont rigides et complexes et ne sont pas généralisés sur tous les AGR. Certains d’entre eux
n’acceptent pas de donner des devis et des factures aux femmes veuves contester un jour le fait de
n’acheter que d’un seul fournisseur
Les projets de l’association réalisés en partenariat avec l’INDH conduisent à une amélioration des
compétences des bénéficiaires, l’association remplit le business plan avec elles, ensuite elles doivent

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

chercher le devis toutes seules, elles légalisent le contrat de financement après sa signature et enfin elles
doivent acquérir l’équipement de leur projet. Toutes ces tâches leur procurent une certaine expérience et
des compétences. L’alphabétisation des femmes veuves leur facilite beaucoup les transactions
administratives et l’utilisation des téléphones portables …etc.
Les effets financiers des projets générateurs de revenus commencent à se sentir chez les femmes
veuves bénéficiaires dès le début de 2009 et leurs proches commencent à reconnaître leur travail dans la
sphère familiale.

2.2.6. Projet de Restructuration des quartiers non réglementaires à Beni Yakhlef

Objectif : Inclusion sociale par la réhabilitation des douars (Commune rurale de Beni
Yekhlef)

Situé à proximité de la ville de Mohammedia, le centre de la commune rurale de Beni Yakhlef avec
ses 14 935 habitants est confronté à de grands problèmes qui entravent son développement. Il s’agit entre
autres de l’absence d’un réseau d’assainissement, les eaux usées sont déversées à ciel ouvert sans aucun
traitement préalable. Cette situation cause de multiples nuisances, notamment la dégradation de
l’environnement, pullulement des moustiques, etc.
En effet, avant l’exécution du projet de réhabilitation des douars d’habitat insalubre, 59.16% des
ménages souffrent de l’absence de branchement à l’eau potable. L’approvisionnement en cette denrée se
fait par les bornes fontaines qui restent en nombre insuffisant si on les rapporte au nombre de la population
à desservir, ce besoin se fait sentir surtout dans l’habitat non réglementaire, ce qui ne manque pas de créer
des problèmes dans l’approvisionnement.
Même constat au niveau du raccordement au réseau de l’électricité dans la mesure où 39.27% des
ménages ne sont pas raccordés au réseau d’électricité, ce qui les oblige, parfois, à recourir à des moyens
parfois illégaux pour s’éclairer.
Dans le cadre du Programme de Lutte contre l’Exclusion Sociale, la réalisation du projet de
réhabilitation1 des douars situés dans le cercle de Béni Yekhlef, qui s'inscrit dans le cadre de l'Initiative
nationale pour le développement humain (INDH) a enregistré des résultats très significatifs.

Pertinence du projet :

Le projet de la réhabilitation de l’habitat insalubre revêt une importance particulière dans la mesure
où il concerne des douars non réglementaires construits récemment. Affirmer le caractère essentiel de
l’accès aux services d’eau, d’assainissement et d’électricité dans la lutte contre l’habitat insalubre et

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

l’exclusion sociale rendait possible la régularisation à terme de ces douars qui, jusque-là, avaient vocation à
être éradiqués.
Investir dans l’habitat est un moyen de s’attaquer à la pauvreté. Avoir un chez soit décent fait partie
de la dignité humaine et relève de l’équité sociale. C’est un facteur qui doit renforcer la cohésion sociale et
encourager la création d’opportunités par le biais d’investissement dans les projets individuels et familiaux et
contribuer ainsi à la réduction de la pauvreté.
Ainsi le projet constitue la principale composante du programme de l’INDH dans l’ensemble de la
commune. Sur un ensemble de quinze projets retenus en 2006 selon les secteurs cibles, la lutte contre
l’exclusion par la réhabilitation des douars d’habitat insalubre arrive en tête avec 53% des projets, suivi par
l’éducation 27%, le sport 13% et les autres petits projets 7%.

Le nombre des bénéficiaires du projet s’élève à 900 ménages (sachant que le nombre moyen des
ménages est important répartis sur les plus grands douars Choukri, Al karama, Chhwada et Swilbat (Voir
Image). Le projet porte au départ, sur les travaux d'équipement et d'aménagement du raccordement interne
et externe aux réseaux d'assainissement et d'électricité et des travaux de raccordement individuel des
constructions aux réseaux d'assainissement liquide, de l'eau potable et de l'électricité.

Image de localisation des douars cibles

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

La réalisation du projet a été effectué en deux étapes, la première au profit de 596 familles avec un
coût de 5,4 millions DH co-financée par l'INDH (900.000 DH, soit 1% de l’enveloppe budgétaire consacré au
programme provinciale de l’INDH), le Fonds de solidarité habitat -FSH- (700.000 DH), l'Instance chargée de
la gestion déléguée de l'eau, l'électricité et l'assainissement liquide (1,9 million DH) et les bénéficiaires (1,9
million DH).
Les partenaires sont nombreux, mais le secteur privé a joué un rôle particulier, notamment la Lydec
à la quelle a été concédée la réalisation de plusieurs projets sans qu’elle contribue financièrement à leurs
réalisation.
L’importance des projets de réhabilitation de ces quatre douars d’habitat insalubre au centre de Beni
Yekhlef (voir tableau n°1), réside essentiellement dans les fonds mobilisés pour sa réalisation, le nombre
importants des familles bénéficiaires et l’impact qu’il a eu sur les conditions de vie de ces familles d’une part,
L’approche participative et le cadre de partenariat exemplaire dans lequel se sont réalisés d’autre part.

Tableau 7 : Douars cibles d’habitat insalubre au centre de Beni Yekhlef


Douar Nombre de foyers bénéficiaires
Chhawta 1 et 2
Al Karama 526
Choukri
Swilbate 374
Douar Sbai 110
Douar Russe 413
Douar Berghout 216
Douar El Khsoumi 150
Dour El Khdoud et Hachadi 220
Douar ouled Lahcen ------
Douar Ain Tekki ------
Total 2009

Evaluation de l’impact du projet :

Pour évaluer l’impact, nous avons choisi un certain nombre d’indicateurs en relation avec le bien être
des populations bénéficiaires à savoirs ;
1) Les équipements domestiques avant et après le projet,
2) L’intention de changer le domicile chez les familles avant le projet,
3) La contribution de l’électrification et l’alimentation en eau potable à la parution de nouveaux
projets à revenu fixe,

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

4) Charges supplémentaires et dépenses des ménages ;


5) Niveau de satisfaction quand à la contribution des ménages au financement du projet ;
6) Le degré de confiance des populations dans les futurs projets de l’INDH ;
7) Identification des besoins en équipements et en services ;

Pour ce faire, une enquête basée sur un échantillon aléatoire représentatif auprès de 110 chefs de
foyer a été réalisée en Mars 2010.
Les résultats viennent illustrer l’importance de l’impact socioéconomique sur les conditions de vie de
la population.

1) Les équipements domestiques avant et après le projet :

Les résultats de l’enquête a démontré que l’opération de raccordement au réseau de l’électricité a


permis d’améliorer le niveau d’équipement des ménages. Avant le projet la plupart des ménages ne dispose
que d’une télévision et un frigidaire puisque 60,9 des foyers enquêtés s’alimentent en électricité illégalement
des poteaux de l’éclairage publique. Le reste utilisait les batteries de voitures et les bombonnes de gaz pour
l’éclairage domestique. Mais le raccordement au réseau avait permis l’utilisation d’autres appareils
électroménagers, notamment les ordinateurs et les machines à laver.

Tableau 8 : Source d’alimentation en électricité


Source d’alimentation Effectif Taux en %
Branchement illégal 67 60,9
Batteries et bombonnes de gaz 42 38,2
Indéterminé 1 0,8
Total 110 100

La majorité des enquêtés affirme que l’alimentation illégale de leur foyer en électricité est un acte
« immoral » et leur pose énormément de problèmes notamment des pannes électriques des appareils.

Le raccordement au réseau d’approvisionnement en eau potable a été un tournant très important


dans leur vie au quotidien; d’une part les efforts de transport de l’eau à partir des bornes fontaines qui
connaissait une forte affluence et un désordre, était un grand calvaire surtout pour les femmes et les
enfants. En fait, les règles d’hygiènes ne sont pas respecter dans ces points d’eau ce qui constitue une
source de nuisance pour la santé.

Les données du tableau n° 3 indiquent que le raccordement individuel des constructions aux
réseaux d'assainissement liquide, de l'eau potable et de l'électricité, a permis aux habitants d’introduire

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

d’autres appareils à leurs foyer. En plus de la télévision et du frigidaire qu’ils possèdent, 26,3% parmi les
enquêtés ont pu utiliser une machine à laver après l’approvisionnement de leur foyer en eau et en électricité,
et 13,64% ont introduit un PC dans leur foyer ce qui reflète l’intérêt porté à l’instruction des enfants au sein
des foyers.

Tableau 9 : Niveau d’équipement des foyers avant et après le projet


Avant le projet Après le projet
Type d’appareil
existe % N’existe pas % existe % N’existe pas %

Télévision 110 100 -------- 0 110 100 0 0


Frigidaire 110 100 -------- 0 110 100 0 0
Ordinateur ------ 0 110 100 15 13,64 95 86,4
Machine à laver ------ 0 110 100 29 26,3 81 73,63

Une remarque fondamentale c’est que l’impact du projet au niveau de l’équipement domestique des
foyers est très limité. Cela est du essentiellement aux revenus parfois très faible des ménages et reflète leur
niveau de vie assez bas.

2) L’intention de changer le domicile chez les familles avant le projet :

Pour savoir si le projet a contribué au maintien des gens dans leur Douar d’habitation, les résultats
sont assez importants.

Tableau 10 :Changement d’avis de quitter le douar après le projet


Avis Effectif Taux en % Total
Oui 15 13,6 110
Non 95 86,4 100%

A la question : Avez-vous pensé quitter le Douar avant la réalisation du Projet ? 86,4% des habitants
n’ont pas eu l’idée de le faire, tandis que 13,6% ont déclaré qu’ils avaient l’intention de déménager dans
d’autres douars plus équipés, mais la réalisation du projet les avait ramené à revenir sur leurs idées. C’est-à-
dire que les moyens financiers ne leur permettent plus de trouver un logement meilleur dans un autre
endroit meilleur.

3) L’électrification et l’alimentation en eau potable dans le cadre des nouveaux projets


à revenu fixe :

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

L’indicateur d’effet de levier permet d’évaluer l’importance et l’impact du projet de réhabilitation sur
le revenu des ménages, surtout grâce à son rapport étroit avec le niveau de vie. En conformité avec sa
finalité, les actions programmées, dans ce cadre, visent l'amélioration des conditions de vie de la population
par le développement des infrastructures sociales et l'incitation à la création de petits projets générateurs de
revenus au profit notamment des jeunes et des femmes.

Au service de ce modèle de développement et, au besoin avec l'effet de levier, nous sommes
intéressés de savoir si la réhabilitation de ces douars a eu des effets multiplicateurs, à savoir la parution de
nouveaux projets et activités économiques ou non. Ainsi nous avons posé la question suivante :
La réalisation du projet vous a-t-elle permis de réaliser un projet déterminé ?

Il faut dire que les petits projets ayant vu le jour après la réhabilitation des douars sont nombreux.
Tableau 11 :Nouvelles activités économiques ayant vu le jour après le projet
Activité Effectif Taux en %
En rapport avec le projet 21 19,1
Sans rapport avec le
89 80,9
projet
100 110 100

Plusieurs activités ne peuvent pas être exercées sans équipements de base comme les ateliers de
menuiserie, tôlerie, soudure et électricité. Les activités de commerce ont vu le jour genre épicerie
marchands de légumes tout les deux utilisent des frigos pour conserver les denrées alimentaires, fruits et
légumes. Les services de réparation, mécanique de blanchisserie etc....

Il ressort du tableau n° 5 que près de 20%, soit un sur cinq parmi les chefs de ménages, ont pu
créer des activités génératrices de revenu grâce à l’opération de réhabilitation de ces douars. Avant le
projet, près de 81% des enquêtés n’exerçaient aucune activité économique, ou n’avaient aucun projet en
rapport avec l’opération de l’INDH, tandis que 19,1% ont déclaré que la réhabilitation de leurs douars est à
l’origine de la réalisation de leur projet individuel.

La majorité de ces activités s’exercent dans des locaux généralement amputés des habitations du
rez-de-chaussée. On y retrouve des commerces (épicerie, marchands de légumes, blanchisserie, vendeur de
poulets, couture etc…) et d’ateliers de services (menuiserie, tôlerie, soudure, électricité, mécanique,
cycliste, réparation de matériel etc…).

Lors d’une récente tournée en Janvier 2011, nous avons constaté la multiplication de ces activités et
la parution d’autres nouvelles activités et petits métiers.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

4) Charges supplémentaires et dépenses des ménages :

Malgré l’impact sur l’amélioration des conditions de vie des populations et la qualité de
l’environnement, l’une des conséquences jugé négatives de cette opération est l’augmentation des dépenses
des ménages à travers l’instauration des charges fixes d’eaux et d’électricité qu’ils ne payaient pas
auparavant. On nous impose une nouvelles ressources au profit de la société de gestion déléguée (la lydec)
et l’Etat par le biais de la TVA (disent certains).

Reste à insister sur le rôle qui incombe à la commune dans la lutte contre l’exclusion en accordant
une importance particulière à la collecte des déchets ménagers et à l’entretien de l’environnement de ces
douars.

5) Niveau de satisfaction quand à la contribution des ménages au financement du


projet :

La réalisation du projet de raccordement interne et externe aux réseaux d'assainissement et


d'électricité et l’opération de raccordement individuel des constructions aux réseaux d'assainissement liquide,
de l'eau potable et de l'électricité a ramener les pouvoirs publiques à compléter ces actions par la réfection
des trottoirs et l’asphaltage des rues. C’est une initiative louable qui vient renforcer le sentiment
d’appartenance et rétablir la confiance des populations dans cette politique.

Contribution des ménages au financement du projet


Avis Effectif Taux en %
Abordable 80 72,7
Non abordable 25 22,7
Indéterminé 5 4,5

La part de la contribution financière des familles à la réalisation du projet est limitée aux frais de
raccordement aux trois réseaux et qui ne dépasse pas la somme 6750DH par foyer. Ainsi 72,7% des foyer
considèrent que cette somme est à leur porté tandis que les 22,7% déclarent qu’ils sont incapables de
verser cette somme eu égard à leur moyens très limités.
Les résultats de l’enquête dénote que la majorité des enquêtés, à hauteur de 71.8%, déclare être
très satisfaits de voir ces projets se concrétiser. Ils continuent à croire qu’ils ont un impact sur l’atténuation
de l’exclusion sociale dont ils étaient victimes pour un certain temps. Tandis que 28.2% maintiennent l’idée
que ces projets n’ont pas pu contribuer à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, au contraire ils
estiment que l’Etat a eu recours à cette opération pour les obliger à contribuer aux revenus de l’Etat.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Ce sentiment d’insatisfaction a été renforcé par la réalisation de deux projets qui relèvent des
investissements des promoteurs immobiliers, notamment le lotissement Bayti Sakan et celui de Champs de
Lys qui proposent des appartements de luxe avec piscines… et qui ont bénéficié gratuitement des
autorisations de construction grâce au projet de l’INDH destiné initialement au raccordement des douars
Chhaouta I et II, et Swilbate (cf. Image).

6) Le degré de confiance des populations dans les futurs projets de l’INDH:

A la question Etes-vous prêt à contribuer dans d’autres projets de l’INDH ? un taux significatif de
83.6% des enquêtés ont déclaré être prêt à accueillir d’autres projets de l’INDH et surtout prédisposés à
contribuer financièrement à leurs réalisation. Les raisons sont simples, elles résident dans la faible
contribution et surtout les facilités de remboursement qui leur ont été accordées. Seule 12,7% sont
incapable de s’engager à financer un autre projet quoiqu’il en soit son importance, cependant 3,6% n’ont
pas donné d’opinion ou ne se sentent pas concernés ou parce qu’ils sont des locataires ! .

Sur le plan social, il Faut dire que certains parmi les populations de ces quartiers considèrent que le
projet de réhabilitation de ces douars dans le cadre de l’INDH est un droit et non un privilège. Par
conséquent, ils ne sont pas obligé de contribuer à son financement malgré son utilité.

Sur le plan socio politique, avant et pendant le projet de l’INDH, les habitants de ces douars ont pu
acquérir une capacité de mobilisation extraordinaire. Pour une simple raison ils se voient rassemblé
rapidement et prennent la direction de la préfecture de Mohammedia avec des drapeaux. Ce reflexe reste
toujours omniprésent. La réalisation de l’INDH est une fierté et non pas un cadeau pour les bénéficiaires
« Nous, au moins nous avons un assainissement, nous vivons mieux que les habitant de la zone des villas
voisins du centre, eux ils ne sont pas raccordé au réseau d’assainissement et les rues ne sont pas
goudronnées.. » nous a déclaré chef d’atelier.

L’identification des besoins en équipements et services :


Il faut signaler qu’au moment du déroulement de l’enquête au mois de Mars 2010, la question de
l’asphaltage des rues ne faisait pas partie de l’ordre du jour.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Tableau 12 : Besoins en équipements et services


Nature des services Effectif Taux en %
Collecte des déchets 11 10
Asphaltage des rues 51 46 ,36
Sportifs et loisirs 15 13,64
Espace vers 15 13,64
Indéterminé 18 16 ,36
Total 110 100

Au moment de l’enquête les trottoirs n’étaient pas aménagés, ainsi la priorité des besoins en
équipements revient à l’aménagement des trottoirs et l’asphaltage des rues avec un taux de réponse de
46,36%. Ensuite viennent les réponses indéterminées avec 16,36%, en raison des incertitudes qui entourent
le financement du projet et qui doit payer les travaux. Effectivement les travaux ont démarré ultérieurement
au mois de Juillet 2010. Il est à noter que 13,64% aspirent voir leurs quartiers dotés d’équipements sportifs
et d’un espace vert. Reste à préciser que 10% des habitants considèrent que le service de la collecte des
déchets ménager ne remplit pas sa fonction comme il se doit.

L’impact socioéconomique de la réhabilitation de l’habitat insalubre au centre de Beni Yekhlef


apparait clairement au niveau de l’amélioration du cadre de vie. Une nouvelle dynamique est créée par cette
opération qui a donné espoir et confiance aux capacités individuelles et collectives. Elle a constitué un levier
fondamental pour la création de nouveaux emplois pour les femmes et les jeunes. Plusieurs activités
génératrices de revenus et projets de commerces et de services ont vu le jour grâce à l’initiative. A cet
impact s’ajoute l’importance de l’amélioration de la qualité de vie des conditions de santé et l’environnement.
Enfin de compte, tout le monde se retrouve gagnant dans cette opération : la population concernée les
collectivités locales et l’Etat.
C’est un projet qui porte les germes de la viabilité.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

2.3 Spatialisation des actions de l’INDH et décalage territorial

Lorsqu’on examine les données disponibles sur les conditions de vie au niveau de la préfecture de
Mohammedia, on est surpris par toutes sortes d’insuffisances en terme de services sociaux et de structures
de bases. En ce qui concerne le cadre de vie, le phénomène de l’exclusion est manifeste à travers le type
d’habitat insalubre, puisque plus de 25% des familles logent dans des bidonvilles.
En fait, cette situation est encore plus grave avec, d’une part, 34% des foyers qui ne sont pas
raccordés au réseau de l’eau potable, et 35% qui ne sont pas raccordés au réseau d’assainissement et 20%
qui n’ont pas d’électricité.
La majorité de la population accédant très peu aux services sociaux et aux structures de bases se
localise dans le rural, qui compte environ 100.000 habitants (92.175 en 2004) et dans les zones prioritaires,
qui comptent 44.000 habitants dont 4000 habitants ruraux à Beni Yakhlef et 7500 habitants ruraux à Ech-
Chellalate.
Les investissements engagés en quatre ans montrent que l’espace urbain s’accapare 45% du
montant global, 19% dans la lutte contre la précarité, 25% pour le transversal et seulement 1% dans le
rural.
La répartition spatiale des projets INDH ou ceux auxquels l’INDH participe, on remarque que les
actions se concentrent nettement dans les communes urbaines et périurbaines par rapport au rural où le
nombre et la dimension des interventions sont très limités ou absents (Voir carte nº2).
En fait, de 2005 jusqu’en 2010, les actions de l’Initiative ont contribué à atténuer la fracture sociale
en termes de services de base. Les chiffres sont significatifs : 7% dans la promotion des AGR, 66,58% pour
les services de base, 14,4% pour les centres d’accueil, 5,7 % pour l’animation sociale, 5,6% pour la
qualification des centres d’accueil et à peine 0,94% pour le renforcement des capacités.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Carte nº 2

Les projets qui visent l’amélioration de l’économie familiale, et ambitionnent par conséquent de
garantir la dignité et l’autonomie financière des jeunes et des femmes. La mise en place d’actions
génératrices de revenus n’a pas été à la hauteur des attentes puisque la plupart des projets sont concentrés
dans deux communes urbaines. Alors que dans certaines communes rurales intérieures où les jeunes
quittent l’école avant la 9ème, et les jeunes filles dès le primaire, les AGR sont peu nombreux, très limités,
bien qu’ils aient les conditions qui peuvent favoriser leur réussite. Parmi les AGR qui ont atteint leurs
objectifs et connu une réussite indubitable, on peut citer celui de l’Association Salma des jeunes agriculteurs,
lequel projet a été couronné par un franc succès, et ce, grâce à la solidarité et la synergie de plusieurs
entités locales, telles le Centre Agricole Moualy Abdellah, le soutien inconditionné de la DAS, et à
l’engagement des adhérents appartenant à la même entité tribale.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Carte nº3 :

Etant donné l’insuffisance d’accès aux services sociaux : accueil social, éducation, services de santé,
programme de sensibilisation et prévention, voirie (voir carte n°3 bis), assainissement dans le périurbain et
l’urbain, les projets INDH de 2008 à 2010 se sont focalisé sur les quartiers urbains défavorisés : bidonvilles,
habitats non réglementaires, et les centres des communes comme Bni Yakhlef et Ech-Chellalate où une forte
densité de population exerce sans relâche une pression afin de voir ces services sociaux sur leur territoire.
La carte n°3 montre une focalisation sur les communes rurales (en réalité périurbaines) où plus de
50.000 habitants ont pu tirer profit de projets structurants à caractère social qui ont pu se réaliser (Carte
n°3).
La dynamique effrénée de l’urbanisation à Bni Yakhlef est le résultat de deux logiques tout à fait
différentes mais qui se rejoignent en fin de compte : Les quartiers non réglementaires ont été créés dans
des conditions classiques connues : exode, corruption, opportunisme électoral etc. Une fois ces quartiers
installés, ils revendiquent le droit à l’aisance de la ville. D’un autre coté, une classe moyenne de
fonctionnaires ont crée un flux contraire fuyant la ville, vers la campagne riveraine, d’où la naissance de
lotissements et villas profitant de la baisse des pris des terrains et connaissant d’avance le manque qui
existent en infrastructure et services sociaux. Cette catégorie est entrain de revendiquer d’être traitée à
l’image de la première celles des douars et quartiers pauvres voisins.

38
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Cette pression explique la dominance des projets structurants et engloutissant des sommes importantes de
l’investissement par l’INDH.
Par exemple la restructuration du douar Ouled Maaza (Ech-Chellalate) coute 17.973.000 DH, son
raccordement au réseau d’assainissement est de 37.500.000 DH, La mise à niveau des quartiers non
réglementaires à Bni Yakhlef a demandé 3.600.000 DH.

Carte n°4.
(Etat de la voirie rurale : beaucoup de douars n’ont accès qu’à des pistes parfois non carrossables.)

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Carte n° 5

En ce qui concerne l’enseignement : en 2009, des écoles, des lycées et des collèges ont été
construits ou réhabilités à Bni Yakhlef (6.000.000 DH), et des douars périurbains (18.500.000 DH), il est à
signaler que le département de tutelle qui a pris en charge ces chantiers grâce au plan d’urgence, mais dans
la philosophie et les procédures de l’INDH.
Malgré tous ces efforts, les communes rurales de Sidi Moussa El Mejdoub et Sidi Moussa Ben Ali
restent les moins servies (Carte nº4 et 4 bis).

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Carte n° 6
(Décalages entre zones urbaines ou périurbaines et zones rurales)

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Carte n° 7
Plusieurs dizaines d’associations sportives ont vu le jour depuis 2005, des terrains de sports équipés
ont été créés au sein des établissements scolaires ou sur des terrains communaux au milieu des quartiers.
Le Ministère de la jeunesse et du sport, les communes et l’INDH ont pu relever ce défi, puisque plusieurs
centaines de jeunes adhèrent à ces associations. La parité est effective puisque plusieurs jeunes filles
participent et intègrent des sports tels le football, la pétanque, les arts martiaux. Mais le décalage est
perceptible dans le rural, ou les projets sportifs se font plus rares en allant vers l’intérieur à Sidi Moussa Ben
Ali (Voir carte 6 et carte 7).

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Carte n° 8

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Carte nº 9

La fragilité sociale dans la préfecture de Mohammedia est difficile à résoudre puisqu’elle existe sur
tous les territoires et prend des formes et des gravités différentes et variées :
Au niveau de la santé, les populations ont du mal à avoir accès aux médecins spécialistes, aux
médicaments et aux analyses coûteuses, ils ont déclarés que les centres existent, mais sont d’autant plus
loin qu’il n’ y a pas de possibilités de soins appropriés.
Au niveau de la déscolarisation enregistrée dans le rural, un seul centre social a été créé à Sidi
Moussa Ben Ali, il permet aux jeunes filles de résider dans des conditions de dignité et de sécurité afin de
poursuivre leurs études au collègue et au lycée.
Les jeunes, les enfants abandonnés, les femmes en situation de marginalité ont commencé à
fréquenter des centres d’accueil, notamment en ville (voir carte nº5) ; ici l’inégalité spatiale est ostentatoire :
il n’y a pas de centres sociaux dans le rural où toute une génération de jeunes n’ayant pas de diplômes, ni
de savoir faire agricole, aspirent à la migration en sombrant dans la fragilité sociale.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

3. Présentation méthodologique

3.1 Cadre théorique de la PSIA

La présentation que nous faisons dans ce chapitre de l’approche dite PSIA (Poverty and Social
Impact Analyse) a été sciemment simplifiée afin de la rendre accessible et qu'elle puisse faire office de
guide.
Rappelons de prime abord que cette approche a été mise au point par la Banque mondiale, dans
Good Practice Note : Using Poverty and social Impact Analysis to support development policy operations
(2004), dans l’objectif d’évaluer et mesurer l’impact des programmes de développement nationaux.
Par ailleurs, il convient d’indiquer que cette évaluation est également effectuée par des experts, des
cabinets d’étude ou des institutions (PNUD, BM, FMI, UE, Agences diverses), qui utilisent autant de
méthodes d’évaluation des projets de développement appliquées à l’échelle internationale et fondées sur des
approches qui se présentent comme objectives.
A l'instar des autres approches, la finalité de La PSIA est l’analyse des effets attendus ou non
attendus des politiques de réformes socio-économiques (les projets INDH par exemple) sur le bien être des
différents groupes sociaux, notamment la catégorie des pauvres et des vulnérables. la PSIA, comme toutes
les méthodes d’évaluations, peut être menée ex-ante, pendant l'exécution des projets, ou ex-post.
Cependant, la PSIA se distingue nettement par un aspect novateur, celui du mode participatif de son
déroulement. Sont ainsi intégrés au processus de l'évaluation de l'impact des projets INDH, notamment, les
bénéficiaires; de même que l'on prend en compte comme éléments d'analyse les débats publics et les
confrontations d’appréciations sur la validation ou non des résultats obtenus au terme de la réalisation des
projets.
Par ailleurs, il faut rappeler que L’INDH est un projet mis en œuvre à l’échelle nationale dans
l’objectif d’instaurer une dynamique de développement socio-économique basée sur la mise à niveau et le
renforcement des capacités humaines.
Les valeurs fondamentales véhiculées par cette initiative sont :
• Le respect de la dignité de l’homme ;
• Le rétablissement de la confiance des citoyens en l’avenir ;
• L’intégration et l’implication de tous les citoyens dans le circuit économique.
• La consécration de l’équité territoriale et de l’inclusion sociale
• La promotion de la culture de l’évaluation et de l’autoévaluation
• L’évaluation dans la triple logique du management public, de la gouvernance et du débat public.

Pourquoi l’outil PSIA est-il déterminant dans la justification du choix des projets et les impacts
possibles de ces derniers sur les pauvres/populations ?

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

C’est parce qu’il s’agit d’un outil d’évaluation actif et participatif, en plus du fait qu’il se distingue par
un mode opératoire fondée sur la transparence généralisée.
C'est également un outil qui contribue par ailleurs à favoriser la création d’un espace de débats
publics autour des réformes politiques et sociales dans le cadre d’une stratégie de communication,
d'information et de diffusion des résultats des programmes visant le développement des populations.
La méthode PSIA ambitionne même d’aider les politiques dans la définition des choix qui contribuent
à la réduction de la pauvreté et la réalisation des ODM (Objectifs du Millénaire) et de soutenir les politiques
d’aide aux pauvres.

La philosophie qui se trouve au fondement de la PSIA, eu égard aux ODM, peut être résumée à
travers les principes suivants:
 La focalisation sur les pauvres et les vulnérables.
 L’aide à opérer les bons choix politiques.
 La mesure de l’impact des politiques.
 L’analyse du genre, de la participation et de l’égalité des chances.

Enfin, La PSIA, comme c'est le cas pour les ODM, peut être un outil de plaidoyer et de travail pour
les ONG et autres organismes. 2

3.2 Les composantes de la PSIA

La méthode PSIA, en tant qu'outil d'analyse, est formée des composantes suivantes :

1. Détermination des questions pertinentes concernant le projet objet de l’évaluation


2. Identification des parties prenantes
3. Assimilation des canaux de transmission
4. Analyse des institutions
5. Collecte des données et des informations
6. Analyse des impacts
7. Amélioration de la réforme et conception des mécanismes de compensation
8. Evaluation des risques
9. Suivi et évaluation des impacts
10. Stimulation du débat public et information sur les choix des politiques

2 Voir World Bank, A User’s Guide to Poverty and Social Impact Analysis, 2003 pour plus d'informations.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

En ce qui concerne la collecte des données, la PSIA permet et exige la diversification des moyens
de requête, (enquêtes, focus group…). En fait, elle repose principalement sur trois méthodes de collecte des
données :
1. les interviews sous forme de conversations,
2. les débats en groupe de discussion,
3. l’observation directe et l’observation des participants.
Même si les informations rassemblées peuvent être de nature qualitative, elle comprend aussi une
analyse quantitative de telles informations données par les bénéficiaires en retour.

3.2.1 Les parties prenantes


La composante "Parties prenantes" est l'analyse systématique des données qualitatives dans
l'objectif de déterminer les intérêts et l’influence de différents groupes par rapport à une réforme.
L’analyse des parties prenantes peut être effectuée pour n’importe quel type de réforme. Toutefois,
elle s'avère particulièrement pertinente pour les réformes structurelles et sectorielles. La conduite d’une
analyse de base devrait précéder la conception d'une réforme et être approfondie en permanence, au fur et
à mesure de la finalisation des éléments de la réforme.
Plus précisément, elle vise à identifier les différents groupes à prendre en considération comme
catégories d’analyse. Elle est utile à la conception des enquêtes auprès des ménages, à la modélisation
micro-économique et aux outils liant micro et macro.
L’analyse des personnes concernées est itérative et se fait généralement au travers des sources de
données suivantes :
a.Les informations de référence sur les contraintes au passage de politiques gouvernementales
efficaces ;
b.Les interviews des sources clé pour identifier les parties prenantes importantes pour la pérennité
de la réforme politique. Les participants devraient être sélectionnés au sein de divers groupes
d’intérêts de façon à limiter les partis pris ;
c. La vérification des hypothèses établies à propos de l’influence et de l’intérêt des parties prenantes,
par l’intermédiaire de sondages/études et de l’analyse quantitative de données secondaires.
Les intérêts des personnes concernées sont rarement expressément exprimés dans les sources
existantes. Les principales sources d’information sont :
4.Les interviews des sources clé ;
5. Les documents secondaires tels que les articles de journaux et les recherches relevant du
domaine des sciences humaines.
Si les interviews des sources clé ont déjà été conduites dans le cadre d’autres analyses, la
préparation d’un document analytique sur les parties prenantes peut être très rapide, Dans les situations où
aucun travail qualitatif significatif n’est envisagé, une opération approfondie impliquera probablement le
déplacement sur le terrain et deux à trois semaines de travail.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

3.2.2 L’analyse institutionnelle

Il s'agit d’une approche analytique qui utilise des méthodes qualitatives pour démêler l’écheveau des
processus de prises de décision et de mise en œuvre.
Elle est utile pour tous types de réforme, particulièrement pour les réformes institutionnelles, celles
qui portent par exemple sur la décentralisation, sur les services publics, les réformes foncières et les
réformes des protections sociales.
Elle peut être également mise à contribution lors de la conception et de la mise en œuvre des
réformes.
La compréhension des questions d’économie politique et de bonne gouvernance, via l’analyse des
institutions impliquées dans la conception et la mise en œuvre des réformes, et l’identification des processus
dynamiques et des éventuelles limitations en la matière impliquent :
1. L’identification des agences gouvernementales, les organisations non gouvernementales et les
entreprises chargées de la mise en œuvre de la réforme.
2. L’identification de leurs caractéristiques et de leurs relations ; l'objectif étant la compréhension
des règles du jeu officielles (via l'établissement d'une cartographie statique, comme par exemple
un organigramme fonctionnel) et, des règles officieuses régissant les actions lors des processus
de prises de décision (via la cartographie du processus de circulation des ressources essentielles,
comme par exemple, l’argent, les informations).

Trois types d’information sont nécessaires à la conduite de l'analyse institutionnelle :


• Les informations de référence sur les parties prenantes clé et les structures organisationnelles des
agences concernées ;
• Les interviews et groupes de discussion avec les informateurs clé des agences gouvernementales,
organisations non gouvernementales et entreprises ;
• La triangulation et référencement croisé avec d’autres informations pour la validation des
informations de référence et des interviews des informants.

3.2.3 L’Analyse des bénéficiaires


La composante "Analyse des bénéficiaires" est sous-tendue par une méthode participative
d’évolution et de suivi intégrant la consultation directe des personnes et de la population concernées par la
réforme. Elle repose surtout sur une recherche qualitative, avec une utilisation réduite des techniques
visuelles et du suivi des communautés.
Généralement, elle est utilisée dans le cadre de l’évaluation des projets ou des réformes qui touchent
aux secteurs de la santé, de l'éducation, de l'infrastructure, de la protection sociale et de l'agriculture.
Cependant, elle peut être adapté à l’évolution ou au suivi de l’impact de certaines interventions quand les
canaux de transmission et les groupes affectés sont clairement définis. Elle est employée pour évaluer les

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

réformes proposées et permettre de signaler les obstacles rencontrés par des groupes dans le déroulement
de leur participation, ou encore pour déterminer l’opinion des bénéficiaires sur des réformes en cours.
La perspective des bénéficiaires, de leur perception de la stratégie proposée et des éventuelles
mesures de soutien envisagées donne à entrevoir la manière dont la réforme sera probablement reçue et
des questions pouvant surgir lors de la mise en place d'une réforme. Elle a tendance à se concentrer sur le
niveau communautaire, sans pour autant se focaliser uniquement sur les pauvres ou à la communauté des
vulnérables.
Employée en conjonction avec l’analyse des parties prenantes et l’analyse institutionnelle, elle peut
aussi faire un complément d’études quantitatives.
Elle repose principalement sur trois méthodes de collecte des données :
(1) des interviews sous forme de conversations
(2) des débats en groupe de discussion et
(3) l’observation directe et l’observation des participants.
Même si les informations rassemblées peuvent être de nature qualitative, elle comprend aussi une
analyse quantitative de telles informations données par les bénéficiaires en retour.

3.2.4 L’analyse du capital social


Cette composante de la PSIA comprend un ensemble d’instruments de mesures quantitatives et
qualitatives intégrés visant principalement l’étude des institutions, des réseaux et des normes permettant
une action collective.
C'est un outil qui doit être adapté à chaque question particulière et peut être utilisé en conjonction
avec d’autres instruments.
Il est principalement utile s'agissant des réformes dont les impacts sont indirects, réduits ou moyens,
telles que par exemple les réformes des services publics (accès aux services), décentralisation et
programmes de protection sociale (modification des transferts publics/privés).
Ce dispositif de la PSIA vient en réponse à des préoccupations fondamentales, se rapportant :
 aux normes et valeurs menant à l’adoption de la réforme ou à une résistance à son propos.
 à la distribution des actifs sociaux et leur rôle dans la génération des revenus et la gestion des
risques.
 aux impacts de la réforme sur les ménages ayant peu d’actifs sociaux.
 aux ajustements à apporter à la formulation de la politique et/ou quelles sont les mesures
compensatoires recommandées.
 A l’application intégrée et l’analyse d’informations quantitatives et qualitatives (sondages,
interviews des personnes-clé, groupes de discussion) obtenues au niveau des ménages,
communautés et organisations.
 Aux questions de solidarité, de confiance, de coopération et de résolution des conflits (capital
social cognitif), tout comme sur les organisations et leurs membres (capital social culturel).

49
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

3.2.5 L’impact géographique ou la carte de pauvreté

Il s'agit d'une technique qui permet d’estimer les niveaux et les changements de bien-être et
d’inégalité au niveau désagrégé, pour des zones géographiques réduites. Ce qui permet d'établir une carte
de la pauvreté et de faire ressortir l’hétérogénéité géographique sur ce plan, en dégageant la distribution de
la pauvreté et de l’inégalité dans les sous régions (localités, communes, quartiers, etc.) du pays.
La méthode peut fournir des informations pour le ciblage des ressources publiques et peut simuler
l’impact géographique de réformes.
Elle identifie les poches de pauvreté en estimant de manière suffisamment précise la pauvreté pour
un niveau de désagrégation inférieur à ceux typiquement considérés par les enquêtes auprès des ménages.
Les estimations de la pauvreté et des inégalités peuvent ensuite être représentées sur des cartes. D’autres
variables intéressantes peuvent être représentées sur les cartes pour l’évaluation de l’impact géographique
des politiques – par exemple, variables sur l’éducation, l’eau, la santé, les services publics, la production
agricole, etc., suivant la réforme envisagée.
Une carte de la pauvreté peut être associée à d’autres systèmes d’informations géo référencées,
avec des informations sur une variété d’actions publiques. L’analyse de l’impact social et l’analyse
participative de la pauvreté peuvent aider à comprendre les phénomènes observés.
La méthode utilise une enquête auprès des ménages et un recensement. Elle impulse les
informations sur la pauvreté et l’inégalité dans le recensement, utilisant des estimations provenant de
l’enquête auprès des ménages, par l’intermédiaire de la création d’indicateurs de niveau de vie basés sur la
consommation pour de petites zones géographiques. A cette fin,
(1) les variables communes à l’enquête et au recensement sont identifiées,
(2) l’enquête est utilisée pour l’estimation d’un modèle de prévision liant la consommation aux
variables que les deux sources de données ont en commun,
(3) les estimations des paramètres sont appliquées aux données du recensement pour en tirer une
estimation de la pauvreté pour chacun des ménages du recensement et,
(4) des estimations de la pauvreté et d’inégalité peuvent être calculées pour de petites zones
géographiques et transposées dans un système d’information géo référencée.
Une enquête auprès des ménages et un recensement de la population, idéalement effectués la
même année. Si cela n’est pas le cas, la compatibilité des sources devra être vérifiée en comparant les
estimations avec les statistiques de base sur la pauvreté et les inégalités de l’enquête auprès des ménages.
Dans ce cas, les estimations de niveau de vie portent sur l’année du recensement qui sert de base à
l’estimation de la dépense/consommation et des variables de pauvreté et d’inégalité.

50
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

3.2.6 L’Analyse des risques sociaux


C'est une approche analytique qui exploite des méthodes qualitatives en vue d'identifier et évaluer
les risques posés à et par la réforme et de dégager des informations sur les stratégies de gestion des
risques.
Elle est pertinente pour les réformes ayant des impacts significatifs sur la pauvreté et le social. Elle
aide à identifier les risques pouvant nuire aux objectifs des réformes, à fournier une information de qualité
pour l’analyse des politiques alternatives et la conceptualisation de mesures complémentaires au cas où une
réforme produit des impacts défavorables, enfin, à affiner la stratégie de gestion des risques.
Elle fournit des informations cruciales pour l’analyse des scénarios et les systèmes de S&E en
établissant une référence pour les indicateurs de risques, pour les évaluations des risques conduites au
niveau du pays et du secteur, tels les risques institutionnels (faiblesse de la gouvernance locale, complexité
des procédures de la réforme) ; ou encore les risques exogènes (tels les effets climatiques).
Elle passe par les étapes suivantes :
1. l’identification des hypothèses, implicites ou explicites, sur ce qui devrait ou ne devrait pas
advenir pour qu’une politique atteigne ses objectifs ;
2. l’évolution de la probabilité que ces hypothèses soient vérifiées et de leur importance pour la
réforme ;
3. l’évolution de l’impact d’une modification de la politique si les hypothèses se révèlent non
valides ;
4. l’information des stratégies de gestion des risques pour adresser les risques inévitables.
Cette composante est souvent effectuée après l’analyse des parties prenantes et l’analyse
institutionnelle et vient en complément à l’analyse des impacts.
Les informations sur les risques sont tirées principalement : (1) de documents secondaires, (2) de
discussions avec les partenaires, (3) d’agences qui évaluent les risques, et (4) de questionnaires, entretiens,
ou de groupes de discussion avec les personnes clé du gouvernement, des organisations non
gouvernementales et des entreprises. Ces informations sont validées par la triangulation et la vérification
croisée des informations obtenues.

3.2.7 L’analyse du score de la communauté


C'est un instrument de suivi qualitatif à base communautaire, s’inspirant des techniques d’audit
social et de suivi par la communauté et des bulletins de notes des citoyens. Il met en place un processus
d'empowerment, c'est-à-dire de renforcement et d'autonomisation des capacités humaines et de
responsabilisation. Car il englobe une conjonction entre les prestataires de services et la communauté; ce
qui permet l’obtention immédiate d’informations en retour.
La carte de score de la communauté est un instrument pour l’examen des dépenses publiques. Elle
est aussi utilisée au niveau local et par les communautés concernées pour le suivi et l’évaluation de la
performance des services, des projets et même des unités administratives du gouvernement (telles que les
assemblées de district).

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Le processus de cette composante prend en compte : (1) le suivi des intrants ou dépenses (par
ex. : la disponibilité de médicaments), (2) le suivi de la qualité des services, (3) l’instauration de critères de
référence pour les performances, utiles pour l’allocation des ressources ou les décisions budgétaires, (4) la
comparaison des performances entre les infrastructures/districts, (5) l’instauration d’un mécanisme
d’information entre les prestataires et les utilisateurs, (6) l’élaboration de compétences locales et, (7) le
renforcement du droit à la parole des citoyens et de la responsabilisation des communautés.
La carte de score de la communauté permet d'obtenir des informations sur :
(1) la manière dont les intrants ou dépenses correspondent aux droits/allocations, au niveau local
ou à celui de l’infrastructure,
(2) les critères utilisés par la communauté et prestataires pour évaluer les performances,
(3) la manière dont la communauté et les prestataires se notent selon ces critères,
(4) les preuves sur lesquelles de tels scores sont basés et,
(5) la manière dont les évolutions de la communauté et des prestataires peuvent être utilisées pour
instaurer un plan d’action en vue d'améliorer le projet/service.
Le processus ne nécessite que peu d’assemblées communautaires (parfois une seule). Cependant,
le travail de préparation et d’orientation pour la collecte des données sur les intrants/dépenses, la
préparation des prestataires et de la communauté en vue de la réunion, tout comme l’analyse des données
secondaires.

3.2.8 Poser les bonnes questions concernant le projet sujet de l’évaluation


Tableau 13 :
Les clés de Les éléments à analyser Les questions que l’on doit poser
l’évaluation
La pertinence Les objectifs globaux, Est-ce que les objectifs sont pertinents et
cohérents avec la vision politique?
La cohérence Les moyens et les activités par Est-ce que les moyens permettent de réaliser les
rapport à la politique activités. Ces dernières permettent-t-elles des
L’efficacité Les moyens, les activités, les résultats aboutissant à des objectifs attendus?
résultats
L’efficience La relation entre les moyens et les Y avait-il optimisation lors de la réalisation des
résultats résultats dans le temps et en touchant le
maximum des bénéficiaires?
L’impact Direct et indirect Le projet a-t-il réalisé les objectifs et les résultats
escomptés ?
La viabilité Les résultas et les objectifs Les résultas sont-ils durables, c'est-à-dire
reproductibles ?

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

3.2.9 Composantes des débats publics


Tableau 15 :
Acteurs devant participer Rôle dans la PSIA

Institution de recherche, - Collecter des preuves et des arguments par le moyen des
universités, recherches, de l'analyse des données, et fournir des conseils et
des recommandations,
- Fournir aux ONG des instruments de connaissance et d’analyse
efficaces et simples.
Associations - Groupes d’intérêts directement impliqués
- Expertise
- Mise en œuvre de l’évaluation

Media/journalistes - Diffusions des informations, transparence et accountability (fait


d'être comptable, c'est-à-dire de rendre compte de ses actes, de
ses décisions, de sa gestion…),
- Informer des soucis et des préoccupations des pauvres et de la
population,
- Système de veille,
- Comptes rendus et bilans mis à la portée du grand public
Groupe de plaidoyers Entreprendre des campagnes pour la promotion des alternatives et
la diffusion des résultats de la recherche.
Citoyens(nes) Perception, vérification des résultats, contribution à l’évaluation,
propositions des priorités.
Elus (es) Représentants de la société ayant un projet de société ou électoral
Présidents de communes

3.3 Outils de travail

1. Une analyse des données et des systèmes


2. Un diagnostic institutionnel
3. Une comptabilité analytique qui permet de voir si les moyens sont utilisés de façon optimale
4. Analyser le système de suivi du projet (manuels de procédures financières, missions de CLDH,
CPDH, CRDH) tout en procédant à des enquêtes externes dans des milieux cibles
5. Réaliser des enquêtes à l’échelle des ménages en focalisant sur l’économie, sur le bien être, et
sur les changements après la mise en œuvre du projet.
6. La durabilité du projet doit être évaluée en externe à la fin des actions, par le biais des
enquêtes adressées aux ménages, par des entretiens semi directifs avec les meneurs de projets,

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

par des focus groupes avec des individus et des groupes bénéficiaires afin de vérifier la
reproductibilité des expériences réussis

3.4 Etapes de vérification de la durabilité

Il s'agit à travers la vérification de la durabilité de s’assurer :


- des conditions de pérennisation des projets par l'examen des capacités des ONG porteuses ou
intervenantes dans les projets,
- des conditions de reproductibilité par : 1) la vérification que les ONG et les populations sont
intéressées par ces projets, 2) la vérification du degré de capitalisation des outils et des approches
transmissibles, 3) la valorisation de la solidarité et de la convergence ayant donné de bons résultats, 4)
enfin, voir si les décideurs sont toujours prêts à soutenir les projets de développement humain et social
- du fait que le dispositif est bien doté de plans d’information, d’animation, de communication, et de
lobbying,

3.5 Quelques garde-fous pour l’appréciation de l’impact

Trois moyens pour s'assurer de la réalisation des impacts :


1) Les impacts attendus doivent correspondre à la concrétisation des objectifs visés par le projet
même s'ils ne sont pas toujours les seuls effets du projet.
3) Les impacts directs ou les sous objectifs doivent correspondre aux effets plus ou moins
immédiats sur les résultats du projet pour les bénéficiaires (cibles des actions).
3) Les impacts indirects concernent la population voisine non ciblée initialement et témoignent
d’une diffusion spontanée au sein de la société locale.

3.6 Notation des critères de la durabilité

Pour chaque facteur, on attribue 1, 2 ou 3 signes (+), ou 1, 2 ou 3 signes (-)


Notons que x = la somme totale des (+) et que y = la somme totale des (–)
La différence pour un type donné entre la somme des + et celle des - est notée (x-y), permettant
ainsi d’établir le diagnostic effectif de durabilité,
Par ailleurs, si nous avons 7 facteurs, nous aurons (x-y) = +21 au maximum et -14 au minimum qui
sont les deux valeurs extrêmes de l’intervalle, de telle sorte que :
si (x-y) = 21, il s'agit alors d'une très bonne durabilité
si 14 < (x-y) < 21, c'est une bonne durabilité
Si 7 < (x-y) < ou = 14, c'est une assez bonne durabilité
Si 1<(x-y) <ou= 7, c'est une durabilité menacée
Si -14 > ou = (x-y) < ou = 1, le résultat est qu'il n'y a pas de durabilité

54
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

3.7 Les facteurs de durabilité :


Deux types de facteurs sont à apprécier conformément au tableau suivant :

Tableau 15 : Les facteurs de durabilité


1) Facteurs Internes Professionnalisme des ONG
Viabilité économique et viabilité des ménages
Transmissibilité et reproductibilité des savoirs et des résultats
Professionnalisme des ONG.
2) Facteurs externes Soutien des autorités de tutelles : DAS, CLDH, CPDH, CRDH,
Ministère.
Convergence et apports des secteurs publics impliqués.
Autonomie financière après l’arrêt du soutien de l’INDH.
Alternatives face aux risques et menaces

Les ONG ou les instances chargés d’évaluation et de suivi sont appelées à effectuer une analyse de
ce qu’on appelle les facteurs de risques qui favorisent la pauvreté des ménages. Il est préférable de se baser
sur la définition de développement humain qui est fondé sur 4 aspirations fondamentales, à savoir : bien
être, c'est-à-dire vivre longtemps et en bonne santé, accéder au savoir, disposer des ressources pour mener
une vie décente et participer librement à la vie communautaire (PNUD 1994).
Le développement humain ne peut être apprécié qu'à la lumière des 3 dimensions dont il se
compose à savoir : La santé, le savoir et le niveau de vie.

Les facteurs décisifs qui entraînent la paupérisation et doivent être quantifiés et classifiés sont :
1. L’accès à l’enseignement
2. L’accès à la formation continue
3. L’accès à l’emploi
4. L’incertitude des revenus
5. L’habitat insalubre
6. La qualité des services publics
7. Les conditions de la santé
8. La protection sociale
9. La valorisation des femmes

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Une matrice des indicateurs sociaux permet d’avoir un tableau de bord actualisable pour la période
de l’INDH

3.8 Variables à quantifier


Tableau 16 : Variables à quantifier.
Variables Urbain Rural
Education : Niveau scolaire, alphabétisation,
Santé : Accès aux soins, couverture médico-sanitaire
Eau potable : Réseau, fontaine publique, sources, puits
Energie : électricité, pas d’électricité
Conditions d’habitat : types de logement, cohabitation,
statut foncier
Assainissement : réseau, fosse sceptique, autre
Equipement sanitaire : bain traditionnel, bain/douche,
toilettes, cuisine
Nutrition : proportion de la population dont la dépense
alimentaire est inférieur au seuil de pauvreté, malnutrition
des enfants de moins de 5 ans
Communication : TV, paraboles, GSM, Tél. fixe, Internet
Equipement de confort : cuisinière, four à gaz,
réfrigérateur, congélateur etc.
Activité et occupation : jeunes actifs âgés entre 15 et 24
ans, part des actifs occupés dans le ménage, part des
chômeurs de 15 ans et plus dans le ménage.
Revenus, dépenses et dettes

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

3.9 Indicateurs des taux de déficit social

Tableau 17 : Indicateurs du déficit social


Indicateurs du déficit social 2005 (date 2010 (fin du 1er
démarrage) quinquennal de l’INDH
Taux analphabétisme
Taux chômage
Taux pauvreté
Taux d’exclusion (habitat indécent)
Taux de précarité
Taux de couverture sanitaire

3.10 Collecte des données

Tout au long de l’étude, les visites du terrain, les rencontres informelles ainsi que les moments
d’enquête, de focus group ou des entretiens individuels, se sont déroulées avec aisance étant donné que la
majorité des partenaires connaissait déjà les membres de l’équipe de l’université. En effet, certains responsables
d’ONG, de centres sociaux et même des élus dans les différentes communes rurales et urbaines ont reçu des
formations au sein de la faculté des lettres et sciences humaines et ne manquent pas d'exprimer une certaine
reconnaissance à son égard.
Par ailleurs, la liberté d’expression et d’échange ainsi que la confiance instaurées dès le départ ont pu
faciliter les réponses et les déclarations spontanées des interviewés. Il faut noter que lorsque ces derniers ont
pris conscience de l’importance de l’évaluation par la société civile et la population elle-même des retombées
des projets qui concernent leur localité, leur enthousiasme n'a été que plus vif pour s'impliquer directement
dans ladite évaluation. Il faut préciser aussi que la neutra lité supputée de l’université et le crédit imputé aux
chercheurs universitaires ont largement favorisé l'instauration d'un véritable climat de confiance.
Quant au rôle joué par la D.A.S de Mohammedia avec toutes ses composantes, il a été déterminant
dans le bon déroulement de l'étude en facilitant, notamment l’accès aux données et au terrain.
L’accompagnement que la DAS a assuré dans la collecte des données et l'établissement des statistiques nous a
permis de mieux cerner le processus, les procédures et les tenants et aboutissants des projets à l'étude sur le
territoire de la préfecture de Mohammedia et des communes rurales.
L’approche méthodologique proposée de l’étude est de type sociologique et géographique basée sur
l’analyse de données collectées à partir de questionnaires, focus groups et entretiens, mais en prenant en
considération l’application de l’outil PSIA, surtout les références contenues dans les pages 64, 67, 70, 81, 83,
84 , 85 , et 86 du Guide de la Banque Mondiale sur l’AIPS.
L’étude fera ressortir de manière quantitative et qualitative quelques grandes tendances du
changement induit par les projets INDH au niveau de la société locale à Mohammedia.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

3.11 L’équipe responsable de l'étude


L’équipe responsable de l’étude est composée de chercheurs en sciences sociales, en géographie et en
développement relevant de l’Université Hassan II Mohammedia-Casablanca, et appartiennent pour la plupart au
LEAT (Laboratoire Espaces et Aménagement des Territoires), accrédité par l'université citée. Il s'agit de Mme
Rachida Nafaa, MM. Mohamed Zhar, Mhammed Abderebbi, Mohamed Aneflouss, Ahmed Ait Moussa,
Azzeddine Chaouki, Abdelmjid Essami, Mokhtar Lakhal et Mustafa Ouadrim.

3.12 Les enquêteurs


Ont pris part à la réalisation des enquêtes et à la collecte des données les parties suivantes :
1. L’Équipe des chercheurs du Laboratoire Espaces et Aménagement des Territoires (Accrédité par l’Université
Hassan II Mohammedia Casablanca et constituée de 4 professeurs de l’enseignement supérieur, 3
professeurs habilités, 7 doctorants (en géographie et sociologie ayant un profil d’associatif)
2. Plusieurs Associations porteuses de l’INDH (pour 2006, 2007,2008 et 2009)
3. La D.A.S de Mohammedia
4. Le Conseil Municipal
5. Deux communes rurales (Ech-Chellalate et Sidi Moussa Ben Ali)
6. Participation d’une vingtaine d’associations (débats, journées d’étude, etc).

3.13 Recrutement et affectation des enquêteurs et équipes de travail

Le recrutement des enquêteurs s’est fait par entretien direct par les professeurs membres de
l’équipe du projet. Les personnes recrutées ont été choisis sur la base de leur bonne connaissance des zones à
enquêter, de leur sens de l’éthique et de leur bon niveau d’études (tous détiennent un diplôme de master en
géographie ou en sociologie ou sont doctorants).
La tâche assignée aux enquêteurs est celle d’administrer les questionnaires auprès des ménages.
1. Affectation et constitution des sous équipes de travail
2. Les superviseurs/ professeurs avaient également pour mission de veiller au respect du
planning des enquêtes, de vérifier la qualité des informations recueillies. Ils ont veillé également au bon
déroulement des opérations, du respect par les enquêteurs des procédures, des règles de bonne conduite et
des procédures de l’enquête.
3. La conduite des entretiens et focus groups a été déléguée à des professeurs confirmés
impliqués dans l’étude et ayant une expérience dans la conduite des études de terrain. Ainsi, il a été procédé à
la constitution de quatre équipes de travail ont été constituées :
1. Une équipe chargée de trois Associations dans les zones péri-urbaines (Prs Aneflouss, Ait
Moussa, et les doctorants Id Boukdir, Ait Laasri…)
2. Une équipe chargées de quatre Associations travaillant sur des projets en zones rurales (Prs
Zhar, Lakhal et Abderebbi plus des doctorants)

58
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

3. Une équipe chargée de quatre Associations de Femmes (Prs Nafaa, en plus des doctorants
Diaji, Abidi, ..)
4. Une équipe chargée de deux Associations dans les zones urbaines (Prs Chaouki, Essami…)

3.14 Techniques utilisées dans la collecte des données

Afin de collecter les données, d'établir les représentations et les avis de la population et des acteurs de
la société civile, trois techniques ont été utilisées, à savoir :
1. La technique du questionnaire qui cible les ménages bénéficiaires directs des projets et
programmes de l’INDH avec un échantillon de 120 personnes appartenant aux communes rurales
et urbaines bénéficiaires de l’INDH. Les axes du questionnaire ont porté sur les caractéristiques
socioéconomiques des interviewés, la compréhension de l’INDH, l’implication et la participation, les
bénéfices, les attentes et aspirations.
2. la technique des Focus group, utilisée avec les populations en catégories bénéficiaires: (des
groupes de femmes, d’enfants, de jeunes, d’handicapés, etc…). Douze focus groups ont été
réalisés. Des guides de focus groups différenciés ont été établis selon la catégorie ciblée par l’étude.
3. la technique des entretiens, utilisée avec les représentants des différentes catégories suivantes :
les responsables des Comités INDH (cadres administratifs, collectivités locales, secteur associatif,
etc.), les responsables de la DAS et des services extérieures et les responsables des associations
locales bénéficiaires et porteurs de projets. Soit un total de 30 entretiens réalisés.

A noter que cinq axes ont été définis pour les entretiens et les focus groups. Chaque axe ayant un
thème de recherche qui sous-tend la conception du canevas. Ces axes sont les suivants :
1. Connaissance et compréhension de l’INDH;
2. Adhésion et participation à l’INDH;
3. Appropriation et implication dans le processus INDH ;
4. Appréciation de l’INDH;
5. Attentes et aspirations non prises en compte ou suscitées par l’INDH.

3.15 Ateliers de formation


En préparation de cette étude, il était nécessaire de procéder à une certaine mise en condition de
l'équipe afin qu'elle s'imprègne des objectifs et des finalités de cette étude action. Ainsi, dans ce cadre, ont été
réalisé :
• Un brainstorming a été organisé avec les responsables des associations concernées par l’étude
• Une série de réunions a rassemblé les chercheurs pour une meilleure compréhension et une maîtrise
des guides d’entretiens et focus groups.
• L’équipe a organisé une sortie d’exploration du terrain. Elle a rencontré un certain nombre
d’associations bénéficiaires et population cible.

59
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

• L’équipe a organisé un atelier de travail avant l’administration du questionnaire pour finaliser et


valider les outils méthodologiques.
• Une formation de 3 jours a été organisée pour les enquêteurs sur la compréhension de l’objectif de
l’étude, sur l’administration des questionnaires, et sur la formulation des questions. (24-25-26 mars 2009)

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

4. Analyse des projets INDH selon la PSIA

4.1. Introduction

Au Maroc, selon le rapport du HCP (2010), la pauvreté multidimensionnelle est beaucoup plus
importante que la pauvreté monétaire, avec les taux respectifs de 8,9% selon l’approche monétaire et de
12% selon l’approche multidimensionnelle.
Ainsi selon le même rapport, le ménage le plus pauvre n’est pas seulement celui qui manque
d’argent, mais également celui qui correspond au profil suivant :

 Le chef du ménage est analphabète


 Plus de 3 /4 des membres du ménage n’ont aucun niveau scolaire et moins d’1/3 savent lire et
écrire
 Les membres de ce ménage n’accèdent pas aux services de soins
 Les membres du ménage n’ont aucune couverture médicale
 Les enfants relevant de ce ménage souffrent de la malnutrition
 Le logement de ce ménage est de type précaire, non raccordé au réseau de l’eau potable ni au
réseau d’électricité, ni au réseau d’assainissement
 Ce ménage ne dispose pas des éléments de confort : douche, cuisine, toilette, cuisinière
 Les dépenses alimentaires de ce ménage sont en dessous du seuil de la pauvreté.

Cerner les revenus avant l’adhésion à un projet est souhaitable puisque cela permet de suivre
l’évolution de ces revenus, leur amélioration, et partant, à mieux déterminer les impacts sur le bien être de
la famille et son autonomie économique.
L’analyse des revenus peut aider à estimer également le pouvoir d’achat, la possibilité des soins et
l’accès aux autres services.
La comparaison entre la situation monétaire avant l’adhésion à un projet AGR et après montre une
légère amélioration des revenus, puisque la durée du projet n’est pas assez longue pour pouvoir produire un
changement profond sur les revenus (la durée des projets évalués en l’occurrence ne dépasse guère 2, 3 ou
4 ans), et que les améliorations touchent essentiellement les revenus inférieurs à 1000 DH (qui ont baissé de
42,5% à 25%), la tranche de 2000 à 3000 DH est passée de 15% à 25%. Les revenus entre 5000 et 6000
DH se sont améliorés de 2%.
Dans la région de Mohammedia, les revenus déclarés par les enquêtés diffèrent entre l’espace rural
et l’espace urbain. Ceux qui ont moins de 2000 DH par mois par ménage, se localisent surtout dans la
campagne. Certes, ces déclarations sont discutables, mais elles permettent de situer quand même les
changements et les améliorations qui touchent les conditions de vie des habitants.

61
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Tableau 18 : Revenu mensuel /ménage après l'initiative


%

Moins de 1000 Dh 25,0

Entre 1000 et 2000 Dh 27,5

Entre 2001 et 3000 Dh 25,0

Entre 3001 et 4000 Dh 7,5

Entre 4001 et 5000 Dh 2,5

Entre 5001 et 6000 Dh 5,0

Plus de6000 Dh 7,5

Il a fallu voir également comment cette amélioration se traduit par une certaine aisance dans la vie
de la population bénéficiaire.
A cet égard, l’achat des outils électroménagers a augmenté de 10 à 15 %. Ce sont les familles à
revenu faible qui ont acquis peu à peu la capacité de s’octroyer ces outils.
En ce qui concerne les moyens de communication, on note que le pourcentage des ménages ne
possédant pas ces moyens est plus important en milieu rural et dans les bidonvilles qu’en milieu urbain ou
l’on remarque que la plupart des ménages possèdent des téléviseurs, des GSM ou des paraboles :

Tableau 19 : Situation de l’acquisition des équipements électroménagers.


Cuisinière (%) Machine à laver (%) Frigidaire (%)
Oui Non Total Oui Non Total Oui Non Total
Avant 77.5 22.5 100 42.5 57.5 100 77.5 22.5 100
l’initiative
Pendant 90 10 100 80 20 100 85 15 100
l’initiative

Plusieurs études, réalisées notamment par le HCP en 20103, montrent que les vrais pauvres ne
possèdent ni télévision, ni parabole, ni téléphone portable. Ils manquent également de certains moyens de
confort, tels la cuisinière, le four à gaz, le réfrigérateur. Mais, dans la région de Mohammedia, dans certains
douars la seule entrave à l’achat des électroménagers est le manque de l’électricité. D’où la recherche par la

3 Pauvreté et inégalités des conditions de vie au Maroc entre 2001 et 2007

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

population de projets générateurs de revenus ou des projets de structures de base telles l’électricité et
l’eau potable.
Tableau 20 : Situation de l’acquisition des moyens de communication.
Téléviseur (%) Parabole (%) Ordinateur
(%)
Oui Non Total Oui Non Total Oui Non Total
Avant 92.5 7.5 100 62.5 37.5 100 10 90 100
l’initiative
Pendant 100 0 100 85 15 100 22.5 77.5 100
l’initiative

Les moyens de transports constituent des indicateurs sur l’amélioration des conditions de vie des
bénéficiaires.
Seuls les porteurs des projets AGR, sont concernés, puisqu’il est possible de faire des constats sur les
impacts directs des résultats réalisés.
C’est ce genre de projet qui permet l’achat d’une moto (passage de 27% à 40%) ou d’une voiture
utilitaire (15 à 20%) pour le transport des produits et leur distribution.
C’est ce genre de projet qui permet l’achat d’une moto (passage de 27% à 40%) ou d’une voiture
utilitaire (15 à 20%) pour le transport des produits et leur distribution. Les associations des vendeurs de
poissons à Mohammedia ont acquis plusieurs motos dans le cadre de l’INDH, une dame a fait l'achat d'une
voiture utilitaire qu’elle conduit elle même. D’autres associations et centre sociaux ont eu des véhicules
grâce aux AGR. Des jeunes artisans ont eu la capacité de s’acheter leur moto qui leur assure la facilitation de
leur activité4.

Tableau 21 : Amélioration des conditions de transport


Voiture (%) Moto (%)
Oui Non Total Oui Non Total
Avant l’initiative 15 85 100 27.5 72.5 100
Pendant l’initiative 20 80 100 40 60 100

Tableau 22 : Situation d’acquisition du téléphone


Tel. fixe (%) GSM (%)
Oui Non Total Oui Non Total
Avant l’initiative 10 90 100 82.5 17.5 100
Pendant l’initiative 20 80 100 95 5 100

4 Pour toute vérification de ces données contacter le Chef de la DAS de Mohammedia (Mostafa.yahyaoui@gmail.com)

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Selon les déclarations des habitants et des acteurs locaux, la relation entre la disponibilité de l’eau
potable, donc épurée, et propre est étroite avec la santé. Dans les douars qui ont eu accès à l’eau potable,
l’amélioration des conditions de l’habitat dans le cadre des projets de lutte contre l’habitat insalubre et
l’amélioration des revenus poussent les familles à aménager un espace de douche ou une salle de bain, d’où
un impact remarquable sur la propreté et la santé des enfants comme des adultes. Ils déclarent que la
fréquence des maladies liées à l’hygiène (conjonctivite, diarrhée) a baissé depuis lors.

Tableau 23 : Amélioration des conditions d’hygiène


Bain / Douche (%)
Oui Non Total
Avant l’initiative 35 65 100
Pendant l’initiative 50 50 100

Utilisation des transports publics

On note une légère augmentation quant à l’utilisation des transports publics, particulièrement pour
les personnes ayant adhéré aux projets AGR. En effet, grâce auxdits projets, beaucoup de piétons ont
commencé à faire usage des différents transports publics. L’impact de l’INDH sur le bien être de ces
personnes est donc réel.

Tableau 24 : Amélioration de l’accès aux transports publics


Utilisation des transports publics Autobus (%) Grand taxi(%) Petit taxi(%)

Oui Non Oui Non Oui Non

Avant l’initiative 32.5 67.5 52.5 47.5 2.5 97.5


Pendant l’initiative 35 65 60 40 20 80

4.2 L’analyse des institutions et gouvernance

Dans la plupart des enquêtes qui ont été effectuées dans le périurbain, les quartiers démunis en ville
et dans certains douars dans le rural (c’est-à-dire les zones cibles de l’INDH), on constate en fait que les
priorités définies sont corrélés aux énormes besoins enregistrés dans ces territoires.

Ainsi l’amélioration des conditions de l’habitat, les équipements et les services de base, la santé,
l’éducation, l’emploi constituent des priorités qui doivent être pris en compte dans les futurs programmes de
développement humain dans la région. Contrairement à ce qu’on pouvait supposer, les AGR, ne paraissent
pas plus demandés que les autres projets, en dehors des projets Equipements et Infrastructures de base.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Cet axe dénote plus que jamais que le développement local espéré repose sur des actions
mobilisant les initiatives locales au niveau de petits territoires et des habitants eux-mêmes.

La tendance va dans le sens de la priorisation de mini-infrastructures visant l’amélioration des


conditions de l’habitat, les équipements et les services de base.

L’analyse des projets relatifs à l’amélioration du cadre de vie et l’amélioration du quotidien fait
ressortir une nette tendance vers la prédilection des projet d’amélioration du cadre de vie dans la
composante équipements et infrastructures de base ; 28,6% des projets en effet, vont dans ce sens.

Ce qui traduit une priorisation des besoins en vue de pallier aux déficits et carences enregistrés, il
est vrai au niveau territorial mais qui n’est pas sans rappeler l’infléchissement et la projection de ce déficit
du niveau national.

les AGR, très souvent résultantes d’ initiatives de certains habitants à titre personnel ou familial au
niveau d'exploitations agricoles, commerciales, artisanales, tirant partie des ressources et des marchés
locaux ne paraissent pas plus convoitées que les autres projets, en dehors des projets Equipements et
Infrastructures de base.

Ce qui suppose une réelle hiérarchisation des paliers des besoins et des attentes pour un
développement humain axé sur la performance.

Tableau 25 a : Besoins prioritaires de la population locale


%
Amélioration de l’habitat 14.3
Formation professionnelle 14.3
AGR 14.3
Equipements et infrastructures de base 28.6
Emploi 14.3
Santé/ Projet pour les personnes handicapées 14.3

Les bénéficiaires mettent en avant les difficultés suivantes : le manque d’information, d’encadrement
social, la non professionnalisation des ONG, les enjeux électoraux qui influencent de manière négative
l'affectation et la conduite des projets, l’absence d’une réelle approche participative, avec notamment le
manque de diagnostic participatif.
Les tableaux suivants résument les principales contraintes qui ont pesé au regard des bénéficiaires
sur le bon fonctionnement des projets :

 Association de l’eau potable (rural)


Tableau 25 b : Besoins prioritaires de la population locale

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

%
Manque d’information 20
Manque d’encadrement social 20
Non professionnalisation des ONG 20
Absence de la population dans le diagnostic 20
Non professionnalisation des ONG 20

Tableau 25 c : Besoins prioritaires de la population locale


 Association des parents des handicapés (association des parents dans le rural)
Pourcentage
Absence de la population dans le diagnostic/ Enjeux politiques 50
Manque d’encadrement social 50

Tableau 25 d : Besoins prioritaires de la population locale


 Association sportive dans le rural
Pourcentage
Manque d’information 50
Manque d’information /pas de diagnostic participatif 50

Une bonne gouvernance et un développement humain réellement intégré, supposent que l'État
régalien se concentre sur la stratégie et délègue à des entités autonomes la conduite et la gestion
des projets. Il attend de ce transfert une exécution plus efficiente et plus efficace, ou à moindre
coût, que la sienne.

Selon l'expression d'Osborne et Gaeble, les pouvoirs publics doivent moins se préoccuper de ramer
que de tenir le gouvernail. Ils définissent les priorités collectives, dégagent des ressources
financières et formulent des missions sans s'investir dans les détails de leur réalisation.

Ceci ne peut se faire sans compter sur une structure mosaïque (ONG, élus, agents de l’Etat…) mais
efficace menant le projet collectif de façon interdépendante et participative à terme.

Or, les projets qui font l’objet de notre étude se construisent à travers un jeu social complexe, à l’interface
entre dynamiques sociales locales et logiques politiques.

Or justement cette partie relève nombre de failles pouvant, à terme, être porteuses d’effets pervers.

4.2.1. Le manque d’information :

Le manque d’information, relevé par les bénéficiaires est un problème récurrent qui ressurgit de
façon évidente/flagrante tout au long de l’étude.

La problématique suppose de revisiter le processus de rapprochement vis-à-vis du citoyen à travers

66
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

une entière assimilation de l’INDH en général et du projet en particulier. Afin de mesurer le stade
d’assimilation de l’INDH, de ses valeurs, de sa philosophie, une question a été introduite dans ce sens.

A travers le questionnaire, il ressort que 70% de la population interrogée déclarent connaître ce


qu’est l’INDH. Alors que 88% ont déclarés en avoir déjà entendu parler sans pour autant en assimiler
nécessairement les fondements et la philosophie.

Cette prise de connaissance de l’INDH est largement attribuée aux moyens audiovisuels. En effet
62% de la population interrogée déclare avoir pris connaissance de l’initiative à travers les mass-médias, lors
des visites royales, la télévision, la radio, la presse, internet etc…

Au niveau local, la logistique visuelle INDH est mise en route. Des activités de sensibilisation,
d’information et de formation sont déployées. Des supports de communication sont réinventés telles que la
diffusion des bonnes pratiques à travers la capitalisation des projets réalisés, les logos etc…
De nouveaux outils sont créés comme Dar almobadarate qui est une structure mobile mise à la
disposition de la population habitant Douar Lahjar. Elle se résume à un dispositif d’accompagnement à la
création de la micro-entreprise dans le cadre de l’INDH.

Ces mesures aussi innovantes soient-elles n’arrivent toujours pas à mettre sur pieds une communication
efficace à même d’assurer l’adhésion de la population puisqu’elle ne participe comme source d’information
qu’a hauteur de 14%, largement reléguée en second plan après les mass-média.

Les Association Porteuses de Projet ne participent comme source d’information qu’a hauteur de 8%
suivie par le dispositif Focus Groupe/Rencontre/Formation, qui ne participe dans la diffusion de
l’information, que dans la limite de 7%.

Ceci étant, il est certain qu’il y a une nette amélioration des connaissances de la population sur
l’INDH, puisque seuls 30% de la population déclare ne pas assimiler le concept dans tous ses contours.

Il ressort des entretiens que les gens ont eu beaucoup d’informations descendantes mais peu
d’occasion de faire remonter un feedback sur ce qui a été compris et admis et ce qui ne l’est pas.

Les mass-médias, lors des visites royales, la télévision, la radio, la presse, internet etc…, sont
largement dominants en tant que sources d’information sur l’INDH. Ce qui fragilise l’efficacité des dispositifs
d’informations locaux (institutionnels et non institutionnels) censés être plus accessibles en termes des
ciblages des besoins en information mais aussi en terme d’organisation et de hiérarchisation des flux
informatifs sur l’INDH.

67
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Le niveau d’instruction est significativement lié à la connaissance de l’INDH. Le questionnaire


renseigne que la carence en informations n’est pas vraiment dus à des problèmes logistiques tels que le non
accès à des services comme l’électricité, la télévision, ou au manque de communication sur l’INDH. Cette
carence est dûe, dans la majorité des cas à des problèmes structurels liés principalement à l’analphabétisme.
La méconnaissance ou l’ignorance de l’INDH augmente en fonction du niveau d’instruction et de
l’âge avancé. 54% des personnes désinformés sont analphabètes ou âgées.

Le manque de communication sur l’INDH, comme source d’ignorance de l’initiative, a été rapporté
dans 19% des cas.
Par contre le désintéressement de la population et l’inaccessibilité à l’électricité et du coup à la
télévision semblent ne pas jouer un rôle prépondérant dans la méconnaissance de l’INDH, puisqu’ils ne
participent respectivement qu’à hauteur de 6 et 7% de la population déclarant ignorer l’INDH.

Le niveau d’instruction est significativement lié à la connaissance de l’INDH.

Il en découle qu’il convient de prendre en considération les remarques suivantes :

 L’évaluation des supports de communication existant permettra de réévaluer la pertinence de ces


outils et de les adapter en conséquence.

 il serait approprié de mettre en place des projets de développement impliquant les associations
locales. Ces projets devront s’adresser aux populations les plus vulnérables, et devront intégrer une
composante information/sensibilisation plus ciblée.

 dans ce contexte, il importe d’assurer l’adhésion de tous. Ceci passera par une communication
réévaluée et améliorée.

 Renforcer les actions de communication à l’adresse des populations et du tissu associatif.


L’élaboration d’un plan de communication (par province et préfecture) informant et rappelant entre
autres, les objectifs de l’INDH, les projets réalisés (diffusion des bonnes pratiques), les modalités de
participation à la réalisation de projets, l’éligibilité des projets et des porteurs de projets, etc.

4.2.2 influence des acteurs de la gouvernance (élus, ONG) sur les projets :

Cette partie met en exergue les attitudes et les représentations qui prévalent en ce qui concerne le
niveau d’influence des saisons électorales et du degré de professionnalisation des ONG.

68
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Les tableaux témoignent d’une :

 Influence négative des enjeux électoraux sur l'affectation et la conduite des projets ce qui nécessite
un processus de distanciation, d'autonomisation ou de désenchevêtrèrent de l’espace de projet du
territoire électoral.

 L’élu prenant part aux projets de l’ILDH, se projette dans le moyen terme, à l’échelle d’une carrière
politique liée essentiellement aux agendas électoraux -2007, 2009- : ses succès dans les projets INDH
ne peuvent qu'influencer favorablement sa carrière politique.

Or cette aptitude risque de produire un sérieux dilemme entre deux logiques: une afférente à la
conduite des projets de développement territorial comme tremplin à une carrière politique5, et la
logique de la pérennisation des acquis et des retombées positives des projets INDH, à long terme, sur
la vie communautaire6.

 Non professionnalisation des ONG, -relevé assez fréquemment-, ce qui suppose un processus de
dynamisation et de transformation organisationnelle des ONG grâce à une orientation plus grande
vers les résultats.

Au-delà de ces conclusions , des analyses plus profondes peuvent nous mener à questionner les
éventuels « conflits de légitimités » entre ces acteurs, ce qui nous ressurgit la question récurrente de
l’incompatibilité des natures "industrielles7" et "civiques8" avec la nature "domestique9" (voir. la théorie de
"la justification" ou la "sociologie des économies de la grandeur", de L.Boltanski. et L.Thevenot).

Nous nous focaliserons sur l’incompatibilité entre la nature de "l’engagement civique" et la "nature
de la légitimité institutionnelle".

L’engagement civique des associations et la légitimité institutionnelle, précisément des élus,


peuvent, rentrer en conflit. En effet, il est hasardeux de tenter de concilier recherche de performance de
l’intervention de l’INDH, en termes de régulation sociale du territoire, et respect des traditions locales de la
solidarité sociale. Toutefois la reconnaissance d’une association dans un territoire peut être liée à sa capacité

5
La plus ou moins grande proximité du terme électoral influencera les priorités des thèmes de communication de l'élu.
6
La philosophie de l'INDH met en avant la thèse selon laquelle la préservation de la cohésion sociale et la pérennité des
engagements doit primer sur tous les autres engagements politiques.
7
Nature industrielle: la société est conçue comme une machine avec un ensemble d'organes fonctionnels disposés en vue de la
performance et de l'efficacité dans la satisfaction des besoins. Le centre en est le travail et la production. L'action est fondée sur la
connaissance scientifique et les connaissances techniques. C'est le domaine du productif, du calculable, du mesurable. Les principes de
hiérarchie et d'autorité mis en œuvre sont justifiés par référence à la compétence et à la raison et instituent la séparation entre les
tâches de conception et les tâches d'exécution.
8
La nature civique: la société se constitue autour de la figure émanant de citoyens libres et égaux. L'ordre s'organise autour de
la figure de l'Etat, garant de l'intérêt collectif supérieur aux intérêts privés. La référence première est la démocratie et ses procédures.
9
La nature domestique: celle-ci apparaît comme la généralisation du lien familial: c'est un univers de relations entre les individus
d'un groupe, de dépendance personnelle, se référant à l'appartenance à des corps, à des lignées, dépassant la succession des individus.
Les liens y sont des objets familiers, souvent uniques, inséré dans une tradition, faisant l'objet de transmission au sein des groupes.

69
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

à servir l’intérêt collectif et, par extension, à améliorer et compléter la performance des mesures publiques
de la régulation sociale du territoire.

D'autre part, par définition, ces deux natures ont des caractères diamétralement opposés. La nature
de l’engagement civique est volontariste (bénévole) alors que, la nature de la légitimité institutionnelle de
l’élu est constitutionnelle.

Cette dualité des déterminants produit des comportements différents, voir incohérents : la recherche
de l’intérêt collectif, d'un côté, la recherche de la renommée (statut social), de la célébrité (conflit des
légitimités) d'un autre. Or il n’est plus acquis en sciences sociales que l’intérêt collectif corresponde à la
somme des intérêts individuels. A titre illustratif, un conseil élu dans une commune, a tendance à donner la
priorité à l'intégration, dans une ILDH10, d'une politique d’aménagement au détriment de la démocratisation
des choix de l’association du quartier cible, de manière à préserver les intérêts de la normalisation
urbanistique du territoire.

Il a été, également, vérifié à travers l’étude que les élus, auraient facilement tendance, par des
manœuvres plus ou moins déclarées, à contrecarrer l'association qui n'est pas en cohérence avec leur
stratégie électorale11, en encourageant la création de nouvelles associations qui ne parasiteraient pas leur
perception de l'ordre politique local désiré.
Ici, la solidité du compromis dépendra du groupe référent à travers lequel l’individu déterminera sa
"réputation sociale".

Il ressort donc, au terme de cette analyse, que la fragilité de certains compromis peut affecter
sérieusement l’efficacité des dispositifs du système de pilotage des projets.

Il n’en demeure pas moins vrai que ce constat, ne peut pas être imputé aux épisodes réducteurs des
conflits de légitimités mais s’étend plus largement à un déficit d’intériorisation d’une stratégie de
développement. Ce qui risque à terme, d’accroître la courbe des personnes en situation de besoins-non
satisfaits, et nuire à la stratégie en matière d’accompagnement en particulier, et à la vision intégrée, en
général, et décrédibiliser, du coup, le processus d’adhésion aux projets.

Les résultats présentés dans ce tableau témoignent de l’existence d’une symptomatologie évocatrice
d’un disfonctionnement institutionnel d’acteurs sensés veiller à l’adhésion à la stratégie de développement
local.
Ceci montre également une faible prise de conscience par ces acteurs de la gouvernance de
l’importance de la vision intégrée pour mener à bien le projet.

10
L'ILDH est très souvent perçue par l'élu comme une opportunité pour réaliser des visées électorales.
11
La concurrence de légitimité et de représentativité s'est accentuée avec l'approche de l'échéancier électoral .

70
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Cette situation compromettante dénote des efforts qui restent à faire et des mesures à
entreprendre dans le domaine de l’extension de la couverture du sens de l’adhésion à une vision intégrée du
développement.

Dans le contexte actuel d’évaluation, il est opportun de s’assurer de l’adhésion des élus et de la
performance des ONG, en particulier, et des acteurs de la gouvernance en général, ceci passera par des
mesures de réévaluation améliorées.

4.2.3 l’absence d’une réelle approche participative, avec notamment le manque de diagnostic
participatif

Le Diagnostic participatif donne à tous l'occasion de mieux comprendre le processus de


développement dans lequel ils se sont engagés. Prônée depuis la fin des années 70, la « participation »
devient ainsi le maître-mot des débats contemporains sur le développement, repris tant par les ONG que par
les institutions internationales ou les services techniques locaux.

Depuis le milieu des années 90, elle est censée être au cœur des pratiques de conception et de
mise en œuvre de projets, en application du principe selon lequel «les bénéficiaires doivent être associés à
toutes les étapes du processus, depuis l’identification jusqu’à l’évaluation ».

Pour leurs promoteurs, les démarches participatives vont bien au delà : elles sont censées porter
un nouveau paradigme scientifique, loin du réductionnisme de la science standard (Pretty,1995; 2000;
Conway et al, 1994); et redéfinir les relations entre populations, groupes sociaux marginalisés, et chercheurs
et techniciens, en mettant les premiers au centre de l’action publique et les autres à leur service.

L’objectif de cette étude est justement de vérifier si les démarches participatives ont bien été
respecté en mettant en évidence l’implication des personnes interrogées dans les projets et les attitudes des
différentes structures en vue de s’assurer un réel engagement.

L’analyse des données relative à la participation fait apparaître de fortes variations. Pour ce qui est
de la sollicitation à participer dans les diagnostics participatifs, les résultats traduisent une forte proportion
de personnes n’ayant pas du tout été invité à participer.

71
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Cette fragile participation des bénéficiaires relevés par les tableaux, peut expliquer un certain
laxisme quant à l’implication des personnes aux projets, et une carence en termes d’intériorisation de
l’approche participative.

L’étude des intentions et des déterminants des personnes se trouvant en situation de besoins non-
satisfaits revêt une importance toute particulière pour l’élaboration de nouvelles stratégies en matière
d’information Eduction et Communication en vue d’une plus ample adhésion.

Les résultats laissent entendre que les personnes n’ont pas été invités à participer aux projets
faute d’approche participative de la part des associations dans 25% des cas, mais également par manque
d’encadrement de la population, et cela dans 13% des cas.
A travers les entretiens, il ressort des graphique une forte incrédulité et incompréhension chez
62% de la population n’ayant pas été invitée à participer aux projets.

Pour mener à bien ce travail de calcul de l’implication des structures pour s’assurer l’adhésion des
personnes aux projets, nous avons privilégié l’appréciation des canaux mobilisés à cet effet.
Le recours aux réunions de concertation autour du projet, est l’instrument privilégié pour inviter
les personnes à participer. Il ressort qu’il est usité dans 67% des cas, notamment par les associations
concernées par le projet.

La seconde mesure d’intervention pour inviter les personnes à participer est le diagnostic des
besoins et le suivi à posteriori qui ressort dans 20% des cas. Il est l’instrument privilégié des acteurs de la
gouvernance locale notamment les représentants publics : Division de l’action locale, autorité locale, services
extérieurs.

Le troisième investissement consiste à faire prévaloir la mobilisation et l’information sur les


projets. Il est assez peu utiliser pour assoir les sollicitations de participation, dans une marge n’allant pas au-
delà de 13%.

Il importe dans ce contexte de préciser dans les cahiers de charge de ces projets qu’ils devront
inclure des activités d’information mais surtout de sensibilisation ciblée avec la possibilité de réévaluer en
permanence la pertinence des messages et la compréhension du public.
D’autre part cela permet une approche participative ou la population se sent impliquée et non plus
victime des décisions ressenties comme étant arbitraires ou marginalisantes.

Ces action de sensibilisation aux projets devront être coordonnées afin d’assurer la cohérence et
l’homogénéité des messages.

72
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Il en découle qu’il convient de prendre en compte les remarques suivantes :


 La participation et l’implication des bénéficiaires peut être efficaces pour toute stratégie de
développement humain.

 La mise en place de mesures compensatoires appropriées avec le soutien des acteurs institutionnels
pour se prémunir d’un éventuel épisode de désengagement de la population en s’assurant
l’implication de la population et de son adhésion aux projets. L’absence de telles mesures
compromettrai la gestion d’une nouvelle génération de projets.

 La volonté de mettre en place de telles mesures serai très appropriées et serai très novatrices.

 Les résultats présentés afférents à la l’invitation des personnes à participer aux projets, dénote une
faible implication des institutions publiques et privés. Cette situation déficitaire associée à
l’insuffisance d’accès à l’information dénote des efforts qui restent à faire dans les domaines de
l’extension de la couverture de l’information sur les projets auprès de la population et de sa
mobilisation.

Les contraintes telles qu’elles sont perçues par la population locale


La plupart des interviewés parmi les porteurs des projets affirment qu’il est encore tôt pour pouvoir
relever des résultats tangibles, notamment en ce qui concerne les projets de développement humain qui
visent l’élimination des situations de pauvreté, de fragilité et d’exclusion et leur substituer des situations de
dignité, d’autonomie et de renforcement de capacités.
Il existe encore un certain doute vis-à-vis des projets AGR à cause de la façon dont on gère les
dossiers et les finances, et à cause de la ponctualité des projets qui touchent une infime partie de la
population. Les attentes de la population des AGR sont persistantes, mais doivent être plus visibles et
formalisées.
La nécessité pour les associations débutantes d’une contribution à hauteur de 30% du budget
n’encourage pas l’adhésion de la population intéressée, notamment celle des femmes. D’où le fait qu’un
certain nombre de projets importants n’a pas pu voir le jour.
Tableau 26 : Besoins prioritaires de la population locale des porteurs des projets AGR (urbain et
rural)
%
Il est tôt pour évaluer 25
Difficulté dans la réalisation des objectifs 50
Gestion inadaptée/gouvernance 25

La principale contrainte chez les personnes aspirant à des projets AGR est la difficile procédure financière.
Quand à la difficulté des réalisations, elle est plutôt due au manque de la professionnalisation des

73
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

associations. La gestion inadaptée a été remarquée chez certaines associations rurales (un projet sportif n’a
pas pu aboutir malgré l’aménagement d’un beau terrain pour les sports aux collectifs à cause des problèmes
liés à la gouvernance).
 Perception des difficultés par les adhérents dans les projets de développement des localités rurales
Les perceptions des populations montrent une certaine maturité et de conscience vis-à-vis de l’INDH,
programme très alloué par la majorité des gens, mais, ils ne sont pas d’accord avec la façon dont les projets
sont gérés, on trouve ce constat chez les jeunes, les femmes et les ménages qui n’ont pas été touchés par
ces projets. Quand un quartier ou un douar profite, ça crée une certaine frustration chez les autres localités.
Ce sont les AGR très sollicités par les jeunes et les femmes, qui renforcent cette frustration, car
ces projets ont des effets directs sur l’économie familiale et sur leurs conditions de vie. Il s’avère que des
AGR touchent peu de familles et se classent très loin derrière les projets de structures de base.
Les causes des dysfonctionnements de certains projets INDH représentés par la lenteur des
procédures, le décalage des tranches de financement sont dues à la mauvaise gestion (50%). La non
professionnalisation des associations porteuses de projets peut être une grande menace pour le démarrage,
le déroulement et la viabilité des actions. C’est le cas de l’association Al Moustaqbal et le projet Grains de
l’entraide porté par l’association Ennajah ; qui ont vu leurs initiatives vouées à l’échec.
La rigueur financière qui exige la contribution de 30% même aux familles très pauvres et des
femmes veuves ou démunies fait que plusieurs projets n’ont pas vu le jour.
L’absence de concertation est une des remarques faites par 12% des populations interviewées. Mais les
12,5% qui n’ont pas répondu peuvent être considérés comme des personnes qui n’ont pas été consultées
lors de la préparation des projets, ne sont pas impliquées dans leur gestion.

Tableau 27 : Difficultés perçues par les habitants


Difficultés perçues par les habitants %
Pas de réponse 12.5
Difficulté dans la réalisation et Gestion inadaptée 50%
Difficulté dans la réalisation des objectifs 25
Absence de concertation 12.5

L’étude met en exergue l’inexistence de phénomènes de résistance de la part de citoyens à cette approche,
mais met l’accent sur des frustrations exprimées notamment de la part des citoyens en situations de
besoins-non satisfaits. Il s’agit des :

Opinion des non-bénéficiaires des projets AGR de l’INDH

Ces derniers ont notamment exprimé un certain ressentiment par rapport à des exclusions socio-
territoriales. Dès qu’un quartier ou qu’un douar profite, cela génère automatiquement une certaine
frustration chez les autres localités.

74
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Ce sont les AGR très sollicités par les jeunes et les femmes, qui renforcent cette frustration, car ces
projets ont des effets directs sur l’économie familiale et sur leurs conditions de vie. Il s’avère que des AGR
touchent peu de familles et se classent très loin derrière les projets de structures de base.
Or le développement humain et la gouvernance démocratique sont inséparables et se conditionnent
mutuellement dans le cadre d’une nouvelle culture du développement visant l’émancipation des citoyens, le
développement de leurs capacités humaines et de leurs libertés de choix et l’appropriation consciente, libre
et collective de leur destin.
D’où l’utilité de répandre une nouvelle culture du développement qui vise l’enracinement profond de
la démocratie participative passant par une citoyenneté active, la libre initiative, l’égalité des chances d’accès
au développement et les solidarités positives.

2- Bénéficiaires des projets INDH : ont soulevés notamment des problèmes structurels liés
notamment à des problèmes de gestion des associations, manque de professionnalisation des ONG, les
complication procédurales notamment pour les AGR.

Ces difficultés dénotent :

 des failles dans la mise en réseau. Une mise en réseau des acteurs du développement local
s'appréhende comme un partage des connaissances et des expertises de chaque partenaire qui laisse
cependant à chacun d'eux une part importante d'autonomie dans ses choix stratégiques.

 d’une expérience tributaire de nombre de correctifs, pour éviter certains effets pervers. Comme le
dénote le tableau tout un travail reste à entreprendre s’articulant, autour, notamment d’un processus
de distanciation, par rapport aux logiques et pratiques traditionaliste de certains acteurs et associatifs
qui doivent composer avec une culture nouvelle ou l’efficience est maître mot, pour éviter d’avorter
gratuitement certains projets pour manque de performance. Une orientation plus grande vers les
résultats est requise.

Un processus de dynamisation et de transformation organisationnelle est requis notamment à


travers la simplification des procédures financières et administratives à travers une information adéquate
notamment.

L’objectif est également de rompre avec certaines pratiques bureaucratiques qui résistent encore
aux nouvelles formes du développement local, puisque la lenteur des procédures sont toujours invoqués
dans le cadre de la perception des difficultés.

Pour conclure, rappelons que l’« impératif participatif », s'appuie sur un rôle et un pouvoir
nouveaux dévolus aux citoyens. Elle s'appuie, comme l'exprimait le philosophe pragmatiste John Dewey, sur
une « citoyenneté active et informée » et sur la « formation d'un public actif, capable de déployer une
capacité d'enquête et de rechercher lui-même une solution adaptée à ses problèmes »[]. Pour décrire ce

75
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

mouvement d'appropriation du pouvoir et la posture active qu'il confère, la langue anglaise parle
d'«empowerment », que l'on traduit parfois par « empouvoirisation », voire « capacitation ».

4.3. L’analyse du capital social


Cet instrument est principalement utile pour les réformes aux impacts, telles que par exemple :
(accès aux services), décentralisation et programmes de protection social et de développement humain.
Tableau 28 : Patrimoine foncier
Type d'habitat AGR(%) Eau Sport(%) Handicapé(%) Analphabète(%)
potable(%)
Appartement 10 0 0 14.3 28.6
Maison marocaine traditionnelle 12.5 33.3 42.9 0 42.8
Baraque 47.5 19 0 28.6 0
Villa 0 4.8 0 0 0
Habitat rural 22.5 42.9 57.1 14.3 0
App de recasement 5 0 0 28.6 28.6
Autre 2.5 0 0 14.3 0
100 100 100 100 100

Il existe des institutions et des réseaux affectés par et/ou impliqués dans la mise en place des projets
étudiés. Elles ont à répondre aux questions suivantes :
 Quelles sont les normes et valeurs menant à l’adoption et l’adhésion au projet?
 Quelle est la distribution des actifs sociaux12 et quel est leur rôle dans la génération des revenus ?
 Quels sont les impacts des projets sur les ménages ayant peu d’actifs sociaux ?
 Quels sont les ajustements à apporter à la formulation de l’initiative
L’analyse est fondée sur la compréhension de solidarité, de confiance et de coopération et résolution des
conflits (capital social cognitif)13, tout comme sur les organisations et leurs membres (capital social
culturel14).

4.4 L’analyse des bénéficiaires

4.4.1 Le profil des bénéficiaires


Les enquêtes menées auprès des familles ayant bénéficié ou non des programmes de l’INDH, ont
été réalisées dans 4 communes rurales et dans différents quartiers de la municipalité de Mohammedia. Les
chefs de ménages ont été les principaux visés par les questionnaires avec une représentativité très
importante des femmes.

12
Actifs sociaux : les biens immobiliers, patrimoine foncier, revenus, etc.
13
Capital social cognitif : savoir faire, niveau d’instruction, habilités etc.
14
Capital social culturel : habitudes, solidarités, civilisation locale

76
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Cinq grands groupes d’enquêtés ont été ciblés par les questionnaires et les entretiens, ils se
présentent comme suit :

Tableau 29 : Caractéristiques sociales des interviewés


Types des Lieu de Niveau d'instruction
Projets résidence
Urbain Rural Ecole Analphabète Primaire Collège Lycée Supérieur
coranique
AGR 37.5 62.5 7.5 27.5 20 22.5 15 7.5
Eau potable 0 100 4.8 42.8 38.1 9.5 4.8 0
Sport 0 100 0 0 28.6 71.4 0 0
Handicapé 66.7 33.3 28.6 42.8 28.6 0 0 0
Analphabète 50 50 14.3 85.7 0 0 0 0
Total(%) 30.84 69.16 11.04 39.76 23.06 20.68 3.96 1.5

Les projets Activités Génératrices du Revenu, notamment ceux portés par les femmes (telle
l’association Al Moustaqbal et l’Association Mouassate), Le sport pour les jeunes ruraux (telle l’association
de Zenata) et les projets portés par les associations de développement local comme l’association sidi Moussa
Ben Ali et l’Association Cellule ;
Les projets à caractère socioéducatif, telle l’Association Derb Marrakech et l’Association Mouassate,
l’association des personnes handicapées formée essentiellement des parents des enfants en situation
difficile.
L’enquête sur les ménages bénéficiaires des projets INDH, représentés par les chefs de famille, a
respecté une répartition spatiale qui sort de l’ordinaire. Ainsi, en ce qui concerne les AGR, 62% des
bénéficiaires dans le rural et 37% dans l’urbain ont été interviewés. Les projets à caractère transversal,
tel que le développement des sports au profit des jeunes ruraux ou les projets de développement des
services, tel que l’accès à l’eau potable ont également été étudiés. D’autres projets, profitant aux jeunes
personnes handicapés et aux analphabètes essentiellement encouragés en ville ont été suivis.
Les caractéristiques sociales de la population enquêtée diffèrent d’une population à l’autre selon le
type et l’objectif des projets.
Au niveau de l’âge, les AGR sont largement supportés par les jeunes adultes (50% ont 16 et 40 ans,
45% ont entre 41 et 60 ans. Les actions sportives profitent essentiellement aux jeunes 71% ont moins de
16 ans, seuls 28% ont plus de 16ans.
L’handicap touche toutes les classes d’age (26% ont moins de 16 ans), 30% ont entre 17 et 40 ans,
33 % ont plus de 41 ans.
L’alphabétisation est une action qui attire essentiellement les adultes, 71% pour la tranche d’âge qui
varie entre 40 et 60 ans, les 14% qui restent sont essentiellement des jeunes. C’est aussi une action qui est

77
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

féminisée puisque 86% des adhérents sont des femmes. C’est une spécificité qui peut être expliquée par la
disponibilité des femmes au foyer au moment ou les hommes sont au travail. Parfois c’est l’orgueil des
hommes qui est à l’origine de leur refus d’alphabétisation ou le désintérêt total vis à avis de ce genre
d’action.

Tableau 30 : Situation familiale des enquêtés selon le type de projets.


Types des Age Sexe Situation familiale
Projets Moin de 16 de 41 60an Fémini Masculi Célibatair Marié(e Divorcé(e Veu
s de à à s et n n e ) ) f
16 40an 60an plus (ve)
ans s s
AGR % 0 50 45 5 57.5 42.5 25 67.5 2.5 5
Eau potable 0 33.3 42.9 23.8 14.3 85.7 9.5 85.7 0 4.8
%
Sport % 71.4 28.6 0 0 71.4 28.6 85.7 14.3 0 0
Handicapé 25.5 30.8 33.3 10.4 71.4 28.6 0 85.7 14.3 0
%
Analphabèt 0 28.6 71.4 0 85.7 14.3 28.6 57.1 0 14.3
e
Total(%) 19.38 34.26 38.52 7.84 60.06 39.94 25 62.06 3.36 4.82

L’implication du sexe féminin dans les projets générateurs de revenus, dans le sport et dans la
formation est manifeste, alors que les hommes adhèrent plus dans les projets structurants : eau potable,
électricité, création des centres d’accueil etc.
Mis à part les projets sportifs où les célibataires représentent la majorité des adhérents, tous les
autres connaissent une forte participation des personnes mariées ayant des enfants, les catégories des
divorcés et des veufs sont minoritaires, même dans les projets AGR.

4.4.2 Types d’emploi des bénéficiaires

Connaître les types de fonction est important puisque cela permet de voir quels sont les types de
savoir faire que les porteurs des projets détiennent. Ce qui contribue à la réussite et l’efficacité des projets
visant la lutte contre la marginalité, la pauvreté.
Aussi, les concernés par l’INDH, ayant un métier et bénéficiant d’un niveau d’instruction ont plus
de possibilité pour discuter, critiquer ou améliorer les façons de gestion des projets.

78
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Les chômeurs diplômés, les étudiants, les femmes et les jeunes femmes scolarisées ainsi que les
personnes handicapés ayant parfois un niveau universitaire, reconnaissent les apports positifs de l’INDH, ce
qui leur donne de l’ espoir et les pousse à s’impliquer dans des actions sociales et économiques.

Tableau 31 : Situation professionnelle des enquêtée.


Type d’emploi avant l'initiative(%) pendant l'initiative(%)

Cadre moyen 5 5

Employé 22,5 22,5


Commerçant 27,5 30
artisan 17,5 47,5
Travailleur 5 2,5
Chômeur 7,5 2,5
Femme au foyer 12,5 2,5

Etudiant 2,5 2,5


Autre 0 5
total 100 100

4.5 L’analyse de risques sociaux et leur effet sur la population locale et le territoire

En discutant avec certaines catégories de la population, femmes, jeunes et hommes, on se rend compte que
les discours sur la citoyenneté sont différents.
Chez les activistes associatifs, le bénévolat et l’engagement existent, mais le profit économique, voire
financier, est sous-jacent. Plusieurs membres d’association chargés des missions de gestion, d’administration
ou d’accompagnement sont rémunérés ou demandent leur part de l’argent des projets. Pour certains d’entre
eux, être membre d’une association, c’est vécu presque comme un métier.
En raison de l’esprit affairiste de certains dirigeants d’associations, des formations pour le renforcement des
capacités ont été organisés par la Wilaya de Casablanca et la Préfecture de Mohammedia en partenariat
avec l’université Hassan II Mohammedia et l’Université Hassan II - Ain Chok.
Chez la population bénéficiaire des AGR, on trouve deux catégories :
 la population très démunie, analphabète rurale ou habitant dans des quartiers périurbains ou
non réglementaires, qui n’arrive même pas à payer les 30% du budget de leur projet. Encadrée
par des associations crées à la hâte, non professionnelle, cette population voit son projet
menacé par l’échec. L’effort déployé par la DAS est sans égal, l’arbitrage, le suivi et la
sensibilisation ne font pas défaut. Mais, certains présidents d’associations continuent de
détourner les objectifs vers des bénéfices politiques (élus et responsables d’ONG en même
temps). Une association n’a pas voulu payer les 30% au profit d’un groupe de femmes

79
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

porteuses d’un beau projet générateur de revenu. La déception est totale, puisque l’action a été
avortée. Le politique, le financier et l’absence de citoyenneté sont des facteurs qui menacent la
dynamique de l’espoir et du changement que l’INDH a voulu introduire dans les milieux ruraux
et urbains frustrés.
 La population modeste mais ayant la capacité de contribution (jeunes artisans, femmes ayant un
métier, chômeurs diplômés, parents d’handicapés, parents de jeunes sportifs) généralement
mieux encadrés par des associations qui assimilent bien les principes et les valeurs de l’INDH,
cette population n’est pas aussi fragile que la première et adhère mieux aux actions de
développement.

Tableau 32 : Degré du changement des conditions de la pauvreté avec INDH

Eau potable(%) Sport(%) Handicapé(%) Analphabète(%)


Oui 38.1 57.1 85.7 85.7
Non 61.9 42.9 14.3 14.3
Total 100 100 100 100

Tableau 33 : Implication dans les débats publics

AGR(%) Eau Sport(%) Handicapé(%) Analphabète(%)


potable(%)
Oui 65 45 0 0 71.4
Non 35 55 100 100 28.6
Total 100 100 100 100 100

Adéquation entre projets et souhaits


Lorsqu’on pose la question de l’adéquation des projets réalisés, en cours ou projetés, les réponses diffèrent
d’un groupe de bénéficiaires à l’autre.

Ainsi 85% des bénéficiaires des projets spécifiques aux infrastructures et au services de base, en majorité
des ruraux, déclarent que les actions réalisées (eau potable, électricité…) répondent bien à leurs besoins. Il
s’agit là d’une population qui peut réussir ce genre de projet grâce à la solidarité locale et les liens de
parenté entre les habitants d’une commune rurale ou d’un douar.

Cette culture de solidarité, renforce le score social dans le rural et constitue un point fort pour les futures
actions de l’INDH.

80
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Tableau 34 : Projets souhaités pour l’avenir


AGR(%) Eau potable Sport(%) Handicapés(%) Analphabètes(%)
(%)
Oui 52 85.7 28.6 71.4 71.4
Non 48 14.3 71.4 28.6 28.6
Total 100 100 100 100 100

48% des bénéficiaires des AGR déclarent que leurs projets sont inadéquats par rapport à leurs aspirations.
Ils expliquent cela par la difficulté de la commercialisation des produits, de la ressemblance des projets, la
difficulté de créer une coopérative, le surendettement etc.
Quand au non bénéficiaires, il est normal qu’ils déclarent leur mécontentement car ils se sentent exclus de
certains projets car la spécificité des AGR c’est qu’ils sont ponctuels et bénéficient à des groupes limités.
Mais comme ils ont un effet directe sur l’économie des ménages, les gens demandent leur multiplication
pour toucher le maximum des pauvres.
71% des parents de personnes handicapées déclarent que les projets constituent une avancée dans la
question de la prise en charge de cette catégorie sociale. Mais ils revendiquent que leurs enfants aient
l’opportunité de suivre des formations en métiers générateurs de revenus, telle la couture ou l’artisanat et de
leur consacrer une partie des projets AGR afin d’assurer leur autonomie économique.

Les priorités déclarées pour un développement local


Dans la plupart des enquêtes qui ont été effectuées dans le périurbain, les quartiers démunis en ville et dans
certains douars dans le rural (c’est-à-dire les zones cibles de l’INDH), on constate en fait que les priorités
définies sont corrélés aux énormes besoins enregistrés dans ces territoires.
Ainsi l’amélioration des conditions de l’habitat, les équipements et les services de base, la santé, l’éducation,
l’emploi constituent des priorités qui doivent être pris en compte dans les futurs programmes de
développement humain dans la région. Contrairement à ce qu’on pouvait supposer, les AGR, ne paraissent
pas plus demandés que les autres projets, en dehors des projets Equipements et Infrastructures de base.

Tableau

81
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Tableau 35 : Déclaration des bénéficiaires concernant l’adéquation des futurs projets avec leurs
besoins.
%
Amélioration de l’habitat 14.3
Formation professionnelle 14.3
AGR 14.3
Equipements et infrastructures de base 28.6
Emploi 14.3
Santé/ Projet pour les personnes handicapées 14.3

Les déclarations des bénéficiaires des projets INDH, telles qu’elles sont formulées, montrent une certaine
déception chez les bénéficiaires du fait des entraves ou des manques qui touchent ces projets, soit en
termes de gestion, de financement ou de communication.
Ce manque d’information et d’encadrement social, la non professionnalisation des ONG et l’enjeu politique
menacent encore le bon fonctionnement des initiatives de développement humain local. L’absence d’une
réelle approche participative, notamment le manque de diagnostic participatif, sont les principales
contraintes, comme le montrent les tableaux suivants :

Tableau 36 a : Insuffisances enregistrés par les enquêtés


 Opinion des adhérents à l’Association de l’eau potable (rural)
%
Manque d’information 20
Manque d’encadrement social 20
Non professionnalisation des ONG 20
Absence de la population dans le diagnostic 20
Non professionnalisation des ONG 20

Tableau 36 b : Insuffisances enregistrés par les enquêtés


 Opinion des adhérents de l’Association des parents des handicapés (association des parents dans
le rural)
Pourcentage
Absence de la population dans le diagnostic/ Enjeux politiques 50
Manque d’encadrement social 50

82
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Tableau 36 c : Insuffisances enregistrés par les enquêtés


 Opinion des adhérents de l’Association sportive dans le rural
Pourcentage
Manque d’information 49
Manque d’information /pas de diagnostic participatif 51

Les contraintes telles qu’elles sont perçues par la population locale


La plupart des interviewés parmi les porteurs des projets affirment qu’il est encore tôt pour pouvoir relever
des résultats tangibles, notamment en ce qui concerne les projets de développement humain qui visent
l’élimination des situations de pauvreté, de fragilité et d’exclusion et leur substituer des situations de dignité,
d’autonomie et de renforcement de capacités.
Il existe encore un certain doute vis-à-vis des projets AGR à cause de la façon dont on gère les dossiers et
les finances, et à cause de la ponctualité des projets qui touchent une infime partie de la population. Les
attentes de la population des AGR sont persistantes, mais doivent être plus visibles et formalisées.
La nécessité pour les associations débutantes d’une contribution à hauteur de 30% du budget n’encourage
pas l’adhésion de la population intéressée, notamment celle des femmes. D’où le fait qu’un certain nombre
de projets importants n’a pas pu voir le jour.

Tableau 37: Les contraintes telles qu’elles sont perçues par la population locale
 Opinion des porteurs des projets AGR (urbain et rural)
%
Il est tôt pour évaluer 25
Difficulté dans la réalisation des objectifs 50
Gestion inadaptée/gouvernance 25

La principale contrainte chez les personnes aspirant à des projets AGR est la difficile procédure
financière
Le fait de procéder à des tranches liées à l’état d’avancement dans les actions réalisées peuvent être sujet à
des décalages dans le temps d’où la lenteur et le dépassement des délais.
Le déblocage des tranches attendues est parfois tributaire du manque de savoir faire en terme de gestion et
de comptabilité chez les responsables des ONG eux-mêmes. C'est-à-dire que la difficulté des réalisations,
elle est plutôt due au manque de la professionnalisation des associations.
La gestion inadaptée a été remarquée notamment chez certaines associations rurales (un projet sportif n’a
pas pu aboutir malgré l’aménagement d’un beau terrain pour les sports aux collectifs à cause des problèmes
liés à la gouvernance, un autre projet AGR des femmes dans la commune de Béni Yekhlef.

Perception des difficultés par les adhérents dans les projets de développement des localités
rurales

83
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Les perceptions des populations montrent une certaine maturité et de conscience vis-à-vis de l’INDH,
programme très alloué par la majorité des gens, mais, ils ne sont pas d’accord avec la façon dont les projets
sont gérés, on trouve ce constat chez les jeunes, les femmes et les ménages qui n’ont pas été touchés par
ces projets.
Quand un quartier ou un douar profite, ça crée une certaine frustration chez les autres localités. Ce sont les
AGR très sollicités par les jeunes et les femmes, qui renforcent cette frustration, car ces projets ont des
effets directs sur l’économie familiale et sur leurs conditions de vie. Il s’avère que des AGR touchent peu de
familles et se classent très loin derrière les projets de structures de base.
Les causes des dysfonctionnements de certains projets INDH représentés par la lenteur des procédures, le
décalage des tranches de financement sont dues à la mauvaise gestion (50%). La non professionnalisation
des associations porteuses de projets peut être une grande menace pour le démarrage, le déroulement et la
viabilité des actions. C’est le cas de l’association Al Moustaqbal et le projet Grains de l’entraide porté par
l’association Ennajah ; qui ont vu leurs initiatives vouées à l’échec.
La rigueur financière qui exige la contribution de 30% même aux familles très pauvres et des femmes
veuves ou démunies fait que plusieurs projets n’ont pas vu le jour.
L’absence de concertation est une des remarques faites par 12% des populations interviewées. Mais les
12,5% qui n’ont pas répondu peuvent être considérés comme des personnes qui n’ont pas été consultées
lors de la préparation des projets, ne sont pas impliqués dans leur gestion.
Tableau 38 : Perception des difficultés
Difficultés perçues par les habitants %
Pas de réponse 12.5
Difficulté dans la réalisation et Gestion inadaptée 50%

Difficulté dans la réalisation des objectifs 25


Absence de concertation 12.5

4.6 L’analyse du score de la communauté

Les évaluations doivent être faites avec le concours de la population bénéficiaire et porteuse des
projets, responsable et gestionnaire, touchée par les actions en cours ou mise à l’écart.
L’appréciation de cette population permet de prendre en compte son angle de vue, en termes de projets et
de programmes mis en œuvre dans le cadre des programmes INDH ou des autres politiques publiques. Il
s’agit d’approcher la population, à la fois partie prenante et bénéficiaire (directe ou indirecte), afin de
mesurer les bienfaits (ou méfaits) tirés des projets réalisés dans leur communauté au regard de leur niveau
de vie, leurs conditions de vie et leur niveau de bien-être. Le suivi participatif effectué à travers les focus
group et les débats constituent un système d’alarme préventif car il permet de solliciter à temps, des
instances de décisions, les corrections et les ajustements nécessaires des actions en cours. En même temps,
il représente une base d’informations pour les futures évaluations (des projets).

84
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Tableau 39 : récapitulatif des résultats quantitatifs et qualitatifs de l’action sociale


Projets Projets Projets Projet / Projets/
structurants Renforcement AGR Femmes Handicapés
territoriaux Capacités
(recasement, (formation,
eau potable, éducation, sport)
électricité,
route,
centres
sociaux
L’information +++ ++ ++ + +
La participation +++ ++ + + ++
La convergence +++ ++ - - +++
La transversalité +++ ++ - ++ +++
Dispositif + + - - -
d’autoévaluation
Professionnalisation ++ + + - +
ONG, CLDH
Résultats réalisés +++ ++ + + ++
Applications des + ++ ++ ++ ++
approches : égalité,
participation, droits
humains
Gouvernance ++ + + - ++
Possibilité de viabilité ++ ++ + - ++
+ = avec impact ; ++ = Impact positif ; +++ = Objectif réalisé ; - = Pas d’impact.

Ce tableau montre que la plupart des actions sociales réalisées ont enregistré des résultats positifs avec un
impact réel et plus ou moins positifs. Ainsi les projets structurants se sont distingués par un succès grâce à
leur finalité claire et en bon accompagnement en commun entre les différents partenaires. L’implication du
privé s’avère concluant pour la plupart des résultats.
Par rapport au renforcement des capacités tous les projets semble réaliser les résultats escomptés ainsi que
les projets destinés à améliorer les conditions des handicapés.
Cependant les projets AGR et ceux spécifiques aux femmes vivant dans la fragilité, se voient leur résultat
mitigé en raison du manque de convergence ou de dispositifs de suivi et de gouvernance, ce qui rend la
viabilité de –certains parmi eux – non confirmée.
Le cadre d’analyse est fait à partir des résultats escomptés des politiques de développement territorial :
accroissement et mobilisation du capital humain, capital social et capital institutionnel pour le développement
des capacités d'adaptation et d'innovation des sociétés, dans un but d'amélioration des systèmes d'activités
et de gouvernance. L'ingénierie territoriale et les démarches de développement territorial doivent être alors
évaluées dans leur capacité :
1. à créer des compétences,
2. à les mobiliser,
3. à favoriser l'innovation et à la faire reconnaître dans le cadre de dispositifs de gouvernance.

85
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

4. à renforcer les capacités humaines.

Laverack et Labonte (2000), définissent l'autonomisation (empowerment en anglais) comme le moyen par
lequel les citoyens acquièrent un plus grand contrôle sur les décisions qui touchent leurs vies. Pour
Vasconcelos (2004), l’empowerment signifie l'augmentation du pouvoir et de l'autonomie, des personnes et
des groupes sociaux dans les relations interpersonnelles et institutionnelles, principalement ceux (les
personnes et les groupes) soumis à des relations de discrimination et de domination sociale.
Un développement, social et territorial tire sa force et sa raison d’être de sa capacité à promouvoir en
permanence le bien-être social et culturel des citoyens, à améliorer leurs conditions de vie, à garantir un
niveau minimum en matière d’équipements et de services sociaux de base afin d’assurer les conditions
objectives et permissives de l’exercice de la citoyenneté, de la participation démocratique et de l’égalité des
chances d’accès au développement pour tous, sans discriminations.
Ceci procède d’une méthodologie de l’action visant le développement humain, à travers le changement des
conditions de vie.

Changement des Conditions de vie

Dans ce paragraphe, il est question de mesurer l’appréciation de la populations par rapport à ses attentes en
terme de changement et d’amélioration des conditions de vie.
Il ressort de l’enquête que 66% des personnes interrogées estiment que les projets INDH ont occasionnés
une nette amélioration des conditions de vie de la population. 14% soutiennent que le changement n’a été
que relatif et 20% estiment qu’aucun changement ne s’est fait ressentir.

75% de la population, qui soutient qu’il y a eu une nette amélioration, grâce aux projets INDH, estime que
celle-ci s’est notamment fait ressentir en termes d’amélioration du cadre et du niveau de vie: Accès
Services, soulagement des femmes, des filles, simplification du mode de vie, normalisation des conditions de
vie.
Ceci traduit la performance de l’investissement en termes d’opportunité de l’action et de la mobilisation des
acteurs pour mener à bien les projets.
La tendance baisse, chez la population ayant enregistrée des performances en termes d‘impact
psychologique, qui note l’installation d’un climat de reconnaissance, ainsi que des perceptions en terme de
dignité et d’égalité.

En mesurant les justifications de la population n’ayant perçu qu’un relatif changement en terme
d’amélioration des conditions de vie, il ressort qu’à 100%, la tendance s’accorde sur la persistance de
problèmes résiduels malgré les réalisations INDH tels que les débits faibles et l’accès difficile aux activités
génératrices de revenus.

86
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

En revanche, la proportion des personnes qui n’approuve pas les résultats ou qui ne sont pas bénéficiaires
est significative, puisqu’elle constitue 76% de la population affirmant n’avoir relevé aucun changement
dans les conditions de vie suite aux projets INDH. Par contre seuls 24% de cette population ne ressentant
aucun changement potable, désapprouvent la démarche du choix et du ciblage.

Rappelons que l’impact positif s’est fait notamment ressentir en terme d’amélioration du cadre et du niveau
de vie: Accès Services, soulagement des femmes, des filles, simplification du mode de vie, normalisation des
conditions de vie. Ceci rappelle l’investissement important dans des projets s’adressant à l’amélioration du
cadre et du niveau de vie.
Les tableaux mettent en évidence, au-delà des variations des indicateurs, que les raisons principales du
désaveu, se résument en une non-concordance des résultats avec les représentations et les attentes par
rapport aux projets. Ce qui atteste des efforts supplémentaires doivent être fournis au niveau de la
formulation des besoins.

Satisfaction des projets INDH réalisés

Il s’agit de vérifier le degré de concordance des résultats aux différentes perceptions et attentes par rapport
aux projets INDH. L’analyse fait ressortir que 49% de la population se déclarent assez satisfaite. Au moment
ou le degré de satisfaction est plus marquée chez 38% de la population qui se déclare très satisfaite des
projets INDH réalisés.
Dans 46% des cas, cette satisfaction se fonde sur l'Intervention jugée de bonne qualité mais aussi par
rapport aux services assurés.
37% doivent leur satisfaction à l’amélioration des conditions de vie en général.
La satisfaction est plus atténuée lorsqu’il s’agit de la pertinence du ciblage puisqu’elle n’est ressenti que chez
14% de la globalité de la population ayant exprimée sa satisfaction par rapport aux projets INDH.
La dignité et la reconnaissance sont des éléments de satisfaction qui ne ressortent que dans 3% des cas.

Paradoxalement la population insatisfaite ne dépasse guère les 13% répartie ainsi : 73% d’entre eux
désapprouvent les projets ou n’en sont pas bénéficiaires. Et 27% désapprouvent la démarche en termes de
choix et de ciblage.

Problèmes résolus par l’INDH


Les activités mis en œuvre par les projets INDH ont atteint un certain nombre de résultats en résolvant
nombres de problèmes.
Dans ce sens, seuls 9% des personnes interrogés soutiennent qu’aucun problème n’a été résolu, au moment
ou 52% des personnes interrogées considèrent que les projets ont résolus les problèmes d’accès aux
Services de Base.
Cette tendance s’explique par l’investissement considérable dans les chantiers relatifs à l’accès aux services
de base dans l’aire de l’enquête.

87
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Les changements intervenu sur le contexte, en terme de résolutions de problèmes formulés par la
population, ont permis d’apprécier les effets positifs, et les évolutions des conditions de vie, notamment en
réglant, de façon conséquente, la question de l’accès aux services de base.

4.7. Les débats publics autour du développement

4.7.1. Pauvreté monétaire, conditions de vie et carte de la pauvreté


C’est une technique connue, permettant d’estimer les niveaux et changements de bien-être et d’inégalité au
niveau désagrégé, pour des petites zones géographiques telles que les sous districts, les quartiers ou
« houmas », douars etc. Cela permet de considérer l’hétérogénéité géographique (territoriale).
La méthode donne une estimation de la distribution de la pauvreté et de l’inégalité dans les communes et
quartiers de la province. Elle identifie les poches de pauvreté en estimant de manière suffisamment précise
la pauvreté pour un niveau de désagrégation inférieur à ceux typiquement considérés par les enquêtes
auprès des ménages. Les estimations de la pauvreté et des inégalités peuvent ensuite être représentées sur
des cartes. D’autres variables intéressantes peuvent être représentées sur les cartes pour l’évaluation de
l’impact géographique en ce qui concerne l’éducation, l’eau, la santé, les services publics, la production
agricole etc. suivant le projet envisagé.

L’analyse des attentes formulées par la population permet de mettre en exergue le degré d’appréciation des
projets INDH, par apport aux différentes représentations et attentes.
Il ressort de façon évidente que les attentes se sont largement projetées dans le sens de l’amélioration du
cadre de vie. Les attentes par rapport aux activités génératrices de revenus (21%) sont révélatrices de la
quête de solutions substitutives pour pallier au chômage en forte progression dans l’aire de l’enquête.

D’autre part, cette carte d’indicateurs dénotent que des modes de consommation pluriels sont promus à
travers ce processus basé sur une panoplie de programmes visant à mieux ajuster la société et l’économie
aux objectifs du développement humain.

Cette étude fait l’esquisse des moyens à même de développer une synergie entre les initiatives INDH et les
habitudes de consommations, acheminant à terme vers l’amélioration du cadre de vie des couches
démunies.

Le renforcement de la stratégie de développement humain ne peut être comme le démontre ces indicateurs
que bénéfiques, à terme sur les modes de consommation et de production.

La lutte contre la pauvreté passe, en effet, par la caractérisation des modes de production et de
consommation dans l’optique de favoriser l’émergence des initiatives à fort effet favorable sur le cadre de vie
en général.

88
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

S’il est avéré, d’après une multitude de rapports que la consommation au cours du 20e siècle, a connu une
croissance sans précédent, par son ampleur et sa diversité, - Les effets positifs de cette consommation se
sont très largement répandus. Les personnes bien logées et bien nourries sont plus nombreuses que jamais-
il n’en demeure pas moins vrai, que les avantages de cette consommation ont été répartis injustement,
laissant au passage un grand nombre de manques et d’énormes inégalités d’où la réflexion sur des progrès
plus équitables et plus humains.

La question est d’autant plus complexe que les pressions croissantes en faveur d’une consommation
ostentatoire se sont avérée destructives, en renforçant l’exclusion, la pauvreté et les inégalités ;

D’où l’urgence d’agir localement, de s’appuyer sur les initiatives des individus et d'encourager les synergies
dans les actions de la société civile, du secteur privé et des pouvoirs publics.

Cette étude dénote justement la forte corrélation entre l’amélioration des revenus à travers des biais
mosaïque de production, dans des territoires pluriels (bidonvilles, rural, urbain) et l’amélioration du cadre de
vie de la population bénéficiaire notamment, en terme de consommation.

Ceci a été confirmé par un ensemble d’indicateurs tels que la mesure du flux de fréquentation des transports
publics, l’acquisition des outils électroménagers, des moyens de communication, et audiovisuels…

Rappelons à juste titre que si la croissance économique est nécessaire, elle est insuffisante à elle seule pour
déboucher sur la réduction de la pauvreté et, a fortiori, sur l’accélération du développement humain.
les trajectoires nationales des pays qui ont pu accélérer leur développement humain en liaison avec leur
développement économique et politique, se sont fondamentalement inscrites dans le cadre d’approches
globales et intégrées du développement et de stratégies volontaristes de régulation sociale offensive,
confortées par un système de gouvernance efficient avec un Etat stratège, régulateur et garant de la
cohésion sociale, du fonctionnement des mécanismes du marché et des institutions de la gouvernance, dans
le cadre de pactes nationaux, de partenariats stratégiques et de consensus politiques

Toute la question est de mesurer l’impact immédiat des projets INDH sur la vie de la population, il ressort
que 81% affirment l’existence d’un impact immédiat de l’INDH sur la vie de la population, notamment en
terme d’amélioration du cadre et des conditions de vie (73%).

Au moment ou 8% le relativisent et 10% considèrent qu’aucun impact ne s’est fait sentir. Les réponses
négatives sont justifiées par l’inexistence de changements perceptibles sur le quotidien et ce motif est très
prononcé puisqu’il ressort chez 85% de la population niant l’existence d’un impact suite à l’INDH. 15% par
contre, estiment que ce négativisme s’explique par l’absence d'accord avec le ciblage.

89
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

La promotion d’une croissance pro-pauvres est de nature à améliorer les conditions sociales des pauvres à
court terme, l’accélération du développement humain global et l’élévation générale des niveaux de vie à
moyen et long termes exigent surtout un volontarisme politique sans faille, une réorientation des stratégies
et des politiques de développement au profit du plus grand nombre, des mécanismes efficaces de régulation
sociale et spatiale et des actions structurelles en matière de garantie de l’égalité des chances d’accès au
développement. Des taux élevés de croissance économique et des niveaux élevés de développement
humain sont des objectifs qui se conditionnent mutuellement à moyen et long terme, car le niveau du capital
humain améliore la qualité de la croissance et vice versa.

4.7.2. La viabilité des projets INDH sur la population locale et sur le territoire
L’étude confirme que la tendance soutenant la thèse de la pérennité des projets INDH est potentielle,
puisqu’elle s’élève à 74% ou moment où seuls 11% désapprouvent cette donnée.
47% des personnes interrogés et soutenant l’idée de la pérennité des projets INDH renvoi la chose à une
satisfaction du service rendu et 47% sont confortés par la qualité des équipements au moment ou 17%
apprécient la pérennité par rapport à la pertinence du ciblage.
L’habitat temporaire a fortement influencé la population désavouant l’idée de la pérennité des projets INDH ;
il ressort que l’ensemble des réponses négatives se sont construites sur ce seul critère.
La pérennité de toutes actions de développement est tributaire des contraintes ralentissant la gouvernance
territoriale, à savoir le niveau insuffisant de formation des élus, le faible niveau d’encadrement des
collectivités locales, la relative faiblesse de capacités financières des collectivités locales, la lenteur dans le
transfert effectif des compétences, des ressources et des patrimoines aux collectivités locales, le manque
d’articulation entre les différents niveaux de planification (locale, régionale, nationale) et d’aménagement du
territoire.
Parallèlement, certains services extérieurs n’ont quasiment pas d’autonomie de gestion et de décision, ce qui
entraîne des surcoûts administratifs et une lenteur dans les prises de décision et dans les délais d’exécution.
La convoitise électorale exerce également un pouvoir diffus dans la réussite ou l’échec des projets
notamment dans le milieu rural
Depuis le lancement de l’INDH en 2005, on accorde de l’importance aux questions liées à la coordination et
à l’intégration des politiques et des programmes remettant à l’ordre du jour les avancées du processus de
décentralisation-déconcentration avec une prise en compte des dysfonctionnements entravant l’efficacité des
actions de développement social, une volonté d’éviter l’émiettement des projets, les doubles emplois, la
dispersion institutionnelle, la multiplication sans résultat des acteurs, la concentration excessive des
interventions sur certains sites et le défaut de ciblage sur d’autres, constituent des marqueurs qui menacent
le développement humain durable.
La territorialisation de l’action sociale relève de décisions politiques raisonnées, de partis pris
méthodologiques argumentés et d’options stratégiques régulièrement pesées.

90
Organisation des débats publicsGuide autourpour
de lal’Analyse
gouvernance desduImpacts sur lahumain
développement Pauvreté et le Social
à l’échelle locale.
Les débats qui ont pu formuler un diagnostic participatif sur le développement local avec beaucoup de sincérité et de respect des
différences, constituent une exception pour la région de Mohammedia, ou les autorités, la DAS, les responsables des communes ont pu instaurer dans
cette province une politique de proximité et d’écoute. Ce n’est pas de la pure flatterie de présenter cette appréciation, puisque les universitaires ont
depuis le démarrage de l’initiative, été impliqué et témoins et acteurs dans la mise en place de cette synergie sans égale.
L’université Hassan II-Mohammedia a joué un rôle décisif dans la formation, l’accompagnement, l’animation, l’évaluation et la communication
des ong, des élus et des responsables des centres d’accueil.
Grâce à ce travail de synergie entre l’université et l’ONG « Espace de la citoyenneté de Mohammedia » qui constitue une fédération
d’associations de la Province, plusieurs débats ont été animés entre juin et Août 2010, dans cinq communes, dont 4 communes rurales (Chellalate, Ben
Yekhlef, Sidi Moussa Mejdoub) et une commune urbaine (conseil urbain de Mohammedia).
Les objectifs essaient de répondre à des besoins telles :
La consécration d’une nouvelle culture de la gestion locale participative
La création d’un espace ou d’un cadre de rencontre d’échange d’idées et d’expériences entre les différents acteurs internes et externes à ces
communes.
La mise en place d’une évaluation participative et concertée en vue d’une restructuration des projets de développement social, culturel et
économique.
La mise en place d’une charte de partenariat entre les Ong, les autorités et les élus pour une meilleure gouvernance et l’élaboration de
projets concertés et communs. Une charte qui prend en application les approches de droits humains, de l’égalité et de l’équité.
Les catégories participantes :
 Les présidents des conseils communaux
 Les élus (es)
 Les fonctionnaires communaux
 Les Représentants du Secteur économique
 Les Représentants des Services extérieurs
 Les Sportifs
 Les Présidents et membres des associations locales
 Les Citoyens (nes) habitants de la commune
Les ateliers  débatsLesont Jeunes diplômésde ressortir les points de faiblesse qui marquent le développement humain,
permis
 Les Universitaires
social et économique dans le rural comme dans l’urbain. L’intérêt de ces débats c’est que les déclarations et
les constats émanant des ONG ou de simples citoyens se font dans la participation totale et dans la
confrontation des réactions des différents participants.
Ces faiblesses telles quelles sont évoquées et plaidées par les participants sont diverses :
 Dysfonctionnement relevés dans le développement social
1. Grand manque en services de santé : urgence, maternité, soins pour les démunis
2. Manque de structures sociales d’où le taux bas de la scolarisation des filles et l’abandon des
écoles à un âge très jeune.
3. Infrastructures défaillantes, routes et pistes non entretenues à cause de leur vulnérabilité
aux pluies et au ruissellement.
4. Manque d’assainissement, d’eau potable et d’hygiène
5. ONG rares et non performantes

 Dysfonctionnements relevés dans la gestion locale


1. Faiblesse des recettes communales
2. Accumulation des dettes communales
3. Non performance de l’infrastructure
4. Absence de sécurité (délits, vandalisme, agressions)
5. Manque de transport rural et périurbain commun public

 Peu d’application des approches de droit : genre, égalité des chances, ainsi la population manque
de:

91
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

1. Maisons de jeunes dans le rural


2. Formation technique et vulgarisation agricole (notamment pour les filles)
3. L’abandon et le décrochage scolaire à un age très critique (l’adolescence)
4. Peu de projets portés par les femmes
5. Espaces sportifs peu qualifiés ne prenant pas en compte le genre (filles et handicapés).

Les attentes de la population en suspens constituent des contraintes à dépasser :


 Les promesses électorales de développement voient rarement le jour ;
 La commission de l’égalité des chances n’est pas encore arrivée ni à établir sa vision ni son plan
d’action ;
 Ecartement des ONG de la gestion des affaires locales.
Les débats participatifs n’ont pas seulement souligné les manques mais ils ont également proposé des
alternatives, des mécanismes de mise en œuvre qu’il faudra prendre en compte puisqu’ils émanent de la
population et des différents acteurs locaux.
Les priorités diffèrent entre le rural et l’urbain. Les écarts enregistrés entre les deux mondes au niveau du
Maroc et du grand Casablanca sont encore grands. Voici comment ces priorités sont formulées :

Dans le rural :
L’infrastructure et l’équipement :
Au 21ème siècle et pas loin de Casablanca, l’enclavement des douars, le mauvais état des rares pistes
terreuses, l’absence de routes secondaires permettant des raccourcis vers Mohammedia et Benslimane sont
encore des problèmes d’accès revendiqués par les habitants, les élus et les associations.
 Manque de structures de sport, de loisir et de culture adressés aux jeunes et aux enfants
 Les services sociaux et publics
 L’enseignement : contrairement à certains rapports qui disent que dans le rural, les parents
sont réticents par rapport à l’instruction de leurs enfants, 90% des participants ont tous crié la
nécessité de donner à l’enseignement la première place, par le contrôle des ressources
humaines, l’équipement des écoles, la création des bibliothèques villageoises
 La santé est également une demande prioritaire, et c’est aussi un problème de ressources
humaines : pas de présence quotidienne de médecins et/ou hebdomadaire de spécialiste et
d’infirmiers, pas de disponibilité des médicaments pour les démunis, l’urgence et la maternité
sont des services qui font défaut. La prise en charge des maladies chroniques est également
revendiquée.

92
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Le leadership local :
 L’échelle d’intervention territoriale des communes rurales est tributaire de plusieurs hiérarchies
de politique régionale et provinciale aboutissant à des lenteurs et des difficultés de procédures
administratives ;
 Manque d’expérience en gestion territoriale et absence de vision à moyens et longs termes ;
 Insuffisance des recettes financières et manque du savoir faire en terme de levée de fond ;
 La non implication de la société civile dans le développement local, notamment les associations
de jeunes et de femmes.

L’enjeu politique :
Même dans un territoire riverain de la ville de Mohammedia, l’esprit tribal est encore présent, il influence la
réussite et l’échec des projets de développement tels ceux de l’INDH. L’analphabétisme et l’ignorance
renforcent les risques. La multitude d’appartenances politiques sur des petits territoires des communes
rurales, constitue des pouvoirs invisibles mais ils doivent être connus afin de les éviter au moment des
interventions mettant en œuvre des programmes de développement. Les sensibilités politiques entravent les
efforts déployés et peuvent les avorter beaucoup de projet INDH n’ont pas pu voir le jour. Il s’est avéré que
des présidents de certaines associations sont également des élus, parfois même des présidents de
communes, ce qui crée des conflits d’intérêt et une opacité dans la gestion des associations.
D’un autre coté, il se peut qu’on se batte contre une personne, qui veut créer une association sur un
territoire d’une commune, d’un douar ou d’un quartier pour qu’on le considère comme entrain de faire sa
campagne électorale et toutes les parties politiques locales voient en lui un futur candidat donc un futur
ennemi ; ces cas ont été enregistrés surtout dans des communes rurales.
La sécurité de la population notamment celle des femmes et des filles est menacée à cause du manque en
ressources humaines et en centres de gendarmerie et aussi à cause de la prolifération des bidonvilles où
abondent les chômeurs et les délinquants. C’est une situation qui caractérise les campagnes périurbaines.
Les valeurs de la citoyenneté, du bénévolat : en posant des questions sur ce que les populations puissent
présenter comme service à leur localité, la réponse dans le rural comme dans l’urbain révèle l’intérêt et le
profit direct et individualiste qui motivent l’adhésion pour les projets de développement socioéconomique et
humain, la demande de la gratuité exprimée par la revendication d’une subvention totale des projets de
l’INDH (sachant que 30% est à la charge du porteurs des projets). Cette contribution est importante pour
assurer l’appropriation des actions et des résultats et veiller sur la réussite de ces actions. Le paiement
d’environ un tiers du coût des projets est garant d’un sentiment de fierté chez ceux qui le peuvent, mais
dans certain cas, le manque d’argent de contribution avorte des projets de grande qualité (au moins 3
projets de femmes n’ont pas pu voir le jour) ; on dit que la pauvreté est féminisée ; ce sont toujours les
femmes démunies qui voient leurs rêves s’évaporer.
Peut-on dire que les projets entrepris dans la région d’étude vont aboutir à un développement humain
durable ?

93
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Il faut tout d’abord rappeler que le rapport du Cinquantenaire conclue ce qui n’a pas réussi au Maroc et il
individualise cinq dysfonctionnements à rattraper :
 La centralisation excessive des politiques publiques ce qui entraîne une perte de synergie et
d’efficacité ;
 L’insuffisance de prise en compte de la dimension locale et territoriale de développement ;
 La dispersion et l’émiettement des actions dans l’espace ;
 La non connaissance des besoins avant d’élaborer les décisions et les interventions ;
 Absence d’une culture d’évaluation des politiques publiques.

L’INDH, en 5 ans, est-il arrivé à répondre à ces questions posées par le (RDH 50) :
 Beaucoup de projets de développement soit à Mohammedia ou ailleurs au Maroc, ont
touché les pauvres, les exclus, les femmes, les handicapés, les enfants abandonnés, les jeunes sur
leur territoire local à l’échelle du douar, du quartier et même à l’échelle individuelle ;
 Une convergence ou coordination est déjà amorcée même si parfois, elle n’est pas parfaite ;
 Une mise en place d’un mécanisme de suivi et d’évaluation régional, provincial et communal
(CRDH, CPDH, CLDH etc) ;
 Le ministère de tutelle qui s’est chargé de la coordination nationale de l’INDH a instauré une
nouvelle culture de proximité, un recyclage des DAS et des autorités concernées se fait sans cesse grâce aux
formations, ateliers, débats, évaluations participatives organisées à l’échelle nationale et régionale, un
passage fluide vers une approche de paix sociale basée sur le développement des conditions de vie, de la
démocratie et de la dignité remplace l’approche sécuritaire ;
 La création d’un SIG à l’échelle de la préfecture, d’une base de données multicritères concernant
la population rurale et urbaine, allant jusqu’à l’échelle des ménages est une première ;
 La manière de faire les politiques de développement commence à changer grâce à l’approche de
l’INDH telle qu’elle est tracée dans le discours royal du 18 mai 2005 : « …le développement
efficace et durable ne peut se concrétiser que par le biais de politiques intégrées s’inscrivant dans
le cadre d’une entreprise cohérente, d’un projet global et d’une forte mobilisation tous azimuts, ou
les dimensions politique, sociale, économique, éducationnelle, culturelle et écologique se
conjuguent et se complètent… ». Sur le terrain, sur une vingtaine de projets visités, beaucoup de
résultats directs sont visibles : structures de base, AGR, éducation, alphabétisation, accueil social,
accompagnement des parents d’handicapés. Une conscience est requise en terme d’égalité entre
hommes et femmes, les ONG porteuses des projets féminins ont plus ou moins réussi leurs
objectifs mais elles sont là, acceptée par la société rurale qui jusqu’à quelques années s’obstinait à
véhiculer ce genre de culture égalitaire. Mais la gouvernance locale, le renforcement des capacités
des acteurs locaux, l’animation et le débat social, l’évaluation et le suivi participatif sont encore des
chantiers à développer et à consolider. L’inclusion des jeunes ruraux n’est pas généralisée,
plusieurs frustrations ont été relevées lors des débats. Le chômage, le délaissement de l’agriculture
par des jeunes qui ont abandonné leurs études en fin du primaire ou du collège, l’abandon forcé

94
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

des écoles par les filles, complique les attentes de la jeunesse à l’échelle locale qui voient en
l’INDH une issue à leur situation. Malheureusement, les politiciens locaux perdent leur crédibilité
chez la population, notamment chez les jeunes qui voient que les promesses ne sont pas toujours
réalisées, demandent que leurs élus s’impliquent plus dans le processus de développement local et
qu’ils aient leurs mots à dire dans le choix des priorités de leurs élus. Lors des débats, plusieurs
accrochages entre jeunes et élus témoignent de cette mésentente. Il parait que les élus n’écoutent
pas les jeunes car ils n’ont pas pu mettre en place des espaces d’écoute et des mécanismes de
concertation.

Il est nécessaire d’institutionnaliser les relations entre les conseils communaux et les ONG pour assurer une
bonne communication et installer un cadre de partenariat adéquat.

Organisation des débats publics autour de la gouvernance du développement humain à l’échelle


locale
Les débats qui ont pu formuler un diagnostic participatif sur le développement local avec beaucoup de
sincérité et de respect des différences, constituent une exception pour la région de Mohammedia, ou les
autorités, la DAS, les responsables des communes ont pu instaurer dans cette province une politique de
proximité et d’écoute. Ce n’est pas de la pure flatterie de présenter cette appréciation, puisque les
universitaires ont depuis le démarrage de l’initiative, été impliqué et témoins et acteurs dans la mise en
place de cette synergie sans égale.
L’université Hassan II-Mohammedia a joué un rôle décisif dans la formation, l’accompagnement, l’animation,
l’évaluation et la communication des ong, des élus et des responsables des centres d’accueil.
Grâce à ce travail de synergie entre l’université et l’ONG « Espace de la citoyenneté de Mohammedia » qui
constitue une fédération d’associations de la Province, plusieurs débats ont été animés entre juin et Août
2010, dans cinq communes, dont 4 communes rurales (Chellalate, Ben Yekhlef, Sidi Moussa Mejdoub) et une
commune urbaine (conseil urbain de Mohammedia).
Les objectifs essaient de répondre à des besoins tels :
- La consécration d’une nouvelle culture de la gestion locale participative,
- La création d’un espace ou d’un cadre de rencontre d’échange d’idées et d’expériences entre les
différents acteurs internes et externes à ces communes.
- La mise en place d’une évaluation participative et concertée en vue d’une restructuration des
projets de développement social, culturel et économique.
- La mise en place d’une charte de partenariat entre les Ong, les autorités et les élus pour une
meilleure gouvernance et l’élaboration de projets concertés et communs. Une charte qui prend
en application les approches de droits humains, de l’égalité et de l’équité.
Les catégories participantes :
- Les présidents des conseils communaux
- Les élus (es)

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

- Les fonctionnaires communaux


- Les Représentants du Secteur économique
- Les Représentants des Services extérieurs
- Les Sportifs
- Les Présidents et membres des associations locales
- Les Citoyens (nes) habitants de la commune
- Les Jeunes diplômés
- Les Universitaires
Les ateliers débats ont permis de ressortir les points de faiblesse qui marquent le développement humain,
social et économique dans le rural comme dans l’urbain. L’intérêt de ces débats c’est que les déclarations et
les constats émanant des ONG ou de simples citoyens.
Se font dans la participation totale et dans la confrontation des réactions des différents participants.

Ces faiblesses telles quelles sont évoquées et plaidées par les participants sont diverses :

Dysfonctionnements relevés dans le développement social


- Grand manque en services de santé : urgence, maternité, soins pour les démunis
- Manque de structures sociales d’où le taux bas de la scolarisation des filles et l’abandon des
écoles à un âge très jeune.
- Infrastructures défaillantes, routes et pistes non entretenues à cause de leur vulnérabilité aux
pluies et au ruissellement.
- Manque d’assainissement, d’eau potable et d’hygiène
- ONG rares et non performantes
Dysfonctionnements relevés dans la gestion locale
- Faiblesse des recettes communales
- Accumulation des dettes communales
- Non performance de l’infrastructure
- Absence de sécurité (délits, vandalisme, agressions)
- Manque de transport rural et périurbain commun public

Peu d’application des approches de droit : genre, égalité des chances. Ainsi la population manque de:
- Maisons de jeunes dans le rural
- Formation technique et vulgarisation agricole (notamment pour les filles)
- Moyen pour pallier à l’abandon et le décrochage scolaire à un age très critique
(l’adolescence)
- Peu de projets portés par les femmes
- Espaces sportifs peu qualifiés ne prenant pas en compte le genre (filles et handicapés).
Les attentes de la population en suspens constituent des contraintes à dépasser :

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

 Les promesses électorales de développement voient rarement le jour ;


 La commission de l’égalité des chances n’est pas encore arrivée ni à établir sa vision ni son plan
d’action.
Ecartement des ONG de la gestion des affaires locales
Les débats participatifs n’ont pas seulement souligner les manques mais ils ont également proposé des
alternatives, des mécanismes de mise en œuvre qu’il faudra prendre en compte puisqu’ils émanent de la
population et des différents acteurs locaux.
Les priorités diffèrent entre le rural et l’urbain. Les écarts enregistrés entre les deux mondes au niveau du
Maroc et du grand Casablanca sont encore grands ; Voici comment ces priorités sont formulées :
Dans le rural :
L’infrastructure et l’équipement :
- au 21ème siècle et pas loin de Casablanca, l’enclavement des douars, le mauvais état des rares
pistes terreuses, l’absence de routes secondaires permettant des raccourcis vers Mohammedia et Benslimane
sont encore des problèmes d’accès revendiqués par les habitants, les élus et les associations.
- Manque de structures de sport, de loisir et de culture adressés aux jeunes et aux enfants
Les services sociaux et publics
- L’enseignement : contrairement à certains rapports qui disent que dans le rural, les parents sont
réticents par rapport à l’instruction de leurs enfants, 90% des participants ont tous crié la nécessité de
donner à l’enseignement la première place, par le contrôle des ressources humaines, l’équipement des
écoles, la création des bibliothèques villageoises
- La santé est également une demande prioritaire, et c’est aussi un problème de ressources
humaines : pas de présence quotidienne de médecins et/ou hebdomadaire de spécialiste et d’infirmiers, pas
de disponibilité des médicaments pour les démunis, l’urgence et la maternité sont des services qui font
défaut. La prise en charge des maladies chroniques est également revendiquée.

Le leadership local :
- L’échelle d’intervention territoriale des communes rurales est tributaire de plusieurs hiérarchies de
politique régionale et provinciale aboutissant à des lenteurs et des difficultés de procédures administratives
- Manque d’expérience en gestion territoriale et absence de vision à moyens et longs termes
- Insuffisance des recettes financières et manque du savoir faire en terme de levée de fond
- La non implication de la société civile dans le développement local, notamment les associations de
jeunes et de femmes.

L’enjeu politique
- Même dans un territoire riverain de la ville de Mohammedia, l’esprit tribal est encore présent, il
influence la réussite et l’échec des projets de développement tels ceux de l’INDH. L’analphabétisme et
l’ignorance renforcent les risques. La multitude d’appartenances politiques sur des petits territoires des
communes rurales, constitue des pouvoirs invisibles mais ils doivent être connus afin de les éviter au

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

moment des interventions mettant en œuvre des programmes de développement. Les sensibilités politiques
entravent les efforts déployés et peuvent les avorter beaucoup de projet INDH n’ont pas pu voir le jour. Il
s’est avéré que des présidents de certaines associations sont également des élus, parfois même des
présidents de communes, ce qui crée des conflits d’intérêt et une opacité dans la gestion des associations.
- D’un autre coté, il se peut qu’on se batte contre une personne, qui veut créer une association
sur un territoire d’une commune, d’un douar ou d’un quartier pour qu’on le considère comme entrain de
faire sa campagne électorale et toutes les parties politiques locales voient en lui un futur candidat donc un
futur ennemi ; ces cas ont été enregistrés surtout dans des communes rurales.
La sécurité de la population notamment celle des femmes et des filles est menacée à cause du
manque en ressources humaines et en centres de gendarmerie et aussi à cause de la prolifération des
bidonvilles où abondent les chômeurs et les délinquants. C’est une situation qui caractérise les campagnes
périurbaines.
Les valeurs de la citoyenneté, du bénévolat : en posant des questions sur ce que les populations puissent
présenter comme service à leur localité, la réponse dans le rural comme dans l’urbain révèle l’intérêt et le
profit direct et individualiste qui motivent l’adhésion pour les projets de développement socioéconomique et
humain, la demande de la gratuité exprimée par la revendication d’une subvention totale des projets de
l’INDH (sachant que 30% est à la charge du porteurs des projets). Cette contribution est importante pour
assurer l’appropriation des actions et des résultats et veiller sur la réussite de ces actions. Le paiement
d’environ un tiers du coût des projets est garant d’un sentiment de fierté chez ceux qui le peuvent, mais
dans certain cas, le manque d’argent de contribution avorte des projets de grande qualité (au moins 3
projets de femmes n’ont pas pu voir le jour) ; on dit que la pauvreté est féminisée ; ce sont toujours les
femmes démunies qui voient leurs rêves s’évaporer.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

5. CONCLUSION

Pendant la période 2005-2009, les projets INDH ont porté sur les axes suivants :
- L’amélioration du taux d’accès à l’eau potable dans les zones rurales.
- le renforcement des infrastructures de proximité se rapportant à l’encadrement des jeunes et des
femmes (Maisons des jeunes, foyers féminins, Maisons de citoyens.)
- l’appui de scolarisation en milieu rural et périurbain (Réaménagement des classes préscolaires dans
le système d’enseignement public…) et l’amélioration de la performance du programme national de
la lutte contre l’analphabétisme ;
- l’encouragement et l’accompagnement des initiatives des associations locales, avec une attention
importante donnée aux activités génératrices de revenus, aux initiatives communautaires des
associations des douars ruraux et la mise à niveau des centres d’accueil des enfants en situation
difficile (Enfants en situation de rue, Enfants en situation de rue, enfants scolarisés issus des familles
modestes et enfants inadaptés mentalement).

L’évaluation d’un échantillon de projets réalisés pendant la période 2005-2009 a mis en évidence des
résultats significatifs obtenus dans la vie quotidienne des bénéficiaires :
- Amélioration du cadre de vie des bénéficiaires, précisément les populations cible des projets achevés
de branchement et d’assainissement;
- Développement du lien social et de la culture de transparence au moyen d’actions d’animations et
de développement social, grâce notamment à la mobilisation des acteurs locaux (37 projets sont
gérés directement par le tissu associatif et 33 projets par les conseils élus, soit 91 des projets
programmés),
- Réduction du sentiment d’inégalité des chances et de manque de confiance chez les femmes grâce
aux dispositifs de valorisation des savoirs locaux dans le cadre des activités génératrices de revenus.
- l’INDH a permis de combler un déficit important dans les infrastructures de base, surtout dans les
communes rurales de la Préfecture de Mohammedia, notamment, l’Eau potable, Assainissement et
Electrification, ce qui a permis d’améliorer considérablement les conditions de vie des citoyens.
- Création de structures d’accueil pour les personnes en situation difficile, fonctionnelles selon des
normes techniques et une réglementation de gestion claire.
- Création de structures de proximité (structure autonome ou maison des jeunes) comme point de
rencontre, d’échange, d’assistance et d’accompagnement des populations des quartiers cibles ou
des communes rurales, surtout dans le domaine des AGR.
- Amélioration et renforcement des capacités des organes de gouvernance et des associations
porteuses de projets par une formation adaptée aux besoins des acteurs et un apprentissage
progressif par l’action.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

- Réalisation d’un certain nombre de projets relatifs à la lutte contre l’analphabétisation, le soutien
scolaire, les caravanes médicales qui ont permis de répondre à des besoins spécifiques de la
population.
- La démarginalisation de certaines catégories de bénéficiaires, surtout les femmes, que les actions
inscrites dans l’INDH ont pu aider à se soustraire de la précarité et de gagner en confiance, en
efficacité et en leadership.

Au terme de cette étude, il convient de souligner les points forts des projets étudiés :
- le ciblage des quartiers prioritaires a été rationnel, effectué sur la base de critères objectifs et
négociés par l’ensemble des acteurs concernés par la problématique sociale et territoriale (état de
logement, qualité d’infrastructures et des espaces communs.) ;
- la focalisation sur la transversalisation des différents projets (action sociale, éducation formation,
santé, logement) ;
- La consolidation des réseaux de solidarité locale (Associations, mécénat, secteur privé…) ;
- L’amélioration de l’efficacité sociale en s’appuyant sur l’approche participative et les bonnes
pratiques de gouvernance ;
- L’introduction de la culture de résultat dans la gestion des différents programmes et projets INDH.

Toutefois, restent les difficultés suivantes, relevées au niveau des zones urbaines de la ville de
Mohammedia où la situation de l’INDH est critique pour les raisons suivantes, auxquelles il faut remédier de
manière urgente :
- Annulation de certains projets en raison de l’absence d’études préalables.
- Absence de subventions des projets approuvés en 2010.
- Insuffisance du budget alloué aux AGR (Certains projets validés n’ont pas été subventionnés).
- Ciblage d’un nombre déterminé des porteurs AGR, où le quantitatif s’est fait au détriment du
qualitatif).

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

6. RECOMMANDATIONS

A) Pour un meilleur rendement de l’INDH


Pour les projets de structure de base

a) Prendre en considération les différences de capacité de financement pour les ménages :


Il existe un risque d’un certain nombre de ménages qui sont économiquement et socialement désavantagés
et qui ne peuvent pas supporter le coût d’abonnement en eau potable ou à l’électricité. Il faut donc faire en
sorte que la coopération des usagers soit expressément adaptée à la satisfaction des besoins de ces
ménages ; la contribution des plus aisés doit être significative par rapport à celle des plus démunis. C’est
une autre forme de cohésion et solidarité sociale.

b) Tenir compte de la distance par rapport à la conduite principale de l’eau :


Le calcul de la contribution des bénéficiaires doit tenir compte de la distance entre l’emplacement du
bénéficiaire et la conduite principale de l’eau potable. Un bénéficiaire qui est à quelques mètres de la
conduite principale ne doit pas contribuer sur un pied d’égalité à un bénéficiaire se situant à 10 KM de la
conduite. En total, on doit prévoir une somme de la participation financière des ménages pondérés à des
coefficients relatifs à la distance et la capacité financière des ménages et à toute autre considération
possible.

c) Mettre au point une nouvelle approche de délégation du service de l’eau :


Il faut renforcer l’initiative de gestion et d’exploitation de l’eau par les associations qui ont eu l’idée d’un
projet d’alimentation en eau potable et finiront par les réaliser ; néanmoins, elles devront être assistées par
des organismes spécialisés dans le domaine. C’est une expérimentation d’u système de gestion par
délégation que les pouvoirs publics (commune et ONEP) confient aux associations des bénéficiaires.

B) Pour les projets AGR portés par les jeunes


Le projet de l’Association Salma est un exemple montre très intéressant, en raison de l’amélioration qu’il a
permis d’opérer au niveau des revenus des bénéficiaires et de sa contribution au développement agricole de
la zone. Toutefois, certaines difficultés compromettent la réalisation de tels projets. C’est pourquoi il est
recommandé de :
i. d’assurer la diffusion et la médiatisation des expériences réussies dans le cadre de l’INDH pour
l’information et la sensibilisation du grand public.
ii. Favoriser l’octroi des moyens techniques et financiers
iii. intensifier et perpétuer l’appui et l’accompagnement de l’administration.
iv. multiplier les partenariats avec tous les secteurs concernés pour assurer une totale convergence.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

v. réaliser des infrastructures d’accueil de projets agricoles pour les jeunes qui n’ont pas les capacités
financières suffisantes.

C) Pour les projets d’accueil social (femmes, handicapés, malades…)

Les missions des centres d’accueil doivent répondre aux priorités suivantes suivants :

Finir avec les ambiguïtés des attribuer entre centres sociaux et associations porteuses des projets
Définir les statuts des centres, à défaut d’une séparation claire des attributions et des statuts, les
responsables des associations considèrent, par défaut, le statut de l’association comme étant celui du centre.
A ce niveau un éclaircissement et une distinction des missions et des statuts doivent être établis.

Améliorer la gestion : Le même constat est à noter dans le côté organisationnel, à ce propos la nécessité
d’établir un organigramme fonctionnel du centre, avec une distinction et une définition des tâches et
missions de chaque entité, semble urgente.

Eviter les conflits d’intérêt. Par ailleurs, la gestion et le management d’un centre social devront être accordés
à une entité indépendante de l’association et qui maîtrise les outils indispensables à une planification
pluriannuelle et rationnelle.

Renforcer les sources de financement. En matière de partenariat, les centres devraient diversifier ce volet en
s’ouvrant sur d’autres partenaires potentiels, particulièrement le secteur privé. Cette ouverture se doit d’être
équitable en adoptant ou en proposant une logique relationnelle « gagnant-gagnant ». En outre,
l’élargissement du partenariat pourrait s’orienter aussi vers la coopération internationale, mais doit être
accompagné d’une stratégie bien élaborée de communication du côté de ces centres en exploitant les
nouveaux outils de communication, notamment l’Internet.

D) Recommandations spécifiques aux difficultés pour la conduite de l’évaluation des impacts de


l’INDH

La méthode utilisée, à savoir la PSIA telle quelle est conçue théoriquement, demande un énorme effort, un
budget conséquent et un temps assez long pour pouvoir réaliser une analyse efficiente des impacts de tous
les projets de développement humain.
Elle s’appuie sur les avis, les attitudes et les réactions par rapport à des politiques de développement
humain.
Elle demande également un suivi économique en terme des améliorations des conditions de vie.

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Même si la collecte des données bibliographiques et statistiques est aisée, les perceptions et les avis
recueillis sur le terrain par le biais des interviews sous forme de conversations, débats en groupe de
discussion et complétés par l’observation directe des réalisations et l’observation des participants.

La méthode PSIA exige la coopération effective de toutes les parties prenantes. Ce qui implique tout un
travail de préparation, de sensibilisation, de prise de contact, de mise en confiance (pour neutraliser les
antagonismes). Il est très difficile pour une seule équipe de chercheurs de rassembler les différents
partenaires. Pour ce, la faculté des lettres et des sciences humaines a procédé à l’établissement de
conventions avec un réseau d’associations, avec des communes rurales, en plus des conventions existant
déjà avec la Wilaya de Casablanca et de la Préfecture de Mohammedia (DAS, en l’occurrence).
Cette étape, qui a pris plusieurs mois, n’était pas prévue dans le calendrier de l’étude, et a constitué une
difficulté supplémentaire qu’il fallait gérer.

103
Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

Tables des matières

Remerciements…………………………………………………….………………………...........................................................3
1. Introduction …………………………………………………….………………………...........................................................4
1.1 Présentation du rapport …………………………………………………………………………...............................4
1.2 Contextualisation de l'étude ……………………………………………………………….……………………………….4
1.3 Généralités sur la zone de l’étude : Mohammedia et sa Préfecture ……………………………………6
2. Présentation des projets INDH dans la préfecture de Mohammedia ……………………………………………………..10
2.1 Aperçu global sur les projets INDH dans la Préfecture………………………….……….…………………......10
2.2 Cas d’étude …………………………………………………………………………………………………………………….14
2.2.1 Projet Al Khoudoud pour l’eau potable ……………………………………………...…...............15
2.2.2 Projet Grain d’entraide …………………………………………………………...…..……………………18
2.2.3 Projet Elevage Ovin et Cunicole ……………………………………………………. ………………….20
2.2.4 Projet Socioéducatif pour enfants Inadaptés Mentalement ……………………………………22
2.2.5 Projet AGR de renforcement des capacités des femmes ……………..………………………..25
2.2.6 Projet de Lutte contre l’Exclusion Sociale ...…………………………………...………………...…………….27
2.3 Spatialisation des actions de l’INDH et décalage territorial …………………………………………………..36
3. Présentation méthodologique …………………………………………………………………………………………………………45
3.1 Cadre théorique de la PSIA ……………………………………………………………………………………………….45
3.2 Les composantes de la PSIA ……………………………………………………….…………………………………...46
3.2.1 Les parties prenantes ……………………………………………………………………………………….47
3.2.2 L’analyse institutionnelle …………………………………………………………………………………...48
3.2.3 L’Analyse des bénéficiaires ……………………………………………….………….……………………48
3.2.4 L’analyse du capital social ………………………………………………….……….…………………….49
3.2.5 L’impact géographique ou la carte de pauvreté ……………………………………….…….…….50
3.2.6 L’Analyse des risques sociaux …………………………………………………….…….……………….51
3.2.7 L’analyse du score de la communauté ……………………………………………….……………….51
3.2.8 Poser les bonnes questions ………………….….….…………………………………………………….52
3.2.9 Composantes des débats publics ….………………………………………….…….….………………53
3.3 Outils de travail …………………………………………………………..………………………………………………….53
3.4 Etapes de vérification de la durabilité ……………………………………….……………………………………….54
3.5 Quelques garde-fous pour l’appréciation de l’impact …………………………………..………………………54
3.6 Notation des critères de la durabilité ……………………………………………….………………………………..54
3.7 Les facteurs de durabilité……………………………………………………….…………………………………………55
3.8 Variables à quantifier ……………………………………………………………….……………………………………..56
3.9 Indicateurs du déficit social ……………………………………………………………………………………………..57
3.10 Collecte des données ………………………………………………………………..……...................................57
3.11 L’équipe responsable de l'étude ……………………………………………………………………………………….58

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Guide pour l’Analyse des Impacts sur la Pauvreté et le Social

3.12 Les enquêteurs …………………………………………………………………..……………………………………….58


3.13 Recrutement et affectation des enquêteurs et équipes de travail ……………………………….…………58
3.14 Techniques utilisées dans la collecte des données …………………………………….……………………….59
3.15 Ateliers de formation ……………………………….………………...…………...…………………………………….59
4. Analyse des projets INDH selon la PSIA …………………………………………………..……….……………………………..61
4.1 Introduction (Distinction de 6 Groupes de Projets évalués selon les composantes) …………………..61
4.2 L’analyse des instituions et gouvernance………………………………………………….………...……….......64
4.2.1 Le manque d’information ………………………………………………………………………………………………66
4.2.2 influence des acteurs de la gouvernance (élus, ONG) sur les projets …………………………………68
4.2.3 L’absence d’une réelle approche participative …………………………………………………………………71
4.3 L’analyse du capital social ………………………………………………………………………………………………..76
4.4 L’analyse des bénéficiaires ……………………………………………………………………………………………….76
4.4.1 Le profil des bénéficiaires ………………………………………………………………………………….76
4.4.2 Types d’emploi des bénéficiaires ………………………………………………………………………..78
4.5 L’analyse de risques sociaux …………………………………………………………………………………………….79
4.6 L’analyse du score de la communauté ……………………………………………………………………………….84
4.7. Les débats publics autour du développement ……………………………………………………………………88
4.7.1. Pauvreté monétaire, conditions de vie et carte de la pauvreté ……………………………..88
4.7.2. La viabilité des projets INDH sur la population locale et sur le territoire ………………..90
5. Conclusion …………………………………………………………………………….……………..........................................99
6. Recommandations …………………………………………………………………….……………..…………………………………101

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