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REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE

…………………………………
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

CENTRE REGIONAL DE FORMATION


SUPERIEURE EN METROLOGIE

CREFSEM

LICENCE EN METROLOGIE

METROLOGIE APPLIQUEE A
L'ENVIRONNEMENT

AHIOUA PAUL AKA

Ingénieur Hygiène-Qualité-Sécurité-Environnement
Maitrise en Droit des Affaires

2018-2019

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CHAPITRE I :

GÉNÉRALITÉS SUR LA MÉTROLOGIE


APPLIQUÉE À L’ENVIRONNEMENT

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CHAPITRE I : GÉNÉRALITÉS SUR LA MÉTROLOGIE
APPLIQUÉE À L’ENVIRONNEMENT

1. Définition
La métrologie appliquée à l'environnement se définit par toutes opérations de mesurage ayant
pour but de connaître des composants de l'environnement et ses évolutions. Il est toutefois
nécessaire de spécifier que la métrologie ne se limite pas uniquement à l'instrument de mesure.
Elle intègre toutes les opérations nécessaires à la caractérisation d'un milieu : identification,
compréhension, modélisation des paramètres pertinents ; définition d'un mode de prélèvement
représentatif du milieu développement, configuration et installation des instruments de mesures
; élaboration de traitements adaptés ; restitution et interprétation des mesures effectuées.

2. Spécificités de la métrologie par typologie de pollution

Eau : L'eau fait l'objet d'une réglementation stricte en raison des problèmes d'hygiène et de santé
publique (eaux de boisson, eaux de baignade...) et implique entre autres des mesures chimiques
et biologiques régulières. Les rejets d'eaux usées sont également très réglementés et font l'objet
de mesure portant sur des paramètres physico-chimiques (température, teneurs en ions
métalliques, résidus dangereux, pH, oxygène dissous, potentiel redox, turbidité, COT...) ou
biologiques (qualité bactériologique des eaux, DBO...)

Air : L'air revêt également une importance croissante, notamment dans les milieux urbains
(circulation automobile...). Les mesures interviennent de plus en plus en continu, surtout pour les
teneurs de l'atmosphère en poussières, oxydes de carbone, de souffre, d'azote, les teneurs en
hydrocarbures, en ozone... En milieu industriel, les mesures concernent, en plus des polluants
déjà cités, les solvants, les hydrocarbures aromatiques et polyaromatiques, les composés
organiques oxygénés, les dioxines...

Sols - déchets solides : encore peu développée et largement insuffisante car complexe, la
métrologie appliquée aux sols et aux déchets solides s'intéresse particulièrement aux métaux,
solvants, carburants et pesticides. Un déficit métrologique devra être comblé rapidement...

Bruit : le bruit représente une nuisance majeure en milieu urbain et constitue donc une forme
majeure d'atteinte à l'environnement. A ce titre, une réglementation est apparue en 1993, qui a
conduit au développement d'une métrologie acoustique centrée sur la modélisation et le calcul
prévisionnel..

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3. Techniques mises en œuvre

La métrologie appliquée à l'environnement est souvent très délicate à mettre en oeuvre. En effet,
la grande difficulté se situe au niveau de la pertinence des paramètres à mesurer : difficulté
d'apprécier un milieu à partir de données quantitatives quand les aspects subjectifs sont
dominants. Les grandeurs mesurées dans le domaine de l'environnement sont extrêmement
variables et peuvent faire appel au simple dénombrement ou au contraire mettre en oeuvre les
méthodes d'analyse les plus complexes. De plus, les différents milieux observées (sol, eau...) ne
sont en général pas immuables et il est difficile de disposer d'échantillon de référence pour
d'éventuelles comparaisons. De fait, les différentes données collectées -pour la plupart non
exhaustives d'un état réel- doivent être interprétées et exploitées avec prudence.

Il est donc nécessaire avant toute implantation physique de mener une étude approfondie :
échantillonnage, modélisation du réseau de surveillance (identification des points de contrôle,
analyse des différents paramètres...), compréhension et modélisation des différents phénomènes
physico-chimiques et choix du matériel. Ce dernier point met en oeuvre un ensemble de
composants nécessaire à la fois :

 au prélèvement des paramètres à mesurer : utilisation principalement de capteurs


physico-chimiques, de réseaux de capteurs et de systèmes fluidiques (composés de
microvannes et micro-capillaire). A cet égard, la tendance actuelle est à la mise en place
de réseaux de capteurs autonomes intégrant dans le corps même du capteur une
électronique de traitement (microprocesseur, micro-contrôleur).
 au traitement : intégrant les différentes méthodes d'analyse visant à donner un sens aux
données collectées
 à la restitution, à la visualisation et à l'interprétation des mesures qui comprend
principalement des interfaces de communication, des bus de terrains, des centraux
d'acquisition, différents équipements périphériques et des logiciels de traitement et de
supervision.

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CHAPITRE II :
LE BRUIT

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CHAPITRE II : LE BRUIT
OBJECTIFS

Définir le bruit
Enumérer les différents types de bruit
Connaitre les règles de calcul des décibels
Identifier les instruments de mesurage du bruit
Connaitre la règlementation en matière d’émission sonore
Déterminer les méthodologies de mesurage du bruit

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II/1.DEFINITIONS
 Bruit
Le bruit est un son ou un « ensemble de sons qui se produisent en dehors de toute harmonie
régulière » (Dictionnaire de l’Académie française).
Dans sa forme la plus simple, le son est une succession d’ondes ou d’oscillations de pression
(énergie) qui se déplacent dans un milieu fluide comme l’air. Ces ondes de pression font vibrer
le tympan et créent ainsi la sensation du son.
Le bruit se définit comme un son indésirable. Les acousticiens emploient généralement les termes
de son et de bruit comme synonymes.

 Niveau de bruit équivalent Leq


Niveau de bruit en dB intégré sur une période de mesure. L’intégration est définie par une
succession de niveaux sonores intermédiaires mesurés selon un intervalle d’intégration.
Généralement dans l’environnement, l’intervalle d’intégration est fixé à 1 seconde (appelé Leq
court). Le niveau global équivalent se note Leq, il s’exprime en dB. Lorsque les niveaux sont
pondérés selon la pondération A, on obtient un indicateur noté LA,eq.

 Niveau résiduel (bruit résiduel)


Niveau mesuré lorsque que le site n'est pas en activité, ou lorsque l'activité est minimale et ne
génère pas ou peu de bruit, lorsqu'elle ne peut être stoppée.

 Niveau ambiant (bruit ambiant)


Niveau mesuré lorsque le site est en activité normale, avec ou sans émission sonore. Le niveau
ambiant caractérise le niveau de bruit obtenu en considérant l’ensemble des sources présentes
dans l’environnement du site. En l’occurrence, ce niveau sera la somme entre le bruit résiduel et
le bruit généré par le site.

 Niveau fractile (Ln)


Anciennement appelés indices statistiques percentiles Ln. Le niveau fractile Ln représente le
niveau sonore qui a été dépassé pendant n% du temps du mesurage. D’une manière générale, un
niveau L90 représente un niveau de bruit résiduel nocturne, un niveau L50 représente un niveau
de bruit résiduel diurne.

 Limite de propriété (LP)

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En ce qui concerne les mesures acoustiques effectuées lors d’un contrôle de site industriel, les
mesures peuvent être effectuées en limites de propriété interne ou externe au site. Le choix est à
la discrétion du bureau d’études en fonction des facilités de pose du matériel.

 Zone à Emergence Réglementée (ZER)


C’est l'intérieur des immeubles habités ou occupés par des tiers, existant à la date de l'arrêté
d'autorisation de l'installation et leurs parties extérieures éventuelles les plus proches (cour,
jardin, terrasse) ; Une ZER peut également être une zone constructible définie par des documents
d'urbanisme opposables aux tiers et publiés à la date de l'arrêté d'autorisation, ainsi que l'intérieur
des immeubles habités ou occupés par des tiers qui ont été implantés après la date de l'arrêté
d'autorisation dans les zones constructibles définies ci-avant et leurs parties extérieures
éventuelles les plus proches (cour, jardin, terrasse), à l'exclusion de celles des immeubles
implantés dans les zones destinées à recevoir des activités artisanales ou industrielles.

 Emergence acoustique (E)


L’émergence acoustique est fondée sur la différence entre le niveau de bruit équivalent pondéré
A du bruit ambiant comportant le bruit particulier de l’équipement en fonctionnement (en
l’occurrence celui de l’établissement) et celui du résiduel.
E = Leq ambiant – Leq résiduel E = Leq activité – Leq arrêt

II/2.PROPRIETES DU BRUIT
Les propriétés du bruit qui sont importantes en milieu de travail sont les suivantes :
 fréquence
 pression acoustique
 puissance acoustique
 distribution en fonction du temps
II/2.1.Hauteur et la fréquence
La fréquence est le taux auquel la source produit des ondes sonores, c.-à-d. des cycles complets
formés de zones de haute et de basse pression. En d'autres termes, la fréquence représente le
nombre de cycles effectués en une seconde par un objet vibrant. L'unité de fréquence est le hertz,
dont le symbole est Hz. (1 Hz = 1 cycle par seconde.
Étant donné que la hauteur d'un son est principalement déterminée par la fréquence, elle est
généralement identifiée à l'aide de cette dernière. Dans un moindre degré, la hauteur d'un son
varie également en fonction du niveau sonore et de la physiologie de l'appareil auditif.

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Les sons de faible hauteur, ou sons bas, ont des fréquences basses. Les sons hauts ou aigus ont
des fréquences élevées. Une personne jeune et en santé peut entendre des sons de fréquences
comprises approximativement entre 20 et 20 000 Hz. Les sons produits par la voix humaine sont
compris principalement dans la plage de 300 à 3 000 Hz.

II/2.2.Pression acoustique
La pression acoustique est la variation de pression de l'air produite par une source de bruit. Nous
« entendons » ou percevons la pression acoustique comme étant l'intensité du son.
Si le coup de bâton donné sur le tambour est très léger, la surface ne se déplace que sur une très
courte distance, produisant ainsi de faibles variations de pression et, par conséquent, un son de
faible intensité. Si le coup de bâton est plus fort, la surface du tambour se déplace davantage par
rapport à sa position au repos. Par conséquent, l'accroissement de pression est plus grand. Pour
la personne qui écoute, le son a une plus grande intensité.
La pression acoustique dépend aussi de l'environnement dans lequel est placée la source et de la
distance de la personne qui écoute par rapport à la source. L'intensité perçue à deux mètres du
tambour est plus grande si celui-ci est frappé dans une petite salle de bain que s'il est frappé au
milieu d'un terrain de football. En général, plus on s'éloigne du tambour, plus le son est faible.
De plus, en présence de surfaces dures qui peuvent le réfléchir (p. ex. les murs d'une pièce), un
son paraît plus intense qu'un son comparable produit à la même distance dans un champ dégagé.
La pression acoustique s'exprime habituellement en pascals (Pa). Une personne jeune et en santé
peut percevoir des pressions acoustiques aussi faibles que 0,00002 Pa. Une conversation normale
produit une pression acoustique de 0,02 Pa. Une tondeuse à essence produit environ 1 Pa. À des
pressions d'environ 20 Pa, le son est assez intense pour causer une douleur. Par conséquent, les
sons courants que nous entendons ont des pressions acoustiques couvrant une gamme étendue
(0,00002 Pa à 20 Pa).

II/2.3.Niveau de pression acoustique


Il est difficile de traiter une gamme étendue de pressions acoustiques courantes (0,00002 Pa à
20 Pa). Pour contourner cette difficulté, nous utilisons le décibel (dB, ou dixième (déci) de bel).
L'échelle des décibels, ou dB, est plus commode, parce qu'elle comprime l'échelle des nombres
sur une plage manipulable.
On appelle niveau de pression acoustique (Lp) la pression acoustique convertie à l'échelle des
décibels. La figure 2 montre une comparaison entre les pressions acoustiques exprimées en
pascals (Pa) et les niveaux de pression acoustique exprimés en décibels (dB). Le zéro de l'échelle
des décibels (0 dB) correspond à la pression acoustique de 0,00002 Pa. Par conséquent,
0,00002 Pa est la pression acoustique de référence à laquelle toutes les autres pressions

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acoustiques sont comparées sur l'échelle des décibels. C'est pourquoi la valeur en décibels d'un
son est souvent exprimée sous la forme dB par rapport à 0,00002 Pa.
II/2.4.Calcul du niveau de pression acoustique
Le niveau de pression acoustique exprimé en décibels est défini comme suit :
dB = 20 log (pression acoustique/pression de référence)
Le « log » ou logarithme décimal d'un nombre est une valeur mathématique correspondante,
basée sur les multiples de 10. C'est l'exposant qu'il faut donner à dix pour obtenir ce nombre. Par
exemple :
log (1) = 0, puisque 10 à la puissance 0 = 1
log (10) = 1, puisque 10 à la puissance 1 = 10
log (100) = 2, puisque 10 à la puissance 2 = 100
log (1 000) = 3, puisque 10 à la puissance 3 = 1 000
L'échelle logarithmique comprime simplement une plage étendue de nombres sur une plage
manipulable. Ainsi, la plage des nombres de 10 à 1 000 est comprimée, à l'aide des logarithmes,
sur une plage de 1 à 3.
L'échelle des décibels pour les pressions acoustiques utilise comme pression de référence la
pression du bruit le plus faible qu'une jeune personne en santé peut entendre (0,00002 Pa). Toutes
les autres pressions acoustiques sont divisées par cette valeur dans le calcul de la valeur en
décibels. Les pressions acoustiques converties en décibels sont appelées les niveaux de pression
acoustique et sont représentées par le symbole Lp. Ainsi, le niveau de pression acoustique du
bruit le plus faible que peut entendre une jeune personne en santé est calculé de la façon suivante :
Lp = 20 log (0,00002/0,00002) = 20 log (1) = 20 x 0 = 0 dB
Le niveau de pression acoustique, Lp, dans une salle très calme, où la pression acoustique est de
0,002 Pa, est calculé de la façon suivante :
Lp = 20 log (0,002/0,00002) = 20 log (100) = 20 x 2 = 40 dB
Le niveau de pression acoustique d'une tondeuse à gazon à essence, qui produit une pression
acoustique de 1 Pa, est calculé de la façon suivante :
Lp = 20 log (1/0,00002) = 20 log (50 000) = 20 x 4,7 = 94 dB

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II/2.5.Puissance acoustique
La puissance acoustique est la quantité d'énergie transférée par seconde de la source de bruit à
l'air. Une source de bruit, par exemple un compresseur ou un tambour, possède une puissance
acoustique définie qui reste la même lorsque la source est placée dans un environnement
différent.
La puissance est exprimée en watts (W).
Un chuchotement normal produit une puissance acoustique de 0,000 000 1 watt (0,1 microwatt
(µW));
un klaxon de camion, une puissance de 0,1 W
un turboréacteur, une puissance de 100 000 W.
Tout comme la pression acoustique, la puissance acoustique (en W) est habituellement exprimée
sous forme d'un niveau de puissance acoustique en dB.
II/2.6.Calcul du niveau de puissance acoustique
Le niveau de puissance acoustique, ou Lw, est calculé à l'aide de la formule suivante :
Lw = 10 log (niveau de puissance acoustique/niveau de puissance de référence)
La puissance de référence est un billionième de watt (0,000000000001 W). Par conséquent,
Lw = 10 log (niveau de puissance acoustique/0,000000000001)
Ainsi, le niveau de puissance acoustique d'un chuchotement normal, dont la puissance acoustique
est de 0,0000001 W, est calculé de la façon suivante :
Lw = 10 log (0,000000 1/0,000000000001) = 50 dB
La figure 3 montre la relation entre la puissance acoustique exprimée en watts et le niveau de
puissance acoustique exprimé en décibels. Remarquez que la gamme des puissances acoustiques

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va d'un billionième de watt à cent mille watts, mais que la gamme correspondante des niveaux
de puissance acoustique va de 0 à 170 dB.

II/7.Relation entre la pression acoustique et la puissance acoustique


Parce qu'elle est constante et définie, la puissance acoustique d'une source de bruit peut être
utilisée pour calculer la pression acoustique prévue. Le calcul nécessite des données détaillées
sur l'environnement de la source de bruit. Habituellement, moins la puissance acoustique d'une
source de bruit est élevée, moins la pression acoustique produite est grande. À partir de la
puissance acoustique d'un compresseur, par exemple, on peut calculer la pression acoustique
prévue et le niveau de pression acoustique à une position et une distance données. Ces données
peuvent être utiles pour déterminer les niveaux possibles d'exposition au bruit et pour vérifier
s'ils sont conformes aux lignes directrices relatives au bruit.
Le fabricant peut souvent indiquer la puissance acoustique de l'équipement.

II/2/8.Les décibels pondérés et non pondérés


II/2/8.1 Le décibel pondéré A : dB (A) (grandeur physiologique)
L'oreille n'est pas sensible de façon identique à toutes les plages fréquentielles des sons : la
sensibilité auditive est maximale entre 500 et 10000 Hz, moindre aux basses fréquences et aux
hautes fréquences. Il est possible de pondérer de façon non uniforme les composantes
fréquentielles du son mesuré. C'est le cas lorsque l'on utilise la pondération A : elle tient compte
de la réponse fréquentielle de l'oreille.
Un filtre à pondération A intégré à un appareil de mesure du niveau d'intensité acoustique
désaccentue les basses fréquences ou sons de faible hauteur. Les décibels mesurés à l'aide d'un
sonomètre équipé d'un filtre de ce type sont pondérés en gamme A et représentés par le symbole
dB(A).

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On doit l'employer pour le mesurage du niveau d'exposition sonore quotidienne (L EX, 8h) et
du niveau de pression acoustique continu équivalent (L Aeq,T)
L’oreille fait une distinction entre deux niveaux sonores à partir d’un écart de 3 dBA ;
Une augmentation du niveau sonore de 10 dBA est perçue par l’oreille comme un doublement
de la puissance sonore.
Dans la réglementation sur le bruit en milieu de travail, les limites d'exposition sont normalement
exprimées en dB(A).
Le tableau 2 démontre des exemples de niveaux de bruit types.
La pondération A est utilisée à deux fins importantes :
1. Donner une indication du niveau de bruit sous forme d'un seul nombre en intégrant les
niveaux sonores de toutes les fréquences.
2. Donner une échelle du niveau de bruit tel qu'il est ressenti ou perçu par l'oreille.
Tableau
Niveaux de bruit types
Source de bruit dB(A)
marteau-piqueur pneumatique, à 1 mètre 115
scie circulaire à main, à 1 mètre 115
machine de fabrication de textiles 103
rotative à journaux 95
tondeuse à gazon motorisée, à 1 mètre 92
camion diesel roulant à 50 km/h, à 20 mètres 85
automobile roulant à 60 km/h, à 20 mètres 65
conversation, à 1 mètre 55
pièce silencieuse 40

II/2/8.2 Le décibel pondéré C : dB (C)


Lors du mesurage en pondération C, on donne approximativement le même poids à toutes les
composantes comprises entre 100 Hz et 4000 Hz. Cette pondération est normalisée.
La norme NF S 31-084 (Octobre 2002) préconise que le mesurage du niveau de pression
acoustique de crête doit être effectué en employant la pondération fréquentielle C.

II/2/8.5 Les règles de base des calculs avec les décibels (dB)
Le décibel [dB, de même que dB(A)] est une unité logarithmique. Pour effectuer des calculs avec
les décibels, il faut connaître les logarithmes
Cependant, dans le travail quotidien, on n’a pas à faire de tels calculs.
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L'utilisation du dB facilite la manipulation des données sur les niveaux de bruit en milieu de
travail, à condition que nous appliquions un ensemble de règles simples qui sont résumées dans
le tableau.
Tableau 3
Règles de base sur les décibels (dB)
Variation en dB Variation d'énergie acoustique
hausse de 3 dB l'énergie acoustique double
baisse de 3 dB l'énergie acoustique diminue de moitié
hausse de 10 dB l'énergie acoustique devient 10 fois plus grande
baisse de 10 dB l'énergie acoustique devient 10 fois plus petite
l'énergie acoustique devient 100 fois plus
hausse de 20 dB
grande
baisse de 20 dB l'énergie acoustique devient 100 fois plus petite

II/2/8.6 Addition du bruit


Les niveaux de pression acoustique exprimés en décibels (dB) ou en décibels pondérés en gamme
A [dB(A)] sont basés sur une échelle logarithmique Leur addition ou leur soustraction ne peut
pas se faire comme une addition ou une soustraction mathématique ordinaire. Le niveau sonore
combiné d'une machine produisant un niveau sonore de 90 dB et d'une autre machine identique
placée à proximité est de 93 dB, et non de 180 dB.
Le tableau montre une méthode simple d'addition des niveaux de bruit.

Tableau 4
Addition des décibels
Différence numérique entre deux niveaux Valeur à ajouter au plus élevé des deux niveaux
de bruit [dB(A)] de bruit [dB ou dB(A)]
0 3,0
0,1 à 0,9 2,5
1,0 à 2,4 2,0
2,4 à 4,0 1,5
4,1 à 6,0 1,0
6,1 à 10 0,5
10 0,0

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Étape 1 : Déterminer la différence entre les deux niveaux et trouver la ligne correspondante
dans la colonne de gauche.
Étape 2 : Trouver le nombre [dB ou dB(A)] correspondant à cette différence, dans la colonne
de droite du tableau.
Étape 3 : Ajouter ce nombre au plus élevé des deux niveaux exprimés en décibels.

Prenons comme exemple les deux machines produisant chacune un niveau de bruit de 90 dB.
 Étape 1 : La différence numérique entre les deux niveaux est 0 dB (90 - 90 = 0). La ligne
correspondante est donc la ligne 1.
 Étape 2 : Le nombre correspondant à cette différence de 0, pris dans la colonne de droite,
est 3.
 Étape 3 : Ajoutons 3 au niveau le plus élevé, soit 90 dB. Le niveau de bruit résultant est
par conséquent 93 dB.
Lorsque la différence entre deux niveaux de bruit est de 10 dB(A) ou plus, la valeur à ajouter au
niveau de bruit le plus élevé est zéro. Dans de tels cas, aucun facteur d'ajustement n'est requis,
car l'addition de l'apport du niveau de bruit le plus faible n'entraîne aucune différence perceptible
dans le bruit total que les personnes peuvent entendre ou mesurer. Par exemple, si le niveau de
bruit dans votre milieu de travail est de 95 dB(A) et que vous ajoutez une autre machine
produisant un niveau de bruit de 80 dB(A), le niveau de bruit du milieu reste à 95 dB(A).

II/3.DIFFERENTS TYPES DE BRUIT


II/3.1.Différents types de bruit
 La Norme AFNOR NF S 31-084 (version Août 1987 et version Octobre 2002)
définit trois types de bruit : bruit (stable, fluctuant et impulsionnel).
Un bruit stable est un bruit présentant des fluctuations de niveaux telles que l'écart total de
lecture soit inférieur ou égal à 5 dB sur un sonomètre réglé avec la caractéristique temporelle S
(lente), au cours de l'intervalle d'observation.
La norme ISO 3746 distingue également quatre types de bruit (stable, fluctuant, intermittent et
impulsif).

 Le Département Bourgogne-Ergonomie (2001) définit six types de bruit (bruit stable,


«intermédiaire», fluctuant, varié, intermittent et impulsionnel).
Pour ces deux références :
- le bruit fluctuant est un bruit présentant des fluctuations de niveaux telles que l’écart total de
lecture soit supérieur à 5 dB, sur un sonomètre réglé avec la caractéristique temporelle S

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(lente), au cours de l’intervalle d’observation ; (pas de mesurage par échantillonnage mais faire
une exposimètre de bruit)
- le bruit impulsionnel est un bruit consistant en une ou plusieurs impulsions d’énergie
acoustique ayant chacune une durée inférieure à une seconde et séparées de plus de 0,2
seconde.
Ils différencient également un bruit particulièrement « stable », bruit dont les fluctuations de
niveaux telles que l’écart total de lecture soit inférieur voire égal à 2 dB sur un sonomètre réglé
avec la caractéristique temporelle S (lente), au cours de l’intervalle d’observation.
Cette différenciation facilite jusqu’à présent le choix de la stratégie de la métrologie à employer
(sonomètre, exposimétrie, postographie, cartographie) et donc du choix de l’appareillage
(sonomètre simple ou intégrateur avec ou sans mémoire, exposimètre).

 Conseil National du Bruit et Groupe de Travail animé par l’I.N.R.S. (1994)


Pour ce Groupe de Travail, il y a toujours trois aspects dans le bruit :
- il est émis par une machine ou une activité bruyante,
- il se propage dans un milieu, le local de travail,
- il est reçu par les oreilles de travailleurs exposés.
Ainsi, quand on parle d’exposition, on s’intéresse au bruit que reçoivent les travailleurs.
Il dépend de trois facteurs indiqués :
Les machines ou équipements bruyants en fonctionnement, les caractéristiques des locaux de
travail, la localisation de l’activité professionnelle.
Le bruit reçu varie donc en fonction de l’espace et du temps.
Le type de bruit reçu par un travailleur peut donc être classé selon la présence ou l’absence de
trois caractéristiques :
- les évènements acoustiques intenses,
- les fluctuations du bruit reçu habituellement,
- le caractère répétitif, cyclique, de l’exposition
Ceci conduit à distinguer 5 catégories d’exposition sonore :
- bruit reçu stable,
- poste multiple, exposé à plusieurs bruits stables,
- bruit reçu fluctuant de façon répétitive,
- bruit reçu fluctuant, avec évènements acoustiques prévisibles,
- bruit reçu fluctuant de façon imprévisible.
Le classement du bruit reçu par les travailleurs dans ces diverses catégories permettra
d’élaborer un plan de mesurage adapté aux situations d’exposition professionnelle.

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On définit également des champs sonores (proche, libre, semi-réverbérant et réverbérant).
- champ sonore proche lorsqu'on est placé à une distance inférieure à un mètre de la
source sonore (cas d'une postographie par ex.).
- champ sonore libre lorsque l'énergie sonore ne rencontre aucune paroi, aucune ne
surface de réflexion et donc une décroissance acoustique de 6 dB à chaque fois que l'on
double la distance par rapport à la source sonore.

II/3.3.Différents types d’appareils de mesures


Les instruments les plus courants pour mesurer le bruit sont le sonomètre, l'audiodosimètre et le
sonomètre intégrateur. Il est important de comprendre le calibrage, le fonctionnement et la
lecture des instruments que vous utilisez.
À cette fin, le guide d'utilisation du fabricant donne la plupart des renseignements nécessaires.
Le tableau donne des indications sur le choix d'un instrument de mesure.
Tableau 1
Indications sur le choix d'un instrument de mesure
Genre de Instruments Résultats Remarques
mesure appropriés (par
ordre de
préférence)
Exposition 1) Dosimètre Dose ou Le plus précis pour mesurer l'exposition
personnelle au niveau sonore personnelle au bruit
bruit équivalent
2) Sonomètre Niveau Si le travailleur se déplace, il peut être
intégrateur sonore difficile de mesurer son exposition
équivalent personnelle, à moins que ses diverses tâches
ne soient très distinctes

3) Sonomètre dB(A) Si les niveaux de bruit varient beaucoup, il est


difficile d'établir une exposition moyenne.
Cet instrument n'est utile que lorsque le
travail se divise en tâches distinctes et que les
niveaux sonores sont stables en tout temps
Niveaux 1) Sonomètre dB(A) Prendre les mesures à une distance de 1 à 3
sonores ayant mètres de la source (non pas directement à la
une même source)
source 2) Sonomètre Niveau Particulièrement utile pour les bruits
intégrateur sonore variables; obtient un niveau sonore équivalent
équivalent en sur une très courte durée (1 minute)
dB(A)

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Relevé de 1) Sonomètre dB(A) Produit la carte sonore d'une zone; prend des
niveaux mesures à la grille
sonores 2) Sonomètre Niveau Pour les bruits très variables
intégrateur sonore
équivalent en
dB(A)
Sons impulsif 1) Sonomètre à Pression de Mesure les pointes de chaque impulsion.
impulsion pointe en
dB(A)

II/3.3.1.Le sonomètre
Le sonomètre se compose d'un microphone, de circuits électroniques et d'un affichage. Après
avoir été captées par le microphone, les petites variantes de pression d'air produites par le son
sont transformées en signaux électriques, qui sont alors traités dans la circuiterie électronique de
l'instrument et qui s'affichent en décibels de niveau sonore. Cet instrument mesure le niveau de
pression acoustique à un moment donné dans un endroit particulier.
La personne qui prend les mesures tient le sonomètre à bout de bras, à la hauteur des oreilles de
ceux qui sont exposés au bruit. Dans la plupart des cas, l'orientation du microphone par rapport
à la source de bruit importe peu. La façon de tenir le microphone est expliquée dans le guide
d'utilisation de l'instrument. Le calibrage du sonomètre doit être vérifié avant et après chaque
utilisation a partir du calibreur de son.
La plupart des sonomètres offrent deux modes de lecture : LENT et RAPIDE, selon la durée sur
laquelle l'instrument enregistre les niveaux sonores avant d'en faire la moyenne puis d'afficher
celle-ci à l'indicateur. En milieu de travail, les niveaux sonores devraient être enregistrés en mode
LENT.
Le sonomètre de type 2 est assez précis pour les évaluations en milieu industriel. Le sonomètre
de type 1, plus précis, mais aussi beaucoup plus coûteux, sert principalement pour les travaux de
génie, de laboratoire et de recherche. Les sonomètres dont la précision est inférieure au type 2 ne
devraient pas être utilisés pour mesurer le bruit en milieu de travail.
Les sonomètres sont ordinairement pourvus d'un filtre de pondération qui peut être OUVERT ou
FERMÉ. Certains sonomètres du type 2 ne donnent des lectures qu'en dB(A), ce qui signifie que
le filtre de pondération est toujours OUVERT.
Le sonomètre ordinaire ne prend que des mesures ponctuelles, ce qui suffit dans les lieux de
travail où le niveau de bruit est uniforme, mais qui ne permet pas d'établir une moyenne
d'exposition sur la durée d'un quart de travail lorsque les bruits sont impulsifs, intermittents ou
variables. Dans de tels milieux, un audiodosimètre peut être utile.

17
II/3.3.2.Le sonomètre intégrateur
Le sonomètre intégrateur ressemble à l'audiodosimètre. Il établit un niveau sonore équivalent sur
une période d'enregistrement des bruits. La principale différence est qu'il ne marque pas
l'exposition personnelle, puisqu'il est tenu à la main plutôt que d'être porté sur soi.
Le sonomètre intégrateur établit les niveaux sonores équivalents en un endroit précis, sur un bruit
donné, même si le niveau sonore réel de ce bruit varie continuellement. Cet instrument utilise un
taux d'échange préprogrammé avec une constante temporelle équivalant au mode LENT du
sonomètre ordinaire.
II/3.3.2.1.Constantes de temps d’intégration
La pression acoustique efficace est la racine carrée de la moyenne
quadratique de la pression instantanée sur un temps appelé « temps d’intégration ».
Il existe différents temps d’intégration dont les valeurs sont normalisées. Ces constantes sont
quasiment toujours notées par leur initiale anglaise :
- I pour Impulse (impulsion) TI= 35 ms (constante de temps d'intégration choisi pour la mesure
du bruit impulsionnel),
- F pour Fast (rapide) TF= 125 ms (bruit stable/intermittent),
- S pour Slow (lent) TS= 1 s. (bruit stable).
Les constantes Impulse, Fast et Slow sont appelées les pondérations temporelles.
Leur choix pour la mesure d’un bruit est très important.
Ainsi, une impulsion isolée d'une durée de 50 ms, mesurée sur la constante Slow, sera trop
pondérée : la moyenne est effectuée sur un temps trop long.

II/3.3.3.L’audiodosimètre
L'audiodosimètre est un petit appareil léger qui se porte à la ceinture et qui est relié à un petit
microphone qui s'attache au col, près de l'oreille du porteur. Cet appareil enregistre les niveaux
sonores, dont il calcule la moyenne. Il est très utile dans un milieu où la durée et l'intensité des
bruits varient et où le travailleur se déplace.
Les trois valeurs suivantes doivent être fixées :
- Niveau de référence : Limite d'exposition pour 8 heures par jour, 5 jours par semaine. Le
niveau de référence est 87 dB(A).
- Taux d'échange : Un taux d'échange de 3 dB ou 5 dB est précisé dans les règlements sur le
bruit.
- Seuil d'enregistrement : Niveau sonore en bas duquel l'appareil n'enregistre pas de données
sur le bruit.

18
En portant l'audiodosimètre pendant un quart de travail complet, on obtient la moyenne et la dose
d'exposition au bruit, qui sont généralement exprimées sous forme de niveau d'exposition au
bruit, Lex,T.
Il s'agit d'un logarithme qui tient compte de l'exposition et du nombre d'heures travaillées.
Le fabricant règle ordinairement le dosimètre au niveau de référence et au taux d'échange en
vigueur. Il se pourrait que vous deviez ajuster ces valeurs selon les normes et directives en
vigueur dans votre région.
Les dosimètres donnent également un niveau sonore équivalent. Ceci représente la moyenne
d'exposition sur une durée d'enregistrement ainsi qu'un total d'énergie sonore égal à celui des
bruits variables effectivement enregistrés pendant cette période.

II/3.3.4.Le pare-vent
L'air qui souffle sur le microphone peut fausser l'enregistrement du bruit. Pour éviter l'effet de
l'air, il faut recouvrir le microphone d'un pare-vent dans les endroits où les déplacements d'air
sont importants. Il est possible d'obtenir des pare-vents auprès des fabricants de sonomètres.

II/3.4.Types d’appareillage
II/3.4.1.Classes de l’appareil de mesure
La norme NF S 31-084, Octobre 2002 évoque exclusivement l'incertitude due à l'appareillage de
mesure des appareils de classe 1 et 2.
L'exactitude des mesurages d'exposition au bruit dépend de la connaissance des situations
d'exposition, de l'échantillonnage du temps de travail et de la classe de l'appareillage utilisée.

II/3.4.2.Choix de l’appareillage
La précision du résultat d’un mesurage de bruit dépend donc d’un grand nombre de facteurs
(incertitude due à l’appareillage et celle liée à l’échantillonnage notamment).
Lorsque l’utilisation d’un exposimètre est indiquée, un appareil de classe 2 avec une capacité de
mémoire satisfaisante en rapport avec la constante de temps d'intégration choisie (slow par ex.)
et la durée de la mesure (la durée du poste par ex.), est suffisant (NF S 31-084, Octobre
2002).
Lorsque l’utilisation d’un sonomètre intégrateur est indiqué, l’appareil de mesure de référence
est un appareil de classe 1. Il doit avoir une capacité de mémoire suffisante, être capable de faire
des analyses fréquentielles et comporter les trois constantes d’intégration de temps normalisées.
II/3.4.3.Calibrage
Avant d’entamer une série journalière de mesurage, tous les appareils doivent être calibrés.
Cette opération s’effectue sur le site à contrôler, avant le début et au terme de chaque série
journalière de mesurage, à l’aide d’une source sonore d’étalonnage. Si la vérification de calibrage
19
fait apparaître une dérive de plus de 0,5 dB entre le début et la fin de la journée, il faut annuler
les résultats et recommencer le mesurage.

II/3.5.Facteurs d’influence sur les mesures acoustiques


Influence de l’instrument, de l’opérateur et de l’environnement
De nombreux facteurs d’ambiance sont susceptibles d’intervenir, à différents degrés, sur la
précision des mesures sonométriques et dosimétriques.

- Vent: le vent ou un courant d’air qui souffle sur le microphone produit du bruit
supplémentaire comparable au bruit que vous entendez quand le vent souffle dans vos oreilles.
Pour en réduire les effets, un écran antivent spécial, fait d’une balle en éponge de polyuréthane
poreux, doit toujours être employé sur le microphone pour la mesure.
- Humidité: le sonomètre et le microphone ne seront pas influencés jusqu’à des niveaux
d’humidité relative de 90%. Mais pour un emploi continu dans un environnement humide, il est
recommandé d’utiliser des microphones spéciaux, les capots anti-pluies et les dessiccateurs;
- Température: les sonomètres sont conçus pour fonctionner de façon précise de -10 à 50°C.
- Mais on doit faire attention aux brusques changements de température qui pourraient
provoquer de la condensation dans le microphone;
- Pression ambiante: des variations de pression ambiante de ± 10 % n’auront qu’une
influence négligeable (inférieure à ± 0,2 dB) sur la sensibilité du microphone. Mais, aux très
hautes altitudes, la sensibilité, particulièrement aux hautes fréquences, peut être affectée de façon
non négligeable;
- Vibrations: il est toujours bon d’isoler le sonomètre et le microphone des fortes
vibrations et des chocs;
- Champs magnétiques et électrostatiques: influence négligeable.

II/4. ASPECTS REGLEMENTAIRES


II/4.1.Au niveau international
- CEI 61672-1:2013 Septembre 2013 Électroacoustique - Sonomètres - Partie 1 :
spécifications
- Norme NF EN ISO 9612 Mai 2009 : Acoustique - Détermination de l'exposition au
bruit en milieu de travail - Méthode d'expertise
- Norme NFS 31 010 : « Caractérisation et mesurage des bruits de l’environnement »
- Arrêté du 23 janvier 1997 relatif à la limitation des bruits émis dans l’environnement
par les Installations Classées pour la Protection de l’Environnement
- Code du travail français
20
Les règles de prévention des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs exposés au bruit
sont déterminées d’une part par les articles R. 4213-5 à R. 4213-6 et d’autre part par les articles
R. 4431-1 à R. 4437-4 du Code du travail.

Arrêté du 23/01/97 relatif à la limitation des bruits émis dans l'environnement par
les installations classées pour la protection de l’environnement

II/4.2.Au niveau national


- Loi n°96-766 du 03 octobre 1996 portant Code l’Environnement Côte d’Ivoire
- Décret n°98-43 du 28 janvier 1998 relatif aux installations classées pour la protection de
l’Environnement
- Décret n°2016-791 du 12 octobre 2016 portant règlementation des émissions de bruits de
voisinage

II/5.DIFFERENTES METHODOLOGIES POUR LA MESURE DE L’EXPOSITION AU


BRUIT
II/5.1.Méthodologie pour la mesure de l’exposition au bruit professionnel
Le mesurage de l’exposition au bruit professionnel peut être une opération longue et complexe.
C’est la raison pour laquelle il est préconisé de commencer par une estimation rudimentaire
pour finir par une mesure précise et normalisée quand il y a un risque sûr ou probable.

II/5.1.1.Estimation
La première étape dans la mesure d’exposition au bruit est de s’interroger sur les situations de
risques. Cette estimation permet aussi d’identifier les travailleurs susceptibles d’être exposés au
bruit professionnel.
A travers une observation de l’activité de l’entreprise, il est possible d’estimer si le bruit est une
gêne, voire un risque, pour les travailleurs. La première question est de savoir si la
communication entre collègue est perturbée par le bruit.
Il est bien sûr essentiel de n’oublier personne lors de cette estimation. Il est d’ailleurs judicieux
d’étendre cette première étape aux personnes présentent de façon non permanente dans la
société.

Test Interprétation en termes de niveaux


de risques
Devoir crier ou avoir des difficultés à se faire entendre Niveau 2 = risque certain
par une personne située à moins de 1 mètre de
distance.

21
Devoir crier ou avoir des difficultés à se faire entendre Niveau 1 = risque incertain
par une personne située à moins de 2 mètres de
distance.
Pouvoir communiquer normalement avec une Niveau 0 = certitude d’absence de
personne située à 0,5 mètre de distance. risque

Test basé sur la possibilité de communiquer dans le bruit, afin d’évaluer l’ampleur du risque.
Source : INRS

II/5.1.2.Evaluation simplifiée
Elle n’est possible qu’à condition de pouvoir décomposer la journée de travail en plusieurs
phases distinctes dont on connaît le niveau de bruit et la durée quotidienne. Elle nécessite au
minimum un chronomètre et un sonomètre.
Par la suite, la méthode des points d’exposition est utilisée. Le principe de cette méthode
consiste à attribuer un certain nombre de points en fonction du volume sonore et de la durée
d’exposition. On additionne alors l’ensemble des points pour la journée pour savoir si on
dépasse la limite. L’ensemble des points est récapitulée dans le tableau plus bas.
Exemple :
Dans une journée de travail, on définit deux tâches avec exposition au bruit professionnel :
 Une tâche de 6h à 80 dB(A) = 80 dB(A) pendant 4h + 2h = 16 + 8 = 24 points
d’exposition.
 Une tâche de 1h à 90 dB(A) = 90 dB(A) pendant 1h = 40 points d’exposition.
On additionne : 24 + 40 = 64 points d’exposition.
Equivalence sur une journée de travail de 8h => 64 points d’exposition = 83 dB(A).
Une mesure précise et normalisée est donc nécessaire.
Avantage de cette mesure : elle permet d’identifier les tâches qui génèrent le plus d’exposition
au bruit.
Limite de cette mesure : elle demande une décomposition précise des tâches et n’inclue pas les
événements acoustiques rares, épisodiques.
De plus, cette méthode est insuffisante pour conclure au dépassement ou non des seuils
d’actions. Elle indique simplement si un mesurage normalisé s’impose ou pas.
Dans les deux cas, une mesure précise et normalisée est obligatoire.

22
Tableau des points d’exposition pour différents niveaux de bruit et différentes durées :
Niveau de Bruit Durée d'exposition au bruit dans une journée de travail
dB (A) 8h 4h 2h 1h 30 min 15 min
80 32 16 8 4 2 1
81 40 20 10 5 3 1
82 50 25 13 6 3 2
83 64 32 16 8 4 2
84 80 40 20 10 5 3
85 100 50 25 13 6 3
86 130 64 32 16 8 4
87 160 80 40 20 10 5
88 200 100 50 25 13 6
89 250 130 64 32 16 8
90 320 160 40 40 20 10
91 400 200 100 50 25 13
92 510 250 130 64 32 16
93 640 320 160 80 40 20
94 800 400 200 100 50 25

23
95 1000 510 250 130 60 32
96 1300 640 320 160 80 40
97 1600 800 400 200 100 50
98 2000 1000 500 250 130 60
99 2500 1300 640 320 160 80
100 3200 1600 800 400 200 100
101 4000 2000 1000 500 250 130

Source - L’évaluation du risque d’exposition au bruit, L. Thiery + www.inrs.fr


Légende : En orange sont présentées les valeurs où le risque est probable et en rouge les
valeurs où le risque est certain.

II/5.1.3.Mesurage d’exposition normalisé


Alors que les méthodes précédentes ne présentent qu’une estimation du risque, le mesurage
normalisé s’applique dès que le niveau d’exposition quotidien est susceptible d’être proche des
seuils d’actions réglementaires.
La norme de référence est la norme NF EN ISO 9612 Mai 2009 : Acoustique - Détermination
de l'exposition au bruit en milieu de travail - Méthode d'expertise
.
Elle exige une mesure en cinq étapes successives :
 Analyser le travail
 Sélectionner une stratégie de mesure
 Planifier et réaliser les mesures
 Contrôler les erreurs et les incertitudes des mesures
 Calculer et présenter le résultat avec son incertitude
 Analyser le travail
La norme exige une analyse du travail « dans tous les cas » afin de « fournir les informations
nécessaires » pour :
- Décrire les activités de l’entreprise et les métiers des travailleurs.
- Définir si nécessaire des groupes d’exposition homogène.
Pour un groupe de travailleur, il est souhaitable que le nombre de tâches ne soit ni trop réduit,
ni trop élevé.
- Déterminer une journée nominale pour chaque groupe de travailleurs.

24
La norme précise : « une journée nominale, comprenant des périodes de travail et des pauses,
doit être déterminée en consultation avec les travailleurs et l’encadrement. Le travail doit être
étudié afin d’obtenir une vue d’ensemble et une compréhension de tous les facteurs
susceptibles d’influencer l’exposition au bruit ».
Il peut s’agir d’une « journée type » ou d’une « journée présentant l’exposition au bruit la plus
élevée ».
- Identifier les événements acoustiques rares et intenses éventuels.
La norme précise une liste de questions afin d’identifier la présence d’évènements acoustiques
rares.
Ces situations de travail peuvent-elles se produire ?
- Emploi de soufflettes à jet d’air comprimé
- Détente d’air comprimé
- Martelage
- Chocs intenses
- Usage occasionnel de machines et d’outils très bruyants
- Passage de véhicules bruyants
Des opérations très bruyantes peuvent-elles se produire durant des phases particulières ?
- En début de poste
- En fin de poste
- Lors des phases de réglages, d’approvisionnement
- Lors des activités de démarrage et d’arrêt ou pendant la production
- Lors des phases de nettoyage
- Autres
Existe-t-il des activités très bruyantes au niveau des postes de travail voisins ?
- Nature
- Postes de travails exposés
 Sélectionner une stratégie de mesure
Trois méthodes sont disponibles :
Par tâche : L’hypothèse est que les circonstances de l’exposition restent identiques quand
différents travailleurs effectuent une tâche spécifique.
Par métier : L’hypothèse est que les circonstances de l’exposition sont comparables entre
travailleurs d’un même métier, une d’une même fonction.
Par journée entière : Aucune hypothèse n’est effectuée.
Le choix d’une stratégie de mesure va dépendre de la complexité de la situation et des moyens
de mesures disponibles.
25
Cependant, l’INRS propose un diagramme de recommandations utiles pour ce choix :

Si les cinq premières mesures diffèrent de plus de 6 dB(A), la norme impose de poursuivre le
mesurage.
 Planifier et réaliser les mesures
Chaque entreprise est unique. Aussi, il est important d’adapter les mesures d’exposition au
bruit en fonction de la tâche accomplie et des besoins.
Pour cela, il faut répondre à trois questions :
 Combien faut-il effectuer des mesures ?
 Quelle doit être la durée de chaque mesure ?
 Comment répartir les mesures parmi les travailleurs et pendant le temps de travail ?
Ensuite, il faut appliquer la stratégie de mesure choisie.
 Mesure par tâche
La norme spécifie que le mesurage doit « couvrir les variations du niveau de bruit au sein de
chaque tâche dans le temps, dans l’espace et dans les conditions de travail ».
Le nombre minimal de mesure est de trois pour chaque tâche et en aucun cas, une mesure
ne peut être inférieure à cinq minutes.
Si le bruit fluctue de façon aléatoire durant une tâche, « la durée de chaque mesure doit être
suffisamment longue pour assurer que la valeur mesurée est représentative de l’ensemble de la
tâche ».
Quand les trois mesures ont été réalisées et que leurs résultats diffèrent de plus de 3 dB(A), il
est obligatoire d’effectuer trois mesures supplémentaires ou de revoir la stratégie de mesurage
afin de réduire l’incertitude du résultat final.

26
 Mesure par métier
La norme impose de connaître le nombre de travailleurs, de même métier, composant chaque
groupe d’exposition. Il faut ensuite respecter ses quatre étapes :
 Déterminer en premier lieu la durée totale des mesures en fonction de l’effectif.
 Le nombre de mesures doit être de cinq au minimum. Il est à choisir en fonction du
nombre de mesure.
 La durée de la mesure doit être suffisante pour être représentative
 La répartition des mesures doit être aléatoire parmi les membres du groupe et sur la
journée de travail.
Pour simplifier ces obligations, l’INRS a indiqué la durée totale minimale d’une mesure
(nombre de mesures x durée de chaque mesures) à appliquer à un groupe d’exposition
homogène comprenant G travailleurs :

 Mesure par journée complète


« Lorsque cette stratégie de mesurage est utilisée, il est nécessaire de s’assurer que les jours
choisis sont représentatifs de ce qui est défini comme la situation de travail pertinente » pour
évaluer l’exposition au bruit.
Le nombre de mesure doit être au minimum de trois journées complètes, ou « une partie de la
journée aussi importante que possible couvrant toutes les périodes d’exposition au bruit »
lorsque cela n’est pas possible.
Si au terme de la journée de travail, les résultats diffèrent de plus de 3 dB(A), la norme impose
d’effectuer le mesurage de deux journées complètes supplémentaires.
 Contrôler les erreurs et les incertitudes des mesures
Avant d’effectuer les mesures il est recommandé :
 D’informer les travailleurs du but du mesurage et de leur expliquer la conduite à
tenir pour éviter les erreurs de mesure.
 D’observer le travail effectué lors des mesurages
 D’effectuer des mesures du bruit ponctuelles complémentaires
Pendant les mesures, il est possible d’observer :
27
 La présence d’évènements acoustiques rares
 L’usage d’un mode opératoire particulièrement bruyant
 L’exposition à des bruits intenses
 La présence de bruits inutiles
Ces observations sont autant d’indices qui vous permettront de réduire l’exposition au bruit
professionnel.
 Calculer et présenter le résultat avec son incertitude
La norme précise que le mesurage précis et normalisé ne peut être effectué qu’avec un
dosimètre ou un sonomètre intégrateur. Elle exclue donc l’utilisation de sonomètres simples,
non intégrateurs.
Il est recommandé de vérifier vos appareils avant et après chaque mesure à l’aide d’un calibreur
acoustique. Il s’agit de comparer la valeur mesurée par l’appareil de mesure à la valeur
référence du calibreur acoustique. Si l’écart est supérieur à 0,5 dB, les mesures effectuées
doivent être annulées.
Après les mesures, il est nécessaire de :
- Vérifier l’absence d’artefacts de mesure
Un artefact de mesure est une fausse contribution incluse dans une série de mesures. La norme
précise qu’il faut « veiller à éviter les fausses contributions ».
Il est recommandé d’étudier la série chronologique dès la fin du mesurage, si possible
directement sur site. Elle représente des pointes sur la série de mesures.
Ces artefacts peuvent être la conséquence d’un choc, d’un frottement ou de l’installation de
l’appareil. C’est la raison pour laquelle il est important d’observer le mesurage, d’impliquer les
travailleurs dans cette démarche et de ne commencer les mesures qu’une fois le matériel
installé.
- Contrôler l’absence de saturation de l’appareil
En cas de chocs métalliques intenses ou de certaines opérations particulièrement bruyantes, il
peut y avoir saturation de l’appareil. Il faut en identifier la cause et renouveler, si nécessaire, le
mesurage à cet instant.
- Présence d’une mesure supérieure ou inférieure aux autres
Si son origine est expliquée, il est possible de ne pas l’inclure dans le calcul du niveau de bruit
(exemple : temps de pose) ou de la mesure comme une tâche identifiable isolée qui fera l’objet
d’une étude spécifiques.
Si des niveaux d’exposition au bruit sont élevés, la norme impose de « qu’ils doivent faire
l’objet d’une enquête, d’un rapport et de commentaires ».

28
II/5.2.Méthodologie de mesure du bruit ambiant
II/5.2.1.Précision concernant l’utilisation des indices LAeq et L50

L’arrêté du 23 janvier 1997 prévoit, dans le cas où la différence entre LAeq et L50 est
supérieure à 5dB(A), l’utilisation du L50 comme indicateur d’émergence.

Cette instruction intervient pour limiter l’effet de masque, dû au trafic routier par exemple, sur
le bruit de l’installation. Ainsi, ce critère de 5dB(A) d’écart entre le LAeq et le L50 doit se
baser sur la mesure de bruit résiduel et non pas sur la mesure du bruit ambiant.
Ainsi, l’émergence Em se mesure :

 Em = LAeq(ambiant) - LAeq(résiduel), si sur la mesure de bruit résiduel la différence


LAeq-L50 < 5dB(A) ;
 Em = L50(ambiant) - L50(résiduel), si sur la mesure de bruit résiduel la différence
LAeq-L50 > 5dB(A)

Exemple :

II/5.2.2.Démarche attendue

L’étude acoustique doit permettre de vérifier le respect des émergences réglementaires au


niveau des ZER et le respect des niveaux maximum en limite de propriété de l’ICPE

29
II/5.2.3.Remarques complémentaires sur la réalisation des mesures
Les mesures de bruits résiduels et ambiants sont à effectuer aux mêmes localisations et aux
niveaux des ZER les plus exposées afin de calculer les émergences.
Dans certains cas particulier, il est possible de passer outre cette recommandation (mesure en
limite de propriété, technique point masqué) si une justification appropriée est présentée.
Les mesures de bruits résiduel et ambiant doivent être réalisées à des périodes similaires (jour,
nuit…).
De plus, si l’entreprise est en activité la nuit, l’étude ne se contente pas de présenter des
mesures de jour.
La méthode de mesurage dite « d’expertise » est à privilégier par rapport à la méthode dite de
« contrôle ».
En effet, l’annexe de l’arrêté du 23/01/1997 précise que : « La méthode de mesure à utiliser est
la méthode dite « d’expertise »
De plus, le point 3 de cette annexe indique que seule la méthode d’expertise permet l’emploi
d’indice fractile (notamment Laeq et L50) et d’identifier une tonalité marquée, comme le
requiert la réglementation. Ainsi, dans le cas de l’utilisation de la méthode de « contrôle » :

 une justification de son utilisation doit être fournie ;


 la conformité des émissions sonores ne peut être tirée que si le résultat (émergence et
niveaux en limites de propriété) diffère de la valeur limite de plus de 2dB(A) comme
cela est indiqué dans l’annexe de l’arrêté du 23/01/1997.
30
II/5.2.4.Conditions météorologiques
 Les conditions météorologiques peuvent influer sur le résultat de deux
manières : par perturbation du mesurage, en particulier par action sur le microphone, il
convient donc de ne pas faire de mesurage quand la vitesse du vent est supérieure à 5 m.s-1, ou
en cas de pluie marquée ;
 lorsque la (les) source (s) de bruit est (sont) éloignée (s), le niveau de
pression acoustique mesuré est fonction des conditions de propagation liées à la météorologie.
Cette influence est d’autant plus importante que l’on s’éloigne de la source.
Il faut tenir compte de deux zones d'éloignement :
 la distance source/récepteur est inférieure à 40 m : il est juste nécessaire de
vérifier que la vitesse du vent est faible, qu'il n'y a pas de pluie marquée. Dans le cas contraire,
il n’est pas possible de procéder au mesurage ;
 la distance source/récepteur est supérieure à 40 m : procéder aux mêmes
vérifications que ci-dessus. Il est nécessaire en complément d’indiquer les conditions de vent et
de température, appréciées sans mesure, par simple observation, selon le codage ci-après.

U1 : vent fort (3 m/s à 5 m/s) contraire au T1 : jour et fort ensoleillement et surface


sens source - récepteur sèche et peu de vent
U2 : vent moyen à faible (1 m/s à 3 m/s) T2 : mêmes conditions que T1 mais au moins
contraire ou vent fort, peu contraire une est non vérifiée
U3 : vent nul ou vent quelconque de travers T3 : lever du soleil ou coucher du soleil ou
(temps couvert et venteux et surface pas trop
humide)
U4 : vent moyen à faible portant ou vent fort T4 : nuit et (nuageux ou vent)
peu portant (±45°)
U5 : vent fort portant T5 : nuit et ciel dégagé T5 : nuit et ciel dégagé et vent faible
et vent faible

Il est nécessaire de s'assurer de la stabilité des conditions météorologiques pendant toute la


durée de l'intervalle de mesurage. L'estimation qualitative de l'influence des conditions
météorologiques se fait par l'intermédiaire de la grille ci-dessous :
- - État météorologique conduisant à une atténuation très forte du niveau sonore ;
- État météorologique conduisant à une atténuation forte du niveau sonore ;
Z Effets météorologiques nuls ou négligeables ;
+ État météorologique conduisant à un renforcement faible du niveau sonore ;
31
+ + État météorologique conduisant à un renforcement moyen du niveau sonore.

U1 U2 U3 U4 U5
T1 -- - -
T2 -- - - Z +
T3 - - Z + +
T4 - Z + + ++
T5 + + ++

II/5.2.5.Conditions météorologiques rencontrées sur site


La distance émetteur/récepteur est toujours inférieure à 40m, néanmoins les conditions retenues
le jour du mesurage sont les suivantes :
Exemple : Lors des mesures site en fonctionnement :
U3/T2 en période diurne
U3/T4 en période nocturne
II/5.2.6.Éléments essentiels devant être présentés

Dans l’étude acoustique et points de méthodologie en complément des éléments prévus par la
norme AFNoR NFS 31-010 :

 plan identifiant l’entreprise et ses sources de bruit, les ZER et les habitations les plus
exposées et les points de mesures,
 référence à la norme de mesurage,
 précision quant à la méthode utilisée « contrôle » ou « expertise »,
 recensement et caractérisation des sources de bruit de l’entreprise et notamment celles
générant des tonalités marquées,
 présentation, dans le cas d’un projet, des éléments concrets à la base de l’estimation des
niveaux de bruit émis par les futurs équipements,
 identification des sources de bruit extérieures à l’entreprise (zone d’activité, avions,
train…),
 conditions météorologiques lors des mesures,
 évolutions temporelles des mesures (graphique) comprenant leurs dates, durées et
horaires,
 motivations et durées des événements supprimés de la mesure,

32
 justification du choix des périodes de mesures par rapport à l’activité de l’entreprise
(jour, nuit, weekend…),
 justification de la durée de mesurage qui doit être suffisante pour s’assurer de la
représentativité des niveaux de bruit résiduel et ambiant fournis,
 estimation des émergences dans le cas d’un projet sur la base des futures sources de
bruit de l’entreprise (la modélisation devra répondre à la norme ISO 9613),
 apport d’éléments justifiant le respect des émergences, dans le cas d’une extension
entraînant du bruit supplémentaire (estimation des émergences ; indications du niveau
des futures sources de bruit de l’entreprise…),
 description de la méthode d’estimation des émergences utilisée,
 tableau récapitulatif de chaque point de mesure pour les ZER :

II/5.2.8.Traitement des émergences non réglementaires

Dans le cas où l’entreprise ne respecte pas la réglementation, l’étude présente :

 les valeurs seuils en limite de propriété pour respecter les émergences aux niveaux des
habitations,
 des préconisations de bureau d’études pour la mise en conformité du site,
 les mesures compensatoires prévues par l’entreprise,
 l’évaluation de l’impact des mesures correctives sur les niveaux d’émergences (soit sur
la base d’une modélisation, soit sur la base de mesures acoustiques).

33
CHAPITRE III :
L’EAU

34
CHAPITRE III : L’EAU

OBJECTIFS

 Déterminer les ressources en eau


 Identifier les différentes sources de pollution de l’eau
 Enumérer les différents paramètres physiques et chimiques microbiologiques de l’eau
 Connaitre la règlementation en matière de gestion de l’eau
 Connaitre les différentes méthodes d’analyse de l’eau

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III.1.DEFINTION
Eau
Selon le dictionnaire Larousse français, l’eau est comme un corps liquide à la température et à la
pression ordinaires, incolore, inodore, insipide, dont les molécules sont composées d'un atome
d'oxygène et de deux atomes d'hydrogène. Ce corps liquide, contenant en solution ou en
suspension toutes sortes d'autres corps (sels, gaz, micro-organismes, etc.), très répandu à la
surface terrestre (eau de pluie, eau de mer, eau du robinet, etc.).
Pour le dictionnaire de l’environnement, l'eau (H2O), est un liquide inodore, insipide et incolore
constitué d'hydrogène et d'oxygène. Forme des cours d'eau, des lacs et des mers.

L'eau (H2O) est un élément essentiel pour toutes les matières vivantes.

La pollution
Le code de l’environnement ivoirien définit la pollution comme la contamination ou la
modification directe ou indirecte de l'environnement provoquée par, tout acte susceptible :
d'altérer le milieu de vie de l'homme et des autres espèces vivantes de nuire à la santé, à la
sécurité, au bien-être de l'homme, de la flore et de la faune ou aux biens collectifs et individuels.

La pollution des eaux


Aux termes du code de l’environnement ivoirien, La pollution des eaux est l'introduction dans
le milieu aquatique de toute substance susceptible de modifier les caractéristiques physiques,
chimiques et/ou biologiques de l'eau et de créer des risques pour la santé de l'homme, de nuire à
la faune et à la flore terrestres et aquatiques, de porter atteinte à l'agrément des sites ou de gêner
toute autre utilisation rationnelle des eaux.

III.2.LES RESSOURCES EN EAU


 Les ressources en eau comprennent les eaux intérieures de surface et les eaux souterraines.
36
III.3.DIFFERENTES SOURCES DE POLLUTION DE L’EAU

37
Principaux types de pollution des eaux continentales, nature de produits polluants et leurs
origines, d'après C. Lévêque, Écosystèmes aquatiques (Hachette, 1996)..

TYPES DE POLLUTION NATURE SOURCES

PHYSIQUE

Pollution thermique Rejets d'eau chaude Centrales thermiques

Pollution radioactive Radio-isotopes Installations nucléaires

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MATIÈRE ORGANIQUE

Effluents domestiques,
Glucides, lipides, protides agricoles, agro-
alimentaires

Élevages Et
Ammoniac, Nitrates
Piscicultures

CHIMIQUE

Fertilisants Nitrates, Phosphates Agriculture, Lessives

Industries, agriculture,
Mercure, cadmium, plomb,
Métaux et métalloïdes pluies acides,
aluminium, arsenic...
combustion

Insecticides, Herbicides,
Pesticides Agriculture, Industries
Fongicides

Organochlorés Pcb, Solvants Industries

Composées organiques de
Nombreuses molécules Industries
synthèse

Détersifs Agents Tensio-Actifs Effluents Domestiques

Industrie Pétrolière,
Hydrocarbures Pétrole Et Dérivés
Transports

M ICROBIOLOGIQUE

Bactéries, virus, Effluents urbains et


champignons d'élevage

III.3.1.Les eaux usées


Les eaux usées sont également appelées effluents ou eaux polluées. Les eaux usées sont
généralement produites par l'activité humaine et nécessitent un traitement avant d'être déversée.
Elles se distinguent en trois catégories: les eaux industrielles, les eaux domestiques et les eaux
pluviales.
 Les eaux usées industrielles
Les eaux usées qui proviennent d'entreprises de taille ou de type industriel ne sont pas
forcément considérée comme des eaux industrielles. En effet, pour qu'une eau soit considérée
comme étant de nature industrielle, le code de l'eau définit des critères sur base de charge
polluante. Ces eaux usées nécessitent un permis d'environnement.

39
L'eau rejetée doit répondre à au moins un des 3 critères suivantes pour être considérée comme
étant industrielles:
 Les eaux rejetées comportent une charge polluante de plus de 100 équivalent-habitant
par jour.
 Les eaux rejetées contiennent des substances dangereuses
 Les eaux rejetées proviennent d'un établissement dont les eaux usées sont nuisibles aux
égouts et au fonctionnement normal d'une station d'épuration ou au milieu récepteur.

Les eaux industrielles dangereuses pour la santé et l’environnement font l’objet d’un
prétraitement avant leur évacuation dans les réseaux de collecte
On peut néanmoins, faire un classement des principaux rejets industriels suivant la nature des
inconvénients qu’ils déversent :
 Pollution due aux matières en suspension minérales (Lavage de charbon, carrière,
tamisage du sable et gravier, industries productrices d’engrais phosphatés….) ;
 Pollution due aux matières en solution minérales (usine de décapage, galvanisation…) ;
 Pollution due aux matières organiques et graisses (industries agroalimentaires,
équarrissages, pâte à papier…) ;
 Pollution due aux rejets hydrocarbonés et chimiques divers (raffineries de pétrole,
porcherie, produits pharmaceutiques…..) ;
 Pollution due aux rejets toxiques (déchets radioactifs non traités, effluents radioactifs des
industries nucléaires….).

 Les eaux usées domestiques


Les effluents domestiques sont un mélange d’eaux contenant des déjections humaines :
urines, fèces (eaux vannes) et eaux de toilette et de nettoyage des sols et des aliments (eaux
ménagères ou grises).

 Les eaux grises


Elles proviennent essentiellement :
- Des eaux de cuisine qui contiennent des matières minérales en suspension provenant
du lavage des légumes, des substances alimentaires à base de matières organiques
(glucides, lipides, protides) et des produits détergents utilisés pour le lavage de la
vaisselle et ayant pour effet la solubilisation des graisses ;
- Des eaux de buanderie contenant principalement des détergents.
 Les eaux noires
Elles proviennent essentiellement :

40
- Des eaux de salle de bain chargées en produits utilisés pour l’hygiène corporelle,
généralement des matières grasses hydrocarbonées ;
- Des eaux de vannes qui proviennent des sanitaires (w.c), très chargées en matières
organiques hydrocarbonées, en composés azotés, phosphatés et microorganisme. Elles
contiennent des matières fécales et souvent des germes pathogènes
 Les eaux usées agricoles
Ce sont des eaux qui ont été polluées par des substances utilisées dans le domaine agricole.
Dans le contexte d’une agriculture performante et intensive, l’agriculteur est conduit à utiliser
divers produits d’origine industrielle ou agricole dont certains présentent ou peuvent présenter,
des risques pour l’environnement et plus particulièrement pour la qualité des eaux. Il s’agit
principalement :
- Des fertilisants (engrais minéraux du commerce ou déjections animales produites ou non
sur l’exploitation) ;
- Des produits phytosanitaires (herbicides, fongicides, insecticides,…). Donc ces eaux sont
l’issus :
- Des apports directs dus aux traitements des milieux aquatiques et semiaquatiques tels que
le désherbage des plans d’eau, des zones inondables

 Eaux pluviales
Au contact de l’air et des ruisseaux, les eaux pluviales cumulent des impuretés, et peuvent donc
engendrer la dégradation des cours d’eau.
En ce qui concerne leur évacuation, ces eaux peuvent être mélangées ou non avec les eaux
ménagères, on parle de système d’assainissement unitaire ou séparatif.

III.4.LES DIFFÉRENTS PARAMÈTRES PHYSIQUES, CHIMIQUES ET


MICROBIOLOGIQUES DE L’EAU
L’estimation de la qualité d’une eau ne peut s’effectuer pas la mesure d’un seul, mais d’un
ensemble des paramètres de nature diverses.
Des résultats anormaux dans le contrôle de paramètres permettent de déceler et d’évaluer les
niveaux de pollutions.
La pollution de l’eau est fonction des substances dissoutes susceptibles d’être nuisibles qu’elle
contient et, dont la plupart, ne sont décelables qu’à l’analyse.

41
III.4.1.Paramètres physiques
 Turbidité
C’est un paramètre, qui varie en fonction des composés colloïdaux (argiles) ou aux acides
humiques (dégradation des végétaux) mais aussi pollutions qui troublent l’eau. Avec un appareil
(turbidimètre) on mesure la résistance qu’elle oppose par l’eau au passage de la lumière pour
lui donner une valeur. En France on mesure la turbidité par la méthode normalisée NFU par
spectrométrie, c’est à dire mesure de l’absorption de la lumière par l’eau.
NTU < 5 => eau claire
NTU < 30 => eau légèrement trouble
NTU > 50 => Eau trouble.
Une importante turbidité de l’eau entraine une réduction de sa transparence qui réduit la
pénétration du rayonnement solaire utile à la vie aquatique (photosynthèse).

 M E S (matières en suspension)
On appelle matières en suspension les très fines particules en suspension (sable, argile, produits
organiques, particules de produits polluant, micro-organismes,...) qui donnent un aspect trouble
à l’eau, (turbidité) et s’opposent à la pénétration de la lumière nécessaire à la vie aquatique. En
trop grande quantité elles constituent donc une pollution solide des eaux.
La quantité de matières en suspension totale (MEST) se mesure par filtration d’un litre d’eau et
pesage des résidus séchés. Le résultat s’exprime en mg/l. (On estime qu’un habitant rejette
environ 90 grammes par jour de MES dans ses eaux usées).

 Les matières décantables :


Leur mesure donne la quantité de solides non dissous présents dans l’eau. Pendant 30 minutes
on laisse un échantillon d’eau au repos déposer dans un cône d’Imhoff. Ceci permet de mesurer
la quantité de sédiments en mg par litre.

 Température
La température de l’eau influe sur beaucoup d’autres paramètres. C’est en premier lieu le cas
pour l’oxygène dissous indispensable à la vie aquatique : Plus la température de l’eau s’élève,
plus la quantité d’oxygène dissous diminue. Une température trop élevée des eaux d’une rivière
peut donc aboutir à des situations dramatiques de manque d’oxygène dissoute pouvant entraîner :
la disparition de certaines espèces, la réduction de l’auto épuration, l’accumulation de dépôts
nauséabonds (odeurs), la croissance accélérée des végétaux (dont les algues).
A noter que les poissons ne peuvent survivre à des températures trop élevées. Maximum létaux :
truite de rivière 27°C
brochet 28°C
42
truite arc en ciel 29°C
perche et tanche 30°C
gardon 31°C
carpe 38°C
La pollution thermique peut avoir pour origine des rejets d’eaux chaudes urbains ou industriels
dans le cours d’eau. La pollution thermique des petits cours d’eau peut avoir aussi pour origine
les déversoirs d’étangs installés sur leur rive et qui par leur grande surface jouent un rôle de
« pompe à chaleur »
En raison des variations de certains paramètres de l’eau avec la température (oxygène dissous,
conductivité,..) les analyses normalisées sont effectuées sur des échantillons d’eau à 20° C. Pour
les analyses de terrain, il faut donc tenir compte de la température de l’eau, et faire ensuite la
conversion (tables). Certains appareils de mesure de terrain font d’office cette conversion en
fonction de la température de l’eau.

 Conductivité
La mesure en µS/cm ou mS/cm (micro ou milli Siemens par cm) de la conductivité électrique
d’une eau s’effectue à l’aide d’un conductimètre. Celui-ci mesure le passage de l’électricité entre
deux électrodes plongées dans l’eau. La mesure s’effectuer à 20° C ou avec un conductimètre
avec compensateur automatique de température. Si l’eau très pure est un isolant qui oppose une
grande résistance au passage de l’électricité, il n’en est plus de même lorsqu’elle est chargée en
sels minéraux d’origine naturelle (calcium, magnésium, sodium, potassium). A cette
minéralisation naturelle liée à la nature des sols s’ajoutent aussi ...les polluants. La conductivité
permet d’apprécier globalement l’ensemble des produits en solution dans l’eau.
L’eau de pluie n’offre qu’une conductivité variant entre 60 et 100 µS/cm
L’eau du robinet à Besançon (région calcaire) est d’environ 550 µS/cm
La mesure de la conductivité est un moyen assez simple de détection d’une anomalie indiquant
la présence probable d’une pollution, par comparaison de la valeur mesurée avec celle que l’on
était en droit d’attendre.
Il importe au préalable de bien déterminer la valeur habituelle moyenne de la conductivité locale
des eaux d’un ruisseau, par exemple, que l’on surveille. Les charges importantes de pollution
organique augmente la conductivité.

 Les MVS (Les matières volatiles en suspension)


Les matières volatiles en suspension sont celles qui sont susceptibles d’être volatilisées par test
de laboratoire à une température de 550° C. Les MVS sont généralement assimilées aux matières
organiques en suspension. Les MVS se mesurent en mg/l.
43
 La couleur
Une eau pure observée sous une lumière transmise sur une profondeur de plusieurs mètres émet
une couleur bleu clair car les longueurs d’ondes courtes sont peu absorbées alors que les grandes
longueurs d’onde (rouge) sont absorbées très rapidement. (La coloration d’une eau est dite
vraie ou réelle lorsqu’elle est due aux seules substances en solution. Elle est dite apparente quand
les substances en suspension y ajoutent leur propre coloration.

III.4.2.Paramètres chimiques
 pH
Ce paramètre, qui se mesure avec des bandelettes test ou un appareil (pH-mètre), donne le degré
d’acidité ou d’alcalinité d’une eau. Le pH (potentiel hydrogène), est le reflet de la concentration
d’une eau en ions H+ : pH = - log [H+].
L’eau des cours d’eaux avoisine en général la neutralité représentée par un pH de 7.
Le pH doit être compris entre 6 et 8 pour permettre la vie aquatique.
Une mesure de pH, différente de la valeur habituelle du cours d’eau, peut être l’indice d’une
arrivée de pollution, en générale industrielle, en amont du point de mesure.
Sa valeur, le plus souvent mesurée à l’aide d’un pHmètre ou de "papier pH", indique si l’eau est
acide (de 1 à <7), neutre ( 7 ), ou basique (de > 7 à 14) ; On dit aussi alcaline.
Le pH varie légèrement selon la température. L’analyse doit donc s’effectuer à 25° C ou avec un
pHmètre avec compensateur automatique de température.

 Dureté (TH Titre Hydrotimétrique)


Une eau est dite douce lorsqu’elle est peu chargée en calcium et en magnésium. La somme des
deux constitue le Titre Hydrotimétrique. A l’inverse une eau sera dite dure. (> à 10 Th).

Le TH indique la teneur globale en sel de calcium et de magnésium qui sont responsables de la


dureté de l'eau, dans la plupart des eaux naturelles, le calcium contribue au TH dans la
proportion de 70 à 90 %.
L'unité de mesure du TH est le degré français (°f) 1°f = 4 mg/ l de calcium ou 2,4 mg/l de
magnésium, ou encore 10 mg/l de Ca CO3 (carbonate de calcium ou plus communément "le
tartre”)
Pour fixer les idées on considère que :
-de 0 à 5 °f une eau est très douce.
- de 5 à 15 °f une eau est douce.
-de 15 à 25 °f une eau est moyennement dure.
-de 25 à 35 °f une eau est dure.

44
- à plus de 35 °f une eau est très dure.
On distingue :
- le TH total : Totalité des sels de calcium et magnésium, c'est cette valeur qui est utilisée
lorsque l'on parle couramment du TH ou de la dureté de l'eau.
- le TH calcique : Totalité des sels de calcium.
- le TH magnésien : Totalité des sels de magnésium.
- le TH temporaire : Ou dureté carbonatée correspond aux carbonates et bicarbonates de
calcium susceptibles de précipiter par ébullition, il est égal au TAC si le TH est supérieur
au TAC (cas le plus courant) ou au TH si le TAC est supérieur au TH.
- le TH permanent : Ou dureté non carbonaté correspond au sulfate et au chlorure de calcium
stables, il est égal à la différence entre le TH et le TAC.

 le TA et le TAC (Titre alcalimétrique et titre alcalimétrique complet) :


Ces deux valeurs permettent de connaître les concentrations en bicarbonates, carbonates et
éventuellement en hydroxydes (bases fortes) contenues dans l'eau.
L'alcalinité se mesure à l'aide d'une solution étalon d'acide fort en présence d'indicateurs
colorés de pH :
- La phénolphtaléine pour le TA, virant du rouge à l'incolore à un pH de 8,3.
- L’hélianthine pour le TAC, virant du jaune à l'orangé à un pH de 4,3.
Le TA dose la totalité des hydroxydes et la moitié des carbonates qui sont alors entièrement
transformés en bicarbonates à un pH de 8,3.
Le TAC correspond à la totalité des bicarbonates et des carbonates.
Le TA et le TAC s'expriment généralement en degré français (°f).
- 1°f = 3,4 mg/l OH- (hydroxyde)
- 1°f = 6, 0 mg/l CO3 -- (carbonate)
- 1°f = 12, 2 mg/l HCO3- (bicarbonate)

III.4.Principaux Paramètres Chimiques


 L’oxygène Dissout

La présence d’oxygène dans l’eau est indispensable à la respiration des êtres vivants aérobies.
En dessous d’un certain seuil de concentration en oxygène, c’est l’asphyxie des poissons. ( 7
mg/l pour les salmonidés ; 3 mg/l pour les carpes) L’oxygène de l’eau permet également le
processus d’oxydation des matières organiques, mais cette décomposition appauvrit le milieu
aquatique en oxygène.

45
L’oxygénation de l’eau provient d’abord du contact de sa surface avec l’atmosphère. Elle est
favorisée par les remous, les cascades et surtout la température de l’eau. Car plus l’eau s’échauffe,
moins l’oxygène y est soluble.
Pour mesurer l’oxygène dissous d’un cours d’eau, il est possible d’utiliser un oxymètre, matériel
disposant d’une sonde spéciale. Il existe aussi des trousses colorimétriques utilisant des réactifs
chimiques. C’est un paramètre très important pour la vie dans la rivière.

 Chlorures (sels). Ils ne sont pas nocifs, mais constituent un important indicateur
d’arrivée de pollution. Ils ne sont pas éliminés par les stations d’épuration. Dans la nature, ils
sont souvent indicateurs d’arrivée d’effluents urbains. A titre indicatif, dans l’eau du robinet le
maximum admis est de 250 mg/l. de chlorures.

 Matières organiques
La matière organique (MO) contenue dans les eaux est la partie non encore décomposée de la
pollution organique (matières vivantes mortes ou déjections d’organismes vivants).
Elles sont donc naturellement présentes dans l’eau, mais à faible concentration. S’il y en à plus,
il y a pollution provenant de rejets d’eaux usées domestiques mal épurés, d’effluents agricoles,
etc. La MO peut se rencontrer dans l’eau soit dissoute, soit sous forme particulaire visible.
La présence de dépôts de matière organique visibles dans le lit d’une rivière est inacceptable et
dénonce bien souvent la proximité d’un rejet brut ou un très mauvais état de la rivière. De plus,
la dégradation de la MO consomme et réduit l’oxygène dissoute de l’eau nécessaire à la vie
aquatique.
La charge de pollution organique est quantifiable par des techniques normalisées : la DCO, la
DBO5.
Le cycle de l’azote dans l’eau.
La MO constituée en grande partie d’azote organique est en final décomposée par les bactéries
principalement en ammonium, puis en nitrites et enfin en nitrates.
La MO est aussi constituée de carbone. .
Pour quantifier les matières organiques présentes dans l’eau, il s’agit de pollution s’il y a
excès, il n’y a pas de mesures directes mais des méthodes pour quantifier par des techniques
normalisées l’oxygène nécessaire à leur décomposition :
- Méthode de la DBO5 (Demande Biologique en Oxygène)
Cette technique permet de mesurer en laboratoire sur 5 jours (à 20° dans l’obscurité), la quantité
d’oxygène consommée par le processus naturel de décomposition de la matière organique
décomposable présente dans un litre d’eau. Le résultat est donné en mg/L. de .

46
La DBO5 ou Demande Biologique en Oxygène sur 5 jours, représente la quantité d’oxygène
nécessaire aux micro-organismes pour oxyder (dégrader) l’ensemble de la matière organique
présente dans un échantillon d’eau maintenu à 20°C, à l’obscurité, pendant 5 jours.
[Pour mesurer la DBO5, on réalise une première mesure de la concentration en dioxygène dans
l’échantillon d’eau. On répète cette mesure 5 jours plus tard. La DBO5 représente la différence
entre les deux concentrations mesurées].
La mesure de la DBO5 est très utilisée pour surveiller les rejets et le fonctionnement des stations
d’épuration. Elle est trop peu précise pour qualifier les eaux naturelles.
La DBO5 d’une eau de surface non polluée, varie normalement de 2 à 20 mg/l. Au delà, on
peut suspecter une pollution.
A noter que la DBO exprimée en kg/j. dans certains textes administratifs permet de désigner des
quantités de pollution organique rejetées que l’on peut aussi estimer en EH (équivalents
habitants) :
Un habitant produit en moyenne une charge de pollution équivalente à 60 grammes de
DBO5 pour une journée. La directive européenne du 21 mai 1991 et l’article R2224-6 du code
général des collectivités territoriale définissent d’ailleurs l’équivalent-habitant (EH) comme la
charge organique biodégradable ayant une demande biochimique d’oxygène en cinq jours
(DBO5) de 60 grammes d’oxygène par jour.
. 1,2 kg de DBO5/j. correspond à une pollution de 20 EH
. 12 kg de DBO5/j. correspond à une pollution de 200 EH,
. 120 kg de DBO5/j. correspondant à la pollution de 2000 EH,
. 600 kg de DBO5/j. correspondant à la pollution de 10000 EH,

- Méthode de la DCO (Demande Chimique en Oxygène)


Contrairement à la DBO5, qui ne prend en compte que les matières organiques biodégradables,
la DCO est une mesure globale des matières organiques et de certains sels minéraux oxydables
(pollution organique totale) présents dans l’eau.
Cette technique mesure en laboratoire la quantité d’oxygène consommée par l’oxydation
chimique (à l’aide d’un oxydant et à chaud, pendant 2 heures) des matières organiques ou
minérales présentes dans l’eau.
Il existe des systèmes permettant d’effectuer des analyses sommaires rapides de la DCO. Le
résultat est donné en mg/L. de .

La demande chimique en oxygène (DCO) est la quantité consommée par les matières oxydantes
présentes dans l’eau quelles que soit leur origine organique ou minérale.

47
La mesure de la DCO est surtout utilisée pour la surveillance des eaux usées urbaines et
industrielles.
Le rapport DCO / DBO5 donne une indication sur l’origine de la pollution organique. Ainsi
exemples de valeurs :
une eau résiduaire brute : 2500 / 1000 = 2,5
une eau épurée : 450 : 40 = 11
Plus il se rapproche de 1, plus le rapport DCO / DBO5, indique la biodégradabilité d’un rejet
d’eaux usées :
de 1,5 à 2 : effluents d’industries agroalimentaires (meilleure biodégradabilité).
de 2 à 3 : effluent urbain domestique.
>3 : effluent plus ou moins difficilement biodégradable (industrie).

 Ammonium Et Ammoniac (Nh3)).

L’azote ammoniacal est souvent le principal indicateur chimique de pollution directe d’une eau
de rivière à l’aval d’un rejet polluant (plus encore en aval elle se transforme en nitrites puis en
nitrates). L’azote ammoniacal provient de la décomposition des chaînes carbonées constituant
les matières organiques par les bactéries de type aérobies majoritairement (bacillus, bacterium).
Cette dégradation consomme de l’oxygène et libère également du CO2 dans les eaux.
.L’azote ammoniacal provient aussi de l’urée rejetée par les animaux.
On peut trouver des traces d’ammoniaque dans les eaux de pluie. Elles sont liées aux retombées
liées à sa volatilisation, par exemple lors d’épandage agricoles
 L’azote
L’azote présent dans l’eau peut avoir un caractère organique ou minéral. L’azote organique est
principalement constitué par des composés tels que des protéines, des polypeptides, des acides
aminés, de l’urée. Le plus souvent ces produits ne se trouvent qu’à de très faibles concentrations.
Quant à l’azote minéral (ammoniaque, nitrate, nitrite), il constitue la majeur partie de l’azote total
 Les nitrates
Les nitrates se trouvant naturellement dans les eaux provenant en grande partie de l’action de
l’écoulement des eaux sur le sol constituant le bassin versant. Leurs concentrations naturelles ne
dépassent pas 3 mg /L dans les eaux superficielles et quelques mg/L dans les eaux souterraines.
La nature des zones de drainage joue donc un rôle essentiel dans leur présence et l’activité
humaine accélère le processus d’enrichissement des eaux en nitrates. La teneur en nitrates est en
augmentation ces dernières années, de l’ordre de 0,5 à 1 mg/l/an, voire 2 mg/l/an dans certaines
régions. Cette augmentation a plusieurs origines :

48
 Agricole : agriculture intensive avec utilisation massive d’engrais azoté ainsi que
rejets d’effluents d’élevage. Cette source représente les 2/3 de l’apport en nitrates dans
le milieu naturel ;
 Urbaine : rejet des eaux épurées des stations d’épuration où l’élimination de l’azote
n’est pas total et qui peuvent rejeter des nitrates ou des ions ammonium qui se
transformeront en nitrates dans le milieu naturel.
 Industrielle : rejet des industries minérales, en particulier de fabrication des engrais
azotés. Cette source représente 1/9 des apports

 Le Phosphore
Le phosphore peut exister dans les eaux en solution ou en suspension, à l’état minéral ou
organique. Les composés phosphorés qui, sans hydrolyse ou minéralisation, répondent au test
spectrophotométrique sont considérés comme étant des orthophosphates. L’hydrolyse en milieu
acide fait apparaître le phosphore hydrolysable et minéralisation, le phosphore organique.
Chaque fraction (phosphore en solution ou en suspension) peut être séparée analytiquement en
orthophosphates, phosphore hydrolysable et phosphore organique.

 Phosphates

Le phosphore, élément indispensable au développement de tous les organismes vivants, n’est


naturellement présent qu’en très faible quantité dans les eaux.
Les orthophosphates (ions PO4) sont la forme la plus simple et la plus répandue des phosphates
dans l’eau.
Le phosphate de calcium minéral contenu dans les roches calcaires est peu soluble et n’est donc
pas responsable de la pollution des eaux par excès de phosphore.
La plus grande part du phosphore que l’on retrouve dans les eaux des cours d’eau provient :
des rejets d’eaux résiduaires, en premier lieu des déjections humaines, des matières
organiques en décomposition, des lessives, (Le rejet en phosphore total (PT) d’une
personne (= 1 équivalent habitant (EH) est d’environ 4 g. de PT par jour. En rapportant
cette quantité au volume journalier des effluent de cette personne, on obtient une
concentration d’environ 25 mg/litre de PT.)
- des activités agricoles : "pertes" d’engrais phosphatés utilisés en agriculture (provenant
des mines de phosphates du Maroc) et ruissellements d’effluents agricoles (lisier, purin,
déjections,..)
Entrainé dans les eaux, cet élément s’y retrouve essentiellement sous forme de phosphore
organique (résidu de la matière vivante) ou de phosphore minéral (ou phosphate inorganique)
représenté essentiellement par les orthophosphates (PO4).
49
Dans les cours d’eau nitrates et phosphates associés contribuent au développement excessif et
anarchique des algues, voir page : L’eutrophisation des rivières par les nitrates et les phosphates
 Sulfates Leur présence dans les eaux est en général liée à la présence de gypse dans les sols.
 Hydrogène sulfuré ou sulfure d’hydrogène, Gaz nauséabond et toxique à forte odeur d’œuf
pourri, produit par la fermentation anaérobie (sans air) quand l’eau est trop riche en matières
organiques. C’est aussi un indice de présence d’organismes pathogènes.

III.4.5.Les Micropolluants
Ce sont des composants minéraux ou organiques qui présents dans l’eau même à très faible
quantité (en microgramme (µg/l), voire en nanogramme (ng/l) par litre) sont dangereux pour les
êtres vivants et donc les écosystèmes.
Certains micropolluants sont toxiques. Les mécanismes de leur effets sont encore trop mal
connus :
Les éléments mutagènes agissent sur les cellules reproductives ou directement sur l’ADN des
êtres vivants ;
Les éléments tératogènes qui affectent le fœtus ;
Les éléments cancérigènes qui induisent le cancer ;
Les éléments neurotoxiques qui agissent sur le système nerveux ;
Les éléments perturbateurs endocriniens ;
Les éléments bioaccumulables dans les chaînes alimentaires.

 Les métaux lourds (poids atomique > à celui du fer).


Les éléments métalliques et leurs dérivés organiques sont pour certains très dangereux parce que
potentiellement toxiques , non-biodégradables et bio-accumulables dans les chaînes alimentaires.
Ils sont principalement d’origine industrielle mais pas seulement. (rejets atmosphériques des
incinérateurs de déchets, ...)
Si, à doses infimes, certains métaux constituent des oligo-éléments indispensables à un bon état
de la santé humaine, à partir de certaines doses plus importantes ils deviennent directement
toxiques. Ces métaux proviennent un peu du sous-sol (érosion) mais pour l’essentiel des rejets
industriels (traitements de surface, métallurgie, chimie,..) dans le sous-sol ou les rivières mais
aussi dans l’atmosphère où ils retombent avec les pluies. On retrouve les métaux dans les eaux
sous formes ioniques libres ou incorporés dans des structures moléculaires ou des complexes
organiques ou inorganiques... Ainsi pour le même métal, certaines formes peuvent être
beaucoup plus toxiques que d’autres...
il existe des seuils à ne pas dépasser pour l’eau potable, des valeurs limites en métaux pour les
épandages agricoles, des valeurs limites en métaux pour les rejets des "installations classées

50
autorisées (ICPE )" dans la nature ou dans un égout public.
Ces métaux lourds sont : l’aluminium, l’arsenic (As), le cadmium (Cd), le chrome (Cr), le
cuivre (Cu)l’étain ((Sn)le fer le magnésium (Mg) le manganèse (Mn) le mercure (Hg) le
nickel (Ni) ; le plomb (Pb), le Titane (Ti), le zinc, (Nn)

 Les pesticides que l’on retrouve dans les eaux de surface ou souterraines sont à
environ 9O% d’origine agricole. Ce sont des produits toxiques qui se dégradent plus ou moins
bien dans l’environnement. herbicides (atrazine, glyphosat,...), insecticide (DDT,
...), fongicides (sels de cuivre,...)
Douze (12) pesticides souvent rencontrés dans les eaux souterraines : Aldrine, Dieldrine,
Endrine, Isodrine, Alachlore, Atrazine, Atrazine DE, Atrazine DP, Diuron, Isoproturon,
Simazine, Terbuthylazine

III.4.6.Les micropolluants organiques


C’est aujourd’hui un nombre très important de molécules de synthèse dont pour la plupart les
effets (surtout à long terme) sont mal ou inconnus.

 Les Produits Organiques Persistants (POP) :


Ces composés, très dangereux pour l’environnement (toxiques à faible concentration, parfois
mutagènes, cancérigènes) sont des produits synthétiques heureusement assez peu solubles dans
l’eau. On peut cependant les trouver en aval de sites industriels :
- Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP). Dangereux pour les êtres vivants, ils
proviennent des activités humaines (incinération, combustion de carburants, etc..). Lentement
biodégradables.
- Hydrocarbures chlorés. Ces composés organochlorés synthétiques sont difficilement
biodégradables. Ce sont : Polychlorobiphényls (PCB) qui entrait dans la composition des
fluides de refroidissement ou d’isolation, de peintures, de plastifiants. PCB est émis au cours
de l’incinération des déchets et de certains combustibles.
- solvants :...
- pesticides organochlorés (OCP),
- Autres substances diverses : Tétrachlorure de carbone, hydrazine, dinitrophénol,...
 Les autres produits organiques micropolluants
- cyanures (CN) , Poison extrêmement toxique, utilisé dans les industries de traitement de
surface. Dégradable au bout d’un certain temps dans les eaux mais où ils sont
particulièrement mobiles.
- chlore (provient de la stérilisation de l’eau potable ou parfois de la vidange de piscine)
- détergents,
51
- alkylphénols (dans détergents, cosmétiques, produits de nettoyage et beaucoup de
produits industriels).
- les produits médicamenteux (résidus d’antibiotiques, d’anti-inflammatoires,
d’antidépresseurs, de contraceptifs, etc..).
- médicaments vétérinaires (résidus d’antibiotiques, etc)

III.4.7.Paramètres Bactériologiques
Les analyses microbiologiques réalisées en laboratoire ont pour but de déceler et évaluer la
présence dans les eaux de microbes pathogènes dangereux pour l’homme : eau potable, eaux de
baignade, ...
Ces analyses reposent sur la recherche dans les eaux de bactéries indicatrices de leur éventuelle
contamination fécale, les Escherichia coli (E. coli) et les Entérocoques. Ces organismes,
d’origine intestinale sont naturellement présents dans les déjections animales ou humaines qui
via les déversements, eaux usées et épandages peuvent se retrouver dans l’eau. Les Entérocoques
sont pathogènes de même que certains colibacilles. L’eau potable du robinet doit être exempte
de la présence de ces bactéries.
Une présence très importante de germes fécaux dans une eau indique une pollution fécale
importante d’origine humaine ou animale en amont.
.

III.5.REGLEMENTATIONS
III.5.1.Au niveau international
- Directives de qualité pour l’eau de boisson de l’OMS
III.5.2.Au niveau national
- Loi n°96-766 du 03 octobre 1996 portant Code l’Environnement Côte d’Ivoire
- Décret 98-43 du 28 janvier 1998 relatif aux installations classées pour la protection de
l’Environnement
- Arrête N° 01164 / MINEF/CAB /SIIC Du 04 novembre 2008 Portant
Réglementation des Rejets et Emissions des Installations Classées pour la Protection de
l’Environnement. (articles 4 et 6)

52
III.6. MÉTHODES D'ANALYSE DE L’EAU
Les études de qualité des eaux naturelles comportent trois étapes :
l'échantillonnage,
l'analyse,
l'interprétation.

53
III.6.1. L'échantillonnage.
L'échantillonnage est primordial car il conditionne la pertinence de l'analyse. Il doit être de
qualité mais également représentatif de ce que l'on veut analyser.
Les échantillons d'eau doivent être prélevés dans des récipients propres, rincés plusieurs fois
avec l'eau à analyser, puis fermés hermétiquement sans laisser de bulles d'air dans le flacon.
III.6.1.1. Matériau de flaconnage
La nature du matériau du récipient de prélèvement est importante, car celui-ci ne doit pas entrer
en réaction avec l'eau à analyser => Passage en solution d'éléments chimiques entrant dans la
composition du flacon ou fixation de certains ions de l'eau sur les parois du récipient… Le
matériau idéal n'existe pas et l'emploi de tel produit plutôt que tel autre dépend de la nature des
éléments à doser :
le quartz est le matériau le plus adapté pour la bonne conservation des échantillons mais s'avère
très fragile ;
le verre et le Pyrex peuvent être employés sans problème pour le dosage des ions majeurs.
Cependant des oligo-éléments peuvent passer en solution dans l'eau (silice du verre et bore du
Pyrex) ;
le polyéthylène est souvent recommandé pour tout échantillonnage, surtout pour les
prélèvements en vue de mesures d'éléments radioactifs. Relativement poreux vis-à-vis des gaz,
on lui préfère cependant le verre pour le prélèvement et la conservation des eaux fortement
chargées en gaz (la diffusion est cependant assez lente).
les sachets de prélèvement en polyvinyle présentent l'avantage de ne servir qu'une seule fois,
masi ils ont l'inconvénient de libérer du chlore si ces sachets restent trop longtemps exposés à la
lumière.
III.6.1.2. Modifications possibles de l'échantillon
Le fait de prélever un échantillon d'eau et de le séparer de son milieu naturel entraîne des
modifications plus ou moins importantes selon les paramètres. Certains peuvent être considérés
comme stables à l'échelle de temps à laquelle on travaille, mais d'autres varient très
rapidement : la température, la conductivité, le pH et les gaz dissous, enfin les nitrates et les
sulfates.
Une variation de température entraîne une modification des constantes d'équilibres des
éléments en suspension. Pour établir de nouveaux équilibres à la nouvelle température
ambiante, diverses réactions chimiques se produisent qui peuvent entraîner la précipitation de
sels, favoriser la mise en solution de gaz… Toutefois, une température basse (environ 4°C)
bloque l'évolution des réactions.
54
La mise en contact avec l'air et la décompression sont également responsable de changements
au sein de la solution.
Chaque espèce ionique participe à la conductivité totale d'une solution. Aussi, toute
modification des équilibres chimiques, donc des proportions relatives des éléments dissous,
entraîne un changement de conductivité. Le CO2 en solution tend d'autant plus à s'échapper que
la température de l'eau est plus élevée. Un départ de CO2 peut provoquer la précipitation de
carbonate, qui à son tour modifie le pH. Les nitrates et les sulfates peuvent être réduits par
l'activité bactérienne.
III.6.1.3. Représentativité des échantillons
 Puits et forages
Un prélèvement effectué sur une eau ayant longtemps stagné n'est pas représentatif de la nappe.
En effet, l'eau a subi l'influence du matériau de tubage et des éléments extérieurs (pollution,
pluie…). Pour obtenir un échantillon moyen de l'horizon capté, il est nécessaire de pomper
suffisamment longtemps pour renouveler l'eau contenue dans le tubage / cuvelage. Si l'ouvrage
capte plusieurs horizons aquifères, l'échantillon sera un mélange des différentes eaux, dont les
proportions sont directement liées aux transmissivités des différents niveaux. Pour obtenir des
échantillons ponctuels à différentes profondeurs, il est possible d'utiliser des récipients lestés et
munis d'un système de fermeture actionnable depuis la surface (hydro capteurs). Pour limiter le
brassage de l'eau lors de la prise d'échantillon, il est recommandé d'utiliser des hydro capteurs
dont le diamètre est très inférieur à celui du forage et de les manipuler avec une extrême
lenteur. L'utilisation d'hydro capteurs descendus en positions ouverte permet de les rincer au fur
et à mesure de leur descente.
 Eaux superficielles
Les prélèvements doivent être effectués de façon à éviter au maximum les effets de bords
(oxygénation trop près de la surface, mise en suspension des matières solides trop près du fond,
eau stagnante trop près des rives…). Il peut être nécessaire de constituer un échantillon
" moyen " en mêlant plusieurs prélèvements effectués en divers points d'une section de rivière,
afin de mieux connaître la chimie moyenne de l'eau sur une section donnée.
En revanche, il est indispensable d'effectuer différents prélèvements dans l'espace et dans le
temps et de les traiter séparément pour étudier le fonctionnement d'une mare.

III.6.2. Mesures
III.6.2.1. Mesures in situ

55
La température, le pH, la conductivité, l'alcalinité et l'oxygène dissous doivent être mesurés in
situ. En effet, ces paramètres sont très sensibles aux conditions de milieu et susceptible de
varier dans des proportions importantes s'ils ne sont pas mesurés sur site.
 Méthodes potentiométriques
Ces méthodes mettent en œuvre le plus souvent des électrodes spécifiques qui sont utilisées par
immersion dans l'eau; elles permettent de mesurer: pH, potentiel d'oxydo-réduction, oxygène,
turbidité, résistivité, fluorures, cyanures...
 Méthodes colorimétriques
Ces méthodes mettent en jeu des "réactions colorées" dont l'intensité de la couleur obtenue est
évaluée au moyen de comparateurs possédant des disques, plaquettes ou bandes colorées
servant d'étalons.
 Méthodes volumétriques
De nombreux paramètres sont déterminés par volumétrie (alcalinité, dureté totale, dureté
calcique, chlorures...). Des mallettes contenant de la verrerie classique de laboratoire
permettent ces déterminations (burettes, erlenmeyer, éprouvettes graduées, fioles...)
Les matériels et méthodes utilisables sur le terrain sont présentés dans le tableau ci-dessous :
Tableau 1 : matériels et méthodes d'analyse de l'eau sur le terrain (source : DROUART Eric,
VOUILLAMOZ Jean-Michel, Alimentation en eau potable des populations menacées,

Action contre la faim, Hermann éditeurs, 1999, paris)

Paramètre Mesure par sonde portative Photométrie Titration ou


électrochimique (spectrométrie) colorimétrie

pH X

turbidité x

Conductivité X

Chlorures X X X

Alcalinité X

Phosphates X X X

Sulfates X X

Nitrates / Nitrites Nitrates

Ammoniac X X X

56
Calcium X X X

Magnésium X X X

Sodium X

Potassium X X X

Dureté X X

Fer X X

Manganèse X X

Fluorures X X

Silice X X

Aluminium X

Chlore X

Hydrogène sulfuré X X

Oxygène X

Oxydabilité X

Les méthodes évoquées dans le tableau ci-dessus correspondent à l'emploi de matériel léger et
relativement convivial. Il faut cependant garder en mémoire le fait que :
 les analyses réalisées par colorimétrie et interprétées visuellement ne sont pas très
précises ;
 les analyses faites par ionométrie, requérant l'emploi de sonde spécifique, sont simples à
mettre en œuvre, mais les sondes sont fragiles et de durée de vie limitée (environ un an
et onéreuses) ;
 pour obtenir des analyses précises des éléments " majeurs ", il est recommandé de
s'adresser à un laboratoire, ce qui ne représente pas un coût excessif. De plus, cela permet
de valider les analyses réalisées par l'équipement de terrain, qui pourra, le cas échéant,
être utilisé de façon plus routinière ;
 l'utilisation de bandelette pour la mesure du pH donne des résultats approximatifs.

III.6.2.2. Les techniques d’analyse chimique de laboratoire


 Spectrophotométrie
57
 Principes de la spectrophotométrie
La spectrophotométrie est une technique d’analyse qualitative et quantitative, de substances
absorbant un rayonnement électromagnétique de longueur d’onde comprise entre 300 et 900 nm
avec le type d’appareil utilisé. Lorsqu’une substance absorbe dans le domaine du visible (400 nm
< ! < 700 nm), l’œil ne perçoit en regardant cette substance, que les radiations non absorbées,
c’est pourquoi celle-ci apparaît colorée, de la couleur complémentaire à celle de la radiation
absorbée.
- Spectrophotométrie d'absorption moléculaire
- Spectrophotométrie d'absorption atomique (AA)
- Spectrophotométrie d'émission de flamme
- Spectrophotométrie de plasma à couplage inductif (ICP)
 Fluorescence
La fluorescence est un phénomène de luminescence: des molécules émettent un rayonnement
dans toutes les directions grâce à l'énergie reçue d'une lumière incidente. Elle est la propriété des
composés cycliques aromatiques. Sa mesure s'effectue à partir de spectrofluorimètres avec
lumière incidente UV et lecture à 90° en lumières UV et visible.

 Chromatographie
La chromatographie est une méthode séparative qui permet l'identification et le dosage des
différents composés d'un mélange. Le principe est basé sur les différences d'affinité des
composés du mélange avec la phase stationnaire et la phase mobile.
- La chromatographie en phase liquide haute pression (HPCL)
- La chromatographie ionique (par échange d'ions)
 Polarographie.
Méthode d'analyse des oxydations et des réductions en solution, elle appartient donc au domaine
de l'électrochimie, la science qui décrit les réactions chimiques dans lesquelles se produisent des
transferts d'électrons. Les techniques polarographiques ne sont donc utilisables que lorsque la
solution à étudier contient une ou plusieurs espèces réductibles au niveau d'une électrode de
mercure à gouttes tombantes, les concentrations des espèces à analyser étant assez faibles
 Spectrométrie de masse (SM)
La spectrométrie de masse est une technique physique d'analyse permettant de détecter et
d'identifier des molécules d’intérêt par mesure de leur masse, et de caractériser leur structure
chimique. Son principe réside dans la séparation en phase gazeuse de molécules chargées (ions)
en fonction de leur rapport masse/charge (m/z).
 Mesure de la radioactivité
58
Pour le contrôle des eaux de distribution, les déterminations se font généralement sans séparation
chimique préalable - activité globale α, - activité globale β, - spectrométrie γ. Dans les cas plus
complexes, on procède à des radioanalyses détaillées après séparation chimique. Pour le contrôle

de la radioactivité; toutefois, la radioactivité de l'eau est toujours faible et, de ce fait peu
d'appareils font des comptages corrects. Les types de détecteurs les plus utilisés sont : -compteur
à gaz utilisant l'ionisation (compteur Geiger-Muller, compteur proportionnel), -détecteur à
scintillations ou semiconducteurs, sensible aux rayonnements
III.6.2.3. Eléments d'interprétation
 Eaux souterraines.
La caractérisation des eaux souterraines concerne essentiellement l'analyse des paramètres de
base (pH, température et conductivité) des ions majeurs et d'éventuels éléments traces. Les
analyses des isotopes ne sont pas évoquées ici.
La conductivité, la température et le pH permettent de définir les caractéristiques
fondamentales de l'eau. La recherche des contrastes de ces paramètres entre différents points de
mesures facilite la mise en évidence de zones d'alimentation, de pollution ou de géologie
différente.
 Eaux de surface.
Le pH, la conductivité, l'oxygène dissous, la température et la turbidité sont mesurés in situ. Ils
permettent une première estimation de la qualité du milieu.
Les phosphates, l'ammoniac, les nitrates et le fer permettent d'apprécier l'impact de rejets
polluants.
Les analyses bactériologiques confirment, en général, la pollution microbienne de ces eaux de
surface et permettent d'en fixer l'importance.
Les indices biologiques sont surtout intéressants pour les eaux courantes. Les périodes et les
stations d'études doivent être choisis pour cerner au mieux la variabilité spatiale et temporelle
de la qualité du milieu.

59
CHAPITRE IV :
LES SITES ET LES SOLS
POLLUES

60
CHAPITRE IV : LES SITES ET LES SOLS POLLUES

OBJECTIFS

 Déterminer les sources pollution du sol


 Identifier les différents principaux polluants du sol
 Connaitre la règlementation relative à la pollution du sol
 Connaitre les différentes méthodes d’analyse de la pollution du sol et sites pollués

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IV.1.DEFINITIONS

 Sol
Le sol est la résultante de l'action de facteurs physiques, chimiques et biologiques sur
l'enveloppe externe de l'écorce terrestre. Avec le temps, la roche mère se décompose en
particules de plus en plus fines. La présence de végétation et l'accumulation de produits
organiques en surface influencent l'évolution du sol. De plus, le sol est constitué d'une
importante phase aqueuse, siège de réactions d'hydrolyse et de transport d'ions. Enfin, il
comprend une phase gazeuse qui résulte non seulement du transfert de gaz avec
l'atmosphère, mais aussi de dégagements gazeux provenant de l'activité biologiques des
organismes vivants.

 Site
Le site est une portion de paysage particularisée par sa situation géographique et/ou son histoire
Le règlement CE n° 761/2001 DU 19 mars définit le site comme tout terrain en un lieu
géographique donné, placé sous le contrôle de gestion d’une organisation donné s’appliquant
aux activités, produits, et service.
Cette définition inclus tous les équipements, infrastructure et matériaux.

 Site et sol pollué


Selon le dictionnaire de l’environnement, un site pollué est un site qui, du fait d'anciens dépôts
de déchets ou d'infiltration de substances polluantes, présente une pollution susceptible de
provoquer une nuisance ou un risque pérenne pour les personnes ou l'environnement.
Ces situations sont souvent dues à d'anciennes pratiques sommaires d'élimination des déchets,
mais aussi à des fuites ou à des épandages de produits chimiques, accidentels ou pas. Il existe
également autour de certains sites des contaminations dues à des retombées de rejets
atmosphériques accumulés au cours des années voir des décennies.
La pollution présente un caractère concentré, à savoir des teneurs souvent élevées et sur une
surface réduite (quelques dizaines d'hectares au maximum). Elle se différencie des pollutions
diffuses, comme celles dues à certaines pratiques agricoles ou aux retombées de la pollution
automobiles près des grands axes routiers.
De par l'origine industrielle de la pollution, la législation relative aux installations classées est la
réglementation qui est le plus souvent utilisable pour traiter les situations correspondantes.

62
Selon le Ministère chargé de l'Environnement, c'est "un site présentant un risque pérenne, réel ou
potentiel, pour la santé humaine ou l'environnement du fait d'une pollution de l'un ou l'autre des
milieux, résultant de l'activité actuelle ou ancienne".

IV.2.I.FACTEURS INFLUENÇANT LE TRANSFERT DE POLLUTION DANS LES


SOLS ET SOUS-SOLS
Les facteurs intrinsèques au sol et au sous-sol qui contrôlent le transfert des polluants sont :
 la topographie qui peut influencer les conditions d’infiltration et de ruissellement, mais
également les conditions de dilution dans l’atmosphère des gaz polluants émis par le site, dont
le radon
 la nature de la couverture superficielle des sols (couvert végétal, revêtement en béton, en
enrobé…), ainsi que son extension, sa continuité, son épaisseur et sa perméabilité qui agissent
sur l’infiltration et le ruissellement. La couverture peut également contribuer à diminuer
l’exposition externe, la diffusion du radon et supprime le risque de remise en suspension de
particules de sol pollué
 l'épaisseur totale de la couche de sol et éventuellement de remblais, et de manière plus
générale sa perméabilité qui contrôle la vitesse d’infiltration ;
 les caractéristiques des formations géologiques sous-jacentes, notamment du point de vue
hydrogéologique. Dès lors qu’un transfert des polluants vers le sol et le sous-sol est jugé
envisageable, la présence d’un niveau de nappe d’eau souterraine et la prise en compte de son
évolution saisonnière (battement) constituent des éléments essentiels à prendre en compte. Les
informations relatives à la géologie et à l’hydrogéologie disponibles dans les différentes bases de
données publiques
 les caractéristiques des éventuelles structures de génie civil enterrées (fondations, radiers,
canalisations, …) qui peuvent constituer des voies d’écoulement souterrain préférentiel
influençant la dispersion des polluants.
L’ensemble des éléments précédents conditionne la capacité de rétention et les temps de transfert
des polluants depuis la surface vers les horizons plus profonds du sous-sol et vers les éventuelles
nappes d’eau souterraine.

63
IV.3.SOURCES DE POLLUTION DU SOL

La pollution des sols provient le plus souvent :


- d'anciennes pratiques sommaires d'élimination des déchets,
- de fuites ou d'épandage de produits chimiques (accidentels ou pas),
- de retombées de rejets atmosphériques accumulés au cours des dernières décennies.
La pollution des sols est une pollution concentrée : les teneurs en polluants sont souvent très
élevées sur une surface réduite

IV.4.CATÉGORIES DE SOLS POLLUÉS


Parmi les pollutions localisées pour lesquelles on dispose d'informations chiffrées, on peut
distinguer :
- les pollutions accidentelles, qui proviennent d'un déversement ponctuel dans le temps de
substances polluantes,
- les pollutions chroniques correspondant à des apports de longues périodes, qui ont souvent
pour origine des fuites sur des conduites ou autres réseaux enterrés, sur des cuvettes de
stockage non parfaitement étanches, etc.
Les sites connus sont en général :

64
- des dépôts de déchets réalisés sans respect des règles techniques en vigueur et pour lesquels
une pollution des eaux souterraines a été constatée,
- des sols ou des nappes pollués par des retombées, des infiltrations ou des déversements de
substances liés à l'activité d'une installation industrielle ou à un accident de transport,
- des dépôts de produits dangereux tels que ceux qui peuvent être occasionnés lors des
cessations d'activité.

IV.5.PRINCIPALES COMPOSANTES D'UNE POLLUTION


Elles sont au nombre de 3 :
- la source qui peut être primaire (produits, résidus à l'origine de la pollution), ou secondaire
(milieu dans lequel la pollution s'est accumulée) ;
- le transfert constitué par les voies de propagation de la pollution ;
- les cibles que sont les récepteurs pouvant être affectés par la pollution (homme, milieux,
biens matériels

IV.6.PRINCIPALES FAMILLES DE CONTAMINANTS RECHERCHES DANS LE


SOL

Dès lors que l’on s’intéresse aux substances pouvant être caractérisées comme polluantes, un
constat, quelque peu alarmant, peut être fait : il existe un très grand nombre de composés
organiques.
L’étude et la recherche de ces polluants font ainsi l’objet de directives et normalisations
permettant de définir différentes familles de composés organiques, elles-mêmes classées selon
leurs propriétés physico-chimiques ou leurs fonctions.

IV.6.1.Les principaux types de polluants :


IV.6.1.1.Les composés inorganiques
Cette première famille est principalement composée par les métaux lourds, également appelés «
éléments traces ». Tous ces composés se retrouvent à l’état naturel dans l’environnement. Leur
dangerosité s’exprime dans une inhalation ou ingestion directe des poussières.
 Les métaux lourds
Un métal lourd possède, entre autres caractéristiques, celle de présenter une densité supérieure
à 5 g/cm3. Les métaux lourds que l’on retrouve le plus souvent dans le sol sont : le cadmium,
le manganèse, le cobalt, le chrome, le cuivre, le plomb, le mercure, le nickel et le zinc.
Métalloïde lourd, l’arsenic peut également être associé à cette catégorie.
Les plus toxiques pour l’homme sont, notamment, le cadmium, le mercure, le chrome et le

65
plomb. Notons ainsi que le cadmium (Cd) provoque des maladies osseuses et rénales, le
mercure (Hg) s’attaque au système nerveux, le plomb (Pb) provoque anémie et lésions
nerveuses ; le chrome (Cr), quant à lui, est toxique pour le tube gastro-intestinal.
Les végétaux ne sont pas en reste : le nickel, le cuivre, le zinc, le chrome sont très toxiques
pour les végétaux, et présentent de ce fait un danger de contamination de la chaîne alimentaire,
avec accumulation le long de celle-ci, avec des effets irrémédiables sur l’homme et les
animaux. Ces métaux lourds sont présents de façon naturelle dans le sol et sont majoritairement
le résultat d’une altération de la roche mère du sous-sol. Toutefois, les différentes activités
humaines contribuent également à augmenter leur quantité ; il s’agit :
- du stockage de déchets industriels et urbains (décharges publiques, mines et fonderies de
métaux non ferreux) ;
- de diverses pratiques agricoles, notamment celles afférentes à la fertilisation des sols
(compost urbain, épandage de boues et de lisier), les déjections animales, etc. ;
- des pollutions résultant des retombées atmosphériques (usines d’incinération et industries
métallurgiques, utilisation de combustibles fossiles et d’essence au plomb, etc.).
En ce qui concerne plus précisément les pratiques agricoles, l’utilisation des produits
traditionnels, tels que la bouillie bordelaise, est à l’origine de la pollution de plusieurs milliers
d’hectares de vignobles et vergers notamment. Ainsi, certains sols peuvent contenir jusqu’à six
fois plus de cuivre par hectare que la limite autorisée.
De plus, des pratiques industrielles anciennes comme l’industrie métallurgique et minière ainsi
que la fabrication du chlore ont produit pendant longtemps de nombreux déchets et rejets de
substances toxiques.
Les sols peuvent également être indirectement contaminés par des retombées atmosphériques
telles que gaz d’échappement, poussières issues des industries métallurgiques et des
déchetteries.
Enfin, la politique de gestion des déchets qui a eu cours pendant de trop longues années,
consistant en un enfouissement ou entassement sommaire sur des sols non protégés et soumis
aux ruissellements des eaux de pluie, voire au mieux à une incinération, n’a fait que contribuer
d’autant à la pollution des sols et eaux souterraines. On retrouve ainsi en tête du palmarès des
déchets les plus polluants les piles et batteries, fortement chargées en plomb.

66
IV.6.1.2.Autres composés inorganiques
S’ajoutant à la grande catégorie des métaux lourds, d’autres composés inorganiques peuvent
être recensés, à savoir :
- les cyanures, dont la toxicité varie en fonction de leur composition chimique, se retrouvent
dans la composition des traitements des minerais d’or et d’argent notamment ;
- les nitrates et nitrites, provenant en grande partie des engrais ;
- les fluorures, provenant de l’industrie métallurgique et chimique ;
- les sels de sodium, dus à une mauvaise pénétration des eaux issues de l’irrigation, ou à un
mauvais drainage du sol entraînant une remontée dans la nappe phréatique des sels présents
dans les couches profondes.
IV.6.1.3.Les composés organiques
Ces composés sont issus de pratiques récentes liées à l’ère industrielle. Toutefois, ces produits
représentent la majeure partie des polluants. Ce deuxième groupe peut se décomposer en quatre
sous-ensembles que sont :
- les hydrocarbures ou huiles minérales ;
- les produits organiques industriels ;
- les pesticides ;
- les substances militaires.
 Les hydrocarbures ou huiles minérales
Les hydrocarbures, ou huiles minérales selon AFNOR X 31410, comprennent différents
produits pétroliers tels que le pétrole brut et raffiné, le kérosène, les essences, le fuel, les huiles
à moteurs et lubrifiants.
Donnée importante, nous noterons que ces produits sont très mal « digérés » par les sols, qui en
assurent très difficilement la dégradation biologique.
Sous cette appellation, on retrouve :
- les alcanes (hydrocarbures aliphatiques) ;
- les cyclanes (hydrocarbures aliphatiques cycliques) ;
- les hydrocarbures aromatiques monocycliques ;
- les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).
Ce sont les polluants les plus fréquemment retrouvés dans le sol. Ils représentent ainsi plus du
quart des pollutions recensées sur les sites industriels ;Ces pollutions ont généralement pour
origine les activités pétrochimiques, du transport de leurs produits à leur stockage et à leur
distribution (stations-service).
 Les produits organiques industriels

67
Ces produits ont la caractéristique d’être très volatils et très toxiques à très faible dose : ainsi
quelques microgrammes dans un seul litre d’eau et celle-ci est fortement polluée.
On retrouve sous cette appellation :
- les solvants halogénés tels que le trichloréthylène ;
- les composés phénoliques ;
- les HAP tels que le benzo(a)pyrène, produit très cancérigène, le naphtalène ou le pyrène ;
- les polychlorobiphényles (PCB) ;
- les polychloroterphényles (PCT) ;
- les dioxines…
Si certains hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ont une origine naturelle (sols des
forêts de sapins ou de hêtres autour de lacs, zones constituant des champs pétrolifères), la
grande majorité de ces composés sont issus de la combustion de matières organiques (moteurs,
chauffage, etc.). Ainsi, ils sont très présents dans les sols supportant des usines à gaz, des sites
de cokéfaction ou carbochimiques.
Enfin, une deuxième source de contamination peut être issue de produits pétroliers, notamment
lors de leur raffinage et de leur transport.
Les PCB et PCT, tels que le pyralène, l’aroclor, le clophen ou le phénoclor, ont longtemps été
utilisés comme composants de transformateurs et condensateurs, plastifiants, lubrifiants,
peintures et vernis. Concernant plus particulièrement les PCB, leur fabrication est interdite
depuis 1986.
Les dioxines apparaissent, quant à elles, lors de la combustion à haute température telle qu’elle
est usitée dans les usines d’incinération de déchets ou de production cimentière et papetière,
ainsi que dans les centrales thermiques et les chauffages urbains.
 Les pesticides
Ces substances hautement toxiques sont utilisées dans la lutte contre les nuisibles de l’homme.
Ainsi, on trouve trois grands types de pesticides, variant en fonction de leur cible :
- les fongicides, pour lutter contre les champignons ;- les insecticides, contre les insectes ;
- les herbicides, contre les mauvaises herbes.
De cette grande famille très hétérogène, on peut distinguer cinq sous-familles chimiques :
- les organochlorés (hydrocarbures chlorés, comme le très connu DDT, synthétisé dès 1940 et
très utilisé dans la lutte contre les insectes, jusqu’à ce que l’on découvre qu’il s’accumulait dans
les organismes ; son utilisation est aujourd’hui interdite dans certains États, notamment en
France, mais reste en vigueur dans de nombreux pays tropicaux) ;
- les organophosphorés se dégradent assez rapidement dans l’environnement, mais ont, malgré
tout, des effets neurotoxiques graves sur les vertébrés ;
68
- les pyréthroides, insecticides de synthèse très toxiques pour les organismes aquatiques ;
- les carbamates, utilisés comme insecticides et fongicides, très toxiques ;
- les phytosanitaires, qui représentent, à eux seuls, plus de la moitié du tonnage annuel des
pesticides utilisés en France (source CNRS).
L’emploi des pesticides est à l’origine, à ce jour, d’une pollution diffuse. En effet, lors de leur
application, ou même par évaporation ou par envol, une grande partie d’entre eux est
disséminée dans l’atmosphère et retombe sur les sols et dans les plans d’eau lors des épisodes
pluvieux.
Les phénomènes de ruissellement et d’infiltration de ces substances participent ainsi à la
pollution des cours d’eau, eaux souterraines et zones littorales.
Si les agriculteurs sont des grands utilisateurs de pesticides, la contamination par ces composés
est généralement due à la négligence de l’homme : mauvaises conditions de stockage, rejet de
résidus et excédents par manque de précautions ou accidentellement, comme ce fut le cas en
1986 lors du rejet de 1 250 tonnes de pesticides dans le Rhin.
 Les substances chimiques à usage militaire et les explosifs
Élaborées à partir de molécules complexes, certaines substances sont extrêmement toxiques et
présentent la caractéristique de pouvoir exploser.
Ces composés se retrouvent dans le sol des anciens sites militaires utilisant des explosifs, tels
que mines et carrières de l’industrie de l’armement, lieux de production des poudres et
explosifs.

 La pollution radioactive
À la marge de ces pollutions et très difficile à appréhender, la pollution radioactive a deux
origines, l’une humaine, l’autre naturelle. La première est liée à l’utilisation du nucléaire,
domaine des grands organismes publics ; la deuxième est liée à un phénomène naturel, le
radon, présent dans le sol. Ce composé est un élément radioactif descendant de l’uranium que
l’on retrouve notamment en grande quantité dans les sols granitiques et volcaniques, ce qui
explique sa forte concentration dans le Massif central français.

IV.7.TYPOLOGIE DE LA POLLUTION
- Une pollution ponctuelle est l'injection dans le sol de matières polluantes en un point
délimité (infiltration d'effluents, dépôt de déchets, décharge accidentelle...).
- Une pollution diffuse résulte du dépôt de substances polluantes sur une grande surface
de sol, délimitée ou non (retombées atmosphériques de pollution particulaire, infiltration
d'engrais ou substances phytosanitaires en excès...).

69
Cette pollution diffuse peut émaner d’une source ponctuelle (par exemple, cheminée d’usine ou
« source fixe ») ou d’une source diffuse (épandage agricole).
On distinguera donc aussi des sources ponctuelles, ou localisées, et des sources diffuses :
- installations potentiellement polluantes ponctuelles ou stocks de déchets en contact avec le sol,
(sources primaires),
- accumulations de polluants dans le sol résultant d’une pollution antérieure et diffusant ces
polluants vers l’environnement (sources secondaires),
- sources de pollution diffuses ou non localisées. Par commodité, on considère souvent comme
sources diffuses l’ensemble des pollutions ponctuelles historiques dont l'emplacement n'est pas
connu avec précision.

IV.8.DANGER POUR LA SANTÉ ET L'ENVIRONNEMENT


La pollution des sols peut entraîner des dangers pour la santé publique et la qualité des eaux
souterraines et de surface, sur une échelle temps plus ou moins importante.
Les sols pollués peuvent présenter un risque :
- à court ou moyen terme pour les eaux souterraines, les eaux superficielles et les
écosystèmes,
- à moyen et long terme pour les populations (les risques pour la santé résultent le plus
souvent d'une exposition de longue durée pouvant équivaloir à une vie entière).
Il est rare qu'un site pollué crée des dangers et des risques immédiats pour les populations
avoisinantes. Dans ce cas, des mesures d'urgence doivent être adoptées telles que le
confinement des substances, la pose d'une clôture ou l'enlèvement des produits, etc.

IV.9.REGELEMENTATION

- X31-100 Décembre 1992 Qualité des sols - Échantillonnage - Méthode de prélèvement


d'échantillons de sol
- NF ISO 10381-5 Décembre 2005 Qualité du sol - Échantillonnage - Partie 5 : lignes
directrices pour la procédure d'investigation des sols pollués en sites urbains et industriels
- ISO/TC 190/SC 3 Méthodes chimiques et caractéristiques du sol
- Loi n°96-766 du 03 octobre 1996 portant Code l’Environnement Côte d’Ivoire
- Décret 98-43 du 28 janvier 1998 relatif aux installations classées pour la protection de
l’Environnement

70
- Arrête N° 01164 / MINEF/CAB /SIIC Du 04 novembre 2008 Portant
Réglementation des Rejets et Emissions des Installations Classées pour la Protection de
l’Environnement.

IV.10.METHODOLOGIE DE DIAGNOSTIC DES SOLS POLLUES


Ces différentes étapes n'interviennent pas forcement de manière séquentielle. Pour chaque site et
en fonction du constat de pollution. Par exemple, en cas de pollution accidentelle avec une
atteinte de la nappe, on procèdera directement aux investigations de l'étape 2, voire de l'etape 4,
avec des recommandations pour la mise en sécurité en urgence.
Le contenu des différentes étapes est résume ci-après
IV.10.1.Etape 1 : étude historique et de l'environnement du site
IV.10.1.1.Étude historique
L'objectif de cette phase est de collecter les informations existantes sur les activités exercées sur
le site.
On recherchera notamment:
• les différentes activités passées qui se sont déroulées sur le site (type d'activité, procèdes
utilises ...),
• les substances utilisées ou ayant été produites sur ce site, susceptibles de représenter,
maintenant, une pollution,
• l'emplacement des sites de stockage de produits (produits utilisés dans les procèdes,
hydrocarbures divers, décharges internes ...),
• les éventuelles pollutions accidentelles survenues lors de l'exploitation du site, et les
traitements réalisés.
Les plans des anciennes usines seront particulièrement recherches ainsi que :
• les photographies aériennes du site,
• les plans ou traces du réseau d'égout du site.
En ce qui concerne le site proprement dit, on recueillera les informations suivantes :
• contexte géologique (terrains concernés, stratigraphie, présence de remblais ...),
• contexte hydrogéologique (présence de nappes superficielles, profondes ...),
• hydrologie superficielle (présence de cours d'eau et leur destination),
• pédologie (étude de la qualité des sols de surface).
En ce qui concerne l'environnement du site, on recueillera les informations suivantes :
• climatologie (précipitations, évapotranspiration),
• recensement des populations avoisinantes (activités humaines, habitations ...),
• recensement des zones de captage d'eau ...
71
Cette étape aboutit ä la définition des investigations à mener lors de la deuxième étape.

IV.10.1.2.Etape 2 : Reconnaissances préliminaires de la pollution sur site


Cette étape vise ä collecter les données, non disponibles au terme de l'étape l, nécessaires ä
1'etablissement d'un premier constat de (non) pollution pour les différents milieux.
Il s'agit de procéder ä quelques prélèvements et analyses physico-chimiques d'eaux et de sols sur
le site et dans son environnement (eaux de surface, eaux souterraines). La définition du nombre
d'échantillons et du type d'analyses ä effectuer, doit être faite en fonction des premières
hypothèses et conclusions issues de l'ETAPE l.
A ce niveau, il est à noter que, parfois, l'étude historique ne fournit pas suffisamment d'éléments
pour cibler l'échantillonnage et/ou les analyses à effectuer. C'est le cas, par exemple, lorsque
plusieurs industries se sont succédées ou bien les sols ont été remanies. Dans ce cas, un
échantillonnage systématique est privilégié et des analyses globales (recherche de polluants
organiques et minéraux) sont ä effectuer. En pratique, chaque bureau d'étude a sa manière de
faire. Les propositions iront de 2 ä 4 forages ä réaliser pour des profondeurs différentes, les
analyses ä effectuer iront de la simple analyse de terrain jusqu'ä des propositions de
déterminations complexes et complètes en laboratoire. A ce niveau, il apparait déjà la contrainte
budgétaire qui empiète sur les règles de l'art. En effet, en l'absence de spécifications précises et
devant l'hétérogénéité des situations, le maittre d'ouvrage ne dispose pas de suffisamment
d'éléments objectifs pour apprécier la différence entre les propositions des bureaux d'études.

IV.10.1.3.Etape 3 : Evaluation Simplifiée des Risques


La procédure d'évaluation simplifiée des risques est fondée sur la méthode des scores. Un site est
caractérise par un certain nombre de facteurs et de paramètres. Chaque facteur ou paramètre est
évalué et noté. Les notes attribuées aux différents facteurs ou paramètres sont ensuite combinées
afin de fournir des notes de Synthèse finales. II est cependant important de signaler que ces notes
ne sont pas l'expression de la caractérisation précise de l'impact et de l'évaluation absolue des
risques.
On procède ä l'évaluation simplifiée des risque sur la base des informations recueillies au cours
des étapes précédentes. La finalité de l'évaluation simplifiée des risques est le classement des
sites en trois catégories en fonction des suites ä envisager :
• Classe 3 - les sites « banalises » : les éléments de décision tires de l'évaluation simplifiée des
risques conduisent, sur la base des données disponibles pour un site et de l'état des connaissances
scientifiques et techniques au moment de la réalisation de cette évaluation, ä considérer que le
site peut être rendu ä un usage donne, sans investigations complémentaires ni travaux particuliers.
72
• Classe 2 - les sites « ä surveiller » : les sites pour lesquels un doute subsiste, ces sites
nécessiteront la définition et la mise en place d'un dispositif de surveillance (piézomètres,
campagnes régulières d'analyses...) et, éventuellement, des dispositions de maitrise d'urbanisme.
Classe l - les sites nécessitant un « diagnostic approfondi et une évaluation détaillée des risques
» : ces sites font l'objet des investigations et études décrites dans les étapes 4 et 5. La démarche
précise pour mener l'évaluation simplifiée des risques est décrite dans le guide référence
précédemment.

IV.10.1.4.Etape 4 : reconnaissances détaillées de la pollution


A l'issue des investigations préliminaires (Etape 2) et ä l'évaluation simplifiée des risques (Etape
3), soit il est décidé de banaliser le site, de le surveiller ou bien de procéder ä des investigations
approfondies.
A ce niveau, on maitrise davantage la connaissance de la nature des polluants enjeu ainsi que le
contexte géologique et hydrogéologique local. Les investigations approfondies consistent, selon
les cas, ä :
• procéder ä un échantillonnage approprié des sols en vue d'analyses physicochimiques,
• procéder ä la réalisation de piézomètres pour le prélèvement d'eaux souterraines ä différentes
profondeurs; les échantillons d'eaux prélevés sont analyses en laboratoire,
• procéder au prélèvement d'eaux superficielles et/ou de Sédiments dans les cours d'eaux.
La méthodologie d'échantillonnage doit être rigoureuse avec un plan qualité joint dans le rendu
final des résultats.
La Stratégie d'échantillonnage doit s'appuyer sur les besoins de l'évaluation des risques (ETAPE
5). Ces investigations approfondies aboutissent ä une cartographie détaillée de la pollution des
sols et des eaux.
IV.10.1.5.Etape 5 : Evaluation détaillée des risques
Cet évaluation est mise en œuvre en pratique pour les sites ayant fait l'objet d'investigations
détaillées et qui, compte tenu de leur destination, sont susceptibles de présenter un risque pour la
sante. II s'agit souvent de sites qui font l'objet de projets immobiliers, où l'exposition aux
polluants peut présenter un risque en cas de non dépollution du site.
Quant ä l'évaluation des risques pour les eaux souterraines, on procède généralement ä une
modélisation de la migration des polluants dans le sol et les eaux souterraines. Cette modélisation
a pour objectif d'évaluer le devenir de la pollution en termes de nature, de quantité et d'étendue
spatiale. Ce type de modélisation est complexe ä mettre en œuvre, surtout en cas de données
insuffisantes et/ou en cas de polluants multiples.

73
IV.10.1.6. Etape 6 : Recommandations pour la mise en sécurité du site
A l'issue des travaux des étapes précédentes, on est pratiquement en mesure de fournir des
réponses claires pour :
• banaliser le site,
• surveiller le site et restreindre certains usages (utilisation de l'eau...),
• dépolluer le site ä court terme, compte tenu des risques immédiats reconnus ou ä venir. Par
exemple, captage d'eau potable atteint, population sur le site ...,
• dépolluer le site ä moyen/long terme en définissant les priorités de dépollution pour les sols et
les eaux. A ce niveau, la prise de décision est importante, elle est souvent prise en accord avec
l'Administration. Une tierce expertise est souvent préconisée dans ce domaine, compte tenu des
enjeux financiers dans le cas d'une dépollution ou de la responsabilité engagée en cas de décision
pour banaliser le site.

IV.11.METHODE D’ANALYSE DES SITES ET SOLS POLLUES


IV.11.1.Techniques de prélèvement des échantillons de sol
La terre extraite lors du forage doit être échantillonnée de façon à ce que le prélèvement effectué
soit suffisamment représentatif de la couche de sol concernée et de telle sorte que les
concentrations de polluants n'aient pas été affectées par un phénomène d'évaporation ou par une
contamination due à l'emballage ou au matériel d'échantillonnage.
Il convient de distinguer trois principaux types d'échantillons de sol:
IV.11.1.1.Échantillons de sol non remués.
Les échantillonneurs de type cuillères à fente, tubes à paroi mince et carottiers permettent
d'obtenir des échantillons de sol non remués. Les tubes de prélèvement sont enfoncés, martelés
ou vrillés dans le sol et peuvent être expédiés au laboratoire ou partiellement échantillonnés sur
le terrain. Le prélèvement d'échantillons de sol non remués est recommandé pour l'analyse des
composés volatils.

74
IV.11.1.2.Échantillons de sol semi-remués
Des déblais de forage non remués peuvent être obtenus au moyen de gouges ou de carottiers à
piston. La surface exposée des déblais peut être enlevée au moyen d'une spatule et l'intérieur peut
être placé immédiatement dans un bocal de prélèvement.

IV.11.1.2.Échantillons remués
Les échantillons de sol obtenus au moyen de tarières de type Edelman et de tarières à tige pleine
seront moyennement remués lors du forage mais, dans la plupart des cas, pourront faire l'objet
d'une analyse chimique. La surface exposée des déblais peut être enlevée au moyen d'une spatule,
l'intérieur étant ensuite recueilli dans un bocal de prélèvement. Il convient de signaler que des
échantillons de qualité supérieure de sol peu profond peuvent être obtenus en creusant des puits
verticaux, puis en prélevant directement des échantillons des parois du puits au moyen d'une
spatule.

75
IV.11.2.Préparation des échantillons avant analyses
La préparation des échantillons est souvent l'étape la plus longue et surtout celle qui génère le
plus de sources d'erreur dans la chaîne analytique. A ce titre, la préparation de l'échantillon est
souvent considérée comme le maillon faible de la chaîne analytique. Cette opération comprend
différentes tâches précédant l'analyse proprement dite : - prétraitement des échantillons : séchage,
broyage, tamisage, quanage, - extraction des polluants des échantillons, - purification des extraits
avant analyse : cette étape est optionnelle.

IV.11.2.1.Prétraitement des échantillons


Le but du prétraitement des échantillons est d'obtenir un échantillon représentatif du sol d'origine,
et dans lequel la concentration en polluant est aussi proche que possible de celle présente dans le
sol d'origine. La masse d'échantillon doit être au moins égale à 10 g dans le cas courant avec une
granulométrie fixée à 2 mm, cette masse pouvant être supérieure ou inférieure pour différentes
autres granulométries.

Les étapes de base pour le prétraitement des échantillons sont les suivantes :

- séchage à une température compatible avec les caractéristiques des polluants recherchés, ou
séchage chimique ou lyophilisation ;

- tamisage pour éventuellement éliminer les gros fragments solides, ceux-ci n'étant
habituellement pas considérés comme faisant partie du sol (cette règle peut faire l'objet
d'exceptions dans les cas où les phases porteuses des polluants sont de grosses particules :
morceaux de briques par exemple,. . . .) ;

76
- homogénéisation de l'échantillon par mélange et broyage pouvant être réalisée dans des
conditions cryogéniques, afin d'obtenir une taille de particule inférieure à 2 mm (NFIS0.11464).

Le séchage de l'échantillon peut s'effectuer par voie chimique, par séchage à l'air à une
température généralement inférieure à 40 "C en étuve ventilée, ou encore par lyophilisation. La
lyophilisation désigne une opération au cours de laquelle l'eau est séparée par sublimation d’une
phase gelée. Le passage de l'eau de l'état solide à l'état gazeux s'effectue sans apparition d'eau
sous l'état liquide.

IV.12.LES METHODES DE CARACTERISATION


Que ce soit pour la recherche de composés organiques ou inorganiques, la méthodologie
employée est sensiblement la même et passe par trois étapes des :
• la préparation des échantillons,
• l'identification des composés,
• la quantification.
IV.12.1.L'analyse des polluants organiques
IV.12.1.1.La préparation des échantillons
II est souvent nécessaire de procéder ä une préparation préalable de l'échantillon en particulier
dans le cas de composes solides. Celle-ci consiste ä purifier, extraire, concentrer, mettre en
solution les composés que l'on souhaite rechercher qualitativement ou quantitativement.
En chimie analytique, il s'avère que ces phases de préparation doivent être réalisées avec le plus
grand soin faute de quoi les résultats fourmis peuvent être sujets ä caution.
La diversité des composés organiques, présentant des tensions de vapeur sur une large gamme,
oblige les analystes ä faire une distinction entre les composés lourds et les composés légers ou
volatils. La limite se situe au niveau des composés possédant une dizaine d'atomes de carbone.
Pour les composés lourds, on effectuera donc une extraction par solvant des composés
recherchés, suivie d'une purification puis d'une concentration.
Les méthodes mises en œuvre sont nombreuses :
• extraction au soxihet,
• extraction en ampoule,
• extraction sous ultrasons,
• extraction en phase supercritique.
Pour les composés légers, qu'il est indispensable de ne pas perdre entre l'échantillonnage et le
dosage, on procèdera au préalable ä une concentration en effectuant par exemple un dégazage de
l'échantillon, suivi d'un piégeage des composés recherchés sur un support solide de type carbone
graphitise.
77
Cette étape de préparation doit impérativement inclure :
• une compatibilité entre l'extrait final et le moyen analytique utilisé,
• une validation des rendements d'extraction.
IV.12.1.2.L'identification des composés
Les moyens généralement utilisés pour l'identification des composés organiques sont des moyens
spectrométriques : il s'agit de la spectrométrie de masse ou de la spectrométrie infrarouge ä
transformée de Fourier, couplée ou non avec la Chromatographie en phase gazeuse ou en phase
liquide. Seules ces techniques peuvent fournir avec certitude la nature des constituants. Dans le
cas des micropolluants organiques, la méthode d'identification la plus utilisée et la plus fiable est
le couplage Chromatographie en phase gazeuse / spectrométrie de masse (CG/SM). Cette
technique consiste ä analyser un extrait obtenu précédemment en séparant les divers constituants
du mélange par Chromatographie puis ä les identifier par un spectromètre de masse qui possède
un détecteur d'une grande spécificité. Les ions générés par un composé dans une chambre
d'ionisation sont séparés par leur masse et leur charge respective, puis détectés sous la forme d'un
spectre spécifique de chaque composé.
Cette étape d'identification n'est pas nécessaire dans le cas où les polluants recherchés sont déjà
ciblés, mais s'avère indispensable en cas de doute, et en particulier en cas de présence possible
d'éléments interférents.
 Le dosage
Dans la plupart des laboratoires d'analyse, le dosage des composés organiques s'effectue ä l'aide
de la Chromatographie, qu'elle soit en phase gazeuse ou en phase liquide. La multitude de
possibilités en faisant varier le choix de la technique, le type de colonne utilisé ou le type de
détecteur, permet aujourd'hui de quantifier de nombreuses substances même ä l'état de traces.
 La Chromatographie en phase gazeuse
La Chromatographie en phase gazeuse permet de séparer des composés relativement volatils au
travers d'une colonne contenant une phase adsorbante stationnaire par élution à l'aide d'un gaz
vecteur (hélium ou azote principalement). il existe plusieurs types de colonne : remplie,
capillaire, macro bore, polaire, apolaire.
Les composés analysés sont ensuite détectés ä la sortie de la colonne par des détecteurs plus ou
moins spécifiques. Citons, entre autres :
• détecteur ä ionisation de flamme (FID), utilisé pour tous les composés combustibles et
sans doute le plus universel ä l'heure actuelle,
• détecteur ä capture d'électrons (ECD), utilisé pour sa grande sensibilité vis-à-vis des
composés organohalogènes,

78
• détecteur d'azote et de phosphore (NPD), pour la détection des composés azotés ou
phosphorés comme certains pesticides,
• détecteur ä photo ionisation (PID), pour le dosage spécifique des hydrocarbures
aromatiques.
Associé ä la spectrométrie de masse comme détecteur, le couplage CG/SM peut aussi être utilisé
comme moyen de quantification : cette technique allie ainsi l'identification et le dosage des
composés. Cependant, pour des raisons inhérentes ä la spectrométrie de masse, il est souvent
nécessaire d'effectuer le dosage ä l'aide d'étalons internes marqués par un isotope ("C, D, Cl), ce
qui entraine très rapidement un surcoût de l'analyse, vu le prix de ce type d'étalons.
 La Chromatographie en phase liquide
La Chromatographie en phase liquide, quant ä elle, permet de séparer et de doser les composés
peu volatils ou thermolabiles, mais solubles dans des solvants organiques, au travers d'une
colonne contenant une phase adsorbante stationnaire par élution ä l'aide d'un liquide vecteur
(mélange d'eau et de solvants organiques en général).
Les composés analysés sont ensuite détectés ä la sortie de la colonne par des détecteurs plus ou
moins spécifiques, dont les principaux et les plus utilisés sont:
• le détecteur d'absorption UV-Visible qui permet de quantifier les composés absorbants
dans l'UV ou le visible comme les composés aromatiques et en particulier les phénols,
• le détecteur de spectrométrie de fluorescence d'une grande sensibilité et sélectivité en
ce qui concernée les HAP par exemple.

IV.12.2.L'analyse des polluants inorganiques


IV.12.2.1.L'analyse en phase solide
Dans le cas de certains composés, les métaux lourds par exemple, il est parfois possible de réaliser
des analyses sans préparation préalable de l'échantillon. Les techniques pouvant être mises en
œuvre sont les suivantes :
• fluorescence X qui permet d'effectuer un screening de l'échantillon en identifiant les
éléments du sodium ä l'uranium, avant de procéder ä des analyses plus complexes et sans
doute plus onéreuses,
• diffraction des rayons X qui permet d'identifier les composés possédant un réseau
cristallin (les composés non cristallisés, dits amorphes, ne présentent pas de spectre),
• microscopie électronique ä balayage avec analyseur dans le cas de microéchantillons
par exemple, et qui permet d'observer les mêmes éléments que la fluorescence X,
• spectrométrie infrarouge, dans le cas où la matrice n'est pas chargée de matière
organique, afin de ne pas interférer avec les bandes spectrales.
79
Ces analyses sont généralement qualitatives. Dans certains cas, de fluorescence et diffraction X,
l'essai est non destructif et permet ainsi la récupération de l'échantillon pour des essais
complémentaires ou l'archivage de l'échantillon brut.

IV.12.2.1.L'analyse en phase liquide


Dans la plupart des cas, les éléments ä rechercher et ä doser doivent être mis en solution sous
forme ionique libre pour des problèmes de compatibilité avec l'appareillage.
- La préparation des échantillons
Comme dans le cas de la recherche des composés organiques, la préparation des échantillons
permettant de réaliser le dosage des composés inorganiques s'avère une étape importante. En
général, il est nécessaire d'opérer un broyage préalable de l'échantillon brut permettant ainsi
d'obtenir un échantillon homogène, mais cette phase doit être effectuée avec prudence dans le
cas de recherche de composés minéraux particulièrement volatils comme le mercure ou le
sélénium.
En fonction des éléments ä doser, les procédés de préparation peuvent être différents :
• attaque acide, ä l'eau régale par exemple, pour la détermination des principaux éléments
métalliques,
• minéralisation spécifique dans le cas du dosage du mercure ou du chrome hexavalent,
• fusions alcalines ou salines, spécifiques ä la recherche des metalloïdes,
• combustion ä haute température sous oxygène, pour le dosage du soufre ou des
halogénures.

- L'analyse des cations


Différentes techniques sont disponibles ä l'analyste. Le choix s'effectue en fonction de la
sensibilité souhaitée, et des problèmes d'interférences possibles :
• mesures par titration pour les éléments majeurs,
• mesures colorimétriques pour les éléments mineurs,
• spectrométrie d'absorption atomique (AAS) pour le dosage des alcalino-terreux et des
hydrures,
• spectrométrie d'émission atomique associée ä une torche ä plasma d'argon (ICP), pour
le dosage des métaux lourds,
• couplage spectrométrie d'émission atomique avec la spectrométrie de masse.
Concemant les métaux lourds qui sont les micropolluants minéraux essentiellement recherchés
dans les sols, la technique la plus employée est la spectrométrie d'émission plasma ä couplage
inductif (ICP-optique). Cette technique permet de doser simultanément tous les métaux lourds ä
80
des concentrations de l'ordre de la ppb (ug/1). L'échantillon sous forme d'un aérosol est injecté
dans un plasma d'argon ä 6000°. Le rayonnement émis alors par les atomes est décompose en
raies spectrales. L'intensité lumineuse de ces raies est convertie en concentration des éléments
chimiques qui sont ä l'origine de ces émissions. Outre sa sensibilité, cette technique offre de
nombreux avantages : grande dynamique, interférences chimiques limitées, analyse simultanée
des éléments présents. Couplé ä un spectromètre de masse (ICP/MS), cet appareillage est le nec
plus ultra de l'analyse élémentaire qualitative et quantitative. Quasiment tous les éléments du
tableau de Mendeleïev sont analysés ä des sensibilités pouvant atteindre la ppt (ng/1).

- L'analyse des anions


Les principaux anions que l'on rencontre, ä savoir les halogénures (chlorures, bromures, iodures,
fluorures) les phosphates, les nitrates, les nitrites, les cyanures et les sulfates sont généralement
dosés par Chromatographie d'échange d'ions (CEI) qui permet de séparer les différents composés
et de les quantifier ä des teneurs très basses.
L'électrophorèse capillaire (EC) est une technique récente qui peut être employée : si elle permet
d'effectuer l'analyse d'un grand nombre de composés dans un temps record, y compris les cations,
il est nécessaire de posséder des solutions peu chargées en polluants pour éviter le risque
d'interférences auxquelles cette technique est sensible.

- La spéciation des métaux


La toxicité d'un métal dépend grandement de sa forme chimique, que l'on appelle la spéciation.
Ainsi la législation distingue le chrome hexavalent du chrome trivalent que les techniques
actuelles savent doser séparément. On mentionne aussi différentes formes organométalliques de
l'étain et on a ainsi mis le doigt sur un point analytique des plus délicats. Pour doser les
organométalliques selon leurs formes, il faut faire appel ä des techniques sophistiquées qui
associent généralement des méthodes séparatives
- comme la Chromatographie en phase liquide
- avec des méthodes de détection très performantes comme 1TCP/MS.

IV.12.3.La validation des méthodes


II est vraisemblable que tout échantillon soumis ä une analyse apportera des résultats. Aussi faut-
il que les résultats fourmis soient utilisables et surtout représentatifs d'une réalité. Quand on
connait toutes les erreurs qu'il est possible de faire entre l'échantillonnage et le résultat final, on
voit qu'il est plus que nécessaire de valider la chaine analytique. Les différents essais inter
laboratoires organisés régulièrement ä travers l'Europe le montrent bien : il n'est pas rare
81
d'observer des écarts de résultats de l'ordre de 500 % dans le cas d'un premier tour de tests. Et ce
n'est pas parce qu'un laboratoire saura doser tel constituant dans une matrice donnée, comme de
l'eau par exemple, que ce même laboratoire pourra effectuer la recherche de ce même composé
dans une autre matrice comme un sol.
Contrairement ä l'analyse des polluants dans les eaux, le dosage des composés dans les sols est
encore peu normalisé. Si de nombreuses commissions de travail existe au sein de l'AFNOR, la
normalisation dans le domaine des sols est particulièrement complexe de par la diversité des
types de sols rencontrés. Certaines normes « eaux» sont cependant extrapolables aux sols, mais
en aucun cas les laboratoires agrées pour les eaux ne peuvent se targuer de l'être pour les sols,
agrément qui n'existe d'ailleurs pas aujourd'hui.
Pour valider une méthode, différentes voies sont possibles, ä effectuer simultanément ou
séparément:
• vérification du taux de rendement d'extraction par la méthode d'ajouts doses,
• utilisation d'étalons internes,
• vérification de l'identité des composés,
• connaissance des coefficients de réponse de chaque constituant sur le détecteur,
• étude de la répétabilité et de la reproductibilité. Le travail ä réaliser pour valider un résultat n'est
donc pas anodin et se répercute bien évidemment sur le prix des analyses. Cependant, l'enjeu est
de taille quand on sait qu'une dépollution de site, qui peut aller jusqu'ä plusieurs millions de
francs, reposera essentiellement sur un résultat d'analyse.

82
CHAPITRE V : L’AIR

83
CHAPITRE V : L’AIR

OBJECTIFS

 Déterminer les sources pollution de l’air


 Identifier les différents principaux polluants de l’air
 Connaitre la règlementation relative à la pollution de l’air
 Connaitre les différentes méthodes d’analyse de la pollution de l’air

84
V.1.DEFINITION
Le code de l’environnement ivoirien donne la définition des termes suivants :
 Air
L'air est la couche atmosphérique dont la modification physique, chimique ou autre peut porter
atteinte à la santé des êtres vivants, aux écosystèmes et à l'environnement en général.
 Pollution de l’air
La pollution est la contamination ou la modification directe ou indirecte de l'environnement
provoquée par, tout acte susceptible : - d'altérer le milieu de vie de l'homme et des autres espèces
vivantes - de nuire à la santé, à la sécurité, au bien-être de l'homme, de la flore et de la faune ou
aux biens collectifs et individuels.

 La pollution atmosphérique ou pollution de l'air est l'émission volontaire ou

accidentelle dans la couche atmosphérique de gaz, de fumée ou de substances de nature à créer


des nuisances pour les êtres vivants, à compromettre leur santé ou la sécurité publique ou à nuire
à la production agricole, à la conservation des édifices ou au caractère des sites et paysages.

 Polluant atmosphérique
Selon le dictionnaire environnement et développement durable, le polluant atmosphérique
désigne une particule solide, liquide ou gazeuse qui, présente dans l'atmosphère à des
concentrations plus ou moins élevées, peut entraîner par son absorption ou son inhalation, des
troubles plus ou moins sévères chez les êtres vivants.

V.2.SOURCES DE POLLUTION DE L’AIR

Figure 1 : Répartition de la pollution de l’air par source


85
Figure 2 : Sources de pollution de l’air

86
Figure 3 : les origines et les conséquences des principaux polluants de l’air

Figure 4: Affections dues à la pollution atmosphériques

87
V.3.PRINCIPAUX POLLUANTS DE L’AIR

88
V.4.REGLEMENTATION
- Loi n°96-766 du 03 octobre 1996 portant Code l’Environnement Côte d’Ivoire
- Décret 98-43 du 28 janvier 1998 relatif aux installations classées pour la protection de
l’Environnement
- Arrête N° 01164 / MINEF/CAB /SIIC Du 04 novembre 2008 Portant Réglementation
des Rejets et Emissions des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement.
(article 7)

V.5.METHODES D’ANALYSE DE LA POLLUTION DE L’AIR


V.5.1.Techniques de prélèvements
De nombreuses études consacrées à la mesure et au contrôle des concentrations de polluants dans
l’air des espaces clos portent sur la répartition de ces polluants dans certains types de bâtiments,
parfois en fonction de la présence de certaines sources. Si, en l’occurrence, on mesure
simultanément les concentrations de polluants dans l’air extérieur et les taux d’infiltration, on
peut évaluer la puissance des sources contenues dans les espaces considérés. Lorsque ces mesures
s’accompagnent d’observations, ces dernières peuvent servir à l’élaboration de modèles
prédictifs des concentrations de polluants de l’air dans des bâtiments similaires, ou pour
confirmer la justesse des modèles prédictifs construits à partir d’autres séries de données
On mesure les concentrations de polluants en espace clos de trois façons :
- Par prélèvements ponctuels ;
- Par prélèvements accumulés dans le temps ;
- Par une surveillance continue en temps réel.

 Prélèvements ponctuels
La façon la plus simple consiste à prélever de l’air en une fois dans un récipient, ou à faire passer
un volume d’air connu à travers un matériau absorbant. Les récipients, qui doivent être
imperméables au gaz recherché, peuvent se présenter sous la forme de bouteilles en matière
plastique, de sachets en Nylon ou en Tedlar, ou de tubes de verre remplis d’absorbants.

 Prélèvements accumulés

Il est postulé que les effets de beaucoup de polluants, y compris ceux de la masse totale des
particules en suspension et ceux du radon et de ses descendants, sont proportionnels aux
concentrations moyennes de ces polluants sur une longue période, et on préfère dans leur cas des
techniques de mesure qui permettent de connaitre aussi leur concentration accumulée avec le
temps. Le plus souvent, on mesure la concentration moyenne, sur 24 heures ou davantage, des

89
particules en suspension recueillies sur un papier filtre à travers lequel on a fait passer une
quantité d’air connue.

 Surveillance continue en temps réel

Les mesures en temps réel sont possibles grâce aux appareils d'analyse en continu qui peuvent
déterminer, de façon spécifique, la présence d'un ou plusieurs polluants déterminés. De tels
appareils existent, entre autres, pour SO2, NOX [NO et NO2], O3, CO, CO2, particules en
suspension PM10 (leur dimension entre 0.1 à 10μm) et PM2, 5 (leur dimension entre 0.1 à
2.5μm), etc. … . La détection, dans les appareils, est basée sur une propriété physicochimique du
polluant. Les appareils d'analyse aspirent, en continu, l'air à travers une chambre de réaction et
délivrent en permanence un signal de mesure représentatif de la concentration instantanée

Cependant certains appareils ne donnent qu’une valeur moyenne pour une durée minimale de
quelques minutes. Dans la plage de mesure de l'appareil, le signal de mesure varie de façon
linéaire avec la concentration présentée. Ce système offre des avantages évidents lorsque les
concentrations de crête sont élevées, ou bien lorsque la puissance des sources ou les taux
d’infiltration varient dans le temps, mais s’assortit aussi de nombreux inconvénients. Le matériel
consomme beaucoup d’énergie électrique, il est encombrant et couteux, et il exige de nombreuses
manipulations. Comme la surveillance continue exige de la compétence et du soin, qu’elle est
encombrante et couteuse, elle ne sert en général qu’à la recherche

V.5.2.Exemples de méthodes de prélèvement


 Sacs d'échantillonnage
Les sacs d'échantillonnage servent à recueillir certains gaz. Les phénomènes de diffusion à
travers les parois et d'adsorption sur les parois du sac influencent le choix des matériaux pour un
composé donné et la durée de conservation de l'échantillon. Ils sont fabriqués de différents
matériaux polymérisés et sont disponibles en différents volumes. Les prélèvements s’effectuent
dans des sacs aluminés 5 couches de 2 ou 5 litres. Cependant, dû à la diffusion ou la stabilité de
certains gaz réactifs, ce type de sac d’échantillonnage n’est pas recommandé notamment pour le
sulfure d’hydrogène (H2S), le dioxyde de soufre (SO2) et le dioxyde d’azote (NO2)

 Tubes adsorbants
Les tubes adsorbants sont utilisés pour prélever des échantillons sous forme de gaz et de vapeurs
tels les vapeurs de solvants, certains gaz et acides. Ce sont des tubes de verre contenant deux
sections d’adsorbant. Ces tubes peuvent contenir du charbon actif, du gel de silice ou certains
polymères. L'analyse individuelle de chacune des sections permet de vérifier l'efficacité
d'adsorption du milieu collecteur. On considère l'échantillonnage comme acceptable si moins de
90
10% du produit se retrouve dans la seconde section. Si plus de 25% du produit s'y retrouve, il y
a probablement eu une perte et les résultats expriment alors une concentration minimale. Cette
règle peut toutefois varier lorsque plus d’une substance pénètre dans le tube, favorisant ainsi un
phénomène de compétition pour les sites d’adsorption

 Piégeage par absorption

Lorsque la pollution ambiante est complexe, il est souvent intéressant de grouper les composés
à analyser par famille de produits. Si, en outre, une concentration préalable est nécessaire car la
pollution est trop diluée, alors, le piégeage par absorption est tout à fait adapté. Le principe est
de fixer sélectivement le constituant à doser sous la forme d'une solution ou d'un précipité que
l'on analysera. Le piégeage par absorption implique donc une dissolution dans un milieu
absorbant, suivie d'une réaction chimique entre ce milieu et le composé recherché. Il en résulte
la formation d'un composé stable et non volatil, comme un précipité caractéristique, qu'il est
alors possible de doser facilement
L'air à analyser passe par barbotage dans un ou plusieurs flacons laveurs (en série), de 100 à 200
ml et contenant une solution chimique

Cette méthode est particulièrement utilisée pour la mesure des aldéhydes, comme le
formaldéhyde, qui sont piégés par réaction avec la DNPH (dinitrophénylhydrazine) en solution
acétonitrile pour former des hydrazones facilement séparables par chromatographie en phase
liquide et détectées par absorption UV grâce à la présence d'un noyau aromatique dans la
molécule.

 Prélèvement de poussières
Les diamètres maximum de particules correspondants sont 100 μm, 25 μm et 10 μm (PM10).
Les méthodes de prélèvement dépendent du type de poussières que l'on désire examiner. Dans la
majorité des cas cependant, la poussière est collectée par passage de l'air ambiant à travers des
filtres de porosité sélectionnée. Les matériaux employés généralement dans les filtres incluent
les fibres de verre ou de quartz, la cellulose ("papier"), les membranes organiques ou la mousse
de polyuréthane, chacune de ces matières pouvant servir à réaliser des filtres de diverses porosités

Les échantillonneurs d'air généralement utilisés dans les bâtiments prélèvent durant quelques
heures (4 à 24 h) les poussières présentes dans une quantité d'air allant de 0,1 à 10 m3.
L’extraction des poussières est aussi réalisée par un cyclone qui minimise les turbulences et les
pertes de charge. Même si une certaine proportion des gaz et des odeurs est liée aux poussières,
on peut également en retrouver sous forme non liée dans l’air des bâtiments

91
 Préparation des échantillons solides
Les échantillons de matériau (cuir, bois, moquette, …) et susceptibles de contenir des polluants
(pesticides par exemple), doivent être préparés pour l'analyse. La préparation comporte en
général une première opération, qui consiste à broyer ou à fractionner l'échantillon. L'échantillon
subit ensuite un processus d'extraction par solvant

V.3.TECHNIQUES DE MESURES
Les mesures peuvent être directes par l’utilisation d’instruments portatifs ou indirectes par
prélèvement sur un milieu capteur et analyse subséquente en laboratoire. Ces techniques, directes
ou indirectes, sont décrites brièvement en fonction de la nature des contaminants : gaz et vapeurs,
aérosols (liquides, poussières et fumées) et microorganismes.

V.3.1 Instruments électroniques à lecture directe


L'amélioration technologique, la miniaturisation des dispositifs électroniques et les
développements informatiques ont permis le développement d'instruments à lecture directe (ILD)
performants et portatifs. Des systèmes informatiques d'acquisition et de traitement de données
sont intégrés aux instruments et permettent l'affichage de doses d'exposition pour des périodes
variables. Des techniques de détection qui étaient utilisées uniquement en laboratoire sont
maintenant utilisables sur le terrain à cause de la miniaturisation.

 L’amalgamation
L'amalgamation est le phénomène par lequel le mercure forme un alliage avec un autre métal.
Même à de très faibles concentrations dans l'air, le mercure s'amalgame aux métaux comme l'or
et l'argent. Dans le détecteur, les vapeurs de mercure présentes dans l'air entrent en contact avec
un filament d'or et il y a formation d'un amalgame, ce qui a pour effet d'augmenter la résistance
du filament. Cette augmentation de résistance est proportionnelle à la quantité de mercure
amalgamé. En connaissant le volume d'échantillonnage, il est alors possible de calculer la
concentration moyenne de mercure sous forme de vapeur dans l'air.

 La combustion
Les gaz ou vapeurs qui brûlent en présence de l'oxygène de l'air sont détectés par ce principe.
Les gaz combustibles comme le méthane et l'éthane, les vapeurs des solvants organiques et
quelques gaz comme le monoxyde de carbone (CO), l'hydrogène (H2) et l'hydrogène sulfuré
(H2S) peuvent être détectés par ce principe.

L'air contenant le gaz circule sur un filament chauffé à une température supérieure à la
température d'ignition du mélange. La chaleur dégagée par la combustion change la résistance
électrique du filament qui est proportionnelle à la concentration du mélange gaz combustible/air.
92
Les instruments de mesure pour les gaz combustibles sont étalonnés en pourcentage de la limite
inférieure d’explosibilité d'un produit de référence. Ceci représente la plus faible concentration
d'un mélange qui peut exploser lorsqu'il est mis en présence d'une source d'ignition. Le propane
et l'éthane sont les gaz d'étalonnage les plus couramment utilisés.

Les instruments fonctionnant sur ce principe sont peu spécifiques.

 L'électrochimie
Les instruments de mesure utilisant le principe d’électrochimie sont utilisés pour analyser des
gaz ou vapeurs pouvant être oxydés ou réduits à partir d'un potentiel électrique. Une réaction
d'oxydation ou de réduction est provoquée à une électrode par un potentiel contrôlé. En contact
avec le composé, le détecteur électrochimique mesure une différence de courant dont l'amplitude
est proportionnelle à la concentration du contaminant dans l'air.

Cependant d'autres composés dont le potentiel d’oxydoréduction est plus faible que la substance
visée vont interférer. Des filtres interférentiels internes ou externes à la pile électrochimique
peuvent être utilisés pour éliminer les produits indésirables.

 La spectrophotométrie d'absorption infrarouge


Les instruments qui fonctionnent selon ce principe peuvent détecter et mesurer la concentration
des gaz ou vapeurs qui absorbent les rayons infrarouges. Les molécules de gaz absorbent l'énergie
aux longueurs d'onde correspondant aux changements de leur état énergétique. La différence
entre l'énergie émise par une source et l'énergie reçue par le détecteur est proportionnelle à la
concentration du gaz dans l'air. En fixant les paramètres d'émission de la source, on obtient une
mesure spécifique de la concentration du composé qu'on désire doser dans l'air. Il faut noter la
forte absorption des molécules de vapeur d'eau lors de l'analyse par infrarouge. Pour leur part,
les moniteurs B&K 1302 détectent les composés organiques par photo-acoustique, c’est-à-dire
par la mesure de la pression exercée sur un microphone par un composé exposé à une longueur
d’onde dans l’infrarouge. Cette longueur d’onde est choisie en fonction du composé à doser. Un
système de compensation permet d’éliminer certaines interférences dont la vapeur d’eau.

 La photo-ionisation
Ce principe consiste à ioniser un composé organique par l’absorption d’énergie lumineuse. Des
photons émis par une lampe ultra-violet ionisent les composés dont l’énergie requise est égale ou
supérieure à leur potentiel d’ionisation. Les ions produits sont dirigés sur une électrode réceptrice
produisant ainsi une mesure de courant qui est comparé à une concentration de référence. Ces
instruments non spécifiques sont utiles pour détecter des sources d’émission et comme outil
d’exploration.
93
V.3.2.Dispositifs colorimétriques à lecture directe
Les méthodes colorimétriques sont parmi les plus simples, les plus rapides et les moins coûteuses.
Le principe d'opération de ces dispositifs s'appuie sur le fait que l'intensité de la coloration se
développe proportionnellement à la concentration d'un contaminant ou d’une famille de
contaminants.
Trois types de dispositifs sont utilisés, soit :
• des tubes reliés à une pompe manuelle ou automatique;
• des tubes longue durée fonctionnant par diffusion passive;
• des plaquettes constituées de tubes capillaires nécessitant l’utilisation d’un lecteur optique.

V.3.3.Méthodes d’analyse en laboratoire


On peut classer les différents types d’analyseurs en trois catégories:

V.3.3.1. Méthodes Chromatographiques


Les méthodes chromatographiques permettent la séparation et l’identification de nombreuses
substances par adsorption sur colonne ou sur papier sensible spécial, puis par élution des divers
composés au moyen de solvants sélectifs. On peut ainsi séparer les constituants de mélanges
complexes sans leur faire subir de modification chimique. Ces méthodes permettent de déceler
très rapidement des traces d’ions minéraux ; le gain de temps est considérable par rapport aux
autres techniques. La sensibilité de la chromatographie est très grande. De plus, toutes les
substances peuvent être dosées

 Chromatographie en phase gazeuse (GC)


La chromatographie en phase gazeuse est rapidement devenue l’une des meilleures méthodes
analytiques dans le domaine scientifique, autant en recherche que dans le domaine industriel
(industrie pharmaceutique, agriculture, environnement, etc.) Le seuil de détection de la
chromatographie en phase gazeuse, de l’ordre des parties par billions, n’a pas encore été égalé.
C’est également le seul type de chromatographie qui utilise un gaz comme phase mobile, ce qui
nécessite un appareil spécial, appelé communément le chromatographe à gaz. Dépendant de la
phase stationnaire, il est possible d’exploiter les phénomènes d’adsorption ou de partition en
chromatographie en phase gazeuse [7].

Les différentes parties du chromatographe sont les suivantes : · Une bouteille d’alimentation en
gaz vecteur; · Une vanne d’introduction du mélange à analyser; · Une colonne de séparation
contenue dans une enceinte à température contrôlée; · Un détecteur en sortie de colonne et un
système d’acquisition ou de traitement des résultats.

94
 Chromatographie en phase liquide haute performance (HPLC)
A l'origine, la chromatographie en phase liquide se faisait avec des colonnes en verre. Le liquide
traversait la phase stationnaire par gravité ou sous faible pression. Par la suite, pour augmenter
le débit, et donc réduire le temps d'analyse, des essais ont été effectués sous pression plus forte.
C'est ce que l'on a appelé la Chromatographie Liquide sous Haute Pression (HPLC). Après
d'autres modifications (amélioration des colonnes, …), la technique a atteint un très haut degré
de performance et de fiabilité, si bien que le P de Pression est devenu le P de Performance.
Aujourd'hui, l'HPLC est la Chromatographie Liquide Haute Performance

V.3.3.2. Méthodes Spectrométriques


La spectrophotométrie, basée sur l’absorption d’une certaine bande de radiations
électromagnétiques dans les régions du visible, de l’ultraviolet et de l’infrarouge du spectre, est
l’une des méthodes instrumentales d’analyse les plus importantes ; elle peut donc rendre service
lorsqu’il s’agit d’analyser les impuretés atmosphériques. L’absorption varie avec la longueur
d’onde de la radiation incidente ; les mesures doivent donc être faites en lumière
monochromatique ou de spectre limité, réalisable avec des filtres spéciaux. Le faisceau
émergeant de la source ayant été ainsi convenablement ajusté est envoyé dans la substance à
étudier ; à sa sortie, on mesure par un dispositif de détection approprié l’intensité de la radiation
non absorbée

L’analyse continue des gaz utilise l’absorption dans le visible, dans l’UV et dans l’IR, en se
basant sur la loi de Beer-Lambert qui exprime la relation entre l’intensité I du rayonnement
traversant une cuve de longueur l contenant une substance absorbante de concentration c et la
concentration optique cl=u de cette substance: 𝐼 = 𝐼0 exp(−𝑘𝑢) Où k est le coefficient
d’absorption et I0 l'intensité avant le passage dans la cuve

 Absorption du rayonnement IR
La spectrométrie infrarouge, elle, s'utilise davantage sur le gaz polluant lui-même, en mettant en
évidence des spectres d'absorption correspondant aux mouvements de vibration et de rotation des
molécules concernées
Le faisceau IR traverse deux cuves en parallèle, dont l’une est remplie par le mélange à analyser
et l’autre remplie par un gaz de référence. Les deux faisceaux inégalement absorbés sont reçus
dans un récepteur à deux compartiments, qui sont remplis du composé à doser et absorbent donc
l’énergie IR résiduelle. Ceci se traduit par un échauffement différent du gaz de chaque
compartiment, donc par une pression différentielle, qui est prise en compte par un amplificateur,
et traduite en concentration. Cette méthode d’analyse des gaz n’est habituellement pas utilisée
comme méthode absolue, mais comme méthode comparative. Pour cette raison la notion de
95
précision est très difficilement accessible. Elle est très variable du fait que les bandes
d’absorption se chevauchent très souvent, il se produit alors des interférences. La concentration
maximale est de 100% pour tous les gaz, le seuil de détection s’exprime en partie par million en
volume et elle varie selon les gaz

 Absorption dans le visible et l’ultraviolet


Cette méthode est très voisine de l’absorption IR : sous l’action d’un faisceau UV certaines
molécules subissent des vibrations et/ou des transitions électroniques qui conduisent à des
spectres d’absorption UV. Les applications sont très voisines de l’absorption IR, à ceci près que
la vapeur d’eau n’interfère pas dans l’UV, ce qui permet une meilleure spécificité pour la mesure
de SO2 et NO.
Moyennant l'emploi de la bonne solution absorbante au moment du prélèvement du gaz polluant
dans l'atmosphère intérieure, la spectrophotométrie UV/visible permet de doser un composé à
des concentrations très basses (par exemple : 10 ppb pour le formaldhéhyde en réaction avec la
pararosaniline)

 Analyseurs à corrélation par filtres gazeux (IR ou UV)


Cette méthode se différencie des méthodes classiques d’absorption IR ou UV par l’utilisation
d’une seule chambre de mesure au lieu de deux (référence et échantillon). Le faisceau émis par
la source IR ou UV est haché séquentiellement par un disque tournant (de corrélation) composé
: d’un secteur opaque au rayonnement, d’un secteur avec une cuve remplie du composé à
analyser, à forte concentration, d’un secteur avec une cuve remplie d’azote.
En fonction de la position du disque, le détecteur situé après la cuve de mesure voit
successivement :
- un signal zéro;
- un signal contenant seulement des informations sur les composés interférents, les
radiations absorbables par le composé à doser ayant été éliminées par le disque de
corrélation (cuve remplie du composé à analyser à forte concentration),
- un signal correspondant au faisceau absorbé par les composés présent dans la chambre
de mesure
 Analyseurs par interférométrie IR ou UV
Les structures fines des bandes d’absorption IR ou UV sont caractérisées séparées par un écart
de longueur d’onde quasi constant : il est donc possible, moyennant un dispositif optique adéquat,
de créer des franges d’interférence optique entre ces raies. Une telle méthode est pratiquement
totalement spécifique, car chaque composé est repéré d’une part, par la longueur d’onde de la
bande d’absorption, d’autre part, par l’écart entre raies dans une même bande.

96
V.3.3.3. Luminescence
La luminescence est la propriété d'émettre sous forme de lumière une partie de l'énergie absorbée
au cours d'une excitation quelconque (réaction chimique, irradiation, …). Ce phénomène est
notamment exploité pour la détection et la mesure de concentration d'organismes vivants
bioluminescents. Dans le cadre du dosage de polluants intérieurs, les principes exploités sont la
chimiluminescence, la fluorescence, ou la phosphorescence

 Chimiluminescence
C’est une méthode automatique fondée sur la réaction en phase gazeuse de l’ozone sur NO sous
pression, soit réduite, soit voisine de la pression atmosphérique. 𝑁𝑂 +𝑂3 → 𝑁𝑂2 ∗ +𝑂2 𝑁𝑂2 ∗
→ 𝑁𝑂2 +ℎ𝜈 La concentration du dioxyde d’azote est déterminée indirectement en mesurant par
photométrie l’intensité de la lumière produite par la réaction de l’ozone sur NO. Le dioxyde est
quantitativement réduit en monoxyde au moyen d’un convertisseur avant sa réaction avec
l’ozone, ce qui donne une mesure de NO + NO2. Il suffit ensuite de déduire de ce dernier résultat
la teneur en NO pour obtenir teneur en NO2. Les deux dosages de NO et de NO + NO2 peuvent
se faire en même temps avec un appareil double, ou successivement avec un appareil unique,
pourvu que l’intervalle de temps entre les deux dosages ne dépasse pas deux minutes
Cette méthode convient assez bien pour mesurer des concentrations assez faibles, allant du ppb
part pour milliard) à quelques ppm (part pour million) en volume. Elle est par ailleurs très
spécifique La précision des mesures dépend de la maintenance de l’appareil, de la qualité et de
la fréquence d’étalonnage des appareils et des conditions d’utilisation

 Spectrofluorométrie
Le phénomène de luminescence peut s'observer également lorsqu'un corps réémet sous forme
lumineuse de l'énergie qu'il a reçue sous forme thermique ou sous l'effet d'un rayonnement
incident. C'est dans cette catégorie que l'on classe la fluorescence et la phosphorescence. Si le
temps qui sépare l'irradiation de l'émission induite est inférieur à 10-8 s, on parle de fluorescence.
Dans le cas contraire, on parle de phosphorescence. La phosphorescence est une émission
lumineuse qui persiste un certain temps après l'arrêt de la stimulation. La fluorescence, au
contraire, cesse aussitôt l'arrêt de la stimulation

 Analyseurs par fluorescence UV


Cette méthode est surtout utilisée pour le dosage de SO2, qui, sous l’action d’un rayonnement
UV intense, est excité et se désactive très rapidement en émettant un rayonnement UV de
longueur d’onde supérieure à celle du rayonnement d’excitation. La molécule de SO2 en
particulier présente cette propriété de fluorescence UV. Le phénomène de fluorescence UV sous-
97
entend qu’il y ait eu au préalable absorption UV par excitation de la molécule sous l’énergie hν
du rayonnement UV de la source de longueur d’onde
Puis lors du phénomène secondaire de fluorescence UV la molécule excitée SO2* dissipe, en
revenant à son état initial, une énergie hν’ par émission d’une radiation électromagnétique de
longueur d’onde
Le principe d’un appareil de mesure automatique est donc le suivant :
- l’air à analyser est prélevé par l’intermédiaire d’une ligne d’échantillonnage et traverse un filtre
d’entrée destiné à éviter l’encrassement du dispositif de mesure.
- L’échantillon d’air est ensuite filtré sélectivement afin d’éviter toute interférence.
- Un système de régulation permet de maintenir constante la pression.

 Spectrométrie de fluorescence X
La fluorescence X met en œuvre un rayon X incident, d'une longueur d'onde inférieure à 1 nm,
et donc de grande énergie, émis par une source radioactive. Le détecteur du rayonnement
fluorescent X est en général constitué d'un cristal plan tournant suivi d'un détecteur de photons
de type proportionnel ou à scintillation. Grâce à une préparation d'échantillons relativement
simple, la fluorescence X est aujourd'hui utilisée dans des applications très diverses. Elle n'est
cependant applicable que pour déterminer des éléments entre le bore (Z=5) et l'uranium (Z=92).
En particulier, c'est une technique très utilisée pour l'analyse de métaux lourds, notamment dans
les poussières.

V.3.3.3.4. Spectrométrie d'absorption atomique


Cette méthode d’analyse dite élémentaire permet de doser des éléments chimiques à l’état de
traces (en très faible quantité : quelques ppm) contenus dans une solution, et de déterminer les
concentrations des espèces présentes. La spectrométrie d’absorption est basée sur la théorie de la
quantification de l’énergie des atomes. En effet un atome qui passe de son état (d’énergie)
fondamental à un état excité quelconque absorbe un ou plusieurs photons. La fréquence ν du
photon dépend de l’énergie ΔE acquise par l’atome par la relation : ΔE=hυ où h est la constante
de Planck.
L’absorption permet de mesurer les concentrations des éléments à doser
La spectrométrie d'absorption atomique peut être appliquée au dosage d'une trentaine d'éléments,
et cela tout aussi bien au niveau des éléments majeurs (0,1 … 10 μg/m3) que d'éléments en trace
ou ultratraces (0,0001 … 0,1 μg/m3) [4].

98
Tableau : Récapitulatif des méthodes d’analyses

Technique utilisée Principe Produits Gammes Avantages Inconvénients


détectés de mesure
Catharomètre Variation de la Produit ayant De Met en œuvre Peu sensible ;
conduction une quelques un principe Non spécifique ;
thermique dans conductivité % à 100% physique : Doit être bien
le milieu, différente de % v/v dérive moins compensé des
mesurée par un celle de l’air dans le temps variations de T.
fil chaud : CH4, CO2,
CO
Absorption Absorption par par exemple De la ppm Assez sélectif Peut être sensible
infrarouge le produit à alcanes à 100 % si domaine de à l'humidité, à
. détecter d'un (CH), CO, v/v selon l'empoussièremen
rayonnement IR CO2, etc appareil Stable dans le t, au dioxyde de
(λ ≥ 800 nm) 1 et temps. carbone
seul λ, réglages
Absorption Absorption d'un Produits non Quelques Spécifique ; Onéreux et
visible/UV ou rayonnement détectés par ppm ou Susceptible encombrant
Fluorescence UV visible ((λ ≤ l'IR : CO, moins d'être
800 nm) SO2, NO. miniaturisé

Chimiluminescen Emission NO, NO2 1 ppb très spécifique maintenance


ce lumineuse par étalonnage délicat
un intermédiaire
excité, lors
d'une réaction
chimique
Spectrométrie de Des molécules Tous ppb à Analyse Interprétation pas
masse sont ionisées composés ppm complète facile. Matériel
dans une source (sous forme sélectif, transportable plus
gazeuse) sensible, que portable
. quantification
parfaite
Chromatographie Séparation de Tous Sensible, Peu portable,
en phase gazeuse Composés produits ppm à spécifique, réponse assez
gazeux sur une (selon beaucoup stable si longue. nécessite
colonne, suivie détecteur et plus selon correctement plusieurs
d'analyse par colonnes) colonne et étalonné ; détecteurs
FID, PID etc détecteur

Les instruments d’analyse sont généralement complexes, coûteux et souvent difficiles à mettre
en œuvre, volumineux et tributaires de sources d’énergie relativement importantes, donc peu
adaptés à l’analyse sur site. Ils ont souvent des temps de réponse longs (préparation des
échantillons, étalonnage, durée de l’analyse proprement dite, sortie des données...). En revanche,
leur avantage capital, est d’obtenir une analyse complète du milieu.

99
TABLE DES MATIERES

100
Table des matières
GÉNÉRALITÉS SUR LA MÉTROLOGIE APPLIQUÉE À L’ENVIRONNEMENT ..................... 1

1. Définition ....................................................................................................................................... 2

2. Spécificités de la métrologie par typologie de pollution ............................................................ 2

3. Techniques mises en œuvre.......................................................................................................... 3

CHAPITRE II : LE BRUIT ................................................................................................................ 5

OBJECTIFS .............................................................................................................................................. 5

II/1.DEFINITIONS .................................................................................................................................. 6

II/2.PROPRIETES DU BRUIT ............................................................................................................... 7

II/2.1.Hauteur et la fréquence ......................................................................................................... 7

II/2.2.Pression acoustique ................................................................................................................ 8

II/2.3.Niveau de pression acoustique .............................................................................................. 8

II/2.4.Calcul du niveau de pression acoustique.............................................................................. 9

II/2.5.Puissance acoustique ............................................................................................................ 10

II/2.6.Calcul du niveau de puissance acoustique ......................................................................... 10

II/7.Relation entre la pression acoustique et la puissance acoustique ....................................... 11

II/2/8.Les décibels pondérés et non pondérés............................................................................... 11

II/2/8.1 Le décibel pondéré A : dB (A) (grandeur physiologique).............................................. 11

II/2/8.2 Le décibel pondéré C : dB (C) .......................................................................................... 12

II/2/8.5 Les règles de base des calculs avec les décibels (dB) ...................................................... 12

II/2/8.6 Addition du bruit .............................................................................................................. 13

II/3.DIFFERENTS TYPES DE BRUIT ............................................................................................... 14

II/3.1.Différents types de bruit .......................................................................................................... 14

II/3.3.Différents types d’appareils de mesures ............................................................................. 16

II/3.3.1.Le sonomètre...................................................................................................................... 17

II/3.3.2.Le sonomètre intégrateur ................................................................................................ 18

II/3.3.2.1.Constantes de temps d’intégration ............................................................................... 18

II/3.3.3.L’audiodosimètre .............................................................................................................. 18

101
II/3.3.4.Le pare-vent ....................................................................................................................... 19

II/3.4.Types d’appareillage ............................................................................................................ 19

II/3.4.1.Classes de l’appareil de mesure ....................................................................................... 19

II/3.4.2.Choix de l’appareillage ..................................................................................................... 19

II/3.4.3.Calibrage ............................................................................................................................ 19

II/3.5.Facteurs d’influence sur les mesures acoustiques ............................................................. 20

II/4. ASPECTS REGLEMENTAIRES ................................................................................................. 20

II/4.1.Au niveau international ........................................................................................................... 20

II/4.2.Au niveau national ................................................................................................................... 21

II/5.DIFFERENTES METHODOLOGIES POUR LA MESURE DE L’EXPOSITION AU


BRUIT ................................................................................................................................................. 21

II/5.1.Méthodologie pour la mesure de l’exposition au bruit professionnel .................................. 21

II/5.1.1.Estimation .............................................................................................................................. 21

II/5.1.2.Evaluation simplifiée ............................................................................................................. 22

II/5.1.3.Mesurage d’exposition normalisé ........................................................................................ 24

II/5.2.Méthodologie de mesure du bruit ambiant ............................................................................ 29

II/5.2.1.Précision concernant l’utilisation des indices LAeq et L50 ........................................... 29

II/5.2.2.Démarche attendue ........................................................................................................... 29

II/5.2.3.Remarques complémentaires sur la réalisation des mesures ........................................ 30

II/5.2.4.Conditions météorologiques ............................................................................................. 31

II/5.2.5.Conditions météorologiques rencontrées sur site ........................................................... 32

II/5.2.6.Éléments essentiels devant être présentés ....................................................................... 32

II/5.2.8.Traitement des émergences non réglementaires............................................................. 33

CHAPITRE III : L’EAU ....................................................................................................................... 35

OBJECTIFS ............................................................................................................................................ 35

III.1.DEFINTION................................................................................................................................... 36

La pollution des eaux ............................................................................................................................. 36

III.2.LES RESSOURCES EN EAU ...................................................................................................... 36

III.3.DIFFERENTES SOURCES DE POLLUTION DE L’EAU ..................................................... 37

102
III.3.1.Les eaux usées ......................................................................................................................... 39

III.4.LES DIFFÉRENTS PARAMÈTRES PHYSIQUES, CHIMIQUES ET


MICROBIOLOGIQUES DE L’EAU ................................................................................................... 41

III.4.1.Paramètres physiques ............................................................................................................. 42

III.4.2.Paramètres chimiques ............................................................................................................ 44

III.4.Principaux Paramètres Chimiques .......................................................................................... 45

III.4.5.Les Micropolluants ................................................................................................................. 50

III.4.6.Les micropolluants organiques .............................................................................................. 51

III.4.7.Paramètres Bactériologiques ................................................................................................. 52

III.5.REGLEMENTATIONS ................................................................................................................ 52

III.5.1.Au niveau international .......................................................................................................... 52

III.5.2.Au niveau national .................................................................................................................. 52

III.6. MÉTHODES D'ANALYSE DE L’EAU ..................................................................................... 53

III.6.1. L'échantillonnage. .................................................................................................................. 54

III.6.1.1. Matériau de flaconnage .................................................................................................. 54

III.6.1.2. Modifications possibles de l'échantillon ........................................................................ 54

III.6.1.3. Représentativité des échantillons .................................................................................. 55

III.6.2. Mesures ................................................................................................................................... 55

III.6.2.1. Mesures in situ ................................................................................................................ 55

III.6.2.2. Les techniques d’analyse chimique de laboratoire .......................................................... 57

CHAPITRE IV : LES SITES ET LES SOLS POLLUES ................................................................... 61

OBJECTIFS ............................................................................................................................................ 61

IV.1.DEFINITIONS ............................................................................................................................... 62

IV.2.I.FACTEURS INFLUENÇANT LE TRANSFERT DE POLLUTION DANS LES SOLS ET


SOUS-SOLS ............................................................................................................................................ 63

IV.3.SOURCES DE POLLUTION DU SOL ....................................................................................... 64

IV.4.CATÉGORIES DE SOLS POLLUÉS.......................................................................................... 64

IV.5.PRINCIPALES COMPOSANTES D'UNE POLLUTION ........................................................ 65

IV.6.PRINCIPALES FAMILLES DE CONTAMINANTS RECHERCHES DANS LE SOL ........ 65

103
IV.6.1.Les principaux types de polluants : ....................................................................................... 65

IV.7.TYPOLOGIE DE LA POLLUTION ........................................................................................... 69

IV.8.DANGER POUR LA SANTÉ ET L'ENVIRONNEMENT .................................................... 70

IV.9.REGELEMENTATION ................................................................................................................ 70

IV.10.METHODOLOGIE DE DIAGNOSTIC DES SOLS POLLUES ............................................ 71

IV.10.1.Etape 1 : étude historique et de l'environnement du site .............................................. 71

IV.10.1.1.Étude historique ............................................................................................................. 71

IV.10.1.2.Etape 2 : Reconnaissances préliminaires de la pollution sur site .............................. 72

IV.10.1.3.Etape 3 : Evaluation Simplifiée des Risques ................................................................ 72

IV.10.1.4.Etape 4 : reconnaissances détaillées de la pollution .................................................... 73

IV.10.1.5.Etape 5 : Evaluation détaillée des risques .................................................................... 73

IV.10.1.6. Etape 6 : Recommandations pour la mise en sécurité du site ................................... 74

IV.11.METHODE D’ANALYSE DES SITES ET SOLS POLLUES ................................................ 74

IV.11.1.Techniques de prélèvement des échantillons de sol ........................................................... 74

IV.11.1.1.Échantillons de sol non remués. .................................................................................... 74

IV.11.1.2.Échantillons de sol semi-remués ................................................................................... 75

IV.11.1.2.Échantillons remués ....................................................................................................... 75

IV.11.2.Préparation des échantillons avant analyses ...................................................................... 76

IV.11.2.1.Prétraitement des échantillons ...................................................................................... 76

IV.12.LES METHODES DE CARACTERISATION ......................................................................... 77

IV.12.1.L'analyse des polluants organiques ................................................................................. 77

IV.12.1.1.La préparation des échantillons.................................................................................... 77

IV.12.1.2.L'identification des composés ....................................................................................... 78

IV.12.2.L'analyse des polluants inorganiques .................................................................................. 79

IV.12.2.1.L'analyse en phase solide ............................................................................................... 79

IV.12.2.1.L'analyse en phase liquide ............................................................................................. 80

IV.12.3.La validation des méthodes .................................................................................................. 81

CHAPITRE V : L’AIR .......................................................................................................................... 84

OBJECTIFS ............................................................................................................................................ 84
104
V.1.DEFINITION ................................................................................................................................... 85

V.2.SOURCES DE POLLUTION DE L’AIR ...................................................................................... 85

V.3.PRINCIPAUX POLLUANTS DE L’AIR...................................................................................... 88

V.4.REGLEMENTATION .................................................................................................................... 89

V.5.METHODES D’ANALYSE DE LA POLLUTION DE L’AIR ................................................... 89

V.5.1.Techniques de prélèvements .................................................................................................... 89

V.5.2.Exemples de méthodes de prélèvement................................................................................... 90

V.3.TECHNIQUES DE MESURES ...................................................................................................... 92

V.3.1 Instruments électroniques à lecture directe ........................................................................... 92

V.3.2.Dispositifs colorimétriques à lecture directe.......................................................................... 94

V.3.3.Méthodes d’analyse en laboratoire ......................................................................................... 94

V.3.3.1. Méthodes Chromatographiques ...................................................................................... 94

V.3.3.2. Méthodes Spectrométriques ............................................................................................ 95

V.3.3.3. Luminescence .................................................................................................................... 97

V.3.3.3.4. Spectrométrie d'absorption atomique ......................................................................... 98

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