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COURS DE DROIT CIVIL : Licence Professionnelle 1ère Année

SOMMAIRE

 INTRODUCTION GENERALE A L’ETUDE DE DROIT

 TITRE I : LES JURIDICTIONS IVOIRIENNES


Chapitre 1 : L’organisation judiciaire en Côte d’Ivoire
Chapitre 2 : La procédure judiciaire et les voies de recours
Chapitre 3 : Les personnes intervenant dans l’appareil judiciaire

 TITRE II : LES PERSONNES JURIDIQUES

Sous-Titre 1 : LES PERSONNES PHYSIQUES


Chapitre 1 : La personnalité juridique des personnes physiques
Chapitre 2 : L’identification des personnes physiques
Chapitre 3 : La capacité des personnes physiques
Chapitre 4 : Les biens et les droits des personnes physiques

Sous-Titre 2 : LES PERSONNES MORALES


Chapitre 1 : La classification des personnes morales

 TITRE III : LES CONTRATS


Chapitre 1 : Les obligations
Chapitre 2 : La classification des contrats
Chapitre 3 : La naissance du contrat
Chapitre 4 : Les effets et sanctions des contrats

 TITRE IV : LA RERSPONSABILITE CIVILE


Chapitre 1 : La responsabilité délictuelle
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CHAPITRE INTRODUCTIF A L’ETUDE DU DROIT


Imaginons une société dans laquelle les hommes sont livrés à eux-mêmes. Dans une telle
société, il est indéniable que c’est le plus fort qui règne en maître absolu. C’est le plus fort
qui dicte la loi.
A partir de cette situation, l’étudiant qui entame des études supérieures semble appréhender
l’importance et l’intérêt du Droit dans nos sociétés.
Malgré tout, une préoccupation hante les esprits : « qu’est-ce que le Droit ? »
Avant d’y répondre, il convient de faire une observation : lorsqu’un joueur de football touche
le ballon de la main, l’arbitre le sanctionne en sifflant un coup franc. Lorsqu’un coureur
s’accroche derrière une voiture ou une moto dans la montée d’un col, il est mis hors course.
Tous les sports ont ainsi leurs règles de jeu et les participants sont tenus de s’y conformer.
De la même manière, la vie en société est encadrée par de nombreuses règles juridiques qui
limitent la liberté des individus.
De ce fait, pour mieux cerner la notion de droit, il est convenable de définir cette notion et de
montrer ses sources.

SECTION I : LA NOTION DE DROIT


Deux significations essentielles peuvent être données au mot Droit. Dans un sens, on parle
de droit objectif, et de l’autre, de droit subjectif.

Paragraphe 1- Le droit objectif


A- Le contenu du droit objectif
Appelé aussi la règle de droit, le droit objectif est l’ensemble de règles juridiques régissant les
relations de personnes vivant en société et sanctionné par la puissance publique. La règle de
droit est dotée de sanctions dont la mise en œuvre est confiée à la puissance publique. De ce
point de vue, la règle de droit apparaît comme une règle de conduite en société dont le respect
est assuré par l’autorité publique.
La règle de droit s’aperçoit aisément à travers ses caractères.

B- Les caractères de la règle de droit


1- La règle de droit est nationale
La règle de droit est une émanation de l’Etat qui l’édicte et veille à son application par
l’intermédiaire de ses pouvoirs publics. Dans ce sens, la règle de droit ne s’applique qu’à tous
ceux qui vivent sur le territoire soumis à l’autorité qui l’a établie. Ainsi, le droit ivoirien
s’applique aux nationaux et aux étrangers qui résident en côte d’ivoire.
2- La règle de droit est générale et impersonnelle
La règle de droit est la même pour tous. Ce qui signifie que la règle de droit ne fait pas de
distinction entre les citoyens mais est identique pour tous. Ce caractère est nécessaire pour
assurer la finalité du droit qui est d’organiser la vie en société. C’est pourquoi l’on dit que
« nul n’est au-dessus de la loi ».
3- La règle de droit est obligatoire et coercitive
La règle de droit a un caractère sanctionnateur ; c’est ce qui le caractérise. C’est la contrainte
qui permet de faire régner l’ordre social. Seules les règles de droit peuvent être imposées par
la coercition. C’est pourquoi les individus doivent obéir, respecter la règle de droit. Ils doivent
s’y soumettre. En cas de non-respect de la règle de droit, les individus sont sanctionnés par
la puissance publique, d’où l’emploi de la force publique (police, gendarmerie et justice).

Paragraphe 2- Le droit subjectif (ou les droits)


Le droit subjectif est l’ensemble des prérogatives (avantages ou privilèges) reconnues à un
individu par le droit objectif et dont celui-ci peut s’en prévaloir dans ses rapports avec les
autres individus. Autrement dit, c’est la faculté reconnue à une personne de jouir, de faire
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ou d’exiger quelque chose en application d’une règle de droit. C’est donc le pouvoir qui
appartient à une personne d’accomplir un acte protégé par la puissance publique. Ex : le
droit de se marier ; le droit de choisir librement son domicile ; l’article 57 de la loi relative au
mariage ; reconnait à la femme mariée le droit de porter le nom de son mari ; la loi reconnait
aux individus le droit à la vie privée ; le droit pour le propriétaire de faire ce qu’il veut de la
chose qui lui appartient ; le droit de créance, etc. en un mot, toutes les facultés que possède
un individu et dont il peut en jouir pleinement sont appelées droits subjectifs.
Le titulaire d’un droit subjectif est appelé sujet de droit.

SECTION II : LES GRANDES DIVISION DU DROIT


On peut classer les règles de droit en deux grandes catégories qui constituent les branches
essentielles du Droit.
Paragraphe 1- Le Droit privé
Le droit privé est l’ensemble des règles qui régissent les rapports des particuliers ou des
individus entre eux. Le droit privé se subdivise en :
- droit civil : c’est le droit privé fondamental. Le droit civil se définit comme l’ensemble des
règles générales régissant les rapports des personnes privées. Le droit civil est le droit
commun car en l’absence de règles particulières, l’on applique les règles du droit civil.
- droit commercial qui règle les rapports des particuliers dans l’exercice du commerce ;
- droit du travail qui règle les rapports entre employeurs et salariés à l’occasion du travail ;
Paragraphe 2- Le Droit public
C’est l’ensemble des règles de droit fixant l’organisation de l’Etat et ses démembrements
(commune, départements et régions, etc.) et régissant leurs rapports avec les particuliers. Le
droit public se subdivise en droit constitutionnel : organisation des pouvoirs publics ; droit
pénal ; droit fiscal, droit administratif, etc.

SECTION III : LE DROIT ET LES AUTRES REGLES DE CONDUITE SOCIALE


Il existe pour l’homme d’autres impératifs que ceux du droit.
Paragraphe 1- Les règles de bienséance
Les règles de bienséance sont relatives : aux règles de courtoisie. Ex : salutation, visites ; aux
règles d’usage. Ex : les pourboires, etc. Ces règles tendent à imposer des comportements
extérieurs pour que soit assuré un ordre dans les relations humaines. Ce qui fait la différence,
ces règles de bienséance ne sont pas garanties et sanctionnées par la puissance publique.
Paragraphe 2 : Les règles de morale
La distinction du droit et de la morale est classique. Le droit a pour but le maintien de l’ordre
social ; la morale, le perfectionnement intérieur de l’homme. Le droit impose des devoirs de
justice envers le prochain. Tandis que la morale impose la charité (rendre le bien pour le mal).
Dans l’appréciation des actions, le droit s’en tient, en principe, aux attitudes extérieures ; la
morale prétend pénétrer les cœurs, et la simple convoitise est déjà, pour elle, coupable. Enfin,
ici encore, la sanction est très différente parce que celle du droit est étatique, c’est-à-dire
émanant des pouvoirs publics alors celle de la morale est essentiellement intérieure (la voix
de la conscience).

SECTION IV : LES SOURCES DU DROIT


On entend par source du droit, les différents procédés par lesquels la règle de droit est
élaborée. Il existe des sources directes et des sources indirectes.
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Paragraphe 1- Les sources directes


A- La constitution
La constitution se définie comme l’ensemble des règles destinées à organiser la vie politique
d’un Etat. Elle est relative à la souveraineté, à l’organisation et au fonctionnement des
pouvoirs publics. La constitution est la loi fondamentale. Elle se trouve au sommet de l’ordre
juridique. La constitution est la norme suprême à laquelle doivent se référer toutes les autres
règles de droit. Celle actuellement en vigueur a été adoptée par référendum en 2016.

B- Les traités internationaux


Il s’agit des conventions ou accords conclus entre les Etats et destinées à réglementer leurs
relations. Pour être applicable, les traités internationaux doivent être ratifiés par les autorités
compétentes (le Président de la république, le parlement). Les traités internationaux ne doivent
pas être contraires à la constitution.
C- La loi
Au sens strict, est considéré comme loi, toute règle votée par l’Assemblée Nationale (détenteur
du pouvoir législatif), et que l’on appelle aussi la loi ordinaire.
1- La procédure d’élaboration de la loi
De manière sommaire, la procédure législative d’élaboration de la loi est la suivante :
a. L’initiative des lois
L’initiative peut être prise concurremment par l’exécutif ou le parlement. Lorsque l’initiative
émane du pouvoir exécutif, on parle de "projet de loi". L’initiative peut également émaner de
l’Assemblée nationale. On parle alors de "proposition de loi".
b. Le vote de la loi
Le projet ou la proposition de loi est soumis à l’examen préalable de l’Assemblée Nationale
d’abord en commission pour d’éventuels amendements, c’est-à-dire des modifications
apportées au texte de loi. Ensuite, la loi examinée en commission est discutée par les
parlementaires en assemblée plénière. Après délibération, le texte de loi est voté par les
députés. A partir de l’adoption du texte, la loi existe juridiquement, mais son entrée en
vigueur nécessite l’accomplissement de certaines mesures complémentaires.
c. L’entrée en vigueur de la loi
Pour qu’une loi entre en vigueur, il faut qu’elle soit promulguée et publiée.
- La promulgation
La promulgation est l’acte par lequel le Président de la République constate officiellement
l’existence de la loi et la rend exécutoire après avoir vérifié la régularité c’est-à-dire la
conformité à la constitution. Après cet acte, le texte doit être publié.
- La publication
La publication est le moyen par lequel la loi est portée à la connaissance des citoyens.
La publication de la loi se fait par insertion au Journal Officiel de la République. A compter
de la date de publication, la loi devient exécutoire sur toute l’étendue du territoire national.
On dit que la loi est opposable aux citoyens ; d’où l’expression : « Nul n’est censé ignoré la
loi ».

D- Les règlements administratifs


Ce sont des décisions (règles) exécutoires prises soit par le pouvoir exécutif soit par les
autorités administratives. Les décisions qui émanent du Président de la République,
détenteur exclusif du pouvoir exécutif, sont appelées "décrets". Celles provenant des autorités
administratives sont appelées "arrêtés". Les autorités administratives sont les ministres, les
préfets, les maires.
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Paragraphe 2- Les sources indirectes


A- La jurisprudence
La jurisprudence est l’ensemble des décisions rendues par les tribunaux sur certaines
questions de droit. En effet, devant le silence (ou le mutisme) de la loi ou encore lorsque la
loi n’est pas précise sur un problème de droit, le juge est tenu de donner une solution à tout
litige qui lui est soumis. Car, le juge n’a pas le droit de se soustraire à sa mission qui consiste
à dire le droit, sinon il commettrait le déni de justice. De ce fait, le juge va élaborer lui-même
une théorie pour trancher le litige en comblant le vide juridique, en adaptant la loi aux réalités
nouvelles et en interprétant sa décision avant toute application.
B- La doctrine
La doctrine est l’ensemble des opinions ou idées émises par les praticiens du droit. Les
opinions doctrinales des juristes si éminentes soient-elles, n’ont aucune force obligatoire pour
le juge. Cependant, la pertinence et l’exactitude juridique de la doctrine peuvent inspirer et
éclairer le juge au moment de la prise des décisions : d’où l’appréciation souveraine du juge.
C- La coutume (ou les usages)
La coutume est une pratique qui, constamment répétée par les habitudes, en raison de leur
application régulière, acquiert une force obligatoire aux yeux des membres du groupe social.
Pour qu’il y ait coutume, il faut la réunion de deux éléments :
- un élément matériel : qui est l’habitude prolongée d’une pratique, et
- un élément psychologique qui est la croyance du caractère obligatoire de cette pratique.

TITRE I : LES JURIDICTIONS IVOIRIENNES


Les rapports entre les individus entraînent inévitablement des conflits. En cas de
survenance de conflit entre les parties, si celles-ci ne trouvent pas de solutions amiables à
leur litige, elles devront avoir recours au juge. Le rôle du juge consiste à trancher les litiges
et à sanctionner les personnes qui ne respectent pas les règles de droit.
Trois points essentiels constitueront les axes majeurs de notre étude : l’organisation des
juridictions ivoiriennes ; la procédure judiciaire et les voies de recours, et le personnel
judiciaire.

Chapitre 1 :
L’ORGANISATION JUDICIAIRE EN COTE D’IVOIRE
Selon la constitution ivoirienne en son article 143, la justice est rendue sur tout le territoire
national, au nom du peuple ivoirien, par les juridictions ivoiriennes.
Comment le système judiciaire ivoirien est-il organisé ?
Avant d’aborder cette question, il convient de visiter les grands principes de l’ordre
judiciaire.

SECTION I : LES GRANDS PRINCIPES DE L’ORDRE JUDICIAIRE


Il s’agit des principes fondamentaux qui gouvernent l’organisation des tribunaux et les
principes de la justice.
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Paragraphe 1- Les principes fondamentaux de l’organisation judiciaire


A- L’unité de juridiction
Ce principe signifie qu’en côte d’ivoire, les mêmes magistrats sont compétents pour
connaitre de tous les litiges. Ils sont juges de droit commun.

B- Le double degré de juridiction


C’est le droit d’être jugé deux fois pour la même affaire. Ainsi, tout justiciable peut, en effet,
recourir deux fois de suite à la justice pour la même affaire, la première fois en s’adressant
à une juridiction dite du « premier degré », la seconde fois à une juridiction du « second
degré », l’objectif étant, pour lui, de tenter d’obtenir, lors du second examen, une décision
qui lui soit plus favorable. Le système ivoirien prévoit néanmoins une exception à ce grand
principe : les jugements rendus en « dernier ressort » (affaires d’un faible montant).

C- La collégialité des juges


La justice est rendue par un collège de juges. Ce collège statue au moins à 3 magistrats
sur la décision à prendre.

Paragraphe 2 : Les grands principes de la justice

A- L’égalité des justiciables


Ce principe signifie que les citoyens sont libres et égaux en droit. L’accès à la justice et les
règles de procédure sont donc les mêmes pour tous. Le principe d’égalité devant la justice
interdit toute discrimination entre les justiciables se trouvant dans la même situation. Ce
qui n’a pas été toujours le cas.
B- La gratuité de la justice
En principe, la justice est gratuite. Les juges sont des fonctionnaires rémunérés par l’Etat.
Les justiciables peuvent saisir le juge sans frais. Dans la pratique, engager une action en
justice entraine des frais : frais d’huissier en cas d’assignation, honoraires d’Avocats, frais
d’enrôlement, etc. Les personnes démunies de ressources suffisantes hésitent souvent à
saisir les tribunaux pour des raisons purement économiques. Ce qui pose un réel problème
quant à l’égalité d’accès devant la justice.

C- La contradiction, principe général du droit


En principe, tout jugement est le résultat d’une confrontation entre chacune des parties en
cause, lesquelles doivent être en mesure de discuter et de contredire les prétentions, les
moyens et les arguments qui leur sont opposés. Si le juge était admis à se prononcer sur les
seuls moyens invoqués par l’une des parties, sans que la possibilité ait été offerte à son
adversaire de les défendre, il serait à craindre que la décision du juge ne soit faussée et,
pour tout dire, orientée dans un sens favorable à celui qui a été entendu. Par définition,
l’œuvre de justice est une œuvre de confrontation. Ce principe est peut-être l’un des plus
fondamentaux de tous.

SECTION II : LES DIFFERENTES JURIDICTIONS


Il existe deux degrés de juridiction en Côte d’ivoire
Paragraphe 1- Les juridiction de premier degré
Les tribunaux de première instance (TPI) sont des juridictions de droit commun et de
premier degré. Ils sont compétents pour connaitre de toutes les affaires civiles,
commerciales, fiscales, pénales et administratives non attribuées à une juridiction
spécialisée.
Les décisions de ces tribunaux sont appelées "jugements". Les jugements peuvent être
rendus en premier ou en dernier ressort. Lorsque le jugement est rendu en premier ressort,
le jugement est susceptible de recours devant les juges d’Appel. Mais si le jugement est
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rendu en premier et dernier ressort, le recours en appel est impossible. Seul, le recours en
cassation est possible, c’est-à-dire le recours devant le juge de la Cour Suprême.
Les parties en première instance sont le demandeur d’un côté et le défendeur de l’autre. Le
demandeur est celui qui prend l’initiative d’engager ou intente l’action en justice. Le
défendeur est la personne contre laquelle l’action en justice est exercée.
La Côte d’Ivoire compte 9 Tribunaux de 1ère Instance et plusieurs sections détachées. Les
sections détachées permettent de rapprocher la justice des justiciables.
Les Tribunaux de Première Instance se composent traditionnellement de juridictions civiles
et pénales.

A- Les juridictions civiles


Les tribunaux civils connaissent des affaires dans lesquelles il n’a, pas été causé de trouble
à l’ordre public, mais seulement un préjudice à tel ou tel personne ou particulier. Ces
juridictions jugent les litiges entre particuliers en matière civile notamment le divorce,
l’adoption, la filiation, la succession, l’exécution des contrats, la pension alimentaire et toutes
les questions touchant aux droits de la famille, aux droits patrimoniaux, etc.
Le litige est alors résolu par une réparation pécuniaire qui est une condamnation au paiement
d’une somme d’argent, à la victime, sous forme de dommages et intérêts.
B- Les juridictions répressives ou pénales
Les juridictions répressives ou pénales sanctionnent les infractions aux règles de droit
(contravention, délits, crime) commis par les individus :
- les tribunaux de police qui statuent en matière de contravention. Leurs décisions ne sont
pas susceptibles d’appel ;
- les tribunaux correctionnels qui statuent en matière de délit tels que le vol, l’abus de
confiance ou l’escroquerie.
L’affaire en justice est résolue en la matière par la sanction pénale qui peut être une peine
d’amende (versement d’une somme d’argent) ou une peine d’emprisonnement.

Paragraphe 2- Les juridictions de second degré : les Cours d’Appel


Ce sont des juridictions de droit commun de second degré qui statuent sur les décisions
rendues en premier ressort par tous les tribunaux de première instance. Sa compétence est
d’examiner et de rejuger l’ensemble de l’affaire à elle soumise. Ses décisions sont appelées
"arrêts".
On dit que la partie qui saisit le juge d’appel, interjette appel ou fait appel. La partie qui prend
l’initiative de faire appel est appelée l’appelant. La partie contre laquelle l’action en appel est
exercée est appelée l’intimé.
La côte d’ivoire compte trois Cours d’Appel : Abidjan, Bouaké et Daloa.

Paragraphe 3- La Cour Suprême


C’est la plus haute juridiction ivoirienne. Il existe une seule cour suprême pour toute la
République de Côte d’Ivoire. La cour suprême n’est pas un 3e degré de juridiction parce qu’elle
ne rejuge pas les affaires à elle soumises. Sa vocation essentielle est de veiller à la stricte
application des lois par l’ensemble des juridictions. Elle juge les décisions rendues et non les
affaires elles-mêmes. Elle vérifie que les tribunaux ou les cours d’appel, dont la décision est
contestée ont correctement appliqué la loi. C’est pourquoi, l’on dit que la cour suprême est
juge des lois.
Le juge de la cour suprême est saisi par un pourvoi. La partie non satisfaite qui saisit le juge
de la cour suprême d’une décision rendue par les juridictions inférieures est appelé le
demandeur. On dit qu’elle se pourvoi en cassation. La partie contre laquelle le pourvoi est
exercé est appelée le défendeur.
Les décisions rendues par la cour suprême sont appelées "arrêts".
Avec la constitution ivoirienne de 2016, la Cour Suprême comprend :
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A- La Cour de Cassation
La cour de cassation est la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire. Elle statue
souverainement sur les recours en cassation contre les décisions rendues par les Cours
d’Appel et les TPI en premier et dernier ressort en matières civiles, commerciales et pénales.

B- Le Conseil d’Etat
Il est la plus haute juridiction de l’ordre administratif, c’est-à-dire une procédure dans
laquelle l’Etat est partie. Il statue souverainement sur les décisions rendues en premier et
dernier ressort par les tribunaux administratifs et par les juridictions spécialisées en matière
de contentieux administratifs. Il connaît également en premier et dernier ressort des recours
en annulation pour excès de pouvoir formés contre les décisions des autorités
administratives.

SECTION III : LES JURIDICTIONS D’EXCEPTION


Ces juridictions ne connaissent que des affaires qui leur ont été expression attribué par la
loi : ce sont des juridictions auxquelles la loi attribue compétence dans des matières bien
déterminées. Nous pouvons compter :
Paragraphe 1- Le tribunal du travail
Il est chargé de statuer sur les différends entre employeur et employé à l’occasion d’un contrat
de travail. Le tribunal du travail est une juridiction de premier degré.
Paragraphe 2- La cour d’assises
C’est une juridiction pénale de second degré, compétente en premier et dernier ressort pour
juger les crimes. Elle est inhérente et n’a pas de siège. Les assises se tiennent au siège du
TPI. Elle est composée de 3 magistrats et d’un jury de 9 membres.

Paragraphe 3- Le conseil constitutionnel


Il est juge de la constitutionnalité des lois, c’est-à-dire contrôle la conformité des lois, des
règlements administratifs et des traités internationaux à la constitution. Il contrôle également
la régularité des opérations de référendum ainsi que des élections présidentielles et
parlementaires. Il statue sur l’éligibilité des candidats à l’élection présidentielle et
parlementaire.

Paragraphe 4- Le tribunal militaire


Il est compétent pour connaitre des délits et crimes commis par des militaires dans l’exercice
de leurs fonctions. Il existe trois tribunaux militaires : Abidjan, Bouaké, Daloa.

Chapitre 2 :
LA PROCEDURE JUDICIAIRE ET LES VOIES DE RECOURS
Nous verrons la procédure judiciaire, d’une part et les voies de recours, d’autre part.

SECTION I : LA PROCEDURE JUDICIAIRE


La procédure judiciaire est l’ensemble des règles qui gouverne l’organisation et le
fonctionnement de la justice afin d’assurer aux individus la mise en oeuvre de leurs droits
subjectifs. Ainsi, en cas de survenance d’un litige, il se pose la question de savoir quelle
juridiction faut-il saisir ? Et comment faut-il la saisir ?
Parler donc de procédure judiciaire, revient à déterminer le tribunal compétent et les modes
de saisine des tribunaux.
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Paragraphe 1- Les règles de compétence des tribunaux


la compétence peut être définie comme l’aptitude d’un tribunal à connaître une affaire.
C’est en quelque sorte l’étendue du pouvoir de juger reconnue à chaque juridiction. La loi
a fixé les règles de compétence des tribunaux.
A- La compétence d’attribution
1- La compétence d’attribution des TPI et leurs sections détachées
Les tribunaux de première instance sont compétents pour connaître de toutes les affaires
civiles, commerciales, fiscales, administratives pour lesquelles compétence n’est pas
expressément attribuée à une autre juridiction.
2- La compétence d’attribution des Cours d’Appel
La Cour d'Appel statue sur les décisions rendues en premier ressort par toutes les juridictions
de première instance, sauf si la loi en décide autrement.

B- La compétence territoriale
En principe, le tribunal territorialement compétent est celui du domicile du défendeur et en
l’absence de domicile celui de la résidence.
De façon exceptionnelle :
- en matière de pension alimentaire, celui du domicile du demandeur ;
- en matière d'immeuble, celui du domicile de l’immeuble ou du lieu de situation ;
- en matière de succession, celui du lieu d’ouverture de la succession.
- en matière commerciale, le tribunal compétent est au choix du demandeur, soit celui du
domicile du défendeur ou à défaut, sa résidence, soit le lieu de livraison de la marchandise,
soit le lieu où le paiement a été effectué.
Paragraphe 2- L’action en justice (la saisine des tribunaux)
L’action en justice est le pouvoir reconnu aux particuliers de s’adresser à la justice pour
obtenir le respect de leurs droits subjectifs. Cette action se traduit d’une manière concrète
par un acte appelé « la demande en justice ». La question que l’on peut se poser est de savoir
comment saisir matériellement le juge. En clair, il s’agit des modes de saisine des
juridictions ; c’est-à-dire les actes par lesquels les juridictions sont concrètement et
officiellement saisies d’une affaire. Mais la saisine du juge est subordonnée à certaines
conditions.

A- Les conditions de l’exercice de l’action en justice


Pour exercer une action en justice, toute personne doit avoir la capacité, la qualité et un
intérêt pour agir.
1- La capacité
En principe, pour pouvoir ester en justice, il faut être capable juridiquement, c’est-à-dire être
majeur. En effet, la demande en justice n’est régulièrement formée que si son titulaire a la
capacité juridique, autrement dit s’il est majeur. Exceptionnellement, le mineur émancipé est
capable juridiquement comme les majeurs "de tous les actes de la vie civile".
2- La qualité pour agir
La qualité est le titre qui donne à une personne le pouvoir d’agir en justice. Il faut comprendre
qu’en matière de justice, que nul ne peut agir pour le compte d’autrui sans un titre qui lui
en donne le pouvoir. Ainsi, par ex. pour le mineur non émancipé qui ne peut pas agir en
justice par lui-même, son représentant légal ou son tuteur a la qualité pour agir à sa place.

3- L’intérêt pour agir


La personne qui forme une demande en justice doit justifier d’un intérêt : "pas d’intérêt pas
d’action". Cet intérêt doit être légitime, juridiquement protégé, direct et personnel. Si le juge
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estime que l’action n’est pas susceptible d’offrir une certaine utilité au demandeur, la
demande est déclarée irrecevable et peut être rejetée.
Si toutes ces conditions sont réunies, alors par quel acte peut-on saisir les tribunaux ?

B- La saisine des tribunaux


La loi prévoit trois modes de saisine.
1- L’Assignation
L’assignation est un exploit d’huissier de justice par lequel le demandeur cite son adversaire
à comparaître devant le juge. L’assignation doit être signifiée à la personne assignée, c’est-à-
dire portée à la connaissance du défendeur par l’huissier de justice pour l’informer qu’une
action est engagée en justice contre lui.
2- La Requête
La requête est une demande écrite ou verbale adressée par le demandeur en personne ou son
représentant au greffe du tribunal compétent et qui permet de saisir directement le juge.
Cette requête n’est introduite que dans les affaires dont l’intérêt pécuniaire n’excède pas la
somme de 500.000f.
3- La Comparution volontaire
Selon l’art. 39 du code de procédure civile, les parties peuvent sans assignation ni requête se
présenter volontairement devant la juridiction compétente pour y être jugées. Ce mode est
très rare en pratique.

C- Le déroulement de l’instance et le jugement


Après l’enrôlement de l’affaire et la consignation, le greffier constitue un dossier qu’il complète
au fur et à mesure. Puis le président du tribunal désigne par ordonnance un juge de mise en
état qui a pour rôle essentiel de faire la lumière sur les faits du litige et de contrôler la bonne
marche du procès. A cet effet, celui-ci convoque les parties, veille à l’échange des pièces entre
elle, ordonne les mesures d’instructions (enquête, expertise). Lorsque l’affaire est en l’état
d’être jugée, le juge de la mise en l’état prend une ordonnance de clôture et communique le
dossier au président du tribunal qui fixe le jour de l’audience. Le jour de l’audience, les parties
sont admises à plaider. Elles le font, en principe, par le biais de leurs avocats. Après l’examen
du dossier et les plaidoiries, les juges délibèrent sur l’affaire et rendent une décision.
Cependant, peut-on faire grief contre une décision rendue par les tribunaux ?

SECTION II : LES VOIES DE RECOURS


Les recours sont des voies de droit destinées à remettre en cause une décision de justice.
Ainsi, selon le principe du double degré de juridiction, tout plaideur mécontent d’une décision
rendue par les juges du premier degré peut s’adresser à une juridiction de second degré. Ce
principe apparait comme une garantie de bonne justice. Les plus usuels sont :

Paragraphe 1- L’opposition
Elle est la voie de recours ouverte au plaideur condamné par défaut. La condamnation par
défaut suppose que le condamné n’a pas eu connaissance de l’acte introductif d’instance,
c’est-à-dire de l’action qui a été engagée contre lui. Il n’a pas, personnellement ou par son
représentant, comparu à un moment quelconque du procès. L’opposition permet donc au
condamné par défaut de saisir la juridiction qui a rendu la décision pour un nouveau
jugement. Le délai pour faire opposition est de 15 jours à partir de la signification de la
décision à l’intéressé. Ce délai est augmenté de 15 jours si celui-ci est domicilié dans un autre
ressort territorial et de 2 mois s’il vit hors du territoire de la république.

Paragraphe 2- L’appel
L’appel est une voie de recours par laquelle la partie non satisfaite, sollicite de la cour d'appel,
un nouvel examen du jugement rendu par les tribunaux de 1ère instance en premier ressort.
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L’appel doit être interjeté devant la cour d’appel dans un délai de :


- 20 jours à compter de la date de la décision rendue par les tribunaux correctionnels ; et
- 1 mois à compter du jour de la signification de la décision rendue par les tribunaux civils.
L'appel est formé par exploit d'huissier. L’opposition et l’appel forment les voies de recours
ordinaires. Les jugements pour lesquels il est impossible de faire appels sont appelés
jugements en dernier ressort. Ainsi en cas de jugement en dernier ressort, seul le recours
devant le juge de la cour suprême est possible.

Paragraphe 3- Le pourvoi en cassation


C’est la voie de recours qui est offerte à un plaignant, de faire examiner par la cour suprême
un arrêt de la cour d’appel ou un jugement rendu en premier et dernier ressort par les TPI.
En effet, la partie qui conteste la décision des juges inferieurs, peut intenter une action devant
la cour suprême en vue de faire annuler la décision. La cassation ne pourra porter que sur
des points strictement juridiques (à la différence de l’appel qui permet d’obtenir qu’un procès
soit rejugé complètement) :
- si la cour estime que les juridictions inférieures ont bien appliqué le droit, elle prend un
arrêt de rejet. Dans ce cas, la cour rejette le pourvoi et la décision devient définitive ;
- si elle estime qu’il y a eu une erreur juridique, c’est-à-dire que si les juges de fonds ont
rendu leurs décisions en violation du droit, la cour prend un arrêt de cassation : elle casse
cette décision. Dans ce cas, elle annule la décision et la renvoie soit devant une nouvelle cour
expressément désignée d’un niveau identique à celle dont la révision a été cassée, soit devant
la même juridiction qui a statué autrement composée.
En matière civile, le pourvoi doit être exercé dans le délai d’un mois à compter du jour de la signification de la
décision entreprise. En matière correctionnelle le délai est de 5 jours francs à compter du jour où la décision
attaquée a été prononcée.

Chapitre 3 :
LES PERSONNES INTERVENANT DANS L’APPAREIL JUDICIAIRE
Plusieurs personnes animent la vie judiciaire. Elles sont appelées les agents de justice
réparties en deux catégories : le personnel judiciaire et les auxiliaires de justice.

SECTION I : LE PERSONNEL JUDICIAIRE


Il est composé des magistrats et des greffiers.
Paragraphe 1- Les magistrats
Les magistrats appartiennent à un seul corps parce qu’ils ont tous suivi la même formation.
Cependant, pour l’application effective de la loi, le statut de la magistrature distingue deux
types de magistrats :
- les magistrats du siège ou "les magistrats assis" et
- les magistrats du parquet ou "les magistrats debout".
A- Les magistrats du siège
Ils restent assis lors des procès. Ils jugent les personnes qui ont commis des infractions et
tranchent les litiges portés devant eux. Les magistrats du siège sont indépendants et
inamovibles, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent être déplacés contre leur gré, révoqués ou punis
qu’en vertu d’une procédure spéciale. En un mot, les magistrats du siège rendent des
décisions de justice en toute indépendance.
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COURS DE DROIT CIVIL : Licence Professionnelle 1ère Année

B- Les magistrats du parquet ou magistrat du ministère public


Ceux-ci forment la magistrature debout parce qu’ils requièrent la justice débout, c’est-à-dire
qu’ils se lèvent pour s’adresser au tribunal. En effet, le parquet désigne l’ensemble des
magistrats chargés de requérir l’application de la loi et de veiller aux intérêts généraux de la
société et au respect de l’ordre public. En ce sens, ils sont chargés d’engager des poursuites
judiciaires contre tout prévenu au nom de la société et de requérir des sanctions en matière
pénale. En matière civile, ils peuvent prendre des réquisitions et cela en fonction de l'intérêt
et de la nature du litige. Ils sont désignés par les termes Procureur ou Substituts du
procureur. Contrairement aux magistrats du siège, les magistrats du parquet reçoivent des
instructions de leurs supérieurs hiérarchiques.
Paragraphe 2- Les Greffiers
C’est la mémoire écrite de toutes les activités du tribunal. Le greffier transcrit par écrit les
débats de l’audience, dresse les procès-verbaux et rédige les décisions du tribunal. Avant
cela, il constitue les dossiers pour les juges ; reçoit les demandes en justice, recueille les
déclarations des justiciables et délivre les copies des jugements. Le greffier est en quelque
sorte un assistant des juges. Il garantit aussi l’authenticité des décisions du juge ; car tout
jugement rendu en son absence peut être annulé pour vice de forme.

SECTION II : LES AUXILIAIRES DE JUSTICE


Ce sont des hommes de loi pour certains et non pour d’autres. Leur mission est destinée à
faciliter la marche des instances et la bonne administration de la justice.
Paragraphe 1- Les officiers ministériels
On les appelle officiers ministériels parce qu’ils sont titulaires d’une charge publique.

A- L’Avocat
L’avocat exerce une profession libérale et indépendante. Il a pour rôle de défendre ses clients
pour toute affaire civile, pénale ou même dans le cadre professionnel. L’Avocat joue également
le rôle de conseiller et de représentation de son client pour sa défense.
B- L’Huissier de justice
L’Huissier de justice est au début et à la fin d’une procédure de justice. C’est par lui que l’on
saisit généralement le juge. Constitue l’exercice de la profession d’huissier tout acte qui a
pour objet : de signifier les actes de procédures émanant de tout tribunal ; de mettre à
exécuter les décisions de justice ayant force exécutoire (jugement, saisie, expulsion, etc.) ; et
d’exercer toute autre fonction qui est dévolue à l’huissier en vertu de la loi ou par un tribunal
notamment : de recouvrer amiablement une créance à la demande d’un client ; d’effectuer
des constatations de tout fait purement matériel à la demande du tribunal ou d’un particulier.
Ces constatations n’ont qu’une valeur de simple renseignement.
C- Le Notaire
Le notaire a pour mission de rédiger les actes authentiques. A ce titre, il rédige les testaments
en matière d’héritage ou de succession ; il établit les statuts des sociétés. Le notaire
intervient aussi dans l’immobilier (transactions immobilières). Les actes rédigés devant un
notaire font foi jusqu’à preuve du contraire.
D- Les Commissaires-Priseurs
Ils sont chargés des ventes aux enchères publiques des biens saisis du débiteur, et de
remettre le prix de vente des biens à ceux pour qui la saisie a été opérée.
Paragraphe 2- Les officiers non ministériels
A- Les techniciens ou experts judiciaires
Ils travaillent avec les magistrats au cours des procès. Ce sont des spécialistes ou experts
désignés dans des domaines déterminés par le tribunal et qui apportent dans la pratique des
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informations précises afin de guider les juges dans la prise des décisions de justice.
B- Les séquestres
Ce sont des personnes désignées par la justice ou par des particuliers pour assurer la
conservation d’un bien qui fait l’objet d’un procès, jusqu’à la remise à son titulaire.
C- Les syndics
Ce sont des personnes désignées par le tribunal lorsqu’un débiteur fait l’objet d’une liquation
de biens.

D- Les administrateurs judiciaires


Ce sont des personnes désignées par la justice pour gérer les biens d’un incapable, d’un
absent.

Paragraphe 3- Les particuliers

A- Les jurés
Les jurés sont des personnes qui aident le juges à délibérer la culpabilité du mis en cause et
les peines applicables.
B- Les témoins
Ce sont des personnes invités à témoigner dans le cadre d’une enquête, sur les faits dont
elles ont eu personnellement connaissance, après avoir prêté serment de dire la vérité.

TITRE II : LES PERSONNES JURIDIQUES


La loi distingue deux catégories de personnes :
- d’une part, les personnes physiques, c’est-à-dire les êtres humains, et
- d’autre part, les personnes morales qui sont des groupements de personnes physiques que
le droit assimile à une personne. Ex : une association, une société commerciale, etc.
Nous verrons les personnes physiques (sous-titre 1) et les personnes morales (sous-titre 2).

SOUS-TITRE 1 : LES PERSONNES PHYSIQUES


Les différents droits subjectifs sont exercés par les personnes physiques que sont les êtres
humains, les individus. Toute personne a la qualité de sujet de droit, c’est-à-dire vocation à
acquérir des droits et d’assumer des obligations.
Dans le cadre de cette étude, nous étudierons plusieurs notions s’y rapportant.

Chapitre 1 :
LA PERSONNALITE JURIDIQUE
En droit ivoirien, tous les êtres humains ont la personnalité juridique.
La personnalité juridique est l'aptitude d’une personne à être titulaire de droits (ou à avoir
des droits) et à être soumis à des obligations. Cette personnalité est inhérente à l’homme.
La personnalité a un début et une fin.
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SECTION I : COMMENCEMENT DE LA PERSONNALITE JURIDIQUE


Certes, tout être humain est sujet de droit, et donc a la personnalité juridique, mais encore
faut-il savoir quand commence-t-elle ?
En la matière, il existe un principe et une exception.

Paragraphe 1- Le principe
En principe, la personnalité juridique commence à la naissance. Car, la personnalité étant
liée à la vie humaine, il en résulte que c’est à partir de la naissance que l’homme commence
à être sujet de droit, c’est-à-dire à avoir des droits à condition qu’il naisse vivant et viable.
Naitre vivant, c’est respirer après l’accouchement. Un enfant viable est celui qui possède tous
les organes essentiels à l’existence.
Ce principe connait, cependant, une exception.

Paragraphe 2- L'exception
Elle se résume dans l’adage "Infans conceptus".
A- L’adage infans conceptus
Selon cette règle, l'enfant simplement conçu est réputé né chaque fois que son intérêt l’exige.
Ainsi, si tel est l’intérêt de l’enfant, celui-ci peut acquérir des droits dès le moment de sa
conception. L’enfant simplement conçu, quoique non encore né, est déjà apte à être sujet de
droit, notamment à être héritier en cas de décès du père. La loi admet donc que l’enfant conçu
ait des droits dès sa conception, c’est-à-dire qu’il était doté dès cet instant de la personnalité
juridique. Mais, encore faut-il que l’enfant naisse vivant et viable. Dans le cas contraire, la
personnalité est censée n’avoir jamais existée .
Il faut faire remarquer que la personnalité de l’enfant ne joue qu’en sa faveur.
Mais comment déterminer la date de conception ?

B- La date de conception
La personnalité de l’enfant simplement conçu étant reportée à la date de conception, un
problème de preuve de la paternité de l’enfant conçu se pose. Cette preuve étant difficile à
rapporter, malgré les progrès de la médecine, la loi a établi une période au cours de laquelle
l’enfant est présumé conçu. Cette période de conception est comprise entre le 300e et le 180e
jour avant la naissance de l’enfant. Cet intervalle de temps est appelé la "Période Légale de
Conception". Ainsi, le jour de la fécondité va être établi en ayant recours à cette règle.
De façon générale, il faut partir de la date de la naissance et remonter au 300e et au 180e jour
pour déterminer la conception présumée de l’enfant.

Si la personnalité commence à la naissance, à quel moment peut-elle prendre fin ?

SECTION II : LA FIN DE LA PERSONNALITE JURIDIQUE


La personnalité dure autant que la vie humaine et disparaît au décès de l’individu. C’est-à-
dire que la personnalité finit avec la mort. Mais il y a des cas où il est difficile de savoir si la
personne est morte ou vivante.

Paragraphe 1 : La fin de la personnalité


A- Le principe
En principe, la personnalité juridique prend fin avec la mort. Autrement dit, la mort fait cesser
la personnalité. Il s’agit de la mort physique constatée matériellement par les médecins. La
personnalité prend fin à compter de la constatation officielle de la mort par l’officier de l’état
civil. En fait, la constatation est faite à partir de la déclaration de décès par les parents du
défunt. A partir de cet instant, la personne décédée ne peut plus être titulaire de droit, ni être
tenu d’obligations.
Mais, cette règle connait des tempéraments.
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B- La prolongation de la personnalité après la mort


La fin de la personnalité n’est pas absolue après la mort. Il est admis une prolongation après
la mort notamment dans les cas suivants :
- testament : lorsqu’il s’agit d’exécuter les dernières volontés du défunt contenues dans son
testament. Ce qui implique que sa volonté produit des effets après sa mort.
- héritage : de façon générale, les droits d’une personne décédée sont transmis dès le moment
du décès à ses héritiers qui sont censés "continuer sa personne". C’est pourquoi, les héritiers
qui recueillent la succession du défunt sont tenus au remboursement des dettes contractées
par celui-ci. C’est également en vertu de la continuité de la personnalité du défunt, que les
héritiers peuvent défendre sa mémoire contre tout acte tendant à la souiller.

Cependant, ce qui est simple quand la mort est certaine, devient complexe quand il y a
incertitude sur l’existence de l’individu.

Paragraphe 2- L’incertitude sur l’existence de la personne physique


Il s’agit de l’absence et de la disparition.
A- L’absence (Art.112 à 140 Code Civil)
Au sens juridique du terme, l'absence est l'état de l’individu dont on ne sait s’il est mort ou
vivant pour avoir quitté son domicile sans donner de nouvelles pendant une période plus ou
moins longue. Autrement dit, un individu est absent lorsqu’il quitte son domicile sans donner
de nouvelle pendant longtemps. L’idée de base du régime de l’absence est que l’absent ne doit
jamais être considéré comme décédé, car il peut revenir à tout moment.
C’est pourquoi, le régime de l’absence laisse entrevoir 2 hypothèses : la situation pendant
l’absence et le retour de l’absent.

1- La situation pendant l’absence


Plusieurs personnes sont intéressées par la situation créée par l’absent : le conjoint, les
enfants, le locataire, les créanciers. Et puis, il y a la situation des biens laissés par l’absent.
Il y a lieu donc d’examiner les conséquences de l’absence aussi bien au niveau des personnes
qu’au niveau des biens.
a. Les effets de l’absence par rapport aux personnes
- en ce qui concerne le mariage : il y a lieu de noter que le mariage de l’absent subsiste
malgré la durée de l’absence. En conséquence, le conjoint ne peut contracter un autre
mariage sous peine de bigamie.
- en ce qui concerne les enfants ; aucun problème ne se pose au sujet des enfants nés
avant l’absence. Quant aux enfants nés pendant l’absence, la question se pose du sort de ces
enfants du fait que la femme accouche plus tard. Pour répondre à cette difficulté, une
distinction est faite par la loi selon que l’enfant naît moins de 300 jours ou plus de 300 jours
après l’absence. Aux termes de l’art.3 al.1 de la loi relative à la filiation, l’enfant est couvert
par la présomption de paternité lorsqu’il naît moins de 300 jours depuis l’absence. Dans ce
cas, il est présumé enfant de l’absent. Dans le cas contraire, c’est-à-dire lorsque l’enfant est
né plus de 300 jours, la présomption de paternité ne joue plus. L’absent n’est donc pas le
père.
b. Les effets de l’absence par rapport aux biens
Cette situation suppose que l’absent a laissé des biens. Dans ces conditions trois hypothèses
sont prévues et correspondent à des périodes.
- 1ère période : la présomption d'absence
Il y a présomption d’absence lorsqu’une personne a cessé de paraître au lieu de son domicile
ou de sa résidence sans que l’on ait eu de ses nouvelles. Cette période doit être judiciairement
déclarée par le tribunal de première instance du domicile ou de la résidence de l’absent sur
requête des parties intéressées ou du procureur de la République. Elle dure 4 ou 10 ans,
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suivant que l’absent n’a pas ou a laissé un mandataire. Cette décision aura pour effet de
nommer un administrateur de tout ou partie des biens laissés par le présumé absent. Cette
période prend fin dans les cas suivants : le retour de l’absent ; la preuve de son décès ; à
l’issu d’une période de 4 ou 10 ans, par un jugement déclaratif d’absence.
- 2e période : la période d’absence déclarée ou
période de l’envoi en possession provisoire
Cette période s’ouvre à l’expiration de la précédente et dure 30 ans. Elle est déclarée par le
tribunal de 1ère instance, à la demande de toute personne intéressée ou du procureur de la
république, dans un délai de 4 ans si l’absent n’a pas laissé de mandataire ou de 10 ans s’il
en a laissé un. Le tribunal va déclarer l’absence après avoir ordonné une enquête. C’est
seulement un an après le jugement ayant ordonné l’enquête que l’absence pourra être
prononcée par le tribunal. C’est dire que dans le cas de 4 ans, l’absence dure 5 ans et dans
l’autre cas environ 11 ans. Le jugement déclaratif d’absence a pour effet de répartir
provisoirement les biens de l'absent entre ses héritiers présomptifs. En droit ivoirien, les
héritiers présomptifs ne sont pas propriétaires. Ils peuvent jouir des biens pendant un délai
de 30 ans, mais ils ne peuvent en disposer.
- 3e période : la période de l’envoi en possession définitive
Dans cette période, le décès est presque consommé, voire certain. La possession provisoire
va être rendue définitive. En effet, les mesures provisoires arrêtées pendant la 2e période
seront définitives, mais non irrévocable. L’envoi en possession définitive commence soit 30
ans après l’envoi en possession provisoire, soit 100 ans après la naissance de l'absent. Cette
période est prononcée par le Tribunal, sur demande des intéressés. Dans ce cas, on traitera
l’absent comme s’il était mort, mais son décès ne sera jamais déclaré. Ses biens sont transmis
à ses héritiers qui pourront les disposer. Il faut noter qu’il n’y a pas d’ouverture à la
succession, sauf si le décès est prouvé.
Mais, que se passera-t-il en cas de retour de l’absent ?

2- Le retour de l’absent
Le retour de l’absent peut intervenir à n’importe quel moment des périodes de l’absence. C’est
ainsi que, lorsque l’absent réapparaît, celui-ci peut demander l’annulation du jugement
déclaratif d’absence. Dans ce cas, les effets du jugement déclaratif cessent. Il en va de même
lorsque l’existence de l’absent est prouvée pendant l’envoi provisoire. De même, l’absent qui
réapparaît, recouvre ses biens dans l’état où il les trouve. S’ils ont été aliénés, il retrouve le
prix, ou les biens acquis en remploi de ce prix.
Quant à son conjoint, l’absent peut demander la nullité du mariage si le conjoint s’est marié.
Ce qui signifie que le mariage de l’absent subsiste. Il peut, s’il l’estime, faire une action en
désaveu pour renier sa paternité pour les enfants nés pendant son absence.

B- La disparition
La disparition est l’état de l’individu dont le corps (le cadavre) n’a pas été retrouvé, alors qu’il
se trouvait dans des circonstances de nature à rendre probable son décès. Les circonstances
dans lesquelles peuvent survenir une disparition sont les hypothèses de catastrophes ou de
phénomènes naturels, les accidents, les naufrages.
Dans la disparition, le décès de la personne est presque certain, mais puisqu’on n’a jamais
retrouvé son corps, on ne peut donc pas dresser un acte de décès.
Deux situations sont prévues à travers le régime de la disparition : la situation pendant la
disparition et le retour du disparu.

1- La situation pendant la disparition : la déclaration judiciaire de décès


Lorsqu’une personne est disparue, la loi prévoit une procédure de déclaration de décès
devant les tribunaux. La saisine du tribunal se fait sur requête du Procureur de la
République ou des parties intéressées à savoir parents, héritiers, conjoint, créancier, etc.
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Le tribunal compétent est fonction du lieu de survenance de l'événement à l'origine de la


disparition.
- lorsque la disparition a eu lieu en Côte d’Ivoire, le tribunal compétent est celui du lieu de
disparition.
- lorsque la disparition a eu lieu à l'étranger, le tribunal compétent est celui du domicile ou
de la dernière résidence du disparu ou le tribunal du port d'attache de l'aéronef ou du
navire transportant le disparu. Un port d’attache est le lieu où le navire ou l’aéronef est
immatriculé.
- à défaut de tout autre, et s’il s’agit d’un ivoirien, le tribunal compétent est celui d'Abidjan.
Le tribunal ainsi saisi va rendre un jugement déclaratif de décès après avoir ordonné une
enquête sur les circonstances de la disparition notamment s’il estime que le décès n’est pas
suffisamment établi. Le jugement déclaratif tient lieu d’acte de décès et transcrit sur les
registres de l’état civil. A partir de cet instant, le disparu sera considéré comme mort. Son
mariage sera dissous et sa succession ouverte.
2- Le retour du disparu
Conformément à l’art.69 du code civil, si celui dont le décès a été judiciairement déclaré
réapparaît, le procureur de la République ou tout intéressé peut faire annuler le jugement
déclaratif de décès.
- le disparu retrouve sa personnalité juridique ;
- il recouvre ses biens dans l’état où il se trouve, ainsi que le prix des biens qui ont été aliénés
et ceux acquis en emploi ;
- le régime matrimonial auquel le jugement déclaratif avait mis fin reprend son cours sans
porter atteinte aux droits acquis par des personnes autres que le conjoint, les héritiers,
légataires, ou titulaires de droit dont l’acquisition était subordonnée au décès du disparu.
Cependant, on peut se demander si le mariage reprend du fait du rétablissement du régime
matrimonial ? Sur ce point, nous pensons qu’il faut situer ce rétablissement dans son
contexte. Il n’est concevable que dans la mesure où il n’y a pas de liquidation de biens ou
lorsqu’elle n’est pas encore devenue définitive. Ainsi, on peut rétablir le régime pour les
besoins de la liquidation et non pour faire survivre le mariage. L’admettre reviendrait à dire
que le conjoint du disparu ne peut pas se remarier, alors que le jugement vaut acte de décès
et donc entraine dissolution du mariage. L’absent n’est-il pas différent du disparu ? Il y a
donc lieu de revoir les dispositions légales en la matière pour éviter toute interprétation qui
viderait le régime de la disparition de son contenu et de ses objectifs.

Chapitre 2 :
IDENTIFICATION DES PERSONNES PHYSIQUES
Les personnes physiques doivent pouvoir être identifiées, c’est-à-dire distinguées de leurs
semblables. A cet effet, il existe des signes distinctifs qui permettent de distinguer chaque
homme de ses semblables. Il y a :
- le nom qui désigne la personne ;
- le rattachement à un lieu : le domicile qui la situe dans l’espace ;
- la nationalité qui la rattache à un Etat.

SECTION I : LE NOM DES PERSONNES PHYSIQUES


Le nom est un vocable, une appellation qui sert à désigner une personne et à l’individualiser.
Tout individu possède un nom patronymique et un ou plusieurs prénoms, stipule l’article
premier de la loi relative au nom.
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Paragraphe 1- Le nom patronymique


Le nom patronymique ou nom de famille est le nom de famille dont est issue une personne.
En droit ivoirien, le nom vient toujours avant le prénom.
Ex : DIADOUBA Agnolé Laurent Nom : DIADOUBA Prénoms : Agnolé Laurent
Comment acquiert-on le nom patronymique ? Peut-on le changer ?

A- L’attribution du nom patronymique


Le patronyme peut résulter de la filiation ou d’une décision de l’autorité publique.

1- La filiation
C’est le mode normal d’attribution du nom. Le nom patronymique d’une personne étant en
principe celui de la famille à laquelle cette personne est attachée, son acquisition ne peut
résulter que de la filiation La filiation se définie comme le lien de sang entre parent et enfant.
C’est donc le lien de sang unissant une personne à son père ou à sa mère. L’attribution du
nom par filiation varie selon qu’il s’agisse d’un enfant légitime ou d’un enfant naturel.
a. L’enfant légitime
Le nom de l’enfant légitime, c’est-à-dire l’enfant né dans le mariage, selon l’art.2 de la loi
relative au nom, porte en principe le nom de son père, c’est-à-dire le mari de sa mère. Aux
termes de cet article "l’enfant né dans le mariage porte le nom de son père".
Il convient de préciser que celui-ci peut demander qu’il soit ajouté le nom de la mère. Dans
ce dernier cas, l’enfant portera un nom double.
b. L’enfant naturel
L’enfant naturel est celui qui naît de parents non mariés. La loi distingue deux types
d’enfant naturel : enfant naturel simple ou enfant naturel adultérin.
b1. Le nom de l’enfant naturel simple
Il s’agit de l’enfant né hors mariage, c’est-à-dire né de parents ne se trouvant pas dans un
lien de mariage, mais issu d’un concubinage, d'une union coutumière, de fiançailles. Dans
ce cas, trois hypothèses sont envisagées par l’art.3 de la loi relative au nom :
- l’enfant naturel porte le nom du parent à l’égard duquel sa filiation est établie. En
d’autres termes, si l’enfant n’a été reconnu que par l’un de ses parents, il ne portera que le
nom de ce dernier. Il en est ainsi lorsque l'acte de naissance a été établi sur la déclaration de
la mère seule avec aucune indication du nom du père.
- Lorsque la filiation de l’enfant a été établie simultanément à l’égard de ses deux parents,
l’enfant porte le nom du père.
- Lorsque la filiation de l’enfant a été établie en second lieu à l’égard du père, en principe,
le nom de ce dernier est ajouté au nom de la mère.
Toutefois, la mère peut donner son consentement à ce que l’enfant porte soit par substitution
le seul nom du père, soit par inversion de noms avec le nom du père en premier.
Il faut rappeler que cette procédure est judiciaire. Le juge à travers une ordonnance de
rectification du nom, demande à l’officier d’état civil du lieu de naissance de mentionner le
nom modifié dans le registre afin que celui-ci figure sur tous les actes à venir.

b2. Le nom de l’enfant naturel adultérin :


Il faut distinguer que l’enfant est un enfant naturel adultérin par le père ou enfant naturel
adultérin par la mère.
Lorsqu’il s’agit d’un enfant adultérin à pâtre, c’est-à-dire par le père, le nom de l’enfant est
en principe, celui du père, si celui-ci obtient le consentement de son épouse. Le défaut de
consentement de l’épouse entraine la nullité de la reconnaissance effectuée par le père.
Exceptionnellement, le mari n’est dispensé qu’en cas de demande en divorce ou de séparation
de corps.
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Lorsqu’il s’agit d'un enfant adultérin à mâtre, c’est-à-dire par la mère, l’enfant porte le nom
du mari de sa mère, sauf jugement de désaveu. En cas de désaveu du mari, l’enfant portera
le nom de sa mère, précise l’art.2 al.2 de la loi sur le nom.
2- Attribution du nom par intervention de l’autorité administrative
De façon exceptionnelle, le nom peut s’acquérir par décision de l’autorité publique.
Aux termes de l’article 5 de la loi relative au nom, "l’enfant à l’égard duquel aucune filiation
n’est régulièrement établie, prend le nom qui lui est attribué par l’officier de l’état civil à qui
sa naissance ou sa découverte a été déclarée". Il ne s’agit pas d’un enfant abandonné ayant
déjà un patronyme. Il s’agit pour l’officier d’état civil d’attribuer un nom dont le choix lui
incombe, lorsqu’un enfant a été trouvé sans nom patronymique et de parents inconnus.
Un nom peut-il être changé ?

B- Le changement de nom
En principe, le nom patronymique est immuable. De ce fait, nul ne peut modifier ou changer
de nom selon son bon vouloir. L’immutabilité du nom patronymique procède de l’art.11 de la
loi relative au nom, aux termes duquel "Nul ne peut porter de nom ni de prénoms autres que
ceux exprimés dans son acte de naissance".
Toutefois, des changements de nom sont possibles. Mais, on ne peut changer de nom sans
avoir eu recours à une décision judiciaire.
1- Le changement de nom résultant d'un changement d’état
Exprimant une appartenance à une famille, le nom peut changer, suite à un changement
dans le statut familial. En effet, le nom traduisant l’état civil d’une personne, un changement
dans cet état peut entrainer un changement de nom.
Le changement de nom est lié à une modification pure et simple de la filiation ou de sa
destruction. Ainsi :
- l’établissement de la filiation peut provoquer un changement de nom. C’est le cas par
exemple de la reconnaissance d’un enfant naturel par le père. Dans cette hypothèse, il peut
y avoir substitution ou inversion de nom du fait que la filiation de l’enfant a été établie en
second lieu à l’égard du père ;
- le changement de la nature de la filiation, peut de même avoir un effet sur le nom. Par
exemple, en cas de désaveu de paternité, l’enfant ne peut plus porter le nom du mari de sa
mère. Il portera désormais le nom (de jeune fille) de sa mère.
Il en est également ainsi en cas d’adoption plénière. L’adoption plénière est celle qui fait
perdre à l’adopté tout lien avec sa famille d’origine. Ainsi, dans l’adoption plénière, il y a
substitution du nom de l’adopté. L’adopté prend le nom de l’adoptant. Si l’adoption est le fait
de deux époux, le nom du mari sera substitué au nom de l’enfant.
- le changement du nom résultant du mariage : il ne s’agit pas d’un véritable changement de
nom mais d’un simple droit d’usage du nom du mari que la loi reconnait à la femme mariée.
Ainsi, pendant le mariage, la femme prend le nom de son mari.

2- Le changement par le relèvement du nom


Il concerne un individu de sexe masculin décédé sans postérité mâle. Il doit être le dernier
représentant male de la famille. Le relèvement du nom suppose deux conditions : il faut que
le dernier descendant mâle d’une famille décède sans postérité male ; en outre, celui qui
demande le relèvement du nom doit montrer qu’il a un auteur commun avec le défunt. Il
s’agit d’une procédure exceptionnelle, ce qui explique les conditions de recours, car elle
permet d’éviter que le nom d’une famille disparaisse. Cette procédure de relèvement du nom
se fait par voie d’adjonction et non par substitution.

3- Le changement du nom par rectification d’acte de naissance


Il existe deux types de rectification : la rectification administrative qui concerne les erreurs
vénielles : fautes d’orthographe, déformation ; et la rectification judiciaire qui porte sur des
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erreurs graves.

C- La protection (la défense) du nom patronymique


Le nom faisant partir du droit de la personnalité, fait l’objet d’une protection. Ainsi, le porteur
d’un nom patronymique ou ses descendants, même s’ils ne portent pas eux-mêmes ce nom,
peuvent s’opposer à ce qu’il soit usurpé par un tiers ou utilisé à des fins commerciales,
littéraires ou artistiques. L’action en défense du nom est ouverte aux descendants et aux
autres personnes. C’est le cas de la femme mariée qui, par le seul fait du port du nom de son
mari, peut défendre ce nom contre toute usurpation ou utilisation.

D- Les caractères du nom


Le nom a quatre caractères. Il est obligatoire, immuable, inaliénable et imprescriptible.

1- L’obligation de porter le nom


Servant à individualiser les personnes, le nom est indispensable à chaque homme. Ce
caractère obligatoire résulte de l’art.1er qui précise que "toute personne doit avoir un nom
patronymique et un ou plusieurs prénoms".

2- L’immutabilité du nom
L’art.11 de la loi relative au nom précise que "Nul ne peut porter de nom ni de prénoms autres
que ceux exprimés dans son acte de naissance". Cependant, le changement de nom est admis
dans des cas bien fixés par la loi. Il peut avoir changement de nom par voie de conséquence,
par substitution. Le changement par voie de conséquence concerne toutes les hypothèses
dans lesquelles on change le nom en conséquence d’un changement d’état notamment en cas
de mariage, d’adoption ou encore en cas de désaveu de paternité.

3- Le nom est inaliénable


Le nom ne peut être cédé ni transmis par testament à une autre personne. Ce qui signifie
que le nom est hors commerce, et donc incessible. Toutefois, une exception demeure pour le
patronyme sur lequel un commerçant exerce sa profession.

4- Le nom est imprescriptible


On peut être en présence soit d’une prescription extinctive, soit d’une prescription acquisitive.
Dans le 1er cas, une personne ne perd pas son nom par le non-usage prolongé de ce nom.
Dans le second cas, en principe, la possession prolongée d’un nom ne peut permettre à celui
qui le porte de l’acquérir.

Paragraphe 2- Le prénom et les accessoires du nom

A- Le prénom
Le prénom permet de distinguer l’individu dans la famille dont il porte le nom avec les autres
membres. Son attribution est obligatoire, mais le nombre est facultatif.
Comment se fait l’attribution du prénom ? Peut-on le changer ?
1- L’attribution du prénom
Aux termes de l’art. 1er de la loi relative au nom, "Toute personne doit avoir un nom
patronymique et un ou plusieurs prénoms". Mais comment se fait le choix ?
Le prénom est attribué à la naissance de l’enfant par les parents. Toutefois, ils ne peuvent
donner n’importe quel prénom. En effet, aux termes de l’art.6, "il est interdit aux officiers de
l’état civil de donner des noms ou prénoms et de recevoir des prénoms autres que ceux
figurant dans les différents calendriers ou ceux consacrés par les usages et tradition". C’est-
à-dire que la liberté reconnue aux parents dans le choix du prénom est limité. Cependant, le
nombre dans le choix du prénom n’est pas limité. Les parents peuvent décider de donner
autant de prénoms qu’ils veulent à leurs enfants.
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COURS DE DROIT CIVIL : Licence Professionnelle 1ère Année

2- Le changement de prénom
Comme le nom, le prénom est, en principe, immuable. L’art.11 alinéa 1 de la loi précise que
"Nul ne peut porter de nom ni de prénoms autres que ceux exprimés dans son acte de
naissance". Toutefois, il existe une exception. Selon le même texte cité en son alinéa 2, la
modification de prénoms est possible. La possibilité n’est offerte qu’à celui qui justifie d’un
intérêt légitime de changer de prénom. Cet intérêt peut résulter du caractère ridicule du
prénom reçu à la naissance.
On peut également changer de prénoms en cas d’adoption. En cas d’adoption simple, à la
demande des adoptants, le tribunal peut modifier les prénoms de l’adopté âgé de moins de
16ans. Il en va de même en cas d’adoption plénière, mais sans condition d’âge.

B- Les accessoires du nom


Les éléments accessoires peuvent s’ajouter au nom patronymique et aux prénoms. Ce sont le
pseudonyme, le surnom.

1- Le pseudonyme
C’est une appellation choisie volontairement par un individu. Le pseudonyme est un faux
nom que la personne se donne à elle-même. C’est un nom d’emprunt, choisi par celui qui le
porte afin de dissimuler sa véritable identité dans l’exercice d’une activité déterminée. Ex. de
pseudonymes : Alpha Blondy, Pélé, Mohamed Ali, Kédjévara, Jimmy Danger, Arafat dj, etc.
2- Le surnom
Le surnom (ou sobriquet) est une appellation de fantaisie attribué généralement par les tiers
ou l’entourage pour désigner un individu. Il est souvent précédé de "dit". Ex : JUPON Poubelle
dit "Tchègbè", KOUATO Brétel dit "Petit Vié".

SECTION II : LE DOMICILE DES PERSONNES PHYSIQUES


Le domicile est un autre élément important d’identification des personnes physiques. Car il
ne suffit pas de donner un nom à une personne, encore faut-il pouvoir la situer dans l’espace,
c’est-à-dire géographiquement. Le domicile présente un intérêt certain dans la vie d’une
personne. Mais, qu’est-ce qu’un domicile ? Comment détermine-t-on un domicile ?

Paragraphe 1- La notion de domicile et les notions voisines


A- Notion de domicile
Aux termes de l’art.102 du code civil, "le domicile est le lieu où une personne a son principal
établissement". Le domicile est donc le siège légal de la personne, c’est-à-dire le lieu auquel
la loi la rattache. Ainsi, le domicile est unique, fixe et permanent, et se présente comme le
lieu où une personne a son centre d’intérêt. Il faut préciser que la notion de domicile est
essentiellement juridique et fictive, en en sens qu’il n’est pas affecté par les déplacements de
la personne intéressée. Le domicile, qui est déterminé par le lieu du principal établissement,
doit être distingué de certaines notions voisines.
B- Le domicile et les notions voisines
D’autres notions, qui supposent un rattachement plus concret et plus souple, sont apparues
de nos jours, notions qui rendent compte de la réalité, en ce sens qu’elles correspondent à
l’endroit où une personne se trouve effectivement pendant un certain temps. Ce lieu peut être
une résidence ou une habitation. La résidence est le lieu où une personne vit de façon
normale. C’est le lieu en effet, où une personne demeure effectivement, pourvu que ce soit
d’une manière assez stable et habituelle.
L’habitation est le lieu d’un séjour bref, c’est-à-dire le lieu où une personne demeure lorsque
celle-ci y séjourne pour un temps bref.
Mais comment se détermine le domicile ?
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Paragraphe 2- La détermination du domicile


Etant « le lieu du principal établissement », le domicile est déterminé librement par la volonté
des personnes. C’est-à-dire qu’en principe, chaque personne a la liberté de fixer le lieu de son
principal établissement. Dans ce cas, on parle de domicile volontaire. Toutefois, certaines
personnes sont privées de cette liberté de choix, car la loi leur impose un domicile. On parle
de domicile légal.
A- Le domicile volontaire
Tout individu majeur est en principe libre de choisir son domicile. Mais la question se pose
des critères de détermination.
1- La liberté de choisir son domicile
Tout individu a le droit de se choisir un domicile dès lors qu’il ne se trouve pas dans un des
cas où la loi lui en attribue un d’office. C’est le cas le plus courant, et celui qui répond à la
définition de l’art.102 du code civil. En réalité, la liberté du choix doit être entendue plutôt
comme le droit de changer de domicile, puisque par définition, l’individu en avait déjà un,
celui où il est né, c’est-à-dire le domicile de ses parents. Il en résulte que toute personne
capable est libre de rompre son attachement territorial et de s’en choisir un nouveau.
Mais le domicile n’est pas simple à déterminer pour la raison essentielle qu’une personne
peut avoir plusieurs établissements, ayant des intérêts d’ordre divers dans plusieurs lieux.
D’où l’importance des critères de détermination du domicile.
2- Les critères de détermination du domicile
A partir de quels éléments peut-on déterminer le point d’attache d’un individu ?
La réponse à cette question nous conduit à examiner les éléments constitutifs du domicile.
La détermination du domicile est fondée sur deux éléments : le fait matériel qui consiste à
s’établir en un endroit (c’est-à-dire louer une maison et y déposer ses bagages) et un élément
intentionnel, à savoir la volonté de fixer son centre d’intérêt en cet endroit. Le bienfondé de
cette détermination réside dans l’hypothèse où une personne a plusieurs centres d’intérêts
localisés en plusieurs endroits, le fait matériel de s’établir en un endroit devient insuffisant.

B- Le domicile légal
En principe, le choix du domicile est libre. Mais cette liberté de choix est limitée pour certaines
personnes : le mineur, la femme mariée, le fonctionnaire. L’individu n’a donc pas le libre
choix de fixer son domicile. Ce qui constitue une exception au principe de liberté de choix du
domicile.
On peut donc définir le domicile légal comme un domicile imposé par la loi à certaines
personnes soit en raison de leur état de dépendance soit en raison des fonctions exercées.
Il existe deux types de domicile légal : le domicile de fonction et le domicile de dépendance.

1- Le domicile de fonction
Certains fonctionnaires sont légalement domiciliés au lieu où ils exercent leur fonction. Ce
sont des fonctionnaires nommés à vie, et donc des personnes publiques perpétuelles et
irrévocables. Ces personnes sont domiciliées dans le lieu où elles doivent exercer leurs
fonctions. C’est le cas des Magistrats du siège, de certains officiers ministériels tels que les
notaires, les huissiers de justice.

2- Le domicile de dépendance
Il y a des personnes qui se retrouvent sous la dépendance d’autrui et ont, de ce fait, leur
domicile fixé par la loi, là où est exercée l’autorité. Plusieurs cas de figure entrent dans cette
hypothèse où le domicile de dépendance est un domicile de rattachement ; il concerne les
mineurs non émancipés, la femme mariée, les domestiques et gens de maison.
- le mineur non émancipé a pour domicile, le domicile de ses père et mère ou tuteur en cas
de décès de ceux-ci. C’est ce que la loi appelle le domicile d’origine. En cas de divorce ou de
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séparation de corps, le mineur est domicilié chez le parent auquel le tribunal a confié la garde.
- la femme mariée : aux termes de l’art.108 du Code Civil, la femme mariée a pour domicile
celui de son mari. Car elle n’a point d’autre domicile que celui de son mari.
Cependant, en cas de séparation de corps, elle cesse d’avoir pour domicile légal le domicile
de son mari. Elle a droit un domicile propre.
De même, lorsque le domicile fixé par le mari présente pour la famille, des dangers d’ordre
physique (ex : le fait d’habiter à proximité d’une voie à grande circulation) ou moral (habiter
à côté d’une maison close, c’est-à-dire un endroit exploités par les prostituées), la femme
mariée peut par exception être autorisée par le juge à avoir pour elle et pour ses enfants une
autre résidence.
- les domestiques et gens de maison : il s’agit des personnes qui servent ou travaillent
habituellement chez autrui. Ces personnes ont le même domicile que leur maître, lorsqu’elles
demeurent bien entendu dans la même maison que le maître.
Après avoir déterminé le domicile, quels en sont ses caractères ?

Paragraphe 3- Les caractères du domicile


Le domicile doit présenter certaines garanties. De ce fait, le domicile a trois caractères
principaux.
A- Le domicile est obligatoire
Le domicile servant à rattacher une personne à un lieu, il en résulte que toute personne a,
en principe, un domicile qui est son siège, même s’il est difficile à déterminer. Si elle n’en a
pas, on tentera de lui en trouver un. En cas de difficulté, on peut admettre qu’elle a conservé
son domicile d’origine qui est celui de ses père et mère ; c’est-à-dire celui qu’elle avait à sa
naissance, tant qu’elle n’a pas manifesté l’intention de le changer. Il faut souligner que si une
personne est sans établissement fixe et qu’on ignore son domicile d’origine, la résidence peut
tenir lieu de domicile.
B- Le domicile est inviolable
Toute personne a nécessairement un domicile et ce domicile est inviolable. Comme la
résidence ou l’habitation, le domicile est inviolable. L’individu a le libre usage de son domicile
garanti par le principe de l’inviolabilité du domicile. Ce principe signifie que nul n’est autorisé
à pénétrer au domicile d’autrui sans son consentement ou sans autorisation légale, sauf
nécessité. Le domicile constitue un autre attribut de la personnalité. Ce qui veut dire que le
domicile est lié à la personne. En ce sens, le domicile est protégé par des règles.
C- Le domicile est unique
Le principe de l’unité du domicile se justifie par la définition même du domicile qui se veut
« le lieu du principal établissement ». Comme la personnalité, le domicile, autre attribut de la
personnalité, est un. Il en résulte qu’une personne ne peut avoir qu’un seul domicile.
En pratique, l’unité du domicile permet de localiser facilement une personne chaque fois que
cela est nécessaire.
Mais exceptionnellement, une même personne peut avoir des activités d’importance similaire
à des endroits différents. C’est pour prendre en compte toutes ces réalités, qu’il est fait appel
au domicile élu. Le domicile élu est un domicile purement fictif choisi par une personne pour
attribuer compétence à un tribunal ou pour donner pouvoir à un mandataire. On dit qu’elle
a fait "élection de domicile".

SECTION III : LA NATIONALITE DES PERSONNES PHYSIQUES


La nationalité est le lien juridique qui rattache un individu à un Etat souverain. Les règles
concernant la nationalité ivoirienne distinguent la nationalité ivoirienne d’origine et les divers
modes d’acquisition de cette nationalité.
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Paragraphe 1- L’attribution de la nationalité d’origine


La nationalité ivoirienne à titre de nationalité d’origine résulte de la filiation ou du droit du
sang unissant une personne à ses père et mère. Peu importe le lieu de naissance.
Ainsi, est ivoirien, l’enfant légitime ou naturel, né en Côte d’Ivoire ou à l’étranger, si ses deux
parents sont ivoiriens ou l’un deux au moins.
A côte de ce principe, il existe divers modes d’acquisition de la nationalité.

Paragraphe 2 : L’acquisition de la nationalité ivoirienne


En dehors de la nationalité ivoirienne d’origine par la filiation, le code de la nationalité
ivoirienne stipule que l’on peut acquérir la nationalité ivoirienne par le mariage, l’adoption et
la naturalisation.
A- L’acquisition de la nationalité par le mariage
Selon l’art.12 du code de la nationalité ivoirienne, la femme de nationalité étrangère qui
épouse un ivoirien acquiert la nationalité ivoirienne si elle en fait solennellement l’option au
moment de la célébration du mariage. Les mêmes dispositions s’appliquent à l’homme
étranger qui épouse une ivoirienne. Pour rappel, la loi ivoirienne n’admet pas la double
nationalité. Ainsi, aux termes de l’art.13 de la loi, « Dans le cas où sa loi nationale lui permet
de conserver sa nationalité, la femme a la faculté de déclarer antérieurement à la célébration
du mariage qu’elle décline la nationalité ivoirienne ». Selon l’article 14, « Au cours d’un délai
de 6 mois, qui suit la célébration du mariage, le gouvernement peut s’opposer à l’acquisition
de la nationalité ivoirienne. En cas d’opposition du gouvernement, l’intéressée est réputée
n’avoir jamais acquis la nationalité ivoirienne. S’il n’y a pas eu d’opposition jusqu’à
l’expiration des 6 mois, l’intéressé acquiert définitivement la nationalité ivoirienne.
La femme étrangère n’acquiert pas la nationalité ivoirienne si son mariage avec un ivoirien
est déclaré nul par décision émanant d’une juridiction ivoirienne.

B- L’acquisition de la nationalité par adoption


L’art.11 du code de la nationalité ivoirienne précise que l’enfant qui a fait l’objet d’une
adoption plénière acquiert la nationalité ivoirienne si l’un au moins des adoptants est ivoirien.

C- L’acquisition de la nationalité par naturalisation


La naturalisation est l’acquisition d’une nationalité par un individu qui ne la possède pas par
naissance. La naturalisation est en principe un acte souverain de l’Etat qui l’accorde. Raison
pour laquelle, la naturalisation ivoirienne est accordée par décret après enquête.
De ce fait, un étranger peut acquérir la nationalité ivoirienne par la voie de la naturalisation.
Cependant, l’acquisition de la nationalité ivoirienne par naturalisation est subordonnée à
certaines conditions définies par la loi : avoir en côte d’ivoire sa résidence habituelle ;
présenter une demande et justifier avoir résidé sur le territoire cinq années au moins au
moment de la demande ; avoir un bon état de santé et jouir d’une bonne moralité. Une
enquête de moralité et des examens médicaux sont réalisée. C’est au vue de ces éléments
qu’un rapport conjoint des ministres de la justice et de la santé publique est fait au Président
de la République qui signe un décret de naturalisation.

Paragraphe 3- La perte de la nationalité ivoirienne


La nationalité ivoirienne peut se perdre pour plusieurs raisons :
- l’ivoirien majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère ;
- l’ivoirien même mineur, qui par l’effet d’une loi étrangère, possède de plein droit une double
nationalité ;
- l’ivoirien qui est coupable de haute trahison contre les intérêts de la Côte d’Ivoire ;
- l’étranger naturalisé qui commet des crimes et délits contre la sûreté de l’Etat ; etc.
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Chapitre 3 :
LA CAPACITE JURIDIQUE DES PERSONNES PHYSIQUES
En règle générale, tous les hommes sont juridiquement capables, c’est-à-dire apte à acquérir
des droits et à être soumis à des obligations. La capacité juridique est l’aptitude d’une
personne à être titulaire de droits et à les exercer :
- être titulaire de droits équivaut à la capacité de jouissance. Ex : détenir le droit de propriété
sur un terrain ;
- exercer ces droits équivaut à la capacité d’exercice. Ex : vendre un terrain.
Pour les personnes physiques, la capacité est la règle.
Mais exceptionnellement, certaines personnes, en raison de leur âge ou de leur état mental
ne pourront jouir de ces droits ou les exercer pleinement. C’est ce que l’on appelle les
incapacités. Et les personnes frappées d’incapacité sont appelées les incapables. Il s’agit des
mineurs et des aliénés (les majeurs incapables).
Il existe deux types d’incapacités : les incapacités d’exercice et les incapacités de jouissance.

SECTION I : LES INCAPACITES D’EXERCICE


Dans l’incapacité d’exercice, la personne concernée ne peut pas exercer par elle-même les
droits dont elle est titulaire.
On peut définir l’incapacité d’exercice, comme l’inaptitude à exercer les droits dont on est
titulaire. Cette incapacité va priver l’incapable du droit d’exercer lui-même ses droits. Ex : un
enfant de 8 ans peut être propriétaire d’une maison dont il a hérité ou qui lui a été donnée,
mais il ne peut ni vendre ni la louer. Ce sont ses parents ou son tuteur qui peuvent exercer
ces droits à sa place.
De ce fait, l’incapacité d’exercice est une incapacité de protection qui a pour but de protéger
le patrimoine de certaines personnes en raison de leur âge (les mineurs) ou en raison de leur
état mental (les aliénés ou les majeurs incapables).

Paragraphe 1- Les systèmes de protection (ou remèdes à l’incapacité)


L’incapacité d’exercice est une incapacité de protection. Les procédés de protection sont
fonction des facultés des incapables et de la gravité des actes à accomplir. Dans ce cas, deux
systèmes de protection peuvent être utilisés : les incapacités les plus graves ont pour remède
la représentation ; les moins graves, l’assistance.
A- La représentation
C’est le procédé dans lequel l’incapable ne peut pas accomplir lui-même les actes. Il
n’intervient pas. Il est remplacé par une personne appelée représentant légal qui agit en son
nom et pour son compte. Ce représentant légal peut être son père ou sa mère qu’on appelle
administrateur légal. En cas de décès de ceux-ci, ou lorsqu’ils sont déchus de la puissance
paternelle, l’incapable est placé de plein droit sous tutelle. C’est donc un tuteur qui va agir
en son nom et pour son compte. Ce tuteur peut être un membre quelconque de la famille
désigné par le juge des tutelles sur proposition du conseil de famille.
B- L’assistance
L’assistance laisse un rôle actif à l’incapable ; elle permet à l’incapable d’agir lui-même, mais
il doit être obligatoirement assisté, c’est-à-dire accompagné par une personne de bon conseil
pour l’accomplissement de certains actes juridiques.
Paragraphe 2- La protection des mineurs
Aux termes de l’article 1er de la nouvelle loi sur la minorité, le mineur est la personne qui n’a
pas encore atteint l’âge de 18 ans accomplis. L’incapacité qui frappe le mineur entraine deux
conséquences :
- en ce qui concerne sa personne, le mineur doit être sous autorité chargée de le guider, de
l’élever et de l’éduquer ;
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- en ce qui concerne l’exercice de ses droits, le mineur sera incapable.


Ainsi, pour l’exercice de ses droits patrimoniaux, le mineur sera frappé d’une incapacité
d’exercice à caractère général.
A ce niveau, il faut distinguer selon que le mineur est émancipé ou non.

A- Le mineur émancipé
L’émancipation est un mécanisme juridique par lequel un mineur est affranchi de la
puissance paternelle ou de la tutelle. Le mineur devient capable, comme un majeur,
d’accomplir tous les actes de la vie civile. C’est donc l’acte qui confère au mineur une pleine
capacité.
1- Les cas d’émancipation
L’émancipation peut être légale ou volontaire.
- L’émancipation légale (ou l’émancipation de plein droit) est celle qui résulte de plein droit
du mariage du mineur.
- L’émancipation volontaire est celle qui résulte d’une volonté expresse des père et mère. Dans
ce cas précis, l’émancipation est prononcée par le juge des tutelles avec l’autorisation
conjointe des parents, si le mineur a atteint 16 ans accomplis.

2- Les effets de l’émancipation


L’émancipation produit un double effet : sur la personne, et sur les biens du mineur.
a. Les effets sur la personne du mineur émancipé
L’émancipation met fin à l’exercice de la puissance paternelle. Le mineur n’a plus besoin de
protection. Ses père et mère ne sont plus responsables de ses agissements. L’émancipé peut
avoir un domicile différent de celui de ses parents.
Toutefois, le mineur a nécessairement besoin de l’autorisation de ses parents pour se marier,
et du consentement de ses parents pour son adoption ; de même pour faire le commerce, le
mineur émancipé a besoin de l’autorisation spéciale de celui de ses parents qui exerce la
puissance paternelle.
b. Les effets sur les biens
Le mineur émancipé ayant la pleine capacité, il peut gérer lui-même ses biens comme il peut
en disposer. Ainsi, il peut faire tous les actes de la vie civile comme tout majeur.

B- Le mineur non émancipé


L’incapacité juridique qui frappe le mineur non émancipé est une incapacité générale
d’exercice qui connait des exceptions.
1- Le principe
Selon la nouvelle loi sur la minorité, le mineur non émancipé est incapable de contracter. Car
il est frappé d’une incapacité générale d’exercice.
Le mineur non émancipé ne peut conclure d’actes juridiques, c’est-à-dire des actes résultant
d’une manifestation de volonté produisant des effets de droit. Ainsi, le mineur non émancipé
ne peut ni conclure un contrat de vente, ni faire une donation ni rédiger un testament. Par
cette interdiction, la loi veut protéger le mineur qui manque de maturité et de discernement.
Par ailleurs, il ne peut agir ou se défendre personnellement en justice.
Le mineur a nécessairement un représentant légal pour tous les actes de la vie civile.
Ce principe connait, cependant, quelques exceptions.

2- Les exceptions à l’incapacité d’exercice du mineur non émancipé


Ces exceptions touchent au patrimoine du mineur et à sa personne.
a. Les actes touchant le patrimoine
Il s’agit essentiellement des actes conservatoires, des actes d’administration et du contrat de
travail.
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- Les actes conservatoires. Ce sont des actes qui ont pour but de protéger ou de maintenir le
patrimoine du mineur. Ces actes ne portent donc pas atteinte au patrimoine. Par conséquent
un tel acte peut être accompli par un incapable dans la mesure où l’acte tend simplement à
empêcher un bien de sortir du patrimoine. Ex : le gage, inscription d’une hypothèque.
- Les actes d’administration concernent les actes de gestion courante et de mise en valeur
d’exploitation normale d’un patrimoine. Ex : location de biens meubles, contrat de bail... Le
mineur peut accomplir seul ces actes s’ils ne portent pas une atteinte grave au son
patrimoine.
Le mineur peut également réaliser seul les actes de la vie courante tels que l’achat de
vêtements, de carte ou ticket de bus, achat d’ouvrages, etc.
Cependant, l’achat d’une voiture par un mineur, la donation faite par le mineur, est un acte
de disposition. Les actes de disposition sont les actes qui tendent à faire sortir un bien du
patrimoine du mineur. Ces actes tendent à compromettre le patrimoine du mineur. L’acte de
disposition évoque l’idée d’aliénation d’un bien, et donc d’un transfert de droit de propriété.
Le mineur ne peut les accomplir seul. Il doit être représenté par son représentant légal.
Ex : la vente de biens meubles ou immeubles, la vente d’un fonds de commerce, la donation.
Les actes de dispositions sont frappés de nullité.
- S’agissant du contrat de travail, le mineur peut conclure lui-même son contrat de travail.
Toutefois, une distinction doit être opérée. Le mineur conclut son contrat de travail et le
rompt avec l’assistance de son représentant légal à partir de 16 ans.

b. Les actes touchant la personne du mineur non émancipé


Ce sont les actes qui intéressent personnellement le mineur. Ces actes ne peuvent être
conclus qu’avec son consentement. Il s’agit des actes concernant notamment l’état du
mineur. Mais, il faut que le mineur soit âgé de plus de 16 ans. Il en va ainsi :
- du mariage : le mineur se marie seul, sans le consentement de son représentant l’égal. Mais
la loi exige en plus de son consentement, celui de ses parents.
- de l’adoption : le mineur âgé de plus de 16 ans doit consentir personnellement à son
adoption.
- de la reconnaissance d’un enfant naturel : le mineur peut reconnaitre tout seul son enfant.
- de l’action en recherche de paternité : la mère même mineure peut intenter seule l’action.
Au total, il apparaît qu’avec toutes ces exceptions, le champ d’application des incapacités est
réduit. Ce sont les actes accomplis dans cette sphère qui sont frappés de sanction.

3- Les sanctions de l’incapacité du mineur non émancipé


La sanction frappant l’acte accompli en violation de l’incapacité du mineur est la nullité de
l’acte. La nullité est une sanction judiciaire qui a pour but d’annuler un acte rétroactivement.
L’on va faire comme si l’acte n’a jamais été conclu par le mineur. Il s’agit d’une nullité relative,
c’est-à-dire que seul le mineur peut l’invoquer par le biais de son représentant légal qui
pourra agir en nullité.

Paragraphe 3- La protection des majeurs incapables (ou les aliénés)


En principe, le majeur est capable sur le plan juridique. L’incapacité est une exception et
tient à son état mental. Cependant, il faut distinguer selon qu’il y a une protection ou non.
A- Les majeurs incapables n’ayant pas fait l’objet de protection
Cette catégorie pose le problème essentiel du sort des actes passés ou de leurs faits.
1- Le sort des actes juridiques
Quel est le sort des actes passés par un aliéné mental ?
En principe, pour conclure un acte juridique, il faut être saint d’esprit, lucide et jouir
pleinement de toutes ces capacités. Or, le consentement de l’aliéné n’est pas conscient. D’où
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la nullité de l’acte. En fait, celui qui demande la nullité de l’acte doit établir la preuve de la
demande.
Mais, qu’en est-il lorsqu’il est atteint de trouble mental et qu’il ne fait pas l’objet de mesure
de protection ?
L’intérêt de la question réside dans le fait que cette personne est juridiquement capable, tant
qu’elle ne fait pas l’objet d’une mesure de protection ; alors qu’elle est hors d’état de se rendre
compte de la portée de ses actes et donc d’émettre un véritable consentement. Il s’agit non
seulement des personnes qui souffrent d’une altération des facultés mentales, mais aussi de
celles dont les facultés mentales sont passagèrement altérées par l’usage de la drogue ou de
l’alcool.
2- Les faits juridiques
En principe, l’aliéné est irresponsable de ses faits.
Cependant, ce principe est atténué par la différence qui est faite selon que la démence est
totale ou qu’il y a des périodes de lucidité. Lorsque la faute a été commise pendant une
période de lucidité, il est responsable.
En dehors de ce cas, il est irresponsable, car inconscient.

B- Les majeurs incapables ayant fait l’objet de mesure de protection


C’est le cas des interdits judiciaires, des aliénés internés, des prodigues et faibles d’esprit.
1- Les interdits judiciaires
Il s’agit des majeurs dont l’interdiction est prononcée par décision judiciaire à condition que
ces majeurs soient dans un état habituel d’imbécilité, de démence ou de fureur. Ce qui
signifie qu’il y a 3 sortes d’altérations mentales :
- Par imbécilité on entend la faiblesse d’esprit due à l’absence ou à l’oblitération (effacement
progressif) des idées ;
- Par démence on entend l’aliénation mentale qui fait perdre la faculté de la raison.
- Par fureur on entend une démence de haut degré qui pousse le fureur à des actes dangereux
pour lui-même et pour les autres.
Dans tous les cas, l’action en justice peut être introduite par les parents, le conjoint, ou le
ministère public, c’est-à-dire le Procureur de la République.
Cette décision d’interdiction prononcée par le tribunal va créer une incapacité générale
d’exercice. La personne déclarée incapable n’aura plus la gestion de ses biens. L’interdit est
placé sous tutelle comme le mineur. Pour la femme mariée, son époux est son tuteur.
Les actes juridiques accomplis par l’aliéné, antérieurement à la décision d’interdiction
pourront être annulés si la cause de l’interdiction existait notoirement à l’époque où ils ont
été faits.
2- Les internés
Ceux-ci font l’objet d’une mesure d’internement dans un établissement psychiatrique.
L’internement peut être d’office ou volontaire.
L’internement d’office ou administratif de l’aliéné concerne les aliénés dangereux, c’est-à-
dire ceux qui troublent l’ordre public. La décision relève de la compétence du préfet sur la
base d’un certificat médical confirmant l’état d’aliénation des personnes à interner.
Le placement volontaire résulte d’une décision prise par la famille de l’aliéné, de façon écrite
et se basant également sur un certificat médical.
Toutes ces personnes internées sont frappées d’une incapacité générale d’exercice.

3- Les prodigues et faibles d’esprit


Il faut préciser que les personnes visées ne sont pas des aliénés.
Il n’y a pas de définition légale des prodigues. Mais, sont considérées comme prodigues, les
personnes qui se livrent à des dépenses inconsidérées risquant de compromettre leur
patrimoine. Elles sont toutes soumises à un régime de protection, c’est-à-dire l’assistance
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COURS DE DROIT CIVIL : Licence Professionnelle 1ère Année

d’un conseil nommé par le tribunal : le conseil judiciaire. L’action est intentée devant le
tribunal et le conseil est chargé d’assister le prodigue ou le faible d’esprit. Ces personnes ne
sont pas frappées d’une incapacité générale d’exercice, en ce qu’elles peuvent librement
accomplir tous les actes, mais avec l’assistance de leur conseil.

SECTION II : LES INCAPACITES DE JOUISSANCE

Paragraphe 1- Contenu
L’incapacité de jouissance peut être définie comme l’inaptitude (impossibilité) à jouir des
droits dont on est titulaire. Les incapacités de jouissance sont exceptionnelles et spéciales.
Elles privent l’incapable de certains droits ou certaines activités juridiques. L’incapacité de
jouissance est une incapacité de défiance ou de suspicion qui a pour but, non de protéger
l’incapable, mais de lui retirer la jouissance de certains droits.
De ce point de vue, l’acte interdit à l’individu frappé d’une incapacité de jouissance ne pourra
être accompli d’aucune manière, ni même accompli à sa place et en son nom.

Paragraphe 2- La limitation des incapacités de jouissance


Les incapacités de jouissance sont rares et limitées. Les fondements de cette incapacité sont
divers :
- il peut s’agir d’une sanction : lorsqu’une personne est condamnée à une peine de réclusion
à perpétuité, celle-ci ne peut ni disposer de ses biens et ni recevoir à titre gratuit. Un
condamné ne peut pas également avoir la garde d’un enfant mineur pendant une période de
10 ans à compter de la date de sa libération ;
- il peut s’agir d’une mesure de défiance ou de suspicion : il est interdit au tuteur d’un mineur
d’acquérir les biens du mineur (son protégé) ; ou à un médecin d’hériter de son malade ;
- il peut s’agir d’une mesure de protection de l’incapable : il est interdit au mineur de
contracter. Celui-ci ne pourra faire ni des donations, ni le commerce. Il ne pourra ni se marier
ni voter.

Chapitre 4 :
LES BIENS ET LES DROITS DES PERSONNES PHYSIQUES
Les êtres humains possèdent une diversité de biens sur lesquels ils ont des droits.

SECTION I : LES BIENS DES PERSONNES PHYSIQUES


Au sens juridique, un bien est une chose ayant une valeur pécuniaire, c’est-à-dire que l’on
peut évaluer en argent et figurant au patrimoine d’une personne.
Cependant, les choses communes dont chaque personne peut user mais qu’elle ne peut
s’approprier, ne sont pas des biens. Ex : l’air, la mer, la lumière.
Les biens peuvent être classés en plusieurs catégories. Nous en retiendrons les deux
classifications les plus importantes.

Paragraphe 1- Les biens corporels et biens incorporels


A- Les biens corporels
Ce sont des choses qui ont une existence physique ou matérielle : c’est-à-dire des choses
palpables ou matérielles que l’on peut s’approprier. Ex : une télévision, une maison, un arbre,
des vêtements, des appareils cellulaires, un avocatier, etc.

B- Les biens incorporels


Ce sont des choses qui n’ont pas d’existence physique ou matérielle, c’est-à-dire des choses
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COURS DE DROIT CIVIL : Licence Professionnelle 1ère Année

immatérielles que l’homme ne peut s’approprier. Ce sont des droits que les hommes
détiennent sur des choses. Exemple : le droit l’usufruit ou d’hypothèque, les droits de
créance, les droits intellectuels tels que les droits d’auteur, les brevets d’invention, etc.

Paragraphe 2- Les biens meubles et biens immeubles

A- Les biens meubles


Le code civil distingue plusieurs types de biens meubles.
1- Les biens meubles par nature
Ce sont toutes les choses susceptibles d’être déplacées ou qui peuvent se déplacer. Ex : la
voiture, la télévision, les tableaux d’art, les vêtements, les animaux, etc.
2- Les biens meubles par détermination de la loi
Ces biens sont constitués par tous les droits qui portent sur des meubles, c’est-à-dire ne
porte pas sur des immeubles. Ex : les droits de créance, le gage, les actions des sociétés
anonymes, les droits de propriété intellectuelle telle que les droits d’auteur, les brevets
d’invention, etc.
Remarques : pour éviter la confusion entre « les meubles » au sens juridique et « les meubles » au sens
courant du terme, on désigne dans les actes judiciaires les meubles destinés à l’usage et à l’ornement
des appartements par l’expression « meubles meublants ».

B- Les biens immeubles


La loi distingue trois catégories de biens immeubles. Ce sont :
1- Les immeubles par nature
Ils sont constitués par le fonds de terre (ou sol) et tous les biens fixés dans le sol, c’est-à-dire
qui ne peuvent être déplacés. Ex : les maisons, les champs, les arbres, les récoltes non
coupées, les fruits non cueillis sur les arbres, etc.
2- Les immeubles par destination
Ce sont, par leur nature, des biens meubles que la loi considère comme des immeubles en
raison des liens étroits qui les unissent à un immeuble :
- les immeubles par destination économique sont des meubles que le propriétaire affecte à
exploitation agricole, industrielle ou commerciale d’un immeuble. Ex : les animaux de garde
dans un champ, un tracteur dans une ferme, les engrais, machine dans une usine, un
ordinateur dans un bureau, vitrines réfrigérées dans un commerce d’alimentation… ;
- les immeubles par destination ornementale sont des meubles que le propriétaire a fixés ou
à scellés à des fins décoratives sur un immeuble. Ex : pendule, lustre, tableau d’art, glace…
Pour qu’un meuble puisse être immeuble par destination, il faut que le propriétaire du meuble
soit également propriétaire de l’immeuble.
3- Les immeubles par l’objet auquel ils s’appliquent
Ce ne sont des droits incorporels qui s’appliquent à des immeubles. Ex : usufruit,
hypothèque.
Les biens qu’ils soient meubles ou immeubles, corporels ou incorporel sont des choses sur
lesquelles l’homme peut exercer ou détenir des droits.

SECTION II : LES DROITS DES PERSONNES PHYSIQUES


La possibilité de jouir et d’exercer des droits sur des choses est reconnue par la règle de droit
à toute personne dans ses rapports avec les autres : on parle de droits subjectifs composés
de certains droits ayant une valeur pécuniaire, appelés droits patrimoniaux ; D’autres, n’ont
aucune valeur pécuniaire : ce sont les droits extrapatrimoniaux.
Paragraphe 1- Les droits patrimoniaux
Ce sont des droits subjectifs ayant un caractère économique et qui compose de ce fait le
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patrimoine d’une personne. Qu’entendons-nous alors par le patrimoine ?

A- La notion de patrimoine
Tout ce qui est patrimonial est d’ordre pécuniaire, c’est-à-dire évaluable en argent. Dans cette
hypothèse, le patrimoine d’un individu est l’ensemble des biens (ou droits) et des obligations
qui ont une valeur pécuniaire, c’est-à-dire, qu’on peut évaluer en argent.
Le patrimoine se compose de l’actif et du passif. L’actif comprend tous les biens évaluables
en argent. Ces biens peuvent être des droits réels ou droits de créance.
Le passif est composé de l’ensemble des dettes ou obligations évaluables en argent.
Le patrimoine présente plusieurs caractères. Les éléments du patrimoine sont :
- cessibles : il s’agit de la cessibilité entre vifs, c’est-à-dire la possibilité de transmettre de son
vivant, la propriété d’un bien. Ces biens peuvent être vendus ou donnés ;
- transmissibles : les éléments du patrimoine sont transmissibles à cause de mort par voie
de legs, lors du décès ;
- saisissables : les éléments du patrimoine peuvent faire l’objet de saisie et de vente.
Le patrimoine étant lié à la personne, une personne ne peut avoir qu’un seul patrimoine, car
le patrimoine constitue une universalité de droit, c’est-à-dire forme un ensemble, un tout.

Après la notion de patrimoine, tentons d’analyser les différents droits patrimoniaux.

B- Les différents droits patrimoniaux


Le patrimoine d’un individu est subdivisé en droits réels et droits de créance.
1- Les droits réels
Le droit réel est le pouvoir directement exercé par une personne sur une chose. La loi
distingue deux catégories de droits réels : les droits réels principaux et les droits réels
accessoires.
a. Les droits réels principaux
Les droits réels principaux permettent l’utilisation directe de la chose par son propriétaire.
Le propriétaire d’un bien est aussi appeler le titulaire d’un droit réel. Les droits réels se
composent du droit de propriété et les droits démembrés de la propriété.
a-1. Le droit de propriété
C’est celui qui donne à son titulaire le plus de prérogatives. Le droit de propriété confère à
son titulaire un pouvoir absolu sur la chose dont il est le propriétaire. Il comporte trois
prérogatives : le propriétaire peut user ou utiliser la chose, c’est-à-dire s’en servir (l’usus) ;
jouir de cette chose, c’est-à-dire de percevoir les fruits et revenus (le fructus) et d’en disposer
à son gré (l’abusus), c’est-à-dire en la donnant, la vendant ou même en la détruisant.
a-2. Les droits démembrés de la propriété
Il s’agit des droits réels qui ne confèrent à leur titulaire qu’une partie seulement des
prérogatives du droit de propriété. Autrement dit, ils ne comportent plus que deux ou même
un seul de ces attributs, les autres étant laissés à un autre titulaire. Ces droits sont
limitativement énumérés par la loi :
- l’usufruit, confère à son titulaire l’usus et le fructus, c’est-à-dire le droit conféré à une
personne d’utiliser une chose et d’en percevoir les revenus sans en être le propriétaire. Le
titulaire de l’usufruit est l’usufruitier ; tandis que l’abusus est conservé par le nu-
propriétaire, qui est le véritable propriétaire du bien.
- l’usage, confère le droit d’user de la chose et d’en percevoir les fruits mais uniquement dans
la limite des besoins du titulaire et non pour en tirer des revenus.

En plus des droits réels principaux, il y a aussi les droits réels accessoires.
b. Les droits réels accessoires (ou droits réels de garantie)
Lorsqu’une personne prête une somme d’argent à une autre personne, celle-ci court le risque
de ne pas être payé ou intégralement payé à l’échéance. Pour garantir l’exécution d’une
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COURS DE DROIT CIVIL : Licence Professionnelle 1ère Année

créance (ou le paiement d’une dette), il est possible de créer des droits réels accessoires à
cette créance. Ce qui signifie que le créancier peut exiger de son débiteur une garantie de
paiement de sa créance. Si un meuble est affecté à la garantie d’une créance, il s’agit d’un
gage. Dans le cas d’un immeuble, il s’agit d’hypothèque.
Les droits réels accessoires sont donc des garanties à une créance.
Le créancier, titulaire d’une garantie a sur le bien qui garantit sa créance :
- un droit de préférence, qui permet en cas de saisie des biens du débiteur, d’être payé avant
les autres créanciers avec l’argent de la vente ;
- un droit de suite, qui permet au créancier de saisir la chose sur laquelle porte son droit en
quelque main qu’elle se trouve. Ce qui signifie que si le bien a été vendu, l’acheteur continue
à être lié par le gage ou l’hypothèque et doit rembourser le créancier.
Le patrimoine comprend aussi les droits de créance ou droits personnels.
2- Les droits de créance ou droits personnels
Les droits de créance mettent en rapport deux ou plusieurs personnes. Le droit de créance
est le pouvoir reconnue à une personne appelée le créancier, le droit d’exiger d’une autre, le
débiteur, une prestation évaluable en argent. Contrairement au droit réel qui s’exerce
directement sur la chose, le droit de créance est exercé ou dirigé contre une personne qui est
le débiteur. Ex : Dame Jolie a consenti un prêt de 50.000F à son amie. Le droit de Jolie
d’exiger à son amie le remboursement de son argent, est appelé droit de créance.
Si certains droits subjectifs ont une valeur pécuniaire, d’autres par contre n’en ont aucune.

Paragraphe 2 : Les droits extrapatrimoniaux


Les droits extrapatrimoniaux sont des droits qui n’ont aucune valeur pécuniaire, c’est-à-dire
non évaluable en argent. Les droits extrapatrimoniaux ont plutôt une valeur morale car
attachés à la personne de leur titulaire. Ils ne peuvent être vendus (sont incessibles). Ils sont
intransmissibles et insaisissables.
Ces droits peuvent être classés essentiellement en droits de la personnalité et droits de la
famille, des droits qui interviennent dans les rapports entre particuliers.

A- Les droits de la personnalité


Les droits de la personnalité sont essentiels à la dignité humaine. On peut distinguer les
droits à l’intégrité physique et les droits à l’intégrité morale.

1- Les droits à l’intégrité physique


Tout individu a droit à la protection de son corps. Le droit à l’intégrité physique signifie donc
qu’une personne est en droit d’exiger qu’aucune atteinte ne soit portée à son corps, à sa santé
ou à sa vie.
Le caractère sacré du corps humain a pour objet la protection de ce corps contre les atteintes
émanant des tiers mais aussi contre les atteintes émanant de l’intéressé lui-même.
Chaque homme ayant droit au respect de son corps, il en résulte que le corps humain est
inviolable.
L’on comprend pourquoi les atteintes et les blessures qui sont portées au corps exposent
leurs auteurs à des sanctions pénales et civiles. Le principe de l’inviolabilité de la personne
humaine signifie qu’aucune personne ne peut être contrainte de subir une atteinte à son
corps.
2- Les droits à l’intégrité morale
Tout individu a le droit de faire respecter son honneur, ses sentiments d’affection, sa vie
privée. De même, il est libre d’interdire la production de son image.
a. Le droit à l’honneur
Tout individu a droit à la protection de sa personnalité morale, de son honneur et de sa
réputation. Aussi, toute personne a le droit d’exiger que les tiers respectent son honneur.
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COURS DE DROIT CIVIL : Licence Professionnelle 1ère Année

Les atteintes à l’honneur peuvent résulter de la diffamation ou de l’injure.


La diffamation se définie comme toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à
l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps social auquel le fait est imputé.
Ex : le fait de traiter un individu de drogué ou d’homosexuel alors qu’il ne l’est pas ; ou le fait
que quelqu’un a distribué de faux billets de banque au cours d’une campagne électorale.
Les atteintes à l’honneur peuvent être aussi des injures lorsqu’elles résultent de propos
outrageux, de termes de mépris ou d’invectives à l’égard d’une personne.
La diffamation et l’injure constituent des infractions pénales et sanctionnées comme telles.
b. Le droit à l’image
C’est le droit reconnu à toute personne de s'opposer à ce que des tiers reproduisent son
portrait, et le publie sans son consentement. Chaque personne a sur son image et sur son
utilisation qui en est faite, un droit exclusif et peut s’opposer à sa diffusion. Ainsi, toute
personne peut interdire la reproduction de ses traits, si elle n’a pas donné son accord.
Cependant, il y a des circonstances où à raison des exigences de la loi et de l’ordre public, le
consentement ne peut intervenir. C’est le cas, lorsqu’en en vue d’établir d’éventuelles
infractions au code de la route, des policiers ont photographié un automobiliste sans solliciter
son consentement. C’est le cas aussi de façon générale pour le spectacle qu’offrent les stades,
les plages, les expositions.
En dehors de ces cas, la reproduction des traits d’une personne sans son consentement est
fautive et ouvre à réparation en dommages intérêts. Il peut être également ordonné la saisie
de tous les journaux et destruction de tous les clichés ou supports litigieux.
c. Le droit au respect de la vie privée
Chacun a droit au respect de sa vie privée qui consiste à mener une vie tranquille, à une vie
retirée et anonyme, à être libre de mener sa propre existence comme il entend, avec le
minimum d’ingérences extérieures. La vie privée peut être aussi la vie amoureuse, la vie
familiale. La vie privée comprend donc la vie familiale et la vie personnelle, c’est-à-dire la vie
sentimentale. En effet, il est interdit aux tiers de s’ingérer dans la vie familiale, amoureuse
d’une personne. C’est dire que chacun a le droit de garder secret l’intimité de son existence.
Constituent des atteintes au respect de la vie privée, le fait de lire la lettre ou le message
téléphonique ou électronique d’une personne sans son autorisation ; les écoutes
téléphoniques ; divulguer des informations sur la vie privée d’une personne sans son
consentement. Ainsi, à défaut d’autorisation dans la divulgation des informations sur la vie
privée d’une personne, l’auteur commet une faute et s’expose à des sanctions pénales et
civiles. Cependant, il existe des atténuations aux atteintes à la vie privée notamment lorsqu’il
s’agit d’une personne politique ou publique
Le domicile constitue aussi un droit de la personnalité. Il est le lieu du principal
établissement, c’est-à-dire la situation géographique de l’individu. Son choix est libre et
l’individu a donc le libre usage de son domicile garanti par le principe de l’inviolabilité du
domicile. Ce qui signifie que nul n’est autorisé à pénétrer au domicile d’un individu sans son
consentement ou sans autorisation. C’est pourquoi toute atteinte au domicile d’un individu
expose son auteur à des sanctions. Le respect du domicile est aussi un droit qui protège sa
vie privée.

B- Les droits de la famille


Ce sont les droits envisagés dans le cadre familial. Il peut s’agir des droits des époux, droits
des enfants, droits des parents. Exemple :
- droit de se marier ;
- droit pour les époux de cohabiter ensemble ;
- droit pour la femme de porter le nom de son mari ;
- les conjoints se doivent fidélité, assistance et secours ;
- droit de la garde des enfants mineurs par les parents ;
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- droit à l’alimentation, à l’éducation, à la santé et à la protection des enfants ;


- droit pour un enfant de porter le nom de ses parents ;
- les enfants doivent obéissance et respect à leurs parents et vice-versa.

SOUS-TITRE 2 : LES PERSONNES MORALES


Il s’agit en général de groupements de personnes physiques que le droit assimile à des
personnes. L’identification des personnes morales ne pose pas de difficultés particulières.
Comme les personnes physiques, elles ont un nom (raison sociale ou dénomination), un
domicile (siège social pour les sociétés) et une nationalité (déterminée par le lieu du siège
social pour les sociétés).
Notre étude portera essentiellement sur la classification des personnes morales.

Chapitre 1 :
LA CLASSIFICATION DES PERSONNES MORALES
Il existe des personnes morales de droit public, de droit privé et de droit intermédiaire, c’est-
à-dire mixte.

SECTION I : LES PERSONNES MORALES DE DROIT PUBLIC ET DE DROIT MIXTE


Paragraphe 1- Les personnes morales de droit public
Il s’agit notamment :
- des circonscriptions territoriales : les régions, les départements les communes, les
établissements publics qui sont des services publics autonomes avec patrimoine et budget
propres (universités, hôpitaux, lycées, etc.)
- des ordres professionnels : ordre des médecins, des pharmaciens, des avocats…

Paragraphe 2- Les personnes morales de droit mixte


Ce sont les sociétés d’économie mixte ; les personnes morales de droit public soumises
aux règles de droit privé ; les personnes morales privées soumises aux règles de droit
public ; les ordres professionnels ; etc.

SECTION II : LES PERSONNES MORALES DE DROIT PRIVE


Paragraphe 1- Les sociétés
La société est un groupement de personnes dont les membres décident de mettre en
commun des biens en vue de partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourra
en résulter.
Ces groupements sont à but lucratif. Leur intérêt est la recherche du profit. Les sociétés
n’acquièrent la personnalité juridique qu’à compter de l’immatriculation au registre du
commerce et du crédit mobilier.
Paragraphe 2- Les associations
L'association est un groupement de personnes dont les membres poursuivent en commun
des missions de développement communautaire, d’intégration sociale, d’actions
humanitaires, culturelles ou sportives. L’association est à but non lucratif. Les
associations peuvent se former librement sans autorisation préalable, mais elles doivent
être déclarées. L’association déclarée qui veut obtenir la personnalité morale doit être
rendue publique par ses fondateurs dans le Journal officiel de la République 3 mois après
sa déclaration.
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COURS DE DROIT CIVIL : Licence Professionnelle 1ère Année

Paragraphe 3- Les syndicats professionnels


Ce sont des groupements d’individus ayant pour but de défendre des intérêts professionnels
de leurs membres (travailleurs). Il existe des syndicats des salariés et des syndicats des
employeurs. Le dépôt des statuts se fait à la mairie ou à la circonscription administrative.
On peut citer en autres la centrale dignité, la FESACI.
Paragraphe 4- Les fondations
En droit privé, il existe une seule forme de groupement de biens : les fondations.
La fondation consiste à affecter une masse de biens à une œuvre d’intérêt général ou à une
œuvre bien déterminée. Ex : la fondation Félix Houphouët Boigny pour la recherche et la
paix ; la fondation Bill et Melinda Gates ; la fondation Orange CI, fondation MTN, Drogba
fondation, fondation Salomon Kalou…

TITRE III : LES CONTRATS


Les individus, dans leurs rapports avec les autres, forment chaque jour une multitude de
contrats : louer, acheter ou vendre une maison, des vêtements ; emprunter ou prêter une
somme d’argent ; monter dans un taxi, un bus ; faire l’entretien des appareils
électroménagers, des appareils informatiques, des véhicules ; faire des transferts d’unités ;
acheter des denrées alimentaires, etc. Tous ces contrats ne s’imposent pas aux individus.
C’est selon le besoin que chacun accomplit tel ou tel acte. Ainsi, en matière de contrat, le
principe est la liberté contractuelle. Cela suppose que les individus ont la faculté de
contracter ou non ; de déterminer librement les conditions et des effets du contrat.
Aux termes de l’article 1101 du Code civil : "le contrat est une convention par laquelle une
ou plusieurs personnes s’obligent envers une ou plusieurs autres à donner, à faire ou à ne
pas faire quelque chose". Il en résulte qu’un contrat peut être purement verbal, c’est-à-dire
se former par le simple échange de consentement des parties, l’une acceptant l’offre qui lui
est faite par l’autre. C’est la volonté des parties au contrat de s’engager qui crée des
obligations à la charge de chaque partie.
Prenons un exemple : dans un contrat d’achat de portable cellulaire, le vendeur délivre la
chose à l’acheteur. L’acheteur à son tour est tenu de payer le prix du bien.
Dans cette illustration, les parties au contrat, c’est-à-dire le vendeur et l’acheteur exécutent
chacune une action précise. On dit que les parties ont chacune une obligation. On comprend
alors que le contrat est un accord de volonté qui crée des obligations à la charge de chaque
partie. C’est-à-dire que le contrat fait naître des obligations à la charge de chacune des parties
au contrat. Le contrat est la source principale des obligations. Parler de contrat, c’est parler
d’obligation.
Il convient donc d’aborder la notion d’obligation avant de présenter les règles relatives au
contrat.

Chapitre 1 :
LES OBLIGATIONS
L’obligation est un lien de droit entre deux personnes en vertu duquel l’une d’entre elles, le
créancier, peut exiger de l’autre, le débiteur, l’exécution d’une prestation déterminée.
Il existe plusieurs types d’obligations. Nous aborderons essentiellement la classification des
obligations d’après leur objet et d’après leur source.

SECTION I : CLASSIFICATION DES OBLIGATIONS D’APRES LEUR OBJET


L’objet de l’obligation est la prestation que chacune des parties peut exiger de l’autre.
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COURS DE DROIT CIVIL : Licence Professionnelle 1ère Année

Selon cette classification, on en retiendra quelques-unes.


Paragraphe 1- Obligations de donner, de faire, ou de ne pas faire
Cette classification découle de l’article 1101 du code civil qui définit le contrat. "Le contrat
est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s’obligent envers une ou
plusieurs autres à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose". Selon cet article, en
exécution d’un contrat, la prestation du débiteur vis-à-vis du créancier peut consister à
plusieurs obligations.
A- L’obligation de donner
Il s’agit pour le débiteur de transférer la propriété d’une chose à son créancier. Ex : le vendeur
doit transférer à l’acheteur la propriété de la chose vendue. "Donner" signifie ici transférer la
propriété d’une chose (somme d’argent ou autre chose…). Le débiteur est donc tenu à une
prestation vis-à-vis du créancier.
L’obligation peut être constituée par un droit de créance ou une dette.

B- L’obligation de faire
Dans l’obligation de faire quelque chose, le débiteur s’engage à exécuter une prestation. Ex :
transporter un bien ; louer un local ; le coiffeur s’engage à coiffer son client ; le salarié doit
fournir une prestation de travail à son employeur, etc.
C- L’obligation de ne pas Faire
Le débiteur doit s’abstenir de commettre ou réaliser tel ou tel acte. Ex : les commerçants ne
doivent pas faire de la concurrence déloyale ; un mineur ne peut pas contracter.

Paragraphe 2- Obligations de résultat et obligations de moyen


A- L’obligation de résultat ou l’obligation déterminée
L’obligation de résultat a pour objet un résultat déterminé. Si l’obligation n’a pas été obtenue,
le débiteur est considéré comme n’ayant pas exécuté son obligation. Dans ce cas,
l’inexécution engage nécessairement la responsabilité du débiteur. Ex : dans le contrat de
transport des personnes, le transporteur a une obligation de résultat. Le transporteur
(débiteur) doit transporter une personne saine et sauve (créancier) au lieu de destination.

B- L’obligation de moyens
La partie qui s’oblige ne peut pas garantir l’obtention du résultat souhaité. Le débiteur promet
seulement de mettre en œuvre les moyens dont il dispose, d’agir avec toute la diligence et la
prudence requise, de faire tout son possible, dans une direction déterminée. Si le résultat
n’est pas obtenu, la responsabilité du débiteur ne sera pas engagée. En revanche, la
responsabilité du débiteur sera engagée s’il n’a pas fait preuve d’une prudence et d’une
diligence suffisante. Ex : un médecin est tenu à l’égard de son patient d’une obligation de
moyens. Cela veut dire qu’il n’est pas tenu d’obtenir la guérison de son malade, mais de le
soigner avec conscience, diligence et conformément aux données actuelles de la médecine. Si
le malade décède, le médecin ne sera pas nécessairement en faute. Cependant, sa
responsabilité sera engagée s’il est rapporté la preuve d’une faute professionnelle.

SECTION II : CLASSIFICATION DES OBLIGATIONS D’APRES LEUR SOURCE


On distingue les obligations selon qu’elles résultent d’actes ou de faits juridiques.
Paragraphe 1- Les obligations résultant d’actes juridiques
L’acte juridique est une manifestation de volonté destinée à produire des effets de droit. Cette
manifestation de volonté peut être bilatérale (obligation contractuelle) ou unilatérale.
A- Les obligations contractuelles
L’obligation contractuelle est un acte juridique qui naît de la volonté commune de plusieurs
personnes (le créancier et le débiteur). Ex : le contrat de vente fait naître des obligations entre
le vendeur et l’acheteur.
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COURS DE DROIT CIVIL : Licence Professionnelle 1ère Année

B- Les obligations unilatérales


L’obligation unilatérale est un acte juridique qui naît de la manifestation de volonté
unilatérale d’une seule personne. Exemple : le testament, la donation.
Paragraphe 2- Les obligations nées des faits juridiques
Le fait juridique est un événement purement matériel et susceptible de produire des
conséquences juridiques, sans que cela soit voulu. On distingue :
A- L’obligation délictuelle (les délits)
C’est un fait volontaire et illicite qui entraine des obligations, c’est-à-dire la réparation des
dommages causés par son auteur à autrui. Selon l’article 1382 du code civil Tout fait
quelconque qui cause un dommage aux biens ou à la personne d’autrui, constitue un délit
civil et fait naître à la charge de l’auteur du fait dommageable (le débiteur) une obligation de
réparer le préjudice au profit de la victime (le créancier). Ex : un jet de pierre par la clôture.

B- L’obligation quasi-délit (les quasi-délits)


C’est un fait involontaire, c’est-à-dire sans intention, mais illicite qui cause des dommages à
autrui et oblige son auteur à le réparer. Ex : un automobiliste qui renverse un piéton. Car
l’accident bien qu’étant un fait illicite n’est pas commis volontairement.

C- L’obligation quasi-contractuelle (les quasi-contrats)


C’est un fait volontaire et licite qui fait naître des obligations à la charge de son auteur et
d’un tiers sans qu’il y ait eu un accord préalable entre eux.
Ex : cas d’un enfant blessé, qu’une tierce personne a transporté à l’hôpital avant de pouvoir
avertir les parents de l’enfant. Ceux-ci seront tenus du remboursement des frais d’hôpitaux.
D- Les obligations légales
Ce sont des obligations qui naissent par la seule autorité de la loi. L’obligation s’impose à une
personne du seul fait qu’elle se trouve dans une situation prévue par la loi. Ex : la loi met à
la charge des parents une obligation alimentaire, d’éducation, de protection envers les
enfants ; la loi met à la charge de la mariée de porter le nom de son mari.

Chapitre 2 :
LA CLASSIFICATION DES CONTRATS
Aux termes de l’article 1101 du Code civil : "le contrat est une convention par laquelle une
ou plusieurs personnes s’obligent envers une ou plusieurs autres à donner, à faire ou à ne
pas faire quelque chose". Le contrat permet à l’homme non seulement d’établir des liens avec
les autres personnes (liens économiques d’échange : contrat de vente, par exemple), mais
aussi de gérer son patrimoine (louer, acheter ou vendre une maison, par exemple). Le contrat
soumet les parties à des règles qu’elles sont tenues de respecter parce qu’elles ont consenti.
Les contrats peuvent être classés selon plusieurs critères.

SECTION I : CLASSIFICATION FONDEE SUR LA FORME DU CONTRAT

Paragraphe 1- Contrat consensuel, contrat solennel et contrat réel


Le contrat consensuel est celui qui se forme uniquement par le consentement des parties ou
encore par le seul accord de volonté des parties.
Le contrat solennel est un contrat dont la formation exige un acte écrit, en plus de l’accord
de volonté des parties. L’écrit peut être un acte notarié ou acte sous-seing privé.
Le contrat est dit réel lorsque pour sa formation, il exige non seulement l’accord des parties
mais aussi la remise d’une chose à l’autre partie. Ex : le prêt, le dépôt, le gage.
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Paragraphe 2- Contrat de gré à gré et contrat d’adhésion


Le contrat de gré à gré (ou libre discussion) est un contrat dans lequel les parties négocient
librement les modalités et le contenu du contrat.
Par contre, dans le contrat d’adhésion, l’une des parties impose à l’autre le contenu du
contrat. La seule liberté de l’autre partie se limite à accepter ou à refuser le contrat proposé.

SECTION II : CLASSIFICATION FONDEE SUR LE CONTENU DES OBLIGATIONS


Paragraphe 1- Contrat synallagmatique et contrat unilatéral
Le contrat synallagmatique (ou bilatéral) est celui qui fait naître des obligations réciproques
à la charge des parties. Les contractants s’obligent réciproquement les uns envers les autres.
Ex : dans un contrat de vente, le vendeur doit livrer la chose et l’acheteur doit payer le prix.
En revanche, le contrat unilatéral est celui qui ne fait naître d’obligation qu’à la charge d’une
seule des parties au contrat. Ex : contrat de donation, dépôt, prêt, etc.

Paragraphe 2- Contrat à titre onéreux et contrat à titre gratuit


Le contrat à titre onéreux, est celui dans lequel chacune des parties reçoit une contrepartie
de l’avantage qu’elle procure à l’autre. C’est-à-dire que chaque contractant recherche un
avantage qui est la contrepartie de celui qu’il procure à l’autre.
Au contraire, Le contrat à titre gratuit est un contrat dans lequel l’une des parties procure à
l’autre un avantage matériel sans contrepartie ou sans rien recevoir en contrepartie.

SECTION III : CLASSIFICATION FONDEE SUR LA DUREE D’EXECUTION


Paragraphe 1- Contrat à exécution instantanée
Le contrat à exécution instantanée est un contrat dans lequel les parties exécutent leurs
obligations en une seule fois. L’accomplissement d’une seule prestation suffit pour exécuter
le contrat. Ex : contrat de vente : paiement du prix/remise de la chose.

Paragraphe 2- Contrat à exécution successive


Le contrat à exécution successive est un contrat dans lequel l’exécution des obligations se
prolonge dans le temps, soit pendant une durée déterminée, soit pendant une durée
indéterminée. Ex : contrat de travail, contrat de bail.

Chapitre 3 :
LA NAISSANCE DU CONTRAT
A quel moment un contrat prend-il forme ? A quelles conditions un contrat est-il valablement
formé au regard de la loi ?
Pour y répondre, il convient de déterminer le moment de la formation d’un contrat et
d’analyser les conditions de sa validité.

SECTION I : LA FORMATION DU CONTRAT


La formation d’un contrat suppose la rencontre d’au moins deux volontés ; c’est-à-dire deux
personnes au moins qui expriment leur volonté de contracter. Cette volonté s’exprime à
travers l’offre et l’acceptation. C’est donc la rencontre de l’offre et de l’acceptation qui fait
naître le contrat.
Paragraphe 1- L’offre ou la pollicitation
L’offre est une proposition de contracter. Cette proposition de contracter se manifeste par
une déclaration unilatérale de volonté faite par une personne (l’offrant) et adressée à une
autre personne. L’offre peut être faite à une personne dénommée ou à personne indéterminée.
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Dans ce cas, l’offre peut se présenter sous diverses formes. Mais pour qu’il y ait offre, il faut
que l’offre soit précise et ferme.

A- Les conditions de l’offre


L’offre peut revêtir plusieurs formes. Elle peut être expresse, c’est-à-dire orale ou écrite. L’offre
peut être aussi tacite, c’est-à-dire tout geste ou manifestation tendant à faire connaitre sa
volonté de contracter. Ex : des marchandises exposées dans une vitrine, articles présentés à
la vente avec indication du prix, taxi en stationnement, etc.
L’offre doit également être précise et complète, c’est-à-dire comporter tous les éléments
nécessaires à la formation du contrat (objet et son prix).
B- Le régime juridique de l’offre
Le pollicitant peut retirer son offre ? En principe, tant que l’offre n’a pas été acceptée, l’offre
peut être retirée. En fait, si l’offre ne crée pas le contrat, elle produit des effets à l’égard du
pollicitant :
- si le pollicitant a fixé un délai d’acceptation, il ne peut retirer son offre avant l’expiration du
délai, sauf refus exprès.
- si le pollicitant n’a pas fixé de délai, l’offre doit être maintenue dans un délai raisonnable.
Dans ce cas, le retrait précipité de l’offre engage la responsabilité délictuelle du pollicitant.

Paragraphe 2- L’acceptation
L’acceptation est la réponse à l’offre, c’est-à-dire la manifestation de la volonté de son auteur
d’être lié par la proposition qui est faite.
L’acceptation peut être expresse (écrite, verbale) ou tacite c’est-à-dire tout geste ou
manifestation pouvant révéler la volonté d’accepter l’offre.
Mais le silence vaut-il acceptation ?
En principe, le silence ne vaut pas acceptation. Par exception, le silence vaut acceptation en
considération des relations d’affaires antérieures entre les parties. Ainsi, de nombreux
contrats tels que les contrats à exécution successive (bail, assurance, abonnement…) peuvent
être prolongés par tacite reconduction si aucune volonté contraire ne se manifeste.

Si la rencontre des volontés fait naître un contrat, à quelles conditions le contrat est-il
valablement formé ?

SECTION II : LES CONDITIONS DE VALIDITE DU CONTRAT


La conclusion d’un contrat doit-elle obéir à des conditions ? La réponse à cette question est
affirmative. Ainsi, selon L’article 1108 du Code civil, un contrat doit obéir à 4 conditions
essentielles pour sa validité : le consentement des parties ; la capacité de contracter ; l’objet
et la cause du contrat. Ces différents éléments constituent les conditions de fond.

Paragraphe 1- Le consentement
Le consentement est l’accord de volonté exprimé par chacune des parties à un contrat. Les
parties doivent exprimer librement et en pleine connaissance de cause leur consentement.
C’est pourquoi le consentement des parties ne doit en aucun cas être entaché de vice. Le code
civil admet trois cas de vices du consentement : l’erreur, le dol et la violence.

A- L’erreur
L’erreur consiste à croire vrai ce qui est faux et faux ce qui est vrai. Celui qui commet une
erreur se fait une représentation inexacte de la réalité, il se trompe. Il existe deux types
d’erreurs :
- l’erreur sur la substance de la chose sur laquelle porte le contrat : par ex. l’achat d’une
montre en or qui se révèle après n’être qu’en pacotille. La jurisprudence a étendu la notion
d’erreur sur la substance et a admis l’erreur sur la qualité de la chose qui a déterminé l’une
des parties au contrat à s’obliger (puissance d’un moteur, authenticité d’un tableau, achat
d’un terrain impropre à la construction,…) ;
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- l’erreur sur la personne du cocontractant : cette situation résulte des contrats dans lesquels
la considération de la personne du cocontractant a été déterminante et constitue la cause
principale de l’obligation.
Que l’erreur porte sur la substance ou sur la personne, elle doit donc avoir été déterminante
dans la décision de contracter. C’est-à-dire que sans la commission de cette erreur, l’auteur
de l’action ne se serait pas engagé. De plus, pour être prise en compte, elle ne doit pas avoir
été inexcusable. Par ex : une erreur inexcusable telle l’achat d’un aliment avarié impropre à
la consommation ou achat par un architecte d’un terrain à bâtir impropre à la construction.
B- Le dol
Le dol est une erreur provoquée par l’une des parties au contrat afin de d’amener l’autre à
contracter. Le dol peut résulter de manœuvre frauduleuse, de mensonge ou encore d’une
réticence émanant d’un contractant afin de tromper l’autre partie pour l’amener à contracter.
Les manœuvres pratiquées par l’une des parties sont telles, qu’il est évident que, sans ces
manœuvres, l’autre partie n’aurait pas contracté. Comme l’erreur, le dol doit avoir été
déterminant dans la décision de contracter.

C- La violence
La violence est une contrainte physique (coups, blessure, par ex.) ou contrainte morale
(chantage par ex.) exercée sur un contractant pour l’amener à donner son consentement et
donc à contracter. La violence doit inspirer à la victime la crainte d’exposer sa personne, sa
famille ou ses biens à un mal considérable et actuel. La violence s’apprécie subjectivement,
c’est-à-dire qu’il faut rechercher si la partie victime de la violence a effectivement contracté
sous l’empire de la crainte. Pour le code civil, en cette matière, il faut considérer l’âge, le sexe
et la condition des personnes.
Mais parfois, un consentement extorqué par la menace n’est pas vicié. Il en va du
consentement de l’enfant inspiré par la crainte révérencielle de ses parents. De même, la
menace d’exercer une voie de droit telle que la grève n’affecte pas la validité du contrat.
Comme l’erreur et le dol, la violence doit être déterminante. En outre la menace doit être
injuste ou illégale.

Paragraphe 2- La capacité
Il suffit de rappeler que la capacité est l’aptitude à être titulaire de droits et à les exercer.
L’article 1123 pose le principe, "Toute personne peut contracter, si elle n’est pas déclarée
incapable par la loi". De ce fait, pour contracter valablement, les parties au contrat doivent
avoir la capacité juridique. Or les mineurs non émancipés et les majeurs incapables frappés
d’une incapacité, ne peuvent, en principe, contracter ou conclure. Revoir le cours sur
l’incapacité des personnes physiques.

Paragraphe 3- L’objet du contrat


Ici, il s’agit de répondre à la question ; sur quoi porte le contrat ? L’objet du contrat est l’acte
juridique que les parties ont voulu réaliser. Par ex. : dans un contrat de vente d’immeuble,
l’objet du contrat est la vente de l’immeuble. L’autonomie de la volonté permet aux parties de
réaliser librement toute opération juridique ; mais l’objet du contrat :
- doit être licite, c’est-à-dire non contraire à la loi et aux bonnes mœurs. L’objet doit être dans
le commerce. Car, aux termes des articles 1128 et 1598 du code civil, "seules les choses qui
sont dans le commerce peuvent être l’objet de convention".
- doit exister
- doit être déterminé ou déterminable.

Paragraphe 4- La cause du contrat


Il s’agit cette fois, de répondre à la question : pourquoi les parties ont-elles contractées ?
La cause du contrat est le motif, la raison qui a poussé l’autre partie à contracter. Cette cause
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doit être licite. Ainsi, sont nuls, tous les contrats passés pour l’exploitation d’un commerce
illicite (ex : les armes, les stupéfiants, etc.).

Une fois formé, le contrat produit des effets et peut faire l’objet de sanctions.

Chapitre 4 :
EFFETS ET SANCTIONS DES CONTRATS
Nous étudierons les effets des contrats puis les sanctions qui peuvent en résulter.

SECTION I : LES EFFETS DES CONTRATS


Lorsque le contrat est régulièrement formé, il produit des effets en principe entre les parties.
L’effet du contrat est de créer des obligations qui consistera le plus souvent en une prestation
à accomplir par l’une des parties. Cependant, le contrat régulier peut aussi avoir des effets à
l’égard des tiers.

Paragraphe 1- Les effets des contrats entre les parties


Selon l’article 1165 du Code civil : "Les conventions n’ont d’effet qu’entre les parties
contractantes". Mais pour que le contrat puisse produire des effets à l’égard des parties,
l’article 1134 du Code civil précise de fort belle manière : "Les conventions légalement formées
tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites". C’est le principe de la force obligatoire des
contrats à l’égard des parties. De ce principe, il résulte que :
- le contrat a force de loi pour les parties contractantes : une obligation résultant d’un contrat
s’impose aux parties avec la même force que si elle était édictée par une loi.
- les parties doivent exécuter leurs obligations de bonne foi (obligation de loyauté des parties).
Cependant un contrat peut aussi avoir des effets à l’égard des tiers.

Paragraphe 2- Les effets des contrats à l’égard des tiers


En principe, les contractants ne peuvent s’engager qu’entre eux-mêmes. Un contrat ne peut
donc produire d’effets vis-à-vis des tiers, c’est-à-dire des personnes qui n’ont pas été partie
au contrat. L’article 1165 du Code civil prévoit qu’un contrat ne peut, en principe, rendre un
tiers ni créancier, ni débiteur.
Toutefois, il existe des exceptions. C’est le principe de l’effet relatif des contrats. Selon cette
règle, un contrat peut produire des effets vis-à-vis des tiers. Il convient de distinguer les tiers
ayants cause des parties des tiers étrangers au contrat.

A- Les ayants-cause des parties


Les ayants-cause sont des personnes qui ont acquis un droit d’une personne défunte (le de
cujus). Cette personne dont ils tiennent leurs droits est appelée leur auteur. On distingue
plusieurs ayants cause :
- l’ayant-cause universel est celui qui a vocation à recueillir l’ensemble du patrimoine de son
auteur ou encore l’universalité des biens. L’ayant-cause qui accepte de revêtir cette qualité,
devient alors créancier ou débiteur, dans les mêmes termes que son auteur.
- l’ayant-cause à titre universel est celui qui recueille une partie du patrimoine de son
auteur ou une quote-part des biens;
- l’ayant-cause à titre particulier est celui qui ne recueille qu’un ou quelques biens de son
auteur.
B- Les tiers étrangers
Ce sont tous ceux qui ne sont pas les ayants-cause de l’une des parties. Le code civil ne
prévoit que quelques exceptions à l’effet relatif des contrats.
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1- La stipulation pour autrui


La stipulation pour autrui est l’acte par lequel une partie, le promettant, s’engage envers son
cocontractant, le stipulant, à exécuter une obligation au profit d’un tiers, le bénéficiaire,
devenu créancier sans jamais avoir été partie au contrat. Exemple : dans un contrat
d’assurance sur la vie : l’assureur est le promettant ; l’assuré est le stipulant ; la personne
désignée est le tiers bénéficiaire. C’est le cas du contrat de transport de marchandises où le
destinataire n’est pas partie au contrat entre l’expéditeur et le transporteur. Toutefois, dans
cette hypothèse, au nom de sa liberté, le tiers peut refuser le droit constitué à son profit.

2- La promesse de porte-fort
C’est l’acte par lequel une personne, le porte-fort, s’engage envers son cocontractant à obtenir
d’un tiers qu’il contracte ou ratifie un engagement. S’il n’obtient pas le consentement du
tiers, libre de ne pas s’engager, le porte-fort devra des dommages-intérêts à son
cocontractant.
En définitive, les tiers ne sont pas véritablement absents de la vie du contrat.

SECTION II : LES SANCTIONS AUX CONTRATS


Les sanctions peuvent être consécutives soit au défaut de formation des contrats soit résulter
de la mauvaise ou de l’inexécution des contrats.
Paragraphe 1- Les contrats irrégulièrement formés : La nullité des contrats
Dans la formation des contrats, la violation de l’une des conditions de validité des contrats
est sanctionnée par la nullité du contrat.

A- La notion de nullité des contrats


La nullité est une sanction judiciaire qui consiste à annuler rétroactivement un acte juridique
qui ne satisfait pas aux conditions de sa formation. Cette nullité sera relative ou absolue
selon que la règle posée par la loi a pour finalité de protéger les intérêts privés ou d’ordre
public.

1- La nullité absolue
La nullité est absolue lorsque les conditions imposées par la loi tendent à protéger l’intérêt
général ou l’ordre public ou encore les bonnes mœurs. Elle concerne les incapacités de
jouissance, l’immoralité de l’objet ou de la cause d’un contrat.
La mise en œuvre de l’action en nullité absolue peut être invoquée par toute personne qui y
a intérêt à agir (les cocontractants mais aussi les tiers) et par le ministère public. La nullité
absolue se prescrit par 30 ans.

2- La nullité relative
La nullité relative vise la sauvegarde d’un intérêt privé ou encore tend à protéger les intérêts
des particuliers. Elle concerne les vices du consentement, les incapacités d’exercice. La mise
en œuvre de l’action en nullité relative ne peut être invoquée que par la personne que la loi
entend protéger ou son représentant légal. Cette nullité se prescrit par 5 ans.

B- Les effets de la nullité


Que la nullité soit relative ou absolue, elle entraine l’anéantissement rétroactif du contrat.
Tout doit se passer comme si le contrat n’avait jamais existé. Que les obligations aient été
exécutées intégralement ou partiellement, les prestations reçues par chacune des deux
parties doivent être restituées. C’est le principe de la rétroactivité de la nullité. Néanmoins
cet effet rétroactif connaît quelques tempéraments : s’agissant de l’incapable (mineur ou
majeur incapable) n’est tenu de restituer que ce qui a tourné à son profit, c’est-à-dire qu’il
restituera seulement ce qu’il n’a pas dissipé.
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Paragraphe 2- Les sanctions de l’inexécution ou l’exécution irrégulière des contrats


Selon les cas, il peut s’agir de la résolution ou de la résiliation d’un contrat. Ces sanctions
visent à anéantir les contrats mal exécutés ou pour inexécution des contrats.

A- La résolution
La résolution a un effet rétroactif et s’applique aux contrats dont l’exécution n’est pas
successive.
B- La résiliation
La résiliation n’est pas rétroactive. Elle n’agit que pour l’avenir et ne s’applique qu’aux
contrats à exécution successive, c’est-à-dire les contrats dont l’exécution se prolonge dans le
temps.
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COURS DE DROIT CIVIL : Licence Professionnelle 1ère Année / 2020

TITRE IV : LA RERSPONSABILITE CIVILE


La responsabilité est l’obligation pour une personne à répondre de ses actes. Ainsi, La
responsabilité morale consiste pour un individu à répondre de ses actes vis-à-vis de sa
conscience.
Du point de vue juridique, la responsabilité civile consiste à répondre judiciairement des
actes ou des faits qui ont causé des préjudices à autrui et oblige son auteur à les réparer.
La responsabilité civile peut être délictuelle ou contractuelle. La responsabilité civile est
contractuelle lorsqu’une partie au contrat n’a pas exécuté son obligation. Notre réflexion
portera essentiellement sur la responsabilité civile délictuelle.

Chapitre 1 :
LA RESPONSABILITE CIVILE DELICTUELLE
La responsabilité délictuelle repose sur un fondement juridique. Selon l’art.1382 du code
civil : "Tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la
faute duquel il est arrivé à le réparer". La responsabilité délictuelle est donc, un fait
indélicatement survenu et qui cause des dommages à quelqu’un obligeant ainsi son auteur
à le réparer par le versement d’une somme d’argent.
Une personne peut être responsable de son propre fait. Mais, il peut arriver que l’on soit
aussi responsable du fait d’autrui, du fait des choses et des animaux.
Notre analyse portera d’abord sur les différents régimes de la responsabilité civile délictuelle
et ensuite sur les conditions de la mise en œuvre de cette responsabilité.

SECTION I : LES DIFFERENTS REGIMES DE LA RESPONSABILITE DELICTUELLE


Trois domaines sont à distinguer : la responsabilité délictuelle du fait personnel, la
responsabilité du fait d'autrui et la responsabilité du fait des choses et des animaux.

Paragraphe 1- La responsabilité délictuelle du fait personnel


Cette responsabilité délictuelle est celle qui est précisée par les articles 1382 et 1383 du
code civil.
L’art. 1382 ayant déjà été cité, l’art. 1383 stipule : "Chacun est responsable du dommage
qu'il a causé non seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou même par son
imprudence". L’article 1382 vise le cas où le dommage résulte d’une intention de nuire ; le
fait ou le comportement de l’auteur du préjudice est alors appelé délit. L’article 1383, quant
à lui vise l’imprudence ou la négligence qui est à la base du préjudice.
Paragraphe 2- La responsabilité délictuelle du fait d'autrui
Certaines personnes sont responsables du fait d’autrui, c’est-à-dire pour un fait commis par
une autre personne. Ainsi, selon l’art. 1384 du code civil, on est responsable non seulement
du dommage que l’on cause par son fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des
personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa garde. Il s’agit
principalement des parents du fait de leurs enfants ; des employeurs du fait de leurs
salariés. A côté, il y a plusieurs autres cas de responsabilité du fait d’autrui.
A- La responsabilité des parents du fait de leurs enfants
Les parents sont censés surveiller constamment les jeux de leurs enfants, de façon à leur
éviter toute activité pouvant se révéler dangereuse, tant pour eux que pour leur entourage.
A ce titre, les père et mère détenteurs de l'autorité parentale ou puissance paternelle sont
civilement responsables de leurs enfants et sont directement impliqués dans les
conséquences de tout accident ou tout dommage causé à la personne ou aux biens d’autrui.
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Les parents peuvent s’exonérer de leur responsabilité en prouvant qu’ils ont bien éduqué et
bien surveillé leur enfant ou même que ce dernier n'habitait pas avec eux lors du dommage.
En cas de divorce, l'époux à qui le juge confie la garde de l'enfant en est le responsable.

B- La responsabilité des maîtres et des commettants du fait de leurs domestiques et


préposés
Le commettant est celui qui a pouvoir de donner à une personne des ordres ou des
instructions pour l’exécution d’actes déterminés. Ainsi, un rapport de dépendance ou de
subordonné doit exister. Le préposé est celui qui exécute les ordres ou instructions.
Le maître est celui qui commande, gouverne, qui a des serviteurs, des ouvriers. Les
domestiques, eux, sont des personnes professionnellement au service d’une maison, d’une
famille.
Les maîtres et les commettants sont responsables du dommage causé par leurs domestiques
et préposés dans les fonctions auxquelles ils les ont employés. Ce qui signifie que le fait
dommageable doit être en rapport avec l’exécution du travail de ceux-ci.

C- La responsabilité des enseignants et des artisans du fait de leurs élèves et apprentis


L'instituteur, le professeur et l’artisan sont responsables du dommage causé par leurs
élèves, étudiants et apprentis pendant le temps où ils se trouvaient sous leur surveillance.

Paragraphe 3- La responsabilité délictuelle du fait des choses


Lorsqu’un dommage est provoqué par l’intermédiaire d’une chose, son gardien en est
automatiquement responsable : peu importe que la chose soit dangereuse ou inoffensive,
qu’elle soit en mouvement ou inerte. Une chaise mal placée suffit à engager la responsabilité
de son propriétaire. Il s’agit donc d’une responsabilité sans faute.
Reste à savoir qui est le gardien. Le gardien est celui qui a l’usage, la direction et le contrôle
de la chose. Généralement, c’est le propriétaire. Mais celui-ci perd la garde de la chose
chaque fois que cette chose se trouve entre les mains d’une personne sur qui il n’a pas
d’autorité.
NB : Le régime de la responsabilité du fait des animaux est identique à celui de la
responsabilité du fait des choses. Car la loi n’opère aucune distinction entre l’animal et la
chose.
Par ailleurs, le propriétaire d’un immeuble ou de biens mobiliers dans lesquels un incendie
a pris naissance, ne sera responsable, vis-à-vis des tiers, des dommages causés par cet
incendie que s’il est prouvé qu’il doit être attribué à sa faute ou à la faute des personnes
dont il est responsable.

SECTION II : LES CONDITIONS DE MISE EN OEUVRE DE LA RESPONSABILITE


La responsabilité civile délictuelle d'une personne ne peut être engagée que si elle a commis
une faute, et que cette faute est à l'origine d'un dommage.
Pour que la responsabilité civile délictuelle soit retenue, trois éléments doivent être réunis :
un fait, un dommage ou préjudice, et un lien de causalité entre le fait et le dommage. Lorsque
ces trois conditions sont établies, la victime est en droit d’obtenir réparation intégrale du
préjudice qu’elle a subi. Il peut arriver aussi que l’auteur de la faute soit exonéré de toute
responsabilité.

Paragraphe 1- Les éléments indispensables de la responsabilité délictuelle


Ce sont : un fait, un dommage ou un préjudice et un lien de causalité.
A- Le fait
Il constitue le premier élément déclencheur de la responsabilité. Le fait est un événement
indépendant de la volonté d’un individu qui cause un dommage à autrui. Le fait est
généralement une faute. Selon l’article 1382, il s’agit de « tout fait quelconque de l’homme ».
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On peut dire qu’il y a faute, lorsqu’on ne se comporte pas comme l’aurait fait quelqu’un de
normalement prudent. La faute peut être intentionnelle (délit) ou non intentionnelle (quasi-
délit). Pour que la responsabilité joue, il faut que la faute commise soit à l’origine du
dommage. C’est le cas d’un accident de la circulation, d’un incendie qui se déclare dans un
immeuble entraînant des pertes en vie humaine ou des destructions de biens, constituent
des faits dommageables.
En outre, la victime doit faire la preuve d’un préjudice qu’elle a subit.

B- Le préjudice
Pour que le dommage fasse l’objet de réparation, il doit être certain. Cela signifie que le
préjudicie simplement éventuel ne saurait donner lieu à des réparations.
Le préjudice doit également léser un intérêt juridiquement protégé. Le préjudice peut être,
selon le cas, matériel, moral ou corporel.
- Le préjudice matériel est constitué par une atteinte aux biens de la victime : destruction
ou détérioration d’une chose appartenant à la victime et entrainant une perte de valeur de
ses biens.
- Le préjudice moral est constitué par une atteinte à un droit de la personnalité. Par ex :
l’honneur d’une personne est blessé par des paroles calomnieuses d’un tiers ou à des
sentiments ; la perte d’un être cher constitue un préjudice moral pour les parents proches.
- Le dommage corporel est constitué par une atteinte à l’intégrité physique d’une personne.
En plus du fait générateur et du préjudice, il faut, pour que la responsabilité soit engagée,
un lien de causalité entre le fait et le préjudice.

C- Le lien de causalité entre la faute et le préjudice


Un lien de cause à effet entre le fait et le dommage doit être établi. Le dommage doit être la
conséquence du fait dommageable.
Le lien de causalité doit être certain : c’est à la victime de prouver l’existence d’une relation
certaine de cause à effet entre le fait générateur et le préjudice et que sans ce fait, le dommage
ne se serait pas produit.
Le lien de causalité doit être direct : la responsabilité n’existe que pour les dommages qui
sont "la suite immédiate et directe" du fait dommageable.
Une fois, ces trois conditions remplies, le tribunal peut ordonner la réparation du dommage
causé.

Paragraphe 2- La réparation du dommage et les causes d’exonération de responsabilité

A- Les dommages-intérêts
Il s’agit d’une somme d'argent versée à une personne victime en réparation des préjudices
qu’elle a subi par le fait d’autrui. Le montant de cette somme à la victime est déterminé par
les tribunaux.
B- Les causes d’exonération de la responsabilité civile délictuelle
L’auteur du fait dommageable, peut, même lorsque le lien de causalité est établi, échapper
à sa personnalité en faisant la preuve d’une cause étrangère qui ne lui est pas imputable. Il
peut s’agir de la force majeure ou le fait d’un tiers. La force majeure est un événement
imprévisible, irrésistible et extérieur à la personne du débiteur. Les événements pouvant être
constitutifs de la force majeure sont essentiellement les phénomènes naturels.
Le fait d’un tiers, c’est-à-dire d’une personne autre que la victime et le défendeur, doit
constituer pour celui-ci un événement irrésistible et imprévisible pour qu’il soit totalement
exonéré. Si le dommage est dû à la fois à la faute du tiers et à celle du défendeur, celui-ci
est tenu de réparer intégralement le préjudice causé à la victime.