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Université Mohamed V

Faculté des sciences Juridiques,


Economiques et Sociales.
Rabat- Agdal

Deuxième année du deuxième cycle de


l’enseignement supérieur 2001-2002.

Gestion de Trésorerie

Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, option : Gestion


bancaire.

Dirigé par : Mr LAHBOUSS Mohammed


Elaboré par : Mr CHTIBI Chafik
Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 2
Option : Gestion bancaire.

Remerciements

Je tiens à remercier particulièrement Mr LAHBOUSS


Mohammed pour son appui et son assistance, ainsi que tous ceux qui m’ont
aidé de loin ou de près à l’élaboration de ce modeste travail.
Un grand merci à Mr EL ARQUAM Brahim pour son aide,
son soutien et sa compréhension.

Dédicaces

A l’inépuisable source d’affection et de soutien que sont mes parents.


A mon cher frère pour son encouragement et son aide à la
réalisation des figures de ce présent mémoire.
A mes tendres sœurs.
A mon ami éternel : Samir.
A mes chers collègues.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 3
Option : Gestion bancaire.

SSoom
mmmaaiirree
IInnttrroodduuccttiioonn ggéénnéérraallee.. (Evolution du rôle de la trésorerie)______________________ 6
CChhaappiittrree II.. DDeessccrriippttiioonn ddee LLaa ttrrééssoorreerriiee.. ______________________________ 9

Section 1 Fonctionnement de la trésorerie : ________________________________ 10

Paragraphe 1/ Définition et principes de base__________________________ 10

A. Définition de la trésorerie ___________________________________ 10

B. Les recettes et les dépenses__________________________________ 11

C. Le cash flow ______________________________________________ 14

Paragraphe 2/ Equilibre de la trésorerie et prévisions____________________ 14

A. Equilibre_________________________________________________ 14

B. Prévisions de trésorerie_____________________________________ 16

Section 2 Organisation comptable de la trésorerie (cas de l’ONCF) _______________ 19

Paragraphe 1/ Principe de comptabilisation des opérations de trésorerie____ 19


A. Cas des retraits____________________________________________ 19
B. Cas des dépôts____________________________________________ 19

Paragraphe 2/ Journaux auxiliaires___________________________________ 19

A. Tenue des journaux auxiliaires_______________________________ 20

B. Arrêt des journaux auxiliaires________________________________ 20

Paragraphe 3/ Vérifications_________________________________________ 21

A. Vérification des opérations et justification des soldes____________ 21

B. Vérification des intérêts et des livres auxiliaires_________________ 22

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 4
Option : Gestion bancaire.

CChhaappiittrree IIII.. LL’’eennvviirroonnnneem


meenntt ddee LLaa ttrrééssoorreerriiee.. _________________________ 23

Section 1 opérations d’encaissement et de décaissement : _____________________ 24

Paragraphe 1/ Opérations sur le Maroc ____________________________________ 25

A. Au niveau de la comptabilisation des dépenses ______________________ 25

B. Au niveau de la comptabilisation des recettes________________________ 27

Paragraphe 2/ Règlements sur l'étranger___________________________________ 28

A. Le contrat commercial___________________________________________ 28

B. Le titre d’importation ___________________________________________ 29

C. Le règlement financier___________________________________________ 30
Paragraphe 3/ La caisse_________________________________________________ 36

A. Paiements_____________________________________________________ 36

B. Encaissements_________________________________________________ 37

C. Etat des menues dépenses _______________________________________ 37

Section 2 Réalisation d’autres tâches de la Trésorerie : _______________________ 38

Paragraphe 1/ A travers la relation avec les banques__________________________ 38

Paragraphe 2/ A travers la relation avec autres organismes ____________________ 39

CChhaappiittrree IIIIII.. LLeess ddiifffféérreennttss oouuttiillss ddee llaa ttrrééssoorreerriiee.. __________________________ 40

Section 1 Le savoir faire financier : __________________________________________ 41

Paragraphe 1/ le trésorier________________________________________________ 41

A. Missions originelles_____________________________________________ 41

B. Compétences nouvelles__________________________________________ 42

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Option : Gestion bancaire.

C. Evolution _____________________________________________________ 43

Paragraphe 2/ gestion de l’excédent_______________________________________ 43

A. Produits bancaires______________________________________________ 44

B. Les OPCVM___________________________________________________ 44

Paragraphe 3/ le financement ____________________________________________ 46

A. Long et moyen terme____________________________________________ 46

B. Court terme____________________________________________________ 47

Paragraphe 4/ Gestion des risques ________________________________________ 49

A. Risques financiers ______________________________________________ 49

B. Risques de taux et de change _____________________________________ 56

Section 2 systèmes d’information : __________________________________________ 68

Paragraphe 1/ l’importance de la trésorerie et de son informatisation____________ 68

A. Dans l’enquête réalisée par AKCE FINANCE_______________________ 68

B. Vu par le séminaire de mai 1992 organisé par IMS et CERG Finance

Conseil _______________________________________________________ 70

Paragraphe 2/ logiciels informatiques de gestion trésorerie____________________ 75

A. CTM (Cash and Treasury Manager) _______________________________ 77

B. Communication Manager________________________________________ 78

CCoonncclluussiioonn.. (Perspectives futures).___________________________________________ 79

BBiibblliiooggrraapphhiiee.. ____________________________________________________________ 81

AAnnnneexxeess.. _________________________________________________________________ 84

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


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Option : Gestion bancaire.

Introduction générale

Ev olution du rôle de La
trésorerie.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


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Option : Gestion bancaire.

La fonction de trésorier a commencé à s'affirmer à travers le monde vers


la fin des années 70 du 20ème siècle. Cette fonction était assurée par les services
comptables et par conséquent le profit réalisé de par cette tâche se confondait avec
celui du financier. Néanmoins, pour subvenir aux besoins créés par la naissance de
nouveaux produits financiers, l'optimisation de la trésorerie s'est imposée.
Depuis, et compte tenu de la prolifération des produits financiers, leur
complexité et diversité, la fonction de trésorerie devient de plus en plus
indépendante au sein de la direction financière.
Dans ce sens, madame Patricia BARBIZET (Présidente de l’Association
Française des Trésoriers d’Entreprises, Directrice financière du Groupe PINAULT)
a écrit1 : « Gestionnaire d’encaissement et de décaissement, le Trésorier est devenu gestionnaire de
dettes et de placement, puis gestionnaire de l’ensemble des risques financiers. L’apparition des
nouveaux instruments financiers, l’abolition du contrôle des changes, ont bousculé bien des
barrières que l’on croyait infranchissables entre court et long terme… Parallèlement à ce
mouvement et à ces créations de nouveaux produits, de nouveaux types de risques sont apparus,
qu’il faut également maîtriser : risques de liquidité d’un instrument, risques de marché, risque de
contrepartie, etc… »
Ainsi la fonction de trésorerie2 est considérée comme une activité à part
entière, et représente un centre de profit.3 Cela se traduit par un comportement
quotidien approprié, par une comptabilité idoine de la trésorerie et par un contrôle
financier en conséquence. En effet, la gestion de la trésorerie a pour mission de
répondre à des objectifs précis consistant principalement dans les faits :
? de gérer, contrôler et sécuriser l'ensemble des flux financiers de l'entreprise.
? d’assurer la solvabilité de l'entreprise au moindre coût.
? de mener à bien l'arbitrage entre les types de produits de financement et de
placement.
? de gérer les risques financiers et les risques de change.

1
Préface de l’ouvrage « Finance d’entreprise » 1. Exploitation et trésorerie page10.
2
Voir www.gpf-France.com/metiers/tresorier.htm
3
Voir http://financesNews.casanet.net.ma/financesnews/Bourse.asp n° 146, 01 Novembre 2001

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 8
Option : Gestion bancaire.

? d’optimiser et de gérer la relation Banque - Entreprise.


Pour le suivi régulier des opérations bancaires, il est nécessaire de se
doter d'un système de gestion de trésorerie en valeur. La disponibilité de
l'information s'avère impérative pour ce système qui englobe plusieurs tâches dont :
l'analyse des extraits bancaires, le traitement des remises, la gestion des réclamations
de banques, et le contrôle des agios…
Dans un contexte de mondialisation, et pour se mettre au diapason de la
concurrence étrangère, certaines entreprises se sont dotées d'une fonction de
trésorerie indépendante et ont mis en adéquation le savoir faire du trésorier et des
techniques de gestion de la trésorerie permettant de suivre les opérations au jour le
jour et même de les anticiper. Ceci suppose la disposition des informations au
moment opportun pour permettre au trésorier de faire ses prévisions et de
fructifier les ressources financières par la négociation d'une rémunération aux
meilleures conditions.
Au Maroc, faute de moyens, seules les entreprises bien structurées se
permettent de se doter d'une fonction de trésorerie indépendante.1

1
Voir http://financesNews.casanet.net.ma/financesnews/Bourse.asp n° 146, 01 Novembre 2001

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Option : Gestion bancaire.

Chapitre I.

Description de La trésorerie.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


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Option : Gestion bancaire.

Suivant l'importance qu'accorde le dirigeant de l'entreprise à la trésorerie,


la place de celle-ci varie dans l'organigramme de l'entreprise. Ainsi la trésorerie peut
être un service, une division ou même une Direction.
Certaines entreprises se sont organisées en sous-fonctions : front-office
(opérationnel), back-office (administratif), middle-office (contrôle).
Les tâches attribuées à ces cellules sont :
? Les règlements Maroc faits en Dirhams (MAD).
? Les transferts sur l'étranger réalisés en Devises.
? La gestion des comptes bancaires.
? La gestion des remises de chèques et des versements à distances.
? Le contrôle des agios et des conditions bancaires.
Figure n° 1 : organigramme de la trésorerie.

Le trésorier

Front - office Middle - office Back - office

Source : http://financesNews.casanet.net.ma/financesnews/Bourse.asp n° 146, 01 Novembre 2001.

Section 1 Fonctionnement de la trésorerie :


Paragraphe 1/ Définition et principes de base
A. Définition de la trésorerie
La trésorerie d’une entreprise à un instant donné est égale à la différence
entre ses emplois de trésorerie (placements financiers et disponibles) et son
endettement bancaire et financier à court terme. C’est le cash dont elle dispose
quoiqu’il arrive (même si la banque décidait de cesser ses prêts à court terme) et
quasi immédiatement (le temps seulement de débloquer ses placements à court

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


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Option : Gestion bancaire.

terme). Autrement dit, la trésorerie est égale à la différence entre le fonds de


roulement fonctionnel de l’entreprise et son besoin en fonds de roulement.1
Donc, il paraît que l’existence de disponibilités (l’encaisse) n’implique pas
forcément l’existence d’une trésorerie positive.2
Il s'agit alors d'assurer l'équilibre des recettes et des dépenses à tout
moment en contractant les emprunts nécessaires ou en plaçant les fonds
disponibles, et en tout lieu en effectuant les mouvement de fonds nécessaires.3

B. Les recettes et les dépenses


L’entreprise est animée par des flux de recettes et de dépenses qui
peuvent être classés en quatre grandes catégories4 :
- flux d’exploitation qui proviennent des opérations courantes : encaissement des
ventes, décaissements des achats, des salaires et des autres consommations de
l’entreprise ;
- flux d’investissement et de désinvestissement : paiement des acquisitions d’outils
industriels (usines, machines) ou commerciaux (magasins, campagnes
publicitaires) ou de participations financières (achats de titres), encaissements
liés à la vente des mêmes éléments ;
- flux purement financiers liés aux opérations d’emprunts ou de prêts de
l’entreprise et plus exceptionnellement à l’apport de fonds par les actionnaires
ou associés ;
- flux annuels de « répartition » du bénéfice : lorsque l’entreprise dégage un
supplément de richesse, elle doit en allouer une partie à l’Etat et aux salariés
(impôt sur les sociétés et participation) et elle peut en distribuer une partie à ses
actionnaires ou associés.
? Les recettes 5:
Les recettes les plus importantes sont :

Les recettes de l'activité principale de l'entreprise


1
Chercher dans http.//encyclo.voila.fr
2
« Gestion » presses universitaires de France, page 129
3
Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 7
4
« Finance d’entreprise 1. Exploitation et trésorerie » Editions ESKA, page 17
5
Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 8

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


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Option : Gestion bancaire.

Elles sont encaissées soit par des caisses régionales soit par la trésorerie.
Les règlement en caisse se font : en espèces, par chèque ou encore par inscription à
un compte courant faisant l'objet d'un règlement périodique.
Le principe de l'unité de trésorerie nécessite le versement par les caisses à
la trésorerie de leur fonds disponibles. Le versement s'effectue aux banques ou à la
poste. Ces fonds sont centralisés à des comptes gérés par la trésorerie.

Les recettes dites "hors activité principale"


Elles concernent des ventes de vieilles matières, des locations diverses,
etc…
Il existe un problème particulier à ces recettes : le débiteur a l'initiative du mode de
règlement, aussi la reconnaissance des sommes encaissées est souvent difficile. Ce
problème est résolu par l'utilisation des comptes "Avis de recettes" tenus au bureau
des Clients et à la trésorerie qui ont pour charge de reconnaître la nature des
recettes.

Les produits financiers


Il s‘agit généralement des intérêts bancaires créditeurs…
Les produits financiers correspondent aux produits issus de
l’endettement net et du placement de la trésorerie (en particulier les valeurs
mobilières de placement).
Parmi ces produits on trouve « les produits financiers hybrides », ils sont
à base d’option (bon, obligation convertible) ou sans option (obligation
remboursable en action, certificat d’investissement) et qu’on ne peut pas toujours
classer immédiatement en capitaux propres ou en dette.

Les subventions de l’Etat (s'il y a lieu)


Ces versements viennent en couverture de la part de l'organisme dans
les charges des emprunts et les dépenses d'établissement.
? Les dépenses :
Elles peuvent être classées comme suit :

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Option : Gestion bancaire.

Les salaires et les pensions des retraités : réglés par virements


postaux, virement bancaire ou par la caisse centrale.

L’alimentation des caisses : la trésorerie adresse à la banque,


auprès de laquelle l'agent bénéficiaire est accrédité, une mise à disposition de fond :
elle demande à la banque de mettre à disposition de l'agent accréditif les fonds
nécessaires.

Les règlements en relation directe avec l'activité principale


Il s'agit des débours (argent avancé), des indemnités (somme allouée
pour dédommager d’un préjudice. Exemple : expropriation… ), et des
remboursements (billets non utilisés… ).

Les règlements des fournisseurs Maroc et hors Maroc


Le mandatement est fait par le service de la comptabilité et le paiement
par la trésorerie. Le paiement est effectué par chèque bancaire, postal ou par lettre
de virement.

Les impôts
Les entreprises sont assujetties à plusieurs impôts dont :
? Impôts précomptés sur les salaires et les pensions.
? Impôts sur l'activité (exemple : transport… )
? Impôts fonciers
? Les patentes et les taxes diverses.
La Trésorerie établie un chèque à l'ordre du percepteur.

La taxe douanière
Comprend en particulier la douane réglée pour le matériel importé.

Les charges financières


Comprennent les charges afférentes aux avances consenties par le
gouvernement ou les établissements bancaires et les charges des emprunts à moyen
et long terme.

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Option : Gestion bancaire.

C. Le cash flow
Le cash flow est la capacité d’une entreprise à produire de la richesse,
évaluée d’après l’ensemble de ses amortissements, de ses provisions et de ses
bénéfices.
Lié à la notion de surplus monétaire, le cash flow est égale à la totalité
des encaissements pour une période donnée (inflow) diminuée de la somme des
décaissements (outflow) pour les opérations d’exploitation, d’investissement ou
d’opérations financières. Il correspond à la marge brute d’autofinancement.
Complément du résultat pour l’exercice d’une entreprise, il permet d’apprécier
l’évolution de la trésorerie interne (dépenses et recettes). Il décrit et apprécie la
capacité d’autofinancement à partir des données comptables fournies
essentiellement par le résultat.
On distingue généralement entre le cash flow brut (la somme des
impôts sur bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices distribués
[dividendes] et non distribué [réserves, report à nouveau], des dotations aux
provisions et des dotations aux amortissements) et le cash flow net (cash flow brut
diminué des impôts industriels et commerciaux).
Le cash flow permet d’évaluer la capacité d’une entreprise à sécréter de
l’argent et donc d’apprécier sa capacité d’autofinancement. Le choix entre les
différents investissements peut se faire par la méthode du « cash flow actualisé »,
défini comme la différence entre les flux d’entrée et les sorties de fonds. On
détermine ainsi les recettes et les dépenses attendues des différents choix
d’investissements projetés par la firme et, par là, les cash flows probables sur leur
durée de vie en appliquant un taux d’actualisation. Cette méthode permet de choisir
les investissements dont les cash flows sont les plus profitables.1
Paragraphe 2/ Equilibre de la trésorerie et prévisions
A. Equilibre
La politique de trésorerie1 passe en générale par trois étapes, tout d’abord
la recherche de l’équilibre de chacun des comptes bancaires que possède
1
Chercher dans http://encyclo.voila.fr

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Option : Gestion bancaire.

l’entreprise en orientant les encaissements et les décaissements, puis l’étude du


déséquilibre global en faisant la somme algébrique des différents soldes, enfin la
compensation entre les comptes bancaires pour finalement avoir recours au crédit
en cas de manque de liquidités ou au placement lorsque des liquidités excédentaires
apparaissent.
L'entreprise dispose donc d'une certaine masse de recettes que la
trésorerie réalise elle même ou reçoit des caisses régionales et, d'autre part, doit
faire face à un certain nombre de paiements directs et de ravitaillement des caisses.
Toutes ces opérations se font par l'intermédiaire de comptes bancaires et
postaux. Sur ce plan le problème consiste à approvisionner chaque compte bancaire
ou postal de manière à ce que, compte tenu des recettes qui sont venues à ce
compte, il dispose de fonds pour un montant au moins égal à celui des tirages
effectués.
De plus, les comptes bancaires ne produisent pas toujours les mêmes
intérêts, il convient donc de procéder périodiquement et au besoin chaque jour à un
travail d'ajustement et de mouvements de fonds pour que certains comptes ne
soient dotés que des fonds strictement nécessaires. Ce travail est réalisé par le
trésorier.
Il est également indispensable de se rendre compte de la manière dont les
fonds évoluent, à la lumière notamment des événements qui peuvent les influencer,
il faut donc dresser "des situations journalières de trésorerie".
1. Situations journalières de trésorerie 2
Ces situations indiquent le montant des fonds disponibles à chaque
compte bancaire ou postal. Elles servent de point de départ pour les mouvements
de fonds à effectuer et permettent de dégager soit l’augmentation, soit la
diminution des disponibilités dans les banques.
2. Situations hebdomadaires 1
En outre, la trésorerie relève pour la conférence hebdomadaire de la
Direction :
1
«Gestion » presses universitaires de France, page 133
2
Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 12. Voir modèle aux annexes

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Option : Gestion bancaire.

? Les principaux paiements effectués au cours de la semaine


? Les principaux encaissements enregistrés au cours de la semaine
? Les versements importants attendus
? Les principales sommes dues par l’entreprise
? La situation de trésorerie au premier du mois
? Les prévisions pour la fin du mois
? Le montant en caisse le jour de la conférence
B. Prévisions de trésorerie
Un autre problème de trésorerie s'impose : c'est celui de l'équilibre de la
trésorerie dans le domaine de la prévision à distance.
En effet, il est évident que pour prendre à temps les mesures nécessaires
en vue de disposer à toute époque des fonds suffisants, il faut dresser des
prévisions de trésorerie. 2
La mission du Trésorier est tributaire de la qualité des informations dont
il peut disposer. C’est pourquoi son premier travail consiste à élaborer des systèmes
d’information et de prévision, soit en s’appuyant sur des documents
existants (budget, comptabilité), soit en mettant en place des indicateurs spécifiques,
afin de connaître, à l’avance, l’évolution des encaissement et des décaissements, tant
à moyen terme (un à trois ans) qu’à court terme (un an) ou qu’à très court terme (au
jour le jour).1
La prévision des mouvements de trésorerie illustre les moments critiques
où les flux "entrent" et "sortent" durant un mois donné. La prévision des
mouvements de trésorerie n'indique pas d'estimation des ventes ni de moyenne des
frais généraux sur plusieurs mois.
Utilisé judicieusement, le plan permet de motiver les décisions d'affaires
et d'exercer un contrôle sur les achats de stocks. Il sert aussi de "dispositif d'alerte
rapide", il révèle le moment où les dépenses deviennent excessives ou encore celui
où les objectifs de vente ne sont pas respectés.
1
Voir modèle aux annexes
2
Voir http://www.rcsec.org/alpe/cashflow.html

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Option : Gestion bancaire.

Le trésorier a suffisamment de temps pour parer à l'éventualité d'un


manque à gagner temporaire et toute la latitude voulue pour prévoir
l'investissement à court terme des excédents temporaires.
Pour ce faire, il faut procéder comme suit2 :
Etape 1 : examiner les recettes et ne les inscrire qu'une fois la somme reçue en guise
de paiement. C'est un critère fondamental qu'il faut toujours appliquer en cas de
doute, pour savoir quoi inscrire et quand l'inscrire.
Etape 2 : examiner les dépenses de façons à ce que pour tous les mois, le plan doit
seulement faire état des sommes d'argent attendues à verser aux fournisseurs;
cependant il faut lier l'état des mouvement de trésorerie pour chaque mois à l'état
des mouvements de trésorerie et à l'activité pour les mois antérieurs et ultérieurs :
c'est le "rapprochement".
Etape 3 : rapprochement des recettes et des débours.
Il montre d'abord le solde reporté en rapport avec les opérations du mois précédent.
A cela, il faut ajouter le total des recettes du mois courant, puis y soustraire les le
total des dépenses du mois courant. Ce solde rajusté est reporté sur la première
ligne de la partie "rapprochement" de la feuille du mois suivant, pour servir de
"point de départ" auquel on ajoute et on soustrait des mouvements de trésorerie.
Les plans de prévisions des mouvements de trésorerie évoluent et se
modifient sans cesse à mesure qu'on en apprend sur l'entreprise et sur les clients
payants.3 Il est recommandé de comparer régulièrement les chiffres projetés pour
chaque mois avec les chiffres réellement enregistrés pour les mêmes mois. A
mesure que les véritables points forts et points faibles de l'entreprise se font jour,
les tendances effectives des mouvements de trésorerie ressortiront du plan.
Les prévisions servent aussi à mettre en place un budget de trésorerie. Il
est établi, pour une durée d’un an, afin de fournir une description des recettes et
des dépenses liées ou non à l’exploitation. Pour la réalisation de ce budget, le
trésorier dispose de trois types d’information :4

1
«Gestion » presses universitaires de France, page 130
2
Voir http://www.rcsec.org/alpe/cashflow.html
3
Voir http://www.rcsec.org/alpe/cashflow.html
4
« Gestion » presses universitaires de France, page 131

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Option : Gestion bancaire.

- des informations certaines et connues d’avance comme la réalisation d’un


emprunt ;
- des informations importantes mais difficilement accessibles comme par exemple
le décalage entre les données comptables et les dates de réalisations effectives des
dépenses ;
- de simples estimations comme les flux liés au cycle d’exploitation et pour obtenir
ce type d’information le trésorier doit nécessairement prendre contact avec les
services de production et les services commerciaux.
Le budget de trésorerie devra être réactualisé sur des périodes d’autant
plus courtes que l’activité est soumise à des aléas. Il permet de préciser l’enveloppe
et la nature des crédits de trésorerie à court terme à négocier auprès des
intermédiaires financiers.
On distingue les prévisions de trésorerie par leur périodicité :1
? Prévisions journalières
Elles servent de base à la détermination des mouvements de fonds qu’il y
a lieu d’ordonner pour assurer l’équilibre de la trésorerie.
? Prévisions hebdomadaires
Elles permettent d’évaluer le montant à conserver en banque pour les
règlements attendus.
Les prévisions hebdomadaires ou de périodicité inférieure se distinguent
des autres prévisions en ce sens qu’elles dérivent directement, pour leur grande
partie, des pièces comptables qui recevront leur exécution dans la période
considérée.
? Prévisions mensuelles
Elles servent à déterminer, au moment où commence un mois, l’allure
générale des fonds disponibles pour l’ensemble de ce mois.
? Prévisions trimestrielles
Ces prévisions ont pour but principal de provoquer les décisions qu’il y
aura lieu de prendre dans le proche avenir pour maintenir l’équilibre de la
trésorerie : par exemple, demande de subvention à l’Etat.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 19
Option : Gestion bancaire.

? Prévisions annuelles
Elles visent à établir des situations budgétaires par le bureau qui s’occupe
du contrôle des comptabilités et le Chef des finances.

Section 2 Organisation comptable de la trésorerie (cas de l’ONCF) :


Paragraphe 1/ Principe de comptabilisation des opérations de
Trésorerie 2
A. Cas des retraits
Des fonds sont considérés comme indisponibles au compte de
l’entreprise en banque dès qu’elle a tiré sur ce compte un chèque ou une lettre de
virement du montant de ces fonds. Il peur se faire que le compte ne soit débité
chez la banque que plusieurs jours après (cas d’un chèque envoyé à un bénéficiaire
et que celui-ci ne présente pas immédiatement à l’encaissement). En particulier,
l’avis de débit en provenance de la banque peut parvenir à la trésorerie longtemps
après. Cela ne pose pas de problème dans la mesure où seule intervient la date à
laquelle est effectuée l’opération de retrait dans les livres. Cette opération est prise
en compte d’après les pièces ayant ordonné ce retrait (instrument de paiement).
B. Cas des dépôts
Des fonds sont considérés comme disponibles au compte de l’entreprise
en banque lorsque la trésorerie est informée par la réception d’un avis de crédit en
provenance de la banque. Il peut se faire que la trésorerie soit avisée du versement
de ces fonds avant de recevoir l’avis de crédit bancaire (cas de versement des
caisses régionales qui avisent directement la trésorerie par des reçus de versement
d’espèces ou de remise de chèques). Cela importe peu puisque seule intervient la
date à laquelle la banque a effectué, dans ces livres, l’opération de dépôt (date de
valeur).
Paragraphe 2/ Journaux auxiliaires
Pour chaque compte de trésorerie est ouvert un « journal auxiliaire de
retraits » et un « journal auxiliaire de dépôts ». Ce journal est tenu sur folios

1
Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 12
2
Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 16

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 20
Option : Gestion bancaire.

indépendants. Chaque folio permet la ventilation par bureau gérant de tous les
comptes susceptibles d’être mouvementés.1
On peut trouver deux types de journaux : journal « banque » et journal
« chèques postaux ».
A. Tenue des journaux auxiliaires
1. Journal des retraits
Il comporte des instruments de paiement, les avis de débit correspondant
à ces instruments et les avis de débit des banques ou des chèques postaux suite à un
prélèvement d’office : accréditifs, effets, taxes téléphoniques, frais d’assignés,
commissions et frais divers…
2. Journal des dépôts
Les avis de crédit des banques sont enregistrés chaque jour et les
sommes déposées sont reconnues et ventilées par compte suivant leur nature :
– chèque à encaisser
– virement de fonds
– avis de recettes
B. Arrêt des journaux auxiliaires
Les journaux sont arrêtés à la fin de chaque mois. Les pièces comptables
(pièces de paiement et pièces d’encaissement) sont classées par compte et par
bureau gérant, et récapitulées sur bandes additionneuses (il est tiré une bande
récapitulative pour chaque compte).
L’arrêté du journal est vérifié par rapprochement, pour chaque compte,
du total du journal et du total donné par la bande correspondante.
Pour chaque journal, le bureau de la trésorerie établit un virement1 :
? Retrait :
Au débit : divers comptes
Au crédit : (diverses banques ou chèques postaux)
Divers comptes 56

1
Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 16

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 21
Option : Gestion bancaire.

? Dépôt :
Au débit : (diverses banques ou chèques postaux)
Au crédit : diverses recettes
Divers comptes 56

Ce virement, le fichet d’imputation, les copies ainsi que les pièces


justificatives et les bandes correspondantes sont remises au bureau « contrôle des
comptabilités ».
Paragraphe 3/ Vérifications
A. Vérification des opérations et justification des soldes
1. Banques :
Les banques adressent mensuellement, à leurs clients, un relevé de
compte reproduisant les opérations du mois dont elles tirent le solde.
Ce solde ne correspond généralement pas au solde des opérations
passées au livre auxiliaire, cela pour diverses raisons :1
– Déduction des frais non effectuée dans les écritures de l’entreprise
(en l’attente des avis de débit) ;
– incorporation dans le relevé du montant des intérêts afférents au
trimestre échus ;
– Chèques portés en retraits dans les écritures de la trésorerie et ne
figurant pas au débit sur le relevé par suite de non encaissement dans
le mois de l’émission…
La différence doit être justifiée. Cette justification nécessite un pointage
des opérations.
Ce pointage est effectué par rapprochement des sommes portées au
relevé et des sommes portées sur les journaux auxiliaires et donne lieu à
l’établissement d’une concordance qui permet de relever les sommes constituant la
1
C’est un virement comptable généré par le système informatique

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 22
Option : Gestion bancaire.

différence entre le solde bancaire et le solde comptable correspondant. Cela donne


naissance à un état établi par banque, appelé « état de rapprochement ».2
Le bureau de la trésorerie vérifie les dates de valeur figurant sur le relevé
bancaire en se basant sur les conditions bancaires en vigueur.
2. Chèques postaux :
Le centre des chèques postaux n’adresse pas à ses clients de relevé
mensuel, par contre, il leur adresse journellement un « extrait de compte »3. Cela
permet :
– de vérifier chaque jour les opérations effectuées
– de relever les frais relatifs à ces opérations et les enregistrer au fur et
à mesure aux journaux des retraits.
– de justifier chaque jour le solde des opérations comptables.
Un état de rapprochement est établi pour les « chèques postaux » en fin
de chaque mois.
B. Vérification des intérêts et des livres auxiliaires
1. Les intérêts
Les banques nous adressent périodiquement le décompte des intérêts du
trimestre échu. Ce décompte et vérifié par le bureau de la trésorerie.
Les montants figurant sur les relevés mensuels des banques sont repris
sur les échelles des intérêts. En général les dates de valeur qui ont été vérifiées
auparavant par la trésorerie sont bien reprises sur les échelles. Les anomalies sont
signalées aux banques qui les reprennent sur les relevés à venir.
2. Livres auxiliaires des banques et du CCP1
Les opérations de dépôts ou de retraits des banques sont reportées,
mécanographiquement, des virements comptables aux livres auxiliaires par le
service informatique de l’entreprise.

1
Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 20
2
Voir modèle aux annexes
3
Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 22

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 23
Option : Gestion bancaire.

Chapitre II.

L’environnement de La
trésorerie.

1
Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 23

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 24
Option : Gestion bancaire.

Section 1 Opérations d’encaissement et de décaissement :


La réalisation des opérations d’encaissement et de décaissement passe par
plusieurs étapes et génère des relations entre la Trésorerie et l’intérieur de
l’entreprise et d’autres avec l’extérieur.
Figure n° 2 : les règlements.

Factures Acomptes Mandats

Trésorerie

Lettres de
Chèques Espèces
virement

Caisse
Banques
centrale

Clients Clients
Personnel Personnel
Fournisseurs Fournisseurs

Source : Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 14.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 25
Option : Gestion bancaire.

Paragraphe 1/ Opérations sur le Maroc


A. Au niveau de la comptabilisation des Dépenses
Le principe de la séparation des ordonnateurs et des comptables donne à
l’agent comptable un rôle important en ce qui concerne sa relation avec la trésorerie.
1. L’agent comptable
L’agent comptable et soit contractuel soit relevant du statut d’un
établissement public.
Sa fonction essentielle réside au fait de contrôler la régularité des recettes
et des dépenses et leur exécution.
En tant que caissier, il doit s’assurer de l’exactitude matérielle des
paiements et de l’identité des parties prenantes.
En tant que gestionnaire des fonds, il doit procurer un acquit libératoire
à l’établissement selon l’un des moyens de règlement à savoir par remise d’espèces,
de chèques, par mandats postal, par virement bancaire ou postal.
L’acceptation du règlement s’analyse dans un maniement de fonds qui
correspond à une responsabilité de caisse.
L’agent comptable en tant qu’organe d’exécution de la dépense, gère
matériellement les disponibilités qu’il détient. Il est responsable de l’exactitude
matérielle des encaissements et des décaissements de fonds et valeurs, ainsi que
toutes les manipulations d’espèces monétaires ou de titre dont il est chargé.
La loi édicte simplement une responsabilité pour exécution matérielle des
opérations de trésorerie sans mentionner leur contrôle.
Cette responsabilité peut être engagée à raison des mouvements de fonds
et de comptes de disponibilités. Il s’agit là des fonds envoyés par un agent
comptable à un autre pour lesquels l’expéditeur doit prouver qu’ils sont transférés
au destinataire en vue de reçus ou d’avis d’opération. Le dépositaire des avoirs ou
espèces devient responsable de leur conservation.1

1
« L’agent comptable au Maroc » page 191

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 26
Option : Gestion bancaire.

2. L’ordonnateur
L'ordonnateur constate la dette à l'égard de l'entreprise et remet pour
mandatement la facture reçue des fournisseurs. Après vérification et contrôle "bon
à payer" les bureaux mandateurs vérifient la facture, établissent le mandat de
paiement et adressent à la trésorerie, pour règlement, les mandats dûment signés
par le chef de la division comptabilité et par l'agent comptable.1
Le mandat est une pièce comptable qui contient :
? Un numéro de série
? L'identification du bénéficiaire à savoir :
? Nom et prénom s'il s'agit de personne physique.
? Raison sociale s'il s'agit de personne morale.
? Son adresse (cas de règlement par chèques postaux d'assignations) ou
son numéro de compte bancaire (cas de règlement par lettre de
virement).
? Le montant à régler.
? La date comptable.
? La signature du responsable du service de la comptabilité et celle de l'agent
comptable.
En cas de règlement par chèque, on n'a besoin ni de l'adresse du bénéficiaire ni de
son numéro de compte.
Il s'agit de plusieurs types de mandats, à savoir :
? Mandats de paiement Fournisseurs (échéance : paiement mensuel [exemple:
loyer, médecins conventionnés… ] et hors échéance : paiement occasionnel)
? Mandats de paiement clients (Remboursement… )
? Bulletins de détaxes
? Mandats de paiement Douanes (sur matériel importé)
? Mandats de paiement Transitaires
? Mandats de paiement Percepteurs (TVA, Impôts… )
? Mandats de paiement Salaires (a un caractère individuel et hors échéance)

1
Cas de l’ONCF

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 27
Option : Gestion bancaire.

? Feuilles de paiement Salaires (mensuelles et collectives)


? Mandats de paiement Opposition sur salaire (dans le cas de paiement
d'allocations familiales suite à un divorce, etc… )
? Mandats de paiement Caisse des retraites
? Feuilles de paiement Caisse des retraites
? Mandats d'arrérages de pension de retraite…
Une fois arrivés à la Trésorerie, ces mandats font l'objet d'une saisie
comptable avec l'imputation comptable appropriée. Cette action est du ressort d'un
poste de travail appelé "règlements Maroc", elle donne lieu à l'établissement de
l'outil de règlement (virement bancaire, chèque bancaire ou chèque postal… )
dûment signé par l'agent comptable et un responsable de la direction financière (Le
Directeur ou son suppléant notamment le trésorier). Une lettre d'avis de paiement
et adressée au tiers bénéficiaire. Les mandats traités sont pris en situation
journalière de trésorerie et classés dans des journaux mensuels triés par banque. A
la clôture comptable de chaque mois, les mandats sont retournés payés aux bureaux
mandateurs qui procèdent à la justification de leurs comptes.
B. Au niveau de la comptabilisation des Recettes
L'ordonnateur constate la créance, établie la facture et l'adresse au client
pour règlement. L'encaissement des recettes et leur comptabilisation se fait au
niveau de la trésorerie par le biais de pièces bancaires avec relevés bancaires à
l'appui. Puis, les pièces justificatives de ces recettes sont adressées au bureau
concerné qui procède à leur lettrage et dispatching entre les services responsables
pour leur imputation comptable.1

1
Cas de l’ONCF

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 28
Option : Gestion bancaire.

Paragraphe 2/ Règlements sur l'étranger


Une transaction avec l’étranger est généralement réalisée suite à une
importation de matériel. Elle se fait par le moyen d’un contrat commercial.
A. Le contrat commercial
C’est le document qui justifie la transaction (achat - vente). Parmi ses
closes on trouve le mode de livraison.
Exemple : Exworks – à l’usine, cela dit : mettre la marchandise, non
chargée sur quelconque véhicule d’enlèvement, à la disposition de l’acheteur au lieu
de livraison convenu, à la date et dans les délais stipulés et ce sans accomplissement
des formalités douanières à l’exportation.
la connaissance de l’incoterm1 retenu renseigne sur la manière dont les
coûts sont répartis à la charge des contractants.
Cas Exworks :2
? Prestation à la charge du vendeur : Emballage usine.
? Prestation à la charge de l’acheteur : chargement (en camion ou
wagon), empotage en usine (dans des conteneurs), acheminement (au
port ou aéroport), formalités douanières à l’exportation, passage
portuaire et aéroportuaire au départ et l’arrivée, transport principal,
assurance transport, formalités douanières à l’arrivée (droits et taxes),
acheminement à l’usine ou entrepôt et déchargement. « Vente au
départ et transport polyvalent ».
De plus, chaque incoterm énumère toute une série de documents
nécessaires aux contractants, et particulièrement pour l’acheteur pour se procurer
de la marchandise et la dédouaner à l’importation.
Mode Exworks :
? Documents nécessaires au vendeur : facture commerciale, attestation
de conformité, liste de colisage.

1
Règles officielles ICC (International Chamber of Commerce) pour l’interprétation des termes commerciaux
2
« Incoterms 2000 » ICC publication n° 560, page 158. Et « moyens et techniques de paiement internationaux »
page 165

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 29
Option : Gestion bancaire.

? Documents nécessaires à l’acheteur : licence d’exportation, certificat


d’inspection avant expédition, certificat d’origine, document attestant
la livraison, titre de transport, police et assurance et licence
d’importation.
Le contrat peut être libellé soit en DH soit en l’une des devises cotées
par Bank Al Maghrib. Il doit indiquer :
- les noms des parties contractantes
- la nature de la marchandise
- la nature de contrat (Exworks… )
- les pays d’origine et de provenance
- le prix unitaire de la marchandise et la monnaie de facturation
- la valeur globale de la marchandise
- le poids
- les échéances fixées pour le paiement
- les délais de livraisons.

B. Le titre d’importation
Permet le passage en douane de la marchandise et son règlement
financier. Il consiste en un engagement d’importation souscrit pour l’importation
des produits non soumis à autorisation d’importation. La validité d’un titre
d’importation et de six mois pour le passage en douane. Ce délai commence à
courir à compter de la date de domiciliation bancaire.
La domiciliation bancaire est le moyen par lequel la banque s’engage à
effectuer pour le compte de l’importateur des opérations et les formalités bancaires
prévues par la réglementation du commerce extérieur et des changes.
Un titre d’importation dûment imputé permet à la banque domiciliataire
de procéder au règlement des marchandises.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 30
Option : Gestion bancaire.

C. Le règlement financier
Le règlement doit strictement obéir aux stipulations du contrat
commercial et du titre de paiement.
1. Paiement par transfert
Il s’agit de créditer en devises le compte du fournisseur, le règlement ne
s’effectue qu’après la réception effective de la marchandise justifiée par la
présentation du titre d’importation dûment imputé par la douane et la facture
définitive correspondante.
2. Paiement par crédit documentaire (accréditif)
L’accréditif est une technique de paiement utilisée pour la première fois
en France à 1750 (environ 10 ans après l’Angleterre).1 C’est un écrit par lequel une
banque s’engage à accréditer un tiers, jusqu’à concurrence d’une somme déterminée
et pour une durée limitée, auprès d’une de ses agences ou d’un de ses
correspondants étrangers, et ce sous réserve que les termes et les conditions du
crédit documentaire soient respectés.
Dans certains cas le paiement d’une caution est exigé.
Une caution est un engagement, par signature émise en général par un
établissement financier au profit d’un tiers, qui permet de garantir la solvabilité de
sa contrepartie cliente de l’établissement financier.2
Il existe différents types de cautions, à savoir :
- caution provisoire sur l’appel d’offre.
- caution définitive qui remplace celle provisoire et couvre la commande.
- Caution d’acompte (restituée à la réception du matériel) qui est égale au
montant de l’acompte.
- Caution de retenue de garantie fixée à 7% du montant de la transaction
(demande établie à l’office des changes).

1
« Moyens et techniques de paiement internationaux » 2ème édition remaniée, page 92
2
Chercher dans www.yahoo.fr (l’économie)

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 31
Option : Gestion bancaire.

Figure n° 3 : les participants au crédit documentaire.

Contrat
Fournisseur Client

Notification Demande
de Cré.doc de Cré.doc
Crédit
Banque documentaire Banque de
étrangère la place

Source : « Moyens et techniques de paiement internationaux », page 108

a) Ouverture de l’accréditif
Suivant le besoin, une demande de matière est établie et adressée au
service « achat ». Après avoir procédé à un appel d’offre et avoir retenu le moins
disant, une commande est établie et adressée au fournisseur. Une copie de la
commande est adressée au magasin général qui s’occupe du dédouanement, de la
réception du matériel et du contrôle technique.
NB : il existe des cas où le marché se fait de grès à grès (entente directe).
Exemple : besoin urgent, fournisseur unique, etc…
A la demande du service des approvisionnements, le trésorier adresse
une demande d’ouverture d’accréditif à l’établissement bancaire chez lequel il a au
préalable fait domicilier l’autorisation d’importation de matériel.
Cette demande doit préciser, outre le bénéficiaire de l’accréditif et son
montant, les conditions dans lesquelles cet accréditif devra être réalisé.1
b) Réalisation de l’accréditif
La demande d’ouverture d’accréditif est répercutée par la banque de la
place à son correspondant étranger. Ce dernier avise le fournisseur de l’ouverture
de l’accréditif en sa faveur. Dès lors, à chaque expédition de matériel justifiée par
les documents exigés par l’entreprise (client), le correspondant en effectue le
règlement au fournisseur.

1
Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 28

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 32
Option : Gestion bancaire.

Ces documents parviennent, par l’intermédiaire de la banque, à la


trésorerie qui les adresse au service des approvisionnements.
Le paiement se fait soit « à vue », soit « par acceptation », soit « par
négociation ».1
- paiement à vue : le fournisseur adresse les documents attestant
l’expédition à la banque où le crédit est réalisable. Cette banque n’est
pas mandatée pour payer les documents. Si elle est mandatée pour
lever les documents, elle vérifie leur conformité et règle l’exportateur.
- Paiement par acceptation : en plus des documents, le fournisseur
adresse à la banque notificatrice une traite qu’elle accepte après étude
du dossier. Elle en informe la banque émettrice. Cette banque
effectue le remboursement à l’échéance conformément aux
conditions du crédit.
- Paiement par négociation : se distingue de celui « par acceptation »
par le fait que la banque étrangère adresse la traite du fournisseur à la
banque de la place. Celle-ci adresse à son correspondant les fonds
nécessaires pour le paiement.
Figure n° 4 : la réalisation de l’
accréditif.

Fournisseur Client

Banque Banque de
étrangère la place

Source : « Moyens et techniques de paiement internationaux », page 112.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 33
Option : Gestion bancaire.

La trésorerie effectue le suivi de ces règlements et approvisionne en


temps opportun le compte de l’entreprise chez la banque.
Au fur et à mesure des expéditions, la banque procède à l’achat de
devises et débite le compte de l’entreprise (acheteur) du montant des règlements
effectués, majoré des divers frais et commissions.2
En cas de prorogation, les frais sont à la charge du fournisseur.
Les frais accessoires (estimés à 35% de la valeur de la marchandise)
s’ajoutent à la valeur du matériel. Il s’agit des :
? Frais de la douane :
? Droit à l’importation
? Prélèvement Fiscal à l’Importation (PFI)
? TVA
? Taxe parafiscale pour le financement de la promotion et de
l’inspection des exportations « sauf les investissements ».
? Frais d’informatisation de la douane (100,00 MAD)
? Frais de transport (en faveur des transitaires)
? Frais de l’office d’exploitation des ports (ODEP)
? Frais d’assurances
? Frais de réception en usine
c) Types de crédits documentaires 3
- crédit irrévocable : engagement ferme de la banque (de la place) de payer la
valeur des documents présentés, sous réserve du respect des termes et des
conditions du contrat.
- Crédit révocable : émis en faveur du bénéficiaire sur instruction du donneur
d’ordre. Il peut être annulé sans consentement du fournisseur tant que la banque
notificatrice (auprès de laquelle la banque émettrice a rendu le crédit réalisable)
n’a pas effectué le paiement.

1
« Moyens et techniques de paiement internationaux » 2ème édition remaniée, page 111
2
Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 26
3
« Moyens et techniques de paiement internationaux » 2ème édition remaniée, page 104 à 108

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 34
Option : Gestion bancaire.

- Crédit irrévocable et non confirmé : la banque étrangère n’assume aucune


responsabilité, à l’égard du bénéficiaire, en dehors de la vérification de
l’authenticité du crédit. Elle appose l’expression suivante « SANS AUCUN
ENGAGEMENT DE NOTRE PART ».
- Crédit irrévocable et confirmé : le correspondant s’engage à son tour de payer la
valeur du crédit. C’est une double garanti de paiement.
- Crédit revolving (renouvelable) : le crédit est constamment disponible jusqu’à
concurrence de x (devise) pendant une période arrêté à six mois. Toute
utilisation partielle ou totale du crédit et systématiquement compensée. C’est un
crédit qui peut être cumulatif (toute somme non utilisée peut être utilisée au
cours de la période suivante) ou non cumulatif (toute somme non utilisée
durant la période en cours cesse d’être disponible). L’engagement de la banque
de la place couvre le montant global qui pourrait être tiré soit 6x(devise).
Le crédit documentaire procure les avantages suivants :
? Le financement est facile.
? L’acheteur reçoit sa marchandise à meilleure prise et avec des délais de paiement
assez longs.
? Le paiement est garanti, sous réserve du respect des termes et conditions du
crédit documentaire.
? Le paiement est assuré contre simple présentation des documents qui représente
la marchandise.
d) Les différents types de documents
On peut énumérer 1:
? Facture commerciale : c’est le document comptable par lequel le vendeur
requiert l’acheteur de payer la somme due pour les marchandises (ou services)
fournies.
? Certificat d’origine : donne des précisions sur l’expédition et sur l’origine des
marchandises.

1
« Moyens et techniques de paiement internationaux » 2ème édition remaniée, page 197 à 245

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 35
Option : Gestion bancaire.

? Document d’assurance : sert à couvrir les risques. Il indique que la couverture


d’assurance prend effet, au plus tard, à la date de mise à bord ou d’expédition ou
de prise en charge des marchandises.
? Documents de transport :
- connaissement maritime
- document de transport multimodal
- document de transport aérien
- document de transport par rail-route
- récépissé de la poste et des sociétés de courrier express.
Dans le cas où le fournisseur présente à la banque étrangère des
documents non conformes, plusieurs cas de figures se présentent :
- la banque retourne l’ensemble des documents au vendeur dans le but de les
présenter à nouveau, conformément aux termes et conditions du crédit, pendant
la période de validité du crédit, postérieurement à la date d’expédition.
- la banque retourne uniquement le document non conforme.
- La banque étrangère, sur autorisation du bénéficiaire, transmet à la banque de la
place les documents non conformes pour les examiner, les approuver ou les
refuser.
- La banque étrangère, sur autorisation du bénéficiaire, demande à la banque de la
place, par fax ou Swift, l’autorisation de payer, accepter ou négocier contre les
documents non conformes.
e) Opérations comptables
Au reçu de l’avis de débit de la banque, la trésorerie passe au journal des
retraits l’écriture suivante :
- au débit : accréditifs
- au crédit : banques
En fin de mois, la cellule comptabilité du service administratif et
approvisionnement prend en charge les accréditifs réalisés et établie le virement
comptable ci-après1 :

1
Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 26

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 36
Option : Gestion bancaire.

- au débit : charges diverses à imputer


- au crédit : accréditifs

Paragraphe 3/ La caisse
Comme toutes les caisses régionales, la caisse centrale effectue des
encaissements et des paiements.
Les paiements sont très importants étant constitués généralement par des
paiements en faveur du personnel (salaire, prestation sociale… ) ; néanmoins, la
tendance actuelle c’est d’alléger les opérations de caisse et les transférer sur la
trésorerie.
Le principe de l’organisation1 des travaux est basé sur tenue de journaux
de caisse des « paiements » et des « encaissements ». La justification de l’existant en
caisse se traduit par l’établissement d’un relevé journalier des opérations effectuées
par la caisse centrale et la tenue d’un relevé d’inventaire des espèces. Ces deux
relevés constituent « la situation journalière de la caisse ».1
A. Paiements
Le caissier est tenu de n’effectuer un paiement que s’il lui est remis un
document régulier qui peut être :
- un instrument de paiement en cours de validité (mandat de paiement,
rôle de solde, bon de caisse… )
- un titre de paiement relatif à de menues dépenses.
Avant de procéder au paiement, le caissier doit vérifier l’identité de la
partie prenante. Le paiement ne peut être effectué entre les mains d’une personne
autre que celle désignée sur l’instrument de paiement sauf procuration valablement
établie.
Le caissier recueille, sur l’instrument de paiement, l’acquit du
bénéficiaire : lieu, date et signature.
Au jour du paiement, il appose le timbre à date de la caisse centrale sur
chaque instrument de paiement.
1
Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 36

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 37
Option : Gestion bancaire.

Après règlement de l’intéressé, le caissier enregistre la pièce en cause au


registre des paiements. Ce dernier doit contenir : les références de l’instrument de
paiement, le nom du bénéficiaire, le montant réglé et la nature de chaque paiement
effectué (libellé et imputation comptable… )
Les bons de caisse émis au titre d’acompte sur salaire sont récupérés sur
le salaire du mois en cours.
B. Encaissements
Le caissier tient un « relevé » des encaissements suivant le même principe
que le « relevé des paiements ».
Généralement, ces encaissement sont : des virements de fonds (suite à
une demande de ravitaillement) et des avis de recettes (achat de dossier appel
d’offre).
A la demande de la partie versante, le caissier établit un reçu, extrait d’un
carnet à souche.
Les opérations d’encaissement sont toutes prises en compte dans la
journée considérée.
C. Etat des menues dépenses
Le caissier ouvre un état des menues dépenses2, il le tient au jour le jour
au fur et à mesure des paiements effectués contre remise du titre de paiement par le
bénéficiaire. Les titres de paiements sont joints à cet état.
Le caissier transmet l’état des menues dépenses (originale) à la trésorerie
pour signature par le Directeur financier, et avise le service « comptabilité » pour
prise en charge et comptabilisation.
A la réception de l’instrument de paiement de régularisation, le caissier
inscrit l’opération au journal des paiements, et sur l’état « situation de caisse »,
l’écriture correspondante antérieurement effectuée à la rubrique « menues
dépenses » est annulée.

1
Voir modèle aux annexes
2
Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 40. Voir modèle
aux annexes

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 38
Option : Gestion bancaire.

Section 2 Réalisation d’autres tâches de la Trésorerie :


Paragraphe 1/ A travers la relation avec les banques
Afin de financer des projets précis, une entreprise peut ouvrir des
comptes bancaires spéciaux :
- BEI (Banque Européenne d'Investissement)
- BIRD (Banque Internationale de Restructuration et de
Développement)
- BAD (Banque Africaine de Développement)
- JBIC (Japan Bank International Corporation)…
L’obtention d’un prêt par une entreprise est soumise à des conditions qui
sont composées du taux d’intérêts, des commissions et de la prise en compte des de
valeurs.
Le principe de jour de valeur donne naissance à ce que l’on appelle le
float qui correspond au volume de fonds à la disposition d’une banque et qu’elle
peut placer entre la date d’opération et la date de crédit dans les comptes de
l’entreprise. Il faut ajouter que le décompte des jours de valeur suit une procédure
particulière. En effet, les banques considèrent que toute opération réalisée après
« l’heure de caisse » est prise en compte le lendemain. Par ailleurs les jours sont
exprimés en jours ouvrés ou en jours calendaires. Les jours ouvrés excluent les
samedi, dimanche et les jours fériés ; les jours calendaires regroupent tous les jours
de la semaine.1
Après réception des relevés retraçant les opérations passées aux
différents comptes ouverts au nom de l'entreprise, auprès des banques, le trésorier
procède à une analyse rigoureuse de l'ensemble de ces écritures bancaires. Il
contrôle les dates de valeurs suivant les conditions convenues, effectue le
rapprochement et si nécessaire, rédige des réclamations aux banques pour effectuer
le redressement adéquat.

1
« Gestion » presses universitaires de France, page 138

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 39
Option : Gestion bancaire.

Pour régler les fournisseurs étrangers, le trésorier procède à l'achat et la


vente de devise par le biais de négociation du cours de devises avec les salles des
marchés.
Aussi, à la clôture de chaque trimestre, le trésorier contrôle les agios
prélevés sur le compte bancaire. Pour cela il se sert des échelles d'intérêts lui
parvenant des banques.

Paragraphe 2/ A travers la relation avec autres organismes


Les importations de l'étranger sont réglementées et limitées. Un
accréditif ne peut être ouvert sans une autorisation préalable d'importation
demandée auprès du Ministère du commerce et de l'industrie.1
En outre, les règlements de ces importations donne lieu à des opérations
de changes dont le contrôle est effectué par "l'office des changes", organisme
autonome agissant par délégation du Ministère des Finances. Toute opération de
change doit avoir reçu accord de cet organisme.2
Aussi, pour permettre aux responsables de l'entreprise de partir en
mission à l'étranger, il faut établir, auprès du Ministère des finances, des demandes
d'autorisation permettant de faire sortir des devises du territoire national. Le
montant en devise couvre les frais engendrés par ces missions.

1
Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 25
2
Office National des Chemins de Fer, guide sur la gestion du « bureau de la trésorerie » page 25

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 40
Option : Gestion bancaire.

Chapitre III.

Les différents outils de la


trésorerie.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 41
Option : Gestion bancaire.

Section 1 Le savoir faire financier :

Pour toute entreprise, le manque de liquidités est un risque majeur qui


conduit ses dirigeants à maintenir un certain niveau de trésorerie, car les opérations
industrielles ou commerciales n’entraînent que très rarement une synchronisation
entre les encaissement et les décaissements. Cependant, les sommes conservées en
trésorerie non seulement ne rapportent rien mais coûtent très cher. C’est pourquoi
les responsables de la trésorerie doivent en permanence rechercher la combinaison
optimale entre la rentabilité (placement) et la sécurité (solvabilité). 1
Paragraphe 1/ Le trésorier

A. Missions originelles :

Dans le cadre d’une bonne gestion des flux et des soldes, le trésorier
d’entreprise remplit des missions importantes, à savoir : détermination en valeur de
la position bancaire, équilibrage de comptes, gestion des financements et
placements à court terme.
La trésorerie d’exploitation ou cash management, suppose la maîtrise
d’opérations variées et complexes et doit constamment s’adapter aux évolutions
technologiques.2
Apparue il y a plus de vingt ans, la mission de gestion des risques
financiers concerne trois domaines principaux :
? La gestion de la liquidité : la trésorerie doit s’assurer que l’entreprise
peut faire face à ses engagements, qu’elle dispose des financements
suffisants à des conditions conformes à son standing financier.
? La gestion des risques de contrepartie, directs ou indirects, sur ses
partenaires financiers et clients.
? Et la gestion des risques de changes et de taux : son objet consiste à
détecter, évaluer ces risques, proposer une politique de couverture et

1
«Gestion » presses universitaires de France, page 128
2
Voir http://gpf-france.com/metiers/tresorier.htm

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 42
Option : Gestion bancaire.

la mettre en œuvre. Cette fonction constitue un élément clef de la


compétitivité de l’entreprise.
Au service de l’activité industrielle et commerciale, le trésorier intervient
très en amont dans les négociations commerciales et dans la gestion du besoin en
fonds de roulement, en sortant de son rôle d’expert technicien pour devenir un
consultant interne, grâce à sa bonne appréhension et maîtrise de l’information.
Pour savoir si la gestion de trésorerie a atteint ses objectifs 1 , tout
trésorier doit vérifier si :
- Les soldes bancaires sont proches de zéro ;
- Les conditions bancaires ont été correctement négociées ;
- Les crédits ont été choisis aux meilleurs taux ;
- Les conditions négociées ont été effectivement appliquées.
Ce contrôle peut se faire par confrontation entre les réalisations et les
prévisions, afin de déterminer les coûts entraînés par des erreurs de gestion.
B. Compétences nouvelles :
Financier d’entreprise, et d’abord spécialiste multiproduits, le trésorier se
doit d’avoir une vision globale afin d’intégrer les préoccupations de disciplines
connexes : environnement macro-économique, stratégie de l’entreprise,
informatique, juridique, fiscal, comptable et communication financière.
Dans une optique de vision à moyen terme, il négocie, traite avec les
banques et joue un rôle déterminant dans la politique de relations avec les
partenaires financiers et de communication sur l’activité de la société. Imprégné de
culture industrielle, il contribue à la qualité et à l’offre des services bancaires.2
En relation avec la direction générale, le trésorier propose des règles
formalisant la politique financière opérationnelle, les transactions, limites,
contreparties autorisées et moyens de contrôle. Il veille aussi à la cohérence de
l’ensemble des informations financières, tant pour les prises de décision que pour le
reporting.

1
« Gestion » presses universitaires de France, page 142
2
Voir http://gpf-france.com/metiers/tresorier.htm

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Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 43
Option : Gestion bancaire.

C. Evolution :
Le trésorier de nos jours se présente, de plus en plus, comme un
fédérateur des métiers de la finance qui participe aux grandes décisions de
l’entreprise, en lui apportant une forte valeur ajoutée.
C’est pourquoi ses responsabilités s’étendent vers l’appréciation des
risques client, la comptabilité de la trésorerie, les financements de projet, la
tritrisation de créances, la gestion des risques sur matières premières et les
opérations de capital.

Paragraphe 2/ Gestion de l'excédent :


Sur le marché financier, plusieurs types de placements sont disponibles.1
- Placement à prix fixe : c’est une technique de placement lors des augmentations
de capital des sociétés cotées. Le prix d’émission des actions nouvelles est
annoncé à l’avance avec généralement une forte décote par rapport au cours de
bourse pour éviter un échec en cas de baisse des cours. Le placement se déroule
ensuite sur plusieurs jours. L’émission est assortie d’un droit préférentiel de
souscription pour les actionnaires actuels.
- Placement à prix ouvert : c’est une technique de placement lors des
augmentations de capital des sociétés cotées. Le prix n’est fixé qu’à l’issue d’une
période de marketing et de pré-placement. Ce type de placement se fait en
général avec une très légère décote par rapport au cours de bourse de fin de cette
période. Il n’y a pas de droit préférentiel de souscription.
- Placement privé : c’est une technique de levée de fonds pour les entreprises non
cotées qui ne souhaitent pas s’introduire en bourse à l’occasion d’une
augmentation de capital. Elles font appel à de nouveaux investisseurs (fonds
spécialisés, compagnies d’assurances, banques). L’émission peut être assortie ou
non de droits préférentiels de souscription.
- Placement financiers : ces placements sont de courte durée de façon à en tirer
des intérêts (rémunérer les liquidités dont dispose l’entreprise). on distingue les

1
Chercher dans www.yahoo.fr (l’économie)

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Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 44
Option : Gestion bancaire.

produits de placement sans marché secondaire (dépôt à terme, bon de caisse,


prêt de titre… ) et les produits de placements avec marché secondaire (bon du
trésor négociable, certificat de dépôt, SICAV monétaires ou de trésorerie, FCP,
obligations, actions).
Une entreprise peut placer ses excédents de trésorerie en produits
bancaires, placements financiers ou placements monétaires (par achat des parts
d’OPCVM).
A. Produits bancaires
Les placements bancaires proposés aux entreprises sont1 :
? Les bons de caisses : sont des placements à terme.
En contrepartie d’un dépôt effectué auprès de sa banque, l’entreprise reçoit un bon.
Sur ce document, la banque reconnaît sa dette et s’engage à la rembourser à une
date donnée au déposant ou à tout bénéficiaire désigné par le souscripteur.
La durée minimum est de 1 mois.
Le taux des bons de caisse est libre mais se situe en général à un ou deux points au
dessous des taux du marché monétaire.
? Le compte à terme : est une formule par laquelle le déposant demande à sa
banque de bloquer une certaine somme pour un certains temps, moyennant
rémunération. La durée et le taux suivent la même logique que pour le bon de
caisse.
? Les certificats de dépôt : sont des titres négociables émis par les établissements
de crédits en contrepartie de dépôts effectués auprès d’eux par leurs clients. Ils
sont à échéance fixe (minimum 1 jour, maximum 1 an). La rémunération est
libre ; elle est proche de celle du marché monétaire.

B. Les OPCVM (Organismes de Placement Collectif en Valeur


Mobilière)
Certains placements en parts d’OPCVM2 sont adaptés à la gestion des
excédents de trésorerie d’une entreprise.

1
Chercher dans www.yahoo.fr (l’économie : gestion de l’excédent de trésorerie)
2
« Guide des OPCVM » WAFA GESTION, page 11

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Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 45
Option : Gestion bancaire.

Les OPCVM sont les SICAV (sociétés d’investissement à capital variable)


et les FCP (fonds communs de placement). La SICAV est une société alors que le
FCP est une copropriété.
Les OPCVM drainent des fonds auprès des particuliers ou des
entreprises et les placent en valeurs mobilières (actions, obligations, titres de
créance négociables). On peut classer les OPCVM selon différents critères : 1
? Selon le type d’investissement.
OPCVM actions : investis ou exposés en permanence sur un marché d’actions.
Les actions sont des titres de propriété sur une partie du capital social de
l’entreprise qui les a émises.
OPCVM obligations et autres titres de créances : investis ou exposés en
permanence sur un marché de taux.
OPCVM monétaires : affichant une référence à un ou plusieurs indicateurs
monétaires.
? Selon l’utilisation des revenus.
OPCVM de distribution : distribuent aux porteurs de parts les revenus qu’ils
perçoivent.
OPCVM de capitalisation : réinvestissent en valeurs mobilières les revenus qu’ils
perçoivent.
L’OPCVM fonctionne comme suit : 1
- les demandes de souscriptions et de rachats sont exécutées sur la base de la
prochaine valeur liquidative.
- Le prix de souscription : est la prochaine valeur liquidative majorée de la
commission de souscription.
- Le prix de rachat : prochaine valeur liquidative minorée de la commission de
rachat.
- La valeur liquidative est calculée le vendredi de chaque semaine ou, si celui-ci est
férié, le premier jour ouvrable suivant.
- La valeur liquidative : c’est l’actif net rapporté au nombre de parts.
1
Chercher dans www.yahoo.fr (l’économie : gestion de l’excédent de trésorerie)

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 46
Option : Gestion bancaire.

- L’actif net : corresponds aux conditions d’évaluations des valeurs, apportées à


un organisme de placement collectif en valeurs mobilières ou détenues par lui,
fixées comme suit :
? Les actions cotées à la bourse des valeurs sont évaluées à leur dernier cours
coté.
Les titres de créance émis par les émetteurs publics ou privés, négociables
sur un marché réglementé, sont évalués au dernier cours constaté sur ledit
marché le jour de l’évaluation des actifs de l’OPCVM.
? Les actions et parts d’OPCVM sont évaluées à leur dernière valeur
liquidative connue.
- Commission de souscription maximale : 2% HT de la valeur liquidative.
- Commission de rachat maximale : 1% HT de la valeur liquidative.
- Les frais de gestion s’élèvent à 2% l’an HT de l’actif net déduction faite des
parts ou actions d’OPCVM.2
Les OPCVM de capitalisation monétaires sont les plus adaptés pour le
placement de la trésorerie d’une entreprise ; toutefois, le niveau très faible des taux
d’intérêt rend ce type de placement de moins en moins intéressant et les entreprises
préfèrent souvent négocier avec leurs banques des avantages en contrepartie de
dépôts excédentaires en compte courant.

Paragraphe 3/ Le financement
Dans son échéancier de remboursement des dettes, le trésorier doit
prendre en compte les dettes de financement à court, moyen et long terme.

A. Long et moyen terme


Un financement doit toujours respecter un plan établi avec rigueur. Un
plan de financement3 consiste à mettre en place, pour un investissement donné, une
structure de financement (capitaux propres et dettes) et à établir un échéancier de

1
UPLINE Actions (note d’information, avec visa du Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières)
2
Il y’a aussi les REPO (voir aux annexes)
3
Chercher dans www.yahoo.fr (l’économie : le financement)

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 47
Option : Gestion bancaire.

remboursement en fonction des flux de trésorerie dégagés par ce même


investissement.
Le choix entre dette et capitaux propres va dépendre de plusieurs
paramètres : la conjoncture macro-économique, le niveau de maturité du secteur
auquel appartient l’entreprise, la position des actionnaires, les opportunités de
financement, la structure financière des concurrents. On peut aussi s’intéresser aux
conséquences en termes d’élévation du point mort (le niveau d’activité, mesuré par
la production, le chiffre d’affaires ou la quantité de biens vendus, pour lequel
l’ensemble des produits couvre l’ensemble des charges. A ce niveau d’activité, le
bénéfice et donc nul), 1 d’amélioration de la rentabilité comptable des capitaux
propres, de la dégradation de la solvabilité ou de l’impact sur la liquidité de
l’entreprise.
Parmi les contrats conçus pour garantir le paiement des dettes on trouve
le nantissement et le gage (contrats de sûretés réelles).2
Le nantissement a pour caractère essentiel « la prise de possession », par le
créancier, du bien donné en sûreté par le débiteur ; il s’oppose au privilège ou à
l’hypothèque, qui sont également des sûretés réelles ; mais qui laisse le bien en
possession du débiteur. Quand le nantissement porte sur un bien mobilier, il est
dénommé gage.
B. Court terme
En vue d’alimenter sa trésorerie, l’entreprise dispose de plusieurs moyens.
Il existe de très nombreux crédits de trésorerie qui se présentent sous formes
extrêmement différentes : spécialisés ou généraux, mobilisables ou non
mobilisables. Leur vocation est de couvrir un besoin à caractère passager et c’est la
raison pour laquelle ils ne doivent pas être utilisés en permanence.3
- Les crédits non spécialisés regroupent des avances que les banques
accordent aux entreprises pour effectuer la jonction entre ses encaissements et ses
décaissements comme par exemple les facilités de caisse (pour quelques jours), les

1
Chercher dans www.yahoo.fr (l’économie : le point mort)
2
Chercher dans http://encyclo.voila.fr
3
« Gestion » presses universitaires de France, page 135

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 48
Option : Gestion bancaire.

découverts et les avances en compte courant (pour quelques semaines) ou les


Crédits spot (un financement à très court terme -15 jours à 1 mois- renouvelable, à
un taux inférieur à celui du découvert).
- Les crédits spécialisés ont pour objet de permettre le financement d’une
opération spécifique, à titre d’exemple, les crédits de campagne (facilitent le
financement d’un cycle d’exploitation) ou le warrant (un billet à ordre souscrit par
une personne qui donne un gage en garantie de sa signature. Ce gage est représenté
par des produits ou des marchandises entreposés dans des magasins généraux).
- Les crédits mobilisables sont soumis à des règles strictes, la durée
maximale est en générale d’un an et le crédit de fait sous forme revolving, c'est-à-dire
par mobilisations successives de billet à 90 jours. Ils se présentent la plupart du
temps sous la forme de billets de trésorerie. Les entreprises peuvent se prêter des
capitaux en utilisant les billets de trésorerie. Ceux-ci ont été crées dans le but de
financer la trésorerie des entreprises sans que ces billets aient à être causés (ils
représentent un prêt d’argent et non une créance commerciale). Ils sont émis par
les grandes entreprises et ils peuvent être détenus et négociés sur le marché
monétaire par toute personne morale ou physique. Ils donnent aux entreprises un
accès direct au marché monétaire sans passer par le circuit bancaire traditionnel.
Les billets de trésorerie sont en fait un droit de créance qui permet aux entreprises
d’obtenir des conditions plus favorables et plus souples pour assurer leur
financement. Leur durée va de 1 jour à 1 an.
- l’entreprise dispose d’autres moyens de financement, à savoir :1
? Le billet à ordre : est un titre par lequel le souscripteur promet de payer, à une
certaine date, une somme déterminée à un bénéficiaire ou à l’ordre de celui-ci.
Le billet à ordre diffère de la lettre de change par le fait qu’il ne prévoit que deux
intervenants, le souscripteur et le bénéficiaire.
? La lettre de change : ou traite est un acte de commerce par lequel le créancier,
appelé tireur, donne l’ordre à son débiteur, le tiré, de payer sans condition une

1
Chercher dans http://encyclo.voila.fr

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 49
Option : Gestion bancaire.

certaine somme à une date déterminée à une personne désignée, le preneur ou le


bénéficiaire. L’objet de la lettre de change est une dette du tiré envers le tireur.
? Les obligations : sont des titres de créances que la société émettrice s’engage à
rembourser à une échéance déterminée et qui sont rémunérés par un intérêt
annuel. L’émission d’obligations par une entreprise s’apparente donc à un
emprunt. L’émission d’obligation répond à une recherche de capitaux. Certain
de retrouver sa mise initiale, l’obligataire ne prend aucun risque, sauf en cas de
faillite de l’emprunteur ou d’inflation très forte. l’objectif principal des sociétés
émettrices est que l’offre de produits financiers rencontre la demande de
placements.

Paragraphe 4/ Gestion des risques :


A. Risques financiers
1. Généralités
Ces dernières années, les activités traditionnelles des banques et leur
environnement financier se sont profondément modifiés. Parallèlement, les
produits et les techniques de fixation des prix et de gestion des risques ne cessent
de se multiplier. En outre, la mondialisation croissante des marchés financiers et les
récents progrès techniques dans le domaine des communications ont fortement
accru les risques de crises financières nationales ou internationales.
Du fait de ces mutations, le secteur des services financiers a subi un
certain nombre de mutations structurelles fondamentales, à savoir :1
? les risques opérationnels et de marché ont pris davantage d’importance pour
les banques;
? les liens entre établissements et marchés financiers sont nettement plus
étroits
? les banques peuvent maintenant modifier rapidement leur portefeuille et leur
exposition aux risques
? les marchés financiers et la valeur des portefeuilles des banques peuvent
changer rapidement.

1
« Gestion de portefeuille » Département De Boeck Université. Et « Finance d’entreprise » éditions EMS

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 50
Option : Gestion bancaire.

Aussi, les marchés des dérivés se sont développés rapidement ces


dernières années.
Les produits dérivés tirent leur valeur de celle des titres, taux d’intérêt ou
indices de prix sous-jacents. Employés à bon escient, ce sont des instruments qui
permettent de se protéger facilement contre nombre de risques et de les segmenter
en les répartissant entre ceux qui sont prêts à les assumer.
Nul ne conteste désormais qu’une gestion interne privée des risques soit
essentielle afin de rendre les institutions financières plus sûres et plus solides et de
réduire les risques systémiques. 1

2. Théorie de porte feuille 2

a) Aperçu rapide
La théorie de base a été établie par Harry Markowitz en 1952 à l'univertsité de
Chicago, et ses travaux sur le sujet lui ont valu le prix Nobel. Jusqu'alors, les
investisseurs savaient bien qu'il était utile de diversifier ("ne pas mettre tous ses
oeufs dans le même panier"), mais Markowitz a été parmi les premiers à essayer de
quantifier le risque et démontrer, chiffres à l'appui, pourquoi et comment la
diversification d'un portefeuille permet de réduire le risque pour les investisseurs.
C'est le but des techniques d'Allocation d'actifs .

Il a aussi été le premier à établir le concept de "portefeuille efficace". Le


"portefeuille efficace" est celui qui expose au risque minimum pour un niveau
donné de rentabilité (ou qui produit la meilleure rentabilité pour un niveau de
risque donné).

Pour calculer un portefeuille optimal (ou "efficace"), on a besoin


d'utiliser des données historiques de cours pour calculer la rentabilité, le niveau de
risque (écart-type ou volatilité) de chaque actif composant le portefeuille, ainsi que
les coefficients de corrélation des différents actifs entre eux.

1
Bulletin du FMI, 18 septembre 1995
2
« Gestion de portefeuille » Département De Boeck Université. Et « Finance d’entreprise » éditions EMS

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 51
Option : Gestion bancaire.

b) Risque (Volatilité ou écart-type des variations de cours)

Il y a de nombreux types de risques et différentes méthodes de les mesurer. La


volatilité, calculée comme l'écart-type des variations (historiques) de cours, est
probablement la plus répandue des mesures de risque des actions cotées et des
portefeuilles. C'est une mesure statistique de la variabilité des cours autour de la
moyenne.

La volatilité est très utile pour comparer les niveaux de risque de différents types
d'investissements. (Voir figure n° 5)

Figure n° 5 : la rentabilité en fonction du risque.

Source : « Gestion de portefeuille » Département De Boeck Université.

c) Quelques problèmes d'application


On a vu que l'application de la théorie nécessite de connaître les historiques de
cours. Or, par définition, et comme aurait dit La Palisse, ces historiques changent
tous les jours, de même que les résultats financiers des sociétés. La composition du
portefeuille optimal doit donc changer tous les jours, pour rester sur la frontière
efficace. L'investisseur devrait donc en permanence vendre et acheter des titres
pour ajuster son portefeuille, ce qui peut induire des coûts de transaction élevés
(sans parler des impôts).

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 52
Option : Gestion bancaire.

d) Allocation d'actifs et diversification


L'allocation d'actifs est le processus d'affectation de fonds à chacune des
classes d'actifs (Actions par exemple) pour diversifier le portefeuille.
De nombreuses analyses on été faites tendant à indiquer que ce genre de
diversification pourrait bien être la décision la plus importante, et de loin: elle
pourrait produire 90% de la rentabilité du portefeuille.

3. Notion de risques : Bêta, MEDAF ou Capital Asset Pricing


Mode. 1
a) La droite de marché
Il s’agit de la relation qui permet, du moins sur le plan théorique, de
fournir aux actionnaires le taux de rémunération qu’ils sont en droit d’exiger étant
donné le risque qu’ils acceptent. C’est le taux qui doit servir de taux d’actualisation
des dividendes futurs quand il s’agira d’estimer la valeur d’une action.
Pour comprendre cette relation, il y a lieu de partir de la notion du
facteur risque. Tous les projets qui sont entrepris dans le cadre d’une entreprise ne
sont pas liés au même facteur d’incertitude, au même risque. Par exemple, il est
beaucoup moins risqué d’investir en obligations garanties par l’Etat que de faire
l’acquisition de titres d’une entreprise liée aux technologies nouvelles. Nous avons
donc en notre présence des actifs que l’on peut considérer comme sans risque et
d’autres à risques.
L’on peut aisément croire que certains instruments financiers obligataires
possèdent un taux sans risque, et par voie de conséquence un risque de valeur nulle.
Quant aux actions qui, elles, vont présenter un risque plus important, car la
rentabilité espérée n’est pas certaine. Le risque dès lors peut être estimé par l’écart
type de la rentabilité.
Un investisseur va donc avoir le choix d’investir entre des actifs sans
risque et des actifs risqués. Il pourra donc constituer son propre portefeuille de
titres d’actifs avec ou sans risque. L’observateur constatera que les différents
portefeuilles s’alignent suivant une droite de marché (voir figure n° 6) où la

1
« Gestion de portefeuille » Département De Boeck Université. Et « Finance d’entreprise » éditions EMS

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 53
Option : Gestion bancaire.

rentabilité espérée est directement proportionnelle au risque mesuré par l’écart type.
L’on obtiendra à titre d’exemple un portefeuille P comprenant respectivement des
actifs sans risque de x% ainsi que des actifs risqués à raison des compléments
respectifs à savoir (100-x) %.
Figure n° 6 : Droite de marché.

Source : « Gestion de portefeuille » Département De Boeck Université.

b) LE MEDAF (Modèle d’Equilibre des Actifs Financiers)


L’analyste pourra observer sur les marchés financiers une corrélation
positive entre la rentabilité obtenue et le risque encouru, les actifs à risques offrant
une rentabilité plus élevée que les actifs sans risque.
Le MEDAF se traduit par une relation (voir figure n° 7) qui permet de
quantifier la liaison entre le risque et la rentabilité et ainsi d’évaluer la prime de
risque existant. Il faut entendre par risque, celui qui nous est enseigné par la «
Théorie des Portefeuilles », c’est-à-dire celui qui ne peut être éliminé par la

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 54
Option : Gestion bancaire.

diversification des titres. Tout observateur peut constater que la « Théorie des
portefeuilles » aboutit à la relation fondamentale suivante :1

Ei = RF + ßj (EM - RF)

Ei = rentabilité espérée du titre i


RF = rentabilité de l’actif sans risque
EM = rentabilité du portefeuille de marché

Figure n° 7 : Le MEDAF.

Source : « Gestion de portefeuille » Département De Boeck Université.

1
« Gestion de portefeuille » Département De Boeck Université. Et « Finance d’entreprise » éditions EMS

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 55
Option : Gestion bancaire.

c) Le risque non diversifiable


Le coefficient Bêta est un indice, Il représente la sensibilité du taux de
rentabilité d’une action par rapport aux fluctuations du taux de rentabilité de
l’ensemble du marché. Il peut être estimé en effectuant une régression linéaire des
taux de rentabilité d’une action considérée par rapport à la rentabilité du marché et
correspond ainsi à la pente de la droite de régression. On peut également le traduire
par le nombre de fois que le titre observé est plus sensible au risque que le marché.
C’est ainsi que, nous pourrions constater que, lorsque la rentabilité correspond à
celle du marché, la valeur de Bêta est de 1, tandis qu’un projet sans risque donne un
Bêta de zéro et un projet plus risqué un Bêta supérieur à 1.
d) Application
Compte tenu de ce qui précède, et pour autant que les données existent,
on peut concevoir d’établir le taux d’actualisation d’un projet sur la base de cette
relation. En effet, si nous prenons :
? Le taux de rendement d’un actif sans risque, pour RF = 5%.
? Le taux de rendement de portefeuille du marché, pour EM = 6,5%
? Le risque non diversifiable, ßi= 1.
Le taux d’actualisation sera de :

Ei = RF + ßi (EM - RF)
Ei = 5 + 1(6,5-5)
Ei = 6,5 %

Pour un coefficient Bêta de 1,5 on obtiendra :


Ei = 5 + 1,5(6,5-5)
Ei = 7,25%.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 56
Option : Gestion bancaire.

B. Risques de taux et de change


1. Généralités
Les entreprises importatrices et exportatrices doivent de plus en plus
faire face à une forte volatilité des parités de change qui peut altérer sensiblement
leur marge d’exploitation. 1
Dans une optique de couverture, la gestion du risque de change ou de
taux consiste à réduire ces risques en utilisant des instruments financiers de façon à
conserver un niveau résiduel d’exposition que l’entreprise juge compatible avec son
activité.
L’ancien système, centralisé à Bank Al Maghrib, ne permettait aucune
négociation, et la date de valeur était de j+4. Cela engendrait une gestion inadéquate.
Le nouveau système, caractérisé par la décentralisation pour des banques
commerciales, impose une fourchette (marge exigée par Bank Al Maghrib 0,5%).
Exemple :
BID (achat) ASK (vente)
$ / MAD 10,20 10,90
Fourchette de négociation
Remarque : une devise s’exprime aussi en fonction de plusieurs autres devises
(jusqu’à 8 devises). Exemple : MAD = f ($, ? URO, £, JPY,… ) avec des
coefficients de pondérations différents.
Une commission de 2‰ est prélevée sur chaque opération import-
export, dont un 1/3 en faveur de Bank Al Maghrib et 2/3 en faveur de l’office des
changes.2
Les prix proposés par les traders (agents de la salle des marchés dans les
banques et organismes similaires) sont en fonction :
? Du marché
? Du risque de contrepartie
? Et de la position de la banque dans la devise.

1
Guide pratique : « stratégie de couverture du risque de change » BMCE BANK (Capital Markets)
2
Séminaire du 28/03/01, à BP Trabless Rabat.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 57
Option : Gestion bancaire.

2. Concepts
a) Le concept de volatilité (voir ci-dessus « théorie de
portefeuille »)
La volatilité est l’une des mesures qui permettent de quantifier la
variabilité des taux de change et d’apprécier le risque de change est la volatilité. La
volatilité présente l’amplitude et la fréquence des variations du cours de change autour
de la moyenne, au cours d’une période déterminée.1
On distingue généralement deux types de volatilités :
? La volatilité historique : il s’agit de la constatation ex post des fluctuations passées
de taux de change. Mathématiquement, on la définit comme la mesure de l’écart
type annualisé des fluctuations quotidiennes des taux de change sur une certaine
période.
La formule est la suivante :

Source : Guide pratique : « stratégie de couverture du risque de change » BMCE BANK (Capital Markets), page 3

Avec
St : cours de change à la date t.
µ : moyenne des log St/St-1
n : nombre d’observations de la série des cours de change.
? La volatilité implicite : il s’agit d’un indicateur qui permet de mesurer l’amplitude,
anticipée par le marché, des variations futures de cours. Elle est considérée
comme la meilleure prévision de volatilité future quelque soit le sous-jacent. La
volatilité implicite intervient dans le calcul des options.
b) Le panier MAD
Le régime de change fixe rattache la monnaie domestique à une devise
étrangère ou à un panier de devises avec une parité fixe. En effet, certains pays,
dont le Maroc, définissent la parité de leur monnaie par rapport à un panier de
devises référence. Ainsi, le système le système de cotation du dirham est fondé sur

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 58
Option : Gestion bancaire.

un panier de devises principales avec différentes pondérations. Le rattachement à


ces devises permet entre autres d’éviter toute spéculation contre dirham.
Bank Al-Maghrib (BAM) a procédé, le 25 Avril 2001, à un
réaménagement du panier et à une dévaluation d’environ 5% du dirham par rapport
aux principales devises pour renforcer l’ancrage de la monnaie nationale sur l’euro,
ce qui a eu pour effet de réduire davantage l’impact de la variabilité du taux de
change EUR/MAD, et une appréciation de la variabilité de la parité USD/MAD
(accroissement du risque de change Dollar).
La détermination de pondération des principales devises dans le panier
dirham montre que notre monnaie nationale dépend approximativement à hauteur
de 25,22% du dollar et de 74,78% de l’euro, si l’on compte uniquement ces deux
devises.
c) La naissance du risque de change
Une entreprise est en risque de change dès qu’elle est engagée dans une
transaction libellée dans une autre devise que sa monnaie de référence, et elle
restera en risque de change jusqu’à la conversion de sa créance ou de sa dette en
encaissement ou décaissement effectif.
Il est important de souligner que le risque de change n’a pas lieu qu’au
moment de la facturation, mais il doit être pris en compte bien avant, dès l’émission
de l’offre. Dans le cas d’un importateur, le risque est dit « potentiel » au stade de
l’offre du fournisseur, il devient « réel » à la signature du contrat et il disparaît au
moment du règlement de la dette par l’importateur. De même, un exportateur est
potentiellement exposé au risque de change dès la passation de la commande.
Figure n° 8 : naissance du risque de change à l’
importation.

Offre Commande Livraison Règlement


Risque de change Risque de change Risque de change Risque de change
potentiel potentiel réel dénoué

Source : Guide pratique : « stratégie de couverture du risque de change » BMCE BANK (Capital Markets), page 5.
d) La position de change
Quantifier le risque de change passe par la détermination de la position
de change de l’entreprise. La détermination de ce paramètre est nécessaire pour la
1
Guide pratique : « stratégie de couverture du risque de change » BMCE BANK (Capital Markets), page 3

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 59
Option : Gestion bancaire.

gestion du risque de change dans la mesure où elle permet de synthétiser


l’exposition au risque de change de l’entreprise et de prendre ainsi les décisions de
couverture qui s’imposent.
La position de change est le solde positif ou négatif des opérations dans
une devise donnée à un certain moment « t ». Elle est définie par la différence des
avoirs et des engagements libellés dans une même devise.
Le calcul de la position de change d’une entreprise se fait à partir du
bilan de l’entreprise (ex post) ou à partir des données prévisionnelles (ex ante).
La quantification du risque de change passe par l’inventaire des flux
commerciaux et financiers de l’entreprise. L’ensemble des postes en devises doit
être répertorié et classé devise par devise de manière à obtenir un tableau
synthétique de la position de change sur chaque devise exprimée en dirham.
La position de change est dite « fermée » à chaque fois que le solde entre
les créances et les dettes dans chaque devise est égal à zéro. Lorsque ce solde est
différent de zéro, la position de change est alors dite « ouverte », et expose
automatiquement l’entreprise à un risque de change.
La position de change ouverte est qualifiée de longue lorsque les avoirs
dans une devise donnée dépassent les engagements dans cette même devise. Par
contre, lors de l’inverse, la position est dite courte.
Le risque de change sur une position longue dans une devise peut être
compensé par le risque sur une position courte dans la même devise de même
durée et de même importance.
3. Instruments de gestion de couverture 1
Une position de change peut engendrer des pertes qui dévorent les
bénéfices des entreprises. Dès lors, gérer le risque de change de manière optimale
devient une nécessité pour l’entreprise et impose aux intervenants de connaître les
différentes techniques de couverture.
Avant toute décision dans ce sens, l’entreprise doit au préalable :
? Déterminer son degré d’exposition à l’évolution du marché des changes ;

1
Guide pratique : « stratégie de couverture du risque de change » BMCE BANK (Capital Markets), page 7 à 15

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 60
Option : Gestion bancaire.

? Quantifier son risque ;


? Déterminer les objectifs de l’entreprise en matière de risque de change ;
? Mettre en œuvre une stratégie de gestion du risque de change ;
? Etudier les caractéristiques et le coût des produits financiers qui lui permettront
d’appliquer sa stratégie ;
? Assurer un suivi et vérifier l’efficacité de la stratégie choisie.
a) Instruments traditionnels
i. Le change au comptant
? principe
Une opération de change au comptant consiste à échanger immédiatement
des devises contre dirham à un cours déterminé en fonction des conditions
prévalant sur le marché.
L’investisseur contacte une salle de marché (ouverture de 8h30 à 15h30)
qui lui donne le prix d’achat et le prix de vente du produit qui l’intéresse ; après
quoi l’investisseur révèle son souhait. L’écart entre ces deux prix, ou « spread »,
dépend de la marge des opérateurs de marché et de leur niveau de risque sur le
produit.
Le dénouement (règlement, livraison) des transactions au comptant
s’opère généralement le deuxième jour ouvrable qui suit leur conclusion (date de
valeur : J+2). Ainsi, l’importateur achète les devises deux jours ouvrés avant la date
du règlement, et son compte en dirhams est alors débité sur la base du cours de
change comptant négocié avec la banque. De même, l’exportateur va négocier avec
sa banque le cours auquel il va céder ses devises, et effectuer son ordre de cession
dès la réception des devises.
Les taux de change applicables par les banques aux opérations en devises
sont déterminés à l’intérieur des fourchettes de Bank Al-Maghrib à un instant
donné. Rappelons que le cours de change au comptant négocié comprend la
commission (circulaire de Bank Al Maghrib n° 61/DAI/96 du 1er Avril 1996) de
Bank Al Maghrib de 0,2% sur les achats et les ventes de devises à la clientèle.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 61
Option : Gestion bancaire.

La non couverture revient à prendre une position spéculative baissière


sur la devise de la transaction. Le résultat de l’opération est alors totalement corrélé
à l’évolution de la devise sur laquelle l’entreprise est exposée (gain maximal/perte
maximale), et cette solution peut s’avérer extrêmement dangereuse (voir graphique).

? Profil de gain
Figure n° 9 : Gain / perte de change relatifs au spot.

Source: Guide pratique : « stratégie de couverture du risque de change » BMCE BANK, page 10.
* Peu correspondre au cours de dédouanement ou de facturation.

Donc, en tenant compte du profil de gain d’une décision de non


couverture, il apparaît clairement qu’il s’agit d’une position symétrique dont le gain
et la perte sont une fonction linéaire de la variation du cours de change. Les pertes
et les gains liés à la non couverture sont illimités. Plus le cours s’apprécie, plus les
gains de change de l’exportateur sont importants car il cédera plus cher ses devises,
et plus les pertes de l’importateur sont importantes du fait sue la contre-valeur de sa
dette s’accroît.
ii. Le change à terme (date de valeur > J+2)
? Principe
L’opération de change à terme permet de fixer dès aujourd’hui un cours
d’achat ou de vente de devises pour une échéance future, afin d’éliminer le risque
de change.
Les Forward Rate Agreements (qui fixent un taux d’intérêt ou un taux de
change pour une durée déterminée) et les Swaps (qui permettent de convertir un
taux fixe en taux variable, et réciproquement) sont les principaux exemples du
change à terme. 1

1
Chercher dans www.yahoo.fr (l’économie : le change)

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 62
Option : Gestion bancaire.

Le change à terme permet de répondre à une anticipation d’une forte


évolution défavorable. Le client fige ainsi les conditions de réalisation de son
opération de change future, quelle que soit l’évolution du marché, à savoir
l’échéance, le cours de change négocié et le montant en devises à échanger.
L’échéance est de 90 jours pour les importations et 360 jours pour les
exportation et les opérations financière. (Elle est définie dans le cadre de la
circulaire de l’office des changes n° 1.633 du 1er avril 1996 et de la circulaire de
Bank Al Maghrib n° 61/DA/96 du 1er avril 1996 relatives au marché des changes.)
Les fluctuations de la devise répondent à plusieurs facteurs qui sont :1
- économiques (interventions des banques centrales) ;
- politiques (nouvelles réglementation, dévaluation ou réévaluation) ;
- psychologiques ;
- et techniques chartistes (les chartistes sont des experts dont la tâche principale
est de prévoir les fluctuations des cours de devises ou de certains instruments
financiers).
Le change à terme permet à l’importateur (et à l’exportateur) de se
prémunir efficacement contre le risque de change en figeant sont niveau d’achat (ou
cession) des devises à échéance. Une couverture de change à terme correspond à
une anticipation d’évolution défavorable du cours de change.
Une telle stratégie présente l’avantage de neutraliser le risque de change.

? Détermination du cours à terme


Le cours à terme dépend de trois paramètres à savoir :
? le cours au comptant le jour de la négociation ;
? la durée de la couverture ;
? et le différentiel de taux d’intérêt entre les deux devises.

Cours à terme = Cours au comptant ± Report/Déport (points de swaps)

[Cours spot dev × (tMAD – tdev)] × nb jours


Points de swaps =
360
1
Séminaire du 28/03/01, à BP Trabless Rabat.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 63
Option : Gestion bancaire.

- Si le taux d’intérêt en dirham (monnaie pivot) est supérieur au taux d’intérêt en


devise (contrepartie), la devise est dite en report. Ce report vient s’ajouter au
cours comptant de la devise cotée.
- Si le taux d’intérêt en dirham est inférieur au taux d’intérêt en devise, la devise est
dite en déport. Ce déport est alors retranché du cours comptant de la devise
cotée.

? Levée anticipée et report de terme


Il est toujours possible de se libérer de sa couverture de change à terme
avant l’échéance pour des raisons liées à l’opération commerciale ou financière
initialement couverte, en procédant à une levée par anticipation. La vente ou
l’achat de devises prévu à une date déterminée est avancé de x jours. Dans ce cas la
banque calculera le report ou le déport en vigueur le jour de la levée, en tenant
compte des nouvelles conditions de cours et de taux sur le marché.
De la même façon, le client peut proroger son opération de change à
terme en procédant à un report de terme. La vente (ou l’achat) de devises prévue à
une date initiale est reportée à une date ultérieure. Un nouveau change à terme est
alors mis en place pour la période de report et la différence entre le court à terme
initial et le court spot à la date de calcul est incorporée dans le nouveau cours à
terme.

? Avantages du change à terme


Les avantages du change à terme peuvent se résumer en ce qui suit :
? L’entreprise connaît son cours garanti, ce qui lui permet de maîtriser son prix de
revient.
? Le change à terme, du fait que le cours est figé, est un produit de couverture qui
ne nécessite aucun suivi particulier.
? Le produit est facile et accessible à toutes les entreprises.
? Il est disponible sur plusieurs devises et pour plusieurs échéances.
? Possibilité de prorogation ou de levée anticipée.

? Inconvénients du change à terme


Le change à terme a aussi des inconvénients, à savoir :
Elaboré par M. Chafik CHTIBI
Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 64
Option : Gestion bancaire.

? Rigidité (caractère irrévocable) : l’entreprise est liée par le cours qu’elle aura figé
avec la banque, et aura une perte d’opportunité en cas d’évolution favorable du
cours de change.
? Report pénalisant pour l’acheteur.

? Profil de gain
Figure n° 10 : Gain / perte de change sur un terme.

Source : Guide pratique : « stratégie de couverture du risque de change » BMCE BANK, page 14.

Gain d’opportunité sur couverture en Change à Terme Import.


Gain d’opportunité sur couverture en Change à Terme Export.
Perte d’opportunité sur couverture en Change à Terme Export.
Perte d’opportunité sur couverture en Change à Terme Import.

b) Le CTO : un nouvel instrument de couverture.


Le change à terme ouvert (CTO) 1 est un produit qui permet une
couverture parfaite dans la mesure où le gestionnaire peut à la fois se prémunir
contre une évolution défavorable du cours et bénéficier d’un mouvement qui lui
serait favorable en contrepartie du paiement d’une mission. Le CTO représente
également une couverture non contraignante, souple et sur mesure et permet
d’optimiser la gestion du risque de change.

1
Guide pratique : « stratégie de couverture du risque de change » BMCE BANK (Capital Markets), page 15

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 65
Option : Gestion bancaire.

i. Le change à terme ouvert classique


? Définition
Le CTO est un contrat de change à terme que l’importateur (exportateur
peut abandonner, en cas d’évolution favorable, pour effectuer son opération à des
conditions plus avantageuses en contrepartie du paiement d’une commission.
Le CTO permet à son détenteur de se garantir un cours de change en cas
d’évolution défavorable, tout en ayant la possibilité de profiter de l’évolution
favorable du marché. De ce fait, la solution CTO s’avère meilleure par rapport au
change à terme et à la non couverture.
Le CTO pourrait alors être défini à la fois comme un produit d’assurance
et un produit d’investissement :
? Un produit d’assurance parce que le cours à terme est garanti. Le produit
assure alors contre une évolution défavorable
? Un produit d’investissement car le CTO laisse ouverte la possibilité de
bénéficier des évolutions favorables des cours de change.

? Paramètres du CTO
Le cours garanti
Le cours garanti est le cours de réalisation du CTO en cas d’évolution
défavorable de la devise. Il est fixé au moment de l’initiation du contrat et,
contrairement au change à terme, ce cours n’est pas figé. Ainsi l’opérateur peut à
tout moment l’ignorer pour réaliser son opération de change à un cours plus
avantageux en cas d’évolution favorable de la devise.
Point mort
Le point mort correspond au seuil à partir duquel le client a intérêt à
abandonner son contrat CTO afin de capter un cours plus avantageux. Il
correspond au cours garanti auquel il faut retrancher la commission pour un CTO
import (et auquel il faut rajouter la commission dans le cas du CTO export).

Point mort CTO Import = Cours garanti × (1 – commission %)


Point mort CTO Export = Cours garanti × (1 + commission %)

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 66
Option : Gestion bancaire.

L’échéance d’un CTO


Le CTO a une durée de vie limitée définie par le client à la date de son
initiation.
La commission
La commission correspond au coût d’une assurance contre une évolution
défavorable des cours de change, pendant un laps de temps limité. Par conséquent,
cette commission dépend de l’écart entre le cours au comptant et le cours garanti ;
mais aussi du nombre de jours dont dispose l’opérateur pour bénéficier d’une
évolution favorable à échéance.

ii. Le change à terme ouvert participatif


Ce produit permet de se garantir un cours de change tout en profitant
d’une évolution favorable, à concurrence d’un pourcentage déterminé. L’acheteur
du CTO renonce à un pourcentage de son gain potentiel en cas d’une évolution
favorable du cours spot en contrepartie d’une commission réduite. En revanche, la
couverture reste totale en cas d’évolution défavorable de la devise.
La formule est la suivante :

CF = CG + [x% (CC – CG)] pour le CTO participatif Export


CF = CG + [x% (CG – CC)] pour le CTO participatif Import

Avec
CF : cours final de transaction
CG : cours garanti
X% : pourcentage d’intéressement
CC : cours comptant à l’échéance ou cours à terme (date intermédiaire).

iii. Le CTO à prime réduite


Import
Le CTO à prime réduite (CTO PR) est un produit de couverture
dynamique du risque de change qui permet à l’importateur, en contrepartie du
paiement d’une commission réduite, de profiter d’un mouvement de baisse du

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 67
Option : Gestion bancaire.

Dollar d’amplitude limitée pour s’assurer un cours d’achat largement inférieur.


L’importateur est totalement couvert contre une hausse du Dollar.
Export
Le CTO à prime réduite (CTO PR) est un produit de couverture
dynamique du risque de change qui permet à l’importateur, en contrepartie du
paiement d’une commission réduite, de profiter d’un mouvement de hausse du
Dollar d’amplitude limitée pour s’assurer un cours de cession largement supérieur.
L’importateur est totalement couvert contre une baisse du Dollar.

c) Produits dérivés
La standardisation des contrats de produits dérivés1 (qui sont nommés
futures) permet de constituer un marché organisé. Au sein d’un tel marché, les
opérateurs n’échangent plus les produits entre eux mais traitent avec une chambre
de compensation qui enregistre les cours, solde les opérations et réglemente le
marché.
Avant d’intervenir sur un tel marché, les opérateurs doivent effectuer un
dépôt de garantie. Chaque jour, ils doivent verser le montant de leurs pertes
potentielles à la chambre de compensation (et éventuellement recevoir leurs gains) :
ce sont les appels de marges. Ces précautions limitent les risques de contreparties
(les risques qu’un intervenant ne tienne pas ses engagements).

1
Chercher dans www.yahoo.fr (l’économie : le placement)

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 68
Option : Gestion bancaire.

Section2 systèmes d’information :


Paragraphe1/ l’importance de la trésorerie et de son
informatisation.
A. Dans l’enquête réalisée par AKCE FINANCE.
L’enquête menée par AKCE FINANCE entre le 1er janvier et le 31 mars
1998 portant sur les différents aspects de la gestion de trésorerie dans les
entreprises, a démontré que les enjeux liés à la création d’une fonction trésorerie
commence à être perçus par les responsables des entreprises marocaines.

1. Résultats de l’enquête
a) La fonction « Trésorerie »
La fonction trésorerie relève du Directeur financier dans 80% des
entreprises. Ce positionnement dans l’organigramme de l’entreprise révèle un début
de prise de conscience des enjeux liés à la création de cette fonction. Cependant,
dans 86% de ces entreprises, la mission du trésorier n’englobe pas tous les aspects
de la gestion du financement, dans la mesure où sa responsabilité se limite à la
gestion des opérations avec les banques.

b) La situation
Plus de 70% des entreprises interrogées utilisent la situation de trésorerie
en valeur et la prévision de trésorerie sur un horizon de 90 jours comme technique
de gestion de la trésorerie et comme base de prise de décision.

c) Logiciel de gestion trésorerie


69% des entreprises possèdent un logiciel de gestion de trésorerie ; mais
seulement 15% possède un système d’informations financières.
La liaison avec les banques sert principalement à récupérer
quotidiennement les relevés bancaires.
Au cours de ces dernières années, on a assisté à un équipement rapide
dans ce domaine ; cependant la généralisation de l’utilisation de ces outils
informatiques et télématiques reste encore limitée. Elle recèle donc des gains de
productivité qui pourraient être très significatifs.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 69
Option : Gestion bancaire.

d) Risque de change
60% des entreprises interrogées déclarent être fortement exposée au
risque de change ; toutefois la moitié seulement de ces entreprises possède une
stratégie de gestion de risque de change.
Cette stratégie est décidée et mise en place par le Directeur financier et le
Trésorier dans 96% des cas, et elle n’est validée par le conseil d’administration que
dans 8% des cas.
80% des entreprises exposées au risque de change ne se couvrent pas, en
dépit de l’impact des fluctuations des cours de devises sur leur résultat.

e) Le crédit
38% des entreprises sondées sont structurellement emprunteuses. Pour
parer à cette situation, le découvert reste le crédit le plus sollicité puisque 80% des
entreprises l’utilisent, suivi par l’escompte et le crédit spot qui sont utilisés par 50%
des entreprises.
f) L’excédent
31% des entreprises sont structurellement excédentaires ; cependant les
produits de placement utilisés restent peu diversifiés, puisqu’ils se limitent aux
dépôts à terme, aux bons de trésor et aux SICAV avec respectivement des taux
d’utilisation de 45%, 31% et 29%.

2. Interprétation des résultats


a) La fonction « trésorerie »
Les différentes réponses obtenues dans le cadre de cette enquête
démontre que l’apport de la fonction Trésorerie à la performance globale de
l’entreprise commence à être perçu dans un grand nombre d’entreprises.
Cet apport peut devenir encore plus important et plus significatif avec
l’élargissement de la mission de cette fonction à l’ensemble des aspects du
financement de l’activité de l’entreprise.
Avec le développement de l’environnement financier, cette évolution
semble être incontournable.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 70
Option : Gestion bancaire.

b) Risques financiers
Le développement des risques financiers d’ordre multiple, devrait donner
lieu à une prise de conscience nouvelle et engendrer l’élaboration et la définition de
stratégie de gestion au niveau le plus élevé de l’entreprise et donc une implication
plus forte des instances dirigeantes dans le domaine financier.
c) Relation banque entreprise
le relation banque entreprise, bien que considérée satisfaisante par un
grand nombre d’entreprises, recèle également des opportunités de performances
nouvelles significatives par l’utilisation de produits informatiques et télématiques et
la suppression progressive de supports traditionnels et les coûts qui s’y rattachent.
d) Conclusion
Le métier de Trésorier devrait connaître un développement important au
cours des prochaines années et contribuer de manière plus grande à la rentabilité
globale de l’entreprise.
B. Vu par le séminaire de mai 1992 organisé par IMS et CERG Finance Conseil
1. Concepts
a) Définition schématique de la trésorerie
Actif Passif

Emplois permanents Ressources permanentes


- Immobilisations
- Autres immobilisations - Capitaux propres

- Endettement à moyen et
Notion de fonds de long terme.
Fonds de
roulement roulement

Actifs circulant Passifs circulant


d’exploitation d’exploitation
- Fournisseurs
- Stocks - Avances clients
- Autres créanciers
- Clients - Autres

- Autres
Besoin en Notion de besoin en fonds
fonds de de roulement
roulement

TRESORERIE

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 71
Option : Gestion bancaire.

b) La place de la fonction Trésorerie dans l’organigramme.

Hier
Directeur général

Directeur financier

Chef comptable

Comptable bancaire

Aujourd’hui
Directeur général

Directeur financier

Trésorier

Demain
Directeur général

Directeur Directeur
comptabilité et trésorerie et
contrôle de gestion financement

c) L’avenir de la fonction Trésorerie


La trésorerie a tendance à :
? changer son intérêt de la gestion des flux vers la gestion des risques par :
- l’automatisation de la gestion quotidienne grâce notamment à la
connexion bancaire ;

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 72
Option : Gestion bancaire.

- la simplification et automatisation des supports de paiement ;


- la maîtrise de la gestion des risques (change, taux, contrepartie et
liquidité)
? s’intéresser de plus en plus au long terme (au détriment du cours terme)
? distinguer entre finance au sens strict et comptabilité

2. Principe de la trésorerie ZERO


Le but de ce principe est d’être à tout moment avec un solde en date de
valeur nul.
Chaque opération est affectée d’une date de valeur. Les intérêts débiteurs
et les agios se calculent sur la base des dates de valeurs et non des dates
d’opérations comptables. D’où l’importance d’établir une position quotidienne en
date de valeur.
Cela mène à placer les excédents et financer les déficits tout en essayant
d’éviter de commettre ce qu’on appelle les 3 erreurs.

3. Les enjeux financiers : les 3 erreurs.


Dans le cadre du principe de la trésorerie ZERO, l’analyse des échelles
d’intérêt permet de mesurer trois types d’erreur à savoir :
a) L’erreur de contre-phase ou erreur d’équilibrage
On parle de cette erreur lorsqu’un même jour de valeur, le solde d’une banque reste
débiteur, alors que le solde d’une autre banque est créditeur.
Exemple :
- Solde de la banque A : -1 M (MAD) (il faut faire un virement équilibrage)
- Solde de la banque B : +1 M (MAD) (la banque est avantagée, car le dépôt est
non rémunéré)
- Coût/jour : [|-1 M| × 1/360 × 10%] = 278 MAD
b) L’erreur de sur-mobilisation
On parle de cette erreur lorsqu’il existe des soldes créditeurs non rémunérés ou
lorsque l’on finance un placement par du crédit.
Exemple :
- Solde de la banque A : 0 M (MAD)

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 73
Option : Gestion bancaire.

- Solde de la banque B : +1 M (MAD) (on aurait pu les placer)


- Coût/jour : [1 M × 1/360 × 9,5%] = 264 MAD

c) L’erreur de sous-mobilisation ou erreur d’arbitrage


On parle de cette erreur lorsque l’on finance un besoin par un crédit plus cher
qu’un crédit alternatif (ou lorsque l’on place un excédent moins cher qu’un
placement alternatif)
Exemple :
- Solde de la banque A : 0 M (MAD)
- Solde de la banque B : -1 M (MAD)
- Coût/jour : [|-1 M|× 1/360 × (10%-9,5%)] = 14 MAD
Pour éliminer ce genre d’erreurs, trois types d’action sont à privilégier :
l’amélioration de la prévision, le suivi des paiements pour éviter les retards et la
diminution du nombre de banques pour améliorer la transparence des opérations
de trésorerie.
4. L’apport de l’informatique et de la télématique
a) L’informatisation est nécessaire
L’informatisation de la gestion trésorerie permet au trésorier de se
procurer les données nécessaires à la prise de décision en un temps record, cela lui
permet d’assurer une gestion adéquate en agissant au moment opportun.
L’informatisation est conçu comme suit : (voir schéma ci-après)

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 74
Option : Gestion bancaire.

Figure n° 11 : schéma d’
informatisation de la gestion de Trésorerie.

Banque Banque
A B

Connexion
bancaire

Logiciel de
Logiciel de Transmission
Intégration des Connexion d’ordres
données (contrôle
des conditions ;
MAJ des
prévisions)

Intégration des
prévisions de Prévisions
trésorerie Logiciel Gestion
(Tableur/Logiciel)

Intégration des
données
comptables

Logiciel Comptable
Rapprochement
bancaire

Source : séminaire sur la gestion de Trésorerie organisé par IMS et CERG Finance Conseil.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 75
Option : Gestion bancaire.

b) Le processus de gestion
Le processus de gestion de trésorerie informatisée se déroule suivant le
schéma ci-après :
Figure n° 12 : déroulement du processus de gestion de trésorerie informatisée.

Timing Evénement

1. Appel
automatique
(programmé la
6h00 Banque A Banque B veille)

2. Préparation des
1 fichiers à
3 l’intégration.

Logiciel de communication 3. Stockage des


extraits de compte
pour
2 rapprochement
8h30
bancaire.

Logiciel d’intégration 4. intégration et


rapprochement
automatique.

4 5. intégration et
rapprochement
semi automatique.
6 Logiciel de gestion des Flux
9h00 6. enregistrement
des informations
5 internes et
externes.

7. Analyse des
9h30 7 soldes et décisions
d’équilibrage
(placement et
financement).

Source : séminaire sur la gestion de Trésorerie organisé par IMS et CERG Finance Conseil.

Paragraphe 2/ Logiciels informatiques de gestion Trésorerie :


L’utilisation de la micro-informatique, en particulier les progiciels
spécialisés dans le traitement des données (tableurs), facilite la simulation du budget
de trésorerie et de son actualisation.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 76
Option : Gestion bancaire.

Parmi les logiciels de gestion de trésorerie utilisés dans les quatre coins
du globe, on énumère : CTM (Cash and Treasury Manager, gérer les flux et le
risque de liquidité à court terme), Budget Manager (gestion du budget de trésorerie
st du risque de liquidité à moyen terme), Communication Manager (assurer la
liaison avec les banques), LOAN Manager (gérer les décisions de prêt/emprunt),
FX Manager (gérer les transactions et le risque de change), RAPPRO Manager
(automatiser le rapprochement bancaire), ORACLE… (Voir les annexes)
Dans notre étude nous allons nous limiter à décrire les logiciels « CTM »
et « Communication Manager ».
Figure n° 13 : Icônes de quelques modules CTM.

La plate forme CREG Finance se présente comme dans le schéma


suivant :
Figure n° 14 : plate forme CERG Finance.
Banques

Pilote 5 C / ET bac 3

Euro-cash / cash lite


? Eurodette
? Euro Fx
Rapprochement Espace bancaire ? Euro effet

Espace trésorerie

Intelcom

Systèmes comptables Source : formation au sein de


l’
ONCF, Organisée par IMS.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 77
Option : Gestion bancaire.

A. CTM (Cash and Treasury Manager)


1. Modules de saisie et de gestion
Les principaux modules du CTM sont le module « Flux » et le module
« Paramétrage ».
a) Le module « Paramétrage »
Ce module set à définir les paramètres nécessaires pour le bon
fonctionnement de tous les autres modules. Ces paramètres sont : le nom de
l’entreprise, les banques auprès desquelles elle a ouvert des comptes, les différents
flux gérés par la Trésorerie, les imputations comptables et les conditions bancaires.
b) Le module « Flux »
Ce module sert, entre autres, à saisir directement les pièces comptables et
les pièces bancaires et à modifier en rafale la saisie. Il permet une gestion des flux
de Trésorerie en valeur et en opération, et rend possible la consultation, à tout
moment, du solde de la situation de Trésorerie. Aussi, il est doté d’une fonction
« analyse » qui visualise les états récapitulatifs et les journaux auxiliaires (suivant le
choix de l’utilisateur) et permet leur impression, comme elle Calcule et contrôle les
agios.
2. Modules d'exploitation
Les modules « espace bancaire », « administration », « décision
financière » et « intelcom » sont des modules d’exploitation.
a) Le module « espace bancaire »
Il sert à rapprocher quotidiennement les écritures bancaires avec les
écritures comptables, en respectant la concordance des différents critères, à savoir :
la nature du flux, le montant, la référence et la date (pour les remises de chèques à
l’encaissement et pour les effets).
Le module espace bancaire permet d’intégrer manuellement les relevés
bancaires rapatriés des systèmes informatiques des banques (si jamais l’intégration
automatique ne réussi pas).
Aussi, il permet de visualiser les mouvements bancaires en attente de
rapprochement et permet de les imprimer sous forme de tableaux affichant la
somme de toutes les opérations en question.

Elaboré par M. Chafik CHTIBI


Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 78
Option : Gestion bancaire.

b) Le module « intelcom »
Ce module permet le lien entre la trésorerie "comptabilité" et le logiciel
"CTM" ( dans les deux sens ): intégration et extraction.
Chaque jour, par le biais du module « intelcom » on intègre dans CTM les
écritures comptables de la journée effectuées sur une interface informatique
(conçue en ACCESS).
Chaque fin de mois, on récupère par extraction, moyennant « intelcom »,
toutes les écritures du mois présentes dans CTM, afin d’alimenter le système
comptable.
c) Les modules « décisions financières » et
« administration »
Le module « décisions financière », après un diagnostic approprié,
propose de faire des placements, de procéder à des financements ou crédits en vue
d’une optimisation de la gestion de Trésorerie.
Alors que le module « administration » permet à l’administrateur de faire
des sauvegardes quotidiennes qui servent à une éventuelle restauration en cas de
perte de données suite à un incident quelconque. On n'accède au module
« administration » qu'après avoir éteint tous les autres modules.

B. Communication Manager
« Communication Manager » permet, moyennant un modem, de
contacter la banque à distance afin de rapatrier les relevés bancaires de J-1 et de les
intégrer dans d’autres progiciels (espace bancaire… ). Par ailleurs, en cas
d’indisponibilité de certaines banques, ce logiciel rappelle automatiquement les
serveurs bancaires qui n'ont pu être connectés, traite les informations manquantes
et termine les tâches que l’utilisateur lui a confiées.

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Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 79
Option : Gestion bancaire.

Conclusion

Perspectiv es futures.

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Option : Gestion bancaire.

D’après ce qui précède, il paraît clairement que la gestion de Trésorerie


continue d’évoluer à une vitesse très rapide, ce qui mène à une autre problématique,
à savoir « le cash pooling ».
Un système de gestion de trésorerie Groupe passe, en tout état de cause,
par une centralisation des décisions financières. L’organisation optimale serait une
totale centralisation dans laquelle le Trésorier Groupe serait responsable des
positions, des prévisions, de l’affectation des flux, des décisions de placement et
d’emprunt sur le marché et entre sociétés du groupe, et cela pour toutes les filiales.1
La centralisation de la Trésorerie pour un Groupe permet de réaliser des
gains de productivité et financiers considérables et autorise une véritable vision et
un contrôle global de cette activité pour le Groupe.2
Monsieur Pedro Jimenez, Trésorier de Vivendi Universal a dit : « la
Direction générale est forcément partie prenante dans la mise en place d’un cash pooling : soit c’est
elle qui l’initie, soit il appartient au Trésorier de la convaincre de la pertinence d’une centralisation
de trésorerie… Un état des lieux des flux commerciaux et des relations bancaires des filiales
s’avère indispensable. Une des premières conséquences de la centralisation de Trésorerie sera une
réduction du nombre des banques locales. Il ne faut pas dépasser deux banques par pays ».3
Donc, Le cash pooling est un choix politique de Direction générale, et
dans cette perspective, la Trésorerie va évoluer.

1
« Treasury Line » CERG FINANCE Newsletter, 1er trimestre 1998, article (le débat : centralisation
décentralisation)
2
« Treasury Line » CERG FINANCE Newsletter, 1er trimestre 1998, article écrit par Nigel Roberston
3
http://www.agetresorerie.com/articles (revue de la semaine) le 04/12/01

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Option : Gestion bancaire.

Bibliographie.

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Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 82
Option : Gestion bancaire.

I. Ouvrages :
? « Finance d’entreprise 1.exploitation et trésorerie », édition ESKA, ALAIN
CHEVALIER et autres.
? « Gestion », presses universitaires de France, DOMINQUE ROUX et
DANIEL SOUL.
? « L’agent comptable au Maroc », 1ère édition 1998, ABDELFETTAH
BENNANI.
? « Moyens et techniques de paiement internationaux », 2ème édition remaniée,
édition ESKA, DIDIER-PIERRE MONOD.
? « Gestion de portefeuille », Département de Boeck Université, 3ème édition,
De Boeck & Larcier, BROQUET, COBBAUT, GILLET et VAN DEN
BERG.
? « Finance d’entreprise, Les essentiels de gestion », édition EMS 1997,
GERARD CHARREAUX.

II. Guides pratiques et notes d’information :


? Guide ONCF sur la gestion du « bureau de la trésorerie ».
? « Incoterms 2000 » ICC publication n° 560, règles officielles ICC
(International Chamber of Commerce) pour l’interprétation des termes
commerciaux.
? « Guide des OPCVM » WAFA GESTION.
? « UPLINE Actions (Fonds commun de placement) », note d’information,
avec visa du Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières.
? Bulletin du FMI, 18 septembre 1995.
? « Stratégie de couverture du risque de change », BMCE BANK (Capital
Markets).
? Circulaire de l’office des changes n° 1.633 du 1er avril 1996.
? Circulaire de Bank Al Maghrib n° 61/DA/96 du 1er avril 1996.
? « Treasury Line » CERG FINANCE Newsletter, 1er trimestre 1998.

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Mémoire présenté pour l’obtention de la licence en sciences économiques, 83
Option : Gestion bancaire.

III. Séminaires :
? Séminaire, portant sur le risque de change, du 28/03/2001 à BP Trabless
Rabat.
? Forum annuel de CERG FINANCE, jeudi 15/10/1998 (enquête réalisée par
AKCE FINANCE entre le 1er janvier et le 31 mars 1998 portant sur la
gestion de Trésorerie).
? Séminaire, portant sur la gestion de trésorerie, du 20 et 21 mai 1992 organisé
par IMS et CERG FINANCE Conseil.
? Séminaire, portant sur les produits dérivés et couverture du risque de change,
à BMCE BANK siège, Casa.

IV. Sites Internet :


? www.gpf-France.com/metiers/tresorier.htm
? http://financesNews.casanet.net.ma/Financesnews/Bourse.asp
? http://encyclo.voila.fr
? http://www.rcsec.org/alpe/cashflow.html
? www.yahoo.fr
? http://www.agetresorerie.com/articles (revue de la semaine), le 04/12/01.

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Option : Gestion bancaire.

A nnexes.

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