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Occcciiddeennttaallee
Prise de notes du cours professé par Mme Fabienne Alavoine années 2004 à 2007 en l’académie de musique de Tournai.

Ce document donne un aperçu généraliste de ce que l’on identifie comme intéressant à retenir afin de
parfaire la culture générale en ce domaine. Bien sûr, il faut avant tout écouter les œuvres afin d’en ressentir
la pertinence des information ci-après transcrites. Le lecteur trouvera donc l’identification des extraits
musicaux adaptés qui suivent les repères 2(165 références).
Nous aborderons ce fascicule en cinq chapitres distincts :
1. Le survol des différentes périodes est un minimum requis pour caractériser chacune d’elles mais il
est nécessaire de consolider cette approche en grandes lignes par un approfondissement repris en
chapitre 4.
2. La liste chronologique des compositeurs belges et les références musicales.
3. Un glossaire très limité qui se veut ciblé au contenu du cours.
4. Le condensé de chacune des périodes et leurs caractéristiques.
5. Une liste de 66 extraits musicaux pour se surprendre et se faire plaisir
Pour plus de détails, il s’avèrera intéressant de recourir aux ouvrages existant en bibliothèque. Nous
pouvons conseiller
Le dictionnaire du musicien ; les notions fondamentales,
Marc Honegger, éditions Larousse, 2002, 2-03-505324-2
Histoire de la musique occidentale ; les indispensables de la musique
Jean et Brigitte Massin, éditions Fayard, 2005, 2-213-02032-9
D’autres ouvrages plus succincts sont appropriés :
L’histoire de la musique, déplimémo, les grandes étapes de la musique occidentale
Collectif, éditions Play Bac, 2005, 2-84203-731-4
La musique, repères pratiques
T. Benardeau et M. Pineau, éditions Nathan, 2004, 209-183113-1
Histoire de la musique en occident de l’antiquité à nos jours
François Sarhan, éditions Flammarion, 2002, 2-7441-2977-1
Afin de faciliter le repérage, retenons :
- ANTIQUITE : jusqu’au 4ème siècle
- MOYEN-ÂGE : du 4ème au 15ème siècle
Grégorien : après 600
Roman : du 10ème au 12ème siècle
Haut Moyen-Âge : du 12ème au 15ème siècle
- RENAISSANCE : le 16ème siècle
- BAROQUE : 1600 – 1750 (mort de J.S. Bach)
Rococo : 1715 – 1770
- CLASSIQUE : 1750 – 19ème siècle
Sturm und Drang : 1770-1780 (= pré-romantisme allemand)
- ROMANTISME : 19ème siècle
- VERISME (REALISME) ET IMPRESSIONNISME : 1880-1914
- MODERNE : 20ème siècle
Expressionnisme : après 1914
Dodécaphonisme : après 1920
Concrète : après 1950

Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 1 / 30


CHAPITRE 1 : survol des périodes
Antiquité
quelques berceaux culturels et musicaux

MOYEN-AGE
Passage de la monodie à la polyphonie
mus. rel. : chant Grégorien
mus. prof. : troubadours (oc = sud) et trouvères (oil = nord) ;
chansons courtoises chantées par d’autres que le compositeur

12ème
Haut Moyen-Age : du fin 12ème au 15ème siècle : avènement (naissance) de la polyphonie.
En dessous de la voix unisson, apparaît une voix organale 1 qui s’en détachera peu à peu
L’on pratique cette forme à St Martial de Limoges et à Paris. Ce sont Léonin puis Pérotin (son élève ?) qui nous
laisseront les premières partitions écrites et seront donc les premiers compositeurs reconnus
13ème
Ars Antiqua : évolution de la polyrythmie
14ème
Ars Nova : apogée de la polyrythmie
La polyphonie gagne l’Italie au départ de la France
Messes, motets pluritextuels et non religieux

15ème
Domination du Duché de Bourgogne
1ère Ecole Bourguignonne (Franco Flamande) ; Dufay et Binchois
2ème Ecole Bourguignonne ; Ockeghem, Obrecht, Delarue
Les musiciens voyagent et s’influencent les uns les autres.

16ème
Age d’or de la polyphonie : toutes les voix sont d’égale importance
3ème Ecole Bourguignonne P-Bs : Josquin Des Prés
France : chanson française ; Clément Janequin
Italie : madrigal ; Gesualdo et messe ; Palestrina
Allemagne : choral ; Luther
Roland de Lassus voyage et synthétise toutes les influences

17ème
Retour à la monodie : 1voix est accompagnée
Naissance de l’opéra en Italie : Monteverdi
Influence de l’Italie dans l’Europe :
France ; Lully avec ses tragédies lyriques, ballets, chœurs
Angleterre ; Purcell
Allemagne ; naissance de l’oratorio ; Schütz qui aboutira à Rome ; Cavalieri
Oratorio et opéra sont des œuvres pour soliste, chœur et orchestre
Un oratorio est de sujet religieux, il est non représenté ; un narrateur chante l’intrigue
Naissance de la musique instrumentale et de quelques formes musicales :
Sonate (violon) ; Corelli – Italie
Clavecin et orgue ; les (suites de) danses– France
Orgue : Buxtehude – Allemagne

1
Parallèle située à la 4te ou le 5te en dessous de la voix grégorienne, ainsi dénommée pour la distinguer de celle de base dite
grégorienne.
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18ème
Époque baroque qui voit une évolution des formes déjà présentes
Naissance d’autres formes musicales : Cto pour soliste ; Vivaldi – Italie
Opéra Seria – Pergolèse – et Opréa Buffa – Tartini
Orgue et clavecin ; Rameau et Couperin – France
Orgue et clavecin ; Bach et Haendel – Allemagne
1750
D’abord une période charnière entre l’époque baroque et l’époque classique : le pré-classique.
Les fils de Bach
Ecole de Mannheim
L’avènement de la musique classique avec la 1ère école viennoise : Haydn et Mozart : opéra buffa et singspiel

19ème
On assiste à l’éclosion du romantisme parallèlement au développement du monde industriel. Les compositeurs
sont indépendants des cours et palais et prestent sous la forme de concert ou de récital. Les effectifs orchestraux
prennent de l’ampleur et nécessitent la direction d’un chef différent du premier violon qui avait assuré ce rôle
jusqu’alors.
Les symphonies deviennent plus longues et plus complexes.
Les sujets sont de nature ou de nationalisme, folkloriques ou de légendes
Les Ctos prennent des formes variées : d’autres solistes que violon et des orchestres à effectifs variés.
Naissance de la musique à programme (qui se base sur des données extérieures à la musique).
La musique de chambre est très en vogue dans les salons littéraires et artistiques.
Les pièces sont aussi de formes brèves (impromptus, préludes, mazurkas, barcarolles, polonaises, …)
L’opéra triomphe en Italie (Rossini puis Verdi) et en Allemagne (Wagner) mais aussi en France (Bizet, Gounod), en
Russie (Tchaïkovski), et à l’Est (Dvorak, Smetana).
La musique vocale propose des lieder en Allemagne et des mélodies de romance en France.
La musique religieuse persiste avec Van Beethoven et Brahms.
La musique à programme raconte une histoire, un tableau, un paysage, un sentiment mais sans voix ; uniquement
instrumentale. Dans la symphonie, le menuet remplace le scherzo.

20ème
Epoque contemporaine avec une musique atonale, polytonale ou polyrythmique, dispersée sur tous les
continents.
Parfois issue des racines folkloriques des différents pays ; on retrouve les oeuvres intégrées dans les nouvelles
compositions. D’autres compositions musicales sont plus conceptuelles
Exploration de la matière sonore sous ses aspects scientifiques – par exemple à l’IRCAM
Schoenberg, Boulez et Schaeffer en sont les chefs de file ; ils créent des écoles.
On s’intéresse aux musiques extra européennes

Dans la seconde moitié du XXème, quelques grands courants vont se chevaucher :


Le multisérialisme : qui utilise tous les paramètres musicaux 2
L’électroacoustique : allie les sons concrets 3 et l’électronique 4
La musique aléatoire : le compositeur laisse une part au hasard telle que le jeu de piste ou l’intervention d’un
élément externe (public)
La musique stochastique : entièrement régie par des lois statistiques et les altérations du timbre

On retient en France Debussy, Ravel et le groupe des six.


En Russie, Stravinsky, Prokofiev et Chostakovitch
A l’Est : Bartok, Kodaly et Janacek
En Amérique : Gerschwin et Cage
En France : Messiaen et Pierre Henry

2
Attaque, durée, intensité et timbre. Ces paramètres sont différents des paramètres du son : hauteur, durée, intensité, timbre (voir
glossaire).
3
Issus d’un matériel concret et tangible
4
Manipulation par ordinateur
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CHAPITRE 2 : Chronologie des compositeurs belges et références musicales

• Etienne de Liège, évêque, +/- 950 • HOYOUL Baudouin, 1548-1594


Office de l’Invention de ST Etienne ; office de St • DE SAYVE Lambert, Liège, 1549-1614
Lambert ; office de la Ste Trinité Messes de 5 à 16 voix ; symphonies sacrées
• Rudolphe de St Trond, abbé à Liège +/- 1150 • LOHET Simon, 1550- ?
Office de St Trudon • J. CLEMENS non Papa, Bruges, +/- 1550
• Johannes AFFLIGEMENSIS, abbé à St Jacques Chansons « Souterliedekens »
de Liège +/- 1150 • Henri DUMONT, Liège,
De musica cum tonario (vers 1100-1121) • RAYMONDI Daniel, 1560-1634
• CICONIA Johannes, chanoine à Liège, 1335- • ROGIER Philippe, 1561-1596
1411 • Pierre BONHOMME, Liège,
Motets ; messes • Gilles HAYNE, Liège,
• Jacques de Liège, chanoine à Liège, +/- 1350 • DE HODEMONT Léonard, Liège, 1575-1636
Speculum musicae • ROMERO Mateo (Mathieu Rosmarin), 1575-
• FRANCHOIS Johannes (Jean de Gembloux), 1647
1378-1415 • Lambert PIETKIN, Liège,
• BINCHOIS Gilles, Mons, 1400-1460, • Pierre-Hercule BREHY, Bruxelles,
• TINCTORIS Johannes, 1435 – 1511 Sonates d’église ; Motets ; œuvres solistes ; œuvres
• Guillaume DUFAY, en Hainaut, 1400-1474, intruments et choeur ;
Messes unitaires ; motets ; rondeaux ; ballades ; • P. CORNET, Bruxelles,
virelais Fantaisies pour orgue ;
• DESPREZ Josquin, en Hainaut, 1440-1521 • Ch. GUILLET, Bruges,
• DE LANTINS Arnold, 1450 • DUMONT DE THIER Henri, 1610-1684
• Jacob OBRECHT, en Flandres, 1450-1506, • DE SAINT-LUC , Jacques-Alex, 1616-1708
• J. BRASSART, liège, +/- 1440 • Van Den KERKOVEN, Bruxelles,
In Festo Corporis Christi Préludes, fugues et versets pour orgue ;
• Henrich ISAAC, en Brabant, (1450 – 1517) • Gérard SCRONX, Liège,
• G. Van WEERBEKE, Audenarde, • CHAUMONT Lambert, Liège, 1630-1712
Mater digna Dei • DANIELIS Daniel, 1635-1696
• DELARUE Pierre, Tournai, 1460 – 1518 • BABOU Thomas, 1656-1740
31 messes, autour de 30 motets, 8 Magnificat,
• J-B. LOEILLET, Gand,
environ 40 chansons (textes français et flamands).
• J-M. FOCCO, Bruxelles,
• Adrien WILLAERT, Bruges, 1480-1562,
• Ferdinand STAES,
Messes ; motets ; madrigaux ; chansons (frotolles)
• RAICK Dieudonné, 1703-1764
• GOMBERT Nicolas, Tournai, 1495-1560
• RENOTTE Hubert, 1704-1745
Magnificats ; messes ; motets ; chansons
• Balthazar RICHARD, Bruxelles,
• ARCADELT Jacques, 1505-1568
Sonate d’église ;
• DE LATRE Petit-Jean, 1510-1569
• J-J. De CROES, Bruxelles,
• DEMANCHICOURT Pierre, 1510-1564
Sonates ; concertos ; divertissements ;
• G. de La HELE, Tournai, - 1586
• G-G. KENNIS,
• Peter MAESSENS, Gand, +/- 1550 Sonates ; symphonies ;
• GUYOT Jean, Châtelet, 1512-1588 • P. Van MALDERE
Chansons ; motets
Sonates ; symphonies ;
• J. VAET, Courtrai,
• HAMAL Jean-Noël., Liège, 1709-1778
• Ciprien de RORE, Malines, 1516-1565 Quatuors ; symphonies ; opéras burless (en
Messes, motets, madrigaux liégeois)
• Philippe De MONTE, en Flandres, 1521-1603 • DELANGE Herman-François, 1715-1781
Motets ; messes ;
• MAHAUT Antoine, 1719-1775
• Roland de LASSUS, Mons, 1532-1594,
• GOSSEC François-Joseph, 1734-1829
• DE CHAYNEE Jean, 1540-1577
• CHARTRAIN Nicolas-Joseph, 1740-1793
• DEFOSSE Jean, 1540-1603

Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 4 / 30


• GRETRY, André-Ernest-Modeste, Liège, 1741- • MARSICK Armand, 1877-1959
1813, • DUYSENX , Joseph, 1878-1955
Quatuors ; symphonies ; • Paul GILSON,
• PIELTAIN Dieudonné-Pascal, 1754-1833 • ROGISTER Jean, 1879-1964
• GRESNICK Antoine-Frédéric, 1755-1799 • JONGEN Léon, 1884-1969
• GEHOT Joseph, 1756-1820 • DE MALEINGREAU Paul, 1887-1956
• FETIS François-Joseph, Bruxelles, 1780-1840 • DAMBOIS Maurice, 1899
Symphonies ; quatuors ; • BARBIER René, 1890-1981
• DIZI François-Joseph, 1784-1871 • ANTOINE , Georges, 1892-1918
• CH. De BERIOT, • ABSIL Jean, 1893-1974
Concertos ; fantaisies ; • R. BERNIER,
• GODEFROID Felix Dieudonné , 1818-1897 • HUYBRECHTS , Albert, 1899-1938
• LEONARD , Hubert , 1819-1890 • JACQUEMIN , Camille, 1899-1947
• VIEUXTEMPS Henri, 1820-1881 • SOURIS André, 1899-1970
• P. BENOIT, Anvers, • Raymond CHEVREUILLE, 1901-1976,
Cantates (Lucifer, l’Escaut, La guerre, Rubens • DEFOSSEZ René, 1905-1988
cantate); oratorios ; • VOUILLEMIN , Sylvain, 1910
• Willem De MOL, • FROIDEBISE Pierre, Liège, 1914-1962
• Hendrick WAELPUT, • LECLERC , Michel, 1914
• Jan BLOCKX, • Victor LEGLEY, 1915-
• Lodewijk MORTELMANS, • DI VITO-DELVAUX , Berthe, 1915
• FRANCK César-Auguste, Liège, 1822-1890, • QUINET Marcel, 1915-1986,
• HASSELMANS Alphonse-Jean, 1845-1912 • Karel GOEYVAERTS, 1923-1993,
• DUPUIS Sylvain, 1856-1931 • Edgar WILLEMS,
• YSAYE Eugène, Liège, 1858-1931, • POUSSEUR Henri, Liège, 1929-
• YSAYE Théo, Liège, 1865-1918 • Philippe BOESMANS, 1936-
• PAQUE , Désiré, 1867-1939 • Pierre BARTHOLOMEE, Liège, 1937-
• LEKEU Guillaume., Verviers, 1870-1894, • LENFANT Patrick, 1945-
Mus de ch ;
• VANDE GORNE Annette, 1946-
• BIARENT Adolphe, 1871-1916
• ROBERT Jean-Louis, 1948-1979
• JONGEN Joseph, Liège, 1873-1953 • FOCCROULLE Bernard, 1953-
• RASSE François, 1873-1955
• LEDOUX Claude, 1960-
• VREULS Victor, 1876-1944
• FOURGON Michel, 1968-
• DUPUIS Albert, 1877-1967
• LAVOYE Louis, 1877-1975

Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 5 / 30


CHAPITRE 3 : Glossaire
Atonale : forme apparue au XXème qui organise les sons selon des règles plus « conceptuellement
élaborées ». Les compositeurs proposent leurs propres systèmes d’organisation.
Canon : entrée en imitation en reproduisant l’intégralité de la mélodie
Contrepoint : science de la ligne mélodique. Chaque voix possède sa mélodie propre. C’est l’art de combiner
les différentes voix. On dit que l’écriture est horizontale
Effectif : composition d’un ensemble principalement orchestral.
Pex : violon + violoncelle + contrebasse = trio
violon + violoncelle + piano = trio à clavier
Violon, alto, violoncelle, contrebasse = quatuor ou quartette
Quatuor + piano = quintette à clavier
Forme : répond à des règles spécifiques dans le genre ; rondo, canon, menuet, …
Forme sonate : structure d’une pièce musicale qui répond à une construction définie en deux éléments
fondamentaux que sont l’exposition et le développement.
Genre : répond à certaines règles générales ; concerto, sonate, fugue, …
Harmonie : science des suites d’accords. Elle apparaît au 17ème. On dit que l’écriture est verticale.
Hoquet : composition polyphonique dans laquelle la mélodie voyage d’une voix à une autre.
Imitation : reprise d’un thème (ou d’une partie) à une autre voix ; parfois dans une autre tonalité
Langage : caractérise chaque époque. On a évolué de la monodie à la polyphonie, de la musique modale à la
musique tonale, polytonale, atonale
Modale : succession de sons sans hiérarchie
Modulation : passage de la mélodie d’une tonalité vers une autre.
Monodie : seule forme musicale existant jusqu’au 9ème siècle. Une seule voix (unisson) se fait entendre
qu’elle soit vocale ou instrumentale. Les premières pièces écrites que l’on rencontre datent de l’époque
grégorienne. On suppose que dans l’antiquité et la préhistoire, cette monodie vocale fut éventuellement
accompagnée d’une rythmique en percussion corporelle ou idiophonique 5 .
Musique : art de combiner les sons dans un souci d’esthétique. Elle est aussi un langage qui s’organise par
l’emploi de règles qui en définissent le genre (symphonie, concerto, mélodie, opéra, …). La forme structure
les phrases musicales entre elles par l’emploi de règles.
Polyphonie : s’oppose à la monodie dès l’apparition d’une deuxième voix vocale ou instrumentale.
Polytonalité : forme apparue au XXème qui fait se chevaucher des mélodies de tonalités différentes.
Son : il est constitué en 4 paramètres :
- hauteur, aigü ou grave, la fréquence, le Hertz, Hz
- durée, court ou long, le temps, la seconde, Sec
- intensité, fort ou faible, la puissance, le décibel, Db
- timbre, doux ou agressif, les harmoniques, addition de fréquences
Tonale : hiérarchise les sons. La tonalité s’affine au 17ème.

5
Terme générique qui désigne un instrument non pourvu de cordes ou de membrane dont le corps solide suffit à produire un son.
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CHAPITRE 4 : Condensé de l’histoire de la Musique

ANTIQUITE
Tout ce que l’on peut en dire est fruit de déductions, découvertes, témoignages et reconstitutions à partir de
traces qui datent de -3000.
Les origines de la musique se confondent vraisemblablement avec celles de l’homme. Il nous semble évident
que le rythme en ait été le constituant essentiel et qu’il s’exprimait tant par les inflexions vocales que par les
battements de mains, de pieds ou sur des matériaux divers avec ou sans médian.
A l’origine vocale, la musique se trouve aussi dans la pratique de l’aulos, des arcs et des tambours en
accompagnement de la danse et des poésies.
Les instruments sont confectionnés dans différentes matières.
Le chant gardera longtemps sa fonction liturgique en ce qu’il ornera les cérémonies à caractère religieux ou
divinatoire.
Localisée dans le bassin méditerranéen depuis Sumer, elle gagne l’Egypte, la civilisation juive puis la Grèce
et la Rome antique.
En orient : monodie accompagnée, rythmée de façon obstinée
En Afrique : probablement polyphonique
En Egypte : traces d’utilisation de chant et instrument (tambourin)
Présence révélée d’une fonction de maître de musique
Utilisation de la chironomie 6
En Grèce : vocal monodique chants d’amour, de tragédie, de poésie, …
Jeux et théâtre
Incorporé dans les vacations quotidiennes
Peu de pratique instrumentale
Une écriture musicale est proposée qui utilise les prémisses de l’alphabet : α, β, γ, δ, ε, ζ, …
La théorie fondée par les pythagoriciens et développée par Aristote assignait à la musique une fonction
morale et sociale importante qui jouait un rôle supérieur et précis sur le développement des émotions et des
passions humaines.
A Rome : inspiré par la Grèce ; monodique et moins raffiné ; se distingue de la poésie
Utilise des cuivres sonnants
En adoptant la musique des grecs, les romains la vulgarisent, lui confèrent un rôle subalterne dans les
réjouissances publiques, lui font perdre beaucoup de ses hautes vertus et de sa noblesse.
Byzance : inspiré par la Grèce ; monodie différente par les sons

2 Hymne Delphique à Apollon : monodie et psaltérion + tambour + cithara ; utilisation de ¼ de ton

6
Utilisation des mains pour définir des hauteurs de sons, des attaques et des arrêts comme on le voit dans les chorales d’église.
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MOYEN-AGE
Conventionnellement, la période s’étend entre 476 (chute de l’Empire Romain d’occident) et 1453 (prise de
Constantinople par les Turcs) et certains prolongent la période jusqu’en 1492 (découverte de l’Amérique par
Christophe Colomb)

En ce qui concerne la musique, nous devons commencer la période Moyenâgeuse dès 313, quand
l’Edit de Milan officialise la religion chrétienne contre la religion juive ; l’empereur Constantin reconnaît le
Christianisme comme institution religieuse. Dans les contrées, l’adoption du rite chrétien se mélange au rite
régional et varie d’une région à l’autre.

Grégoire le Grand, pape depuis 540 et créateur de l’Etat Pontifical, unifie en 600,
les pratiques monodiques et a cappella dans un recueil de textes de chants (il n’y a
pas de notation musicale) : l’Antiphonaire. Il n’invente rien, il répertorie et impose
son utilisation par l’intermédiaire de la Schola Cantorum 7

antiphonaire

Charlemagne, en 800, impose le christianisme dans son empire et les chants en latin qui
doivent accompagner les cérémonies. L’écriture est alors neumatique 8 qui indique les
accents et ponctuations des mélodies à apposer sur le texte chanté. C’est une graphie
d’indices mnémotechniques qui se placent sur le texte et qui ne donne pas de ligne
mélodique.

Dans l’exemple ci-dessus, nous voyons les inflexions de la voix à apposer sur le texte aux syllabes
Dominus illuminatio mea et salus mea quem timebo ?

Plus tard, on surpose le texte d’une ligne similaire au FA et on y place les indices avec un certain écart par
rapport à cette ligne.

Ensuite, on utilisera deux lignes (similaires à Fa et Do) qui préfigureront une approche de la mélodie écrite.
2 responsorial, Ave verum corpus : gregorien à respons avec melismes

7
Ecole située à Rome où les moines apprenaient les chants de l’antiphonaire
8
un neume soulage la mémoire en rappelant graphiquement l’intonation et la cadence de la mélodie.
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Vers l’an 1000,
Guido d’Arezzo propose 4 lignes qu’il orne de notations bicolores dites « grégoriennes » et qu’il identifie en
y plaçant une graphie afin de définir une hauteur de son « ut » ou « fa ».
UT Fa

Dans l’exemple ci-dessous, la clé de fa désigne la 3ème ligne : la 4ème est donc « la » tandis que la 2ème
représente « ré » et la 1ère indique « si »
Les trois premières notes sont donc : do, ré, fa

Ces repères sont issus d’un Hymne à Jean-Baptiste


Ut queant laxis resonare fibris Mira gestorum famuli tuorum Solve polluti labii reatum Sancte Joannes

Traduction : Afin que tes serviteurs – puissent faire entendre – à pleine voix – les merveilles de tes exploits –
absous les péchés – de leurs lèvres souillées – Saint Jean.

C’est vers la fin du 11ème s. que les têtes de neumes vont prendre un caractère plus épais pour évoluer vers la
notation carrée 9 .
2 Stabat Mater (Vierge au pied de la croix) : unisson à respons

Le chant grégorien, dont les différents thèmes ont inspiré moult compositions ou sont intégrés à d’autres
œuvres, s’est perpétué jusqu’à nos jours mais il n’est plus uniquement sous forme a cappella ; on le retrouve
souvent accompagné à l’orgue.

L’école de St Martial de Limoges, 1100 – 1160, est le foyer d’un genre nouveau : le conduit qui propose
d’accompagner le prêtre dans ses déplacements mais on recourt systématiquement à l’homorythmie pour
permettre une meilleure compréhension du texte.

L’école N-D de Paris


Ce sont Léonin puis Pérotin (son élève ?) qui laisseront les premières partitions écrites
2 Pérotin, viderum omnes : grégorienne + 2 vx + vièle + chalemie

D’origine populaire et monodique, la musique devient aussi « savante » à partir du 11ème siècle avec les
troubadours et les trouvères. Les troubadours émanent du sud de la France, en Provence et se répartissent
lentement jusqu’à hauteur de la Loire en un siècle en se dispersant au hasard des multiples petites cours
seigneuriales. Les racines sont donc de langue d’oc. Les troubadours, littéralement du vieux français
« trobar » qui signifie « trouver », sont des seigneurs de château qui « trouvent », qui composent des textes
chantés et des mélodies que les ménestrels, à leur service, sont amenés à représenter. Ils sont donc poètes
compositeurs de la haute, moyenne et petite noblesse ou chevaliers. Il n’y a pas de foyer culturel propre aux
troubadours, ils sont répartis dans tout le sud de la France.

A partir du 11ème : troubadours au sud Loire, région d’oc (parce que « oui » se dit « oc »)

9
Cette notation représente diverses valeurs en deux couleurs (noir et rouge) : la maxime, la longue, la semi brève et la brève
Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 9 / 30
Vers mi 12ème : trouvères au nord Loire, région d’oïl (parce que « oui » se dit « oïl »)

Les troubadours et trouvères sont seigneurs et composent des mélodies de sujet d’amour courtois, politique,
dévotion pieuse, faits de guerre. Les mélodies sont accompagnées au psaltérion, au luth ou à la vielle. On
rencontre parfois des troubarine (troubaritz), la femme troubadour. Les ménestrels sont affectés au service de
la cour seigneuriale et chantent aussi en tavernes ; les jongleurs voyagent de châteaux en seigneuries et
proposent une variété dans leurs prestations ; certains sont montreurs d’ours. On les trouve partout en Europe
dont l’Italie et l’Allemagne où ils portent le nom de Minnesängers. Cette forme d’art s’estompe à la fin du
12ème. Les ménestrels sont des musiciens.

Du côté religieux, les moines chantent Dieu, les troubadours, hors de l’édifice, chantent les louanges à la
dame de leur cœur : on parle de « fin’amor ». L’Eglise portera alors une adoration à la Vierge Marie, mère de
Dieu. Les femmes aussi composent ; on les désigne trobaritz, troubadouresse, troubarine. On retient la
comtesse de Die

XIIIème Ars Antiqua


Ars Antiqua désigne la musique qui suivit l’Ecole de N-D, c’est au 19ème siècle qu’on désignera cette époque
sous ce vocable pour la différencier de l’ars nova dont le style est différent au 14ème siècle.
C’est le motet 10 qui en est la forme principale.
Les combinaisons rythmiques sont plus complexes, on utilise les entrées en imitation 11
Le rythme prend de l’importance, désigné sous les noms de brève, longue ou maxime ; on a recours à la
notation. On juxtapose des histoires différentes dans des langues différentes et la voix grégorienne se place en
dessous ; souvent, une autre voix commente la voix grégorienne en utilisant un autre texte. L’écriture est
verticale, le rythme est ternaire.

XIVème Ars Nova


Vers 1350, Philippe de Vitry propose un traité où il définit la nouvelle théorie de la notation mesurée « Ars
nova musicae notandi », c’est une nouvelle façon d’entrevoir l’art musical. Les formes sont le motet et la
messe
Le motet propose des voix superposées la voix grégorienne
La messe est un recueil de chants pour l’ordinaire de la messe : Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus – Benedictus,
Agnus Dei. Ceux-ci peuvent avoir été écrits par divers compositeurs pour une même messe.
On retient Machaut en France et Landini en Italie

2 Messe de Tournay, Agnus Dei : 4 vx a cappella


2 Machaut, Kyrie : 4vx + chalumeau

Le thème de l’homme armé est un air à la mode qui fut repris à moult occasion entièrement ou partiellement
mais aussi avec des utilisations différentes comme dans cet extrait où ce n’est que le début du thème qui est
repris mais sous la forme de notes longues.

10
composition à 3 ou 4 vx sur vx grégorienne utilisant les intervalles de 3ce et 6te au lieu de 4te et 5te.
11
Mode d’écriture en canon où le 2ème groupe chante la même chose que le 1er en décalage
Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 10 / 30
2 Messe de l’homme armé, thème : valeurs longues au ténor ; texte « kyrié éleison »

On est en plein courant philosophique évolutif de l’émancipation de l’homme qui éloigne peu à peu les
artistes de l’hégémonie de l’Eglise.; elle perd de sa toute puissance sur l’art et l’on se centralise plus sur les
villes que sur les monastères. Désormais, les compositeurs se tournent un peu plus vers le profane à la
recherche d’un autre idéal. Ils ne sont plus anonymes et font évoluer un nouveau style identifié comme Ars
Nova qui apporte des innovations dan la notation et l’écriture mesurée ; elle facilite grandement les
constructions polyphoniques audacieuses où le binaire côtoie le ternaire. On s’éloigne peu à peu de la voix
grégorienne. On utilise aussi le vocable : Ars Subtilior et l’on distingue les compositions profanes de celles
religieuses.
2 Machaut, Rose, lyz, pintemp, verdure : 4vx en rondeau (couplet/refrain)

Le XVème siècle : Ecoles Franco-Flamandes


Marqué par la guerre de cent ans entre la France et l’Angleterre, c’est le siècle de la transformation musicale
et socioculturelle qui va mener à la Renaissance. Les écoles Franco-Flamandes vont se succéder selon trois
grandes évolutions typées par le biais de trois générations de musiciens tous situés en « Flandres 12 » = le
territoire Bourguignon. La vie de cour invite les artistes. Les artistess essayent des nouvelles voies dans tous
les domaines ; en peinture, on retient les noms de Van Eck, Van der Weiden, Bruegel.
Musicalement, le chant a cappella retrouve une forme définitive dans le motet, les textes religieux vont aussi
agrémenter le non ordinaire (vêpres, laudes, …), on va quitter la complexité pour essayer de trouver les règles
de la consonance ; on compose toutes les voix en même temps (verticalisme) et on utilise le « faux-
bourdon » ; technique d’improvisation à la 4te et à la 6te sous la tonique : les Français avec la 4te et la 5te, les
Anglais avec la 3ce et la 6te. Le rythme se simplifie, l’imitation se généralise, les sujets ne changent pas
Religieux = Motets, Messes, cantilènes
Profane = ballades, virelais, rondeaux et bergerettes

Les anglais influencent très fort la composition musicale ; les musiciens utilisent désormais des intervalles de
3ce et de 6te à la place des 4te et 5te jusque là prédominantes. Cela favorise la recherche de la consonance.

12
celle du Moyen-Âge, qui s’étend du nord de la France jusqu’aux Pays-Bas en englobant le Grand Duché de Luxembourg
Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 11 / 30
La musique instrumentale commence à prendre son autonomie par rapport au chant et le chant reprend alors
une place dans sa forme a cappella
La musique profane en France
On retient trois générations de compositeurs :
1ère génération : Machaut, Landini, Dufay et Binchois
2ème génération : Ockeghem, Delarue, Obrecht
3ème génération : au sortir du M-A, Josquin des Prés et Roland de Lassus
2 Dufay, Messe de St Antoine de Padoue, Kyrie : usage de la 3ce et de la 6te, plus consonante
2 Binchois, Filles à marier
Il est intéressant de comparer les deux « Kyrie » à 1 siècle de différence : celui de Machat très dans la
construction de 4te et 5te avec celui de Dufay qui semble plus convenir à nos oreilles.
Guillaume Dufay (à gauche) et Gilles Binchois (à droite), dessinés en 1451.

Le XVIème siècle, la Renaissance et l’âge d’or de la Polyphonie 13 .


1. Âge d’or de la polyphonie 6. Passion pour l’antiquité
2. Caractère, progrès, ambition 7. Siècle de la Réforme luthérienne
3. Influence de la bourgeoisie 8. Recherche de perfection
4. Humanisme 9. Invention de l’imprimerie
5. Vers la compréhension du texte 10. Diffusion dans toute l’Europe
Au sortir du M-A, c’est le siècle de la Réforme en Allemagne, on verra la prédominance des chorals 14 avec
suppression du latin et du chant grégorien. Luther souhaitait que les fidèles retiennent plus aisément les
réponses. Il a donc simplifié la longueur des phrases musicales, placé du texte en allemand : c’est la réforme
du grégorien. En Angleterre, ce seront les anthems 15 et en France, les pasumes 16 .

L’âge d’or signifie que l’on arrive à un équilibre entre les voix (= toutes les voix ont une égale importance ;
il n’y a plus de prédominance de l’une sur l’autre), entre les formes, avec usage de l’imitation et de
l’homophonie. On adapte beaucoup plus les paroles au texte ; conséquence du courant humaniste.

Géographiquement, la musique occupe cinq pôles : France, Pays-Bas, Espagne, Allemagne et Italie.
L’invention de l’imprimerie va permettre la diffusion des œuvres partout et donc va favoriser les influences de
tous sur tout le monde.

La beauté des formes ; les proportions deviennent une obsession dans toutes les disciplines. Des académies se
créent pour y enseigner la rigueur dans l’acte créatif. On s’intéresse de près à l’antiquité, on utilise les théâtres
grecs. Vitruve propose le nombre d’or : « pour qu’un espace divisé en parties inégales apparaisse agréable
et esthétique, il devra exister entre la plus petite et la plus grande partie la même relation qu’entre cette
dernière et l’ensemble ; A C / C B = A B / A C »

13
elle concerne essentiellement l’art vocal car à cette époque, les instruments étaient voués à l’accompagnement du chant.
14
D’abord à l’unisson sans accpgt puis à 4 vx accpgné à l’orgue ; phrases courtes de mélodie simple qui permet aux fidèles de
participer à l’office en entonnant des réponses chantées par opposition au grégorien construit, linéaire et non participatif
15
en Angleterre, œuvre chorale sur thème sacré, similaire à la cantate et au motet
16
chant sacré de la religion catholique ou juive, chanté en prose ( en psalmodie)
Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 12 / 30
Aux Pays-Bas, alors que Roland de Lassus domine les compositions
vocales, la musique instrumentale de Sweelinck influencera les
organistes allemands jusqu’au cœur du 17ème siècle.
On parlera de la troisième école Franco-Flamande (ou école
bourguignone) avec son principal représentant Josquin des Prés,
dénommé « prince des musiciens », créateur du style imitatif a cappella.

Mus profane en France = chanson polyphonique, en Italie et Angleterre = madrigal, en Allemagne = lied
polyphonique.
Les ballets de cour incluent les airs de cour en offrant de la musique, de la mise en scène et de la danse.
On utilise couramment des mélodies de chansons existantes pour en créer des variationss instrumentales
2 Janequin ; Martin menory son pourceau : chanson à 4 vx
2 reprise au clavecin par A. Gabrieli : les variations sont plus véloces
2Balthazar de Beaujoyeux, ballet comique de la reine : qui préfigure la naissance de l’opera

Mus. Rel. : en France et en Italie = messe, psaume, motet, madrigal


Ce sont essentiellement des compositions polyphoniques, profanes, non liturgiques d’une grande richesse
musicale : on parle de madrigalisme 17 . Adrien Willaert, Cyprien de Rore et Gesualdo da venosa sont les
références retenues.

Le procédé du madrigalisme :
On cherche surtout à souligner le sens du texte, augmenter l’expressivité par l’utilisation de silences, de
chromatisme, d’harmonie (maj – min - maj), de modulations, de dissonances, de chgts brusques tant
rythmiques que mélodiques.

Mus protestante (réformée) en Allemagne = choral (Luther), en Angleterre =


anthem,
en Allemagne : schisme Nord / sud par la Réforme de Luther
On rejette le grégorien et le latin car d’un esprit conservateur et figé par les messes.
Luther et Walther vont proposer une approche toute protestante et vont faire naître
le choral 18 en adaptant des paroles sur des mélodies existantes et des compositions
propres. L’assemblée peut alors reprendre des phrases simples aux mélodies
facilement mémorisables. Se crée ainsi un répertoire spécifique de chorals
séduisants qui seront repris au 20ème en gardant les mêmes mélodies mais avec des
accompagnements et des tonalités différents. Mélodies claires
Phrases courtes
Intonation facile
Sans accompagnement

Mus. Instr. : pour orgue, clavecin et luth (Sweelinck) appraissent entr’autres les ricercare 19 , les canzona 20
et les toccata 21
2Janequin ; Bataille de Marignan : 4 vx + onomatopée pour bruiter la guerre
2Janequin ; Le chant des oyseaulx : 4 vx a cappella
2Des Prés, faulte d’argent : 3 vx en imitation + luth en contrechant
2Des Prés, el grillo esta buon cantor (le grillon est un bon chanteur) : sautillant, guilleret, à réponse
2Lassus, Regina coeli : avec haute contre
2Sweelinck, puer nobis nascitur : entrées en imitation, palette de registres à l’orgue
17
les pièces vocales proposent des outils d’expressivité tels que : syncopes, accents, silences, nuances et modulations marquées,
chromatisme, accelerandi, …qui donnent vie aux mélodies
18
Musique protestante, en allemand. D’abord à l’unisson sans accpgt puis à 4 vx accpgné à l’orgue ; phrases courtes de mélodie
simple qui permet aux fidèles de participer à l’office en entonnant des réponses chantées par opposition au grégorien construit,
linéaire et non participatif
19
pièce d’allure improvisée utilisant des thèmes spécifiques et différents ; précurseur de la fugue
20
pièce en imitation au contraste très prononcé entre les parties
21
pièce de caractère improvisé ; plus virtuose que le ricercare
Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 13 / 30
En Italie
2Gesualdo ; madrigal, Lenia morte brami : 4 vx, chromatisme, modulation et dissonance madrigaux à
chromatisme expressifs et d’une audace harmonique
2Palestrina, messe du Pape Marcel, Kyrie : 4vx

aux Pays-Bas
Claude GERVAISE – musique instrumentale

en Angleterre
En pleine époque Elisabethaine, opposition entre la musique anglicane protestante et la musique catholique
constituée de messes, anthem (motet) et psaumes
Thomas TALLIS, élève de W.Byrd qui fait évoluer les virginalistes 22 , organiste de la cour, imprimeur
Orlando GIBBONS, ayres de polyphonie profane
Thomas MORLAY, ayres
2 Byrd ; Messe à 5 vx, Agnus Dei : en 3 parties (chaque reprise = 3 puis 4 puis 5 )
2 Morlay ; madrigal, lachrimae or seven tears : 5 instruments et luth
2J. Dowland, the shumaker’s wife (la fê du cordonnier) : consort

en Espagne
mus. rel. : messes, motets, requiem, passions
2 De Morales ; motet, Regina Celi (Reine des cieux) : 5 vx + enfants pour vx soprane
2 De Victoria ; messe, Agnus Dei, Trae me post me (entraîne-moi avec toi) : canon à 5 vx + empreinte de
l’influence de Palestrina
mus. prof. : ensaladas = pot pourri polyphonique
mus. instr. : la vihuela contribue à son développement ainsi que les orgues (parfois 2 dans la même église) qui
permettent des joutes en « respons »

Vers la fin du XVIème siècle, on assiste à un retour à la monodie accompagnée qui met en évidence la
voix avec l’accompagnement au luth ou au clavecin mais dans une construction qui permet au luthiste de
jouer avec plus de liberté ; ainsi est née la basse continue.
La Basse Continue
La mélodie principale est donnée à la voix (plus tard, elle sera confiée aussi bien à un instrument soliste),
l’accompagnement est noté sous une forme simplifiée qui indique la note de la basse sur laquelle est apposé
un chiffre (4,5,6 ou 7) qui signifie que l’accord proposé est constitué d’une quarte, quinte, sixte ou septième.
L’accompagnant a donc toute la liberté du choix des notes qui viennent ornementer cet accord chiffré ; il
peut tout à la fois ne jouer qu’une, deux, trois ou quatre notes et les grouper avec d’autres qui créent une
Sur cet exemple,libre
ornementation pour accompagner la mélodie, la basse propose des accords de sixte et de quintes

soliste

main gauche

chiffrage pour la main droite


Ci-dessous, pour accompagner une note do avec un accord chiffré « 6 », le claveciniste peut jouer les
possibilités suivantes (en respectant certaines règles de l’harmonie)

22
Catégorie de musiciens qui jouent du virginal : clavecin dont les cordes sont // au clavier.
Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 14 / 30
Sur ce dernier exemple, on voit diverses applications avec des chiffrages différents

C’est logiquement, dirons-nous, que, de cette mise en évidence de la voix, naîtra l’opera dès l’aube du 17ème
siècle.
Au chant, vient s’ajouter un texte tiré d’œuvres poétiques. Au plaisir de voir le chanteur, viennent s’ajouter
une dramaturgie, un jeu de scène costumé, puis des décors. La route est maintenant tracée pour aboutir aux
premières œuvres qui vont réunir toutes ses composantes : poésie, musique, chant, costume, décor, mise en
scène. L’opera est un art multiple.
On retiendra de façon simpliste qu’il évolue de l’Italie vers le reste de l’Europe avec, chaque fois, une
variante pour le différencier des pays voisins.
Ainsi en Italie : Chant, mise en scène et musique
En France : introduction de ballets et de chœurs – les tragédies lyriques

La forme rondo
Alternance ABACADA qui veut dire récurrence du refrain A entre chaque partie mais parfois dans des
tonalités différentes suivant l’évolution de la chanson.
En Angleterre : chœurs mais pas de ballets – les mask

1600, L’époque baroque

Au XVIIème, à Florence, en Italie, Jacopo Peri propose des constructions musicales où la voix est
accompagnée d’un orchestre (Crds, bois, percu). On peut dire qu’il a écrit les premiers operas mais ce n’est
pas lui que nous retiendrons car nous attribuerons cette caractéristique à Claudio Monteverdi qui sévit à
Mantoue. Dans toute l’Europe, c’est donc l’opera qui va prédominer sur les autres formes mais c’est aussi à
cause de cette prédominance que vont naître d’autres courants musicaux qui vont chaque fois se distinguer de
la forme précédente. L’époque baroque va donc dominer le 17ème siècle avec un mélange (et non une
succession) de genres musicaux : l’opera, l’oratorio, la cantate, le motet, la musique instrumentale.
Le centre culturel évolue vers Venise et les premiers théâtres fleurissent portant le nom de la paroisse où ils
s’érigent.

Littéralement, baroque signifie « perle irrégulière ». La musique de cette époque va effectivement se parer
d’ornements faisant place à une autre créativité, à l’imagination exubérante, au faste, à la virtuosité et à
l’extravagance. On tente de renforcer l’expression des passions, on est à la recherche de l’équilibre musical,
de l’harmonie. L’on considère maintenant la voix avec la même sollicitude que l’instrument ; on écrit autant
pour instruments solistes que pour la voix. Bien que l’on travaille encore pour la Cour, c’est aussi au XVIIème
que vont être construites les premières grandes salles qui accueilleront les concerts publics et les premiers
operas 23 qui verront peu a peu l’abandon de la polyphonie 24 au profit de constructions musicales qui
proposeront une monodie 25 conjointe à un accompagnement riche à lui seul. On y retrouve des dissonances,
on y affine la tonalité. L’écriture différencie nettement les voix et les instruments qui, eux, gagnent en
importance. On exprime les passions par l’emploi de contrastes (binaire/ternaire, lent/vif, …)
2Monteverdi ; madrigaux amoureux : influence de Gesualdo

23
Drame chanté avec accompagnement, réunit plusieurs disciplines : le chant, l’instrument, la littérature, le mise en scène, la danse,
l’éclairage, les décors, les costumes. On attribue le premier opera digne de cette conception à Claudio Monteverdi à Mantoue, en
Italie
24
usage de plusieurs voix mélangées voire entrelacées
25
opposée à la polyphonie, usage d’une voix indépendante de l’accompagnement
Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 15 / 30
2Couperin Fr ; 11ème ordre ; Castelane: pce pr Clvc seul
2Bach JS ; messe en B- ; Agnus Dei : solo de HteCtre

L’ opera .

Né en 1600, il est une monodie accompagnée : le chant est modelé sur le langage, il en suit les inflexions. Le
stile rappresentativo 26 qui comprenait deux formes : le récitatif et la basse continue. Dans le récitatif 27 ,
on y entend l’orgue (ou le clavecin) et le violoncelle qui appuient de temps en temps un accord en fin de
phrase chantée ou en son milieu. La basse continue 28 est une « main droite » chiffrée adjointe à une « main
gauche » écrite. Le récitatif n’a ni forme ni structure propre. La musique est continue, le rythme est libre.

2récit ténor + violoncelle+orgue


2air : BsCt + chœur + ténor

Claudio MONTEVERDI : créateur de l’opera / madrigaux 29 – Mus. Religieuse


2Madrigal à 4 vx + luth

Il a composé au moins trois operas dont nous avons la trace : Orfeo, Le retour d’Ulysse
dans sa patrie et Le couronnement de Poppée. Pour les deux premiers nous avons
retrouvé les partitions de deux voix alors que pour le troisième, nous avons retrouvé
l’instrumentation complète. Nous retiendrons donc ORFEO comme étant le Premier
Opera digne de ce nom, digne de Monteverdi et Le couronnement de Poppée comme son
œuvre majeure, son dernier opera composé trente ans plus tard.

La France du 17ème siècle


Au 16ème, la chanson se présentait sous forme d’airs, plus raffinés que le vaudeville chanté
polyphoniquement. Ces chansons donnent naissance à un style nouveau : l’air de cour dont les thèmes sont
galants, grivois, sentimentaux et se réduisent à l’utilisation d’une seule voix, celle du chantre, accompagné
polyphoniquement d’un luth.
La pastorale met en chanson des sujets de nature et d’animaux.
Le ballet propose d’accompagner une danse par un support musical. Balthazar de Beaujoyeulx propose une
fusion de ces divers styles en associant le ballet de cour avec le chant qui forme alors le ballet comique de la
Reine.
Ballet de cour associé à la pastorale donnera naissance à l’opera à la française dès
1650 pour se distinguer de l’opera italien mais dont il est grandement influencé.
Jean-Baptiste Lully (italien originellement dénommé Giovanni Battista Lulli) promeut
la danse pour plaire à son roi Louis XIV. Il dirige l’orchestre des « 24 violons du Roy »
puis des « 16 petits violons », orchestre d’élite. Nommé surintendant de la cour il aura le
monopole des operas de Paris où, en collaborant avec des librettistes illustres, dont
Molière, il fera se succéder les comédies ballet et les tragédie ballet dans lesquelles l’art
du parlé prend plus de place que la musique. Avec Corneille et Racine, il imposera les
tragédies lyriques composées d’une ouverture, d’un prologue et de 5 actes : la définition
même de l’opera national français.

Evidemment, l’hégémonie de Lully provoque un mouvement opposant qui regroupe Marc-Antoine


Charpentier, Marin Marais, André Campra. Ensemble, ils font naître l’OPERA BALLET qui est une tragédie
lyrique modifiée qui alterne narration et intermèdes musicaux. Molière lui-même après s’être défait de Lully,

26
style qui marque le début de l’opera. Rapresentativo est à prendre dans le sens de montrer, de représenter
27
un parlé qui prend une forme chantée, libéré d’un rythme.
28
Sur base d’une mélodie écrite en basse, l’organiste, en respectant la règle, construit un accord indiqué par un chiffre au-dessus de
la note écrite.
29
usage du procédé de madrigalisme (18) qui vise à mettre en concordance la poésie du texte et le sentiment que l’on souhaite
dégager d’une mélodie. Les effets dramatiques sont autant renforcés par les différents impacts vocaux mais aussi par le contrastes
d’intensité, de rythme, les bruits de respiration, …
Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 16 / 30
collabore avec M-A charpentier. Ainsi, son « malade imaginaire » allie la mise en scène de l’opera ballet sur
un texte dit en latin – humour caustique pour se moquer de la gente médecine-
2Marc-Antoine Charpentier, le malade imaginaire, 3ème intermède : orch baroque (violes, flûtes, mandoline,
clavecin) + bloc de bois, timbales et tambour de basque
L’allemagne
La prédominance de l’opera italien provoque un éveil tardif de la création d’opera dans les autres pays. On
n’en parle pas car c’est surtout la musique religieuse qui s’est développée
Peu de compositeurs sont passés à la postérité ; on ne retiendra que l’opera Dafné de Heinrich Schütz dont la
partition est perdue

Le lied 30 existait depuis le Moyen-Âge mais de caractère populaire, à la renaissance il était chanté a cappella.
Populaire au M-A, polyphonique à la Renaissance, la forme du 17ème lui attribue une voix supérieure
(monodique) avec accompagnement.
les cantates : le choral
par opposition à l’oratorio, elles ne sont pas narratives
d’influence Luthérienne, elles s’apparentent au choral 31 et proposent des ritournelles instrumentales

L’Allemagne est divisée en deux oppositions religieuses :


• Au nord : protestant

Heinrich SCHÜTZ :le seul dont on retient le nom mais dont la musique de l’opera Dafné
est perdue
Influencé par les Gabrieli et par Monteverdi
Considéré comme le créateur de l’oratorio allemand
L’histoire de la résurrection, l’histoire de la nativité –oratorio de Noël -, les 7 paroles du
Xst en croix
Compositeur sobre, intériorité, inspiré de la musique italienne (alternance des chœur et
expressivité vocale)
2Les 7 paroles du Xst en croix : Bel canto (influence italienne), réponses et contrastes (Gabrieli)
2oratorio de Noël : récitant chanté + 6 solistes + flûtes à bec

• Au sud : catholique donc très influencé par Rome et l’Italie


Les messes
Heinrich Biber, Johann-joseph Fux, Georg Muffat
L’angleterre
L’opera
L’équivalent des ballets en France se nomme mask 32 en Angleterre car il entre en usage de se masquer le
visage comme en Italie. C’est un semi opera où se mêlent l’intrigue et les incursions musicales chantées ou
instrumentales. = danse + chant + mise en scène
L’opera dramatique se situe entre l’opera et le théâtre = scènes chantées dans la pièce (parlée).

On retient John BLOW pour sa « Vénus et Adonis » qui est une synthèse de tout ce qui se fait à l’époque mais
aussi PURCELL son élève. Il était apprécié pour sa musique religieuse, ses œuvres de circonstances et ses
mélodies.
- on le désigne comme le 1er grd compositeur anglais qui défend le style polyphonique et qu’il
utilise dans des fantaisies pour violes de gambe et dans les chorals. Il meurt à 36 ans, entérré en la
chapelle de Westminster.
- Dido & Aeneas :

30
pièce vocale tirée d’un poème, chantée en allemand avec accompagnement instrumental au clavecin
31
à l’origine il était un chant catholique à l’unisson ; depuis Luther, il est un chant protestant à l’unisson et sans accmpgt et plus tard
un 4 vx accompagné à l’orgue
32
précède l’opera en Angleterre ; intrigue, danse, poésie, instruments et voix se combinent, en vogue aux 17 et 18èmes ; équivaut au
ballet de cour à la française
Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 17 / 30
Enée est prince Troyen qui, après la destruction de Troyes, fait naufrage à Carthage, le royaume de Didon de
qui il tombe amoureux. Mais les sorcières veulent la perte de Didon par jalousie. Afin d’éloigner Ennée pour
arriver à leurs fins, elles se déguisent en Mercure (Jupiter) et se présentent à lui comme messager des dieux,
elles lui somment de partir pour continuer sa mission en Italie. Enée se rend pour faire ses adieux à Didon qui
lui reproche de partir, de lui être infidèle et lui implore de rester. Il obéit à son dieu et la quitte, elle se suicide
du haut d’un rocher.
2Récitatif final, mort de Didon : solo bel canto + choeur « souviens-toi de moi lorsque je serai enterrée » ;
Basse obstinée (contrainte) en descente chromatique

Au début de l’air, on entend une mélodie descendante jouée par l’orchestre, qui va se répéter à la basse et à laquelle le compositeur
superpose la partie chantée, plus libre. Ce procédé formel de basse contrainte en ostinato aurait pu donner une certaine raideur à
la musique mais Purcell réussit à le transcender et crée un aria d’un très grand pouvoir expressif. (Pierre Charvet, pédagogue, « comment
parler de musique », Adam Brio, Paris, 2003, CNDP)

L’ oratorio .

En fin de 16 , suite à la Réforme 33 qui marquait le 16ème, on ne pouvait présenter d’oeuvres scéniques
ème

durant le carême ; l’oratorio trouve alors une place car il est une œuvre sacrée non liturgique, dramatique sans
mise en scène mais avec un narrateur. On utilise toutes les composantes de l’opera avec des récits, des airs,
des monodies accompagnées, des ensembles vocaux et des ensembles orchestraux NON DRAMATISE et
AVEC NARRATEUR
La naissance de l’oratorio se différencie de l’opera par sa sobriété : pas de décor, pas de mise en scène mais
présence d’un narrateur qui intervient entre les pièces chantées pour narrer l’histoire et maintenir les liens
entre les passages musicaux. C’est plutôt la forme d’un concert avec vx, orch et narrateur.
De façon simplifiée, on retiendra Carissimi et Cavalieri en Italie
Charpentier en France
Schütz en Allemagne
Emilio Dei CAVALIERI On lui attribue le 1er oratorio, il est suivi de Carissimi, Schütz qui utilisent tous des
sujets religieux mais non liturgiques
Oratorio : La représentation de l’âme et du corps
Œuvre sacrée 34 , dramatique mais non scénique plutôt intellectuelle car les personnages sont : le temps,
l’intelligence, l’âme, …
2âme & corps ; promogue : chœur + sol baryton + orch baroque + orgue + trompettes et cors
Giacomo CARISSIMI : un des plus admirables compositeur d’oratorios et de cantates
2Carissimi, Jephté : aria soliste alto [narrateur] + orch.baroque + mandolines
Juge israélien qui, pour remercier de sa gloire, propose d’offrir en holocauste la première personne
venue : ce sera sa fille
Marc-Antoine CHARPENTIER :élève de Carissimi
musique de scène pour les pièces de Molière, musique d’Eglise et 18 oratorios
2Oratorio de Noël, Chœur des bergers, en latin : Bss Cont, cordes, luth, fl, vx et choeur
2Motet pour l’offertoire de la messe rouge, I ustus es deominé : 2 sol, HteCtr, petit chœur fê, gd chœur, orch
2Te Deum

La cantate . voir nota


Naissance de la cantate qui se différencie de l’oratorio en ôtant le narrateur

33
Mouvement religieux qui soustrait une partie de lEurope à l’obéissance du Pape qui donne naissance aux églises protestantes –
qui contestent la virginité de la Vierge.
34
qui ne traite pas d’un sujet biblique (liturgique) mais quand même catholique (vêpres, …)
Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 18 / 30
Composition qui met en emphase une ou plusieurs voix accompagnées par un continuo ou un orchestre.
Il n’y a pas de narration entre les différents mvts.
NON narratif et NON représenté.
Evolution du motet :
Au 13ème : vx grégorienne + contre-chant en latin + 3ème te 4ème vx en français
Au 14ème : isorythmie + grégorien
Au 15ème : isorythmie + pluritextuel avec cantilène1 avec vx sup
Au 17ème : txt religieux sur txt non liturgique :
Le Gd motet = soliste + chœur + orch
Le Pt motet = soliste + bsCont (clavecin, orgue ou violoncelle)

La musique instrumentale
L’orchestre de luth et violes se voit supplanté par le clavecin et l’orgue. Les compositions se déclinent en
Ricercare – 1 motif est repris par différentes voix ; +sieurs thèmes ; version instr. du motet
Canzona – polyph construite autour d’une phrase musicale – distribuée à 1 ou +sieurs vx
Cappriccio – rapidement devenu morceau pour instr – mélodie plus raffinée – liberté du « phrasé »
Toccata – rapidement devenu morceau pour orgue, clavecin ou piano – diversité du « toucher »

ORGUE plus petit qu’au nord et moins puissant. Une école se crée d’abord de l’influence des Pays-Bas (Jan
Pieterszoon Sweelinck) puis des virginalistes anglais pour ensuite intégrer le style italien de Frescobaldi et
enfin des français comme Titelouze
Samuel Scheidt, Henrich Scheidemann, Johann Jakob Froberger, JohannPachelbel, Goerg Muffat

CLAVECIN
Johann Kuhnau écrit des sonates bibliques avant-gardiste (sonate avant la lettre donc d’influence biblique)
Froberger fonde l’école, modifie la suite à la française en inversant gigue et ce qui donne All, G, C, Sar au
lieu de All, C, G, Sar. Il utilise aussi des constructions telles que toccata, riccercar, tombeau, … en vogue à
l’époque.
2suite en A-
2toccata en C

La sonate . voir nota


Composition qui met en emphase une partie instrumentale accompagnée par un orchestre. Il n’y a pas de texte
(pas de chant) qui relie les différents mvts.

Le concerto grosso .

A venise, Gabrielli avait composé des œuvres pour double chœur, où l’un répondait à l’autre ; ici, Corelli
propose des compositions qui mettent en relation deux groupes d’instruments : le concertino 35 et le
ripieno 36 dont la tâche n’est plus de « répondre » comme pour un concerto mais bien d’appuyer, d’amplifier
l’impact mélodique du concertino ; il joue la même chose au même moment. On peut alors assister à la
virtuosité de 2 ou 3 solistes que l’orchestre double en accompagnement ou en réponse.

Le concerto .

Originellement pièce écrite pour mettre la trompette en emphase, cette pièce propose un dialogue entre
l’orchestre et le soliste.. On peut dire que Torelli fut l’initiateur de ce mouvement que Vivaldi mènera à son
apogée. C’est lui qui va structurer le 1er mvt du Cto pour soliste V, L, V en proposant d’augmenter le
caractère dramatique par les jeux de contrastes, l’usage du programme (inspiration extramusicale) et la variété
de la technique violonistique (double cordes, staccato, …) C’est Corelli qui va lui donner sa structure et son

35
2 violons + continuo (violoncelle + clavecin)
36
le reste de l’orchestre de chambre : 2 violons, alto et basse
Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 19 / 30
essence par son équilibre et sa tonalité bien définie. Plus tard, on utilisera cette forme pour entendre aussi les
pianistes et violonistes virtuoses.
la musique instrumentale en France
avec les instrument baroques : clavecin ou orgue, luth, viole
au 16ème : luth = accompagnement
au 17ème : luth = mélodie et accompagnement
à partir de 1750 : luth = pièces en suites de danse

En France : orgue et clavecin = Rameau et Couperin


2Nicolas Le Bègue : laissez paistre les bestes
2Marin Marais : le tombeau de Mr de Ste Colombe : viole et théorbe
En Allemagne : orgue = Buxtehude
2choral, puer natus in bethléem
En Angleterre : orgue et virginal = Haendel

Italie France Angleterre Allemagne


Opera Monteverdi Lully Purcell
Oratorio Cavalieri/Carissimi Charpentier Schütz
Cantate Frescobaldi Buxtehude
Motet Delalande Purcell (anthem)
Mus Instr Indépendante Corelli
Concerto Corelli /Vivaldi
Concerto grosso Corelli
Sonate Purcell
Clavecin Couperin Purcell Pachelbel
Orgue Couperin Buxtehude

Le luth possédant un nombre important de cordes devait passer par une phase d’accordage qui se peaufinait au
fur et à mesure du jeu. Il sembla évident de mettre en première partie une mélodie permettant de vérifier
l’accordage ; ainsi naquit le prélude précédant 4 danses. Plus tard, ce prélude sera exécuté au clavecin pour
devenir une pièce à part entière renonçant ainsi à sa raison d’être originelle.

Les danses du 17ème


On conçoit les suites de danse comme étant une succession [ prélude libre au luth] suivie de 4 danses dans la
même tonalité et de cadence binaire ( ton + modulation + ton ) formant parfois un rondo1 (alternance couplet /
refrain), parfois en variation sur une basse obstinée
pavane1 et gaillarde1 dans la même tonalité : lent & vif
allemande1, courante1, sarabande1 et gigue1 : modéré, rapide, lent, rapide parfois avec incursion d’autres
danses telles que menuet1, passe-pied1, gavotte1, bourrée1, chacone1, passacaille1

Variation : Modification d’un thème musical par la mélodie, le rythme, l’harmonie ou le contrepoint souvent par ornement lente,
majestueuse, binaire suivie d’une gaillarde ternaire
Pavane : lente, majestueuse, binaire suivie d’une gaillarde ternaire
Gaillarde : rapide, ternaire, suivie de l’allemande
Allemande : lente à 2 tps, première partie d’une suite après prélude, mesure 4/4, structure A-B-A
Courante : mouvement coulant en 3/2 ou ¾ avec anacrouse courte
Sarabande : lente en 3/2 ou ¾ avec accent sur la 2ème mesure
Gigue : provient de giguer = danser, rapide et ternaire, termine la suite
Menuet : danse de cour, ternaire, gracieux, s’est introduit dans la suite et la sonate ; Van Beethoven le remplaça par le scherzo
Passe-pied : rapide ternaire, placé dans la suite entre la sarabande et la gigue
Gavotte : modéré, binaire, anacrouse de 2 noires, précédée de la sarabande
Bourrée : rapide, binaire, anacrouse d’une noire
Chacone : lente, ternaire, thème continuellement repris avec variations contrapuntiques
Passacaille : basse continuelle « obstinée » en 4 ou 8 mesures, ternaire, supportant des variations contrapuntiques

Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 20 / 30


Le 18ème siècle : le siècle des lumières

Au 18ème, nous restons dans le courant baroque jusqu’en 1750, année de la mort de JS Bach.
L’Italie garde sa suprématie
Domaine vocal : essentiellement à Naples
L’opera seria (sérieux = bel canto) perdure
L’opera buffa (non sérieux = burlesque et non pour le bel canto)
Domaine instrumental :
Le concerto (emphase du soliste) : notamment Vivaldi
La sinfonia (issue de l’ouverture VLV) : œuvre pour orchestre en 4 mvts : notamment Sammartini
La sonate : développement de l’art du clavecin : notamment Scarlatti

En France, sous Louis XIV, Lully monopolisait en despote l’opera ce qui donna naissance à d’autres formes
et fit éclore d’autres compositeurs. On assiste à un renouveau de la tragédie lyrique de Lully par l’influence de
Rameau et, dans la musique instrumentale, la prédominance de l’orgue et du clavecin par la maîtrise de
Couperin ; on note aussi l’apparition de l’opera Comique

En Allemagne,
Domaine vocal :
L’opera : rien de significatif
L’oratorio : surtout Haendel
Chœurs : usage des chorals et autres formes vocales
Domaine instrumental :
BACH pour tous les genres sauf l’opera ; il fait la synthèse de tout ce qui a existé en Fr,
It et Al. Il est le créateur du Cto pour clavecin
En grandes lignes nous retiendrons :
- Lünburg où il est choriste et passe son temps à recopier des partitions pour les
comprendre
- Arnstadt où il est organiste et à partir de laquelle il se rend à Lubeck pour y rencontrer
Buxtehude
- Mülhausen où il se marie avec sa cousine Maria Barbara et avec qui il aura
notamment WF et CPE
- Weimar où il est organiste, expert en orgue et travaille les œuvres de Frescobaldi.
Il y assume la charge de Konzertmeister et compose une cantate par dimanche.
- Cöthen où il est Kappelmeister et se marie à Anna Magdalena avec qui il aura notamment JChF et JCh
- Liepzig où il assume une responsabilité pédagogique comme Cantor, compose ses principales œuvres dont
Offrande Musicale
- Est opéré de la cataracte, finit sa vie aveugle.

Haendel crée le Concerto pour orgue 37


Pièces pour ensemble
Pièces pour clavecin
En Angleterre, c’est aussi les compositions de Haendel, venu honorer la Cour de Londres, qui dominera la
culture musicale.
2Messie, chœur “For unto us a child is born”: connu; choeurs
2Messie, alleluia : très connu; choeur enft + crds + cuivres + timbales

37
L’orgue joue en répartie avec un orchestre ; il devient soliste plutôt qu’accompagnant
Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 21 / 30
APRES LA MORT DE J.-S. BACH 1750
Le courant baroque est arrivé à son apogée et Bach a tout fait, tout écrit, tout synthétisé. La musique est en
panne d’évolution, un nouveau style doit éclore. On s’approche vers une autre forme de musique qui va
abandonner l’usage de la basse continue qui offrait la liberté à l’accompagnant pour faire place à une musique
écrite de part en part, moins contrapuntique. On ne la retrouvera plus guère que pour les récitatifs d’opera. Du
point de vue instrumental, l’écriture se simplifie, la primauté est donnée à l’harmonie dans la recherche
d’exprimer au mieux les sentiments. Moins d’improvisation signifie moins d’ornementation. Elle ne perdurera
plus qu’au sein de la cadence du Cto. On abandonne peu à peu l’orgue et le clavecin pour utiliser des
orchestres enrichis et donc un clavier en son sein : le piano forte. Les suites de danses sont en déclin ; seuls les
rondos et menuets perdureront.
C’est la naissance à venir de l’époque classique. La sonate se sépare tout à fait de la suite. Elle prend une
forme précise qui la caractérise.

une époque pré-classique,


La basse continue persiste pour les récitatifs d’operas mais est en déclin dans toutes les autres formes et
différents courants se profilent :
Le style galant
Surtout en Autriche / Hongrie, divertissant, léger, sans profondeur, très maniéré, dénommé « tafel
music ». Les thèmes sont brefs. Concertos de flûte à bec, de viole de gambe et cordes.
Goerg Philipp Telemann est très prolifique dans le genre.
2Wassermusik, le canari : marqué et lourd
Le style rococo
Surtout en France, idem que style galant.
Michel Corrette
2Cto pour orgue
Le style empfindsamkeit (sentimental)
Uniquement en Allemagne entre 40 et 60 ; caractérise une expression sentimentale et touchante.
Utilise des changements de nuance, de tempo, d’harmonie.
C.Ph.E. Bach est une référence en la matière.
2Cto pour Htbt et Cdes avec BCnt
2Symphonie en Bb, 1er mvt : clvc + crds
2Symphonie en G, VQ 182 : viol + clvc
Le sturm und drang (tempête et passion)
Accentue les contrastes pour renforcer l’aspect dramatique.
Haydn

Les fils de BACH : sont 4 sur 20 à passer à la postérité : tous ont écrit des concertos, symphonies, sonates,
mus ch. et mus rel. et influenceront leurs successeurs (J Haydn, L Mozart, C Cannabich, F X Richter)

Wilhem Friedman (1710 – 1789), Bach de Halle


2Cto pour 2 clacevins concertants, 3ème mvt, presto

Carl Philipp Emmanuel (1714 – 1782), Bach de Berlin, de Hambourg. Succède à Telemann à la cour de
Frédéric II à Postdam. Un essai sur la « vraie manière de jouer des instruments à clavier » dont des sonates et
sonatines pour appliquer les théories.
2Fantaisie : clavicorde

Johann Cristoph Frederik (1732 – 1795), Bach de Bückeburg, au service du Comte. Œuvre importante, lien
entre son père et le classicisme viennois.

Johann Cristian (1735 – 1782), Bach londonien, au service de la Reine. A rencontré Sammartini et Mozart.
Evolue dans le mondain.
24tuor, 3ème mvt : 2 fl, alto, cello

Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 22 / 30


- l’école de Mannheim :
Fondée par Karl Philipp, un mécène, elle réunit les musiciens de diverses nationalités et tient une place
importante dans le développement de la symphonie qu’elle définit en 4 mouvements dont le troisième est un
menuet. La sonate évolue de son coté et l’école est renommée pour sa valeur instrumentale : l’orchestre de
Mannheim est une référence. Basé sur le développement de l’expression de l’empfindsamkeit et du sturm und
drang, on y apprend la maîtrise du crescendo, le souci des nuances.

L’époque classique
Haydn et Mozart sont les deux références du style. Le premier parce qu’il a défini la structure de la
symphonie en 4 mouvements : 1er : rapide, de forme sonate
2ème : lent en forme de lied
3ème : menuet
4ème : de forme rondo ou sonate

Mozart parce qu’il a tout sublimé ; son œuvre est empreinte d’une musicalité
caractéristique qui relève du génie comparable à la qualité mathématicienne et analytique
de Bach.
En musique vocale, les trois grands domaines qu’il travaille sont : l’opera seria, l’opera
buffa et le singspiel.
SERIA parce que les thèmes traités sont de sujet séreux, historique, mythologique ou
légendaire alors que les opera BUFFA relèvent d’intrigues burlesques et de facéties
amoureuses.
Le SINGSPIEL se caractérise par l’usage expressément en allemand avec des passages
parlés en lieu et place de récitatifs.
2Les noces de Figaro, air de Chérubin : Vx soprano
2air de la reine de la nuit, acte II, : soprano coloratur 38 : ahahahahah, ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah, aaah

Le XIXème siècle : le Romantisme

Parce que Mozart s’oppose à son patron, l’archevêque Colloredo, il en arrivera à démissionner de son service
faisant ainsi de la profession de musicien une profession libérée, une profession libérale.
Ce nouveau statut permettra aux musiciens futurs de composer plus librement ; les sources d’inspirations
évoluent vers la nature, le passé nationaliste, le folklore, les légendes.

L’orchestre s’amplifie ; pour le diriger, le claveciniste ou le premier violon ne suffisent plus ; la loi du
nombre, la puissance des instruments, des compositions, leur technicité aussi créent le besoin d’un chef
d’orchestre détaché de l’ensemble : ce besoin fait naître une nouvelle profession à part entière.
Les musiciens suivent cette aspiration à l’indépendance faisant naître le récital pour piano (Chopin en mus ch
et Liszt en concert) et pour violon (Paganini).

Les formes musicales évoluent, les symphonies durent entre 15min et 1heure. Les pièces, préludes,
barcarolles, impromptus, balades, nocturnes, romances varient de 5 à 15 min avec des formes imprécises
de A - B - A
La musique à programme permet au compositeur d’expliciter son œuvre ; au-delà du scénario, il vulgarise sa
démarche créatrice. Il n’écrit plus seulement guidé par le respect des règles musicales liées à la forme de sa
composition, il écrit pour exprimer musicalement un sujet, un sentiment, une philosophie. Les principales
formes de la musique à programme sont le poème symphonique (en un seul mvt), la symphonie à programme
(en 4 mvts comme la symphonie) et la musique de scène.

Pour mieux appréhender cette période, nous diviserons ce siècle en deux demi-siècles.
Nous verrons que les 3 pays émergents sont l’Allemagne, la France, l’Italie et que nous retrouvons deux
générations de compositeurs réparties sur les deux moitiés du siècle pour chacun de ses pays.

38
voix très aigûe ; prouesse technique ; ici au Ctre fa
Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 23 / 30
Allemagne :
Au hasard de ses voyages, W-A Mozart dispensera des cours à un jeune allemand du nom de Van Beethoven.
C’est lui, le lien entre le classicisme et le romantisme.

On lui définit trois périodes :


Î 1803 : formation de son style, influence du classicisme de Haydn (1ers
concertos et sonates)
Î 1815 : maturité, il souhaite faire passer un message dans sa musique, il élargit
les formes musicales et donne de l’ampleur à l’orchestre (symph 3 à 8, Cto p. 4
& 5, Cto violon, Fidelio)
Î intériorisation ; introverti, renouvelle la technique de la variation jusqu’à
méconnaissance du thème initial, introduit les formes anciennes et la
polyphonie (9ème symph, Missa solemisis, Variations diabelli)
9 symphonies : 3ème, héroïque (Napoléon), 5ème « pom pom pom pooom », 6ème, pastorale, 7ème, apothéose de la
danse (wagner) ; 9ème, comprenant l’ode à la joie sur texte de Shiller et non de Goethe

Schubert, considéré comme le maître du lied 39 en compose plus de 600 dont certains en cycle de lieder qui
sont des recueils de compositions traitant du même sujet ou du même auteur de texte.

Schumann, Mendelssohn, Weber, Chopin et Liszt complètent le groupe de germains auxquels on fait
habituellement référence.

France :
c’est essentiellement Berlioz que l’on retiendra dont sa symphonie fantastique montre un premier exemple de
l’utilisation d’un leitmotiv, cher à Wagner, dans l’autre moitié, ici dénommé « l’idée fixe ».

Italie :
C’est l’opera qui domine avec Rossini, Bellini et Donizetti.
Mais nous nous intéresserons à Verdi, grand maître de l’opera romantique italien
Il favorise le bel canto expressif et dramatique mêlant les influences italienne par le chant,
allemande par la présence des motifs récurrents et française par l’aspect spectacle des ballets
et des chœurs.
2Nabucco, choeur des esclaves, « va pensiero » : mélodieux et puissant

Nous revenons donc en Allemagne :


Weber puis Wagner.
Contemporain de Verdi, Wagner évolue tout différemment. Il réalise une synthèse
parfaite et complète de tous les arts adjoints à l’opera : chœurs, solistes, costumes, décors,
ballets, mise en scène, orchestration très riche et de grande ampleur pour renforcer
l’expressivité dramatique. Il utilise le leitmotiv comme premier fil conducteur de ses
operas pour caractériser un personnage, une idée, un symbole, une chose, …
La voix est traitée comme un instrument de l’orchestre ; le chanteur n’est plus La vedette
mais c’est tout l’ensemble qui est valorisé. Une philosophie de base : la rédemption.
Il est à l’origine du Festival de Bayreuth qui se perpétue en juillet/août.
Sa tétralogie est mémorable : L’or du Rhin, Les walkyries, Siegfried, Le crépuscule des dieux.
2Siegfried, idylle : peu mélodieux et parfois puissant

Suivent Brahms, Bruckner, Malher, Wolf et Richard Strauss.


2Brahms, Cto pr violon, 3ème mvt : air connu
2Mahler, 1ère symph, 3ème mvt : air connu de frère Jacques en mode mineur

Transitons par la France :

39
Mélodie chantée en langue allemande à caractère populaire
Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 24 / 30
Après Berlioz viennent Gounod, Bizet, St Saëns, Franck et Fauré
2Gounod, Faust, air des bijoux : air connu par sa citation dans Tintin et les bijoux de la Castafiore
2Bizet, Carmen, 3ème acte, Habanera, l’oiseau rebelle : l’air le plus connu
2St Saëns, Carnaval des animaux, finale : extrait souvent pris en exemple
2Franck, symphonie, 3ème mvt : air connu
2Fauré, Requiem, sanctus : air connu

Passons ensuite en Italie :


Puccini viendra dans une frange dénommée opera vériste – rejet de divinités, de héros et de figures supra-
humaines pour faire place aux faits quotidiens et réels.

identifions ensuite les Ecoles Nationales qui vont influencer toute l’Europe géographique de l’Espagne à la
Norvège et en Russie.
2Grieg, Peer Gynt, le matin : air connu
2Dvorak, Symphonie du Nouveau Monde, 3ème mvt : air connu

XXème siècle : La diversité

La musique est cosmopolite en ce sens qu’elle est éclatée sur tous les continents et qu’il n’y a plus une
tendance propre pour une région ou un pays. Chaque compositeur possède son style propre en usant de
courants musicaux qui définissent une esthétique chaque fois renouvelée et en faisant évoluer les timbres et
les sonorités que l’on retrouve ça et là tels que : La polytonalité - L’atonalité - Le sérialisme

On abandonne les règles strictes de la culture et on joue beaucoup avec les modes : Les gammes par tons -
L’amodalité - D’autres gammes définies par les compositeurs eux-mêmes - Le folklore sert d’inspiration à
toutes les transformations.

On trouve donc de tout un peu partout : innovation rythmique – retours aux modes anciens et formes
anciennes – utilisation du folklore – incursions de musique extra-européenne – déstructuration tonale (a-, bi-,
poly-) – usage de chromatisme, de dissonance, de micro-intervalles et de sérialisme – recherches sonores sur
le timbre.

En France
Debussy crée le courant impressionniste avec une musique exempte de hiérarchie tonale (I, V, III, VII, IV, II, VI)
Ravel propose une musique plus franche, moins enrobée, accords de combinaisons et pentatonisme
Le Groupe des Six s’oppose à ce courant ; on le dénomme néoclassique
Satie propose une musique inclassable dans les catégories existantes
Messiaen réagit au néoclassique par des recherches nouvelles ; il imite les oiseaux et propose des modes à
transposition limitée
2Debussy, Prélude à l’après-midi d’un faune : variations d’un air par modifications tonales
2Ravel, Le petit poucet : orchestration d’une œuvre pour piano 4 main
2Poulenc, Litanie à la Vierge Noire : chœur et orgue
2Messiaen, 4or pour la fin du temps, liturgie de cristal : pour p., clar, viol, vlcl, en 8 mvts au lieu de 4

En Russie
Stravinsky propose des innovations rythmiques et de la polyrythmie, de la polytonalité et des incursions de
jazz ainsi que du sérialisme
Prokofiev est occidentalisé, propose des formes plus classiques mais aussi des innovations polytonales
Chostakovitch reste sous l’emprise du Soviet Suprême ; c’est un mélange de Van Beethoven et de mus. Russe
2Stravinsky, Le sacre du printemps, début : assez abrupte et dénommé « le massacre des tympans »
2Prokofiev, 1er Cto pour piano, 1er mvt : assez technique et véloce
2Chostakovitch, 1er Cto pour viol, 4ème mvt :

Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 25 / 30


En Autriche
On dénomme la seconde école viennoise : Schoenberg, Berg et Webern se distinguent en utilisant le
dodécaphonisme 40 et le sérialisme 41 .

L’avantage du dodécaphonisme est qu’il inhibe les prédominances de certains degrés (ton et dominate) ;
sans hiérarchie, toutes les relations s’équivalent
Le sérialisme propose de ne prendre qu’une partie de ces douze sons, tout aussi aléatoirement et de jouer
avec la construction donnée : la série

Sérialisme

= récurrence

= récurrence du renversement

Ces formes peuvent se reproduire dans toutes les tonalités ce qui engendre un référentiel de
4 possibilités x 12 degrés de transposition = 48 variantes pour une série dodécaphonique.

2Schoenberg 42 , Pierrot Lunaire, colombine : série et sprechgesang 43

En Europe de l’Est
Bartok enregistre les airs populaires et folkloriques pour en imprégner son écriture dans ses pièces et
concertos
Janacek, comme Bartok, utilise des mélodies populaires et aussi des gammes par tons dans ses operas.

2Bartok, Cto pour orchestre, 4ème mvt : chaque instrument sera soliste
2Janacek, sinfonieta, 1er mvt : musicalité âpre.

Dans la seconde moitié du XXème, quelques grands courants vont se chevaucher :


Le multisérialisme : qui utilise tous les paramètres musicaux 44
L’électroacoustique : allie les sons concrets 45 et l’électronique 46
La musique aléatoire : le compositeur laisse une part au hasard telle que le jeu de piste ou l’intervention d’un
élément externe (public)
La musique stochastique : entièrement régie par des lois statistiques et les altérations du timbre.

40
Les 12 sons chromatiques de la gamme sont utilisées dans un ordre aléatoire mais cet ensemble est repris toujours dans le même
ordre parfois en variant les rythmes.
41
La série n’est plus forcément de 12 sons mais les possibilités d’agencement restent les mêmes.
42
Il disait : « il a bien fallu que quelqu’un se dévoue »
43
Façon de parler en chantonnant
44
Attaque, durée, intensité et timbre. Ces paramètres sont différents des paramètres du son : hauteur, durée, intensité, timbre (voir
glossaire).
45
Issus d’un matériel concret et tangible
46
Manipulation par ordinateur
Histoire de la musique occidentale B. Dubois HEH 2007 -2008 page 26 / 30
En fin de siècle on va aussi tenter un retour à plus de pureté : travail de la voix, abandon du dodécaphonisme
pour plus de musicalité mais surtout le compositeur devient aussi technicien, ingénieur
Les compositeurs les plus cités sont ceux issus de l’influence de la seconde école viennoise tels que :
Lesur, Jolivet, Messiaen
puis Ligeti, Xenakis, Bério, Boulez et Stockhausen,
Schaeffer, Cage, Penderecki, Lutolawski, Takemitsu et Rautavaara.

2Pierre Henry, variations pour une porte et un soupir


2Rautavaara, angels & visitation : jeu de sonorités

Un jeu de piste ?

On introduit des données dans l’ordinateur

Il les traduit par l’utilisation de microprocesseurs et de logiciels de calcul pour en retirer une matrice sonore
équivalente à ceci

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CHAPITRE 5 : Pour se surprendre et se faire plaisir

1. Allegri, Miserere : interdite de publication par le Vatican par esprit protectionniste, elle sera recopie
« à l’oreille » par Mozart. Très calme et musicalement très consensuel
2. Bach, suite en ré, badinerie : joli thème à la flûte, très connu
3. Balakirev, Islamey : une des pièces les plus difficiles du répertoire pour piano
4. Berlioz, la Damnation de Faust, marche hongroise (marche de Rakovski) : thème connu de la Grande
Vadrouille
5. Berlioz, la Damnation de Faust, une puce gentille : baryton et chœur, texte très compréhensible
identique à la Marche de Rakovski de Liszt
6. Berlioz, la symphonie fantastique, un bal : une valse connue avec reprise de l’idée fixe
7. Bizet, Carmen, 3ème acte, Habanera, l’oiseau rebelle : l’air le plus connu
8. Bizet, Jeux d’enfants, la toupie : deux lancers successifs très bien évoqués à 4 mains
9. Borodine, Dans les steppes de l’Asie centrale : poème symphonique ou deux thèmes (russe et
oriental) se rencontrent et se superposen,
10. Brahms, Cto pour violon, 3ème mvt : un air connu
11. Chopin, opus 10, n°3, Emaj, tristesse : thème repris en variété française par Gainbourg
12. Chopin, opus 24, valse minute, connu, représentatif de sa technique
13. Chopin, opus 53, polonaise héroïque, connu avec main gauche en octave véloce
14. Corelli, Variations sur la Folia : violon et Bsse Cont au clavecin qui reste inchangée tout au long du
morceau quelle que soit la variation exécutée par le violon. La folia est un air populaire espagnol
15. Debussy, Syrinx : Pièce pour flûte seule avec la gamme par tons
16. Dufay, messe de St Antoine de Padoue, Kyrie : à comparer avec Machaut messe, Kyrie ; 1 siècle
d’évolution
17. Dvorak, Symphonie du Nouveau Monde, 3ème mvt : air connu
18. Fauré, Requiem, sanctus : air connu
19. Franck, Symphonie, en D-, 3ème mvt : thème reconnaissable
20. Franck, Panis Angelicus : souvent repris en office religieux
21. Franck, Prélude,fugue et variat° ; « Prélude » : solo pour orgue, thème connu en 9/8 particulier
22. Franck, Ce qu’on entend sur la montagne : à comparer avec la version du Liszt qui porte le même
titre
23. Gabrieli A, Martin menoy son pourceau : les variations au clavecin sont véloces – chanson de
Janequin
24. Gossec, le tambourin : 1m30 d’un thème qui pourrait être un générique
25. Gounod, Faust, air des bijoux : air connu par sa citation dans Tintin et les bijoux de la Castafiore
26. Grieg, Peer Gynt, le matin : air connu
27. Haendel, suite en ré, Sarabande : thème connu
28. Haendel, le Messie, alleluia ; hyper connu, chœurs hô, fê, enftd et orch baroque avec timbales
29. Haydn, Cto pr trmpt et orch, en Eb, 3ème mvt : air connu
30. Honegger, cantate de Noël : citation de plusieurs airs superposés (un choral, Divin enfant, comptine
allemande, Douce nuit)
31. Honegger, pacific 2 3 1 : représente la machine (ici le train) ; 2 3 1 est la symbolique du rapport de
durée entre les notes.
32. Janequin, Martin menoy son pourceau : chanson à 4 vx - reprise au clavecin par A. Gabrieli
33. Liszt, 1er concerto, 3ème mvt : rapide, dit le cto pour triangle tant sa présence est accrue

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34. Liszt, Marche de Rakovski, très compréhensible identique à la puce gentille de Gounod, Faust
35. Liszt, Ce qu’on entend sur la montagne : à comparer avec la version du Franck qui porte le même
titre
36. Liszt, Marche de Rakovski, très compréhensible identique à la puce gentille de Gounod, Faust
37. Lully, Phaëton, fin, la mort du fils de Jupiter : texte très compréhensible
38. Machaut messe, Kyrie à comparer avec Dufay, messe de St Antoine de Padoue, Kyrie : 1 siècle
d’évolution
39. Machaut, Rose, lys, printems, verdure : forme rondo, précurseur de la forme actuelle des chansons
40. Mahler, 1ère symphonie, Titan, 3ème mvt : frère Jaques en mode mineur
41. Massenet, Méditation de Thaïs : une très jolie mélodie romantique, air connu
42. Monteverdi, Orfeo, 5ème acte : Orphée, fils d’Apollon est emmené au ciel par ce dernier afin de
contempler Eurydice, une nouvelle constellation : présence de l’écho cô Lassus – le premier opéra
43. Mozart, sonate en A, Kv 331, 3ème mvt, allegreto: A la turque
44. Mozart, Vêpres solennelles, Kv 339, Laudate Dominum : très joli choeur
45. Mozart, Ave Verum Corpus kv 618: un motet remarquablement joli
46. Mozart, Requiem, Kv 626, Lacrimosa : pièce dont l’orchestration est terminée par Süssmayer, son
élève
47. Offenbach, 3ème conte d’Hoffmann, Barcarolle : un tube en valse « viennoise »
48. Rachmaninov, La divine liturgie de St Jean Crisostome : crescendo par ajout de voix, très relaxant et
spirituel
49. Ravel, Concerto pour la main gauche, 3ème mvt : écrit pour Paul Wittgenstein, un pianiste blessé à la
guerre. A l’entendre, on n’est surpris de s’imaginer que le clavier est parcouru par une seule main. Ils
sont 4 autres compositeurs à avoir écrit pour lui : Benjamin Britten, Richard Strauss, Sergeï Prokofiev,
Paul Hindemith
50. Ravel, le chat et la chatte : miaulement doublé par violon + bois + cuivres
51. Ravel, le boléro : la même phrase musicale reprise chaque fois par des instruments différents au 1er
plan sonore
52. Rebel, les élémens, le cahos :
1. Un ensemble basse continue [clavecin, violes] et 2fl bec baroque à la 3ce
2. Un ensemble de violons très classiques
3. Usage de dissonances très prononcées, très avant-gardiste
4. Usage de percussions, ici des timbales
53. Rossini, le duo des chats : deux alti grimacent les inflexions vocales (miaw) des chats en réponses
54. Schmelzer : sonate à 7 flûtes (+orgue ) : toutes les flûtes utilisées à l’époque baroque
55. Schumann, scènes d’enfants, rêveries : mélodie relaxante au piano très connue
56. St Saëns, Carnaval des animaux, finale : extrait souvent pris en exemple
57. Tartini, sonate en G- « Trille du diable » 3ème et 4ème mvt : viol, bss cont violcl, clvc : un trille en
même temps qu’un jeu double.
58. Tchaïkovsky, Cto pour piano en Bb : connu comme imposé au Concours Reine Elisabeth
59. Van Beethoven, sonate au clair de lune : la plus connue, poète imagine la lune sur le lac des 4
cantons
60. Van Beethoven, sonate fur Elise : est en fait une bagatelle
61. Van Beethoven, Cto pour viol : une référence pour concours qui commence par un solo de timbales
62. Verdi, Nabucco, chœur des esclaves, Va Pensiero : le tube de cet opéra
63. Vivaldi, Concerto pour mandolines : sonorité particulière de l’instrument en ensemble
64. Vivaldi, Gloria, RV 589 : l’autre « tube » d’Antonio depuis le 19ème siècle.
65. Vivaldi, Quatre saisons, l’été, 3ème mvt, largo : musique utilisée en relaxation
66. Von Weber, Cto en F-, 3ème mvt : air connu, référence des clarinettistes

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