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LE NATURALISME

ZOLA ÉMILE (1840-1902)

« Nous autres romanciers, nous sommes les juges d'instruction 


           des hommes et de leurs passions. »
LE NATURALISME, QU’EST-CE QUE
C’EST?

 Le Naturalisme est une certaine opposition au


Romantisme. Le Naturalisme comprend des
éléments de Réalisme qui représentent le plus
possible la réalité du monde extérieur additionnés à
des outils scientifiques. En effet, ce sont des
descriptions scientifiques des réalités humaines de
la société de l'époque qui ressortent des œuvres.
Les auteurs montrent la société comme elle est: on
délaisse les personnages importants pour
s'intéresser, aux ouvriers, aux travailleurs moyens,
aux gens moyens de la rue, de la ville.
COMMENT DÉFINIR LE NATURALISME?
  Zola fait remonter le Naturalisme à Diderot. D’un côté le déisme
sentimental de Rousseau dans la lignée duquel on trouve  Le
 Zola fait remonter le Naturalisme à Diderot. D’un côté le déisme
sentimental de Rousseau dans la lignée duquel on trouve
Chateaubriand, Lamartine, Hugo, George Sand / de l’autre le
scientisme de Diderot dans la lignée duquel on compte Stendhal,
Balzac, les Goncourt. Il confirma ainsi sa filiation et cherche avant
tout à se démarquer des romantiques ; face à l’idéalisme romantique,
il veut affirmer le réalisme scientifique.

 Naturalisme est donc pensé par Zola comme un aboutissement, le


fruit d’une évolution naturelle. Parce que la littérature s’adapte à son
époque et est le fruit de son époque, le Naturalisme est selon Zola le
fruit naturel de l’état nouveau de la civilisation. 
Plus qu’une école, c’est une méthode.
 En utilisant le naturalisme, Zola explore tous les milieux sociaux, dévoile la misère
humaine, et joue avec l’influence de l’hérédité. Il a pour but de tout montrer : bourgeois,
ouvriers, provinciaux, prostituées, et alcooliques. Cette réalité est fondée sur un travail
de documentation minutieuse. En effet pour préparer chacun de ses romans, Zola
accumule les repérages sur le terrain afin de rendre une reproduction exacte et sincère
de la ville de Paris et de la vie quotidienne.


Ainsi, dans « La bête humaine », il raconte l’histoire de Lantier, un mécanicien sur la
ligne de train Le Havre-Paris, qui à l’approche d’une femme séduisante, souffre de
pulsions sexuelles et meurtrières. Zola y décrit les désirs et les besoins vitaux d’un
homme et nous montre que ses traits de caractères sont dus à l’hérédité. Zola y fait une
parfaite description de La gare Saint Lazare et de ses environs
Dans « Une page d'amour », il relate l'histoire d'Hélène, une jeune femme vivant seule
avec sa fille Jeanne, qui lui voue un amour tyrannique, elle tombera follement amoureuse
du docteur Deberle, homme marié et père de famille. Cet amour sera interprété par sa
fille comme une véritable trahison. Hélène sera donc déchirée entre sa passion pour sa
fille et celle pour son amant. Il y étudie les comportements d’une femme honnête, la
passion, les états d’âme et la fatalité du poids de l’hérédité. Dans ce roman, Zola donne
à voir cinq grandes descriptions de la ville de Paris qui change d’aspect en fonction de
l’humeur du personnage qui la contemple.
Dans « La Curée » il décritle dépeçage de Paris par les spéculateurs qui accumulent
rapidement une grande fortune en achetant à bas prix des immeubles entiers qui seront
ensuite rachetés à prix d'or par la ville. Les personnages s’imposent comme les parfaits
reflets des préoccupations matérialistes d'une époque décadente. « Alors dans le
sommeil fiévreux de Paris, et mieux encore que dans sa quête haletante du grand jour,
on sentait le détraquement cérébral, le cauchemar doré et voluptueux d’une ville folle de
son or et de sa chair. » (l.22-27) 
LA THÉORIE DU NATURALISME

 Les théories de M. Zola n'avaient rien de nouveau, que d'être des théories, de
coordonner en système quelques idées répandues dans l'atmosphère
contemporaine, et qui avaient déjà trouvé. pour la plupart, leur expression
définitive. A l'époque où M. Zola commença d'écrire, la science, dans toutes
les choses de l'esprit, imposait une méthode stricte, fondée sur la seule étude
des phénomènes, qui, en nous comme autour de nous, se déterminent les
uns les autres. Selon M. Zola, le naturalisme se lie étroitement à l'évolution
scientifique de notre temps, ou plutôt il en est une forme particulière. La
science, écartant les hypothèses d'agents occultes, de forces abstraites,
d'entités autonomes, ne voit dans la nature que des phénomènes de
mouvement et dans l'homme que des phénomènes de conscience, soumis,
comme tous les autres, au déterminisme universel. Si donc notre activité
intellectuelle et sentimentale est régie par des lois fixes aussi bien que notre
activité corporelle, l'écrivain, le romancier notamment, doit «opérer sur les
caractères, sur les passions, sur les faits humains et sociaux, comme le
physiologiste sur les corps». Le roman naturaliste n'étudie plus un homme
abstrait, un homme métaphysique, mais l'homme naturel, soumis aux lois
physico-chimiques et déterminé par les influences du milieu. Pour le définir,
M. Zola ne trouve rien de mieux que de s'approprier un livre qui fait autorité
parmi les savants, l'Introduction à l'étude de la médecine expérimentale: il lui
suffit, le plus souvent, de citer Claude Bernard, en remplaçant le mot
«médecin» par le mot «romancier».
 Dès la préface de Thérèse Raquin, il déclare étudier, non des caractères,
mais des tempéraments. En faisant le plan général des Rougon-
Macquart, il donne une névrose pour point de départ à son œuvre, et, de
la sorte, il diminue autant que possible les forces de l'intelligence et de la
volonté qui pourraient faire échec aux influences fatales de la chair et du
sang. «Les naturalistes, a-t-il écrit, remplacent l'homme métaphysique par
l'homme physiologique.» 
 Accordons-lui que l'homme n'est pas une sorte de mécanisme purement
spirituel, et qu'il y a entre les sentiments et les humeurs, entre les idées et
la complexion physique, des relations trop étroites pour qu'on puisse, sans
en tenir compte, nous donner une image véritable de la vie. «Qui dit
psychologue, déclare-t-il, dit traître à la vérité.» Rien de plus juste si, par
psychologue, nous entendons le romancier qui, se contentant d'étudier les
fonctions intellectuelles et morales, nous représente, au lieu de
personnages vivants, je ne sais quelles entités scolastiques.
 Si la psychologie ne doit pas évincer la physiologie, s'il n'y a pas, sans
physiologie, de psychologie vraiment solide, nous préférons néanmoins au
romancier purement physiologiste ce psychologue même que M. Zola, non
sans raison, accuse de trahir la vérité. L'auteur des Rougon-Macquart a
mis en scène des figures saisissantes, dans la peinture desquelles se
manifestent la vigueur et l'ampleur de son génie. Ces figures sont presque
toujours celles d'êtres qui se développent, sous l'influence de la même
passion, avec une rectitude fatale, avec une continuité imposante et
morne.
 Le matérialisme de M. Zola nous explique déjà son pessimisme:
réduisant l'homme à des appétits, M. Zola devait forcément
mettre au jour les côtés les plus vils et les plus abjects de la
nature humaine. Ce pessimisme dérive d'un besoin de vérité
auquel nous rendrons tout d'abord hommage. Pour l'auteur
des Rougon-Macquart comme pour Taine, qui fut son maître, la
nature humaine est celle d'un animal féroce et lubrique. Il faut, si
l'on a le souci défaire vrai, pénétrer au delà d'apparences
mensongères, et, sous le vernis d'une civilisation plus ou moins
raffinée, découvrir, soit chez l'homme du peuple, soit chez
l'homme de salon, ce «gorille» primitif que chacun de nous a
dans le sang. Je ne dis pas que M. Zola ait raison. L'homme vrai,
même si nous le supposons foncièrement lubrique et féroce, ne
se réduit pas à ce fonds héréditaire; en l'y réduisant, on nous
peint le vrai gorille. Mais, si M. Zola se trompe, c'est de bonne foi.
On l'a accusé tantôt de se plaire, par dévergondage
d'imagination, dans la crapule et dans l'immondice, tantôt de
spéculer sur le scandale pour vendre ses livres à un grand
nombre d'éditions. Rien de plus injuste.
 M. Zola peut bien être cynique, mais il est chaste. Une
conception pessimiste de la nature humaine lui en fait surtout
apparaître ce qu'elle a de bas et d'ignominieux; une idée plus ou
moins fausse de la vérité artistique l'induit à croire que l'écrivain
doit étaler ces ignominies et ces bassesses. En les mettant sous
nos yeux, M. Zola s'acquitte d'un devoir. Elles lui répugnent aussi
bien qu'à nous; et, du reste, la brutale candeur avec laquelle il les
peint ne pourrait que les rendre odieuses. Si nous trouvons des
ordures dans certains volumes de ses Rougon-Macquart, nous
n'y trouvons en tout cas rien de pervers ou de corrupteur. C'est
bien à tort qu'on le taxerait d'immoralité. Un livre
comme l'Assommoir, avec tout ce qu'il contient de grossier et de
cru, est certes plus moral que tant de romans où nos soi-disant
moralistes, dans un langage fleuri des grâces les plus élégantes,
décrivent avec complaisance les vices raffinés de ce qu'on
appelle le monde.
CONCLUSION

      La littérature naturaliste est une littérature de
synthèse du type balzacien et de l'anti-héros flaubertien
ce qui donne des personnages vidés d'individualité.
      La prépondérance de Zola dans le milieu naturaliste
est indiscutable et le débat se catalysera d'ailleurs
essentiellement autour de lui. L'école naturaliste est le
plus souvent appelé e école de Médan du nom de la
maison appartenant à Zola où les écrivains naturalistes
comme Huysmans et Maupassant avaient l'habitude de
se réunir.
      En dehors de l'œuvre zolienne, le naturalisme a
donné peu d'œuvres majeures.