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Droit foncier
Introduction
Au sens large du terme, le Droit foncier signifie l’analyse, l’étude sur les textes et dispositions juridiques, la doctrine, la jurisprudence, à tout ce qui a un rapport avec l’immeuble, le mode des attributs de la propriété (usus fructus abusus). Parfois sur les droits réels (hypothèque, emphytéose), les charges qui pèsent sur la propriété (la servitude immobilière). Plusieurs branches sont issues du Droit foncier (Droit de construction, urbanisme, aménagement du territoire). Il faut entendre par Droit foncier le Droit qui s’intéresse à la préservation de l’immeuble, les droits qui peuvent être obtenus sur l’immeuble. La procédure d’immatriculation et la procédure d’inscription, c’est un changement de régime, un passage d’un statut à l’autre de l’immeuble. L’immatriculation donne droit à la propriété même avec des actes frauduleux (aucun recours n’est possible). Le régime d’immatriculation a été apporté par la France en 1913, une technique déjà utilisée au Sénégal, au Congo et en Tunisie bien avant son apparition au Maroc pour s’approprier des terrains. Un régime qui n’était pas appliqué dans la métropole. S’était à l’époque une innovation car le régime qui était avant le protectorat était le régime musulman. Le régime apporté par la France était la création d’un Australien qui s’appelle Act TORRENS. Un immeuble immatriculé devient érga omnes, aucun recours n’est possible pour garantir une stabilité à l’immeuble (ex : affaire Houcine). Ce principe s’inspire des principes : 1. L’effet de purge, c'est-à-dire évacuer tout le passif de l’immeuble. Autrement dit, un départ nouveau. 2. La légalité ou force probante : celui qui est inscrit sur le registre est présumé le propriétaire. 3. La publicité absolue de tous les droits réels et de modifications qui peuvent porter sur l’immeuble 4. Le principe de la spécialité : chaque immeuble a un titre, un nom, une identité, etc. qui lui est propre. Elle retrace aussi son historique. 5. Tous les actes qui sont soumis à l’inscription sont contrôlés par le conservateur. 6. La mobilisation de la propriété foncière. C’est un système qui détermine la propriété réellement et juridiquement. Chaque immeuble a un numéro, éventuellement un nom.

Chapitre I : L’immatriculation foncière
Section I : Définition de l’immatriculation, les principes qui régissent l’immatriculation Section II : La procédure d’immatriculation Section III : Les effets de l’immatriculation Section IV : Les droits lésés par l’immatriculation

2 Section I : Définition et caractères de l’immatriculation (avantages) A. La détermination juridique permet de connaitre les propriétaires et ceux du droit réel et servitudes. c'est-à-dire. chaque immeuble a un numéro spécifique et un nom particulier. Quand on arrive à déterminer le statut géographique et juridique d’un immeuble. il peut faire l’objet de vente. Un immeuble qui est en cours d’immatriculation n’est pas immobilisé. Les délimitations de l’immeuble sont précises. Cette procédure est fondée sur une publicité réelle. la prescription ne fait naitre aucun droit réel. Une fois la décision est prise. le propriétaire acquière définitivement le droit réel sur la propriété. Par la suite. tout acquéreur de droit réel sur ce titre foncier est rassuré de son droit au point que tout transfert d’un droit quelconque ne peut produire un effet que par inscription. évacuer. Donc la purge débarrasse l’immeuble de tout son passé juridique sauf pour les cas des titulaires des droits qui se sont manifestés durant la période qui précède l’immatriculation. elle va produire un effet de purge. Donc l’immatriculation commence par une requête accompagnée de pièces justificatives. 2. c'est-à-dire. La décision est décidée par le conservateur. Définition Elle commence par une inscription sur un registre spécial qui est appelé le livre foncier. Avantages       Une fois l’immeuble immatriculé. Donc la purge rend toute revendication impossible (l’action pétitoire). Un immeuble immatriculé pourra faire l’objet d’une hypothèque auprès des organismes financiers. Elle se fait individuellement. On connait la nature juridique de l’immeuble grâce à la procédure de mise en œuvre et la publicité. de Chefaâ. La décision prise a pour effet de reconnaitre le droit de propriété pour le requérant à lui et à ses successeurs légaux (héritiers) ou conventionnels. . La prescription ne joue aucun rôle. etc. L’immeuble est déterminé topographiquement et juridiquement (délimitation très précise). Contrairement aux immeubles non immatriculés régis par le Droit musulman. Définition et les avantages de l’immatriculation 1. effacer tout le passé du régime juridique de l’immeuble c'est-à-dire un passage du régime musulman au régime d’immatriculation. Tous les droits seront perdus. il acquière une certaine stabilité.

. o Par arrêté de l’agence nationale de la conservation foncière du cadastre pris sur proposition de son directeur. o Quand elle est ordonnée par le tribunal compétent au cours d’une procédure de saisie immobilière à l’encontre du saisi (article 8). La procédure est propre à chaque immeuble (elle est individuelle). on va présenter ses caractères. il faut suivre une procédure administrative auprès de la conservation foncière et éventuellement par une phase judiciaire en cas d’opposition (le juge n’intervient qu’en cas d’opposition (litige) et en cas de refus d’immatriculation). o Dans les secteurs soumis au remembrement rural. contigus. On n’oblige pas une personne à immatriculer un immeuble sauf pour les cas où elle est obligatoire. La demande est faite sous forme de réquisition qui est signée par le requérant lui même ou un mandataire. Il y a un titre pour le bien. Les caractères de l’immatriculation Dans le but de creuser d’avantage les bienfaits de l’immatriculation.3 B. l’immatriculation est poursuivie par l’ensemble des immeubles (dahir du 5/7/1962). Le titre peut être une seule parcelle ou plusieurs parcelles qui forment un corps propre. même s’il est contigu à un domaine publics. o Plusieurs propriétaires peuvent provoquer l’immatriculation s’ils sont voisins mitoyens. il faut immatriculer l’immeuble. Section II : La procédure d’immatriculation Pour bénéficier des avantages du livre foncier. on ne peut faire marche arrière (lorsque le dossier est déposé au niveau de la conservation foncière). o Peut également recourir l’immatriculation. La réquisition d’immatriculation Quelles sont les personnes qui peuvent déposer une réquisition d’immatriculation ? Elle ne peut être déposée que par ceux désignés ci-après :    Le propriétaire. Les cas où l’immatriculation est obligatoire : o D’après l’article 7 du nouveau texte sur l’immatriculation ou des lois spécifiques (texte sur le remembrement agraire). Lorsque l’immatriculation est engagée. Les bénéficiaires du droit réel énumérés ci-après : o Usufruit. A. le créancier non payé à l’échéance qui en vertu d’une décision judiciaire obtenue contre son débiteur entreprend une saisie immobilière (article 11). Parmi les caractères essentiels :        L’immatriculation est facultative. Pour cela. Le copropriétaire sous réserve du droit de Chefaâ lorsque ceux-ci se trouvent dans des conditions requises pour exercer ce droit de préemption (privilège). Chaque immeuble donne lieu à l’établissement d’un titre qui lui est propre.

A côté de la réquisition. C’est un droit réel. l’houa et surélévation. elle devrait être accompagnée des originaux et des copies conformes qui justifient la propriété du bien. on peut citer l’affichage de cet avis dans les placards qui sont disponibles dans les locaux de la conservation foncière. Dans le cas contraire. si les détenteurs de ces droits ne se manifestent pas. Une déclaration de la propriété intégrale ou partielle du bien. L’acquéreur devrait signaler ses droits. L’immeuble en cours d’immatriculation peut faire l’objet de chefaâ. Au cas où le propriétaire ne cite pas les droits réels. ils devront être publiés. o Le droit de zina. La description de l’immeuble avec détail (terrain nu. héritage…). L’adresse ou le lieu où va être réquisitionné le bien. bâti. Le régime matrimonial (civil. Les représentants légaux d’incapables ou de mineurs peuvent déposer une demande d’immatriculation au nom de leurs tutelles. Estimation de la valeur vénale de l’immeuble le jour de l’immatriculation (pour le calcul des droits d’immatriculation). Le bien en immatriculation peut être cédé en totalité ou partiellement.4 o La superficie.    Au niveau de la forme. Les créanciers qui bénéficient d’un jugement ou décision judiciaire qui ordonne l’immatriculation. Le conservateur doit porter à la connaissance du public par les moyens disponibles. Si la réquisition est écrite par une langue autre que l’arabe ou autre langue non maitrisée par les services administratifs. Comme moyens disponibles. la réquisition doit contenir certaines indications qui sont édictées par la loi :            Nom. prénom. . La réquisition déposée à la conservation foncière doit faire l’objet d’une publication :   Dans le bulletin officiel dans les 10 jours de la réception de la réquisition. Citer les droits réels et les titulaires de ces droits s’ils existent. ils peuvent subir une purge. régime de la séparation des biens). une traduction est exigée. La servitude est une charge qui pèse sur un immeuble pour servir un autre. les riverains…). La référence de la carte d’identité nationale ou autres documents qui peuvent jouer le même rôle. o Emphytéose. Citer les noms des titulaires. habous… Le bénéficiaire de servitudes foncières avec le consentement du propriétaire. état civil. religieux. L’origine de la propriété (d’où vient la propriété ? achat. dhom ou safqua. Si le propriétaire ne sait pas signer. le conservateur devra le signaler.

L’ingénieur topographe doit faire une enquête auprès des requérants. Toute dépendance du domaine publique. Il doit tenir compte des remarques et observations des opposants. 2. . Les riverains (voisins) qui sont indiqués dans la réquisition pour d’éventuelles oppositions.5  Le conservateur doit aviser dans au moins 20 jours avant le bornage le 1ier président du tribunal de 1ière instance. Les incidents s’il y en a. il s’agit d’une personne qui prétend avoir un droit sur l’immeuble objet de la réquisition. Le bornage est effectué à l’heure et à la date fixée par le conservateur. Les intervenants et titulaires des droits réels et charges foncières. Cela ne vise pas à empêcher l’immatriculation. Les oppositions Elle signifie une constatation de la réquisition formulée par une personne autre qui a déposé la réquisition d’immatriculation. On doit convoquer le jour du bornage. Consigner dans le procès verbal tout ce qui a été cité. Il doit dresser un procès verbal à la fin du bornage qui doit contenir :             L’heure et la date de l’opération. Elle peut avoir pour objet 3 raisons : a. Elle peut prendre plusieurs formes. Ils sont obligés de les afficher dans leurs placards. il doit le signaler dans le procès verbal. Noms et prénoms des assistants et leur qualité. Décrire la position exacte. les opposants et les titulaires des droits réels. Signer le procès verbal par le topographe. Le bornage C’est au conservateur qui doit désigner la date du bornage. en tant que riverain. Décrire les documents fournis par les opposants. celui qui a fait la demande. et doit déléguer le bornage à un ingénieur géomètre assermenté du cadastre et qui doit être inscrit à l’ordre des ingénieurs géomètre topographes. Elle peut concerner l’étendue de la propriété (un voisin par exemple). C’est une contestation plus ou moins importante. Elle concerne la propriété elle-même. Décrire avec détail tout ce qui existe. Les particularités de l’immeuble. le représentant de l’autorité locale (Caïd) et le président du conseil communal. Si le topographe s’absente ou annule le bornage. comme elle peut s’attaquer aux droits réels démembrés de la propriété. les riverains. S’il y a des arrangements. 1. la partialité de l’immeuble. La contestation portant sur l’existence du droit de propriété du requérant ou sur les limites de l’immeuble. la convocation doit être personnelle :    Le requérant.

doit effectuer à la conservation foncière le dépôt des pièces requises pour l’inscription. Début du bornage Bornage Fin du bornage 4 mois 2 mois Les oppositions Publication de l’avis de clôture du bornage Après l’expiration de ce délai (2 mois). le président du tribunal de 1ière instance du lieu de la situation de l’immeuble. Le nom de la propriété si elle en a. L’ingénieur doit l’inscrire dans le procès verbal. La loi oblige à faire l’avis du bornage dans un délai de 4 mois. 3. L’opposition doit être accompagnée par toute pièce justificative qui justifie les prétentions de l’acquisition dans les délais prévus. La contestation d’un droit publique conformément à l’article 85 du dahir de 1913. il parle de la prénotation par le conservateur. domicile et état civil de l’opposant. les opposants ont un délai de 2 mois pour faire encore des oppositions. c. sinon l’opposition sera considérée nulle et non avenu. Le numéro de la réquisition. Prétention sur l’exercice du droit réel qui est susceptible d’être inscrit sur l’immeuble (antichrèse). Les oppositions sont faites par voie orale ou écrite :   Dès la première inscription. Le jour du bornage. Il faut produire des raisons sérieuses qui ont empêché de faire les oppositions dans les délais. La nature des droits et l’étendue contestée. L’opposition (écrite) doit contenir :     Le nom. car c’est lui qui engage sa responsabilité. C’est à la responsabilité du conservateur de vérifier l’exactitude des informations. Ici. le bénéficiaire pour avoir rang et rendre le dit droit opposable aux tiers. Après l’avis du bornage. Cette procédure est obligatoire pour que le droit soit inscrit le jour de l’immatriculation et que l’opposition soit opposable aux tiers.6 b. Les oppositions doivent être faites dans le délai de 2 mois qui commence à courir à partir de la publicité au bulletin officiel de l’avis de clôture du bornage. Les délais Ils commencent à partir de la 1ière publication. aucune opposition n’est acceptée à l’exception :   Il ne faut pas que le dossier soit transmis au tribunal. . Le dépôt est inscrit au registre des oppositions.

Enfin. le conservateur doit procéder au rejet de l’immatriculation et l’opposant peut éventuellement déposer une nouvelle réquisition. Lorsque le juge estime que l’affaire est en état d’être jugée. Il peut même s’il le désire faire une enquête. de la consistance et du droit prétendu par l’opposant. vexatoire ou de mauvaise foi. il fait avertir les pa rties 8 jours à l’avance du jour de l’audience à compter du jour de la réception de la convocation. B. sur sa nature. le président du tribunal désigne dès la réception du dossier un juge rapporteur. peuvent demander des dommages et intérêt. La phase judiciaire de l’immatriculation Le juge intervient dans deux cas précis. Le jour des débats.7 Enfin. 1. Le conservateur est le seul à décider sur l’immatriculation. au niveau d’opposition. D’une part. Le conservateur doit la radier et procéder à l’immatriculation s’il n’y a pas d’autres oppositions. le juge rapporteur expose l’affaire et indique les questions à résoudre sans donner son avis. l’opposition est déclarée mal fondée par le juge. Il peut même être assisté par un ingénieur géomètre topographe assermenté du cadastre (article 34). au niveau du rejet de l’immatriculation. D’ailleurs l’opposition est considérée nulle et non avenu si l’opposant ne produit pas les documents qui justifient son opposition. Le tribunal ne discute pas la réquisition en elle même car c’est le conservateur qui décide (le seul compétent) sur le sort de la réquisition. D’autre part. . Quand l’opposition atterrit au tribunal. La décision du conservateur foncier refusant n’est pas susceptible d’aucun recours judiciaire (Article 29). Le juge rapporteur peut se déplacer sur les lieux de l’immeuble et vérifier la situation sur les terrains. le conservateur a le pouvoir de concilier les parties et dresser un procès verbal qui doit être signé par les parties. Le conservateur doit remettre la réquisition avec les pièces justificatives au tribunal. si l’opposition est reconnue par le tribunal comme étant abusive. L’intervention du juge au niveau de l’opposition Le tribunal va statuer sur l’existence. du lieu où se trouve l’immeuble dans les 3 mois qui peuvent suivre le délai prévu pour les oppositions. c’est le juge qui est compétent. Ce juge peut déléguer cette fonction à un autre juge si le président est d’accord. Le tout sauf préjudice des droits des parties qui sont lésés. Si l’opposition est reconnue bien fondée par le tribunal. Au cas contraire. Sa décision n’est passible d’aucun recours. le conservateur ne peut pas décider sur l’opposition. le juge peut prononcer une amande au profit de l’Agence Nationale de la Conservation Foncière dont le montant ne peut être inferieur à la valeur de l’immeuble.

Sa décision doit être motivée et notifiée au requérant de l’immatriculation. la décision de la cour d’appel qui déclare l’appel non recevable en se fondant sur les dispositions de l’article 142 du Code de procédure civile et en considérant que la requête d’appel ne fait pas mention du nom des opposants. soit le requérant donne son acquiescement. on peut le faire en recourant à la force publique à ses frais après une mise en demeure. il ressort qu’il fait mention dans ces faits des noms des opposants. 2. invite les parties à retirer leurs pièces. exige et qu’elles sont contenues dans la requête d’appel. et ne fait l’objet d’aucun recours. Le jugement prononcé indique les limites et la superficie des parties reconnues au profit des opposants et en cas d’indivision. il est possible de trouver une conciliation même en cours d’instance. dossier n° 98745/81. Si le rejet est partiel. le bornage est rectifié en prenant en considération la décision du rejet. En revanche. le tribunal de fond n’aurait pas violé les dispositions de l’article 1 et 15 du CPC en rendant son jugement à son encontre. Elle est susceptible de recours devant le tribunal de 1ière instance qui statue à charge d’appel avec une possibilité de recours en cassation (article 37 bis). Dès que le conflit concerne une opposition contre une réquisition d’immatriculation foncière.] Constitue une altération des faits et expose son arrêt à la cassation. quand aucune pièce n’est produite au dossier prouvant le décès de l’opposant. Alors qu’on se référant à la requête d’appel présentée par la requérante demandant l’immatriculation. [Arrêt n° 401 du 05 Février 2003.P. il n’y a pas lieu de s’attacher aux mentions relatives à l’identité des parties au conflit que l’article 142 du C.C. dossier n° 2550/2001] Décès du requérant opposant dans le cas d’espèce doit être justifié. Soit l’opposant fait main levée. Toutefois. S’il ne le fait pas. Le juge doit constater l’acquiescement ou la main levée et renvoyer le dossier au conservateur. la décision du conservateur immatriculant l’immeuble n’est pas motivée.8 Le tribunal statue sur l’affaire et renvoi les parties pour qu’il soit fait état de sa décision devant le conservateur qui est le seul compétent pour admettre ou rejeter le tout ou en partie la réquisition de l’immatriculation. [Arrêt n° 827 du 03 Avril 1985. Le rejet de l’immatriculation Au niveau du rejet. la part qui revient à chacun (indivisaires) (article 37). Le rejet de la réquisition entraine l’annulation du bornage et le requérant doit faire disparaitre les traces. . en cas de rejet. Le conservateur. le conservateur peut rejeter soit partiellement soit totalement la demande d’immatriculation.

oncle et tuteur des enfants de son frère défunt. celui qui n’a pas intervenu pour établir son droit sur la construction ne peut revendiquer ce droit une fois le titre établit. L’article 62 édicte aussi « Le titre de propriété est définitif et inattaquable . Le domaine publique : ces domaines ne peuvent être atteints par l’immatriculation même s’ils on été purgés. . sans qu’il puisse y être ultérieurement soustrait…immatriculer l’immeuble en lui donnant un titre foncier qui annule et purge tous les droits antérieurs qui n’y seraient pas mentionnés. Toutefois.9 Section III : Les effets de l’immatriculation A. Le titre foncier est inattaquable L’article 1 du Dahir de 1913 dispose que « l’immatriculation a pour objet de placer l’immeuble qui y a été soumis sous le régime de la présente loi. même si des actions appartiennent à des incapables. B. 3. 1950 droits successoraux. Inversement des droits retenu par le conservateur et qui restent sans portée juridique : 1. Ils se caractérisent par l’inaliénabilité et imprescriptibles. En effet. L’oncle avait immatriculé l’ensemble de la propriété en son nom. Et le titre établit en son nom constitue un titre juridique nouveau. peuvent survivre et être au profit du requérant. l’effet inattaquable concerne le sol et tout ce qui est édifié et planté. à l'exclusion de tous autres droits non inscrits. Les droits privatifs d’eau ne peuvent être reconnus que par une décision administrative. L’effet de purge se réalise pour les droits et les actions en revendication. Elle annule tout titre et purge tout droit antérieur qui n’y serait pas mentionné. Il s’agissait de l’arrêt Houcine. Il fait table rase du passé si celui-ci n’est pas tenu par le conservateur. et qui se suffit à lui même [cas de purge. Le caractère définitif et inattaquable ne peut concerner les droits privatifs d’eau qui ont été compris dans une décision d’immatriculation. L’effet de purge L’immatriculation de l’immeuble entraine une purge juridique. ». les constructions et les plantations. Les immeubles Habous : qui sont régis par le Dahir du 07/07/1914. » Le caractère définitif concerne : [Arrêt de la cour d’appel de Rabat du 2 Mars 1935] L’immatriculation foncière concerne les terrains. 2. Il en résulte qu’on devient propriétaire que par l’immatriculation et non par ce qu’on était acquéreur ou héritier. Il en résulte donc que la décision d’immatriculation rend le requérant propriétaire même s’il n’avait aucun droit réel sur l’immeuble. certains droits réels. Autrement dit. il forme le point de départ unique des droits réels et des charges foncières existant sur l'immeuble au moment de l'immatriculation. bien que non retenus par le conservateur dans sa décision. L’immatriculation d’un bien qui au profit d’un tiers requérant ne peut être reconnu que par l’administration des Habous.

L’action contre le conservateur peut se faire soit sur la base d’une faute personnelle. alors que l’acheteur ne s’est pas manifesté lors de l’opposition. aucune action réelle n’est possible. l’article 64 al. « On peut répéter ce qui a été payé pour une cause future qui ne s'est pas réalisée. Dans le cas du dol. Autrement dit. Il faut prouver que son droit n’a pas disparu que parce qu’il y a eu immatriculation de l’immeuble. 2. 3 « les indemnités sont payés sur le fonds d’assurances ».O. En cas d’insolvabilité. Le droit d’être remboursé par le prix d’achat : Il concerne le prix d’achat de l’immeuble dont l’acquisition d’un terrain objet d’immatriculation. exercer une action personnelle en dommages et intérêts contre l’auteur du dol… ». . ou pour une cause déjà existante. 1. La cour a décidé la résolution de la vente et a condamné le vendeur à rembourser le prix et à des dommages et intérêts pour le motif qu’il a vendu le terrain deux fois (sur la base des articles 77 et 78 du D. mais on peut engager une action personnelle pour engager des remboursements (ex : achat d’un immeuble en cours d’immatriculation).C.C. »] [Arrêt du 23 Novembre 1931 de la cour de cassation.   Il faut prouver qu’il y a dol. Le cas du requérant qui a frauduleusement immatriculé l’immeuble en son nom propre [cas de l’arrêt Houcine]. Les intéressés peuvent. Le recours contre le conservateur Toute personne lésée par le mauvais fonctionnement de l’administration qui est chargée de l’immatriculation. mais qui a cessé d'exister. « aucun recours ne peut être exercé sur l’immeuble à raison d’un droit lésé par suite d’une immatriculation.C. soit sur la base d’une faute d’administration. mais seulement en cas de dol.O.)] L’indemnisation est basé sur l’article 64 qui exclu tout recours ou permet d’engager une action personnelle en dommages et intérêt quand il y a dol ou contre le conservateur lui même.10 Section IV : Les droits lésés par l’immatriculation D’après l’article 64. on se réfère aux articles 77 et 78 du D. Il peut s’agir d’une faute de service commise par un agent de l’administration. il peut demander le remboursement et dommages et intérêts s’il a été victime d’une manœuvre frauduleuse (par les dates par exemple) [cour d’appel de Rabat 4 Novembre 1950 a basé sa décision sur l’article 70 du D. Il doit demander le remboursement avec ou sans dommages et intérêts Quand l’acheteur savait que l’immeuble était en cours d’immatriculation.   Il peut s’agir d’une faute de l’administration due à un fonctionnement défectueux.O.

ainsi que tous baux d’immeuble excédant 3 années.O. Les droits réels :  Le droit de propriété  L’usufruit  L’Houbous  L’emphytéose  Les droits de superficie . on peut attaquer le conservateur ou le fonctionnaire en faisant un lien entre le dol et le préjudice subi. qui dispose que « Les agents de l'Etat et des municipalités sont personnellement responsables des dommages causés par leur dol ou par des fautes lourdes dans l'exercice de leurs fonctions. transmettre aux tiers. Les droits inscriptibles Il s’agit des droits inscriptibles sur le titre. les irrégularités et la nullité des inscriptions. le requérant de l’inscription sera passible d’une pénalité égale à 5% du montant des droits exigibles pour le premier mois qui suit la date d’expiration dudit délai. une mesure conservatoire temporaire par le juge ou une radiation régulièrement requise Les certificats ou extrait du livret foncier qui sont signé par le conservateur (les mentions sur l’état civil. reconnaitre.5% desdits droits pour chaque mois de retard. » Donc. et 0. Modifié par le nouveau texte. Le conservateur est responsable des préjudices qui résultent de :  L’omission de l’inscription sur un registre une opération ou une mention. la prénotation. modifier ou éteindre un droit réel immobilier. Toutefois. les inscriptions sur le certificat. la radiation. d’une prénotation.  Chapitre II : Les inscriptions sur le livre foncier Section I : les inscriptions qui son portées sur le titre foncier A. L’article 65 bis fixe le délai de 3 mois pour effectuer les inscriptions visées à l’article 65.C. C’est des nouvelles mesures pour amener les personnes à inscrire ces inscriptions.11  Il peut s’agir d’une faute lourde qui engage la responsabilité du conservateur sur la base de l’article 80 du D. a. toute quittance ou cession d’une somme équivalente à plus d’une année de loyer non échu. les sommes seront payées par le fonds de garanties si le conservateur est insolvable (article 100). Ces inscriptions qui doivent être portées au titre foncier sont prévues par l’article 65 du Dahir de 1913. Il s’agit des conventions volontaires ou judiciaires entre vifs ou à cause de morts et ayant pour objet de constituer. Toutes ces opérations doivent être inscrites sur le titre foncier. Il s’agit des inscriptions qui sont postérieures à l’immatriculation au cours de la vie juridique de l’immeuble. Si l’inscription sur le titre foncier n’est pas requise et les droits de conservation foncière ne sont pas payés dans le délai prévu.

héritage. des pièces produites à l’appui de la réquisition ». tant en la forme qu’au fond. Les commandements à fin d’une saisie immobilière. toutes les décisions judiciaires qui reconnaissent la transmission. e. Les saisies conservatoires. 2. Les prénotations accordées par la voie de justice ou le conservateur. Cette réquisition doit contenir et préciser : 1. La classification d’un site comme monument historique. Parce que la loi elle-même (article 69) précise que la réquisition doit contenir un certain nombre de pièces. f. la reconnaissance d’un droit. L’inscription des mains levées. l. La constitution d’un bien de famille (Dahir du 7 Février 1953). n. sous sa responsabilité. B. L’indication de la nature du droit à inscrire. ainsi que la régularité. C’est une mesure provisoire pour protéger ou immobiliser un immeuble. 4. par le numéro du titre foncier. L’indication de l’état civil du bénéficiaire de l’inscription à opérer. l’identité et la capacité du disposant. d. c. Les conversions en saisie exécutoire. Tout jugement qui est passé en force jugée. de l’immeuble que doit affecter l’inscription.  le permis d’exploitation minière  et la concession minière. g. h. 3. Les hypothèques forcées qui sont reconnues à des débiteurs (textes spéciaux) L’action d’une résolution. Les droits privatifs d’eau.  le permis de recherches minières. . k. donation ou partage). D’autres droits prévus par d’autres textes comme  les droits miniers. Citation de l’état civil détaillé. Les procédures d’inscription L’article 72 du Dahir de 1913 prévoit que « le conservateur de la propriété foncière vérifie. m.12  Les servitudes et charges foncière  Les privilèges  Les droits indivis  Les murs contigus  Les chemins de passage et d’écoulement  Le droit d’abreuvage  Le droit d’usage  Le droit viager  Le droit de Zina  Le droit élévation  L’hypothèque. L’indication du mode d’acquisition et celle de la nature et de la date de l’acte qui le constate (vente. le régime matrimonial b. La désignation. j. i.

En cas de pluralité d’hypothèques.13 5. il est possible d’attaquer en matière d’inscription. Le contenu de l’effet constitutif de l’inscription La base légale de ses effets est donnée par les articles 66 et 67. l’obligation qui pèse sur le vendeur l’oblige. Donc il doit respecter la chaine des ayant droits de succession. sauf si la vente a été soumise à une autorisation (exemple : la vente d’un terrain agricole à un étranger ou à une société anonyme). un droit doit être tenu directement du titulaire de l’inscription précédemment prise. comme le droit de passage par exemple). Il aura la propriété le 1ier qui sera enregistré sur le registre. s’il y a lieu. à procéder à l’inscription de l’acte à la conservation foncière pour opérer le transfert de la propriété. le tout avec indication de l’état civil. Cela signifie que la vente ne doit pas être interdite. et ce dernier a cédé à « C » sans inscription. il aura la priorité celui qui a inscrit le 1 ier son hypothèque et non celui qui a une date antérieur à cette inscription. A. car elle est la seule à établir et à reconnaitre le doit de propriété ou tout droit réel et ce qu’il s’agit des tiers ou des parties. des conditions de résolution. L’acte doit être régulier quant au fond. L’article 66 énonce « tout droit réel relatif à un immeuble immatriculé n’existe. en principe. Pour être inscrit. L’inscription porte le titre de l’immeuble affecté par le droit en cause (exemple : une servitude qui est une charge qui pèse sur un immeuble pour servir un autre. Pour l’identité. Il doit s’assurer de la capacité des personnes qui ont demandé la réquisition. à l’égard des tiers. soient sous seing privé et donc les signatures sont légalisées. Le rôle de l’inscription est très important. L’indication. « C » ne peut pas inscrire son droit avant d’inscrire l’inscription de « B ». La date portée sur le titre va figurer sur le registre. Ainsi si un vendeur « A » a cédé son immeuble à « B ». s’assurer que les actes présenté devant lui sont. C’est ce qu’on appelle l’effet constitutif des inscriptions. Donc. le conservateur doit. un droit réel ne . ou tout acte ou document invoqué à l’appui de la réquisition. Juridiquement. la livraison se fait par l’inscription. Section II : Le principe de l’effet constitutif des inscriptions Ici. en principe. Il y est joint tout jugement ayant acquis la force de la chose jugée. En principe c’est l’acheteur qui a intérêt à inscrire l’immeuble pour assurer son droit sur la propriété. que par le fait et du jour de son inscription sur le titre foncier par le conservateur de la propriété foncière ». en immeuble. les formalités requises et les remises de pièces qui lui sont faites sans aucun blanc ni interligne. Le conservateur tient un registre où sont mentionnés par numéro d’ordre et à mesure qu’elles s’effectuent. des restrictions du droit de disposer ou mention spéciale dont l’inscription est requise en même temps que celle du droit principal. L’inscription doit se faire dans le fond servant en indiquant le fond qui profite de cette servitude. soient authentiques. Or.

mais à l’égard des parties. A ce propos. et l’acquéreur n’est propriétaire qu’à partir de cet instant. [Notons qu’il faut s’informer sur l’état de la jurisprudence ancienne et actuelle en la matière]. Les droits de créance. Elle peut être opposée aux tiers et elle concerne les inscriptions portant sur le titre. Il découle. Par exemple. Les quittances ou cession d’une somme équivalente à plus d’une année de loyer non échus. juridiques).14 peut être opposable aux tiers que par l’inscription et la date d’effet commence à partir de cette inscription. A. puisque ce service taxe même les conventions verbales qui portent sur des acquisitions d’immeuble. Avant il n’avait qu’un simple droit de créance. l’inscription garantit le droit de l’acquéreur contre les troubles qui peuvent être provoqués par le vendeur (les troubles de droit. ce sont les baux d’immeuble excédant 3 années. Si par exemple l’acte qui a permis cette décision est vicié ou frappé de nullité. La force probante signifie la valeur de l’inscription comme mode de preuve. Ainsi. donc de ce principe. Exceptions au principe de l’effet constitutif des inscriptions L’enregistrement considère la vente valable avant son inscription au registre foncier. sont inscriptibles. ce droit inscrit peut être contesté et peut même être radié si le juge annule l’inscription. . Section III : La force probante des inscriptions Est-ce que l’inscription en elle même est une preuve ? Et quelle est son étendue ? Et dans quel cas on peut remettre en question cette inscription ? L’inscription ne vaut que ce que vaut le titre qui a permis cette inscription comme mode de preuve. et elle concerne les inscriptions qui portent sur le titre. B. on peut citer la décision de la cour d’appel de Rabat du 2 mars 1963 qui affirme qu’il y a préemption de validité entre les parties concernant l’inscription jusqu'à ce qu’elle soit annulée en vertu d’une décision de justice ayant force de la chose jugée. les droits cédés sur une propriété ne sont transférés qu’au moment de l’inscription de l’acte relatif à ces droits. Elle peut être opposée par les parties ou par les tiers. Les droits privatifs d’eau qui sont inscriptibles ne peuvent être reconnus que par une décision administrative. L’article 67 énonce le même principe constitutif de l’inscription. que le droit une fois inscrit sur le livre foncier ne peut être modifié ou restreint que par une inscription modificative ou restrictive prise au profit d’un tiers. De la force probante des droits réels entre les parties D’abord. un vendeur peut vendre 2 fois le même immeuble. Mais l’inscription ne vaut que ce que vaut l’acte juridique dont elle dérive (le titre).

A a acquis valablement même si le droit de B est atteint de nullité par la suite d’un vice qui affecte l’acte d’achat entre A et B. Ici. A perd son droit de récupérer l’immeuble même si le prix n’a pas été versé par B. Il s’agit d’une force probante absolue. et B est la personne inscrite comme propriétaire sur le titre foncier et qui a fait inscrire son propre acte d’achat. l’inexistence des contrats ou sa nullité peuvent remettre en cause une inscription. Ainsi par exemple. dossier n° 2531/83]. tout droit qui n’est pas inscrit est réputé inexistant à l’égard d’un tiers. D’un autre coté. Dossier n° 1156/1/1/2002]. cette annulation ne peut être opposée à un tiers acquéreur de bonne foi. L’annulation de cette inscription ne peut en aucun cas être opposée au tiers de bonne foi. Autre conséquence. si un acquéreur C qui a acquis un immeuble de B.15 [Arrêt de la cour suprême. Exemple. et B a vendu l’immeuble à C qui a fait inscrire son droit. Seuls les droits réels portés sur le livre foncier font preuve de leur existence à l’égard des tiers. B. l’inscription joue non seulement pour les mentions mais aussi pour les indications relatives à l’état et à la capacité des titulaires des droits réels. La cour suprême a cassé la décision qui n’a pas annulé l’inscription alors qu’il y a dol et escroquerie du vendeur qui a vendu 2 fois le même immeuble. et le juge peut prononcer la radiation. A a vendu un immeuble à B. A n’a pas procédé à l’inscription de son droit par exemple de résolution de l’acte pour défaut de paiement du prix. La force probante des inscriptions du droit réel à l’égard des tiers de bonne foi Cela signifie que l’inscription sur le titre foncier étant titulaire d’un droit réel peut opposer ce droit à tout tiers. A peut engager une action pour récupérer son prix (enrichissement sans cause). Aucun droit s’il n’a été inscrit antérieurement ne peut être opposé à un acquéreur de bonne foi. est de demander des dommages et intérêts. décision n°709 du 12 mars 2003. Par exemple. Même si l’acte qui lie A et B a été annulé par le juge. . il peut demander l’expulsion de tout occupants de son immeuble. [Arrêt n° 1290 du 24 mai 1989. Et par conséquent. La main mise d’un acheteur sur la propriété n’est pas légal s’il n’a pas enregistré son acte d’achat. Effet de la non inscription de l’achat sur un immeuble. Tout ce que peut faire A. dans ce cas. Il s’agit de la décision de la cour suprême de la radiation de l’inscription.