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L’actualité en question

Mercredi 5 novembre 2014

LIBERTE

PROCHAINE RÉUNION DU COMITÉ ÉCONOMIQUE ALGÉRO-FRANÇAIS

Une occasion de consolider le partenariat bilatéral

Dans un message adressé au président Bouteflika, à l’occasion de l’anniversaire du déclenchement de la Révolution, le chef de l’État français, François Hollande, estime que la tenue prochaine du Comité mixte écono- mique franco-algérien et celle du Comité intergouvernemental de haut niveau seront des occasions pour donner une impulsion supplémentaire à la coopération entre Alger et Paris dans tous les secteurs.

Louiza/Linerté
Louiza/Linerté

Les présidents Abdelaziz Bouteflika et François Hollande.

L a tenue prochaine du Comité mixte économique algéro-français et celle du Comité intergouverne- mental de haut niveau seront des occasions “privilégiées” pour don- ner une “impulsion supplémentai-

re” à la coopération entre l'Algérie et la Fran- ce, a assuré le président français, François Hol- lande. “La tenue prochaine du Comité mixte économique franco-algérien et celle du Comi- té intergouvernemental de haut niveau, prési- dées par nos deux Premiers ministres, seront des occasions privilégiées pour donner une im- pulsion supplémentaire à nos coopérations dans

tous les secteurs”, a-t-il affirmé dans un mes- sage adressé au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à l'occasion du 60 e an- niversaire du déclenchement de la Révolution du 1 er Novembre 1954. “Je souhaite que ces échéances soient l'occasion de progresser plus encore dans la consolidation de notre partena- riat économique, au service de l'emploi et du développement industriel”, a poursuivi le chef de l’État français dans son message. M. Hol-

lande a également relevé que la France et l'Al- gérie sont “résolument engagées” dans une dy- namique d'approfondissement de leur relation. “Il n'est plus un domaine où nos pays ne tra- vaillent ensemble, en confiance et avec la même volonté d'aller de l'avant et de dévelop- per encore leurs liens, afin de pouvoir affron- ter conjointement les défis économiques, so- ciaux et sécuritaires auxquels font face les so- ciétés algérienne et française”, a noté M. Hol- lande. Le président français a relevé que de- puis sa visite en Algérie en décembre 2012 et la signature de la Déclaration d'Alger sur l'ami- tié et la coopération à l'occasion de cette vi- site, l'Algérie et la France “ont parcouru, en moins de deux ans, un chemin remarquable”. “Je me réjouis de ce rapprochement sans pré- cédent, qui était attendu de nos peuples et de nos jeunesses”, s'est félicité M. Hollande. Pour le chef de l'État français, “la proximité entre deux peuples qui partagent une histoire et un espace communs doit être renforcée, no- tamment à travers l'ouverture et le développe- ment d'établissements scolaires et culturels ou

la facilitation de la mobilité professionnelle de nos jeunes”. M. Hollande s'est félicité des “nombreuses” initiatives à destination de la jeu- nesse, de la société civile, des collectivités ter- ritoriales des deux pays, “qui sont lancées chaque jour et constituent un outil très utile de rapprochement des peuples français et algérien”. Après avoir souligné que la coopération entre les deux pays est “aujourd'hui plus que jamais nécessaire dans un contexte régional troublé”, M. Hollande a rendu hommage à la contribu- tion “éminente” de l'Algérie à la paix et à la sé- curité régionales, ainsi qu'à son engagement “constant” dans la lutte contre le terrorisme. “Je me félicite de l'intensification du dialogue et de la concertation entre nos deux pays, tout deux attachés à œuvrer pour la stabilité, no- tamment dans la zone sahélienne”, a encore écrit le président Hollande dans son messa- ge, assurant son homologue de son “engage- ment personnel pour construire ensemble un avenir solidaire, au bénéfice de nos deux peuples”.

O. O./R. N.

RÉDUIRE LA DÉPENDANCE DE L’ÉCONOMIE NATIONALE DES HYDROCARBURES

Le président de l’Unep :

“Le secteur public peut relever le défi”

L e défi qui attend l’Algérie actuellement est de réduire la dépendance de son économie vis-à-vis des hydrocarbures. L’objectif prio-

ritaire est de diversifier et d’intensifier l’investis-

sement dans les secteurs productifs, d’accroître la part de la production nationale sur le marché public, de valoriser les ressources naturelles dis- ponibles sur le territoire et surtout de créer des postes d’emploi en rapport avec la demande d’in- sertion sociale et professionnelle des étudiants is- sus des milieux universitaires. Cela passe impérativement par la relance du sec- teur de l’industrie à travers le développement d’activités économiques hors hydrocarbures. Pour le président de l’Union nationale des entre- preneurs publics (Unep), Mustapha Merzoug, ce challenge peut être relevé par le secteur public qui regroupe quelque 832 entreprises économiques

affiliées à 90% aux SGP, dont seules 317 activent dans des activités industrielles. Le chiffre d’affaires réalisé par ces entités est estimé par M. Merzoug

à 824 milliards de dinars et celui de 10% d’entre

elles dépasse les 2 milliards de dinars, avec une valeur ajoutée de 391 milliards de dinars. Plus de 300 000 personnes sont également employées

dans ce secteur. “Le secteur public possède les po- tentialités nécessaires afin de jouer un rôle prépon- dérant dans la réussite de cette transition, pour peu que les conditions de gestion du potentiel produc- tif national soient améliorées”, explique-t-il. Le président de l’Unep avoue que tous ces aspects constituent les enjeux qui seront abordés lors de la conférence sur le développement économique et social qu’organise depuis hier le ministère de l’Industrie et des Mines. Lors de son passage sur les ondes de la radio Chaîne III, Mustapha Mer- zoug affirme que cette rencontre sera sanction- née par l’élaboration d’“un plan d’action concer- té des politiques publiques et une vision stratégique visant à impulser la croissance de l’économie”. Res- te à savoir quel serait le devenir des recomman- dations de cet énième séminaire quand on sait l’is- sue qu’ont connue les résolutions prises à la fin des travaux des différents colloques et autres ré- unions programmés auparavant par les ministères de tutelle.

Dépénaliser l’acte de gestion, libérer l’acte d’investir, améliorer le climat des affaires… L’une des principales mesures qui devrait être pri-

se de manière impérieuse aujourd’hui est de veiller à la mise en œuvre effective de toutes les décisions qui seront dégagées lors de cette ren- contre. Car, l’on continue à s’interroger sur le sort réservé aux propositions de solutions qui ont émané des précédents conciliabules…? Les di- verses suggestions ont été tout simplement ran- gées dans les tiroirs des bureaux des différents mi- nistres qui se sont succédé à la tête du départe- ment de l’Industrie. Preuve en est : le public est devenu un secteur budgétivore dans lequel l’État a injecté la som- me de 11 milliards de dollars en 5 ans pour son assainissement financier et sa restructuration avec des résultats peu probants. Il faut reconnaître, toutefois, qu’il (le secteur public) a été victime des différentes politiques économiques prônées par les dirigeants du pays. Les sociétés publiques ont été, durant long- temps, “l’instrument de politiques sociales carac- térisées par des blocages de prix et des sureffec- tifs… autant de contraintes qui ont engendré des dépenses que l’État devait assainir à un moment ou un autre”, explique M. Merzoug. “L’entrepri- se publique est considérée comme le prolongement

de l’État et un instrument de réalisation des po- litiques publiques. Aujourd’hui, elle doit changer de statut pour devenir un véritable espace créa- teur de richesses et elle ne doit être sanctionnée que par son marché”, indique-t-il. Interrogé sur le plan de restructuration du secteur public marchand piloté par le ministre de l’Industrie, le patron de l’Unep reconnaît le discours politique “fort mo- bilisateur” mais qui est également accompagné d’actions concrètes sur le terrain. “Nous allons ainsi parler d’assainissement, de plans de dévelop- pement qui doivent normalement permettre à ces entreprises d’avoir de meilleurs résultats”, affirme- t-il. Mustapha Merzoug évoque aussi le climat des affaires qui “est au centre des discussions et sur- tout cette volonté politique faisant du développe- ment de l’entreprise une préoccupation essentiel- le de la politique publique économique”. Cette conférence abordera donc, selon M. Merzoug, tous les enjeux liés à la libéralisation et la dépé- nalisation de l’acte de gestion, la débureaucrati- sation de l’administration, la liberté d’investir, l’accès au foncier, l’amélioration de l’environne- ment économique de l’entreprise…

BADREDDINE KHRIS

RÉPARATION ET CONSTRUCTION DES BATEAUX DE PÊCHE

Création d'une société algéro-française

L' Entreprise de construction et de réparation des embarcations de pêche (Ecopep) et le

constructeur naval français Piriou ont signé, hier, à Alger, le pacte d'action- naires et des statuts pour la création d'une société mixte, Ecorep-Piriou,

pour la construction et la réparation des navires de pêche. Le document a été paraphé par le di- recteur général de la filiale Chantier na- val d'Ecorep de Bouharoun, Mustapha Della Ahmed, et le P-DG du groupe français Piriou, Pascal Piriou, en pré- sence du ministre de l'Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchoua- reb. Dotée d'un capital social de 3 mil- lions d'euros, la joint-venture, détenue

à hauteur de 51% par Ecorep et 49%

par le groupe Piriou, sera chargée de la construction et de la réparation des bateaux de pêche, ainsi que des ba- teaux de servitude (remorqueurs, pi-

lotiers

sera installée au chantier naval Ecorep de Bouharoun (Tipasa), lequel va bé- néficier, avec le partenariat du groupe Piriou, d’une mise à niveau pour être aux normes de construction et de ré- paration navales. Outre l'apport tech- nologique, cette nouvelle société devra permettre de réduire la facture en de- vises d'importation et de réparation et de maintenance de ce type de ba- teaux, a indiqué M. Della, à l'APS, en marge de la cérémonie de la signatu- re de ce pacte. Pour sa part, M. Piriou

Cette nouvelle entreprise

).

a soutenu que l'Algérie possédait un

“important” marché dans ce secteur dont les grands besoins peuvent être pris en charge par les potentialités lo- cales, d'où la création de cette société qui générera, selon lui, un grand nombre d'emplois. Quant aux carac- téristiques des missions dévolues à cet- te société mixte, le P-DG d'Ecorep, Mohamed Gacem, a précisé à l'APS qu'il s'agirait de la fabrication des na- vires de pêche et de servitude portuai- re avec de l'acier et de l'aluminium de 16 à 35 mètres, et de fibre de verre de 4 à 16 mètres, permettant de couvrir, dans une première phase, 25% des be- soins du marché algérien. Il a aussi re- levé qu'elle permettrait la création de 400 postes d'emploi avec le déploie- ment d'un plan de formation pour le

personnel d'Ecorep qui est, actuelle- ment, de 120 employés, et ce, sans compter l'appel aux sous-traitants qui bénéficieront également de ce pro- gramme de formation et de mise à ni- veau. Le P-DG d'Ecorep a également expliqué que le taux d'intégration es- compté pour ce projet devrait at- teindre un taux de 80% au bout de la 5 e année d'activité compte tenu, notam- ment, de l'utilisation des moteurs ma- rins qui sont fabriqués par l'Entrepri- se des moteurs de Constantine (EMO). Plus encore, l'agenda de cette nouvel- le société table sur l'exportation de près de 10% de la production des bateaux construits à partir de la 4 e année d'ac- tivité en s'appuyant sur le réseau com- mercial du partenaire français à l'étran-

ger. L'entrée en activité effective de cet- te nouvelle entité est prévue pour 2015 en assurant la réparation navale d'embarcations allant jusqu'à 500 tonnes, tandis que le premier ba- teau construit verra le jour début 2016. Le projet prévoit, également, la réalisation d'une nouvelle darse pour l'accueil des embarcations, ainsi que l'implantation de trois nouveaux bâti- ments industriels au chantier naval de Bouharoun, destinés à la construction des bateaux en acier et en aluminium. Ecorep est une entreprise publique (siège social à Bou-Ismaïl, wilaya de Ti- pasa) relevant de la Société de gestion des participations équipements in- dustriels et agricoles (SGP Equipag).

R. N./APS

LIBERTE

Mercredi 5 novembre 2014

L’actualité en question

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LE PREMIER MINISTRE, HIER, À L’OUVERTURE DE LA CONFÉRENCE SUR LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE

Sellal : “Il faut se départir du pessimisme ambiant”

Le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb, a indiqué que “l’Algérie présente toutes les caractéristiques pour figurer dans un horizon proche parmi les pays émergents”

“N ous

avons

le

potentiel pour

réaliser une

croissance plus

forte et du-

rable, mais il

faut d’abord nous départir du pessi- misme ambiant”, a indiqué, hier, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, à l’ouverture de la Conférence sur le développement économique et social qui se tient au Palais des nations (Al- ger). Le Premier ministre a affirmé que l’Algérie possède “des ressources mo- rales et matérielles pour opérer une ac- célération décisive” de son développe- ment. “Nous devons avoir de l’ambition pour le pays et nous projeter dans le fu- tur en valorisant nos avantages et atouts et en opérant les réformes né- cessaires”, a-t-il souligné, précisant que l’industrie est au cœur de la relance de l’économie algérienne. Le Premier ministre a évoqué les trois piliers sur lesquels repose “la mise en œuvre de la politique économique nationale”. Il cite le pacte économique et social si- gné le 23 février 2013, cadre de concer- tation, de dialogue et de construction des synergies. M. Sellal a annoncé que le document sera déposé au niveau du Bureau international du travail. Un plan quinquennal 2015-2019 ambi- tieux, orienté vers la croissance éco- nomique et le soutien de l’agriculture, de l’industrie, de l’énergie et du tou- risme, est en cours de lancement. En- fin le gouvernement veut encourager l’investissement dans la sphère mar- chande. Dans ce cadre, le Premier ministre a rappelé l’exemple de la nouvelle aérogare d’Alger, d’une ca- pacité de 10 millions de passagers par an, qui sera financée par l’EGSA, un in- vestissement de 70 milliards de dinars. Le Premier ministre, aussi, a annon- cé la construction d’un nouveau grand port entre Ténès et Cherchell sur une superficie de 1 000 hectares qui sera fi- nancé par l’entreprise qui gère le port

D. R.
D. R.

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, ouvrant hier la conférence au Palais des nations.

d’Alger (Epal). L’État prendra en char- ge les aménagements extérieurs. M. Sellal a affirmé que “les pouvoirs pu- blics sont déterminés à mener le pro- cessus de mue et de diversification de l’économie nationale, mais l’adhésion de tous est une condition sine qua non”. M. Sellal a indiqué que son gou- vernement “est pragmatique. Il n’est prisonnier d’aucune théorie écono- mique”, excluant “le libéralisme sau- vage”. “Le gouvernement met l'entre- prise nationale, sans distinction aucu- ne, au cœur de sa démarche visant l'amélioration du climat des affaires, l'entrepreneuriat, le partenariat et la promotion de l'investissement créa- teur de richesses et d'emplois”, a-t-il in- sisté en rappelant certaines mesures prises dernièrement pour booster l’ap-

pareil de production nationale. Le Pre- mier ministre a estimé que l’objectif d’un taux de croissance de 7% à l’ho- rizon 2018, “est réaliste et sera réalisé”. Le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb, s’est voulu rassurant sur la prise en charge des re- commandations qui émaneront de la conférence. “Je tiens à le souligner, ce ne sera pas une énième rencontre dont

les conclusions seraient sans prolonge- ment concret. Il s’agit d’un acte d’in- génierie fondateur, qui préfigure nos conduites futures”, a-t-il souligné. “Que tous soient convaincus ici que les conclusion issues de cette conférence constitueront la matrice de notre action future de relance et de redéploiement in- dustriel”, a-t-il rassuré. Le ministère de l’Industrie et des Mines a voulu inno-

ver dans l’approche en impliquant toutes les compétences, autant les en- treprises nationales, publiques et pri- vées, les partenaires étrangers, entre autres le P-DG de la firme Arcelor- Mittal, Lakshmi Narayan Mittal, les ex-

perts et les acteurs de la société civile.

M. Bouchouareb a indiqué que le

gouvernement a mis en œuvre une dy- namique pour parvenir à un régime d’accumulation fondé sur des avan- tages comparatifs construits et non plus acquis et une croissance décon- nectée du secteur des hydrocarbures. “Cette dynamique, qui commence à

porter ses fruits, est portée par une cer- tain nombre d’actions structurantes me- nées par le gouvernement”, a-t-il affir-

mé. “Le gouvernement a engagé d’im-

portantes réformes pour relancer puis- samment le développement industriel”, a insisté M. Bouchouareb. La réforme du code des investissements qui est une pièce maîtresse, est vue comme un le- vier de repeuplement industriel. Le principe du 51/49 n’est pas remis en cause, mais élargi au commerce de gros et de détail. Cependant le gouverne- ment a considéré inutile de faire figu- rer cette disposition dans le code des investissements. Elle sera prise en charge dans le cadre de la réglemen- tation des activités. Pour le ministre de l’Industrie et des Mines, “l’Algérie présente toutes les caractéristiques pour figurer dans un horizon proche parmi les pays émergents, et le rôle de l’in- dustrie est de donner corps à cette am- bition”.

MEZIANE RABHI

L’ÉDITO

PAR SALIM TAMANI

Compter sans le pétrole

PLOMBÉ PAR LA DÉCISION SAOUDIENNE DE BAISSER LE PRIX

Le baril recule de plus de deux dollars

L es cours du pétrole connais- saient une forte diminution hier en cours d’échanges européens,

le Brent et le WTI enregistraient leur plus bas niveau depuis respective- ment quatre et trois ans, toujours plombés par la décision de l’Arabie saoudite de réduire ses prix à ses clients américains. Dans la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre valait 82,73 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en bais- se de 2,05 dollars par rapport à la clô- ture de lundi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Ny- mex), le baril de Light Sweet Crude (WTI) pour la même échéance perdait 2,03 dollars, à 76,75 dollars. “Le pétrole a plongé, le brut léger américain passant sous les 78 dollars le baril et le Brent sous les 84 dollars le baril, alors que l’Arabie saoudite a réduit ses prix de vente à ses clients américains”, a signalé

un analyste. Les Saoudiens “ont an- noncé une hausse de leur prix de ven- te à l’Europe et à l’Asie alors que la de- mande devrait rebondir cet hiver, mais parallèlement les prix aux clients amé- ricains ont été réduits afin de défendre leurs parts de marché dans un marché souffrant de plus en plus d'abondance d'offre”, indiquait un autre analyste. Ces derniers mois, l'Arabie saoudite avait réduit ses prix pour l'Europe et l'Asie, où la demande ne semblait pas très vaillante, mais l'approche de l’hi- ver fait espérer un rebond de celle-ci. Aux États-Unis, les Saoudiens doivent rivaliser avec le pétrole de schiste, dont l’exploitation a fortement pro- gressé ces dernières années, conduisant à une importante hausse de la pro- duction américaine. Les investisseurs s’inquiétaient donc d’une guerre des prix entre les pays membres de l’Or- ganisation des pays exportateurs de pé- trole (Opep), qui doivent se réunir à Vienne le 27 novembre.

Les experts dressent des constats accablants sur la situation générale du pays,

mais sont unanimes pour dire que ce n’est pas trop tard et que si l’on venait à remettre, maintenant, les Algériens au travail, le pays s’en sortirait gagnant dans une quinzaine d’années. L’Algérie possède encore les moyens et les ressources nécessaires qui lui permettraient de sortir de la dépendance vis-à-vis des hydrocarbures et construire une économie basée sur la compétitivité, la compétence et la productivité.”

D ans un contexte marqué par la chute du prix du baril, l’Al- gérie n’a d’autre choix que de retrouver le chemin du tra- vail et du compter-sur-soi, un chemin qu’elle a oublié d’em-

prunter depuis un bon bout de temps, parce qu’elle croyait être à l’abri de la crise, parce qu’elle pensait que cela n’arrivait qu’aux autres. Lorsque les statistiques quotidiennes des principales Bourses dans

le monde relèvent une baisse du prix du pétrole, même si le brut algérien est mieux coté mais reste tout de même concerné par la tendance baissière, lorsque la loi de finances 2015 prévoit un déficit budgétaire de près de 60 milliards de dollars, lorsque les exportations hors hydrocarbures ne dépassent pas les deux mil- liards de dollars, lorsque les besoins des Algériens augmentent d’année en année, du fait des profonds chamboulements qu’a connus la société ces vingt dernières années, lorsque le gou- vernement est appelé à augmenter les salaires, non pas en rai- son de la productivité, mais par populisme, l’on est en droit de se poser la question fatidique : mais où va l’Algérie avec un train de vie extraordinairement élevé alors que le pays n’a pas construit une économie capable de faire face à une crise pétrolière semblable à celle des années 1980 ? L’après-pétrole, on en par- le depuis les années 1970. Qu’a-t-on fait depuis ? A-t-on déve- loppé les structures de base de l’économie, à savoir l’agricultu- re, le tourisme, la petite et moyenne entreprise, l’enseignement et les nouvelles technologies ? Les experts dressent des constats accablants sur la situation gé- nérale du pays, mais sont unanimes pour dire que ce n’est pas trop tard et que si l’on venait à remettre, maintenant, les Algé- riens au travail, le pays s’en sortirait gagnant dans une quinzaine d’années. L’Algérie possède encore les moyens et les ressources nécessaires qui lui permettraient de sortir de la dépendance vis- à-vis des hydrocarbures et construire une économie basée sur la compétitivité, la compétence et la productivité. À défaut, les Algériens ne mourront pas de faim. Ils continue- ront à consommer ce que rapportera encore le baril avec cette dangereuse conviction que c’est leur part du gâteau… n

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Mercredi 5 novembre 2014

LIBERTE

LA DGSN LANCE UNE OPÉRATION DE SENSIBILISATION DANS LES ÉCOLES

À Alger, 10% des élèves se droguent

L’action de la Sûreté nationale revêt un caractère purement préventif. La police estime que “chaque sujet sauvé constitue un pas important. D’autres laisseront tomber ces drogues qui empoisonnent leur scolarité et leur vie”.

C ’est dans un environnement social complètement déstructuré que la consommation de la drogue dans les établissements scolaires enre- gistre, chaque année, une crois- sance inquiétante. Hier, la direc-

tion générale de la Sûreté nationale (DGSN) a lan- cé une vaste campagne de sensibilisation en mi- lieu scolaire dans le Grand-Alger afin d’aller vers ces jeunes et moins jeunes, souvent, livrés à leur propre sort. La consommation de la drogue touche plus de 10% des élèves, que ce soit dans les écoles ou les centres de formation. Face à cette situation, les services de sécurité veulent d’abord comprendre :

“On ne peut pas faire de la prévention et de la ré- pression en même temps. Au contraire, on doit comprendre d’abord ces jeunes et ces moins

jeunes, gagner leur confiance et tenter de les fai- re sortir de ce sale milieu qu’est la drogue.

Chaque sujet sauvé constitue pour nous un pas im- portant. Car d’autres suivront et laisseront tom- ber ces drogues qui empoisonnent leur scolarité et leur vie”, a expliqué Farid Nissas, responsable de la Ceap (cellule d’écoute et de l’action pré- ventive) près la sûreté de daïra de Draria. Hier, au centre de formation profession nelle de Douéra, la DGSN a donné le coup d’en- voi de cette vaste opération qui devra toucher, très prochainement, les 13 wilayas déléguées d’Alger, avant de l’élargir aux 48 wilayas du pays. Les sta- giaires rencontrés sur les lieux sont conscients que la consommation de la drogue et des psycho- tropes est nuisible à leur santé et à leur cursus sco- laire et professionnel. Mais le fait est là : nos élèves s’adonnent de plus en plus aux drogues et les centres de désintoxi- cation sont, eux aussi, submergés, par la forte de- mande des sujets touchés et qui doivent être pris en charge dans l’urgence. Et si la police voulait

atténuer le fléau en sensibilisant les victimes, no- tamment en faisant appel aux psychologues et aux imams, il est clair que cela nécessiterait d’autres efforts afin de juguler le danger qui guette les en- fants. En ce sens, il y a lieu de relever que près de 20% des garçons scolarisés et/ou retenus dans les centres de formation professionnelle, et près de 5% des filles, âgées de moins de 16 ans, s’adon- nent au kif traité et/ou aux comprimés de psy- chotropes. “Cette accoutumance débute généra- lement en milieu scolaire et se prolonge en milieu de la formation professionnelle. Notre rôle est d’ar- river à faire parler les sujets, les écouter et les prendre en charge autrement, loin des mesures ré- pressives. Car, il faut le souligner, les écoliers sont victimes et non des trafiquants de drogue. Ce sont des sujets vulnérables exposés à des rapaces qui leur font croire que la drogue les aiderait à évoluer”, expliquera encore M. Nissas. Mais dans la plu-

part des situations, il serait impossible de dé- noncer les dealers et autres trafiquants qui tour- nent autour des écoles pour vendre le cannabis et les comprimés de psychotropes. Durant ces trois dernières années, des directeurs d’école ont fait part de la découverte de drogues et de comprimés de psychotropes à l’intérieur même des toilettes de leurs établissements res- pectifs. Résultat : des dizaines d’élèves se sont fait mor- tellement poignarder, d’autres sauvagement agressés à l’intérieur des salles, alors que des di- recteurs ont jeté l’éponge suite à l’insécurité qui règne dans l’enceinte de leurs écoles à cause no- tamment des effets de la consommation de la drogue. “L’objectif de notre cellule est de sensi- biliser les élèves et leurs parents aux dangers de la drogue pour éviter des situations fâcheuses, com- me la prison”, insistera notre interlocuteur.

FARID BELGACEM

ILS DÉNONCENT L’INSÉCURITÉ AUTOUR D’UN CEM À BOUFARIK

Les parents d’élèves refusent la reprise des cours

P rès de deux semaines après la dé- mission du directeur du CEM Aït-Boudjemaâ de Boufarik, les

parents d’élèves sont, de nouveau, montés au créneau et ont empêché les écoliers de reprendre les cours dans un établissement qui est sous l’emprise de malfaiteurs et de drogués. Deux semaines après l’arrêt des cours et suite à un sit-in organisé également par les enseignants, la Direction de l’éducation reste immobile et insen- sible à ce problème d’insécurité dans cet établissement scolaire. “Tout ce qu’ils ont pu faire, c’est d’envoyer un remplaçant du directeur pour gérer la

situation catastrophique. Le comble, c’est que même ce remplaçant en ques- tion gère déjà un établissement scolai- re à Maramene à Blida.” L’arrivée du responsable chargé des équipements au niveau de la Direction de l’éduca- tion a provoqué la colère des ensei- gnants et parents d’élèves, car ils esti- ment que ce dernier est au courant de la situation de l’établissement qui né- cessite en urgence le renforcement du mur de clôture pour empêcher l’infil- tration des étrangers au sein du CEM, mais n’a rien fait depuis plus de deux années. Pour rappel, cette situation a incité les enseignants à organiser ré-

cemment un sit-in devant l’établisse- ment pour protester contre le diktat des voyous et repris de justice qui im- posent leur loi au sein de l’établisse- ment. Cette situation, qui dure depuis des an-

nées et qui s’est amplifiée cette année,

a provoqué un ras-le-bol des ensei-

gnants qui n’ont trouvé aucun soutien

de la part de la Direction de l’éduca- tion. Rien que la semaine dernière, de jeunes délinquants se sont introduits

à l’intérieur de l’établissement scolai-

re, épées et couteaux à la main, pour faire sortir de force un collégien de la salle de cours. Une journée après cet

incident, un jeune en état d’ivresse s’est introduit également dans la cour au moment où les filles faisaient une séance de sport. L’éducateur a failli être lynché par le jeune drogué pour l’avoir forcé à quit- ter l’établissement et les exemples

sont multiples dans cet établissement scolaire qui reste sous l’emprise des dé- linquants. Mais tous les rapports établis et adres- sés par le directeur de l’établissement

à la Direction de l’éducation pour dénoncer cette situation sont restés lettre morte. “Si ça ne vous plaît pas, démissionnez”, ont répondu les res-

ponsables de la Direction de l’éduca- tion au directeur du CEM. Ce dernier n’a pas hésité à le faire. Hier, des pa- rents d’élèves se sont joints au sit-in des enseignants pour protester contre l’in- sécurité qui guette chaque jour leurs enfants. Ce mouvement de protestation des en- seignants peut provoquer un effet boule de neige, du fait que presque l’ensemble des établissements sco- laires dans la wilaya de Blida souffre du phénomène d’insécurité, que ce soit à l’intérieur ou à l'extérieur des établis- sements.

K. FAWZI

EN DÉPIT DES APPELS AU DIALOGUE LANCÉS PAR LA MINISTRE DE L’ÉDUCATION

Le Cnapest n’écarte pas le recours à la grève en décembre

L e spectre de la grève semble à nouveau pla- ner sur le secteur de l’éducation. Ainsi, le Conseil national des professeurs du secon-

daire et du technique (Cnapest-élargi) pourrait en- trer en grève dès le mois de décembre prochain. Et les appels de la ministre de l’Éducation, Nou- ria Benghebrit, pour renouer avec le dialogue dès la deuxième quinzaine du mois de novembre n’ar- rangent pas les choses. Le syndicat crie haut et fort que ses acquis sont “partis en fumée” et que, par conséquent, des conseils régionaux se tiendront le 22 du mois avant la tenue du conseil national fixé au 23 novembre prochain. Joint hier par téléphone, le chargé de communication du syndicat, Messaoud Boudiba, nous a déclaré : “Le temps n’est plus à la parole, il s’agit de passer à l’action.” Et d’ajouter : “Nous avons passé 5 ans à discuter. Nous avons des PV

et des promesses d’application depuis la période Benbouzid, et il est temps de réaliser ses promesses sur le terrain.” Le syndicaliste explique les raisons de la colère du corps de l’éducation en l’imputant au non- respect des engagements pris par la tu- telle et le fait que la ministre de l’Éducation fas- se cavalier seul. “À son arrivée, la ministre de l’É- ducation nous a promis beaucoup de choses, et rien n’est fait”, regrette encore le syndicaliste. Selon lui, “les points fort du discours de la ministre c’est de diminuer la surcharge des classes et d’assurer la sé- curité dans les établissements, ce qui est parfait, mais rien n’est fait sur le terrain”, constate-t-il. M. Boudiba soulève, également, le problème des enseignants du primaire et du moyen qui sont en passe de prendre leur retraite. D’après notre interlocuteur, le syndicat deman- de que ces enseignants accèdent au grade de base

sans formation et la tutelle exige une année de for- mation. Pour M. Boudiba, cette condition est pé- nalisante pour ces professeurs qui sont en activi- té depuis plusieurs années. “C’est injuste envers cet- te catégorie d’enseignants”, dénonce-t-il. Le porte-parole du Cnapest-élargi poursuit en af- firmant que “suite à des négociation avec la Fonc- tion publique, cette dernière nous a promis de trans- férer le dossier au Premier ministère après recen- sement du nombre exact des enseignants concer- nés. Le travail à pris fin en mai dernier, et à ce jour, toujours aucune nouvelle”. Il faut savoir qu’il y a plus de 100 000 enseignants concernés par cette situation. L’autre préoccupation du syndicat : le concours de promotion. “Nous avons un nombre pour les professeurs formateurs et un nombre de professeurs principaux, et le quota doit rester fixe, s’il n’est pas appelé à augmenter. Auparavant,

l’accès à ces fonctions était une promotion. Au- jourd’hui, il faut passer un concours”, relate le syn- dicaliste. Le porte-parole pointe aussi du doigt “les dépassements” de la ministre, tel que celui de tou- cher aux libertés syndicales. Par ailleurs, le syn- dicaliste ne cache pas ses craintes après l’abroga- tion du 87 bis. “Il est vrai que cette décision va pro- fiter aux petits salaires, mais nous n’avons jamais demandé la suppression de la loi”, insiste M. Boudiba. Selon lui, le syndicat a toujours de- mandé la révision de la loi. “Avec la suppression du 87 bis, les pouvoirs publics ont mis fin aux lois qui régissent le SNMG et les salaires calculés sur le SNMG. Nous n’avons aucune idée sur les futurs textes de lois, nous ne savons alors pas ce qu’elles nous réservent et si elles vont toucher aux acquis des travailleurs”, conclut M. Boudiba.

D. S.

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LIBERTE Mercredi 5 novembre 2014

LE RADAR

PAGE ANIMÉE PAR M.-C. LACHICHI

radar@liberte-algerie.com

DE LIBERTÉ

DE LIBERTÉ

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ILS SONT TOUJOURS AU PORT SEC DE SIDI-MOUSSA

13 conteneurs de livres abandonnés

PORT SEC DE SIDI-MOUSSA 13 conteneurs de livres abandonnés n Pas moins de 13 conte- neurs

n Pas moins de 13 conte-

neurs de livres d’éditeurs arabes importés dans le cadre du Salon international du livre d’Alger sont toujours stockés au port sec de Sidi-Moussa de-

puis 2007. La raison : une fausse déclaration éventée par les Douanes algériennes. Certains de ces éditeurs ont soulevé le problème au mi- nistère de la Culture l’année

dernière, mais la solution semble inextricable du fait qu’il y a eu une fausse décla- ration. Une autre question se pose : dans quel état sont ces livres ?

UN RECORD D’ENTRÉES A ÉTÉ ENREGISTRÉ

Rush sur le Sila le jour de l’Achoura

n Toutes les entrées menant au

Salon international du livre d’Al- ger (Sila) qui se tient à la Safex ont connu, avant-hier, jour férié, des embouteillages monstres sur des kilomètres, et ce, dès la mi-jour- née. En effet, il a été enregistré près de 150 000 visiteurs pour cette seu- le journée. Un record qui vient confirmer que le lecteur algérien existe bel et bien, à condition, bien sûr, qu’on mette le livre à sa disposition. Selon les chiffres com- muniqués par le commissariat de cet événement, plus de 400 000 en- trées ont été enregistrées les quatre premiers jours de la manifestation. La barre d’un million de visiteurs pourrait être atteinte à l’occasion de cette édition.

pourrait être atteinte à l’occasion de cette édition. LES TRAVAUX SERONT SANCTIONNÉS PAR UNE SÉRIE DE

LES TRAVAUX SERONT SANCTIONNÉS PAR UNE SÉRIE DE RECOMMANDATIONS

Une conférence nationale sur la lutte contre la drogue

n Aux grands maux les

grands remèdes. Des experts et des représentants des minis- tères de la Justice, de l’Inté- rieur, de l’Éducation nationa- le, de l’Office national de lut-

te contre la drogue, de la DGSN, des douanes et de la gendarmerie sont invités par le gouvernement à se pen- cher sur ce sujet crucial, à sa- voir la lutte contre la drogue

lors d’une conférence natio- nale qui se tiendra les 12 et 13 novembre prochains à l’hôtel Riyad à Sidi-Fredj. Les travaux seront sanctionnés par une série de recommandations.

LA CÉRÉMONIE A ÉTÉ RETRANSMISE SUR TV5 MONDE Adila Bendimerad primée aux Trophées francophones du

LA CÉRÉMONIE A ÉTÉ RETRANSMISE SUR TV5 MONDE

Adila Bendimerad primée aux Trophées francophones du cinéma

n Vendredi soir 31 octobre au pavillon Gabriel à Paris, Michel Drucker et Estelle Martin dévoilaient les lauréats de la seconde édition des Trophées francophones du cinéma. Parmi eux, l’actrice algérienne Adila Bendimerad qui a été primée pour son second rôle dans Le Repenti. La cérémonie a été retransmise lundi soir sur TV5 Monde.

LA MÉDAILLE LUI A ÉTÉ REMISE HIER PAR L’AMBASSADEUR DE FRANCE À ALGER

Hannachi de Média-Plus nommé Chevalier des Arts et des Lettres

n Notre ami Saïd-Yassine Hannachi, directeur des éditions Média-Plus de Constantine, vient d’être nommé Chevalier des Arts et des Lettres, hier, par l’ambassadeur de France à Alger, Bernard Émié. Il a reçu à cette occasion sa médaille au cours d’une cérémonie qui a coïncidé avec la tenue du Salon international du livre d’Alger. Il est à rappeler que cette distinction lui a été décernée par Aurélie Filippetti, ancienne ministre française de la Culture.

AUCUN CHIFFRE PRÉCIS N’EST CONNU

Combien y a-t-il de PME en Algérie ?

N’EST CONNU Combien y a-t-il de PME en Algérie ? n Le système de dénombre- ment

n Le système de dénombre-

ment des entreprises déclarées auprès des institutions pu- bliques en Algérie semble souffrir de quelques déperdi- tions. Ainsi, les chiffres du Centre national du registre du com- merce (CNRC), de la Caisse nationale des assurances so- ciales (Cnas), de la Caisse d’assurance sociale des non- salariés (Casnos), de l’admi- nistration fiscale, de l’admi-

nistration des douanes, de l’Office national des statis- tiques (ONS), de la Chambre nationale de l'artisanat et des métiers (CAM), des Sociétés de gestion des participations (SGP), etc. ont toujours du mal à concorder. Et pourtant, cela fait des années que les au- torités insistent sur la nécessité de mettre en place un nouveau système de statistiques relatif à la démographie des PME en Algérie.

UNE NOUVELLE ÉDITION DES “PAGES MAGHREB”

Un annuaire professionnel pour la région ouest

n Avec la sortie d’une nou- velle édition de l’annuaire professionnel pour la région ouest, Les Pages Maghreb proposent, à travers cet ou- til, une information com- plète sur les clients ou four- nisseurs potentiels.

IL ÉTAIT MUNI D’UN FUSIL DE CHASSE

Un psychopathe prend en otage 4 personnes à Mostaganem

n Un jeune de 22 ans, sujet à des troubles psychiques, a sé-

questré 4 membres de sa famille (ses 2 sœurs et ses 2 cousines) dans un domicile à la commune de Sirat, tout en menaçant de les tuer au moyen d'un fusil de chasse détenu légalement par son père. Au moment des négociations entreprises par les gen- darmes de la compagnie territoriale de Bouguirat, le mis en cau- se a tenté d’ouvrir le feu sur son oncle. C’est alors qu’il a trébuché et en tombant par terre, il a pro- voqué la sortie d’une décharge de chevrotine qui l'a atteint à la jambe droite. Maîtrisé par les gendarmes, il a été évacué vers l’hôpital de Mostaganem où il est gardé en observation médicale. La brigade de la Gendarmerie nationale de Sirat a ouvert une enquête.

ARRÊT SUR IMAGE

CONSTRUCTION D’UNE AMBASSADE DE L’ARABIE SAOUDITE À ALGER

Le groupe Ben Laden à Alger

ARRÊT SUR IMAGE CONSTRUCTION D’UNE AMBASSADE DE L’ARABIE SAOUDITE À ALGER Le groupe Ben Laden à

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L’actualité en question

Mercredi 5 novembre 2014

LIBERTE

LE COMITÉ DE SAUVEGARDE DE L’UGTA L’A ANNONCÉ HIER

Bientôt un rassemblement devant la Centrale syndicale

Lors d’une conférence de presse animée au siège de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh, aile de M e Zehouane), ce dernier a précisé que la manifestation portera sur le thème suivant : “Dégagez tous et rendez l’UGTA aux travailleurs”.

L e Comité national de réap- propriation et de sauvegar- de de l’UGTA (CNRS) s’apprête à organiser un “vaste” rassemblement des travailleurs et syndicalistes

devant la Centrale syndicale. L’an-

nonce a été faite, hier, à Alger, par son porte-parole, Ahmed Badaoui. Lors d’une conférence de presse qu’il

a animée au siège de la Ligue algérien-

ne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh, aile de M e Zehoua- ne), ce dernier a précisé que la mani- festation portera sur le thème sui- vant : “Dégagez tous et rendez l’UGTA aux travailleurs”.

“Aujourd’hui, nous informons publi- quement que le comité poursuit son tra- vail et compte organiser cette action avec un nombre assez important”, a-t-

il déclaré, notant que le CNRS se don-

ne “2 à 3 semaines”, le temps de contacter l’ensemble des wilayas du pays. Excepté certaines régions, à l’exemple de Mostaganem, Oran, Saï- da, Constantine et Hassi-Messaoud,

qui ont déjà donné leur accord pour le rassemblement. Saisissant l’occasion de

la rencontre avec les médias nationaux,

M. Badaoui a appelé les travailleurs à

répondre présent le jour du sit-in “pour faire de l’UGTA leur organisa- tion”. Au cours du débat, interpellé sur la question du nombre de partici- pants au rassemblement et les rai- sons de cette démonstration de force,

D. R.
D. R.

Ahmed Badaoui (au centre), porte-parole du CNRS, hier, lors d’une conférence de presse au siège de la Laddh.

le porte-parole a révélé que les membres du CNRS ne sont pas atta- chés “par principe” au nombre, mais “si nous partons avec un nombre impor- tant, cela donnera de l’espoir à ceux qui sont à l’extérieur de l’UGTA et surtout à ceux qui, à l’intérieur, subissent la ter- reur et les menaces”. Pour donner une

idée du climat qui prévaut actuelle- ment au sein de l’organisation syndi- cale, il a indiqué que 126 syndicalistes douaniers ont été suspendus, il y a un peu plus d’un mois, pour avoir parti- cipé à l’AG de leur fédération, en pré- vision du prochain congrès national. Seulement, ajoutera-t-il, cette déci-

sion n’a pas été appliquée, ce qui a poussé le secrétariat national de l’UGTA à créer une “autre fédéra- tion” des douaniers, non reconnue par la Direction générale des douanes, qui a généré une situation telle que les travailleurs ne savent plus à qui s’adres- ser. Un autre membre du comité, tra-

vaillant dans le secteur de la santé, a, de son côté, attesté que juste pour “la dernière période”, 87 syndicalistes de l’UGTA ont été suspendus pour avoir dénoncé la dégradation de la situation au sein de la Centrale syndicale. Ce syndicaliste a encore du mal à croire qu’une organisation comme l’UGTA, dont l’un des fondateurs, Aïssat Idir, est mort brûlé au chalumeau pour la libération du pays et celle des tra- vailleurs algériens, en soit arrivée à ce stade de “délitement”. À la question se rapportant aux posi- tions et à la lutte menée par le CNRS depuis sa création, Ahmed Badaoui a réaffirmé “le refus absolu” du comité du projet du code du travail. Il a, en outre, rappelé que le CNRS a exprimé sa solidarité et pris position en faveur “du combat des travailleurs de Sonel- gaz”, comme il a apporté son soutien aux actions du Syndicat autonome des postes Snap et à toutes les luttes des travailleurs. “Ce combat n’est pas seu- lement celui du comité, il est aussi ce- lui des autres organisations syndicales et des journalistes pour la défense de l’exercice du droit syndical et des liber- tés syndicales”, a-t-il signalé, insistant sur “l’urgence” à déloger la mauvaise graine de l’UGTA. Dans une déclara- tion transmise aux journalistes, le co- mité tire la sonnette d’alarme :

l’UGTA est “aujourd’hui menacée dans son existence”.

HAFIDA AMEYAR

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE D’INTERPOL

Messahel : “L’Algérie a adopté une stratégie évolutive”

L e ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Mes- sahel, a souligné, hier à Monaco, “l'impor-

tance qu'attache l’Algérie à la coopération qu'el- le a instaurée dès son Indépendance avec Interpol dans le domaine de la lutte contre la criminalité”. Intervenant au cours des travaux de la 3 e réunion

ministérielle internationale, qui se tiennent en marge de la 83 e assemblée générale d'Interpol,

M. Messahel a estimé que “cette coopération est

aujourd’hui un motif de satisfaction et une base pour continuer à travailler avec Interpol pour son approfondissement dans les différents domaines”. Présentant les grandes lignes de la politique sui- vie pour doter le pays d’une police moderne et professionnelle au service du citoyen, de la socié-

té et du pays, M. Messahel a souligné que “l’Al-

gérie a adopté une stratégie évolutive fondée sur son riche capital expérience de lutte, sur le sacri- fice de ses hommes et sur les acquis enregistrés dans son combat contre le terrorisme et le crime orga- nisé”. “Cette stratégie, a-t-il ajouté, repose, prio- ritairement, sur la professionnalisation et la mo- dernisation des services de police et le développe- ment de leurs capacités d’action sur la consolida- tion de la relation de confiance avec le citoyen, ain- si que sur la mise en place de standards interna- tionaux en matière de principes de l’État de droit et de respect des droits fondamentaux”. “Cette po- litique, a-t-il encore précisé, s’est traduite par la mise en œuvre de nombreux programmes dans d’importants domaines parmi lesquels la forma- tion, la communication interne et externe, la spécialisation, l’utilisation des TIC, ainsi que le ren-

forcement de la confiance avec le citoyen.” M. Mes- sahel a, par ailleurs, souligné “toute l’importan- ce qu’accorde l’Algérie à Afripol en tant que pla- teforme de coopération active entre les polices afri- caines”. Afripol, qui a été créée au mois de février dernier, aura son siège à Alger. Évoquant la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, M. Messahel a réitéré la volonté et la dis- ponibilité de l’Algérie à “favoriser et à promou- voir le développement, et le renforcement des re- lations de coopération entre la Police nationale et celle des pays de la région, d’Afrique et du mon- de”. “Cette position, a-t-il indiqué, résulte de la conviction de l’Algérie que le terrorisme et le cri- me organisé, sous toutes ses formes, ne cessent de se globaliser, de se sophistiquer et de constituer ain- si des menaces redoutables pour la paix et la sé-

curité de tous les pays sans exception.” M. Messa- hel a rappelé la décision du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine de tenir, lors du pre- mier trimestre de l’année prochaine, une réunion de haut niveau consacrée à la question de la cri- minalisation par les Nations unies de toutes les sources de financement du terrorisme, et ce, à tra- vers un protocole complémentaire à la Conven- tion internationale de lutte contre le terrorisme. M. Messahel a dirigé la délégation algérienne, composée du général-major et directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), Abdelghani Ha- mel, et de hauts cadres de la DGSN, qui a pris part aux travaux de la 3 e réunion ministérielle inter- nationale qui se tient à Monaco, en marge de la 83 e assemblée générale d’Interpol.

R. N.

LE MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS À ORAN

“L’État va bien, mais pas celui des routes”

“L ’État va bien, mais pas celui des routes.” Cette boutade du ministre des Travaux publics,

Abdelkader Kadi, suite à un lapsus de la directrice des travaux publics de la wi-

laya d’Oran, est révélatrice de la situa- tion de son secteur. En effet, en visite de travail à Oran, le ministre s’est dé- placé d’abord au chantier d’extension du port d’Oran. Sur place, des instruc- tions fermes ont été données au grou- pement chargé de la réalisation Chec- China et ETRHB Haddad pour rédui- re les délais. Le convoi ministériel s’est rendu ensuite à El-Kerma au niveau du projet du 5 e périphérique. La réalisation de l’abri du port de pêche à Kristel a été la 3 e étape de la visite ministérielle. Un

projet réalisé sur 4 ha dont 1,6 ha de ter- re-plein et un point d’eau de 2,6 ha. Là, les habitants ont profité de la présence du ministre pour soulever le problème du déversement des eaux usées dans la baie et l’insécurité qui règne dans la lo- calité balnéaire, tout en souhaitant l’extension du port. Lors d’un point de presse sur le site de réalisation d’une tré- mie au 4 e b d périphérique où il a procé- dé au lancement du projet nécessitant une enveloppe de 793 millions de di- nars, le ministre a déclaré qu’“il n’y a pas de problème de financement des projets d’extension du port d’Oran et le cadre qui vous a informés du contraire n’a qu’à venir prendre ma place”. En outre, l’hôte d’El-Bahia dit ne plus vouloir en-

tendre parler de mise à niveau. “Ce n’est pas une mise à niveau. Ces projets sont nécessaires pour l’amélioration de la cir- culation dans la ville d’Oran. Ce sont des réalisations obligatoires maintenant”, précise-t-il, avant d’ajouter : “Quand on règle un point noir, on en crée d’autres. La réalisation d’une trémie crée d’autres problèmes, donc nous devons aussi pré- voir au lieu de subir.” Cependant, le chef de sûreté de wilaya a saisi l’opportuni- té pour demander au ministre de prendre en charge les deux points noirs de la circulation. Le premier étant localisé au niveau de la CLO et le second situé au niveau de la centrale de la sûreté urbaine.

NOUREDDINE BENABBOU

CONFÉRENCE SUR LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL

Mobilis partenaire officiel

n Mobilis est le partenaire officiel de la Conférence sur le développement économique et social, organisée sous le haut patronage de Son Excellence M. Abdelaziz Bouteflika, président de la République, du 4 au 6 novembre 2014 à Alger. Initiée par le ministère de l’Industrie et des Mines, la conférence vient dans le sillage du processus de mise en œuvre du Plan d’action du gouvernement et du Pacte national économique et social de croissance qui vise à atteindre les objectifs d’une croissance forte et durable de 7% à l’horizon 2020. La conférence consiste à offrir un cadre idoine pour un large dialogue entre toutes les parties prenantes du développement économique et social du pays à l’horizon 2020, afin de promouvoir une démarche consensuelle autour de questions-clés, telles que les problématiques liées à la promotion de l’investissement, le rôle des acteurs nationaux (institutionnels, économiques, sociaux, territoriaux, élus), qui doivent soutenir leurs efforts, selon une approche cohérente et solidaire. Mobilis, de par son statut d'opérateur national, ne peut qu'être partenaire principal d'une telle initiative, tout en multipliant ses efforts pour l'accompagnement des entreprises, en offrant les meilleures solutions en matière de technologies de l'information et de la communication, pour plus d'efficience et de création de richesse de notre tissu économique. Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de Mobilis au www.mobilis.dz ou la page facebook.

LIBERTE

Mercredi 5 novembre 2014

L’actualité en question

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RÉUNION DES EXPERTS GOUVERNEMENTAUX ARABES

Constat dramatique de la situation du droit international

Les conflits ont attisé l’intolérance et la haine entre les groupes communautaires et ethniques, et créé un environnement propice à l’extrémisme et au terrorisme.

L a 10 e réunion des com- missions nationales et des experts gouvernementaux arabes du droit interna- tional humanitaire, dont les travaux ont été enta-

més, hier, au Cercle de l’armée de Beni Messous, s’est fixé comme objectif de rechercher des solutions aux violations croissantes des normes établies en la matière. Le ministre de la Justice, Tayeb Louh, également président de la Commission nationale du droit in- ternational humanitaire en Algérie, a tenu d’abord à rappeler le contexte dans lequel se déroule cette rencontre, marquée par des conflits armés et des tragédies humaines dans plusieurs ré- gions du monde. “Certains pays de la région arabe et de régions limitrophes ne sont pas à l’abri de cette situation qui a engendré des milliers de victimes innocentes et des di- zaines de milliers de réfugiés qui se trou- vent aujourd’hui dans des conditions précaires et inhumaines. Ces conflits ont attisé l’intolérance et la haine entre les groupes communautaires et ethniques, et créé un environnement propice à l’ex- trémisme et au terrorisme, ainsi qu’aux différentes formes de criminalité.” Ce constat fait, le ministre a exprimé la position de l’Algérie qui pense que

Newpress
Newpress

Tayeb Louh a présidé les travaux de la Commission nationale du droit international humanitaire.

“ces tragédies auraient pu être évitées si les belligérants avaient privilégié le dialogue et la réconciliation au lieu de recourir à la violence et aux armes, et si, de son côté, la communauté inter-

nationale s’était investie davantage dans le règlement de ces conflits par des moyens pacifiques”. Selon Tayeb Louh, “la responsabilité de la communauté in- ternationale demeure entière pour re-

chercher des voies et moyens à même de prévenir ces crises en mettant tout en œuvre pour rendre effectifs les principes de paix et de sécurité dans les relations internationales. Nous avons grand be-

soin de renouer avec l’esprit qui a pré- valu suite aux tragédies engendrées par les deux grandes guerres mondiales, et qui a été à l’origine de la codification du droit international humanitaire et de la création de l’Organisation des Na- tions unies”. Alger souhaite que la 32 e Conférence internationale de la Croix- Rouge et du département fédéral des Affaires étrangères de la Confédéra- tion suisse aboutisse à des conclusions consensuelles. La vice-présidente du Comité inter- national de la Croix-Rouge, Cristine Beerli, pense que le monde arabe est particulièrement touché par les conflits et la violence. La Syrie, le Yémen, l’Irak, la Palestine, la Libye connaissent, dit-elle, une période d’instabilité dra- matique et sont le théâtre de graves violations du droit international hu- manitaire. “Les règles des Conventions de Genève régissant la conduite des hos- tilités ne sont pas suffisamment res- pectées, les populations protégées — femmes, enfants, détenus et civils no- tamment — ne bénéficient pas toujours de la protection qui leur est due…” Elle estime que 150 ans après l’adoption de la première Convention de Genève, le droit international humanitaire a mal- heureusement échoué.

N. H.

TOUT EN PROCÉDANT À L’INAUGURATION DE DEUX NOUVELLES BRIGADES DANS LA RÉGION

Le nouveau commandant de la gendarmerie de Tizi Ouzou installé par le général Bidel

L e commandant de la 1 re Région de la Gendarmerie nationale de Blida, le général Aïssa Bidel, a

procédé, hier, à l’installation officielle du nouveau commandant de groupe- ment du même corps dans la wilaya de Tizi Ouzou et à l’inauguration des deux nouvelles brigades de Maâtkas et

de la ville de Tizi Ouzou. L’installation officielle du lieutenant- colonel, Akrouf Nourdine, dans ses fonctions de premier responsable local de la gendarmerie, a été une occasion pour le général Aïssa Bidel de rendre un vibrant hommage aux hommes et aux femmes qui ont marqué l’histoire de cette région à commencer par Massinissa et Jugurtha, jusqu’à Tahar Djaout, en passant par les Abane Ramdane, Krim Belkacem, Mouloud

Feraoun, Aïssat Idir, Ali Zamoum, Ali Mellah et bien d’autres encore. Après avoir rendu également hom- mage au village historique d’Ighil Imoula où a été ronéotypée la procla- mation du 1 er Novembre 1954, le gé- néral de région a rappelé les missions de la gendarmerie, tout en insistant au- près du nouveau responsable de les me- ner sans lésiner sur les moyens, et surtout, avec rigueur, abnégation et res- ponsabilité, notamment en ce qui concerne la sécurité des biens et des personnes et la lutte contre le terro- risme et le crime organisé. Lors de son intervention, le général Bidel a expliqué qu’avec l’inauguration des deux nouvelles infrastructures, qu’il a d’ailleurs visitées, à Mâatkas et dans la ville de Tizi Ouzou, le nombre

de brigades de gendarmerie dans la wi- laya est passé à 25. Ce qui porte égale- ment le taux de couverture sécuritai- re dans la wilaya à 37%, a-t-il encore précisé, tout en soulignant que ce taux connaîtra bientôt une nouvelle crois- sance avec l’inauguration prochaine de la brigade d’Ifigha, dans la daïra d’Azazga. Interrogé sur les autres nou- velles brigades annoncées en réalisa- tion, le général Bidel a expliqué que leur nombre est de 15 et que le taux de leur réalisation se situe entre 60 et 70%. “Nous allons nous redéployer dans toutes les régions quittées au début des années 2000”, a-t-il déclaré, non sans souligner qu’à long terme, l’objectif est d’atteindre un taux de couverture de 100%. Pour rappel, cet objectif a été fixé pour l’horizon 2010, mais dans cer-

ELLE ESCORTAIT DES TRAVAILLEURS CHINOIS ET TURCS À BOUIRA

Une patrouille de gendarmerie échappe à un attentat terroriste

U ne patrouille de la gendarmerie escortant des em- ployés turcs et chinois exerçant pour le compte d'une société étrangère, a essuyé des tirs nourris avant-hier

sur la route menant d'El-Adjiba vers Tamellaht, commu- ne d'Ahnif, à l’est de Bouira. Selon une source sécuritaire,

une dizaine de terroristes auraient ouvert le feu sur le convoi,

sous le feu nourri des assaillants, a légèrement été blessé par

a aussitôt été dé-

des éclats.

clenchée

Bordj Bou-Arréridj. De sources bien informées, nous apprenons que deux ter- roristes ont été capturés vivants par les services de sécuri-

la wilaya de

Une opération

dans cette

région

de ratissage

limitrophe de

surprenant ainsi

les

véhicules empruntant

ce chemin

té aux alentours de la forêt de Tamellaht. Les étrangers, qui

communal escarpé vers 17h. Les gendarmes

ont immé-

ont échappé à cet attentat, travaillent pour le compte du

diatement riposté

en tenant

à distance

les

assaillants.

groupement sino-turc CCECC-Ozgün chargé de la réali-

Pendant près d'une heure, des coups de feu ont été enten-

sation

de la ligne ferroviaire électrique reliant Thénia à

dus par les citoyens de la région. Les renforts de l'ANP dé-

Bordj

Bou-Arréridj.

Fort

heureusement,

aucun blessé

pêchés en urgence ont rapidement fait fuir les terroristes qui se sont repliés vers le vaste maquis boisé de Tamellaht. Fort heureusement, aucun des travailleurs escortés n’a été touché par les tirs nourris des terroristes. Un seul gendar-

n'est à déplorer dans cet accrochage. Hier matin, les éléments de lutte antiterroriste, appuyés par les forces aériennes, sur- volaient toute la région. La traque des terroristes se pour- suit encore.

me parmi l’escorte, se trouvant dans l’un des véhicules pris

H. B./A. D.

taines localités de la wilaya, il fallait compter avec l’hostilité de la popula- tion au redéploiement des hommes en vert, qui peinent ainsi à s’installer dans toutes les localités prévues sur leur carte de redéploiement. Cette difficul-

de redéploiement a longtemps ser-

vi

d’argument, faut-il le rappeler, pour

expliquer la recrudescence du terro- risme et du banditisme, puis justifier l’impuissance des forces de sécurité de- vant les kidnappings qui sévissaient jus- qu’à un passé récent dans cette région. Interrogé, justement, sur ce phéno-

mène des enlèvements, le général de ré- gion, Aïssa Bidel, a répondu que “les en- lèvements ne sont pas propres à la wi- laya de Tizi Ouzou, et dans les affaires d’enlèvement, il y a aussi des affaires qu’on ne devrait pas porter au chapitre

des enlèvements”. Ceci n’exclut pas, dit-

il, qu’il y a eu des enlèvements de commerçants et autres entrepreneurs dans cette région où il espère, conclut- il, une meilleure collaboration de la po- pulation dans la lutte contre l’insécu- rité dans la région.

SAMIR LESLOUS

IL OPÉRAIT ENTRE LA TURQUIE, LA SYRIE, LA TUNISIE ET L’ALGÉRIE

Un réseau de recrutement de jihadistes tombe à Tébessa

n Un réseau international spécialisé dans le recrutement de jihadistes a été démantelé, hier, dans la wilaya de Tébessa. Tout a commencé quand les gendarmes de Bir El-Ater ont reçu un renseignement selon lequel deux Syriens ont été interceptés dans un barrage de contrôle de routine, sur la RN1 de Thelidjen, en possession de faux passeports. Suite à quoi et après exploitation des mis en cause, il s’est avéré que les passeports ont été délivrés à Damas (Syrie) et à Istanbul (Turquie), en monnayant une somme de 700 dollars US. Lors des investigations, les gendarmes enquêteurs ont même remonté jusqu’à l’aéroport Houari-Boumediene pour vérifier si ces deux ressortissants y avaient effectivement transité. Mieux, l’identité des deux individus a également été usurpée par les trafiquants de passeports d’Istanbul pour faciliter leur passage dans les aéroports internationaux. Pis encore, l’un des mis en cause détient un vrai passeport qu’il avait caché chez son compatriote, serveur dans un restaurant à Bab-Ezzouar. Finalement, les enquêteurs ont décelé un nouveau mode opératoire des jihadistes qui consiste à rentrer dans plusieurs pays avec de vrais documents, avant de changer de pays avec de fausses identités. Les deux individus sont originaires de Damas et d’Istanbul et activaient en coordination avec un réseau international de jihadistes. Présentés, hier, devant la justice, les deux individus ont été écroués. L’enquête se poursuit.

FARID BELGACEM

LIBERTE

Mercredi 5 novembre 2014

Contribution

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LE PARADOXE DES CENTRALES HYBRIDES SOLAIRE/GAZ

Avancée innovatrice ou aberration technologique ?

L’ Algérie s’est engagée dans un vas- te projet d’énergies renouve- lables reposant presqu’exclusi- vement sur l’énergie solaire avec 97% du total. Un véritable mé- gaprojet initié en 2011 et pré-

voyant de mettre en place d’ici 2030 une capa- cité de 22 000 mégawatts d’électricité solaire dont

10 000 desti- nés à l’expor- tation. L’objec-

tif recherché est de produire, à cette date, 40% de la consom- mation nationale d’énergie électrique et semble être inspiré par l’Agence internationale de l’éner- gie (AIE) qui prévoie que, à l’horizon 2030, 40% de l’énergie électrique mondiale sera d’origine re-

nouvelable. Un objectif d’ailleurs plus que dou- teux vu le revirement vis-à-vis du solaire dans de nombreux pays comme l’Allemagne et la mise en veilleuse de Desertec. Le projet algérien, qui repose sur le déploiement

à grande échelle de plusieurs formes d’énergie so-

laire, en l’occurrence le photovoltaïque, le ther- mo-solaire et les centrales hybrides solaire/gaz, soulève bien des interrogations que nous avons déjà eu l’occasion d’exposer dans une précédente tribune (Potentiel et limitations de l’énergie so- laire) parue dans le journal Liberté du 11 sep- tembre 2013. Parmi ces interrogations, et c’est là l’objet de la présente contribution, il y a celles qui portent sur

la raison d’être des nombreuses centrales hybrides solaire/gaz programmées dans le cadre du pro- jet et dont le nombre s’élève à 27 a-t-on annon- cé. En effet, force est de constater que ces centrales ne sont pas, comme on le prétend, la grande per- cée technologique ouvrant une nouvelle ap- proche pour la promotion de l’électricité solai- re. Bien au contraire, elles sont en complète contradiction avec une telle vision et aboutissent

à un résultat tout à fait opposé. L’Algérie, qui est

le premier, ou l’un des tous premiers, parmi les rares pays qui en ont déjà implanté une sur leur sol, semble s’y être engagée un peu trop vite et sans réflexion préalable. Qu’en est-il au juste ? S’agit-il, comme on le dit, d’une avancée innovatrice ? Rien de moins sûr ! Ou, au contraire, sommes-nous en présence d’une surprenante aberration technologique ? Tout porte à le croire. Pour s’en convaincre, il est nécessaire, tout d’abord, de comprendre ce qu’est une station so- laire, ce qu’est une centrale électrique à cycle com-

biné gaz, ce qu’est une centrale hybride solaire/gaz et avoir une idée du manque de rentabilité des projets thermo-solaires.

Par :

MOHAMED TERKMANI (*)

Les stations solaires Il existe deux types de stations solaires utilisant deux procédés complètement différents pour la production d’électricité : le photovoltaïque et le thermo-solaire. Le photovoltaïque consiste à produire de l’élec-

tricité directement à partir du rayonnement so- laire. Il nécessite pour cela l’utilisation de cellules

à base de silicium cristallin dont le fonctionne-

ment repose sur le principe des semi-conducteurs et à l’intérieur desquelles quelques électrons sont mis en mouvement (faible courant) lorsqu’ils sont bombardés par les rayons lumineux (pho- tons). Pour obtenir de grandes quantités d’électricité, il faut mettre en œuvre un nombre très élevés de cellules regroupées en panneaux qui sont eux- mêmes déployés à l’intérieur de parcs solaires pouvant couvrir des centaines d’hectares. Nous n’en dirons pas plus sur le photovoltaïque car il n’a rien à voir avec les centrales hybrides. Le thermo-solaire quant à lui produit de l’élec- tricité indirectement à partir de la chaleur émi- se par les rayons du soleil. Celle-ci est captée par des miroirs en général de forme cylindro-para- bolique, permettant de concentrer, le long d’une ligne focale, la chaleur diffuse qui leur parvient et obtenir de la sorte des températures très éle- vées de plusieurs centaines de degré Celsius. Un fluide caloporteur circule le long de ces lignes fo- cales dans des canalisations qui le dirigent à très haute température vers un échangeur de chaleur

D. R.
D. R.

pour chauffer une chaudière. La vapeur ainsi pro- duite va faire tourner une turbine à vapeur reliée à un alternateur qui génèrera l’électricité requise. La quantité de chaleur fournie par chaque miroir étant faible, il sera nécessaire d’en déployer un très grand nombre dans des parcs thermo-solaires pouvant, eux aussi, couvrir des centaines d’hec- tares. L’électricité produite sera donc propor- tionnelle à la quantité de chaleur générée.

Les centrales électriques à cycle combiné gaz Ces centrales utilisent le gaz comme combustible et se différencient des anciennes centrales à cycle simple en produisant de l’électricité en deux étapes au lieu d’une. La première étape fait ap- pel à des turbines à gaz qui ont cette particula- rité de rejeter des gaz de combustion très chauds (environ 600°C). Avec les anciennes centrales à cycle simple, ces gaz étaient tout simplement re- jetés dans la nature, ce qui constituait une per- te énorme d’énergie thermique. La deuxième étape consiste à éviter une pareille déperdition de chaleur en récupérant ces gaz et en les dirigeant vers un échangeur de chaleur qui permettra de chauffer une chaudière. La vapeur ainsi produite va servir à faire tourner une se- conde turbine (à vapeur cette fois-ci) couplée à un alternateur qui génèrera une quantité sup- plémentaire d’électricité venant s’ajouter à cel- le produite par la turbine à gaz. Il en résulte un cycle combiné gaz/vapeur améliorant considé- rablement le rendement de la centrale élec- trique. C’est grâce à la présence de cette turbine à vapeur qu’il devient possible de concevoir une centra- le hybride.

Les centrales hybrides solaire/gaz Pour produire de l’électricité exclusivement so- laire et éviter toute consommation de gaz, il faut mettre en œuvre des centrales électriques 100% solaire. Or, ces centrales présentent actuellement un gros handicap qui limite sérieusement leur fonctionnement. En effet, outre les coûts élevés qui réduisent considérablement leur rentabilité par rapport aux centrales à gaz, elles présentent l’inconvénient majeur de fonctionner par inter-

mittence, c’est-à-dire le jour seulement lorsque le soleil brille, avec arrêt complet la nuit et pro- duction limitée par temps nuageux et lors de vents de sable. D’où la nécessité de mettre en place des capacités de stockage pour y remédier, sauf que celles-ci se trouvent encore au stade expérimental et sont encore loin de connaître une application commerciale fiable, sans parler de leurs coûts éle- vés. C’est là probablement la principale raison ayant conduit à concevoir des centrales hybrides so- laire/gaz afin de contourner le problème de stockage. Un tel projet n’aurait pu voir le jour sans l’exis- tence d’un dénominateur commun entre une cen- trale à cycle combiné et une station thermo-so- laire, à savoir la turbine à vapeur que chacune

d’elles utilise. Il devient ainsi possible, en leur fai- sant partager la même turbine à vapeur, de les in- tégrer en une unité mixte dans le cadre d’un en- semble appelé centrale hybride. La station solaire

y joue alors le rôle d’une seconde source de cha-

leur, venant en appoint à la chaleur des gaz de combustion, pour accroître la production tota- le de vapeur et par là celle de l’électricité. C’est cela une centrale hybride solaire/gaz : la simple juxtaposition d’une station solaire et d’une centrale électrique à cycle combiné, rac- cordées par une turbine à vapeur commune. Rien de plus. Il en résulte, entre autres, un surdi-

mensionnement excessif des turbines à gaz par rapport à la partie solaire entraînant ainsi une sur- consommation excessive de gaz contrairement

à l’objectif d’un projet solaire. Un tel déséquilibre est pratiquement impossible à réduire de manière significative à cause du concept même sur lequel repose l’hybridation.

L’exemple des stations hybrides de Hassi-R’mel (Algérie) et d’Aïn Béni Mathar (Maroc) La centrale hybride de Hassi-R’mel (Tilrhempt) illustre parfaitement ce qui vient d’être dit. Il s’agit en fait d’une grosse centrale à cycle combiné gaz de 120 MW à laquelle est intégrée une petite sta- tion thermo-solaire de 30 MW, soit 20% du to- tal. Dans ces conditions, chaque fois que la sta- tion solaire nous économise un certain volume de gaz, la centrale à gaz en consomme 4 fois plus

le jour et 4 fois plus la nuit, soit 8 fois plus au to- tal. En réalité, le déséquilibre est bien plus grand car la station ne fonctionne jamais au maximum de ses 30 MW et cela pour plusieurs raisons. D’abord, la luminosité n’atteint son maximum qu’à midi et décroit progressivement lorsqu’on s’en éloigne pour disparaître complètement en début et en fin de journée. Ensuite, cette lumi- nosité varie en durée et en intensité en fonction des saisons, par temps nuageux et lors de vents de sable. Enfin, en cas de défaillance technique. Par exemple, si la station ne fonctionne qu’à 50% de sa capacité, les turbines à gaz consommeront environ 16 fois ce qu’elle économise. On dit même, sauf démenti, que seulement 3% de l’électricité produite par la centrale hybride est d’origine solaire, le reste, soit 97%, étant généré par les turbines à gaz. Drôle de façon d’écono- miser le gaz et de promouvoir le solaire ! Dans le cas de la centrale hybride marocaine d’Aïn Béni Mathar où la partie solaire de 20 MW ne représente qu’environ 4% du total des 472 MW, la situation est encore pire qu’à Has- si-R’mel. Ainsi, pour chaque mètre cube d’éco- nomisé par la partie solaire c’est environ 47 m 3 de gaz qui sont consommés par la partie cycle combiné. Chiffre qui peut s’élever à 94 m 3 si l’uni- té solaire ne fonctionne qu’à 50% de sa capaci- té. On dit même que 5% seulement de l’électri- cité produite serait d’origine solaire. De ce fait, les centrales hybrides ne peuvent se comprendre ni se justifier car en totale contra- diction avec le rôle solaire qu’elles sont suppo- sées jouer pour préserver des ressources gazières en déclin.

Le thermo-solaire et les centrales hybrides sont-ils rentables ? Il n’y a pas que la consommation démesurée de gaz qui pose problème mais aussi le coût exces- sif des stations thermo-solaires, coût qui les rend non rentables par rapport aux centrales à cycle combiné. Cette non-rentabilité se répercute au- tomatiquement sur les centrales hybrides qui, de ce fait, deviennent de moins en moins ren- tables avec l’accroissement relatif de la partie so- laire par rapport à l’ensemble. Pour le prouver, nous avons procédé, dans une précédente contribution citée plus haut, à l’esti- mation de la rentabilité des projets thermo-so- laires. Les résultats, basés sur les prix de revient de ce genre de stations à travers le monde, sur la quantité de gaz qu’elles permettent d’économi- ser et sur une durée de vie moyenne de 30 ans, nous montre que le break-even point, c’est-à-dire le seuil de rentabilité, ne peut être atteint que si les prix du gaz s’élèvent à environ $24 le MM btu. Sachant que les prix du gaz pour les contrats de longue durée tournent autour de $10 le MM btu, il devient évident que le thermo-solaire est loin d’être rentable. Il le sera bien moins avec les prix spots de $5 ou $6 le MM btu et même énormé- ment moins avec les prix locaux subventionnés. Par conséquent, les centrales hybrides seront tou- jours, à puissance égale, bien plus coûteuse qu’une centrale à 100% cycle combiné. Cet ar- gument économique vient donc s’ajouter à celui de la consommation excessive de gaz pour mon- trer qu’elles n’ont aucune raison d’exister.

Conclusion Les centrales hybrides, présentées comme étant une avancée innovatrice, sont en réalité, pour un pays comme l’Algérie, une véritable aberration technologique. Au lieu de promouvoir l’énergie solaire, celle-ci se trouve réduite à sa plus simple expression et c’est le gaz qui se taille la part du lion dans la pro- duction d’électricité alors que le but recherché est sa conservation dans le contexte d’un épuisement proche des réserves. De plus, ces centrales sont d’autant plus injustifiées que les coûts de l’hy- bridation compromettent leur rentabilité. Aussi, un pays comme l’Algérie gagnerait à y ré- fléchir à deux fois et même à plusieurs fois, avant de poursuivre le reste du projet de centrales hy- brides.

M. T. MTERKMANI@MSN.COM (*) ANCIEN DIRECTEUR À SONATRACH

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Culture

Mercredi 5 novembre 2014

LIBERTE

…PARUTIONS/NOUVEAUTÉS…

Massinissa, le grand Africain de Houaria Kadra-Hadjadj

Massinissa, le grand Africain de Houaria Kadra-Hadjadj Massinissa (238-148 av. J.-C.), l’un des premiers rois de

Massinissa (238-148 av. J.-C.), l’un des premiers rois de la Berbérie antique, était le fils d’une prophétesse et de Gaïa, qui régnait sur un modeste royaume coincé entre le territoire de Carthage à l’est et les Etats du puissant Syphax, à l’ouest. Animé d’une im- mense ambition, doué de qualités ex- ceptionnelles, le prince parvint à agran- dir le royaume ancestral aux dimen- sions du Maghreb. Le contexte poli- tique et militaire de l’époque favorisa cette ascension. Comblé par la fortu- ne de son vivant, il accéda à l’immor- talité dès sa mort : ses sujets le divini- sèrent et lui élevèrent des temples pour lui rendre un culte. Plus de deux siècles plus tard, il revivra dans l’épo- pée de Silius Italicus, la Guerre pu- nique, sous les traits d’un guerrier va- leureux et énergique, et d’un entraîneur d’hommes aux éminentes qualités morales. A notre époque, Massinissa, le conquérant et le bâtisseur de la grande Numidie, demeure une figure emblématique de l’histoire du Magh- reb. L’universitaire algérienne Houa- ria Kadra-Hadjadj lui consacre un ouvrage paru aux éditions Casbah. Prix : 750 DA.

Tadhamoun el oumamiya de Fritz Keller

Prix : 750 DA. Tadhamoun el oumamiya de Fritz Keller L’ouvrage, Tadhamoun el oumamiya, al yassar

L’ouvrage, Tadhamoun el oumamiya, al yassar ennamsaoui oua ethawra el djazaïria (1958-1963) (soutien de l’In- ternationale, la gauche autrichienne et la guerre d’Algérie), paru aux édi- tions Dar Khettab (avec l’aide du mi- nistère des Moudjahidine) est une traduction vers l’arabe d’une thèse que l’historien autrichien, Fritz Keller, consacre à l’appui de l’Internationale, de manière générale de la Gauche au- trichienne à la guerre d’Indépendan- ce, et plus particulièrement au rôle de Bruno Kreisky, Rudolph Kirschläger, Karl Blecha, Petre Strausser, Karl Rei- dinger. Ces personnes ont accueilli les militants, ils ont également aidé les ré- fugiés algériens sur les frontières tu- nisiennes et marocaines, et ont même créé des réseaux d’aide et de soutien. Cette recherche, contenue dans l’ou- vrage trouve tout son sens et son in- térêt dans deux raisons : d’abord il comporte une analyse détaillée avec des chiffres, des statistiques de ce mouve- ment de soutien ; ensuite Fritz Kellet expose des facettes peu connues des ré- seaux de soutien européens à l’Algérie. Prix : 800 DA.

Les mots italiens et espagnols dans le vieux parler algérien de Mohamed Nazim Aziri

dans le vieux parler algérien de Mohamed Nazim Aziri “L’un des domaines linguistiques les moins connus

“L’un des domaines linguistiques les moins connus dans la dialectologie al- gérienne concerne l’étymologie, ou l’origine et la filiation des mots utili- sés dans la langue que nous parlons, c'est-à-dire le dialecte algérien. Un dialecte dont la matière linguistique n’est pas forcément issue uniquement de l’arabe ou du berbère. Car, en effet, la ‘langue algérienne’ renferme plu- sieurs vocables empruntés aux langues du voisinage méditerranéen. Outre les langues orientales (mots persans, turcs et kurdes) apportées par les Turcs, à la faveur de leur présence en Algérie et qui a duré plus de trois siècles (1515-1830), l’espagnol et l’ita- lien constituent, à l’instar du français, les principales sources d’emprunts linguistiques”, écrit l’auteur de ce dic- tionnaire, paru aux éditions Anep, dans une présentation. Prix : 400 DA.

Printemps de Rachid Boudjedra

présentation. Prix : 400 DA. Printemps de Rachid Boudjedra Agée de trente ans et ancienne cham-

Agée de trente ans et ancienne cham- pionne du 400 mètres haies, Teldj enseigne la littérature érotique arabe à l’université d’Alger et ne cache pas son attirance pour les femmes. Elle s’éprend passionnément d’une jeune Espagnole venue chercher du travail dans la capitale algérienne. Trauma- tisée, très jeune, par l’assassinat de sa mère pendant la décennie noire, Teldj est fascinée par l’histoire du monde arabe sombrant dans une confusion qui la renvoie à son propre désarroi. Ce roman déroule un siècle (1914-2014) ravagé par des guerres effroyables et ja- lonné par des avancées fulgurantes que Teldj passe au crible de l’histoire avec chagrin et perplexité. Rachid Boudje- dra livre, avec Printemps, un roman puissant, plein de remous et de fureur, écrit dans un style poétique et âpre, où l’on retrouve la grande érudition et l’immense talent de l’auteur. Un cri d’alarme et de révolte. Prix : 950 DA.

Notre vie, disent-ils de Jacques At- tali

Ce roman paru cette année en France

de Jacques At- tali Ce roman paru cette année en France chez Fayard vient de paraître

chez Fayard vient de paraître en Al- gérie aux éditions Hibr. Cette fiction commence lors d’une conférence à Ge- nève, en janvier 2015. Tristan, brillant professeur de mathématiques à l’uni- versité de Princeton, tombe sous le charme d’une mystérieuse jeune fem- me, Yse, qui semble disposer, comme lui, de dons de prescience… Saura-t- il empêcher l’immense catastrophe qu’elle prévoit ? La guerre mondiale qu’elle devine aura-t-elle lieu ? Yse en- traîne Tristan, dans un tour du mon- de à la recherche de savoirs anciens qui pourraient l’aider à relever ces défis. “En racontant leur histoire d’amour et l’étrange pacte qui les lie, Jacques At- tali rompt l’ordonnancement du temps et pose les questions qui hantent l’hu- manité depuis les commencements :

peut-on échapper à son destin, tel que les autres le prévoient ou le déci- dent ? Pouvons-nous faire en sorte que notre vie ne se réduise pas à ce que les autres en disent?”. Prix : 800 DA.

J’aime le malheur que tu me causes de Selma Guettaf

DA. J’aime le malheur que tu me causes de Selma Guettaf “J’aime le malheur que tu

“J’aime le malheur que tu me causes, les tribulations d’une adolescente al- gérienne paumée” est un roman qui vient de paraître aux éditions Lazha- ri Labter. “Depuis que mon père avait déserté l’espace familial, je me refusais de lui parler. Maman m’obligeait à pas- ser du temps en sa compagnie quand il venait me voir. Je n’ouvrais jamais la bouche. Il ne s’en formalisait pas. Mon mutisme semblait même l’ar- ranger. Il se bornait à me poser des questions banales à propos des cours auxquelles je répondais laconique- ment, parfois en hochant simplement la tête. Un jour pourtant, tourmentée et perdue, je me plaignis à mon géni- teur des brimades et des moqueries de certains de mes camarades. C’était la première fois que je m’ouvrais à quel- qu’un. Il me fit comprendre que jamais je ne pourrais compter sur lui. (…) Sa réplique fut une véritable gifle cin- glante, car je compris ce jour-là que c’était dans l’indifférence que je devais tracer ma voie”, écrit l’auteure. Prix :

400 DA.

Béjaïa ma ville, ma pupille… d’Arezki Tahar

Publié à compte d’auteur et préfacé par

Tahar Publié à compte d’auteur et préfacé par Rachid Boudjedra, ce beau-livre de photographies nous

Rachid Boudjedra, ce beau-livre de photographies nous restitue toute la beauté de Béjaïa. Le préfacier note que :

“…après avoir vu et revu Béjaïa sur la pellicule d’Arezki Tahar, car toutes les photographies qui nous sont données à voir, à vivre et à s’y prendre ne sont qu’une sorte de structures de plomb fondu bourré d’un désir, d’une passion pour la ville natale ; le nœud gordien est d’un pays bourré de beauté et d’extase et dont l’étroitesse des sym- boles est ‘de l’ordre du divin’ comme l’écrit Ibn Arabi. Arezki Tahar pho- tographie sa ville comme on vaccine le monde. D’une façon sublime. Grâce à lui Béjaïa est devenue intarissable”. L’auteur et le préfacier seront aujour- d’hui à partir de 14h au niveau du stand des éditions Inas (F47, pavillon Casbah) pour une séance de vente-dé- dicace.

Boubaghla, le sultan à la mule gri- se –la résistance des Chorfas de Ali Farid Belkadi

gri- se –la résistance des Chorfas de Ali Farid Belkadi Paru aux éditions Thala, cet ouvrage

Paru aux éditions Thala, cet ouvrage préfacé par l’historien Gilles Manceron, apporte des idées et des perspectives nouvelles concernant une période am- plement ignorée des historiens, les années 1840 et 1850. Il est le tribut d’un travail de recherche amorcé au Mu- séum national d’histoire naturelle de Paris, où l’auteur a pu constater la pré- sence des restes mortuaires de plu- sieurs dizaines de résistants à l’occu- pation coloniale de l’Algérie. Parmi les- quels : le crâne du Cherif Mohamed Lamdjed Ben Abdelmalek, plus connu sous le sobriquet de «Boubaghla», la tête du Cheikh Bouziane des Zaâtchas, celle de son lieutenant Moussa Al-Dar- kaoui assassiné en même temps que lui, celle du chérif Bou Kedida, tué sous les murs de Tébessa, celle de Mokha- tar Ben Kouider Al-Titraoui, ainsi que la tête momifiée de Aïssa Al-Ha- madi, le lieutenant de Boubaghla. Ils furent les commandants incontestés de plusieurs insurrections armées et de mouvements de guérilla opposés à l’empire français. Les événements po- litiques marquants qui se sont dérou- lés durant les dernières années de la vie du Cherif Mohamed Lamdjed Ben Abdelmalek, sont amplement relatés. En même temps que les épisodes dé- cisifs du combat mené contre l’op- pression coloniale, par ces résistants qui sont jusqu’à nos jours célébrés par la mémoire collective algérienne.

jours célébrés par la mémoire collective algérienne. La dispari- tion languefran- çaise d’Assia Djebar la de

La dispari-

tion

languefran- çaise d’Assia

Djebar

la

de

Paru initiale- ment en Fran- ce aux éditions Albin Michel, ce roman d’Assia Djebar vient de pa- raître aux édi- tions Hibr. “Vingt ans d’exil vont-ils lui paraître irréels, coulée sombre s’éva- nouissant derrière lui ? Rues en lacis de La Casbah (celles de Pépé le Moko, lui disait en souriant Marise qui ne vint ja- mais jusqu’ici), il va les revoir dans le clair-obscur de ce vieil Alger, Djazirat el Bahdja, la belle, la glorieuse, si long- temps l’imprenable, la cité des pirates légendaires, bribes d’histoire que sa mémoire, à lui, l’enfant du quartier, ce matin sur la route de macère…”, peut- on lire sur la quatrième de couvertu- re. Prix : 950 DA.

El Nissa intidar… de Rym Ghomri

re. Prix : 950 DA. El Nissa intidar… de Rym Ghomri Le premier recueil de poésie

Le premier recueil de poésie de la poétesse tu- nisienne Rym Ghomri vient de pa- raître aux éditions Laz- hari Labter. Préfacé par l’écrivain al- gérien Waci- ny Laredj, ce- lui-ci note que ce qui caractérise la poé- sie de Rym Ghomri est son style nar- ratif qu’on retrouve, selon lui, rarement dans des œuvres poétiques ces der- nières années. Cette narration, cette forme d’écriture inscrit la poésie dans des perspectives d’épopée, dans le sens où ce qu’on lit, ce qui se décline sous la plume de la poétesse a une his- toire, dans le sens littéraire du terme. Ce n’est plus une langue et uniquement une langue, c’est aussi et surtout une histoire qui est racontée dans et à tra- vers chaque poème. Le préfacier trou- ve également que l’originalité de la poé- sie de la jeune poétesse se situe dans sa capacité à raconter les détails, les in- fimes petits détails de la vie, de l’en- fance, avec une langue poétique, in- quiétante. Rym Ghomri sera à partir d’aujourd’hui et jusqu’à la fin du Sila, au stand des éditions Lazhari Labter (B13, pavillon central), pour dédicacer son recueil. Prix : 300 DA.

Algereine de Gyps

Sous couvert de BD fami- liale Gyps présente avec hu- mour sa vi- sion de
Sous couvert
de BD fami-
liale Gyps
présente
avec hu-
mour sa vi-
sion de la si-
tuation de la
femme en
Algérie. Se
référant à
l’histoire, il
met en lu-
mière le

combat des Algériennes, Algereine pour la conquê- te de leurs droits depuis la nuit des temps. Cet album de bande dessinée, paru aux éditions Dalimen, est à la fois drôle et grave, parce que les situations sont bien souvent comiques mais elles n’en sont pas moins réelles et inspirées de la vie quotidienne. Le combat des femmes continue mais l’humour est là pour alléger la dure réalité sous le coup de crayon de Gyps. Prix : 1 200 DA.

LIBERTE

Mercredi 5 novembre 2014

Culture

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SORTIE DU FILM DOCUMENTAIRE “TIZIT, UN VILLAGE, UNE HISTOIRE”

Une jeunesse en quête de son histoire

Produit par Zidani audiovisuel, à l’occasion du 60 e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération, la projection de ce film documentaire a eu lieu jeudi dernier au musée du moudjahid de M’douha de Tizi Ouzou, et ce, en présence d’un nombreux public, notamment des acteurs de la Révolution, de fils de chahids…

des acteurs de la Révolution, de fils de chahids… T izit, un village, une histoire ,

T izit, un village, une

histoire, est un film

documentaire d’his-

toire produit par le

jeune réalisateur

Omar Ben Medour,

qui raconte l’épopée d’un village

martyrs pour une population éva- luée, entre 1954 et 1962, à envi- rons 900 habitants. Il est situé dans une zone dite rouge, com- munément appelée le ‘secteur Al- lah Irahmou’”, a indiqué Omar Ben Medour et d’ajouter : “Tizit

de

Haute-Kabylie durant la guer-

est entouré par le Djurdjura au

re

de Libération nationale.

sud, l’Akfadou au nord-est et la

Le film, de 52 minutes, est basé sur des témoignages vivants de personnes ayant vécu l’époque coloniale. Le réalisateur et son équipe ont voulu apporter un nouveau regard sur l’histoire du village Tizit, de la région d’Illil- tène et de leurs rôles et sacrifices consentis pour une Algérie libre

vallée de la Soummam à l’est. Elle constituait alors une véritable plaque tournante pour les moud- jahidines et une zone de transit”. Dans Tizit, un village, une his- toire, 11 témoins de guerre ra- content leur vécu et celui de la population locale durant la guer- re de libération.

et indépendante.

Produits par Zidani audiovisuel, à l’occasion du 60 e anniversaire

du déclenchement de la guerre de

libération, la projection de ce

film documentaire a eu lieu jeu-

di dernier au musée du moudja-

hid de M’douha de Tizi Ouzou,

et ce, en présence d’un nom-

breux public, notamment des acteurs de la révolution, de fils de chahids… “Le village Tizit, dans la commune d’Illiltène, 70 km au sud de Tizi Ouzou, compte 158

Ils reviennent notamment sur le génocide de Tighzert où 38 per- sonnes ont été assassinées par l’armée française, dont 28 ont été fusillés au même moment. Pour Amara Aït Hamou, qui a parti-

cipé à la réalisation de ce travail, “nous avons essayé de démontrer

le rôle et le sacrifice de la popu- lation locale durant cette période coloniale et comment les villages et les villageois se sont préparés à la guerre de libération avec un élan de solidarité considérable”.

Le film documentaire et aussi une occasion, pour le réalisateur, d’éclairer sur le rôle joué par la femme durant cette période. A rappelé que la région d’Illiltène compte 840 martyrs pour 3 500 habitants à l’époque et avait connu plusieurs évènements qui ont marqué son histoire durant la même période. Par exemple, le 17 mai 1957, au lieudit Assif Idharissene, un vio-

lent accrochage s’est soldé par la mort de 20 moudjahidine, dont

11 du village Aït Aïssa Ouyahia.

Quelques mois après, du 9 au 13 août 1957, le général Massu a conduit une opération contre un groupe de moudjahidine qui veillait sur des armes acheminées par le colonel Amirouche via la Tunisie. Ils étaient réfugiés dans un abri dans un rochet dit Ifri n’Bazoo-

ka. Après 5 jours de siège, l’opé- ration s’est soldée par l’exécution d’une trentaine de résistants dont

18 sont originaire du village Aït

Aïssa Ouyahia.

K.TIGHILT

JOURNÉE NATIONALE DE L’ARTISAN À AÏN TÉMOUCHENT

Coloriages et travaux d’art au menu d’un riche programme

L’ Office de tourisme de Aïn Témouchent en collaboration avec la Chambre de l’ar- tisanat et des métiers organise, du 9 au

13 novembre prochain, “L’atelier coloriages et travaux d’art, jeux culturels et éducatifs, so- cioéducatif”. Cette manifestation culturelle est ouverte à tous les enfants et sera animée en plein air au ni- veau de la place du 9 décembre 1960 du chef- lieu de wilaya Aïn Témouchent, et ce, dans le cadre de la Journée nationale de l’artisan qui coïncide avec la date du 9 décembre commé- morant les manifestations qui se sont déroulées à Aïn Témouchent lors de la visite du général De Gaule mais elle s’inscrit également dans le cadre des activités promotionnelles. Les organisateurs à travers cet évènement veu- lent offrir un moment de détente et de créati-

vité aux enfants qui auront certainement le plai-

sir d’y participer et qui auront un éventail de des-

sins à colorer sur des thèmes variés qui auront

à cœur de les traiter grâce à leur imagination.

A ce titre, les organisateurs mettront à la dis-

position des jeunes participants un animateur qui aura la tâche d’encadrer cette opération la première du genre mais aussi tout le matériel et fournitures nécessaires dont des crayons de cou- leurs, des stylos feutres de couleurs ainsi que des dessins imprimés pour leur permettre de don- ner libre cours à leur imagination et leur créa- tivité. Un moment de détente à visée éducative certes, mais enrichissant pour la mémoire des enfants qui s’exprimeront lors de cet atelier avec la réa- lisation des travaux d’art.

M. LARADJ

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Rencontre thématique

n Aujourd’hui et demain à la salle du Sila

(Pavillon central), rencontre thématique intitulée “Littérature et cinéma : du roman au film”. Aujourd’hui :

n “La révolution Algérienne…du roman au

cinéma” (13h30 à 15h), avec Azzedine Mihoubi, Ahmed Rachedi et Ahcène Tlilani. Modérateur : Nabil Hadji ;

n “Entre cinéaste et romancier…ou le

cinéma et le choix de l’adaptation” (15h à 16h), avec Saïd Ould Khelifa et Amin Zaoui. Modérateur : Mohamed Allal ;

n “Le cinéma d’auteur existe-t-il encore ?”

(16h à 17h30), avec Ahmed Bedjaoui, Michel Serceau et Akli Tadjer. Modérateur :

Hamid Bouhbib.

Apprendre à donner, apprendre à revoir et Au matin de la parole.

n Demain à 15h au stand des éditions

Chihab (B26, pavillon central), rencontre avec Salah Laghrour à l’occasion de la parution de son ouvrage Abbas Laghrour, du militantisme au combat, Wilaya I ; à 17h, Ismaïl Ben Saâda signera son roman Chifra min sarab.

Interdit aux adultes !

n Durant toute la manifestation, et

comme son intitulé l’indique, un

programme dédié aux enfants est organisé quotidiennement au niveau des pavillons

A et G. Au programme des lectures de

contes, des expositions de planches de bandes-dessinées et des ateliers ainsi que des rencontres et des séances de dédicaces.

Ventes-dédicaces

n Aujourd’hui à 15h au stand des éditions

Casbah (B41, pavillon central) :

-Ouassini Benali-Baitich signera l’Amphi, le labo, la vie, mémoires d’un enseignant- chercheur de l’université d’Alger,

n Mohamed Said Bousaâdia dédicacera

Madkhal ila dirassat qanoun er’raqaba el Djazaïri,

n Abdelkrim Ouzaghla signera Albert

Camus Jean Sénac, chahadat el oussar wa machahed el kitaba.

n Aujourd’hui à 15h au stand de l’Institut

français d’Algérie (B45, pavillon central),

vente-dédicace de Maïssa Bey de ses derniers ouvrages parus aux éditions Barzakh.

n Aujourd’hui à partir de 14h au stand des

éditions El Kalima (pavillon central), Belkacem Rouache dédicacera son roman l’Homme qui regarde la mer.

n Demain à 15h au stand des éditions Apic

(B38, pavillon central) : Youcef Tounsi dédicacera Face au silence des eaux et les Noces du retour ; Gabriel Okoundji signera

Esprit Panaf

n Aujourd’hui (stand Esprit Panaf,

pavillon central) à partir de 15h : Littérature et musique : convergences et divergences, par Mukala Kadima-Nzuji (Congo). Modérateur : Jospeh Fumtim, écrivain et journaliste (Cameroun). Séance dédicace (de 16h30 à 17h30) : Mukala Kadima-Nzuji et Joseph Fumtim.

Cinéma

n Aujourd’hui à 17h à la salle Ali-Maâchi

(palais des expositions), projection de The

hunt fort red october de John Mc Tiernan. Ce film sera présenté par l’écrivain américain Marc Greaney.

n Aujourd’hui à la Cinémathèque d’Alger :

à 13h30, projection de Samouraï que

j’aimais de Mitsuo Kurotsuchi ; à 17h, la Somme de toutes les peurs de Phil Alden Robinson.

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L’internationale

Mercredi 5 novembre 2014

LIBERTE

ONU

Les Palestiniens soumettront leur texte courant novembre

Les Palestiniens soumettront bien courant novembre au Conseil de sécurité de l'ONU leur projet de résolution fixant un calendrier pour la fin de l'occupation israélienne, malgré l'opposition américaine, a indiqué hier un dirigeant de l'OLP à l'AFP. Une rencontre entre le négociateur en chef Saëb Erakat et le secrétaire d'Etat John Kerry lundi aux Etats-Unis n'a pas infléchi la détermination palestinienne, a dit Wassel Abou Youssef, membre du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine. “Aucune autre solution ne nous a été proposée par l'Administration américaine”, a-t-il dit. “L'administration américaine pousse à reprendre les négociations là où elles ont été laissées (en avril, ndlr), alors que ce mécanisme a fait la preuve de son échec au cours des années passées”, a-t-il expliqué. Le dernier round de négociations initiées en 2013 par M. Kerry a échoué en avril 2014 après neuf mois de navettes intensives. Frustrée de l'absence de perspective d'indépendance, la direction palestinienne a fait le choix d'en passer par la communauté internationale sans plus attendre une solution négociée avec Israël.

R. I./AGENCES

LE LEADER REBELLE ZAKHARTCHENKO INVESTI À LA “PRÉSIDENCE” À DONETSK

Le cessez-le-feu vole en éclats dans l’est de l’Ukraine

Le leader rebelle prorusse Alexandre Zakhartchenko élu président” de la république autoproclamée de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, aux élections de dimanche dénoncées par l'Occident, a été investi hier dans ses fonctions, a constaté un photographe de l'AFP. “Je jure de servir le peuple de la République populaire de Donetsk”, a déclaré M. Zakhartchenko, un ancien mécanicien de 38 ans, qui était jusqu'alors “Premier ministre” de la République autoproclamée de Donetsk, lors de la cérémonie qui s'est déroulée dans le Théâtre dramatique de ce fief rebelle. La même cérémonie est prévue dans l'après-midi à Lougansk, autre place forte des séparatistes, où l'ex-militaire de 50 ans Igor Plotnitski, très attaché au passé soviétique, a obtenu plus de 63% des suffrages dimanche. Ainsi, six mois après le début du conflit ayant fait plus de 4 000 morts, les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk ont élu dimanche leurs “présidentset leurs “Parlements”. Défiant les avertissements des Occidentaux, la Russie a déclaré “respecter” le choix du peuple et appelé lundi Kiev à “renoncer aux opérations militaires” dans l'Est, estimant que les dirigeants rebelles élus avaient désormais la légitimité nécessaire pour dialoguer avec les autorités ukrainiennes. L'Ukraine a qualifié le vote de violation grossière” du plan de paix, annonçant qu'elle allait désormais revoir ses engagements dans ce processus. Par ailleurs, de violents tirs d'artillerie ont repris hier matin aux abords de l'aéroport de Donetsk, fief séparatiste dans l'Est de l'Ukraine, dont des habitants disent craindre la fin du fragile cessez-le-feu après l'annonce par Kiev d'une révision de ses engagements de paix, selon des journalistes de l'AFP.

R. I./AGENCES

ALORS QUE L’ARMÉE DU BURKINA FASO POURSUIT LES CONSULTATIONS

Multiplication des ultimatums de la communauté internationale

Après Paris et Washington, c’est au tour de l’Union africaine d’exiger un transfert du pou- voir aux civils sous quinzaine, faute de quoi le Burkina Faso s'exposerait à des sanctions.

D evant le refus des mi- litaires burkinabés de laisser les civils gérer la période transition conformément aux dispositions de la

Constitution, l’Union africaine est montée au créneau pour donner deux semaines à l'armée du Burkina Faso pour rendre le pouvoir aux civils, à dé- faut, le pays s'exposerait à des sanctions. “Nous demandons aux forces armées de transférer le pouvoir aux autorités civiles, et le Conseil a décidé que ce transfert de- vrait s'opérer dans une période de deux semaines”, a déclaré Siméon Oyono Esono, chef du conseil de paix et de sé- curité de l'UA et ambassadeur de Gui- née équatoriale auprès de l'organisation. Faisant la sourde oreille, l’armée bur- kinabée poursuivait hier ses consulta- tions pour former un régime de tran- sition au Burkina Faso, après avoir lais- sé entendre qu'elle pouvait remettre ra- pidement le pouvoir aux civils, comme l'ont réclamé Paris et Washington.

Brisant elle aussi son long silence, la

France, principal allié international du Burkina Faso, est sortie de sa réser- ve dans la nuit de lundi à mardi en exi- geant, à son tour, un transfert rapide du pouvoir aux civils. Il faut “faire en sorte que des élections puissent avoir

D. R.
D. R.

L’Union africaine se positionne pour une transition civile.

lieu”, et “pour qu'elles puissent se tenir, il faut que ce soit un pouvoir civil qui puisse le faire, ce qui normalement doit être mené à bien dans les prochaines heures”, a déclaré le président français François Hollande en déplacement au Canada. Entre-temps, l’homme fort du Burkina Faso, le lieutenant-colonel Isaac Zida, a affirmé être disposé à re-

mettre en vigueur la Constitution, qu'il avait suspendue vendredi, a indi- qué un responsable de l'opposition lundi. “Zida nous a clairement indiqué qu'il allait procéder à la levée de la sus- pension de la Constitution, ce qui ramè- nerait le Burkina Faso dans la légalité constitutionnelle”, a déclaré lors d'une conférence de presse Ablassé Oue-

draogo, un des leaders de l'opposition burkinabée. A Ouagadougou, les chefs de l'opposition rencontraient hier ma- tin les représentants la médiation tri- partite conduite par l'ONU, la Cé- déao, qui a nommé l'ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo comme émissaire spécial pour cette crise. Hier matin, les rues d’Ouagadougou étaient à nouveau pleines de monde. Les ven- deurs de rue étaient à pied d'œuvre, sous un soleil de plomb dès le matin, selon un journaliste de l'AFP. La veille, le grand marché de la ville, centre né- vralgique du commerce, avait rou- vert, ainsi que les banques et les écoles, après presque une semaine de ferme- ture, signalant un retour à la normale. Par ailleurs, l’armée burkinabée avait annoncé lundi la réouverture des fron- tières terrestres. Les frontières aé- riennes et terrestres du Burkina avaient été fermées vendredi. Mais les fron- tières aériennes avaient été rouvertes dès le lendemain. Concernant l'ex- président Compaoré, réfugié depuis vendredi en Côte d’Ivoire, François Hollande a révélé que les autorités françaises avaient fait en sorte que son évacuation “puisse se faire sans dra- me” mais “sans y participer” elles- mêmes, sans plus de précision.

MERZAK TIGRINE

DANS UNE CONJONCTURE ÉCONOMIQUE DIFFICILE

Les candidats à la présidence tunisienne promettent monts et merveilles

L ’une de mes missions prioritaires sera le ren- forcement de la coopération avec l’Algérie dans les secteurs économique et commercial et

dans la lutte contre le terrorisme”, a notamment dé- claré le candidat à la présidentielle tunisienne, M. Mustapha Kamel Nabli. Dans le cadre de la cam- pagne électorale présidentielle, M. Nabli a mis l’ac- cent sur la nécessité d’accorder l’intérêt requis au dé- veloppement régional, en particulier dans les zones du nord-ouest frontalières avec l’Algérie, qui accu- sent un grand retard par rapport aux zones côtières. Les 27 candidats au scrutin du 23 novembre ont en- tamé, samedi, la course vers le palais de Carthage en sillonnant le pays pour présenter des programmes presque similaires. Renforcement des libertés, respect de la Constitution, achever le processus de la justi- ce transitionnelle et être “le président de tous les Tu- nisiens”, telles sont les grandes lignes des discours te- nus par la plupart des candidats restés, presque tous, dans les généralités. Cependant, Hachemi Hamedi, le propriétaire de la chaîne télévisée, rentré en Tu- nisie il y a seulement quatre jours après plus de 20

ans d’exil, a tenté de se distinguer de ses concurrents en affirmant que s’il était élu, il se rangerait aux cô- tés des pauvres, tout en habitant, cette fois-ci, le pa- lais de Carthage et non le quartier le plus pauvre de Tunis comme il l’avait annoncé durant la campagne de 2011. Cette campagne est marquée par la volon- té des candidats de faire face à la dictature dont ils soupçonnent la réinstauration à travers le succès de Nida Tounès “aux législatives qui ont consacré le re- tour en force des caciques de Ben Ali sous la couver- ture du parti de Béji Caïd Essebsi”. Ainsi, dans leur majorité, les candidats n’ont en tête que barrer la rou- te du palais de Carthage au président de Nida Tou- nès, de peur que son parti monopolise tous les pou- voirs et consacre le “retour à la dictature”. Autre thè- me de grande importance développé par les candi- dats, le chômage qui atteint des proportions alar- mantes et qui constitue une bombe à retardement. Dans certaines régions telles celles du l’ouest du pays où ce taux atteint le tiers des jeunes en âge de tra- vailler. La situation est encore plus inquiétante quand on sait que 33% des jeunes âgés de 15 à 29 ans

n’ont aucune formation propre à leur ouvrir les portes de l’emploi ; ce qui renvoie les responsables à procé- der à une réforme de l’enseignement qui donnerait, peut- être, ses fruits, mais à moyen et long termes. C’est, en fait, à un “casse-tête chinois” que le prochain gouvernement est appelé à faire face. Malgré le re- cours à un gouvernement de technocrates en janvier dernier, la situation financière ne s’est guère amélio- rée. Selon un rapport récent de la Banque centrale, le taux de croissance prévu pour la fin 2014 ne dé- passera pas les 2,4%, le taux d’inflation sera de 5,6% et celui du chômage 15,2%. La situation est aussi cri- tique au niveau du déficit commercial en raison de la stagnation des exportations, de l’augmentation des importations et du recul des investissements étran- gers (-12,6%). Les programmes du parti vainqueur aux législatives et ceux des candidats à la présiden- ce de la République donneront-ils, en cas d’applica- tion, un nouvel aspect à la situation économique et sociale ? C’est tout le mal que souhaite le commun des Tunisiens.

M. K.

ALORS QUE LES DEUX CAMPS BOYCOTTENT LES DISCUSSIONS

L’ONU prévoit un accord politique pour résoudre la crise libyenne

L e chef de la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul), Bernardino Leon, a affirmé qu'il

cherche à parvenir à un accord poli- tique pour résoudre la crise libyenne dans les prochaines semaines. En fai- sant état de la décision d’entamer un processus politique pour régler le pro- blème institutionnel et lancer un appel politique au cessez-le-feu, l’envoyé spé- cial de l’ONU, rappellera l’ébauche de dialogue qui a bien eu lieu il y a quelques semaines à Ghadamès dans le

Sud, sous les auspices du représentant spécial de l'ONU. “Les parlementaires

réunis à Ghadamès se sont mis d’accord sur un processus politique et sur un ces- sez-le-feu, mais ils n’ont pas d’autorité di- recte sur le pays”, a-t-il dit. Le représen- tant spécial de l’ONU a indiqué, dans ce sens, que des formations armées existent sur le terrain et “nous devons nous entendre avec elles et devons aider toutes les différentes parties concer- nées. Cependant, si les milices refusent de collaborer au cessez-le-feu, il y aura des sanctions”, a affirmé, en outre, Bernardino Leon, dans un entretien paru dans Le Monde, en précisant que le Conseil de sécurité est prêt à im-

poser des sanctions ciblées à des per- sonnalités et à des entités de l’un et l’autre camp. D’autre part, samedi der- nier, M. Bernardino a examiné au Caire, avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, les derniers développements en Libye en vue d'une issue à la crise politique et sécuritaire que traverse le pays. Dans une décla- ration à l'issue de cet entretien, M. Al- Arabi a tenu à saluer les efforts déployés par l'envoyé spécial de l'ONU qui vi- sent à aboutir à un règlement définitif de la crise libyenne et à mettre fin au conflit armé entre les différentes par-

ties concernées. “L'Etat libyen a vécu 42 années sans institutions, et il était temps de profiter de la stabilité à travers un ac- cord prenant en compte la légitimité des institutions élues”, a indiqué M. al- Arabi. Cela a lieu, au moment où de nouveaux affrontements violents qui ont éclaté dans l'Ouest et à Benghazi sont venus remettre en cause cette avancée diplomatique. Et ce, suite à l’of- fensive des forces pro-gouvernemen- tales loyales au général à la retraite Kha- lifa Haftar et des milices, menée contre les milices armées dont les radicaux d'Ansar Asharia. AMAR R.

LIBERTE

Mercredi 5 novembre 2014

Supplément Économie

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LA LOI DE FINANCES 2015 PRÉVOIT UN DÉFICIT DE 50 MILLIARDS DE DOLLARS

 

BUDGET : LE GOUVERNEMENT SUR LA CORDE RAIDE

Zehani/Liberté
Zehani/Liberté

L a loi de finances 2015 vient d’être adoptée par l’APN. Un en- semble de mesures avantageuses pour les créateurs d’en- treprises dans le cadre de l’Ansej, de la Cnac et de l’Angem, les smicards, via l’abrogation du 87 bis, les ménages à travers

le retour à la consommation et les entrepreneurs. Ces disposi- tions positives se trouvent contrariées par l’orientation de ce texte de loi fondamental. Il s’avère inflationniste, c'est-à-dire qu’il encourage la hausse des prix à travers des hausses de salaires non compensées par une aug- mentation de l’offre sur le marché intérieur et une meilleure pro- ductivité. Si hausse des salaires paraît légitime au regard du niveau des revenus de millions d’Algériens, en revanche, cette mesure de- vait être accompagnée par une relance effective de la machine pro- ductive et d’un système de rémunération fondé sur la productivité, le mérite et la performance. L’État, en un mot, va retirer d’une main au simple travailleur ce qu’il lui donne de l’autre, maintenant ainsi la précarité de sa situation sociale. Ce texte est d’autant plus inflationniste que peu de progrès ont été réalisés dans la maîtrise des circuits du commerce intérieur où la spéculation, la rétention de produits prédomine, créant d’artifi- cielles et périodiques flambées des prix de large consommation. Ce laisser-faire toléré par différentes institutions de l’État est à l’ori- gine, entre autres, de facteurs importants de cette spirale infla- tionniste qui dure depuis plusieurs années. La loi de finances 2015

Principe de précaution

PAR K. REMOUCHE

k.remouche@gmail.com

ne prévoit aucune mesure dans le sens d’une meilleure maîtrise du marché et donc, de protection du pouvoir d’achat des citoyens. L’autre face inquiétante de cette loi de finances est un recours de plus en plus excessif au Fonds de régulation de recettes. Le mon- tant puisé a été multiplié par 7 par rapport à la moyenne entre 2000 et 2013. Objectif, effacer un déficit budgétaire de 50 milliards de dollars 2015 ; si cette tendance hyper-dépensière se poursuit, non com- pensée par une croissance significative des recettes fiscales, l’Al- gérie va droit vers une crise financière avec une fonte en peu de temps des excédents financiers accumulés dans le Fonds de ré- gulation. En supposant que le baril de pétrole algérien tourne autour de 80 dollars en moyenne sur l’année 2015, le déficit du Tré- sor, qui correspond au vrai déficit, se creusera davantage, accélé- rant la fonte du Fonds de régulation des recettes. Le principe de précaution serait alors d’imaginer vite des res- sources financières de substitution. Pourquoi ne pas mieux ap- préhender l’assiette fiscale en luttant contre l’évasion fiscale dans l’informel, les importations de marchandises, les rentes immobi- lières indues. Mais là, il faut un courage politique qui, hélas, manque aujourd’hui. La solution de la durée serait, en outre, d’en- gager rapidement les chantiers de la diversification de l’économie et de la promotion de l’investissement tous azimuts pour ne plus dépendre des aléas du marché pétrolier. n

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Supplément Économie

Mercredi 5 novembre 2014

LIBERTE

BUDGET : LE GOUVERNEMENT SUR LA CORDE RAIDE

 

LOI DE FINANCES 2015

De nouvelles taxes pour le citoyen

La cigarette sera augmentée de 10%, une taxe pour toute transaction, le timbre du passeport à 6 000 DA, ce sont autant d'impôts qui soulèvent déjà des interrogations et l'inquiétude des citoyens.

C omme le veut une tradition bien ancrée, la loi de finances 2015 est passée telle une lettre à la poste, avec très peu de changements si- gnificatifs. Pourtant, les députés avaient matière à discuter sur cer-

taines nouvelles dispositions contenues dans le

projet de loi de finances qui, par leur grâce, est devenue loi de finances.

En effet, beaucoup de nou-

veautés figurent dans la loi de finances 2015. L’on

citera, en premier, l’aug- mentation des impôts et taxes sur le tabac qui se- ront autour de 10% pour chaque paquet de ci- garettes. Cette taxe induira une augmentation des prix allant de 1 dinar, pour les produits les moins chères, à 12 dinars pour les produits les plus chères. À titre indicatif, le paquet de Marlboro fabriqué par la Staem passera de 150 DA à 162 DA, le paquet Rym de 85 dinars à 89,8 dinars. La LF 2015 a prévue également une taxe qui touchera toute transaction immobilière et vente de véhi- cule déjà utilisé. Une mesure qui vise apparem- ment à ralentir la vente sur le marché parallèle des véhicules d'occasion et freiner les transactions immobilières. Le projet de loi de finances 2015, prévoit également une nouveauté concernant le passeport biométrique, dont le timbre fiscal passera de 2 000 DA actuellement, à 6 000 DA dès le 1 er janvier prochain. Cette multiplication par trois du prix du timbre est justifiée par le gou- vernement par “l'augmentation de la durée de va- lidité de ce document de voyage, prolongée jusqu'à dix ans”. Certes, les députés ont fait un peu de ré- sistance. Le projet de loi de finances proposait initialement 10 000 DA, et face à l’intransigeance du gou- vernement, la commission n’a pu arracher qu’un recul de 4 000 DA. Malgré cela, le chiffre de 6 000 DA passe mal chez le citoyen. A contrario, le droit de timbre sur certains documents administratifs (certificat de nationalité, casier judiciaire et car- te d’identité nationale) est supprimé, ainsi que la

Par :

SAÏD SMATI

Yahia/Liberté
Yahia/Liberté

suppression du mode de paiement par timbre mobile. En clair, le timbre ne sera pas exigé pour la délivrance de la carte d’idendité nationale, du certificat de nationalité et du casier judiciaire. Face aux critiques sur cette multitude de nouvelles taxes imposées au citoyen, le ministre des Fi- nances, Mohamed Djellab, a souligné, en mar- ge de l’adoption du texte par la chambre basse du Parlement, que “dire que le projet de loi de finances 2015 sanctionne les couches sociales défavorisées est une lecture erronée du texte”. Le ministre a rappelé “que rares sont les pays qui consacrent 30% du PIB aux transferts sociaux”. En effet, le budget de l’Etat continuera de

Le citoyen n’arrête de payer des taxes sur tous les produits.

prendre en charge les aides et subventions en di- rection des franges de populations fragilisées, le soutien des produits et services de base ainsi que les dispositifs de promotion de l’emploi. On en- registre, à ce titre, une hausse des contributions de l’Etat au profit de l’ONIL et de l’OAIC qui en- registreront des augmentations de 3,4 milliards de dinars et 8,4 milliards de dinars respective- ment. La compensation du prix de l’eau en provenan- ce des unités de dessalement s’élèvera à 37,5 mil- liards de dinars contre 34,6 milliards de dinars en 2014. La dotation budgétaire en direction des élèves démunis s’élèvera à 41 milliards de dinars,

en plus d’un montant de 1 milliard pour ali- menter le fonds de pension alimentaire pour femmes divorcées. La LF 2015 consacre, par ailleurs, l’abrogation de l’article 87-bis de la loi n°90-11 du 21 avril 1990, relative aux relations de travail, ainsi que le renvoi à la voie régle- mentaire pour la nouvelle définition du SNMG. Cette mesure sera couverte dans la mesure où le budget de fonctionnement intègrera également un montant de 310,5 milliards de dinars de pro- vision groupée couvrant notamment l’inciden- ce de la révision de la définition du SNMG ain- si que l’impact éventuel lié aux fluctuations des cours des prix du blé et de la poudre de lait. La LF 2015 prévoit enfin le retour du crédit à la consommation pour les produits fabriqués en Al- gérie. Les banques devraient être en mesure d’oc- troyer aux ménages des crédits destinés à boos- ter la production nationale.

S. S.

Fondamentaux de la LF 2015

n Prix de référence fiscal :

un prix de baril de pétrole de 37 dollars

n Parité monétaire dinar-dollar :

79 dinars pour un dollar

n

Taux de l'inflation moyen pour 2015 : 3%

n

Croissance économique : 3,42%

globalement et de 4,25% hors hydrocarbures

n Recettes budgétaires :

4684,6 milliards (mds) de DA

n Dépenses publiques : 8858,1 mds de DA

(fonctionnement de 4972,3 mds de DA et équipement de 3885,8 mds de DA)

n Déficit budgétaire de 4173,3 mds de DA

(l'équivalent de 22,1% du PIB)

n

Transferts sociaux : 1711,7 milliards de DA

n

Fiscalité pétrolière : 1722,9 mds de DA

n

Recettes non pétrolières : 2961,7 mds de DA

n

Importations de marchandises :

65,44 milliards de dollars

LF 2015

110 milliards de dollars de dépenses

L a loi de finances 2015, tout com- me celles qui l’ont précédée de- puis 2008, est inscrite sous le

signe d’une importante croissance des dépenses publiques, d’où un déficit

budgétaire d’en-

budgétaire d’en-

Par : HASSANE HADDOUCHE

viron 50 mil- liards de dollars.

Les parlemen- taires algériens ont approuvé, voici quelques jours, un projet de budget de l’Etat qui ne prévoit pas moins de 8 858 milliards de DA (plus de 110 mil- liards de dollars) de dépenses pu- bliques, en hausse de 15,7% par rapport à la loi de finances de 2014. Cette nouvelle croissance des dépenses de l’Etat est induite notamment par une forte croissance des dépenses d'équi- pement (+32,1%). La loi de finances 2015 prévoit des autorisations de pro- gramme (AP) pour 4 079 milliards de DA (près de 50 milliards de dollars), des crédits de paiement (CP) pour 3 885 milliards de DA et un programme neuf de 1 178 milliards de DA.

Plus de 62 milliards de dollars de dépenses de fonctionnement La hausse des dépenses de l'Etat au titre de l'exercice 2015 s'explique également par la croissance des dé- penses de fonctionnement. Elles sont évaluées à 4 972 milliards de DA (un peu plus de 62 milliards de dollars) en 2015 contre 4 714 milliards de DA en 2014 (+5,5%), évoluant no- tamment sous l'effet des accroisse- ments des dépenses de rémunérations du personnel des administrations qui augmentent de 6,45% par rapport à la LF 2014. Cette augmentation de 6,45% dans cette catégorie de dépenses inter- vient sous l'effet combiné de la prise en charge de nouveaux postes bud- gétaires et du produit de la formation ainsi que de l'impact des avance- ments dans les carrières, portant ain- si à 2 104 milliards de DA les dé- penses de rémunération. Le texte prévoit, par ailleurs, de consacrer le montant de 1 711 mil-

liards de DA au titre des transferts so- ciaux en provenance du budget de l'Etat en 2015, ce qui représente 9,1% du PIB et une hausse de 6,4% par rap- port à 2014. Une part de 65% des ces transferts de- vra être destinée au soutien aux fa- milles, à l'habitat et à la santé. Les sub- ventions des prix des produits de base (céréales, lait, sucre et huile ali- mentaire) absorberont 13,2% de l'en- semble des transferts. Le budget de fonctionnement de l'Etat pour l'exercice 2015 intégrera en outre un montant de 310,5 milliards de DA de provision groupée couvrant notamment l'incidence de la révi- sion de la définition du salaire mini- mum garanti (SNMG) et d'autres dépenses liées à la protection de per- sonnes âgées et l'impact éventuel lié aux fluctuations des cours du blé et de la poudre de lait sur le marché inter- national. Consacrée pour la première fois dans le PLF 2015, la définition du SNMG

a été révisée à la faveur de l'abroga- tion de l'article 87 bis de la loi n°90- 11 du 21 avril 1990, relative aux re- lations du travail, annoncée en février dernier.

Le déficit en hausse et le Fonds de régulation (FRR) en baisse

La loi de finances pour 2015 prévoit des recettes budgétaires de l'ordre de

4 684 milliards de DA (un peu moins

de 60 milliards de dollars) et un dé- ficit budgétaire de 4 173 milliards de DA, soit environ 50 milliards de dol- lars (22% du produit intérieur brut (PIB). Du côté des recettes, le budget de l'Etat pour 2015 table sur des produits

de la fiscalité pétrolière de l'ordre de

1 722 milliards de DA et des recettes

non pétrolières de 2 961 milliards de DA. Evoluant sous l'effet de la pro- gression de 3,68% du volume des exportations d'hydrocarbures. La fiscalité pétrolière à recouvrer ef- fectivement en 2015 devrait s'établir

à 4 357 milliards de DA sur la base

d’une hypothèse de prix de marché du baril de pétrole de 100 dollars. Avec un solde prévu en baisse sensible

à 4 429 milliards de DA à fin 2015

(contre 5 284 milliards de DA prévu

à fin 2014), le FRR devra financer une

part de 83,3% du déficit du Trésor pu- blic (3 489 milliards de DA). On peut rappeler, en conclusion,

qu’une délégation du FMI avait mis en avant, en octobre dernier à Alger, l’urgence pour les pouvoirs publics d’œuvrer à rééquilibrer les finances de l’Etat en définissant surtout un plan- cher de déficit budgétaire à ne pas dé- passer sur une durée déterminée. Selon les estimations du Fonds, l’Al- gérie devrait finir l’année 2014 avec

un déficit réel de plus de 6%, en rai- son notamment de “la diminution des recettes des hydrocarbures”, d’“une nette augmentation des dépenses en ca- pital” et du maintien d’“un niveau éle- vé de dépenses courantes”.

H. H.

LIBERTE

Mercredi 5 novembre 2014

Supplément Économie

15

 

BUDGET : LE GOUVERNEMENT SUR LA CORDE RAIDE

MOHAMED GHERNAOUT, EXPERT FINANCIER, À “LIBERTÉ”

“Le déficit budgétaire s’est énormément creusé ces dernières années”

La loi de finances 2015, le spécialiste financier n’y voit pas matière à optimisme sur certains volets, estimant que la politique économique poursuivie dans le pays “n’est pas la meilleure”.

Liberté : La loi de finances 2015 prévoit des re- cettes budgétaires de 4684,6 milliards de dinars et des dépenses publiques de 8858,1 milliards de dinars, soit un déficit budgétaire de 4173,3 mil- liards de dinars, l’équivalent de 22,1% du PIB. Cette loi n’est-elle pas excessivement dépensière ? Mohamed Ghernaout : L’écart entre les recettes

et les dépenses de la loi de finances de 2015 est très important, ce qui

entraîne un déficit budgétaire im- mense, représen-

tant plus de 22% du PIB. Cependant, il y a lieu de rappeler que la loi de finances de 2015 est toujours établie sur la base d’un prix du baril de pétrole à 37 dollars et que le trend du déficit n’a pas cessé d’augmenter depuis une décennie. Il était par exemple, en prenant en considération la loi de finances complémentai- re, de 1656 milliards de dinars en 2007 et a atteint 4549 milliards de dinars en 2011. Remarquez que ce dernier montant est supérieur à celui affiché pour 2015. Cette loi de finances s’inscrit dans la même poli- tique économique poursuivie par les autorités po- litique du pays et caractérisée par une utilisation de la ressource que beaucoup qualifient d’exces- sive mais se trouve être la seule qui permette de garder et de maintenir une certaine croissance éco- nomique, même si du point de vue de la qualité elle n’est pas la meilleure.

Entretien réalisé par :

YOUCEF SALAMI

La loi de finances 2015 table sur une croissance économique globale de 3,42% et de 4,25% hors hydrocarbures. N’est-ce pas peu, par rapport au budget qu’elle consacre à l’investissement public ? C’est peu, si on prend en considération les taux ex- traordinaires affichés par certains pays qui dépen- sent autant. Mais rien ne nous dit que les chiffres de ces pays sont bons ou que les nôtres ne sont pas sous-estimés. En effet, les statistiques du secteur ne sont pas fiables et pas uniquement en Algérie. Par ailleurs, si on prend en considération la situation de crise qui caractérise l’économie mondiale, notamment celle de nos principaux partenaires, les Etats-Unis exclus, je dirais que ce chiffre n’est pas mauvais.

Les transferts sociaux à partir du budget de l’Etat s’élèveront à 1711, 7 milliards de dinars en 2015, représentant 9,1% du PIB, en hausse de 6,4% par

D. R.
D. R.

rapport aux crédits révisés de loi de finances 2014. La subvention des prix des produits de base (céréales, lait, sucre et huile alimentaire) s’éta- blit à 225,5 milliards de dinars, représentant 13,2% de l’ensemble des transferts. Pouvez-vous nous analyser la problématique des transferts sociaux et des subventions dans le pays ? Les transferts sociaux et les subventions ont deux rôles essentiellement socio-économiques, no- tamment de filet social pour permettre aux plus vulnérables, y compris ceux qui ont des revenus faibles, de satisfaire leurs besoins essentiels tant en matière de consommation qu’en matière d’éducation et de santé. C’est ce qu’on désigne par “l’achat de la paix sociale”.

La levée de ces transferts implique l’application de la vérité des prix, de tous les prix, y compris des taux d’intérêt et des changes, et des salaires avec tout ce qui peut en découler en termes d’inflation et de désordre social, si celle-ci se fera dans une conjoncture comme celle que le pays a vécue dans la décennie 85-95. Cette politique permet au pouvoir d’aliéner la po- pulation et de la contrôler en lui donnant l’illusion de la protéger en contrepartie de l’abandon de leurs libertés syndicales et de représentativité de la so- ciété civile. Elle permet à ce pouvoir d’avoir des partis poli- tiques populaires et de gauche dans son giron et de se maintenir. Mais il est clair qu’elle n’est pas

viable. Et il est peut-être temps de penser à pro- céder à un abandon graduel de cette politique. Avant qu’il ne soit trop tard. Il est question, dans cette loi, de soumettre des biens usagés, les véhicules usagés par exemple,

à la TVA sur la marge, en vue “d’encadrer” le mar-

ché d’occasion et de “lutter” contre l’informel. Qu’en pensez-vous ? L’intention de chercher de nouvelles niches fiscales est bonne, mais celle-ci est difficile à mettre en œuvre. Il y a lieu de signaler que les textes fiscaux

prévoient ce type de ventes occasionnelles quel que soit le statut de la personne qui la réalise. Mais

si on soumet ce type d’opération à la TVA, il fau-

drait ajouter également la TAP, car il s’agit d’une opération sur le revenu exactement comme la TVA. Comment la déterminer et la fixer, et comment éviter la sous-évaluation de l’assiette fiscale ? Ce sont là quelques questions auxquelles il faudrait apporter des réponses.

Le solde du Fonds de régulation des recettes (FRR)

à fin 2015 s’établira à 4429,3 milliards de dinars,

soit 23,4% du PIB. Quel regard portez-vous sur l’évolution de ce fonds, dans la perspective d’une

conjoncture pétrolière pas tout à fait bonne ? Le fonds de régulation des recettes des hydrocar-

bures a été institué en 2000 dans le but de gérer les excédents de recettes des hydrocarbures, no- tamment le remboursement des dettes publiques,

y compris externes, et la couverture du déficit du

trésor budgétaire. Il enregistre des baisses régu- lières depuis 2008 où il a atteint son pic en raison d’un haut niveau atteint par les prix des hydrocar- bures, notamment celui du pétrole brut. L’encourt de la dette externe étant très faible, la vocation es- sentielle de ce fonds souverain est réservée presque exclusivement à la couverture du déficit budgétaire qui n’existe que parce que la loi de fi- nances est réalisée sur la base d’un prix de 37 dol- lars le baril de pétrole. Si on appliquait le prix réel des hydrocarbures, on aura un budget excéden- taire. Son évolution va dépendre de la conjonctu- re énergétique internationale. Ce qui est embêtant avec ce fonds, c’est sa contrepartie devises qui n’est pas utilisée d’une manière profitable. Les autori- tés du pays ont choisi la prudence à la rentabili- té. C’est un choix qui lui permet d’assurer son rôle d’une manière quasi totale sur sa vocation de cou- verture du déficit budgétaire.

Y. S.

Dispositions en direction des entreprises

Les investissements réalisés dans la sidérurgie et la métallurgie, dans les liants hydrauliques, dans l’électrique et l’électroménager, dans la chimie industrielle, dans la branche mécanique et automobile, dans le pharmaceutique, dans l’aéronautique, dans la construction et réparation navale, dans les technologies avancées, dans les industries agroalimentaires, dans le textile et l’habillement, cuirs et produits dérivés, dans l’industrie du bois et de meuble, bénéficient d’une exonération temporaire de cinq ans, en matière d’IBS, d’IRG et de la TAP, et d’une bonification de 3% du taux d’intérêt applicable aux prêts bancaires.

Prise en charge par le Trésor des intérêts sur les prêts bancaires contractés par les entreprises opérant dans l’industrie pour l’acquisition et la maîtrise de la technologie.

Octroi d’avantages fiscaux (TVA et droits de douane) et d’une prime de formation au profit des investissements réalisés par les entreprises du secteur industriel.

Prorogation jusqu’au 31 décembre 2019 de l’application du taux réduit de droit de douane aux acquisitions d’équipements et d’ameublement non produits localement, selon les standards hôteliers et entrant dans le cadre des opérations de modernisation et de mise à niveau.

Révision du régime d’imposition forfaitaire (IFU) à travers notamment la révision du seuil du régime du forfait (IFU) en le portant à 30 millions de dinars et alignement du seuil d’assujettissement à la TVA sur ce nouveau seuil…

Ce que prévoit la LF 2015

Dès 2015, les opérateurs des télécommunications pourraient être soumis à un nouveau régime de sanctions pécuniaires. De nouvelles pénalités, classées selon la gravité des violations des dispositions législatives et réglementaires régissant le marché de la poste et des TIC, sont proposées dans le cadre de la loi de finances 2015. L’action extrême serait le retrait de licence ou de l’autorisation. Cette nouvelle façon de faire devrait, dit-on, apporter plus de transparence dans l’application des peines contre les contrevenants.

La loi de finances 2015 accorde plus de facilités et avantages aux porteurs de projets dans le cadre des dispositifs de création d’entreprises. En effet, les jeunes bénéficiant des dispositifs de création d’entreprises n’auront pas à payer d’impôts ni taxes pendant 5 ans.

LIBERTE

Mercredi 5 novembre 2014

Supplément Économie

17

 

BUDGET : LE GOUVERNEMENT SUR LA CORDE RAIDE

DISPOSITIONS FISCALES RELATIVES À L’INVESTISSEMENT

Avis partagés des chefs d’entreprise

Une révision de la fiscalité est recommandée par plusieurs opérateurs.

de la fiscalité est recommandée par plusieurs opérateurs. Lies Kerrar Slim Othmani. PUBLICITÉ F.3133 U n

Lies Kerrar

est recommandée par plusieurs opérateurs. Lies Kerrar Slim Othmani. PUBLICITÉ F.3133 U n chapelet de

Slim Othmani.

PUBLICITÉ

F.3133

U n chapelet de dispositions rela- tives à l’entreprise sont contenues dans le projet de loi de finances 2015, adoptée la semaine der- nière par l’APN. Elles sont dif- féremment appréciées, par des

chefs d’entreprise. Certains d’entre eux évoquent le caractère “discrétionnaire” de quelques dis- positions.

Prenons l’exemple de l’ar- ticle 74 (octroi d’exonéra-

tions, à la création d’en- treprise, en matière d’IBS ou d’IRG et de la TAP

pour une durée de cinq ans). L’orientation fiscale comporte des “avantages” pour les activités liées

à une liste de filières, précisant que les activités

sont définies par le Conseil national de l’inves- tissement (CNI), renforçant ainsi le caractère “dis- crétionnaire”, explique Lies Kerrar, expert fi- nancier et président de Humilis Finance. Inap- propriée et “inéquitable”, elle crée, selon lui, de la “distorsion concurrentielle”, en accordant des avantages à une entreprise et pas à d’autres, dans un environnement concurrentiel.

N’oublions pas que nous sommes au 174 e rang mondial

(sur 189) en termes de compétitivité de la fiscalité des entreprises, et que la TAP est la principale cause de cette mauvaise performance.” Pour lui, la compétitivité des entreprises algériennes commence par “l’élimination de la TAP et son remplacement par d’autres modes de fiscalité adaptés à une économie moderne, notamment la fiscalité foncière”.

une économie moderne, notamment la fiscalité foncière”. Par : YOUCEF SALAMI Elle est aussi “inefficace” car,

Par : YOUCEF SALAMI

Elle est aussi “inefficace” car, rappelle-t-il, nous avons ce type d’avantage depuis longtemps sans que cela n’améliore notre positions dans les clas- sements mondiaux de la compétitivité fiscale. Lies Kerrar recommande une révision de la fiscalité de toutes les entreprises de façon “uniforme” et “équitable”. Et de poursuivre : “N’oublions pas que nous sommes au 174 e rang mondial (sur 189) en termes de compétitivité de la fiscalité des entre- prises, et que la TAP est la principale cause de cet- te mauvaise performance.” Pour lui, la compétitivité des entreprises algé- riennes commence par “l’élimination de la TAP et son remplacement par d’autres modes de fiscalité adaptés à une économie moderne, notamment la fiscalité foncière”.

La TAP, les chefs d’entreprise n’en veulent pas Lies Kerrar n’est pas le seul à proposer une ré- forme de la TAP, un impôt calculé en pourcen- tage du chiffre d’affaires. Slim Othmani, P-DG de NCA Rouiba, veut également un réaména- gement de cette imposition, insistant sur le fait

que la TAP pose encore problème, escamotant tout l’effort fiscal. M. Othmani ajoute que l’Etat

a “renforcé” certains avantages fiscaux, que cela

est une “bonne chose”, mais qu’il y a toujours des dispositions, la TAP en tête, à “corriger”, si on veut une réelle relance de l’économie et un dévelop- pement de l’entreprise. Et de souligner : “C’est faux de dire que l’entreprise algérienne est la moins taxée en Méditerranée.” Par ailleurs, la révision de l’IBS, en l’unifiant à 23% au lieu de 19% (sociétés exerçant dans la pro- duction de biens, BTP et tourisme) et 25% (so- ciétés exerçant dans les activités de commerce et de services), le P-DG de NCA Rouiba n’y voit pas d’inconvénient, expliquant qu’un producteur a besoin d’un importateur.

Il se montre cependant peu enclin à l’idée d’ac- corder des exonérations à des entreprises nou- vellement créées et pas à celles qui sont sur le ter- rain et qui continuent de subir des “incohérences fiscales”. Et puis, l’exonération, dont il est ques- tion dans la loi de finances 2015, reste vague. L’exonération d’IRG y est évoquée sans que “l’on comprenne” de quel IRG il s’agit (IRG sur les di- videndes versés aux actionnaires ?) et “sans ex- plication” sur la pertinence de cette mesure, note Lies Kerrar qui relève au sujet des subventions de taux d’intérêt, appelés “bonification de taux”, que celles-ci “ne répondent pas aux besoins réels et aux préoccupations des entreprises face au fi- nancement”.

Pour plus de normalité au marché du foncier Les taux sont bas en Algérie. Les taux du Trésor à 5 ans sont à moins de 3%. Les problèmes de fi- nancement sont plus “l’accès équitable” au fi- nancement, à ses modalités, qu’aux “taux d’in- térêt”, résume-t-il. Autre chapitre, la révision du mode de calcul de la redevance locative annuel- le (1/33 au lieu de 1/20) sur les concessions des terrains relevant du domaine privé de l’Etat des- tinés à la réalisation de projets d’investisse- ments. C’est juste un “ajustement” qui rattrape, “insuffisamment”, un décalage avec la réalité du marché, estime le président de Humilis Finan- ce, pour qui ce toilettage “ne va pas régler nos pro- blèmes du foncier industriel”. Ce qui est recommandé, pour redonner un peu plus de normalité au marché du foncier indus- triel et avoir les prix du foncier industriel abor- dables pour une réelle activité industrielle, c’est d’agir sur trois volets, énumérés par Lies Kerrar :

“Publier” sur un registre électronique acces- sible librement sur internet de toutes les infor- mations relatives aux transactions foncières et im- mobilières (identification de l’acheteur et ven- deur, prix de la transaction, description du bien : nature, superficie bâtie, non bâtie, etc., lo- calisation du bien) ; “mettre en place une fisca- lité foncière basée sur la valeur marchande” avec des abattements de l’impôt foncier pour la rési- dence principale et/ou la résidence secondaire (pour atténuer l’impact sur le pouvoir d’achat et l’accès à la propriété pour les ménages) ; “appli- quer de manière plus systématique le droit pré- emption” de l’Etat en cas d’insuffisance du prix déclaré avec l’obligation de l’Etat de mettre le bien aux enchères immédiatement après (effet dis- suasif pour les sous-déclarations) et de façon “transparente” (accès aux informations complètes sur les enchères sur internet) et enfin “revoir les coûts” des transactions (réduction drastique des coûts de transactions immobilières, notamment le droit d’enregistrement) dans l’objectif de dé- courager la sous-déclaration de valeur et de fluidifier le marché foncier et immobilier.

Y. S.

Au sujet des subventions de taux d’intérêt, appelés

“bonification de taux”, que celles-ci “ne répondent pas aux besoins réels et aux préoccupations des entreprises face au financement”. Les taux sont bas en Algérie. Les taux du Trésor à 5 ans sont à moins de 3%. Les problèmes de financement sont plus “l’accès équitable” au financement, à ses

modalités, qu’aux “taux d’intérêt”, résume-t-il.”

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Supplément Économie

Mercredi 5 novembre 2014

LIBERTE

ENTREPRISE ET MARCHÉS

EN BREF

Le FoodExpo se tiendra du 20 au 23 novembre

n La deuxième édition du Salon international de

l’alimentation et de la boisson (FoodExpo) se tiendra du 20 au 23 novembre prochains à la Safex des Pins Maritimes. Organisé par la société Ak Events, ce salon constitue une réelle opportunité pour l’ensemble des acteurs concernés par ce marché. L’ambition des organisateurs est de créer et de mettre en place un événement original en Algérie, couvrant l’intégralité des métiers de l’agroalimentaire. La création de la valeur ajoutée est le maître mot de cette exposition.

L'euro au plus bas depuis 2012

n L'euro évoluait à des niveaux plus vus depuis deux

ans face au dollar. L'euro est tombé, lundi, à 1,2440 dollar, son niveau le plus faible depuis le 22 août 2012. L'euro s'est affaibli après une révision en baisse d'un indice manufacturier dans la zone. Le secteur manufacturier européen continue à stagner, une mauvaise nouvelle pour la croissance, malgré un redressement de l'Allemagne et avec d'importantes disparités entre les différents pays de la zone. L'euro est aussi pénalisé par des attentes d'un nouveau coup de pouce monétaire dans la zone euro.

COURS DU DINAR

 

Achat

Vente

Us dollar 1 USD

83.8339

83.8489

Euro 1 EUR

105.3121

105.3478

COURS DES MATIÈRES PREMIÈRES

Brent

83, 28

dollars/baril

Once d’or

1 167, 75 dollars

Blé

172, 50

euro/tonne

Maïs

144, 00

euro/tonne

Cacao

1 891

Livres Sterling/tonne

Café

Robusta

2 071

dollars/tonne

BOURSE D’ALGER Séance de

cotation du 4 novembre 2014

TITRES COTÉS

COURS-

-TAUX DE VARIATION

-TAUX DE VARIATION

ACTION

EGH EL AURASSI 440,00

20,00

4,76

SAIDAL

550,00

0,00

0,00

TITRES NON COTÉS DERNIER COURS DE CLÔTURE

ACTION

ALLIANCE ASSURANCES Spa NCA-ROUIBA

605,00

390,00

OBLIGATION

SPA DAHLI

10 000,00

PRINCIPAUX INDICATEURS BOURSIERS

Capitalisation boursière :

14 963 589 655,00 147 400,00

Valeur transigée :

Encours global des titres de créance : 2 360 140 000,00

Encours global des valeurs du Trésor : 378 668 000 000,00

Indice boursier théorique :

1 204,74

AMIMER ÉNERGIE

Un groupe en plein essor

Cette entreprise privée s’est spécialisée dans un secteur très porteur : les energies renouvelables.

n marge de la Semaine algé- rienne consa-

crée à l'inves- tissement et

aux

d'équipements de filtrage électrique et de stabilisa- tion de courant portant le label de la firme améri- caine basée en Virginie. L'accord porte également sur la formation des cadres de la société algé- rienne aux Etats-Unis et d'assurer le transfert tech- nologique. Cet accord si- gné avec la firme améri- caine renseigne sur les ambitions de ce groupe al- gérien qui vise à aller de l’avant. Avec un chiffre d’affaires de 5 milliards de dinars, Amimer Energie est une entreprise qui s’est inves- tie dans le domaine de l'énergie avant d'intégrer dans son développement les activités relevant de sa chaîne de valeur (bâti- ment et génie civil, chau- dronnerie, électrotech- nique, construction mé- canique et engineering in-

E

D. R.
D. R.

dustriel). Fondée en 1989, Amimer Energie était à l’origine une entreprise familiale dénommée éta- blissement “Boukhedda- mi”, spécialisée dans la fabrication des postes à souder. A partir de 1990, elle s’est lancée dans la fabrication de groupes électrogènes qui est deve- nue son métier principal et qui représente actuelle- ment 60% de son chiffre d’affaires. Elle s’est trans- formée en SARL depuis 1997 puis en SPA (socié- té par actions) à partir de 2009. En 2003, elle à été certifié ISO 9001 version 2000 par AFAQ / AF- NOR. En Mai 2009 elle a renouvelé son certificat par la version 2008. En août 2012 elle a été certi- fié OH SAS 18001: 2007. Actuellement elle compte

plus de 700 collaborateurs répartis en plusieurs po- sitions et divers âges. Les activités du groupe sont confiées à ses 6 fi- liales. Il s’agit d’Amimer power génération qui est spécialisé dans la produc- tion et la distribution de groupes électrogènes d’une puissance comprise entre 2 KVA et 2 Méga- watts, groupes électro- gènes gaz, moto-com- presseurs, moto- pompes, moto-soudeuses et girafes lumineuses. L’autre filiale, Amimer power system est dédiée à la conception et l’installation de centrales électriques d’une capacité de production de 2 à 100 mégawatts. Elle a pour objectif également le dé- veloppement de centrale électrique à énergie éo- lienne et solaire. L’activi-

té de la construction d’in- frastructures civiles est pour sa part confiée à sa fi- liale Amimer construc- tion. Dock industrie se spécialise dans la distri- bution de matériel élec- trique et de composants électroniques. Elle a conclu un protocole d'en- tente avec ABB France. La filiale SEEM qui a été créée fin 2013, prend en charge le volet entretien et maintenance du parc de groupes électrogène en fonctionnement en Algé- rie. Enfin, récemment mise en place, l'entité Transfos est créée dans le but de répondre au mar- ché algérien du transfor- mateur, tiré par l'évolution de l'industrie et de la dé- mographie.

S. S.

Publicité

affaires

Par :

SAÏD SMATI

Doing business in Algeria qui s'est tenue récemment dans la capitale fédérale américaine, le groupe al- gérien privé Amimer Energie et la société amé- ricaine Estech Internatio- nal ont signé un mémo- randum d'entente portant sur l'installation en Algé- rie d'une unité de fabrica- tion d'équipements et de solutions pour améliorer la qualité de l'énergie pro- duite. L'accord conclu entre les deux parties pré- voit la construction dans la wilaya de Blida d'une usine de fabrication

LU DANS LE “JO”

Hydrocarbures : les nouveaux avantages fiscaux

LE “JO” Hydrocarbures : les nouveaux avantages fiscaux L a liste des biens d’équipement, ser- vices,

L a liste des biens d’équipement, ser- vices, matières et pro-

duits exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), des droits, taxes et redevances de douanes re- lative aux activités de re- cherche et/ou d’exploita- tion, de transport par ca- nalisation des hydrocar- bures, de liquéfaction du gaz et de séparation des gaz de pétrole liquéfiés, vient d’être fixée par décret exé- cutif publié le journal offi- ciel du 28 septembre 2014. En application des articles 89 et 97 de la loi n°05-07 du 28 avril 2005, modifiée et complétée, relative aux hydrocarbures, ce décret consacre de nouveaux avantages fiscaux à toute la chaî- ne des hydrocarbures (recherche, exploitation, transport par canalisations, liquéfaction du gaz, séparation des gaz de pétrole liquéfiés). Le décret n°14-06 du 15 janvier 2014, signé par le Premier ministre Abdelmalek Sellal, énumère les biens d’équipement, matières et produits exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), des droits, taxes et redevances de douanes. Il s’agit en premier des équipements et matériels de prospection géologique et géophysique, de forage et de sondage ainsi que des pro- duits à boue nécessaires à ces opérations et les ciments utilisés spécifiquement pour la cimentation des puits. Il s’agit également des équipements et matériels néces- saires à la production d’hydrocarbures, de mesure et de comptage des hydrocarbures, équipement et matériel de laboratoire, informatique et de télécommunication. Les services liés aux activités de recherche et/ou d’ex- ploitation, de transport par canalisation des hydrocar- bures, de liquéfaction du gaz et de séparation des gaz de pétrole ne sont pas en reste. L’article 5 du décret lis-

te les services concernés par l’exonération du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). L’on citera, no- tamment, la reconnaissance, la prospection géogra- phique, géologique ou géophysique et la détection par tout moyen de gisements d’hydrocarbures. L’exonération touche aussi la recherche et la délimitation des gisements par sondage, forage ou tout autre moyen, la détermi- nation de l’importance des réserves ainsi que les opé- rations annexes qui y sont directement liées. Elle concerne également le service de façonnage pour la transformation du gaz en gaz naturel liquéfié (GNL) et en produits pétroliers ainsi que pour la séparation des gaz de pétrole liquéfiés (GPL).

F.3111

LIBERTE

Mercredi 5 novembre 2014

Supplément Économie

19

DOSSIER

LOI DE FINANCES 2015

Combien de temps l’Algérie peut-elle vivre au-dessus de ses moyens ?

Les pouvoirs publics poursuivent leur politique dépensière.

À l’aune de la lutte contre la fraude fiscale, l’évasion fiscale, le com- merce informel, l’enrichissement illicite, le blanchiment d’argent, la fuite des capitaux, la corrup- tion… la loi de finances 2015

semble être une “fuite en avant” pour gagner du

temps et tenter de calmer la gronde sociale.

Dans un contexte inter- national marqué par un retournement tendan- ciel des cours des hydrocarbures dont les consé- quences se sont traduites par la contraction des recettes extérieures et du volume des exportations, les pouvoirs publics poursuivent, en dépit des mises en garde de nombreux experts, leur poli- tique dépensière, quitte à mettre dangereusement en cause les grands équilibres macroécono- miques du pays. C’est dans ce climat d’incerti- tudes que la loi de finances 2015 a été élaborée par l’exécutif et adoptée par le parlement qui, pour une fois, met l’accent sur les risques de déséqui- libres financiers que ce texte législatif peut pro-

voquer. Nonobstant l’enveloppe considérable de 265 milliards de dollars qui sera consacrée au fi- nancement du plan quinquennal 2015- 2019, la philosophie qui sous-tend l’élaboration de cet- te loi est, pour beaucoup d’observateurs, sujet- te à caution. Les données d’encadrement de base de cet instrument de gestion économique et fi- nancière du pays, pour une année, ont été établies sur des scénarios volontairement optimistes à contrecourant de la valeur des importations qui épousent une courbe ascendante, à plus de

importations qui épousent une courbe ascendante, à plus de Par : A. HAMMA Liberté La politique

Par : A. HAMMA

Liberté
Liberté

La politique dépensière engendre de gros problèmes économiques.

60 milliards de dollars et de nos ressources ex- térieures qui chutent. Ainsi, ce texte de loi, basé sur un prix du baril de pétrole de 37 dollars, pré- voit des recettes budgétaires de 4684,6 milliards de dinars et des dépenses de 8858,1 milliards de dinars. Le déficit budgétaire sera de l’ordre de 4173,3 milliards de dinars, soit environ 22% du PIB. Par ailleurs, les rédacteurs du texte tablent sur une hypothèse haute de la croissance éco- nomique qui serait de 3,42% et plus de 4,25% hors hydrocarbures. L’inflation serait contenue à 3%. Ces chiffres, que l’état de notre économie ainsi que la réalité du marché des biens de consom- mation contredisent, même si le discours “opti- miste” des pouvoirs publics, arguant d’un mate- las financier de 200 milliards de dollars de réserves de change et d’un fonds de régulation de recettes

avoisinant 57 milliards de dollars, ne changent rien aux “faits têtus” de la réalité. Cette posture est axée au- tour de démarches “démagogiques et de nature populiste”, en accordant des augmentations de salaires anar- chiques, incohérentes et inégales, créant un profond sentiment de frus- tration et d’injustice au sein de larges pans de la société et de nombreuses catégories socioprofessionnelles. C’est ce qui est, en partie du moins, à l’origine des grèves à répétition, de l’avalanche de revendications so- ciales, chacun “voulant sa part du gâ- teau dans une économie de rente pé-

trolière”. Il faut bien que tout le monde comprenne, qu’à l’instar de nombreux pays du monde, notamment en Europe, avec la banqueroute de Malte et plus récemment de l’Ir- lande, sans omettre d’autres, tels que l’Espagne, l’Italie, la France et l’Allemagne mises sous sur- veillance dernièrement par les agences de cota- tion, l’Algérie ne peut éternellement vivre au-des- sus de ses moyens du seul fait de la rente pétro- lière en hypothéquant dangereusement l’avenir des générations futures. Au plan de la politique des équilibres macroéconomiques, le taux d’in- flation de 3%, retenu pour 2015, risque d’être af- fecté par les contraintes externes évoquées ain- si que par la lenteur mise dans la relance de l’ou- til de production nationale et de la faible pro- ductivité de celui-ci (la croissance est tirée es- sentiellement par la dépense publique). D’où

l’éventualité d’une poussée inflationniste plus im- portante que celle de 2014, et son impact sur le pouvoir d’achat des catégories les plus vulnérables de la société, avec, évidemment, les tensions so- ciales qu’elle pourra engendrer, d’autant que les mécanismes de régulation du marché national des biens de large consommation ne sont pas enco- re suffisamment maîtrisés. Ces quelques consi- dérations confortent l’idée que la loi de finances 2015 est un ensemble de mesures “juxtaposées” qui relèveraient plus de l’improvisation dictée par “l’ordre des nécessités”, que d’une démarche co- hérente et globale, intégrant l’ensemble des fac- teurs endogènes et exogènes qui permettent la poursuite du développement durable, avec ri- gueur et contrôle de la dépense publique, à l’instar de la majorité des pays développés qui ten- tent d’anticiper la crise, ou d’endiguer ses re- tombées, en mettant en place des plans d’austé- rité en matière de dépenses publiques. Cependant, il faut saluer l’abrogation de l’article 87 bis, qui nous a été imposé sous les fourches caudines du FMI. Il se traduira par un impact financier im- portant en faveur des plus démunis, mais ce n’est pas cette décision qui hypothéquera les équilibres financiers du pays. Tout le monde connaît les causes profondes qui en sont à l’origine. Quant à l’augmentation du prix du timbre biomé- trique, il vaut mieux en rire, lorsqu’un ministre de souveraineté, dont le salaire dépasse 400 000 DA, estime que “le timbre à 10 000 DA c’est rien”, oublieux que le SNMG est à 18 000 DA.

A. H.

rien” , oublieux que le SNMG est à 18 000 DA. A. H. EN TOUTE LIBERTÉ

EN TOUTE LIBERTÉ

MUSTAPHA MEKIDECHE

mustaphamekideche@ymail.com

Loi de finances 2015 : à propos des deux arbres qui ont caché la forêt

L’ Assemblée populaire na- tionale(APN) a adopté, mercredi dernier, le projet

de loi de finances 2015 (LF 2015). Ce dernier avait été approuvé par le Conseil des ministres en août 2015, au moment où le dé- clin du prix du baril de brut, amorcé en juin, continuait sur ce trend baissier. En octobre cette baisse s’est aggravée sans pers- pective sérieuse de redresse- ment. En toute logique, le Par- lement aurait dû renvoyer la copie pour une mise à jour ur- gente. C’est ce qu’on appelle la ré- activité. Au minimum, comme je le disais la semaine dernière dans ces mêmes colonnes, des si- gnaux forts auraient pu être envoyés à l’ occasion du débat au sein de l’Assemblée populaire na- tionale(APN). À défaut de pou-

voir s’ajuster rapidement aux chutes brutales de nos recettes extérieures, au moins cela aurait permis de préparer le terrain pour anticiper un scenario de re- cul par le biais d’une loi des fi- nances complémentaire. Cela n’a pas été malheureusement le cas. En définitive aucun signal clair et lisible n’a été envoyé en direction de la société et de la

communauté des affaires pour

alerter sur le danger qui pèse sur les finances publiques. Hormis deux éléments qui ont été deux arbres qui ont caché la forêt.

Il s’agit d’abord de l’amende-

ment de l’article 136 portant sur le montant du timbre fiscal du passeport biométrique et ensuite de la nature des res- sources du budget et du finan- cement de son déficit. Exami- nons le premier point. Le long et vif débat sur cette question a fait oublier, au minimum a fait pas- ser au second plan, l’essentiel de la menace sur les équilibres budgétaires. La commission des Finances de l’APN et le gouver- nement ont ferraillé sur le prix du timbre fiscal du passeport biométrique pensant pour la première défendre le pouvoir

d’achat des faibles revenus et le second d’émettre un signal

de “vérité des prix”. Ce faisant on

a abordé de vraies probléma-

tiques que posent l’architectu-

re et l’équilibre budgétaires mais

par le petit bout de la lorgnette. Finalement entre les 10 000 DA du projet du gouvernement et les 2 000 DA de la situation ac- tuelle la poire a été exactement

coupée en deux (10 000 +2000 divisé par 2) soit six mille dinars pour un passeport dont la durée a été doublée. Le deuxième arbre qui a caché

la forêt met en lumière une question plus fondamentale d’ordre méthodologique, voire systémique. Car la LF 2015 don- ne l’illusion que la fiscalité or- dinaire participe au finance- ment budgétaire de façon plus importante qu’elle ne le fait en réalité (près de deux tiers). Cela n’est pas bon car elle di- minue, pour les non avertis, la perception de la menace du dé- ficit budgétaire. Voyons pour- quoi. La LF 2015 nous donne une structure biaisée des re- cettes fiscales de l’État. L’examen du texte nous indique que les montant des recettes de la fis- calité ordinaire s’élève à 2 961,7 milliards DA alors que celui des recettes de la fiscalité pétroliè-

re ne s’élève qu’a 1 722,9 mil- liards DA. Soit une contribu-

tion au budget de l’État par la fiscalité pétrolière de 36,7% seu- lement. Cela accrédite l’idée d’une diversification écono- mique bien engagée et donc d’une vulnérabilité moindre

Les

ressources

fiscales de

l’État proviennent en définitive pour un tiers de la fiscalité ordinaire et pour deux tiers de la fiscalité hydrocarbures. C’est exactement l’inverse qu’une lecture trop rapide ou trop superficielle de la LF 2015 peut nous faire accroire.”

aux variations du volume des re- cettes d’hydrocarbures sur les- quelles la fiscalité pétrolière est assise. Cela est une illusion. Pourquoi ? Car cette situation est caractérisée par un fort déficit budgétaire qui atteint un mon- tant de 4 173,3 milliards DA soit 22,1% du PIB. Alors de quelles ori- gines viendront les ressources fi- nancières qui serviront à équi- librer ce budget en fort déficit ? Soit de l’emprunt donc de l’en- dettement soit de la fiscalité pé- trolière par le biais du Fonds de régulation des recettes(FRR), lui-même exclusivement ali- menté par la part de fiscalité pé- trolière considérée comme ex- cédentaire. Pour le moment c’est évidemment cette derniè- re option qui sera mise en œuvre pour rétablir l’équilibre du bud- get. Cela se traduira donc par un recours supplémentaire aux ressources provenant de la fis- calité pétrolière à hauteur de 4 173,3 milliards DA pour un total corrigé de 5 896,2 milliards DA contre 2 961,7 milliards de recettes de fiscalité ordinaire. Un train peut en cacher un autre comme on dit. Alors, avec ces chiffres cor-

rigés, on revient à la case départ :

les ressources fiscales de l’État proviennent en définitive pour un tiers de la fiscalité ordinaire et pour deux tiers de la fiscali- té hydrocarbures. C’est exacte- ment l’inverse qu’une lecture trop rapide ou trop superficiel- le de la LF 2015 peut nous faire accroire. Les inerties structu- relles sont toujours là et notre économie productive n’est pas encore entrée dans son cercle vertueux de croissance aggra- vant donc la vulnérabilité bud- gétaire du pays. Malheureuse- ment en l’état actuel des choses, la seule variable d’ajustement reste notre faible capacité d’ab- sorption des investissements et les longs délais de mise en œuvre de certaines politiques publiques. Je pense aux retards pris dans la réalisation de cer- tains équipements publics. Je pense aussi à des milliers de postes ouverts dans le budget et non pourvus. Je pense aux fonds spéciaux ouverts et dotés de ressources puis oubliés. Aussi j’ose espérer, en conclusion, qu’un débat sérieux et inclusif soit ouvert aux acteurs poli- tiques, économiques et sociaux pour trouver une nouvelle ar- chitecture budgétaire plus en rapport avec l’évolution de nos ressources financières exté- rieures. Sinon nous le ferions contraints et forcés. Tôt ou tard.

M. M.

LIBERTE

Mercredi 5 novembre 2014

L’Algérie profonde

21

ORGANISATION NATIONALE DU DÉVELOPPEMENT DE L’AGRICULTURE

Les défrichements menacent la steppe et des millions de bêtes

Le constat est amer, et ce dossier mérite bel et bien d'être pris au sérieux par les autorités locales de la wilaya avant qu'il ne soit trop tard.

L steppe

a

à

M’sila

est

confrontée à un problème de dégradation induit par l’effet combiné de facteurs anthropiques et clima- tiques. Si les facteurs cli-

matiques et surtout les sécheresses semblent connus, les facteurs anthro- piques restent encore les plus dange- reux. Ils couvrent en effet des réalités diverses comme le surpâturage, les dé- frichements liés aux politiques fon- cières et de développement. “Tous les spécialistes en la matière s'accordent à dire d'une seule et même voix que la steppe est en danger de mort, en tapant du poing sur la table pour signaler que tous les voyants sont au rouge”, dira le responsable de wilaya de l’organisa- tion. La wilaya de M’sila est présentement déshéritée, dont l'économie repose essentiellement sur un élevage tradi- tionnel et assez peu productif. “Les pouvoirs publics sont aujourd'hui contraints de combattre non pas, com- me par le passé, les causes réelles de la désertification mais, plus grave encore, ses effets dévastateurs, surtout lorsque l'on constate actuellement, et avec une pointe d'amertume et d'angoisse, que des milliers d'hectares arrachés à la step- pe au prix de la sueur et d'efforts sur- humains se réduisent au fil des jours en cendres voire même qu'ils partent en fu- mée sous le regard passif d'élus com- munaux complaisants qui préfèrent plutôt fermer les yeux que de lever très haut le glaive du droit et dire que ces îlots de plantations pastorales consti- tuent une manne financière consé- quente pour la région qui compte plus de 1000 chameaux, 2 millions d’ovins et 35 000 bovins”, ajoute notre inter- locuteur. Le lancement de la campagne labours- semailles est venu à point nommé, et sans crier gare, pour compliquer la si- tuation et jeter de l'huile sur le feu dans un monde rural déstructuré. Le constat est amer, et ce dossier mérite bel et bien d'être pris au sérieux par les autorités

D. R.
D. R.

La combat contre la dégradation des milieux naturels doit être l’une des préoccupations premières de l’État.

locales de la wilaya avant qu'il ne soit trop tard, et que personne n'osera dire qu'il ne le savait pas. Toute action de préservation et de réhabilitation de la steppe doit reposer dans un premier temps sur un diagnostic permettant d'identifier et d'évaluer le poids de

chaque facteur dégradant. Parmi les facteurs souvent soulignés, on note le climat, le parcours, le défrichement et la pratique d'une agriculture pluviale sans une justification ni estimation de cet impact. De l'avis de certains spé- cialistes, la lutte contre la dégradation

du milieu naturel et un éventuel réta- blissement des équilibres écologiques devrait, par une impulsion vive et sy- nergique, associer nécessairement l'Etat, la société civile et les éleveurs dans une même démarche.

CHABANE BOUARISSA

ENVIRONNEMENT À BÉJAÏA

Opération de nettoyage à la plantation Chahid Hassissenne

n Une opération de nettoyage a été organisée, avant- hier, dans la plantation pédagogique Chahid-Rachid-Hassissenne, sise à Boulimat, côte ouest de Béjaïa. Ladite plantation a été ravagée par le feu. Aussi, des associations locales, des clubs de la wilaya, la radio locale, la direction des travaux publics, le Parc national de Gouraya ainsi que les amis de la faculté de médecine de Béjaïa ont pris part à cet événement. Selon les initiateurs de cette opération, la plantation a été

durement touchée à cause des feux de forêt qui se sont déclarés au mois d'août dernier. Pas moins de 350 oliviers de 20 ans, des ruches, des vignes et des figuiers ont été ravagés par le feu. L’opération baptisée “Tous ensemble” s’inscrit dans le cadre d’une campagne de sensibilisation à la protection de l’environnement dans la wilaya de Béjaïa, ont indiqué les organisateurs de la manifestation.

H. KABIR

VILLES DE BOUINAN ET CHEBLI (BLIDA)

Nouvelle impulsion aux projets de développement local

P our donner une nouvelle impulsion aux pro- jets de développement local, le wali de Blida, Mohamed Ouchen, dans le cadre de ses visites

cycliques à travers les dix daïras de la wilaya, a en- tamé sa tournée par la daïra de Bouinan. Plusieurs projets qui visent l’amélioration des conditions de vie des citoyens du chef-lieu de daïra ont été passés au crible, entre autres l’aménagement et le revête- ment des routes sur un linéaire de 2 km pour une autorisation de programme de 60 millions DA, la ré- novation du réseau d’AEP au centre-ville pour une enveloppe financière de 23 millions DA, la rénova- tion d’une conduite de refoulement d’eau par l’en- treprise hydrotechnique. En se rendant sur le site où est implanté le programme de 520 logements publics locatifs, le wali a instruit le maître d’œuvre, l’entre-

prise Cosider, de réviser le planning par corps d’état pour compresser les délais et accélérer la ca- dence des travaux. Dans la commune de Chebli, le wali a fait plusieurs haltes. Il s’est rendu respecti- vement à Tabaïnet et Massouma pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux de raccordement au gaz de ville qui touchera 476 foyers dans la première localité et 100 foyers dans la seconde. En matière d’in- frastructures routières, il a passé en revue les travaux de liaison routière reliant la ville nouvelle à l’auto- route Est-Ouest sur une distance de 12 km pour une enveloppe financière de 6 milliards DA. Une autre opération de revêtement du CW 49, qui relie Ta- baïnet à Chréa sur un linéaire de 20,3 km, sera lan- cée pour un coût de 300 millions DA. L’alimenta- tion en eau potable n’est pas en reste, puisqu’un ré-

servoir d’eau de 500 m 3 est en réalisation à Hay Ben- cherif pour doter les centres ruraux de Chebli d’un système d’alimentation en eau potable. Le coût de cette opération est évalué à 280 millions DA. Par ailleurs, dans le cadre de l’amélioration des presta- tions dans le service public administratif, le wali a supervisé un chantier de réhabilitation du siège de l’APC de Chebli ainsi que les travaux d’aménagement d’un établissement sanitaire et d’une maternité qui ont nécessité une enveloppe financière de 12,4 mil- lions DA pour assurer un meilleur accueil aux ci- toyens. Cette visite a été ponctuée de rencontres de proximité avec les citoyens qui ont exprimé au wali leurs doléances focalisées sur les problèmes liés prin- cipalement à l’amélioration de leur cadre de vie.

K. FAWZI

à l’amélioration de leur cadre de vie. K. FAWZI BRÈVES du Centre BOUZEGUÈNE Polémique autour du

BRÈVES du Centre

BOUZEGUÈNE

Polémique autour du lieu d’implantation de l’hôpital

n Depuis quelques jours, des

pétitions anonymes dont nous détenons des copies circulent dans certains villages de la daïra de Bouzeguène. L’une d’entre elles, revêtue de cachets de quelques villages situés tous en dehors de la commune de Bouzeguène, a été adressée à certains bureaux régionaux des organes de la presse nationale pour publication. Encore une fois, les rédacteurs de la pétition ont agi sans consulter les principaux villages de la commune de Bouzeguène et chef-lieu de la daïra, où l’hôpital devrait voir le jour. Toutes les populations des villages de la commune de Bouzeguène, qui en compte 24, en plus des villages de la commune d’Aït Zikki, d’Idjeur et de quelques villages d’Illoula, ne comprennent pas les desseins inavoués des rédacteurs des pétitions. Il y a lieu de savoir que l’acquisition de l’hôpital de 120 lits de Bouzeguène a été arrachée au forceps, après plus de trois décennies d’attente, soit depuis le début des années 70. L’actuel ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, qui connaît parfaitement les moindres coins et recoins de cette région de Kabylie pour avoir été pendant des années chef de daïra, ne peut, de ce fait, être induit en erreur. La coordination des comités de villages de la commune de Bouzeguène, réunie dernièrement en assemblée générale, dénie à quiconque de parler en son nom et apporte un cinglant démenti aux pétitions anonymes qui suggèrent, au nom de tous les villages de la daïra de Bouzeguène, au ministre de la Santé, l’implantation du projet sur une assiette foncière située du lieudit Messouya, initialement prévue pour accueillir un centre d’enfouissement technique (CET).

C. NATH OUKACI

TIPASA

Réhabilitation de la placette des Martyrs

n Une enveloppe estimée à plus de

80 millions de DA a été allouée dans le cadre des projets sectoriels pour réhabiliter la placette de Tipasa jouxtant la grande mosquée, lieu où sont marqués les noms des 26 martyrs tombés au champ d’honneur durant l’année 1958 aux environs des monts Chenoua, relevant de la commune de Tipasa. Une stèle en marbre luxueux d’une hauteur de 11 m équipée de jeux de lumières a été inaugurée par le wali de Tipasa, à l’occasion de la célébration du 1 er Novembre 1954, en présence du directeur des moudjahidine, des autorités civiles et militaires.

B. BOUZAR

TAMANRASSET

Deux migrants clandestins arrêtés à Guettaa El-Oued

n Deux ressortissants nigériens

inculpés de vente de stupéfiants ont été arrêtés par les éléments de la police judiciaire de la Sûreté de la wilaya de Tamanrasset, a-t-on appris de l’officier chargé de la communication, le lieutenant Triaa Mourad. Les mis en cause, qui se faisaient passer pour des serveurs de thé, ont été appréhendés en possession d’une quantité non négligeable de kif traité destinée à être écoulée sur le marché local, ajoute notre source, précisant au passage que ces deux étrangers sont en situation irrégulière sur le territoire algérien. L’opération, faut- il le signaler, a été menée à Guettaa El-Oued, au lieudit Château, un quartier peuplé de Subsahariens ayant élu clandestinement domicile à Tamanrasset.

RABAH KARECHE

24

Des

Gens

& des Faits

Mercredi 5 novembre 2014

LIBERTE

Vous écrivez des histoires et aimeriez les faire publier. Envoyez-les nous à l’adresse suivante : libertehistoires@gmail.com. Si après sélection, elles retiennent l’attention de la rédaction, elles seront publiées.

CHRONIQUE DU TEMPS QUI PASSE Récit de Adila Katia

“Les secrets…”

88 e partie

Quatrième chapitre : Karim

Résumé : Lynda arrive avec un peu de retard. Elle a offert une voiture neuve à Ihssane. Lorsque celle-ci lui raconte l’accident qui avait empêché Karim de les retrouver, il leur semble que des pièces de puzzle s’assemblaient. Ihssane appelle khalti Ourida et l’interroge. Aux réponses qu’elle donne, il est clair que Karim voyageait avec elle et deux autres amis. Lynda se sent mal. Elle a mal au cœur au point de ne pas pouvoir respirer…

Ihssane a l’impression de vivre un cau- chemar, d’y assister. Les serveurs l’ont aidée à porter Lynda à la voiture. Un client a bien appelé le Samu, mais la jeune fille ne veut pas perdre de temps. Elle la garde dans ses bras, priant du fond du cœur pour que son état ne s’aggrave pas. Lynda respire difficilement. Son regard est vitreux. - Accroche-toi ! Tu ne peux pas m’abandonner maintenant, dit Ihssa- ne, alors que sa main s’accroche à la sienne. Maman, accroche-toi ! Mais Lynda ne répond pas. Il semble à la jeune fille que le serveur qui a bien voulu conduire à sa place ne va pas as- sez vite.

- À cette allure, on n’arrivera jamais !

- Patience ! Tous conduisent comme

ils veulent ! Si j’accélère, je risque de faire un accident ! Même si le temps lui paraît long, ils fi- nissent par arriver à l’hôpital. Lynda est vite prise en charge par l’équipe des urgences. Ihssane renseigne au mieux

le médecin qui disparaît derrière les portes de la salle des soins intensifs. Le serveur, qui a garé la voiture un peu plus loin, vient lui remettre les clefs.

- Ne pleure pas ! Incha Allah elle s’en sortira ! Elle murmure des remerciements alors qu’il poursuit.

- Appelle quelqu’un de ta famille ! Tu

ne peux pas rester seule !

- Oui, je vais le faire, promet-elle en

sortant son portable. Les numéros défilent, mais elle hési- te à joindre sa famille. En fait, elle

craint leur réaction. Elle préfère aler- ter Nassima, la mère de Ryan. Elle lui demande de la rejoindre aux urgences, sans lui dire de quoi il en retourne.

Comme elle est à l’autre bout d’Alger,

elle prend près d’une heure pour ar- river.

- Qu’est-ce qui t’est arrivé ? C’est ta

tête ? Ta jambe ? Ils ne se sont pas en- core occupés de toi !, constate-t-elle. Ça fait longtemps que tu attends ? Ma fille, tu aurais dû m’appeler ! Mais ce

n’est pas trop tard ! Je préfère t’em- mener dans un centre de santé privé ! Même si ça coûte bonbon, je suis là !, la rassure Nassima en la prenant par le bras, sans lui avoir donné le temps de répondre à une question. Ryan m’en voudra à mort si je ne prends pas soin de toi ! Partons d’ici ! Je me fai-

sais un sang d’encre durant tout le che- min ! Allah m’est témoin, si je n’ai pas cherché après toi c’est parce que j’étais dépassée ! Viens, partons ! Ne perdons pas de temps !

- Khalti, il ne s’agit pas de moi, mais de ta belle-sœur Lynda ! Elle a eu un

malaise ! Elle est entre les mains du médecin urgentiste !

- Oh mon Dieu, mais qu’est-il arrivé ?

Raconte moi !

Ihssane, qui ne sait toujours pas quoi raconter, ne dit pas la vérité.

- Je passais par là quand je l’ai vue au

volant de sa voiture. Je m’en étais ap- prochée pour lui parler mais elle ne ré- agissait pas ! J’avais fini par com- prendre qu’elle n’allait pas bien ! Je l’ai amenée ici ! C’est l’hôpital le plus

proche…

- Ce n’est pas par hasard que tu t’es

trouvée sur son chemin ! C’était pour

lui venir en aide ! Je comprends pour- quoi mon fils tient tant à toi !

Nassima appelle ses beaux-parents et son beau-frère pour les mettre au courant.

- Je vais tenter de savoir comment elle va !

Dessin/Mokrane Rahim
Dessin/Mokrane Rahim

Ihssane pense à partir. Elle ne veut pas

tomber sur le mari de Lynda. Mais son cœur la cloue sur le banc. Elle prie du fond du cœur pour que

Lynda s’en sorte. Elle a le moral à plat.

Elle sursaute presque lorsque Nassima pose la main sur son épaule.

- Ne pleure pas ! Elle va bien ! Ma chè-

re belle-sœur n’a plus toute sa tête !

Elle ne cesse d’oublier de prendre son traitement ! Elle nous a donné une belle frayeur !

- Grâce à Dieu, elle s’en sort ! Khalti,

je dois rentrer ! Mes grands-parents m’attendent, prétexte-t-elle, soula- gée. Je t’appellerai plus tard ! Elle s’en va, comme une voleuse, sans se retourner. Mais elle se retrouve avec un autre problème. Qu’allait-elle fai-

re de la voiture ? Si elle la prend, elle

devra expliquer sa provenance. “Ma- man Zina va m’en vouloir !”, pense-t- elle en démarrant. “Elle va croire que je me détourne d’elle ! Si elle pouvait sa- voir combien je l’aime et combien je lui suis reconnaissante !” Tout en conduisant, en apercevant une

mendiante, elle se rappelle avoir sou- vent vu des hommes cloués dans des fauteuils roulants, dans les grandes ar- tères de la capitale, à tendre la main vers les passants.

Et si son père était l’un d’eux. Dans sa condition physique, il ne devait pas travailler. La vie ne lui laissait pas le choix. Elle ne rentre pas à la maison mais fait le tour d’Alger-Centre…

(À SUIVRE)

A. K.

adilaliberte@yahoo.fr VOS RÉACTIONS ET VOS TÉMOIGNAGES SONT LES BIENVENUS.

VOS RÉACTIONS ET VOS TÉMOIGNAGES SONT LES BIENVENUS. Dessin/Amouri Résumé : Taos rêvait de caser sa
Dessin/Amouri
Dessin/Amouri

Résumé : Taos rêvait de caser sa fille et de réaliser son rêve de faire une omra… Elle rêvait de se rendre à La Mecque. Mais tant que Wassila est célibataire, elle ne pouvait rien faire. Des rires lui parvenaient du salon. Sa belle-sœur faisait les éloges de sa bru… Taos suivait distraitement la conversation… Halima la tire de ses méditations, et lui parle de Wassila.

Halima se racle la gorge avant de pour- suivre :

-Je me demandais justement si elle n’aurait pas mieux fait de se marier au lieu de penser à coiffer et à maquiller quotidiennement des mariées. Taos dépose brutalement une tasse de-

vant elle, avant de se redresser :

-Ma fille refuse de s’engager avec le pre- mier venu… Je ne vois pas pourquoi tu m’en fais à chaque fois la remarque Halima. -Je parle de ma nièce pardi ! Je veux la voir casée et heureuse…

6 e partie

Récit de Yasmina Hanane

Ma vie, mon destin

-Je te remercie pour tes nobles inten- tions, mais Wassila attend son mak- toub. Elle prend la cafetière pour ver- ser le café brûlant dans les tasses. Afin de couper court à cette conver- sation qui commençait à la fatiguer, elle lance d’une voix ferme :

-Nous devrions penser à marier aus- si Soraya et Kahina… Outrée, Halima fronce les sourcils :

-Mes filles sont encore bien jeunes. Elles étudient. -Tu veux insinuer que Wassila est vieille ? -Je n’ai pas dis ça, Taos. Je… je voulais juste… Taos lève une main :

-Changeons de conversation veux-tu, Halima. Ilham va nous prendre pour des pies. Elle se tourne vers la jeune mariée, et lui sourit :

-Excuse-nous ma fille. C’est la première fois que tu mets les pieds dans ma mai- son, et tu es bien servie. Ilham ébauche un sourire :

-Ce n’est rien tante Taos… Je fais maintenant partie de la famille, et je trouve ces échanges de propos tout à fait légitimes entre vous et ma belle- mère. Taos s’assoit en s’essuyant le front :

-Je me sens un peu fatiguée ces der- niers temps. Les aléas de l’âge nous rat- trapent toujours. Elle se tourne vers son mari Saïd, qui discutait dans un coin avec son neveu, et lui lance :

-Tu n’as pas terminé de palabrer ? Tu as saoulé Fatseh par tes conversations sans fin.

Loin de se désappointer, son mari lui tendit sa tasse vide :

-Pense plutôt à nous verser un café… Tu as oublié tes bonnes manières au-

jourd’hui. On dirait que tu es dans la lune. Halima se met à rire et donne raison

à son frère :

-C’est ce que je pensais moi aussi… Taos se retourne vivement vers son mari :

-Moi au moins je ne passe pas mon temps à somnoler devant la télé… Tu

passes tes journées à traîner la savate

à travers l’appartement, et tu oses me

traiter de distraite… C’est un peu exa- géré pour quelqu’un qui passe le plus clair de son temps à chercher la lune en plein jour. Excitée par cette scène improvisée, Ha- lima se met franchement à rire :

-On dirait que c’est la journée des mal- entendus… -Non ma chère belle-sœur… Tu te trompes… Disons plutôt que tes sous-entendus sont de mauvais goût. Fatseh, qui jusque-là avait gardé le si- lence, s’insurge :

-Pourquoi toute cette animosité alors qu’on voulait juste passer un agréable moment tous ensemble ? -Demande-le plutôt à ta mère, lance Taos. -Mais ce n’est pas moi qui… Fatseh interrompt sa mère :

-Arrête avec tes sous-entendus, ma- man ! Il prend à témoin Saïd :

-Tu vois, mon oncle, les femmes pen- sent toujours bien faire, mais lors- qu’elles déclarent la guerre, c’est elles

qui veulent toujours avoir le dernier mot. Saïd hoche la tête :

-J’en connais un bout, fiston… Mes cheveux blancs en sont d’ailleurs té- moins. Il rit, et lui lance une boutade :

-Au début tout est beau, tout est agréable. Mais plus tard tu découvri- ras toi aussi les déboires des hommes mariés… Heu… Désolée, Ilham… Je voulais juste mettre ton mari en gar- de contre les désagréments des mé- nages… Ne m’en veuillez pas mes en-

fants… La réalité est souvent difficile à admettre… Ce qui est valable pour les hommes l’est aussi pour les femmes… Nous ne sommes pas des anges, nous non plus. Taos avait terminé de verser le café, et s’était installée auprès de sa belle- sœur. Elle regarde son mari et ré- torque :

-Les anges sont au Paradis, par contre nous les humains, nous vivons dans un monde de malédictions… Que Dieu nous en préserve. Soraya discutait à voix basse avec sa sœur, et Taos avait remarqué que Ka- hina la regardait et chuchotait quelque chose dans l’oreille de sa frangine. -Que vous racontez-vous donc vous deux ? Pourquoi ces chuchotements et ces coups d’œil ?

(À SUIVRE)

Y. H.

y_hananedz@yahoo.fr :

VOS RÉACTIONS ET VOS TÉMOIGNAGES SONT LES BIENVENUS.

et ces coups d’œil ? (À SUIVRE) Y. H. y_hananedz@yahoo.fr : VOS RÉACTIONS ET VOS TÉMOIGNAGES

LIBERTE

Mercredi 5 novembre 2014

Jeux

25

Sudoku

N° 1804 : PAR FOUAD K.

Comment jouer ?

Le sudoku est une grille de 9 cases sur 9, divisée elle-même en 9 blocs de 3 cases sur 3. Le but du jeu

   

5

 

9

 

6

   

7

4

   

5

       

est de la remplir entièrement avec des chiffres allant de 1 à 9 de manière que :

 

1

 

6