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UNIVERSITÉ D’ATHÈNES

FACULTÉ DES LETTRES


Département de Langue et Littératures françaises
Module 641093 : Nouvelles écritures poétiques et romanesques au XXe et au XXIe siècle
Enseignante : H. Tatsopoulou

Littérature du XXe et du XXIe siècle


(Notes établies d’après Cécile de Ligny et Manuela Rousselot, Littérature française, Paris,
Nathan, coll. « Repères pratiques », 2006).

La Belle Epoque (de 1900 à 1914) : période d’équilibre où l’on découvre les agréments
des nouvelles techniques (cinéma, automobile, électricité). C’est le temps de l’extension de la
presse illustrée, du développement du sport et des loisirs.

-Les maîtres à penser officiels servent les idées de la bourgeoisie au pouvoir. Ils sont les
auteurs de « romans à thèse » ou de « romans à idées »
Paul Bourget et son moralisme : Le Disciple (1889)
Maurice Barrès qui préconise le culte du moi et le patriotisme : La Colline inspirée (1913)
Anatole France opposé à tout fanatisme : Les Dieux ont soif (1912)
Romain Rolland défend les valeurs humanistes et le pacifisme : Jean-Christophe (1904-1912)

-Le roman d’adolescence ou roman d’apprentissage (ou de formation)


Alain-Fournier : Le Grand Meaulnes (1913)
Valery Larbaud : Fermina Marquez (1911)
Colette : La série romanesque des Claudine (1900-1903), Le Blé en herbe (1923)
Edmond Radiguet : Le Diable au corps (1923)

-L’écriture de Marcel Proust a une influence déterminante sur l’évolution ultérieure du


roman : pour la première fois dans la littérature, un homme se penche sur son passé et analyse
son expérience pour raconter le cheminement de sa conscience jusqu’au moment où s’impose
la nécessité de l’œuvre à écrire. A la recherche du temps perdu (1913-1927) est à la fois une
peinture de la société, un roman psychologique, une autobiographie romancée, un essai sur la
littérature.

-En poésie, nous avons une remise en question du symbolisme, jugé trop épuré et trop
éthéré.
Au début du siècle, une authentique littérature religieuse voit le jour.
Charles Péguy (La Tapisserie de Notre-Dame, 1913) et Paul Claudel (Cinq Grandes Odes,
1910), tous deux convertis, retrouvent le sens du mystère et du symbole dans une poésie du
lyrisme religieux intense.

-Le développement spectaculaire des techniques et de la psychanalyse pousse les poètes à


explorer de nouvelles sources d’inspiration. Guillaume Apollinaire est le premier à éprouver
la nécessité d’une rupture avec le passé. Son œuvre d’une grande liberté formelle, porte tous
les germes de la modernité naissante : Alcools (1913), Calligrammes (1918).

L’entre-deux-guerres (1918-1939)

-Le dadaïsme
A Zurich en 1916, se forme un petit groupe d’artistes de tous les pays qui rejettent en bloc la
religion, la politique, l’art et la littérature et adoptent une attitude nihiliste et subversive. Le
grand inspirateur est Tristan Tzara, jeune écrivain roumain.
-Le surréalisme
Après avoir reconnu en Dada un prophète, André Breton condamne son nihilisme gratuit et
explore des voies littéraires nouvelles. Le surréalisme fait le procès de la raison, de la culture,
prône la toute puissance du monde de l’imagination et du rêve comme modes de connaissance.
Il explore les ressources de l’intuition, de l’inconscient et de l’écriture automatique.
André Breton : Nadja (1928)
Paul Eluard : Capitale de la douleur (1926)
L’Amour, la Poésie (1928)
Louis Aragon : Le Paysan de Paris (1926)

-Paul Valéry donne une place essentielle à la beauté plastique et à la composition


architecturale du poème. Le vocabulaire abstrait est chargé de véhiculer « la vraie pensée » et
les figures de style d’allier le son et le sens de manière à ce « qu’ils se répondent indéfiniment
dans la mémoire » : La Jeune Parque (1917), Le Cimetière marin (1920), Charmes (1922).

-André Gide
Avec Les Faux-Monnayeurs (1925) André Gide annonce sa volonté de réduire le roman à sa
pure essence en essayant de retenir « le significatif, le décisif, l’indispensable ». Il expose une
réflexion sur l’écriture en utilisant le procédé de la « mise en abyme » (le roman dans le
roman) : un des personnages, Edouard, écrit aussi un roman intitulé Les Faux-Monnayeurs.

-Dilemmes spirituels
Certains romanciers s’interrogent sur la conscience d’individus confrontés au mal.
Georges Bernanos : Journal d’un curé de campagne (1936)
François Mauriac : Génitrix (1923)

-Le roman-fleuve brosse de vastes fresques familiales et sociales et a recours à une


psychologie nuancée.
Roger Martin du Gard : Les Thibault (1922-1940)
Georges Duhamel : La Chronique des Pasquier (1933-1945)
Jules Romains : Les Hommes de bonne volonté (1932-1947)

-Romans de la grandeur humaine


Réflexion sur le sens des valeurs héroïques
Henry de Montherlant : Le Songe (1922), Les Bestiaires (1926)
Antoine de Saint-Exupéry prône la solidarité et le dépassement de soi : Vol de nuit (1931),
Terre des hommes (1939).
Les héros d’André Malraux découvrent le sens de la participation au devenir du monde : La
Condition humaine (1933).

-Critique sociale et peintures des mœurs


Henri Barbusse : Le Feu (1916) relate l’expérience collective de la vie des tranchées.
Louis-Ferdinand Céline exprime dans ses œuvres un pessimisme qui se manifeste par
l’obsession de la mort. Dans Voyage au bout de la nuit (1932), il traduit l’absurdité de la vie et
sa révolte devant la guerre, le colonialisme et la médiocrité.

Depuis 1940

-La poésie depuis 1940


La poésie du quotidien: Jacques Prévert
L’Oulipo (L’Ouvroir de Littérature Potentielle) : groupe de poètes qui explore les
potentialités du langage en se fixant des contraintes formelles et propose une réflexion sur les
jeux de l’écriture : Georges Pérec, Raymond Queneau
L’exorcisme de l’hostilité du monde : Henri Michaux
L’attention portée au monde des objets : Francis Ponge
La communion de l’homme avec la nature, la question poétique en tant que témoignage
spirituel : René Char, Saint-John Perse, Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet

-Le roman depuis 1940


La littérature existentialiste : Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir
On devient homme par sa relation à autrui et au monde, par ses choix et la façon dont on use de
sa liberté.
La littérature de l’absurde : Albert Camus
Devant la prise de conscience de l’absurdité de la vie, Camus exprime une profession de foi
dans la solidarité.
Le Nouveau Roman : volonté de recherche toujours renouvelée en réaction contre les
composantes du roman traditionnel (statut du personnage, analyse psychologique, ordre
chronologique…) Alain Robbe-Grillet, Michel Butor, Claude Simon ; Nathalie Sarraute,
Marguerite Duras.

-Littératures francophones
La poésie de la négritude : Aimé Césaire, Léopold Sedar Senghor opposent à la raison
occidentale la sensibilité noire et sa communion avec la nature.
La lutte contre le colonialisme, le rejet des tradition aliénantes, la dénonciation des nouveaux
pouvoirs, la recherche de son identité sont des thèmes développés dans la littérature africaine
(Ferdinand Oyono, Camara Laye) et dans la littérature du Maghreb : (Albert Memmi,
Mohammed Dib, Assia Djebar, Tahar Ben Djelloun).

La littérature depuis 1968

-Ecriture traditionnelle et élégance du style


Julien Gracq évoque dans un lyrisme puissant des paysages qui sont les reflets des passions
intérieures de ses personnages
Marguerite Yourcenar allie érudition et méditation philosophique
Michel Tournier oscille entre le symbolique et le parodique, entre le trivial et le lyrique.

-Le postmodernisme D’après MarcGontard, Le postmodernisme en France (définition,


critères, périodisation) Université de Rennes 2
http://www.limag.refer.org/Cours/Documents/GontardPostmod.htm

La postmodernité, quant à elle, naît de la prise de conscience de la complexité et du désordre


dont les prémices se manifestent dès le début du XX ème siècle avec le développement de la
physique des particules et de la mécanique quantique qui mettent en évidence, contre l'idée de
déterminisme, les notions d'instabilité et d'imprédictibilité.
La chute du Mur de Berlin en 1989 et l'effondrement du bloc communiste à l'Est en 1991
marquent la fin de l'ordre binaire de Yalta et l'apparition au cœur même de l'Europe de zones de
turbulence.
Si le postmodernisme comme nous l'avons vu, se veut d'abord une pensée du discontinu et de
la différence, on conviendra d'appeler postmoderne tout discours narratif qui privilégie des
dispositifs d'hétérogénéité comme le collage, le fragment, le métissage du texte.
Quelques romanciers : Serge Doubrovsky, Patrick Modiano, Jean-Marie Gustave Le
Clézio, Jean Echenoz, Michel Houellebecq - Quelques poètes : Michel Deguy, Jacques
Roubaud