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Professeur Eric M a rié

(de la Faculté de m édecine tradùionnelle chinoise du Jiangxi)


1 •

Fondements historiques,
théorie et pratique

Dangles
Professeur Eric Marié
de la Facullé de médecine traditio nnelle chinoise du Jiangx i

. ~

rects
• •
tnotse
Fondements historiques,
théorie et pratique

Edition sous la direction de Aline Apostolska

Editions Dangles
18, rue Lavoisier
45800 ST-JEAN-DE-BRAYE
1'\é en 1960 à ancy, le profe eur Eric Marié
'e [ pa ion né, dè 1' âge de 13 an , pour le
n1édecine traditionnelle . A 17 ans il découvrit
la médecine chinoi e qu ' il ne ce e d 'explorer
depui une vingtaine d'année .
Principalement fonné en Extrême Orient (Chine,
Taiwan, Japon .. . ), il a approfond i o n savoir
dan le cadre des univer ités et des hôpitaux chi-
nois mais également en uivant de maître tra-
ditionnels, auprè desq uel il a vécu au quoti-
dien, partageant 1' essence de leur ex périence.
Au delà de la médecine, il pratique in te n ément,
depui de no mbreu e année , di ver a peel de la culture orie ntale (peinture.
calligraphie, art martiaux ... ).
Docte ur en médecine chinoi e, péc iali é en médecine interne (Nei Ke), il e t,
depui juin 1992, profe eur à la Fac ulté de médecine traditionnelle chinoise du
Jiangxi (Ré publique popu laire de Chine), où iJ pa e une partie de chaque année,
donnant de cour ur de uj et pécifiq ue de la médecine chinoi e et tra-
vaillant à l'élaboration et à 1 adaptatio n de programme d 'en eignement pour
l'Europe. Il e t égalemen t directe ur de recherche en médecine interne à rhôpi-
tal uni ver itaire de Nanchang, où il con acre une partie de son temp à la pra-
tique clinique.
En Europe, il est P réside nt de la Fédératio n européenne de médecine chinoise
et il en eig ne dan plu ieur pay notam ment aux Pays-Bas ~ù il assure. e.n
tant que Director of Education Developrnent, la fo rmati on conttnue des ensei-
g nant~ de l 'Anglo-Dutch Institute of Oriental Medicine.
Il a fondé, en 1992, la revue Médecine chinoise et1nédecines orientales.
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Le profe seur Marié en eignant el examinant un patient
(Faculté de M.T.C. du Jiangxi- Hôpital uni' er\itai rc ùc anchang).
Avant-propo

A Chine su cite chez les Occidentaux des sentiments paradoxaux. Son expansion
démographique, son sy tème po litique et son développement écono mique inquiè-
- tent. En même temps, a lang ue, on histoire et sa cul ture exercent sur nous une fa -
cination indiscutable. Ce mélange d'attraction et de répulsion n'est pas étranger à ceux qui
s'intéressent à la médecine chin oise et il conduit parfois à des attitudes intellectuelles cari-
caturales. Certai ns ac upuncteurs parviennent à se persuader que nous n'avons plus rien à
apprendre des Chinois, que toute leur tradition a été rasée durant le dernières décennie et
qu'on connaît finalement mieux q u'eux-mêmes leur propre système médical. Pour d'autres,
il n'est pas possible de pénétrer J' essence de la médecine chino ise sans être Chinois, comme
s' il existait une sorte de prédisposition génétique incontournable. Ces deux points de vue
extrêmes ont beauco up nuit au développement de ce ystème médical en Europe.
J'ai eu J' opportun ité d 'enseigner à la fo is en Chine et en Europe. Cette double expérience
m'a conduit à considérer Jes modes de transmissio n de la médecine chin oise dans des
contextes très différents. Bien que les Chino is et les Occidentaux puissent tout aussi bien étu-
dier cette discipline, ils ne peuvent pas le faire de la même manière.
En Chine, l'enseignement est long, structuré, sy tématique. Les programmes sont uni-
fo rmisés et les enseig nants très spécialisés dans leur matière. Les étudi ants sont presque
exclusivement des j e unes gens to talem ent disponibles, mais de motivation variable et ayant
généralement, du fait même de le ur âge, une expérie nce humaine encore li mitée . Pour ces
jeunes Chinois, les études sont pratiquement gratuites mais Je conditions matérielles sou-
vent précaires. Enfi n, et ce n'est pas un moindre détail, il n'y a pas de barrière linguistique,
la grande majorité des textes class iques et modernes, livres et articles étant exclusivement
publiés en chinois.
En Europe, l'enseig nement de la médecine chinoise est, dans la plupart des cas, beaucoup
plus limité et variable quant à son contenu . U n'existe pas de standardisation des programmes
qui sont généraleme nt laissés à 1' appréciati on d 'enseig nants « po lyvalents» et souvent for-
més de façon plus approximati ve. On re ncontre des étudiants de toutes les générations, la
plupart d'entre e ux sont motivés mais peu disponibles car les études sont payantes puisqu'il
n'y a pas de soutie n des pou voirs publics. En revanche, les co nd itions matérielles et les
moyens pédagogiques sont nettement me illeurs à l'exception du fait essentiel que l'accès aux
sources littéraires chino ises est impossible pour ceux qui ne lisent pas cette langue.
11 découl e de cela que les Occidentau x ont souvent une réfl ex ion personnelle, une ouver-
ture d'esprit et un sens critique plus élabo rés, mais qu ' il leur manque presque toujours une
connaissance systématique et parfaitement structurée des fo ndements théoriques de la mé~c­
cine chinoise. Or, à dé faut de cette architecture de base de la pensée médicale chinoase,
~ 'étude approfondie et la pratique c linique sont impossibles, de même qu'il est difficile de
JOuer au bridge, même modeste ment, sans connaître la règle du jeu dans son ensemble.
PRÉCIS DE ,\IÉDECI 'E CHINOISE

Comme ce savoir ne peut être pleinement acquis ni à travers la traduction d


oés par de en eignan ts chinois pour des étudiants chinois, pour les raisone ~anu~ls rédi-
o . .... fi . Il .d 1 . s evoquees .
cédemmen~. nt pa; undeé re eXJ on per~onne ~«?CCl C enh~a e », tl .m' a paru intéressant de pre-
poser une etude 10n e sur 1e savOJr enseigne en me, mats rédigée spé ri pro-
l'attention du lecteur occidental. C'est l' objectif de ce livre. Il n' a évidemmect ttquement à
tention de remplacer un enseJgnement . oral, .rndi spensable. Il n'est pas non plus qu n pas
. la p, re-,
trer dans toutes les subti lités et contradictions apparentes de la médecine chinoiseeLstton d en-
. d'" h t " . . e volume
de cet.?~vrag e ne perme~tad~! pas etre ex . . aus~1 , meme en ce qut concerne les théories de
1
base, J at seu ement tente etre assez systematique pour permettre un apprentissage cohé-
rent.
II n'est pa~ suffisant de c~mpre~~re le sens des concepts les pl~ s importants. 11 fauté a-
Jement connattre les mots qUI les destgnent et leur ordre, afin d'évtter toute imprécision 1 l_
Iectique. Pour des raisons de typographie et de confort de lecture, il était impossible ~e
~entionn~r systématiqu~m~nt les c.ara~tèr~s chinois q.ui cor;e.spond~~t à. ~h~que expres-
ston. A defaut, la transcnptwn en pmym, bten que moms prectse, a ete utthsee aussi sou-
vent que possible. Cependant, pour les termes de base, les sinogrammes ont été reproduits
et expliqués, afin de permettre une meilleure« visualisation » de certains concepts. D'autre
part, certains mots ont un sens particulier dans le contexte de la médecine chinoise. Pour les
mettre en évidence et éviter qu'ils ne soient compris selon leur signification habituelle, ils
commencent alors par une maj uscule (par exemple, les Organes, en médecine chinoise, ne
désignent pas exactement la même chose que les organes de la médecine occidentale).
J'ai moi-même traduit tous les textes chinois qui fo nt l' objet de citations, en privilégiant
la précision médicale plutôt que l' élégance littéraire. Je prie donc le lecteur de me pardon-
ner si je n'ai pas toujours su mettre en valeur la poésie ou la beauté du style. Je requiers
pareillement sa bienveillance au cas où il découvrirait des erreurs ou des oublis qui m'au-
raient échappé, et j' accueilierai volontiers toute critique ou remarque concernant le contenu
de ce livre.
Je tiens à remercier ma compagne, Marie-Joëlle, pour sa présence tout au lo~g de la
rédaction de cet ouvrage et pour son aide à certains niveaux de sa réalisation techmque.
J'espère que cette modeste contribution à l'étude de la médecine chinoise sera de quel-
que profit pour le lecteur et lui donnera l'envie d'en approfondir les multiples aspects.
.,
Eric Mane.

0
Introduction

1. Des médecines alternatives en pathologies et de leurs affinités personnelles,


général, et de la médecine chinoise fussent-elles subjectives.
en particulier Quant aux milieux médicaux et pharma-
ceutiques, ils amorcent un rapprochement,
Les médecines «alternati ves» qui, il y a certes encore timide, vers ces médecines com-
quelques années, ne concernaient qu'une frac- plémentaires, conscients qu'elles peuvent
tion marginale du public européen, suscitent apporter, pour le moins, matière à de nouvelles
aujourd'hui un intérêt général. De nombreuses voies de recherches, et permettre 1' exploita-
études montrent qu' une proportion importante tion de matières premières (dans le domaine de
et croissante de la population a recours, d' une la phytochimie, notamment) dont 1'existence
façon régulière, à des méthodes de traitement et l' usage étaient jusqu'alors inconnus. Cela
qui sortent du cadre de la médecine conven- est particulièrement vrai pour la médecine
tionnelle. Autrefois, la compétence des auto- chinoise, dont la pharmacopée constitue une
rités médkales n'était jamais contestée. L'accès source extraordinaire de substances théra-
plus facile à l'information et l'émancipation peutiques largement expérimentées et cou-
du public qui en découle, les scandales qui ont ramment utilisées dans tout un continent.
éclaboussé les instances de la Santé publique Enfin, il existe une situation de fait : des
au plus haut ni veau, Je caractère impersonnel dizaines de milliers de praticiens profession-
et essentiellement technologique de la méde- nels exercent en Europe, dont plusieurs mil-
liers en France. ll est indispensable et urgent de
cine moderne, son manque d'ouverture voire
réduire le décalage entre cette situation de fait
son ignorance quant aux autres systèmes théra-
et la réalité juridique pour répondre à la pres-
peutiques, sont autant de facteu rs qui ont fait
sion de plus en plus forte des citoyens, et parce
évoluer les consciences.
qu' une absence de législation, en amalgamant
Alors qu' ils reconnaissent, avec raison, que le meilleur et le pire, est préjudiciable aux dis-
la médecine occidentale moderne a réalisé des ciplines sérieuses et aux praticiens compétents
progrès remarquables et inégalés dans de nom- et qu'elle favorise, au contrai re, les méthodes
breux domaines, la majorité des usagers n'ac- douteuses et les charlatans. De plus, le statut
ceptent plus que des instances politiques ou légal de ces médecines étant très variable (du
médicales choisissent systématiquement pour libéralisme le plus étendu au sectarisme le plus
eux comment ils doivent être soignés; ils sou- étroit), selon les pays, des initiatives ont été
~ai~ent pouvoir se diriger, de leur propre ini- entreprises pour permettre une harmonisation
tiative, vers les méthodes thérapeutiques qui du statut des médecines alternatives au sein de
leur semblent efficaces, compte tenu de leurs la Communauté européenne <l). Il ressort de

1. Cf.. le rapport du député Paul Lan noye à Ja commission de 1' Environnement, de la Santé publique et de
la Protection des consommateurs du Parlement européen. Ce texte propose l'adoption d'un certain noJ!lbre ~e
me"ures en faveur.d'une pratique et d ' un enseignement rigoureux des médecines alternatives. La médecme chi·
nOJse Y occupe év1demmentla place qui lui revient.
PRIX/ OE \IEDECINE CHINOISE

toul cela que l'importance des médecines alter- ainsi que dans les . .
native , en général, et de la médecine chinoise c· h. unlversttés d'E
mec moise, on ensei , tat de m·
en p~culier, e t de_plu~ en plus évidente pour médecins hospitaliers d~~~~ la. fois, aux r:e-
le pubhc, pour la medectne conventionnelle et des fondées sur des 'texteseo~es et des me'thn.O-
pour le législateur. t h . mill , .
ec ntques d' investigat" enrures et d
de la science moderne elon ou de soin issuel)
2. Particularités de la médecine chinoise · ette app h es
re~ment paradoxale, de la . roc e, appa.
selgnement médicaux est pratdlque et de l'en.
La médecine chinoise, que l'on connaît fontl'. 'A l'
, l.nteret, ' etunla esaspe
originalité , .c_ts qui
finalement assez mal en France si ce n'est sous medecme chinoise. perennue de la
l' aspect très limité de l'acupuncture, mérite
une place très particulière au sein de l'éventail D' autre part, la médecine chin .
disparate des médecines alternatives. Nous champ d, application très étend Oise a un
allons voir pourquoi. pratiquée depuis longtemps e~d~~~ ~~e est
C'est la seule médecine qui ait une exis- grand pays du monde en terme de d' plus
tence continue, 9uant à ses fondements, depuis Phie·..
C 1 1· fe emogra-
e a Ul c?n e~e une expérience d'abord
plus de deux mtlle ans et qui soit aujourd'hui empmque, PUIS SCientifique unique Q 1
encore, en Chine, une médecine d' Etat. Ce autre systèr;te médical a pu e'xpérime~teru:a
double avantage, qu'elle ne partage avec aucun pharmacopee, par exemple, depuis aussi lano.
autre système médical, lui permet à la foi s te~ps et sur une aussi grande population ? Ce~­
d'être toujours proche des conceptions philo- tam~s ~ubstances sont, en effet, référencées et
sophiques et énergétiques dont elle est issue quotidiennement utilisées depuis plus de deux
et de bénéficier, parallèlement, des avantages millénaires.
et des méthodes de validation de la science Enfin, la médecine chinoise est un système
moderne. Certaines disciplines, comme les complet et non une simple technique médicale
médecines tibétaines ou ayurvédiques, ont une aux applications limitées. En homéopathie, par
origine très ancienne et leur intérêt est indis- exemple, il n'existe pas de techniques d'obs-
cutable, mais elles ne sont pratiquées qu ' à une tétrique, de massage ou de ch_irurgie. Les dif- 1

petite échelle, pratiquement jamais en milieu férentes techniques manuelles (ostéopathie,


hospitalier, et les recherc hes ou validations chiropraxie, vertébrothérapie... ) ne disposent
modernes, en ce qui les concerne, sont rares. pas de leur propre pharmacopée et ont, u.n
De plus, leur importation en Occident est déli- spectre d'applications restreint. Il n'est evi-
cate car elles nécessitent une pharmacopée dif- demment pas dans mon intention de.critiquer
ficile à obtenir rapidement et dans sa totalité ces disciplines, que je respecte et qm ont ~eur
par un patient qui en aurait besoin. La méde- place dans 1'éventail thérapeutique, dispo.mble
cine chinoise, au contraire, tout en étant aussi pour les patients. Il est seulement necessrure de
ancienne et traditionnelle, a évolué pour s'adap- différencier, au-delà de leur valeurs et ,d~ leurs
limites d'une part des systèmes medicaux
ter aux besoins du monde moderne. Elle est ' h. · ou la
pratiq uée dans des hôpitaux spécialisés qui complets comme la médecine c mmse
médec in~ occidentale conventio~nelle. et
comportent en parallèle tous les services qu' on
d' autre part des techniques thérapeuuques p~­
trouve dans un hôpital européen. Il existe des tielles ne pouvant couvrir tous les champs ~
unité~ de recherche scientifique qui permet- • . u'on ne trouve.
1
la pathologie. Cela exp U.JUC q
tent de l'expérimenter ct de la valider. C'est
1NTRODUCTI ON

- traver~ le monde que deux catégories d' hô- nombreux concepts de la M . T. C. (2J peuvent
aitauXmis en plac~ par des EtaLs: d~s hôpitaux être rapprochés de notions immunologiques,
~e médecine occ1denta.le conv~~t1onnelle ~t que les médecins orientaux avaient perçues
de hôpitaux de médectne lradtttonnelle : hl- sans bien sOr pouvoir en cerner les supports
noise. Cela permet de consta~er que la ~ede­ cytologiques ou biochimiques. Les concepts
cine chinoise a, com~e la medec1~e. occJden- d' Energie saine (Zheng Qi) et d' Energie per-
rale. J'expérience d un tatut off1 c1el et, en verse (Xie Qi) sont au centre de ces théories et,
même temps, comme la plupart des méd~cines de là, se sont développés de nombreux pro-
alternative , une approche plus humamste et tocoles thérapeutiques expérimentés depuis
plu globale de l'être humain, de la santé et de des siècles et dont on découvre ou redécouvre
la maladie. aujourd' hui des applications de grand intérêt.
En cancérologie, de nombreux travaux ont
3. Domaines d'application et recherche montré l' intérêt d'une association entre des
scientifique remèdes chinois soutenant l' énergie saine et
des traitements par chimiothérapie ou radio-
Comme nous l'avons dit, le champ d'inter- thérapie. Cette association diminue la fré-
vention de la médecine chinoise est extrême- quence de survenue d'effets secondaires du
ment étendu : de la pharmacopée à 1'acupunc- traitement anticancéreux ou autorise des doses
ture de la diététique à la chirurgie oculaire, supérieures. Les remèdes de M.T.C. perm~t­
des ;.,assages à la gynécologie, de la médecine tent également de restaurer la fom1ule sangume
interne aux méthodes de réanimation ... En fait, après 1' effondrement de cause iatrogène.
on rencontre pratiquement les mêmes spécia- En infectiologie, les recherches et publi-
Jüés qu' en médecine occidentale, a~ec cepe~­ cations révèlent l'intérêt de la M.T.C. ou de
dant un cloisonnement beaucoup mo ms contrlli-
ses applications dans de~ dom~ine.s comme le
~rnant et restrictif, du fait de l'approche plus paludisme (isolement, a parttr d une plante
~lobale de la maladie et de ses causes. Par connue pour ses propriétés analogues, d'un
0 0 A

exemple, un dermatologue tra1tera, en mem.e antipaludéen particulièreme~~ efficace dans les


temps que le problème cutané. pour leq~elll accès pernicieux et les cas res1s~ants), les mala-
est consulté, les troubles digestifs, psych1ques dies virales (hépatite, herpès, s!d~, .z?na) ou la
ou tout autre forme de déséquilibre interne prévention des infecti~n_:; à, n;petttJOn P~ la
qu'il suppose être à l'origine de la maladie. stimulation de 1'immumte generale du panent.
Cela permet d'éviter la démultiplication des •

actes et des prescriptions, parfois peu compa- En dermatologie, les de~m~toses atop~-
tibles, qu' on rencontre si fréquemment en allo- ques, comme eczémas ou urtl~a!r~s, en parti-
culier les cas chroniques ou. ~ecJdJvants, so~t
pathie.
sensibles au traitement traditiOnnel, en p~­
De plus, le rapprochement, en Chi~e, d~ la
culier à certains remèdes de la pharmacopee.
médecine trad iti onnelle et de la medecme
occidentale a révélé un champ de recherche Il est impossible de donner une lis~e e~haus­
immense dans de nombreux domaines. tive de tous les autres champs d'~pphcatJon ~e
1 M T C De très nombreuses etudes ont eté
Parmi les plus prometteurs, l'im~~nologie
mérite d' être citée. Sur le plan theonque, de
e~ s~nt ~é~lisées, avec toute la rigueur de la

2. M. T C : Médecine traditionne lle chinoise.


13
. l 01:; \fl:.:JJECI,\ E CHI SOI E

denee occidentale, dan la qua i totalité des Hématologie : anémie cyto . .


pécialité médicale . Par exemple : syndromes h'emorrag1ques
· ' syndpen1e' purpura,
pro li fératif .. . ' romes mye\o..
europsychiatrie : traitement de cépha-
lée . névralgies faciale , para! y ie , états dépres- Dermatologie : psoriasis sel' d .
'
ulceres, 1·tchen, alopécie, acné...
' ero enn1e,
if . p ycho e ...
Rhumatologie : polyarthrites, douleurs
arthro ique , lé ions post-traumatiques ...
Ainsi, bien que médecine occident 1
Gastro-entérologie : ga trites, ulcères, médecine chinoise puissent se dévelop.paee et
. , , r et
dyspepsie, dian·hées, hépatites aiguës et chro- servtr. s.eparemen.t, d~ nom~reuses études, dans
niques ... les nu heux hospltahers chmois, ont démontré
Pneumologie : asthme, bronchectasie, que face à un grand nombre de pathologies les
bronchite chronique, insuffisance respira- meilleurs résultats étaient obtenus en associant

toue ... les deux systèmes .
CHAPITRE I

Historique

1. Considérations préalables prend un caractère de nécessité que vient


encore renforcer l' usage médical, donc vital,
Il n·e t pas facile de pro po er une synthèse que l'on en fait.
cohérente de l' histoire de la médecine chi-
noi e. Tout d'abord, se pose un problème de Enfin , le mélange étonnant de complexité
méthode. En effet, la Chine s'étend sur une et de cohérence, de disparité dans les objets
vaste superficie et son unité politique n'a pas traités et d' unité des po tulats de base font qu'il
est difficile d'aborder le développement histo-
été permanente. Ainsi, dans les temps anciens,
rique de la médecine chinoise comme celui de
elle se compose de nombreux royaumes et, n' importe quelle autre science. Par exemple, le
même après sa relative unification par l' Em-
fai t que la recherche moderne puisse, avec des
pereur Qing Shi Huang Di (en 22 1 av. 1.-C.), résultats probants, exploiter des théories ou
certaines dynasties se chevauchent, chacune des systèmes complexes, énoncé plus de vingt
contrôlant une partie du terri toire, ce qui com- siècles auparavant, reste aujourd' hui une cause
plique l'analyse chronologique. De plus, les légitime d'étonnement pour tous ceux qui ont
différentes ethnies, Ja di versité des dialectes et pénétré la connaissance de la médecine chi-
des mœurs, les climats complètement diffé- •
nOise.
rents selon les régions, ne simplifient pas le
problème. Cela amène de nombreux experts à envi-
sager 1' hypothèse d' une origine inspirée ou
Bien que ce genre de diffi cultés puisse se révélée de certains aspects des théories médi-
rencontrer dans toute recherche historique, cales chinoises. Le rationalisme matérialiste,
elles prennent, dans le cas de la médecine chi- particulièrement marqué en Chine depuis plu-
noise, un caractère pius aigu. Tout d' abord sieurs décennies, et la formation intellectuelle
parce que cette étude porte sur une durée et un accomplie des expe1ts, ne prédisposent pas aux
espace exceptionnellement étendus, avec tout extravagances mystiques. Pourtant, un grand
ce que cela implique. D'autre part, et ceci est nombre de spécialistes admettent qu'il est dif-
très spécifique à cette discipline, parce que cer- fici le de comprendre comment certains aspects
taines théories - si anciennes que 1' on fait ubtils de la médecine chinoise ont pu être
' .
appel à la légende pour leur attribuer une ori- découverts sans que leur inventeurs n ment
gine - sont encore, de nos jours, le creuset eu accès à des modes de perception du monde
d' une expérimentation scientifique et d' une et de 1'être humain qui nous dépassent.
application clinique. Il est évident que nous sommes ici sur un
Lorsque 1' on sait 1' importance que peut terrain glissant qui exige une grande prudence
exercer le contexte (historique, géographique, intellectuelle, afin d'éviter de sombrer dans un
politique, social, religieux, linguistique ... ) sur ésotérisme exotique qui constitue. ~ mon sens.
une découverte ou sur le développement d'un une des grandes déviances qu'a subae la méde-
concept, la compréhension de son origine cine chinoise en Europe.

- ---
'PRÉCI DE .IIÉDECI NE C/1/NO/SE

Cependant, avec toute la réserve que je propre réalisation. N'épuisa t


vien de pre cri re, il re te évident que la méde- n~ dissipant pas leur Esprit, ~lspas leu~ Corps et
cine chinoi e e Lune di cipline tradi tionnelle, n1r cemenaires. pouvatent deve.
aux fondements es entiellemenl spirituels. La "Puis il y eut des Sa es ( .
seule lecture de quelque Lignes du Nei Jing définirent
. ~ Xtan
les lois de I'U n1vers re ,
Ren) l?.>. Us
(le clas ique de médecine, un de cinq classi- Soleil et la Lu ne dist.lngu ' presentant le
que du savoir chinois) suffit pour s'en convain- P1anetes- '
et constellations. Aam et. elassant les
cre. reflux du Yin-Yang ils séparepantr des. flux et
·-
cterent les quatre 'saisons . Srent. et dtft'eren.
«Huang Di dit : "J'ai entendu dire que dans · 1 . ., · u 1va nt ce q .
la haute antiquité il y eut des Etres Authen- depUIS a haute ant1qu1te un·tt à la" . . Ul,
· , ' vOte 1\s p
tiques (Zhen Ren ). Ils maîtrisaient l'Univers vtnrent
. · a augmenter . leur longe'v·t t'e 'ctansar-
1
et contrôlaient le Yin-Yang, ils respiraient les 1tm1te du temps qu r leur était alloué.">> a
Souffles Essentiels, concentraient leur Esprit et Ce texte présente la médecine chin . .
· II 01 seo~
réalisaient l'Unité dans leurs chairs(l >. Ils pou- gme . e comm.e une science révélée dont le
vaient ajnsi vivre comme l' Univers, sans fi n, savon·
· , se sera1t progressivement dégrad'e, ce
car leur vie était 1'expression de la Voie. qut s oppose nettement au ~oncept du progrès
"Dans la moyenne antiquité, il y eut des permanent d ~ns la connatssance, qui est le
Etres Accomplis (Zhi Ren). Leur seule vertu propre des crences expérimentales. Il est très
était la totalité du Dao. En hannonie avec Je pro~abl e que des hommes inspirés, ayant
Yrn-Yang, réglé selon le quatre saisons, ayant at,teJ nt un accomplis.sement personnel qui
quitté les affaires du monde, ils conservaient depasse le commun, atent donné à l' humanité
leur Essence en totalité pour leur Esprit. Cir- des impulsions dans différentes branches de la
culant librement entre le Ciel et la Terre, ils connaissance. De nombreuses traditions sont
observaient et entendaient ce qui est au-delà imprégnées de ces« légendes». De plus, dans
des huit Jimjtes du monde. Ai nsi, ils accrois- les do maines de 1' art ou de 1' architecture,
saient leur longévité j usqu ' à atteindre l'état par exemple, il subsiste divers témoignages
des Hommes Au thentiques. d'œu vres magistrales que nous ne saurions
"Puis il y eut des Sages (Sheng Ren). Ils peut-être plus réali ser malgré les énormes
demeuraient dans l' harmonie de l'Univers et moyens techniques dont nous disposons
' . .
s aJustaient en fo nction des hui t Vents. Ils aujourd' hui. D'autre part, la médecine - et par-
v.ivaient au milieu des convoitises et des pas- lieu] ièrement la médecine chinoise- n'est pas
Sions sans sentiment d' aversion ou de colère. seulement le produit d'un savoir scientifique.
Ils circulaient sans attachement ni désir. Ils se Sa pratique dépend davantage des quali.tés per-
conformaient aux coutumes sans y être atta- sonnelles et de la finesse des perceptiOns du
chés. Extérieurement, ils n'épuisaient pas leur praticien, dont une haute technologie peut par-
corps en s' affai rant. Intérieurement ils ne s'af- fois limiter le développement.
flig~aient pas de soucis ou d'espoir;. Ils recher- Il ne faut cependant pas déduire de ce
chatent la sérénité et se consacraient à leur qui précède que la médecine chinoise est appa-

1: En n'étant p·as soum1·s a· un pnnc1


· · pe de dualite
. .
nee en réalisant! umtc:
· , qUJ· entramc alternance el 1mpcrrnanc ·
'
A •
. e
au 'c 1.0 de l:i ntég_ralité de leur corps physique. c'e~t-à-di re en stabilisant leur physiologie dans un fonctJOnn -
ment •d~al, Ils év•.tai?~t à leur corps toute dégradation.
2. Xtml Ren '>JgnJ IJe également <<Sage», mais avec un degré moins éminent que Sheng Rt•n.
HISTORJQUE

rue spontanément, dan,s ~ou ~e a pe~ectio~.' à peuple les fondements de la médecine chinoise
un cenain moment de 1 h1sto1re. La these nmve et de l'acupuncture, particulièrement à travers
qui fait remonter son ori~ine au Ill~ ~i~énaire Je célèbre Huang D i Nei Jing (Classique Interne
av. J.-C., con idérant qu elle aura1t ete trans- de l'Empereur Jaune), également appelé Nei
mise dans on intégralité par des personnages Jing.
mythique, comme« l ' Emper~ur Jaune >~, ~éo: On a longtemps situé le règne de ces trois
rie longtemps établie en Occ1dent, ne res1ste a empereurs au TlJe millénaire av. J.-C. Aujour-
aucune analyse sérieuse et n'est plus soutenue d' hui , leur existence même est très discutée et
aujourd'hui par aucun sinologue. on considère généralement qu' ils représentent
n est certain que, malgré une très grande symboliquement différentes étapes dans l'évo-
cohérence théorique el philosophjque, la méde- lu tion des peuples qui sont à l' origine de la
cine chinoise s'est progressivement construite civilisation chinoise antique. D'ailleurs, d'autres
à travers les âges, s'enrichissant d'expériences empereurs« légendaires» sont cités dans le Shi
empiriques et s'affinant sans cesse sur le plan Ji (Mémoires historiques), rédigé par Si Ma
, . . . Qian vers le 1er s. av. J .-C.
theonq ue, sans pour autant reJeter ses anciens

acqUJs.
b) Epoque pré-impériale ou des Trois
Dynasties (San Dai)
D s'agit de la période comprenant les dynas-
2. Origine et développement de la ties Xia (2207- 1766 av. J.-C.), Shang (1765-
médecine chinoise 11 22 av. J.-C.) et Zhou (11 2 1-722 av. J.-C.).
a) Période légendaire On ne connaît pas précisément la façon dont
était pratiquée la médecine à cette époque, car
La tradition chinoise parle de trois empe- aucun texte aussi ancien n' a pu être conservé
reurs antiques qui seraient à l' origine des pre- j usqu' à nos jours. Seuls quelques instruments
rruers écrits inspirés sur la médecine, ainsi que (aiguilles d' acupuncture notamment) permet-
sur quelques autres disciplines corollaires : tent de savoir qu' il existait une médecine chi-
- Fu Xi, .inspirateur du célèbre Yi Jing (Livre noise primiti ve, il y a plus de trois mille ans.
des Mutations). De plus, un cettain nombre d' idéogrammes
- Shen Nong, auteur présumé du Shen médicaux anciens, gravés sur os ou sur cara-
Nong Ben Cao Jing (Traité de matière médi- pace de tortue, remontant au XIIIe s. av. J.-C.,
cale de Shen Nong) <3>, une des plus anciennes ont été découverts.
matières médicales qui nous soit parvenue, qui On considère que, dès le xxte s. av. J.-C.,
a,urai.t transmjs aux hommes les techniques de des connaissances empiriques sur la pathologie
1 agnculture et les bases de la pharmacopée. et la thérapeutique ont été accumulées dans les
- Huang Di, l' Empereur Jaune, référence sociétés chinoises primiti ves. Ce savoir empi-
fo~?amen~le dans la médecine chinoise, puis- riq ue va s'approfondir et se perfectionner jus-
gu li aura1t notamment communiqué à son qu' au vc s. av. J.-C .

. 3. Shen signifie notamment Esprit ou Dieu, Nong peut se traduire par paysan. laboureur ... On peut donc tra-
duJre le nom de cet empereur par « D ivi n L aboureur », ce qui correspond aux découvertes qu' on lui attribue.

17
--
P RECIS n E MÉDECINE CIIINOISE
0

probable que la médecine chinoise a e


-_ -
0

c) Epoque d es Printemps et Aut;:;:;::-s à cene époque, un certain nombre de pmpru_nte,


. . nnctpes
(Chan Qiu) et d es Roya umes Co aux sc1ences anuques, plus particulie' ,
tants (Zhang Guo) ' . à 1
1 astronomie, a mus1•que et aux rnrement
th- a
L'époque des Printemp et Auwmnes <722- tiques. a erna-
481 av. J.-C.) correspond à la fin d~ l_a phase ~~ Mais c'est dans la philosophie que
développement strictement empmque de ,
teme éd' 1 -
rn 1ca trouve reellement ses f d
ce sys-
médecine chinoise el au début de sa trans- . .è
1
on e-
1
de « nerg1e vila1 e » (Jing Qi Xue Sh )
men1.ts,Ep us ~an1_cu 1 rement dans les théories
formation en système médi cal cohérent Au
VI~ s. av. J.-C.. naissent deux personnage_s dont Y . /Y c·
du « 1n ~n g el "tnq_M,o uve_
uo et
ments» ( Yi n
la pensée exercera une inOucnce. dé~enmnante Yang Wu Xlllg). Grace a 1 application d
sur la phi losophie chinois~, el lnd u:ectemenl é .
mod e d e repr senlallon et de codificatio d
e ce
sur sa médecine: Kong Zl (Confuclus•.~elon
son nom latinisé par les jésuites au xvu~ Slecle), l' un ivers et de ses phénomènes aux expé~e ~
fondateur du confucianisme, el Lao Zt. aute~r ces accumulées pendant des siècles la rnédn-
présumé du Dao De Jing (Classique de la Y01e cine
. chin oise acqui ert toute sa c'ohérencee
el de sa Vertu) et fondateur du taoïsme. Il faut wteme.
noter que. vers le vc s. av. J.-C., les ~éd~ci~s
commencent à former une corporation mdc-
pendante des prêtre et des magiciens, alors
qu 'à la même époque, Hippocrate, rompant
avec la tradition d'une médecine intégrée à la
religion. crée la première forme d'enseigne- 3. Unification de l'Empire chinois
ment laïque de cette di cipline. a) Dynastie Qin (22 1-206 av. J.-C.)
Cette période e. t également marquée par
En 22 1 av. J.-C., le roi Zheng sort vain-
l'exi tence d'un des premier grands noms de
la médecine chinai e : Bian Que, également queur des nombreux conflits de territoires entre
appelé Qin Yue Ren, expert en de nombreux royaumes qui agitaient la Chine depuis plu-
aspect du di agnostic et du traitement. On lui sieurs siècles, et il devient le premier véritable
attri~ue deux ouvrages, aujourd' hui disparus : empereur, sous le nom de Qin Shi Huang Di.
le_Bwn Que Nei Jillg (Classique interne de Tout en unifi ant le territoire, il attire auprès de
B1an Que) e~ le Bian Que Wai Jing (Classique lui un grand nombre de savants, médecins et
~xterne de_B ~a~ Que). Sans certitude objective, alchimistes, dont les investigations s' orientent
tl es~ ~ons ldere comme l'auteur d' un ouvrage essentiellement vers les techniques de longé-
de r~fer~_nce, couram ment utilisé aujourd'hui, vité et la recherche de l' immortalité.
parttc~l!erement en acupuncture: le Nan Jin Cependant, pour réprimer la résistance des
(Ciasstque des Difficultés). g
lettrés (principaJemenl confucianistes), Qin Shi
L'époque des Roya um es Combattants Huang Di ordonne Je massacre de quatre cents
f453-22 l av. J.-C.) est une période clef durant d'entre eux, dans la capitale Xianyang, en
aq~ell e_ la médecine chinoise devient une 213 av. J .-C. Parallèlement, il prescrit un gigan-
« medecme savante » à part entière. La plupart tesque autodafé. Seuls certains ouvrages de
~es ~oncepts th~oriques et des fo ndements dia- médeci ne, d'agronomie et de di vination sont
ectlques som elaborés à celle époque. IJ est , ,
epargnes.
l8
HISTORJQUt

b) Dynas tie Han tique de l'anesthésie générale, à base de chan-


(206 av. J.-C. - 220 apr. J.-C.) vre indien. On lui attribue de nombreuses opé-
rations spectaculaires (laparotomie, greffes
Cette dyna tie est divisée en deux pério- d'organes, résections intestinales ... ), dont une
des: les Xi Han (Han de l'Ouest) ou Han anté- part revient probablement à la légende. Il fut
rieurs, de 206 av. J.-C. à 6 apr. J.-C., et, après également acupuncteur et instigateur de métho-
l'éphémère dynastie Xin. les Dong Han (Han des d' hydrothérapie.
de 1' Est) ou Han postérieurs, de 25 à 220
apr. 1.-C. c) Des Trois Royaumes (220-265) aux
L'époque des Xi Han est marquée par le
développement de la médecine el de la pharma-
dynasties du Nord et du Sud (420-589)
copée. C'est probablement au rer s. av. J.-C. que Durant cette période, la médecine se déve-
fut rédigé le premier traité de matière médi- loppa sur divers plans. Huang Fu Mi (2 14-282),
cale : le Shen Nong Ben Cao Jing (Traité de contri bua au développement de l' acupuncture,
matière médicale de Shen Nong). Le pl u en apportant de nombreuses précisions sur les
célèbre médecin de cette période est Chun Yu méridiens et les points, dans le Zhen Jiu l ia Yi
Yi, qui vécut au rre s. av. J.-C. Connu pour sa Jing (Compendium classique d'acupuncture et
riche expérience médicale et pour la rigueur de moxibustion). Wang Shu He (210-285) rédi-
et la précision de ses comptes-rendus cliniques, gea le Mai Jing (Classique des pouls), premier
incluant notamment une analyse statistique des trai té de référence sur le diagnostic par les
résul tats thérapeutiques, il est un précurseur pouls, dont l' influence ultérieure fut considé-
des méthodes de recherche scienti fique en rable, y compris au Moyen-Orient et en Europe.
médecine chinoise. Il réorganisa également le texte du Shang Han
A l'époque des Dong Han, les deux méde- Za Bing Lun.
cins les plus célèbres sont Zhang Zhong Jing A cette époque, l' influence taoïste est gran-
(150-219) et Hua Tuo (?-208). dissante. Ge Hong (28 1-341 ) rédige un remar-
Le premier est considéré comme le fonda- quable traité d' alchimie, de diététique et de
teur de la méthode Bian Zheng Lun Zhi qui magie, le Bao Pu Zi Nei Wai Bian. Il est éga-
consiste à établir le traitement de la maladie en lement 1' auteur du Zhou Hou Bei Ji Fang.
fonction de l' analyse dialectique des symp- L' apport de Ge Hong comprend également des
tômes conduisant à un diagnostic différentiel méthodes de prévention et de longévité, fon-
sous forme de tableau x cliniques précis. Il dées sur le Dao Yin (ensemble de techniques
rédige une des œuvres majeures de la méde- physiques et énergétiques associées à la res-
cine chinoise, le Shang Han Za Bing Lun, qui piration), la diététique et la pharmacopée. On
sera ultérieurement di visé et réorganisé en lui doit également la description de la variole,
deux parties : le Shang Han Lun (Trai té du de la tuberculose, de la peste, de l' hépatite
Froid Nocif) et le Jin Kui Yao Luë Fang Lun virale, de la lymphangite aiguë, et des décou-
(Traité des prescriptions de la Chambre d'Or). vertes utiles dans le domaine de la thérapeuti-
Ces deux livres demeurent une référence dans que.
la pratique moderne de la médecine chinoise.
Tao Hong Jing (452-536), autre maître
, ~u a Tuo, dont nous ne connaissons pas taoïste, est considéré comme une sorte de génie
prec!<,ément la chronologie, fut Je grand chi- tant ses compétences et talents furent étendus.
rurgrcn de cette époque. Il développa la pra- Mathématicien, astronome, alchimiste, calli-
nr \fh.'I)I~C!NE CHI ro JSE
PlWCf.\

'd . ï esr urtout connu pour offert successivement par deux e


-
-
rrraphe er me ectn. 1
1 ·e chinoi e On lui doit notamment une œuvre ~pereurs.
~a contribution à la pharmaco og•
ble, le Qian J in Yao Fang et son co~~~qua­
ela ique. Je Qian Jin Yi Fang. C'est sous les ta~ment,
les échanges avec l' Inde, la Perse et B g que
d) Dynasties Sui (589-6 18) ·
altetgncn tle
. u1· apogee,
' ce qu1· conduit 'a YZance
l''
et Tang (6 18-907) .
ductiOn d e nomb reuses substances exot'Intro-
Cene époque marq ue l' a~ènement d'u_n_e dans la pharmacopée chinoise. tques
rte d'âge d'or pour la Chille, plus ~attl­
c~lièremenl au vue et au début du _vruc stè,cle. e) Dynastie Song du Nord (960-1127)
La relative tabiliré politique favor~ e le deve-
Sous les Song, de nombreuses découvert
1oppe ment de 1'économie, de ·sc•ences, ·
des
ont h
. . fi
tee mques auront une tn uence sur la méd _
es
arts et des techniques. Le fonctiOnna~ re~ s
sélectionnés sur concours écri ts, ce qut fatt que c!ne. La d~couverte de l'i':'pri':lerie à cara~­
J'admini tration est contrôlée par d e~ per- teres mobtles permet la dtffusron du savoi
sonnes d'une certaine érudition et, ?~ f~tt_que médical. L' utilisation de la distillation perme~
les charoes officieJies ne ont pas heredttrures, la production de nouvelles substances théra-
cela 0oénère une émulation intellectuelle dans la peutique . L'anatomie fait des progrès, en par-
....
tie du au développement de la dissection dans
0 •

jeunesse. Le développement du sy terne JUn-


dique conduit à J' utilisation sy tématiqu~ des la médecine légale. La variolisation est intro-
contrats, des fi ches d' identités, de empremtes duite en 1014 par Wang Dan ; elle restera

digitales et des mesures anthropométriques. cependant une pratique populaire, à l' écart de
L'enseignement de la médecine chinoise la médecine savante.
devient officiel et, à partir de 624, les études La localisation des méridiens et des points
sont anctionnées par des examen d'Etat. Le se standardise, grâce à la publication de plan-
premier codex pharmaceutique, le Tang Ben che d' acupuncture et à la réalisation de Tong
Cao (matière médicale des Tang) est rédigé Ren (hommes de bronze). Ces statues, de
en 659, sur ordre impérial. Chao Yuan Fang forme et de dimensions humaines, compor-
(550-630) rédige le premier trai té d'étiologie et taient des petits trous à 1'empl acement des
de symptomatologie, le Zhu Bing Yuan Hou points d'acupu ncture. Lors des examens, elles
long Lun. L' ophtaJmologie, la pédiatrie, 1'obs- étaient recouvertes de cire, de telle sorte que
tétrique, la chirurgie font 1'objet de nou velles les « points», parfois préalablement remplis
études. Les exégèses de textes anciens se déve- d 'eau devenaient invi sibles. Le candidat
Ioppe~t. Yang Shang Shan, pui Wang Bing, '
enfonçait une aiguille à l'emplacement_, l~a-
prodursent les deux plus importante ver ions li sé par lui , de tel ou tel point. Si l'aiguille
comme~tées et réorganisées du Nei Jing Su pénétrait profondément, sans ré istance, et qu_e
Wen, qur servent encore, de nos jours, de réfé- l'eau s'écoulait lorsqu'on la retirait, la locali-
rences.
sation se révélait correcte.
~e plus fameux médecin de cette époque
est rnd~ scutablem~nt Sun Si Miao (58 1-682).
Médecrn a~complr,_gra~d érudit, connu pour sa
profonde \agesse, ri vec ut en ermite, refusant
les honneur\ et les postes élevés qui lui furent
HISTORIQUE

f) Dynasties J in (Nord ) ( 111 5- 1234), étant que le Yang est souvent en excès et le
Song (Sud ) ( I 127- 1279) Yin en insuffisance, il suggéra comme prin-
et Yua n (1 277- L367) cipe directeur de son système thérapeutique
Cette période e r principalement marquée l'enrichissement du Yin et le contrôle du Feu.
par l'influence de quatre grands maître . cha- Il est le fondateur de 1' « Ecole de 1' entretien
cun ayant fondé un courant médical spécifique, du Yin » ( Yang Yin Pai).
issu de son interprétation de certains aspects du Ces quatre théories, différentes et complé-
Nei Jing et de son expérience clinique. mentaires, eurent une influence considérable
Liu Wan Su ( 1120- 1200) développa la sur le développement ultérieur de la médecine
chinoise.
théorie du Feu et de la Chaleur (H uo Re Li
Lun) qui repose sur le fai t que les Energies
g) Dynasties M ing ( 1368-1644)
Pathogènes se transforment toutes en Feu. Pri-
et Qing ( J 644- 1911 )
vilégiant J'emploi de remèdes de nature froide
(Han) ou fraîche (Liang), il fonda 1' «Ecole du Cette longue période fut marquée par l'ap-
Froid et du Frais» (H an Liang Pai). parition de plusieurs concepts importants.
Zhang Cong Zheng ( 1156-1228), considé- Le plus célèbre médecin des Ming est pro-
rant que l'attention doit être portée prioritaire- bablement Li Shi Zhen ( 1518-1593). Fils d' un
ment sur J'Energie Pathogène, plutôt que sur médecin accompli, il consacra trente années
l'Energie Saine du patient, cette dernière se de sa vie à rédiger, avec 1' aide de sa famille, le
restaurant naturellement dès que l' agent mor- traité de matière médicale le plus exhaustif de
bide est évacué, fonda l' «Ecole de l'Attaque et la littérature classique : le Ben Cao Gang Mu
de la Purgation » (Gong Xia Pai). Le trois (Compendium de la matière médicale). Cette
principales méthodes thérapeutiques préconi- œuvre colossale décrit 1 892 ingrédients,
sées par Zhang Cong Zheng sont la Sudorifi- contient plus de 1 000 illustrations et plus de
cation, la Yomification et la Purgation. 10000 formules. Elle est riche de nombreuses
Témoi n des nombreuses famines qu i informations sur la botanique, la pharmaco-
accompagnèrent la mongolisation, durant la pée, mais aussi la zoologie, la minéralogie et
dynastie Yuan , Li Dong Yuan (1180- 1252) 1'eth nomédecine, et sert encore de référence
concentra son approche de la pathologie sur aux pharmacologues modernes. Li Shi Zhen a
l'origine interne des maladies, particulièrement éga le ment rédigé une dizaine d'autres
sur l'affaiblissement de la Rate et de l' Esto- ouvrages, dont le célèbre traité sur les pouls :
mac. Son système est appelée « Ecole de la Bin Hu Mai Xue.
Tonification de la Terre» (Bu Tu Pai); il s' ap- Zhao Xian Ke approfondit le concept du
puie sur la tonification du Qi et du Yang de la Ming Men, qui complète la théorie des Organes
Rate (symboliquement reliée à la Terre), grâce et Entrailles.
à des ingrédients de saveur douce et de nature Ce sujet intéressa aussi Zhang Jing Yue
tiède.
( 1563-1640) qui, par ailleurs, rédigea le Lei
Zhu Dan Xi ( 1280-1358), intégrant les Jing, la plus importante compilation du N~i
conceptions de ses prédécesseurs à sa propre Jing, sous les Ming. Ses apports dans les domw-
a~al.yse et à son expérience, fut un grand spé- nes du diagnostic, de la médecine inte~e. de_la
C.: Jahste de médecine interne. Son point de vue gynécologie, de la pédiatrie et de la chtrurgte,
PRÉCI DE M ÉI)ECII E CHINOIS E
-..
sont présents dans son œuvre maîtres~e, le Jing caux, virent le jour, durant les décenn· .
Yi te Quan Slw (Œuvre intégrale de J mg Yue).
sui virent. tes qut
La plus importante sy nthèse sur !' acu- A partir. des
. an nées cinquante• le gouver-
puncture esl réalisée en 160 1 par Yang J1Zhou nement c h11101s essaya de favori ser la ,
. d coope-
( 1522- 1620) : Je Zhen Jiu Da Cheng (Gr.ande ration entre ces' d eux
. médecines
. · L'ensetgne-
·
compilation sur l'acupuncture et la moxJbus- menl de 1a me ecme chmoise fut réorga · ,
d'abord
.f
par l'intermédiaire
. .
~~e,
d' instituts Pnves
tion). qUI urent ensUite. nationalisés. Actuellemem,'
C'est à la fin des Ming el durant la dynas- ,
d ans c haque provmce, 1es etudes de médec·
tie des Qing que se développa l' « Ecole d~s ?cct' denta1e et de me, ' decme
· chinoise font l'ob-me
maladi es de la Chaleur » (Wen Bing Xue Pa1), Jet de cycles paralleles, de durée identique
marquant un tournant majeur dans l'étude de sanctionnées par des diplômes d' Etat. '
J'épidémiologie en Chine. Wu You Ke, Ye Tian L' Occident a découvert la médecine chi-
Shi, Wu Ju Tong, Xue Sheng Bai et Wang noise à partir du XVIe siècle, essentiellement
Meng Yin ont les principau x représentant de
par 1' intermédiaire des missionnaires jésuites.
cene lignée de praticiens qui ont introduit la Aux xviie et xvruesiècles, de nombreux ouvra-
notion de pénétration de la Chaleur à travers ges médicaux évoquent les techniques de dia-
Quatre Couches (Si Fen) et de 1' Humidité- gnostic et de traitement de l'Extrême-Orient.
Chaleur à travers les Trois Foyers (San Jiao ). Au Xlxc siècle, des médecins occidentaux com-
Un autre grand médecin de la dynastie mencent à pratiquer l'acupuncture, d'une façon
Qing est Wang Qing Ren ( 1768- 183 1). ll fut un em pirique, du fait de l'absence de sources
réfonnateur qui s'attacha à purifier la méde- théoriques. A partir de la fin du x1xesiècle. ce
cine chinoise des erreurs et opinions non fon- sont les diplomates qui jouent un rôle impor-
dées qu 'elle avait accumulées au cours des tant dans l' importation de cette discipline.
siècles. Il rédigea le Yi Lin Gai Cuo (Correction Celui dont l' influence fut la plus détenninante
des erreurs médicales) et développa une théo- est Georges Soulié de Morant qui, après avoir
rie nouvelle sur les Amas de Sang (Yu Xue). été consul de France en Chine, au début du
siècle, introduisit en France les premiers fon-
dements de cette technique. Son développe-
4. Epoque contemporaine ment fut ensuite assez anarchique, principale-
La révolution de 1911 marqua la fin de la ment pour plusieurs raisons :
dynastie Qing. En 1929, des Chi nois formés à - Absence de communication avec la Chin~.
la médecine occidentale demandèrent l'inter- - Intérêt exclusif pour l' acupunctu~e qut,
· h. ne
diction de la médecine traditionnelle chinoise. sortie du contexte de la médecme c mmse,
La réaction du public fut très forte et, à l' issue pouvait être comprise correctement. . , 's
d' un grand rassemblement, le 17 mars 1929, à - Conflits permanents entre les s?ct~t~
Shanghai, une pétition fut adressée au gou- d'acupunctu re : opposition d'idées, n~al~tes
vernement pour protester contre cette décision. entre les praticiens préalablement fonne~ a~a
La médeci ne chinoise fut réhabi litée et, depuis, médecine occidentale et les autres, conflitS e
le 17 mars est fêté comme le jour de la méde- personnes. . . . dT tes.
cine traditionnelle en Chine. Cependant, d' au- - Développement de théones e !r~n ·.
tres conflits, opposant ces deux systèmes médi- sans fondements traditionnels ni scienuhques.

2
HISTORIQ UE

faute de
,
références sérieuses et d'enseignants construit. Parallèlement, l' essor des échanges
competent . co mmerciau x avec 1' Extrê me-Orient rend
A la fin des années 1970, et au début des aujourd ' hui possible l' accès à la quasi totalité
années 1980. l'ouverture de la Chine populaire de la pharm acopée nécessaire à la pratique

permit à quelques Occidentaux, qu i n'avaient courante de la médecine chinoise.
pu se fom1er jusqu 'a lors que dans d'autres
pays d' Asie (Japon, Corée, Taïwan ... ). d'étu- Les tableaux qui suivent résument les per-
dier directement dans les universités chinoises. sonnages et œu vres qui ont marqué la méde-
Cela favorisa le développemenr d' un savoir cine chinoise; le choix des noms retenus com-
plus authentique et d'un enseignement mieux porte évidemment une part d' arbitraire.

L'empereur Huang Di, l' un des fondateurs


mythiques de la médecine chinoise, entouré
de personnages légendai res taoïstes sym-
boiJ<.,ant la longévité et la conservation de
l'énergie vitale.
PRÉCIS DE MÉDECINE CI/INOISE

=

TABLEAU 1 :
p · ·
rmc1pau
x auteurs et médecins historiques

DATES : ŒUVRES SPECIAUTÉS


NOM : AUTRE NOM : PRINCIPALES : OU APPORTS :

Env. 500 av. J.-C. Bian Que Ne1 Jing N_ombre~x aspects du
Bian Que Qin Vue Ren Bian Que Wai Jing d1agnost1c et du traite-
ment. Pulsologie et
acupuncture.
Env. 205 (?)av. J.-C. M~thodologie : compi-
Chun Yu Yi Cang Gong lat1on et analyse
des cas cliniques.
Pulsologie.
150 (?)-219 (?) Shan Han la Bing Lun Traitement de la mala-
Zhang Zhong Jing Zhang Ji die en fonction de
l'analyse dialectique
des symptômes. réunis
en syndromes.
Pathologie des Six
Méridiens. Médecine
interne et gynécologie.
(?)-208 Chirurgie. anesthésie.
Hua Tuo Hua Fu
ou Hua Yuan Hua acupuncture. hydro-
thérapie et gymnas-
tique médicale.

Wang Xi Env. 210-285 Mai Jing Pulsologie. diagnostic.


Wang Shu He
Réorganisation de
l'œuvre de Zhang
Zhong Jing.

Huang Fu Mi Huang Fu Shi An 214-282 Zhen Jiu Jia Yi Jing Acupuncture et


moxibustion.
Ge Hong Ge Zhi Chuan 281-341 Bao Pu li Nei Wai Alchimie. diététique.
ou Bao Pu Zi Bian. Zhou Hou Bei pratiques spi rituelles
Ji Fang taoïstes.
Tao Hong Jing Tao Tong Ming 452-536 Ben Cao Jing Ji Zhu Pharmacopée.
Lei Xiao Env. 500 Lei Gong Pao Zhi Lun Mode de préparation
des ingrédients de la
pharmacopée.
Chao Yuan Fang 550-630 Zhu Bing Yuan Hou Médecin de l'empe- .
long Lun reur Yang Di. Comp1-
lateur du premier .
grand traité d'étiologie
et de sémiologie.

24
fli STORIQUE

1 : Princip a ux a uteurs et médecins h i storiques (suite)



AUTRE NOM : DATES : ŒUVRES SPECIALITES
NOM : PRINCIPALES : OU APPORTS:
Yang Shang Shan Entre la dynastie des Huang Di Nei Jing Un des premiers
Sui et des Tang TatSu commentateurs du
Nei Jing.
Sun Si Miao 581-682 Qian Jin Yao Fang, Le plus célèbre méde-
Qian Jin Yi Fang cin sous les Tang.
Diagnostic. pharma-
copée, acupuncture.
diététique. hygiène.
pratiques spirituelles.
Wang Tao 702-772 Wai Tai Mi Yao Erudit et compilateur.
Wang Bing Dynastie des Tang le plus fameux
commentateur du
Nei Jing Su Wen.
Différents aspects de
la médecine et de la
prévention.
Zan Yin 1xe siècle Jing Xiao Chan Bao Un des premiers
spécialistes de
gynécologie.
Wang Wei Yi Env. 987-1 067 Tong Ren Shu Xue Localisation des méri-
Zhen Jiu Tu Jing di ens et des points
d'acupuncture. Il
publia des planches
illustrées et supervisa
la fabrication de deux
((hommes de bronze )) .
Qian Yi Qian Zhong Yang Env. 1032-1113 Xiao Er Yao Zheng Un des premiers spé-
Zhi Jue cialistes de pédiatrie.
Cheng Wu Ji 1062-1155 Zhu Jie Shang Commentateur du
Han Lun Shang Han Lun.
Chen Wu Ze Chen Yan San Yin Ji Yi Bing Organisa l'étiologie
Zheng Fang Lun des maladies en
trois catégories.
Zhang Yuan Su Zhang Jie Gu xmesiècle Zhen Zhu Nang Réformateur de
certaines anciennes
théories. Exerça une
grande influence à
l'époque Jin-Yuan.
Maitre de Li Dong
Yuan et de Wang
Hao Gu.
c
J'Rf"Cf.\ De. ·
=
lfÉOECINB CIIINOI li
..
. . auteurs et médecins historiques {suite)

DATES : ŒUVRES SPECIAUTÉS


AUTRE NOM : PRINCIPALES :
NOM : OU APPORTS :
Env. 1120-1200 Su Wen Xuan Ji Fonda~eur de l'Ecole-
Liu Shou Zen Yuan Bing Shi
liu Wan Su du Fr01d et du Frais.
Env. 1156-1228 Ru Men Shi Qin Fon~ateur de l'Ecole
Zhang Cong Zheng Zhang Zi He
de 1 attaque et de
la purgation.

Li Gao ou Li Ming Zhi 1180-1252 Pi Wei Lun Fondateur de l'Ecole


li Dong Yuan de la tonification
de la Terre.

Zhu Zhen Heng 1280-1358 Dan Xi Zhi Fa Xin Yao, Fondateur de l'Ecole
Zhu Dan Xi Ge lhi Yu Lun de l'entretien du Yin.
XIIIe siècle Xiao Er Dou Zhen Pédiatre.
Chen Wen Zhong
Fang Lun,
Xiao Er Bing Yuan
Fang Lun
Hua Shou Hua Bai Ren 1304-1386 Shi Si Jing Fa Hui, Commentateur du Nan
Nan Jing Ben Yi Jing. Fit des apports
en diagnostic diffé-
rentiel. acupuncture
i et pharmacopée.
Wang Hao Gu Wan Jin Zhi ou XIIIesiècle Tang Ye Ben Cao Médecin et pharma-
Wang Hai Zang cologue, il préconisa
l'usage des toniques
au stade avancé des
maladies infectieuses.
pour relancer l'activité
métabolique.
Hu Si Hui
x1ve siècle Shan Zheng Yao Grand diététicien
mongol, cuisinier
impérial pendant
plus de dix ans.
Ni Wei De
x1ve siècle Yuan Ji Qi Wei Spécialiste en
ophtalmologie
Li Yan
Li Zhai Jian xv1e siècle Yi Xue Ru Men, Divers apports. dont
Xi Yi Gui Ge la classi ficatton des
formules de pharma·
capée en dix-huit
catégones
26
HISTORJQUE

1 : Principaux auteurs et médecins historiques (suite)

AUTRE NOM : DATES : ŒUVRES SPECIAUTÉS


NOM : PRINCIPALES : OU APPORTS :
Li Dong Bi 151 B-1593 Ben Cao Gang Mu. Un des plus grands
Li Shi Zhen Bin Hu Mai Xue. médecins chinois.
Qi Jing Ba Mai Kao Réalisa la plus grande
matière médicale
classique.
Yang ji Shi 1522-1620 Zhen Jiu Da Cheng Spécialisé en acu-
Yang Ji Zhou
puncture. il synthétisa
le savoir dans cette
discipline.
Zhao Yang Kui Dynastie des Ming Yi Guan Développa principa-
Zhao Xian Ke
lement la théorie du
Ming Men, insistant
sur la nécessité de
tonifier le Yang des
Reins en thérapeu-
tique.

Zhang Jie Bin Zhang Jing Yue 1563-1640 Lei Jing, Commentateur du Nei
Jing Yue Duan Shu Jing, fit divers apports
en médecine interne.
diagnostic. gynéco-
logie et pédiatrie.
insistant sur l'impor-
tance de la tonification
du Yang.

Wu Vou Xing Wu You Ke 1582-1652 Wen Yi Lun Un des fondateurs de


la théorie sur les
maladies fébriles
(Wen Bing Xue Shuo).
Précisa le mode de
pénétration de la
Chaleur à travers
quatre couches dans
rorganisme.
Fu Ren Yu Fu Yun Ke Dynastie des Ming Shen Shi Yao Han. Célèbre ophtalmo·
Yan Ke Da Duan logue. Fit beaucoup
progresser cette
discipline. sous les
Ming
PRÉCIS /JE M ÉDECit E CHINOISE

1 : Principaux auteurs et médecins historiques (suite)

AUTRE NOM : DATES : 1


NOM : ŒUVRES
SPECIAUTÉS
PRINCIPALES :
OU APPORTS :
Wang Ang Wang RenAn 1615-(?) Yi Fang Ji Jie.
Tang Tou Ge Jue Un des premiers
médecins à avoir
entrepris une jonction
ave~ la médecine
oc.cld.~ntale. 11 décou-
vnt l_1mportance pré-
ponderante du cerveau
sur le cœur. dans
l'activité psychique.
Ye Tian Shi Ye Gui 1667-1746 Wen Re Lun Compléta la théorie
ou Ye Xiang Yan sur les maladies
fébriles (Wen Bing
Xue Shuo).
introduisant dans sa
thérape~tique l'usage
de certams mgrédients
aromatiques.
Xue Xue Xue Sheng Bai 1681-1770 Shi Re Tiao Bian Compléta la théorie
sur les maladies
fébriles (Wen Bing
Xue Shuo).
introduisant le mode
de pénétrationde
l'Humidité-Chaleur par
les Trois Foyers.
Fu Shan Fu Oing Zhu 1607-1 684 Bian Zheng Lu, Esprit encyclopédique.
Fu Gong Chi Shi Shi Mi Lu. médecin, poète, calli-
Dong Tian Ao Zhi graphe, peintre. il fut
en conflit avec le gou-
vernement des Oing.
Une partie de son
œuvre fut synthétisée
au XIX0 siècle. sous les
titres Fu Oing Zhu Nu
Ke et Fu Oing Zhu Nan
Ke.
0

Wang Oing Ren Wang Xun Chen 1768-1831 Yi Lin Gai Cuo Réformateur du savmr
médical ancien. il
rectifia principalement
certaines erreurs en
0

anatomie.

28
H ISTORIQUE

TABLEAU 2.
Œuvres majeures

TRADUCTION : AUTEUR : DATE : CONTENU :


TITRE :
Classique Interne de Inconnu (proba- Selon les parties et Tous les fondements
Huang Di Nei Jing blement plusieurs selon les estimations. théoriques de la méde-
l'Empereur Jaune
auteurs. à différentes entre le vos. av. J.-C. cine chinoise.
époques) et le VIl~ s. apr. J.-C. Première et principale
référence. Divisé en
deux parties : Su Wen
(Simples questions) et
Ling Shu (Pivot
spirituel).

NanJing Classique des Inconnu. bien que l'ou- 1er ou ue s. av. J.-C. 81 difficultés du Nei
difficultés vrage ait été attribué Jing sont présentées
traditionnellement à sous forme de ques-
Bian Que tions et réponses.

Shen Nong Ben Matière médicale Inconnu. Attribué 1er s. av. J.-C. la plus ancienne
Cao Jing classique de Shen légendairement à matière médicale
" . , ..
Nong Shen Nong. empereur conservee JUSQU a nos
mythique jours. Elle recense
365 ingrédients, répar-
tis en trois catégories.

Shang Han la Traité sur le Froid Zhang Zhong Jing Début du 111° s. Ouvrage source
Bing Lun Nocif et sur diverses {disparu) dont furent
maladies tirés ultérieurement le
Shang Han Lun et le
Jin Kue Yao Lue Fang
Lun.
Shang Han Lun Traité du Froid Nocif Texte original de 111c siècle Diagnostic. différen-
Zhang Zhong Jing, ciation et traitement
réordonné par Wang par la pharmacopée,
Shu He des maladies des
Six Méridiens {Liu
Jing Bing).
Jin Kui Yao Lue Traité des Prescrip-
Fang Lun Texte original de Début du m~ s1ècle Diagnostic, différen-
tions de la Chambre Zhang Zhong Jing. ciation et traitement
Jaune réordonné par par la pharmacopée de
Wang Shu He diverses maladies de
médecine interne. de
gynécologie pnnc1pa·
lament.
PRÈC/.\ D6 M É/JEC!NE C/111 OISE

2 : Œuvres majeures (suite)

TITRE : TRADUCTION : AUTEUR : DATE :


CONTENU :
Mai Jing Classique des Pouls Wang Shu He 111 8 siècle
Théorie et pratique d
la puls?logie. Premie~
tra.tté htstorique sur c
SUJet. e
Zhen Jiu Jia Yi Jing Classique de Huang Fu Mi 259 Traité de référence
l'acupuncture et de la reprenant un certain
moxibustion nom~re d'informations
du_L!n~ Shu, sur les
me~tdtens. les points
et 1acupuncture en
général.
Zhu Bing Yuan Traité général sur Compilé par 610 Cinquante volumes sur
Hou Zong Lun l'étiologie et la Chao Yuan Fang l'étiologie et la sémio-
symptomatologie des logie détaillées de
maladies nombreuses maladies.
Tang Ben Cao Matière médicale Su Jing et 22 autres 659 Premier codex officiel
des Tang érudits rédigé sur l'ordre du ·
gouvernement. Décrit
844 substances
médicinales.
Qian Jin Yao Fang Prescriptions valant Sun Si Miao Fin du vuesiècle Ouvrage de référence
mille (pièces d') or de la dynastie Tang
en 30 volumes. abor-
dant diverses bran-
ches de la médecine.
Référence majeure en
pharmacopée.
acupuncture ...
Qian Jin Yi Fang Supplément aux Sun Si Miao Fin du vuesiècle Complément du précé-
prescriptions valant dent. en 30 volumes
mille (pièces d') or couvrant un très vaste
champ des connais·
sances et de la pra-
tique médicales sous
les Tang.
Wai Tai Mi Yao Secrets médicaux Wang Tao 752 Traité très exhaustif,
d'un fonctionnaire comprenant. en 40
volumes. 1 104 ca té·
gones de troubles
pathologiques ot plus
de 6 000 prescnptwns

30
HISTO RIQUE

2 : Œuvres majeures (suite) \


[
TRADUCTION : AUTEUR : DATE: CONTENU :
TITRE:
Traité sur les trois Chen Yan 1174 Référence sur la divi-
San Yin Ji Yi Bing catégories de facteurs sion des causes de
Zheng Fang Lun pathogènes des maladies en trois
maladies catégories : externes.
internes et diverses.
Matière médicale des Wang Hao Gu 1289 Matière médicale de
Tang Ye Ben Cao référence de la
décoctions
dynastie Yuen. Décrit
238 ingrédients et
développe divers
aspects théoriques
de la pharmacopée.
Traité sur la Rate Li Dong Yuan XIIIe siècle Approche du diagnos-
Pi Wei Lun
et l'Estomac tic et du traitement
des maladies fondée
sur l'importance de
l'énergie de la Rate
et de l'Estomac.

DanXilhi Fa Essence de la Zhu Dan Xi Ouvrage de la dynastie Approche du diagnos-


Xin Yao méthode de Dan Xi Yuan. réédité en 1481, tic et du traitement
avec des ajouts et des maladies fondée
corrections des sur l'importance de
disciples de rauteur renrichissement du
Yin.
Bin Hu Mai Xue Etude des pouls de Li Shi Zhen 1564 Théorie et pratique de
Bin Hu (autre nom de la pulsologie.
Li Shi Zhen)
Ben Cao Gang Mu Compendium de Li Shi Zhen 1590 La plus grosse matière
matière médicale médicale classique :
52 volumes. 1892 in-
grédients. plus de
1000 illustrations et
plus de 10000 formu-
les. Rédigée pendant
plus de 30 ans. elle
est riche de nom-
breuses informations
sur la botanique. la
pharmacopée. mais
aussi la zoologie, la
minéralogie et
l' ethnomédecane
PRf US m..lt(·l)HC/Nf.' CJIINOISH
-
2 : Œuvres majeures (suite)

AUTEUR : DATE : CONTENU:


TITRE: TRADUCTION :
Yang Ji Zhou 1601 Ouvrage de synthèse
Zhen Jiu Da Cheng Grande comp1lat1on
sur l'acupuncture et sur les connaissances
~n acupuncture. à la
la mox1bustion fm des Ming.
Zhang Jie Bin 1624 C~m~ilation et réorga.
Lei Jing Class1que de la ntsat10n du Nei Jing
compilation en douze catégories
(du Nei Jing) de sujets.

Œuvre intégrale de Zhang Jing Vue 1624 Ouvrage de synthèse


Jing Yue Quan Shu sur la médecine chi-
Jing Yue
noise. Insiste notam-
ment sur certaines
méthodes de toni fi-
cation du Yang.

Ben Cao Bei Yao Synthèse de la Wang Ang 1694 Matière médicale
matière médicale simple mais impor-
tante. dans laquelle
470 ingrédients sont
principalement clas-
sés selon leur nature.
Contient plus de
400 illustrations.
Wen Yi Lun Traité sur les maladies Wu You Ke 1642 Ensemble de traités
épidémiques de la sur les ((maladies de
Chaleur la Cha leur)) (Wen
Wen Re Lun Traité sur les fièvres Ye lian Shi 1746 Bing). Ces ouvrages.
et les maladies ainsi que plusieurs
épidémiques autres de la dynastie
Wen Bing 7ïao Bian Oing, sont le point de
Analyse détaillée Wu Ju Tong 1798 départ d'une nouvelle
des maladies de
la Chaleur conception de l'étio-
logie des maladies.
Fu Oing Zhu Nu Ke Gynécologie et Fu Oing Zhu Complété au xvue siè- Ouvrage de référenc e
obstétrique de cie et publié en 1827 en gynécologie et
Fu Oing Zhu en obstétrique.
Yi long Jin Jian Le MirOir d'Or de 80 personnes 1742 Ouvrage général .
la médecine dirigées par incluant des extraits,
Wu Oian des révisions et des
corrections d'œuvre s
anténeures. redige
par ordre 1mpénal

32
HIS TORIQUE

2 : Œuvres majeures (suite) 1


[
TRADUCTION : AUTEUR : DATE : CONTENU :
TITRE :
Correct1on des erreurs Wang Qing Ren 1830 Réforme et correction
Yi Lin Gai Cuo de nombres d'aspects
médicales
de la médecine. Théo-
rie des Amas de Sang
et ses applications.

TABLEAU 3:
Chronologie des dynasties

NOMS : DATES : COMMENTAIRE :

Qin 221-207 av. J. -C. Unification de l'Empire chinois


Han 206 av. J.-C.-220 apr. J.-C.
Trois Royaumes 220-265
Jin 265-316
Jin postérieur 317-420 Sud
Seize Royaumes 304-439 Nord
Dynasties du Nord et du Sud 420-589
Sui 589-618
Tang 618-907
Cinq Dynasties 907-960
Song du Nord 960-1127
Song du Sud
1127-1279
Jin
1115-1234 Nord
Yuan
1277-1367 Mongols
Ming
1368-1644
Oing
1644-1911 Mandchous
PREMIERE PARTIE

L'Homme
entre Ciel et Terre

C ETTE première partie est consacrée à L'étude des principes fondamen-


. taux qui sont indispensables à la compréhension de la médecine chi-
nm~e. Il s'agit des relations que l'homme entretient avec l'Univers, des
~~~ts concepts que sont Shen, Jing et Qi, et des théories du Yin/Yang et des
Ctnq Mouvements.

35
Sages taoïstes contemplant l'em-
blème Tai Ji (Yin/Yang). Le pin ct
les grues sont des symboles de lor~­
gévité, voi re d'immortalité, conse-
quences de l'harmonie parfaitt:
entre l ' homme ct l'univers.
CH APITRE il

L'homme et l'univers

médecine chinoise, on considère qu 'aucun grâce à l'acti vité coordonnée du Shen, du Jing
E N
phénomène vilaine peut être analysé en dehors
de son co/1/e:rte organique et universel. Cela signi-
et du Qi (voir chap. 111).
fie que les srm el/Ires et fonctions de l'être humain Par aiUeurs. les manifestations de certaines
constituent 1111 ensemble i11divisible et interactif, zones du corps reflètent la situation de celui-ci
et qu'il est lui-même 1111 élément de l'univers dont dans son ensemble. Par exemple, la langue per-
il ne peut être dissocié. C'est sur ces deux prin- met, dan une certaine mesure, de faire un dia-
cipes que repose la théorie de la globalité de l'être gnostic global du corps humain. Sur le plan
humain (Zheng Ti Guan Nian) . Par ailleurs, ce thérapeutique, on emploie l'acupuncture, la
chapitre décrit l'influence des facteurs temporel et
psychologique.
moxibustion ou le massage de certains points
pour obtenir des effets thérapeutiques sur l' en-
semble du corps ou sur des régions qui peuvent
1. Unité intrinsèque de l'organisme être anatomiquement éloignée de la zone sur
Laquelle on agit. Par exemple, des points loca-
Les différents éléments (viscères, tissus, lisés à l'extrémité des membres peuvent être
substrats ... ) sont inséparables et interactifs. La utilisés pour soigner des troubles viscéraux.
théorie du Yin/Yang explique le régulations
des fonctions physiologiques et les transfor- Cette conception de la physiologie met en
mations pathologiques. La théorie des Wu Xing évidence que les tis us et les viscères du corps
(Cinq Mou vements) expose la relation unifiée humain sont étroitement interdépendants; il
d' interdépendance et de restriction mutuelle est donc impossible de comprendre une patho-
entre les différents viscères. Ceux-ci sont divi- logie, d'élaborer un diagnostic ou de conce-
sés en Organes et Entrailles, comme cela sera voir un traitement, en dehor de cette repré-
explicité plus loin. Les Cinq Organes (Cœur, sentation globale de l'organisme.
Poumon, Rate, Foie et Reins), qui ne se défi-
nissent pas de la même façon en médecine 2. Unité de l'homme et de la nature
chinoise qu'en médecine occidentale, corres-
pondent à cinq systèmes physiologiques qui L'être humain est un microcosme en per-
. '
mtegrent et permettent de classer les organes manente adaptation au macrocosme universel :
«L'homme et 1'univers se corre.\pondem mufllel-
des sens, les tissus corporels, les orifices ...
/ement » est un adage courant en médecine chi-
Ces Organes sont reliés entre eux et com- noise. Cela signifie que, pour rester en bonne
~uniquent avec le reste du corps grâce au sys- santé, il est théoriquement indispensable d'être
teme des Méridiens et Vaisseaux (Jing Luo). Il parfaitement ajusté aux climats, aux saisons
se constitue ainsi un réseau complexe qui met et, d' une façon générale, à toutes les influences
en relation la surface et la profondeur, le haut du monde extérieur. Les modifications de l'en-
ct le bas, la gauche et la droite ... De plus, vironnement naturel auxquelles on ne peut
l'unité fonctionnelle de l'organisme se réalise s'adapter deviennent des énergies pathogènes.
PRrC/. nH ,lt ÉDECI NE c m NOI SE
=-
relies que Vent, Froid, Chaleur. Humiclité, Séche- « Le mouvement naturel du Q.1 est gern,..
• •
resse et Canicule. Les cycles et les transfor- nauon au pnntcmps, croissance en ét' , .. ,,,_
mations du Yin/Yang et de Cinq Mou veme~ts en aut?mne et conservation en hiver ·~· recolte
dans le macrocosme correspondent avec la clf- devratt adapter son activité à ce rn ' Homme
(Ling Slw, 44 ). ouvement>>
culation du Qi et avec l'activité de Organes
dan Je corps humain. Cycle mensuel
Si l'homme et la nature communiquent il « Quand la Lune est pleine la s ,
est évident qu'il s'agit d'une relation à double l' H f1 · ' ante de
~mm~ est b?r t ss~nte, le Sang est abondant
sens. Ainsi, l'e pèce humaine peut non seule-
ment s·adapter aux condi tions naturelles. mai.s ., 1 1
1
1es 10nct10ns to ogtques ont leur p1ei
f
.'
ne actt-
v,t~e1 , es musc : s sont mts et la peau est fenne .
éaalement intervenir acti vement sur celles-cL s 1 est ,attaque
Médecine et écologie sont deux émanaUons ] . par un Vent nocif [un facteur'
pathogene , 11 sera seulem.e nt atteint légère-
d'une même philosophie qui amène l'êtTe humain ment ; par contre, quand la Lune est vieill
à protéger, par le mêmes attitudes, sa santé et [Nouvelle Lune] , c'est ~' inverse, le Sang e~
son environnement. peu abondant, les fonctions sont déficientes
les muscles faibles et la peau relâchée ; s' il est
3. Importance du temps en médecine attaqué par un Vent nocif, 1' Homme souffrira
chinoise de maladies grave » (Ling Shu, 79).
Cycle quotidien
L'étude des influences de l'environnement
sur l'être humain accorde une importance par- « A l'aube le Yang Qi s' active, à midi il
ticulière au concept du temps. Les Chinois se culmine, au crépuscule il faiblit et les pores de
sont intéres és à ce qu'on appelle aujourd' hui la peau e refe1ment.
«chronobiologie» ou « chronothérapie » . L'as- «Beaucoup de patients ont 1'esprit clair tôt
tronomie et la cience du calendrier ont beau- le matin, tranquilles dans la journée, ils sont
coup influencé la médecine chinoise. Des théo- aggravés le soir et leur état empire dans la
ries anciennes reposant sur les concepts de Wu nuit » (Ling S!JU, 44).
Yun Liu Qi (Cinq Cycles et Six Energies cli-
matiques), de Tian Gen Di Zhi (Troncs célestes 4. Influence des facteurs
et Branches terrestres) ou de Zi Wu Liu Zhu psychologiques sur la santé
(règle Midi-Mi nuit) sont développées dans
plusieurs traités classiques. En médecine chi noise, la notion de globa-
Le Nei Jing, ptincipal ouvrage de référence lité inclut l'interdépendance entre les facteurs
en médecine chinoise, évoque en permanence psychologiques et physiques. Depuis l'époque
l' influence des différents cycles du Temps : antique, le traités médicaux ela siques ont
te nu compte de cette in flu ence. Ainsi, on
Cycle annuel : considère que Cinq Emotions (Wu Zhi) ou S~pt
«L' Homme relève du Ciel et de la Terre, il Sentiments (Qi Qing), selon la classificauon
est .en correspondance avec les jours et les uti lisée, peuvent être les causes internes des
mots» (Ling Shu, 79). pathologies. Ces sept modes émotionnels sont :
«La créat!on de l' Homme vient du Qi de la Joie, Colère, Soucis, Introspection, Tri stess~.
Terre et du Ctel et obéit à la loi des Quatre Sai- Frayeur et Peur. Cette théorie est dévcloppec
sons» (Su Wen, 25). dans le chapitre sur les causes des maladtes.
38
L'HOMME ET I.'UNIVERS

Mentionnons seulement ici quelques postulats - La relati on entre émotions et Organes est
fondamentaux : à double sens. Les pathologies organiques peu-
- Les modifïcations des émotions ont des vent provoqu er des perturbations émotion-
actions spécifïqucs sur les act ivirés fonction- nelles. « Le Vide de Qi du Cœur produit du
nelles er les mouvements du Qi. Par exemple. chag rin , la Pl é nitud e du Cœur provoque
la colère fair «monter » le Qi. la peur le fai t euphorie et rire sans fin » (Ling Slut, 8).
«descendre » ...
- Chaque facteur émotionnel est en rela- Toul cela montre clairement l' importance
tion avec un Organe qu' i1perturbe en priorité. que les Chinois ont accordée à cette notion de
Par exemple, l"excè de colère nuit au Foie. globalité. La médecine chinoise a donc pour
- Il exi re des relati ons de res tri ction objectif, au-del à de la guérison des maladies,
mutuelle au sein des différents facteurs émo- la resta uration d'un vaste équiUbre, au sein
tionnels. Par exemple, la tristes e re rreint la de l'organisme dans sa totalité, et par rapport
colère. la joie restreint la tristesse. à l'ensembl e de l' univers.

, .
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Ti
~
1

Extrait du /Juan!( Di /fa Ma J . .


met en 1· · • mg, qu1
c~lend r~ aillOn 1 acupuncture avec le
ncr unaJrc.

----
- -
-
Sinogrammes (cf. chap. Ill) :

/ 1:
- --ou ~

ou

Concept de Shen.

,.,
. -
,.,
ou

Concept de Jing.

,,,
ou

Concept de Qi.
C HAPITRE III

Esprit, Essence et Souffle

A vie est une ré(~/ité in.\·aiÛ\'S~Ible, I'Oire ~nig ­ 1. Concept de Shen


L matique, qui a111111t' wu~ les erres. .'11 sete/lee
moderne 11e pout·a_111 reten.tr que les feurs, ac~es­ a ) Sinogramme
sibles à l'observation. est mcapable de déji111r la
vie. D'ailleurs. les biologistesCll, co11sciellts de celfe (Voir p. 40.)
difficulté, parlent tl'«organismes vivants», en s'ap- Partie gauche (Shi): un autel d'où s'élève
fJII\'allt sur/a notion de fonction et non sur /'exis- de la fumée. Clef des rituels, de la révélation,
lt!IÎce d'tm principe vital. Ainsi. en excluant la des signes, de l' influence céleste. Montrer,
métaphysique de la science, 0~1 retient la finalité manifester.
de la l'ie sans en comprendre 1 essence.
Dans la médecine chinoise, la vie repose sur Partie droite (Sh en ) (plusieurs inter-
trois concepts essentiels. paifois appelés San Bao prétations pos ibles) : soit des volutes de fumée
(Trois Trésors): Shen (Esprit), Jing (Essence) et Qi provenant d' un sacri fice (ex pression de la
(Sou.ff1e ou Energie). Cependant, comme lill des dévotion qui s'élève ver le divinités) ou un
fondements de la médecine chinoise est/a re/arion tourbillon de foudre au milieu des nuages (mani-
permanente emre les f orces spiriwelles et maté- festation, ex pan ion de puis ances cé l estes)~
rielles, dons l'être humain comme dons l'univers,
ces trois concepts sont toujours abordés conjointe- soit deux mains qui s'opposent pour tendre
ment à celui de Xing (Forme, Corps). une corde (alternance, adaptation) ou ceindre
Dans la vie humaine, le corps ne peur fonc-
une ceinture. Informer, communiquer.
tionner sans l'impulsion permanente de l'Esprit et
l'Esprit ne peUl être considéré que dans le comexte b) Définition
du fonctionnement corporel. Celle théorie essen- Conscience organisatrice, d'essence céleste,
tiellefait que la médecine chinoise ne pelll pas être
fondée sur une conception radicalement matéria- s'exprimant dans l'ensemble des fonctions de
liste, malgré le discours qu 'on rencontre clans cer- 1'organisme, lui permettant de communiquer et
tains ouvrages publiés sous le régime communiste d'être en permanente adaptation avec son envi-
chinois. Elle ne peut pas davantage reposer sur ronnement. Esprit , ensemble des fonctions
une représentation exclusivement spiritualiste, sur psychiques et spirituelles. Cela correspond à la
laquelle se sont paifois appuyés les Occidentaux, définition générale du Shen. Cependant, celui-
dans leur recherche d'une mystique exotique.
ci s'exprime plu spécifiquement sous cinq for-
~médecine chinoise est le fruit d 'une philo- mes :
soplue !wtw:aliste dans laquelle les activités meil-
tales, emott~mtelles, physiologiques ou sociales - Le She11 à proprement parler, en relation
s~nt les muluples expressions d 'tm même principe avec le Cœur, coordonne le psychisme et conti-
\'1/a/.
gure (comme on configure un ordinateur) l'être
humain. Il est responsable de la cohérence de
la personnali té cl s'exprime dans les aspects les

1. Biulooic
b
·• étymo1og1qucrnclll
· <<étude de la vic».

41
. mCJ\ 1 Clf/\(}ISE
PRECIS J!f Ill -
ment très proche du Sang, comme le Hu 1,
•• rell·1oence. particulièrement ~
,
Ï'\csde ln e
1 . ' du Q 1.. Sa de, fitctence
. entrame une penIl est
plus et: · . . ; ~ aérer les situauons et a •. . t d e conservation, . e de,
de la vulnérab·l· a)
1

d.an~ la :ag·lC~ l~e: ~eilleure condit~ons •.au 1 msunc


, · , A L 1 Ile
1
d u desmter~l. obrsqu~ e Po est penurbé, 0 ~
~ adaptel .. an nt en tirant parti des energJes
observe un etat o scsstonnel, avec une crai
1111'lieu
' . en' 1ronna ·
. térieurcs .
à r oroantsme. Lors-
de l'avenir. nte •
exter~eure~ ct tencorrectement !~esprit est clair. tn
'il•oncuonn ' · d 'fi 0
~udiscours intelligible. le cœur s~rem. Sa .e ~- - Le Yi, en relation avec la Rate. est la par-
se
cience entraîne un état dépresstf, de .la ~tmt­ tie de notre mental
, .
responsable
d
de l' enreg·l S_
el
dité. une incapacité à avoir une perception J~ste trement des expen~nces, e leur classification,
des situations provoquant une tendan~e _a se de leur conservation, de leur compilation et
plaindre sans cesse et, dans les ~a~ severes, de leur reformulation. Directement relié à la
une déstructuration de la personnaü~e. ~orsque mémoi re, il gère la capacité d' intégrer et de
le Shen est perturbé, il y a euphone. mcohé- reprodu ire des informations, ces deux phases (

étant complémentai res, dans l'apprentissage


rence. confusion...
notamment. Lorsque le Yi fo nctionne, on com-
- Le Hrm en relation avec le Foie, génère
prend aisément, on relient facilement, on conçoit
les projets et donne toute sa richesse à J' incons- bien et on énonce clairement. En cas de défi-
cicnt (rêves, désirs ... ). Il est une force dyna- cience, la mémoire e t faible, la conceptuali-
mique qui déclenche les impul ~ions néces- sation confuse. Lorsque le Yi est perturbé, la
aires pour entreprendre une actiOn. Il est en mémoire devient obsessionneUe, il est impos-
relation avec l'atavisme, l' instinct héréditaire,
sible de se détacher de expérience passées,
la force de la parole. les pulsions, les passions.
des idées fixe encombrent le mental.
Comme il contrôle l'imagination, il joue un
rôle es entiel dan tout acte de création. en per- - Le Zizi, en relation avec les Reins, cor-
mettant l'élaboration d' une stratégie. Sa défi- respond à la volonté, à la détermination, à la
cience réduit les impulsions. les désirs, l'en- capacité à réaliser une intention. Tl est indis-
thousiasme, entraîne un appauvrissement de pensable pour mener à terme une action. sans
l'imaginaire et une incapacité à concevoir le se laisser détourner par les obstacles. Il apporte
plan d' une action future. Lorsque le Hw1 est autorité et affi rmati on de soi. Sa déficience
perturbé, le sommeil est agité, avec des rêves produi t de la peur, un caractère indécis .et chan-
. '
violents ou des cauchemars, les projets sont geant, le découragement et la soumiSSIOn a
ex ces sifs et incohérents, 1' imagination débri- l'adversité. Lorsque le Zhi s'exprime trop, on
dée, les pulsions incontrôlables. observe témérité, tyrannie, autoritarisme, entê-
- Le Po, en relation avec le Poumon, est la tement.
Pa:tie de la conscience la plus corporelle déter- L' acti vité fonctionnelle de chaque organe
mmant certaines actions et réactions de l'or- dépend des inductions qui lui sont transmises
gani .me destinées à lui permettre de choisir. à partir de ces « Esprits viscéraux )), chacu.n
sans .mter~ention mentale ce qui est utile à sa d'entre eux ayant en charge un aspect parti-
s~rv t e .et a repousser ce qui lui est nuisible. Il culier de la personnali té, des émotions et des
s .expnmc dans les instincts primaires (suc- modes de comportement spécifiques.
CIOn, ?.égl~tition ... ). et plus particulièrement
dans 1 msunct de conservation, lié à 1' attache-
ment inconscient au corps. Il est symbolique-
42
ESPR/1; ESSENCE ET SOUFFLE

2. Conceptdejring à l'acti vité du Qi qui est lui-même nécessaire


à la production du Jing (acquis), lequel com-
a) Sinogra mme
plète, entretiem et compense, dans une cer-
( Vo ir p. 40.) taine mesure, le Jing inné.
Partie gauche (M i): une gerbe de céréales « Le Qi revient au Jing[ ... ] la transforma-
(riz ou millet) ou des grains de riz sur une tige. tion engendre le Jing l ... ] la transformation du
Cela évoque à la fois l'idée de nourriture et de Jing produit le Qi » (Su Wen, 5).
semence, c'e l-à-dire ce qui entretient la vie
el ce qui la perpétue. 3. Concept de Qi
Pa rtie droite (Qing) : couleur bleue ou
verte. L'élément supérieur représe nte un e a) Sinogramme
plante qu i croît. En dessous, c'est-à-dire invi- (Voir p. 40.)
sible, sous terre, se trouve la clef du cinabre, Vapeur qui s'élève du riz quand on le cuit,
symbole alchimique taoïste, représenté par Je produisant un mouvement, de l'énergie. Air.
four alchimique dans lequel il cuit. Cela évo- souffle, énergie.
que lï mportance des transformations subti les
et invisibles qui s'opèrent au niveau des raci- b) Définition
nes de la plante et qui lui permettent de pous-
Au sens large, ensemble des énergies et
ser et de se développer conformément à sa
substances présentes dans la nature et r être
nature .mtn.nseque.
'
humain. Energie vi tale universelle, le Qi est
b) Définition
présent dan toutes les manifestations de la
nature. Dan la conception ancienne, élément
Etymologiquement, graine de premier choix. fondamental dan la constitution de l' univers,
Par ex tension, qualité supérieure, sélection capable de produire chaque chose par ses mou-
noble, essence, produi t d' un raffi nage, d' une vements et ses transformations. Il est indis-
distillation ou d' une transformation. pensable à la constitution de l' organisme et à
En médecine: Essence vitale, trame de vie, J'entretien de son acti vité vitale.
contenue dans la graine ou la semence d' un En médecine chinoise, le terme Qi regroupe
être, qui lui permet de se développer selon les diverses notions, notamment:
critères de son espèce. Par exemple, c'est le Jing - Ensemble de tous les substrats et fonc-
qui fait qu' un gland ne peut produi re qu' un tions du corps. Ainsi, le sang, les liquides orga-
chêne et que tout le développement de l' arbre niques, le métabolisme, la pression artérielle
est présent, à l'état latent et in visible, dans sa peuvent-ils être inclus dans la noti.o n_de Qi.
semence. On définit, d' une part, le Jing inné, - Activité phys iologique des vtsceres.
transmis par les parents au moment de la concep- - Energie qui circule dans les méridiens et
tion, qu i est à 1'origine des phénomènes de leurs ramifications.
transformation qui permettront la formation et - Energies climatiques de base, au nombre
l'indi vidualisation du Qi. D' autre part, le Jing de six (Liu Qi), pouvant se transformer en
acquis est produit, tout au long de la vie, par Energie pathogène (Xue Qi).
les transformations métabol iques qui dépen- - Couche du Qi (Qi Fen): une des quatre
dent du Qi. Ai nsi, le Jing (inné) est-il indis- étapes de la pénétration des maladies de la
pensable à la formation, à l' individualisation et Chaleur ( Wen Binx).
PRIX! OE 11ÉOI::C!NE Clll 'OISE

- _ Force de contention et de propulsion du


la vie ne peut se manifester p .
Jing est indispensable à la p··resence
· ar atlleurs
Sang dans la dialectique Qi/Sang. d ' le
dans ·· le corp , comme l'expnme · le pu· Shen .
ta01ste :. « La transformation dUJtnof· . nnctpe
4. Conclusion Sh. en (J tn.g Hua Wei Shen). » Ce b an le
Jmg en lut-même n' a ni forme . pendant, le
Ce troi concept , Shen, Jing et Qi, sont Il a donc besoin du Qi pour e~tru rermouve~ent.
en actlVit,
diftïciles à définir ommairement et leur champ
émantique se réd uit considérablement lors-
qu'on tente de les traduire en un mot ou une
De plu , le Qi est nécessa·1·re pour prad ·e.
et ·entretenir
· la .présence du She n,qutnepo
. · uue
B
Joli
expression succincte. Ils permettent et néces- rrut se mamtentr sans que le Sang 1 V , ur- sol
sitent l'introducti on d'autres termes tels que et les Méridiens, contrôlés et parc'oes tsceres sy:
. · urusparl
Xing (la forme corporelle, 1'aspect matériel de Ql, ne sotent régulés et entretenus. e
l'être) et Hua (la transformation , la méta- Enfin, 1~ Qi. n~ pourrait se manifester s 1
morphose, les changements d'état qui sont la une forme tndtvtduelle sans l' impU1SIOO . ous
du
conséquence du carac tère impermanent du SI·1en pour dle,configurer, ou sans la pre's
f' . ence du (
monde mani festé et qui reposent sur l' activité
J lllg pour e mtr 1 .a trame et le fil conduct (
du Qi). de ses transfo rmations. eur <

Les notion de Shen, Jing et Qi sont indis-
sociables. Sans Shen, con cience organisatrice,

1
6 Shen, Qi et Jing (calligraphie
en style cursif de l'auteur).
CH APITRE IV

Yin/Yang

!EN que la théorie du Yil~~ng ne soit pas ~P_é­


B cijique à la médeci1!e ~~~~~torse, elle est 1111 pt~rer
damental de celle drscrplme. Issue de la plulo-
Jonl ie el des sciences antiques, elle est à la base du
sop ' dialecuque
svstème . met , l'rca1et Ge
1 ses appl'rcatwns..

1. Définition
La théorie du Yin/Yang découle de celle du
Qi et en est le prolongen~ent ~irec~. Cepen-
Yin Yang
dant Yin el Yang ne ont nt des energtes, nt des
subs~ances, ni des éléments mythiques ou éso-
tériques. JI s'agit tout implement d' un critère Par extension, la lumière, la chaleur, l' activité,
de di vision et de ela sifïcation des objets des le jour, la progression sont des exemples de
phénomènes, dont l'intérêt est principalement caractères représentatifs du Yang, alors que
dialectique. Il marque l'apparition de la notion l'obscurité, le froid, l'inertie, la nuit, la régres-
de dualité issue du caractère unique de l' Ener- sion sont de la nature du Yin. Les textes clas-
gie; c'est le sens de l'expression du Lei Jing: siques de la médecine chinoise donnent de
«Yin/Yang, c'est l'unité qu i engendre la dua- nombreux exemples de classification des phé-
lité. » Cette notion de dualité est universelle nomènes et des objets, en fonction des critères
dans le monde manifesté. L' impermanence des du Yin/Yang.
phénomènes et leur transformation découlent
des perpétuels changements d'état du Qi. Celui- 2. Correspondances
ci peut se manifester sous une forme tour à
tour substantielle (comme dans la matière de Il est impossible de proposer une liste
l'organisme) ou énergétique (comme dans l'ac- exhaustive des objets d' application de la théo-
tivité fonctionnelle du corps). rie du Yin/Yang, puisque cette dialectique est
Etymologiquement, les caractères Yi n et universelle. Il ne sera fait mention que des élé-
Yang.so~~ tous deux composés du même radi- ments généraux permettant de mieux com-
c.al, sttue a gauche. li signifie << tertre » ou «col- prendre la nature de cette dualité, et des attri-
hne ~>. Pour Yang, la partie droite montre le butions particulières du Yin/Yang en médecine.
soletl, au-dessus de l'horizon, qui envoie ses
rayons sur l'adret. Pour Yin la partie droite
est composée de deux caractères : en haut le
caract'ere stgm
· ·fitant «maintenant »· en bas ' le
caractèr
d · · f'tant «nuages ». Yin
e stgnt ' évoque'
one le versant ombragé d'une colline (ubac).

45
, )ECINE CHINOISE
/'RFCIS DE MEl ,

. Attributions générales du VinNang


TABLEAU 4

YANG: YIN : '{ft.N


---=
Localisation
Cycle circadien
Haut. extérieur
Jour
Bas. intérieur
Nuit
----
11YPE
HVP1

Saisons
Température
Printemps. été
Tiède. chaud
Automne. hiver
Froid, frais
--
HYP
Ma

Humidité
Poids
Sec. desséché
léger
Humide. humecté
lourd
--
QOI

lnf

Luminosité Lumineux Sombre. obscur


-
Etat, mouvement Ascendant. mobile. agité.
Hyperfonction liée à l'excitation
Descendant. inerte. calme.
Récession liée à l'inhibition -
Ph
Cl
Feu Eau
-C;
flément de prédilection
Directions Sud. Est Nord. Ouest
-Ir
-ft
-
(

3
1
TABLEAU 5 : YinNang en médecine chinoise 1 d
YANG : YIN : a

Partie externe du corps (Biao) Intérieur du corps {Li) '


Haut du corps Bas du corps (
Face postérieure. dos Face antérieure. ventre
Face externe 1
Face interne
(
Peau et poils Tendons et os (
Six Entrailles Cinq Organes 1
Vaisseaux secondaires {Luo Mai) Méridiens (Jing Mai)
(

Qi
Sang
Energ1e défensive (Wei Qi)
Energie nourricière (Ying Qi) f
Naissance '
Croissance J
Mort. destruction
Conservation. préservation
Transformation de l'Energie (Q1 Hua)
Parachèvement de la Forme corporelle (Cheng Xing)
Y IN/YAN G

5 : Yin/Yang en médecine chinoise (suite)

YIN :
YANG :
Hypoact1vité fonctionnelle
Hyperactlvllé foncuonnelle
Hypoesthés1e
Hyperesthésie
. Hypothermie
Hyperthermie
Maladies chroniques
Maladies aiguës
Gonflement
Douleur
Tumeur
Inflammation
Maladies d'origine externe (Wai Gan) Maladies d'origine interne (Nei Shang)
Vide
Plénitude
Froid
Chaleur
Anabolisme
Catabolisme
Hypersomnie
Insomnie
Inappétence
Appétit
Constipation Diarrhée

3. Principes élémentaires de la théorie ceptibles- qu 'on les aborde par la science, la


philosophie, 1' art ou selon n' importe quelle
du Yin/Yang
dialectique fo ndée ur la dualité - peuvent
a) Omniprésence de la dualité s'exprimer en terme de Yin/Yang. Cela expli-
Yin/Yang que que la théori e du Yin/Yang soit muni-
présente dans la culture traditionnelle chinoise:
Toutes les choses et tous les phénomènes médecine, astronomie, agriculture, politique,
ont deux aspects : un aspect Yin et un aspect calligraphie, peinture, musique,. architecture,
Yang. Cela est directement lié à J' imperma-
cuisine, arts martiaux, jeu d'échecs ...
nence du monde manifesté, à l'alternance des
contraires et représente le fondement même
b) Divisibilité infinie du Yin/Yang
du mouvement perpétuel de l'univers. Aucun
phénomène ne persiste éternellement dans Non seulement tout peut être divisé en Yin
sa nature particulière. Les critères de la vie se et en Yang, mais dans chaque catégorie une
définissent par comparaison avec la mort. Le nouvelle division peut être observée, à l'infini.
soulagement ne se perçoit que par rapport à la Par exemple, l'hiver est Yin et l'été est Yang.
~ouleur. le bonheur par rapport au malheur, le Le jour, en hiver, est Yang dans le Yin; la nuit.
Jour par rapport à la nuit. Le mouvement n'est en hiver, est Yin dans le Yin. Le jour, en été, est
~~ceptible qu' avec la référence de l'immo- Yang dans le Yang; la nuit, en été, est Yin dans
bJitté· A'ms1·, 1•espace le temps la nature la le Yang. Le crépuscule d'un jour d'hiver est
cond·Illon
· humame · et tous
' les phénomènes
' '
per- Yin de Yang de Yin, et ainsi de suite .. .
47
• ÉDECINE CHINOISE
Pllf;CJS Dt- Il . .

, plication de alors que Je Yang d~cline pr~g~essivement. En


. d. exemple. une ap hiver, Je Yang est a son mmtmum et le y
Voici. à utre . , . atteint sa plénitude, qui marque également \n
ce principe aux V~sc~res .les Qroanes (Cœur, début de son déclin. funsi, l. a phase de déve~
- P<~ rmi tes Vr~ceresR, . .s) s;nt Yin et les
F e et ern · · loppement ultim~ ~· un aspect ~st le point de
Poumon. Rate•. ot bT ·re Estomac, Intestin départ de sa restnctton progresstve et l'origine
Entrailles (V.éstcu~e ~~s i ~ et Trois Foyers) de la croissance de l'autre.
ore"' le. Gros mtesu n, e
e
sont Yang. Cœur et Poumon sont Dans l' être humain, la substance est Yin
_ Parmt· 1es Qroanes.
e F . 1 Rei ns ont y 111.· tandis que l'activité fonctionnelle est Yang. Le •
l'
Yang, alors que Rare. Ole eYa ng )) Cœur est Yang s'exprime principalement dans le Qi et le
• 1 Qroanes « '
- Parm t e ot Yin. armi les Organes Yin e révèle dans la matière. Lorsque l'acti-
Yang et Poumon es cU~que Rate et Reins vité aug mente, une partie de la matière se
«Yin )), Foie est Yang, tan tra nsforme en énergie (catabolisme); ainsi,
sont Yin. h Oroane a individuelle- l'acti vité physique fait maigrir. A l' inverse,
De plus, c aque e 0 1 l'énergie non utilisée peut se transformer en
me~ un aspect Yin et un aspect Yang. n par e
de Yin du Cœur et de Yang du Cœu r, par matière de réserve. C'est pourquoi une ali-
mentation riche en calories sans dépenses
exemple ...
physiques adaptées fait grossir: Lorsque les
fo nctions vitales sont harmomeuses, l'état
4. Les quatre modes relationnels du d'équili bre dynamique issu de la confronta-
Yin/Yang tion du Yin et du Yang conduit à une unité
a) Opposition du Yin et du Yang cohérente. On dit alors « le Yin est équanime et
(Yin Yang Dui Li) le Yang est secret » ( Yin Ping, Yang Mi).
Etant don né qu' ils représente nt deux L' importance excessive du Yin ou du Yang
a peel totalement complémentaires des cho- au sein de leur opposition permet, dans le cadre
ses et de phénomènes, le Yin et le Yang s'op- de la pathologie, de déterminer d~s .table~ux
posent point par point. Les tableaux de pages cliniques et d'élaborer une strategte thera-
46 et 47 illustrent quelques aspects de cette peutique destinée à rétablir l'équilibre per-
opposition. Cependant, du fait de leur anta- turbé. Par exemple, un patient souffrant de
gonisme, Yin et Yang se complètent mutuelle- fièvre élevée avec agitation, soif, langue ro~ge,
ment. Leur affrontement produit un phéno- enduit jaune, pouls Hong (vaste) et Slzuo (~ptde)
mène de limitation mutuelle (la présence du présente des signes de Chaleur, d ' ex~e,s de
Yin s'oppo eau développement excessif du Yang qui n'est pas suffisamment controle ~ar
Yang et vice versa). Leur unité s'exprime dans le Yin. Il faut alors rafraîchir la Chaleur (Qmg
un état d'équili bre, chaque aspect croissant au Re) et calmer (Zhen Jing). Un patient so~fff:at_lt
détriment de l' autre. Inversement, le déclin de de diarrhée, avec crainte du froid, extremites
l'un favorise l'ascension de l'autre.
froides, urines claires et abondantes, langue
Bienentendu, cet équilibre est dynamique et pâle, enduit blanc humide, pouls Chen (p~o­
évolue sous une forme cyclique. Cela s'ob- fond) et Chi (lent) présente des signes de Frotd,
serve dans.la succession des saisons. En été, le d' excès de Yin qui n' est pas suffisamment
Ya~g attemt son point culminant ; aussitôt contrôlé par le Yang. n faut alors réchauffer
apre!\ cette apogée, le Yin commence à croître l' interne (Wen Li).
Y IN/YANG

Ces deux exemples illustrent l'expression c) Réduction et cr oissance du


utili ée en médecine chinoise:« Limiter l'agi- Yin/Yang ( Yin Yang Xiao Zhang)
tation en calmant ct contrôler l'excès de Yin L'équilibre dynamique du Yin/Yang découle
par le Yang. » de r alternance de phases de croissance et de
décroissance pour chacun des deux aspects,
b) Interd épendance du Yin/Ya ng sachant que la croissance de l'un se fait simul-
( Yin Yang Hu Gen) tanément et proportionnellement à la décrois-
Lorsq u'on dit que le Yin et le Yang sont sance de l'autre.
interdépendants, cela signifie que la condition Ce mécanisme s'observe dans le déroule-
préalable à rexi~tence de l' un est l 'existe~ce ment des saisons, par exemple. Sur le plan
de J'a utre eLqu' Ils sont mutuellement utiles physiologique, un exemple caractéristique est
l'un à l'autre. Cela est vrai sur le plan philo- le métabolisme : 1' ac ti vité fonctionnelle (Yang)
sophjque et théorique, puisqu ' ils ne peuvent dépend de la consommation de matières nutri-
e définir que l' un par rapport à l'autre: pas de tives (Yin); il y a donc croissance du Yang et
nuit. sans jour,
. pas
, .
de nord sans sud, pas d'ex- réduction du Yin (Yang Zhang Yin Xiao). A
téneur sans 1ntencur ... l'inverse, l'assimilation alimentaire nécessite
C'e t tout aus i évident dans la physiologie une certaine consommation d'énergie; il y a
humaine: pa d'activité fonctionnelle des Vis- alors croissance du Yin et réduction du Yang
cères si ceux-ci n'ont pas de forme physique, (Yin Zlwng Yang Xiao ).
pas de ci rculation du Sang sans la matière Les phénomènes de croissance et de réduc-
même du Sang et, d'une façon générale, pas tion du Yin et du Yang sont indispensables au
d'énergie sans matière et vice versa. Le Yang fonctionnement du corps humain. Cependant,
contient Je Yin, le Yin retient le Yang; le Yin si la limite d'amplitude de ces mouvements
conserve, le Yang émet et fait communiquer. de croissance/réduction est dépassée, un des
C'est Je sen de l'expression : aspects devient exagérément fort par rapport à
«Le Yin est à l'intérieur, il ancre le Yang; l'autre qui décl ine proportionnellement, ce qui
le Yang est à J'extérieur, il est le messager du induü un déséqui libre pathologique. La patho-
Yin » (Su Wen, 5). logie peut naître soit de l'excès d' un aspect
Ainsi, le Yang souffre des blessures du Yin qui entraîne l' insuffisance de l' autre, soit de
et le Yin des bless ures du Yang. Par exemple, l' insuffisance d' un aspect qui produit, par
une transpiration profuse (les liquides relèvent compensation, 1'excès relatif de 1' autre.
du Yin) entraînera secondairement un épuise-
ment du Yang. Sans le Yang, le Yin ne peut d) Transformation du Yin et du Yang
être transformé; sans le Yin, le Yang ne peut
~ (Yin Yang Zhuan Hua)
erre engendré. Lorsque le Yin existe sans le
Yang ou le Yang sans Je Yin, on parle de « Yin Dans certai nes conditions extrêmes, le Yin
orphelin» (Gu Yin ) ou de « Yang orphelin » et le Yang ne se contentent pas de s'opposeret
(Gu Yang). La dissociation complète du Yin et de se compenser. Il peut s'opérer une tra~s­
du Yang marque le tarissement du Jino et du formation totale d' un aspect en son contrmre.
Qi, le terme de la vie. o On dit alors : « Le Yin excessif se transfonne
en Yang, le Yang excessif se transform~ en
Yin » (Su Wen, 5) ; ou encore : «Le Fr01d, à
PRÈCI DE MÉDECI E C/IINOISE ~
5. Le Yin/Yang dans la pathologie /)lé
son exLrême. produit de la Chaleur, la Chaleur,
à son exlfême produit du Froid ». qoe pa.
Toute pathologie peut se ramene , d·e,ce
Réduction et croissance relèvent de r as- rupture de 1,,equa'l'b ra une
1 re dynamique du Yin/Y paf VÎI
peel quantitatif de chaque aspect. L~ tr~ns­ c'est-à-dire à la perte de 1'état de «Yin -ang, d'llO \
forma tion est essentiellement quahtatave. nime, Yang secret ». equa-
Cependant, ces deux modes relationnel~ du Vide<
Yin/Yang sont complémentaires car le pheno- En effet, bien que. le Yin et le Yang soaem
· Xi
mène de transformation ne peut s'opérer que nature1lement soumas à des variations d' par sc
dans une siLUation de paroxysme qui découle pl itud e complémentaires (quand l' un aam- sance
de la réduction et de la croissance respective , diminue), ces variations ne du~-
mente, l'autre Dl- dies 1

des deux aspects. En pathologie, on rencontre vent pas depasser


. une certaine mesure· une pténi
fréquemment ce phénomène de transforma- augmentataon ou un e réduction extrê d'un
tion : lorsque la Chaleur ou le Froid sont conduit inévitablement à la maladie. me
extrêmes, le Yin ou le Yang ont tendance à
basculer dans l'élément opposé.

Cr
Yang

Croissance physiologiQue - ·--------------------t 0 Yin


maximale --------- ------- ...-.---- Plénitude

Amplitude des 1
Equilibre • •- •- •- •- •- • vanauons
physiologiQUes
Réduclion physiologiQue
m1mmale -----------l Vide

, L'apparition des maladies et leur évolution Yang (activité fonctionnelle des Viscères. pro-
depend, de de~x fa~teurs qui s'opposent: duction de Chaleur ... ).
- L Energie ~a me du corps, Energie cor- Xie Qi, selon sa nature précise, peut être
recte (Zheng QI), facteur de résistance à la de nature Yin (Froid, Humidité .. .). de nature
malad1e.
Yang (Chaleur, Vent. .. ) ou, dans les cas com-
x·- L:Energie pathogène, Energie perverse plexes, comporter une combinaison des deux
( œ Q~), t~rme générique qui regroupe toutes aspects. Quoi qu' i1 en soit, pour une patho-
les categones de facteurs pathogènes.
logie donnée el à un moment précis, Xie Qi e~t
qi
S Zhen~ comprend des aspects Yin (Jing soit de prédominance Yin, soit de prédomi-
ang, LlqUJdes organiques ... ) et des aspect~ nance Yang.
50
YIN/YANG

Zheng Qi ne peut induire une pathologi.e Le Yin pathogène a tendance à se sur-


r sa diminution (il ne peut pas y avotr ajouter au Yin du corps et à affaiblir le Yang du
d~:x~:s de santé). On ~arl.e d~nc d~ maJadi.es corps. Le Yang pathogène a tendance à se sur-
ar Vide (Xu). 11 peut s agtr d un .Vtde de ~m , ajouter au Yang du corps et à affaiblir le Yin du
~·un Vide de Yang ou, dans cerlatns cas, d un corps.
D ' aut~e part, conformément à ce qui a été
Vide de Yin el de Yang. dével.oppe aux pages 49-50 (Transformation
Xie Qi ne peur induire une pat~ol~~ie que du Ytn. et du Yan g), un aspect, s' il est très
ar on excès (il ne peul pas y avotr d msuffi- excesstf, peut se transformer totalement dans
pance de morbidilé). ~n parle do~c ~e "'!a la- 1' autre.
dies par Plénitude [Sht). l~ ~eut s agtr d une
Plénitude de Yin, d une Plemtude de Yang ou -r:rois par~ies vont donc être développées :
d'un excè combiné de Yin et de Yang. Plémtude, Ytde et Transformation.

Différentes situations de Plénitude

Crotssance physiologtque
maximale ------- ----------- t Plénitude

Amplitude des
Equilibre ·- ·- ·- · variations
physiologiques
Réduction physiologique
minimale
Vide

Différentes situations de Vide

Croissance physiologique
maximale --------·--··--·------·--·--.,.--.------------------------------t Plémtude

Amplitude des
Equilibre
·-· ·- ·-·-· - ·-·- ·-· variations
physiologiques
Réductton physiologtque
minimale -----1 ------------------l
Vide

51
PRÉCIS DE MÉDECI E CHINOISE

Yang

-----------t
Croissance physiologique
maximale ------------1 ------
Plénitude
0 Yin

Equilibre - • ·- ·- . - ·- •- •- •- •
Amplitude des
variations
Ji
physiologiques
Réduction phys1olog1Que osP
------
m1nimale ----------
----l Vide
des
Jail
c)'C
et.
Ne•
gtl
Ft

6. Le Yin/Yang dans le diagnostic et le ingrédients sont notamment classés en fonc- 1


traitement des maladies tion de leur Nature (Chaud, Tiède, Neutre,
Savoir discerner le Yin du Yang dans tous Frais et Froid) et de leur(s) Saveur(s) (Acide.
les symptômes est la première étape de 1'éla- Amer, Doux, Piquant, Salé, principalement) :
- Chaud et Tiède sont Yang.
boration d'un diagnostic. Tous les signes cli-
niques peuvent se classer en fonction de cette - Frais et Froid sont Yin.
dialectique. Cela sera développé plus avant. - Doux et Piq uant sont Yang.
- Acide, Amer et Salé sont Yin.
En thérapeutique, les stratégies peuvent
appartenir au Yi n («clari fier la Chaleur », par Ainsi, la théorie du Yin/Yang couvre-t-elle
exemple) ou au Yang(« Réchauffer», par exem- tous les aspects de la médecine chinoise, qu'il
ple). De plus, les méthodes de trai tement peu- s'ag isse des bases théoriq ues ou des appli-
vent relever du Yin ou du Yang. Par exemple, cations pratiq ues. Il est donc essentiel d'en
la moxibustion, qui consiste à chauffer ou à acquérir la plus parfaite compréhension avant
cautériser certains points, est une technique d'entreprendre l'étude des aspects pJus com-
Yang. En diététiq ue et en pharmacopée, les plexes de cetLe discipli ne.
CHAPITRE V

Cinq Mouvements (Wu Xing)

que le concept de Yin/ Yang permet de


A LORS
classer les objets er les phénomènes en deux
aspects opposés et complémentaires, la théorie
d ' illustrer des aspects spécifiques de l'E ner-
gie et des étapes de sa mutation.
des Cinq Mouvements, qui en est le prolongement, Nous avons vu précédemment que tous les
fair référence à cinq étapes de la transformation cycles naturels reposaient sur l'alternance du
cyclique générée par 1'alternance du Yin et du Yang Yin et du Yang. Par ailleurs, nous savons que
er, par extension, à cinq modes d'expression de la
Nature. Ces cinq types de manifestation de l'Ener- le Yin et le Yang ne se transforment pas l'un
gie som symboliquement représew és par le Bois, le dans l'autre d'une façon brutale et immédiate,
Feu, la Terre, le Métal et l'Eau. mais progressivement dans un mécanisme de
croissance et de décroissance réciproque. Les
Cinq Mouvements correspondent à des étapes
1. Définition clef de ce cycle de croissance réduction.
Le Feu correspond au Yang maximum
(Yang de Yang), l' Eau au Yin minimum (Yin
de Yin), le Bois à l'apparition du Yang à par-
tir du Yin (Yang de Yin), le Métal à l'appari-
tion du Yin à partir du Yang (Yin de Yang).
Quant à la Terre, elle représente ini tialement
Wu signHie «cinq». Xing est composé de 1' élément central, référence indispensable à
deux parties : la graphie de gauche signifie toute représentation. Par la suite, pour un cer-
«avancer le pied gauche pour initier un pas» tain nombre de raisons trop complexes pour
et celle de droite «ramener le pied droit pour être exposées ici (et à propos desquelles les
achever le pas » (1). Par extension, le sens géné- historiens et les sinologues ne sont pas una-
ral est : «mouvement, dynamisme ». On peut nimes), la Terre a été placée entre le Feu et le
donc traduire Wu Xing par «Cinq Mouvements » Métal (voir schéma p. 54).
et non, comme on le rencontre trop souvent, La théorie des Ci nq Mouve ments est,
par «_Cinq Eléments » ce qui, d' une part, donne
comme celle du Yin/Yang, une méthode de
u~e 1dée statique de ces cinq phases dyna-
rruques et, d'autre part, donne tendance à les classification de l'ensemble des objets des phé-
assimiler à cinq états particuliers de la matière. nomènes. D'autre part, le Ym!Yang est présent
dans chaque aspect des Cinq Mouvements (il
En effet, Bois, Feu, Terre, Métal et Eau y a un aspect Yin et un aspect Yang dans le
ne sont que des emblèmes permettant Bois, le Feu, la Terre, le Métal et l'Eau).

. 1· Il exi!,te un~ forme ancienne du caractère qui représente un carrefour, la croisée des chem!ns, ce qui ne
~~anquc P:.t\ de faarc penser aux quatre directions, quatre saisons ou quatre états du Yin/Yang qua, a.~soca~s au
entre, pmdui\Cnt le., Cinq Mouvements.
PRéCIS DE MÉDECINE CHINOISE

FEU
r Yang de Yang 1 FEU CINS'J
~
1 ~
~
1
1
1
1

Yang Yin TERRE 1 METAL 1 CinQ d


de BOIS
de :.,.....--;
Yin Yang CinQ f

1 EAU
EAU
-----
elima
CinQ
Yin de Ym CinQ

---
la io
Cine

(l'Or étant le métal par excellence). Ses pro- -Cinl


2. Caractéristiques des Cinq Mouvements priétés sont à la foi s la malléabilité (le Métal
peut prendre différentes formes) et la dureté, la
- Gin
Cir
do
i%: Le Bois (Mu )
L'idéogramme représente un
rigueur et, par extension, la capacité à tran-
cher, élaguer, restreindre. Il a pour caractéris-
-Ci
arbre avec son tronc, ses bran- ~~.!...--~--'
ches et ses raci nes. Ses propriétés sont la crois-
tique de rassembler, collecter. ramener à l'es-
sentiel.
-Ci
sance, la souples e, 1' impul ion vitale et le -c
libre mouvement.
+%1 l'Eau (Shui) \ ' -c
L' idéogramme représente le \ \
;%t Le Feu (Huo) courant de l'eau. Ses proprié- ~;.._--=-_...,J
L' idéogramme représente tés sont l' humidification, l'écoulement vers le
un feu, avec une flamme L-----.=.....~ bas, 1' accumulation stagnante et, par exten-
centrale et deux éti ncelles (ou deux flam- sion, la conservation, la thésaurisation.
mèches). Ses propriétés sont la production de
chaleur et le mouvement ascendant.
;%1 La Terre (Tu)
L'idéogramme représente
3. Correspondances des Cinq Mouve-
un monticule de terre érigé ~~~~~~~ ments
sur le sol. Ses propriétés sont la production et Les deux tableaux no' 6 et 7 qui suiv~nt
la transformation, ainsi que le transport des montrent quelques exemples de classificanon
liquides et des éléments nutritifs. par rapport aux Cinq Mouvements.
(iLe Métal (Jin) A
L' idéogramme représente un ' ' ~~'
gisement d'or caché aux re- ~,~,~~~~~
gards indiscrets, avec quatre galeries recélant
des pépites. Jin signifie fréquemment «Or ».
Ici, on l'emploie dans le sens général de métal

4
TABLEAU 6:
Pond ances des Cinq Mouvements dans la nature
c orres

FEU : TERRE : METAL : EAU :


BOIS :
CINO S.
MOUVEMENT .
Engendrer Croître Transformer Collecter Conserver
CinQ MutatiOns Ouest Nord
Est Sud Centre
CinQ directions
Vent Canicule Humidité Sécheresse Froid
CinQ Energies
climatiques
Printemps Eté Eté prolongé Automne Hiver
Cinq saisons
Aube Midi Après-midi Soir Minuit
CinQ moments de
la journée
Jupiter Mars Saturne Vénus Mercure
CinQ planètes
Acide Amer Doux Piquant Salé
CinQ saveurs
Blé Millet glutineux Millet Riz Haricots
CinQ graines
Cinq animaux Coq Mouton Bœuf Cheval Porc

domestiques
Cinq odeurs Rance BrOié Aromatique Odeur de décom- Fermenté
position animale !moisissure)
Cinq couleurs Bleu-vert Rouge Jaune Blanc Noir
Cinq notes Jue Zheng Gong Shang Yue
Cinq nombres 8 7 5 9 6

TABLEAU 7 :
Correspondances des Cinq Mouvements dans 1•homme

CINO BOIS : FEU : TERRE : METAL : EAU :


MOUVEMENTS :

Cinq Organes Foie Cœur Rate Poumon Rein


Cinq Entrailles Vésicule biliaire Intestin grêle Estomac Gros intestin Vessie
Cinq Organes Yeux
des sens Langue Bouche Nez Oreilles
Cinq structures Tendons Vaisseaux Chair Peau et poils Os
Ctnq sécrétions Larmes Sueur Salive Ecoulement nasal Salive épaisse
Cinq émottons Colere Joie Nostalgie Tristesse Peur
Cmq sons Cri Aire Chant Sanglot Soupir. plainte
C1r1q mOdes
rfacttrJrJnels Contractton Accablement Eructation Frisson
Toux
PRÉCIS DE MÉDECI E CJIINOISE
û
vement
. qui le suit selon l'ordre dit « de domJ-
.
4. Relations physiologiques des Cinq nauon » :
Mouvements
C ·nq Mouvements représent_ant des
Les t t t 1ons de
étapes particulières dans les mu a a-
J'Energie, sont interdépendants et en perm
nente relation les uns avec les autres. Ils sont
plus particulièrement reliés entre ~ux selon
quatre modalités. Les deux premteres S?~t
physiologiques, nous aJlons les d~velopper tct.
Les deux autres sont pathologiques et font
-
il col•
J'objet du prochain paragraphe. Mi nt
On retiendra donc, selon le Su Wen, que
«le Métal coupe le Bois, 1' Eau éteint le Feu le
-' .
qu 1
a) Relation d 'engendrement Bois couvre la Terre, le Feu fond le Métal et la san~
(Xiang Sheng) Terre endigue l' Eau ».
Le concept d'engendrement signifie 9ue Dans ce cycle, chaque Mouvement entre- ceh
chacun des Cinq Mouvements peut favonser tient des relations privilégiées avec celui qui le déC
le développement du Mouvement qui le suit domine et avec celui qu'il domine. Par exem- exc
selon l'ordre dit «d'engendrement » : ple, le Bois est dominé par le Métal mais il
domine lui-même la Terre.
no
FEU Le cycle de domination est complémen- le!
~r-:T~ER=RE,...,
taire du cycle d'engendrement. En effet, on ne en
peut imaginer une croissance perpétuelle sans m
BOIS mécanisme de régulation. Ces deux cycles sont "1
comparables, dans 1' art équestre, aux jambes s1
du cavalier qui donnent 1' impulsion et aux Cl
EAU METAL mains qui la contrôlent. On peut également
prendre l'exemple d'une automobile pour
laquelle la puissance de 1' accélération et la
5
Dans ce cycle perpétuel, chaque Mouve- capacité de freinage doi vent être proportion-
ment entretient un rapport privilégié avec celui nelles.
qui le précède, donc qui l'engendre, tradi- La combinaison de ces deux lois, engen-
tionnellement appelé sa« mère» et avec celui drement et domination, fait que chaque Mou-
qui le suit, donc qu'il engendre; traditionnel-
lement ~ppelé son «fi ls». Par exemple, l'Eau
est la mere du Bois et le Feu est son fils.

b) Relation de domination (Xiang K e) 1 MERE MINISTRE ]


Le concept de domination signifie que cha-
c~ n des Cinq Mou vements peut contrôler,
refréner, contenir le développement du Mou- 1 CONSEILLER j 1 ENNEMI VAINCU]
CINQ M OUVEMENTS

vement entretient des relations privilégiées


avec le quatre autres, c'e l-à-dire celui qui
J'engendre, celui qu 'il engendre, celui qui le
domine er celui qu 'il domine. On peut sym-
boliquement représenter ces quatre relations
de la manière ui van te : l'Empereur est le
Mou vement principalement concerné (Feu, par
exemple).
_Celui qui l'engendre est la Mère de
J'Empereur (Bois, ici). K e (par exemple, le Bois et la Terre), le Mou-
-Celui q u' il engendre, c'est-à-dire à qui vement dominateur devient exagérément puis-
iJ confere une partie de son autorité, est son sant (Bois trop fort et Terre normale) ou le
Ministre (Terre, ici). Mouvement do miné devient exagérément
- Celui q u' il domine est l' Ennemi vai ncu, faible (Bois normal et Terre trop faible). Dans
qu'il doit savoir contrôler avec fermeté mais les deux cas, la différence entre dominateur et
sans tyrannie (Métal, ici). dominé est excessive, ce qui conduit à un abus
- Celui qui le domine est son Conseiller, du premier sur le second.
celui qui exerce une influence décisive sur les Cette situation est pathologique, mais la
décisions de l'Empereur et atténue son autorité relation se déroule dans le sens légitime de
excessive (Eau, ici). domination des Cinq Mouvements.
Lorsque Je fonctionnement physiologique
nonnaJ de ces deux cycles Sheng et Ke, avec
Jes quatre types de relations privilégiées qui
b) Rela tion d 'outrage des Cinq Mou-
vements (Xiang Wu)
en découlent, est perturbé, des relations anor-
males s'établissent au sein des Cinq Mouve- Le concept d'outrage signifie que chacun
ments. Il s'agit de perversions du cycle Ke qui des Cinq Mouvements peut, dans une situa-
s'exprime de manière abusive ou à contre- tion de déséquilibre, brutaliser, mépriser, se
courant. révolter contre celui qui a naturellement pour
fonction de la dominer. C'est pourquoi, la rela-
5. Relations pathologiques des Cinq tion d'outrage (Xiang Wu ) est parfois appelée
Mouvements «domination inversée» (Fan Ke) ou «rébel-
lion», «révolte» (Fan Wu). Le cycle d'outrage
a) Relation d'oppression (Xiang Cheng) est donc le sui vant :
Le concept d 'oppression signifie que
c~acu~ des Cinq Mouvements peut, dans une
St~uat10n de déséq uilibre, pro fi ter de la
fatble~s~ du ~ouvemen t qu i le suit pour le
conquenr ou 1 opprimer, selon le même ordre
que celui du cycle de domination. Le cycle
Cheng est un excès du cycle Ke.
C~ type de relation survient lorsque, entre
deux elements naturellement reliés par le cycle

PRÉCI DE IIÉDECINE C/IINOIS E
â
M ~u ve m en ts. Par exem?.le, les. propriétés du
La relation d.outrage est la forme 1~ plus Bots sont la souplesse, 1 tmpuls10n vitale et 1
évère des relations paùlOlogiqu~s au setn _des libre mouvement. Le Foie, qui correspond e
Cinq Mouvements. car elle expnme un de~é­ . .
me 1
a soup 1
esse et .
cramt la stagnali au
:r
quiJ ibre à la fois dans l'ordre dan la pUt~­
B OlS, at
et les« nouures» du Qi. Sa principale foncli~n
sance relati ve. Non seulement 1 élément donu- est le drainage et le contrôle de la libre ci~
nateur n. a pas la force de jouer son. rôle et se culation du Qi.
laisse contrôler par son «vassal» ~ru~, en ~lus,
r élément qu i dev rait être d~ mtne dev tent a) Applications aux cycles Sheng et Ke
tyrannique envers son « suzeratn ».
De même qu e les deux cycles physio- Les relations d'engendrement (Sheng) et
logiques Sheng ct Ke se complèten~, les ~eux de contrôle (Ke) s' appliquent aux rapports
cycles pathologiques Cheng et Wu s .assoct~nt. qu'ont les Organes entre eux. Par exemple, de
Lorsqu ' un Mouvement est en excès, tl oppn me même que la Terre engendre le Métal, le Qi de
celui qu 'il contrôle (Cheng) et se révolte contre la Rate est le précurseur du Qi du Poumon. La
celui qui le domine ( Wu). ~orsqu ' un ~c:u ve­ Rate (Terre) produi t le Qi et le Sang, trans-
forme et fait circuler les fluides et, par son b) APl
ment est en insuffisance, tl est oppnme par
celui qui le domine et subit la révolte de cel ~i mouvement ascendant, communique avec le sur
qu' il devrait dominer. Par exempl~. le Bo~s Poumon (Métal, fi ls de la Terre). Le Poumon pre. io
domi ne naturellement la Terre, et tl est llll- contrôle le Qi, participe à la diffusion du Sang, de pe
même contrôlé par le Métal. En cas d'excès reçoit les fl uides et, par son mouvement des- uon (fi.
du Bois, la Terre est oppri mée. le Métal affai- cendant, dirige le Qi el les liquides vers les quilibt
bli par 1'outrage venant du Bois. Normalement, Reins (Eau, fi ls du Métal) qui les captent. pie. la
la Terre est la mère du Métal, elle le nourri t, En ce qui concerne le cycle de domination, la Rau
J'entretient et le restaure. D' autre part, eUe on peut citer l' exemple du Poumon (Métal) une d
contrôle 1' Eau, mère du Bois. Du fait de la dont les fonctions de descente el de purifica- tian,<
tyrannie du Bois, la Terre ne peut jouer aucun tion du Qi permettent de contrôler, dans cer- ti bilit
de ses deux rôles. Donc, le Métal n'a aucun tai ns cas, l' expansion el la montée du Feu du Si
espoi r de recontrôler le Bois et, la Terre ne conlr
Foie.
contrôlant plus l'Eau, celle-ci dev ient puis- de de
sante et renforce indirectement son fils, le Le cycle Sheng, normalement nourricier,
Bois. Dans cette situation, l'ensemble du sys- peut également être vecteur de transmission
tème est perverti et le déséquilibre va en s'ag- des maladies, à travers deux mécanismes :
gravant. - Le premier, dû au Vide, est appelé «la
maladie de la mère atteint le fil s» (Mu Bing Ji
6. Applications médicales des Cinq Zi) ou « le Vide de la mère fatigue le Fils» (Mu
Xu Lei Zi). Il concerne les maladies par défi-
Mouvements
ciences qui se transmettent selon l'ordre ~u
La théorie des Cinq Mouvements propose cycle «Sheng ». Par exemple, le Vide de Ym
tout d'abord une classification des structures et des Reins (acouphènes, faiblesse des lombes et
foncti.ons de J'organisme (voir tableau n° 7). des genou x, spermat orrhée ... ) pe~t évoluer
~ar ~t l. l~urs, ~Il e propose une explication de vers un Vide de Yin du Foie (ébloutsseme~ts.
1acuvtte phy~tologique des Organes el Entrai l- vertiges, tremblements, spasmes ... ); le .Vtd:
Ie!'. a parttr de~ propriétés spécifiques des Cinq de Qi de la Rate (asthéni e, appétit dimmue.
CiNQ MO UVEMENTS

faiblesse des membres, troubles digestifs... ) la toux, avec parfois présence de sang dans les
peul être à l'origine du Vide de Qi du Poumon ex pectorations, une douleur brûlante le long
(e oufflement. dyspnée, voix faible ... ). Dans des côtes, la maladie est facilement aggravée
ce 2 enre de si tuation , il est nécessaire de ren- par les excès émotionnels ...
forëer la mère pour tonifier le fils.
- Le second, dO à la Plénitude, est appelé c) Applications au diagnostic et au
«la maladie du fils se retourne contre la mère» traitement des maladies
(Zi Bing Fan Mu ) ou « le fi ls pille le Qi de la La théorie des Cinq Mouvements est omni-
mère» (Zi Dao Mu Qi). Par exemple, lorsque présente dans les méthodes et dans la dialec-
Je Feu du Cœur (anxiété, agitation, délire, ulcé- tique du diagnostic. Les couleurs du teint, les
rations de la langue et de la bouche ... ) devient intonations de la voix, les différents types de
excessif, il provoque l'embrasement du Feu poul s, les modalités d' amélioration ou d' ag-
du Foie (céphalées, yeux rouges ... ). Ici, la plé- gravation des symptômes et tous les autres élé-
nitude du fils se retourne contre la mère. ments d' in vesti gati on peuvent être classés
selon les Cinq Mouvements.
b) Applications aux cycles Cheng et Wu
Sur le plan thérapeutique, cette théorie per-
Sur le plan pathologique, les cycles d'op- met de prévenir et de maîtriser l'évolution
pression (Cheng) et de révolte (Wu), qui ~ont d' une pathologie, par l'application aux Orga-
des perversions du cycle naturel de doffilna- nes et Entrailles de la connaissance des modes
tion (Ke), s'expriment dans de nombreux désé- relationnels qui ont été développés dans ce
quil ibres des fonctions organiques. Par exem- chapitre. De plus, qu' il s'agisse d'acupuncture
ple, lorsque le Foie, qui domine naturellement (certaines catégories de points sont directe-
la Rate, se met à l'opprimer (Cheng), on observe ment en relation avec les Cinq Mouvements),
une désorganisation des fonctions de diges- de diététique ou de pharmacopée (les natures
tion, des vertiges, des céphalées, de la suscep- et saveurs des ingrédients sont liées aux Cinq
tibilité, des troubles des règles ... Mouvements comme nous 1' avons vu précé-
Si le Feu du Foie en excès se révolte ( Wu) demment), c~tte théorie est cen~ale et in?Js-
contre le Poumon, celui-ci perd ses fonctions pensable pour comprendre et prauquer la méde-
de descente et de diffusion, ce qui entraîne de cine traditionnelle chinoise.

59
DEUXIEME PARTIE

Le corps humain ••
voies et demeures
des souffles

L A représentation énergétique du corps humain, dans Les différentes méde-


cines traditionnelles, présente des points communs. On trouve presque
systématiquement deux types de .\ lructures: des centres d 'activité oii s 'éla-
borellf les Energies et substrats et des voies de communication qui leur per-
mellent de circuler et qui meuen t en relation les différentes parties du corps.
En médecine chinoise, ce/fe description relève de deux théories fondamen-
tale\ :celle des Viscères (Zang Fu) et celle des Méridiens et \i1i.ueau.\ (Jing
Luo).
Ct' lie deu.\ième partÜ' comprend éxaleml'lll 1'e.\p/ication de la production.
t~t'\ fonction.\ er de la circulation de.\ trois principaux .w h.\ !ra/.\" : h• Qi. ft•
~tmg t'l il•\ Liquidl'.\ or~:anique.\.

.._.: .... - ..
~---
1c
tl
c
l
j

Gravure illu\ trant la conception ancienne


de 1' anatomie des Organe"> ct Entrai Ile\.
C H APITRE VI

Organes et Entrailles (Zang Fu)

A .rltéorie des Organes et Entrailles (Zang Fu) substrats essentiels (Jing, Qi, Sang,
si~1 e r. l es
L 11 est pas seulement une description des Vis-
cèrtJS, mais l'lit• constitue le fondement de l'orga-
L 1q u ~d esorganiques) ct de servir de support
phys1que aux Esprits Viscérau x (Shen , H 1111 ,
llisarioll l'ira le de l'être humain. Ses répercussions Po, Yi et Zhi). L' activité des Organes comprend
dépassent même le cadre d~ la physiologie puisque
les Orgtm t•s sont en relatton avec les différents é?~ l e m e n t un ense mbl e de fonctions spé-
aspects du psychisme. Clftq ues et de corres pondances qui seront
abordées ici dans l'ordre traditionnel. (( Les
On emploie habituellement le mot « Viscères»
comme terme générique pour désigner l'ensemble Cinq Organes stockent l' Energie essentielle et
des Organes et Entrailles, qui so11t e11.x-mêmes divi- n'évacuent pas. Pleins, ils ne peuvent pas se
sés en trois catégories : les Organes (Cœur; Rate, remplir » (Su We11, Il ).
Poumon, Foie et Reins), les Entrailles (Vésicule L' aspect anatomique ne sera pas développé,
biliaire, Estomac, Intestin grêle, Gros intestin, Ves- pour deux rai ons : la médecine occidentale
sie et Trois Foyers) et les Entrailles particulières
(Cen •eau. Moelles, Os, Vaisseaux, Vésicule biliaireiiJ moderne maîtri se ce point beaucoup mieux
et Utérus). que la médecine traditionnelle chinoi se~
d'autre part, les Vi cères, tels qu' ils sont pré-
sentés et utilisé dans le contexte de la méde-
1. Les Organes (Z ang) cine chinoise, correspondent à des réalités
essentiellement fonctionnelles qui ne sont pas
forcément rattachées aux structures organiques
que nous connaissons en Occident. Ainsi, ce
que nous nommons «Rate » en médecine chi-
noise est un ensemble de fonctions qui n'a pas
grand-chose à voir avec la rate, organe décrit
par la médecine occidentale.
Cette confusion sémantique existe du fait
que la même terminologie a été appliquée pour
désigner deux choses différentes.
Le caractère lang est composé de deux
parties : à gauche, le radical de la chair, des
ti ssus corpore ls, des viscères; la partie de
droite signifie «cacher, conserver, emmagasi-
ner, mettre en réserve ». Le mot lang désigne
les Organes dont les fonctions sont, notam-
ment, de produire et de conserver, d'emmaga-

1. La V6,icule biliaire relève de deux catégories, pour des raisons qui seront développées par la suite.
• D"" 1/l:,l')FCitVI~· CJIIN{)ISE
PRECIS "' 1 • •
- a) Le Cœur (Xin)
prime à travers les« Esprits viscéraux» (Sh
--
~

~~
. Hun, Po, Yi et Zhi), dont le Shen est l'éle' en,
De naiUrc Yang, il régit les f?ncuo~s de . u Cœur, qut' h'eberge le Shen dément
centraJD
réchauffement.?~ J'ensemble de 1 orgamsme. l'harmonie générale des Viscères. C'~st ppend de SI
•. é OUr-
Sa saison est 1 ete. qUOI 1 est compar au souverain, dans le S
1 loP{
~e11. u prol
Fonctions: alté
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : vail
- Le Cœur gouverne le Sang et les Vais- . . perturbati~a-
rion du psychisme• (confusion, ns gèt
seaux (XinZhu Xu e M ai). Le.Cœur est le menta 1es... ) ou desorgamsatton de l' activ't• de
centre de la circulation, il consurue, avec : es viscérale (troubles di gestifs, endocrinie~ 8e dé
vais eaux, un réseau fermé dans lequel•.gr~ce sexuels ... ). ' cit
à son acti vité de propulsion, circule le ltqUJde
sanguin. 11 intervient également dans la for- Correspondances principales :
b
mation et la régénération du Sang, comm~ le - Dans les émotions : la joie (Xi).
mentionne le Lei Jing, dans lequel on peut lire: E N CAS DE DYSFONCTIONNEMENT: euphorie (
«Je Cœur enoendre le Sang » (Xin Sheng Xue). et rires continuels (Plénitude) ou tristesse, abat-
0
Ces deux aspects complémentaires relèvent tement (Vide). a
respecti vement du Qi du C~ur et ?u Sang du l
- Dans les Liquides: la sueur (H an). 1
Cœur. donr l'équilibre e t pnmordtal, permet- E N CAS DE DYSFONCT IONNEMENT : trans-
tant une pul ation régulière et une circulation piration rare (Vide de Sang), spontanée ou à la
harmonieu e qui se manifeste notamment dans moindre émotion (Vide de Qi), nocturne (Vide
r éclat du teint du vi age. de Yin) ou profuse et froide (Vide de Yang).
EN CAS DE DYSFONCTIONNEM ENT : insuffi-
sance du Sang (teint pâle ... ) ou mauvaise cir- - Dans les ti sus corporels : les Vrusseaux
culation (teint et langue violacés, précordial- (Mai).
gies... ). EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : troubles
de la circu lation sanguine.
- Le Cœur gouverne l'activité mentale et
spirituel le (XinZhu Shen Zhi). La significa- - Dans les manifestations cliniques visi-
tion du mot Shen a été donnée dans un cha- bles : le teint du visage (M ian).
pitre précédent. Ici, ce terme doit être entendu EN CAS DE DYSFONCTI ONNEMENT : teint pâle,

d'une part dans son sens le plus large, c'est-à- terne (Vide), rouge (Plénitude, Feu) ou pour-
dire la présence du Shen révélée par la vi talité pre, violacé (Stagnation).
qu i e t l'expression de la cohérence générale - Dans les «ou vertures somatiques» : la
des fonctions de l' organisme et, d'autre part, langue (Shi).
plus spécifiquement, dans l' aspect psycho- EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : langue
logique et spirituel. pâle ou mauve (Vide) ou ~o~r~re, violac.ée
Bien que les Chjnois aient découvert depujs (S tag nation); é locution dt fftc tl~, aphasteà
longtemps que le Cerveau joue le principal rôle langue raide (troubles neuropsychtques dus
sur le plan neuropsychique, le Cœur reste très la perturbation du Shen).
important car le Sang du Cœur, en irriguant le
Cerveau, est indispensable à 1' ac ti vi té men-
tale. De plus, le concept de Shen est ici en rela-
tion avec la conscience organisatrice qu i s'ex-
0RGt\ ES ET E NTRA ILLES
-
ANNEXE: /'En veloppe du Cœur ( Xin Bao), L'a~sociation de ces deux énergies s'accumule
arfois appelée« Péricarde», ou improprement dans ln poitrine, sous la forme de Zong Qi (cela
PMaître du Cœur », est constituée par le tissu sera expliqué par la suite). Cette énergie assure
(( urface el le réseau de .va1.ss~au~ qu1. enve-
de notamment la respiration ct le rythme cardia-
loppent le Cœur. Sa fo~cuon pnnc1pale est de que. Pur ailleurs, le Poumon gouverne la cir-
rotéger Je Cœur, en s mterposant ~ ~ en rece- culation de r Energie, il joue un rôle imponant
pant en premier l'auaque des énerg1cs patho- dans l'équilibre des mouvements de montée
vènes. Elle est comparable au mi nislrc chargé descente, intériorisation et extériorisation. De'
~e régler les affaires courantes ~fin de ne pas plus, son activité énergétique inOuence le mou-
déranger l'empereur. Dan la pratique, on a sa- vement du Sang et des Liquides organiques.
cie e dysfonclionnements à ceux du Cœur. EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : troubles
respiratoires, dyspnée, inconfon de la poitrine ;
b) Le Poumon (Fei) asthénie, voix faible et souffle coun.
On dit qu'il est le «Dais éclatant » (Hua - Le Poumon gouverne la diffusion, la des-
Gai) de Organe . Il est 1'Organe le plus élevé, cente et la purification (Fei Zhu Xuan Fa Su
anatomiquement<2>, et il assure, tel un bouclier, Jiang ). La fonction de diffusion s' applique
Ja protection de 1· organisme. A ce titre, i1 est notamment à différents aspects du Qi, à l'es-
sensible, recevant tou les agents pathogènes sence des aliments et aux Liquides organiques
externes, ce qui fait qu'il est concerné dans qu' il conduit jusqu'à la surface du corps, où
toutes les maladies infectieuses courantes (syn- il règle l'ouverture des pores de la peau. La
drome grippal, rhjno-pharyngite ... ). notion de descente concerne principalement le
Lorsqu 'une énergie perverse interne (Froid Qi et les Liquides organiques qui sont dirigés
ou Chaleur) provenant d' un autre Organe le vers les Reins qui les captent. La purification
touche, il est facilement affecté. n se comporte concerne particulièrement l'air rejeté au
comme le fusible des Viscères. Bien que sen- moment de l'expiration et l'élimination des
sible à tous les facteurs externes, il souffre impuretés des voies respiratoires.
particulièrement de la Sécheresse. Sa saison EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : le Qi du
est 1'automne. Poumon remonte à contre-courant (toux, asthme,
dyspnée), perturbations du métabolisme des
Fonctions: liquides et de la circulation du Qi et du Sang.
- Le Poumon gouverne le Qi (Fei Zhu Qi). - Le Poumon règle la circulation de la «Voie
Le mot Qi a ici deux significations : la première des Eaux » (Fei Tong Tiao Shui Dao). On dit
est 1~ Souf!1e, dans Je sens de 1' Energie respi- qu 'il est la Source supérieure de l'Eau. Grâc.e
rato1re, qUI est évidemment contrôlée par le à ses fonctions de diffusion, descente et pun-
Poumon, la seconde est 1'ensemble des Ener- fication, le Poumon, en relation avec la Rate et
gies du Corps. En effet, non seulement le Pou- les Reins principalement, participe au méta-
mon capte une partie de 1' Energie externe bolisme des Liquides organiques.
venant de l'air, mais il reçoit l'Energie des ali- EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : accumu-
ments, métabolisée par la Rate et l'Estomac. lation de Mucosités ou de Phlegmes, Œdèmes.

r.upé2·. En médecine traditionnelle chinoise, on parle du Poumon, Organe unique incluant les voies respiratoires
neure,, et non des poumons, selon les limites anatomiques de la médecine occidentale.
PRÉCIS IJE MÉDECINE Cl/INOISE
a

créas en méde~i ne o~cidentale: C'est un point


Correspondances principaJes : . 1
de vue partage par auteur qut a pu fréque
- Dans les émotions : la tristesse (Bel) ou ment le vérifier sur le plan clinique. rn-
J'accablement ( You). MENT· diminu- Fonctions:
ENCAS DE DYSFONCfiONNE . .
tion de la résistance aux_attaq~~s, émotion- - La Rate gouverne le transport et latran _
nelles, tristesse, mélancolte. anxr~te. formation (Pi Zhu Yun HL~a). Il s'agit princ~­
- Dans les Liquides : les écrétiOnS nasales palement des transfor~at10ns opérées par 1
digestion et le métabolJsme. Le rôle de la Rat~
(Ti}EN CAS DE DYSFONCfiONNE~ENT,: r~inor­ est d'extraire les essences subtiles des aliments
rhée claire et nu ide (Froid ou VJde). epaiSSe et et boissons reçus par 1' Estomac, puis de les
jaune (Chaleur), nez sec (Sécheresse). transporter dans tout le corps afin de nourrir
- Dans les tissus corporels : la peau et les les tissus. Un aspect de cette double fonction
concerne directement la nourriture, solide et
poils (Pi Mao).
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT; pore~ ?t; liquide, qui va servir de base à la production du
Qi, du Sang et du Jing acquis (Ciel postérieur).
la peau dilaté ' transpiration spontanee, facJllt~
à attraper des syndromes grippaux (Vide de Qt L'autre aspect concerne le transport et la trans-
forma ti on de 1' Eau et de 1' Humidité. Il est fait
du Poumon).
allusion ici au rôle de la Rate dans le métabo-
- Dans les manife tations cliniques visi- lisme des Liquides organiques. On dit qu'elle
bles : la voix (Sheng ). est la Source médiane de l'Eau.
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : enroue- EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : troubles
ment (Plénitude) ou voix faible, éteinte (Vi~e~ ; dioestifs (appétit diminué, distensions abdo-
J'aphonie peut relever du Vide ou de la Pleru- minales, selles molles, amaigrissement. .. ) ou
tude. du métabolis me des Liquides (Mucosités,
- Dans les «ouvertures somatiques» : le Œdèmes ... ).
nez (Bi). - La Rate gouverne la montée d~ « pur~>
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : nez bou- (Pi Zhu Sheng Qing). Le_ « pur » (Qmg) fa1~
ché, rhi norrhée, perte d'odorat. référence à 1'essence subtJle des altments q~1
est transpmtée vers le Poufl!on. La Rate fmt
c) La Rate (Pi) monter la partie pure des aliments,_ alors que
1'Estomac en fait descendre la parue tr~ub~e.
La Rate est un Organe essentiellement La fonction ascendante de la Rate est md~s-
métabolique qui intervient dans la production
pensable pour alimenter les Organes et les us-
des substrats corporels. En relation avec la . J' sem
sus; de plus, elle permet de soutenu... en en~
Terre, elle reçoit faci lement les excès d' Hu- ble des Viscères, ce qui évite leur relachem
midité du corps qui la font souffrir car la Rate
et leur descente. d. inu
aime la Sécheresse et craint l'Humidité. Elle EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : , 1 ~ · -
correspond à la cinquième saison chinoise, qui tion de la production du Qi et du Sang (eb ou18~
se situe entre l'été et l' automne. · de... ) et augmen
sements vertiges, lassttu . sonta 1
Plusieurs experts contemporains pensent tion des 'mouvements de d~scen~e ~'::r~~ique.
que les fonctions de la Rate relèvent, au moins plus compensés (ptôses, d•arrhee
partiellement, de ce qui est attribué au pan- métrorragie ... ).
66
ORGANES ET E NTRA ILLES

- La Rate gouverne la production et te E N CAS _DE DYSFONcnONNEMENT : agueusie


contrôle du Sang (Pi Zhu Sheng Xue Tong Xue). 0 ~ perception déformée des saveurs, bouche
Non seulement la Rate participe acti vement à pate use.
la génération du liquide sanguin, ce qui est une
conséquence de sa fonction de transformation • d ) Le Foie (Gan)
mais elle joue également un rôle essenliel dans
la circulation du Sang : celui de le contenir Cor~espondant au Bois, le Foie en a les
dans les vai seaux. La force du Qi de la Rate cara~tén s~1 ques: sa tendance naturelle est l'ex-
évite au Sang de s'extravaser. pan s ~on! Il ne supporte pas d'être contraint ni
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : Vide de oppnme. De ~ om breuses perturbations pro-
Sang (teint pâle et terne, insomnie, vertiges, v tel1l~en.t du fa1t que le Qi du Foie ne peut mon-
éblouissements ... ) par insuffisance de pro- te; 111 s étendre av~c souplesse et harmonie.
ducti on ; hémorrag ies diverses, plus parti- C est un Organe pUISsant ayant facilement ten-
culièrement sous-cutanée (hématomes sponta- dance aux excès et débordements surtout de
nés, purpura ... ) ou du bas du corps (hématurie Qi et de Yang, qu ' il a généraleme'nt en abon-
d ~nce, alors que Sang et Yin peuvent lui faire
métrorragie). '
defaut. Il correspond au printemps.
Correspondances principales :
Fonctions :
- Dans les émotions : la pensée, la réflexion
~ Le Foie gouverne le drainage et la dis-
(Si).
perston (Gan Zhu Slw Xie). li est responsable
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : obses-
d~ la régularisation du Qi dans tout t' orga-
sion, idée fixe produi sa nt Stagnation ou
rusme, c'est-à-dire de sa libre circulation et de
«nouure » du Qi, avec di stension et inconfort
l'équilibre des mouvements de montée, de des-
de J'abdomen, perte de J'appéti t et de la mé- cente, d'extériorisation et d'intériorisation. n
.
mOLre ... joue donc un rôle important dans l' harmonie
- Dans les Liquides : la sali ve <3> (Xian). de l'acti vité fonctionnelle des Viscères. La
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : sali va- fonction Shu Xie exerce une influence sur plu-
tion excessive, pouvant sortir de la bouche. sieurs aspects de la physiologie. Elle permet la
- Dans les tissus corporel s : Ja chair ou les régulari sation des émotions, car lorsque le Qi
muscles (Rou) et les quatre membres (Si Zhi). circule 1ibrement 1' Esprit est en paix. Elle sti-
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : amai- mule la digestion et l' assimilation des aliments
grissement, atrophie ou manque de force des en favo risant les mouvements complémen-
membres. taires de montée et de descente, gérés par la
Rate et l' Estomac, et en produisant la bile, qui
- Dans les manifestations cliniques visi- est essentielle à la digestion. Elle est indis-
bles: les lèvres (Chun). pensable à la régularité des mouvements du
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : lèvres Qi et du Sang, évitant les Stagnations et régu-
pâles ou ternes, desséchées. lant les Vaisseaux. Elle favorise le métabo-
- Dans les «ouvertures somatiques» : la lisme des Liquides organiques et permet le
bouche (Kou). drainage de l'Eau et de l' Humidité. Enfin, elle

(x · 3. En médc_ci nc traditionnelle chinoise. on distingue deux sortes de salive : celle en relation avec la Rate
um), plu., flutdc, et celle en relation avec les Reins (Tuo). plus épaisse.
67
'fUXI. nE ,llf'DECINH ClfiNO/SE

- Dans les manifestations cliniques ..


as ure la régularité des deux ~é~diens CutieA~~ bles : les ongles (Ziwa). Vtst-
Chong Mai et Ren M~ti, qu• Jouent un ro EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT .
es entiel en oynécolog•e. ternes, cassants... · ongles
EN CAS ;E DYSFONCTION _EME~T, _en rela- - Dans les «ouvertures somatiques». 1
tion avec les cinq aspects mcnuonne c•:~essus, yeux (Mu ). · es
on renconLre respecti vement : nerv~s•te .. sus- EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT · d'
·b·l· , tle' pression troubles d•gesufs et . ( . . · 1vers
cepu 1 ue ou · . d troubles ocu1mres v1s1on trouble, strabisme ...).
hépatobiliaires, stag~ati?~s de Q• et. stases e
sana, accumulations hqUldtenne. (aselle, M~co­ e) Les Reins (Shen)
sité;, Œdèmes ... ), troubles menstruels, dtffi-
cuités pendant la grossesse, leucorrhées ... On parle des_ Reins, au pluriel, car il s'agit
- Le Foie gouverne le stockage du Sa~g d'un Orga~e patr ~t parce_ que.' traditionneUe-
(Gan Zhu Cang Xue). D' un e part, le Fot~ me_nt, on d1stm~ua1t le ~~m. Y1 ~ (gauche) et le
~em. Yang (dro19. En fa1t, 1l_s agit d'une dis-
conserve une certaine quantité de Sang qut
l'imprègne et le nourrit tout en permettant le tmctwn_symboltque. et phystologique et non
contrôle du Yang du Foie (le Sang est de n.ature anatom1que. Les Rems sont la racine du Ciel
Yin). Le Sang du Foie permet de nournr les Antérieur, la so~r~e du Yin véritable (Zhen Yin)
tendons et les yeux et, en régularisant et du Yang ongtnel ( Yuan Yang ). Bien que
. le ,Chang
. symboliquement en relation avec l'Eau, dans
Mai, de prévenir les hémorrag1es utennes.
D'auLre part, le Foie régularise le volume san- le cycle des Cinq Mouvements, on dit des
guin. Il libère la quantité de Sang nécessaire à Reins qu'ils sont « Organes de l' Eau et du
J'activité de chaque prutie du corps (cette quan- Feu» (Sh ui Huo Zhi Zang).
tité varie selon le efforts mu cu laire , les émo- Leur rôle principal e t de thésauriser. Us
tions ... ): ce Sang retourne ensuite au Foie. sont la réserve fondamentale du corps qu'il
durant la pha e de repos. faut entretenir et préserver. En cas de nécessité,
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : troubles ils compensent les déficiences des autres Orga-
oculaires, crampes et faiblesse des tendons, nes, au préjudice des forces vitales les plus
hémorragies ... essentielles. C'est pourquoi les auteurs anciens
conseillent plus souvent de les tonifier que de
Correspondances principales :
les disperser. '
-Dans les émotions : la colère (Nu). nemet
Toutes les malad ies chroniques de type E
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : colère,
Vide évoluent, à terme, vers une déficience des dela
irritabilité, susceptibilité et, dans les cas sévè-
Reins. L'épuisement progressif du Qi des sem
res, hémoptysie, hématémèse, syncope.
Reins, tout au long de la vie, produit les diffé- sexu
- Dans les Liquides: le liquide lacrymal (Lei). rentes étapes du vieillissement. Les Reins sont
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : séche- en correspondance avec 1' hi ver.
res~e oculaire (Vide de Sang ou de Yin), lar-
~o!ement (Vent), sécrétions jaunâtres (Humi- Fonctions:
dite Chaleur). - Les Reins stockent Je Jing (Shen Ca~1g
-Dans les tis~us corporels: les tendons (Jin ). Xue). lis ont le siège du Jing inné (du Ciel
EN CAS DE DYSfONCTIONNEMENT : tremble- antérieur), trans mis par les parents, auq~el
ments, spasmes des membres ... s'associe Je surplus du Jing acquis (du Ciel
ORGANES ET ENTRAI LLES

posrérie~r)., prove~a?t d~ ·' '~ssence de la nour- Sang, défïcit immunitaire (des vieillards par
riture qur n a pas ete utrltsee pour couvrir les exemple). '
besoin,s de l ' org~~i sme. _o,~ peut donc di re que,
malgre leur ongmes drfferentes, le Jing inné - Les Reins gouvernent l' Eau et les Liqui-
et le Jing acquis sont interdépendants et tous de (Sh~ll _Z!w Slzui Ye ). Les Reins sont la
deux thé aurisés dans les Rein . Le Jing des Source tnfeneure ~e l' Eau. Ils participent au
Reins est utile à la maturation de fonctions trans~ort d~ la parue pure des Liquides qui va
sexuelles et au développement de la fécondité. nourn~ les t1ssus et transforment la partie trou-
Dfavori e également la croissance et le déve- ble qUI est excrétée par l'intermédiaire de la
loppement, de la naissance à l'âge adulte. Y~ss~ e. Par rapp?rt ?~ Poumon qui gère les
D'autre part, il contribue à la production Lt9L11des à 1 ~ penphene du corps et à la Rate
du Sang par l' intermédiaire de la moelle rouge qu 1 les extratt de 1' alimentation, les Reins sont
des os qui est un aspect du Ji ng. Enfin, le Jing r~spon ables de la_ pa~ie profonde de 1' orga-
des Reins intervient dans la con truction des msme, de la ~aponsat1 on des Liquides (par le
défenses immunitaires. Yang des Rems), de leur tran formation et de
leur excrétion.
D faut noter que le Qi des Reins est pro- ENCAS DE DYSFONCTIONNEMENT : œdèmes
duit à partir de la transformation du Jing des ~ligurie ou, au contraire, polyurie et pollakiu~
Reins, ces deux éléments étant interdépendants ne.
au point qu ' on parle parfois simplement de
Jing Qi (« Energie essentielle» ou « Essence - Les Reins gouvernent la réception du Qi
et E~ergie ») . ~ · est de cette combinaison que (Shen Zhu Na Qi). Ils attirent et recueillent le
sont tssus le Ym et le Yang des Reins. Le Yin Qi que le Poumon fait descendre vers eux. Cet
des Reins, ou Yin authentique (Zhen Yin), est ancrage du Qi permet à la respiration d'être
la source des Liquides Yin qui nourrissent et ample, harmonieuse et efficace. On dit que le
humidifient tout le corps. Le Yang des Reins, Poumon gouverne le Qi et que les Reins en
ou Yang originel (Yuan Yang), est associé au sont la racine.
Feu de Ming Men, ou Feu authentique (Zhen EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT: dyspnée,
!fuo). ~ans les Reins, le Yin et le Yang sont si asthme, essoufflement.
Interdependants et si proches de leur source Correspondances principales :
que l'épuisement de l'un atteint l'autre. C'est
- Dans les émotions : la peurHl (Kong).
le_ seul Organe pour lequel on parle commu-
nement de Vide de Yin et de Yang. EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : inconti-
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : troubles nence d'urines ou de selles.
de la croissance et du développement, vieillis- - Dans les Liquides : la salive(5l (Tuo).
sement prématuré, diminution de 1'énergie EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : propen-
sexuelle, stérilité, troubles de la production du sion à cracher.

de 4 ~Bie~ yue la peur et_la frayeur aient de nombreux points communs et constituent toutes deux une source
un~ti urbt•.on J>?Ur.~ 'ac~•vité physiologique. leurs natures ne sont pas exactement identiques car la frayeur est
ce qui ~ua~~ a1gue qUI surprend, mai s ne fait pas participer directement la conscience ou l'imaginaire: c 'est
pr"f"nd tr< ~·~lorsqu.' on sursaute à cause d ' un bruit soudain . La peur. quant à elle, relève d'un sentiment plus
nuit aux Reff_r<)l, msécunté ... ). La frayeur affecte facilement le Cœur (augmentation du rythme cnrdiaque), la peur
ems.
S. V()ir note 3.
PRÉCIS DE MÉDECINE CHINOISE

- Dans les ti sus corporels : les os (Gu), Men représ~nte un aspect particulier de l'acti-
Je moelles (Sui) et le dentS 16' (Chi). ' f vité des Rems.
EN CAS DE DYSFONCTION~EMENT : de aut La fonctio~ princi~ale ~e.Ming Men est de
de croissance ou de restaurallon des os, dys- gérer Yuan Qt (Energte ongmelle), qui est le a) La
trophies osseuse ' retard de fe:meture ?e la vecteur indispensable à la formation des éner-
fontanelle, déchaussement el canes chroruques La
oies du corps, d'où l'empl oi de l'expression des En
des dents... ~ Feu de Ming M e.n » pour d~signer Yuan Qi. tes, el
- Dans les mani fe tati ons cliniques visibles: C'est pour cette ra1son que Mtng Men est sou- cepenl
les cheveux (Fa). . vent présenté comme le Yang des Reins. Mais tes P~
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : cheveux Ming Men ne peut se li miter, selon certains stocke
secs,
, .
cassants, sans éclat, cheveux blancs, alo- auteu rs, à l'aspect Yang. Pour eux, Ming Men le «Ji
pecre. (Porte de Vie) signifie à la fois le Yang origi- un asJ
_ Dans les «ouvertures somatiques» : les nel (Yuan Yang) ou Yang authentique (Zhen et quJ
oreilles (Er) et les d eu ~ :in (E_r ~in) que sont Yang), appelé alors« Feu de Ming Men» (Ming transi
l'anus et J'ou verture gemto-un na1re. Men Huo) et le Yin originel (Yuan Yin) ou Yin
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : acou- authentique (Zhen Yin), désigné par «Eau de
phènes, surdité, trouble,s ?e I.a miction, de la Ming Men » (Ming Men Zhi Shui).
-
reproduction ou de la defecation. et la
2. Les Entrailles (Fu) Xie. L
mats
avan
ANNEXE: «la Porte de la Vie » (Ming Men). .
JOUe
Le concept de Ming Men appara1t dans le Nan
Jing, mais il est principalement développé à
partir de la dynastie des Ming. C'est un Organe
dig~
et,
sans forme physique, dont la physiologie est
indiscutablement reliée aux Reins. Les maîtres
anciens

ne sont pas unan imes sur sa localisa- -
t10n.
d'
Selon le Nan Jing et ceux qui s'en sont ins- Le caractère Fu est composé de deux. par· SIOn,

piré, Ming Men est le Rein droit (Rein Yang):


ties · à gauche le rad1.cal de la chatr,. des t 1ssus
.
« 11 y a deux Reins, mais tous deux ne sont pas ·
corporels, des' viscères; la part~e · de drmte
, .
des Rei ns. Celui de gauche est le Rein et celui
sionifie « dépôt d 'arch ives, lieu ou sont depo
de droite est Ming Men » (Nan Jing, 36). Pour
d'autres, comme Yu Tuan (1438-1517) ou
o
sés les document officiels, ~agas ·m. de J'Etat» d~
Zhang Jin Yue ( 1563- 1640), Ming Men est pré- Le mot Fu désigne les Entrmlles qUJ se~en 1 ts
sent dans les deux Reins. Enfin, certains, tel
· ·
réceptacles et part1c1pent au tranS.I t des,aJunen
h
ou au transport et à l'excrétion des dec ets.
Zhao Xian Ke, sous les Ming, le localisent
entre les deux Reins. Quoi qu' il en soit, Ming « Les Six Entrailles transportent et (J1ll1S·
t pas
forment les substances mais ne conserven ·

6. Le surplus des moelles produit les os, le surplus des os produit les dents.
- ORGANES ET E N TRA ILLES

Elles se remplissent mats ne peuvent etre


• • A

b) L'Estomac ( Wei)
pleines» (Su Wen, 1J).
Fonctions :
a) La Vésicule biliaire (Dan) - L'Estomac gouverne la réception et la
La Vésicule biliaire relève de la catégo~i e décomposition des aliments et des boissons
( Wei Zhu Shou Na Fu Slw Shui Gu). Après
des Eno-ailles (Fu) car, comme les autres Entrail- avoi r transité par la bouche et avoir Lraversé
1es, elle es t couplée· à un Organe (le Foie); l'œsophage, les aliments s' accumulent dans
pendant elle appartient ég·al ement aux Entnu·1 - l'E tornac où ils subissent une transformalion
~es Particu lières ( Qi Heng Zhi Fu) car elle physique et chimique, avant d'être évacués
~ocke un liquide pur - la bil~-qu '~n nom,m.e vers l' Intestin grêle.
le «lin a médian » (Zhong Jmg), qu elle regit EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : perte
un aspe~t psychologique (c~mme les ~rganes) d'appétit, sensation de réplétion, ralentisse-
et qu 'elle n'est pas une ~Ole de tr~nstt .ou de ment de la digestion, douleurs gastriques, éruc-
transformation des produ1ts de la d1gest10n. tations nauséabondes, régurgitations .. .
Fonctions: - L'Estomac gouverne le transport et la des-
_ La Vésicule biliaire gouverne le stockage cente ( Wei Zhu Ton g Jiang). Le mouvement
spécifique de 1' Estomac est la descente. Il
et la écrétion de la bile (Dan Zhu Cang Pai s'exerce sur la partie trouble des aliments qui
Xie Dan Zhi). La bile est produite par le Foie, poursuit son cheminement vers les Intestins.
mais c'est la Vésicule biliaire qu i l'accumule Cette action est complémentaire de celle de la
avant de l'évacuer vers l'In testin grêle. Elle Rate qui fait monter la partie pure des aliments.
joue un rôle essentiel dans la digestion. . EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : réplétion
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : troubles et distension douloureuse de l' Estomac, Qi de
digestifs (dégoût pour la nourriture, diarrhée... ) , .
l' Estomac à contre-courant (nausees, vomls-
et. en cas d'Hu midité-Chaleur, ictère, bouche sements, éructations, régurgitations, hoquet),
amère. nausées et vomissements. constipation.
- La Vésicule biliaire gouverne la déter-
mination (Dan Zhu lue Dan). Elle nous permet c) L'Intestin grêle (Xiao Chang)
d'élaborer un jugement, de prendre une déci- Fonctions:
sion, sans être influencé par la peur ou la pres- - L' intestin grêle gouverne la réception et
sion psychologiq ue. De plus, elle permet à la transformation des matières (Xiao Chang
l'organisme de résister plus facilement au Zhu Shou Sheng He Hua Wu). Il recuei ~le les
développement de maladies psychosomati- substances issues de l'Estomac, p~ursmt l~ur
ques. transformation, aftn de permettre 1 extracuon
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : sensibi- des nutriments.
lité aux chocs affectifs, indécision, timidité, EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : pe~ur­
appréhension, insomnie ... bation du transit, douleurs abdominales, dmr-
rhées, selles molles ...
- L' Intestin grêle gouverne la sécrétio~ et
la séparati on du Clai~ et du Trou?J~ ~Xtao
Chang Zhu Mi Bie Qmg Zhuo). C est à son
71
Pfl.JiC/. DE .lfÉJ)ECit E C/11 OISE

0 Les Trois Foyers (San Jiao)


ni,eau à traver les villosités i ntestinal~s. que
, .opèr~ le pa sage de l'Es en ce ~es aJunents Us' agit d'une En traille différente des a lr
,·ers Je milieu intérieur. Ceue ~oncnon e t ~so­ car on cons•"d'ere souvent qu 'elle n'a pau des
ciée à l'activité de la Rate qUJ assure Je nans- forme phys .tque (b"ten que certai nes écol s e tiOO•
art de la partie subtile v~r ~e c,œ~r et le Pou- anciennes
. aient soutenu 1' opinion contrai ree)s 'itt!
cette•
~on, pour qu'elle soit d•, tnbuee a t~utes l~s En f rut, on regroupe sous 1e concept de Tro· ·
. nombre de fonctions phys· IS relali
partie de !"organisme. 0 autre P~· 1 Intestin Foyers un certam
o·au
orêle envoie la partie solide de restdus vers le .
logtques. 0 n peut const"d,erer que 1' activité de
lO-

Gros intestin et leur partie liquide vers la Ves- Trois Foyers est une synthèse de l'ensernbls sable!
des~
.
ste. des activi tés viscérales, les Organes et Entrai~
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : se11 es
molles, lientériques (présence d'aliments indi-
les pouvant être répartis en fonction de l'ana-
tom ie des Trois Foyer : ~e~
gérés) et urines rares et peu abondantes. De o
- Le Foyer supérieur (Shang Jiao) réunit Dao
Cœur et Poumon. LI a la charge de la diffusion Foy
d) Le Gros intestin (Da Chang)
des flu ides et de 1'essence subtile des aliments
Fonction: de la propulsion et de la régulation du Qi e~ tion

- Le Gros intestin gouverne le transit des du Sang et de la circulation des Energies nour- pU!~
déchets (Da Chang Zhu Chuan Dao Zao Po). ricières ( Ying Qi et Wei Qi). me~
Sa fonction principale e t de transporter et On dit qu'il est «comme un brouillard » n.ss
d'évacuer les selle , ain i que de les assécher (Ru Wu ) (allusion à la vaporisation du Qi et tt on
en absorbant l'eau résiduelle. des Fluides) et qu' il régit la «réception » (Na) mte "

E N CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : troubles (allusion à la réception de l' essence des ali- hun
des selles (diarrhée, constipation), ténesme et ments).
douleurs abdominales .. . - Le Foyer médian (Zhong Jiao) réunit la 3.]
Rate et l' Estomac. 11 a la charge de la diges- (Q
e) La Vessie (Pang Guang) tion, de la transformation et du transport de
l' essence subtile des aliments et de la produc-
Fonction: tion du Qi et du Sang. ave
- La Vessie gouverne la réception et J' éli- On dit qu' il est «comme un marécage » les
mination de l' urine (Pang Guang Zhu). Elle (Ou) (allusion à la fonction de décomposition
est responsable du stockage et de l'évacuation des aliments par l' Estomac) et qu'il régit la
de la partie des Liquides oroaniques qui à la transformation (Hua) (allusion à la fonction
suite de l' action _mélabol iq~e de la Rat~, du de la Rate).
Pou~~n ,_ d:s R~m s e,t des Trois Foyers, est - Le Foyer inférieur (Xia Jiao) réu~it
de~tmee a etre evacuee. En relation avec les Reins, Vessie, Inte tin grêle et Gros inte~tm; a)
~e~n.s, son Q~ s'~x~rime à la fois dans la capa- généralement, on y situe également le Fme. li
Cite a contentr 1 unne et à l'expulser. a la charge de la séparation du Pur et du T~ou­
EN CAS DE DYSFONCTIONNEM ENT : di vers ble, mais sa principale fonction est J'excrétJOn.
troubles de la miction. On dit qu' il est «comme un égout >> ,rpuJ
(allusion aux fonctions de drainage et d ev~­
cuation des déchets) ct qu'il régit la sorue
= ORGANES ET E NTRA n LES

(Chu)
. )(allu ion à !"expulsion des selles et des Qing. Le Cerveau ré it l' · . ,
un ne . neurosensorielle E g , a~tiVlte_ mentale et
. Le ;rois ~oyer~ ~ont la v_o i~ de circula- en relation avec ie8~~edecme chmoise, il est
oon de l ~ner~1e Ongmelle qUJ stimule l'acti- médiaire des Es . 1 ~q Organes, par l' inter-
Po, Yi et Zhi pnts t~cér~_ux (Shen, Hun,
vüé physwl?g1que des Organes et Entrai iJes.
c ene foncuon est plus particulièrement en Cœur et l i _Plus parttcuherement avec le
logique e Ole, pour_son acti vité psycho-
relation avec ]a transfo~mation du Qi (Qi H ua). , et avec les Rems, pour son dévelo -
D"autre part,. les T~01s Foyers sont respon- pe~nt et ses fonctions physiologiques. P
sables de la ctrculatlün des fl uides par ta Voie ' ~,CAS DE .DYSFONCTIONNEMENT : erte de
des Eaux (Shui Da.o) : «Les Trois Foyers sont ~~c~tte ?ensonelle, troubles du compo~ement
l~tnutiOn de la force motrice, vertiges acou~
h
responsables des d1gues et des canaux ils oou-
vement 1? voie où circule 1' Eau» (Su 'wen: 8). p enes... '
De ce fa1t, le _ter~~ ~ Voi e des Eaux » (Shui
Dao) est parfots utlltse pour désigner les Trois b) Les Moelles (Sui)
Foyers.
Co~p?s.~es de la moelle osseuse, de la
. E~n, I.es ! ro.is Foyers go~ vernent la diges- moelle eptmere et des matières cérébrales, les
tt on, l assnnilat10n, le trans tt et l'excrétion ~oelles sont plutôt une substance qu'un Vis-
puisque, tout au long de ces étapes, les ali~ cere. Cep.endant, en M.T.C. on les classe parmi
ments sont véhiculés à travers les Trois Foyers. les Entra11les particulières.
Ils sont également responsables de la produc- Elles alimentent et entretiennent la matière
tion des différents Qi et constituent, dès la pre- cérébrale (le Cerveau est la Mer des Moelles)
mière respiration, l' usine énergétique de l'être et le squelette (les Os sont formés avec le sur-
humain. · plus des moelles). De plus, elles participent à
la production du Sang (il semble que les Chi-
3. Les Entrailles particulières nois connaissaient depuis longtemps le rôle
hématopoïétique de la moelle rouge des os).
(Qi Heng Zhi Fu) EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : tous les
A part la Vésicule biliaire qui a été étudiée troubles qui ont été énoncés à propos du Cer-
avec les Entrailles, du fait de son ambivalence, veau, faiblesse des lombes et des genoux, retard
les Entrailles particulières ont des points com- de croissance et de développement chez l'en-
muns avec les Entrailles (leur forme, souvent fant (croissance, fermeture de la fontanelle,
creuse) et avec les Organes (l' aptitude à stoc- éveil intellectuel... ), fragilité des os, anémie ...
ker le Yin et le Jing), mais n'ont pas de relation
Biao/L i (externe/i nterne) comme les autres c) Les Os (Gu)
Viscères qui sont tous couplés. L'anatomie du squelette était relativement
bien connue des Chinois, depuis l'Antiquité.
a) Le Cerveau (Nao) Comme il a été mentionné précédemment. les
Os sont le surplus des Moelles; il y a don~ une
Considéré comme « la Mer des Moelles », relation directe entre ces deux sortes de ttssus.
le Cerveau est formé de la réunion des Essen- Les Os ont trois fonctions principales : sup-
ces subtiles (Jing Wei ) de l'ensemble de l'or- porter le corps et protéger les Vi~cères. per-
ganisme. La connai ssance de ses fonctions mettre les mouvements et contemr la moelle
s'est surtout développée durant la dynastie

·--~·
PRÉCIS DE M ÉDECI E ClllNOISE

eu e. Comme le Moelles et le Cerveau.. les EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT . tro b


0
Os ont di rectement en relation avec les R~ms. des menstruations, de la fécondité et de 1 ~ les
tation. ges-
E N CAS DE DYSFONCTIONNEM E T : defor- l
mation ou malforma tion osseuse, troubl.es 1
locomoteur , fracture spontanées. dystrophtes 4. Les relations entre les Viscères
osseuses ... a) Relation entre les Organes
d ) Les Vaisseaux (M ai) Cœur et Poumon:
Il s' agit des vaisseaux sangu ~ns, ?a~s l~~r . Ils résident tous deux dans le Foyer Supé-
ensemble, bien que le terme Mar, 9u1 stgruf~e neur. Le Cœur gouverne le Sang et le Poumon
également «pouls», désigne parfots plus spe- gouverne le Qi . Poumon et Cœur, de même
cifiquement l.es artères. . . que Qi et Sang, sont interdépendants. Le Cœur
Les Vaisseaux sont des votes de commu.m- gouverne les Vaisseaux sanguins; le Poumon
cation pour le Qi et le Sang et, étant en relatiOn est le lieu où les Vaisseaux convergent. Le Pou-
dü·ecte avec le Cœur (qui joue le rôle de l'Em- mon aide le Cœur à faire circuler le Sang~ Je
pereur), ils véhiculent de~ i nfo~matj ons pro- Cœur, en propulsant le Sang, favorise la dif-
venant de 1'ensemble de 1 orgarusme, percep- fusion du Qi du Poumon. Cœur et Poumon ont
tibles notamment par la palpation des pouls, une relation pri vilégiée avec long Qi<SJ_
qui est une méthode de diagnostic essentielle EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : oppres-
en médecine traditionnelle chinoise. sion de la poitrine, palpitations, dyspnée, essouf-
E N CAS DE DYSFONCflONNEMENT : Stases de flement. ..
Sang, hémorragies...
Cœur et Rate :
e) L'Utérus (Nu Zi Bao, ou Bao Gong, Le Cœur gouverne et propulse le Sang ; la
ou Bao Zang, ou Zi Gong, ou Z i Zang) Rate produit et contient le Sang dans les Vais-
seaux. Le Sang du Cœur dépend de la Rate qui
Ce Viscère, aux noms multiples, a deux le nourTit ; les fonctions de transport et de trans-
fonctions principales. Tout d'abord, i1 gou- ,.. '
formation de la Rate sont entretenues grace a
verne les règles, en relation avec les Reins et la circulation du Sang du Cœur.
les Vaisseaux Ren Mai et Chong Mai et grâce EN CAS DE DYSFONCTIONNEM ENT : palpita-
à l'action d' une substance particulière, active tions, asthénie, insomnie et tous les symptomes"
depuis la puberté jusqu'à la ménopause, qu'on contenus dans le yndrome « Vide de Cœur et
appelle Tian Gui (7).
de Rate».
D'autre part, l' Utérus est l'enveloppe du
fœ~us, dont il assure la protection. En plus des
Cœur et Foie:
Re~ns et de Ren Mai et Chong Mai, Je Cœur, Je Le Cœur gouverne le Sang; le Foie stocke
FOie et la Rate jouent un rôle essentiel dans le Sang. Le Foie contrôle Je volume du Sang
l'activité gynécologique dévolue à l' Utérus. circulant; le Cœur en assure le mou vement.

7 · Le l e~c Tttan Gut. c~t Cité


. . défi . récisémenl la
po~r. la première fois dans le Su Wen. Il est di~ficlle de • m~r P, fonction-
nature phys1que de ce concept, ex phc1tement en relation avec l' Energie des Rems ct pcut-etrc he au
nement hormonal.
8. Ü m J.: Qi : voir chapitre VIII.
-
a
ORGANES li.T E NTRA ILLES

Le Foie foumit au ~~~r la quantité de Sang Qi à partir d~ l'alimentation; le Poumon capte


nécessaire à son acuvrte; le Cœur, en mobi li- le Qr à partrr de la respiration; le Qi des ali-
anl le Sang. favorise le fonctions de drainaoe ments.et le Qi de 1' air se rencontrent pour don-
nécessaires au bon fonclionnement du Foie. ner narssance.à Zong çp. La Rate est à l'ori gine
Le Cœur héberge le Shen et gouverne l'acti vité d~ la producuon du Ql ; le Poumon contrôle le
mentale; le Foie en gouvernant les fonctions de Q1. La. Rate gouveme le transport et la trans-
drainage et de di per ion exerce une action sur fonnatron de l' Eau et de l' Humidité, elle trans-
l'équilibre p ychrque. porte l 'es~ence des Liquides organiques; le
E CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : Vide de Poumon regule la Voie des Eaux il diffuse et
Sang (insomnie, palpitations, trou bles de Ja distribue l'essence des Liquides ~rganiques.
vi ion, éblouissements, vertiges ... ) et troubles EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : asthénie,
psychi9ue? (jrri~a.b~l i té, y~~rome dépressif, essoufflement, voix faible (Vide de Qi); muco-
insomnre, mstablllte caractenelle ... ). sités, glaires, asthme, toux, œdèmes (pertur-
Cœur et Reins : bations
.
du métabolisme des Liquides oroa- 0
n1ques).
Le Cœur, en haut, est de la nature du Yang,
du Feu; les Rei n , en bas, sont de la natu re du Poumon et Foie :
Yin. de l'Eau. Le Cœur doit être humidifié par Leur interaction concerne la direction du
J'Eau des Reins, qui monte; les Reins doivent Qi et la circulation du Qi et du Sang.
être réchauffé par Je Feu du Cœur, qui des- Le Poumon est Yin dans le Yang, il est situé
cend. Leur communication est le fondement dans le Foyer supérieur et son mouvement
de J'équilibre vertical entre Yin et Yang. principal est la descente et La diffusion; le Foie
Le Cœur gouverne le Sang; les Reins thé- est Yang dans le Yin, il est situé dans le Foyer
saurisent le Jing; Jing et Sang s'engendrent inférieur et son mou vement principal est la
réciproquement (Jing Xue Xiang Hu Zi Sheng) montée et le drainage. Le Poumon gouverne le
et se transforment l' un dans l'autre. Le Cœur Qi, le diffuse tout en contrôlant son échappe-
hébergeant le Shen et le Sang, que le Cœur ment externe; le Foie stocke le Sang, le libère
gouverne, est le support du Shen ; le Jing des ou le contient, selon les besoins internes.
Reins produit la Moelle, Je Cerveau est la Mer ENCAS DE DYSFONCTIONNEMENT : douleurs
des Moelles et la demeure du Shen. La com- costales, toux avec expectorations contenant
munication entre Cœur et Reins permet l' in- du sang, irritabilité (dans le syndrome « le Feu
teraction entre 1' Eau et le Feu, 1'engendrement du Foie attaque le Poumon»).
réciproque du Jing et du Sang et l' interdépen- Poumon et Reins :
dance du Jing et du Shen.
Leur interaction concerne la respiration et
EN CAS DE DYSFONCTI ONNEM ENT : palpita-
le métabolisme des Liquides organiques.
tions, œdèmes (le Yang du Cœur, en Vide, ne
Le Poumon gouverne le Qi, il permet le~
p~ut réchauffer les Reins); agitation, insom-
nre, palpitations, bouche sèche, anxiété (dans échanges entre extérieur et intérieur, son .Q•
le syndrome «Cœur et Reins ne comm uni- descend vers les Reins; les Reins sont la racme
quent pas»). du Qi, ils captent, ancrent, absorbent ~t a.ssi-
milent le Qi qu i vient des Poumons. Amst, la
Poumon et Rate : respiration est profonde et efficace.
Leur interaction concerne le Qi et les Liqui- Le Poumon est la source supérieure de
des organiques. La Rate produit et entretient le l'Eau, il diffuse vers l'extérieur et fuit des-

75
cendre les Liquides organiques vers les Reins, Foie (quand la Rate ne contient plus le San )
il élimine J' impur par le haut (expectoration); ictère et troubles hépatobiliaires (quand f'
Je Reins oouvement l'Eau, ils concentrent à fonctions déficientes de transformations et ~s
tra~sport ,de la ~~te produisent de 1' Humidit:.
0
1ïntérieur et font monter les Liquides orga-
niques réab orbés vers Je Poumon, ils élimi- puts de 1 Hutmdtté-Chaleur du Foie et de la
nent 1' impur par le bas, la Vessie (mi ctio~). Vésicule biliaire).
Cela permet indirectement de préserver le Ym, Foie et Reins :
le Métal engendrant l'Eau et l'Eau humidifiant
le Métal. Leur interacti on concerne le Jing et le
E CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : asthme, Sang, le Feu Ministre (Xiang Huo) et l'origine
dysp née, respirati on rapide et ~ uperfi ~iel~e commune de leu r Yin.
(trouble du Qi), œdèmes, mucosJtés, ohgune . Les Reins stock~nt le Jing qui sert à pro-
(staonation
o des Liquides organiques, . trans-
dUire le Sang; le F01e stocke le Sang qui peut
piration nocturne, toux sèche, aphorue! pom- compléter le Jing. Ainsi, on dit que le Jing et
mettes rouge , fébricules) (lésion du Ytn). le Sang ont une origine commune (l'e sence
des aliments).
Foie et Rate : Le Feu Mini tre (Xiang Huo) trouve prin-
Leur interaction concerne la circulation du cipalement son origine dans Ming Men, le Foie
Qi (au niveau digestif, notamment) et la physio- et les Reins, par opposition au Feu Empereur
logie du Sang. (Jun Hua), lié au Cœur. On peut donc dire que,
Le Foie favorise la digestion par ses fonc- comme ils recèlent tous deux le Feu Ministre,
tions de drai nage et de dispersion et en pro- Foie et Rei n ont la même source.
duisant la bile, ce qui aide le mouvement de la Le Yin des Rein peut engendrer le Yin
Rate. La Rate permet la digesti on en trans- du Foie; le Yin du Foie peut aider le Yin des
formant les aliments et en transportant leur Reins à se reconstituer. Comme leurs Yin ont
essence (notamment distribuée au Foie pour la même origine, on dit que Foie et Reins ont
produire la bile), ce qui favorise le mouvement la même source. Par ailleurs, les fonctions de
du Foie. Quand le drainage est efficace, le thé aurisation des Reins et de drai nage en vue
transport et la transformation sont faciles, la d' une li bre circulation du Foie s'opposent, se
Rate est forte; quand le transport et la trans- compensent et se complètent.
fonnation sont efficaces, le drai nage est faci le, EN CAS DE D YSFONCTIONNEMENT: faibles e
le Foie est à 1'aise. des tendons et des os, douleur et fatigue de
Le Foie stocke le Sang mais ne le produit lombes et des genoux, acouphène , troubles
pas, il le libère souplement à la demande de de la vision ...
l'organisme; la Rate produit le Sang mais ne le
stocke pas, elle le contient fermement dans les Rate et Reins :
.
vaJsseaux. Les Reins go uvern ent le Jin g inné ~ui
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : troubles réchauffe et stimule la prod uction du lm~
digestifs et menstruels, irritabilité, oppression acq uis; la Rate gouverne le Jing acqui~ q~ t
des nancs et de la poitrine, syndrome pré- renforce, complète et entretient le }iiiR mm.:.
menstruel (dans le syndrome «dysharmonie Les Reins gouvernent l' Eau. leur Yan.g
du Foie et de la Rate»), métrorragies, saigne- assure la vaporisati on des Liquides orgam·
men ts continus conduisant au Vide de Sang du ques; la Rate gouverne le transport ct la trans-

76
ORGA NES ET E NTRA ILLES
•-

formation; son Yang peut contrôler 1'Eau et verne le transport cL la transformation des ali-
1•Humidilé. me~ts; l' E,stomac fait descendre le Trouble,
E CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : diarrhées cratntla Secheresse et aime I'Hum'd't'
, . 1 1 e, gou_
malinaJes. diarrhées lientériques, œdèmes, verne 1a receptiOn des aliments.
douleur el ensation de Froid de 1'abdomen . E~ CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : troubles
(dans Je syndrome« Vide de Yang de la Rate et digesllfs divers (diarrhées, ballonnements nau-
des Reins»). sées, vomissements ... ). '
b) Relation entre les Or ganes et Le Foie et la Vésicule biliaire (Bois) :
les Entrailles , A la différence du couple Rate/Estomac qui
Chaque Organe (Zang) est relié à une En- s .op~osen t ct se complètent, Foie et Vésicule
traWe (Fu), dans le cadre de la relation Sur- blltat re sont le prolongement 1' un de l'autre.
face/Profondeur (Biao/Li). Le couple Organe/ Le Foie sécrète la Bile, la Vésicule bi \jaire la
Enu·aiJie ainsi défi ni relève de la même nature, s~ocke; }e Foie ~éberge le Hun et gère la straté-
en terme de Cinq Mouvements. gte et 1 elaboratiOn de plans, la Vésicule biliaire
apporte le jugement et la détermination.
Le Cœur et l'Intestin grêle (Feu) : EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : ils ont
Le Feu du Cœur descend jusqu 'à l'Intestin souvent la même pathologie ; par exemple,
grêle pour stim uler son acti vité physiologique Humjdité-Chaleur du Foie et de la Vésicule
de transformation et d 'assimilation ; le Pur, biliaire (nausées, bouche amère ... ).
absorbé par l'Intestin grêle, monte jusqu'au Les Reins et la Vessie (Eau) :
Cœur et complète le Sang du Cœur.
E CAS DE DYSFONCflONNEMENT : l'excès Leur interaction concerne principalement
de Feu du Cœur peut léser 1'Intestin grêle (oli- les fonctions urinaires.
gurie, dysurie avec brûlure, urine rougeâtre ... ) EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : miction
et la Chaleur-Plénitude de l' Intestin grêle difficile ou incomplète, incontinence urinaire,
peut agresser le Cœur (ulcération de la langue, dysurie ...
anxiété, irri ta bil.ité ... ).
c) Relation entre les E ntrailles
Le Poumon et le Gros intestin (Métal) : Comme les Entrailles assurent principale-
La descente du Qi et des Liq uides orga- ment le transit des produits de la digestion,
niques du Poumon favorise le transit intestinal; leur interacti on concerne la réception, l' assi-
à l'i nverse, Je drainage opéré par le Gros intes- milation et l'excrétion, et les troubles qui sur-
tin favorise la régulation du Qi et des L iquides vjennent touchent directement ces fonctions.
organiques du Poumon. En médecine trad itionnelle chinoise, les
ENCAS DE DYSFONCTIONNEMENT : troubles syndromes complexes des Entrailles sont moins
respiratoires (asthme, dyspnée ... ) avec consti- nettement référencés que ceux des Organes.
pation.

La Rate et l'Estomac (Terre) :


. La Rate et l'Estomac sont complémentaires
pomt par poi nt. La Rate fait monter le Pur,
craint l' Hu midité ct aime la Sécheresse, gou-
77
LI
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1

Planche de\ méridiens et ram i fication~ (Jinx Luo),


extraite du Zhen Jiu Da Cheng ( 160 1).
CHAPITRE VII

Méridiens et ramifications (Jing Luo)

, rie des Méridiens, spécifique à la méde-


1
A.' ~e~hinoise, est complémer!taire de celle des
L cm er Entrailles er elle possede de nombreuses
Orgfne~ions. C'est ;urtottl dans L'acupuncwre, le
opp tcgae erie Qi Gong qu'elle s'est le plus déve-
massa
ée Depuis une trentame . d 'annees,
, un certam .
loppb; d'études, plus ou moins convaincames, ont
nom ., . 0 'd d, Jing Mai Luo
été réalisées, en C~une. et en ccl, ~n~, pour . emon-
rrer la réalité objecllve des Mendœns. Bten que
leur structure m.arérielle soit discu~ée, ~eurs fo!zc-
rions physiologtque~ et leur~ appltcanons thera- corps ?rganique (artères, veines, nerfs... ), livres
peutiques sont établtes deputs longtemps. cano~q~e.s (com.me dans Nei Jing, Yi Jing ... ).
Comme l'éwde détaillée des Méridiens et ramifi- On v~ tt LCI que c est le même mot qui désigne
cations (trajets, points... ) fait l'objet d 'un déve- le traJet par lequel l' énergie circule dans le
loppement particulier, nous ne l'aborderons pas corps et le livre par lequel la connaissance cir-
ici, malgré son intérêt indiscutable, les dimensions cule à travers les générations.
de cet ouvrage ne le permettan t pas. Le lecteur
désirant approfondir cet aspect pourra utilement Le sinogramme Mai est composé de deux
s'orienter vers des Livres et atlas consacrés spéci- parties. A gauche, le radical de la chair, des
fiquement à l'acupunctureC1>. Nous nous contente- tissus corporels. La partie de droite représente
rons d'expliquer La théorie des Méridiens, leur clas- initi alement un cours d'eau à l' un de ses
sijicarion, leurs fonctions et leur intérêt général confluents, ou une de ses ramifications qui part
dans le diagnostic et le traitement.
vers la droite. En médecine chinoise, il désigne
un vaisseau pour le Qi ou le Sang. C'est le
1. Définition même mot qu' on emploie pour désigner un
pouls. Il faut noter que, dans la forme simpli-
. Le terme employé pour désigner les Méri- fiée, la partie droite du caractère signifie «éter-
~Jens est Jing ou Jing M ai. Jing est composé, nel» : les vaisseaux entretiennent la vie dans
a gauche, d' un radical qui représente initiale- les tissus qui, sans eux, ne pourraient perdurer.
ment un cocon de soie qu ' on dévide, les trois
~ls représentés dans la partie inférieure gauche Le terme Luo est composé de deux parties.
etan~ torsadés pour faire un fil plus fort. La A gauche, le même radical que dans Jing. La
pa;t.Je ?r?ite représente, selon certains, un partie droite signifie « sui vre son chemin sans
metter a t1sser et selon d' autres le courant de tenir compte des avis, des paroles», par exten-
1'~ s~r le sol. Jing
' signifie notamment
' «chaîne sion, «sortir, déri ver de la route principale». Le
d un l l\S U n, route du nord au sud, méridien caractère Luo a le sens de « 1ier, attacher». En
(dan~ le \ens géographique), vaisseaux d' un médecine chinoise, i1 désigne les vaisseau x

f 1· V<,Jr 1 ouvra pc de l 'Académie de médecine traditionnelle chinoise ( Pék in ) : Préci.\ d 'ac llfH>IICI II rt' dtillot \1'
( :.d1t11m~o, JJanf•lc!i ).

79
- Du M ai (Vaisseau Gouverne )
econdaires qui dérivent d~ Méridie~ princib~ - Ren Mai (Vaisseau de Conceurt:
et con ti tuent un ré eau qut couvre 1 ensem - Chong Mai (Vaisseau des A~ ton).
du corp · ·fi · nt - Dai M ai (Vaisseau de la Ceintux).
Le Méridiens el leurs ~amt tc.auons so - Yin Qiao Mai (Vaisseau Yin qu~e).
le y tème de communicauon qut per~et la du Pied). s'élève
Ut
circulation du Qi el du Sang dans tout 1 orga-
- Yang Qiao Mai (Vaisseau Yang q · , , ,
nisme. du Pied). Ut s eleve
-Yin Wei Mai (Vaisseau de liaison d y
2. Organisation ~u sys_tème des - Yang Wei Mai (Vaisseau de lia·u tn).
ISOn du
Méridiens et ramdicatwns Y ang) .
On distingue les Méridiens (Jing M~i), les Yin Qiao Mai, Yang Qiao Mai, Yin We·1 M01.
ramifications ou collatéraux (Luo MQI) ~t le et Yang Wei Mai sont bilatéraux.
réseau annexe des Méridiens ligamentatres
Douze Méridiens distincts
(Jillg Jin) et zones cutanées (Pi Bu). (Shi Er Jing Bie) :
a) Méridiens (Jing Mai) . Co~p!és d~u x par deu~ •. s~lon le rappon
Btao!Lt, tls quittent les Mend1ens principaux
On les divise en douze méridiens princi- pour sui vre leur propre trajets, traversent les
paux, huit Méridiens particuliers et dou ze Viscère et rejoignent leur propre Méridien
Méridiens distincts. principal (s'ils ont Yang) ou le MéridienPrin-
Douze Méridiens principaux cipal Yang couplé (s' il sont Yin). Tis permet-
(Shi Er Zheng Jing) : tent d'assurer la communication avec des zones
Reliés aux Organes et Entrailles (dont ils du corps où les Méridiens pri ncipaux ne vont
portent les noms), ils consti tuent la principale pas.
voie de communication pour le Qi et le Sang.
La plupart des points (Xue) utilisés en acu- b) Ramifications ou collatéraux
puncture et moxibustion sont situés sur leurs
trajets. Ils constituent un réseau dense comprenant
les quinze collatéraux distincts et une quantité
Huit Méridiens particuliers importante et non définie de collatéraux super-
(Qi Jing Ba Mai): ficiels et de capillaires.
Ils contrôlent l'activité des Méridiens prin-
Les collatéraux distincts
cipaux, dont ils empruntent une partie du tra- (Bie Luo):
jet et auxq uels ils assurent certaines connec-
tions. Ils ne sont pas di rectement reliés aux IJ en existe un par Méridien principal, un
Organes et Entrailles et n'ont pas la structure pour le Ren Mai, un pour le Du Mai et un g~?
et les ramifications des Méridiens principaux. collatéral supplémentaire pour la ~ate. n den:
Seuls deux d'entre eux (Ren Mai et Du Mai) vent du Méridien principal et ctrculent d~ns
ont le~rs ~ropres poin~s: On dit qu' ils reçoi- sa proximité généralement plus superfictel-
' · le
vent 1 excedent des Mendiens principaux, un lement. Ils font également commumquer ·
peu comme des va<;es d'expansion. Ils se nom- Méridiens principaux couplés par le rapport
ment : Biao/Li.
M É R ID IE NS E T RAMIFICATI ONS

Les collatér a ux superficiels c) Mé~idiens liga mentair es et zones


(Fu L uo): cu tanees
Comme leur .no m l ' i ndiq~ e, ce so nt ?~s , C:e. ne sont pas, à proprement parler des
petileS.ra~1ificall ons s uperfic te lles du Me n - Me.ndte ns, c' est-à-dire des trajets linéaires
dien pn nctpal. mrus pl utôt des zones plus larges, en relatio~
Les C apillaires avec les Méridiens pri ncipaux.
(Sun L uo) :
Ce son! les branches les pl us fi nes du sys-
tème de Méridien .

TABLEAU 8 :
Hiérarchie des Méridiens et ramifications

Tai Yindu Poumon


Trois Yin de main Shao Yindu Cœur
Jue Yin du Maître du Cœur
Tai Yang de l'Intestin grêle
Trois Yang de main Shao Yang des Trois Foyers
Douze Zheng Jing Yang Ming du Gros intestin
(méridiens principaux) Tai Yin de la Rate
Trois Yin de pied Shao Yin du Rein
Jue Yin du Foie
Jing Mai Tai Yang de la Vessie
Jing Luo Shao Yang de la Vésicule biliaire
(méridiens et (méridiens} Trois Yang de pied
Yang Ming de l'Estomac
(ramifications)
Douze Jing Bie Méridiens distincts issus des douze Méridiens
Du Mai
Ren Mai
Chang Mai
Qi Jing Ba Mai Dai Mai
(huit méridiens Yin Oiao Mai
particuliers) Yang Oiao Mai
Yin Wei Mai
Yang Wei Mai
Un pour chaque méridien principal + un pour R~n Mat
Quinze Bie Luo
+ un pour Du Mai+ un grand Luo supplémentaire pour
Luo Mai la Rate
(ramifications)
Autres Luo Mai 1Sun Luo (capillaires)
Fu Luo (superficiels)
Douze Jing Jin 1Mérid1ens tendino-muscula1res
Douze Pt Bu 1Zones cutanées
p/lÉCI n E MÉDECINE CHINOISE
~
-
=
- A l' intérieur des zones extem "'"
Les douze Méridiens ligamentaires o 0

on d1stmgue la part1e anté ·


0

es (Yang)
(Jing Jin): Clarté du Yang) la partie ..;éd
•e~re (Yang Min '
~ ) ' 1ane (SI g.
Ce sont des zones tendino-musculaires, 1eune ~.ang et la partie posté . tao Yang.
situées sur le trajet des Méridiens principaux, Yang extrême). neure (Tai Yang.
dont la fonction e t d'assurer la cohésion du - Tous les Méridiens corres
système locomoteur. Ils peuvent être égale- ~ntrai Iles sont Yang; tous ceux tondant à des
ment la première barrière lors de la pénétration a des Organes sont Yin. orrespondants
de certaines Energies pathogènes. . - Selon leurs extrémités, les Mé . .
Les douze Zones cutanées dll Shou (de main) ou zu (de pied)~d•ens sont
(Shi Er Pi Bu):
. Exemple
· : le Méridien des Tro1s. Foye
Ce ont de zones superfïcielles de corres- qu1 passe par 1a zone externe ( Y. ) rs,
pondance avec les Méridi en principaux qui p_artie médiane (Shao Yang), du ~=~b dans l_a
expriment, par leur coloration, les éruptions qui neur (Shou) est appelé Shou Shao Ya~;.supe.
y apparaissent ou leur sensibilité, la nature de
la pathologie et le Méridien concerné. Elles ser- b) ~~~ de cir culation dans les
vent ~ssentiellement de complément au dia- Mendtens
gnostic. ca
D ' ~nefaçon générale, les Méridiens y
de ~am p~rten~ de_ la poitrine et vont vers 1~~ "E
3. Terminologie et classification mams_ ou Ils s u_mssent aux Méridiens Yang
de Mam. Ceux-ct partent des mains pour alle
vers la têt~ où i~s rencontrent les Méridien~
a) Principes généraux noms et
interrelations '
Yang de Pled qUJ partent de la tête pour aller
, Pour ~ommer les Méridiens, on utilise les vers les pieds où ils s' unissent aux Méridiens
regles suivantes : Yi.n de Pieds, lesquels remontent vers la poi-
- On distingue les zones externes du corps trme pour rencontrer les Méridiens Yin de
et ?es membres (Yang) et les zones internes Main, et ainsi de suite.
(Ym).

TABLEAU 9 :
Noms des Méridiens et interrelations

Méridiens Yin : Méridiens Yang :


Shou Tai Yin Poumon Shou Yang Ming Gros intestin
Shou Jue Yin Enveloppe du Cœur Shou Shao Yang Triple Réchauffeur
Shou Shao Yin Cœur Shou Tai Yang Intestin grêle
lu Tai Yin Rate lu Yang Ming Estomac
ZuJue Yin Foie lu Shao Yang Vésicule biha1re
ZuShao Ym Reins lu Tai Yang Vess1e

K2
M i1RIVIENS ET ~\ MlF/CATIONS
-
du Foie pénètre dans le Poumon justilïe que
l~rsqu~ le Feu du ~oie agresse le Poumon il y
ali des expe~torallons sanguinolentes, aggra-
vé~s proporuonnellement au déséquilibre du
F01e. De même, du rait que le Méridien du Pou-
m o~ p~sse ~ar le Gros intestin, certaines patho-
log•es lntestmales peuvent provoquer de la toux,
de la dyspnée ou de l'asthme. Ainsi• la trans-
• •
mtss•on des maladies peut-elle se faire depuis
Pied les zone superficielles vers les Viscères, ou
vice versa, par l'intermédiaire du système des
Méridiens.
4. Fonctions et applications des - La théorie des Méridiens est utile dan
Méridiens et ramifications le diagnostic. Elle permet d'expliquer certains
symptômes et de le intégrer dans un cadre cli-
a) Fonctions nique précis. Par exemple, comme le Méridien
- Les Méridiens ont un rôle de communi- du Foie pa e par les flanc et le côtes, on
cation entre Surface (Biao) et Profondeur (Li), rencontrera des ymptôme tels que douleur
Haut (Shang) et Bas (Xia). Organes (Zang) et de la poitrine et de flancs dan plusieurs syn-
Entrai lie (Fu). dromes du Foie. Le diagnostic en médecine
chinoise des céphalée se fait en partie par la
- Les Méridiens permettent la ci rculation
localisation de la zone de la tête qui est dou-
du Qi et du Sang et l'entretien et la nutrition
loureuse; par exemple, une douleur occipit~l.e
des Vi cères et des tissus corporels. irradi ant ver la nuque con-espond au Men-
- Les Méridiens permettent la transmission dien de la Vessie, alors qu' une douleur tem-
d' informations, d' impulsions et de stimuli porale ou pariétale est en relation avec le Méri-
divers entre toutes les parties de 1'organisme, dien de la Vésicule biliai re.
favorisant ainsi sa cohérence générale. - La théorie des Méridiens sert au traite-
- Les Méridiens assurent la régulation des ment des maladies. L'acupuncture, la moxi-
excès et des insuffisances, par un effet de com- busti on et Je massage notamment sont d.:s
pensations mutuelles, ce qui permet le main- techniques thérapeutiques qu~ ~eposen~ entte-
tient de l'équil ibre énergétique de l'organisme. rement sur la théorie des Méndtens. M~~~ en
phan-nacopée, la ~onn_ai ~ance des <~ Mendteni~
b) Applications destinataires », c est-a-dtre du troptsme p~
culier d' une substance permet de la chotstr et
- La théorie des Méridiens permet d'ex-
de J' associer à d' autres ingrédients, pour une
pliquer la phy~iologic et l' évolution des patho-
logie~. Par exemple, le fait que le Méridien efficacité optimale.

- • ··--· • ..L~. •
CHAPITRE VIII

Energie, Sang et Liquides organiques


.
LORS que les Viscères et les Méridiens repré- mats ~eut engendrer un manque de précision
A sentent (a base strucwrelle de ( 'o~·ganisme,
/'Energie (Qt). le Sang (Xue) et Les Ltqutdes orga-
quant a la nature ~xact~ d~ chaque sorte de Qi.
L~s ,manuels un tversltatres chinois optent
niques (Jin Ye) en constituent/a base substantielle.
At·ec le Jing, dom nous avons déjà parlé à plusieurs generalement pour la deuxième solution et
reprises, ces éléments constitutif.o; du corps som c'est également ce que nous proposons ici, ~out
cirés dans rous les aspects de la dialectique médi- en ayant conscience du caractère arbitraire et
cale chinoise, qu'il s'agisse de comprendre La des inconvénients relatifs d' un tel choix.
physiologie des Organes et Entrailles, de décoder
un symptôme, d'analyse r un tableau clinique D' autre part, la description des différents
complexe ou d'élaborer une stratégie thérapeutique. Qi, et particulièrement les modalités de leur
circulation po ent problème. En effet, le divers
textes classiques, en plus des omissions, pré-
1. L'Energie (Qi) sentent, ur certains points, des avis opposés.
a) Définition et généralités Au sein même du Nei Jing, ouvrage de réfé-
rence, on rencontre des contradictions, au
Nous avons déjà donné l'étymologie et la moins apparentes. Par exemple, la circulation
définition du Qi , en tant que concept fonda- de l' Energie nourricière ( Ying Qi) est présen-
mental, au chapitre lJl; nous ne reviendrons tée de façon différente dans les chapitres XVI
donc pas sur ces points. Le propos de cette et XVIII du Ling Shu. Bien entendu, cela e ren-
étude est d'aborder le Qi dans es caractéris- contre dans d'autre a peel de la médecine
tiques plus physiologiques, à travers sa pro- chi noise, mais ici, comme il 'agit de théories
duction, ses fonctions, ses mouvement , ses fondamentale comportant par nature une cer-
différents aspects et leur circulation pécifique. taine part d'abstraction, il est diffi c ~l e de
Cependant, il faut signaler deux difficultés: confirmer ou d' infi rmer une représentatton en
s'appuyant sur l'expérience. De ce f~it, ~er­
Tout d' abord, on peut aborder les différents tains aspects de cette étude peuvent fat re l ob-
aspects du Qi (production, fonctions, circula- jet d' interprétations différentes.
tion ... ) de deux manières : soit on considère
chaque type de Qi (Yuan Qi, long Qi, Ying Qi, b ) Approche générale de la
Wei Qi ... ) séparément, ce qui permet de bien production du Qi
cerner les caractères spécifiques de chaque
sorte de Qi, mais on risque alors une repré- D'une façon globale, le Qi a deu~ origim~s :
sentation morcelée en perdant de vue la notion le Jing inné, ou Jing du Ciel Anténeur (Xwn
Tian Zhi Jing), qui provient des par~nts, et le
d' unité du Qi , qui est primordiale ; soit on
Jing acquis, ou Jing du Ciel Posténeur (Hou
aborde d'abord le Qi dans sa globalité, en pré-
cisant dan~ un deuxième temps, les caractéris- Tian Zhi Jing), qui provient de l'Essence ~ub-.
tile des aliments. Il faut y ajouter Qing Qt (Qt
tiques de chaque type de Qi , cc qui a l'avan-
tage de développer une vi"ion synthétique, Pur) qui provient de l'air.

= =:;::::::::----
•tE'DECINE CHINOI E
PRFCI. nE •'
-
a

. 0 aanes sont particulièrement bles de la production et de la circu\ .


atton d~
Plus1eur ro . du Qi . Sang et d es L .tqUJ.d es organique et de\'
. , d s ta producuon · . tion de déchets. excre.
impliques a.n ·· ts stockent le Jmg
- Les Rem ' parce qu •
Réchauffement ( Wen Xu):
inn~ La Rate et l'Estomac, parce ~u' ils per- Le Qi est responsable du maintien d
meltent la production du Jing. ~c~ms. ire l' ai r , ll .
temperature corpore e qut permet une b e 1a
- Le Poumon. parce qu tl tnsp . c ·1 rc~ 1atton
· d u S an~ et.de L.tqUJdes
· onne
organiques
(Qing Qi) et parc~ qu' il gouverne le Qt et en
ain 1 que la vaponsauon de ce demiers. '
a ure la di tribunon. . EN CAS DE DYSFONCflONNEMENT : diminu-
Les différents Qi du corps ~ont ~r~dmts tion de la température corporelle, crainte du
grâce à l' impulsion de l' En:rgte Or~gt~ell~ froid, extrémités froides, ralenti sement de l'ac-
( Yuan Qi), qui procède elle-meme du _Jmg mne tivité fonctionnelle des Organes et EntraiUes.
et dépend du Jing acquis pour son developpe-
Protection ( Fang Yu) :
ment.
Le mécanisme général de produ.ction ~e Le Qi a une fonction immunitaire qui s'ex-
l' Energie est la synthèse de Ener~ t es exte- prime dan la capacité à ré ister à la pénétra-
rieure du Ciel (air), de la Terre (aliments) et tion de Energie pathogène (Xie Qi) et à lut-
de J'Homme (Yuan Qi). Yuan Qi tran forme ter contre celle -ci lor qu'elle ont déjà envahi
les Energies extériew-es apportées par la Natu~-e 1' organ i me. 1
et les individualise (lorsqu ' un etre humam E N CAS DE DYSFONCTIONNEMENT: baisse de
absorbe de l'airou des aliments, ceux-ci devien- l' immunité, vulnérabilité aux agents patho-
nent une partie de lui-même). Ce processus e t gène (le patient e t faci lement sujet aux mala-
Je «tronc commun » à partir duquel les diffé- die infectieu es, yndrome grippal. .. ) et diffi-
rentes sortes de Qi sont générée , avec de culté à , urmonter une maladie lor qu'elle se
modes de production spécifiques à chac un déclare (convale cence qui traîne, rechute facile).
d'entre eux.
Contrôle (Gu She):
c) Fonctions générales du Qi Cette fonction du Qi permet de contenir le
Chaque sorte de Qi a ses propres fonctions, Sang, les Liquides organiques! le Jing et, les
que nous étudierons par la suite. Cependant, on Viscère à leur places respect1 ves. Elle s ex-
attribue traditionnellement au Qi cinq fonc- prime, par exemple, à travers le 9i de la Rat~
tions générales : qui contient le Sang dan. les Va1 seaux. da~s
la . olidité du Qi de Reins qui contrôle les on~
Impulsion (Tui Dong) : fiees inférieurs ou dans la fermeté de Ren Mw
, ~· act.ion dynamique du Qi s'expri me dans et Chang Mai, qui permettent le bon déroule-
1 actJ vatJon des fonctions de croissance et de ment de la grossesse.
dé~eloppcment de l'organisme, dans la stim u- EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : extra-
l~tJon des fonctions des Viscères et des Méri- vasations sanguines voire hémorragies. éch~tp-
dien\ ct dans la production et la circulation du pcment de Liquides organiques ( transp~muon
Sang ct des Liquides organiques. . . ·n~~
spontanée, ~alivati on cxccssJvc. un:ont~nc •
. f:~~o; CAS DL:. DYSI-ONC'TIONNI-.M l! NT: retard de urinaire ... ). prolapsus. spc:nnatorrh~cs. tau sc:'
croJs\ancc. hypofonctionncmcnts divers, trou- couches .. .
16
E NERGIE, Sr1NG ET Lt
;-= QUIDES ORGANIQUES
-
1

L'excès d'extériorisa .
Le Jing, le Sang, le Li9u!des organiques et riorisation entraîne u~ton_ p~r rapport à l' inté-
Qi lui-même ont ounus a des mécanismes ( Qi Tuo) (transpiration« ec ;ppement du Qi >>
1 pro use, polyurie... ).
d~ r:ransformacion permanents. L'en ~rn ble des
'rabolismes dépend de cette fonction du Qi
e e) Düférentes sortes de Qi
m s'agisse de 1a prod uctJOn
qu'il . des substrats'
Selon son origine son d
viraux ou de r élimination des déchets. se zones d'action et' mo ~?~production,
E CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : troubles ses propnetes 0 ct· ·
1e Q.I en plusieurs catégories : , n tvtse
de la digestion et de J' assi mi lation des ali-
ments, de la production du Qi, du Sang et des L'Energie Originelle ( Yuan Qi):
Liquides organiques ou de l'excrétion (sueur, . d.. d 1e Q'I 1e plus fondamental le plus
C'est
urines, selles). ~~nI ~~ u;J et _le plus impo~ant. Il es~ issu du
Ces cinq fonctions du Qi sont interdépen- g .mne, enuetenu par le Jmg acquis et formé
dantes et fondamen tales pour le maintien de au. mveau du ~oyer Inférieur, par les Reins et
la vie. M~ng Men. }3_Ien que sa qualité et sa quantité
SOient un hentage des ascendants l'entretien
de Ylwn Qi dépend du mode de vi~ qui peut en
d) Mouvements fondamentaux du Qi
assurer I_a pérennité ou provoquer son épuise-
Le Qi peut exprimer son dy nam isme de ment precoce.
multiples manières mais, fondamentalement Yuan Qi. ~ircule dans toutes les parties du
s_on mouve~en t s expnme dans quatre direc-
' 0 '
corps. Trad t.ttonnellement, on considère qu' il
~on_s: ~ontee (Sheng), descente (Jiang), exté- part des Rems ou de Ming Men, remonte en
n?nsatwn (Chu) et intériorisation (Ru). Le traversant les Trois Foyers, pénètre dans le
VJscères sont à l'origine de ce mouvements Méridien du Poumon, suit la circulation du Qi
0

q~1. sont notamment transmi par l'intermé-


et du Sang dan les douze Méridiens, aaone
les Méridiens particuliers, se répand dan~ t~u­
dJa~e des Méridiens. Par exemple, Je Poumon
tes les zones du corps, revient en utilisant le
et 1 Estomac exercent principalement un mou- trajet des collatéraux, se rassemble aux point
vement descendant, alors que Je Foie et la Rate
, 0 d'extrémités des mains et des pieds, repart vers
regtssent le mouvement ascendant. la profondeur de l'organisme et ver les Vis-
. _L'équilibre de ces quatre mouvements est cères en empruntant le trajet des Méridiens
md1spensable à la régulation de 1'organisme. distincts, se dirige vers la nuque et les points de
Plusieurs syndromes ont pour origine une rup- la poitrine, de 1'abdomen et du dos, repasse
ture de cet équilibre. L'excès de montée par par le système des Méridiens particuliers, 'ac-
rapport à la descente entraîne un «Qi à contre- cumule dans Ren Mai et Dou Mai puis retoume
courant » (Qi Ni) (toux, céphalées, nausées, aux Reins. Les structu res énergétiques avec
vomissements .. .). L'excès de descente par rap- lesquelles Yuan Qi entretient des liens plus pli-
port à la montée entraîne un «effondrement vilégiés sont : Ming Men, les Trois Foyers et
du Qi» (Qi Xian) (prolapsus, ptôses, diarrhées, les Méridiens particuliers.
métrorragies . .. ). L'excès d' intériorisation par Les FONCTIONS de Yuan Qi sont principale-
rc1pport à l'extériorisation entraîne des «nouures ment l'impulsion (Ttti Dong) et le réchauffe-
du Qi" (Qi Jie) voire des << blocages du Qi » ment (Wen Xu). L'abondance ct le déclin de
(Qi Bi) (stagnations, masses, rétentions .. . ). Yuan Qi marquent les phases de croissam:c. de

====..-·-··
• utnECINE CHINOISE
PRÉCIS Dl: ,l

maturité er de vieillisse-
développe~en~/:nce ralentit ce développe-
men!. So~J m~u. ~sfonctionnelle des Viscères.
men! et 1acllVJ[e . .
. ~"ondamentale (Zong QT) ·
L'Energ•e ,, . .
0 rappelle parfois « EnergJe p~em~è~e » ,
~1 remière Energie acqUise a etre
car c ~ 1,la p tJ·r des Eneruie externes. Ses
ProdUite a parOnt l'Eneroie o
de 1' . (Q'
atr mg Q L-'
deux ourCes 0

. Pure ou Da Qi-Grande Energie ou
Energ1e . , J p _
Tian Qi-Energie du CJ~l), captee Pru: e ou .
t I 'Eneroie des aliments (Gu Qt ou Shut
mon, e o h' d
Gu), transportée par la R~te. La syn~ es~ e
ce deux Energies produtt Zong Qt, qut se
concentre au ni veau de la poitrine, dans le Dan
Zlwng (milieu de la poitrine). Elle émerge par
la gorge, d'une part, donnant de Ja force a la
voix: d'autre part, elle rejoint le Cœur et entre-
tient son rythme. Grâce aux fonctions de des-
cente du Poumon, elle va jusqu'au Foyer Infé-
rieur et complète la ré erve de Qi ituée dans
le Dan Tian (Champ de cinabre). Elle pénètre
ensuite, par le point Qi lie (30c point de l'Es-
tomac), dans Je Méridien de l'Estomac. Ainsi
on peut considérer le Dan Zhong comme la
mer supérieure du Qi et le Dan Tian comme sa
mer inférieure.
Les FONCTIONS PRINCIPALES de Zong Qi
c?ncernent la respiration et le rythme car-
?Jaque ~uxquels il apporte l'impulsion et dont
' 1:on~ole la régularité. Selon certaines inter-
pretatJ?ns, Zong Qi est également le précur-
seur d. une autre Energie appelée Zhen Qi
(En~rgJe Authentique). Les manuels chinois
~o ernes confondent Zhen Qi et Yuan Q .
Q ~pendant, plusieurs sources décrivent Zhe:;
1 comme une E · ·
?'
transformation de :~Je ~~sue u~e nouvelle
Qi. Zhen Q · . qt
g, par l act1on de Yuan
l serart 1a ventable Energie indi vi-

HH
De3 h DeS h De 7 h De 9 h De 11 h De 13 h De 15 h De 17 h
à9h à 11 h De 19 h De 21 h Oe23h
à5h à7h à 13 h à 15 h à 17 h à 19 h à 21 h De 1h
à 23 h à 1h à3 h

..
1 ..
Poumon Gros Vessie Estomac Rate Cœur Intestin Vessie Rein Du Cœur Trois Vésicule
intestin grêle (Maître) Foyers biliaire
1p 20 Gl
.,
1V
.,1E 21 Rte 1c 191G 1V 27 R 1 MC 23TF
.,1VB Sommet dP.

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la tête

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Poum~ WOlin ne
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Poumon Gros Estomac Rate Cœur Intestin Vessie Rein Maître Trois Vésicule Foie
intestin grêle du Cœur Foyers biliaire

2• orteil Orteil . 1

1 Ren Mai 1._ - 1 Du Mai 1 ..


Tableau 10 : Circulation de l'Energie nourricière (Ying 0!}.
p, 1 , N ~ "1: m o u c H 1' o 1 ë~:.·=--=--=--=--=--=---= =------=====- -====.._.._iiiiiii;;;::
~-

don cen.llne. interprétation . \Vei Qi circule Zu Tai Yang (Méridien


. de la Y,e ~ste
. ) en p
à r e'\teriew· et à 1ï _ntérieur de Méridien et par le d os, Jll qu ·au cinquièm · . a., ant
Vab~eau'\.. un peu comme le globule blancs. divi e et, d'un autre côté, sorte ~;tet\. Il se
la différence de ling Qi qui ne circule qu'à
(à externe et de cend le long du S/p le ~antu
, .d. d ' rou Tw }j011
lïntérieur. un peu comme le globule rouge ). (M. ~rt 1en e l lnte, tin grêle) ju qu' à • ?
1
Dan la production de Wei Qi, le Jing inné m1te externe du cinquième doigt D' extre-
.1 · autre Part
de Rein joue un rôle important de timula- t ort par 1e cantu externe et de cend 1 '
tion. On dit que Wei Qi reçoit son impulsion du du Zu Shao Yan g (Méridien de la y ,e.long
1
Foyer Inférieur. qu'elle e t nounie par le Foyer bi liaire) ju qu'à la face externe du quet .:ule
. .1 E h . .. a neme
Médian et qu'elle est diffusée au niveau du orte1 . n aut. une dJvtston uit le tra· d
Foyer Supérieur. De ce fait, Rein , Rate, E to- Shou Shao Yang (Méridien de Troi F~et )u
' ,.. , . . yers .
rnac et Poumon jouent un rôle dan la produc- D un autre cote, 11 va JUSqu ' en haut et en ava
tion de Wei Qi. de l'oreille et s' uni t, au ni veau de l'artènt
Wei Qi est diffusée à l'ensemble de l'orga- fac iale. au Zu Yang Ming (Méridien de l' Est~~
nisme grâce aux fonctions du Poumon et gérée mac~ et de~cend vers l~s _chevill~s et les cinq
principalement par cet Organe, qu i contrôle la orteil . D un autre cote, de put s le bas de
peau et qui est un peu le bouclier des Vi cère l' ~reiUe, il de. ~end en suivant le Shou Yang
contre les Energies pathogènes. M ll'lg et e d1nge à travers 1' intervalle du
pouce, dans la paume de la main.[ ... ] Lorsque
Wei Qi circule dan l'organi me, selon un
l'Eau 'écoule ju qu 'à la première divisionl2l,
cycle nycthéméral, à rai on de vingt-cinq cycles
le Qi de l' Homme (il s'agit ici de Wei Qi) est
le jour, dans les zones Yang du corps et de
vingt-cinq cycles la nuit dans le zone Yin, dan s le Tai Yang ; lorsq ue l' Eau atteint la
ce qui fait cinquante cycle en 24 heures. Cela deuxième division, le Qi de l' Homme est dans
est ou vent interprété de la façon simpliste sui- le Shao Yang; lorsque l'Eau atteint la troisième
vante (même dans certains manuels chinois di vision, le Qi de 1' Homme est dans le Yang
modernes) : le jour, Wei Qi circule dans le fv!ing; lor que l'Eau atteint la quatrième divi-
Méridiens Yang et dans les Entrailles; la nuit, SIOn, le Qi de l'Homme est au niveau du
dans les Méridiens Yin et dans les Organes. ':'in; lorsque l'Eau atteint la cinquième divi-
C'est en contradiction avec ]e Ling Shu, qui SIOn, le Qi de l' Homme e t au niveau du Tai
est la référence en la matière. En fait, il semble Yang; lor que l'Eau atteint la ixième division,
que, durant le jour, Wei Qi circule dans les Méri- le Qi de l'Homme est dans le Yang Ming[ ... ];
diens et les zones superficielles du corps, plus l?rsque l'Eau atteint la vingt-cinquième divi-
particulièrement da ns les Méridiens Yang, SIOn, le Qi de l' Homme est dans le Tai Yang
mais en effectuant également un bref passage [ ... ] ; le Qi de l'Homme circule trois fois
dans les Méridiens Yin . dans le Yang pour une fois dans le Yin. »
Ling Slw. 76.
((A u matin, le Yan g Qi (Wei Qi) émerge
aux yeux. Lorsqu ' on ouvre les yeux, le Qi M, .f?u_rant la nuit, Wei Qi quitte le système des
c;' éleve vers la tête et redescend en suivant le endJens et pénètre dans les Organes ct lè~o~

2 Cette cx prc<,'> ion fait référence à l' uti l isation ancienne de la clepsydre (h 1 • .
oorr~ pcmd évtdcmmcnt a une mc.,urc de temps. On pourrait donc ln.duirc p<l>r n~c tl 1Cu ll ). Chii{JUt.' dt\'t'ttm
• · •• J· ., é · d
mmn littérale, cette propo<,tllon par c( uurant a prcmterc p n o c ».
• ta,.,,,
• li ' ''mp cmcnt m••" dt.·

~ ·-· ~-
E NERGIE, SANG ET LIQUIDE~ uJ\vAMQLt\

Enrrailies, bien que le rexre ne précise que de la Rate aux Reins. ce qu i fai t un cycle»
J'ordre des Organe . (Ling Situ, 76).
(<En circulant par J'intermédiaire du Zu On considère traditionnellement, qu'après
Slwo >'t·n (Méridi en de Reins), elle circule le dernier cycle nocturne, Wei Qi, en emprun-
dans le Cinq Organes ( Wu Zang) et les Six tant le trajet du Méridjen particulier Yang Qiao
En traille (Liu Fu)» (Ling Slw, 7l). Mai, revient jusqu'aux yeux dont elle déclen-
Dan le Organes, elle circule en suivant che l'ouverture (réveil). Une de fonctions de
l'ordre du cycle Ke. ce Méridien e t de donner une impulsion au
«Comme elle va pénétrer dan le Yin, elle Yang, ce qu i permet notamment de passer du
suit Je Zu Shao Yin (Méridien des Reins), jus- sommeil à l'état de veille.
qu'aux Reins. de Reins au Cœur, du Cœur au La circulation générale de Wei Qi est sy n-
Poumon, du Poumon au Foie, du Foie à la Rate, thétisée dans le schéma sui vant :

JOUR NUIT
(25 cycles commençant et se terminant (25 cycles commençant et se terminant
par le Zu Tai Yang) par les Reins)

Yang Oiao Mai

Zu Tai Yang Cœur


Jing Ming (1 V) Mérid1en des Reins
Shou Tai Yang
Zu Shao Yang Poumon
Shou Shao Yang (Cycle Ke}

Zu Yang Ming
Artère faciale Shou Yang Ming Rate Foie
Méridiens Yin
+
S1x Entrailles
(ordre non défini)

TABLEAU 11 : Circulation générale de Wei Qi.

Par ailleurs, le Ling Shu mentionne une jours ; le dixième jour, il reparaît au niveau de
autre circulation de Wei Qi, qui concerne davan- la nuque.
tage les Méridiens particu liers : Wei Qi se La principa le fonction de Wei Qi est de
concentre au point Feng Fu (16e point du Du défendre 1'organisme contre l'agression des
Mai, situé à la nuque) et descend, à partir de la agents pathogènes externes. à partir de la ~ur­
prenüère vertèbre dorsale, d'une vertèbre par face du corps, de les combattre ct de le~ repous-
jour; le vingt-deuxième jour, Wei Qi pénètre ser, le cas échéant. En contrôlant r ouverture ct
le Chong Mai, où il reste pendant neuf la fermeture des porcs de la JX'au ct dc!o. C!o.pu~es

---·- ..
Cf\1 " Cllli OISE
/'RI (J ' '!_F If/ /}/ ' •

ment sont, bien sûr, complémentaires E


. . 1. 1Ve1. Q1. re~g u/ e /a tran spi ration.
. d · nfin ·
wrers[ltre · " . Q . participe à la fonctiOn e comme nou s· 1' avons. menti·Onne, préc'd
o·aulre_part. ll e~Ve:t Xu ) de r organi me. La ment, Wei Qi intervient dans 1' équilibc ern~
réchau~femdenll ( transpiration et Je réchauffe- phases de veille et de sommeil. re des
régulation e a

TABLEAU 12 : Comparaison entre Ying Qi et Wei Qi

Ying ai (Energie nourricière) : Wei a; (Energie défensive) :


Produites à partir de l'essence subtile des aliments
Yin Yang
Raffinée, << riche >> Mobile et plus << grossière ,,
Circule dans les Va isseaux Circule hors des Vaisseaux
Produit le Sang et nourrit l'ensemble Protège le corps, contrôle la surface et réchauHe
de l'organisme l'ensemble de l'organisme

Autres catégories de Qi :
Il arrive qu'on empJoie, en médecine chi-
noise, d'autres termes, moins fondamentaux,
pour désigner des aspects spécifiques du Qi.
Nous en citons quelques uns :
- Zang Qi désigne le Qi des Organes, néce -
saire à leur activité physiologique.
- Jing Qi est le Qi des Méridiens<3>. Alors qu 'on définit plusieurs catégories de Qi
- Zheng Qi est le terme générique pour qui se distinguent par leur origine, leur nature
désigner l'Energie saine de l'organisme, par et leur fonctions, on ne considère qu' une seule
opposition à Xie Qi. orte de Sang. Il est défini comme un liquide
- Xie Qi est le terme générique des Ener- rouge, très nutritif, qui circule dans des Vais-
gies pathogènes, par opposition à Zheng Qi. seaux dont on dit qu ' ils sont « la demeure du
Sang ». Lorsque le Sang reste dans ces Vais-
2. Le Sang (Xue) seaux, i1 peut jouer son rôle physiologique;
dès qu ' il s'échappe ou s'extravase, il perd ses
a) Définition et généralités fonctions.
. Le sin o~ ramm e Xue représente un vase
ntuel remp!J de Sang, utilisé à l'occasion d' une b) Production du Sang
c~rémonie d'offrande. A la différence du Qi , le Plusieurs éléments participent à la produc-
Sang est de nature objectivement matérielle. tion du Sang :

3. Attention · ne pa\ conro d 1 . Q. (" . . . . . . · 1•011·nut.• en Pin


Yin • · d'fié · . . '
1
n re ce ltlf.: 1 ICI, }mf.: s1gn1fie « Ménd1cn »)avec un tcnnt.• H t: "~
rent en chmcw,, qui -,ignifïe u Energ ie cso,cnticllc » ( avec Jin~-: signilianl •• Ev..cm:t.•••).
1
• maa s
_ Le Jin,~ de~ f\ loelle . a ·pect Yin du Jing depuis \:Antiquité, que l' in·uffi ance ou les
n u dan~ le Rein . peut e lran former en
conre . . J F . dysf?nctronnements du Sang avaient une réper-
a_n!!. en faisant mte~emr e . me. , cus ton neurol?gique, mentale et émotionnelle.
.:ce. ence ubllle de ali ment :«L es- Ils en ont dédu tt que le Sang était le support du
. ce ubtile monte par le Vai eaux du Pou- Shen.
enn
[110
où eiJe e t rran fonnée en Sang » (Ling
. EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : insom-
Slw. J8). . nourncJere
· ·' ( 1vmg
· Q ') l'lle, perte de mémoire, agitation et, dan le
_ L"Energre L , elle-
ca g t:av~s, perte de connai sance, trouble
même i ue de J'e ence ubti le des aliments, psychtatnques, coma.
aprè être pa ée dan le Poumon, pénètre dans
le Vai eaux et e tran forme en Sang. En d) Circulation du Sang
fait il e t po sible que Ying Qi soit seulement
l' E~eroie intermédiaire entre J'essence subtile Comme Ying Qi, le Sang circule exclusi-
des aJi~ents et le Sang. On peut, par ailleurs, vement dans les Vaisseaux. De ce fait, le bon
considérer que Ying Qi et le Sang ne sont que état d<: Va~sseau~ est une condition indispen-
deux aspects d' une même réalité. able a la ctrculatton et à l' activité physiologi-
-Le Liquide organiques, également issus ~ue du San__g. Par ailleur , plusieur Organes
de re ence de aliments, ont une partie cons- JOuent un role fondamental :
titutive importante du Sang. .- Le Cœur, qui gouverne le Sang et ses
Vat eaux, e t re ponsable de l' impulsion ini-
c) Fonctions du Sang tiale.
- Le Poumon, qui gouverne le Qi et qui est
Le Sang a deux fonction principales : plu particulièrement lié à long Qi, assure la
diffu ion et la distribution du Sang à l'en-
Nourrir ( Ying Yang) et humidifier (Zi Run) : emble de l'organisme.
Tout au long de es circulations, le Sang - Le Foie, qui stocke le Sang et le libère à
transporte des éléments nutritifs néce aires la demande, est responsable du volume de
au bon fo ncti onnement de 1'organisme. De Sang circulant dans l'organisme. De plus, com-
plus,
. .comme
, . Qi circule avec le Sang, cette
.Ying me il assure la libre circulation du Qi, il permet
acttvJte nutnttve est essentielle. Par ai lleurs, la fluidité de la circulation du Sang.
le Sa~g est ~ga i em ent composé de Liquides - La Rate contient le Sang dans les Vais-
orga~9ues, tl a la nature du Yin , il peut donc eaux, évitant qu ' il ne s'extravase ou s'échappe.
humtdtfier les tis us. L'action combinée de ces quatre Organes
EN CAS DE DYSFONCTI ONNEM ENT : séche- assure la circulation harmonieuse du Sang.
resse
, ,
de la peau, raideur musculaire ' faiblesse
~enerale et ralentissement de 1' ac ti vité fonc- 3. Les Liquides organiques (Jin ~)
tionnelle des Viscères.
a) Définition et généralités
Etre le support substantiel de
l'activité mentale et spiritueiJe Jin Ye est le terme générique pour désig?~r
(Shi Ji Ti JinM Shen) : les Liquides organiques. En fait, ~;~~~t Yt· desi-
gnent deux réalités spécifiques differentes.
d Dan\ de nombrcu~cs traditions, on consi-
c:rc (l~e le Sang est le véhicule de l' Esprit. En Le sinogramme Jin est composé de ~eux
rnédectne chinoise, le~ praticien~ ont observé, part ies. Les trois points de gum:hc reprcscn-
humec ter. onctueux ». En médecine chin ·
on d estgne . ou e erme Ill es tquides 0 ~c. ·
01
' · 1 t J · 1 L'
. l' 'd n. rga-
niques cla.trs. tm pt cs e~ u tdcs. qui se diffu-

• ent princtpalen:'ent au ru veau de la surface du


corps (peau, po tl s ... ). '
Le inogramme Ye e t campo é de deu
' parties. Comme pour Jin: les trois points d~
gauche repré entent le radtcal Slnti de l'Eau ; la
Jin Ve partie droite représente la nuit, l' idée de che-
te nt le radical Slwi de 1' Eau ; la partie droite miner de nuit ou dan l'ob curité. Le sen
repré ente une main tenant une rame ou une général de Ye e t « liquide, jus, suc, sécrétion ».
gaffe. au-dessus d' une barque. Le s.ens g~n~:·al En médecine chinoi e, on dé igne sou le tenne
de Jin e t «gué, point de pa sage d une n v~ere Ye le Liquide organique épais, denses, plus
(endroit où 1' on fait avancer une bar9ue. a la vi queux, qui circulent dans les profondeurs
oaffe car l'eau n'est pa profonde), JITibJber, du corp (articulation , Vi cère. , Cerveau... ).
0

TABLEAU 13 : Tableau comparatif des Jin et des Ye

Jin : Ye :
Limpides. fluides. mobiles Denses. épais, visqueux
En superficie En profondeur
Yang Yin
En relation avec Wei Qi En relation avec Ying Qi
Nourrissent et humidifient la peau et les muscles. Lubri fient les articulations. nourrissent le
donnent de l'éclat aux poils et aux cheveux Cerveau. humidifient l'intérieur du corps
Sont diffusés dans les zones cutanée Circulent à l'intérieur du corps, baignent les
et sous-cutanée articulations et la cavité crânienne
Exemple : sébum Exemples : liquide céphalo-rachidien. synovie

b) Production des Liquides or ganiques c) Fonctions des Liquides organiques


La s.ource des Liquides organiques est l'ali-
m,entatJOn ~t l ~s. b,oisson . Leur production Humiditier (Zi Run) et nourrir
depe~d de 1 act1v1te de l' Estomac qui reçoit la par imbibition (Ru Yang):
nou~nture, de la Rate qui en extrait l'essence La principale fonction des Liquides ~r~a­
subtile, de l' Intestin grêle qui absorbe et gou- niques est évidemment d' hu midi fier, ma1s tls
~erne. les ~e f.Xi?o Chang Zhu Ye) et du Gros sont également un mi lieu dans lequel circulent
J?tcstm qu~ remtegre dans l' organisme une par- les substances nu triti ves qui vont alimenter les
~~e de~ flu1des et qui régit les Jin (Da Chang tissus.
Zhu lm ).
ENERGIE, SANG ti T LtQuu m s ORG \ \IQ

EN CA DE DY FO CTIONN EM ENT : séche- part, transportés, toujours par la Rate, ve r~


re e de la peau. des yeux. du nez, de la bou- toutes Je parties du corps. Lorsque le Poumon
che. de inte rin (con ripation) et de rous les le collecte, il diffuse la partie claire vers la
ri u : pathologies articulaires et neurologi- surface du corps et fai t descendre la partie
que . impure vers les Reins et la Ye sie. La partie
diffusée à la surface du corps circule avec
Compléter et nourrir (Chong Yang) 1' Energie défensive et peut être excrétée par
le Sang et lubrifier et fluidifier (Hua Li) les pores de la peau sous forme de sueur, alor
les Vaisseaux :
que la partie envoyée vers le Rein et la Ye -
Le Liquide organiques ont une campo- sie est évacuée sous forme d' urine. D' autre
ante e sentielle du Sang, ils complètent le part, le Poumon élimine une partie de Liqui-
vol ume circulant dans les Yai seaux et peu- des organi ques, sous form e de vapeur, au
vent compen er momentanément une réduc- moment de chaque expiration. D' un autre côté,
tion de la mas e sanguine. une partie des Liquides organiques reçu du
EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : pertur- Poumon par les Rei ns, est vaporisée par le
bation de la drculation sanguine. Yang des Reins et réintégrée à l' organisme.
E quilibrer le Yin et le Yang Les Liquides organiques troubles, après
(He Tiao Yin Yang ): avoir séjourné dans l'Estomac, sont dirigés
Les Liquides organique permettent la ver l'lote tin grêle qui en absorbe une partie
régulation de la température du corps et 1'adap- puis, ver le Gros intestin qui, en asséchant les
tation aux variations climatiques (par temps selles, récupère une partie de l'eau.
chaud on transpire beaucoup mais on urine Il faut mentionner également le rôle des
peu, par temps froid on urine beaucoup mais Trois Foyers qui sont la Voie des Eaux (Sinti
on transpire peu). Dans les maladies de la Cha- Dao) par laquelle circulent et sont distribués
leur ( Wen Bing), la présence ou l'ab ence de les Liquides organiques.
Liquides organiques détermine le pronostic car
tant qu ' il subsi te des Liquide organiques, il 4. Relations entre Qi, Sang et Liquides
reste de la vie. •
organtques
E N CAS DE DYSFONCTIONNEMENT : déshydra-
tation, trouble neurovégétatif , certaines for- Le Qi, le Sang et les Liquides organiques
mes de diabète. sont produits à partir de l'essence subtile des
De plus, les Liquides organiques, en recueil- aliments. Ils sont complémentaires et inter-
lant et en transportant les produits du cata- dépendants. 11 est donc important d'étudier
bolisme, assurent en permanence l'excrétion leurs relations.
des déchets (urine, sueur ... ).
a) Qi et Sang
La relation entre le Qi et le Sang est un
d) Circulation et évacuation des
aspect du rapport Yin/Yang; el~e peut ~tre syn-
Liquides organiques
thétisée dans les deux expressiOns su1vantes :
Les Liquides organiques clairs, extraits de « Le Qi est le commandant du San_g »(Qi ~t'i
l' alimentation ct transformés par la Rate, sont, Xue Zhu ai) ct « le Sang est la mere du Q1 »
d' une part, dirigés vcp, le Poumon et, d' autre (Xue Wei Qi Zhi Mu).
Rf Cl DE \IEDECINE Cil/NOISE

On con idère que le Qi est le commandant en activanl la Voie des Eaux et en perm l
du Sang pour Jes rai ons sui vante : l'excrétion des fluides. e tant
- Le Qi peut produire le Sang (Qi Neng - Le Qi peut retenir les Liquides 0
Sheng Xue) en contrôJant les fonction de ·
mque , 1es L.1qut·des orgamques
· rga-~
peuvent entr
cran port et de transformation de l'essence sub- ner le. Qi (Qi Neng She Jin, ~i~ .N~ng Zai Q~\-.
tiJe de aliment , en métabolisant les Liquides Le Q1 est responsable de 1 ehmmation d
Liquides org,an~ques, n.ot~mment sous fo~~
organique , en produisant Ying Qi, en entre-
tenant le Jing et en permettant 1'acti vité physio- de ueur et d un ne, mms 11peut également le '
logique de Viscères. contrôler et les contenir dans l' organisme, afi~
- Le Qi peut mobiliser le Sang (Qi Neng d'éviter leur perte excessive. En s'échappant
Xing Xue) car il e t la force motrice de la cir- les Liquide organique peuvent entraîner \~
culation, en agissant par 1' intermédiaire de Qi avec eux; ainsi, une transpiration abondante
l'activité fonctionnelle du Cœur, du Poumon et une diarrhée et n' importe quelle autre déper~
du Foie. dition de fluide peuvent-elles entraîner une
- Le Qi peut retenir Je Sang (Qi Neng Slze diminution du Qi.
Xue) en l'empêchant de s'échapper des Vais-
seaux, notamment grâce à J'acti vité fonction- c) Sang et Liquides organiques
nelle de la Rate.
Le Sang et le Liquides organiques sont
On considère que le Sang est la mère du tous deux de la nature du Yin, leurs fonctions
Qi parce que Je Sang approvisionne les Qi de d' humidification et de nutrition sont complé-
tout 1'organisme en éléments nutritifs, rendant mentaire ; ils s' opposent au Qi mais se com-
possible J'ensemble de l'acti vité fonctionnelle. pensent mutuellement. Leur relation est essen-
D'autre part, le Sang ancre, amarre et véhicule tiellement d' ordre quantitatif, le Vide d' un
le Qi. aspect ayant pour conséquence, à terme, le
Vide de 1' autre. Dans les insuffisances du
b) Qi et Liquides organiques Yin dans les maladie de la Chaleur et dans
'
d'autres pathologies marquées par un excès de
La relation entre le Qi et les Liquide orga-
niques est un aspect du rapport Yin/Yang. Les Yang, Sang et Liquides organiques peuvent
rapports entre le Qi et les Liquides organiques être touché parallèlement.
sont très proches de ceux entre le Qi et le Sang : C'est pourquoi, on dit traditionnell~m~nt :
- Le Qi peut produire les Liquides orga- «En cas de saignement, pas de transptratt~n ;
niques (Qi Neng Sheng Jin). Le Qi contrôle en cas de transpiration, pas de Sang » (Lt.ng
toutes. les étapes du métabolisme des Liquides Shu, 18). Cela signifie à la fois qu'on a moms
orgamques. de Sang quand on transpire et moins de sueur
. -.Le Qi peut mobiliser (et transformer) les quand on a saigné et, d'autre part, qu'on ne
L1q u1?e~ organiques (Qi Neng Xing (Hua) Jin), doit pas appliquer la sudorification après .une
par l' mtermédiaire des fonctions des Viscères, hémorragie, ni la saignée après une sudauon.
TROISIEME PARTIE

Causes et

des maladies

'tTuDE de L'étiologie (Bing Yin) et de la pathogénie (Bing Ji) en méde-


L cine chino ise découle directement des autres théories f ondamelllales
qui ont été développées précédemment, notamment des relations entre
l 'Hom me et L'Univers. En effet, selon la conception globaliste de la santé,
l'équilibre de 1'organisme repose sur une parfaite coordination des fonctions
psychiques et physiologiques et découle d 'une harmonie permanente avec
l 'en vironnement. Dans cette partie, les différenls fa cteurs pathogènes
(externes, internes et autres) sont exposés. Puis, il est question de l'appari-
tion et du mode de développement des maladies.

97
CHAPITRE IX
Etiologie (Bing Yin)
.. des siècles. les praticiens de médecine
u,cou r.., d , d. 1 d. peuvent devenir patho è
A . ise
ttlfiO 011 1 a opte Lverses approc Les ta-
·
.c des causes des maladtes. Alors qu Ltllfta-
/etMIIefa Jltéorie du Yin/Yang sert de pivot la
à
,. . . suivantes : g nes pour les raisons
- Lorsqu'elles sont excessive ~
lentell~'hension de l'étiologie (dans le Nei Jing, leur saison (un Froid 0 Cs, _meme dans
comP'~ent) des conceptions plus élaborées ont mes, par exemple). u une ameute extrê-
notamn , , , . , , C Il .
P.rog
ressivement ete t;ztegrees. e e 9ue _not:'s "!tt- - ~orsqu'elles sont déplacées ar ra
aujourd'hui decoule du San Ym J1 Y1 Bmg aux satsons (une vague de fr ~ h P pport
~~ ~ Fang Lun, rédigé par Chen Wu Ze, sous la
011
d . atc eur en été ou
enstie des Song, en JJ 74. JI s'agit d'un système un a ouctssement brutal en hiver).
dvna .d. . 1 fi ~. ,
ie c/assi.fic~tion. qw IVtse es acteu.~·s p~ trrogenes ~ Il faut noter que ces conditions extérieures
t!1'() is caœgones de causes (San Ym) . meme_ extrêmes, ne peuvent être causes d~
en _Les causes externes (Wa1. y·m) ou aflemtes .
e:rtemes (Wai C?an), ~ssoc_iées direc;teJ~~nt ou. par
m al ~dt_e qu'à condition que l'organisme soit
analogie aux SIX Exces (LJU Yin) d ongme cft ma- affaJbl,t..ou déséquilibré. C'est donc préalable-
tique. . . m~nt l _et~t de I ~ En~rgie saine du corps (Zheng
_Les causes imernes (Ne1 Ym) ou blessures QL ) _
qm deterrrune a partir de quand les Liu Qi
imemes (Nei Shang), en relation avec les débor- devtennent des Liu Yin.
dements des Sept Sentiments (Qi Qing).
-Les causes ni externes ni internes (Bu Nei Le pathologies dues aux Six Excès ont des
Wai Yin ou Bu Nei Bu Wai Yin), qui correspondent caractéristiques communes :
à des facteurs pathogènes d'origines diverses, ne - Elles sont directement en relation avec
pOLII'ant êlre classées dans aucune des deu.r caté- les saisons, l'environnement et le mode de vie
0 0 '

gories précédentes. qm constituent une combinaison complexe, le


D'autre part, l'étude de l'étiologie comprend climat extérieur pouvant être renforcé ou com-
également l'analyse des phénomènes de produc- pensé par les conditions de travail, l'habille-
tions pathogènes, principalernent les Mucosirés ment. ..
(Tan Yin) et les Stases de Sang (Yu Xue). - Elles peuvent se manifester d'une façon
isolée ou sous certaines formes combinées
1. Les Six Excès (Liu Yin) (Vent-Chaleur, Humidité-Chaleur, Vent-Froid-
Humidité ... ).
Le concept des Six Excès (Liu Yin) découle - Elles peuvent s' influencer mutuellement
de celui des Six Energies climatiques (Liu Qi): et, dans certains cas, se transformer l'une dans
1~ Vent_(~e?g), le Froid (Han), la Canicule (Shu), 1'autre (un Froid externe peut évoluer et se trans-
1Hum•dne (Shi), la Sécheresse (Zao), le Feu former en Chaleur).
rHuoJ, ce dernier n'étant cependant pas, à pro- - Elles progressent généralement de la sur-
prement parler. climatique. Ces Qi externes face (Biao) à la profondeur (Li), en pénét~t,
som~s variations climatiques naturelles liées soit par la peau, soit par les orifices respara-
aux satsons; elles sont donc nécessaires tant à toires (nez et bouche), soit par les deux à la
la nature qu'a l'être humain. Cependant, elles fois.
PRH.I' nE \IÉDECI NE CHINOISE

u~ certain no.mbre d'affections, bien qu'elles a) Le Vent ( F eng)


m; ,01ent pas d ~rect~ment produites par des Propriétés :
dereglements chmattques, sont classées dans
le Liu Yin : . -. Le Vent domine au printemps, i\ est en
- Un grand nombre de maladies infectieu- relattOn avec le Bois et le Foie.
es aiguës. - Le Vent ~s t une Energie pathogène de
. - ~ertaines pathologies d'origine physico- nature Yang : tl est constamment en mouve-
chlnuque. ment, attaque généralement le haut (tête
nuque .. .) et la surface du corps (peau, mus~
Dans ces cas, la détermination de 1' agent cles ... ) ; il est léger et ascendant ; i\ a \a pro-
pathogène ne se fait pas tant à partir d' un rai- priété d' ouvrir et de disperser (i\ ouvre les
sonnement étiologique que sémiologique. Par pores de la peau et produit de \a transpiration
exemple, un grand nombre de maladies sont avec crainte du Vent).
classées dans la catégorie « Vent-Chaleur», - Le Vent a tendance au mouvement et au
bien que le patient n'ait pas été exposé au Vent, changement : il produit des symptômes erra-
ni à la Chaleur ni à une quelconque source tiques et ses maladies se transforment sans
d'air chaud en mouvement. Il suffit, pour cesse; ses effets sont parfois rapides et bru-
qu 'on parle de Vent-Chaleur, qu' il présente des taux (syncopes, comas).
symptômes identiques à ceux traditionnelle- - Le Vent est à l' origine de nombreuses
ment décrits comme provenant d'une atteinte maladies : il est le vecteur de pénétrations
externe due à la combinaison du Vent et de la d'autres facteurs pathogènes qui n'auraient
Chaleur (par exemple, fièvre, gorge enflée et pas, sans lui, le moyen de pénétrer et d' enva-
douloureuse, crainte du vent, pouls superficiel hir l'organisme; c'est pourquoi le Froid, la
et rapide ... ). Chaleur ou l'Humidité, par exemple, se com-
D'autre part, certaines maladies d'origine binent au Vent, ce qui fait que celui-ci est l'agent
interne peuvent présenter des similitudes avec le plus fréquemment rencontré en pathologie.
- Le Vent provoque l'agitation (Dong) :
celles dues aux Six Excès externes. Ainsi, il
parmi les manifestations du Vent, une des plus
existe des pathologies de Vent interne (Nei
caractéristiques est un ensemble de symp-
Feng), de Froid interne (Nei Han), d' Humi-
tômes, réunis sous le terme Dong, tels que ver-
dité interne (Nei Shi), de Sécheresse interne
tiges, éblouissements, spasmes, tremblements,
(Nei Zao) et de Feu interne (Nei Huo). Elles ne
convulsions, mouvements incontrôlés .. .
relèvent cependant pas des Liu Yin, mais de
déséquilibres du Yin/Yang, du Qi et du Sang Comparaison avec le Vent interne
ou de l' activité des Viscères. Elles ne doivent (Nei Feng) :
donc pas être confondues avec les maladies Le Vent externe pénètre par la peau ou l~s
d'origine externe, malgré la similitude d'ap- voies respiratoires, en perturbant ~Energ•~
pellation, car leurs tableaux cliniques et les défensive et en générant des symptomes tels
stratégies de traitement qu'elles réclament sont que fièvre, transpiration, crainte d~ vent, évo-
complètement différents. lution rapide et pouls Fu (superfictel). .
Le Vent interne provient du dysfonctiO~­
nement des Organes, principalement d~ Fotc
(et non exclusivement, comme on le crOit par-
foi s). Il est issu du Vide de Yin ou de Snng ou

00
ETIOI.O(,#~

. d ~an<' ou de la Chaleur extrêmes, er il - Pén étration directe du Fr oid (Zizong


bJt!ll u 1 < 0 ~
3nai sance à des ·ymplome tels que ver- H an), lorsque le Froid externe pénètre direc-
donne . 1 . tement jusqu'aux couches profondes de
rjges. pa me , convulstons, para ystes et pertes
d; connai ance. l'organisme blessant le Yang des Viscères et
provoquant des troubles digestifs (douleurs
b) Le Froid (Han) épigastriques et abdominales, sensation de
froid dans le ventre, appétit diminué, vomis-
Propriétés : sements et diarrhées ... ).
_ Le Froid domine en hjver, jJ est en rela- Le Froid interne est un Froid Vide dû à
tion avec J'Eau er les Reins. . , 1'insuffisance du Yang, qui touche pri n~ipale­
_ Le Froid est une Energ1e pathogene de ment le Cœur, la Rate et les Reins, et produit
narure Yin, il a tendance à blesser le Yang. les symptômes suivants : membres froid s
. '
Lorsque Je Yang est blessé, il n'assure P.lus ~es vo ~t ssements et diarrhées liquides, urine
fonction s de réchauffement, de vaponsat10n clrures et abondantes, langue pâle, enduit blanc,
des fluides et de transformation du Qi. poul Chi (lent) et Chen (profond), aversion
_ Le Froid concentre et bloque, produisant pour le Froid ( Wei Han ) avec amélioration en
des occlusions. En blessant Je Yang, Je Froid se couvrant ou en s'approchant d' une source
inhibe la circulation du Qi et du Sang qui per- de chaleur car, dan ce cas, le Froid est dû à
dent leur fl uidité et stagnent, entraînant des une insuffisance du Yang qui doit être réchauffé.
, '
douleurs severes.
-Le Froid contracte, il peut entraîner des c) La Canicule (Shu)
rétractions musculaires, des contractures, de Propriétés :
paresthésies, des paralysies. Au niveau de la - La Canicule domine en été, elle e t en
peau, la contraction des pores empêche la trans- relation avec le Feu et le Cœur.
piration. - La Canicule est une Energie pathogène de
Comparaison avec le Froid interne nature Yang, elle se définit comme une Chaleur
(Nei Han): ardente qu i génère une fi èv re élevée avec
transpiration, de l'agitation, de l'anxiété, de la
Le Froid externe peut produire deux types soif, un teint rouge et un pouls Da (grand) et
de pathologie :
H ong (va te).
- ~ttaqu.e du Froid (Shang H an), lorsque - La Canicule monte et se déploie, elle
le FroJd attemt la surface du corps, induisant épuise le Qi et blesse les Liquides organiques.
une réaction de l' Energie défensive, qui bloque En effet, la transpiration profu se réduit les
la peau et les muscles (syndrome grippal, par fluides et le Qi est entraîné avec eux, ce qui
exemple); on ob erve généralement de la fièvre provoque es ouffl ement, asthénie brutale.
sans transpi ~ation , des courbatures, un pouls voire perte de connaissance.
Fu ~superficiel) et Jin (serré), une crainte du - La Canicule se combine souvent à l'Hu-
froid (Wu Han) qui est peu améliorée en se midité, provoquant nausées, diarrhées ou selles
couvrant ou en s'approchant d' une source de molles, oppression de la poitrine, oligurie. sen-
~~~~~~car. ?ans c~ cas, le Froid est excessif et sation de lourdeur du corps.
réchau~~~ disperse (par la sudorifi cation), pas La Cani cule est une Energie pathog n
purement externe. Il n'existe pas de Cunicul
interne. Par ailleurs, pour qu'une maladie due au traitement. De plus, le caractère «collant
à une Chaleur d'origine externe soit considé- se manifeste à travers certains symptôrn >•
rée comme une atteinte de la Canicule, il faut (aspect des mucosités et des sécrétions). e!.
qu ·elle urvienne en été et que la Chaleur soit - L' Humidité a tendance à descendre ce
extrême. Dan le autre cas, on parle de mala- qui fait que ses pathologies touchent fréqu~rn­
die de la Chaleur (Wen Bing ou Re Bing). ment Je bas du corps et évoluent dans cette
direction (œdèmes des membres inférieurs
« Avant le olstice d'été, c'est une Chaleur leucorrhées, troubles gastro-intestinaux... )'.
pathogène (Bing Weil ); après le solstice d'été, Cependant, malgré cette prédilection, l'Humi-
c·est une Canicule pathogène ( Bing Shu) » (Su dité peut se rencontrer dans toutes les parties
Wen, 31 ). du corps.
d) L' H umidité (Shi) Comparaison avec l'Humidité interne
(Nei Shi) :
Propriétés :
L'Humidité externe provient du climat (pluie,
- L' Humidité domine en cinquième saison brouillard ...), de l' environnement (marécages,
(prolongement de 1'été), elle est en relation rivières) ou de circonstances favorisant son
avec la Te1Te et la Rate. développement (porter des vêtements humides,
- L' Humidité est une Energie pathogène par exemple). Elle attaque la surface du corps
de nature Yin, elle entrave le mouvement du Qi et les articulations, provoquant des courba-
et elle blesse le Yang. L' Humidité est en rela- tu res, des douleurs rhumatismales, une limita-
tion avec l'Eau et avec les Liquides qui sont de tion des mouvements articulaires, parfois de
nature Yin. Elle a tendance à s'accumuler dans la fièvre.
les Viscères, les Méridiens et les tissus, ce qui L' Hum1dité interne provient d' un Vide de
ralentit la circulation du Qi et perturbe les fonc- Qi et de Yang de la Rate qui perd ses capacités
tions de montée et de descente, ce qui produit
de transport et de transformation, entravant l~
des symptômes tels que plénitude et disten-
circulation des Liquides organiques, ce qm
sion abdominale, selles moUes, appétit dimi-
génère des diarrhées, des œdèmes, des leucor-
nué, oligurie ... Comme la Rate, qui a généra-
lement trop de Yin et pas assez de Yang, aime rhées ...
la Sécheresse et craint J' Humidité, c'est l' Or- L' Humidité externe, en pénétrant dans l'or-
gane Je plus faci lement affecté par cette mala- ganisme, peut facilement b les~e~ l,a _Rate et
die. Ses fo nctions de transport et de trans- donner naissance à une Hum1d1te mterne.
formation sont alors aisément perturbées. L' Hum idi té interne, en perturbant les !onc-
- L' Humidité est de nature lourde et trou- tions naturelles de 1' organisme, favon~e l_a
ble, ce qui entraîne des sensations de pesanteur pénétration de 1' Humidit~ exte~ne. Al,nSt,
physique et mentale et des ma nifestations Humidité externe et interne mteragtssent l une
de tu rbidité (urines troubles, selles pâteuses, sur J'autre.
peau grasse, éruptions sui ntantes, enduit lin-
gual gras ... ). e) La Sécheresse (Zao)
- L'Humidité est de natu re collante, elle a Propriétés :
tendance à stagner. Les maladies qu'elle pro-
voque sont chroniques, récurrentes et tenaces, - La Sécheresse domine en automne, elle
elles évoluent lentement mais sont résistantes est en relation avec le Métal et le Poumon.

102
ErtOl.()(,ll

La Séchere se a un effet déshydratant el devenir un agent pathogène externe, mais i\


.. ~n uent elle blesse les Liquides organiq~es, n'existe pas de Canicule interne.
'1~.dquanl divers ignes de déshydratation - Le Feu ( H uo ) existe en tant qu'Energie
f,écheres e du ne~. de Ja bouche, de la gorge, naturelle du corps (par exempte, Ming M en
, uercée un ne rares, selle sèches ... ). H uo, le Feu de Ming M en) . On parle alors de
!evre
_ Lao Séchere'
se a tendance a, attaquer le «Jeune Feu» (Shao Huo ), il est indispensable
mon. Par nature, cet Organe est particuliè- à La production du Qi . Cependant, en excès il
Pou
rement sens1·ble a' 1a S ec
" h eresse.. L orsqu
· ' ell e devient pathogène. On parle alors de «Grand
rarreint elle perturb~ ses. fonctiOns_ de des- Feu», de «Feu Vigoureux)) ou de «Feu Adulte»
re diffusion et punficat10n, produtsant une (Zhuang H uo); i\ peut blesser \e Qi.
cenx ·èche, avec expectoration difficile de «Le Grand Feu réduit le Qi, le Jeune Feu
[OU " -~ . ., d
Mucosités concentrees, p(l.J t OIS strtees e sang. augmente le Qi. Le Grand Feu se nourrit du
Qi , le Qi se nourrit du Jeune Feu. Le Grand
Comparaison avec la Sécheresse interne
(Nei Zao) : Feu disperse le Qi, le Jeune Feu engendre le
Qi » (Su Wen, 5).
La Sécheres e externe se divise en Séche- Habitue\\ement, on considère que le Feu
resse chaude ( Wen Zao) et Sécheresse froide pathogène est d' origine interne, provoqué par
(Liang Zao). Dans les deux ca , l' atteinte du les déséquilibres de l'acti vité viscérale, du
Poumon prédomine, associée à des symptômes Yin/Yang et des Energies et substrats du corps.
de Chaleur externe ou de Froid externe, avec On parle cependant de Feu externe pour dési-
céphalée, toux sèche, fi~vre avec crainte du gner trois choses : la Canicule en été, \a Cha-
Froid, pouls Fu (superficiel) ... leur extrême indépendamment d' un contexte
La Sécheresse interne provient générale- saisonnier et la transformation d' une autre
ment d' une perte de Liquides organiques (trans- Energie externe en Feu (par exemple, le Froid
pirations profuses, diarrhée~, vot;Uss~men~s, peut se transformer en Chaleur et la Chaleur à
hémorragies ... ), ou d' une fievre elevee qut a on extrême produit du Feu).
consumé les fluides, d' une insuffi ance de Yin - La Chaleur (Re), à la différence du Feu,
et de Sang ou encore du viei ll issement (les est toujours une Energie pathogène. Elle peut
vieillards ont tendance à la déshydratation). être d'origine interne ou extern.e. ~orsqu elle
Les principaux symptômes sont : constipation est d'origine climatique, à la dtfference ~ela
avec selles sèches, peau sèche et fi ne, amai- Canicule, elle n'est pas spéci tique ~- une s~son.
grissement, insomnie, anxiété n> ... Il faut mentionner qu'en terme d mtenslté, la
Chaleur est plus modérée que le Feu.
f) Le Feu (Huo) et la Chaleur (Re) - La Tiédeur (Wen) est une forme atténu~e
Plusieurs termes, se référant au concept de de la Chaleur, dont elle a toutes ~es ~aracténs­
Feu ou de Chaleur, sont employés en méde- tiques. En fait, en médecine chmOlSC one~­
cine chinoise, et il est important d'en préciser ploie fréquemment la dénomina~ion We~z B.mg
le sens : comme terme générique pour déslg~e~ les ~ala­
dies ducs à la Chaleur (qu'elle sOlt mtense ou
- La Canicule (Shu), que nous avons déjà
étudiée, e~t le Qi naturel de 1'été~ elle peut modérée) .

. .. . d. f Tl •.., de Sécheresse interne.


1 Cenams syndromes dépressif s !'!<>nt mutés comme es on c ·
• DL" lth:OECINE CHINOISE
PRJ; Cf5 ,. . '
•-
Le point com mun e mre tou ces co!lcepts Comparaison avec
. le Feu interne
esc quïls con·e pondent à une prédo mmance (N et H uo) :
du Yang ur le Yin. . Le Feu externe est le résultat de l' év
Propriétés : tJon de la Chaleur externe de ta Ca . olu.
d ' un autre facteur pathogène ' meute 0
externe u
_ Le Feu et la Chaleur sont des Energies nous l'avons vu. 'comme
pathogène de nature Yang. Leur nature est de Il est produit par une perturbation phy ·
s'embraser er de 'élever. Ils produisent donc ·
lOglque l . SIO-
ou par
. E a .tJ·ansformauon des émoti·ons .
des maladies fébriles, inflammatoires et tou- « Les Cmq mottons se transforment en Fe ·
chent fréquemment le haut du corps. ( Wu Zhi Hua Huo). U»
- Le Feu et la Chaleur consument le Qi et
blessent les Liquides organiques. Nous avons 2. Les Sept Sentiments (Qi Qing)
vu précédemment que le Grand Feu réduit le
Qi, se nou rrit du Qi et disperse le Qi. D' autre Les Sept Sentiments sont la Joie (Xi), la
part, il vaporise les Liquides organiques qui Colère (Nü), l' Accablement (You), la Nostalgie
s'échappen t, et ceux-ci s'épuisent en essayant (Si ), la Tristesse (Bei), la Peur (Kong) et la
de le contrôler. Cela produit de la soif et, à Frayeur (Jing). Lorsqu'on les associe aux Cinq
terme, un de sèchement de 1'organisme. Organes, avec le quels ils entretiennent des
rapports privilégiés, on parle alors de Cinq
- Le Feu peut engendrer le Vent et agiter Emotions ( Wu Zhi) qui sont la Joie, la Colère,
le Sang. Par exemple, une forte fièvre peut la Nostalgie, la Tristesse et la Peur.
induire des convulsions. En échauffant le Sang,
le Feu peut l'amener à di vaguer hors de ses Au même titre que les Six Energies clima-
voies naturelles; par ailleurs, il peut brûler les tiques (Liu Qi), les réactions émotionnelles,
Vaisseaux. Lorsque le Feu ou la Chaleur agi- lorsqu'elles ne dépassent pas certaines limites,
tent le Sang, on observe di verses sortes d'hé- font partie du fonctionnement normal de l'être
morragies (épistaxis, hémathémèse ... ). humajn. Mais, à la suite de perturbations bru-
tales, extrêmes, prolongées ou répétées, elles
- Le Feu a tendance à provoquer des gon-
peuvent prendre des proportions anormales et
flements et des abcès. Particulièrement lors-
perturber l'organisme. Alors que les Energies
qu' ils pénètrent dans la couche du Sang, Feu et
pathogènes externes doivent pénétrer dans J'or-
Chaleur peuvent entraîner la formation d' ulcé-
ganisme par la peau ou les voies respiratoires,
rations, d'abcès et de di verses réactions inflam-
matoires. On parle fréquemment de Chaleur les Sept Sentiments peuvent directement affec-
toxique (Re Du) pour désigner ce genre de phé- ter les Organes, induisant des maladies ou
nomene. favorisant leur développement. Les Organes
les plus couramment affectés par les excès
- L~ Feu peut perturber l' Esprit, du fait de émotionnels sont le Cœur, Je Foie et la Rate.
sa relatton particulière avec Je Cœur et de son
a~tio~yossible sur le Sang, provoquant de l'ir- a) La Joie (Xi)
n~.blltté, de l' anxiété, de l' insomnie, voire du
delire et des troubles psychiatriques. - La Joie est J'émotion du Cœur; J'excès de
Joie nu it au Cœur.
- La Joie relâche Je Qi. Lorsque le Qi du
Cœur est relâché à l'extrême, le Slu'n n'est
ETIOLOGIE

temcnt hébergé et différents symp- ti~ nest perturbée (perte de 1' appétit, amai-
p lu rviennent, tels que : pa 1p1· tauons,
correc · a1ter- gnssement, di sten ion abdominale ... ).
tômes ~··euphorie et d e d épression ( rires et De plus, par effet secondaire, le Sang du
nance ., d Cœur peut être affaibli (insomnie, ou sommeil
pleurs). inqu•etu e ...
agité, palpitations... ).
b) La Colère (Nii)
_ La Colère est 1'~motion du Foie; 1' excès e) La Tristesse ( Bei)
e Colère nuit au Fo1e. . - La Tristesse est l'émotion du Poumon ~
d _ La Colère fait monter le Q1. ~Ile p~rturbe l'excès de Tristesse nuit au Poumon.
~011 etions de drainage el de d1spers1on du - La Tristesse diminue le Qi. Lorsque le
les_ 1 produit un Qi du Foie à contre-courant. Qi du Poumon est réduit, les fonctions respi-
Fo•e e . S 1·
ratoires sont altérées et l'Energie générale du
A

En s'élevant, le Q1 entramde le _anhg a_vec du1 ,


quant de vertiges, es cep a1ee , es corps s'épuise (essoufflement, voix éteinte,
provo hènes, un teint rouge, voire, dans les toux, dyspnée, affaiblissement général, abat-
acoup , h, , h, _
formes sévères, des hemat emeses, emm ra- tement physique et moral. .. ).
ujes cérébrales, syncopes .. . Par ailleurs, la Tristesse peut, à terme, nuire
o D'autre part, l'excès de Qi du Foie peut au Cœur (palpitations, perte de la concentra-
J'amener à agresser la Rate (ballonnements, tion ... ), au Foie (spasmes, douleurs costale ... )
diarrhées Jientériques ... ), 1' Estomac (hoq~et, et à la Rate (distension abdominale, faiblesse
éructations, vomissements ... ) et, par act_wn des quatre membres ... ).
secondaire, il peut endon:'m a~er les. Rems,
selon le principe « le fi ls plll~ l Energt~ de la f) La Peur ( Kong)
mère » (Zi Dao M u Qi) et attemdre le Ym et le - La Peur est 1' émotion des Reins~ \'excès
Jing (perte de mémoire, peur, faible se lom- de Peur nuit aux Reins.
baire ... ). - La Peur fait descendre le Qi. Qu' il s'agisse
d' une phobie ou d' une peur panique, e\\e dimi-
c) L'Accablement ( You) nue l' Energie des Reins (faiblesse des genoux. :
- L'Accablement est 1' émotion du Pou- sous 1' effet de la peur, les genoux tremblent ~t
mon; l'excès d' Accablement nuit au Poumon. donnent une impression de mollesse) et fa~t
- L'Accablement a une action physiopatho- descendre brutalement le Qi (incontinence un-
logique très proche de celle de la Tri stesse ~ il naire et fécale).
diminue le Qi, produit des découragements, De plus, la réception d~ Qi du Poumon est
des pleurs, une perte de l' initiative et de l' im- altérée (oppression thoractque) et la co_m~u­
pulsion vi tale et une altération de la clarté de nication avec le Cœur est rom~ue (agttauon
l'Espri t. mentale et difficulté à s'endormtr).

d) La Nostalgie ou Pensée excessive (Si)


- La Nostal gie est l'émotion de la Rate ~
l'excès de Nostalgie nuit à la Rate.
- La Nostalgie noue le Qi. Lorsque le Qi de
la Rate et du Foyer médi an est bloqué, la diges-
105
PIU.XI.\ DF IIÉDECI\'E CHI OISE

g) La F rayeur (Jing)
b) Les parasitoses (Ji Sheng Chong)
- La Frayeur est une émotion en relation Qu'il s'agisse d'ascaris (Hui Chong) d'
avec le Cœur ; l'excès de Frayeur nu it au r~~ ( Nao Chong), de trenia (Tao Cho~ ) ~xyu_
Cœurl21•
n 1mporte quel autre parasite la m..;.,..~ecg· u de
- La Frayeur agite le Qi. Lor que le Qi du · ' vu me chi
no1se a reco~nu depuis longtemps leur rôt-
Cœur e t agité, l'équilibre entre Eneroie et dans un certam nombre de maladies. B'1e e
. d' l'
Sang est rompu (palpitations, nervosité, i;som- 1,.mgest1on a 1ments souillés soit une nque
r: d
nie, confu ion mentale, essoufflement, éva- LOn amentale, on cons1·dère que le terraincause
nouissement. .. ). l' ~, 1_ement
, 'd . reste
pre omm.ant. Par exemple, l' Humi-
En plus de leur action spécifique, en cas dite-Chaleur favonse le développement d
d'excès, les Cinq Emotions peuvent se trans- paras1tes,· es
b'1en qu ' eIle ne les engendre pas direc-
fonner en Feu (Wu Zhi Hu.a Huo) et produire tement.
divers symptômes de Feu interne (irritabilité,
insomnie, bouche amère, hémoptysie ... ). c) Les boissons et l'alimentation
(Yin Shi)
3. Autres causes de maladies La nou rriture et la boisson sont indispen-
sables à la survie de l'espèce humaine. Elles
a) Les maladies épidémiques ( Yi Li) peuvent cependant devenir une cause de mala-
Ds'agit de maladies particulièrement conta- die dans trois situations :
gieuses dont Je mode de propagation et de - Lorsque les aliments sont quantitative-
transmission est facile et indépendant d'un ment inadaptés : une insuffisance entraîne, à
excès climatique particulier. Dès Je vue siècle, terme, un Vide de Qi et de Sang ainsi qu'un
eUes constituent une branche particulière dans déclin du Jing; des abus alimentaires produi-
la classification étiologique, mais c'est à par- sent différentes pathologies du système diges-
tir du xvuesiècle que leur natu re et leur traite- tif (stagnation de nourriture, Humidité trou-
ment sont approfondis. La variole (Tian H ua), ble ... ).
la rougeole (Ma Zhen), la scarlatine (wn H ou), - Lorsqu'on absorbe des substances impro-
la diphtérie (Bai Hou), le choléra (H uo wn) et pres à la consommation, qu' il s'agisse d' ali-
la peste (Wen Yi) sont des exemples de mala- ments dégradés, contaminés, irradiés ou de
dies entrant dans cette catégorie. substances toxiques par nature (champignons
Elles ont pour caractéristiques d'apparaître vénéneux, par exemple).
brutalement, de présenter des signes de toxicité - Lorsque le régime est déséquilibré, sur
élevée, d'évoluer facilement vers un stade cri- le plan de l'équilibre Yin/Yang, de la natu~e
tique, d'être très contagieuses, de dépendre de des aliments (froids ou chauds)<J>, de la pre-
divers facteurs liés à l'environ nement, à l'ali- dominance d' une saveur particulière, divers , '
mentation et aux conditions sociales. Ces mala- troubles peuvent surven~. C~aque ~av~ur pene-
dies sont, du point de vue de la médecine tre dans un Organe part1cuher : 1 ac1de v~ au
moderne, d'origine microbiologique. Foie, l'amer au Cœur ... L'équilibre fonction-

2. Voir note 4 du chapitre VI : «Organes et Entrai lles». . n de sa


3. Il est question ici de l'Energie d' un aliment qu i peut être froid. frais, neutre, uèdc ou chaud. et no ·
température.
ETIOLOGIE

nel de Organes dépend donc en partie de e) Les traumatismes et blessures


réquilibre de saveurs. De plus, chaque saveur ( Wai Shang )
a des effeLS éne:géti9ues spécifiques qui, en
excè . peuvent tndUJre des processus patho- o_n classe dans cette catégorie les blessures
logique . Par exe1~ple, l'abus d'aliments pi- causees. par le~ armes blanches ou à feu, les
trau m au.s ~es dJVers, les brûlures, les engelures
quants ble e le 9•· dessèche les ongles, pro-
duit de . conttacuons des tendons, auomente et les ptqures et morsures d' animaux. Sans
. 0 entrer dans les détails, ces lésions produisent le
la rransp1rat10n ... plus souvent des symptômes se rattachant à la
d) Travail et inactivité (Lao Yi ) Chaleur toxique, aux Stases de Sang, au Vide
de Sang par spoliation sanguine des Œdèmes
Il est naturel que l'être humai n alterne les et des réactions pathologiques diverses dues
phases d'activité et de repos. Cependant, l'ex- aux poisons qui pénètrent dans la peau.
cès de J'un ou de l'autre est préjudiciable à la
A titre d'exemple, les morsures de serpent
sante.' peuvent, selon les espèces, produire des effets
- Le surmenage peut être physique, intel- de t~pe «Vent et Toxicité » (Feng Du), comme
lectu~l ou se~ ue} . L'excès d'activité physique vertiges, céphalées voire trismus, paralysie et
entrame un epu1sement progressif du Qi des coma, de type «Feu et Toxicité» (Huo Du),
Viscères avec apparition de symptômes tels comme phlyctène, lésions rouges, oonflées
que fatigue des membres, asthénie physique "lantes, evoluant
ru / vers la noirceur b
et l' '
ulcé-
b
et mentale, amaigrissement, essoufflement, las- ration avec hémorragies, fièvre, anémie, ou de
si ~de ... L'excès d'activité mentale épuise le «Vent, Feu et Toxicité » (Feng H uo Du), qui
Q1 de ~a Rate et le Sang du Cœur, ce qui peut sont une combinaison des deux précédents.
condutre au syndrome « Vide du Cœur et de la
~ate » (Xin Pi Liang_ Xt~) ou produire des symp-
tomes tels que palpJtatJOns, perte de mémoire 4. Les productions pathogènes
perte d~ l'appétit et du sommeil , distensio~ On considère principalement deux catégo-
ab.do~m nale ... Le surmenage sexue] épuise ries de productions pathogènes : celles dues
pnnctpalement le Jing des Reins, produisant au dysfonctionnement du métabolisme et de
des acouphènes, des vertiges, une faiblesse des la circulation des Liquides organiques (Muco-
lombes et des genoux et une diminution de
sités, Glaires, Œdèmes) et celles qui provien-
l'Energie sexuelle.
nent d' une perturbation dans la circulation du
. - A l'inverse, l' excès d'inactivité ou une Sang (Stases de Sang).
1mm?bilité prolongée perturbent la circulation
Ce ne sont pas des causes primaires de
du Qt et du Sang, fragilisent les tendons et les
maladies, car elles sont elles-mêmes produites
os, a~aibli ssent le corps et l' Esprit, altèrent les
par un mauvais fonctionnement des Organes
fonctiOns d~ la Rate et de J'Estomac, produi-
et Entrai lles. Cependant, comme elles sont à
~~nt des œdemes ou de l' obésité, des palpita-
ti On<; ...
l'origine d'un grand nombre de maladies. on
les mentionne au chapitre de l'étiologie.
Sur le plan thérapeutique. les production
pathogènes. lorsqu'elles ne peuvent être éva·
cuécs, nécessitent une transformation ( HIIG)
PRt ( 1\ t>E MEDRCINE CHI 'OISE

Ain i. on emploie fréquemment les expres- organiques. Par ailleurs, une alimentation tro
. ion « tran former les Mucosité » (Hua Tan ) riche, épicée et accompagnée d'une granl
ou << tran former les Stases» (Hua Yu). c,onso':l':lation d'a\cool., produi; facilement d~
1 Humtdtté-Chaleur qUt peut genérer ce genre
a) Mucosités (Tan), Glaires ( Yin) et de productions pathogènes. En fm, des penur-
Œdèmes (Shui Qi ou Shui Zhong) bations émotionnelles qui affectent les fonc-
tions du Foie, peuvent entraîner une Stagnation
Généralités : de Qi qui , d' une part ralentit la circulation des
Ces productions pathogènes proviennent Liquides organjques, et d'autre part génère du
d'un dérèglement du métabolisme des Liqui- Feu qui les concentre.
des organiques. On les divise en deux catégo-
ries, selon qu'elles ont une nature matérielle Caractéristiques pathologiques
objectivable, une forme (You Xing) ou qu'elles et sémiologiques :
.
ont sans forme ( Wu Xing). - Altération de la circulation du Qi et du
Les premières se manifestent sous forme Sang, pouvant engendrer paralysies, douleurs,
d'expectorations, de nodules, de brûlures abcès, nodosités ...
respiratoi res; elles sont donc perceptibles - Perturbation des mouvements de mon-
par les sens du praticien. Les secondes sont tée de descente, d'extériorisation et d' intério-
imperceptibles, mais produisent des symp- '
risation. Les perturbations que ces productions
tômes caractéristiques de ce genre de produc- pathogènes génèrent au niveau des Organes et
tions pathogènes; on les rencontre dans un cer- Entrailles altèrent les mouvements naturels du
tain nombre de maladies neurologiques, telles Qi, produisant de_ 1' oppressio~ thoracique, de
que l'épilepsie, ou psychiatriques, comme les la toux, des nausee , des vomtssements...
syndromes maniaques, les délires ... - Perturbation du métabolisme des Liqui-
Les Mucosités (Tan) sont épaisses et concen- des organiques. Elles-mêmes i s~ ues d'une
trées, les Glai res (Yin) sont plus fluides et les Stagnation des fluides, ces producuons. pa~o­
Œdèmes (Shui Zhong) sont des accumulations gènes ralentissent la circulation des Lt~Uldes
d'eau. Tous trois proviennent d'une accumula- organ iques, ce qui produit .une réactlo~ en
tion de Liquides organiques; c'est leur concen- chaîne et entretient la production pathologtque.
tration plus ou moins importante qui les dis-
- Troubles neuropsychiques. En obstruant
tingue. En termes de classification, les Mucosités
sont définies en fonction de leur association les orifices du Cœur et en perturbant la m?n-
avec une Energie pathogène (Vent et Mucosi- tée du Yang Pur, les Mucosités et.le~ Glaues
tés, Chaleur et Mucosités, Froid et Mucosités, provoquent des vertiges, de la confus tOn men-
Humidité et Mucosités, Séchere se et Muco- tale, de l'épi lep ie ...
A

sités). Les Glaires sont classées en quatre caté- - Tendance à produire des sympt?mes
gories, selon leurs localisations (voir para- « bizarres», èomplexes, variables. Du fë~l~ que
graphe sui vant). ces facteurs pathogènes peuvent se mamtcste~
Dans leur formation, les principaux Vis- sous des formes très di verses ct toucher d.c
nombreuses parties de l •orgamsme,
· 1c~urs· mant-
• •.
cères concernés sont le Poumon, la Rate, les
Reins et les Trois Foyers car leur rôle est pré- festations cliniques sont variées ct complexes.
pondérant dans le métabolisme des Liquides parfois difficiles à interpréter.
- ETIOLOGIE

Localisations et symptôm es a fférents : Œ dèmes (Shui Zhong) :


Mucosités (Tcm) : Selon qu, ils sont dus à la Plénitude et selon
la nat_u~e de l'agent pathogène concerné (Ve l
_ Poumon : les fonction de diffusion, des- H umtdllé~ Humidité-Chaleur. .. ), les Œdèrnne~
cente et purification sont perturbées; toux pro- peuvent ~1 éger à différents niveaux, du visage
ductive, dy pnée, asthme. aux chevtlles.
_ Cœur: la circulation du Sang et le Shen
sont perturbés; oppression thoracique, pal pi- b) S tases d e Sang ( Yu Xu e)
rations, confusion mentale ; si le Feu s'a ocie
aux Mucosités, on observe aJor de syndro- Généra lités :
me maniaques, de la démence. On utilise différents termes pour nommer
- Estomac : l'harmonie des fonctions de une accumulation d_e liquide sanguin qui n'as-
de cente est perturbée ; nausées, vomissements, s.ure plus_ ses fonct1ons physiologiques, mais
sensation de plénitude et de blocage au niveau l expression Yu Xue est la plu générale et la
" . .
eprgastnque. plus courante en M:T.C. Xue veut dire «Sang»
- Méridiens et ramifications, tendons et os : ~t Yu peut se traduue par «Stases», «Stagna-
nodosités en grappe, hémiplégie, paralysies, tion », « Amas » On doit normalement distin-
abcès et lésions supurati ves des membres. guer }<ue_Yu, qui désigne, en tant qu'étiologie,
- Tête: les Mucosités troubles 'élèvent et le mecamsme de ralentissement de la circula-
perturbent la tête ; vertige , pertes de connais- tion du Sang qui conduit à la formation d' un
ance. amas, et Yu Xue, terme de pathologie corres-
- Gorge : les Mucosités et le Qi se nouenl pondant à un tableau clinique précis. Dans la
et provoquent le syndrome du « Noyau de pratique, cette distinction est rarement appli-
Prune» (sensation de boule dans la gorge qu'on quée et Yu Xue est employé de façon géné-
ne peut ni avaler, ni éliminer par le hau t). nque.
Les Stases de Sang proviennent de causes
Glaires (Yin) : externes ou internes :
D'après le Jin Kui Yao Lue, on les divise en - Traumati mes.
quatre catégories, selon leurs localisations. - Hémorragies (lorsque le saignement s'ar-
- Tube digestif, Intestins et Estomac : rête, il y a toujours coagulation du Sang).
«Mucosités et Glaires» ou «Mucosités flu i- - Froid d' oligine externe ou interne (le Froid
d~s>~ (Tan Yin); appétit diminué, borborygmes, produit de occlusions).
repletion abdominale. -Chaleur d'origine externe ou interne (Sang
- Poitrine et flancs : «Glai res suspendues» et Chaleur s' agrippent, le Sang se concentre, du
(~uan Yin) ; distension et plénitude de la poi- fait que les Liquides organiques sont consu-
tnne et des flancs, douleur en toussant. més par la Chaleur)
- Poitrine et diaphragme : « Glaires rete- -Stagnation de Qi (quand le Qi stagne, le
nues d~s les bronches» (Zhi Yin); oppression Sang stagne).
t~orac•que, to ux, dyspnée, impossibilité de - Vide de Qi (le Qi est la force motrice du
s allonger. Sang).
- Membres, entre peau et chair : «Glaires Des perturbations du mode de vie, de l'hy-
débordantes» (Yi Yin); œdèmes absence de giène alimentaire ou de 1'état émotionnel peu-
tran spirallon,
· · dou leur et lourdeur' du corps.
vent être à l'origine de la formation des Stases

109
l'RH/ Of \IEDfTIM~ CHINOISE

de ang. Le Cœur, le Foie et la Rate ont, parmi . - P?uls fin (X_i). rugueux ~Se), noué (lie),
les Organe , ceux dom le dy fonctionnements mtermtttent (D01), tendu (X tan ) ou profond
peuvemle plu facilement entraîner des Stases (Chen), selon la nature précise de la pathologie
de Sang. et sa localisation.
Caractéristiques pathologiques Localisations et symptômes afférents :
et sémiologiques :
- Cœur : oppression thoracique, précordial-
- Douleurs pongitives (comme une piqûre), gie, palpitations, cyanose du visage, des lèvres
fixes,
. parfois sévères, aggravées par la pres- et des ongles; parfois, douleurs violentes irra-
SIOn . diant vers les membres supérieurs ou troubles 1
- Tuméfacti ons, sous forme de masses psychiatriques (syndrome maniaque).
fixes, qu i peuvent être internes ou superfi- - Poumon : douleurs thoraciques, hémo-
cielles; dans ce dernier cas, la peau est d' une ptysie.
couleur pourpre ou violacée qui évolue vers le - Estomac : gastralgie perforante, hémathé-
jaune avant de disparaître. mese.
'

- Coloration pourpre, mauve, violacée ou - Intestins : méléna (selles noires conte-


noire qu'on rencontre au niveau du visage, des nant du sang digéré).
lèvres, des ongles, de la peau, de la langue ... - Foie : douleurs des hypocondres et masses
- Hémorragies de sang pourpre sombre abdomi nales.
contenant des camots. - Utérus : douleur du bas-ventre, dysmé-
- Dégradation tissulaire locale (infarctus, norrhée, aménorrhée, règles irrégulières, sang
gangrène ... ). menstruel pourpre sombre avec des caillots,
, .
- Peau sèche, desquamée, crevassée, som- metrorragie .
bre; parfois présence d' hématomes ou de pété- - Membres : hématomes, tu méfactions
chies. douloureuses, gangrène.
CHAPITRE X

Pathogénie et pathologie

E chapitre c01~1prend d~ux part!es Jn!~~dépe~z­ â~t ,faitusage pour attaquer ou se défendre
ou 1~ sens d' a~re~s~vité ; à droite, la présenc~
C dantes. Tout d abord,Jatsant swte a 1 etwlog1e,
résente les théories concernant L'apparition, La
11ap ifiestation des maladies (Fa Bing). Puis, il
du ~ad!c~l Yi, qu.l de Igne la ville, n'est pas très
' 1oppement, d ''evoLutwn clatre (diverses Interprétations des sinologues).
111
111rpose le processus de deve .
Le sens général d~ X!e est «dépravé, pervers,
~de transformation de ces pathologies (Bing Ji).
Ce/fe étude exi~e une _grqnde attention car elle corrompu, mauvms, mflux néfaste ... )) .
contient des no(fons theonques complexes dont la ~ondamental em ent, la maladie découle
maîtrise est indispensable à la pratique clinique. tOUJOU~~ de l' insuffisance de Zheng Qi etlou
de la PI esence et de la force relative de Xie Qi.
1. Apparition des maladies (Fa B ing) Tout tableau clinique (syndrome) correspond à
~n aspect P?rticul_ ier, dans le temps et dans
Toute Ja pathogénie repose sur la compré- 1 espace de 1 orgamsme, du conflit entre Zheng
hension des relations entre deux entités : Qi et Xie Qi.
- L'Energie saine (Zheng Qi), synthèse des a) L'apparition de la maladie en tant
Energies vitales qui assurent le fonctionnement que conflit entre Xie Qi et Zheng Qi
de J'organisme, J'équilibre du Yin/Yang et l' har-
monie de l'être humain avec son environne- L'insuffisance de Zheng Qi est la cause
ment. Le terme Zheng représente un (ou deux) interne et le fondement de
pied(s), dans une position droite et stable, face l'apparition des maladies:
à une ligne, avant un départ. Le sens général de La médecine chinoise, du fait de sa concep-
ce sinogramme est «droit, correct, régulier, tion globale de la santé, accorde une impor-
orthodoxe ... ». tance prépondérante à la notion de terrain. Si
-~'Energie pathogène (Xie Qi), parfois 1' organisme est fort et équilibré, les Energies
appelee « Energie perverse>> facteur de mor- pathogènes ne peuvent pas pénétrer ou pas pro-
bidité dont les diverses cau~es ont été abor- fondément. Dans le pire des cas, ces Energies
dées au chapitre précédent. Le terme Xie com- pathogènes seront rapidement et facilement
porte, à gauch~, l ~ ,radi cal Ya, qui désigne la éliminée , sans séquelles ni altérations pro-
dent, plus parttcullerement la canine, dont il
fondes de 1'organi me.
Au contraire, si Zheng Qi présente des fra-
gilités, par exemple si l' Energie défensive (Wei
Qi) n' est pas solide, l'organisme ne peut pas
résister à 1'attaque des facteurs pathogènes.
Ceux-ci, après leur pénétration dans le corps.
vont déséquilibrer le Yin/Yang. perturber les
fonctions des Viscères ct des Méridiens. C'est
Zheng Xie ainsi que naissent les maladies.
PRECIS DE MÉDh:CIN E Cil/NOISE

Par ai!leur , la forme que vont prendre les duira une pathologie de type Yin, alors que Je
pathologies est étroi tement liée à J'état de Feu se mani festera par un excès de Yang.
Zheng Qi: D'autre part, l' intensité de Xie Qi déter-
- Si Zl1eng Qi e t relativement fo11, les ymp- mi ne la gravité de la maladie.
tômes seront aigus et de courte durée, expri- Enfi n, Xie Qi, selon sa localisation, génère
mant l'intensité de la résistance et la violence des maladies différentes. Par exemple, la Cha-
du conflit entre l' Energie saine er l'Energie leur induit des pathologies différentes, selon
path ogène (fièvre. courbatures, céphalées, qu 'elle siège à la surface du corps (au niveau
absence de transpiration... ). ce qui correspond de Wei Qi) ou dans le Sang.
à un état de Plénitude.
- Si Z!Jeng Qi est relativement faible, les b) F acteurs influençant Zhellg Qi
symptômes évolueront progressivement vers - Constitution : une fragi lité congénitale
un état morbide chronique, exprimant le peu de ou constitutionnelle peut favoriser 1' apparition
résistance à l'Energie pathogène (fièvre modé- et 1'évolution des maladies. Les particularités
rée ou absence de tièvre. asthénie, symptômes du terrain sont un élément déterminant pour le
«traînant »ou cycliques ... ), ce qui correspond développement de telle ou telle Energie patho-
à un état de Vide. gène. Par exemple, une personne souffrant
- On peut également rencontrer des situa- d' un Vide de Rate est particulièrement sen-
tions complexes avec une faiblesse de Zheng sible à l' Humidité ; une personne obèse pré-
Qi et cependant une atteinte aiguë de la urface sente souvent des symptômes de Mucosités et
du corps par un agent pathogène. Dans ce cas, d'Humidi té. Cela fait qu ' une même maladie
Vide et Plénitude sont mêlés. peut se mani fester de façon très différente,
La présence de Xie Qi est un facteur selon les personnes.
déterminant dans l'apparition - Nutrition : dans le cadre de nombreuses
des maladies : maladies, l' alimentation peut être un facteur
Bien que Zheng Qi soit l'élément prépon- préventif ou, au contraire, un élément favori-
dérant, on doi t considérer l' importance de Xie sant. 1

Qi en tant que fac teur déclenchant. De plus, - Activité physique : le sum1enage aussi
certai ns agents pathogènes sont d' une inten- bien que l' inactivité pmtent atteinte à Zheng Qi.
sité telle qu' il est difficile d'y résister (radio-
activité, poisons violents, blessures par balle ... ), - E nvironnement : le mode de vie, le
même avec une bonne consti tulion. Face à ces contexte familial et social, le climat, sont autant
agressions, on ne peut préconiser qu' une alti- de facteurs pouvant influencer la qualité de
tude préventi ve. Dans un degré moindre, on Zheng Qi.
peut dire que tout agent pathogène exercera au - Psychisme : l'équ ilib re moral et 1~
moins une influence sur la nature de la mala- contrôle émotionnel permettent à Zhen~ Q1
die ou de la réaction de 1' organisme. de fonctionner avec efficacité. Les émotwns
En effet, il existe une relati on évidente perturbatrices, au contraire, sont des causes 1

entre la nature de la pathologie et la nature de d'affaiblissement de Zheng Qi.


~ie Qi. Par exemple, en termes de Yin/Yang, On constate que certains facteurs sont à la
1 agent p_athogène renforcera l'aspect qui cor- fois des causes d' altération de Zheng Qi et des
re~pond a sa propre nature. Ai nsi, le Froid pro- causes de développement de Xie Qi.
112
PATII OGÉNIE ET PATHOLOGŒ

2. Processus de développement des Lorsque Xie Qi croît, Zheng Qi décroît et


maladies (Bing :Jz) vice versa. On pourrait donc penser que la Plé-
nitude, correspondant à une abondance de Xie
Bien que chaque pathologie possède son Q i, est l'expression d'une insuffisance pro-
propre sy tème d'évolution, on considère qu' il portionnelle de Zheng Qi. Or, il est défini que
exi re de critère généraux permettant d'ana- 1' insuffisance de Zheng Qi correspond à l'état
lyser et de ré umer la progression des phéno- de Vide. Cela amènerait un sophiste à conclure
mènes pathologiques : les rapports entre Zheng que la Plénitude est le Vide, ce qui est évi-
Qi er Xie Qi, la perte de l'équilibre du Yin/ demment aberrant.
Yano, les perturbations des mou vements de Pour comprendre le sens des mots Vide et
mon~ée et de descente, les dysfonctionnements Plénitude, il faut saisir au préalable le fait que
du Qi et du Sang, les altérations des Liquides la rencontre entre Zheng Qi et Xie Qi peut pro-
organiques, les mécanismes internes de pro- duire trois types d'effets:
duction de la maladie et la physiopathologie - Des réactions physiologiques, lorsque
des Méridiens et des Viscères. Les exemples de Zheng Qi prédomi ne, avec conservation de
symptômes qui accompagnent 1'explication l'équilibre relatif du Yin/Yang.
physiopathologique ne sont proposés qu'à titre - Des réactions pathologiques, lorsque Xie
d'illustration. Ils feront l'objet d' un dévelop- Qi prédomine, qui conduisent à une rupture de
pement plus spécifique au chapitre du dia- l'équilibre du Yin/Yang et qui débouchent sur
gnostic différentiel. deux grandes catégorie de tableaux cliniques :
la Plénitude et le Vide.
a) Apogée et déclin de Zheng Qi et Xie - Une évolution rapide et fatale qui conduit
Qi (Xie Zheng Sheng Shuai) à la mort.
Ainsi, Plénitude et Vide n'existent que dans
Le conflit entre Zheng Qi et Xie Qi déter- le contexte « intermédiaire » des réactions
mine l'apparition des symptômes, l'évolution pathologiques, qui sont le champ d' action pri-
de la maladie et sa forme. Cette confrontation vilégié de la médecine.
conduit aux phénomènes de Vide et de Pléni-
tude et détermine le pronostic de la maladie. En faü, pour qu'il y ait un tableau de Plé-
nitude, il faut que Xie Qi soit fort et que Zheng
L'apogée et le déclin de Zheng Qi et de Qi ne soit pas trop faible, afin de pouvoir se
Xie Qi déterminent les mutations et trans- mobiliser, résister et produire l'ensemble des
formations du Vide et de la Plénitude : symptômes qui constituent le tableau aigu de
Les intensités de Zheng Qi et de Xie Qi sont la Plénitude. Lorsqu' une nation tente d'en
proportionnelles, complémentaires et en per- envahir une autre, celle-ci, même si elle est
pétuelles variations. La croissance de Xie Qi, habituellement plus faible, essaie de mobili-
qui implique une mobilisation importante de ser toutes ses forces aux frontières pour empê-
Zheng Qi, conduit à la Plénitude. Le concept cher la pénétration de celle-là.
de Plénitude est donc défini à partir du critère Après la phase de Plénitude, les deux adver-
d'abondance de Xie Qi. Le déclin de Zheng saires ont perdu des forces, l'organisme es~ e~
Qi, qui est incapable de réagir fortement face état de Vide. Si Zheng Qi est moins affmbl!
à Xie Qi, conduit au Vide. Le concept de Vide que Xie Qi, 1'envahisseur est finalement repous~
est donc défini à partir du critère d' insuffisance et on passe à une phase de convalescenc~. Sa
de Zheng Qi. Xie Qi est moins affaibli que Zheng Q1. la
113
PRrCI DE .11/:.VECINE CHI OISE

maladie per i te sou une forme chron ique comme le Yin/Yang, ils sont relatifs l' un par
(Vide). Cependant, l'état de Vide ne fait pas rapport à 1' autre. De plus, les formes de Vide
forcément suite à une Plénitude. U peut exister et de Plénitude que nous avons abordées cor-
préalablement à toute pénétration d' age nt respondent à des situations simples. Lorsque la
pathogène. maladie persiste longtemps ou à la suite d'un
Si le pays envahi est extrêmement faible, traitement erroné, il peut y avoir une aug-
l'envahjsseur ne rencontre aucune résistance, mentation progressive de Xie Qi, à un certain
il n'y a pa de bataille, pas de front et la nation niveau de l'organisme, et une réduction de
conquise perd en peu de temps et sans bruit, Zheng Qi sur un autre plan. Dans ce cas, Plé-
son identité. De la même manière, si Xie Qi nitude et Vide sont associés dans un tableau
est très puissant et Zheng Qi comparativement clinique complexe.
très faible, celui-là pénètre jusqu'au cœur de Par exemple, une Chaleur-Plénitude d'ori-
l'organisme, sans ré istance de celui-ci, donc gine externe peut, après persistance dans l' or-
sans symptômes suffisamment stables pour ganisme, avo ir consumé les Liquides orga-
constituer un tableau clinique identifiable. niques qui sont alors en état de Vide. ll s' agit
Cette situation conduit à une mort brutale (trau- d'une combinaison de Plénitude et de Vide, le
matismes mortels, poisons violents ... ) face à Vide étant une conséquence de la Plénitude.
laquelle la médecine est impuissante. A l' opposé, une déficience de l' activité
fonctionnelle des Organes (Vide de Yang de
On peut résumer tout cela de la façon sui- Rate, par exemple) peut entraîner un ralentis-
vante: sement de la circulation et du métabolisme (des
- Xie Qi faible et Zheng Qi puissant : l'agent Liquides organiques, par exemple) et la for-
pathogène ne pénètre pas (réaction physio- mation de Stagnations (Mucosités, par exem-
logique). ple). Donc, il s'agit d' une combinaison de Vide
- Xie Qi puissant et Zheng Qi faible : évo- et de Plénitude, la Plénitude étant une consé-
lution très rapide vers la mort (évolution mor- quence du Vide.
telle).
Enfin, Plénitude et Vide peuvent se mani-
- Xie Qi puissant ou très puissant et Zheng
fester sous des formes trompeuses qui seront
Qi moins puissant : réaction pathologique étudiées dans la partie consacrée au diagnostic,
conduisant au tableau clinique de Plénitude. au chapitre des Huit Principes (Ba Gang):.
- Zheng Qi puissant ou très puissant et Xie «vraie Plénitude, Vide apparent » (Zhen Sfu
Qi moin s puissant : réaction physiologique Ji a Xu) et « vrai Vide, Plénitude apparente»
conduisant à une adaptation de l'organisme.
(Zhen Xu Jia Shi).
- Zheng Qi faible et Xie Qi très faib le :
réaction pathologique conduisant au tableau L'apogée et le déclin de Zlleng Qi .et de
clinique de Vide, sans complication. Xie Qi déterminent le pronostic
- Zheng Qi très faible et Xie Qi faible : des maladies :
réaction pathologique conduisant au tableau 11 a été expliqué que les concepts ~e Vide
clinique de Vide dans le cas d' une maladie et de Pl énitude, ainsi que les not.JOns de
chronique. réactions physiologiques et pathologtques ou
Nous venons de préciser les concepts de d'évolution mortelle, dépendaient total~men.t
Vide et de Plénitude. li faut cependant savoir des états relatifs de Zheng Qi ct de XIe QI.
que ceux-ci n'ont pas de caractère absolu, que D' une façon générale, quand Zlleng Qi rem-

114
PATIIOGÉNIE E.T P;\ T HOLOGIE.
-=
Xie Qi décline, la maladie évolue vers l'augmente) ou Yin (qui s'associe au Yin du
porteée~ on Quand Xie Qi J'emporte et Zheng cor~s et l 'augmen~e): L'excès de Yang génère
lacau, ns
J'ne ./a malad1.e é vo 1ue vers 1, aggrava-
Qi dec 1 • de. la Chaleur ~Pieru tude) qui affecte secon-
. voire la mort. daJr~rnent le Ym et entraîne son insuffisance
uor~e triomphe de Zhe~1g Qi signifie Je retour relatlv.e (ne pas confondre avec un Vide de Yin
, 'é 1 de « Yi n équarume, Yang secret». Le e~scntJel ). ~ excès de Yin génère du Froid (Plé-
a.1 rpalle de Xie Qi conduit à la séparation du mtu.d~) qu1a~ect~ secondairement te Yang et
rnomc du Yana, donc a' 1a ti111 des acuvtt
v· · · é Vlta-
·
1rn e o , . , , d. ent1 ame son msuffi sance relative.
Cela nous amene ma1ntenant a etu ter 1e
~~~cepl de perte de l'équ il ibre du Yin/Yang. Déclin d u Yin o u d u Yang
(Yin Yang Pian Slwai) :
b) Perte de J'éq uiJi br e du Yin/Yan g C'est un étal pathologique dû à 1' insuffi-
Il s'agit d'un état de r_upt~re du cycle ~a tu- s~nce d~ Yang (Yang Xu) ou à l' insuffisance de
rel de croissance el de decro1ssance du Ym et Ym ( Ym Xu ), dans le cadre d'un syndrome
du Yano, dans lequel chacun des aspects ne Yi~e. Le Vide de Yang correspond à une dimi-
contrôl~ plus l'autre, ce qui cond uit à une nutJ.on de. l 'acti~ité fonctionnelle, qui génère du
extension du déséqui libre au Qi et au Sang, Fr01d (V1de) du à la valorisation relative du
aux Organes et Entrailles, aux Méridiens et Yin. Le Vide de Yin correspond à une dimi-
Ramifications, aux Energies nourricière et nution du Jing, des Liquides organiques et du
défensive et aux quatre mouvements de 1'Ener- Sang, ce qui génère de la Chaleur (Vide) due
gie (montée, descente, extériorisation et inté- à la valorisation relative du Yang.
riorisation). Les déséquilibres du Yi n/Yang se Le Vide de Yang concerne principalement
manifestent sous cinq formes : les Reins (Feu de M ing M en) et la Rate, parfois
-Apogée du Yin ou du Yang (Yin Yang le Cœur. Le Vide de Yin concerne principale-
Pian Sheng). ment le Foie et les Reins, parfois le Poumon.
- Déclin du Yin ou du Yang (Yin Yang Pian
Shuai). Diminution r éciproque du Yin
et du Yang (Yin Yang Hu Sun):
- Diminution réciproque du Yin et du Yang
(Yin Yang Hu Sun). L'atteinte du Yin ou du Yang peut entraîner,
- Refoulement du Yin ou du Yang (Yin à tenne, une altération du développement de
Yang Ge lu). 1'autre aspect qui condui t à un Vide simultané
- Epuisement et dispari tion du Yin et du de Yin et de Yang (Yin Yang Liang Xu ).
Yang (Yin Yang Wang Shi). L' insuffisance de Yin (Liquides organiques,
- Transformation du Yin et du Yang (Yin par exemple) lèse le Yang car celui-ci se dis-
Yang Zhuan Hua). perse et se dissocie de celui-là qui ne peut plus
l' ancrer. L'insuffisance de Yang (Energie méta-
Apogée du Yin ou du Yang bolique) lèse le Yin car celui-ci ne peut plus
(Yin Yang Pian Sheng) : •
être produit, transformé et mobilisé par celui-
C'est un état pathologique dû à J'excès de là ...
r~ng (Yang Sheng) ou à l'excès de Yi n (Yin Dans les deux cas, le résultat final est un
. eng), dans le cadre d' un syndrome de Plé- Vide de Yin et de Yang des Reins, car cet Organe
nitude causé par 1 , , ·
gene ); . ~penetration d' un agent patho- est à l'origine du Yin véritable (Zhen Yin) et du
ang (q ui s associe au Yang du corps et Yang originel (Yuan Yang).

115
PRf'CI. DE JJÉDECit E CHINOIS E

Refoulement du Yin ou du Ya ng Energie pathogène particulièrement puissante


( Yin Yang Ge Ju ): à une constit~ti<?n f~vorisant le Vide de Yang
Chaque aspect. sous l'influence de certains ou à une spohatton 1mportante de Sang ou de
facteur , peut devenir tellement excessif qu' il Liquides organiques, (le Qi et le Yang suivent
'agglomère, s'accumule à 1' intérieur et refoule les Liquides et le Yin qui se dispersent). Les
J'autre aspect vers l'extérieur, ce qui conduit à principaux symptômes sont une transpiration
une dissociation du Yin/Yang et à l'apparition profuse, des extrémités froides ou glacées, un
de tableaux cliniques complexes et paradoxaux. épuisement physique et mental et, dans les cas
oraves,
0
un coma.
Lorsque Je Yin en excès repousse le Yang, La disparition du Yin correspond à une
le Froid s'accumule à l' intérieur et le peu de perte brutale de Liquides organiques, ce qui
Chaleur qui subsiste se répartit à la surface. entrâlne une perturbation sévère des fonctions
Cela cmTespond à la situation de « vrai Froid, de l'ensemble de l'organisme. Cela peut être
Chaleur apparente », avec des sy mptômes 1
dû à une Chaleur pathogène particulièrement
paradoxaux, tels que visage rouge, soif n:tais puissante ayant consumé le Yin et les Liquides
désir de boissons chaudes, absence de cramte organiques ou à une très grande spoliation de
du Froid mais dé ir d'être couvert, peau tiède ceux-ci. Les pnnctpaux symptomes sont une
' ' A

mais sensation de refroidissement des quatre transpiration incessante, chaude et collante, de


membres, pouls grand (Da) mais ténu (Wei), la soif avec désir de boissons froides, une tié-
urines claires et abondantes, langue pâle avec deur des quatre membres, une peau ridée, un
enduit blanc. corps desséché et flétri.
Lorsque le Yang en excès repousse le Yin, La disparition d'un des deux aspects entraîne
la Chaleur se comprime à l' intérieur et ne peut généralement à court terme l'épuisement du
se répartir à la surface. Cela correspond à la second, du fait de leur interdépendance et de
situation de «vraie Chaleur, Froid apparent », , .
leur engendrement rectproque.
avec des symptômes paradoxaux tels que refroi-
dissement et rétraction des quatre membres, Transformation du Yin et du Yang
avec léoère
0
crainte du Froid mais sensation
. •
( Yin Yang Zhuan H ua ):
d' oppression et de Chaleur dans la p01tnne et Chacun des deux aspects peut se transfor-
l'abdomen, pouls profond (Chen) mais rapide mer en l'autre au cours d' une maladie, lorsque
(Shuo) et fort ( You Li), agitation, irritabilité, ,
1' aspect concerné est arrivé à son apogee.
bouche et gorge sèche, soif de boissons froides, A

oligurie, constipation (ou dysenterie chaude), Lorsque la Plénitude de Yang ~st ex,treme,
langue rouge avec enduit jaune. le Yang peut se transformer en Ym ; c, es~ ce
qu'on observe dans les sy ndro~es febnles
Epuisement et disparition du Yin et du sévères, brutalement suivis d'un effond~e~ent
Yang ( Yin Yang Wang Shi) : de la température corporelle avec refrOidts~e­
Cette situation pathologique très critique ment des quatre membres, transpiration frotde
décou le de la perte d' un des deux aspects. et profuse.
La disparition du Yang correspond à une Lorsque la Plénitude de Yin est .e~.t~~m~~
perte brutale de Yang Qi, ce qui entraîne une le Yin peut se transformer en Yang' c est
perturbation ~évère des fonctions de 1'ensem- qu' on observe lorsqu'à la suite d' une attaque
ble de l'organi \ me. Cela peut être dû à une de Froid externe, apparaît une forte fièvre avc.'C

116
P ATHOGÉNI E ET PATI/OLOGII!.

tran piralion, soif. irri ta~i lité, langue rouge, tornac et des Intestins (diarrhée ininterrom-
enduit jaune el poul rap1de (Siwo). pue).
- i NVERS ION DES MOUVEMENTS DE MONTÉE
c) Perturbations des mouvements de ET DE DESCENTE : le Yang pur de la Rate des-
montée et de d escente, d ' intériorisa- cend au lieu de monter (diarrhées lientériques),
tion et d ' extériorisation le Qi de 1' Estomac monte à contre-courant
(hoquet, éructations, régurgitations, nausées et
Ces perrurbations sont parfois classées dans vomissements), le Feu du Cœur ne descend
les dysfonctionnements du Qi. Cependant, les plus mais monte et s'embrase (ulcérations de
mou vements de montée er de descente, d' in- la langue et de la bouche), le Qi du Poumon
tériorisation et d'extériorisation sont si impor- s'élève à contre-courant (toux, asthme, dys-
tants au sein de l'acti vité fonctionnelle des Vis- pnée), le Qi de la Vésicule biliaire s'élève à
cères, qu' ils méritent d'être étud iés à part. lls contre-courant (bouche amère, ictère), la fonc-
représentent un_asp~ct de l'acti vité de trans- tion de la Vessie est perturbée (anurie ou oli-
fonnation du Q1 (Qt Hua). gurie) ...
Perturbations des mouvements Perturbations des mouvements
de montée et de descente : d ' intériorisation et d'extériorisation:
La Rate et l'Estomac sont les deux Viscères Alors que la plupart des perturbations d' ori-
dont les mouvements complémentai res de gine interne (Nei Shang) affectent les mouve-
montée et de descente sont les plus importants ments de montée et de de cente, les maladies
et les plus fréq uemment perturbés; cependant, causées par les facteurs pathogènes externes
1'ensemble des Organes et EntraiJles est concerné (Wai Gan ) retentissent sur les mouvements
par ce phénomène. Voici quelques exemples d' intériorisation et d'extériorisation. Cela n'est
d'aJtérations des mouvements de montée et de cependant pas une règle absolue. D' une part,
descente: les atteintes externes peuvent également agir
- I NSUFFISANCE DE MONTÉE : Vide de Qi et
sur les mouvements de montée et de descente
de Yang de la Rate (prolapsus, diarrhées ou (par exemple, dans les symptômes aigus du
Poumon, avec toux, il y a altération de la fonc-
selJes molles, métrorragies), insuffisance de la
tion de descente). D'autre part, il y a une telle
fonction de montée du Foie, dont le Qi est blo-
intrication entre les mouvements de montée et
qué (oppression des fl ancs, dépression men-
de descente et les mouvements d' intériorisa-
tale).
tion et d'extériorisation qu'on ne peut pas tou-
- I NSUFFISANCE DE DESCENTE : la fo nction
jours séparer ces deux catégories de phéno-
de descente et de diffusion du Poumon est alté-
rée (essoufflement, oppression de la poitrine, mènes.
dyspnée, accumulation de Mucosités, Œdèmes), Les atteintes externes perturbent les mou-
le Gros intestin n'assure plus le transport des vements d' intériorisation et d'extériorisation
selles (constipation). lorsque 1' Energie pathogène, en, _att~q.uant la
- E XCÈS DE MONTÉE: le Qi , le Yang, le Feu surface, tend à pénétrer vers 1 mteneur du
ou le Vent du Foie font irruption vers le haut du corps, alors que 1' Energie saine tente de la
corps (céphalées, vertiges, acouphènes). repousser. La force relati ve de Xi~ Qi et de
- EXCE:.S DE DESCENTE : accélération des Zheng Qi et l'efficacité plus ou moms.grande
fonction~ de tran!,pOrt et de descente de l'Es- de Wei Qi (Energie défensive) détermment la
117
PRFCI ' Dli ,'1/liDECINE CHINOIS/~
â

Méridiens ct les Viscères ' part·1cu1.,terem


--
prépondérance ?e~ m<:>Uvements d'i~~éri_?~i s~­
1eur mouvement naturel Le v· ,
rion ou d'exrénon auon. Lorsque l mte non- · s tsceres ent· sur
sarion es t exces ive. Xie Qi pénètre fac ilement pa1ement,concernés sont le p oumon \eFPnnci- ·
er se bloque à l'intérie ur du corps. Lorsque Rate et 1 Estomac .· 1•équ·l· b '
l 1 re entre l
Ote, la
l'ex ré ri orisa ti o n es t excess ive, Zheng Qi vement de montée du Foie et de d e mou-
s 'échappe facilement avec la transpiration. Poumon, de montée de la Rate et descente du
de 1_' Es toma~ est altéré indirectemen~ ~s~ente
3. Dysfonctionnements du Qi et du Sang natton de Qt du Foie (celui-ci ne po~ vaa tag-
assurer ses fonctions de drainage et d dn~ plus
a) Dysfonctionnements du Qi s·o ) 1 f
1 n est a orme la plus caractérisu·q
e lS dper-
d f · ue e ce
Le Qi peut être insuffisant (Vide de Qi) ou y s oncttonnemen.t. Les principaux sym -
perturbé dans ses fonctionnements (Stagnation
t~mes sont oppressiOn et distension (poitri:e
cotes, abdomen... ), douleurs, dépression rn ,
de Qi, Qi à contre-courant, effondrement du tale; la Stagnation de Qi peut être elle-rn~en-
Qi, obstruction et échappement du Qi). , l' · · eme
a ongrne de Stases de Sang et de Mucosités.
Vide d e Qi (Qi Xu): - 9' À .coNT,RE-cou~ANT (Qi Ni) : parfois
Il peut s'agir d' une déficience concrénitale a,P,pel.e.«Qt en revol ~e», tl s'agitd' une pertede
en Yuan Qi, d' une insuffisance de production l eqUihbre de fonc,tJ~ns de montée (excessive)
du Qi ou d' un épuisement du Qi dû à des fac- et de descente (alteree). Elle peut provenir de
t~urs émotionnels, au surmenage, à une mala-
perturbations émotionnelles ou alimentaires
du Froid, de la Chaleur et des Mucosités trou~
1

die. Les Organe principalement concernés


bles. Les trois Organes principalement concer-
sont le Poumon, le Foie, la Rate et les Reins.
nés sont le Poumon, 1' Estomac et le Foie. Pour
Les fo nctions de transport et de transforma- les deux premiers, il s'agit vraiment d'un Qi à
tion sont ralenties, la production et la circula- contre-courant, car leur mouvement naturel est
tion du Sang et des Liquides organiques sont la descente. En ce qui concerne le Foie, cela
perturbées. Les principaux symptômes sont correspond à un phénomène d' irruption brutale
asthénie physique et mentale, faiblesse des vers le haut, donc dans son sens naturel, mais
membres, éblouissements, transpiration spon- d' une façon excessive et incontrôlée. Les prin-
tanée, dimi nution de l'immunité (fragilité aux cipaux symptômes sont toux, dyspnée et asthme
changements de temps) ... (Poumon), nausées, éructations, régurgitations,
hoquet, vomissements (Estomac), céphalées
Perturbation dans les fonction-
nements du Qi (Qi Ji Shi Tiao): avec sensation de distension, visage et yeux
rouges (Foie).
Il s'agit d' une altération de la circulation du Généralement, le Qi à contre-courant cor-
Qi et de ses mouvements de montée et de des- respond à une situation de Plénü ude. Cepen-
cente, d'intériorisation et d'extériorisation. dant, dans certains cas il peut être engendré
- STAGNATION DE Q1 (Qi Zhi) : c' est un par le Vide. Par exemple, lorsque le Poumon
ralentissement de la circulation du Qi qui peut est en Vide, ses fonctions de descente sont per-
~ota~men t être causé par des perturbations turbées et lorsque les Reins sont en Vide, ils ne
emotiOnnelles, des Mucosités, de l' Humidité, peuvent plus capter le Qi qui vient du Pou-
une Stagnation de nourritu re ou une Stase de mon ; cela peut entraîner un Qi du Poum~n à
Sang. ri y a un retentissement général sur les contre-courant. Lorsque l'Estomac est en Y1de,

18
PATH OGÉN I E ET PATHOWGIE

fonctions de descente sont altér ées et i l b) Dysfonctionnements du Sang


~~t avoir tendance à produire un Qi à contre- Le Sang peut être insuffisant (Vide de
courant. Sang), perturbé dans sa circulation (Stases de
_ E FFONDREMENT DU Q1 (Qi Xian): le terme Sang) ou êLre altéré par la Chaleur (Chaleur
. 51·gnifie «s'affajsser, tomber». Il s'agit du Sang) :
X' e perturbauon des mouvements de montee
[011 • ,
d. unuffi ante) et de descente ( excesst. ve) d ue a, Vide de San g (Xu e Xu ):
(tn Vide de Qi. En effet, Jorsque 1e Q"1 n' est pas
unffisamment fort. 1·1 ne peut prod ut· re le mou- Il peut provenir d' une hémorragie ou d'une
su , insuffisance de production du Sang. Les réper-
vement de montee. . cussions sont importantes sur les Viscères et
Les causes de ce dysfonctionnement sont les Méridiens et ainsi que sur l'ensemble des
donc Jes mêmes que pour le Vide de Qi. L' Or- tissus corporels que le Sang humidifie et nour-
gane Je plus di re:tement c?ncerné est la Rate, rit.
qui a pour fonctwn de fatre monter le Yang Les Organes principalement concernés sont
pur. Les principaux symptôme sont prolap- le Foie et le Cœur et les principaux symptômes
sus diarrhées, métrorragies, en plus des symp- sont : tei nt pâle, langue pâle et sèche, éblouis-
tô~es du Vide de Qi. sements et vertiges, palpitations, perte de mé-
- ÜBSTRUCJ10N ET ÉCHAPPEMENT DU QI (Qi moire, insomnie, peau sèche et craquelée, yeux
Bi He Qi Tuo) : il s'agit d' une altération de secs .. .
J'équilibre des mouvements d' intériorisation
et d'extériorisation que l'on rencontre dans Stases de Sang (Xue Yu) :
les atteintes du Biao ou dans des syndromes Il s' agit d' un ralentissement de la circula-
sévères : lue (collapsus), Tuo (échappement). tion sanguine pouvant provenir d' une Stagna-
L'obstruction du Qi est une augmentation tion de Qi , d' un Vide de Qi, de Mucosités
du mouvement d'intériorisation et une dimi- troubles dans les Vaisseaux, de Froid, de Cha-
nution du mouvement d'extériorisation. On la leur, d' un traumatisme et, dans certains cas,
rencontre dans différentes situations de blo- d' un Vide de Sang.
cage interne. Par exemple, lorsque après une Les Organes principalement concernés sont
atteinte externe, la Chaleur s' accumule à l'in- le Foie et le Cœur. Les principaux symptômes
térieur du corps, produisant des symptômes ont été développés au chapitre des Stases de
tels que irritabilité, fièvre, bouche amère, Sang.
absence de transpiration, extrémités froides.
Chaleur du Sang ( Xu e Re):
L'échappement du Qi est une augmenta-
tion du mouvement d' extériorisation et une Elle provient d' une Chaleur pathogène qui
diminution du mouvement d' intériorisation. Il a pénétré dans la couche du .s ang ou de_per-
correspond à une situation de faiblesse dans turbations émotionnelles qm ont prodmt un
laquelle le Qi ne peut être contenu à 1' intérieur Feu interne qui blesse le Sang.
du corps et s'échappe, souvent à travers la La Chaleur accélère le mouvement du
transpiration ou à l'occasion d'une hémorragie Sang, elle 1' agite et elle brOie les Vaissea~x. ce
o~ d'une perte importante de Liquides orga- qui produit principalement des symptomes
ntques. Les principaux symptômes sont ceux hémorrag iques : hémoptysie. hématémèse.
du collap\us. hématurie, méléna ...
119
p,u l 1.\ or ,lfi·'D IX I\ F CIIINOI SH

~. Dysfon ctio nnem ents complexes du d' une hém~>rragie, teint blê , .
des, transptration spontan , me, ex~re~utés froi-
Qi et du Sang ee, resptrattOn f .b
v· at le
Le rapport entre le Qi et le Sang est une ad~ d e Qi el d e San .
manifest~tion de !,"équilibre yin/Yang. La rup- . ( Qt Xue Liallg Xu) : g
ture de 1 harrnome entre Q1 et Sang peut se Son le Vide de Qi ch .
manife rer de différentes manières, chacun des de l'insuffisance de prodron~que est à l'origine
deux éléments pouvant compromettre l' autre f~ible~s~ du Sang altèr~c,~on ~u Sang, s~~t ta
par e pathologies. On retient globalement 1 humidification 1 .1 ~1. La nutntton
cin9 aspects. de ce dysfonctionnement : Stag- 1' a; t.iv_ité foncti~n:ef ;c~~=t~~c~~ Sang e~
1
nano~ de Q1 er Stas~s ~e Sang, le Qi ne peut Mendtens sont dér1c1 .entes. Les princ·
es et des
retemr le Sang, le Q1 s échappe à la suite d s~m~tome~ sont asthénie, essouffiemen~paux
A

Sang, Vi?e de Qi et de Sang, le Qi et le San~ pt~atto~s, msomnie, transpiration spont~~~l­


ne favon sent pas les Mérid iens et les y . _ tetnt pale et terne. ee,
eaux. ats
Le Qi et, 1~ ~ang ne favorisent pas
Stagnation de Qi et Stases de Sa les M eradaens et les Vaisseaux
(Qi Zhi Xu e Yu): ng
(Qi Xu e Bu Ron.g Jing Mai ): d'UI
. Le Qi_commande le Sang, la Stagnation de Cette situation découle d' un Vide de Q. dU 1
QJ prodUit de Stases de Sang. Cette situation d~ Sang ou d' une perte de l'harmonie entretetle apÇ
est. souvent , .à des
, , due , émotion perturbatn.ces Qt_et le Sang qui fait que les Méridiens, les de
qm ont et_e repn ~ees, entraînant une Stagna- v~!sseau x, les te~d?ns, les muscles et la peau. (pl
Don de 9•
du FOie; elle provient parfois d' un n etant p~us humtdtfiés et nourris, dépérissent fa•
rr.auma~tsme. Les principaux symptômes sont progress_1vement. Les fonctions de transport pr
dtsten ton douloureuse de la poitrine et des des nutnments ver les extrémités et vers la Vt
fl~cs, d~uleur aggravée par la pression, dys- surface du corps ont perturbées. Les princi- VI
menorrhee. paux symptôme sont dessèchement et flétris-
sement de la peau et de chairs.
L e Qi ne peut retenir le Sang
(Qi Bu She Xu e):
5. Les altérations des Liquides (
En cas de Vide de Qi chronique, celui-ci •
perd sa capacité de rétention et de contrôle du organ1ques
Sang. Cette perturbation concerne principale- Il faut disti nguer les insuffisances de Liqui-
ment la Rate. Comme Je Qi s'effondre, le Sang des orga niq ue et les perturbations de leur
est entraîné vers le bas et s'échappe principa- métabolisme et de leur circulation. Par ailleurs,
lement par les orifices inférieurs. Les princi- plusieurs mécanismes pathologiques reposent
paux symptômes sont : métrorragies, méléna, sur les relations entre le Qi, le Sang et les Liqui-
rectorragies, fatigue généralisée. des organique .
Le Qi s'écha ppe à la suite du Sang Insuffisance des Liquides organiques :
(Qi Sui Xu e Tuo):
Celle-ci survient à la suite d' un des èche-
Comme le Sang amarre le Qi, à la suite ment par la Chaleur pathogène, d' u~ F~~ pro-
d'une hémorragie le Qi 5' échappe. Les princi- duit par les émotions ou de perte hqmdtenne
paux symptômes sont état de choc à la suite
. portante (transpiration, diarrhée, polyurie,
1
sités fl uides et clairs, vomissements de Muco-
m
vomis emcnl. l1émorrag1e...
· ). Les pnnc1
· ·paux sités fl uides et claires.
symptômes sont sécheresse des lèv~es, d~ la - M UCOSITÉS- H UMIDITÉ (Shi Tan): une fai-
bouche. de la gorge et de la peau, so1f, unnes blesse des fonctions de transport et de trans-
rare et concentrées, sell es sèches (cons- formation de la Rate ou une Humidité patho-
tipation). gène (souvent associée au Froid) perturbent le
Perturba tions du métabolisme et de la fonctionnement du Poumon ou de la Rate,
circulation des Liquides or ganiques : favorisant l'accumulation des Liquides orga-
niques. Les principaux symptômes sont nau-
Il s'aiTit pri ncipalement de la formation des sées, perte de l' appétit, toux avec expectoration
Mucosités ( Tan), Glaires (Yin) el Œdèmes facile de Mucosités abondantes et blanchâtres,
(S/wi Qi, Slwi Yin ou Slzui Zhong). sensation de lourdeur de 1' esprit et du corps,
Mucosités (Tan). Elles sont classées selon masses dans la poitri ne.
leur association à une Energie pathogène ou - MUCOSITÉS-SÉCHERESSE (Zao Tan ) : les
selon leur locali ation spécifique. Liquides organiques sont concentrés par la
- MUCOSITÉS-VENT (Feng Tan): à la suite Chaleur ou par 1' agression de la Sécheresse
d'un Vide de Yin du Foie et des Reins, le Yang pathogène. Les principaux symptômes sont
du Foie augmente et s'élève et un Vent interne bouche, gorge et nez secs, toux avec expec-
apparaît. Par ai lleurs, la faiblesse des fonctions toration difficile de Mucosités rares et concen-
de transport et de transformation de la Rate trées.
(parfois aggra vée par la domination du Foie) - MUCOSITÉS TROUBLES OBSTRUANT LE
favorise J'accumulation de l' Humidité et la FOYERMÉDIAN (Tan Zhuo Zhong Zhu ) : du fait
production de Mucosités qui se combinent au de la fai blesse des fonctions de transport et de
Vent du Foie. Les principaux symptômes sont transformation de la Rate, l' Essence subtile
vertiges, éblouissements, pett e de connai s- des aliments ne peut pas être véhiculée, les
sance brutale, aphas ie, spasmes, déviation de Liquides organiques stagnent dans l'Estomac,
la bouche et des yeux ... se transforment en Mucosités, obstruent le
- MUCOSITÉS-CHALEUR (Re Tan): l'excès Foyer médian et perturbent les mouvements
de Yang interne ou une Chaleur pathogène de mo ntée et de descente. Les principaux
concentrent les Liquides organiques. Les prin- symptômes sont nausées et vomissements de
cipaux symptômes sont fi èvre, agitation, irri- Mucosités, distension de la poitrine et de l'ab-
tabilité, toux avec expectoration de Mucosités domen, verti ges et sensation de lourdeur de la
jaunes et concentrées ... tête.
- MUCOSITÉS-FROID(Han Tan): l'excès de - MUCOSITÉS OBSTRUANT L' UTÉRUS (Tan
Y,in interne, Je Vide de Yang ou un Froid patho- Zhu Bao Gong) : en cas de Vide de Rate, l' Hu-
gene sont à 1'ori gine du ralentissement des midité qui s'accumule se transforme en Muco-
fonctions de transfo rmation de l'Eau et des sités qui se répandent vers le bas et obstruent
Liquides organiques. Ceux-ci s'agglomèrent 1' Utérus. Les principaux symptômes sont amé-
~ous forme de Mucosités. Les pri ncipaux norrhée, leucorrhée épaisse et collante, o~pres­
~ymptôme~ ~ont crainte du Froid ou aversion sion de la poitrine et plénitude abdommale,
pour le Froid. toux avec expectoration de Muco- nausées, palpitations.
J'RH ' ·' DL: llt:DECI.VE C IJINOISE

- MUCO !TÉS OBSTRUANT LES MÉRIDIENS ET Œdèmes (Sizui Qi, Shui Yin ou Shui Zhon )
RAM IFICATIONS (Tan Zhu Jing Luo) : le Qj ne Les Œdèmes peuvent avoir des causes ex te~ ·
circule plus du fait de J'obstruction des Jing (Vent, Humidité) et des causes internes (Vi~s
Luo, et Ying Qi ainsi que Wei Qi ne sont plus de Yang de la Rate, Vide de Yang des Reins~
véhiculés. Les principaux ymptômes sont Les causes externes produisent des tableau·
nodules sous cutanés, goitres, engourdisse- de Plénitude et les causes internes des tableaux
ment des membres. de Vide. Cependant, il peut y avoir interférenc~
entre les causes externes et mternes. Par exem-
Glaires ( Yin). Elles sont classées en quatre ple, la persistance d' un Œdème de type Pléni- •
catégories comme nous l'avons vu précédem- tude peut affaiblir la Rate et les Reins et pro- Il'
ment: duire, à terme, un Œdème de type Vide. Par tc
- MUCOS ITÉS ET GLAIRES OU MUCOSITÉS aiUeurs, 1' accumulation d' Humidité pathooène s
FLUIDES (Tan Yin ) : du fait de l'insuffisance du peut se transformer en Hu midité-Chaleut 1

Yang du Foyer médian, les Liquides organi- - ŒDÈMES DE TYPE PLÉNITUDE : ils peuvent
ques stagnent et s'accumulent et parfois mon- être dus au Vent (apparition rapide, localisation
tent à contre-courant vers Je Cœur et le Pou- aux paupières, puis au visage et à l'ensemble
mon. Les principaux ymptômes sont appétit du corps), à l'Humidité (Œdèmes généralisés ,
diminué, borborygmes, clapotis dans 1'Esto- prenant le signe du godet) ou à l'Humidité-Cha-
mac, réplétion abdominale, plénitude de la poi- leur (Œdèmes généralisés, ans signe du godet).
trine et des flancs, patfois éblouissements et - ŒDÈMES DE TYPE VIDE: ils peuvent être
vertiges, palpitations et essoufflement. dus au Vide de Yang de la Rate (Œdèmes pro-
-GLAIRES SUSPENDUES (Xuan Yin): l'Eau gressifs, débutant aux membres inférieurs et
évoluant vers 1' abdomen, prenant le signe du
se répand dans les flancs obstruant les Jing Lo
godet), au Vide de Yang des Reins (Œdèmes
et perturbant les mouvements de montée et de
progressifs, évoluant vers 1' ensemble du corps,
descente. Les principaux symptômes sont dis-
prenant Je godet avec visage gonflé, blanc,
tension et plénitude de la poitrine et des flancs,
brillant).
douleur en toussant, respiration accélérée.
- GLAIRES RETENUES DANS LES BRONCHES 6. Perturbations de l'activité des
(Zizi Yin ): l'Eau accumulée remonte à contre-
Liquides organiques, dans leurs
courant et obstrue les bronches, s'opposant aux
mouvements de diffusion et de descente du
relations avec le Qi et le Sang
Poumon. Les principaux symptômes sont Comme nous l'avons déjà vu, le Qi, le Sang
oppression thoracique, toux, dyspnée, impos- et les Liquides organiques ont de nombreuses
sibilité de s'allonger, expectoration de Muco- intrications.
sités blanches et mousseuses.
- ARRÊT DES LIQUIDES ORGANIQUES ET OBS-
- GLArRES DÉBORDANTES (Yi Yin): le Pou- TRUCTION DU QI (Jin Ting Qi Zhu): l' accum~­
mon et la Rate n'assurent plus leur fo nction lation de l'Eau, de J' Humidité ou des Mucosi-
de transport et de diffusion, et J' Eau s' accu- tés bloque la circulation du Qi . Par exemple.
~ule dans les membres. Les principaux symp- lorsque le Poumon est obstrué par l'Ea~ et les
tomes sont œdèmes, absence de transpiration, Glaires, son Qi stagne et s'accumule et tl perd
douleur et lourdeur du corps. ses fonctions de diffusion et de descente (plé-
P ATflOGÉ JE ET I'A'U IOt OGI L

. de de la poitrine. roux, ddyspnée) ..Lorsqdue 7. Mécanismes internes de production


n1ru 1
<10mène se pro u1 t au nrveau u de la maladie
Je rtlt:-:rne yp 1CI1g du cœur ne peut p1us s' expn- .
cœu~. Je m:~ 1 (palpitations. précordialgie). Au Au cours de 1' étude de 1' étiologie, i 1 a été
~er libre Foyer média n, c'est la Rate et l'Es- mentionné que le Vent, le Froid, l' Humidité, \a
nJvcau ~~sont rouché , le Qi clair ne peut plus Sécheresse et le Feu qui sont, en tant qu' Ener-
t?~1 ac q r le Qi trouble ne peut plus descendre gies externes, à l' origine des Six Excès, avaient
eJevere " d' · une contrepartie interne. n s' agit ici d'étudier
(sensarion de lourd~ur de la t~~e et. r s te)s ~n
l 'mJbna 1 e . . u
les mécanismes physiopathologiques du Vent,
et plénitudes gastnque et a o
. des quatre membres, o strucuo n du Froid, de l' Hu midité, de la Sécheresse et
orveauh les Jing MOi,. prodUJsant · d es dou1eur s du Feu internes, qu'on appelle les «Cinq Per-
rouede et profondes avec sensation de di sten- versités» (Wu Xie).
sour es
sion. Agitation interne du Qi du Vent
_ LEQr S'ÉCHAPPE À LA SUITE DES, ~IQUIDES ( Feng Qi Nei Dong):
NIQUES (Qi Sui Ye Tuo) : lorsqu tl y a une Le Vent interne peut être produit, en cas de
OR GA . 'd ·
grande déperd i~on ~es L1q u ~ es orgamq)ues Plénitude, par l'excès de Yang du Foie ou par
(transpiration, drarrhee ,"v~rrusse?Jents: .. , 1e la Chaleur extrême et, en cas de Vide, par le
Qi et le Yang sont entrames et drspararssent. Vide de Yin ou par le Vide de Sang.
- TARJSSEMENT DES LIQUIDES ORGANIQUES - L E Y ANG DU F OIE SE TRANSFORME EN
ET SÉCHERESSE DU SANG (Jin Ku Xue Zao): le VENT (Gan Yang Hua Feng): à la suite d' une
sana et le Liquides orgaruques sont tous deux perturbation émotionnelle ou d' un Vide de Yin
1:
de nature du Yin, ils se compensent natu- du Foie et des Reins, le Yang se développe et
rellement et l'épuisement de l' un entraîne l'al- s'élève au détriment du Yin qui ne peut plus le
tération de l'autre. Lorsque tous deux sont contrôler. Le Yang, en s'élevant, se transforme
taris, une Sécheresse interne apparait, ou un en Vent qui agite 1' intérieur du corps, produi-
Vide de Yin évoluant vers la Chaleur-Vide sant des symptômes tels que spasmes, vertiges,
(gorge et nez secs, Chaleur des Cinq Cœurs <Il, déviation de la bouche et des yeux, hémiplégie
émaciation, dessèchement de la peau). et, dans les cas graves, hémorragie cérébrale,
- P ERTE DES LI QU IDES ORGAN IQUES ET
perte de connaissance, en plus des signes géné-
STASES DE SANG (Jin Kui Xue Yu ) : lorsqu ' il y rau x d'excès de Yang du Foie.
a une importante perte de Liquides organiques - L A C HALEU R EXTR ÊME ENGEN DR E LE
(Chaleur qui les consume, vomissements, diar- VENT (Re Ji Sheng Feng): la Chaleur patho-
rhées, transpirations profuses), le volume san- gène consume les Liquides organiques, blesse
guin se réduit et le Sang circule moins bien, ce l'Energie nourricière et le Sang et brûle les
qui entraîne la formation de Stases de Sang. Méridiens et ramifications du Foie. Les ten-
On observe une combi naison de symptômes dons et les Vaisseaux ne sont plus humidifiés
de S~cheresse et de Stases de Sang (soif, bou- ni nourris et la Chaleur (Yang) extrême se trans-
c~e se~he, langue pourpre et sèche avec points forme en Vent, produisant une fièvre élevée,
vrolaces ... ). des convulsions, avec les yeux retournés vers

1. Le" Cinq Cœurs ( Wu Xin) sont les paumes des mains, les plantes des pieds et le centre de la poitrine.
1.-or~que le patient ressent de la chaleur dan!. ces cinq zones, c'est un signe de Chaleur-Vide.

I ll
/'RI-X 1 DF ,\IEDECINE CHINOISE

E ngendrem ent interne d e I'Humidit.


,,,t:ll
le haut, un frémissement des narines, un délire t.1t: J1
verbal, dan le cas graves. perte de connais- trouble (Sh i Zlwo Nei Sheng): e
)'ill
, ance. en plus des signes généraux de Chaleur. L' Humidité interne provient d'une alte' p'Jlt
. d~s ronctions
uon . de t~a n.sport ct de trans-ra.
- L E VIDE DE Y IN AG ITE LE V ENT ( Yin Xu ~jq
Feng Dong) : au cours d'une malad i.c d.e la formation de la R~te, at~St que de perturba- cll\
Chaleur, ou après une atteinte des L1q~11d~s ti ons dans le metaboli sme des Liquid co
organiques, le Yin peut être fortement redu1t. orga~iques. Cependant, com~e la Rate jo~~ Gl
Les tendons et les Vaisseaux ne sont plus un role essent1el dans ce metabolisme 0 sé
humidifié ni nourris et il se développe un Vent extrapole souvent en d .1sant que le Vide' dn g
interne avec spas mes musculai res, crampes, Rate engendre l' Hu midité (Pi Xu Sheng Sfli~ ç
agitation ou tremblement des membres et des Cependant, c'est le Yang de la Rate qui inter-
vient et il pro~ i ent ?u Yang des Reins; par
signes généraux de Vide de Yin. ailleurs, les Rems agtssent sur le métabolisme
- LE VIDE DE S ANG ENGENDRE LE V ENT de l'Eau et des Liquides organiques. On peut
(Xue Xu Slteng Feng): à la suite d'un défaut de en conclure que Rate et Reins sont tous deux
prod uction du Sang, d' une hémorragie. o~ impliqués dans le phénomène de l' Humidité
d' une pathologie qui a lésé Je Sang, celUI-Cl interne. De plus, les Trois Foyers sont la voie
peut être en Vide. Le Foie, qui a pour fonction de communication de 1' Eau et des Liquides
de con erver le Sang et qui en a besoin pour sa organiques (Shui Dao). Hs interviennent donc
propre activité, est rapidement touché par le également dans 1' accumulation d' Humidité.
Vide de Sang. Par ailleu rs, les tendons, le Les ymptômes spécifiques à chacun des
Vaisseaux et les rami fications ne sont plus Troi Foyers sont respectivement en rapport
humidifiés ni nourris et il se développe un Vent avec le Poumon, la Rate et les Reins. Quand
de type Vide qui agite l' interne avec des cram- l' Humidité envahit le Foyer supérieur, il y a
pes musculaires dans les membres, des rétrac- oppression de la poitrine et toux. Quand l'Hu-
tions des tendons et des chai rs, des tremble- midité obstrue le Foyer médian, il y a plénitude
ments, des troubles de la vision et des signes et distension de l'épigastre et de l'abdomen,
généraux de Vide de Sang. appétit dimi nué, bouche pâteuse et enduit lin-
gual gras. Quand 1' Humidité tagne dans le
E ngendrement du Froid à partir du Foyer Foyer inférieur, il y a di ten ion du bas-ventre,
Médian (Han Cong Zhong Sheng) :
oligurie, dysurie, œdèmes.
Le Froid interne provient du Vide de Yang Humidités externe et interne se renforcent
(essentiellement de la Rate et des Reins) ou de mutuellement.
l'accumulation interne du Yin qui a pu se déve-
lopper à cause de troubles de l' activi té fonc- L'atteinte des Liquides organiques
tionnelle des Viscères, pénétrer depuis la se transforme en Sécheresse
surface de la peau ou attaquer directement 1' in- (Jin Shang Hua Zao):
térieur du corps (nourriture et boissons froi - La Séchere se interne provient fondamen-
des). Les principaux symptômes du Froid talement d' une insuffisance des Liquides or~a­
interne sont urines claires et abondantes, diar- niques qui ne peuvent plus humidifier les tt~­
rhées ou selles molles, Œdèmes, aversion pour sus et les ori fiees sensoriels. Cela peut provemr
le Froid et amélioration par la Chaleur générale d' une dim inution du Yin, d'un échappe~ent
ou locale. important de fluides (transpiration, vomtsse-

124
PATHOGÉNIE ET PATHOLOGIE

nls diarrhée ...), d·une perte de Sang ou - L E DÉPASS EMENT DES CINQ EMOTIONS SE
dmeJing. d·une Chaleur pathogè ne qu1. b lesse le TRANSFOR M E EN F EU ( Wu Zhi Guo Ji H ua
y~n ou 'd'une. situation complexe d' Humidité H uo) : nous avons déjà vu, à propos des Sept
tllogène qUJ e transfonne en Sécheresse (les Sentiments, que les excès émotionnels pou-
Lp~Jq1eruidenormalement).
oroanique
à
accumulés
.
ne
.
peuvent cir-
Les pnnc1paux organes
vaient se transformer en Feu, en perturbant
l'équilibre du Yin/Yang, du Qi et du Sang et
cuncernés ont Je Poumon,
co • • 1' Estomac et le
A
des Viscères, particulièrement du Foie dont le
Gros intestin, et les pnnctpaux ymptomes ont Qi est facilement congestionné par les stimuli
écheresse et flétrissement de la peau, bouche, affectifs. Or, la Stagnation du Qi du Foie a ten-
s
gorge. lè •
ne~ et yeux secs.. vres gercees, consti-
. dance à produire de la Chaleur et du Feu.
pation. un ne concentrees ... - H YPERACfiVITÉ DU F EU DUE AU VIDE DE
Engendrement interne du Feu et de YIN (Yill Xu Huo Wang) : cette situation cor-
la Chaleur (Huo Re Nei Sheng): respond au Feu Vide. Du fait du Vide de Yin,
En pathologie, on parle de Feu interne ou le Yang n'est plus contrôlé et il produit du Feu,
de Chaleur interne lorsq u' il y a un excès de avec des symptômes particuliers tels que Cha-
Yang ou un Vide de Yin avec augmentation leur des «Cinq Cœurs», sensation de «cuisson
relative du Yang. Le Feu et la Chaleur sur- des os» (Gu Zheng ), transpiration nocturne,
viennent également à la suite d' une Stagna- fébricules, bouche et gorge sèches, pommettes
tion de Qi ou de Sang ou par la transforma- rouges ...
tion d'une perturbation émotionnelle.
- L' ENERGI E YANG, AYANT ATTEINT SON
8. Physiopathologie des Méridiens
APOGÉE, SE TRANSFORME EN F EU (Yang Qi Guo
De nombreuses maladies ont leur origine
Sheng Hua H uo): il s'agit d'une transforma- dans certaines perturbations des Méridiens et
tion du «Jeune Feu» (Shao H uo}, qui est ramifications. Les principaux processus physio-
physiologique, en un Feu Vigoureux (Zhuang pathologiques ont lié à l'augmentation et à la
Huo), qui est pathologique. Ce phénomène réduction du Qi et du Sang, à 1' insuffi sance ou
peut se produire lorsqu 'on consomme trop à 1' anarchie de leurs mouvements, et à leur
d'aliments échauffants ou qu'on absorbe régu- échappement.
lièrement, sans raison médicale, des toniques
du Yang. Apogée et déclin du Qi et du Sang des
- LA RÉTENTION D' E NERGIE PATHOGÈNE SE
Méridiens et ramifications (Jing Luo
De Qi Xue Pian Sheng Pian Shuai) :
TRANSFORME EN F EU (Xie Yu Hua Huo) : ce
concept a deux sens. Tout d' abord une Ener- La quantité de Qi et de Sang circulant dans
.
g1e pathogène parmi les Six Excès peut se
' les Méridiens et ramifications est un élément
transformer en Feu ou en Chaleur lorsqu 'elle essentiel de la physiologie, en relation directe
stagne. Ainsi, le Froid externe, s' il persiste avec l' hannonie de l'activité fonctionnelle des
dans l'organisme, peut se transmuter en Cha- Organes et Entrailles. Les syndromes de base
l~ur. D' autre part, l'accumulation de produc- des Méridiens sont définis à partir de l'insuf-
~•ons path~gènes (Mucosités, Stases de Sang), ftsance ou l'excès de Qi et de Sang. Uest impos-
~s stagnatiOns de Qi et de nourriture, les para- sible de décrire systématiquement les patho-
'>Jtes et tout ce qui a la faculté de s' agglomérer logies engendrées au sein de chaque Méridien
peuvent \e transformer en Feu. ' par ce type de déséquilibre. Les textes clas-
125
lU (1' nr MEDECI,\ E CHINOISE

siques. en foml'énoncé, comme le Ling Shu au E puisement du Qi et du S


, ·d·
d ~s M en ang
chapitre x : «Jing Mai ». aens et ramifications
(Jmg Luo De Qi Xue Shuai Jie):
Inversion et d ésordre du Qi et du Sang
TI est fait mention ici du déclin t d
d es 1\lléridiens et r a mifications , 'd'
(Jing Luo De Qi Xue Ni Luan): des M en tens, qut. survient au stad
e elam. on
de certaines affections, lorsque le Q'te temunal
Cela fait allu ion aux perturbations des . , , et 1e San
sont am ves a un stade d'épuisement totaL g
mouvement de montée et de descente du Qi
«Pour le Vaisseau du Tai Yang, la mort est mar
des Méridiens qui entraîne le Sang dans un
mouvement ascendant excessif ou à contre-
courant ou, au contraire, dans un effondrement.
,
convu
.
, .
quee par. 1a revu 1SIO
. n des
,.. yeux vers le haut, des-
1s1ons, un temt pale, des transpiratio
d ,, . ns sou.
c
riVI
d ames ont 1 ecou1ement s1gnifie la mon. Vi.!
Comme les Méridiens ont une direction défi-
h « La ~ort du Sha? Yan~ c'est : surdité, relâ- qll
nie en fonction de leur origine et de leur aspect c ement . es cent a ~t1 cul at 10n s , yeux hébétés, la bi.
Yin ou Yang (les « Yang de pieds » descendent mort surv1ent en un JOUr et demi. 0
de la tête vers les pieds, les « Yin de main » « La mort du Yang Ming c'est : tremblement e.
vont de la poi trine aux mai ns<2>••• ), ce genre de (ou secousses) de la bouche et des yeux, instabilité /t
mécanisme pathol ogiq ue est essentiellement psychique et délire, teint jaune, les méridiens du
un déséquilibre Yin/Yang. haut et du bas se saturent, il y a un engourdissement
Parmi les syndromes classiq ues, on peut et c'est la fin .
citer, à ti tre d'exemple,« le Feu du Foie enva- «La mort du Shao Yin c'est : teint noir, déchaus-
hi t le Poumon » (Gan Huo Fan Fei), avec de sement des dents, distension abdominale et occlu-
1' hémo ptysie due au fai t q ue le Sang est sion, le haut et le bas ne communiquent plus et c'est
entraîné par la montée brutale du Qi du Foie la mort.
vers la poitri ne. «La mort du Tai Yin c'est : distension abdomi-
nale avec di ffi cuité respiratoire, nausées et vomis-
Défaut de circulation et de transport sements, les vomissements proviennent d'un reflux
du Qi et du Sang des Méridiens (Ni) qui entraîne une rougeur du visage; s' il n'y a
et ramifications pas de reflux, le haut et le bas ne communiquent
(Jing Luo De Qi Xue Yun Xing Bu Chang): pas, le teint devient noir, la peau et les poils se flé-
Cette situation correspond à une Stagna- trissent et c'est la mort.
tion de Qi et/ou de Sang dans les Méridiens. «La mort du lue Yin c'est: chaleur du centre,
Par exemple, au début d' un syndrome grippal sécheresse de la gorge, envie d' uriner, tendance à
sombrer dans 1'angoisse, la langue s'enroule, les
les courbatures et douleurs général isées révè-
lent que l'agent pathogène (Froid) s' oppose, à testicules se rétractent et c'est la mort.»
Su Wen, 16.
la surface du corps, à la libre circulation du Qi
et du Sang des Méridiens ; lorsque le Qi ne cir-
cule pas librement dans le Méridien du Foie, Le prochajn chapitre aborde plus spécifi-
cela peut notamment produ ire des douleurs quement la physiopathologie des Organes et
costales et une sensation de boule à la gorge Entram es qui impose un développement par-
appelée « Qi du noyau de prune » (Mei He Qi). ticulier et plus important.

2. Voir le chapitre vu : Méridiens er ramifications.


CHAPITRE XI

Physiopathologie des Organes et Entrailles


(Zang Fu Bing Ji)

un sujet extrêmem ent l'aste qu 'il est du


. Yang, dans les situations de Vide. On dis-
'EST
C impossible de dé l'elopper de façon exhaus-
. •e car les possibilités de dysfonctionnemell/ des
111
. ,
u_ngue tro1s mecanismes pathologiques prin-
Cipaux :
Viscères sont 11111 1np. 1es. N e serom a b ond ees
' tCL
. .
que les bases pll)~siopa~llologiques indisp ensa -
1. Anarchie tumultueuse du psychisme
bles à la comprellenst on d es syndromes d es (Zao Rao Xin Shen) : le Yang à son comble
Organes et Emrailles, complét!es P_ar quelques s'agite et s'élève, il trouble l'Esprit produisant
explications conce~nant les !ne~~msmes patho- des palpitations, de l' anxiété, de l'insomnie,
logiques des Entrallles pamculœres. des rêves agités, du délire verbal.
2. Accélération de la circulation dans les
Vaisseaux due à la Chaleur du Sang (Xue Re Er
1. Perturbations du Yin/Yang, du Qi et Mai Liu Bo Ji): l'excès de Yang et la Chaleur
du Sang des Cinq Organes du Sang accélèrent le flux sangui n, entraînant
des symptômes tels que palpitations, langue
On aborde en même Lemps les déséqui- rouge écarlate, pouls rapide (Shuo ). On ren-
libres du Yin/Yang et ceux du Qi et du Sang, contre parfois d'autres symptômes caractéris-
car dans de nombreuse situations Qi et Yang tiques de la Chaleur du Sang (hémorragies).
sont associés, de même que Sang et Yin. Cepen- 3. Le Feu du Cœur embra e le Haut et des-
dant, Yin et Yang ne sont pas systématique- cend (Xin Huo Shang Yan Yu Xia Yi) : d'une
ment réduits au Qi et au Sang. lls comprennent part, le Feu du Cœur remonte par son Méri-
égaJement les notions de surface et profondeur, dien jusqu'à la bouche et la langue pour pro-
de mouvements de montée et de descente, voquer des douleurs, des aphtes. des ulcéra-
d'intériorisation et d'extériorisation, de Cha- tions. D'autre part, il descend vers l' intestin
leur et de Froid ... grêle, qui lui est couplé et produit une Chaleur
avec hématurie.
a) Perturbations du Yin/Yang, du Qi - D ÉCLTN DU Y ANG ET DU QI DU CŒUR (Xin
et du Sang du Cœur De Yang Qi Pian Shuai): Zlwng Qi est insuf-
fisant et la force de propulsion du Qi et du
Perturbations du Yang Sang dans les Vaisseaux est amoindrie. D'au_tre
et du Qi du Cœur:
part, il y a souvent un déclin du Yang des Rems
-APoGÉE DU Y ANG ET DU Q I DU CŒUR (Xin qui n'est plus réchauffé par le Cœur, avec des
De Yang Qi Pian Sheng): il s'agit d'un Feu du Œdèmes qui attaquent le Cœur (Sinli Qi Ling
~œur, d'origi ne interne ou issu de la pénétra- Xin). Enfin, l'affaiblissement du Qi de la Rate
t~on d'une Chaleur pathogène, dans les situa- produit des Mucosités troubles qui obstruent
liOns de Plénitude, ou d' une atteinte du Yin et les Vaisseaux du Cœur ct entraînent des Stases
du Sang du Cœur, avec augmentation relati ve de Sang et des Stagnations de Qi. Dans le dia-
127
PRE(!.' J>f' \fFDIX I\Ii CHINOISE
--
~ie, .à une di~1inuti~n dans la production du
!!nO!\ÙC. on différencie le Vide de Qi ~t le Vi?e hqUJde sangum ou a des perturbations é
de Y311g du Cœur. En physiopathologie, on dis-
-
tin ~we deux forme : .
ti onnelle qui ont altéré le Sang du c:o-
lequel n'emplit plus le Vaisseaux, ce qui p~~~
~1. Insuffi. ance des fonction mentales (Xm
Shen Bu Zu): le Cœur héberge le Shen; lors- duit un pouls fin (Xi) ct sans force (Wu L')
que son activité fonctionnelle est insuffisante. Comme le Cœu r héberge le Shen et que\~
r ensemble de fonc tions intellectuelles est Sang en est le support, la pensée devient diffi-
réduit, produisant des symptômes tels que cile e~ les fonctions p .ychiques sont diminuée~.
perte de mémoire, ral entisse~ent intellectuel, D autre part, le Y1de de Sang entraîne une
diffic ulté d'élocution, aphas1e ... incapacité à contenir le Yang, on di t que le
2. Stagnation du Sang dans les Vaisseaux «Yang ne peut pas pénétrer le Yin» (Yang Bu
sanguins (Xue Mai Hem Zhi): lorsque le Yang Ru Yin), et on observe de l' agitation mentale
du Cœur est insuffi sant, il ne peut pas réchauf- de l' insomnie, des rêves tumultueux. D' autr~ .
Ill
fer les Vaisseaux sangui ns dont il a la charge, part, comme le Sang n'est plus suffisa nt pour l'
ce qui produit un ralentissement de la ci rcula- nourrir le Cœur, il y a des palpi tations et une n
tion du Sang et des Sta es de Sang dues au Froid. faci lité à être effrayé (frayeur brutale). Enfin,
Les principaux symptômes so nt extrémités le Sang ne peut pas monter jusqu' au visage:
(
froides, teint pâJe, parfois bleuâtre, oppression celui-ci est pâle, glauque et l'irrigation céré-
douloureuse de la poitrine, transpiration spon- brale est atténuée. 1

tanée. En cas d'aggravation, due à l'échappe- - ÜBSTRUCTION PAR LES STASES DE SANG
ment du Yang, les membre deviennent gla- DU CŒUR (X in Xue Yl1 Zhu) : cela correspond
cés, la transpiration profuse, le pouls rugueux à un syndrome qu 'on appelle parfois «Bi du
(Se), ans force (Wu Li), noué (lie), intermittent Cœur et des Vai seaux ». Il s' agit d' une insuf-
(Dai) et parfois lent, parfois rapide. fi sance de la circulati on anguine dont les
Perturbations du Yin et causes peu vent être diverses (i nsuffisance du
du Sang du Cœur : Yang avec ob truction des Vaisseaux par le
Froid, obstruction des Vaisseaux par les Muco-
- INSUFFISANCE DU YIN DU CŒUR (Xin Yin
Bu Zu): cette situation de Vide de Yin est due sités troubles ... ).
à un affaiblissement progressif du Cœur, à une Les pri ncipaux symptômes sont oppression
blessure du Yin du Cœur à la suite d' une mala- de la poi trine et précordia lgie, parfois accom-
die ou à un défaut de nutrition du Cœur. Elle pagnés de palpitations, de froid des membres
peu.t faire suite à di fférents processus patho- avec un pouls caché (Fu); il y a parfois des
logiques, comme une attaque par les émotions transpirations profuses et, dans les cas sévères,
perturbatrices ou un Excès de Feu du Cœur et une perte de connaissance.
du Foie. Lorsque le Yin du Cœur est insuffi-
sant, le Y~ng n'est plus contrôlé, ce qui génère b) Perturbations du Yin/Yang, du Qi
un Feu V1de. Le psychisme devient instable le et du Sang du Poumon
. , ,
sommeil difficile et les répercussions sur' le Les perturbations du Yang ont mtegrees
Sang et sur les Liquides organiques sont inévi- aux déséqu ilibres de l' activité fo nctionnelle
tables. du Poumon et ne font pas l' objet d' une diffé-
- PERTE DU SANG DU CŒUR (Xin Xue Yu renciation pruticulière. Le Poumon n'a pa non
Sun): cette situation fait suite à une hémorra- plus de perturbati ons pécifiques du Sang.

128
Pm'S IOPATHOLOGIE DES 0UGA NES ET E NTRI\IU.ES

Elles sont rattachées ?u mo~ vement du Qi lors- Les principaux symptômes sont divers
u'il ·agit de proble~es lrés ~~ transport_du troubles respiratoires et des Mucosités et des
~ no el au Vi de de Ym lorsqu Il est quesuon Œdèmes, selon la forme spécifique que prend
d~n°~ffisance du Sang ou de. Liquide orga- la pathologie.
ni~ues. De ce fa_il, il n'exis~e que deux grandes - VI DE DE Q1 DU P OUMON (Fei Qi Xu): il
catégorie phys10patholog1ques : peut être une conséquence du mécanisme
Perturbations du Qi du Poumon : pathologique précédent, être dû à une cause
émotionnelle (la tristesse réduit le Qi) ou rele-
Le Poumon gouverne le Qi de l'ensemble ver d' une faiblesse constitutionnelle. En plus
du corps et ses perturbations concernent parti- des troubles respiratoires chroniques, il induit
culièrement ses fonctions de descente, de dif- un épuisement du Yang défensif (Wei Yang Xu
fusion, de purification et de rég~la~i on , avec Ruo ), avec transpiration spontanée.
certaines répercussions sur les Liquides orga-
niques. puisqu ' il e t la source _sup~ri eure, d_e Perturbations du Yin du Poumon :
J'Eau. Il existe également une Situabon speci- On distingue l' atteinte des Liquides Yin
fique de Vide de Qi du Poumon. (Yin Jin) et le Vide de Yin avec expansion du
- PERTURB ATION DES FONCTiONS DE DES- Feu ( Yin Xu Huo Wang). Cet état peut être
CENTE, DE DIFFUSION, DE PURIFICAT ION ET DE induit par la Sécheresse ou la Chaleur patho-
RÉGULATION DU Qr DU P OUMON (Fei Qi Xuan gène, l'accumulation interne de Mucosités et
Fa Su Jiang Shi Chang) : il s'agit d' une atteinte de Feu ou la transformation en Feu d' une émo-
des mouvements spécifiques du Qi du Pou- tion.
mon, le plus souvent générée par une Energie L'atteinte des Liquides organiques évolue
pathogène d'origine externe qui envahit le principalement vers une Sécheresse du Pou-
Poumon (bloquant ses fonctions de diffusion), mon qui , n'étant plus humidifié, perd l'équi-
par une accumulation de Mucosités troubles libre entre montée et descente. Les principaux
qui obstruent ses ramifications (Stagnation de symptômes sont toux sèche avec expectora-
Liquides organiques qui gène son rôle de puri- tions difficiles de Mucosités concentrées, de
fication et de communication avec les Reins) l' essoufflement et une Sécheresse des voies
ou par un Feu du Foie qui agresse le Poumon respiratoires.
(et qui, par son mouvement ascendant, s'op-
Le Feu Vide atteint facilement les Luo du
pose à la descente naturelle du Qi du Poumon).
Poumon, brûlant les Vaisseaux et agitant le
La régulation du Qi du Poumon est perturbée
Sang. Les principaux symptômes sont hémo-
dans les trois cas.
ptysie, Chaleur des «Cinq Cœurs», expect~­
Les principales conséquences à long terme rations de Mucosités striées de Sang, transpi-
sont la dimi nution du Qi du Poumon, avec une ration nocturne. Dans les deux cas, le pouls
répercussion directe sur les capacités de pro- est fin (Xi) et rapide (Shuo), et la principale
t~ction de l' Energie défensive qui ne conso- évolution reste le Vide de Yin du Poumon ou
lide plus la surface du corps (Wei Biao Bu Gu), des Reins (Fei Shen Yin Xu).
et une évolution possible vers le Vide de Yin,
surtout lor\qu' il subit l'effet du Feu ou l'ab-
se~~e de Liquides organiques purs pour l' hu-
mJdJfier.
Plu-·cl.~ DE .11ÉDEC/,\ E CHINOISE

c) Perturbations du Yin/Ya ng, du Qi et tement transformés. il y a une distension abd


du ang d e la Rate minale et une partie des Liquides s'échap~­
L'activité fonctionnelle de la Rate com- sous forme de diarrhées. De ce fait, il y aune
porte principalement troi s aspects : des fanc- insuffisance de Liquides organiques à faire
rion de Lran port et de transformation, la mon- s'élever et à transporter, d'où une Sécheress:
rée du Pur et Je contrôle du Sang. Ils concernent de la bouche et de la langue, une langue rouge
peu ou pas d'endui t. '
tous le Yang de la Rate dont le transport, la
transformation, 1'ascension et le contrôle des Le plus souvent on ne retient pas cette
liqujdes som des manifestation . C'est pour pathologie dans le diagnostic différentiel, elle (

cette raison qu'en pathologie on parle de Vide est confondue avec le Vide de Yin de l' Esto- 3,,ec •
mac. Certains auteurs parlent cependant d'un yeU.\ 1
de Qi ou de Yang de la Rate, pratiquement
jamais (à part dans des situations très parti- « Feu caché de la Rate» qui découle de ce IIY 3
culières) de Vide de Yin ru de Vide de Sang. mécanisme pathologique. sang
ou d
Perturbations du Yang feu
et du Qi de la Rate : d) Perturbations du Yin/Yang, du Qi ea1
et du Sang du Foie rr:
Il s'agit d' une altération des fonctions de
transport, de transformation, de production du Le deux aspects fonctionnels principaux
Sang et d'une partie du métabolisme des Liqui- du Foie sont le drai nage/dispersion (Shu Xie)
des organiques. Le Vide de Yang de la Rate et le stockage du Sang (Cang Xue). Les prin-
provient le plus souvent d'un Vide de Yang cipales tendances pathologiques du Foie sont
des Reins, c'est pourquoi on emploie souvent 1' agitation et 1'irruption vers le haut. Le Qi et st
1'expression «Vide de Yang de la Rate et des le Yang du Foie sont toujours suffisants, sou- rr
Reins» (Pi Shen Yan g Xu). Le mouvement vent en excès, aJors que le Yin et le Sang du tl
ascendant est altéré et le Qi s'effondre. Lors- Foie sont fréquemment en Vide. s
que le Yang de la Rate décline, c'est souvent la 1
conséquence d'un déclin du Feu de Ming Men Perturbations du Qi
et cela génère un Froid du Foyer médian avec et du Yang du Foie :
des douleurs épigastriques et abdominales -STAGNATION ET «NOUURE» DU Q I DU F OIE
accompagnées d'une sensation de Froid et (Gan Qi Yt" lie): principalement causé par une
a_méliorées par la Chaleur, de diarrhées lienté- abondance d'émotions réprimées, particuliè-
nques. ou aqueuses et de divers signes d'accu- rement la colère, ce mécanisme pathologique
mulation de l'Eau et des Mucosi tés dans Je est l'expression de la perte des fonctions de
Foyer Médian. drainage et de dispersion du Foie. Bien qu'il
Perturbations du Yin de la Rate : concerne principalement Je Qi, les Mucosités
ou le Sang peuvent s'y associer.
., On ne ~etient ic.i qu 'une situation particu- Les principaux symptômes sont une dis-
h~re de VJ.de de Q1 et de Yin de la Rate. Le tension douloureuse des côtes, des dysménor-
VJde de QJ de la Rate réduit les fonc tions de rhées, des douleurs du bas-ventre ... La Rate et
transporte~ de transformation, et l'extraction et 1' Estomac subi ssent fac ilement les consé-
~frmeta,bolJsme des ~iquides organiques à par- quences de la Stagnation de Qi du Foie, ce qui
~e 1 essen~e subtile des ali ments sont per- produit des dysharmonics Foie-Rate ou Foie-
tur és. Les aiJments ne sont donc pas complè- Estomac.
P UYS IOI'I\T HOLOGIE DES ORGANES ET ENTRAILLES

_ L E F EU DU F OIE EMBRASE LE HAUT (Gan haut du corps et devient flottant. L'élévation du


Huo Shang Yan): la Stagnation du _Q! du F?ie : angyeut également provenir de perturbations
·e transforme en Feu et Je Feu fa1t 1rrupt1on emotionnelles ou de \a montée à contre-cou-
ver Je haut du corp . Le plu souvent, ce sont rant ~u Qi et_du Feu. Le plus souvent, \eVide
des perturbations émotio~nelles qui g~nère~t du _Ym d,u Fûle est associé à un Vide de Yin des
ce mécani me pathol_ogJque (~a colere fa1t Rems (1 t:au _ne peut pas nourrir \e Bois).
monter Je Qi, et les Ctnq Emot1ons se trans- Les pnnctpaux symptômes sont éblouisse-
forment en Feu). ments, ve~tiges, acouphènes, visage et yeux
Les principaux symptômes sont céphalée rouges, qUI m~ntrent un excès en haut du corps;
avec ensation de distension de la tête, tête et lombalg1e, fru.blesse des membres inférieurs
yeux rouges, irritabiüté ou colè~, acoup~ènes ... qu1 montrent un Vide en bas du corps.
0 '

fi y a parfoi atteinte econdrure du Ytn et du - AGITATION INTERNE DU VENT DU F OIE


Sang, ce qui produit des signe de Feu-Vide (<;Ian Feng Nei Dong) : les trois causes pos-
ou des hémopry ies et des hémathémèses (le stbles de cette pathologie sont la Chaleur
Feu du Foie peut facilement attaquer les Vais- extrême (Plénitude), le Vide de Sang du Foie
seaux et le ramifications du Poumon et de qui fait que les tendons et les Vaisseaux ne sont
l'Estomac). pas nourris (Vide) et le Vide de Yin du Foie et
des Reins qui fait que le Yang n'est pas contrôlé,
Perturbations du Yin
et du Sang du Foie : qu' il produit du Vent.
Les principaux symptômes sont éblouisse-
-VIDE DE SANG DU FOIE (Gan Xue Xu): il ments, vertiges, spasmes et secousses des mem-
survient après une perte de Sang, une longue bres.
maladie ou une faiblesse de la Rate et de l' Es-
tomac les rendant incapables d'extraire l'es- e) Perturbations du Yin/Yang, du Qi et
sence des aliments afin de produire le Sang. du Sang des Reins
Le Foie est facilement touché par le Vide de
Sang, car il a la fonction de le stocker. Le Sang Les Reins thésaurisent le Jing, ils sont à
n'est plus capable d' humidifier ni de nourrir l'origine du Yin et du Yang véritables. De plus,
les tendons et les Vaisseaux, ce qui entraîne il s jouent un rôle important dans le méta-
bol i me des Liquides organiques, étant la
des crampes dans les membres.
Les autres symptômes sont principalement Source inférieure de l'Eau. Les Reins ont prin-
au niveau oculaire (éblouissements,« mouches cipalement des pathologies de Vide.
devant les yeux», vision diminuée, surtout le Insuffisance du Jing
soir, sécheresse et rugosité des yeux ... ). Par et du Qi des Reins :
ailleur , il ne faut pas oublier que le Vide de Le Jing comprend deux aspects qui sont
Sang peut se tra nsformer en Sécheresse et
respecti vement à l'origine du Xin et du _Yang
engendrer du Vent, ce qui entraîne des troubles
des Reins. L' insufftsance du Qt des Rems se
neurologiques ou des affections cutanées.
manifeste essentiellement dans la perte du
- ELÉVATION DU Y ANG DU FOIE (Gan Yang contrôle des orifices inférieurs.
Shang Kang) : elle est souvent classée dans
- VIDE ET ÉPUISEMENT DU JING DES R EINS
les srndromes de Vide car sa principale cause
(Shen Jing Kui Xu) : l' insuffisance de Jing ~es
e~t 1 msuf}ïsance du Yin du Foie qui ne peut
Reins peut être innée (congénitale) ou acquase
pa\ control er le Yang, lequel s'élève vers le
PlU(/\ l>F lf/WJ::CI .\ Ii Cil/NOI SE

(in~uflï. ance de production du Jing issu de d'une des causes que nous avons citées à pr
r aCtÎ\'ité fonc tionnelle de la Rate. qui est char- pos du Vide et de l'épuisement du J; 11°-
gée d'entretenir le Jing des Rein ). Lorsque le Yin des Reins. est insuffisant
. , il nge.
Par ai lleurs. le Vide de Jing est une consé- contrôle plus le Yang qut devtent anarchiqu
quence naturelle du vieillissement. des mala- ce qui produit d_es trou~les comme Chale~;
die chroniques, des excès sexuels et des gros- interne du~ au Vtde de Yt~ ( Yin Xu Nei Re) ou
e e répétées. L' insuffisance du Jing des Vide de Y1n avec expansiOn du Feu ( Yin Xt~
Reins a des conséquences sur le Cerveau et les H uo Wang). De plus, cela peut engendrer des
Moelles, sur les capacités neurosensorielles, formes de Sécheresse ou _de _Chaleur dues à
intellectuelles et motrices. J'atteinte du Sang et des Ltqutdes organiques.
. . "
Les pnnc1paux symptomes sont Chaleur
- M ANQUE DE SOLI DITÉ DU Qr DES R EINS
(Shen Qi Bu Gu): ce mécanjsme pathologique des Cinq Centres, sensation•
de cuisson des os•

qui survient souvent lorsque le Jing s'épuise pommettes rouges, transp1rat10n nocturne, lan-
gue rouge sans enduit, pouls fin (Xi) et rapide
(chez les personnes âgées, notamment), a pour
(Shuo).
principale conséq uence une perte de contrôle
des orifices inférieurs (sphincters) et ses prin- - i NSUFFISANCE DU Y ANG DES RELNS (She 11
cipaux symptôme ont urines claires et abon- Yang Bu Zu): il s'agit d' un déclin du Feu de
dante , mictions fréquentes avec difficulté à Ming Men, dont la cause ou les conséquences
retenir les urines, elles molles ou diarrhées peuvent être un Vide de Yang du Cœur ou de \a d
et, dans les cas ex trêmes, incontinence. la Rate. Les répercussions majeures sont la for- Ü01
Perturbations du Yin mation d'un Froid interne et les troubles du cel
et du Yang des Reins : métabol isme des Liquides organiques. pa
Les principaux symptômes sont des urines le
Le Yin et le Yang des Reins étant la Source
du Yin et du Yang de J'ensemble du corps,
claires et abondantes, des diarrhées liquides et c
lientériques, un refroid issement des membres,
leurs déséquilibres ont toujours pour ori gine
des Œdèmes et une faiblesse des lombes et des •
le Vide d'un des deux aspects. Compte tenu 1
genoux, avec sensation de froid dans la zone
de leur importance sur 1'ensemble de 1'orga- 1
nisme, leur dysharmonie va induire un désé- lombaire.
quilibre général entre Froid et Chaleur, calme
et agitation, mouvements de montée et de des- 2. Perturbation de l' activité fonction-
cente, d' intériorisati on et d' extéri orjsation. De nelle des Six Entrailles
plus, le Vide de Yin aura une répercussion sur
l'ensemble des Liquides organiques et le Vide ll s'agit de mécanismes pathologiques moins
de Yang sur l'ensemble des activités fonction- complexes que ceux des Organes, qui concer-
nelles. nent principalement les fonctions de digestion
et d'excrétion.
- VIDE ET ÉPUISEMENT DU YI N DES R EINS
(Sh~n Yin Ku i Xu) : ce mécani sme patho-
logique peut provenir d'u n Feu des Cinq
a) Perturbation des fonctions de la
Orga~es, de la transformation en Feu des Cinq
Vésicule biliaire
EmotiOns, de la transformation en Feu d' une La Vésicule biliaire a pour principales fon~­
Chaleur pathogène, d'un Vide de Yin d' un lions de stocker la bile et de favoriser les acti-
Organe que les Reins doivent compenser ou vités de digestion, de transport ct de trans-
32
PHl'SI OJ>ATHOLOCIE DES ORGA NES ET E NTRAILLES

""" au· on· de la Rate et de 1'E tornac. Son


Jonn . acti-
. - FROID DE L'EsTOMAC ( Wei H an ) : sou-
. , dépend directement de celle du F01e, paru- vent causé par l' ingestion d' aliments ou de
nteJ"èrement de la 1onct10n
r . d e d ramage
. Id"lsper- boissons froides, ce mécanisme pathologique
1
c.u (Sim Xie). De plus, elle joue un rôle dans cause un affaiblissement du Yang du Foyer
JOO . J
J"équilibre émouo nn ~ . . . médian avec accumulation de Glaires dues au
Se principaux m,ecam. ~e_s patholog1ques Froid, parfois Stagnation de Qi et Stases de
la production d Hum1d1te-Chaleur ou de Sang.
son 1 . é , Les principaux symptômes sont sensation
Muco ité -Chaleur qur er percutent sur 1 en-
mble du Foyer médian. perturbent la libéra- de froid à l'épigastre, douleur aggravée par le
~~n de la Bile, altèrent l'équilibre psychique et Froid et améliorée par la Chaleur, vomisse-
la digestion. . A
ment de liquide clair. ..
Les princ1paux, symptomes . sont bouche. -CHALEUR DE L'ESTOMAC (Wei Re) ou FEU
amère, ictère, nausees, vomissements, verttges, DE L'ESTOMAC ( Wei Huo): le Feu de l'Estomac
insomnie, frayeur. .. est de la même nature, mais à un degré extrême,
que la Chaleur de l' Estomac. La cause peut
b) Perturbation des fonctions de être une Chaleur pathogène qui a pénétré dans
J'Estomac l' Estomac, une perturbation émotionnelle qui
Les principale fonctions de 1'Estomac sont s'est transformée en Feu (souvent par l' inter-
médiaire d' un Feu du Foie qui envahit l'Esto-
la digestion qui ne peut se réaliser qu 'à condj-
mac), l'abus d'alcool ou d'aliments échauffants
tion que J'harmonie de son mouvement des-
(de saveur piquante, notamment), une Stagna-
cendant soit préservée. On considère princi- tion de nourriture, de Qi, de Sang, de Mucosi-
palement quatre mécanismes pathologiques : tés ou d' Hu midité trouble qui, en persistant,
le Vide de Qi, le Vide de Yin, le Froid et la s'est transformée en Chaleur, surtout chez les
Chaleur (ou Feu). individ us ayant une tendance naturelle à l'ex-
-VIDE DE QI DE L'ESTOMAC (Wei Qi Xu) : cès de Yang.
il s'agit principalement d'une altération des Les principaux symptômes sont bouche
fo nctions de digestion et de descente des amère et sèche, soif de boissons froides, mau-
aliments qui s'exprime dans des symptômes vaise halei ne, sensation de faim persistant après
comme perte d'appétit, sensation de plénitude les repas, saignements des gencives et dou-
épigastrique, distension abdominale et diffé- leurs dentaires, constipation ... Lorsque le Feu
rents signes de Qi à contre-cou rant (Qi Ni), de l' Estomac s'élève, il entraîne un Qi de l'Es-
tels que nausées, éructations, hoquet, régurgi- tomac à contre-courant (Wei Qi Ni) et il brûle
tations ... Le Vide de Qi de 1' Estomac est sou- les Vaisseaux et ramifications (Mai Luo) de
vent complémentaire du Vide de Qi de la Rate. l'Estomac, ce qui produit vomissements et
hématémèse.
-VIDE DE YIN DE L'EsTOMAC (Wei Yin Xu):
il. s'agit d' une restriction des Liquides orga- c) Perturbation des fonctions de
mques, souvent causée par la Chaleur patho-
,
gene. l'Intestin grêle
Les principaux symptômes sont sécheresse L' Intestin grêle participe au processus d.e
de la bouche, faim instable sans réel désir de séparation du Clair et du Trouble et de .l'assi-
manger, régurgitations et hoquet, selles sèches... milation des nutriments. Si cette foncuon est
133
fUU DE .lŒDECI NE CH I NOI SE

perturbée. on ob erve des douleurs abdomi- bles, incontinence urinaire ... ). Son rôle est
nale . de diarrhées et di vers troubles dioes- étroitement lié à l'acti vité des Reins de trans-
ù t . Ce pathologies de 1' intestin grêle ~ont formation du Qi.
étroitement liées avec celles de la Rate et de Les principales causes de perturbation de \a
l'E tornac. Vessie sont dues à une Plénitude d'Energie
Par ailleurs, la Chaleur du Cœur peut des- pathogène (Hu midité-Cha~eur, notamment) ou
cendre vers l' Intestin grêle et brûler les Liqui- à un Vide de Yang des Rems.
des organiques, avec des symptômes portant
principalement sur les voies urinaires (héma- t) P erturbation ~e l'acti~ité de trans-
turie, dysurie, brûlure de l' urètre), en plus des formation du Qa des Troas Foyers
signes de Feu du Cœ ur (ul cérati ons de la Les Trois Foyers sont la «Voie des Eaux >>
bouche et de la langue, Chaleur et oppression (Shui Dao) et le lieu de transformation du Qi
de la poitrine, anxiété ... ). (Qi Hua), c'est-à-dire qu' ils contrôlent les
mouvements de montée, de descente, d' inté-
d) Perturbation des fonctions du riorisation et d'extériorisation du Qi et des
Gros intestin Liquides organiques. Leur a~tivité, comme
leurs perturbations pathologtques, sont une
La principale fonction du Gros intestin est synthèse de ce que nous avons déjà ?éveloppé
l'évacuation des selles. Les mouvements de pour les différents Organes et Entrailles. Leur
descente du Poumon et de l'Estomac favori- rôle est déterminant dans tous les processus
sent l' activité du Gros intestin. Si ces deux pathologiques qui concernent le ~étab?lisme,
Viscères sont perturbés, s' il se développe une c'est-à-dire dans toutes les marufestat1ons de
Chaleur ou une Sécheresse interne quj lèse les déséquilibres de mouvements et des fonctions
liquides du Gros intestin, si un Vide de Yang de transfonnation du Qi.
perturbe les fonctio ns de transport \des
Liquides organiques, notamment) ou st un 3. Perturbation de l'activité fonction-
Vide de Qi inhibe le péristaltisme intestinal,
le Gros intestin ne peut plus jouer son rôle et nelle des Entrailles particulières
le patient souffre de constipation. a) Perturbation des fonctions du
En cas d'i ndigestion ou d' intoxication Cerveau
alimentaire, d' Humidité-Froid, d' Humidité- Le Cerveau est à la base de l'activité neu~o­
Chaleur, d'effo ndremen t du Qi du Foyer sensorielle et psycho-spirituelle de l'être humam.
médian ou de manque de solidité du Qi des li est la Mer des Moelles (Sui Hai). Lorsque le
Reins, des diarrhées apparaissent. Jing des Reins est insuffisant, il ne peut pas
engendrer les Moelles, et le Cerveau est p~r­
e) Perturbation des fonctions de la turbé dans son développement. Cela entrrune
Vessie des retards ou des insuffi sances intellec~ell~s
La principale fonction de la Vessie concerne chez les enfants et un déclin précoce de 1 acti-
J'évacuation de l' urine, ce qui explique que vité mentale et des fonctions motrices c~ez les
toutes ses pathologies soient, avant tout, carac- vieillards. Le Cerveau est étroitement hé aux
-. -
t~n sees p~ des troubles de la miction (oligu- Cinq Organes dont les activités fonctionnelles
ne, dysune, polyurie, hématurie, urines trou- participent à l'équilibre psychologique ct en
PHYSIOPATHOLOGIE DES ORGA NES ET E NTRAJLLES

ependant, i1 e t plus particuliè- L'autre pathologie des Vaisseaux est 1'échap-


C
de·pendent. Iation avec le Cœur, qut. 1ut. pennet pement du Sang, sous forme d'hémorragies ou
~~lente: redammenL irrigué par le Sang. La d'extravasation. Les deux principales causes
d erre adon pathologies aiguës du Cerveau sont le Vide de Qi de la Rate, qui fait que le
plu~art t :~culaire cérébral, syndrome mania- Sang n'est plus contenu dans les Vaisseaux, et
(acct~en ar exemple) sont classées dans les la Chaleur du Sang qui l'agite et brûle les Vais-
que aJ~~ pdu Cœur, avec parfois une infl~ence seaux.
syn~ du Foie. Le Vide de Jing des Rems et
du~ . 0·0 n des fonctions de montée du Pur d) Perturbation des fonctions de
la dimJOU 1, . l' Utérus
de la Rate entraînent une a ter~ tillon p( rogrd~~-
. d &onctions neurosensone es sur tte, L'Utérus est le lieu de développement du
slve es . , )
acoup he,nes , torpeur mentale.... fœtus. Cependant, ses perturbations rejaiHis-
sent sur l' ensemble des fonctions gynéco-
b) Perturbation des fonctions des logiques, même en dehors de la gestation.
Moelles et des Os Trois mécanismes pathologiques exercent une
Les Moelles et les Os ont la même origine influence prépondérante.
· que le surplus des Moelles produit les Os. - D YSHARMONIE DU Qt ET DU SANG (Qi Xue
pUIS
Moelles et Os sont engendres
, par 1e Jmg
" d. es Bue He): c'est la première cause de perturba-
Reins et alimentés en perman_ence par _le Jmg tion gynécologique. On retient es entie\lement
acquis, issu de l'essence ~ubtile des ali~ents. trois mécanismes pathologiques différents :
Les principaux mécamsmes pathologtques 1. Le premier peut être produit par la Cha-
qui les touche~t sont la Ch~eur patho~ène 9ui leur du Sang, ou lor que le Foie ne stocke plus
constitue le Ytn et les flutdes, le Fr01d-VIde le Sang et que ses fonctions de drainage et de
du Foyer inférieur et l'insuffisance du Jing et dispersion sont perturbée , ou encore lorsque
du Sang. la Rate ne contrôle plus le Sang qui n'est plus
contenu dans les Vaisseaux. Dans tous ces cas,
c) Perturbation des fonctions des on observe des ménorragies, des métrorragies,
Vaisseaux des règles qui «traînent ». Dans certains cas, le
Les Vaisseaux sont les voies de circulation Sang suit le Qi qui peut s'élever brutalement
du Qi et du Sang, et ils permettent de nourrir sous 1' effet du Feu, produisant épistaxis ou
et d'humidifier l'ensemble des tissus de l' or- hémathémèse, pendant la période des règles,
ganisme. Leur principal mécanisme patho- parfois à la place des règles. On parle alors
logique est l'obstruction, qu'elle soit produite d'inversion des règles (Dao Jing).
par les Mucosités, la Stagnation du Qi, le Froid 2. Le second est produit par la Stagnati_on
ou les Stases de sang. du Qi, la Stase de Sang, l' insuffisance ~u Q~ et
En ~lus des troubles spécifiques liés à l'agent du Sang, J' insuffisance du Yang, le Frmd-Vtd_e
P~lhogene responsable de l' interruption de la du Foyer inférieur avec diminution de l'acu-
Circulation, on observe dans tous les cas des vité de Yuan Qi, ou le Froid-Vide de l'Utérus.
altérations tissulaires o~ des troubles fonction- Dans tous ces cas, le mouvement du Sang dans
~els dus au f~it que 1' Energie nourricière et le l'Utérus est difficile. Les règles sont alors dou-
daang ne parv1ennen~ pas avec un débit suffisant loureuses, peu abondantes, retardées, voire inter-
ns toutes les parties du corps. rompues (aménorrhées).
135
P.\ nE Wli.OI·:o .\ ·E CH/NOl E

3. L~ t.roi iè_m_e _est dû à 1' Humidité-Cha-


leur ou a 1 HumJdJte-Froid du Foyer inférieur. - I NSUFFI SANCE DU Qi ET DU S ANG DE
CHONG MAI ET REN MAJ (Chong Ren Qi X
c~s- deux ~gent pathogènes perturban t 1'acti- Bu Zu) : Chang Mai et Ren Mai sont les de~e
n~e fonctwnnelle de rUtérus et l'harmonie du
~aisseaux particuliers qui j_ouent ~e rôle le plu~
Q• et du Sang. La nature des règles est varia- Important sur le plan gynecologique : Chon
ble, selon la prédominance du Froid ou de la Mai est la Mer du Sang et Ren Mai gouvern~
Chaleur. mais il y a généralement des leucor- 1' Utérus et le développement du fœtus. Us sont
rhées chroniq ues. impliqués dans de nombreux troubles gynéco-
- P ERTURB ATIONS FONCTIONNELLES DU logiques, en relation avec le Foie et les Reins
CŒUR, DU F OŒ, DE LA R ATE ET DES REINS (Xin avec lesquels ils entretiennent des relations pri:
Gan Pi Shen D e Gon Neng Shi Ttao) : le Cœur, vi légiées. Lorsque le Qi et le Sang, qui circu-
Je Foie et la Rate jouent un rôle essentiel dans lent dans Chong M ai et Ren Mai, sont insuffi-
l'équilibre du Qi et du Sang; il est donc natu- sants, l' Utérus perd son activité fonctionnelle.
rel que leurs dysfonctionnements influencent Chong Mai a également une relation pani-
les pathologies de 1' Utérus. De plus, ils sont cul ière avec le Yang Ming. Il est dit dans le Su
particulièrement concernés en cas de déséqui- Wen que ce Méridien contient beaucoup de Qi
libres émotionnels pouvant induire des pern•r- et beaucoup de Sang, du fait de sa relation avec
bations gynécologiques (du cycle menstruel, l'Estomac qui reçoit la nourriture destinée à
notamment). L' Excès de pensées et les soucis alirnenter 1'ensemble du corps. Cela explique
blessent la Rate et le Cœur, inhibent la pro- qu 'en cas d'anorexie (l' Estomac ne reçoit plus
duction et la transformation du Qi et du Sang, de nourriture), on observe une aménorrhée
ainsi que la circulation de celui-ci; la colère (insuffisance du Qi et du Sang du Chong Mw).
réprimée blesse le Foie qui perd ses fonctions Une insuffisance du Qi et du Sang de Chong
de drainage et de dispersion. Mai et Ren Mai survenant pendant la grossesse
Quant aux Reins, leur Jing est un élément est une cause de fausse couche.
essentiel dans le développement de l'activité
gynécologique par l'intermédiaire de Tian
Gui C1>.

men~-i~n~~R;e
1 ran Gui_provi~nt .du chapitre 1 du Su Wen. Il désigne une substance particulière, pas précisé-
ment de~ r~ l:s( àa médecm: ch moise ~noderne établit une relation avec les hormones), qui indu it le déclenche-
comme unegé ' 1~ puberte. ~on épUisement entraîne la ménopause. Ttan Gui est considéré, dans le Su \Vtll.
manat1on des Rems.
136
QUATRIEME PARTIE

Méthodes
de di ostie

«Regardant ce qui est sans forme, goûtant ce qui est sans saveur, dissertant
de ce qui est obscu1; ils [Les médecins] sont semblables aux Esprits. »
Su Wen, 26.

OUR pouvoir appliquer un traitement efficace, le praticien de nzédecine chi-


P noise doit poser un diagnostic précis. Celui-ci se réalise traditionnellement
en deux étapes :

La première consiste à recueillir les signes cliniques par un examen appro-


fondi qui s'opère principalement en quatre temps (Si Zhen).
1. L'inspection, qui consiste à observer La morphologie, le dynamisme, le
teint, Les yeux, La Langue, La peau, Les ongles, les urines...
2. L'audition et L'olfaction se focalisent sur les caractéristiques de la voix,
de La respiration, de la toux et des odeurs corporelles.
3. L'interrogatoire permet de recueillir de nombreuses indications sur les
antécédents du patient, Les circonstances de survenue et l'évolwion de la mala-

137
(1. m: 'ii:'DECI \ E CNIXOI E
=
die. ses perceptions et réa~t~ons, _l'aspect subjectif des symptômes, les mocJat;.
rés d'aggravation er d'amelwranon... . .,
, La !porion concerne surtout/es pouls, par11cuileremenr les pouls radia
-t.
(piliers dupadiagnostic énergétique} ; r l ' abd
. omen. 0 ~~ ne se conteme pas de cat.
ltt
culer la f réquence er La, régulante cardwqu~s grac~ au_x; pouls, _'"!Jis on en
apprécie aussi la qualite, la profondeur, la f onne er bten.d autres el~mems. Ils
donnent alors des renseignements très fins sur la maladte, sa Localtsation, ses
origines et son évolution.
Bien entendu, ces quatre phases ne sont pas séparées mais se chevauchent
au cours de la consultation. Par exemple, on observe la morphologie et le teint
tout en interrogeant le patient. . . . , .
Le praticien s'efforce ainsi de fatre un dtagnosttc prects et caractéristique
de l'état énergétique du malade. Par exemple, apprendre que Le malade est fié-
vreux est peu utile. Par contre, savoir que cette fièvre est peu élevée, survient
la nuit et s'accompagne de sueurs, d 'insomnie et de bouffées de chaleur, que le
patient a la bouche sèche mais ne désire pas vrairnent boire, par exemple, per-
met déjà de rattacher cela à un cadre nosologique précis, et c'est un élément
majeur pour établir le diagnostic.

La deuxième étape consiste à déterminer quel tableau clinique classique ces


symptômes définissent. Il s'agit d'identifier précisément le syndrome (Bian
Zheng).
Cela nécessite à la f ois une excellente connaissance des théories fonda-
mentales de la médecine chinoise et une bonne expérience clinique. Celle-ci ne
P.eu! s'acq~térir qu.'en.tr~vail~ant rég~lièrement so~s ~e contrôle d'~xper~s qua-
lifies. Le dwgnosttc differenttel, fonde sur La descnptwn et La classificatwn des
synd:omes selon plusieurs critères dialectiques, est développé dans La cinquième
parite de cet ouvrage.
CHAPITREXll

Observation (Wang Z hen)

·-' ...n
Aprellllt:a.
étape de l'examen
b
clinique
,
consisie
, , 1. Observation du S h en (W'ang Shen)
L .a uu'l'ser
11
1
sa
atient,
11ue pour

certames
o server

parties
d
1 aspect gene-
e son corps ~t
raid. Pde ses excrétas. On classe dans cette cate-
Le te rme Shen désigne à la foi s l'Esprit et
certafi/S · · est temom
, · au pre- l'expression de la vitalité générale de l'orga-
. 1 signes dont le prauc1en •
rusme.
g~ne /sre' qu'il a constatés de visu et non ce qui
11uer ueg • . d . ( .
, é bservépor le patient ou par es tters ce qut Globalement, on distingue trois situations
a et. , ode f'interrogatotre).. Le regar.d port é sw. 1e
rele• e , , , . cliniques, présentées dans le tableau suivant :
1 1
·e111 doit aller du p1us genera au p us spect-
pau n que le regan d nes ,arrete pas a la surfiace
A •

qu e.
fides Aifi 1 /' ., .
phénomènes: c ·~s~ non_ seu e;nent œt , mats
aussi l'esprit qm doll etre eduque.

TABLEAU 14:
Situations cliniques dues au Shen

Symptômes et signes : Présence du Shen : Perte du Shen : Faux Shen :


(De Shen} (Shi Shen} (Jia Shen}

Formes et couleurs Formes harmonieuses (pas Emaciation. teint terne. Teint terne avec pommettes
d'émaciation). teint rosé rouges.
avec de l'éclat.
Regard Vif et brillant. Fixe et éteint. Eteint. mais brusquement
brillant et exalté.
Attitude psychologique Conscience claire. Apathie. réactions lentes.
élocution distincte et paroles rares et peu claires.
discours cohérent. Alternance d'obnubilation et
d'excitation. de silence et
de discours exalté.
Respiration Régulière. Irrégulière.
Comportement alimentaire Bon appétit. alimentation Appétit diminué. pas de Alternance d'inappétence
équilibrée et régulière. goOt pour la nourriture. et de boulimie.
Diagnostic Abondance de Jing et de Oi. Epuisement du Jing, du Qi Séparation du Yin et du
Zheng Qi est solide. l'acti- et du Sang. faiblesse du Yang, au stade terminal de
vité fonctionnelle des lang Zheng Qi et altération du certaines maladies.
Fu conserve son équilibre. Shen. Pronostic très sévère
Pronostic favorable. Pronostic défavorable.

139
Bleu-vert (Qing):
2. Observation du teint du visage
(Tl'img 1\Jian c) Indique Froid (Han ), douleurs (Ton
ses de Sang (Yu Xue) et convulsions inf' ~la­
«Le Qi er le Sang de 12 Méridiens ~t des (Jing Feng). Cette couleur révèle l'ob anli.les
365 ramification e répandent dans le vtsage
du Sang dans les Méridiens. struclion
er ses orifice >>(Ling Slw, 4). - Bleu pâle : accumulation de Fro·d 1
Y m a' 1,' ·t~ten
' ·e~ r d u corps, provoquant des etdou
de
Le reint peut varier en fonction des cln:nars,
de J'activité physique, de l'état psycholo~tque, 1eurs eptgastnques et abdominales. ·
de J'exposition au soleil et aux intempénes et, - Bleu grisâtre : Vide de Qi du Cœur .
bien entendu, selon la race. produi t une Stase de Sang. qu,
- Bleu violacé des lèvres, du visage d 1
a) Coloration normale base du nez et de 1'espace entre les so~r~l:
chez les enfants, en cas de fièvre : signes avant:
Il s'agit de la couleur du teint d' une per- coureurs de convulsions.
sonne en bonne santé. Celui-ci doit avoir de
- ~leu, d~ns ~ne_ pat~~logie de la Rate: la
J'éclat et reOéter un mélange subtil des cinq maJadte est dtffictle a guenr (Je Bois domine la
couleurs, révélant que le Qi, le Sang, les Liqui- Terre).
des organiques et l'activité fonctionnelle des
E~ gynécologie, un te.int bleu indique que
Organes et Entrailles sont en harmonie. le Fme attaque la Rate qut est faible; l'assimi- tndiql
On distingue la « couleur principale» (Zhu lation ali mentaire est insuffisante, il y a beau- ment du!
Se) et la «couleur in vitée » (Ke Se): coup de colère et les règles sont irrégulières. Qi (0110
le Qi et\
- La couleur principale est particulière à la Rouge (Ch i):
race et à 1' individu. Par exemple, pour les Chi- -BI~
nois elle est un mélange de jaune et de rouge, Indique la Chaleur (Re). La Chaleur fait Yang.
brillant et humide. Il est évident qu 'on ne peut venir le Sang vers le vi age en augmentant le - B\[
pas tirer les mêmes conclusions de l'examen débit des Vaisseaux sanguins. d'Energ
des couleurs du teint d' un Sénégalais, d'u n - Tout le visage rouge : Plénitude-Chaleur -Vi·
Scandinave et d'u n Indien d' Amérique. La due à un excès de Yang ou fièvre d'origine ta\ du Y
couleur principale est celle qui subsiste tout externe. -Te
au long de la vie. - Pom mettes rouges seulement : Chaleur- abdomi
Vide, généralement dan s les maladies chro- dans le:
. - La co.ul eur invitée correspond aux varia- •

tions physiOlogiques naturelles dues aux sai- ntques. -Pl


- Teint livide avec des zones rouges, comme de Qi.
sons, climats et aux conditions de vie moments
de la journée... ' du fard : Yang flottant qui s'échappe (vrai - P1
Froid en bas, Chaleur apparente en haut). Vide d1
b) Coloration pathologique - Rouge, dans une pathologie du Poum~n :
la maladie est diffici le à guéri r (le Feu domme
-8
malaù1
Selon la théorie des Cinq Mouvements, les le Métal ). 1~ Bo1
couleu rs so~t en relation avec les Organes
(bleu-vert/Fote, rouge/Cœur, jaune/Rate blanc/ Jaune ( Huang ) :
Poumon et noir/Rei ns). Cependant on' se sert Indique Vide ( Xu ) et Humidité (Shi): ~~
davantage des indicati ons pathologiques des Vide de la Rate et la Stagnation d' Humtdtte
couleurs :
donnent un teint jaune.
40
e terne. fané, ans éclat : Vide de Qi
- Jaun et de r Estomac, 1'Energie nourri- . Noir (He; .
Raie 1us s•epanoutr
- .
de Ja
1
sang ne peuvent p au Indique Vide . ).
··re
c1e el e mutation d' E des R.etns (She
visage. e avec vi age enflé : Vide de Qi de la Xu e), Froid-~~d~S(/~; Yin ), Stas:~;'i~accu­
Jaun th , · , Tong) L . tt Han) et d g (Yu
- u midi té pa ogene, quJ s accumule à , · e notr est la ouleur (Te
oale el nU 1 observe dans le V'd c~uleur des Reins ~g
" , · ur du corp ·
rintene .
•1·ctère le corps, le vtsage et les yeux e_ntraîne à la fois un' F~oi~ ::.~g des Rein~ q~
En cas .d '. tl on des Liquides or ani - t e et une Stagna-
. nentJaune ·
devJeJn ne bri liant, orangé : ictère de type ment. rencontrer une ~oul~~es. 9n peut égale-
-a dOauà J'Hu ml'd'Jte-
" Cha1e~r., de Ytn ou de Jing des Rei:s~otre dans le Vide
.
Yan~_ 1aL
me terne et sombre: 1ctere de type Ym - Orbites noires . .
.d au Vide de Yang des. Rac~umulatton d'Eau due
,. , rJ-fumidité-FrOI · . · ems ou Hu 'ct· , .
du~ Jaune, dans ~neyat~o~ogie des Reins : la du Foyer mférieur avec le
_ 'T' • •
h mt tte Frotd
ucorr ées.
maladie est difficile a guenr (la TetTe dorrune temt non· avec mouve . .
bl ras edt des jambes et douleu~e~~t~~~~~~~s
l'Eau). eur ue au Bi des Osl'> générée .V -
Blanc (Bai) : des Reins (Shen Feng).' par un ent
Indique Vide (Xu ), Froid (H an), épuise- - Teint noir, pourpre noir ou avec des mar-
du Sano ( Wang Xue) et échappement du ques et traces noires sur le corps : Stase de
me nt o . "] Sang.
Qi (Duo Qi). Le tetnt blanc, pa e, monrr:e que
Je Qi et Je Sang ne peuvent monter au vtsage. . -Noir ~t des éché, brûlé, avec émaciation :
V1de de Ym et de Jing des Reins.
_ Blanc brillant avec Œdèmes : Vide de - Noir, dans une pathologie du Cœur: la
Yang. maladie est difficile à guérir (l'Eau domine le
- Blanc terne, sans éclat : Vide de Sang et Feu).
. .
d'Energte noumctere.
. ""'
- Visage pâJe et terne : échappement bru- c) Localisations
tal du Yang. La localisation des différentes parties du
- Teint blême : Froid interne avec douleurs corps sur le visage a fai~ ~·obje~ de plusie~r~
abdominales dues à une accumulation du Froid descriptions dans les tra1tes anc1ens; en vmc1
dans les Méridiens. deux exempies en p. 142. 11 faut savoir, dans la
- Pâle avec conservation de 1' éclat : Vide pratique, rel ati viser ces correspondances.
de Qi.
- Pâle, terne et légèrement jaune (ivoire):
Vide de Sang.
- Blanc, dans une pathologie du Foie : la
maladie est difficile à guérir (le Métal domine
le Bois).

rtainnombre
, . ie ui comprend notamment un ce
1· Les syndromes Bi (obstruction) sont une categone patholog q
de maladies rhumatismales. 141
r~:t 1 1)1.' \If Of:CINH Cil/NOISE

- Localisations selon le Su Wen :


1 : Foie.
2 : Poumon.
3: Cœur.
4 : Reins. ~1

5 : Rate.
C~tte correspondance est basée sur la représentation d
3 Cmq Mouvements. avec la Terre au Centre. es

'...

2 (_:_) l
l
.. ..-:-:='A.
'------'
4

Localisations selon les manuels chinois :


1 : Tête et visage.
2 : Gorge.
3 : Poumon.
4: Cœur.
1 5 : Foie.
6 : Rate.
2 7 :Estomac.
8 : Vessie.
9 : Vésicule biliaire.
10 : Intestin grêle.
11 : Gros intestin.
12 : Reins.
13 : Utérus.
14 : Ombilic.
12 11
14 14

\
\

142
OBSERVATION

Observation de Ja morphologie et de le patient a peu d 'appéli~. c'est un Vide de Qi


3
J'~ttitude ( Jr-izng Xin Xz.ng Taz) de la ~ale. Zhu Dan Xl, médecin durant la
dyn.as~l e Yu an, écrivait : « Les personnes
On examine la forme générale du corps, ~rasses on~ souvent des Mucosités et les per-
on maintien er ses mouvements. sonnes rnrugres du Feu.»
a) Observation de la morphologie . ~e Nei lillg distingue deux types de désé-
. . . , q ulll ~res morphologiques, selon la dialectique
On distingue quatre con t1 tut1ons, qu1s op- du Ym/Yang :
posent deux par deux : robuste et faible, gras - Plénitude ?e Yang, Vide de Yin : le patient
et maigre. est grand et m1.nce avec une tête allongée et
Aspect robuste ou faible : un cou plus pet1t, ses épaules sont étroites sa
cage thoracique étroite et longue et il a t~n­
La robustesse donne une impression de dance à e pencher en avant.
force générale avec des muscles bien déve- - Pl.énitude de Yin, Vide de Yang: le patient
loppé , une poitrine ou verte et d' assez gros os. ~st pet1t et rond avec un visage arrondi, des
Les ti sus corporels, en relation avec les cinq epaule.s larges, ép.aisses et musclées, une cage
Organes, reflètent la santé de ceux-ci. Le Qi et thorac1que volummeu e mais courte et il a ten-
Je Sang sont florissants, et cette constitution dance à se pencher en arrière.
révèle la qualité de Zheng Qi, la capacité à
résister aux maladies et oriente vers un pro- b) Observation de l'attitude et des
nostic favorable en cas de pathologie. mouvements
La faiblesse donne une impression de fra- II est difficile d'être exhaustif. Seuls quel-
gilité générale avec une peau sèche, des mus- ques exemples
., essentiels et caractéristiques
cles peu développés, une poitrine étroite et des seront c1tes.
peti ts os. Le Qi, le Sang et 1' acti vité fonction- En position assise :
nelle des Viscères sont insuffisants. La résis-
tance aux maladies est faible et, en cas de patho- - Tendance à baisser la tête, à se pencher en
logie, le pronostic est défavorable. avant avec essoufflement et difficulté à par-
ler : Vide de Qi du Poumon ou des Reins (les
Aspect gras ou maigre : Reins ne captent pas le Qi du Poumon).
L'aspect gras révèle une surcharge pondé- - Tendance à lever la tête et à se pencher en
rale, de l'obésité. Lorsque, en plus, le teint est arrière : Stagnation de Qi ou de Mucosités dans
pâJe, avec lassitude, essoufflement et relâche- le Poumon.
ment musculaire, il y a un Vide de Yang et une En position allongée :
rétention de Mucosités. - SYMPTÔMES YIN : préfere dormir visage
L'aspect maigre signifie une émaciation vers la pièce, dos au mur ; sensation de corps
anormale. Lorsque la maigreur s'accompagne lourd ; peu de mobilité; visage tourné vers le
d' un teint pâle et sans éclat, d'une faiblesse bas ; tendance à se recroqueviller et à se cou-
m.usculaire et d' une peau sèche, cela évoque un vrir, cherche la chaleur. . .
V1de de Yin et de Sang, souvent accompagné - SYMPTÔMES YANG : pré fere donrur va sage
de ~eu- Vide. En cas de Feu de 1' Estomac, le vers le mur, dos à la pièce; sensation de ~orps
paucnt mange beaucoup, mais reste maigre. Si léger ; se retourne facilement et souvent ; vasage
14.1
. ' . ...........
. ,.".
'
Î~·>
....:; ~

-""" _·-

PRÉCIS DE ,IIHDECINE Cil/NOISE


=

roumé vers le haut ; tendance à remuer et se servation de la langue fait l'objet d'une étu
particulière, dans un autre paragraphe, comde
découvrir, cherche la frakheur. tenu de son importance. Pte
Tremblements:
JI apparais cnt ur les lèvres. les paupières, a) Observation de la tête, des cheveux
les mu cie de la face. les doigts et les orteils. et du cou
- Dans une maladie fébrile aiguë, de Plé- Tête:
nitude, ils indiquent l'agitation du Vent et pré-
cèdent parfois les convu l ions. L'examen de la tête consiste à observer 1
- Dans une maladie de Vide, ils indiquent modification de la forme et du maintien de~s
un Vide de Qi et de Sang (tremblements des tête qui est le lieu de convergence des Mér~
vieiliards, des personnes épuisées ... ). diens Yang, le siège du Cerveau, en relatio
avec les Reins (le Jing des Reins engendre le~
Autres signes neuro-musculaires :
Moelles et le Cerveau est la mer des Moelles).
- Spasmes, ti cs ou secousses des membres •

(convulsions, épilepsie, spasmophi lie, téta- - Chez le nourrisson, on observe principa-


nos ... ) sont des symptômes dus au Vent lement la fontanelle: si elle est convexe, c'est
- De membres flasques, difficiles à mou- un signe de Plénitude et de Chaleur, plus rare-
voir, avec faibles e générale mais sans dou- ment de Froid ; si elle est déprimée, c'est un
SOl
leur : syndrome Wei. Il s'agit fréquemment signe de Vide ou de perte des Liquides orga-
Re
d'un Vide de Yin du Foie, d'un Vide de Jing niques. Un retard de fermeture de la fontanelle
et
des Rein ou d'un Vide de Qi de la Rate. est dû à un Vide de Qi de Reins.
- Crampes des mains, des mollets et des - Œdème du visage: s' il apparait rapide-
pieds (tétanie) : perturbation du Foie, les ten- ment, c'est un syndrome Yang dû à une attaque
dons sont contractés par le Froid ou à cause externe du Poumon ; s' il commence aux mem-
du Vide de Sang. bres inférieurs et gagne la face, c'est un syn-
drome Yin, qu 'on rencontre dans des maladies (
4. Observation de la tête, du cou, chroniques dues au Vide de la Rate et des Reins. 1
des Cinq Organes des Sens et - Gonflement du visage : on le rencontre
des Neuf Orifices dans les orei llons qui sont généralement une
~ng Tou Jing Wtt Gong J iu Qiao) Chaleur tox ique qui attaque le Yang Ming et le
haut du corps; dans les parotidites chroniques
On décrit ici les signes observés sur l'en-
semble de la tête, le cou et la nuque les yeux des adu ltes (difficiles à traiter), il s'agit souvent
les oreilles, la bouche, le nez et la la~gue (Cinq d' une rétention de Mucosités avec Stase de
Organes des_Sens) et les Neuf Orifices, di visés Sang et blocage des Méridiens.
en. sept «on fi ces supérieurs» (Shang Qiao) - Paral ysie faciale : elle est généralement
quJ sont les yeux, les narines, les oreilles et la un ilatérale et due à un Vent externe qui enva-
bQ~uche, _et deux _«orifi ces inférieurs » (Xia hit les rami fications (Luo) ou à un Vent-Muco-
tao) qUJ sontl'onfice génito-urinaire et l'anus. sités qui les obstrue.
En fait, ~ous éludons volontairement l' exa- - Mouvements incontrôlés de la tête (balan-
~e~ des fnfïce~ inférieurs, difficile à exploi- cements, tremblements ... ) : symptômes de
r ans a pratique clinique générale. L'ob- Vent.
144
OBSERVATI O N

ne t . e dn tre l'.iri
r !> e t .la sclérotique . 1orsque
. \e
Ch eveux:
rcgar e!:.t ~ ~ • o n dit que les yeux. ont du SI .
clairsemés, sans éclat, q u i le pro nostic est favorable. tell,
Secs
Cheveu X • · •
- . Vide de Jing cl de Sang. . Lorsque les yeux. sont , . éteints • que 1a pupl' lle
chu~e~l/~pécie aiguë. par plaques : V td e d e est te rne ct que ses reactt~>ns à \a lumière sont
ui produit du Vent. lentes, lon,quc,. . la sclérottquc est troub\ e et \e
sang 6 hute des cheveux chez une personne to, ur d c 1 tns ma 1 défini • o. n dit que \es yeux
- alopécie précoce : C haleur du Sang n o nt pas de Shen ; la gué n son est difficile. La
·eune ou . présence du Shen est direc te m ent liée à \a qua-
J Vide des Retns.
ou ~ noter que la présence de cheveu x lité du Jing.
11 1au 1 ô • t a néces
sans autres sympt mes, n es p s A -

Coloration :
bl~ncsn.ent pathognom onique (e lle peut etre
srurer . .
d'origine hérédrtarrc). Sc LÉROTIQUE: «Lorsque le blanc de l' œil
est rouge, la maladie est dans le Cœur ~ lors-
Cou : qu' i1est blanc, elle est dans le Poumon; lors-
_ Goitre : Stagnat ion de Qi ~u .Foie ou qu' il est bleu-vert, elle est dans le Foie ; lors-
rétention de Mucosités ou combmatson des qu' il est jaune, elle est dans la Rate~ lorsqu' il
deux facteur . . est noir, elle est dans les Reins.»
_ Scrofule et nodules : Chaleu r tnlerne, Ling Shu, 74.
souvent due à un Vide de .Yi~ du Foie ~t des ENSEMBLE DE L'ŒlL:
Reins. qui consume les Lrqutdes orgaruques - Cantus rouges : Feu du Cœur.
et produit de Muco ités. - Cantus pâles : Vide de Sang.
- Sclérotique rouge : Feu du Poumon.
b) Observation des yeux - Sclérotique jaune : ictère, Plénitude interne
Localisation : d'Humidité-Chaleur.
- Ensemble de 1' œil rouge et gonflé : Vent-
Chaque Organe se manifeste au niveau Chaleur dans le Méridien du Foie.
d'une partie de l'œil : les paupières sont en - Yeux limpides : Froid (en cas de patho-
relation avec la Rate, l' iris avec le Foie, la
pupille avec les Reins, la sclérotique avec le logie).
- Yeux troubles, sales : Chaleur.
Poumon et les capillaires des cantus externes
- Paupières sombres et yeux rouges (comme
et internes avec le Cœur.
après une nuit sans sommeil): Vide de Yin ou
.«Le Jing des Os se manifeste dans la pupille,
leJmg des Tendons dans 1' iris, Je Jing du Sang de Yang des Reins.
dans les capillaires, le Jing du Qi dans la sclé- Forme et aspect :
rotique, Je Jing des chairs dans les paupières»
(Ling SIJU, 80). GONFLEMENT :
- Paupières et visage gonflés : Œdèmes.
Notion de «Shen des yeux» - Paupières rouges et gonflées : Chaleur
(Yan Shen): de la Rate.
~orsque les yeux ont de l'éclat que la - Paupières enflant progressivement, sans
~~~tlle est d ' u~ noir profond, qu~elle se rougeur : Vide de Qi de la Rate.
tracte et se dtJate
rapidement aux change- - Paupières inférieures gonflées, chez un
ments de luminosité, lorsqu'il y a un contraste vieillard : déclin du Qi des Reins.
145
PRI:Xl ' DE M ÉDECINE CH/NOl E

ENFONCEMEI\IT ET PROTUSION DES ORBITES : Forme et aspect des oreilles :


- Enfoncement : déclin du Jing et du Qi - Grandes, épaisses et épanou· .
de Organe et Entrame . dance du Qi des Reins. les · abon.
- Protu ion chez l'enfant: Vide de la Rate, - Peti tes et minces : faiblesse du Q'1
du Qi et du Sang (se rencontre en cas de mal- Reins. des
nutrition). - Gonflées : Plénitude d' Energi
- Protusion chez J'adulte : excès de Yang gène; le plus souvent il s'agit d' u; $atho-
du Foie, en cas d'hyperthyroïdie. Shao Yang qui s'élève. eu du
AUTRES SIGNES : - Peau écaillée, desquamée : Stase de Sang.
- Paupières tombantes : effondrement du Ecoulements :
Qi de la Rate.
- Dilatation de la pupille (mydriase): déclin Ecoulement trouble ou purulent : Hum·-
du Jing des Reins. dité-Chaleur du Foie et de la Vésicule biliair~.
-Contraction de la pupille (myosis) :Cha- Il existe de nombreux aspects possibles
leur dans Je Méridien des Reins. pour les écoulements (couleur, consistance
• •
signes acco mpagnateurs ... ). Le plus souvent,
Pathologies : ils s' inscrivent dans trois cadres cliniques :
De nombreuses maladies des yeux et des Vent-Chaleur, Humidité-Chaleur du Foie et de
paupières sont en relation avec des déséqui- la Vésicule biliaire, Vide des Reins avec élé-
libres généraux de l'organisme. Ces patho- vation du Feu.
logies sont trop nombreuses pour être déve-
loppées ici; elles relèvent de l'ophtalmologie
d) Observation du nez
(Yan Ke).
C'est l'orifice supérieur du Poumon, il est
également en relation avec la Rate et les Méri-
c) Observation des oreilles
diens Yang Ming (Estomac et Gros intestin).
L'oreille est en relation avec les Reins et
avec les Méridiens Shao Yang (Trois Foyers Coloration du nez :
et Vésicule biliaire). Chez un sujet sain, elle est - Bleuâtre : douleur abdominale ou dys-
brillante et rose, ou légèrement rouge. harmonie Foie-Rate (le Foie attaque la Rate).
- Jaune : Humidité-Chaleur interne.
Coloration des oreilles :
- Blanc : Vide ou perte de Sang.
- Pâles : Vent Froid ou Froid pathogène - Rouge : Chaleur dans les Méridiens de la
interne. Rate et du Poumon. . .
- Rouges et gonflées : Feu du Shao Yang ou -Noirâtre : Œdème, accumulation de Ltqut-
Humidi té-Chaleur du Foie et de la Vésicule des organiques.
biliaire.
- Sombres, ternes, desséchées : déclin du Forme et aspect du nez :
Jing des Reins. - Enflé et rouge, avec furoncle ou érup-
- Capillai.res apparents au dos des pavil- tion : Chaleur du Sang; . , , . , , thl>-
l~nc, av~ ractne de l'oreille légèrement froide: - Dilaté, gonflé: Plcmtudc d Encrgtc pa
Signe precur~eur de la rougeole. gène.
146
- B Û BSERVATION
Ecoulements : . ououche
Fote dQ au contractée
Vide d , spasmes . V
_ fluide e l clair : Vent-Froid.
_ rrouble. jaune : Vent-Chale ur. .- Bouche ou v e la Rate. · ent du
_ Jaune. épai . nau éabond ( inu ite) :Cha- pOisson : Vide d ene, comme u
- Bouch e la Rate. ne bouche de
teur( ou\'ent due à latran .fonnatio~ d'un agent V'd e ouverte, avec essouff\
fho!!ène e reme). parf01 Stagnation de Cha- t e du Poumon · ement · •

r:urdan laVé icule biliaire.


t) Observation
gencives des dents et des
e) observation des lèvres
. . Les dents sont le
Coloration des lèvres : memes produits par \e~u~p~us des Os, eux-
Les lèvres d' un ujet sain sont rouge clair ~ont ~n relation avec et~s_. ~es gencives
et humjdes, ce qui montre que Je Qi de l'Esto- mtestm et de l'EstomaclesLes Mendtens
d du Gros
mac est florissant et que le Qi et le Sano sont sonne saine . sont bl anch.es huents.dd'une, per-
. b
m~nt bnllantes, ce qui indi ' t,nt es, legère-
en harrnoJlle.
_ pâles. blanchâtres : Vide de Sang qui ne Qt des Reins et des L' .~ue l abondance du
parvient pas à s'élever et à nourrir les lèvres; gencives doivent être tqut es organiques. Les
. roses ou rouge clair.
on pe~t obse~ver des lèvre~ tr~s _pâles après - Dents Jaunes et sèch . ,
une hemorragie ou en cas d anem1e. leur qui blesse les Liq .d es . ex~es de Cha-
D ut es orgaruques
- Roses. légèrement pâles : syndrome de -R .ents ternes, noirâtres : déclin du Jing
Froid. de Vide de Sang ou de Vide de Qi et de des ems.
Sang. . - Dents ?ranlantes, qui se déchaussent :
- Rouge foncé, écarlate : Plénitude-Cha- VJde des Rems ou Feu Vide qui s' élève.
leur, en général. - Dents serrées ou grincement de dents
- Rouge foncé et èche : la Chaleur a lésé pendant le sommeil : Chaleur de l'Estomac ou
les Liquides organiques. parasites intestinaux.
- Rouge foncé et gonflée :Chaleur extrême - Gencives pâles : Vide de Sang.
de type Plénitude. ' - Gencives rouges, douloureuses et enflées
- Mauves, pâles : Froid extrême. (gingivite): Feu de l'Estomac; en cas de sai-
- ,Violacées: Stase de Sang, ou Stagnation gnements, cela signifie que le Feu blesse les
de QI et Stase de Sang. Vaisseaux et agite le Sang.
- Gencives légèrement enflées, sans dou-
Forme et aspect : leur ni rougeur : Vide de Qi ou Feu (Vide) des
d - ~~res sèches, gercées, fendues : atteinte Reins qui blesse les Vaisseaux.
Ces Liquides organiques, le plu souvent par la
haleur et la Sécheres e externes· si les lèvres g) Observation de la gorge
sont
v·d rouges. • c,es t une Chaleur de la , Rate ou un La gorge est la porte du Poumon (air) et ~e
I e de ~ 10 et des Liquides organiques. l'Estomac (nourriture). Bien que t?us les Vts-
dant- Îe
Sahve
s au .com · .des lèvre , souvent pen- cères et Méridiens soient en relauon avec la
tion d'Hom_m.c J,l : Vtde de Rate avec satura- gorge elle reflète plus particulièrement ~es
Dé um!dttc, ou Chaleur dans l' Estomac. pathoiogies du Poumon, de l'Estomac et es
f eng) •'fJalJon de la houchc : apoplexie (Zhong
Reins. llf
PRÉCIS DE M ÉDECINE Cil/NOISE

- Gorge rouge, enflée et douloureuse : Cha- - Pourpre violacé : atteinte du Yin


leur dans le Poumon (ou Vent-Chaleur) ou Liquides
.
organiques par l'excès de c~t\des
aeur
dans l'Estomac. tOXIqUe. l
-Gorge rouge, enflée et douloureuse, avec - Rouge pâle, mauve ou violacé pâle: v
des points purulents blancs ou jaunes : Chaleur de Qi, de Sang et de Yang. tde b~\1
- Eruption en plaques, erratique, sur l' d~(
toxiq ue du Poumon et de l'Estomac.
- Gorge rouge clair ou légèrement sombre, semble du corps, superficielle, parfois acc:n- 6et
peu enflée et peu douloureuse : diminution de pagnée de gonflements et de douleurs: Feu~~ tiO
l'Eau des Reins, Vide de Yin des Reins avec Cœur ou Vent-Chaleur . (le
. Vent-Chaleur
d est a~
1
J'agent path ogène pnnc1pa es éruptions et ~~
élévation du Feu.
- Membrane blanche ou grisâtre qui s'éli- des fièvres éruptives au stade aigu : rougeo\
mine difficilement au grattage (celui-ci pro- rubéole, urticaire, eczéma ... ). e, l
duit parfois des saignements) et réapparaît - Eruption rouge ~v~c. gonflements, au
rapidement : diphtérie (Bai H ou); le Feu du niveau des membres mfeneurs : Humidité-
Poumon blesse le Yin. Chaleur accu mulée en bas du corps ou Feu des
Reins.
- Taches violacées sombres, larges et irré-
5. Observation de la peau gulières : Vide de Qi qui ne contient plus le
Sang~ ce dernier s'extravase et produit des
La peau est l'aspect le plus externe du corps,
le lieu de circulation de l'Energie défensive. Stases de Sang au niveau de la peau.
Elle est plus particulièrement en relation avec Peau jaune:
le Poumon. Elle est la première structure cor-
porelle à recevoir l'agression de l'Energie patho- Elle correspond le plus souvent à un ictère.
, On disti ngue le «jaune Yang» (brillant, orangé)
gene.
n n'est évidemment pas question de décrire et le «jaune Yin » (terne).
ici toutes les lésions et symptômes cutanés qui - Jau ne Yang, généralement accompagné
sont analysés en dermatologie (Pi Fu Ke). Dans d'autres signes de Chaleur (soif, enduit lingual
1'observation de la peau, on examine essen- jaune et gras ... ): Humidité-Chaleur de la Rate
tiellement les modifications de sa coloration et de l'Estomac ou du Foie et de la Vésicule
et de sa texture, ainsi que quelques éruptions et biliaire.
lésions caractéristiques. - Jau ne Yin, généralement accompagné
d'autres signes de Froid (crainte du Froid, goût
a) Coloration fade dans la bouche, enduit lingual blanc et
gras) : Humidité-Froid de la Rate et de l'Esto-
Peau rouge: mac.
C'est la couleur habituelle des exanthèmes Peau noirâtre :
(Ban Zhen), souvent causée par la Chaleur
pathogène du Poumon et de l'Estomac, qui Il s'agit généralement d'une coloration
chasse .le Sang vers la peau. La coloration noire, surajoutée au jaune. On parle quelque·
rouge vtf correspond au pronostic le plus favo- fois «d' ictère noir » (Hei Dan). Cette colorJ·
rable. ti on survient en cas d' atteinte des Reins.
R~uge sombre : accu mulation de Cha-
leur toxtquc.
OBSERVATION

Méridien d~ Poumon, sur lequel sont égale-


b) Texture ~ e nt localisés les pouls radiaux, passe au
Vésicules bla nch es ( Bai Pei ) : ruveau de la face palmaire de l' index.
·agil de petite vésicules translucides,
. : 1 re pouvant apparaître sur 1'ensemble a) Localisation
bn1 an àl'exception du visage. Elles contien- - La phalange correspond à la section du
du co~ 'liquide. Elles sont dues à la Stagna- Vent (Feng).
nenr
. de u l'Humidite· ' ou de I' H um1·d·1te-
' Chal eur - La phalangine correspond à la section de
uonniveau de la peau, la transp1rat1on
au · · ne pou- l' Energie (Qi ).
vant 5 'échapper. . . - La phalangette correspond à la section
_ Vésicules blanches, bnllantes et plemes : de la Vie, ou destinée (Ming).
J'Humidité accumulée va s'échapper. Le pro-
ostie est favorable ... b) Méthode d'examen
0 _ Vésicules blanches, sèches, sans éclat,
On saisit, entre le pouce et l' index de la
partiellement vides : ass~chemen; des Liquides
main gauche, l'index de l'enfant et on le presse
organiques. Le pronostic es~ ~e!avorable, la modérément, de la base à l'extrémité, avec le
maladie évolue vers la chromctte. pouce de la main droite, ce qui fait apparaître
Autres lésions cuta nées : les vaisseaux.
La médecine externe ( Wai Ke) distingue un
c) Interprétation
certain nombre d'affections, souvent dues à
une combinaison d' Humidité, de Chaleur toxi- Chez un sujet sain, les Vaisseaux n'appa-
que, de Stagnation de Qi et de Stases de Sang. raissent que faiblement, uniquement dans la
-Abcès volumineux, rouges, enflés, chauds section du Vent, et ils sont de couleur rose ou
et douloureux ( Yang) : symptômes Yang. rouge clair.
- Abcès profonds, gonflés, sans relief ni Coloration :
coloration cutanés (lu): symptômes Yin.
- Furoncles de petite dimension, durs, pro- - Rouge vif: Vent-Froid externe.
voquant parfois une sensation d'engourdisse- - Rouge sombre : Chaleur interne.
ment, parfois douloureux et puru lents, avec - Pâle : Vide ou Froid.
- Violacé foncé ou pourpre sombre : situa-
une tête blanche (Ding).
- Furoncles superficiels, de forme ronde, tion cri tique due à l'obstruction des Vaisseaux
rouges, gonflés, chauds et douloureux, s'amol- par la Stase de Sang.
lissant après supurati on (Ji e). - Bleuâtre : douleur ou convulsion.
E mplacement :
6. Observation des Vaisseaux - Section du Vent : atteinte
(Wang Luo Mai) . , superficielle,
maladie récente et sans gravtte.
- Section de l'Energie : aggravation, la
Il s'agit de l'examen du réseau vasculaire
de l'index, qui est pratiqué chez les jeunes maladie pénètre dans la profondeur.
- Section de la Vie : maladie grave et pro-
enfant() (avant3 ans), à la place de la palpation
de~ pouls. On considère qu' une branche du fonde.
149
...
PRFCI' DH U ÉOECI E Cil/NOISE

- San. interruption à travers les trois sec- Vomissements :


tion .' jusq u.' à!' ongle : maladie très grave, pro- D' une façon générale, les vomissements
no ttc pe JmJste. sont l'expres!>ion d'un Qi de l' Estomac à
Profondeur : contre-courant.
- Vai seaux superficiels : atteinte du Biao - Vomissement de liquide clair et fluide
( urface). parfoi~ mousseux : Froid. '
- Vaisseaux profonds : atteinte du Li (pro- - Vomissement d'aliments, sans goût acide
fondeur). ni odeur nauséabonde: Froid de \' Estomac.
- Vomissement d'aliments, avec un goût
acide et une odeur nauséabonde: Stagnation de
7. Observation des excrétas nourriture dans l'Estomac.
("Wang Pai Chu 1\'t'lt) - Vomissement de bile, avec un goût amer:
Expectorations : Chaleur pathogène ou Hu midité-Chaleur du
Foie et de la Vésicule biliaire.
- Jaunes et épaisses : Mucosités-Chaleur. - Vomissement de liquide clair accompa-
- Blanches et fluides, parfois grisâtres : gné de sécheresse de la bouche sans désir de
Muco ités-Froid ; le Froid attaque le Yang et le boire et d' oppression de la poitrine : Tan Yin, a)lnl
Qi ne peut plus tran former les Liquides orga- la Rate perd ses fonctions de transport et de et de

mques. transformation, les Glaires s' accumulent dans
- Claires et Ouides, mais mousseuses,
comme de l'écume: Mucosités-Vent ; le Vent l' Estomac. tari 1
du Foie, associé aux Mucosités, s'élève et - Hématémèse : Chaleur qui blesse les duS
trouble les orifice supérieurs. Vaisseaux de l' Estomac ou Feu du Foie qui
- Blanches, grasse , troubles et abondantes, attaque 1' Estomac. etf
faciles à expectorer: Mucosités-Humidité. - Hématémèse de Sang pourpre ou som-
- Rares, concentrées et difficiles à expec- bre : Stase de Sang, le Sang ne peut pas conti-
torer : Mucosités-Sécheresse. nuer à circuler dans les Vaisseaux.
- Présence de Sang dans les expectora- - Vomissement de pus et de Sang : abcès de
tions : Chaleur qu i blesse les Vaisseaux du l'Estomac.
Poumon ou le Feu du Foie envahit le Poumon ;
Urine:
se rencontre également dans les Vides de Yin
avec Feu Vide. - Urine claire el abondante : Froid ou Vide.
- Purulentes, d' odeur nauséabonde, parfois - Urine rare, concentrée et très colorée:
sanguinolentes : abcès du Poumon. Chaleur.
Rhinorrhées : - Hématurie: Lin<2l de Sang (Xue Lin).
- Présence de sédiments dans l'urine: Lin
- Jaunes, troubles et épaisses : Vent-Cha-
de pierre (Shi Lin ). . .
leur. - Urine avec des dépôts gras: Lm de grrusse
- Claires et flu ides, s'écoulant comme de
l'eau : Vent-Froid. (Gao Lin).

. é.é par un rétrécis·


2. Le mot Lin est un terme générique pour désigner une catégorie de malad1es caract ns es
sement ou une obstruction des voies urinaires.

150
OBSERVATION
,
Autres exc r etas :
Cœur, la Rate et 1' Estomac : «La langue est le
La rran pi ration. les selles, les_ l eu c~rrhées bourgeon du Cœur », elle permet la reconnais-
rèole , pou vant rarement etre directe- ?an~e des saveurs qui innuencentl'appétit et,
el le ob e-ervée par le praticien, leur descrip-
ment . . d 1•. · mdi~ectement, les fonctions d'assimilation, en
. e r recueillie au cour e InterrogatOire.
oon relation. av~c la Rate; on considère que c·est la
« vaponsat1on » du Qi de 1' Estomac qui forme
l'endui t.
S. Observation de la langue
(1Wzng She) :-: ~a langue est parcourue par plusieurs
Mend1ens ou ramifications.
fJ s'agit sans doute de la partie la plus éla- - L'examen de la langue est rapide, facile
, de J'observation
bo ree . (:.1:~et c'est

un aspect essen- à réaliser (bien que son interprétation puisse
tiel du diagnostic diu crentie 1. être complexe, il n'exige pas de matériel sophis-
L'observation de la langue comprend l'exa- tiqué ni de techni ques élaborées) et il apporte
une grande richesse d' informations.
men de sa couleur, ~e sa fo.rme et ~e sa r:no?i- - Dans la sémiologie de la médecine chi-
Jité. On y associe 1' mspectron de 1 endutt lin- noise, quel que soit le système dialectique uti-
gual dont on analyse la coul eur et la texture. lisé, la langue et l'enduit font partie de la des-
cription de pratiquement tous les tableaux
a) Intérêt de l'obser vation de la la ngue cliniques ou syndromes (Zheng) qui détermj-
et de son enduit nent le diagnostic différentiel d' une affection.
_ Les tissus de la langue étant très vascu-
larisés, elle renseigne sur l'équilibre du Qi et b ) Localisation
du Sang. n existe plusieur topographies de la lan-
_ La langue est en relation avec les Organes gue. La plus courante est la suivante:
er Entrailles, plus particulièreme nt avec le

La langue

Foyer inférieur - -----+- - - -- Reins

-·-·-·-·-·-·-·-·
Foyer médian
FoieNésicule biliaire

-·-·-·-·-·-·-·-·-
Foyer supérieur -----*7l-- - -- - - Poumon
....._~~------- Cœur

c) Méthodes à la lumière halogène. On demande au pati~~t


de ti rer la langue, sans trop de fo~ce, en ?m:
L'examen doit être fait à la lu mière natu- geant la pointe vers le bas. Le patient d~lt, SI
relle; à la limite, lorsque la lumière du jour fait possible, éviter certaines substances avec l exa-
défaut, on peut utiliser un éclairage au néon ou men (olives, sucreries contenant des colorants,

151
!f~R~ÉC~I~D~E~JI~É~D~E~a~,~E~C~H~IN~O~I~SE~·_._._._._._._._._._._____._._.=;=;=;._._~~
;;; ~-
"
café, lhé, wbac, betterave rouge, choux rouge, du Sang; en cas de maladie d'or· · .
Vide de Yin avec Feu extrême tgme Interne,
ju d'orange ... ) car elle modifient les cou- - Violacée, mauve ou bleuâtre an .
leurs naturelles de la langue et de l'enduit De sence de points violacés sur les bo;d . ~~s Pré.
plu , il faut avoir si le patient est ~o~s .traite- Sang; plus la couleur tire vers le ro~· tase de
ment ' certain médicaments (antJbtouques, . pre) et plus la langue est sèche plu g~1 (pour.
notamment) altérant également la colorauon. Chaleur plus elle est pâle et hu~id: 1Y a. de
Il es t parfois utile d' utiliser un abaisse- a de Froid à 1' origine de la Stase. ' Pus tl Y
lanaue ou une pince entourée de gaze pour net-
Forme:
toy:r 1a langue et observer 1' adhérence et la
nature de l'enduit. Pour une
. personne. en bonne santé, 1a 1an-
gue est b ten proporttonnée, lisse, souple
Il ne faut pas observer la langue pendant brillante. et
plus de trois ou quatre secondes de suite car,
lorsq u'elle est tirée hors de la bouche, sa colo- - « ~eu ne>? (Nen) •. souple, mince, de tex-
ration et son humidité changent rapidement. ture ume : V1de, Fro1d, maladie bénigne 0
Si nécessaire, il est préférable de demander au stade précoce des affections chroniques. u
patient de la tirer à nouveau, un peu plus tard. - <~ Vieill_e ~> (Lao), dure, terne, rugueuse,
Enfin, il faut savoir que 1' aspect de la langue racorme: Plemtude, Chaleur, stade avancé des
peut être influencé par la saison et le climat. maladies chroniques.
GROSSE LANGUE :
d) Le corps de la langue - Grosse large, gonflée : rétention d'Hu-
midité ou de Muco ités
Shen de la langue (She Shen) : - Pâle, large, brillante et humide: Vide de
- Le Shen de la langue est présent lors- Yang de la Rate et des Reins. -
qu 'elle est fraîche, florissante (Rong), c'est-à- - Rouge, large, avec enduit jaune et gras : de <

dire humide, brillante, avec une texture fine et Humidité-Chaleur de la Rate et de l'Estomac,
réguUère qui révèle que Zheng Qi et les sub- avec rétenti on de Mucosités troubles.
- Gonflée et violacée : signe de toxicité, de (
strats corporels sont abondants et harmonieux.
alcoolisme, chaleur toxique, poison qui per- du 1
- La langue perd son Shen lorsqu 'elle appa-
turbe la circul ati on sanguine ... por
raît flétrie (Ku), sèche, terne et sombre, signe
de!
d'épuisement du Yin et des Liquides organ.i- P ETITE LANGUE :
- Fine, mince et petite : Vide de Yin, de sla
q~es, de dysharmonie du Qi et du Sang et de
faiblesse de Zheng Qi. Sang et de Liquides organiques.
- Pâle et mince : Vide de Qi et de Sang.
Coloration : - Rouge, sèche et mince : Vide de Yin, Feu
Pour une personne en bonne santé, la cou- Vide.
leur naturelle est rose. POINTS SUR LA LANGUE :
- Pâle : Vide de Qi, de Sang ou de Yang. - Langue en framboise (Cao Mei She), de
- Rouge : Chaleur nombreuses papilles gonflées, souvent rouge ·
. - Ecarlate : Chaleur extrême ; en cas d'at- souvent concentrées à la pointe et au centre de
temte externe, pénétration de la Chaleur dans la langue : Chaleur florissante dans les cou~he
la couche de 1, Energie nourricière ou dans celle de 1' Energie nourricière et du Sang; SI les
152
..
_ c=:;-
OBSERVATI ON

. ont pourpres ou violacés, le pronostic Mobilité :


po J(l(lu s sévère. . .
e P p ·nrs rouges avec endu 1t Jaune : Cha-
1 Pour une personne en bonne santé, \a \an-
- OJ
ur dan Ja couche du 1.
Q'
.
?ue. ,est souple et tonique~ elle sort et rentre
le p0 ints rouge foncé, sans enduit: Chaleur act : m,ent, et sa mobilité est parfaitement
controlee.
-:E er!!Îe nourricière er du Sang, avec assè-
de 1 n :;, · ·
chement des Liqu1des organrqéue~. . RtGlDE, DURE, RENDANT L'ÉLOCUTION DlFFI-
_ Point rouges concentr s a 1a pomte : CILE:
hal ur dans le Méridien du Cœur. - E~ cas d'atteinte d'origine externe: Cha-
C _ ePoints roug~s ur ~~s .côtés : Chaleur du leur ~u t envahit l'Enveloppe du Cœur, obs-
F01. et de la Vésrcule brlrrure. tru.ctron due aux Mucosités ou fièvre élevée
~ Points sur le milieu de la langue : Cha- qUl consume les Liquides organiques.
leur-Plénitude de I'Estoma~. , - ~n cas de maladie d'origine interne : Vent
_ Points pourpres ou viOlaces : Stase de du FOte avec Mucosités (épilepsie, apoplexie...).
Sang. M OLLE, SANS TON ICITÉ, O[FflCILE À SORTIR:
EPINEUSE, avec des papilles hypertrophiées - Pâle : Vide de Qi et de Sang.
formant des a pérités parfois douloureuses : - Ecarlate : Vide de Yin sévère.
Plénitude de Chaleur pathogène. - Rouge, sèche et molle, dans une maladie
aiguë : Chaleur-Plénitude qui consume les
CRAQUELÉE, FENDILLÉE, CREVASSÉE :
Liquides organiques.
Vide de Yin et des Liquides organiques
(sauf chez certaines personnes, e? bonne santé, T REMBLANTE : Vent interne causé par une
pour qui cet aspect est congemtal et perma- Chaleur extrême ou par un Vide de Sang; se
nent). rencontre couramment dans les maladies infec-
- Rouge foncé: Chaleur qui blesse les Liqui- tieuses, les états fébriles ou 1' alcoolisme.
des organiques. D ÉVIÉE, SOUVENT AVEC DÉVIATION DE LA
- Pâle et mince : Vide de Sang. BOUCHE ET PERTU RBATION DE LA PAROLE : Vent
- Pâle, large, indentée et craquelée : Vide du Foie et Mucosités obstruent les Méridiens
de Qi de la Rate, avec rétention de Mucosités (notamment celui du Foie, qui gouverne les ten-
du fait de l'insuffisance des fonctions de trans- dons); souvent observée en cas d' apople~ie
port et de transformation (dans ce cas, les Liqui- (Zhong Feng) ou après un accident vascularre
des organiq ues ne sont pas en Vide, mais ils cérébral .
stagnent).
SORTANT SOUVENT DE LA BOUCHE : observée
- Indentée, les bords de la langue conser- en cas de démence ou dans les troubles neuro-
vant l'empreinte des dents (se rencontre sou- psychiatriques graves, dus à la Chaleur du Cœur
ve.nt avec une langue large) : Vide de Qi, par- qui produit un Vent interne ou dans la Ch~le~r
fois de Yang, de la Rate et rétention d' Humidité. du Méridien de la Rate qui consum~ les Ltq~t­
- Ulcérée et douloureuse : Feu du Cœur, des organiques, ou encore dans le Vtde de Jmg
d~ la Rate ou de l' Estomac, parfois Vide de des Reins.
YJn de, Rein~ avec Feu Vide.
PRECI DE .\JÉDECit E CHI OISE
/
- Sec : Chaleur-Plénitude qui bl
e) L'enduit lingual Liquides organiques ou Vide de Yin a:sse~es
Coloration : Vide; Chaleur et Sécheresse de l'Estoec eu
du Gros intestin. mac et
Pour une per onne en bonne santé, la cou-
leur naturelle e t blanc translucide. - Légèrement gris: se rencontre parto·
cas d ' absorptton
. .
excesstve de toniques. lS en
BLANC : syndrome superficiel ou de F.roid.
-Avec une langue normale: Vent-Frotd ou NOIR : syndrome sévère de Chaleur ou d
début du Vent-Chaleur. Froid interne. e
- Epais et humide, avec une langue pâle : - Sec : Chaleur interne extrême endom-
Humidité-Froid. mageant des Liquides organiques. •

- Rugueux et très sec (comme du sable) : - Humide : Froid interne extrême ou Vide
ChaJeur-Piénitude brutale qui consume rapi- de Yang.
dement les Liquides organiques sans avoir le - Noi r à la pointe sur une langue rouge :
temps de colorer l'enduit. Chaleur-Plénitude du Cœur (Feu du Cœur).
J AUNE : syndrome interne ou de Chaleur. - Pointe de la langue rouge et enduit noir à
- Jaune clair : Chaleur modérée. la racine : le Feu du Cœur blesse les Liquides
- Jaune clair, aqueux et plutôt mince : la organiques des Reins (Cœur et Reins ne com-
Chaleur n'a pas encore endommagé les Liqui- muniquent plus).
des organiques. Attention : ne pas confondre un enduit noir
- Jaune, mince: Vent-Chaleur, Chaleur en avec une coloration alimentaire ou une mycose.
superficie.
- Jaune clair, mince : Mucosités-Chaleur
dans la Rate et 1' Estomac. Texture:
- Jaune foncé : Chaleur plus sévère. Pour une personne en bonne santé, l'enduit
- Jaune brûlé, sec : Chaleur intense qui est fin , ni trop humide ni trop sec, ni trop glis-
endommage les Liquides organiques. sant ni trop rugueux.
- Evolution du blanc au jaune : la maladie
ENDUIT «FLOTTANT», «faux enduit», fra-
passe de la superficie (Biao) à l' interne (Li).
- Jaune et gras, collant : Mucosités dues à gile et facile à enlever (avec un abaisse-langue
l' Humidité-Chaleur. ou une gaze) : Froid-Vide, faiblesse du Qi de
- Jaune clair, gras et légèrement trouble : l' Estomac.
prépondérance de l' Humidité sur la Chaleur. ENDUIT «ENRACINÉ», << vrai enduit», adhé-
- Jaune noirâtre et très trouble : prépondé- rent, difficile à enlever: Chaleur-Plénitude, Qi
rance de la Chaleur sur l' Humidité. de l'Estomac suffi sant, encore vigoureux.
- Ja~ne sur un côté et blanc sur l' autre :
ENDUIT FIN (on peut percevoir le corps de ,
Stagnation de Qi du Foie qui se transforme en
Feu du Foie. la langue à travers l'enduit): bonne sante,
maladie superficielle ou bénigne.
. GRIS: syndrome interne de Froid (si l'en-
dUit est humide) ou de Chaleur (si l'enduit est ENDUlT ÉPAIS : maladie interne, syndrome
sec). de Plénitude.
. -. Humide : Mucosités et Stagnation des ENDUIT HUMIDE : Humidité, Froid OU
LtqUJdcs organiques.
rétention des Liquides organiques.
-
-
E.''DL1T E : Chaleur, Séchere e, Vide de
OBS ERVATION

' - Plu épais à la racine . ct· . .


Yin ou de Liqu~de. o~gan ique , ou encore l Energie patho è . · lmtnutton de
\'ide de Yang (dtmrnutwn ?es fonctions de désordre intesti~a~e mterne ~ constipation ou
rransport et de tran formation de Liquides - Plu épais d'un côté . affecti d .
organique ). de la Vésicule biliaire. . on u FOle et
ENDUIT GRA , de tex ture fine et lisse : EN~UlT DESQUAMÉ, se détachant et laissant
Humidité trouble, Muco ités, Stagnation de a~paraltr~ le cor~s de la langue (en carte de
nourriture. geographie) : attemte du Qi et du Yin de l'E -
_ Blanc : Humidité-Froid ou Mucosités- tornac. s
Froid. ~ Gras : accumulation d' Humidité, avec
- Jaune : Humidité-Chaleur ou Mucosités- attemte de Zheng Qi.
Chaleur. - Tot~lement écaillé, laissant apparaître une
ENDUIT PARTIEL, ne couvrant pas réguljè- langue bnllante (langue en miroir) : Vide du Qi
rement la surface de la langue : et du Yin de la Rate et de l'Estomac.
- Plus épais à la pointe (rare) : atteinte - Langue rouge, sans enduit ou avec un
superficielle ou qui a peu pénétré en profon- enduit trè fin : Vide de Yin avec Chaleur Vide.
- Absence d'enduit, mais langue très
deur; insuffi ance du Qi de la Rate et de l'E -
humide : Vide de Yang des Reins avec Froid
tornac. externe qui attaquent directement les Reins.
- Plus épai au milieu et à la racine (fré-
quent) : obstruction du Foyer Médian par le
Mucosités ou la Stagnation de nourriture.


CHAPITRE XIII

Audition et olfaction (Wen Zhen)

e Wen Zhen désig ne sp écifiquemenr Vent-Chaleur ou causé par une accumulation


E œrm . qw· rep ose sur l ' au-
L , 1
JI/el 1ode de diagnostiC •
. lad dijfierenrs sons prodwrs p a r le pattent
d1·uon
. b
es · resplratOlres...
· · ). B œn
.

· que re l e va nt·
de Mucosité .
Voix éraillée avec bouche sèche : Vide
15
(vOIX, n~~eption sensorielle différente, l 'olfac - des Liquides organiques.
~·une pe!llégrée à celle étape d e l 'ex amen cli-
0011 est u Voix faible, aggravée en hiver et améliorée
nique. en été : Vide de Yang.
Voix forte en début de phrase et qui dimi-
1. Audition nue par la uite : le Vide prédomine sur la Plé-
• nitude, dan un yndrome complexe .
a) La voiX
ns'agit d'écouter à la foi s Je son et la cohé- Voix éteinte le patient e t trop faible pour
rence verbaJe. parler : évère déficience de Zong Qi.
Le Nei Jing décrit une corre pondance entre
Son de la voix : le différent type de on vocaux et le Cinq
Le Poumon e t le principaJ organe concerné. Mouvement <Il.
Les maladies correspondent à un yndrome de
Vide ou à une Plénitude elon le on émi Cohérence verbale :
par le patient. Le Cœur est le principal organe concerné,
Voix forte : syndromes de Plénitude et de car i1gouverne le Shell et la parole.
Chaleur. Logorrhée, irritabilité : Plénitude-Cha-
Voix faible : syndrome de Vide et de Froid. leur.
Aphonie : peut être de Vide ou de Pléni- Délire, dans une maladie fébrile : Cha-
tude. leur-Plénitude qui atteint l'Enveloppe du Cœur.
- Aphonie progressive : syndrome de Vide Elocution difficile, langue rigide, la pe~­
lié à une affection chronique ; Vide des Liqui- sonne ne peut parler clairement : ~lalad&e
des organiques et. dans le~ formes plus sévères. cérébrale duc aux Mucosités-Vent qu& pertur-
Vide de Yin du Poumon et des Reins avec
bent le Cerveau.
épuisement des Liquide~ organique~ et altéra-
tion de leur mouvement. Voix très faible, paroles incohérent~ le
patient étant inconscient ou peu consc&enl :
- Aphonie hrutale : syndrome de Plénitude
dû a une atteinte externe par le Vent-Froid. le sévère Vide de Qi du Cœur.

1 Vou ch..purc l ·,,,, ,.,,,,, ,,.,/\,


IPRI.:Cl DE MEDECINE CHINOI E

Délire, rire fort, paroles grossières insul-


te . agre Jvrte, le pattent a trop chaud, il ne
• • , 0 '
du Poumon. On distingue globalement d
aspects : Plénitude et Vide. eux
riem pa enpJace et veut grimper partout : syn-
drome mamaque (Kuang), généralement dû au
Plénitude:
Feu et aux Muco ité qui perturbent Je Cœur.
Toux étouffée, sourde, avec des Muco ·
b) Bruits respiratoires , bianches et fl u1des
tes . et une rhinorrhée fluidSi-.
atteinte externe par le Vent-Froid. e·
Dyspnée et sifflement :
Toux grasse, avec expectoration facile de
On rencontre notamment ces signes dans Mucosités abondantes : Mucosités-Humidité.
l'asthme. Globalement, on distingue deu x Toux sèche, peu productive ou avec des
aspects : Plénitude et Vide. Mucosités concentrées et difficiles à expecto-
Respiration stertoreuse, très sonore, rer : Sécheresse, parfois associée à la Chaleur
améliorée à 1'expiration, tête tirée en arrière, ou aux Muco ités.
patient de forte constitution et symptômes Toux profonde, caverneuse, avec expec-
d'apparition rapide : Plénitude, avec souvent torations jaunes, collantes, et avec douleur ou
présence de Mucosités et de Chaleur. en ation de brûlure pectorale : Chaleur du
Poumon ou Muco ités-Chaleur.
Respiration faible, améliorée à 1' inspira-
tion et aggravée au mouvement, sifflement
étouffé, patient de faible constitution ou amoin- Vide:
dri, symptômes apparaissant progressivement, Toux faible, étouffée, avec beaucoup de
maladie chronique : Vide, généralement Vide Muco ité blanches et mousseuses, respiration
de Qi du Poumon et des Reins. uperfi cielle et rapide : Vide de Qi du Pou-
mon.
Essoufflem ent et soupirs : Toux nocturne chronique ou aggravée
Souffle court, halètement, généralement pendant la nuit : Vide de Yin des Reins.
aggravé à 1'effort : Vide de Qi, du Poumon Syndromes complexes : ils sont le résultat
notamment ; parfois, Poumon et Reins ne com- d' une combinaison de Vide et de Plénitude ou
muniquent plus; certaines affections du Cœur de plu ieurs agents pathogène~, et on 1~ ~en­
peu vent également produire ces symptômes. contre dan le ituation chromques mms ega-
lement dan certaines maladies épidémiques.
So upirs longs et fréquents , parfois
accompagnés d' un léger gémissement, avec Par exemple, une toux forte comme_un aboi~­
ment (di phtérie) peut être due à un Vtele de Ym
sensation d'oppression de la poitrine : Stagna-
du Poumon et des Reins avec, en plus. de la
tion de Qi du Foie, les fonctions de drai nage et
de dispersion (Shu Xie) du Foie sont pertu r- Chaleur toxique.
bée~ par des émot ion~ réprimées.

c} Ttmx
( t'Sl une perl ur héri ion de~ fonct ion ~ de
de ec ru e, de diffu~JOn c l de puri fi cation
. .""'
-~-

-- -~-- --~

d) Hoquet et éructations 2. Olfaction


Hoquet et éructation ont deux manife ta-
rion d'un Qi de fEstomac à contre-courant. Haleine:
I olé et occa ionnels, il ne ont pas patho-
logique . Par exemple, un hoquet d'apparition Haleine fétide : Chaleur de 1•E to
.
oudame, '
apres .
un repa trop copieux ou trop troubl,e dige tif (~tagnation de nourr~~~~
vite avalé. di sparai sant spontanément après d~ l Est~mac), cane ou abcè dentaire, mau-
vru e hygtene buccale.
quelques minute , ne ju tifie aucun traitement.
Haleine putride : abcè interne (Poumon.
Hoquet fort, sonore, avec des spasmes par exemple).
rapprochés : Chaleur-Plénitude, Chaleur de
I'E tornac. . S?uffle nasal d' odeur nauséabonde :
InUSite.
Hoquet faible, sourd , avec un ryth me
lent : Froid-Vide, Froid qui attaque l'Estomac, Excrétas :
Vide de Qi ou Vide de Yang du Foyer médian.
Eructations sans odeur : Vide de Qi de Leucorrhées, selles ou urines d'odeur
l'Estomac; J'Estomac perd sa fonction natu- nauséabonde : Chaleur ou Humidité-Chaleur.
relle de descente, le Qi remonte à contre-cou- Leucorrhées, selles ou urines d'odeur de
rant. poisson cru : Froid.
Eructations avec odeur nauséabonde Expectoration de Mucosités d'odeur
(œuf pourri, notamment): Stagnation de nour- putride : abcès du Poumon.
riture dans 1' Estomac.
Eructations accompagnées de régurgi-
tations acides : le Foie attaque 1' Estomac.
;

ltf ~artl{lllf 1 r lflll t t w11 fm me, Mmitmlt c c• qw t' \l Hill' 'm't' Ill, l' u/011! 1 r l u 1 1111111

d qm 1 OIJ\t lU, ti f Iles m ·cl cins l w111 \t mhlahlt•\ 011\ 1 'JUil\ (4)u u., ..6)
C H APITRE XlV

Interrogatoire (Wen Zhen)

, !{l'ERROGttTOJRf:. esr une érape esse,_llielle de prendre des positions qui ne donnent pas for-
/examen clinique. _Tour d '~1bord. tl perme/ cément une idée réelle de ses symptômes. Par
L •
:1 0 brent
·r des ùrfiormartons qw ne peuvenr pas
ises par les a111res met, 1wc.fes d .tnvesn-
· .
exemple, plutôt que de dire: «Avez-vous bon
appétit ?», il vaut mieux demander: «Com-
err~ acq(~~~récédentsfamiliaux, mode de vie, his- ment est votre appétit ?» Ou encore, plutôt
. •·de ta malod.te... ) . 0 .a111re parr, L-1 ren-
gattOII que : «Avez-vous une sensation de douleur
tonque
• ,. r tes symptomes~ su · ;~ (dou1eur,
b~JeCII.JS
setgne· ·•ér11 d'amélioratwn . et d. aggravC(/1011,. sen- brûlante au ni veau pectoral lorsque vous tous-
JI/OdO1(1 •
· s diverses... ) que, par d. eJ:r.iflttwn,
.. seu[ fe
sez?», préférer : «Que ressentez-vous lorsque
'
rauon d d , . D e p1us, rous Les
• t est à même e ecnre.
vous toussez?» C'est seulement quand le
pnue
· es11 clinic.ïues 11 ,oppormssent
. pas fiorcement
, patient se révèle incapable de formuler une
stgntdantle court temps d '1111e consu1talion . ; t.1est réponse que l'on peut lui suggérer plusieurs
~~~ c nécessaire de ~ema11der ~u malade d'en
1
Jaire fe récit. Ell.fill, 1 mrerrogatmre est un moyen
hypothèses.
de conftnner ou d'~ifirn~er certaines perce'?tions
- Rester parfaitement neutre, sans induire
du praticien, au meme rare que les autres etapes les réponses ni donner le sentiment, au patient,
de ['examen clinique permettent de relativiser La qu' on est étonné, sceptique, rassuré, qu'on
description que le patient donne de sa maladie. approuve ou qu' on désapprouve ce qu' il dit.
Dans les chapitres 77 et 78 du Su Wen, on Ainsi, une formulation du type : «Vous ne
stigmatise la conduire des médecins qui préten- mangez pas trop gras, au moins?>> à l' adresse
dent Jaire un diagnostic sans interrogatoire. d' un patient obèse, n' apportera aucune infor-
L'ordre et le contenu des questions importantes mation fiable. On est mieux renseigné en lui
ont évolué au cours des siècles. Zhang Jing Yue,
sous les Ming, et Chen Xiu Yuan, sous les Qing, demandant : «Décri vez-moi votre régime ali-
ont affiné la méthode de l 'interrogatoire. De nos mentaire. »
jours, on se sert encore des grands principes - Demander de préciser toute réponse pou-
décrits par ces auteurs, avec quelques ad~pta­ vant donner lieu à plusieurs interprétations.
tions et des questions complémentaires inhé-
Par exemple, un patient qui déclare : «le mange
rentes à la vie moderne.
peu », peut signifier soit qu' il n' a pas d' appé-
tit, soit qu' il restreint son alimentation, pour
1. Principes généraux diverses raisons possibles.
Pour que l'interrogatoire soit efficace, il ne - Explorer, par des questions complémen-
s~ffit pas d'énoncer les questions, même judi- taires, toute réponse pouvant être vague ou
Cieuses. Certaines règles générales doivent être incertaine. Par exemple, on ne peut se conten-
,
respectees : ter de l'assertion d' un patient qui dirait : «le
suis de plus en plus faible.» Depuis quand ?
, ,- Eviter les questions « fermées», amenant Comment et quand s'en est-il rendu compte?
a repondre par oui ou par non. Elles autorisent Comment s'exprime cette faiblesse ? A-t-elle
pe.u de nuances, empêchent le patient de s'ex- des critères objectifs? ... De même, lorsqu'à
pnmer dans ses propres termes et 1' amènent à
161
PRÉCI DE M ÉDECINE CHIN OISE

l
la su it~ d' un trai tement, un patient déclare : an nexes. Il est plus facile d'établir un ct·
gnostic avec une diza1ne de signes sGrs et ~-
1
«Je. vms.beaucou.p mieux... rien n'a changé .. .
ou Je va1s de moJOs en moins bien... », il est .é
CIS ment
décnts
· qu ' avec une grande quant
pre-,
Pfl;ldent de reprendre Je différents symptômes de données peu significati ves. ne
qu1ont été décri ts précédemment, les uns après
les autres, avant de conclure. , - S'astreindre à un: vis~on sy.nthétique de
1 état du n:~Iade. La medecme chmoise impli-
- Ne pas confondre complainte et maladie. q~e un~ vtsto~ globale. Il est possible que cer-
L', une .et l'autre, ont autant d'importance et tams Signes n entrent pas dans le cadre d'un
necessJtent une ecoute attentive, mais elles ne tableau clinique; en revanche, il n'est pas pos-
peuvent être abordées de la même façon, bien sible de conclure au diagnostic d' un syndrome
qu'elles soient évidemment complémentaires. sans la présence des symptômes essentiels ou
La complainte du patient exprime un état de lorsque le patient décrit une manifestation cli-
malaise général qu i peut dépas er de très loin nique en contradiction fondamentale avec ce
le cadre de sa pathologie. Elle implique une syndrome. Lorsque des symptômes contradic-
stratégie psychologique et 1' induction de cer- toires et cependant certains coexistent, il faut
taines prises de conscience. La maladie, dans conclure à un syndrome complexe, qui n'est
son aspect plus strictement médical, exige un pas forcément un tableau clinique traditionnel.
diagnostic physiopathologique et un pronos- - L' interrogatoire présente des différences
tic précis. n ne faut donc pas faire d'amalgame selon qu' il est pratiqué en médecine interne, en
entre la situation psychologique, sociale, spi- dermatologie, en gynécologie, en pédiatrie...
rituelle du patient et l'évolution de sa patho- Il n'est cependant pas possible d'entrer ici dans

logie. D' un autre côté, une vision trop parcel- ces subtilités. \Ul'
laire est incompatible avec la pratique de la
médecine traditionnelle chinoise. La vie mo- 2. Questions générales
derne en Occident impose parfois de trouver
un compromis, afi n d'être à l'écoute des dif- Il s'agit, d' une part, de s' informer sur un
férents ni veaux de souffrance du patient, ce certai n nombre de données objectives, d'autre
qui fait que la pratique clinique, ici et mai nte- part de cerner le mode de vie du patient. (
nant, ne peut pas être strictement calquée sur Interrogatoire signalétique :
la façon dont elle s'exerce en Chine, par exem-
ple. Il comporte l' identité, le sexe, ~ 'âge, la
situation familiale 1' ac ti vi té professwnnelle,
- Trouver un équilibre entre un interroga- le lieu de résidenc~ et, éventuellement, l'ori-
toire trop dirigé, ne permettant pas de mettre en gine ethnique. En effet, certai nes maladies,sont
évidence l'ordre et les liens éventuels que le infl uencées par ces critères. Il est donc neces-
. . ,.
patient conço1t entre ses symptomes, et un saire de les connaître.
interrogatoire confus ne permettant pas d' éta-
Interrogatoire sur le mode de vie :
blir un diagnostic précis. JI est notamment
importan t de pri vilégier les signes caractéris- Il s'agit de connaître les habitudes alimen-
tiques, certai ns et exploitables selon la sémio- taires, la consommatiOn . d c certaines· ·suh- •
logie de la médecine chi noise. De plus, il faut stances (telles que café, ta?ac, al~ool.. ·>:. ~'~
saveur le!-! hiérarchiser afi n de distinguer les conditions de résidence (chmat, vlllc.ou (;Utes
syrnplôrne.., c..,..,cnti c h ct les informations pagne ... ), les rythmes (repas. sonunc•l " · ). ·
I NTERROGATOIR E

ou loisirs pratiqués, le cas échéant, le To~t cela doit ~ermcttrc d'appréhender \es
sport , 1e psychologique (ten ions familiales ~é~a~•smes phys•opathologiques qui sont à
conte"ofessionnelles, f rustrauon
· , d1·ffitcultes
' 1 ongme de la maladie actuelle.
ou P.r nnelles tendance à exprimer une émo-
reJauo .'
. n particulière.. ·).
(1 0
3. Questions spécifiques
Interrogatoire sur les a ntécéd ents : a) F roid et Chaleur
On aborde les antéc~dents per~on nels et
1'. 'lr'aux. En effet, certames maladres ont des Tl s'agit d' une étape très importante de \'in-
lamr ts génétiques et 1'1 esLutt'1e de sav01r terro~atoire, car elle permet d'appréhender \a
. s1 .
aspeCarenls souffren t de 1a meme patho1ogte.
A .Plénitude ou le Vide du Yin ou du Yang de
d es P part, les malad tes
D'autre · dont 1e pattent~
· l'organisme. Le Froid est un excès de Yin ou
pu
rir dans son passé permettent de mteux un Vide de Yang; la Chaleur est un excès de
ff
sounnaître son terra .rn et de sttuer
. Yang ou un Vide de Yin. «Quand le Yang
1a patho1ogte.
c~ruelle dans le contexte de la vie médicale du l'emporte, il y a de la Chaleur, quand le Yin
1' emporte, il y a du Froid» (Su Wen, 5).
: ujet. De plus, il est parfoi~ ~écessaire d~être
informé des traitements medtcaux ou chirur- Il existe quatre grandes modalités : ftèvre
!ricaux que le patient a subis dans son passé. avec crainte du Froid (Wu Han Fa Re), Froid
0
sans Chaleur (Dan Han Bu Re), Chaleur sans
Interrogatoire sur l' historique et Froid (Dan Re Bu Han) et alternance de Froid
le développement de la maladie : et de Chaleur (Ha11 Re Wang Lai).
Les principales questions à poser sont les La notion de Froid se manifeste clinique-
suivantes : ment par un refroidissement du corps et des
- Quand la maladie a-t-elle débuté ou, à extrémités, par une sensation subjecti ve de
défaut, quand a-t-elle été découverte (et qu'est- Froid, par des frissons, par une crainte du Froid
ce qui a permis de la découvri r)? ou par une aversion pour le Froid. Il faut dis-
- Quels ont été les premiers symptômes? tinguer la crainte du Froid (Wu Han) dans
- Les symptômes actuels sont-ils identi- laquelle le patient n'est pas a~é~ioré en s:
ques ou différents? réchauffant, et qui correspond generaleme~t a
- La cause objective de la maladie est-elle un Froid-Plénitude externe avec obstruction
connue? du Yang dans les couches superficielles du
- Quelles circonstances (accident, change- corps, et l' aversion pour le Froid (Wei Ha~), ou
ment de mode de vie ... ) ont précédé l'appari- intolérance au Froid, qui signifie que le su~e.t n~
tion de la maladie, le cas échéant ? supporte pas le Froid mais qu' il ~st,amehore
D'autre part, il faut savoir comment la mala- par la Chaleur et qui correspond ~eneralement
die a évolué depuis son apparition. S'est-elle à un Froid-Vide interne dû au Vtde de Yang.
intensifiée ou atténuée, certains symptômes Fièvre avec crainte du Froid
ont-ils été remplacés par d'autres? .. . (Wu Han Fa Re):
Enfin, il est important de connaître les trai- Ce symptôme est caractéristique de.s
tements qui ont été suivis, leurs conséquences, atteintes du Biao par le Froid .ou la c.haleur (tl
la façon dont ils ont été supportés par le patient s'agit souvent d' un Vent-Frmd ou dun Vent-
et ce qui a motivé leur intenuption, le ca~ échéant.
163
PRh:CI DE MEDECI NE CNJNOI SE

Chaleur, et il y a généralement une crainte du


Vem en plu de la crainte du Froid). de la pénétration d'un agent pathogène ex.t
ou de l'évolution d'un Vent-Chaleur. Enee~e
, ~rai~te du Froid sévère et fièvre modé- pathogène et Energie saine sont toutes drgte
ree . Froid ex~erne (Vent-Froid avec prédomi- .
fi onssantes. L . .
es pnnctpaux symptôm
eux
nance du Froid), syndrome Shang Han dans ac~ompagna.teurs sont : teint rouge, soif ~~
un synd rome Plénitude du Tai Yang. bo1ssons fro1des, grande transpiration, pouls
, Crainte du Froid modérée et fièvre éle- grand et vaste. Les syndromes caractéristiques
vee : Chaleur externe (Vent-Chaleur ou Cha- sont : Chaleur dans la couche du Qi ou mala-
leur dans la couche de l'Energie défensive). die au niveau du Méridien du Yang Ming.
Crainte du Froid et du Vent fièvre modé- Fièvre cyclique (Chao Re): il s'agit d'une
rée et transpiration spontanée; Froid externe fièvre qui apparaît ou s' accroît à un moment
(Vent-Froid avec prédominance du Vent), syn- particulier de la journée, souvent en fm d'après-
drome Zhong Feng dans un syndrome Vide du midi ou en soirée.
Tai Yang. - Fièvre aggravée l'après-midi, accompa- 1
gnée de Plénitude, et douleurs abdominales
Froid sans Chaleur (Dan Han Bu Re): aggravées à la pression, constipation ou selles
sèches, transpiration des mains et des pieds :
Cette situation correspond généralement à fièvre cyclique du Yang M ing.
un Froid interne. - Fièvre aggravée l'après-midi, corps brû-
Aversion pour le Froid avec désir de se lant à la palpation prolongée (la Chaleur n'est
couvrir, le patient se recroqueville et présente pas immédiatement perceptible, on la ressent
des signes de Vide : Froid-Vide, le Yang est après quelques instants)<n, nausée, oppression
insu ffi sant pour réchauffer 1' orgarusrne. de la poitrine, sensation de lourdeur de la tête
et du corps, selles molles ou pâteuses : fièvre
Aversion pour le Froid, douleur et refroi- cyclique de l' Humidité-Chaleur.
dissement localisés, le patient présente des - Fièvre aggravée l'après-midi et le soir
signes de Plénitude : Froid-Plérutude qui atta- avec sensation de Chaleur qui diffuse depuis
que les Viscères, le Yin est excessif et le Yang les Os, Chaleur des «Cinq Cœurs», transpira-
est sidéré. tion nocturne, bouche et gorge sèches mais
sans grande soif, pommettes rouges : fièvre
Chaleur sans Froid (Dan Re Bu Han) :
cycliq ue du Vide de Yin.
Cette situation correspond généralement à Fièvre modérée (Wei Re) : il s'agit d'une
une Chaleur interne. Le patient a le corps chaud fièvre chroni que mai s où la température
ou une sensation de Chaleur et une aversion dépasse rarement 38 o C. Parfoi~, il n'y a. pas
pour la Chaleur, mais pas pour le Froid. d' hyperthermie objective, mats le pattent
Fièvre élevée (Zh uang Re) : dans cette éprouve une sensation fébri le: A

situation, l' hyperthermie est importante (tem- - Fièvre modérée avec temt pale, essouf-
pérature supérieure à 39 ° C). Il s'agit d'une fl ement, asthénie, appétit diminué : Vide de
Chaleur-Plénitude interne. Elle peut provenir Qi de la Rate.

, . , premier conlact. k
1. L' ll umidilé retient la Chaleur qui se diffuse mal jusqu 'à la peau. Ces~ pourquOI, au. ..
malade ne semble pas chaud lorsqu'on le Louche. La Chaleur esl dans les chmrs. pas dans 1<~ peau.

164
--;;;;;;~~--_._._._._.._._______________________________-!
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'è re modérée due au Vide de Yi n : le prédominance du F roid), syndrome
F 1
onr le memes q ue ceux d e la
1
- ,. e '
11
A

dans un synd rome Plén't d d ~hang Ha"


s~mpWYIclique du Vide de Yi n, mais la fièvre • • 1 u e u Tat Yallg.
fievre c d, ,
e 1 con rinue er mo eree. Ven~~~~~~~~!•o~e: attei?te exte rne due au
B fai t une fièvre modérée peut apparaître ff ·br g ( nt-Frotd , Vent-Chaleur ou
~ n~mbreu es maladies de la Chale ur :u ~ets st ssern~nt du Yang défensif, selon les
y m ptomes).
dans B~ng) et dan di ver es pathologies d 'ori-
(~en.n'rerne (Nei Shang Bing). Il est do nc Transpiration dans les
111ne r 'f
~ s ible d 'être exhau tl . syndromes du Li :
tm po
Alternance de Froid et de Chaleur Tra~spiration spontanée ou survenant
(Han Re Wang Lai): au ~omdre effort, avec aversion pour le
La fièvre aJteme avec des fris~ons ou de la F:o~d, as t~énie mentale et affaiblissement
ainte du Froid. Cependant, FrOid et Chaleur g.eneral: Vtde de Yang, particulièrement in uf-
cr'apparaissent Jamrus
. . en meme
,.. C' fJsance du Yang défensif (Wei Yang Bu Zu).
temps. est
~n signe que l'Energie pa~ogèn.e se trouve à .Tra~spiration nocturne, pendant le som-
mi-chemin entre la superficie (Btao) et la pro- meil : Vtde de Yin avec Feu Vide.
fondeur (Li} et qu 'elle ne peut ni pénétrer plus Transpiration abondante : il exi te une
avant, ni être expulsée par 1' Energie saine, ces forme Vide et une forme Plénitude.
deux Energies étant de force identique. - Transpiration profu e, avec halètement,
Alternance de fièvre et de frissons avec membres brutalement froids, a thénie mentale
crainte du Froid, sans rythme précis, avec et poul ténu : échappement du Yang.
bouche amère, gorge sèche, éblouissements, - Grande transpiration, grande fi èvre,
Plénitude et inconfort de la poi trine et des grande soif et grand poul (ce ont le «Quatre
flancs, anorexje et pouls tendu : maladie du Grands») : Chaleur dans la couche du Qi ou
Shao Yang. dan le Méridien du Yang Ming.
AJternance régulière de fièvre et de fris- F rissons suivis de transpiration, avec
~ns, à_ un rythme de un, deux ou trois jours, crainte du Froid : on observe ce symptôme
cephalees, soif et transpiration abondante : dans les maladies d'origine externe dues au
malaria (Nuë). Froid ou à la Chaleur ; il corre pond à une
phase de transition qui débouche sur la vic-
b) Transpiration toire de l' Energie saine ou de l' Energie patho-
gène. Si le corps est calme et frais et que les
Transpiration dans les autres symptômes disparaissent après la trans-
syndromes du Biao : piration, Zheng Qi a l'avantage,le pronostic est
favorable. Si la température ne baisse pas. si le
, La transpiration dépend ici de la nature de
1 pouls s'accélère et reste plein. grand et fort. et
l'~gent .Pat~ogène externe et de la force de si le patient est agité ou bien si le corps et les
nerg1e same du corps.
membres deviennent glacés, si le pouls devient
~nee ~e transpiration, avec fièvre ténu et si le patient perd connaissance. Zhtng
COUrbat et cram~ du Froid sévère. céphalée et Qi est incapable de repousser Xie Qi, 1 pro-
ures : ProJd externe (Vent-Froid avec nostic est pessimiste.
Tran piration localisée :
T . .
- Douleur aiguë et continue: Plénitud
. - ran p•rauon de la tête et du visage avec - Douleur chronique et i.ntennittente: ~de
temt rou~e. oif, langue rouge. endu.it 1aune - Douleur avec sensat1on de distens· :
poul, ~plde: Chaleur pathogène dans le Foye; Stagnation de Qi. IOn ·
Supeneur. - Douleur fixe, pongitive, généralem
, , : Stase de Sang.
severe . ent
- ~ran piration de la tête et du visage, avec
~n auon de. L~te et de corps lourds, oppres- - Douleur brûlante, généralement soulag'
wn ?ela po1tnne et de l'épigastre, enduit lin- par le Froid : Chaleur (Plénitude ou Vide). ee
gual Jaune et gras : Humidité-Chaleur du Foyer - Douleur avec sensation de lourdeur.
Médian. Humidité. ·
- Transpiration temporale chez un vieillard - Douleur térébrante, perforante, sévère
ou à la suite d' une maladie grave avec refroi- améliorée par la Chaleur: Froid. '
- Doul.eur erratique : Vent.
dissement des membres : Vide de Yang (les
- Douleur sourde avec fourmillement et
Liquides organiques sui ve nt le Yang qui engourdissement : Vide de Sang.
s'échappe).
- Sur une moitié du corps (à gauche ou à
Localisation :
droite, en haut ou en bas): obstruction des Jing
Lo due à une perturbation de la circulation du Douleurs à la tête :
Qi et du Sang, parfois au Vent-Humidité ou -Céphalée occipitale : atteinte du Tai Yang.
aux Mucosités-Vent. On peut observer ce phé- - Céphalée faciale et douleur oculaire :
nomène dan les Zhong Feng (accident vascu- atteinte du Yang Min g.
laire cérébral), les syndrome Wei (paralysie - Céphalée temporale et pariétale : atteinte
flasque), les hémiplégies ou les paraplégies. du Shao Ya11g.
-Aux main , aux pied et dans la région du - Céphalée du vertex : atteinte du Jue Yin.
Cœur : maladie de la Rate et de l' Estomac - Céphalée avec raideur de la nuque, fièvre
(Humidité-Chaleur ou Vide de Yin, notam- et crainte du Froid, sans soif: Vent-Froid.
ment). - Céphalée avec sensation de distensi?n,
fièvre élevée, légère crainte du Vent et du Fr01d :
Vent-Chaleur.
c) Douleurs _ Céphalée avec sensati?n d~ l~ur?eur et
La do ul eur est un sy mptô me subj ectif d'engourdissement, comme stla tete etmt enve-
majeur. L'interrogatoire porte sur la localisa- loppée da ns du coton : Humidité externe ou
ti on et la nature des douleurs. D' une façon Vent-Humidité. .
générale, le caractère de la sen ation doulou- _ Céphalée avec sensation de distensiOn :
reuse permet de connaître on étiologie et a Yang du Foie qui s'élève. ,
physiopathologie. - Céphalée . ourde et continue avec asthe-
. ·
nie, transptratton · ée et essoufflement
pontan · :
ature : Vide de Qi. t- •t non·
- Céphalée sévère avec douleur JXC c t "
. Douleur aggravée par la pression, par le
ma~c,age : Pléni tude. gitive : Stase de Sang. . . . \h ant~
- Céphalée ou névralg~c tacwlc tc:rc r
- Douleur améliorée par la pression, mais
aggravée par le mouvement et l'effort : Vide. et sévère : Froid dans le Jmg l.uo.

166
vouleurs au thorax: elles indiquent géné- -. D~uleur avec sensation de Froid local
n t de troubles du Poumon et du Cœur. améhltoree par_les applications chaudes : Froid
raie me
_ Douleur thorac!qu~ avec palp}tatio~ , pat ogène QU I attaque l'Estomac.
ement transptrauon spontanee : Ytde . : Douleur avec sensation de brûlure amé-
essou ftl · liore~ a~rès l'ingestion d'un peu de nou:nture
Q" du cœur. a~a.lgnssem.ent même ~n mangeant assez',
de _•Douleur thoracique aiguë et pongitive
(comme une piqûre) :. Stase de Sang du C~ur. SOif · _Fe~ de 1 Estomac qu1 s'accumule et blesse
les LiqUides organiques.
_ Douleur thoractque avec ex pectoration
- Douleur localisée, li xe et pongitive: Stase
de pus et de Sang : abcès _du Poumo_n. de Sang de l' Estomac.
_ Douleur el oppresston Lhorac1que avec -,Dou leur améliorée par une pression
irradiation vers _le dos, es~oufflem~nt_, toux pro- mod~rée et par les applications chaudes, avec
ductive el éméusante: Bt de la po1trme (Xwng vom1ssement de liquide clair et fluide : Vide
Bi) dû à un blocage du Yang du Cœur par les de Yang de l'Estomac (Froid-Vide du Foyer
.,
Mucosites. Médian).
_ Douleur thoracique avec expectoration
de Mucosilé jaunes et concentrées, parfois Douleurs dans l'abdomen :
striées de Sang : Mucosités-Chaleur du Pou- -Douleur améliorée par une pression modé-
rée et par les applications chaudes, avec selles
mon. molles et lientériques : Froid-Vide de la Rate
Douleurs dans les flancs : elles indiquent et de l'Estomac, altération des fonctions de
oénéralement de troub les du Foie et de La transport et de transformation.
0
Vésicule biliaire, parfois des affections de la - Douleur et distension du bas-ventre avec
Rate dont le grand Luo se répand dans poitrine difficultés urinaire : perturbation de la trans-
et flancs. formation du Qi de la Vessie.
- Douleur pongitive du bas-ventre : Stase
- Douleur avec sensation de distension et de Sang du Foyer inférieur.
irritabilité, tendance à se mettre en colère : - Douleur du bas-ventre avec sensation
Stagnation de Qi du Foie. de Froid, accompagnée de rétraction et tirail-
- Douleur avec sensation de brûlure, teint lement des organes génitaux : Froid dans le
et yeux rouges: accumulation du Feu du Foie. Méridien du Foie.
- Douleur avec sensation d'encombrement - Douleur avec sensation de torsion, sou-
et de distension, teint et yeux jaunes : Humi- vent accompagnée de démangeaison de l'anus:
dité-Chaleur du Foie et de la Vésicule bi liaire. accumulation de parasites intestinaux.
- Douleur localisée, fixe et pongitive: Stase
de Sang (parfois associée à Stagnation de Qi). Douleurs dans la zone lombaire : elles
indiquent généralement des troubles des Reins.
- Douleur avec sensation de plénitude et
- Douleur avec faiblesse des lombes et des
toux qui aggrave la douleur : Glaires suspen-
genoux : Vide (de Qi, de Yang, de Yin ou. de
dues (Xuan Yin).
Jing, selon les autres symptômes) des Rems.
. Douleurs dans l'épigastre: elles peuvent _ Douleur avec sensation de blocage et de
onenter vers le diagnostic des troubles sui- raideur, souvent accompagnée d' autre.s trou~
vants: le Feu du Foie attaque l'Estomac, Stase bles articulaires : syndrome d'obstruction (8 '
Zheng) pouvant se subdiviser, selon les autres
de Sang de l'Estomac.
167
PRECl DE Ml:.'-DECINE CHINOISE

ymptôme , en Bi du Froid, de l' Humidité ou vement : Vide de Yin du Foie et des Reins av
de la Chaleur. élévation du Ya~g; sy n~rome de Vide, so~~
- Douleur fixe, aggravée à la pression, fai- vent accompagne de verttges, yeux. secs, trou-
sant auvent uite à un traumatisme : Stase de bles de la vue, langu~ rouge, peu ou pas d'en-
Sang. duit, pouls fin et raptde.
Douleurs dans les membres: ce sont prin- Douleur dans l'oreille sans écoulement .
cipalement de douleurs musculaires, tendi- Stagnation de Qi. · ,

neuses ou articulaires. Douleur dans l'oreille avec écoulement


- Douleur articulaü-e ou musculaire, avec infectieux, purulent : Humidité-Chaleur du
raideur, aggravation au mouvement et aux Foie et de la Vésicule biliaire.
changements de climats : syndrome d'obs-
truction (Bi Zheng), généralement dû au Vent, Yeux:
au Froid et à I' Humjdité. _ Démangeaison modérée, avec teint et
- Douleur avec engourdis ement et fai- langue pâle : Vide de Sang.
blesse, rnfficulté à lever les bras, asthénie et - Très fortes démangeaisons, avec photo-
fatigabilité musculaire: faiblesse de la Rate et phobie et larmoiements : Vent-Chaleur. 1
de 1' Estomac. _ Démangeaison avec rougeur et sensation
- Douleur du talon, irradiant parfois jus- de brûlure, langue rouge et enduit jaune: Cha-
qu 'aux lombes: Vide des Reins. leur-Plénitude.
- Sécheresse des yeux : Vide de Sang, Vide
d) Organes sensoriels de Yi n ou Vent-Chaleur.
_ Sensation de distension oculaire dans un
Oreilles :
syndrome externe: V~nt-C~aleur. .
Surdité : elle peut faire partie de plusieurs _ Sensation de dtstenston oculaire avec
tableaux clinjques et avoir de nombreuses cau- bouche amère, soif, douleur des flancs et pouls
ses : .d h tendu : Feu du Foie qui s'élève. .
- Dans une attaque de Froid : Frot. pat o- - Vision nocturne diminuée: Vtde de Sang
gène qui empêche la circu lation du Qt dans le du Foie.
Méridien Shao Yang.
- Dans une maladie de la Nez:
. Chaleur, .: Feu
pathogène qui trouble les Onfices supeneurs. - Nez bouché, avec écoulement abondant,
- Dans un syndrome de Vide, su.rtout ch~z clair et fluide: Vent-Froid. . t
les vieillards: Vide de Jing et de Ym (parfms - Nez bouché, avec écoulement Jaune e
de Qi ou de Yang) des Reins qui ne peuvent
épais : Vent-Chaleur. , ux .
plus nourrir les Moelles et le Cerveau. - Douleur dans le nez, avec fievre et to .
Acouphènes sou s forme de sifflement Chaleur du Poumon. ·f transpira-
très fort : Feu du Foie ou Humidité-Chaleur - Douleur dans le nez? a~ec so.t èhaleur de
du Foie et de la Vésicule biliaire; céphalées, ti on, langue rouge, endlllt Jaune .
soif, visage rouge, langue rouge, enduit jaune 1' Estomac qui s'élève. sensution de
et pouls rapide. _ Douleur dans le nez, a.v~~ ·rs fo!-
. . b hte, soupt . .
Acouphènes sous forme d e siffleme~t plénitude des flancs, Jrnta ~ de Qi du fOJe.
modéré, intermittent, apparaissant progresst- quents, pouls tendu : Stagnatton

16H
I NTERROGATOIR E
- =-
Bouche: .- Grande soif, urines abondantes: diabète
(Xtao Ke).
On inten·oge surtout sur la présence des
.é tes aveurs dans la bouche. - Grande soif à la suite de transpirations
diff ren . . , abo~d an tes, de polyurie, de diarrhée ou de
_ Bouche amère : ~~~~·11 d r te-Cha l eur ~u v? mr sse~en t : épuisement des Liquides orga-
p01.ee 1 de Ja Vésicule b1lrrure ou Feu du Fore nrques qu r ont besoin d'être restaurés.
ui s·élève. , . ., . ,Soif av~c désir de boire de petites quan-
q _ Bouche sucree: Humrdrle-Chaleur de la
tites de bo1ssons chaudes, avec difficulté uri-
Rate._ Bouche alée : V'd1 e des Rems.
. naire : Stagnation d' Eau ou de Mucosités.
_ Bouche acide : Stagnation de nourriture Soif avec bouche sèche, sans désir d'ab-
dans J'Estomac ou Feu du Foie qui attaque sorber de grandes quantités de boissons : Cha-
J'Estomac. leur du Sang ou Stase de Sang.
_Bouche fade : Vide de Qi de la Rate et de Soif avec bouche pâteuse et sensation de
J'Estomac. réplétion dès qu'on a bu : Humidité-Chaleur.
_ In fection de la bouche (abcès, érup-
tion ... ) qui est rouge et douloureuse, avec soif
Appétit:
et aaitati on : Chaleur ou Humidité-Chaleur.
::. Infections de la bouche moi ns rouge, - Appétit diminué avec amaigrissement et
moins douloureuse, langue sans enduit, pouls asthénie: Vide de la Rate et de l'Estomac.
fin et rapide : Vide de Yin avec Feu Vide. - Nausées à la vue des aliments gras et
Langue:
riches : Humidité-Chaleur de la Rate et de l' Es-
tomac ou du Foie et de la Vésicule biliaire.
- Douleur sévère et rougeur de la langue, - Dégoût pour les aliments dont l' odeur
survenant rapidement, avec d' autres signes de même est insupportable, avec nausées et vomis-
Chaleur : Chaleur-Plénitude (Feu du Cœur). sements : Stagnation de nourriture dans 1' Es-
- Douleur plus chronique, moins sévère, tomac (indigestion par exemple).
avec des signes de Vide de Yin : Feu-Vide. - Appétit diminué avec oppression de la
- Perte de sensibilité de la langue : Vide poitrine, réplétion abdominale et sensation de
de Sang, Vide de Yin ou empoisonnement. lourdeur de la tête et du corps : Humidité qui
envahit la Rate; les fonctions de transport et de
e) Soif et appétit transformation sont perturbées.
- Faim canine, appétit insatiable avec amai-
Soif: grissement : Feu de l' Estomac.
. A.bsence de soif: Froid; pas d' aneinte des - Sensation de faim qui disparaît dès les
LtqUJdes organiques. premières bouchées: Vide de Yin de l'Estomac
avec Feu-Vide.
S~if .de grandes quantités de liquides : - Faim et gros appétit, ma~ s ~au.vais~
les Ltqutdes organiques sont lésés. digestion, selles molles et ass~mtlatJOn msut-
- Grande soif améliorée en buvant des bois- fisante : Estomac fort, Rate fatble .
sons f~aiches, avec fièvre élevée, teint rouge,
transptration abondante, pouls vaste : Chaleur- Les sensations de goOt dans la bouch~ sont
~nllude (dan~ la couche du Qi). étudiées au paragraphe «Organes scnsonels ».
RI c1 OF \ th>F.Cl \ E C H/NOl E

f) elle et urines
Urines:
Selles :
t' Polyurie : la quantité d'urine est au
Constipation : elle est 1'expression de dif-
ee. ~en.

férent troubles et peut se manifester sous site'~ UV~d·neds claires et abondantes, avec ftilo
fom1e de Sécheres e du Gros intestin, de dimi- · e e Yang.
t -
nution quanti tative des elles ou par des pério- - Urines abondantes, avec soif etama·1 .
de plus ou moins longues (au-delà d' une jour- sement: diabète (Xiao Ke) dû au Vide ct ~~­
née) an selles. des Reins. e tn
- Constipation avec fièvre élevée pléni- Oli~rie : la quantité d' urine est diminuée
tude ~t_di tension douloureuse de l'abdomen, , -. Unne concentrée, rougeâtre : Chaleur~
en~~It Jaune et sec : Chaleur-Plénitude, parti- Plemtude.
~ulier~ment dans le Yang Ming (Estomac, Gros - Oligurie avec Œdèmes de surface : accu-
mte tm). mulation interne d' Eau et d' Humidité, due à la
- Constipation avec teint pâle, pouls pro- perte des fonctions de transport et de trans-
fond et lent, amélioration par les boissons formation du Poumon, de la Rate et des Reins.
chaudes : accumulation interne de Froid qui
bloque le Gros intestin et entrave la circula- Pollakiurie : mictions fréquentes.
tion des Liquides organiques. - Urine concentrée, rougeâtre, peu abon-
- Sel les sèches avec langue rouge sans dante, avec besoin urgent : généralement,
enduit, pouls fin et rapide : Vide de Yin et de Humidité-Chaleur qui stagne dans le Foyer
Liquides organiques du Gros intestin (Séche- Inférieur, perturbation des fonctions de drai-
resse-Vide du Gros intestin). nage et de transformation du Qi de la Vessie.
- Constipation des v.ieillards : Vide de Qi et - Urine claire, mictions urgentes, parfois
de Yin. goutte à goutte, le patient a du mal à se retenir:
Qi des Reins qui n'est pas solide (Shen Qi Bu
Diarrhée : la quantité des selles est aug- Gu).
mentée et elles sont généralement molles ou - Mictions fréquentes la nuit, urine claire et
liquides. abondante : Vide de Yang des Reins; se ren-
- Selles molles ou lientériques : Vide de contre fréquemment chez les vieillards.
Qi de la Rate qui n'assure plus sa fonction de
transport et de transformation. Dysurie: difficulté d'uriner.
- Selles liquides et lientériques, avec diar- - Mictions douloureuses (sensation de brû-
rhées matinales : Vide de Yang de la Rate et lure), l' urine s'écou le mal : syndrome L~n,
des Reins. Humidité-Chaleur accumulée dans la Ves te.
- Diarrhées avec selles jaunes et sensation - Mictions douloureuses (sensation de cou-
de brûlure à l'anus: Humidité-Chaleur du Gros pure), avec écoulement infectieux ~n dcho~s
intestin. de la mjction : Humidité-Chaleur toxtque, ure-
Alternance de diarrhée et de constipa- tri te infectieuse, blennorragie. .
- Douleur sourde après la miction : Ytdc de
tion, avec spasme5> de l'abdomen : Foie et Rate
en dy\ harmonie. Qi des Rei ns.

170
I NTERR OG \TOIRL

et gras et pouls mou (Ru ): Mucosités et Humi-


1Jl1l1eil dité encombrent la Rate~ il peut s' agir d'une
g) S0 • • atteinte externe de la Canicule et de l' Humidité
Insomme ·
ou de la fo rmation interne de Mucosités et
s'a•nr
. -de difficultés à s'endormir,
., . , d' Humidité à cause d' une déficience de la Rate
Il peu1 ~ ts ou d' un sommet ag1te. qui ne permet pas au Yang pur de s'élever.
e réveils fréq/ue~crne d'un Yancr florissant et
d vent e S I~ ~ - Torpeur, somnolence avec membres
c·esl s~U faible, d'un Yang qui ne peut p~s froids et pouls ténu : déclin du Yang du Cœur
d'un Ym Je Yin ou de Ja perte de la stabt- et des Reins.
pénérrer dans
tirédu Shen. . , , . - Torpeur, hébétude, avec délire, fièvre
'fficulté à s'endormtr, avec etat febnle, augmentée la nuit, exanthème fugace, langue
- Dl 1 d 1 , .
. t'on nocturne, Chaleur ans . a regwn écarl ate et pouls rapide : Chaleur dans la
rransptra,. faibles
1 •
e ou douleur JombaLre : Cœur couche de l' Energie nourricière et du Sang,
du Cœu.,
·ns ne communiquent pas (V'd d y ·m
1 e e dans les maladies de Wen Bing, l'agent patho-
et Rel . b
des Reins, avec Feu du Cœur qut pertur e le gène pénétrant dan 1'enveloppe du Cœur.
Shen). . J . . th ,
- Sommeil fragile avec pa pttatiOn , as e- h) Gynécologie
nie, langue pâle ~t pouls vide : Vide de la Rate
et du Cœur (le Qt et Je Sang sont tous deux en On interroge principalement sur les men -
truations et le leucorrhée , en ajoutant éven-
Vide).
- Insomnie avec palpitations, éblouisse- tuellement quelques question sur le déroule-
ments, oppression de la poitrine, chez un sujet ment des grossesses et des accouchement , le
inquiet : accumulation de Mucosités qui trou- cas échéant.
blent la Vésicule biliaire.
- Insomnie avec oppression de la poitrine, Menstruations :
plénitude épigastriq ue, ballonnements, éruc-
tations, enduit lingual gras et épais : Stacrnation Règles irrégulières : l'irrégularité porte
de nourriture, indigestion, dysharm;nie de sur la périodicité, la quantité, la couleur et la
l'Estomac (Wei Bu He). nature.
- Règles en avance, abondantes, de Sang
Hypersomnie : rouge vif : Chaleur du Sang.
- Règles en avance, abondantes. de Sang
Le patient a besoin de dormir beaucoup ou
est som~olent pendant la journée. C'est sou- plus pâle : Vide de Qi (le Qi ne peut contenir
vent le Signe d' un Vide de Yang ou d'un excès le Sang).
de Yin, particulièrement d' un Vide de Yang de - Règles retardées, peu abondantes. de Sang
la Rate avec accumulation d' Humidité . on ren- plus pâle : Vide de Sang.
' 1ement de la torpeur dans les
contre ega
d' ' mala- - Règles retardées, peu abo ndan tes. de
~es de la Chaleur ( Wen Bing), lorsque 1'Ener- ~ang f>?Urpre, avec des caillots : Froid qui mien-
~e pathogène pénètre dans l'enveloppe du lit la Circulation du Sang.
œur. , - Règles retardées, c hez des patiente'
obeses: ~vec pouls gl issant : accumu lation dl'
de ~ ~omnolence avec sensation de lourdeur
1
po'tri te et despa~pières, encombrement de la
Mucos1tes.
1
ne et de 1 épigastre, enduit lingual épais 1 - Règles retardé • ,tvec
. . cs, . · dou
opprl'''lon
oureuse de la poltnnc ct de' flan<.·,, irrlt tblhtt•
'RF</\ OF m kDEC/,\ E CHINOI E

el syndrome prémenstruel marqué : Stagna- ayant fréquemment des règles douloureuse d


lion de Qi (et de Sang) du Foie. Sang pou~re, a~ec des ~aillots: Stase de San c
- Règle anarchiques, parfois en avance, - Amenorrhee chroruque, chez une pati g.
parfoi en retard, peu abondantes, de couleur affaiblie, ayant habituellement de règlesente
pourpre, avec de caillots, avec sensation de abondantes, de Sang pâle : Vide de Qi eictu
di œnsion douloureuse: Stagnation de Qi, dys- Sang. e
ham1onie du Foie. - AménmThée chronique, avec tombal ·
- Règles anarchiques, parfois en avance,
parfoi en retard, abondantes ou insuffisantes,
la quantité de Sang et la durée des règles aygle,
. d. . ,
progress1 vement urunue au cours des pré ,
ant l
tf
plu pâles : Vide de la Rate et des Reins, dys- dents cycles, parfoi suite à de excès sexu~~­ ri
harmonie de Ren Mai et Chang Mai. à des avortements répétés ou à une mala/' l
chronique : Vide de Jing. le h
Dysménorrhées (règles douloureuses) : 1
- Distension douloureuse du bas-ventre, Ménorragie : règles abondantes : 1

améliorée au moment de l ' appari tion des - Règle abondantes de couleur rouge vif.
règle : syndrome Plénitude, généralement Chaleur (souvent dans la couche du Sang). ·
Stagnation de Qi et Stase de Sang. - Règle abondantes, plus pâles, souvent
- Douleur sourde avec courbatures ou dou- en avance : Rate Vide qui ne peut contenir le
leurs lombaires, survenant pendant et après les Sang ou atteinte de Chang Mai et Ren Mai.
règles : syndrome Vide, généralement insuffi- Leucorrhées :
sance du Qi et du Sang ou Vide de Reins.
- Douleur du bas-ventre, avec ensation de On interroge sur la quantité, la couleur,
Froid, améliorée par les applications locales 1' odeur et la natu re des pertes vaginales.
chaudes : syndrome Froid, le Froid contracte - Blanchâtres, abondantes, fluides, peu
les Vaisseaux. odorantes : Froid, Humidité-Froid ou Vide de
la Rate qui ne peut assurer ses fonctions de
Aménorrhées, oligoménorrhées : absence tran port et de tran formation.
de règles (en dehors de la grossesse) ou règles - Jaunâtre , abondantes, relativement épais-
insuffisantes. se , d ' odeur forte, parfois accompagnées de
- Aménorrhée ponctuelle, avec oppression prurit : Humidité-Chaleur, Stagnation d'Hu-
douloureuse du bas-ventre, de la poitrine et midité qui e tran forme en Chaleur.
des flancs, initabilité : Sta<
0
mation ou « nouure» - Rougeâtre ou roses, légèrement nauséa-
du Qi du Foie. bonde : Stagnation de Qi du Foie qui se ~s­
. - Aménorrhée avec douleur fixe et pongi- forme en Chaleur, laquelle blesse les Vals-
ttve du bas-ventre, survenant chez une patiente eaux.
CHAPITRE XV

La palpation (Qie Zhen)

. ·p al aspecl de la palpation concerne informations essentielles sur la nature et la


r prt11CI ~
p erçus a' dtvers
.
localisation des maladies.
L "' ls qui peu vent erre
le! PJ"c~rps tes p lus u1ilisés étal/Iles pouls
end:0'15 l~érude 'e.rhaustive de celle branc_h e du
!--es caractéristiques des pouls évoluent
rf!dtoUXÎic comprend égalem ent /a pa/patton de
rap1dement. Certains aspects peuvent chanoer
dtagn~s. e de l'abdomen, des m embres et d e en quelques instants. De ce fait, il est intér~s­
'a pottrlll..e• partie du corps con cernee
''
- par 1a s~~ de suivre L 'évolution d' une pathologie en
route au, 1, AT , b .,J ••
utlhsant la palpation des pouls. Cene étape de
, d' Je cas échéant. /VOUS n a oruons tct que
ma,a Je,rion des pou1s, etape , m .
ajeure d e 1'exa - l'examen clinique est essentielle pour établir
la pa1'Pa . un pronostic.
men climque.
De plus, c' est une méthode d'inve tioation
J. Formation des pouls et intérêt de rapide (elle ne demande que quelque mi~utes)
leur palpation qui donne des informations très synthétiques.
Enfin, tous les tableaux cliniques classiques

a) FormatJOn de la médecine traditionnelle chinoise com-
La formation des pouls dépend de plusieurs prennent, dans leur description, les caractéris-
paramètres, principalement : tiques des pouls.
- L'activité fonctionnelle des Organes et
Entrailles, qui impriment aux pouls des carac- 2. Localisation
téristiques identifiables.
- L'Energie fondamentale (Zong Qi) qui On distingue principalement trois catégo-
contrôle l'impulsion et la régularité du rythme ries de localisations : la méthode de troi divi-
cardiaque. sion et des neuf emplacement (i ue du Nei
- L'Energie de l'Estomac (Wei Qi) qui repré- Jing), la méthode des troi di vi ions (i ue du
sent~ la part constitutive la plus importante, Shang Han Lun) et la méthode de poul radiaux
C:U 1Estomac est la source de nourriture pour (la plus uni ver ellement utilisée).
1ensemble des Organes, Entrailles et tissus du
corps. a) Pouls des trois divisions et des neuf
-Le Qi et le Sang, car les pouls sont fonnés emplacements
~la. renc?ntre d~ deux forces complémen-
taires .le Qt des Vrusseaux (Mai Qi), de nature Cette méthode repose sur la palpation de
Yang, et la masse du Sang, de nature Yin. neuf emplacements, réparti en troi s zones
principales. Elle est originellement issue du
•> Intérêt de leur palpation chapitre xx du Su Wen : «Traité des trois di' i-
sions ct des neuf emplacements».
Dur..~1 que. la f?~,ation des pouls est direc-
1 à 1ac~tvne viscérale et au Qi et au
lelée
Le Su Wen fait référence à la di\ isinn las-
siquc de l'Univers en trois aspects : Ici. Terre
ur palpatiOn pennet de recueillir des et Homme.
P RÉCIS DE MÉDECINE CHINOISE )
« Un. c'est le Ciel; deux, c'est la Terre; trois, mettent de déterminer (un pronostic) de m
c'est l' Homme; à partir de ces troi s, troi s fois ou de vie, de contrôler les cent maladies ~n
trois font ne uf, qui représentent neuf zones régulariser les Vides et les Plénitudes et d; Te
périphériques (Jiu Ye). Donc l' Homme com- miner les perversités morbides.» el-
prend troi s divisions (San Bu) et chaq ue divi- Su Wen, 20.
ion comprend trois empl acements qui per-
'
TABLEAU 15:
Les neuf emplacements et leurs correspondances tl>

Division : Emplacement : l ocalisation anatomique : Correspondance :


Emplacement du Ciel Point Tai Yang IHM). Qi de la Tête et du Cerveau
artère frontale. rouges.
Division supérieure Emplacement de la Terre Point Ju Jiao 13 El. Qi de la Bouche et des Dents.
(tête) artère faciale.
Emplacement de l'Homme Point Er Men 121 TF). Qi des Oreilles et des Yeux.
artère préauriculaire.
Emplacement du Ciel Point Jing Ou 18 Pl. artère Qi du Poumon.
radiale «bouche du pouce ,_
Division médiane Emplacement de la Terre Point He Gu (4 Gl). première Qi de l'intérieur de la poitrine
(membres interosseuse de la main. (Xiang Zhong).
supérieurs) branche de l'artère brachiale.
Emplacement de l'Homme Point Shen Men (7 C). Oi du Cœur.
artère cubito-palmaire.
Emplacement du Ciel Point Wu Li (1 0 F). artère Qi du Foie.
honteuse externe inférieure
ou Tai Chang (3 F). première
artère métatarsienne dorsale.
Division inférieure Emplacement de la Terre Point Tai Xi (3 Rn). artère
!membres inférieurs) Qi des Reins.
tibiale postérieure.
Emplacement de l'Homme Point Ji Men (11 Rte), artère Oi de la Rate (et de l'Estomac).
crurale ou Chang Yang (42 E).
artère pédieuse .

. 1. Le Su Wen donne peu d' i ~ · . . ,. . , .


potnts d'acupunctu n ormatto~s anatomtques, et n tnd1quc pas l'emplacement prcc1s des pouls. L~'
mentaires chinois P~~~r~~~tam de lo~a!•ser les ~ou ls et_ l~s corr~spondances proposées provicnncn.t de com-.
Ke X,u_e Ji Shu Chu Ban She, ·1~:~x qu~ som mentionnés ICI sont ttrés du ~hon~ Yi Zht'll pmm -~m· (8/rtmg 1/cll
ver\ttes de médecine trad 1't· ), q~ 1 e_st le manuel de base pour l' cnsctgncmcnt du dmgnnsuc dans ks unt
< tonne1le ch1notse.
174
LA PALPATION

des trois divisions


) POU1s
b . ar Zhang Zhong Jin.g da~s le Shang
errée Pcette méthode consrste a palper les
_
............ Pouce Barrière

Hc/11 Lun.
de troi end .
rotts : . Pied
p0° 1 Je point Ren Ying (9 E), sur la bt fur-
- sur .d t.
. de 1'artère caro tt e. \
car~~ la «bouche du pouce» ou Cun Kou,
l'artère radiale.
sur_ Sur Je point Fu Yang (59 V), sur 1' artère
péronière. . , , . , .
Dans cette méthode, Il a ete aJoute 1e pomt
Tai Xi (3 Rn), l.oc~i sé s_ur} 'artère t.ibial~ pos- à côté, en direction du pouce, et le « pied »
térieure. Le pnnctpe general c?nstste ~ exa- (Chi) ou «Coudée », de l'autre côté de la bar-
miner et à comparer les Energ!~s .de 1 Esto- rière, vers l'avant-bras. Comme il y a deux
mac, des Reins et des douze Mend1ens. Cette poignets, cela fait six emplacements, ou douze
technique n'est plus guère utilisée de nos jours. si l'on tient compte du fait que les pouls en
superficie et en profondeur ont des attributions
c) Pouls radiaux différentes.
La technique consistant à palper les pouls Correspondances et attributions
au niveau des poignets (artère radiale) est très de chaque emplacement :
ancienne et se rencontre dans de nombreux Selon les époques et les traités de référence,
systèmes médicaux traditionnels. En Chine, les correspondances entre les Viscères et les
elle fut décrite dans le Nei Jing, dans le Nan différents secteurs du pouls présentent des varia-

Jing et largement développée dans le Mai Jing twns.
de Wang Shu He. Elle s'est enrichie et préci- Il existe une correspondance fréquemment
sée au cours du temps, et reste aujourd'hui une utilisée en Occident, bien qu'elle ne soit citée
méthode de diagnostic essentielle en médecine par aucun des textes classiques de référence
chinoise. sur les pouls. ll semble qu'elle dérive d'une
Emplacements : interprétation imprécise de certains traités
On palpe les pouls au niveau de la « bouche anciens, adaptée par des Occidentaux pour leur
du pouce» (Cun Kou), sur l'artère radiale et pratique de l'acupuncture, différents auteurs
au niveau des poignets. On distingue trois sec- la reprenant les uns sur les autres. Cette cor-
tions : la «barrière » (Guan), au niveau de la respondance n'est pas utilisée en Chine et
styloïde radiale, le« pouce » (Cun), situé juste nous ne la citons qu'à titre d'information :

SECTEUR: GAUCHE: DROITE :


Pouce (superficie) Intestin grêle Gros intestin
Pouce (profondeur) Cœur Poumon
Barrière (superficie) Vésicule biliaire Estomac
Barrière (profondeur) Foi Rate
Pied (superficie) Vessie Tro1s Foyors
Pied (profondeur) Reins Enveloppe du Cœur
PRÉCI DE M ÉDECINE CHINOISE

1
f~
TABLEAU 16 · b'
Correspondances entre les Viscère~ et les secteurs du pouls v
selon différentes sources ~il
~ \1
NeiJing NanJing Mai Jing
lille siècle}
BinHu Jing Yue Yi long Correspondance r.
Ma1Xue OuanShu Jin Jian moderne ~
11564} 11624} (1742} courante 1t
Cœur/ Cœur/ Cœur/ Cœur/ Cœur/ Cœur/
Pouce
Gauche Shanlhong Intestin
grêle
Intestin
grêle
Shanlhong Enveloppe
du Cœur
Cœur/
Shan Zhong Shanlhong ''.
Poumon/ Poumon/ Poumon/ Poumon/ Poumon/ Poumon/ Poumon/
Droite Centre de la Gros Gros Centre de la Shanlhong Centre
poitrine intestin intestin . . de la Centre de la
poitrine p01tnne poitrine
Foie/ Foie/ Foie/ Foie/ Foie/ Foie/ Foie/
Gauche Diaphragme Vésicule Vésicule Vésicule Vésicule Vésicule Vésicule
biliaire biliaire biliaire biliaire biliaire. biliaire.
Barrière Diaphragme Diaphragme
Droite Rate/ Rate/ Rate/ Rate/ Rate/ Rate/ Rate/
Estomac Estomac Estomac Estomac Estomac Estomac Estomac
Reins/ Reins/ Reins/ Reins/ Reins/ Reins/ Reins/
Gauche Abdomen Vessie Vessie Vessie. Vessie. Vessie. Bas-ventre
Intestin Gros Intestin
Pied grêle intestin grêle
Reins/ Reins/ Reins/ Reins/ Reins/ Reins/ Reins/
Abdomen Ming Men Trois Foyers Ming Men Ming Men Intestin Bas-ventre
Droite Gros Trois Foyers.
intestin Intestin
grêle

Dans la pratique, il est difficile de r~spec­


3. Méthode de palpation
ter ces impératifs. A défaut, il faut savOir q.ue
a) Moment idéal certains moments sont peu propices au dta-
gnostic par les pouls : .
Le moment le plus approprié pour prendre _ Après un effort ph~stque.
les pou Js est le matin au réveil. «Le d~ag~os­ _ Après avoir transptré.
tic doit être fait à l'aube, quand le Ym n est _ Après avoir mangé ou bu.
pas agité, quand le Yang n' ~st y~s disper~é, - Après des rapports sexuels.
quand aucune nourriture n a ete absorbe~ , - Après une émotion importante. , f 'd
quand les Méridiens ne sont pas enc~re ~~pli s _ Après avoir eu tres, chaud ou tres rot .
et que les rami fications sont en eq~tllb~e , _ Après avoir fumé. .
quand le Qi et Je Sang ne sont pas deranges, , ï faut savotr. qu · un cert:un
alors on peut examiner les défauts des pouls.» D autre part.• 1 d'fient les pouh.
Su Wen, 17. nombre de médtcamcnts mo ' '

17(,
..
0
du patie nt S_elon le Z LA PAJ.r•An o
Slo n pe he ,, J ia t ·
y rmet d tng Y. N
ang, des E c Percevo·ao, ce nive
Cœur et du ~trailles et tr \'état de ~u de ?res.
oumon (l~Parrni \es ()a ?eau, du
p Ul ce qui e r&anes, du
La pressio r esser ~ st l'ang).
aux Os. On n est fone .
Chen Qu emploie les ·~Jusqu• aux. 'te
J ia Ling v(pression profeorrnes An (pren ~ons et
tao ce . nde) S sser)
percevoir \' é, n•veau de . e\on \e Zhou
d 0 tat d · press· - en
es . rganes lu es llssus prof•on perrnet de
des Reins (t~~t s pa~ticu\ière Onds, du l'in
ce qu, est 'Yin)ent du Foie e~
L Cher ch ·
. a pression n' er :
(Bu Qing Bu Zh est « ni \égère .
Xu n (ch~rch )ong). On emp\o~ n~ \ourde))
moyenne) Se~ ou Zhong Q\e es termes
niveau d . e ? n \e Zhen J ' Lu. (pression
e pre \On e ra tng Yao c
du Sang et de Ch~ rmet de percevo•.. ,: . e
. a1rs de \ u etat
entre Ym et Yan , a communi .
g, et de \a Rate et \'E canon
stomac
e) Durée de \a palpation .
E\le e lau minimum d' u .
gnet. l\ e l parfoi né ~e mmute par poi-
po ul . de deux co"' té ce s~tre de prendre \es
en meme lem fi
lc . comparer ou de . ps, a m de
pa lpé pour mi eux mreévmeom~ aup\ remier pouls
n er a percept·
urtout lorsqu'on déb ute. ton,

4. Pouls normaux
. Pour comprendre les altérations qui défl-
mssent les pouls pathologiques, i\ faut préa-
d) Paession lablement connaître les caractéristiques de
poul d'une personne saine.
La pre ion de doigt varie au cours de la
palpation. On di tingue troi étape : a) Equilibre général
•• ••

Elle t de 60 • 90
pour un adulte. utrd ·
pourvu de montre
naJent_la fréquence en fonction du nombre de
pu ballon pour chacune de leurs respirations. ri ère, pied), en surface comme en profonde
'a dr01te· com me à gauc he. Cela ne signif'ur,
Le rapport_corr~ct est de 4 ou 5 pulsations par pas qu'ils doivent être partout, ,identiques. ~ee
cycle respiratoire complet. La respiration de mouvement est pl us marque a gauche et la
réfé:e~ce était, bien sûr, celle du praticien (sup- forme_à droite, la ga~che éta~t de nature Yang,
po. e etre en bonne santé) et non celle du la drone de nature Ym (on dtt que « l'époux)) f
patient, comme on l'entend parfois. Ce point représenté par le côté gauche, doit domine~
e t précisé dans la littérature classique (Bin Hu « 1' épouse », représentée par le côté droit). Le
Mai Xue, de Li Shi Zhen, par exemple) et il est pouls est plus profond au pied qu'à la barrière
évident en pratique clinique. Aujourd' hui, tous et au pouce. Il y a davantage de forme en pro-
le praticiens chinois utilisent tout simplement fondeur qu'en surface.
leur montre.
Le pouls des jeunes enfants est naturelle- b) Adaptation aux saisons
ment plus rapide que celui des adultes : 120 à
Le Su Wen, au chapitre XV III , décrit l' in-
140 pulsations par minute pour les nourris-
fluence de chaque saison sur le pouls :
sons, 90 à 110 pulsations par minute pour les - Printemps : pouls tendu, «en corde».
enfants de 5 ou 6 ans. Les femmes ont, statis- - Eté : pouls ample, «en crochet» (vient
tiq uement, un pouls légèrement plus rapide avec force et ampleur et se relâche en partant,
que les hommes. Par ailleurs, il est bon de tenir comme une vague).
compte des autres facteurs, non pathologiques, - Eté prolongé (cinquième saison) : pouls
qui peuvent modifier le pouls naturel d' un souple, relâché.
patient. Par exemple, un sportif a un pouls natu- - Automne : pouls superficiel, flottant,
rellement plus lent. «comme un duvet » ou une «plume» (Mao).
Régularité : - Hiver : pouls profond et dur, «comme

Le pouls doit être régulier et tranquille, sans une p1erre >>.
interruptions ni ralentissements ni accéléra- Des chercheurs de l'Université de méde-
tions. Traditionnellement, on vérifie qu' il n' y cine de Shandong, après une étude systé~a­
a pas de pauses sur au moins_ 50 pul s~tions, tique de l 13 1 tracés sphygmo-élec~?car?IO­
considérant qu ' une interruptiOn expnme Je graphiques, ont démontré les modlf•cattons
déclin d'un Organe, deux interruptions de deux saisonnières des pouls chez des personnes en
Organes, et ainsi de suite. Il faut nuancer ce bonne santé. Les caractéristiques d~s pouls
point de vue issu de la littérature ancienne: en dans chaque saison étaient c?nfo~es a 1 ~ ?es-
clinique, on rencontre des patients dont les cription qu'en donne la medecme tradttiOn-
pouls présentent plus de cinq interruptions nelle chinoise.
pour 50 pulsations, bien que leurs Organes ne
soient pas en si mauvais état. Dans les temps c) Caractéristiques de chaque
anciens, certains troubles cardiaques étaient emplacement
fatals, alors que la technique moderne permet , ' d t montré les
de les contrôler sinon de les traiter. Les tableaux prece ents on . d ·s
. && ' placements c.
relations entre les dtuerents em , donne
Répartition juste :
Pouls et les Viscères. Chaqu~ O~ganc ·spond
' 1 t qui llll corn:.
Les pouls doivent être perceptibles à tous au pouls de ~ e_mp ~cem~n .. . .. 11 c uc r~~·oi ·
le\ ni veaux : aux trois segments (pouce, bar- une caracténstlque tdenuquc à cc 4
~ 1..1\ PAU 'A1'10N

,ent 1 en e rnent. Cela sign ifie que le pouls de expliquer le principe général d -
.'Js oouve . é d P?ndance; le chapitre XV tl\ d e cette corres-
qu r p· J~cemenr du ~o~e pr se~ te, ~ra nt t~ute
J'elfl
1
caractén tJques qu expn ment e n- 1 d autres s ubtilités sur ce ~Su Wen contient
·
poss tble ni uti le de dével
POtnt q ''1\ ,
. ~ n est pas
J'31l11ée.d~~
po ul au prin te mps. Il e n va de L b' . opper \Ct
a corn matson des intluenc . .
semble r rous le Organes : le po uls du Cœur e t v iscéra les s ur le s poul s es satsonnière~
méme P~~ celui de la Ra te est s~:>UpJe, c~Jui du . permet de
comm e nt d Olven t être le s pouls de savotr
·
esr amP r s uperficie l e t celu1 d es Re ms est e m p lacem ent dans chaque sais ch~quc
poumon ~fond. Cela est un résumé d esti né à synthétisé d a ns le tableau sui va~~~ ce qut est
dur et pr

TABLEAU 17:
Les pouls suivant les saisons

Foie : Cœur : Rate : Poumon : Reins :


Printemps Très tendu, Ample et Un peu moins Superficiel.
légèrement tendu. relâché, légère- Profond, dur et
en corde. vibrant et légère- légèrement
ment tendu. ment tendu. tendu.
Eté Tendu et légère- Très ample, Souple, relâché Superficiel. vibrant Moins profond
ment ample. vaste comme et légèrement et légèrement et légèrement
une vague. ample. ample. ample.
fté prolongé Moins tendu. Ample et Très souple et Superficiel et Profond. moms
légèrement légèrement relâché. légèrement dur. légèrement
élastique. souple. relâché. souple.
Automne Tendu, légère- Ample. légère- Souple et légère- Très superficiel Moms profond.
ment superficiel ment superfic1el ment superficiel et vibrant. dur et VIbrant
et vibrant. et vibrant. et v1brant.
Hiver Tendu. légère- Moins ample. Moins souple. Moins superficiel. Très profond et
ment profond et légèrement légerement et légèrement très dur
dur. profond et dur profond. dur.

Ces caractéristiques doivent être nuancées. E nergie de 1'Estomac


Elles (Wei ou Wei Qi ):
, .n'apparaissent pas .d'une façon aussi sys-
tematique sur tous le SUJets. De plus, chez cer- L'Estomac est la Mer de la nourriture. la
tains, lïnfluence de l'Organe prédomine sur racine du Ciel postérieur, l' origine du Qi ct du
celle de la saison alors que chez d'autres c'est Sang, des Energies nourricière c_t défcn"t vr :
le contraire. Enfin, les cl imats agissent sur les C'est pourquoi , on dit que « la prc\ Cill'C du. Qt
poul~ autant que les saisons.
de 1' E~tomac, c'est la vic; ~on ah\CIKl' . l' c"t
Ja mort ». La pré~cncr du Qi dr I'Es tnml~..:
dJ Elément~ indispensables
donne aux poul\ un équilibre entre protondcur
On doit percevoir aux p<>ul~ troi~ éléments ct superficie. lenteur ct rapidite N. sunout. un
tonMuutifs cssenticll~ : Wt•i. Sht•fl ct Cit•n. rythme harmonieux. pllisihlc ct fliguher On
P-Rl<" f)J<: \ff.I)I:'C/\F CIIINOISE

con~ idère que le Qi de 1, Esto ,, ,


con~ titutif majeur (aux deuxr:ac e)stdl element
. n
1es au l re Jn uences viscéraleers , es pouJs' et _identifiable dans sa faiblesse le Shen
present. ' est
· . s n apportant
Qq~ ~n~. connotat•on qui vient se surajouter au
J e E ~?mac. On peut illustrer ce principe
La présence du Shen et ceUe du Qi de \'E
tornac sont généralement liées. s-
de la mamere sui vante : dans un o-aAte , 1
Il . o au a a Racine:
canne e, •1 y a bien plu de farine que de
po~dre ~e cannelle; pourtant, on parle de !'. 'agit de.l 'e~pression des Reins, du Ciel
« g~leau a la cannelle» et non de «gâteau à la al_lteneur, du Jmg mné, de l'Energie origine\\
f~nne », car la cannelle donne sa spécificité au S L 1~ Qi des Reins est suffi sant, le poulsba de~~
gateau, dont la farine est la base. Lorsqu 'on racme, c'est-à-dire qu'on perçoit la qualité et
p~Je de pouls du Foie, il y a davantage d'Ener- la force des Reins à une pression profonde et
g ie de 1 Estomac que du Foie, mai s c'est à la section du pied. Certains auteurs anciens
l'Energie du Foie qui don ne sa spécificité au ont considéré que la racine se prenait en pro-
fondeur, qu 'elle était la résistance qu'exerçait
pouls, dont l'Energie de 1'Estomac est la base. le pouls sous une forte pression; d'autres,
Peut-on imaginer un gâteau fait exclusivement comme Wang Shu He, ont davantage insisté l
de poudre de cannelle ? La disparition du Qi de sur la palpation de la racine au pied du pouls.
1'Estomac entraîne le développement de pouls
ayant, à chaque emplacement, les caractéris- Xu Da Ch un (1693-1771) a évoqué ces
deux conceptions différentes, expliquant que
tiques extrêmes du Yi cère concerné. leur oppo ition n'était qu'apparente, et qu'en
Le chapitre XIX du Su Wen décrit les pouls fait elle exprimaient le même principe consis-
viscéraux « pur » ( an la présence de 1'Ener- tant à palper le Qi de Reins qui se perçoit à la
gie de 1'E tornac). Par exemple, la pulsation foi à la section du pied et dans la profondeur
normale du Foie est tendue, légèrement en des pouls.
corde (compensée par le Qi de l'Estomac). Le
pouls viscéral « pur » du Foie est aigu comme e) Caractères particuliers
une lame de couteau et ri gide com me une Indépendamment de tous les parametres '

corde de harpe. Selon le Su Wen, les pouls vis- qui ont été cités précédemment, les pouls d~
céraux « purs» sont des signes de mort. Dans chaque patient, tout comme leur ~an?u~ ou leUJ
la pratique, on ne les rencontre que dans des tei nt, ont des caractéri sti que~ !ndtv:duelles,
. ' ..
situations patholog1ques tres cnttques. non pathognomoniques. Ces cnteres dependent
de la constitution (une personne de gra~d~
Shen: taille a des pouls plus longs, une personne o)be~u
Le Shen est la conscience organisatrice qui des pou l plus mous et plus profond ... , .
..
trajet péctf1que de l' art'ere (plu. ou motn _
permet la cohérence de l'acti vité organique. Il
est hébergé par le Cœur qui gouverne le Sang externe, à tel point que chez cert~me ~~ ~~~~ 11

'1n' e t pas du tout perçu au mvcau . ,


et les Vai.,scaux qui sont eux-mêmes le support
phy\ique des pouls. La p.résence,~u ~h~n 'ex-
r;~~ 1mai. vers le do du poignet~. ou edneldtv)ers
autres' facteurs (age,
A sexe, temperam · .. · ·
prime dan., la conservatiOn de 1 equtlt?re des
poul., quel que .,oit leur force ou leur faiblesse.
On dJt que lor.,quc le pou ls reste souple d.ans
a fon.:c ou, au <.;ontrairc, présent, pcrccpttbJe
LA PA LPATION

ouls pathologiques t~ons) .Bien entendu


s. on appelle poul~ patholo~ique un pouls qui
P ttque. tmpose un dé~~~~e étude aussi systéma-
les dtmensions de ppement extensif que
, enle une altérauon des cntères et des varia- as· Cc chapitre abord
cet ouvrage ne permettent
réS . al . , P
p
rions phys_ioJogtques norrn es qut ont eté expo- des 28 pouls pathol . e globalement 1' étude
pales combinaisons~gtques et de leurs princi-
sées précedemment.
POSITION
a) Nornbre et classification
Le nombre et la classification des pouls Fu (flottant) :
athologiques a varié au cours des siècles. Le - DESCRlP110N · on le .
Mai Jing (280 ?) de Wang Shu H~ décrit vingt- avec une pression ~odé _perço~t ~n surface,
quatre sortes de pouls pathologiques. Le Jin lorsqu'on presse davant ree, mats tl disparaît
nature il ne do age, en profondeur. Par
Y,œ Quan Slw (1 624) de Zhang Jin Yue en pré-
Dans ies tempsnne pas de sensation de Vide.
sente seize, et Je Bin Hu Mai Xue ( 1564) de Li anctens on le corn . ,
Shi Zhen en propose vingt-sept. En y ajoutant morceau de bois flottan~ sur l'eau. paratt a un
Je pouls Ji (vif), Li Zhong Zi, dans le Zhen lia - INDICATIONS PATHOLOGIQUES : toutes
Zheng Yan (1642) en porta le nombre à vi n~t­ s~rtes de syndromes du Biao (externe). cer-
huit. Ces vingt-huit pouls pathologiques s~r­ tams syndromes Vide. '
vent encore de référence de nos jours. - EXPLIC~TION : le pouls Fu se rencontre
dans les attemtes du Biao lorsque le pouls se
b) Etude systématique des 28 pouls tr~mve dans les Jing Luo, dans \es chairs et au

pathologiques ~ vea~ d~ la peau et des couches ligamentaires,


c est-~-dire dans la ~~e. superficielle du corps.
Plusieurs critères peuvent être utilisés pour Du fait de la mobthsatlOn du Yang défensif
présenter et classer les pouls pathologiques : en vers la surface, le Qi des Vaisseaux suit le
fonction de leur ordre dans les traités clas- m~me
" mouvement vers l' extérieur, ce qui pro-
siques, en fonction de leur importance et de du~t un pouls superficiel. Si le pouls est super-
leur fréquence en pratique clinique, en fonction ficiel et fort, il s'agit d'une atteinte externe de
de leurs particularités à la palpation .. . Aucun type Plénitude ; si le pouls est superficiel et
système n'est parfait. La classification qui suit vide, il s'agit d'une atteinte externe de type
aussi arbitraire que les autres, met l'accent su; Vide; s' il est superficiel et rapide, c'est une
l'aspect pédagogique, en regroupant les pouls Chaleur externe; s' il est superficiel et serré,
selon.la nature de leur perturbation principale, c'est un Froid externe.
ce qm permet ~lus facilement de les comparer, Un pouls Fu peut également se rencontrer
donc de les memoriser. dans certains syndromes Vide, avec «Yang
flottant », en cas de maladie chronique ou de
Lorsq.u'on approfondit l'étude des pouls faible constitution. Dans ce cas il est flottant,
pa~h?loglques, il devient nécessaire de pou- grand et sans force, car le Qi des Vaisseaux
VOir •.nte~réter chaque pouls en fonction de sa suit le mouvement du Yang qui s'échappe.
locahsatlon (gauche, droite section du pouce
.dela barr1ere
de ·' et du pted)· · de' plus il faut savoir' Ru (mou):
1 nti. fier et tradlllre
· en tennes
' de· ' physiOpatho-
· _ O ESCRIP110N :c'est un pouls superficiel,
1~gle les nombreuses situations de pouls com- faible, fin et sans consistance. On le compare
p exes (c~>mbinant plusieurs types d'altéra- 181

PRH IS lW MFOECIN E CHIN OISE

à un coton imbibé d'eau flottant à la surface Ge (en peau de tambour) :


d' un liquide. Il faut le palper de façon très déli- - DESCRIPTION: perceptible à une pression
cate car. en appuyant trop fort, il devient imper- modérée, il est grand et tendu en surface, mais
ceptibJe. creux et vide à une pression plus forte, comme
- INDICATIONS PATHOLOGIQUES : Vide (de une peau de tambour.
Qi, de Sang, de Liquides organiques ... ); Humi- - INDICATIONS PATHOLOGIQUES : pertes de
dité (interne ou externe). Sang ou de Jing, déshydratation sévère; hémor-
- ExPLICATION : le pouls Ru est causé par la ragie utérine due à une rétention placentaire.
vacuité des Vaisseaux angui ns qui entraîne la - EXPLICATION : les causes qui conduisent
formation d'un «Yang flottant » dû au Vide de à la formation de ce pouls sont globalement
Yin, de Sang et de Qi. d'où son caractère à la les mêmes que celles qui produisent le pouls
foi superficiel et inconsistant. Kou (c reux). Cependant, le pouls Ge se ren-
La Stagnation d'Humidité peut altérer la contre surtout chez des patients de plus de
transmission du Qi des Vaisseaux, atténuer son 40 ans, dont les artères ont une certaine dureté ,0~
impulsion et produire un pouls Ru. et dont le Ji ng est déclinant. ~'1.11'· r
Chen (profond) : ttbiort
Kou (creux) :
~!"<nt
- DESCRIPTION : superficiel, perceptible - DESCRlPTION : on le perçoit difficilement f"t\1
sous une pression légère, grand mais creux. en surface, il devient plus distinct en augmen- &cil\1~
On le compare à une tige d'oignon, car l' artère tant la pression. En profondeur, il est parfaite- rouler
a une légère dureté en surface mais offre peu ment perceptible. _,
de résistance interne. - INDICATIONS PATHOLOG IQUES : toutes ~3\ho
- INDICATIONS PATHOLOGIQUES : pertes de sortes de syndromes du Li (interne). 11ntW
Sang (hémathémèse, métrorragie, hématu- - EXPLICATION : la maladie est dans les •

rie ... ); altération du Yin (consomption des couches profondes de l' organisme (Organes, -
Liquides organiques. transpiration profuse, Entrailles, Os, Moelles ... ). Si le pouls est ~~
fièvre élevée ... ). profond et fort, il s' agi t d' une accumulation •
~~
- EXPLICATION: lorsque le Sang s' échappe d' Energie pathogène ou d' une Stagnation dans ~u
rapidement et en quantité suffisante, 1' adapta- le Li ; si le pouls est profond et sans force, l'ac-
ce~
tion du Qi des Vaisseaux au nouveau volume tivité fonctionnelle des Organes et Entrai lles [oi~
sanguin n'est pas immédiate. Ex péri mentale- est diminuée, l'Energie saine est insuffisante, du (
ment, il a été constaté qu' une perte de plus de le Yang est Vide et le Qi s'effondre. Dans tous ~~
400 ml de sang générait ce genre de pouls, les cas, les mouvements de montée- et surtout lèQ
dans la période qui précède le phénomène de d'extériorisation du Qi des Vaisseaux -sont Ct!
vasoconstriction. inopérants et le pouls n'est donc pas percep-
\

d'a
Lorsque le Ym est blessé, diminué, la masse tible en surface.
liquidienne du Sang est souvent réduite, tandis
que le Yang des Vaisseaux apparaît propor- Lao (fixé):
tionnellement plus importan t. On rencontre - DESCRIPTION : profond, plein, large, lo~g,
donc un pouls dont le mouvement de surface tendu et fo rt, il donne l' impression d'être ~er­
(Yang) est perceptible, mais qu i a peu de forme mement fi xé en profondeur. mms . ·1
1 1
d'fficde-
(Yin). ment perceptible en surface.
_ L-.:DICA:ION PATHO~OGIQUES : Plénitude
interne de Ym _et de Fro1d: hernie , tumeur DIMENSION
rnas e abdommale et autres accumulation~
internes. Duan (court) :
_ E XPLICATION : du fair de I' accumula ti - DESCRIPTION: il ne arv· .
de Yin er de Fr?id. 1'aspect Yang du Qi d~~ ecrions et ne se . P, lent pa aux tro1s
Vai eaux e l fruble et peu perceptible (peu de la barrière. perçott reellement bien qu'à
mouvement. surtout e~ urface), tandis que . - lNDICATIONS PATHOLOGIQ .
j'aspect Yin e t exces 1f (beaucoup de forme nons du Qi (Sta . ,. UES · perturba-
Vd ,. 1 gnanon s 11 est court et fon
surtou t en profondeur). Comme il s'a o-it d ' 1 e s 1 est court et faible). '
Pl " . d .:::> e
yndrome eruru e. le pouls est plein, tendu, . ~ EXPLICATION : lorsque la circulation du
large et long. Q 1 n es~ pas fluide (en cas de Stase de Sang de
s.ta_gnat:Ion de nourriture, de rétention de M~co­
Fu. C2> (caché): ~t.tes ou ~utres), l'impulsion du pouts manque
- D ESCRIPTION : c 'e t le plus profond des exte~sJOn. Lor que le Qi ou le Yang ont
pouls. perceptible uniquement à une pression tt:0 P frubl_e po~ mobiliser le Sang, l' impu1-
très forte,jusq u_'au ni ~eau de l'os; il est éga- ston est Insuffisante. Dans le deux ca . le
lement fin et faible. C est un pouls difficile à pouls e t court.
percevoir. On le compare à un homme ou à un
animal qui se couche sur Je sol pour se di i- Chang (long) :
muJer ou en signe de soumi sion. -: DES~RI PTION :
la puL ation e t perçue au-
- l NDfCATlONS PATHOLOGJQU ES : Eneroie dela de 1 emplacement de doigt . le pouls
pathogène bloquée à 1' intérieur du cor~ , donne l' impre ion d'être long et droit.
syndrome lue (collap u , état de choc. yn- -iNDlCATlONS PATHOLOGIQUES: ' il est long
cope .. .), douleur évère. et ouple, il est phy iologique ( urtout chez un
-EXPLICATION: lor qu ' une Energie patho- ujet de grande taille), indiquant l'abondance
gène est b~oquée à 1'intérieur du corp , elle du Qi et du Sang. Cependant, ile t le plu ou-
peut produLre une ob truction du Qi de Vai - vent pathologique, notamment lor qu ' il e t
eau.x et rendre le poul profond et peu per- tendu. Il indique alor un syndrome de Pléni-
ceptible. Dan ce genre de ituation, il y a par- tude, plu particulièrementl'excè de Yang du
fol de douleur évère du fait de J'occlu ion Foie, la Chaleur interne, le Feu et le Muco i-
,
du Qi. Lor que la pre ion artérielle e t effon- te ...
- EXPLICATION : en ca de Plénitude, parti-
drée. dan les yndrome Jue on con tate ou-
vent un poul Fu. De étude. ont montré que culièrement si le Yang e t exces if. le Qi des
ce genre de poul apparai ait lor qu'à la uite Vai eaux est propul. é avec force.
d'une hémorragie la pres ion artérielle de - Hong (vaste) :
cendait en dessous de 60 mm de mercure.
_ D ESCRJP110N : le pouls a une gr&lllde ampli-
tude. il arrive avec force, se soulève comme
une vague puis se relâche.

. J J'tté
1 lion en pinyin !IOUla meme.
2 Il ne faut pas confondre fu (caché) avec Fu cnouanl). 81en que a trans ra
la car re et la prononciation sont différents.
-
RÉCI. DE .\ IÉT>ECINE CHINOISE

- IND ICATIONS PATHOLOGIQUES : Chaleur mais également dans diverses situations , 1


florissante, particuüèrement dans la couche du Y ang• pre' domme
. ou e
, •
sur le Yin (hyperthyro··d·
1 te
Qi (ou dans le Méridien du Yang Ming). certames anemtes ... ). '
-EXPLICATION : la Chaleur-Plénitude, dans
les syndromes fébriles aigus, produit une expan- Ji (vit):
sion puis ante du Qi et du Sang des Vaisseaux. - DESCRIPTION : ~ est encore _Plus rapide que
La pression systolique augmente et la pression le pouls Shuo : 140 a 180 pulsattons par minute
diastolique diminue. (7 ou 8 pulsations par respiration du praticien).
Son rythme est généralement régulier.
Xi (fin) ou Xiao (petit) : - INDICATIONS PATHOLOGIQUES : surabon-
- DESCRIPTION: il a peu d'amplitude, don- dance de Yang et épuisement du Yin (si le
nant l' impression d'être fi n («comme un fù de pouls est vif et tendu) ; déclin de Yuan Qi (si le
soie »), tout en restant nettement percepti ble à pouls est vif et faible).
la palpation. - EXPLICATION: l'excès de Yang et la Cha-
- INDICATIONS PATHOLOGIQUES : Vide de Qi leur, surtout lorsque le Yin s'épuise, produi-
et de Sang ; épuisement (Xu Lao) à la suite sent une accélération importante du pouls. On
d'une longue maladie, de transpiration, vomis- rencontre également un pouls vif dans diverses
sement, diarrhée ou autre spoliation; Humi- maladies cardiaques ou chez des patients en
dité pathogène, particulièrement lorsqu'elle état de grand épuisement (Xu Lao). Si le pouls
stagne dans les Jing Luo. est vif et tendu, c'est le Yin véritable qui est
- EXPLICATION: le Sang et l'Energie nour- atteint par 1' excès de Yang pathogène; si le
ricière, parfois le Yin et les Liquides organi- pouls est vif et faible, c'est le Yang originel
ques, sont insuffisants et ils ne peuvent remplir qui s'épuise.
les Vaisseaux.
L' Humidité pathogène peut compri mer les Huan (paisible) :
Vaisseaux sanguins et produire un pouls fm. - DESCRIPTION : il est légèrement ralenti et H ttk
un peu relâché. ~t
FRÉQUENCE - INDICATIONS PATHOLOGIQUES : Humidité
pathogène; faiblesse de la Rate et ~e 1' E~to­ )li (a
Shuo ou Shu (rapide) : mac ; peut se rencontrer chez des sujets sams.
- DESCRIPTION : il est plus rapide que le pouls - EXPLICATION : lorsque l' Humidité s'ac- la
normal : 90 à 140 pulsations par mi nute (6 pul- cumule ou lorsque la Rate et l'Estomac sont
sations par respiration du praticien). Son rythme faibles, 1' impulsion du Qi et du Sang est ané-
'
nuee.
est généralement régulier.
- INDICATIONS PATHOLOGIQUES : Chaleur Chi (lent) :
(Chaleur-Plénitude s' il est rapide et fort, Cha-
leur-Vide s' il est rapide et faib le ou fi n, Cha- - DESCRIPTION : il est nettement raJenti :
leur externe s' il est superficiel et rapide, Cha- 40 à 60 pulsations par minute (3 pulsations par
leur interne s' il est profond et rapide). respiration du praticien). Son rythme est géné-
- EXPLICATION : la Chaleur OU 1' excès de ralement régul ier. .
Yang accélèrent le mouvement du Qi et du - INDICATIONS PATHOLOGIQUES :. fro!?
Sang. Ce phénomène s'observe dans les syn- (Froid-Plénitude s'il est fort, Froid-V•de tl
dromes fébri les où la Chaleur est évidente est faible).
'
LA PALPATION

Je Froid a la particularité
BXPI..ICATION : - I ND ICATIONS PATHOLOGIQUES : déclin du
l-érer Je Yang, de ralentir les mouvements Qi des Organes; douleur dans les syndromes dus
d'aQ'· el du Sang et de produire des occlusions. au Vent; perturbations émotionnelles, plus parti-
dll l
culièrement la frayeur et la peur ; traumatismes.
R Y THME
- E XPLICATION : le Qi et le Sang des Vais-

ces pouls. qu ' ils soient rapides ou lents, seaux som interrompus dans leur circulation
du fait du déclin du Qi d'un ou de plusieurs
sonl irréguliers. Organes (le Qi des Organes est un des facteurs
Cu (précipité) : consti tu tifs des pouls). Parfois, l' insuffisance
_ D ESCRIPTION : rapide, avec des pauses de J'Energie originelle est en cause.
. éauJières. On peutie comparer à quelqu'un Les troubles émotionnels, les douleurs, les
Jff t: ~ de temps en traumatismes sont également des facteurs qui
de pressé. qUI. court mats .
s ' arrete
temp pour reprendre son souffle. peuvent altérer le fonctionnement d' un Organe
_ l DICATfONS PATHOLOGIQUES : Yang flo- et rendre celui-ci incapable d'apporter sa contri-
rissant, Chaleur-~l ~nüude, ~vec Stagnation bution naturelle à la formation du pouls.
(Qi, Sang, Mucosttes, nourn~re ... ) comme
dans les abcès ou les accumulations pathogènes FoRME
(occlusion intestinale, appendici te ... ); Vide
des Organes et Entrailles (dans ce cas, le pouls Hua (glissant) :
est précipité et vide). - DESCRIPTION: ce pouls donne une sensa-
-EXPLICATION : la Chaleur accélère le pouls, tion de grande fluidité, rou lant sous le doigt
Ja Stagnation perturbe son rythme et le rend «comme une boule» ou «des perles». TI bat
intermittent. tantôt à l'avant, tantôt à l'arrière de son empla-
Une déficience des Organes et Entrai lles cement normal, comme s' il glissait d' un côté
peut produire un Yang flottant et une discon- ou de 1'autre sous la pression des doigts. ndonne
tinuité entre le Ytn et le Yang, ce qui s'exprime l'impression que l'artère est« lubrifiée ». Il est
par un pouls accéléré et irrégulier. souvent vigoureux et certai ns auteurs le clas-
sent parmi les pouls rapides, car il est fréquem-
]ié (noué): ment un peu plus rapide que le pouls normal.
- DESCRJPTION : lent, avec des pauses irré- - INDICATIONS PATHOLOGIQUES : Mucosités;
gulières. Stagnation de nourriture; Chaleur-Plénitude.
- iNDICATIONS PATHOLOGIQUES : Stagnation Naturellement, le pouls est légèrement glis-
de Qi due à l'excès de Yin ; Stase de Sang due sant chez les personnes jeunes (abondance
aux Mucosités-Froid. ; masse abdominale avec d'Energies nourricière et défensive) et chez les
Stagnation de nourriture. femmes enceintes (abondance d'Energie et de
-EXPLICATION : l'excès de Yin altère le Sang), sans que ce soit un signe pathologique.
Yang, ce qui ralentit le pouls. Les différents - EXPLICATION : la fluidité et la légère accé-
types de Stagnation perturbent la régularité du lération de ce pouls sont dues à l'excès du fac-
flux sanguin. teur pathogène interne en même temps qu ·à
l'abondance du Qi et du Sang. Le pouls Hua
Dai (i ntermittent) : est le signe d' une faible viscosité du Sang.
- D?S~RIPTJON : pouls avec des pauses sur- d'une bonne élasticité des Vaisseaux, avec un
venant a mtervalles réguliers. aspect endovasculaire sans aspérité.
PRÉCIS OE MÉDECINE C ff/NOISE

Dong (remuant) : la circulation du Qi et du Sang, ce qui proctu·


- DESCRIPTION : il est court, glissant, rapide un pouls rugueux et fort. Il
et fort. JI évoque un pois qu i roule sur lui- Le pouls Se est l'expression d' une au _
même et s'agite sous le doigt, montant et des- men tation de la viscosité sanguine et de\' adht
cendant. On le rencontre généralement, mais renee d.u Sang à la paroi vas~ulaire, d'une aug-
pas exclusivement, à la barrière. mentauon du frottement et d un ralentissement
- INDICATIONS PATHOLOGIQUES : douleur, du fl ux sanguin. On le rencontre plus facile-
fraye ur. ment chez les patients âgés (souffrant d'artério-
-EXPLICATION : le pouls Dong exprime une sclérose), alors qu' il est rare chez les jeunes
rupture dan la continuité entre le Yin et le (pour qui il est un signe de gravité).
Yang, une perte de l'équilibre entre les mou- Xian (tendu) :
vement de montée et de descente, ce qui
exp1ique qu'il soit court. Il est le reflet de - DESCRIPTION: il est long et tendu «comme
l'abondance du Qi et du Sang qui, perturbés, la corde d' un instrument de musique».
«jaillissent » à 1' intérieur les Vaisseaux, ce qui -l.NDICATlONS PATHOLOGIQUES : maladie du
explique qu' il soit glissant, rapide et fort. Ce Foie et de la Vésicule biliaire (Stagnation de Qi -~'r
.' ~\If
pouls révèle 1'agitation du Qi et du Sang ous du Foie, élévation du Feu du Foie, hyper- ~f.
J'effet d' une douleur ou d'une frayeur brutale. activité du Yang du Foie ... ); douleur (abdo- ~r~(II1Ù(
men, poitrine, flancs ... ); Mucosités; malaria. ~~11lU\
Se (rugueux) : - EXPLICATION : lorsque le Foie perd ses •\\UlC
-DESCRIPTION : ce pouls donne une sensa- fonctions de drai nage/dispersion, le Qi des ~~SJn
tion d' irrégularité (dans la forme, pas dans le Vaisseaux se contracte. La douleur est très sou- -l~