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DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

Examen : Dt inter de la mer et des activités maritimes


Liste de questions max 20, tirage au sort, exposé 6 à 8 minutes, sans temps de préparation.

Bibliographie :
J-Paul Pancratio : Dt international des espaces et droit de la mer
Tulio Treves : Grand spécialiste du droit de la mer, cours à La Haye
REGARDER site CIJ pour arrêts (important)

Introduction :
DI de la mer est un dt ancien et relativement nouveau :
- L’un des traités de Grotius portait sur le DI de la mer début 17è = DM est
fondamentalement régi par ppe de liberté
- G. Scelle 1955 parle : principe constitutionnel de liberté de la mer insusceptible
d'appropriation nationale : mer n’appartenait à personne. Mais principe battu en brèche
en 50’ : mer cesse d’être une avec :
o Dvpt du morcellement de l’espace maritime : proclamations latino-américaines
et africaines : mer a fait l’objet d’une appropriation nationale : dvtp dt de la
mer
o Dvpt Espaces :
 Extension de la mer territoriale qui passe de 3 à 12 miles par
Convention de Montego Bay
 Zone de sécurité de 24 miles permettant un droit de poursuite, englobée
dans la Zone Economique Exclusive (ZEE) de 200 miles apparait avec
Convention Montego Bay en 1982
 Plateau continental : déclaration Truman 1945 : « les Etats-Unis
revendiquent le droit d’exploiter le sous-sol de la mer »

Ces espaces maritimes ont été constitués par des États qui ont une ouverture côtière : titre sur
l’espace maritime découle de la souveraineté de l'espace terrestre de l’État. Pour avoir un
espace maritime il faut un espace terrestre qui puisse se projeter en mer, c’est donc un titre
accessoire. Le titre maritime repose donc sur l'espace terrestre qui lui est le titre principal
(important).

Aucun État ne peut considérer qu'un espace maritime de la haute mer est le sien : repose sur
régime des libertés : res nulius : chose qui n’appartient à personne, ouverte à tous >< res
communis (chose à tout le monde). Les États qui ont des configurations côtières sont donc
avantagés sur ceux qui n'en n'ont pas.
« La terre domine la mer, et elle la domine par les côtes » : CIJ 2009 Délimitation maritime en
mer Noire

Les principaux arrêts CIJ sont :


- Plateau continentale de mer du Nord 1969
- Libye-Malte 1985
- Délimitation entre Norvège et Danemark Jean Mayen 1993
- Mer noire Ukraine-Roumanie 2008
- Pérou-Chili 2012

Partie 1 : Le droit des délimitations


Il s'étudie à travers les conventions et à travers les décisions jurisprudentielles. Il y a 2 espaces
importants qui sont le plateau continental (PC) et la zone économique exclusive (ZEE).

§1 Les dispositions conventionnelles


A) Les Conventions de Genève :
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→ 4 Convention de Genève de 1958 :


- celle sur la haute mer en 1962 (63 EM)
- celle sur la mer territoriale entrée en vigueur en 1964 (aujourd'hui 52 EM)
- celle sur le PC de 1964 (68 EM)
- celle sur la pêche et la conservation des ressources biologique de la haute mer
de 1966 (39 EM)
Sont appelées droit de Genève. Elles ont été préparées et élaborées par la Commission du
Droit Inter des NU, organe subsidiaire de l'Assemblée générale = experts indépendants,
spécialistes du droit international.

Célébrité de la convention Genève sur le PC car article 6 qui énonce règle de délimitation du
PC : « prendre la ligne médiane comme ligne tracée à titre provisoire pour rechercher ensuite
si des «circonstances spéciales» nécessitent une autre délimitation »
- §1 = lorsque 2 États se font face, à défaut d'accord la règle est que la ligne de
délimitation repose sur la méthode de l'équidistance sauf si circs spéciales qui
justifient une autre délimitation.
- §2 = même méthode mais concerne les États limitrophes
= La ligne d'équidistance est la ligne de plus grande proximité qui a pour effet de donner à
chaque État les espaces maritimes qui sont plus proche de son territoire que celui du voisin.
En pratique : méthode aux conséquences disproportionnées suivant la configuration côtière
(regarder aff de la mer du Nord) + pb : pas de déf des circonstances spéciales. L'article 6
semble dire que les circonstances spéciales conduisent à une autre délimitation et non à une
équidistance corrigée, il y a donc un vide juridique.

Naissance séries de conflit entre les Etats sur la recon des dts souverains sur ces zones.
Conséquence : CIJ a été amenée à élaborer le dt inter de la mer : ppe d’équidistance art 6
conven° 1958 non repris par la CIJ qui préfère le ppe d’un dt équitable. Critique par Prosper
Weil Perspective du droit de la délimitation maritime.

B) Le droit de Montego Bay :


Dt de Genève concurrencé par la conven° de Montégo Bay = CNUDM (Conven° NU sur Dt
de la Mer) qui est le résultat des travaux de la 3e conférence des NU sur le dt de la mer réunie
pour la 1ère fois à NY en 1973.

Conven° entrée en vigueur en 1994 (167 EM). Deux groupes d’État se sont affrontés sur
plusieurs questions :
 un groupe favorable à l'équidistance
 un groupe favorable à la solution équitable (affrontement a tourné en faveur de ce ppe
dans Conven° et pour CIJ)

1) La ZEE :
Devenu un concept de droit positif de la mer en 1982 conven° MB même si pour Cour elle
avait déjà une valeur de norme coutumière.

Partie 5 : ZEE :
 Art 55 : défini° : zone située au-delà de la mer territoriale et adjacente à celle-ci,
soumise au régime juridique particulier en vertu duquel les droits et la juridiction de
l'État côtier et les droits et libertés des autres États sont gouvernés par les dispositions
pertinentes de la Convention
 Art 57 la limite à 200 miles
 Qd conflit de souveraineté, il faut alors délimiter en appliquant l'article 74 §1 =
solution équitable = norme fondamentale du droit de la mer
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2) Le Plateau Continental (PC) :


La convention de MB reprend en partie la convention de Genève de 1958 et son régime
juridique MAIS modifie la définition du PC : PC d’un Etat côtier comprend les fonds marins
et leur sous-sol au-delà de sa mer territoriale, sur toute l'étendue du prolongement naturel du
territoire terrestre de cet État jusqu'au rebord externe de la marge continentale, ou jusqu'à 200
milles marins des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer
territoriale.

Le droit de Montégo Bay contient simplement un standard et n’offre aucune solution quand
un véritable problème de délimitation se pose. C'est pour cette raison qu'il existe un droit
jurisprudentiel élaboré par CIJ.

ART 76 : comprend les fonds marins et sous-sols au-delà mer territoriale =Def par convention
de MB (aller chercher art 76)
***
L’art 76 consacre critère des 200 milles mais Etats peuvent aller jusqu’au rebord externes de
la marge continentale et jusqu’à 350 milles puisque para 6 art 76 = limite extérieure du
plateau continentale – 350 milles à partir des lignes de base

Certains Etats ont des plateaux continentaux au sens naturel, et pas satisfait par seul critère de
distance. Né en 1958 comme institution juridique reposant sr situation géographique. Lit de la
mer tel qu’il s’affaisse progressivement == socle sur lequel repose territoire terrestre de l’Etat.
– repose juste critère physique

Convention de MB renonce à critère de profondeur et procède à juridicisation du plateau.


Plateau devient un espace jusqu’à une distance de 200 milles. Mais des Etats qui continuent à
en avoir au sens physique cf au-delà de 200 milles et peuvent aller jusqu’à 350 milles.
Certains pas au sens physique mais au sens juridique. == satisfait tout le monde. Privilégie
intérêts ensemble Etats

Art 77 droit de l’Etat côtier sur plateau continental = droits souverains au fin exploration et
exploitation des ressources du plateau. Droits exclusifs, nuls ne peut entreprendre si pas
consentement Etat côtier et comme l’affirmait convention de 58, droits indépendants de toute
occupation effective. Continu donc à être une projection de l’Etat, droits souverains sur
l’espace sur lequel il se projette. Mais différence entre Genève et MB = critère profondeur
devenu distance.

Art 83 sur délimitation plateau continental entre E dont les côtes sont adjacentes ou se font
face est effectué par voie d’accord conformément au DI tel qu’il est visé art 38 Statut CIJ afin
d’aboutir à une solution équitable== MB = même article pour ZEE. Exigence solution
équitable == norme fondamentale du droit de la délimitation. Standard abstrait, non
déterminant.

La construction judicaire de ce droit par la CIJ :

Il y a eu des sentences arbitrales mais pas le + sauf celle entre France et Ru en 1977. Sinon
construction par CIJ : 5 arrêts cf moments décisifs construction jurisprudentielle (environ 50
ans de construction). Site CIJ

 Arrêt Plateau Continental Mer du Nord 20 février 1969 : Danemark et Pays Bas c
Allemagne
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J Lang auteur d’une thèse là-dessus

Pas de chance pour le Cour car pour le 1er grand arrêt = cas complexe. Délimiter ce plateau
compliqué car plateau physique pouvant être considéré comme un plateau commun à
l’ensemble des Etats ; la nature n’aide pas. 1969 – plateau défini au sens physique par le
critère de la profondeur, la Cour a eu à rendre un arrêt sur un plateau continental qui était tout
entier situé à profondeur inférieur à 200m, l’ensemble du plateau = unité physique.

Cela commence par acte de saisine le 16 février 1967 MAF Etrangères PB adresse à Cour 2
compromis conclus entre Danemark et RFA et RFA et PB relatif à plateau continental =
notification. (base de compétence : déclarations d’acceptations, compromis, clause
compromissoire incluse dans un traité – cf différend relatif au traité == en général offre base
de compétence plus étroite – juste en général, pas toujours vrai ; et encore forum prorogatum :
proposition qu’on peut accepter ou refuser)

Mode de saisine =

 Dépôt d’une requête : acte d’attaque, sur la base déclaration d’acceptation ou clause
compromissoire
 Notification d’un compromis : E se sont préalablement entendus pour aller devant CIJ,
sur le différend qui les oppose, sa définition, sur le mode de saisine
Parfois cas complexe = compromis qui ne prévoit rien sur mode de notification == en général
suspect, il faut un article qui le régisse dans le compromis. Elle peut être très originale cf 2
compromis : un entre Danemark et Allemagne et un autre entre PB et All == alors que PB qui
les a notifié == ils s’étaient tous mis d’accord avant.

Une saisine par notification de 2 compromis, mais PB et Danemark vont faire cause commune
== 1 seul arrêt mais à la base 2 compromis. Notifiés 18 jours après leurs signatures.

Malgré négociations ne sont pas parvenus à délimiter leurs plateaux car en désaccord sur
principes à appliquer. Différend sur l’existence du droit lui-même, désaccord théorique sur le
droit donc vont poser même question : (toute petite différence ce conventions) D, All et PB
partagent la façade continentale de la Mer du Nord == PB et All et All et D s’étaient entendus
sur ligne de délimitation partielle très étroite. Au-delà de cette ligne = désaccord sur
délimitation plateau. Portée par 2 conventions différentes

D : « quels sont les principes et règles de droit international applicables à la délimitation


entre les parties des zones du plateau continentale relevant de chacune d’elle au-delà de la
ligne de délimitation partielle déterminée par la convention du 9 juin 1965 »

PB : même chose « 1964 »

Les 3 Etats en désaccord sur la façon de délimiter plateaux – juste entendus sur ligne de
délimitation partielle. D et PB = équidistance (convention 29 avril 1958 cf art 6 mais All pas
partie à cette convention) alors que Allemagne veut part juste et équitable

Comme Allemagne pas partie == pas opposable (même si possible cf coutume)

D et PB ont prétendu que principe d’équidistance = coutume mais en plus principe logique
inhérent à la délimitation du plateau == mais pas suivie par la CIJ (autre affaire dans laquelle
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on a parlé de principe logiquement lié = ??)

All va prétendre que droit applicable = thèse de la part juste et équitable

(« Le droit c’est le juste partage des biens, des charges, le droit n’est rien d’autres qu’un
partage juste »)

Définition par CIJ du Plateauc continental mer du Nord == revoir dans arrêt

.. bordé à son extrémité nord-ouest et au Nord Est séparé des détroits de la Baltique par une
ligne allant Hanstholm qui est point Nord Ouest du Danemark au Cap Lindes …et au-delà
commence le Skagerrak qui sépare Norvèe du Danemark

Mer qui présente l’apparence d’une mer fermée : étroite ligne de délimitation entre France et
Gb, le parralèle passant par les shetlands au ord === l’apparence seulement d’une mer fermée
== car ligne de navigation la plus utilisée au monde

Schéma 1

Côtes différentes : côtres danoises et néerlandaise = convexes alors que All = concave ==
équidistance à ces 2 types de côtes = effet différent :

 Côte convexe : côte se projette de façon infinie si rien ne vient l’arrêter


 Côte concave : se projette dans triangle ramassée sur sa base
Schéma 2

En Mer du Nord délimitation entre la Norvège et RU, entre Danemark et RU, mais pas de
délimitation entre All et RU parce que tous les E ont appliqué principe de l’équidistance cf et
ont pu placer médiane centrale qui sépare leur plateau alors que Allemagne ne peut pas aller
jusqu’à cette médiane centrale.

La Cour constate qu’il existe plateau au sens physique + pls ligne de délimitation ont été
déterminé en Mer du Nord, ce qui empêche conclusion ligne avec All = la nature concave de
sa côte.

Il y a bien sûr art 6 que prétendent appliquer le D et PB == sauf que All pas partie à la
convention ; néanmoins ne prescrit pas l’équidistance de façon exclusive, sauf si
circonstances spéciales == ce que dit l’Allemagne – atténuer équidistance de telles sortes que
effet négatif soit gommé (tracer ligne entre les 2 extrémités == méthode de la façade maritime
– permettant à all de se projeter jusqu’à ligne médiane.

Face à cette thèse == thèse allemande cf justice distributive, repose sur idée que part juste et
équitable = PGD

Examen de la thèse allemande :

va facilement l’écarter. Pose à la Cour certains nb de diff

 Contraire à la tâche qui lui revient en l’espèce : pas rôle d’attribuer mais de délimiter
--- délimiter ce n’est pas partager
 La doctrine de la part juste et équitable s’écarte totalement de la règle qui constitue
sans aucun doute possible la plus fondamentale des règles de droit applicable == selon
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laquelle les droits de l’Etat riverain concernant la zone de plateau continental qui
constitue un prolongement naturel de son terr sous la mer existe ipso facto et ab initio
en vertu de la souveraineté sur l’Etat de ce territoire ert par une extension de cette
souveraineté sous la forme de l’exercice de droit souverains aux fins de l’exploration
du lit de la mer et de l’exploitation de ses ressources naturelles. === droit inhérent (ne
nécessite aucune proclamation, aucun acte constitutif, aucune manifestation de
volonté) et exclusif (indépendant de son exercice effectif. Thèse du partage est
contraire à cette règle fondamentale == elle doit juste dire quel est le plateau sur lequel
chaque Etat a des droits souverains et exclusifs.
= Cour n’accepte pas la no° de partage pour délimitation maritime. Pas justice distributive. La
Cour va également rejeter comme considérations pertinentes les considérations éco et retient
uniquement les considérations géographiques car jamais elle ne prend en compte les
considérations liées aux inégalités entre Etats.

Examen thèse danoise et néerlandaise :


Cour fait théorie moderne de la coutume – théorie du triple effet d’une norme conventionnelle
sur norme coutumière : effet déclaratoire, générateur, cristallisateur

Mer du Nord = la Cour l'a défini comme une mer ovale. Mer fermée par le détroit étroit du
Pas de Calais et par une ligne qui sépare la mer du Nord de l'Atlantique Nord.

Mer du Nord a apparence géographique de mer fermée, profondeur inférieure à 200 mètres,
mais en réalité elle n'est pas fermée du tout car c'est une artère de communication mondiale
entre les grands états européens maritimes et états de la Mer Baltique avec reste du monde.
Mer au double visage : pas mer fermée par ses usages.

Dans cette Mer, PB, All et Danemark en conflit au sujet de la délimitation du plateau
continental. Il y a pls thèses qui s'opposent dans cette affaire. Le plateau continental continue
à être le prolongement naturel du territoire de l'état sous la mer. La Cour dit « délimiter n'est
pas partager ».

Danemark et PB veulent équidistance : ils ont présenter à la Cour une thèse très construite en
prétendant que équidistance était obligatoire à titre conventionnel, ensuite ils se sont efforcés
de prouver qu'il existait un principe logique d'équidistance. C'est la thèse fondamentaliste. La
Cour n'a pas suivi cette thèse.

Thèse qui constite à dire que équidistance est une coutume internationale : Danemark et PB =
rejetée par la Cour.

D'abord le Danemark et PB ont dit qu'il y a une règle obligatoire qui se structure autour du
principe d'équidistance posé par art 6 Conv Genève 1958. La Cour observe que équidistance
est une méthode pratique, que tout cartographe peut tracer une ligne d'équidistance. Cela dit,
ce n'est pas nécessairement une méthode obligatoire.

Est-elle obligatoire à titre conventionnel ? Art 6 conv de Genève de 1958 constitue-t-il le droit
applicable entre les parties ?

Cour observe d'aboed que Conv Genève 1968 a été signé par 46 états et 39 y avait adhéré ou
l'avait ratifié et ajd il y en 50 qui en sont parties. Cour observe que Conv Genève 1958 est
entré en vigueur en 1954 (6 ans après) donc entrée en vigueur rapide. Exigence était malgré
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tout limité car 22 ratifications ou adhésions étaient nécessaires pour entrer en vigueur. La CIJ
observe que le Danemark et les PB ont ratifié mais pas l'Allemagne et sont devenus parties
respectivement en 54 et 66. Mais il n'y a pas eu de ratification Allemande.

Autre voie pour rendre une Conv oblogatoire : voie coutumière, ici il ne s'agit pas d'une
application provisoire puisque Conv est entrée en vigueur donc question que s'est posée la
Cour et l'Allemagne : y a-t-il eu de la part de l'Allemagne un comportement par lequel elle
aurait le fait d'être partie sans avoir pour autant ratifier ? C'est ce que prétendent le Danemark
et les PB : Conv est devenue obligatoire pour Allemagne en raison de son comportement, de
ses déclarations publiques et proclamations. Comme ils sentaient que la thèse avait faiblesse,
ils ont également prétendu que l'allemagne s'était placée en position d'estoppel (institutions
anglo-saxonne par laquelle un état est réputé lié par une Conv parce qu'il a pris une position
juridique qui a amené d'autres états à prendre eux-même une position juridique en fonction de
cette première position. Les autres états doivent eux même avoir pris une position à leur
détriment) : elle a reconnu l'application du rég conventionnel d'une façon telle qu'elle avait
amené d'autres états, notamment Danemark et PB, à tabler sur cette attitude.

Donc ça devient compliqué : pour prouver que l'Allemagne est liée à titre conventionnel, il
faudrait que Danemark et PB prouvent que Allemagne a manifesté attitude indubitable quant à
la volonté de devenir partie, ou alors qu'elle s'est placée en position d'estoppel.

La Cour n'a pas retenu cette hypothèse. Cette hypothèse est d'autant plus rarissime car quand
on est face à un traité en bonne et due forme, les états vont simplement ratifier cette Conv
pour en faire partie. DIP n'est pas formaliste mais lorsque les états choisissent le formalisme,
il est difficile de dire qu'un état est partie s'il n'a pas suivi le formalisme pour faire partie à la
Conv. Si voie formaliste pas choisie, c'est plus complexe pour prouver qu'un état est partie ou
non.

Pour dire que l'Allemagne aurait manifesté son intentention d'être partie à la Conv ?
Danemark et PB s'appuient sur le fait que Allemagne ait signé convention, qu'elle n'a fait
aucune objection à l'art 6 = peut être preuve que Allemagne n'était pas opposée au principe
d'équidistance.

Mais comme le fait observer la Cour, l'Allemagne aurait eu la possibilité soit ultérieurement
soit au moment de la ratification de faire une réserve à l'art 6. Equidistance ne fait pas partie
des articles auxquels ils est interdit de faire une réserve. Allemagne aurait donc pu faire une
réserve.

De plus, L'Allemagne a également manifesté publiquement son intention de ratifier mais elle
n'a pas fait parvenir son instrument de ratification. Une déclaration publique n'est pas
suffisante. (Ex : affaire Nicaragua : Nicaragua avait prétendu qu'il avait ratifié le traité portant
statut de la CPI : pls preuves étaient réunies pour prouver que le Nicaragua avait ratifié mais
l'instrument de ratification n'est jamais parvenu jusque la CPI = Nicaragua a dit que
l'instrument a été coulé par un sous marin pendant la 2GM = donc Nicaragua a été considéré
comme pas partie au statut de la CPI).

De nombreux indices concordants étaient réunis et pouvaient faire considérer que l'Allemagne
avait la volonté de devenir partie. Cela dit, la Cour a considéré que cela ne suffisait pas, le
meilleur moyen aurait été pour l'Allemagne de ratifier. Au début, l'Allemagne n'était pas
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farouchement opposée à cet art 6 de la Conv de Genève de 1958. Peut-être n'avait-elle pas
mesurée toutes les implications.

Que reste-t-il ? L'estoppel = c'est difficile à prouver malheureusement, il aurait fallu que la
prétendue prise de position juridique allemande modifie les positions du Danemark et des PB,
mais ces derniers n'ont fait aucune concession, aucun sacrifice. Donc pas d'estoppel. Devant la
Cour, D et PB ont soutenu la thèse que la particularité de la côte allemande n'est pas une
circonstance spéciale = ils veulent équidistance.

Argument le plus solide de la part de D et PB : l'application de l'équidistance à titre coutumier.

C'est très fréquent comme manière de faire. Ici, ça ne sera pas le cas : la Cour va rejeter les
prétentions des deux pays alors même que le Danemark et le PB avait divisé cette thèse en
deux arguments essentiels. Ils ont prétendu que l'article 6 est une règle coutumière à la suite
des travaux d'organismes internationaux, du travail de la Commission du droit international. Il
s'est formé progressivement une opinio juris (sentiment qu'une pratique est obligatoire).

Il y a le second élément, qui est l'aspect fondamentaliste : équidistance est un principe logique
et nécessaire selon D et PB. Ce serait un authentique principe logique, càd qui échappe aux
déterminations normatives des états, qui n'est pas soumis à la détermination des états. Si c'est
un principe logique, il est inhérent au DIP maritime.

La barre est donc très haute pour l'équidistance. D et PB ont voulu convaincre la cour que
équidistance échappe à la détermination des états et est impliqué par le plateau continental. Ils
ont soutenu une véritable argumentation qui était malheureusement vouée à l'échec.

Thèse D et PB repose sur un point de départ qui est le suivant => le droit de l'état riverain sur
son plateau continental a pour fondement la souveraineté qu'il exerce sur le territoire dont ce
plateau continental est le prolongement naturel sous la mer. C'est parce qu'il est souv sur son
territoiree que l'état côtier exerce des droits souverains sur le plateau continental qui constite
son prolongement naturel. Le prolongement naturel, c'est la projection de la souv de l'état sur
son prolongement OR le D et PB disent que le principe d'équidistance permet de reconnaître
le prolongement naturel de chaque état, car c'est le principe qui permet d'identifier les espaces
sous marins qui sont dans un rapport de plus grande proximité avec l'état riverain qu'avec
aucune autre état. L'état est souv sur son territoire, exerce droit souv sur son prolongement et
équidistance permet d'identifier ce prolongement, càd les espaces qui sont en plus grand
proximité avec l'état côtier qu'avec aucun autre état. Donc plateau continental implique
l'équidistance.

La cour fait une observation : elle a dit au D et aux PB qu'il fallait que le plateau soit régi par
le principe de plus grande proximité. La cour s'est intéressée aux travaux de la CDI et a
observé que la notion de plus grande proximité n'apparaît jamais. Plateau continental jamais
défini comme espaces étant dans un rapport de plus grande proximité avec état côtier qu'avec
tout autre état. Idée de proximité absolue n'apparaît NUL PART. Elle n'est pas une
conséquence de la notion d'adjacence. Cette notion, selon la Cour « n'implique la proximité
que dans un sens général sans postuler une règle fondamentale ou inhérente dont l'effet serait
en définitive d'interdire à tout état d'exercer ses droits relatifs au plateau continental sur des
zones plus proches d'un autre état que de la sienne ».
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Pour la CIJ, la proximité n'implique pas la plus grande proximité, ni l'adjacence. Des zones de
plateau continental peuvent être plus éloignées de l'état auquel elles sont rattachées que d'un
autre état. Au fond, la thèse du Danemark et du PB est séduisante mais elle inverse l'ordre
naturel des choses. En fait, la thèse du Danemark et des PB est une rationnalisation a
posteriori : on s'aperçoit que le plus souvent, les zones sous marines du plateau continental
sont plus proches de ses côtes que de celles d'un autre état mais PAS TOUJOURS. Ce n'est
pas le plateau continental qui implique équidistance, mais c'est équidistance qui induit une
certaine conception du plateau continental = celle où le plateau serait toujours composée de
zones plus proches de l'état cotier que d'un autre état.

La Cour va s'intéresser aux travaux qui ont eu lieu devant la CDI ainsi qu'à la genèse de
l'évolution de l'équidistance. La Cour observe que le processus de genèse du plateau
continental ne mentionne nullement l'équidistance. En effet, si on part de la toute première
proclamation sur le plateau continental qui la proclamation Truman de 1945, la Cour observe
qu'elle ne mentionne pas l'équidistance.

Cette proclamation dit « en ce qui concerne la délimitation latérale des plateaux continentaux
d'états limitrophes, la proclamation Truman énonçait que la ligne de délimitation serait
déterminée par les EU et les états intéressés, conformément à des principes équitables. »

Cette proclamation renvoyait à la notion d'accord, et il devait la déterminer conformément à


des principes équitables. La Cour observe que dans cette proclamation Truman ne figure pas
l'équidistance.

Par ailleurs, les travaux de la CDI des NU se sont occupés de la question de 1950 à 1956. Ils
ont préparé les Conv de Genève sur la base de travaux fait par un comité technique. Durant
ces 6 ans, la Cour observe que l'équidistance n'a jamais été présenté comme méthode
inhérente au plateau et qu'a aucun moment n'a été évoqué un principe de proximité qui serait
inhérent à la conception fondamentale du plateau.

En fait, les travaux de la CDI avaient conduit à pls méthodes de délimitation et l'équidistance
n'était que l'une de ces méthodes. Parmi les méthodes qui avaient été suggérées, il y avait
l'équidistance mais aussi le prolongement vers le large de la frontière terrestre entre les deux
états limitrophes intéressés, le tracé d'une ligne perpendiculaire à la côte à l'endroit où la
frontière entre les deux territoires atteint la mer (lignes de délimitation entre états
limitrophes), tracé d'une ligne perpendiculaire à la direction générale de la côte.

Pérou et Chili ont délimité leur frontière en mer à l'aide d'un parallèle où les frontières
terrestres se rejoignent au niveau de la côte.

Ici, aucune préférence n'est accordée à l'équidistance pour les états dont les côtes sont
limitrophes. Ca a beaucoup inquiété les états, et la Cour pensait que ce sont ces plateaux là qui
engendreraient beaucoup de difficultés, et que pour les autres, ça se ferait selon la médiane
sans difficulté. En tout cas, ce qui ressort, c'est qu'il n'y a aucune place dans le droit positif
pour un principe comme l'équidistance. Les états préféraient utiliser le prolongement de la
côte terrestre par exemple, même si équidistance était plus sûre et plus mathématique.

D et PB doivent donc prouver à la cour que équidistance a généré une règle de DI coutumier.
La Cour va ici apporter une contribution essentielle à la théorie de la coutume internationale.
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Arrêt de la mer du Nord est essentiel car avant cet arrêt, jamais n'avait été expliqué de façon
aussi claire les effets qu'une Conv peut avoir sur la coutume. Jamais non plus n'avait été
expliqué de façon aussi précise comment on constate la coutume. Cette pratique confirmée
par opinio juris permet de dire qu'il y a coutume. La règle de la pratique confortée par une
opinio juris rend-t-elle vraiment raison qu'il y a formation d'une coutume ? En terme de
formation, c'est plus complexe : il y a un fort courant qui rejette la théorie des deux éléments.
Kelsen a dit le premier que cette théorie ne permettait pas de rendre compte de la formation
d'une coutume. Des auteurs ont dit que le sentiment d'obligation n'a pas de sens et qu'au fond,
l'opinio juris était surtout le moyen pour le juge de qualifier une coutume si ça lui convient ou
non.

Donc critique de la règle des deux éléments, de plus les objectivistes disent qu'en fait, tout ça
c'est la nécessité sociale en réalité. On constate donc apparition de la coutume mais on
explique pas vraiment comment elle arrive. Thèse de la coutume est soutenue au fond par les
volontaristes qui disent que les deux éléments ne sont pas ceux qu'on croit : derrière idée
d'opinio juris il y a les positions juridiques prises par les états. Ce qui fait la coutume, c'est
donc la prise de position juridique des Etats selon les volontaristes.

L'intérêt de Mer du Nord, c'est que la Cour nous a appris comment identifier une pratique, une
opinio juris. Il faut avoir en mémoire qu'à une époque, certain prétendait que la coutume était
lente, progressive, sage. La Cour va dire que au contraire ça peut être très rapide si les
conditions nécessaires sont réunies pour qu'il y ait les deux éléments. C'est aussi dans l'arrêt
Mer du Nord que la Cour explique les effets d'une Convention sur la coutume : il y en a 3
(effet déclaratoire, effet cristallisateur et effet générateur). Une Conv peut dire la coutume, la
déclarer ou la cristalliser ; la Conv peut être codificatrice mais peut aussi apporter à la
coutume l'élément qui lui manquait pour que la norme en gestation devienne parfaite = la
pratique existe, opinio juris est consistance mais la Conv va apporter dernier degré qui
manquait = elle va cristalliser la norme, ce qui va lui permettre de se former = c'est
l'impulsion définitive.

Terme cristallisation vient de l'auteur Stendhal = par cristallisation, on entend le fait que l'être
aimé est soudain investi de toutes les perfections.

Il y a la génération, c'est à dire une convention peut être à l'origine d'une norme coutumière.

Rejet de la thèse fondamentaliste. Arrivée à ce stade, CJ doit aborder la question de


l'équidistance à titre coutumier. Il existerait une coutume internationale qui aurait consacré
l'équidistance. Avant d'arriver à cette thèse, la CJ dit qu'elle souhaite aborder deux questions
incidentes :

> préciser qu'il est plus pbmatique de tracer une ligne latérale de délimiatation entre états
limitrophes (ex : Pérou et Chili) qu'une ligne médiane entre états dont les côtes se font face.
La cour ajoute que lorsque les côtes se font face, les zones de plateau continental peuvent être
réclamés par chacun des états à titre de prolongement naturel de son territoire. Elle ajoute que
ces zones se rencontrent, se chevauchent, et ne peuvent donc être séparées que par une ligne
médiane. Si l'on ne tient pas compte des ilôts, des rochers ou des saillants dont on peut
éliminer l'effet exagéré des déviations, une telle ligne médiane doit diviser l'espace dont il
s'agit. En revanche, dit la Cour, en ce qui concerne les états limitrophes, il est fréquent qu'une
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

ligne latérale d'équidistance laisse à un des états intéréssés des zones qui sont le prolongement
naturel du territoire de l'autre.

> Deuxième observation de la Cour : est également différent le pb de la délimitation latérale


entre les eaux territoriales des états limitrophes faite selon l'équidistance.

Pq la Cour fait ces remarques : c'est une façon de vider la pratique de l'équidistance de son
sens. La Cour prévient que la pratique de l'équidistance n'est pas pertinente pour les états
limitrophes.

Remarque : au fond, la Cour va écarter l'équidistance comme prinicpe de délimitation mais


son rejet de l'équidistance doit être placé en perspective : c'est pas tant l'équidistance qu'elle
rejette mais plutôt l'équidistance pour des états limitrophes.

Remarque² : la Cour s'est aperçue par la suite que quand les états se font face, ce n'est pas
simple que ce soit la ligne médiane qui s'impose comme ligne de délimitation des eaux
territoriales. La Cour avait pensé que ça serait simple les délimitations mais elle s'est trompée.

La règle coutumière : dans arrêt Mer du Nord, Danemark et PB pense que la Conv de 1958 a
cristallisé une règle coutumière et l'a au moins généré. Cette thèse consiste à dire que la règle
coutumière de l'équidistance a été cristallisé par Conv de 1958. Le Danemark et les PB
considèrent que c'est ce qu'il s'est passé car selon eux, les travaux de la Conv de 58, les
travaux de la CDI, les débats qui ont eu lieu au sein de la Commission, les réactions des Gvts,
ont cristallisé, du fait de l'adoption de la Conv sur le plateau continental, une règle coutumière
d'équidistance. Cette règle était en gestation, et l'adoption de la Conv lui apporte l'élément qui
lui manquait pour accéder à la normativité et à la juridicité. Cette thèse est rejetée par la
Cour : elle considère que cette thèse n'est pas vraie pour l'art 6 qui a été proposé par la CDI
avec beaucoup d'hésitation, à titre expérimental et non pas comme une règle déjà consacrée.
La Cour ajoute qu'elle trouve une confirmation de cette analyse de l'art 6 dans le fait que ce
article qui consacre l'équidistance est « l'un des articles auquel tout état peut formuler des
réserves au moment de la signature, de la ratification, ou de l'adhésion ». L'article est donc
largement ouvert aux réserves, ce qui conduit la Cour a dire « il est en général caractéristique
d'une règle ou d'une obligation purement conventionnel que la faculté d'y apporter des
réserves unilatérales dans certaines limites, mais il ne saurait en être ainsi dans le cas de
règles et d'obligations de droit général ou coutumier qui par nature doivent s'appliquer dans
des conditions égales à tous les membres de la communauté internationale et ne peuvent donc
être subordonnées à un droit d'exclusion exercé unilatéralement et à volonté par l'un
quelconque des membres de la communauté à son propre avantage ». = si ce sont des
obligations conventionnelles, on peut faire des réserves. En revanche, si ce sont des
obligations coutumières, on ne peut pas faire de réserves car ce qui les caractérise c'est
qu'elles s'appliquent à tous et ne peuvent pas faire l'objet d'un droit d'exclusion. Donc si on
peut faire des réserves à l'art 6, c'est que ce n'est pas coutumier. C'est que cet art 6 n'a
cristallisé aucune règle coutumière, sinon on pourrait faire des réserves. Pour prouver cela, la
Cour observe que l'art 12 de la Conv sur le plateau continental autorise les réserves à certains
articles et pas à d'autres. Cour dit que art 1, 2 et 3 de la Conv sont coutumiers, on ne peut PAS
leur faire des réserves. Les autres, oui et sont pas des coutumes. Cela dit, Danemark et PB
font remaruqer que même certains art auxquels on ne peut pas faire des réserves contiennent
quand même des coutumes = exemple avec art 4 et 5 sont des obligations coutumières et sont
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

inclus dans des art auxquels on peut faire des réserves. La Cour répond que de telles
obligations figurent de manière incidente, elles auraient pu ne pas figurer dans la Conv mais
c'est mieux qu'elles y soient. Elles ne sont pas l'objet essentiel de la Convention, qui est de
définir le plateau continental.

Dernier argument du Danemark et PB : ils constatent qu'il n'y a pas eu beaucoup de réserves
faites à l'art 6, même pas de la part de l'Allemagne, seulement 4 ont été faites et aucune ne
visent une exclusion ou un rejet de l'équidistance. La Cour considère que tout cela n'est pas
suffisant pour prétendre que la Conv aura cristallisé une règle coutumière obligatoire
d'équidistance.

Dernière tentative du Danemark et du PB : peut être que la conv n'a pas cristallisé une règle
coutumière mais elle l'a générée. La règle contenue dans art 6 n'était pas coutumière lorsque la
Conv l'a adoptée mais elle l'est devenue en raison de l'influence exercée par la Conv. Art 6
aurait donc servi de point de départ à une règle qui purement conventionnelle à l'origine se
serait depuis intégrée au droit international général et serait maintenant à ce titre acceptée par
l'opinio juris. C'est ici que la Cour commence l'analyse théorique de la coutume.

La Cour parle d'abord d'une première affirmation : la Cour dit que pour qu'une disposition
conventionnelle se transforme en règle coutumière, il faut qu'elle ait un caractère
fondamentalement normatif et puisse ainsi constituer la base d'une règle générale de droit.

La Cour dit ça car dans cette affaire elle est très exigeante et a des doutes sur le caractère
fondamentalement normatif de l'art 6 : elle constate que cet art est rédigé de telle sorte qu'il
fait passer l'obligation de recourir à la méthode de l'équidistance à la méthode primordiale
d'effectuer la délimitation par voie d'accord.

En second lieu, la Cour doute aussi par rapport à ??? : les états appliquent l'équidistance sauf
si ???

Selon le prof, une règle juridique c'est comme un donuts.

Enfin dit la Cour, la faculté de rendre des réserves rend ??. Le fait que ?? ORDI QUI A BUG

Pour qu'une règle conv se tranforme en règle de droit général international, il se peut que, sans
même qu'une longue période de temps se soit écoulée, une participation très large et
représentative à la Convention suffise, à condition toutefois qu'elle comprenne les états
particulièrement intéréssés. Donc une règle conv peut se transformer en règle coutumière si
on constate une participation large à la Conv + états intéréssés. En revanche, long laps de
temps n'est pas nécessaire. Une coutume peut se former très rapidement selon la Cour mais il
faut participation très large et états particulièrement intéréssés. Il faut que cette pratique
incluse les états intéréssés = nouveau concept. Une conv qui serait ratifié par de nombreux
états ne pourraient générer des règles coutumières, malgré le grand nombre d'états qui ont
ratifié, si les états les plus intéressés n'y participaient pas.

Par ailleurs, il faut, dit la Cour, que la fréquente ait été fréquente et uniforme dans le sens de
la disposition invoquée, et qu'elle se soit manifestée de manière à établir une reconnaissance
générale du fait qu'une règle ou une obligation juridique est en jeu. Cela signifie que la
pratique fréquente, uniforme doit être confortée par une opinio juris. Les états doivent être
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

convaincus par le caractère obligatoire de la pratique.

Dans le cas de l'équidistance, la Cour dit qu'on n'a pas tout ces critères. Elle constate qu'il n'y
a pas de pratique large, rpztative, fréquente, uniforme. Elle commence par observer qu'on a
cité au cours de la procédure une 15aine cas où la délimitation a été faite selon équidistance.
Une 15aine de cas c'est peu dit la Cour. Pls raisons enlèvent à ces cas la valeur de précédents,
càd comme déterminant pour prouver l'existence d'une règle coutumière. La Cour dit que pour
la moitié des états qui ont appliqué l'équidistance pour délimiter leur plateau continental, ils
étaient ou allaient devenir partie à la Conv. Donc on peut considérer qu'ils ont appliquer la
règle conventionnelle. Pour les états qui n'étaient pas partie à la Conv, la Cour dit que « les
raisons de leur action ne peuvent être que problématiques et restent du domaine de la
conjoncture. Ces états n'appliquent pas la convention mais il serait excessif d'en conclure
qu'ils croyaient appliquer une règle du droit international coutumier ou à caractère
obligatoire. Pour ces états, les raisons de leur action ne peuvent relever que du domaine de la
conjoncture » la Cour ajoute « pour qu'il y ait coutume, les actes considérés doivent rpzter
une pratique constante et ils doivent aussi témoigner par leur nature ou la manière dont ils
sont accomplis de la conviction que cette pratique est rendue obligatoire par l'existence d'une
règle de droit ». Ici la Cour rappelle l'exigence de l'opinio juris, et ce qui manque à
l'équidistance pour devenir une règle coutumière, c'est peut-être une pratique mais c'est
surtout une opinio juris.

Enfin la Cour ajoute pour finir de nous convaincre que dans presque tous les cas de
délimitation, il s'agissait de tracer des lignes médianes entre états se faisant face et non des
limites latérales entre états limitrophes. Et la Cour considère que les limitations entre états se
faisant face ne peuvent pas consistuer un précédent pour les limites latérales.

Arrêt Mer du Nord très important pour la théorie de la coutume, pour la définition des deux
éléments constitutifs de la coutume. En même temps c'est un arrêt sur lequel pèse certaines
suspiçions car l'opinio juris serait le masque du juge car si la Cour ne veut pas qu'une règle
soit coutumière, elle sera exigeante en matière d'opinio juris et dans le cas contraire elle ne
sera pas exigeante en matière d'opinio juris.

Cour aurait du admettre le caractère coutumier de l'équidistance mais en théorisant la notion


de circonstances spéciales qui aurait donné tout son sens à la règle coutumière.

En matière d'opinio juris la Cour a été exigeante envers les états, mais quand il s'agissait d'elle
elle n'était pas du tout exigeante pour l'opinio juris, elle ne demande pas de démonstration
mais elle fait seulement des affirmations. La Cour a fait ce raisonnement à l'époque car elle ne
voulait pas d'une méthode automatique de délimitation (tout comme ajd). Ajd elle procèderait
autrement pour rejeter la méthode automatique de délimitation, car le droit a changé.

Quelles sont donc les règles et principes de droit appliqués dans cette affaire ?

La Cour commence par dire qu'il existe des règles et principes de droit à appliquer entre états
qui ont un problème de délimitation mais elle dit qu'elle n'a pas à faire elle-même une
délimitation.

La Cour dit que « les principes en matière de délimitation sont que la délimitation doit être
l'objet d'un accord entre les états intéressés, et que cet accord doit se réaliser selon des
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

principes équitables ». Par la suite, il va y avoir des états qui vont se ranger du côté de
l'équidistance et des états qui vont se ranger du côté des prinicipes équitables.

La Cour dit que les principes équitables sont des notions juridiques de base qui reflètent
depuis l'origine l'opinio juris en matière de délimitation. Et l'origine, c'est le 28 septembre
1945 avec la proclamation Truman où les EU ont précisé que la ligne de délimitation de leur
plateau continental serait déterminé conformément à des principes équitables. Dans cette
proclamation la Cour a identifié la genèse des principes équitables et l'origine de l'opinio juris
en matière de délimitation.

Quand la Cour a dit à l'Allemagne, aux PB et au Danemark que la règle renvoyait à des
principes équitables, elle a laissé les états dans une situation d'indécision. Normalement, on
attend d'une règle de droit soit précise et facile à appliquer. Ici la Cour ne pouvait pas
fabriquer une règle de droit d'application instantanée, elle a eu alors recours à une règle d'une
grande généralité qui prescrit donc des principes équitables. Mais tout dépend au fond de ce
qu'on attend d'une règle de droit. Les principes équitables ne permettent pas d'arriver à la
solution mais ils la guident et l'orientent. Ils constituent le cadre de la solution. La Cour
propose donc aux états une règle qui les orientera et qui évitera tout automatisme. La cour
insiste sur le fait qu'il s'agit d'appliquer « une règle de droit prescrivant le recours à des
principes équitables conformément aux idées qui ont tjrs inspiré le dvpt juridique du plateau
continental ». Ces principes équitables émanent donc d'idées qui ont toujours inspiré le dvpt
juridique du plateau continental. Par la suite, lorsque les états proposeront à la Cour des
principes équitables, elle les retiendra ou les écartera selon qu'il s'agit de principes nés de la
notion ou des principes qui n'ont pas de rapport avec le dvpt du régime juridique du plateau.

La notion de plateau continental va elle-même changer sensiblement : en 1958, il est défini


par la profondeur, mais il sera défini par la distance avec Conv de MB du 10 décembre 1982.

3 idées ont inspiré le dvpt juridique du plateau continental :

> les parties doivent négocier en vue de réaliser un accord, et pas seulement procéder à une
négociation formelle comme une sorte de condition préalable à l'application automatique
d'une certaine méthode de délimitation faute d'accord. Donc à la base il y a tjrs idée d'un
accord qui doit être négocié obligatoirement (obligation de droit positif). Qui dit obligation de
négociation ne dit pas obligation d'aboutir mais suppose que les parties négocient de bonne foi
avec volonté d'aboutir. Le Danemark et les PB n'ont pas rempli cette obligation.

> les parties sont tenues d'agir de telle sorte que dans le cas d'espèce et compte tenu de toutes
les circonstances, des principes équitables soient appliqués. Ils peuvent à cet égard utiliser la
méthode de l'équidistance ou d'autres méhodes exclusivement ou conjointement. Notion de
circonstances que la Cour va qualifier de pertinentes. La Cour formalise la règle de
délimination d'un plateau qui renvoie à des principes équitables compte tenu de toutes les
circonstances pertinentes. Standart très abstrait. Mais la Cour va par la suite expliquer ce
qu'est un principe équitable et une circonstance pertinente.

> Le plateau continental de tout état doit être le prolongement naturel de son territoire et ne
doit pas empiéter sur ce qui est le prolongement naturel du territoire d'un autre état. On traduit
cela en parlant de principe de non-empiétement = idée est que tout état dispose d'un
prolongement naturel de son territoire terrestre.
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

Après avoir énoncé les règles, la Cour examine de plus près chacune elle et ensuite la Cour
passe en revue les différents moyens par lesquels une délimitation peut être équitable.

La première règle c'est l'obligation de négocier. La Cour rappelle que cette obligation a été
assumée par les parties dans les compromis par lesquels elle a été elle-même saisie, les états
ne sont d'ailleurs aller devant la Cour que pour demander quel est le droit applicable mais ils
n'ont pas demander à la Cour la délimitation car c'est à eux de le faire. Les états ne
s'attendaient pas sans doute à la réponse de la Cour, d'où la question qu'ils lui ont posé « quels
sont les principes applicables ? ». Ici obligation de négociation n'a pas été satisfaire donc la
Cour renvoie les états à de nouvelles négociations.

La deuxième règle est celle de l'équité : principes équitables. Ainsi dit la Cour, il ne s'agit pas
de refaire la nature, l'équité ne commande pas qu'un état sans accès à la main se voit attribuer
une zone de plateau continental, ça serait contraire à la notion de plateau continental. L'équité
ne commande pas non plus d'égaliser la situation d'un état dont les côtés sont étendues et
celles d'un état dont les côtes sont réduites. On va voir apparaître les principes équitables qui
découlent de ces idées (la terre domine la mer par les côtes par ex). Il convient de traiter de
façon égale les états qui sont dans une situation égale, ce que ne permet pas la méthode de
l'équidistance qui est automatique et peut générer des inéquités graves, c'est le cas de la Mer
du Nord avec la côte concave de l'Allemagne entourée par les côtes convexes du PB et du
Danemark : ici si on appliquait l'équidistance on créérait une inéquité dans une situation
théorique d'égalité.

Les principes équitables sont d'une généralité telle qu'ils ne permettaient guère de résoudre la
situation donc la Cour a pensé qu'elle devait indiquer aux états de quelle façon établir une
délimitation équitable. Elle s'est livrée à la première théorisation des circonstances
pertinentes. Il y en a 3 plus 1 car la Cour a véritablement dégagé 3 principes qui découlent des
idées qui ont inspire le dvpt jur du plateau continental, et après ces 3 principes, la Cour en a
ajouté un autre d'une façon conditionnelle.

Ces trois principes, facteurs, se réfèrent tous à la conception physique du plateau continental :

> la géologie (nature des roches, failles, fractures, zones d'effondrement) : le plateau
continental prolonge physiquement les états maritimes par un socle, la géologie est donc utile,
pertinente, pour déterminer l'appartenance du plateau continental à l'état dont il prolonge le
territoire. Il s'agit de lire la nature. Dans Mer du Nord, ces considératins géologiques ne sont
pas vraiment déterminantes.

> la géographie : en vertu du principe selon lequel la ter domine la mer, il est nécessaire de
regarder de près la configuration géographique des côtes. Donc les droits sur la mer naissent
de la terre. On ne peut pas négliger les configurations ex centrique puisque la terre est la
source juridique qu'un état peut exercer dans les prolongements maritimes. Il n'y a pas lieu de
négliger qu'il faudrait gommer les configurations côtières et la question reste de savoir dans
quelle mesure on peut corriger une déviation qui serait disproportionnée.

> unité de gisement : la cour observe qu'un même gisement peut s'étendre sur pls plateaux
continentaux et les états doivent en tenir compte lorsqu'ils délimitent leur plateau continental.
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

La cour nous dit qu'il faut tenir compte de l'unité de gisement, c'est ce que renferme le sous-
sol. La Cour dit que c'est un élément de fait qu'il est raisonnable de prendre en considération
au cours de la négociation.

Dans cette affaire, la Cour avait en tête qu'il ne faudrait pas qu'un état exploite tout un
gisement qui se trouve à cheval sur son territoire et sur le territoire de son voisin. Il faut
compenser les pertes en ressources de l'autre état.

La Cour a pris toutes ses précautions pour que Danemark et PB ne prennent pas de
dispositions au détriment de l'Allemagne.

Enfin, le dernier facteur/principe, c'est le rapport raisonnable qu'une délimitation effectuée


selon des principes équitables devrait faire apparaître entre l'étendue du plateau continental
relevant des états intéressés et la longueur de leur côte. Donc c'est qu'il faut prendre en
compte la longueur des côtes. La Cour dit qu'il faudrait qu'une fois que la délimitation a été
effectuée selon des principes équitables, elle devrait faire apparaître un rapport raisonnable
entre la longueur des côtes et l'étendue du plateau continental.

Ce rapport raisonnable n'est pas un rapport de proportionnalité car ça introduirait


l'automatisme et la Cour n'aime pas ça. L'exigence de raisonnabilité entre longueur des cotés
et étendue du plateau montre que la Cour attend que la règle conduise à un résultat équitable.
Il ne faut pas créer de l'inégalité dans une situation théorique d'égalité. La longueur des côtes
vient donc se glisser en fin de raisonnement parmi les circonstances pertinentes même si elle
ne s'est pas imposée en premier à l'origine.

La Cour précise que « si la délimitation attribue aux parties des zones qui se chevauchent,
celles-ci doivent être divisées par voie d'accord ou par parts égales, à moins que les parties
n'adoptent un régime de juridiction d'exploitation commune ». La cour rappelle à nouveau les
facteurs à prendre en considération en précisant qu'il faut prendre en considération la
configuration générale des côtes et la présence de toute caractéristique spéciale ou
inhabituelle, la structure physique, géologique et les ressources naturelles, et enfin le rapport
raisonnable. La cour fait mention de la présence de toute caractéristique spéciale ou
inhabituelle mais n'en dit pas plus. Dès l'origine, la complexité vient de la concavité de la côte
allemande ; sans cela, les états se seraient entendus sur la délimitation par équidistance. Si la
Cour avait décidé d'appliquer la conv de 58, elle aurait du se demander si la concavité était
une circonstance spéciale, mais elle ne l'a pas fait.

Au final, il y a eu un traité entre Allemagne et Danemark et Allemagne et PB. Dans traité


Allemagne/PB, les états se sont référés à l'équidistance, et c'était leur droit. Entre Allemagne
et Danemark, pas régi par équidistance. L'Allemagne obtient satisfaction car dans les deux
cas, le point terminal de la délimitation se situe sur la médiane centrale donc à l'intersection
des lignes de délimitation allemandes, danoises et néérlandaises. Les états au fond ont tenu
compte de l'arrêt de la Cour et son objectif a été atteint : éviter une méthode automatique qui
aurait été préjudiciable à un des états et faire en sorte quer la règle, malgré sa grande
abstraction, protège les états.

Daniel Bardonnay disait qu'on partage la poire en deux.

Cet arrêt Mer du Nord est passionnant pour la délimitation maritime, pour la fabrication du
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

droit et pour la théorie du droit mais en même temps il est dépassé. Cela dit, c'est la genèse en
ce qui concerne théorie du droit (théorie de la coutume, etc). C'est un arrêt d'avant MB 82.
Depuis MB, on a un plateau continental dématérialisé.

 Arrêt Plateau Continental Libye- Malte, 1985


CIJ va tenir compte du changement de définition du plateau continental + apparition ZEE
opéré par MB.

Grand arrêt en matière de droit de la délimitation car CIJ va procéder à une profonde
rénovation de sa JP. == abandonne la conception physique du plateau continental== tournant.
La Cour distingue entre le droit au titre + droit de délimitation

Conciliation droit de MB et droit issu de la Cour

Abandonne conception physique alors qu’il y avait 2 plateaux naturels cf identifiables par
critères physiques --- y renonce alors même que MB pas explicite sur ce point, certes plateau
continental défini par la distance

2 grands paradoxes

- Cour consacre carac physiques du plateau continental là où il n’y en avait pas


- Là où concepts physiques auraient pu avoir une importance == exit ; La Cour a
appliqué strictement convention de MB et donc pas d’application éléments
physiques quand istance inférieur à 200 miles pour les 2 parties
Pas le cas entre 69 et85 cf 12 octobre 1984 aff délimitation frontière maritime dans la
région du Golf du Maine = arrêt cf USA vs Canada + 24 février 1982 affaire plateau
continental Libye c Tunisie

== dans ces affaires il y avait un plateau physique commun qui ne permettait pas de
départager les Etats

Golf du Maine == les 2 E parties à la convention de 1958 – Cour aurait pu pour la 1 ère fois
l’appliquer, or n’a pas été le cas car les ils ont demandé non pas délimitation de leur plateau
mais d’une frontière maritime unique pour le plateau continental et de la zone de pêche ==
demande originale cf 1 ligne unique pour délimiter 2 espaces différents == Cour a considéré
que Convention de 58 pas applicable cf pas de zone de pêche.

Pas des arrêts décisifs, pas des tournants dans l’élaboration du droit de la délimitation
maritime

Peu d’arrêts car désaffection pour la Cour + période de la 3 ème conférence pour droit de la mer
== Etats sont dans l’attente + cristallisation d’opinions extrêmement opposées (cf
équidistance et principes équitable) ce qui n’a pas facilité le règlement judiciaire.

Grand saut de 1969 (théorise délimitation par principes équitables) à 1985 (novation cf déf du
plateau selon convention de MB)
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

Même si dans JP de la Cour, rien de notables il y a tout de même sentence arbitrale ayant joué
un grand rôle : aff sentence arbitrale de 1977, (mer d’Iroise) RU c France et tous les deux
parties à convention de Genève == tribunal arbitral revient sur la notion d’équidistance cf art
6. Idée de correction (cf circonstances spéciales de l’article 6)

- Soit on applique équidistance (sauf circonstances spéciales)


- Soit on la corrige selon circonstances spéciales mais qu’il faut définir (aff mer
d’Iroise)
Dans l’aff de la Mer du Nord = =pas de choix car l’a écarté

Ici choisit cf arrêt de 1959 en précisant que délimitation doit être équitable dc la lecture que
fait le tribunal arbitrale c’est que l’implication de l’équidistance doit elle-même se faire de
façon équitable.

Art 6 : équidistance et circonstances spé pas de règles séparées ; constitue une seule règle
combinant équidistance et circonstances spéciales.

Tribunal dit qu’il peut lui-même se saisir de la question de l’existence de circonstances


spéciales « on peut douter qu’il existe du pt de vue juridique au sens strict du terme un
fardeau de la preuve de l’existence de circonstances spéciales. Le fait que l’on se trouve en
présence d »une règle unique signifie que la question de savoir si des circonstances spé
justifient une autre délimitation fait partie intégrante de la règle qui prévoit l’application du
principe de l’équidistance. Bien qu’elle touche à des éléments de faits, cette question est
toujours une question de droit, et l’affaire étant soumise à l’arbitrage le Tribunal en
appliquant l’art 6 propio moutu = de son propre fait/ de sa propre volonté »

Tribunal (repris par Cour) « La règle combinant équidistance, circonstances spéciales


constituent l’expression particulière d’une norme générale suivant laquelle la limite entre des
Etats qui donne sur le même plateau continental doit en l’absence d’accord être déterminé
selon des principes équitables »

La sentence = rendue en pleine mutation du droit de la mer, arbitrale, Etats parties à la


convention de Genève de 1958 === prétend lire convention de 1958 à la lumière principes
dégagées en 1959 == même opération opérée par principe d’équidistance doit être équitable.
Parce que la règle permet de corriger l’équidistance en fonction circonstances spéciale que
possible d’arriver à un résultat équitable. Choix interprétatif fait

Libye – Malte == affaire où Cour aurait dû appliquer théorie du prolongement physique –


Libye = Luchini + Malte = Weil == Malte qui a gagné même si argument bof

- Malte demande l’équidistance cf droit applicable alors que la convention de 1958


pas applicable

Arrêt 3 juin 1985 Libye – Malte == compromis pour lequel le temps entre rédaction et
notification le + long : compromis le 23 mai 1976 La Valette et a fait l’objet d’une notification
conjointe 19 juillet 1982 reçu au greffe de la Cour le 26 juillet 1982 Ministre de liaison avec
l’extérieur de la Jamahiriya (l’Etat des masses arabes,…socialiste) et ministre des affaires
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

étrangères république de Malte

Article 1 : Cour doit trancher question : quelles sont les principes et règles de droit
international qui sont applicables à la délimitation de la zone du plateau continental relevant
de la république de Malte et relevant de la république arabe libyenne et comment dans la
pratique ces principes et règles peuvent-ils être appliqués par les 2 parties dans le cas d’espèce
afin qu’elles puissent délimiter ces zones sans difficulté dans le cadre d’un accord comme le
prévoit l’article 3

Art 3 : une fois que CIJ aura rendu son arrêt Libye et Malte entameront des négociations en
vue de déterminer les zones respectives de leur plateau continental et de conclure un accord à
cette fin conformément à l’arrêt de la Cour.

Compromis intéressant cf durée + rédaction : Les Etats demandent droit + mode d’emploi

Etats se sont réservé la possibilité de conclure un accord après décision de la Cour ===
disposition étonnante mais en vérité ont eu du mal à s’entendre sur la question à poser à la
Cour :

- Malte voulait détermination de la ligne (équidistance)


- Libye voulait juste principes et droit applicables : CIJ constate qu’il existait des
facteurs physiques qui permettent la détermination d’une zone « d’effondrement »
à l’intérieur de laquelle il aurait été possible de tracer une ligne de délimitation
Seule affaire où il y a un véritable gagnant (Malte) et un véritable perdant (Libye)

Libye a demandé à la cour de dire et de juger que (9)

- La délimitation doit se faire par voie d’accord conformément aux principes


équitables et compte tenu de toutes les circonstances pertinentes de façon à aboutir
à un résultat équitable == norme fondamentale revue par la Lybie (Mer du Nord +
MB) standard général et abstrait
- Le prolongement naturel des territoires terrestres respectifs des parties entre et sous
la mer est la base du titre sur les zones de plateau continental qui relèvent de
chacune des parties
- La délimitation doit être effectué de façon à laisser autant que possible à chaque
partie toutes les zones de plateau continental qui constitue le prolongement naturel
de son territoire terrestre dans et sous la mer sans empiètement dans le
prolongement naturel de l’autre partie
- Le principe du principe du prolongement naturel fourni en l’espèce un critère de
délimitation des zones de plateau continental étant donné qu’il existe dans le fonds
marin et le sous-sol une discontinuité fondamentale qui divise les zones de plateau
continental en 2 prolongements naturels distincts constituant l’extension du
territoire terrestre des parties (tjs droit au titre = cf prolongement naturel).
Critère physique essentiel qui permet selon les libyens en l’espèce la délimitation du plateau
(pour la 1ère fois)

- Délimitation : les principes équitables n’exigent pas qu’un Etat possédant une
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

faible longueur de côte soit traité comme s’il possédait un vaste rivage.
- Dans la situation géo particulière de l’espèce l’application des principes équitables
veut que la délimitation tienne compte des importantes différences de longueur
entre les côtes respectives orientées vers la zone où doit se faire la délimitation
- La délimitation en l’espèce doit respecter le degré de proportionnalité raisonnable
que toutes délimitations opérées conformément aux principes équitables doit faire
apparaitre entre l’étendue du plateau continental de chaque Etat intéressé et la
longueur de leur secteur côtier à considérer compte tenu de tout autre Etats de la
région
- Rejeter le principe d’équidistance, pas obligatoire et n’aboutirait pas à résultat
équitable dans circonstances de l’espèce
- L’ensemble de toutes ces considérations doit aboutir à délimitation dans la zone
d’effondrement :
Les principes et les règles de droit international peuvent être pratiquement
appliquées par les parties de façon à parvenir à un résultat équitable compte tenu
éléments physiques et de toutes les autres circonstances de l’espèce par voie
d’accords sur une délimitation effectuée à l’intérieur et selon la direction générale
de la zone d’effondrement

Demande de Libye très argumentée --- Malte a eu le coup de génie du « cadre régional
d’ensemble »

Retour non avoué car Malte va déterminer ligne d’équidistance qu’elle va corriger tout en
disant qu’elle n’est pas obligé de le faire. == ligne d’équidistance corrigée ce vers quoi la
jurisprudence va de plus en plus se tourner.

Malte = place centrale, spécificité dans le cadre régional d’ensemble – un Etat souverain
insulaire génère les mêmes droits qu’un Etat continental cf principe d’égalité des Etats. Les
côtes des lignes non souveraines = peuvent être circonstances spéciales qu’on peut corriger cf
affaire mer d’Iroise.

Les conseils maltais ont présentés la position des îles maltaises comme une spécificité en
méditerranée centrale – si Malte n’existait pas les côtes libyennes et les côtes italiennes se
feraient face. Or CIJ 1969 – médiane = ligne de délimitation naturelle == solution même de la
Cour – cf trouve son origine dans existence Italie = cf cadre régional

Cour va considérer que la projection maximale à laquelle peut prétendre Malte = la médiane
entre elle et l’Italie

Théorie Malte :

- Les principes et règles du droit international applicable à la délimitation des zones


du plateau zone Malte –Libye === résultat équitable
- Les principes et règles se traduisent en pratique par le tracé d’une ligne médiane
dont chaque point est à égale distance des points les plus proches des lignes de
base de Malte et de la laisse de basse mer de la côte libyenne
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

Cour :

Cour commence par décrire le cadre géographique puis détermination du cadre dans lequel va
rendre son arrêt (cf Italie ++) puis détermination droit applicable, et passera à l’examen des
circonstances pertinentes puis solutions :

- Cadre géographique
Malte =Groupe de 4 îles habitées : Malte (246 km2) Gozo (66 km2) puis Komino et
Kominoto puis rocher (looool) == situées entre les méridiens 14° EST et 15° EST et parallèle
36° NORD passe entre Malte et île de Gozo. Iles maltaises sont alignées sur une distance
nord-ouest sud-ouest de 24 miles marins soit 44 km

Sont à 43 miles des côtes italiennes

Partie centrale méditerranée bordée par côtes italiennes, grecques, tunisiennes et libyennes

Lybie = Etat continental située sur les côtes d’Afrique du Nord, vaste territoire méridien 9°30
EST et 25° EST, littoral sur plus de 1700 km, le tracé de la frontière libyenne est singulier
puisque point d’inflexion important cf Rasachdir, puis Raszarouk en passant par Rastajoura, à
la hauteur de Raszarouk la côte libyenne s’infléchit vers le Sud

Située à 183 miles de la côte maltaise

(schéma Italie malte Libye avec médiane Libye malte et Italie Libye) – tout en sachant que
malte est plus proche Italie == ajustement situé entre les 2 médianes entre méridiens 13,50° et
15,10° et Malte compris entre 14° et 15°

Pour cela Cour doit déterminer droit applicable et rejeter thèse libyenne

Donc répond à la question : quel est le droit applicable ?

La convention de 1958 n’est pas applicable, Malte est partie à la convention de Genève sur
plateau continental de 1958, la Libye n’y est pas partie donc art 6 pas applicable. Les 2 parties
ont signés la convention des nations unies sur droit de la mer == or pas applicable à titre
conventionnel (slmt) car comme dans Mer du Nord la Cour va attacher une importance
particulière à la coutume (théorique + pratique) car va estimeer que convention a généré des
ormes coutumières, même cristallisés ! Le droit du plateau continental a changé et a pénétré le
droit coutumier

Cour : « il est bien évident que la substance du droit international coutumier doit être
recherchée en 1er lieu dans la pratique effective et l’opinio juris des Etats mêmes si les
conventions multilatérales peuvent avoir un rôle important à jouer en enregistrant et
définissant les règles dérivées de la coutume et même en les développant »

MB – pas obligatoire à titre conventionnelle mais a déjà pénétrée le droit applicable au


fondement du titre ainsi qu’à celui applicable au droit relatif à la délimitation

MB consacre le droit de l’Etat à un plateau continental de 200 miles et consacre la


délimitation selon règle du résultat équitable (art 83). Le droit du plateau continental a
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

changé, défini par MB, devenu une notion purement juridique, en partie dématérialisé, plus
défini par des éléments physiques et profondeur mais par la profondeur et le droit de la
délimitation repose sur la recherche solution équitable.

Cour observe également que MB ne fait pas de distinction selon que les côtes sont adjacentes
ou que les Etats se font face.

En ce qui concerne la délimitation maritime, les deux états s'opposent en ce qui concerne le
droit qui doit régir cette situation. Le fait que le plateau soit devenu une notion juridique, soit
dématérialisé = pour la Libye, cette thèse n'a aucune incidence sur la délimitation. La Libye
présente le thèse de la zone d'effondrement, que la Cour va rejeter, de même qu'elle rejettera
la thèse maltaise de l'équidistance.

L'argument fondam de la Libye = il existe une zone d'effondrement. Pour la Libye, il existe un
prolongement naturel et la Libye doit prendre en compte cette notion physique et se situer
dans cette zone d'effrondrement. La Cour, demande la Libye, doit situer la Libue dans la
discontinuité fondam qui existe au large des côtes maltaises dans la Méditerranée = série de
fosse profonde qui suivent direction nord-est/sud-est et dont la profondeur dépasse 8 mètres.
Cette zone caractérise la région d'un point de vue géologique (= zone qui sépare des roches
différentes et deux plaques tectoniques) et d'un point de vue géomorphologique (=
particularité de cette zone au sens géomorphologique).

La Libye avait présenté une équipe avec des experts géographiques, géologiques,
paléonthologiques de façon à prouver qu'on avait à faire à deux prolongements distincts et que
la ligne de délimitation devait être dans cette zone. Cour a analysé argument libyen et lui a
répondu « du moment que l'évolution du droit permet à un état de prétendre que la plateau
continental relevant de lui s'étend à 200 miles de ses côtes qlque soit les caractéristiques du
sol et sous-sol correspondant, il n'existe aucune raison de faire jouer rôle au facteur
géologique ou géophysique jusqu'à cette distance, que ce soit au stade de la vérification du
titre juridique des états intéressés, ou à celui de la délimitation de leur prétention ». Elle a
ajouté « Cela est d'une particulière évidence en ce qui concerne la vérification de la valdité
du titre, puisque celle-ci ne dépend que de la distance à laquelle les fonds marins revendiqués
comme plateau continental se trouvent par rapport aux côtes des états qui les revendiquent
sans que les caractéristiques géographiques ou géomorphologiques de ces fonds jouent le
moindre rôle, du moins tant que ces fonds sont situés à moins de 200 miles des côtes en
cause ».

La cour va plus loin « quand à faire jouer un rôle comme circonstance pertinente aux fins de
délimitation à un facteur physique qui n'en joue aucun pour la validité du titre, on ne voit à
cela aucune raison non plus ».

Si la thèse selon laquelle les facteurs physiques ont un rôle a joué avait été si stupide, elle
n'aurait pas été défendue comme elle l'a été par la Libye. Lorsque deux états se font face,
aucun ne peut aller jusque 200 miles. Donc on ne peut pas dire que la plateau soit régi par la
distance lorsque deux états se font face. Dans ce cas, c'est le choix de la Cour : celui de
considérer que les circonstances de nature physique ne sont plus des circonstances pertinentes.
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

Cela dit, la seule chose que dit MB, c'est qu'il faut aboutir à un résultat équitable.

Apport de Libye-Malte = éliminer les critères physiques du droit de la délimitation alors que
ce sont des critères qui sont pertinents quand deux états se font face.

La Cour le justifie en disant que ces critères appartiennent au passé, et font référence à une
époque où la validité du titre elle-même reposait sur des critères physiques.

C'est sur cet aspect que l'arrêt Mer du Nord est dépassé.

La thèse libyenne est écartée à la faveur d'une interprétation de la Conv de MB.

En ce qui concerne la thèse de Malte, elle est moins difficile à rejeter : Malte demandait la
ligne d'équidistance : la nouvelle importance donnée à la notion de distance permet, selon
Malte, d'imposer l'équidistance.

La Cour, en expurgeant les considérations physiques, enregistre l'importance de la distance.


Malgré tout, la Cour ne suit pas non plus Malte car c'est la même thèse que Danemark et P-B
dans arrêt Plateau continental. La Cour rejette car ce serait appliquer un principe automatique.

Dans Libye-Malte, sur le plan de la théorie, la Cour reste sur une position défavorable à
l'équidistance car elle la rejette aussi comme méthode provisoire ou préliminaire.

Malgré tout, sur un plan pratique il va en aller autrement car l'équidistance va jouer un rôle.
Après avoir évacué les critères physiques du droit du plateau continental, la Cour va procéder
à l'examen des circonstances pertinentes et des principes équitables.

En ce qui concerne les principes équitables, ce sont des principes qui orientent les états ou la
Cour lorsqu'ils délimitent mais ils ne conduisent pas immédiatement au résultat : donc la Cour
rappelle les principes et c'est tout. Elle rappelle qu'il faut appliquer le principe selon lequel il
ne s'agit pas de refaire la nature ni de rectifier la géographie, elle rappelle qu'il appliquer le
principe de non-empiétement, respect du principe des circonstances pertinentes, rappelle
principe selon lequel bien que tout les états soient égaux en droit et puissent prétendre à un
traitement égal, l'équité n'implique pas nécessairement l'égalité ni ne vise à rendre égal ce que
la nature a fait d'inégal, rappelle principe selon lequel il ne saurait être question de justice
redistributive, rappelle de deux principes équitables de nature géographique : le principe selon
lequel la terre domine la mer = les droits sur la mer naissent de la terre, espaces naturels sont
des prolongements et des projections / et domine la mer par les côtes = la configuration
côtière est essentiel, c'est de la géographie que naissent les droits sur la mer.

La Cour rappelle cet ensemble de principes équitables qui ont un sens précis qui permet
d'écarter certaines circonstances pertinentes.

La Cour rappelle que la délimitation du plateau doit s'effectuer par application de ces
principes, qu'il s'agit de prendre en compte la situation concrète et « c'est en partant de la côte
des parties qu'il faut rechercher jusqu'où les espaces sous-marins relevant de chacune d'elle
s'étendent vers le large. Il faut donc accorder de l'importance à la configuration côtière ».

Quelles sont les circonstances pertinentes à prendre en considération ?

> La Cour rappelle que les états sont libres de choisir les facteurs qui leur conviennent : la
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

Cour a dit « il n'y a pas de limite juridique qui s'appliquent aux états lorsqu'ils appliquent des
procédés équitables. C'est la balance entre toutes ces considérations qui crééera l'équitable
plutôt que l'adoption d'une seule situation en excluant toutes les autres. Pourtant, bien qu'il
n'y ait peut être pas de limite juridique aux considérations dont les états sont en droit de tenir
compte, il peut difficilement en être de même lorsqu'une juridiction applique des procédures
équitables. Lorsqu'une juridiction applique des procédures équitables, seules pourront
intervenir les considérations qui se rapportent à l'institution du plateau continental tel qu'elle
s'est constituée en droit. Si il en allait autrement, la notion juridique de plateau continental
elle-même pourrait être bouleversée par l'introduction de considérations étrangères à sa
nature ». La Cour donne une déf efficace des circonstances pertinentes = ce sont des
considérations que la Cour doit prendre en compte dans l'opération de délimitation, elles
doivent être liées à l'institution du plateau continental telle qu'elle s'est constituée en droit.

Les états ont proposé des circonstances pertinentes à la Cour, celle-ci a rejeté la plus grande
partie d'entre elles. Dans cette affaire, la Libye a peu de succès.

Elle a d'abord soutenu qu'il fallait inclure de la masse terrestre dans les circonstances
pertinentes car selon la Libye, un état doté d'une masse terrestre pluus grande que son
concurrent aurait un prolongement naturel plus intense. Cette thèse changerait le lien entre
plateau continental et et rôle titre. Pouv générateur procède de la souveraineté sur la masse
terrestre et c'est par l'ouverture côtière que la souv territoriale réalise complètement ses droits
de plateau continental.

De la même façon, la Cour rejette aussi les facteurs économiques comme circonstances
pertinentes : elle rappelle que la délimitation n'est pas concernée par les facteurs
économiques.

Ni les règles relatives à la validité du titre ni celles relatives à la délimitation du plateau n'ont
jamais pris en compte les facteurs économiques.

Malte propose également les considérations de sécurité comme circonstances pertinentes, et la


Cour les retient. Selon la cour, elles sont présentes dès l'origine et sont invoquées dans la
proclamation Truman.

Le fait que Malte soit un état insulaire : les états sont d'accord pour considérer que les deux
parties ont un titre au plateau continental, mais pour la Libye il convient de traiter les îles sans
distinction selon qu'elles soient rattachées politiquement à un état ou qu'elles soient état
insulaire.

Le fait que Malte soit insulaire n'aura pas de csq sur sa projection. Elle doit être traitée comme
n'importe quel autre état, pas de statut spécial pour l'état insulaire. La Libye a invoqué la
proportionnalité comme circonstance pertinente, la Cour n'a jamais consacré la
proportionnalité en soi mais elle a consacré le rappport raisonnable entre l'étendu de littoral et
l'étendu des plateaux continentaux. Il faut donc prendre en compte dans une certaine mesure
la longueur des littoraux : mais la Cour rejette automatisme de la proportionnalité.

Donc la Cour retient la disparité des longueurs de côte = de 1 à 8 → les côtes maltaises ont
une étendue de 24 miles et la côte libyenne pertinente (qui se projette aux côtes maltaises) à
une longueur de 192 miles.
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

Il reste une dernière circonstance pertinente d'ordre géographique : la Cour a dit qu'elle doit
aussi regarder le cadre géographique d'ensemble dans lequel la délimitation devra s'opérer. La
Cour consacre désormais le cadre géographique d'ensemble. Cette délimitation ne porte sur le
plateau continental relevant de deux états mais elle est en même temps une délimitation entre
une partie du littoral méridional et une partie du littoral septentrional de la Méditerranée
centrale.

L'élément essentiel est que du point de vue de la géographie générale de la région, la position
méridionale des côtes des îles maltaises constitue une particularité géographique qui doit être
prise en considération comme circonstance pertinente.

Les considérations qui vont déterminer la solution sont donc la position méridionale des îles
maltaises et la disparité des longueurs de côtes.

La CIJ estime qu'ici elle peut tracer une ligne d'équidistance à titre provisoire qui sera
corrigée par la suite. Elle veut le faire car la la position méridionale des îles maltaises lui a
suggéré qu'il y a une limite maximale au delà de laquelle la Libye ne peut pas aller. La
médiane provisoire qui sépare côtes maltaises/côtes libyennes esr située à 34°12 = ce serait la
ligne tracée sans aucune circonstance pertinente. Or il y a des circonstances pertinentes.

La ligne finale de délimitation sera plus proche des côtes maltaises : on ne peut pourra pas au
delà de la ligne 34°36 car c'est la médiane entre le littoral méridoniale et le littoral
septentrional en Méditerranée centrale (médiane Libye/Italie).

34°30 est devenue la ligne de délimitation du plateau continental de Libye et celui de Malte.

Donc cette affaire a donné 3 apports : 1) ?? 2) ?? 3) ??

• CIJ, Affaire de la délimitation maritime dans la région située entre le Groënland


(territoire appartenant au Danemark) et Jan Mayen (territoire appartenant à la
Norvège), 14 juin 1993

Cette affaire Jan Mayen (JM) est la troisième phase. Dans Libye-Malte, le cadre géographique
a été essentiel. La position des îles maltaises a été considérée comme une circonstance
pertinente. Dans cette hypothèse, la médiane s'imposerait assez naturellement. C'est
également dans cette affaire que la Cour renonce aux facteurs géologiques et
géomorphologique.

Dans JM, on approche vraiment de la règle bien établie de la délimitation maritime. La cour
va procéder à la détermination du cadre pertinent pour la délimitation. Elle va construire de
façon mathématique le cadre pertinent pour la délimitation. L'idée, c'est qu'il faut identifier
des codes pertinents qui permettent de déterminer le cadre pertinent pour la délimitation : à
l'intérieur de cette zone pertinente a lieu la délimitation, le traçage de la ligne. Zone pertinente
va donc permettre de tracer la ligne et de s'assurer qu'il y a un rapport raisonnable entre
longueur des côtes et les étendues de plateau continental attribuées.

C'est un des grands intérêts de JM = délimitation commence par détermination d'une zone
pertinente. Autre intérêt : les circonstances pertinentes et les circonstances spéciales vont se
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

rencontrer car la Conv de 1958 sera applicable car deux états tous deux parties à cette Conv.

Ici la Norvège va demander deux lignes médianes qui coïncident, ce qui va obliger la Cour a à
appliquer la technique de l'équidistance. La Cour va se trouver face à une question : si elle
applique le droit du plateau continental, cela veut-il dire qu'elle n'appliquera pas le droit
coutumier ? Elle va considérer que le droit conventionnel doit s'applliquer à la lumière du
droit coutumier.

JM = arrêt de la modernité.

Affaire en elle-même : le 16 août 1988, CIJ est saisie. Le chargé d'affaire du royaume du
Danemark à la Haye dépose au greffe de la Cour une requête introduit contre le royaume de
Norvège au sujet d'un différend relatif à la délimitation maritime entre le territoire danois du
Groënland et l'île norvégienne de Jan Mayen.

C'est la première fois que la Cour n'est pas saisie par compromis (dans les autres affaires, elle
avait été saisie par compromis). C'est une requête, un acte d'attaque = Saisine PAS
consensuelle. Ceci ne peut se faire que parce que les deux états sont parties au statut de la CIJ.

Au fond, on entre dans une normalisation de la délimitation maritime.

Le Danemark va demander à la Cour de juger que le Groënland a droit à une zone de pêche de
200 miles face à l'île de Jan Mayen. Il demand à la Cour de tracer une ligne unique de
délimitation dans la zone de pêche et du plateau continental du Groënland dans les eaux
situées entre G et JM.

La norvège demande à la cour de juger que la ligne médiane constitue la ligne de séparation
aux fins de la délimitation des étendues pertinentes du plateau continental entre la Norvège et
le Danemark dans la région située entre JM et G. La norvège demande de juger que la ligne
constitue la ligne de séparation aux fins de la délimitation des zones de pêche.

Dans art 6 Conv de 1958 : médiane pour les états dont les côtes se font face / ligne
d'équidistance pour les états limitrophes = il y a deux paragraphes alors que c'est la même
chose.
Dans cette affaire c'est la même chose : la Norvège demande deux droits applicables.

La Cour va procéder à la détermination de la zone pertinente. Zone en question se trouve dans


Atlantique Nord, elle s'étend entre la côte orientale du G et île de Jan Mayen, au nord de
l'Islande et du détroit du Danemark.

G = masse qui rappelle celle d'un état continental. JM = très petite île. Les deux sont séparées
par 250 miles marins. L'ensemble de la zone présente une spécificité = elle est au nord du
cercle polaire arctique. Dans la zone qui nous intéresse, il y a bcp de glaces dérivantes. Le G
relève de la souv du D et JM de la souv de la N. Le G fait partie intégrante du D depuis 1953,
avant c'était une colonie. JM en revanche a été annexé par la N en 1929 et il a été intégré à la
Norvège en 1930. Ce sont deux îles très différentes : G population = la maj de la pop vit à
l'ouest, donc pas dans la zone qui nous intéresse. A l'est, pas bcp de maison, zone très isolée,
pas d'infrastructures. Le G vit de la pêche puisque ¼ de la pop active vit de la pêche.
Constitue 80% des recettes d'X du G. Il y a autonomie politique au G.
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

JM au contraire, est une île habitée par le personnel technique de la station météorologique et
de la station radio côtière. 25 oersonnes vivent à JM. Pour aller à JM, il faut une autorisation
spéciale. Il n'y a pas d'hôtel, c'est pas prévu pour le tourisme. L'ïle a une piste d'atterissage.
JM joue rôle essentiel car flotte norvégienne va pêcher dans région de JM. Cette flotte n'est
pas stationnée à JM mais vient des ports norvégiens. La flotte vient pêcher la baleine et le
caplan = D et N se dispute le capelan.

Avant saisine Cour, il y avait eu des mesures unilat du D et de la N par lesquelles les états
s'étaient partagés la zone pour laquelle ils sont en conflit. 1976 : P Danois a adopté une loi
habilitant le PM danois a étendre la zone de pêche danoise de façon à y inclure les eaux
bordant les côtes du royaume du D délimitée par une ligne située à 200 miles. Ca prend effet
en 1977 au large de la côte orientale du G, cette extension est appliquée jusqu'au 67ème
parallèle. Le D a étendu à 200 milles au nord du 67ème parallèle la zone de pêche situés au
large de la côte orientale du G. Donc c'est à partir de 1980 que le D décide d'étendre la zone
de pêche au large de la côte orientale du G jusqu'à 200 miles. Il est prévu dans ce décret de
1980 que la juridiction ne sera pas appliquée jusqu'au delà de la médiane. C'est avec décret de
1981 que la juridiction a été affirmée sur la totalité des 200 miles. Décret norvégiens prévoie
que zone ne doit pas s'étendre au delà de la ligne médiane. Les états on affirmé leur prétention
aux 200 miles. D parle de zone de pêche alors que le P norvégien utilise l'expression de zone
économique. Cette ligne médiane revendiquée par Norvège et qui a été ligne de facto a été
présentée par la Norvège : la N n'est pas allée jusqu'aux 200 miles bien que sa législation
l'aurait autorisé à le faire.

Construction du cadre pertinent pour les délimitations : la Cour observe qu'on peut diviser la
région en 3 zones :

→ d'abord il y a la zone de chevauchement des revendications (c'est la zone qui est limitée par
la ligne unique de délimitation des 200 miles demandée par G et par les deux lignes médianes
coïncidentes que réclame la N). Cette zone est fermée au nord par l'intersection des lignes de
délimitation proposées par les parties.

→ ensuite il y a zone potentielle de chevauchement des revendications : la Cour la dénomme


zone de chevauchement des titres potentiels = comprise entre ligne des 200 miles tracés à
partir du G et celle à partir de JM.

→ enfin il y a la zone pertinente pour la délimitation selon Danemark. Ligne de base de la


côte de JM = voir schéma.

Zone pertinente pour la délimitation est enséré par côte pertinente de JM, côte pertinente du
G.

Zone pertinente est de 237 miles km² : la our observe que si Cour sa ralliait à la ligne
médiane, zone pertinente pour la délimitation laisserait moins de km à la N qu'au D.

Si on s'en tient seulement à la zone de chevauchement, ici la médiane diviserait de façon quasi
égale la zone potentielle de chevauchement avec un léger avantage au D. C'est la première
fois que la Cour construit de façon aussi rigoureuse la zone pertinente pour la délimitation en
identifiant longueur de côte d'une part et en prenant en compte la limite max des
revendications islandaises de l'autre. Ferme la zone avec les points G et H qui déterminent les
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

points A et D.

Ici première question : allégation norvégienne selon laquelle la délimitation a déjà été
effectuée : Norvège prétend qu'il n'y a rien à délimiter car la délimitation est déjà établie =
résulte d'un accord bilat entre D et N signé auparavant et de la Conv de Genève de 1958.
Conv de 1958 sur le plateau continental défini à art 1er la notion de plateau continental « le lit
de la mer et le sous sol des régions sous marines adjacentes aux côtes, situé en dehors de la
mer territoriale jusqu'à une profondeur de 200 mètres ou au delà de cette limite jusqu'au
point où la profondeur des eaux surjacentes permet l'exploitation des ressources (...) ».

En 1965, les deux parties ont incorporé dans leur lég interne les déf données par le traité de
Genève : les deux parties ont ensuite conclu un accord de délimitation de leur plateau
continental en 1965. Cette délimitation du plateau continental de 1965 délimite le plateau par
application de la ligne médiane. Cette ligne médiane ne fait aucune référence à des
circonstances spéciales particulières. La question est de savoir si accord de 1965 est
applicable à la délimitation du plateau continental.

Pour D, la Conv de 65 ne vise la délimitation du plateau continental que dans une partie de la
mer du Nord et dans le Skagerrak (bras de mer qui sépare D et N etc qui fait communiquer la
baltique avec la mer du Nord). Si cet accord avait eu une portée générale, l'affaire était
entendue et il suffisait d'appliquer cet accord. Cour a considéré que Conv de 1965 n'avait pas
entendu posé une règle générale de délimitation de leur plateau continental. Objet et but de
l'accord de 1965, selon Cour, était simplement de régler la question de la délimitation dans le
Skagerrak et une partie de la mer du Nord. La thèse norvégienne n'était pas si absurde : la
Cour a soutenu son analyse ne disant que les états ne pouvaient pas avoir eu l'idée de
délimiterr en 1965 un plateau continental dont ils n'avaient pas encore conscience de
l'existence. On ne pouvait pas imaginer que la déf physique du plateau continental pouvait
exister. Pour eux, le plateau continental est un plateau défini par sa profondeur (200 mètres)
donc leur accord ne pouvait viser que zones avec profondeur de 200 mètres max.

Si 65 ça marche pas car 65 ne peut viser que le plateau du Skagerrak on peut être tenté de dire
que 58 c'est la même chose car règle de l'équidistance de la Conv de 58 fait référence à un
plateau défini par la profondeur. Or les états parties à la Conv de 58 ne prétendent pas que la
Conv de 58 ne soit plus applicable car la déf du plateau continental a changé.

Thèse norvégienne= consiste à dire qu’il y a déjà une délimitation, donc rien à délimiter ! Le
Danemark a saisi la cour et demande 200 miles mais inutile puise déjà définition plateau
continental. Cette délimitation a été opérée par l’accord bilatéral de 1965 et Convention de
Genève de 1958

- Accord bilatéral de 1965 : D et N s’étaient entendu pour fixer comme principe de


délimitation la médiane : « le gouv du royaume du D et gouv du royaume de N
ayant décidé d’établir la ligne de séparation entre les parties du plateau
continental sur lesquelles le D et N respectivement exercent des droits souverains
aux fins de l’exploration et exploitation des ressources naturelles sont convenus
des dispositions suivantes » = préambule
er
Article 1 : « la ligne de séparation entre les parties du plateau continental sur lesquelles le
D et N respectivement exercent des droits souverains sera la ligne médiane dont tous les
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

points sont équidistants des points les plus proches des lignes de bases à partir desquels est
mesurée la largeur de la mer territoriale… »

Article 2 : énumère coordonnées des lignes de démarcation dans le Scagérak et une partie de
la Mer du Nord

Etats s’opposent sur interprétation de ce traité : N a vu disposition générale de délimitation


plateau continental et D a considéré qu’un traité de délimitation spécial de délimitation
plateau continental en s’appuyant sur le fait qu’il y a coordonnées de la médiane, et N
s’appuie sur le fait que rien dans le préambule ne dit que le traité = spécial + ne mentionne
pas du tout la notion de circonstance spéciale. Pour elle le Danemark et elle ont adopté
principe d’équidistance pur !

Législation N comme D avait défini plateau continental en reprenant déf 1958 cf définition
par la profondeur ou par le critère alternatif de l’exploitabilité.

Question portait sur l’objet du traité :

- Pour Norvège : délimitation générale


- Danemark : objet destiné à délimitation d’une partie spéciale
Assez rare car en général 2 Etats concluent un traité = savent sur quoi il porte ! Norvège veut
convaincre la Cour que l’ensemble des délimitations qui viendront à se produire concernant
délimitation plateaux continentaux alors que D ne voit pratique spéciale sur zone
géographique limitée

Traité conclut à une époque où le plateau continental = défini par le critère de la profondeur

Rien n’empêche les Etats de conclure un accord de délimitation de leur plateau continental
qui prend en compte l’évolution futur du concept. == ce qui explique pourquoi les Etats n’ont
pas voulu se mettre d’accord sur un moyen de délimitation permanent

Norvège = un ET a la convention de Genève qui est devenu partie puisqu’elle a adhéré à la


convention en 1971 (contrairement au Danemark qui est un Etat partie)== donc en vigueur
entre les 2 Etats

Convention de 1965 == ne fait pas droit entre les 2 Etats car la Cour a considéré que son objet
n’est pas de délimiter le plateau pour l’Atlantique Nord

Selon elle ce traité à un effet déclaratif à l’égard de la convention de 1958 car dans l’accord
conclu en 1965 la Norvège et le Danemark n’ont pas repris la notion de circonstance spéciale
== Norvège voit donc principe général applicable de façon intemporel + considère que effet
déclaratif convention de 1958

La Cour rejette l’interprétation norvégienne (juste spéciale) mais aussi interprétation


norvégienne sur l’effet déclaratif === estime que convention de 1958 est applicable

La question est de savoir s’il existe des circonstances spéciales. == donc rejet de 1965, la 1 ère
fois que la Cour va avoir à appliquer la convention de 1958
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

La Norvège n’a pas réussi à obtenir satisfaction en invoquant le droit international, mais va
essayer en invoquant la conduite des parties : s’appuie sur le fait que durant une 10 années, les
parties par leur conduite conjointe ont reconnu l’applicabilité d’une délimitation selon la ligne
médiane. Norvège s’appuie sur un certain nombre de dispositions danoises et en particulier loi
du 17 décembre 1976 = art 2 « la délimitation du territoire de pêche par rapport aux états
étrangers dont les côtes sont situés à une distance inférieur à 200 miles en face des côtes du
Danemark ou côtes adjacentes, sera constituée par une ligne dont chaque points est
équidistants des points des lignes de base des côtes des deux états ».

Décret 1er juin 1980 qui a autorisé à aller jusqu’à 200 miles à autoriser à maintenir ligne
médiane comme ligne de séparation des zones relevant de la Norvège et du Danemark et
seulement le 31 août 1981 que la ligne a été portée à 200 miles

Pour la Norvège c’est donc la ligne médiane qui s’impose car choisit par la loi et selon elle le
décret danois viole la loi danoise donc selon Norvège Danemark ne peut pas appuyer théorie
sur droit qui n’est pas valide dans son propre ordre juridique. Mais Cour répond que le droit
interne est un pur fait au droit international, n’a pas à se prononcer sur la validité ou invalidité
du décret danois. Loi danoise qui prescrivait la ligne médiane a pu le faire dans un souci
d’apaisement des tensions tant que conférence sur droit de la mer pas terminée, et en tout état
de cause, qu’il y ait ou non invalidité == ne saurait en aucun cas limiter les prétentions
internationales du Danemark. « la validité du décret en droit interne est sans rapport avec sa
signification possible en tant qu’indice de l’attitude du Danemark en matière de
délimitation »

Cour rejette l’allégation norvégienne. Cour ne peut désormais pas échapper à délimitation et
application du droit en vigueur entre les 2 Etats.

Cour commence par observer que les parties ne sont pas en accord avec la nature de la tâche
confiée : - D demande à la cour de tracer une ligne de délimitation (donne coordonnées
précises)

- Norvège souhaite un jugement déclaratoire en ce qui concerne base de


délimitation, tout en laissant aux parties le soin de négocier le tracé
- Danemark demande une ligne unique de délimitation zone de pêche et plateau
continental
Cour va donc délimiter droit applicable à délimitation plateau continental = le fait que la
convention de 1958 s’applique en l’espèce à la délimitation du plateau continental ne signifie
pas qu’il soit possible d’interpréter et d’appliquer l’article 6 sans référence au droit coutumier
en la matière ou sans tenir aucun compte de ce qu’une délimitation de la zone de pêche est
aussi en cause dans la région.

On ne peut pas appliquer convention de 1958 sans référence au droit coutumier en la matière
== prise de position ! décide d’interpréter à l’aune du droit coutumier

Tribunal franco-britannique 1977 aff opposant RU à France : « la règle combinant


équidistance circonstances spé constitue l’expression particulière d’une norme générale
suivant laquelle la limite entre des Etats qui donnent sur le même plateau continental doit en
l’absence d’accord être déterminé selon des principes équitables.
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

Cour ajoute « si à la lumière de cette sentence de 1977 la règle d’équidistance circonstances


spéciales de la convention de 1958 doit être considérée comme l’expression d’une norme
générale fondée sur des principes équitables il doit être difficile de trouver une différence
appréciable, tout au moins en ce qui concerne délimitation entre côtes se faisant face entre
l’effet de l’article 6 et l’effet de la règle coutumière qui requiert également une délimitation
fondée sur des principes équitables »

Cour a reconfiguré l’équidistance pour qu’on arrive toujours à une ligne équitable

Droit applicable à la zone de pêche :

Droit de Montego bay = droit de la délimitation équitable == Etats sont d’accord pour que
droit applicable à zone de pêche = droit de la zone économique exclusive. Il faut dans les
deux cas une délimitation équitable !

Plateau = équidistance en tant qu’elle est l’expression particulière d’une délimitation équitable

Qui plus est le Danemark veut une ligne unique et la Norvège veut deux lignes

La Cour procède à la délimitation et décide de commencer le tracé d’une ligne médiane à titre
provisoire pour le plateau continental en appliquant l’article 6. Cour cite Libye-Malte

Il faut examiner s’il existe des facteurs susceptibles de donner lieu à un déplacement de la
ligne médiane placée à titre provisoire, le but étant de parvenir à un résultat équitable. La
Cour considère que tracer une ligne médiane à titre provisoire est également approprié pour
définir zone de pêche.

On l’ajuste en examinant circonstances spéciales (convention de 1958) ou les circonstances


pertinentes --- Jan Mayen = rencontre des 2 droits (article 6 équidistance et JP mer du Nord).
La rencontre de ces circonstances – conduit à assimilation des circonstances spéciales et
pertinentes. Circonstances spéciales = circonstances susceptibles de modifier le résultat
produit par une application automatique du principe d’équidistance (interprétation Cour de
l’article 6 de la convention de 1958)

Circonstances pertinentes= un fait devant être pris en compte dans l’opération de


délimitation.

Mais même si elles diffèrent par leur origine et par leur nom il y a inévitablement une
tendance à l’assimilation puisqu’elles doivent toutes deux permettre d’atteindre un résultat
équitable. A l’origine né de façon différente.

La Cour va considérer qu’en réalité il n’y a que deux types de circonstances qui doivent être
prise en compte :

- La localisation des ressources halieutiques : se trouvent dans la partie méridionale


de la zone de chevauchement
- Différences des longueurs de côtes
(Jan Mayen = 372 m2 )

Originalité géographique = la cour va procéder à une correction de la ligne médiane mais par
secteurs. La Cour va attacher une importance certaine à ces points d’inflexion. La Cour va
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

tracer 3 secteurs en suivant les points d’inflexions qu’elles déterminent

Elle va estimer qu’elle peut faire une correction graduée en fonction des circonstances
pertinentes. Puisque zone de poisson se trouve dans zone méridionale (zone 1) elle va corriger

Afin de tenir compte différences côtes = va corriger

Ce qui est critiquable = distinction secteur 2 et 3

Une délimitation doit toujours être équitable et prendre en compte circonstances spéciales ou
pertinentes. La règle conventionnelle n’est que l’expression générale de la règle coutumière
qui prescrit une délimitation équitable. – ce qui peut menacer délimitation équitable c’est
l’existence d’une frontière convenue

Le droit de la délimitation est arrivé à maturité

 MER NOIRE Roumanie c Ukraine arrêt du 3 février 2009


La Cour attache bcp d’importance à la détermination des points de base

Iles des serpents = un confetti à une 20 de miles de la côte ukrainienne qui va profondément
perturber l’affaire ! 0,17 km2 à 20 000 miles marins à l’Est du delta du Danube se trouve une
formation naturelle appelée l’île des serpents. Sa circonférence est de 2000 m == découverte à
marée haute

Déf d’une île == étendue naturelle de terre entourée d’eau, découverte à marée haute. A
appartenu à la Grèce sous l’Antiquité. Puis l’île a été romaine puis elle est devenue genoise,
puis moldave, empire ottoman, et roumaine par le traité de san stefano par traité de 1878,
soviétique en 1948 et depuis 1991 l’île est ukrainienne == véritable confetti et pourtant elle a
généré une perturbation extraordinaire en Mer noire

La Roumanie a prétendu que l’île des serpents n’avait pas de projection, ne pouvait pas
générer d’espace maritime et qu’elle privait la côte ukrainienne de toute projection. Il existe
selon elle autour de l’île des serpents selon un arc de cercle une limite au-delà de laquelle
l’Ukraine n’a droit à aucun espace maritime. Et selon l’Ukraine l’île des serpents au contraire
devrait être considérée comme appartenant à la configuration côtière de l’Ukraine, en
conséquence elle devrait porter un point de base

Pour les turcs c’est la Mer du Nord (gros loool), une mer fermée ou semi fermée == une mer
qui communique par un très étroit corridor avec l’océan, qui communique avec la mer de
Marmara avec le détroit du Bosphore, détroit étroit.

La Turquie, Bulgarie, Roumanie l’Ukraine, Russie, et enfin la Géorgie (mais elle ne nous
intéresse pas car donne sur la mer noire orientale et on s’en bat la race)

En mer noire que ce jette le Danube == le plus grand fleuve de l’Europe. Le deta du danube
sépare la côte roumaine de la côte ukrainienne

Saisine de la CIJ le 16 septembre 2004, Roumanie dépose requête introductive d’instance


contre l’Ukraine au sujet d’un différend concernant l’établissement d’une frontière maritime
unique permettant de définir plateau continental et ZEE relevant d’eux.
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

Requête sur la base d’une clause compromissoire.

Le 2 juin 1997 les 2 Etats ont conclu un traité de bon voisinage et de coopération par lequel ils
ont pris l’engagement de s’entendre sur les questions de délimitation de plateau continental et
ZEE et cet accord a été compliqué par un accord additionnel du même jour == entrée en
vigueur : 22 octobre 1997. L’accord additionnel contient un paragraphe 4 srt alinéa H = clause
compromissoire « si les 2 parties ne parviennent pas à s’entendre dans un délai raisonnable
sur la délimitation de leurs plateaux et de leurs zones, l’une ou l’autre partie pourra saisir la
CIJ »

Mais il faut que les parties aient d’abord essayé négociation cf délai minimal de 2 ans et il
faut par ailleurs que les 2 Etats aient conclus un traité sur leurs frontières d’Etat. Conclu le 17
juin 2003. Les deux conditions sont donc bien réunies, dès lors la Cour peut être valablement
saisie.

Pour l’Ukraine il ressort des termes de l’alinéa H du para 4 : parties ne prévoyaient pas que la
Cour serait appelé à délimiter frontière polyvalente

Pour la Roumanie ce libellé = ne donne aucune indications pour savoir si de tels doivent
exister autour de cette zone

La Cour est-elle compétente ou non pour tracer une ligne frontalière ou maritime polyvalente

La Roumanie prétend que l’île des serpents est entourée par une ligne suivant un arc de cercle
délimitant la ligne territoriale de l’ïle des serpents et séparant celle-ci de la ZEE et plateau
continental roumain.

(petit schéma )

La Roumanie prétend que par une série d’accord antérieurs une ligne frontière a été reconnue
qui enserre l’île des serpents qui lui confère une mer territoriale mais qui la prive de toutes
projections au-delà

La Cour considère qu’il ne lui est pas interdit de déterminer une ligne pour délimiter 2
espaces différents. Mais le pb est de savoir s’il existe un eligne déjà convenue ce qui limiterait
l’Ukraine à une simple mer territoriale autour île des serpents et qui la priverait de toutes
projections.

REPRISE APRES LES VACANCES ***

Deux particularités de l'affaire qui auraient pu être considérées comme des circonstances
pertinentes :

→ digue de Sulina = est-ce que le point de base de la côte roumaine doit être située sur la
terre ferme au pt de départ de la digue OU à l'extrémité de la digue ?

→ à 20 miles de la côte ukrainienne, il y a l'île des serpents qui est sous la souv de l'Ukraine.
Cette île c'est l'élément pertubateur dans un contexte qui aurait été plus simple sans elle
puisque la Cour n'identifiera aucune circonstance pertinente dans cette affaire. Cette île sera-t-
elle le lieu d'un point de base de la côte ukrainienne ? Car si oui, on a circonstance importante.
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

Prétention ukrainienne = considérer que au point de rencontre des deux mers territoriales
(roumaine et île des serpents), la ligne de sép du plateau continental et des ZEE aboutit à
donner à l'Ukraine une projection importante car l'un des pts de base est placé sur l'île des
serpents. Ukraine considère que digue de Sulina ne doit pas jouer car c'est une digue
artificielle.

Ukraine et Roumanie aboutissent à des lignes totalement différentes. Roumanie aboutit à une
projection dès lors qu'elle prive l'île des serpents de toute projection et qu'elle considère que
cette île n'a droit qu'à une mer territoriale de 12 miles.

Pour Ukraine, île des serpents fait partie de la configuration de la cote ukrainienne // pour
Roumanie, île des S doit être ignorée ou simplement reconnaître une mer territoriale de 12
miles. Thèse roumaine est fondée sur l'idée qu'il existe une frontière convenue qui est
constituée par un arc de cercle entourant l'île des serpents, allant du pt de rencontre des mers
territoriales roumaines et ukrainiennes jusqu'à un point situé plein est à l'île des S et que cette
frontière convenue est aussi une frontière polyvalente, càd qu'elle sépare la mer territoriale
ukrainienne des espaces constitués par le plateau continental et la ZEE roumaine.

Roumanie dit que île des S est un rocher et qu'en vertu de MB 1982, les rochers n'ont pas de
projection comme les îles. Les rochers n'ont pas droit à une zone ou à un plateau, aucune
projection d'aucune sorte.

→ La question de la frontière convenue :

Effectivement s'il y avait eu une frontière convenue autour de l'île desS, la question n'aurait
pas eu lieu.

Pourquoi il y aurait eu une frontière convenue autour de l'île des S ? Car il y a eu des accords
et Roumanie a interprété ces accords comme instituant une frontière convenue délimitant la
mer territoriale ukrainienne d'un côté de la ZEE et du plateau continental roumain de l'autre
(ça c'est la thèse roumaine).

La Cour a du trancher des questions sur l'objet du différend, sa propre compétence, le droit
applicable, avant d'examiner la question de l'éventuelle frontière convenue.

La Cour a été saisie par la Roumanie le 16 septembre 2004 : en effet, R et U ont signé en
1997 un traité de bon voisinnage et de coopération ainsi qu'un accord additionnel par
lesquelsles deux états ont pris l'engagement de s'entendre sur les questions de délimination de
leur plateau continetal et de leur ZEE. Ces deux instruments sont tous les deux entrés en
vigueur le 22 octobre 1997. Les deux parties ont pris l'engagement de s'entendre sur les
questions de délimination de leur plateau continental.

Pour R, pas de concessions qu'elle pouvait faire dès lors qu'elle considérait qu'il existait une
frontière convenue. S'il y a cette frontière, évidemment il n'y a guèr de chose à négocier.

Roumanie a saisi cour sur la base de la clause compromissoire contenue dans l'accord
additionnel = cet accord comprend un paragraphe 4 al H qui dit que « si les négociations
n'aboutissent pas à la conclusion de l'accord de délimination du plateau et des ZEE dans un
délai raisonnable […] le gouvernement de la R et de l'Ukraine sont convenues que le pb de la
délimination du plateau continental et de la ZEE sera réglé par la CIJ à la demande de l'une
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

ou l'autre des parties à condition que le traité relatif au régime de la frontière d'état entre la
R et l'U soit entré en vigueur. Toutefois, la CIJ pourra connaître la demande relative à la
délimination du plateau continental et des ZEE avant l'entrée en vigueur de ce traité si elle
constate que le retard de l'entrée en vigueur de celui-ci si elle constate que el retard de
l'entrée en vigueur de celui-ci s'est produit par la faute de l'autre partie ».

R et U ne sont pas parvenus à conclure accord sur délimination du plateau continental et de la


ZEE car ils étaient en opposition sur l'île des S et sur la prétendue frontière convenue. Donc
comme accord par conclu, R a saisi la CIJ.

Saisine se heurte à objection de l'U : U conteste la saisine ; les deux états n'ont pas la même
vision de la clause compromissoire. Pour la Roumanie, la clause compromissoire ne s'oppose
nullement à ce que la Cour reconnaisse l'existence d'une frontière polyvalente. En revanche
pour l'Ukraine, il ressort des termes de l'al H dy paragraphe 4 que les parties ne prévoyaient
pas que la cour serait appelée à délimiter une frontière maritime polyvalente le long de la
limite extérieure de la mer territoriale autour de l'île des S.

Question théorique : est-ce qu'une délimitation maritime peut être polyvalente ? Est-ce qu'une
même ligne peut séparer un espace qui serait un espace territorial pour un état et une ZEE
pour un autre état ? Réponse est oui. Mais ça n'est pas la question posée ici.

Cour observe que al H paragraphe 4 de l'accord additionnel ne donne aucune indication sur la
question de savoir si ce sont des espaces de même nature qui doivent exister de part et d'autre
de la ligne de délimination sur toute la longueur de celle-ci.

La cour considère qu'il faut interpréter al H paragraphe 4 à la lumière de l'objet, du but et du


contexte de l'accord. Elle observe que cet accord a été conclu en même temps qu'un autre
accord qui est celui de bon voisinnage et de coopération qui lui-même prévoyait conclusion
d'un traité sur la frontière d'état. Elle observe aussi que cet accord additionnel renvoie lui-
même à un échange de lettres du même jour comprenant un ensemble de principes que
doivent appliquer les états pour la délimination de leur zone et de leur plateau. La Cour en
conclu que le contexte dans lequel a eu lieu cela est un contexte général de règlement de
l'ensemble des questions frontalières.

Cour pas compétente pour délimiter mer territoriale mais en revanche rien ne lui interdit, en
délimitant les plateaux et les ZEE, de déterminer une frontière qui pourrait être polyvalente.
Ca ne le lui est pas interdit par al H paragraphe 4.

Ukraine ne voulait pas prendre risque de reconnaître compétence à la Cour pour confirmer
une frontière convenue délimitant sa mer territoriale de celle de la R. En réalité, la Cour ne
suivra pas Roumanie dans cette approche mais il y avait effectivement un risque.

Cour s'estime donc compétente et il lui reste à déterminer le droit applicable.

La R prétend qu'il existe des accords en vigueur entre les parties qui instituent une frontière
convenue = procès verbaux conclus entre R et Union Soviétique en 1943, 63 et 74 repris par
des traités de 1949 et de 1961 auxquels il faut ajouter accord conclu en 2003 avec Ukraine.
Donc pour R, il existe des accords conventionnels qui déterminent une frontière convenue.

Lorsqu'il y a frontière convenue s'applique le paragraphe 4 de la Conv des NU sur le droit de


DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

la mer = « lorsqu'un accord est en vigueur entre les états concernés, les questions relatives à
la délimination de la ZEE et du plateau continental sont réglés conformément à cet accord ».
Art 74 et 83 de la Conv prévoie délimination de nature à aboutir à un résultat équitable mais si
il y a un accord convenu, alors on applique l'accord.

La roumanie s'appuie sur le fameux échange de lettres dont on a parlé plus tôt : le 2 juin 1997,
il y a eu conclusion du traité de bon voisinnage et aussi échange de lettres qui prévoyait
principes qui devaient être appliqués pour la délimination : ce sont des principes que les
parties ont reconnu comme étant applicables aux négociations par lesquelles ils devraient
s'entendre sur la délimination :

– le principe énoncé à l'art 121 de la Conv des NU sur le droit de la mer du 10 déc 1982
tel qu'il est appliqué dans la pratique des états et la jp internationale. Cet art 121 dit
que les îles ont droit à une projection et à une ZEE et un plateau continental et dit que
ce n'est pas le cas des rochers. Thèse roumaine = en acceptant par un échange de
lettres que l'un des principes qui devait présider est celui tiré de l'art 121, alors Ukraine
a accepté que l'île des S n'ait pas de projection (ca R considère que cette île est un
rocher).

– Le principe de la ligne d'équidistance dans les zones à délimiter lorsque les côtes sont
adjacentes et le principe de la ligne médiane lorsque les côtes se font face.

– Le principe de l'équité et la méthode de la proportionnalité telle que ceux-ci sont


appliqués dans la pratique des états et dont les décisions des instances internationales
concernant la délimination du PC et des ZEE.

– Le principe selon lequel ni l'une ni l'autre des parties ne peut contester la souveraineté
de l'autre sur une quelconque portion de son territoire adjacent à la zone à délimiter

– principe selon lequelle les circonstances spéciales de la zone à délimiter doivent être
prises en compte

Cour a dit que ces principes ont été retenu par les états comme principes s'imposant pour leur
négociation mais ce ne sont pas des principes qui lient la Cour elle-même.

Cour va appliquer les accords en vigueur, et éventuellement ceux qui déterminent une
frontière convenue s'il y en a une. Elle appliquera aussi le droit de MB 1982. La Cour observe
que les deux états sont parties à la Conv de MB 1982 (Roumanie depuis 1996, Ukraine depuis
1999). Donc la Cour appliquera le droit de MB 1982.

Elle va notamment appliquer le paragraphe 4 des art 74 et 83 s'il y a lieu de l'appliquer, càd
s'il existe une frontière convenue.

La R s'appuie sur procès verbaux conclus entre Union Soviétique et elle-même, sur les autres
accords et sur le traité de 2003 conclu avec Ukraine. La frontière est délimitée jusqu'à la
limite xtéeiruere de la mer territoriale au point où la mer territoriale de la Roumanie rejoint
l'arc des 12 miles marins entourant l'île des S.
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

Y a-t-il vraiment une frontière convenue entre les états ?

Thèse roumaine : OUI, frontière convenue EXISTE + états se sont entendus pour conférer à
l'île des S une mer territoriale délimitée par un arc de cercle de 12 miles entourant l'île + la
délimitation va jusqu'à un point situé plein est d'une part + la roumanie prétend par ailleurs
que l'Union soviétique a renoncé à toute projection au delà de cette limite de mer territoriale.

La CIJ analyse les procès verbaux ainsi que les accords généraux des états : elle prend acte
qu'il existe une mer territoriale de 12 miles autour de l'île des S, que cette mer suit un arc de
cercle. En revanche, la Cour observe qu'aucun de ces accords ne figure le point terminal de
cette frontière maritime, de cette délimination de la mer territoriale et que le fameux point X
ne figure pas dans les accords conclus entre les états.

Lorsque ces accords ont été conclus, il s'agissait de doter l'oîle des S d'une mer territoriale et
au delà de cette mer, c'était la haute mer ; à l'époque les états ne revendiquait pas une ZEE au
delà de leur mer territoriale car c'était la haute mer. Par ailleurs, aucune disposition dans les
accords de cette époque ne fait allusion au plateau continental. En fait, pour que la frontière
de la mer territoriale puisse être une frontière convenue délimitant le plateau continetal et la
ZEE, il aurait fallu selon la Cour un nouvel accord entre les états transformant l'ancienne ligne
en une nouvelle ligne de sép de la mer territoriale de l'île des S et du plateau et de la ZEE
roumain. Ligne de délimitation du plateau continetal entre Union Soviétique et Turquie a été
étendu à la délimitation de la ZEE par un nouvel accord.

Pour la cour, il n'y a pas de frontière convenue délimitant les espaces pour lesquels la
Roumanie a saisi la CIJ.

On retombe donc dans un cas classique = il faut déterminer la zone pertinente pour la
délimitation, déterminer circonstances pertinentes et tracer ligne provisoire. Les deux
circonstances qui vont intéresser la cour c'est la digue de Sulina et l'île des S.

Doit-on tenir compte de l'île des S comme un élément à prendre en considération pour le tracé
de la ligne ? La CIJ va être sévère en disant que l'île ne fait pas partie de la configuration des
côtes ukrainiennes, que placer un point sur l'île des S ce serait totalement refaire la
géographie. CIJ considère qu'il n'y a aucune raison pour faire de l'île des S un élément à
prendre en considération dans la délimitation.

Île des S ne sera pas un grand élément de perturbation au final. Ce n'est qu'un petit ilot (ou un
rocher, on ne sait pas car la Cour ne se prononce pas la dessus) de 0,17km² qui engendrerait
quand même une diff de 12 miles km² pour la délimitation.

Accord entre états = pas formaliste. Peut prendre la forme d'un traité, d'un procès verbal,
d'une lettre, un communiqué, un programme.

En csq, la CIJ est donc amenée à reprendre les choses comme si il n'y avait pas eu de question
relative à la frontière convenue. Elle reprend la question de savoir quel est le droit applicable
et comment régler l'affaire. Elle va appliquer le droit maritime et veut aboutir à une solution
équitable en tenant compte des circonstances pertinentes.

Le droit de MB 1982 donne obligation d'identifier les côtes pertinentes et de déterminer la


zone pertinente pour la délimination puis tracer la ligne provisoire en fonction des points de
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

base qui sera ajustée en fonction des circonstances pertinentes. Arrêt pédagogique car Cour
donne mode d'emploi de la délimination. Elle rappelle qu'il faut d'abord identifier les côtes
pertinentes en tenant compte de deux principes équitables qui sont :
1) la terre domine la mer, ce sont les projections des côtes qui sont source des délimitations
2) la côte pour être pertinente doit générer des projections qui chevauchent celles de la côte de
la partie adverse

La Cour observe que la partie nord-ouest de la mer noire mesure dans sa portion la plus large
plus de 200 miles marins et n'excèdent pas 200 miles marins du nord au sud. Ici on est
intéressé par la Mer noire occidentale. La zone qui nous intéresse particulièrement est celle de
la mer noire nord-ouest, où se projettent Roumanie et Ukraine. Les côtes pertinentes dans
cette zone sont voir schémas.

Cour reprend ensemble de la côte roumaine et côte ukrainienne à l'exception de la côte qui
longe le golfe de Karkinits'ka = car ne génère pas de projection roumaine. Pas de raison pour
la Cour d'exclure côte ukrainienne située la plus au nord. Ensemble côte roumaine est
pertinente et ensemble côte ukrainienne pertinente à l'exception des côtes qui bordent Golfe
de Karkinits'ka. Donc Cour retient les longueurs suivante : côte pertinente ukraine = 705km et
pour Roumanie = 292km. Le rapport entre les longueurs des côtes est de 1 à 2,8.

Après avoir déterminé les côtes pertinentes, la Cour détermine la zone maritime pertinente.
Cette zone maritime pertinente n'est pas le cadre géographique dans son ensemble.

2 propositions faites par les Etats :

> zone pertinente selon Roumanie : délimitée au nord par une ligne qui relie estuaire de
Dniepr et cap Tarkhankut ET délimitée au sud par la ligne d'équidistance entre les côtes
roumaines et bulgares ET la ligne se termine par la ligne de délimitation qui a été convenue
par l'US et la Turquie qui lie l'Ukraine en qualité d'état successeur de l'US.

Au sud est la zone est fermée par la ligne qui suit le méridien qui relie le cap Sarych (point
terminal de la cote pertinente ukrainienne) à la frontière entre l'Ukraine et la Turquie.

> zone pertinente selon Ukraine : ensmble de la côte ukrainienne est pertinente donc la zone
pertinente doit comprendre l'ensemble des projections maritimes situées au large de sa côte.

En ce qui concerne la limite méridionale, pour l'Ukraine c'est une ligne perpendiculaire à la
côté continentale qui relie le point où la frontière roumano-bulgare rejoint la Mer Noire.
L'Ukraine trace ensuite une ligne droite qui va de ce point jusqu'au cap Sarych.

Solution retenue par Cour : Cour a recouvert les prétentions des Etats, elle trace un croquis
qui recouvrent les deux prétentions de la R et de l'U. A une exception qui est celle du Golfe de
Karkinistska : CIJ a considéré que ça compte pas.

Ligne de délimitation n'aura pas de csqs sur la souveraineté de ces deux triangles. Il ne s'agit
pas de partager la zone pertinente pour la délimitation entre R et U, mais il faut délimiter et
cette délimitation n'aura pas de csqs sur les droits des Etats sur les deux triangles en question.
Pour apprécier la situation, il est nécessaire d'apprécier ces deux triangles car ça donnera
meilleur idée du caractère pertinent.
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

La Cour attache un soin extrême à la détermination des côtes pertinentes et de la zone


pertinente pour la délimitation de façon à donner le sentiment qu'elle va se livrer à une
opération de grande rigueur. Le droit de la délimitation est désormais arrivé à u degré de
maturité important, c'est un droit sérieux.

Lorsque la Cour doit délimiter ZEE et plateau continental, elle procède par étapes bien
déterminées : il s'agit de tracer ligne d'équidistance et ligne médiane à partir des points les
plus pertinents des côtes des deux états concernés en prêtant attention particulière aux points
saillants les plus proches de la zone à délimiter.

Une fois qu'elle a expliqué ce qu'elle va faire, Cour doit identifier point de base à partir
desquels elle va tracer ligne d'équidistance provisoire (croquis 6).

La Roumanie fait valoir que les points de base à prendre en considération sont : la pointe de la
digue de Sulina du côté roumain et du côté ukrainien un point situé sur la péninsule de
Sacaline.

Sur la côte ukrainienne, le cap Tarkhankut et le cap Chersonèse.

La roumanie fait observer que la péninsule de Sacaline et la pointe de la digue de Sulina font
partie des points qu'elle a notifié à l'ONU comme pertinents conformément à l'art 16 de la
Conv des NU sur le droit de la mer, càd des points à partir desquels elle trace la largueur de sa
mer territoriale.

En revanche, la R considère qu'il ne doit pas être tenu compte de l'île des S comme point de
base pour construction de la ligne d'équidistance. Pour la R, l'île des S est un rocher.

Pour ce qui est de la côte roumaine, Ukraine fait observer qu'on ne doit pas prendre en compte
l'extrémité de la digue de Sulina mais le point qui est sur la terre ferme. Ca change de pls km.
Effet de déviation extrêment important.

Ukraine dit qu l'idée d'un ouvrage saillant construit par l'homme puisse se voir accorder plein
effet alors qu'une formation naturelle serait ignoré ne cadre ni avec une bonne application sur
droit ni avec les principes équitables.

L'Ukraine a une conception différente de l'île des S : elle soutient l'idée que cette île possède
une côte, et qu'elle a en csq une ligne de base qui doit être placé sur l'île des S. Pour l'Ukraine,
l'île des S fait partie de la configuration côtière ukrainienne et elle fait même observer que la
mer territoriale générée par la côte ukrainienne et par l'île des S se chevauchent.

Qu'a fait la Cour pour régler ces affaires ?

Pour affaire de la digue de Sulina : c'est un ouvrage artificiel. Art 11 Conv de MB vise le cas
des installations permanentes faisant partie intégrante d'un système portuaire et l'art 11 dit
« aux fins de la délimination de la mer territoriale, les installations permanentes faisant
partie d'un système portuaire qui s'avancent le plus vers le large sont considérées comme
faisant partie de la côte » art 11 permettrait de dévier la déterminaton de la ligne
d'équidistance.

Cour dit que une installation permanente faisant partie d'un système portuaire est
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

généralement constituée d'aménagements qui permettent d'abriter les navires, les entretenir,
les réparer. Ce sont aussi des installations qui permettent ou facilitent les opérations
d'embarquement ou de débarquement des passagers ou qui permettent chargement ou
déchargement des marchandises.

Une digue sert essentiellement à protéger la côte des marées et des tempêtes, mais elle ne peut
pas selon la Cour être assimilée à un système portuaire.

Pour la Cour, la question de la détermination des lignes de base et celle de la définition des
points de base servant à tracer la ligne d'équidistance sont deux questions différentes.

L'Île des S peut être le lieu d'un point de base ou pas ? Pour que cette île porte un point de
base, il faudrait qu'elle soit considéré comme annexée à la côte pertinente de l'U, donc qu'elle
soit considérée comme faisant partie de la configuration côtière ukrainienne.

Cour dit que des îles cotières ont parfois pu être assimilées à la côte de l'Etat, en particulier
lorsque celle-ci est découpée en une série d'île frangeante. Ici île des S est isolée, éloignée de
la côte et elle ne peut pas être considérée comme une île frangeante. Cour dit « considérer
l'île des S comme partie pertinente du littoral reviendrait à greffer un élément étranger sur la
côte ukrainienne, à refaçonner par la voie judiciaire la géographie physique ». Donc pas de
point de base situé sur île des S.

La ligne provisoire va être la ligne définitive. Elle va tenir compte qu'il existe un arc de cercle
de 12 miles autour de l'île des S et elle partira du point de rencontre des mers territoriales
roumaines et ukrainiennes qui est le point définitif de la frontière d'état fixé par le traité de
2003. L'île des S ne sera pas considérée par Cour comme circonstance pertinente. Aucune
discussion juridique sur l'île des S en définitive.

Il reste à tracer la ligne à partir de la péninsule de Sacaline, le point situé sur la terre femre de
la digue de Sulina, l'île de Kubanski et les deux caps K.

Pérou - Chili

http://www.icj-cij.org/files/case-related/137/137-20140127-JUD-01-00-FR.pdf

Rattraper début de Pérou-Chili

La Cour a identifié un accord relatif à une zone frontière maritime spéciale qui créérait une
zone de tolérance d'une largeur de 8 miles marins, cet accord prouverait l'existence d'une
frontière convenue entre les états. La Cour énonce l'existence d'un accord tacite. Mais cet acte
est introuvable matériellement.

La cour doit régler la question de la nature de cette frontière et de l'étendue de la frontière.


Puis la Cour doit rendre sa décision sur la délimitation de la frontière maritime.

> la nature et l'étendue de la frontière maritime convenue :

Accord de 54 sur la zone frontière maritime spéciale : nous savons qu'il y a une frontière
convenue qui longe le parallèle. Cette frontière délimite des espaces. Mais quels espaces ?
DROIT INTERNATIONAL DE LA MER ET DES ACTIVITÉS MARITIMES

Plateau ? Colonne d'eau ?

Le Chili affirme que la frontière a vocation générale (donc tous les espaces). Le Pérou
soutient que la limite à laquelle l'accord de 54 fait référence ne concerne que certains aspects
des espaces maritimes.

La Cour va dire que la frontière maritime a vocation générale. Mais c'est nimps car nous ne
savons rien sur la frontière puisqu'on n'a pas le texte qui conclu cette frontière convenue. La
Cour procède par affirmation. Une fois qu'elle a affirmé que la frontière a vocation idéale, elle
doit déterminer l'étendue de la frontière convenue.

Elle rappelle que l’accord de 1954 avait un objectif étroit et spécifique


(voir le paragraphe 90 ci-dessus) : la frontière maritime existante y est
mentionnée à une fin particulière, à savoir l’étatblissement d’une zone de
tolérance pour les activités de pêche pratiquées au moyen de navires de
petite taille.

En conséquence, il faut considérer que la frontière maritime dont il


reconnaît l’existence, suivant un parallèle, s’étend nécessairement au
moins jusqu’à la distance de la côte correspondant, à l’époque
considérée, aux activités en question. Ces activités constituent l’un des
éléments de la pratique des Parties dont la Cour tiendra compte, mais ce
n’est pas le seul à devoir être pris en considération. La Cour s’intéressera
à d’autres éléments de la pratique suivie par les parties au début et au
milieu des années 1950, ainsi qu’au contexte plus large, en particulier
l’évolution du droit de la mer à cette époque.

La cour va commencer par s'intéresser aux activités halieutiques et notamment les activités de
pêche : ce sont les activités de pêche qui vont permettre à la Cour de déterminer l'étendue de
la frontière convenue. La Cour a neutralisé cette frontière convenue.

L'effort de la Cour va être de neutraliser cet accord relatif à la frontière maritime. Elle va le
faire en basant son raisonnement sur le potentiel halieutique. Elle va dire que l'accord sur la
zone spéciale concerne les petits navires de pêche, que les états avaient en tête lorsque les
états ont conclu un accord sur la frontière convenue (dont la Cour n'a aucune preive de
matérialité). La cour va dire que c'est uniquement pour ces activités de pêche là que les états
ont délimité une frontière.

Ecosystème abondant, qui fournit bcp, et qui se trouve dans une limite biologique qui va
depuis le littoral jusqu'à 250 miles pendant l'hiver.

La Cour cherche à déterminer l'étendue de la frontière convenue en fonction des activités


halieutiques des petits pêcheurs en disant que les activités de pêche d'autres navires plus gros
ne s'étaient pas encore dvpées.

Proclamations :

Les grands concepts du droit de la mer naissent entre 1955 et 1966. La cour dit qu'il y a les
proclamations à la revendication des fonds marins (celle des EU du 28 septembree 1945,
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Arabie Saoudite, Philippines, Pakistan, etc..). Les deux régions du monde qui ont fait le droit
de la mer sont l'Amérique du Sud et les états arabes.

Après avoir analysé toutes les proclamations, la Cour examine le texte de la Commission du
droit international. Aussi bien analyse des proclamations aussi bien que la position des états
prises au sein de la CDI ne permettent de tirer une concussion sur la conception que les états
avaient de la délimination à l'époque. Ces éléments renforcent l'hypothèse de dire que les 3
états de Pérou Chili était de défendre contre les états tiers l'idée des 200 miles marins. Sur
délimination des frontières, les états se sont abstenus de toute prise de position. Les états n'ont
pas pu vouloir délimiter leur frontière sur une longueur de 200 miles. Tout de même, tout cela
a abouti à la Conférence de 1958 qui a conservé une déf géographique du plateau continental
= critère de profondeur jusqu'à 200 mètres, et non pas critère des 200 miles revendiqués par
les latino-américains.

Cour conclue que la frontière maritime convenue va jusqu'à 80 miles marins à partir du point
terminal de la frontière terrestre.

La Cour va chercher confirmation de cette frontière jusqu'à 80 miles, elle va chercher des
éléments de nature à la remettre en cause en examinant le pratique législative des états, le
protocole d'adhésion de 55, arrangements relatifs aux phares etc.. Cour ne trouve rien de
pertinent.

Lorsque CIJ veut affirmer une signification, qui peut la contredire ? Cour a déconstruit
l'argumentation chilienne.

En raison de l'inclinaison de la côte peruvienne, il y a toute une partie de cette côte qui est
située à moins de 80 miles du point A donc Cour ne peut prendre en considération que la
partie située à plus de 80 miles du point du A. Cour va donc tracer ligne d'équidistance en
déterminant les points de base qui concernent l'ensemble de la côte du Chili et pour le Pérou
des points situés au delà des 80 miles.

Intérêt de s'intéresser à la délimitation est d'ordre contentieux et théorique. En définitive, la


solution pour la délimitation repose sur un traité que personne n'a jamais vu. Traité qui ne
détermine la solution que pour une partie de la délimitation (frontière convenue jusqu'à 80
miles), puis ensuite il y a tracé d'une ligne d'équidistance. Interprétation d'un texte qu'on ne
connaît pas = premier point important dans la délimitation + principes énoncés par la Cour
qu'elle a trouvé dans toutes les différentes proclamations des états = par ex le principe d'équité
= la Cour applique une règle de droit qui prescrit le recours à des principes équitables.

La haute mer

Espace soumis à aucune juridiction, soustrait à la souveraineté des états. C'est un espace
international, comme le fond de la mer et l'espace athmosphérique. La haute mer est un
espace de liberté par excellence. La haute mer est devenue un espace résiduel : elle a été
réduite car de nombreux espaces ne relèvent plus de la haute mer mais de la mer territoriale.

Tous les états ont le droit de faire naviguer sur la haute mer (bateaux militaires, civils).
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Même si les états ont accès à la haute mer, pour certains ce n'est pas facile : il y a 43 états
enclavés dans le monde (états asiatiques, africains et européens). En Amérique seulement 2
états n'ont pas accès à la haute mer (Bolivie et Paraguay).

Ces états dépourvus de façade maritime ont créé un groupe au sein des NU pour faire valoir
leurs intérêts. Ces états font partie des moins favorisés car en effet, la mer favorise les
échanges, la communication, le commerce. Ces états sont dépendants des fleuves pour l'accès
à la haute mer, quand les fleuves sont navigables (par ex, l'Amazonie n'est pas entièrement
navigables).

Les états qui ont des façacdes maritimes étroites, ou des débouchés sur des mers fermées ou
semi-fermées (qui ne comuniquent avec une mer libre qu'à travers un très étroit corridor
comme un détroit) ont aussi des diffficultés d'accès à la haute mer.

La mer noire est une mer semi-fermée qui communique avec une mer fermée (Mer Marmara)
qui elle communique avec une autre mer fermée (la mer Méditerranée). La mer Noire
communique avec les deux mers fermées par des détroits très étroits (détroit du Bosphore et
détroit du ??). Les états qui ont des façades sur la Mer Noire ou Méditerranée sont aujourd'hui
assez défavorisées.

La Mer Baltique est aussi une Mer fermée ou semi-fermée. Elle communique par les détroits
du Kategat et le détroit du Skagerac avec la Mer et l'océan.

Au total, la moitié des états donnent sur des mers fermées ou semi-fermées et l'autre moitié
d'états eux ont de larges façades maritimes.

3 grands espaces qui permettent l'accès à la mer libre : les fleuves internationaux, les détroits
internationaux et les canaux internationaux.

Fleuves traversent les territoires des différents états ; on distingue les fleuves contigu qui
séprent le territoire de pls états et les fleuves successifs qui traversent le territoire de pls états.
Un fleuve peut être à la fois contigu et successif. Les fleuves sont des espaces d'intérêt
international, car ils intéressent les espaces qu'ils traversent. Ils permettent de gagner les mers
libres. Le premier intérêt du fleuve c'est la navigation. Les fleuves sont soumis à la juridiction
des états qu'ils traversent, leurs eaux sont intégrés aux territoires des états. Les fleuves
internationaux ont joué un grand rôle en droit. Certains fleuves ont donné leur nom à l'état
qui'ils traversaient (ex : la Volta), certains états sont nés des fleuves (en Egytpe), les
organisations internationales sont nées des fleuves (Organisation internationale du Rhin et du
Danube = premières OI). Donc rôle important des fleuves dans l'histoire des OI. Ajd les
fleuves sont régis par la Conv de Barcelone de 1951/61. Elle proclame la lib de navigation
pour tous les navires battant le pavillon d'un état partie à la Conv. Lib de navigation pas
reservée aux seuls riverains du fleuve mais n'est pas non plus ouverte à tous les états du
monde, c'est une lib conv.

La lib de navigation de la Conv de Barcelone ne s'applique pas aux navires de guerre, de


police ou à ceux exerçant une mission de puissance publique.

Très nombreux sont les fleuves qui relèvent d'une Conv spéciale ou d'une organisation
spéciale (ex : le Rhin). Le Rhin se jette en mer à Rotterdam, c'est la grande artère de l'Europe
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occidentale (Fance, Allemagne, Suisse, Pays-Bas).

Autre OI régit navigation sur le Danube = passe dans 9 pays de l'Europe centrale, se jette en
mer Noire et permet à de nombreux états enclavés de gagner la Mer noire.

Traité de coopération amazonien en Am du Sud rassemble les états du bassin amazonien (8


états). Amazone est le plus long fleuve du monde, traverse le Pérou où il naît et le Brésil.

En Asie, il y a aussi de nombreux fleuves conventionnels.

Dans tous ces régimes conventionnels, il y a lib de navigation : régime conventionnel


accroissent la Conv de Barcelone : ils vont plus loin qu'elle. Ces régimes permettent aux états
de faire naviguer leur navire.

La seconde voie d'accès aux mers libres, ce sont les détroits : ils sont des voies naturelles de
communication comme les fleuves, ils jouent un rôle important car relient des mers libres ou
une mer libre et une mer fermée ou semi-fermée.

Ils sont régis par la Conv de MB qui consacre un droit de passage en transit, càd continu et
rapide qui ne peut être suspendu. Les sous marins peuvent franchir détroit sans naviguer en
surface et tous les états ont le droit de passage en transit pour leurs navires (de guerre, civils).
La lib de navigation l'emporte ici sur la juridiction.

Les détroits sont très nombreux et très navigués (détroit du Pas de Calais est le plus navigué
au monde, c'est une artère colossale). Il y a aussi de nombreux détroits au Proche-Orient
(détroit d'Ormouz). Très ancien détroit : détroit de Magellan, est régi par un ancien traité de
1881 entre le Chili et l'Argentine.

Le détroit du Bosphore et des Dardanelles ont été régi par pls traités avant que ne soit signé la
Conv de Montreux de 1936.

Conv de Montreux signé entre 9 états : cette conv réalise un équilibre favorable aux états, tout
le monde y trouve son compte → consacre lib de circulation totale pour les navires de
commerce, en temps de paix (lib de passage de jour comme de nuit) comme en temps de
guerre (lib de passage le jour). Les navires de guerre doivent avoir un préavis pour traverser
les détroits mais ça reste facile de naviguer pour eux.

Les canaux

3 grands canaux internationaux qui permettent la communication entre les mers libres : le
canal de Kil, le canal de Panama, le canal de Suez. Ils créént tous le même régime juridique :
navigation ouverte à tous les navires des états du monde avec quelques différences. Le régime
le plus extraordinaire est celui mis en place par le canal de Suez.

Le canal de Suez est toujours ouvert tout le temps à tous les navires même de guerre même
s'ils sont en guerre contre l'état territorial qui contrôle le canal. Régime exceptionnel et
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dérogatoire. Régime imposé en 1888 par les puissances coloniales, traité toujours en vigueur.

Les deux autres régimes sont moins ouverts que celui de Suez. Celui de Panama, même si
fortement modernisé depuis 1977, continue de consacrer une certaine préférence pour les EU
d'Am.

A retenir de tout cela : l'accès à la mer libre est régi par toute une série de régime
conventionnel spécifique, qui permettent aux états de naviguer sur les fleuves, de passer à
travers les détroits et de franchir les canaux pour accéder à la mer libre.

Partiel = Deux sujets théoriques, sujets de synthèse = bien bosser les arrêts et bien connaître
les arrêts.