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Définition :

Droit de la mer: ensemble des règles qui organisent le statut juridique


de la mer.
La mer, ensemble des espaces d’eau salée, en communication libre et
naturelle, représente 73 % de la surface de la planète.
Le droit de la mer est un droit d’origine coutumier, dont les règles sont
très anciennes et résultent de la pratique des États.

Les Origines du Droit de la mer :

Le principe coutumier international qui régit le droit de la mer en temps


de paix est celui de la liberté, ce qui signifie que toutes les nations ont
le droit de naviguer, de pêcher ou de poursuivre des recherches
scientifiques en haute mer. En temps de guerre, cependant, le droit
des belligérants de fouiller les vaisseaux neutres à la recherche d’une
contrebande de guerre s’impose et limite cette liberté des mers.

C’est sous l’influence du juriste hollandais Hugo Grotius, qui introduisit


dans son ouvrage De jure praedae (« Du droit des prises », 1609) un
chapitre intitulé Mare Liberum (La mer libre) que les puissances
maritimes abandonnèrent progressivement leurs prétentions à la
souveraineté territoriale des espaces maritimes. En effet, le fondateur
du droit international public soutenait que les mers n’étaient pas
susceptibles d’appropriation, l’espace maritime se distinguant
profondément de l’espace terrestre qui était le seul à pouvoir être
occupé par les États.

Cependant, il fallut attendre le XVIIIe siècle pour que le droit de la mer


prenne en compte la différence entre la mer adjacente au territoire des
États et la haute mer, à l’instigation du juriste hollandais Cornelius Van
Bynkershoek. Ce dernier éleva au rang de principe cette distinction et
affirma dans son ouvrage De Domino maris (« De la maîtrise des mers
») que les eaux avoisinant immédiatement les rivages d’un pays, dans
un rayon équivalent à la portée de l’artillerie de terre, étaient sous la
compétence souveraine de l’État. À l’inverse, la haute mer demeurait
insusceptible d’appropriation. Ce principe de souveraineté des États
sur la mer immédiatement adjacente au territoire terrestre permit, tout
au long du XIXe siècle, d’opposer une résistance aux velléités de la
Grande-Bretagne, qui cherchait à interrompre le commerce entre ses
ennemis et les autres nations du monde dans le cadre de sa politique
d’expansion maritime.

Le principe de la liberté des mers fut réitéré par la déclaration de Paris


de 1856, signée tout d’abord par les deux plus importantes puissances
maritimes d’alors, la Grande-Bretagne et la France, puis ratifiée par les
autres puissances maritimes. Cependant, le droit de la mer souffrait de
certaines insuffisances et, notamment, ne prévoyait pas de règles
contraignantes en cas de guerre maritime.

Ces lacunes éclatèrent au grand jour lors des batailles navales qui
marquèrent les Première et Seconde Guerres mondiales, et l’une des
premières tâches de l’Organisation des Nations unies, dès 1945, fut de
favoriser la création d’un droit de la mer en temps de guerre mais
également de compléter l’état du droit existant en temps de paix. À
cette fin, une Conférence sur le droit maritime se réunit à Genève en
1958. La Conférence adopta le 29 avril 1958 quatre conventions
toujours en vigueur à l’heure actuelle, dont les objectifs respectifs
étaient de déterminer les droits et devoirs des États concernant la mer
territoriale, la haute mer, la pêche et la conservation des ressources
biologiques de la haute mer.

Malgré ce très important effort de codification, aucun accord ne put


être trouvé entre les États pour délimiter la largeur de la mer territoriale
et des zones de pêche. Ce n’est qu’en 1982, avec l’adoption de la
convention de Montego Bay (Jamaïque), que la largeur de 12 milles
marins a été finalement retenue comme la délimitation de principe,
après des négociations souvent très tendues. En effet, les années
1960 ont correspondu à une période de remise en cause du droit de la
mer par les pays du tiers-monde, qui ont freiné les travaux de la
Conférence des Nations unies sur le droit de la mer. Ils craignaient en
effet que les conventions internationales sur la mer ne les privent des
nombreuses ressources halieutiques et pétrolières dont l’exploitation
fut longtemps réservée aux pays les plus industrialisés du fait des
moyens financiers considérables qu’elle réclame. Les pays en voie de
développement réclamaient donc une extension de leur souveraineté
sur de larges étendues marines, notamment sur les grands fonds, de
façon à empêcher les États les plus développés d’exploiter les
ressources qui se trouvaient dans ces zones.

Après un net ralentissement des négociations entre 1958 et 1967, la


nécessité d’une refonte du droit de la mer s’imposa et les travaux de
codification reprirent en 1973. Ceux-ci aboutirent sur le plan
institutionnel le 30 avril 1982, date à laquelle fut adoptée la convention
de Montego Bay.
La convention de Montego Bay, entrée en vigueur le 16 novembre
1994, est la pierre angulaire du droit de la mer contemporain.
Cependant, bien qu’elle représente l’achèvement d’un effort de
négociation considérable, cette convention n’a pas été signée par trois
pays ayant un poids économique et politique considérable, les États-
Unis, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, ce qui rend hypothétique une
application efficace d’autant plus qu’elle n’a été ratifié que par des pays
du tiers-monde, à l’exception notable de l’Islande.

Les différentes zones maritimes :

L’ancienne opposition entre l’affirmation de liberté et les tentatives


d’affirmation de souveraineté demeure aujourd’hui et justifie la
distinction fondamentale entre deux types d’espace maritimes
principaux : la haute mer, où la règle est la liberté d’accès et
d’exploitation et les zones précisément définies (eaux intérieures, mer
territoriale, plateau continental, zone contiguë, eaux archipélagiques),
qui obéissent à des régimes juridiques différents, variant en fonction
des droits que les États peuvent exercer sur chacun de ces espaces.

La délimitation géographique de ces espaces se fait en fonction de leur


distance par rapport à la côte terrestre, c’est-à-dire à partir des « lignes
de base » que chaque État peut délimiter librement mais de manière
raisonnable. C’est sur le fondement de cette ligne de base que l’État
exerce sa juridiction, d’où l’importance de son tracé, qui peut être
particulièrement délicat si la côte est très découpée ou bordée d’îlots.
Techniquement, le tracé de la ligne de base peut soit correspondre à la
laisse de basse mer (si le rivage est rectiligne), auquel cas elle est
appelée « ligne de terre », soit être tracée par des lignes droites reliant
les caps (si la côte est très découpée), recevant alors l’appellation de «
ligne de mer ».

En partant de la côte, on distingue principalement les eaux intérieures,


la mer territoriale, le plateau continental et la haute mer.

3.1 Les eaux intérieures

Les eaux intérieures sont constituées par l’espace maritime qui se


trouve entre la côte et la ligne de base. Cet espace comprend les
ports, les rades, les havres et les mers intérieures, comprises dans le
territoire d’un seul État. Conformément au droit de la mer traditionnel,
sont compris dans la mer territoriale le sol et le sous-sol de ces
espaces ainsi que l’espace aérien sur-jacent.

La mer territoriale est soumise à la souveraineté exclusive de l’État,


c’est-à-dire qu’elle est assimilée complètement au territoire terrestre de
l’État riverain, comme le précise l’article 2 paragraphe 1 de la
convention de Montego Bay et comme l’a rappelé la Cour
internationale de justice dans l’affaire Activités militaires et
paramilitaires au Nicaragua en 1986.

3.2 La mer territoriale

La mer territoriale est constituée par l’espace maritime adjacent aux


eaux intérieures et comprend le sol, le sous-sol et l’espace aérien sur-
jacent de cet espace. Elle peut s’étendre jusqu’à 12 milles marins, à
partir de la ligne de base.
Dans les eaux territoriales, l’État est souverain, ce qui implique qu’il
exerce des compétences exclusives en matière de pêche,
d’exploitation des ressources minérales, de navigation, de santé
publique, de douane ou d’environnement. Néanmoins, le droit
international impose à l’État de laisser aux navires des États tiers un
droit de passage inoffensif, et ce quelle que soit la nature du navire
(privée, commerciale, militaire).

3.3 Le plateau continental

Du point de vue géographique, le plateau continental correspond à la


plate-forme bordant les continents sous la mer, s’inclinant en pente et
s’arrêtant à l’endroit où l’eau atteint une profondeur de 200 mètres.
Cette zone se situe donc au-delà de la mer territoriale et s’étend
jusqu’au rebord extérieur de la marge continentale. En principe, il
revient à chaque État de déterminer unilatéralement son plateau
continental, sous réserve des objections de la Commission des limites
du plateau continental, créée en 1982, et composée d’experts
internationaux.

L’État côtier possède sur son plateau continental un droit exclusif


d’exploitation des richesses souterraines et peut à ce titre construire
des ouvrages ou des îles artificielles. Néanmoins, un principe de
solidarité internationale gouverne cette zone, et interdit à l’État côtier
de gêner la navigation ou le survol par des États tiers. Par ailleurs, si
l’État côtier est signataire du traité de 1971 relatif à la dénucléarisation
des fonds marins, il lui est interdit des placer des armes de destruction
sur son plateau continental.
3.4 La haute mer

La haute mer correspond à l’espace maritime qui se situe au-delà de la


mer territoriale. La règle de principe applicable à la haute mer est la
liberté, et, comme le déclare l’article 2 de la convention de Montego
Bay, aucun État ne peut soumettre la haute mer à sa souveraineté.

La règle régissant cet espace est la liberté d’accès et d’exploitation.


Cependant, cette liberté est soumise à certaines conditions, visant
notamment la protection de l’environnement (conservation des
ressources halieutiques, risques de pollution) et l’existence d’une
police de haute mer (répression de la piraterie, du trafic de stupéfiants,
protection des câbles sous-marins, etc.). Ainsi, la compétence de
principe revient à l’État du pavillon, c’est-à-dire à l’État dans lequel le
navire a été immatriculé.
3.5 La zone contiguë à la mer territoriale

On considère généralement que la zone contiguë à la mer territoriale


fait partie de la haute mer. Sa largeur peut varier, mais la zone
contiguë ajoutée à la mer territoriale ne doit pas dépasser les 24 milles
marins, calculés à partir de la ligne de base.

L’État riverain peut exercer un certain contrôle sur cette zone pour
prévenir des atteintes aux législations douanière, fiscale, sanitaire. Il
peut aussi y prendre des mesures de police (en matière d’immigration
notamment). C’est une zone de transition entre la mer territoriale et la
haute mer.

3.6 La zone économique exclusive (ZEE ou EEZ en anglais)

La zone économique exclusive s’étend au-delà de la mer territoriale,


jusqu’à 200 milles de la ligne de base.

L’État peut y exercer ce qu’on appelle « des droits souverains finalisés


» en matière d’exploration, d’exploitation, de gestion des ressources
naturelles biologiques ou non.

Chaque pays peut revendiquer une extension de cette zone à condition


qu'elle soit sur le plateau continental et dans la limite de 350 milles.
José Juste Ruiz Convention des Nations Unies sur le droit de la mer

René jean dupy.

Convention de montego bay. Hisot contenu insuffisances.