Vous êtes sur la page 1sur 11

Sommaire

 1 Historique
o 1.1 Théorie du droit naturel
o 1.2 Passage de l’État despotique à l'État de droit
o 1.3 Du légicentrisme au constitutionnalisme
 2 Principe de soumission de l'administration à la règle de droit
o 2.1 Miracle de la soumission de l'administration à la règle de droit
o 2.2 Distinction entre État de droit et État de police
o 2.3 Caractéristiques de l'état de droit
 2.3.1 Juridicisation des rapports entre l’administration et les
administrés
 2.3.2 Extranéité des règles applicables à l’administration
 3 Sources de la légalité administrative
o 3.1 Sources écrites
 3.1.1 Sources écrites nationales
 3.1.1.1 Constitution
 3.1.1.2 Loi
 3.1.1.3 Règlement
 3.1.2 Sources écrites internationales
 3.1.2.1 Déclarations internationales
 3.1.2.2 Conventions ou traités internationaux (article 55 de la
Constitution)
 3.1.2.2.1 Traités et lois antérieures (arrêt Dame
Kirkwood, 1952)
 3.1.2.2.2 Traités et lois postérieures (arrêt Nicolo, 1989)
 3.1.2.2.3 Traités et Constitution (arrêt Sarran, 1998)
 3.1.2.2.4 Traités et interprétation (arrêt GISTI, 1990)
 3.1.2.3 Traités et droit dérivé (arrêt Boisdet, 1990)
 3.1.2.4 Traités et droit dérivé communautaires (arrêt Dame
Perreux, 2009)
o 3.2 Sources non écrites
 3.2.1 Coutume
 3.2.2 Principes généraux du droit (arrêt Aramu, 1945)
 3.2.3 Principes à valeur constitutionnelle
 4 Non-respect du principe de légalité
o 4.1 Actes de gouvernement
o 4.2 Mesures d'ordre intérieur (MOI)
 5 Notes et références
 6 Annexes
o 6.1 Articles connexes
o 6.2 Bibliographie
INTRODUCTION

Dans un régime d'État de droit, l'État est soumis au droit. Plus particulièrement, le pouvoir
exécutif n'est pas entièrement maître de son action : il est au contraire subordonné à des règles
de droit, qui déterminent les modalités de cette action ou des contestations que les administrés
peuvent opposer à cette action. Une telle subordination constitue, en droit administratif, le
principe de légalité. Elle ne s’est pas imposée sans difficulté ; historiquement, l’État a
manifesté une réticence à être soumis au droit et plus encore au contrôle d’un juge1. Encore
aujourd'hui, il existe des espaces de « non-droit » où l’administration n’est soumise
qu’imparfaitement au droit : c’est le cas, en droit administratif ivoirien, des actes de
gouvernement, qui ne peuvent être soumis au juge administratif, ou des mesures d’ordre
intérieur.

Historique
Théorie du droit naturel

La théorie du droit naturel soutient qu’il existe des droits essentiels qui préexistent à la raison
humaine ou procèdent des mêmes sources qu'elle et que l'homme ne peut donc modifier,
pouvant seulement les découvrir puis les énoncer ou améliorer leur énonciation. Cette thèse a
été reprise par les défenseurs des droits de l’homme pour affirmer que ces derniers étaient,
précisément, des droits naturels et ne pouvaient donc être remis en cause par l'État, s'imposant
au contraire à lui en toute circonstance.

Passage de l’État despotique à l'État de droit

Pour Léon Duguit, le passage d'un État despotique à un État de droit s'explique par la
découverte et la mise en œuvre de la théorie du droit naturel, venant imposer des règles de
droit à l'État qui jusqu'à présent en fixait pour autrui sans devoir en suivre lui-même. Une telle
transition ne peut advenir que dans un certain contexte économique et social le
développement d'une démocratie politique, qui soumet l’administration et les autorités
nationales à la « conscience sociale » (que l'on pourrait appeler aujourd'hui opinion publique).
Cette conscience s'incarne dans la loi : elle est donc, initialement, légicentriste.

Du légicentrisme au constitutionnalisme

Au cours du XXe siècle, les sources du droit administratif sont devenues plus nombreuses,
particulièrement en Europe. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, les systèmes juridiques
européens continentaux s'inspiraient le plus souvent de la doctrine du légicentrisme ; par la
suite, ils ont adopté celle du constitutionnalisme qui prévoit le respect effectif, c'est-à-dire
juridictionnalisé, d'une constitution.

Simultanément, la coopération juridique internationale s'est développée, notamment par le


moyen des traités internationaux ; en particulier, l'intégration régionale européenne est venue
obliger l'administration française au respect du droit européen. Ainsi, alors que, dans les
années 1920, la source exclusive du droit administratif français était la loi, le droit
international, voire européen ou communautaire s'impose désormais de plus en plus à
l'administration comme au juge administratif.
Face à cette prolifération des sources du droit, une partie de la doctrine ne parle plus de
« principe de légalité » mais de principe de juridicité de l'action administrative : la loi stricto
sensu (c'est-à-dire la norme juridique adoptée par le Parlement national) n'est plus la source
exclusive du droit administratif, qui intègre désormais l'ensemble des normes juridiques
applicables en vertu de la Constitution - à commencer par la Constitution elle-même.
L'administration est soumise à la règle de droit, qu'elle soit internationale, européenne ou
nationale. Cependant, l'expression de « principe de légalité » reste la plus utilisée, bien
qu'amenée à être littéralement inexacte dans certains systèmes juridiques (dont le système
français).

Principe de soumission de l'administration à la règle de


droit
Miracle de la soumission de l'administration à la règle de droit

La soumission de l'administration - c'est-à-dire de l'État - à la règle de droit relève du


« miracle », selon Prosper Weil2. En effet, qu'est-ce qui pourrait soumettre l'administration à
l'autorité de la loi, alors qu'elle-même est détentrice de la puissance publique qui lui permet de
soumettre les administrés ? On ne saurait retourner cette puissance, ce Léviathan juridique,
contre son détenteur : qu'est-ce qui peut alors fonder la soumission de l'administration à une
règle de droit, supposant une autorité pour en sanctionner la violation ?

Distinction entre État de droit et État de police

La doctrine allemande a développé la distinction entre État de droit et État de police :

 L’État de police est affranchi d’une obligation de respecter le droit : c’est un système
dans lequel l’administration peut appliquer, de manière discrétionnaire, toutes les
mesures qu’elle juge utile (ce qui la rapproche d'un gouvernement arbitraire ou
despotique car, s'il existe encore une règle de droit, l’État peut changer cette règle à sa
guise) ;
 Au contraire, l’État de droit, dans ses relations avec les administrés, se soumet au
droit : au cœur de la relation entre administration et administrés, il y a le principe que
ses différents organes ne peuvent agir qu’en vertu d’une habilitation juridique
spéciale ; elle ne peut faire usage de la force publique que dans les cas prévus par la
règle de droit ; la puissance se transforme ainsi en compétence instituée et encadrée
par le droit.

Caractéristiques de l'état de droit

Juridicisation des rapports entre l’administration et les administrés

Les administrés doivent avoir les moyens juridiques de forcer les autorités à respecter les
règles de droit : l’État doit permettre de recourir à un juge indépendant pour faire sanctionner
ses propres abus.

Extranéité des règles applicables à l’administration


Les règles appliquées à l’administration ne doivent pas avoir pour seule source
l’administration. Il faut qu’elles émanent d’autorités extérieures : le Parlement, les traités
internationaux, les juridictions...

Sources de la légalité administrative


Les sources de la légalité administrative sont les normes que le juge utilise pour contrôler les
actes administratifs : elles sont écrites ou non écrites.

Sources écrites

Les sources écrites sont nationales, internationales ou, dans le cas particulier du droit
communautaire, mixtes.

Sources écrites nationales

Les sources écrites nationales sont la Constitution, la loi stricto sensu ou le règlement.

Constitution

Le juge administratif contrôle le respect par l'administration de la Constitution stricto sensu


mais aussi des autres normes du bloc de constitutionnalité, reconnues par quatre arrêts du
Conseil d'État : l'arrêt Condamine, pour la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
l'arrêt Haute-Cour de la République de Nouvelle-Calédonie, pour les principes fondamentaux
reconnus par les lois de la République (PFRLR) ; l'arrêt Dehaene, pour le préambule de la
Constitution de 1946 ; l'arrêt Société Eky, pour le préambule de la Constitution de 1958.

Cependant, suivant la théorie de l’écran législatif, le Conseil d’État refuse de sanctionner un


acte administratif contraire à la Constitution mais conforme à une loi car il estime que celle-ci
fait écran et que cela remettrait en cause le principe de séparation des pouvoirs (arrêt Arrighi
du 6 novembre 1936).

Loi

Historiquement, en vertu du principe de légalité stricto sensu, les actes administratifs devaient
respecter la loi : cette obligation s'est étendue à d'autres normes juridiques, hiérarchiquement
organisées. L'ensemble de ces normes est généralement qualifié de loi au sens large du terme
ou lato sensu.

Règlement

Dans l'ordre juridique interne, régi sur ce point par l'article 34 de la Constitution, les
règlements (adoptés par le Gouvernement) sont inférieurs aux lois (adoptées par le
Parlement). Cependant, il faut distinguer les règlements autonomes des règlements
d'exécution :

 Les premiers sont adoptés par le Gouvernement dans le cadre des compétences
normatives qu'il tire directement de la Constitution : ils ne peuvent donc être contrôlés
que par rapport aux normes supra-législatives (c'est-à-dire aux normes
constitutionnelles et internationales) ; à cet égard, ils se situent au même niveau que
les lois ;
 Les seconds peuvent au contraire être contrôlés par rapport à la loi dont ils mettent en
œuvre l’application.

Par ailleurs, les actes administratifs réglementaires ont toujours une valeur supérieure à celle
des actes administratifs individuels, quelle que soit l’autorité ayant pris l’acte (ainsi, l’acte
réglementaire d’un préfet a une valeur supérieure à celle de l’acte individuel d’un ministre).

Sources écrites internationales

Les sources écrites internationales de la légalités administratives sont les déclarations et


conventions ou traités internationaux.

Déclarations internationales

Les déclarations internationales n'ont pas d'effet contraignant : elles sont uniquement
déclaratoires (Déclaration universelle des droits de l'homme, Charte des droits fondamentaux
de l'Union européenne avant sa reprise par le Traité de Lisbonne en 2007...). Cependant, le
juge administratif peut énoncer des principes généraux du droit qui s'inspirent de leurs
stipulations.

Conventions ou traités internationaux (article 55 de la Constitution)

Traités et lois antérieures (arrêt Dame Kirkwood, 1952)

Les conventions ou traités internationaux ont un effet contraignant qui pesait initialement sur
le seul État signataire, c'est-à-dire sur les organes extérieurs de cet État (chefs d'État ou
ambassadeurs, notamment) chargés d'assurer ses relations avec les autres États signataires.
Cependant, diverses évolutions ont permis de diffuser l'effet contraignant des conventions ou
traités internationaux vers les organes intérieurs de l'État puis vers ses administrés :

 tout d'abord, certains traités internationaux prévoient eux-mêmes qu'ils soient


directement invocables par les justiciables des États signataires, devant la justice de
ces États ou devant des instances internationales (par exemple, la Convention
européenne des droits de l'homme organise le recours des justiciables devant la Cour
européenne des droits de l'homme) ;
 ensuite, le juge administratif peut s'autoriser à appliquer spontanément certaines
stipulations de ces traités, quand il estime qu'elles sont suffisamment claires et
précises, alors même qu'elles n'auraient pas expressément été dotées d'un effet direct.

Ces évolutions se sont appuyées sur l’article 55 de la Constitution, qui donne aux traités une
valeur supérieure à celles des lois (Conseil d'État, 30 mai 1952, Dame Kirkwood) : sur cette
base, le juge administratif se déclare compétent pour apprécier la légalité d'un acte
administratif au regard de la norme conventionnelle postérieure à une loi contraire.
Traités et lois postérieures (arrêt Nicolo, 1989)

Cependant, lorsque c'est la loi contraire qui se trouve postérieure au traité, le juge
administratif n'a admis que tardivement la supériorité du traité : alors que la Cour de cassation
l’a admise dès 1975 (arrêt Jacques Vabre), le Conseil d’État ne l’a fait qu’en 1989 (l’arrêt
Nicolo), suivant ainsi la jurisprudence de l'arrêt Costa c/ Enel de la CJCE en 1964 qui
consacre le principe de primauté du droit communautaire sur les législations nationales.
Traités et Constitution (arrêt Sarran, 1998)

Le Conseil d’État a affirmé avec l'arrêt Sarran, Levacher du 30 octobre 1998 que la
Constitution primait sur les traités (il a été suivi par la Cour de cassation avec son arrêt
Fraisse du 2 juin 2000).
Traités et interprétation (arrêt GISTI, 1990)

L’interprétation des traités revient au Conseil d’État depuis l'arrêt Gisti du 29 juin 1990 : il est
donc mis fin à la précédente situation; condamnée par la CEDH, où l’interprétation en était
faite par le Gouvernement. Pour les traités communautaires, cependant, le Conseil d’État doit
demander l’interprétation à la CJUE par un renvoi préjudiciel : après avoir utilisé la théorie de
l’acte clair pour s’y soustraire, il accepte ce renvoi préjudiciel en 1990, en conséquence de son
revirement jurisprudentiel de l'arrêt Nicolo en 1989.

Traités et droit dérivé (arrêt Boisdet, 1990)

Le droit dérivé des traités est le droit édicté par les organes institués par ces traités. Il a, selon
l’arrêt Boisdet du Conseil d’État (1990), la même valeur que les traités.

Traités et droit dérivé communautaires (arrêt Dame Perreux, 2009)

La question est plus complexe pour le droit communautaire dérivé, divisé entre règlements,
directives et décisions individuelles.

 Les règlements européens

Les règlements européens sont directement applicables en droit national et par le juge
national.

 Les directives européennes (CJCE, arrêt Van Duyn, 1974)

En principe, les directives ne sont pas directement applicables et doivent être transposées par
l'État membre. Cependant, leur effet direct, c'est-à-dire leur invocabilité devant le juge
national, a longtemps divisé la CJUE et le Conseil d’État :

 selon la jurisprudence Van Duyn de la Cour de justice des Communautés européennes


(1974) , les directives sont d’effet direct à partir du moment où elles sont
inconditionnelles, et suffisamment claires et précises ;
 le Conseil d’État, conformément au Traité de Rome, refuse cet effet direct dans l’arrêt
Cohn-Bendit de 1978 ;
 cependant, il va peu à peu assouplir sa jurisprudence sans revirer complètement, pour
finalement admettre l’invocabilité des directives dans presque tous les cas, notamment
en distinguant selon la nature de l’acte et par le biais de l’exception d’illégalité ;
 en 2009, avec l'arrêt Mme Perreux3, le Conseil d'État accepte pour la première fois de
réviser la jurisprudence Cohn-Bendit et admet l'invocabilité directe d'une directive
pour un acte individuel (si bien qu'un alignement total existe entre les deux
juridictions s'agissant de l'invocabilité des directives de l'Union européenne).
Sources non écrites

Les sources non écrites de la légalité administrative sont la coutume, les principes généraux
du droit ou les principes à valeur constitutionnelle.

Coutume

En ce qui concerne la coutume nationale, sa validité comme source de légalité administrative


a été très discutée : De Laubadère l'admettait, Auby et Drago s'y refusaient. La question
semble éteinte puisque l'essentiel de la coutume paraît repris par le droit positif (sauf peut-être
en ce qui concerne les us et coutumes commerciaux).

En ce qui concerne la coutume internationale, elle peut être invoquée mais, selon l’arrêt
Aquarone du C.E de 1997, sa valeur est inférieure à celle de la loi.

Principes généraux du droit (arrêt Aramu, 1945)

Les principes généraux du droit sont des normes énoncées par le Conseil d’État. Ils lui
permettent de contrôler un acte qui n’est pas soumis sinon au respect de la loi (ordonnances,
règlements autonomes). Le juge administratif leur a donné valeur supra-réglementaire et
infra-législative par l'arrêt Aramu (C.E., !@#$%^&*., 26 octobre 1945), qui les rend
opposables à l'administration mais non au législateur. La doctrine est partagée à leur sujet.

Principes à valeur constitutionnelle

Le Conseil constitutionnel a dégagé de la Constitution ou du bloc de constitutionnalité


certains principes à valeur constitutionnelle, au regard parfois des principes généraux du droit
énoncés par le Conseil d'État, lequel a ensuite lui-même dégagé des principes à valeur
constitutionnelle. Il s'agit notamment du principe de continuité du service public et du
principe de sauvegarde de la dignité de la personne humaine. De façon complémentaire, le
Conseil constitutionnel a énoncé des objectifs voire des exigences à valeur constitutionnelle,
qui ont une valeur inférieure aux principes à valeur constitutionnelle mais permettent de
limiter la portée d'autres normes constitutionnelles ; l'administration ne peut s'en prévaloir
(CE, 2002, Association de réinsertion sociale du Limousin).

Non-respect du principe de légalité


Le principe de légalité souffre deux exceptions en droit administratif français, conduisant le
juge administratif à renoncer à exercer son contrôle de légalité. Ces deux types de mesures
semblent cependant en voie de diminution, de par l'utilisation par le juge de la théorie de
l'"acte détachable".

Actes de gouvernement

La première concerne les actes de gouvernement.

Mesures d'ordre intérieur (MOI)


La deuxième concerne les mesures d'ordre intérieur (MOI), souvent considérés par le juge
comme n'étant pas assez importantes et ne modifiant pas l'ordonnancement juridique.

Les aménagements au principe de légalité


en droit administratif
Les aménagements du principe de
légalité
La soumission de l’action administrative au principe de
légalité n’est pas permanente y échappe certains actes de
l’administration et en vertu de la théorie des circonstances
exceptionnelles quelques situations de faits ou de droits.

I- Les circonstances exceptionnelles


Il s’agit d’une théorie jurisprudentielle du Conseil d’Etat qui vise à
admettre une compréhension de l’activité ad en fonction de difficultés.
Arrêt fondateur, CE 18 juin 1918 Héyriès, la nécessité d’assurer la
continuité de l’Etat justifie ainsi l’attribution de pouvoir élargis aux
autorités de l’Etat. La nécessité peut justifier une appréciation plus
souple du principe de légalité. Dans un 2 nd arrêt, CE 28 février 1919
Dame Dol et Laurent, assouplissement des règles de police en temps de
Guerre. L’autorité du préfet encadre l’activité des prostitués en temps de
guerre. Le Conseil d’Etat dit que le maintient de l’ordre et de la sécurité
ne saurait être les mêmes en temps de paix et de guerre. Nécessité encore
plus importante en temps de Guerre. Il considère que les mesures de
police sont encore plus souples. Cela n’empêche pas un contrôle mais il
va considérer que le contexte doit le conduire à une appréciation plus
souple des pouvoirs de police qu’en temps de paix.

La portée de la théorie : c’est un élément de souplesse dans


l’appréciation du principe de légalité mais ce n’est pas une
dérogation.
Dans la mesure où cette théorie peut ouvrir la voie à toute sorte
d’abus, le juge a construit une sorte de légalité pour le temps de
crise dans une suite d’arrêt célèbre rendus successivement à
l’occasion de la guerre 14-18, de la 2nd guerre mondiale et de la
guerre d’Algérie.

3 arrêts :

o -arrêt du 28 juin 1918 : arrêt Heyriès


o -arrêt tribunal des conflits du 27 mars 1952 : arrêt de
dame de la Murette
o -arrêt du Conseil d’Etat du 19 oct. 1962 : arrêt Canal
et autres.

Pour que cette légalité en temps de crise s’applique, certaines


conditions doivent être réunis :

o -le juge vérifie d’abord la réalité du caractère


exceptionnel des circonstances
o -il examine ensuite si ces circonstances portent
bien atteintes à une mission essentielle, à l’existence d’une
vie sociale normale.
o -le juge vérifie que l’administration n’avait pas la
possibilité de faire face par le recours aux moyens habituels.
o -il assure enfin de l’exact proportionnalité entre la
gravité des dysfonctionnements rencontrés, les mesures
prises et le but à atteindre.

La survenue des circonstances exceptionnelles provoque :

-l’admission de dérogations aux règles de formes c'est à


dire que des actes qui seraient déclarer nuls en temps normal
parce qu’entaché d’incompétences ou gravement défectueux sur
un plan procédural ou formel seront en cas de circonstances
exceptionnelles considérés comme réguliers.
-les circonstances exceptionnelles provoquent l’admission de
dérogations aux règles de fonds càd que des actes en temps
normal sont annulés par constitutifs de droits ou de faits pourront
être à la vue des circonstances exceptionnelles considérés comme
valides.

Les larges de pouvoirs, ainsi admis au bénéfice de


l’administration, n’excluent pas un contrôle ferme des pouvoirs. En
effet, les pouvoirs sont limités à la durée des circonstances
exceptionnelles et ils doivent être strictement proportionné au but
poursuivis et à la gravité de la menace encourus.

Le statut jurisprudentiel des circonstances exceptionnelles a été


relégué par une série de texte qui ont établi des régimes
spécifiques applicables à diverses variétés de temps de crises.
C’est le cas notamment de l’état de siège ou de l’état d’urgence.

II- Les actes du gouvernement


Volonté pour le Conseil d’Etat de prendre en considération la double
fonction à la fois exécutif et ad du gouvernement. Le Juge Administratif
n’est pas un juge du politique, mais juge de l’administration et de ce fait
il refuse de connaître des actes politiques des autorités politico-
administrative.

Arrêt fondateur : CE 19 février 1875 Prince Napoléon. C’était le


cousin de Napoléon le petit, celui-ci avait nommé son cousin en qualité
de général de division en 1853, au début de la IIIème il est procédé à un
annuaire des militaire dans lequel il ne figure, celui-ci demande au
ministre de la Guerre s’il s’agit d’une omission volontaire ou non. Le
Conseil d’Etat et le ministre vont s’opposer. Le ministre dit que l’acte est
politique et que de ce fait il échappe à tout contrôle juridictionnel,
position du mobile politique. Face à cette théorie le Conseiller du
Gouvernement, considère qu’il faut tempérer le mobile politique. Il
considère que le seul caractère politique d’un acte ne peut pas justifier à
lui seul l’exemption juridictionnelle de l’acte. Il écrit pour présenter le
caractère exceptionnel il ne suffit pas qu’un acte du gouvernement ait été
délibéré en conseil des ministres. Le Conseil d’Etat va suivre le
Conseiller du Gouvernement et va poser un tempérament à la théorie du
mobile politique. Considération plus fonctionnelle, en rapport avec la
séparation des pouvoirs et qui ne doit pas conduire le Conseil d’Etat a
empiété sur la séparation des pouvoirs. Le mobile politique n’a pas été
remplacé par un critère précis ce qui conduit à penser que ce mobile
continue de jouer dans certaine hypothèse. Mais une dimension plus
fonctionnelle des actes du gouvernement qui recouvre deux grandes
catégories. Rattachable aux relations entre exécutif et autre pouvoir, dès
lors qu’il y a relation entre les pouvoirs il n’a aucune raison de connaître
l’acte qui n’est pas un acte ad. Décision du président de recouvrir au
pouvoir exceptionnel. Conseil d’Etat Assemblée 2 mars 62 Rubin de
Servens. Cet arrêt est une réminiscence du mobile politique. Ou alors
décret portant dissolution de l’Assemblée nationale, CE 20 février 1989
Allain. Décision beaucoup moins critiquable. La nomination d’un
membre du Conseil Constitutionnel, Conseil d’Etat Assemblée 9 avril
99, Mme Ba. le Conseil d’Etat ne veut pas entendre les actes qui se
rattachent aux relations internationales, reprise des essais nucléaires
français, Conseil d’Etat Assemblée 29 septembre 95 Association
Greenpeace France. Engager la force militaire en Yougoslavie avec les
événements du Kosovo. CE 5 juillet 2000 Mégret et Mekhantar.

Régime juridique : les actes du gouvernement ne sont soumis à aucun


contrôle, ce sont des actes politiques. Le Conseil d’Etat a eu tendance en
matière de relation internationale de développer des théories
jurisprudentielle qui lui a permis de détacher certains actes ad. Et ainsi
d’en connaître. Exemple : a propos du décret par lequel le président
décide de soumettre une loi à un référendum, le Conseil d’Etat y voit un
acte de gouvernement, Conseil d’Etat Assemblée 19 octobre 62 Brocas,
tandis que le Conseil Constitutionnel admet sa compétence pour le
contrôler, Conseil Constitutionnel 25 juillet 2000, Hauchemaille. Il
comprend l’acte de gouvernement de manière de plus en plus réduite
afin de mieux garantir l’Etat de droit. [De même pour un décret qui
convoque le corps électoral, 3 juin 81 Demas.] Les actes de
gouvernements ne sont pas anormaux dans d’autres pays. D’autre cour
suprême reconnaisse ce même type d’acte.

Pourtant il ne faut pas oublier que le principe de légalité est respecté


par le Recours en Excès de Pouvoir.