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Les piliers de la Méthode Gordon

Le mode de communication que vous utilisez avec vos enfants, la façon dont vous les écoutez,
la manière de vous faire entendre, et la façon dont vous résolvez les conflits avec eux, sont des
compétences essentielles pour toute la vie ! Et nous pouvons tous les acquérir !

La méthode Gordon, transmise lors de nos Ateliers Parents, repose sur trois piliers :

► L’Écoute Active

► L’Affirmation de soi : Le Message-Je

► La Résolution de Conflit sans Perdant

L'Ecoute Active est l'un des piliers de la Méthode Gordon. En participant à un Atelier
Parents, vous aurez de nombreuses occasions pour apprendre à utiliser concrètement ce type
d'écoute.

L'Ecoute Active est plus que le silence. L'écoute active consiste à écouter l'enfant avec
attention, en accueillant vraiment ce qu'il dit, mais aussi ce qu'il ressent. Et cela sans chercher
immédiatement à donner une solution.

Lorsque l'enfant vit un problème (il est triste à cause de ses copains, inquiet pour un contrôle à
venir...), c'est le moment de se mettre en Ecoute Active. La réponse du parent est simplement
un reflet du message de l'enfant.

Le parent reformule ce qu'il entend, ou ce que l'enfant ressent, montrant activement qu'il se met
à l'écoute de ce que vit son enfant.

L'Ecoute Active nous permet de développer notre capacité à aider notre enfant et à le
conduire vers l'autonomie. Pour la majorité des parents, l'Ecoute Active est une réponse
nouvelle et inhabituelle, qui demande du temps et de la pratique !

Quand notre enfant fait ou dit quelque chose qui ne nous plaît pas, comment lui poser des
limites ? Comment trouver la juste voie entre mal dire et ne pas dire ?

Le Message-Je permet de dire à l'enfant ce que l'on vit comme inacceptable, sans le blâmer.
Il permet aux parents d'affirmer leurs besoins en responsabilisant l'enfant, et en lui donnant envie
de collaborer.

Le message-Je est composé de trois parties : exprimer les FAITS objectifs, expliquer
les EFFETS tangibles et concrets sur soi, et donner son RESSENTI.

Emettre un Message-Je demande en premier lieu aux parents d'identifier ce qu'ils ressentent face
au comportement de leur enfant. Quand on est irrité, inquiet ou en colère, communiquer avec un
Message-Je est souvent efficace. On parle alors de soi, sans poser de jugement sur l'enfant. Cela
permet d'être véritablement entendu !

Les conflits font partie de la vie, et tout particulièrement de la vie avec nos enfants !

Ce qui est important dans les conflits, c'est la façon dont on les aborde. Très souvent, nous
n'avons dans notre "boîte à outils" de parents que deux options pour résoudre les conflits, et nous
essayons de faire au mieux en naviguant entre ces deux alternatives :

► Etre autoritaire (le parent gagne / l'enfant perd)

► Etre laxiste (l'enfant gagne / le parent perd)

Thomas Gordon a mis au point une alternative à ces méthodes gagnant-perdant :

► La Résolution de Conflit sans Perdant.

Cet outil permet de trouver une solution qui répond à la fois aux besoins de l'enfant et aux
besoins du parent.

Apprendre à résoudre les conflits efficacement et sans perdant renforce la relation parent-enfant !

Écoute active : exemple de mise en pratique


J'ai un problème relationnel avec mon enfant, ma fille de 10 ans rentre abattue de l'école

Situation : Votre fille de 10 ans rentre de l'école pas très bien, son visage est triste et fermé.
Quand vous lui posez des questions, elle élude et part dans sa chambre : "je vais
bouquiner". Vous vous sentez démuni et inquiet, impuissant.

La réponse de Thomas Gordon

L'Ecoute active : Elle débutera par une ouverture de porte, une invitation : « je ne te sens
pas dans ton assiette ce soir, cela ne va pas ?"

Voici 2 solutions :

1. L'enfant dit : « Oh ce n'est rien, je suis crevée c'est tout »

Ne pas insister, et laisser la porte ouverte.

« Ok, tu sais où me trouver si tu souhaites m'en parler »

2. L'enfant lâche : « Je sais c'est ridicule mais c'est pas marrant d'être première de la classe »

Votre enfant a un problème, c'est le moment de vous centrer sur lui et d'écouter ce qu'il a
sur le cœur en reformulant ses mots et son ressenti.

« Tu veux dire qu'être première de la classe t'apporte des ennuis »


« Oui, ils disent tous que je suis la chouchoute de la maîtresse, ils se fichent de moi »
« Et toi tu te sens triste qu'ils disent cela »
« Oui, j'ai l'impression que personne ne m'aime dans cette classe »
« Personne ne t'aime ? »
« Bon j'exagère, j'ai bien Marine et Anaïs mes copines, mais j'en ai marre d'Eva et Victoria »
« Si je comprends bien ce sont ces deux-là qui te posent problème »
« Oui, et je ne sais pas comment réagir. Je me sens idiote face à leurs moqueries, et du coup elles
en profitent »

Aider son enfant à définir son besoin

« Tu as l'impression que ta gêne les encourage à se moquer de toi ? »


« Oui »
« Donc si tu arrivais à réagir différemment, tu te sentirais mieux ? »
« Oui »
« Qu'est-ce que cela permettrait d'important pour toi ? »
« Je serais détendue et heureuse »

Aider son enfant à trouver et choisir des solutions pour répondre à son besoin qui est :
arriver à avoir une réaction face à leurs moqueries, qui te permette d'être détendue et
heureuse.

Débuter alors un vrai brain-storming en lui demandant ce qu'elle pourrait faire, par
exemple :

« Je pourrais leur dire que je m'en fous d'être la chouchoute »


« Je pourrais leur dire que je me moquerai d'elles aussi quand elles seront première de la classe »
« Je pourrais dire pff et les ignorer »
Laisser l'enfant évaluer puis choisir la ou les solutions qu'il souhaite appliquer.
Message je : exemple de mise en pratique
J'ai un problème d'autorité avec mon enfant, la chambre de mon ado de 14 ans est dans un
état lamentable...

Situation : La chambre de mon enfant de 14 ans est dans un désordre innommable. Cela
fait des mois que je lui dis qu'il faut qu'il range, que c'est mauvais pour lui, tout ce souk...
Rien ne change.

Réactions courantes : Face à cette situation, chaque parent a sa manière de réagir et vous ?

Vous le questionnez peut-être : il y a quelque chose qui ne va pas ? Comment arrives-tu à


retrouver tes affaires ?

Vous le sermonnez : comment veux-tu réussir au lycée si tu ne peux pas retrouver tes affaires ?
Ne compte pas sur moi pour venir chercher tes affaires sales dans ta chambre!

Vous le menacez : si tu ne ranges pas ta chambre, pas question que Romain dîne à la maison ce
soir !

Autant de stratégies qui se sont révélées infructueuses !

La réponse de Thomas Gordon

1. Revenir à soi

Faire le point sur ce qu'il se passe pour vous. Sans doute êtes-vous choqué de l'état de sa
chambre, voire inquiet. Vous vous dîtes peut-être qu'il va mal, que ce désordre cache autre chose,
que dans sa tête c'est aussi confus que sa chambre...

En revenant aux faits : demandez-vous quels sont les faits, précis, observables, indiscutables ,
sans interprétation ni jugement. Evitez les : ta chambre est encore dans un foutoir inacceptable.
Préférez : tu as deux paires de pantalons, des T shirts et beaucoup de tes affaires de classe par
terre dans ta chambre.

Posez-vous la "vraie" question, en étant honnête avec vous : qu'est-ce que je ressens face à cette
situation ? (pas je ressens qu'il va mal : là vous êtes centré sur l'autre). Préférez des ressentis à la
première personne : par exemple : je me sens inquiet et mal à l'aise quand je rentre dans sa
chambre.

2. Se mettre à sa place

Demandez-vous : Quel est son besoin à lui ? Pourquoi cela ne le dérange pas d'avoir ce désordre
? Comment je me comportais sur ce sujet à son âge ? A quel besoin répond ce comportement de
sa part ?

3. S'exprimer avec un Message je d'affirmation

« Quand je vois tes deux pantalons, tes T shirts et tes classeurs d'école par terre, je suis inquiet et
je me sens mal à l'aise dans cet environnement. » Le message je ici comprend la description des
FAITS et votre ressenti. Vous ne donnez pas d'ordre à votre enfant, ni ne le sermonnez. Votre
attitude montre que vous assumez ce que vous ressentez et que vous le laissez libre de réagir
comme il l'entend. C'est une façon de l'accepter et de l'encourager à coopérer.

4. Ecouter activement sa réaction

Développer votre Ecoute active dans l'échange que vous aurez avec lui. Il répondra peut-être
"Maman, tu me prends la tête, si cela te gêne tu n'as qu'à pas entrer dans ma chambre."

Reformulez ce qu'il ressent et les mots qu'il vous dit.

Cela pourrait donner " En fait cela t'embête quand je te dis cela ".

L'enfant : " Ben oui, faut pas que tu t'inquiètes, c'est pas la peine, j'ai vu bien pire que ma
chambre, et puis moi je m'y sens bien."

Le parent : " Ok donc toi tu te sens bien dans ta chambre et tu penses que je ne devrais pas
m'inquiéter de son état."

L'enfant : " Ben ouais..."

Et là on peut continuer l'échange en se réaffirmant puis en réécoutant etc.

5. Décodage

Nous sommes ici dans le cadre d'une collision de valeur. Dans la situation exposée, le
comportement de l'enfant n'a pas d'effet tangible et concret pour le parent. (Il y aurait si l'enfant
laissait du désordre dans le séjour, lieu de vie commun.) Les deux n'ont pas la même notion de
l'ordre. Et finalement votre ado est en droit de vous dire que c'est SA chambre. Et de penser
"mais qu'est-ce que cela peut te faire si c'est dans MA chambre..."

Gordon face aux collisions de valeur propose une résolution en deux temps :

1. S'affirmer et écouter l'autre pour bien comprendre le contenu du problème et bien mettre au
clair les deux points de vue.
2. Choisir un processus de résolution de collisions de valeur : la Méthode Gordon classe alors
différentes approches possibles pour résoudre les collisions de valeur en fonction du risque
qu'elles comportent pour la relation. Ces solutions vont de : contraindre l'enfant (très risqué pour
la relation), à changer ma valeur (peu risqué pour la relation si c'est un vrai changement de
valeur, pas une négation de la nôtre.) Aux parents de choisir la plus adaptée.