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Master Droit des Affaires

Le Contrat d’assurance électronique

Réalisé par :

NAAMAOUI Ghizlane

EL MGOUED Sara

JAOUDI Majda

OHARGUE Rokaya

Année universitaire : 2018 /2019

1
TABLE DES ABREVIATIONS

TIC : Technologies de l’Information et de la Communication à distance

CNUDCI : Commission des Nations Unies pour le Droit Commercial International.

ACAPS : l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale

ANASCE : L’Autorité nationale d'agrément et de surveillance de la certification électronique


ANRT : l’Agence Nationale de Réglementation de la Télécommunication
DGSSI : La Direction Générale de la Sécurité des Systèmes d’information

La CNDP : Commission nationale de protection des données personnelles

2
SOMMAIRE

INTRODUCTION .................................................................................................................................... 4

PARTIE I : LA FORMATION DU CONTRAT D’ASSURANCE ELECTRONIQUE .................... 8

I : LE FORMALISME DE SOUSCRIPTION DU CONTRAT D’ASSURANCE ELECTRONIQUE ............................ 9


1 : les conditions de fond pour la souscription du contrat d’assurance électronique........................ 9
2 : les conditions de forme pour la souscription du contrat d'assurance électronique ................... 16
II : LA VALIDITE DU CONTRAT D’ASSURANCE ELECTRONIQUE ............................................................ 19
1 : la valeur probante de l'écrit électronique .................................................................................. 19
2 : la valeur probante de la signature électronique ........................................................................ 23
PARTIE II : LA PROTECTION DU CONSOMMATEUR AU CONTRAT D’ASSURANCE
ELECTRONIQUE ................................................................................................................................. 27

I : LES DROITS DU SOUSCRIPTEUR AVANT LA CONCLUSION DU CONTRAT ........................................... 28


1 : la protection du souscripteur contre les clauses abusives. ......................................................... 28
2 : le droit d’information du souscripteur. ....................................................................................... 33
II : LES DROITS DU CONSOMMATEUR DURANT L’EXECUTION DU CONTRAT D'ASSURANCE
ELECTRONIQUE ..................................................................................................................................... 40
1 : le droit de rétractation du consommateur du contrat d'assurance électronique ........................ 40
2 : la protection des données personnelles du consommateur du contrat d'assurance électronique
.......................................................................................................................................................... 44
CONCLUSION ....................................................................................................................................... 52

3
Introduction

Le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication à distance


constitue l’un des traits saillants qui caractérisent la société contemporaine à l’échelle planétaire.
Le recours massif de plus en plus aux TIC1 et la dématérialisation des processus font miroiter des
opportunités et peser des menaces.

En effet le monde d’assurance n’a pas été épargné par ce processus de destruction créatrice2, une
innovation qui révolutionne le secteur au sein de toute sa chaine de valeurs en amont et en aval
sont concernées la clientèle, la déclaration des sinistres la gestion des relations avec les
intermédiaires les flux de travail entre les collaborateurs ainsi que les échanges avec les experts.

Il devient alors nécessaire de réinventer l’expérience client à l’ère du digital. Nul ne doute plus
que l’e-assurance soit un enjeu déterminant pour l’avenir de la profession. Le mode de
souscription d’assurance a connu des mutations par l’émergence du contrat d’assurance
électronique ; c’est la réalisation en ligne et à distance de l’ensemble des opérations de
souscription d’une police d’assurance sans rapport physique direct avec le système traditionnel.
En effet, la règle de droit suscite aujourd’hui des interrogations en ce qui concerne le degré de
son adéquation avec les nouvelles possibilités d’échange lequel revêt de plus en plus un caractère
virtuel et dématérialisé qu’offre l’essor de ces nouvelles technologies, avec son lot de problèmes
particuliers qui appellent des réponses juridiques spécifiques.

Plusieurs législations ont commencé à moderniser et harmoniser le cadre juridique de l’échange


électronique. C’est dans ce sens qu’une loi type UNICTRAL 3a été instaurée par CNUDCI 4pour
encadrer les contrats à distance, lever les obstacles et augmenter la sécurité juridique en offrant
une égalité de traitement à l’information sur support papier et support électronique.

L’émergence du contrat d’assurance électronique au Maroc connait un vide légal, la loi n°17.99
portant code d’assurance a resté muette à ce propos et dès lors en décalage. c’est aujourd’hui

1
TIC : Technologies de l’Information et de la Communication à distance 4
2 La « destruction créatrice » désigne le processus continuellement à l’œuvre dans les économies et qui voit se
produire de façon simultanée la disparition de secteurs d’activité économique conjointement à la création de
nouvelles activités économique. L’expression est associée à l’économiste Joseph Schumpeter (1883-1950) qui en
assure une large diffusion avec la parution de son livre capitalisme, socialisme et démocratie publié en anglais aux
ETAT-UNIS en 1942, traduit en français en 1951.
3 UNICTRAL : Loi type de la CNUDCI sur le commerce électronique (1996)
4
CNUDCI : Commission des Nations Unies pour le Droit Commercial International.
chose faite ; le Maroc s’est doté des lois et d’une série d’organismes et d’institutions relevant de
plusieurs départements ministériels qui viennent de combler le vide à ce niveau , notamment la
loi n°53-05 relative à l’échange électronique des données juridiques et la loi n° 31-08 édictant
des mesures de protection du consommateur.

Par conséquent, en matière de contrats conclus à distance , l'article 26 de la loi 31-08 relative à
la protection du consommateur, stipulant que : « Les dispositions du présent chapitre s’appliquent
à toute personne physique ou morale exerçant une activité à distance ou proposant, par un moyen
électronique, la fourniture d’un produit, d’un bien ou la prestation d’un service au consommateur.
Ces dispositions s’appliquent également à tout contrat résultant de cette opération entre un
consommateur et un fournisseur au moyen d’une technique de communication à distance. », offre
ou confère une opportunité aux fournisseurs notamment d'assurance. Cela a permis aux assureurs
d’exploiter cette brèche et proposer ainsi la souscription de police d’assurance à distance via
internet.

Cet état de fait a poussé l’ACAPS 5


à combler ce vide juridique en édictant le circulaire n°
DAPS/EA/12/19 relative à la fourniture à distance d’opération d’assurance qui a été mise en
place le 09 mars 2012 dans un objectif d’instaurer un cadre pour les entreprises d’assurances et
de réassurances, les intermédiaire d’assurance et toutes autres entités autorisées à présenter les
opérations d’assurances souhaitant exploiter les différents moyens mis à leur disposition par les
techniques de communication pour la fourniture à distance d’opérations d’assurances et à
respecter les dispositions qui y figurent.

La loi n°53-05 relative à l’échange électronique des données juridiques rappelle de sa part
certaines dispositions de la loi n°17-99 portant code des assurances et ses textes d’application
applicables à cette nouvelle technique des fournitures d’opération d’assurance.

En effet, la loi n°53-05 est venu se greffer au DOC du 1913, celui étant à la fois la base et la
source encadrant les rapports contractuels y’compris des vente par correspondance dans le droit
marocain.

Parmi les apports les plus importants de cette loi 53-056, c’est qu’elle offre ou confère aux écrits
adressés par voie électronique la même force que celle d’un écrit sur papier. Selon cette loi, on
peut valablement faire des offres de souscription d’un contrat d’assurance. Les informations qui

5
ACAPS : l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale 5
6
La loi n° 53-05 publié le 17 mars 2013
sont demandées en vue de la conclusion d’un contrat ou celles qui sont adressées au cours de son
exécution peuvent être transmises par courrier électronique si leur destinataire a accepté
expressément l’usage de ce moyen. A défaut, elles peuvent ne pas lui être opposables par
l’assureur s’il y a contestation ultérieure. Par ailleurs, lorsque les informations doivent être
portées sur un formulaire, celui-ci est mis, par voie électronique, à la disposition de la personne
qui doit le remplir. Selon l’article 65-4 de cette loi, les informations mises à la disposition du
public ainsi que les conditions contractuelles applicables doivent être faites d’une manière
permettant leur conservation et leur reproduction.

Par ailleurs et étant donné que le contrat d’assurance électronique, est considéré d’un point de
vue juridique comme un contrat d’adhésion complexe, préétabli, difficile à comprendre au moins
pour les particuliers, ces derniers ne peuvent ni négocier ni discuter les conditions générales ou
spéciales du dite contrat et que les professionnels y insèrent souvent des clauses, qui perturbent
le contrat au détriment du consommateur, ce qui contribue à la naissance d’un déséquilibre de
force dans ce type de contrat. Le consommateur dans ce cas est irrévocablement lié par l’offre
acceptée par voie électronique.

Il fallait alors une intervention du législateur pour limiter les abus nés de ce type de contrat. C’est
dans ce contexte que la loi 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur7 ; vient
renforcer les droits fondamentaux du consommateur que sont le droit à l’information ; le droit à
la protection de ses droits économiques ; le droit à la représentation ; le droit à la rétractation et
le droit à l’écoute. Informer d’une manière claire et appropriée sur les produits, les biens et les
services et garantir une protection contre les clauses abusives et celles relatives aux services
financiers (crédits à la consommation et crédits immobiliers) et contre les défauts de la chose
vendue. D’ailleurs, le contrat d’assurance électronique est un contrat conclus à distance, dont les
intervenants sont éloignés les uns des autres.

Certes, le concept de contrat d’assurance électronique utilise des données qui transitent d’un
point à un autre en transmettant un flux d’informations sur les personnes qui utilisent des moyens
de communication pour se contracter. Ces éléments sont des données personnelles de tous
individus. Cela met en jeu entre autres, la sécurité des données personnelles des contractants
utilisant les réseaux électroniques. Pour faire face à ce problème qui constitue un souci de sécurité

7 6
La loi n°31-08 publiée au bulletin officiel n°5932 du 7 avril 2011
de données personnelles et de vie privée des citoyens, le législateur a édicté la loi n°09-08 relative
à la protection des personnes physique à l’égard du traitement des données à caractère personnel.

C’est dans cette perspective qu'un projet de loi portant amendement, modifiant et complétant le
livre IV de la loi n° 17-99 portant code des assurances a été mis dans le circuit d'approbation et
s’inscrit dans le processus de la révision continue de la réglementation régissant le métier de
l’assurance dans notre pays, afin de l’adapter aux normes internationales dans ce domaine et de
permettre au secteur des assurances de suivre le développement économique et social connu sur
le plan national et international.

L’objectif recherché est de mettre en place un cadre réglementaire mieux structuré et plus
équilibré, afin de tenir compte de l’évolution de la distribution des produits d’assurances à
distance en particulier avec l’essor d’internet (le contrat d’assurance électronique), de
l’avènement des nouvelles technologies, mais également pour corriger un certain nombre
d’insuffisances qui sont apparues, au fil des ans, avec la mise en œuvre effective de ce texte.

Ainsi et devant cette hétérogénéité légale et cette disparité des sources et des textes on est amené
à poser la question suivante : comment est conçu ce régime du contrat d’assurance électronique
et dès lors comment assurer et garantir la protection du consommateur en amant et en aval dans
ce cas.

Pour répondre à cette interrogation, la première partie de ce projet de fin d’étude s’intéressera à
la formation du contrat d’assurance électronique (Partie1). La deuxième traitera le volet relatif
à la protection du consommateur de ce contrat d’assurance électronique (Partie II).

7
Partie I : la formation du contrat d’assurance
électronique

Le contrat d’assurance électronique est un contrat conclu à distance de l’ensemble des


opérations de souscription d’une police d’assurance sous forme électronique par lequel un
prestataire de services propose à un destinataire identifié ou au public un bien ou un service
déterminé moyennant un prix.

En droit marocain, la formalisation de la souscription de police d’assurance à distance via


internet entre les parties, comme n’importe quel contrat, doit répondre aux conditions générales
de forme et de fond prévues par le DOC8 et le code d’assurance tendant à la formation
du police d’assurance.

En d’autres termes, les parties au contrat doivent, d’une part, s’entendre sur les conditions
substantielles du contrat, et d’autre part, recourir à un écrit pour établir leurs droits et leurs
obligations. Les règles spéciales prévues par le Dahir n° 1-07-129 du 19 kaada 1428 (30
novembre 2007) portant promulgation de la loi n° 53-05 relative à l’échange électronique de
données juridiques et intégrées au DOC : Ces règles spéciales ont été édictées par le législateur
marocain pour tenir compte des spécificités qui caractérisent le contrat électronique, et pour
sécuriser le commerce électronique. Ces règles intéressent l’offre et l’acceptation qui président
à la formation du contrat électronique, l’équivalence de l’écrit électronique à l’écrit support
papier, la signature électronique et l’archivage électronique.

Le secteur des assurances au Maroc connaît du retard, par rapport à d’autres pays les assureurs
sont restés figés dans les modèles classiques, vu que le contrat d’assurance électronique se
trouve à mi-chemin entre le code d’assurance, la loi 53-05 et la loi 31-08.

La formation du contrat d’assurance électronique nécessite en premier lieu de traiter le


formalisme de souscription exigé à respecter ; avant d’analyser les conditions de validité du
contrat d’assurance électronique.

8
Code des obligations et des contrats (promulgué par Dahir du 9 ramadan 1331 (12 août 1913) tel que 8
modifié par la loi N° 53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques).
I : le formalisme de souscription du contrat d’assurance électronique
Le contrat d’assurance électronique est avant tout un contrat. Son formalisme fait appel aux
techniques contractuelles classiques au droit commun à tous les contrats le D.O.C.9 Le contrat
d’assurance électronique doit obéir également aux conditions de fond et de forme pour sa validité.

1 : les conditions de fond pour la souscription du contrat d’assurance électronique


La formation du contrat d’assurance électronique exige l’observation de certaines conditions
générales et spéciales liées à la souscription en ligne d’une police d’assurance électronique.

A/ les conditions générales liées à la souscription en ligne du contrat


d’assurance électronique

L'article 2 du D.O.C exige un consentement de la partie qui s'oblige (1), sa capacité de contracter
(2), un objet certain pouvant former objet d'obligation (3) et une cause licite de s'obliger (4).
Toutefois, il convient de noter que le processus contractuel, cette fois -ci, se trouve totalement
dématérialisé. Le défaut de respect de ses conditions entraine la nullité du contrat électronique,
c’est sa disparition rétroactive de ses effets.

a-Le consentement

En général, la théorie classique du contrat accorde au consentement une importance de premier


ordre et y voit l'une des principales applications du principe de l'autonomie de la volonté. En effet
l’Article 19 du D.O.C dispose que la convention n'est parfaite que par l'accord des parties sur les
éléments essentiels de l'obligation, ainsi que sur toutes les autres clauses licites que les parties

9 9
Code des obligations et des contrats (promulgué par Dahir du 9 ramadan 1331 (12 août 1913) tel que
modifié par la loi N° 53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques).
considèrent comme essentielles. Il doit résulter d'un comportement non équivoque dans la mesure
ou le silence ou l'inaction à eux seuls ne peuvent valoir acceptation.10

Ainsi, la formation du contrat d’assurance électronique passera, nécessairement, par l'échange


préalable du consentement de chacune des parties à la souscription de la police d’assurance. Cette
étape constitue a priori l'élément primordial, voire fondateur, du contrat. La formation se fera par
la rencontre d’une offre ligne présenté d’une certaine façon et selon certaines modalités et d’une
acceptation en ligne.

En effet, le consentement n'est que l'adhésion du souscripteur à la proposition électronique


d’assurance faite par l’assureur. L'échange des consentements entraîne l'accord de volontés qui
lie les parties par l’acceptation en ligne.

Tout d'abord, pour que le consentement donné en ligne puisse être complet et éclairé, il est
nécessaire que l'offre ... permette un accès facile, direct et permanent, Cependant, comme le
rappelle l'article 39 du Code marocain des obligations et contrats : Il est annulable le
consentement donné par erreur… » . Or, sur Internet, l'automatisation des processus de formation
de contrat assurance accroît considérablement les risques d'erreur résultant d'une mauvaise
utilisation des formulaires automatiques ou d'une mauvaise compréhension de l'objet et des
conditions des offres d’assurances accessibles en ligne.11

Ce risque d'erreur doit être réduit au maximum. Il faut s'assurer que l'internaute a pris
connaissance de l'ensemble des informations et qu'il a donné un consentement complet, éclairé
et non équivoque. De plus, il faut - pour éviter toute erreur susceptible d'altérer le consentement
du cyberconsommateur- exiger une confirmation du consentement. Ce qui est préconisé par
Article 65-5. De la loi 53-05 le destinataire de l’offre doit avoir eu la possibilité de vérifier le
détail de son ordre et son prix total et de corriger d’éventuelles erreurs, et ce avant de confirmer
ledit ordre pour exprimer son acceptation.12

10
Jurisp. Française : Civ.25 mai 1870 : DP1870.1.257 ; GAJC II, n°147 10
11
Code des obligations et des contrats (promulgué par Dahir du 9 ramadan 1331 (12 août 1913) tel que
modifié par la loi N° 53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques).
12
Loi n° 53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques (Promulgué par Dahir n° 1-07-129
du 19 kaada 1428 , (30 novembre 2007)).
b- La capacité à contracter

Le consentement ne produira d’effets que s’il émane d’une personne juridiquement capable de
jouir de ses droits dont on est titulaire (de jouissance) et de les exercer (d’exercice).
En principe, toute personne majeur ne peut contracter car elle dispose d’une pleine capacité.
Toutefois, le mineur non émancipé et le majeur incapable (sous tutelle ou curatelle), doivent être
représentés lors de la conclusion du contrat d’assurance électronique pour que la police
d’assurance soit valablement établit.

Il est à noter qui il est difficile pour le cybermarchand de s’assurer que les personnes connectées
satisfont bien aux critères requis pour pouvoir avoir accès à tel ou tel produit ou service.13

c- L’objet

C’est-à-dire la prestation promise doit être licite et conforme à l’ordre public. Le cybermarchand
est obligé de s’assurer que les produits proposés sont autorisés par les lois nationales, et ne font
pas l’objet d’une interdiction légale et être dans le commerce : elle doit être déterminée ou
déterminable (on doit avoir les moyens de l’identifier) présente ou à venir.

Très concrètement, l’objet du contrat d’assurance électronique pourra être :


 une garantie offerte par un assureur : la prestation de service, le versement d’une
indemnité ou d’un forfait sont autant de choses qui feront l’objet du contrat
d’assurance électronique.
 Un bien à protéger, une construction en cours, un décès, la santé de la personne
physique, un véhicule…

d- La cause

C’est-à-dire les raisons qui ont conduit les parties à contracter doit être licite et conforme à l’ordre
public et aux bonnes mœurs. Dans tous les contrats d’assurance, la cause de l’engagement de
cyberconsommateur est la garantie offerte par l’assureur en cas de sinistre et la cause de

13
ANDRE Martin, « Techniques d’assurances », 3e éd, Paris, DUNOD, 2014, 239 pages. 11
l’engagement de l’assureur est la perception d’une prime ou d’une cotisation. Ces causes doivent
exister pour que le contrat conserve sa nature. 14

2 : Les conditions spéciales liées à la souscription en ligne du contrat


d'assurance électronique

En effet, l’accord de volonté se compose en deux éléments essentiels à savoir : l’offre (A) et
l’acceptation (B).

A. L’offre électronique

L’offre est, en générale, à l’initiative du contrat puisque c’est l’offrant qui prend les devants et
exprime sa volonté de contracter par une déclaration ; en ce sens ; elle peut être définie comme
une manifestation unilatérale de volonté, adressée au public ou à une personne déterminée, en
vue de la conclusion d’un contrat. Selon certains auteurs, l’offre est « une manifestation de
volonté unilatérale, suffisamment précise, ferme et dépourvue d’équivoque, pour que
l’acceptation de son destinataire suffise à former le contrat ». 15

En revanche, cette originalité suscite une ambigüité quant à la nature de l’offre électronique avec
l’avènement des nouveaux moyens d’information et de communication. Toutefois, en raison du
fait que la loi 53-05 relative à l’échange électronique des données juridiques qui édicte cette
obligation et en fixe la portée, les informations qui sont demandées en vue de la conclusion d’un
contrat d’assurance électronique ou celles qui sont adressées au cours de son exécution peuvent
être transmises par courrier électronique si le destinataire a accepté expressément l’usage de ce
moyen. Ainsi que ces informations doivent être portées sur un formulaire mis à la disposition de
la personne qui doit le remplir. 16

En effet, l’offre dans un contrat d’assurance électronique doit contenir divers types
d’information spécifiques présentées selon un niveau de qualité tel qu’il soit possible au
cocontractant de mesurer pleinement les avantages et risque de cette transaction. L’obligation
d’information a pour objectif d’empêcher que le destinataire de l’offre électronique ne s’engage

14
ANDRE Martin, « Techniques d’assurances », 3e éd, Paris, DUNOD, 2014, 239 pages. 12
15
TOUMLILT, Mohamed Diyaâ., « Le commerce électronique au Maroc : aspects juridiques», 1e éd,
Casablanca, les Editions maghrébines, 2008, 477 pages.
16
Loi n° 53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques (Promulgué par Dahir n° 1-07-129
du 19 kaada 1428 , (30 novembre 2007)).
de manière non éclairée et irréfléchie, le législateur marocain est intervenu pour encadrer la
période précontractuelle en exigeant à toute entreprise d’assurance de fournir des informations
précises sur l’offre. 17

L’offre électronique comporte en outre les principales caractéristiques de l’offre et ses éléments,
les conditions de la fourniture des opérations d’assurance, les différentes étapes à suivre pour
conclure le contrat par voie électronique et notamment la modalité selon lesquelles les parties se
libèrent de leurs obligations réciproques.

L’offre doit contenir aussi les moyens techniques permettant au future utilisateur, avant la
conclusion du contrat, d’identifier les erreurs commises dans la saisie des données et de les
corriger ; les langues proposées pour la conclusion du contrat , à ce propos l’assureur doit,
conformément à la loi 31-08 relative au nouveau dispositif de la protection du consommateur,
mettre à la disposition de l’assuré une copie du contrat traduit en langue arabe et enfin les
modalités d’archivage du contrat par l’auteur de l’offre et les conditions d’accès au contrat
archivé, si la nature ou l’objet du contrat le justifie18.Toute proposition qui ne contient pas
l’ensemble de ces dénonciations ne peuvent être considérée comme une offre électronique et
demeure une simple publicité et n’engage pas son auteur.

L’affirmation selon laquelle l’offre conduit à lier son auteur n’est pas absolue et dépend
étroitement de la fermeté de cette offre. Il existe des traits que les propositions de contracter doit
obligatoirement revêtir pour pouvoir être qualifiée d’offre. En effet pour lier juridiquement son
auteur, l’offre doit être suffisamment précise et ferme pour que sa seule acceptation suffise à
former le contrat. En d’autres termes, il faut que son auteur ait exprimé sa volonté que le contrat
soit formé en cas d’acceptation. A défaut de cette volonté, l’offre ne serait qu’une simple
invitation à entrer en pourparlers, une simple proposition qui vise à instaurer une négociation.19

Le cadre réglementaire n’est pas encore tout à fait adéquat. Mais déjà dans ce cadre, les
entreprises ont commencé à aller dans ce sens-là. En effet ,au Maroc Helvetica Assurances Maroc
est la première plateforme marocaine de vente de produits d'assurance automobile exclusivement

17
Loi n° 53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques (Promulgué par Dahir n° 1-07-129 13
du 19 kaada 1428 , (30 novembre 2007)).
18
Article 65-4 et l’article 65-5 de la loi Loi n° 53-05 relative à l’échange électronique de données
juridiques (Promulgué par Dahir n° 1-07-129 du 19 kaada 1428 , (30 novembre 2007)).
19
TOUMLILT, Mohamed Diyaâ., « Le commerce électronique au Maroc : aspects juridiques », 1e éd,
Casablanca, les Editions maghrébines, 2008, 477 pages.
en ligne .en effet l’assureur présente ses offres en ligne et l’assuré pour souscrire son assurance
via une contrat d’assurance électronique en ligne .20

B. L’acceptation électronique

L’acceptation est la réponse positive du destinataire de l’offre qui exprime son accord par une
déclaration en ce sens. Une autre définition, plus précise, serait de la considérer
comme : « l’intention définitive du destinataire de l’offre, de conclure le contrat aux conditions
prévue par l’offrant, et à ses conditions seulement ».l’acceptation doit donc intervenir à un
moment ou l’offre subsiste et conserve encore sa valeur juridique, si elle n’est exprimée qu’après
la révocation ou la caducité de l’offre, elle est impuissante à former le contrat. Ensuite,
l’acceptation doit résulter de l’agrément pur et simple de l’offre par le destinataire de celle-ci, la
formation du contrat exige en effet une concordance exacte entre ces deux. L’article 28 du DOC
dispose que cette condition de symétrie est remplie « lorsque celui qui répond dit simplement
qu’il accepte ou lorsqu’il exécute le contrat sans faire réserve ».

En revanche, si la réponse de l’acceptation est assortie de réserves ou de conditions non stipitées


dans l’offre, on est dès lors en présence d’une contre-proposition ou d’une proposition nouvelle
qui n’emporte pas de conclusion définitive du contrat et il appartient à l’offrant initial de
l’accepter ou de la refuser.21

Il convient cependant de relativiser cette affirmation. En effet, pour qu’une telle acceptation soit
impropre à former le contrat, il faut que la divergence avec l’offre traduise un réel désaccord.

Pour que le contrat d’assurance électronique soit valablement conclu, le destinataire de l’offre
doit avoir eu la possibilité de vérifier le détail de son ordre et son prix et de corriger d’éventuelles
erreurs, et ce avant de confirmer ledit ordre pour exprimer son acceptation. Ainsi sue l’auteur de
l’offre doit accuser réception, sans délai injustifié et par voie électronique, de l’acceptation de
l’offre qui lui a été adressée. A son tour, le destinataire est considéré irrévocablement lié à l’offre
dès sa réception sous réserve des dispositions relatives à la rétractation de la loi 31-0822.

20
Assurance Helvetica, www.helvetica.ma/ siège social Casablanca. 14
21
TOUMLILT, Mohamed Diyaâ., « Le commerce électronique au Maroc : aspects juridiques», 1e éd,
Casablanca, les Editions maghrébines, 2008, 477 pages.
22
La loi n° 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur (Promulgué par Dahir n° 1-11-03
du 14 rabii I 1432 (18 février 2011)).
L’acceptation de l’offre, sa confirmation et l’accusé e réception sont réputés reçus lorsque les
parties auxquelles ils sont adressées peuvent y avoir accès.

En effet, l’acceptation suffit à former le contrat d’assurance électronique, elle peut donc être
exprimée de façon expresse ou être tacite. Il est juridiquement admis qu’un geste non équivoque
ou un comportement actif peut être considéré comme une manifestation expresse de volonté de
l’acceptant ; ainsi, certains gestes, comme le fait par exemple de monter dans un autobus en
stationnement à l’emplacement consigné, est une manifestation expresse de l’acceptation du
contrat de transport, il en est de même du geste d’enrichir dans un contrat d’assurance
électronique.

En matière de contrat d’assurance conclue par voie électronique, la manifestation expresse de


l’acceptation se fera pour la plupart des opérations d’assurance par un simple cliquage sur l’icône
du service désiré suivi généralement par l’invitation à examiner les conditions générales de la
fourniture et à remplir un formulaire en fournissant certaines informations personnelles
importantes , puis à confirmer l’intention de bénéficier à tel service pour tel prix.

Toutefois, se contenter d’un simple « clic » nous semble léger pour en déduire de façon décisive
l’existence d’une manifestation expresse de l’acceptation de l’offre électronique et il serait
souhaitable, pour éviter toute équivoque ou contestation éventuelle, que ce cliquage soit
minutieusement préparé par le souscripteur en ligne et amené de sorte à constituer une
manifestation éclairé de la volonté.

Il est donc conseillé de prévoir un message d’acceptation définitif et de demander ainsi à


l’acceptant de confirmer une seconde fois sur l’écran son acceptation 23. Certes, le sollicité peut
adresser par l’intermédiaire d’un courrier électronique, son acceptation à une offre parvenue par
le même moyen. L’envoi d’un tel message est assimilable à une acceptation expresse puisqu’il
traduit une manifestation extériorisée et non équivoque de son auteur à s’engager. L’acceptation
peut également être tacite et résulter du comportement du destinataire de l’offre, tel est le cas de
l’acceptant qui entreprend l’exécution du contrat.

En droit Marocain ; le silence ne vaut pas, en principe, acceptation. En effet du côté de la


jurisprudence marocaine, il est intéressant de souligner que la cour suprême, qui a déjà eu à se
prononcer sur la valeur juridique du silence, se fonde à la fois sur l’article 25 du D .O.C ainsi que

23
TOUMLILT, Mohamed Diyaâ., « Le commerce électronique au Maroc : aspects juridiques », 1e éd, 15

Casablanca, les Editions maghrébines, 2008, 477 pages.


sur le principe du droit musulman. C’est en effet ce qui ressort d’un arrêt rendu en date du
28 /7/199924 qui a dénié toute valeur au silence après avoir ; au préalable, relevé l’absence de
relation contractuelle antérieures puis en se fondant sur le fameux adage du droit musulman
« nulle parole ne peut être attribuée à la personne silencieuse » ce qui démontre l’omniprésence
des règles du droit musulman dans l’esprit des magistrats marocains et l’importance qu’ils leur
accordent tant qu’elles ne sont pas en contradiction avec les dispositions di D.O.C25.

Une fois l’offre est accepté matérialiser par le paiement de la prime, l’assuré doit recevoir la
police d’assurance soit par voie électronique ou par voie postal accompagné par les conditions
générales et spéciales.26

2 ) les conditions de forme pour la souscription du contrat d'assurance électronique


Le droit commun des contrats répond à un principe général ; le consensualisme ; c’est-à-dire qu’il
n’a pas besoin d’un écrit ou de forme pour que celui-ci acquière force de loi. Le droit des
assurances répond à ce même principe. C’est la rencontre de volonté qui forme le contrat (1) ainsi
que les impératifs de preuve exigent l’écrit (2).

A : Le consensualisme

Le consensualisme est le principe selon lequel les actes juridiques ne se trouvent soumis à aucune
condition de validité relative à la forme. Par extension, le consensualisme équivaut à la liberté de
la forme. Il constitue d’abord un mouvement historique correspondant à la disparition de la forme
comme élément de structure du contrat, en d’autre terme, la seule rencontre de l’offre et de
l’acceptation suffit à former un contrat.

En effet, le régime de la conclusion du contrat d’assurance électronique est entièrement dominé


par le caractère consensuel de celui-ci article 65-5 de la loi 53-05 le contrat d’assurance
électronique est un contrat consensuel qui est parfait dès la rencontre des volontés de l’assureur
(cybermarchand) et du souscripteur (cyberconsommateur).27

Conformément au principe du consensualisme, cet écrit sous forme électronique n’est pas exigé
à titre de validité du contrat d’assurance électronique : il constitue un simple moyen de preuve

24
C.S 28 juill. 1999, in rapport annuel de la cour suprême 1999, éd. AL.Oumnia,RABAT 16
25
TOUMLILT, Mohamed Diyaâ., « Le commerce électronique au Maroc : aspects juridiques », 1e éd,
Casablanca, les Editions maghrébines, 2008, 477 pages.
26
TOUMLILT, Mohamed Diyaâ., « Le commerce électronique au Maroc : aspects juridiques », 1e éd,
Casablanca, les Editions maghrébines, 2008, 477 pages.
27
Dahir n°1-02-238 du 25 rejeb 1423 (3 octobre 2002) portant promulgation de la loi n° 17-99 portant
code des assurances.
d’un engagement déjà formé. Dans la mesure où le contrat d’assurance électronique est conclu
dès l’accord des parties, celles-ci ne peuvent plus revenir unilatéralement sur leur consentement.

En effet, les conventions légalement formées ne peuvent être révoquées que par l’accord des
contractants, ou pour les causes que la loi autorise notamment celle de 31-0828 édictant les
mesures de protection des consommateurs. 29

Malgré la protection édicter par la réglementation, l’expression du consentement par le


souscripteur marocain par voie électronique reste assez faible dû à l’absence d’une
réglementation propre au contrat d’assurance électronique

B : exigence d’un écrit

En droit des assurances et en vertu de l’article 11 du code d’assurance, le contrat d’assurance doit
être rédigé en écrit. En effet, lorsqu’un écrit sur support papier est requis par la loi, l’écrit
électronique peut lui être substitué. La loi reconnaît, dorénavant, à l’écrit électronique, la même
force probante que celle dont est doté l’écrit sur support papier, du moment qu’il permet
d’identifier son auteur et que son intégrité est préservée lors de son établissement et de sa
conservation.

L’écrit peut être important dans le consensualisme ; notamment pour des raisons de preuve. Il a
pour but de clarifier le consentement ; de porter à connaissance des tiers ou encore de bénéficier
d’une preuve de l’acte juridique ; cela permet de donner une importance à l’acte et donc d’amener
d’avantage les parties à la réflexion avant l’engagement. L’écrit électronique fera lui-même
l’objet d’une signature électronique qui peut être sécurisée. Cette sécurisation implique le recours
à un procédé fiable d’identification permettant de rattacher ladite signature à l’acte sur lequel elle
est apposée.

Toutefois, l'exigence de la preuve par écrit des stipulations du contrat d'assurance n'est exigée
que dans les rapports entre les parties au contrat et à l'égard de la victime 30; Cette solution vise
à protéger essentiellement la victime. Celle-ci peut en effet prouver l'existence du contrat par

28
La loi n° 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur (Promulgué par Dahir n° 1-11-03 17
du 14 rabii I 1432 (18 février 2011)).
29
Marie DEMOULIN Tanja DE COSTER, Hervé JACQUEMIN, « pratique du commerce électronique»,
Bruylant, « Informatique HYPERLINK "https://www.fnac.com/c82297/Informatique-et-
Droit"&HYPERLINK "https://www.fnac.com/c82297/Informatique-et-Droit" Droit », novembre 2007,
190 pages.
30
Cass. 1re ch. civ., 9 mai 1996, RGDA 1996, p. 596, note Mayaux.
tous moyens car n'étant pas partie au contrat, elle ne dispose d'aucun écrit prouvant son existence.
Ce raisonnement doit être élargi à tout intéressé qui n'a pas été partie au contrat. Par conséquent,
l'assuré pour compte qui peut ignorer qu'une assurance a été souscrite à son profit, ne saurait être
obligé de prouver le contrat par écrit. On ne peut, en effet, lui demander de rapporter une preuve
dont il ne dispose pas.

En revanche, l'aveu judiciaire et le serment décisoire peuvent établir l'existence du contrat ou de


certaines stipulations. Ainsi, la Cour de cassation a admis l'aveu de l'assureur à titre de preuve,
dans une affaire où l'assuré ne pouvait pas produire un avenant mentionnant l'augmentation du
31
plafond de garantie L'existence du contrat d'assurances peut être établie par toute preuve
littérale 32:

Il s'agit de tout écrit quelle que soit sa forme, y compris les écrits d'origine informatique. En
effet, " l'écrit sur support électronique a la même force probante que l'écrit sur support papier33.

Lors de sa création, une signature électronique est dite sécurisée, lorsque l’identité du signataire
est assurée et l’intégrité de l’acte sur lequel elle est portée, est garantie. Pour être parfait, l’écrit
électronique doit comporter une signature électronique sécurisée et être horodaté ; ce qui lui
confère la même force probante que l’écrit sur support papier ayant date certaine et dont la
signature a été légalisée.

Selon un arrêt de cassation34, L’assuré ne peut être tenu du paiement des primes d'assurances
figurant dans un avenant non signé par sa part exprimant sa volonté d’augmentation des primes
à payer.

31
Cass. 1re ch. civ., 1er juill. 1997, n° 1292, Lamyline 18
32
Cass. 1re ch. civ., 12 juill. 1962, RGAT 1963, p. 191
33
http://www.argusdelassurance.com/reglementation/analyse/la-preuve-pese-sur-les-epaules-de-l-
assurec-est-a-l-assure-d-etablir-l-existence-de-la-garantie-la-preuve-du-contrat-d-assurances-doit-en-
principe-etre-rapportee-par-ecrit-toutefois-la-ju.12175

34
L’arrêt N° 551 DU 08/04/2009
De même, des originaux ou des copies d’écrits électroniques sont admis notamment comme
preuve, dès lors que les règles ci-dessus exposées ont été respectées et que leur conservation
permet à chaque partie d’en obtenir des exemplaires ou d’y avoir accès.35

II : la validité du contrat d’assurance électronique

A côté du mode de preuve traditionnel, en apparaissent de nouveaux liés aux moyens


électroniques. Ainsi nos actes et volontés peuvent dorénavant être exprimés instantanément, en
un clic, et des contrats se forment avec des caractéristiques spécifiques : intangibles, virtuels,
prolifiques, omniprésents et persistants.

En effet le législateur s’est adapté à la conclusion à distance des contrats, notamment ceux de
l’assurance .l’assuré qui se prétend couvert par une assurance doit prouver l’existence de la
garantie et qu’il a remplis les conditions de sa validité. La preuve de l’existence des contrats
d’assurance électronique et de ses éventuelles modifications doivent être apporté par écrit
électronique(1) et matérialiser par la signature électronique(2). 1 : la valeur probante de

l'écrit électronique

Deux aspects méritent d’être analysés premièrement la définition du concept de l’écrit


électronique (1) deuxièmement la valeur probante et ses effets (2).

A : définition du concept

L’écrit électronique peut tout simplement être défini comme étant un écrit, mais, il est écrit sur
un support électronique. De manière simple, c’est un écrit qui véhicule entre des machines qui
traitent automatiquement l’information. Un écrit électronique, c’est un écrit à contrario d’un écrit
manuscrit, puisqu’il est écrit d’une façon totalement différente à l’écrit sur support papier.
Généralement, on peut dire qu’un écrit électronique, tout écrit peut être stocké sur un support
électronique. Sa nature d’écrit ne dépend ni de son support physique, ni des modalités de son
transfert en cas de communication à distance.36

35
Fréderic CARRÉ, « Le contrat électronique», Challenge, 2010. 19
http://www.lemondepolitique.fr/cours/droits_obligations/contrats/condition_validite.htm

36
Imane, E-Commerce au Maroc, Ecrit électronique,
https://ecommercemaroc.wordpress.com/2011/08/07/ecrit-electronique/
Concernant la définition de la loi type de la CNUDCI37 en matière de l’écrit, il est défini comme
suivant dans l’article 2 ; de la loi en question 38: la notion de “message de données” ne se limite
pas aux données communiquées mais englobe aussi les données enregistrées sur ordinateur qui
ne sont pas destinées à être communiquées. Ainsi donc, la notion de “message” comprend la
notion d’ “enregistrement”….

Au Maroc, la loi n°53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques, donne une
définition de l’écrit électronique qui est intégré dans l’article 417 du dahir des obligations et des
contrats relatif à la preuve littérale ou par écrit alors que cet article lui-même ne définit pas l’écrit
en tant que tel mais présente une succession de documents pouvant être qualifiés d’écrit.39 Cet
article dispose en effet, que «la preuve littérale résulte d’un acte authentique d’une écriture sous
seing privé. Elle peut résulter également de correspondance, des télégrammes, et des livres des
parties, des bordereaux des courtiers dûment signés par les parties, des factures acceptées, des
notes et documents privés».40

Cet article poursuit en précisant que l’écrit peut être constitué «de tous autres signes ou symboles
dotés d’une signification intelligible, quels que soient leur support et leurs modalités de
transmission». Cette définition de l’écrit électronique est directement empruntée au droit
français41. Dès lors, l’écrit électronique suppose que soient remplies deux conditions cumulatives
essentielles : Un ensemble de signes ou symboles et l’intelligibilité, c’est-à-dire la
compréhensibilité, de la signification apportée auxdits signes ou symboles. Le support qui
véhicule l’écrit est alors indifférent dans cette définition.

B : le cadre légal et les effets de l’écrit électronique

La notion de l’écrit électronique a été remise en cause, vu le développement des activités liées
Internet, ce développement a donné naissance un nouveau type de l’écrit, c’est pour cette raison,
que la notion écrit ne devenait plus limitée sur les écrits papiers, mais, elle englobe aussi bien
l’écrit électronique. Donc, d’où la nécessité de réformer le droit de la preuve, pour que l’écrit
électronique soit aussi admis en justice. Alors, en ce qui concerne la valeur juridique d’un écrit

37
CNUDCI : commission des nations unies pour le droit commercial international. 20
38
UNICTRAL : loi type de la CNUDCI sue le commerce électronique (1996)
39
Abdelkader AZARGUI, « guide de l’écrit électronique en droit marocain » challenge 2010, cabinet
bassamat ; http://cabinetbassamat.com/actualites/id/37196
40
Loi n° 53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques (Promulgué par Dahir n° 1-07-129
du 19 kaada 1428 , (30 novembre 2007)).
41
Article 1316 du code civil de la loi française.
électronique, la question est liée à la valeur juridique. Pour qu’un écrit électronique ait une valeur
juridique à part entière, puisse aussi être invoqué comme moyen de preuve, il doit remplir
certaines conditions pour qu’il puisse acquiert cette valeur.

La première condition à remplir est celle de la recevabilité. On désigne par la recevabilité, le fait
qu’un écrit quelque soient sa nature, papier ou électronique est admis comme preuve, mais au
niveau de l’écrit papier, il est indiscutable qu’il est admis en justice comme moyen de preuve.
Presque toutes les lois ont donnée à l’écrit électronique la fonction de recevabilité comme mode
de preuve.

La loi marocaine 53-05 : Article 4 ; section II : de la preuve littérale, a donné la force probante à
l’écrit électronique selon des conditions, donc, ceci implique que cet écrit est recevable en
justice.42

Pour le législateur français, et plus exactement la loi n°2000-230 du 13 mars 2000 portant
adaptation du droit de la preuve aux technologies de l’information et relative à la signature
électronique ; code civil, article 1316-1 :l’écrit sous forme électronique est admis en preuve au
même titre que l’écrit sur support papier,…. 43

Ainsi que Pour le législateur Canadian, l’écrit sous forme électronique est admis en preuve au
même titre que l’écrit sur support papier44

En droit marocain comme en droit français, le système de preuve obéit à deux régimes : celui de
la preuve libre dite morale et celui de la preuve légale. Décrite comme « tout ce qui persuade
l’esprit d’une vérité », la preuve est dite libre dans les domaines où la loi n’exige pas de forme
particulière à son administration, sa force probante est donc soumise généralement à
l’appréciation du juge. En revanche, le système de preuve légale est un système plus rigide, où

42
Loi n° 53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques (Promulgué par Dahir n° 1-07-129
21
du 19 kaada 1428, (30 novembre 2007)).
43
Code civil de la loi française.
44
La loi uniforme de la preuve électronique, c’est une loi émanant de la conférence pour l’harmonisation
des lois au Canada, mais cette loi est conçue pour s’appliquer aux données contenues sur les bandes
magnétiques. Elle ne s’applique pas aux messages télex et les télécopies produites par des dispositifs
informatiques autres que l’ordinateur. Les documents sur papier produits directement par un système
informatique sont eux- mêmes des fichiers électroniques, qui ne sont que des moyens de présenter le
contenu du document de façon intelligible. Des photocopies de l’imprimé seraient des documents sur
papier soumis aux règles habituelles de copies, mais l’imprimé « original » serait soumis aux règles
d‘admissibilité de cette loi. Les imprimés utilisés sur des documents papier, auxquels on ne réfère plus
comme provenant d’un ordinateur sont considérés comme des documents sur papier. L’écrit sous forme
électronique est admis en preuve au même titre que l’écrit sur support papier.
la loi énumère les modes de preuve admissibles dont elle détermine la force probante. Ainsi, en
dehors des exceptions énumérées ci-dessus, tous les actes civils, doivent être prouvés par écrit.45

Comme souligné précédemment, le principal texte qui régit la preuve électronique est constitué
par la loi n° 53-05 relative à l’échange électronique des données juridiques,46 un texte
introduisant plusieurs amendements sur le Code des Obligations et des Contrats marocain.

La loi marocaine élève la preuve électronique au rang de la preuve littérale en disposant


expressément que « l’écrit sous forme électronique est admis en preuve au même titre que l’écrit
sur support papier ». L’article 417 Alinéa 2 dispose qu'« elle peut résulter….de tous autres signes
ou symboles dotés d’une signification intelligible, quelque soient leur support et leur modalités
de transmission ». Donc en principe, les actes formulés sous support électronique sont admis en
tant que moyens de preuve devant les juridictions du Royaume. Il en va des e-mails dans les
domaines où la preuve est libre et lorsqu’ils n’ont pas fait l’objet de contestation ou de dénégation
du côté de la partie adverse.

Toutefois, lorsqu’un acte sous seing privé est exigé pour la validité de la convention ou de
l’obligation, c'est-à-dire là où la preuve est dite légale.

Pour que l’écrit électronique acquière une force probatoire il doit remplir certaines conditions
pour en aboutir. Pour cette raison, il est inconcevable de ne pas examiner les modalités de l’écrit
papier aux modalités de l’écrit électronique. Il est indiscutable que l’écrit sur papier, a une valeur
juridique à part entière et remplit trois fonctions : l’identification, l’adhésion et l’intégrité. Donc,
pour que l’écrit électronique ait aussi cette valeur juridique il doit remplir les mêmes fonctions
que remplit l’écrit papier.

L’identification permet de déterminer l’identité des entités en question, dans un écrit électronique
et pour assurer la fonction d’identification, il faut suivre un procédé qui en garantit cette
identification, ce procédé est la signature électronique qui permet d’identifier celui qui appose
l’acte et exprime son consentement aux obligations qui en découle de l’acte. Et cette signature
doit suivre un procédé fiable et sécurisé pour garantir la fonction d’identification.

45
Maitre Larbi CHRAIBI, cabinet d’avocat « la preuve électronique au Maroc »2017, 22
http://chraibilawoffice.com/fr/detailPost?mod=348073&idart=31497
46
Loi n° 53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques (Promulgué par Dahir n° 1-07-129
du 19 kaada 1428, (30 novembre 2007)).
Il a fallu instaurer un système de signature « un équivalent numérique de la signature
traditionnelle». Il s’agit d’un acte sous seing privé établi sous format électronique, mettant en
œuvre un procédé électronique d’identification. Mais si le terme «signer » signifie exclusivement
« marquer d’un signe », il n’en demeure pas moins que cet acte devient indispensable pour que
l’écrit soit opposable à celui dont il émane. La signature remplit traditionnellement deux
fonctions, «l’identification de l’auteur de l’acte auquel elle s’attache, et son adhésion au contenu
de ce dernier »

Au Maroc, «Barid e-Sign» est la première plateforme de signature électronique et d’horodatage


permettant aux utilisateurs d’apposer leur signature sur toute nature d’échange électronique avec
la même valeur probante que la signature manuscrite.

Ensuite, la fonction de l’intégrité qu’elle incarne une fonction juridique essentielle, il faut veiller
sur cette fonction pour que l’écrit électronique accomplit les deux fonctions à savoir :
l’identification et l’intégrité, et avoir la force probante, pour assurer cette fonction, il est
nécessaire de conserver le document électronique, une conservation qui lui garantit la stabilité et
de rester inchangé, pour en faire, il faut utiliser les méthodes de conservations et d’archivages
adéquates qui lui en assure l’intégrité. En effet, Il faut que l’écrit en question soit établi et
conservé dans des conditions qui soient de nature à en garantir l’intégrité. C’est la crainte de
falsification ou d’altération du support électronique qui affaiblit sa force probante devant les
juges.47

2 : la valeur probante de la signature électronique

L’écrit électronique doit comporter une signature électronique sécurisée et être horodaté ; ce qui
lui confère la même force probante que l’écrit sur support papier ayant date certaine et dont la
signature. Cette sécurisation implique le recours à un procédé fiable d’identification permettant
de rattacher ladite signature à l’acte sur lequel elle est apposée.

A : définition du concept

La définition de la signature électronique sécurisée est posée à l’alinéa 2 de l’Article 417-3 qui
dispose qu’ : « une signature électronique est considérée comme sécurisée lorsqu’elle est créée,

47
Abdelkader AZARGUI, « guide de l’écrit électronique en droit marocain » challenge 2010, cabinet 23

bassamat ; http://cabinetbassamat.com/actualites/id/37196
l’identité du signataire assurée et l’intégrité de l’acte juridique garantie (…) »48 La signature
électronique sécurisée est basée sur un certificat électronique qui peut se présenter sous une forme
physique (carte à puce ou/et clé USB) ou sous une forme logicielle (fichier). Il contient toutes les
données permettant l’identification du signataire : l’identité du prestataire de certification,
l’identité du signataire, les données permettant la vérification de la signature, la durée de validité
du certificat, code d’identité du certificat électronique etc.

Le dispositif de création de la signature électronique doit être obligatoirement attesté par un


certificat de conformité délivré par l’autorité nationale d’agrément et de surveillance de la
certification électronique. De même, il ne peut être mis en place que par un tiers de confiance
dûment agréé par la même autorité (prestataire de services de certification électronique). Le
certificat de conformité n’est délivré, aux termes de la loi, que lorsque le dispositif de création
de signature électronique met en œuvre des techniques protégeant la signature et l’acte auquel
elle se rattache contre toute falsification. A noter que le certificat peut fixer le montant maximum
des transactions au-delà duquel il ne peut pas être utilisé. Pour autant, la valeur juridique d’une
signature électronique est équivalente à celle d’une signature manuscrite. De fait, elle est
strictement encadrée par la loi N°.53-05 et doit répondre à des critères de sécurité tant en matière
de transmission des documents que de preuves sur l’identité du tiers appelé à signer. 49

B : le cadre légal et les effets de la signature électronique

Aux termes de la loi relative à l’échange électronique des données juridiques, la signature
électronique doit être sécurisée par l’utilisation d’un procédé fiable d’identification garantissant
le lien entre la signature et l’acte auquel elle se rattache. Et fixe des conditions à satisfaire :

Premièrement, le procédé de signature électronique met en œuvre une signature électronique


sécurisée, selon l’article 6 de la loi No.53-0550, relative à l’échange électronique de données
juridiques. La signature électronique sécurisée doit satisfaire aux conditions suivantes : être
propre au signataire ; être créée par des moyens que le signataire puisse garder sous son contrôle
exclusif ; garantir, avec l'acte auquel elle s'attache, un lien tel que toute modification ultérieure
dudit acte soit détectable.

48
L’Article 417-3 : DOC 24
49
CHENTOUF Abdel Hafid, « Un élément dans le chantier des réformes juridiques», Challenge, 2014.
50
Loi n° 53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques (Promulgué par Dahir n° 1-07-129
du 19 kaada 1428, (30 novembre 2007)).
Deuxièmement, le dispositif de création de la signature électronique doit avoir été certifié par
ANASCE51. Dont la mission consiste essentiellement à agréer et contrôler tout dispositif de
création de signature électronique au Maroc. Cette mission, initialement confiée à ANRT52 a été
transférée en vertu du Décret n°2-11-509 du 21 septembre 2011 à DGSSI53 relevant de
l’Administration de la Défense Nationale.

Troisièmement, le certificat électronique doit avoir été délivré par un prestataire de services de
certification électronique agréé par l'ANASCE et doit comporter les données prévues par la loi
No.53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques.

En effet, le certificat de conformité et l’agrément sont octroyés au bout d’un processus bien défini
par les textes réglementaires pris en application de la loi. Le demandeur doit répondre à un cahier
des charges précis, notamment en termes de sécurité, de fiabilité technique, de confidentialité et
de la disponibilité d’un personnel ayant les qualités requises pour la fourniture de services de
certification électronique.
A l’heure actuelle, seul Barid Al Maghrib est agréé en qualité de prestataire de services de
certification électronique (tiers de confiance) habilité à émettre des certificats électroniques
sécurisés et à gérer les services y afférents.

Le certificat Barid eSign est matérialisé sous la forme d’une clé USB équipée d’une puce
électronique contenant une clé privée et le certificat électronique. Cette puce, protégée par un
code PIN personnel permet à son détenteur de signer électroniquement et de s’authentifier sur le
Web. Il lui suffit d’introduire la clé USB dans son ordinateur pour pouvoir signer ou s’authentifier
sur le réseau.54

Etant fortement sécurisée sur le plan technique, comme il ressort de l’exposé du dispositif de sa
création et ayant une force probante sur le plan juridique pour sécuriser l’acceptation électronique
du cyberconsommateur. Dès lors, les contrats d’assurances électroniques qui ne sont pas signés
au moyen d’une signature électronique sécurisée, telle que définie ci-dessus, sont légalement

51
ANASCE : L’Autorité nationale d'agrément et de surveillance de la certification électronique 25
52
ANRT : l’Agence Nationale de Réglementation de la Télécommunication
53
DGSSI : La Direction Générale de la Sécurité des Systèmes d’information
54
CHENTOUF Abdel Hafid, « Un élément dans le chantier des réformes juridiques», Challenge, 2014.
contestables et leurs clauses ne seront pas automatiquement opposables en cas de litige. Si les
signatures sont sécurisées, alors le contrat aura la même force probante que s’il avait été légalisé.
Dans la présente affaire, un individu avait adhéré à une assurance complémentaire sur la plate-
forme de contractualisation mise à la disposition de clients par la société Alptis. Cette dernière
avait obtenu condamnation du souscripteur à payer un montant de 1.925,60 euros par jugement
du juge de proximité de Montpellier du 11 février 2014. Contestant avoir signé la demande
d’adhésion en ligne, le client s’est pourvu en cassation contre ce jugement. La Cour de
cassation, dans sa décision du 6 avril 2016, rejette le pourvoi en ces termes.

Selon la Cour de cassation, les exigences mentionnées aux articles 1316-1 et 1316-4 du code civil
ont été vérifiées par le juge de proximité puisque la société d’assurance produisait la demande
d’adhésion délivrée par la plate-forme qui permettait d’identifier et d’authentifier (vérifier
l’identité) les signataires du contrat. Ces éléments étaient suffisants pour apprécier la validité du
contrat. D’où, il en résultait que la demande faite au juge de vérifier le respect des conditions de
la signature électronique présumée fiable 55n’était pas fondée.56

Au Maroc la souscription d’une assurance par contrat électronique est encore assez faible. Le
cadre réglementaire et législative qui régit le secteur ne permet pas de profiter pleinement du
potentiel qui peut offrir le digital dans le secteur des assurances.

En effet, C’est au cours des années 90 que le nouveau Code des assurances a vu le jour. Or, pour
relever les défis d’un univers connaissant une évolution rapide, la réglementation se doit de tenir
le rythme du traitement juridique du caractère transfrontalier des opérations.

55
Article 2 du décret du 30 mars 2001 26
56
https://www.usine-digitale.fr/article/la-signature-electronique-valide-aussi-en-matiere-d-assurance-dit-
la-cour-de-cassation.N389812
Partie II : la protection du consommateur au
contrat d’assurance électronique

La loi 31.08 édictant des mesures de protection des consommateurs a consacré de nombreuses
règles nouvelles visant à renforcer la protection des consommateurs, à consolider leurs droits
fondamentaux et à promouvoir la culture consumériste57. Ces règles concernent l’information du
consommateur, sa protection contre les clauses abusives, sa protection en matière de publicité,
de contrats conclus à distance. Le refus de vente, l’abus de faiblesse ou d’ignorance des
consommateurs, les loteries publicitaires, la garantie des défauts de la chose vendue, le service
après-vente, les crédits à la consommation et les associations de protection des consommateurs
figurent également aux chapitres de cette nouvelle législation.

Pour la plupart, ces règles sont impératives, d’ordre public, que les parties ne peuvent pas écarter.
Leur inobservation est souvent frappée de sanctions civiles et pénales. Il était donc impératif que
soit précisée la date d’entrée en vigueur et les obligations de mise en conformité de ce nouveau
dispositif qui compte 206 articles.

La protection des consommateurs d’assurances et plus précisément la conclusion du contrat


d’assurance électronique a été organisée principalement par le code des assurances et
accessoirement par la loi 31-08 relative à la protection du consommateur. La réglementation telle
qu’elle découle du code des assurances actuel comporte des failles en matière de protection du
consommateur assuré. Par souci de combler cette faille et dans un souci d’harmonisation des
dispositions du code des assurances aussi bien avec la loi 31-08 précitée qu’avec les législations
Européennes, un projet d’amendement du code institue l’obligation d’information de l’assuré.

A ce principe ; la protection du consommateur d’assurance nécessite de traiter sa protection


durant la phase précontractuelle ainsi que la phase contractuelle.

57
Le consumérisme : désigne l'ensemble des doctrines, actions et organisations ayant pour objectif 27
la défense des intérêts des consommateurs. La forme la plus fréquente du consumérisme est
l'association de consommateurs. Ses actions couvrent les domaines de la protection, de l'information, de
l'éducation et le respect des droits des consommateurs.
I : les droits du souscripteur avant la conclusion du contrat

Le contrat d'assurance électronique est souvent donné comme un exemple du contrat d'adhésion.
Les contrats d’adhésion présentent cependant de nombreux dangers pour les consommateurs. En
fait, le contrat a été auparavant ; élaboré, rédigé, imprimé par l'assureur. Quant à l'assuré, il ne
fait par la suite qu'adhérer à un contrat préétabli dont il n'a pas discuté les conditions.

Il est donc nécessaire de protéger cet assuré contre les clauses abusives figurant dans son contrat.
Ainsi que l’assureur est dans l’obligation d’informer l’assuré sur toutes les données nécessaires
à la conclusion du contrat d’assurance électronique. La protection contre les clauses abusives du
contrat d'assurance conclus à distance et l’obligation d’information provient de plusieurs sources.

La source principale est le droit de la consommation et plus précisément la loi 31.08 édictant les
mesures de protection du consommateur .Cette loi ne protège que l'assuré consommateur ou non
professionnel. Dans notre chapitre, nous analysons la protection du souscripteur du contrat
d’assurance électronique contre ces clauses abusives (section1) puis nous allons traiter
l’obligation d’information du souscripteur (section 2)

1 : la protection du souscripteur contre les clauses abusives.


Il convient d’abord de commencer par la définition de la notion des clauses abusives (1) ensuite
passer à l’analyse du contenu de l’obligation de la protection contre ces clauses abusives(2).

A: Notion des clauses abusives.

La définition de la clause abusive est aujourd'hui la suivante : « Dans les contrats conclus entre
professionnels et non-professionnels ou consommateurs, sont abusives les clauses qui ont pour
objet ou pour effet de créer, au détriment du non-professionnel ou du consommateur, un
déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au contrat. » 58

Est abusive la clause qui pré redirigée par la partie la plus puissante ; crée un déséquilibre
significatif au détriment de la partie la plus faible. Peuvent être considérées comme abusives par

58 28
Farid EL BACHA La protection des consommateurs contre les clauses abusives
http://www.leconomiste.com/article/883464-la-protection-des-consommateurs-contre-les-clauses-
abusivesbripar-farid-el-bachai Par | Edition N°:3533 Le 19/05/2011
exemple des clauses exonératoires ou limitative de responsabilité ; des clauses pénales ; des
clauses attributives de compétence59.
C’est dans cet esprit que la loi 31.08 définit la clause abusive comme étant toute clause ayant
pour objet ou pour effet de créer, au détriment du consommateur, un déséquilibre significatif
entre les droits et obligations des parties au contrat60. Toutefois l’appréciation du caractère abusif
d’une clause ne porte ni sur la définition de l’objet principal du contrat ni sur l’adéquation du
prix ou de la rémunération au bien vendu ou service offert pour autant que les clauses soient
rédigées de façon claire et compréhensible61.
Cette restriction légale implique notamment le maintien de l’exclusion de la lésion comme cause
autonome de nullité des obligations. Le concept de clause abusive est, en droit des contrats,
distinct de celui de lésion qui est une différence entre le prix porté au contrat et la valeur effective
de la chose. En effet, les clauses des contrats proposés par les professionnels aux non-
professionnels et consommateurs doivent être présentées et rédigées de façon claire et
compréhensible. En cas de doute, elles s'interprètent dans le sens le plus favorable au
consommateur ou au non-professionnel62.
B : Contenu de l’obligation de la protection contre les clauses abusives

En matière de droit de la consommation, une clause est considérée comme abusive quand elle
instaure un déséquilibre manifeste entre les droits et obligations des deux parties au contrat, au
détriment du non professionnel ou du consommateur.

59 29
Jean CALAIS-AULOY, Henri TEMPLE, « Droit de la consommation», 8e éd, Paris, Dalloz, Précis,
2010, 726 pages

60
Article 15 de la loi 31.08.
61
Article 16 de la loi 31.08.
62
Jurisprudence française ; Cass. civ. I, 21 janvier 2003, n° 00-13342, une clause définissant le risque
invalidité était ambiguë de sorte qu'elle devait être interprétée dans le sens le plus favorable au
consommateur ; Cass. civ. I, 13 juillet 2006, n° 05-18104, délai d'application d'une garantie doublant le
capital assuré suite à la reconnaissance d'un état d'invalidité ; Cass. civ. I, 22 mai 2008 n° 05-21822, non-
application d'une garantie invalidité ;
En effet, la loi n°31-0863 présente une liste indicative et non exhaustive de 17 clauses pouvant
être qualifiées d’abusif tell que Prévoir un engagement ferme du consommateur, alors que
l’exécution de l’engagement du fournisseur est assujettie à une condition dont la réalisation
dépend de sa seule volonté.

Ainsi qu’autoriser le fournisseur à résilier le contrat de façon discrétionnaire, si la même faculté


n’est pas reconnue au consommateur, ainsi que de permettre au fournisseur de retenir les sommes
versées au titre de prestations non encore réalisées par lui, lorsque c’est le fournisseur lui-même
qui résilie le contrat. Sont considérés aussi des clauses abusives les clauses permettant d’autoriser
au fournisseur à modifier unilatéralement les termes du contrat sans raison valable et spécifiée
dans le contrat et sans en informer le consommateur ainsi d’obliger le consommateur à exécuter
ses obligations, alors même que le fournisseur n’exécuterait pas les siennes. Par conséquent, les
clauses présumées abusives, à charge de preuve contraire par le professionnel64. La liste est donc
limitative et le juge pourra toujours considérer une clause abusive même si elle ne figure pas
parmi les 17 clauses de la liste indicative légale.

Certes, la pratique démontre justement que malgré l’existence d’un arsenal juridique spécial
régissant toutes les mesures de protection du consommateur contre ces clause abusives , certains
professionnels n’ont pas observé la volonté du législateur, qui a imposé des règles d’ordre public
aux contractants, dont le but est de protéger la partie la plus faible, qui n’a pas le droit de discuter
ou de négocier les clauses imposées. Certaines clauses contractuelles insérées dans les contrats
d’assurance électronique procurent un avantage excessif au professionnel, en raison de sa
puissance économique, impliquent un rapport de force et attestent un déséquilibre significatif,
d’où découle une situation d’inégalité et une atteinte permanente à la stabilité de l’engagement
des parties. Le souscripteur d’assurance pourra aujourd’hui invoquer le caractère abusif de la
clause contractuelle et le professionnel devra rapporter la preuve contraire. Il devra ainsi
démontrer l’absence de déséquilibre entre les droits et obligations des parties. Conformément
aux dispositions l’article 18 de la loi n° 31-08 et contrairement aux stipulations du D.O.C65, la

63
La loi n° 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur (Promulgué par Dahir n° 1-11-03 du 14 30

rabii I 1432 (18 février 2011)).


64
Article 18 de la loi 31.08.
65
Code des obligations et des contrats (promulgué par Dahir du 9 ramadan 1331 (12 août 1913) tel que
modifié par la loi N° 53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques).
charge de la preuve du caractère non abusif incombe au professionnel et non au consommateur,
en cas de litige de consommation.

Conformément aux dispositions de l’article 19 de cette loi, "sont nulles et de nul effet les clauses
abusives contenues dans les contrats conclus entre fournisseur et consommateur. Cependant, le
contrat restera applicable dans toutes ses dispositions autres que celles jugées abusives s’il peut
subsister sans lesdites clauses. Cette possibilité est originale car traditionnellement le contrat basé
sur une volonté altérée était frappée de nullité dans sa globalité. Cette sanction classique de la
nullité de tout le contrat était inopportun; le consommateur a besoin du contrat mais ne veut pas
se voir imposer des clauses léonines66.

Il convient de noter que la loi a mis l’accent sur la nécessité de la rédaction des conditions et
modalités du contrat d’une manière claire et explicite, pour permettre au souscripteur d’être au
67
courant de toutes ses obligations contractuelles. Il est à noter que la loi 31-08 et ses décrets
d’application ont facilité le travail des juges marocains, qui résorbent de plus en plus le
déséquilibre qui existe dans la relation contractuelle entre les consommateurs et les
68
professionnels. Indépendamment du principe juridique "Le contrat est la loi des parties" et
voulant protéger la partie faible dans la relation contractuelle et sans préjudice des règles
d’interprétation prévues aux articles 461 aux 477 du D.O.C69 et à l’article 264 ou encore à l’article
878 du D.O.C, le législateur marocain est intervenu en vertu de l’article 16 de la loi, en accordant
au juge un pouvoir d’appréciation très large, en se référant au moment de la conclusion du contrat
à toutes les circonstances qui entrent dans sa conclusion, pour déterminer le déséquilibre entre
les droits et obligations des parties. Toutefois, en cas de doute sur le sens d’une clause qui manque
de clarté et de transparence, l’interprétation la plus favorable au consommateur prévaut70.

66
Farid El BACHA ; « La protection des consommateurs contre les clauses abusives » Edition N°:3533 31
Le 19/05/2011 ; http://www.leconomiste.com/article/883464-la-protection-des-consommateurs-contre-
les-clauses-abusivesbripar-farid-el-bacha
67
La loi n° 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur (Promulgué par Dahir n° 1-11-03 du 14 rabii
I 1432 (18 février 2011)).
68
Article 230 du D.O.C
69
Code des obligations et des contrats (promulgué par Dahir du 9 ramadan 1331 (12 août 1913) tel que
modifié par la loi N° 53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques).
70
M. ZNAIDI Zakaria, « Droit-du-consommateur-les-clauses-abusives-dans-les-contrats-de-credit»,
Medias24, 7 avril 2016.
De quelques pratiques commerciales abusives le cas de l’assurance de prêt immobilier est un
contrat qui couvre l’emprunteur en cas de décès, d’invalidité et d’incapacité. Autant de risques
de santé qui pourraient vous empêcher d’assumer le remboursement de votre prêt jusqu’à son
terme et mettre en péril votre projet de vie. Bien que non obligatoire, la souscription d’un tel
contrat est une condition indispensable à l’obtention d’un prêt immobilier. L’assurance de prêt
est un élément clé de protection à la fois : pour l’emprunteur et sa famille, puisque le bien acheté
est conservé et la dette n’est pas transmise aux héritiers en cas de décès, pour l’organisme prêteur,
puisque les fonds prêtés sont remboursés71.

Dans la pratique, ces contrats d’assurances, commercialisés directement par les organismes de
crédits via leur réseau sont toujours sources d’abus, d’insatisfaction et de litiges entre le trio
souscripteur (banque)/assureur et assuré. La pratique des ventes liées est particulièrement
courante, chez les banques, en matière de prêts immobiliers. Si la loi précitée prévoit la possibilité
pour un préteur, dans le cadre d’un crédit immobilier de lier l’octroi du prêt à une adhésion à une
assurance souscrite en vue de garantir le remboursement du prêt ; cette possibilité est néanmoins
encadrée par des obligations relatives à l’information et à l’agrément de l’assuré72. En vigueur
depuis Mars 2011, la loi précitée avait pour but de protéger les consommateurs en leur laissant
le libre choix de leur assurance de prêt, mais cette liberté n’est pas explicitée par ce texte.

En fait, aucun choix n’est laissé à l’assuré, car la banque proposait systématiquement son
assurance «maison». Un «contrat groupe», négocié avec une compagnie d’assurance et basé sur
la mutualisation des risques. Résultat, un tarif unique pour tous, sans distinction d’âge. Pire,
aucune information n ‘est fournie au client ni au sujet des garanties souscrites, ni du mode de
calcul de la prime d’assurance que lui applique la banque. L’abus bat son comble lorsqu’on
constate que celle-ci ne lui remet même pas son contrat d’assurance. Quid encore de l’obligation
d’information et du devoir de conseil imposés par la loi précitée, lorsqu’on constate que les
chargés de vente de ces produits, au niveau des guichets bancaires, ne disposent pas, dans la
plupart des cas, d’un minimum de formation en assurances pour fournir ce genre de prestations
à la clientèle.

71 32
Farid EL BACHA La protection des consommateurs contre les clauses abusives
http://www.leconomiste.com/article/883464-la-protection-des-consommateurs-contre-les-clauses-
abusivesbripar-farid-el-bachai Par | Edition N°:3533 Le 19/05/2011
72
Art. 113 de la loi 31-08
Il faut noter, qu’en France, par exemple, la donne a changé depuis le 1er septembre 2010. En
effet, la loi 2010-737 portant réforme du crédit à la consommation, comportant des dispositions
sur le crédit immobilier, permet à l’emprunteur de souscrire, auprès de la compagnie de son
choix, un contrat d’assurance présentant un niveau de garantie équivalent à celui proposé par la
banque (autrement dit : une délégation d’assurance). La loi oblige aussi la banque à justifier par
écrit d’un éventuel refus et lui interdit de modifier les conditions de taux du prêt prévues dans
l’offre en contrepartie de son acceptation d’un contrat d’assurance autre que celui qu’elle
propose.

Pour les offres de prêts à la consommation qui sont émises à compter du 1er mai 2011, si
l’assurance est exigée par le prêteur pour obtenir le financement, le contrat de crédit devra
rappeler que l’emprunteur peut souscrire une assurance équivalente auprès de l’assureur de son
choix73. Concrètement, les banques, à garanties égales, n’ont plus la possibilité de refuser une
délégation d’assurance. Cette mesure s’avère surtout avantageuse pour des personnes jeunes, en
bonne santé, qui peuvent (ou qui veulent) faire jouer la concurrence et négocier des primes moins
élevé.

Ainsi le risque d’arnaque du consommateur assuré est réel lors de l’achat d’un produit
d’assurance par la vente à distance. Il est difficile parfois de s’assurer d’un consentement éclairé
du souscripteur via internet. Là, même si le chapitre 2 de la loi 31-08 encadre bien cette vente à
distance en l’entourant d’un maximum de précautions et de protection pour l’assuré depuis le
début de la souscription, jusqu’à l’exécution finale de la prestation, les risques de pratiques
commerciales déloyales à travers les ventes sur internet existent et les exemples de tromperies
dont font l’objet de nombreux clients passant par internet font légion, et nous incitent à la
prudence74.

2 : le droit d’information du souscripteur.


Le souscripteur du contrat d’assurance électronique a le droit d’être informer avant la conclusion
du contrat de toutes les données nécessaires liées au contrat. Cette obligation d’information
incombe au cybercommerçant qui est en l’occurrence l’assureur. Donc ; deux aspects méritent

73
Article L311-19 du code de la consommation 33
74
ALAMI Abdelfettah, « QUELLE PROTECTION POUR LE CONSOMMATEUR ASSURE ? »,
Challenge, N° 31554, 2014.
d’être analysés premièrement la portée de l’obligation d’information (1) deuxièmement le
contenu de cette obligation (2).

A : Portée de l’obligation d’information

Il apparait important de traiter en premier lieu la définition d’une obligation d’information(1)


ensuite aborder le cadre légale de cette obligation(2).

a-Définition de l’obligation d’information

Le législateur marocain n’a pas apporté aucune définition à l’obligation d’information dans le
domaine de vente traditionnelle comme dans le commerce électronique, de ce fait la recherche
d’une définition doctrinale s’impose. L’obligation d’information peut être définie comme étant
« une obligation précontractuelle, qui concerne l’obligation d’un contractant de fournir, avant
la conclusion du contrat, à l’autre contractant, les données nécessaires pour former un
consentement parfait et éclairé, en lui permettant de connaitre tous les détails du contrat ».

Concernant l’obligation d’information dans le contrat d’assurance électronique peut être définie
comme suit : « une obligation qui anticipe la conclusion du contrat électronique, concernant
l’obligation de fournisseur d’informer et d’éclairé le consommateur des informations sur tous
qui est en rapport avec l’opération de vente via le réseau internet ou autre moyen électronique,
afin d’éclairé le consommateur, en lui permettant de prendre sa décision qui lui semble adéquate
à la lumière de son besoin et de son but de la conclusion du contrat électronique ».

Il ressort de ces définitions que l’obligation d’information est une obligation imposée au
professionnel, dans la phase précontractuelle, afin de permettre au consommateur d’être éclairé
sur le bien ou le service à acheter et sur les autres clauses du contrat. Alors, il s’agit d’un
formalisme informatif qui vise la protection du consommateur, son but est de porter à la
connaissance du cocontractant diverses informations, pour un consentement éclairé.

L’idée de l’obligation d’information est donc claire, mais la loi ne précise pas comment
concrétiser ces obligations d’informations. Dans la pratique, dans un contrat d’assurance
électronique ces informations sont à trouver sur le site web des entreprises d’assurance sur la
page d’accueil dans « les conditions générale de fourniture des services » ou dans des autres
rubriques comme : « informations légales », « vos informations personnelles »… etc. Dans
lesquelles on trouve tous les informations exigées par la loi.

34
Par conséquence, l’obligation d’information est un élément axial dans la protection de
consommateur et surtout dans le domaine d’assurance électronique où le consentement du
cyberconsommateur est difficile à éclairer. C’est pour cela que toutes les législations en matière
de protection du consommateur essaient de mettre l’accent sur cette obligation, de même le
législateur marocain a doté l’obligation d’information d’un cadre légal important75.

b-Cadre légal de l’obligation d’information

Avec l’entré en vigueur de la loi 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur en
2O11, le cadre légal de l’obligation d’information s’est renforcé. Ainsi, le législateur a édicté le
droit d’information dans le préambule de cette loi en tant que premier droit fondamental en
matière de protection du consommateur.

De plus, le législateur considère le droit d’information du consommateur comme le premier


objectif de la loi 31-08 qui précise dans son article premier : « La présente loi a pour objet
d’assurer l’information appropriée et claire du consommateur sur les produits, biens ou services
qu’il acquiert ou utilise … », ainsi qu’il consacre le deuxième titre de cette loi à l’information du
consommateur.

En effet, l’information du consommateur est une obligation incombant au fournisseur, et tout


vice au défaut de cette information affecte négativement l’élément du consentement du
consommateur ce qui peut engendrer la nullité du contrat.

c: Contenu de l’obligation d’information.

Le souscripteur a intérêt avant la conclusion du contrat d’assurance électronique à connaitre des


informations relatives à l’auteur de l’offre, dans le cadre de notre étude l’entreprise d’assurance
(A), des informations relatives à l’objet du contrat et aux divers conditions contractuelles (B) et
enfin en cas de non-respect de l’obligation d’information du régime applicable (C).

A. Informations relatives à l’identification du cybercommerçant

L’identification du cybercommerçant joue un rôle important dans l’instauration d’une confiance


entre le souscripteur en matière d’assurance électronique, contrairement au contrat assurance

75
Abdelouahed OUABA ; « La protection du consommateur dans les contrats de vente à distance à travers 35
l’obligation d’information » ; http://juridika.net/droit-civil/procedure-civile/la-protection-du-
consommateur-dans-les-contrats-de-vente-a-distance-a-travers-l-obligation-d-information-t83.html
traditionnel où il y a une connaissance du commerçant qui se présente lui-même à l’acheteur. En
plus, l’identification du cybercommerçant constitue une protection pour le l’assuré car il lui
permet de connaitre avec qui il contracte, et à qui peut adresser une réclamation éventuelle.

Le législateur marocain a bien saisi l’importance de l’identification du cybercommerçant dans la


protection du cyberconsommateur, et il a exigé l’identification de chaque auteur d’une offre du
contrat de vente à distance dans l’article 29 de la loi 31-08 qui prévoit : « (…) l’offre de contrat
de vente à distance doit comporter les informations suivantes : (…) Concernant le cyber
commerçant : « s’il est assujetti aux formalités de l’inscription au registre de commerce, son
numéro d’immatriculation et le capital de la société ; s’il appartient à une profession
réglementée, la référence des règles professionnelles applicables, sa qualité professionnelle, le
pays où il a obtenu cette qualité ainsi que le nom de l’ordre ou l’organisation professionnelle où
il est inscrit… ».

Il ressort donc de cet article que la loi 31-08 impose aux entreprises d’assurance en ligne une
obligation d’information relative à leur identité et à leur profession, ainsi ces informations
peuvent éclairer le cyberconsommateur avant la conclusion du contrat en lui permettant de
connaitre avec qui il contracte. En outre, en cas de litige entre le fournisseur et le souscripteur
relative à la communication de ces informations, la preuve incombe au fournisseur, c’est donc
au fournisseur qui doit prouver qu’il a informé le l’assuré de toutes ces informations obligatoires.

Dans ce sens, Il résulte de l’article 31 de la loi 31.08 que le législateur vise à renforcer l’obligation
d’information édictée dans l’article 29 relative à l’identité du fournisseur à distance, et de ne pas
laisser aucune possibilité à celui-ci , utilisant le téléphone ou une autre technique de
communication à distance, d’échapper à cette obligation en se basant par exemple sur le fait qu’il
ne peut pas afficher les informations relatives à leur identité parce qu’il ne possède pas d’un site
web76.

Concernant le mode de communication de ces informations à l’assuré, l’article 29 al.2 précise


qu’ils sont communiqués par tout de manière claire et compréhensible par tout moyen adapté à
la technique de communication utilisée. On peut dire que le législateur n’a pas déterminé de
manière précise comment ces informations doivent être communiqué au souscripteur, devant
cette imprécision la rédaction d’une notice légale figurant sur la page d’accueil de site web de

76
l’article 31 de la loi 31.08 dispose que : « Sans préjudice des dispositions de l’article 29, le 36
fournisseur doit, s’il s’agit d’une vente à distance, utilisant le téléphone ou n’importe quelle autre
technique de communication à distance, indiquer expressément au début de la conversation avec le
consommateur, son identité et l’objet commercial de la communication ».
l’assureur peut être considérer comme un bon moyen de communication des informations
obligatoires au cyberconsommateur.

Enfin il est incontestable que les informations relatives à l’identité de l’auteur de l’offre sont
importantes, mais elles ne sont pas les seules informations que le fournisseur doit communiquer
au souscripteur.

B. Informations relatives aux conditions contractuelles

Pour éclairer le consentement du souscripteur, des informations sur les conditions contractuelles
du futur contrat doivent être lui communiquer par le fournisseur d’assurance. Il s’agit des
informations qui concernent les caractéristiques essentielles du service, les informations sur la
prime à payer et les modalités de paiement, les informations sur la date et la durée du contrat, les
risques couverts, les informations sur les conditions générales du contrat d’assurance
électronique …etc.

Concernant les informations sur les caractéristiques essentielles du service offert, l’article 3 al.1
de la loi 31-08 dispose que : « Tout fournisseur doit mettre, par tout moyen approprié, le
consommateur en mesure de connaître les caractéristiques essentielles du produit, du bien ou du
service … ». Ainsi ces caractéristiques peuvent être définies comme étant : « les
caractéristiques qui déterminent le consentement du consommateur et qui permettent l’utilisation
correcte du bien ou du service », alors on peut dire que les informations relatives aux
caractéristiques du produit, du bien ou service visées à l’article précité sont celles qui vise à aider
le consommateur en ligne à construire un consentement éclairé, et à de choisir la chose la plus
adaptée à son besoin.

Concernant les informations sur la prime à payer et modalités de paiement, selon la loi 31.08 le
législateur vise l’information du souscripteur sur la prime à payer avant la conclusion du contrat,
car la prime constitue un élément essentiel dans la détermination du consentement de l’assuré.

Ainsi le législateur donne au fournisseur la liberté de choisir le procédé approprié pour exercer
cette information, donc peu importe le procédé utilisé, l’essentiel c’est d’informer le souscripteur
sur la prime. Quant aux modalités de paiement dans le contrat conclus à distance, le législateur

37
marocain impose une obligation d’information préalable à cette égard et que le l’opération de
paiement doit être soumise à la législation en vigueur et être sécurisé77.

Concernant les informations relatives aux conditions générales appelées aussi conditions
générales d’utilisation, elles ont pour but de définir les droits et obligations de chaque partie.
C’est le fournisseur qui rédige les conditions générales des opérations ventes mais ça ne veut
dire qu’il peut y insérer des conditions loyales plus avantageuses pour lui telles que les
dispositions du droit commun, les dispositions insérées dans les conditions générales de vente ne
peuvent pas priver le consommateur de ses droits issus du droit de la consommation.

Dans les contrats d’assurance électronique, l’information du souscripteur a pour objet les
éléments précisés exhaustivement dans l’article 29 de la loi 31-08. Ainsi qu’une confirmation de
ces informations est imposée au fournisseur. Il s’agit d’un principe édicté par l’article 32 de la
même loi.78

En matière de publicité, les professionnels sont tentés de présenter de manière très favorable leurs
produits. L’équilibre entre publicité efficace et juste information du client est alors délicat à
trouver dans la mesure où assureurs et intermédiaires d’assurances doivent élaborer des stratégies
pour promouvoir leurs produits tout en respectant les nombreuses règles de protection de la
clientèle. Afin de permettre au consommateur de choisir le contrat qui correspond le mieux à ses
besoins, la diffusion d’une information loyale, complète et claire est indispensable. En vue
d’atteindre cet objectif, tous supports publicitaires, pouvant être exploités par les assureurs en
vue de promouvoir un contrat d’assurance, sont soumis à un ensemble de règles protectrices du
la loi 31-0879.

77
L’article 3 al.2 de la loi 31-08 dispose que : « A cet effet, tout fournisseur doit notamment par voie de
marquage, d’étiquetage, d’affichage ou par tout autre procédé approprié, informer le consommateur sur 38

les prix des produits et biens et tarifs des services … ».


78
L’article 32 dispose : « Le consommateur doit recevoir, par écrit ou sur un autre support durable à sa
disposition, en temps utile et au plus tard au moment de la livraison : La confirmation des informations
mentionnées aux articles 3, 5 et 29, à moins que le fournisseur n’ait satisfait à cette obligation avant la
conclusion du contrat … ».
79
Société d’avocat ; L’assurance vie entre publicité et juste information ;
https://www.granrut.com/Assurance-vie-publicite-information-controle-sanctions.html
L’obligation d’information s’avère donc très encadrée par le législateur marocain vu son
importance, mais il faut s’interroger sur l’existence des garanties pour souscripteur en cas de
non-respect de cette obligation par le professionnel.

C. Sanction du non-respect de l’obligation d’information

Sur le plan civil, les textes relatifs aux différentes obligations d’information ne sont pas assortis
de sanctions civiles spécifiques, mais l’existence de cette obligation permet au juge de prononcer
la nullité du contrat en se basant sur le fondement de l’erreur ou celui du dol, notamment la
réticence.

En outre la jurisprudence française va plus loin en considérant que cette obligation d’information
est de nature contractuelle et non précontractuelle, en se basant sur le motif selon lequel cette
obligation se rattache à l’obligation de loyauté et de bonne foi qui existe au stade de l’exécution
du contrat. Par conséquence, si en considère que l’obligation d’information est une obligation
contractuelle, l’inexécution de cette obligation donne lieu à des dommages-intérêt au profit du
souscripteur.

Sur le plan pénal, une gamme de sanctions est prévue par la loi 31-08 pour l’inexécution de
l’obligation d’information. Ainsi, l’article 173 de cette loi prévoit pour toutes les infractions qui
sont liées au titre II (relative à l’obligation d’information) de la loi 31-08 et les textes pris pour
son application, une répression par une amende de 2000 à 5000 dirhams.

En ce qui concerne l’obligation d’information édictée dans les articles 29, 30 et 32 pour les
contrats à distance, tel que le contrat d’assurance électronique ; l’article 177 de la loi 31-08
précise que : « Les infractions aux dispositions des articles 29, 30 et 32 sont punies d’une amende
de 1.200 à 10.000 dirhams. En cas de récidive, l’amende est portée au double ... ».

Par conséquence, il est donc évident que le législateur marocain a accordé une importance à cette
obligation d’information, en édictant un cadre légal complet et en assotant l’obligation
d’information par des sanctions pénales qui peuvent garantir sans respect par les fournisseurs des
biens et services en général, et les cybercommerçants particulièrement. Certes l’obligation

39
d’information constitue un élément axial dans la protection du cyberconsommateur, mais elle
n’est pas la seule mesure édictée par le législateur dans ce sens80.

II : les droits du consommateur durant l’exécution du contrat d'assurance


électronique
La formation du contrat d’assurance électronique pose de nombreux problèmes juridiques
notamment ceux durant la formation du contrat .la protection du cyberconsommateur se trouve
renforcée, l’assuré bénéficie d’un droit de rétractation lui permettant à renoncer au contrat dans
un certain délai fixé par la loi. Ainsi que l’assureur est dans l’obligation de préserver les données
personnelles fournies par l’assuré afin de favoriser un climat de confiance entre les parties du
contrat.

1 : le droit de rétractation du consommateur du contrat d'assurance


électronique
Il convient de traiter en premier lieu la notion du droit de rétractation avant d’analyser en
deuxième lieu l’exercice de ce droit par le consommateur.

A : Notion du droit de rétractation

On cherchera une définition du droit de rétractation (a), avant de se pencher sur ses objectifs (b)
et en fin son champ d’application (c).
a) Définition du droit de rétractation

Le droit de rétractation n’a pas fait l’objet d’aucune définition législative, en effet la recherche
d’une définition doctrinale s’impose. En parcourant les études et recherches sur le droit de
rétractation, on constate tout d’abord qu’il existe une diversité linguistique dans ce droit, parfois
appelé droit de rétraction, parfois droit de renonciation, droit de repentir …etc.
Une partie de la doctrine définie le droit de rétractation comme étant le fait de revenir, en vue
d’en détruire les effets juridiques, sur un acte qu’on avait volontairement accompli.
D’autres le définir comme la faculté reconnue par la loi à l’une des parties au contrat de revenir
de manière discrétionnaire, sur le consentement qu’elle a fourni lors de la conclusion du contrat.

80 40
Abdelouahed OUABA ; « La protection du consommateur dans les contrats de vente à distance à travers
l’obligation d’information » ; http://juridika.net/droit-civil/procedure-civile/la-protection-du-
consommateur-dans-les-contrats-de-vente-a-distance-a-travers-l-obligation-d-information-t83.html
Une autre définition plus étroite considère le droit de rétraction comme étant un droit pour le
consommateur de disposer, en vertu de la loi et pour certains contrats déterminés, de la possibilité
de se rétracter, dans un certain délai, sans avoir à donner de motif .
Il ressort de toutes ces définitions qu’il existe une unanimité sur l’effet de droit de rétractation
qui est de revenir sur le contrat et de permettre au souscripteur à résilier le contrat.

b) Objectifs du droit de rétraction

Le développement des nouvelles technologies d’information et de communication est


accompagné par un développement des techniques utilisées dans le domaine d’assurance
électronique, tels que les publicités en ligne dont dispose les sociétés d’assurance. Ce qui peut
affecter le consentement du souscripteur avant la conclusion du contrat, soit par son ignorance
des clauses du contrat ou même par ce que le service peut apparaitre autrement sur la technique
de communication à distance utilisée. C’est pour cette raison que la protection du consommateur
nécessite d’octroyer à ce dernier un droit de rétractation, qui va lui permettre de résilier le contrat
s’il n’est pas satisfait.
Certes le souscripteur dispose de plusieurs possibilités qui lui permettent de résilier le contrat
conformément au droit des obligations et des contrats D.O.C en se basant sur des mécanismes
tels que le dol, les vices de consentement …etc., mais ces mécanismes sont insuffisants pour
assurer une meilleure protection du souscripteur surtout dans les contrats de conclus à distance,
c’est pour cela que ce droit de rétractation est instauré.
En outre ce droit vise principalement la protection de l’assuré en lui permettant de disposer d’un
délai de réflexion sur le contrat, car il peut être trompé dans les transactions de fourniture des
services et surtout dans les contrats à distance.
Le droit de rétractation est donc justifié sur la nécessité d’une protection du cyberconsommateur,
mais il ne faut pas oublier que le fournisseur peut être lésé par ce droit.

c) Champ d’application du droit de rétractation

Le législateur marocain, comme toutes les législations comparées, a réservé ce droit à des types
spéciaux des contrats. La loi 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur stipule
que le consommateur a le droit de se rétracter dans trois cas de figures : le contrat conclu à
distance tel que les contrats d’assurance électronique, le démarchage, le contrat de crédit.

41
En matière des assurances électroniques, le contrat d’assurance peut porter sur des services
numériques qui sont considérés comme vendus au moment où le téléchargement commence, ces
services ne sont pas concernés par le droit de rétractation qu’à une seule condition : que le
téléchargement n’ait justement pas débuté.
Par conséquence, le législateur marocain a donc instauré un droit fondamental au profit des
cyberconsommateurs, c’est le droit de rétractation qui est donc justifié sur son but de permettre
à l’assuré de réfléchir et d’éclairer son consentement.

B: Exercice du droit de rétractation.

On étudiera dans cet élément les délais d’exercice du droit de rétractation (A), les modalités de
son exercice, (B), et enfin les effets du droit de rétractation (C).

a) Délai de rétractation

L’article 36 de la loi 31-08 est claire concernant le délai du droit de rétraction, il dispose que le
consommateur dispose d’un délai de sept jours pour exercer son droit de rétractation (…) sans
avoir à se justifier, ni à payer des pénalités, à l’exception, le cas échéant, des frais de retour. Les
délais mentionnés à l’alinéa précédent courent à compter de la date de réception du bien ou de
l’acceptation de l’offre pour les prestations de services.
Le même article ajoute que de trente jours pour exercer son droit de rétractation, si le fournisseur
n’honore pas son engagement de confirmer par écrit les informations prévues dans les articles
29 et 32. Cette dernière disposition vise à protéger le cyberconsommateur non informé sur
certaines informations. Le délai d’exercice du droit de rétractation est porté à trente jours
lorsque le fournisseur ne se comporter pas vigilant et n’honore pas cette obligation d’information.
Alors le délai de rétraction normale est de 7 jours à compter, soit à partir de la date de fourniture
du service, soit à partir de la date de l’acceptation de l’offre (conclusion du contrat) pour les
services. En revanche, le législateur français a porté ce délai de rétractation de 7 jours à 14
jours après la transposition de la directive européenne .81.

81 42
La directive européenne n° 2011/83/UE
b) Modalités d’exercice du droit de rétractation

Tout d’abord, l’exercice du droit de rétractation est gratuit, à l’exception des frais de retour, pour
le cyberconsommateur, il s’agit d’une garantie pour l’exercice de droit de rétractation et d’assurer
même l’objectif derrière ce droit. C’est la gratuité d’exercice de droit de rétractation qui le
distingue d’autres facultés telle que la faculté de dédit.
Quant aux modalités d’exercice, la loi 31-08 a resté silencieuse sur la manière dont le
cyberconsommateur doit exercer son droit de rétractation. La même chose pour le législateur
français, mais la directive européenne a prévu une nouveauté dans ce sens, elle prévoit un modèle
formulaire de rétractation devant être mis à la disposition du cyberconsommateur par le
professionnel lors de la conclusion d’un contrat à distance.
Généralement le cyberconsommateur exerce ce droit sans recours à la justice et sans le
consentement du professionnel. En effet, pour garantir une protection du consommateur, celui-
ci doit choisir un mode d’exercice de ce droit qui en assure de prouver qu’il a bien respecté le
délai de rétractation, comme de choisir par exemple : envoi en recommandé avec accusé de
réception, par poste …etc. En matière de preuve, le législateur marocain ne prévoit pas à qui
incombe la préparation de la preuve du respect de délai de droit de rétractation, par contre le
législateur français a met la charge de la preuve sur le cyberconsommateur.
Enfin malgré l’inexistence d’une règle contraignante, sur le plan pratique, le professionnel pour
satisfaire à cette obligation de permettre au cyberconsommateur d’exercer son droit de
rétractation, met en place un système de formulaire détachable qui sera rempli, signé et renvoyé
à l’adresse du fournisseur. Quel que soit le mode d’exercice de ce droit, après avoir été exercé, il
produit certains effets à l’égard des deux parties.

c) effets du droit de rétractation

Lorsque le consommateur exerce son droit de rétractation, l’assureur est tenu de le rembourser
sans délai et au plus tard dans les trente jours, car passé ce délai, la somme due sera productive
d’intérêts au taux légaux en vigueur. Cet effet est édicté par l’article 37 de la loi 31-0882 .Dans la
pratique, le législateur a visé la restitution du prix payé par le consommateur. En cas de refus du

82
l’article 37 de la loi 31-08 qui stipule : « Lorsque le droit de rétractation est exercé, le fournisseur est 43
tenu de rembourser, sans délai, au consommateur le montant total payé et au plus tard dans les 15 jours
suivant la date à laquelle ce droit a été exercé. Au-delà, la somme due est, de plein droit, productive
d’intérêts au taux légal en vigueur ».
fournisseur de rembourser le consommateur, est puni d’une amende de 1.200 à 50.000 dirhams,
et en cas de récidive cette amende est portée au double.
En outre le droit de rétractation a des effets positifs car il permet le développement des
transactions électroniques et surtout les transactions transnationales, et il permet de mettre fin
aux litiges entre les parties au contrat, ce qui est généralement au profit du professionnel, mais
ça ne veut dire qu’il n’a pas d’effet négatif.
A l’égard du consommateur, le droit de rétractation produit certains effets positifs, tels que : la
participation du cyberconsommateur dans la prise de décision, le renforcement de son accès à la
justice contractuelle.
Par conséquence, le droit de rétractation c’est une faculté octroyée au consommateur et surtout
le cyberconsommateur tendant à le protéger en cas de son non satisfaction par le produit ou
service demandé. Enfin, le droit de rétractation affecte profondément la relation contractuelle en
produisant certains effets à l’égard des parties.83

2 : la protection des données personnelles du consommateur du contrat


d'assurance électronique
On étudiera dans cet élément le champ d’application (1), les droits des personnes concernées (2),
et enfin les obligations des responsables de traitement (3).

1 : Le Champ d’application

La loi 08-09 définit les données à caractère personnel comme étant toute information, de quelque
nature qu’elle soit et indépendamment de son support, y compris le son et l’image, concernant
une personne physique identifiée ou identifiable dénommée par la loi « personne concernée ».
Elle s’applique aux données à caractère personnel, automatisé en tout ou en partie mais également
aux données traitées permettant d’identifier une personne dans des fichiers manuels.

Une personne est identifiable par son nom, son prénom, son adresse, son numéro de Carte
Nationale, sa photographie, son courriel, son empreinte digitale, son relevé d’identité bancaire,
en somme par toute information qui constitue une donnée à caractère personnel. Le traitement de

83
Abdelouahed OUABI ; « la protection du consommateur dans les contrats de vente à travers le droit 44

de rétractation » ; http://www.droitetentreprise.com/la-protection-du-consommateur-dans-les-contrats-
de-vente-a-distance-a-travers-le-droit-de-retractation/
ses données peut constituer un danger pour les citoyens lorsque leurs données personnelles sont
divulguées à une tierce personne, et afin de protéger les citoyens la loi 09-08 est entrée en vigueur
et a mis en place un cadre juridique réglementant la matière.

Est considéré comme étant un traitement à caractère personnel toute opération ou ensemble
d’opération automatisées ou non servant à la collecte, l’enregistrement, l’organisation, la
conservation, l’adaptation ou la modification, l’extraction, la consultation, l’utilisation, la
communication par transmission, la diffusion ou toute autre forme de mise à disposition, le
rapprochement ou l’interconnexion, ainsi que le verrouillage, l’effacement ou la destruction des
données à caractère personnel.

Est considéré comme un responsable du traitement non seulement les personnes physiques ou
morales marocaines dont le responsable exerce une activité sur le territoire marocain, mais
s’étend également aux entreprises étrangères qui entretiennent des relations d’affaires avec leurs
homologues marocaines ou qui échangent des données avec leurs filiales ou leurs maisons mères
marocaines, tout en utilisant des moyens situés sur le territoire marocain. Il s’agit ainsi de créer
des conditions favorables au développement de l’offshoring et des délocalisations.

Toutefois, le champ d’application de cette loi exclut les données relatives à l’exercice d’activités
personnelles ou domestiques, celles obtenues au service de la Défense nationale et de la Sûreté
intérieure et extérieure de l’Etat, ou encore celles obtenue dans le cadre du traitement effectué en
application d’une législation particulière.

Ainsi Suite à la promulgation de la loi 09-08 relative à la protection des personnes physiques à
l’égard du traitement des données à caractère personnel, une Commission Nationale de contrôle
de la Protection des Données à caractère personnel a été créé le 30 août 2010 . Elle veille à ce
que l’informatique ne porte pas atteinte à l’identité, aux droits et aux libertés collectives ou
individuelles de l’Homme et au respect des secrets de la vie privée des citoyens.

2 : Les droits des personnes concernées

Tel que prévu par l’article 4 de la loi 09-08, la communication des données à caractère personnel
à un tiers nécessite indubitablement le consentement préalable de la personne concernée.
L’article premier de la loi définit le consentement de la personne concernée comme étant toute
manifestation de la volonté, libre, spécifique et informée, par laquelle la personne concernée
accepte que les données à caractère personnel la concernant fassent l’objet d’un traitement.

45
Cela dit la loi a émis une réserve quant à cette obligation en permettant aux responsables de
divulguer certaines données, lorsque le traitement est nécessaire au respect d’une obligation
légale à laquelle est soumise la personne concernée ou le responsable du traitement, ou encore
lorsqu’il s’agit de l’exécution d’un contrat auquel la personne concernée est partie. Cette réserve
s’étend également à l’exécution d’une mission d’intérêt public ou relevant de l’exercice de
l’autorité publique dont est investi le responsable du traitement ou le tiers auquel les données
sont communiquées. Abstraction faite de ses situations, les responsables du traitement sont tenus
d’attendre que la personne concernée ait consentie à la communication de ses données
personnelles, à moins que cette dernière soit dans l’impossibilité physique ou juridique,
d’exprimer son consentement.

La loi reconnaît également aux personnes concernées certains droits, à savoir : le droit à
l’information lors de la collecte des données, il constitue une garantie de collecte transparente et
loyale des données à caractère personnel. Prévue par l’article 5 de la loi 09-08 concerne
l’information préalable de toute personne de manière précise, expresse et non équivoque de
l’utilisation ou du stockage de données informatisées la concernant. Cette même personne doit
également être informée sur l’organisme qui effectue la collecte d’information mais aussi sur les
destinataires ou les catégories de destinataires. D’autant plus, lorsque la personne concernée
répond à des questionnaires, il doit être porté à sa connaissance si la réponse à telle ou telle
question est obligatoire ou facultative.

Toutefois, il existe des limites au droit d’information et notamment lorsque les informations sont
traitées à des fins de statistiques, historiques ou scientifiques, dans ce cas le responsable de
traitement doit en informer la commission et lui présenter les motifs de l’impossibilité
d’information.

Par ailleurs, le droit de l’information n’est pas applicable aux données dont la collecte est
essentielle à la défense nationale, la sûreté intérieure ou extérieure de l’Etat, à la prévention ou
répression du crime.

L’exclusion est également valable lorsque la législation prévoit expressément l’enregistrement


ou la communication des données à caractère personnel et lorsque le traitement est destiné à des
fins exclusivement journalistiques, artistiques ou littéraires. Ce droit à l’information permettra
de garantir l’exercice du droit d’accès et de rectification.

46
Le droit d’accès tel que reconnu à l’article 7 de la loi 09-08, est le droit qui permet à toute
personne d’accéder aux informations la concernant pour s’assurer de leur exactitude. Elle a le
droit d’obtenir du responsable de traitement les informations concernant les finalités du
traitement, les catégories de données sur lesquelles elle porte, et les catégories ou les catégories
de destinataires auxquels les données à caractère personnel sont communiquées. Le responsable
du traitement est tenu de délivrer ses informations aux personnes concernées lorsqu’elles le
souhaitent, mais il peut s’opposer à ce droit d’accès lorsqu’il est exercé de manière abusive. Dans
ce cas il doit en informer la Commission en apportant la preuve du caractère abusif de ces
demandes.

Le droit de rectification est un droit complémentaire du droit d’accès, en effet les personnes
peuvent demander la rectification des informations les concernant notamment lorsqu’elles sont
inexactes ou incomplètes. Le responsable du traitement est tenu de répondre à cette demande
dans un délai de dix jours, sans imposer de frais. En cas de non réponse ou de refus, la personne
peut saisir la Commission nationale, laquelle charge l’un de ses membres à mener toutes
investigations utiles et faire procéder aux rectifications nécessaires, dans les plus brefs délais84.

Le droit d’opposition tel que reconnu à l’article 9 de la loi 09-08, ne permet à toute personne
dont les données à caractère personnel font l’objet d’un traitement de s’opposer sans frais, à ce
que les données la concernant soient utilisées à des fins de prospection, notamment commerciale.

L’interdiction de la prospection commerciale : L’article 10 de la loi n° 09-08 relative à la


protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel
interdit la prospection directe au moyen d’un automate d’appel, d’un télécopieur ou d’un courrier
électronique… qui utilise les coordonnées d’une personne qui n’a pas exprimé son consentement
préalable à recevoir des prospections directes par ce moyen.

Il est également interdit de dissimuler l’identité de la personne pour le compte de laquelle la


communication est émise et de mentionner un objet sans rapport avec la prestation ou le service
proposé.

Toutefois, la prospection directe par courrier électronique est autorisée si les coordonnées du
destinataire ont été recueillies directement auprès de lui à l’occasion d’une vente ou d’une
prestation de services. Autre mesure apportée par la nouvelle loi, les abonnés peuvent dorénavant
s’opposer à ce que des données les concernant fassent l’objet d’un traitement ou soient utilisées

47
84
L’article 8 de la loi 09-08
à des fins de prospection, notamment commerciales. La possibilité d’opposition doit être
proposée de manière expresse et dénuée d’ambigüité et doit pouvoir s’effectuer sans frais
supplémentaires pour la personne.

Enfin, le principe de neutralité des effets posé par les dispositions de l’article 11 de la loi 09-08
a pour vocation d’interdire l’utilisation du traitement des données personnelles pour fonder une
décision de justice ou toute autre décision ayant des effets juridiques.

Toutefois, ce principe ne s’applique pas lorsque les décisions sont prises dans le cadre de la
conclusion ou de l’exécution d’un contrat et pour lesquelles, les personnes la personne concernée
a été mises à même de présenter ses observations.

3 : Les obligations des responsables de traitement

L’obligation primaire des responsables de traitement est de ne collecter des données à caractère
personnel que pour des finalités déterminées, dont la personne concernée est explicitement
informée. Ce dernier s’oblige à ne pas les traiter par la suite de manière incompatible avec ces
finalités. En plus de cela la loi 09-08 impose une autorisation préalable de la personne concernée
dans certains cas, et d’une déclaration préalable dans d’autres cas, et ce selon la nature des
informations collectées.

L’article 3 de la loi 09-08 dispose que les données à caractère personnel doivent être traitées
loyalement et licitement. Elles ne peuvent être collectées que pour des finalités bien déterminées
et ne peuvent être conservées que pendant la durée de la réalisation des finalités pour lesquelles
elles ont été collectées. Ce même article impose au responsable du traitement de ces données un
devoir d’exactitude et de mise à jour, à défaut les données inexactes ou incomplètes doivent être
rectifiées ou effacées.

Toutefois, le consentement préalable n’est pas exigé si le traitement est nécessaire au respect
d’une obligation légale à laquelle est soumise la personne concerné ou le responsable du
traitement, à l’exécution du contrat auquel la personne est partie, à la sauvegarde d’intérêts vitaux
de la personne concernée, à l’exécution d’une mission d’intérêt public ou relevant de l’autorité
publique, dont est investi le responsable du traitement ou le tiers auquel les données sont
communiquées, et à la réalisation de l’intérêt légitime poursuivi par le responsable du traitement

48
ou par le destinataire sous réserve de ne pas méconnaître l’intérêt ou les droits fondamentaux de
la personne concernée.

En vertu des dispositions de l’article 12 de la loi 09-08, les responsables du traitement sont
soumis à une autorisation préalable de la personne concernée lorsque les traitements concernent
les données sensibles visées à l’alinéa 3 de l’article premier. La loi entend par « données sensibles
», « les données à caractère personnel qui révèlent l’origine racial ou ethnique, les opinions
politiques, les convictions religieuses ou philosophiques ou l’appartenance syndicale, ainsi que
les données relatives à la santé de la personne concernée ».

Ils sont également soumis à ladite autorisation lorsqu’il s’agit de données portant sur les
infractions, condamnations ou mesures de sûreté, des données comportant le numéro de la carte
d’identité nationale de la personne concernée. Le traitement de ces données nécessite une
autorisation préalable de la personne concernée lorsqu’elles sont utilisées pour d’autres finalités
que celles pour lesquelles elles ont été collectées.

L’article 22 de la loi 09-08 impose aux responsables du traitement une déclaration à la


Commission Nationale lorsqu’il s’agit d’un traitement de données relatives à la santé lorsqu’il
est effectué par un praticien de la santé tenu du secret professionnel ou par toute autre personne
soumise également à une obligation de secret. Le défaut de l’autorisation et de la déclaration
préalable est sanctionné par l’article 52 de la loi.

En effet ; les responsables de traitement sont tenus en vertu des dispositions de l’article 13 de la
loi 09-08 de déposer leur engagement relatif au traitement des données conformément aux
prescriptions de la présente loi auprès de la Commission Nationale. Cette obligation doit être
exécutée préalablement à la mise en œuvre d’un traitement entièrement ou partiellement
automatisé ou d’un ensemble de tels traitements ayant une même finalité ou des finalités liées.

En vertu des dispositions de l’article 23 de la loi 09-08, le responsable du traitement est tenu de
mettre en œuvre toutes les mesures techniques et organisationnelles pour protéger les données à
caractère personnel, afin d’empêcher qu’elles soient endommagées, modifiées, ou utilisées par
un tiers non autorisé à y accéder, notamment lorsque le traitement comporte des transmissions
de données dans un réseau, ainsi que contre toute forme de traitement illicite.

D’autant plus, ce même article prévoit pour le responsable de traitement qui effectue des
traitements pour son compte de choisir un sous-traitant qui apporte des garanties suffisantes au

49
regard des mesures de sécurité technique et d’organisation relatives aux traitements à effectuer
tout en veillant au respect de ces mesures.

Le législateur a prévu un certain nombre de sanctions pour accompagner ces dispositions. Ainsi
toute personne qui commet une des infractions prévues par le chapitre VII de la loi, voit sa
responsabilité pénale engagée, peut être exposée à des amendes ou à des peines
d’emprisonnement, et ce en fonction de la gravité de l’infraction. De la sorte, le défaut du
consentement est puni par l’article 56 de la loi 09-08 qui prévoit un emprisonnement de trois
mois à un an et/ou d’une amende de 20.000 à 200.000 DH.

Le législateur est bien plus sévère concernant le défaut de consentement qui porte sur le
traitement des données à caractère personnel faisant apparaître les origines raciales ou ethniques,
les opinions politiques, les convictions religieuses ou philosophiques ou l’appartenance
syndicale, ainsi que les données relatives à la santé de la personne concernée. Il prévoit une
amende de 50.000 à 300.000 DH et/ou un emprisonnement de six mois à deux ans, à toute
personne qui procède au traitement de ces données sans le consentement de la personne
concernée. Les mêmes peines sont prévues pour le défaut de consentement concernant les
infractions, les condamnations ou les mesures de sûreté. Quant à l’autorisation et la déclaration
préalable, L’article 52 de la loi prévoit une amende de 10.000 à 100.000 DH lorsqu’elles font
défaut. Concernant le droit d’accès, de rectification et d’opposition, l’article 53 de la loi prévoit
une amende de 20.000 à 200.000 DH pour tout responsable de traitement de données à caractère
personnel qui refuse un de ces droits à la personne à laquelle ils sont reconnus et d’un
emprisonnement de trois mois à un an, pour toute personne qui ignore le droit d’opposition exercé
par la personne concernée, et utilise les données la concernant à des fins de prospection.
Lorsqu’une collecte des données à caractère personnel est effectué par un moyen frauduleux,
déloyal ou illicite, elle expose son auteur à un emprisonnement de trois mois à un an et /ou d’une
amende de 20.000 à 200.000 DH. Cette même sanction est prévue pour toute personne qui met
en œuvre un traitement à des fins autres que celles déclarées ou autorisées.

Enfin, l’article 64 de la loi 09-08 dispose que lorsque l’auteur de l’infraction est une personne
morale, les peines sont portées au double. La personne morale peut être punie de l’une des peines
suivantes : la confiscation partielle de ses biens, la confiscation prévue à l’article 89 du code
pénal, et enfin la fermeture du ou des établissements de la personne morale où l’infraction a été
commise. Le cas de récidive est prévu par l’article 65 de la loi, qui prévoit que les sanctions sont

50
portées au double lorsque l’auteur des infractions est récidiviste dans l’année qui suit la décision
de la sanction.

Enfin les assureurs sont tenus lors de la conclusion du contrat d’assurance électronique au respect
aux dispositions de la loi 09-08 et la protection des données personnelles du souscripteur85.

A titre d’exemple, la CNDP 86a ouvert une enquête sur des compagnies d’assurances après une
requête pour violation du secret médical. Dans ces recours adressés par des assurés, dans le cadre
de contrats-groupe maladie, les plaignants s’interrogent sur l’absence de confidentialité dans les
procédures de déclaration de sinistres. Dans beaucoup de situations, aucune précaution n’est prise
pour cacher la nature de la maladie mentionnée sur la première page de la feuille de soin,
l’information étant accessible tout au long du circuit de traitement : entreprise contractante-
intermédiaire-compagnie d’assurances87.

85
Soukaina BENCHAKROUN; « La loi 09-08 relative à la protection des personnes physiques à l’égard 51
du traitement des données à caractère personnel » ; http://cabinetbassamat.com/actualites/id/40795

86
La CNDP : Commission nationale de protection des données personnelles
87
L'Economiste ; Données personnelles : Les assureurs rattrapés par la CNDP ;
http://www.leconomiste.com/flash-infos/donnees-personnelles-les-assureurs-rattrapes-par-la-cndp;
2017.
CONCLUSION

A la fin de notre projet de fin d’étude sur « le contrat d’assurance électronique », nous pouvons
dire qu’au Maroc il existe un vide légale en matière d’assurance électronique ; la loi de référence
17-99 édictant code d’assurance est toujours en décalage face aux nouvelles technologies de
l’information et aux exigences du commerce électronique. Néanmoins ; la particularité de cette
activité d’assurance électronique a resté à mi-chemin entre le contrat à distance classique et le
contrat direct.

Le secteur des assurances est en pleine transformation. L’omniprésence des techniques


d’information et de communication dans la vie des consommateurs faits que le secteur
d’assurance au Maroc doit être repensée. Ainsi, le processus de conclusion du contrat d’assurance
électronique est dématérialisé, avec l’entré en vigueur de la loi 53.05 qui a donné la valeur
probante à l’écrit électronique et la signature électronique au même titre que l’assurance
classique. Toutefois ; pour pouvoir aller vers une digitalisation complète, il faudra mettre en
vigueur une réglementation propre aux contrats d’assurance électronique afin de combler les
lacunes.

En fin, il est vrai que les projets de textes spécifiques à la protection du consommateur assuré
sont, aujourd’hui dans le circuit législatif. Les évolutions en cours sont très significatives du droit
Marocain de la consommation ; elles devraient intégrer des changements importants dans les
pratiques commerciales entre assureurs et assurés et conduire, et pourquoi pas, à un « droit de
l’assurance-consommation »

52
Bibliographie

Ouvrage :

• Hicham RAHAL, Rochame TAKI, « Réflexion sur la vente à distance au Maroc :


Cas du contrat d'assurance»,1er édition, octobre 2014, 74 pages.

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• Marie DEMOULIN Tanja DE COSTER, Hervé JACQUEMIN, « pratique du


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190 pages.
• Romain V. GOLA , « Droit du commerce électronique. Guide pratique du e-
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• ANDRE Martin, « Techniques d’assurances », 3e éd, Paris, DUNOD, 2014, 239 pages.
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la-lumiere-de-la-loi-n-53-05 », Maroc droit, N° 2661, 2013.
• Charles LAVENIR, « L’e-assurance : le parcours “do it yourself” », solutions. Les
échos, N° 3991, 29 juin 2017 /mis à jour le 20 septembre 2017.

53
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augmenter l’expérience client ?», solutions. Les échos, N° 3923, 26 juin 2017 | mis à jour
le 20 septembre 2017.
• Eric A. CAPRIOLI, « la-signature-electronique-valide-aussi-en-matiere-d-assurance-
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juridiquement possible ! », argus de l’assurance, N°94427, 11 juin 2015.
• MAATOUK Jamal, « Vendre des produits d’assurance par internet. »,la vie eco , N°
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éco, 27 avril2017.
• M. ZNAIDI Zakaria, « Droit-du-consommateur-les-clauses-abusives-dans-les-contrats-
de-credit», Medias24, 7 avril 2016.
• M. ZNAIDI Zakaria, « La-protection-du-consommateur-contre-les-clauses-abusives-
inserees-dans-les-contrats-de-pret-immobilier », Maroc droit, 15 Mars 2016.

• CHENTOUF Abdel Hafid, « Un élément dans le chantier des réformes juridiques»,


Challenge, 2014.

Textes juridiques :

• Code des obligations et des contrats (promulgué par Dahir du 9 ramadan 1331 (12 août
1913) tel que modifié par la loi N° 53-05 relative à l’échange électronique de données
juridiques).

• la loi n° 09-08 relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement


des données à caractère personnel (Promulgué par Dahir n° 1-09-15 du 22 safar 1430
(18 février 2009)).
• la loi n° 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur (Promulgué par
Dahir n° 1-11-03 du 14 rabii I 1432 (18 février 2011)) .
• Dahir n°1-02-238 du 25 rejeb 1423 (3 octobre 2002) portant promulgation de la loi n° 17-
99 portant code des assurances.

54
• le circulaire n° DAPS/EA/12/19 du 09 mars 2012 relative à la fourniture à distance
d’opération d’assurance.
• Loi n° 53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques
(Promulgué par Dahir n° 1-07-129 du 19 kaada 1428, (30 novembre 2007)).
• Loi type de la CNUDCI sur le commerce électronique 1996 (UNCITRAL)
• Note de présentation du projet loi modifiant le livre IV de la loi 17-99 portant code des
assurances, relatif à la présentation des opérations d’assurances.
• Note de présentation : projet de loi relative à des mesures de protection du consommateur
• Note de présentation : projet de loi relative à l’échange électronique des données
personnelles.

Webographie :

 lelynx.f r, « Qu’est-ce qu’une assurance auto en ligne ? », www.lelynx.fr/assurance-


auto/comparaison/en-ligne .
 Lesfurets.com, « Assurance : la signature électronique est-elle juridiquement valide ? »,
9 octobre 2017, https://www.lesfurets.com/assurance/guide/la-signature-electronique-et-
les-contrats-dassurance.
 Marie DEMOULIN Tanja DE COSTER, Hervé JACQUEMIN, « pratique du commerce
électronique»,Bruylant, « InformatiqueHYPERLINK"https://www.fnac.com/c82297/Inf
ormatique-et-Droit"HYPERLINK "https://www.fnac.com/c82297/Informatique-et-
Droit" Droit », novembre 2007, 190 pages.
 Fréderic CARRÉ, « Le contrat électronique», Challenge, 2010.
http://www.lemondepolitique.fr/cours/droits_obligations/contrats/condition_validite.ht
m
 Imane, E-Commerce au Maroc, Ecrit électronique,
https://ecommercemaroc.wordpress.com/2011/08/07/ecrit-electronique/

55
 Abdelkader AZARGUI, « guide de l’écrit électronique en droit marocain » challenge
2010, cabinet bassamat ; http://cabinetbassamat.com/actualites/id/37196

 Maitre Larbi CHRAIBI, cabinet d’avocat « la preuve électronique au Maroc »2017,


http://chraibilawoffice.com/fr/detailPost?mod=348073&idart=31497

 CHENTOUF Abdel Hafid, « Un élément dans le chantier des réformes juridiques»,


Challenge, 2014.

 https://www.usine-digitale.fr/article/la-signature-electronique-valide-aussi-en-matiere-
d-assurance-dit-la-cour-de-cassation.N389812
 Assurance Helvetica, www.helvetica.ma/ siège social Casablanca.
 http://www.argusdelassurance.com/reglementation/analyse/la-preuve-pese-sur-les-
epaules-de-l-assurec-est-a-l-assure-d-etablir-l-existence-de-la-garantie-la-preuve-du-
contrat-d-assurances-doit-en-principe-etre-rapportee-par-ecrit-toutefois-la-ju.12175
 http://www.tribune-assurance.fr/

 Farid El BACHA ; « La protection des consommateurs contre les clauses abusives »


Edition N°:3533 Le 19/05/2011 ; http://www.leconomiste.com/article/883464-la-
protection-des-consommateurs-contre-les-clauses-abusivesbripar-farid-el-bachai

 Abdelouahed OUABA ; « La protection du consommateur dans les contrats de vente à


distance à travers l’obligation d’information » ; http://juridika.net/droit-civil/procedure-
civile/la-protection-du-consommateur-dans-les-contrats-de-vente-a-distance-a-travers-l-
obligation-d-information-t83.html
 Société d’avocat ; L’assurance vie entre publicité et juste information ;
https://www.granrut.com/Assurance-vie-publicite-information-controle-sanctions.html
 Abdelouahed OUABI ; « la protection du consommateur dans les contrats de vente à
travers le droit de rétractation » ; http://www.droitetentreprise.com/la-protection-du-
consommateur-dans-les-contrats-de-vente-a-distance-a-travers-le-droit-de-retractation/
 Soukaina BENCHAKROUN; « La loi 09-08 relative à la protection des personnes
physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel » ;
http://cabinetbassamat.com/actualites/id/40795
 L'Economiste ; Données personnelles : Les assureurs rattrapés par la CNDP ;
http://www.leconomiste.com/flash-infos/donnees-personnelles-les-assureurs-rattrapes-
par-la-cndp; 2017
56