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Droit administratif

Examen contrôle continu et examen terminal

Le droit administratif est principalement jurisprudentiel.

Introduction

I Origine du droit administratif et d éfinition

A) Origine du droit administratif

Double origine = r ésulte à la fois d'un principe r évolutionnaire, et d’un arr êt du tribunal des conflits.

a) Le principe r évolutionnaire

= Celui de la s éparation des autorit é s administratives et judiciaires (loi des 16-24 ao û t 1790) qui défini l’organisation judiciaire.

Ce principe entra î ne que l’action administrative, lorsqu’elle se manifeste comme puissance publique ne doit pas être jug ée par les tribunaux judiciaires

Il doit donc y avoir s éparation entre autorités administratives et judiciaires

Donc l’acte de puissance publique ne sera pas jug é par un tribunal judiciaire.

Jusqu’en 1799-1800 (cf. Napoleon et cr éation du Conseil d’ état (1799) et des conseils de Pr éfecture (1800), il n’y avait pas de juridictions administratives.

Ces juridictions ont pour mission e r é gler les litiges administratifs en appliquant des r ègles diff érentes de celles de droit privé.

b) L’arr êt du Tribunal des conflits, 8 f évrier 1873 ( ! Arr êt fondateur)

Le TC est une juridiction paritaire qui a notamment pour mission d’attribuer et de r é gler un conflit de compétences entre juridictions.

· Arrêt Blanco (1873) ( ! Article fondateur): une jeune enfant, Agn ès Blanco, bless ée par un wagon qui l’avait renvers é e dans une manufacture a d û faire intervenir le Tribunal des conflits

o

Quel juge fallait-il choisir ?

o

Le TC a d é clar é comp étent le juge administratif. Il a de plus d é cid é que l’action en r éparation devait être recherchée devant le juge administratif, contre l’Etat.

o

Le Conseil d’ état a indemnis é la Famille

· Le Tribunal des conflits (TC) affirme que « Lorsque l’administration n’agit pas en tant que simple particulier pour les rapports de particuliers à particuliers.

o Elle a ses r è gles sp é ciales qui varient suivant les besoins du service et la n écessit é de concilier les droits de l’ état avec les droits privés

· Lorsque l’administration agit, elle doit toujours guider son action par l’int ér êt gén éral (Notion clé )

o

L’intér êt g én éral n’est pas une notion abstraite. C’est toujours du concret. Il faut regarder la conciliation entre l’action de la puissance et l’objectif du lé gislateur, et son action doit montrer qu’elle r épond aux besoins de la soci é t é à un moment donné.

o

Toute action administrative doit être justifi ée.

2) Définition du droit administratif

2 catégories de définitions (Classique et Moderne)

A) Définitions classiques du droit administratif

Def 1 : Le droit administratif est le droit d égag é du service public

Leon Duguit (1859-1928) a mis en place « l’ école » du service public. Pour lui, d ès qu’il y a service public (=activité d’intér êt g énéral), il doit y avoir application du droit administratif

Def 2 : Ecole de la puissance publique = moyens exorbitants de droit commun

Maurice Hauriou est le fondateur de « l’ é cole de la puissance publique » , le droit administratif est le droit de la puissance publique : « ce n’est que si le service public utilise des moyens de puissance publique qu’il y aura application du droit administratif.

B) Définitions modernes

A partir des ann ées 1950, George VEDEL, constitutionnaliste, a d éfini le droit administratif et

a constitué la doctrine des bases constitutionnelles du droit administratif.

Il prend en compte les crit ères organiques (et non pas que mat ériels)

Def 1 : le droit administratif est « l’ensemble des activit és du gouvernement et des autorit és dé centralis ées étrang ères à la conduite des relations internationales et aux rapports entre les pouvoirs publics s’exer çant par la puissance publique »

Cette définition s'inspire de la Constitution et de la s éparation des pouvoirs.

Elle permet d’exclure les relations internationales et les relations gouvernement/parlement du droit administratif

Def dé taill ée : le droit administratif est le droit tourn é vers les besoins d’int ér êt gén éral qui se caract érise par l’utilisation des moyens de puissance publique et dont le champ d’application exclut les relations internationales et les relations entre les pouvoirs publics constitutionnels

II LES SOURCES DU DROIT ADMINISTRATIF

2 types de sources : écrites et non écrites (= sources pr étoriennes)

Le droit administratif s’est construit à partir de sources non é crites dé gag ées par la jurisprudence du conseil d’ état dans un souci de bonne administration.

Le conseil d’ état a dégag é des sources de droit administratif = Principes G énéraux de Droit (PGD)

Ex : le Conseil d’ état a exigé que l’administration, lorsqu’elle veut sanctionner, respecte les droits de d éfense des administr é s. Elle doit pr éciser à l’agent les griefs qui lui sont reproch és ainsi que de quels délais il dispose pour se d éfendre.

III LE CONTENU DU DROIT ADMINISTRATIF

Le droit administratif est le droit qui organise les relations entre l’administration et les administr és.

Il y a un aspect institutionnel qui concerne les personnes publiques = qui r évè le les institutions administratives (Etat, collectivit és d’outre-mer…)

IV CARACTERES GENERAUX DU DROIT ADMINISTRATIF

· C’est un droit autonome par rapport au droit priv é, adapté à l’action administrative

· Les principales r ègles viennent du Conseil d’ état et des ses arr êts

· Le juge administratif a une large part dans le droit administratif étant donn é qu’il n’y a pas de Code.

Titre 1 / LEGALITE ADMINISTRATIVE ET SA SANCTION

· Toutes les autorit és administratives doivent respecter un ensemble de r ègles hiérarchis ées

· C’est un principe de soumission pour les autorit és administratives

A) Les sources de la l égalité administrative

Le « bloc de la légalité administrative » , avec une hiérarchisation des r ègles :

Section 1) Les r ègles constitutionnelles

·

Elles sont la base du droit administratif

 

·

Elles s’imposent aux autorit és administratives

 

a)

La Constitution

 

·

Ré gles de ré partition (art 34 et 37) de la Constitution, et article 72 de la Constitution qui définit la libre administration des collectivit és territoriales

·

Le chef

de

l’ état

est

le garant

du respect

de

la Constitution, avec le Conseil

Constitutionnel

 

·

Les Questions Prioritaires de Constitutionnalit é : entr ées en vigueur au 1 er mars 2010. Au 26/08/2010, Le Conseil d’Etat a fait le bilan des QPC : 71 ont é té transmises au Conseil d’é tat. Le Conseil d’ état a été saisi de 104 QPC et en a transmis 33 au Conseil Constitutionnel qui y a r épondu avec un délai moyen de 33 jours

·

3 objectifs des QPC :

 

o

Assurer la constitutionnalit é de l’ordre juridique

 

o

Permettre aux citoyens de faire valoir des droits constitutionnels

o

Assurer la pr ééminence de la Constitution.

 

b)

Les principes à valeur Constitutionnelle

 

·

Ils sont soit inscrits dans le pr é ambule de la Constitution, soit ce sont ceux qui ont ét é reconnus par le Conseil Constitutionnel

o

Principes constitutionnels inscrits dans le pr éambule :

CE 12/02/1960 Soci é té Ecky : C’est le CE (Conseil Constitutionnel= qui reconnu la mê me force juridique au pr éambule qu’au texte m ême de la constitution

Pr écisions : le Pr éambule renvoie à la DDHC (1789), au pr éambule de la constitution de 1946, et la charte de l’environnement de 2004 qui stipule dans son article 1 er « Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibr é et respectueux de la santé »

o

Le Cons d’Etat a d écid é que les administr és doivent d’abord se r éf érer au Code de l’environnement avant d’invoquer la charte de l’environnement de 2004, sauf en cas d’incompatibilit é entre le Code de l’environnement et la charte, le CE se positionnera sur ce que dit la Charte

Section 2) Principes constitutionnels non écrits

· Le CE peut d égager des solutions qui s’imposent aux autorit és administratives, mais qui ne seront pas écrites (Ex : le principe de continuit é des services publics qui n’ était mentionné dans aucun texte écrit, mais le CE a fait un principe de fait que les services publics devaient fonctionner en permanence et non pas de façon discontinue.

· Le 20/01/1990, le CE a dégag é le principe d’ égalité entre les Fran ç ais et les Etrangers en matière de prestations sociales

· Ces deux sources = bloc de constitutionnalité

Section 2, les r ègles de droit international et communautaires

· Elles s’inscrivent juste en dessous des r ègles Constitutionnelles

· Rappellent la supériorité de la Constitution sur les Trait és

o

CE Ass 03/07/1996 Koné

o

CE Ass 30/10/1998 Sarran

A) Contenu des r ègles de droit international et communautaire

1) Les traités (Art 55 de la constitution)

Les trait é s = autorit és sup é rieures à celles des lois sous r éserve de son application par l’autre partie.

2) Le droit communautaire d érivé

· Matérialis é par les r églements et les directives

· Les rè glements communautaires entrent en vigueur dans le pays, d ès leurs publications dans le JO et s’imposent aux autorit és administratives

· Les directives fixent des objectifs à atteindre aux Etats membres, Ceux-ci disposent d’un délai de transposition nationale.

· Le CE a soulign é qu’en aucun cas, une simple circulaire ne peut transposer un objectif communautaire

· Les directives communautaires fixent des r é sultats à atteindre. Les états membres ont le soin de trouver comment les mettre en œ uvre.

o Le CE Ass 22/12/1978 Cohn Bendit indique la notion de délai de transposition

Les administr és ne peuvent invoquer la directive directement pour faire annuler une décision individuelle tant que la directive n’a pas été transpos ée

o Revirement de jurisprudence : le CE va abandonner la jurisprudence de Cohn Bendit : CE Ass 30/10/2009 Mme Peyreux

Le CE reconnait un effet direct : « les administr és peuvent invoquer les directives qui, non transpos ées à temps, sont cependant pr écises et inconditionnelles ainsi que demander leur application directe par le juge pour palier une r èglementation nationale non conforme au droit communautaire.

Jusqu’en 1989, le CE appliquait le syst ème de « l’écran l égislatif » = il refusait d’aller plus loin que la loi.

· Le CE Ass 20/10/1989 Nicolo accepte de vérifier la compatibilit é entre la loi de 1977 et le trait é de Rome de 1957 en soulignant que le trait é communautaire l’emporte sur les lois nationales = DEF = Contr ô le de conventionnalit é = Le juge va se prononcer sur la compatibilit é de la loi post é rieure aux trait és, et s’il relè ve une incompatibilit é, la loi cesse d’ être applicable tant que l’incompatibilité persiste.

o

CE Ass 24/09/1990 BOISDET

Le CE reconnait que les lois doivent être compatibles avec les r églements communautaires, il reconnait une incompatibilit é entre un r è glement du CE de 1972 et une disposition l égislative vot é e en 1980, ce qui entra îne l’illégalité de l’arr êté minist ériel et sa non application.

o

CE Ass 03/02/1989 Alitalia

Le CE souligne que les r èglements doivent respecter les directives communautaires. Le CE annule 3 articles du Code des Imp ô ts relatifs à la TVA

· Section 3, les r ègles de droit international et communautaires

1) Hiérarchie des lois

Il y a une hi érarchie des lois. Il faut r égler le pb du partage Constitutionnel entre les lois (r ègles g énérales et impersonnelles) et les r èglements adminsitratifs

DEF Loi = r ègle g éné rale et impersonnelle vot ée par le Parlement dans l’une des matières énum ér ées à l’article 34 de la Constitution.

L’article 37 de la Constitution stipule que le r èglement administratif est aussi une r ègle gé nérale et impersonnelle prise par une autorit é administrative, soit pour l’application d’une loi, soit de fa çon autonome.

· Le 1 er ministre d étient le pouvoir r églementaire, les ministres l’ont dans leur domaine d’attribution.

· Le respect de ces lois est contr ô lé par les juges Constitutionnels et administratifs

Il arrive que le juge Constitutionnel reconnaisse que certaines dispositions des lois ont un caractère r èglementaire (notamment les lois qui n’entrent pas dans l’article 34)

Dans ce cas, l’administration peut modifier le contenu r èglementaire de la loi.

2) Hiérarchie des r èglements administratifs

- Les r èglements délibér és en Conseil des Ministres (D écrets)

- Les r èglements en Conseil d’Etat

- Les décrets pris apr ès avis d’autres moyens consultatifs

- Décrets simples du 1 er Ministre

- Décrets des ministres dans le care de leurs attributions

- Les arr êtés minist ériels

SECTION 4 : LA JURISPRUDENCE ET LES PRINCIPES GENERAUX DE DROIT

2 Catégories de sources s épar ées

A) La Jurisprudence

Les décisions de justice s’imposent aux autorit és administratives. Le juge a un pouvoir d’injonction.

a) l’exécution des décisions de justice favorable aux administr és

2 catégories :

- annulation d’une décision administrative

- allocation d’une indemnité

· Les décisions sont rendues au nom du Peuple Fran çais

· Le l é gislateur a mis en place une proc édure d’injonction (mise en place par la loi du

08/02/1995

· Aujourd’hui codifiée par l’article L911 de justice administrative

· Def = proc édure pr éventive qui permet d’ éviter des difficultés d’exécution de d écisions de justice

· Le Juge administratif peut r égler le litige dans un sens favorable au justiciable

· Il peut montrer à l’autorité administrative ce qu’elle doit faire pour ex écuter correctement la décision de justice.

·

La proc édure d’injonction est pr éventive

 

·

2 domaines :

 

o

Lorsque la solution favorable au litige entra îne né cessairement que l’administration prenne une mesure d’execution dans un sens d étermin é, il est possible de demander au juge qu’il indique dans sa d écision la mesure n écessaire à prendre.

 

Ex : cas d’un fonctionnaire licenci é . Le fonctionnaire peut demander au juge l’annulation du licenciement et peut é galement demande au juge d’ordonner à l’administration de r éintégrer le fonctionnaire en tenant compte du plan de carrière.

 

o

Lorsque la solution favorable entra îne nécessairement que l’administration doit à nouveau prendre une d écision concernant la demande apr ès une nouvelle instruction

 

Ex : le permis de construire. On peut demander au juge d’annuler le refus de permis de construire et qu’il ordonne à l’autorit é administrative de procéder à une nouvelle instruction dans un délai d’astreinte.

b)

Les caractères des r ègles jurisprudentielles

 

Art 5 du Code Civil interdit à tout juge de rendre des arr êts de r è glements (= de remplacer le législateur ou le pouvoir r èglementaire)

Cependant, comme il n’y a pas de Code de Droit Administratif, le r ô le du juge ( également appelé l’office du Juge) et du C.E. est comparable à celui d’un Code. Il appartient au juge de trouver une solution à un litige administratif.

La jurisprudence a un r ô le d’ élaboration du droit administratif

· Caractère de la jurisprudence administrative

o

Interpr étatif de la jurisprudence = le juge va interpr éter la loi à une situation concr ète

Le caractère interpr étatif est démontr é par le rapporteur publique

o

Supplétif = combler le silence du l égislateur

o

Evolutif = à l’occasion des litiges administratifs, le juge peut faire é voluer l’application de la r ègle de droit.

B) Les principes g énéraux du droit (PGD)

·

Catégorie autonome de normes qui s’impose

a)

l’origine des PGD

 

·

jurisprudentielle, c’est le juge qui d égage les PGD à l’occasion d’un litige

·

un arr êt de la fin de la 2 ème guerre mondiale : CE 05.05.1944 Dame Veuve Trompier

o

Contexte : retrait d’autorisation d’exploiter un kiosque à journaux. Le Conseil d’Etat relève que l’administration n’a pas respect é les droits de la D é fense. Elle n’a « pas mis l’int éress ée en mesure de conna î tre et de contester les mesures » . A cette époque, aucun texte ne pr évoyait les droits de la Défense

·

CE Ass 26/10/1945 ARAMU

 

o

Le Conseil d’Etat dit express ément qu’il r ésulte « des PGD applicables m ême en l’absence de textes qu’une sanction ne peut être l également prononc é e sans que l’intéress é ait été pr éalablement mis en mesure de se d éfendre

b)

but des PGD

 

·

contraindre l’administration à respecter en permanence les droits des int é ress és dans un souci de bonne administration

o

Ex le CE a fix é le principe d’interdiction de licencier une femme enceinte (CE Ass 08.06.1973 Mme Peynet

o

CE Ass 23.06.2006 KPNG, le CE exige des autorit és rè glementaires qu’elles mettent en place des dispositions transitoires en cas de changement de r èglementation lorsque sont en cause des situations contractuelles et l également form ées

c)

Valeur juridique des PGD

 

·

Il n’appartient pas au juge de déterminer la valeur juridique de ses d écisions

·

Les PGD ont une valeur supra-d écr étales, ils s’imposent à l’administration

·

Les PGD sont infra l égislatifs, le l égislateur peut ne pas les prendre en compte

SECTION 5 – INFLUENCE DE LA CEDH (commission Europ éenne des Droits de

l’homme)

· signée en 1950 à Rome avec 44 états mais n’est entr ée en vigueur qu’en 1974

· 1981, la France a souscrit au droit de recours individuel des ressortissants Fran ç ais devant la cour Européenne des droits de l’homme apr ès épuisement des mesures nationales

o

Art. 6 Par 1 de la CEDH qui pr évoit « Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement, et dans un d élai raisonnable par un tribunal ind épendant et impartial qui d é cidera soit des contestations sur les droits à caractère civil, soit du bien fond é de toute accusation en mati ère de droit p énal dirig ée contre elle.

o

De nombreux arr êts ont été rendus contre La France sur les d élais non raisonnables pour rendre un jugement

o

Beaucoup d’affaires sont rendues en juge unique

o

Délais moyens de jugement : entre 12 et 13 mois

o

Délais moyens en appel : entre 12 et 18 mois

Chapitre 2 : Portée du principe de légalité administrative

Section 1 : l’impératif de légalité

1) Toute autorit é administrative doit respecter la hi é rarchie des normes. En pratique, l’autorit é de la norme juridique d épend de la place de son auteur dans la hi érarchie des autorités administratives.

Il peut y avoir utilisation d’un pouvoir hiérarchique

· les autorités inf érieures devront respecter les textes des autorit és supérieures

· les services déconcentr és doivent respecter les actes des autorit és supérieures

Les textes attributifs de comp étence sont déterminants

· à ne pas confondre avec un pouvoir de Tutelle

o Le pouvoir de tutelle est entre 2 personnes morales. Il est encadr é par des textes.

· la décision de l’autorit é infé rieure doit être conforme à la d écision prise par l’autorit é supérieure.

2) Flexibilit é dans la mise en œ uvre de la l égalit é administrative avec la distinction entre le pouvoir discr étionnaire et la compétence liée

a) dé finition du pouvoir discr étionnaire lorsque le droit, en lui donnant une comp étence, la laisse libre d’agir ou de ne pas agir, en lui laissant le choix des moyens légaux pour intervenir, appliquer sa compétence à une situation concr ète

Exemple : jury d’examens et de concours = pouvoir discr étionnaire pour appr é cier les aptitudes des candidats.

Ce pouvoir ne peut pas être arbitraire, la marche de man œ uvre est encadr ée légalement.

Ex : les programmes d’examens et de concours sont r èglementaires

Ex : application des sanctions administratives

· les statuts pré voient 9 cat égories de sanctions. L’autorit é administrative qui remarque un comportement fautif doit faire correspondre la sanction à la faute.

Def comp étence lié e : Il y a comp étence lié e lorsque l’autorit é administrative est tenue d’agir dans un sens déterminé par les textes.

b) techniques de contr ô le juridictionnel du pouvoir discr étionnaire

· Puisque le l égislateur donne une marge de man œuvre, le juge dit que tout en la respectant, il faut encadrer, emp êcher des erreurs manifestes d’appr é ciation et de mettre en balance les avantages et les inconvénients .

· Technique de l’erreur manifeste d’appr éciation (EMA)

CE Sec 15.02.1961 Lagrange

o

Le Conseil d’Etat annonce son contr ô le de l’erreur manifeste d’appr éciation

o

Le maire avait transform é l’emploi de garde champêtre en cantonier

Remplacement de Lagrange en cantonnier

Lagrange demande l’annulation

Le CE souligne que l’administration n’a pas port é une appré ciation manifestement erron ée sur les implications juridiques de la situation du sieur Lagrange

Le juge n’accepte de sanctionner que l’erreur manifeste (grossi ère, importante, évidente)

Ex : CE 26.07/1978 M. Vinolay / M. Cheval

Mr Vinolay est responsable de service de la chambre d’agriculture du Gers. Il se voit infliger une sanction de r évocation pour d éfaut de diligence et de rigueur et retard dans l’envoi de son rapport d’activité annuel

· le CE estime qu’il y a une erreur manifeste entre la faute et la sanction

o les manquements du directeur appelaient à une sanction moins grave que la

r évocation

Mr Cheval travaillait à l’OPJ

· il passait son temps dans un d ébit de boisson

· il a été r évoqué

· le CE a consid ér é qu’il n’y avait pas d’erreur entre la faute et l’application de la sanction

· la sanction est donc proportionnée

· Technique du bilan / coû t / avantage

CE ASS 28.05.1971 Ville nouvelle est

Cr éation d’un nouveau campus universitaire et d’une ville nouvelle à l’est de Lille.

Cette opération nécessitait la démolition de 250 maisons

Une association de défense se constitua concernant ce projet

· Le CE a défini la théorie du Bilan / Coû t / Avantages :

o

« utilité publique que si les atteintes à la propri été, le co û t financier et éventuellement les inconv é nients d’ordre social qu’elle pr ésente ne sont pas excessifs à l’intér êt qu’elle pr ésente »

o

Dans ville nouvelle est, le bilan a été positif.

BRAIBANT souligne que ce qui importe, c’est que le contr ô le permette de censurer des dé cisions arbitraires, d é raisonnables ou mal é tudiées, et qui l’oblige les collectivit és à pé rsenter aux administr é s d’abord, et ensuite au juge, des justifications s érieuses et plausibles pour leur projet.

Il s’agit d’encadrer le pouvoir discr étionnaire.

On appelle cette technique le « contr ô le de proportionnalité »

Ex : la police sp éciale des étrangers, le CE a d écidé en 1991, en se calquant sur la Cour

Europ éenne des Droits de l’Homme proportionnalité.

de

à

Strasbourg,

d’appliquer

son

contr ô le

CE Ass 19/04/1991 Mr Belgacem

· Le CE souligne qu’en estimant que si l’int é ress é s’ était rendu coupable de plusieurs vols en 1980 et 1982, compte tenu de son comportement ult érieur, la mesure d’expulsion a, eu égard à la gravit é de l’atteinte port é e à la vie familiale, exc éd é ce qui était nécessaire à l’ordre public.

Conclusion : le contr ô le est un contr ô le In concreto, r éaliste et pragmatique.

Le juge va constater l’application des textes et les mesures administratives prises

Cela permet au juge de contr ô ler les motifs retenus.

SECTION 2 les atteintes exceptionnelles à la légalité

Dans certaines circonstances, il est tr ès difficile de respecter à la fois la l égalit é , la continuit é du service public, et d’assurer l’ordre public.

Par cons équent, le juge administratif et le l é gislateur sont intervenus pour reconna î tre qu’en cas de crise, il y avait une n é cessité d’assurer la continuit é de l’ é tat et de l’ordre public, ces 2 éléments devant l’emporter sur le strict respect de la r ègle de droit.

En cas de crise, on va remplacer une égalité normale par des mesures d’exceptions.

Le principe de légalité est maintenu mais il est assoupli dans son contenu.

En toute hypothèse, l’action administrative s’exerce sous le contr ô le du juge.

Il y a 2 r égimes d’exceptions :

- théorie jurisprudentielle de circonstances exceptionnelles,

- exceptions pr évues par les textes (Constitution et la loi)

a) théorie jurisprudentielle

1)

en cas de crise

Elle a été dégag ée à l’occasion de la première guerre mondiale.

- théorie des pouvoirs de guerre

- cette th éorie a é té élargie aux pouvoirs de crise permettant d’assouplir de nombreuses procédures.

Le juge a d’abord pos é les conditions, puis a pos é les effets juridiques.

Arrets concernant des r évocations imm édiates :

CE 28.06.1918 Heyries

CE 28.02.1919 DOL et Laurent

- 4 conditions

o

Une situation bien identifiée, grave, anormale et impr évisible

o

Il faut que ces circonstances exceptionnelles mettent l’autorit é administrative dans l’impossibilit é de respecter la légalité normale

o

Il faut que la mesure prise par l’autorit é administrative viole la l égalité normale et qu’elle soit né cessaire à la sauvegarde de l’ordre public ou la continuit é du service public.

o

Il faut que la mesure prise par l’autorit é administrative soit limit ée dans le temps.

Le juge exige des autorit és administratives qu’elles identifient bien le contexte, et surtout un contexte de crises.

3) effets juridiques des circonstances exceptionnelles

Il s’agit d’un bouleversement du droit normal. L’administr é va ê tre dispens é de respecter l’ensemble des r ègles normalement applicables. Cette d éfense se fait sous le contr ô le du juge.

Il peut s’agir de l’assouplissement des r è gles de comp é tences (ex le Pr éfet va intervenir en lieu et place du maire)

Cela peut être un bouleversement dans les r ègles de proc édures.

L’assouplissement se fait au profit g énéralement de l’administration d’ état.

b) exceptions textuelles

· article 16 de la Constitution

· loi sur l’ état de siège de 1849

· loi sur l’ état d’Urgence (03 avril 1955)

+ Décret en 2005 pour faire face aux émeutes de 2005.

1)

article 16

·

pouvoir plus que discr étionnaire du chef de l’ état qui peut d écider seul du recours à l’art 16 apr ès consultation du 1 er ministre

·

La dé cision du chef de l’ état ne peut faire l’objet d’aucun recours devant le conseil d’état

·

Le recours à l’article 16 implique que le Pr ésident de la R épublique identifie des menaces graves et imminentes sur l’ état

·

Les mesures prises par le chef de l’ état dans le cadre de son pouvoir exceptionnel ont été revues par le CE (ASS 02.03.1962 Rubin de Servens)

o

Dans le cas d’utilisaton de l’art 16, les d écisions prises par le chef de l’ état, si en tant normal aurait relev é du parlement, elles sont injusticiables (le juge ne peut les contr ô ler)

o

Si les d écisions, en tant normal, auraient relev é du pouvoir r èglementaire, le juge accepte de contr ô ler les mesures de l’art.16

2)

loi sur l’ état de siège, 1849.

·

l’ é tat de si ège peut être déclar é par le Conseil des ministres pour une p é riode de 12 jours.

·

La prolongation doit être votée par les parlementaires.

·

Effets :

o Transfé rer l’ordre public à l’autorit é militaire et restreindre les libert é s individuelles

3)

Loi sur l’ état d’urgence (3 avril 1955), votée dans le contexte de la guerre d’alg érie

* art 1 parle de péril imminent r ésultant d’atteintes graves à l’ordre public

* La proclamation de l’ é tat d’urgence implique un d écret en conseil des ministres, et si cela dure plus de 12 jours, un vote des parlementaires

* Elle donne plus de pouvoirs aux autorités de police

* Cette loi a été utilis ée en France 3 ou 4 fois, en Alg érie en 1965, en 1984 apr ès les év ènements tragiques en nouvelle cal édonie, et en m é tropole apr ès les é meutes de novembre – décembre 2005

a l’ensemble du territoire m étropolitain

- Ce d é cret a donn é aux autorit és administratives le droit de proc éder à des perquisitions de jours comme de nuit

- Ce décret s’est appliqué dès le lendemain

- puis il y a eu un d écret du 1 er ministre qui habilite les pr éfets pour interdire la circulation de personnes et des véhicules dans des lieux et à tout heure

- ces d écrets ont fait l’objet de demande de suspension. Le Conseil d’Etat a rendu des

ordonnances de rejet en estimant qu’il n’y avait pas de doutes quant à la l égalité des mesures prises par les d écrets. Le Conseil d’Etat a rappel é que le chef de l’ état avait toute latitude pour déterminer le passage en état d’urgence

œuvre l’ état d’urgence sur

il

y

eu un d écret du 08/11/2005 mettant en

-

Chapitre 3 – La sanction du principe de légalité administrative

Section 1 – le contr ô le de la légalité administrative

Le contr ô le de la légalité administrative.

Il y a 2 modalités :

- Contr ô le par le biais de recours administratif

- Contr ô le juridictionnel, c'est- à-dire de voie de recours juridictionnelles destin ées à sanctionner les décisions administratives ill égales

A) Les recours administratifs

Il est toujours possible à l’administr é de s’adresser d’abord à l’administration concern ée afin de revoir une décision prise à son encontre.

Un acte administratif est toujours consid ér é comme l é gal. Il y a simplement une pré semption de légalité des actes administratifs.

Il y a 2 grands recours administratifs possibles :

- Le recours gracieux,

o

On s’adresse directement à l’autorit é qui a pris la d é cision pour lui demander de modifier sa dé cision, en principe pour l’avenir, et en invoquant des raisons justifiants la modification de la d écision. On peut invoquer des raisons d’opportunité, la décision est légale mais n’est pas opportune.

o

Avantage : c’est possible m ême sans texte

- Le recours hiérarchique

o

On s’adresse au sup érieur de celui qui a pris la d écision administrative pour lui demander de modifier la décision

o

Intér êt :

Peut être exerc é m ême sans texte

Le sup érieur hi érarchique peut modifier la d écision de son subordonn é en retenant l’argumentation de l’administr é qui l’a saisi.

Dans certains domaines, le l égislateur exige le recours administratif en tant que recours pr éalable obligatoire

o

2 avantages :

Oblige l’administration à s’autocontr ô ler

Désencombrement du juge administratif

En 2000, le l égislateur a oblig é le recours pré alable obligatoire en mati ère de Fonction publique.

Les militaires doivent saisir leurs sup érieurs hiérarchiques

Cours du 26 octobre 2010

2) Les voies de recours juridictionnelles

A) Effet non suspensif des recours juridictionnels

L’exercice d’un recours contentieux ne suspend pas la d écision administrative qui continue de s’appliquer.

Le CE Ass 02.07.82 HUGLO en a fait une «r ègle fondamentale du Droit Public » . Cette notion est reprise sous l’article L4 du Code de justice administratif, mis en place en 2001. C’est pour ne pas paralyser l’action administrative. Le l é gislateur a pr évu une att énuation à cet effet non suspensif en mettant en place des proc édures d’urgence, ie la possibilit é pour l’administr é qui demande l’annulation d’une d écision administrative de demander accessoirement au juge de suspendre la d écision jusqu’ à ce qu’il se prononce = proc édure d’urgence du r éf ér é suspension L521-1 du code de justice administrative.

Il peut montrer au juge qu’il y a un doute s érieux quant à la l égalit é de la d é cision. Cette proc édure est allég ée (c’est un juge unique qui va se prononcer en urgence, il va prendre une ordonnance pour suspendre ou non le permis de construire par exemple).

B)

La voie de recours direct en annulation

 
 

Elle se

 

concr étise par le biais du recours pour exc è s de pouvoir

) voie directe en annulation

contentieuse.

 

-

une personne saisie le JA d’une requ ête et demande l’annulation au juge de la d écision pour des raisons d’illégalités Il ne peut invoquer devant le juge des raisons d’opportunit é . L’annulation contentieuse a pour vocation d’annuler pour l’avenir avec des effets r étroactifs. La d é cision contest ée est cens ée n’avoir jamais exist é.

L’annulation contentieuse vaut Erga Omnes ( à l’ égard de tous). C’est un contentieux objectif et non pas subjectif.

Le CE en a fait un PGD (principe g én é ral de droit) qui s’impose en permanence à tous et vis à vis de toutes les décisions administratives qui existent.

-

CE 17.02.1950 Dame LAMOTTE

 

C)

L’exception d’illégalité

 
 

C’est une voie de recours indirecte devant le JA. ie on a d é pass é le d é lai de recours (2 mois contre un rejet pour une d é cision administrative, individuelle qu’il conteste. Il va demander l’annulation de la d é cision individuelle en soulevant l’exception d’ill égalité du règlement (il dit au juge la dé cision qui me concerne est ill é gale parce que le r èglement est ill égal). comme le juge ne peut pas annuler le r èglement, il d éclare une exception d’illégalité.

L’administration a une obligation de modifier les r èglements ill égaux. Chapitre 3 :

 

Section 2 : Les formes d’ill égalité

 

Celles ci reprennent l’ élaboration des actes administratifs pour v é rifier la l égalit é de l’acte et en fonction de la demande du requ é rant. Cela permet de classifier les formes d’ill égalités externes et internes.

A)

les formes d’ill égalité externes

 
 

Il faut respecter l’ordre d’ élaboration de l’acte. Le requ érant doit, pour appuyer sa demande, argumenter en pr ésentant des formes d’ill égalités externes dans l’ordre d’ élaboration.

Il y a

:

-

les formes d’incomp étences,

 

-

les vices de formes ou de proc édures

 

a)

les formes d’incomp étences

 
 

Il y a en pratique 4 formes d’incomp étences :

 

-

incompétence matérielle, ie le demandeur montre au juge que l’AA est intervenue dans une mati ère pour laquelle elle n’est pas comp étente (ex en police administrative o ù le prefet est d é sign é pour les manifestations, le maire ne peut donc intervenir)

-

incompé tence de lieu. L’AA est intervenue en dehors de son p érim ètre g éographique (maire qui autorise un permis de construire sur un terrain ne d épendant pas de sa commune)

-

incompé tence temporelle. elle se manifeste, soit l’AA anticipe sa comp étence, soit l’AA prend une décision alors qu’elle n’est plus comp étente. Il

-

incompé tence n égative, ie lorsqu’une AA ne veut pas prendre de d écision parce qu’elle se croit incompétente à tort.

Ces formes d’incomp étences sont qualifiées comme moyens d’ordre public C’est un moyen soulev é d’office par le Juge Administratif. Celui ci estime que les r è gles de comp étences sont tellement importantes que m ême si le requ é rant oublie de dire au juge qu’il y a une incompétence, celui ci l’examine toujours.

a ne pas confondre avec l’ordre public = s écurité, salubrité et tranquillité publique

b)

vices de formes et de proc édures

 

Def vice de forme = l’AA n’a pas respect é les formalit é s impos é es par la loi avant de prendre sa dé cision administrative. ie un texte impose la consultation d’un organisme, si l’AA prend la décision sans passer par la consultation de l’organisme, il y a vice de forme

En mati è re de sanction administrative, la pr ésentation de la sanction doit faire appara î tre la motivation en droit et en fait, ie un comportement qui peut être qualifi é de fautif. si le fonctionnaire re çoit une fonction, il s’aper çoit que il y a juste le statut qui pr évoit la sanction mais qu’il n’y a pas de motivation, il y a également vice de forme.

Def vice de proc édure = c’est lorsque l’AA n’a pas respect é la proc édure pr évue par un texte. ex de la procédure contradictoire en matière de proc édure administrative.

-

Le juge administratif n’annule pas tous les vices de forme. il n’annule que les vices de forme substantiels (ie les plus importants, qui ont des effets juridiques importants). Ex un acte administratif tel qu’un d éfaut de signature n’est pas un vice de forme substantiel car on peut trouver celui qui n’a pas signé.

Un vice substantiel est un vice qui emp ê che de garantir les droits des administr és ou encore qui influence le sens de la d écision finale ie si il n’y a pas eu d’avis du Conseil d’ état, cela influence car on ne sait pas si le CE est d’accord avec le d écret par exemple. Le d éfaut de procédure contradictoire est un vice substantiel.

B)

Les formes d’ill égalités internes

 

elles touchent au contenu de l’acte, c’est à dire que le juge va rechercher à la demande du requérant si il y a eu violation des r ègles de fond. Il y a deux principales formes d’ill égalit és internes : violation de la r è gle de droit applicable, et le détournement de pouvoir ou de procédure.

a)

la violation de la r ègle de droit applicable

 
 

Le requérant peut donc montrer au juge que l’acte administratif viole la r ègle de droit applicable.

-

violation directe de la loi : cad l’auteur de la d écision a pris une d écision que manifestement la loi ne lui permettait pas de prendre.

-

violation en ce qui concerne les motifs de la d é cision : le requ érant va montre au juge une ill égalit é touchant aux motifs de l’acte. Le l é gislateur, à partir de la loi du 11 juillet 1979 qui concerne la motivation de deux cat égories de d écisions administratives, les d écisions individuelles d éfavorables, et les d écisions administratives dérogatoires (ie celles qui apportent une exception, qui d éroge par rapport au droit normal).

Ne pas confondre : la motivation des actes administratifs qui concerne l’administration et seulement deux catégories de décisions administratives à ne pas confondre avec le contr ô le des motifs qui concerne le juge et qui concerne toutes les décisions administratives soumises au juge administratif

Contrairement au juge judiciaire, le JA a des pouvoirs inquisitoriaux

En ce qui concerne les motifs de droit, le juge peut relever à la demande du requ é rant, une erreur de droit (= erreur d’interpr étation du texte). Il peut aussi y avoir erreur en ce qui concerne les motifs de fait. par exemple, une inexactitude mat érielle des faits, ie l’administration invoque des faits, le juge dit prouvez moi, l’administration est incapable d’apporter la preuve, il y a donc inexactitude matérielle des faits.

CE 20/01/1922 TREPONT o ù il s’agit de la mise en cong é d’un préfet et l’administration ajoutait à sa demande (faux). Il y a inexactitude mat érielle des faits car l’administration ne peut fournir la demande de mise à la retraite.

Cela peut être une inexacte qualification juridique des faits, ie « les faits ne sont pas de nature à justifier la d écision» . Ex CE 14/01/1916 CAMINO, seul un comportement fautif peut justifier une sanction disciplinaire. Si le comportement de l’agent ne peut etre qualifi é de faute, la sanction retenue est ill égale. Le juge peut aussi dire qu’il y a une erreur manifeste dans l’appr éciation des faits.

b) le détournement de pouvoir ou de procédure

Le requ érant peut montrer au JA que l’acte administratif qu’il conteste est d étourn é par rapport au but fixé par le législateur ou par rapport au but d’int ér êt g énéral. il y a d étournement de pouvoir lorsque l’AA utilise une comp é tence dans un autre but que celui de l’int érê t gé néral. CE Ass 13/07/1962 BREART DE BOISANGER : un r è glement avait é té pris pour faire échec à autoriser la chose jug ée (la décision de justice soit détournement de pouvoir) Détournement de proc édure = utiliser une proc édure dans un but autre que celui fixé par le législateur. Ce mode qui doit être invoqué par le demandeur est tr ès peu retenu, car c’est le dernier moyen, si le juge a trouv é d’autres moyens. Le juge dit souvent d é tournement de pouvoir et de proc édure Allégué par le requérant (connotation négative)

TITRE 2 - LE CONTROLE JURIDICTIONNEL DE L’ACTION ADMINISTRATIVE

intro : Il faut bien rappeler que nous avons en France une justice partag ée. Deux ordres de juridictions indépendant. Les juridictions judiciaires sont comp é tentes pour conna ître des litiges opposant les particuliers entre eux et aussi pour sanctionner les infractions p é nales. Les juridictions administratives sont comp étentes pour r égler les litiges de l’action administrative. Il peut ê tre difficile de savoir si le litige rel ève de l’ordre du judiciaire et de l’administrative, et nous avons le tribunal des conflits qui doit régler le conflit en d ésignant le tribunal competent. Le juridictions administratives fonctionnent sous un double principe :

- toute d écision administrative qui existe, ie dont on a connaissance, peut etre contest é e devant le juge administratif. voie de recours Annulation. il y aura une autorit é de la chose jug ée Absolue (ie qui s’impose à tous)

- tout dommage r ésultant d’une activit é administrative peut être r épar é devant le juge administratif. Voie de recours de r éparation. ce principe concerne un contentieux subjectif. autorit é relative de la chose jug ée (inter partes, entre les parties seulement).

Chapitre 1 : les juridictions administratives.

Intro :

il faut relever que le CE qui a ét é en 1799 par Bonaparte, les Conseils de prefectures 1800, ces juridictions administratives avaient chacunes leur r è glementation. il faudra attendre plus de deux

siècles pour que le l égislateur mette en place un code de justice administrative ie regroupe les r ègles d’organisations et de fonctionnement des disposition administratives g é nérales . Ordonnance du 04 mai 2000, entr é e en vigueur le 1er janvier 2001, qui met en place un code de justice administrative regroupant toutes les r ègles d’organisation et de fonctionnement des juridictions administratives

g énérales.

Ce code de justice administrative a été pr épar é pour mieux r éformer les juridictions administratives.

Cette codification a été pr épar ée par le Conseil d’Etat. par cons é quent, on peut souligner qu’ils ont souhait és rapprocher les juridictions dans leurs modes de fonctionnement et d’organisation. Le CE

est l’organisme qui controle les juridictions administratives. Ce code de justice administrative comporte pas moins de 9 livres, avec une organisation claire (partie l égislative, partie r églementaire).

Section 1 : la compétence de la juridiction administrative

A) Origines de la s éparation des autorités administratives et judiciaires.

la comp é tence des juridictions administratives ne s’est affirm é e que tardivement dans le temps. sous l’ancien régime, il y avait une confusion des pouvoirs, syst ème de l’administration juge, c’ était le roi qui avait le dernier mot et é té chargé de r égler les litiges administratifs, parce que le roi avait une vé ritable mé fiance vis à vis des tribunaux ordinaires et il ne voulait pas soumettre les litiges administratifs à d’autres organismes. Ceci s’est clairement affirm é dans 2 é dits mis en place avant le principe r évolutionnaire :

Edit de saint germain 21 f évrier 1641 o ù celui ci condamne l’interf érence des parlements en mati è re administratives. Cet Edit a été repris par l’Edit de Fontainebleau 08 juillet 1861 qui interdit au parlement de connaître des affaires concernant l’ état. Le principe r évolutionnaire va reprendre les 2 édits

B) Le principe r évolutionnaire de s éparation des autorit és administratives et judiciaires et ses

compétences

Les ré volutionnaires ont repris les 2 é dits en y apportant des am énagements, art 13 des 16 et 24 ao û t 1790 : « les fonctions judiciaires sont distinctes et demeureront toujours s épar ées des fonctions administratives » . Ce principe affirm é n’avait pas pour autant dot é ces autorit é s d’un juge administratif. C’est donc Napoleon Bonaparte 1799 Conseil d’etat et 1800 conseil de prefectures; Cette mise en place ne permettait pas à ces juridictions de trancher des litiges administratifs, ie le CE ne rendait que des avis qu’il devait faire approuver par l’ é xecutif (administration juge). On appelait cela le systè me de la justice retenue. il faudra attendre la loi du 24 mai 1872 pour passer du syst ème de la justice retenue à la justice d élé guée, ie que le conseil d’ état va rendre des actes juridictionnels. il va donc avoir une véritable fonction de juge.

Au 19 et 20 ème si ècles, le contentieux administratif va se d évelopper et surtout devant le CE. En 1953, il y avait 25000 dossiers en attente devant le CE qui par cons équent é tait encombr é. Il fallait le dé sengorger. Il y a eu une r é forme importante : r éformes du 30 09 et du 28 11 1953, entr ées en vigueur au 1er janvier 1954 qui transforme les conseils de pr éfectures en tribunaux administratifs et en en faisant des juges du droit commun du contentieux administratif. Le l égislateur a élargi la comp étence des TA pour d é sencombrer le CE. Le CE reste juge d’appel et de Cassation. Le CE est conseiller du gouvernement. C’est sa principale mission, devant la mission contentieuse.

Malgr é la cr éation des TA et l’ élargissement de leurs comp é tences, on s’est aper ç u en 1986 que le CE était à nouveau encombr é en tant que juge d’appel avec plus de 100000 affaires en instances. Deuxi ème réforme : loi du 31 d é cembre 1987 entr ée en vigueur le 1er janvier 1989, Cr éation des cours administratives d’appel (5 à cette époque, 8 aujourd’hui). Les transferts de comp étences entre le CE et le CAA (cour administratives d’appel) ont été étalés dans le temps.

Une autre r éforme récente : d écret du 22 f évrier 2010, r é forme pr éparée par un groupe de travail du CE et visant à am éliorer le fonctionnement des juridictions administratives (TA, CAA et CE). Elle comporte 3 grands volets :

- le CE se d écharge, transf ère sa comp étence de 1 er ressort au profit des TA. Le d écret fixe une nouvelle d élimitation de comp étence, le CE abandonnant sa comp étence directe ie en tant que juge en premier et dernier ressort (pour d ésencombrer le CE).

- Ré forme de l’expertise. cette r é forme pr éparée par un conseille de l’ état. Elle s’inspire de la procé dure civile. l’expert ne peut se prononcer que sur des questions de fait, jamais sur des questions de droit.

- Le dé cret cré e « l’amicus curiae » ie possibilit é pour le juge de demander un avis d’une personnalité qualifiée, extérieure au litige, ex un professeur d’universit é.

C) Le statut constitutionnel de la juridiction administrative

Contrairement au juge judiciaire, il n’y a pas de dispositions constitutionnelles qui l égitiment l’ordre juridique administratif. Le Conseil Constitutionnel a donn é un statut constitutionnel à l’ordre juridictionnel administratif dans plusieurs d écisions :

- CE 22/07/1980, d écision dans laquelle le juge constitutionnel fixe un principe d’ind é pendance de l’ordre juridique administratif : seul le l égislateur est comp étent pour cr éer ou supprimer une juridiction administrative. Cette comp étence d é coule de l’ind épendance des tribunaux administratifs. Deuxième cons équence

- cela conduit à d éterminer des comp étences propres aux juridictions administratives, elles sont compétentes pour annuler les décisions administratives ou à demander r éparation

- Troisiè me cons équence, le CC autorise le l égislateur à attribuer une mati ère en bloc, à l’un ou l’autre des deux ordres de juridictions, soit à l’ordre administratif, soit à l’ordre judiciaire, dans l’inté rêt d’une bonne application de la justice, à condition que cela n’aboutisse pas à vider le principe m ê me de l’ind épendance de la juridiction administrative. Cette d écision a été confirm é e CE 23/01/1987. et CE 01/03/2007 qui concernant une loi organique sur le statut des magistrats. A cette occasion le CE a r éaffirm é le principe de s éparation entre administratif et judiciaire, et le principe d’indépendance entre les juges administratifs et judiciaires.

SECTION 2 : L’ORGANISATION DE L’ORDRE JURIDICTIONNEL ADMINISTRATIF

Cette organisation tourne autour du CE. C’est le CE qui contr ô le toute l’activit é des juridictions administratives gr âce à la mission permanente d’inspection des juridictions administratives (qui existe depuis 1945). Dans cette organisation, il faut distinguer les juridictions administratives g én érales des juridictions administratives sp éciales qui concernent par exemple des ordres professionnels.

A) Les juridictions administratives g énérales

Dans un ordre croissant:

22/02/2010 s’est appliqué en avril 2010

- Tribunaux administratifs = premier ressort = juge de droit commun des litiges administratifs

- Cour administratives d’appel= jugent en appel les jugements rendus par les TA. Ce sont les juges du fond

- Conseil d’ état qui a une triple compétence :

- compétence directe = compétence en premier et dernier ressort = pour les actes sensibles - il peut être juge d’appel et donc juge du fond - Il est aussi et surtout juge de cassation. il peut examiner une proc édure d’admission du pourvoi en cour d’appel contre les arr ê ts rendus par les cours administratives d’appel, ou vis des décisions rendues par les cours administratives sp éciales. Cependant, le juge de cassation ne rejuge pas le litige, il ne rejuge que le jugement ou l’arr ê t sur le litige.

A) les Tribunaux administratifs.

Ils sont aujourd’hui 42 (31 en m étro, et 11 outre mer), chaque TA est pr ésid é par un pr ésident, et est également compos é de magistrats ind épendants.

L’organisation des TA a été modifi ée par le d écret du 22 fev 2010, entr é en vigueur le 1er avril 2010 cad il faut toujours distinguer la chambre (qui est en qqe sorte un aspect organique du TA, ex chambre de la fonction publique, chambre fiscale) avec la formation de jugement (qui a un c ôt é plus fonctionnel, celle ci peut consister en un magistrat unique qui va rendre dans ce cas une ordonnance. mais en principe, elle est coll é giale (3 juges : 1 juge qui appartient à la chambre concern é e par le litige, 1 juge qui appartient à une autre chambre, et le pr ésident). Il peut y avoir des coll é giales élargies (5 magistrats). Le d écret du 22 fé v 2010 maintient la formation pl éni ère parce qu’on veut donner une solennit é de la d écision rendue. Ce d é cret cré e une formation de jugement en chambres r éunies, ie on va retenir 2 voir 3 chambres.

D élai moyen de jugement en TA = 13 mois, pour l’ann ée 2008, les TA ont enregistr és 173000 et ils en ont jug és 198000. La moyenne pour un magistrat est 280 dossiers par an. Le taux d’appel est inf érieur à 20% mais le taux de r éformation des jugements est inf érieur à 20% Les TA ont passé des contrats d’objectifs avec le CE et les objectifs atteints permettent d’avoir des moyens Depuis le 1er avril 2010 les tribunaux administratifs sont encore plus comp étents car il y a eu un transfert pour certains litiges qui relevaient de la comp étence directe du CE.

Principe d’attributions territoriales pour les TA Cette r ègle fixée sous l’art R312-1 du code justice administratif qui pose la r ègle normale d’attribution de compétences du litige administratif à un tribunal administratif, ie le recours doit ê tre port é devant le TA dans le ressort duquel si è ge l’autorit é administrative qui a pris la d écision attaquée ou signé le contrat litigieux. S’il y a plusieurs signatures, c’est toujours le premier d énomm é qu’il faut regarder : le TA compétent est celui du premier d énomm é. La r éforme de 2010 , puisqu’elle supprime certaines comp étences directes du CE attribue aux tribunaux de nantes et de paris le transfert de comp étence du CE. Pour nantes, R312-8 du CJ, re çoit la comp étence en ce qui concerne les litiges relatifs aux rejets des demandes de visa d’entr ées sur le territoire et relevant des autorit és consulaires. Pour le TA de Paris, R312-19 qui attribue les litiges qui ne relè ve de la comp étence d’aucun TA. c’est un litige administratif qui est n é en dehors de territoire.

Les cours administratives d’appel elles ont été cré es par la loi du 31 12 1987 et entr é es en vigueur en 1989. A l’origine 5 cour administrative d’appel : bordeaux, lyon, nancy, nantes et paris. En 1997, cr é ation de celle de marseille. en 2004, Versailles et Douai. En 2008, avec 27800 affaires enregistr é es, et 27200 affaires jugé es. Le d élai moyen de jugement est d’un an. Il y a une tr ès forte augmentation du contentieux des étrangers. Seulement 10,99% de renvoi devant le CE et sur ce pourcentage, 85% des pourvois sont rejeté s ou non admis. Elles ont surtout re çu pratiquement l’ensemble des affaires d’exc ès de pouvoir.

Le CE institution Napol éonnienne 1799, qui a pour anc être le conseil du Roi. 2 missions essentielles, les formations administratives pour conseiller le gouvernement, et la fonction de contentieux parce qu’il est juge supr ême. 3 compétences contentieuses : directe, d’appel et de cassation. Grande ré forme depuis le 1er janvier 2001. Le Ce é tait organis é et fonctionnait avec ses propres r ègles à partir de l’ordonnance du 31 juillet 1945, et 1963. Ces textes ont é té amé nag és au cours de la codification du 1er janvier 2001.

Décret du 6 mars 2008 2008-225 du 6 mars 2008 relatif à l’organisation et au fonctionnement du CE r éforme qui comporte 3 volets :

- une r éorganisation de la section du contentieux et de l’assemblée du contentieux

- une r éorganisation des formations administratives (cr éation d’une 6ème formation administrative)

- s éparation entre les deux formations (administrative et contentieuse).

- une r éorganisation de la section du contentieux et de l’assemblée du contentieux on a r éduit le nombre de membres de la section contentieuse de CE qui est pass é de 17 à 15. 1 pr ésident / 3 pr ésidents adjoints / 10 pr ésidents de sous sections / 1 rapporteur. le nombre de magistrats qui si è gent en section du contentieux est d ésormais inf érieur au nombre de magistrats qui si ège en assemblée. L’assembl ée du contentieux passe de 12 à 17 membres. C’est la formation la + importante aujourd’hui. Du coup, formation impaire, le pr é sident n’a plus voix double. Le vice pr é sident perd sa voix pr é pondé rante. Les arr ê ts d’assembl é e permettent de montrer une étape nouvelle dans le droit administratif. Les arr êts de section du contentieux tranchent plus des questions techniques.

- une r éorganisation des formations administratives (cr éation d’une 6ème formation administrative)

une nouvelle section intitul ée la section de l’administration, formation administrative et non pas contentieuse. Pour permettre d’examiner des projets de lois ou de d écrets qui sont transversaux pour lesquels on ne souhaite pas attribuer à une seule formation administrative. section des finances / intérieur / travaux publics/ questions sociales / administration / section du rapport et des études qui est utile parce que tous les ans elle effectue des études, et elle a un pouvoir d’injonction : en cas de difficult é d’ex écution on peut demander a cette section de donner dans un d élai de 6 mois pourquoi il y a des difficult és dans la bonne exécution des décisions de justice.

-

s éparation entre les deux formations (administration et contentieuse). Les membres du CE appartiennent aux deux mais il y a une s éparation entre la fonction consultative et la fonction contentieuse. ie le magistrat qui a particip é à la d écision ne pourra pas si éger dans la formation contentieuse. On a bien un principe d’impartialité.

2ème r éforme importante la r éforme du d é cret du 7.01.2009 qui modifie le nom du magistrat qui r é dige des conclusions é crites sur l’affaire, sur le litige administratif et qui propose une solution. Ce magistrat s’appelle rapporteur public. Il a une fonction extr èmement importante.

3ème r éforme décret du 22 fev 2010 entr ée en vigueur au 1er avril Le dé cret cré e une nouvelle formation de jugement : en formation de sous sections r é unies. pour des affaires qui pr é sentent une difficult é assez importante mais qui ne n é cessite pas l’intervention ni de la section du contentieux ni de l’assembl ée du contentieux, il est possible de faire appel à cette formation de sous sections r éunies.

Pour acc él érer la proc édure devant le CE, les pr ésidents de sous sections peuvent r égler certaines affaires par voie d’ordonnance, ie par juge unique , pour acc é lérer le cour de la justice administrative. Cette possibilit é est m ême étendue au pr ésident de la section du contentieux.

4ème r éforme qui r éduit la compétence directe du CE art R311-1 du code de justice administrative : le CE n’est plus comp étent aujourd’hui directement que dans 4 domaines : les recours dirig és entre ordonnances ou d écrets du pr ésident de la r é publique, les recours dirig é s contre les actes r è glementaires du 1er ministre ou des ministres, les litiges concernant le recrutement et la discipline des agents nomm és par d écret du PR ou du 1er ministre, les recours dirig és contre les d écisions prises par les organes des autorit és limitativement énum éré es, qui concerne par les décisions de la CNIL, du CSA, de la CNCSS Le CE est aussi juge d’appel donc va rejuger au fond les d é cisions des TA. Le CE reste juge de cassation vis à vis des organismes à comp é tences nationales qui se prononce en mati ère disciplinaire, et vis à vis des décisions de la cour des comptes.

Aujourd’hui on cherche à désengorger le CE, et à accélérer le cours de la Justice administrative.

2)

Les juridictions sp écialis ées

 

a ne pas confondre avec les juridictions g énérales

Elles sont une cinquantaine. Il s’agit d’organes qui ont des comp étences techniques, le plus souvent disciplinaires. elles rel èvent du CE en cassation Juridiction spéciale

-

la cour des comptes, qui fait l’objet de beaucoup de r éformes

-

la cour de discipline budg étaire

 

-

commissions d’aides sociales au niveau local et au niveau central

-

les ordres professionnels, quant elles ont une comp étence disciplinaire, ie l’ordre des m édecins

Chapitre 2 : contentieux administratif : proc édures et recours

la proc édure a un r égime autonome, ses r è gles propres. Le proc è s administratif n’est pas le proc è s civil. on a des sources textuelles avec le code de justice administrative. On a des sources jurisprudentielles parce que le CC a soulign é qu’il y avait un droit d’agir en justice (ind épendance

de la PF) dans la décision CC 09/04/1996 statut autonomie de la polyn ésie fran çaise). Le CE en a fait un PGD.

A)

Les principaux caractères de la proc édure administrative contentieuse on peut en retenir 4

-

procédure inquisitoriale ,

-

elle est contradictoire

-

principalement écrite

-

elle est secr ète

1)

le caractère inquisitorial

le JA dirige le proc ès administratif. il dirige l’instruction. Ce ne sont pas les parties qui dirigent le proc ès. on est pas dans le cadre d’une proc édure accusatoire que l’on retrouve dans le proc ès civil. Ce caractè re se remarque car lorsqu’on saisit le JA , on le sait par une requ ête et non pas par une assignation. On adresse une demande au JA. Le r ô le du juge (l’office du juge) est extr èmement important. d ès que la requ ête est enregistr ée au greffe, il y a d ésignation d’un rapporteur qui va donc diriger l’instruction. Il va pouvoir prendre des mesures d’instructions, soit de sa propre initiative, soit à la demande des parties. ie en mati è re d’urbanisme, il peut d écider d’aller sur les lieux. Il peut aussi ordonner une expertise. le d écret du 22/02/2010 a r é form é l’expertise dans un souci d’efficacit é en reprenant beaucoup de l’expertise qui se d éroule devant le juge civil. l’expertise est la principale mesure d’instruction. La difficult é en mati è re d’expertise, c’est que celle ci allonge la dur ée du proc ès, il y a un cout suppl émentaire. parfois l’expert rencontre des difficulté s pour se faire communiquer des documents ce qui peut rallonger la mesure d’expertise. le dé cret a modifi é le rô le et les conditions d’intervention de l’expert. Il est en effet d ésormais possible pour l’expert (et pour les parties) de demander au juge des r é f éré s de modifier le p é rim è tre de l’expertise pour que sa mission soit plus efficace à propos des questions de fait que propose le litige. Il est possible aussi de tenir une audience d’expertise, (un rdv oral) dans le but de d ébloquer une expertise pour avoir des r é ponses aux questions de fait et acc él érer le rapport de l’expert. Le magistrat instructeur peut aussi recourir à une consultation technique, ie vis à vis d’une personne qualifié e, lui demander son avis et l’avis sera communiqu é aux parties. Le juge peut recourir à l’amicus curiae (inviter au cour de l’instruction toute personne qualifi é e à présenter et à produire des observations d’ordre gé néral ou plus ponctuel, de fa çon à avoir un éclairage extérieur vis à vis du litige). Le juge pourra inviter cette personne soit oralement soit par écrit. Ce mê me juge peut demander un mé moire ré capitulatif, ie demander à une partie qui a tendance à se ré pé