Vous êtes sur la page 1sur 4

Article : CE QUE L’AUDITEUR

INTERNE N’EST PAS


Rédigé par Jean François CARON pour la page officielle Facebook les consultations d’edgar&mbogne

Le métier d’auditeur interne a la particularité d’être encadré par


des normes professionnelles de dimension internationale. En effet, l’IIA
(Institute of Internal Auditors) promeut et maintient un corpus normatif
permettant à la profession d’audit de s’y référer pour l’exercice des
missions. Ce référentiel comprend des aspects techniques servant à la
planification des travaux, à leur réalisation, à la rédaction des
conclusions et à la formulation de recommandations.

Les règles édictées par l’IIA concernent également le


comportement professionnel par le truchement d’un code de
déontologie. Intégrité, objectivité, confidentialité, compétence, tels sont
les quatre piliers déontologiques auxquels tout auditeur interne est tenu
de se conformer. L’intégrité est indispensable à la crédibilité.

L’objectivité est impérative pour toute évaluation. La


confidentialité est respectueuse des audités et de l’organisation. Enfin,
s’assurer que les lois et les règlements sont respectés, que les

1
www.erp.lymytz.com
traitements opérationnels sont efficaces et efficients, que les risques
inhérents aux activités sont maîtrisés, obligent à disposer de
connaissances et de compétences à propos du thème audité. Ainsi, le
code de déontologie fixe des principes en matière d’attitude
professionnelle. Cependant, il ne nous renseigne pas précisément sur ce
qu’il ne faut pas faire en tant qu’auditeur interne.

Quelques traits du "mauvais" auditeur

Tenter de dresser le portrait-robot du « mauvais » auditeur est à


l’évidence hasardeux. En effet, l’audit interne est confronté au fil des
missions à des situations et à des contextes multiples qui interdisent une
ligne de conduite unique. En outre, apprécier le professionnalisme au
regard des défauts induit certainement plus de subjectivité que lorsqu’il
s’agit d’énoncer des qualités requises. Pour autant, aussi imparfait soit
l’exercice proposé, celui-ci permet de s’interroger sur ce qu’un auditeur
doit éviter, tant techniquement que sur un plan comportemental, lors de
la réalisation de ses missions. On distinguera donc à ce titre les
maladresses suivantes :

• fonder ses travaux sur des à priori : en procédant ainsi,


l’auditeur contrevient à trois des quatre impératifs

2
www.erp.lymytz.com
déontologiques, à savoir l’intégrité, l’objectivité, la compétence.
Les préjugés en effet orientent les travaux selon des
considérations non factuelles, traduisent une sorte d’irrespect vis-
à-vis des collaborateurs audités, excluent les connaissances pour
consacrer les médisances ;

• manquer de respect vis-à-vis des collaborateurs audités : le


positionnement hiérarchique de l’audit interne, soit un
rattachement direct à la présidence du Conseil ou à la direction
générale, est destiné à préserver son indépendance à l’égard des
directions opérationnelles. Pour autant, cette distance ne doit pas
se transformer en condescendance, en arrogance, en l’expression
d’un sentiment de supériorité exprimée par l’auditeur à l’encontre
des personnes rencontrées dans le cadre de sa mission. Comme
pour tout métier, l’irrespect n’a pas sa place dans le champ
professionnel de l’audit. En outre, les auditeurs doivent
comprendre que leur intervention peut être source de stress pour
les collaborateurs sollicités. Toute attitude dédaigneuse de leur
part ne serait pas de nature à lever les tensions régnant au sein de
la Direction auditée ;

3
www.erp.lymytz.com
• juger les personnes au lieu d’évaluer les processus : l’auditeur
interne n’est pas un juge, il n’est pas là pour condamner ou
innocenter. Il agit moins sur base de règles qu’en fonction de
référentiel. Certes, l’auditeur vérifie que les lois et les règlements,
tout comme les procédures et les modes opératoires internes, sont
respectés par le métier audité. Cependant, il s’agit pour lui
de contrôler la conformité au sein d’une Direction et non
d’évaluer un collaborateur au sens des textes en vigueur. Tout
jugement visant une personne dans l’accomplissement de ses
fonctions est donc inapproprié. La maîtrise des risques qui est au
centre des préoccupations de l’audit interne ne justifie pas que
l’on juge un collaborateur à l’aune de ses capacités à réaliser sa
mission. Bien-sûr, ceci n’exclut pas que l’auditeur puisse être
soupçonneux vis-à-vis d’un salarié en présence d’indices de
fraude interne. Il se doit d’ailleurs de réagir dans telle situation.
Mais il s’agit ici d’un cas particulier, encadré par les normes
d’audit professionnelles, qui ne serait devenir une généralité…

Les consultations d’edgar&mbogne


Contact Whatsapp 00237 680172537
Email : edgarmbogne@gmail.com

4
www.erp.lymytz.com