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Expose sur le thème: PILES A COMBUSTIBLE DE DECHETS Gpc4/FGI/2019-2020

SOMMAIRE

SOMMAIRE…………………………………………………………………1
LISTE DES ILLUSTRATIONS………………………………………….2
INTRODUCTION…………………………………………………………5

I. GENERALITES……………………………………………………………………6

1. Historique des piles à combustible de déchets…………………………………………6

2. Définitions (pile combustible, déchets, piles combustibles de déchets)……………….7


3. Un peu sur les piles à combustibles classiques (PAC)………………………………...9

II. FONCTIONNEMENT DE LA PILE A COMBUSTIBLE

………………………..10

1. Structure globale d’une pile à combustible…………………………………………...10


2. Principe de fonctionnement des PACMs………………………………………………11
3. Mécanisme dans les piles à combustible………………………………………………12
4. Caractéristiques et performances………………………………………………………18
5. Combustible et comburant……………………………………………………………..24

III. TYPES ET DESIGN DE PILES A COMBUCTIBLES DE

DECHETS……………..25

1. Type…………………………………………………………………………………………25
2. Design…………………………………………………………………………………………26
IV. AVANTAGES ET INCONVENNIENTS DES PACMs……………………………

31

1. Avantages …………………………………………………………………………….31
2. Inconvénients…………………………………………………………………………32

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V. APPLICATIONS DES PILES A COMBUSTIBLE DE

DECHETS……………….33

1. Epuration des eaux / Production de l’électricité………………………………………33


2. Production de l’hydrogène……………………………………………………………36
3. Transport et téléphone portable……………………………………………………….37
4. Capteurs environnementaux…………………………………………………………38

CONCLUSION………………………………………………..40
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES……………….41

LISTE DES ILLUSTRATIONS

Index des figures

Figure1 : Schémas de la pile à combustible. A : totalement microbienne, B : semi microbienne


anodique (Ketep, 2012)………………………………………………………………………………8

Figure2 : les huit principales parties d’une PCM :1) la flore électrogène, 2) l’anode, 3) le substrat, 4)
les électrolytes, 5) séparation anode/cathode, 6) circuit externe, 7) cathode, 8) l’architecture du
réacteur………………………………………………………………………………………………..11

Figure3 : Représentation schématique d’une pile à combustible microbienne (biopile) permettant de


produire de l’électricité lors de la dégradation de déchets par les bactéries. La dégradation des
molécules et la libération des électrons s’effectuent à la surface de l’anode où se multiplient les
bactéries (biofilm bactérien)…………………………………………………………………………12

Figure4 : Représentation d’une pile à combustible microbienne mettant en jeu l’oxydation à l’anode
d’un produit du métabolisme bactérien. Par exemple, l’hydrogène est produit par les bactéries à partir
du glucose. Cet hydrogène s’oxyde de façon abiotique à l’anode en ions H+ qui traversent la
membrane pour rejoindre le compartiment cathodique. Les électrons sont transmis à l’anode et
circulent jusqu'à la cathode où a lieu la réduction de l’oxygène. Ce procédé ne permet de récupérer
qu’une partie des électrons disponibles dans le substrat (glucose) et résulte en l’accumulation de
produits organiques dans le compartiment anodique. Adapté de (Lovley 2006a)………………13

Figure5 : Représentation d’une pile à combustible microbienne mettant en jeu des médiateurs
électrochimiques artificiels. Un médiateur électrochimique accepte les électrons de composants réduits

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de la cellule et s’oxyde de façon abiotique à l’anode à laquelle il transmet les électrons. Le médiateur
effectue plusieurs cycles successifs de réduction-oxydation. Dans la plupart des cas, les cellules qui
utilisent des médiateurs électrochimiques n’oxydent pas le substrat (glucose) complètement en CO2.
Adapté de (Lovley 2006a)…………………………………………………………………………..15

Figure6 : Représentation d’une pile à combustible microbienne mettant en jeu des bactéries capables
de transférer directement leurs électrons à une électrode. Le glucose est assimilé dans la cellule où il
est oxydé en dioxyde de carbone via des voies classiques du métabolisme tel que le cycle d’acide
tricarboxylique. Les électrons issus de cette oxydation sont transférés à travers la membrane cellulaire
par des protéines transporteuses d’électrons tels que des cytochromes. Dans ce système le substrat
(glucose) est totalement oxydé en CO2. Adapté de (Lovley 2006a)…………………………17

Figure7 : Courbe de polarisation d’une pile à combustible microbienne (noire) et pertes associées :
activation (rouge), ohmiques (vert) et concentration (bleu)…………………………………………21

Figure8 : (a) cellule mono-chambre (Park and Zeikus, 2003). (b) cellule cylindrique à lit granulaire et
cathode à air externe (Rabaey et al., 2005b). (c) cellule cylindrique à cathode poreuse interne (Liu et
al., 2004). Les figures sont adaptés de Du et al. (Du et al., 2007)…………………………………28

Figure9 : (a) cellule de type H » (Delaney et al., 1984). (b) cellule rectangulaire (Allen and Bennetto,
1993). (c) cellule à lits granulaires (He et al., 2005). (d) cellule à lits granulaires et cathode interne en
U (He et al., 2006). (e) cellule plate à écoulement serpentin (Min and Logan, 2004).(f) cellule
miniature (Rngeisen et al., 2006b). Les schémas sont adaptés de Du et al. (Du et al., 2007)
………………………………………………………………………………………………..29

Figure10 : (a) cellule à flux traversant dont les compartiments sont séparés par de la laine de verre et
des billes de verre (Jang et al., 2004). (b) même principe pour le (a) dans un réacteur rectangulaire
sans barrière physique entre les deux compartiments (Tartakovsky and Guiot). (c) cellule
s’apparentant à une configuration double-chambre classique avec membrane, mais dont l’anolyte est
pompé vers le compartiment cathodique (Freguia et al., 2008). Les schémas (a) et (b) sont adaptés de
Du et al. (Du et al., 2007). Le schéma (c) est l’original tiré de (Freguia et al., 2008)
…………………………………………………………………………………………………30

Figure11 : (a) empilement de 6 cellules à lit granulaire (Aeltermann et al., 2006). (b) empilement de
deux cellules (Oh and Logan, 2007). (c) PMC en serie (Zhuang et al., 2012). (d) PMC constructale à
quatre canaux en parallèle (Lepage, 2012)………………………………………………………….31

Figure12 : Schéma du procédé de production d’hydrogène grâce à une PACM détournée, constituée de
compartiments séparés par une membrane échangeuse de protons (PEM). L’ensemble est mis sous une
tension de 250mV grâce à un générateur de tension……………………………35

Figure13 : Schéma du procédé de production d’hydrogène grâce à une PACM détournée, constituée
de compartiments séparés par une membrane échangeuse de protons (PEM). L’ensemble est mis sous

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une tension de 250mV grâce à un générateur de


tension………………………………………………………………………………………………37

Index des tableaux

Tableau1 : principale caractéristique des piles à combustible classique. AFC : Alcaline Fuel Cell,
PAFC : Phosphoric Acid Fuel Cell , MCFC :Molten Carbonate Fuel Cell, DMFC :Direct Methanol
fuel cell, SOFC : Solid Oxide Fuel Cell, PEMFC : Proton Exchange Manbrane Fuel Cell (Laminie et
Dicks 2003 ;Miachon 1995 ; Mianka 2011)…………………………………………………………10

Tableau2 : Tableau récapitulatif des densités de courant obtenues dans des piles à combustible
microbiennes mettant en jeu l’oxydation à l’anode d’un produit du métabolisme bactérien du type H2
ou H 2 S. Inspiré de (Katz et al. 2003a) puis complété. Lesvaleurs en gras ont été vérifiées et
recalculées……………………………………………………………………………………………14

Tableau3 : Tableau récapitulatif des densités de courant obtenues dans des piles à combustible
microbiennes mettant en jeu des médiateurs électrochimiques au cours de l’oxydation de la matière
organique (Katz et al. 2003a). Les valeurs en gras sont été vérifiées et
recalculées…………………………………………………………………………………………….16

Tableau4 : Ce tableau regroupe les différentes caractéristiques des PACMs mettant en jeu des bactéries
qui transfèrent directement les électrons à l’électrode……………………………………....18

Tableau5 : ce tableau présente quelques exemples de PCM étudiées dans d’autres travaux (Evry )
………………………………………………………………………………………………………………………….26

Tableau6 : Quelques PACMs liées au traitement d’effluents présentés par ordre chronologique. Abat
DCO : abattement de DCO, TRH : temps de rétention hydraulique, Rf : rendement
faradique……………………………………………………………………………………………..34

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INTRODUCTION

L’abandon de la dépendance en énergie fossile héritée de la révolution industrielle pose un


défi critique aux sociétés développées. De plus, cette exploitation massive des ressources
fossiles carbonées, et nucléaire engendre des impacts environnementaux majeurs
déséquilibrant de nombreux écosystèmes. La pile à combustible de déchets se pose donc au
carrefour entre ces deux problématiques énergétiques et environnementales en permettant de
transformer directement l’énergie chimique contenue dans les composés organiques
(biomasse) en énergie électrique. Le principe ici est celui de l’electrocatalyse bactérienne.
Ainsi les piles à combustibles de déchets produisent de l’énergie à partir d’une grande variété
de composés organiques carbonées ou azotés d’origine naturelle, industrielle et ménagère.
Pour comprendre cette technologie dans le cadre de ce travail, nous présenterons en bonne
place son principe de fonctionnement, les différents influents et paramètres de
fonctionnement, par la suite nous mettrons en exergue les différents types de piles a
combustibles, leurs applications.

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I. GENERALITES

1. historique des piles à combustible de déchets

L’avènement des piles à combustibles s’inscrit dans une évolution globale au travers des
siècles de la production d’énergie dictée par quatre grandes contraintes :
 la recherche d’un vecteur énergétique unique et généralisé facilement convertible en
d’autres formes d’énergie plus apte à répondre aux divers besoins de l’homme
(transport, chauffage, communications) ; l’électricité est le candidat retenu, car il est
facile de la produire et de la transporter, mais elle a le gros inconvénient d’être
difficile à stocker ;
 la recherche d’une diversification des énergies primaires pour limiter les
dépendances énergétiques en particulier vis-à-vis des énergies fossiles (pétrole ou
gaz)
 l’augmentation des rendements des convertisseurs y compris dans le transport ;
 la contrainte environnementale (limitations des émissions polluantes)

Depuis des siècles, les bactéries capables de transformer de l’énergie chimique (substrat) en
électricité, intéressent les scientifiques, cependant, ce n’est qu’aujourd’hui que des
applications sont envisagées pour de petits appareils électroniques mais aussi pour des
installations pilotes de plusieurs kilowatts.

Luigi Galvani en 1790, fut le premier à constater que les pattes d’une grenouille se
contractaient lorsqu’un bref courant les traversait. C’est à partir de ce moment-là qu’est
apparu le mot « Bioélectricité ». Bien que le concept de pile à combustible ait été découvert
en 1839, il faudra attendre 1910, pour que Michael Cresse Potter, professeur en botanique,
découvre que des micro-organismes peuvent produire du courant. En 1931, cette propriété est
exploitée par Cohen qui en connectant en série des biopiles à combustible obtint des tensions
jusqu’à 35V (Cohen 1931).

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Le développement des biopiles à combustible s’est surtout accentué dans les années 60,
lorsque la NASA s’est intéressée à la transformation des déchets organiques en électricité sur
les vols spatiaux. En 1963, les premières piles à combustible biologiques furent
commercialisées en tant que sources d’énergies dans les radios, signaux lumineux et autres
appareils en mer (Shukla et al. 2004). Cependant, le coût des énergies fossiles restant faible,
les piles à combustible biologiques ne se sont pas plus développées et furent un échec
commercial. Plus tard au cours des crises pétrolières des années 70-80, les piles à combustible
biologiques sont réapparues. Une importante amélioration a été apportée par Benetto et al. qui
ont prouvé que l’ajout de médiateurs électrochimiques augmentait à la fois l’efficacité du
système ainsi que la vitesse des réactions (Bennetto et al. 1981; Thurston et al. 1985; Allen et
al. 1993). Cependant, les puissances obtenues restaient toujours insuffisantes pour un réel
développement des PACMs

2. Définitions de quelques concepts clés :

Pile : C’est une cellule électrochimique galvanique composée de 2 électrodes en contact avec
un électrolyte et d’un circuit externe. Durant leur fonctionnement, une réaction redox a lieu,
au cours de laquelle des électrons s’échangent entres les électrodes. Cette réaction est
spontanée. Les piles sont caractérisées par leur force électromotrice (Bensabra, 2016).

Pile à combustible : elle peut être définie comme un dispositif électrochimique dans lequel
l’énergie chimique d’un combustible et d’un comburant est transformée en énergie électrique,
chaleur et autres produits de réactions lorsqu’il y’a un apport continu des réactifs. La
production d’électricité est possible grâce à l’échange d’électrons issus des réactions
électrochimiques spontanées aux électrodes. Le combustible réducteur s’oxyde à l’anode et
les électrons issus de cette oxydation circulent à travers un circuit électrique externe vers la
cathode où ils se combinent à un comburant, généralement l’oxygène, qui est réduit. Des
catalyseurs sont généralement nécessaires aux électrodes pour assurer la vitesse des réactions
électrochimiques. (KETEP, 2012)

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Piles à combustibles de déchets: La pile à combustible microbiennes (PACM) est un


dispositif électrochimique qui permet de transformer directement en énergie électrique,
l’énergie chimique contenue dans des composés organiques ou inorganiques par une réaction
d’oxydation (généralement la réaction anodique) assurée par des microorganismes, le plus
souvent des bactéries (anode biologique) qualifiés d’exo-électrogènes. Ces bactéries sont
organisées en biofilm à la surface de l’anode qui représente un catalyseur électroactif
(Adekunle, 2014 ; Benghernit, 2017 ; Dumas, 2007 ; Zhao et al. 2017).

Les piles à combustible microbienne peuvent être complètement microbiennes lorsque la


catalyse des réactions aux deux électrodes se fait grâce à des microorganismes (Figure 1 -A)
ou semi microbiennes dans le cas où la catalyse à la cathode est réalisée par des catalyseurs
minéraux (Figure 1-B).

Figure 1: Schémas de piles à combustible. A : totalement microbienne, B : semi microbienne anodique


(Ketep, 2012).

Médiateur électrochimique : Les médiateurs électrochimiques sont des molécules qui


permettent le transport des électrons du substrat vers anode. Ils peuvent s’oxyder puis se
réduire et se recycler ainsi de manières successives. Une large variété de composés a été testée
comme médiateurs dans les PACMs, tels que des phénazines, phenothiazines, phenoxazines,
flavines, l’anthraquinone-2,6-disulfonate(AQDS), le rouge neutre et les quinones (Lovley 20
06a).

Electrocatalyse microbienne : C’est le domaine de transfert d’électrons facilité par l’activité


des micro-organismes

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Biofilm : D’une manière générale, un biofilm peut être défini comme une communauté
microbienne sessile caractérisée par des cellules attachées de manière irréversible à une
couche, une interface ou les unes aux autres, enrobées dans une matrice de biopolymères
extracellulaires autoproduits (Donlan et Costeron 2002). Un biofilm est constitué d’environ
15% en volume de cellules microbiennes contenues dans 85% d’une matrice d’exopolymères
hydratée. Cette matrice est responsable des propriétés physiques et physico-chimiques du
biofilm (Flemming et al. 2000)

Dans notre environnement, les bactéries se retrouvent sous deux formes : planctonique et
sessile. Dans la première forme les bactéries sont libres en suspension. Sous la forme sessile,
elles sont organisées sur des surfaces appelées « biofilm ».

Déchet : tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute


substance ou tout matériau produit ou, plus généralement, tout bien meuble ou immeuble
abandonné ou destiné à l’abandon(LOI N° 96/12 DU 5 AOUT 1996 PORTANT LOI-
CADRE RELATIVE A LA GESTION DE L’ENVIRONNEMENT).

3. Un peu sur les piles à combustibles classiques (PAC)

Le principe de la pile à combustible fût découvert en 1839 par Sir William Groove.
Rapidement oublié après sa découverte, ce principe fût repris en 1935 par F.T.Bacon pour
aboutir au premier prototype de 1 kW qui servit de modèle en 1961 à la pile
hydrogène/oxygène de la mission spatiale Apollo.

Il existe six types de piles à combustibles (PAC) classiques qui se différencient par leur
électrolyte dont la nature définit la température de fonctionnement et de ce fait l’application
de la pile.

Les combustibles utilisés doivent être initialement produits à partir d’autres sources d’énergie
d’origine fossiles ou par bio-transformation de biomasse naturellement produite. C’est pour
cela que l’on considère les PACs comme sources d’énergie électrique secondaires.

Les principales caractéristiques des différentes PAC sont présentées dans le Tableau 1.

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Tableau 1 : principale caractéristique des piles à combustible classique. AFC : Alcaline Fuel Cell, PAFC : Phosphoric
Acid Fuel Cell , MCFC :Molten Carbonate Fuel Cell, DMFC :Direct Methanol fuel cell, SOFC : Solid Oxide Fuel
Cell, PEMFC : Proton Exchange Manbrane Fuel Cell (Laminie et Dicks 2003 ;Miachon 1995 ; Mianka 2011).

II. FONCTIONNEMENT DE LA PILE A COMBUSTIBLE DE DECHETS

1. Structure global d’une pile à combustible de déchets

Une pile à combustible se compose d’un électrolyte séparé par une membrane perméable aux
ions permettant l’électroneutralité des chambres pris en sandwich entre deux électrodes
poreuses (Figure 1). Ces électrodes permettent le passage des deux gaz (hydrogène et
oxygène). Les micro-organismes (biofilm) oxydent le substrat au sein de l’anolyte et
produisent le CO2, H+ et les électrons. Ces électrons à bas potentiel issus de l’oxydation sont
transférés à l’anode puis conduits via un circuit externe vers la cathode. L’élctroneutralité est
respectée par un transfert de charge équivalente en H+ de l’anode vers la cathode (ou en OH-
de la cathode vers l’anode), à travers une barrière perméable aux ions. A la cathode, les
électrons et les protons réagissent entre eux pour former du H2, ou avec un oxydant en

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solution (O2 pour former l’eau). Le courant produit est recueilli aux électrodes et alimente
une charge (moteur électrique, éclairage, instruments, etc.).

Figure 2 : les huit principales parties d’une PCM :1) la flore électrogène, 2) l’anode, 3) le
substrat, 4) les électrolytes, 5) séparation anode/cathode, 6) circuit externe, 7) cathode, 8)
l’architecture du réacteur

2. Principe de fonctionnement d’une PACM


Les PACMs utilisent les bactéries pour convertir directement en électricité une partie de l’énergie
disponible dans un substrat biodégradable. De conception similaire aux piles à combustible, ces
réacteurs génèrent de l’électricité à partir des réactions d’oxydo-réduction impliquées dans la
dégradation de molécules organiques par les bactéries, aboutissant à la libération de protons et
d’électrons qui peuvent être transférés aux électrodes. Les PACMs peuvent être alimentées par
une diversité de molécules organiques simples (sucres, protéines…) ou directement avec les
effluents à traiter.

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Figure 3 : Représentation schématique d’une pile à combustible microbienne (biopile) permettant de produire de
l’électricité lors de la dégradation de déchets par les bactéries. La dégradation des molécules et la libération des
électrons s’effectuent à la surface de l’anode où se multiplient les bactéries (biofilm bactérien)

3. Mécanisme dans les piles à combustible

La compréhension des mécanismes de transfert électronique entre la bactérie et l’électrode


apparaît aujourd’hui comme essentielle dans le développement des PACMs. De nombreux
articles de revue s’intéressent à ce sujet (Lovley 2006a; Lovley 2006c; Lovley 2006b; Rabaey
et al. 2007; Schröder 2007).

En effet, les carburants organiques, seuls, ne peuvent être oxydés électrochimiquement qu’à
des potentiels très élevés, contrairement à l’hydrogène, mais constituent de remarquables
réservoirs d’électrons (par exemple au cours de son oxydation le glucose libère 24 électrons et
l’acétate 8 électrons). Ce sont les bactéries qui permettent d’oxyder la matière organique à des
potentiels plus faibles. Ces bactéries peuvent être introduites dans les PACMs sous forme de
souches pures ou bien intégrées à leur environnement (eaux usées, boues activées,
sédiments….). Elles catalysent l’extraction des électrons de la matière organique et les
transfèrent à divers transporteurs d’électrons, qui eux sont actifs électrochimiquement sur
l’électrode de la PACM. Ces transporteurs peuvent appartenir ou non à la cellule bactérienne.
Le transfert d’électrons entre la bactérie et l’électrode peut se faire de manière directe, via les
composants de la membrane cellulaire, ou de façon indirecte, soit par l’oxydation abiotique de
produits issus de la fermentation biologique soit par l’intermédiaire de médiateurs

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électrochimiques, sécrétés par les bactéries elles-mêmes ou ajoutés à l’électrolyte. Quatre


mécanismes peuvent être évoqués pour le transfert électronique bactérie-électrode (Lovley
2006a).

a) Oxydation à l’anode d’un produit du métabolisme bactérien

Les premières études sur les PACMs présentaient la production d’électricité par l’oxydation, à
la surface de l’anode, de produits issus de la fermentation bactérienne. Ces produits tels que
l’hydrogène, les alcools, l’ammonium ou encore le sulfure d’hydrogène ou l’ion sulfure,
s’oxydent à l’anode (Figure 4).

Figure 4 : Représentation d’une pile à combustible microbienne mettant en jeu l’oxydation à l’anode d’un
produit du métabolisme bactérien. Par exemple, l’hydrogène est produit par les bactéries à partir du
glucose. Cet hydrogène s’oxyde de façon abiotique à l’anode en ions H + qui traversent la membrane pour
rejoindre le compartiment cathodique. Les électrons sont transmis à l’anode et circulent jusqu'à la cathode
où a lieu la réduction de l’oxygène. Ce procédé ne permet de récupérer qu’une partie des électrons
disponibles dans le substrat (glucose) et résulte en l’accumulation de produits organiques dans le
compartiment anodique. Adapté de (Lovley 2006a).

Le Tableau 2 extrait d’une revue bibliographique regroupe les valeurs de densités de courants
obtenues avec de telles PACMs. Cependant, certaines valeurs méritaient un éclaircissement,
c’est pourquoi certains articles ont été examinés plus profondément et ont fait l’objet de

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corrections. Les valeurs vérifiées et le cas échéant modifiées apparaissent en gras dans le
tableau.

Tableau 2 : Tableau récapitulatif des densités de courant obtenues dans des piles à combustible microbiennes mettant
en jeu l’oxydation à l’anode d’un produit du métabolisme bactérien du type H2 ou H 2 S. Inspiré de (Katz et al.
2003a) puis complété. Lesvaleurs en gras ont été vérifiées et recalculées.

b) Transfert électronique par médiateurs électrochimiques artificiels

Certaines bactéries non fermentaires peuvent utiliser l’électrode pour réaliser la conversion
voulue mais nécessite l’utilisation de médiateurs pour le transfert électronique. Les
médiateurs électrochimiques sont des molécules qui peuvent s’oxyder puis se réduire et se
recycler ainsi de manières successives. Sous leur forme oxydée, ils sont capables de traverser
la membrane cellulaire, d’accepter des électrons d’un ou plusieurs porteurs d’électrons à
l’intérieur de la cellule puis de sortir de cette dernière sous forme réduite pour s’oxyder et
transférer des électrons à l’anode (Shukla et al. 2004) (Figure 5).

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Figure 5: Représentation d’une pile à combustible microbienne mettant en jeu des médiateurs
électrochimiques artificiels. Un médiateur électrochimique accepte les électrons de composants réduits de
la cellule et s’oxyde de façon abiotique à l’anode à laquelle il transmet les électrons. Le médiateur effectue
plusieurs cycles successifs de réduction-oxydation. Dans la plupart des cas, les cellules qui utilisent des
médiateurs électrochimiques n’oxydent pas le substrat (glucose) complètement en CO 2. Adapté de (Lovley
2006a).

Le Tableau donne quelques exemples de PACMs qui utilisent des médiateurs


électrochimiques et les valeurs de densités de courant obtenues.

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Tableau 3 : Tableau récapitulatif des densités de courant obtenues dans des piles à combustible microbiennes mettant
en jeu des médiateurs électrochimiques au cours de l’oxydation de la matière organique (Katz et al. 2003a). Les
valeurs en gras sont été vérifiées et recalculées.

c) Bactéries qui produisent leurs propres médiateurs

Les transferts d'électrons sont essentiels au métabolisme. Que les micro-organismes soient
autotrophes ou hétérotrophes, chaque cellule doit résoudre le problème de la production
d'énergie afin de survivre (Hernandez et al. 2001). Au cours du transfert électronique
extracellulaire chez les bactéries qui respirent les minerais insolubles, les médiateurs produits
par les bactéries ont une grande importance. (Newman et al. 2000; Nevin et al. 2002). Le
mécanisme de transfert électronique reste identique à celui qui utilise des médiateurs
artificiels.

Certains micro-organismes, tels que des espèces de Pseudomonas (Rabaey et al. 2005a),
Shewanella putrefaciens (Kim et al. 1999; Newman et al. 2000; Kim et al. 2002) ou Geothrix
fermentans (Bond et al. 2005), sont capables de produire eux-mêmes des médiateurs
électrochimiques afin d’augmenter le transfert électronique extracellulaire (Hernandez et al.
2004). La synthèse biologique de médiateurs électrochimiques est coûteuse en énergie pour
les micro-organismes, c’est pourquoi le médiateur doit être utilisé plusieurs fois pour que les
bactéries récupèrent leur « investissement » énergétique. Cette stratégie a déjà été observée au
sein de PACMs. La bactérie Pseudomonas aeruginosa produit des phénazines qui augmentent
le transfert électronique à l’électrode (puissance obtenue de 116µW/m²) (Rabaey et al. 2004).
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Au contraire, des souches mutantes de Pseudomonas aeruginosa, ne pouvant synthétiser des


médiateurs électrochimiques ont permis d’atteindre seulement 6µW/m² soit 5% de la
puissance obtenue avec la souche non déficiente (Rabaey et al. 2005a).

d) Transfert direct

L’élément clé dans le transfert direct est la capacité des bactéries à basculer d’un accepteur
d’électrons soluble (oxygène, fumarate…) ou donneur (hydrogène, acétate…) à un accepteur
ou donneur d’électrons insoluble, comme une électrode de pile à combustible (Figure 6).
Cette découverte a été faite très récemment, en 2002 (Bond et al. 2002; Tender et al. 2002).

Figure 6: Représentation d’une pile à combustible microbienne mettant en jeu des bactéries capables de
transférer directement leurs électrons à une électrode. Le glucose est assimilé dans la cellule où il est oxydé
en dioxyde de carbone via des voies classiques du métabolisme tel que le cycle d’acide tricarboxylique. Les
électrons issus de cette oxydation sont transférés à travers la membrane cellulaire par des protéines
transporteuses d’électrons tels que des cytochromes. Dans ce système le substrat (glucose) est totalement
oxydé en CO2. Adapté de (Lovley 2006a).

Le Tableau 4 regroupe les résultats obtenus avec des souches pures procédant par transfert
direct.

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Tableau 4 : Ce tableau regroupe les différentes caractéristiques des PACMs mettant en jeu des bactéries qui
transfèrent directement les électrons à l’électrode.

Suite à la découverte du transfert électronique direct entre la bactérie et l’électrode en 2002,


les densités de courants ont augmenté de manière significative.

4 . Caractéristiques et performances
Les performances globales des PCM sont affectées par de nombreux facteurs comme la
configuration de la cellule, l’activité microbienne, la nature du substrat, la température et le
pH, le matériau d’électrode, le type de séparateur et l’accepteur final d’électrons. De plus,
pour garantir un bon fonctionnement dans le temps des PCM, il faut limiter l’apparition de
réactions parasites, éviter une augmentation de la résistance interne de la cellule, maintenir les

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activités catalytiques et optimiser les solutions électrolytiques tout en respectant les limites de
tolérance des bactéries.
Le fonctionnement des PCM au cours du temps peut être suivi à partir de quelques paramètres
électrochimiques simples.

a) Potentiel à courant nul

Malgré la multitude de substrats pouvant servir de combustible, l’acétate demeure un substrat


très utilisé, la simplicité de sa structure chimique faisant qu’il ne génère pas de composés
organiques lors de son oxydation. Cette réaction sera donc celle discutée dans cette section.

Les réactions globales prenant place aux deux électrodes sont les suivantes (Chaudhuri &
Lovley, 2003; Shukla et al, 2004):

Le potentiel théorique de l’anode par rapport à l’électrode normale à hydrogène (ENH) est
donné par l’équation ci-dessous, où le potentiel théorique de l’anode pour l’acétate est de
0,187 V, les concentrations [CH3COO-] = [HCO3-] = 0,017 mol (1 g L-1 d’acétate) à pH = 7
([H+] = 10-7), R est la constante universelle des gaz parfaits (8,314 J mol-1 K-1), T est la
température en degré Kelvin (298 K pour la température ambiante), n est le nombre
d’électrons libérés par l’oxydation de l’acétate, soit 8, et F est la constante de Faraday
(96485,34 C mol-1) (Logan et al., 2006).

De la même façon, le potentiel théorique de la cathode est déterminé par l’équation (1.4), où
est de 1,229 V à pH = 7, et n = 4 pour l’oxygène, sa pression partielle étant de 0,2.

La force électromotrice d’une cellule électrochimique est donnée par

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à pH identique pour les deux réactions. Ainsi, en théorie, une pile à combustible microbienne
alimentée par l’acétate devrait pouvoir atteindre un potentiel de (0,805-(-0,292)) = 1 ,097 V.

Par contre, cette valeur demeure théorique et dans la réalité, plusieurs pertes surviennent,
comme dans tout système électrochimique, soit les pertes dues aux réactions parasitiques, les
pertes d’activation, ohmiques et de concentration. Ces pertes sont illustrées sur la courbe de
polarisation présentée à la figure 1-8.

b) Potentiels et courants en cours de fonctionnement

Dans toutes piles, les réactions parasitiques empêchent l’atteinte de la tension théorique
calculée, ces réactions consistant principalement à l’adsorption des espèces en solution à la
surface des électrodes, espèces qui peuvent être impliquées ou non dans la réaction
électrochimique. Les pertes d’activation se manifestent parce que les réactions d’oxydation et
de réduction nécessitent de l’énergie afin d’être accomplies. Ces pertes surviennent lors du
transfert d’électrons vers ou à partir des substances réactives aux électrodes, comprenant aussi
les réactions résultant du métabolisme de respiration microbienne. Ces pertes sont
généralement plus grandes à faible densité de courant et croissent très lentement en
augmentant le courant. Il est possible de minimiser ces pertes en augmentant la surface des
électrodes, l’activité catalytique des électrodes ou par l’établissement d’un biofilm enrichi sur
l’anode (Clauwaert et al., 2008; Logan et al., 2006; Rismani-Yazdi et al., 2008).

Les chutes ohmiques sont attribuées à la résistance au flux des électrons dans les électrodes et
dans le circuit électrique externe, de même que la résistance à la circulation des ions dans
l’électrolyte et au travers de la membrane polymérique lorsque cette dernière est présente.
Cette résistance, grandement influencée par le design des réacteurs, peut être diminuée en
rapprochant les deux électrodes, en augmentant la conductivité des matériaux utilisés comme
électrodes ou pour le circuit électrique externe ou encore en augmentant la conductivité de
l’électrolyte à la limite de la tolérance des bactéries (Clauwaert et al, 2008; Liang, Huang,
Fan, Cao & Wang, 2007; Logan et al., 2006; Rismani-Yazdi et al., 2008).

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Finalement, les pertes de concentration surviennent lorsque le transport des espèces


impliquées dans les réactions électrochimiques voyageant vers et depuis les électrodes limite
la production d’électricité. Ces pertes se produisent principalement à une grande densité de
courant à cause de la diffusion limitée des espèces chimiques aux électrodes. À l’anode, ces
pertes sont causées par la limitation de la décharge des espèces oxydées à l’électrode ou par la
limitation de l’approvisionnement à l’anode d’espèces réduites. L’inverse de ces phénomènes
à la cathode peut de la même façon produire une baisse du potentiel cathodique. Un bon
mélange des fluides du système permet de restreindre les limitations en diffusion des espèces
dans le biofilm, limitation pouvant aussi causer des pertes de transport de masses (Clauwaert
et al., 2008; Logan et al., 2006; Rismani-Yazdi et al., 2008).

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le transport des espèces impliquées dans les réactions électrochimiques

Figure 7 : Courbe de polarisation d’une pile à combustible microbienne (noire) et pertes associées : activation (rouge),
ohmiques (vert) et concentration (bleu)

Ainsi, le potentiel mesuré de la pile à combustible microbienne (E MFC) peut être considéré comme
étant donné par la force électromotrice à laquelle on soustrait les pertes reliées à la surtension des
électrodes () et aux pertes ohmiques du système, selon l’équation suivante :

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Ou (CO : circuit ouvert) et idem pour la cathode. La surtension des


électrodes comprend les pertes dues à l’activation, au métabolisme bactérien et au transport de
masse (i.e. de concentration) (Logan et al., 2006).

c) Puissance P générée
À partir du potentiel mesuré, il est possible d’évaluer la puissance générée par la pile de deux
façons. Ainsi, d’une part on utilisera la loi d’Ohm V = Rext*I pour évaluer le courant généré
(I), où V est le voltage mesuré de la pile (EMFC) et Rext la résistance externe reliant les deux
électrodes, pour ensuite calculer la puissance P = VI.
L’autre méthode consiste à mesurer simultanément le potentiel et le courant produit par la
pile pour directement calculer la puissance.

Il est possible d’estimer la résistance interne du système (Rint) lorsque le courant généré se
situe dans la région linéaire de la figure 1 en utilisant l’équation suivante, où EVCO est le
voltage en circuit ouvert (VCO, la tension de la cellule lorsqu’il n’y a pas de courant) :

d) Le rendement faradique

Le rendement faradique est défini comme le rapport de la quantité d’électricité totale


(Coulomb) transférée à l’anode (Qp), calculée en intégrant le courant par rapport au temps,
sur la quantité d’électricité disponible dans le substrat (Qt). Le rendement faradique d’une
PACM dépend des micro-organismes responsables de l’oxydation, de la nature du carbone
organique servant de combustible et de toutes les réactions alternatives qui consomment ce
carbone organique (Franks et Nevin 2010). Des processus tels que la respiration aérobie et
anaérobie, la croissance de la biomasse ou la formation d’intermédiaires réactionnels issus de
la fermentation peuvent réduire le rendement faradique (Huang et Logan 2008b)

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Dans le cas du traitement d’effluent, la matière organique disponible est mesurée en


termes de demande chimique en oxygène (DCO) et le rendement faradique est calculé à partir
de la DCO éliminée:

Avec : Mi: masse molaire du substrat (g/mol)


n: nombre d’électrons échangés au cours de la réaction (mol e-/mol)
F: constante de Faraday (C/mol e-)
V: volume de l’effluent mis en jeu (L)
∆DCO: variation de la DCO en entrée et à la sortie du réacteur (g/L)
Dans le cas du traitement d’effluent, Mi = 32 g/mol d’O2, et donc ∆DCO s’exprime en
g équivalent O2/L.

e) Rendement énergétique

Le rendement faradique est un rendement matière (en nombre d’électron) qui ne rend pas
compte de leur énergie. On définit le rendement énergétique come le rapport entre l’énergie
produite par la cellule et l’enthalpie standard de combustion du substrat ( ∆ c H °S )

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f) Rendement de consommation du substrat

Ce rendement encore appelé rendement d’épuration évalue la part du substrat consomme à l’


instant t

5 . Combustible et comburant

 combustible
Plusieurs substrats ont été utilisés comme combustibles dans les piles microbiennes afin de
générer de l’électricité, ceux-ci pouvant inclure des composés organiques complexes ou
encore des substances très simples. Leur composition et provenance peuvent de plus être très
variées puisque ces dispositifs sont destinés au traitement d’eaux usées diverses.

Du nombre des substrats employés en laboratoire pour simuler différents effluents, on


retrouve l’acétate (Lee et al., 2008; Liu, Cheng & Logan, 2005b; Thygesen, Poulsen, Min,
Angelidaki & Thomsen, 2009; Zhang et al., 2006), le formate (Ha, Tae & Chang, 2008), le
butyrate (Liu et al., 2005b), le glucose (Chaudhuri & Lovley, 2003; Lee et al., 2008; Rabaey

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et al., 2003; Thygesen et al., 2009), le sucrose (Bennetto et al., 1985), le xylose (Huang &
Logan, 2008b; Huang, Zeng & Angelidaki, 2008; Thygesen et al., 2009), la cystéine (Logan
et al., 2005),la cellulose (Ren etal., 2007; Rezaei, Richard & Logan, 2008; Rismani-Yazdi et
al., 2007), le phénol (Luo, Liu, Zhang & Jin, 2009), les polyalcools (Catal, Xu, Li, Bermek &
Liu, 2008b), les sulfites (Zhao et al., 2009) et le CO et le syngaz (CO + H2) (Mehta et al.,
2010). Une étude exhaustive a quant à elle employé douze différents monosaccharides pour
générer de l’électricité à partir des piles microbiennes : glucose, galactose, fructose, fucose,
rhamnose, mannose, xylose, arabinose, ribose et les acides galacturonique, glucoronique et
gluconique (Catal, Li, Bermek & Liu, 2008a). Dans le cas du formate, seule une petite partie
du substrat fut consommée par les micro-organismes électricigènes issus de l’inoculum
provenant de boues anaérobies, démontrant ici la difficulté d’obtenir une bonne efficacité
coulombique lorsqu’on ne peut contrôler les espèces occupant l’anode (Ha et al., 2008).

 Comburant

Dans la majorité des PACMs l’oxygène est utilisé comme oxydant à la cathode car il
est gratuit (surtout facilement disponible dans l’air), il conduit à un produit final non toxique
(H2O) et son potentiel d’oxydation est élevé (Franks et Nevin 2010)

Le transport de l’oxygène reste une étape limitant les performances des piles (Logan et Regan 2006a).

III. TYPES ET DESIGN DE PILES A COMBUCTIBLES DE DECHETS

1. Types

Un récapitulatif de travaux est regroupés dans le tableau 5 suivant :

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Tableau 5:Ce tableau présente quelques exemples de PCM étudiées dans d’autres travaux (Evry)

2. Design

La problématique de l’ingénierie du réacteur porte sur l’objectif de maximisation des


transferts de matière et d’énergie au sein du système. Ce vaste champ s’inscrit nécessairement
a posteriori d’une description mécanistique fine du système dans sa globalité, afin de proposer
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des solutions d’optimisation ciblées sur les phénomènes limitant identifiés. Inversement
l’étude des conceptions particulières permet d’apporter des informations sur des verrous
identifiés en amont.

A l’heure actuelle, on peut distinguer quatre grandes familles de conception de cellule :

 les cellules mono-compartiment


 les cellules à double compartiment
 cellules à flux traversant
 les empilements

a) les cellules mono-compartiment

L’apparition des cellules a compartiment unique est liée à l’utilisation des cathodes à air ;
l’absence de cathode de catholyte rend le compartiment cathodique obsolète ; en réalité, le
catholyte ou sont dissous les protons, diffuse à travers la membrane échangeuse(ou
directement de l’anolyte pour les systèmes sans membrane) vers la cathode. Cette géométrie
simplifiée offre également l’avantage d’une plus grande compacité et d’une plus meilleure
souplesse de conception.

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Figure 8 :(a) cellule mono-chambre (Park and Zeikus, 2003). (b) cellule cylindrique à lit granulaire et cathode à air
externe (Rabaey et al., 2005b). (c) cellule cylindrique à cathode poreuse interne (Liu et al., 2004). Les figures sont
adaptés de Du et al. (Du et al., 2007).

b) les cellules à double compartiment

Dans sa conception originelle, un SBE est constituée de deux compartiments distincts pour l’anode et
la cathode, séparées par un dispositif échangeur d’ions. En pratique, ces compartiments peuvent
prendre plusieurs géométries (cylindrique, rectangulaire, serpentin), à plusieurs échelles allant du µL
au m3, garnis d’une électrode poreuse ou non, fonctionner en batch ou en flux continu. La cellule à
double compartiment est la conception la plus répandue au laboratoire, ou l’accepteur final d’électrons
solubilisé dans un catholyte est utilisé. Cette configuration est particulièrement adaptée dans la
situation où l’on souhaite contrôler individuellement la composition de l’anolyte et du cahtolyte. Il ne
s’agit néanmoins pas d’une solution optimisée en termes de procédé du fait de la présence d’une
membrane source de résistance interne et de cout élevé de fabrication.

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Figure 9 :(a) cellule de type H » (Delaney et al., 1984). (b) cellule rectangulaire (Allen and Bennetto, 1993). (c) cellule à
lits granulaires (He et al., 2005). (d) cellule à lits granulaires et cathode interne en U (He et al., 2006). (e) cellule plate à
écoulement serpentin (Min and Logan, 2004).(f) cellule miniature (Rngeisen et al., 2006b). Les schémas sont adaptés
de Du et al. (Du et al., 2007).

c) cellules à flux traversant

Au sein d’une cellule à flux traversant l’électrolyte est mis en circulation et entre en contact
de l’anode puis de la cathode. Le transport des protons ne se fait plus par diffusion à travers
une séparation perméable mais par convection forcée. Cette conception permet de s’affranchir
d’une membrane pour limiter les désagréments liés à son utilisation (cout élevé, cinétique de
transfert limité) et ouvre de nouvelles possibilités en terme de conversion chimique (i.e
réaliser un abattement de la matière organique d’un effluent à l’anode puis sa dénitrification à
la cathode).

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Figure 10 : (a) cellule à flux traversant dont les compartiments sont séparés par de la laine de verre et des billes de
verre (Jang et al., 2004). (b) même principe pour le (a) dans un réacteur rectangulaire sans barrière physique entre les
deux compartiments (Tartakovsky and Guiot). (c) cellule s’apparentant à une configuration double-chambre
classique avec membrane, mais dont l’anolyte est pompé vers le compartiment cathodique (Freguia et al., 2008). Les
schémas (a) et (b) sont adaptés de Du et al. (Du et al., 2007). Le schéma (c) est l’original tiré de (Freguia et al., 2008).

d) les empilements de cellules

On parle d’empilement lorsque plusieurs cellules sont connectées en série ou en parallèle pour
augmenter le courant et/ou la tension électrique totale du système et/ou la capacité de
traitement. Le problème d’inversion de polarité peut se poser pour une ou plusieurs cellules
constitutives d’un empilement en série, pénalisant la production de puissance et pouvant
irréversiblement endommager le bio film (Aelterman et al., 2006 ; Oh and Logan, 2007 ;
Verstraete and Aelterman, 2009).

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Figure 11 : (a) empilement de 6 cellules à lit granulaire (Aeltermann et al., 2006). (b) empilement de deux cellules (Oh
and Logan, 2007). (c) PMC en serie (Zhuang et al., 2012). (d) PMC constructale à quatre canaux en parallèle (Lepage,
2012).

IV. AVANTAGES ET INCONVENIENTS DES PILES A COMBUSTIBLES DE


DECHETS

1. Avantages

Les PACMs présentent des avantages opérationnels et fonctionnels par rapport aux
technologies classiques car elles permettent un pourcentage de conversion élevé de l’énergie
chimique contenue dans le substrat en électricité. Elles opèrent à température ambiante, n’ont
pas besoin d’une aération forcée, l’apport d’O2 étant réalisé de façon passive, ont un potentiel
d’application dans des zones qui manquent d’infrastructures électriques et peuvent aussi

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opérer avec divers combustibles partant des carbohydrates simples tels que l’acétate ou le
glucose jusqu’aux plus complexes tels que l’amidon (Mathuriya et Sharma 2009a).

Les PACMs présentent en outre plusieurs intérêts:

 les micro-organismes contenus dans l’inoculum remplacent les catalyseurs minéraux


aux électrodes souvent relativement chers; le rendement de conversion de l’énergie
chimique contenue dans le substrat en électricité peut être élevé;
 les réactions aux électrodes ont lieu à température ambiante;
 l’énergie est obtenue en une seule étape avec si la conversion est totale et le
rendement se rapproche de 100%, production du dioxyde de carbone à la fin de la
réaction de dégradation du substrat. Ce qui n’est pas le cas avec par exemple la
méthanogénèse pour laquelle l’énergie est obtenue en deux étapes. En effet, une étape
supplémentaire de combustion du méthane produit à la fin de la dégradation du
substrat est nécessaire;
 la cathode pouvant être passivement aérée dans le cas des piles à oxygène,
 cette technologie ne nécessite pas d’apport d’énergie pour l’aération;
 cette technologie permet l’utilisation de divers substrats comme combustibles allant
des composés purs aux substrats plus complexes.

2. Inconvénients

Les matériaux utilisés aux électrodes doivent être stables et surtout biocompatibles.

Tous les mécanismes présentés ci-dessus sont encore discutés car les espèces redox
mises en jeu sont difficiles à identifier. Quelques-uns des obstacles rencontrés résident dans la
complexité des métabolismes microbiens, la faible concentration des espèces redox mises en
jeu, la présence de multiples espèces microbiennes dans les biofilms naturels et la diversité
des membranes cellulaires qui peuvent contenir plusieurs espèces redox ne contribuant pas
nécessairement à la génération de courant (Fricke et al. 2008).

Les substrats et les matériaux d’électrodes doivent répondre aux exigences de la


microbiologie et de l’électrochimie. Ils doivent non seulement posséder une rugosité de
surface et une biocompatibilité pour permettre l’implantation des micro-organismes mais ils

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doivent aussi assurer un transfert d’électrons efficace avec les micro-organismes pour
récupérer l’énergie électrique.

V. APPLICATIONS DES PILES A COMBUSTIBLE DE DECHETS

A court terme, les PACMs pourraient être appliquées au traitement des eaux usées, des
déchets ou encore utilisées dans des applications de niche.

1. Epuration des eaux et production de l’électricité

Les eaux usées des industries agro-alimentaires, et les effluents urbains sont des combustibles
très avantageux pour les PACMs. En effet, non seulement ils contiennent une grande quantité
de matière organique mais également les bactéries nécessaires à leur dégradation. Les eaux
usées peuvent être utilisées comme combustibles, car elles contiennent la matière organique à
dégrader (Park et al. 2003; Kim et al. 2004; Liu et al. 2004), ou comme inoculum, car elles
renferment des bactéries qui peuvent être utilisées dans les PACMs (Aelterman et al. 2006). Il
ne reste alors qu’à ajouter des électrodes…
En utilisant une PACM, la matière organique dissoute serait oxydée à l’anode,
intensifiant ainsi l‘abattement de DCO, tout en produisant de l’énergie électrique (Kim et al.
2007). On limiterait ainsi l’énergie nécessaire dans le cas d’une unité de traitement aérobie
tout en diminuant la production de boues (Aelterman et al. 2006a). Les réactions globales aux
électrodes peuvent être représentées d’une manière générale par:

Une des méthodes d’évaluation de l’efficacité d’un procédé de traitement d’effluent


consiste à mesurer l’abattement de la DCO qu’il réalise. Le taux d’abattement en DCO
correspond au rapport de la DCO éliminée sur la DCO en entrée. Cette valeur indique la
proportion de matière organique dégradée par les divers processus qui peuvent avoir lieu dans
la pile : les productions du courant et de la biomasse (croissance de micro-organismes), les

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processus compétitifs lorsque le milieu contient d’autres accepteurs d’électrons que l’anode
tels que l’oxygène, les nitrates, les sulfates…

Divers effluents domestiques ou industriels ont été testés comme combustibles ou


biocatalyseurs dans les PACMs. Le Tableau 6 présente quelques exemples parmi les plus
significatifs.

Tableau 6 : 2 Quelques PACMs liées au traitement d’effluents présentés par ordre chronologique. Abat DCO :
abattement de DCO, TRH : temps de rétention hydraulique, Rf : rendement faradique

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Figure 12 : Pile à combustible microbienne tubulaire utilisant l’eau usée de la brasserie Foster à Yatala en Australie
(Hourizadeh, 2015). Le réacteur est constitué de douze modules tubulaires de trois mètres chacun pour un volume
total d’un mètre cube.

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Dans ce contexte, un système de traitement basé sur une PACM, offre des perspectives
économiques intéressantes. En effet, il permettrait de traiter les eaux usées tout en produisant
de l’électricité et ceci avec un substrat gratuit à haut potentiel énergétique. On estime que les
eaux usées contiennent environ dix fois plus d’énergie, sous forme de matière organique, que
celle nécessaire à leur traitement (Shizas I. et al. 2004). Actuellement, le procédé de
traitement des boues activées aérobies, comprend un bassin d'aération, dans lequel de l'air est
injecté de manière à obtenir une teneur en oxygène dissous suffisante pour l'activité
biologique aérobie, suivi d’un bassin de décantation secondaire (dit aussi clarificateur). À
partir de ce dernier élément, l'eau clarifiée est rejetée (sauf traitement tertiaire) et les boues
décantées sont renvoyées en grande partie vers le bassin d'aération, la partie excédentaire
étant dirigée vers un circuit ou un stockage spécifique. Les bassins d’aération de la filière
actuelle sont consommateurs d’énergie. Ils pourraient être modifiés pour devenir une PACM
et ainsi résulter en un système global producteur d’énergie

2. Production de l’hydrogène
Dans le domaine de la production d’hydrogène, B. Logan, par exemple, a proposé un système
détourné des PACMs. En appliquant une différence de potentiel supérieure à 250mV aux
bornes du réacteur d’électrolyse, de l’hydrogène est formé à la cathode (Liu et al. 2005c)
(Figure 13). En théorie, la fermentation du glucose en acétate par les bactéries produit deux
moles d’acétate et au maximum 4 moles d’hydrogène (1 ère phase : Équation 1), soit en
pratique 2 à 3 moles.

Si l’acétate ainsi produit (2 moles d’acétate/mol de glucose) est utilisé par les bactéries dans
un compartiment anodique de PACM (2ème phase ; Équation 2), 4 moles supplémentaires
d’hydrogène pourraient être produites à la cathode (Équation 3).

En considérant un rendement faradique de transformation de l’acétate en électrons de 78% et


un rendement de production d’hydrogène de 92% entre 2 et 3 moles d’ hydrogène

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supplémentaires pourraient ainsi être produites. La combinaison entre la fermentation du


glucose et ce système de PACM détournée fournirait alors entre 8 et 9 moles d’hydrogène (3
moles de la fermentation, et deux fois 3 moles par le système d’électrolyse). Ce système
permet de dégrader la matière organique, et de produire de l’hydrogène. Toutefois, un apport
d’énergie extérieur est nécessaire pour imposer un certain potentiel entre les électrodes.

Figure 13 : Schéma du procédé de production d’hydrogène grâce à une PACM détournée, constituée de
compartiments séparés par une membrane échangeuse de protons (PEM). L’ensemble est mis sous une
tension de 250mV grâce à un générateur de tension.

3. Transport et téléphone portable


 Le portable
Dans cette famille on inclut essentiellement le téléphone mobile (qui demande une puissance
de l’ordre de 100 mW à quelques W), l’ordinateur portable (qui demande une puissance de
l’ordre de 20 W), les jouets éducatifs et les applications militaires. Ces secteurs connaissent
une très forte croissance, mais sont de plus en plus handicapés par l’autonomie de leurs
batteries, Or leurs utilisateurs demandent 5 à 10 fois plus.

La solution actuelle est une micro-pile à combustible de type PEMFC ou DMFC,


généralement couplée à une batterie Li-ion : la pile fournissant l’énergie en rechargeant la

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batterie qui assure les demandes de puissance. L’autonomie ne sera alors limitée que par la
taille du réservoir de combustible (hydrogène gazeux, générateur d'hydrogène ou méthanol)

 Le transport

C’est le domaine d’application qui est à l’origine du développement de la pile à combustible à


partir du début des années 90. Avec les premiers essais de bus à pile PEMFC par le canadien
Ballard des centaines de prototypes de véhicules électriques à pile à combustible (VL et bus)
ont vu le jour depuis 1993, également tous équipés de piles PEMFC. Ils sont fabriqués par de
grands constructeurs automobiles comme: Daimler, Volkswagen, General Motors, Ford,
Toyota, Nissan, Honda, Hyundai et le chinois SAIC.

4 . les capteurs environnementaux

La mesure de la demande biologique en oxygène (DBO) d’un effluent est le


paramètre le plus utilisé pour évaluer la matière organique contenue dans cet effluent et son
potentiel d’eutrophisation (modification et dégradation d’un milieu aquatique lié à un apport
excessif de substances nutritives) du milieu naturel. La méthode la plus utilisée (DBO5)
nécessite 5 jours d’incubation pour mesurer l’oxygène dissous consommé par les
microorganismes pour la dégradation de la matière organique. Plusieurs designs de capteurs
fiables et rapides pour mesurer la DBO5 d’un effluent en continu sont étudiés et
commercialisés. Parmi les différents designs, on retrouve ceux basés sur la technologie de la
pile à combustible. Kumlaghan et al. (2007) ont mis au point un capteur basé sur une pile à
combustible à un compartiment, capable de détecter du glucose dans une solution à très faible
concentration (0,025 g/L) : les micro-organismes dégradent le glucose et transfèrent les
électrons à l’anode. Le courant obtenu avec la PACM étant proportionnel à la DBO de
l’effluent, le suivi en continu de la matière organique biodégradable peut ainsi être réalisé
(Kumlanghan et al. 2007).

La corrélation linéaire entre le rendement faradique d’une PACM et la concentration


de la matière organique dans l’effluent fait qu’une PACM peut être utilisée comme un capteur
capable de suivre en continu l’évolution de la DBO d’un effluent. Plusieurs capteurs ont été
mis en place sur ce principe (Kim et al. 1999; Chang et al. 2004; Chang et al. 2005)

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Les capteurs environnementaux capables d’assurer la collecte de données de


l’environnement pour le suivi des écosystèmes naturels nécessitent une source d’énergie. Les
PACMs peuvent être utilisées pour alimenter ces dispositifs particulièrement dans des zones
difficiles d’accès à l’exemple des eaux souterraines. Des systèmes de PACMs à sédiments ont
été développés pour alimenter des capteurs disposés dans des zones telles que des criques, des
rivières et des océans (Reimers et al. 2001; Tender et al. 2002). L’énergie nécessaire à ces
appareils provient de la matière organique contenue dans les sédiments. Certes les puissances
fournies par ces PACM à sédiments sont faibles (< 30 mW/m2) (Tender et al. 2002), mais
cette faible puissance peut être compensée par des systèmes de stockage d’énergie pouvant
alimenter les capteurs en discontinu (Shantaram et al. 2005).

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CONCLUSION

Le contexte dans lequel s’inscrit notre thématique à savoir : piles à combustible de


déchets ou microbienne est celui de la valorisation des déchets produits par l’activité
humaine. Ces déchets deviennent rapidement des sources de pollution environnementale. On
note que cette technologie fait l’objet de nombreuses recherches ces dernières années malgré
son apparition il a bien longtemps.

Cette technologie intéresse bien les microbiologistes qui désirent clarifier les mécanismes
mises en jeu lors du transfert électronique entre le microorganisme et l’électro-chimiste
cherche à caractériser les aspects thermodynamiques et cinétiques des réactions biotiques et
abiotiques, le chimiste étudie les performances des matériaux de l’électrode ou de membrane.
Pour l’ingénieur procces, il voit dans les piles à combustibles de déchets un outil de traitement
des eaux usées d’une part et subvenir d’autre part a une partie de la consommation
énergétique de leur usine de traitement.

On envisage donc remplacer les microbes areobiques par les microbes bioélectriques.

Les caractéristiques techniques des piles obtenues aujourd’hui sont très proches de celles
attendues des points de vue : des performances massiques et volumiques, la fiabilité : validées
sur plusieurs dizaine de milliers d’heure.

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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

1) M. C. Patter (1912). Electrical effects accompanying the decomposition of organic


compounds. Proceedings of the Royal Society Serie B 84, 260-276

2) Edith Martin, 2011. ÉTUDE DE LA PERFORMANCE DE PILES À


COMBUSTIBLE MICROBIENNES ET L’EFFET DES MATÉRIAUX
D’ÉLECTRODES (thèse de doctorat, université de Montréal)

3) Laila BOUABDALAOUI, 2013. étude de matériaux d'anodes à base de graphite


modifie par des composes fer soufre: applications aux piles à combustible
microbiennes (thèse de doctorat, Université d’Evry Val d’Essonne).

4) Françoise Stéphanie KETEP, 2012. Piles à combustible microbiennes pour la


production d’électricité couplée au traitement des eaux de l’industrie papetière (thèse
de doctorat, université de Grenoble).

5) Claire DUMAS, 2007. Catalyse électro‐microbienne dans les piles à combustible


(thèse de doctorat, INSTITUT NATIONAL POLYTECHNIQUE DE TOULOUSE)

6) Guillaume LEPAGE, 2012. Caractérisation et optimisation d’une pile à combustible


microbienne (thèse de doctorat, université de Grenoble).

7) Armande CAPITAINE, 2017. Récupération d’énergie à partir de piles à combustible


microbiennes benthiques (THESE de DOCTORAT, UNIVERSITE DE LYON).

8) HALIMI HADJER, KHALDI SARA, 2018. Élaboration d’une pile à combustible


microbienne en utilisant les souches Shewanella oneidensis MR1 et Exiguobacterium
sp (mémoire de Master, Université des Frères Mentouri Constantine).

9) http //www.ampere-lab.fr

10) électrochimie et applications-piles à combustible.

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11) Mostafa Rahimnejad, Arash Adhami, Soheil Darvari, Alireza Zirepour, Sang-Eun Oh,
2015. Microbial fuel cell as new technology for bioelectrici ty generation (Alexandria
Engineering Journal).

12) Prof Dr Fabian Fischer HES-50 Valais, Sion, 2017. Epargner et produire de
l'électricité tout en épurant les eaux usées? Le potentiel des piles à combustible
microbiennes.

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