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Méthodologie des khôlles

1. aspects pratiques

La séance de khôlle (ou « colle ») : en une heure, trois élèves passeront devant un khôlleur (ou « colleur »).
Chaque élève se verra donc accordé 20 minutes (en plus des 20 minutes de préparation, soit au total 40
minutes), réparties de la façon suivante :

• la prestation préparée de l’élève : un compte-rendu du texte et un commentaire personnel (autour de


10-12 mn) ;
• l’échange de questions-réponses (environ 4-5 mn) ;
• la reprise, pendant laquelle le colleur revient sur quelques points (environ 4-5 mn) les remarques sont
consignées dans le cahier de colles

Schéma type d’une heure de colle commençant à 17 heures :

• élève 1 : a préparé à la maison le texte déposé dans le casier de la classe ; passe immédiatement à
17h en arrivant ;
• élève 2 : se présente à 17h et prépare pendant 20 mn pendant que l’élève 1 passe ; puis passe de
17h20 à 17h40
• élève 3 : se présente à 17h20 et prépare pendant 20 mn pendant que l’élève 2 passe ; puis passe de
17h40 à 18h

Ce système garantit que le trinôme effectue la colle dans l’heure, afin de ne pas déborder. D’où
l’importance d’être ponctuel.

2. Les attentes, la notation

Les khôlles visent à vous préparer aux épreuves orales des concours que vous serez amenés à passer à la fin
de la 2ème année. Vous devrez vous entraîner en temps limité (20 minutes) à lire un texte, en comprendre
l’essentiel, préparer un compte-rendu organisé du texte et proposer un commentaire personnel à partir d’une
problématique soulevée par le texte (que vous devrez dégager vous-même).

Il y a un certain nombre d’attentes ou de « passages obligés » nécessaires à la bonne cohérence d’ensemble


de votre présentation :

! L’introduction va tout de suite au cœur de l’article.

Inutile de perdre du temps avec la date, l’origine de l’article ou le titre à moins d’exploiter ces données de
manière pertinente (quel est le lien, par exemple, entre la date de publication et le ou les événements décrits
dans l’article ? S’agit-il d’une réaction « à chaud » ? Ou de l’approche d’une date anniversaire ?, etc.). Les
considérations générales sur le problème, si elles ne sont pas proscrites, débouchent hélas souvent sur des
formulations artificielles (The problem of... is a burning issue nowadays...) qui vous font perdre du temps.

L’introduction délimite précisément les contours de la question abordée par l’article et esquisse les grands
axes de la réflexion qui seront ensuite détaillés dans le compte-rendu et le commentaire.

A éviter : “This document is an article. It was written by Michael Savage and published in The Times on July
30th, 2009. It deals with the new British identity card.” C’est un exemple d’introduction trop scolaire, qui se
borne àrépéter ce qui est évident à l’oeil, et le thème est présenté de façon très sommaire.
Un peu plus intéressant et dynamique : “This article from the British daily The Times was published on July
30th, 2009, the day after the newly appointed Home Secretary, Alan Johnson, presented the new, highly
controversial British identity card” Très brève, ‘‘to the point’’, cette introduction replace l’information dans son
contexte et permet de dégager logiquement deux parties pour le compte-rendu (la synthèse) : ‘‘the new, highly
controversial British identity card’’ : 1. about the cards (details) 2. about the controversy Charge à vous de trier
et d’organiser les informations que vous allez inclure dans ces parties, en général du plus simple (factuel) au
plus complexe.

! Le compte-rendu doit ainsi être sélectif (pas de restitution exhaustive) et organisé (éviter le compte-rendu
linéaire) : vous devez structurer, avec vos mots, un cheminement pour guider le colleur à travers les causes
et les conséquences d’un événement, ou les problèmes identifiés et les solutions apportées, ou les
différentes réactions/polémiques suscitées par l’annonce de quelque chose, ou encore le pour et le contre
d’une réforme, les perspectives offertes par une découverte, etc.

A ce stade de l’exercice, vous ne rajoutez aucun élément personnel, ni de connaissance, ni d’analyse. Vous
ne cherchez pas à expliquer. Les ‘‘In the first paragraph, the journalist tells us that...’’ sont à proscrire. Prenez
en charge votre compte-rendu (ne vous cachez pas derrière le journaliste), et présentez l’article comme si
c’était à quelqu’un qui ne l’aurait pas lu.

! le commentaire doit être un commentaire de cet article – pas une réaction épidermique sur un sujet voisin
; pas non plus un développement sur un autre article sur le même sujet. C’est pourquoi il est indispensable de
faire une transition entre le compte-rendu (la synthèse) et le commentaire. Par exemple : ‘‘In this article, the
controversy centers around the cost of the new ID card, but many other factors might explain why the new
card is so unpopular, especially from a logistical and technical point of view.’’

Vous partez logiquement du texte et essayez d’en approfondir un aspect. Au-delà de l’aspect financier,
c’est toute la mise en place de ce projet qui est discutable, sur un plan logistique et technique.

Il est question ici de valeur ajoutée personnelle : que pouvez-vous apporter de plus à cet article ? D’autres
faits, d’autres données sur les questions dont l’article traite ? Une analyse des enjeux derrière ces questions ?
Une façon d’aborder la question qui diffère de celle proposée dans le texte ? Un éclairage du sujet à travers
des lectures ou des réflexions personnelles ? Le simple pour ou contre est en général à éviter pour un
commentaire personnel de ce niveau (car vous risquez alors de sombrer dans de vagues opinions, idées
toutes faites, voire préjugés), sauf si l’analyse des avantages et/ou des inconvénients apporte réellement
quelque chose.

Dernier point, qui rejoint ce qui vient d’être dit : si le commentaire est « personnel », cela ne veut pas pour
autant dire qu’il s’agit d’accumuler les « opinions personnelles » à coup de ‘‘in my opinion’’, ‘‘I personaly feel
that’’, etc.. Ce qui compte, c’est la qualité de la réflexion, de la discussion, de l’argumentation, davantage
que de mettre en avant votre « opinion personnelle ». C’est sans doute sur ce point-là que le plus gros de vos
efforts devra porter, outre la maîtrise méthodologique de l’exercice.

! la conclusion est le moment de donner votre avis (si vous en avez un, ce qui n’est pas obligatoire – cf. ci-
dessus), de clore le propos et d’ouvrir sur une discussion. C’est le moment de synthétiser le lien entre votre
commentaire et le texte d’origine. Au fond, en quoi le commentaire que vous avez présenté vous a-t-il permis
d’éclairer le texte de départ ? Méfiez-vous des fausses conclusions : ‘‘In conclusion, there are both
advantages and disadvantages’’ (on espère qu’il ne faut pas attendre la conclusion pour comprendre cela).

3. les erreurs rédhibitoires

Méthodologie

• lecture de notes entièrement rédigées ; pas de réelle communication ni de conviction dans la prise de
parole (vous confondez lecture à voix haute et prestation orale, le message est par conséquent confus,
peu clair, difficile à suivre) vous ne pouvez pas obtenir plus de 9/20.
• compte-rendu linéaire qui ne fait pas ressortir le cheminement du texte, l’intention de l’auteur vous ne
faites que répéter le texte, en moins bien.
• absence de transition entre le compte-rendu et le commentaire, ou alors transition artificielle (‘‘Now I’ll turn
to my commentary’’) : une absence de transition, ou une transition peu claire, indique 9 fois sur 10 que le
commentaire ne sera pas de bonne qualité.
• absence de commentaire : vous ne pouvez pas obtenir plus de 9/20 (sauf en tout début de 1ère année). .
commentaire se contentant d’être un développement sur une question de cours (‘‘the US health care
reform’’, par exemple), sans problématique ni réflexion personnelle. Ce n’est pas le but d’un
commentaire. . commentaire se contentant d’être une simple opinion personnelle, brève et sans grand
intérêt (‘‘I think it’s a good/bad thing’’).

Langue

• propension à prononcer tous les mots transparents à la française (attention aux mots comme science,
profile, economy, national, etc.).
• absence d’accentuation syllabique ; intonation caricaturalement française ;
• nombreuses erreurs dans la prononciation des voyelles et diphtongues (confusion test/taste, dim/dime,
etc.) qui rendent difficile la compréhension D’une façon générale, pour bien progresser en anglais oral,
il est nécessaire de travailler sur les voyelles et les diphtongues ainsi que sur l’accentuation des
syllabes
• pauvreté lexicale ; tendance à utiliser toujours les mêmes expressions (‘‘I think”),
• confusion de registre (‘‘There’s some good stuff”, ‘‘I’m OK with that”, ‘‘It’s way too expensive”, ‘‘He, like,
wanna explain to us...”)
• erreurs grammaticales flagrantes (formes irrégulières des verbes, utilisation des auxiliaires, confusion de
temps, oubli du -s à la 3è pers. du singulier au présent [auquel personnellement je ne prête pas plus
d’importance que les autres erreurs])

Il va de soi que les attentes sont modulables selon la période de l’année. Vos colleurs sauront comprendre les
difficultés de départ, mais s’attendent à ce que vous preniez en compte leurs remarques et leur montriez des
progrès constants au fil de l’année. Nous serons très indulgents au départ et toujours bienveillants, faisant en
sorte que les critiques soient constructives. Profitez-en !

Enfin, rappelez-vous que ce genre d’exercice est avant tout un exercice de communication orale (quelqu’un
parle, quelqu’un écoute, puis deux personnes échangent)

Essayez donc d’adopter un ton approprié, faites passer une certaine conviction, essayez de susciter l’intérêt
de la personne qui vous écoute; ce sont là des qualités qui sont au moins aussi importantes, si ce n’est
davantage encore, que la maîtrise de la langue à proprement parler.

4. Rapport d’anglais oral du jury de Mines – synthèse des rapports 2011 et 2012

Les textes, exraits de la presse anglophone et parus dans les 12 mois précédant les épreuves orales, font
environ 500 mots.

Un minimum de connaissances des institutions, des partis et de la classe politique (la monarchie
britannique, « Parliament », « Labour », « the Con-Lib coalition », « Congress », « the Secretary of State », «
the Tea Party » etc) permet de bien comprendre le contexte et doit être assimilé par des étudiants
scientifiques, sans qu’il leur soit demandé de connaissances spécialisées ou approfondies (elles sont le cas
échéant bien sûr récompensées). Il est conseillé aux candidats de se constituer des fiches sur les grands
thèmes incontournables : institutions, éducation, systèmes de santé et questions sociales (armes aux USA ;
violence, criminalité, peine capitale, pauvreté, questions religieuses), mais aussi les notions culturelles
(médias, arts, loisirs, cinéma).

Les trois temps de la prestation orale

L’introduction est la première prise de contact. Vous pouvez saluer, puis commencer sans attendre d’invite.
Ne vous cachez pas derrière la source et la date de l’article (évidentes puisque imprimées), sauf si vous
identifiez une date-anniversaire apportez des mises à jour dans le II. Ce début stéréotypé occasionne des
fautes sur la lecture de la date (‘‘3rd May’’ se lit ‘‘May the third’’ ou ‘‘the third of May’’). Vous prenez
personnellement la parole grâce à une introduction brève du contexte général puis centrez sur votre article, ou
trouvez une accroche (événement récent, film...). Une ou deux questions indiqueront les lignes directrices de
votre étude plus efficacement qu’une annonce fastidieuse des parties ou du plan.

Attention à l’abus du terme « author », souvent mal prononcé et ne convenant pas pour l’auteur d’un article de
journal (àwriter, journalist, editorialist, columnist, etc. selon le cas). Veiller à bien connaître les termes propes
aux articles (headline, sub-head, title, caption, column, leader, etc.). Attention à ne pas dire *the text is
extracted from : c’est un barbarisme. Contentez-vous de dire simplement : This is an article (taken) from... ou
This article, (taken) from (The Guardian), deals with...

I – L’analyse synthétique de l’article

Vous devez produire un compte-rendu objectif, structuré de l’argumentation de l’article, en dégager les
thèmes, souligner le but du journaliste ou du scientifique ou de l’homme/ la femme politique (repérer l’auteur,
sauf si, comme dans The Economist aucun nom n’est mentionné parce que la ligne éditoriale ne met pas en
avant l’individualité). Expliquez le contexte : une catastrophe naturelle ou industrielle, une polémique, un
changement de politique, une élection qui se profile...).

A quelle occasion cet article a-t-il été publié ? L’opinion de l’auteur est-elle fiable (mais n’accusez pas trop vite
un parti-pris !) ? Pourquoi cette utilisation de chiffres ou de statistiques ? Vous devez élucider les jeux de
mots, reconnaître (et expliquer) les acronymes (TUC, NATO, NGOs, the IMF, the MIT), observer la stylistique
et la rhétorique employées, relever l’ironie... (nota : voir section 33 pour les principaux acronymes). Le titre est
un condensé souvent accrocheur du contenu de l’article et mérite d’être commenté. La qualité de la
reformulation (structures complexes, apport de lexique et emploi d’idiomes, rigueur grammaticale, variété et
pertinence des temps employés) est essentielle. Veillez à citez clairement (« quote/ unquote » ou « let me
quote ») (mais dans une synthèse, par défintion brève, il est préférable de n’avoir recours aux citations que de
façon très limitée).

Principaux écueils :

• un résumé succinct de 2 à 3 minutes, superficiel, ne constitue en aucun cas l’étude de l’article attendue (et
encourt une note inférieure à 10)
• une majorité de candidats se limite au paratexte (« the journalist says/explains/adds that »), à la
paraphrase, voire à un collage de prélèvements de l’article (et n’obtient qu’une note médiocre)
• une restitution linéaire de l’article risque des redites, ne hiérarchise pas les arguments, ne distingue pas
les causes des conséquences.
• donner son avis ou émettre des commentaires personnels est à proscrire dans cette phase de la
présentation.
• le mélange du résumé et du commentaire est également à bannir : chaque partie doit être bien distincte de
l’autre (une belle transition vous pemettra de passer de l’une à l’autre).

II – Votre commentaire personnel

Gérez bien votre temps : il est difficile d’improviser un commentaire structuré et pertinent ! Réservez 4 à 5
minutes de préparation pour cette partie. Il appartient au candidat de ménager la transition du I au II. Vous
proposez d’élargir le débat, formulez des critiques nuancées, faites référence à d’autres scientifiques (par
exemple à propos du réchauffement climatique), abordez une comparaison culturelle avec la France/
l’Europe/d’autres pays (ex : gratuité de l’enseignement supérieur ou approche libérale, évolution vers un
système mixte, politiques publiques de santé et couverture médicale, protection de l’environnement et
diverses législations, initiatives collectives, philanthropie aux Etats-Unis et en France). Vous citez d’autres
solutions (transports en commun, verts, expériences similaires au Vélib...), les toutes dernières recherches en
matières d’énergies alternatives... Concluez votre prise de parole autonome. Les mises à jour de l’actualité
(fréquentes à propos des « révolutions arabes ») sont bienvenues et valorisantes.
Les erreurs sont de deux types :

• Erreurs de méthode. Vous introduisez un commentaire littéraire (sur le style, les images, la rhétorique) qui
devait figurer en I dans l’analyse synthétique. Ou vous substituez des notions vues en cours moins
pertinentes pour votre article (ex : un article sur le don fait par M. Zuckerberg à des écoles en difficulté du
New Jersey, porte sur la philanthropie mais le commentaire enchaîne sur les frais de scolarité à
l’université britannique puis continue sur les réseaux sociaux). Un cas extrême aboutissait au hors-sujet :
une prestation consacrée au réchauffement de la planète quand l’article citait une seule fois le terme, de
façon incidente.
• Lacunes, manque d’idées et de culture pour rebondir sur l’article. Le candidat attend alors les questions au
lieu de garder l’initiative, ou s’arrête au bout de 2 ou 3 minutes (ou répète, sous un habillage légèrement
différent, l’analyse du I).

III – L’échange ou entretien

Il porte d’abord sur les aspects importants de l’article non vus ou mal perçus par le candidat. L’examinateur
peut vous demander d’expliquer le titre, des termes, des références culturelles (non pointues). Il vous donne
l’opportunité de pallier des lacunes ou de nuancer votre analyse, teste votre emploi des temps du passé (si
vous n’avez utilisé que le présent pour les 2 premières parties), peut vous demander de prendre une position
claire. Il n’y a aucune volonté indiscrète, le candidat doit être réactif et manifester son ouverture d’esprit (sans
se déstabiliser), de la curiosité – non pas de la réticence ou de la méfiance !

Cet entretien peut aborder votre expérience personnelle du travail (stages en entreprise), vos voyages, votre
engagement (sport, musique, bénévolat etc), votre motivation et votre projection dans l’avenir (pourquoi
voulez-vous être ingénieur ? dans quel secteur ? architecte, pourquoi et comment ? pour bâtir quoi ?...). C’est
une occasion pour lui de vous voir vous exprimer en anglais dans des domaines qui vous motivent.

IV – Qualité de la communication

• Le candidat doit regarder l’examinateur, parler clairement, se détacher de ses notes. Il ne s’agit pas
d’oraliser un compte-rendu écrit – évitez les phrases trop longues dont la syntaxe est difficile à maîtriser. Il
doit s’exprimer avec conviction sans relâchement (à proscrire : ‘‘euh’’, ‘‘yes’’, ‘‘yeah’’) .
• Support : des notes aérées, ordonnées (I et II ; le pour et le contre ; arguments numérotés, etc.), un
surlignage discret de l’article (code couleur pour chaque partie, pour les expressions et chiffres que vous
souhaitez citer). Une prise de parole hachée, des silences, trop de latence avant de répondre à une
question et dans les cas extrêmes, un chuchotement inaudible, sont sanctionnés.
• Phonologie et phonétique : beaucoup de candidats s’expriment assez facilement avec une accentuation et
une prononciation convenables qui révèlent une exposition personnelle fréquente à un anglais authentique
grâce à des sources multiples (Internet et baladodiffusion, musique, pratique personnelle), un effort
d’écoute et de reproduction. Les examinateurs observent cependant une grande disparité. Des fautes
récurrentes : « author » prononcé T au lieu de TH ; « The Guardian » prononcé GWA au lieu de GA ; «
crisis », « dimension » et « Chrysler » prononcés I au lieu de AI ; à l’inverse « stricken », « examine », «
embryo », « engine » prononcés [ai] au lieu de [i] ; « build » prononcé [wi] au lieu de [i]. Les H aspirés ?
(heart ).
• Grammaire et lexique : Précision et rigueur sont essentielles pour être compris, en situation
professionnelle ou de stage, lors d’un exposé en anglais dans votre école d’ingénieurs, par un anglophone
ou un Tchèque, un Indien, un Colombien... Ceux-ci seront induits en erreur par des calques
incompréhensibles pour un non-francophone, par la confusion entre le passif (-ed) et la forme continue (-
ing) ou lassés par des fautes de grammaire grossières à répétition (oubli du -s à la 3è personne du
singulier, fautes de verbes irréguliers, mauvais emploi des temps) qui perturbent l’attention et vous
décrédibilisent (sans parler du risque de chiffres mal lus !). Un travail régulier (depuis le collège, et intense
en prépa) permet d’éviter les fautes rédhibitoires, de corriger une erreur d’inattention, de mobiliser un
lexique varié et précis.
5. Modèle de khôlle corrigée
6. Instructions données à vos khôlleurs (SCHMITT)

• Pour rappel méthodo, la khôlle se déroule idéalement selon 5 étapes:


◦ 1/introduction (30sec - 1min)
◦ 2/compte-rendu de l'article (3-4min)
◦ 3/transition (30sec - 1min)
◦ 4/commentaire de l'article (4-6min)
◦ 5/conclusion (30 sec - 1min)
◦ TOTAL > 10min

• Ces étapes sont à respecter. Bien rappeler aux étudiants si l'une d'entre elles est oubliée ou bâclée.

• Egalement, le compte-rendu (/2) doit être synthétique et structuré/organisé. Eviter le linéaire. L'articulation
de l'article autour de 2-3 points peut être annoncée en fin d'intro (/1), après avoir rappelé quelques
éléments contextuels permettant d'ancrer l'article dans une perspective plus grande (prendre de la
hauteur). Le compte-rendu est le moment d'un regard analytique et synthétique/organisé sur
l'article. ‘Tout l’article, rien que l’article’ (pas d’information supplémentaire), de manière objective et
claire.

• Quant au commentaire, il doit véritablement partir de l'article lui-même: de sa position, sa tonalité, ou de


certaines affirmations ou manques de développement. Et non sur une récitation plaquée sur une
thématique plus large (applicable à des dizaines d’articles possibles). Il s’agit de commenter cet
article, précisément. Penser à effectuer un va-et-vient permanent avec ce que dit (ou ne dit pas)
l'article de manière à bâtir un commentaire précis/solide/pertinent, permettant d'éclairer davantage
l'article, de l'approfondir, de le nuancer. Le commentaire est le moment d'un regard critique, plus
personnel/nuancé, qui se fait à partir de l'article (n’hésitez pas à citer un passage précis pour le
commenter) pour aller vers des réflexions, analyses et connaissances propres à chaque
étudiant. La transition (/3) permet de structurer les pistes de réflexions/d'analyses qui vont êtres
développées en commentaire (/4).

• Il est souvent intéressant de conclure sur un élargissement, une vision transversale: peut-être les
problèmes ou les solutions esquissés par le journaliste autour de la thématique A sont applicables à
d'autres thématiques (B, C..). Peut-être peut-on s'inspirer de ce qui se fait ailleurs (ex. lutte contre
l'obésité) pour améliorer l'ici (ex. lutte contre le tabagisme, la drogue, l'alcool au volant). Conclure sur
du transversal (ex. lutte plus générale contre l'addiction, les comportements à risque). Egalement, faire
varier les échelles: cet article porte au niveau local/régional/national/international, il peut être
intéresser de regarder ce qui se fait (déjà?) à un autre niveau, comme modèle d'inspiration ou pour en
tirer des leçons.
7. Récapitulatif de la méthodologie des khôlles (Mme LE PARC, jury Centrale-Supelec)

METHODOLOGIE
CONSEILS POUR L'ORAL D'ANGLAIS
CONCOURS DES GRANDES ECOLES

Cette épreuve consiste à analyser en anglais un article portant sur un sujet de société choisi dans la presse
anglo-saxonne, tout d'abord en le résumant, c'est-à-dire en faisant un compte-rendu structuré, puis en le
commentant, ce qui veut dire en l’approfondissant. Ces deux exercices sont attendus par la plupart des écoles
et sont suivis de questions (échange avec l’examinateur). La durée de la préparation et celle de l'interrogation
peuvent varier, la plus courante étant de 20 minutes pour chaque phase.
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LA PREPARATION

Vous pouvez prendre des notes au brouillon, mais n’écrivez pas sur le texte fourni car beaucoup d’écoles
interdisent de souligner ou d’annoter le texte de l’épreuve orale au concours.

Lisez le titre (et aussi la rubrique, le sous-titre) de l'article attentivement, analysez le rapidement (descriptif,
ambigu, ironique…). N'oubliez pas que la fonction d'un titre est d'indiquer le sujet traité.
Regardez aussi les références:
- Date de parution: en général, article récent. Dans ce cas, il n'est pas obligatoire de mentionner la date exacte;
sauf si elle a une importance particulière –historique, actualité… Donc exercez vous quand même à lire les dates–
cela peut servir.
- Origine de l'article: extrait de la presse britannique ou américaine, les approches pouvant être
différentes.
Sachez identifier les principaux journaux d'où sont tirés les articles, trop de candidats en sont incapables. Si vous
ne savez pas ou plus, il vaut mieux ne rien dire que de faire une erreur grossière.
Voici quelques références qui sont fréquemment proposées:
American press: THE NEW YORK TIMES / THE HERALD TRIBUNE / TIME / NEWSWEEK/ THE ATLANTIC ...
British press: THE ECONOMIST /THE (FINANCIAL) TIMES/ THE GUARDIAN/ THE OBSERVER/ THE INDEPENDENT...
Cela ne sert pas à grand-chose de donner le nom de l’auteur de l’article, sauf si c’est quelqu’un de connu.

Tenez compte des éléments iconographiques qui vont avec l’article (illustration, photo, courbe, tableau de
chiffres). On peut parfois en tirer parti.

Puis lisez et analysez le texte même en dégageant les thèmes principaux et l’approche du journaliste (sa
position, sa technique) sur la feuille de notes en vue du compte-rendu.
- Un article de presse est déjà le résumé d’un sujet, il vous suffit d'en identifier les aspects dominants:
concentrez-vous sur l'essentiel. Attention à certains articles qui donnent de multiples exemples et ont
un côté très descriptif ou répétitif.
- Cet exercice ne consiste pas en une simple énumération des faits contenus dans le texte proposé (c’est
pourquoi certaines écoles préfèrent appeler cette partie ‘analyse’ / ‘synthèse’ / ‘compte-rendu’ plutôt que
‘résumé’). Il faut aussi prendre en compte la démarche du journaliste: son point de vue, approche du
sujet – critique, ironique, élogieuse, technique utilisée, son objectif.

Ne paraphrasez pas, reformulez les idées en utilisant vos propres mots. Notez sur la feuille les aspects à ne pas
oublier, mais ne rédigez pas complètement (ni l’introduction ni le reste), c’est une perte de temps et vous
risquez de lire vos notes pendant l'interrogation, ce qui est mal vu.
Un compte-rendu se fait uniquement du point de vue présenté par le texte. N’introduisez pas
d’opinion personnelle ou de considérations annexes dans cette partie, ils sont réservés à la suite. Il ne faut pas
mélanger les deux exercices.
En vue du commentaire, notez ce qui peut faire l'objet d'un approfondissement ou d'une contre-
argumentation. Retenez deux ou trois points possibles (au delà, risque de dispersion et de fragmentation) que
vous développerez pendant le temps qui vous reste. Essayez d’équilibrer votre préparation de manière à pouvoir
réfléchir suffisamment au commentaire. Il est inutile de vouloir rédiger un commentaire en détail, vous n'aurez
soit pas le temps, soit d'autres idées vous viendront pendant l'interrogation.
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L’INTERROGATION
Les deux premiers exercices doivent être menés de façon spontanée et continue : les jurys jugent
inacceptable que le candidat attende que l'examinateur lui pose des questions pour s’exprimer ou réduise sa
prestation à un minimum. Il faut un bon équilibre entre le résumé et le commentaire.

• Le compte-rendu
∆ Il est tout à fait inutile d’annoncer avant de commencer que vous allez faire un résumé puis un commentaire :
c’est ce qu’on attend de toute façon (Just do it !).
Par contre, une introduction claire et ordonnée est indispensable. Il faut annoncer le sujet de l'article
après l’avoir situé dans son contexte général. Vous mentionnerez les références du texte si elles sont utiles
et le titre, quitte à y revenir plus tard s’il est à double sens. Efforcez-vous de dégager une problématique (à
quelle(s) question(s) l’article répond-il ?) Annoncez brièvement les idées principales.

Reprenez ensuite ces points principaux en les synthétisant. On peut suivre l'ordre général de
l’argumentation si elle est bien construite en évitant toutefois d'être trop linéaire ou énumératif. Si le texte est
vraiment très répétitif et descriptif, vous pouvez regrouper certains aspects.
- Ne vous noyez pas dans les détails, ne gardez que les exemples vraiment indispensables. Insistez plutôt
sur l'organisation et la progression de l'argumentation en tenant compte de la position de
l'auteur du texte et de sa technique.
- Ne négligez pas la fin de l’article : elle reflète souvent, directement ou indirectement l’opinion du
journaliste, l’impression sur laquelle il veut laisser son lecteur.

Rappelez-vous que le compte-rendu sert d’appui au commentaire : si vous n’avez pas mentionné du
tout un point du texte avant, vous ne pourrez pas le commenter de façon valable.
Le compte-rendu ne doit être ni trop court, ni trop long : les jurys pénalisent les durées inadéquates; la
plupart des écoles attendent que le candidat consacre environ quatre / cinq minutes à cette partie.

• Le commentaire / approfondissement
A la fin du résumé /compte-rendu, trouvez une phrase de transition valable.
N’employez surtout pas de phrases du type "That's all for the summary. Now (I move on to) my commentary." Ce
genre de propos a le don d'agacer le jury, alors faites un effort! Eventuellement, vous pouvez vous appuyer sur
l'origine de l'article (britannique ou américaine), sa date de parution (liée à un événement précis / évolution de la
situation depuis). La position de l'auteur ou encore les éléments annexes peuvent être utilisés.
Vous pouvez aussi rebondir sur la fin de l’article ou sur un aspect que vous souhaitez approfondir. Vous pouvez
alors utiliser des phrases comme : “Now (to go further), I would like to develop a few points... / to
analyse...” // “After reading / listening to this article, I can say that ... / I think I can add...”
Vous pouvez même vous servir de votre réaction personnelle (positive ou négative): “What strikes me in this
article is …” Mais attention, un commentaire ne consiste pas uniquement à donner "My opinion on the article".

Ensuite, annoncez clairement les points que vous souhaitez traiter (en général deux aspects suffisent).
Un commentaire n'est ni un résumé-bis du texte ni une digression totale; les jurys détestent lorsqu’un candidat
‘plaque’ un commentaire sur un sujet n’ayant que peu ou rien à voir avec le texte proposé mais sur lequel il a
davantage d’idées. Les points choisis doivent être en rapport direct avec les thèmes traités dans l'article
et apporter une vision nouvelle ou complémentaire.

Sélectionnez et structurez vos arguments pour éviter une énumération fastidieuse de faits.
Vous pouvez montrer vos connaissances en vous servant de quelques éléments culturels, économiques, politiques,
sociaux (historiques ou d'actualité). Il faut simplement bien les intégrer au commentaire. Cela peut vous aider
pour établir des comparaisons (entre pays par exemple) ou pour définir des raisons supplémentaires visant
à approfondir le sujet traité; ces raisons peuvent confirmer ou contredire les arguments développés dans
l'article.
Si le sujet s'y prête, vous pouvez faire appel au cours du commentaire à votre expérience personnelle (Ex :
"When I went to Britain / the USA… I saw that…” / "I watched a documentary… I read another article…"). Ces
allusions apportent une note d'originalité, toujours bienvenue.

Gardez l'esprit critique, un article n'a rien de sacré. N'hésitez pas à exprimer votre opinion si vous n'êtes pas
d'accord avec les idées exprimées, à l’aide d’arguments pour ne pas tomber dans la critique simpliste non étayée
ou la généralisation abusive. Vous pouvez par exemple souligner la partialité du journaliste, ses omissions,
l’ambiguïté de son propos.
Enfin, quelle que soit votre démarche, vous devez aboutir à une conclusion (ouverte ou non).
Le commentaire se fait en environ 5/6 minutes ; on arrive à une dizaine de minutes pour l’ensemble.

• La conversation / échange
L'interrogation se termine par une conversation avec le jury destinée à tester vos capacités d'adaptation et
de communication. Les questions peuvent porter sur des connaissances culturelles en rapport avec le texte,
mais pas toujours, cela dépendra de ce que vous avez dit avant. Les Ecoles accordent une grande
importance à cette partie. Cet échange peut aller jusqu’à 10 minutes.
Si vous n’avez pas compris une question, n’hésitez pas à demander (poliment) à l’examinateur de la répéter ou de
la reformuler (Ex : "I’m sorry, I didn’t understand the question…"). C’est toujours mieux que de répondre
complètement à côté ou de dire "I don’t know" !

• L’attitude (Think positive)


L’attitude à avoir fait partie de votre prestation et contribue grandement à sa réussite (ou à son échec).
- Maîtrisez votre rythme de parole (ni trop lent, ni trop rapide, ni trop saccadé). Ne baissez pas la tête,
la voix 'tombe'. Evitez de lire systématiquement vos notes ! Pensez à regarder le jury et à ne pas
être trop monocorde. Si vous avez conscience d'une erreur, corrigez-la, personne ne vous en voudra.
- N’essayez surtout pas de mettre ‘de la poudre aux yeux’ en parlant beaucoup pour ne pas dire grand-
chose (ce qui est parfois le cas de candidats parlant la langue couramment). La conséquence serait une
note médiocre, ce qui est une expérience très frustrante lorsqu’on est bilingue ou que l’on a une bonne
pratique de l’anglais.
- Surveillez le registre de langue : n’employez pas de tournures d’anglais relâché comme : "Yeah", "I'm
gonna explain / I wanna talk about", "a little bit", "stuff like that", ou des "You know" dans chaque
phrase, cela ne fait pas plus authentique et irritera le jury.
- Attention aux ‘accessoires’ : évitez de manipuler un stylo qui 'clique' pendant que vous parlez (c'est très
énervant pour votre interlocuteur, adoptez un modèle 'neutre', sans agrafe, ni bouton).
Jouez le jeu. Faites preuve de bonne volonté, même si le texte ne vous plait pas, et l’examinateur se montrera
bienveillant.