Vous êtes sur la page 1sur 398

L'harmonie céleste

découvrant les diverses


dispositions de la nature ,
ouvrage physique et
matématique nécessaire...
[...]

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Fayol, Jean-Baptiste. Auteur du texte. L'harmonie céleste
découvrant les diverses dispositions de la nature , ouvrage
physique et matématique nécessaire... pour discerner les erreurs
de M. Descartes,... Par Jean-Baptiste Fayol. 1672.

1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart


des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le
domaine public provenant des collections de la BnF. Leur
réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet
1978 :
- La réutilisation non commerciale de ces contenus ou dans le
cadre d’une publication académique ou scientifique est libre et
gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment
du maintien de la mention de source des contenus telle que
précisée ci-après : « Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale
de France » ou « Source gallica.bnf.fr / BnF ».
- La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait
l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la
revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de
fourniture de service ou toute autre réutilisation des contenus
générant directement des revenus : publication vendue (à
l’exception des ouvrages académiques ou scientifiques), une
exposition, une production audiovisuelle, un service ou un produit
payant, un support à vocation promotionnelle etc.

CLIQUER ICI POUR ACCÉDER AUX TARIFS ET À LA LICENCE

2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de


l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes
publiques.

3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation


particulier. Il s'agit :

- des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur


appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés,
sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable
du titulaire des droits.
- des reproductions de documents conservés dans les
bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont
signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque
municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à
s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de
réutilisation.

4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le


producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du
code de la propriété intellectuelle.

5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica


sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans
un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la
conformité de son projet avec le droit de ce pays.

6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions


d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en
matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces
dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par
la loi du 17 juillet 1978.

7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition,


contacter
utilisation.commerciale@bnf.fr.
Ftr.Lii"v-r ir.79
LHARMONIE
CELESTE,
DECOUVRANT
LES DIVERSES DISPOSITIONS
DE LA NATURE,
OUVRAGE PHYSIQJLJE
ET MATE MAT I QJJ E,
NECESSAIRE A TOUTES SORTES DE GENS.'
POUR DISCERNER LES ERREURS
de Mr. Defcartes : Connoître la diverfîte des airs & leurs
changemens en tous les endroits du monde : Prévoir rou-
tes les maladies jufqu a la derrriere difference , leurs éve-
nemens & leur temps précis fans voir les malades , trou-
ver les remedes Tpecifiques, la maniéré de s'en fervir, &
de diftinguer les vertus de la matiere Medecinalé félon les
Influences des Aftres avec beaucoup d'autres curiofitei
A
MONSEIGNEUR
L'ARCHEVEQUE
D E PARIS,
CONSEILLER DU ROY
en tous Confcils,
Tes Com-
mendeur des Ordres de Sa
Majefté, & Provifeur de
Sorbonne, &c. -

ONSEIGNEFR,

Les deux plus belles Sciences de


(antiquité vont recourvrer leur
premiere fplendeur fous mos auei-
ces: L'ignorance ïavarice
f5 de ceux
qui s'en mêlent, font la caufe de
leur difgrace ; mais vous ave\ ta-
me fi genereufe & tefj>rit fi vif
fi fi fllide pour juger fainement de
toutes choJesy que vofirefeule pro-
tection en fera le prix & la for-
tune.
On s'étonnera peut-eftre Mo N-
seigneur, que vous permet-
tiez que f Aftrologie & la Me-
decine paroiffent fous un nom fi
JUuftre que le vofire ; puifqu el-
les font fi méprisées. Mais fi f on
fait reflexion que ces Sciences ne
font malheureufes, qu'à faute a en
difcerner le merite : je ne doute
point qu »on ne vous lotie fort de
les agréer; parce que la gloire
quelles ont euë de faire autrefois
les plus ferieufes occupattons des
Saints Patriarches & des Héros A
t fi une preuve authentique de leur
noblejfe. Dieu en avoit avantage
nos Peres pour perfectionner leur
prudence. Abraham y efloit fça-
evant. Salomon s'en glorifie encore
dans le fiptiéme de la Sagejfe. Ale-
xandre le Grand s y plaifoit autant
qu'à fes conque (les. Mitridate Roy
de Pont, & Mesiié Roy de Damas
en faifoïent profejjîon. Gyges &
Sa bore, Roy des Medes, en aboient
toutes les lumier es , & comme vous
ave\ par rvoftre caraBere & par
voftre naijfance de la conformité
avecque tant d'auguftes Perfon-
nages, on ne fe doit point étonner
f elles font ajfe heureufès pour
avoir voftre approbation f5 fi j'ay
le glorieux arvantage de vous les
foumettre.
si vous cedie^ à la hauteur de
tom ces grands hommes qui les ont
honnorées de leur efttme, on pour-
roit peut eftre encore dire que je
-
me firoil mépril de vous les pre-
fenter. Mais qui ne fait MON-
SEIGNEUR que vous eftes en-
core plus grand ? Je riaurois pas.
befoin de fortir de rvoftre illufire
Maifon ny de vous-mefme pour
,
appuyer une vérité qui fe trouvé
fi dignement foûtenue par l' heu-
reux mélange de vofire Sang avec
celuy des Roys de France y dï An-
gleterre, de Hongrie, de lerufa-
lem y de Scicile ,&
de Leon &
,
des Empereurs de Conflantinople,
fi je ne craignais de blejfer rvoflre
modeftie, qui m'empêche de mettre
une fi jupe proportion dans fin
jour. Mais je la pajfe fous filence
crainte de vous déplaire, & je m en
rapporte à nofire AUGUSTE Mo-
NARQUE qui vient d'en donner

un témoignage éclatant. Ce PRIN-


CE aùJ/i fILge que magnanime, à
fait un choix digne de fon juge-
ment, lorfqùil vous a êleu par*
my une troupe mmbreufe de PM-
LATS, d'un merite fingulier, pour
vous faire remplir la premiere
place de fion Royaume quy à t-il
;
de plus glorieux qu'une fi haute
preuve de voftre grandeur?
Et fi je m élevé jufiques au Ciel
pour y contempler le Soleil qui fait
l'objet de mon ouvrage où trou-
,
^^7>,Monseigneur, quelque
chofe qui vous convienne mieux
que ce bel Aftre ? Dieu en a fait
le premier luminaire pour dijjîper
les tenebres du monde, mais aulft
il vous a mis à la tefie de la plm
fainte academie de V Vnivers ,pour
éclairer fin Eglife. Ceft dans cét
illufire Corps de la Sorbonne que
vous pa,roijfe\ plus grand que par
tout ailleurs, voftre pieté & rvd-
tre figejfe y fervent d'exemple >
voftre éloquence y triomphe de f o.
pinion vos decifions y font des
,
oracles, & ces efprits folides qui
le compofent ysy remplirent de vos
Ittmieres pour déveloper les artifi-
de tÙerefie & condamner ce qui
ces
fait obfJacle à la Foy de JÉSUS-
CHRIST.
Si bien qu'aprés les foins conti-
nuels que vous a,,vez, MONSEI-
GNEUR pour difpenfir la, vérité
fur la Terre. lofe dire qu'il m'en
èH venu quelque rayon pour com-
battre le Cartejime par fes propres
fbndemens. Lentreprife eH hardi,
fi mefme odieufe à ceux qui fut-
vent cette doHrine dangereufe à 1.
fanté de l'ame & du corps mais
comme un Philofophe doit prefe-
rer la rverité à la complaifance., jq
t4cbé d'en faire voir les erreurs par
elle-mefme, afin que mon travail né
parut pas tout-à-fait indigne de vo-
tre Grandeur ; puifquelle y a inte-
ren avec tout le Chriflianifm e. Qe
rieB pas pourtant que je ne II
trouve fort au dejfolH de vos con-
noijfances, mail qui eft-ce qui peut
paroître parfait à m efprit fi pe-
netrant qui découvre les moindres
tâches 1 Je riay pas aufli la pré-
emption de croire que -vow riy
trouviez des défauts, mais f efpere
que vous aurez, la bonté de les ex-
enfer, (5 de permettre que je tri a-
ovoiie avec de tres profonds ref-
peds, ,

MONSEIGNEVR,

Voftre tres-humble &:


trcs-obeïffant ferviteur,
J. B. FAYQI.,
DEVISE
POUR MONSEIGNEUR
L'ARCHEVESQUE DE PARIS-

HIC ECLIPSEOS EXPERS.


Ce Prelat efi fi plein de gloire & de
fplendeur,
Quon ne le voit jamais tomber en def-
faillance ;
Ze merite qui fait l'appuy d, fa gran-
deur ,
Rend toujours fin éclat égal à fa naif-
fance.
PREDICTION
EN FORME
DE DEVISE.

Subfiitit.
Et fe collegit in arma.

Il n'a retardé fes Explois.


Que pour les foumetre à fes Loix,
PREFACE.
, A VOl S crû que le
monde eftoit fi difficile
à concenter ; qu'il va-
loit mieux fe donner du
bon temps que de s'étu-
dier à luy plaire ; & félon cette pen-
fée , j'avois depuis dix ans tant d'a-
verfîon pour le travail, que je ne
fongeois qu'à mes divertiffemens:
Le fieur Dau- jufqu a
ce qu'un de mes amis m'ayant
benas de Sa-
lignac, dépu- fait connoître le tort que je me fe-
te de la no- fois, de perfeverer fi long-temps
blefle de Pro- l'oyfiveté m'apporta Li-
dans , un
vence , Gen-
til-homme vre qui paroiffoit depuis fix mois,
très profond pour m'obliger de le lire.
en toute for- Apres l'avoir confide.
te de Scien- meurement
ce. ré, je fus furpris de ce que l'Auteur
qui me paroMoit fort fage par l'or-
dre & l'arangement des matieres,
entreprenait- de combatre Ariftote
dans les endroits les plus veritables)
& de blâmer les Univerfitez qui font
profelTion de l'enfeigner } parce
qu'elles font obftacle à la jeunelfe,
& l'empefchent de faire de nouvel-
les découvertes dans la vérité, je fus
extrément furpris de ces paroles qui
commencerent à me faire douter de
l'eftime que j'en avois déjà concenë:
il
car ne fied pas bien, ce me fem-
ble a un homme qui eft dans une
,
opinion particuliere , de perfuader
que tant de beaux genies qui ont
fuivy depuis plufieurs fiecles les fen-
timens d'un fi grand Philofophe, Ce
foient mépris dans le choix qu'ils
ont fait d'une doctrine, qui leur a
fait juger fainement ôc fans caprice
de toutes chofes.
Cell me parut fi étrange, que je
voulus bien croire qu'il n'auroit
point eu ce fentiment, s'il eut fait
reflexion fur la vieillefle du monde.
Car les Sciences qui ont efté in-
,
ventées dans un temps ont receu
leur derniere perfection dans un au-
tre , de maniere qu'on ne fait plus
maintenant que les déguifer,& re-
batre ce qui a efté dit plufieurs fois.
Sa doarine mefme n'eft pas nou-
velle comme il la croit) puifquePi-
thagore a creu comme luy que la
,
quantité eftoit l'elfcmce de la ma-
tiere , dont il tire toutes fes confe-
quences, & que Democrite & Epi.
cure, en ont foûtenu la divifion en
plufieurs petites parties, fous le nom
d'Atomes.
Nous ferions à mon avis trop heu-
reux de fçavoir ce que nous igno-
rons de l'antiquité, elle avoit tant
de belles choses dont nous avons
perdu
de l'usage que nous aurions trop
,
bon- heur de les découvrir, & si
nous en trouvons quelqu'une par
hazard qui nous paroifTe nouvelle,
nous fommes étonnez d'apprendre
qu'elle eftoit avant que nous fuf.
fions au monde. Hervée prouve la
circulation du fang par Arriftote, &
Aristote nous fait connoître lorsqu'il
parle du
l'arangement feu , qu'il n'ignoroit pas
des parties de Mon-
sieur Defcartes. Ainfi je n'eftime
pas que ce nouveau Philofophe puif-
fe honeftement condamner nos An-
ciens & nos Vniverfitez fans quel-
que prefomption, & fans oublier ce
qu'il doit à tant de celebres perfop-
nages qui fe font fi utilement occu-
pez pour nous rendre familieres les
Sciences les plus dificiles: car fi ce
,
qu'il dit eftoit vray il n'y auroit
plus de falut pour nos ames dans les
facrés Myfteres de noftre Religion;
la Theologie feroit faufie, la Méde-
cine ne pourroit pafler que pour
une fable, & l'Aftrologie qui eft au
,
dire de Salomon la plus belle des
Sciences naturelles, ne feroit ap-
puyée que fur des illufions.
C'eft pourquoy ayant examiné les
principes d'une doctrine fi dan ge-
reufe qui renverfe les Sciences les
plus folides , j'ay fait voir qu'elle
peut eftre juftement combatuë en
établiflant les Sciences qu'elle dé-
truit , à la referve de la Theologie;
laiflant un foin fi glorieux a des ef-
prits plus éclairez & plus folides,
qui ne trouveront peut-eftre pas
mes raifons tout-à-fait inutiles.
,
Ainfi je parle premierement de
l'Aftrologie parce qu'elle a pour
;
objet le Soleil qui concourt à la pro-
duétion des fubftances corporelles,
comme le premier agent de la na-r
ture, & je l'applique après à la Me-
decine i d'autant que je la crois aved
Hippocrate très - malheureufe fans
la connoilfTance des Aftres qui font
les caufes principales & particuliè-
res de toutes nos maladies, veu qu'ils
font les diverfes difpofitions des
eftres matériels, &: en caufent la ra-
reté & l'épailfeur qui font les pre-
miers principes & les premiers fii-
jets de tous nos accidens , comme
j'efpere de le faire voir dans la fuite
de cet ouvrage.
Si les Medecins en avoient un peu
plus de connoiflance, ils éviteroient
iouvent, ce me femble les fautes
où ils tombent ; parce qu'ils la né-
,
gligent : en quoy j'ofe dire qu'ils ont
Quidqutd ho* oublié leur Hippocrate & leur Ga-
Tit vel mali in lien
pour faire méprifer la Medecine.
eft in homtne
etiam mors Car ces grands hommes ne pouvant
ipjaab fir is connoître les diverfes difpofîtions
A

frofictfcttur de la le des
Htpf. I. de nature que par moyen
Cllrn. e5 de Cieux : ils leur ont rapporté tous
rat.vitt. in
morb. acut.
nos biens & nos ,
maux mefme
leur premiere ori-
la
Gal. 15. Meth. mort, comme à
(J X.adglauc. gine.
le foûtiens par tout leurs fènti-
mens, avec cette moderation néan-
moins que s'ils ont pris les Aftrea
pour
les caufes abfoluës des accidens que
je ne les prens que pour les caufes
difpofitives au fens de r Eglife
,
qu'Hippocrate &. Galien jid id ejuod
ne con- obfcurum ejh
noifloient point, & comme fuivane
omnem vim
leur sentiment tout le secret de la congregatam
,
Medecine ne consiste qu'à penetrer
la effe oportet.
Hipp, creater-
les diverses dispositions de natu- n& gtudtufr*.
re , & la vertu celeste des mixtes
qui en peuvent reparer les defor.
dres, je donne la maniéré de les dé*
couvrir en quatre Livres.
Le premier détruit les, fondemens
du Cartefime,êc enfeigne à connoî-
tre les diverfes qualitez des airs en
tous les endroits du monde, & leurs
divers changemens en toute forte
de temps, pour faire choix d'un lieu
propre à conferver ou rétablir la
fanté par le feul ufage de l'air.
Le fécond diftingue les mouve-
mens des humeurs, & leurs mélan-
ges , les periodes des fièvres i tous
fes temperamens qui ne différent en
rien de la nature , fuivant le fend-
ment d'Hippocrate & de Galien, &
toutes les maladies jufqu'à la der-
niere difference fans qu'il foit ab.
,
folument neceflaite de voir les fujets*
-
Le troiiieme en prédit les évene-
mens, & le temps précis.
Et le quatriéme choifit les reme-
des fpecifiques dans toute forte de
régnés pour guerir toute forte de
maux; ièlon les principes d'Hippo-
cratte, d'Ariftote, d'A vicennes , &
de Galien, & comme les trois pre-
miers Livres fuppofent un homme
fçavant & curieux , le dernier eft
bon pour toute forte de perfonnes
qui s'y pourront inftruire facilement
de tout ce qui peut conferver ou ré-
tablir la fan té.
l'avois deflein de les revoir pour
lès augmenter de plufïeurs queftions,
& divifer les matières que je reduis
en chaque article , afin d'en faire
plufieurs & leur donner le dernier
éciairciflement en développant la
fuite des erreurs du Cartefime qui
prouve par des comparaifons trom-
peufes, ce que la nature opere inti-
mement. Mais comme les plus bel-
les idées ne font pas de Loüis d'or
pour plaire à tout le monde, on m'a
confeillé de les donner au public
telles quelles font , avant que de
prendre la peine. De forte que û
l'on y trouve des défauts, l'on doit
confiderer que je n'en fuis pas exemt
eftant homme comme les autres, 6c
que les emprenemens, qu'on me té- Qui ea qu&
ab altts tn-
inoignoit chaque jour de voir l'ap-
venta Jitnt
plication que je fais de ces deux tnhoneflorum
Sciences, m'ont ofté la liberté de tifiao
nerborum at-
con ta-
m'expliquer d'avantage. Mais fi l'on mJnnre
con-
veut fuivre le fentiment d'Hippo- tends j neque
qutcqua
crace, qui dit que le mépris qu'on rtgtt, is; cor- m,hi
,
fait des ouvrages eft une marque ueritate tueri
de malice & d'ignorance , on aura 'Velie non fi- v
detNr ftd po-
plûtoft la bonté de me corriger que t/us ignora-
de me blâmer. ttonem &
On doit juger de je viens maltttam pra-
ce que dere. Hípp, de
de dire, qu'il n'y a rien de nouveau uetert Medi-
dans mon ouvrage : mais fi l'on en an a.
confid'ere l'ordre, on y verra peut.
eftre quelque chofe de fingulier pour
déveloper les fecrets de la nature,
& fi l'on examine la table que je rap-
porte dans le troifiéme Livre, on y
trouvera une Téorie desplanetesat
fez particulière, pour s'afleurer des
longitudes du Ciel 6c de la Terre.
l'en enfeigne l'ufage pour trouver
le lieu de la Lune laiffant à pene- Quod igno-
trer le refte aux beaux efprits qui ram blafphg*
, mam.
méprifent d'ordinaire ce qu'ils ne 'ver/u.io. lud*
peuvent comprendre. Neanmoins fi
ce travail à l'eftime qu'on me fait
efperer des honneftes gens, il pour-
roit paroître une autre fois dans
toute Ton étendue, & dans toute fa
perfeaion avec une fécondé partie

••
d'Aftrologie qui donne les raifons
primitives de fes aphorifmes.
m
Deus adminiftrat omnia qua creavit
ut ipfa proprios motus exercere & ageve
final AlIgujtini 7. de civitate Die c. 30,
TABLE DES CHAPITRES
DU PREMIER LIVRE.
.L Des Influences des Aftres.
CKAP. I. Ve?âemonftratiye.
AJlrologie ejh une Scien-
., lece page i.
CHAP, II. Que mouvement de la Terre (jy
la matière premiere des Citrtiftjlesflnt des
ilfuftons. 15
Soleil.
la Terre.
CHAP. III. De la nature du H.
CHAP. IV. Des tjlllliitet des Aftres. 47.
CHAP. V. Comment les Astres aggissent sur
dans
50.
CHAP. VI. Si les qualitez sont rèeles
les objets ou dans les cinq sens de la natu-
re. q
CHAP. VII. Des quatre Pllrties 411 monde,
67.
CF de lellr fijltion
aux quatre parties du
Zodiaque {y aux T lanetes. 80.
CHAP. VIII. De la triple conjonction des
Tlanetes fy du jugement quil en faut
flire. 84.
CHAP. IX. Du choix qu'un homme doit fai-
re du litll ou il y eut yiyre heureux (jp en
honne fantè. g7.
CHAP. X. VU JEclipfes
Cf)" de leurs effets. 91.
CHAP. XI. De la durée de la couleur
des Eclipfes C,- de celle de leurs effets. 9 G.
CHAP. flllllitez de Cair
XII. 7Jesdifferentes
durant lyanne'ey C" durant les quatre fai-
fon.r.
101.
Table des Chapitres.
ChAP. XIII. 7(cgles particulières pour conZ
naître le tempérament des quatre faifonsé
119.
CHAP. XIV. Tes qualité^ de Pair en cha-
que mois de Cannée. 118.
CHAP. XV. Tour connaître les qualité^ de
Pair en chaque jour de Cannée. J34,

Table des Chapitres du fécond Livre.


,
Des formes communes & particulieres
des maladies. <

CHAP. I. ~omment on peut démontrer


les trois genres des maladies
par les A (ires >f*ns wir les malades, j$6.
CHAP. Il. Tour connoître les fympathies des
maladies çr1 des parties du corps par les •
Aflrcs. 14;.
CHAP. III. CQue les maladies font fpecifiées
par la d'jference des patties du corps diffé-
remment difpofëes par les Aftres. 149.
CHAP. IV. Sue les Aftres font les tempera-
mens primogenitifs & dquis, cir non pas
les Jtx chofes nonnatureles. 151
CHAP. V. Pour connoître le ttmperament
primogenitif jufqu au dernier degré. 137.
CHAP. VI. Pour connoître le tempérament
acquis jufyues du dernier degré. 164.
CUAP. YII. De la jufte mefure des mala-
dies pat le temperament aquis. 16j.
CHAP. VIII. Tour connoître le tempérament
de chaque partie du cores.1 16,
Table des Chapitres;
CHAP. IX. Des humeurs internes. 171
CHAP. X. Du mélange des bameurs. 179.
CHAP. XI. De la proportion des remet/es.
18,.
CHAP. XII. Vu mouvement des humeurs C*
de lA reyuljton.
CHAP.
] cjr.
XIII. V, te caufe des périodes des
fièvres. 194.
CHAP. XIV. La pourriture des foires. lor.
-

Table des Chapitres du troijîème Livre.


Du Prognostic.
CHAP. I. ~E l'estat d'un
neral.
malade ge-
206.
CHAP. II. Ves jours de crifc. loB.
CHAP. III. Si la maladie fera longue
ou
non. 2.1I.
CHAP. IV. Si les malades mourront. 213,

de la
vie. 220.
CHAP. V. Si les malades guériront.
CHAP. VI. Du temps précis de la

CHAP. VII. Pour connoître la


218.
mort ou
disposition
des malades, dont la figure radicale est
con-
nue , leur fanté (y leur ruine. 22Z.
Table des Chapitres du quatrième Livre.
Des remedes fpecifiques felon les
Influences.
CHAP. I. ~Q ve l'experience est
trom-
peuse. 227.
CHAP. TITI. &,,«e la rejfemblance çy la fîmili-
tude font tromptufes.
Table des Chapitres.
CHAP. III. Zue la feule indication trouve,
les remedes/pcci/îqucs. 234*
CHAP. IV. "DeC application des remedes. 2.37.
CHAP. V. Du temps propre À purger les ma*
lades. 239.

gnée. ,,14-4--
CHAP. VI. DU temps propre pour la JeU
244*
CHAP. VII. Dfo temps propre À repérer les
facultéç naturelles* 2 48.
CHAP. VIII. De l'Ephemer'tde perpétuelle
de la Lune. 252.
CHAP. IX. Tour diftinguer en geaeral la
qualité des lieux où croisent les fimplet,
CF connoitre leurs propriété^ tII"'U celles
des animaux, des minéraux C)'# des mé-
,
taux , par le rapport qu'ils ont ayee les
APres. 161.
CHAP. X. Det me'taux, des Minéraux de s
/Impies des animauxfujets à Satur-
,
ne..
CHAP.
~9~
XI. Des Simples, des blétdltoN' , dei
Minéraux C-7, des animaux fujets à III-
piter. 19 6.
CHAP. XTT. Ve la mAtierefujete; Mars.311.
CHAP. XIII. De 14 matiere fujete au SO.
leil. 318.
CHAP. XIV. De la matiere fujete À Ve-
nus. pf.
CHAP. XV. De la mariere sujete à Mercu-
re. Lu-
331.
CHAP. XVI. De la matiere sujete à la
ne. 341.
Fin de la Table des Chapitres,
DES
DES
INFLUENCES
DES ASTRES.

LIVRE J.
CHAPITRE I.
Que PAftrologie efi une Science
àemonftrative.

L n'y a point de temperà- 1.


ment équilibre , parce qu'il Qe la fager-
fe refulte du
y a dans chaque mixte une t'mpéramct
qualité prédominante qui équilibre.
eft le principe de toutes nos -4rifl. i. cttli
aéhons fervant d'organe à tcxtu II,
;
l'ame raifontiable
pour exercer fes puiffan-
ces , & félon les diffèrens degrez de cha-
leur , ou d'humidité,
ou de froideur, ou de
fècherelfe elle opere avec plus de perfe-
Ôion, ou le, jugement, ou l'imagination, ou
la memoire. D'où vient que l'on trouve a
peu de fages ; parce que ces trois fecultez
qui font requifes à la làgdfe) confiftant
dans des quaîitez contraires, ne fe rencoa-
trent jamais égales dans un mefme fnjer,
& ncantmoins tous les hommes tâchent
d'acquérir cette perfection ; puifque les uns
exercent leurs mémoires en r'apelant le
tems palTé par l'Hiftoire , les autres l'ima-
gination en tâchant de prevoir le futur par
les Sciences devinatrices & les autres la
,
prudence en jugeant du prefent par le fu-
teur & le paffé, & quelque peine qu'ils y
prennent 3 ils ont toujours befoin de con-
ici!.
Alais Dieu ayant crée le premier hom-
II.
Adam & les me dans un état parfait, luy proportionna
Saints Pa- fon temperament à recevoir les Sciences in4
triarches é- fures, & luy donna la connoifïànce de tout
toicnt Aftro- qui s'eftoit paile dans la création du
ce
]oeues félon
PhiJon & Io- monde , de l'eftat prefent & de l'avenir
feph. par les diverfes qualités des Aftres, par
leurs mouvemens diffèrens & par leurs
,
différentes combinaifons comme une ha-
,
bitude certaine & évidente, qui ne dévoie
pas moins perfectionner fen imagination,
que les autres Sciences, les autres facultez;
de fon ame : mais comme elle s'eft cor-
rompuë à mefure qu'elle s'efl: éloignée de
fon principe, & qu'une infinité d'ignorans.
s'en font mêlez à caufe du lucre,elle ne palfè
plus que pour une Science cotijeâtirale, &1
ce qu'il y a de plus étonnant, c'eft qu'il y a,,
eu de grands hommes qui ont trahi leurs,
fentimens en la voulant détruire par des
,
foibles fupofitions qui ne rellentent rien
de la force de leurs génies, & qui ont en-
core des Testateurs qui ne perfuaderonc
pas mieux aux partifans d'une fi belle Scien-
ce qu'elle ne contemple le plus bel objet
de la nature d'où elle tire fes veritez uni-
yerfelles.
Car confiderant que la lumiere du So- ut.
leil & celle des autres planetes qui la luy De l'objet de
empruntent eftant apliquée par un corps l'Aftrologie,
plus vite ou plus lent caufe la chaleur
le froid) elle conclud par une véritable de-ou
monftration que Saturue eft froid , par-
ce qu'il eft lent , & que Mars eft chaud,
parce qu'il eft vite , & felon leurs difïè-
rens degrez de force ou de foiblelfe el-
le conclud afifrmativement du ,
tempera-
ment des corps & de la qualité prédomi-
nante.
Mais comme ces demonftrations IV.
ne font
pas univerfelles ; parce que les planetes in-, Objections,
ferieures qui ont prefque toutes leurs
mou-
vemens égaux , devroient avoir des quali-
tez d'une mesme nature, que la Lune qui
est la plus vîte de toutes, devroit estre la
plus chaude , & qu'enfin les étoiles fixes
qui font plus lentes que Saturne
sent pas d'estre chaudes, seches
, ne lais-
ou par par-
ticipation. Il est juste d'ôter à present
difficultez dont l'éclairciffement dépendcesde
celuy que nous devons avoir de la diverfé
modification des rayons du Soleil ,
pour
trouver la caufe totale de leur différence*
V. Si nous voulons juger de ce qui fe fair
Solutions. dans les Cieux,
par ce qui nous paroift fen*
iiblement fur la terre) nous nous pour-
rons facilement convaincre de la vérité:
car s'il eft conftant que la diverre modifi-
cation de la Iumiere caufe des effets dirre-
rens , que félon que nous nous regardons
dans des miroirs diverfement figurez, nous
paroiffons ou plus gros , ou plus grands,
ou plus petits , & mefme multipliez , ou
dans noftre affiete naturelle , & qu'enfin
félon que les rayons du Soleil font diver-
fement receus & reflechis par dés corps
plats , concaves ou convexes : ils échau-'
,
fent, ou brûlent a un tel point qu'ils peu-
vent fondre les chofes les plus dures qui
rcfîftcnt mefme au feu matériel ; il n'y a
pas de doute que ces mefmes rayons eftant
diverfement receus & refléchis par les pla-
netes , ne puilfent produire une infinité
,
d'effets diffèrens dans le monde & mekl
me femblables , s'ils font modifiez & a-
pliquez d'une mefme façon encore que les
plancttes ayent des corps differens.
VI. Nous experimentons à tout moment là
Des différen- certitude de
ces principes que nos adver-
tes apparitiôs faires mefme font obligez de reconnoiftre,
des Autres.
& dont les plus groflïers demeurent con-
vaincus par les différentes aparitions de
la Lune qui paroift tantoft concave & con-
vexe, & tantoft ronde, & qu'enfin elle fe
dérobé à nos yeux felon qu'elle fe trouve
plus ou moins éloignée du Soleil, & com-
me elle leur paroift ainfi diverfement figu*
fée pendant un mois qu'elle tourne fon
cercle , elle leur fait conjecturer que les
autres planetes foufFrent les mefmes chan-
gemens ; parce qu'elles tournent auffi à
l'entour du Soleil pour modifier diverfe-
ment fa lumiere, & c'eft ce qui leur a don-
né la curiofiré de les obferver pour confir-
mer leur conjecture, & qui leur a donné
l'occafton d'inventer des inftrumens, avec
lefquels ils ont difcerné que Saturne, Ju-
,
piter & Mars eftoient tantôt ronds,
,
tantôt pointus , tantôt en forme de trefie,
tantôt en ovale, & qu'enfin ils paroifloienc
plus grands , lorfqu'ils eftoient rétrogra-
des dans le fond de leurs épicicles ; parce
qu'ils s'éloignoient alors du Soleil pour
devenir plus pleins de lumiere & qu'ils
s'approchoient plus prés de nous , , que lors
qu'ils eftoient direds au haut de ces petits
cercles ; que Venus paroifloit plus grande
iorfqu'elle commençoit à s'éloigner du So-
leil vers l'Orient , que Iorfqu'elle s'en a-
prochoit par le mefme côté où elle paroit
en forme de croiftant comme la Lune ,&
qu'enfin Mercure ne paroiifoit guere iou-
vent; parce qu'il eft prefque toûjours avec
le Soleil , mais qu'il paroiifoit aufli plus,
ou moins grand fous diverfes figures fui-
vant qu'il s'en éloignolt) ou qu'il s'en ap-
prochôit. Si l'on veut avoir la curioficé de
connoiftre toutes les diverfes apparitions
des planettes l'on peut avoir recours au
,
pere Ricciolo Ferrarienfis Jefuite , où on
verra les erreurs de Gaifendy qui a tant
fait de bruit par fes obfervations & qui n'a
rien obfervé de jufte avec beaucoup d'au-
tres qui fe font mêlez de combatre Arifto-
te pat des vetilles.
vil. Si bien qu'a près ces obfervations ils ,
La diverfiié n'ont plus douté que les diverfes apari-
des mouve- tions des planetes vinflent de la diver-
mes fait celle ne
fe modification de la lumiere du Soleil,
des modifi-
cations Se des comme nous faifons paroître fenfiblemenç
eJfets fublu- fur la Terre par le moyen des miroirs de
naires. differente figure & que ces mefmes Pla-
, la mefme lumiere
netes ne fpecifiaflent
dans le Ciel d'une façon différente, ou fem.
blable par raport au premier luminaire à
caufe de leurs diverfes figures, ou de leurs
regards mutuels & réciproques lelon leurs
,
diftances dans le Zodiaque ou félon que
leurs rayons s'y terminent dans des fignes
contraires ou femblables en qualité , &
,
qu'ils y forment des angles d'incidence,
droits , aigus , ou obtus pour les réfléchir
diverfement fur la Terre, & y produire des
effets dont la différence ne vient que de
celle de leurs individuations encore qu'el-
,
les fe meuflent également mais comme
leurs diverfes individuations refultent de
leurs divers mouvemens nous concluons
, font les caufes
auffi que leurs mouvemens
totales de leurs productions différentes, Se
qu'aine il eft vray de dire que Saturne eft
froid; parce qu'il eft lent, & que Mars eft
chaud ; parce qu'il eft vite.
V II I. Mais pour demontrer cette vérité dans
Que lçs Pla- toute fon étendue on n'a qu'à obfërvcf
,
Mars qui eft d un temperament chaud & netes chan-
fec par excés ; parce qu'il eft le plus vite gent de tem-
des Planètes fuperieures &le plus proche pérament par
du Soleil,unifiant en luy-mefme les rayons accident.
de ce bel Aftre pour les réfléchir fur la ter-
re avec plus de vigueur que les autres, &
l'on verra qu'il change de tempérament,
& qu'il devient plus fec qu'à Ton ordinai-
re, lorsqu'il monte dars Ton épicicle pour
attirer les exhalaifons de la Terre, & caufer
des vens communs à Mercure, & des ma-
ladies veneriennes communes à Saturne,
& qu'au contraire il devient humide, lorC
qu'il en defcend pour faire des grandes
pluyes communes à Venus, parce que Jork
,
qu'il monte il fpecifie d'une façon la lu-,
rniere du Soleil, comme une caufe univer-
felle, & qu'il le fpecifie d'une autre, lorf-
qu'il descend a. caufe des mouvemens dif-
ferens qu'il a en ces divers endroirs,
car
lorfqu il eft en haut, il s'avance allez fen-
lîblement vers l'Orient ; parce qu'alors fou
mouvement eft compofé de celuy qu'il a
dans le haut de fon auge , & de celuy
que
ce cercle à dans le Ciel, & lorsqu'il eft en
bas il recule vers l'Occident;
parce que le
mouvement qu'il a alentour de fon centre,
le fait beaucoup plus avancer de
ce côté-là
que le mouvement du Ciel qui l'emporte
avec fon auge , & il devient enfin ftation-
naire pour produire d'autres effets lorf-
qu'il eft dans les deux extremitez , de la
partie bafle de fon auge ; parce qu'alors ce
petit cercle tourne, & il ne le fait ni plus,
ni moins avancer du côté de l'Occident
que le mouvement du Ciel du côté de lO.
rient, outre qu'il commence à devenir di-
rect ou retrograde dans ces deux extremi..
tez , & qu'il y doit auffi paroître Action-
naire ; parce que le repos fe trouve tod-,
jours entre deux mouvemens contraires.
IX Et comme les autres Planetes à la refer-
Co nclu fion
ve du Soleil & de la Lune qui ne rétrogra-
que la lumie dent jamais, font de mefme. Il eft fa-
en
re appliquée cile de juger qu'encore quelques-unes
par le mou- que
vement caure femblent avoir leurs mouvemens égaux,
le froid ou le qu'elles ne les ont pas à caufe de leurs épi-
clia,ud. cicles & qu'ainfi la différence de leurs
, leurs modifica-
mouvemens féfant cele de
tions &par confequent cele de leurs effètsj
veu que par leur moyen elles t'aprochent,
ou s'éloignent du Soleil pour en recevoir
& modifier diverfement la lumiere : il eft
vray de dire que la lumiere du Soleil di-
verfement appliquée par un corps plus vi-
te ou plus lent en fon mouvement caufe
des effets differens & que l'Aftrologie eft
, fuivant le fentimenc
une Science veritable
Dhat ieiit du plus fage des Roys, & contre celuy des
friiht fcientta plus fameux A firologues parce qu'elle de-
;
•vera utfciam
montre les effets par leurs caufes lorC.
dtfpojitionei ,
dans fon
qu'elle conclud que Mars eft fec
ftelittrum fa- hu-
ficnti* 7. apogée , & qu'au contraire il devient
mide dans fon perigée , que fes afpeâs
d'opofition font mechans ;
quarrez , ou
qu'il fe terminent dans des fignes
parce
contraires à celuy qu'il occupe, & qu'en-
fin les trines & les fextils font bons par
,
la raifon contraire, & ainfi des autres à pro-
portion de leurs divers movemens auf-
,
quels on doit prendre garde pour rencon-
trer la verite dans les aphorifmes de cet-
te Science , autrement on s'y trouveroic
trompé.
Mais l'on me dira felon ce principe, que X.
la Lune devroit caufer plus de chaleur que Da mouve-
Mars ; parce qu'elle eft plus vire. I1 eft vray ment de la
qu'elle feroit plus vite fi fon cercle n'eftoit Lune & de
Mars.
quarante foisplus petit que celuy de Mars,
& fi l'on prend la proportion de ;9. minu-
tes , ou environ à douze degrez & demi
qui font à peu prés les moyens mouvemens
de ces deux Aftres, Ton verraque la Lune
devroit faire encore vingt fois plus de che-
min qu'elle ne fait pour égaler le mouve-
ment de Mars, & comme cela n'eft point,
1 on doit
ce me femble conclure comme
<Je/Tus, & s'anurer du
mouvement des au-
tres Planetes à proportion de leurs cercles,
pour en connoitre la jufte difference.
De forte qu'il ne refte plus qu'à faire XI.
voir comment lesEtoiles fixes qui ontfer- Des Etoiles
vi de regie aux anciens Aftronomes pour fixes.
determiner le mouvement des Planetes,
ainfi que les Planetes a leur tour ont fervi
de regie aux Aftrologues pour determiner
les qualitez des Etoiles fixes;
parce que
leurs effets eftoient plus fenfibles, il refte
ne
dis-je plus qu'à faire voir comment elles
operent à proportion des Planetes. Si nous
voulons croire Copernic & plufieurs
au-
tres Philofophes, nous les prendrons pour
tout autant de Soleils indépendans qui
n'empruntent leur éclat d'aucun autre;
parce qu'elles brillent plus que les Plane*
tes , au lieu que les Planetes devroient
eftre plus lumineufes ; puifqu'elles font
plus voifines du Soleil : mais comme ce
fentiment repugne aux experiences d'un il
grand homme ,
qui pour conferver les
mefmes apparitions des Aftres que Pro-
lomée a éveillé le mouvement de la Terre
quieftoit en repos depuis plus de deux cens
ans , & a obfervé que les Aftres eftoienc
plus pleins de lumiere lorsqu'ils eftoient
éloignez du Soleil, que lorfqu'ils en eftoienc
proches comme nous obfervons chaque
, le vafte
mois dans corps de la Lune , 8r
dans ceux des autres Planetres aui ne font
jamais plus brillans que
lorfqu ils en fonc
éloignez, nons concluons cju files emprun-*
tent leur éclat du Soleil, outre que 1 Ecri-
ture nous apprend que Dieu ne créa qu'un
premier luminaire qui devoit eftre la four-
de les autres. AiníÏ il eft vray de
ce tous
dire que les Etoiles ifxes modinent les
rayons du Soleil felon la diverfité de leurs
figures pour les reflechir fur la Terre fepa-
rement ou coujointement avec les Planetes
augmenter ou diminuer les opera-
pour en
tions comme nous experimentons tous les
,
les ardeurs de la canicule lorfqu elle
ans ,
XII. fe leve avec le Soleil.
Obleéhon Je ne doute pas qu'il n'y ait des difficul-
de Ja cani- tez à refoudre fur l'exemple que je propo-
cule. fe exprés ; parce qu'il fait la principale ob-
jeétion dPs averfaires ; puifque la mefme
Etoile qui nous caufe icy la chaleur, lorf-
qu'elle fe leve avec le Soleil, fait FHyvef
en d'autres endroits de la Terre fur lefquels
elle eft verticale ; & qu'ainfi elle ne doit
point eftre la caufe de l'ardeur qu'on Iuy
atribuë ; parce qu'elle la produiroit avec
plus de vigueur dans les lieux qui corref-
pondent a ion zenith , que dans les autres
qu'elle ne frapequ'obliquement. Ceux qui
ont quelque connoiflance de cette doctri-
ne pourront facilement répondre à cette
objection, s'ils font reflexion avec Ptolo-
mée que les caufes generales empefchent
les particulieres, & que les Aftres operent
conformementaux Saifons & au reftede la
difpofitiondes Cieux parce qu'on ne doic
;
pas predire des néges en efte, encore qu'il
y euft quelque conftellation qui en mena-
çafi, non plus que des foudres & des ton-
nerres en Hyver , au lieu des vens & des
grêles , & qu'on doit avoir égard aux au-
tres Planetes qui dominent dans les figures
des quatre Saifons.Car fi par exemple Mars
eftoit le maiftre de celle d'H yver comme
en la prefente année 1671. il la rendroit mo-
deree & fans glace, encore qu'il deut faire
froid & fi Saturne au contraire eftoit le
,
Seigneur de celle d'Efte,on ne s'apercevroic
point des ardeurs de la canicule, deforte que
fi la qualité martiale de cette Etoile îe trou-
ve diminuée, ou tout-à-fait empêchée par
quelque Planete, ou par quelque autre con-
ftellation qui ait une qualité contraire à la.
fienne dans le temps qu'elle doit regner,
ce n'eft que par accident, mais à fon égard
il eft toûjours conftant qu'elle participe de
Mars ; parce qu'elle modifie la lumiere du
Soleil prefque d'une mefme façon, &
,
qu'elle doic par confequent redoubler la
chaleur de l'Efte, lorfqu'elle fe leve avec le
Soleil, fi quelque autre conftitution ne
l'empefche & qu'enfin l'Aftrologie eft
,
audi cerraine au regard des Etoiles fixes,
qu'au regard des Planetes.
XIII. Aprés que les plus opiniatres fe font ren--
Autre objec- dus à demonftrations ils n'ont pas
tion avec fa ces ,
TCpon(e,& laifle de dire que FAftrologiene feroitpas
ladifpofition pour tout cela véritable ; parce qu'il n'ar-
du Ciel au rive jamais des apocataftafes , c'eft à dire
tems de 1a que les Cieux ne reviennent jamais dans
fondation de melille firuation & quand mef-
Rome. une , que
auroit obferve qu'une telle fituation
me on
des Aftres auroit produit par exemple la
pluye qu'on ne pourroit point encore
,
eftre aflure qu'elle pcut produire le mef-
,
puifqu'elle n'arrive jamais plus.
me effet;
Ils difent que les Aftres ne fe rencontrent
jamais dans une mefme fituation , parce
qu'ils ne les ont jamais obfervez , s ils a-
voient confidere la figure de Rome, ils au-
roient veu que le Ciel eftoit revenu dans
le mefme point qu'il eftoit dans la creation
du monde que le Soleil eftoit joint à Mars
& à Mercure
,
dans le Belier au milieu du
Ciel c'eft pourquoy cet empire a efté fi
,
floriftant par les Armes & par les Sciences,
Soliman fecond, Francois premier,
que
Charles quint, Guftave Adolphe & au-
, corref-
tres avoient des conftellations qui
pondoient à celles des Alexandres & des
autres Heros de l'antiquité, mais il eft
toujours conftant que ces mefmes retours
n'arrivent que rarement , & qu'il eft fore
di/icile de les obferver ce n'eft pas audi
,
de la qu'on experimente les effets des
Aftres. Car encore que tout Ie Ciel con-
coure à la production d'une chofe, il n'y
a pourtent que 1'Aftre Ie plus fort qui l'em-
porte par deftus les autres, & comme leurs
forces & leurs foibleftes fe peuvent exami-
ner chaque jour, on en peut avoir plufieurs
experiences pour s'afteurer de leurs effets.

CHAPITRE II.
Que le mouvement de la Terre & la
matiere premiere des Cartefiftes
font des illusions.

C Omme nous venons de prouver que


les Aftres tournent à l'entour du So-
I.
Diverfes opi-
nions fur le
leil , pour recevoir & fpeciner diverfement
mouvcment
ta lumière : Il eft prefentement queftion de de laTene.
fijavoir fi Ie Soleil eft immobile dans le cen-
tre du monde, ou fi c'eit la terre. Les nou-
veaux Philofophes font partagez fur cette
matiere, audi bien que les anciens : mais
comme la veriteeft fi indivifible qu'elle ne
foufre point de partage, il faut de neceflu
té que les uns ou les autres foient dan £
,
l'erreur ; quoy qu'ils confervent tous les
mefmes apparitions des Aftres par lettrs
fyftemes difFerens. Or pour diftingaer la
verité d'avec le menfonge de cette thelè;
nous devons feulement eonnoitre les rai-
fons des uns & des autres fans nous em.
,
barafler de leurs teories ; parce que chacu-
ne obferve les mefmes phoenomenes , ce
les mefmes mouvemens prefque fans au-
cune difference.
I I: De combatre ceux qui croyent le Soleil
L'Ecriture immobile dans le centre du monde par l'E-
nous affure criture qui nous allure que la Terre eft en
que la Terre feroit à avis fe rendre ri-
eft en repos. repos , ce mon
dicule auprés des efprits forts qui ne man..
queroient pas de tourner FEcritureà. leuf
phantefie comme la Terre, c'eft pourquoy
je ne me fers que de leurs propres fonde-
prouver que le Soleil tourne,
mens pour
& que la Terre eft immobile dans le centre
de l'Univers.
L'on dira d'abord que cela ne peut
III. eftre, me
les fyftemes les plus fim-
Les fyftemes parce que
les plus fim- ples font les meilleurs , encore qu'ils re-
ples ne font pugnent à la raifon & à l'experience; pui £
pas les plus qu'on ne doit point multiplier les eftres
ycritabics.
fans neceflite Sc qu'ainfi ron doit fuivrè
,
le parti de ceux qui tiennent pour le mou-
vement de la Terre ; parce qu'ils demon-
trent leur opinion avec moins de fupofi-
tion les
que autres. Je répons que cela feroit
r:Äå id quod,
tbfcurunt eft vray ft les hommes eftoient clairvoyans,
vim mais qu'eftant dans les tenebres, ils font
tmncm
obligez de faire plufieurs fuppofitions mê- congretam ef
me faufles pour découvrir la vérité , ainfi.fe oportet.
que nous fommes convaincus par l'Arith. Hipp, crater-
metique,quirupofe deux nombres faux pour MA gaudtum.
en connoîtreun troifiéme qui eft veritable. 1 V.
Outre que ceux qui croyent Terre mo- Faufles fit-
la
bile , luy attribuent une inclinaifon de ij. pofîtions de
degrez & 50. minutes, à côté de l'axe de ceux qui
lequaieur qui convient avec les librations croyent que
qu'ils refutent, & fupofent mefme le che- la Terre eft
mobile.
min de la Lune en forme d'ellypfe, contre
un principe infaillible que tout corps qui
,
fe meut en tond doit décrire un cercle
parfait. Ainfi l'on peut dire que leurs fyfte-
mes fait des fuppofitions faufles,& que leur
raifonnement n'eft pas jufte comme ils
,
avoUent ingenument lorfqu'ils difent
,
qu'on doit croire le fyfteme du monde le
plus fimple, encore qu'il repugnàt à la rai-
fon & à l'experience ; parce que tout ce
qui répugne à l'une & à l'autre conjointe-
ment , doit eftre necefïàirement faux.
Mais fuppofé que leur fyfteme fut bon. V.
Je leur demande fi la Terre fe meut d'elle- Rien ne Ce
mefme, ou par le moyen d'un moteur étran- meut de rOY';
S'ils difent c'eft d'elle-mefme je mefme;
ger. que
leur répons que non ; parce qu'un corps ,
ne fçauroit efire en aae & en puiflence
tout à la fois au regard d'une mefme cho-
fe ; puifqu'on ne fçauroit agir fans efire
en adfce, ce qui feroit pourtant veritable
en cette rencontre, fi la terre fe mou-
voit elle-mefme ; parce qu'elle feroit en
a&e en tant qu'elle agiroic fur elle-mef-
me pour se faire mouvoir , & qu'elle se-
roit en puiflence en tant qu'elle feroit apli-
cable à plufieurs parties fuccefllves. Outre
que félon leurs principes la Terre eft fort
feche & par confcquent fort épaiiïe 11
, ,
elle eft ainfi, elle tient de la nature des corps.
durs, & fi elle tient de la nature des corps
durs, elle ne doit difRrer du liquide, que
parce que la dureté ne refulte que du re-
pos de fes parties, & qu'ail contraire le li-
quide ne refulte que du mouvement des
iiennes, il eft donc certain par leur propre
fentiment que la Terre doit eftre en repos
d'elle-mefme.
VI. Et fi pour répondre à la féconde partie
La matiere de ma demande, ils me difent que les éle-
premiere des qui fe feparent de la matiere premie-
Cartefiftesetf mens
contraire à la re à force de se mouvoir , se rencontrent
religion Ca- dans l'air & dans l'eau qui environnent la
tholique & Terre , afin de la penetrer de toutes parts
aux Sciences pour la faire tourner en rond dans vingt-
naturclcs;
quatre heures de l'Occident à FOrient. Je
foutiens que c'efi: une illufion ; parce que
fi cette matiere premiere avoit lieu, la réa-
lité du feint Sacrement de l'Autel ne feroit
point véritable , non plus que toutes les
Sciences Phyfiques & pour en connoître
,
la vérité fçachons premièrement ce que
,
c'et f que cette matiere premiere avec fes
clemens & toutes leurs proprietcz ellèntie-
les pour répondre à cette objection.
La matiere premiere difent-ils ; eft une
Vil. substance si semblable en toute elle-mesme,
De la nature des
de la matiere qu' elle ne reçoit ses differences formes
que
formes qui la déterminent, enforte qu'el- premiereCar*
le eft parfaitement hom.ogene fous une refîcnne &
,
vafte étendue en longueur largeur, & des proprie-
profondeur, que fon érenduë eft fon eflen- tez de lès 4.
lemens.
ce impénétrable & divifible çn une infini.
té de petites parties de trois différentes fi,
gures que Dieu foie tourner à l'entour de
leur centre pour les divifer & en former
,
tfois élemens dont les premieres parties
;
triangulaires forment le premier parce
qu'elles fe rompent par le moyen de leurs
angles, & Ce feparent les unes des autres
pour devenir toujours plus petites, jufqu'4
ce qu'elles aycnt aquis par la force du mou,
vement une figure ronde pour faire le fe-
cond , & comme il y a entr'elles des par-
ties groffieres qui ne font pas capables d'un
fi grand mouvement à caufe de leur pefen..
t £ ur , elles reftent feules , ou comppfées
fous des ngures irregulieres pour faire en-
fin le troifiéme élement, dont les proprie.
tez efTentielles font de fe changer les uns
aux autres reciproquement ; puifque le
dernier peut quitter à fucçeflion de çems
ion irrégularité par le moyen de fon mou-
vement & devenir rond, ou triangulaire,
& que les autres deux peuvent auffi per-
dre leurs figures regulieres pour en pren-
dre des irregulieres, & fe changer les uns
aux autres fans fe penetrer, parce qu'ils ne
font pas moins impenetrables que leur
tqur. Voila tout les fondemens de la do-
ctrine de Democrite refufcitée dans Pef-
pii* deAfonfieiir £ )ejfçartes & de fes fefta-
teurs, ou je puis dire à propos ce prover-
be Efpagnol , de los tlJASA alentados ftlgucn
los alteros , ou comme l'Italien Ji no fa
1iero fi ,
troyato pour ne pas entrer dans
le fentiment de ce fameus Cardinal qui é.
crivit a l'Univerfité de Louvain le 10. ,
May 1661. que cette Doéhine ne pouvoit
provenir que d'un efprit fort groffier ; par-
ce qu'on ne fçauroît nier que M. Defcartes
n'ait efté le plus beau genie de l'Univers.
VIII. Or fi la trine dimenlioll eft l'effetice de
Confequen-
cette premiere fubftance materiele elle
ces contrai- ,qu'on
res à l'Eu- doit tellement reciproquer avec elle,
chariftie ne puifle détruire l'une fans l'autre, parce
que ce qui eft conftitué, ne fubfifte qu'au-
tant que ce qui le conftituë , ôc comme
l'effence conftituë premièrement, & inti-
mement le fujet dans fa derniere différen-
ce , il s'enfuit que la dellrulbon de l'un
doit naître necellàirement de la deftruâion
de l'autre. De forte que fi la quantité, ou
la trine dimenfion, autrement l'étendue en
longueur , largeur, ôc profondeur, qui ne
different que selon nostre imagination;
parce qu'on voit l'étendue avant que de
l'avoir mesurée pour en connoître la quan-
tité Ci dis-je la quantité eftoit l'eftence de
, materiele il fau-
cette prèmiere fubftance :
droit de necefllré que Dieu changeait celle1
du Pain, lorfqu'il l'a changé en fon Corps*
parce qu'elle feroit de fon eifente, autre-
ment il changeroit le Pain , & il ne le chan-
geait pas, il le changeroit , parce que la
Foy nous J'eafeigne, & U lie- le changeroiti
çàs ; parceque le Pain canferve après la
Consécration les mefmes dimenfions qu'il
avoit auparavant. Or cette contrariété eft
mpoflîble, & par cônfequent cette matière
premiere aussi.
De plus , si la quantité ou l'étendue é- IX.
toient l'essence de la matiere, tous les ac- Que les acci-
cidens feroient des fubftances ; parce qu'el- dens feroieric
des fubftaccs
le eftant le principe de toutes choies, leur fi l'ccenduc
communiqùeroit fon étenduë : & comme eftoit 1'elFen-
cette étendue eft une fubftance dans fa ce de la ni*-
premiere origine , elle la doit eftre auffi llere.
,
dans les ftijets où elle fe trouve & par
tonfequent les accidens feroient des fub-
ftances ; parce qu'il n'y en a point fans é-
tenduë ; & fi cela eftoit vray le plus facré
de nos Myfteres feroit faux ; parce que les
accidens n'y fubfiftent après la confecra-
tion que par le moyen de la quantité qui
tient la place de la (ubftance, & partant
ils feroient accidens & ils ne les feroient
,
pas ; parce qu'ils auroient encore leur éten-
due y Se leur dimenfion. L'on doit confide-
ter que cette matiere premiere détruit non
feulement les Sacremens mais encore le
myftere de l'Incarnation qui, eft l'abrégé
&
,
l'analife de toute la Theologie d'ailleurs
que deviendroient les miracles de l'ancien
&- du nouveau Teftament, fi l'impenetra-
bilité eftoit de l'etfence de la matiere
pre-
thiere ? Il n'en faudroit pas croire uh fi
elle eftoit véritable, & par confequènt ,d.
le doit eftre faufle.
X.
Ils médiront peut- eftre qu'il n'eft ras
Que les Mi-
ta des foi vent befoin de Miracles, lorsqu'il s'agit des cho-^
l'ordre de la Tes purement natureles ; parce que Dieu
nature. peut faire ce qui hty plaift. J'en demeure
d'accord , pourveu que les chofes foient fk-
fables : mais comme la toute puiffence qui
procede d'un eftre Fouverainement parfait,
ne s'étend que fur les chofes parfaites, el-
le ne change jamais une chofe en un autre,
qu'elle ne la faire ceffer d'eftre ce qu'elle
eftoit auparavant ; parce que fi elle ne pro-
cedoit ainfi,elle changeroit l'ordre de la na-
ture, & il s'enfuivroit que les chofes chan-
gées feroient ce qu'elles ne feroient pas.
Or corn me eftre & n'eftre pas, eft une con-
-tradi&ion qui répugné à la perfeaion qui
eft une proprieté de l'eftre ; il s'enfuivroit
que les Miracles ne feroient point féfablesj
puifqu'ils repugneroient à la fouveraine
puifïènce à caufe de leur imperfection,
ainfi je puis dire que leur detour eft fpe-
cieux , pour infâtfrer les ignorans de leur
faufle Do&rine.
à raporter les confequen-
XI. Si je m'amufois de
La matiere ces qu'on peut tirer cette matiere pre-
premiere a mière
contre noftre Religion, je ne gaigne-
Ion indivi- fur efprits forts qui
dualité pro- rois encore rien ces
font audeffts de la foy. C'eft pourquoyjc
pre.
paffe dans la Nature pour raifonner felon
leurs principe. Ils fupofent que leur matie-
re premiere eft fi homogene ,qu'elle ne
avoir d'autres differences que celles
peut
les formes luy donnent en la détermi-
que eflentie-
nant , & qu'une de fes proprietez
les eft d'eftre impénétrable avec fes par.
,
ties ; parce qu'un cube par exemple n'en
ïçauroit penecrer un autre fans le détruire;
à quoi je répons que la matiere première
n'eft point déterminée en elle-mefme par
les formes natureles; puitqu'avant que d'y
dire unie , elle à Ton individualité analo-
gue & tranfendentele qui luy tient lieu de
forme, ou d'eflence pour parler en Carte-
iîfte. Et pour comprendre fenfiblcment cet-
te penfée , je fuis obligé d'emprunter celle
d'Hermes qui dit que ce qui fe fait en haut,
fe fait en bas. Or fi l'on confidere avec
Scot la nature de Dieu , l'on la concevra
avec fon unité qui n'empêchera pas fa dc-
termination aux trois Perfonnes divines;
& fi ! on fait après reflexion fur la lumiè-
re qui environne le Trône de la Divinité.
L'on verra qu'elle eft la matiere premierc
de l'ame raifonnable qui a fon individuali-
té mctaphyfique & par confequent fa der-
uiere différence qui n'empêche point qu'el-
le ne foit divifible, lorfqu'il plaît
au Sei-
gneur en tirer l'a me raifonnable par le
,
moyen de fon foufïle qui luy fert de for-
me phyfique incomplète, où l'on peut re-
marquer en partant, la différence qu'il y a
entre l'ame raifonnable & celle des autres
animaux, en ce que celle-là qui fort immé-
diatement de Dieu , doit retourner dans
fon centre , & celle-cy qui procédé de la
lumiere du Soleil , s'y doit reünir après la
deftru&ion des fujets pour perir luy
avec
a la fin du monde. Ce, n'eft pas l'opinion
d'Amaury qui fit la difgrace d'Ariftote,
Infftra-utt in dans l'Univerfité de Paris fous Philippe
fuctem ejus Auguft, mais je la tire de la Genefe. Pom-
fpiraculum ponatius eft tombé dans l'erreur avec plti,
nit&. fieurs autres faute de corçnoîtte cette vé-
rité.
jfii. Et fi l'on confidere le cahos qui a efté la
pc r'unité du matiere premiere dé tous les eftres mater-
pahos. riels & fubftantiels ; puifcjue Dieu en a
aébiïé toutes les formes qui y eftoiént eft
puiflence l'on ne fçauroit douter d? foi*
,
unire trenfendentele ou metaphyfîqué,
,
non plus que de fon infortnité parce qu'il
-,

n'aurôit point efté mis en aéte s'il n'eutë


efté en puiilence ; veu que les chofes ne fe
font que de ce qu'elles ne font pas ; de for-
te que les formes qui en ont efté aâilée$
eflant des ades il faloit que le cahos ne
,puilfencequi eft contraire
fur qu'une pure
à la forme & néanmoins il avoit fon uni-
,
té analoguè qui luy fervoit d'eflèncc & qui
n'empêchoit pas fa divifion aux formes na-
turels ; puifqu il exiftoit comme principe,
& qu'il avoit con^me principe fon unité
tnetaphyfique, cela eftant, on ne fçauroit

X11 T.
formes.
douter que la matière premiere n'ait fou
individualité propre fans l'emprunter des.

S. Thomas & Scot, ne différent à molt


Con filiation avis que de tefcnie
fur ce point ; caT pour
de S. Tho- leurs fentimèns ils me femblertt confor-
de , Ariftote qne la
mas & mes. S. Thotfias dit avoc
Scot fur la éft pfuifTencë.
matière pre- modère première une pure
quelque entité*
Scot dit qu'elle doit avfck
mière.
parce qu'on pè fçauroit fe l'jmagifleç *4*
trement, le Doreur Angelique à prefque
la mefme pensée, lorfqu'il apele la matie-
re premiere concrée,& qu'il dit qu'elle fub-
fifte à mefme tems que les formes qui la
mettent en acce. Mais il s'en explique
mieux lorfqu'il luy attribue une unité
trenfendentele ou analogue ; parce que
,
,
l'unité eftant une paflion de l'eftre , elle
doit eftre pofîtive & non pas negative;
puifqu'elle eft une pofitivement. Or cette
unité analogue n'eft autre chofe que l'en-
tité metaphyfique de Scot , & par confe-
quent la matiere premiere à fon unité pro-
pre qui luy fert d'eflènee, fans qu'elle foit
ctiffèrentiée par les formes phyfiques.
De plus ce cahos eftoit une eau informe XIV.
& tenebreufe apelée des Grecs uhn c'pft
De la nature
, du cahos &
t
à dire aquatique, que la parole de Dieu pe- de fa divi.,
netra de toutes parts pour en former la lu- fion. (
miere qu'il unit après dans le corps du So-
,
leil comme fon image pour produire &
conferver les eftres materiels fur la Terre,
comme la fienne propre conferve les eftres
fpirituehvdans le Ciel, & félon que cette
lumiere fubtilifat les parties du cahos plus
ou moins les unes que les autres, elle for-
ma l'Air , l'Eau, & la Tetre élémentaires,
enforte que l'on peut dire qu'il n'y a qjuç
deux élemens, fçavoir l'eau & le feu ; puif-
que l'air n'eft qu'une eau fubtilifée &«que
,
la Terre au contraire n'eft qu'une eau con-
denfée par la chaleur qui en a confommé
l'humidité , ainfi felon ce% deux élemens,
il n'y a auffi que deux principes de toutes
choies. Les parties aliquotes & propôr^
tionifelles font les principes de la quantité,
& félon ces deux fortes de parties , il n'y
doit avoir que deux réglés generales dans
j'Arithmetique, encore qu'on en fupofe
quatre ; parce que la multiplication n'eft
qu'une adition abregée, & la divifion une
foûtration auffi abregée. Tous les corps ne
font compofez que de deux chpfes difïe-
tentes , dont l'une feri de matiere & l'ait
tre de fbrme, fçavoir l'eau & le feu, ou le
mercure & le foufre , le fet n'eftant autre
chofe que le terme où ces deux principes
s'unilfent enfemble : en for te que le fsl n'eft
autre chofe que l'union du foufre & dit
mercure. On ne diftingUe dans les cûmpc-
fez que l'eau qui leur fert de matiere pour
les nourrir & que le feu qui leur ferr de
forme pour leur donner le mouvement, &
félon qu'ils participent plus ou moins de
te feu , ils font plus ou moins fubtils, &
,
par confequent plus phlegmatiques ou me-*
lancoliques fanguins oU bilieux où
ou ,
plus poreux les Uns que les autres , c'eft
, ,

pourquoy les humeurs ne diffèrent que du


plus ou du moins. L'on doit juger de là
que je croi avecque les ahciens philofo*
phes que la matiere premiere eft une eau
fubtile que la lumlere du Soleil inet en adfce,
par le moyen du foufre qu'elle y produit
pour en éclofè les formes , & que cette
èati à (on tiriité trenfendentele qui luy feu
^'efîencè & qui luy conftituc fa dernierd
tfiiî&rence»
Hipocrate & Ariftote m'ont donne l'oc- XV;
tafion de faire reflexion fur ce que je viens Hipocrate 1
dé dire : Car celuy-cy ayant écrit à Ale- mieux expli-
xandre le Grand, qu'il n'enfeignoit pas ce qué la matie-
re premiere
qu'il luy avoit apris m'a fait douter en qu'Ariftote.
*
quelque façon de fa matiere premiere qtti
iert de bafe à toutes les fciences & Iorf-
qu'il a dit que la ,
matiere premiere eftoit
une pure puillence, il ne s'en eft pas enco-
re bien expliqué pour nous la faire com-
prendre. Je ne doute pas qu'il ne l'euft fait
s'il l'euft voulu , mais Alexandre qui fou-
haitoic d'eftte le premier homme du mon-
de autant par fa valeur , que par fa Scien-
ce qu'il avoit aprife de ce grand Philofo-
phe, en eftoit trop jaloux pour le luy per-
mettre. Ainfi je croi qu'Hippocrate avoit De locis in
pallé plus outre, lorfqu'il avoit dit que les homine.
corps eftoient compofez de deux chofes
différentes, & néanmoins d'accord & con-
formes pour l'ufage,qui font le feu & l'eau,
ce qui fe rapporte aux deux principes de
l'eftre, In faito effe, d'Ariftote qui font la
matiere & la forme. Or un feau d'eau, pat
e-xe-mple, a fon unité & fa forme qui n'em-
pêche pas fa divifibilité, & par confequent
tette eau univerfeUe qui fert de matiere
premiere à tous les composez ; à fon unité
analogue d'elle-mefme fans la recevoir des
formes, mais reprenons noftre thefe pour
xaifonner plus fenfiblement.
Il y a de la contrariété de croire que 14
xvI.
matiere premiere puiflè eftre determinée Que les for-
par les formes, de la maniéré qu'ils la fu- mes doivent
<
penetrer la pofent ; parce que la détermination fupcjJ
matière. ,
fe un mélange & une penetration inte-
rieure des principes dont il refulce un com-
pofé qui vit intimement par le moyen de
fa forme qui luy donne l'eflence, or fi el-
le eft impenetrable de fa nature , les for-
mes ne la fçauroient penetrer pour en faire
des composez fans la détruire & fans luy
faire perdre fa proprieté effentiele, a moins
que cela ne fe fit par jufte pofition ce qui
ne peut eftre , ainfi elle feroit matiere Se
ne la feroit point : de plus fi fes parties qui
forment les trois élcmens font auffi im-
,
penetrables que leur tout, elles ne fçau-
roientfe penetrer mutuelement pour s'unir
intimement & faire un compofé fans per-
dre auffi leurs eflences, ainfi elles feroient
parties du compofé, & elles ne les feroient
pas. Outre qu'à ibien confiderer ces trois
élemens, ils fe reduifent en un feul qui ne
prend le nom du fécond, ou du troifiéme,
qu'à mefure qu'il change de figure: defor-
te que cet élement eftant fimple, ne fçau*
foit faire un compofé 6c tout demeure-
, ,
roit dans une implicite uniforme ce qui
ne fe voit point.
XVII. Il y a encore de la contrariété de croire
la dÎTerfitc qu'une telle matiere foit un principe de
des figures l'eftre ,de la façon qu'ils la fupofent, puif-
fupofe celle diverfes ifgures de fes parties ne
des formes que
les
natureles. proviennent que des formes phyfiquemenc
completes & déterminées , & partant elle
ne fçauroit entrer dans la compofition des
fujets, veu que leurs principes pourroient
cxifter feparement ce qui ne peut eftre,
, à la referve do l'ame
parce que tout perit
caifbnnable par la refolution des principes.
Ils ne peuvent pas douter que la diverfité
des figures, ne prefupofe celle des formes
phyfiquement complétés ; puisqu'ils de-
meurent d'accord que la figure eft le ter-
me exterieur du fujet,qui eft parconfequent
au dehors de toutes fes caufes :
or elle n'en,
peut eûre au dehors fans avoir fa forme
phyfiquement complété, parce que la eau-
le efficiente ne produit rien qu'elle ne la
luy communique & partant fi les parties
,
<Je leur matiere premiere ont diverfes figu-
rés , elles doivent auffiavoir leurs propres
formes phyfiques & complétés qui les con-
diment dans leurs dernieres diSerences, oc
par confequent il me femble qu'elles ne re-
çoivent point leurs différences des formes
qui les déterminent, autrement elles diffé-
reraient entre elles, à caufe de leur diver-
ses figures, & ne différeraient point, parce
qu'elles fetoient fans tbrme. De plus elles
«croient des formes à caufe de leur figu-
tes, & elles n'en auraient point, ce qui eft
irapoffible j ôc partant je conclus que leur
Jnatiere premiere n'et f point differentiée
par les formes phyfiques , parce qu'elle a
fes parties de diverses ifgures en elle-me*,
me avant que -d'avoir efté -determinée. XVIII.
H n'et f rien dans cette doétrine qui ne La divetÊré
fe xomnedifè & qui ne fe détruite de foy- des ifgures
mefrrre : car la diverfité des figures eft une eft une mar-
d'eterogeneicé -d'ho- que d'efero-
marque ,
lie naç pas
geneicc.
inogeneitè, & comme ils fupofentleur riwcS
tiere premiere fi femblable en elle mefme,
qu'on ne la puifle confiderer capable de
quelque chofe en un endroit, qu'elle nela
foit par tout ailleurs : il s'enfuit qu'elle fe-
roit homogene, parce qu'ils la fupofene
ainfi quelle doit eRre, eftant un principe
de l'eftre & qu'elle ne la feroit point à
caufe de la, diverfité des figures de
toutes
fes parties. Or fi le fujet de ces diverfes
parties eftoit homogène, IL feroit necelTai-
re que fes parties les fufientjyfïï,& qu'el-
les ne fuflènt ni plus leger^^ii plus pe-
fèntes les unes que les autres ; parce que la
pefenteur & la, legereté proviennent des
formes différentes, il faudroit auffi qu'ef-
les panifient fous la figure de leur tout,
comme les étinceles du feu, & les goûtes
d'eau qui paroiflènt toujours fous la figu-
re de leur principe, Ainfi les corps homow
genes doivent avoir leurs parties femblà-
bles qui ne peuvent prendre d'autres figu-
tes què celles de leur tout, à moins qu'il
n'y ait quelque mélange de quelque autre
corps diffèrent, comme ce- foufre- que la
lumiere du Soleil produit dans l'air, qui eft
le veritable efprit univerfelqui vivifie ton-
tes chofes & qui eft fi femblable en, tout
Cofmopolitt.
kty-mefme , devient jamais diffem-
qu'il ne
In aere eft ci- blable qu'a mefure qu'il penetre les elei-
bus vit* octil-
mst mens pour fe communiquer aux mixtes
fous leurs figures, ainfi il defcend avec la
pluye ou avec la rofée fous une figu-
,
re ronde} ôc comme cette matiere première
contient des parties plus pefentes les unes
que les autres fous diverfes figures. Il s'en-
fuit qu'elle feroit homogene félon leur fu-
pofition , & qu'elle ne la feroit point. Or
cette contrarieté eft impoflîble, & par con-
fisquent leur matiere premiere eft une illu-
fion aufli bien que le mouvement de la
Terre ; parce qu'il n'y a point d'effet fans
caufe.
Si l'on m'obje&e qu'il y a des corps ho- XIX.
mogenes qui fe divifent en plufieurs par- Qujl n'y a
ties de diverfe figure, je foûciens que non; point des
parce que les élemens ne le font mefmecorps homo-
point hors de leurs centres ; puifqu'ils ne gènes qui
font pas fi purs, qu'ils ne participent les n'ayent tou-
uns tes leurs par-
des autres. Il n'eft point de corps quelque ties fymbo-
homogène qui nous paroilfe qui le foit;par- liques.
cc qu'il contient trois Sels, trois Soufres,
& trois Mercures differens. Comme par
,
exemple la Rofe nous paroÎt femblable
en toutes fes parties, & neanmoins elle ne
l'eft point, puifqu'elle à trois fels dinem-
blables , fçavoir un fixe qui demeure dans
le fonds delaretorte fous une figure quar-
rée l'autre volatil qui s'atache au cou
,
comme des petites aiguilles, & l'autre re-
fie dans le milieu en forme de triangle
qu'on nomme armoniac , & qui participe
de l'un & de l'autre, ce qui ne vient que
de la diverfîté des élemens ; parce que le
volatil ne monte qu'à caufe de l'humide,
le fixe ne demeure qu'à caufe de la terre,
& l'armoniac n'eft entre les deux, que par-
ce qu'il participe de l'un & de l'autre , &:
quelque aimen que les veritables Philofo-î
phes ayent peu inventer pour en faire une
jufte feparation ils ont toujours experi-
menté par des opérations reïterées qu'ils
,
ne pouvoient difjoindre ce que la nature
avoir intimement uni, parce que le fixe
peut devenir volatil à càufe qu'il participe
encore de l'humide, & que le volatil peut
encore devenir fixe, parce qu'il n'eft pas fi
pur qu'il ne participe encore de la Terre7
c'eft 'pourquoy il n'y a point des mixtes ho-
mogenes ; puifqu'ils ont des parties de di-
verfe figure qui ne proviennent que du mé-
lange des élemens ou des principes die:
,
femblables & partant leur matiere pre.
,
miere n'eft point homogene comme ils la
fupofent pour eftre un principe de l'eftre$
puifqu'elle a plufieurs parties dittembla-
b'es. Ainfi nous avons lieu ce me femble
de conclure comme devant que leur matiez
re premiere eft une illufion , Ôc que le mou-
vement que fes petites parties donnent ok
la Terre, en eft une autre.
Si l'on dit qu'il n'y a pas lieu de s'éton-
XX: du de la "Terre ; puirqlÙl
Comparai- ner mouvement
fon vaine apartient plutoft à la maffe compofee de
pour prou- la Terre , des Mers, ôc de l'Air , & que la
ver le mou- Terre en particulier doit eftre reputée dang
vement de la un parfait repos, tendis qu'elle feîaiffe em-
Terre. le de la matiere fluide
porter par torrent
où elle nage , de mefrae qu'on dit qu'un
homme qui dort dans un navire qui mar,.
che à pleine voile , eft en repos , je répons
que ct-cte comparaifon doft pas boanepouc
nous convaincre d'un tel mouvement ; par-
ce que l'homme n'eft au regard du navire
que comme une de fes parties qui doit
avoir le mefme mouvement que fon tout:
mais la Terre n'eft pas de mefmeau regard
de la matière fluide qui l'emporte ; parce
que le centre eft feparé de fa circonféren-
ce. Car fi l'on confideroit une efpace de la
largeur de l'homme qui traversât de la
proüe à la poupe du navire où cet homme
eft endormi, enforte qu'il en fut en quel-
que façon feparé comme le centre l'eft de
fa circonference: il eft conftant que l'hom-
me demeureroit & que le vaiflèau s'en é-
loigneroit , & par confequent cette com-
paraifon eft vicieufe ; parce qu'elle paflè
d'un genre à l'autre ainfi que toutes les
,
autres cctibparaifons & experiences donc
ces esprits rafinez Ce fervent pour rendre
leur faufle Doctrine familière.
Ajoûtez à cela que fupofé mefme que la XXI.
Terre ne fut point feparée de la matiere Le mouve-
fluide qui la fait mouvoir, que fon mou- ment de la
Terre efHîn-
vement feroit t où jour 3 imaginaire j parce poffible.
que la matiere fluide ne fait que couler à
Fentour d'un corps folide comme
, nous
expérimentons lorfqu'une grotfe pierre eft
fur la fuperficie de la Terre dans le fonds
d'une rivière rapide , au tour de laquelle
l'eau coule fans l'emporter parce la
; que
folidité de l'agent n'eft pas proportionnée à
fa refifta»ce,non plus que la Terre, à la
ma"
tiere fluide qui la fait mouvoir ; puifquel-
les font fous deux genres difïèren*, ac
que
'.AriJI. t. phy[: tout agent dans l'ordre de la nature n agiC
ttx. 67. pas contre fon contraire, ni contre ceaveo
qui il n'a aucune proportion, ni convenen-
ce comme le folide & le fluide.
XXII. Mais pour mieux comprendre cette vé-
comparal- rité nous ne nous devons point écarter de
,
fan d'une leurs principes. Si l'on leur dit qu'une pier-
pierre qu'on re jettée en l'air ne retomberoit point dans
jeté en l'air. le mefme endroit d'où on l'auroit jettée, fi
laTerreavoit quelque forte de mouvement,
ils ne manquent jamais de répondre que
chaque chofe perfifte en fa manière d'être,
& qu'ainfi cette pierre à autant de difpo*
fition à avancer que la Terre, pour fe trou-
ver toûjours dans le mefme lieu , l'on ne
peut pas contefter ce principe. Mais il eft
auffi certain qu'une force majeure change
cette façon commune d'eftre, qrifcn navire
qui a de la difpofition à demeurer, eft con-
traint de s'en aller par la violence du vent
qni luy fait changer fa façon commune
d'eftre. Or comme un agent eft plus fort
que le patient , il s'enfuit toûjours que la
pierre jettée en l'air ne devroit point re-
tomber dans le mefme endroit ; parce qu'é-
tant en l'air comme une paille en compa-
raifon de la Terre, elle feroit dans le tour-
billon qui emporte la terre, & par confe-
quent dans un mouvement incomparable-
ment plus grand qui la drevroit emporter
beaucoup plus loin que dans l'endroit d'oii
l'auroit jettée. Or cela n'eftant point,l'on
on
doit conclure que la Terre eft immobile
dans le centre du monde.
De plus
? De plus ce tourbillon ne fçauroit fe mou- XXÎII:
voir , & fe dérober à nos fens qui diftin- Le tourbil-
guent les moindres vens, un Vaiifeau n'au. lon nefepeuç
mouvoir fans:
roit pas befoin de vent pour faire fon che-
l'on s'en
min ; parce que ce tourbillon l'emporte- aperçoive.
que
roit, & luy feroit faire beaucoup plus de
chemin qu'à la Terre, à caufe qu'il eft in-
comparablement plus petit. Les matelots
n'auroient pas befoin de panonceau pour
connoîcre la différence des vens qui fe-
roient contraints de foufler toûjours d'un
mefme côté ; parce que cette matiere fluû
de qui auroit la force de remuër la Terre
d'Occident en Orient, leur feroit fuivre
son mouvement. Or tout cela n'arrive
point
la & par consequent le mouvement de
Terre est une illusion.
Outre cela fi le Soleil eftoit immobile XXIV.
dans le centre du monde, il écléreroit par Confequen-
tout en mefme tems & non pas fucceffi- ces tirées de
, l'immobilité
vement comme il fait ; parce que fes rayonsdu Soleil.
s'étendroient toûjours du centre à la cir-
conférence , ce qui n'arrive point du con-
traire à caufe de fon excentricité & de l'o-
bliquité de fes rayons. Mais comme on
pourroit dire que la Terre n'eftéclerée en
tournant que du côté du Soleil, & que
l'ombre qu'elle jette de l'autre côté nous en
doit empêcher la veuë. Je répons que la
Terre n'eft qu'un point au regard du So-
leil qui eft cent foixante fix fois plus grand
qu'elle & qu'elle eft encore moindre au
,
regard de fes rayons qui deviennent in-
comparablement plus vaftes à mefure qu'ils
s'éloignent de leur centre, & qu'ainfi fej
rayons l'environneroient de toutes pars
pour l'éclerer, & que fon ombre qui s'é-
tend en forme de cône n'empêcher oit pas
que nous n'euffions du moins un crepur-
cule continuel comme ceux qui habitent
vers les Poles ; parce que nous voyons la
moitié de la Sphere en quelque endroit du
monde que nous foyons ,& comme l'om-
bre d'une aiguille d'un cadran, n'empêche
pas le jour à fes extremitez, celle de la
Terre en feroit de mefme.
XXV. D'ailleurs je ne croi point que le Soleil
Autres co.i- peut produire aucun effet s'il eftoit immo-
fecjuences bile ; parce qu'encore que le mouvement
contraires à foit point effeaive pour agir,
l'expérience. ne une vertu
mais feulement une aquifition d'une nou-
velle prefence il ne laiflè pas d'eftre une
,
condition neceflaire aux opérations, parce
que toute aâion prefupofe le mouvement:
Et fi l'on m'objefte que la matiere fubtile
du Soleil ne laiflè pas d'agir & de fe mou-
voir, quoi que le Soleil fqit immobile com-
me une chandelle allumée qui eft en repos,
fur une table & dont la lumiere fe meut
continuellement. Je répons qu'un tel mou-
vement n'eft qu'à l'entour de fon centre,
& que la Terre eftant à la circonférence
n'en devroit fentir aucun efïèt,ni en leftre
feulement écleréë , & comme nous expé-
rimentons le contraire , nous concluons
aufil avec l'Ecriture qui eft infaillible, que
la Terre eft immobile dans le centre de l'U-
nivers , ôc que le Soleil la tourne pour
richir de fa Iumiere,
CHAPITRE III.
De la nature du Soleil.

L 'OnfaintdoitEfpritfaite&cette
le rEfphc
difterence entre f.
du Seigneur, Differencé
en ce que lè faint Efprit eft Dieu mefme, entre le S.
-

& que l'Ëfprit du Seigneur eft fa lumiere. Esprit 1* Ef- &

C'eft pourquoy la Genefe ne die point que pric du Sei-


fut le faint Efprit 'qui fur gneur.
ce fe promenoir
les eaux, mais l'Éfprit du Seigneur qui de-
voir feconder toutes chofes dans letems de Po fuit
in fole
,
la Création & qu'après Dieu l'unit au taberm*tulnm
corps du Soleil pour en fairë le premier lu- futim.
minaire qui le devoit difpenfer par Con ,
taouvemem dans la fuite des tems pour la
confervàrion des eftres naturels ; & com-
me cette Iumiere eu: limage de Dieu, elle
le fait auffi connoître par toute la Terre.
Cette melme lumiere s'apelle première,
IL
,
ou tadicale dans les objets lumineux & Deux fortes
feconde ou dérivée dans les milieux fur de lumiere-
,
iefquels ces corps lumineux agiflènt pour
nous ta tommuniquer, & clles ne diffèrent
que -du plus ou du moihs , parce que celle
qui - eft dans l'air qui fe îencomre entre
tious & le Soleil qui nous éclere , n'eft
Itl'un dirninutifde la pfemiere qui fe trou-
ve dans le corps de ce bel A ftre & de la-
quelle il s'agit de fçavoir, fi elle, eft le feu
formel d'où dérivent tous les autres, ou fi
elle n'en a les vertus qu en puiuence.
1 il. Nous devons paffer de cette diverfitécîe
Des actions lumiere à celle des avions du feu pour dé-
du feu. couvrir fenfiblement la verité de cette the-
fe. Car fi les aéHons , ou les proprietez de
cet clement qu'on apelle formelles convien-
à la lumiere fécondé il me femble
nent ,qu'elle eft
qu'il y aura lieu de croire un
feu formel, & que la radicale en fera la
fource; parce que les opérations fuivent la
maniere d'eftre. Enforte que fi la lumiere
feconde opere comme le feu , il faudra de
neceffité conclure qu'elle n'en differe point
non plus que fa radicale ; parce qu'elles
font d'un mefme ordre ; puifqu'elles ne dif-
ferent que du p'us ou du moins. Or pour
bien connoître la nature : nous devons
en
obferverque les anciens ne l'ont defini que
Ces qualitez à caufe que fa
par raport a ,
forme fubftantiele leur eftoit inconnue,
& qu'ainfi ils ont dit que le feu eftoit fort
chaud, & que la chaleur conftituoit fa pre-
mière action pour afïèmbler les chofes qui
font fous un mefme genre, ou abfolument,
accidentellement comme les liqueurs
ou foil-
qui fe mêlent par le moyen de leurs
fres , ou pour disjoindre les chofes diffem.
blables en feparant le pur de l'impur.
Y y. M bien que la nature du feu eftant ainfi
la lumiere connuë par rapport à fes opérations nous
,
fecande eft dire qu'elle convient en ce fens a
feu for- pouvons qu'elle à la force
un la lumiere fécondé; parce
mci.
d'échauffer & de brûler, lorfqu'elle eft reu.
nie dans les corps des miroirs, & que pat
fonièquent elle doit eftre formellement feu
en ce fens, autrement il y auroit des acci-
dens fans fubftance, fi l'union de cette lu-
miere n'eftoit qu'un accident.
Et fi l'on dit qu'elle devroit brûler l'air V.
par où elle palle, l'on doitconfiderer que Pourquoi la
cela n'arrive que pour trois raifons dont îumicre ne
,
la premiere eft qu'elle n'eft qu'un diminn- brûle point.
tif de la radicale qui s'affoiblit à force de
s'étendre, à mefurc qu'elle s'éloigne de fon
principe , la feconde que le foufrc qu'elle
preduit dans l'air eft trop peur pour eftre
enflammé, & la troifiéme que l'air n'eft
qu'une eau fubtilifée qui ,a des qualitez
contraires à la fienne, pour empecher l'in-
flammation , & qu'ainfi ce n'eft que
par ac-
cident qu'elle ne brûle point, mais qu'el-
le doit eftre conÍiderée en elle-mefme com-
me un feu formel pris par rapport à f s o-
perations ; parce qu'elle échaufe & brûle
comme le feu, lorfqu'elle eft unie & reflé-
chie fur des fujetS combuftibles.
Mais fi nous confiderons le feu par ra- VT.
port à fa forme fubftantielle qui doit faire De la fo-me
fa veritable définition, & non fes fubftanticJe
pas ope- du leu.
rations ; parce qu'elles en peuvent eftre
fufpenduës comme Dieu fit paroître
, en
faveur des trois enfans de Babylone dans
la fournaife, où il ne luy laifla que la lu-
miere comme fa propre forme, & ainfi que
nous faifons mefme naturellement en étei-
gnant un charbon ardant dedans l'eau , où
le feu ceffe d'eftre & de luire tout à la fois,
en lai fiant encore de fa chaleur, ncus de-
vons conclure que le feu n'échaufe, & M
brûle que par accident, & que fa lumière
ieft fa forme eflentiele ; parce qu'elle ne luy
peut eftre ôrée fans fon entiere deftruâion,
lk qu'ainfi la lumiere & le feu ne doivent

,
eftre qu'une feule & mefme çhofe dans- le
corps du Soleil qui en eft le centre.
vil. Si l'on me dit que la chaleur qui demeu-
L'eflence ne re dans le charbon éteint ne peut demeu-
pçut eftre rer fans qu'il y ait encore de feu , ou que
détruire fans le feu eftre naturellement fans cha-
détruire le leur,
ne peut
encore que la chaleur puiffe efire (ans
feu , & que Dieu ne faiïant pas tous les
jours des miracles pour fufpendre les aéHÕs
des eftres naturels, il s'entuivroit toujours
que le Soleil devroit embrazer l'Univers,
principalement les Cieux & les Regions les
plus voifines, fi fa lumiere ne difïèroit point
du feu. Je répons au premier point que
ç'eft combatre le fens, & l'exporience qui
nous font connoîcre qu'il n'y a plus da
feu dans le charbon éteint qui à encore
quelque chaleur , & que fi elle fe peut fe-
parer de fa fubftance qu'elle ne doitpafi
, qui
fer que pour un accident ne peut iub.
fîfterque par l'on moyen ; parce que ce qui
convient eflèntiellement à un fujet, doit tel-
lement reciproquer avec luy , qu'il n--en
piiilfe jamais eftre feparé : enforte qu'on
puiflj conclure l'un de l'autre , comme la
ràifon de l'homme qui nous fait conclure-
que ce qui eft raisonnable, doit égrené,
,
ceflairement homme & que ce qui en
homme doit eftre necçffajrenient raifonna*
ble. Or comme nous ne fçaurions conclu-
re ainli de la chaleur au regard du feu;
puifqu'elle en peut eftre feparée, il s'enfuit 1
qu'elle n'eft qu'un accident.
Et pour fatisfaire au fecond point , l'on vnr.
chaleur
point douter la puiffence de La &
ne peut que l'inflâmation
Dieu ne s'étende que fur les chofes parfai-font des pro-
tes. Or comme celles qui impliquent de la prietez acci-
contradiccion n'ont aucune perfeccion dentes.
il ,
parce qu'elles fonr impoilibles : s'enfuit
que fi la chaleur eftoit eflentiele au feu, que
Dieu ne l'en auroit point fufpenduë pour
l'empêcher de brûler ; parce qu'il eft im-
poffible que la chaleur puiile eftre avec
la flamme-fans enflammer en mefme tems.
Dieu ne l'auroitdif-je , point empêché de
brûler fans le détruire & fans le faire cef-
fer d'eftre. Mais comme cela repugnoit à
fa toute puiflènce à caufe de l'im perfection
de la chofe qui n'eftoit pas faifable , il eft
conftant que le feu de la fournaife eftoit
feu ; puifqu'il paroiffoit fous la forme de
la lumiere ôc de la flamme, autrement il
ne l'auroit point efté ainfi fa chaleur &
,
fon inflammation en ayant efté feparées ne
peuvent pafler que pour des proprietcz ac-,
cidenteles.
Mais laiflbns les miracles pour defcendre IX.
fur la Terre & pour faire voir la différence De la pcodu..
des fujets combuftibles de la chaleur d'a- diou des
,
vec l'inflammation & des
, élemens dans principes. 1

leurs centres , & Iorfqu'ils en font éloi-


gnez , afin de connoître la verité par des
raifons fenfibles. Si nous commençons par
l'air, nous trouverons qu'il n'eft autre chb*
fe qu'une eau fubtilifée que Dieu a ainfi
difpofé, afin que le Soleil n'embrazat le
monde, ensorte que n'ayant pas de la dis-
position pour estre enflammé , le premier
luminaire n'y produit
qu'un soufre pur au
lieu de l'inflammation , & cette eau subti-
lisée qui n'estoit propre à rien auparavant,
penetre l'eau de toutes parts par le moyen
de ce foufre & y produit le mercure &
l'eau eftantainfi difpofée par ces deux prin-
,
cipes, penetre la Terre à fon tour, enfor-
te que la Terre contenant le mercure & le
foufre, les unit pal; le moyen de fa feche-
reffe, & en forme le tel dont elle compote
toutes fes productions. Le premier effet. du
Soleil eft confirmé par l'experience des Chi-
miftes qui en condenfent les rayons par le
moyen de la glace , en une liqueur fort fub-
tile dont ils tirent un foufre jaune comme
l'or, & les autres efïèts font confirmez par
des manipulations particulieres avec les-
,
quelles ils feparent les fels les mercures
,
& les foufres des compofez.
X. De forte que fi ce premier foufre n'eft point
Pourquoi te fujet à l'inflammation, ni dans l'air, ni dans
foufre ne l'eautè n'eft à caute de l'humidité
brûle point pas tant
dans l'àlr , ni de ces deux élemens , qu'à caufe qu'il y eft
dans l'eau. encore trop peur j parce qu'il ne devient ja-
mais combuftible, que lorfque la Terre la
changé en une fuye grade, comme celle qui
s'attache aux cheminées pour le mêler in-
térieurement dans les mixtes : Et plus il Ce
teouve embarraflé dans ces corps irnpuis,
& plus le feu fait de violence pour l'en fepa-
rer, afin de l'unir à fon centre, c'eft pour-
quoy les agens n'agiflent que fur les fujets,
comme le feu qui ne déttuit les corps im-
purs que pour en extraire fon femblable qui
y eft enfermé.
Si l'on doute de cette vérité , l'on n'a XI.
qu'à obferver l'ordre quej la Nature tient L'ordre de là
dans la compofition des métaux, où des Nature dans
la compofi-
vegetaux. Car comme elle ne va jamais d'u- ti6 deseftics
ne extremité à l'autre fans paffer par le mi- naturels.
lieu, elle réduit ces trois principes, premie-
rement en bitame, en orpigment.ou en rea-
gal qui ne font autre chofe que des fuyes mi-
nérales ,& félon les degrez de perfeéHon
qu'elle leur donne , -elle en forme des corps
plus parfaits les uns qùe les autres. Or com-
me chaque chofe fe fèpare en ce dont elle eft
compofée nous obfervons ces fortes de
,
[Nyes en les preparant qui s'exhalent à me-
fure que nous les épurons par le feu, &
plus les compofez font impurs , & plus ils
brûlent, & Iaiflent plus de marc que les au-
tres qui ne font pas un feu fi après, ainfi que
l'on fe peut convaincre par le charbon de
pierre, & par l'or qui eft l'image du Soleil
qu'on lie fçauroit détruire que le feu ne le
remete en [on premier eftat ; parce que les
élemens y font comme dans leurs centres,
& dans leur derniere pureté ; fi bien que
la Chimie ayant feparé autant qu'il luy eft
poffible les impuretez des chofes combu-
ftibles , elle les rend tout à fait incombufti-'
PIes c'eft pourquoi nous experimentons
,
que le Salpêtre & le foufre ne brûlent}
plus, lorfqu'ils ont atteint leur derniere
pu-
reté , que l'efprit de vin n'eft plus fujet à la
flamme, Iorfqu'il a paflé en une liqueur fub-
tile dans un recipient plongé dans l'eau, &-
que l'antimoine concentré ne cede plus au
feu, Iorfqu'il a efté purifié par le falpêtre.
XII. Si l'on m'objedbe que les corps
ne brû-
L'impureté lent qu'à caufe de leur foufre
eft la feule
&que s'ils
ne brûlent plus, lorfque l'art >
les a épurez,
caufe de l'in-
fiammation. c'eft parce qu'ils n'en contiennent plus , il
eft facile de connoîrre que l'art n'en peut
fi bien feparer les principes que la Nature
à intimément unis qu'ils, ne participent en-
core les uns des autres comme nous avons
fait voir ailleurs. Outre que pour démon-
trer fenfiblement què la feule impureté des
corps eft la caufe de l'inflammation, par-
ce que le foufre qu'ils contiennent eft fern-
blable à la caufe qui le produit, & qu'un
femblable n'agit pas contre un autre pour
le détruire , mais contre le fujet qui l'en-
ferme , c'eft que l'antimoine qui participe
plus du foufre que des autres principes,
eftant mêlé avec égales parties de falpêtre,
s'enflamme & détonne au feu d'une alu-
mete , à caufe des efprits arcenicaux qui
envelopent fon foufre. Mais prenez ce fou-
fre qui en a efté feparé par la premiere de-
tonation & mêlez-le avec autant de faf-
,
pêtre, & vous verrez qu'il ne s'enflamme*
ra plus , ôc qu'il empêchera au contraire
que le falpêtre n'agiffe fur luy. Enforte que
pour le faire brûler il faut multiplier Ta-
,
gent qui devient quelquefois fufible plû-,
toft que de s'enflammer. De plus fi vous
prenez le foufre pur de l'antimoine c'eft
,
l'efpric
a dire celuy qui en a efté feparé par
de foufre , vous verrez qu'il eft impoffible
de le faire brûler , & qu'il fortira du feu
de mefme que vous l'aurez mis , la calci-
nation magique du vitriol & de l'antimoi-
ne eft encore une preuve convaincante de
ce que je viens de dire. Car ces deux mi-
neraux eftant: calcinez aux rayons du Soleil
par des miroirs ardens fe multiplient a
veuë d'œil ; parce que la lumiere qui en dé-
truit les corps , augmente leur foufres au
lieu de les diminuer.
L'on doit conclure delà , que plus le XIII.
feu eft prés de fon centre , que moins il Les élément
effets qu'il produit font en repos
doit eftre capable des dans leurs
lorfiju'il en eft éloigné, parce qu'ils neluy centres.
font qu'accidentels, & comme la moyen-
ne region de l'air participe de l'inférieure
& de la fuperieure, elle ne s'en doit pas
tant reflentir que l'inférieure à caufe de fa
pureté. En fffèt fi l'on eftoit fur ces mon-
tagnes qui s'élevent jusqu'à la moyenne ré-
gion , il eft conftant que la lumiere du So-
leil eftant unie & ramafsée dans des mi-
roirs n'y féroit pas tant d'effjt que dans
,
l'inferieure, parce que ce foufre qui eft l'ef-
prit universel & conforme au principe qui le
produit pour animer toutes choses y est
plus, pur & afin de faire voir que la cha-
,
leur ne laisse point d'y agir à cause des im-
puretez qui s'élevent de l'inferieure, ou à
caufe des fiennes propres, c'eft
que nous y
voyons produire des infères, des foudres,
& des tonnerres qui font des effets de la
chaleur : mais fi nous montons plus haut,
mefme jufques dans le centre du Soleil nous
n'y trouverons que là lumiere; parce qu'el-
le y eft en repos y eftant dans fort centre,
& partant la lumiere du Soleil eft le feu
central que les anciens Philofophes avolent
crû au deffus de la Sphere de l'air pour fe-
parer le pur de l'impur , à l'exemple de
Dieu dont elle eft l'Image , qui n'eft que
lumiere pour élever les ames & les propor-

XIV.
fent
la lumiere principe,
connoîcre.
tionner à fon infinité, afin qu'elles les puif-

L'on pourrait encore répondre félon ce


ell: la forme que le Soleil ne doit avoir les qtia-
.d q feu. litez du feu qu'en puiflènce ; puifque je con-
viens qu'il n'en a point d'autres que la lu-
miere qui doit eftre différente du feu. J'en
demeu'rerois d'accord , fi la definition dit
feu procedoit de fâ forme fubftantiele qui
en doit faire la veritable definition , mais
comme on ne le définit que par raport à fes
qualitez qui fe peuvent feparer de fa fub-
ftance. Il s'enfuit que fa définition n'eft
qu'accidentelle, & que la lumiere en eftant
infeparable doit eRre fa veritable forme:
parce que dans la création du Monde le So-
leil n'eftoit que comme une matiere que
Dieu individua en luy unifiant la lumiere
comme fa forme, & que c'en: elle par con-
fequent qu'on doit apeler feu formel, &
non pas ce feu matériel dont nous nous
(crvons qui n'échaufe & ne brûle que par
accident, convenablement à fa définition
ordinaire, à caufe de l'impureté des corps
qu'il eft obligé de détruire pour en délivrer
Ion femblable.
Si bien qu'on peut inferer delà que l'in- XV.
flammation n'eft autre chofe que l'effort De l'inflam-
mation,de U
que le feu fait, pour feparer fon femblable chaleur, &
des impuretez qui l' envelopent, que la cha- de l'cquili-,
leur n'en eft que le diminutif, que la feule bre.
Iumiere en eft la forme fubftantiele qui
doit eftre en repos dans fon centre , &
qu'enfin les corps les plus impurs font plus
fufceptlbles du feu que les autres. L'on me
dira fans doute que files élemens femblent
eftre en repos dans leurs centres , que ce
n'efi: que parce qu'ils y font dans l'équili-
bre , & fi pour me faire comprendre cette
opinion , l'on me raporte l'exemple d'un
seau d'eau qui ne pese point dans un puis;
parce qu'il y eft dans l'équilibre : il me sem-
ble que cette raison n'est pas assez forte pour
perfuader un homme de bon fens ; parce
qu'on ne fçauroit connoître fi deux corps
pefent également, s'ils ne font fufpendus
par quelque coigs étranger qui nous faffe
juger de leur écjlilibre ou de l'égalité de
leur poids, & qu'on ne , fçauroit juger par
exemple que l'eau foit dans l'équilibre , fi
elle n'eft feparée dans les branches d'un
fyphon parce que l'équilibre des corps
,
fplides,& des corps liquides fupofe quel-
que forte de feparation : ainfi comment
peui-on juger fi un fçau d'eau eft dans \'é*
quilibre tandis qu'il eft dans l'eau du puits*
Puifqu'il n'eft reputé qu'une mefme chofe
avec l'eau qui le foûtient, & partant je
croi avec Ariftote que les élemens iont en
repos dans leurs centres.
- XVI. N'oublions pas les obje&ions qu'on nous
Des pierres pourroit faire fur le fujet des pier-
precieufes encore
qui celèrent) res precieufes qui éclereni dans les tene-
& des autres
bres, fur le fujet des cailloux , des os de
chofes qui lion , du bois de laurier, &: d'autres cho-
ont des et in- fes femblables qui contiennent des étin-
cites fans c- celes, fans avoir éclat qui nous font
cigt. aucun
connoître que le feu eft fans lumiere ÔC
,
que la lumierepeut eftre fans feu. Mais
l'on changera de fentiment fi l'on confi-
,
dere que les pierres précieufes n'éclerenc
que par la lumiere feconde qui dérive de
la premiere, & qu'elles ont par confequenc
un feu moyen qui les rend tranfparentes
pour paroître à travers de leurs corps , &
que fi elles n'échaufent ou ne brûlent, ce
n'eft que par accident ; parce que cette lu-
rniere feconde outre qu'elle n'eft qu'un
,
diminutif de la radicale , y eft encore en-
fermée par une matiereaqueufè qui en em-
pêche les fécondés operatjgns : que fi les
cailloux , ou autres chofls opaques n'é- ,
cléretit point encore qu'elles enferment
des itinceles ce n'eft auai que par acci-
,
dent, à caufe de leur matiere groflïere qui
a les pores trop reflèrez pour donner paf-
fage à l'air qui fert d'organe au feu pour
XVII. operer.
Conclufîou. En fin je conclus -que la lurokre du Sc-
leil eft le feu formel que les anciens Philo-
fophes avoient fupofé audeffus de la Sphere
de l'air , & que le feu central qu'on fup-
pofe dans la Terre pour mouvoir , &:
pour fublimer les principes de la Natu-
re, n'eft qu'une produltiondu premier lu-
minaire.

CHAPITRE IV.
Des qualité^ des Aftres.
N 'Ayant fait aucune différence entre 1.
la lumiere radicale & le feu formel; Les Aftres
Aftres fbncdcsfeux;
nous devons inferer que tous les
font des feux; parce qu'ils font lumineux,
Se qu'ils ne difrerent de leur principe
que
iu plus ou du moins , qui ne changent ni
leurs efpeces, ni leurs qualitez.
Mais ayant fenfiblement démontré dans II.
le premier Chapitre, que la diverfe modi- Les Aftres
ifcation de la lumiere produifoit des effets changét leur,
iiffhrens, & que cette diverfe modification qualuez,
fie venoic que des divers mouvemens des
Planetes ou de leurs diverfes grandeurs,
,
au de leurs diverfes ngures ; parce que Sa-
:urne eft 91. fois plus grand que la Terre,
Jupiter 95. Mars une, le Soleil 166.
que
Venus est au contraire 37. fois plus petite,
Mercure 21952. & qu'enfin la Lune est 39.
fois moindre que la Terre, & qu'elles pa-
~oissent encore plus ,ou moins grande
fous diverfes figures félon qu'elles s'aprow
chent ou s'éloignent du Soleil, il s'enfuie
qu'encore qu'elles foient femblables par
raport au premier luminere , qu'elles doi-
vent néanmoins eftre dilfèmblables par ca.
port à leurs opérations que nous expéri-
mentons fur la Terre , dont la différencene
provient que de la diverfe façon de modi-
fier la lumiere radicale ; & qu'ainfi chaca-
ne ayant fa modification particuliere 8c
mefme différente pendant fa courfe, il eft
neceflaire qu'elles changent leurs propres
vertus à proportion du changement qu'el-
les reçoivent en leurs modifications à me-
fure qu'elles s'éloignent , ou qu'elles s'a-
prochent de leur principe, & qu'elles pro-
duifent plus ou moins du foufre dans l'air
qui eft l'origine ^es temperamens & de
toutes les fympathies & antipathies fublu-
naires, &que félon fa quantité l'on puifle
déterminer les diverfes qualitez des corps,
& leurs divers temperamens, comme nous
experimentons à peu prés les diverfes qua-
litez de l'air, par le moyen du termometre
qui nous en marque les degrez felon que
ce foufre aftral s'y trouve plus ou moins
III. répendu,
Qu'on doit De forte que pour connoître leurs di-
obferver verfes opérations, on doit auparavant con-
quand les
Aftres chan- noîcre leurs divers mouvemens, & parcon-
leurs quent leurs diverfe modifications qui en
gent
propres tem-- dépendent avec leurs degrez de force ou
peramens , de foiblesse. Car de se fier aux tempera-
pour prçJire mens généraux que tous les Astralogues.
~~C. leur
ïéurattribuent,on fe trompe à tout momentj
veu que Saturne qui produit le froid & le
fec de fa Nature, peut produire le chaud &
l'humide par accident, & les autres Plane..
tes de mefme réciproquement, fi elles fpe-
cifîent les rayons du Soleil fans difference,
à quoi l'on doit prendre garde dans les E-
phemerides pour diftinguer quand elles
font ftationnaires dire&es ou rétrogra-
des ; parce que félon , ,
leurs mouvemens el-
les changent entierement de modification,
& fuivant ces obfervations je raporte quel-
ques aphorifmes pour connoître le divers
temperament des Saifons , & des mixtes
qu'on pourra voir dans la fuite fans erreur,
fi l'on prend la peine de les experimenter,
efperant d'en donner le raifonnement natu-
rel dans la feconde partie de cette Science
qui regarde les affcions libres au fens de
,
l'Eglife Romaine & non autrement.
Mais pour ne point obmetre les tempera- IV.
mens generaux des Planetes, à proportion Des tempe-
de leurs effets par raport à leurs propres ramens gé-
qui doivent fervir de neraux des
mouvemens le
reg ge- Plane tes.
nerale pour en trouver les différences, nous
devons conifderer le Soleil comme caufe
univerfele que l'Abbé Joachin apele roiie
de fortune, & cherche^pprés les fujets par-
ticuliers qui l'individuent pour établir cet-
te Science demonftrative & nous obser-
,
verons afrez fouvent que cette caufe uni-
verfele eftant déterminée par Saturne
produit le froid & le fec , par Jupiter le
chaud & l'humide , par Mars le chaud
êc le fec avec excès , par Venus aufîî te
chaud & l'humide, avec cette difference
neanmoins avec Jupiter que la chaleur &
,
l'humidité de Venus font celles qui con-
viennent au chyle qui eft un fang impar-
fait qui a encore befoin de quelque peu de
chaleur pour fa derniere perfection , &
l'humidité de jnpiter avec fa chaleur celle
qui convient au fang qu'il domine, par
Mercure des qualitez inconftantes ; parce
que cet Aftre eft le Caméléon celefte qui
prend la nature des fignes qu'il occupe, ou
des autres Planetes qu'il rencontre en fon
chemin, & ifnalement par la Lune froid ÔC
humide, & fi l'on veut encore particulari-
fer ces fujets pour imiter Ariftote au quau
rriéme de la Métaphyfique, où il atribiie
à l'eftre en commun des proprietez univer..
feles dont il recherche après les fujets par-
ticuliers pour établir les Sciences demon-
ft rétives, l'on n'a qu'a examiner leurs di-
verfes modifications avec leurs degrez de
force , ou de foibleffe comme nous avons
dit cy-delliis.

CHAPITRE V.
W
Comment les Afires agiffent fur la
Terre.
I.
Etreur de
quinicc
TOus bent
ceux
dans
qui
une
nient l'Aftrologietom*
manifefte contradiâion;
ceux puifqu'ils avouent uaaniment que lza
TArtrologie.
Aftres ont la vertu de faire le flux & reflus
de la Mer, d'ébranler les filets qui compo-
(ent le nerfs optiques avec les parties fub-
tiles des élemens, & d'envoyer une matie-
re en forme de vis qui penetre les pores de
la Terre en forme d'écroiies,
pour entrer
dans la compofition des eftres naturels,
ce
qui eft pourtant une pure illunôn ; parce
qu'il n'y a que l'aproche, ou l'éloignement
de la lumiere des Aftres qui faire la
gene-
ration, la confetvation ou la corruption
,
des corps fublunaires, ainfi qu'on peut ob-
ferver par le ieul mouvement du Soleil: Si
j'avois à la nier, il me femble que je ne de-
vrois attribuer aucune qualité aux objets
qu'elle confidere, autrement je ferois con-
traint de la reconnoître, à moins d'avoir
perdu le fens ; parce qu'il y a une fi grande
liaifon entre les objets & les Sciences, qu'il
eft impoflîbie d'avouer ceux-là fans adme-
tre celles-cy. C'eft pourquoy fans m'arrê-
ter aux raifons de ces eîprits qui s'aveu-
glent à force de regarder à travers des lu-
netes qui leur déguifent les objets, voyons
fi l'Ecriture donne quelque pouvoir
aux
Aftres avant que de fçavoir s'ils agilïbnr
,
en difpofant la matiere fublunaire, ou com-
me caufes principales & particulieres au re-
gard des aâions neceflàires ou comme
caufes éloignées & univrefeles. ,
,
Jeremie ,Job & le Plalmifte , demeu-
ï r.
rent d'accord que Dieu a fait les fept Pla- L'AftoIogie
netes comme les Miniftres de fa volonté; appuyée pat
Trifmegifte eft de leur fentiment
avec S. r EéritlHe.
14per. Damafcene, S. Thomas, & S. Jean, dans
le. i,
& Y. i'Apocalypfe qui nous alfeurent que les
A (très font les inftrumens de leur fouve-

rain pour opérer felon ion bon plaifîr fi


,
bien que nous ne fçaurions douter de leurs
influences après des autoritez fi autenti-
ques.
I II. Mais fupofc que l'Ecriture & les Peres
Haiforis na- n'eulfent point établi le pouvoir des Aftres,
tureles pour nous ferions toujours obligez de le croire;
prouver la parce que les caufes eflentielement fubor-
puillbnce des données
Aftres.
,
dépendent neceiîâiremnet les
unes des autres , 8c comme nous fommes
fournis aux Cicux, il faut que nous en dé-
pendions necellàirement en certaines cho-
fcs qui ne dépendent point de noftre vo-
lonté. C'eft pourquoy le Soleil & l'hom-
me engendrent l'homme, & l'on ne peut
établir la Phyfique fans la connoilîance de
l'un & de l'autre , de fçavoir fi le Soleil
concourt à la generation , comme caufe
principale univerfele ou particulière ou
, ,
c'dl dequoi il s'agit prefente-
autrement ,
ment : mais pour en avoir une connoiflan-
ce parfaite , il faut obferver ce que c'eft
que caufe, en combien de façon on la peut
prendre, & difcerner les fujets de la géné-
ration pour en faire la derniere difference.
1 V. Une caufe peut eftre prife ou pour ce
la difFerece qui concourt en quelque maniéré que ce
des caufes. foit à la produébon des eilres , comme la
privation qu'Ariftote apele caufe en ce
fens, ou pour ce qui caufe en faifant comme
la caufe efficiente qui commence le mou-
vement eftant le principe radical d'une au-
tre fubftance qu'elle produit neceffaire-
ment par fa forme fubftantiele, ou pour ce
qui concourt à la production des mixtes,
qui comprend les quatre genres communs
des caufes qui font fui vies de leurs effets;
parce qu'elles doivent influer necenaire-
ment à leurs productions en deux manie-
les, ou dans l'ordre d'intention ou d'exe-
cution ; parce que tout agent agit pour
une fin.
La caufe efficiente eft eflcntiele, ou ac- V.
cidentele l'eflentiele eft de foy principa- Divifion des
,
le ou inftrumentele, la principale eft celle caufes.
quiopere par fa propre vertu qui pro-
duit des effets qui ne furpaffent point fon
efTence , Tinftrumentale eft au contraire,
comme le peinceau qui produit un tableau
plus parfait que luy-mefme par le moyen
du Peintre qui le conduit. La ,
principale fe
divife en premiere & feconde celle-là eft
,
Dieu mefme & celle-cy dépendante ,
com-
me toutes les caufes crées , la premiere eft
univerfele ou particulière. Celle-là pro-
duit des effets de différente efpece, ou du
moins elle concourt avec les autres caufes
pour les produire , comme le Soleil qui
produit les métaux dans la terre , les vers
dans les cadavres, les grenoiiilles dans l'eau
ou dans la boue, & l'homme avec l'hom-
me, ou le cheval avec le cheval, & celle-
cy eft déterminée a des effets d'une mef-
me efpece , comme le feu qui produit le
feu, l'homme qui produit un autre homme.
ou le cheval qui engendre un autre chevaî.
V I.
Or après avoir diftingué les caufes nous
,
Divifion des devons divifer les fubftances corporeles en
fubftances. inanimées & animées, & foudiviler celle-cy
en vegetables , fenlibles & raifonnables , &
(oudivifer encore les fenfibles en parfaites
& en imparfaites, toutes Iefquelles en parti-
culier dépendent des corps celeftes comme
de leurs caufes principales Se particulières,
qui forment leurs principes dans les éle-
mens & les diverfes qualitez qui leur font
naturelles , à la referve de lame raifonna-
ble qui n'dl: point de leur ordre pour avoir
la mefme fujeéHon, fi ce n'eft par acci-
dent , à caufe de la liaifon qu'elle à avec
le corps.
> VII. Je n'ignore point qu'il n'y ait des Philo-
Erreurs de fophes qui attribuent la produéHon des
quelques
philofof hes. fubftances inanimées comme celle des mé-
taux , des pierres & des autres de mefme
nature dont ils ignorent les caufes particu-
lières aux influences des Aftres qu'ils ap-
,
pellent oculces ; parce qu'ils ne peuvent
concevoir comment la lumiere les peut for-
mer dans la Terre, avec les qualitez con-
traires des élemens, & ils demeurent néan-
moins d'accord que les Aftres en font les
caufes par les proprietez qui furpaflent leur
connoiirance. Mais ils auroient changé d'a-
vis, s'ils avoient confideré que leurs diver-
fes configurations produifent les diverfes
modifications des vertus du premier lumi-
naire pour former les differens mêlange$
des principes & des qualitez élémentaires
iqui déterminent la matiere à prendre plu-
tôt une forme qu'une autre , & à faire par
confequent ou les métaux parfait*., ou im-
parfaits ou les minéraux, ou les végétaux,
ou enfin les animaux tout à fait (enfibles,
,

dont les formes fe tirent de la matiere ; par-


ce que le feu central qui provient du So-
leil fait fermenter ces principes déja dé-
terminez dans la Terre pour mettre en acte
les différentes efpeces qui y eftoient en
puiflence. Or s'ils s'eftoient étudiez à con-
noître leurs diverfes conifgurations pour
fçavoir leurs diverfes modifications, &
par confequent leurs effets differens , ils
n'auroient pas fait difficulté d'avouer que
les mefmes influences qui forment les fub-
ftances materielés, les confervent auOi en-
core qu'elles fubfiftent pendant l'abfence
du Soleil ; perce que les Etoiles fixes & les
Planetes qui Ce trouvent la nuit fur l'hori-
zon font autant de Soleils qui fuccedent à
leurs fouverains pour nous continuer fes in-
fluéces: fi bien qu'on peut ce me femble con-
clure que les Aftres agiflent fur les fubftan-
ces inanimées, fur les végétaux , & fur les
animaux parfaits 5e imparfaits , comme
caufe univerfelles & principales par rap-
port à eux-mefmes, & comme caufes prin-
cipales & particulières par raport à leurs
diverfes modifications qui déterminent le
degré du feu central & la quantité des prin-
ci pes de Tertre pour les faire fermenter com-

autre.
me le vinaigre qu'on jet fur laTerre & pour
leur faire prendre plutôt une forme qu'une
D iiij
D iiij
VIII. Si l'on fait reflexion fur les végétaux en
Des vegetaux particulier toute la Philofophie demeure
d'acord qu'ils font entierement foumis aux
Aftres comme l'effet à fa caufe ; parce que
leur premiere production qui eft l'efprit
univerfel defccnd avec la pluye ou avec
la rofée pour les animer & pour, les faire
croître; enforte qu'ils ne fçauroient vivre ;
fans fa participation , comme nous obfer-
vons dans les terres infertiles qui ne pro-
duifent rien faute du fel qui contient le
foufre & le mercure que les Aftres for-
ment dans les élemens, & s'ils font de dif-
~?. C4 D.
férence efpece ce n'eft qu'à caufe de la di-
,
Th de ente f5 verfe modification du premier luminaire
ejfentta cap.t. qui détermine cét efprit univerfel plûtôt à
Vpufc. 7. q. 4.
une qu'à une autre, & eftant ainfi fpecifié
art. 1. & 10. par raport à la matiere déterminée des
Mef4fh. Lecl. ve-,
getaux felon la force , ou la foiblelïe des
; 1.
Aftres chacun le conferve dans fafemence
pour le faire reproduire de nouveau, c'eft
pourquoi nous les diftribuons dans le qua-
trième livre félon l'ordre des Planetes qui.
les fpecifient ,afin de les dominer en partie
culier.
1 x. Et comme ce mefme efprit n'eft jamais
Que les en repos , il agit continuelement dans le
,
Aftres font monde fi bien
les caufes par- pofition
que fuivant la diverfe dif*
que les Aftres luy ont donnée, il
ticulières des
in ferles & de forme ou les mouches , ou les chenilles
J» vie. dans l'air, ou les fouris, ou les crapaux, ou
les firpens fur la Terre , ou les grenouil-
les dans l'eau , ou les autres infedtes dont
pn ne çonnojt autres caufes que les vertus
des Aftres & fi l'on croit que ces fortes
,
d'animaux font plus parfaits que leurs cau-
fes ; parce qu'ils jouiflent de la vie , l'on
doit faire reflexion que la vie ne confifte
que dans un fel fixe qui contient l'efpric
univerfel qui s'évapore à force de travail.
1er : enforte
que plus ce fel eft fixe, & plus
la vie doit eftre longue. Or comme cet ef-
prit n'agit que félon la difpofition des or-
ganes des corps qu'il anime ; il paroît com-
me mort dans des fujets, qu'il vivifieroit
s'ils eftoient autrement organifez, comme
l'ame raifonnable qui eft d'un autre ordre,
& qui n'extravague qu'à caufe de Tindif-
pofîtion des organes : mais il ne s'enfuit
pas pour cela que les infedtes foient plus
parfaits que les Cieux qui les animent par
le moyen du foufre qu'ils produifent dans
l'air. cv
Pour éclaircir d'autant plus ce que nous X.
venons de dire , examinons comment tous Du concours
les animaux parfaits font fous l'empire des det Aftres
A fires
dans la gene.
avec tous leurs accidens. Cette the- ration des a-
le n'eft point à mon avis difficile après nimaux
Par-
avoir établi que les Aftres font les caufes faits.
prochaines des principes, & par confequent
celles des formes fubftantieles qu'el-
; parce
les y font en pliiflence,, & qu'elles
ne font
reduites en acte que par l'efprit univerfelqui
en fermente la matiere, & par l'animal qui
luy fert d'inftrument. C'efi pourquoy l'on
dit que le Soleil & l'homme engendrent
,
1 homme & que ce bel Aftre
concourt
avec. les autres animaux parfaits
pour leur
faire engendrer leurs femblables ce qiri
femble- pourtant contraire au principe , uni-
verfellement reçu dans l'Academie quifu-
poiè que chaque animal parfait à une ver-
tu complété pour en produire un autre
dans fon efpece. Car s'il a dequoy pour
pouvoir faire un autre luy-mefine .le con-
cours des Aftres luy doit eftre inutile, néan-
moins comme nous fommes convaincus
du contraire , ayant changé par une di-
geftion moderée des œufs de canars en Cer-
pens , & d'autres animaux parfaits , en
d'autres d'une efpece différente ce que
,
nous n'aurions peu faire fi les animaux a-
voient une entiere vertu pour s'engendrer
les uns les autres dans leurs efpeces nous
,le
conclurons par ces experiences que So-
leil, raie tout en général & que fes diver-
fes modifications fontaum,
tout en particu-
lier, que les animaux n'en font que lesin-
ftrumens pour reduire en afte ce qui n'é-
toit qu'en puifiènee dans la matiere , & que
fi l'on atriSuë le Lion au Lion, ou le che-
val au cheval, ce n'eft que parce que lorfc
que deux caufes d'un ordre différent con-
courent à quelque effet, on l'atribuc à cel-
le de fon ordre : on ne peut peint dire pour-
tant qu'elle en foit la caufe principale &
particuliere pour les raifons que je viens
de dire : mais cela ne féfant rien à ma pro-
pofition, je fupofë avec tous les Philofo-
phes que l'homme agiffe avec le Soleil
, fon femblable
pour engendrer comme cau-
fe principale , voyons quel eft le concours
de ce bel A flrc.
Si nous confiderons les Aftres au regard XL
le Dieu qui eft la premiere caufe indepen- Les Aftres
ente, ils ne feront que les inftrumens de font les eau.
i volonté allffi bien que les autres caufes fes particu-
rées, fi nous les confinerons au regard des lières des fub-
ftances.
fpeces differentes de leurs effets ils en
,
èronc les caufes univerfeles & équivoques,
k fi nous déterminons leurs diverfes qua-
itezau regard de leurs diverfes configura-
ions, nous les reconnoîtrons pour les cau-
es particulières ; parce que chaque confi-
uration à la vertu propre d'operer des ef-
ets d'une mefme efpece & ils font
, en ce
?ns le principe radical des fubftances ma-
erieles ; parce qu'ils determinent les der-
tiers degrez des principes qui les compo-
ent & que fuivant cette détermination
,
es formes y ont plus d'inclination les unes
[ue les autres , veu qu'elles ne prennent
sur individualité que de celle de la matie-
e. C'eft pourquoy nous difons qu'une cer-
line configuration produit les
metaux,

a
u'une autre forme les nuës blanches ,
ou
~oires ; ou autrement, & qu'une fait
~uelque chose qui luy est
autre
propre & parti-
disposer
~liere selon qu'elle la
a vertu de
s principes dans les élemens. Ainfi les
ftres ne difpofent pas feulement la matie-
1 en general, mais ils la déterminent a
Icfme temps felon leurs degrez de force,
a de foiblefïè.
Ceux qui fçavent féparer le de l'im-
demeurent pur XII.
lC, convaincus de cette vérité Les
corps
ir leurs expériences reïterées lorfqu'ils (ont plus
, de
principe dans tirent des corps plus des principes des uns
un tems que que des autres, & plus dans un temps que
dans un au- dans
tre.
,
un autre & ceux qui prennent leur
phlegme & leur tefte morte pour des éle-
mens , font aveuglez de leur fentiment;
parce que leur phlegme & la tefte morte,
ne font autre chofe que les impuretez qui
fe mêlent avec les principes dans la Terre.
XIII. Or comme la diverfe configuration des
Les Aftres Aftres eft la caufe immediate des princi-
caufent les ,
quatre efpe- pes & des fubftances corporeles : il s'en-
fuit qu'elle doit eftre auffi la caufe de leur
ces de qua-
lité. trine dimenfion ; parce qu'on ne fçauroit
concevoir un corps fans longueur, fans lar-
,
geur , & fans profondeur & par confe-
quent celle de leurs diverfes fituations ; par-
ce qu'elles ne peuvent eftre diverfement fi-
tuées, que félon que leurs parties font plus
ou moins éloignées. Si bien que la rareté
& l'épaifleur eftant l'origine de tous les ac-
cidens, nous difons que les Aftres en font
les feules caufes; patce que fuivant que les
parties qui compofent les fubftances fe
trouvent plus ou moins éloignées , çlles
conftituent les huit différentes fituations
raportées par Ariftote au huitième de la
Phyfique qui font le dedans, & le dehors,
le deffus & le deflous le droit & le gau-
, ,derriere. Ainfi la
che , & le devant & le ra-
reté & l'épaiffeur eftant la caufe des diver-
fes fituations des fubftances j elles font aufli
le premier fujet de leurs qualitez élémen-
taires qui entrent dans leurs compofitions^
pour faire par leur fymmetrie la première
efpece de qualité qui eft le temperament:
car felon qu'elles font plus rares, ou plus
épaides elles font auffi ou plus chaudes,
,
ou plus froides, ou plus feches, ou plus hua.
,
mides, ou plus moles ou plus dures ; par-
ce que la chaleur & l'humidité dilatent, &
que la froideur & la fechereflè au contrai-
re rellerrent , & de toutes ces difpofîtions
naifïènt leur pouvoir & leur impuilîence
qui font une féconde efpece de qualité,
parce que leur temperament eftant le prin-
cipe de leur action, elles agiffent avec plus
ou moins de facilitéjfuivant qu'elles font di-
verfement temperées'& qu'elles participent
plus ou moins du froid,oudu chaud, & par-
tant le divers mélange des qualitez formant
les deux premieres efpeces,en forme auffi la
troifiéme qui eft la paflion & la qualité paf.
fible : car félon que les fubtfances fe trou-
,
vent plus ou moins chaudes ou autre-
ment , elles font ou plus blanches , ou plus
noires, ou d'une autre forte de couleur, ou
ameres, ou douces, ou d'une autre forte de
faveur, ouaftringentes ou corroboratives,
,
ou incifîves, ou deterfives ou autrement,
dont l'on fe peut convaincre ,
par la feule
compofîtion du cinnabre & enfin toutes
,
ces qualitez enfemble produifent par leur
mutuelle pénétration la diverfité des figu- Gai, i. de fa-
res & par confequent la quatrième & la cult. natur, 6.
derniere efpece de qualité, & les différen-
tes fituations des parties du corps, avec les
dix différentes conditions qui leur font na-
tureles, comme les conduits, les nombres.
les progrez, les offices & le refte.
XIV. Ces quatre fortes de qualité font princi-
Que lesacci- pes les unes des autres mutuelement fous
dens peuvent diverfes confédérations ; car la figure eftant
palier pour le terme exterieur du fujet, eft pofterieure
des fubilaii- à la trine dimenfion, & eftant la forme qui
CCS.
la conftituë, elle eft preuiiere. La rareté &
l'épaiffeur font-pofterieures aux qualitez
des Elemens ; parce qu'elles font l'effet de
,
la chaleur ou du froid qui agifTent fur le
fujet qu'ils difpofent, & elles font premiè-
rcs , eftant confiderées comme une difpofî-
tion, fans laquelle ces qualirez ne fe peu-
vent introduire : elles font prifes en cefens
l. de anttnœ tantôt pour des fttbtfances , & tantôt pour
3. de part c 10
desaccidens. Ariftoteacreu que l'ame rai-
fonnable eftoit mortelle, lorfqu'il Ta regar-
dée par raport à fes opérations, parce qu'el-
j. Eticb. ah- le à befoin d'organes : c'eft pourquoi il l'a
ile-
qUld ft ere cd définit l'a&e d'un

funttorum-
corps organifé, &
il dit qu'elle n'en eft point ratte, & qu'el-
confequent immortelle, lorfqu'il
puis

Et i. æconom. le eft par


c.i.stlafic ê5 la confédéré en elle-mefme entre les intel-
J'enelop: fibt ligences & les brutes. Il dit ailleurs que
para-uenoit l'entendement eft materiel parce qu'il a
,rJorit!m fm- ;
befoin de phantôme pour concevoir, &?
rn or talc m.
puis il le foutient immatériel ; parce qu'il
Lib de cæ/o
regarde le phantômexomme objet; & non?
fil de anima- ani-
l:bus, 3., I.ie- pas comme fujet, ainfi que le refte des
t.ipbjext. 17, maux;il ditencor qu'il eft mortel, parce q tic
2.. de anima,, les phantômes dont il fe fert pour entendre,
4. de part. c. font les mouvemens des fens d'où dépen-
«>. t.
de ceeioj
dent fes connoiflânces & il l'apelle alôf £
fj 11. Aîefa- intelleâ: paflïfj&r puis il ,dit. qu'il cft iminor-
l'hi text, 4 8
, lorfqu'il le confidere agent en luy-mê-
ne dans fa fîmplicité & fans aucun mélan-
ge , en tant qu'il fe refléchit fur luy-mê-
ne, afin de fe connoïtre avec toutes fes o-
aérations. Il a pris dans d'autres endroits la
pefenteur & la legereté des élemens pour
eurs propres formes, lorfqu'il les a con f-
ierez par raport à leurs mouvemens, & il
es a prifes pour des accidens lorfqu'il les
regardez il , fait de mef-
t autrement, en a
ne de leurs qualitez. Car lorfqu'il les a re-
gardées en tant qu'elles encrent dans la»
;ompofition des corps, il les a prifes pour
les fubftances & puis aprés il les'regar-
,
le comme des accidens, iub*
parce que la
tance leur fert de baze. Ces fortes de
oon-
rarieté ont donné occasion à de grands
serfonnages de faire pafler Ariftote
idicule, & comme pour
un Philofophe qui ne
r'entendoit point luy-mefme mais ils
: en
mroient eu un peu plus de refpedt, s'ils
roient efté auffi bons Logiciens a.
que luy,
)our le penetrer d une veuë nete & moins
>bfcure parce que les divers regards qu'il
;
i pour les chofes le font parler tantôt d'u-

le façon, & tantôt d'une autre tout à fait


contraire fans néanmoins fe contredire,
,
orfqu'il les confidere en leur eflat
3c naturel. Et: c'eft fous
propre
ces fens divers que
Fabricius a defFendu Platon,
que Gaffendy
i appuyé les fentimens d'Epicure & que
l'autres ont foutenu d'autres opinions ,
i fait contraires au bon fens & à la raifon
tout
onaine la roctâmpficofe, & que je puis ce
me femble excufer Defcartes, ou pouf
mieux dire Pitagore lorfqu'il a crû que
,
l'étendue eftoit l'elfence de la matiere pre-
miere ; parce que la tri ne dimenfion eft
comme la matiere premiere qui fait les di-
verfes fituations auffi. tôt qu'elle eft infor-
mée , & par confequent les autres efpeces
de qualité dont elle eft le principe : mais au
regard de la fubftance qui luy fert de baze
elle n'eft qu'un accident , & non pas une
fubftance fous une vafte étendue qui luy
fert d'effence.
XV: Car fi l'on confidere ainfi la matiere en
'Que l'ctcduc particulier, fans avoir égard à la fubftance
n'eft point qui la precede, & aux accidens qui la fui-
l'eflence de la
vent ; l'on verra que fon étendue n'eft pas
matiere en fon elïence l'étendue chan-
particulier. ; parce que peut
ger de moment en moment fans altération,
fans adition, & fans foûtration par l'apro-
che , ou l'çloignement de fes parties , &
que les eflences ne peuvent foufrir aucun
changement fans eftre détruites : veuqu el«
les font tout à fait fimples , eftant la der-
niere différence des compofez qu'elles con-
ftituent. Il n'eft pas dificilede prouver que
la matiere premiere change d'étendue fans
adition, fans fbûcration,' & fans altération;
parce qu'une figure cubique d'or à une c-
tenduë tandis qu'elle eft cubique, & qu el-
le ne conferve plus la mefme étendue quand
elle a efté batuë fur l'enclume à coups de
marteaux & fi après avoir efte ainfi etenduë,
l'on la tire en fil, on luy en donnera une
autre différente de celle qu'elle avoit au-
paravant
Gravant, ce n'eft pourtant qu'une mef-
ne quantité fous quelque étenduë qu'on la
mitre mettre, puisqu'elle aie mefme poids
iprés avoir efté travaillée qu'elle avoit au-
saravant, fi ce n'eft qu'il luy en manque
quelque peu qui fe trouve dans les rognu-
res, & partant il me femble que l'étendue
les corps ne peut paffer que pour un mo-
ie, & non pas pour un effence qui ne fou-
fre point de changement à caufe de fa fim-
plicité. L'on doit encore obferver en paf-
(ànt que cette forte d'eflence ne s'accorde
point avec noftre'Religion,comme j'ay fait
voir dans le fecond Chapitre en parlant de
la matiereen général. Mais j'ofe dire qu'A- 1. Metaph.
riftote & S. Thomas ont mieux tencontré textu t is.
de dire que l'étendue n'en: qu'un mode ou q. J 19.4rf. 1.

qu'un accident : car encore qu'on ne la


puifle concevoir fans dimenfion, on la fçau-
roit encore moins concevoir fans le fujet
qui l'individuë & qui là détermine à un tel
nombre de parties proportioneles ou ali-
,
quotes qui en conftituent l'effence ; parce
,
qu'on ne la fçauroit augmenter ni dimi-
nuer fans luy faire changer de nature.
Mais je reviens à ma thefe pour retour- xvr.
ner depuis la figure qui eft la quatrième ef- Condufton,
pece de qualité , jufqu'à la rareté & à l'é-
pailfeur qui font les premiers principes &
les premiers ftijets de tous les accidens, Oll.
j'ay remarqué que les Aftres influent un eC-
prit univerfel pour fubtilifer & pour dila-
ter plus ou moins la matiere fublunaire. Or
fi nous fommes convaincus
parce que j'ay
dit avec Ariftote, Zabarella, Sçaliger , &
mefme avec Defcartes qui foûtient que le
Soleil dilate la matiere par fa chaleur, que
la rareté & l'épaiffeur caufent les quatre
fortes de qualité , nous devons ce me fem-
ble conclure que les Aftres confiderez en
eux-mefmes, font les caufes principales de
tous les accidens, & que leurs diverfes con.
figurations en font les caufes particulières;
puifqu'elles font les diverfes difpofitions
des fubftances, & qu'elles les rendent plus
ou moins épaifTes pour en déterminer les
dimenfions.
XVII. L'on doit inferer de là qu'il n'y a point
Corollaire. de qualité oculte que l'on ne puiffe décou-
vrir par les diverfes configurations des Pla"
netes, & qu'il n'y doit point avoir un qua-
SubjîdttA nul-
trième genre de maladie, qu'il y a des ac-
film tft COIl- n'en admetent
cidens contre ceux qui poi. nt;
trartum pojt- changent fans
trvum Artjl. parce que les temperamens
3. PbjJic. tex. alterer la fubftance comme nous verrons
10. Gai. m dans le fecond Livre, & qu'enfin l'Aftro-
mcthodo. logie eft la feule fcience qui nous puiffe af-
feurer des fecrets de la nature; parce qu'el-
le connoît les effets par les caufes princi-
pales & particulières de toutes fes produ-
ction? , & de tpus fes principes.
CHAPITRÉ VI.
Si les qualité^ font reelles dans les 06-
jets, ou dans les cinq fens de
la Nature.
A Prés avoir vu que les Aftres font les I.
caufes des quatre efpeces de qualité, Opinion des
1 ne fera pas hors de propos de fcavoir fi Cartefiftes.
:es qualitez font reelles dans les élemens,
3U dans les autres fujets , ou fi elles n'y
[ont qu'imaginaires fuivant le gouft des
Cartefiftes qui nous affeurent que toutes
les qualitez font au dedans de nous , &
non pas dans les objets : nous nous pour-
rions paflèr de cette queftion ; puifque
ions avons déja démontré que la matiete
qui lèrt de fondement à toutes leurs con-
requences n'eft point foûtenable mais
,
pour déveloper d'autant plus les defauts de
leur domine, j'ay crû que je ne la devois
point palier fous-filence.
Ces Philofopbes appuyent leur opinion il.
par des comparaifons qui frapent d'abord Comparai-
l'imagination : mais comme la diftinâion ton vicieufc.
eft la mere de la verité fi l'on fe fert rant
foit peu de la Logique , qui forme le bon
fens , l'on reconnoît qu'il n'eft rien de
moins raifonnable. Ils difent qu'une épin-
gle qui nous pique n'a point de douleur,
quoy qu'elle en foil la caufe, & ils fe fer-
8a
vent de cette exemple pour prouver que le
feu n'a point de chaleur encore qu'il l'ex-
cite, que les objets colorez font fans cou-
leur, qu'un coup de canon ne fait point de
bruit, & autres chofes de mefme ; parce
que toutes les qualitez font au dedans de
nous, fans que nous les alions chercher ail-
leurs. Ainfi qu'on obferve dans ceux qui
s'imaginent de voir la nuit endormant des
,
parterres de diverfes couleurs de fentir
,
des douleurs piquantes d'entendre des
,
tonnerres & dans ceux qui entendent
mefme, lorfqu'ils font éveillez certains fif-
fîemens qui ne font point au dehors, Se ils
concluent delà qu'Ariftote n'eft point rai-
fonnable de nous perfuader qu'on ne peut
donner ce que l'on n'a pas ; veu qu'une
aiguille caufe la douleur fans en avoir.
III. Je fouhaiterois me faire entendre à un
La nature eft ichacun par des raifons familieres mais
,
en ch ce.
comme la nature eft fi cachée que Dieu la
cv.ttcr-
"cf g.l:¿d, ¡'lm.
mife à la difpute dés hommes, on ne fçau-
roit la penetrer fans abftradtion , pour faire
voir fi Ariftote à eu raifon de nous perfua-
der que l'ame fenfirive n'opere point fi les
efpeces des qualitez ne font reçues dans
fes organes , & que les qualitez font reelles
au dehors de nous. Voyons s'il dit vray,
& commençons par les opérations de'
l'ame.
IV. Corn me il y a tout autant de manieres gé-
Que l'ame nérales pour connoître quelque chofe qu'il
ieparela ma- feparer la matiere. Les An-
tiere des fu- y en a pour en connoiflenf
jets qu'elle ges qui n'ont point de corps,
d'une veuë fimple fans mouvement & fans veut connoi-
abftration, mais il n'en va pas ainfi de l'â- tre.
me raifonnable. Car eftant entre les intel- Commentato-
de ant-
,
ligences & les brutes fes connoiflances ris ;.
ma , comm jv
tiennent le milieu auffi bien que fon eftre.
C'eft pourquoy elle à befoin des phantô- Intelltgere
mes qui luy reprefentent les efpeces des non ejfc phan-
,
corps qu'elle veut concevoir mais elle ne taftam cllm
s'en fert que d'objet &, non pas de fujet; non fit orget-
fon entendement eftant fpirituel nicum) tj nr
parce que hilominus
dépend l'ame non
ne point des organes ; & fen-
ejfe fine phan-
fitive dont-il s'agit prefentement, ne con- tafm<tte. A-
noît que par le moyen des qualitez fenfi- rtft. l.deitni-
bles : or comme elle eft fu jette à la matie- ma fextu l1.
re, elle diffère dans fes perceptions d'avec
l'entendement, en ce que l'entendement
ne connoît les chofes qu'objetlivement;
parce que les fens internes de l'ame fenfi-
rive comme le fens commun l'imagina- ,
tion, & leflimative, les ayant dépouillées
de leurs individualitez, la memoire en con-
serve les efpeces pour les reprefenter à l'en-
tendement qui fe refléchit fur luy-même,
pour devenir tout ce qu'il entend fans fer-
vir de fujet aux efpeces ; parce qu'il dépend
immédiatement de l'ame raifonnable, & en
ce que l'ame fenfitive connoît fubjeébve-
ment & objeêtivement tout enfemble ; par-
I

ce qu'elle ne fçauroit apercevoir les chofes. dnima ejllo-


que fes fens n'en ayent reçu les efpeces quicus fpecurum
luy reprefentent diftin&ement les objets sirtft. 3 de
pour les luy faire connoître. C'eft anima) a- £ <•?
pour- Itbi mte'ihgere
quoy on dit que les fens ne connoiftent queeft in ip/o in -
fiiivantleur intention, & non pas félonies telle it it,
k
70 DES IMFTTIENOIS
senfts eft re- qualitez reelles ; puifque chacun d'eux en*
ceptruus f e- doit recevoir les efpeces fans matiere, c'eft
tterum fine à dire les efpeces qu'on apelle en Phyfique
materia. A- intentioneles qui ne font que les images
,
rtft t, de ani~ des objets répanduës
en l'air : car l'ombre
mil. n'eftant qu'une partie moins éclerée de
quelque corps, l'efpece intentionnelle en
eft le contraire qui fe fait lorfqu'il eft é-
cleré & comme c'eft le propre de la lu-
,
miere d'eftre toujours en mouvement, Se
de se ~reflaichir à cause de la resistence des
corps, elle en raporte les especes & les re-
prefènte dans les objets qu'elle rencontre
en droite ligne, ainfi que nous voyons fen-
fiblement par le moyen des miroirs qui re-
çoivent la lumiere avec les images des ob-
jets qu'ils reprefentent. Enforte que fi l'air
avoit une folidité propre pour arrefter la
lumiere comme le mercure qui eft derriere
les glaces des miroirs , l'on n'y verroit aur
tre chofe ; puisqu'il a la vertu de multiplier
les efpeces comme la parole qui eft enten-
due de plusieurs perfonnes dans un mo-
ment.
V. Que cette reception fe fafle, ou parce que
Qne nos (êns les fens vont chercher les objets pour les
n'ont aucune fentir fuivant la doctrine de Platon , on
qualité. j
especes des ob-
parce qu'au contraire les
jets qui font répenduës dans l'air, comme
leurs
ombres se portent aux organes sui-
le fentiment d'Ariftoçe cela ne fait
vant ,
à
rien ma proportion ;
puisqu'il fufit que
les efpeces y foient reçues , pour prouver
les qualitez font reelles dans leurs ah-
que
jets, & que nos fens n'en ont aucune ;veu
qu'il leur feroit inutile de les recevoir s'ils
les avoient auparavant au dedans , outre
que s'ils en avoient quelqu'une particuliè-
re , ils ne diftingueroient pas les objets les
uns d'avec les autres , comme ceux qui ont
l'iétjrelkit jaune; ou noire jufqu'aux yeux
qui voyent tout jaune 4 ou tout noir , ou
comme ces malades dont le palais eft dé-
pravé qui goûtent les viandes Celon la qua-
lité de l' humeur qui y prédominé, ou com-
me ceux qui n'entendent qu'un bruit con-
tinuel fans diftinguer la difference des fons
à caufe des mauvaifes humeurs. Si bien que
ces fortes d'abstraction que l'ame fait de la
matière des corps qu'elle veut connoître
eftant unaniment reçuë de tous les Philo-
fophes , on ne fçauroit trouver le fentiment
des Cartefiftes veritable. Et fi celuy a qui
,
on a coupé quelque membre femblefen-
tir quelque chofe dans la partie qui luy
manque, ce n'eft que par le moyen de l'ef-
pece que cette partie qui a efté reelle au-
tresfois luy a laiffée. Ainfi de ceux qui s'i-
maginent de voir endormant de belles cou-
leurs , de fentir des odeurs agreables de
,
goûter les chofes les plus delicieufes, d'a-
voir des douleurs fenfibles & d'entendre
,
de grands bruits ; parce qu'ils n'ont ces
divers fentimens qu'à caufe des diverfes ef-
peces que les organes en ont déjà reçues
pour les transmetre au sens commun, & le
sens

li
commun dans l'imagination qui les
contemple quelquefois pendant que nous
E
-,
iiij
fommes dans un profond fommeil. Nous
avons bien en ce fens, toutes les qualitez
par le moyen de leurs efpeces , mais cela
n'empêche point qu'elles ne foient reelles
dans les objets d'où nous les avous reçues:
& pour ceux qui entendent du bruit en
veillant, ou qui ont quelques bourdonne-
mens dans les oreilles , cela eft reellement
au dedans & non pas au dehors , les vens
& les humeurs en eftant la caufe ; parcç
que la chaleur n'eftant pas aulli vigouteu-
Tlatus fit à9

calorcmo-uen- * fe que le froid meut les humeurs vifcufes,


te ,e a Frs-
<
& le froid les furmonte pour les refoudre en
gtdo Vincente ivens qui caufent la palpitation dans le cœur,
Gai, 9 de lla colique dans les boyaux calîent les os
cemp med. dire d'A font, les fiflemens
au
1 vicennes &
fer loca c. 9. *dans les oreilles, principalement vieil-
be 4-vicennx £ aux
Itb. 3. fen. 14. Iles gens qui s'imaginent la plufpart du tems
traéf. a. c. 7. (d'entendre des cloches , ou des coups de
canons ou le bruit des moulins , ou de
,
quelque courant d'eau faute de chaleur na-
turelle , mais toutes ces exemples ne con-
cluent point qu'un coup de canon ne fafle du
bruit ; puifqu'on l'entend réellement & de
fait, que le feu n'échaufe ou ne brûle;
,
puifque nous en experimentons les effets,
& que les images des objets qui ont déjà
pafle des fens externes dans les internes
pour nous faire fentir , ne fupofent des ter-,
mes réels , autrement leur production fe.
roit impoflible, parce qu'il n'y a que Dieu
qui fafle de rien quelque chofc.
De plus toutes les comparaifons que les
V T.
Qne i'epin- C9tfeïiAes ront fur chaque fujet, me pA,
foilïènt tres vicieufes. J'ay déja fait voir les glc n'eft
,
défauts de quelques-unes mais on doit point la cau-
faire reflexion fur toutes les autres par cel- le de la dou-
le-cy qui eft la plus" univerfelle. Ils difent leur.
qu'une épingle qui nous pique nous cau-
fe la douleur quoy qu'elle n'en ait point,
* qu'ainfi le feu nous peut exciter la cha-
leur fans en avoir. Je ne croy point que
ceux
qui fçavent placer chaque chofe en fon
lieu puiffent fonder un raifonnement foli-
de fur deux genres qui n'ont rien de
com-
mun; parce qu'ils font incompatibles aullt
bien que leurs differences. Car de paffer de
l'épingle qui n'eft que l'occafion de la dou-
leur , au feu qui eft la caufe de la chaleur,
c'eft pecher contre les regles de la Logi-
que : il ne faut que le bon fens pour difcer-
ner que cette confequence n'eft pas julle.
Je n'en ay point obfervé d'autres dans tous
les ouvrages des Cartefiftes fi je m'eftois
déterminé d'en faire voir les, défauts fur
toute forte de matiere, je n'aurois pas beau-
coup de peine : mais cela n'eftant pas mon
principal delîein , je n'en parle qu'en paf-
ftnt pour ne point groffir cet ouvrage.
Il faut néanmoins que je m'arrête VII.
foit peu fur cette exemple de l'épingle tant
que Qne la dou-
je rencontre à tout moment dans le Carte- leur eft la fa.
fime. Pour moy je ne puis comprendre lution du
que continu.
cette doctrine ne foit myfterieufe comme
celle des anciens Philofophes, &
que ceux
qui en raifonnent fi mal, ne fe refervent
ce qu'on apelle le coup de maiftre pour me
confondre; car pour leurs écrits, ils
ne me
paroiflent point folides pour y faire fon-
dement, jufqu'à ce qu'ils ayent ea la bon-
té de m'en éclercir. Or pour comprendre
,
la vérité dans cette rencontre l'on doit
confiderer que la douleur n'eft autre cho-
fe que la folution du continu qui eft com-
mune
1J aux parties femblables & diflembla-
D oUr eft fi- tbles de noftre corps , fi bien que la folu-
lutto conttnui tion des membranes eft douleur pun-
t une
qua prddica- gitive
c qui nous fait conclure que les hu-
tur de parti-
bus ftmtUri- rmeurs qui en traverfent la fubftance font
bus 0 difsi- (fubtiles & bilieufes celle de la chair eft
milaribus. ,
lacerative à caitfe des nerfs qui fe fepatent
Hipp. 6. A- des petits filamens dans toute fa fub-
pho.33. en
ftance avant que de fe terminer en ten-
Galin comm.
dons, celle des arteres eft polfative à cau-
fe de leur fonction qui eft de pouffer, cel-
le de la rate , ou du foye ou du cerveari
,
s'apelle grarative, à caufe des ligamens &
des membranes aufquelles ces parties font
attachées, celle des os eft frangitive à cau-
fe de leur dureté qui apartient à leur fub-
ftance, 8c celle des nerfs eft convulfi ve à
caufe de quelque humeur qui en irrite l'o-
rigine & le commencement. De forte que
l'on fe trompe vifïblement de difcerner les
Eftres par les fens comme les Cartefiftes à
moins que d'y ajoûter la raifon ; parce
qu'un homme qui concluroit des diverfes
douleurs qui procèdent d'un feul fens, qu il
n'y a que des épingles qui les excitent, fe-
roit à mon avis dans l'erreur , ainfi qu'tf
eft aifé de juger parce que je viens de di-
te; puifque leur difference fupofe des eau*
~sestout à fait contraires. Or fi la douleur
eft la folution du continu , l'épingle n'en
fçauroit eftre la caufe prochaine ; parce
qu'elle eft étrangère, ni la caufe éloignée;
parce qu'elle n'entre point dans fa defini-
tion comme Finterpofition de la Terre
,celle
dans des Eclipfes de Lune, ou com-
me le Soleil & l'homme dans la généra-
tion d'un autre homme. Car qui definiroie
la douleur une piqûre d'épingle ne refon-
neroit pas jufte ; veu qu'il y a d'autres cho-
fes qui font l'occafion de la douleur com-
me l'épingle. Si bien que l'épingle ne luy
jnfluant ny l'eflènce ny l'exiftence n'en
, ,
eft ny la caufe prochaine, ny la caufe éloi-
gnée non plus que le vin eft la caufe de
la fièvre en augmentant la chaleur , ou de
,
l'hydropifie en la fufocant, c'eft pourquoy
n'en eftant que l'occafion, il n'entre point
dans leurs definitions. Il en eft de mefme
de l'épingle qui n'en peut pas eftre encore
la caufe efficiente qu'Hipocrate apelle con-
Subî/ttà eau-
tentive ; parce que les effets des caufes ef- fa tolltturef-
ficientes ne fubfiftent que par leurs inflüen- fettus,
ces, & qu'ils ceflent à mefme temps qu'el- Cal. 3. Metb.
lescelfent
d'agir , comme par exemple le c. S. 3. de
fang eft la caufe contentive des apoftumes., temf. c. f. 5.
de loc, aff. 7.
les phantômes tenebreux font celle de la
f5 m Aletpk,
mélancolie, & celle des convulfions eft une 8.
méchante humeur qui irrite l'origine des
nerfs. De forte que fi l'on purge entière-
ment toutes ces méchantes humeurs. Leurs
effets cefTent en mefme temps. Mais il n'en
va pis ainfi de l'épingle , pujfqu'on feue
encore la douleur pendant Ton abfence, Sà
fi l'on guérir la folution du continu , en
faifant reunir les parties , la douleur cef-
fe incontinent fi bien que c'eft la fepara-
tion des parties dont l'épingle eft capa-
ble qui en eft la caufe éficiente, l'épingle
n'en eft pas mefme la caufe materielle
qui neft autre chofe que la partie bleffée,
ni la caufe qui l'entretient qui n'eft rien
autre que les humeurs vicieufes qui fe je-
tent fur la partie , ou l'intemperie de la
partie même qui les y attire , & partant
je conclus que l'épingle n'eft que l'inftru-
ment ou l'occafion de la douleur com-
me nos adverfaires reconnoilfent, &
qu'elle n'en doit avoir aucune, parce qu'il
n'y a que les veritables caufes qui produi-
fent des effets qui leur font femblables,
comme le feu qui fe produit avec toutes
fes proprietez. >

VIII. Car fi le feu n'avoit point de chaleur


Que la cha- parce qu'il l'excite , l'épingle ex-
leur du feu comme
cite la douleur ; il s'enfuivroit que la cha-
eft reclle.
leur qu'il auroit excitée dans une de mes
mains n'y feroit point réelle ; parce que la
main chaude apliquée fur une partie froide
y excite la chaleur fans friction & fans
mouvement, ils avouent néanmoins qu'el-
le y eft reelle & pariant celle du feu la
doit eftre auffi, ; parce qu'elle produit le
mefme erret ; & que les operations fuivent
la nature de l'eftre. Enforte qu'on voit le
défaut de leurs comparaifons qui paflena
de l'occafion à la caufe. Ils tombent dans
la même erreur , lorfqu'ils prouvent que
la chaleur ne fait point la digeftion ; veu
qu'ils ont fait bouillir des os de mouton
durant trois heures fans qu'ils ayent efté
alterez, cette exemple ne frape point le bon
fens, auffi bien que toutes les autres ; par-
ce que la chaleur naturelle qui eft le prin-
cipe de la vie & des avions de l'homme
eft tout à fait différente de celle qui entre
dans fa compofition. C'eft pourquoy Hi-
pocratç l'apelle quelque chofe de divin, &
celuy qui diroit que l'ail ulcereroit l'efto-
mac ; parce qu'il cauterife la chair, ou que
l'huile rofat qui eft un digeftif pour les
playes de la tefte le feroit auffi pour les
,
autres parties du corps où il n'eft que re-
percutif, tireroit des confequences dan ge-
reufes pour les malades qui s'y fieroient.
L'on peut voir le mefme défaut lorfqu'ils
concluent par les couleurs qu'ils obfervent
à travers d'un pryfme ou à travers d'au-
,
tres figures de verre que les objets colorez
doivent eftre fans couleur ; parce qu'ils paf-
fent des couleurs qui fe font dans un in-
fant fans altération, à celles qui ne fe font
qu'avec le temps par le moyen de l'altera-
tion ce qui eft un très grand vice pour
,
conclure jufte & néanmoins ces efprits
,
rafinez qui prétendent avoir découvert les
vieilles erreurs , ne prouvent leur dodtrine
que par ces faufles exemples : Outre qu'ils
confeflènt que les objets tracent leurs ima-
ges dans nos fens , & comment les tracc-
roient-ils ! Si leurs images n'eftoient reel-
les en eux-mefmes. C'eft pourquoy yàif
fujet de conclure avec Ariftote que les qua-
litez font réelles dans nos objets, que nos
fens n'en ont que les efpeces, que le feul
mouvement n'eft pas la caufe de la cha-
leur i puifqu'il n'échaufe point les vagues
de la mer qui en deviennent mefme plus
froides, & qu'enfin Ariftote n'eft pas fi ri-
dicule que l'on croit de nous afleurer qu'il
n'y a que les caufes véritables qui ne don-
nent point ce qu'elles n'ont pas.
C'eft ainfi qu'on doit diftinguer les cho-
IX. fes pour les mettre en leur lieu & place,
Reflexion
fur Ariflote fans injurier ces grands hommes aufquels
& fur quel- nous fommes redevables de nos connoif-
ques autres fances. Il eft vray qu'Ariftote n'a pas tou-
Auteurs. jours rencontré la vérité en ce qui dépend
de l'experience, comme dans la Geographie
& dans l'Anatomie, mais il n'en a pas efté
pour cela moins habile que Saint Auguftin
pour n'avoir pas compris les Antipodes,
outre que fi l'Anatomie eut efté permifede
fon temps, il n'y a pas de doute qu'il n'en
eut aquis une connoilfance parfaite. On
obferve les mefmes fautes dans Galien,
Lib.i.dea- parce qu'il n'a eu l'occafion durant fa vie,
n/tth. admt - que de diiïequer deux cadavres a moitié
m f. c. z. pourris & mangez des poiflons, eu des cor*
beaux fur lefquels il ne pouvoir point ob-
ferver toutes les parties : mais pour ce qui
regarde la raifon, on n'a jamais veu un ge-
nie qui l'ait portée fi loin. J'y avois autres*
fois remarqué plufieurs contradiékions dont
ceux à qui je les communiquois demeu-»
ent dacord, j'en avois autant fait fur
pocrate & principalement fur Galien;
:
il eft dificile de parler beaucoup fans Ce

uper , & néanmoins en y repaffant par


dus , j'y découvrois une juftefle fi ad-
rable qu'il ne faut qu'un peu de pene-
ition pour juger qu'il n'y a aucune con-
trieté. L'on fera convaincu de ce que je
;, fi l'on prend la peine de les lire avec
:ention & de les comparer enfemble,
rce que j'eftime qu'on ne connoît pas
en Ariftote fans le fecours d'Hipocrate
ii luy a fourni la plufpart de fes lumieres,
qu'on ne peut pas bien juger de la foli-
té de Galien fans leurs (entimens.Jen'ay
Ls
vu qu'il y eut lieu de faire les mefmes
flexions fur Jean Pic de la Mirande fur
,
aflendy fur Pefcartes & fur les au-
, , combatus. S'il
es Auteurs qui les ont
t'eftoit permis de m'étendre fur la foli-
Lté des uns & fur le peu de fondement

2S autres. Il faudrait maintenant parler


a mouvement & de toutes fes dépenden-
2s : mais la réponfe qu'on me fait efperet
ce que j'ay dit par occafion pour apuyer
; fentiment de Ptolomée fur le Syftemedii
londe, m'en donnera le moyen, à moins
u'elle me fit découvrir mes défauts, c'eft
qurquoy je laifle M. Defcartes en repos
~jusqu'à nouvel ordre , 8c j'entre dans la

~convaincra les plus


obftinez.
~pratique de FA Urologie dont l'experience

Cependant pour faire voir que ce que Do dcfleim xrx.


'ay jiit, & que cç que je diray dans la fuite de l'Auteur.
de cét ouvrage n'eft pas fans raifon l'on
n'a qu'à lire le quatriéme Livre de la fa-,
çon de vivre 'd'Hipocrate , & à confide-
rer la onzième page de la quatrième fe&ion
qui commence pas ces paroles, In hoc au-
tem trip/ices ignis circuitus fecit in fe inyi-
cent intra acfor as tendentes alios qui dent ad
bumorum comitates Lunæ facultate alios
, ,
ycro ad exterioremfiiperficiem, ad ambien-
te11l conjijlentiam ,Iydcram facultate) medios
autem , crc. Et l'on décidera peut - eftre
mieux du fort des mes pensées que l'on
trouvera mefme conformes au fentiment
de Defcartes par la lecture de fes Meteores,
où il dit que le Soleil eft la caufe de la ra-
réfaction de la matiere fublunaire, en quoy
il fe contredit ailleurs, fans qu'on le pui £
fe excufer en aucune maniere.

CHAPITRE VIL
Des quatre parties du Monde, & de
leur fujetion aux quartre parties du
Zodiaque & aux Planètes,
I.
Que l'on
L'On ne doit point ajouter de foy aux
prédirions d'un Aftrologue qui ne
doit avoir connoît point les conftitutions generales
égard aux
conftitutiôs des régions des villes, des lieux , & des
,
générales. airs qui difpofent le fujet aux accidens qui
Ptol. I. i, luy arrivent pendant fa vie ; parce qu'elles
ftfadr. changent les conftitqtions particulières, &
qu'on
qu'on ne fçauroit mefme connoître celles-
cy fans auparavant avoir connu celles-là.
C'eft. pourquoy ayant fait voir que l'A-
ftrologie eftoit une fcience folide procé-
,
dant du general au particulier , il convient
prefentement de parler du Prognoftic en
général où je pourrois raporter les cau-
,
fes des établiflemens, des augmentations,
& des decadances des Empires & des Etats.
le degaft univerfel des Terres, les peftes &
les famines qui ne doivent eftre attribuées
qu'à Dieu qui gouverne tout par fa Pro-
vidence.
Néanmoins les Aftrologues qui préten- îî.
dent connoître tontes chofes par la difpo- Que Dieu
fition des Aftres, ne laiflent point de les causes
laisse agir les
iecon-
leur attribuer ; parce que Dieu ayant don-
né le premier branle a la Nature, la reglée des.
à produire tous fes effets neceflàirement
comme caufe feconde , de la mefme façon
qu'un particulier qui monte une montre
d'horologe pour luy faire fonner les heu-
res qu'il fouhaite à point nommé. C'cft
pourquoy fans déroger à la (ainte Provi-
dence on dit que les changemens des
, ,
Royaumes & des Religions ne viennent
que du changement des Planetes d'un lieu
dans un autre, & que leur exentricité en: la
loiiede fortune qui établit, augmente, ou,
diminue les Etats félon l'endroit du monde
ou elle commence, ou finir.

Ainfi l'Empire Romain a commencé l'an- III.
née du monde 3151. & celuy d'Alexandre Du
com-
,
k Grand l3 année 362.9. fous l'exentricité mencement
des empire du Soleil , la loy de Mahomet n'a eu fott
de Rome, origine que fous celle de Saturne, l'an de
des Grecs & Jefus-Chrift 6n. & fon empire par Otto-
des Turcs. l'année fous la Lune dont ilt
man 1355.
,
portent l'image dans leurs armes & ainft
des autres. De forte que par un calcul exatt
du mouvement du petit cercle qui empor-.
te le centre de l'exentrique à l'entour de fa
circonferance l'on pourroit connoître le
,de la
temps précis ruine des Monarchies
prefentes.
1 V. Mais je m'arrête feulement aux change-
Dé la divi- des airs ; parce que je n'écris point
lion de la
mens
pour decider de la fortune des hommes,
Tene.
mais pour apliquer l'Aftrologie à la mede-é
cine- à laquelle cette connoiffance eft ne-
ce (îaire. Or pour connoître les diverfes
qualitez des airs en général, il faut divifer
le globe terreftre en quatre parties qui cor-
refpondent à celles du Zodiaque Içavoie
,
Midy, Septentrion Orient & Couchant;
& comme dans chacun des douze fignes les
Planetes y ont plus ou moins de force, félon
qu'elles s'y trouvent dans leurs maifons ;
exaltations, triplicitez, faces, ou décuries,
les peuples participent de la nature de celle
qui domine dans les fignes qui les regard
dent. Comme par exemple le Bélier , le
Lion & le Sagitaire , font le premier quar*
ré du Zodiaque qui correfpond à la qua.
triéme partie de la Terre qui eft l'Europe^
dont les habitans participent de la nature
,
de Mars du Soleil & de Jupiter Occi-
dentaux ; parce que le Bélier eft maifon de
Mars, que le Lion eft celle du Soleil qui a
encore fon exaltation dans le Belier, &
quel le Sagitaire eft celle de Jupiter , &
ainft des autres fignes dont on peut apren-
dre les dominations generales & particu-
lières dans des tables exaltes qu'on trouve
dans les Ephemerides avec les Etoiles fixes
qui s'y rencontrent aufquelles il faut avoir
égard ; parce que le changement des Etats
fuit le leur, lorsqu'elles paflent d'un figne
dans un autre.
L'œil du taureau qui eft de la premiere DesV.effets
grandeur dans le to. degré du Taureau de des Etoiles
,
la nature de Mars rend les habitans des fur les Na-
lieux fur lefquels il domine inquiets tur- tions.
y
bulens, & feditieux, comme du temps de
Ptolomée rannée du monde 3641. eftant
,
encore dam te Taureau il agiffoit fur les
lieux maritimes de r Alk mineure qui luy
eft fujete, mais quand il a eu palfé dans les
Cerneaux, il a gffeâké les Arméniens & les
Egyptiens fur lefqueîs ce figne domine.
Le coeur du Scorpion tant qu'il a couru, VI.
le Scoipion a donné fes influences à la Sy- Du coeut du
rie, à la Mauritanie, & à la Capadoce qui Scorpion.
luy font foumifes & à rendu leurs habi-
,
tans cruels, violens, voleurs, & forrunez,
mais ayant pafle dans le Sagitaire qui prè-
side fur les Efpagnes il a fait devenir les
Efpagnols fort avares ,, fraudeleux, cruels,
lX defireux de commender a toute la Terre;
& depuis quelque temps, cette nation elt
menaffée d'un malheur qui ne finira pas 6..
toft. Ainfi le point précis, & le mouve-
ment des Etoiles fixes eftant connues par
les Ephemerides, l'on peut facilement trou-
ver leurs changemens d'un figne dans un
autre, & connoîcre leurs influences le
par
temperament général des peuples qui ha-
bitent les endroits du monde fujets aux fi-
gnes qu'elles courent.

CHAPITRE VIII.
De la triple tes,
conjonélion des Plane
& du jugement qu'il en faut faire. )

LA conjondion
-,
I. eft lorfque deux PI<u
Comment fe netes font dire&ement fous un mefme
font les con- point ou lorfqu'elles font éloignées 1- une de
-

fondions des l'autre de la moitié de leurs Orbes ou de


Planètes.
leurs Spheres d'activité, elle eft grande,
petite. La premiere fe fait
moyenne, ou ,
des. Planetes fuperieures, comme de Satur.
& de Jupiter dans les lignes de feu,
ne
d'air , d'eau , ou de terre , & lorfqu'elles
pafTent d'une triplicité dans une autre to-
talement contraire, comme de celle de feu
dans celle d'eau, il arrive des grands chan-
gcmens dans le monde. 1

La feconde fe fait, lorrquelles ne partent


11. fait contraires,
De la i. Se J. point
j
dans des fignes tout à
conjondion comme des Balances dans l'Ecrevice qui
fympathifent en humidité , pu du Belier
(

dans le Capricorne femblables en feche-


refle laquelle à caufé le changement des
,
-Empires des A (Tyriens des Medes & des
,
Grecs. La troifiéme eft lorfqu'elles paflent
dans des fignes fympatiques & elle ne
,
fait point des grands changemens fur la
Terre.
La conjondtion des Planetes fuperieures III.
dans des lignes d'eau, prognoftique la guer- Du Progno-
ftic
re qui fe termine par la paix , à caufe dejonctions.
des con-
,
rEfcorpion maifon de Mars & des Poif-
fons maifon de Jupiter, celle des trois Pla-
netes fuperieures Saturne , Jupiter & ,
Mars s'apele très-grande & aporte un grand
,
changement celle de Saturne & de Jupi-
ter s'apele moyenne, celle de Saturne &
,
de Mars petite , & enfin celle de Jupiter
& de Mars aufïï petite. La conjonction de
Saturne & de Mars au commencement de
l'Ecrevice produit la fecherelle & la fteri-
lité fi elle n'eft regardée de quelque for-
,
tune à caufe queMars y eft dans fa cheute,
& Saturne dans fon détriment.
Or pour bien juger des effets de ces con- IV.
jonctions , il faut choiflr l'heure qu'elles Comment il

& établir
,
commencent en drefïer la figure cel'efte,faut juger
le Seigneur du lieu de l'afcen- edes effets des
con jOllétiÓs.
dant & des conjonaions & felon fa na-
,
ture & les regards qu'il aura avec les bon-
nes , ou les méchantes Planetes. Il faut pro-
noncer les effets qu'elles doivent produire,
mais comme l'on ne fcauroit avoir une
exacte connoifïance de ces conjonctions à
caufe que ces trois Planetes font trop len-
,
tes en leurs mouvemens & qu'on n'a pas
bien pris la peine de les obferver : il eft plus
à propos de choifir pour Seigneur de la fi-
gure de Tune de ces conjonctions la Plane-
te qui fera la plus élevée dans fon excen-
trique, ou dans fon épicicle, ou celle qui
dominera fur le lieu de la conjonction, Se
prendre celle qui aura plus de dignité,
ayant toujours égard aux Etoiles fixes & à
,
leurs temperamens fi elles aydpn* à' pro-
duire l'effet que le Seigneur qu'on .aura
établi promet, où fi elles le doivent empê-
cher, au lieu & à la maifon où la conjon-
dion fe fait , aux forces & aux foiblelles
des Planetes qui l'accompagnent de leurs
xegards, de leurs antifees, ou de leurs con-
tre ancifces, fi elles font Septentrianales, ou
Méridionales ; parce que celles-là font toû*
jours plus fortes que celles-cy.
V. La figure eftapt bien examinée, on ju-
Qu>n jugC gera par la nature de l'Aftre qui aura plus
des conjon- de fi elles prédifent la guerre , les
verjtu
ctions félon inondations, la naiffancede quelque grand
la nature de
leurs. Sei- perlonnage pour les lettres , ou pour les ar-
gneurs. mes , l'établiuëment, raugmentation ou
,
la ruine de quelques Etat?. Ce qu'on pour-
ra auul juger par les quarrez & par les op..
portions des planetes fuperiçures qui pro- *
duifejit Jes mefmes effets que les conjon-
ctions : car fi la conjonetion de Saturne &
de Jupiter menafle quelques Princes voi-
fins de discorde, elle fe terminera par la
paix , Ci Mars & Mercure la regardent fa-
yorablement, comme l'on peut obferver
dans les derniefes années , que la mefine
çonjonCtion s'eft faite dans le Sagirairc qui
domine l'Efpagne. L'opofition des mef-
mes Planetes en fignifie autant, des guer-
ces & des combats fanglans dont le vi&o-
rieux fera decerminé par la Planete qui au-
ra plus de force & de dignité.

,
CHAPITRE IX.
Du choix qu'un homme doit faire du
lieu dans lequel il veut vivre heu-
reux & en bonne fanté.

L Es petites villes fuivent le


le malheur des Métropolitaines
bonheur, on
, l
& Pour
A 0
fçavoir
pour en fçavoir quelque chofe en général, en
c général
connoître lignes du Zodiaque quelque
i cho-
on doit les
fe des villes,
fous lefquels elles font fituées ou bien
,
les fignes qui occupoient l'afcendant dans
le temps de leurs conftruâions lefquelles
eftant inconnues, l'on prendra le figne où
fe fait quelque Eclip(e de Lune, ou de 50..
leil, ou quelque conjonétion , ou opo-
iition des Planetes fuperieures qu'on aura
obfervée depuis long-temps, avoir caufé
quelques maux generaux dans ces endroits,
comme les feditions populaires, les inon-,
dations, les peftes, les famines , les trem-,
blemens de Terre, les vens tempefteux , &
autres effets extraordinaires qui feront une
marque infaillible de la domination du Si.
gne qui correfpond fur ces villes, & fuivant
qu'il fera oumajfon de Saturne, ou de quel.
que autre Planete, l'on jugera du Seigneur
qui les domine.
Et fi l'on n'a point de connoifïànce
11. ny
Comment il (du temps de leurs conftrudtions , ni des ef.
faut faire ] fets des Eclipfes, ou des conjonctions, otf
quand on ne,des opofitions des Planetes fuperieures , il1
fçait pas le faudra connoître la figure celefte de leurs
temps que Gouverneurs, de celuy qui plus
les villes ont
1
ou y aura
efte bâties, *d'autorité, & félon la difpofition de leurs
afeendans, & deleurs propres inclinations,
on jugera de l'état des villes; parce que le
figne de l'afcendant de la figure d'une ville ;
en fignifie l'état ny plus , ny moins que
l'afcendant d'un homme en fignifie la vie
& le temperament, auffi bien que le mi-
lieu du Ciel fon élevation & fa gloire. De
forte que lorfque quelque Ecclipfe ou
grande ou moyenne conjonction Ce forme ,
des Planetes qui dominent fur les lieux
dans les fignes aufquels ils font fujets , il
n'y a pas de doute que fi elles tombent
dans la dixième qu'elles ne marquent au-
cun avancement, dans la fixiéme, grandes
maladies , dans la huitième mortalité , &
âinfi des autres félon leurs fignificationsj
parce que les Eclipfes , ou les conjonctions,
ou les autres regards bons ou mauvais
communiquent plutoft leurs effets aux
choses qui regardent la multitude, comme
, ,
Citez les Royaumes les Provin-
les Empires
les, les & les Perfonnes facrées des :
Roys & des Princes que les particuliers.
11 r. Or fuivant ces principes un homme qui
Du choix * veut vivre heureux dans quelque ville, la
oit choifir d'une maniere qu'elle ait l'af- que l'on doit
endant de mefme que le fien , ou du faire pour vi-
10ins qu'il luy convienne en quelque cho- vre heureux
s'il luy eftoit à fait contraire, & en bonne
s : car tout fanté.
n'y fçauroit vivre en fanté. Et fi outre la
inté il y veut rencontrer la fortune, il faut
ue ion afcendant ne foit point opofé à
eluy de la Lune de la figure de la ville,
utrement il y vivroit fort malheureux &
arc infortuné.
Un Medecin peut tirer de cette doctrine IV.
L
connoiuance, pour faire utilement chan- Du choix
d'air à fes malades. Si homme qu'on doit
er un veut faire
scevoir de l'honneur & des dignitez en eftre heureux pour
uelque endroit, il faut que le milieu du
en toute for-
:iel, ou le lieu du Soleil de fa figure con- te de minic-
ienne avec l'afcendant du lieu où il veut re.
lire fa refidence. S'il y veut amafler des
ichefles, il faut que le lieu de Jupiter s'a-
orde avec le figne afcendant de la ville,
c s'il y veut enfin vivre heureux en toute
,
)rte de façon il faut que le lieu de la
une de fa figure fimpathife avec l'afcen-
ent de la ville J & s'il n'y peut obferver
5utes ces regles ,f il doit courir jufqu'à ce
u'il ait trouvé un domicile auquel quel-
ues-unes du moins luy puiflent convenir.
Si l'on ne peut fçavoir le temps que les V.
illes ont efté commencées Qnon doit
pour connoîcre oblerver les
s fignes fous lefquels elles font fituées, adtions ge-
on doit obferver les adtions generales des nerales des
abitans enforte que par leurs déporte- habitans
, pour con-
lens on puiflè faire la différence du figne noîrre
les fi.
u milieu du Ciel qui les domine, & parti-
gnes des vil-
les.
culierement celles des principaux cornue
nous avons dit, lequel eftant heureux & for
tuné leur donne du bon-heur & de la fortu.
ne en toutes chofes durant leur vie. Com,
me par exemple, fi le Roy gouverne foi
Royaume avec beaucoup d'autorité, c'ef
une marque que fa naitfànce s'accorde a
vec celle de fon Royaume, & s'il y fouffo
des traverfes & de l'embaras il indiqul
, du Cie
le contraire. Si Mars eft au cecur
de quelque ville , il y fait les habitans fe
ditieux, fi Saturne y eft, il les rend meca
niques lX laborieux, & fi les autres y font
ils opèrent conformément à leurs qua
lires.
VI. Si l'on veut pafler ou ne & fçavoir quel
Pour juger que chofe de plus particulier pour le gou
des Etats &
<le leurs Sou. vernement
d'un Royaume , d'une Provin
Citadelle, il fau
ycrains. ce, d'une Ville, ou d'une
confronter les figures de leurs Couver
les leurs, & eonfiderer fi le mi
neurs avec
lieu du Ciel du theme d'un Gouverneur
convient avec les lieux du Soleil, de la Lu
ne , & de l'afcendent de celle du lieu, 6
obferver les conftitutions des Eclipfes qt
précédé tous lefquels ellant bie
auront ,
examines & comparez entr'eux, s'ils fon
.fympatiques fans aucune contrarieté de 1
part des malefiques , l'Etat des Empire!
des Royaume s, des Villes, des places d'al
mes & des autres lieux fera ferme , ftabu
tranquile & heureux aufli bien que cçlu
le
de ceux qui les gouvernent
VII. de qui gouverner
Pour juger Pour juger ceux ne
n'en l'abfence de leurs Princes , il faut de ceux qui
loûter à cet examen la nativité du Prince gouvernent
ui ,eft abfenc, & voir fi les lieux defuf- en l'abfence
its ont quelque antipathie la figure de leurs Prinr
la avec
Gouverneur & de Ville pré- ces.
u pour en
oir letabliflement, la durée, & la condi-
on ; fi le Roy l'aimera, ou non pour luy
jntjnuer fes bienfaits , ou s'il les change-
L en difgrace. Les curieux qui voudront
exercer fur ce Chapitre, auront une gran-
fatisfaâion s'ils prennent la peine d'en
cliquer les regles félon l'hiftoire, & ceux
ui font profeflion de la Medecine , ne
trouveront jamais trompez dans le choix
l'ils doivent faire d'un air propre pour
urs malades : pour connoiftre les fignes
eneraux & particuliers qui regnent fur
laque Royaume & fur chaque Ville, on

pbemerides.
Dit avoir recours
au premier volume des

CHAPITRE X.
Des £ clip [es,

Uifque nous venons de dire qu'on doit I.


~L
examiner les Eclipfes, pour connoître Qu'il y a
's Etats differens des Royaumes, des Pro- deux fortes
ineçs ,des Villes , & des autres lieux d'EcHpfe.
avec
rux de leurs Gouverneurs prefens, ouab-
ns, & les maladies générales, il faut par
jnfçquent établir des regles
communes
& particulieres pour en juger fainement,
& ravoir qu'il y a deux fortes d'Eclipfe à
dont l'une fe fait par la conjonction des
deux luminaires, & l'autre par leur opofi-
tion partiles ou platiques, celle-là eft de
Soleil, & elle, n'a qu'un Seigneur, & cel-
le-cy eft de Lune & elle en a deux , parce
qu'elle fe termine dans deux fignes diffe-
rens de fituation & de temperament.
II. Et pour avoir une exaéfce connoiflance
Pour con- des effets qu'elles peuvent produire , on
naître les ef- doit fçavoir l'heure qu'elles commencent

fets des E- drefler le theme dans lequel on
el ipfes. pour en
doit confiderer le Seigneur du lieu de FË-
clipfe celuy de l'Ascendant, & celuy du
,
milieu du Ciel , & diftinguer après lequel
des trois à plus de force & de vertu, avec
les Planetes les plus voifines des points car-
dinaux , fi elles font dans les cadentes ou
, eft
dans les fuccedentes : car celle qui en
la plus proche eft toûjours la plus forte : on
tn doit encore examiner les afpeéh qui
peuvent avancer, ou reculer, ou empêcher
les effets fignifiez par les Eclipfes , & choi-
fir pour Seigneur celle qui a le plus de force
& s'il s'en rencontrait deux égales qui fuf-
fent les maiftrefles des deux lieux de l'o-
pofition on établiroit celle qui feroit o-
,
rientale, au préjudice de l'Occidentale, &
l'on prefereroit encore la diredfceàla rétro-
grade qui n'en peut-eftre la maiftreftè , à
caufe de fa rétrogradation.
L'on doit aulli avoir égard Etoiles fi-
III. lieux Eclipfes,
aux
de l'afcendant
Des Etoiles xes des des
Se du milieu du Ciel. Car celles qui parti- fixes qui fe
cipent de Saturne caufent des maladies, trouvent
celles qui participent de Jupiter indiquentdes dans les lieux
fignifient ef- Eclipfes.
du bonheur, & les autres des
fets convenables à leurs qualitez. Car fu-
pofé que la Lune fe fut Eclipfée dans les
poiflons où il y a des Etoiles de la nature
de Mercure & de Saturne, elle feroit des
fluxions froides fur. les pieds ; parce qu'ils
font fujets aux poifrons, avec des tumeurs
& des hevres quartes.
.Eu égard aux maifons fupofé que la Lune 1 V.
maifons
Des
ait efté Eclipfée dans les poiffons interceps où (e font les
dans la feptiéme elle cauferoit du defor- j
, Eclipfes.
dre dans les familles , entre le pere la
,
mere, & les enrans ; parce que la feptiéme
maifon fignifie les mariages & leurs ména-
gés. L'on peut jugep ainfi des autrçs félon
leurs fignifications. Si Saturne Regarde
d'un fextil l'Ecliptique, ou quelque Etoile
fixe, & que fon aCpea fe termine dans un
figne de longue afeenfion : il tâche d'ob-
fcurcir le Ciel & d'exciter de furieux vens,
principalement fi la Lune eft dans la queue
du Dragon. Mais le cœur du Lion de la
nature de Mars & de Jupiter eftant à l'as-
cendant refifte aux menafTes de Saturne,
divertit les maladies caufées par des flu-
xions froides, purifie l'air , & il rend rou-
tes les fignifications de Saturne inutiles.
:
(

situation
Eu égard aux formes des fignes à leurr v.
& à leur divifion fi ,
l'Eclipfe
ar-
De la formé
, des lignes otl
rive dans les fignes qui ont forme humai- fe font les
-
L ne., le mal arrivera aux hommes, fi elle fei Eclipfes.
-
fait dans ceux qui ont quelque forme d'un
,
animal le mal arrivera aox animaux fi el-
le tombe dans un figne Septentrional de
forme humaine elle caufera des tremble-
mens de Terre , fi dans un Meridional el-
le fignifïera quantité de pluyes, fi dans les
trois lignes du Printemps, elle fera du mal
à la femence, & aux premiers fruits de la
Terre , fi dans ceux d'Efté elle en fera à
, Autumnaux,
la moiflon. Si dans les fignes
elle lignifiera du mal aux fourmis, aux her-
bes, aux oyfeaux, aux poilïons & aux au-
tres chofe qui viennent en ce temps, fi dans
les Equinoxes, elle marquera les chofes fa-
,
crées & la Religion fi dans les Solftkes,*
elle indiquera les établiflemens des Loix &
,
des Republiques leurs changemens &
leurs édifices qui fe commencent heureu-
fement fous des fignes fixes pour eftre de
longue durée, fi elle arrive dans des fignes
doubles comme le Sagitaire & les Ge-
meaux elle fignifie quelque je ne fçay quoy
aux hommes, à leurs Roys & à leurs Gou-
verneurs, & fes effets feront produits fur les
perfonnes qui correfpondent par leurs âges
aux quatre angles de la figure, & dans les
parties du monde fujetes aux Seigneurs, &
aux fignes où elle fe fait.
VI. S'il fe fait quelque Eclipfe dans le pre-
Ce que les E-
clipfes figqi- mier angle qui fignifie la jeunetre, elle eau-
fient dans les fera du bien , ou du mal felon fa nature &
quatre angles fa qualité
aux chofes qui ne font que de1
généraux & naître,
dans les mai- aux fleurs , aux enfans aux éco-
,
fondemens de*
sons de la fi- liers aux aprentifs aux
, , j
gure. -
édifices, & à l'éducation de la jeunette ; Si
elle fe fait dans le milieu du Ciel qui li-
gnifie le milieu de l'âge, elle fera du bien,
ou du mal fuivant fes lignifications auxfro-
mens prés à couper, aux hommes , aux
Roys, aux Magiftras, aux Temples & auX'
Forterefles. L'Eclipfe qui Ce fait dans l'Oc-
cident qui marque la vieillefle, lignifie les
Coutumes, les Inftitus, les Loix & la Poli-
ce, & fi le lieu d'un des Seigneurs de l'E-
clipfe convient avec celuy de l'Eclipfe mê-
me , il faut prendre le plus fort de tous deux,
& prognoftiquer des chofes cy-deffus félon
fa qualité , mais fi leurs lieux ne conve-
noient point enfemble il faudroit mode-
,
rer fon jugement & avoir égard aux mai-
fons de l'Eclipfe & de fon Seigneur qui
change fes effets, comme l'on juge des
gens mariez par la feptiéme, par la huitiè-
me , du genre de mort, des peines, & des
tréfors cachez, par la neufiéme, des voya.
ges , & des religions, & ainfi des autres,
prononcer du bien ou du mal félon leurs
lignifications, 6c félon le pouvoir des bon-
, nes ou
des méchantes Planetes qui domi-
nent. Suppofé que l'Ecclipfe fe fit dans
l'Occident , & que Jupiter , ou Venus en
fuffent les Seigneurs, elle marqueroit pour
lors à la veilletfe une pleine fanté confor-
mément à fon âge, qu'elle feroit heureufe
à reformer les Status, & les Loix, & fi quel-
le
ques-uns de ceux que l'Eclipfe fignifieve-
noienr à mourir,leurs morts feroient douces
&natureles ; parce que Jupiter & Venus li-
gnifient la douceur.
CHAPITRE XI.
De la durée, e- de la couleur des Eclip-
les à* de celle de leurs effets.

Que
I.
la durée
sle Soleil eft éclipsé pour une heure
1
fes effets durent un an enner parce ;
des Ecclipfes que cet Aftre n'acheve fa courfe que dans
mefure le & ceux d'une Eclipfe de Lune du-
tcxns de leurs
un an,
effets. rent un mois , pendant lequel elle acheve
fon cercle , & ainfi à proportion de leur
durée, l'on connoît celle de leurs effets,
atribuant au Soleil une année pour cha-
que heure, & à la Lune , un mois , dont
les fignificateurs les plus verticaux agiflènt
piiiffemment- en ce temps fur les lieux qu'ils
dominent tant au regard des hommes en
particulier, qu'au regard des Provinces &
des Royaumes comme nous avons dit,
dans les horofcopes defquels il faut que le
Jieu de l'Eclipfe foit convenable ou bien ,
le lieu des luminaires , ou du milieu du Ciel
dans le temps de leurs naiffances, afin que
leurs effets s'y communiquent.
II. Il faut obferver dans la figure d'un hom-
Qu'il faut me en
1
particulier fi les lieux principaux des
comparer les laminaires & les points Cardinaux font
1

figures des femblables,


1
ou s'ils ont quelque fympathie,
hommes ou quelque antipathie les lieux de la
des Eftats (ou avec
avec celles
1figure de l'Eclipfe , ou par conjonction,
des Eclipfes,fextil, quarré , trine ou opofition , car
-
, félon
félon la difproportion ou le raport que
,enfemble, les Ecli-
ces deux figures auront
pfes produiront leurs effets bons ou mau-
vais fur les lieux, ou fur les hommes dont
leurs figures auront quelque convenence
avec celles des Eclipfes, & non pas fur ceux
qui n'en auront point , & fi les Eclipfes
font de peu de durée , elles ne feront pas
tant du bien , ou du mal que fi elles du-
roient long-temps.
Les diverfes couleurs des Eclipfes indi- 1 Il;
quent la difrerence de leurs effets , celles De la diffé-
qui font noires & livides denotent des pro- rence des ef-
ductions conformes à la nature de Saturne fets des E-
clipfes.
qui eft, fi froid, que ne pouvant eftre vain.
eu par la chaleur des autres Planetes , il ra..
froidit tout le monde, IFclipfe de Soleil ra-
froidit davantage que celle de Lune; par-
ce qu'elle fert de digue à fes rayons par fa
conjonélion, laquelle fe faifant dans des fi-
gnes terreftres denote la fterilitc , tout de
mefme que les Cometes, à caufe de leurs
efcherefles dans des fignes d'eau elle fi-
,
gnifie la pluye en abondance, la fterilité Se
la pefte, dans des fignes d'air , elle prefa-
ge des vens , des feditions & quelque fois
la pelle, dans ceux de feu elle denonce la
guerre, l'incendie & une grande chaleur.
Si Saturne eft le feul Seigneur de l'Eclip- I V.
fe, elle fera des grandes corruptions, prin- Saturne Sei-
cipalement aux hommes aufquels elle eau- gneur des ft-
fera des maladies longues avec des fluxions clipfes.
& des catarres, elle troublera les humeurs
& fignifiera la phitifie & la fièvre quarte,
elle indiquera la difete , la pauvreté , les
diieils, la peur, la mort aux vieillards, Se
la perte des animaux dont les hommes fe
fervent avec des maladies à ceux qui re-
fient capables de donner la pefte aux au-
tres qui font utiles pour la vie, elle fait un
froid horrible plein de glace & de nuës
noires, fombres , & peftilentieles, grande
quantité de neges tempeftes en l'air , &
,
dans la mer elle rend la navigation difici-
le caufe des naufrages , fait mourir les
,
poifibns corromp les eaux des rivieres,
,
produit les inondations & les déborde-
mens , elle fignifie quantité de chenilles,
de fautereles qui mangent les fruits, & des
grêles qui détruifent ce qui eft neceffaire à
la vie de l'homme.
Mais fi Jupiter en eftoit l'unique Sei-
V.
Iupiter Sei- gneur , elle donneroit abondance de tou-
gneur des tes chofes, & feroit le contraire de Satur-
tclipfes.
ne. Car s'il eft dans des fignes humains,
elle donne la paix , la tranquilité , l'ami-
tié , & la gloire, l'abondance dans les fa-
1

milles , & la fanté du corps & de refprir.


Elle orne les Roys, les Princes, & les
Gouverneurs de dons extraordinaires, de
gloire, de magnificence, de fplendeur &
de magnanimité, elle fignifie l'abondance
des animaux utiles à la vie, & la mort de
qui n'y fervent de rien, elle donne à
ceux
l'air un temperament falutaire par des vens
humides, & propres à nourrir, & a-mul-
tiplier ce qui fort de Terre , elle fait dans
l'eau les navigations heureufes, augmente
médiocrement les rivieres, elle fignifie fur
la Terre, l'abondance des fruits & d'autres
chofes utiles à la vie de l'homme, la ruine
des infèttes & des animaux feroces, com-
,
me des Lions , des Loups des Crapaux,
des Serpens, & des Scorpions ; parce que
le Soleil , ou la Lune eftant en deffaillan-
ce la Planete qui domine prend leurs pla-
ces , enforte que fi elle eft malefique, el-
le caufe du mal, & au contraire fi elle eft
benefique. C'eft pourquoy il ne faut pas
s'étonner fi Jupiter qui eft la fortune ma-
jeure fait que l'Eclipfe caufe tant de bien,
lorsqu'il eft fubrogé au luminaire défaillant.
Si Mars eftoit le Seigneur de PEclipfe il v r.
, Mars Sei-
y auroit une grande corruption à caufe de gneur des
la chaleur avec des guerres & des feditions Eclipfes.
inteftines des villes ruinées , des peuples
>
endifcenfion, des Princes en querele, des
morts impreveuës , des maladies bilieufes
& aiguës, des fièvres tierces , du fang ré-
pendu avec mort aux jeunes gens & avec
violence, injure , incendie, homicide, ra-
pine & larrecin il y auroit en l'air des
vens chauds , ,
fecs & peftilens avec des
grands tourbillons qui cauferoient des nau-
frages prompts & foudains , les foudres &
les tonnerres feroient fort frequens, les ri-
vieres tariroient les eftans feroient cor-
,
rompus , & tout ce qui fert à la vie de
l'homme feroit perdu à caufe de la grande
fechereffe.
Si Venus en eftoic la feule maiftrefle, el- v 11.1
le promettroit les mefmes chofes que Ju- Venus Da-
---- 111, me de l'E-
G ij clipfe.
piter elle donneroit à l'homme la beauté,
l'honneur , la gloire , la joye la fortune,
,
,
la fecondité, & les richeiles en fon maria-
ge , elle le rendroit agreable dans les con-
verfations, fort honefte & fort propre à
,
la vie civile , elle luy imprimeroit le ref-
pect pour la Religion, & le rendroit fami-
lier avec les Princes , elle produiroit en
l'air des vens humides & des conftitutions
fecondes , elle feroit une Saifon fort agréa-
ble avec ferenité & avec des pluyes bon-
nes & profitables au bien de la Terre, elle
fortuneroit les voyageurs dans la mer, don-
neroit en abondance tout ce qui fert à la
vie , & grofliroit moderement les fleuves
& les rivieres.
YII. Si Mercure difpofbit de l'Eclipfe , elle
De Mercure produiroit des effets femblables à ceux des
Seigneur des autres Áftres aufquels il feroit conjoint, ou
Eclipfes,
avec lefquels il auroit quelque aplication;
parce qu'eftant d'une nature inconftante,
il prend la qualité de ceux qu'il rencontre,
mais eu égard à luy.mefme s'il difpofe de
l'Eclipfe, elle faira les hommes aigus , in-
duftrieux, ufurpateurs, larons pyrates, &
,
la refpiration difficile , & fi mercure eft,
alors mal configuré avec quelque méchan-
te Planete l'Eclipfe caufera des maladies
, des fièvres continues, la phi-
feches, avec
tiGe, la toux l'afthme , le changement
,
dans la Religion , dans les Loix & dans les
Inftitus elle produiroit en l'air une très-
,
gtande fecherefTe avec des furieux vens,
inconftans & contraires dans un mefme
jour, les éclairs) les foudres , & les ton-
nerres avec des tremblemens de Terre, &
du mal aux Animaux & aux Plantes ne-
ceflàires à la vie, s'il eftoit Occidental, el-
le diminueroit les rivières mais au con-
,
traire elle les groflroit s'il eftoit O-
riental. : -

CHAPITRE XII.
Des différentes qualité^ de l'air durant
L'année e- durant les quatre
Saifons..
L
1 1.
-'A ip.
ment
ne confervant
naturel, caufe
pas
une
fon tempéra-
infinité de ma-
I.
Du tempe-
de
ladies. C'eft pourquoy il eft jufte de le l'air rament
en zci e-
connoître jufqu'à la derniere différence néral;
par le moyen de-la figure dreffée au point
que le Soleil entre dans les équinoxes , ou
dans les folftices dans laquelle l'on doit
,
confiderer les rencontres que ce bel Aftre
fait avec la Lune, les angles du milieu du
Ciel & de l'afcendant avec la qualité de
l'Aftre qui domine les lieux de ces rencon-
tres qui fe font, ou par conjonction fex-
,
til trine , ou opofition il faut encore avoir
égard aux Etoiles fixes, qui s'y rencontrent,
& l'on doit juger fuivant leurs tempera-
mens de la bonne ou de la mauvaife con-
ftitution des Saifons , jusqu'au dernier de-
gré félon la force , ou la foibleife de la
Planete qui domine dans la figure.'
11. Cette façon de juger des temperamens
Methode des airs eft plus feure que celle qui pro-
,
feure pour cédé par les effets dont elle n'a connoiffan-
connoître lorsqu'ils font arrivez, au contrai-
les qualitez
ce que
re de l'Aftrologie qui les connoît long-
de l'air.
temps auparavant. Hipocrate & Galien
nous afliirent en plufieurs endroits que la
fechereffe exceffive caufe les fièvres aiguës,
la phitifie l'ophtalmie les douleurs de
, ,
tette, & autres maladies, que la pluye pro-
duit les fièvres pourries & continues, les
flux de ventre) les catarres, les angines &
les apoplexies , que les vens Septentrio-
naux font meilleurs que ceux de Midy;
parce qu'ils fortifient le corps auquel néan-
moins ils ne latent point de caufer des ca-
tarres , & des fluxions en relferrant le cer-
veau , & que les Meridionaux caufent des
vertiges & des pefenteurs de tefte en l'hu-
ineèkant la difficulté de veuë & d'ouie
,
avec la lafïïtude & la langueur des mem-
bres. Mais ils n'ont fait ces prognoftics
qu'après une longue obfervation jqui fe
trouve néanmoins crompeufe ; parce qu'd.
le ne procede que par des effets particu-
liers.
III. Mais TAftrologie ne fe trompe point;
Du Prin-
parce qu'elle procédé de la caufe généra-
temps. le & particuliere des effets ,
& qu'elle
nous affure-que fi Mars fe trouve joint au
Soleil faifant fan entrée dans le Belier,
pour commencer le Printemps qui doit
dire chaud & humide, qu'il le rendra conè
traire à fon temperament naturel, & qu'il
le fera chaud & fec, pour caufer des tem-
peftes en l'air, des maladies mortelles aux
vieillards, des fauflès couches aux femmes
grofles & des diffenteries aux bilieux. Mais
fi le Soleil entroit dans le mefme figne du
Belier avec quelque autre Planete qui ren-
dit le Printemps plus humide qu'il ne doit
eftre, il cauferoit des apoftumes, des peti-
tes veroles, des phrenefies , & des ifèvres
dificiles à guérir, s'il y entroit avec Satur-
ne qui le rendit froid & pluvieux, il aug-
menteroit les pourritures jufqu'à caufer la
pefte.
Si le Soleil fe trouve dans le cancre pour IV.
chaud De l'Efté.
y commencer l'Efté qui doit eftre &
fec avec quelque Plancte ou quelque
, ,
Etoile fixe qui augmente fa fechereife au
delà de fa conftitution naturelle , il caufe-
ra des petites veroles , & des fiévres en a-
bondance avec grande douleur de tefte : &
s'il y eftoit avec quelque autre Planete qui
le rendit humide & chaud , il produiroit
des grandes maladies , des ifèvres aigues
& pourries, des diflènteries, & des gran-
des fueurs , s'il y eftoit avec Saturne qui
le rendit froid , il feroit falutairé aux bi-
lieux, principalement s'il eft avec un peu
de pluye & s'il eft ferain avec des vens
,
Septentrionaux, il fert aux pituiteux.
Mais fi le Soleil va courir les Balances V.
pour y faire l'Automne qui doit eftre chau- De l'Autom-
de & humide, & qu'il s'y rencontre avec ne.
Mars, elle fera nuifible aux bilieux, &
aux thabides , elle leur caufera desfiévres
continuës & des opreffions de poitrine
,
avec abondance de mélancolie ; perce que
Mars la rend plus feche qu'elle ne devroit
eftre d'elle- mefme elle ne laifîera pas
,
néanmoius d'eftre utile aux phlegmatiques
& aux femmes. Si le Soleil eft avec la Lu-
ne dans les Balances, l'Automne fera trop
humide depuis le commencement jusqu'à
la fin c'eft pourquoy le cerveau fe rem-
,
plira de tant d'excremens , qu'eftant à la
fin obligé de s'en délivrer fur les inftru-
mens de la voix, il caufera au commence-
ment de l'Hyver des rheumes , des flu-
xions , des catarres & des douleurs de tefte
en abondance.
VI. Enfin fi le Soleil va occuper le Capricor-
De l'Hyver. ne pour y commencer l'H yver qui doit
eftre froid & fec, & qu'il y foit accompa-
gné de quelque Planete qui augmente, ou
diminnë fa conftitution naturelle , & qui
luy en influë mefme une contraire il cau-
,
fera des maladies conformément à l'éloi-
gnement de fa conftitution naturelle.
VIII. cifes Or fi l'on veut avoir des regles plus pré-
Keglcs parti- pour connoître tous ces changemens
culieres pour jufqu'à
j
la derniere différence , l'on doit
connoîcrele,examiner dans la figure celefte les fignes
temperaméc faire , les
que
,
le Soleil occupe pour quatre
des Sailons.
Saifons de l'année , les points Cardinaux,
9

les pleines & les nouvelles Lunes avec


leurs quartiers le partage des Planetes,
,
leurs afpeas & leurs domiciles, afin de ju-
ger de ce qui doit arriver ; car fi les bonnes
Planètes font dans l'afcendant, ou qu'elles
le regardent favorablement, la Lune n'é-
tant point bleffée des malefiques , & les
Seigneurs des Lunaifons & de leurs quar-
tiers eftant bons , ou heureufement regar-
dez de quelque fortune , il n'y aura point
de maladie pendant ce temps.
Mais fi le Ciel eft autrement difpofé, & VIII.
que les méchantes Planetes ayent le def- De l'aplica-
fus, il arrivera beaucoup de maladies li- tion des Sei-
gneurs
gnifiées par la Planete qui prédomine, la- fàifons des
avec
quelle ayant encore quelque aplication les mations.
avec le Seigneur de la huitième maifon, les
rendra morteles & s'il a quelque com-
merce avec le Seigneur de la fixiéme , il
,
les fera longues & tres fâcheufes, & ainli
des autres maifons félon leurs fignifica-
tions. Si l'on en veut encore avoir unecon-
noiffance plus particulière il faut exami-
,
ner en détail les proprietez de chaque Pla-
nete , & commencer par Saturne comme
le plus éloigné.
Saturne eftant Seigneur de l'année, caufe IX.
un tres-grand froid dans les païs Septen- Satnrne Sei-
trionaux , & beaucoup de chaleur dans les gneur de
l'année.
païs Méridionaux ; parce que les rayons du
Soleil y deviennent plus fervens. Si fa froi-
deur naturelle n'en: point temperée par la
chaleur de quelque Planete qui la puille
,
diminuer, comme celle de Mars ou par
conjonction , fextil, quarré, trine, ou op-
pofition elle tue quantité d'animaux &
,
,
empêche la terre de produire principa-
lement fi Saturne eft dans l'afcendant.
S'il eft dans un figne froid , il caufe des
grandes corruptions , s'il eft dans un figne
de feu , il influe la pefte qui n'arrive que
lorfque la vertu du Soleil eft afligée dans
l'air, & celle de la Lune dans l'eau; par-
ce que celuy-Ià conferve l'air, & celle-cy
l'eau & la terre. De forte que fi Saturne
eft dans le Lion qui eft le domicile du So-
leil qui prefide au cceur , eftant d'un tem-
perament contraire au fi en, il caufe la pefte.
S'il y eft avec Mercure ou avec Venus, il
augmente fes effets par antiperiftafe ; par-
ce que Venus luy eft contraire, s'il eft dans
des fignes d'air avec des Etoiles Saturnien-
nes , il fait les mefmes operations, mais
avec moins de violence.
X. Si Saturne eft heureux dans la premiere
De Saturne maifon & favorablement regardé de fon
dans chaque Seigneur, il fignifie le
1

la fanté des
maifon. ! repos &
hommes avec les prefens des grands Sei-
gneurs. S'il y eft afligé il dénoté le con-
,
traire. S'il eft heureux dans la feconde, &
heureurement regardé de fon Seigneur , il
marque un bon eftat avec profit dans les
familles , il promet la fanté & la fortune
Miniftres, & s'il eft infortuné, il dit-
aux y
iipe les biens de la maifon. S'il eft fortuné
dans la troifiéme , il fignifie la joye & l'a-
,
mitié des hommes s'il y eft malheureux,
il infortune les voyageurs & promet de la
haine & de l'inimitié. S'il eft puiifant dans
la quatrième il avance les édifices & l'a-
, fait grand foin:
griculture & qu'on en a
,
mais s'il y eft foible, il en marque la ruine
& empefche l'agriculture par ennemis, &
à caufe des eaux : dans la cinquième , il
donne de la joye à caufe des enfans, & de
l'utilité aux principaux des Villes s'il y eft
heureux, mais il promet le contraire s'il y
eft malheureux : dans la fixiéme principa-
lement s'il y eft dans un figne humain il ,
caufe des maladies mélancoliques, l'épi-
lepfie le mal caduc , la lepre & la folie.
,
& s'il y eft dans un figne d'animal, il cau-
fe les mefmes effets aux animaux fignifiez
par un tel figne. S'il fe trouve dans la fep-
tiéme & dans un figne de forme humaine,
il fait marier les adultes & les vieillards,
& s'il y eft dans un autre figne, l'on fe
plaira aux chofes que le figne fignifie. S'il
eft dans la huitième & dans un figne hu-
main, il fignifie la mort des hommes &
des autres chofes fujetes au figne qu'il oc-
cupe. S'il eft dans la neuviéme & dans un
figne mobile, il dénoté des longs voya-
ges , & s'il y eft dans un figne fixe, il de-
nonce exercice de Religion, de Paix, & de
Juftice, s'il s'y rencorte infortuné, il figni-
fie quelque malheur dans les voyages &
dans la navigation. Sil eft heureux dans la
dix, il marque du bon-heur aux Roys, aux
Princes & aux Magiftrats, mais y eftant
,
malheureux & élevé au deflus des autres
Planetes il infortunera toute la Terre à
, froideur exceffive les Roys
caufe d'une
,
changeront de demeure & feront , beau-
coup de mal à leurs fujets en exigeant de
nouveaux tributs : heureux dans la onze, il
accomplit l'efperance & le defir des hom-
,
mes , il rend riche par voyages & par li-
beralité, malheureux fait le contraire. Fort
dans la douze promet le repos & l'ami-
, foible
tié des hommes, promet leurs hai-
nes , & leur caufe des procez, du domma-
ge, & de l'infortune.
XI. Si Jupiter eft le feul Seigneur de l'année, &

Des fignifi- qu'il foit joint au' Soleil, il tempere l'air, il


cations de j fait
<

les petits vens Septentrionaux qui forti-


lupiter quad jfient les animaux & les fèmences il mo-
il eft Sei- dere la chaleur de l'Efté & la froideur , de
gneur de -l'Hyver, il diminuë les maladies , generales,
l'année , & *

dans chaque fait


j celfer la pefte & rend l'air fort falu-
,
maifon de la taire. Si Jupiter fe trouve fort dans la pre-
figure. mière maifon, & qu'il y foit heureufe-
ment regardé de fon Seigneur il fignifie
,
aux hommes & particulierement aux Reli-
gieux , bonne fortune , joye & fanté,
, qu'ils
qu'ils bàtiront des Eglifes & s'a-
,
donneront à l'étude des Loix & de la Sa-
geffe, mais s'il y eft foible, il rend pauvre
& diminuë les biens, enforte que les hom-
mes ne fçauroient rien faire qui vaille fans
grande difficulté. Les Roys feront plus
foigneux de leurs perfonnes que de leurs
peuples. S'il fe trouve dans la féconde heu-
reux & fortuné , il promet une belle vie
avec des grands gains qui arriveront lorf-
qu'on s'y àtendra le moins, mais il arrive-
ra le contraire, s'il eft infortuné par fon
y
,
Seigneur & fera que les Roys s'étudie-
rendre
ront à ramaffer des tréfors pour
leurs peuples miferables, en exigeant des
droits qu'ils auront legitimement impofez.
Eftant dans la troifiéme, il rend les hom-
mes fociables , & aimables entr'eux , reli-
gieux envers les pauvres, Libéraux, A Uro-
logues, & rechercheurs des Sciences devi-
natrices. S'il eft heureux dans la quatriè-
me , il rend les champs fertiles & abon-
dans , s'il y eft foible , il fignifie le con-
traire, & donne de l'inclination aux Roys
pour les Sciences devinatrices & pour la
guerre. Dans la cinquième, il rend les en-
fans fort heureux & fort feins , il protege
les femmes grolfes en leurs acouchemens,
il donne des mouvemens aux Roys pour
augmenter leurs richeffès , & les édifices
de leurs Villes. Heureux dans la fixiéme,
& dans un figne humain ; il fortune les va-
Icts & les fervances ; s'il y eft dans un figne
d'animal, il prefage la mefme chofe aux ani-
maux fignifiçz par le figne où il eft , & s'il
s'y trouve foible & malheureux, il marque
des maladies causées par des vens & desapo-
ftumes. Heureux dans la feptiéme il dénoté
la bien-veillance entre les maris & leurs fem-
*

mes, malheureux,il dénonce le cocraire avec


t
des grandes diffimulations. Heureux dans
la huitième, il refifte à la mort & indique
que ceux qui mourront feront honorable-
,
ment enterrez , malheureux il avance la
mort & afflige les animaux fignifiez par le
figne qu'il occupe, il rend les Roys curieux
1 de faire fouiller les foflès. Dans la neuf-
: viéme il rend les voyages heureux tant
,
par Mer que par terre, il fait changer d'air
aux Roys & les incline à l'étude des Scien-
ces devinatrices, eftant fort dans la dixiè-
,
me; il augmente les honneurs la juftice,
& les profits aux fujets des Roys qui leur
obeïront de bon ccsur ; & s'il y eft foible,
il fera que les Roys ny les peuples ne fini-
,
ront pas leur devoir. S'il eft puiflànt dans
la onzième, il donne de la fplendeur, & de
la gloire, les dons, & les biens impreveus.
Dans la douzième il lignifie le profit à
,
caufe des procez, & promet la vidkoire fur
les ennemis.
XII. Si Mars eft Seigneur de l'année fans eftre
,
De Mars regardé de Saturne on de quelque autre
Seigneur dePlanete qui par fon temperament puifle
l'année, & moderer fa chaleur, il adoucira la rigueur
de fes effets
dans chaque'de l'Hyver, & augmentera la chaleur de
nuifon. Jl'Effé, & d'autant mieux s'il eft dans quel-
,
que figne chaud & qu'il monte fon cer-
cle il fera pour lors que les animaux &
,
les femences profiteront beaucoup dans les
païs Septentrionaux , & qu'il arrivera le
contraire dans les païs Méridionaux où ,
il ne fignifie que deftruttion des animaux,
& des femences à caufe de la fecherefle,
qu'incendies , que toufeurs que foudres,
,
que grêles , & que guerres. S'il eft dans
fon propre figne dans la révolution de l'an-
née, il plevra beaucoup, s'il eft dans celuy
de Saturne peu , & dans celuy des autres
médiocrement, s'il eft dans l'Efcorpion a-
vec quelque afpeâ: de Venus, il fera quan-
tité de pluyes où il faut remarquer que
Mars eft d'une, nature inconitantp, tantôt
humide, & tantôt feche atirant par fon
,
tempérament chaud & fec les exhalaifons
,
de la Terre & les augmentant lorfqu'il
monte Ton cercle , mais lorfqu'il en def-
cend pour s'aprocher de la Terre, il les di-
minuë & devient humide, il caufe les dou-
leurs qui proviennent du fang, & de la ve-
rôle, ayant cela de commun avec Saturne
qu'il fait les maladies veneriennes, la fte-
riiité & les feditions.
S'il eft fort dans l'afcendant, il fignifie
que les habitans des païs fujets au ligne où
il eft , feront heureux à la guerre durant
,
cette année & qu'ils en raporteront des
grands butins, s'il y eft foible il marque
,
les diffenfions & les debas les effùfions
,
de fang, les grandes , les
pertes & grands
dommages. Dans la feconde" il fignifie
,
quantité de voleurs & des grandes mife-
res aux hommes à caufe des impofitions.
Dans la troifiéme il redouble les inimi..
,
tiez. Dans la quatrième il empoifonne de
fa nature toutes les autres, Planetes, enforte
que s'il y eft dans des fignes de feu, il cau-
fe les embrazemens des Villes , dans ceux
,
de forme humaine abondance de fang à
caufe des guerres & des procez, principa-
lement fur la fin de l'année. Il caufe dans
la cinquième des douleurs, & des grands
dommages aux femmes grofles. S'il eft dans
un figue fec à la fixiéme, il ilproduit des ma-
ladies chaudes & feches en fait autant
,
dans des fignes humides, dans les fignes
&
d'air, il promet des maladies épidemiques
qui proviennent du fang & des vens. Les
beftes fuivent la mefme infortune, s'il y eft
dans des fignes animaux. Dans la feptiéme,
il fignifie des difienfions fuivie des coups,
avec quantité de Iarrecins. Il marque dans
la huitième , la mort de plufieurs perfon-
nes fignifiées par la qualité de l'afterifme
qu'il ocupe. Dans la neuvième ; il rend les
voyageurs malheureux & les fait tüer par
des voleurs, s'il y eft dans un figne d'eau,
il indique les naufrages , & les Pyrates.
Dans la dixiéme il fignifie tyrannie, &
,
denote que les Roys dépouilleront leurs
fujets. Dans la onziéme il caufe des que-
,
reles pour la moindre chofe du monde, de
une grande méfience entre les hommes.
Dans la douzième, il fignifie la crainte, &
le chagrin, les pertes de fang, & beaucoup
de mal.
X II). Le Soleil change les Saifons félon les coiu
Du Soleil jondtions ou felon les afpeas des autres
,
Seigneur de: Planetes chaudes
cf
l'année,
, ou froides , ou feches,'
& humides. Car eftant avec Saturne fans
de ce qu'il ou il la froideur de
opereen cha- afped de Mars, augmente
l'Hyver, oc diminue la chaleur de l'Efté,
que domi-
cile. & encore davantage s'il eft dans des fignes
froids , & que Mars foit dans des fignes
chauds. Deforte que fi le Soleil fe trouve
heureux dans la premiere maifon , & Sei-
de la révolution annuele il marque
gneur ,
fanté & fortune aux Roys, aux Princes,
aux Magiftras , & aux autres perfonnes
conftituées en dignité, s'il y eft malheu-
il fignifie le contraire que quelques-
reux,
uns
Uns feront dépotiillet de leurs dignitez. Il
indique dans la deuxième, que les Princes
fouhaiteroient tellement d'amafler des ri-
chelfes qu'ils en dépouïlleront leurs fu-
, la troifiéme, il
jets. Dans marque l'amour
,
& l'amitié des hommes des Loix de la
,
Juftice, du Jeu, & de la Religion. Dans la
quatrième il dénonce la destruction des
,
Jardins de plaifance , & la chute des No-
bles conftituez en dignité. Dans la cinquiè-
me , il bleffe l'enfant dans le ventre de la
mere , & menaile de faufte couche. Dans
la fixiéme il fignifie de grandes mala-
,
dies principalement aux yeux & fait
,
,
mourir les petits animaux. Dans la feptié-
me , il infpire aux Roys là vie folitaire.
Dans la huitième il fignifie la mort de
,
plufieurs perfonnes dignifiées. Dans laneu-
tiéme il dénote une fortune ftable, un é-
,
tat, & un exercice tranquile des Loix , &
des Religions , & il promet de l'honneur
aux Religieux, & aux Legiflateurs. Dans
la dixième il donne des grandes dignitez
,
aux Princes , & à leurs fujets , avec une
grande renommée. Dans la onze, il mar-
que un état joyeux , & floriflant aux peu-
ples, aux Magiftrats & à leurs Souve-
,
rains. Dans la douze, il fepare les peuples
de Pobeïflance de leurs Supérieurs. XIV.
Venus eftant maiftrefle de l'année mul- De Venus
tiplie les humiditez du Printems & de Dame de
J'Hyver, & la fecherelTe de l'Efté, & de l'année , &
l'Automne, principalement fi elle eft dans de tes figni-
Hcations en
quelque ligne humide libre des regards
ICS M chaqnemai-
, H ion.
de quelque Planete feche: & fi eftant ainu
Dame de l'année elle fe trouve dans la pre-
miere maifon, elie lignifie force , joye &
,
fanté. Dans la deuxième abondance de
fruits, liberté, & fertilité dans la vie. Dans
la troifiéme, haines , & debas. Dans la qua-
triéme jaloufie des maris envers leurs
,
femmes, & fait la fin de l'année plus heu-
reufe que le commencement. Dans la cin-
quième elle dénoté la converfation & la
,
joye avec les petites filles, & le bon-heur
des femmes grofles. L'année fera plus abon-
danteen fines qu'en garçons. Les hommes
feront adonnez à l'amour, à la mufique, à.
la propreté, & à la raillerie. Dans lafixiéroe
elle indique le gain aux trafic des animaux,
fi elle eft dans un figne animal, & dénonce
aux femmes des maladies qui proviennent
de la foiblelFe d'eftomach pour avoir trofi
beu & trop mangé. Si elle eft heureufe dans
la feptiéme, les hommes fe plairont à con-
tracter mariage, mais fi elle y eft infortu-
née, les femmes Te quereleront avec leurs
maris. Infortunée dans la huitième , elle,
çaufe la mort à beaucoup de femmes. Dans
la neuvième, elle rcn i les voyageurs heu-,
reux , & les hommes plus adonnez à
l'exer..
cice de la Pieté de la Retigion, de la Ju-
,
fiice, & de la chafteté qu'à la converfation
des femmes. Dans la dixième, elle rend les
Royaumes tranquilçs & floriflans les
, les
Roys liberaux & affe&ionnez envers
femmes, les Comediens, les Joueurs d'ifl-»
ftrumeos, 8c les Muuciens. Dans la on-.
fciéme elle incite les hommes à l'amour,
,
& à la dance. Dans la douzième, les hom.
,
mes haïront leurs femmes ils les mépri-
feront, & leur ôteront toute forte de gou-
vernement.
Mercure eftant Seigneur de l'année, rend XV.
l'air inconfiant corromp les vens, parti- De E Mercure
culierement s'il , eft dans des lignes humi- sSeigneur de
des & venteux. S'il eft dans des lignes jl'année , &
de ce qu'il
chauds ôc fecs il augmente la fechereue, dans
, opere
0
& fait des
vens abominables. Dans la pre-• cchaque mai-
miere maifon, il confèrve les enfans, leur; fon. fi
donne de la joye & les rend propres à ap-
prendre les Arts, & les Sciences, heureux
dans la deuxiéme dénonce aux Marchands
des grands guains & des dignes recom-
,
penfes à ceux qui travaillent , les fervi-
teurs & les maîtres fe feront réciproque-
ment fidèles , mais s'il y eft malheureux, il
fignifie pauvreté. Dans la troifiéme, il ex-
cite les hommes à l'étude & à la difpute des
Loix. Dans la quatrième, il promet les pri-
ions aux Scribes, & aux Miniftres dont ils
feront bien-toft délivrez ; pourveu que
Mercure ne foit point lent dans un figne
mobile, ou qu'il ne foit point dans un li-
gne fixe regardé de Mars : car s'il s'y trou-
voit ainfi difpofé, il les fairoit appliquer à la
queftion & de là conduire au gibet. Heu-
reux dans la cinquiéme il fait facilement
,
acoucher les femmes des enfans fpirituels
,
& fubtils s'il y eft infortuné il caufe les
,
»
faufles couches, ou fait que les femmes ne
peuvent acoucher. Dans la fixiéme,
nxicme, ilme-
H ij
,
naffe les enfans de maladie félon le tem-
perament du figne qu'il occupe. Dans la
ieptiéme il marque fodomie & averfion
,
pour les femmes. Dans la huitième, il don..
ne la mort à plufieurs enfans. Dans la
neuvième, il fortune les longs voyages, &
les Arts, & excite l'amour pour les Scien-
ces. Dans la dixième, il éleve avec profit
les Ecrivains & les fçavans aux honneurs,
& aux dignitez publiques, fi quelque for-
tune le regarde , mais s'il y eft mal heu-
reux , il produit le contraire. Dans la on.
ziéme, il fignifie amitié mutuelle entre les
hommes , utiles & commodes. Et dans la
douzième, il fignifie les haines, les de bas,
& les contentions.
XVI. La Lune par la conjonâion qu'elle a cha-
De la Lune mois le Soleil, change auffi cha-
Dame de que avec
j'annce,& que mois la nature de l'air, de mefme que
de Tes effets le Soleil chaque quartier de l'année. Elle
dans chaque eft d'elle-mefme chaude & humide dans le
maifon. premier quartier , dans le fecond chaude
,
& feche ; dans le troifiéme froide & fe-
, froide
che, & dans le quatrième , & hu-
mide & fi elle fe trouve dans le theme de
,
la révolution annuelle avec Venus & Mer-
,
cure dans des fignes humides elle caufe
quantité de pluyes & opere la mefme cho-
,
fe, fi elle les regarde dans l'Orient au com-
mencement de l'année , mais elle fait le
contraire , fi elle les regarde dans l'Occi-
dent , & eftant maiftreiTe de l'année dans.
la premiere maifon , elle fignifie bonne
ftnté aux hommes a & bonté aux chofes
DES ASTRES. Z/V. J. 117
qui fervent à leur confervation, & fi elle y
eft foible il arrive le contraire. Si elle eft
heureufe dans la deuxième elle marque
,
l'abondance, fi elle y eft malheureufe, elle
indique le contrire. Dans la troifiéme elle
1ignifie converfation avec fes amis & avec
fes parens & joye dans les longs voyages.
,
Eftant infortunée dans la quatrième ne
, la
fignifie que chagrin 8c que mifere. Dans
cinquième joye & fortuné par les enfans.
Dans lafixiéme , elle marque la dévotion
du peuple. Dans la feptiéme elle fignifie
fortune par les femmes. Dans, la huitième,
mortalitez. Dans la neuvième , des longs
voyages par Mer & par Terre. Dans la di-
xième & dans la onzième fortune aux
, ,
Magiftrats, & dans la douzième, quereles
& difcordes.
L'on doit icy obferver que s'il y avoir XVII.
plufieurs
-
Seigneurs de la révolution de l'an- Comment il
faut juger
née, qu'il faudroit prononcer fe!on leurs révolu-
une
qualitez & felon celles des Etoiles fixes tion annue!e
,
qui s'y rencontrent : car le Soleil entrant qui a plu-
,
dans les Equinoxes ou dans les Solftices, ifeurs Sei-
eft plus ou moins chaud felon la nature des gneurs.
Etoiles qui font dans le figne qu'il court,
& ainfi des Planetes qui changent les con-
ftitutions des Saifons ; parce que Jupiter
joint à Mars pendant le Printems qui doit
eftre humide le rend chaud & fec il fait
l'Efié tres-ardent , l'Automne de ,mefme
que le Printems , & l'Hyver médiocre &
languitrant.

H
Il »
Les trois Planetes fuperieures eftant des x VII r.
-
iij Réglés part
culieres pour fignes Septentrionaux, donnent de la cha-
juger desSai- leur pendant le quartier qu'elles font*ainfî
fous. ,
conftituées, & elles font le contraire fi
elles font dans des fignes Méridionaux.
Saturne dans fon propre domicile pen-
dant le quartier d'Hyver caufe un tres
grand froid , tempere la chaleur de l'Efté,
augmente la fechereiïe au Printems, & pro-
duit le mefme effet en Automne s'il y eft
joint avec Mercure. Les Planetes & les
Etoiles d'un ,
temperament contraire ayant
quelque aplication mutiiele caufent un tem.
perament mediocre , comme par exemple,
Mars eftant j oint à Saturne , tempere le
froid de l'Hyver & joint à Mercure re<-
,
gardant la Lune, ou le Seigneur de l'afcen.
dant.dans la fixiéme, ou dans la feptiéme,
il caufe une grande fecherefle.
Si le Soleil entrant dans les tropiques re-
garde la Lune fïtuéedans un ngne humide,
Venus eftant auffi dans quelque figne hu-
mide caufe quantité de pluyes &- fi la
, ,
Lune n'eft point dans un ligne humide, Be
qu'il n'y ait que Venus, la Saifon fera tem-
peré & agreabie.
CHAPITRE XIII.
Autres Réglés particulières pour con-
naître le temperafnent des
quatre Saifons*

S 1 Mars regarde les lieux de la conjon- I.


Aion ) ou de l'opofition des luminaires Du Printems
qui ont precedé la révolution annuele. Il
canfe des foudres , des éclairs, & des ton-
nerres au Printems. Les Planetes brûlées
le remplirent de nuës. Venus rétrograde
pendant que le Soleil court le Belier, ou le
Taureau, rend le Printems pluvieux : & fi
Saturne eft le maître de la figure du Prin-
tems ) il le rend froid , humide & ven-
teux.
Cinq Planetes directes dans la figure JI.
d'Efié. le rendent fort agreable quoique Dcl'Eftc.
chaud, & n elles y font retrogrades le ren-
dent auffi agreable, mais un peu frais ; par-
ce que les directes échaufent , & que les
rétrogrades rafraichiflent félon nos princi-
pes. Si les ftationnaires font chaudes , elles
font une grande chaleur , & fi elles font
froides, elles operent le contraire. Les hu-
mides augmentent les pluyes, les feches, la
fechereflTe & les rétrogrades font plus de
chaud , excepté Jupiter opofé
froid que de,

au Soleil. Les Planetes brûlées dans la qua-


triéme maifon caufent beaucoup de cha-
leur & de tonnerres. Le Soleit au terme de

III.
derement fec.
Mars augmente la chaleur en Hyver &
au Printems la fecherefle, & caufe peu de
pluyes. Saturne Seigneur de la figure d'E-
té le rend temperé en chaleur, mais immo.
Les Planetes brûlées dans la quatrième,
De l'autom- rendent l'A utomne froide & humide, & fi
PC. toutes les Planetes font retrogardes ou di-
rectes en Hyver ; elles la rendent fort fe.
,

che en toute forte de climat. Si le Soleil


entrant dans le dix-huitiéme degré de l'Ef.
corpion, Venus fe trouve dans un figne a-
quatique l'Automne fera fi pluvleufe
,
qu'on ne vera qu'innondations.
I v. Les Planetes brûlées dans la figure d'Hy-
Pe l'Hyver. ver le rempliflenc de nuës avec des vents
Méridionaux. Venus directe & Orientale,
lorfque le Soleil cqurt le Capricorne le ,
Verfeau, & les Poiflons, fait le commen-
cement de l'H yver un peu pluvieux , &
beaucoup fur la fin, fi'quelque étoile fixe ne
l'empêche, mais fi elle eft plut prés du So-
leil elle le rendra contraire , comme lork
,
qu'elle eft rétrogradé qui caufe beaucoup
de pluyes au commencement, & fur la fin
peu, eilant aufli retrograde lorfque le So-
leil eft dans les fignes dhyver, elle le rend
humide & pluvieux. Elle fait le me-
encore
effet, fi le Soltil eft dans les fignes du
me
Printems, parce que Venus eft au regard
du Soleil comme la femme au regard de
fon mari, & ne fignifie que pluyes d'ellc-
mefme, Si au commencement; ou à la fia
de l'Hyver, Saturne fe trouve Seigneur de
la Lune & de la figure. Il fera un froid hor-
rible avec des grandes nuës & des neges en
abondance. Si le Soleil depuis le Capri-
corne jufqu'au Belier fe joint dans cet in-
tervale à une Planete rétrogradé, il caufe
une grande fecherefle & une grande humi-
dité s'il en rencontre deux , fi trois les
,
pluyes feront fi abondantes qu'elles fem-,
bleront fubmerger la Terre , fi quatre, un
déluge, & comme les Planetes fuperieures
ne fe joignent jamais avec le Soleil lors-
qu'elles font retrogrades ; il faut par çon-
fequenc entendre ces regles par afpeâ:, &
non pas par conjonction.

CHAPITRE XIV.
Des quaJitez.", de l'air en ehaque mois
de l'année.

p OUR. connoitre la qualité de l'air pen- I.


dant un mois, il faut obferver le point De la qualitc'
du temps
& le moment que la Lune fe joint au So- pendant
leil , & en dreffer la figure pour y voir la mois. un
difpofition des A ftres , & la force ou lafoi-
bleife de celuy qui domine, lequel en cas
douteux eft toûjours celuy qui fe trouve
au lieu du luminaire qui eft fur la Terre ou
dans quelqu'un des s'il
angles,
la principalement
s'il fuit la Lune ou precede en digni-
té ; parce que le Seigneur qui eft plus pré?
des angles opere plus puiflemment que les
autres qui en font éloignez.
II. «
L'on en doit aulli examiner le Seigneur
Regles parti- & le ligne
culicxcs.qualitez
( avec ,
celuy de la Lune Be leurs
propres à mouvoir les tempeftes
ou autres chofes, la fituation de leurs Sei-
gneurs , leurs Bipèdes, leurs latitudes avec
celle de la Lune ; parce qu'ils produifent
leurs effets du côté d'elles, on y doit en-
core obferver les afpeâs mutuels des Pla-
netes fans la Lune, le Seigneur de la figu-
re & les Aftres qui font dans les angles
d'Orient, d'Occident & du milieu du Ciel,
avec la conjonction des Etoiles fixes en
chaque jour; parce que les plus claires a*
giflent lorfqu'elles montent ou defcendent
l'horifon comme la canicule qui caufe la
,
fecherefïè en fe levant avec des grandes
,
maladies au contraire de l'aràure qui
caufe la pluye en fe couchant : De forte que
fi ces Etoiles n'empéchoient les effets des
Planetes, l'on n'auroit pas moins de pluyes
dans un temps que dans un autre. C'eft
pourquoy il en faut examiner les partages
avec les Planetes, & leurs qualitez tem-
pefteufes , ou autres comme les Hyades ,
Pleyades Afellos 8c principalement la
, ,
,
Lune, Venus Mars & Mercure.
III. L'on doit encore avoir égard au quar-
Qu'il faut tier de l'an , prognoftiquer chaque
avoir égard 1 pour
aux Saifons ( chofe felon fa Saifon comme la grêle en
, Hyver^ôt
pour prédire" Avril & en Octobre, la nége en
jufte. 1les
tonneres en Efté à l'horizon du lieu
,
travaille, ligne fous le-
«pour
lequel on au
quel il eft fitué & aux tempeftes qui ont
,
coutume d'y régner, aux Eclipfes, aux Co-
metes, & aux autres couftitutions généra-
les qui changent quelquefois les prédi-
dions particulières , lorfque l'air change
par la diverfe nature des fignes , ou par les
difïerens regards des Planetes.
Il faut auffi obferver le divers tempera- IV.
tripli- Qu'il faut a-
ment des fignes qui fe prend de leurs (

,
citez : celle du feu comme le Lyon le Be-aux fignes.
voir
a
égard
lier & le Sagitaire fignifié chaleur excef-
,
five en Efté, & en Hyver peu de froid,
lorsqu'elle prédomine à quelque Eclipfe,
ou à quelque autre configuration, conjon-
ction opofition, trine ou quarré des lu-
,
minaires. Celle de Terre comme le Tau-
reau , la Vierge & le Capricorne marque
,
un grand froid en Hyver & peu de cha-
leur en Efté. Celle d'Eau comme le Can-
cre, l'Efcorpion , & les Poiffons indique la
pluye
le en Efté & la chaleur moderée dans
,
Printems, & en Automne des grêles.
Celle d'air comme les Gemeaux les Ba- ,
lances, & le Verfèau prefage le bon tem-
perament de l'air, principalement fi Jupi-
ter & Venus s'y trouvent , mais fi Mercu-
re s'y rencontre, elle caufe les vens.
Or après avoir examiné une figure Lu- V.
naire il eft encore neceflaire de confide- Qu'il faut a-
les
, fignes formées la dif. voir égard
rer Images des par
fixes, leurs aux formes
férente fituation des Etoiles &
des fignes.
différentes qualitez : car la moitié des Poif-
fons d'Ariés & du Taureau, caufent les
, ,
vents, & le refte du Taureau avec tous les
Gemeaux caufe la douceur de l'air, les peJ
tites pluyes avec des petits vents dont les
Gemeaux font la caufe l'Ecrevice & te
,
Lyon caufent la chaleur extraordinaire, &
les grêles , la Vierge diminue la chaleur, Be
donne la pluye. Les Balances , & l'Efcor-
pion rendent l'air inconftant , le Sagitaire
donne la pluye & la nége le Capricorne
fait le froid , le Verfeau &, le commence-
ment des Poiffons grofiffent les rivieres.
vI. Mais pour mieux prognoftiquer il faut
Des parties fçavoir ,
les premieres parties du Belier
du Belier. que
qui font depuis le vingt-huitiéme degré du-
dit figné , jufqu'au quatrième degré du
Taureau font les vents & les depluyes à cau-
fe des Etoiles de la Nature ,
Mars de
Saturne, &- de Mercure qui s'y trouvent,les-
quelles néanmoins ne laiflent pas de courir
le Zodiaque, & de changer avec le temps
de fîtiiation, à quoi il faut prendre garde.
Les feconds degrez depuis la quatrième
jufqu'au dixième du Taureau font tempe-
rez , & donnent mefme quelque peu de
chaleur & de fecherefle, à caufe des Etoi-
les martiales qui font aux pieds de deriere,
aux reins , & aux jarrets du Belier, les der-
niers degrez qui font depuis le dixième juf-
qu'au dix-feptiéme, font pleins de chaleur
& de pefte à caufe des Etoiles de la Na-
,
ture de Saturne, de Mars & de Mercure,
VII. Les premieres parties du Taureau depuis
Des Parties le dix-feptiéme degré jufqu'au vingt-fep-
du Taureau. tiéme, où font les Pleyades de la Nature
de Mars & de la Lune font turbulentes,
,
venteufes & nébuleufes, moins néan-
>
moins afture qu'autresfois. Les moyennes
du vingt - feptiéme jufqu'au commence-
ment des Gemeaux, font quelque peu hu-
mides & d'une chaleur moderée, à caufe des
Etoiles de la Nature de Saturne & dejupi-
ter : & les dernieres, depuis le commence-
ment jusqu'au vingt-cinquième degré où
font les Hyades & les cornes du Taureau
de la nature de Mars : le Bouclier, le pied
& l'épaule gauche d'Orion de la nature
de Saturne , dejupiter de Mars, & de Mer-
cure , caufent les éclairs, les tonnerres , &
les rbudres, mais l'efpace Septentrional eft
temperé ; parce que Perfée y eft compofé
d'Etoiles Saturniennes & Joviales , & l'es-
pace Meridional eft incertain, à caufe des'
Etoiles martiales du Taureau qui y font
avec d'autres de la nature de Mercure, de
Saturne, de Mars & de la Lune.
Les premieres parties des Gemeaux du VIII.
vingt - cinquième degré jufqu'au fîxiémeDes Parties
-

degré de l'Ecrevice font un peu humi- des cemeaux


,
des & nuifibles, celles du milieu contenant
aux bras & aux genoviils des Etoiles Satur-
niennes jufqu'au quatorzième degré de l'E-
crevice font temperées, & un peu feches,
& les dernieres depuis le quatorzième juf-
qu'au vingt-quatrième font incertaines &
mélangées tendentes à la fechereffe, à cau-
fe de quelques Etoiles de Saturne, de Mars
;
& de Mercure la partie Boréale fait les
vents, afflige la Terre, & la Méridionale,
caufe la chaleur & la fecherefle.
IX Les premiers degrez de l'Ecrevice du 14.
Des Parties au premier du Lion, ayant à tes pieds des
du Cancre. ,
Etoiles qui participent de Mars de Mer-
cure, & de la Lune frappent la Terre, &
rendent le temps noir & obfcur ceux du
milieu du premier au feptiéme font , chauds
& fecs, à caufe des Etoiles de Mars, & du
Soleil, & les derniers du 7. au 13. font fecs
& venteux.
X. Les premierés parties du Lyon du Jj. ail
Des Parties 14..degré, où font Regulus & d'autres E-
du Lyon. toiles de la Nature de Mars, de Saturne,
de Venus & de Jupiter font étoufentes 6c
peftillentieles : celles du milieu du 24. au
4. de la Vierge font temperées tendentes at
l'humidité à caufe des Etoiles qui partici-
pent de Mars, de Saturne , de jupiter , de
Mercure & de Venus, & les dernieres du
4. au 17. font temperées & un peu chaudes
,
& humides à caufe de la queuë du Lyon
qui eft Saturnienne & Venerienne. La par-
tie du Septentrion eft inconftante & fort
chaude, à caufe des Etoiles martiales qui y
font voifines de l'Ourfe majeure, & celle
,
du Midy eft humide à caufe de l'Hydre
qui participe de Saturne & de Venus. -
XI. Le commencement de la Vierge depuis-
Des Parties le 17. degré jufqu'à la fin, eft un peu chaud
de la Vierge & méchant à caufe des Etoiles martiales,
le milieu qui s'étend jufqu'au 18. des Ba- .,

lances , eft temperé & la fin qui va juf-


,
qu'au 8. degré du Scorpion eft humide. La
Partie Septentrionale eft venreufe à caufe
des Etoiles Mercuriales, & la Meridiona-
le eft temperée à caufe des Etoiles de Sa-
turne & de Jupiter.
La premiere partie des Balances depuis XII.
le 8. du Scorpion jufqu'au IJ. eft tempe- Des Parties
rée. La reconde, depuis le 15. jufqu'au 19. des Balances.
eft aufli temperée ; & la derniere du 19. au
16. eft humide, le côté Boréal eft venteux,
& celuy du Midy fec & venimeux.
Le commencement du Scorpion du 16. XIII.
au 6. du Sagitaire produit des néges , 1e mi- Des Parties
du Scorpion,
lieu du 6. au 16. eft temperé & la fin du 16.
,
au 16. eft turbulente. La partie Boréale eft
chaude & l'Auftrale eft humide.
Le commencement du Sagitaire du 2,6. au XIV.
6. du Capricorne eft froid & humide ;le Des Parties
du Sagitairct.
milieu du G. au 16. eft temperé inclinant
néanmoins au froid, & la fin du 16. au z8.
eft chaude, le côté du Septentrion eft ven-
teux , & celuy du Midy eft humide & in-
confiant.
Les premiers degrez du Capricorne du L
XV:
Parties
iS. au 7. du Verfeau font chauds & nuifi- DesCapricor-
h les, à caufe des Etoiles de Venus , du
& de ne.
Mars, les féconds du 7. au 15. font tempe-
:
ras , & les derniers du 15. au ai. font plu-
vieux, humides & malfaifans tant du côté
de Midy que du Sepcentrion.
Le commencement du Verrelu du n- juf-: XVI.
qu'à la fin eft humide, & de la fin jufqu'au1 Des Parties
S. degré des Poiffons, eft temperé à caufea du Vcrfeau.
desEtoilcs de Saturne lk de Jupiter & l'ex-
,
trémité du 8. au 15. eft venteufe, le côté du
,
Septentrion eft chaud & celuy du Midy
caufe la nége.
1 XVII. Les PoifTons font froids depuis le if ; de-i
Des Parties gré jufqu'à la fin, de la fin jufqu'au 15. de-
des Poiffons. gré du Belier font humides & du 15. juf-
qu'au 28. ils obfcurciffent l'air, le côté du
Septentrion eft venteux, & celuy du Midy
eft aquatique.
XVIII. Après avoir obfcrvé la nature des fignes,
Des effets de il faut encore obferver celle des Planetes
Saturne. & commencer par Saturne , lequel eftant
plus froid que fec, principalement s'il eft
,
Oriental fait les nuës & la froideur de
l'air. Mais comme nous en avons déja par-
lé en général dans le Chapitre précédant
il fe faut contenter de quelques regles par-
ticulieres : de forte que fi Saturne eft Sei-
gneur de quelque figure Lunaire, l'on ju-
gera de la qualité de l'air conformement à
la Saifon ; parce qu'il produit des nuës é-
paifles & obfcures dans un temps, & dans
un autre des brouillards
,
le froid , la ge-
lée, la grêle, & la nége, & s'il eft en ou-
tre fortuné de quelque bonne Planete com-
me de Jupiter, il promet mefme en Hyver
un tems ferain & un vent d'Orient. Si Ju-
piter eft Seigneur de la Lunaifon la plus
grande partie du mois fera feraine , tiede,
agréable & falutaire à tous les animaux. Si
Mars en eft le Seigneur ,il y aura grande
chaleur & fecherefle felon la Saifon , &
principalement s'il eft dans les Gemeaux,
fi le Soleil en eft le maiftre, Pair fera mé-
diocrement chaud & fec. Si Venus, ou la
,
Lune en font les Dames il fera humide,
Venus toutefois le rend plus agreable que
la
la Lune, & fi Mercure en eft le Seigneur,
il fera inconftant & venteux.
Si Saturne eft joint à Jupiter , il rend XIX.
l'air durant quelques jours, ou ferain ou Des con jon-
pluvieux, , ctions Sa-
les ou venteux, & fi les luminaires de
regardent eftant joints dans des fignes de turne & de
fes effets.
feu, ils denotent grande fècherefle, & dans
des fignes humides, des inondations conti-
nuelles. Si Saturne eft joint à Jupiter par
afped: dans des fignes humides, il fait des
changemens en l'air , des pluyes avec des
vens & des grêles durant quelques jours a-
vant & après , particulierement en Efté,
en Hyver, & au Printems des néges, & ils
oper.ent le mefme par afpect que par con.
jonction. Saturne avec le Soleil principale-
ment dans des fignes d'eau , fait l'air plu-
vieux & froid durant quelques jours, dans
le Sagitaire & dans le Capricorne grand
froid. Saturne avec Venus opere felon la
nature du figne où il eft : car dans des fi-
gnes humides avec quelque application de
la Lune , il fait l'air froid & pluvieux. Sa-
turne avec Mercure opere auln félon la na-
ture du figne, dans les humides, les pluyes,
& dans les fecs , la fechereflè. Saturne avec
la Lune, augmente le froid durant peu de
jours , & fouvent il caufe la grêle.
Jupiter joint avec las autres Planetes dif- XX.
pofe l'air felon la nature du figne qu'il Des effets de
fignes humides, Jupiter.
court, avec Mars dans des
il caufe les pluyes falutaires les vens, les
,
éclairs, les tonnerres, & les foudres. Dans
tde* fignes de feu avec des Etoiles tempe-
fteufes il produit la grêle-, ou la nége
,
dans le milieu de THyver. Jupiter avec le
Soleil principalement dans des fignes d'air
fait les vens ferains & falutaires, dans des
fignes humides quantité de piuyes. Jupiter
& Venus agifïènt felon leur force en gé-
neral & caufent le beau temps, mais dans
des fignes d'eau caufent les pluyes douces
principalement fi la Lune leur ,envoye fes
rayons, laJupiter avec Mercure augmente les
vens ôc ,
chaleur trouble l'air & caufe
des pluyes en quelques endroits.
XXI.. Mars avec le Soleil principalement dans
Des effets de (des fignes doubles càufe grande chaleur, &
Mais. grande obfcurité en l'air avec des grandes
,
maladies particulièrement au Printems,
autrement il agit felon la qualité du figne
où il eft avec beaucoup de force & de vi-
gueur , il fait les pluyes dans des fignes
,
d'eau, les foudres, & les tonnerres dans
des fignes de feu, la fecherefre. Et eftant brû-
lé il diminuë toûjours les pluyes, avec le
,
Soleil, il caufe la grêle, avec Venus, quan..
tité de pluyes, principalement s'ils font dans
,
des fignes humides il agit avec Mercure
conformément au figne ou ils fe trouvent,
dans les chauds, la chaleur, dans les fecs,
la fechereflè dans les aquatiques les
,
pluyes avec des vens impetueux en Au- ,
tomne , des grêles en Hyver , & des nb- 1

ges au Printems.
XXII. Le Soleil avec Venus fait le temps humi-
Des effets du de , & Venus eftant rétrogradé, lorfque le
Soleil. Soleil marche dans le Capricorne ou dans
*
le Verfeau, ou dans les Poilfons, fait l'Hy-
ver pluvieux, & fi le Soleil eft dans le Be-
lier ou dans le Taureau, elle fait le Prin-
tems de mefme. Le Soleil agit félon la qua-
lité du figne où il eft, & s'il aplique à Mer-
cure, il agit auffi en général félon la quali-
té du figne, dans des fignes d'air, il caufe
les vens & dans des humides, il fait les
pluyes. ,
Venus avec Mercure encore qu'elle ope- XXIII.
re en general conformément au figne qu'el-Des effets de
le court , elle fait en particulier les pluyes Venus.
lorfqu'elle pafle d'un figne à l'autre : fi elle
eft ftationnaire, directe, ou rétrogradé, el-
le fignifïe des vens tempefteux des pluyes
,
& des nuës. Elle en fait encore autant, lorf-
qu'elle eft opofée à la Lune dans un figne
ç' eau.
La Lune eftant le Canal d'où nous vien- XXIV.
nent les vertus des autres Afires , il en faut Des effets de
obferver les afpects & les aplications, lesla Lune.
Ggnes qu'elle court , les Etoiles qu'elle
rencontre , les latitudes , les conjonctions
& les opofitions qui ont immediatement
precedé fuivy les entrées du Soleil dans
les ou
pionts Cardinaux, pour fçavoir la qua-
lité du quartier de l'année, & de chaque
mois par fes conjonctions & de chaque
femaine par fes quarrez trines,,
& opofi-
tions avec le Soleil , & pour la connoître
plus précifement l'on doit obferver que
,
Saturne eftant Seigneur du lieu de la Lune
Itly aplique doublement fa vertu , & luy
fait redoubler le froid, lorfqu'elle eft plei-
ne, & lafecherefle, lorfqu'elle eft vuide dd
lumiere.
XXV. La Lune jointe à Saturne en des temps
De la Lune fecs caufe la gelée blanche. En des temps
,
jointe à Sa- humides elle fait les jours froids & fom-
turne. bres, & fi fe feparant de Saturne elle va
s'apliquer au Soleil , ou par conjonction,
ou autrement, elle caufe un grand change-
ment en l'air , principalement fi les Pla-
netes fuperieures luy apliquent leurs rayons.
Si Jupiter en eft le Seignenr & qu'il luy
,
aplique fa vertu par conjonction, quarré,
trine, ou opofition, il rend l'air fèrein par
,
des vens Septentrionaux & opere bien
fouvent félon le figne qu'il ocupe , com-
me dans le Belier, ou dans l'Efcorpion. Il
tapiffe le Ciel de nuës blanches, & fi Mars
y aplique , il fait les éclairs & les tonner-
res, Si la Lune fe feparant de Jupiter s'en
va immédiatement vers Mercure, elle cau-
fe des vens furieux.
XXVI. Si Mars eft avec la Lune, il opere félon
De Mars & la nature des Etoiles , ou des fignes qu'il
4e la Lune. court dans ceux de feu, il fait les nuës rou-
,
ges , les vens tumultueux les éclairs , les
Saifons.
,
tonnerres & les foudres conformément
fignes de Terre
aux Dans les en
Hyver) ilrend l'air nubileux froid & plu-
,
vieux, dans ceux d'eau , il fait les vens Oc-
cidentaux qui échaufent l'air, & diminuent
le froid. Si la Lune fe feparant de Mars,
rencontre Venus ,elle fait des grandes
pluyes conformément à la nature de Ve-
nus , & principalement fi les Aftres pltt-
vieux y aportent quelque témoignage.
La conifguration de la Lune avec le So- XXVII.
leil fignifie tantôt ferenité tantôt vent, Des afpeéts
,
tantôt pluye, & tantôt tranquilité felon le de la Lune Se
fignes qu'ils du Soleil.
temperament des ocupent, &
fi la Lune fe feparant du Soleil s'en va im-
mediatement vers Saturne , elle ouvre les
portes du Ciel , & opere le mefme effet
îorfqu'elle eft afcendente & que de l'opofi-
tion d'une Planete, elle paffe dans une au-
tre, & fi elle eft dans les nceus àvec quel-
que Etoile pluvieufe , ou en afped: avec
,
Saturne elle fait des pluyes continueles.
Le quatrième jour d'après la conjon- XXVIII.
ction la Lune montre le plus fouvent la Le 1
4. jour de
,
qualité de l'air durant tout le refte du moisj1la Lune indi-
qu'elle alors de paroître,
que la quaU-
parce commence (
de l'air
fur la Terre, & fi elle eft avec Venus dans [ te pendant un
,
des fignes humides elle caufe les pluyes mois,
douces & un peu froides , & fi fortant
, »

d'avec Venus elle s'en va joindre Mars, el-


le caufe les pluyes, les éclairs, les foudres,
& les tonnerres.
Mercure agit félon la qualité des fignes, XXIX.
& lorfqu'il eft aflocié avec la Lune dans De la Lune
,
des fignes humides il caufe la pluye fi & de Mercu-
,
la Lune fe feparant de Jupiter rencontre re.
,
Mercure elle caufe les vens principale-
,
ment fi Saturne & Mars y appliquent par
qiurré , ou par opofition.
CHAPITRE XV. -
Pour connoitre la qualité de l'air en
chaque jour.
-

I.
Règles pour
p l'air
Our bien connoître les qualitez que
reçoit chaque jour des influences
fçavoir la des Aftres, on doit confiderer l'Orient Ht
qualité de l'Occident des Etoiles fixes particulière-
l'air en cha-
que jour. ment de celles de la premiers grandeur,
lefquelles encore que d'elles-mefmes ne
faflènt aucun changement, néanmoins fè
levant ou couchant avec les Planetes, elles
difpofent l'air félon le temperament de cel-
les qu'elles participent, ainfi que nous a-
vons dit de la canicule & des autres.
11. Or comme il faudroit avoir une table
De l'Orient, pxaâe du Couchant & de l'Orient de ces
& du Cou- Etoiles pour tous les lieux de la Terre , a-
chant des E- nn de faire obfervations regulieres : II
coiles.
ces
feroit inutile de la raporter icy ; paifqu'on
la peut trouver dans le premier volume des
Ephemerides. Mais ..comlne les Planètes
caufent du changement par leurs divers aC.
pecrs & par leurs mutuelles rencontres
,
avec l'Afcendant de la figute de la Lunai-
fon, pour les fçavoir à point nommé il ,
faut connoître leurs moyens mouvemens,
& donner un jour pour chacun, afin d'avoir
le temps précis de leurs paffages, Exemple.
III. Le de la Lune eft de
Du moyen moyen mouvement
IJ. d. & 11. minutes , & fi l'on la trouve mouvement
fupofé dans un thème de Lunaifon , dansdes Planetes.
la. ii. à 9. d. 4. du Taureau & qu'on la
vueille diriger à,Mercure dans le 12. d. &
25. des poiflons fur la pointe de la 10. U
faut conter qu'ils font diftans l'un de l'au-
tre de 58. d. 40. lefquels divifez par 13. d.
JI. qui font le moyen mouvement de la Lu-
ne , donnent au quotient 4. jours 13. heu-
res , & 4. minutes qui eft le temps que cet-
te rencontre fe doit faire pour changer l'air
,
ferein en venteux & humide & ainfi de
toutes les autres Planetes à proportion de
leurs moyens mouvemens.

Fin du premier Livre.


4.

«
DES
FORMES COMMVNES
ET PARTICULIERES
DES MALADIES.

LIVRE II.
CHAPITRE I.
Comment on peut demontrer les trois
genres des maladies par
les Ajlres.

J.
L'Auteur fuit
la doéhine
d'Hipocrate.
duifoient tous les maux au rare, à l'épais,

ques ; ou Medecin qui


fit bâtir les murailles de fa patrie de l'ar-

fans méprifer leurs principes, je ne fuy icy


dogmatiques dont l'Auteur
tu
rt
gent qu'il avoit gaigné à guerir les mala- vento.
des par le feul mouvement des Aftres. Mais
,
& aux mixte de ces deux principes , fans Qui ex Efhe-
s'embarraffer de leurs différences fpecifi- meridum mo-
Crinas, Marfeillois Agrotos

Artis
fic-
maie-
in "vero m-

ordi-
que parti des
le
ejfe à fi-
eft Hipocrate, qui par un ordre refolutif nem drifl, 7.
regarde avec Ariftote la fin en toutes les neetaph.
,
M tex.
actions, & ne s'arrêtant point aux princi- 15. & 6. de
pes généraux defcend aux fubalternes & moribus. c. r.
après aux Spécifiques. 0 7.
Or pour fuivre la doctrine d'un divin
fi -11
11:
perfonnage comme on ne peut manquer bes erreurs
de la Mede-
en Medecine, lorfqu'on confidere le mal, cine.
qu'en ignorant le genre ou que l'ayant
,
connu on luy attribuë par effence ce qui
neluy convient que par accident, ou qu'on
ne fçait pas la difference du temperament
que nous apportons du ventre de nos me":
res ; d'avec celuy que nous aquerons dans
la fuite du temps, & enfin la diftance qu'il
y a du tempérament aquis de chaque partie
du corps à l'intemperie qui l'afflige, je veux
démontrer comment on peut éviter ces
fortes d'erreurs par l'application des prin-
cipes de l'Astrologie.
Et pour y parvenir après avoir rejette le III.
quatrième genre de maladie, & l'intempe- Trois genres
rie avec la matiere je fuis obligé de fui- de maladie.-
,
vre Galien qui en enfeigne feulement trois,
à fçavoir, l'intemperie, la mauvaife com-
portion, & la folution du continu.
IV. L'intemperie eft fimple ou compofce,
Divifion de l'une ,
& l'autre ont quatre degrez, & cha.
l'intemperie. que degré trois manfions dont chacun fe
,
peut éloigner du temperament aquis ; de
forte qu'y en ayant quatre (impies, 8(
quatre compofées, il y a par confequens
trente-deux degrez,& quatre-vingts & feize
manfions dont chacun peut faire une mala.
die fpecifique , felon qu'elle eft plus ou
moins éloignée du tempérament, $c tou-,
tes eu égard à leurs mélanges mutuels, en
produifent huit mil quatre-vingts & qua*
tre toutes différentes; parce que chaque hu*
meur fe peut éloigner de fon tempérament
naturel jufqu'à quatre degrez, & y en ayant
de ij. fortes elles peuvent faire foixante in-
temperiesj parce que quatre fois 15. font 60,
& chaque intemperie eftant mêlée avec les
feroiîtez en donnent neuf cens & les fe.
,
rofitez multipliées par les quatre degrez,
dont chacun fe peut corrompre en for* ,
ment trois mil fix cens , & ainii en conti-
nuant, on en trouve jufqu'à huit mil qua-e
tre-vingt & quatre.
V. La mauvaife compofition eft fuivant I'ex*
De la mau- cés ou le défaut, comme la grandeur , ou
vaife com- augmentée
poiition.
, ou diminuée , elle a fous foy
mé*
quatre genres fubalternes qui font la
chante figure , la legereté, l'apreté , & la
cavité.
VI. La folution du continu fe fait ou par
De la folu- accident ex-
tion du con-
les humeurs internes, ou par
tinu. terne.
Or comme le propre de toutes les quali- vii:
tez eft que leurs fujets foient femblables,D'où vien-
diflemblables, & qu'elles foient la four- nent les dix
ou différentes
ce de toutes leurs puiflances naturelles, difpofitions
dont les unes dépendent de la fymmetrie des parties
du chaud, du froid , du fec, & dr-Irhumi- du corps.
de , & les autres des autres pallions qui les
fuivent qui font mifes au rang de la trdi-
fiéme efpece comme la rareté & l'épaiffeur
qui font les principes de tous les accidens.
On doit faire reflexion que fuivant que ces
principes fe trouvent plus ou moins éten-
dus,ils forment les diverfes iftuations,les di.
verfes vertus d'échaurer ou de rafraichir , &
les differentes figures qui conftituent la qua-
trième efpece d'où dépendent le pouvoir &
l'impuifrance des corps diflemblables : Car
fuivant qu'ils font diverfement figurez,
leurs parties fe trouvent diverfement fi.
tuées, leurs conduits, ou leurs paflages font
plus grands , ou plus petits, ou droits, ou
obliques, ou autrement, leurs nombres &
leurs grandeurs ne font point femblables,
non plus que leurs progrés, ni leurs com-
mencemens, ni leurs ofifces, ni leurs fub-
fiances, ni leurs temperamens, & ils opè-
rent par confequent différemment. Or tou-
tes ces diverfes difpofitions ne procedant
que de la rareté & de l'épaifleur, il s'enfuit .Ar'i/l. 9. Me-
qu'elles dépendent des Aftres ; parce qu'ils taph, text. 17.
rarefient & fubtilifent la matiere fublunai- «*#'verroes %,
leurs lumieres & mouvemens, com- de fubflanti*
re par orbis Defcar-
t me nous avons prouvé dans le premier tes Itb, de me-
Livre : C'eft pourquoy nous avons fujet teo.
d'en contempler la fituation pour connoï-
tre quelque chofe de feur dans la nature,
veu aufli qu'ils font les premiers moteurs,
& les fubftances feparées dont les actions
continuelles font la durée des fublunaires,
& conftituent par confequent la folidité de
toutes les Sciences natureles.
VIII. Car s'ils ont par leurs mouvemens plus on
Comment moins fubtilifé ou épainy, la matière fublu-
les Aftres naire ils l'auront difpofée à plus gran-
caufent les de une
trois genres ou moindre chaleur, pour caufer le pre-
des mala- mier genre de maladie & les degrez diffe-
dies. rens, & les différentes menfions par leurs
divers degrez de force, ou de foibleflè, ou
a quelqu'une des huit differentes fituationl'
rapportées par Ariftote, au huitième de la
Phyfique, pour faire la mauvaife compofi-
tion, ou a une trop grande chaleur , ou au-
tre qualité capable non feulement d'al te-
rer les parties, mais encore de les ulcerer
& de les disjoindre pour faire la folution
du continu.
IX. Mais pour mieux particularifer cette con-
Pour con- noilïànce on doit obferver la Nature des
noître les Planetes & , confiderer qu'elles trois
qualirez et- fortes
ont
fentiellcs des de mouvemens, à la referve du So-
Allees. leil & de la Lune qui ne font jamais rétro-
grades , felon lefqusls elles changent leurs
propres temperamens, ou félon leurs ap-
plications reciproques avec les Etoiles fi-
xes. Or la lumiere appliquée par le mou-
caufe la rareté ôc l'épaifleur, & par
vement
confequent toutes les efpeces de qualité,
& comme dans vingt-quatre heures, tous
les Afires -font également emportez d'O-
,
rient en Occident il s'enfaivroit qu'ils
produiroient tous des effets femblables à
,
moins que leur différence ne vinft de l'iné-
galité de leurs corps qui reçoivent la lu-
miere du Soleil pour la communiquer dans
le monde ; parce qu'ils font plus grands les
uns que les autres, mais n'en eftant pas la
caufe totale , y ayant encore trois fortes de
mouvemens , dans l'étendue defquels l'A-
firologie trouve la différence des effets des
Aftres comme la Mufique une infinité
d'airs differens dans les vingt-deux voix
qui compofent les trois Octaves. Il les faut
confiderer felon leurs propres mouvemens
d'Occident en Orient, & de la diftance
qu'il y a chaque jour de leurs propres corps
au poinct du premier mobile qui les em-
porte , on juge de leurs effences ; parce
qu'on connoît par ce moyen, leurs mou-
vemens diurnes plus vites ou plus lents les
uns que les autres. Et encore félon leurs
propres mouvemens dans leurs épicicles
qui changent leurs qualirez effentieles ;
parce que tel eft fec eu égard au premier
,
mobile qu'il eft humide lorfqu'il monte
fon épicicle pour aller à fon apogée & ,
froid & humide lorfqu'il en defcend pour
aller a fon perigée : c'eft pourquoy on peut
obferver dans le premier Livre , qu'une
mefme Planete produit les effets d'une au-
tre, que fi l'on n'avoit pas l'efprit de dif-
cerner ces fortes de mouvemens pour con-
iioître les proprictez qui conviennent aux
Aftres par accident ou par eflence, on Ce
tromperoit à tout moment, & on fe te.
buceroit des principes de cette fcience ; par-
ce qu'on n'y rencontreroit point la vérité.
X. Comme par exemple Mars qui eft chaud
Exemple des & fec par excès montant à ion épicicle,
qualitez ef- ,
devient encore plus fec, & attirant les ex-
fentielles & halaifons de la Terre, caufe des
accidenteles vents com-
de Mars. muns à Mercure & la maladie venerienne
commune à Saturne , mais quand il des-
cend , il devient humide, & caufe des gran-
des pluyes communes à Venus, & ainn des
autres comme on peut remarqner dans le
premier Livre où je parle de leurs effets en
particulier.
XI. Quand aux Etoiles fixes encore qu'elles
Des Etoiles
ne marchent prefque point , on ne laide
fixes. de les appeller Saturniennes Joviales,
pas ,
ou autrement, foit à caufe de leurs cou-
leurs, qui ont du rapport à celles des Pla-
netes dont elles participent, foit à caufe
de leur mouvement diurne commun à tou-
tes les Planetes qui les emporte chaque
jour de l'Orient à l'Occident, foit à caufe
de leurs propres mouvemens proportion-
nez à celuy des Planetes dont elles emprun-
tent leurs qualitez.
Or tout cela confideré s'il fe rencontre
XII. foit tombé , malade , Mars
Exemple qu'un homme
d'une mala- eftant dans l'Efcorpion en quarré avec le
die causée Soleil dans le Lyon, pour connoître le
par Mars. genre de fon opération , fçachant qu'ileft
chaud & fec dans fon apogée, frappant le
Soleil d'un quarré il n'y a pas difficulté
)
»
de conclure
— — v v « *«# 1JT7
que eea une intemperie
chaude & feche, & au contraire qu'elle fe-
roit phlegmatique s'il defcendoit a fon pe-
rigée , & d'autant mieux qu'il fe trouve
dans l'Efcorpion qui eft un figne d'eau.
Mais fi Saturne ocupoit le mefme figne XIII.
,
que Mars & qu'il fut opofé à la Lune dans Exemple de
le Taureau, il cauferoit encore une intem- Saturne.
perie froide, & fi tous deux fe trouvoienc
dans leurs nœus fans latitude dans rEcliptr-
que, ils changeroient le premier genre de
maladie en un fécond & ils feroient la mau-
vaife compofition au lieu de l'intemperie;
parce que lorfque les Aftres font dans leurs
propres ceLtes, ou queuës de dragon ils,
marquent lefujetàla partie dominée parle
figne où ils fe trouvent & luy donnent beau-
coup d'efprit, d'où vient le proverbe, Dieu
nous preferve d'un homme marqué:car lorf.
que les méchantes Planetes fe rencontrent
à leurs interfections jointes aux luminai-
res dans la pointe de quelque angle, elles
difproportionnent tellement un homme
qu'elles le font naître, ou-aveugle , ou bof.
fil , ou boiteux, ou autrement, & forment
mefme les monftres ; & fuivant leurs qua-
litez on détermine encore la folution du
,
continu comme lors que Mars eft en
,
quarré avec la Lune il fignifie des playes,
& -dans des fignes tropiques, l'hydropifie,
,
dans des fignes chaud une chaleur brû-
lante qui ulcere les parties du corps qu'il
,
domine & ainfi des autres.
XIV.
On doit juger delà qu'il n'eft pas befoin Qiil n'dl
pas neceflai- de voir un malade pour connoître fon mat,,
re de voir les & qu'il ne faut avoir que le moment que
malades pour la maladie commencé
connoître l'ellence a pour en conclure
leurs mala- par la fituation du Ciel , mais
dies. comme on me pourroit objecter avec Ari-
,
JLrtfljn prio- ftote & Galien qu'on ne peut pas con-
rtbus Arntlj- iclure affirmativement par un moyen éloi-
tteis f. t. fo-,gné , il eft aifé de voir que les Aftres ne
A- font pas les caufes éloignées des accidens
puifqu'ils caufent immediatement la rare-
té & l'épaifleur des fubftances & par con-
quent toutes leurs différentes fituations,
c'eft pourquoy il me femble que je puis
conclure l'effence d'une maladie par le
moyen de leur connoiflance : mais fupofé
mefme qu'ils en fuflent les caufes étran-
gères , nous ne lailïerions pas d'en tirer les
mefines1 confequences ; parce qu'on de-
Juonllre parfaitement une Eclipfe de Lune
par l'interpofition de la Terre qui en eft la
caufe étrangère, ou vient que nous pro-
cedons plus feurement par les caufes que
Zfccidentis ef-
par les effets, & fi Ariftote & Galien n'ont
fi eflmhxrere défini l'accidentque Iefujet, c'et f qu'ils
J

fubjefto, 4 par
fe
j font contentez d'en connoître feulement
Cxufz proxi-
Jl'exiftence ; parce qu'ils en ont creu les cau-
dant fro-
fes
J efficientes trop cachées pour en pene-
NI"
fter qllid .4- 1trer l'eflence que nous découvrons par les
riji, & Gai, diverfes configurations des Planetes.
c

CHAP;
CHAPITRE II.
Pour connoitre les (Sympathies des mala*
dits & des parties du Corps
par les 4flies.
IL
Jt.
y a une fi grande harmonie I.
dans nô- Qu'il faut
tre corps & fes parties gardent entre el- diftinguer les
les une fi jufte proportion , que les unes parties qui
eftant afligées, attirent le.plus fouvent lesloufrenc de
à leur difgrace à leur infortune. foy d'avec
autres &
celles
C'eft pourquoyon void plufieurs effets dif*foufrent qui
ferens, dans une mefme maladie, & on ne accident.par
rçait par lequel on doit commencer de gue- Congeruntur
rir ; parce qu'on ignore la partie qui eft le excrementa in
principe du mal des autres, & pour en évi-uentrtCulo
la confufion on doit diftinguer celletio, tùm ejus ui-
ter tum uitto
,
gui foufïre de foy d'avec celle qui foufFre altorum njtf-
:

par accident. Et comme il n'eft que l'A. cerum. Gai.


~strologie qui en mufle donner des réglés aC- J. es î. deLoc,
affe £ t>
~seurées, je laiflè le concours des fignes 1. h
que es 7.
a Medecine ordinaire divife en cinq claf. Sign*
,es, dont les plus affurez font l'Anatomie, thU i.àloio Sjmpa-
jui n'eft pas moins neceflàire à l'Aftrologue affefto , a. ab
3our connoître, la fituation des parties, ejus proprié-
eurs voifinages, leurs continuitez & leurs fit té te , J. C/UA
in fieri 'Vel
ecours mutuels & réciproques tendans à "in fafto ejfe.
me mefme opération, & j'examine par le 4. à diutur-
nouvement des Cieux qu'elles font les nitate, mo/li-
naladies idiopathiques , & qu'elles fonttie durttTt ê5
procopathiques f.À confertft*
es
,
c'eft à dire celles qui farttuat.Cal^
.1 ~J
lih.de morb. font de foy, ou par accident, qui font faites
zulg. Symp't- totalement, ou en partie , ou en état de
thtam generis finir, qu'elle eft la principale & qu'elle eft
•utcimtatts ê5 enfin la & dépendente.
Jamtltaritit- propre
Car dans les exemples propofées dans le
tis.
fieri.vel in Chapitre precedent qui nous doivent fer-
Jn
fifto ejfe , v: I vir de réglé, pour raifonner de toutes les
111 utraque autres , ayant trouvé Mars dans l'Efcor-
parttm in fie- froid & humide defcendu au bas de
pion
TI g
part/m
[on épicicle, augmentant par confequent
j.fto ejfe.
II. la qualité du figne qui domine les parties
Exemple de honteufes & les inteftins, il dl antipathi-
Mars. que au Soleil & au Lion chaud & fec qui
domine le coeur , & corrompant fon tem-
perament influant , il fait qu'il ne peut
pousser la caufe de la maladie du centre à
la cirfonference & donne la mort.
Ce j'avois preveu un garçon de
III. deux quequi Mars
a
dans l'Efcorpion
FréJidion ans ayant
d'un malade. au quarré du Soleil dans le Liondiftans l'un
de l'autre de 94. degrcz : je dis qu'il mour-
roit à l'âge de quatre ans pour n'avoir pas
la force de pouffer dehors la petite verole,
lorfque Mars feroit arrivé au quarré pro-
pofé, comme en effet il mourut, & il n'au-
roit pas mefme laide de mourir encore que
Mars eut efté élevé dans fon épicicle chaud
& fec, au delà de fon temperament natu-
rel ; parce que faifant élever des des parties
ma-
qu'il domine dans le fignè -ou itéft
tieres brûlées & pourries ; il caufe la fièvre
double tierce continuë , & corrompant les
deux mouvemens du coeur , il ne promet
enfin que la mort.
Mais fi Saturne eut elté au lieu de Mars, IV.
oppofé à la Lune dans le Taureau, il auroit Exemple de
fait élever des hypocondres qu'il domine Saturne &
de foy, & des mefmes parties que Mars à de la Lune,
raifon du figne, des matieres froides & hu-
mides au cerveau pour y caufer la folie a-
vecque tant d'extravagances qu'on auroit
crû par le concours des fignes ordinaires
de la Medecine que c'eftoit une maladie bi-
iieute en effet les Medecins ayant trai-
,
té un malade de ma connoiffance fur ce
pied, peu s'en falut qu'ils ne Iuy fiflènt per-
dre la vie , fi celuy qui en avoit dreffé la
figure decubitable ne leur eût fait compren-
dre la qualité du mal qu'ils guerirent après
par le feul ufage du vin qu'ils avoient au.
paravant defendu, on jugea encore que ce
malade reviendroit en fon bon fens ; parce
qu'il n'y avoit que la Lune d'afligée au
point de fa maladie, & fi Mercure eut efté
auflî afligé il n'en feroit jamais revenu,
parce qu'il »
domine la partie fpirituelle du
cerveau , comme la Lune la partie fen-
fitive.
Et dernièrement, un valet deChambre du V.
Roy, de ma connoilfance, eftant tombé ma- Autre exem-
lade le premier jour de Juin 1671. fous la ple.
conjonction de la Lnne & de Saturne dans
les Poiffons, je jugeay fans l'avoir veu qu'il
eftoit atteint d'une fièvre continue qui
pro-
venoit d'une abondance de pituite , mêlée
,
dans le ventricule avec la mélancolie de
qu'au lieu de le feigner comme l'on fit, on
n'avoit qu'à fuivre le mouvement de Una.
tare qui indiquait le vomiffcment pour Ce
délivrer d'une trop grand; abondance d'hu-
meurs , & ufer après des remedes chauds
& corroboratifs , au lieu des froids, qu'au-
trement il mouroit le feptiéme jour que
Saturne arrivoit au quarré de la Lune join-
te au Soleil , ou le neufiéme entre fix &
fept heures du matin , lorfque la Lune com-
menceroit de fe joindre à Mars dans l'E-
crevice : mais comme les meilleurs fenti-
mens ne font pas^d'ordinaire fuivis, le ma-
lade ne manqua pas de mourir dans ledit
temps de la conjonction de * la Lune & de
Mars d'une maladie dont on l'auroit pû dé-
livrer dans 24.. heures. Car encore que les
Symptômes paroiflent chauds , ils ne laif-
fent pas de provenir des caufes contraires ;
veu que les chofes les plus froides , com-
me l'eau, par exemple, qu'aulieu de désal-
U* cruda terer, irrite davantage la foif , deviennent
in morbts acu- les plus chaudes par la corruption, ainfi
tis fauttntus fçachant le mélange des humeiffs la jurif-
taundatto- diaion des Aftres & des fignes fur , les
par-
nem neque ties du
jittmfidarfed corps, on connoît les effets princi-
irrit*t\ /i qut- paux & dépendans , comme on void dans
dem btltof* ces exemples , dont les fymptomes indi-
natura, btltoja quoient une humeur chaude & néanmoins
tjl frxcardm elle eftoit froide , & paroifloient au cœur
mala 3 fe à la tede , & leurs effets indépendens
ipfamque tna- &
htta fuperat, eftoienc aux inteftins aux parties honteufes

acutis.
biltofijfi/n*- & aux hypocondres.
que eft viref-
que maxtme labefttliat ubi in vactiftatem nentnt Hipp. de
'11:0. in rftsrb.
at:
CHAPITRE III.
Que maladies font [pecijiees par la
les
diference des parties du corps diffé-
remment difposècs par les sîflres.
IL
JL
y a une fi
m
grande liaifon entre la par- 1.
tie & la maladie qui raffiige, que le Toutes les
Medecin ordinaire ne fçauroic connoîcre maladies fe
celle-cy que par celle-là qui luy donne l'e- rapportent
ftre & l'exiftence, c'eft pourquoy il définit aux dix dif-
feren tes con-
l'accident par Ton fujet , & Curtius fuivant ditions de la
ce precepte tire des parries les fignes des fubftance
maladies qu'il divife en quatre claffes, mais matérielle.
comme on en peut avoir une connoiflance
plus exaéte par les dix différentes difpofi-
tions de chaque partie qui conftituent les
effets dans leurs différences pour les ren-
dre fpecifiques on les doit conifderer en
,
détail ; parce que tous les maux s'y rap-
portent comme aux conduits, à la figure, à
la fituation à la compofition au com-
,
,
mencement à la fubftance , au tempéra-,
ment, au nombre, au progrés, & à l'offi-
ce , felon qu'elles font bien ou mal dif-
pofées,
Galien nous aflèure de cette vérité au iCi- 11.
xiéme de la confervation de la fanté où La tefte eft la
parlant de la tefte, il dit qu'elle eft d'une, na- fource de
toutes les
ture fi intemperée qu'elle engendre beau- maladies.
coup d'excremens qui font tout autant dp
i-r il !
maladies différentes qui s'arreftent fur
les parties qu'rs rencontrent, lefquels ont
leurs paftàges plus faciles à la bouche, aux
oreilles, aux narines , & quelque fois aux
yeux, fi bien que s'ils s'arrêtent fur le la-
rinx qui eft l'inftrument de la voix, ils cau-
fent le rheume, s'ils y demeurent, ils ren-
dent la voix petite, mais s'ils touchent avec
le larinx l'afpre artere, ils oftent tout à
fait la voix,,
& s'ils font acres & mordicans,
ils rendent ces parties non feulement im-
propres à la voix, mais ils les ulcerent , &
les poulmons auffi s'ils defcendent pour
y
caufer la phitifie & s'ils font froids &
,
qu'ils fe portent dans le ventre , ils chan-
gent le corps en leur propre temperament,
fi chauds en chaud , & ils l'ulcerent en
peu de temps. Ils détruifent l'appétit au
commencement, car les froids empefchent
la digeftion, caufent des grandes cruditez
& des rots acides & aigres, & fi ces excre-
mens font corrompus ils corrompent auffi
les alimens dans l'eftomac, & s'ils défen-
dent encore plus bas, ils afligent l'inteftin
Tejunon & le plus grand de tous les gros
boyaux pour. y caufer la colique , ils tou-
chent les vailfTeaux qui font au mefentere,
& empêchent que le chyle ne fe porte au
foye pour faire l'hydropifie aux uns , &
aux autres un dégouft univerfel ou une
,
faim canine & mefme le defir de manger
des mauvaifes chofes comme aux femmes
grofÏes , s'ils s'arrêtent à la cuille ils font
,
la fçiatiquç, dans les articles, la goûte &c.
Or comme par ce partage Galien établit 111.
les fluxions de la tefte pour l'origine de Les parties
1

les & les fp^cifie les parties fpecifîent


* les
tous maux par maladies.
qu'elles acFectent , il eft certain que fi les [
parties font petices, ou grandes ou mê-,
lées de ces deux principes, qu'elles les fpe-
cifient encore davantage, ainfi qu'on peut
obferver aux vaiiïeaux colagogue, lefquels
.eftant bouchez caufent la colique ; parce
que la bile qui doit fervir de clyftere na-
turel ne fe porte point dans l'inteftin pour
l'irriter , & la quantité de matiere qui s'y
ramalïe le tend fi fort qu'elle caufe une
grande douleur dont le principe eft l'ob-
ftruétion qui eft un genre qui a fous foy
plufieurs eCpecesAt. comme la conftipationj
la compreffion coalefcence la fubfi-
,
dence & l'occlufion toutes lefquelles en
,
particulier indiquent des remedes diflfcrens,
& font connoître que cette colique tombe
fous la compreflïon après avoir examiné
les autres par leurs propres definitions. À meaùlwî
On peut auffi faire la mefme obfervation reclufis fit li-
thiajh .Gai.6.
fur les vreteres, dont l'ouverture moindre de morb ,"vulg%
ou grande forme la pierre. 1. cQmm. f.
Et fi après avoir examiné les conduits J V.
des parties, on veut examiner la figure, on De la figure
le foye peut-eftre rafroidyen fa des parties.
verra que Gai. r de to-
partie cave par le confentement du ventri- us tjfcftts 7.
,
cule , des boyaux & principalement du
jéjunum & des vaines du mefenterre, Se en
fa partie gibbe par les poulmons par le
,
feptum & par les reins, c'eft pourquoy l'in-
difpofition de celle-là paroît par les feles,
KfttQ ahohta ,
& de celle-cy par tes urines que fi l'une
, il n'y
nn-Uo remedio & l'autre parties eftoient malades
atnpltus reflt- auroit rien à efperer; parce que la fanté de
m pojpt. l'une doit faire la fante de l'autre quand la
la nature , ou l'art y ont introduit les dif-
pofitions.
V. A prés avoir connu que les conduits &
De la iftua- la figure des parties fpetifier une
peuvent
non des par- caufe generale jufqu'à la derniere differen-
ties.
ce , fi l'on veut avoir égard à la iftuation,
on verra qu'elle nous indiquera encore des
remedes differens, & la maniere de purger
JT entricullls
dejeftione ê:J un malade ; parce que le ventricule fe pur-
'lJømltll ) in- ge par les vomillemens & par les feles, les
teflmavero boyaux & la partie cave du foye feulement
{5 cava jece- par les feles , & ainfi détoures les autres
rlJ folum de- conditions, deCquelles (éfiles on doit pren-
jefl/arte eva-
dre les indications , parce qu'elles fpeci-
cuantur, Gal. fient les maladies , & indiquent leurs
7. Metb. u1- pro-
timo. pres remedes.
v I; Galien fait tant de cas de cette façon de
Vn Medecin procéder dans la Medecine curatrice, qu'il
peut eftre dit qu'un homme qui eft fçavant, peut-
parfait dans y
fix jours. eftre parfait Medecin, non feulement dans
Gal. 15. Meth, fix mois, comme l'eftimoient Thefialus &
ç. 16, Soranus, mais dans fix jours , c'eft pour.
quoy j'ay toujours eftimé qu'un Phyficieri
Aftrologue^ftoit bon Médecin ; parce qu'il
peut connoître toutes ces differentes difpo-
iftions par les diverfes fituations des A ftres,
& qu'un Médecin qui auroit les deux Scien-
ces enfemble, feroit beaucoup plus parfait
que s'il n'en poffedoit qu'une, veu qu'il y
de ebofes qui concourent à noftrc
a tant
confervation , ou à noftre ruine, qu'il n'y
auroit point de danger que ceux qui fe mê-
lent de traitter les malades fuflent univer-
iels en toutes chofes.
Or pour faire voir toutes ces réglés dans VII.
l'A ftrologie, on n'a qu'à examiner les exem- L'Aftrolo-
ples propofées dans les Chapitres prece- gue doitcon-
noître les di-
dens après avoir prouvé que les Aftres verfes difpo-
,
faifoient la mauvaife compofition du tout iftions des
& de Ces parties, & par confequent les con- parties, par
duits , les ifgures, les fîtiiations, les tem- le moyen des
les conftitutions qui dé- Aftres.
peramens & autres
pendent l'une de l'autre , & qu'à conifde-
rer que le quarré de Mars dans l'Efcor-
pion, au Soleil dans le Lion n'a caufé la
mort, que parce qu'il a offensé l'office du
cccur ; & non pas la fubtfance , laquelle
eftant froide, eftoit convenable à l'humeur
élevée par Mars des parties inférieures qui
,
eftoit froide & humide parce que cét Afire
eftoit dans l'Efcorpion & dans fon périgée,
& au contraire il auroit offènfé la fubftan-
ce, s'il euft efté dans un figne chaud & dans
fon apogée.
Que le cœur foit froid félon fa fubftan- VIII.
ce, & chaud félon fon office , il Le cœur
n'y a pas froid eft
félon ia
lieu d'en douter ; parce qu'il n'et f compQ-
fubftance, &
fé que des pannicules des membranes, des chaud félon
cartilages, & des nerfs ,
qui fortent de la fi. fon oiffce.
xiéme paire qui font extremément froids, hnJtcennas in
& il n'ell la fource de la chaleur naturelle fuaanatomta

fon Gai. ;-de ali.


que par mouvement, engendrant par mentis. c. de
le choc de fes parties folides les efprits vi- vifeerthus
, pc*
taux qui ont ceffé dans le malade propQfé, defirtum,
AIbertus m*- par la malignité & l'abondance des hu-
gnus lib. de meurs froides élevées par Mars totale. ,
fenf- & fin- mçnt contraires à l'office du CŒur.
16.
fa, Traft, i.
c.
partes cordis par
Et que l'oppofition de Saturne à la Lune
le moyen de laquelle on a découvert le
ejfefrtgtdat. genre , l'efpece & la fympathie de la ma.-
1 X. ladie propofée n'a bleffé le cerveau qu'à
,
Exemple de caufe de fa fubftance, encore qu'elle y euft
Saturne op- deu plûtoft depraver la memoire la
poféà la Lu. que
raifon ; parce que le froid caufe l'oubly en
ne.
empêchant le mouvement, & néanmoins
elle n'a gafté la raifon & l'imagination,
que parce qu'eftant de foy tenebreufe elle
repugnoit à la fubftance du cerveau qui
eft blanche & aux efprits animaux qui font
clairs & luifans, & comme la Lune les do-
mine eftant troublée par l'oppofition de
Saturne , la partie qui luy eft fujete la de-
voit eftre auffi que fi Mars par quelque
,
,
application à la Lune eut par fa chaleur
diminiié l'effet de Saturne , il auroit caufé
un retour de cette matiere fur les parties
inferieures pour faire d'autres maux com-
pliquez.
X. Car les fluxions Ce refant par dilatation,
Caufes des
ou par compreflïon, ou par irritation, Mars
fluxions. auroit par fa chaleur fubtilifé la matiere de
la maladie , & il l'auroit faite defcendre fur
la partie fujete au ligne de la planete la plus
foible dans la figure , pour caufer ou la
faim canine dans la bouche de Teftomac,
la fufocation dans le coeur , & ainfi du
ou
refte, ces exemples eftant fuffifantes pour
faire voir que la feule connoiiïance du fu-
jet ne fuffit pas pour nous découvrir l'ef-
fence des accidens ; parce qu'il ne leur don-
ne que l'exiftence , & que par le mouve-
ment des Aftres , nous en pouvons con-
noître l'eflence fans voir les maldes , parce
qu'ils font les diverfes difpofitions des par-
ties des compofez.

CHAPITRE IV.
Prie les Aftres font les temperamens pri-
mogeniiif & a qui s, & non pas les
fix chofes non naturelles.

L Es Chapitres precedens femblent eftre 1.


La maladie
fufifans pour connoîtte la derniere dif- eft l'cloignc-
,
ference d'une maladie néanmoins ils ne
ment du
fuffifent point encore, parce qu'on ne fçau- tem pera-
roit juger de la grandeur du mal que par ment.
fon éloignement du temperament, que le
fujet a apporté dans !e monde, ou de celuy
qu'il a acquis dans la fuite du temps, par
la diverfe difpofition des Aftres qui ont Sol ê3 honto
concouru à fa génération , & qui luy ont gene rant ha-
imprimé dans ce moment des qualitez dif- mtnem.
férentes, ou pour le bien , ou pour le mah
Or comme il ne feroit pas neceflaire de I I.
connoître le temperament primogenitif, L'éloigne-
pour mefurer la maladie qui s'en éloigne; maladie
ment d'une
qu'un fe
parce malade n'a befoin d'autre tem- prend
du
peratpent que de celuy dont il jouilïbit temperamcc
avant fa maladie , qui eft le tempérament aquis.
aquis, duquel on doit prendre la jufte me":
fure d'une maladie. J'enfeigneray néan-
moins la métode de trouver l'un & l'autre
jufqu au dernier degré celuy-là par la fi-
naiffance, ,
gure de la & celuy-cy par la fi-
gure climaterique qui fait le plus fouvent
un temperament aquis tout-à-fait oppofé
au primogenitif, fuivant que les Aftres oc-
cupent au bout de fept ans des lignes con-
traires à ceux qu'ils ocupoient au point de
la naifïànce, dont la difference eft la véri-
table caufe du changement des tempera-
mens, & non pas les lix chofes non nature-
les; parce qu'elles n'en font ny les caufes
éloignées, ne concourant point neceffaire-
ment à leur production, ny caufes prochai-
nes , ne pouvant rien fans la difpofition du
fujet, ny lignes, parce qu'elles font pre-
mières.
III. Ainli il n'y a que les Aftres qui en foient
La différence la fource véritable produifant neceflaire-
des parties
vient des ment leurs effets , J
dont la différence fait
Aftres. celle des paflàges des fîtiiations & des
ifgures fans alteration & fans maladie , &
, ,

GAI. Ith. de lorfque Galien dit que ce qui eft acquis


alottakne. par un long ufage à la force d'une proprie-
C. Z. té naturele ; parce que par l'ufage des fix
chofes non riatureles, comme de l'air des
viandes, des paflions , de l'exercice , de l'â-
?

ge, & d'autres chofes, toutes les facultez


animales , vitales & natureles, fe trouvent
tellement alterées qu'elles changent une
, le
infinité d'états avec temps , comme on
p £ Ut voir que l'ufage des
chofes froides,
rend froid un tempérament chaud fans al-
terer la famé : il n'entend pas qu'elles foient
la caufe d'un tel changement ; puifqu'il
nous affeure en plufieurs autres endroits,
qu'il n'y a que les fujets difpofez qui en
foient fufceptibles. Comme en effet , on
Altus albinie-
rum eftfolum
ne fçauroit s'habituer à quelque chofe qui in patiente
repugne à la nature fans en eftre offenfé, & tlifpoJito, A-
fi l'on s'y habitüe fans en eftre incommodé, rifi z- de ans .-
c'eft une marque infaillible, qu'on a une ma textu 24.
difpofition interieure que l'on a apportée f5 Gal. lib. de
caufts mort,
du ventre de la mere & dont les Aftres
,
font la caufe totale, ayant concouru à la Ç.Z.
production du tout, de fes parties , & de
(es diverfes difpofitions.

ÇHAPITRE V.

Pour connoître le temperament primo-


genitif jufqutau dernier degré.

p Uifque les Aftres changent les tempe-


ramens, on doit dreffer une figure qui
L
Du choix des
reprefente la iftuation point de la fignifïcateurs
en au des
naiflance d'un homme dont on fouhaite tempera-
mens.
connoître le temperament primogenitif,
& la prouver comme une regle de trois, en
foûtrayant l'afcenfion droite du Soleil de
celle du milieu du Ciel, & divifant le refte
par quinze pour trouver au quotient le vé-
ritable point de la naiffance & après la
,
juftifier par les accidens ou par l'onimo-
,
,
dar de Ptolomée ou par les Balances
,
d'Hermes & eftant ainfi juftifiée , on en
doit confiderer l'afcendaftt qui regarde la
vie, le figne & la Planete qui en ocupent
la pointe, ou l'intervale, que l'on doit tou-
jours choifir pour les principaux fignifica-
teurs des temperamens, & en former le ju-
gement felon leur nature , ayant toujours
égard à l'Aftre qui les domine, parce qu'il
y participe j mais s'il y en avoit plufieurs,-
ils feroient un temperament inconftant,
auffi bien qu'une infinité de mœurs diffé-
rentes, & celuy-là de tous prévaudroit qui
auroit le plus de force, pour faire un tem-
perament à durer toute. la vie , les autres
moins forts ne laiflànt pas de produire leurs
effets dans leur temps félon la nature de
la Planete à laquelle ils viennent par di-
rection.
II. Car les lieux de l'horofcope & de la Lu-
D'où vient ne eftant parvenus à Venus, produifent un
l'in confian- temperament moderement chaud & humi-
ce des hom- de, inclinant froid, adonné à la
mes. un peu au
joye & à rhonnefteté : & eftant parvenus à
Saturne où à fes rayons , ils font un tem-
perament froid & fec avec des mœurs Sa-
turniennes & ainfi des autres à proportion:
,
de leurs qualitez. L'experience nous con-
firme ces regles , lorfque nous voyons fai-
plufieurs perfonnages à un homme du-
re
le
rant cours de fa vie, fuivant la diverfité
des mœurs qui fuivent fbn tempérament,
& principalement lorfqu'il y a plufieurs fi-
gnificateurs, dont le premier eft moins for^
que les autres, ou qu'ils font égaux , fai-
fânt pour lors une inconftance perpetuele,
& un fi grand embarras, qu'un homme fe
fentant l'inclination à plufieurs chofes ne
fçait que faire, ni qu'entreprendre; parce
que fon temperament eftant mixte, & par-
ticipant de la nature de tous les Aftres qui
le fignifient, à auffi des mœurs différen-
ces , & c'eft par ce mélange des qualitez
celeftes,au point de la naiflance,que le tem-
perament primogenitif devient aquis , à
caufe des diverfes difpofitions qu'ils impri-
ment au nay , dans le point de fa généra-
tion, les Planetes climateriques ne faifant
pas toutes feules ce changement, fi les dif-
pofitions primogenitives n'y conçurent.
Or fi l'ufage des fix chofes non natureles III.
caufoit un tel changement, il le cauferoit Les chofes
toûjours à tout le monde, & toute la Méde- nonnatureles
cine ne les prendroit point pour des occa- ne changent
point les
fions, mais pour des caufes : ce qu'on ne
tempera-
void point, y en ayant qui confervent leur mens.
temperament primogenitif , jufqu'à la fin Hipp.fj Gal.
de leur vie, & qui ne s'appliquent qu'à •vtdentcs res
un
feul exercice; parce qu'ils n'ont qu'un leul non naturalet
nullomodo ef,
Aftre fort fignificatsur de leur tempera- fojje caufat
je
ment. proximal 'VtI
Mais comme on ne fcauroit bien com- remotas in-
prendre cette doctrine fans exemple j'en ferno rum af-
Propofe icy une de la figure d'un homme, feftuum eat
affeltaverunt
nay le 24.. Juin 1654. à 10. heures 54. mi- eccapones,
nutes du matin à 45. degrez de pôle, le So- 1 V.
leil citant làt. degrez minutes de l'Ecre- Exemple d'go;
17.
vice OÙ l'on peut voit un tempérament ne figure.
,
primogenitif chaud & fec, feditieux& tur-
bulent qui néanmoins a changé plufieurs
fois, à caufe de plufieurs fignificateurs qui
n'ont pas laiffé de produire leurs effets
dans leurs temps.

connoîcre le principal, il n'y


IV. Et pour en
foit Mars qui eft
pour con- a pas de doute que ce ne du
noître le à l'afcendant avec la queUe
par corps le difpofi-
principal fi- dragon, Mercure qui en eft
gnificatcur. teur, que
foit le fécond & la fcune con-
n'en , jointe à
fignificatrice ; parce qu'elle eft
Mercure,
Mercure. Saturne par fon oppofition à
Mercure joint à la Lune, & par fon quar-
ré à Mars ne laifle pas d'y mêler fa mé-
lancolie. Le Soleil, Jupiter, & Venus , par
leurs antifces à la Lune & à Mercure,
& leurs fextils à l'afcendant font encore
conifgniifcareurs : enforte qu'on ne fçau-
roit propofer une figure plus embrouillée,
dans laquelle toutes les Planetes concou-
rent au tempérament.
Et pour en connoître le principal & le VI.
mélange jusqu'au dernier degré, il en faut Des forces &
examiner les forces & les foiblefles. Jupi- foiblefles des
ter y a 13. degrez de force , fçavoir +. ef- Planetes.
fentiels & dix accidentels ; Venus
en à 11.
6. eflentiels & 15. accidentels, la Lune un
degré & demi elfentiel, & Mercure 24.
eflentiels & 19. accidentels , de forte 5.
que
Mercure ayant plus de force que les autres,
femble en eftre le principal ifgnificateur,
& néanmoins c'et f Mars pour le premier
âge de la vie, Mercure, la Lune, & Ve-
nus , les feconds pour le milieu & le refte
de la vie, dont leur mobilité eft fixée
par
1 oppofition de Saturne foible dans le Sagi-
taire à la quatrième maifon où il fait les
principales traverfes du nay;, parce que les
méchantes Planeres caufent plus de mal,
lorsqu'elles font foibles
que lorfqu'elles
font fortunées.
Or comme il a plu aux Aftrologues d'é- VII.
tendre la vertu eflentiele des Aftres jusqu'à Divifion de?
douze degrez il a auffi pl û aux anciens Phi- degrez des
,
lofophes d'augmenter clemens &
celle des élemens juf- des Aftres.
qu'à huit , & rendre le fujet participant
d'autant de degré de la qualité contraire
qu'il luy en manque de celle qui y prédo-
mine jufqu'au huitiéme degré , c'eft a dire
que s'il eft froid au troifiéme, qu'il fera
chaud au cinquième & que s'il eft fec au
,
premier, qu'il fera humide au feptiéme, il
faut par confequent donner aux Aftres un
degré & trente minutes de qualité élemen-
taire pour un degré de force effentiele , &
divifer le degré en 60. minutes , & la mi-
nute en foixante fecondes pour trouver la
jufte mefure du temperament.
VIII. J Ainfi dans la figure propofée fans avoir
Combien les égard
c aux forces accidenteles dont on ne
Aftres in- fe ,effentieles,
j doit fervir qu'au defaut des je,
fliient de de- Venus, fecondemenc
trouve premierement
grez de qua-
litc clemen-
1

JMercure , & troifïémement Jupiter confi-


taire. gnificateurs du temperament avec Mars,
lequel n'ayant que deux degrez de force;
eifentiele ne donne que trois degrez de
, defechereMe, & s'il eftoit le feul
chaleur &
jfignificateur il feroit la perfonne froide
, ciquiéme degré. Mais corn-
& humide au
mm il faut avoir égard à Mercure , lequel
joint à la Lune dans le dernier quartier, eft
,
froid & humide & ayant cinq degrez de
force eflentiele, influë fept degrez & tren-
minutes de froideur & d humidité, qui-
te
feroient plus forts que ceux de Mars do
cinq degrez & trente minutes.
Venus plus chaude que froide & humi-:
IX. influe neuf degrez de cha-,
Le tempera- de d'elle-mefme,
d'humidité & Jupiter fix, lequel
ment cil dé- leur &
cftant fous les rayons du Soleil au lieu d'ê- termine t a 7.
tre humide , il eft devenu fec
,
auflt bien degrez
d & If.
de
que Venus qui en fort, mais eu égard minutes
aux chaleur & de
fignes où ils font qui eft aquatique , leur c
fecherefle, &
fecherefle ne feroit pas fi grande, s'il ne s'y à If. minutes
rencontroit des Etoiles fixes de la premiere de d froideur
grandeur chaudes & feches enforte qu'ils *& d'humidi-
,
font un tempérament chaud 8c fec au quin- té. t
ziéme degré, dont il faut foûtraire 5. de-
grez & jo. minutes de froideur & d'humi-
dité causées par Mercure & deux degrez
& 15. minutes de la Lune, & il reftey. de-
grez & 15. minutes de chaleur & de feche-
refle, prédominans au temperament propo-
fé qui caufe des ifèvres tierces en Junefl
,
Ce & de tres grandes coliques ; parce que
Mars domine de foy le fiel , & eu égard au
figne qu'il occupe , il domine le colon & le
ventre, 8c il a rendu les premieres années
turbulentes , & d'autant mieux qu'en ce
temps le quarré de la Lune & de Mercure
arrivoit par direction au corps de Mars,
dont l'effet a duré jufqu'à l'âge de 18. ans,
que le nay ayant changé de mœurs & de
temperament, s'adonna à l'étude où il fit
tant de profit, qu'il apprit les Sciences 8c
les Langues en peu de temps, ce qui a con-
tinué jufqu'à 15. ans, & changeant après de
temperament avec les mœurs a demeuré ,
dix ans fans étudier, ce qui eft marqué par
Venus , laquelle fortant des rayons du So-
, leil indique l'inconftance dans l'étude
,
qu'elle fignifie. Si bien qu'on void dans cet-
te figure comme dans un miroir, toutes ces
fortes de changemens par la rencontre des
fignificateurs & conifgniifcateurs des tem-

—,_
peramens.

CHAPITRE
«' ——————————————

VI.
Tour connoître le temperament aquii
julqu'au dernier degré.
1 L ne feroit pasdificile de connoître par
J. le Chapitre précedant le temperament
Les Aftres aquis ; parce que Venus Jupiter & la Lune
produifent
avec Saturne qui font les configniifcateurs
leurs effets, du primogenitif ; ayant imprimé des difpo-
lorsqu'ils ne leurs
font plus fitions au nay pour recevoir un jour
empêchez. influences, n'ont pas manqué de produire

chaud
,
leurs effets dans leurs temps & de chan-
fec à 7. de-
ger ce temperament &
&
grez 15. minutes en chaud & ,
humide &
puis après en froid & humide lorfqu ils ,
ont efté libres des rayons du Soleil qui les
rendoient fecs , ou qu'ils font arrivez par
direction a des Planetes qui ont augmenté
,
leurs humiditez & diminué leur chaleur,
mais comme nous avons dit que c'eftoit
l'Aftre climaterique qui faifoit ce change-
les
ment , il iemble à prefen^Sque nous ne
voulions pas reconnoitre pour la caufe, ce
que nous ne laiflons pas de faire , non pas
comme caufe totale , mais comme caufe
partiale ; parce que fi dans l'année clima-
terique , il n'arrive point de direârion de
quelque Planete qui ait difpofé le corps aa
point de la nainance à recevoir un jour ce
changement, il eft certain qu'il n'arrivera
point ; parce que les nouvel es formes ne
s'introduifent point dans un fujet qu'il n'y
foit dirpolé.
C'eft pourquoy il eft neceffaire de join- IL
dre les directions & mefme les paflages, Pour juger
les profeffions, &, les révolutions des Pla- du tempera-
ment aquis.
netes, aux climateriques , & fuivant leur
difpofition & leur nature, juger du tempe-
rament aquis, comme par exemple dans le
temperament propofé, nous avons dit qu'il
eftoit chaud & fec, )ufqu'à fept degrez &
J f. minutes , néanmoins Jupiter & Venus
eftant devenus fecs par accident, n'ont pas
laiffé de difpofer le fujet à recevoir un jour
leurs propres influences, encore qu'ils euf-
fent contribué à la fecherellè dans le mo-
ment de fa generation , comme en effet
eftant fortis des rayons du Soleil , ont fait
devenir la perfonne humide , ôc de maigre
qu'elle eftoit, ils l'ont faite devenir graffe
conformément à l'aphorifme de Cardan,
Jupiter, & Venus donnent en leurs temps
beaucoup de graifle ; & c'eft de cette fa-
çon que l'on doit entendre les Auteurs ;
parce que cet aphorifme n'auroit point efté
verirable , fi Jupiter & Venus n'euflent efté
configniifcateurs du temperament d'où
,
vient que ceux qui ne fçavent pas faire ces
diftinctions fe rebutent de cette belle
Science; parce, qu'ils
ne rencontrent point
la vérité dans fes aphorifmes, faute d'en fai-
re un difcçrnement jufte.
ITI. Et la chaleur de Jupiter & de Venus a
Changement,efté temperée à l'âge de 18. ans pat la di-
du tem pera- rection de Mercure qui donné
a au nay de
ment. l'inclination pour les Sciences , avec une
grande vivacité, pour les apprendre en peu
de temps & fans beaucoup de peine, ce qui
devoir dautant mieux arriver, que la Planè-
te climaterique de cette année qui eftoit la
Lune confignificatrice du tempérament
primogenitif eftant fort bien difpofée,
avoir de la conformité à la direction de
Mercure dans le lieu de Jupiter & de Ve-
nus qui promettoient par leurs accords mu-
tiiels le changement du temperament pri-
,
mogenitif de fec en humide & de chaud
avec excès, en chaud avec môderation , & •
pour en connoître le degré & de combien
il eft éloigné du primogenitif, on doit pro-
céder comme au Chapitre précédant, on
doit examiner la figure de la révolution de
l'année 1651. & y demêler la vertu des
Planeres principalement des difpofiteurs &
des climateriques & félons leurs degrez de
force & leurs diverfes qualitez connoî-
tre Téloignement qu'il y a d'un tempera-
ment à l'autre. Comme Jupiter & Venus
qui avoient influé au point de la naif-
fance quinze degrez de chaleur & autant
de (echerefle par accident dans la figure de
l'année 1634. Ils inflüent la mefme chaleur
en l'année 1651. & changant leur fecheref-
fe en humidité ; parce qu'ils ne font plus
fous les rayons du Soleil, ny avec des E-
toiles martiales ils donnent 1 s. degrez
,
d'humidité qui prévalent la fechereffe pri-
mogenitivede 7. degrez & 45. minutes.
De forte que ce temperament fec à fept 1 V.
degrez & JI. minutes eft devenu humide à Difference
7. degrez & 4-f. minutes , & comme les du tempera-
compofez pofledent autant de degrez d'u- ment primo-
genitif & du
ne qualité contraire qui leur en manque temperamet
d'une autre pour achever le 8. degré , il aquis.
s'enfuit que ce temperament aquis n'eft fec
qu'à iy. minutes pour la jufte différence
qu'il y a entre ces deux temperamens &
,
ayant dit qu'il devoit fervir de regle pour
mefurer la grandeur d'une maladie, on y
aura recours pour en juger certainement.

CHAPITRE VII.
De la jujle mefure des maladies par les
temperamens aquis.
A Yant vu la metôde qu'on doit tenir T.
pour connoîcre la difference des tem- Différence
peramens, on peut trouver celle des mala- de la mala-
dies. Car fi après avoir bien examiné la die au tem-
figure decubitale d'un malade, on confide- perament a-
quis.
re la nature de la Planete qui caufe la ma-
ladie & fes degrez de force ou de foibleffe,
on trouvera fon jufte temperament ou ,
pour mieux dire fon intemperie dont les
degrez ajoûtez ou foutrais du temperament
aquis en feront connoître réloignement &
la diftance, comme on peut voir dans les
exemples propofées de Mars au quarré du
Soleil & de Saturne à l'oppofition de la
Lune.
II. Car fuppofé que ces rencontres fufTent
Exemple
pour le nay , dont nous avons examiné les
pour trouver
temperamens primogenitif & aquis, ayant
la grandeur
d'une mala- trouvé celuy-là de 7. degrez & il. minutes
die. de chaleur & de fechereife, & celuy-cy de
7. degrez & +5. minutes de chaleur & d' hu-
midité & prefentement trouvant Mars
,
dans l'Efcorpion , élever des matieres froi-
des & humides avec fix degrez de force,
nous difons qu'il caufe une intemperie froi-
de au neufviéme degré dont il faut foûtrai-
re 7. degrez & 15. minutes de chaleur du
temperament aquis, il refte un degré & 45.
minutes de froid pour la différence du tem-
peramcnt aquis à l'intemperie qui ne figni-
fie que la mort; parce qu'elle n'eft pas feu-
lement tout-à-fait contraire au tempera-
ment aquis , mais elle le furpaffe d'un de-
,
gré & 45. minutes pour offèneer l'office
du cœur donminé par le Soleil que Mars re-
garde d'un quarré.
in. Et Saturne au contraire n'infliiant que
Autre exem- deux tiers & demi d'un degré de froideur,
pie. n'eftoit pas fi éloigné que Mars du tempe-
]

rament aquis : c'eft pourquoy il ne faifoit


pas une maladie mortelle , quoy que les
fymptomes panifient fâcheux & trompai-
fent les Medecins comme nous avons
dit ailleurs à caufe des rencontres que
,
la Lune faifoit avec Mars & Mercure
au fortir de l'oppofition de Saturne & ,
ainfi de toutes les autres maladies.
Cette doctrine demande l'experience, & IV.
je fuis afleuré que fi l'on s'y exerce fouvent Cette doftri-
qu'on y trouvera plus de folidité à connoî- ne demande
l'exercice &
tre la derniere difference des maux, qu'au l'experience.
concours de tous les fignes qui fait toute
,
l'adrefle d'un habile homme & dont l'e-
xacte connoifTance peut faire un parfait
Medecin dans fix jours , fuivant le fenti-
ment de Galien & d'Hippocrate qui nous
enfeignent en plufieurs endroits que le tem-
perament & la nature ne font qu'une mê-
me chofe.

CHAPITRE VIII.
Pour connoître le tempérament de
chaque partie du corps.

L noître
Es articles precedans nous ont fait con- J.
le temperament du mixte en se- Les parties
neral mais fes parties efiant differentes du corps ont
,
entr'elles de figure , de fitiiation & d'of- des tempera-
, mens diffe-
fice, requierent auffi un temperament pro-
rens.
pre & diffèrent de celuy de leur tout, fé-
lon leurs diverfes fubftances & leurs die-
rentes opérations , c'eft pourquoy on dit
que le cerveau eft froid & que le cœur eft
chaud.
Car fi l'on confidere le cœur felon les par- I I.
ties qui le compofënt ; il eft froid, & félon Du tempera-
du
fon opération, il eft chaud. Nous en avons ment
cœur.
déjà parlé fuivant le fentimerit de Galien,.
& nous avons fait voir qu'il eft oit froid en
fa fubftance ; parce que fes parties font dif-
ficiles à cuire , & qu'il eftoit chaud félon
fon office; parce que par fes deux mouve-
mens contraires, il engendre les efprits vi-
taux , ce qu'il n'auroit peu faire s'il n'eutf
efté diffemblable en tes parties & qu'elles
n'euffent efté dures ; parce que la chaleur
qui dépend du mouvement, n eft produite
que par le choc de fes parties folides , ainfi
du foye, de la rate & des autres parties du
corps.
III. Or comme cette distinction eft abfolu-
L'anatomie ment neceffaire point tomber dans
pour
n'ell pas fuf- jl'erreur , en paflant dune
fifante pour
»
temperament du
connoître le tout à celay de fes parties , & d'elles en
tempera. particulier a elles-mefmes feparement, ou
ment des conjointement ; il en faut connoître la qua-
parties. lité prédominante, & par après celle de
]

chaque partie qui les compofe, à quoy la


feule anatomie feroit fuffifante fans la con-
noifTance des Aftres, mais comme lorfque
nous difons qu'une partie eft froide & l'au-
,
tre chaude nous n'entendons que refpe-
âivement les unes aux autres , & qu'elles
ne font pas fi chaudesdes ny fi froides, qu'el-
les ne participent qualitez contraires,
l'anatomie n'en fçauroit diftinguer le plus
ou le moins, comme la Science des Aftres,
lefquels eftant diverfement difpofez dans
les fignes qui dominent les parties du corps
y inflüent aufli les qualitez plus grandes les
unes que les autres.
,
Par exemple Mars eftant joint au So- 1 V.
eil dans le Lyon qui domine le coeur,' rend 1Exemple de
dont eft compofé plus folides Mars dans
es parties il j

jue s'il y eftoit avec la Lune ; parce que fa1le Lyon.


:haleur eftant redoublée par la prefence du
Soleil, il confomme les humiditez de fes
parties , & il les rend plus dures & plus vi-
Iloureures en leurs mouvemens, & par con-
séquent plus propres à la generation des
ïfprits vitaux, mais au contraire s'il y eft
,
ivec la Lune il rend fes parties moins fe-
:hes, & par confequent moins folides ; &
s'il y eft tout feul, il les rend temperées.
Si Saturne y eftoit prefent, il y feroit le V.
mefme effet par la raifon contraire ; parce Exemple de
Saturne dans
que le froid confomme les humiditez com- le Lyon.
me le chaud, l'un en referrant
, & l'autre
en dilatant , & ils font la perfonne coura-
geufe, l'un temerairement & avec grande
inclination à la libéralité & l'autre avec
,
grande prudence, & avarice.
Si Mars eft dans les Balances , il domine- VI.
Exemple de
ra fur les reins, lefquels eftant froids felon Mars dans
leur fubftance, font naturelement contrai- les Balances.
res à la qualité de cet A Are, & par confe- & dans le
quent fujets à des maladies qui proviennent Cancre.
de la chaleur : fi dans l'Ecrevice il prefide
,
aux poulmons lefquels eftant d'une natu-
re acrée fujere à Jupiter, font contraires en
une qualité de Mars, & par confequent fu-
jets aux ulceres qui fe forment par des flu-
xions falées & bilieufes qui caufent la phi-
tifie avec les fiévres habitudes & ainfi
des autres,
,
VII. Or après avoir bien examiné la force &
On doitcon- la foibleffè des Planetes & les fignes qu'el-
naître le les accupent avec leurs dominations &
temperamec leurs lieux,
de chaque on peut juger du temperament
partie du particulier de chaque partie jufqu'au der-
,
corps, par la nier degré en procedant comme nous a-
force & la fait en cherchant le temperament de
foibleffe des
vons
Pianctes. tout le compofé.

CHAPITRE IX.
Des humeurs internes.

I. Y L n'eft point de maladie en laquelle les


Les humeurs
concourent à
,
humeurs internes ne concourent c'eft
la Medecine les évacue ou les al-
pourquoy
toutes les 1

tere toute forte de maux jufqu'aux phi-


maladies. en
tifiques ; parce qu'elles en font comme les
1

caufes prochaines qui font ou fympathi-


ques , ou protopathiques , & qui fuppo-
fent les fîx chofes non natureles , comme
leurs caufes étrangeres dont la connoiflan-
ce eft fi neceffaire à un Medecin, que quand
il n'auroit pas celle de l'efpece de la mala-
die , connoilîànt l'humeur peccante qui
,
prédomine il en tire une grande utilité
pour le malade, d'où vient que la Medeci-
ne divife tous les lignes qui les peuvent
faire connoîcre en quatre clalTes, fçavoir
Gai. Itb. de aux antecedens & confequens, aux utiles
tuenda fant- & inutiles. Mais Galien fait ce me fem-
tate cAp, 10. ble mieux de les divifer,premierement aux
chofes qui font prifes ; fecondement en
celles qui fe font par l'efprit ou par le
,
:orps ; troifiémement , en celles qui for-
cent ou qui font retenues, & enfin en celles
,
qui font employées au dehors toutes lef-
quelles néanmoins n'indiquant en particu-
lier & en general que par accident, ne font
point certaines , parce qu'elles peuvent
eftre autrement qu'elles ne font.
Ceft pourquoy nous ne tirons pas la con-
1
IL
noiflance des maux de ces chofes non na- Q-U; o n ne fe
tureles, mais feulement des Aftres, de leurs1 doit point
vertus, & de leurs divers mouvemens ; & fisj -
aux lix
afin qu'on ne dife pas que je négligé les pré- chofes non
naturelles.
ceptes de Galien : Il faut remarquer que ce
grand homme a parlé de toutes chofes avec
,
tant d'éloquence qu'il n'a rien obmis pour
favorifer mon fentiment.Car parlant des fix
chofes non natureles,il dit qu'elles nepeuvétr Gai. Ub. de
, diff. Fehr.
pas eftre les caufes des maladies, & qu'il n'y
en a pas une qui puifle agir , ny en géné- cap. 4.
ral , ny en particulier , fans la difpofition
du fujet ; parce que la quantité de vin ne
caufe pas la fiévre, lorfque la quantité des Gai. Itb. de
caufes internes efficientes luy eft égale , à caujts mofb.
caufe que la difpofition du fnjetà beaucoup tap. 1.
de force pour en éluder l'effet, & pourfui-
vant fon raifonnement" avec Ariftote , il Jictex, 67.
foûtient que l'agent n'agit fur le fujet qu'enn Qaltdnm
Je difpofant & non pas fur fa forme ; non
par-_ agit in frigi-
ce qu'un contraire n'agit pas contre un au- 1-
dum.
tre , mais contre le fujet pour y introduire
fon femblable. «

Cela fuppofé qui eft ce qui a introduit les III.


Les difpofi-
rions des ma- difpofitions dans le corps pour recevoir leI 1
ladies vien- maladies fi ce n'eft les Aftres lorsqu'ils
,
nent des A- ont concouru à fa génération ? D'où eft-ce
llres.
que les humeurs ont leurs mouvemens, fi
ce n'eft des difpofitions des parties qui les,,
contiennent ? Comme nous avons prouvé
ailleurs, & par confequent des Influences
des Aftres dont la feule connoiflance nous
fournit celle que nous devons avoir de la
nature des humeurs peccantes, & des eau-
fes internes des maladies, & non parcel-
le des fix chofes non naturelles qui ne peu-
vent rien introduire dans le fujet s'il n'y eft
difpofé,non plus que les faveurs, ny les cou-
leurs, ny les mouvemens, ny les périodes;
parce qu'il fe peut faire que les fix chofes
non natureles concourant à un effet, quand
mefme le fujet y feroit difpofé s'il y en
,
manque une , il eft certain qu'elles ne le,
produiront point, & comme c'eft une ef-
pece de miracle de les rencontrer toutes
enfemble, il eft inutile de s'y arrefter, non
plus qu'aux périodes ; parce qu'elles peu-
vent dire cachées , ny aux couleurs , ny 1

aux fauëurs ; parce que les qualitez peu-


vent eftre tellement mêlées qu'on ne lçai$< 1j

roit diftinguer celle qui prédomine.


1 V.
Si bien que je ne m'en embarrafle poinr,
Divifion des me contentant d'en connoître le fin pour
humeurs, m'en fervir en faveur de mes amis, fi l'oc-
,
cafion le requiert quoy que je ne fattb
:
point prorefnon de la Médecine mais ré:..
tudie les diverfes qualitez des Planètes Sé
des fignes qu'elles occupent au point de la j
naiflance pour démêler toutes les impref-
fions différentes qu'elles ont faites dans le
corps ou en ce temps , ou au commence-
ment d'une maladie : & comme il a pieu
à Galien de divifer les humeurs en mélan- Gttl.i, de
febr%c,6.funt
colie pituite, bile , & fang, & de leur epttndectm
,
donner leurs propres ferofitez il luy afpectes httmo-
pieu aufli de les divifer en quinze , efpeces.
rum.
Sçavoir quatre fortes de pituite, douce, ai- Gai, de na-
1.
gre , vitrée, lX falée. Sept fortes de bile, tura humana
pafle, jaune, vitelline, verte, erugineufe, fcxt. 4. Ç £ ltb.
ifatide, ou blue & la rouge qui eft un fang de atrabile.
fereux qu'il appehs bile; parce qu'il n'a peu
eftre incralfé à caufe de fa grande fubtili-
té ; il en rapporte, mefme d'autres qu'il dit

, :
qu'elles n'ont point de nom trois fortes
de mélancolie celle qui eft la lie du fang,
l'autre qui en eft lalie brûlée, & l'autre qui
eft la bile brûlée, & enfin le fang qui ne
peut pecher qu'en quantité , & il les éta-
blit
comme les caufes internes des maladies,
dont leur connoiflàncceft fi neceflaire pour
fçavoit quand elles fortent de leurs limi-
tes natureles pour attaquer par. leurs divers
mouvemens , tantôt une: partie & tantôt
l'autre, afin de foire une: infinité de mala-
dies, que fi l'on la pouvoit avoir par les fi-
nies qui ont précédé ou qui ont fuivy il
feroit befoin ,
d'avoir recours aux
ne pas
Aftres.
Mais comme nous venons de dire qu'il V.
eft impoffible nous contemplerons par Attribution
,
confequent Saturne pour la mélancolie, des humeurs
Mars pour ia-bile^ W Lune^pour htpicuire, aux Planetes.
Jupiter pour le fang, & Venus pour le chy-
le qui eft un fang imparfait, le Soleil com-
me caufe univerfelle & Mercure comme
endrogine ou inconftant n'appliquant à
rien s'il n'eft déterminé par la rencontre
des autres Planetes. Or comme toutes ces
efpeces ne différent que du plus ou du
Cal, 4: Prêt- moins ; parce que la bile jaune ne fe for-
fal 47. ex me que d'une ferofîte rôtie, la pâle du mé-
firoft torre- lange de la bile jaune & de l'humidité,
fafto. l'erugineufe d'une ferofité fort rôtie, la vi-
telline de la jaune devenue plus groffiere,
Que les hu. la porracée de l'œrugineufe & de
meurs Te mê- la verte ou
lent les unes pituite qui n'eft autre chofe qu'un chy-
avec les au- le imparfait forti du ventricule & des fou-
tres pour fai- piraux du mefentere que le foye n'a pû
re leurs pro- cuire par fa chaleur pour le convertir en
pres diffc- fang, que la pituite qui eft douce à caufe
rences.
que la douceur eft la propriété du fang de-
vient aigre , lorfque la chaleur de fon pro-
pre temperament s'eft évaporée avec l'hu-
mide le plus fubtil par une chaleur étran-
gère , comme l'on void dans le vin qui de-
vient aigre, lorfque fes efprits fe font dif-
fipez & qu'ils ont emporté avec eux l'hu-
midité la plus fubtile , & dans les fyrops,
lorfqu'ils ont efté fermentez par quelque
chaleur étrangere mais elle devient falée
,
lorsqu'elle fe mêle avec la bile ; parce que
la pituite n'eft falée que par accident , &
elle eft vitrée lorfqu'elle fe mêle avec la
mélancolie qui eft comme la lie du fang
non adufte femblable à celle du vin, pro-
venant des alimens grofliers ; la deuxieme,
eft
eft la lie du fangadufte & latroifiéme, de
;
la bile, jaune brûlée , & qu'enfin le fang
qui eft chaud & humide, ne fe forme que
par la chaleur du foye qui ne pouvant tout
cuire & digertr le chyle forme la pituite,
,
& en feparant le pur de l'impur fait la
bile & la mélancolie. Or comme dis-je
toutes ces différentes efpeces ne different
,
que du plus, ou du moins elles nous font
connoître qu'elles font tout-à-fait divifi-
bles, & qu'elles en peuvent faire parcon-
fequent une infinité d'autres différentes
dont la connoifTance ne dépend pas du
concours de tous les fignes antecedens &
confequens comme de la difpofition des
,
parens , de la jeunelfe , ou de la vieillefle, La diverfe Ci»
de l'habitude du corps, gralTeou maigre, de tuationdes
fa vertu , de fa coutume de fes actions vi- Aftres indi-
tales , animales& naturel es, de fa phyfi- que la diffe-
rence des hu-
gonomie, de fes excremens qui fortent ou,
meiKS.
qui font retenus , des qualitez fenfibles,
des genres, des maladies , des fymptomes,
des lieux afrcctez, & enfin des chofes qui
nous aydent, ou qui nous détruifent : mais
de celle du mêlange des corps celeftes
, ou
par conjonction , ou par arpeft, de leurs
degrezfde force, ou de fbiblenë,comme nous
avons enfeigné dans le Chapitre du tem-
perament, laquelle nous afleure du plus &'
du moins de toutes ces différentes humeurs,
& nous en détermine l'efpece ; parce que
les Aftres ont difpofé le corps à recevoir
plus ou moins des qualitez élémentaires,
pour former les diverfes efpeces d'humeurs,
c'eft pourquoy il en faut déveloper les dif-
pofitions & les mélanges & comme nous ,
avons établi Mars pour la bile en général,
exemple de il n'y de doute qu'il puifle
dans a pas ne nousdifféren-
Mars aussi découvrir fes efpeces & fes
les fignes du la
Zodiaque. ces , nous indiquant dens un figne d'eau
bile pafle , dans un figne d'air la jaune &
la vitelline dans un figne de terre la ver-
I'oerugineufe la bleue dans un
te , & , ou
figne de feu , & lorsqu'il eft joint à Jupi-
il
ter , nous fignifie la bile rouge , & félon
qu il fe trouve fort, ou foible augmentant
ou diminuant fon action il nous marque
,
les autres efpeces que Galien appele in-
connues.
Saturne fait la mélancolie naturele dans
VI. la mélan-
Exemple de un figne d'air, dans un de terre
Saturne , de colie non adulte & l'adufte provenant du
,
la Lune, de fang brûlé dans un figne de feu, & dans
Iupicer & de Tienne d'eau les ferofitez mélancoliques
un
Venus.
en abondance ,
princi palement s'il y eft
joint à la Lune qui caufe d'elle mefme la
pituite infipide, dans un figne d'air la dou-
ce & naturelle , dans un de terre , l'acide,
dans un de feu la falée & dans un figne
d'eau avec Saturne la vitrée. Jupiter & Ve-
dominent le fang, & félon leurconfti-
nus
tion, on juge de fa qualité ; car felon que
Aftres fe trouvent dans des lignes,
ces deux
des Planetes femblables, ou con-
ou avec
traires en qualité , ils en déterminent la
bonne, ou la mauvaife difpofition.
CHAPITRE X.
Du mélange dei humeurs.

L principe
A
nature n'et f jamais oilive eftant le
du mouvement, & ne Iaiflànt Le mélange
JI

jamais les humeurs en repos, elle les chan- des humeurs


les mêle perpetuellement enfemble, eft, ou inter-
ge & ne ouexterne
ou intérieurement ;
lorfqu'une portion de Gai. de dtff.
la bile œrugineufe, par exemple, eftant de- Tebr. cap. j".
venuë verte, fe mêle avec l'autre ou exté- ui'vtcenn, lib.
rieurement lorfque cette portion vient 1. Sen. cap.
,
d'un autre endroit, c'eft à quoy on doit de humertb us,

prendre garde en tous les états d'une ma-


ladie; parce que telle à eu fon commence-
ment dans la bile pafle qu'elle peut avoir
ion augmentation dans rœrugineufe qui in-
diquera alors un remede different de celuy
qui auroit pu eftre indiqué par la bile pâ..
le. Or comme nous avons diftingué
tou-
tes les humeurs & leurs diverfes efpeces
par les faüeurs & les couleurs , il faut fca-
voir comment elles fe trouvent douces, ou
ameres, acides, falées, ou pontiques, afin
que par leurs caufes différentes, nous puifl
fions prendre des indications juftcs, &
en
connoître le mélange.
Galien veut que leur fel vienne de la II.
pourriture, & Avicennes du mélange de la La caufe du
bile, ou de Ton retardement, mais la fel des hu-
pour- meurs.
riture & le mélange de la bile n'en eftant Gal.z.. de dif.
11 *.
Tebr, c. 8. que les caufes partiales, & qu'un effet n'en
.dwanntt n. doit avoir qu'une feule & complete, je dis
I.fin. i. doft. ;avec Ariftote, que c'eft la chaleur qui re-
4. c. i. folvant le fubtil & l'infipide brûle à mef-
uirtft.z.probl, temps terreftres faire
,.,.f.n,E5H. me les parties pour
à a llu -n efl cet-le fel ; c'eft pourquoy
Galien definit le fel
lulum terre- un chaud terreftre qui fe fait lorfque ce
jire.Gitl. qu'il y a de doux & d'infipide dans les hu-
af/h.u & f, eft feparé par la chaleur, & que ce
Jimpl. med. meurs
qu'il ya de terreftre eft brûlé & mêlé avec
(IlC, 16.
la pituite.
La douceur fe fait par une caufe contrai-
III. lorfque le froid refferrant l'humeur, luy
La Cdure de re ,
la douceur. conferve fes parties graffes & aërées qui
font le fubtil & l'infipide, diflïpez par la
chaleur lorfqu'elle forme le fel : & il n'y
a point de repugnance que la-chaleur qui
eft la caufe complete du fel, auffi bien que
le froid celle de la douceur, ne puine pro-
venir , ou de la pourriture , ou de la bile
brûlée, ou du retardement des humeurs.
I V. L'amertume & le fel ne différant que du
De la caufe
de l'amerru-
plus & du moins , n'ont qu'une feule &
mefme caufe qui eft la chaleur & auffi qu'u-
me.
Artfl. liï. de ne mefme matiere qui eft une ferofité brû-
/en/. & fenfi. lée qui devient feulement falée, lorfqu'el-
Gal i ,/îmfl, le n'eft qu'échaufée.
med fac. c. la chaleur qui
z frxfag. L'acide fe fait par meut
36 furmon-
es 4. les matieres & par le froid qui les
47-
Jimpi. med. te comme on peut obferver dans le vin
e. i S- qui devient aigre à mefure qu'il devient
,
V. chaleur étrangère & mode-
la caufe froid par une
De efprits Car fi la cha-
des l'acidité cee qui en diffipp les
leur eftoit plus grande que le froid, elle le
& de l'ai-
greur. 1
-
tendroit amer au lieu d'acide , ainfi qu'on Ga.1, Itb. de
peut eflayer en le faifant bouillir , parce anttdotis c. 3.
que la chaleur le vainc , mais s'il eft dans
un lieu tiede, il devient aigre ; parce que la
chaleur le meut fans le vaincre , difîïpant
feulement l'humide femblable à l'eau de
vie qui luy conferve le temperament &
,
non pas l'autre humidité oleagineufe, par
laquelle le mixte eft mixte qui s'évapore
par le feu, ou par la pourriture.
La fauëur pontique n'eft autre chofe V I.
qu'une fauëur auftere comme celle de ver- Des faueurs
jus & de la grenade, ou d'autres fruits qui pontiques a-
font bons à manger, laquelle fe forme de cerbes & au-
l'acerbe comme de la fauëur des poires fau- fteres.
vages, ou des nèfles qui ne font pas enco-
re meures ne différant que du plus ou du
moins. Or l'acerbe qui eft froid & terre,
,
ftre fe fait en trois rayons ou quand ce
qu'il y a de chaleur ou d'humidité dans
quelque corps fe diflîpe ,ou lorfque la cha-
leur & l'humidité fe confomment feparé-
ment, ou conjointement, & comme la na-
ture ne paffe jamais d'une extrémité à l'au-
tre fans pafler par le milieu , l'acerbe de-
vient doux par la chaleur , & puis auftere
ou pontique, comme la chataigne qui com-
mence à meurir devenant humide en fes
parties groffieres devient auftere & de-
,
venant humide en fes parties fubtiles elle
devient acide, & fi elle devient chaude &
humide tout enfemble, elle devient dou-
ce , comme lorfqu'elle eft bouillie , ainfi
l'auftere provient de l'acerbe non humectée
Gal. 4. de comme la grenade quand elle n'eft pas en-
Jimpl. med. core meure, elle eft acerbe, & quand elle
foc. cap. 8. eft humectée & échaufée
comme lorf-
qu'elle meurit , elle eft auftere ou pon-
tique.
V 1 I: Cette dothine eftantainfi établie, & que
Toutes les lorfque deux proprietez différentes fe trou-
qualitez fe dans un mefme fujet il faut qu'il y
connoiffent vent ,
par le moyen en ait une de foy & l'autre par accident,
des Aftres. il ne fera pas dificile d'en connoître le mé-
lange interieur & exterieur par le moyen
des Afires, félon qu'ils auront influé plus
ou moins de chaleur , ou de froideur par
,
l'éloignement ou l'approche de leurs lu-
mieres ; puifque ces deux qualitez en font
les caufes completes, auffi bien que des
couleurs qui ne laiffent pas d'eftre utiles,
pour avoir une connoiffance parfaite de
leurs
mêlanges encore qu'elles n'indiquent
rien en Medecine.
VI II. Car la bile vitelline fe forme de la bile
Ce que jaune devenue plus groffiereà force d'a-
c'eft que mé- voir efté échaufée, & la verte, lorsque t'oe-
lange exter- rugineufe d'un endroit fe mê-
venant autre
ne ou inter- le le pituite pour faire une mixtion
ne. avec
Gai, 1. defa- exterieure, ou que la bile jaune eftant mêléè
cuft. natu. avec la pituite s'échaufe tellement qu'elle
cap. uîtimo, devient verre à fucceflion de temps pour
faire une mixtion intérieure.
I X. La blancheur fe fait tantôt par le froid,
D:s diverfes tantôt par le chaud, tantôt par le mélange
caufes de la des humeurs, & tantôt
par la foiblelfèdes
blancheur.
parties, félon les diverfes matieres fur lef-
quelles ces qualitez agiflent. Car la cha-
leur fait le noir dans l' humide, & le blanc
dans le fec le froid fait le contraire opé-
rant le ,
blanc dans l'humide , & le noir Gal. I. de
dans le fec ainfi qu'on peut remarquer Sjmptom.
,
dans le bois , dans le charbon, & dans l'hy- caufis cap, l.
dropifie qui vient , ou de-la foibleffe du St -ventriculus
foye, ou de la foibleiïe des reins : De for- ob tmbectllt- nthtl
tatem
te que fi l'on confidere bien toutes les cau- conequat "vcl
fes internes des couleurs , des fauëurs & fit hentert*
des humeurs, & en combien de façon el- TC/ tympani-
les fe mêlent enfemble comme nous a- tes Ir, lectir
, in- nthtl uel
vons déja enfeigné, l'on trouvera une pa-
finité de maladies qui demanderont toutes rum conco-
quat ob tmbe-
en particulier des remedes differens : mais cillttatemfit
ayant fait voir que les Aftres eftoient la afettes fi ter-
caufe de leurs mêlanges ; parce qu'ils ne tla coïlto fit
fe font que par le mouvement des humeurs abelita ft
difpofi- anafarca ê5
qui ne provient que de la diverfe t
alibi, fi re-
tion des parties du corps, dont les Aftres nes fintin-ua-
font la fource & l'origine : il les y faut trou- lidi fubite
ver & propofer une exemple d'une figure tranfmtttum
decubitale qui fervira de regle pour éle-aquam intet-
l'efprit à la connoiffance de toutes les cutem.
ver
autres.
Saturne dans la maladie cy-devant pro- X.
pofée eftant dans un figne d'eau oppofé à Exemple de
la Lune dans un figne terreftre y domine Saturne
de foy la mélancolie , & la pituite par ac-
cident à caufe du figne de l" Efcorpion où
il eft. La Lune qui eft de foy pituiteufe, y
eft mélancolique par accident, à caufe du
figne du Taureau qu'elle occupe, & fi l'on
obferve comment ces deux fortes d'hu-
meur font en mouvement dans cette mala-
.,
die & comment elles s'y mêlent intérieu-
rement & exterieurement tant dans les
parties inferieures que dans les parties fu-
perieures réciproquement ; parce que Sa..
turne dans l'Efcorpion prefide fur les par-
ties honteufes, & la Lune dans le Taureau
fur le cerveau , l'on verra que Saturne y
corromp la pituite, en y mêlant fa mélan-
colie pour faire un mélange externe & in-
terne ; parce qu'une portion de la pituite
estant corrompuë par la mélancolie fe mê-
le avec l'autre , de mefme la Lune au re-
gard du cerveau , & comme les humeurs
courent à la tefte pour la nourrir, elles s' y
mêlent & elles y font une mixtion exté-
rieure avec une diverfité de fauëur, tantôt
acide, tantôt infipide, & tantôt douce, &
elles font par confequent des couleurs dif-
férentes tantôt blanches , & tantôt livi-
,
des félon leurs divers mouvemens.
XI. Et fi l'on fouhaite de fçavoir le dernier
Pour con- degré de la qualité qui prédomine dans ces
noîcre le de- fortes de changement : il n'y qu'à exami-
gré de la a
qualité de ner la vertu & la foiblefle de ces deux Pla-
l'humeur netes pour le déterminer de mefme que
prédomi- j'ay enfeigné dans le Chapitres précedens
nan ce. du tempérament.
XII. Si Mars y euft mêlé fes regards , il au-
Exemple de roit felon fa force ou fa foibleile mélé l'a-
Mars, de Iu- le fel par le mouvement qu'il
piter de Ve- mertume, ou
auroit donné à la bile, fi Jupiter , ou Ve-
nus , & de la
Lune. nus , de la douceur à caufe du fang & du
chyle, où il faut remarquer qu'il y a deux
,
fortes de douceur dont l'une convient de
foy au fang, & l'autre auffi de foy au chy-
le , qui eft un fang imparfait dedié a Ve-
nus , celle-là eft agreable comme celle des
fruits, ou du fucre, & celle. cy defagreable
& naufèufe, comme celle de la regaliffe &-
ainfi des autres.

CHAPITRE XI.
De la proportion des remedes.

N Ous avons prouvé dans le premier


Livre, que les qualitez ocultes ne fi-
r. 1

Les maladies
gnifioient rien en Médecine, & que l'axio- des fubftan-
me univerfellement receu dans l'école que ces refutées.
les humeurs peuvent attaquer le
corps , ou
par toutes leurs fubftances , quantité, qua-
lité ou mouvement n'efi: pas toûjours
, ve.
ritabte ; parce que tout ce qu'il
y a de plus
cache dans la nature , fe rapporte
ou aux
premieres, ou aux fécondés ou aux troi-
fiémes qualitez & non ,
pas à la fubftan-
C'eft ,
ce. pourquoy nous n'en parlons pas,
ayant fait allez connoitrc ailleurs que les
qualitez cachées n'eftoient que les diffé-
rences difpofitions que les Aftres introdui-
fent dans les corps au moment de leurs
naiflances, & que s'il arrive quelque phe-
nomene dont la caufe eft inconnue il ne
provient que du mélange des qualitez ,
des
A ftres qui nous le peuvent dévoloper juc.
qu'à la dernière différence encore qu'on
,
dife qu'un moyen éloigné n'efi: pas fuffi-
fant pour démontrer parfaitement la natu-
re d'une chofe , il ne refte donc plus qu'à
faire voir comment on pent déterminer la
quantité des humeurs peccantes avec leurs
mouvemens, pour leur proportionner cel-
le des remedes ayant déja parlé de leurs
diverfes qualitez. ,
il. Pour la quantité Galien,nous affeure qu'il
La quantité n'eft rien qui rende la Medecine con-
rend la Me- tant
decine con- jecturale ; parce qu'on connoift quelque-
jedturale. fois qu'elle eft l'humeur qu'on doit pur-
Nih/i tque ger, mais on ignore combien il en faut pur-
M edtemam
ger , enforte que fi l'on ne la purge toute,
*on\efturalent
effictt quam ce qui en refte de ,
méchant corrompt ce
culafque re-
qu'il y a encore de bon, & fi l'on en pur-
medtt quan- ge trop, l'on fait une purgation qu'on ap-
tÙM, Galt H. pele fymptomatique ; parce qu'on purge
methodt. ce qui ne faut pas purger, d'où vient qu'on
Ipfct Arl pro- évacuë
ordinairement un malade à diver-
fter flr/untl. fes fois ; qu'on fçait la jufte
tafum à parce ne pas
refte fteien- mefure de ce qu'on doit éuaciier , ce qui
di propofito eft pourtant fort dangereux , & qui a fait
Aberrat3Hipp,dire à Hippocrate, qu'un Medecin doit a-
creaternjA voir du bon heur & de la fortune à ren-
gaudium e5 -
contrer des malades que la nature feule gué-
Gal. i i. Meth.
#rs , arttfex, rit. Car ignorant la quantité des humeurs
f5 firtuna peccantes, il les tüeroit fi la nature n'eftoit
non fer fe pas afïez vigoureufe pour vaincre le mal,
primo fed per & refifter remedes difproportionnez
Auxilta mor- aux
tes frofligant pour fe guerir elle-mefme, & n'ayant pas
tel bon- heur, il les envoit fouvent à
natura vero un
,
fer fe ipfttm. l'autre monde en empechant les opéra-
tions falutaires de la nature.
Néanmoins la Medecine ordinaire con- 111.
jecture l'abondance des humeurs par les li- Les cooje'
antecedens & confequens dtures de la
gnes , comme Medecine
nous avons dit des maladies, fçavoir de la font incer-
pefenteur de la tefte de la douleur des taines pour
,
yeux , de la rougeur extraordinàire du vi- connoître la
Cage, de la diftenfion gravative & de la la quantité
, des humeurs.
rupture des vaiffeaux, mais toutes ces re- Gai 14 ,Meth.
gles ne font pas moins véritables que les
cap. 1. in ht-
premieres, parce que la pefenteur des yeux, floria fileni
ou de la tefte, peut provenir de la qualité es utrgtnts
de l'humeur comme de l'abondance, ainfi larijfx j es H.
qu'on obferve aux malades qui font fi fort Met h. cap. 7.
abbatus par la malice des humeurs qu'ils es 5. Ale th.

en reffentent une pefenteur univerfele. La


diftenfion peut venir ou de la fechereffe,
ou des vens qui ne laiflent pas auffi de cau-
fer la pefenteur comme on obferve dans
,
les fcyrrhes de la rate qui viennent de la
fecherefle, & enfin la rupture des vaillèaux,
ou la rougeur extraordinaire du vifage
peuvent avoir leurs origines dans la quali-
té des humeurs comme dans leur quantité.
Ainfi le Medecin doit avoir le don de de- IV.
venir pour fçavoir qu'elle eft la caufe étran- Il faut avoir
qu'elle la cgard à la fi-
gère , eft difpofition du malade.
tuation des
<& celle de fes parens quels font les fymp-
, parties pour
tomes, & qu'elles font les parties affligées proportion- -

& la memoire d'un Ange pour fe fouvenir ner les ieme-


de toutes ces regles qui fe foûdivifent en des.
une infinité d'autres qui ne conviennent
néanmoins que par accident en general &
en particulier, au lieu que ce qui nous doit
donner quelque connoilfance certaine, doit
reciproquer avec la chofe qu'on veut con-
noiftre & avoir une telle liaifon avec elle
qu'il en doit émaner comme de ion euence,
ainfi que la rifibilité de l'homme. Or ayant
déja démontré que les difpofitions des corps
eftoient les caufes prochaines des maladies,
& que les Aftres en eftoient la premiere
origine, lelon qu'ils avoient plus ou moins
difpofé par leurs mouvemens le fujet à
quelque maladie , l'action qui doit indi-
quer la proportion du remede , fera plus
eu moins grande pour demander un grand
ou un petit remede. Si bien qu'on doit exa-
miner la force , ou la foiblefle de l'adtion
qui indique le remede pour luy donner ju-
ftement ce qu'il faut, ayant égard au tempe-
rament des parties & à leur fituation ; parce
que fi par exemple la tefte eftoit malade par
un excès de chaleur caufé par Mars dans le
Mouton. Il n'y faudroit point donner de fi
grands rafraichiflemens qu'il en faudroit
pour rafraichir le foye s'il eftoit atteint d'u-
ne mefme intemperie ; parce que le degré de
Gai 1. ad froideur conviendroit foye à raifon
GUuconem
qui au
de Ton temperament détruiroit le cerveau,
i. cap. primo
y ut de os,
m & fi les poulmons eftoient malades, ils re-
fauces fio- querroient un remede plus grand que le
,
machum f5 ventricule; l'action ne fe fai-
ejusdam ex
parce que
fant que par l'atouchement, il eft neceflai-
tenuiortbtts
intefltnts per- re que le remede conferve fa vertu quand
tranjit Ç$c. il eft arrivé à la partie qu'il doit guérir. Car
s'il eftoit en fi petite quantité , qu'il l'euft
perduë en chemin) il feroit inutile , c eft
paflant par plus d^ndroits pour
pourquoy
arriver aux poulmons que dans le vencricu-
le , il faut auiti qu'il foit en plus grande
quantité.
Mais comme toutes les maladies ne pro- V.
La propori
viennent que la diverfe difpofition destion des
diverfement difpofez la diverfi-, re-
corps par medes fe
té des temperamens, & par confequent des prend du
Aftres qui les forment comme le principetempera-
de toutes lesaftions natureles. Il me fem-ment.
b!e que les réglés cy-dellus ne déterminent Gai, t. de ufu
farttum Hlp.
point encore la jufte mefure des humeurs' & 7. de
c. 3.
peccantes , & que pour atteindre cette con-caujts ful-
nainance, il faut diftinguer trois fortes de,foum CAp, 9.
1-

temperament , fçavoir le temperament na-


turel & inflüant du cœur & du cerveau, &
celuy qui eft la forme de toute la partie
du compofé qui refulte des deux premiers,
& trouver les degrez de chacun en chaque
partie dans Con état naturel, & après en
trouver l'cloignement par la jufte mefurc
dé l'intemperie qui l'afflige & qui luy dé-
prave fon opération & fon office, tout de
mefme que nous avons déjà démontré, &
félon la diftance qu'il y a de l'un à l'autre,
on juge de la quantiré des humeurs & de
celle de la matiere dont on fe doit fervir
pour les purger, chaude ou humide froi- ,
de ou feche & combien il en faut, ainfi
,
que l'on peut déterminer par les dofes des
rtlatieres fuivantes qu'on à coutume dedi-
vifer en 4. claffes & chaque claffe en 5.
man fions.
,
Les purgatifs de la premiere clafle & de V I.
la premicre manfion qui font les fyrops Des purga-
tifsdela pre. de violete fe peuvent prendre depuis deux

& de la 1.1.
,
miere clalTe, onces jufqu'à 3. 4. pu 8. en diflolution,
ieconde
ceux de la qui font Les miels ro-
& J. man- sats & de violete, depuis
z. onces jufqu'à
lion.
5. & ceux de la troifiéme comme les fy-
, fuc des rofes
rops de fleur de pecher, le &
des violetes depuis deux onces jufqu'à
3. ou 4.
VII. Les purgatifs de la premiere manfion de
Des purga- la deuxième clafle, comme les tamarins &
tifs de la z. la cafle fe prennent depuis une demie on-
clafle & de la
1.1. & î. ce
iufqu-à une once & demie , ceux de la
manfion. deuxiéme manfion, comme la femence de
Carthami, depuis une demie once jusqu'à
une once & demie en infufion, & ceux de
la troifiéme comme l'epithime depuis trois
dragmes jufqu'à fept.
VIII. Ceux de la troifiéme clafle au premier
Des purga- degré , comme les mirobolans & le poly-
,
tifs de la 3. pode depuis une dragme jufqu'à demie
clalTe.
,
once ceux du fecond degré , comme le
fenné, la rubarbe, l'agaric, & le méchoa-
cam , depuis deux fcrupules
dragmes, & ceux du troifiéme degré com-
jufqu'à deux

me le jalap, l'hermodaéte
,
le turbith, &
l'aloës depuis une demie fcrupule, jufqu'à
une drame.
IX. Et de la quatriéme & derniere clak,
ceux
Purgatif de fe au premier degré , comme la coloquin-
la quatrièmee te & l'azarum depuis dix grains jufqu'à
clafle juf- , fecond comme l'elebore
qu'au i. de-
deux fcrupules, au
noir depuis cinq grains jufqu'à quinze, &
gré.
enfin au troifiéme comme l'efola, l'efcam-
monée & le mercure doux, depuis ICO"
grains jufqu'à dix , augmentant, ou dimi-
nuant les dofes felon la force ou la foiblef-
fe du malade & de fes avions qu'on aura
déterminées par les divers degrez de for-
ce, ou de foibleffe des Aftres.

-
CHAPITRE XII.
Du mouvement des humeurs à* de la
revulifon.
A Vant que de traiter cette queftion, I.
il feroit à propos de fçavoir fi les hu- Les Aftres
fe meuvent elles-meimes, s'il meuvent tes
meurs ou y humeurs.
a quelque premier moteur qui les faile
mouvoir : Mais après ce que nous avons
dit dans le premier livre avec Ariftote que
je mouvement des Cieux appliquant la lu-
Jumiere des Aftres eftoit iacaufe de la cha-
leur , il y a lieu de foûcenir qu'elles ne fe
meuvent pas d'elles, mefmes ; parce que la
chaleur eftant le principe de toutes nos
actions, eft la feule caufe du mouvement
fublunaire, & comme elle eft fubordonnée
au mouvement celefte, on doit croire par
confequent, qu'il en dépend comme l'ef-
fet de fa caufe, Ariftote le témoigne enco- l ulitext, n.
re ,lorfqu'il dit que tout mixte eft meu par
un moteur étranger. Car s'il fe mouvoit
luy-mefme ce feroit du côté où il feroit
,
porté par fa pefanteur & comme l'expe-
,
rience nous apprend que les chofes les plus
pefances font un mouvement contraire 1

,
à celuy de leur propre nature , il s'en- •

fuit qu'elles dépendent d'un premier mo-


teur ; parce qu'entre les caufes eflentiele-
ment fubordonnées , les inferieures ne,
fçauroient agir fans le concours actuel des
J. de Symft. fuperieures. Galien nous confirme ton ten-
eaujls cap. 4. (timent par l'exemple des humeurs
î. *d quelles eftant aqueufes & pefantes defcen-
, lef-
CUuc. caf, i.
droient toutes en bas , & les parties fupe-
ïieures en feroient vuides , fi elles n'eftoient
meues par un premier moteur qui leur im-
primast leurs mouvemens par les diverfes
dispositions
des parties, dont les unes atti-
rent & les autres ereçoivent celles-là ou
,
par chaleur , ou par froideur , ou par foi-
blefie., ou par l'abondance de la matiere,
ou par fa méchante qualité, & enfin ou par
la méchante qualité & par l'abondance tout
enfemble, & celles-cy ne reçoivent jamais
qu'à caufe de leur foiblefïe qui vient ou de
la chaleur, ou de la douleur, ou duvuide,
lesquelles' impreffions ne viennent que de
celle des Aftres.
Car fi Saturne fe trouve ou par corps, ou
II. afpell: dans figne qui domine le cer-
Exemples. par un
qu'il luy ait imprimé temps de
veau & au
lanailïànce quelque difpofition au rheume;
il le caufera par le moyen du froid en ref-
ferrant cette partie quirenvoy toûjours fes
à celles qui font les plus foi-
excremens
bles , fi Mars par le moyen de la chaleur
qui dilate les humeurs,fi la Lune par abon-
fi elle s'y trouve avec un malefique;
ce , &
par
par abondance & par malice tout enfem-
ble , fi au contraire s'y trouvent foibles,
par la foiblefle de la faculté retentrice, ou
concoctrice, & s'ils y font forts & fortu-
nez , ce fera par la force de l'expultrice, ÔC
ainfi des autres.
Cette cfoéfcrine eft abfolument neceflàire IIL
pour ravoir toriqu'il faut faire revulnon De la revul-
par les endroits les plus éloignez, fion.
ou par
~les endroits les plus proches, & fél
on toutes
les oppofitions mar quées au cinquième de
la métode, & pour diftinguer la partie qui
renvoit ou celle qui reçoit la matiere à
,
laquelle on veut donner un paflage contrai-
re pour la détourner des parties qu'elle af-
flige on doit obferver la difpofîtion du
,
Ciel & la nature des Aftres qui fignifienc
& qui promettent les maladies avec les li-
gnes qu'ils occupent.
Par exemple , l'oppofition de Saturne à
la Lune dans le Taureau IV.
que j'ay propofée Exemples."
ailleurs nous apprenoit qu'il y avoit
, uhe
humeur froide & mélancolique diftante
du temperament aquis du malade, d'envi-
ron deux degrez & un tiers , laquelle s'é-
levant des parties inferieures dominées
le figne que Saturne occupoit, attaquoit le par
cerveau pour luy reprefenter des fpeétres
tenebreux. Si cette matiere eut indiqué la
revulfion, il l'auroit fallue faire par les par-
ties inferieures les plus prochaines fuivant
le lentiment de Galien. Mais
parce que la j. Metb. c. ;.
nature de la Lune & la foiblelfe de Satur- in iis qu* fa-
ne marquoiçnt l'abondance:il l'auroit falluë pra font om-
X T
tubus ieor- faire par les vaiffeaux les plus éloignez; fi
fum Jemper a- comme par la faphene, crainte que l'on
gttur e con- procedoit au contraire la quantiré de l'hu-
tra. meur n'acablait la partie affligée, de mef-
de
me toutes les autres Planetes , felon leurs
diverfes conftitutions dont on pourra s'in-
firuire par l'experience me contentant à
,
prefent d'en donner feulement une idée
generale pour en faire voir la poflibilité,
rib. de djf. & établir des veritez univerfelles , fans
morb. c. i. m'attacher à ce qui eft achuetlement , &
ab attto- d'exemples qui grof-
won
rtedefifntenda propofer une infinité
fanius, firoient plus cet ouvrage que je ne me fuis
e(i
dormtens non propofé imitant Galien en toutes chofes
!

njtdet Atta- qui ne ,definit pas la fanté par l'aétion,


men non dict- mais par la puiffance.
tur cue cm.

CHAPITRE XII.
De la caufe des périodes des ifevttS*

I.
Les périodes
N empruntent
Ous venons de voir
leurs
que les
mouvemens
humeurs
d'un
nous font premier moteur en deux façons, ou pac
connoître la tranfmiflïon, ou par attraction, dont cha-
nature des cune à plufieurs caufes différentes , lef-
humeurs.
quelles attaquant le corps à diverfes repri-
fes, nous manifeftent leurs effences par le
reglé des efforts qu'elles font pour
temps
le combatre & pour le vaincre. Et main-
il faut développer la caufe to-
tenant nous elles le
tale de leurs périodes, & pourquoy
aeuvent, ou chaque jour , ou de trois en
cois , ou de quatre en quatre jours , ou
miformément.
Les periodes qui fe forment de trois en II.
rois jours nous manifeftent la bile, celles Les periodes
[ui fe font de quatre en quatre, la mélan- ne font pas
:olie celles de tous les jours , la pituite, de l'eflence
, des maladies.
k les uniformes nous donnent la connoif-
ance du fang qui n'a point de periodes,.
jwe l'on voit paroître non feulement aux
iévres pourries", mais encore aux autres
naladies , aufquelles néanmoins elles ne
:onviennent que par accident, comme aux
naux Veneriens, à la migraine , à l'épi-
,epfie, aux hemorroïdes & aux autres ma-
ladies ; parce qu'elles ne conviennent pas à
celles qui font en habitude , comme à la
phitifie, aux ulceres, aux luxations, & aux
autres de mefme qui font fans périodes.
Car fi elles eftoient de l'eflence des mala-
dies il faudroit qu'elles convifïent à tou-
,
tes, & qu'il n'en paruft aucune fans perio-
dication.
C'eft pourquoy les periodes ne prove- III.
nant pas de l'effence des maladies , nous Les humeuts
font la caufe
font connoître que les humeurs en font la des periodes.
caufe totale , auffi bien que de leurs vitef-
fes ou retardemens, de leurs principes, de
leurs eftats, & de leurs declinaifons qui ne
fe rencontrent point dans les maladies ,
qu'en tant qu'elles font en puiflence c'eft:
,
à dire qu'en tant qu'elles font dépenden-
que la definition du mouve-
tes ; parceeft
ment qui l'acte d'un eftre en puiflence
en tant qu'il eft en puiuance, leur convient
& non pas aux indépendentes qui font l'a-
étion d'un eftre en aéte, ainfi les humeurs
qui font dans un perpetuel mouvement,
font la feule caufe de leurs périodes , &
comme nous avons prouvé ailleurs, qu'el-
les ne fe mouvoient que par la difpofition
des parties dont les A lires eftoientla cau-
fe, il faudroit conclure qu'ils feroient aufli
fa caufe des périodes & mouvemens. Mais
comme cette queftion a donné de l'exerci-
ce aux plus habiles , nous devons fçavoir a
leurs divers fentimens, afin de juger nous
avons bien rencontré.
I v. Avega & Averroës veulent que les pé-
Erreur d'A- riodes dépendent de la nature , qui eftant le
vega & d'A- principe) du mouvement & du repos cuit,
verroës. attire , & retient ce qui luy eft propre, 6c
4. Coll. (.17. chafle ce qui luy eft contraire : mais com-
me les périodes ne viennent que d'une cau-
fe non naturele ils paflent d'un genre à
,
l'autre , & ils attribuent un defordre à la
nature qu'elle n'opere jamais.
V. Le Confiliateur les attribuë à la Lune Se
l'opinion du à la forme des humeurs. Mais comme un
Confiliateur, effet
ne doit avoir qu'une feule caufe ; Il eft
refutée. fuppofe
Dtjferentia inutile d'en rapporter deux, & il
mefme la Lune rétrograde comme les au-
S8. ,
tres Planetes à la referve du Soleil, ce qui
eft impoffible ; parce que fon cercle defe-
rant achevé regulierement fa courfe dans
27. jours & quelques heures, & fonépici-
VI. cle dans 31.
L'opinion de Fernel, Gentil, Herculan, & autres gra-
"ts Auteurs veulent que ce foit la proprie- Fernel &
té cachée que nous avons rejetée, & ils d'autres eft
fùppofent la pourriture des humeurs en- , faufe.
4. De Tebr,
core que les periodes des fièvres fe mani- c*p. 11. on
feftent pendant que la pourriture fe forme. Commenta-
Valefius & plufieurs autres, nous afleu- rto Avtcennét
,
rent que c'eft l'abondance des humeurs & ê5 Capeva-
la pituite eftant plus grande ceus lib. de
que en quan- Feb. c. it.
tité que la bile fe meut tous les jours , ce VII.
qui répugné à l'expérience ; parce que la L'opinion de
bile furpaflant la pituite, n'en: pas plûtoft Valefius n'eft
en mouvement que de trois en trois jours, pas jufte.
& de mefme de la mélancolie. 5.cap, if con-
trouerflarum,
Paret la prend de la diftance qu'il y a des ViII.
parties qui contiennent l'humeur peccante L'opinion de
à l'orifice du ventricule , lequel eftant le Paret n'eft
fiege de la pituite & le plus proche de ion pas jufte.
embouchure, fi elle s'y trouve 'vicieufe el- Lib. de Ftbr.
le fera tous les jours fes errbrts ; la bile qui mtermttt.
eft au foye en eftant un peu plus éloignée,
les fait de trois en trois , & la mélancolie
de quatre en quatre ; parce que la rate qui
en eft le fiege en eft encore plus éloignée
que le foye.
Galien femble de ce fentiment, qui ne 1 X.
peut eftre univerfelement veritable ; Galien
parce ble favoriferfem-
qu'il fuppofe que les humeurs peccantes
Paret
ne puiflent pas faire les fièvres lorfqu'el- 1 ,ad G lançon,
les font dehors de leurs propres fieges, &
c. f. quotidia-
qu'elles foient plûtoft une propre paflion na on uentri-
de la bouche du ventricule que du cœur: culo tertia-
& cependant nous fommes convaincus nam in hepa-
journellement qu'elles ne laiflent pas de te & ,
quar-
tanam m lie-
caufer les fiévres>, lorfqu'elles font éloi. fie ri. M
gnées de leurs vifceres ; parce que la bile
fait la fièvre tierce eftant dans le mefentere
,
ou dans les hypocondres comme fi elle
eftoit dans le foye, & la mélancolie, la fiè-
vre quarte eftant dans la vaine porte, com-
me dans la rate : mais la pituite ne fait ja-
mais la continué" fi elle n'eft dans le ven-
,
tricule qui en eft le fiege & elle infulte
chaque jour la nature ; parce , qu'elle eft
plus proche du coeur , & par confequent
la fièvre eft plûtoft une paflîon du cœur
que de la bouche de l'eftomac.
X. Mais Euftache Rudius à ce me femble
,
L'opinion de mieux rencontré, félon le propre fentiment
,
Rudius eft la de Galien qui établit les diverfes difpofi-
meilleure. tions des parties du corps, pour les cau-
Lsi, 3. defirie
caufarum pe-
fes prochaines des périodes ; parce qu'elles
Tiodorum cap. conftituent les maux dans leurs dernieres
9. & 17. différences or comme tout ce qui donne
<?«/.;. de ,
l'eflence, doit auffi donner tout ce qui la fuit-
fympt, caujts neceilairement, il faut la différence
c. 2. locus dat que
ejJèfiectjicum
des parties du corps faifant celle des hu-
,
Knfi, I.
morbis, meurs falfe auffi celle de leurs mouve-
1. mens dont la
diverfité nous fait connoître
fojl quod dit leur exiftence, comme leur caufe prochai-
quÙJ , d.tf
ne leur eflènce.
efuocjue con-
Jequet/a quid. Et partant les Aftres ayant diverfement
Gui, 1. de dif. difpofé le corps & fes parties au moment
Feb, cap. vl- de fa generation font les caufes des pe.
à ,m'objecte qu'on
ttmo mem- riodes & fi l'on ne con-
brorum dtf- noît rien ,
de certain par une caufe éloignée,
fojitiontbus
arcuttus oriri je répons que les corps celeftes font les
XI. caufes prochaines des difpofitions ; parce
Les Aftres qu'ils les impriment par leurs concours, en
dilatent ou épaififTant la matiere fublunai- font les cau-
re , comme nous avons dit qu'ils faifoient fes prochai-
les huit différentes fituations rapportées nes des dit-
Phyfique caufes pofitions des
par Ariftote au 8. de la & parties du
éloignées au regard des humeurs peccan- corps, & par
tes , que quand mefme ils feroient caufes confequent
éloignées des unes & des autres, ils ne laiU celles des di-
feroient pas de nous faire plûtoft connoî- verfes pério-
fujet des des fié-
tre leurs natures que le ; parce que
vres.
lorfqu'un accident à une caufe étrangère, Sol ê3 homo
elle fert de moyen pour le démontrer, com- générant „ho-
me l'Eclipfe de Lune qu'on démontre par- mmem.
faitement par l'interpofition de la Terre.
Ainfi foit que l'on confidere Saturne X fI.

comme cause prochaine des difpofitions à Saturne j- eft


la mélancolie ou comme caufe éloignée, la caufe des
, periodes
l qui
il eft la feule caufe des périodes qui fe font fe font de
4.
de quatre en quatre jours , Mars de trois en 4. jours.
en trois , parce qu'il domine la bile , & la
c

JMars de î.en
Lune de tous les jours ; parce qu'elle pre- 5. & la Lune !

ftde fur la pituite , & il n'y a pas moins de de celles qui


fe. font tous
facilité à connoître pourquoy ces trois Pla- les jours.
netes font les caufes de ces fortes de mou-
vemens ; que de fçavoir les jours de crife
le
par mouvement de la Lune, laquelle pre-
fidanc univerfellement fur toutes les hu-
meurs , leur imprime un mouvement géné-
ral à caufe de fa grande vitefle Jequel
eftant fpecifié par Saturne , paroît de qua-
tre en quatre jours , & eftant fpecifié par
Mars , il Ce manifefte de trois en trois jours.
Car la Lune s'éloignant de Saturne tous les
quatre jours d'environ quarante-cinq de-
grez qui font la moitié d'un quarré &
,
d'un afped: d'inimité ; parce qu'il fe termi-
ne dans un ligne contraire à celuy que Sa-
turne occupoit au commencement de la
fièvre quarte, fermente l'humeur qu'elle
domine en general & luy imprime Ton
,
mouvement jufqu'à ce qu'elle aitpafle cét
afpecc ,&: achevant de courir Ton cercle el-
le continuë le mefme mouvement lorfqu'el-
le eft arrivée aux mefmes points d'inimitié
avec Saturne , lequel ayant changé de dif-
pofition par la rencontre de quelque bon-
ne Planete qui à la vertu de le vaincre, il
fait celfer celle du corps & redonne la fan-
té au malade.
XIII. Mars en fait autant de trois en trois
Comparai- jours ; parce qa'eftant plus vite que Satur-
fon des par-- ne la Lune fe trouve avec luy en ce
ties du corpss , ne
temps qu'a la moitié d'un fextil qui eft un
avec les Pla-regard d'amitié fe termine néan-
ncees.
& qui
,
moins dans un figne contraire en une qua-
lité c'eft pourquoy la fièvre tierce n'eft
,
pas fi difficile à guerir que la quarte ; & la
Lune qui eft la plus vite, imprime un mou-
vement continüel à la pituite & à mefure,
qu'elle pafle dans des fignes fympathiques,
ou contraires au figne qu'elle occupoit au
point de la maladie, elle caufe la tranqui-
lité ou le redoublement auffi bien que
, ,
Jorfqu'elle pafle aux aspects d'amitié , ou
d'inimitié avec les bonnes, ou les mauvais
Ces Planetes, caufe le calme ou l'acerba-
tion. Et cela eft fi veritable qu'on n'a
qu'à obferver fes paflages pendant une ma-
ladie pour en eftre convaincu, & fairç à
mefme temps reflexion que ce qui fe fait
dans le grand monde, fe fait auffi dans Je
petit, ou la pituite eft fpecifiée par le fiel;
par la rate, ôc par le foye qui font comme
trois Planetes differentes qui la convertif-
fent en bile , en mêlancolie & en fang.
,
De forte que Mars & Saturne fpecifiant le
mouvement general de la Lune fur les hu-
meurs , comme la rate & le fiel, la pituite
en luy faifant changer de nature, ils reglent
leurs periodes de trois en trois jours, ou
de quatre en quatre.
On fe peut fervir de cette connoinance, XIV.
pour fçavoir les raifons des inégalitez du Du mouve-
des ment des
mouvement mers, & pour connoitre mers & des
les bizarreries des vens en chaque contrée,
fuivant les differens cercles de pofîtion des vents.
Planetes.

* - — -1 -
CHAPITRE XIV.
De la pourriture des ifèvres.

C ETTE queftion a donné de l'exercice I.


aux beaux efprits , auffi bien que la De la pourri.
precedenee , & ne les a pas moins parta- ture univer-
gez dans leurs fentimens. Car les felle & parti-
uns ex- culière des
pliquant les deux fortes de pourriture, fça-
fièvres.
voir l'univerfele & la particulière, dont A-
riftote fait mention au quatrième des me- 4. Me for. pu-
téores , tiennent que celle des ifèvres eft tredo femfli-
citer f5 uni-
universelle, & d'autres difent qu'elle eft verfalis ttws
tft finis fu- particulière. Mais fans m'arrefter ;à rap-
]

tredmis. ] porter des opinions dont le curieux fe pour-


ra fatisfaire dans les Livres des queftions
1; He diffr natureles de Jaques Zabarella, ou de Mer-
Fe6r. êS J. cenarius je m'arrefte à Galien comme le
frafag. si.ftplus éclairé
1
, de
les Peripateticiens, qui
tous
natura ilium absolument la pourriture des fié-
iteluti citte- veut que
rem evacuate vres Toit univerfele ; parce que les humeurs
non antever- n'y font pas feulement alterées & pourries
J

tent, tile rur- en partie avec la deftruéHon de leurs pro-


fiu in (orpore
pres ,
formes mais encore fimplement &
martens ad univerfelement, leurs portions pourries fe
futredmem 1
contrahttpro- refolvant toujours jufqu'aux élemens , &
>

fenftontm. enfin jufqu'aux cendres qui font la fin de


I

la pourriture, lefqu'elles la nature ne fai-


fant pas fes efforts pour les évacuer, fe fer-
mantent, elles caufentj derechef la pour-
riture & les cendres qui paroiflent dans les
urines comme du fable fur la fin des mala-
dies pourries.
IL Mais pour mieux connoître cette vérité;
Quelle efi la on doit obferver que la pourriture univer-
pourriture u- fele eft celle qui refout l'humeur jufqu'aux
niverfele & élemens
en détruifant fa forme, comme
la particulie- lorfque l'homme devient cadavre, &
que
re. le fang devient bile , ou quelqu'autre hu-
meur , & la particuliere eft celle qui en al-
tere feulement les qualitez fans en détrui-
re la forme. De forte qu'en toutes les fié-
vres fe faifant une refolution des humeurs
jusqu'aux cendres. Il s'enfuit que leur pour-
riture eft univerfelle, dans laquelle on doit
confiderer -trois chofes difrerentes ; fcavoir,
l'humeur lorfqu'elle doit pourrir , lork
Faire pourrit, & lorfqu'elle eft pourrie, & Vutrefcthilel
qu'elle
reflexion qu'elle ne peut eftre purgée,futredo, êS
que dans le premier & troifiéme eftat, fça- futrefaftftfff,
voir lorfque l'humeur eft difpofée à la pour-
riture & lorfqu'elle eft pourrie & devenuë
:endres pour empefcher qu'elles ne faflenc
une nouvelle fermentation & qu'elles né
caufent derechef la pourriture , mais non
pas dans le fecond qui eft la pourriture mê- in iferi;
me , c'eft à dire des vapeurs & des fumées
malignes qui ne cedent à aucun médica-
ment ; parce qu'elles font en mouvement,
jtlfq u'à ce qu'elles ayent réduit l'humeur
,
en cendres c'eft pourquoy les remedes
contre la pourriture doivent eftre prefer-
vatifs & non pas curatifs.
J'ay laifle M. Defcartes en repos dans iir.
fécond livre La partie de
tout ce par la raifon que j'ay l'AftroIogie
dite dans le premier, ainfi j'y ay laifle beau-
qui regarde
coup de difficultezà refoudre pour avoir les avions
propofé la vérité toute nue fans objedtions, libres , eft
mais la réponfe qu'on me fait efperer, me anfli afîurce
donnera l'occafion de m'étendre & de m'é- que celle qui
claircir davantage une autre fois , cepen- regardeavions ne-
les
dant après avoir achevé la premiere partie cellàires.
de l'Aftrologie qui regarde les avions ne-
ceflaires, il feroit à propos de parler de la
feconde qui regarde les actions libres au
regard defquelles, elle n'eft pas moins af-
feurée qu'au regard des premieres ; parce
que les Influences des Aftres font certai-
nes , & fi le fage en évite les féconds ef-
fets par fa vertu , il n'en empefche point
les premiers , autrement il ne feroit point
Virtus adfu- fage ; parce qu'il l'eft qu'à caufe des mau-
ne
ferandus dif- vaifes inclinations qu'il combat
ficulties, & qu'il fur-
monte, ou des bonnes qu'il exerce, qui font
les effets naturels des corps celeftes : mais
fi ce plan à le bon- heur d'eftre agrée , je
feray paroître l'autre partie dans quelques
naiuances des plus illuftçes de noftre ifecle,
ou on verra les raifons primitives des apho-
rifmes des Auteurs , la doéèrine des Ara-
bes purgée de fes fuperfiitions & la nou-
veUgmetode de Titis combatuë, pour juger
fainement d'une horofcope.

Fin du fêcond Livre.


D U
PROGNOSTIG
LIVRE III.
PREFACE.
ES cinq parties de la Me* Phyfiologia,1
decine ordinaire, font
con- Patologia,
tenuës dans les deux pre- Semeiotica,
Ygine &
miers Livres 5 parce quiliTerapcuti.ca.
,
découvrent f indicatif qui
m feigne de luy-mefme le remede qui luy
de foy contraire, fi hien qu'il rieft pas
"-t f

l mon avis difficile de guerir le mal


à* d'en prédire llévénement après ,
, en
avoir connu l'efftnce. Mais comme ces
Livres (ont trop concis , & quil faut
tftre fçavant pour les entendre , fefiime
qu'il ne fera pas inutile pour un plus
grand éclaircijfement, de donner des re-
gles generales & particulières du Vro-
gnoflic comme la plus belle partie de
,
la Medecine; parce qu'on eft d'ordi-
naire plus eftimè pour prédire jufte que
pour guérir} & de laijfer les fignes dia-
gnoftics & Prognoflics de la Semejoti-
que comme incertains; parce qu'ils ne
procedent que par des effets particuliers
du temperament qui n'engendrent au-
cune Science ajfeurêe , eftant contenus
fous des genres & des efpeces qui peu-
vent fubfifter fans leur participation,
comme Pierre qui eft un particulier ne
peut eftre fans i' homme qui en eft l'ef-
pete i & l'homme ne peut-eftre fans Sa*
nimal qui en eft le genre tl où vient
,
qu'on procede plus feurement du géné-
ral au particulier qu'en procédant au
contraire

CHAPITRE I.
De Veftat d'un malade en général.
1; 0 N doit drefler une figure qui repre-
fente la fituation du Ciel au point
que la maladie a commence, & on y doit
confiderer Pafcendant la Lune & leurs
,
Seigneurs, lefquels eftant mal àifpofcz ou
1
raifon du ligne, ou de la maifon, figni-
ient une grande indifpofition*j & s'ils font
iffligez des maleifques & qu'ils ayent
,
quelque correfpondance avec le Seigneur
,
le la huitième maifon ils font prefagent la
nort. Mais au contraire s'ils bien dif-
)ofez fans eftre embarraflez des malefiques,
Is indiquent la fanté parce que la pre-
;
niere maifon fignifie la vie que la Lune
,
lomine generalement les humeurs &
qu'enfin la huitième eft la maifon de la ,
nort. C'eft pourquoy les fortunes eftant
bien difpofées à l'afcendant, fignifient que
e malade fe gouvernera bien fuivant l'avis
des Medecins. Mais fi les infortunes y font,
slles indiquent que le malade entretiendra
non fenlement fa maladie à caufe de fon
intemperance, mais encore qu'il l'augmen-
tera en n'obeïflant point à ceux qui auront
foin de luy.
Les bonnes Planetes dans la fixiéme ou II.
dans la (eptième maifon prefagent que le
malade guerira fans remede , les méchan-
,
tes y fignifient le contraire, que la maladie
fera terminée par une mauvaife fin.
Pour juger fi le Medecin & les remedes III.
profiteront aux malades on non, ou doit
examiner la dixiéme maifon pour juger du
Medecin & la quatrième pour juger des
,
remedes, & en prévoie le fuccez tout de
mefme qu'on a fait de la maladie par l'af-
cendant & par la feptiéme. Car fi les bon-
nes Planetes fe trouvent dans la dixième,
elles fignifient que les Medecins feront fa-
lutairesau malade, & les mauvaifes-y mar-
quent le contraire ; qu'ils feront inutiles &
mefme dangereux ; parce qu'ils ne connoî-
tront pas la maladie, fi les bonnes Plane,
tes font dans la quatrième , elles y indi-
quent que les remedes profiteront au ma-
lade mais fi les mauvaifes y font, elles li-
,
gnifient que les remedes qui luy devroient
profiter, luy augmenteront fa maladie.
IV. Si la Lune fe trouve bien difpofée aux
jours de crife & libre des infortunes , elle
promet la fanté , mais fi le malade ne re-
çoit aucun foulagement de fes favorables
influences, elle prefage la mort.

CHAPITRE II.
Des jours de crife.

1. c 1 Omme la Lune nous fait connoître


(au quatrième jour après fa conjon.
ction avec le Soleil, la conftitution de l'air
durant tout le refte du mois ; parce qu'elle
commence alors de paroître fur la terre,
de mefme félon fa difpofition au quatriè-
me jour après le commencement de la ma-
ladie , elle nous en prefage l'évenement &
la fin ; parce qu'alors elle eft éloignée du
point ou elle eftoit au commencement du
mal de 45. degrez qui font la moitié d'un
quarré qui eft le jour indicatif au regard du
fètiéme qu'elle en eft éloigné de 90. qui font
un
Un quarré parfait & le jour de crife, où
elle eftant bien , ou mal difpofëe prefage
du bien ou du mal au malade.
Le jour indicatif du quatorze eft le on- 11.
ze & le douze que la Lune eft éloignée
du point ou elle eftoit au commencement
de la maladie de Iu.degrez qui font le fe-
cond demi quarré le quatorze ou le quin-
,
ze , la Lune fait le fecond jour de crife le
,
plus dangereux parce qu'elle arrive au
point oppofé à celuy où elle eftoit au com-
mencement du mal, c'eft pourquoy les'ma-
lades courent en ce jour rifque de leur vie;
parce que cette oppofition [e termine dans
un point tout à fait contraire à fon op-
pofe.
Le dix-feptiéme ou le dix-huitiémé jour lit.
eft l'indicatif du vingt-unième parce qu'a-
lors la Lune fait un demi quarré, dextre qui
eft de 215. degrez , & que le vingt-unième
elle fe trouve écartée du point de la mala-
die de trois quarrez c'eft à dire de 27 O;
-

degrez , & il s'appele, le jour de crife prin-


cipal.
Le vingt-quatrième ou le vingt-cinquic- IV.
me qui eft le dernier demi quarré dextre,
éloigné du premier point de la maladie de
310. degrez , eft femblable au premier in-
dicatif, & indique le vingt-huitième ou le
vingt-neufiéme , aufquels jours les mala-
des meurent le plus fouvent.
On doit obferver que pour fçavoir jufte- V.
6

ment les jours indicatifs & de crife, il eft


neceftaire de connoître le moyen mouve-
""x
ment de la Lune en chaque jour. Car fai-
fane tantôt n. degrez, tantôt u. & tantôt
13. & quelques minutes , félon qu'elle efi
vite, ou lente, ou ftationnaire elle avan-
,
ce, ou recule les jours de crife, & pour é-
viter les erreurs qu'on y pourroit comme-
tre, on doit voir dans les ephemerides, le
chemin que cette Planete fait tous les jours,
pour remarquer les momens où tombenl
les diftances cy-deflus énoncées , & pour
fçavoir les points précis que lefdits jours
indicatifs & de crife commencent ou fi..
niffent.
y 1. Si bien qu'après avoir connu par la figu-
re decubitale j'etrence du mal & la qualité
des humeurs, il ne fera pas dificile d'en ju-
ger l'évenement par la difpofition de la Lu-
ne aux jours fûfdits. Car fuppofé qu'on eût
connu que le malade eut de la force , &
que les humeurs qui le dominent fullène
chaudes, on prefageroit que la maladie fe
termineroit par évacuation , & comme ce
mot eft general & qu'il convient à la fei-
gnée aux vomilTemens aux feles, aux
, ,
urines , & aux fuëurs on doit diftinguer
,
l'endroit par ou la nature à plus d'inclina-
tion à fe délivrer des humeurs bilieufes qui
l'accablent, par la nature des fignes où la
Lune fe trouve en ces jours , afin de l'am..
fter fi elle le requiert, le plus commodé-
ment que faire fe peut; car fi elle ayant de
l'inclination à fe purger par les vomiue-
mens , on ufoit d'autres remedes catarti-
ques, fudorifiques, ou diurétiques, on la
Setourneroit de fon operation falutaire, &
m metroit le malade en danger de fa vie,
eft pourquoy il eft neceflaire d'obfèrver
a nature des fignes où la Lune fe trouve,
te celle des Planetes qu'elle rencontre en
,
on chemin car fi elle eft dans des fignes
le terre ruminans, comme le Taureau & le
Capricorne elle indique les vomiflemens
,
lans des fignes de feu , elle fignifie les
neurs; dans ceux d'air , les urinesjc dans
:eux d'eau, les feules déjections parles f.*
les & ainfi des autres.
Si le malade eft fort & que les humeurs VI I.,
soient froides, la crife fe fera par abcès &
non pas par évacuation, & s'il eft foible &
que les humeurs foient chaudes ou il moiir*
ra, ou fa maladie fera fort longue.

CHAPITRE III.
Si la maladie fera longue ou non.

'S 1les deux luminaires fe trouvent dans 1;


les cadentes d'une figure décubitale &
que leurs difpofiteurs & le Seigneur de l'a-
feendant foient empefehez fans eftre fecou-
rus des bonnes Planetes, ils fignifient que
la maladie fera dangereufe, mais fi les bon-
nes Planetes y apportent quelque témoi-
gnage par l'application de leurs rayons. Ils
indiquent que la maladie fera longue, mais
que le malade en reviendra contre toute
forte d'efperance principalement fi les
,
bonnes font plus fortes que les méchantes
Planetes.
IL Si la maladie commence lorfque la Lune
eft dans un figne mobile à l'Afcendant, &
qu'il y ait quelque témoignage de mort,
elle ne fera pas longue ; puifqu'elle fera
bien-toft terminée par la mort, & fi au
contraire il y a quelque témoignage de vie,
elle fera courte & terminée par la fanté, &
fi la Lune y eft dans un figne fixe, elle en
prefage la longueur ; dans un figne com-
mun , la médiocrité & l'inconftance :
de
mefme des autres Planetes car la Lune
,
eftant jointe à une Planete Orientale vite,
ou directe elle marque une courte maladie,
avec une Occidentale ou rétrograde elle
l'indique longue. Si la Lune ou le Sei-
gneur de l'afcendant font regardez de quel-
qué fortune, ils promettent la fanté, mais
tard.
Lorsqu'un des luminaires dominant la
III. ,
maladie fe mêle avec quelque Planete
lente de fa nature, comme Saturne, ou Ju-
piter il indique la longueur , mais lors
, Planetes lentes de leur Ce
que ces nature
rrouvent vites, elles fignifient que la ma-
ladie qui devroit eftre longue ne la fera pas,
le contraire fi Mars, Venus &
& il arrivera
Mercure font lents , car ils prolongeront
les maux qui ne devroient pas eftre longs,
& s'ils font vites ils les finiront au plutôt.
La Lune eftant affligée par Saturne, pre-
IV. fage la longueur particulièrement fi Sa-
,
turne eft lent, car s'il eftoit vite, il prefa-
geroit le contraire , & s'il eftoit retrogra-
de à l'oppofition du Soleil , il indiqueroit
la recidive de plus la Lune eftant vite &
,
vieille dans cette mefine configuration avec
Saturne , elle fait une maladie longue &
une crife horrible, mais fi elle eftoit jeune
Se lente en Ton mouvement, elle fignifie-
roit le contraire.
La Lune blelTee par Mars, caufe les ma-
ladies aiguës qui fe terminent en bref, ou V.
par la mort, ou par la vie.
La maladie qui commence un ou deux
lours avant la nouvele Lune , eft longue VI.
au mortelle , Mars à l'afcendant dans le
:ommencement d'une maladie fignifie ,
qu'elle fera courte, mais qu'elle finira mal,"
k Saturne fignifie au contraire qu'elle fera
ongue , d'ailleurs les lignes fixes dans la
ixiéme maifon dénotent la longueur des
naladies, les mobiles en prefagent la bre-
veté & les communes en fignifient l'in-
,
:onftance & la récidive.

CHAPITRE IV.
Si les malades mourront

L joint
Orfque fe Seigneur de l'afcendant eft
Seigneur huitième,
de la
avec le I.
il prefage la mort, il en prefage autant s'il

~v * *•
eft joint avec quelque autre Planete dans
la huitième. Si l'Aftre qui eft dans la but-
tiéme fe trouve mal configuré avec le Sei-
gneur de Pafcendant, il dénonce- la mort,
principalement, fi les fortunes n'y mêlent
pas leurs rayons, & que la Lune foit affli-
gée de quelque malefique.la
Si le Seigneur de premiere & de la
II. huitiéme maifon font reciproquement re-
ceus, ou de maifon , ou d'afpeék, le ma-
lade ne mourra point; mais il fouffcira une
longue 8c une grande maladie, & fi l'un des
deux Seigneurs eft infortuné de quelque
mauvais Aftre, il marque la mort, la Lu-
ne en prefage autant, lorsqu'elle eft empê-
chée auec le Seigneur de l'afcendant.
Le maître du figne de l'horifon eftant ré-
111. trograde, & fe feparant Idu fignifïcateur de
la mort ofte toute efperance de falut , fi
,
ce n'eft qu'eftant rerograde, il entrait fous
les rayons du Soleil ; parce qu'alors il pre-
fàgeroit la fanté , encore qu'on en eût de-
fèfperé.
La Lune eftant bleffée & le Seigneur de
IV. la premiere eftant infortuné dans la huitiè-
me fans témoignage des fortunes, figni-
fient la mort, & fi le Seigneur de la pre-
miere eft brûlé dans l'afcendant il en figni-
fie autant. ?
Si le Seigneur de l'horifon fe trouve auffi
y. Seigneur de la huitième maifon, il prefage
la mort, Jorfque la Lune pafTera par le de-
gré de la huitième, principalement fi le Sei-
gneur de l'horifon eftdifgratiépar quelque
fnéchante Planeçe.
j
Le Seigneur de la premiere maifon n'eft VI.
pas bien avec le Seigneur de la feptiéme,
ou de la fixiéme , ou de la douzième , ny
par corps, ny par afpea: , ny par antice,
puifqu'il témoigne la mort après une lon-
gue maladie, & s'il fe trouve dans ces mai-
fons ou dans fa cheute retrograde, ou
brûlé , ou affligé des méchantes Planetes,
, ,
il prefage la mefme chofe.
Le Seigneur de la premiere maifon eftant VII.
dans la feptiéme ou dans la quatrième ou
, ,
dans la fixiémc fous la terre dans les caden-
tes oppreffé du Seigneur de la mort dans la
dixième, ou dans la feptieme, il y figrtifie
la more.
Le Seigneur de l'afcendant dans la fixié- VIII.
me, ou au contraire le Seigneur de la fixié.
me dans l'afcendant, affligez au commen-
cement de la maladie, indiquent qu'elle fe-
ra longue & dangereufe.
Le Seigneur de la huitième eftant dans IX.
un angle, principalement dans celuy d'Oc-
cident & la Lune & le Seigneur de l'O-
,
rient eftant dans les cadentes, ou efiant af-
fligez des malefiques y marquent une ma-
ladie mortele particulièrement, fi quelque
,
infortune difpofe de la huitième maifon.
S'il y a quelque infortune dans l'afcen- X.
,
dant comme Mars ou quelque Etoile fi-
xe de fa nature, enforte qu'elle ne foit point
éloignée de la pointe de plus de trois de.
grez, elle promet la mort, & indique que
le malade vivra autant de jours qu'il y au-
ra de degrez de diftance entrel'A ftre pro-
meteur & la pointe de la maifon 3 ou eftant
arrivé, il etfeauë ce qu'il fignifie, pourveu
que le figne qui occupe ladite pointe foit
mobile, & fi Saturne y eftoit à la place de
Mars il cauferoit une maladie fort longue
,
& fort dangereufe, prometant le mefme
effet, s'il eftoit dans la feptiéme oppofé à
l'afcendant.
XI. Les deux infortunes dans les angles Ce
regardant avec inimitié, lorfque la Lune &
le Seigneur de l'afcendant foufrent quelque
difgrace , fignifient la mort.
XII. La Lune eftant jointe à Saturne & à
Mars dans les balances prefage lamort, &
aufli lorfqu'elle eft jointe avec les pleya-
des dans la huitième maifon.
XIII. La Lune eftant Orientale diftante duSo-i
leil d'environ fix degrez fignifie que le
,
malade fera en danger de fa vie , & fi elle
s'aproche davantage du Soleil, elle affeure
de la mort, principalement fi le Soleil eft
Seigneur de la huitième , & que la Lune
foit brûlée , ou que tous deux joints en-
femble foient dans le fixiéme , feptiéme,
huitième, ou douzieme lieu de fa figure.
XIV. La Lune approchant des neus d'environ
quatre ou cinq degrez , indique la mort, &
fi elle s'en éteigne ton témoignage pour la
mort n'eft pas certain.
XV, La Lune eftant au commencement de la
maladie ou au quarré ou à l'oppofition du
,
mauuaife fin ; parce que
Soleil denote une
lorfqu'elle fera arrivée à la conjonction de
cet Aftre elle caufera des mauvaifes cri-
,
les ,
& fi leur conjonction arrive le pre-
,
mier ou le fecond ou le troifiéme jour
,
de crife le malade fera en grand danger
,
dont le rifqne fera d'autant plus grand que
la conjonction fera grande.
La Luue eftant vite ; & vuide de Iumiere XVI.
s'en allant joindre Saturne lent, ou rétro-
grade dans des fignes contraires fans aucun
témoignage des bonnes Planètes, fignine
la mort. ;"

La Lune jointe à Mars eft mortele, par- XVII.


ticulièrement fi les bons n'y apportent
point de témoignage, & qu'elle foit dans
la quatrième maifon.
La Lune obfedée des malefiques ou du XVIII.
,
Soleil & d'un malefique fans l'ayde des
bons , caufe la mort infailliblement.
La Lune n'eft jamais bien à l'afcendant XIX,
qui eft contraire à fa'nature, & elle y affli-
ge fort le malade fignifié par ce lieu , c'eft
pourquoy plus elle en eft proche, plusel-
le prefage la mort.
Si le Soleil dans le commencement d'u- XX.
ne maladie eft affligé par le quarré, ou l'op-
pofition, ou l'entifce des méchans, il mar-
que que le malade courra rifque de fa vie.
Les deux luminaires eftant bleffez fous XXI.
terre au premier point d'une maladie li-
,
gnifient la mort principalement fi Mars
les y afflige.
CHAPITRE V.
Si les malades gueriront. If

1. L E Seigneur de la pretpiere maifon, &


le Seigneur de la huitiéme eftant en re-
ception mutuele & libres des méchantes
Planetes fignifient que le malade guerira
, forte d'apparence.
contre toute i
II. Le Seigneur de l'afcendant eftant bon 8c
dans quelque bon endroit de la figure de-
cubitale libre des méchans,prefage la fanté.
III. Le Seigneur de la huitième feparé du
Seigneur de la premiere & favorifé des for-
tunes indique que le malade guérira.
IV. Si les fortunes font plus fortes que les in-
fortunes, elles promettent la convalefcen-
ce & la fanté principalement fi elles re-
,
gardent l'afcendant avec amitié, ou le lieu
de la Lune.
y. Le Soleil bien difpofé dans la premiere,'
ou dans la fixiéme, ou brûlant le Seigneur
de la fixiéme, on de la feptiéme, ou de la
huitième dénonce la fanté.
VI. Jupiter & Venus eftant joints dans la pre-
miere ou dans un autre lieu de la figure
, infailliblement la fanté.
promettent
yii. La Lune dans l'afcendant & leurs difpo-
fiteurs n'eftant ny brûlez , ny bleffes des
malefiques, ny en mauvais afpea avec les
Seigneurs de la fixiéme de la feptiéme,
,
ou de la huitième maifon promettent la
efnte.
La Lune bien difpofée dans quelque bon VIII.
endroit de la figure fans eftre bleflee des in-
fortunes caufe la fanté.
La Lune feparée d'un foible malefique, IX,
& regardant favorablement une bonne Pla-
nete , nous affeure de la fanté après beau-
coup de peine & d'affiittion.
La Lune eftant aans quelque bon lieu de x.
la figure jointe avec le Seigneur de la pre-
miere maifon, ou par corps, ou par afpeft,
encore qu'il foit une infortune ne laifle pas
de promettre la fanté pourveu qu'ils ne
,
foient point affligez d'ailleurs & que tous
deux foient vites & pleins de lumiere.
La Lune obfedée des deux fortunes dans XI.
quelque bon endroit de la figure fans eftre
,
affligée des méchans nous promet une
guerifon infaillible.
La Lune dans le Taureau , ou dans les XI L
Balances , ou dans le Sagitaire ou dans
,
les PoilTons favorablement regardée des
bons & dans quelque bon lieu de la ifgure,
prefage la fanté.
CHAPITRE VI.
Du temps précis de la mort ou de
la vie.

r. A Yant connu par les regles preceden-'


tes fi les maladies feront mortelles ou
non, on doit maintenant obferver le moméc
qu'elles finiront, ou par la mort, ou par la
lanté, & on doit confiderer à cet effet, le
Seigneur de l'afcendaht, & de la huitième
maifon de la figure decubitale, & de ladi-
fiance qu'il y aura entre ces deux Aftres.
On doit colliger le point de leur conjon-
ilion, & par confequent celuy de la mort
ou de la convalefcence. Or pour trouver
ce moment précis, on doit procéder com-
me j'ay enfeigné dans le chap. 14. du pre-
mier Livre, pour fçavoir la qualité de l'air
en chaque jour, par le moyen mouvement
de la Lune. Car Iorfque le Seigneur de l'a-
fcendant fera joint par corps, ou par mau-*
vais afpeéb avec le Seigneur de la huitiè-
me , ou que le Seigneur de la huitième fera
par corps dans l'afcendant ou avec le Sei-
gneur de la vie, le malade mourra s'il y a
prefage de mort, ou rechapera s'il y a pre-
sagé de vie.
1 r: On doit encore faire reflexion que les
malades fe portent ordinairement plus mal,
lorfque le Soleil defcend de la dixieme dans
la quatrième maifon que lorfqu'il monte
,
de la quatrième à la dixième, & que ceux
qui font affligez d'une maladie aiguë &
dangereufe meurent au contraire plûtôt
lorfque la ,Lune monte que lorsqu'elle
defcend.
On doit auffi obferver la difpofition de la nr.
Lune aux jours de crife. Car fi elle eft alors
favorablement affiftée des bonnes Plane-
tes qui ne foient point difpofiteurs de la
huitième maifon , le malade commence-
ra de fe mieux porter après une crife fa-
lutaire.
Lorfque la Lune fort des points critiques IV.
& des rayons des infortunes pour s'en al-
ler aux favorables aîpeas des fortunes , el-
le redonne peu à peu la fanté principale-
fi le ,
Seigneur de l'afcendant eft heu-
ment
reux.
On doit encore examiner fi la maladie V.
eft aiguë, ou non. Car fi par quelque mé-
hante conltellation un homme eftoit tom-
bé dans une maladie tres aiguë , il
mour-
roit le quatrième jotir d'après fi la Lunefe
trouvoit alors infortunée, ou au feptiéme, fi
elle eftoit alors arrivée au premier quarré
avet quelque témoignage des malefiques.
Le malade peut auffi mourir fans attendre
les jours de crife, fi la Lune eft affligée des
malefiques fans aucun fecours des fortu-
nes. Mais pour fe mieux alfeurer du temps,
il faut obferver la premiere regle de
ce
Chapitre.
On doit efperer la fanté, lorfque la Lune YI-
pafle par les bons lieux de la figure radica-
le & fi la maladie eft aiguë , le malade
,
mourra le quatorzième jour, fi la Lune eft
alors dans des lieux oppofez aux rayons des
infortunes de la naiilance.

CHAPITRE VI.
Tour connottre la difpofition des mala-
des dont la figure radicale eft connue,
leur fanté & leur deftruftion.
1. 1 L arrive fouvent qu'un curieux drefle la
figure de la naiflfance d'un homme pour
en prévoir les evenemens, & qu'il la com-
pare à celle de la révolution annuelle pour
fçavoir ce qu'il luy doit arriver pendant
l'année, ou à celle de la maladie pour en
connoître la fin ; parce qu'avec cette con-
noiflance il prédit avec plus de certitude,
les effets d'une figure decubitale, pouvant
eftre empefchez par les bonnes difpofitions
des Aftres dans le point de la naiffance, oii
de la révolution deforte que fi l'afcendanc
, maladie n'et f point
d'une figure d'une con-
traire à celuy de la nativité il n'y a rien à
,
craindre, mais s'il y eft contraire , le ma-
lade courra rifque de fa vie.
tl. Les fignes contraires à la maladie font
ceux qui font dans la fixiéme, feptiéme,
huitième ou dans la douzième de la figtt*
,
te de la naiffance,
* Si le figne de l'afcendant radical, ou de II r;
la revolution monte l'afcendant de la figu-
,
re de la maladie le malade foufrira beau-
icoup principalement fi les mefmes degrez
,
s' y rencontrent.
La maladie qui aura commencé la Lune IV.
eftant dans les lieux infortunez de la raci-
ne, ou de leurs oppofitions , quarrez, ou
entifces , fera fort grande, & elle fera dan-
i
gereufe fi un méchant Aftre la regarde:
r
mais il arrivera le contraire, fi elle s'y trou-
l ve
dans les lieux des fortunes ou de leurs fa-
f vorables regards.
Lorfque les fignifîcateurs de la vie & le v.
Seigneur de l'afcendant de la naiffance , font
[ affligez dans le commencement d'une ma-
ladie. Ils prefagent la mort, s'il n'y a point
[ de reception ou d'afpeâ: entre les bonnes
& les mauvaifes Planètes : car s'il y en a-
voit, ils donner oient quelque efperance de
fanté,
Si la révolution d'un malade n'et f point VI;
heureufe & qu'il y ait quelqu'un des lieux
hylegiaux de la nativité infortuné par quel-
que direéhon, & que les fignificateurs de
y la vie n'y foient
pas bien difpofez , il eft
,
certain que le malade mourra principale-
ment s'il y a quelque témoignage de mort
dans la figure decubitale.
t
Si dans le. commencement de la mala- VII.
die, le Soleil fe trouve dans un lieu malheu-
reux de la naiflance , la maladie fera fore
1

grande & elle durera long-temps & fi


alors le Soleil eft encore frappé de, quel*
que malefique elle fera mortelle.
VIII. Si le Soleil eft le Seigneur de la vie dans
une naiffance & qu'il foit infortuné par
quelque direction des méchans, il indique
la mort.
IX. La maladie qui aura eu fon commence-
ment,, lorsqu'il y aura eu quelque Eclipfe
dans l'afcendant de la naiflànce , ou dans
les lieux des difponteurs de la. vie , fera
mortelet
X. Si l'Eclipfe arrive autri dans l'afcendant
de la révolution ou dans quelqu'un des lieux
des fignificateurs de la vie & que le mal
ait commencé en ce temps, elle prefagela
mort, c'eft à dire , fi elle eft méchante ôt
que fes difpofiteurs foient malefiques.
XI. La conjonéHon partile de Saturne & de
Mars fe rencontrant au point de la maladie
dans la premiere maifon de la naiifance ou
de la révolution indique la mort, & fi cet-
te mefme conjonction fe fait dans le lieu
de quelque difpofiteur de la vie, ou de fon
oppofition, ou de fon quarré elle en pro-
met autant.
XII. La conjonction partile de Saturne & de
Jupiter, ou de Jupiter & de Mars fignîfie
le mefme événement mais non pas avec
,
tant de certitude.
XIII. Si une Comete , ou quelque nouvelé
Etoile paroît au degré de l'afcendant de la
naiflànce , ou du luminaire fignificateur de
la vie, & que le mal ait commencé en ce<
temps, le malade mourra, & fi la mefme
apparition arrive daAs le lieu auquel i af-
cendant
-
rendant ou le luminaire fignificateur de
,
la vie fera dévolu, le malade fer^ en dan-
ger de fa vie.
Le commencement de la maladie eft XIV.
mortel fi les infortunes pallent par l'af-
,
cendant de la racine, ou par le luminaire
flgnificateur de la^vie le mefme partage
,
dans les lieux des direébons de l'horofcope
ou du luminaire aphetique eft aufli mortel,
principalement s'il y a quelque méchante
conifguration entre les infortunes, & fi ces
paffages le font dans les opofitions ou dans
les quarrez defdits lieux, ils fignifientquel-
que efpece de fanté.
Les fignificateurs des maladies dans les XVi
lignes communs comme la Vierge, les Ce.
meaux, & les Poiffons, font les maladies
compliquées & les recidives & s'ils font
,
bien con figurez ils marquent la fanté;
,
mais s'ils font mal difpofez ils fignifienc
la ,
mort.

Fin du troifième Livre.


DES
REMEDES SPECIFIQUES
SELON
LES INFLUENCES
DES ASTRES.
--- LIVRE IV.
PREFACE.
L s'agit preflntemmt de
connoîtve la matiere de la.
'4£ (Pecifico Medecine, & la methode
ttjfcttu tndt-
catur mstbo- pour la trouver & l'ap-
rum exfuljto, pliquer à chaque maladie
Gai. de oftt- particulier. Si nous en voulions crou
ma fcft* ad. en
TranJjb%c.ifi.t re Galien , il ne feroit pat befoin de
paffer tJutre) & dajoàte? ce Livre au-C
précédons 3 parce que nous y avons dp*
pris à âifiinyier le mal qui donne tou-
jours la connoiffance du remede qui le doit
guerir: mais parce que t indication fup-
pofe une methode generale qui precede
de la fin aux chofes qui luy font con-
venables cefi à dire des caufes des ma-
,
ladies de ce qui en empefche la gue-
,
rifon & de ce qui demande un plus
prompt fecours , qui font les véritables
indicatifs que Galien appele fins, à l'in- Cal, j, etk:
M

9. metbodus
dication qui découvre les remedes uti- frocedit àjîne
les & profitables, il ne fera pas hors de ad ordinatt*
in jinem,
propos d'en traiter , & de f avoir au- C au fit impe-
paravant la maniere de les trouver, dtmentum es
de l en fèrvir pour chaque particulier, urgent.

CHAPITRE I.
Que l'experience eft trompeufe.

L Es medecins ne font pas moins parta-


gez dans la recherche des,remedes que Qu^il y a
r.
dans la connoiffance des maujc : les uns s'a- trois fortes
tachent à l'experience les autres s'arrê- de Medecins.'
, Emptrtci, ex-
tent aux fimilitudes, & les autres ajoûtent pertentiA,,
la raifon aux principes des premiers, en di- Methodici,
vifant l'indication jufqu'à la derniere dif- fi naiogifmo;
ference. 0
dogmaticij
, Les premiers qu'on nomme Empiriques indications
: jcuipui
P ij
HtHMHr,
II. font dans l'erreur ; parce qu'on doit chan-î
Que les Em- ger les remedes félon le changement des
piriques lont differentes conditions des malades & ne ,
dans l'erreur. faifant cette distinction ils obligent le
.Hipp. i. A-
pas , deux efforts,
plus fouvent la Rature à faire
pho. it. es
Gai. i. ad l'un à chafler les Vemectes inutiles, & l'au-
glatte. c. i arsy tre à corriger leurs defordres. Et comme le
stas, rrgto. malade n'a pas toûjours de la vigueur pou
ese. foire de tels efforts, il eft contraint de fu-
comber. Car c'eft une grande erreur de
croire que le remede qui a profité aujour-
d'huy à un malade luy puiife profiter de-
main; ou en vieilleffe comme en jeunefle,
en Italie comme en France , en H yver com-
me au Printemps, en Automne comme en
Efté ; & ainfi des autres conditions qui
changent la façon de guerir , & qui ren-
dent l'experience trompeufe. Si l'homme
eftoit de bois , & qu'on en peut corriger
Non tX corioy les défauts comme feroit un Sculpteur, on
aut Itgno ft- pourroit pratiquer la Medecine parl expe-
iJum m quo rience mais eftant de chair , il n'eft pas
errâta fine bon de ; s'y fier ; qu'elle ne procede
dolore pojfent parce
emcndarttJtd point d'une feule opération , mais de plu-
ex carnet fieurs réiterées, & que lorfqu on croit con-
Gal. r. afh. noîrre l'effet d'un remede pour l'avoir pra-
tn prinCip/o. tiqué fouvenr on n'en à pas encore pour
Ex muftis me- cela l'expérience , la fanté qu'on
morus fit ex-
; parce que
ferientta. A-croira venir du remede proviendra plû-
,
rtfl. z. foji. c. tôt de la nature mefme que du remede.
ulùmo. Galien s'en pleint & nous afTeure qu'il
III- s'y eft fouvent trompé, veu qu'on ne pour-
L'experience conclure afifrmativement,
roit pas mefme
a trompé auroit purgé plufîeurs
Galien. qu'un remede qui
pérfonnes les deuft toutes purger ; parce7. de comptjt.
,
qu'il n'y a que les chofes univerfeles qui medl. per Se-
nous donnent de la certitude , & néra
commeJ. Aph. Il. c. 4. êj
elles font trop difficiles à connoîcre, on s'a-
Si ejut s exper-
tache à des particularitez trompeufes & tes fuertt fex
,
l'on donne occafion de dire que les Méde--v elfep tem ho
cins font les marchands de nos corps, puis-mmes altqua
qu'ils pratiquent leurs fecrets aux dépens Medectna
purgatos, dt-
de nos vies : & néanmoins on ne void que
des donneurs de fecrets il y a mefme des poterit cere certo non
, quod
hommes fort éclairez & intereffez tout en- omnes homi-
femble qui les recherchent ; parce qu'ils nes ex necef-
n'étudient qu'à proportion de la recom-fttate fhrg4-
buntur,
penCe, encore qu'ils n'ignorent point que Pline l, l. hiJl.
Je plus beau & le plus feur de
tous les fe- natu. c, 1. ne-
crets, ne confifte que dans la connoiflance go flan tur IInt-
des maladies qui indiquent toujours leurs mas noflras
propres remedes. Car qui ê5 exper/me-
ceux ne procè-
dent que de l'experience font tous incer- ta per mortes
tains ; parce que la conc'llfion ne fuit que agttnt.
les atributs univerfels qui conviennent à
une infinité de fujets, & que les chofes par-
ticulières qui tombent fous les genres &
fous les efpeces , ne conviennent qu'à une
perfonne en particulier en deux maniérés,
ou de foy, ou par accident ; fi elles luy con-
viennent de fby elles luy feront fi pro-
,
pres , qu'elles ne pourront point convenir
a une autre, & fi elles luy conviennent par D. Th, l. pofi,
accident, elles feront incertaines ; parce tnduftto non
que tout ce qui convient acci- concludtt nec
ne qne par
,
dent eft trompeur donc l'experience qui demonjlratt-
'v e
nec Syllo-
ne procédé que par des effets particuliers g f.iceex m-
eft auffi trompeufe que dangereufe. cejsttate.
1 V. Et fi l'on m'objecte avec Ariftote & Boè-
Objedtion ce que la nature eft univerfele en chaque
félon Anft. individu , & que l'experience n'eftant au-
z. ?Ofl. c, ul- tre chofe que l'alfemblage de plufieurs
t:ma. exemples qui excitent l'entendement à fe-
parer par fa propre lumiere la nature uni-
verfelie de chaque particulier, eft affeurée.
jivtrroês 1. Je repons avec Averroës que cela feroic
rnor, 9. in-
dtt&to ferust
veritable, fi une telle feparation eftoit ef-
cognttiont fentiele, mais qu'elle eft trompeufe, parce
unrverjalts qu'elle n'eft qu'accidentele.
ex accidente,

CHAPITRE II.
Que la rejfemblànce ou la fimilitude eft
trompeufe.

1.1 L divifion
EsEmpiriques ne fervent d'aucune
Ce
parce qu'ils eftiment qu'on
Erreurs des
,
Empiriques ne fçauroit connoitre les caules des mala-
& des Mcco-
dies , & ils s'atachent à l'experience: mais
diques. s'embarraflent point
Gai 1. de op-
les Metodiques qui ne
lima fefla ad de divifer les genres en leurs dernieres dif-
Trafyb. ana- férences ne pratiquent la Medecine que
,
logifmus eft par les fimilitudes qui ne fonr pas moins
comfrehenjut dangereufe que l'experience ; parce qu'el-
remedii per fi- auffi des effets
rntlttudmem.
les ne procedent que par
rifl. in Itb. particuliers , & que tout ce qui nous peut
prtorum in donner quelque certitude doit eftre uni.
ditto de omni verfel.
•vel de nullo, Or comme l'efpece du mal eft univerfefe,
II. il n'y auffi fa connoilfance qui nous
Vn parfait a que
en découvre les remedes. C'eft pourquoy Medecin ne
un parfait Medecin qui connoît cette véri- s'arrête
té ne s'arrête ny à l'experience ny à la qu'aux cho-
,
iîmiJitude ny aux parties malades ny à
,
,
, fes
les.
univerfc-
leurs fymptomes, ny à la matiere de la Mé-
decine ; veu que ce ne font que des parti-
cularitez qui n'indiquent rien , & s'il a
gueri un malade d'une perte de fang par
l'ufege de l'opium, il ne croit pas le pou-
voir guerir une autre fois d'un mefme ac-
cident par l'ufage de la mefme drogue, s'il
y a quelqu'une des premieres conditions
changées ; s'il a gueri un vomiflement par
l'emetique, il ne s'hazardera pas d'en ufer
une autre fois pour le mefme fujet, & fur
la mefme perfonne, ou fur une autre, mais
il diftinguera la caufe du mal, & fuivant fa
nature, il changera de pratique; parce que
chaque mal à fa caufe différente qui re-
quiert des remedes differens ; comme par
,
exemple la fupreflïon d'urine peut venir Gal. itb. de
de l'inflammation de la vecie ou de la optima fcttai
,
pierre, ou d'une carnofite. Or fi pour avoir ad trajjb,
piflèr homme le c. z j.
veu un par moyen d'un
emplaftre apliqué fur la partie , lorfque
l'inflammation eft la feule caufe de la fu-
preffion, il croyoit que le mefme remede
en feroit autant à un homme qui feroit at-
teint de la pierre, il fe tromperoit fort. Et
fi après avoir veu piflet un homme affligé
d'une carnofité par le moyen de la bougie,
il s'imaginoit d'apliquer le mefme remède,
lorfque la fupreffion vient de Inflamma-
tion il en augmenteroit les douleurs, au
, viuuiv. u
P iiij
lieu de les foulager. Ainfi cette reflemblan-
ce d'accidens le fruftreroit de Ton attente;
parce qu'ils ont des caufes différentes &
qu'il arrive fouvent que des effets diffem- ,
blables demandent un mefme remede, &
qu'au contraire des effets femblables indi-
quent des remedes diffèrens, comme nous
avons dit dans le fecond Livre.
I ! I. C'eft pourquoy c'eft mal raifonner, que
FaufTes con- de dire tel remede a fervi à une telle
un
fequences. maladie , donc il fervira
à celle-cy qui luy
eft femblable ; parce que le mal qu'on doit
\s4rifl, i. frtor.
guérir ne fe découvre point par les fimi-
c. deexemflo, litudes, mais la feule indication , at-
, par
tendu qu'encore que les chofes femblables
Arifl. l.pojl. foient analogues, qu'elles ne lailTent point
tex. zo. Gai. de n'avoir aucune dépendance : comme par
,
I. ad GlaucQ- exemple la moële des animaux convient
nem. analogiquement avec la moële des arbres,
& néanmoins elles font tout à fait différen-
tes , de mefme que les maladies : car en-
core qu'elles ayent quelque fimilitude en-
tr'elles s elles ne laifîent pas d'eftre tout à
fait diverfes & de requerir par confequent
,
des remedes differens.
1 V.
Or comme nous avons dit ailleurs, qu'il
Qu)il eft eftoit dangereux de paffer d'un genre à
dangereux l'autre pour connoître le mal, il en arrive
de pa tfe r d'un de mefme
pour inventer les remedes : car
genre à l'au- on tombe dans ce'défaut lorfque les
tre pour in-
pour
venter re- les trouver l'on fe fert des fimilitudes , foit
medes. qu'on les prenne des parties malades , ou
des fy mptomes ou de la matiere de la Me-
,
(7 Al,mçtho(lq, decine ; parce que eu égard aux parties,
l'huile rofat qui eft un digeftif pour les
playes de la tefte , ne vaut rien pour les
autres endroits du corps ou il n'eft que re-
percutif, qu'on fe trompe de s'arrêter aux
fymptomes qui ne font que des accidens
qui n'indiquent rien , & qu'enfin on s'a-
bufe de faire quelque fondement fur la ma-
tiere medicale ; puifque plufieurs chofes
rlifferehtes peuvent produire le mefme ef-
fet , comme le jus de coin qui reflèrre le Gai. hb.
de
'ventre en le fortifiant & l'opium qui en optim.1 Je tl*
,
fait autant en le débilitant ainfi pailànt a, trafjbtt-
d
,
d'un genre à l'autre par les fimilitudes, l'on lum.
pratique la Médecine fort incertainement
& à l'aveugle, ce qui eft défendu par Hip- De frétcefùor
nibus.
pocrate.
Néanmoins les Dogmatiques qui fçavent V.
diftinger l'utile d'avec l'inutile, ne laiffent Que les Mé-
pas de s'en fervir lorfque la maladie leur decins Dog.,
eft nouvele & inconnuë & cherchant la tnatiques le
des fymptomes, , fervent de
nature les parties mala- l'ex perience,
des , les excremens leurs qualitez, la
, ver- & de la fimi-
tu du tout, & de fes parties avec le con- litude.
cours de tous les fignes antecedens & con- Gai. Ith, de
fequens ils coligent la caufe du mal opttrna fetta
, au- ad trafybtt-
tant qu'ils peuvent, & en inventent le re-
mede : mais cette façon de procéder appar- lum c. 18. 2;
tenant plûtôt à l'indication , qu'à l'expe-
19.

rience & à la fimilitude, il s'enfuit le Cha-


pitre fuivant, -
CHAPITRE III.
Que la feule indication trouve les
remedes fpecifiques.

I.
L'experience
E l'experience
Ncore que nous venions de rejetter
la fimilitude,
& nous ne
& Ja fîmili- ,
laifTons pas de nous fervir
litude ne en , parce que
font pas inu- Galien ne les croit pas tout à faitinutiles
tiles fi elles lorfqu'elles font jointes au raifonnement
font jointes qui éclaire le Medecin dans les tenebres,
à la raifon. rempefcher d'abreger la vie aux ma-
pour
Gai. i. ê5 j. lades
de offietna en confondant les genres , les efpe-
medtca 3Z. ne- ces , & les effets avec leurs caufes , & qui
gltt ufu exem-
leur aprend par confequent à divifer l'in-
fit medÙi- dicatif, c'et f à dire la maladie jusqu'à la
3tam docendât derniere différence ; veu qu'on ne peut rien
fid requiri- connoître fi l'on pafTe d'un l'au-
ffJr cogmtio
genre a
PbjJtologi* tre , parce qu'ils font impenetrables auffi
fine e/ua ni- bien que leurs efpeces & leurs prioprietez,
btl certe habe- & que le contraire de l'un n'efi: pas le con-
rt pote fi m traire de l'autre.
medicina.
Gai. Aph. comm. 1. lfatait exper/entiam effi crus fintflrum, ratio-
nem vero crus dextrum. ulrtji. in prtdic. & x.fojl, tex. t 9. qaodqutd
ejl iryvemrt, non potejl ntjifafta dtvifione in eodem genere.

II. Or comme le remede doit eftre contrai-


Que ce
qu'indique re au mal qui l'indique, on le doit par con-
-
cft uinverfel- fequent divifer s'en fortir de fon propre
genre jusqu'à la derniere proprieté com-
le ,
deuxie-
me nous avons fait le mal dans
me livre connoître le remede fpecifi-
pour
,
que & fe fervir de l'indication comme
d'un fyllogifme parfait qui appartient à
la methode de guerir qui eft univerfele;
parce qu'elle procédé par les effets fpecifi-
ques. Car fi la bile indique la rubarbe qui
,
la purge ce n'eft qu'a raifon de Ton ef-
pece , ou de quelque degré déterminé qui
eft fpecifique & par confequent univer-
,
fel ; ainfi l'indication eftant plus feure'que
l'experience
les & la fimilitude pour connoî-
tre remedes il en faut examiner les
,
proprietez, dont la premiere eft que l'in- Gai, r. meth,
dificatif [oit plus connu que ce qu'il indi- f. debet ejje
nottor prudt-
que ; parce qu'il y a la mefme proportion cato.
entre le mal & le remede , qu'entre l'effet
& la caufe qui doit eftre connuë aupara-
vant ion effet.
La féconde qu'il doit eftre prefent par--, nr.
ce que l'actionne fe faifant que par l'atou- 2. condition
chement, on ne fçauroit agir contre ce qui de l'indicatif.
eft abfent, & fi l'on ordonne quelquefois
des remedes par précaution, il faut qu'il y Gai. 4. Me/h.
,
ait quelque difpofition à la maladie au- c. 3. prxfcntts
effè curatfQ-
trement , ils ne feroient pas feulement futurt
inutiles, mais encore préjudiciables & dan- nem
ffro pracau -
gereux. ttonem.
La troifiéme, qu'il ne doit jamais indi- IV.
quer qu'une feule chofe contraire ; parce 3. qualité de
que le mal & le remede font fous un gen- l'indicatif.
re qui ne peut avoir qu'une contrariété, taph. jirtft. 10. Me.
d'où vient qu'il y doit avoir , autant de tex. 13.
D. Th. in me-
façons de guerir qu'il y a des maladies dif- teorolog.
(on-
férentes. traria funt
JUA form* La quatrième qu'il foit le mal qu'on
maxime åi. doit guérir ; , l'indicatif doit eftre
ifantes in co- dans le parce que
genre des effets, c'eft à dire dans
de m genere.
le genre des maladies , c'eft ppurquoy les.
V.
4. propriété chofes étrangeres comme l'air, l'eau , &c.
de l'indicatif, n'indiquent rien.
Cal. in Metb. La cinquième
que l'indication foit uni-
C 4. Meth. ;. verfele ; parce que ce qu'on connoît par fon
tôt debent ejfe
methodt quot moyen appartient à la methode de guerir
morborum quieft univerfele, c'eft pourquoy les fym-
idex. ptomes nous trompent ; parce qu'ils font
VI. des accidens particuliers.
5. propriété, La fixiéme qu'une bonne indication fe
de l'indicatif.
doit prendre de Teftence de la ma!adie , &
VII de tes accidens ; n'eftanc
6. propriété non pas parce que
de l'indicatif. pas fous un même genre , ils n'ont aucune
Gai, 1. 1. $.4, contrarieté d'où vient que la divifion de
7. Meth. l'effet à la caufe eft vicieufe, comme lors-
:

c. 1. J. 9. Il. qu'on divifeles fièvres, bilieufes & mé.


& IJ. en
lancoliques ; parce que l'intemperie eft la
,
maladie & l'humeur peccante en eft la
caufe qui eft dans un genre different de ce..
luy de fon effet.
Et finalement que le mal fe rapporte à la
VIII. caufe empêchemens & à forgent,
Derniere aux
,diftinguer ,
propriété. pour fi ce qu'indique à plus de
force que ce qui défend ou au contraire;
,
Gai, ad tra- ainfi l'indication comprenant les remedes
fsbulum in- fpecifiques de chaque maladie après en
dicatto eft
avoir connu l'effence & le dernier degré
cemprehenjîo ,
jwvantis. de l'humeur qui la conftituë eft la feule
,
metode qu'on doit tenir en pratiquant la
Medecine, & qu'on doit joindre à l'expe-
rience & à la fimiliiude qui procedent fans
connoiflance.
CHAPITRE IV.
De l'application des remedes.

A Prés avoir connu l'inftrument pro-


I.
pre à diftinguer les remèdes, il feroit Des erreurs
à prefent neceflaire de traiter de la matie- qu'on peuc
re de la Medecine. Mais comme on peut commettre
errer en l'adminiftrant : je parleray premiè- en admini-
ftrant
des qui s'y les fe-
rement erreurs peuvent com- medes.
mettre , & du temps propre pour l'appli-
quer à chaque maladie.
Car fi le remede n'eft pas fuffifant pour II.
guérir, c'eft parce qu'il eft plus ou moins Trois fortes
convenable, ou parce qu'il ne l'eft point du d'erreurs.
tout. S'il l'eft plus, c'eft parce qu'il eft fu- Arijl. 2. poft,
,
perflu. S'il l'eft moins c'eft parce qu'il tex. 4. de de-
fîntttone,
luy manque quelque chofe neceflaire. Et"
s'il ne l'eft point du tout, c'eft parce qu'il
n'eft point contenu dans le genre de la ma-
ladie qui luy eft contraire atendu
; que
tout ce qui efttrenfcend-ant, eft éloigné de
la nature du remède : C'eft pourquoy Hip- Uipp. e:J Gai.
pocrate, pour éviter ces défauts, diftingue t. tn 6. de
en Tadminiftration des remedes la quan- prox
morbo 'VNlg.
tité, le lieu de la maladie , comment, & le fortionato,
,
temps , & nous fuivant fon exemple , aprés yuanto^qtf an-
avoir patlé dans le fecond livre de la pro- do ) ejuomedoy
portion
loit des remedes du lieu où il les fal- & ubi.
,
appliquer, & comment, nau$traiterons
du temps feulement.
III. Si nous fuivions le fentiment de Galien,
Tous les re- il ne feroit pas befoin de prendre tant de
medes font peine , & de promener noftre efprit dans
contre la na- des pais inconnus pour y chercher la véri-
ture. té ; Car ce grand homme, encore qu'il ait
GAI. de con-
fiïmttene ar- difertemenc écrit de la Medecine, ne laif-
tts non impu- fe pas de condamner toute forte de reme-
ne pojfuntad- de quelque doux qu'ils puiflent eftre
; par-
mtmflrari re~ ce
que n'eftant pas naturels , ils affligent la
média cum luy
Jint omnia nature, & ne la fçauroient reparer fans
,
faire du mal c'eft pourquoy on met des
frster ntttt- chofes
ram ob tdfa- odoriferentes dans les Medecines
cultatem na- crainte qu'elles ne bleflènt l'eftomac. Mais
turalem tn- parce que par les remedes on évite quel-
feftam ne que quefois de plus grands qu'ils ne cau-
morbificas maux
cauptf adeo fent , on ne laiile pas de s'en fervir ; veu
propulsât 'fuÍn que la pratique de la Medecine n'eft fon-
una cum altts dée que fur un feul principe, fi ce qu'indi-
aliquid fub- que à plus de force que ce qui défend. Car
ftantt* bent- si exemple un homme eftoit fi plein de
par
gntl. arripiam. sang, qu'il fut menaffé de quelque apople-
Gai. I. quos
f5 qtttbus xie, eou de quelque catarre , on ne lair-
purgare opor- feroit pas de le feigner ; parce que le mal
tet, cum au- que la feignée luy cauferoit ne feroit pas ïl
tem omnta grand, que celuy qui pourroit provenir de
medscamenta
l'abondance du fang. De mefme fi un fe-
purgantta
•ventrtculum bricitant tomboit en défaillance la cha-
'vittent odo- leur de la fièvre defendroit le vin ; mais
ratorum comme la défaillance eft un mal plus pref-
mtxtura com- fant elle aufli plus de force à indiquer
mode excogi- , a
tata eft.
le vin , que la fièvre n'en a pour le défen-
dre. Ainfi ce n'cft que dans la necelfïté
Cal. fent. 5. Medecine ; parce
afh.comm.iî. qu'on fe doit fervir de la
si quis volfte' que l'ufage en eft fort dangereux, difpo-
rant le corps à des méchantes habitudes. rít uti Medi-
,
Et lors qu'on ne s'en peut défendre on tina his in
doit obferver les Chapitres fuivans dont menfe aut
,
y
me I in anno
les regles fe doivent toûjours diftinguer
uerittts
conformément au principe cy-deflus rapor- aggregentur ne
té, fi ce qu'indique à plus de force que ce faferjiuttatef
qui dérend ; parce qu'il arrive des accidens nocebit êS
que pour les guerir ou pour les foulager, het corpora tra-
inmalam
on n'a pas le loifir d'attendre la difpofition confuetudi-
des Aftres.
nem.

CHAPITRE V.

Du temps propre à purger les


malades.

N Ous venons de voir que les maladies 1.


& les remedes détruifent la nature; Quand il fe
parce qu'ils font les extremitez de la fanté, faut fervir
des remedes.
& qu'on ne fe doit fervir des remedes que
Sobrement, lorsqu'on en efpere plus de
profit que de perte. Et maintenant nous Gai. Ith. de
opttma fin"
devons examiner qu'on en peut efperer du ad T rafyb.
bien lorsqu'ils purgent les humeurs pecan- arc a finem,
tes : car ils nuiroient beaucoup s'ils pur- 5 mitas efi t*.
geoient la bile , quand il s'agit de purger medio , morbt
la pituite, lorfque la malice des ingrcdiens ê5 femedta
fant extrema
qui lescompofenteftcorrigée, lorfque leur & fanitati,
opération n'eft point empêchée par le fom- contraria.
meil qui rend la nature oyfeufe, lorsque la
foiblefle de la nature , ou les obftruttions,
ou la crudité des humeurs ne les empc-
Jiiff, i.Aph. chent point d'agir ; & enfin lorfquela ma-
y.JiqHis fur- tiere eft en fi grande abondance, qu'elle
gare voluertt refifte à la digeftion ; parce qu'on la peut
cfortet flutda purger alors ianç préparation comme le
facere. ,
fuc indigeft des hydropiqijps qui en eft in-
capable.
I I. De forte qu'après avoir bien confiderç
Du choix des toutes ces diverfes difpofitions aufquelles
faifons pour un malade peut eftre fujet , on doit auffi
fe fervir des faire reflexion forte de temps
remedes. que toute
n'eft point propre pour operer, à moins
qu'il n'y ait quelque neceflité prefente qui
oblige de paffer par deffus les regles : car
il eft plus falutaire de purger au Printemps,
ou en Automne que durant la chaleur de
l'Efté, ou la rigueur de l'Hyver; veu qu'il
fe fait une trop grande difïipation d'efprit
en Efté, & qu'il n'eft pas befoin d'affoiblir
davantage la nature par les remedes ; &
& qu'en H les humeurs font trop reC.
yver
ferrées.
Or il s'agit de purger les humeurs
III. comme
la Lune domine général on doit
Qu'il faut que en ,
observer la auffi obferver qu'elle foit vielle, & non pas
Lune pour Ce: nouvelle le jour qu'on donne une purga-
fervir utile- tion qu'elle foit point brûlée du So-
ne
ment des re- leil , mais
gi edes. un peu éloignée , librp des in-
,
fortunes , & des Planetes rétrogrades , à
moins que ce ne fuft Jupiter , ou Venus;
qu'elle rend les humeurs plus fluides
parce
lorfqu'elle eft vielle quelprfqu elle eft jeu-
,
ation. -
lorsqu'elle eft brûlée elle les
ne, & que
rend plus feches & moins capables dépur-
Qui
On la doit encore obferver dans un ligne 1 V.
contraire à l'humeur qu'on doit purger, ou Que la Lune
que du moins un tel ligne foit à l'afcen- foie dans un
figne con-,
dant comme dans des fignes d'eau qui
font ,le Cancre ; l'Efcorpion, & les Poif- traire aux
hum eurs
fons pour purger la bile; parce que la Lu- qu'on veut
ne eftant dans ces fignes qyi font fympa- évacuer.
tiques à fa nature , elle exerce avec plus
d'efficace fon pouvoir , & ébranlant l'hu-
meur. femblable au ligne où elle eft, elle
Iaifle en repos la contraire : Et comme
nous avons prouvé ailleurs que ce quieftoic
,
en mouvement n'indiquoit aucun reme-
de, & que la Lune imprimoit un mouve-
ment general aux humeurs, on doit par
confequent choifir le jour qu'elle fe trou-
ve dans des fignes contraires à l'humeur

purgée.
qu'on doit purger ; parce qu'alors el-
le eft en repos , & plus propre à eftre

On ne doit point aufli purger , Iorfque V.


la Lune eft dans le Lion qui prefide fur le Quad il fauc
cceur ; parce que l'humeur contraire & fym* purger les
pathique eftant ébranlées l'une maladies re-
par la Lu- centes ou
ne , & l'autre par la Medecine , s'ouvri- vieilles.
roient plûtôt le paflàge vers cette partie
que vers les autres , & luy empêchant Ton
double mouvement, elles cauferoient des
défaillances & quelquefois la Les
,
maladies recentes fe purgent plus
mort.
commo-
dément, lor.fque la Lune eft dans IesPoif.
foris , ou lorfque les Poiffons font dans
l'afcendant qu'en autres temps , & les
vielles, lorfqu'elle eft dans des fignes
ter-
reftres ou que les fignes terreftres occu
,
p?nt l'ascendant.
v I. Et comme les autres Aftres qui Ce trou-
Qujlfaut a. vent avec la Lune, ou par corps , ou par
VOir égard afpeéè aydent, ou empefchent les effets
aux Planetes félon la fympathie , ou l'antipathie qu'ils
,
qui peuvent les humeurs qui befoin d'eftre
empeiclier, ont avec ont
J'clfec ties re- purgées on doit confiderer que Jupiter &
medes.
,
Venus eftant joints avec la Lune dimi- ,
y. ct:o fit
À
nuent l'opération d'un remede ; parce que
,.1l4j ort ln", l'agent doit eftre plus fort que le patient,
qualttate.
& comme durant une telle conjonction , la
nature eft plus vigoureufe que le remede
qui doit vaincre la matiere du mal, il s'en-
suit qu'on ne doit point évacuer en ce cems;
parce que la nature changeroit le remede
Gai. /A j. l'humeur qu'il devroit purger. Si la Lu-
Jtmfli. c. 14.
en
avoic la mefme configuration avec les
meàtcamen- ne Planete
méchantes Planetes ou avec une
tum mji fur- ,
get fôlu •» pro- rétrogradé il ne feroit pas aufli bon de
,
ducit humo- purger à caufe du mêlange des humeurs
rtm qttdlem qui doivent eftre] précipitées & feparées
trabere debet. eftre purgées, & la rétrograda-
peur que
tion des Planetes caufe les vomiflemens.
VII. - Ainfi l'on doit choifir le temps que la
les Planetes Planete qui préfixe à l'humeur qui indique
qui domi. fa purgation , foit foible & feparée de la
lient les hu Lune ; fi elle y eftoit jointe & forte,
car
meurs qu'on l'humeut feroit tellement mêlée avec les
doit purger dans le
doivent eftre autres, qu'elle demeureront corps,
(bibles & de-au lieu d'en fortir, & que la planete qui luy
biles. eft contraire foit vigoureufe & fortunée,
comme par exemple fi l'on vouloit purger
la bile & les reins que Mars domine : il
,
faudroit que Venus ou la Lune qui luy
font contraires fuflent bien conftituées,
,
6c que Mars fut foible fi l'on fouhaitoit
évacuer la mélancolie , il faudroic que Ju-
,
piter fut fort, ou favorablement regardé de
,
la Lune & que Saturne fon ennemi fut
foible & mal difpofé, s'il eftoit befoin de
chafièr la pituite , il feroit neceflaire que le
Soleil, ou Mars fuirent bien configurez, ôc
que la Lune fut mal dignifiée, & fi l'on a-
voit deffein de purger le fang ; il faudroit
que Jupiter fut mal difpofé, & que la Lu.
ne hit bien configurée.
Or la purgation fe pouvant faire eh plu- Viîî.
fieurs manieres où par les vominemetts, La purgation
,
ou par les feles fépftrément, ou conjointe- eft generale
ment , ou par les fuëurs , ou par tes urines, &
à
convient
plufieuu
l'on doit difeerner le figne de l'afcendant façons de
dans le tems de la purgation ,lequel n'ayant
purger.
aucune convenence avec la façon qu'on
doit purger un malade, il eft necelfaire d'a-
tendre que celuy qui y conviendra s'y trou-
ve ; parce que les fignes ruminans aydent
aux vomiflemens lorsqu'ils commencent à
paroître fur l'horizon , & empêchent que
les humeurs ne fe portent aux parties infé-
rieures, particulièrement fi leurs Seigneurs
font joints avec une Planete fur terre,
,
comme le Belier, le Taureau le Capricor-
ne j ôc le Lion , qui le font fort falutaires
quand il s'agit de fervir des émetiques,
& que les fignes élettifs dont nous avons
pârlé operent le contraire principalement
ïï le Seigneur de celuy qui ,monte horizon
eft joint a une Planete fous terre; parce
que les Aftres qui defcendent, portent les
humeurs aux parties inferieures , comme
ceux qui montent les portent par un mou-
vement contraire aux parties fuperieures.
Mais fi l'on vouloit purger par haut & par
bas tout enfemble il faudroit choifir un
,
temps que les Aftres euflent une fijiiation
,
mélangée d'où vient qu'Hermes dit que
pour purger par les feles , il faut que la
Lune & le Seigneur de l'afcendant foient
fous terre, & que pour purger par les vo-
miflemens, il faut qu'ils y foient deffus.
IX. L'on peut colliger de ces principes , &
Quand il de ceux du fecond Livre, lorfqu'il convient
faut purger les urines, ou par les fucurs. Si
purger par
par les vo- la naiffance du malade eftoit connue, il
mi flèmen s ne
ou autre- le faudroit point purger, lorfque la Lune
ment. cft dans un lieu malhureux de la racine, ou
lorfque le figne qui monte l'horizon dans
,
le temps de la purgation eft contraire à
celuy de l'afcendant radical.

CHAPITRE VI.
Du temps p-ropre pour la feignée.
I.
La feignée
E pernicieux
Ncore que la feignée foit un remede
& deteftablej qu'elle
parce
ell un reme- caufe* la langueur des vifceres & qu'elle
de dange-
precipite à une vieillelîe toute remplie d'in.
reux.
FÏRNIL. commoditez , en diffipant les efprits , &
l'humide radical qui eft le baume de la vie, Non crebrtor
Iailfe auffi de la ufage, vtn& fefti-o eft
on ne pas mettre en adeunda, non
néanmoins un peu trop fouvent aujour-
d'huy en toute forte d'occafion & fans ne- fpirïtus entm parum
calo-
ceflité. Mais comme je me pourrois attirerrlfiJue demit,
plus d'ennemis que je n'en fouhaiterois, fi humidoque
je m'amufois à découvrir verité Je prtmïgento
cette :
renvoya le Leéteur à Fernel , dont l'élo- ImmJnUfO
vifèerll ¿'n-
quence & la raifon perfuaderont mieux guefcum es
mon fentiment que moy-mefme, & je pre- adfeneftutcm
fcris le temps de la feignée fans m'em- immaturam
,
baraffer des réglés generales pour diftin- précipitât éS
hanc graute-
guer à qu'elles perfonnes elle eft convena- ribus morbts
,
ble ou non dont on pourra s'inftruire obnoxtam
dans les palfages d'Hippocrate & de Ga- &c. ,
,
lien citez à la marge, & dans le deuxième Htpp. 4. de
,
Livre de cet Ouvrage pour connoître la rattone "vtflr.
force , ou la foiblelte tex.
d'un malade avec fa de humort- 19. Gai.
mauvaife difpofition qui îèmblent eftre les 3.bus
comm. ;i -
feules proprietez qui indiquent la feignée, 4. de tuend.
fans qu'il foit befoin d'en obferver le fanitate 4, I.
temps ; parce qu'il n'eft necelTaire d'y ad glaucon.
pas
avoir égard lorfqu'il s'agit de feigner, mais i,+. i metho-
di 13. 6. epid.
feulement aux forces , & qu'on peut ou-
vrir la vaine , & donner des lavemens en 8, eth.4. es 3. comm. 19.
M

tout temps, pourveu qu'il n'y ait point des Il.Meth. 4.


cruditez dans l'eftomac, & que la digeftion Gai. 9. tf etb.
foit faite. Néanmoins comme pendant r. non nume-
rum dierum
l'augmentation & l'eftat d'une maladie, la infpicere
opor-
feignée efi défendue auffi bien que la pur- tet Jed unum
gation, afin de ne point détourner la natu- roburutrtum.
re de l'occupation qu'elle à
a en ces temps curandt Gai. de
cuire & digerer la matiere de la maladie, ra-
ttone pet Jan-
on doit élire par confequenr le temps pro- guinis mifsia-
pre a la feignée par les configurations do
Htm on qua-
cumque h or a, la Lune avec le Soleil, ou avec les autres
f~f~ Planetes qui donnent le mouvement aux
'wnl. feftto humeurs & font les diverfes difpofitions
admsnijir*ri ,
dummoio ci des malades.
bi non fint in Car pendant que la Lune eft jointe au
njentriculo. Soleil, ou qu'elle eft fous fes rayons , les
Gai. 1. Aph. corps ne font pas fi remplis d'humeur Se
19, in fiât fi l'on les évacüoit encore davantage , la
e5 augmento feignée par
non convertit , on leur nuiroit beaucoup ; c'eft
ut en* fiftio. pourquoy on ne doit point feigner un ma-
II. lade que deux jours devant ou après la nou-
Q^nd il ne velle Lune. De mefine quand elle eft plei-
faut pas pur-
ne , ou aux quarrez du Soleil ; il ne faut
Scf- point purger, ny le jour d'auparavant, ny
le jour d'après ; parce qu'alors les humeurs
font dans un trop grand mêlange foit à
,
caufe de l'abondance, foit à caufe du mou-
vement: eeit pourquoy après ou devant
,
les jours des oppofitions ou des quarrez
,
de la Lune on peut feigner, fçavoir les jeu-
nes gens après , ou devant les deux pre-
miers quartiers ; parce que la Lune ayant
paifé les points des mauvais afpeâs du So-
leil ne trouble plus les humeurs, & les lai C,
fant un peu en repos , il n'y a pas de dan-
ger de les évacuer ; principalement fi elle
fe
trouve alors favorablement regardée de
,
Jupiter , ou de Venus & libre des mé-
chantes Planetes ; parce que les mauvaifes
configurations de la Lune avec Saturne, ou
Mars, ou la queuë du Dragon, ou avec les
Etoiles d'une méchante nature, empêchent
la feignée jufqu'à ce qu'elle ait palTé ces
,
points, & qu'elle en foit éloignée d'envi-
ron ii. degrez , mais Jupiter 6( Venus in-
diquent le contraire.
Notez qu'on ne doit point toucher à la III.
partie fujete au figne qui la domine pen- Il ne faut pas
feigner
dant que la Lune y eft., comme par exem- parties domi- des
ple s'il falloit feigner du bras, ou du pied, nées les
par
Ja Lune eftant dans les Gemeaux, ou dans fignes où la
les Poiifons, il faudroit différer la feignée Lune fe trou-
de ces parties ; parce que la Lune domi- ve
Qentiloqutt
nant les bras , lorfqu'elle eft dans les Ge- 'J.o.fS alman-
meaux ou les pieds lorfqu'e!le eft dans les firis .Apho.
Poiflons, meut tellement les humeurs dont 14. es J1..
elle remplit ces parties , qu'il eft dange-
reux de les ouvrir.
Outre cette remarque: l'on doit choifir le 1 V.

temps que la Lune court quelque figne con- Quand il


traire au temperament d'un malade, pour faut feigner.
faire une bonne feignée élective & non
fy mptomatique. Car les humeurs eftant
dans un mélange perpetiiel, on ne les doit
point évacuer indifféremment mais on
,
doit attendre que celle qu'on aura inten-
tion de purger foit en quelque façon fepa-
rée des autres, enforte que ne l'eftant ja-
mais tant que lors que la Lune court un
figne qui luy eft antipatique, faifant alors
mouvoir l'humeur contraire , fi l'on veut
par exemple feigner un phlegmatique, l'on
doit attendre que la Lune foit dans un fi-
gne de feu , comme le Belier, & le Sagi-
taire, excepté le Lion qui domine le cœur,
fi l'on veut feigner un mélancolique il ,
faut que la Lune foit. dans un figne d'air,
comme les Balances & le Verfeau, exce-
pté les Gemeaux quand il s'agit de feigner
du bras que ce figne domine mais non,
pas des autres parties du corps ; Si l'on veut
feigner un bilieux , il faut que la Lune foit
dans des fignes d'eau, excepté l'Efcorpion
qui eft maifon de Mars, Et fi l'on vouloit
feigner un fanguin il faudroit qu'elle fut
,
dans quelque figne mélancolique.
L'on fera encore mieux fi l'on peut join-
v. dre à maximes les fuivantes fçavoir
Réglés par- ces , l'hori-
ticulières. que le Seigneur du figne qui monte
zon , ou que la Lune ne foient point dans
la fixiéme , ou dans la huitième maifon,
qu'ils n'ayent aucun commerce avec les
Seigneurs defdits lieux , ny par corps , ny
par afpec):, & que le figne qui eft dans la
premicre maifon dans le temps de la fei-
gnée,ou celuy que la Lune occupe ne foient
point affligez dans la figure de lanaiifance,
ou de la révolution annuele.

CHAPITRE VII.
Du temps propre a reparer les fa cuit ex.
natureles.

L A faculté eft un accident inreparable


1.
O^'eft-ce que
c eft faculté. corps, 1
de l'ame par lequel elle agit dans le
oc ion 1'
action
-
-11. ---- -----------.
en un niouvcmcin
adif, ou fon eflkt dans quelque partie, elle
eft de trois fbrte,namrele, vitale & animale.
La naturele eft la force que l'ame à de IL
nourrir, augmenter, & produire fon fem- Définition
blable par le moyen de la chaleur naturel- de la faculté
le c'ell pourquoy elle eft triple, & a trois naturele.
,
fortes d'opération qui font la nutrition,
l'augmentation, &, la generation.
k La nutrition eft une vertu de l'ame qui III.
convertit les alimens par le moyen de la De la nour-
chaleur naturele , en la fubftance du corpsç riture.
d'où vient qu'on la definit la reparation de
la fubftance perduë & fe divife en quatre
,
autres facultez, ravoir, atractrice, reten-
trice', concoéèrice, & ex pultrice c'eft à
dire en celle qui attire , en celle , qui re-
tient , en celle qui cuit , & en celle qui Gai. 9. me-
chafle & qui poufle dehors les fuperfluitez, taph. c. 1).
fervantur vi-
lefquelles ayant leurs propres temperamensru Ji nec ejus
dont la confervation fait la leur, il faut fubjlantia
diftinguer celuy de chacune en particulier, ;naniatur ê:J
afin de les pouvoir conferver & reparer; non alteretur
qu'on connoît l'un, le quod fit fer-
parce par moyen de uando tempe-
l'autre.
ramentum.
La naturele refide dans le foye dont le 1 V.
temperament eft chaud & humide qui eft Siege de la
celuy de Jupiter , avec quelque participa- faculté natu-
tion deVenus, & de la Lune ; deforte que relle.
pour la fortifier , on doit ufèr des chofes
,
chaudes & humides Jupiter eftant bien
configuré avec la Lune & Venus ou en ,
J'afcendant, on en quelque autre bon en-
droit du Ciel fans afpeéè des infortunes.
La vitale eft dans le cœur dont le tem-
V.
perament convient à celuy du Soleil ,&fi Singe de la
l'on la veut fortifier, l'on fe doit fervir des vitale.
chofes qui luy foient fympathiques & fa-
milières lorfque ce bel Aftre eft heu-
,
reux & bien difpofé avec Jupiter & la
Lune.
VI. Et l'animale qui fe divife en fpirituelle
cerveau , &
Siege de l'a- & fenfitive demeure dans le
nimale. eft gouvernée, fçavoir celle-là par Mer-
cure, & celle-cy par la Lune avec quelque
participation de Jupiter & de Venus : de
forte que fon temperament eftant fujet à
ces deux Planetes, on la doit fortifier par
des chofes Mercuriales & Lunaires , larf-
qu'elles font bien difpofées.
V Il. L'atractrice confifte dans la chaleur, &
De la faculté dans la fecherefle, elle eft fujete au Soleil
aftraftcice. & à Mars , fi bien qu'on luy peut donner
de la force par des chofes qui font conve-
nables aux qualitez de ces deux Aftres,
lorfque la Lune court, ou le Relier , ou le
Sagitaire, ou le Lion , & qu'elle y eft amia-
blement regardée du Soleil , ou de Mars
Occidental & dans quelque figne qui mo-
dere [a chaleur, & fi l'on ne les peut trou-
ver dans cette fitiiation , l'on doit choifir
que la Lune foit favorablement regardée
de l'un des deux, ou du Soleil, ou de Mars,
& qu'elle regarde favorablement Tafcen-
dant. - -
VIII. La retenti ice eftant foumife à Saturne
De la reten- qui eft froid & fec, eft forcinéepar des cho-
trice. fes fujetes à la domination de cet Aftre, la
Lune eftant dans quelque ligne terreftre
bien conifgurée avec luy, ou du moins quel-
fi
que gne mélancolique eftant à l'afcendancé
Jupiter chaud & humide prefîde à la di- IX.
geftive qui ne peut avoir de la vigueur que Deiadige'
chofes conformes ftive.
par les aux qualirez de
Jupiter, lorsqu'il eft en bonne intelligence
avec la Lune dans des fignes d'air, ou lord
que quelqu'un de ces lignes monte l'ho-
rizon. 1
Et enfin l'expultrice qui eft froide & hu- X.
mide , reçoit de la force par ce qui eft fou- De l'expul-
1

rnis à la Lune qui la domine dans quelque trice.


ligne d'eau, ouîorfque quelque figne d'eau
monte l'afcendant.
Cela fupofé il ne fera point dificile de XI:
,
eonnoître la matiere avec laquelle on doit Pour rétablir
rétablir les indilpofitions des malades, fe- les facultez
de
lon la fympathie ou l'antipathie qu'elleau- la nature.
ra avec l'Acre auquel la maladie eft fujete,
de quels aftringens digeftifs ou apéritifs,
il fera befoin poufune partie, ou pour une
autre, afin de corriger les défauts de la pre-
mière , ou de la fécondé concodion qui
font tout le defordre des facultez natureles.
Car Ci l'on avoit atrez de prudence de ne
manger juftement qu'autant qu'il en faut
pour Ce nourrir , on éviteroit fouvent les
impre/Iions des Aftres en n'engen-
drant point de cruditez que , les facultez
natureles ne pouvant vaincre caufent
,
toute forte de maux, mais comme on n'eft
pas aflèz fage pour détourner les influen-
ces des corps celeftes, on broüille la natu-
re qui ne tomberoit jamais dans le defor-
dre fi l'on ne l'affligeoit par des excès.
,
Ç'eft pourquoy un homme raifonnaple
,
doit eftre Ton propre Medecin & con*
fulter la force de fon eftomac , pour ne luy
donner que ce qu'il luy eft neceffaire.

CHAPITRE VIII.
1,

De f Ephemeride perpetuele de U
Lune, »
I.
Pour conï
L doitLune
A eftant l'Acre principal qu'on
noître les fi-
obferver en cette matiere , je ra-
gties que la porte icy une Table qui enfeigne les en-
Lune court droits du Ciel où elle le trouve chaque
chaque jour. jour, depuis la creation du monde jufqu'à
la fin j Pour s'en fervir & connoître le fi-
gne qu'elle court, on doit fçavoir Ton âge,
& entrer avec luy dans le colomne du mois
qui eft marqué au deflus de la table, & on
trouvera vis à vis le jour de l'âge de la Lu-
,
ne & dans l'aire qui correfpond au mois,
le figne où elle fe trouve.

EXEMPLE.
II. Je veux trouver le lieu de la Lune, le i f.
Exemple. Juin 1671. en laquelle année nous avons 19.
d'Epattej je joint ces 19. à 4. de mois de-
puis Mars , & l'adition me donne 23. que
j'ajoute à 15. du mois de Juin, & jay 48.
dont je foutrais ;0. & il me refte 18. qui
eft l'âge que la Lune aura le 2.5. jour de
Juin, & entrant avec cenotnbre iS. dans
la colomne du mois de Juin, je trouve que
la Lune court le Verfeau cette operation
eft infaillible , j'aurois deu rapporter cette
Table a-vec tous fes degrez pour y trouver
auffi par des regles particulieres le mouve-
ment des autres Planetes avec la mefme
facilité & s'afleurer des longitudes pour la
navigation, mais ce qui eft differé n'efl:
pas perdu. Je verray avec le temps Teftime
que me produira mon travail.
TA V L JE.
tours Mars.
Janvier. Fevrier.
l'Verfeau
, -'-----
i.
1
Le

Verfeau.
Peinons.
Les

Poiflons. Belier.
Poiflons.
Le
Belier.

Belier.
Belier t

5 Taureau.

4 Poiflons. Belier. Taureau.

5 Poiflbns. Belier. Taureau.

6 Belier. Taureau Gemeaux.

7 Belier. Taureau. Gemeaux.

8 Taureau. Gemeaux. Cancre.

9 Taureau. Gemeaux. Cancre.

-- - -
10 Taureau. Gemeaux. Cancre.

Il Gemeaux. Cancre. Lion.


Gemeaux.Cancre.
1 Gemeaux. Cancre. Lion.
Lion.
11
Vierge.
e.
14. Cancre. [ Lion. » Vierge.
1
ij 1
Cancre. Lion. Vierge.
T .A. 71 L E.
Tours 1 1
Janvier. Février. Mars.
Le 1 La Les
16 Lion. Vierge. Balances.

17 Lion. Vierge. Balances.


18 Vierge. Balances. Scorpion.

19 Vierge. Balances. Scorpion.


Balances. Scorpion.

10 Vierge.

11 Balances. Scorpion. Sagicaire.


Balances.
Sagiraire.
11 Scorpion. Sagitaire.

-
i; Scorpion. Capricorn.
14 Scorpion. Sagitaire. Capricorn.
Scorpion. Sagitaire. Capricorn.

-
15

16 Sagitaire. Capricorn. Verfeau.

17
----..-..
Sagitaire. Capricorn Verfeau.
18 Capricorn. Verfeau. Poiffons.
19 Capricorn. Verfeau. Poifîons.
30. j Capricorn. Verfeau. Poiflons.
TA 'B L E.
Iourî Avril. May. Juin.
Le Les Le
1 Taureau. Gemeaux. Cancre.

2 Taureau. Gemeaux. Cancre.

; Gemeaux. Cancre. Lion.

4. Gemeaux. Cancre. Lion.

-
5 Gemeaux. Cancre. 1
Lion.
Cancre. Lion. Vierge.

7
6
Cancre. Lion. Vierge.

8 Lion. Vierge. Balances.

9 Lion. Vierge. Balances.


Balances.
10 Lion. Vierge.

11 Vierge. Balances. Scorpion.


Balances.
il Vierge. Scorpion.
- -
13 Balances. Scorpion. Sagitaire.

14 Balances. Scorpion. Sagitaire.

15 Balances. Scorpion. Sagitaire.


1
Y-A B L £,,
[oun Avril. May. Juin.

16
Le Le Le
Scorpion. Sagitaire. Capricorn.
17
-
18

19
Scorpion. Sagitaire. Capricorn.
Sagitaire. CapricornJ Verfeau.
Sa Verfeau.
Sagitaire. CapricornJ Verfeau.

10 Sagitaire. Capricorn. Verfeau.


——1
Capricorn. Verfeau. Poiflons.
11
11 9

11 Capricorn. Verfeau. Poiffons.

23 Verfeau. Poiflons. Belier.


Verfeau. Poiffons.

-
1+ Belier.

15

16
Verfeau.
---.¡".-
Poiflons. ---- ---.-.
Poiflons. Belier,
Belier. Taureau.
17 Poiflons. Belier. Taureau.
I
2.8 Belier. Taureau. Gemeaux.
19 Belier. Taureau. Gemeaux.
30. Belier. Taureau.
Gemeaux.
T A 7J L E.
tours Aouft.
Juillet. Septembre
1
Le 1 La Les
i. Lion. Vierge. Balances.

i Lion. Vierge. Balances.

Vierge. Balances. Scorpion.


3

4 Vierge. Balances. Scorpion.

5 Vierge. 1
Balances. Scorpion.

6 Balances. Scorpion. Sagitaire.

7 Balances. Scorpion. Sagitaire.

8 Scorpion. Sagitaire. Capricorn.

9 Scorpion. Sagitaire. Capricorn.

10 Scorpion. Sagitaire. Capricorn.

ir Sagitaire. Capricorn. Verfeau

12.
Sagitaire. Capricorn. Verfeau.
r Capricorn. Verfeau.
Poifïons.
13

j 14 Capricorn. Verfeau. Poifïons.


if Capricorn, Verfeau. Poifïons.
TABLE.
Aouft. Septembre
Iours Juilet.
Le Les Le
16 Verfeau. Poiflons. Bélier.
Verfeau. Poiflons. Belier.
17

18 Poiflons. Belier. Taureau.


19
Poiflons. Belier. Taureau.
20 Poiflons. Belier. Taureau.
11 2 Belier.
lr22 Taureau. Gemeaux.
Belier. Taureau. Gemeaux.
23 Taureau. Gemeaux. Cancre.

24 Taureau. Gemeaux. Cancre.


1

15 Taureau. Gemeaux.
1
Cancre.
1
16
Gemeaux.' Cancre. Lion.
27 Gemeaux. Cancre.
<

Lion.
Cancre. Lion. Vierge.
18
25) Cancre. Lion. -,
Vierge.
I 50. Cancre. i Lion. Vierge.
-
i i.

;
6

7
8

10
1
TA
(ours Octobre.

Le
BLE.

Le Le
Novemb.
Décembre.

Scorpion. Sagitaire. Capricorn.


Scorpion. Sagitaire. Capricorn.
Sagitaire. Capricorn. Verfeau.
Sagitaire. Capricorn. Verfeau.

Sagitaire. Capricorn. Verfeau.


Capricorn. Verfeau Poiflons.
Capricorn. Verfeau.
Verfeau.
Verfeau.
Verfeau.
Poiflons.
Poiflons.
Belier.

Poifloas. Belier.
Poiflons.

Poiflons. Belier.
Belier.

Taureau.
r 11
z Poiflons. Belier. Taureau.
13 Belier. Taureau.
Geraeaux.
|
ij 14 Belier. Taureau. Gemeaux.
1

Belier. Taureau. Gémeaux.


T A *B L E.
Octobre.
Iours Novemb. Décembre.
Le Les
1
Le
16 Taureau. Gemeaux. Cancre.

17 Taureau. | Gemeaux. Cancre.


15 Gemeaux.: Cancre. Lion.
t

J9 Gemeaux.; Cancre. Lion.

10 Gemeaux. Cancre. Lion.

11 Cancre. Lion. Vierge.


22 Cancre. Lion. Vierge.

13 Lion. Vierge. Balances.

24 Lion. Vierge. Balances.

15 Lion. Vierge. Balances.

16 Vierge. Balances. Scorpion.

27 Vierge. Balances. Scorpion.


18 Balances. Scorpion. Sagitaire.
29 Balances.
Scorpion. Sagitaire.
jo. Balances. Scorpion. Sagitaire.

-»— n". i"**-


CHAPITRE IX.
Tour diftinguer en gencral la qualité
des lieux où croijfent les Jimples &
,
connoître leurs propriétéavec celles
des animaux & des minéraux par
.< ,
le raport qu'ils ont avec les Ajlres.

I.
1E fouhaiterois de raporrer icy toute la
matiere medicale qui eft prefqu'infinie
De la. matiè-
auffi bien que les maladies : & comme un
re de la Me- fcavant
decine. en pourroit connoître par le moyen
des principes des couleurs., & des faveurs
dont nous avons parlé dans le 9. & 10.
Chapitre du fecond Livre, nous pourrions
éviter ce travail, mais parce que ce deuxiè-
me Livre fupofe un homme éclairé , &
que mon onvrage pourroit tomber entre
les mains des perfonnes moins pénétran-
tes , il eft jufte de leur donner quelque fa-
tisfaétion par des chofes faciles & a-
greables.
II. Or puifque les hommes à caufe des mau-
Pourquoy les vaifes difpofitions des Aftres , & de leurs
hommes intempérances, font obligez de fe fervir de
font con- la Medecine, ils doivent regarder aupara-
traints de Ce qu'indique à plus de force
fervir de là vant, fi ce que
Medecine. ce qui défend , & après avoir difeerné s'ils
Btff. de locts en doivent recevoir plus de bien que de
tn homine ars mal, ils doivent s'accorder avec fa nature
médiat ab eo tout de mefme qu'un fçicur de bois s'aç,
corde avec fon compagnon pour. arriver à, quod maie-
mefme fin qae-la-nature tend fittm eft nos
une ; parce Itberat idem-
toujours à fe délivrer de ce qui la prefle,
/je s'ils manquoient à connoître les incli- que fe natttra
fer facere
nations qu'elle à pour Ce guérir , ils ne re- noutt, fabri
raient rien de jufte parce qu'il eft impofc lignarii dans
fible de s'accorder avec ce qu'on ne con- fe refecant
iioit point. Ainfi connoiflant les diverfes unus quidem
trtidit alter
difpofitïoris d'une fi fage maiftrefle qui ne
vero trahit
tombe jamais dans le defordre d'elle-mê- CI ut idem
me , ils doivent faire reflexion qu'elle ne ejifctant uter-
s'en délivre qu'en fubtilifant les matieres que intendit.
Gai.
groffieres, qu'en les netoyant & qu'en dé- Scopt 9. Meth.
Jeu in-
bouchant les conduits pour fe donner de tentiones tenti ones per
per-
J'air, afin d'empêcher là pourriture, ou afin indicationem
à
de l'évacuer : Deforte que pour l'aflifter elicitx, ad toi.
propos dans toutes fes opérations : je mon- lendas fe -
général les -différentes brtum
qualitez des darum putri-
tre en
Eiatieres propres par le rapport qu'elles ont :fas per cau- fua
avec les Cieux, & puis pour un plus grandcontraria aAo -
éclairciffement, je donne quelques exem-:feruntur, er-
pies particuliers de quelques fimples ani-go À muit tu-
dme indica-
maux, mineraux , & métaux qui agiilènt tur paucttas
conformément à la nature , en fubtilifant, à crafitudine3
débouchant, incifant, & empefehant la attenttaùo, À
pourriture, ou en l'évacuant; dans lefquels tenacitate de-
toute -la Medecine eft contenue, comme terfio , ab ob-
dans une autre clauicule de Salomon par fîruilione ap-
pertio à pro-
les (impies. Et pour proceder avec ordre, je bibtta jranfpi-
commence par Saturne, & finis par la ratione inhi--.
Lune. btiio ne fat à
Saturne donc eftant ennemi du Soleil, putr:dme es
prefide aux lieux Septentrionaux, Combres, ut fafliA eva-
&. tenebreux aux forefts aux. folitudes, cuetur.Il].
, ,
Du domaine aux entres, aux pierres , aux rochers, aux
de Saturne. valées aux montagnes & fur les os &
, ,
comme l'air change fes qualitez en celles
,
des lieux où il eft enfermé il devient Sa-
turnien dans ces endroits. Il prefide encore
fur les couleurs noires & blanches fuivant
leurs caufes diSrerentcs, & fuivant la diver-
fité des matieres, comme le noir de l'opium,
& le blanc du fublimé , ou de l'arfenic ; par-
ce que la chaleur travaillant fur une matie-
re humide, comme fur le fuc des plantes
y diffipe le plus fubtil, & les rend fi terre-
tfres qu'elle les fait devenir noirs t au con-«
traire du froid qui opere le blanc dans l'hu-
mide, comme lorfqu'il fait la neige, ou la
glafle, & travaillant fur des chofes feches,
elle les rend blanches auffi à force de les
rendre terreftres comme les cendres par
,
calcination , & l'arfenic par fublimation,
où les parties les plus fubtiles s'évaporent,
comme au fublimé. Il domine aux faveurs
ingrates , apres aigres, & pontiques , &
aux odeurs puëntes ; parce que le froid
eftant plus grand que le chaud dans un com-
pofé , y opere les méchantes faveurs & les
méchantes odeurs, comme on peut inferer
du fecond Chapitre du fécond Livre.
L'on doit icy obferver que la maniere or-
IV. les remedes n'eft
On ne Ce dinaire de preparer pas
doit point Seure ; parce que le feu fait évaporer l'ame
fier aux pré- de la matiere d'où vient que le plus Sou-
*
,
parations or- vent les remedes n'operent point félon l'in-
dinaires des tention d'un Medecin.
remedes.
Cratoni s hb- i. confilie iS. in -vttlgaribus ciweftàontbti*
XHoePeUram farnm [fet tant.
Saturne prefide aux animaux mélancoli- v.
hommes aiment les (
Operations
ques , comme aux qui
de
d Saturne.
lieux folitaires, aux pauvres, & à plufieurs
autres félon que cet Aftre eft difpofé dans
leurs naiffances. Car eftant tout feul figni-
ficateur des meurs bien difpofé dans l'afcen-
dant, il fait les timides , les negligens , &
,,
les pauvres principalement s'il y eft joint
à la Lune où il oblige mefme les Rois à
demander l'aumône : ainfi que j'ay eu la
curiofité d'obferver dans l'hiftoire d'Ale- Carolus Graf-
(

dans celle des Royaumes: ifts.


*
magne, & autres
& s'il y eftoit joint à Jupiter , il feroit les
hommes graves & moderez familiers,,
doux, aimables, honneftes équitables, &
fages qui n'entreprennent ,rien temeraire-
ment, il fairoit avec Mars ceux qui entre-
prennent beaucoup, & qui n'achevent ja-
mais rien, turbulens , feditieux venteurs,
,
audaces , & timides tout ensemble ; Avec
Venus, il les rendroit ennemis des femmes
à force de jaloufie, mal propres, fuperfti-
tieux & foupçonneux;Avec Mercure, il les
feroit curieux de toutes chofes, & ainfi des
autres felon le divers mêlange des élemens
dominez par les autres Planetes aufquelles
il eft joint.
Il prefide encore fur les afnes, fur les liè- VI.
Pouvoir de
vres , fur les fouris , fur les corbeaux, & Saturne*
fur d'autres animaux mélancoliques qui
n. aiment que les tenebres, fur les hipocon-
(f
,
dres , fur les cheveux fur les ongles , fur
la rate , & fur quelques autres parties du
corps, fut les vieilles gens, & fur le plomb
dont on tire plufieurs remedes pour confer-
ver la vieillefle.
y 11: L'on doit obfèrver dans la fuite fans que
ôbfervatiôs. je fois obligé de repeter fouvent une mef.
me chofe qu'il faut difcerner quand les mê-
mes couleurs proviennent d'un Aftre, ou
d'un autre, pour juger de la folidité des Au-
teurs qui ont écrit de cette matiere, comme
Parafcelfe, Turnicerus, Kariâer, Dieteri-
cus, Etzlerus, & autres qui fe trompent af-
fez fouvent ; attribuant à caufe des mefmes
couleurs, ou des mefmes faveurs des quali-
tez aux mixtes contraires à celles de leurs
temperamens. Car le fucrecft blanc comme
le fublimé, & néanmoins ils font contrai-
res , l'un conferve & l'autre détruit, le fu-
cre eft doux, & la regalifle aufli, & néan-
moins la douceur du fucre eft agréable &
falutaire incifent & débouchant, & celle de
la regalifle eft naufeufe &defagreable. L'on
doit donc faire cette différence, afin de ne
,
fe point tromper & joindre toujours la
raifon à l'experience & à la fimilitude.
VIII. Jupiter domine dans les lieux Orientaux,
De la domi- temperez, fertiles, & agreables , il prefide
nation de lu- aux couleurs rouges & bleues, aux odeurs,
piter. & aux faveurs agréables qui procèdent d'u-
ne chaleur & d'une humidité conforme au
temperament de cet Aftre dont nous avons
parlé ailleurs , aux animaux doux & fans
malice , comme aux hommes guays , &
bien proportionnez, d'un vifage mêlé d'un
vermillon fort agréable, véritables , paci-
fiques, fages, juftes, Ecclefiaftiques. Il pa-
roît dans la vertu vegetative, croiflante, &
digeftive, à l'enfant dans le ventre de la
mere pendant le fecond & le neufiéme
mois, aux moutons, aux cicognes , aux a-
loiietes & aux autres animaux de mefme
nature , au foye, au fang, & à l'eftain.
Mars prefide aux lieux fecs & arides,il a la IX.
couleur plus rouge que celle deJnpiter fans Du domains
aucune blancheur, aux faveurs cauftiques & de Mats.
mordicantes, aux animaux coleriques, forts,
&robuftes, aux Soldats, Maréchaux, Ti-
,
gres, Pantheres, Renards Loups, Vau-
tours & autres qui ne vivent que de rapine,
au fer & à l'aimen.
Le Soleil préfide aux lieux Meridionaux X.
qui font à l'abry des vents, & aufquels il De la domi-
nation du
porte facilement tes rayons , aux couleurs Soleil.
jaunes comme celle du fafran, aux odeurs
& faveurs agreables :comme celles des ci-
trons & des oranges, aux animaux magna-
nimes & genereux, comme les Roys & les
,
Princes, les Lions, les Chevaux les Ai-
gles & autres, aux yeux, au cœur, à la facul-
té vitale & à l'or.
Venus aime les lieux de plaifance la XI.
blancheur, la douceur, & l'odeur agreable , De Venus.
,
comme celle des Lys les Medecins les ,
,
Muficiens, les Poètes, les Peintres & les
joueurs d'inftrumens, les Cygnes, les Moi-
neaux , les Perd ris , & autres animaux qui
luy font fujets, la fecondité 8e le cuivre.
La matiere fujete à Mercure, paroît à la XII.
bizarrerie des couleurs : cet Aftre aime les De Mercure
lieux fâbloneux a les hommes d'efprit de in-
conftans, fages, flateurs, & néanmoins fans
fecret, le finge, le roflîgnol, les fourmis,
les ferpens , les poulmons, la langue, la
contemplation & le vif argent.
XIII. La vertu de la Lune paroît dans les marés,'
De la Lune. & dans tous les lieux aquatiques , dans les
chofes moles & quelque peu douces qui
croiiïènt en peu de tem ps à caufe de l'a-
,
bondance des humeurs, comme les choux,
les citrouilles, les melons, & les concom-
bres elle prefide fur les animaux inutiles
,
comme certains hommes qu'il y a parmi le
monde , fur les grenouilles, fur les arai-
gnées , & fur l'argent.
X I*V. L'on doit fuivant ces regles, cüeillir ou
Obferva- planter les fimples dans les lieux propres &
tions pour conuenables , lorfque les Aftres qui les do-
planter & minent , font bien conftituez pour n'y eftre
cueillir.'
point trompé. Il y a des gens qui font in-
crédules fur ce fujet; parce qu'ils n'en pe-
netrent pas le fecret: mais il eft certain qu'il
eft impoffible de connoître la nature fans le
fecours des Aftres ; parce qu'ils concourent
à la generation des animaux, & à la pro-
duction des vegetaux & de tout ce qui pa-
,
roît dans le monde ce qui a donné occa-
sion à Lucien qui Ce raille de toutes les
fciences de faire l'Apologie de l'Aftrologie,
& à des grands perfonnages de contempler
les mouvemens des Cieux avec des dépen-
fes immenfes pour fçavoir plûtoft leurs di-
verfes qualitez que leurs feules fitiiations;
parce qu'il eft inutile de connoître fi un
Aftre eft plûtoft dans un endroit que dans
un autre, fi l'on n'y obferve leurs diverfes
operarions : & bien que ces grands hom-
mes n'ayent guere fatisfait de raifon, pour
expliquer les effets admirables des conftel-
lations ; ils en ont plainement convaincu
ceux qui ont eu lacuriofité de fuivre leurs
traces & d'experimenter leurs preceptes.

CHAPITRE X.
De la matiere fujete à Saturne.
1 E n'entreray point en difpute avec Ray- I.
mond-Lulle, fi les fimples font plus pro- Que les re-
pres à la Medecine que les Métaux. Mais medes les
je diray feulement que la raifon & l'expe- plus fimples
font les meil.
rience nous font connoître que la matiere
leurs.
Medicinale eft contenuë en toute forte de
cercle, & .que la nature eftant toute fimple
demande un fecours proportionné à fon
opération ; c'eft pourquoy les grandes com-
pofitions ne font pas les meilleures. Au
contraire je croy qu'elles n'ont efté inven-
tées que pour tromper le vulgaire qui efti-
me d'ordinaire plus un charlatan qu'un hon-
nefte homme, quand mefme il ne le gue-
riroit que par le feul ufage du pain & du
vin pris en des temps convenables pour
détruire le mal. Car lorfque plufieurs cho-
fes font mélangées perdent leurs propres
,
qualitez qu'on connoît en particulier, & en
forment une autre qu'on ne peut connoître
ni diftinguer fi elle eft propre ou non pour
le malade. Les Romains ayant reconnu
cette verité chaflerent les Medecins de leur
Ville Capitale , & fe fervirent durant fix
cens ans du chou rouge avec lequel ils fe
forte
gueriffoient de toute ,
de maux imi-
tans en cela les animaux qui ayant les fen-
timens plus exquis 4Îje les hommes font ,
auffi les meilleurs Medecins, qui ne font
que des Philofophes qui fuivent les fens, ÔC
defquels on doit fuivre l'exemple. Car tou-
te la perfeGèion de la Medecine ne confi-
fiant qu'à chercher la vertu du Ciel dans le
mixte qui l'enferme , il n'y a pas de doute
que les animaux ne la connoiflent mieux
que les hommes par le propre inftinél de la
nature, qui ne leur apprend de ne fe fervir
d'aucun mêlange d'ingrediens, ainfi qu'on
peut obferver à la panthere, laquelle s'é-
tant par hazard empoifonnée par l'aconit,
cherche à mefme temps l'excrément de
l'homme pour fe guérir, parce qu'il eft fu-
jet à Saturne qui eft ennemi de Mercure
qui prefide à l'aimen microcofmique, à cau-
fe du vif argent dont il eft rempli. A l'ele-
phant qui eftant blefle, fe fert du fuc de l'a-
loës pour fe guérir. Au Sanglier qui fe gué-
rit de la colique par le lierre ; aux Bœufs &
Mulets qui s'en gueriflent auffi en na-
aux
geant dans l'eau, au Heron lequel pour em-
pêcher que l'Aigle , ou la Pie fes ennemis
neluy mangent fes petits , met une écre vi-
ce dans fon nid : au chien lequel fe fentanc
quelque douleur au ventre à caufc d'âne
:rop grande repleéHol1 ne fe fert que du
:hiendant qui le fait vomir, & ainfi de tous
les autres qui fe guerifTent à coup feur de
leurs incommoditez par des choies fort
fimples.
Néanmoins comme on étourdit les in- il.
,
grats par les comportions on doit du Que les dro-
qu'on
moins prendre garde que matieres qu'on
les gues
, mêle
y mêle foient convenables autrement on remedes doi-
dans les
fairoit courir rifque aux malades, & il ne vent eftre
faut pas que leur ingratitude autorife les convenables
fcrupules de la confcience, je connois des entr'cllej. ,
Medecins fort employez à caufe de leurs
grandes reputations qui ne laifTent pas de
tomber dans ce defordre pernicieux & dan-
gereux en mêlant l'emetique avec le fenné,
ce qui eft contre le bon fens & la raifon;
attendu que ces deux drogues ne purgent
pas à mefme temps, que l'une eft douce &
l'autre violente , & pour leur faire voir
qu'ils n'agiflent pas feulement contre la rai-
fon mais encore contre le fentiment de
,
leur Maiftre, je le citte à la marge. De for- Gai.
quos qui*
te que pour éviter ces défauts, je décris les btttïÇ$ quan-
drogues fympathiques & antipathiques do purgantia
particulier , , msfeen-
en & premièrement celles de qlu.
Saturne. tur ftbt invi-
tent congene-
J'a tjfè
'- "JJ" ~.Y ê5
nuïU ex farte dfôderc oportet. D/fîidettt autem aitud
non cum
btlem, AÏmi pttmtam évacuât ambo enim eodem modo evacuari
fojfunt. Verum ubi hoc tfatim tllud multo poftquam aflumptum
eft purgattonem mouere folet, ,ita enim tn&qualts fit
tUts JîmuL affumptis J dtco tndqualem cuacuatto ex
cum una cejfante Altéra eva~
CtMttO ilKtflt,
La Fugere croit aux lieux ombrageux, (a III;
De
] la Fugere
racine eft noire à fleur de terre , fans fruit
& fans fleur, fes fuëilles font puëntes &:
découppées , c'eft pourquoy félon les prin-
cipes generaux du Chapitre précèdent, el-
le eft Saturnienne, participant néanmoins
de Mars ; parce que (a racine eft quelque
peu amere , & tout à fait myfterieufe en-
fermant au dedans comme la figure d'une
aigle,elle (èrt aux fortileges,& cuite dans le
vin ouvre les obSiruchons de la rate, meut
& purge la mélancolie, fait venir les fleurs
,
aux femmes pouflè dehors les hémorroï-
des , empêche la génération , & cuite avec
la rate d'un afne, la femme qui la portera
penduë au cou pendant la nuit deviendra
fterille ; parce que Saturne eft ennemi de
Venus qui eft la Mere de la fécondité, prin-
cipalement fi elle a efté cueillie avec toute
fa vertu, lorfque Saturne eft au milieu du
;
Ciel & à l'heure qu'il domine parce que
les Aftres eftant élevez dans cet angle frap-
pent directement la terre , & leurs rayons
faifant un angle parfait avec l'horifon. Ils
ont par confequent plus de force, laquelle
redoublant aux heures de leurs domina-
tions , impriment à l'air & aux mixtes qui
leur font fujets leurs qualitez fympathiques,
c'eft pourquoy cueillie en ce temps, on en
reçoit tout le fruit qu'on en peut efperer.
IV. La Ciguë qui croit aux lieux Septentrio-
Bela Ciguë. naux , à plus de vertu que celle qui croît
aux lieux Méridionaux, elle eft de mauvai-
fe odeur & froide au troifiéme degré ; on la
peut cueillir commodement, lorfque Sa-
turne
turne eft joint au Soleil: parce que fa froi-
deur fe trouve corrigée par la chaleur de ce
bel Aftre qui eft ennemi de Saturne qui la
,
domine autrement elle eft un dangereux
poifon, Deforte qu'eftant ainfi corrigée,
on la peut appliquer à la Médecine ; car el-
le empêche la génération & les mouve-
mens de Venus à ceux qui la portent fur
eux , fon eau diftillée prife au poids d'une
once ou deux , guérit les rheumatifmes, Se
appliquée fur les tetons , les empêche de
croître.
Le Ceterac eft froid & fec, il croit dans
V.
les lieux fombres il ne produit ny fleur, ny Du Ceterac;
,
femence, fes fuëilles font velues, & pour
le cueillir avec toute fa vertu, on doit at-
tendre le jour & l'heure de Saturne , trois
heures avant le jour ; parce que le Soleil
venant à répendre fa vertu dans l'air, cette
Planete l'attireroit pour diminuer la fien-
ne. Car comme ce qui eft fujet au Soleil en
reçoit la vertu par fa prelence, auai ce qui
eft fujet à Saturne qui eft ennemi du jour
diminue fa qualité par les rayons de ce bel
A Are. Il
ouvre les obftru&ions de la rate,
& en guérit les incommoditez purge la
mélancolie chafle la fièvre quarce, ,
& la
,
gravelle ; à caufe que Saturne domine la
vefcie dont la fubftance eft Saturnienne.
Il guerit,
aufli les vieilles ulcérés qui vien-
nent de l'humeur noire.
L'Aconit à les fuëilles quelque peu ve- VI.
luës, & la racine en forme de queue d'Ef. !De l'hconir.
corpion, il eft froid & fec, & croit dans les
fombres forefts , les fuëilles ne font-point
venimeufes, parce qu'elles perdent leur ve-
nin par le moyen de l'air : mais fa racine eft
un poifon dangereux, qui fait même mou-
rir les loups, & les hommes qui fe frottent
les parties honteufes de fon fuc ; parce que
ce qui eft fujet à Saturne au troiuéme de-
gré , eft extrêmement ennemi du Soleil &
de Venus ; c'dl: ponrquoy ce fuc appliqué
aux parties que Venus dominefe répand par
les arteres dans le corps, & y attaque prin-
cipalement le cœur pour caufer la mort, fes
fuëilles gusriflent les bubons de pefte & les
veilles ulcérés , fi on les y applique de/Tus.
Elles chaflent le poifon le plus violent, &
fi fa racine eft cuëillie fous la conjonétion
du Soleil & de Saturne, & à l'heure du So-
leil pour l'infufer après dans l'efprit de vin
qui luy eft contraire ; elle guerit la pefte au
poids d'une fcrupule & empefche que le
,
venin ne gaigne le cœur.
VII. Il y a trois fortes d'Elebore diftinguées
De l'E:ebore. par la couleur de leurs fleurs, leurs fuëilles
font rudes, noires & découpées, leurs raci-
nes font auffi noires , mais leurs fleurs ou
elles font rouges , ou blanches , ou vertes,
elles croiflent aux colines & lieux fecs &
rudes, la meilleure eft celle qui a les fleurs
rouges qui tirent un peu fur le blanc ; parce
qu'elle participe de Jupiter, & n'eft fujette
à Saturne qu'au fécond degré ; c'eft pour-
quoy cueillie lorfque cet Aftre eft dans fon
exaltation favorablement regardé dejupiter
&: de la Lune,& fechée après à l'ombre pour.
la mettre eh poudre, eft un fouverain reme-
de pour conlèrver les vieilles gens en fan-
té) principalement fi l'on y mêle un peu de
fucre le fuc, ou l'efTence de tes fucilles
,
tirées à petit feu , crainte que fa vertu ne
s'exhale,eft aufli louveraine pour empêcher
de vieillir & conferver la fanté. L'extrait
de fa racine purge fort commodement les
vieillards. Car il chalfe la mélancolie , tarit
la matiere des fluxions & des catarres, il eft
aufll propre à purger les fous & les hydro-
piques , laliévre quarte, la lépre caufée par
Saturne lorfqu'il corromp le tempérament
dejupiter par fa prefence,ou par fes rayons,
l'apoplexie, les maux de rate & autres, & fa
racine appliquée par dehors guerit les vieil-
les ulceres. Burrus s'en fert pour faire fes
oeufs magiques qui prefervent la vielleffe
de toute forte d'incommodité.
Le Confiligo eft une efpece d'Elebore fau- VIII.
vage dont la racine eft noire fujette à Sa- Du Confi..
troifiéme degré., c'eft ligo.
turne au pourquoy
elle eft un venin tres-puiflant, qui attaque
aufli-toft le cœur pour l'etoufer ; parce qu'il
Iuy eft contraire en toute fa fubftance ; veu
que cette partie appartient au Soleil : néan-
moins fa racine penduë au cou preferve du
venin & de la pefte, ainfi qu'on peut eiïàyer
fur un chien ; en la luy pendant au cou , &
luy donnant du venin un moment après,
tant qu'il l'aura pendue ; il ne mourra point
parce qu'elle empefche par antipathie que
le venin ne gaigne le cceur ; mais il
mourra
auflï- toft qu'on la luy auraqftée. Ladite ra.
cinecueillie, Saturne eftant au fextil de la
Lune, fert d'appas pour prendre les Loups
& les Renards.
1 X. L'Etoilé à fa fleur jaune & découpée à
De l'Etoile. l'entour
en forme d'Etoile dont il a pris le
nom , fes fuëilles font longues & velues,
c'eft pourquoy il eft foûmis à Saturne dans
le Lion au troifiéme degré, où on doit ob-
ferver qu'il eft abfo'ument neceflàire de
faire la différence du temperament de toute
la plante en général, & de fes parties. Car
telle indique Saturne en fes ruciMes , qu'el-
le marque le Soleil en fes fleurs, ou une
autre Planete en "fa tige , ou en fa racine,
ainli ce fimple à fes fucilles veluës qui font
Saturniennes ; parce que le poil n'eft autre
chofe qu'un humide poufle par la chaleur,
& condenfé par le froid. De forte qu'il faut
de neceffité que le froid prédomine aux
plantes veluës qui font par confequent fu-
jc tes à Saturne., Il a fa fleur jaune qui mar-
que un temperament différend de celuy des
fucilles. Si bien que la nature ayant joint la
.vertu du Soleil & de Saturne dans ce fim-
ple , elle en a fait un tres puiflànt venin qui
ne s'introduit dans le cœur, qu'à caufe de
fa vertu folaire pour l'étoufer un moment
après, par une vertu contraire & prédomi-
nente, néanmoins fi l'on le porte pendu au
cou en reps de pefte,il eft tres-excellent pour
en défendre, & fi on le purge par le moyen
du feu des efprits arfenicaux qu'il contient,
il eft propre à plufieurs maladies fâcheufes,
autrement pris dans le corps, s'il ne tue
fur le champ, il canfe la lèpre & corromp
univerfellement les humeurs.
La Frangule ou l'arbre puent, eft un ar- X.
briflèau dont l'efcorce eft tâchée de blanc De la Fran-
dehors, & dedans-elle eft jaune com- gule.
par en
me de la rubarbe, fon fruit eft parti par le
milieu, il eft vert, & puis devient jaune&c
enfin noir. Elle fe fent plûtoft de l'empire
de Mars que de Saturne, c'eft pourquoy
on en tire de grands remedes contre les
maux mélancoliques ; parce que les mixtes
où la nature à joint les qualicez antipathi-
ques font tres-propres pour redonner la fan-
ré. Veu qu'ils s'infiniient mieux à raifon
des qualitez fernblables & operent après a-
vec plus de vigueur fur le fujet, en luy don-
nant des qualitez contraires à celles du mal,
d'où vient l'aphorifme d'Hippocrate, quel.
que fois par les femblables, quelque fois par
les contraires. Car Mars prévalant Saturne
en cet arbrifleau, à la vertu d'ouvrir toutes
les obftruâions de la rate , purger la mé-
lancolie & la fièvre quarte, appaifer la dou-
leur du dos, des reins , de la pierre & d'au-
tres maux qui viennent d'une trop grande
ferofité de la rate. Son écorce boüillie dans
de l'eau du chardon benit eft un fudorifi-
,
que admirable, chaflant par les fuëurs tou-
tes les humeurs pourries : & bouillie dans
du vinaigre , apaife les maux des dents, en
ofte la pourriture fait croître la chair des
,
gencives fi on fe lave fouvent la bouche
,
de ce vinaigre, fes cendres mêlées avec de
la farine en forme d'emplâtre appliqué fur
Thypocondre gauche ouvre les obftru&ions
de la rate, & en guerit toutes les maladies,
& fi l'on l'applique fur les vieilles ulceres
& fur les vieux chancres, les guerit auffi Se
les consolide, on fait la meilleure poudre a
canon de cét arbrifleau ce qui eft un pre,",-
,
fage , outre fa couleur, que Mars y domi-
ne plus que Saturne.
XI. L'herbe aux poux à [es fuëilles femblables
De l'herbe' à celles de vigne, fes tiges font noires, fa
eux poux. graine fait comme un triangle noir tirant
,
fur le jaune, blanc en dedans acre au gouft,
vomiffement, mais l'ufage en eft
purge par
dangereux ; car il caufe la folie, à caufe que
les efptits Saturniens qu'elle contient, trou-
blent la fubftance du cerveau , cette herbe
pilée avec de l'huille fait mourir les poux.
XII. La jufquiame a les fuëilles noires , larges
De la luf. & velues , ce qui eft un indice de Saturne;
guiaiflC. mais parce qu'elle a fa fleur d'un rouge ob-
fcur, elle indiq ue auffi qu'elle participe du
temperamcnt de Mars , c'cft pourquoy
l'Efcor-
cueillie lorfque Saturne eft dans
pion, ou dans le Belier qui font maifon de
Mars eft fi anodyne qu'elle appaife non
,
feulement les douleurs des dents & des au-
de la
tres parties du corps , mais encore
fi frote de fon huil!e ou de fa li-
goûte, on
les parties douloureufes. La deco-
queur des
étion de fon écorce guerit les maux
dents, fi l'on s'en lave fouvent la bouche,
fa racine ou fa graine prife dans le corps
trouble fi fort l'efprit , qu'elle le rend com-
pofledé du démon, mais appliquéepaç
me
dehors fur les charbons & bubons de pefte
les fait auffi-toft meurir & en attire tout le
venin , & prife en dedans après avoir efté
préparée à la maniéré de l'opium , c'eft à
dire que les efprits arfenicaux dédiez à Sa-
turne , en ont efté diffipez par le feu , ga-
rantit de la pefte.
Le Gloutteron croît aux marez deféchez, XII r.
& à l'ombre fon fruit eft épineux & s'atta- Du Gloute-
che aux habits, ce fimple reprefente Satur- ron.
ne dans la Vierge , & participe de Mercu-
re, fa racine cuëillie en nouvele Lune, le
Soleil cftant dans la Vierge, eft un reme-
de prompt aux maux des denjts, cueillie en
pleine Lune ouvre les -obftru&ions de la
rate, & en guerit les inflammations, la pou..
dre de fes fuëilles eft un excellent remede
pour les vieilles ulcérés dont la malignité
eft caufée par l'humeur mélancolique, le
fel de toute la plante pris dans l'eau de char-
don bénit, avec le fel du frefne qui eft de-
dié au Soleil , une fcrupule de chacun eft un
grand prefervatif pour la pefie; parce que
ce qui apartiët à Saturne fecourt par fympa-
thie ce qui luy eft fujet comme les dents, il
attire le venin, & l'empêche de pafler outre.
La Paftenade rouge eft en partie fous la XIV.
domination de Saturne, cuëillie au mois de De la Pafte-
nade.
Juin , le Soleil dans l'Ecrevice à la pointe
de la dixième maifon. la Lune eftant dans
le Lion 81 écrafée entre les mains, fi on en
frotte le vifage d'un homme fuant, le rendra
fur le champ bourjonné , comme un ladre;
parce que les efprits de Saturne entrent
dans le corps pour y corrompre le fang. Les
incrédules fe peuvent convaincre des In-
fluences des Aftres par une experience fi fa..
cile, s'ils ne le font déja par la raifon..
D XV. Les Carotes font une efpece de paftenade
es Carotes, fauvage qu'on attribue à Saturne, mais
,
elles'n'y font pas entierement fujetes; parce
qu'elles ont la racine rouge , odoriferan-
re, un peu amere & douce, c'eft pourquoy
elles font bonnes à manger en falades,chau-
des au fecond degré & participent plus de
Mars & du Soleil que de Saturne, cuëillies
lorfque le Soleil eft dans le Lion joint à la
Lune fous l'horizon , & Mars libre des mau-
vais afpeds, font fouveraines contre la gou-
te, l'eau de fes fleurs guerit l'épilepfiecau-
fée par les vapeurs de la mere, meut les
manftruës arreftées après une feignée du
pied, fon fel difïout dans l'eau d'orge & tiré
le
par nez deféche les catarres , conforte le
cerveau, & la memoire chafle les obfcuri-
tez, les-fluxions & les rougeurs des yeux, fa
decoébon faite avec du vin , chafle les mé-

XVI
femmes.
chantes vapeurs qui s'élèvent de l'eftomac
à la cette, & corrige les fleurs blanches des

La Moufle eft une petite herbe qui croit


De la Moufle fur les rochers, & fur les arbres , fa deco-
dtion fait croître les cheveux , & les affer..
mit auffi bien que les dents qui branlent,
arrefte le fang par fa vertu aftrinçente ; les
eftant bleflez fe fervent de cette feule
ours
herbe fans mêlange pour fe guérir, & s'ar.
lêteut le fang tout à l'heure, fait uriner Be
dormir, principalement celle qui vient fur
les Arbres qui participe de la Lune cuite,
dans du vin qui corrige toute fa malice &
exalte fa vertu bien-faifante. -
Les Tamarindes font les fruits de certains XVII.
arbres, qu'on nomme Tamarins qui ont les Des Tama-
feüiles plus petites que les fautes, les meil- rins.
leures font aigres & noires tirant un peu
fur le rouge , on lés mêle avec la chair des
prunes qui leur change la couleur, l'arbre
eft fujet à Saturne au fecond degré, les de-
vins s'en fervent à leurs preftiges; parce que
,
Saturne qui prefide à la magie imprime
quelque qualité propre pour cet art , aux
ehofes qui luy font foûmifes & lorfqu'il
,
eft à l'afcendant de quelqu'un, il luy donne
de l'inclination pour les fciences devinatri-
ces; les charbons ardens faits du bois de cet
arbre éteints dans du vin font fort propres
à guerir les obftruchons de la rate , & ce
vin mêlé avec des chofes convenables pur-
ge la mélancolie, guerit la lepre , fait uri-
-

ner, appâtée les douleurs des dents , princi-


palemenr fi on cuëil le bois lorfque Satur-
ne eft joint à la Lune;parce qu'il en partici-
pe,à caufe qu'il croit fur le bord des rivieres.
Le Savinier à les fueilles prefque comme
,
le Tamarin il eft acre & brûlant, & de XVIII. -
Du Savinier.
fort mauvaife odeur ; c'eft pourquoy il par-
ticipe de Mars & de Saturne, la' poudre de
fes fuëilles guérit les vieilles ulceres, ouvre
les conduits de la rate & de la vefcie fait
uriner , purge la mélancolie met dehors
l'enfant mort dans le ventre de, la mere, &
caufe la fterilité, principalement quand el-
les font cuëillies fous les bons regards de Sa-
turne .& de Mars.
XIX. Le Polypode croît aux vieilles pierres &
Du Polypode aux vieux troncs des arbres , particulière-
ment des chefnes fa racine & fes fucille:
,
font veluës fon gouft eft âpre & douceâ-
,
tre, d'où vient qu'il eft entièrement de Sa-
turne, participant fort mitepeu de la Lune &
de Venus, fa racine en poudre & pri-
fe par le nez guerit le Polypus toute la
, a11 ic-
plante eft utile à la fièvre quarte &
titeaie noire , & diflïpe les mauvais fon-
ges qui viennent de la melancolie.
XX. LeSenné à tes fuëilles épaiffes,le goût com-
Du Senne. me celuy des féves,fes fleurs jaunes, fa grai-
ne noire tirant fur le vert, fes goffes en for-
me'de croillànt & eft fort ennemie du froid,
c'eft pourquoy elle partage plus du Soleil
&de la Lune que de Saturne, & ne purge
la mélancolie que par antipathie. Car la na-
joint la qualité de ces trois
ture y ayant
Planetes luy a donné la vertu de purger
,
éleGbvement la pituite , lar bille & 1 hu-
, qu'elle la ra-
meur noire, d'où vient ouvre
te , purifie le fang, purge & réjoüit les mé-
lancoliques, & ayde fort les lunatiques.
XXI. Le Tabouret ou , bource de Berger eft
Du Tabouretfroid & fec, & foûmis à Saturne au premier
degré; il arrefte toute forte d'hemorrogie,
guerit la diffenterie & la diarrhée , pilé a-
vec du vinaigre , & ferré dans les paumes
antipa-
des mains guerit la gotiorrhée par
thie ; parce que cette maladie eft fujette a
Venus ennemie de Saturne, Seigneur par-
ticulier de ce fimple qui fert encore aux
preftiges,
La Rue eft puente & amere, fa graine eft XXI r.
rougeaftre & participe plus de Mars & du De la Rue.
Soleil, que de Saturne & de Venus ; parce
que fon amertume vient du temperament
de Mars, fa rougeur du Soleil, la blancheur
de fa fleur de Venus & fa puenteur de Sa-
turne. De forte que la nature y a joint des
qualités femblables & diflemblables pour
en faire un grand prefervatif contre la pe-
ire, 6cnn grand remede propre à guerir le
cœur affligé des vapeurs Tie la rate, ce fim-
pie pilé avec de la fauge dans du vinaigre,
& appliqué fur le poulx, guerit la fièvre
,
quarte fi Saturne fe trouve foible en ce
temps,& leSoleil fort élevé dans la dixième,
il refifte au venin & aux maladies caufées
par magie ; parce que le Soleil qui préfide
en partie à cette herbe eft ennemi des Sor-
ciers fujets à Saturne , Mittridate s'en eft
fervi pour fe garentir du poifon, ainfi que
l'hiftoire Romaine nous afleure que Pom-
pée ayant vaincu ce Roy qui avoit donné
de l'exrcice aux Romains durant quarante
ans par fa valeur , luy en trouva le fecret
dans les mains.
,
Le Perfil à la femence noire acre , & XXIII.
aromatique, fa racine eft petite, blanche & Du Pcdil.
,
de bonne odeur il croit aux lieux ombra-
,
geux & humides échauffe, deféche , &
fait piffer; c'eft pourquoy il n'a aucune mar-
que de Saturne, fi ce n'eft la noirceur de fa
graine & le lieu qu'il aime : mais comme il
n'y a prefque point de plante qui ne parti-
cipe du temperament des autres , lorfque
nous l'atribiions au Soleil ou à Saturne,
nous n'entendons pas exclurre les qualitez
des autres Aftres, non plus que la chaleur
du vinaigre qui doit eftre froid ; parce que
les efprits du vin fe font diflîpez & néan-
moins il ne Iaiffe pas d'eftre chaud ; mais
,
nous entendons l'Aftre principal qui a le
plus de force. Ainfi l'eflence du perfil cuëil-
ly lorfque le Soleil eft dans le Taureau avec
Venus, beuë dans de la Limonade, penetre
les parties du corjà les plus fecrettes, chaf-
fe la pourriture , guerit les fièvres conti-
nuës les douleurs de cuifle provenans de la
,
mere, confomme & tarit la fource de tou-
tes les goûtes , fi après l'avoir beuë on fe
tient chaudement pour fuer, purifie le ven-
tricule des humeurs vifcufès, ouvre les con-
duits des urines, purge les reins & la veC.
cie des humeurs crafles & groffieres on
,
s'en fert au décroiflant de la Lune ; fi on ti-
re de ce fimple de l'huille pour en frotter
le nombril, on fent un grand foulagement
aux douleurs de la pierre & aux difficultez
d'urine , fon eau diftillée eft bonne contre
la toux inveterée & la difficulté de refpirer,
guerit les lfuxions dangereufes tombées fur
la poidfctine cuëilli lorfque Saturne eft
, la
dans le Lion & Lune fous l'horizon,gue-
rit l'hydropine ; & cueilli lorfque Venus eft
dans le Lion, le Soleil fur l'horizon, & la
Lune dans un figne chaud guerit la froideur
de l'eftomac.
Les Saules font fournis à Saturne au pre- xxi v;
mier degré, leur figraine caufe la fterilité Des Saules.
& leur huille auffi, on en frotte les parties
honteufes arrefte les mouvemens de Ve-
,
nus fert à la magie & aux chercheurs de
trefors fous la terre.
Le Solanum à fes feuilles grafles & fa XXV.
fleur rouge, il croit entre les pierres dans Du Solanum
des lieux fombres, c'eft pourquoy il eft fu-
,
jet à Saturne à Mars & à la Lune : il eft
anodin & narcotique à raifon de Saturne &
,
de la Lune fes fuëilles appliquées fur la
tefte en guerifïènt les douleurs, fon eau di-
flillée deféche la gale & adoucit les inflam-
mations de la velcie, fa graine prife en de-
dans étourdit le cerveau.
L'A gneau chafte eft un arbrifleau qui XXVI.
croit le long des rivieres , empêche les mou- De l'Agneau
vemens de la chair , c'eft pourquoy il eft chafte.
fous la domination de Saturne qui eft en-
nemi de Venus.
La Teigne croit fur les herbes & les arbrik XXV I I.
féaux & ne vit qu'appuyée fur eux fans ra- De la Teigne
cine,les faifant mourir à force de les entre-
lalfer elle eft dediée à Saturne & à Jupi-
,
ter ; parce qu'elle reprefente les vaines du
mefentere aufquelles Jupiter domine, elle
en guérit auffi les obftruâions fecourt les
hydropiques, les hepatiques, &, la jaunifte,
chafle la bille , purifie le fang ,
ouvre les
obftrudbions de la rate, & eft fort
propre
aux maladies veneriennes.
La Blette efi: froide & humide au fecond XXVIII.
degré, fa racine rend un fuc rouge comme De la Blette,
du fang qui induit à la mélancolie, trouble
les fens & eft iujete à Saturne dans l'EC*
,
corpion qui eft maifon de Mars dont elle
participe.
XXIX. Les bonnes Dames en font autant, ren-
Des bonnes dent le vifage pafle & caufent des maladies
Dames. mélancoliques & attrabilaires.
XXX. L'Imperiale ou l'Autruche fe trouve aux
De l'hnpe- montaignes, elle à les fueilles veluës & ru-
naie. des , la tige ronde, veluë & rougeatre, les
fleurs blanches, la graine pointuë & odori*
ferante, la racine noire au dehors, & ver-
,
te au dedans fort acre & piquante, &
quelque peu amere avec bonne odeur, elle
eft chaude & féche au fecond degré, parti*
cipant fort de Saturne en fes fueilles & en fa
racine, & de Venus en fes fleurs, mais tou-
te la plante fe reffent plus des qualitez du
Soleil & de Mars, à caufe de fa bonne o-
deur & de fon fuc acre & picquant ; c'eft
pourquoy on doit faire le choix du temps
propre
la à cueillir ou les fueilles ou 'es fleurs,
ou racine des fimples d'un temperament
diffèrent felon les Planetes qui dominent
fes différentes parties , & choifir lorfque
r AÍlre qui les domine en particulier eft bien
dignifié à l'heure qu'il meut l'air par fon
mouvement pour luy imprimer fes propres
qualitez, comme par exemple, pour cueillir
fes fleurs dédiées à Venus ; il faut qu'elle
foit dans le Taureau ou dans les Balances,
pour cuëillir fes fuëilles & fa racine que Sa-
turne & le Soleil foient en bonne intelli-
Mars, ainli cuëiIlie avec ces oW
gence avec
fervations, on verra que fix goûtes de fon
eirence prifes tous les matins à jeun , pen-
dant que la Lune diminuë guériront les ver-
tiges , l'apoplexie, la l'étargie, & Tes acci-
dens, douze goutes prifes dans de l'eau de
canelle , lorfque le Soleil court le Belier,
guerifïenr toutes les maladies qui provien-
nent du froid & de l'humide, ramolliflent la
dureté des nerfs & des tendons en les for-
tinant, chanent les humeurs crafles & vifl
cufes des jointures , & guerinent la goûte,
aydent à la generation ouvrent les ob-
,
ftruftions, purgent la mélancolie , fubtili-
fent les efprits , fortifient les' facultez de
l'ame, refiftent au venin , gueriflent toute
forte de fièvre, la jauniffe, les pafles cou-
leurs il & l'hydropifie, la decoébon de tou-
te la plante guerit les poulmoniftes & les
gouteux , & purge les pourritures, une de-
mi cuillerée de la poudre de fa racine dans
un verre de vin blanc , une heure aupara-
vant l'accès, guérit la fièvre quarte, fa ra-
cine cuëillie dans le temps cy-deflus mar-
qué, portée penduë au cou, lorfque Jupiter
fe trouve libre des méchantes Planetes dans
la onzième maifon, empêche d'avoir que-
relle avec perfonne. Ce fimple à une ver-
tu finguliere pour toute forte de maux , à
caufe des diverfes qualités tempérées des
Aftres qu'il participe.
I/Angelique à les fuëilles dantelées & XXXI.
noires tirant fur le vert, fes fleurs font blan- De l'Angéli-
ches , fa racine eft acre & néanmoins de que.
bonne odeur, fes fucilles font fous Saturne,
fes fleurs fous Venus & fa racine fous le So-
leil & Mars, de forte que fes fueilles cueil-
lies lorfque Saturne eft dans famaifon font
,
merveilleufes contre la goutte & la racine
cueillie lorfque le Soleil eft joint à Mars dag
le Lion, y eft auffi mervdlleufe, le fuc , ou
l'eau diftillée de toute la plante mêlée dans
les onguens de cerufe ou de minium, guerit
& confolide toute forte de playe pourrie,
les morfures des beftes venimeufès & les
,
tumeurs des nerfs caufees d'une humeur
froide. Si on grave fur fa racine lorfque le
Soleil eft dans le Lion, & Saturne dans le
Cancer, la figure d'une Ecrevice opere les
mefmes chofes que delfus, en rappliquant
toute feule en forme de talifman fur les ul-
ceres & tumeurs fans ayde d'aucun onguent
ni emplaftre, portée fur foy, fortifie la tefte
& tes parties, & fleurée fouvent ouvre les
conduits de la tefte & en deféche les humi-
ditez fuperfluës qui viennent des fumées de
l'eftomac, la décoction de la racine beuë le
matin à jeun, ouvre les conduits des poul-
mons, & chatfallt les inégalitez qui caufent
la toux, la guerit quelque vieille qu'elle foit,
fa décoction dans le vin preferve de la pefte3
le fuc des fueilles mis dans le cru des dents
en appaife les douleurs.
XXXII. Le Cyprès eft dédié à Saturne ,
fa deco-
Du Cyprès. ction noircit les cheveux & les conferve.

DII
Des Animaux fujets à Saturne.
L'afne tient le premier rang 4 il vie 50. ans XXX II t.
& porte u. mois : on peut prendre de fon De l'aine.
laid: depuis 4 onces jufqu'à dix, pour nour-
rir & nettoyer, il eft utile aux phitifiques,
aux maux des reins, & de là vefcie, aux gou-
teux & aux femmes qui ne peuvent point
avoir leurs ordinaires , un cataplafme de
laiél d'anefle & de fa fiente fait cefler les
douleurs de la goûte, & appliqué fur le vi..
fage en ofte les tâches & embelit les da-
,
mes hautes en couleur ; parce qu'iljeur ofte
la rougeur & les bourgéons. Une dragme de
fon ongle mife en poudre & prife durant
uh mois eft bonne pour l'épilepfie, & une
dragme des cendres de fa fiente prife dans
quatre onces d'eau de bette , guérit la dif-
fenterie.
Le liévre eft fodmis à Saturne à la Lu- XXXIV.
à , ,
ne , & Venus à caufe de fa fécondité, Du lievre.
une dragme des cendres d'un lièvre pris au
Printemps qui a la peau tirant fur le noir,
prife dans un verre de vin blanc eft excel-
lente contre la gravelle & contre la pierre
que Saturne domine ; les cetidtes de tes
pieds mêlées avec du miel font croître les
cheveux & les empefchent de tomber. Son
fang nettoye les tâches du vifage , fon cer-
veau appliqué fur les gencives des petits
enfans leur fait fortir les dents , fa vielle
,
graifle attire les humeurs qui font entre cuit
& chair, fa matrice & fa prefure aydent à
la conception , &c il l'on veut connoître fi
une femme y eft propre, ou non, on doit
diiîoudre un peu de fa prefure dans l'eau &
la luy bailler à boire , fi elle fent inconti-
nent de la douleur, c'eft une marque qu'el-
le y eft propre ; parce que la vertu de la Lu-
ne qui eft dans la prefure fe communi-
, fympathique;
quant à la matrice qui luy eft
parce qu'elle luy eft foûmife luy donne
,
quelque fentiment , mais fi elle eft fterile
n'en fentira rien ; parce que la fympathie
n'opere point.
Le chat fe fent de Saturne & de la Lune
XXXV. ,
Du chat. il aime fi fort l'herbe valerienne que lorf-
qu'elle eft cueillie fous la conjonéHon de
ces deux A ftreSjdle aftemble tous les chats à
l'endroit où elle eft. Il y a des gens qui foû-
tiennent que cet animal eft venimeux SC ,
fon venin eft au poil & à la cefie : mais
que
je ne le crois qu'à la tefte, parce que fes ef-
prits animaux qui croiftent en pleine Lune,
& diminuent en nouvelle, offencent en plei-
ne Lune feulement, en fortant de fes yeux
pour communiquer leur venin. Trois goû-
tes de fang d'un chat malle, tiré d'une pe-
tite vaine qui eft fous la queuë font bonnes
le mal caduc, fa chair ouvre les hé-
contre
morroïdes & purge le fang mélancolique,
fon foye cuit & beu dans du vin avant l'ac-
cès , eft utile à la fièvre quarte, à & la goû-
te , la graine d'un chat châtré ramollit, é-
chauffe & diffipe les tumeurs de la goûte,
fa peau eft fort bonne fur l'efiomac, fur les
articles, & fur les jointures, elle échaufe les
parties affoiblies par des humeurs froides,
ion excrement fait croître les cheveux. Ce-
luy qui porte l'herbe valerienne fur foy
peut emporter tel chat qu'il voudra fans ap-
prehenfion. Cet animal fe guerit les yeux
par l'ufage de la valerienne.
Les fouris & les rats participent de Sa- xxxvî.
turne ; parce qu'ils aiment les tenebres, & Des foutiSt
de Ih Lune à caufe de leur fécondité, &
font venimeux, les fibres de leurs foyes pri-
fes dans du vin, gueriffent la fièvre
quarte,
& purgenc l'humeur mélancolique, un fcru-
pule des cendres d'un rat prife dans de l'eau
convenable,empefche les enfans de piller au
lit, un rat ouvert en vie & appliqué fur quek
que partie attire les mauvaises humeurs &,
mefme les épines s'il y en avoit guerit fa
morfure & celle des Scorpions, fa ,graifTe eft
bonne aux douleurs de la goûte, des fciati-
,
ques & des rheumatifmes principalement
celle des radirons qui dorment durant fix
mois de l'année, dont la graine appliquée
fur le ventre guerit la colique, ôc la chair
,
fait dormir les dents des taupes qui font
une efpece de rat , arrachées à l'heure de
Saturne, & appliquées fur les gencives des
petits enfans leur facilitent la fortie des
dents & en, gueriflènt les
,
feul fang
,
maux leur
guerit les vieilles & malignes ul-
ceres.
Le corbeau vit- cent ans, fes œufs ren- XXXVtI.
dent les femmes fterilles fon Du corbeau.
, excrement
lk fon bec pendus au cou empefchent les
maux des dents, fes cendres font bonnes
contre la goûte & à noircir les cheveux.
Le plomb qui fe fent de l'empire de Sa-
XXXVIII
Du plomb. turne eft un métail imparfait compofé d'un
foufre indigeft, d'un fel d'alun & d'un mer-
cure d'antimoine , il refroidit & referre,
guérit les chancres & les ulcérés pourries,
fa teinture eft excellente contre les mala-
dies hypocondriaques, la folie,la phitifie, la
fièvre quarte , & pour conferver la thnté
aux vieillards , on travaille fort utilement
ce metail, lorfque la Lune eft dans les Ba-
lances , ou dans les maifons de Saturne &
à l'heure de Saturne. Pour. faire cette tein-
ture , on prend fon fel fait avec le vinaigre
diftillé & adoucy on y verfe defliis de
,
l'huyle de genevre qui devient'à mefme
temps rouge & propre à conferver pour en
prendre deux ou trois goûtes tous les ma-
tins dans le befoin. Et fi l'on veut reduire
cette teinture en forme de pierre, on en
doit faire évaporer à petit feu l'huyle de
genévre jufqu'à fechereffe pour y jetter dei:
lus de l'efprit de vin retifié , qu'on fera
après digerer dans une bouteille bien fer-
mée durant quarante jours , & évaporer
l'efprit de vin pour avoir au fonds la plus
belle teinture rouge qui fe puifle voir, dont
un feul grain eft bon à l'ufage cy-deff us.
XXXIX. L'arfenic eft dédié à Saturne ; parce qu'il
De l'attente. n'eft autre chofe qu'une fuye minerale,
,
qu'on appelé orpigment ou réagal félon
fes trois efpeces dont l'une eft blanche,
,l'autre
l'autre jaune, & rouge : la premiere,
eft la meilleure pour l'ufage delà Medeci-
ne, qui fe fait en joignant l'orpigment, &
la fendarace par fublimation qui compofent
un furieux venin , lequel eftant adoucy &
corrigé par plufieurs fublimations, le poids
de cinq ou fix grains infufez dans de l'eau
du chardon benit eft un purgatif univerfel
qui n'a point de pareil , chaflant du corps
fans aucune incommodité les venins & les
méchantes humeurs.
Les fels appartiennent à Saturne, encore
qu'ils enferment le mercure & le foufre des X L. 1

Des fels.
mixtes , & les liqueurs acides allffi, bien Gai. de
qu'elles foient acres & mordicantes; parce Iftle , hac au.atra
que la chaleur étrangere n'a peu fi fort dif- tan eft frtgi-
jftper tèur propre chaleur les rendre de da., quta ter-
pour rejîris tnecta-
la nature de Saturne, qu'elle ne leur
en ait men caloris
lailfé quelque peu, felon le fentiment de
exfers
Galien,lorsqu'il parle de la bile noire, de admodum quem-
ne.
mefme qu'elle n'a peu fi fort diflïper le que etnts j ne-
mercure & le foufre des mixtes qu'elle ne que Acetum.
leur en ait Iailféauflî. Il faudroit icy détrui-
re l'experience de M. Defcartes, qui prouve
par la diflolution du fel commun & du'fel
armoniac dans de l'eau : que tout ne Ce fait
que par jufte pofition, c'eft à dire par l'af-
femblage des atomes , mais je feray voir le
contraire en temps & lieu.
CHAPITRE XI.
De la matière fujette à Jupiter.
I.
Jupiter eft
c E n'et f pas fans fujet, qu'on appeleju-
piter la fortune majeure ; parce que tes
favorable à la influences font fi favorables à là
nature,
naturç, qu'elles la conferveroient fans defordre, fi
elles n'eftoient traverfées par celles des mé-
chantes Planetes ; c'eft pourquoy la mito-
logie nous dépeint Jupiter, mélant la dou-
ceur avec l'amertume, pour marquer qu'il
n'ell rien de fi doux au monde qui ne ref-
fente quelque douleur , & que les plaifirs
les plus fenfibles font fuivis des mortifi-
cations.
II. Or les fimples qui luy font foûmis tien-
L'humide ra- de fa modérement chaude &
dicaleft con- nent nature
humide dont la fubftance eH: oleagineufe,
forme au
remperamet & tympathique à l'humide radical qui dl
de lupiter. le principe de la vie.
III. Les fleurs du giroflier font rouges ten-
Pes giroiles dentes fur le bleu qui font les couleurs de
Jupiter. Quand le fruit eft meur & feché au
Soleil, il devient dur & noir; parce que la
chaleur diffipe fon humidité , & de chaud
& humide au fécond degré, il devient chaud
& fec au troifiéme , fi l'on tire la teinturo
des lfeurs avec l'huille de fucre , ou qu'on
les confice avec du fucre, elles fortifierons
le foye, le çajur, l'eftomac, & la celle, pu-..
*
riheront le fang , multiplieron t les efprits
vitaux & naturels, repareront les forces &
adouciront les ifèvres. Mais comme fes
fleurs font rares en ce païs & qu'on n'en à
que le fruit endurcy & noircy au Soleil, on
s'en doit fervir pour les effets fufdits, & en
outre pour les maux des dents, cuire les cru-
ditez de l'eftomac, guerir les vertiges , les
maux de mere , & éclaircir la veuë.
Les giroflées font fous l'empire dejupi- I V.
ter , & fe nomment ainfi ; parce qu'elles Des giro-
ont la figure du girofle , il y en a de plu- flées.
ifeurs couleurs qui ne diffèrent
que du plus
ou du moins , & operent de mefme que le
gerofle: quoy qu'avec moins d'efficace.
Les cerifes & les fraifes font à Jupiter V.
dans les poiflons, elles augmentent & Des cerifes;
pu-
rifient le fang , fortifient & rafraichinencle
foye, font propres à la jaunifle, leur confi-
ture eft utile aux ifèvres chaudes , elle adou-
cit l'ardeur des efprits & l'inflammation des
parties.
Juftin nous afleure dans fon hiftoire que
V I.
le Baume eft un arbre de la grandeur du vio- jDubaum*
lier qui ne croît qu'à la valée de Hierico,
dans la Judée. Mais il fe trompe,
parce que
c'eft une herbe qui croît en Orient, ou Jupi-
ter prefide , fort propre à guerir & conioli-
der toute forte de playe tant interne qu'ex-
terne par antipathie ; parce qu'elle eft fi en-
nemie de Mars , qu'elle meurt: fi on la tou-
che avec le fer , c'eft pourquoy on ne fe
fert pour la cuëillir que d'un couteau de
,
-r
pierre, ou de bois, & celle mefme de crol-
tre aux endroits ou on fait la guerre ,-elle
croiffoit en abondance dans le terroir deJe-
rufalem. Mais comme Alexandre le Grand
y eut porté la guerre , on en peut trou-
ver à peine, fuffifamment pour en faire une
cuëillerée de fuc, & cefsât de croître abso-
lument dans cet endroit fournis à Jupiter
dans le temps de Titus & de Veipafien,
c'eft pourquoy je doute fort , fi le baume
qu'on nous apporte aujourd'huy de l'Egyp-
te eft le fuc de ce fimple , lequel appliqué
fur la region du foye le réjouit merveil-
,
leufement & lerbrcine.par fympathie.
VII. Le lin croît en Orient , il eft chaud &
Du lin. humide comme Jupiter , & ayme les lieux
temperez conformément à fon tempéra-
ment , il ramollit les chofes les plus dures,
comme les fcyrrhes du foye, meurit les ul-
ceres , profite aux phitifiques, principale-
ment s'il y eft mêlé avec des amandes & des
raifins fechez au Soleil qui luy font conve..
bles. Deux onces de l'huyle de lin peifes in-
tcrieurement gueriffènt la p!em'ene,& la
colique , appliquée exterieurement fur le
nombril, où à l'endroit des coftes eft auffi
bonne à la pleurefie, & fur la région de la
rate, en ramollit les duretez.
VIII. La betoine eft fous la domination deju-
:De la betoi- piter dans les Poiifons , parce qu'elle fe
nc. p!aîr aux lieux modérement humides fes ,
fuëilles font découpées & de bonne odeur,
purifient le fang de fes vifeofitez, y cuifent
les matieres groffieres & terreftres c'eft
eft ,
pourquoy il bon de fç fervir de fa déco-
ftion en forme de Juillep durant trois jours
avant la purgation ou la feignée pour pré-
parer les humeurs, conforter le foye & ou-
vrir les paiîagcs, ce fimple eft excellent à la
jauniffe &à rhydropifie,confolide les playes
& les ulcérés.
L'épine-vinete à fon bois plein d'épi- IX.
nes , fes fleurs jaunes & fon fruit épineux De l'cpinc-
& rouge, c'cft pourquoy elle parcipe plus vincte.
de Mars à caufe de fes épines , que de
Jupiter à caufe de fa couleur , & eftant
cueillie, lorfque ces deux A ftres font en
bonne intelligence dans quelqu'une de
leurs maifons, principalement dans l'Efcor-
pion,Iiume&e & rafraîchit au deuxième de-
gré, fortifie l'eftomac & le foye J guerit la
diarrhée , la diflencerie & l'efquinencie,
purge la bille, ouvre les obûruâions du
foye, & guérit la jaunifle, le corail qui eft
fujet à jupicer , n'a point de difToluant qui
luy foit plus familier que l'eau ou le fuc de
fes graines, dont une cuëillerée prife à jeun,
guérit le flux de fang & les maladies cy-def-
fus rapportées , les pallions de la mere, les
maux de tefte & autres.
La centaurée à les feuilles comme le noyer X.
& dantelées, qui marquent les qualitez de De la cen-
Saturne, & fa fleur celles de Jupiter, par- taurée.
ce qu'elle eft bleue ; fa racine eft gron'e.plei-
ne d'un fuc rougeatre * acre & amer qui
marque un mélange des qualitez de Jupi-
ter & de Mars , elle aime le Soleil & les co-
lines de terre gralfe qui eft encore une
mar-
que de Jupiter de forte qu'eftant cueillie
,
lorfque Jupiter eft dans le Sagitaire d'acr
cord avec Saturne, ou Mars à caufe de foii
amertume, ouvre les obftruéHons de la ra-
te & du fiel , guérit la jauniffe, la colique
& les fièvres bilieufes netoye & confoli-
,
de les playes purge doucement la pituite
,
& la bille , elle eft utile à la goute aux
à l'efcorbut ,
ordinaires des fem-
vers, & aux
mes, la poudre de fes fleurs fechées à l'om-
bre mêlée avec l'extrait d'elebore parties
,
égales, chafle toute forte de fièvre, on peut
auffi prendre une dragme du fuc de ce fim-
ple pour les maux cy-defllis.
XI: La verbafque fleurit au mois dejuin, croie
De la ver- dansles chemins & dansjes lieux fabloneux,
bafque. elle a une fubftance oleagineufe foûmife à
Jupiter, & la fleur jaune foumife au Soleil.
C'eft pourquoy cuëillie lorfque Jupiter eft
,
dans le Lion confolide les playes , la ru-
pture des vaines des poulmons & des au-
tres parties, la decoékion de fa racine avec
d"autres herbes de mefme nature , comme
la fanicle, l'oreille d'afne, la perficaire &
autresjeft bonne aux phitifiques & aux vieil-
les toux , la feule odeur de la racine fubti-
life le phlegme des poulmons, c eft pour-
quoy elle eft excellente aux aftmatiques &
poulmoniques ; parce que Jupiter dans le
Lion luy imprime nne qualité qui refout
les matieres groflieres &tartareufes, L'eau
diftillée de ce fimple cueilly, lorfque le So-
leil court les dernieres parties du Taureau,
ou les premieres des Gémeaux , diflout le
fang congelé & eft bonne aux morfondus.,
toute la plante infufée dans du vin pendant
une nuit arrefteles menftruës extraordinai-
res , & fi elle eft cueillie en pleine Lune,
iorfque le Soleil eft dans la Vierge & qu'on
la ferre dans la main arrefte toute forte de
flux de fang, guerit les fra&ures des os Je
venin des Scorpions, appaife toute forte de
douleur , mefme celles de la goute & des
hémorroïdes.
La perficaire eft chaude &'feche au deuxiè- XII.
me degré, elle croît prés les eaux dorman- De la perfi.
tes , fa graine eft rouge & picquante & fa caire.
fueille aufïi, cueillie lorfque Jupiter qui la
domine eft dans l'Ecrevice guerit la poute
& en appaife les douleurs. Appliquée fur
la partie en forme de cataplafme guerit tou-
te forte de playes, d'ulceres pourries & tu-
meurs endurcies , & cuëillie à l'heure de
Jupiter pour l'appliquer à mefme temps fur
les maux cy-deffus en fait autant, en la laif-
fant pourrir iur lefdits maux ; parce qu'en
mourant elle leur communique fa fubftan-
ce oleagineufe, fympathique à Jupiter : Pa-
racelfe après l'avoir cueillie avec toutes ces
obfervations lalaiflè fécher à l'ombre pour
s'en fervir dans le befoin.
La rofe marine eft de Jupiter, elle ou- XIII.
De la rofe
vre les ob ftruâions du foye, purifie le fang, marme,
purge la bille , elle eft propre aux lepreux
& verolez, & confolide les playes.
L'oreille d'ours eft chaude & feche au XIV.
fecond degré, aftringente & amere, de cou- De l'oreille
leur tirant fur le jaune , cueillie Iorfque d'ours.
Mars eft en bonne intelligence avec Jupi-
ter confolide les playes, guérit les ulcérés,
les fiftules, & les corrofions internes & ex..
ternes.
XV. La fumeterre à fes fuëilles tirant fur les
De la fume-
cendres, & fes fleurs rouges, ou blanches,
ticrc. fon fuc acre & amer, elle participe' deUu-
,
piter de Saturne & de Mars c'eft pour*
, elle eft chaude
quoy & feche, ouvre les
obftruéhons du foye, guerit l'hydropifie &
la jaunifle une once de fon jus purifie le
fang , purge, la mélancolie , guerit la galle
& la verole , fi elle eft cueillie à l'heure de
Jupiter favorablement conftitué avec Sa-
turne & Mars.
XVI. Le teucrion croît aux lieux âpres & ru-
Du teucrion des , fa fuëille eft amere fa fleur prefque
,
rouge , c'eft pourquoy il participe autant
de Mars que de Jupiter, & cuëilly fous la
conjonâion de ces deux Aftres , ou lorfque
Jupiter eft dans le Sagitaire,eft utile aux fiè-
vres malignes , à la jauniffe., aux obftru-
ctions du foye, à purifier le fang & purger
par les pores les mauvaifes humeurs, il re.
fifte au venin , guerit la gale & autres ma-
ladies fucutanées qui font entre cuir &
chair.
XVII. L'oreille d'afne eft chaude & humide au
De l'oreille fecond degré , croît comme le thym dans
d'afne. des terres grafles entre les pierres, toute la
plante eft dure , comme du bois , odori-
ferante & douce au gouft , fa racine eft
rouge & oleagineufe fes fleurs bleues,
,
c'eft pourquoy elle eft foumife à Jupiter
dans les Poiflons, arrefte le fang des blef-
fez, & de ceux qui le vomiflent, elle eft
propre aux hernies , aux phitifies , aux
,
playes & ulceres des poulmons & aux fra-
dures des os, fon huille appliquée par de-
hors confolide les playes, arrefte le flux ds
,
ventre & toute forte de fluxion, elle eft:
excellente pour les rheumatifmes.
La garance eft une racine rouge dont on XVIII.
teint les laines , elle eft fous l'empire de De la ga-
Jupiter & de Mars ; parce qu'elle à Ces rueiî- rance.
ies rudes , échaufe au deuxième degré &
defeche au troifiéme, referre & rafraichit
le ventre , diffout le fang congelé, guérit
les bleflures & les ruptures internes , com-
me les hernies. Les qualitez des deux enne-
mis y eftant jointes, gueriflent l'hernie fu-
,
jete à Mars lequel eftant joint à la Lune
dans la fixiéme caufe cette maladie, parce
qu'il blefle l'omentum & lesinteftins qu'il
domine. De forte que la nature ayant mê-
lé dans ce fimple la vertu des deux ennemis,
la qualité de l'un guerit les maladies cau-
fées par celle de l'autre. Et c'et f ainfi qu'on
doit imiter la nature dans la compofition
des remedes en y mêlant les drogues an- Hipp. de mor*
,
tipathiques , elle guerit toute forte de playe bo facro.fec.
aufquelles Mars prefide, ouvre les obtfru- oportet medt-
âions du foye , de la rare. de la mere & de cum morbum,
non au-
gere
la vcfcie, eft bonne à l'hydropifie, à la jau- fed properan*
niffè & à la fupreffion des mois , il la faut ter profpicert
cueillir au mois de May ou de juin. ad Id quod
eut que morbo
efl maxime adverjum amicum f5 famtltare non exhtbendo ab eo
,
tnim quod eft amtcum augetur morbm ai ce Ivero quod efl intmi-
*ftm cKtenuatur defiruttur.
XIX. -La gecmandre eft chaude & feche au fé-
De la ger- cond degré elle eft amere & à fes fleurs
mcndre; ,
bleues, qui denotent encore un mélange des
qualitez de Mars & de Jupiter , elle con-
tient un foufre & un fel fubtil qui purge &
refout les humeurs tartareufes des nerfs &
des jointures pour guerir la goûte, elle dif-
fout le fang congelé forti de quelque blef-
fure, ouvre, incife, & fubtilife les humeurs
groffieres du foye & de la rate , provoque
puiflamment les urines & les fuëurs, elle
eft utile aux fièvres, au commencement de
l'hydropifie, aux obllruébons de IamereoC
de la vefcie on l'applique extérieurement
, la galle, faire cef-
pour guerir les ulcrres &
fer les douleurs des hemorroïdes & defe-
cher les catares & les fluxions,
XX. L'origan eft chaud & fec au troifîéme
De l'origan. degré, il ouvre à caufe de fa qualité mar-
tiale, & referre à caufe de la qualité jovia-
,
le il a l'odeur bonne & la faveur acre
,
comme la galangue qui a les mefmes ver-
tus , eftant fous la mefme domination il ,
eft bon à l'eftomac pour aider à la digeftion,
& à la mere, chafle les vens, fa
au cerveau
poudre prife par le nez eft de meilleur ufà-
le tabac pour fortifier la tefte &
ge que
guérir les vertiges , il ouvre les obftru-
étions, purifie le fang, y cuit les cruditez,
& en fubtilife les matieres vifcufes :
cueilli
lorfque Jupiter eft bien dignifié dans le Sa-
gitaire & à l'heure qu'il domme, avant le
Soleil levé crainte que fes rayons n'enat..
, fympathiques conferve ce..
tirent les efprits
,Iuy qui le porte fur foy des périls & dan-
gers , luy donne du bonheur dans fes entre-
prifes & fi l'on le pend dans une maifon
,
la garantit des larrecins & des fortileges;
parce que Jupiter eftant la fortune majeure
imprime aux mixtes qui luy font fuiets une
qualité finguliere & conforme à fa nature.
la petite confolide croit entre les pier- X XI.
res , toute la plante eft dure comme du De la petite
,
bois, de bonne odeur & douce fa racine confolide.
eft longue & rougeâtre, fa fleur eft de di-
verfe couleur, c'eft ppurquoy elle participe
,
de Jupiter, de Mars, & de Mercure par-
ce qu'elle eft un peu amere parmi fa dou-
ceur; elle guerit toute forte de playes tant
internes qu'externes, principalemenr celles
des poulmons les maux de la langue , les
,
apoftumes du cou & l'efquinancie, diffout
,
le fang congelé & eft un grand gargarif-
me pour les maux de la bouche, fi l'on fro-
te les tiens de fa racine feche & cuëillie en
Aouft, jufqu'à ce qu'elle foit teinte de quel-
que peu de fang, en attire la douleur par fa
vertu magnétique, & fi la dent eft percée, il
en faut aprés boucher le trou avec un petit
bout de faule.
I.a lyfimachie dont Lyfimachus un des XXII.
plus fameux Capitaines d'Alexandre le Delà lyfi-
Grand eft Auteur, & duquel elle porte le machie.
;
nom ,
croît aux lieux humides elle eft a-
firingente au gouft & à fa fleur dorée, elle
eft foûmife à Jupiter dans les Poifions 8c
au Soleil, cueillie fous le lextil de ces deux
Aftres rend les. hommes qui la portent fort
aimables , & fi l'on la jette entre deux per-
fonnes qui fe querelent, ou qui fe battent
,
les fait reconcilier furie champ elleappai-
fe les efprits feditieux & turbulens guérie
,
les blelfures, & enarrefte le fang. Il y en a
qui croyent qu'Alexandre le Grand s'en eft
fervi pour guerir Ptolomée d'une blelîiirc
empoifonnée.
XXIII. La rubarbe aime les montaignes & les
De la rubar- fontoines, elle croît en Orient, fes fuëilles
be. font environnées de poil, qui eft un prefa-
ge de Saturne, fes fleurs font bleues & de-
notent Jupiter , & néanmoins d'odeur pi-
quante & mauvaife pour marquer la domi-
nation de Saturne ; elle ouvre les obftru-
âions du foye & des vaines du mefenterre
fympathiques à Jupiter, purge la bille, gué-
rit la jauniflè, & lors qu'on en fait évapo-
rer par le feu fa vertu joviale retient celle
de Saturne & devient aftringente.
XXIV. La borrache croît aux lieux champêtres
De Ja borra- & fabloneux fes fucilles font après ten-
che & de la dentes fur le ,noir & un peu velues fes
buglofle. ,
fleurs font bleuës & quelquefois blanches,
la bugloiïe aulli, toutes deux fe fentent des
influences de Jupiter dans le Verfeau; pu-
rifient le fan g de la mélancolie & donnent
de la joye.
XXV. Les meures rouges font fujetes à Jupiter,
Des meures. humeétent & rafraichilfent au troifiéme
degré, purifient le fang. Prifes au commen-
cement du repas excitent l'appétit & lâ-
chent le ventre , elles font de peu de nout-
riture & fujetes à la corruption, les vertes
font
font bonnes à toute forte de lfuxion , à la
diflènterie, au crachement de fang, & aux
inflammations de la bouche, on s'en doit
lervir dans les gargarifmes la racine du
,
,
meurier eft amere & fujete à Mars lache
le ventre, tue les teignes, & ouvre les ob-
ftruaions de la rate.
Le bouleau dont on fait des balets eft XXVI,
chaud & fec, refout & fubtilife ouvre les Du bouleau.
,
obftruaions & netoye, fon ufage eft bon à
l'hydropifie & à la gale, les parfums faits
de fon bois , corrigent la malignité de l'air,
cuëilly & diftillé lorfque Jupiter eft dans le
Sagitaire, fon eau ouvre les obstructions,
réjouit le foye & guerit la jauniffe. Il eft
,
utile à toute forte de gens, principalement
aux mélancoliques de fe promener au près
de ces arbriffeaux lorfque le Soleil com-
,
mence à fe lever & paroître fur l'horizon
pour attirer par fon aimen univerfel la ver-
tu des mixtes. Car l'odeur qui en fort pour
lors fe communique au foye par fympa-
-

thie, pour réjouïr & fortifier les efprits, les


pofledez qui ne cedent point aux châtimens
& violences des autres verges, s'adouciflent
à celles du bouleau, parce qu'elles fontfu-
jetes à Jupiter ennemi de Saturne qui pre-
fide à la magie & aux maladies mélancoli-
ques. Le jus de fesfuëilles garde le froma-
ge des vers & de la pourriture.
L'amandier eft foûmis à Jupiter & à Ve- xxvir.
nus fon fruit fortifie le foye , fait le bon be l'amen-
fang & nourrit beaucoup, d'où vient qu'on dier & de fon
à coûtume de faire en temps de famine une fruit»
pafte avec des amendes & autres chofes joi
viales, qui foûtient & nourrit fort prife en
petite quantité & eft tres bonne aux phiti-
fiques & hepatiques , repare les forces, ré-
jouît & fortifie le foye & les reins fait
croître le laiél: aux femmes ,
& la femence,
les Medes faifoient du pain des amandes
rofties pour eftre plus habiles à la géné-
ration. V
grenades
XXVIII. Le fuc rouge des purifie le fang
& conforte le foye, les violetes rouges en
Des grenades
& violetes. font autant, font cordiales & peâorales &
fujetes à Jupiter dans les Poifibns.
XXIX. Leb herbes pcrfoliata, fophia, plumaria
De la chico- & chicorée font vulneraires , confolident
rée & autres. les playes
, recentes , elles font foûmifes à
Jupiter dans le Sagitaire chaud & fec , la
racine de chicorée cueillie le jour & l'heu-
,
re de Venus le Soleil eftant dans le Lion
guerit fans aucun accident, toute forte de
playe à perfection en la mengeant feu-,
îement.
XXX. L'ariftoloche ronde outre qu'elle eft vul-
De l'ariftolo- néraire, eft auffi cephalique, épathique &
che, poulmonique, ouvre la vefeie refout les
, vifeofitez
groflls humeurs, frit cracher les
de la poitrine chatte le venin, ouvre la
, mois, le vin dans
mere pour faire venir les
lequel on la infufée, defeche la gale & mun.
difîeles playes.
XXXI. L'aquilegia à prefque le mefme tempera-
L'aquiiegia. ment, chaude & féche moderement parti-
cipant deJupiter & de Mars.
XXXII. Les animaux fujets à Jupiter fe connoif-
iJDcs animaux
lent par leur douceur, comme le mouton, fujets à Iupi-
dont la cervelle frite empefche le grand ter.
fommeil, la laine refout, échaufe & appaife
les douleurs, & imbibée dans fon fiel, fi l'on
l'applique fur le ncmbril des petits enfans
leur lache le ventre , & fi l'on l'applique
aux oreilles puentes les mundifie , une
dragme de fa graiffe prife dans un verre de
vin rouge guerit la dilTenterie la diarrhée,
& les douleurs de ventre, fes poulmons ap-
pliquez fur la tefte en appaifent l'ardeur &
la douleur , & adouciffent la violence des
efprits c'et f pourquoy ils font fi propres
,
aux phrenefies , fon omentum appliqué
tout chaud fur le ventre guerit la colique,
fa .fiente rafraichit & defeche, ouvre & ne-
toye, prife dans de l'eau deperfil guérit les
maux d'oreilles, & appliquée fur la région
de la rate la ramollit.
La cicogne mangée eft bonne contre la XXXIII.
pefte, & contre toute forte de venin, le fel De la cico*
volatil dont cét oyfeau abonde eft un grandgne.
antidote , une dragme de fes cendres prifes
dans de l'eau de fumeterre eft propre aux
douleurs de la goûte, fa graiffe y eft bonne
avili, & aux tremblemens des nerfs, fa
fiente eft utile aux maux de tefte fon ven-
,
tre feché & mis en poudre chafle toute for-
te de venin.
Le cœur de l'alouette fraichement tiré & XXXIV;
dévoré, ou lié fur la cuiife guérit la colique, De l'aiouette
une once des cendres d'une aloiiete calci-
née avec toute fa plume guérit auffi la co-
lique fon fang pris dans du vin chaud aide
,
efficacement aux pierreux & fablonneux.
XXXV. Les coraux font fujets à Jupiter & à la
Des coraux. ,
Lune rafraichifiVnt & dei'echent , forti-
fient le coeur - l'eftomac & le foye , puri-
fient le fang , refiftent à la pefte , aux ve-
,
nins & fièvres malignes donnent de la
joye, arreftent & pouffent les menftruës,
portés fur foy purifient le fang , attirent
l'amour & l'amitié des hommes, chalfent
les inimitiez prefervent les petits enfans
,
des fortileges, des convulfïons & de l'épi-
lepfie, fi l'on leur en fait prendre environ
dix grains dans du laid,mais pour s'enfervir
avec profit , il les faut reduire à leurs prin-
cipes pour pouvoir eftre reduits de puiffan-
ce en adte par la chaleur naturele, & les
faut par confequent faire diffoudre dans
quelque diffoluant fympathique & fami-
lier , autrement pris en fubftance ils n'o-
perent rien ; parce que la chaleur naturele
ne les peut vaincre pour fe les rendre fa-
miliers. Ainfi des perles & des autres mi.
neraux.
XXXVI. L'eftain eft un métail imparfait, compofé
Delelhin. d'un Mercure plus fixe que celuy du plomb,
& d'un foufre moins meur ; par ce qu'il ti-
re plus fur le blanc, il eft dédié à Jupiter &
ferc aux fufocations de matrice, aux ulce-
res puentes, fiftules oc cancers.
CHAPITRE XI L
De la matiere fiijete à Mars.
L Arreftebœuf eft chaud & fec au troi-
fieme degré) il eft épineux, à la fleur 1.
De l'arreftc-
rouge, les fuëilles Longues & couchées par bœuf.
terre, la racine petite & rougeâtre, parti-
cipe de Mars & de Jupiter ouvre les ob-
firuéhons du foye & du fiel, , guérit la jau-
nilfe & la gravelle, cuëilly fous la conjon-
ction de Jupiter & de Mars guerit la pleu-
relie, & fous la mefme conjonction dans
la dixième garantit l'homme qui la
, porte
penduë ,
au cou des violences de Mars,
~l'empesche
d'eftre blefle à la guerre, le dé-
livre des voleurs & des querelles,
ceux qui
ont Mars & Jupiter joints dans leurs figu-
res font exempts des périls dans les plus
chaudes occafions.
Latichymale autrement l'herbe au laiCt II.
croît aux lieux âpres & rudes , elle eft fort De l'herbeau
corrofive & fujete à Mars dans le Lion , laia.
ra-
iiiolit la dureté de la rate, les fcyrrhes , &
purge la pituite par en bas , on l'appelle la
rubarbe des PayCans elle eft tres violente,
mais l'écorce de la ,racine infufée durant
trois jours dans du vinaigre rofat, quitte fa
malignité & prife au poids d'une dragme
eft propre aux maladies deflus dittes, &
guerit l'hydropifie en évacuant leur matiè-
te. yViii
iij
III. ;
Les artichaux font fujets à Mars parce
Des arti- qu'ils font épineux ils font chauds & fecs
chaux.
au troifiéme degré, leur racine ou leur fe-
inence eft bonne à la pleurefie &aux dou-
leurs piquantes, ouvre le fiel & guerit la
jaunille, leur graine cueillie le Soleil eftant
au cinquième ou fixiéme degré des Balan-
ces guerit la diarrhée , la diflenterie & tou-
te forte de flux de fang, on en peut pren-
dre une dragme dans quelque eau conve-
nable.
IV. La paume-dieu eft chaude & feche au troi..
De la paume fiéme degM, fon fruit eft la noix d'inde qui
dieu.
purge par haut & par bas la bille & la pi-
tuite avec violence , on en peut prendre
fans danger la moitié d'une , après l'avoir
faite infufer vingt- quatre heures dans du
vinaigre rofar.
V. Il y a une efpece d'ortie puente qui parti.
Pc l'ortie^ cipe plus de Saturne que de Mars mais ,
l'autre n'eft fujete qu'à Mars, fes fuëilles
piquantes ramolliffent & confomment les
tumeurs, & les fcyrrhes, & diiToluent le fel
de tartre qui caufe la goûte, fa graine con..
fite dans du miel purifié & guérit l'afthme
& la courte halaine en incifant !es humeurs
viCcufes qui occupent les paflages des poul-
& de la poitrine, elle eft bonne à la
mons
pleurefie fujete à Mars qui prefide aux dou-
leurs picquantes par antipathie , parce que
Jupiter domine la pleure qui eft une mem-
brane qui tapiffe les coftes au dedans du
thorax , elle cuit au plûtoft la matieré de la
pleurefie & la fait cracher, on fait un lini-
ment avec la graine d'ortie, l'huille de lau-
rier , ou la graiffe de bouc & la cire qui ga-
ranti du froid les parties fur lefquelles il eft
appliqué, la femence cueillie lorfque Mars
eft à l'Orient dans l'Efcorpion ou à fon
exaltation dans le Capricorne prife en pou-
dre intérieurement excite la perfonne à
,
colere aufli-toft qu'elle commence à s'é-
chaufer dans le corps..& luy fait faire des
querelles ; parce que la chaleur ce)efte aug-
,
mente la terreftre dans le petit monde qui
contient intérieurement les vertus & les ef-
fences fuperieures.
Les renards qui participent de Mars & de VI.
Mercure à caufe de leur finette n'ahiffent Des renard.
,
pas les ferpens ; parce qu'ils font dédiez à
Mercure, leur graiiïe eft bonne aux convul-
fions, aux playes de la tefte, & aux dou-
leurs d'oreille, leurs poulmons font pro-
pres à confolider les v lceres des poulmons,
leurs peaux font bonnes pour les parties af-
foiblies par la goûte, ou par les fluxions
froides, leur fiente guérit la gale , la déco-
ction de leur chair faite avec l'huille feule
eft tres excellente aux douleurs de la goûte
& de la fcyathique, ceux qui font nez fous
, cette conftellation tiennent de la phyfiono-
mie des renards & de leur fineffe.
Le chien participe plus de Mercure que VII.
de Mars, c'eft pourquoy il eft ami de l'hom- Du chien.
,
me & le vray modele d'un parfait Mede-
cin qui porte avec luy fa propre Medecine,
auflï bien que l'homme qui n'a pas l'adret
fe de s'en fervir comme luy. L Ange Ra-
phaël le voulut avoir pour compagnon *
loifqu'il alloit guérir Thobie cét animal
,
fe guerit de tous fes maux, ou par fa pro-
pre falive ou par l'ufage du chiendent,
,
quand il eft petit appliqué fur le ventre,
guerit la colique & fortifie les membres, les
cendres de fa tefte calcinée defechent les ul-
ceres, gueriflfent les maladies du liege, & les
meurs des tefticules, fa graiffe eft fort chau-
de on s'en fert interieurement pour net-
, confolider les playes & les ulceres:
VIII. toyer &
* De l'hippo-
& extérieurement pour adoucir les dou-
potamos qui leurs de la goute & des oreilles , tuer les
cil fujet à lendes & corriger l'ouye, fon fangeft bon
Mars & à les venins, le boit heureufement
contre on
Mercure
les morfures enragées
a donné oc- contrefouflé dans le gofier guerit l'efqui-
, extérieure-
cafion aux ment
hommes nencie ramollit les tumeurs & les dure-
d'inventer la tez fait , tomber les verruës & appliqué
feignee par- fur le , , challe les
ventre des hydropiques en
ce que Jorf- eaux. Son urine guerit la teigne, & les ul-
qu'ilaquan- cendres de fes dents
tité de rang ceres de la tsfte ,
les
il le pique la calcinées aident à fortir les dents des pe-
veine avec la tits en fans, & mifes en gargarifme en ap-
pointe d'un paifent les douleurs , fon poil guerit fa mor-
lofeau pour preparée adoucit la main
fe tirer du fure, fa
& peau
fan g & ramollit les nerfs retirez. *
IX. Le loup eft un chien fauvage que l'anti-
Pu loup. quité a dédié à Mars parce qu'il ne vit que
,
de rapine,d'où vient qu'on dit queRemus &
Romulus fondateurs de Rome avoient elléo
nourris par une louve : parce qu'ils devoient
ravir l'U nivers cet animal eft fi ennemi
,
'de la brebis que fa haine paroît encore après
fa mort ; parce que les cordes des inftru-
mens faites des entrailles des loups & des
brebis ne rendent jamais une bonne harmo-
nie , non plus qu'un tambour fait faire de
leurs peaux , à caufe de leur antipathie qui
ne vient que de leurs dominations différen-
tes ; puifque le mouton eft fous celle deju-
piter & le loup fous celle de Mars une
,
,
dragme de fa fiente guerit la colique,fa peau
en fait autant, fa graiffe eft bonne pour la X.
goute , fon cœur pour le mal caduc , fon * L'ours qui
foye pour l'hydropifie, la phitifie & la toux, eftfu jeta Mars
une de fes dents enchaneedans de Fargent & à Mercure
en forme d'ochet, eft bonne pour faire for- eftant afflige
tir les dents des petits enfans, fi l'on leur en de la veue
renverfe
frotte les gencives. Et fi l'on la leur fait efTeins d'a- les

porter, les preferve de la peur. On void af- beilles pour


fez des hommes qui tiennent de la phifio- les exciter à
nomiev& des mœurs de cet animal ; parce le piquer &
Mars eft le feul fignificateur de leur fe guerit de
que
temperament. If- cette maniè-
L'animal qui partage plus de la nature de re.
XI.
Mars eft le tigre, parce qu'il eft fort adroit, Du tigre , du
fort induftrieux & fort cruel, il eft fi agile pard,& de
qu'il Semble plûton: voler que courir, il ne la panthere.
vit auffi que de rapine, principalement des
animaux dediez à Jupiter , comme des cerfs
& des finges à caufe de l'antipathie de leurs
Seigneurs, ces fortes d'animaux comme la
panthere & le pard, ont le fiel plus grand
que ceux qui font fous Jupiter , qui ont en
recompenfe le foye plus grand, & les au-
tres parties du corps )felon qu'ils participent
plus d'un Aftre que d'un aùtre, d'où vient
que les phifionomiftes difent que les hom*
mes ont quelque reflèmblance aux ani-
maux , cette obfervation eft auffi familiè-
re que celle des menftruës des femmes pour
établir le pouvoir du grand monde dans le
petit.
XII. Le vautour eft un oyfeau quia l'odorat
Ou vautour.
tres exquis, il ne fe nourrit que des cada-
vres , fa chair mangée eft bonne aux maux
de teft à la migraine & à l'épilepfie fa
,
décoction guérit ,
bonneles maladies fucutanées, fa
graisse eft pour les nerfs, la cervel-
le mife dans les narines, ou fur la tefte la
fortifie, fon fiel empefche l'épilepfie cét
, les
oyfeau eft fujet à la goûte ; parce que
parties joviales font fort foibles aux ani-
maux martiaux, ainfi que nous venons de
dire, & néanmoins par fympathiefes pieds
font propres à la goute ; car fi la Lune eftant
dans TEfcorpion l'on luy tire les nerfs des
pieds & qu'on lie ceux du pied droit , au
pied droit d'un gouteux, & ceux du gau-
che , au pied gauche, adouciflent & appai-
fent fur le champ les douleurs de la goûte,
on en fait de mefme pour les bras, des nerfs
des aifles & des ayfelles.
XIII. Le fer qui eft un métail imparfait compofc
Pu fer. d'un mercure & d'un foufre crud & terre-
ftre eft appellé du nom de Mars ; parce qu il
luy eft fournis & l'acier auffi parce qu'il
,
n'eft autre chore qu'un fer purifié, c'eft
pourquoy on s'en doit plûtoft fervir que du
fer. On en compofe plufieurs remedes pour
',
ouvrir les obstructions guerir la jaunifle,
la diflènterie, la gonorrhœe & autres maux,
fa principale préparation eft de mêler envi-
ron demi livre de limaille d'acier avec au-
tant de fel armoniac en poudre dans une
bouteille de verre, qu'on doit mettre fur un
rechaud à petit feu au commencement,
l'augmentant apres jufqu'à ce que le fel ar-
moniac foit fublimé & attaché au cou de la
bouteille , & qu'on y voit paroître au de-
dans un foufre rouge fur l'acier , il faut en
ce temps retirer ladite bouteille pour la laif-
fer rafroidir & la carter pour y trouver l'a-
cier ouvert par le fel armoniac & feparé
en trois parties , celle de deffus eft rouge
,
qu'il faut prendre feparement, celle du mi-
lieu verdatre qu'il faut auffi prendre fepa-
rement, & celle du fonds eft blanche com-
me le regule , ces trois parties eftant ainli
feparées , on doit difloudre celle du milieu
dans de l'eau de fontaine qu'il faut palier
par le papier & la faire-évaporer à petit feu,
pour y trouver au fonds un fel verdâtre
qu'on peut encore difloudre dans l'eau,
pour le purifier à la maniere des autres fels,
& eftant bien purifié, un fcrupule dans une
cueïllerée de fyrop de violete eft excellente
pour les maux cy-deffus, purge doucement,
ouvre les obftruéHons de la rate, &c. On
doit auffi difloudrela premiere partie jaune
dans de leau de fontaine , & faire comme
de la partie du milieu, pour y trouver au
fonds une poudre fort jaune dont on peut
tirer la teinture pour en donner un fcrupu-
le dans quelque eau convenable , elle for-
tifie le foye & les hypocondres, guerit l'hy-
dropifie & les maladies mélancoliques ; par-
ce que les qualitez des A ftres ne font jamais
fi ifnceres dans les mixtes qu'ils dominent,
qu'elles ne foient auai mêlées avec celles
des autres Planetes, ainfi cette partie rou-
ge dédiée à Jupiter, eftant feparée des qui-
litez de Con ennemi détruit les maux caufez
par Mars, ou par Saturne qui luy font an-
tipathiques.
Qrato lib. g. L'antimoine eft dédié à Mars auffi bien
epji. J. ego qu'aux autres Planetes, parce qu'il partici-
fane non ve- des autres métaux. On le préparé diver-
pe
reret ufum fement, &
iftbiidextre on en fait une infinité de bons
fr/tparati remedes, voyez Bafile Valentin pour y dé-
quod es in- couvrir le diffbluant qui le fait palier en li-
ftnttbus re- queur par le bec de l'alenbic & qui volatilife
cens natis tu. les métaux.
to es fi/ici
tous
ettm fuccejp*
frdbco.
C H APl T R E XIII. ,
De la matiere fujette au. Soleil.

r
y.
Du fafran.
c Omme les Aftres impriment leurs ca-
radteres aux corps fublunaires qu'ils
dominent, la vertu du Soleil ne fe trouve
point fi ramaflee dans l'or qui porte fon
image , qu'elle ne fe trouve auffi dans les
vegetaux;, le lafran en porte la couleur &
l'opération ; puifqu'il diffipe les obfcuritez
des yeux qui font comme deux autres So-
leils, qu'il peut fecourir par fympathie, &
le cœur auflï ; parce qu'il luy eft fujet, il
diffipe les efprits mélancoliques, refîfte au
venin , rend le corps beau & guerit la jau-
nifle, le farFran fauvage-qui croît aux mon-
tagnes où il y a des minieres d'or, en atti-
re par fympathie la qualité, enforte qu'il
donne la couleur de l'or à l'argent & à l'é-
tain, ceux qui font nez lorfqueîe Soleil eft
affligé des malefiques ont la veuë gaftée,
,
un fcrupule de fafran eft cordial & fami-
lier aux poulmons & à toutes les autres
parties du corps, appaife les douleurs, fait
dormir & celler les paflîons de la mere,
foulage les afthmatiques & relifte à la pefte.
Néanmoins fon grand ufage eft mortel, a-
veugle mefme & pris au poids de deux drag-
mes , étoufe le cœur par la trop grande a-
bondance des efprits vitaux qu'il engendre
& offufque la veuë comme la trop grande
lumiere du Soleil. On doit conferver fa
teinture faite avec l'efprit de vin pour en
donner une douzaine de gouces dans quel-
que liqueur convenable aux maladies fuf-
dires.
JL'aunée eft fujete au Soleil, chaude & II.
feche au troifiéme degré, & comme la De l'année;
pre-
fence de ce bel Aftre diflîpe les tenebres,
aufli les chofes qui luy font fujetes , ont la
faculté d'éclaircir la veue de conforter le
cœur, & refifter au venin. Si l'on boit, ou
l'on frotte les yeux du vin dans lequel
on
a fait infufer les fleurs de l'aunée. Car la
verru du grand monde introduite dans le
petit y opere en le fortifiant ? fa racine mi-
fe à morceaux & fechée à l'ombre eft fort
cordiale & fudorifique , ditfout les humeurs
visceuses des poulmons & des reins,fait pif-
fer ;
peste.guerit
guérit la ga!ls
galle
, &
&: eft propre
pro p re à la

III. Les citrons & les oranges ont la chair


,
Des citrons froide & humide la pelure & la graine
& des oran- chaude & feche au deuxième degré, ils ai-
ges. ment l'abry , chaflent le venin, les vers &
la pourriture , fortifient ôç réjouïlTent le
cœur, augmentent les efprits vitaux, puri-
fient le fang , & font propres aux fièvres
malignes.
La vigne qui ne peut refifter au grand
IV. froid fujete Soleil ; le fuc de fes fuëil-
De la vigne eft au
les guerit la diflenterie les vominemens,
,
& les hemorrogies, appliqué fur la tefte en
appaife les douleurs, adoucit la chaleur &
,
fait dormir le jus de ferment éclaircit la
veue, ofte la rougeur des yeux, unit le tein
aux dames ,le verjus rafraichit & defeche,
excite l'appétit, guérit le flux de ventre &
mitigé la chaleur des fièvres : mais quand
il eft meur & frais. il eft chaud & humi-
de, enfle le ventre & caufe des cruditez, &
quand il eft feché, il eft chaud & fec , lâ-
che le ventre, adoucit, eft agreable à l'efto-
1
mac, au foye, aux poulmons & appaife la
toux.
V. La fueille de Laurier eft chaude & feche
Du laurier. au troiûéme degré, & fa graine aufli, elle
garanti du tonnete, ramollit, & refout. Le9
branches de cet arbre que l'antiquité a dédié
;au Soleil pour couronner tous les conque-
rans de la terre , choquées enfemble font
du feu, comme les os des L yons , les fuëil-
les corrigent l'impureté des eaux, font bon-
nes contre les humeurs froides , & leur
huille auffi dont trois ou quatre goutes
,
prifes dans de l'eau convenable font piller,
chaflent les vents, meuvent les menftrues,
corrigent les cruditez de l'eftomac mifes
,
dans l'oreille en reftituent l'ouye & en àp-
paifent les douleurs, appliquée par dehors
guerit les ulceres de la tefte, & efface les
lâches du vifage.
Le romarin eft fujet au Soleil, a Mercu- vr;
re & a Mars, c'eft un des principaux ce- Du romarin;
phaliques chaud & fec au fecond degrc,
nerfs , aux maux de mere, aux foiblefles des
propre
à l'apoplexie , épilefîe paralifîe,
,
vertige, migraine, jaunifle, & fleurs blan-
ches il ouvre les obftrucHons de la rate &
,
,
de la matrice fortifie le cœur & le cer-
veau, refifte au venin , guérit les maux des
yeux, éclaircit la veuë, corrige la puenteur
de l'haleine, & provoque les fueurs.
Le mile pertuis ou hypericon eft chaud & vil:
fec cueilli lorfque le Soleil eft fortuné Du mille-
,
dans le Lion par quelque bon regard deju- pertuics.
piter, à une fubitance oleagineufe propre
pour arrefter le fang, guerir , mundifier &
;
confolider toute forte de player tant inter-
nés qu'externes, fon eau diftillée eft fudo-
>

[ rifique les pores les humeurs


, purge par
pourries & venimeufes, tue les vers, chaC
fi
fe les bourdonnemens d'oreille Se eftant
,
cuëilly fous la conjonction de Jupiter & du
Soleil dans la dix, fert à faire des parfums
pour chafler les efprits foûterrains qui gar-
dent les trefors de la terre.
VII. L'helyocrifon croît aux lieux cultivez &
De l'helyo- aux colines feches fa fleur eft de couleur
çrifon. d'or, appliquée fur ,les yeux, fortifie la veuë
& en guerit les maux, comme l'hypericon,
cuëilli fous le trine de Jupiter & du Soleil
dans le Lion , donne de l'autorité & de la
fplendeur à celuy qui la porte fur foy : Pa-
racelfe enfeigne un onguent merveilleux
pour cét effet compofé des fueilles de ce
fimple & de l'or.
IX. La melifle qui fent le citron eft chaude
De la mdilfe & feche au fécond degré, elle eft cephali-
'que , cordiale , hepatique, poulmonique,
& uterine , cuit les cruditez de l'eftomacj
fortifie la jeunette, & retarde la vieilleffe,
refifte au venin , eft bonne aux maux des
yeux & aux fuffocations de matrice, chaf-
fe l'arriere-faix , & participe du Soleil &
de Jupiter.
x. Le frefne produit un fruit femblabie au
Bu frefue. noyeau d'amende un peu amer, fortifie Je
coeur , refifte au venin & à la pefte. Son fel
pris dans de l'eau de meliffe preferve de
la pefte ; Paracelfe fait cueillir une branche
>

de cét arbre , lorfque Saturne eft dans la


Vierge par un garçon de neuf ans , & la
couppe après à morceaux en prononçeant
quelques paroles, & touche de ce bois les
parties malades pour les guerir de toute forte
de douleurs quelques grandes qu'ellefoient
&de
& de quelque caufe qu'elles puiflent prove-
nir , il en guerit mefme la goute, toutes fes
espèces, & toute forte de playe en trempant
un morceau de ce bois dans le fang du
blelfé.
Le moly appartient au Soleil & à Venus, xr.
cueilli fous leur conjonction dans le Lion, Ou moli»
donne de l'autorité & de la fplendeur à ce-
luy qui le porte fur foy les Roys de Per-
,
fe fe frotent d'un on guent compofé de ce
fimple de l'aunée de la graine de Lion,
, ,
du vin, & du faffran, pour s'attirer l'amour
& l'amitié de leurs fujets & avoir une
plus grande autorité fur eux. ,
L'alifme à fa fuëille un peu plus étroittë XIt.
le plantain, il à fa lfeur blanche qui De l'alifine»
que re-
prefente l'œil, il participe du Soleil & de
Venus fa racine eft odorirerante ; il ofte
,
l'inflammation des yeux, fortifie la veuë &
chalTe le venin.
Les animaux fujets au Soleil font gene- XIII.
reux, fuperbes, magnanimes , forts & ro-
buftes comme le cheval qui participe en- du lion.
Dn cheval -
&

,
core de Venus, ceux qui font nez fous leur
conionâion à l'afcendant tiennent de fa
phifionomie, font fuperbes & glorieux,
comme ceux qui naiflent lorfque leSoleil eft
tout feul dans la premiere, tiennent de cel-
le du Lion , & fympathifent fi fort avec luy,
qu'il ne leur fçauroit faire aucun mal au ,
contraire de ceux qui y auroient Saturne.
L'humeur criftalin de fes yeux aiguife la
- veuë & la rétablit, cét anima vit autant
qu'ion homme, & a les dejits prefquetoû*
jours gâtées ± parce que les parties domi-
nées par un Aftre contraire à celuy qui pre-,
fide à tout l'animal font toujours moins
fortes, comme nous avons obfervé ail-
leurs.
XIV. Le cocq applaudit le retour du Soleil fur
Du cocq.
l'horifbn ton cœur arraché au jour & à
,
l'heure de cet Aftre, & lorsqu'il eft dans le
Lion donne de l'autorité à celuy qui le por-
te fur foy, fa crette en fait autant, & pour
les confeiver il les faut faler avec du faf-
fran , l'eau diftillée d'un chapon & de l'or
,

tout enfemble, fortifie le coeur & refifte au


venin', parce que l'or communique au
bouillon quelque peu de fon foufre il en
,chofes
paroît auffi plus pafle ; parce que les
femblables agiflent & fe joignent facile-
ment. C'eft pourquoy l'or potable fait avec
le jus de coq eft excellent.
XV. L'aigle appartient au Soleil & participe
De l'aigle. auffi de Saturne, les hommes qui font nez
fous leur conjondion, en ont de la reflem-
blance, font graves & grands, & de longue
vie. Les Romains portoient des loups dans
leurs armes, & les ôterent après pour pren.
dre l'aigle pour devife , comme le plus no-
ble des animaux folaires, qui commande à
tous les autres , ceux qui ont le Soleil avec
la ceinture d'orion font de grande renom-
mée.
XVI. L'image du Soleil paroît plus particulie-
De l'or. ment à l'or qu'aux autres chofes, il eft aufli
,
le plus noble de tous les métaux le plus
dur & le plus compacte compofé d'un
,
tnercure & d'un foufre digeré & fixe, il
contient le baume de la vie, repare la na-
ture , & il eft propre à toute forte de maux,
purifie le fang & purge les méchantes hu-
meurs par les pores, fa limaille mêlée avec
la poudre de corne de cerf brûlée, bien clo-
fe & couverte dans un pot de terre, mis
,
dans un four de chaux jufqu'à ce qu'elle
devienne incarnate eft une grande Médeci-
ne, dont trois ou quatre grains pris dans
un bouillon de coq , guerilïent beaucoup
de maladies en fortifiant les facultez natu-
relles.
L'on doit remarquer que l'or tiré des mé- XVII.
taux imparfaits eft plus propre à l'ufagede Remarque
la Medecine ; parce que pour rendre l'or fur l'or tiré
parfait utile à la nature , il faut qu'elle le des métaux
puiftè changer en fa propre fubftance & imparfaits.
,
pour le mettre en cet eftat : il eft neceflàire
de le reduire du centre à la circonferance,
pour le rendre volatil par un difîoluant fini*,
pathique, & comme il fe trouve tout vola-
tilifé dans les métaux imparfaits, on peut
épargner la moitié de la peine.

CHAPITRE XIV.
De la matiere fujette à Venus.
L Es lys, principalement les blancs, doi-
vent leur temperament à Venus ; parce Des lis.
I.
qu'elle fait la blancheur dans les végétaux
& les autres participent des autres Plane-
tes, felon leurs diverfes couleurs : leur ra-
cine cuëillie fous la conjonction de Venus
& de la Lune dans le Taureau ou les Ba-,
lances, confilie l'amour des dames portée
pendue au cou, parce que Venus rend tou-
tes les chofes qui luy font foumifes fort a-
greables fi l'on fait boire les filamens jau-
,
nes des lys à une fille , elle fera obligée de
piffer fur le champ, fi elle a perdu fon pu.
celage , l'eau de lys diftillée fait facilement
,
accoucher les femmes & diminue beau-
coup leurs douleurs, d'où vient que les [.1:-
ges femmes en oignent les parties inferieu.
res d'une femme en travail pour faciliter
fon accouchement : la mefme eau blanchit
le vifage, unit le tein ofte les taches de la
,
peau, & fi l'on y fait diffoudre dans trois
ou quatre onces , une dragme d'antimoine
diaphoretique precipité par l'efprit de fou-
fre blanchit miraculeufement les dame*,
,
on la peut prendre auffi par la bouche, pour
purifier le fang, & chaifer par les pores, ou
par les urines toutes les mauvaifes humeurs,
ouvrir les obftruétions , guerir les apoftu-
mes internes & externes , & fortifier le
cœur, leurs oignons pilez & bouïllis avec
du pain font excellens pour faire meurir 8c
crever les abcès en peu
la de temps.
III. Le lys de valée à fleur blanche & ai-
Du lys de ,
me les lieux humides c'eft pourquoy il
valée. partici pe de la Lune auffi bien que de Ve-
nus. Enforte que les qualitez de ces deux
Afircs y eftant jointes, le rendent fort pro-
pre à fortifier les parties qui leur font fuje-
tes , comme le cerveau , & la matrice , &
à guerir le mal caduc, l'eau difti!lée de fes
fleurs repare les forces perduës aux fem-
mes par la violence du travail d'enfant, leur
donne de la vigueur, & les fait accoucher
facilement & fans danger , elle eft auflî u-
tile à la paralyfie aux vertiges, & autres
maladies de la tefte. ,
Le hyacinte autrement Vaciet eft une lIt.
, Soleil
erpece de lys , qui participe plus du Du hyacin-
que de Venus par ce que fa fleur eft de te.
couleur d'or , & eftant qualifié des vertus
-,

de ces deux Planètes attire l'amicié des da-


mes illuftres qui leur font foûmifes : le fuc
de fa racine appliqué fur la peau, empêche
les cheveux de paroître & recule la pu-
,
berté , parce que les cheveux eftant de Sa-
turne , font referrez par les proprietez de
fes ennemis fa racine cuite appliquée fur
,
les tefticules en guerit les tumeurs.
,
Le narcifle eft d'odeur l'afcive, fa fleur IV.
eft blanche & jaune en dedans douce au Du narciffe.
,
gouft & d'humeur viCcufe fa racine aug-
,
mente la femence & ayde à la génération,
fon eau diftillée blanchit & nettoye le vi-
,
fage, fi les filles s'en lavent fouvent les té-
tons , elles les auront fort beaux, forts durs
& fort ronds, à caufe que Venus les domi-
ne , elle eft utile aux nourrices, & attire l'a-
mitié des jeunes filles.
Les nymphes ou le nenuphar qui à la V.
fleur blanche & douce , croît aux lieux hu- Du nénu-
mides , c'eft pourquoy il eft aufli fujet à la phar.
Lune qu'à Venus à caufe de cette conftel!a->
tion, cuëilly depuis la fin de Juin jufqu'ait
milieu de Juillet appaife les fuméies de l'ei.
ftomac, guerit la migraine, les vertiges &
autres maux de tefte en la fortifiant , & fi
l'on le mêle avec les antipathiques fujets-.
à Saturne, gucrit la gonorrhxe & éteint
,
les mouvemcns de la chair, fon eau diftil-
lée ofte toute forte d'inflammation eft ,
bonne aux hetiques & pleuretiques , & fi
l'on la mêle avec les fcympathiques rafrai.
chit le foye, , nettoye & embelit le vifa-
ge , fa racine arrefte les fleurs blanches &
rouges.
V t. Le fatyrion à la fleur blanche ; la racine
Du faryriÕn: rouge & blanche au dedans, douce au goût
& bonne a la bouche, l'odeur l'afcive , &
la fubftance vifcufe, il porte la figure des
tefticules & eft foûmis à Venus dans le
Lion ; parce qu'il participe du Soleil, le fuc
de fa racine reprefente la femence du gen-
re humain, purifie le fang, ayde à la géné-
ration, principalement lorfqu'il eft cuëilly
avec toute fa vertu, comme on fe peut con-
vaincre par l'experience, pour fe détrom.
per de quelques opinions nouveles qui nient
la fujetion des chofes terreftres aux celeftes.
Car la racine blanche du fatyrion cueillie
Iorfque Venus eft dans fa propre maifon,
incline fort à la luxure celuy qui la porte
penduë au cou, enforte que la nuit mefme
en dormant, il ne fçauroit fe defendre des
fentimens de la chair & d'autres chofes que
4 modeftie ne permet pas de dire, fi l'on
ferre cette mefme racine dansées paulmes
de la main, excite les mefines mouvemens
fî-toft qu'elle commence à fentir la cha-
leur , & cueillie dans un,autre temps n'ope-
re pas les mefmes chofes.
C'eft un bon prefage aux amoureux de vil.
;
fonger des pommes parce qu'elles font fu- Des pom-
jetes à Venus, principalement les douces. mes.
Les figues luy appartiennent auffi, & à
Jupiter, un petit rameau de figuier couppé Des figues.VIII.
lous un bon afpedfc de ces deux P lan'etes l'u-
ne ou l'antre eftant dans fa propre maifon,
& mis fur le cou d'un Taureau qui eft fujet
à Venus & à Saturne, l'adoucit & l'appai-
fe incontinent dans fa plus grande fureur
;
parce que Jupiter ennemi de Saturne eft le
pere de la douceur.
Les rofes font fujetes à Jupiter & à Ve- IX-
nus , gueriifent la gonorrhxe arreftent les Des rolês.
fleurs blanches & rouges , aident, à la con-
ception le fel du bois de rofe fortifie la
,
matrice & en ouvre les obftruftions. -
Les animaux fujets à Venus aiment la X.
douceur & les delices, & lorfqu'ils partici- Des pigeons
pent de Mars fe plaifent fort à l'amour, & tourte-
les pigeons, les tourtereles, & les reles.
comme
moineaux qui fe refentent de l'empire de
l'un & de l'autre , fi le jour & l'heure de
Venus aux Balances dans la dixième on ar-
,
rache le cœur & les reins d'une' tourterele,
celuy qui les portera fur foy, fera fort aimé
,
des remmes principalement fi l'on leur fait
manger le cœur d'une colombe roftie je
n'écris pas cela pour les méchans, à Dieu ,
ne plaire:, mais pour les fages naturaliftes
qui fe doivent convaincre par l'expérience
des influences des corps fuperieurs fur les
inférieurs. Les colombes & tourtereles
font bonnes en temps de pefte, purifient
l'air des efprits venimeux qui la caufent, les
dames belles & delicieufes fe nettoyeur
leurs vifages d'une eau diftillée des colom-
bes & des lys blancs, & celles qui font nées
lorfque Venus eft fortunée à l'afcendant
font belles & blanches & ont de tres bon-
nes mœurs.
XI. Le moineau eft tres lafcif, baife fa femel-
Du moineau. le fept fois par heure , les hommes ou les
femmes qui ont Venus & Mars joints à
leur afeendant en ont de la phyfionomiç
,
& de l'inclination.
XII. Le cygne eft fujet à Venus & à Mercure,
Pu Cygne. c'eft un oyfeau fort delicieux , modefte &
innocent, ceux qui ont Venus & Mercure
joints à leurs horofcopes ,en ont de la reC-
femblance, & aiment fort la mufique.
XIII. La perdrix eft fi fujete à Venus, que pen-
Pe la perdrix dant que les femelles couvent , les malles
fe baifent fon ufage eft bon à la généra-
,auffi
tion, mais comme il n'eft point deplai-
qui
,
fir fans amertume caufe la goûte.
fait parler, appartient
XIV. La pie ne que
flapie. à Venus & à Mercure, qui prefide à la lan-
gue & à la voix , elle guerit l'impuiflance
de la-génération, ofte le malefice de l'eguik
Jette notice que Saturne domine cet oy-r,
feau n'a point de rate, il en guérit auffi les
douleurs & la mélancolie.
Le paon participe de Venus & du Soleil, XV.
c'eft pourquoy il eft Iafcif & ambitieux, Du paon.
déployant Ces aifles aux rayons de Phœbus,
ceux qui naiffent fous cette conjonction
dans la premiere en ont de l'air.
Le cuivre eft un métail imparfait, com- XVI.
pofé d'un foufre d'un fel, & d'un mercu- Du cuivre.
,
re rouge. Il fortifie les parties de Venus,
& eft fort en ufage en Medecine, principe
lement en chirurgie, fon fel pris au poids
de fept ou huit grains dans du fyrop con-
venable, fortifie l'eftomac, digere les cru-
ditez , chafle les vents, guerit la colique,
conforte la matrice , en guérit les fufoca-
tions, meut les menftrucs, guerit les maux
des reins , fait piuer ayde à la généra-
tion, &c. ,

CHAPITRE XV.
De la matiere fujete à Mercure.

L diverfe
herbes mercuriales ont
Es
, croiflènt
couleur
les fleurs de T.
le plus fou- Des (impies
vent aux lieux fablonneux, ont l'odeur fub- de Mercure.
tile, gueriflènt les maladies des parties qui
,
font fujetes à Mercure comme de la lan-
gue , des oreilles , des poulmons & autres,
chalîènt les vents augmentent les c* pries
,
animaux, ouvrent les obnruccious & for-
,
tifient la partie fpirituelle du cerveau.
II.
La camomille qui aymç les lieux fablo- De la camo-
mille.
neux & fecs, à fa fleur de diverfe couleur,
c'eft pourquoy elle eft fujete à Mercure
qui caufe les vents dans le grand monde,
avec les Etoiles qui participent des (a natu-
re. Car les chofes qui ont fon temperament
meuvent les vents dans le petit monde &
les chaffent d'où vient que la camomille
,
eft d'un fi grand ufage pour les lavemens,
fa lifcive fortifie la tefte & fa partie anima-
le intérieurement ouvre les obdruccions,
,
meurit les apoftumes des poulmons, meut
les mois & les urines, fi l'on la mêle avec
les Sympathiques.
II. Le nyéiimeron qui à les fleurs jaunes Se
Du nyéHme- bleues, eft compofé de l'élement du feu &
ron. de l'eau, car la diverfité des couleurs mar-
que la diverfité des élemens qui prédomi-
nent aux mixtes : il eft bon aux ifèvres pour
en éteindre les inflammations, adoucir les
eryfipelles & autres maladies bilieufes , il
éteint le feu mis par malice ou par hazard
dans une maifon en le jettant dans l'en-
,
droit où eft le feu, & le faut cuëillir fous la
conjonéhonde Venus & de la Lune.
III. Les féves ont les fleurs de diverfe cou-
Des fèves. leur qui relfèntent plus l'empire de Satur-
ne que de Mercure , c'et f pourquoy elles
font un fang groflïer & propre à recevoir
,
les maladies mélancoliques caufent des
vents, ofufquent les fens, troublent les eC-
prits ànimaux à caufe de la qualité de Sa-
turne jointe à celle de Mercure, l'odeur de
leurs fleurs offenfe mefme le cerveau &: ,
fait devenir fou les hommes nez fous cette
Conjonction, dans l'afcendant reffentent ces
effets au temps des féves le Tel des fuëil-
les pris dans quelque eau ,convenable chak
fe le fable des reins , & les pierres de la
vefcie, la farine de féve eft bonne dans les
emplâtres pour abatre les tumeurs des par-
ties honteufes, elle eft auffi bonne à la diar-
rhée & à la lienterie prife interieurement
& extérieurement, fait palier la hâle du
grand air & du Soleil,
L'herbe à la paralyfie autrement primu- V.
la veris, à les lfeurs dorées & mêlées d'au- De l'herbe à
tres couleurs , & eft foûmife à Mercure la paratyfie.
dans les Balances, fon fel à une qualité aë-
rée & humide qui eft propre à les
purger
bilieux, éteindre la chaleur de la bile, &la
purger doucement fans offèneer le foye, à
caufe des Balances qui eft un figne doux,
fon fel refout le tartre qui caufe la
goûte,
guerit les maladies de la bouche & de la
langue à caufe de Mercure qui les domine,
fon eau diftillée guérit l'efquinencie & les
puftules de la lange & fa decoâion fortifie
les fens.
Le coudre eft fujet à Mercure, l'ecurieu V J.
qui y efiauffi fujetaime fi fort fon fruit qu'il Du coudre.
s'airape pour le manger, l'avelaine regarde
principalement le cerveau , & le fortifiej
l'arbre qui la porte , abonde
en humeur
mercuriale & produit une certaine glu
,
ou guy qui fortifie la partie fpirituelle
du cerveau, la quinteflence du
guy de cou-
dre engendre des ferpens blancs, d'où vient
qu'en tous les coudres où il a du
y guy, il
y a aufli des ferpens qui font deftinez à
,
Mercure dont l'efprit manifefte les etren.
ces de toutes chofes , fortifie les efprits ani-
maux qui luy font foûmis , guerit le mal
caduc , les vertiges , la migraine & autres
maux de tefte, & conforte le jugement &
la memoire.
VII. Le noyer eft fous la domination de Mer-
pu noyer. cure & de la Lune, fon fruit fortifie le cer-
veau & augmente les efprits animaux on ,
fait un remede exterieur des nois & d'une
petite grenouille verte qui guerit l'épilepfie,
cét arbre produit une certaine moufle à la
place des fleurs qui fe change facilement en
îerpens c'efi: pourquoy cét animal aime
,
fort les noyers, à caufe de l'efprit mercu-
rial qu'ils contiennent avec lequel il fym-
pathife , cette moufle mife en poudre tue
toute forte de vers , les fait fortir , & à la
mefme vertu que les cendres des vipères.
Car elle refifte aux venins , l'écorce de la
racine du noyer fait vomir , & eft fort bon-
à
ne ceux qui font empoifbnnez ; l'eau; di-
flillée de l'écorce verte des nois , eft fore
bonne contre la pefte fi on la boit mêlee
,
fympathiques & an-
avec d'autres drogues
tipathiques. Imitant ce fameux héros que
les Romains ne purent vaincre qu'après une
de
guerre quarante ans, Mithridate Roy de
Pont, lequel ayant enfin efté vaincu par
,
Pompée nous fit connoître un excellenr
antidote compofé de deux noix feches avec
de figues & de vingt fueilles de rue
autant enfemble,
avec un grain de fel pilées toutes
pour en prendre à cœur jeun contre le ve-
nin & la pelle; le fuc de l'écorce des noix
guerit les maux du cou , les inflammations
de la bouche & les apoftumes à caufe de
;
Mercure qui domine ces parties, & de la
conjonction de la Lune & de Mercure qui
adoucit la chaleur des parties qui leur font
fujetes.
L'alkaleïa eft une herbe qui a la fleur jau- VIII.
ne & bleuë, fujete à Mercure & à Jupiter, De l'alkaleïa.
elle guerit les apoftumes des coftes & des
poulmons, les blefllires exterieures & inté-
rieures , ouvre les obftru&ions du foye Se
guerit la jaunifle ; parce que Jupiter ramol-
lit les apoftumes des parties qui luy font
fbûmifes, comme de la pleure & des poul-
mons où il porte facilement fa vertu qui
fympathife avec ces parties.
Tous les trefles font de Mercure : d'où IX.
vient qu'à raifon du mefme efprit, les ab- Des trefles.'
beilles qui en participent, fe plaifent fort
fur leurs fleurs pour en tirer le fuc
; parce
que toute l'amitié ne vient que de l'harmo-
nie celefte, ainfi qu'on peut obferver
entre
deux perfonnes qui s'aiment fans s'eftre ja-
mais connues, parce qu'elles ont un mef-
me ligne à l'afcendant ou qu'elles ont
mefme Planete ,
une qui fignifie leur tempe-
rament. Ces fimples font plus odoriferans
en temps de pluye & aux heures de Mer-
cure qu'aux autres ; parce que l'Aura qui
les domine venant a regner fur l'horizon,
remplit l'air de fes efprits qui leur font fym-
pathiques & les rend plus odoriferens, les
fuëilles des trefies le tanent & penchent
vers terre ,
la lorfqu'il doit faire quelque
mauvais temps, & ont une odeur meilleu-
re qu'à l'ordinaire lorfqu'il doit pleuvoir,
prefageant par leurs efprits Mcrcuriaux le
,
bon ou le mauvais temps fortifient les ef-
prits animaux & les multip'ient, gueriftênt
Je mal caduc , diffipent les vents, meuvent
les urines, refiftent aux venins, & contien-
nent une grande Médecine comme tou- ,
tes les autres chofes qui portent l'image de
la tres-Sainte Trinité.
Le fureau qui a fervi de potence à Judas,
X.
Du ,
fureau. eft dédié à Mercure il a de tres-grandes
vertus ; il guérit les maladies du cerveau,
l'hydropifie les fièvres , & une infinité
, l'huille tirée de fes graines,
d'autres maux,
l'huille dans laquelle on la faite infufer,
ou
eft bonne contre la goure, Je guy de fureau
qui croît auprès des faules eft fpecifique
l'épilepfie fes fleurs font anodynes,
pour , l'erylipelle
& propres à guerir & à s'en pré-
ferver & eft fort utile aux brûlures f fa
,
graine eft fudorifiqtje , conforte le cœur &
chafle le venin ; fdn écoxce exterieure ou
celle de fa racine, tire-dehors les ferofitez
& eft bonne aux hydropiques ,
une demie
cuëillerée du fuc de fon écorce les guérit, &
leurs petit fion d'un fureau
purge eaux, un
qui croît prés les faules cuëilli au mois
,
d'Odobre un peu auparavant la nouvelle
Lune & mis en neuf morceaux
l'épilepfie, fa racine
, eft un
cueil-
grand remede à
lie en tirant en bas, le jour de faint Jean
Baptifte a midy en fait autant, car portée
penduë au cou, empefche de tomber dudit
mal & le guérit.
Le genevrier appartient à Mercure, le XI.
ferpent ne l'aime point comme le couldre, Du genévrier
encore qu'il luy foit fympathique ; parce
qu'il porte la figure de la Trinité en plu-
fieurs manieres & ne le peut foufrir en
,
mémoire de fa trahifon. Car fa graine ne
murit qne de ttois en trois ans, elle eft en
forme de triangle , & n'a que trois grains
qui font excellens contre l'hydropifie , la
pefte, le venin , la colique, la toux, l'afth-
me , la goûte, la gale , & plufieurs autres
maladies , aufli bien que le fruit & tout
l'arbre. Pour faire l'elyxir du genevrier, il
faut prendre une fuffifante quantité de fa
graine , la
conquaffer & y faire furnager
quelque eau diuretique durant cinq ou fix
jours , qu'il faut après palfèr par un linge
en preflant le marc ,& la laiffer évaporer
à petit feu jufqu'à confidence de miel, &
y jetter dedans de l'eau de vie parties éga-
les , boucher bien le vaiflèau & le laiffer
quelque peu de temps en digeftion à la cha-
leur du Soleil, pour avoir un elyxir admi-
rable , dont trois ou quatre goutes prifes à
jeun , font propres aux effets cy-deflus. -
La marjolaine eft fujete à Mercure, elle XII.
,
multiplie les efprits animaux fortifie la De la marjo-
partie fpirituelle de la tefte & les nerfs, laine.
,
fon huille qu'on tire fort facilement par
i diftillation eft bonne aux letargiqnes , &
apopletiques.
l
rXlII. Les cubebes foûmifes à Mercure & à là
Des cubebes. Lune prifes le matin en font autant, fubti*
lifent les efprits fortifient le jugement 5c
, ,
la memoire leur grand ufage néanmoins
eft nuifible & fait devenir fou à force de
fubtilifer les efprits.
XIV. La numulaire & ferpentaire, font bonnes
De la ferpen-
en gargarifme à la mere relâchée, à la toux,
taire. à l'afthme & autres maladies des poul-
mons.
XV. L'anis fortifie le cerveau , ouvre par fa
De l'anis. vertu mercuriale les obftruétions, chaffe
les vents , aide à la digeftion & fubtilife
,
la veuë.
XVI. La poulmonaire participe de Mercure &
De la poul- de Saturne , à caufe de la tunique qui ceint
monaire. les poulmons qui eft fujete à Saturne. Ses
fuëilles font changeantes , tantoft elles pa-
roiflent avec des taches & tantoft elles
,
n'en ont point, fa lfeur eft communément
bleuë & rouge, & quelquefois blanche , el-
le rafraichit & defeche, fon ufage eft fort
bon aux maladies des poulmons, aux phi-
titiques, afthmatiques & par dehors elle
,
efi utile aux playes.
XVII. Les animaux de Mercure font fins & cau-
Des animaux teleux fages flateurs artificiels & par-
, , , roflignol, le
de Mercure. leurs , comme la pie , le per-
roquet , & autres qui font fi dociles qui
imitent la voix humaine.
XVIII. L'eau diftillée de l'hyrondele qui ne fait
De l'hiron- que babiller, fortifie le cerveau , & gue-
dele. rit l'epilepfie, fa poudre en fait autant, &
fa langue arrachée fous la conjonttion de
- Mercure
Mercure & de Jupiter & portée fur foy pre-
ferve de l'efquinencie.
Les fourmis & les abeilles font foûmifcs XIX.
à Mercure,à caufe de leur fagefle, les abeil- Des fourmis.1
les néanmoins participent fort du Soleil,
comme les fourmis de Saturne, les faute-
relles & grefyllons, appartiennent auffi à
Mercure & nuifent dans une maifon , c'etf
pourquoy on les doit chaffèr, à caufe du
venin mercurial qu'ils contiennent en leurs
fubftances*
Les ferpens que les anciens ont confacré xx.
à Mercure & à Efculape à caufe de leur pru- Des ferpensi
dence , contiennent un efprit volatil & uni-
verfel qui eft miraculeux en Medecine, for-
tifiant la nature , & chailànt comme une
Medecine univerfele toute fortte d'incom-
modité.
Les finges participent de Jupiter , parce XXI.
qu'ils ont prefque la forme humaine ; & de Des fingeSé
,
Mercure parce qu'ils font fort dociles &
Spirituels, imitans les actions des hommes*
la chauve-foury qui a diverfe figure eft XXII.
,
fous Mercure & Saturne fa ifente rend De la chau-
aveugle par la mefme raifon que la tortuë ve-foury*
mifè dans le bain aveugle ceux qui s'y bai-
gnent ; parce qu'elle eft fujete à Saturne
; qui eft ennemi du Soleil qui prefide à la
r veuë. Le fang de la chauve-foury appliqué
I' fur le ventre, ou autre la part , eft anodyn,
!
appaife les douleurs de colique & de la
i goute , elle fert aux fortileges , à caufe de
,
Saturne & de Mercure mais aufli elle a
quelque chofe de fingulier pour les guerir.
Car Je plus fouvent où eft le mal, eft lerè-
de la ressemblance
~mede, j'ay observé plufieurs pefonnes avoir
à cét oyfeau ; parce qu'ils
eftoient nez fous la mefme conftellation à
l'afcendant.
XXIII. L'écurieu a fait inventer la navigation;
De l'ccurieu.
parce que lorfqu'il veut pafler une riviere,
il fe met fur l'écorce d'un arbre, & il dreffe
fa queuë au vent qui l'emporte de l'autre
çofté de la riviere.
XXIV. Cette grolfe mouche qui fuit avec des
De l'efcara- grands bourdonnemens la fiente des boeufs,
jnach. qu'on nomme en Latin Scarabeusy à beau-
coup d'efprit & eft fort artificielle , elle»
doit fervir d'exemple à ceux qui cherchent
la grande œuvre. Car fourniffant de matie-
re à fon mâle pour engendrer, prend de la.
dite fiente de bœuf. & en forme une pilu-
le', elle s'y met deffus & la roule par les
pieds de derriere de l'Orient au Couchante
ayant les yeux vers le Soleil pour y con-
centrer fa vertu, & l'ayant rendue fort ron-
de, à force de l'avoir roulée, elle l'en ter-
re pour 18. jours, au bout defquels naift
cette efpece d'animal.
XXV. Le mercure eft une liqueur graffe qui eft
Du vif ar- engendrée dans les entrailles de la terre, eI-
gent. ,
le eft en apparence blanche humide, Se
froide, mais en elfet, & en pujlfance chau-
de rouge & feche ; à caufe du foufre
,
,
qu'elle enferme pour fa parfaite digeftion Se
,
çonverfionen métail & pour la réduire de
puilfance enaéle Se, propre à la Medecine,
il
en faut féparer le foufre qui fert à l'e-
Xakation des métaux, comme à le confer-
vation & réparation univerfele de la nature;
or comme cette matiere demande des grands
raifonnemens je les referve pour ma fo-
,
litude.

CHAPITRE XVI.
De la matiere fujette à la Lune.
L Es (impies que la Lune domine font
mois & fucculents aiment les étans
J.
Des lim plec
, ,
& le maretz, croiiTent vide, àcaufe del'a-de la Lune. -
bondaoc.e des humeurs & ne font propres
à guece de chofe, comme certaines perfon-
jnes que je connois, qui font inutiles dans
le monde.
Le chou capu qui eft rond comme la te- IL
fte eft fujet à la Lune dans les poiflons, Du chou câ-
,
remplit le cerveau de vapeurs qui fe me- pu.
teorifent après pour defeendre fur les par-
ties inferieures principalement fi l'on le
, qui quelque
mange avec des oignons, ont
efpece de venin, parce qu'ils participent de
Mars. Il caufe l'hydropifie aux tempera-
rnens phlegmatiques , & adoucit les bi-
lieux, gllerit les inflammations de l'efto-
mac & des autres parties.
De tous les choux 3 celuy qui à la tefte lit.
touge eft le meilleur ; parce qu'il participe Du chod
de Jupiter ;
refetre, c'eft pourquoy il eft vulnérai- rouge.
re, Itche, empefche de s'enny vf er,
& fait bon fang. Au contraire du chou ca-
pu qui ne fait que des eaux ; parce qu'il eft
Seulement fuiet à la Lune. Mais le chou
rouge qui a un temperament compofé deg
qualitez du Jupiter & de la Lune, humeae
le foye, en adoucit la chaleur, & en ouvre
les obftruftions. Il eft utile aux hepatiques,
aux bilieux & à la jauniffe, purge les hu-
meurs bilieufes & brûlées , ion eau diftil-
lée lâche le ventre, fon eflence impregnce
de fon fel eft une Medecine univerfelle dont
les Romains fe font fervis durant fix cens
ans, fans l'aide des Medecins.
L'ail, l'oignon, & le porreau font fujets
1 V.
De l'ail , de à la Lune & à Mars ; c'eft pourquoy ils
l'oignon, & font venimeux, rempliflent la tefte des va-
du porrcau:
peurs & l'humeftent, troublent les efprits
animaux & difpofent à la létargie, & fi l'on
les corrige par les antipathiques , comme
le vinaigre qui eft de Saturne leur ennemi,
perdent leur venin , & fortifient l'eftomac,
& fi l'on les mêle avec leurs fympathiques
refiftent au venin , ouvrent les mois aux
femmes, font pifler, produifent néanmoins
des humeurs acres & mordicantes , à cau-
fe de la conjonction de Mars & de la Lu-
ne dans l'Efcorpion.
V. Les citroüilles les concombres, & les
Des citrouil- melons appartiennent à la Lune ; parce
,
les, concom- qu'ils reprefentent la tefte que cét aftre do-
bres & me- mine, & qu'ils aiment les dont ils ne
lons. eaux,
fe peuvent pafter, font bons intérieurement
& extérieurement, pour appaifer l'ardeur
des fièvres & [adoucir la chaleur de la
bille.
,
J
VI. Les champignons qui ne proviennent
Des cham-
que de la pituite des arbres, ou de la terre
pignons.
font foûmià à la Lune, qui eft la maiftref-
Ce univerfele des humeurs ; c'eft pourquoy
il y en a plus grande quantité aux années
pluvieufes. qu'aux feches leur ufage ne
,
vaut rien ; parce qu'ils difpofe le corps à
l'hydropifie, le rend pafle , & le remplit
de méchantes humeurs.
Les raves appartient à la Lune dans les VII.
Poiflons elles font venteufes une demi Des raves.
, ,
dragme de leur graine excite la puiffance
de Venus, fait piflfer chaire le venin , &
,
eft fort propre à la petite verole prife dans
quelque eau convenable.
La laitue aime l'eau qui eft fujete à la VIII.
Lune , augmente les humeurs Ôc le laiét De la ledue.
aux nourrices , adoucit l'acrimonie de la
bile, humeâe le ventre , appaife les dou-
leurs chaudes de la tefte & fait dormir.
La pivoine participe de la Lune jointe à IX
Jupiter dans le Cancrejc'eft pourquoy cuëil- De la pivoi-
lie fous leur conjon&ion dans leur maifon ne.
ou exaltation , foulage Se guerit tous les
maux de tefte, fait venir & arrefter les
mois aux femmes qui la portent fur elles,
corrige leurs fleurs blanches & rouges, eft
propre aux maux de mere, & à prefque la
vertu du corail.
La flèche d'hercule participe de Mars & X.
de la Lune, l'épi, & la lentille d'eau, par- De l'épi d'eau
ticipent de la Lune & de Venus, rafraichif- & autres.
fent, humettent, & adouciflent les inflam-
mations.
Le coquelicot eft fujet à la Lune dans les XI:
Ppiflons ; parce qu'il participe de Jupiter, Du coqueli.
cor.
il rafraichit trop le cerveau & le templit
de trop grande quantité de phlegme par fa
vertu lunatique ; c'eft potfrquoy ôiïfe doit
corriger par des chofes folaires, comme
l'huille de laurier, ou par des mercuriales,
Comme l'huille de genevre & eftânt âitifi
,
corrigé fortifie le cerveau, tenvpere la cha-
leur du foye purifie & rafraichit le fang,
fon eau diftilée,
eft bonne aux fiévïes ar-
dentes & à la pleurefie appaife les gran-
des douleurs caufées par , les intemperies
,
chaudes en gargarifme eft utile à l'efqui-
nencie, fon fuc) ou fa fleur en poudre pri-
fe dans des eaux joviales , comme de vio-
lette , guerit aufli la pleurefie caufée par
Mars qui eft ennemi de Jupiter, & caufe
le fommeil l'eau diftilée du coquelicot
,
cuëiHy lorfque la Lune eft dans les Poif-
ïons , appliquée fur la telle en guérit les
,
maladies qui proviennent de la chaleur,
fait dormir , oftfc l'inflammation des éryfi-
peles qui fe gueriflent communément par
la Lune dans les PoHïbns.
XII. La mandragore fe fent des qualités de la
Pc la man- Lune & de -Saturne , elle fait les obflru-
dragore. ftions de la rate , & càufe la folie ; c'eft
pourquoy on ne s'en fert point intérieures
ment, fi elle n'eft corrigée pat fes antipa-
thiques qui appartiennent au Soleil enne-
mi de Saturne: dont la qualité eftânt cor-
rigée par celte de ce bel Aftre,donrie' le bon
fens , & charte l'humeur mélancolique,
toute feule extetieurement eft un grand
narcotique qui appaife toute Cottâ de don-
leur, & adoucit les inflammations des éry-
flpeles. Les femmes qui ont plus d'incli-
nation à la magie que les hommes, parce
qu'elles font plus curieufes & que leur
,
fang menftrual eftant retenu , leur ofufque
le cerveau par fes efprits Saturniens, fe
frottent le derriere du fuc du mandragore
pour fe rendre au fabbat.
Les animaux Lunaires aiment l'eau, com- XIII.
Des canars &
me les oyfons
,
les ,
canes & les canars,
dont deux dragmes de leur fang font con- des oyfons.

tre venin, leur graine fubtilife & refout les


humeurs vifcufes guerit la froideur des
nerfs, & eft bonne, aux fifïlemens d'oreil-
le , une dragme de fiente d'oyfon detrem-
pée dans une cuëillerée d'urine de veau, ou
de chèvre diftilée prife durant huit jours
,
guerit l'hydropifie l'efcorbut & la toux,
,
& une dragme de fa mefme fiente fechée
au Soleil, & détrempée dans quelque eau
convenable fait le mefme effet.
Les crapaux font fujets à la Lune & à XIV.
Saturne, ils contiennent un puilîànt venin, Des crapaux.
dont l'antidote eft la teinture de la poudre
d'émeraude qui eft fujeteà Venus ennemie
de Saturne, après avoir néanmoins donné
l'émetique les crapaux qui aiment l'om-
,
bre & les endroits que le Soleil ne peut
purifier par fes rayons, ont un poifon plus
dangereux que les autres ; parce que l'ait
qu'ils refpirent dans ces lieux eftant deve-
nu Saturnien , augmente leur méchante
qualité par fympathie néanmoins cétani-
,
mal eft un puiffant narcotique , à caufe de
la conj onâion de la Lnne& de Saturne,
fi l'on a le foin d'en prendre un des plus ve-
nimeux 5c abominables pour l'enterrer par
la tefte jufqu'au cou , le laifler mourir de
cette façon, & le fecher au Soleil pour en
faire une poudre fubtile : on aura un tres-
excellent remede dont une demie dragme
prife dans de l'eau , convenable ,
guérit la
goûte , l'hydropifie , les maux de tefte &
de cœur, & les fièvres, purge par les urines
,
toutes les mauvaifes humeurs & appaife
toute forte de douleur en moins d'un demi
quart d'heure. Il fautobferver quelque for-
te de conftellation pour faire cette opéra-
tion. Un crapau fec infufé durant vin gt-
quatre heures dans du vinaigre & appliqué
aprés fur un bubon ,en attire tout le venin,&
fait meurir toute forte d'apoftume, & ap«
pliqué fur la plante des pieds appaife la
phrenefie & les maux de cœur, on y trou-
ve une pierre en forme de Lune concave
& convexe qui eft un grand prefervatif
pour la pefte & guérir toute forte de venin;
parce que quelquefois ou eft le mal eft le
remede : cet animal s'engendre facilement
de la pourriture des vegetaux qui luy font
fympathiques ; parce que les chofes qui
font fous une mefme conftellation, fe mé-
tamorphofent facilement les unes aux au-e
tres, ainfi le jufquiame qui eft fujet à Sa-
turne dans l'Efcorpion n'eft guère fans cra-
pau ; parce qu'il s'engendre de fa pourritu-
re : les œufs des canards eftant digerez par
une chaleur modérée durant un nipis Cç
,
convertiflènt auffi en crapaux ces expe-
riençes faciles peuvent bien détromper des
gens de nouveles opinions dont la faillie
creançe leur fert de punition.
L'araignée eft fujete à la Lune dans FEf. XV,
cor pion, dont elle porte prefque la figure: De racai.
elle nous a appris l'art de faire les toiles, gnée.
,
elle eft tres venimeufe & quoy qu'elle ait
quelque fympathie avec les mouches & les
crapaux, elle leur eft néanmoins contraire
à caufe de Mars qu'elle participe, & tend
fes filets pour les prendre & leur fuccer le
fang. Car fi. toft qu'une mouche eft dans fa
toile , elle fort de fon trou pour la faire
mourir, & fi un crapau s'y trouve deflous,
elle defcend avec une vitefïe furprenante
pour le tuer.
- Le
cocu eft un oyfeau fi fujet à la Lune, XVI.
qu'il en foufFre un rheume continuel fur Du cocu.
la poitrine , fes cendres appliquées fur la
tefte, en foulageant les maux, IX. adoucif.
fentla phrenefie.
Les hibous, les chats huants, & les choiie- XVII.
tes participent de la Lune & de Saturne, Des hibou*.
,
font fort narcotiques & anodyns le cer-
veau d'un hibou mangé, guerit toutes leej
douleurs de la tefte & fi l'on y applique
,
les os, la fortifient & en appaife les dou-
leurs.
Les coquillages qui croient & décroif- XVIIT..
fent felon le cours de la Lune luy font fu. Des coquil-
jets, encore qu'on en trouve quelquefois lages.
,
des pleins en nouvelle Lune auffi bien
que des os remplis de moële, & néanmoins
ils ne laifTent pas de reccMloîtte l'empire
de cét Aftre , parce que les âccidéns par-
ticuliers ne dérogent point aux regles ge..
nerales. Il n'eft rien de fi vtay que îefang
augmente, & diminue félonie mouvement
de la Lune, les ordinaires des femmes nous
en donnent des témoignages authentiques,
& cependant on efi trouve qui n'en ont
point, Ôc d'autres qtti les ont prefque tou-
jours. La nature à placé lé foye au cofté
droit, & la rate au cofté gauche, &: on n'a
pas laiffé d'ouvrir des corps qui avoient ces
parties renverfée9; le fdyè eftant à l'en-
droit de la rate & la rate al1 contraire à
l'endroit du foye. On trouve mefme anez
fouvent des monfttes qui ne dérogent point
à la fageffe de la nature, non pltfs que ces
stccidens particuliers à la domination de la
Lune, parce qu'ils proviennent de ladiver-
fe difpofitiôn des autres Aftres qui ont la
force dé changer les effeas généraux ainli
que nous avons fait voir dâftà lé premier
Livre. -

XIX. Les grenouillé* fe fétfentént autti de la


Des gre- domination de là Lune l'eau de leur fper-
noililles-J | diftilée âptoaifé
,
les dotileurS qui
me tontes
proviennent de la chaleuf & étfeirtt toute
forte d'inflammation.
Les tortues la mefme qualité , hu-
XX ont
Des tortues. mectent & rafraichiflent, elles font bonnes
au foye, à la phitifie & à l'hidropifie.
XXI. L'Ecrevice eft fujete à la Lune& at Jupi-, foye
De l'ccrccice.
ter , c'eft pourquoy elle eft bonne au
qu'elle hume&e > & rafraichit, & eft fat*
>
utile à la phicine: le héron s'en fert pour fe
défendre de les ennemis.
Tous les Paifîafîtt font generalemenp fou-- XXII.
».
mit à la Lnner, bien qu'il y en ait, qui par- Des poiflons
ticipent des autres Planetes comme les
,
hommes qui font tous fujets au Soleil, &
ne lailîent pas néanmoins de participer des
autres Afirce., fe les laifle à diflfinguer au
fage naturalifte poor les rapporter à Ieftc
,
dominatiôrt parcicaîiete auffi bien qa'ttfid
infinité d'antres chofes que je n'ay poinc
rapportées pour ne point grofïit céc ou-
vrage.
L'argent pofîède les vertus 6 Se le cara- XXIII.
dere de la Lune, comme l'or ceiuy du So- De l'argent
leil , c'eft Utt métail qu eftant rendus fpifi-
tuel au point que lai nature le puiflè chan-
fa
ger en fubftance conforte la cerveau, 8C
les efprlts animaux, guérit toutes les mala-
dies de Ta telle, & de la, matrice-: il y en a
plufietrrs préparations chez les auteurs.
Mais je les ttoiive imttiles, par £ é qu'elles
ne font pas fidèles, n'ênfeigriànt pas de le
reduire àfes principes pour- éveiller la qua,
lité celefte & vivifiénte qui y eft éommo
endormie à force' d'y êftre, rdferréë,& tÓmw
me cela demande des raifonnertPêns par-
ticuliers je fenvoy lé Lèéteur aux Caba-
liftes. ,
Outré la dàéhiflé que nôus véflônS d'ap- XXIV.
prendre 5 Paracelfe fe fert de la rranfplan-^ De la trans-
ration , qili n'eft autre chôfe qu'une mu- plantation.
tuelle propagation d'une chofé à l'atifre,
par la faveur de la qualité magnetique qui
provient des influeuccs celeftes qui font.
,
toute la fympathie & l'antiphatie fublunai-
re ; parce que chaque mixte à un aimen
particulier pour attirer les vertus des Aftres
qui luy font propres , & que les Aftres à
leur tour en attirent les mefmes qualitez
pour les leur rendre après avec ufure, ainfi
qu'il paroît au Soleil, qui attire les vapeurs
de l'eau & les exhalaifons de la terre pour
leur communiquer après ce qu'il leur a pris
avec abondance ; de forte que la nature ne
fubfiftant que par le commerce qu'elle à
avec les Cieux, & qu'il faut de necelfïté
qu'elle perifle, lorfque ce commerce vient
à manquer, faute d'un aimen mutuel & re-
ciproque ce grand homme imitant la natu-
re en général,fortifie les qualitez,des mixtes
le
par moyen de la tranfplatation,& s'il veut
donner, par exemple, aux cerifes la vertu
d'aiguifer l'efprit,il met à,la racine d'un ceri-
fier, des œufs de ferpent ou le ferpent mê.
me, lequel communiquant fes efprits mer-
curiaux aux cerifes, leur donne auffi fa pro-
pre faculté d'aiguifer l'efprit & de forti-
fier le cerveau. S'il veut faire un antidote,
il fait la mefme chofe à la vigne, laquelle
ayant attiré la vertu du ferpent , fournit
une eau diftilçe & un fruit dont le vin à le
vertu du theriaque. Il en fait autant du ce-
nevrier, pour luy faire produire une graine
bonne contre la pefte la lepre & autres
,
maux , & fi l'on
je
veut
viens
fuivre
de
fon
décrire,
exemple
l'on n'a
en tout ce que
qu'à choifir les chofes femblables, ou dif-
fcmblables faite palier les qualitez
, pour
,
des unes dans les fubftances des autres,
ou au contraire, & fe convaincre par l'ex-
perience de laquelle je me fuis affuré plu-
lieurs fois.

Medicus fine Ajlrologia. carnifex


Galeni lib. 8. de ingenio fanitatis.

F I N.
£------..- impreifïon.
F lCutes [urvenuës à F

p Age if. ligne il. tond , lifesurond, ftg. 7i-lig.xi.


toutes ces exemples, lif tous ces exemples. Pag.
7 J« lig. 17 fag. 77. tig. S. fag. 68. lig. 1. cette exem-
ple , lif cet exemple. fag. 77. lig. 6. toutes les autres
iif. tous les autres./* mef.lig.ii.f&uSts exemples,
Itfîaux exemples. fag. 146.lig. r. propoféesiitpro.
po(ez.&a)a y.lig.ioutesjiftous. pag.itf' lig. 7. pro-
pofzesjif propofez. fag. 1^4. lig. ^.CuffifenteSj/if
luffifens. pag-. iy9. lig.. 50. une J 'if, un. fag. 168. lig.
J. propofecs, lit propofcz.
APPROBATION/
I 'A leu le livre intitulé L'HARMONIE
Y

CE LES TE, qui eft de Medecine ôc


d'Aftrplogie, dans lequel je n'ay rien trou-

»
vé qui en doive empêcher l'impreflion, s'il
plaift à Monfeigneur d'en accorder le Pri-
vilège, ce zo. Aouft 1671.

Signé, M E Z E R A Y.

PKI V J LE G E D V ROT.
L OUYS PAR LA GRACE DE DIEUJ
ROY DE FRANCE ET DE NAVARRE,
A nos amez & féaux Conieillejs les Gens
tenans nos Cours de Parlement, Maigres
des Requeftes ordinaires de nolice H oftd,
Prevoft de Paris, Baillifs, Sénéchaux, leurs
Lieutenans, & autres nos Jufticiers & Of-
ficiers, qu'il appartiendra, SA LUT. Nô-
tre cher & bien-amé J E A N BAPTISTE
F A Y o L, ayant compofé plufîeurs Traitez
qu'il defireroit faire imprimer & donner au
public ; s'il en avoit nos Lettres fitfce ne-
ceflàires, entr'autres L' ffarmonie Celeftet
veuë par le Sieur de Mezeray , noftre Con-
feiller & Hiftoriographe. A CES CAUSES,
voulant donner audit Sieur FAYOL, des mar-
de l'eftime particuliere que nous fai-
ques
fotis de fa pçrfonne pour rexciter à s'occu-
per d'avantage aux belles Sciences , Nous
luy avons permis & accordé, permettons &
accordons par ces prefentes de faire impri-
mer lefdifs Traites, par tel Libraire ou Im-
primeur du nombre des refervez qu'il vou-
,
dra choifir, en tel volume caraâere &
,
autant Qff fois que bon luy femblera , pen-
dant le tCmpi de cinq années, à commen-
cer du jour que chaque Traité fera achevé
d'imprimer pour la première fois, en vertu
de$prefentes, iceux vendre & debiter par
,
tout noftre Royaume faifons deffences à,
tous Libraires, Imprimeurs & autres, d'im.
primer t faire imprimer, vendre & debiter
lefdits Traitez, fous quelque pretexte que
ce foit , rpefjne d'irapreflion eftrangere &
,
autrement fans le confentement de l'Ex-
pofant p pu de tes ayans caufe, fur peine de
Cpnfifçation des exemplaires contrefaits-,
amande arbitraire dépens dommages Se
,
interefts à Ja charge d'en mettre deux
,
Exemplaires, de chacun en noftre Biblio-
theque publique, un en noftre Cabinet des
Livres de noftre Chafteau du Louvre, &
un de chacun en celle de noftre tres-cher &
,
féal Chancellier de France le Sieur SE-
OUI E Il, à peine de nullité. des prefentes:
Du contenu defqoelles, Vous mandons &
enjoignons faire joiiir l'Expofant & fes
ayans caufes, plainement & paifiblemenr,
taifant ceffer tous troubles & empefehe-
mens, Voulons qu'en mettant au commen-
cement ou à la fin defdits Traitez, un Ex-
<-.
trait defdites prefentes , elles foient tenucâ
pour deuëment fignifiées : Mandons au pré*
mier noftre Huiffier ou Sergent fur ce rt-
quis , faire pour l'exccution des prefentes
toutes figiiifications, defîences , faifies , &
autres aâes requis & neceuaires, fans pour
permiiffon, nonobftant
ce demander autre Chartre
Clameur de Haro, Normande, &
autres Lettres à ce contraires. Car tel eft
noftre plaifir. Donné à Paris le vingt-neu-
iîéme jour de Septembre l'an de grace mil
iix cent foixante & onze. Et de noftre Ré-
gne le vingt-neuifème.
Signé, par le Roy en fon ConfeiU

E GR 0 T.

lïÇegîfhé fur le Lièvre de la Comntnri<tuté


des Libraires C? Imprimeurs de Taris ,U
y. Otîobre 1671. fusant £ Arrejl du *Parle~
ment de Taris du 8. Avril 1653. CT celuf
,
du Confeil Trfte du Roy du 17. Fetricf
166,.
Signé, D. T HIE R RY Syndic.