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Actualité Éducation / Santé / Environnement

INTERVIEW de Sébastien Mathouraparsad


docteur en économie : Le « syndrome domien »
ou la croissance sans les emplois
Propos recueillis par S.B. France-Antilles Guadeloupe 25.03.2011

Sébastien Mathouraparsad, 33 ans, a reçu la mention très


honorable avec les félicitations du jury pour sa thèse « Sur la
modélisation et la préparation de la politique économique des
régions ultrapériphériques d'Europe : le cas des DOM » .

Quel est votre cursus universitaire ?


Après un bac scientifique, j'ai obtenu en cinq ans un master en « Ingénierie économique du
développement et de l'environnement » à l'UAG (mention bien). J'ai fait ensuite un second master
en « Mathématiques appliquées et sciences économiques » à l'Université de Lille 3 (mention très
bien). La même année, j'ai suivi, parallèlement, les cours du master « Méthodes quantitatives et
modélisation pour l'entreprise » en temps qu'auditeur libre. J'ai ensuite rejoint l'Insee en
Guadeloupe où je suis resté un an.

Quel est précisément l'objet de votre thèse ?


La thèse porte sur l'élaboration d'un ensemble d'outils d'analyse macroéconomique quantitatifs
permettant de réaliser des exercices de simulation chiffrée de politique économique sur plusieurs
thématiques. Il s'agit de mesurer les effets, en termes de croissance, de chômage, de pauvreté
monétaire, etc. de plusieurs types de politique économique comme les « 40% de vie chère » ,
l'octroi de mer, mais aussi autour du tourisme, des monopoles, des marges de commerce, des
exonérations de charges sur les bas salaires...

Pourquoi un tel sujet ?

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Dans les pays développés, la conduite de la politique économique s'appuie régulièrement sur
l'utilisation de modèles macroéconomiques, permettant de réaliser des analyses d'impact ou des
exercices de prévision. Dans les Dom, ce n'est pas le cas. Cette thèse répond donc à un manque. À
titre d'illustration, nous avons choisi deux problématiques : celle de l'octroi de mer et la majoration
des salaires des fonctionnaires (40%). Les analyses théoriques que nous avons réalisées nous ont
amenés à résumer le fonctionnement de ces économies sous le terme de « Domdisease » ou «
syndrome domien » . En effet, nous nous sommes efforcés d'expliquer pourquoi ces régions vivent
dans une sorte « d'ordre déséquilibré » caractérisé par de forts taux de croissance et de créations
d'entreprises, cumulés à d'importants taux de chômage et de pauvreté monétaire dans un
contexte de cherté de la vie. Ce sont là des caractéristiques de région en paradoxe, à la fois en
développement et développées.

Comment avez-vous préparé cette thèse ?


Le sujet m'a été proposé par Alain Maurin et mon directeur de thèse Jean-Gabriel Montauban. J'ai
mis globalement cinq ans pour achever ce travail. J'ai fait plusieurs séjours dans différents centres
de recherche internationaux et réputés dans le domaine (Québec, Bruxelles, Budapest) où je suis
resté durant plusieurs mois. C'est au Canada, à l'Université Laval, à Québec, que j'ai le plus appris.
J'y ai fait deux séjours de trois mois. J'ai également suivi, à l'étranger, plusieurs formations pour
développer et asseoir ma connaissance de ces techniques.

Dans votre étude, vous analysez les conséquences à court


et à long terme de la réduction, voire de l'élimination de
l'octroi de mer et des 40%. Quelles sont, synthétiquement,
ces conséquences ?
Pour y répondre clairement je dois attendre la publication de mes travaux. Nous avons fait
plusieurs hypothèses et les résultats auxquels nous aboutissons montrent clairement qu'être
décideur de ces économies n'est pas chose aisée. Améliorer la croissance, réduire le chômage,
devenir compétitif, réduire la pauvreté monétaire... Deux ans après l'irruption sociale de 2009, il
n'est pas facile de trouver une formule permettant de satisfaire simultanément tous ces objectifs.

Pour cette étude, vous avez obtenu la mention très


honorable avec les félicitations du jury... Vous
attendiez-vous à un tel plébiscite ?
Je crois que ce verdict est le prix de beaucoup de travail. Je ne sais même plus le nombre de fois
où j'ai quitté mon laboratoire à Fouillole très tard le soir. Le nombre d'heures accroché à mon
ordinateur pour terminer mes programmes informatiques. Ce n'était pas un sujet évident à traiter,
mais il fut passionnant. Cela m'a demandé beaucoup de sacrifices, de rigueur et d'investissement.
J'ai dû surmonter beaucoup d'obstacles, notamment la mort de ma mère il y a deux ans. Je lui ai
d'ailleurs dédié cette thèse.

Vous venez d'obtenir un poste de chargé de mission au


ministère de l'Outre-mer ?
Il y a quelques semaines, j'ai, en effet, été retenu pour un poste de chargé de mission «
modélisation économique des économies ultramarines et évaluation » au sein du département de
l'évaluation des politiques publiques et de la prospective de la Délégation générale à l'Outre-mer.
La durée attendue sur le poste est de trois ans.

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