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Sympathie

L'idée de sympathie est celle de participation, lien,


concordance, communication. D'où différents sens, Sur les autres projets Wikimedia :
selon qu'on parle de la sympathie entre choses ou de la sympathie, sur le Wiktionnaire
sympathie entre personnes. Comme le marque le
Larousse : « Sympathie. 1) Faculté de participer aux
peines et aux joies des autres. 2) Sentiment instinctif d'attraction à l'égard de quelqu'un. 3) Rapport de
concordance de certaines choses entre elles ». Sympathie psychologique, sympathie morale et sociale,
sympathie universelle (cosmique).
1
Le mot est dérivé de la langue grecque συμπάθεια (sumpatheia) , du grec ancien σύν (sýn) qui signifie
ensemble et de πάθος (pathos) passion, en l'occurrence la souffrance (de πάσχω - pascho, « être affecté par,
à souffrir »), d'où le sens originel de « compassion » ou « condoléance » que le mot a encore de nos jours en
anglais par exemple.

Sommaire
La sympathie universelle : conception relevant du stoïcisme
La sympathie morale et sociale
La sympathie psychologique
La sympathie physiologique
Références
Bibliographies
Bibliographie sur la sympathie universelle
Bibliographie sur la sympathie morale et sociale
Bibliographie sur la sympathie psychologique

La sympathie universelle : conception relevant du stoïcisme


La sympathie universelle concerne les choses, elle suppose une concordance entre diverses réalités physiques.
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Chez les stoïciens , le monde est pénétré partout d'un même Feu-Logos qui en est le principe de cohésion, de
mouvement, de vie. C'est un grand Vivant, de sorte que les parties du monde communient dans un même
sentiment et un même souffle. Ce qui affecte une partie affecte les autres : sym-pathie. Mais les anciens
stoïciens (Zénon de Cition, Chrysippe de Soles) ne parlent que des relations entre les choses du ciel (ourania)
et les choses de la terre (epigeia) :

« À supposer que la nature forme un Tout bien lié et cohérent... que tout l'univers soit un... que
tout se tienne dans la nature universelle, de fait, les Stoïciens en donnent plus d'un exemple...
Si l'on touche les cordes d'une lyre, les autres cordes résonnent ; les huîtres et les autres
coquillages croissent et décroissent avec la Lune... Le flux et le reflux de la mer sont
commandés par les phases de la Lune. »
— Cicéron, De divinatione, II, 14, § 33-34)
Cicéron, De divinatione, II, 14, § 33 34)

Posidonios d'Apamée (131-51 av. J.-C.), qui relève du moyen-stoïcisme, étend la sympathie au rapport entre
les choses terrestres:

« Et que dire de cet accord de l'univers qui communie dans un même sentiment, dans un
même souffle, dans une même continuité entre toutes ses parties ? Cela ne force-t-il pas à
approuver ce que j'avance ? La terre pourrait-elle tour à tour se couvrir de fleurs et se
dessécher ? Pourrait-on, alors que tant de choses se transforment, reconnaître comment le
Soleil se rapproche puis s'éloigne aux solstices d'été et d'hiver ?... Tout cela ne pourrait arriver
avec une telle concordance dans toutes les parties du monde, si un même Souffle divin ne les
unissait toutes et ne les maintenait ensemble. »
— Cicéron, De Natura Deorum, II, 7, § 19)

Pour Plotin (205 - 270 apr. J.-C.), la sympathie est « comme une unique corde tendue qui, touchée à un bout,
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transmet le mouvement à l'autre bout » . Le mot grec « sympathie » pouvait également s'appliquer, par
animisme, à des correspondances entre objets inanimés et/ou des êtres vivants, comme chez l’occultiste Bolos
4
de Mendès (IIe siècle av. J.-C.). Cicéron parle de l'antipathie entre la vigne et les choux . À la Renaissance, de
nombreux auteurs parlent des sympathies et antipathies : Paracelse, Cardan, Tommaso Campanella,
Giambattista Della Porta, etc.

La sympathie morale et sociale


Hume édifie sa théorie du jugement moral autour de la sympathie, définie comme notre propension à recevoir
5
« les inclinations et les sentiments des autres » . « Si étroite et si intime est la correspondance des âmes
humaines qu'une personne ne m'a pas plus tôt approché qu'elle répand sur moi toutes ses opinions et qu'elle
tire à elle mon jugement à un plus ou moins haut degré » ; ensuite, la sympathie désigne le désir de vivre en
communauté avec les autres hommes ; ensuite, la sympathie c'est faire comme si j'éprouvais des sentiments que
je n'éprouve pas, me mettre fictivement à la place d'autrui, parce que j'imagine que je devrais être à cette place.
Adam Smith, ami de Hume, tient la sympathie (sympathy) pour la « faculté de partager les passions des
6
autres » . Il fait de la sympathie le mobile premier des actes et le fondement des jugements moraux. Pour Max
7
Scheler, la sympathie (Mitgefühl) est un acte intentionnel de communication entre personnes

La sympathie psychologique
Le mot "sympathie" peut également signifier être touché par des sentiments ou des émotions. Ainsi, l'essence
de la sympathie est la préoccupation forte qu'on ressent pour autrui. La sympathie existe lorsque les sentiments
ou émotions d'une personne sont profondément compris et appréciés par une autre personne. L'état
psychologique de la sympathie est étroitement lié à celui de la compassion, de l'empathie et de préoccupation
empathique. Bien que l'empathie et la sympathie soient souvent utilisés indifféremment, une variation subtile
dans l'usage courant peut être détectée. Faire preuve d'empathie, c'est répondre à l'état émotionnel d'un autre en
8
renvoyant des sentiments d'un genre similaire . La sympathie comprend non seulement l'empathie (mais pas
toujours car l'erreur de jugement sur l'émotion de l'autre est aussi possible), mais implique aussi d'avoir un
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regard positif ou une préoccupation non éphémère pour l'autre personne .

Dans l'usage courant, la sympathie est prise généralement comme la compréhension qu'on a d'un autre, de son
malheur ou de sa souffrance, son chagrin. La sympathie peut également se référer à être conscient des
émotions positives éprouvées par les autres. Dans un sens plus large, il peut se référer à l'appartenance à une
idéologie particulière, par exemple politique. On parle alors d'une personne sympathisante.

Différence entre l'empathie et la sympathie aide à les définir. [pas clair] De façon pratique l'empathie est de se
mettre dans un mode "mise en compréhension" du sentiment d'autrui tandis que la sympathie est de se mettre à
la place de l'autre. Dans le deuxième cas, la compréhension est jumelée à un investissement de soi. Par le fait
de l'imagination, voir « Théorie des sentiments moraux, Adam Smith » la personne s'imagine et tente de
ressentir ce que l'autre ressent, il souffre ou jouit avec lui, d'où l'investissement. La différence est énorme
lorsqu'on accompagne quelqu'un dans la mort.

La sympathie physiologique
La sympathie physiologique est une espèce de contagion par laquelle quelqu'un reproduit par imitation ou
influence les comportements d'un autre. Ainsi du bâillement, du rire.

"Chez l'homme, rire et bailler par imitation, marcher au pas, reproduire les mouvements d'un
funambule qu'on regarde... sont des cas de sympathie physiologique" (Théodule Ribot,
Psychologie des sentiments, II, chap. 4 : "La sympathie et l'émotion tendre").

Références Sur les autres projets Wikimedia :


sympathie, sur le Wiktionnaire
1. 3Atext%%% 3A1999.04.0057 3Aentry% 3D%
2398480 sympatheia, Henry George Liddell,
Robert Scott, Un grec-anglais Lexique, à
Persée (http://www.perseus.tufts.edu/cgi-bin/ptext?doc=Perseus)
2. A.-J. Festugière, La Révélation d'Hermès Trismégiste, t. II : Le Dieu cosmique, 1949, p. 418-
419.
3. IV, 4, 41
4. De Natura Deorum, II, 47, § 120
5. Traité de la nature humaine, 1739-1740 (II, 1, 11)
6. Théorie des sentiments moraux, 1759 ; I, 1, 3
7. Nature et Formes de la sympathie (1923, trad., Payot, 1951)
8. Chismar, D. (1988). L'empathie et la sympathie: la différence est importante. The Journal of
Value Inquiry, 22, 257-266.
9. Decety, J., & Batson, CD (2007). Neuroscience sociale des approches de la sensibilité aux
relations interpersonnelles. Social Neuroscience, 2 (3-4), 151-157

Bibliographies

Bibliographie sur la sympathie universelle


Reinhardt, Poseidonios, 1921
Reinhardt, Kosmos und Sympathie, 1931.
A.-J. Festugière, La Révélation d’Hermès Trismégiste, Paris, Les Belles Lettres, 1944-1954
(4 volumes) : vol. I : L'astrologie et les sciences occultes, 441 p. ; vol. II : Le dieu cosmique,
610 p. ; vol. III : Les doctrines de l'âme, 314 p. ; vol. IV : Le dieu inconnu, 319 p. Réimpr. en 1
vol., Paris, Les Belles Lettres, 2006, 1700 p.
Émile Bréhier, Chrysippe et l'ancien Stoïcisme, PUF, 1910, éd. revue 1951.

Bibliographie sur la sympathie morale et sociale


David Hume, Traité de la nature humaine (1739-1740)
, ( )
Adam Smith, La théorie des sentiments moraux (1759), trad. marquise de Condorcet (1798),
Aujourd'hui
Max Scheler, Nature et Formes de la sympathie. Contribution à l'étude des lois de la vie
affective (1923), Payot, 1971.
Monique Canto-Sperber, Dictionnaire d'éthique et de philosophie morale (1996), PUF, t. II, p.
1904-1910.

Bibliographie sur la sympathie psychologique


Decety, J. and Ickes, W. (Eds.) (2009). The Social Neuroscience of Empathy. Cambridge: MIT
Press, Cambridge.
Decety, J. and Batson, C.D. (Eds.). Interpersonal Sensitivity: Entering Others' Worlds. Hove:
Psychology Press.
Eisenberg, N., & Strayer, J. (1987). Empathy and its Development. Cambridge: Cambridge
University Press.
Lamm, C., Batson, C.D., & Decety, J. (2007). "The neural substrate of human empathy: effects
of perspective-taking and cognitive appraisal". Journal of Cognitive Neuroscience, 19, 42-58.

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