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TRAITEMENTS DE PRODUCTION D'EAU DE CONSOMMATION (Tirage mars 2005) Bèga Urbain OUEDRAOGO Ingénieur de

TRAITEMENTS DE PRODUCTION D'EAU DE CONSOMMATION

(Tirage mars 2005)

Bèga Urbain OUEDRAOGO Ingénieur de l'Equipement Rural Ingénieur Génie Sanitaire

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

1

SOMMAIRE

Titres

Pages

1

Généralités

4

2

Les traitements de clarification

5

2.1

Les pré traitements

5

2.1.1

Prise d'eaux de surface

5

2.1.1.1

Conditions d'implantation des prises

5

2.1.1.2

Divers techniques d'aménagements

6

2.1.2

Le dégrillage

9

2.1.3

Le dessablage

10

2.1.4

Le débourbage

11

2.1.5

Tamisage / micro tamisage

12

2.1.6

Aération

12

2.1.7

Les pré traitements aux réactifs

14

2.2

Les traitements

14

2.2.1

Coagulation & floculation

14

2.2.1.1

Principe

15

2.2.1.2

Les coagulants

15

2.2.1.3

Dosage des coagulants / essai de coagulation floculation

17

2.2.1.3.1

Principe

17

2.2.1.3.2

Le jar test

17

2.2.1.3.3

Préparation et injection des réactifs

18

2.2.1.3.4

Ouvrages de coagulation floculation

19

2.2.2

Décantation

25

2.2.2.1

Définition / Principe

25

2.2.2.2

Les différents mécanisme de décantation / types de décanteur

26

2.2.2.2.1

Décantation statique / décanteur statique

26

2.2.2.2.2

Décantation à contact de boues / décanteur à contact de boues

28

2.2.2.2.2.1

Décantation / décanteur à recirculation de boues

28

2.2.2.2.2.2

Décantation / décanteur à lit de boues

30

2.2.3

Filtration

31

2.2.3.1

Définition

31

2.2.3.2

Mécanisme de rétention

32

2.2.3.3

Différents modes de filtration

32

2.2.3.4

Filtration lente / filtration rapide

33

2.2.3.4.1

Filtration lente

33

2.2.3.4.2

Filtration rapide

33

2.2.3.4.2.1

Filtres rapides ouverts

34

2.2.3.4.2.2

Filtres rapides fermés (filtres sous pression)

36

2.2.3.5

Contrôle et régulation des filtres

38

2.2.3.5.1

Filtres à débit constant à encrassement

38

2.2.3.5.2

Filtres à débit constant et compensation de colmatage

39

2.2.3.5.3

Filtres à flux décroissant

42

3

Mise à l'équilibre calco-carbonique

45

3.1

Notion de neutralisation

45

3.2

Eau agressive - eau à l'équilibre calco carbonique - eau incrustante

45

3.2.1

Etude du caractère agressif d'une eau

46

3.2.1.1

Graphique et normogramme de HOOVER

47

3.2.1.2

Tableau de LARSON et BUSWELL

48

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

2

3.2.1.3

Méthode de J. Hallopeau & Ch. Dubin

51

3.2.1.4

Essai au marbre

56

3.2.2

Traitement de neutralisation de l'agressivité d'une eau

56

4

Désinfection

58

4.1

Désinfection physique

58

4.1.1

Ebullition

58

4.1.2

Rayons ultraviolets

58

4.2

Désinfection chimique

58

4.2.1

Critères essentiels d'efficacité d'un désinfectant chimique

58

4.2.2

Les désinfectants chimiques

59

4.2.2.1

Le chlore et ses dérivés

59

4.2.2.1.1

Le chlore gazeux

59

4.2.2.1.2

L'hypochlorite de sodium

59

4.2.2.1.3

L'hypochlorite de calcium

60

4.2.2.1.4

Le dioxyde de chlore

60

4.2.2.2

L'iode

61

4.2.2.3

Le permanganate de potassium

61

4.2.2.4

L'ozone

61

4.3

Détermination de la dose minimale nécessaire: cas du chlore

62

4.3.1

Demande en chlore

63

4.3.2

Dose de traitement

63

4.3.3

Chlore résiduel libre

63

4.3.4

Chlore combiné

63

4.3.5

Chlore total

63

4.4

Dissociation du chlore dans l'eau

 

5

Elimination du fer et du manganèse

65

5.1

Généralités

65

5.2

Equilibre du fer et du manganèse dans l'eau

65

5.3

Complexe du fer et du manganèse

66

5.4

Procédés de déferrisation et démanganisation

66

5.4.1

Procédés d'oxydation par l'oxygène

67

5.4.2

Procédés d'élimination biologique du fer

69

6

Recueil de sujets d'examens

70

 

Bibliographie

93

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

3

1- GENERALITES Les traitements ont pour objet de donner aux eaux destinées à la boisson, à la préparation des aliments, à l’industrie alimentaire et voire destinées aux usages domestiques, des qualités répondant à des recommandations ou à des exigences de normes. La chaîne de traitement est un maillon du système d’AEC. Elle est constituée des ouvrages qui

permettent la correction de paramètres de l’eau brute en vue de les ramener à des concentrations respectant les critères d’eau potable.

Les caractéristiques physico-chimique et bactériologique de la ressource en eau, et les qualités requises à l’usage qui déterminent la nature des traitements à mettre en œuvre.

Par contre c’est l’importance et le niveau de développement socioéconomique de la population qui vont déterminer la taille des ouvrages de traitement.

Dans une chaîne de traitement, les processus ci-après peuvent être mis en œuvre.

Processus physiques :

Dégrillage, dessablage, débourbage, tamisage/ micro tamisage, aération, flottation, décantation et filtration.

Processus chimiques :

Coagulation / floculation, mise à l’équilibre calco carbonique, déferrisation, démanganisation etc…

Processus biochimiques :

Désinfection et dégradation de la Matière Organique – MO-

L’ensemble de ces processus permettent :

La clarification : élimination des Matières en suspensions et des matières colloïdales;

La désinfection : élimination des germes pathogènes avec possibilité de protection contre d’ultérieures pollutions bactériologiques;

L’élimination ou la réduction de certains constituants minéraux dangereux pour la santé;

La satisfaction des caprices organoleptiques des consommateurs;

Suivant la qualité des eaux à la ressource et les qualités requises à l’usage, on peut être amené à appliquer les traitements ci-après :

Traitements de clarification

Traitements de désinfection

Traitements de mise à l’équilibre calcocarbonique

Traitements spécifiques (élimination du fer et du manganèse etc. …)

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4

2- LES TRAITEMENTS DE CLARIFICATION

2.1- Les pré traitements Ils sont physiques ou chimiques et sont destinés à extraire de l’eau brute la plus grande quantité possible d’éléments dont la nature ou taille constituerait une gêne pour les traitements ultérieurs et/ou pour les pompages. Il faut noter qu’un bon pré traitement commence dès l’implantation de la prise. En général les pré traitements visent l’élimination des matériaux de taille supérieures 5mm et les grains de sable. 2.1.1- Prise d’eau de surface 2.1.1.1- Conditions d’implantation des prises

de surface 2.1.1.1- Conditions d’implantation des prises etsher: cours de traitement de production d'eau de

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

5

2.1.1.2- Diverses techniques d’aménagement des prises

2.1.1.2- Diverses techniques d’aménagement des prises etsher: cours de traitement de production d'eau de

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

6

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005) 7
etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005) 7

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

7

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005) 8

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

8

2.1.2- Le dégrillage C’est une opération fortement recommandée dans le cadre du captage des eaux de surface. Il permet :

- De protéger les ouvrages (en aval) contre l’arrivée de gros objets susceptibles de constituer une gêne pour leur fonctionnement ;

- De séparer et d’évacuer facilement les matières volumineuses transportées par l’eau

Pour éviter un colmatage rapide on choisit de retenir les matériaux par catégorie de taille :

.

Pré dégrillage : les écartements des barreaux sont de l’ordre 40mm

.

dégrillage moyen : les écartements des barreaux sont compris entre 10 et 40mm

.

dégrillage fin : les écartements des barreaux sont inférieurs à 10mm .

: les écartements des barreaux sont inférieurs à 10mm . Les espacements habituellement retenus sont 
: les écartements des barreaux sont inférieurs à 10mm . Les espacements habituellement retenus sont 

Les espacements habituellement retenus sont

Pour les eaux de surface entre

Pour les eaux résiduaires urbaines entre

La vitesses à la section libre de passage sont de l’ordre de 0,60 à 1,00m/s en moyenne. Des vitesses de 1,20 à 1,40m/s sont tolérées pour les débits de pointe. Ces vitesses s'appliquent à la section libre de passage, grille colmatée. Le degré de colmatage est de l'ordre de 10% pour les eaux de surface et 30% pour les eaux résiduaires urbaines quand il s'agit de grilles à nettoyage automatique.

20 et 40 mm 15 et 30mm

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9

Pour les grilles à nettoyage manuel la surface de grille immergée doit être calculée plus largement pour éviter des interventions trop fréquentes. Les grilles peuvent être à nettoyage manuel (elles seront inclinées de 60 à 80 degré par rapport à l’horizontal pour faciliter le raclage) ou à nettoyage automatique.

pour faciliter le raclage) ou à nettoyage automatique. 2.1.3- Dessablage Objectifs Il a pour but d'extraire

2.1.3- Dessablage Objectifs Il a pour but d'extraire des eaux des particules grenues de D > 0,2 mm afin

d'éviter leur dépôt dans les conduites

protéger les pompes contre les phénomènes d’abrasion

d'éviter les incidents sur les tamis

Dimensionnement

les incidents sur les tamis  Dimensionnement L Vh Vs Surface horizontale = section de dessableur
les incidents sur les tamis  Dimensionnement L Vh Vs Surface horizontale = section de dessableur
les incidents sur les tamis  Dimensionnement L Vh Vs Surface horizontale = section de dessableur

L

Vh Vs
Vh
Vs

Surface horizontale = section de dessableur l x L = S Section verticale d'écoulement = s = l x h

Soit Vs la vitesse de sédimentation du plus petit grain de sable à retenir

Vs Soit V h la vitesse d'écoulement horizontale. Elle doit être inférieure à la vitesse critique d'entraînement Vc du plus petit grain de sable.

Q

Sh =

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10

Le plus petit grain de sable devrait atteindre le fond de l’ouvrage avant la sortie

sédimentation

le temps de

h

Vs

L

doit être inférieur au temps de traversée horizontale de l’ouvrage Vh

L

Vh

h

Vs

[1]

V h =

Q

s

=

Q

lh

[2] ; V h

dans

[1]

Llh

h

Q

Vs

Ll

=

S

h

Si,

L = 2l

Q

2l² Vs

l

Q

2 Vs

On finit avec la vérification de [ 1 ]

L h

Vh

Vs

Q

Vs

0.5

il est recommandé 2

L

3

l

de [2] on tire

h =

Q

Vhl

Exemple :

Q = 200 m 3 /h

On désire retenir les particules grenues de D 0,2 cm avec une vitesse d’écoulement 0.30m//s dans le dessableur

On désire retenir les particules grenues de D 0,02 cm avec une vitesse d’écoulement 0.30m//s dans le dessableur

Vitesse de chute corrigée des particules de sable: selon le mémento technique de l’eau de
Vitesse de chute corrigée des particules de sable: selon le mémento technique de l’eau de Dregremont.
D cm
Vc cm.s -1
Vc’ cm.s -1
0,005
0,010
0,020
0,030
0,040
0,050
0,10
0,20
0,30
0,50
1,00
0,2
0,7
2,3
4,0
5,6
7,2
15
27
34
47
74
0
0,5
1,7
3,0
4,0
5,0
11
21
26
33
-
Vc’’ cm.s -1 0
0
1,6
3,0
4,5
6,0
13
25
33
45
65
VI cm.s -1
15
20
27
32
38
42
60
83
100
130
190

Avec :

d :

diamètre de la particule de sable;

Vc :

vitesse de sédimentation pour fluide à vitesse horizontale nulle;

Vc’ :

vitesse de sédimentation pour fluide à vitesse égale à VI;

Vc’’ :

vitesse de sédimentation, pour fluide à vitesse horizontale de 0,30 m/s;

VI :

vitesse horizontale critique d’entraînement de la particule déposée.

2.1.4- Le débourbage

Objectifs C'est une pré décantation qui vise l'élimination de la majorité des MES – Le débourbage devient nécessaire dans les cas ci-après.

MES

MES

2

gl

5 gl

1 pour les décanteurs non raclés ou à lit de boue

1 pour les décanteurs raclés

Dans le cas des eaux de surface, les débourbeurs sont conçus pour les pointes de concentration en MES : période de crue.

Mise en œuvre Les vitesses généralement admises dans les ouvrages de débourbage sont :

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11

Sans réactif chimique

0,5

V

1m / h

Avec réactif chimique

MES < 30 gl -1

coagulant minéral

Chlorure ferrique 1,5 V 3m/ h

sulfate d'aluminium1,0 V 2m/ h coagulant organique

MES >30 g l -1

3

V

5m/ h

2.1.5- Tamisage / Microtamisage Il s'agit d'une filtration sur toile métallique ou plastique. Les éléments filtrants sont constitués de tôles perforées ou de toiles à mailles croisées en acier inoxydable ou tissu synthétique

Micro tamisage 0,045 < D (orifice) < 0,150 m un débit de 7 à 12 m 3 /h/m²

c e ) < 0,150 m un débit de 7 à 12 m 3 /h/m² 2.1.6-
c e ) < 0,150 m un débit de 7 à 12 m 3 /h/m² 2.1.6-

2.1.6- Aération Elle est nécessaire lorsque,

- il faut oxyder la M.O afin d'éliminer les goûts et les odeurs,

- il s'agit de faire précipiter le manganèse et/ou le fer des eaux souterraines

- il s'agit d'éliminer le CO 2 agressif des eaux souterraines

- il s'agit d'amorcer le processus de transformation de l'ammoniac en nitrites puis en

nitrates

N

NO

2

NO

3

.

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12

Aération par cascade

Aération par cascade Aération par pulvérisation diamètre des buselures : 2,0 cm débit par buselure 2
Aération par cascade Aération par pulvérisation diamètre des buselures : 2,0 cm débit par buselure 2

Aération par pulvérisation

Aération par cascade Aération par pulvérisation diamètre des buselures : 2,0 cm débit par buselure 2

diamètre des buselures : 2,0 cm débit par buselure 2 à 5 m3/h sous une pression de 6 à 7 m.

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2.1.7- Les pré traitements aux réactifs

Le sulfate de cuivre :

il est appliqué sur des retenues d'un niveau d'eutrophisation avancée à une dose comprise entre 0,3 et 0,5 mg/l. le pré traitement intéresse une profondeur pouvant aller jusqu'à 4 m.

Le chlore :

le pré traitement au chlore peut être appliqué dans les cas ci-après.

Protection des conduites d'eau brute dans le cas du transport d'une eau riche en M.O et en plancton. Le pré traitement dans ce cas évite le développement des planctons à l'intérieur des conduites.

L’élimination de bactéries ferrugineuses ou sulfates réductrices pouvant attaquer les conduites métallique: corrosion biologique.

Amélioration de la coagulation par action sur les MO.

L’élimination des MO participe à l’amélioration des odeurs et des goûts.

La pré chloration est généralement appliquée à la prise à raison de 1mg/l.

Remarque La pré chloration favorise la formation de chloramines qui sont cancérigènes La chloration n’est pas suffisante pour une destruction des chloramines fixés

2.2- Les traitements

2.2.1 – Coagulation – Floculation L'eau contient de nombreux composés qui peuvent être regroupés en trois catégories

Matières en suspension - MES -

Ces produits peuvent être d'origine minérale (sables, limons, argiles, …) ou organique (produits

de décomposition des matières végétales ou animales).

A ces produits s'ajoutent les micro-organismes tels que bactéries, plancton, algues et virus. Ces

substances sont responsables, en particulier de la turbidité et de la couleur.

Matières colloïdales (moins de 1 micron)

Ce sont des MES de même origine que les précédentes mais de plus petite taille et dont la

décantation est excessivement lente voire impossible à décanter naturellement. Les colloïdes sont soumis à deux types de forces:

- Force d'attraction de Van der Vaals E A , liée à la structure et à la forme des colloïdes

- Force de répulsion électrostatique E B , liées aux charges superficielles des colloïdes.

La stabilité d'une suspension colloïdale dépend du bilan de ces forces. Pour favoriser l'agglomération des colloïdes il faut diminuer les forces de répulsion électrostatique: c'est la coagulation

Matières dissoutes (moins de quelques nanomètres)

Ce sont généralement des cations ou des anions. Une partie de la matière organique est également sous forme dissoute. On trouve aussi des gaz (O 2 , CO 2 , H 2 S ….)

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14

Les procédés de coagulation et de floculation facilitent l'élimination des matières en suspension et des matières colloïdales Quant à l'élimination des substances dissoutes elle nécessite pour chaque espèce un traitement spécifique.

2.2.1.1- Principe Après les opérations de pré traitement des particules restent présentes dans l'eau: matière en suspension, matières colloïdales et matières dissoutes. Les colloïdes sont généralement porteurs de charges électrostatiques négatives donc, soumises à des forces de répulsions mutuelles. La coagulation a pour but de réduire ces charges (par apport de charges positives) et de former un précipité adsorbant les substances indésirables.

Une agitation rapide en un temps bref permet un mélange du coagulant. Une phase d'agitation modérée permet une collusion entre précipité et particule pour donner des flocs (phase floculation) facilement séparables de l'eau par décantation ou par filtration.

2.2.1.2 - Les coagulants Les coagulants généralement utilisés sont des sels d'aluminium et de sels de fer. Ce sont les ions Al 3+ et Fe 3+ qui vont former avec les ions OH - de l'eau un précipité et neutraliser les charges négatives des colloïdes.

On distingue essentiellement :

Les coagulants minéraux qui sont les plus utilisés Les coagulants organiques de synthèse Les adjuvants de floculation

Les coagulants minéraux

Les coagulants à base de sel d'aluminium

La réaction de base est Al 3+ + 3H 2 O

Al(OH) 3 + 3H +

base est Al 3 + + 3H 2 O € Al(OH) 3 + 3H + On

On note qu'il y a formation d'un précipité d'hydroxyde d'aluminium et libération d'une acidité. Cette acidité H + va réagir sur certaines espèces en solution, notamment les ions bicarbonates en

solution:

H

+

+ HCO

3

H O + CO

2

2

Après la coagulation l'eau connaît alors une baisse du pH à cause de l'apparition de l'acidité. Cette acidité peut être compensée par ajout (soit en même temps que le coagulant, soit après le coagulant). N.B : La coagulation floculation est optimale pour 6 pH 7 pour Al 3+ et 5 pH 11

pour

3+

F e

.

Sulfate d'aluminium (forme liquide ou solide)

Al 2 (SO 4 ) 3 ,18H 2 O.Il est très soluble et stable.

Al 2 (SO 4 ) 3 + 6HCO - 3 2Al(OH) 3 +3SO 2- 4 + 6CO 2

En clarification d'eau de surface il faut 10 à 150 g / m 3 exprimé en produit commercial solide.

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15

Chlorure d'aluminium (liquide) 2Al Cl 3 + 6HCO - 3 2Al(OH) 3 + 6Cl - + 6CO 2 Efficace mais d'emploi peu courant ; il est recommandé quand la production a lieu non loin de la zone d’utilisation.

REMARQUE :

Pour compenser l'acidification ou pour avoir un pH optimum d'efficacité du floculant on est souvent amené à utiliser une base (soude : NaOH ; chaux Ca(OH) 2 ; carbonate de sodium Na 2 Co 3 ).

Sulfate d'aluminium + chaux

Al

2

( )

SO

4

3

+

3Ca(OH )

2

(

2Al OH

)

3

+

3Ca

2 +

+

2

3SO

4

Dose courante de traitement : masse de chaux : 1/3 masse de

Al

2

Sulfate d'aluminium + carbonate de sodium

où il faut en carbonate de sodium entre 50 et 100 % de la dose de

Al

2

( )

SO

4

3

+

6Na CO

2

3

+

6H O

2

2Al OH

3

+

(

)

12Na

+

+

6HCO

3

(

SO

4

)

3

,18H 2 O

2

3SO

+

Al

2

(

4

SO

4

)

3

Il existe aussi l'aluminate de sodium la coagulation est plus efficace.

NaAlO

2

et les polymères d'aluminium. Avec les polymères

Les coagulants à base de sel de fer Le principe de réaction est

Fe

3 +

+ 3H

2

0

(

Fe OH

)

3

+ 3H

+

L'ion ferrique peut enduire une coloration de l'eau traitée

Chlorure ferrique (liquide, parois cristallisées)

FeCl ,6HCO

3

3

2FECl + 6HCO

3

3

2Fe(OH ) + 6Cl

3

+ 6CO

2

Dose courante = 10 à 250 g / m 3 .

Sulfate ferreux – Fe SO 4 , 7H 2 O

FeSO + 2HCO

4

3

2

Fe(OH ) + SO

2

4

+ 2CO

2

Dose courant 5 à 150 g/ m 3 .

La plage de pH pour une coagulation optimale est large : pH compris entre 5 et 11.

Les sels de fer donnent lieu à des flocs de densité plus élevée que les sels d'aluminium mais le risque de relargage est plus élevé les flocs formés ne sont pas stables.

Les sels ferriques sont beaucoup utilisés dans le traitement des E.U pour l'élimination des phosphates. N.B. : Avec les coagulants de base de sel de fer on peut également utiliser une base pour compenser l'acidification.

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

16

Les coagulants organiques de synthèse Ce sont des molécules organiques de synthèse; ils sont disponible seulement sous forme liquide. Le polychlorure d'aluminium est un coagulant organique

Les adjuvants de floculation Ils sont ajoutés :

- Soit pour accélérer le processus de coagulation floculation

- Soit pour obtenir de gros ou lourds flocs

- Soit pour ramener l'eau à un pH favorable à la coagulation floculation

On distingue deux types d’adjuvants de floculation :

Adjuvants minéraux et organiques

Silice activés

Charbon actif en poudre

Argiles (bentonite, kaolin)

Carbonate de calcium

Adjuvants organiques

Ce sont des polymères naturels extraits de substances végétales ou animales

Alginates =

Amidon

provient des algues marines provient de la pomme de terre de tapioca ou de graines végétales

=

2.2.1.3- Dosage des coagulants / Essai de coagulation floculation

2.2.1.3.1- Principe L'essai de coagulation tente de recréer les conditions d'addition du coagulant (et éventuellement d'adjuvant), de mélange rapide, de floculation et de décantation qui existe dans une chaîne de traitement donnée. C'est une opération qui permet au traiteur, . de déterminer les coagulants (et adjuvants éventuels) appropriés pour une eau donnée . d'adapter les dosages de coagulants (et adjuvant) aux variations de turbidité de couleur ou d'autres facteurs. L'opération est couramment appelée le jar test.

2.2.1.3.2. Essai de coagulation floculation : Jar Test

test. 2.2.1.3.2. Essai de coagulation floculation : Jar Test etsher: cours de traitement de production d'eau

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

17

Après addition de différentes doses la coagulation floculation est simulée par deux phases d'agitation :

- Vitesse de rotation des hélices 120 à 140 tr/mn pour un mélange rapide d'une durée de 1mn.

C'est la phase de coagulation.

- Vitesse de rotation des hélices : 30 à 40 tr/mn pour la formation des flocs. Mélange lent qui

permet

aux

flocs

de

se

rencontrer

pour

une

10 à 20 mn. C'est la phase de floculation.

agglomération

:

durée

N.B. : Il est bon de noter pendant cette phase le temps et l'ordre d'apparition des premiers flocs.

Après ces phases d’agitation, il faut

- Arrêter le dispositif d'agitation et laisser les échantillons décanter pendant 5 à 15 voir 60 minutes.

- Observer le comportement des échantillon (évolution des flocs, niveau de décantation). Les résultats sont qualifiés de mauvais, passable, bon, excellent.

N.B. : la plus faible dose qui fasse disparaître la turbidité sera essayée sur la chaîne réelle de traitement.

- Retirer à l'aide d'une pipette une portion d'échantillon prise dans les 4 cm supérieurs de chacun des bêches et déterminer la couleur, le pH, la turbidité et l'alcalinité totale.

- Reprendre l'opération en mettant dans chaque bêche la dose optimale retenue – y ajouter des doses croissantes d'adjuvants.

N.B. : A l'eau décantée, on ajoute le produit retenu pour la mise à l’équilibre calco carbonique

- Ajouter les doses retenues dans les bêchers

- Agitation à 30 tr/mn pendant 30 mn

- Arrêter le dispositif et laisser l'échantillon au repos pendant 10 à 15 mn

- Prélever un échantillon sur les 7,5 cm supérieurs

- Filtrer à travers un papier filtre

- Déterminer le pH, la dureté, l'alcalinité totale

OH

+ CO

2

+ HCO

3

2.2.1.3.3- Préparation & Injection des réactifs Les réactifs sont injectés dans l'eau sous forme de solution. Leur corrosivité exige qu'on utilise des matériaux appropriés : acier inox, plastique, béton.

Préparation

Les solutions sont préparées dans des bacs à des concentrations comprises entre 10 et 100 g/ litre. Le produit est dissout dans de l'eau filtrée.

50 g de sulfate

Exemple : on désire préparer une solution de d’aluminium pur par litre. Le produit commercial

Al

Al

2

2

SO

4

(

SO

)

3

(

)

:

300 litres

à

4

3 , 18H 2 O est actif à 70 %.

Injection Elle se fait à l'aide de pompe doseuse et dans des conduites en plastique.

Exemple : le débit d'eau à traiter arrivant dans une station est de 200 m 3 /h. L'essai au jar test

donne une dose optimale de 80 mg/l et 30 mg/l pour respectivement

Al

2

SO

(

4

3

,

18H 2 O et

18

)

(

Ca OH

)

2

. Le fonctionnement est de 20h/j.

Donner les concentrations et les volumes de solutions à préparer

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

Donner les débits et le nombre de pompe doseuse.

2.2.1.3.4- Ouvrages de coagulation floculation Ces ouvrages sont incorporés ou autonomes (statiques). En général, l'ouvrage de coagulation floculation comporte deux parties :

une première partie dans laquelle le fonctionnement hydraulique est de nature à assurer un bon mélange du coagulant.

Une deuxième partie dans la laquelle s’opère la floculation ; le fonctionnement hydraulique est de nature à favoriser des contacts entre flocons déjà formés en vue de constitutions de gros flocs pouvant décanter.

Coagulation par cascade

Coagulation par chicane I 10% La vitesse dans le coagulateur est souhaitée 1m / s

5s

Temps de séjour

60s

h

0,3m

Floculation par chicane

15mn

Temps de séjour

30 à 60mn

0.30m

h(tirant d’eau) 1,00m

Vitesse d'écoulement 0,3 m/s

4%

I < 10 %

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

19

Les chicanes peuvent être verticales.

 Les chicanes peuvent être verticales. etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

20

Les chicanes peuvent être horizontales

 Les chicanes peuvent être horizontales etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

21

 Coagulation – floculation dans un bassin à agitation mécanique Dimensionnement des coagulateur et floculateur
 Coagulation – floculation dans un bassin à agitation mécanique
Dimensionnement des coagulateur et floculateur à écoulement horizontal
d
d
l’
d
L’
h
d
d

d: largeur d'écoulement de l'eau dans les chicanes h: tirant d'eau dans les chicanes L': longueur géométrique de l'ouvrage l': largeur géométrique de l'ouvrage

L: Longueur du circuit hydraulique de l'eau au travers des chicanesl'ouvrage l': largeur géométrique de l'ouvrage L = vxts v ts : durée de l'écoulement dans

L = vxts

v

ts : durée de l'écoulement dans les chicanes

: vitesse d'écoulement au travers des chicanes

s = hxd =

Q

Q

d =

v hxv

S = L' xl'= Lxd

Q : débit en m /s

h

v

3

: tirant d'eau

: vitesse d'écoulement

Les dimensions constructives L' et l' sont retenues en prenant en compte

- L'espace disponible

- La largeur de l'ouvrage en aval (généralement un décanteur)

-

3

L

'

6

l '

Dose courante des coagulants

Coagulant

 

Dose courante g/ m 3

Produit associé

1)

Al

2

(

Sulfate

SO

4

)

3

18H

20

O

d'aluminium

10

à 150 g

Chaux : 1/3 de

Carbonate de sodium 50 à 100 % de

2) Chlorure ferrique

FeCl ,6H

3

20

5

à 150 g

 

3)Sulfate

 

ferrique

 

10

à 250 g

Chaux

Sulfate ferreux

 

5

à 150 g

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

22

Exercice d’application Le débit d'eau à traiter dans une station est 300 m 3 /h. Les essais de floculation indiquent des

et

doses optimales de 80 mg et 30 mg /litre d’eau à traiter pour respectivement Ca(OH)

Le fonctionnement de l’usine est 20 h / j :

- Choisir les concentrations et déterminer les volumes de solutions à préparer (volume nombre de bacs, périodicité de préparation).

- Déterminer les débits d’injection et le nombre de pompes doseuses.

Al

2

SO

4

3

(

)

2

.

Résolution

Al

2

(

SO

4

)

3

Ca(OH)

2

Quantité de produit à injecter par heure

   

Quantité de produit à injecter

   

par jour (en 20 heures par jour)

 

Concentration

de

solution

à

   

préparer

Volume de solution à préparer par jour

   

Nombre de bacs et volume de chaque bac.

   

Schéma d’installation

Facteurs influençant la coagulation Afin d'optimiser la coagulation, il faut tenir compte de plusieurs variables en interrelation,

comme le pH, les sels dissous, la température de l'eau, le coagulant utilisé, les conditions de mélange, la turbidité et la couleur de l'eau.

Le pH

Le pH est la variable la plus importante à prendre en considération au moment de la coagulation. Il existe une plage optimale de pH pour laquelle la coagulation a lieu rapidement. Cette plage de pH est fonction du coagulant utilisé, de sa concentration et de la composition de l'eau à traiter. Lorsque la coagulation se fait en dehors de cette plage optimale il faut soit augmenter la quantité de coagulant, soit se contenter d'une eau de moins bonne qualité. Lorsque le pH est optimal , les produits solubles d'aluminium ou de fer sont pratiquement inexistants.

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

23

Cation

PH optimal de coagulation - floculation

Al 3+

6,0

à

7,4

Fe 3+

Supérieur à 5

 
 

Données de Degrémont Tome 1

Cation

PH optimal de coagulation - floculation

Al 3+

5,0

à

7,0

Fe 3+

4

à

6

Données de Raymond Desjardin "le traitement des eaux (2 ème édition) Edition de l'Ecole polytechnique de Monréal

Influence des sels dissous

Les sels contenus dans une eau exercent les influences ci-après sur la coagulation et la floculation:

- Modification de la plage de pH optimale;

- Modification du temps requis pour la floculation;

- Modification de la quantité de coagulant requis;

- Modification de la quantité résiduelle de coagulant dans l'effluent.

A partir d'observations expérimentales on a pu affirmer que:

- La coagulation à l'aide de sels d'aluminium ou de fer est davantage affectée par les anions que par les cations. Ainsi, les ions sodium, calcium et magnésium exercent une influence minime sur la coagulation.

- Les anions élargissent vers l'acidité la plage de pH optimale. Cette influence est d'autant plus marquée que la valence des anions est élevée.

Influence de la température de l'eau

L'expérience montre que la coagulation- floculation est ralentie pour des températures faibles

Influence du mélange

Les durées de mélange rapide et de mélange lent ont un impact sur la qualité de la coagulation floculation:

Un mélange rapide inadéquat entraîne en général un accroissement de la quantité de produits chimiques nécessaires.

Nature du mélange

Durée recommandée (d'après)

Degrémont

Raymond Desjardin

Mélange rapide

 

120 secondes maximum

Mélange lent

 

30 à 60 minutes

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

24

2.2.2- Décantation 2.2.2.1- Définition / Principe La décantation est un procédé physique utilisé dans pratiquement toutes les usines d'épuration et de traitement des eaux . Elle a pour but d'éliminer les particules en suspensions dont la densité est supérieure à celle de l'eau. Ces particules sont en général des particules de flocs (coagulation floculation) ou des particules résultant de la précipitation qui a lieu lors des traitement d'adoucissement ou d'élimination du fer et du manganèse. Les particules décantées s'accumulent au fond du bassin de décantation d'où elles sont extraites périodiquement. L'eau clarifiée, située près de la surface, est dirigée vers l'unité de filtration. On considère deux forces en présence

- Les forces de gravité qui tendent à faire sédimenter la particule

- Les forces opposées à la sédimentation

Poussé d’Archimède

Le frottement

Les turbulences dues à l’écoulement

Les forces électrostatiques

Le courant de convection dû aux différences de température.

Les particules à éliminer sont regroupées en deux catégories:

- Les particules grenues (sables, gravier) qui sédimentent indépendamment les unes des autres.

- Les particules modulées résultant d’une agglomération souvent provoquée (ou naturelle) des particules colloïdales en suspension ou dissoutes. Cohésion et viscosité influencent la sédimentation. Selon la concentration en solides et la nature des particules (densité et forme) on distingue quatre types de décantation: la décantation de particules discrètes, la décantation de particules floculées, la décantation freinée et la décantation en piston (en compression de boue).

La décantation de particules discrètes

Ce type de décantation dite discrète ou individuelle est caractérisée par le fait que les particules conservent tout au cours de leur chute, leurs propriétés physiques (forme et dimension et densité). La concentration en solides est sans influence sur la vitesse de chute; les lois classiques de Newton et de stokes s'appliquent ici. Ce type de décantation est celui rencontré dans les dessableurs.

de décantation est celui rencontré dans les dessableurs. etsher: cours de traitement de production d'eau de

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

25

Décantation de particules floculées

Ce type de décantation est caractérisée par l'agglomération des particules au cours de leur chute.

Les dimension, forme et densité sont modifiées au cours de la chute. Les vitesses de chute croissent au cours du processus. Ce type de décantation est rencontré dans les décanteurs de traitement des eaux de consommation et dans les décanteurs secondaires des usines d'épuration des eaux usées.

secondaires des usines d'épuration des eaux usées.  Décantation freinée Ce type de décantation est

Décantation freinée

Ce type de décantation est caractérisé par une concentration élevée de particules, entraînant la

formation d'une couche de particules et, par conséquent l'apparition d'une démarcation nette entre les solides décantés et le liquide surnageant. On retrouve ce type de décantation dans les parties profondes des décanteurs.

Décantation en piston ou en compression de boue

Dans ce type de décantation, les particules entrent en contact les unes avec les autres et reposent

sur les couches inférieures. On retrouve ce type de décantation dans les épaississeurs de boues.

Remarque:

Pour le traitement des eaux de consommation, les deux premiers types de décantation sont les plus sollicitées.

2.2.2.2 - Les différents types de décantation 2.2.2.2.1 - décantation statique - décanteurs statiques La décantation se fait sans l’effet de la boue existante. « La décantation n’est pas assistée Suivant la direction du flux, on parlera de décantation statique à flux vertical ou à flux horizontal.

décanteur statique à flux vertical : décanteurs cylindro-conique La vitesse ascensionnelle de l’eau s’oppose à la chute des particules. Les particules dont la vitesse de sédimentation Vs est supérieure à la vitesse ascensionnelle du liquide sont retenues. Si Vas est la vitesse ascensionnelle de l’eau

Q

Vas = Sh

; Sh = Surface horizontale

Soit Vs la vitesse de chute de la plus petite particule

Q

La vitesse moyenne ascensionnelle - Sh - est de 0,5 m/h (selon Degremont)

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

26

La pente de la partie conique est comprise entre 45 et 60°

6 <

R

< 8

H Ils sont utilisés pour les installations à faible débit Q 20 m 3 /h3

décanteur statique à flux horizontal : décanteurs rectangulaires

Selon Degrémont dans ce type de décanteur, la surface de décantation en mètres carrés est égale une à deux fois le débit horaire en mètres cubes par heure Vitesse de décantation suivant la surface horizontale compris entre 0,50 et 1,00m/h .

Autres conditions :

Généralement dans ce type de décanteur,

le temps de séjour est compris entre 2 et 4 heures

la profondeur est comprise entre 2,5 et 4 mètres

L

 3 6 l L  20 35 H  Différentes parties d'un décanteur statique
 3
6
l
L
 20
35
H
 Différentes parties d'un décanteur statique
(4)
(1)
(2)
(3)

(1)- Zone de tranquilisation ou d'entrée Elle doit permettre une répartition uniforme du flux d'entrée suivant la longueur, on peut avoir :

Une paroi plongeante sous laquelle passe l'eau ou

Une paroi encrée au fond avec des orifices

V

0,15 m/s

(2)- Zone de décantation Temps de séjour 1 à 4 heures

(3)- Zone des boues On estime que la zone des boues doit avoir un volume de 25 % du volume de décantation. Le soutirage des boues peut être hydraulique ou à la pompe.

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

27

(4)- Zone de sortie L'écoulement doit être tranquille pour éviter la remise en suspension des eaux. La collecte des eaux décantées doit s’effectuer à environ 30 à 40 cm sous la surface libre.

Décanteurs lamellaires

30 à 40 cm sous la surface libre. Décanteurs lamellaires 2.2.2. 2.2 - Décantation avec contact

2.2.2. 2.2 - Décantation avec contact de boues - Décanteurs à contacts de boues Les boues présentes dans le décanteur sont utilisées pour améliorer la formation des flocs. L'eau à traiter est mise en contact avec la masse de boue. On distingue les décanteurs à recirculation de boues et les décanteurs à lit de boues.

2.2.2.2 2 1 - Décantation / décanteurs à recirculation de boues Ils sont caractérisés par un dispositif, en général interne, permettant de ramener une partie des boues épaissies dans la zone floculation : c’est la recirculation des boues. Le rôle de cette recirculation est d’accroître la masse de contact dans le floculateur ; elle augmente ainsi la probabilité de chocs entre particules : il y a réduction du temps de floculation et formation de flocs plus denses.

Ces décanteurs comportent deux zones :

Une zone de réaction ou l'eau à traiter est agitée mécaniquement pour la mélanger aux anciennes boues. Une zone de décantation où les boues se concentrent. Une partie de ces boues est renvoyée

Q

régulièrement dans la zone de réaction. S = Va

Les circulators

Q

Va = 1,5 à 2,5 m/h ; S = Va

Ils ne sont pas très utilisés.

; 5 <

R

H

< 8

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

28

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

29

Les accélators ou turbocirculators

 Les accélators ou turbocirculators 1- entrée eau floculée 6- zone de mélange secondaire 2- sortie

1-

entrée eau floculée

6-

zone de mélange secondaire

2-

sortie eau décantée

7-

vidange

3-

groupe d'entraînement

8-

recirculation des boues

4-

turbine

9-

concentrateur de boues

5-

zone de mélange primaire

10- extraction des boues en excès

C'est une amélioration des circulators. Ils comportent deux zones

- Une zone de réaction où l'eau à traiter est agitée mécaniquement pour la mélanger

boue ;

avec la

- Une zone de décantation où les boues se concentrent. L'agitation supérieure est induite à cette zone, ce qui favorise une recirculation de ces boues, les mettant en contact avec les flocs nullement formés. Vas = 2 à 3m/h quand ils ne sont pas équipés de lamelles Vas = 15 à 22m/h quand ils sont équipés de lamelles

Le Densadeg Le densadeg est un nouveau décanteur- épaississeur qui rassemble et optimise diverses techniques précédemment développées par Degrémont. Il constitue une nouvelle génération de décanteurs lamellaires à recirculation de boue.

de décanteurs lamellaires à recirculation de boue. etsher: cours de traitement de production d'eau de

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

30

2.2.2.2.2.2- Décantation / décanteur à lit de boues Les boues formées par la floculation constituent une masse en expansion à travers laquelle l’eau passe de manière régulière et uniforme. De cette manière, on augmente les chances de rencontre

des particules colloïdales qui travers une zone plus concentrée en flocs. L'eau à traiter passe avec une certaine vitesse (et avec une certaine périodicité) à travers le lit de boues. Le lit de boues constitue ainsi un filtre qui va retenir les flocs. Sans lamelles : Vas = 3 à 5 m/h ; temps de séjour 1 à 2 heures. Avec lamelles : Vas = 6 à 10m/h ; temps de séjour 1 à 2 heures.

Q

H

R

S = Va

On dispose généralement des plaques dans le fond qui empêchent les boues de remonter.

; S x h = Qt

; 5 <

< 8.

Décanteur pulsator

; S x h = Qt ; 5 < < 8.  Décanteur pulsator 31 etsher:
31
31

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

Il comporte un bassin à fond plat équipé, - à sa base d'une série de tuyaux perforés permettant d'introduire l'eau brute uniformément sur tout le fond du décanteur. - à la partie supérieure d'une série de tuyaux perforés (ou de goulottes) permettant une reprise uniforme de l'eau décantée. - un dispositif d'alimentation en discontinue constitué d’une cloche à l'intérieur de laquelle on fait le vide. Cette cloche est en communication avec les tuyaux perforés du fond quand la hauteur d'eau atteint 0,6 m à 1,00 m au-dessus du niveau de l'eau dans le décanteur la cloche est mise en communication avec l'atmosphère (ouverture automatique d'une vanne).

La pression atmosphérique s'applique sur l'eau stockée dans la cloche. Cette eau est chassée à grande vitesse à travers les tuyaux perforés du fond dans le décanteur.

Tableau récapitulatif des performances hydrauliques des différentes familles de décanteurs

(d’après le Mémento du gestionnaire de l’alimentation en Eau et de l’Assainissement de la Lyonnaise des eaux)

Type

Exemples

Floculateur

Vitesse apparente sur la zone de décantation (m/h)

Concentration

des

boues extraites(g/l)

Décanteur statique

A flux horizontal Ou vertical

En tête ou intégré

0.5 à 2

1 à 5

 

Décanteur

Sans lamelle

Intégré

3

à 5

2 à 10

 

(pulsator)

   

A lit de boues

Avec lamelles

Intégré

6

à 10

-

Superpulsator

ou

 

pulsator lamellaire

Décanteur à

Sans lamelle

Intégré

2

à 3

5

à 10

(turbocirculator)

   

Recirculation

de

Avec lamelles

En tête

15 à 22

20 à 40

 

boues

(Densadeg)

 

2.2.3- Filtration 2.2.3.1 - Définition La filtration est un procédé de séparation solide – liquide au travers d'un milieu poreux. Les particules solides y sont maintenues.

Selon le mode de mise en œuvre, on distingue deux grandes catégories de filtration:

La filtration sur support

La filtration sur lit granulaire

N.B. : la filtration sur membrane est un développement de la filtration sur support.

Selon la vitesse de filtration on distingue :

La filtration lente

La filtration rapide

0,50

4

V

V

5 m / jour

10 à 15 m / h

. les filtres rapides ouverts . les filtres rapides fermés (ou sous pression)

Selon le nombre de couches constituant le massif filtrant on distingue

La filtration sur filtres mono couche

La filtration sur filtres multicouches (en général sable et anthracite)

Selon le mode de lavage on distingue :

Les filtres lavables à l’eau seule

Les filtres lavables à l’air et à l’eau

(seulement les filtres sous pression)

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

32

Les filtres lavables à l’air puis à l’eau

2.2.3.2 - Mécanismes de la filtration

Selon les caractéristiques des particules à retenir et la nature du matériau filtrant mis en œuvre, il

peut se développer l'un (ou plusieurs ) des mécanismes ci-après :

(séparément)

Mécanisme de capture

Mécanisme de fixation

Mécanisme de détachement

Mécanisme de capture . Tamisage mécanique : la particule est retenue car sa taille est supérieure à celle des mailles (pores) de filtre ou à celle des éléments déjà déposés formant un matériau filtrant. . Dépôt sur le matériau filtrant : la particule a une taille inférieure à celles de pores mais elle est interceptée par contact avec le matériau.

Mécanisme de fixation Ce mécanisme est favorisé par les faibles vitesses. Il est dû à des phénomènes de coincement, de cohésion et des forces d'adsorption.

Mécanisme de détachement Suite aux mécanismes ci-dessus, il y a diminution de l'espace réservé à l'écoulement. La vitesse augmente les dépôts peuvent se détacher et être entraînés plus en avant dans le matériau filtrant.

2.2.3.3 - Différents modes de filtration

Filtration sur support Tamisage puis du micro tamisage Filtration sur cartouches et bougies

un filtrant de haute qualité.

Filtration sur lit granulaire La filtration peut se faire sur un lit de sable, de charbon actif ou de gravier. Quand le lit est constitué d'un même matériau mono couche bicouche. Le filtre est caractérisé par

- La nature (granulométrie ) et l'épaisseur du lit filtrant

- La vitesse V de filtration

- La perméabilité K du massif filtrant

La filtration sur lit granulaire est régie par la loi de Darcy.

Δh = pdc e
Δh = pdc
e

V

 

K

h

Ki

avec i

 

h

=

=

=

 

e

e

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

33

h = perte de charge

e = épaisseur de lit filtrant

= viscosité cinématique de l'eau K = coefficient de Darcy = perméabilité du lit filtrant. Suivant l'importance de la vitesse de filtration, on parlera de filtration lente ou de filtration rapide.

2.2.3.4- Filtration lente / filtration rapide 2.2.3.4.1- Filtration lente La filtration lente est une méthode d'épuration qui consiste à faire passer l'eau à traiter à travers un lit de matériau filtrant. Au cours de ce passage, la qualité de l'eau s'améliore considérablement par une diminution importante du nombre de micro-organismes (bactéries, virus, kystes), par l'élimination des matières en suspension et colloïdales et par des changements dans sa composition chimique. Elle est utilisée pour les eaux de surface ne subissant pas de coagulation - floculation. L'activité de dégradation biologique est importante. Il y a destruction 99 à 100 % des germes totaux, Eschérichia Coli, et des kystes d'amibe. N.B. L'équipe technique du RéFEA recommande des vitesses de filtration de 0,1 à 0,2m/h pour des eaux de turbidité 30 NTU. La filtration lente est une technique efficace pour les petites localités : elle

- est efficace

- peut être réalisés avec des matériaux locaux

- n’a pas besoin d’énergie électrique

- ne nécessite pas une main d’œuvre qualifiée

- n’engendre pas de consommation de réactifs.

Mise en œuvre

La filtration étagée permet de bons résultats et retarde le colmatage

20 à 40 mm

1 mm

0,3 mm

OOOOOOOOOOOOOOOOOO

OOOOOOOOOOOOOOOOOO

OOOOOOOOOOOOOOOOOO

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Filtre dégrossisseur 20 à 30 m 3 /m2/j

pré filtres 10 à 20 m 3 /m2/j

∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑ Filtres finisseurs 2 à 5 m 3 /m2/j ∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑ ∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑∑

Entretien

- empêcher l’assèchement

- racler la couche supérieure en cas de colmatage (le sable peut être lavé et remis)

- laver la masse de sable une fois / an

destruction du film biologique

2.2.3.4.2- Filtration rapide : 5 à 15 m 3 /m² /h

L’eau à traiter généralement a reçu au préalable la coagulation -floculation puis la décantation.

( voire 20 m 3 /m² /h selon Degremont)

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

34

N.B. Pour une eau uniquement (non décantée ) la filtration assurera à elle seule la rétention du floc et de toutes les particules en suspension : cela suppose que le floc soit peu abondant, donc que les eaux brutes soient peu chargées en MES et en colloïdes (MES 20 à 30mg/l généralement).

Les principaux avantages de la filtration rapide sont :

- une action biologique faible.

- une réduction des surfaces de filtration

- une souplesse d’exploitation

- une adaptation aux brusques variations de l’eau

- une commodité et rapidité de nettoyage des masses filtrantes

Pour la mise en œuvre de la filtration rapide on utilise des filtres ouverts ou des filtres fermés (sous pression)

2.2.3.4.2.1- Filtres rapides ouverts

- filtres mono couches

matériaux = 1 à 2 mm

. . épaisseur du lit filtrant 0,8 à 1, 30 m 2 m

- filtres multicouches (durée de vie plus élevée: temps entre deux lavages)

Pierre ponce 3 mm Hydroanthracite 2 mm Sable de quartz 0,7 mm

e = 0,30 m e = 0,40 m e = 0,80 m

Selon le mode de lavage on peut classer ces filtres en deux grandes familles Les filtres lavables à l'air et à l'eau

Les filtres lavables à l'air puis à l'eau

Filtres rapides ouverts lavables à l’air et à l’eau Le lavage de ces filtres s’effectue par retour simultané d’air et d’eau suivi d’un rinçage à débit moyen d’eau ne provoquant pas de mise en expansion du lit filtrant. Degremont propose dans cette famille de filtres :

Les filtres AQUAZUR T

Les filtres AQUAZUR V

. Les filtres AQUAZUR T Ils sont utilisés à des vitesses comprises entre 5 et 10 m/h

- Le lit filtrant est de granulométrie homogène

- Epaisseur du massif filtrant : 0,80 à 1,00m

- La taille effective du matériau est compris entre 0,7 et 1,35mm

- Faible hauteur d’eau au-dessus du massif filtrant : 0,50m

- Une chute géométrique réduite (2,00m en général) pour éviter un trop fort encrassement qui pourrait entraîner un important dégazage de l’eau

- Ils sont équipés de buselures à longue queue visée sur des dalles en polyester armé ou en béton

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

35

Dimensions standard pour les filtre à simple cellule et à dalles en béton préfabriquées Pour
Dimensions standard pour les filtre à simple cellule et à dalles en béton préfabriquées Pour

Dimensions standard pour les filtre à simple cellule et à dalles en béton préfabriquées

Pour les filtres à collecteurs de soufflerie

Largeur (m)

Surface (m 2 )

2,46

de 6,50 à 25,00 de 23,50 à 33,50

3,07

Pour les filtres à canal air et eau

Largeur(m)

Surface ( m 2 )

Les débits mis en œuvre pour les lavages sont

Débit d’eau de lavage en soufflage : 5 à 7 m 3 /h.m 2

Débit d’air de lavage 50 à 60 m 3 /h.m 2

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

36

Débit d’eau de rinçage 20 m 3 /h.m 2

N.B. La consommation d’eau de lavage varie généralement entre 1 et 2% du volume filtré entre

deux lavages.

Les filtres AQUAZUR V Ils sont utilisés à des vitesses comprises entre 7 et 20m/h

sont utilisés à des vitesses comprises entre 7 et 20m/h Ils sont caractérisés par, - une

Ils sont caractérisés par,

- une grande hauteur d’eau au-dessus du massif filtrant : 1,00 à 1,20m,

- une épaisseur du lit filtrant comprise entre 0,80 et 1,50m ; elle est adaptée à la vitesse de filtration,

- matériau filtrant homogène : taille effective en général de 0,95mm ou 1,35mm (avec une fourchette extrême de 0,70mm et 2,00mm,

- un lavage simultané à l’air et à l’eau accompagné d’un balayage en surface à l’eau décantée suivi d’un rinçage à l’eau filtrée sans mise en suspension du lit filtrant.

Dimensions standard

Largeur(m)

Surface ( m 2 )

3,00

de 24,50 à 38,50 de 28,00 à 52,50 de 46,50 à 70,00 de 56,00 à 79,00 de 70 ,00 à 105,00

3,50

4,00

4,66

5,00

Les débits mis en œuvre pour les lavages sont

Débit d’eau de lavage en soufflage : 7 à 15 m 3 /h.m 2

Débit d’air de lavage 50 à 60 m 3 /h.m 2

Débit de balayage (eau décantée) 5m 3 /h.m 2

Débit d’eau de rinçage 15 m 3 /h.m 2

N.B. Le lavage dure 10 à 12mn. Ce filtre consomme moins d’eau en lavage que le filtre AQUAZUR T

Les filtres rapides ouverts lavables à l'air puis à l'eau Ce sont des filtres comportant,

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

37

Soit une couche unique de matériau léger (anthracite ou charbon actif)

Soit deux couches de matériaux différents

On distingue

Les filtres à faible hauteur d'eau de vitesse de filtration allant de 5 à 10m/h

Les filtres à grande hauteur d'eau de vitesse de filtration allant de 7 à 20m/h La séquence de lavage de ces filtres est la suivante:

.

vidange jusqu'au niveau du matériau filtrant

.

constitution d'un matelas d'air

.

soufflage à l'air seul

.

purge du matelas d'air

.

rinçage à l'eau seule

2.2.3.4.2.2- Filtres rapides fermés (filtres sous pressions) 32.2.2.1- filtres lavables à l’eau seule Ces filtres sont la plupart du temps constitués d’une couche filtrante. La perte de charge en fin de cycle peut atteindre 2,2 à 2 bars.

Taille effective (mm)

0,35

0,55

0,75

0,95

Vitesse (m/h)

25 à 35

40 à 50

55 à 70

70 à 90

Ces filtres ont

- des diamètres allant de 1,40 à 3,00m

des hauteurs de couches filtrantes de 0,60m Filtre Hydrazur

-

hauteurs de couches filtrantes de 0,60m Filtre Hydrazur - etsher: cours de traitement de production d'eau

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

38

filtres lavables par air et eau Ce sont des filtres à couche unique homogène lavés par air et eau simultanément.

- Granulométrie : 0,7 à 1,35mm

- Perte de charge en fin de cycle : 0,2 à 1,5 bar

- Vitesse de filtration 4 à 20m/h

- La hauteur de la couche est adaptée à la vitesse de filtration et à l’importance de la charge de matière à retenir. Elle va de 1 à 2 m.

Pour l’eau potable Dégremont propose des filtres FV2 (hauteur de couche filtre : de l’ordre du mètre, les diamètres vont de 0,95 à 3,20m)

Filtres FV2

du mètre, les diamètres vont de 0,95 à 3,20m) Filtres FV2  Pour la déferrisation biologique

Pour la déferrisation biologique Dégremont propose des filtres FP

filtres lavables successivement à l’air et à l’eau Ils ne sont pas utilisés en filtration ordinaire d’eau potable. Par contre ils sont utilisés en déferrisation et en décarbonatation.

2.2.3.5 - Contrôle et régulation des filtres Une batterie filtrante peut comporter n filtres que l’on doit chercher à alimenter le plus régulièrement et tout particulièrement en évitant un surdébit sur l’un des filtres. Dans le cas des filtres sous pression, les modes de régulation peuvent être simplifiés :

diaphragme, vanne régulatrice. Les filtres rapides ouverts se distinguent par trois principaux modes de fonctionnement hydraulique :

à débit constant à encrassement

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

39

à débit constant avec régulateur (compensation de colmatage)

à débit variable (ou à flux décroissant)

2.2.3.5.1- Filtres à débit constant à encrassement Ce sont des filtres à débit constant et à niveau variable. Une équi répartition du débit total à filtrer est réalisée à l’entrée des filtres, ou l’eau chute d’une hauteur variable suivant l’état du colmatage. Quand le filtre est propre, le massif filtrant est juste recouvert de la hauteur minimale d’eau Quand le filtre est à son colmatage maximal le massif filtrant est recouvert de la hauteur maximale d’eau : le niveau de l’eau atteint la côte d’alimentation des filtres. La plage de variation du plan d’eau au-dessus du massif filtrant est comprise entre 1,50m et 2,0m .

du massif filtrant est comprise entre 1,50m et 2,0m . 2.2.3.5.2- Filtre à débit constant et

2.2.3.5.2- Filtre à débit constant et compensation de colmatage Le niveau de l’eau sur les filtres est fixe ou varie peu ; l’eau filtrée est restituée à 2 ou 3m plus bas. Le maintien du débit constant quel que soit le degré d’encrassement des filtres est assuré par un régulateur placé à la sortie de chacun d’eux. Cet organe agit soit en régulateur de débit, soit en régulateur de niveau. Il crée une perte de charge auxiliaire importante lorsque que le filtre est propre et qui se réduit progressivement en relation avec les pertes de charge engendrées dans le massif filtrant par l’encrassement. A l’encrassement maximal la perte de charge auxiliaire s’annule totalement.

Régulation avec mesure de débit Chaque filtre est équipé d’un régulateur, placé sur sa sortie d’eau filtrée, qui a pour rôle

d’évacuer un débit constant et identique pour tous les filtres. Le débit d’eau filtré est mesurée par

qui envoie des informations sur le débit. Selon

l’écart entre la consigne de débit et le débit mesuré, le régulateur fait fermer ou ouvrir l'organe qui règle le débit sortant (vanne papillon, vanne à diaphragme, siphon ) jusqu’à rétablir l’équilibre. Dans ce mode de régulation, rien ne maintient le plan d’eau sur les filtres. Aussi faut il ajouter un autre régulateur qui ajuste ce niveau en fonction du mode de régulation de l’ensemble de la station.

un système déprimogène (venturi, tuyère

)

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

40

Régulation avec mesure de débit : commande par l’amont Régulation avec mesure de débit :

Régulation avec mesure de débit : commande par l’amont

Régulation avec mesure de débit : commande par l’amont Régulation avec mesure de débit : commande

Régulation avec mesure de débit : commande par l’aval

Régulation avec maintien d’un niveau constant Pour obtenir de chaque filtre un débit constant, on peut passer par l’intermédiaire d'un niveau constant. Il faut donc assurer une équipartition du débit total entre les filtres dont l'organe de sortie est asservi à la côte du niveau amont ou aval pris comme référence.

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

41

Les régulateurs des filtres

Pour maintenir une chute totale constante entre le niveau de restitution fixe et le plan d'eau au- dessus du sable Dégremont propose deux types de régulateurs de niveau

Les siphons partialisés à l'aide d'une entrée d'air

Les vannes de régulation.

d'une entrée d'air  Les vannes de régulation. Le siphon et sa boîte de partialisation La

Le siphon et sa boîte de partialisation

La boîte de partialisation est l'organe de détection et de commande et le siphon est l'organe de régulation. Le siphon est constitué de deux tubes concentriques: l'écoulement s'effectue de la branche intérieure vers la branche extérieure. Principe Si l'on introduit de l'air à sa parie supérieure, cet air est entraîné par l'eau dans la branche aval où la densité du mélange air- eau s'abaisse, diminuant ainsi le vide au col. Sans air de partialisation, le vide au col est égal à la perte de charge près dans la branche aval, à la hauteur de chute "H" entre le plan d'eau sur le filtre et le plan d'eau dans la vasque aval de restitution. Avec la partialisation par de l'air, ce vide est réduit à la hauteur "h 1 " égale au produit de "H" par la densité du mélange air- eau. La différence H - h 1 = h 2 représente la perte de charge créée par l'apport d'air Un vacuomètre placé au col du cygne mesura le vide h 1 qui représente la perte de charge à travers le filtre et ses tuyauteries.

Fonctionnement

Au début le filtre est propre h 1 est la perte de charge correspondante

H 2 représente le colmatage disponible pour le lit filtrant

On introduit au début par la boîte de partialisation de l'air dans le col du siphon pour créer volontairement une perte de charge h 2 . Ainsi au départ le filtre propre fonctionne à situation d'encrassement maximal autorisé. A cette situation correspond le débit constant de filtration.

Au fur et à mesure de la filtration, le filtre s'encrasse, engendrant des pertes de charge h.

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

42

L'eau filtrée en passant dans la partie supérieure du siphon entraîne de l'air (il y a diminution progressive de la densité du mélange air- eau dans la branche aval), ce fait diminuer la quantité d'air introduit initialement: la perte de charge initiale due à l'air diminue également.

Un réglage par la boîte de partialisation du volume d'air dans le col de cygne en rapport

avec le colmatage fait que le filtre fonctionne à porte de charge constante tant que la perte de charge due au colmatage reste inférieure ou égale h 2 .

Quand le filtre est totalement encrassé, il ne pénètre plus du tout d'air, si on ne le lave à ce moment son débit commencera à diminuer.

. La vanne de régulation Une vanne est placée à la sortie de l'eau filtrée. Elle est réglée par manœuvre hydraulique ou pneumatique. Un capteur de pression (6)à jauge fournit un signal électrique proportionnel à sa hauteur d'immersion. Cette hauteur d'immersion est comparée à une hauteur de consigne, matérialisant le niveau à maintenir constant. Tout écart entre la hauteur de consigne et la hauteur d'immersion supérieur à un seuil fixé est transmis un régulateur électronique (5). Suivant le sens de cet écart une des deux électrovannes (4) placées sur le circuit du fluide alimentant le vérin de commande (3) de la vanne papillon (2) va provoquer une tendance à l'ouverture ou à la fermeture de celle-ci jusqu'au rétablissement de l'équilibre. Un potentiomètre (8), solidaire de l'axe de la vanne, introduit dans la boucle de régulation une réaction à taux réglable, s'annulant progressivement de façon à ramener sans pompage le niveau régulé à sa valeur de consigne.

sans pompage le niveau régulé à sa valeur de consigne. Schéma de régulation électronique d'un filtre

Schéma de régulation électronique d'un filtre

Remarque:

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

43

Avec le développement des microposseurs, il est mis au point un régulateur programmé. Au-delà de la simple régulation du filtre, il assure une véritable gestion du filtre qui peut même être étendue à celle de la batterie de filtres.

2.2.3.5.3- Filtres à flux décroissant Certaines batteries de filtres ouverts peuvent fonctionner à débit variable, sans régulation

grande

niveau.

individuelle,

Les filtres sont alimentés en eau décantée à partir d'une même tuyauterie ou d'un même canal,

sans chute.

ni

sans

variation

de

ou d'un même canal, sans chute. ni sans variation de Schéma de filtre à débit décroissant

Schéma de filtre à débit décroissant avec commande générale par l'aval

L'eau filtrée s'écoule dans des vasques individuelles dont le déversoir (9) est calé pour que le lit filtrant soit couvert à l'arrêt des filtres ou en fonctionnement à petit débit. Chaque sortie de filtre est équipée d'une vanne d'eau filtrée (7) ouverte ou fermée, doublée d'une vanne (8) créatrice de perte de charge auxiliaire. L'alimentation en eau brute (1) est ajustée en fonction du niveau d'eau dans la citerne (11) d'eau filtrée grâce à un détecteur de niveau (12) et à un régulateur général (13).

La perte de charge créée par la vanne (8) est ajustée de telle façon qu'à débit maximal Q traité dans la station:

Le débit individuel des filtres varie suivant leur encrassement de + ou

de la valeur moyenne de débit Q/n, n étant le nombre de filtres en service. Ainsi,

après le lavage, un filtre débite (1+ m/100) x (Q/n); un filtre à encrassement maximale autorisé débite (1- m/100) x (Q/n). m varie généralement entre 20 et 40%

m%

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

44

La perte de charge due à l'encrassement du filtre, avant son lavage, soit telle que, ramenée à

sa valeur pour la vitesse moyenne de filtration, elle atteigne les valeurs habituelles de 1,75 à 2

mètres

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

45

CARACTERISTIQUES GEOMETRIQUES DES OUVRAGES DE TRAITEMENT D'EAUX DE LA VILLE DE OUAGADOUGOU

( Paramètres hydrauliques de fonctionnement )

UNITE

Qn (m 3 /h)

DECANTATION

   

FILTRATION

 

Dimensions (m) (D, H) ou (L, l, H)

Vd (m/h)

 

n

filtres de

Hauteur d’eau au-dessus du filtre

Epaisseur du

Vitesse (m/h)

OBSERVATIONS

 

L(m) x l(m)

Massif filtrant

de filtration

(m)

(m)

I STATIQUE

200

L

= 30,00

0,83

 

n

= 2

0,50

 

5,55

 

l

=

8,00

L

= 6,00

1,00

H

=

3,50

l

=

3,00

II DEGREMONT

               

Accélator

200

4,53

n

= 3

Zone de réaction

D

= 3,50

L

= 6,00

3,70

l

= 3,50

Zone de décantation

D

= 8.00

 

0,50

1,00

Pulsator

400

L

= 13,00

3,17

n

= 4

l

=

9,70

L

= 6,00

5,50

H

= 6,00

l

= 3,50

III

DANOISE (Candy)

               

Accélator

300

x 2

2,44

n

= 4 x 2

(au nombre de deux)

 

L

= 5,00

0,50

1,00

5,00

Zone de réaction

D

= 5,50

l

=

3,00

Zone de décantation

D

= 12,50

 

IV

DIWYDAG

               

Pulsator

n

= 3x 2

(au nombre de deux )

400

x 2

L

= 14,00

1,97

L

= 6,75

0,50

1,00

6,80

 

l

= 14,50

l

=

2,75

H

= 5,00

 

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

46

3- MISE A L’EQUILIBRE CALCOCARBONIQUE

3.1- Notion de neutralisation Les traitements de correction de pH, souvent désignés par le terme de neutralisation, qui consistent à ramener le pH d’une eau à une valeur définie peuvent concerner les domaines suivants :

- neutralisation d’effluents divers à un pH souvent voisin de la neutralité avant rejet dans un milieu donné : eaux industrielles acides avant rejet dans la chaîne d’épuration biologique.

- Correction du pH avant un stade de traitement ultérieur biologique ou physico- chimique ( ajustement du pH de floculation )

- Correction de l’équilibre calco-carbonique pour protéger les conduites d’eau contre la corrosion ou l’entartrage.

La mise à l’équilibre calco-carbonique constitue une étape importante du traitement des eaux de consommation. Les eaux de consommation , quelque soit leur niveau de traitement ne sont pas pures : elles contiennent des éléments chimiques dissous dont le plus important est le bicarbonate de calcium ( ou hydrogénocarbonate de calcium ). L’équilibre de ce sel avec le dioxyde de carbone CO 2 est régi par des lois complexes et son déplacement peut créer des réactions chimiques de :

Dissolution du carbonate de calcium

Précipitation du carbonate de calcium (HCO 3 )

( agressivité )

( entartrage )

3.2- Eau agressive - eau à l’équilibre calco carbonique - eau incrustantes En matière d'alimentation en eau, les eaux contiennent et/ou sont en contact avec le bicarbonate (ou hydrogénocarbonate) de calcium. Suivant la teneur CO 2 on peut assister soit:

- à des réactions chimiques de dissolution de carbonate de calcium (agressivité),

- à des réactions chimiques de précipitation de carbonate de calcium (entartrage),

- à un équilibre entre le CO 2 et les bicarbonates de calcium.

Le pH correspondant à cette situation d'équilibre est dit pH d'équilibre ou pH de saturation (pHs)

CO 2 total

pH d'équilibre ou pH de saturation (pHs) CO 2 total CO 2 de bicarbonate CO 2

CO 2 de bicarbonate

CO 2 libre (dissout)

2 total CO 2 de bicarbonate CO 2 libre (dissout) CO 2 équilibrant CO 2 en

CO 2 équilibrant

CO 2 en excès (agressif)

ATTENTION :

pH < 7 n'est pas un critère suffisant pour se prononcer sur le caractère agressif ou incrustant d'une eau. Il faut d'abord déterminer le pHs (pH d'équilibre - pH de saturation) pour en faire une comparaison. Si pH de l'eau < pHs eau agressive Si pH de l'eau > pHs eau incrustante

Si pH de l'eau = pHs

on parle d'indifférence vis-à-vis du calcaire: PH d’équilibre

etsher: cours de traitement de production d'eau de consommation (2005)

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Dans le premier cas, l'eau a une forte teneur en CO 2 (CO 2 libre > CO 2 équilibrant) et l’eau a tendance à dissoudre le calcaire et à attaquer les mortiers et les bétons. Les couches protectrices carbonatées à l’intérieur des canalisations métalliques sont attaquées. Ainsi la conduite est exposée à la corrosion (attaque du métal) interne. Il faut dans ce cas appliquer un traitement de neutralisation (d’adoucissement)

Dans le deuxième cas, il y a une faible teneur en CO 2 (CO 2 < CO 2 équilibrant) l'eau à tendance à

précipiter du calcaire