Vous êtes sur la page 1sur 89

APPAREILS DE LEVAGE

L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) Les Caisses régionales d’assurance maladie (CRAM)
Dans le domaine de la prévention des risques professionnels, l’INRS et Caisses générales de sécurité sociale (CGSS)
est un organisme scientifique et technique qui travaille, au plan Les Caisses régionales d’assurance maladie et les Caisses générales
institutionnel, avec la CNAMTS, les CRAM-CGSS et plus ponctuellement de sécurité sociale disposent, pour participer à la diminution des risques
pour les services de l’État ainsi que pour tout autre organisme s’occupant professionnels dans leur région, d’un service prévention composé
de prévention des risques professionnels. d’ingénieurs-conseils et de contrôleurs de sécurité.
Il développe un ensemble de savoir-faire pluridisciplinaires qu’il met Spécifiquement formés aux disciplines de la prévention des risques
à la disposition de tous ceux qui, en entreprise, sont chargés professionnels et s’appuyant sur l’expérience quotidienne de l’entreprise,
de la prévention : chef d’entreprise, médecin du travail, CHSCT, salariés. ils sont en mesure de conseiller et, sous certaines conditions,
Face à la complexité des problèmes, l’Institut dispose de compétences de soutenir les acteurs de l’entreprise (direction, médecin du travail,
scientifiques, techniques et médicales couvrant une très grande variété CHSCT, etc.) dans la mise en œuvre des démarches et outils de
de disciplines, toutes au service de la maîtrise des risques professionnels. prévention les mieux adaptés à chaque situation. Ils assurent la mise à
disposition de tous les documents édités par l’INRS.
Ainsi, l’INRS élabore et diffuse des documents intéressant l’hygiène
et la sécurité du travail : publications (périodiques ou non), affiches,
audiovisuels, site Internet… Les publications de l’INRS sont distribuées
par les CRAM. Pour les obtenir, adressez-vous au service prévention
de la Caisse régionale ou de la Caisse générale de votre circonscription,
dont l’adresse est mentionnée en fin de brochure.

L’INRS est une association sans but lucratif (loi 1901) constituée sous
l’égide de la CNAMTS et soumise au contrôle financier de l’État.
Géré par un conseil d’administration constitué à parité d’un collège
représentant les employeurs et d’un collège représentant les salariés,
il est présidé alternativement par un représentant de chacun des deux
Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’INRS,
collèges. Son financement est assuré en quasi-totalité par le Fonds
de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite.
national de prévention des accidents du travail et des maladies Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction,
professionnelles. par un art ou un procédé quelconque (article L. 122-4 du code de la propriété intellectuelle).
La violation des droits d’auteur constitue une contrefaçon punie d’un emprisonnement de deux ans
© INRS, Paris, 2007. et d’une amende de 150 000 euros (article L. 335-2 et suivants du code de la propriété intellectuelle).
Ponts roulants
Manuel de sécurité
à l'usage de la maîtrise,
des pontiers
et du personnel d'entretien

ED 716
sommaire
3. Connaissance des ponts roulants ........ 23

3.1. Définitions ................................................................ 23


3.2. Charpente ................................................................ 24
3.3. Mouvements et mécanismes ................................... 26
3.3.1. Levage .......................................................... 27
3.3.2. Direction ........................................................ 27
3.3.3. Translation .................................................... 27
3.3.4. Orientation .................................................... 27
3.4. Commandes ............................................................. 28
Avant-propos ........................................................... 5 3.4.1. Commandes en cabine ................................. 28
3.4.2. Commandes au sol ....................................... 29
1. Les causes dʼaccidents .............................. 6 3.4.3. Automatismes ............................................... 30
1.1. Les types dʼaccidents .............................................. 6 3.5. Câble, moufle et crochet .......................................... 30
1.2. Quelques chiffres sur les accidents ......................... 6 3.5.1. Câble de levage ............................................ 30
3.5.2. Moufle et mouflage ....................................... 31
3.5.3. Crochet de levage ......................................... 31
2. Renseignements et prescriptions 3.6. Accessoires de levage ............................................. 32
à connaître ......................................................... 10 3.6.1. Élingues ........................................................ 32
2.1. Concernant le matériel ............................................. 10 3.6.2. Palonniers ..................................................... 33
2.1.1. Conformité du matériel ................................. 11 3.6.3. Accessoires de levage mus mécaniquement 33
2.1.2. Maintien en état de conformité ............................. 12 3.7. Principaux organes et dispositifs de sécurité ........... 34
2.1.3. Mise en conformité ....................................... 13 3.7.1. Contrôle et maîtrise des mouvements .......... 34
2.1.4. Vérifications .................................................. 13 3.7.2. Organes de protection .................................. 36
2.1.5. Visite approfondie ......................................... 16 3.7.3. Moyens de communication ........................... 36
2.2. Concernant le conducteur ........................................ 16 3.8. Chemin de roulement .............................................. 37
2.2.1. Âge du conducteur ........................................ 16 3.8.1. Aménagement ............................................... 37
2.2.2. Choix du conducteur ..................................... 16 3.8.2. Amarrage et calage ...................................... 38
2.2.3. Formation professionnelle ............................. 16 3.9. Installation électrique ............................................... 39
2.3. Concernant lʼutilisation ............................................. 17 3.9.1. Alimentation en énergie électrique ............... 39
2.3.1. Réglementation ............................................. 17 3.9.2. Coupure de la ligne dʼalimentation ............... 39
2.3.2. Recommandations de la Sécurité sociale .... 21 3.9.3. Coupure de lʼalimentation en énergie sur le
2.3.3. Procédure dʼaccès ........................................ 21 pont roulant .................................................... 40
2
3.9.4. Motorisation .................................................. 40 4.7.3. Guidage des charges..................................... 72
3.9.5. Protection contre les contacts directs ........... 41 4.7.4. Déplacement dʼun pont à lʼaide
3.9.6. Protection contre les contacts indirects ........ 41 dʼun autre pont .............................................. 73
4.7.5. Déplacement de bouteilles
4. Conduite en sécurité .................................... 43 de gaz comprimé .......................................... 73
4.7.6. Manœuvres de wagons et de véhicules ....... 74
4.1. Gestes et signaux de commandement .................... 43 4.7.7. Levage dʼune charge
4.2. Élingage de la charge ............................................... 46 à lʼaide de deux ponts roulants ..................... 74
4.3. Cabines .................................................................... 50 4.7.8. Basculement et retournement de charges .... 74
4.3.1. Accès aux cabines ........................................ 50 4.7.9. Changement dʼaccessoire
4.3.2. Chauffage, ventilation ................................... 52 ou dʼappareil de manutention ....................... 75
4.3.3. Visibilité ......................................................... 52 4.8. Transport et élévation du personnel ........................ 75
4.3.4. Propreté ........................................................ 53 4.9. Registre dʼobservations ........................................... 76
4.3.5. Protection incendie ....................................... 53
4.4. Manœuvres avec les ponts commandés à partir
dʼune cabine ............................................................. 54 5. Entretien des appareils de levage
4.4.1. Avant mise en route ...................................... 54 et travaux sur les chemins
4.4.2. Manœuvres et interdictions .......................... 57 de roulement ou à leurs abords ............. 77
4.4.3. Incidents et avaries ....................................... 61
4.4.4. En fin de poste .............................................. 63 5.1. Avant le début des travaux ...................................... 79
4.5. Manœuvres des ponts commandés à partir du sol . 64 5.1.1. Ponts roulants commandés par boîte
4.5.1. Avant mise en route ...................................... 64 à boutons ...................................................... 79
4.5.2. Manœuvres et interdictions .......................... 64 5.1.2. Ponts roulants télécommandés .................... 80
4.5.3. Incidents et avaries ....................................... 62 5.1.3. Ponts roulants à cabine ................................ 81
4.5.4. En fin de poste .............................................. 63 5.2. Travaux sur le pont .................................................. 82
4.6. Particularités pour les ponts roulants 5.3. Travaux sur les ponts ou aux abords ...................... 83
télécommandés ........................................................ 68 5.3.1. Zone de travail consignée ............................. 83
4.6.1. Avant mise en route ............................................. 69 5.3.2. Zone de travail surveillée .............................. 83
4.6.2. Relève de poste ............................................ 69 5.4. Remplacement dʼun câble de levage ...................... 83
4.6.3. Manœuvres ................................................... 70 5.5. Essais par le personnel dʼentretien ......................... 84
4.6.4. En fin de poste .............................................. 70 5.6. Protection contre les chutes de hauteur .................. 85
4.7. Manœuvres délicates ou spéciales ......................... 71
4.7.1. Balancement des charges ............................ 71
4.7.2. Tractions obliques ......................................... 72 6. Quelques conseils ......................................... 87
3
avant-propos
Ce manuel est pour lʼessentiel destiné une incapacité permanente, plusieurs faire le plus complet et le plus pratique
aux pontiers (1), conducteurs de pou- ont des conséquences mortelles. possible en espérant quʼaprès en avoir
tres roulantes, ponts roulants, porti- Il existe de multiples modèles de ponts pris connaissance vous le conserverez
ques et semi-portiques (2), ainsi quʼau roulants de construction plus ou moins pour vous y référer en tant que de besoin.
personnel dʼentretien. ancienne ; certains, qui ont plus de cin-
Le chapitre 2 est plus particulièrement quante années de service, mériteraient
destiné au chef dʼétablissement ainsi pour le moins de faire lʼobjet dʼun diag-
quʼau personnel dʼencadrement. nostic approfondi en vue de déterminer
Toutefois le conducteur bien que sʼils peuvent être maintenu en service
nʼétant pas directement responsable après avoir été rénovés ou si leur rem-
de la mise en œuvre de certaines pres- placement doit être planifié.
criptions doit en avoir connaissance. Ils diffèrent notamment par la concep-
De nombreux accidents du travail, sur- tion et la réalisation de leurs char-
venant lors de lʼutilisation ou de lʼentre- pentes, mécanismes et équipements,
tien de ponts roulants, sont encore leur capacité de levage, les vitesses
recensés chaque année ; une grande de leurs différents mouvements, leur
partie de ces accidents donne lieu à mode de commande ainsi que leurs uti-
lʼattribution dʼune rente consécutive à lisations les plus diverses dans de très
(1) Dans certaines régions et dans cer- nombreuses industries.
taines industries, le terme de « pontonnier » Il est par conséquent fort possible que
est également en usage. certains risques très spécifiques et les
(2) Par souci de simplification, tous ces mesures de prévention qui en résultent
appareils seront dénommés « ponts rou- ne figurent pas dans ce manuel de sécu-
lants » dans ce manuel. rité. Nous avons toutefois essayé de le
5
1 les causes d’accidents
Les accidents du travail qui font l’objet 1.1. Les types dʼaccidents Ruine ou chute de lʼengin de levage
d’une enquête par les services de pré- La chute de l’ensemble de l’appareil ou
vention des caisses régionales d’assu- d’une partie (chariot avec treuil) est
rance maladie sont enregistrés dans Chute de la charge due à un mauvais entretien de l’appa-
une base de données nationales nom- La chute de la charge est la cause la reil ou une utilisation inappropriée.
mée EPICEA (1). Cette base ne réper- plus fréquente d’accidents avec les
torie que les accidents mortels et les ponts roulants. La cause est due à un
accidents significatifs pour la préven- mauvais élingage de la charge, à une
tion. L’analyse des accidents impliquant conduite inappropriée ou à une rupture 1.2 Quelques chiffres
les ponts roulants, portiques et
potences entre 1987 et 2004 permet
mécanique. sur les accidents
d’identifier 214 accidents. Les comptes Écrasement de la victime
rendus font ressortir les causes les
plus fréquemment rencontrées. L’écrasement ou le choc de la victime
entre la charge et un obstacle est une
cause très fréquente d’accident. Elle
concerne le conducteur, l’élingueur, la
personne qui guide la charge ou une
personne non impliquée dans l’opéra-
tion de levage.
(1) Études de prévention pour informatisa- Ce risque est dû au déplacement de la
tion des comptes rendus d’enquêtes d’acci- charge dans un environnement encom-
dents du travail. bré.
6
7
8
9
renseignements
2 et prescriptions à connaître
Ce chapitre est plus particulièrement rité lors de la conception des machines pages 10696 à 10714). Les construc-
destiné au personnel d’encadrement que des textes réglementaires se sont teurs sont par ailleurs soumis à
mais le conducteur est invité à en adressés spécifiquement aux construc- d’autres obligations qui sont hors du
prendre connaissance, surtout pour le teurs, pour certaines catégories de propos de cette brochure.
paragraphe 2.2. qui le concerne direc- matériel. Les chefs d’établissement sont, pour
tement. Cette nouvelle « philosophie » s’est ce qui concerne le matériel, soumis
généralisée par la mise en application, aux obligations suivantes :
à l’ensemble des machines cette fois, • assurer la sécurité et la santé des
2.1. Concernant le matériel de textes réglementaires issus de la travailleurs de l’établissement (loi
transposition en droit français des n° 91-1414 du 31 décembre 1991,
Antérieurement aux années 1980, la directives du conseil de l’Union euro- art. L. 230-2 du code du travail),
réglementation française issue du code péenne. • n’utiliser que du matériel conforme à
du travail s’adressait essentiellement C’est ainsi que les machines neuves la réglementation (art. L. 235-5-1),
aux chefs d’établissements utilisateurs (de toutes origines) ou les machines • maintenir le matériel en état de
du matériel concerné, bien que cer- d’occasion (en provenance d’un pays conformité (art. R. 233-1-1),
taines prescriptions relevaient de la non communautaire), mises sur le mar- • procéder à des vérifications :
conception technique du matériel (ex. : ché du territoire national à partir du – initiales, à la mise en service (art.
rapport d’enroulement des câbles sur 1er janvier 1995, doivent être techni- R. 233-11-1),
les poulies au minimum égal à 22...). quement conformes à l’article R. 233- – périodiques (art. R. 233-11),
Ce n’est qu’à partir de 1981, avec la 84 initialement introduit dans le code – à la remise en service (art. R. 233-
mise en application des « décrets de du travail par le décret n° 92-767 du 11-2),
80 » relatifs à l’intégration de la sécu- 29 juillet 1992 (JO du 7 août 1992, • mettre en conformité le matériel exis-
10
tant (art. L. 233-5-1-III-2°), construit aux coefficients de sécurité des câbles, L’ensemble de ces dispositions est
antérieurement aux nouvelles règles chaînes et cordages. applicable à tous les appareils, y com-
techniques. • La réglementation des appareils mis en pris ceux qui ont été construits par l’uti-
Ces textes font généralement l’objet de service avant 1993 a évolué avec l’obli- lisateur, pour son propre usage.
décrets et d’arrêtés spécifiques qui gation de mise en conformité des appa-
définissent les mesures techniques reils de levage (cf. paragraphe 2.1.3).
particulières à mettre en œuvre. La normalisation
• Le matériel mis en service à partir du
Lorsque le matériel est conçu et utilisé 1er janvier 1995 doit être conforme aux Antérieurement au 1er janvier 1995, la
à d’autres fins il est nécessaire de se prescriptions de l’article R. 233-84 du normalisation avait un caractère
référer aux décrets et arrêtés spéci- code du travail et plus particulièrement volontaire, sauf pour les marchés
fiques à ces autres fonctions et des règles techniques de son annexe I publics et pour certaines normes ren-
usages. et des arrêtés pris en application, en dues d’application obligatoire par voie
particulier celui du 18 décembre 1992 d’arrêtés.
relatif aux coefficients d’épreuves sta- À partir du 1er janvier 1995, les normes
2.1.1. Conformité du matériel
tique et dynamique et aux coefficients européennes harmonisées (adoptées
d’utilisation des câbles, chaînes et cor- par l’ensemble des pays membres de
Les chefs d’établissement sont tenus dage.
de mettre à disposition des travailleurs l’union européenne) ne peuvent en
des appareils et accessoires confor- Il doit également être muni du mar- aucun cas être rendues d’application
mes à la réglementation et adaptés aux quage CE et être accompagné de la obligatoire mais doivent être reprises
travaux à exécuter. déclaration CE de conformité établi par dans leur intégralité par les organismes
le constructeur. de normalisation nationaux.
La réglementation • Le matériel mis en service entre le L’utilisation volontaire des normes
1er janvier 1993 et le 31 décembre européennes harmonisées par les
En fonction de la date de mise en ser- 1994 doit être conforme à l’une ou constructeurs de matériel donne une
vice du matériel (appareils et acces- l’autre des deux options citées ci-des- présomption de conformité du matériel
soires), trois cas peuvent se présenter. sus, dans leur intégralité, sans mixage. aux textes réglementaires.
• Le matériel mis en service avant le • L’installation doit en plus satisfaire au Lorsque cette possibilité est utilisée par
1er janvier 1993 doit être conforme aux décret du 14 novembre 1988 modifié, le constructeur, celui-ci doit mentionner
dispositions des décrets du 23 août relatif à la protection des travailleurs les références des normes harmoni-
1947 modifié, du 8 janvier 1965 modifié dans les établissements qui mettent en sées, dont il a fait usage, dans la décla-
et des arrêtés pris en application, en œuvre des courants électriques et aux ration CE de conformité qui doit être
particulier celui du 2 mars 1965 relatif textes pris en application. jointe à la livraison du matériel.
11
Normes C’est ainsi que les mécanismes sont tés sur les ponts roulants. En particu-
Pour les ponts roulants, les normes ou classés par groupes d’utilisation en lier (1) :
fonction du service auquel ils sont • les limiteurs ou détecteurs de :
les projets (notés Pr) suivants s’appli- assujettis ; le groupe d’utilisation
quent : auquel appartient un mécanisme est – course haute et basse du crochet,
– d’enroulement et de déroulement
• Pr EN 15011 : Appareils de levage à déterminé par :
des câbles sur les treuils et tam-
charge suspendue – Ponts roulants et • la classe de fonctionnement bours,
portiques ; qui caractérise le temps moyen de fonc- – etc.
• NF EN 14492-1 : Appareils de levage tionnement du mécanisme (en mouve- • le limiteur de charge.
à charge suspendue. Treuils et palans ment) par jour ; il y a huit classes de
fonctionnement ; Il en est de même sur le choix et l’utili-
motorisés. Partie 1 : Treuils motorisés ; sation des crochets et accessoires de
• NF EN 14492-2 : Appareils de levage • lʼétat de sollicitation préhension (2) :
à charge suspendue. Treuils et palans qui précise dans quelle mesure un • les crochets et moufles seront d’un
motorisés. Partie 2 : Treuils motorisés. mécanisme ou l’un de ses éléments est modèle s’opposant au décrochage
D’autres normes, citées dans les docu- soumis à sa sollicitation maximale ou accidentel des fardeaux et munis de
seulement à des sollicitations réduites ; dispositifs permettant de les déplacer
ments précédents, sont également
il y a quatre états de sollicitation. sans risque de coincement des mains
applicables.
Il existe également les règles de la par les câbles ou les chaînes,
2.1.2. Maintien en état de conformité
Fédération européenne de la manuten- du matériel • les appareils de préhension élec-
tion (FEM). tromagnétique ou fonctionnant par
L’article R. 233-1-1 du code du travail dépression, les bennes preneuses, les
Ces « règles pour le calcul des appareils stipule :
de levage », établies par la FEM, définis- grappins... doivent être munis de dispo-
sent les règles de calcul à appliquer en « … les équipements de travail... doi- sitifs évitant la chute intempestive de la
fonction d’une classification des appa- vent être maintenus en état de confor- charge, à moins qu’ils ne soient utilisés
reils qui prend en compte la nature de mité avec les règles techniques de dans des sites pour lesquels des
leur charpente, le type des mécanismes conception et de construction appli-
cables lors de leur mise en service (1) Les quelques recommandations, ci-des-
et les sollicitations auxquelles ils sont sus énoncées, émanent soit de la régle-
soumis (charge nominale, vitesses de dans l’établissement. »
mentation, soit des règles de l’art. De
levage et de déplacement, action du Une attention particulière doit porter nombreux autres extraits de textes régle-
vent...) et de leurs conditions de service sur le maintien en bon état de fonc- mentaires seront cités dans ce document.
et d’emploi (durée journalière d’utilisa- tionnement des principaux dispositifs (2) Consulter le Mémento de l’élingueur,
tion, spectre des charges...). de sécurité susceptibles d’être mon- publication INRS ED 919.
12
mesures efficaces ont été prises afin criptions techniques de leur mise en
d’interdire la présence de personnes, service.
• etc.
2.1.4. Vérifications
2.1.3. Mise en conformité Les appareils et les accessoires de
Le décret n° 98-1084 du 2 décembre levage sont soumis aux prescriptions
1998 transposant la directive euro- des articles R. 233-11, R. 233-11-1 et
péenne 95/63/CE fixe les prescriptions R. 233-11-2 du code du travail, relatifs
techniques auxquelles doivent satis- aux vérifications à effectuer à la mise
faire les appareils de levage et en service, à la remise en service et
machines mobiles et, donc, les ponts périodiquement.
roulants. Les matériels mis en service La réalisation de ces vérifications doit
avant le 1er janvier 1995 (appareils non être confiée, sous la responsabilité du
marqués CE) et maintenus en service chef d’établissement dans lequel les
après le 5 décembre 2002 doivent être appareils sont mis en service ou utilisés,
mis en conformité avec les prescrip- à du personnel qualifié, exerçant réguliè-
tions techniques détaillées dans les rement cette activité, appartenant soit à :
articles R-233-15 à R-233-42 du code – l’établissement,
du travail. – un établissement extérieur (le cons-
Toutefois, le décret a posé un principe tructeur par exemple),
d’équivalence aux termes desquels – un organisme de vérification (appelé
sont considérés comme satisfaisants également « organisme de contrôle »
aux prescriptions des articles R. 233-14 ou « organisme d’inspection »).
à R. 233-41, les appareils de levage L’arrêté du 1er mars 2004, pris en appli-
maintenus en état de conformité, c’est- cation des articles cités, précise le
à-dire qui satisfont aux prescriptions contenu des vérifications et les condi-
qui leur étaient applicables lors de leur tions dans lesquelles elles doivent être
mise en service. effectuées.
Pour ce prévaloir de ce principe d’équi-
valence, les chefs d’établissement
doivent s’assurer de la conformité
effective de leurs matériels aux pres-
13
Contenu des vérifications : cient d’épreuve statique, en sollicitant rentes mesures représentatives de l’état
• l’examen dʼadéquation (art. 5 I et 7) au maximum les différents organes, de chargement : efforts, déformations...
consiste à vérifier que l’appareil est • l’épreuve dynamique (art. 11) À défaut de figurer dans la notice d’ins-
approprié aux travaux à effectuer ainsi consiste à déplacer la charge nominale tructions, informez-vous auprès du
qu’aux risques auxquels les travailleurs de l’appareil, multipliée par un coefficient constructeur des différents cas de
sont exposés et que les opérations pré- d’épreuve dynamique, en sollicitant au chargement à réaliser et des moyens
vues sont compatibles avec les condi- maximum les différents organes. de mesure à mettre en œuvre.
tions d’utilisation de l’appareil de levage Les coefficients des épreuves statique et
définies par le fabricant, dynamique sont ceux qui sont définis par la Conditions des vérifications
• l’examen de montage et dʼinstalla- réglementation en vigueur au moment de • mise en service
la première mise en service de l’appareil :
tion dʼun appareil de levage (art. 5 II) Les essais d’aptitude à l’emploi d’un
consiste à s’assurer que l’appareil est – avant le 1er janvier 1993, coefficients pont roulant sont réalisées, selon les
monté et installé de façon sûre, confor- 1,50 et 1,20, sauf cas particuliers modalités définies par le constructeur
mément à la notice d’instructions du (arrêté du 16 août 1951 modifié), après la réalisation de l’installation sur le
fabricant, – après le 1er janvier 1995, coefficients site d’exploitation. Les différents interve-
1,25 et 1,10 ou ceux définis par le nants qui ont participé à cette installa-
• l’essai de fonctionnement (art. 6) per- constructeur sous réserve de présenter
met de s’assurer du bon fonctionnement tion sont concernés par ces essais
un niveau de sécurité équivalent, d’aptitude à l’emploi. Il s’agit par
de l’appareil, dans les positions les plus
(arrêté du 18 décembre 1992), exemple du constructeur du pont, du
défavorables, tout en sollicitant les
– entre le 1er janvier 1993 et le maître d’œuvre du bâtiment, du concep-
organes mécaniques aux valeurs maxi- teur/fabricant des voies de roulement...
males de la capacité prévue par le fabri- 31 décembre 1994, l’une ou l’autre des
cant et de vérifier l’efficacité des différents options ci-dessus, adoptée par le construc- L’utilisateur doit toutefois s’assurer de
dispositifs de sécurité et limiteurs, teur pour la conception de l’appareil. l’adéquation et du bon fonctionnement de
Les essais de fonctionnement et les son appareil lors de sa mise en service
• l’examen de lʼétat de conservation épreuves statique et dynamique doivent effective dans son établissement, qu’il
(art. 9) de l’appareil et de ses supports solliciter au maximum les différentes s’agisse d’un appareil neuf ou d’occasion.
a pour but de déceler toute détériora- parties constituantes du pont roulant et
tion susceptible d’être à l’origine d’une • remise en service
de ses supports. Ce qui implique qu’ils
situation dangereuse, doivent être réalisés pour différentes Les vérifications de remise en service
• l’épreuve statique (art. 8 et 10) positions de chariot du pont roulant et le sont obligatoires dans les cas de :
consiste à maintenir la charge nominale cas échéant pour différentes capacités – changement de site d’exploitation,
de l’appareil, multipliée par un coeffi- nominales, avec le relevé des diffé- – démontage et remontage de l’appareil,
14
– accident provoqué par la défaillance

Examen d’adéquation

Complément (renvoi)
Examen de montage

Épreuve dynamique
d’un organe essentiel de l’appareil (méca-

Aptitude à l’emploi
Articles de l’arrêté

Épreuve statique
Examen de l’état
de conservation
nismes ou structures par exemple),

fonctionnement
et d’installation
réalisée par le
vérifications à la charge

constructeur
– remplacement, réparation ou transfor-

Fréquence
de lʼutilisateur

Essai de
mation importante intéressant un
organe essentiel de l’appareil de levage.
(Les deux premières circonstances, Articles de l’arrêté
bien que rares, peuvent se présenter Neuf 13 Oui 5-I 6c

en service dans l’établissement

APPAREIL
dans le cadre d’installations portuaires 14 Non 5-I 5-II 10 11 (1)

Mise en service
ou de chantier.) Occasion 15-I 5-I 5-II 10 11 (1)

• vérification générale périodique Occasion, en location 15-II 5-I 5-II 6b (2)

La périodicité est généralement annuelle. Neuf 16 Oui 7

ACC
Les périodicités fixées par la réglemen- Neuf ou occasion 17 Non 7 8
tation doivent être considérées comme Cas général 19 5-I 5-II 9 10 11

ACC APP
Remise
des limites supérieures à ne pas Déplacement fréquent 20-II (2)
dépasser. Des examens plus fréquents
peuvent s’avérer nécessaires en fonction Cas général 18 7 24 8
de l’utilisation effective des appareils et de Cas général 23 6b
l’agressivité de leur environnement. 9 1 an

APPAREIL (art. 22)


6c
Vérifications générales
Les résultats des examens, essais, À déplacement fréquent 23a 6b 9 (3) 6 mois
épreuves et mesures correctives résul-
périodiques
6c
tantes doivent être consignés sur un Déplacement Cas 23a 6b
registre de sécurité conservé dans les 9 6 mois
en élévation général 6c
locaux administratifs de l’établissement du poste de Mu par 23b 6b
(ou du chantier) ou en cas d’impossibi- 9 3 mois
travail force humaine 6c
lité au siège dont dépend l’établisse-
ment et tenu à disposition de l’inspection ACCESSOIRE 24 24 1 an
du travail, des organismes de prévention
(1) Plus vérification des dispositifs de sécurité et limiteurs (voir art. 6b et 6c).
(CRAM, OPPBTP... ), du CHSCT de (2) Si la vérification de mise en service a été faite dans la même configuration d’emploi et toutes les vérifi-
l’établissement (et/ou du CISST) ou, à cations périodiques semestrielles ont été réalisées.
défaut, des délégués du personnel. (3) Pour les appareils concernés, voir articles 20-II et 20-IIII.
15
Le tableau page précédente résume, tissage, accorder une autorisation par un examen les connaissances
de façon simple, quelles sont les vérifi- spéciale en application de l’article acquises.
cations à entreprendre (référence : R. 234-22 du code du travail. La recommandation R 423 préconise
arrêté du 1er mars 2004). de délivrer une autorisation de
2.2.2. Choix du conducteur conduite pour la catégorie d’appareil
2.1.5. Visite approfondie correspondante.
L’article R. 233-13-19 du code du
En complément des vérifications défi- Les catégories d’appareils sont
travail dispose :
nies par l’arrêté du 1er mars 2004, l’ins- déterminées au sein de chaque
truction technique adoptée par le CTN « La conduite des équipements de tra- entreprise ou de chaque établisse-
de la métallurgie le 23 juin 1978 fixe les vail mobiles automoteurs et des équi- ment en fonction de leurs particulari-
modalités d’une visite approfondie du pements de travail servant au levage tés telles que :
pont roulant (voir tableau détaillé est réservée aux travailleurs qui ont
pages 14 et 15). – mode de commande,
reçu une formation adéquate. Cette – capacité de levage,
formation doit être complétée et réac-
2.2. Concernant le conducteur tualisée chaque fois que nécessaire. » – vitesses d’évolution,
– nature des charges transportées...
Le pontier est également désigné sous
Il est en outre utile que l’absence de Le pontier, titulaire de l’autorisation de
le terme de pontonnier dans certaines
contre-indications à la conduite des conduite pour une certaine catégorie
régions et professions ; il a pour mis-
ponts roulants soit attestée par le d’appareils, ne peut conduire des
sion de conduire le pont roulant.
médecin du travail. appareils d’une catégorie supérieure
que s’il a subi une formation de mise à
2.2.1. Âge du conducteur niveau et un examen de conduite com-
2.2.3. Formation professionnelle plémentaire.
Il n’y a pas d’âge minimal pour la
conduite des ponts roulants, sauf sur Aucun diplôme particulier, tel qu’un La formation professionnelle dispensée
les chantiers du bâtiment et des tra- certificat d’aptitude professionnelle, aux pontiers doit intégrer la formation à
vaux publics où il est interdit d’em- n’est exigible pour la conduite la sécurité prévue par le code du travail
ployer des jeunes de moins de dix-huit des ponts roulants. lors de l’embauche ou chaque fois que
ans à la conduite des appareils de En revanche, du fait des exigences de nécessaire, notamment en cas de
levage (art. R. 234-18 du code du tra- l’article R. 233-13-19 précité, il est changement de poste de travail.
vail). nécessaire que le pontier reçoive une Dans les ateliers où les ponts roulants
Cependant, l’inspecteur du travail peut, formation appropriée. À l’issue de sont commandés depuis le sol, plusieurs
dans le cadre du contrat d’appren- cette formation, il est justifié de vérifier personnes peuvent être autorisées
16
à conduire le pont roulant sans qu’il y 2.3. Concernant lʼutilisation qui figuraient précédemment dans les
ait de pontier titulaire. décrets du 23 août 1947 et du 8 janvier
Toutes ces personnes doivent avoir 1965 ont été mises à jour et regroupées
2.3.1. Réglementation dans le livre II du code du travail (à la
reçu une formation appropriée et être
titulaires d’une autorisation de conduite section 2 du chapitre III du titre III).
pour la catégorie de pont roulant consi- La réglementation relative à l’utilisation
L’arrêté du 2 mars 2004 introduit le car-
dérée ; il en est de même du personnel des appareils de levage et, par consé-
net de maintenance pour chacun des
intérimaire. quent, des ponts roulants, a évolué appareils de levage. Ce carnet permet
avec la parution du décret 98-1084 du 2 de consigner toutes les opérations
décembre 1998. Les mesures d’organi- concourant à la maintenance indispen-
sation et conditions de mise en œuvre sable à la bonne gestion des appareils
de levage.
Pour une utilisation dans un établisse-
ment par une ou plusieurs entreprises
extérieures, le décret n° 92-158 du
20 février 1992 donne une mission de
coordination générale à l’entreprise uti-
lisatrice (cf. brochure INRS ED 659).
Pour l’utilisation du matériel lors d’opé-
rations de bâtiment et de génie civil, la
loi du 31 décembre 1993 et les décrets
du 26 décembre 1994 et du 4 mai
1995 transposant en droit français
la directive européenne 92/57/CEE
« Chantiers temporaires ou mobiles »
organisent la coordination sur les chan-
tiers. Ces textes prévoient notamment :
– la désignation d’un coordonnateur,
quelle que soit l’importance de l’ouvrage,
– l’établissement d’un plan général de
coordination en matière de sécurité et
17
Visite approfondie dʼune installation de pont roulant (*)

Les aspects propres du pont, notamment son âge et ses conditions dʼutilisation, sont déterminants de la périodicité des
visites, dans les limites réglementaires. Les indications données ne sont pas limitatives.

Éléments Défauts Moyens autres que l’examen visuel à l’arrêt

Chemins de roulement (1)


Contrôle géométrique (2).
Poutres et supports. Dégradations.
Poteaux. Corrosion.
Passerelles et accès. Déformations.
Assemblages (rivets, boulons, gou-
jons, soudure). Desserrages.
Rails. Usure, défauts de fixation et de raccordement entre Contrôles non destructifs (2).
rails, état des âmes et semelles sous rails pour usage
intensif.
Butoirs. Fissures, défauts de fixation.

Charpente du pont et du chariot

Poutres. Dégradations. Contrôle géométrique (2).


Sommiers. Corrosion.
Passerelles. Déformations.
Assemblages. Desserrages. Contrôles non destructifs (2).
Rails. Usure.
Butoirs. Fissures.

Mécanismes

Câbles et chaînes et leurs points d’at- Les câbles et chaînes et leurs points d’attache sont
tache. normalement contrôlés lors des examens pério-
diques (3).
Crochets (croc, filetage...). Usure, déformation, fissures. Contrôles non destructifs (2).
Billages (2).

18
Éléments Défauts Moyens autres que l’examen visuel à l’arrêt

Écrou du crochet. Usure, déformation, fissures. Contrôles non destructifs (2).


Billages (2).
Traverse (moufle). Usure, déformation, fissures. Contrôles non destructifs (2).
Billages (2).
Poulies (gorge-alésage). Usure, déformation, fissures, faux rond, centrage. Comportement en marche à vide, contrôles non des-
tructifs (2).
Réducteurs (avant démontage éven- Fuites, niveau d’huile, bruits anormaux, état exté- Comme en examen périodique.
tuel). rieur, jeu, fixations, calage.
Engrenages. Usure, emmanchements, clavetages, portée de den-
tures, centrage, faux rond.
Axe, arbres. Fissures, usure, faux rond. Contrôles non destructifs (2).
Paliers. Usure fixation.
Accouplements. Assemblage, emmanchements, organes d’entraîne-
ment.
Freins. Usure des garnitures, usure des articulations, défor- Comme en examen périodique, avec essai.
mations.
Poulies et disques-freins. Usure, état de surface, centrage, faux rond, fissures, Contrôles non destructifs (2).
emmanchements.
Tambour. Usure des rainures, emmanchements, points d’at- Contrôles non destructifs (2).
tache, flasques.
Galets. Usure, emmanchements, fissures. Contrôle géométrique (2).
Systèmes de graissage.

Matériel électrique, hydraulique ou


pneumatique

Appareillage, canalisations, récepteurs. État, serrage des connections, étanchéité, isolement. Mesures (2).
Dispositifs de sécurité. Inefficacité.

Protections Absence, inefficacité.

(1) Pour le contrôle des chemins de roulement, se référer à la norme homologuée NF E 52-121 (édition novembre 1979).
(2) Ces contrôles ne seront effectués qu’à la demande expresse du vérificateur ou de l’utilisateur si l’examen visuel laisse préjuger leur nécessité.
(3) En ce qui concerne la dépose des câbles, se reporter à la norme NF ISO 4309.
(*) Ponts roulants définis par la norme NF E 52-120.

19
de protection de la santé (PGCSPS) à les collisions entre les appareils et les
partir d’un volume de travaux de charges (1).
500 hommes.jours. Ce plan définit, Pour la rédaction des consignes, le chef
entre autres, les manutentions, les d’établissement a la possibilité de s’inspi-
appareils de levage, les voies et les rer des mesures à prendre en compte
zones de circulation. Ce document doit dans les procédures et consignes figu-
être joint au dossier d’appel d’offres. rant dans les recommandations R 318 de
Le chef d’établissement doit donc tenir la CNAMTS.
compte des incidences éventuelles des En complément des consignes d’or-
suggestions incluses dans le PGCSPS. dre général évoquées ci-dessus, des
Avant le début des travaux et suite à consignes particulières propres à
une visite commune du site avec le chaque atelier ou chantier, voire à
coordonnateur, le chef d’établissement chaque appareil, doivent prendre en
ou son représentant doit établir un plan compte les particularités d’accès et de
particulier de sécurité et de protection manœuvre notamment en fonction de
de la santé des travailleurs (PPSPS). l’environnement et de la nature des
produits manutentionnés.
Les consignes sont affichées dans
Établissement des consignes les locaux ou emplacements où cha-
Le chef d’établissement ou son repré- cune d’elles s’applique et dans la
sentant doit, en vertu de l’article R. par celui-ci ou par sa charge au cours de cabine de manœuvre des appareils
233-2 du code du travail, établir des ses déplacements. de levage.
consignes précisant notamment :
• Les mesures de sécurité à prendre à • Les mesures de sécurité à imposer
pour assurer la sauvegarde du person-
l’occasion du service normal de l’appa-
nel participant aux opérations de visite,
reil et notamment l’obligation d’inter-
de graissage, de nettoyage, d’entretien
rompre l’alimentation en énergie lorsque
ou de réparation.
le conducteur quitte son poste de travail.
• Les précautions à prendre pour éviter • Les priorités de manœuvre lorsque
les chutes d’objets, soit que ces objets plusieurs appareils fonctionnent ou cir-
soient transportés par l’appareil de culent dans des plans différents les uns (1) Cf. article R. 233-13-6 du code du travail.
levage, soit qu’ils soient heurtés au-dessus des autres, de façon à éviter
20
2.3.2. Recommandations – Instruction technique du 23 juin Compte tenu des risques que cela
de la Sécurité sociale 1978 fixant les modalités d’une visite représente, il convient de n’autoriser
approfondie des ponts roulants qui l’accès à ces personnes que si elles
En complément des textes législatifs et
concerne les professions de la métal- sont accompagnées par un agent habi-
réglementaires en vigueur et en appli-
lurgie (cf. tableau pages 14 et 15). lité, en accord avec le chef d’établisse-
cation du code de la sécurité sociale, la
ment ou son représentant.
Caisse nationale de l’assurance mala-
die des travailleurs salariés (CNAMTS) 2.3.3. Procédure dʼaccès Les agents qui sont amenés par leurs
recommande aux chefs d’entreprise, fonctions à conduire même de façon
dont tout ou partie du personnel relève En dehors du pontier titulaire, certaines occasionnelle un pont roulant ont bien
du régime général de Sécurité sociale, personnes appartenant ou non à l’éta- entendu la même formation que le pon-
de prendre ou de faire prendre des blissement ou à l’entreprise sont ame- tier et sont titulaires d’une autorisation
mesures de sécurité adoptées par les nées par leurs fonctions à accéder aux de conduite pour la catégorie de pont
Comités techniques nationaux (CTN). chemins de roulement et au pont rou- roulant considérée.
Le champ d’application de ces recom- lant ; ce sont : Dans chaque cas particulier, une pro-
mandations peut concerner selon les – les cadres, la maîtrise, le personnel cédure d’accès aux abords immédiats,
cas une, plusieurs ou la totalité des d’entretien, l’agent de sécurité, les aux chemins de roulement et au pont
quinze branches d’activité profession- secouristes, les pompiers... de l’établis- roulant précise les modalités pratiques
nelles. sement ou de l’entreprise, telles que :
Les recommandations relatives aux – délivrance d’une autorisation d’accès,
ponts roulants sont les suivantes : – le personnel autorisé des entreprises
extérieures, – fixation d’un horaire,
– R 423 : Ponts roulants, portiques et – information du pontier,
semi-portiques : mesures de préven- – les agents des « organismes de
contrôle » chargés des épreuves et des – mesures particulières de sécurité...
tion des accidents. Recommandation
adoptée le 16 mai 2006 par le CTN de vérifications,
la métallurgie. – l’inspecteur du travail, le contrôleur
de sécurité de la CRAM...

21
connaissance
3.1. Définitions

3 des ponts roulants


Les poutres roulantes, ponts roulants,
portiques et semi-portiques sont des
appareils de levage destinés à soule-
ver et à déplacer des charges ; ils se
déplacent sur des chemins de roule-
ment parallèles (1), leur organe de
préhension (crochet ou autre acces-
soire de levage) est suspendu par lʼin-
termédiaire dʼun câble et de poulies à
un mécanisme de levage (treuil ou
palan) susceptible de se déplacer per-
pendiculairement aux chemins de rou-
lement de lʼappareil.
Ils sont classés en groupes et calculés
selon les règles de la FEM (2) et font
lʼobjet de normes françaises de
lʼAFNOR (3) en concordance pour lʼes-
sentiel avec les règles de la FEM.
Des normes européennes sont en
cours dʼélaboration par le Comité euro-
péen de normalisation (CEN).

(1) Hormis les ponts polaires qui se dépla-


cent sur un rail circulaire.
(2) FEM (Fédération européenne de la
manutention).
(3) AFNOR (Association française de nor-
malisation).
23
3.2. Charpente

La charpente des ponts roulants peut être réalisée selon les


cas en profilés, en treillis, en caissons, en structure mécano-
soudée ou mixte. Elle peut être du type monopoutre,
bipoutre ou multipoutre et revêtir diverses configurations,
telles que :

24
Les semi-portiques et por-
tiques peuvent en outre être
équipés dʼun ou deux avant-
becs.
25
Les principaux éléments constitutifs de – les sommiers, éléments transver- 3.3. Mouvements
la charpente sont : saux assemblés avec la (ou les) poutre et mécanismes
– la (ou les) poutre principale, éven- principale, qui reposent sur les che-
tuellement renforcée par une poutre mins de roulement par lʼintermédiaire Les différents mouvements dʼun pont
de rive, qui supporte le mécanisme de de galets ou de boggies ; roulant : levage, direction, transla-
levage auquel est suspendue la – les contreventements horizontaux tion, orientation, sont assurés par les
charge ; et verticaux. mécanismes décrits ci-après.

26
3.3.1. Levage Il est désigné par lʼun des deux termes 3.3.2. Direction
suivants :
Le mécanisme de levage assure la Le mécanisme de direction assure le
montée et la descente de la charge ; – palan, lorsque ses éléments consti-
tutifs forment un ensemble compact, déplacement du (ou des) chariot porte-
il est essentiellement constitué par palan ou du (ou des) chariot porte-treuil
un moteur, un frein, éventuellement qui est utilisé notamment sur les
poutres roulantes, les ponts et les por- perpendiculairement au sens de dépla-
un frein de sécurité, un réducteur, un cement du pont.
tambour pour lʼenroulement du câble tiques ;
de levage ou, lorsquʼil sʼagit dʼun – treuil de levage, lorsque ses élé-
palan à chaîne, dʼune noix ou pignon ments constitutifs sont distincts ; il est 3.3.3. Translation
à chaîne pour lʼentraînement de utilisé principalement sur les appareils
celle-ci. bipoutres. Le mécanisme de translation assure le
mouvement du pont roulant sur les
chemins de roulement. Ce mouvement
est assuré :
– soit par un moteur commandant un
arbre de transmission relié aux galets
de roulement,
– soit par deux ou quatre moteurs syn-
chronisés entraînant chacun un galet
de roulement.

3.3.4. Orientation

Le mécanisme dʼorientation ou de gira-


tion assure la rotation de la charge
autour dʼun axe vertical ; il peut être
intégré au chariot porte-treuil, à lʼor-
gane de préhension (crochet à rotation
motorisée) ou à un accessoire de
levage.

27
3.4. Commandes

Dʼune façon générale, les ponts rou-


lants sont commandés à partir dʼune
cabine ou du sol ; plus rarement, ils
sont automatisés en tout ou en partie.

3.4.1. Commandes en cabine

Elles procurent au pontier une meil-


leure visibilité de la charge et de lʼitiné-
raire à emprunter. Elles offrent la
possibilité de protéger le pontier
contre :
– les intempéries : chaleur, froid, cou-
rants dʼair, averses de pluie..., notam-
ment lorsque lʼappareil est à lʼextérieur,
– les nuisances industrielles : chaleur,
rayonnements, poussières, vapeurs
nocives, à condition dʼêtre spéciale-
ment équipées.
Elles peuvent être fixes, mobiles ou
orientables.
Elles sont notamment utilisées lorsque
les tâches à effectuer nécessitent la
présence dʼun pontier à temps complet.

28
3.4.2. Commandes au sol Boîte à boutons pendante – lorsque certains travaux à exécuter
sur le pont roulant ne peuvent se faire
Les commandes au sol sʼeffectuent à La boîte à boutons poussoirs (2) est que sous tension ;
lʼaide dʼune boîte à boutons pendante suspendue au pont roulant ; elle peut – lorsque le conducteur, également
ou dʼune télécommande, plus rarement être selon les cas : chargé de lʼamarrage, est amené à
à partir dʼun pupitre fixe. abandonner la boîte de commande
– fixée à lʼextrémité de la poutre princi-
Les commandes au sol sont admis- pour effectuer certaines manœuvres
pale ;
sibles pour des vitesses de direction et dʼélingage ;
de translation compatibles avec le – mobile le long de la poutre principale
(cette disposition est particulièrement – lorsque, dans le cas de plusieurs
déplacement dʼun homme au pas et ponts circulant sur le même chemin de
avec lʼencombrement au sol. conseillée) ;
roulement, lʼun de ceux-ci doit être
Les valeurs optimales de ces vitesses – fixée au palan ou au chariot porte- immobilisé.
sont respectivement 30 et 40 mètres treuil.
par minute, elles ne doivent pas dépas- À défaut dʼune suspension antigiratoire
Elle est équipée dʼune clé ou dʼun dis- de la boîte à boutons, il est nécessaire
ser 40 et 60 mètres par minute (1).
positif de verrouillage qui permet au dʼapposer sur le pont un repérage
(1) Voir la norme française NF E 52-125. pontier titulaire dʼinterdire toute ma- visible du sol correspondant à celui qui
(2) Voir la norme française NF E 52-124. nœuvre, notamment : figure sur la boîte à boutons.

29
Télécommandes clôture dont le franchissement entraîne Le contrôle visuel de l’état superficiel
l’arrêt immédiat de tous les mouve- des câbles est le plus répandu ; il existe
La transmission des ordres du boîtier ments de l’appareil. également des appareils magnéto-
de commande aux organes de com- inductifs pour le contrôle non destructif
mande des différents mécanismes du des câbles qui permettent de détecter
pont roulant se fait soit par voie hert- les défauts internes tels que des fils
zienne, soit par rayonnement infra- 3.5. Câble, moufle
et crochet rompus.
rouge.
L’installation et l’exploitation d’un sys-
tème de télécommande sur un pont 3.5.1. Câble de levage
roulant nécessitent des précautions
particulières pour éviter qu’il ne soit à Le câble est choisi par le constructeur
l’origine de nouveaux risques (1). du pont roulant en tenant compte de
ses caractéristiques, de celles de l’ap-
pareil et de l’usage auquel il est destiné.
3.4.3. Automatismes
Le câble doit être surveillé et remplacé
Pour des utilisations plus particulières périodiquement car son usure, qu’il faut
telles que manutention de produits en considérer comme normale, diminue
vrac et de ferrailles, transfert de pièces, sa résistance ; continuer à l’utiliser peut
stockage de colis, bobines, etc., cer- devenir dangereux.
tains ponts roulants sont automatisés Certains appareils travaillent dans des
en tout ou en partie. conditions où les câbles sont exposés à
La zone de travail ou d’évolution du des détériorations accidentelles ; ils
pont est par exemple délimitée par une doivent être particulièrement surveillés
par une personne ou un organisme
compétent et remplacés dès le moindre
incident.
(1) « Recommandation pour l’installation Les critères de dépose des câbles sont
d’un système de radio-commande sur
les palans électriques, ponts et portiques
exposés dans la norme NF ISO 4309
roulants », Syndicat de la manutention, (juin 2005).
« Sécurité des personnes liée à l’emploi de
la radio-commande sur les ponts roulants,
portiques et semi-portiques », GESIM.
30
3.5.2. Moufle et mouflage Les crochets sont en général équipés
dʼun dispositif de fermeture qui prévient
Le mouflage dʼun câble de levage sʼef- le décrochage accidentel des fardeaux
fectue à lʼaide de moufles à plusieurs lorsque lʼélingue ou le câble de levage
réas ; il permet le levage de lourdes nʼest pas tendu ; lorsquʼil sʼagit dʼun lin-
charges en appliquant une traction guet de sécurité, exposé à des condi-
relativement faible sur le câble de tions dʼexploitation difficiles ou
levage. intensives, il convient de surveiller par-
Il peut être par exemple à 4, 8 ou ticulièrement les crochets qui en sont
16 brins ; lʼeffort supporté par chaque équipés. Le remplacement du linguet
brin est alors 4, 8 ou 16 fois moins de sécurité est en général une opéra-
important et il faut tenir compte égale- tion facilement réalisable.
ment de la perte de capacité due au
rendement.
Le mouflage permet dʼemployer des
câbles de plus faible diamètre et des
mécanismes plus légers.
Au moment de lʼaccrochage des
charges, les élingueurs doivent pouvoir
déplacer le moufle, par exemple à
lʼaide de poignées, sans être obligés
de porter les mains sur les câbles.
Il convient en outre que des dispositifs
de protection soient mis en place pour
éviter lʼécrasement des mains aux
points rentrants de lʼenroulement des 3.5.3. Crochet de levage
câbles sur les réas.
Le crochet de levage du pont roulant
ainsi que ceux qui équipent les
élingues et autres accessoires de
levage doivent être dʼun modèle sʼop-
posant au décrochage accidentel de la
charge.
31
3.6. Accessoires de levage un câble de levage déposé. Des pré-
cautions particulières doivent être
prises pour le stockage, lʼutilisation et
Les termes « organes de préhension » lʼentretien des élingues.
et « apparaux de levage » sont égale-
ment utilisés. Les recommandations dʼusage pour
Ce sont les élingues, les chaînes, les quelques modes dʼélingage font lʼobjet
palonniers, les fourches suspendues, du fascicule de documentation AFNOR
les pinces, les grappins, les ventouses E 52-151 (décembre 1981).
à vide, les électroporteurs ainsi que Les élingues doivent être choisies, dis-
tous les accessoires de préhension et posées et entretenues de façon à ne
les équipements de levage mus méca- pas se rompre, glisser ou être détério-
niquement ou non qui permettent de rées. Elles ne doivent pas être en
suspendre une charge à un appareil de contact direct avec des charges pré-
levage. sentant des angles vifs.
Les accessoires de levage tels que Les chaînes ne doivent pas être rac-
bennes preneuses, électroporteurs, courcies au moyen de nœuds et doi-
ventouses à vide peuvent être à lʼori- vent être protégées contre les effets
gine dʼune chute intempestive de la dʼusure dus au frottement.
charge, notamment en cas de
que les appareils de levage (voir Remplacez les câbles et les élingues
défaillance de lʼalimentation en éner-
tableau § 2.1.4). métalliques qui présentent des hernies,
gie. Ils doivent être utilisés conformé-
ment aux instructions du fabricant ; un étranglements, pliages ou toute autre
amarrage de sécurité peut être admis, détérioration. Tronçonnez-les pour
encore faut-il qu'il soit vraiment effi-
3.6.1. Élingues quʼils ne puissent être réutilisés.
cace. La seule mesure de prévention Les élingues sont des éléments sou- Le mémento de lʼélingueur (édition
réellement efficace est, bien entendu, ples destinés à assurer la liaison entre INRS ED 919) fournit des indications
dʼinterdire toute présence humaine par- le crochet du pont et la charge à manu- détaillées sur le bon usage des
tout où cela peut constituer un danger, tentionner ; elles peuvent être consti- élingues. En outre, les coefficients
notamment dans la zone d'évolution de tuées de matériaux divers tels que dʼutilisation à respecter pour les
l'appareil. câbles, chaînes, cordages, fibres syn- câbles, les chaînes de charge et les
Les accessoires de levage doivent être thétiques..., mais en aucun cas de mor- cordages en fibres naturelles ou
vérifiés dans les mêmes conditions ceaux de câbles usagés, prélevés sur synthétiques mis en service après le
32
1 er janvier 1995 sont fixées par lʼarrêté 3.6.3. Accessoires de levage
du 18 décembre 1992. mus mécaniquement

Ce sont des matériels spécialement


3.6.2. Palonniers conçus pour le transport et lʼélévation
répétitive de charges à lʼaide dʼun pont
Les palonniers de manutention sont roulant telles que billettes dʼacier,
des matériels placés entre le crochet bobines ou paquets de tôles ou de pro-
du pont et la charge à soulever ; ils per- filés, bobines de papier, fûts, produits
mettent de multiplier le nombre de en ballots ou sur pallettes, etc.
points de levage pour sʼadapter au Ils permettent la préhension des char-
mieux aux caractéristiques géomé- ges sans avoir recours à lʼélingage ; ils
triques, aux déformations et à la résis- sont commandés par le pontier. Cer-
tance mécanique de la charge à tains de ces appareils sont prévus pour
manutentionner et de gagner de la le retournement des charges.
hauteur par rapport aux élingues à
deux ou plusieurs brins.
Ils sont composés essentiellement
dʼune ou plusieurs poutres métalliques,
comportant soit un anneau de levage
solidaire de la poutre principale, soit
une élingue à deux ou plusieurs brins
pour les suspendre au crochet du pont
et de plusieurs accessoires de levage
pour assurer lʼaccrochage de la
charge. La charge maximale dʼutilisa-
tion doit être inscrite sur les palonniers.

33
3.7. Principaux organes Lʼinstallation dʼun limiteur de vitesse
et dispositifs de sécurité pour contrôler la descente des charges
est obligatoire lorsque celle-ci se fait
sous le contrôle dʼun frein qui nécessite
Les ponts roulants et leurs chemins de lʼintervention du pontier pendant toute
roulement sont équipés de différents la durée de la descente et qui se trouve
organes et dispositifs de sécurité des- normalement serré dès que cette inter-
tinés à prévenir, dans la mesure du vention cesse.
possible, les accidents ou incidents Les limiteurs de fin de course haute, de
qui pourraient résulter de lʼutilisation surcourse et de fin de course basse du
du pont. Ces organes et dispositifs crochet de levage arrêtent le mouve-
facilitent dans de nombreux cas lʼex- ment de levage.
ploitation des ponts roulants et
concourent à en assurer le meilleur Le premier et le second évitent la dété-
usage. Ils assurent notamment le rioration des moufles hautes et basses
contrôle et la maîtrise des mouve- en interdisant le « bloc à bloc » qui
ments de lʼappareil et la protection du pourrait entraîner la rupture du câble
personnel contre les risques auxquels de levage et la chute de la charge.
il se trouve exposé tels quʼécrase- Le troisième permet de conserver des
ment, chutes dʼobjets et chutes avec tours morts de câble sur le tambour.
dénivellation.
Le limiteur dʼinclinaison des câbles
sʼoppose au tirage en biais et au balan-
Le limiteur de charge interdit (1) la cement des charges ; il autorise cepen-
3.7.1. Contrôle et maîtrise
des mouvements montée en cas de surcharge, mais per- dant une très faible inclinaison
met la descente après une intervention compatible avec la conception et la
Levage volontaire du pontier. réalisation du pont roulant.
Lʼindicateur et le limiteur de charge Certains ponts roulants sont munis
(1) Bien que les limiteurs et autres disposi-
sont particulièrement utiles lorsque les tifs de sécurité nʼagissent jamais directe-
dʼun frein de secours agissant sur le
charges à manutentionner sont très ment sur les moteurs mais par lʼintermé- tambour du treuil de levage pour pallier
diversifiées et mal connues, comme diaire de relais, des expressions telles que la défaillance du frein principal (ponts
cela est le cas notamment dans les « le limiteur de charge interdit la montée » pour le transport du métal liquide par
manutentions portuaires. sont utilisées dans ce document. exemple).
34
Direction et translation Le dispositif anticollision permet de
ralentir puis dʼarrêter le mouvement de
Les limiteurs de course ou fin de translation dʼun pont roulant circulant
course des mouvements horizontaux sur la même voie, ou sur des voies
ralentissent les mouvements puis les parallèles situées à des niveaux diffé-
arrêtent avant que le chariot ou le pont rents, en évitant ainsi les accidents qui
roulant nʼentre en contact avec les pourraient résulter de la collision des
butées dʼextrémité de voie ou avec tout ponts roulants et de leurs charges. Il
obstacle permanent. peut être mécanique, optique ou élec-
Sʼil sʼagit dʼun obstacle non permanent tronique.
(pont roulant en panne, échafau- Sur tous ses mouvements, le pont rou-
dage...), des dispositions similaires lant doit être muni de freins capables
peuvent être prises à titre provisoire dʼarrêter la charge ou lʼappareil dans
sur les chemins de roulement, complé- toutes ses positions et dʼimmobiliser le
tées par des sabots dʼarrêt disposés pont sous lʼeffet du vent.
sur les rails.
Bon usage
des limiteurs de course
Le chariot, le pont roulant et les extré-
mités des voies sont équipés de Les limiteurs de course ne doivent pas
butoirs atténuant efficacement les être utilisés en service normal, car
chocs (absorbeurs dʼénergie par lʼusure prématurée de ces dispositifs
exemple) soit en fin de course, soit en de sécurité en rendrait lʼutilisation
cas de rencontre avec un autre pont hasardeuse et serait de nature à
circulant sur la même voie. engendrer des situations de risque non
maîtrisables.
Les portiques et semi-portiques dont
tout ou partie du chemin de roulement Ils doivent faire lʼobjet, à chaque prise
est situé au niveau du sol, et par de poste, dʼune vérification de leur bon
conséquent accessible, sont munis de fonctionnement à vitesse réduite et
dispositifs provoquant lʼarrêt immédiat sans charge.
du mouvement de translation en cas de
heurt avec une personne ou un obs-
tacle quelconque.
35
3.7.2. Organes de protection

Dʼune façon générale, il convient :


– dʼéviter les chutes dʼobjets du haut
des ponts roulants pour soustraire le
personnel aux dangers qui en résul-
tent,
– dʼéviter les dangers des pièces en
mouvement.
Les pièces mobiles se trouvant sur les
ponts roulants doivent être munies de
protecteurs partout où leur mouvement
pourrait constituer un danger.
Les galets de roulement sont munis de
garde-roues, capables de limiter les 3.7.3. Moyens de communication
conséquences dʼun déraillement, de la
rupture dʼun galet ou de son arbre. Le pont roulant est équipé dʼun avertis-
Les organes mobiles des moteurs, seur sonore efficace, compte tenu du
mécanismes... du pont roulant installés bruit habituel dans lʼatelier ou sur le
en porte à faux sont munis dʼun carter chantier, actionnable depuis le poste
ou dʼune enveloppe métallique capable de conduite pour effectuer les signaux
de les retenir en cas de chute. sonores prévus par les consignes.
Les parties amovibles telles que cou- Selon les nécessités de lʼexploitation,
vercles, boîtiers, enveloppes sont les ponts roulants à cabine peuvent
reliées aux bâtis de façon à éviter leur être équipés de moyens de communi-
chute éventuelle. cation tels que téléphone, interphone,
émetteur-récepteur..., permettant au
pontier dʼéchanger des informations
avec le chef de manœuvre, les pontiers
les plus proches, le service entretien...
ou de recevoir des ordres du chef de
manœuvre.
36
3.8. Chemins de roulement Sur les installations anciennes encore
en service, des refuges ou des boutons
dʼarrêt placés au maximum tous les dix
3.8.1. Aménagement mètres sont obligatoires sʼil nʼa pas été
possible de ménager un espace libre
Un espace libre dʼau moins 50 centi- dʼau moins 50 centimètres.
mères est ménagé sur les côtés des
chemins de roulement entre les parties Du côté opposé au pont roulant, les
les plus saillantes du pont roulant et les chemins de roulement sont munis dʼun
obstacles fixes (1) tels que charpentes garde-corps rigide avec lisse, sous-
et parois du bâtiment ou les parties les lisse et plinthe, ou dʼune main courante
plus saillantes dʼun autre pont roulant rigide si le chemin de roulement est
circulant au même niveau. situé le long dʼun mur.
Lʼaccès aux chemins de roulement
pendant que les ponts roulants sont en
service comporte des risques graves
pour le personnel appelé à circuler ou à
effectuer un travail.
La meilleure mesure de prévention
consiste très certainement à en inter-
dire lʼaccès en service normal par un
obstacle fixe dont le franchissement ou
lʼouverture provoquera lʼarrêt immédiat
des mouvements et à nʼautoriser
lʼaccès que dans le respect de la
procédure évoquée au paragraphe
« Procédure dʼaccès ».

(1) Dans le BTP, 60 cm (cf. art. 30 du décret


du 8 janvier 1965 modifié).
37
3.8.2. Amarrage et calage

Pour éviter les accidents qui sont dus


à des mouvements intempestifs de
ponts roulants après leur mise à lʼarrêt,
cʼest-à-dire entre deux périodes dʼacti-
vité, des moyens de calage, dʼamar-
rage ou de freinage sont mis en œuvre.
Ces moyens complètent lʼaction des
freins de service sur les mouvements
de direction et de translation ; ils sont
conçus et réalisés compte tenu des
plus fortes pressions dynamiques du
vent prévisibles dans la région consi-
dérée.
Appuyer une échelle sur une poutre
roulante non calée suffit à la mettre en
mouvement.

38
3.9. Installation électrique – par lignes dʼalimentation compactes
sous gaine isolante,
3.9.1. Alimentation – par câble souple isolé en guirlande
en énergie électrique ou sur enrouleur.
Lʼénergie électrique est en général
fournie sous forme dʼun courant élec- 3.9.2. Coupure de la ligne
trique triphasé, dont la tension entre dʼalimentation
phases est de 380 volts dans les cas
les plus courants. Un interrupteur ou un disjoncteur à
Sur les ponts roulants actuellement en coupure omnipolaire est installé entre
service, lʼalimentation en énergie élec- la source dʼénergie et les conducteurs
trique (1) a été réalisée de différentes dʼalimentation du pont roulant ; ce dis-
façons selon les normes et règlements positif est appelé « interrupteur tête de
en vigueur au moment de lʼinstallation ligne ».
et selon la conception des ponts rou- Cet appareil est également muni dʼun
lants et lʼutilisation qui en est faite : dispositif permettant un verrouillage
– par trolleys souples ou rigides à mécanique en position dʼouverture.
conducteurs nus (2), Cet appareil est et doit rester parfaite-
ment accessible.

(1) Voir à ce sujet les dispositions générales


de la Caisse régionale dʼassurance maladie
dʼAquitaine (11 février 1982).
(2) Le décret du 14 novembre 1988 limite
lʼusage des trolleys aux seuls cas où il nʼest
pas possible de mettre en œuvre une ligne
de contact protégée (cas des installations
soumis à rayonnement thermique).
Les installations existantes doivent être
mises en conformité lorsquʼelles font lʼobjet
de travaux de modifications ou de renouvel-
lement.
39
3.9.3. Coupure de lʼalimentation – un manipulateur ou des boutons de
en énergie sur le pont roulant commande (organes de service),
– des relais ou des contacteurs,
Un interrupteur ou un contacteur géné- – un ou des moteurs et leurs freins,
ral associé à un sectionneur permet – des résistances ou des systèmes
dʼisoler le pont roulant de toute source électroniques, qui permettent le démar-
dʼénergie. Cet appareil est destiné à rage progressif des moteurs et le
assurer la sécurité du personnel contrôle de la vitesse.
amené à travailler sur le pont.
Les défaillances de lʼalimentation élec-
La commande de cet appareil doit être trique, des circuits internes des
accessible en toute circonstance et est moteurs ou des circuits de contrôle-
généralement installé en cabine ou sur commande peuvent avoir pour consé-
le boîtier de commande au sol, par quences un mouvement à vitesse non
lʼintermédiaire de boutons « Marche- contrôlée de la charge (appelée
Arrêt » ou dʼun bouton Arrêt bistable. « dérive ») ou une inversion du sens de
Lorsque plusieurs ponts circulent sur déplacement de la charge lors du mou-
une même voie, le dispositif dʼisole- vement montée (dévirage). Des dispo-
ment de chaque appareil est générale- sitions constructives, appropriées telles
ment verrouillable pour ne pas avoir à que protection des moteurs et des cir-
couper la ligne dʼalimentation com- cuits dʼalimentation par des dispositifs
mune. à coupure omnipolaire, détecteur de
présence de phase, détecteur de survi-
tesse, systèmes dʼautodiagnostic de
3.9.4. Motorisation variateurs électroniques de vitesse...,
permettent dʼéviter ces risques. Elles
Les moteurs du pont roulant transfor- ne doivent pas être modifiées sans
ment lʼénergie électrique en énergie lʼaccord du constructeur.
mécanique soit directement (cas le
plus fréquent), soit par lʼintermédiaire
dʼun groupe électrohydraulique et de
moteurs hydrauliques.
Chaque mouvement du pont est équipé
du matériel électrique suivant :
40
3.9.5. Protection Il convient de sʼassurer de la continuité
contre les contacts directs électrique de la liaison à la terre des
masses, notamment au niveau des
Des dispositifs matériels interdisent éclissages des rails et également entre
lʼaccès aux pièces nues sous tension ce chemin de roulement et le pont rou-
(trolley et dans la cabine armoires élec- lant (surface des rails à maintenir
triques). Leur mise en place doit être propre).
vérifiée et leur démontage ne doit être
éventuellement autorisé quʼau person- Une équipotentialité avec des éléments
nel qualifié (électricien, électromé- conducteurs voisins peut être réalisée
canicien...). si une élévation du potentiel de ceux-ci
est susceptible de se produire.

3.9.6. Protection
contre les contacts indirects

Le principe régissant la protection du


personnel contre les contacts indirects
est essentiellement basé sur la mise à
la terre et lʼéquipotentialité des masses
simultanément accessibles en cas de
défaut dʼisolement.
Les masses dans un pont roulant sont
toutes les parties métalliques de celui-
ci ainsi que celles sur lesquelles il
prend appui.

41
4 conduite en sécurité
Ne prenez jamais les commandes
dʼun pont roulant si vous ne pouvez
respecter les obligations réglemen-
taires qui vous concernent. Repor-
tez-vous au paragraphe 2.2.
Prenez connaissance des consignes
dʼutilisation qui doivent être affichées à
proximité de lʼaccès au pont roulant ou
dans le poste de conduite. À défaut,
consultez le chef dʼétablissement ou le
responsable du matériel pour les obtenir.

4.1. Gestes et signaux


de commandement

Une parfaite connaissance des gestes


et signaux de commandement est
nécessaire tant pour le pontier que
pour lʼagent chargé de diriger la
manœuvre, dont il est fait mention à
lʼarticle R. 233-13-8 du code du travail.
43
Prise MONTÉE DÉPLACEMENT HORIZONTAL
de commandement
ou normale lente
ATTENTION dʼun côté
de lʼautre

DÉPLACEMENT HORIZONTAL LENT DESCENTE ARRÊT

normale lente
dʼun côté
de lʼautre

44
ARRÊT ACCOMPAGNEMENT
EXPRESS SIGNAUX SONORES

Signal bref
– Compris, je vous obéis

2 signaux brefs
– Répétez, je demande des ordres

Signaux longs
DÉPLACEMENT FIN et précipités
DU PONT ROULANT DE COMMANDEMENT – Garez-vous, danger immédiat

Signal continu
– Appareil en détresse

Signaux isolés
espacés
– Appareil en déplacement

45
Une seule personne, le chef de que vous ayez quelques notions dʼélin-
manœuvre, est autorisée à donner des gage, afin de les respecter ou de les
ordres au pontier par des signaux ou des faire respecter.
gestes de commandement.
Ne faites jamais dʼélingage les mains
Les gestes et signaux de commande- nues. Portez vos gants.
ment des engins de levage, que lʼon trou-

1000
Vérifiez la présence et lʼétat des linguets
vera précédemment, font lʼobjet dʼun
de sécurité des crochets.
tableau du fascicule de documentation
E 52-401 de lʼAFNOR et dʼune affiche de Ne placez jamais vos mains entre
lʼINRS (A 3675). lʼélingue et la charge.
Ne guidez pas la charge à lʼaide des
4.2 Élingage de la charge élingues ; si nécessaire, utilisez une
longe textile.
La sécurité des manutentions repose en
particulier sur la bonne réalisation de lʼélin- Pour plus de détails, reportez-vous à la
gage des charges. broche INRS ED 919, Mémento de lʼélin-
gueur.
Ne levez pas en une seule fois plusieurs
charges élinguées séparément, même si La charge maximale dʼutilisation dʼune
le poids total reste dans les limites élingue (CMU) est généralement mar-
admises. quée sur lʼun des manchons de sertis-
sage ou sur une plaquette fixée à 1 000 kg
Ne perdez pas de vue votre élingueur, lʼélingue. Elle correspond à la charge maxi.
assurez-vous quʼil sʼest écarté avant de maximale que vous pouvez suspendre
commencer le levage. Assurez-vous sur lʼélingue, utilisée en brin simple.
que la charge est bien arrimée.
La stabilité de la charge en cours de
déplacement dépend essentiellement
de son mode dʼélingage. Il est important

46
Lorsquʼune charge est suspendue à Pour un angle de 60 degrés, la charge Il convient également de réduire la capa-
lʼaide de deux élingues, la charge de cha- que vous pouvez soulever avec deux cité dʼune élingue utilisée en brin simple,
cune des deux élingues dépend de élingues, dʼune CMU de 1 000 kg cha- lorsque le mode dʼélingage provoque un
lʼangle quʼelles forment entre elles. cune, nʼest pas de 2 000 kg mais de pliage local du câble.
1 700 kg.
La réduction dépend du facteur de mode
Le tableau ci-dessous vous donne la dʼélingage.
valeur de la charge soulevable par un
élingage réalisé à lʼaide de deux élingues
dʼune capacité de 1 000 kg, en fonction
de lʼangle dʼélingage.

Pliage

2000
local
00
00

10
10

60° Élingage deux brins


de 1 000 kg chacun
Angle
d'élingage
Angle Charge
dʼélingue admissible
1 500 kg
1 700 kg 15 1 950 maxi.
maximum 30 1 900
45 1 800
60 1 700

47
Il faut également savoir quʼen fonction du charges et de faire en sorte que celui-ci
mode dʼélingage, toutes les élingues ne ne puisse pas se produire.
participent pas au levage de la charge.
En élingage trois brins, la position des

Glissement possible
Brins porteurs
points dʼélingage conditionne la valeur de
la charge reprise par chacune des
élingues.
Pour un élingage quatre brins, en fonc-
tion de la position des points dʼélingage,
seules deux élingues peuvent reprendre Brins mous NON
la masse de la charge, les deux autres ne
participent quʼà son équilibrage. OUI
La première préoccupation de lʼélingueur
est de veiller aux conséquences dʼun glis-
sement éventuel des câbles ou des
chaînes sur les crochets ou sur les

Glissements
possibles

OUI

48
Veillez également au bon positionnement Quʼil sʼagisse dʼélingues textiles ou Une élingue en mauvais état, déformée,
des crochets, même sʼils sont équipés métalliques, les arètes vives des charges cloquée, pliée, oxydée, présentant de
dʼun linguet (risque de décrochage). peuvent les endommager. Utiliser des nombreux fils cassés..., est à jeter. Mais
protections. tronçonnez-la au préalable, pour quʼelle
ne puisse pas être réutilisée.

AR 591 RÉDUCTION DE LʼAFFICHE INRS © AD 591 FORMAT 60 x 80


I N S T I T U T N AT I O N A L D E R E C H E R C H E E T D E S É C U R I T É
30 RUE OLIVIER-NOYER 75680 PARIS CEDEX 14

Nʼaccrochez pas une chaîne par lʼinter-


médiaire de lʼun de ses maillons.

Ne raccourcissez jamais une élingue par


la réalisation dʼun nœud.
Ne laisser pas traîner les élingues au sol.
Rangez-les sur un râtelier ou rack.

49
4.3. Cabines
4.3.1. Accès aux cabines

Lʼaccès aux cabines doit se faire dans


les meilleures conditions de sécurité
possibles pour le pontier ; il est inter-
dit dʼemprunter les chemins de roule-
ment comme passage normal
dʼaccès. Toutefois, il nʼest pas interdit
au pontier de traverser le chemin
de roulement pour se rendre à sa
cabine si elle est en face de lʼaccès
normal.
À noter que, dans le cadre des disposi-
tions constructives :
• aucun espace libre au-dessus du
vide ne doit exister sur le trajet
emprunté par le pontier pour rejoindre
son poste de travail ;
• des passerelles munies de garde-
corps et des escaliers munis de ram-
pes sont préférables aux échelles fixes
à crinoline ;
• une plate-forme aménagée à lʼarri-
vée de lʼescalier ou de lʼéchelle permet
dʼaccéder à la cabine ou mieux à un
balcon solidaire de la cabine ;
• des portillons à fermeture automa-
tique asservis à la position relative du
pont roulant et de la plate-forme per-
mettent le passage du pontier.
50
Ne pas tenter de franchir les por-
tillons avant lʼarrêt complet du pont
roulant au droit de la plate-forme
dʼaccès.
En service normal, ne pas tenter dʼac-
céder au pont roulant lorsquʼil nʼest pas
à son point normal dʼaccès.
Lorsque le pont roulant est immo-
bilisé accidentellement, le pontier
doit pouvoir quitter son poste de tra-
vail :
• dès que le pont roulant a été ramené
par le service entretien à son point nor-
mal dʼaccès ;
• en utilisant un moyen dʼévacuation,
ce qui nécessite que le pontier soit
entraîné à lʼutilisation de ce mode
dʼévacuation, notamment lorsquʼil
sʼagit dʼune échelle de corde ou dʼun
descenseur individuel ;
• en circulant sur les chemins de rou-
lement, aménagés comme il est dit
au § 3.8.1., si la cabine est trop éle-
vée au-dessus du sol ou quʼelle se
trouve à lʼaplomb dʼune zone dange-
reuse.

51
4.3.2. Chauffage, ventilation En outre, les cabines doivent être amé-
nagées pour mettre le pontier à lʼabri
Pendant la saison froide, les cabines des fumées, gaz, vapeurs toxiques,
sont chauffées, généralement à lʼaide rayonnements et autres émanations
de convecteurs électriques correcte- nuisibles.
ment fixés. Les braseros et les résis- Une climatisation avec filtration et épu-
tances incandescentes sont interdits ration de lʼair constitue une excellente
en raison des risques dʼintoxication et solution pour les cas difficiles.
dʼincendie.

4.3.3. Visibilité

Les cabines de pont roulant sont nor-


malement aménagées pour que le pon-
tier puisse suivre les manœuvres
depuis son poste de travail sans avoir à
se pencher à lʼextérieur.
Il convient de nettoyer régulièrement le
pare-brise, les glaces, les rétroviseurs,
de vérifier le bon fonctionnement des
essuie-glaces (ponts roulants situés à
lʼextérieur) et dʼenlever tout ce qui
pourrait gêner la visibilité.
Dans la mesure du possible, le net-
toyage de la face extérieure des
vitrages se fait depuis une passerelle
munie de garde-corps ou, à défaut,
depuis lʼintérieur de la cabine ; la sécu-
rité du personnel contre les chutes doit
être assurée.

52
Ne pas abandonner dʼoutils, de chif- cations et des opérations dʼentretien
fons, dʼobjets divers susceptibles de se figure sur une étiquette apposée sur
déplacer au cours du travail et de blo- lʼextincteur.
quer accidentellement une commande Il doit être remédié aux défectuosités
ou de provoquer une chute. constatées. Les extincteurs utilisés
Utiliser selon les cas le coffre à outils même partiellement doivent être signa-
ou la boîte à déchets métalliques ; ne lés au service compétent et rechargés.
pas omettre de refermer le couvercle Le bon état du plomb mis sur le sys-
de la boîte à déchets et de la vider tème de percussion de lʼextincteur
régulièrement. atteste que ce dernier nʼa pas été
utilisé.

4.3.5. Protection incendie

Un extincteur est fixé sur un support


dans la cabine. Il permet de combattre
efficacement tout début dʼincendie,
sous réserve quʼil soit adapté à la
nature du feu. De plus, il conviendra de
sʼassurer que le produit dʼextinction est
adapté au type de feu quʼil pourrait être
appelé à combattre (cf. la brochure
4.3.4. Propreté INRS ED 802 Les extincteurs mobiles).
Dans le cadre de la formation à la
Le poste de conduite doit rester propre. sécurité, le pontier a appris à se servir
À lʼextérieur, enlever la boue, la neige correctement du type dʼextincteur ins-
et la glace des passerelles et marche- tallé dans sa cabine.
pieds pour éviter les chutes. Cet extincteur est régulièrement
Ne pas laisser de chiffons ou de vête- contrôlé et entretenu soit par le service
ments à sécher sur lʼappareil de chauf- de protection incendie de lʼétablisse-
fage ou à proximité, cela pourrait ment, soit plus généralement par une
provoquer un incendie. société spécialisée. La date des vérifi-
53
4.4. Manœuvres des ponts – rester à son poste et se tenir prêt à
commandés à partir exécuter les ordres du chef de
manœuvre ;
dʼune cabine
– ne pas quitter son poste de travail
sans prévenir son chef direct et sans
– Respecter les consignes du service avoir coupé lʼalimentation du pont rou-
et celles qui sont particulières au pont ; lant (cf. § 3.9.3).
– porter les équipements de protection
individuelle recommandés et mis à dis- 4.4.1. Avant mise en route
position ;
Les essais et les contrôles à effectuer
avant de mettre en route un pont rou-
lant à cabine diffèrent selon que le pont
travaille à un seul ou à plusieurs
postes.

Travail à plusieurs postes

Le pontier descendant, après avoir


arrêté le pont roulant au droit de lʼaccès
normal et quitté son poste, laisse la
place au pontier montant qui en pre-
mier lieu vérifie « lʼinterrupteur de
cabine » :
• si celui-ci est muni dʼune pancarte de
consignation, il en informe son chef
direct ;
• si, en revanche, lʼinterrupteur nʼen
est pas muni, le pontier sʼassure que :
– cet interrupteur est ouvert,
– les organes de service (contrôleurs,
54
manipulateurs, etc.) sont effectivement
au zéro,
– le carnet de bord, dont la présence
en cabine est souhaitable en cas de
travail à plusieurs postes, ne contient
pas dʼobservations éventuellement for-
mulées par le pontier précédent ou par
une personne du service entretien,
– lʼextincteur est en place et plombé,
– les moyens dʼévacuation sont en
place.

Avant la mise en route, procéder


comme suit :
• exécuter les opérations prévues aux
consignes générales dʼexploitation ou
particulières au pont,
• vérifier quʼil nʼy a personne sur le
pont et ses chemins de roulement,
• fermer « lʼinterrupteur de cabine »,
• vérifier le bon fonctionnement des
signalisations sonores et lumineuses Dans le cas dʼappareils à faible vitesse • vérifier le bon fonctionnement des
éventuelles, et (ou) à grande hauteur de levage, freins de translation et le cas échéant
• actionner lʼavertisseur de manœuvre, lorsque cette vérification nʼest pas du chariot, ainsi que celui des interrup-
compatible avec le temps dont dispose teurs de fin de course de direction et de
• faire, à petite vitesse, les essais à le pontier, la vérification du fonctionne- translation.
vide des mouvements de levage, de ment de lʼinterrupteur fin de course
direction et de translation, pourra se faire lors de la vérification En cas dʼanomalies, le pontier avertit
• vérifier le bon fonctionnement des périodique de lʼappareil ; cette périodi- immédiatement son chef direct, en lui
interrupteurs de fin de course et du ou cité sera fonction du taux dʼutilisation remettant la feuille de contrôle prévue
des freins de levage, de lʼappareil, à cet effet.
55
Travail à un seul poste
Avant de rejoindre la cabine station-
nant à son lieu dʼaccès normal, le pon-
tier sʼassure que le pont nʼest pas
consigné. En outre :
• si « lʼinterrupteur tête de ligne » est
verrouillé mécaniquement ou encore
muni dʼune pancarte de consignation,
le pontier rend compte à son chef direct
de lʼimpossibilité de remplir sa mission,
• si « lʼinterrupteur tête de ligne » nʼest
ni verrouillé mécaniquement, ni muni
dʼune pancarte de consignation, le
conducteur le ferme et se rend à son
pont en utilisant la voie dʼaccès prévue.
En accédant au pont, le pontier pro-
cède intégralement comme indiqué au
paragraphe précédent.

56
4.4.2. Manœuvres et interdictions

Chaque manœuvre doit être précédée


dʼun avertissement sonore.
Le pontier refuse toute manœuvre sʼil
sʼavère que :
• la charge est supérieure à la charge
maximale du pont roulant,
• la manœuvre est contraire aux
consignes de sécurité,
• les instructions dʼélingage ne sont
pas respectées (voir § 4.2).
Le pontier arrête immédiatement la
manœuvre au cas où plusieurs per-
sonnes commandent en même temps
ou si les gestes ne sont pas parfaite-
ment compréhensibles.
Lorsque la charge nʼest pas visible par
le pontier, celui-ci se fait guider par le
chef de manœuvre ou, à défaut, par un
agent au sol (signaleur).

57
Pour le levage, le pontier applique la
règle des trois temps :

1. Raidir les élingues sans soulever la 2. Soulever légèrement la charge pour 3. Élever la charge à hauteur de trans-
charge, laisser lʼélingueur sʼécarter suf- en vérifier le bon amarrage, le bon port.
fisamment. équilibre et la bonne tenue du frein et la
valeur de la charge soulevée (indica-
teur ou limiteur de charge).
58
Le pontier veille particulièrement à lʼin- • manœuvrer ou manutentionner une
terdiction de : charge dans une zone limitée par des
• monter sur les charges ou se sus- parois ou des obstacles, si du person-
pendre aux crochets et élingues pour nel se tient entre la charge et ces
se faire transporter, parois ou obstacles. Cʼest le cas, en
particulier, des manutentions dans les
casiers, les wagons, les fosses, les
silos, etc.

59
Il est, de même, interdit de passer au-
dessus du personnel et de certaines
machines avec une charge (sauf sʼil
existe un toit de protection de résis-
tance suffisante), notamment au cours
des transports par électroporteurs, de
poches de métal en fusion, etc., ou à
vide avec les élingues, chaînes ou cro-
chets pendant librement à une hauteur
insuffisante.
Si le personnel ne sʼécarte pas suffi-
samment au signal sonore, le pontier
arrête immédiatement sa manœuvre.
Lorsquʼil est demandé au pontier dʼac-
coster le pont avec les butoirs (heur-
toirs), ce ne peut être quʼà vitesse
suffisamment réduite pour éviter tout
choc préjudiciable au personnel (dan-
ger de chute dans la cabine ou en bas
du pont) et au matériel (déformation
des poutres, chutes de butoirs, etc.).

60
4.4.3. Incidents et avaries Il est interdit au pontier dʼintervenir seul Panne de courant
sur les installations mécaniques ou
électriques du pont, sauf sʼil a reçu une Lorsquʼune panne de courant se pro-
Avaries
formation spécifique et est habilité par duit, le pontier doit :
ou mauvais fonctionnement • ramener au zéro les organes de ser-
du pont le responsable de lʼentretien.
vice (si ceux-ci nʼy reviennent pas auto-
matiquement),
Dans ce cas :
• si la panne se prolonge, ouvrir « lʼin-
• déposer si possible la charge et la terrupteur de cabine »,
faire décrocher ; sʼil nʼest pas possible
de déposer la charge, baliser au sol la • placer le signal indiquant lʼarrêt du
zone sous la charge, pour empêcher le pont,
personnel de passer sous la charge, • prévenir son chef direct,
• amener le pont à son point dʼaccès si • si une charge est suspendue, opérer
celui-ci peut encore se déplacer, comme en cas dʼavarie (balisage de la
zone au sol sous la charge…).
• vérifier que les organes de service
(contrôleurs, manipulateurs, etc.) sont
effectivement à zéro,
• ouvrir lʼinterrupteur de cabine,
• placer le signal (pancarte) indiquant
lʼarrêt du pont,
• prévenir son chef direct,
• donner au personnel chargé du
dépannage toutes indications utiles sur
les circonstances du mauvais fonction-
nement,
• le dépannage étant terminé, sʼassu-
rer que le personnel dʼentretien nʼest
plus présent sur les lieux, retirer le
signal dʼarrêt du pont et reprendre le
service.
61
Incendie
Agir promptement et :
• en premier lieu, donner lʼalarme avec
lʼavertisseur suivant le signal prévu par
les consignes,
• déposer rapidement la charge, si
faire se peut,
• ouvrir « lʼinterrupteur de cabine »,
• attaquer dès que possible le feu à
lʼaide de lʼextincteur de cabine.
Si le feu prend des proportions dange-
reuses pour le pontier, il évacue
dʼurgence la cabine en veillant particu-
lièrement aux lignes électriques, aux
ponts voisins et à tous les autres
risques, et emprunte le moyen dʼéva-
cuation de secours prévu à cet effet.

62
4.4.4. En fin de poste

• Arrêter le pont face à la plate-forme


dʼaccès ou à lʼéchelle,
• ne jamais laisser une charge suspen-
due au crochet,
• ramener le crochet vers le haut, dans
sa position normale de repos,
• ouvrir « lʼinterrupteur de cabine »,
• tenir à jour et émarger le carnet de
bord,
• nettoyer et quitter la cabine,
• si le pont travaille à plusieurs postes,
inscrire dans le carnet de bord et infor-
mer le conducteur montant des inci-
dents ou nouvelles consignes reçues
au cours du poste de travail,
• rendre compte, sʼil y a lieu, à son
chef direct, des anomalies relevées.
63
4.5. Manœuvres des ponts Le conducteur du pont peut, selon les cir- • Lorsquʼun obstacle cache la charge
commandés constances et les particularités de lʼéta- au conducteur, celui-ci se fait guider
blissement, diriger la manœuvre, mais par un agent responsable (signaleur).
à partir du sol également élinguer la charge : dans ce
cas il peut immobiliser le pont roulant en • En règle générale, suivre la charge et
4.5.1. Avant mise en route retirant la clé de la boîte à boutons. non la précéder.

En début de poste par le premier utili-


sateur :
• vérifier que le pont nʼest pas
condamné en totalité ou en partie,
• dans la mesure du possible, vérifier
quʼil nʼy a pas dʼobstacle sur le chemin
de roulement,
• exécuter les opérations prévues aux
consignes générales dʼexploitation ou
particulières au pont dans une partie
libre de lʼatelier.
En cas dʼanomalies, le conducteur
avertit immédiatement son chef direct.
Ce dernier avise le service compétent
et condamne éventuellement lʼinterrup-
teur général en position dʼouverture
(« interrupteur de tête de ligne »).

4.5.2. Manœuvres et interdictions

• Respecter les consignes du service


et celles qui sont particulières au pont.
• Porter les équipements de protection
individuelle prévus et mis à disposition.
64
pouvant se tenir à proximité de la
charge.
• Accoster les ponts voisins et les
butoirs à vitesse suffisamment réduite
pour éviter tout choc préjudiciable au
matériel (déformation des poutres,
chutes de butoirs, etc.).

• Pour le levage, procéder en trois valeur de la charge soulevée (indica-


temps : teur ou limiteur de charge).
1. Raidir les élingues sans soulever la 3. Élever la charge à hauteur de trans-
charge, laisser lʼélingueur sʼécarter suf- port.
fisamment ou sʼécarter suffisamment si • En cas de manœuvre ou de manu-
lʼon effectue soi-même lʼélingage. tention dans une zone limitée par des
2. Soulever légèrement la charge pour parois ou des obstacles, vérifier que
en vérifier le bon amarrage, le bon les opérations ne présentent pas un
équilibre et la bonne tenue du frein et la danger particulier pour le personnel
65
• Le pianotage est nuisible aux zone sous la charge pour empêcher le • ouvrir lʼinterrupteur général « interrup-
moteurs électriques, car il multiplie les personnel de passer sous la charge, teur de tête de ligne » et le condamner,
démarrages et provoque une élévation • amener le pont au point dʼaccès • prévenir son chef direct et donner
anormale de la température des prévu pour lʼentretien si celui-ci peut toutes indications utiles sur les circons-
moteurs ainsi quʼune fatigue accélérée encore se déplacer, tances du mauvais fonctionnement,
des mécanismes (réducteurs, frein,
accouplements, etc.). Utiliser de préfé-
rence une vitesse plus lente pour posi-
tionner la charge.
Il est interdit :
• dʼexécuter des manœuvres contrai-
res aux consignes de sécurité et aux
instructions dʼamarrage,
• de monter sur les charges ou de se
suspendre aux crochets et élingues
pour se faire transporter,
• de passer au-dessus du personnel
avec une charge ou, à vide, avec les
élingues, chaînes ou crochets pen-
dant librement à une hauteur insuffi-
sante.

4.5.3. Incidents et avaries

Avaries
ou mauvais fonctionnement du pont
Dans ce cas :
• déposer si possible la charge et la
décrocher ; sʼil nʼest pas possible de
déposer la charge, baliser au sol la
66
• le dépannage étant terminé, le res-
ponsable autorisera lʼutilisation du pont
roulant après avoir fait appliquer les
consignes prévues en début de poste.

Panne de courant
Lorsquʼune panne de courant se pro-
duit, le conducteur doit :
– baliser au sol, sous la charge,
– prévenir son chef direct.

4.5.4. En fin de poste

En fin de poste, lʼagent de maîtrise res-


ponsable ou éventuellement la per-
sonne quʼil désigne veille à ce que :
• le pont soit arrêté dans la zone de
stationnement prévue,
• la boîte à boutons soit ramenée, si
cela est possible, à une extrémité du
pont ou à lʼemplacement prévu,
• ni charge, ni élingue ne reste sus-
pendue au crochet,
• le crochet soit ramené vers le haut,
dans sa position normale de repos
(plus de 2 m de haut),
• lʼinterrupteur du pont soit ouvert,
• les anomalies relevées soient consi-
gnées et signalées au service compé-
tent.
67
4.6. Particularités
pour les ponts roulants
télécommandés

La mise en place dʼune télécommande


entraîne dans beaucoup dʼateliers une
nouvelle organisation avec traçage DE CONDUITE
dʼun itinéraire de circulation du pontier,
et la mise en place le long de cet itiné-
raire dʼorganes de commande dʼarrêt
dʼurgence agissant sur le dispositif de
coupure générale (disjoncteur général
cf. § 3.9.3).
La boîte de commande comporte :
• toujours :
– un bouton dʼarrêt,
– une clef de contact ;
• très souvent :
– une alarme sonore, en particulier
pour signaler lʼatteinte du seuil minimal du pont (boucle inductive, réduction de
de décharge de la batterie, puissance de lʼémetteur) ;
– un dispositif de sécurité en cas de • rarement :
chute de lʼopérateur (inclinomètre), – un code de couleurs pour indication
– un arrêt automatique si inactivité, du sens de déplacement du pont.
– un avertisseur lumineux de marche
Lʼautorisation de conduite délivrée pour
sur pont, sur pupitre, ou sur les deux ; les ponts roulants à cabine ou com-
• quelquefois : mandés par boîte à boutons nʼest pas
– une mémorisation de lʼorientation, valable pour les ponts télécomman-
– un dispositif limitant lʼutilisation du dés ; une autorisation de conduite spé-
pupitre émetteur à la zone dʼévolution cifique est nécessaire.
68
Il doit être interdit dʼutiliser la télécom- 4.6.2. Relève de poste leviers...) sont à « zéro », déclenche le
mande en dehors du périmètre dʼévolu- contacteur général du pont roulant,
tion du pont, sauf cas exceptionnel On appelle relève de poste la transmis- coupe lʼémission, puis il transmet les
faisant lʼobjet dʼune consigne particu- sion du pupitre émetteur dʼun pontier à consignes éventuelles au pontier « pre-
lière. lʼautre, sur le site dʼutilisation ; la relève nant » avant de lui confier le pupitre
se fait en vue du pont roulant. émetteur.
Le pontier « terminant » vérifie que les La remise en service du pont est assu-
4.6.1. Avant mise en route organes de service (combinateurs, rée comme il est dit ci-avant.

• À la position repos, le pupitre émetteur


doit toujours être rangé après coupure
de lʼalimentation électrique dʼémission.
• Si le pont est en entretien, la
manœuvre interdite au pontier fait lʼobjet
dʼune signalisation.
• Sʼassurer que le pont est en ordre de
service (signalisation lumineuse).
• Vérifier que les organes de service
(combinateurs, leviers...) sont bien à
zéro.
• Mettre lʼémetteur en service (signalisa-
tion lumineuse).
• Commander lʼenclenchement du
contacteur général du pont roulant.
• Actionner lʼavertisseur sonore.
• Essayer les différents mouvements, le
fonctionnement des freins, des fins de
course et de lʼinclinomètre du pupitre de
commande (sʼil en est pouvu).
En cas dʼanomalies, prévenir immédia-
tement le chef direct.
69
4.6.3. Manœuvres 4.6.4. Fin de poste
Lʼutilisation de la télécommande per- • Déclencher le contacteur général du
met de se placer au mieux pour voir la pont (signalisation lumineuse).
charge, lʼélingage et lʼenvironnement et • Couper lʼémission : signalisation lumi-
dʼassurer, si cela est possible sans neuse.
risque, à la fois les fonctions de pontier • Mettre les batteries en charge sur le
et de chef de manœuvre. support approprié, enlever le clé du
Les phases dʼélingage et de levage doi- pupitre de commande et la ranger dans
vent être distinctes et sont exécutées les conditions prévues par les consi-
comme indiqué précédemment au § 4.5.2. gnes particulières dʼexploitation.

70
4.7. Manœuvres délicates
ou spéciales

4.7.1. Balancement des charges

Le balancement des charges peut


résulter notamment :
– de lʼinertie de la charge,
– de la longueur et la souplesse des
câbles de levage et des élingues,
– des variations de vitesse plus ou
moins brusques (démarrages, arrêt,
changement dʼallure...),
– de la pression dynamique exercée
par le vent sur la charge.
Pour maîtriser le balancement des
charges, il faut démarrer et arrêter les
mouvements horizontaux du pont très
progressivement de façon à amener la
charge à la verticale du palan ou du
chariot porte-treuil au moment de lʼarrêt
du pont.
En cours de route, accélérer quand la
charge précède le pont roulant ou le
chariot et ralentir quand elle reste en
arrière, jusquʼà ce que le balancement
de la charge soit neutralisé.
Il est interdit de balancer les charges
pour les déposer en un point qui ne
peut être atteint normalement.

71
4.7.2. Tractions obliques – provoquer un mouvement latéral ou
la mise en rotation de la charge, met-
Il est particulièrement dangereux dʼef- tant en danger le personnel au sol,
fectuer une traction oblique sur une – provoquer un mauvais enroulement
charge car cette manœuvre peut : du câble de levage ou même sa sortie
du tambour et sa détérioration,
– amener le câble de levage en contact
avec la ligne dʼalimentation principale
ou les lignes dʼalimentation du chariot,
avec danger dʼélectrocution pour les
élingueurs au sol ou coupure du câble
de levage par amorçage dʼarc élec-
trique,
– provoquer le décrochage de la
charge, avec comme conséquence le
balancement du moufle et donc un
danger pour le personnel au sol et le
matériel.

4.7.3. Guidage des charges

En aucun cas, le personnel au sol ne


devra exercer directement un effort sur
les charges ou les élingues, mais il
peut par exemple utiliser un cordage,
un crochet ou une gaffe pour guider la
charge.

72
4.7.5. Déplacement de bouteilles
de gaz comprimé

Le transport par pont roulant de bou-


teilles de gaz comprimé ou liquéfié
(oxygène, acétylène, propane, etc.) ne
doit être réalisé quʼau moyen de conte-
neurs spécialement conçus, assurant
un amarrage non élastique des bou-
teilles.
Au cours de cette manœuvre, des pré-
cautions supplémentaires devront être
prises : par exemple le stationnement
de la charge à proximité des endroits
chauds (fours, lingotières, etc.) est
interdit.

4.7.4. Déplacement dʼun pont Il paraît toutefois préférable, lorsque


à lʼaide dʼun autre pont cela est possible, dʼavoir recours à
dʼautres moyens de traction tels que
Ne faire effectuer le déplacement dʼun des treuils auxiliaires.
pont à vide ou en charge en le pous-
sant par un autre pont ou toute autre • Faire débloquer le frein de translation
manœuvre analogue que sur ordre du pont poussé,
et sous surveillance dʼun chef de • Avertir le pontier du pont à pousser,
manœuvre qualifié (1), car cette
manœuvre est interdite en service nor- • Venir en contact avec lʼautre pont à
mal. vitesse réduite, comme pour lʼaccos-
tage (cf § 4.4.2 et 4.5.2).
(1) Sous réserve de lʼaccord du construc- • Pousser à vitesse réduite : ne jamais
teur du pont. lancer le pont poussé.
73
4.7.6. Manœuvres de wagons 4.7.7. Levage dʼune charge deux appareils et le respect du mode
et de véhicules à lʼaide de deux ponts roulants opératoire.
Lorsque cette manœuvre est fré-
Il est interdit dʼutiliser un pont roulant Le levage dʼune charge à lʼaide de quente, voire habituelle pour la manu-
pour la traction oblique de wagons et deux ponts roulants est une manœuvre tention de charges longues et
de véhicules quelconques. qui peut sʼavérer particulièrement dan- encombrantes (voitures de tramways
Toutefois, lʼutilisation de poulies de rap- gereuse. ou de chemin de fer), des dispositions
pel solidement fixées au niveau du sol Elle nécessite une préparation détaillée particulières sont prises sur le plan
permet au pont de tirer verticalement et et ne peut être entreprise que sous la technique pour assurer si besoin le
dʼexercer une traction horizontale : surveillance dʼun chef de manœuvre couplage et la synchronisation des
cette manœuvre particulière doit faire particulièrement qualifié pour assurer mouvements des appareils.
lʼobjet dʼune consigne précise. la coordination de mouvement des

4.7.8. Basculement et retournement


de charges

Le basculement et le retournement de
la charge se font habituellement :
– soit à lʼaide dʼun pont roulant équipé
dʼun palan ou treuil de levage auxiliaire,
– soit à lʼaide dʼun appareil de manu-
tention spécialement conçu.
À titre exceptionnel, ce mouvement
peut être effectué à lʼaide dʼun seul cro-
chet de levage sous les directives dʼun
chef de manœuvre. Cela nécessite de
prendre des précautions pour éviter le
ripage intempestif de la charge et la
détérioration des câbles, mécanismes
et charpente du pont roulant dans le
cadre dʼune consigne particulière
détaillant les méthodes à mettre en
œuvre.
74
4.7.9. Changement dʼaccessoires de cessoire de levage, le place sur son
levage support ou au sol, descend le crochet
et immobilise le mouvement de
Si lʼaccessoire de levage est com- levage,
mandé électriquement : – lʼopérateur au sol sépare les élé-
• Sa mise en place doit être effectuée ments de la connexion électrique et
comme suit : guide ou surveille le décrochage de
– le pontier ou le personnel dʼentretien lʼaccessoire de levage.
vérifie que lʼalimentation de lʼacces-
soire de levage est coupée et sʼassure
de lʼabsence de tension, 4.8. Transport et élévation
– le crochet de levage est amené près
du personnel
de lʼanneau ou de lʼanse de lʼacces-
soire de levage, Il est interdit au personnel de monter
– lʼopérateur au sol guide ou surveille sur les charges ou de se suspendre
lʼaccrochage de lʼaccessoire de levage, aux crochets ou aux élingues.
assemble les éléments de la connexion Lʼélévation de personnel dans une
électrique, les bloque et fait signe de nacelle à lʼaide dʼun pont roulant nʼest
lever, autorisée que dans le cas de circons-
– avant son utilisation, le pontier tances exeptionnelles ou dʼimpossibi-
décolle lʼaccessoire de levage et vérifie lité de mettre en œuvre un appareil
que le câble électrique nʼest pas sou- spécialement conçu à cet effet et sous
mis à des efforts de traction dans réserves du respect (1) :
aucune des positions extrêmes du cro- • De dispositions techniques particu-
chet, lières concernant non seulement la
– après avoir rétabli le courant, le pon- nacelle utilisée et son accrochage,
tier contrôle le bon fonctionnement de mais visant également la conception du
lʼaccessoire de levage. pont roulant.
• Son décrochage doit être effectué (1) Se reporter à lʼarticle R. 233-13-3 du
comme suit : code du travail et à lʼarrêté du 2 décembre
– le pontier coupe le courant de lʼac- 1998 qui lui est associé.
75
• Dʼune organisation à mettre en place lequel le chef dʼétablissement a
(communication entre la nacelle et le également la faculté de consigner
pontier, présence dʼun chef de ses observations, doit être tenu à la
manœuvre...). disposition de lʼinspecteur ou du
contrôleur du travail, du médecin du
travail, des membres du comité
régional de lʼorganisme profession-
4.9. Registre dʼobservations nel de prévention du bâtiment et
des travaux publics, des représen-
tants de lʼorganisme de sécurité
Rendez compte à votre chef direct, sʼil sociale compétent en matière de
y a lieu, des anomalies de fonctionne- prévention des risques profession-
ment, de lʼétat défectueux du matériel, nels, ainsi que des membres du col-
que vous avez constaté et consignez lège interentreprises de sécurité, de
ces remarques sur le registre dʼobser- santé et des conditions de
vations réservé à cet effet. travail... ».

Décret du 8 janvier 65 modi-


f i é , a r t . 2 4 . « Un registre spécial,
dit “registre dʼobservations”, doit
être mis à la disposition des tra-
vailleurs et des membres du comité
dʼhygiène, de sécurité et des condi-
tions de travail ou, à défaut, des
délégués du personnel, pour quʼils
puissent y consigner leurs observa-
tions en ce qui concerne lʼétat du
matériel et des installations, lʼexis-
tence de causes susceptibles dʼen
compromettre la solidité et lʼapplica-
tion des dispositions qui font lʼobjet
du présent décret. Ce registre, sur
76
entretien des appareils de levage
5 et travaux
sur les chemins de roulement
ou à leurs abords

Le graissage, le nettoyage, lʼentretien


et les réparations des ponts roulants
doivent être opérés à lʼarrêt.
Les opérations dʼentretien des ponts
roulants et les travaux sur les chemins
de roulement sont effectuées :
– soit périodiquement selon un plan
dʼentretien préconisé par le construc-
teur,
– soit après une visite approfondie,
– soit enfin en cas dʼavarie, dʼincident
ou de panne signalée par le pontier.
77
Certains dispositifs permettent de pro- dʼescabeaux est à proscrire. Lʼutili- Lorsque des personnes autorisées
grammer au mieux les opérations sation dʼune plate-forme élévatrice accèdent ou stationnent sur la char-
dʼentretien, en enregistrant certains mobile de personnel ou dʼun échafau- pente dʼun pont roulant pour y effectuer
paramètres tels que : dage roulant offre beaucoup plus de des vérifications, des réparations ou
– nombre de démarrages de chacun sécurité aux intervenants. des opérations dʼentretien, toutes les
des moteurs,
– durée cumulée de fonctionnement
des mouvements.
Ces dispositifs permettent en outre de
sʼassurer que lʼutilisation réelle du pont
roulant est bien conforme aux prévi-
sions effectuées lors de lʼétablissement
du cahier des charges en vue de lʼac-
quisition du pont roulant et de la déter-
mination des groupes dʼutilisation FEM
pour la charpente et les mécanismes.
Le graissage centralisé ou lʼutilisation
de cartouches de graissage de longue
durée diminue lʼexposition aux risques
du personnel dʼentretien.
En cas de soudage à lʼarc, disposer le
conducteur de retour en un point de la
charpente judicieusement choisi pour
éviter de détériorer les roulements des
galets de direction et de translation
sous lʼeffet du courant électrique.
Changer les galets de roulement par
paire pour éviter la marche en crabe du
chariot porte-treuil ou du pont roulant.
Pour effectuer des travaux sur les
appareils, lʼutilisation dʼéchelles ou
78
dispositions doivent être prises en vue 5.1. Avant le début
dʼéliminer le risque de cisaillement qui des travaux
pourrait résulter de la présence dʼobs-
tacles fixes ou mobiles situés au-
dessus du pont, notamment en cas de Installer, au point de stationnement
mise en route intempestive. normal du pont roulant ou en un endroit
choisi suivant la disposition des lieux,
Le nettoyage et lʼentretien des appa- un équipement (plate-forme fixe ou
reils dʼéclairage de la halle, ainsi que mobile ou tout autre moyen suivant les
tous les travaux portant soit sur les caractéristiques du pont roulant) per-
charpentes de la halle, soit sur des ins- mettant dʼassurer lʼentretien en toute
tallations diverses situées au-dessus sécurité.
dʼun pont roulant, ne peuvent être
entrepris directement à partir de la 5.1.1. Ponts roulants commandés
charpente ou des passerelles du pont par boîte à boutons
ou dʼun échafaudage fixe sur la char-
pente que si, et seulement si, le pont Avant dʼentreprendre tout travail sur le
roulant est consigné, immobilisé à lʼar- pont :
rêt et ne risque pas dʼêtre télescopé – procéder à la consignation électrique,
par une charge ou un autre appareil de – protéger le pont à lʼarrêt par tous dis-
levage ; lʼutilisation dʼéchelles ou dʼes- positifs appropriés (sabots...) pour évi-
cabeaux est à proscrire formellement. ter les risques de collision ou de
cisaillement avec les autres ponts
Lorsque les travaux dʼentretien sont éventuellement en service sur la même
confiés à une entreprise extérieure, le travée ou des travées adjacentes,
chef dʼétablissement ne doit pas
omettre de prendre les dispositions – délimiter et baliser soigneusement la
édictées par le décret 92-158 du zone de travail.
20 février 1992. Lorsque certains travaux à exécuter
sur le pont ne peuvent se faire que
sous tension, condamner par ver-
rouillage ou tout autre dispositif équiva-
lent la boîte de commande afin
dʼinterdire toute manœuvre.
79
5.1.2. Ponts roulants
télécommandés

Dans tous les cas, la condamnation à


lʼarrêt du pont depuis lʼun des disposi-
tifs de coupure de lʼalimentation élec-
trique du pont roulant entraîne
également la condamnation du récep-
teur de la télécommande.
Tout dépannage du pupitre émetteur
hors de la vue du pont entraîne obliga-
toirement la consignation du récepteur
avant toute autre intervention.
Sur les ponts à double commande
(cabine et pupitre émetteur), la décon-
signation du pont roulant pour essais
ou contrôles nécessite obligatoirement
le maintien de la consignation du
récepteur de la télécommande (sauf
bien entendu si ces essais ou contrôles
portent sur la télécommande).
Si le personnel dʼentretien est amené à
faire des essais avec la télécommande
sur le pont, tous ses déplacements,
lors de lʼaccès à ce pont, doivent se
faire émission coupée et, éventuelle-
ment, clé enlevée.

80
5.1.3. Ponts roulants à cabine

• Faire aviser le pontier par le chef


dʼexploitation, lorsquʼune équipe dʼen-
tretien doit exécuter des travaux sur un
pont.
• Procéder à la consignation élec-
trique.
• Lorsque des travaux doivent être
exécutés dans une zone de travail
consignée, le chef dʼexploitation avi-
sera le pontier des limites de cette
zone et, en outre, le responsable de
lʼéquipe de travail lʼinformera des
mesures de sécurité prises concernant :
– la condamnation de la zone de travail
par des tampons ou sabots dʼarrêt
posés sur la voie,
– la délimitation dʼune zone de protec-
tion par une signalisation appropriée
(drapeau, feu clignotant ou à éclats).
• Lorsque des travaux font lʼobjet dʼune
zone de travail surveillée, le chef
dʼexploitation avisera le pontier et le
responsable de lʼéquipe de travail lʼin-
formera :
– du nom du surveillant qualifié,
– de la délimitation de la zone de tra-
vail couverte par une signalisation
appropriée (drapeau, feu clignotant ou
à éclats) et dans laquelle il ne pourra
81
pénétrer quʼavec lʼautorisation et sous • se faire confirmer les mesures de Dans le cas où sa présence sur le pont
le contrôle du surveillant qualifié. sécurité prises par celui-ci et, en parti- nʼest pas nécessaire pendant la durée
culier, sʼassurer que lʼinterrupteur des travaux, en plus des consignes pré-
« tête de ligne » est bien verrouillé cédentes, le pontier :
dans sa position dʼouverture. • pose la pancarte de consignation sur
5.2. Travaux sur le pont lʼinterrupteur de cabine,
• quitte le pont,
Le pontier (1) prend les mesures sui- • se met à la disposition de son chef
vantes : direct.
• déposer la charge et la faire décro- Si, au cours des travaux, il est néces-
cher, saire de mettre en marche lʼun ou lʼautre
• amener si possible le pont à son des mécanismes du pont, il se fait dési-
point dʼaccès ou au point dʼintervention gner, par le responsable de lʼéquipe
prévu, dʼexécution, le surveillant qualifié. Il
• vérifier que les organes de service nʼexécute les mouvements qui lui sont
(contrôleurs, manipulateurs, etc.) sont demandés que sur ordre et sous la
effectivement à zéro, seule responsabilité de ce dernier.
• ouvrir lʼinterrupteur placé en « tête de Le travail terminé, le pontier :
ligne » ou dans la cabine, • se fait confirmer par le responsable
de lʼéquipe dʼentretien que lʼinterrupteur
• placer le signal indiquant lʼarrêt du « tête de ligne » nʼest plus condamné,
pont,
• prendre contact avec le responsable • se fait confirmer par le chef dʼexploi-
tation que le personnel dʼexécution
de lʼéquipe dʼexécution des travaux, nʼest plus présent sur les lieux, que le
pont nʼest plus consigné et que le ser-
vice normal peut être repris,
• retire le signal indiquant lʼarrêt du
pont,
(1) Sur les ponts roulants commandés par
boîte à boutons, la présence dʼun pontier • reprend le service suivant la procé-
nʼest pas indispensable pendant les tra- dure exposée au paragraphe 4.4.1 ou
vaux. 4.5.1.
82
5.3. Travaux sur les ponts 5.4. Remplacement
ou aux abords dʼun câble de levage
Ne jamais procéder au remplacement
5.3.1. Zone de travail consignée dʼun câble de levage défectueux par un
câble neuf sans sʼêtre assuré au préa-
Le pontier exécute son travail avec pru- lable quʼil correspond aux spécifications
dence à lʼapproche de la zone consi- données par le fabricant du pont roulant
gnée dans laquelle il ne devra pénétrer pour lʼappareil considéré.
en aucun cas. Vérifier notamment :
Cette consignation est applicable tant – le diamètre,
que les mesures de sécurité ne sont – la composition du câble,
pas levées par le responsable du travail – le mode de câblage,
et la déconsignation confirmée par le – le sens de toronnage,
chef dʼexploitation. – la qualité de lʼacier,
– la charge de rupture,
5.3.2. Zone de travail surveillée – lʼallongement,
– etc.
Le pontier ne doit pas dépasser la qui doivent figurer sur lʼattestation délivrée
limite de la zone de travail fixée par la par le câblier ou lʼimportateur du câble.
signalisation sans y être chaque fois Ne pas utiliser un câble de levage de
préalablement autorisé par le sur- caractéristiques différentes sans avoir
veillant qualifié. Le pontier pénètre obtenu, au préalable, lʼaccord écrit du
avec prudence dans cette zone et reste constructeur du pont roulant.
pendant chaque manœuvre sous lʼau- Avant de changer le câble de levage :
torité et la responsabilité de ce sur- – dégager au sol une place suffisante
veillant. pour disposer le ou les tourets de câble et
Cette consigne est applicable tant que le matériel nécessaire à cette opération,
les mesures de sécurité ne sont pas – mettre le pont à lʼarrêt, le caler et
levées par le responsable du travail ou appliquer la procédure de consignation
par le chef dʼexploitation. prévue pour les travaux dʼentretien.
83
Lors dʼune opération de montage de lʼopération de changement de câble
câble, le touret doit être disposé de tels que :
façon telle quʼil tourne dans le même
– flexibles de graissage centralisé,
sens que le tambour du treuil ; le touret
doit pouvoir être freiné pour éviter le – flexibles hydrauliques,
déroulage intempestif du câble et pro- – fin de course haute du crochet...
voquer une légère traction à lʼenroule- ni de les remettre en place une fois
ment. lʼopération terminée.
Pour manipuler les câbles, même avec
des pinces de préhension, il est indis-
pensable de porter des maniques
épaisses ou des gants de protection, 5.5. Essais
car les câbles, notamment sʼils sont par le personnel
usagés, peuvent occasionner des bles- dʼentretien
sures graves (piqûres...).
Pour couper les câbles, utiliser un Au cours et à lʼissue des opérations
coupe-câble ou un chalumeau après dʼentretien et de réparation de toute
avoir posé des ligatures pour éviter le nature portant sur les ponts roulants,
détoronnage du câble. seul le personnel dʼentretien autorisé
Dans le cas où une partie du câble pourra effectuer des essais ou
usagé sert à hisser lʼextrémité du câble contrôles à vide.
neuf jusquʼau tambour du treuil, il Pour effectuer des manœuvres dʼes-
convient dʼinterposer entre les deux sais avec une charge, le personnel
câbles soit un émerillon soit une élingue dʼentretien doit être titulaire de lʼautori-
souple, pour éviter de transmettre des sation de conduite correspondant à la
efforts de torsion au câble neuf et de catégorie du pont (cf. § 2.2.3).
lʼendommager.
Ne pas omettre de démonter, préala-
blement à la dépose du câble usagé,
les organes fragiles susceptibles
dʼêtre endommagés au cours de
84
5.6. Protection • des points de fixation, dans la char-
contre les chutes pente du bâtiment au droit de la zone de
de hauteur garage, pour des appareils de levage
auxiliaires (palans, monorails) néces-
saires en cas de changement de pièces
La protection du personnel dʼentretien encombrantes ou lourdes.
contre les chutes de hauteur nécessite
la mise en place dʼéquipements spéci-
fiques tels que :
• des cheminements avec garde-corps
(lisse, sous-lisse et plinthe) permettant
de circuler dʼun côté à lʼautre du pont
roulant et dʼaccéder en toute sécurité à
tous les organes hydrauliques, méca-
niques ou électriques susceptibles
dʼêtre vérifiés, entretenus ou changés ;
• des points dʼancrage dans la char-
pente du pont roulant permettant, le
cas échéant, la fixation de filets de
sécurité, de lignes de vie ou dʼéquipe- (1) Bien entendu, les points dʼancrage ou
ments individuels de protection contre de fixation dans la charpente du pont rou-
les chutes (1) ; lant ou du bâtiment seront dʼune résistance
suffisante pour supporter les charges et les
• des points dʼancrage à la charpente efforts auxquels ils sont soumis (voir norme
du bâtiment, tout le long du chemin de EN 795).
roulement, pour installer une ligne de Le personnel dʼentretien utilise les harnais
vie ou des équipements individuels de dʼantichute appropriés au travail à effectuer,
protection contre les chutes (1) ; qui sont mis à disposition, et est doté
dʼéquipements complémentaires néces-
• des passerelles fixes ou amovibles saires tels que :
pour effectuer lʼentretien ou le change- – descenseurs,
ment des galets de roulement et des – amortisseurs de chute,
galets-moteurs, disposés sur les che- – enrouleurs,
mins de roulement ; – etc.
85
quelques conseils
6 personnels
Rappelons quʼune bonne connais-
sance des consignes et des manœu-
vres, de bonnes aptitudes physiques,
visuelles et auditives et une bonne
santé sont indispensables au pontier
pour conduire en sécurité les ponts
roulants.
Certains médicaments peuvent provo-
quer la somnolence et diminuer la vigi-
lance ; le médecin qui les a prescrits
saura conseiller utilement le pontier à
ce sujet.
Lʼabus de boissons alcoolisées dimi-
nue lʼacuité visuelle et les réflexes et
peut être à lʼorigine dʼincidents et dʼac- Sʼil nʼest pas interdit de fumer par les
cidents. consignes de lʼétablissement :
La vision de près ou de loin, lʼaudition – ne pas jeter de mégots dans les cor-
sont susceptibles dʼévoluer notable- beilles à papier ou à chiffons, en raison
ment avec lʼâge ; si des troubles ou un des risques dʼincendie,
déficit sont constatés, il est préférable – vider et nettoyer chaque jour le cen-
de consulter un médecin. drier.
87
Pour commander les films (en prêt), les brochures et les affiches de l’INRS,
adressez-vous au service prévention de votre CRAM ou CGSS

Services prévention des CRAM


ALSACE-MOSELLE AUVERGNE CENTRE
(67 Bas-Rhin) (03 Allier, 15 Cantal, 43 Haute-Loire, (18 Cher, 28 Eure-et-Loir, 36 Indre,
14 rue Adolphe-Seyboth, BP 10392 63 Puy-de-Dôme) 37 Indre-et-Loire, 41 Loir-et-Cher, 45 Loiret)
67010 Strasbourg cedex 48-50 boulevard Lafayette 36 rue Xaintrailles
tél. 03 88 14 33 00 - fax 03 88 23 54 13 63058 Clermont-Ferrand cedex 1 45033 Orléans cedex 1
prevention.documentation@cram-alsace-moselle.fr tél. 04 73 42 70 76 - fax 04 73 42 70 15 tél. 02 38 81 50 00 - fax 02 38 79 70 29
preven.cram@wanadoo.fr prev@cram-centre.fr
(57 Moselle)
3 place du Roi-George, BP 31062 BOURGOGNE et FRANCHE-COMTÉ CENTRE-OUEST
57036 Metz cedex 1 (21 Côte-d’Or, 25 Doubs, 39 Jura, 58 Nièvre, (16 Charente, 17 Charente-Maritime,
tél. 03 87 66 86 22 - fax 03 87 55 98 65 70 Haute-Saône, 71 Saône-et-Loire, 89 Yonne, 19 Corrèze, 23 Creuse, 79 Deux-Sèvres,
www.cram-alsace-moselle.fr 90 Territoire de Belfort) 86 Vienne, 87 Haute-Vienne)
ZAE Cap-Nord 4 rue de la Reynie
(68 Haut-Rhin) 38 rue de Cracovie 87048 Limoges cedex
11 avenue De-Lattre-de-Tassigny, BP 70488 21044 Dijon cedex tél. 05 55 45 39 04 - fax 05 55 79 00 64
68018 Colmar cedex tél. 03 80 70 51 22 - fax 03 80 70 51 73 doc.tapr@cram-centreouest.fr
tél. 03 89 21 62 20 - fax 03 89 21 62 21 prevention@cram-bfc.fr
www.cram-alsace-moselle.fr ÎLE-DE-FRANCE
BRETAGNE (75 Paris, 77 Seine-et-Marne, 78 Yvelines,
AQUITAINE (22 Côtes-d’Armor, 29 Finistère, 91 Essonne, 92 Hauts-de-Seine, 93 Seine-
(24 Dordogne, 33 Gironde, 40 Landes, 35 Ille-et-Vilaine, 56 Morbihan) Saint-Denis, 94 Val-de-Marne, 95 Val-d’Oise)
47 Lot-et-Garonne, 64 Pyrénées-Atlantiques) 236 rue de Châteaugiron 17-19 place de l’Argonne
80 avenue de la Jallère 35030 Rennes cedex 75019 Paris
33053 Bordeaux cedex tél. 02 99 26 74 63 - fax 02 99 26 70 48 tél. 01 40 05 32 64 - fax 01 40 05 38 84
tél. 05 56 11 64 36 - fax 05 57 57 70 04 drpcdi@cram-bretagne.fr, www.cram-bretagne.fr prevention.atmp@cramif.cnamts.fr
documentation.prevention@cramaquitaine.fr

Achevé d’imprimer par Corlet, Imprimeur, S.A. - 14110 Condé-sur-Noireau


N° d’Imprimeur : 105159 - Dépôt légal : juin 2007 - Imprimé en France
LANGUEDOC-ROUSSILLON NORMANDIE Services prévention des CGSS
(11 Aude, 30 Gard, 34 Hérault, 48 Lozère, (14 Calvados, 27 Eure, 50 Manche,
66 Pyrénées-Orientales) 61 Orne, 76 Seine-Maritime)
29 cours Gambetta Avenue du Grand-Cours, 2022 X GUADELOUPE
34068 Montpellier cedex 2 76028 Rouen cedex Immeuble CGRR, Rue Paul-Lacavé
tél. 04 67 12 95 5 - fax 04 67 12 95 56 tél. 02 35 03 58 21 - fax 02 35 03 58 29 97110 Pointe-à-Pitre
prevdoc@cram-lr.fr catherine.lefebvre@cram-normandie.fr tél. 05 90 21 46 00 - fax 05 90 21 46 13
dominique.morice@cram-normandie.fr lina.palmont@cgss-guadeloupe.fr
MIDI-PYRÉNÉES
(09 Ariège, 12 Aveyron, 31 Haute-Garonne, PAYS DE LA LOIRE GUYANE
32 Gers, 46 Lot, 65 Hautes-Pyrénées, 81 Tarn, (44 Loire-Atlantique, 49 Maine-et-Loire,
Espace Turenne Radamonthe
82 Tarn-et-Garonne) 53 Mayenne, 72 Sarthe, 85 Vendée)
Route de Raban, BP 7015
2 rue Georges-Vivent 2 place de Bretagne
97307 Cayenne cedex
31065 Toulouse cedex 9 44932 Nantes cedex 9
tél. 05 94 29 83 04 - fax 05 94 29 83 01
tél. 0820 904 231 (0,118 €/min) tél. 0821 100 110 - fax 02 51 82 31 62
fax 05 62 14 88 24 - doc.prev@cram-mp.fr prevention@cram-pl.fr
LA RÉUNION
NORD-EST RHÔNE-ALPES 4 boulevard Doret
(08 Ardennes, 10 Aube, 51 Marne, 52 Haute-Marne, (01 Ain, 07 Ardèche, 26 Drôme, 38 Isère, 42 Loire, 97405 Saint-Denis cedex
54 Meurthe-et-Moselle, 55 Meuse, 88 Vosges) 69 Rhône, 73 Savoie, 74 Haute-Savoie) tél. 02 62 90 47 00 - fax 02 62 90 47 01
81 à 85 rue de Metz 26 rue d’Aubigny prevention@cgss-reunion.fr
54073 Nancy cedex 69436 Lyon cedex 3
tél. 03 83 34 49 02 - fax 03 83 34 48 70 tél. 04 72 91 96 96 - fax 04 72 91 97 09 MARTINIQUE
service.prevention@cram-nordest.fr preventionrp@cramra.fr Quartier Place-d’Armes
97210 Le Lamentin cedex 2
NORD-PICARDIE SUD-EST tél. 05 96 66 51 31 - 05 96 66 51 32
(02 Aisne, 59 Nord, 60 Oise, 62 Pas-de-Calais, (04 Alpes-de-Haute-Provence, 05 Hautes-Alpes, fax 05 96 51 81 54
80 Somme) 06 Alpes-Maritimes, 13 Bouches-du-Rhône, prevention972@cgss-martinique.fr
11 allée Vauban 2A Corse Sud, 2B Haute-Corse, 83 Var, 84 Vaucluse)
59662 Villeneuve-d’Ascq cedex 35 rue George
tél. 03 20 05 60 28 - fax 03 20 05 79 30 13386 Marseille cedex 5
bedprevention@cram-nordpicardie.fr tél. 04 91 85 85 36 - fax 04 91 85 75 66
www.cram-nordpicardie.fr documentation.prevention@cram-sudest.fr
Institut national de recherche et de sécurité
pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles

30, rue Olivier-Noyer 75680 Paris cedex 14 Tél. 01 40 44 30 00
• •
Fax 01 40 44 30 99 Internet : www.inrs.fr e-mail : info@inrs.fr

Édition INRS ED 716


Réimpression juin 2007 • 10 000 ex. • ISBN 978-2-7389-1491-0