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DICTIONNAIRE
UNIVERSEL

DES SCIEIES, DIS LETTRES ET DES ARTS


L’Auteur et les Éditeurs de cet ouvrage se réservent le droit de le faire traduire
dans toutes les langues. Ils poursuivront, en vertu des lois, décrets et traités inter-

nationaux ,
toutes contrefaçons et toutes traductions publiées au mépris de leurs
droits.

Le dépôt légal de cet ouvrage a été fait a Paris dans le cours du mois de no-
vembre 1854, et toutes les formalités prescrites par les traités ont été remplies dans
les divers États avec lesquels la France a conclu des conventions littéraires.

AVIS.

Tout exemplaire de cet ouvrage non revêtu de la griffe de l’Auteur et des Éditeurs
sera réputé contrefait.

Ch, Lahure et 0*®, imprimeurs du Sénat et de la Cour de Cassation,


rue de Yaugirard , 9 ,
près de l’Odéon.
, ,

DICTIONNAIRE
UNIVERSEL

CONTENANT

FOUR X.ES SCIENCES :

Les SciuffcES MÉTAPHTSiQUK^ et MORALES : Religion , Théologie Liturgie Philosophie Psychologie , Logique^ *, — ;

Métaphysique et Morale Education


; ;
— ;
,

Droit et Législation Politique , Administration Economie sociale ÿ ,

II. Les Sciences mathématiques: Mathématiques pures Arithmétique, Algèbre, Géométrie ^


^

-- Mathématiques appliquées, Mécanique


,
Astronomie. Génie, Art militaire Marine ; ,

—> Calcul des probabilités Assurances , Tontines, Loteries


—Géodésie et Arpentage; — ,

Métrologie (Mesures, Poids et Monnaies) etc.


;

, ;

III. Les Sciences physiques et les Sciences naturelles : Physique et Chimie;


— Minéralogie et Géologie Botanique Zoologie ;
;
Anatomie Physiologie
,
— , ;

IV. Les Sciences méuicalbs : Médecine , Chirurgie Pharmacie et Matière médicale ; Art vétérinaire ;
,

V. Les Sciences occultes : Alchimie , Astrologie , Magie , Sorcellerie , etc.;

FOUR LES LETTRES t

I. La Grammaire : Grammaire générale Linguistique Philologie;


La Rhétorique : Genre oratoire, genres didactique, épistolaire etc.;
II.
,

Figures , Tropes
,


III. La Poétique Poésie lyrique épique, dramatique didactique etc.
: Prosodie; ,
,

,
— ;

Les Etudes historiques : Formes diverses de l’histoire , Histoire proprement dite Chroniques, Mémoires, , etc.,

Chronologie Archéologie Paléographie , Numismatique , Blason
,

— Géographie théorique, Ethnographie, Statistique;


, ;

FOUR LES ARTS :

1. Les Beaux-Arts et les Arts d* agrément : Dessin , Peinture Gravure Lithographie , Photographie
—Sculpture et Statuaire —
Architecture —
Musique Danse et Chorégraphie ;
,
;

— ;

Gymnastique Escrime , Équitation Chasse Pêche ;


,
;

,
,

Jeux divers: Jeux d’adresse, Jeux de hasard, Jeux de combinaison ;

II. Les Arts utiles : Àrts agricoles. Agriculture, Sylviculture, Horticulture;


Arts métallurgiques, Extraction et Travail des Métaux et des Minéraux;

Arts industriels , Arts et Métiers , Fabriques et Manufactures Produits chimiques ; ,

— Professions commerciales, Négoce, Banque, Change, etc.;

Avec l’Explication et l’Étymologie de tous les termes techniques,


l’Histoire sommaire des diverses branches des connaissances humaines,
et l’Indication des principaux ouvrages qui s’y rapportent;

RÉDIGÉ ,
AVEC LA COLLABORATION d’AÜTEURS SPÉCIAÜX

PAR M.-N. BOUILLET,


CONSEILLER HONORAIRE DE L’ONIVERSITÉ , INSPECTEUR DE L’ ACADÉMIE DE PARIS,
OFFICIER DE LA LÉGION D’HONNEUR , MEMBRE DE L’ORDRE DE CHARLES III d’ESPAGNE , ETC ;

Auteur du Dictionnaire universel d'Histoire et de Géographie.

QUATRIÈME ÉDITION
REVUE ET CORRIGÉE

PARIS
LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET C'
RUE PIERRE-SARRAZIN, N° 14

( Près de l’École de médecine)

1859
Droit de treduction réservé.
,

PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Il deux sortes de difficultés qui peuvent arrêter celui qui aime à s’instruire
est
et à se rendre compte les unes se rapportent aux personnages dont les noms ont,
;

à quelque titre que ce soit attiré l’attention des hommes aux lieux qui offrent
, ,

quelque importance géographique, historique, administrative ou industrielle; les


autres, aux objets de la nature, aux créations de l’art ou de l’industrie, aux décou-
vertes de la science; en un mot, les unes se rapportent aux noms, les autres aux
choses. S’il est intéressant pour un esprit cultivé de se représenter les hommes qui
ont influé sur le sort de leurs semblables ou contribué à leurs jouissances, les
contrées qui ont été le théâtre de grands événements ou le berceau des per-
sonnages célèbres il est nécessaire pour tous de connaître les êtres qui nous
,

entourent, les forces qui animent la nature et qui agissent incessamment sur nous,
les éléments dont toutes choses sont composées; de se familiariser avec les inven-
tions de tout genre qu’a enfantées le génie de l’homme.
Dans noire Dictionnaire ibniversel d' Histoire et de Géographie, nous nous sommes
efforcé de satisfaire au premier de ces besoins, en levant les difficultés qui nais-
sent des noms propres ; dans le Dictionnaire universel des Sciences, des Lettres et des
Arts, que nous publions aujourd’hui , nous tentons de répondre au second, en
offrant pour l’étude des choses le même genre de secours.
Il existe déjà, il est vrai, un grand nombre d’ouvrages qui paraissent avoir cette

destination : tels sont les Dictionnaires de la langue ou Yocabxdaircs les Encyclo-


pédies de toute espèce. Mais, parmi ces ouvrages, les uns, les Dictionnaires de la
langue, ne peuvent, quelque complète que soit leur nomenclature, offrir que de
pures définitions de mots, sans |vénétrer jusqu’à la nature des choses les autres,
;

les Encyclopédies, allant au delà du but, donnent sur chaque sujet de longues dis-
sertations ou même de véritables traités, plutôt que de simples notices, et attei-
gnent ainsi de vastes proportions qui les mettent hors de la portée de la plupart
des lecteurs. Il fallait un livre qui se plaçât entre ces deux sortes d’ouvrages; qui,
moins superficiel que les premiers, moins développé que les seconds, donnât sur
chaque matière, et de la manière la plus exacte, les notions vraiment indispen-
sables, mais qui, en même temps, les présentât sous la forme la plus succincte et
la plus substantielle; et qui, à la faveur du laconisme de l’expression et d’un
choix sévère dans les détails, pût condenser toutes ces notions en un seul volume,
d’un usage facile pour tous. Il fallait, en un mot, une Encyclopédie pratique, où
trouvassent place tous les sujets sur lesquels il y a quelque chose d’utile ou d’inté-
ressant à dire. Malgré des tentatives dont on ne doit pas méconnaître la valeur,
il nous a semblé qu’un tel livre restait encore à faire . c’est ce livre que nous
avons tenté d’exécuter.
Il était, on le conçoit, impossible à une seule personne de réunir toutes les

connaissances nécessaires pour accomplir uue si vaste entreprise ; aussi avons-


nous dû, pour les parties qui ne pouvaient nous être familières, nous assurer le
concours d’auteurs spéciaux, versés dans chacune d’elles. Nous réservant, avec la
direction générale de tout l’ouvrage, les Sciences métaphysiques et morales, qui ont
été l’objet constant de nos études et que nous avons enseignées pendant vingt
années, ainsi que les Sciences historiques, qui se rattachent étroitement aux travaux
que nous avons précédemment publiés sur l’histoire et la géographie, nous avons
confié les Sciences physiques et mathématiques, avec les Arts industriels, qui en sont
l’application, àM. Ch. Gerliardt, docteur ès sciences, professeur de chimie à la
Faculté des sciences de Strasbourg auteur d’un Précis de Chimie organique qui
,
,

VI

depuis longtemps fait autorité, et d’un Traité de Chimie organique destiné à com-
pléter le grand Traité de Chimie de Berzélius (1); —
les Sciences naturelles, à
M, Ach. Comte, professeur d’histoire naturelle au lycée Charlemagne, aujonrd’luii
directeur de l’Ecole préparatoire à l’enseignement supérieur de Nantes, à qui l’on
doit, entre autres ouvrages écrits pour la jeunesse, le Règne animal de Cuvier dis-
posé en tableaux méthodiques les Cahiers d' Histoire naturelle à V usage des collèges
et un Traité d’ Histoire naturelle; —
les Sciences médicales, à M. le D'' V. Jeannoël,
,

médecin-major dans les hôpitaux militaires et l’un des officiers les plus distin-

gués du Corps de santé. La partie littéraire a été traitée par M. Alphonse Legouëz,
professeur au lycée Bonaparte, auteur de divers ouvrages classiques. La position
qu’occupe chacun de ces collahorateurs, les travaux que plusieurs ont déjà publiés,
la réputation dont ils jouissent, garantissent assez leur parfaite compétence, et
donnent l’assurance que cet ouvrage sera au niveau des connaissances actuelles.
A ces noms, nous devons ajouter ici ceux de plusieurs personnes qui nous ont
aussi prêté leur concours, quoique d’une manière moins assidue. M. Ed. Bonnier,
professeur à la Faculté de droit de Paris, a bien voulu revoir les articles de
Droit les plus importants. M. Val. Parisot professeur de littérature à la Faculté
,

de Douai, nous a donné des articles de littérature et de philologie où l’on retrouve


la solide instruction qu’on lui connaît. M. C.-R. d’Hurbal colonel d’état-major, ,

nous a fourni les documents les plus exacts sur l’Art et l’Administration militaires.
M. le D'' Rigal, médecin du lycée Bonaparte, a coopéré de la manière la plus utile
à la rédaction des articles de Médecine. M. Cap, auteur d’ouvrages couronnés par
diverses sociétés savantes, a traité la Matière médicale. M. Aggiutorib, profe.sseur
de musique, et Lun de nos plus gracieux compositeurs, a revu ce qui se rapporte
à la Musique. M. Jacquet, licencié ès sciences, auteur d’un Cours élémentaire
d' Histoire naturelle, avait préparé nombre d’articles sur les objets de scs études ;
mais une mort aussi cruelle que prématurée nous l’a enlevé avant qu’il eût pu
mettre la dernière main à son travail.
Malgré cette diversité de collaborateurs, que nécessitait la multiplicité des ma-
tières, l’unité de l’ouvrage a été maintenue avec le plus grand soin, et c’est là,
nous ne craignons pas de le dire, un mérite par lequel ce Dictionnaire se distin-
guera de la plupart des autres recueils de ce genre. On y trouvera d’un bout à ,

l’autre, le même esprit, la même marche, le même style.


L’esprit qu’on s’est efforcé d’y faire régner, c’est, avant tout, un respect scru-
puleux pour tout ce qui doit être respecté ainsi, dans les sujets qui intéressent la
:

morale ou la religion, on a écarté tout ce qui aurait pu alarmer la pudeur ou la


foi; bien que cet ouvrage ne soit pas exclusivement destiné à la jeunesse et qu’il
s’adresse à toutes les classes de lecteurs, on a voulu qu’il pût, en toute sécurité,
être mis entre les mains des jeunes gens, auxquels il sera plus parliculièrement
utile. En outre, dans toutes les matières qui sont encore controversées, on s’est
fait un devoir d’observer une stricte impartialité entre les doctrines en lutte, et
de parler avec de justes égards de toutes les opinions sincères dans ces cas, on :

s’est borné à exposer fidèlement l’état de la science, sans faire prévaloir de système.
Dans la rédaction des articles, on a partout suivi une marche uniforme. Immé-
diatement après le nom de la chose, on a donné l’étymologie du mot, quand elle
devait en éclaircir le sens, ou même seulement quand elh; pouvait aider la mé-
moire. Viennent ensuite la définition adoptée par la science, la description,
réduite aux traits essentiels et vraiment caractéristiques, les divisions et les classi-
fications consacrées, les usages et les applications de l’objet décrit ou les inconvé-
nients qu’il peut offrir. Les articles se terminent, quand il y a lieu, par une notice
historique qui fait connaître l’origine et le progrès de chaque science ou de
chaque art, l’époque et l’auteur de chaque découverte. Enfin, on a joint aux ar-
ticles principaux des indications bibliographiques, qui renvoient aux meilleurs
ouvrages publiés sur chaque matière.
Quant au genre de style, il était commandé par la nature même d’un ouvi’age
où il fallait dire le plus de choses avec le moins de mots, et qui aurait pu prendre
( i'Depuis que cos lignes sont ncrilos, nous avons en à déplorer la mon de col excellent collaliurateur, qui, tnen
que jeune ern-.in e, s’étau déjà placé, par ses découvertes et ses tliéories, au premier rang des c..imistes
: c’est une
perte également sensible pour sa famille, pour scs amis et pour la scie.uce.
vil

pour devise Res, non verba. Le style devait donc être laconique, sans cesser d’être
;

clair ;
il en outre, être éminemment exact et expressif. Or, il n’y a que la
devait,
langue scientifique qui remplisse ces conditions aucune périphrase n’eût pu rem-
;

placer, pour la description cl’im minéral, d’un végétal, d’un animal, pour l’analyse
d’un corps, pour la démonstration d’iin théorème, les termes propres et la savante
phraséologie qu’ont adoptés les minéralogistes, les botanistes, les zoologues, les
chimistes, les géomètres ce sont là comme autant de signes algébriques auxquels la
:

science moderne do.it en grande .rtie sa précision , sa rigueur et scs progrès.


'

Le nombre des personnes (|ui ou été initiées par leurs études premières au lan-
gage technique s’accroissant de jour eu jour, nous pouvions sans inconvénient
eiuprunter ce langage; néanmoins, pour venir en aide aux lecteurs auxquels il
est moins familier, nous avons de préférence employé les termes vulgaires toutes
les fois que nous pouvions le faire sans nuire à l’exactitude ; en outre, nous avons
pris soin d’expliquer, à leur ordre alphabétique, tous les termes techniques qui
étaient de nature à offrir quelque obscurité.
Pour-mieux assurer runité et l’harmonie du tout, pour éviter les contradic-
tions, omissions, les répétitions, les doubles emplois, les faux renvois, qui
les
déparent tant d’ouvrages de ce genre, nous nous sommes réservé le soin, non-
seulement de distribuer le travail entre les divers collahoratciu's, mais de coor-
donner et de reviser tous les articles, afin de les mettre en accord et de les
proportionner entre eux. Un jeune et savant professeur, que nous avons déjà
nommé parmi nos collaborateurs principaux, et qui précédemment nous avait
prêté le plus utile concours dans la préparation du Dictionnaire universel cVEisloire
et de Géographie, M. Alphonse Legouëz, nous a, cette fois encore, secondé dans
cette partie si pénible et si délicate de notre fâche avec autant de dévouement
que d’intelligence nous lui en témoignons ici toute notre reconnaissance.
:

Nous osons espérer que, giAce au concours de tant d’efforts, ce livre atteindra
sa destination et qu’il rendra quelques services. Bien que le projet de l’ouvrage
remonte à un grand nombre d’années et que l’exécution en soit commencée depuis
])i’ès de sept ans (1), il est tellement accommodé aux besoins de l’époque qu’il pourra

paraître une œuvre de circonstance*. Ilofli'e, en effet, cette association des Sciences
et des Lettres qui est aujourd’hui reconnue comme la condition indispensable de
toute éducation sérieuse et complète, association cjuc de sages réformes ont récem-
ment consommée dans tous nos grands établissements d’instruction publique (2).
En facilitant au savant et au lettré l’accès d’un nouvel ordre de connaissances, au-
quel chacun d’eux était jusque-là resté trop étranger, il contribuera à faire cesser
ce funeste divorce qui à trop longtemps existé entre les Lettres et les Sciences.
C’est surtout par la partie scientifique que cet ouvrage nous paraît devoir se
recommander. L’impulsion extraordinaire qui a été donnée depuis quelques
années à celte partie des éludes, les grandes découvertes qui ont été faites, les
applications merveilleuses que ces découvertes ont reçues, et qui ont si bien jus-
tifié, même aux yeux du vulgaire, ce mot prophétique de Bacon Savoir, c’est ;

pouvoir (3), ce sont là autant de causes qui ont appelé sur les Sciences l’attention
et la faveur universelles, et qui ont donné au plus grand nombre le désir d’y
être initié. Ce livre aidera à satisfaire un si légitime désir. Rassemblant eu un seul
corps et en un seul volume des notions qui sont éparses dans vingt dictionnaires
différents, ou perdues dans dévastés encyclopédies, les résumant de la manière la
plus brève, la plus simple et la plus exacte, il mettra à la portée de tous des.
connaissances indispensables, qui trop longtemps ont été réservées au plus petit
nombre il donnera immédiatement à riiomme du monde la définition de termes
;

techniques qu’il rencontre à chaque instant dans les livres, dans les journaux,
dans la conversation même, et qui lui offraient autant d’énigmes; la description
de machines et de procédés qu’il a tous les jours sous les yeux sans les compren-

(i) L’auteur avait, dès 1829, signé avec l’éditeur de ce livre un traité pour la rédaction d'un Dictionnaire ency-
clopédique: l’exécution, longtemps retardée par l’acconiplissemcnt de devoirs sacrés et par la rédaoCion d’autres
ouvrages, ii’a pu être effectuée par lui qu’à la suite de la Révolution de, isàS, qui luiavait fait des loi.sirs prématurés.
(2 Voir le décret du lo avril iS52, le Plan d'etudes du 30 août 1852 et les Programmes qui y sont annexé.s.
)

(3) « Scientia et putentia humana in idem coincidunt, » Novum Organum, lib. I, aphor. 3 (vol. Il, page 9 de notre
édition).
VIII

dre; ilrappellera à l’étudiant, peut-être même quelquefois au savant, les élé-


ments propriétés essentielles d’un composé chimique, les caractères distinc-
et les
tifs d’une famille ou d’un genre en botanique, en zoologie; il indiquera à la mère
de famille les symptômes d’un mal naissant et les premiers remèdes à y apporter.
S’il ne satisfait pas complètement à toutes les questions, ce livre pourra du moins,
à la faveur des renseignements bibliographiques qu’il contient, indiquer aux
esprits curieux les sources où ils iront puiser plus abondamment.

Répondant, comme le Dictionnaire universel d'Hisioire et de Géographie, à un


besoin réel, conçu dans le même esprit, exécuté par le même auteur, sur un plan
analogue, dans les mêmes proportions et jusque dans la même forme, le Dictionnaire
universel des Sciences, des Lettres et des Arts est destiné à devenir le compagnon
inséparable de son devancier. Ces deux ouvrages forment, en effet, comme les
deux moitiés d’un même tout ils se complètent nécessairement l’un l’autre. Il y
:

a môme entre eux, malgré la différence essentielle des deux sphères de l’Histoire et
de la Science, des points de contact qui nous ont plus d’une fois obligé de ren-
voyer de l’im à l’autre c’est ce qui a eu lieu surtout pour la législation, pour les
:

institutions publiques, pour les titres de dignités et de fonctions, toutes matières


qui appartiennent également à la science politique et à l’histoire des peuples.
Le bienveillant accueil fait par le public au Dictionnaire universel d’Histoire et
de Géographie est ce qui nous a enhardi à entreprendre une œuvre devant l’exé-
cution de laquelle nous avions longtemps reculé. Nous avons apporté dans la
rédaction du Dictionnaire universel des Sciences, des Lettres et des Arts le môme
zèle, les mêmes soins, avec une expérience plus grande. Puisse le nouveau venu
obtenir un peu de cette faveur qui a été prodiguée à son aîné!
Paris, le 15 novembre 1854.

AVIS SUR LA QUATRIÈME ÉOITIOIV.

Quatre ans à peine se sont écoulés depuis que le Dictionnaire universel des Sciences, des Lettres et
des Arts a paru, et déjà il est devenu nécessaire d’en donner une quatrième édition.
Nous ne pouvions mieux reconnaître un accueil si empressé qu’en faisant tous nos efforts pour perfec-
tionner notre œuvre. Nous l’avons revisée avec le plus grand soin, et cette nouvelle édition, nous osons
l’espérer, offrira de notables améliorations : quelques fautes, qui étaient inévitables dans un premier tra-
vail, ont été corrigées; plusieurs lacunes ont ôté comblées; les travaux nouveaux ont été mentionnés, les
découvertes récentes ont trouvé place.
Toutefois, nous sommes loin de croire qu’il ne reste rien à faire, et, pour mieux assurer le perfection-
nement progressif de cet ouvrage, nous appelons de nouveaule concours bienveillant de nos lecteurs. Nous
recevrons avec reconnaissance les communications qui auraient pour objet de nous signaler les amélio-
rations qu’il y aurait lieu d’y introduire. Déjà il nous a été adressé plusieurs indications de ce genre
que nous nous sommes empressé de mettre à profit. Nous sommes heureux de pouvoir exprimer ici toute
notre gratitude aux personnes à qui nous les devons.

Paris, le l<"' janvier 1859.


, , , , ,

DICTIONNAIRE
UNIVERSEL

DES SCIENCES, DES LETTRES ET DES ARTS.


^ss»-

ABAQ ABBA
A,voyelle et première lettre de l'alphabet dans ABATELLEMENT ,
terme de Jurisprudence em-
presque toutes les langues connues (elle est la 13« ployé dans les Échelles du Levant pour exprimer la

dans l’éthiopien et la 10® dans le runique). Dans la sentence par laquelle le consul de France interdit tout
composition des mots, l’a placé en tète d’un mot est commerce avec les négociants qui auraient résilié
ordinairement privatif dans les langues sanscrite leur marché ou n’auraient pas payé leurs dettes.
grecque , latine, et dans leurs dérivés : athée, sans ABATTÉE , mouvement en vertu duquel un bâ-

Dieu; amens, sans raison, insensé. Dans les. nom- timent qui n’est animé d’aucune vitesse tourne au-
bres, et' valait 1 chez les Grecs, ,a. 1,000; chez les tour de son axe vertical : ainsi , l’abattée a lieu
Romains, A valait 500 (avant l’emploi du D pour cet lors de l’appareillage, ou quand le navire est en
usage ) ; Â 5,000. —
Dans le calendrier romain , A panne ou à la cape, etc. — Abattée se dit aussi de
était lapremière des lettres nundinales; il est en- l’espace entier parcouru pendant le mouvement.
core dans notre calendrier la première des lettres ABATTOIR, établissement dans lequel les bou-
dominicales. —
En Logique, A indique la proposition chers sont tenus de venir abattre et préparer les ani-
universelle affirmative Asserit A, negat E, verum
: maux destinés à la consommation. On y trouve réunis,
generaliter ambo. —
En Musique , a désigne le la. outre les cases destinées à l’abattage , u:: abreuvoir,
— Dans les abréviations, A se met, chez les anciens, une cour dallée, dite voirie, oii l’on jette les matières
pour Aulus , Augustus annus etc.; chez les mo- tirées de l’estomac et des intestins, des fonderies de
dernes, pour^teMe, etc,
,


Dans les formules mé- suif, des échaudoirs où sont lavées à l’eau chaude
dicales , â ou aa veut dire ; égale quantité de chaque et préparées les issues des animaux destinées aux
substance. —
Sur nos monnaies, A indique la fabri- tripiers. Ces établissements, de création toute ré-
que de Paris. —
Dans les formules chimiques, Ag, cente, ont fait disparaître ces tueries infectes qui
veut dire argent; A/, alumine; As, arsenic; Au, compromettaient la santé des grandes villes. Les
or ; Az, azote. abattoirs de Paris peuvent servir de modèles. Ils
ABAISSEMENT des équations. Voy. équation. sont au nombre de 5, placés aux extrémités des
ABAISSEURS (muscles). Voy. muscles. faubourgs les plus populeux ( faubourgs St-Honor^
ABAJOUES (pour au bas des joues), poches in- Montmartre, Ménilmontant, plaine d’Ivry, Grenelle).
térieures situées aux deux côtés de la bouche chez les Décrétés dès 1810, ces abattoirs n’ont été achevés qu’en
singes de l’ancien continent, les rongeurs diplos- 1818., On en trouve la description et l’historique dans
tomes et les chauves-souris nyctères, leur servent les Études relatives à l’art des constructions de
comme de garde-manger pour conserver les ali- M. Bruyère, Paris, 1823. — On a, en outre, depuis
ments elles sont formées par la distension des
: peu d’années , établi près Paris un abattoir de che-
muscles de la joue. vaux, qui n’a pas rendu moins de services que les
ABANDON DE BIENS. Foy. cession de biens. abattoirs de boucherie, en remplaçant les équar-
ABAQUE ( du grec abax ) , espèce de buffet ou de rissages qui ensanglantaient et infectaient la capi-
comptoir que les anciens employaient à différents tale , et eu fournissant à l’industrie les moyens d’u-
usages. Le plus souvent ce mot désignait une table tiliser des débris qui jusque-là étaient perdus pour
couverte de poussière ou de sable fin sùr laquelle les la plupart : cet abattoir est situé à Aubervilliers
anciens faisaient leurs calculs ou traçaient des fi- dans la plaine des Vertus.
gures de géométrie. Uabaque de Pythagore était ABBAYE, monastère d’un ordre particulier, di-
notre table de multiplication. On a depuis étendu le rigé par un abbé ou une abbesse; bâtiments du
nom d'abaque à des tableaux propres à faciliter las monastère. — On distingue abbaye en règle ou ré-
calculs. On doit à M. Léon Lalanne un Abaque ou gulière qui he peut avoir pour chef qu’un reli-
Compteur universel donnant à vue, au moyen de gieux, et abbaye en commande, qui peut avoir pour
lignes droites tracées dans différents sens, les ré- abbé un séculier ( Voy. abbé au Dict. univ. d’Hist.
sultats de tous les calculs d’arithmétique, de géo- et de Géogr.). — Les monastères de Bénédictins, Ber-
métrie , de mécanique pratique, etc. (Paris, 1845 et nardins, Prémontrés, Trappistes, avaient rang d’aô-
1851), Voy. ARITHMOMÈTRE , HACU1NE ARITHMÉTIQUE. baye; la plupart possédaient de grands biens. On
En Architecture, on nomme abaque la tablette connaît surtout l’abbaye du Mont-Cassin en Italie ;
formant la partie supérieure du chapiteau des colon- celles de Cluny, Citeaux, Clairvaux, la Trappe, eu
nes , sur laquelle porte l’architrave ; on la nomme France; de Fulde,Corvey, en Allemagne; deSt-Gall,
aussi tailloir. en Suisse ; de Westminster, en Angleterre , etc. Les
1
, ,

AljEl ABEU
abbayes furent supprimées en France eu 17 90 et leurs tres. On distingue plusieurs espèces d’abeilles: les unes
biens réunis au domaine. Cependant il en a été 4epuis vivent en société vivent solitaires. Parmi
les autres
,
rétabli quelques-unes (Trappistes, Bénédictins, etc.). les abeilles sociales, on appelle villageoises celles
ABCES (du latin abscessus , séparation) , amas de qui vivent hors de la dépendance de l’homme, et
us formé dans une cavité accidentelle ou naturelle. dowesUçues celles qu’on soigne pour avoir du miel:
es Grecs le nommaient aposfèwie. Un abcès est tou- celles-ci ont peur type VJ commune. Apis melliflca.
.
_

jours la conséquence d’une inflammation. On dis- L’Abeille commune a le corps brun et velu.
tingue : abcès chaud ou aigu, quand l’inflamma- Son abdomen est composé de six anneaux dont le
tion a marché avec rapidité et que la tumeur est dernier cache un aiguillon piquant et barbé. Sa
rouge et douloureuse; abcès froid ou chronique, bouche est munie d’une trompe qui se cache, dans
quand la marche de l’inflammation a été lente et peu le repos , sous la tête et le thorax , et qui lui sert à
apppente , et que la tumeur est molle et indolente ;
sucer les fleurs. Ses pattes sont velues et garnies de
ahcès par congestion ou symptomatique, quand petites brosses qui lui servent à retenir le pollen
l’amas de pus dans une pariie est le résultat d’une des" fleurs et à en fabriquer la cire. Les abeilles vi-
inflammation dont le siège est dans une région vent en société dans des ruches, sous un gouverne-
éloignée. On reconnaît que l’abcès est mûr quand ment qui présente l’image d’une monarchie. Ces
on sent sous le doigt une sorte de fluctuation. Le réunions, dites essaims, qui sont ordinairement de
traitement des abcès, quand ils ne crèvent pas na- 30 à 40,000 abeilles, se composent : 1® d’ouvrières ou
turellement, ou quand ils ne se dissipent pas par atieilles travailleuses, qui sont neutres, c’est-à-dire
résorption , consiste à donner une issue à la matière sans sexe; 2® d'abeilles mâles, dites faux -bour-
purulente. On y réussit tantôt au moyen de simples dons j et 3® d’une femelle qui exerce l’autorité sur
applications émollientes ou maturatives , tantôt en téus, et qu’on nomme reine ou mère-abeille. —
les ouvrant avec le bistouri, ou en faisant la ponction, Les ouvrières sont les plus petites : les unes recueil-
tantôt en les brûlant avec un caustique ou même lent dans le calice des fleurs les matériaux dont
avec le feu. elles forment la cire et le miel , construisent avec la
ABDICATION, acte par lequel le chef d’un État cire des cellules régulières ou alvéoles, destinées à
se dépouille de la puissance suprême (pour les ab- recevoir le miel et à loger les œufs ; les autres nour-
dications les plus célèbres, Voy. le Bict. univ. d’Hist. rissent les larves issues de ces œufs, et qu’on appelle
et deGeogr^. —
On donnait aussi ce nom, chez les le couvain. —
Los bourdons, au nombre de 1,000
anciens, à un
acte par lequel un père désavouait son environ par essaim, sont plus grands que les ou-
fils comme indigne et l’excluait de sa famille : cet vrières , mais n’ont point d’aiguillon. Destinés à fé-
,
acte entraînait l’exhérédation. conder la femelle , ils sont tués par les ouvrières dès
ABDOMEN (du latin abdo, cacher, envelopper). que les œufs sont pondus et que leur rôle est, par
C’est la partie du corps faisant suite au thorax, et conséquent, achevé. —
La reine est l’àme de l’es-
destinée à contenir, en général la dernière portion
,
saim. Il ne peut y en avoir deux dans la même
des organes digestifs et l’appareil de la génération. ruche ; s’il en naît plusieurs , ou elles vont former
Cette partie, dans l’iiomme et les animaux verté- de nouveaux essaims, ou elles sont mises à mort par
brés , constitue le ventre, grande cavité qui s’étend celle qui est éclose la première. La reine est plus
entre le diaphragme, le bassin et les vertèbres lom- grande que les autres abeilles ; destinée à propager
baires, et qui contient les principaux viscères. L’ab- l’espèce, elle a été, à cet effet, douée d’une prodi-
iomen est doublé intérieurement d’une membrane gieuse fécondité ; elle pond des milliers d’œufs et eu
unie et mince, appelée péritoine, qui enveloppe tous dépose un dans chaque cellule ; il en sort un petit
les viscères contenus dans cette cavité. On y dis- ver blanc ou larve qui se transforme bientôt en
tingue trois régions : la région épigastrique qui chrysalide , puis en abeiUe. Les larves sont nourries
comprend, en avant, l’épigastre ou creux de l’es- et soignées par les ouvrières ( Voy. essaim , ru-
tomac, et, sur les côtés, les hypocondres la région
;
che, miel). —
La piqûre des abeilles est fort dou-
ombilicale, qui comprend l’ombilic et les flancs; loureuse; on calme la souffrance qu’elle cause en
la région hypogastrique^qm comprend l’hypogastre extrayant le dard s’il est resté dans la plaie , et en
et les fosses iliaques. —
Dans les poissons et les rep- faisant des onctions huileuses ou simplement des lo-
tiles, qui n’ont point de diaphragme, l’abdomen tions avec de l’eau fraîche légèrement acidulée.
se
cpnfond avec le thorax. Dans les Crustacés, il forme L’homme a su do temps immémorial exploiter
ce que l’on appelle improprement la queue de ces les abeilles la fable attribue l’invention do cet ai t
;
animaux. Dans les insqctes, il est formé d’anneaux au berger Ai’istée ,
fils d’Apollon et de la nymphe
rétractiles plus ou moins solides, et est souvent très- Cyrène. Les anciens célèbrent les abeilles du mont
allongé. Enfin , il est nul ou peu distinct dans les Ida, qui nourrirent Jupiter; celles de l’IIymette et
animaux des dernières classes. de l’Hybla, qui fournissaient le meilleur miel. En
ABDOMINAUX (poissons). Cuvier nomme ainsi France, on élève surtout les abeilles dans les an-
un ordre de poissons malacoptérygiens qui ont les ciennes provinces du Languedoc, du Dauphiné, de
nageoires ventrales suspendues sous V abdomen en la Bretagne, dans le Gàtinais et aux environs de
arrière des pectorales. Cet ordre, qui comprend la Paris. —Les mœurs des abeilles, poétiquement dé-
jdupart des poissons d’eau douce embrasse cinq fa- crites par Virgile (Géorg., IV) et par Vanière (Âpes),
,

milles Cyprinoïdes, Esoces, Süurdides, Salmones,


: ont été philosophiquement observées par Réaumur
Clupes. Schirach, Bonnet et Huber,de Genève. V. apiculture
ABDUCTEURS (muscles). Voy. muscles. L’abeille est l’emblème de l’ordre et du travail; à
ABÉCÉDAIRE, livre dans lequel ou apprend à ce titre, elle figure dans les arnioiries et les devises
lire. Voy. lecture (Méthodes de). aussi bien que dans les descriptions des poètes. —
ABEILLE ou mouche a miel, Apw, genre d’insectes On croit que les abeilles étaient le symbole de la tribu
Hyménoptères, de la famille des Mellifères, section des Francs ; on eu a trouvé dans le tombeau de Cliil •
des Apiaires , est ainsi caractérisé : antennes ordi- déric. Le manteau impérial et les armoiries de Na-
dinaireraent brisées, filiformes, composées de douze poléon étaient parsemés d’abeilles d’or. —
Le pape
ou treize articulations ; mâchoire et lèvre inférieure Urbain VllI portait des abeilles dans ses armes.
fléchies en dessous, longues et étroites; palpes maxil- ABERRATION de la lumière. On nomme ainsi
laires très-petites ; labiaux en forme de soies corps
;
une déviation apparente ou réelle des rayons lumi-
court, plus ou moins velu; premier article des tarses neux, soit que ces rayons nous viennent des astres, soit
fort grand ; un aiguillon caché à l’extrémité de qu’ils traversent les lentilles. L’aberration des astres
l’abdomen dans les femelles et les ouvrières ou neu- D’est qu’appareate. Elle est due h la combinaison du
, , , , ,

AELE 3 — ABOU
mouvement rectiligne do la lumière avecle mouvement meau dans les petites bulles de verre qui forment la
de la terre dans son orbite. Son effet est de faire dé- corps de la perle fausse, et que l’on remplit ensuite
crire aux astres dans l'espace d'une année une ellipse de cire pour leur donner plus de solidité. C’est un
dont le petit axe varie pour chaque étoile , mais dont nommé Jauuin, marchand de chapelets à Paris, qui
le demi-grand axe a pour valeur constante 20”, 25. a inventé cette fabrication.
— En Optique, on nomme aberration de sphéricité ABLÉGAT (du latin legatus, envoyé, ab hors
l'étendue plus ou moins grande dans laquelle se réu- de), vicaire d'un légat, h’ablégat est un commis-
nissent les rayons lumineux partant d’un même saire spécial chargé par la cour de Rome de porter
point , après avoir traversé une lentille. Cette dévia- à un cardinal nouvellement nommé la barrette et la
tion , due à la sphéricité même de la lentille , rend calotte rouges. Ses fonctions cessent dès que le car-
l’image confuse. On y obvie , en partie , en ne lais- dinal a reçu les insignes de sa dignité.
sant pénétrer dans le verre , au moyen d’un écran ABLET, ABLETTE. Voy. ABLE.
que les rayonsvoisins de l’axe. — Enfin, l’on nomme ABLUTION, pratique commandée par quelques
le phénomène de dispersion qui accompagne ces religions , et qui consiste à se laver à des heures dé-
mêmes rayons, abei'ration de rép'angibilité, à cause terminées. Les croyants espèrent purifier l’âme en
de leur réfrangibilité inégale. Cet effet donne lieu lavant le corps. Les ablutions étaient prescrites chez
aux teintes irisées que l’on observe sur les bords de les Juifs, les Grecs, les Romains; de nos jours, les
l’image, et que l’on peut faire disparaitre presque Indiens, les Slahométans surtout, font encore de
complètement. Yoy. achromatisme. fréquentes ablutions : les Turcs ne prient jamais
ABIÉTIISEëS {A'abies, sapin), tribu de la fa- sans avoir fait la grande ou la petite ablution. La
mille des Conifères , établie par L. Richard ; arbres grande ablution , c’est lo bain ou la purification du
gigantesques, remarquables par leur forme conique, corps entier ; elle se nomme ghoust; la petite ablu-
leurs feuilles aciculées qui leur ont fait donner le tion, qui se nomme abdest, se fait à la fontaine, et
nom A'arbres à aiguilles par l’abondance de leur consiste à laver les cinq sens. Ils ont une troisième
poUen qui forme les pluies de soufre, par la forme sorte A'ablution appelée sablonneuse ou teiTeuse :
conique de leur fruit appelé de là cône ou strobile, et elle a lieu quand il n’y a point d’eau ou qu’un ma-
enfin par les écailles doubles de leurs chatons femelles lade ne peut souffrir l’eau sans danger de mort. —
et la position réfléchie des deux ovules nus que cha- Chez les Catholiques, Vablution est une des céré-
que écaille supérieure porte à sa base. Voy. pin, monies de la messe : eUe consista en ce qu’après la
SAPIN, CÈDRE, MÉLÈZE, etc. communion, le prêtre se fait verser entre les doigts
AR1GEAT (ô'abigere, emmener, détourner). On un peu de vin et d’eau qui retombe dans le calice et
appelait ainsi chez les Romains le vol de bestiaux qu’il boit ensuite, en prononçant ces mots ; Corpus
dans les pâturages. Le mot n’a pas été maintenu tuum, Domine, quoa sumpsi etc.
dans notre droit français , mais le fait est prévu : ABOLITION (LETTRES ü’), lettres par lesquelles un
l’art. 388 du Code pénal punit d’un emprisonne- souverain , usant de son autorité, absolvait un cou-
ment d’un an au moins et de cinq ans au plus celui pable d’un crime qui eût été irrémissible selon les
qui a volé ou tenté de voler dans les champs des che- règles ordinaires de la justice. L’effet des lettres d’a-
vaux ou bêtes de charge, de gros et de menus bestiaux. bolition n’était que de remettre la peine due au crime
AB INTESTAT (pour ab intestaio, provenant d’un sans préjudicier jamais à l’intérêt civil des parties
homme qui n’a pas testé) , se dit de la succession offensées. — On nommait lettres d’abolition géné-
qui s’ouvre sans que le défunt ait fait de testament, rale celles que le roi accordait quelquefois à une
et de l’héritier même qui recueille cette succession. province, à une ville, pour crime contre l’autorité
Dans ce cas, qui est le plus fréquent, la succession royale. En 1649 le roi donna une déclaration por-
est réglée par la loi. Voy. succession. tant abolition de tout ce qui s’était passé dans la
ABJURATION , acte public et solennel par lequel ville d’Aix depuis le lundi gras de l’année 1648 jus-
on renonce à une religion fausse, à une hérésie, qu’au 20 janvier suivant. En 1660, des lettres d’abo-
à un schisme, pour embrasser la religion chi-étienne, lition furent accordées en faveur de Louis de Bour-
spécialement la religion catholique, ou pour rentrer bon , prince de Condé , et de ceux qui avaient suivi
dans le sein de l’Église. L’histoire en offre des exem- sofl parti. En 1670, les duels , les assassinats prémé-
ples célèbres : on connaît surtout les abjurations dités et le rapt par violence , furent exceptés du bé-
de Henri IV montant sur le trône, 1593 de la reine néfice de l’abolition.
;
Christine de Suède, 1655; de Turenue, 1668; ABOLITIONISTE, partisan de l’abolition de l’es-
d’Auguste 11, électeur de Saxe, puis roi de Pologne, clavage. L’abolitionisme, né en Angleterre, où il eut
1706. On a aussi remarqué dans ces derniers temps pour apôtres, au xvii® siècle \V. Penn, et au xviii'
celles de Zacharie Werner, du comte de Stolberg,
de Wilberforce , a fini par triompher presque partout;
Frédéric Schlegel, de Louis de Haller, tous quatre il n’a plus guère d’adversaires qu’aux États-Unis
littérateurs célèbres en Allemagnej celle du duc et dans les États du Midi, dont la prospérité semble
de
la duchesse d’Anhalt-Cœthen, etc. Voy. apostasie. liée à la conservation de l’esclavage ; aussi, toute la
ABLATIF. Voy. cas. population y est divisée en abolitionistes et anti-
AELE {ô’albùs, blanc, par transposition de let- abolitionistes.
tres) , Leuciscus, vulg. Poisson blanc, espèce du
genre ABORDAGE, se dit soit du choc accidentel de
Cyprin, renferme despoissons blancs d’eaudouce,dont deux bâtiments, soit de l’action d’aborder un vais-
le plus connu est V Ablette ooAblet, petit poisson
dont seau pour s’en emparer. Dans les combats de mer,
i organisation se rapproche
de celle du genre Carpe : pour exécuter l’abordage, il faut d’abord accrocher
corps aplati, argenté; tête pointue; mâchoire infé-
le vaisseau ennemi : ce qui se fait en jetant dessu.;
rieure un peu jplus longue que l’autre. 11 ne dépasse
de forts crochets en fer attachés à des chaînes ei
guère 7 centimètres. 11 est commun dans la Seine on dits grappins; puis les assaillants se précipitent ar-
;
le pêche pouren retirer une substance nacrée
nommée més de sabres, de pistolets et de haches. Les com-
essence d’Orient, dont ou se sert pour la fabrica-
bats à l’abordage conviennent surtout aux peuples
ti(m des fausses perles. — Pour préparer l’essence d’une valeur brillante; c’est à ce genre de combat
d Orient, on écaille d’abord les ablettes; on lave que les anciens Romains durent leurs victoires sui-
ensuite les écailles, on les broie dans l’eau,
puis tes Carthaginois , et la marine française une grande
on laisse reposer la matière, qui se rassemble au
partie de ses succès ; on cite les combats à l’abor-
fond sous forme d’une huile épaisse de la couleur
dage de la frégate la Belle-Poule dans la guerre
des perles. Il suffit ensuite de décanter et d’intro-
de l’indépendauce américaine, et de la corvette la
duire une goutte de cette liqueur avec un chalu- Bayonnaise couin la frégate anglaise l’Embuscade.
, , . , , ,,,

ABRO —4— ABSO


ABOYEUR, oiseau de l’ordre des Échassiers, est petits arbrisseaux élégants, aux feuilles larges et an-
une espèce du genre Cheyalier; il est à peu près de guleuses, aux fleurs pourpres, réunies en bouqviets.
la grosseur d’un pigeon et son cri a quelque rap- Le fruit est sec, insipide, impropre à l’alimentation.
port avec l’aboiement du chien. L’aboyeur habite les L’abrome est originaire de Tlnde, et réussit dans
marécages des côtes de l’Europe : c’est le Chevalier nos jardins; mais elle craint le froid.
aux pieds verts de plusieurs auteurs. ABROTANE ou abrotone. Voy. aurone.
Â6RANCHES (c.-à-d. sans branchies) une des ABRUS (du grec aôros, élégant), plante légumi-
trois grandes divisions établies par Cuvier dans l’or- neuse-papilionacée, originaire de l’Inde, puis trans-
dre des Annélides ou vers à sang rouge. Ce groupe portée en Amérique et en Afrique. Son fruit ren-
renferme les Lombrics ou Vers de terre, les Nais, les fèrme des gradues rouges avec un point noir, dont
Sangsues, et les Gordius. les Américaines se plaisent à faire des colliers et des
ABRÉGÉ. Voy. compendium et épitomé. chapelets; sa racine et ses feuilles sont sucrées, et
ABRÉVIATION (de brevis, court). Les abrévia- s’emploient au même usage que la réglisse.
tions sont de différentes sortes : 1° de pures initiales, ABSCISSE (du latin abscissus, coupé, divisé).
comme M. pour Monsieur, S. M- pour Sa Majesté; Voy. COORDONNÉES.
N, pour nord , S. pour sud , etc. ; on les trouvera ABSENCE, ABSENT (d'abs, hors de, ens, étant).
aux articles consacrés à chaque lettre de l’alphabet ; On appelle ainsi, en Droit, l’état d’une personne qui
2® des combinaisons de lettres unies entre elles par a disparu de son domicile et dont on n’a point reçu de
des ligatures ( Voy. ligatures , sigles , mono- nouvelles depuis assez longtemps pour que son exis-
grammes ) , comme dans les anciens manuscrits ; tence soit devenue incertaine. Selon la loi française,
3“ des signes purement conventionnels comme ceux l’absence est d’abord présumée, quand l’état de
qu’emploient les mathématiciens (Voy. signes), les disparition sans nouvelles s’est maintenu pendant
astronomes, les médecins, les chimistes, etc. (Foy. as- un certain temps; après quatre ans, l’absence est
tronomie, médecine, chimie, etc.). — Les abrévia- constatée par une enquête; un an après, elle est
tions étaient employées dès les temps les plus an- déclarée puis les héritiers présomptifs de l’absent
ciens : on en attribue l’invention aux Égyptiens , à se font envoyer , moyennant caution , en possession
qui les Grecs les empruntèrent; elles furent perfec- provisoire de ses biens. Après trente ans , les cau-
tionnées par Tiron, affranchi de Cicéron, de qui tions sont déchargées , et la possession devient défi-
elles prirent le nom de notes tironiennes. Déjà très- nitive. Si l’absent reparaît après l’absence déclarée
communes dans les manuscrits du vi‘ siècle, les il recouvre ses biens ; mais il laisse une portion des
abréviations le furent davantage au viii®, encore revenus plus ou moins forte , selon la longueur de
plus au IX® ; elles se multiplièrent à l’infini du x® au l’absence. S’il revient après l’envoi en possession dé-
XV® siècle. L’écriture en fut farcie, même dans les finitive, il reprend sa fortune dans l’état où elle
ouvrages en langue vulgaire, et dans les premiers se trouve, sans avoir droit à répéter les revenus.
livres imprimés. Philippe le Bel fut obligé, en 1304, Tout ce qui concerne l’absence a été réglé par le
de rendre une ordonnance pour bannir des minutes Code civil (liv. I ,
titre iv, et liv. 111, titre i, ch. 6).
des notaires, et surtout des actes juridiques , toutes ABSIDE ou APSIDE (du grec absis, arceau de
les abréviations qui exposaient les actes à être fal- voûte). En Architecture, ce mot signifie un arc ou
sifiés ou mal entendus : celte défense a été renou- une voûte en forme de croix d’une église ou d’une
velée par l’article 42 du Code civil. — L’étude des chapelle ; mais on ne sait pas bien si c’était le ves-
abréviations employées dans les anciens manuscrits tibule d’une église, ou l’ambon ou le jubé que l’on
est devenue une science : c’est une partie importante désignait sous ce nom dans les premiers temps. —
de la paléographie. On peut consulter sur ce sujet En Astronomie, on nomme absides les extrémités
les traités de paléographie de Montfaucon, de Kopp ; du grand axe de l’orbite d’une planète; en d’autres
le Nouveau traité de diplomatime des Bénédictins ; termes , les deux points où cette planète se trouve
le Lexicon diplomaticum de Walter, V Archéologie soit à sa plus grande, soit à sa plus petite distance
deVermigliosi (12” leçon); les recherches de Lacurne de la terre ou du soleil. La ligne qui joint ces deux
de Ste-Palaye sur les Antiquités françaises; les Élé- points est la ligne des absides. Le point où la pla-
ments de paléographie de Natalis de Wailly (t. I) . nète est à la plus grande distance du soleil est l’a-
ABRICOTIER, Prunus armeniaca de Linné, phélie ; celui où il en est le plus rapproché est le
arbre fruitier du genre prunier, de la famille des périhélie. Si c’est par rapport à la terre que la di-
Rosacées tribu des Amygdalées , parait être origi-
. stance est appréciée, on dit apogée et périgée.
naire d’Arménie. La fleur, d’un blanc d’albâtre, ABSINTHÉ (en grec absinùiion, qu’on dérive de
s’ouvre des premières au printemps. Tout le monde a privatif, et psinthos, plaisir) nom qui a été donné,
,

connaît son fruit parfumé : c’est un des plus agréables à cause de leur amertume , à deux espèces du genre
qu’on serve sur nos tables; on en fait des confitures, Armoise, de la famille des Composées, tribu des
des compotes , des pâtes ; on en extrait de l’eau de Corymbifères. Ces deux espèces sont la grande ab-
noyau , etc. L’abricotier réussit dans les terres qui sinthe (Artemisia absinthium) et la petite absinthe
ne sont ni trop fortes ni trop légères ; il vient en (Artemisia pontica] La première est une plante vi-
espalier ou en plein vent. Ses variétés les plus ré- vace , haute de près d’un mètre , et que l’on emploie
pandues sont ; VA. pèche ou de Nancy , VA. ave- en médecine comme tonique et vermifuge. On en
line ou de Hollande, VA. angoumois, VA. alberge. fait le vin d’absinthe connu des anciens. La tein-
On multiplie l’abricotier soit en semant les noyaux, ture alcoolique constitue Vabsinthe suisse de nos
soit en le greffant sur prunier ou amandier. L’a- tables. Le wermout n’est autre chose qu’une in-
mande du noyau de l’abricotier est amère et con- fusion d’absinthe dans du vin blanc. En chimie, on
tient un peu d’aeide cyanhydrique. Le bois laisse a nommé longtemps sel d’absinthe le sous-carbo-
parfois exsuder une gomme qui a beaucoup de rap- nate de potasse, parce que autrefois l’on préparait
port avec la gomme du Sénégal. — Le mot abricot ce sel par l’incinération et la lixiviation de la plante.
est une corruption de l’italien albicocca, dont l’éty- ABSOLU (d'absolvere délier) , se dit, en Méta-
mologie est incertaine; les uns le dérivent d’npncu;, physique, de ce qui ne suppose rien au-dessus de
exposé au soleil , les autres de prœcoquus à cause soi; de ce qui ne dépend d’aucune condition. On
de la précocité de ses feuilles; Gébelin le tire d’a- l’oppose au relatif, au conditionnel. Les vérités ab-
vercoccus, fruit à coquille qui naît au printemps; solues sont les vérités nécessaires et universelles
M. Caussin de PercevaJ dérive ce nom de l’arabe. comme les axiomes mathématiques, métaphysi-
ÂBROME (du grec a privatif, et broma, nourri- ques , etc. — Les métaphysiciens modernes, surtout
ture), genre de la famille des Malvacées, renferme de en Allemagne, ont consumé beaucoup d’efforts à la
, , ,

ABST O ABUS
recherche de l’absolu , c’est-à-dire d’une vérité pre- remplace au^Durd’hui parles détersifs nettoient
mière et incontestable qui servît de base à la science, les surfaces sans les irriter.
ou d’un être indépendant de qui tout dérivât : un ABSTINENCE (de tenere ah, tenir loin de). L’abs-
tel être ne peut évidemment être que Dieu. tinence, ou la privation de certains aliments, de cer-
ABSOLUTION [à'absolvere , délier). En Droit cri- tains pleûsirs, est prescrite tantôt par la médecine
minel, c’est, non pas l’acquittement d’un accusé, comme moyen d’hygiène ou de guérison, et elle
mais le jugement qui renvoie de l’ao<’usation un ac- prend alors le nom de diète ou régime; tantôt par
cusé même coupable , mais dont le crime ou le délit le moraliste comme moyen de combattre les désirs
n’est atteint par aucune loi. Cette distinction résulte grossiers , et de mieux assurer l’empire de Tâme sur
des articles 358, 364 et 366 du Code d’instruction le corps (en ce sens , elle a été surtout recommandée
criminelle. — En Théologie , c’est Tacte par lequel par les Pythagoriciens, qui défendaient l’usage des
le prêtre remet les péchés après la confession , en viandes par les Stoïciens, notamment par Epictète,
;

prononçant les paroles sacramentelles. Le droit de qui réduisait toute la morale à ces deux préceptes :
remettre les péchés est fondé sur ces paroles du Abstine , Sustine) ; tantôt par les religions , comme
Sauveur : « Ceux à qui vous aurez remis les péchés, moyen de mortification et de pénitence. Cette pra-
leurs péchés leur seront remis. » (S. Jean, xx, vs. tique, adoptée dans l’Inde et chez la plupart des
23.) «Tout ce que vous lierez ou délierez sur la terre, peuples orientaux, a passé du mosaisme au christia-
sera lié ou délié dans le ciel. » (S. Matthieu, xvi, 19.) nisme ; l’abstinence est prescrite par S. Paul ;
ABSORBANTS [à’absorbere, boire) En Chirurgie, Ep. aux Rom., xiv, 21.
. On distingue l'absti-
on donne ce nom à des substances spongieuses, prq^ nence proprement dite du jeûne : l’abstinence pro-
près à s’imbiber des liquides épanchés, comme la char-‘ prement dite consiste seulement à se priver d’aliments
pie, l’agaric, l’amadou, etc. — En Médecine, ce sont gras à certains jours, par exemple, dans le culte
des médicaments propres à absorber les acides qui se catholique, les vendredis et samedis , et la veille des
développent quelquefois dans les voies digestives : fêtes solennelles. — h' abstinence prolongée, ou la
tels sont le carbonate de chaux, la magnésie, etc. — privation complète d’aliments , donne lieu d’abord à
En Physiologie, on donne ce nom aux vaisseaux lym- ce sentiment de faim et de faiblesse que tout le
phatiques et aux vaisseaux chylifères dont l’ensemble monde connaît , à une grande sécheresse de la
constitue ce que l’on a appelé le système absorbant. bouche et à des douleurs épigastriques; puis l’intel-
ABSORPTION (à'absorbere , boire). C’est le phé- ligence s’affaisse; survient enfin une exaltation ner-
nomène général par lequel un corps se pénètre veuse, souvent accompagnée de délire, de fureur,
d’qn autre corps solide, liquide ou gazeux, appliqué et suivie bientôt d’une atonie complète qui se ter-
à sa surface. En Physique , l’absorption a lieu sans mine par la mort.
que ni l’un ni l’autre des deux corps change de na- ABSTRACTION (du Idilo trahere abs tirer hors,
ture : tel est le cas , en général , des substances séparer). On nomme ainsi en Psychologie : 1“ la fa-
dites hygrométriques , comme le sel , l’argile , la culté et l’opération par laquelle l’esprit, séparant co
chaux vive. — En Chimie , il y a absorption d’un qui est naturellement uni, considère les qualités in-
corps par un autre lorsque deux corps se combinent dépendamment des substances dans lesquelles elles
au contact, ou qu’un gaz disparait en se combinant résident, par exemple, la blancheur sans la neige;
avec un autre corps solide ou liquide. —En Physio- 2® l’idée qui résulte de cette manière d’envisager les
logie, on nomme absorption une fonction par la- choses, idée que l’on nomme aussi idée abstraite.
quelle les vaisseaux absorbent, pompent, tant à L’abstraction n’est pas une faculté à part : c’est l’at-
l’intérieur qu’à la périphérie de tous ies organes, tention portée sur une face des objets ; l’idée abs-
un fluide connu sous ie nom de lymphe, qu’ils traite, fugitive de sa nature, est fixée au moyen
transmettent ensuite dans la masse du sang. L’appa- d’un mot, avec lequel elle s’incorpore bientôt. —
reil qui remplit cette fonction est dit appareil lym- L’homme est natureilement porté à réaliser les abs-
phatique; il est aidé dans son action par le système tractions : c’est ainsi que les païens ont personnifié
veineux. On a longtemps regardé le phénomène de et divinisé la Beauté (Vénus) , la Sagesse (Minerve),
l’absorption comme le résultat d’une propriété vitale la Justice (Thémis) , la Jeunesse (Hébé) ; que Platon
particulière; M. Magendie a montré que c’était un et ses disciples ont réalisé, sous le nom d’archétypes,
simple phénomène d’imbibition. Voy. endosmose. d’idées, les essences de chaque genre, de chaque
ABSOUTE {d'absoudre) , cérémonie quj.se pra- espèce ; que les Scolastiques , à leur suite , ont mul-
tique dans l’Eglise catholique le jeudi de la semaine tiplié les universaux, vaines entités qui ont donné
sainte , pour représenter l’absolution qu’on donnait naissance à la célèbre querelle des Réalistes et des
vers le même temps aux pénitents de la primitive Nominaux ; que les philosophes modernes sont tom-
Église. Le prêtre récite les sept psaumes de la péni- bés dans mille erreurs en réalisant les uns l’idée de
tence, suivis de quelques oraisons relatives au re- substance, comme Spinosa, les autres les idées de
pentir qu’on doit avoir de ses péchés puis il pro- temps, d'espace, d'infini, d'absolu, comme les Ra-
;

nonce les formules Misereatur et Indulgentiam. — tionalistes allemands. CondiUac a fait voir dans plu-
C’est aussi l’ensemble des cérémonies qui précèdent sieurs de ses écrits , notamment dans son Traité des
immédiatement l’inhumation chez ies Catholiques. systèmes les dangers des idées abstraites.
ABSTEME (du latin abstemius, dérivé lui-même ABSTRAIT (nombre). Voy. nombre.
d’ûôs, sans, et femef«w,vin),se dit généralement des ABUS d’autorité ou de pouvoir. Ils peuvent être
personnes qui s’abstiennent entièrement de boire du commis contre les particuliers et contre la chose
vin, soit par régime, soit par aversion pour cette publique : contre les particuliers , lorsqu’un fonc-
liqueur. Les théologiens protestants emploient plus tionnaire viole un domicile, refuse de rendre la jus-
particulièrement ce mot pour signifier les personnes tice , exerce sans motif légitime des violences contre
qui ne peuvent participer à la coupe dans le sacre- les personnes ;— contre la chose publique, lorsqu’un
ment de l’eucharistie, à cause de l’aversion naturelle fonctionnaire requiert ou ordonne l’action de la chose
qu’elles ont pour le vin. Leurs sectes sont partagées publique contre l’exécution d’une loi, d’une ordon-
sur la question de savoir si l’on doit laisser commu- nance, d’un mandat de justice, contre la perception
nier les abstèmes. — Chez les premiers Romains d’une contribution. Les peines dont les fonction-
toutes les femmes devaient être abstèmes. tionnaires sont passibles dans chacun de ces cas sont
ABSTERGENTS {d'abs et tergere, essuyer) , remè- fixées par le Code pénal (liv. III, tit. i, art. 184, 191).
des extérieurs anciennement employés pour enlever ABUS d’autorité ECCLÉSIASTIQUE. Les cas d’abus,
les matières visqueuses et putrides de la peau, et qu’on définis par le Concordat de 1801 , sont : l’usurpa-
supposait agir par un principe savonneux. On les tion ou l’excès de pouvoir, la contravention aux lois
, , ,

ACAC —6— ACAD


et règlements de l’État, l’infraction des règles con- fort bien sans être très-sec. L’A. glutineux, dont
sacrées par les canons reçus en France, l’attentat les fleurs sont d’un beau rose; l’A. parasol, dont
aux libertés, franchises et coutumes de l’Église gal- le port £st si distihgué et qui se multiplie par la
licane. Ils donnent lieu à V appel comme d'abus. greffe sur l’acacia commun; l’A. boule, sont au
Voy. APPEL COMME d’aBÜS. nombre des plus jolies variétés que l’on ait introdui-
ABDS DE COHFUKCE. Aux termes du Code pénal tes dans nos jardins.
(lÎT. III, tit. Il, art. 406-409), on se rend coupable ACACIÉES, tribu de la famille des Légumineuses,
de ce délit : 1® en abusant des besoins, des faiblesses section des Mimosées, renferme les genres Acaefa
ou des passions d’un mineur pour lui faire souscrire (g. type) , Mimosa, Adenanthera, Darlingtonia
des obligations , quittances ou décharges à son pré- Albizzia, yachelia, Zygia, Inga, Prosopis.
judice; 2® en abusant d’un blanc-seing; 3® en dé- ACADÉMIE. Ce mot a successivement désigné :

tournant au préjudice du propriétaire des effets, de- 1®.Un gymnase d’Athènes avec de vastes jardins,
niers, marchandises, qu’on n’aurait reçus qu’à titre établi dans des terrains qui avaient appartenu à un
de dépôt; 4® en soustrayant quelque titre, pièce ou certain Académus dont il prit le nom ;
mémoire dans une contestation judiciaire. Des peines 2®. L’école philosophique que Platon ouvrit dans
graduées sont appliquées à chacun de ces délits. ces jardins vers Van 388 avant J.-C., et les diverses
ACACIA (mot dérivé, selon les uns, du grec àké, écoles qui en sortirent;
pointe, aiguillon, selon les autres, d'akakia, sans 3®. Diverses sociétés scientifiques, littéraires et ar-
méchanceté, parce que les espèces connues primiti- tistiques (pour ces académies, Voy. notre Dict. univ.
vement étaient sans aiguillons, ou n’avaient que des d’Hist.et rfeG^oÿr., et, dans celui-ci, l’art, institut);
aiguillons inoffensifs). Ce nom est appliqué par les 4®. Les divisions de l’administration universitaire
botanistes et par les gens du monde à deux genres de France- ces divisions , établies par le décret du
:

très-différents de la famille des Légumineuses. 17 mars 1808, furent d’abord en nombre égal à celui
Acacia des botanistes. Acacia proprement dit, de des cours d’appel; réduites à vingt par l’Assemblée
la tribu des Acaciées, section des Mimosées, renferme eonstituante de 1848, elles ont été portées à un nom-
des arbres dont les uns sont inermes et les autres bre égal à celui des départements par la loi du là
armés d’aiguillons; il est caractérisé par un calice mars 1850, et fixées à 16 par celle du l4juin 1854;
urcéolé, ordinairement à cinq dents, par une corolle 5®. Des écoles analogues à nos Collèges ou à nosF. -
infundibulifnrme plus longue que le calice et par des cultés ; c’est surtout à l’étranger, notamment en Bel-
étamines en nombre indéfini, et à filets libres : ovaire gique et en Prusse, que cette dénomination est usitée ;
unistyle, stigmate simple; gousse uniloculaire, sèche 6®. Des écoles d’armes d’équitation , ou môme
,

et bivalve. On en compte près de 300 espèces , à de musique; on a par suite étendu ce nom à un théâ-
fleurs jaunes, blanches, rouges ou verdâtres; la tre ;l’Opéra est dit Académie de musique.
plupart sont équatoriales. Les principales sont 1’^. 7®. Dans les arts du dessin , on nomme ainsi une
à fruits sucrés de Saint-Domingue , VA. mielleicx figure entière, peinte ou dessinée d’après un modèle
de l’Arabie, l’i4. à grandes gousses de l’Amérique, nu ou d’apiès la bosse. Ces figures étaient sans
l’jl. féroce do Chine, VA. saponaire de Cochinchine, doute ainsi nommées parce qu’après avoir été co-
VA. balsamique du Chili, VA. d’Egypte ou Gom- piées par les élèves , elles étaient exposées dans l’é-
mier rouge et VA. du Sénégal ou Gommier blanc cole ou l’académie.
qui fournissent la gomme arabique; VA. catéchou ACAJOU, nom donné à trois arbres d’Amérique
de l’Inde, qui donne le cachou; VA. pudique, qui, de genres différents :
au moindre attouchement, replie ses feuilles; VA. 1®. L’A. à meubles : il appartient à la famille
de Sainte-Hélène, dont les rameaux pendent comme des Cédrélacces et forme le genre Swietenia Mnho-
ceux du saule pleureur, etc. goni ; c’est un grand arbre de l’Amérique méridio-
L’Acacia de nos jardins, ou faux acacia, appelé nale, très-rameux ; son bois, très- dur et très-com-
par les botanistes Robinier, parce qu’il fut introduit pacte, d’un brun rougeâtre, est un des meilleurs
d’Amérique en France par J. Robin, médecin et pour les ouvrages de charpente, de menuiserie, de
botmiste du temps de Henri IV, appartient à la tabletterie et surtout d’ébénisterie. Les ébénistes s’en
section des Papilionacées. Il est caractérisé par ses servent pour fabriquer des meubles de luxe; on
feuilles pennées avec impaire, sa corolle irrégulière à l’emploie soit massif, soit en feuilles plaquées; sous
carène obtuse, ses étamines diadelphes et son ovaire à cette dernière forme , il offre les plus belles nuances,
16 ou 20 ovules surmonté d’un style barbu antérieu- et, par l’heureuse disposition des veines, forme d’élé-
rement. Tout le monde connaît son joli feuillage gants dessins. Il prend un très-beau poli , et sa cou-
ses fleurs faites comme celles des pois et des fèves leur est presque inaltérable. Ce n’est qu’au com-
pendantes en grappes de la manière la plus gra- mencement du dernier siècle que le bois d’acajou a
cieuse et exhalant une odeur suave. On en trouve commencé à être employé introduit d’abord en An-
;

dans nos bosquets de 15 à 18 espèces qui se distin- gleterre, il s’est rapidement répandu sur le continent.
guent par leur taille , le port de leurs branches , la 2®. L’A. à planches, connu des botanistes sous
couleur de leurs fleurs, tantôt blanches, tantôt jaunes le nom de Cedrela, à cause de quelque analogie
ou roses, et par le nombre de leurs épines. — L’A. avec le cèdre : c’est un très-grand arbre qui fournit
blanc, acacia commun, peut atteindre plus de vingt des planches dont on se sert surtout pour la con-
mètres; mais on en voit rarement de cette taille, struction des vaisseaux.
parce que le vent brise facilement ses jeunes bran- 3®. L’A. à pommes improprement appelé Acn-
ches ; ses racines sont traçantes ; il en sort des pousses jou, espèce d’ Anacardier, nommé par les botanistes
qui surprennent à cause de leur éloignement de la Anacardium occidentale et Cassuvium pomiferum,
tige-mère. Le bois de cet acacia se travaille bien, arbre de la famille des Térébinthacées, plus petit que
parce qu’il est dur, solide et d’une maille très-fine; les précédents, qui fournit la pomme et la noix d’aca-
il convient aux menuisiers et aux tourneurs par sa jou : la pomme n’est qu’un pédoncule très-développé
belle couleur jaune et son brillant poli. On l’emploie qui supporte la noix; la noix, en forme de rein,
comme bois de charpente en Amérique , et l’on a re- est lisse, grisâtre , et renferme une amande blanche,
marqué qu’il se pourrit difficilement; aussi est-il émulsive, d’une saveur agréable, d’où l’on extrait
propre aux pilotis, aux échalas des vignes, etc. Les une huile très-inflammable, qui teint le linge d’une
bestiaux mangent comme fourrage d’hiver ses feuilles manière indélébile et détruit les verrues.
fraîches et fanées. On le multiplie de semis, de dra- Le mot Acajou paraît être indigène ; dans le'
geons ; il pourrait se mettre en taillis et en coupes langues do racine malaise, ce mot désigne tout bois
réglées pour faire du bois de chauffage, car il brûle bon à travailler.
, , , ,, , , ; , ,,,

ACAR —7— ACCE


ACALÈPHE (mot grec qui veut dire ortie) , classe
2*^ dans la terre, sur les animaux vivants ou morts. Ils
des Zoophytes (3® de Cuvier), animaux marins, géla- sont ovipares , et se multiplient prodigieusement.
tineux, à forme circulaire et rayonnants, divisés par Le type de cette famille est l’Acarus. Voy. ce mot.
Cuvier en deux ordres : A. simples, qui flottent AGARÜS (du grec akarès, indivisible), genre
et nagent dans la mer au moyen de la contraction d’animalcules de la tribu des Acarides. Ils ont la
et de la dilatation de leur corps, et A. hydro- bouche conformée en suçoir et respirent par des
statiques, suspendues dans les eaux au moyen de trachées. Ce genre renferme plusieurs espèces que
vessies. Leurs mouvements sont lents; leur bouche l’on trouve dans les substances qui subissent quel-
leur sert aussi d’anus. Dans cette classe rentrent les que altération , notamment dans la farine , dans le
Méduses, les Vélelles les Phy salies, les Diphyes. vieux fromage on les appelle aussi mites ou cirons.
— Plusieurs de ces animaux ont la propriété de
;

Quelques-uns vivent en parasites sur d’autres ani-


causer au contact une sensation de brûlure analogue maux et même sous leur chair ; on les connaît sous
à celle des orties : de là leur nom. le nom de tiques ou ricins et de sarcoptes. Pairmi
ACALYPHE (du grec acalypha, pour acaléphè, ces derniers, on doit surtout remarquer l’acarus de
ortie ) , vulgairement Ricinelle, genre de la famille la gale, A. scabiei qui a donné lieu à de lon-
des Euphorbiacées, type de la tribu des Acalyphées, gues controverses. Signalé dès le xvi® siècle par
renfeime un assez grand nombre d’espèces', la Scaliger et Ingrassias, décrit par Morgagni, son
plupart originaires des régions tropicales de l’Amé- existence fut compromise par Galès , qui , dans un
rique. Elles sont herbacées ou frutescentes, et res- travail publié en 1812, l’avait confondu avec 1a mite
semblent assez par leur port à Yortie, sans toutefois du fromage : fut retrouvé une vingtaine d’années
il

posséder les propriétés nuisibles de cette plante. plus tard par unélève en médecine , M. Renucci
ACALYPHÉES (du genre type Acalypha) tribu dans les sillons qu’il se creuse; son existence est
de la famille des Euphorbiacées. Elle est formée aujourd’hui hors de doute : c’est à sa morsure qu’on
des genres Acalypha, Mercurialis, Alchornea, Tra- attribue les vésicules de la gale.
ganthus, Mappa, Tragia, Omphalea. Y. omphalier ACATALECTIQUE (vers). Voy. catalectique.
ACANTHACEES, famille de plantes dicotylédones, ACATALEPSIE (du grec a privatif, et catalepsis,
appartenant à l’Hypocorollie de Jussieu et aux Exo- compréhension) ,
incompréhensibilité ou impossibi-
gènes corolliflor es de De Candolle, a pour type le genre lité de saisir le vrai, de rien connaître certainement.
Acanthe, et se distingue parles caractères suivants ; Cette doctrine fut soutenue par Arcésilas, chef de
plantes herbacées ou frutescentes , feuilles opposées, la deuxième Académie, en opposition au dogmatisme
fleurs hermaphrodites , calice découpé en plusieurs des Stoïciens qui enseignaient la catalepsis ou fa-
parties, corolle monopétale, deux ou quatre éta- culté de saisir le vrai. — Les partisans de cette doc-
mines, un style, un ou deux stigmates, capsules à trine s’appelaient Acataleptiques ce nom s’étendit
deux loges, deux valves longitudinales, cloison op- à tous les Sceptiques et Pyrrhoniens.
posée aux valves se partageant en deux parties adhé- ACAULE (du grec a privatif et caulos tige) , se
rentes aux valves et pourvues de crochets dans les dit des plantes dont les feuilles et les fleurs semblent
aisselles desquels les graines sont placées. Les Acan- être privées de tige et naître du collet de la racine
thacées forment trois tribus : les Thunbergiées comme le pissenlit, la primevère, etc.; la tige existe,
les Nelsoniées et les Ecmatacanthées. mais dans des proportions si petites qu’elle ne con-
ACANTHE ( du grec akantha épine ) , plante stitue qu’une souche ou rhizome.
herbacée, de la famille des Acanthacées, remarquable ACCAPAREUR (du latin capere, prendre), spécu-
par la beauté de son port et par ses feuilles élé- lateur qui retire de la circulation une forte quantité
gantes. On en connaît douze espèces , la plupart de denrées ou de marchandises de la même espèce
dans les régions tropicales. Deux seulement, YAcan- dans l’intention d’en causer la rareté sur le marché,
thus mollis et YAcanthus spinosus, croissent natu- d’en élever le prix, et de s’en approprier alors le
rellement dans le midi de l’Europe. — La feuille débit, afin de réaliser un bénéfice exorbitant. Ce
d’acanthe, large et profondément découpée, a été genre de spéculation , qui s’exerce le plus souvent
appliquée de bonne heure à l’ornement des frises sur les choses de première nécessité, notamment sur
des corniches, et principalement du chapiteau ; elle le blé , ne peut se faire qu’aux dépens du consom-
est un des traits distinctifs de l’ordre corinthien. mateur , surtout du pauvre. 11 fut pratiqué en grand
Vitruve raconte que Callimaque , habile architecte sous Louis XV par une association toute-puissante
de Corinthe, aurait conçu l’idée de cet ornement en qui longtemps exploita et ruina la France. {V. Pacte
voyant le bel effet produit par des branches d’acan- de Famine au Dict. univ, d’Hist. et de Geogr.). —
the roulées en volute, qui s’étalent développées L’accaparement , condamné par la morale , a été
autour d’un panier laissé sur la tombe d’unejeune fille. dans presque tous les pays , défendu par les lois
— On donne à l’acanthe le nom vulgaire de branc- plusieurs de nos rois, Philippe VI (1343), Louis XI
:

ursine, à cause, dit-on, d’une prétendue ressem- (1482), etc., tentèrent de le proscrire. Il est atteint
blance qu’aurait sa feuille avec la patte d’ours. par les art. 419 et 420 du Code pénal, dirigés contre
ACANTHIAS, espèce de Squale. Voy. aiguillât. ceux qui emploient des manœuvres frauduleuses
ACANTHOPTÉRYGIENS (du grec akantha, épine, pour faire hausser ou baisser le prix des marchandises.
et pterygion, nageoire; à nageoires piquaniss) ACCÉLÉRATION du mouvement des étoiles.
nom donné par Cuvier, d’après Artédi, au premier F. étoiles.— A. de laCIIUTEDESCORPS. F. PESANTEUR.
ordre des Poissons osseux. Ils ont la mâchoire supé- ACCENT (i’accentus, chant, intonation). On
rieure mobile, les branchies en forme de peigne, des nomme ainsi : 1® certaine manière de prononcer soit
rayons osseux et piquants aux nageoires. Cet ordre les mots , soit les syllabes ; 2® certains signes gram-
se subdivise en quinze familles : Perçdides, Joues- maticaux.
cuirassées, Sciéndides, Sparoides, Ménides, Squam- On peut, en débitant une phrase ml un membre
mipennes, Scombérdides, Tœnidides, Teuthies, Pha- de phrase , appuyer sur les mots qui semblent plus
ryngiens labyrinthi formes, Mugiloides, Gobioides, propres, soit àfaire comprendre lapenséc, soit àmieux
Pectorales pédiculées, Laordides, Bouches-en-flûte. rendre le sentiment; l’accent est dit logique dans
ACARIDES (du grec akarès, insécable, d’où acari, le premier cas
,
pathétique dans le second. On peut
ciron , mite), tribu de la famille des Holètres, ordre aussi , en prononçant un mot, élever ou abaisser la
des Arachnides. Cette tribu se compose d’animaux voix sur une syllabe , selon le degré d’importance
fort petits ou même microscopiques, connus vul- qu’on attribue à cette syllabe dans le mot; c’est alors
gairement sous les noms de mites , cirons , teignes. l’accent prosodique on tonique; on l’appelle aigu
On les trouve partout, sou* les écerces d’arbres, quand la voix s’élève, grave quand elle s’abaisse.
, , , , , , ,,,

ACCI —8— ACCO


circonflexe quand elle s’élève et s’abaisse succcssi- d' Oiseaux de proie, et Duméril sous celui de Ra-
ement sur la même voyelle. Ces diverses manières paces.
d’accentuer les syllabes, qui font de la parole une ACCISE (du bas latin accf«a , taille , impôt, dé-
espèce de chant, étaient surtout sensibles chez les rivé d'accidere couper, tailler), impôt analogue à
Grecs et les Romains; elles forment , avec la quan- nos contributions indirectes, porte le plus souvent
tité, la base de leur versification. Elles se retrou- sur les boissons. L’accise commença d’être en usage
vent, quoique avec moins de force , dans les langues en France; elle fut établie en Hollande dès la nais-
modernes; les Français seuls ne font pas sentir l’ac- sance de la république; de là eUe passa, en 1430,
cent. On doit à M. Bétolaud un Traité de l’Accentuât, en Allemagne, puis dans les Etats de Brandebourg,
grecque et à MM. Weill et Benlœw un Tr. de l’A latine. . et enfin en Saxe. En Belgique, les droits d’accise
Accent grammatical. On donna d’abord le nom sont aujourd’hui perçus sur les bières, vins, vinai-
d’accents aux signes employés pour marquer l’ac- gres, boissons distillées, et s’étendent même sur le sel
cent prosodique : ces signes sont ( ' ) pour l’accent et le sucre. En Angleterre , l’accwe s’appelle excise.
aigu, (') pour le grave, (*) pour l’accent circonflexe. ACCOLADE (de ad collum) cérémonie usitée
On en attribue l’invention à Aristophane 'de By- dans la réception d’un chevalier, consistait à l’em-
zance, grammairien qui florissait dans Alexandrie au brasser en lui passant les deux bras autour du cou ;
siècle avant J. -G. —
Ces signes, qui, dans les on le frappait aussi du plat de l’épée en forme de
langues anciennes, marquaient véritablement l’ac- croix sur l’une et l’autre épaule , et en prononçant
cent ou l’intonation, ne sont plus dans notre langue en même temps quelques paroles sacramentelles. —
que de purs signes orthographiques destinés soit L’accolade est encore en usage dans la franc-ma-
à indiquer les diverses manières de prononcer cer- çonnerie. — Dans l’oçdre de la Légion d’honneur, c’est
taines voyelles (é, è, é) , soit à distinguer un mot la cérémonie par laquelle une personne qui vient
d’un autre mot qui s’écrit de même [a, à; ou, où; d’être brevetée de cet ordre est reçue par un mem-
du, dû). Cet emploi de l’accent dans notre ortho- bre délégué à cet effet. — En Musique , l’accolade
graphe ne paraît pas remonter plus haut que le est un trait vertical , tiré à la marge des portées
règne de Louis XllI. afin d’unir ensemble toutes les parties.
ACCEPTATION se dit, en Droit, du consente- ACCOMPAGNEMENT. On appelle ainsi , en Mu-
ment légal de celui à qui l’on fait une offre. On dis- sique , l’application des accords à une mélodie don-
tingue ; A. de communauté acte par lequel une née , suivant les règles de la science harmonique.
veuve ou ses héritiers acceptent la communauté de C’est un emploi restreint de l’harmonie. On distingue
biens, qui était entre le mari et la femme; A. — plusieurs sortes d’accompagnements : l’A. plaqué
dfune donation, consentement du donataire; A. — consiste à placer sous les notes principales d’une mé-
de succession, acte par lequel le présomptif héritier lodie l’accord qu’elles doivent porter; l’A. figuré
du défunt manifeste qu’il se porte son héritier; — réunit les formes de la mélodie à celles de l’harmonie ;
A. de succession sous bénéfice d’inventaire, celle c’est proprement le contre-point ; TA. de la partition
qui est précédée ou suivie d’un inventaire fidèle et s’entend de Tart de traduire sur le piano les effets
exact; ses effets sont de donner à l’héritier l’avan- d’instrumentation que le compositeur a conçus pour
tage de n’être tenu des dettes que jusqu’à concur- l’orchestre ou pour divers instruments. —Dans le
rence des biens de la succession, et de ne point con- sens vulgaire , accompagner, c’est exécuter les par-
fondre ses biens personnels avec ceux de la succes- ties d’harmonie qui soutiennent la partie principale,
sion. — Dans le commerce , acceptation se dit de la en même temps 'que le chanteur ou l’instrumentiste
signature qu’un banquier , marchand ou négociant, qui récite cette partie. Le talent de l’accompagna-
met au bas d’une lettre de change tirée sur lui ; cette teur est de faire valoir le chant sans le couvrir,
acceptation l’oblige à payer la lettre à son échéance. comme cela n’arrive que trop souvent. — On attribue
ACCÈS [d'accedere, s’approcher) , ensemble de l’invention de l’accompagnement à Louis Viadana,
symptômes qui cessent et reviennent à des inter- maître de chapelle à Mantoue au commencement du
valles plus ou moins éloignés. Ce mot se dit surtout xvii^ siècle. Cet art fut perfectionné au siècle suivant
dans les cas de fièvre intermittente. L’accès de lièvre par François Gasparini à Venise , et par Rameau
Intermittente se compose de trois temps ou stades ; Catel et Fétis en France. On doit àFétis un Traité
le froid , la chaleur et la sueur. L’accès complet est de l’accorrwagnement 1829, in-4.
celui qui présente ces trois stades ; l’accès est incom- ACCORD. En Musique , plusieurs sons émis simul-
let si un ou deux de ces stades viennent à manquer, tanément et dont la réunion est agréable à l’oreille
’intervalle qui sépare les accès est dit apyrexie ou prennent le nom d’accord. L’accord le plus simple
intermission. Quand la douleur est portée à son plus est formé par deux notes. Deux voix chantant à la
haut degré , l’accès prend le nom de paroxysme. tierce produisent déjà une harmonie agréable mais
;

ACCESSION s’approcher, s’ajouter),


(d’accedere s’il s’y joint une troisième voix attaquant la quinte
se dit, en Droit, de l’extension que reçoit une chose l’harmonie est complète , et il en résulte ce qu’on
dont on est propriétaire , par l’union d’un objet ac- nomme un accord parfait; c’est l’accord normal,
cessoire; cette union de l’accessoire au principal d’où procèdent tous les autres. L’accord parfait a
rend le propriétaire du principal maître de l’acces- pour fondement les premières divisions du mono-
soire. De tà le principe : L’accessoire suit le prin- corde , c’est-à-dire d’une corde tendue qui donne un
cipal. La loi française a fait de \'accessio7i une ma- son déterminé. Si Ton divise cette corde par la moi-
nière d’acquérir la propriété elle a posé en prin-
;
tié , on obtient l’octave supérieure ; son quart donne
cipe que «la propriété d’une chose, soit mobilière, la double octave ; son tiers , la douzième ; le cin-
soit immobilière, donne droit sur tout ce qu’elle quième, la dix-septième; le sixième, l’octave du
produit, soit accessoirement, soit naturellement, tiers; le septième, la vingt et unième ; le huitième,
soit artificiellement. » Les fruits de la terre, les fruits la triple octave , et le neuvième la vingt-troisième :

civils, le croit des animaux, appartiennent au pro- ce qui représente une suite de tierces, et donne tous
priétaire par droit d’accession, ainsi que tout ce qui les sons dont se forme l’accord le plus compliqué.
peut être extrait d’un terrain au moyen des fouilles — On distingue des accords consonnants et des ac-
(sauf les exceptions relatives aux mines), tout ce qui cords dissonants. Les premiers se composent des in-
s’y ajoute par atterrissement ou alluvion. Voy. Code tervalles de tierce , de quarte , de quinte , de sixte
civil, art. 546-577. et d’octave , qui sont les plus agréables ; les autres
ACCIPITRES (du latfn accipiter, épervier) ,
nom où figurent la seconde et" la septième, ne peuvent
donné par Linné au premier ordre de la classifica- satisfaire l’oreille qu’à la condition d’être suivis d’un
tion des oiseaux, que Cuvier a désignés sous le nom accord consonnant , ou , comme on dit , de se ré-
, ,,,
, , , , ,

ACCO —9— ACCU


soudre sur une tonsonnance. Ces deux familles d’ac- ACCORE , nom donné dans l’Art de la construc-
cords dérivent, l’un de l’accord parfait, l’autre de tion maritime à des élançons ou fortes pièces de
l’accord de septième. Ce dernier se compose de bois qui servent à étayer un vaisseau en construction
f[uatre notes, à la tierce supérieure l’une de l’autre : ou en réparation. —On appelle encore ainsi le con-
sol, si, ré, fa. L’accord de neuvième, qui se forme tour d’un banc ou écueil à partir du point où la
en ajoutant la bémol aux quatre premières notes profondeur de l’eau n’est plus apprédable au moyen
n’est autre chose que le même accord dans le mode de plombs attachés à des cordages. —
Le mot ac-
mineur.— Les notes qui composent un accord quel- core s’emploie aussi comme adjectif dans le même
conque peuvent se combiner de diverses manières. sens qu’e^carp^ pour désigner une côté élevée et
Ce changement d’ordre se nomme renversement. coupée perpendiculairement à la surface de la mer.
Voy. RENVERSEMENT et HARMONIE. ACCOUCHEMENT (de couché). On nomme ainsi
La science des accords, qui se confond avec celle 1® l’expulsion naturelle et spontanée du fœtus hu-
de l’harmonie , ne date guère que du xvi® siècle ; main hors du sein de la mère; 2® l’extraction du
elle doit le plus au Vénitien Cl. Monteverde ,
au même fœtus par Xaccoucheur, au moyen d’une opé-
géomètre français Sauveur , à Rameau , à Tartini ration plus ou moins compliquée.
à Catel. Berton a donné un Dictionnaire des ac- L’accouchement a lieu, en général, â la fin du
cords à la suite de son Traité d’harmonie, 1815 et ;
neuvième mois de grossesse on le nomme préma-
;

Dourlen un Tableau de tous les accords, 1824. turé avant cette époque , lorsque l’enfant est viable ;
ACCORD se dit aussi de l’état d’un instrument dont tardif, après les neuf mois révolus ; la loi en a fixé
les cordes sont entre elles dans toute leur justesse, ou les limites au 300® jour, c’est-à-dire à la fin du
de l’état de tous les instruments ensemble par rap- dixième mois depuis la mort, le départ ou la sépa-
port à un ton donné. Un instrument à vent est tou- ration de l’époux. Relativement à la manière dont
jours d’accord avec lui-même il peut ne pas l’être
;
il se termine , l’accouchement est dit naturel quand
avec les autres instruments ; pour l’y mettre, il faut il s’opère par les seules forces de la nature manuel, ;

qu’on allonge le corps de l’instrument s’il est trop lorsqu’il réclame le secours de la main mécanique ;

haut , ou qu’on le raccourcisse s’il est trop bas. De ou laborieux quand la main doit s’armer d’instru-
même on tend ou on lâche les cordes d’un violon , —
ments, tels que le levier, le forceps, etc. Dans les pre-
d’un piano, les peaux des timbales c’est ce qu’on
: miers temps, les femmes accouchèrent seules, comme
nomme accorder. Voy. accordeur. cela a lieu de nos jours encore chez les sauvages, et
ACCORD , en Grammaire , se dit des mots qui , à si souvent dans nos campagnes. Plus tard , quand
raison du rapport d’identité ou de liaison indisso- la nécessité eut fait réduire en méthode la pratique
luble qu’ont entre elles les choses qu’ils expriment, des accouchements , cette pratique devint une pro-
subissent les mêmes accidents grammaticaux , c’est- fession exclusivement exercée par des femmes âgées
à-dire prennent le même nombre , le même genre, et expérimentées, dites matrones. C’est ce qui avait
la même personne c’est ainsi que l’adjectif s’accorde
: lieu chez les Israélites. Il en fut d’abord ainsi cher
avec son substantif en genre, en nombre, et en cas les Égyptiens et les Grecs. Hippocrate et Aristote
(dans les langues qui ont des cas) ; le verbe s’ac- les appellent omphalotomoi ( coupeuses de cordon
corde avec son sujet en nombre et en personne, etc. ombilical ) ; mais déjà il y avait aussi en Grèce des
ACCORDÉON {d’accord , harmonie) , instrument médecins plus particulièrement voués à venir en aide
de musique composé de plusieurs languettes de mé- aux sages-femmes dans les cas difficiles. En France,
tal qui sont mises en vibration par un soufflet. En jusqu’au xvii® siècle, cette profession fut exclusive-
pressant des touches disposées sur le devant de l’in- ment exercée par des femmes ; ce fut en 1663, pour
strument, l’air fait vibrer la languette placée devant les premières couches de la duch. de La Vallière, qu’un
les touches qui se lèvent, et il s’échappe par l’ou- chirurgien fut mystérieusement appelé pour la pre-
verture qu’elles lui laissent , en faisant entendre un mière fois le secret ayant transpiré, les princesses et
;

son. En tirant et retirant le soufflet, on produit les autres dames de la cour suivirent l’exemple de la
deux sons bien distincts. En ouvrant deux clefs pla- maîtresse du roi ; bientôt la coutume en devint à la
cées sur le devant, on entend deux accords qui peu- mode, et l’on inventa le nom (Xaccoucheur.
vent servir à s’accompagner. Tout l’instrument est L’art des accouchements, obstétrique, tocologie,
accordé naturellément de manière à produire con- ne s’est perfectionné que fort tard ; on en peut suivre
stamment l’accord du ton. Il a la forme d’un livre les progrès dans les ouvrages de Paré , Mauriceau
et se tient de la main droite la gauche fait aller le
; Smellie, Levret, Astruc, Puzos, Baudelocque, Gar-
soufflet. Le son de l’accordéon peut être agréable, dien, et de nos jours , dans les traités particuliers et
mais il monotone. Cet instrument, d’invention
est les cliniques des Capuron , des Moreau , des Velpeau,
toute récente, nous vient de l’Allemagne. de P. Dubois , de Chailly , et dans les livres si émi-
ACCORDEUR , celui qui fait profession d’accorder nemment pratiques de M“®“ Lachapelle et Boivin.
certains instruments de musique d’un mécanisme ACCOUCHEUR. Voy. accouchement.
compliqué, comme le piano, l’orgue, etc. Les ac- ACCOUCHEUR (crapaud), Bufo obsteMcans, espèce de
cordeurs sont presque tous des facteurs d’instru- crapaud commune aux environs de Paris , ainsi ap-
ments , familiarisés avec les principes de l’acousti- pelée , parce que le mâle , au moment du frai , aide la
que. Ils se servent pour accorder d’un outil qu’on femelle à se débarrasser de ses œufs, qui sont assez
nomme accordoir. M. Giorgio di Roma a publié, gros. Quelques-uns en font un genre à part, sous
dans V Encyclopédie Roret un Manuel de l’Accor- le nom d'Alyte.
deur de pianos. —Pour les personnes qui veu- ACCUSATIF. Voy. cas.
lent se passer d’accordeur , on a imaginé un petit ACCUSATION , poursuite d’un crime ou d’un
instrument qui porte lui-même le nom éT accordeur, délit. Dans notre Droit criminel, ce mot est restreint
et qui se compose de douze diapasons d’acier dis- au cas où il s’agit de crime ; la loi nomme préven-
posés sur une planche sonore et donnant avec jus- tion la mise en jugement pour simple délit. Dans —
tesse les douze demi-tons de la gamme par tempéra- toute accusation, il faut distinguer l'inculpation
ment égal. On peut encore recourir à un instrument qui comprend la dénonciation du crime et l’instruc-
plus simple, au Monocorde ; c’est une planchette de tion ; la prévention déclaration du juge d’instruc-
sapin aux deux bouts de laquelle est fixée une corde tion qui statue sur les suites à donner à l’incul-
sonore qu’on allonge et qu’on accourcit à volonté pation , et
qui renvoie l’affaire , s’il y a lieu , à la
au moyen d’un chevalet mobile, pour donner les chambre des mises en accusation ; la mise en accu-
douze demi-tons de la gamme calculés sur autant de .sation proprement dite, résultant d’un arrêt de
lignes transvei’sales. Voy. aussile mot crromamètre. cette clmmbre qui, après avoir reconnu qu’il y
, ,, , ,

ACÉT — 10 — ACÈT
avait des indices assez graves contre le prévenu , le un petit agaric vert, ayant un disque en ombelle
renvoie devant la cour d’assises. Ala suite de la un peu concave : d’où son nom.
mise en accusation , le procureur général dresse Vacte ACÉTATES composés d’acide acé-
sels artificiels
d’accusation. — Les formalités à remplir à l’égard
,
tique et d’un oxyde métallique. Voici les principaux :

des accusés sont déterminées par le Code d’instruc- Acétate d’alumine. On l’obtient par double dé-
tion criminelle , notamment aux articles 217 et sui- composition, au moyen de l’alun et de l’acétate de
vants, et par le décret du 6 juillet 1810. plomb préalablement dissous dans l’eau. Il sert de
,

A Athènes, dans les différends entre particuliers mordant dans l’impression des toiles.
la personne lésée pouvait seule accuser ; mais, pour Acétate de cuivre. Il y a deux sels de ce nom :

les délits qui concernaient l’Etat, chacuu en avait Vacétate neutre, appelé vulgairement Vert distillé,
le droit. On portait ces accusations devant le sénat ou Vert cristallisé, Cristaux de Vénus, se présente en
devant le peuple, qui, après un premier jugement, prismes rhomboidaux [C*H®0®,CMO-}^ag], légère-
les renvoyait aux cours supérieures. L’accusateur ment efflorescents et d’un vert foncé, qui s’obtiennent
s’engageait par serment à soutenir l’accusation. S’il en dissolvant dans du vinaigre distillé Vacétate ba-
s’en désistait, ou s’il n’obtenait pas la cinquième sique ou sous-acétate plus connu sous le nom de
partie des suffrages, il était condamné à une amende Verdet ou de Vert-de-gris, et renfermant les mêmes
de 1,000 drachmes. Celui qui ne pouvait convaincre éléments, plus une certaine quantité d’oxyde de
d’impiété un citoyen qu’il avait accusé était con- cuivre. Ce dernier acétate se prépare en grand dans
damné à mort. — A Rome, tout citoyen avait droit le midi de la France , surtout à Grenoble et à Mont-
d’en accuser un autre. On remettait au préteur l’acte pellier, au moyen de lames minces de cuivre, em-
d’accusation; le jugement avait lieu le trentième, pilées avec du marc de raisin qu’on a laissé s’aigrir.
quelquefois le dixième jour après l’accusation. L'abus Le métal est oxydé par l’air, et l’oxyde formé s’unit
de ce droit donna naissance aux délateurs [Voy. ce à l’acide acétique contenu dans le marc. Ce sous-
mot). — Sous la République française, on créa l’em- acétate est presque insoluble dans l’eau , mais très-
ploi d’accusateur public (1793). Ce magistrat était soluble dans le vinaigre et dans les autres acides. —
chargé de poursuivre les personnes prévenues de Ces deux acétates sont vénéneux. On les emploie
crime; il était nommé par l’assemblée électorale. Il comme couleurs vertes dans la peinture à l’huile
a depuis été remplacé par le procureur du roi, au- et comme mordants dans la teinture en noir sur
jourd’hui procureur impérial. laine on en fait aussi des liqueurs nommées vert
;

ACENE (mot grec qui signifie pomée, perche), d'eau, vert préparé, qui servent au lavis des plans.
mesure de longueur employée dans l’ancienne Grèce Les médecins font usage du vert-de-gris comme es-
et l’Asie , valait 10 pieds grecs (3“,08). On la nom- carotique. —
Toutes les fois que des liqueurs ou des
mait aussi décapode (dix pieds). mets mêlés de vinaigre se refroidissent et séjournent
ACÉPHALES (du grec acéphaloi, sans tête), dans des vases de cuivre, ils se chargent d’une cer-
4' classe de Cuvier dans l’embranchement des Mollus- taine quantité d’acétate de cuivre , et acquièrent ainsi
ques. Elle renferme les huîtres et les moules, animaux des propriétés extrêmement délétères. On peut, ce-
qui n’ont pas de tête apparente, mais seulement une pendant , faire bouillir du vinaigre dans des casse-
bouche cachée sous les plis du manteau. On nomme roles de cuivre sans avoir ii craindre d’accident,
aussi acéphales ces embryons ou fœtus d’animaux pourvu qu’on ne laisse pas le vinaigre s’y refroidir.
d’ordres supérieurs qui, par l’effet d’un dévelop- — Il ne faut pas confondre le sous-acétate de cuivre
pement incomplet, manquent de tête. Voy. monstres. avec le vert-de-gris qui se forme à la surface des
ACÉRACÉES ou acérinées (d’acer, érable) , fa- ustensiles de cuivre , des statues de bronze , des
mille de plantes Dicotylédones polypétales , a pour pièces de monnaie , par la seule action de l’air hu-
principaux caractères ; Corolle de 5 à 9 pétales 7 a mide; ce vert-de-gris n’est qu’un sous - carbonate
12 étamines , ovaire à 2 ou 3 loges; le fruit est une de cuivre. —
Les Grecs et les Romains connaissaient
samare ou une capsule. Elle formait autrefois deux le sous-acétate de cuivre ; ils l’employaient comme
sections ayant pour types les genres Érable eiMarron- couleur et comme médicament, et le préparaient
nier. La l’’® seule a été conservée sous le nom d’.4ce- comme aujourd’hui.
rinées, et ne se compose que des genres Acer (Erable) Acétate de fer, liqueur brun-foncé, incristalli-
et Neyundium. Pour la 2®, Voy. hippocastanées. sable , qu’on obtient en mettant en digestion du
ACERDÈSE (du grec akerdès sans valeur), dit vinaigre de vin ou de l’acide pyroligneux distillé
aussi Oxyde de manganèse prismatique Manga- ,
avec des rognures de tôle ou de vieille ferraille. On
nèse oxydé hydraté, Manganèse argentin , Manga- l’emploie comme mordant dans les ateliers de tein-
nite , Manganèse oxydé terreux ; minéral gris de ture et d’indienne.
fer, cristallin et fibreux, d’une pesanteur spécifique Acétate de plrnnb. Il existe un acétate neutre et des
de 4,328, est composé de sesquioxyde de manganèse sous-acétates. Le premier, plus connu sous le nom de
hydraté. Il forme des gîtes considérables dans tous sel de Saturne, sucre de plomb [C*H^O*,PôO-l-3ag],
les teiTains. On le rencontre particulièrement à La- se présente en prismes incolores, efflorescents, d’une
veline dans les Vosges, à LaVoulte dans l’Ardèche saveur à la fois sucrée et astringente. Il est très-
à Saint-Jean-de-Gardonnenque dans les Cévennes, à vénéneux. On l’obtient en dissolvant de la litharge
l’abbaye de Sept-Fonts dans l’Ailier , etc. 11 a moins dans de l’acide acétique, et faisant cristalliser la so-
de valeur commerciale que la pyrolusite, et ne con- lution par la concentration. On en consomme beau-
vient pas à la préparation de l’oxygène. coup pour la fabrication de la céruse et de l’acétate
ACÉRÉS (du grec akéros, sans corne), nom donné d’alumine ou mordant rouge des indienneurs. Les
par quelques naturalistes à certains animaux (soit médecins l’administrentquelquefois à l’intérieur pour
mollusques, soit arachnides) dépourvus de tentacules. eombattrelessueursnocturnes desphthisiques. 11 était
ACÉTABULE [d'acetum, vinaigre) , mesure dont déjà connu des alchimistes. —
Le sous-acétate de
les Romains se servaient pour mesurer quelques li- plomb est un sel blanc qui s’obtient en dissolvant
quides, tire son nom du vase où l’on mettait le de la litharge dans l’acétate neutre. Les médecins
vinaigre ; il contenait la moitié de Vhémine, le hui- l’emploient en dissolution à l’extérieur, sous le nom
tième du sextarius, et valait 6 centilitres, 74. d’extrait de Saturne, comme calmant, pour pré-
Les naturalistes ont donné le nom d’acétabule à. venir ou détruire l’inflammation , pour hâter la ci-
une production marine que l’on avait d’abord classée catrisation des plaies. L’eaw blanche, ou eau de
à tort parmi les Zoophytes, mais que M. Rafeneau Goulard, ainsi appelée du nom d’un chirurgien de
de Lille a reconnue pour appartenir au règne végé- MontpeUier, avec laquelle on lave les plaies, est la
tal. C’est une plante cryptogame, qui ressemble à même sous-acétate, étendu de beaucoup d’eau et
, , . , , ,

ACHR — 11 — ACID
troublô par un peu de sous-carbonate de plomb en persion. Ce résultat se trouve naturellement réalisé
suspension. dans Tœil, qui est parfaitement achromatique.
ACÉTIFICATION {à’acetum vinaigre , et facere, Newton, admettant que la réfrangibilité était tou-
faire) , réaction chimique qui transforme i’esprit-de- jours proportionnelle à la dispersion, avait cru in-
vin en vinaigre. Voy. ce mot et acétique (acide). soluble le problème de l’achromatisme; mais Hall
ACÉTIQUE (acide), du latin acetum, vinaigre, en 1733, et, après lui, J. Dollond, prouvèrent Terreui
liquide contenu dans le vinaigre et dans tous les de leur compatriote en construisant les premiers des
produits de la fermentation acide des liquides spiri- lunettes achromatiques. Les deux sortes de verres
tueux , tels que le vin , la bière , le cidre , etc. A employées par Dollond et usitées généralement de-
l’état concentré, il a une odeur forte et pénétrante, puis sont le crown-glass ou verre semblable au verre
mais agréable, ce qui le fait employer contre les à vitres, et le flint-glass, qui est analogue au cris-
défaillances {sel anglais ou sel de vinaigre)', il tal, et contient environ le tiers de son poids de
peut même s’obtenir sous forme solide et cristallisée ; plomb. Dollond obtint l’achromatisme en appliquant
il renferme alors du carbone , de l’hydrogène et de une lentille biconcave de flint contre une lentille
l’oxygène dans les rapports de C‘H^0’-)-;a^ , et bout biconve.xe de crown. Le flint jouit d’un pouvoir ré-
à 120". Il se produit en grande quantité dans la fringent et d’un pouvoir dispersif plus grand que
carbonisation du bois en vases clos, et c’est par ce le Crown : il en résulte que les rayons rouges et les
moyen qu’on le prépare de préférence : de là le rayons violets deviennent parallèles au sortir de la
nom A' acide pyroligneux ou de vinaigre de bois , lentille. On peut aussi substituer avec avantage le
qu’on lui donne dans le commerce. On l’emploie cristal de roche au crown. Les substances liquides
particulièrement dans les laboratoires de chimie, peuvent, comme les solides, entrer dans la composi-
ainsi que pour la préparation des acétates. Voy. ce tion des objectifs achromatiques. Le Dr Blair em-
mot et VINAIGRE. ploie d’une part le crown, et de l’autre une solu-
ACÉTONE, on Esprit pyroacétique liquide in- tion de chlorure d’antimoine (beurre d’antimoine)
colore, d’une odeur empyreumatique, inflammable, dissous dans Tacide chlorhydrique, ou bien une so-
qui se produit dans la distillation sèche des acétates, lution de bichlorure de mercure (sublimé corrosif)
ainsi que du sucre, de Tacide tartrique, de l’acide dans le sel ammoniac. Il introduit le liquide entre
citrique, etc. Il est plus léger que Teau, et se môle deux lentilles de crown, qui sont. Tune plane-con-
avec ce liquide en toutes proportions. Il renferme du vexe , et l’autre concave-convexe.
carbone, de l’hydrogène et de l’oxygène dans les ACIDE (en latin acidus, du grec acis, pointe,
rapports de C’H^O. 11 a été découvert au commen- piquant), corps qui jouit de la propriété de se com-
cement de ce siècle par l’Irlandais Chenevix : il s’em- biner avec une base salifiable pour former un sel, et
ploie quelquefois comme solvant. qui , dans l’opinion commune , se rend au pôle po-
ACHARNAR, étoile de première grandeur, située sitif quand on décompose le sel par la pile électri-
à l'extrémité australe de la constellation appelée que. Les acides solubles dans Teau sont caractérisé?
Éridan. Voy. éridan. par une saveur aigre, par la propriété qu’ils possè-
ACHE , Apium genre de plantes herbacées de la
,
dent de rougir le tournesol bleu, et par celle de dé-
famille des Ombellifères, tribu des Amminées, com- composer avec effervescence la craie et le marbre.
prenant plusieurs espèces, dont les plus connues sont On a cru pendant longtemps que tous les acides
le persil {A.petroselinum),\océ\or\ [A.graveolens], renfermaient de To.xygcne ; cet élément entre en
et Tache proprement dite. Celle-ci est d’un beau vert ; effet dans la composition du plus grand nombre ;

ses feuilles approchent de celles du persil ordinaire ; mais on sait aujourd’hui que l’hydrogène forme
mais elles sont plus amples et plus épaisses : elle aussi beaucoup d’acides. Les acides se divisent donc
croit dans les marais et le long des ruisseaux. Cul- en acides hydrogénés ou hydracides formés par
tivée , elle perd sa saveur âcre et amère. Les anciens l’hydrogène; et acides oxygénés ou oxacides, for-
mettaient Tache au nombre des plantes funèbres. més par l’oxygène. Ces derniers se subdivisent, en
ACHILLE (tendon d’). Voy. tendon. outre , en acides anhydres ou sans eau , et acides
ACHlLLEE,.dc/»7/ea, genredeplantesde la famille hydratés ou combinés avec de Teau. D’après le.s
desComposées-Sénécionidées: herbe vivace, commune théories plus récentes de MM. Laurent etCerhardt,
aux deux continents , à fleurs blanches en corym- les hydracides et les acides hydratés comptent seul?
bes, à odeur légèrement aromatique, à feuilles dé- parmi les acides; les autres sont considérés comme
coupées et un peu velues. Cette plante renferme un des corps à part, appelés anhydrides.
suc amer, longtemps regardé comme fébrifuge. On On appelle acides minéraux les acides fournis
prétend qu’Achille s’en servait pour cicatriser des par le règne minéral; acides métalliques, les acides
blessures (d’où son nom). Ses propriétés vulné- formés par l’oxygène et un métal; acides organi-
raires n’en sont pas moins fort douteuses. On en ques, les acides renfermant du carbone, et obtenus
distingue un assez grand nombre de variétés, qu’on avec les substances organiques; acides gras, les
cultive dans les jardins TA. dorée, qui a des fleurs
; acides organiques extraits des graisses et des huiles
d’un jaune doré; TA. à mille feuilles, à fleurs grasses; acides pyrogénés, les acides produits par
pourpres; TA. sternutatoire ou herbe à éternuer, l’action de la chaleur sur les matières organiques.
dite aussi bouton d’argent, à fleurs blanches; TA. Dans la nomenclature proposée par Guyton-
de Hongrie, à fleurs blanches aussi, mais plus petite. Morveau et Lavoisier, les acides minéraux se dési-
ACHROMATISME (du grecs privatif, et cArowa, gnent par un adjectif formé du nom des éléments
couleur). On nomme ainsi la destruction de cette unis à l’oxygène, et terminé en eux ou en ique;
variété de couleurs qui résulte de la décomposition ainsi acide sulfureux, acide phosphorique, veut dire
de la lumière. Lorsqu’on regarde les objets extérieurs acides formés par le soufre et l’oxygène, par le
à travers un prisme de verre ou à travers une lunette phosphore et l’oxygène. Si Tacide est formé par de
ordinaire ils paraissent bordés de franges colorées
,
l’hydrogène, on commence l’adjectif par hydro, ou
Cet effet est produit par la déviation inégale qu’é- bien on le termine par hydrique : acide hydro-
prouvent les divers rayons colorés, soit à leur entrée, chlorique ou chlorhydrique, c’est-à-dire acide com-
soit à leur sortie du verre. On est parvenu à neutra- posé de chlore et d'hydrogène. Les deux syllabe?
liser ces effets dans les lunettes dites achromatiques. eux et ique qu’on ajoute aux noms des acides
Dans ces lunettes, les objectifs sont formés de deux oxygénés, ont une signification différente : ique cor-
ou de plusieurs verres de facultés réfractives diffé- respond toujours à un acide qui renferme plus
rentes , accolés les uns contre les autres, de manière d’oxygène que Tacide dont le nom se termine en
à anéantir, en se compensant, les effets de la dis- eux) ainsi Tacide sulfurique est plus oxygéné que
, , , , ,,

ACIË — 12 ACOL
l’acide sulfureux. Dans les cas où l’oxygène forme fer forgé; l’acier fondu, provenant de la fusion
avec un seul élément plus de deux acides , on com- d’un des aciers précédents ; et enfin, l’acier indien,
mence le nom de l’adjectif par quelque particule dit acier wootz , imité des Orientaux. — On trouve
distinctive; par exemple, hypo (en grec, au-dessousl; souvent dans les forges catalanes l’acier naturel en
hyper (au-dessus); on per (au plus haut degré). traitant certains minerais de fer très-pur. — On ob-
Ainsi racide hyposulfnreux est un acide composé tient l’acier de forge en soumettant les fontes grises
de soufre et de proportions d’oxygène plus faibles ou blanches à l’action de la chaleur et d’un courant
que dans l’acide sulfureux; l’acide perchlorique ren- d’air; on leur fait perdre alors une quantité sur-
ferme plus d’oxygène que l’acide chlorique , etc. abondante de carbone, ainsi que d’autres substances
— Les acides dont le nom se termine en eux for- étrangères. L’acter de forge est le plus commun ;
ment des sels dont Je nom finit en ite; les acides c’est avec lui qu’on fabrique la grosse coutellerie
dont le nom se termine en ique donnent des sels les ressorts de voiture, les sabres, les scies, les in-
dont le nom finit en ate. Ainsi l’acide sulfureux struments aratoires, etc. C’est dans l’Isère, la Thu-
produit les sulfites ,
l’acide sulfurique les sulfates ringe, la Westphalie, la Styrie, la Carinthie, que
l’acidephosphoreux donne les phosphites; l’acide
;

l’on fabrique principalement l’acier de forge. — On


hypophosphoreux, les hypophosphites l’acide per- ;
prépare V acier de cémentation, dit aussi acier poule,
chlorique, les perchlorates. en chauffant fortement du fer en barre au milieu
Les acides organiques, qui sont infiniment plus d’une poussière composée de charbon, de suie, de
nombreux que les acides minéraux, et qui renfer- cendres et de sel marin. Les meilleurs aciers de cé-
ment tous du carbone et de l’hydrogène, la plupart menlation sont les fers suédois, norwégiens et russes.
de l’oxygène , quelques-uns aussi de l’azote , n’ont On emploie l’acier poule à la fabrication des limes
aucune nomenclature régulière. et (Jes objets de quincaillerie ;
on le soude au fer
Les acides les plus connus sont, parmi les acides pour armer des marteaux, des cisailles, des en-
minéraux, les acides sulfurique, sulfureux, suif- clumes, etc. — L’acier fondu ou acier fin s’obtient
hydrique, azotique ou nitrique, phosphorique, ar- par la fusion des autres aciers. 11 acquiert par la
sénieux arsénique , chromique
,
fluorhydrique ,
,
trempe une dureté et une ténacité très-grandes :
chlorhydrique, chlorique, ioaique, carbonique, bo- c’est avec lui que l’on confectionne les burins et les
rique, silicique; parmi les acides végétaux et ani- ciseaux capables de couper la fonte, le fer et les
maux, les acides formique, cyanhydrique on prus- autres aciers. 11 prend le plus beau poli ; aussi l’em-
tique, oxalique, acétique, malique, tartrique, suc- ploie-t-on de préférence pour la belle coutellerie
cinique, benzoïque, citrique, etc. Voy. ces mots. fine, la bijouterie d’acier, les ressorts de montre,
Plusieurs acides sont employés en médecine : tels les instruments de chirurgie , les coins des mon-
sont les acides sulfurique, azotique, chlorhydrique, naies , etc. — L’acier indien , dit aussi acier wootz,
phosphorique, tartrique, citrique, oxalique et acé- est celui avec lequel les Orientaux fabriquent, de-
tique. Étendus de beaucoup d’eau et donnés sous puis un temps immémorial, leurs excellentes lames
forme de boisson acidulé, ils diminuent la chaleur de sabre , appelées damas , du nom de la ville de
et l’irritation ; ce qui leur a valu le nom de rafraî- Syrie où elles se préparent particulièrement. Les
chissants, tempérants, antiphlogistiques. On y re- dessins moirés qu’on y remarque paraissent être dus
court dans les cas de fièvre, d’inflammation, de à la présence, dans la pâte de l’acier, d’un carbure
pléthore, d’excitation du cœur, d’affections bilieuses; de fer cristallisé, qui se trouve mis à découvert par
contre les vomissements des femmes enceintes , les l’action des acides. Stodart et Faraday ont trouvé,
hoquets spasmodiques. On les emploie aussi à l’ex- en 1822 , qu’en alliant à l’acier de petites quantités
térieur, contre les cors, les entorses, les dartres, les de certains métaux, comme le platine, l’argent, le
phlogoses, et, en général, contre toutes les irrita- palladium , on lui donne , avec la propriété de se
tions de la peau. damasser, la dureté , le grain et tous les caractères
ACIER (d’acier, tranchant), substance métallique de l’aciez* de l’Inde. Aussi aujourd’hui imite-t-on
formée de fer pur et d’une très-petite quantité de parfaitement cet acier : les manufactures des Bou-
carbone, variant de 1 à 2 centièmes. Sous cette forme ches-du-Rhône envoient même en Orient de très-
le fer acquiert des propriétés nouvelles. Lorsqu’après belles lames damassées où le platine est uni à l’acier.
l’avoir fait rougir, on le refroidit brusquement en L’art de préparer l’acier, que la Bible attribue à
le plongeant dans l’eau, l’acier devient très-élas- Tubalcaïn , et dans lequel excellaient les Chalybes
tique, moins dense, moins ductile, plus dur et peuple du Pont qui donna son nom à cette prépa-
très-cassant à froid dans cet état, on l’appelle acier
; ration du fer {chalybs en grec, veut dire acier),
trempé. En ne chautfant l’acier trempé que jus- fut enseigné aux Européens par les Orientaux; c’est
qu’au moment où sa surface se colore , c’est-à-dire surtout à partir du xe siècle que les armes blanches
en deçà du point où il a subi la trempe , et le lais- furent fabriquées avec l’acier. Les petits instruments
sant ensuite refroidir lentement, on pratique l’opé- d’acier, tels que couteaux et ciseaux, ne furent
ration du recuit, opération qui a pour objet de connus que plus tard. On ne vendit des aiguilles
donner à l’acier des (jegrés de dureté et d’élasticité d’acier en Angleterre que sous la reine Marie. La
variables, appropriés au genre de fabrication auquel fabrication de l’acier fondu a été découverte par Ben-
on le destine. On peut distinguer l’acier du fer en jamin Huntsman, qui créa en 1740 le premier éta-
déposant à la surface du métal poli une goutte d’a- blissement de ce genre à Handsworth près de
cide sulfurique affaibli : avec l’acier, il se produit Sheffleld. Les aciéries d’Angleterre sont encore au-
une tache noire due au charbon mis à nu , taedis jourd’hui très-renommées.
qu’il n’apparaît sur le fer qu’une tache verdâtre que ACNÉ (qu’on dérive d’a augmentatif et de knao
l’eau enlève aisément. En outre, l’acier est moins at- ou knêmi démanger) , nom donné par quelques
tirable à l’aimant, mais il conserve plus longtempsque pathologistes à une variété de la couperose , par
le fer la propriété magnétique : aussi prepare-t-on d’autres à la dartre pustuleuse disséminée. Voy.
de préférence avec, l’acier les aimants artificiels. DARTRE et COUPEROSE.
L’acier est susceptible de recevoir par le poli un ACOLYTES (du grec acolouthos suivant). On
très-bel éclat; il s’applique, dans l’industrie, Ji mille nomme ainsi les clercs qui ont reçu le plus élevé
usages qui varient selon sa (jualité. des quatre ordres mineurs de l’Église catholique
On distingue plusieurs espèces d’acier ; l’acier et dont l’oflice est de suivre et de servir les diacres et
naturel, retiré directement des minerais ; V acier de s. -diacres dans le ministère des autels. Ils doivent por-

forge, ontenu par l’aflinage partiel de la fonte ; l’a- ter l’encens, allumer et tenir les cierges, présenter au
cier de cémentation, préparé par la cémentation du prêtre l’eau et le vin. Souvent, surtout dans les cam-
, , ; -,,, , ,,,

ACOU 13 — ACRO
pagues, ces fonctions sont remplies aujourd’hui par des sons, traite de tout ce qui se rapporte à la for-
les sacristains et les enfants de chœur. Autrefois, mation, à la transmission, à la réflexion, enfin à la
les acolytes suivaient partout les évêques pour les propagation du son. C’est une science mixte, qui
servir et porter leurs messages. appartient aux mathématiques , à la physique et à
ACONIT (en grec aconiton, qu’on dérive d’a- la musique : l’acoustique mathématique fait con-
coné, pierre , parce ,que ceite plante croît dans les naître les lois du mouvement de vibration, consi-
terrains pierreux) , genre de la famille des Renon déré comme cause occasionnelle du son ; l’acous-
enlacées , tribu des Elléborées , plante herbacée qui tique physique étudie les phénomènes sonores ; l’a-
renferme des végétaux très-vénéneux en général coustique musicale considère les sons comme faisant
mais remarquables par la beauté de leurs fleurs partie d’un système de musique. — L’acoustique
qui ressembient à de petits casques et se groupent restreinte pendant longtemps à la considération
en épis. Les deux espèces les plus connues sont ; musicale des sons ,
a été cultivée dès la plus haute
VA. napel, vulgairement tue-chien, qui se dis- antiquité. Ce fut Pythagore qui découvrit les rap-
tingue par un bel épi de fleurs bleues, en forme de ports qui existent entre les longueurs des cordes vi-
casque fermé ; par ses feuilles étroites, finement dé- brantes, d’où résultent les différences de tons. Ce-
coupées, luisantes et d’un vert glabre ; elle contient pendant cette science fit peu de progrès jusqu’à la
un poison très-violent et corrosif; 2® VA. tue-loup, fin du xvii' siècle. Bacon connaissait déjà le fait de
que caractérise la couleur de ses fleurs , qui sont la propagation et de la réflexion du son ; mais il en
d’un jaune livide, mais à peu près de la même forme ignorait les lois. Sauveur fut le premier qui exposa
et disposées également en épi ; ses feuilles sont d’un la théorie des cordes vibrantes et son application à
vert sombre, plus larges que celles du napel et un la musique , une des branches importantes de la
peu velues. —
L’aconit croît naturellement dans les physique. Après lui, Taylor, D. Bernouilli, Euler,
Alpes, et est très-commun en Savoie. On a employé D’Alembert et Lagrange développèrent cette partie
l’aconit-napel contre les rhumatismes et les névral- de la science : Chladni publia en 1809 ses décou-
gies, contre les affections arthritiques , contre l’hy- vertes sur la vibration des surfaces élastiques. Depuis
dropisie et la paralysie. L’homœopathie, surtout, cette époque, MM. Biot, Cagniard-Latour, Savart
en fait un grand usage pour combattre la suraefi- surtout, enrichirent l’Acoustique par de nombreuses
vité de la circulation artérielle, les hémorragies expériences ; ce dernier, s’attachant aux mouve-
actives, en un mot, pour remplacer dans la plupart ments individuels des molécules, détermina le sens,
des cas les émissions sanguines. On extrait de l’aconit les lois et les caractères des divers modes d’ébran-
Vaconitine (Foy. ce mot). —
Selon les poètes, l’aconit lements qu’elles peuvent recevoir , selon la nature
naquit de l’écume de Cerbère , lorsque Hercule lui particulière des divers corps solides , etc. MM. Pois-
étreignit fortement le gosier, et l’arracha des enfers. son et Cauchy ont aussi contribué aux progrès de
ACONITINE, alcali végétal , en grains incolores, l’acoustique par leurs travaux mathématiques.
fort amers et vénéneux, contenu dans les aconits il : ACQUA-TINTA, A.-TOFANA, etc. Voy. AquA.
contient du carbone, de l’hydrogène, de l’azote et ACQUÊT {d'acquérir), bien dont on devient pro-
de l’oxygène. Sa formule est C*“H”NO'*. priétaire par achat ou de toute autre manière que
ACONITIQTJE (acide), dit aussi Acide pyrocitri- par succession ou donation. La communauté con-
que ou citridique, acide organique, cristallisant en jugale peut être réduite aux acquêts ( Code civil
croûtes mamelonnées, incolores, très-solubles, trouvé art. 1497) , c’est-à-dire aux biens acquis pendant le
par Peschier dans le suc des aconits, en combinaison mariage ; dans ce cas, les biens propres, c’est-à-dire
avec de la chaux. D’après les expériences de Ber- apportés par l’un ou l’autre des époux , restent la
zôlius et de M. Crasso, il s’obtient aussi artificieile- propriété exclusive de chacun d’eux.
ment par l’action de la chaleur sur l’acide citrique. ACQUIT-A-CAUTION , autorisation délivrée par
Avec les bases, il forme les aconitates l’extrait les employés des douanes ou des contributions in-
d’aconit dépose souvent de l’aconitatede chaux sous directes pour qu’une marchandise qui n’a point en-
la forme de grains blancs. Formule ; C*HO’HO. core payé les droits de consommation puisse libre-
ACORÉES (du genre Acorus, qui en est le type, ment circuler d’un entrepôt à un autre, sous la
tribu des Aroidées, comprenant les genres Acoms garantie qu’elle ne sera pas détournée de sa desti-
et Gymnostachys. nation. Au moyen de cette autorisation, les mar-
ACORUS (qu’on dérive du grec coré, prunelle, chandises sont exemptes de la visite des bureaux
parce que, selon Dioscoride, cette plante guérit les placés sur la route qu’elles doivent parcourir.
maux d’yeux), dite aussi Jonc odorant, Iris jaune ACRE (du latin ager, ayrt, champ) , mesure de
Lis des marais plante de la famille des Aroïdées superficie usitée autrefois en France, variait selon
croissant dans les lieux humides et sur le bord des les provinces où elle était en usage; sa valeur la
eaux, est vivace, épaisse, parasite : tiges souterraines, plus ordinaire était d’un arpent et demi. L’acre de
fleurs odorantes , en chaton ; racines aromatiques Normandie, le plus connu, se divisait en 4 vergées,
dont on fait quelque usage en médecine comme et la vergée en 40 pef-ches ; il valait 81 ares 71 cen-
excitant et sudorifique; on les mange en Auvergne; tiares.— Ailleurs, l’acre ne valait guère que 50 ares.
on peut en extraire par distillation une liqueur forte. — L’acre anglais vaut 40 ares 47 centiares.
On distingue VA. calamus, originaire de l’Inde ACRIDIENS (du grec acris sauterelle), famille
commune en Europe , et qui entre dans la com- de Tordre des Orthoptères établi par Latreille (Sau-
position de la thériaque et du mithridate, et 1’^. teurs de Cuvier) , caractérisée par ses antennes fili-
gramineus, originaire de Chine, moins répandu. formes ou prismatiques, des tarses de trois articles
ACOTYLÉDONS ou acotvlédones (du grec a priv, des cuisses renflées propres au saut, renferme une
et de cotyledôn ) , nom que l’on donne aux plan- vingtaine d’espèces, et a pour type la Sauterelle
tes privées de cotylédons. On les a nommées aussi (Voy. ce mot). Répandus sur toute la terre, ces ani-
Inembryonés (Richard), parce qu’elles n’ont pas maux se multiplient prodigieusement , et exercent
d’embryon, Agames (Necker) et Cryptogames surtout dans le Midi, les plus grands ravages.
(Linné) parce qu’elles n’ont pas de fleurs ou que
, ACROBATE (du grec acrobatès, qui marche en
du moins on ne leur en voit pas. —
L. de Jussieu en haut, en Tair) , nom donné parles anciens aux danseurs
a formé sa première classe acotvlédonie, composée de corde, a été remis en honneur dans ces derniers
des familles : Algues, Champignons, Lichens, temps, et a remplacé celui de funambule. Les acro-
Mousses, Lyeopodiacées , Fougères, Equisétacées bates dansent sur la corde tendue ou lâche, disposée
et Marsiléacées. horizontalement ou obliquement, et font mille tours
ACOUSTIQUE (du grec acouô j’écoute) , science de force. Ces exercices, qui exigent beaucoup de vl-
, , ,., , , ,,

ACRO — 14 — ACTE
gueur, de souplesse et d’aplomb, ont. été de tout dosserets ou petits murs élevés entre le socle et la
temps en possession de divertir la foule; ils sont tablette des balustrades.
mentionnés par plusieurs écrivains grecs et latins ACTE (d’ag'o, agir). En Morale, on distingue, se-
Nicéphore Grégoras , Nicétas, Manilius , Vopiscus lon la manière dont l’agent se développe , des actes
Quelques individus ont montré dans ces exercices spontanés ou instinctifs , volontaires ou réfléchis
une telle supériorité, qu’ils ont acquis une célébrité libres ou délibérés ; selon la nature de la faculté qui
populaire : on cite, entre autres, le fameux Tuccaro, agit, des actes physiques , intellectuels, moraux ; se-
dit l'Arckan ,^sous Maximilieu II et Charles IX ;
Forioso, en France, sous l’Empire, et, de nos jours,
lon le mérite de l’agent, des actes bons, vertueux,
s’ils sont conformes au devoir ; mauvais, coupables,
Saqui et il signor Diavolo. s’ils
y sont contraires. —
En Métaphysique et en Lo-
ACROCARPES (du grec acros au sommet, et gique, on oppose acte à puissance. La puissance
carpos, fruit, parce que les capsules sont à l’extré- est une simple faculté ou propriété , comme la pe-
mité des tiges) , d® ordre de la famille des Mousses dans santeur; l’acte est l’exercice de la faculté, la réali-
la classification de C. Montagne, divisé en 27 tribus : sation d’un fait , comme la chute d’un corps. On ne
Polytricées, BuxbaumiéeSj Bartramiées, Oréadées, peut conclure de la puissance à l’acte, à passe ad
Funariées, Méésiées, Bryees, Leptosfomées, Ortho- actmn-, mais, au contraire, la conséquence est bonne
tricées, Zygodontées , Grimmiées, Encalyptées de l’acte à la puissance. —
Dans la Pratique , Acte
Hydropogonées, Trichnstomées, Ripariace'es, Dicra- se dit de tout écrit qui sert à constater ou à justi-
nees, Syrrhopodontées, Discéliées, Weissiées, Octo- fier quelque chose. On distingue : A. privés, qui se
blépharées, Tetrodontées, Hedvigiacée.s, Schistosté- passent entre particuliers, sans le ministère d’aucune
gées, Splanchnées,Pottiacées, Sphagnées, Phascées. personne publique; A. publics ou authentiques,
ACROGÈNES (du grec acros, sommet, genos, qui sont passés par-devant des personnes qui ont
naissance croissant pàr le sommet ) , nom que
;
un caractère public, comme les actes notariés; A.
M. Lindley donne aux Acotylédon.s de Jussieu , par judiciaires où le ministère des avoués et du juge
opposition avec les Endogènes et les Exogènes, qui, interviennent; A. extra-judiciaires, qui ne sont
pour lui , remplacent les Monocotylédons et les Di- que le fait des huissiers et sergents; A. respectueux,
cotylédons. Les Acrogènes sont ainsi nommées, ceux qui, à défaut de consentement des père et mère,
parce que ces plantes s’accroissent par l’allongement doivent avoir lieu avant le mariage , quand le fils a
de leur extrémité. plus de 25 ans et la fille plus de 21 ; A. de noto-
ACROLÉINE (du latin acer, âcre, et oîeum riété, déclaration signée par plusieurs témoins, et
huile), liquide extrêmement volatil, qui se produit pouvant , en certains cas , suppléer un acte de nais-
par l’action d’une chaleur élevée sur les graisses et sance A. de l’État civil, ceux par lesquels les offi-
•,

les huiles grasses, et à un haut


dont la vapeur irrite ciers de l’État civil constatent les naissances , les
degré les yeux et les voies respiratoires. 11 renferme —
mariages , les décès. En Politique , on connaît sous
du carbone, de l’hydrogène et de l’oxygène dans les le titre d’.4. constitutionnel la constitution publiée
rapports exprimés par la formule C®H*0’. Il a été en 1793 par la Convention nationale; d’A. addition-
isolé et étudié pour la première fois par M. Redten- nel, les articles que Napoléon ajouta, dans les Cent-
hacher de Prague en 1843. Jours, aux constitutions de l’Empire : il présenta cet
ACROMION ( du grec acros , extrême, et omos , acte le 22 avril 1815 à l’acceptation des Français.
épaule) , apophyse de l’omoplate produite par une Dans l’Art dramatique. Acte se dit des divisions
éminence appelée e'pine. Dans l’eiifauce, ce n’est d’une pièce; chaque acte se subdivise en scènes. La
encore qu’un cartilage; il s’ossifie pou â peu jusqu’à division en actes ne paraît pas tranchée dans les poètes
20 ans ; il est alors parfaitement dur, et forme grecs; elle l’est mieux chez les Romains; Horace
avec l’omoplate un tout continu. Voy. omoplate. commande la division de chaque pièce en cinq actes :

ACROSTIC, Acrostichum (du grec acros, sommet, Neve minor» neu sit quioto productior acta
stichos, rangée) , genre de fougères qui appartien- Fabula quæ posci \ult et spectata repoui.

nent aux Pûlypodiacées , à capsules nues. M. Gaudi- Les modernes ne se sont nullement assujettis à cette
chaud a formé sous le nom àè Acrostichiées une règle : ils ont des pièces eu 4 actes, en 2 et en 1;
tribu dont le genre Acrostic est le type. cependant il y eu a peu qui en comptent plus de 5.
ACROSTICHE (du grec acros, extrémité, stichos, Chez les Romains on nommait acte simple
vers), petite pièce de poésie dans laquelle chaque {actus simplex, aclus minimus) , une mesure de su-
vers commence par une faisant partie d’un
lettre perficie qui avait 120 pieds romains de long sur 4
nom qu’on écrit en travers à la marge et qu’on de large , et qui valait 42 de nos mètres carrés ;
prend pour sujet, comme on le voit dans les vers acte carré [adus quadratus ou semis), une mesure
suivauis sur la belle Laure ,
l’amante de Pétrarque :
qui était moitié àa jugerum, et qui avait 120 pieds
ciel qui lasauva de son propre penchant romains en tous sens ; elle valait 12 de nos ares
beauté du corps unit celle de l’âme; plus 60 mètres et 40 centimètres carrés.
GU seul de ses regards par un pouvoir touchant,
,
ACTEE (du grec actœa, sureau), genre de la fa-
tsendait à la vertu le cœur de son amant.
P3lle embellit l'amour en épurant sa flamme. mille des Renonculacées , tribu des Elléborées ;
plante vivace à rliizome traçant, s’élève à 1“,30,
Ce genre était fort en vogue dans les bas siècles de la donne de jolies fleui's blanches, mais est vénéneuse.
littérature grecque il fut imité des Grecs à la re-
; Elle vient en pleine terre, et se plaît dans les lieux
naissance des lettres, surtout sous François 1er. ^.u- ombragés. Sa racine, dite Ellébore noir, est em-
jourd’hui il est fort décrié, et ne compte plus que ployée en médecine et sert de remède contre une
parmi les difficiles nugœ. maladie des bœufs. On distingue TA. cimicifuge ou
ACROSTIuHIÈES (du genre type Acrostichum), Chasse-punaise, TA. épiée (spicata) ou herbe de
tribu de l’ordre des Polypodiacées, de la famille des Saint-Christophe TA. des Alpes, TA. à grappes.
Fougères. Cette tribu renferme les genres Acrosti- ACTEURS. C’est en Grèce que parurent les pre-
chum (Acrostic), Polybotrya, Olfersia et Gym- miers acteurs connus :
nopteris.
Thespis fut le premier qui, barbouillé de lie,
ACROTÈRE (à'acroteros comparatif d’acros, Promeua par les bourgs cette heureuse folie.
placé plus haut). On nomme ainsi, en Architec- Et, d’acteurs mal ornés chargeant un tombereau,
ture, un petit piédestal ordinairement sans base et Amusa les passants d’un spectacle nouveau.
sans corniche, destiné à porter des statues, des vases Chez les anciens n’y avait d’acteurs que des liom-
ou autres ornements, et qu’on place au milieu et mes; les
il

femmes ne montaient pas sur la scène. —


eux côtés des frontons. On donne aussi ce nom aux Chez les Grecs ,
la profession d’acteur n’avait rien
, , ,

ACTl — 15 — AÜAG
de déshonorant elle*. était souvent remplie par les sens : Avoir action contre quelqu’un. L’action est
auteurs eux-mêmes. Chez les Romains, au contraire, dite personnelle quand dirigée contre une
elle est
elle ne pouvait être exercée que par des esclaves : personne dont on se prétend créancier ; réelle, quand
un Romain qui montait sur le théâtre perdait ses elle a pour but la revendication d’une chose (res) ;

droits de citoyen. Chez les modernes, surtout dans mixte si elle est à la fois dirigée contre les biens
les pays catholiques, il a longtemps régné contre et contre la personne qui les détient; civile, si la
les acteurs de fâcheux préjugés, effet des anathèmes poursuite est faite dans un intérêt privé; crimi-
prononcés par la religion contre les théâtres. Il était nelle, si elle a pour but la punition d’un crime :

défendu d’enterrer les comédiens en terre sainte. Ces cette dernière s’appelle aussi publique, parce qu’elle
préjugés s’effacent tous les jours, et l’acteur est estimé est faite d’office dans un intérêt public. On nomme
en proportion de sa conduite et de sa valeur person- A. pétitoire, celle par laquelle le propriétaire
nelle. Les plus grands acteurs de l’antiquité sont, d’un fonds , ou un ayant droit sur ce fonds , agit
chez les Grecs , Polus et Théodore ; chez les Ro- contre le possesseur à l’effet de recouvrer sa pro-
mains, Ésope et Roscius, qui excellèrent, le premier priété ou la jouissance de ses droits ; A. posses-
dans la tragédie , et le second dans la comédie. soire, celle par laquelle on demande à recouvrer
Dans les temps modernes, les noms les plus célèbres une possession, ou à être maintenu en possession.
sont, parmi les acteurs, ceux des tragiques Garrick, En Matière commerciale et industrielle, on nomme
Lekain, Larive, Talma, Kemble ; des comiques Molô, action une part dans les fonds et dans l’intérêt d’une
Préville, Baron ; parmi les actrices, ceux de Champ- compagnie formée pour une entreprise quelconque
mèlé, Lecouvreur, Dumesnil, Clairon, Mars, Duches- (mines, canaux, chemins de fer, banque, etc.). Ces
noy, George, Rachel. Plusieurs des plus grands au- actions peuvent se négocier; elles sont en hausse
teurs ont été en même temps d’excellents acteurs, à ou en baisse, selon qu’on en espère plus ou moins.
leur tête Shakspeare et Molière. Ce mode de placement, né du besoin d’associer
ACTIF. En termes de Commerce, V actif est la pour les grandes entreprises des fortunes qui se-
réunion des sommes dues à un négociant, de tous les raient insuffisantes isolément, est d’origine fort ré-
biens, mobiliers ou immobiliers, qu’il peut posséder; cente. Il est sujet à de très-grandes variations. En
on l’oppose au passif, qui est, au contraire, le total 1719, on vit les actions de la compagnie des Indes
des sommes dont le négociant est débiteur. — Au occidentales, établie par Law, s’élever en six mois
budget de l’État, V actif se compose de la percep- de 100 à 1,900 liv., puis tomber tout à coup, et
tion de tous les impôts , du recouvrement de toutes ruiner des milliers de familles. —
Les actions sont
les créances, quelles que soient leur nature et leur nominatives ou au porteur; la cession s’en fait,
source. — En Grammaire, on oppose aussi actif à dans le premier cas, en inscrivant sur les registres
passif ; verbe actif, voix active. Voy. verbe. une déclaration de transfert; dans le second, par la
ACTINIE (du ^rcc actis, rayon), zoophyte ma- simple remise du titre.
rin, genre d'e Polypes rayonnés et charnus, à ten- ACTIVITÉ , puissance d’agir : on l’oppose à la
tacules nombreux, au centre desquels est une ouver- Passivité. On distingue l’activité physique ou force
ture qui sert â la fois de bouche et d’anus. Ces ani- motrice, principe de toutes les facultés physiques ,
maux ont la forme d’un cylindre ou d’une demi- cause de tous nos mouvements; l’activité mentale,
sphère à couleurs brillantes, et s’épanouissent à la principe de toutes nos facultés intellectuelles et mo-
manière des fleurs ; d’où vient qu’on les appelle Ané- rales. L’activité, quelles que soient d’ailleurs ses
mones de mer. Leur contact est brûlant, ce qui leur applications, peut être successivement spontanée ou
fait aussi donner le nom à' Orties de mer. Cependant instinctive , volontaire ou éclairée , libre ou déli-
quelques espèces sont comestibles : telles sont YA. bérée, habituelle ou machinale. Quelques philo-
edulis , qu’on trouve sur les côtes de Provence. sophes, en réduisant tout à la sensation, ont impli-
ACTINOTE. Voy. amphibole. citement détruit l’activité; Laromiguière et Maine
ACTION. En Mécanique, le mot action exprime de Biran se sont honorés en rétablissant le rôle de
tantôt l’effort qu’une force déploie contre un corps l’activité, bien que ce dernier ait paru d’abord bor-
tantôt l’effet, le mouvement résultant de cet effort. ner ce rôle à l’exercice de la force motrice, à Y effort
C’est un axiome en Mécanique, que la réaction musculaire.
est toujours égale à l’action. On admet aussi que
,
ACUPONCTURE (d’acus, aXgmWe, punctura pi-
lorsqu’il survient quelque changement dans l’état qûre) opération qui consiste à introduire des ai-
,
des corps, la quantité d’action qu’ils perdent est la guilles dans le corps, a été employée pour guérir cer-
plus petite possible : cette vérité, établie par Mau- taines affections, telles que névralgies, douleurs
pertuis , est connue sous le nom de principe de la rhumastimales , paralysies, inflammations. On se
moindre action. —
En Littérature, V action le dé- sert , à cet effet , d’aiguilles fines , en or, en argent
veloppement, suivant les règles de l’art, de l’événement ou en acier détrempé; on les garnit d’une tête de
qui fait le sujet du drame et de l’épopée ; on y dis- métal ou de cire pour qu’elles ne s’enfoncent pas
tingue trois parties ; l’exposition, le nœud, le dé- tout entières. Les Chinois, les Japonais pratiquent
noùment. La règle de toute action est l’unité : depuis des siècles l’acuponcture ; c’est leur remède
universel. Le voyageur Kæmpfer apporta cette mé-
...SU qaodTÎs simplex dmU&xat et onom.
thode en Europe à la fin du xvn» siècle. Elle était
Cette règle ,
fondée sur une nécessité réelle
, parce fort négligée, lorsqu’on 1826 M. J. Cloquet la remit
que en se divisant , a mieux ré-
l’intérêt se dissipe en vogue; mais elle retomba bientôt dans l’oubli.
sisté aux des novateurs que celles qui pres-
efforts M. Cloquet a donné un Traité de l’Acuponcture, Paris,
crivent l’unité de temps et de lieu. —
Dans l’Art 1826, etM. Pelletan une Notice sur l’Acup,, 1828.
oratoire, Yaction est le geste et le débit : les anciens ADAGE (en latin adagium, qu’on dérive d’aef
y attachaient la plus grande importance. Démo- agendum , pour agir, règle d’action), maxime ou
sthèue y réduisait pieque tout, et. disait que l’ac- règle de conduite dont l’expression est consacrée et
tion est le commencement, le milieu et la fin de est devenue proverbiale. Chaque nation a ses adages ;
l’art de l’orateur. Cicéron l’appelle le langage du l’Orient surtout est riche en ce genre : on l’a sur-
corps , sermo corporis , et lui consacre une grande nommé le pays des adages. Erasme a extrait des
place dans ses traités de rhétorique. —
En Juris- auteurs anciens plus de quatre mille sentences de ce
prudence, Yaction est à la fois le droit de réclamer genre : ce recueil est connu sous le titre d! Adages
en justice ce qui nous appartient ; Jus persequendi d’Erasme.
injudicio quod sibi debetur {Itistit., lib. IV, tit. vi), ADAGIO, mot italien qui signifie à l’aise, posé-
et l’usage que l’on fait de ce droit. On dit en ce ment. Ce mat, placé â la tête d’un morceau de mu-
, , ,, ,,

ÂDHÉ - 16 — ADJE
sique, indique que le mouvement en est moins lent solides de la surface d’un liquide. Pour mesurer cet
que celui du largo , et moins animé que celui de effort, on se sert d’une balance : d’un côté on met
\'andante. C’est à Corredi, violoniste du xvu' siècle, le disque , de l’autre on met des contre-poids ; et
que l’on doit l’introduction de Vadagio. quand l’équilibre est établi, on approche la surface
ADANSONIA, nom donné par quelques botanistes liquide jusqu’à l’instant où elle touche la surface
au Baobab dédié au célèbre Adanson. V. baobab.
, inférieure du disque ; alors on ajoute peu à peu des
ADANSONIÉES (du genre type Adansonia, Bao- poids du côté opposé ; l’on note combien il en faut
bab) , tribu des Bombacées , comprenant les genres mettre pour rompre l’adhésion. Ce procédé a été
Adansonia, Bombax, Erione, Eriodendron. imaginé par Taylor et perfectionné pai- Cigna
ADDITION {A'addo ajouter) ,
opération d’ Arith- Guyton-Morveau, etc.
métique qui a pour objet de réunir plusieurs nom- ADIANTE, Adiantum (mot grec qui signifie fou-
bres en un seul appelé somme ou total. C’est la gère), genre de Fougères, à feuilles minces et trans-
première des quatre règles fondamentales de cette parentes, à tige grêle et lisse comme les cheveux, ce
science. S’il s’agit de nombres entiers, tout l’artiüce qui leur a valu le nom de Capillaires. 11 comprend
de l’opération consiste à additionner d’abord la co- environ CO espèces, dont deux habitent nos climats
lonne des unités simples de tous les nombres proposés, tempérés ce sont l’A. pedatum on A. de Canada, et
:

puis les dizaines, puis les centaines, et ainsi de suite ; VA. capillus Ve?ieris ou Cheveu de Vénus. Cette der-
en un 'mot, à substituer à l’opération proposée plu- nière ti*e son nom du pédicule et de la nervure mé-
sieurs opérations partielles beaucoup plus simples. diane des feuilles, qui ont la couleur et la finesse des
Si les nombres à ajouter sont complexes c’est-à- cheveux châtains. Cette jolie plante est commune à
dire s’ils contiennent des parties de dénominations tous les climats on la trouve dans le midi do la
;

diverses , ayant entre elles des rapports connus France, aux environs de Montpellier, ce qui l’a fait
comme toises, pieds, pouces, lignes, etc., on ajoute aussi nommer Capillaire de Montpellier. Elle se
ensemble les parties de même grandeur, en ayant trouve entre les fentes des rochers humides, sur le
soin de prélever , s’il y a lieu , sur chaque somme bord des fontaines. Sou feuillage, très-découpé , est
partielle les unités de l’ordre supérieur, afin de les élégant, et la plante desséchée a un arôme léger,
reporter à la colonne des unités de cet ordre. Pour — fort agréable , qui la rend propre à être employée
additionner des fractions, il faut préalablement les en infusion dans la toux ; on en fait également un
réduire au même dénominateur, afin qu’elles repré- sirop connu sous le nom de sirop de capillaire.
sentent des parties de même grandeur, puis ajouter ADIANTÉES (du genre type) , tribu de la section
ensemble les numérateurs des fractions ainsi ré- des Polypodiacées, famille des Fougères, renferme les
duites, et donner à leur somme le dénominateur genres Adiantum, Lonchitis, Pteris, Cheilanthus.
commun. —
L’addition des quantités algébriques ADIPI(3UE (acide), acide organique, à cristaux
s’effectue en écrivant à la suite l’une de l’autre
les blancs, obtenu par M. Laurent eu faisant agir l’acide
avec leurs signes , et en réduisant les termes sem- azotique sur les corps gras (en latin adeps).
Idables, s’il y a lieu : ainsi la somme de 2a-)- b, et ADIPQCIRE (à' adeps, adipis, graisse, c’est-à-dire
a — 2A, est 2a-)-6-l-a —
26, ou, en réduisant, cire grasse), ou Gras de cadavre, produit de la dé-
3a — 6. composition des substances animales dans la terre hu-
ADDUCTEURS (müscles). V. muscles adducteurs. mide ou sous l’eau. Ce produit se rencontre fréquem-
ADELPHES (du grec adelphos, frère), se dit, en ment dans les cimetières humides. Il a été observé
Botanique, des étamines réunies en certain nombre pour la Iro fois en 1787 par Fourcroy. M. Chevreul
sur un support commun qu’on a proposé de nom- l’a trouvé formé d’une petite quantité d’ammonia-
mer anc?/’op6ore de là les épithètes de monadelphes
.•
que, de potasse , de chaux, unie à beaucoup d’acide
(étamines réunies en un seul groupe ) , diadelphes margarique et à très-peu d’acide oléique. L’adipo-
(deux groupes), etc., et les noms de monadelphie cire provient seulement de la graisse préexistante
diadelphie, polyadelphie, donnés par Linné à trois dans le corps mort, et non de l’altération de la
des classes de son système sexuel. chair humaine, des tendons ou des cartilages, ainsi
ADÉNITE, ADÉNOLOGiE, ADÉNOTOMIE, etc., mots qu’on l’avait d’abord supposé. Les Anglais font avec
dérivés du grec aden, glande. Voy. glande. Vadipocire des chandelles économiques d’une con-
ADHÉRENCE [A'aakærere, être attaché à) , état sistance plus grande que le suif, et qui ressemblent
de deux corps qui, sans se pénétrer, sont retenus beaucoup aux bougies de cire. Jusqu’à ces derniers
l’un près de l’autre par le seul contact des surfaces. temps, on a confondu à tort l’adipocire avec le
L’eau, par exemple, adhère à un grand nombre de Blanc de haleine ou Céline, et avec la Cholestérine
corps ; les particules d’une même goutte d’eau ont extraite des sécrétions biliaires de l’homme.
aussi entre elles une certaine adhérence : les parti- ADIVE ou coRSAc , espèce de Chien. V. corsac.
cules d’huile en ont entre elles une encore plus ADJECTIF (A'adjicio, ajouter), une des parties es-
grande. Deux disques bien polis de métal , de verre sentielles du discours, exprime une qualité, une ma-
ou de marbre, adhèrent entre eux, et il faut une nière d’être comme ajoutée ou rapportée à une sub-
assez grande force pour les séparer, même dans le stance ; aussi n’y a-t-il point d’adjectif sans substantif,
vide. L'adhérence est un élément très-important exprimé ou sous-entendu. Comme la qualité est insé-
dans la construction des machines. Sur les chemins parable du sujet, l’adjectif subit toutes les variations
de fer, par exemple , on diminue les obstacles qui du substantif; il s’accorde avec lui en genre, en
s’opposent à la marche des locomotives, en aug- nombre, en cas. Il y a cependant quelques langues,
mentant leur adhérence aux rails. Dans ces derniers comme l’anglais, le persan, le turc, où l’adjectif est
temps, un habile chimiste, M. Nicklès, a proposé de invariable. Quelques grammairiens rapportent l’ad-
renforcer cette adhérence en transformant les roues jectif au nom, distinguant des noms substantifs et
des locomotives en aimants au moyen d’un système des noms adjectifs; l’Académie semble conûrmer
de piles galvaniques. —
On attribue le phénomène cette manière de voir quand elle définit les adjectifs
de l’adhérence à une force que l’on nomme adhé- noms que l’on joint substantifs pour les qua-
aux
sion, espèce d’attraction moléculaire qui commence lifier ou les modifier. —
On distingue deux classes
à se faire sentir lorsque deux corps se répondent d’adjectifs : les adjectifs qmlificatifs, comme blanc,
par un grand nombre de points d’une surface unie ; noir; beau, laid, qui expriment les qualités pro-
cependant ce phénomène ne parait point étranger à pres aux personnes et aux choses ; et les adjectifs
ce qu’on nomme affinité chimique ou attraction de déterminatifs, comme ce, ces; un, plusieurs; mon,
combinaison. On détermine la force d’adhésion en ton, son, etc., qui expriment les diverses manières
évaluant l’effort nécessaire pour détacher des disques dont l’esprit envisage les choseâ. Il y a quatre sortes
, , , ,,
,

ADMI — 17 — ADRA
d’adjectifs déterminatifs ; les adjectifs numéraux ,
Après la révolution de février 1848 , le gouver-
démonstratifs, possessifs et indéfinis; on fait aussi nement provisoire créa une École d’administra-
rentrer Variicle dans la classe des adjectifs déter- tion : cette école fut annexée au collège de France;
minatifs. —
Pour Y Adjectif verbal , Voy. verbal. les cours devaient être faits par les hommes les
ADJOINT (du latin adjunctus). Ce mot, qui si- plus éminents du nouveau gouvernement; MM. La-
gnifie en général toute personne associée à une autre martine , Garnier-Pagès , Marrast , Ledru-Rollin ;
pour l’aider dans ses travaux, s’applique tout spé- mais aucun d’eux ne monta jamais en chaire, et
cialement à Y adjoint au maire officier public qui, l’école, mal conçue, quoique utile dans sa destina-
dans chaque commune, est chargé de remplacer le tion , fut supprimée en 1849 par l’Assemblée légis-
maire en cas d’absence et d’empêchement, et qui lative; il fut seulement créé, dans plusieurs des
le seconde dans ses fonctions. Voy. maire. Facultés, de nouveaux cours de droit administratif.
ADJUDANT (du latin adjuvare aider) , officier ADONIDE (d’ Adonis, personnage mythologique)
militaire, subordonné à un autre pour l’aider dans plante herbacée, de la famille des Renonculacées,
ses fonctions. Les adjudants sous-officiers font le d’un aspect élégant, à feuilles finement découpées,
service journalier; ils sont les premiers parmi les à fleurs ordinairement solitaires, rouges ou citrines,
sous-officiers; ils ont une solde plus élevée, un ayant cinq ou six pétales. Elle est très-abondante
uniforme plus distingué; ils portent à droite une dans les blés. On distingue l’A. vernaleoa de prin-
épaulette d’or ou d’arg. à franges simples, barrée d’un temps, l’A. estivale ou d’été, dite aussi Œil-de per-
double galon tissé dans le corps ; à gauche une contre- drix, et surtout l’A. automnale ou Goutte- de- sang
épaulette semblable. Ce grade a été créé en 1771. ainsi nommée à cause de sa couleur d’un rouge
Les adjudants ont autorité et inspection immédiate pourpre. Cette dernière, selon la Fable, reçut le sang
sur les sous-otticiers et caporaux, pour tout ce qui d’Adonis blessé : c’est de là qu’elle tire son nom.
a rapport au service et à la discipline ils sont
; Elle est cultivée dans nos jardins. On l’expose au nord.
chargés de l’instruction des caporaux; ils sont sous ADONIQUE (vers), vers latin composé d’un dactyle
les ordres des adjudants-majors. —
Les adjudants- et d’un spondée ou d’un trochée. Ex. Tërruïtürbém.
:

majors sont chargés de tous les détails du service, Il termine ordinairement la strophe saphique Voy. {

ainsi que de l’instruction des sous-officiers et capo- saphique). On croit que son nom vient de ce que
raux de leur bataillon. Les adjudants-majors sont ce vers était usité dans les lamentations ou fêtes
nommés par le ministre on les prend dans le grade de
;
lugubres en l’honneur d’ Adonis.
capitaine. Ils portent les insignes de leur grade, ADOPTION (d’adoptare, dérivé de opto, choisir),
mais avec des épaulettes d’une couleur distincte de acte en vertu duquel un étranger est admis à faire
celle du corps (blanches quand celles du corps sont artie d’une famille qui le reçoit dans son sein,
jaunes, jaunes quand elles sont blanches). Ces adju- ’adoption était pratiquée par tous les peuples an-
dants ont été créés en 1790. —
Les adjudants géné- ciens. A Athènes , on ne pouvait adopter que des
raux, créés en 1790 , appelés aussi adjudants com- enfants légitimes, qui n’eussent pas plus de vingt
mandants , sont devenus colonels d’état-major. ans. 11 fallait, pour adopter, avoir un âge prescrit
ADJUDANT DE PLACE. Voy. AIDE-MAJOR. par la loi et être inscrit sur les registres publics.
ADJUDICATION (d’adjudicare, juger en faveur A Rome, l’adoption était très-fréquente : elle se fit
de, adjuger), concession faite aux enchères ou au d’abord avec l’autorisation des pontifes, et, plus
rabais par un officier public chargé des pouvoirs tard , avec celle des magistrats ou du peuple. L’a-
nécessaires. Celui qui adjuge est dit adjudicateur, doptant avait droit de vie et de mort sur l’adopté :
celui à qui on adjuge adjudicataire. 11 y a trois celui-ci devait avoir dix-huit ans de moins que le
sortes d’adjudications ; \°V A. volontaire onia. y cnie premier. Dans l’origine, les patriciens ne pouvaient
que fait aux enchères un individu majeur et capa- adopter les plébéiens ; mais ceux-ci pouvaient adop-
ble de traiter, qui vend ses immeubles ou ses meu- ter un patricien. Quelquefois on adoptait par testa-
bles sans y être contraint par ses créanciers; 2® Y A. ment. L’adopté prenait le nom et le surnom de
forcée o\x judiciaire ou la vente que les créanciers l’adoptant, et y ajoutait son nom de famille ou son
poursuivent en justice des biens de leur débiteur surnom, dont il faisait un adjectif : ainsi, Scipio
pour obtenir leur payement ; 3® Y A. administrative, Æmilianus , Ccesar Octavianus , indiquaient que
que fait l’Administration pour les ventes ou baux des l’adopté des Scipions ou des Césars se nommait d’a-
biens de l’État, des départ, et communes. —L’A se fait, . bord Æmilius ou Octavius. —
En France, l’usage
soit à la chaleur des enchères et à l’extinction des feux, de l’adoption se perdit après la première race de nos
soit par soumission cachetée. Toute adjudication doit rois. Rétablie en 1792, l’adoption a été consacrée
être faite avec publicité et concurrence. La conces- dans le Code civil. L’adoptant doit être âgé de plus
sion n’est définitive qu’après vingt-quatre heures. de cinquante ans, avoir au moins quinze ans de plus
ADMINISTRATION publioue. On nomme ainsi que l’adopté, et n’avoir pas d’enfants légitimes ; s’il
l’ensemble des pouvoirs qui , soit au centre de l’E- est marié, il faut le consentement de l’autre époux.
tat, soit dans chaque département, arrondissement, L’adopté doit être majeur. —
Outre l’adoption ordi-
canton et commune, sont chargés de l’exécution naire, leCode admet l’adoption rémunératoire
des lois d’intérêt général qui statuent sur les rap- faite en reconnaissance de quelque grand service,
ports nécessaires de chaque administré avec la so- et l’adoption testamentaire. Tout ce qui regarde
ciété. Les principaux agents de l’A. sont, après le l’adoption est réglé par le Code civil, liv. I, tit. viii.
chef de l’État (empereur, roi ou président), les minis- ADOXA (du grec a priv., et doxa, gloire, sans
tres et leurs agents, préfets et maires, etc. On dis- éclat), nom donné par les botanistes à la Moscatelle,
tingue : A. civile, judiciaire, ecclésiastique, uni- sans doute à cause du peu d’éclat de ses fleurs,
versitaire, militaire, financière, forestière; A. des petites et d’un jaune verdâtre. Voy. moscatelle.
ponts-et-chaussées, des hospices; A. centrale, dépar- ADRAGANT (par corruption du mot tragacan-
tementale, municipale, etc. tha, nom grec de l’arbrisseau épineux qui donne cetie
La science de l’administration, d’origine toute ré- gomme), gomme qui découle spontanément des tiges
cente, est surtout redevable en France aux travaux et des rameaux de certains arbrisseaux, surtout de
de M. de Gérando, qui occupa la première chaire de Y Astragalus tragacantha et de l’Astragalus verus,
droit administratif à la Faculté de Paris; et à ceux qui se trouvent dans la Turquie d’Asie ainsi que dans
(le MM_. Cormenin etMacarel. M. L. Dufour a donnéun
la Perse. L’adragant est en petits fragments ruba-
Traité de Droit administratif appliqué (1854), nés, opaques, de couleur blanche. Il sert en méde-
MM. Blanche et Boulatignier, un Dictform. d’A.(1850), cine comme analeptique ; en pharmacie , il donne do
et M. Block , un Dictionn. de l’A franc.
(1856).
. la consistance et le liant à plusieurs médicaments on ;

2
, ,,.,
, -

ADVE — 18 AÉRO
en fait des loochs, des crèmes , des gelées. Dans les déterminer : sagement, formé de sapienti mente,
arts , il donne du lustre et de la consistance et sert veut dire avec un esprit sage.
,
aux appréteurs, aux confiseurs, aux fabricants de ADYNAMIE (du grec a privatif, et dynamis,
couleurs, etc. La propriété qu’il a de former des mu- force ) , privation de force, disposition ou état mor-
cilages est due à un principe immédiat que l’on en bide caractérisé par l’abattement profond de la phy-
a extrait, et que l’on nomme Adragantine. sionomie, la flaccidité des chairs, la difficulté ou
ADRESSE. On nomme ainsi, en Politique, un dis- l’impossibilité du mouvement , l’obscurcissement des
cours adressé au chef de l’État par un corps politi- sensations ,des affections morales et des opérations
que, administratif, ou par une réunion de citoyens. Intellectuelles. Cet état d’adynamie s’observe dans
Sous la monarchie, on appliquait spécialement ce des maladies bien différentes , spécialement dans le
nom à la réponse faite par les chambres au discours typhus, le scorbut et la fièvre typho'ide, que l’on dé-
du trône. On connaît surtout la célèbre adresse dite signait autrefois sous le nom de fièvre adrjnamique.
des Deux cent vingt et un, votée en mars 1830 par ÆGAGRE ,
chèvre sauvage. Voy. chèvre.
221 membres de la Chambre des députés, en réponse ÆGAGROPILES. Voy. bézoard.
lu discours menaçant de Charles X. Cette adresse ÆGIGÈRÈES, tribu formée par De Candolle dans la
mal accueillie par le roi , fut bientôt suivie de la ré- famille des Myrsinacées ou Myrsinées, ne renferme
solution de juillet. — L’adresse , dont la discussion que le genre Ægiceras (du grec aix, aigos, ebè-
faisait perdre un temps précieux, a été supprimée vre , et héros, corne , ainsi nommé par allusion à
depuis la Résolution de 1848. la forme du fruit) , de l’Asie tropicale. Ce sont des
ADULAIRE, espèce de Feldspath qu’on trouve sur- arbrisseaux à fleurs blanches réunies en grappes ou
tout au mont Adule (Saint-Gothard) en Suisse. On en ombelles à l’extrémité des rameaux. Suivant
la nomme aussi Pierre de lune, à cause de sa cou- Rumph, les feuilles d’une espèce peuvent se manger,
leur blanche et de son éclat nacré. Les lapidaires la même crues, tandis que celles d’une espèce voisine
montent sur les bagues et les épingles. sont très-vénéneuses et servent à tuer le poisson.
ADULTE (âge). Voy. âge. ÆGILOPS (mot grec dérivé d’aïx, chèvre , et dps,
ADULTÈRE {&adiUterare , changer, corrompre œil). On nomme ainsi en Médecine un petit ulcère
dérivé A! aller, autre). Ce mot désigne et la violation qui se forme à l’angle interne de l’œil , et qui , lors-
de la foi conjugale et la personne coupable de cette qu’il devient calleux et sinueux, s’appelle fistule la-
violation. Le crime d’adultère
,
qui porte le trouble crymale. D est ainsi appelé , dit-on , parce que cette
dans les familles, et qui, commis par la mère, m^adie est commune aux chèvres.
charge le père d’enfants qui lui sont étrangers, En Botanique, on nomme Ægilops, vulg. (EU de
a été de tout temps flétri par la morale, condamné chèvre, wa g. de Graminées voisin du Trilicum, à épi
par les diverses religions , et puni sévèrement, simple, composé d’épillets fossiles, solitaires, de deux
quoique à des degrés différents, par la législation. à trois fleurs. On en distingue quatre espèces com-
Défendu par le Décalogue, il était puni de mort munes dans le midi de la France. On à prétendu
chez les Juifs les deux coupables étaient lapidés
: que le froment n’était qu’une modification d’une de
Les Lacédémoniens, les Germains, punissaient éga- ces espèces ,
V Ægilops ovata.
lement l'adultère du dernier supplice :c’est ce' ÆGLEFIN ou aigrefin, poisson du genre Gade,
qui a lieu encore aujourd’hui chez les Musulmans et analogue à la morue ; sa chair s’enlève aussi facile-
chez la plupart des Orientaux. A Athènes, la femme ment par feuilles, mais elle est moins recherchée. Ce
coupable était répudiée et exclue des temples. A poisson ne parvient guère qu’à la longueur de quatre
Rome, elle était livrée au mari, qui pouvait la ré- ou cinq décimètres. On le trouve dans l’Océan Sep-
pudier ou même la tuer; la loi Julia, rendue par tentrional. Tl s’approche dans les mois de février et
Auguste, prononçmt, selon les cas, la mort ou la de mars, en troupes serrées, vers les rivages septen-
relégation. — En France, avant la Révolution, la trionaux de l’Europe.
femme adultère était le plus souvent enfermée, pour ÆPYORNIS (du grec aipys , immense et ornis , ,

le reste de ses jours, dans un couvent ou dans un oiseau), genre d’oiseaux gigantesques, tout à fait
hôpital avec les femmes de mauvaise vie. Aujourd’hui, distinct de l’autruche et du casoar, et dont on n’a que
l'adultère donne dieu à la séparation (au divorce, quelques os et les œufs. Ces œufs, découverts à Ma-
avant l’abolition du divorce), Code civil, art. 229, dagascar en 1850, ont une capacité de huit à dix
'230. La femme adultère est, en outre, condamnée litres les Malgaches s’en servent comme de vases.
:

par le Code pénal (art. 336-39) à la réclusion pen- AÉRAGE, aération. Foy. ventilation.
dant un temps qui peut varier de 3 mois à 2 ans ;
AÉRIFORME (qui a la forme de l’air) , se dit des
son complice est passible de la même peine, et, de fluides qui, différant de l’air atmosphérique par
plus ,' d’une amende de 100 à 2,000 fr.; le meurtre leur nature propre, lui ressemblent par leur trans-
1 ommis sur les coupables pris en flagrant délit par le parence, leur élasticité, leur compressibilité tels :

mari outragé est déclaré excusable (C. p. 324). Le sont les gaz et les vapeurs.
mari adultère est condamné à une amende de 100 à AÉROLITHES (du grec aer, air, et lithos, pierre),
JOOO fr., s'il a entretenu une concubine dans la maison dits aussi Bolides, Pierres météoriques. Météorites,
conjugale(339) .Les enfants adultérins ne peuvent être masses minérales plus ou moins volumineuses qui
reconnus ni légitimés ; ils n’ont droit qu’à des aliments. tombent de l’atmosphère. Elles sont généralement
AD 'VERBE (dearf, à, auprès, et nerôwm, mot), mot arrondies et recouvertes d’une écorce noire ; elles se
invariable, dont la fonction est de modifier le mot, composent de diverses substances terreuses ou mé-
verbe, adjectif ou adverbe, auprès duquel il se place. talliques , dont quelques-unes sont cristallisées et
U y ajoute une idée de degré, très, fort, trop, j>lus, les autres en globules ou en petites veines. On y
moins, peu, beaucoup; de manière, lentement, trouve principalement du fer allié à du nickel et à
doucement, aisément; de temps , comine demain du chrôme, quelquefois aussi à du soufre, à de la
aujourd’hui, hier; de lieu, comme ici, là. L’adverbe silice, à du manganèse. —
La chute des aérolitbes
» est pas, à proprement parler, un élément essentiel est ordinairement précédée de l’apparition de globes
d langage ; il n’est lui-même qu’un mot composé
1
enflammés qui se meuvent dans l’espace avec une
qu’une forme abrégée et mixte, qui équivaut à une grande vitesse et à une très-grande hauteur, et qui
préposition suivie de son complément ; agir sage- finissent par éclater en produisant de fortes déto-
ment c’est agir avec sagesse.
,
— Tous nos adverbes nations. Les pierres météoriques arrivent brûlantes
en ment ne sont autre chose qu’un adjectif joint à à la surface de la terre, et dégagent souvent des —
l’ablatif latin mente qui lui-même est pour avec vapeurs sulfureuses au moment de leur chute.
une disposition , une manière, que l’adjectif vient On pensé d’abord que les aérolitbes se formaient
a
,

AÉRO — 19 — ÆTHU
dans l’espace, vers la limite de notre atmosphère, ronaute aux plus graves dangers, fut bientôt aban-
par yoie d’agrégation et de condensation ; plus tard, donné. Dès 1783, le ph^icien Charles sut mettre à
Laplace a supposé qu’elles pouvaient être lancées profit la légèreté du gaz hydrogène pour le substituer
par les volcans de la lune. Mais, depuis quelques à l’air raréfié par la chaleur; ce gaz^ en effet, à la
années, on est disposé à regarder les pierres mé- même température que l’air, pèse environ quinze fois
téoriques comme des fragments de petites planètes moins que lui. On emploie de préférence aujourd’hui
qui, circulant irrégulièrement dans l’espace et se trou- le gaz d’éclairage. L’enveloppe se fait avec du tafletas
vant engagées dans notre système, cèdent à l’attrac- gommé de bonne qualité; un filet qui embrasse 1e
tion de la terre et se précipitent sur elle dès qu’elles ballon supporte la nacelle dans laquelle se place
entrent dans sa sphère d’activité. Cette hypothèse rat- l’aéronaute. Les couches de l’atmosphère étant de
tache ce phénomène à celui des étoiles filantes {Voy. plus en plus raréfiées à mesure qu’on s’élève , l’aéro-
ce mot) .

On regarde comme des aérolithes les masses naute parvenu à une certaine hauteur n’éprouve
plus qu’une poussée égale à son poids, et, par con-
de fer plus ou moins considérables qu’on trouve à la
surface de la terre en quelques lieux, bien qu’on n’en séquent, ne peut s’élever davantage. Si l’on gonflait
ait pasobservé la chute; plusieurs d’entre elles ont un entièrement le ballon en quittant la terre, l’hydro-
j)Oids qui dépasse plusieurs milliers de kilogrammes. gène tendant sans cesse à se mettre en équilibre
— La chute de pierres tombées du ciel est un fait avec l’air environnant, pourrait crever ce ballon à
connu de toute antiquité. Il est question dans Josué une certaine hauteur; pour prévenir ce résultat,
d’une pluie de pierres qui détruisit l’armée ennemie. on ne remplit les aérostats qu’aux trois quarts.
Les pierres miraculeuses que les anciens nommaient L’aéronaute se munit aussi d’une provision de lest,
bœtyles, uhadirs, et qu’ils gardaient dans les tem- dont il jette une partie quand il veut s’élever da-
ples en les consacrant aux dieux , surtout à Cybèle vantage et que le ballon n’a plus de force ascen-
n’étaient sans doute que des aérolithes. Plutarque, sionnelle. Pour redescendre, il ouvre, au moyen
dans la Vie de Ly sandre, décrit une pierre qui était d’une corde , une soupape ménagée à la partie su-
tombée en Thrace, près de l’embouchure de l’Ægos- périeure du ballon, et par laquelle s’échappe
Potamos. Longtemps les savants modernes ont relégué alors une portion du gaz hydrogène. L’invention
lespierrestombéesdu ciel parmi lescontespopulaires; du parachute ( Voy. ce mot prévient une partie
un fait de ce genre constaté à Sienne, en Toscane,
)

des dangers de 1a navigation aérienne. — Les


par le savant Cbladni le 16 juin 1794, ébranla les aérostats n’ont guère été jusqu’ici qu’un curieux et
incrédules; un autre fait, qui eut lieu en plein jour intéressant spectacle destiné à amuser la foule dans
à L’Aigle, en Normandie, le 26 avril 1803, et qui les fêtes publiques; ce jeu hardi a donné la célébrité
fut l’objet d’une enquête de la part de l’Académie à quelques aéronautes , mais il a été fatal à plusieurs
des sciences, dissipa tous les doutes. — Un savant (
Voy. aéronaute). On a aussi essayé d’en faire
anglais, M. Howard, a dressé une liste chronolo- quelques applications utiles : ainsi, on s’est servi
gique de toutes les pierres tombées du ciel depuis des ballons pour reconnaître en temps de guerre
les temps les plus reculés jusqu’en 1818; M. Chladni les positions de l’ennemi ; il fut formé en 1793 une
a continué cette liste jusqu’en 1824. compagnie d’ingénieurs aérostatîers, et à la bataille
AÉRONAUTE (du latin aer, air, et nauta, naviga- de Fleurus (1794), des officiers montés dans un
teur). On nomme ainsi ceux qui voyagent dans l’air au ballon observaient les mouvements des Autrichiens ;
moyen A’aérostats {Voy. ce mot). Les plus célèbres ce moyen a été bientôt abandonné. Les Russes ten-
aéronautes, après les frères Montgolfier, inventeurs tèrent, en 1812, de se servir des aérostats pour jeter
de l’aérostat, sont : Blanchard, qui réussit à traver- sur l’armée française des projectiles incendiaires ;
ser la Manche en 1785 ; Pilàtre de Rosier, qui voulut mais cette tentative échoua. —MM. Biot et Gay-
renouveler l’expérience peu de mois après, mais qui Lussac appliquèrent en 1804 l’aérostat à la solution
périt pour avoir imprudemment placé au-dessous de plusieurs problèmes de physique ; M. Gay-Lussac
d’un ballon plein d’hydrogène une montgolfière avec s'élèva à près de 7,000 mètres, la plus grande hau-
son foyer ardent ; Garnerin, qui le 1 ''' se servit du para- teur atteinte jusqu’ici. MM. Bixio et Barrai ont éga-
chute (1797) ; M“® Blanchard, qui périt par le feu en lement exécuté, en 1850, deux ascensions dans un
lançant des artifices du haut de sa nacelle au jardin
de Tivoli (1819) , et, de nos jours , MM. Robertson,
but scientifique. — M. Arago a proposé de se servir
de l’aérostat pour faire passer dans le sol l’électricité
Green, Margat, Godard, Poitevin, Petin ; Tun d’eux, contenue dans les nuages et préserver ainsi les ré-
M. Green, a renouvelé le trajet de la Manche en 1851. coltes de la grêle; on n’a pas encore expérimenté
AEROSTAT (du latin aer, air, sfare, se tenir) , es- ce moyen. — De nombreux essais ont été faits pou»-
pèce de ballon rempli d’un fluide plus léger que l’air, et diriger les aérostats. On trouve sur cette matière
au moyen duquel on peut s’élever dans l’atmosphère. un intéressant article dans le Magasin pittoresque
Cn appelle aéronaute celui qui monte l’aérostat. Le (rnai 1844) ; M. Francallet a écrit une dissertation
principe de cette ascension est le même que celui Sur les moyens de diriger les aérostats (Paris,
qui fait monter à la surface de l’eau les corps moins 1849) mais jusqu’ici le succès n’a point confirmé
;
denses qu’on y a plongés : c’est que tout corps plongé les moyens proposés. M. Petin prétendait résoudre
dans un fluide quelconque perd une partie de son le problème au moyen d’un navire aérien soutenu
poids égale au poids du fluide qu’il déplace. —
Les par plusieurs ballons (1851) On peut consulter, pour
.

aérostats furent imaginés par les frères Montgolfier, lus de détails, YÂérostation, ou Guide pour servir
d’Annonay, qui firent leur première expérience à l’histoire et à la pratique des ballons, par
Annonay, le 5 juin 1783 ; ils la répétèrent à Versailles M. Dupuis-Delcour (Paris, 1849) j et les Ballons,
le 20 sept. Leur ballon, appelé de leur nom montgol- ou Histoire de la locomotion aérienne depuis son
formé d’une enveloppe de toile doublée de
fière, était origine jusqu’à nos jours, par M. J. Turgan
papier et renfermait de l’air dilaté par la chaleur (on (Paris, 1850).
produit cette dilatation en brûlant de la paille sous' AÉROSTA'TIER ou aérostier. Voy. aérostat.
un orifice ménagé à la partie inférieure du ballon). ÆSCULUS. Voy. marronnier.
Au mois d’oct. 1783, Pilâtre de Rosier et le marquis ÆSTHÉTIQUE. Voy. esthétique et beau.
d’Arlandes osèrent les premiers s’élever dans une ÆTHUSE, Æthusa (du grec àithô, j’enflamme),
nacelle suspendue au-dessous d’une de ces mont- genre de la famille des Ombellifères , ainsi nommé
golfières; -pom éviter que le refroidissement qu’é- à cause de l’âcreté du suc de la plante. On distingue.
prouvait te ballon ne ramenât l’air qu’il contenait à 1® VÆ. cynapium, ou petite ciguë, qui est très-
son premiei volume, ils entretenaient du feu sous vénéneuse et qu’on peut confondre facilement avec
l’orifice de l’aérostat. Ce procédé qui exposait l’aé- le persil ; elle en diffère toutefois par l’odeur fétide
,

2.
— , ,

AFFI 20 — AFFI
ipi’elleexhale quand on froisse ses feuilles entre les un culot d’argent fin. — U affinage de la fonte, c’est-
loigts, et par la couleur de ses fleurs qui sont très- à-dire sa conversion en fer ductile et malléable,
blanches , tandis que celles du persil sont d’un consiste à la chauffer fortement au contact de l’air,
aune verdâtre; 2°l'Æ. à feuilles capillaires, qui afin d’oxyder le carbone et les autres matières étran-
i des vertus médicales et qui nourrit les bestiaux. gères. Cette opération se pratique dans des four-
AFFAIRES ÉTRANGÈRES. V. RELATIONS EXTÉRIEURES. neaux particuliers appelés pudlings ou fours àpud-
AFFALER (S’), terme de marine, s’approcher ler. — On appelle encore affinage : 1“ l’opération
irop près de la côte au risque de ne pouvoir ensuite qui a pour but de rendre le chanvre plus long, plus
ie délivrer. Un bâtiment affale lorsqu’il est poussé doux et plus fin ; ce qu’on obtient en le faisant passer
trop près de la côte par le vent ou par les courants. par plusieurs peignes de fer très-déliés et très-fins ;

— On dit, en prenant ce mot activement, affaler 2“ la dernière opération que l’on fait subir aux ai-
me manœuvre, pour l’abaisser, peser sur elle pour guilles , et qui consiste à aiguiser leur pointe sur
raincre le frottement qui la retient. une pierre ; 3® la dernière tenture que l’on fait subir
AFFECTION (d’afficere, toucher, émouvoir). En aux draps.
Psychologie morale, on désigne spécialement par AFFIMTÉ (d’fld, auprès, finis, limite; voisin).
le nom d’affections une classe de principes d’action, En Droit, que le mariage établit entre
c’est l’alliance
;elle qui est tirée des sentiments qui se rapportent à un époux de son conjoint; c’est une
et les parents
los semblables et qui est opposée aux mobiles pure- sorte de parenté civile. Les personnes ainsi unies
ment personnels. On divise les affections en bienveil- sont dites affins. On les nomme plus communément
iantes, telles que l’amour, l’amour paternel, filial, alliés : deux beaux-frèi es sont alliés entre eux ; une
’raternel, l’amitié, la pitié, le patriotisme, la belle-mère est alliée à sa belle-fille. —Les Théolo-
iliilanthropie , la reconnaissance; et en malveil- giens catholiques ont admis trois sortes d’affinités
'antes, telles que la haine, la jalousie, l’envie, la comme empêchement au mariage ; 1® entre le mari
rengeance, la misanthropie. — En Médecine, le et les parents de sa femme , et entre la femme et
mot affection est devenue synonyme de maladie : les parents de son mari; 2® entre le mari et les
ilfection rhumatismale, catarrhale, scrofuleuse, etc. alliés de la femme , et entre la femme et les alliés
AFFICHES (d’affigere, attacher, expliquer). En de son mari ; 3» entre l’adoptant , ses parents ou
rertu de la loi du 22 juillet 1790, les affiches pu- alliés, et l’adopté, ses parents et alliés. Dans le
bliées par le gouvernement peuvent seules être im- Code civil promulgué en 1803, les seules affinités qui
primées sur papier blanc; les affiches des simples mettent obstacle au mariage sont celles de beau-
particuliers doivent être sur papier de couleur. Ces père et belle-mère, beau-fils et beUe-fille, gendre
Jernières sont, en outre, soumises à un droit de et bru, beau-frère et belle-sœur (art. 161 et suiv.).
timbre et à de sévères règlements : la loi du 10 dé- Toutefois une loi du 16 août 1832 autorise le chef de
cembre 1830 prohibait toute publication politique au l’Etat à lever plusieurs de ces prohibitions; cette loi
moyen d’affiches ou placards; celle du 16 juillet 1850 permet notamment le mariage entre beau-frère et
a renouvelé et aggravé les prescriptions antérieures. belle-sœur.
AFFICHES (petites-). En 1638, le médecin Re- En Chimie, l’affinité est la tendance qu’ont les
naudot fit paraître sous le titre de Bureau d'a- corps à se combiner ensemble. On dit plus commu-
dresses, les Petites-Affiches de Paris, qui cessèrent nément aujourd’hui attraction chimique. Elle se
â sa mort (1653). Ce recueil périodique , repris en distingue des autres attractions moléculaires en ce
1715 et continué encore aujourd’hui, offre un assem- qu’elle ne se manifeste qu’entre des corps de nature
blage exact de toutes les affiches intéressantes et des différente, et qu’elle donne naissance à des composés
avis que les particuliers font publier. dont les propriétés diffèrent de celles des corps com-
AFFILOIR (de fil), instrument destiné à aiguiser posants. Le résultat de l’affinité est la combinaison
les instruments tranchants en leur donnant le fil, chimique. Les anciens chimistes distinguaient plu-
quand ils l’ont perdu , ou en leur enlevant le morfil sieurs espèces d’affinités ; affinité élective , prédis-
quand ils viennent d’être aiguisés à la meule. C’est posante, divellente , quiescente, etc. On conserve
le plus souvent une pierre schisteuse sur laquelle on encore quelquefois la première de ces dénominations,
répand quelquefois un peu d’huile pour favoriser le et l’on distingue l’affinité élective en simple quand
glissement de la lame. —On a récemment inventé un un corps mis en présence d’un autre, composé de
affiloir d’un nouveau genre : c’est un appareil com- deux éléments, se combine avec l’un de ces éléments
posé de deux cylindres d’acier placés parallèlement par une sorte de préférence et à l’exclusion du second ;

sur un plan horizontal, et garnis de cercles d’en- et en double, quand deux corps composés chacun
viron 5 millim. de largeur qui s’emboîtent légère- de deux éléments échangent un de leurs éléments.
ment les uns dans les autres et qui sont striés de Exemple : l’eau et le perchlorure de phosphore
manière à former de véritables limes. donnent de l’acide chlorhydrique et de l’acide phos-
affinage , opération de métallurgie par laquelle phorique. — Le mot affinité paraît avoir été employé
on dépouille certains Corps des substances qui en alté- pour la première fois par Barchusen , chimiste alle-
raient la pureté. Ce mot s’emploie surtout pour les mand , dans ses Eléments de chimie (Leyde, 1703).
métaux, notamment l’or, l’argent et la fonte. — Geoffroy l’aîné publia en 1718 la première table
U affinage de l’or a pour but de séparer ce métal de d’affinités; d’autres furent dressées par Wenzel,
l’argent et du cuivre. Autrefois, on effectuait cette Bergmann, Guyton-Morveau, et par plusieurs autres
séparation par la méthode dite du départ (ainsi chimistes du siècle dernier. —
On a, dans ce siècle,
nommée du mot départir, séparer), qui consistait rapporté l’affinité à un mode particulier d’électrisa-
à dissoudre le métal dans l’acide nitrique ; il se fai- tion imaginé par M. Ampère. Suivant lui , chaque
sait du nitrate d’argent et de cuivre soluble , tandis particule matérielle contient une électricité propre
que l’or restait à l’état métallique et insoluble. Mais positive ou négative , dont elle ne peut se départir,
on a renoncé à l’emploi de ce procédé, parce qu’il y et, par suite, elle s’entoure dans l’air d’une couche
avait toujours une certaine quantité d’or entraînée d’électricité contraire, qui rend positive celle dont
dans la dissolution. Aujourd’hui, on remplace l’acide l’électricité propre est négative, et réciproquement.
nitri(pie par l’acide sulfurique bouillant. \J affinage Cela posé , il y aura combinaison entre les molécules
de l’argent consiste à faire fondre ce métal dans un d’atmosphères d’électricité contraire, et répulsion
creuset lorsque le métal est fondu, on jette dans le
: entre celles qui seront chargées d’une électricité de
creuset du salpêtre qui se combine avec le cuivre même nature; et l’attraction ou la répulsion sera
sans toucher à l’argent ; ce mélange surnage à la d’autant plus forte, que la différence d’électrisation
surface du bain , et l'on trouve au fond du creuset des particules sera plus grande.
, , , ,,

AFFR 21 — AGAM
AFFIRMATION (de firmare, rendre ferme, cer- qu’il était libre de s’en aller (d’où l’expression de manu-
En Logique, c’est tantôt l’acte par lequel
tain). l’es- mittcre, qui signifie aussi : affr anchir de la manus ou
prit prononce sur la réalité d’un fait : affirmation autorité du maître) ; 2° par le cens (per censum) : l’e^
est alorsopposée à doute ; tantôt celui par lequel on clave que son maître pouvait affranchir ainsi n’avaût
juge qu’une substance possède une qualité; affirma- qu’à inscrire son nom sur les registres publics (cens)
tion est alors opposée à négation. Dieu est tout- et à déclarer son bien; 3° par testament: le maître
puissant jugement affirmatif; Dieu n’est pas in- déclarait dans son testament qu’il accordait la li-
juste, jugement négatif. berté à son esclave. On affranchit dans la suite par
En Droit, l’affirmation est la déclaration de la lettresou bien en déclarant l’esclave libre devant
;
vérité d’un fait, avec ou sans serment. D y a affir- cinq témoins, ou en le faisant manger à sa table.
mation de compte, de créante, de procès-ver- Pour être affranchi, ilfaUait avoir dix-huit ans. Les
baux, etc., selon les objets auxquels l’affirmation esclaves affranchis se coupaient les cheveux, et re-
s’applique. D’après Tarticlel781duCode civil, l’af- cevaient un bonnet , le pileum, comme signe de li-
firmation des maîtres, quand il s’agit de gages ou berté; alors ils choisissaient un prénom, et faisaient
d’appointements ,
prévaut sur celle des domestiques précéder leur nom de celui de leur patron.— Pour
et des ouvriers. Ce privilège, supprimé en 1848, a l’affranchissement chez les modernes, Voy. serfs,
été rétabli peu après. Foy. serment. ESCLAVES. —
Pour l’affranchissemeut des Communes,
ÀFFIXES {à’affixus attaché à) , particules qui Voy. COMMUNES.
se mettent à la fin des mots pour y ajouter l’idée AFFRONTÉ (de front), se dit, en termes de
accessoire de rapport à l’une des trois personnes Blason , des animaux qui semblent se regarder, et
comme cela a lieu dans les langues hébraïque, syria- en général, de toutes pièces posées en face l’une de
que, samaritaine, turque, laponne, péruvienne, etc. l’autre : deux lions affrontés.
On oppose aMxe à suffixe et h. préfixe. AFFUSION (de fundere, verser), application de
AFFOUAGE [A’ ad focum, destiné au feu). On l’eau usitée en Thérapeutique, consiste à faire tom-
nomme ainsi et le bois de chauffage qui se délivre ber ce liquide sur le corps, non en colonne d’un
annuellement aux habitants de certaines communes, petit diamètre, comme dans la douche, mais en
et le droit de recevoir ce bois. Cet usage, réglé par masse assez considérable pour atteindre à la fois
la loi du 26 nivôse an II, est imité d’une loi donnée une grande étendue de la surface cutanée. L’eau
à la Lorraine par Stanislas de Pologne. Il est in- des affusions est prise à diverses températures, et est
terdit de vendre son bois d’affouage. On doit à chargée de principes médicamenteux qui diffèrent
M. E. Meaame un Traité des droits d’usage dans selon les cas. On les emploie contre l’aliénation
les forêts et de l’affouage, 1851, 2 v. in-8. mentale, contre les affections nerveuses, contre la
AFFOURCHE (ancre d’). Voy. ancre. goutte, le rhumatisme, le tétanos. L’affusion pro-
AFFRANCHI (de fi'anc, libre), libertus, manu- duit une percussion et un refroidissement subit; elle
On nommait ainsi, chez
missus. les anciens, les détermine la constriction des vaisseaux capillaires
esclaves qui recevaient de leurs maîtres la liberté. et la concentration du sang sur les organes inté-
Chez les Grecs, les affranchis n’étaient pas consi- rieurs ; aussi ne doit-on l’employer qu’avec prudence.
dérés comme citoyens, et ne jouissaient d’aucun AFFUT [Aefût, dérivé de fustis, bâton), assemblage
droit. Ils étaient tenus de rendre encore certains de pièces de charpente sur lequel on monte un canon,
services à leurs anciens maîtres ; ceux-ci, de leur côté, et qu’on fait mouvoir par le moyen de deux roues.
leur devaient aide et protection. Les affranchis quit- On distingue VA. à rouage des A. de places et des
taient le plus souvent leur nom d’esclaves. — A Rome, A. marins, qui, au lieu de roues ordinaires, n’ont
on nommait libertus l’affranchi qui avait été lui- que des roulettes pleines qui suffisent pour faire
même esclave; libertinus, celai qui était né d’affran- mouvoir le canon sur un rempart ou sur de petits
chis. L’affranchi pouvait devenir citoyen, mais il espaces. L’A. à rouage lui-même diffère selon qu’il
était incapable d’exercer les hautes charges de l’Etat. est destiné à des pièces de campagne ou à des pièces
Les liberti et les libertini portaient un vêtement par- de montagne. L’affût sur lequel on place les mor-
ticulier. Longtemps méprisés à Rome, les affranchis tiers se nomme A. de mortier, et il n’a point de
devinrent tout-puissants sous les empereurs, surtout roues. Le système des affûts a été notamment amé-
sous les princes les plus corrompus, auxquels ils lioré depuis 1815 par l’introduction des A. à flèche
rendaient les services les plus abjects : sous Claude adoptés d’abord par les Anglais, et admis dans notre
et Néron, les Pallas, les Narcisse furent les maîtres artillerie en 1827.
de l’empire. En termes de Chasse, on nomme affût un lieu
AITRANCHISSEMENT. Chez les anciens , l’af- caché où l’on attend le gibier à la sortie ou à l’en-
franchissement était l’acte par lequel on rendait la trée du bois. La chasse à l’affût, comme toute autre
liberté à un esclave. A Sparte, le peuple seul pou- chasse, est interdite sur le terrain d’autrui.
vait affranchir les esclaves; il n’usait de ce droit que AGALLOCHE ou bois d’aloès. Voy. aouilaire.
pour récompenser des services rendus aux citoyens AGALMATOLITHE (du grec agalma, statue, et
ou à l’État. On déclarait l’esclave libre en lui met- lithos, pierre), minéral qui nous est apporté de la
tant une couronne sur la tête. A Athènes, le maître Chine sous la forme de petites statuettes et de ma-
pouvait affranchir son esclave : il le présentait à gots, servant d’ornement pour les cheminées; il est
un archonte , et le déclarait libre en lui mettant la translucide, d’un aspect mat, blanc, avec une lé-
main sur la tête ; ensuite un héraut annonçait l’af- gère teinte rose, grise, jaune ou verte; il se laisse
franchissement au peuple. Quelquefois la république couper et modeler facilement avec un instrument
affranchissait un esclave, et lui accordait le droit tranchant. D renferme beaucoup de silice et d’alu-
de citoyen lorsqu’il avait rendu de grands services. mine , avec un peu de chaux et de potasse.
A Rome , l’affranchissement commença sous Servius AGAMES (du grec a priv., et gamos, mariage,
Tulhus. Les maîtres affranchissaient eux-mêmes leurs c’est-à-dire sans organes sexuels), nom donné par
esclaves. Cela se faisait de trois manières : 1» par quelques botanistes aux plantes privées d’organes
la baguette {per vindictam) : le maître aUait de- sexuels, et dont les corpuscules reproducteurs ne sont
vant le consul ou le préteur, le proconsul ou le pro- pas de véritables graines. Ce mot , introduit dans
préteur, et lui proposait par une formule d’usage la science par Richard , est synonyme de cryptoga-
de donner la liberté à son esclave; si le magistrat y
consentait, il le déclarait libre en lui frappant la
mes. Voy. ce mot. —
Parmi les animaux, les poly-
pes d’eau douce, la plupart des radiaires et les in-
tête avec une baguette puis le maître ou le licteur
; fusoires, paraissent être agames. —
On donne le nom
le frappait sur la joue et lui faisait signe de la main A’agames à un groupe de Sauriens propres à TA-
, ,
, ,

AGAT - -22 — AGE


mérique, communs surtout à la Guyane. —
Agame ble à celle de la cire. Ces pierres font feu au briquet,
est aussi le nom d’une espèce de mollusque fossile quoique moins dures que le cristal de roche et le silex
appartenant au genre Bélemnite. ordinaire. Quand les bandesde couleur sont peu nom-
AGAMI, Psophia, g. d’oiseauxde l’ordre des Échas- breuses, et que les couleurs en sont très-tranchées,
siers, placé par Cuvier en tête de sa tribu des noir et blanc, par exemple, l’agate s’appelle onyx.
Grues, a pour type l’Agami trompette de la Guyane, Les agates d’un blanc laiteux, légèrement bleuâtre,
ainsi appelé à cause du bruit rauque qu’il fait en- se nomment calcédoines' les agates rouge cerise,
tendre fréquemment. L’agami s’attache à l’homme cornalines; les rouge orangé, sardoines: les bleu
et prend, pour lui rendre service, toutes les habi- de ciel, saphirines, les vert pomme, chrysopra-
tudes du chien. Cet oiseau est recherché pour sa ses; les vert foncé, tachetées de rouge, héliotro-
chair, qui est d’une saveur délicate. pes. On nomme A. œillée celle dont les couches
AGAPANTHE (c’est-à-dire fleur aimable, du grec sont circulaires; A. jaspée, celle qui est mêlée avec
agapè, amour, et anthos, fleur), belle plante liliacée, du jaspe; A. herborisée ou arhorisée, celle qui
à ovaire libre et non adhérent, forme un genre offre dans l’intérieur de sa pâte des représentations
qui a pour type VA. ombelle ( Crinum africa- d’herbes ou d’arbres; A. mousseuse, celie dont l’in-
num, L.) du cap de Bonne-Espérance. On la cul- térieur semble renfermer de la mousse ; A. enhy-
tive dans nos jardins sous le nom de Tubéreuse bleue. dre, celle qui contient des gouttelettes d’eau. Les
Sa tige, d’un mètre environ de hauteur, se pare agates sont employées dans la bijouterie et la gravure
en juillet d’une belle aigrette de fleurs bleues, de sur pierre. On les utilise aussi, à cause de leur
laforme et de la grosseur de celles de la tubéreuse, dureté , à la confection de mortiers, molettes , l)ru-
mais qui n’ont pas d’odeur. Originaire d’Afrique nissoirs, etc. —
On fait aujourd’hui des agates ar-
cette plante craint les plus petites gelées : aussi la qui imitent parfaitement la nature.
tificielles
rentre-t-on à la fin de l’automne pour ne la sortir L’A d’Islandeest l’Obsidienne; VA. noire, le Jayet.
.

qu’en février ou en mars. AGAYÉ (du grec agauos, admirable), genre de


AGAPANTHÉES, sous-ordre de la famille des Li- la famille des Amaryllidées , détaché des Liliacées
liacées, comprenant les genres Agapanthus (genre par Herbert. L’espèce la plus remarquable est la
type) et Phormium, Fourcroye séculaire {Furerœa longœva), consacrée
AGARIC (dérivé, selon Dioscoride , à’Agaria, con- à Fourcroy, et qui, suivant les traditions du Mexique,
trée de la Sarmatie méridionale où ce champignon serait quatre cents ans avant de fleurir. Son tronc at-
croit en abondance), genre de Champignons qui teint 15 à 16 mètres de hauteur sans que son dia-
ont pour caractère principal un chapeau distinct du mètre dépasse 35 à 40 centimètres. La tige est em-
pédicule et garni intérieurement de lames nom- brassée par des feuilles épaisses et surmontées d’un
breuses irradiant du centre à la circonférence. Les beau panache de fleurs d’un blanc jaunâtre. La
agarics croissent dans les lieux humides et ombra- Fourcroye séculaire est originaire du Mexique on :

gés, dans les prairies, les fumiers, les troncs d’ar- la cultive aujourd’hui en Europe. Ses feuilles four-
bres , les caves et les bois pourris. Ce genre contient nissent une liqueur enivrante très-agréable et fort
un grand nombre d’espèces, dont quelques-unes en usage au Mexique. Une autre espèce, VA. améri-
offrent un mets très-délicat, mais qui, pour la caine ou Pitte des Antilles, fournit par les libres de
plupart , sont vénéneuses. L’A. comestible ( A. ses feuilles une excellente filasse dont on fait des cor-
edulis) ou Champignon de comhe, est le seul des, des hamacs, et même des tissus pour vêtements.
qu’on permette de vendre à Paris. Le pédicule est AGE (qu’on dérive A’œvum, d’où successivement
haut de 3 à 5 centimètres , le chapeau convexe, aive, aige, aage , âge). Les physiologistes distin-
lisse, garni en dessous de feuillets d’un rose terne guent quatre âges 1® l’enfance divisée en pre-
:

et qui noircit en vieillissant. La couleur générale est mière enfance {l’infantia des Latins) jusqu’à? ans,
d’un blanc brunâtre ; l’odeur et le goût sont très- et en seconde enfance [pueritia), qui finit à 14 ou
agréables. Parmi les champignons comestibles qui 15 ans pour les garçons, à 11 ou 12 pour les filles;
se trouvent dans les bois, on estime surtout l’O- : 2» V adolescence et le jeunesse, qui commence à l’é-
ronge, le Mousseron, VA. élevé, VA. annulaire, etc. poque où finit le précédent et se termine à 25 ans ;
Parmi les espèces dangereuses, on remarque VA. 3® Vâge adulte {virilitas), où le corps humain a ac-
styptique, de couleur jaune cannelle, dont le quis son entier développement ; cet âge peut durer
chapeau hémisphérique ressemble à une oreille jusqu’à 55 ans ; on y distingue l’âge viril proprement
d’homme; VA. caustique, de couleur rouge; VA. dit, de 25 à 35 ans environ, et V âge consistant ou
brûlant de couleur jaune sale, etc. —
On connaît âge mûr, de 35 à 55, pendant lequel la nature paraît
encore sous le nom A’ Agarics certaines espèces de stationnaire; 4® enfin, la vieillesse {senectusj, qui
champignons parasites, employées dans la chirurgie commence vers 55 ou 60 ans et se termine par la dé-
ou dans les arts : VA. de chêne ou Amadouvier, crépitude et la mort. —
D’autres physiologistes ont
avec lequel on prépare l’amadou; VA. de mélèze distingué seulement trois âges 1® âge d’accroisse-
:

dit A. blanc ou des boutiques, substance blanche


,
ment (de un an à 25 ans), comprenant l'enfance
spongieuse , qui était jadis fort employée comme vo- et l’adolescence; 2® âge stationnaire (de 25 à 55),
mitif et purgatif, et qu'on n’emploie plus guère correspondant à Vâge adulte; 3® Vâge de décrois-
que dans la médecine vétérinaire; les naturalistes sement, se rapportant à la vieillesse.
modernes rangent ces espèces dans le genre Bolet, Les anciens distinguaient 4 âges dans l’histoire
réservant celui A’ Agaric aux champignons dont la du genre humain l’âge d’or, Vâge d’argent, Vâge
:

surface intérieure offre des lames rayonnantes. d’airain, Vâge de fer. Voy. ces mots au Dict.
AGARICINÉS { du genre Agaric, qui en est le univ. d’Èist. et de Géogr.
type) , tribu de la famille des Champignons, section On le mot âge aux animaux , aux
applique
des Basidiosporés , renferme les genres Agaricus, plantes,aux astres même. Llâge d’un cheval est in-
Amanita, Cantharellus , Lentinus, Panus, Monta- diqué par les dents, le sabot, le poil, la queue , les
gnites, Pterophyllus, Heliomyces, Xerotus, Trogia, yeux. On appelle hors d’âge le cheval qui n’a plus les
Schizophyllum, Lenzites, Cyctomyces. marques auxquelles on pourrait reconnaître le nom-
AGATE (qu’on dérive A’AcTiates, fleuve de Sicile, bre de ses années. —
L’âge d’un arbre se connaît au
sur les bords duquel on trouvait cette pierre), variété nombre des cercles que présente sa coupe transver-
de Quartz, renfermant tous ceux qui n’ont pas l’aspect sale. Les bourrelets placés aux différentes tailles^ des
vitreux. Les Agates se reconnaissent à leurs couleurs arbres fruitiers indiquent aussi leur âge. —
L’âge
vives etvariées,ordinairement mélangées par bandes de la lum est le temps écoulé depuis la dernière
ondulées et concentriques; leur cassure est sembla- nouvelle lune. On détermine l’âge de la lune pour
, , , ,,

AGIT — 23 AGOU
un jour donné, à l’aide de l’épacte de l’année dans AGNAT (en latin agnatus, natus, né, ad, au-
laquelle se trouve le jour proposé. près). Dans le Droit romain, les agnats sont des
ACE LÉGAL. La loi a fixé l’âge nécessaire pour ac- collatéraux qui descendent par mâles d’une même
complir certains actes : 1“ pour gérer ses biens et souche masculine et qui, à ce titre, appartiennent
se marier {Voy, majorité); 2“ pour 'adopter {Voy. à la même famille, sont soumis à la puissance pater-
adoption); 3® pour être appelé au service mili- nelle du même chef; on les oppose aux cognais,
taire : on tire dès qu’on a 20 ans révolus ; 4® pour qui descendent aussi d’une souche commune, mais
être électeur, éligible, juré [Voy. cés mots); 5® pour sans unité de famille : deux frères de père étaient
encourir certaines peines au-dessous de 16 ans , le
: agnats; deux frères de mère seulement étaient
prévenu est présumé avoir agi sans discernement ; cognais. Les agnats seuls composaient, à Rome, la
à 70 ans, on n’est plus soumis à la contrainte par famille légale; seuls ils étaient appelés à la tutelle,
corps. Voy. bénéfice d’age. et venaient en second ordre à l’hérédité. Cette dis-
AGENT [A’agere, agir). Ce mot s’applique à la tinction fut abandonnée dès le temps de Justinien.
fois aux forces de la nature, comme le calorique
,
AGNEAU (en latin, agnus; du grec agnos,
l’électricité, le magnétisme, etc., qui sont dits chaste, pur, parce que dans les sacrifices l’agneau
agents physiques, et aux personnes chargées d'un était considéré comme une victime pure et agréable
service quelconque ;
dans le 2' sens on distingue : à Dieu). C’est le petit d’une brebis tant qu’il ne
Agents d’affaires, mandataires chargés de suivre passe pas un an : après un an, l’agneau prend le
les affaires de leurs clients
;

Agents de change nom de bélier ou de mouton. La chair de l’agneau
oDiciers ministériels nommés par le chef de l’Etat est tendre, délicate, gélatineuse, mais laxative. Sa
et chargés de négocier à la Bourse les effets publics peau sert à faire des gants de femme etdes fourrures.
français ou étrangers (rentes sur l’Etat, actions de AGNEAU PASCAL. Les Juifs nommaient ainsi Ta-
banque, de sociétés industrielles, etc.) , et de coter gneau qu’ils immolaient le jour de la Pâque, en mé-
ces diverses valeurs. A Paris, ils sont aujourd’hui moire de la délivrance de leurs pères et de leur
au nombre de soixante , fournissent un cautionne- sortie d’Égypte. L’agneau pascal devait être sans
ment de 125,000 fr.,et sont régis par une chambre tache, être mâle, et n’avoir qu’un an. On le mangeait
syndicale. Leurs honoraires sont d’un huitième à un avec du pain sans levain et des laitues sauvages , à
quart pour cent sur chaque opération. L’institu- l’entrée de la nuit. — Jésus-Christ est souvent dé-
tion des agents de change remonte au règne de signé par l’Agneau de Dieu dont le sang a lavé
Charles IX ; —
Agents comptables ( économes , les péchés des hommes.
commis d’administration, etc.); —
Agents diplo- AGNEAU, AGNEL, AiGNEL , AGNELET, monnaie d’or
matiques (ambassadeurs, ministres plénipotentiaires, qui a eu cours en France sous plusieurs rois, de
résidents , chargés d’affaires avec ou sans caractère Louis IX à Jean II le Bon. La valeur en a varié ;
ofllciei ) ; —
Agents de la force publique (commis- elle valait sous saint Louis 13 fr. 95 c.; sous Jean II,
saires, officiers de paix gendarmes gardes cham- 16 fr. 50 c. EUe avait pour effigie un agneau avec
, ,
pêtres, sergents de ville, agents de police); — cette devise Agnus Dei, qui tollis peccata mundi,
;

Argents voyers chargés de l’entretien et de la rec- miserere nobis, et sur le revers une croix fleurdelisée.
tification des routes et chemins , etc. AGNUS ou AGNUS DEI ( agneau de Dieu) , prière
AGGLUTINATIFS (de gluten, colle) , substances de l’Église catholique qui commence par ces mots
emplastiques qui ont la propriété d’adhérer forte- et qui se répète trois fois à la messe entre le Pater
ment à la peau , et qu’on emploie pour maintenir et la communion. — On nomme encore ainsi un
les ièvres des plaies en contact jusqu’à ce qu’elles morceau de cire rond et plat, bénitpar le pape, sur
,
soient réunies par la cicatrisation. Les agglutinatifs lequel est empreinte l’image d’un agneau portant
dont on se sert le plus souvent sont le sparadrap l’étendard de la croix, avec le nom du pape régnant et
le diachylon gommé, l’emplâtre d’André de La- Tannée de son pontificat. Le pape bénit les agnus tous
croix , et le taffetas d’Angleterre. les sept ans , et en fait donner un grand nombre.
AGGRAVANTES (circonstances). Yoy. circon- Cette coutume vient de ce que jadis , dans la plu-
stances. part des églises , on distribuait au peuple les mor-
AGIO (de l’italien aggio, ajouté, donné en sus, ceaux du cierge pascal bénit le samedi saint. ARome,
plus-value). C’est la différence entre la valeur nomi- l’archidiacre bénissait, à la place du cierge pascal,
nale et la valeur réelle des monnaies de la cire qu’il distribuait par morceaux moulés en
, entre l’ar-
gent courant et le papier de banque, entre l’ar- forme d’agneau. Cet usage est antérieur au ix' siècle.
gent du pays et l’argent d’une nation étrangère, et AGNUS CASTüs, nom officinal du Vitex agnus cas-
en général entre deux valeurs négociables quelcon- tus, L., genre de la famille des Gattiliers; arbris-
ques. Ce mot a été étendu au bénéfice que Ton fait seau aromatique, à feuilles digitées, à fleurs en
en trafiquant des monnaies ou en spéculant sur les épis, violettes ou d’un gris blanchâtre, d’un effet
différentes valeurs. —
On a par suite appelé agio- fort agréable dans les massifs. On attribuait à cette
tage le jeu qui se fait sur les fonds publics par des plante des propriétés anaphrodisiaques qui sont loin
capitalistes qui les achètent ou les vendent par d’être constatées , mais qui lui ont valu son nom.
spéculation, et qui souvent emploient, pour les faire AGONIE (du grec agon, combat), dernière lutte
monter ou descendre, les manœuvres les moins de la vie contre la mort. Le malade éprouve alors,
loyales. On nomme agioteurs ceux qui se livrent à tantôt une prostration complète des forces, tantôt
ce genre de jeu. —
L’agiotage, qui parfois enrichit une violente agitation des principes vitaux ; quel-
le spéculateur en un instant
, sans travail, le ruine quefois il perd connaissance , souvent il conserve
plus souvent encore : tout le monde connaît les toutes ses facultés intellectuelles. Le visage de Tago-
désastreux résultats du système de Law. On a sou- nisant est pâle et jaunâtre, ses yeux ternes, sa peau
vent tenté de réprimer Tagiotage la loi du 13 : ridée, le nez contracté ; sa respiration est rauque et
fructidor an III, du 28 vendémiaire an IV, les ar- embarrassée. L’agonie dure habituellement quel-
ticles 85 et 86 du Code de commerce, 421 et 422 du ques heures, quelquefois plusieurs jours. Du reste
Code pénal, ont frappé certaines spéculations illi- elle présente des phénomènes différents suivant les
cites ;
mais le mal n’a pu être déraciné. âges : le vieillard décrépit finit par gradations in-
AGIOGRAPHE. Voy. hagiographe. sensibles, et n'a pour ainsi dire pas d’agonie.
AGITATO , mot italien qui indique que le mor- AGOUTI, genrede la fam. des Gabiais, del’ordre des
ceau de musique en tête duquel on le place doit Rongeurs, originaire de l’Amérique et de TOcéanie.
avoir le caractère de l'agitation c’est-à-dire expri- On en connaît trois espèces ; l’Agouti proprement
,
mer un sentiment de vague et de trouble inquiet dit, l’Acouchi et l’Agouti huppé. Cet animal a la
, , , ,, —
AGllI — 24 — AGRO
taille, les mœurs et les habitudes du lièvre et du à la vie. — L’agriculture remonte au berceau du
iapin ; il se rapproche aussi du cochon d'Inde par genre humain : elle dut naître dès que la chasse,
son corps plus Yolumineux à la partie postérieure, la pêche et les troupeaux ne suflBrent plus
^
pour
par la forme aplatie de sa tête, par ses oreilles nourrir l’homme. Connue de toute antiquité en
courtes, minces, arrondies; par ses doigts au nom- Asie, elle se répandit de là sur toute la terre, et
bre de cinq sur les pattes de devant, et de trois sur fut partout honorée comme la nourrice et la bien-
les pattes de derrière, armés d’ongles très-forts; faitrice du genre humain. Les Egyptiens en attri-
par sa queue très-courte ou nulle ; cependant il s’en buaient l’invention à Isis, les Grecs à Cérès et à
distingue par ses jambes de derrière, plus longues Triptolème, inspiré par la déesse, et les Italiens à
d’un tiers que celles de devant. Le poil est lisse et Saturne ou à Janus. En Chine, elle est de temps
brillant, ras sur les membres, plus long sur le dos immémorial l’objet d’une sorte de culte; à Rome,
et la croupe ; le pelage est fauve orangé , foncé de elle fut en grand honneur pendant les beaux
temps
noir avec des nuances verdâtres, \lagouti ne se de la République : les plus grands hommes culti-
creuse pas de terriers ; il habite dans le creux des vaient leurs champs de leurs propres mains. Long-
arbres, et vit de fruits, de feuilles et déracinés. Sa temps négligée dans les temps modernes et livrée à
chair est délicate et recherchée. On le réduit faci- une routine aveugle, elle a été transformée, de-
lement en domesticité. Sa peau sert à divers usages. puis une eentaine d’années, par les savantes re-
AGRÉÉS (c’est-à-dire admis, autorisés), prati- cherches des agronomes français et anglais et par
ciens attachés aux tribunaux de commerce français les découvertes de la chimie. La jachère a été
pour y représenter les plaideurs. On les nomme remplacée par les assolements et les prairies ar-
ainsi , parce qu’ils doivent être agréés ou accrédités tificielles; de bonnes méthodes d’irrigation, de
par le tribunal comme mandataires des parties ; on précieux amendements , de nouveaux engrais ont
les appelait autrefois postulants, procureurs aux été introduits; les instruments aratoires ont été
consuls. Le Code de procédure défend l’intervention perfectionnés ; des fermes modèles ont été établies
des avoués devant les tribunaux de commerce , afin sur divers points de l’Europe (Hofwyll en Suisse, Ho-
de simplifier les affaires; les agréés remplissent henheim enWürtemberg, Mœglin en Prusse; Roville,
leur office. La plupart sont avocats. A Paris, il n’y Grignon, La Saulsaie,Grand-Jouan,St-Angeau, etc.,
a que quinze agréés. Leur profession est extrême- en France); des cours ont été ouverts, des sociétés
ment laborieuse à cause de la multiplicité des affai- fondéespour perfectionner les méthodes. En France,
res dont ils sont chargés et de l’extrême rapidité il avait été formé, dès 1819, un conseil d’agricul-
de la procédure commerciale. ture chargé de veiller à tout ce qui peut contribuer
AGRÉGÉ (de grex, troupeau, groupe). On au progrès, et de distribuer des récompenses; en
donne cette épithète, en Botanique, aux parties 1830, un ministère de l’agriculture fut constitué ;
des plantes qui naissent plusieurs ensemble d’un enfin , une loi du 3 octobre 1848 a organisé l’en-
même point. Ainsi une bulbe (vulgairement oignon) seignement de l’agriculture en créant des Fermes-
est agrégée lorsqu’elle est formée de la réunion de Écoles dans tous les départements, des écoles ré-
plusieurs petites bulbes, nommées càieux, comme gionales dans certaines zones de culture, et un
dans l’ail. Les fleurs sont agrégées quand elles Institut agronomiq., àVersailles (auj. supprimé).
sont réunies dans un réceptacle commun, ou qu’elles Les ouvr. les plus célèbres sur l’agriculture sont : le
naissent plusieurs ensemble d’un même point de la poëme d’Hésiode sur les Travaux et les jours, les
tige, comme dans la scabieuse, le buis, la re- Géorgiques de Virgile, les traités de Caton, de
nouée, etc. Les /ruits sont a^re^ei quand ils sont Columelle, de Palladius, de Varron, de Rerustica;
composés de plusieurs petits fruits réunis, comme les Géoponiques de Cassianus Bassus, le Théâtre
la mûre la framboise, etc. d’agriculture d’Olivier de Serres , la Maison rus~
AGRÉGÉS {Atgrex, troupeau, corps), nom tique de Ch. Estienne, la Nouvelle Maison rusti-
qu’on donne en France aux personnes admises, que de Liger , le Cours d’agriculture de l’abbé
après un concours , dans le corps des professeurs. Rozier, les Éléments d’agriculture de Duhamel, le
L’instruction secondaire comptait, antérieurement Nouveau Cours complet a’ agriculture du siècle,
à 1852, sept ordres d’agrégés : ceux de philosophie, par les membres de la section d’agriculture de l’In-
de matliématiques, de physique; des classes supé- stitut, les Annales de l'agriculture de Tessier,
rieures des lettres, d’histoire, de grammaire, des lan- Bosc, etc„ et les écrits plus récents de M. de Dombasle,
gues vivantes. Un décret en date du 10 avril 1852 a Thouin, Boussingault, Liebig, Moll, Payen,etc. Ces
changé cet état de choses. Aux termes de l’art. 7 de travaux ont été résumés dans la Maison rustique du
ce décret : « 11 y a deux sortes d’agrégation , l’une XIX® siècle, dans le Cours élémentaire d’ Agriculture
pour les lettres, l’autre pour les sciences. Les candi- de MM. Girardin et Dubreuil, 1850, et dans le Précis
dats doivent être âgés de 25 ans , avoir fait la classe d’ Agriculture de MM. Payen et Richard, 1851. La
pendant 5 ans et être pourvus du diplôme de licen- science doi t aussi beaucoup aux écrits des savants agro -
cié ès lettres ou de licencié ès sciences. Trois années nomes étrang. , surtout à ceux d’A. Young, A.Hunter,
d’Ecole normale comptent, ainsi que le diplôme de Marshall, Sainclair, D. Low; Thaër, Schwerz, etc.
docteur ès lettres ou de docteur ès sciences, pour deux AGRION, genre d’insectes névroptères, famille
années de classe. » Un règlement du 21 février 1853 des Subulicornes, assez semblables aux Libellules
a déterminé la nature et la forme des épreuves. ou Demoiselles. Voy. libellules.
Les Facultés des Lettres et des Sciences, l’Ecole de AGRIPAUME. Voy. léonure.
Médecine, l’Ecole de Pliarmacie ont aussi des agrégés AGRONOME (du grec agros, champ, et nomos,
(àl’École deDroit,ilsprenricntle iiomde Suppléants), règle) , celui qui est versé dans la science agricole
agriculture (d’ager, champ, et cultura, et qui peut enseigner les règles de l’agriculture.
soin ) , art de cultiver la terre , de la fertiliser et \J agriculteur cultive , Y agronome sait comment on
de lui faire produire les plantes utiles à l’homme. doit cultiver ou écrit sur l’agriculture. L’agronome
On y joint l'art de gouverner et de multiplier les est exposé à de graves erreurs et à de dangereux
animaux domestiques. Prise dans son acception la mécomptes s’il ne joint la pratique à la théorie.
plus étendue, elle comprend, avec V agriculture h’ agronomie, née de l’application de la raison à
proprement dite, Y horticulture la silviculture l’observation et à l’expérience, est une science nou-
Y arboriculture la viticulture, Yéconomie rurale] velle par rapport à l’agriculture, dont les pratiques
mais le plus souvent on en détache ces études spé- l’ont de beaucoup devancée. Voy. agriculture.
ciales , et on la borne à la culture des champs AGROS'TEMMÉ (mot grec qui signifie couronne
opérée dans le but d’en tirer les plantes nécessaires des champs), genre de la famille des Caryophyllées,
, , — ,

AIDE 25 — AIGL
renferme des plantes d’un aspect agréable qui crois- chargée de rendre la justice et de juger en dernier
sent dans les blés. Les fleurs sont pourpres , à 5 pé- ressort les procès- en matière d’aides ou impôts
tales, en forme d’étoiles. Le fruit est une capsule fut créée en 1355 par le roi Jean et constituée en
ovoide, à une seule loge, renfermant des graines 1364 par Charles Y. Il y avait en France treize
nombreuses. L’espèce la plus commune, Y A. gi- cours des aides ; à Paris, Rouen, Nantes, Bor
thago vulgairement Nielle des blés, a des se- deaux.Pau, Montpellier , Montauban, Grenoble,
mences farineuses qui communiquent un goût amer Aix. Dijon, Chdlons, Nanci et Metz. Supprimée
à la farine ; leur écorce est noire et donne cette en 1771 avec le parlement par le chancelier Mau-
couleur au pain. L’A. en couronne, dite Coque- peou , cette juridiction fut rétablie de 1774 à 1790.
lourde, a les fleurs d’un beau pourpre et se cultive aïeuls. Voy. ASCENDANTS.
dans les jardins ; elle vient d’Italie. AIGLE, Aquila, genre d’oiseaux de proie, de
AGROSTIDE (du grec agrostis, gazon), genre l’ordre des Rapaces, de la famille des Diurnes et de
de la famille des Graminées. Ses espèces sont nom- la tribu des Faucons, caractérisé par un bec sans
bieuses, variées et donnent un bon fourrage. L’A. dentelure et droit à sa base jusqu’auprès de l’extré-
dite Epi du vent, Spicaventi, est remarquable par mité , où il se courbe beaucoup ; par des pieds ro-
sa panicule découpée, élégante, qui s’agite au bustes armés d’ongles aigus et tranchants, par leur
moindre souffle. L’A. traçante, A. stolonifera, sert vue perçante et leur grande envergure. Les aigles
à retenir les terres par ses rejets rampants. Elle est habitent les rochers les plus sauvages et les plus
connue dans les campagnes sous le nom de traînasse. escarpés ; ils vivent fort longtemps, et n’ont qu’une
AGROSTIDÉES, tribu de la famille des Graminées, seule femelle, avec laquelle ils passent leur vie en-
renferme les genres Agrostis, Cinna, Ægopogon, tière. Les jeunes aigles ou aiglons mettent plusieurs
Lycurus, Coleanthus , Polypogon, Gastriaium. années pour arriver à leur complet accroissement.
Ai. Voy. BRADYPE et paresseux. Leur plumage change considérablement par la mue.
AIDE DE CAMP, officier d’ordonnance attaché — Cuvier compte jusqu’à 8 sous-genres d’aigles A igle
:

à la personne d’un général pour transmettre ses proprement dit, Aigle pêcheur owPygargue , Bal-
ordres partout où ils peuvent être nécessaires, et buzard, Circaète, Caracara , Harpie, Aigle au-
veiller à leur exécution. On les appelait au xvii® siè- tour, Cymindis.
cle aîcfw des maréchaux de camp des arrnéet du L’Aigle proprement dit a le corps emplumé jusqu’à
roi. Ils remontent sous des noms divers aux temps la base des doigts et l’aile aussi longue que la queue.
les plus anciens de la monarchie. — Les généraux On en compte 4 espèces ; Aigle commun. Aigle im-
de brigade ont deux aides de camp , savoir un ca-
:
périal, Aigle criard. Aigle botté. —\1Aigle com-
pitaine et un lieutenant ; les généraux de division mun, dit aussi Grand aigle on Aigle royal, est d’un
trois : un chef d’escadron et deux capitaines; les brun noirâtre, moins foncé à la partie supérieure
maréchaux de France, quatre un colonel, un chef
:
de la tête et sous le corps. C’est un des plus puis-
d’escadron et deux capitaines. Les souverains at- sants oiseaux de proie; la femelle, plus grande
tachent aussi à leur personne un certain nombre que le mâle, a plus d’un mètre de l’extrémité du
d'aides de camp, et en accordent un nombre plus bec au bout des ongles, et ses ailes étendues ont
limité aux membres de leur famille. près de 3 mètres. Son vol est étendu et rapide.
AIDE-MAJOR, nom donné autrefois à un officier Il chasse les faons, les lièvres, les agneaux, les

subordonné au major et qui le remplaçait en cas enlève et les transporte dans son nid ou aire. 11
d'absence. Ce n’était pas un grade particulier ; ces s’attaque même à de plus grands animaux, qu’il tue
fonctions étaient remplies par des capitaines ou des et dévore sur place. Pris jeune, il peut être réduit
lieutenants. Aujourd’hui on confond ces fonction- à la domesticité. Son courage , sa force la majesté
,

naires sous le nom à’ Adjudants {Voy.ee mot).—. de son vol l’ont fait nommer le roi des oiseaux. Il
Dans le Corps de Santé, on nomme Aides-majors les* a été chez tous les peuples l’emblème de la force,
médecins militaires placés dans chaque régiment de la puissance et de la majesté. C’était l’attribut
sous les ordres du médecin-major on en distingue
;
et le messager de Jupiter chez les anciens. —
de première classe et de deuxième classe; ils ontau- L’Aigle impérial est plus petit que l’Aigle royal,
dessous d'eux des sous-aides. de couleur moins foncée, et porte sur le dos deux
AIDES. On nommait ainsi autrefois un impôt grandes plaques blanches qui lui ont fait donner le
qu’on levait sur le vin et les autres boissons pour nom d’ Aigle à dos blanc. — L’Aigle criard, dit
aider le roi à subvenir aux charges de l’État; il aussi Petit aigle ou Canardier, a 80 centimètres
se payait par toutes les classes, à la différence des de long et 1“,30 de vol ou d’envergure il est d’un
;

tailles, que le tiers état payait seul. Cet impôt s’in- brun sombre , un peu blanchâtre sous la gorge ; ses
troduisit sous la 3« race des rois de France. On nom- yeux et ses doigts sont jaunes; mais ce qui le dis-
mait A. libres et gracieuses les sommes offertes tingue plus particulièrement des autres aigles, ce
volontairement dans les nécessités imprévues , et sont des taches ovales, d’un assez beau blanc, que
A. chevels, loyaux ou léaux les contributions l’on trouve sous ses ailes et sur les plumes de ses
qu’un seigneur levait sur ses vassaux dans diverses jambes. Il fait la chasse aux canards, aux petits
circonstances; il y en avait de quatre sortes : 1» A. oiseaux, aux rats, etc. Il pousse des cris plaintifs, et
de mariage, quand un seigneur mariait sa fille aî- se laisse dresser à la chasse. On le trouve dans toute
née; 2“ A. de rançon, quand le seigneur était pri- l'Europe. L’Aiglebotté ressemble auxBuses par son
sonnier; 3“ A. de chevalerie, quand le fils aîné du bec légèrement arqué, par l’ensemble de ses formes et
seigneur était fait chevalier; 4« A. d’allée d’outre- par sa taille (50 centimètres seulement). Le dessous
mer, quand le seigneur partait pour la croisade. du corps et les tarses sont d’un blanc moucheté qui
On levait encore des aides pour un voyage du sei- les détache du reste du corps, ce qui lui donne
gneur à la cour, pour la défense du territoire, pour la l’apparence d’être chaussé ou botté. — L’Aigle a
réparation des maisons royales, pour l’achat d’une été pris comme emblème par plusieurs nations :

terre [A. de rigueur) ; on en payait pour être dispensé les Perses et les Épirotes, puis les Romains, les
d’accompagner le seigneur à l’armée [A. de l’ost^ empereurs d’Occident et d’Orient , l’Empire d’Au-
et de chevauchée), etc. — La dénomination d’aides triche , Napoléon , l’adoptèrent pour enseigne mili-
s’étendit ensuite à tous les impôts levés pour les taire. 11 fait , en outre, partie des armoiries des rois
besoins de l’État sur les objets de consommation ou de Prusse, de Sicile, de Sardaigne, de Pologne, et
sur les marchandises ; ce qui correspond à peu près donne son nom à plusieurs ordres de chevalerie en
ù nos contributions indirectes. Prusse, en Pologne, en Wurtemberg. — L’aigle a été
WDES ( COUR DES ) , ancienne cour souveraine rétablie sur nos drapeaux par décret du 31 déc. 1851.
, , , ,

AIGU — 26 — AIGU
AiGLk, monnaie d’or en usage aux États-Unis des Silicates alumineux doubles. Elles sont for-
d’Amérique, ainsi nommée parce qu’elle porte l’ef- mées de 1 atome de quadrisilicate de glucine et
figie d’un aigle, h’ aigle de 5 dollars vaut 27 fr. de 2 atomes de bisilicate d’alumine colorés par
60 cent, et demi de notre monnaie. Le double aigle 2 ou 3 centièmes seulement d’oxyde de fer. Ces
vaut 55 fr. 21 cent. Le demi-aigle de 2 dollars et pierres font un assez joli effet quand elles sont bien
demi vaut 13 fr. 80 cent, et quart. taillées et sans défauts on en fait des colliers, des
;

AIGLE, constellation de l’hémisphère septentrio- bagues, des épingles, des pendants d’oreilles, etc.
nal , au S.-E. de la Lyre ; son aile droite touche la — Presque toutes les Aigues-marines viennent du
ligne équinoxiale, son aile gauche est voisine du Brésil ou de la Russie. Une Aigue-marine d’une
Serpent. On y remarque trois étoiles sur une même belle couleur, bien pure et pesant 5 grammes ne
ligne droite ; celle du milieu est de première gran- vaut pas plus de 36 à 40 francs. La plus remar-
deur on la nomme Altàir ou Atàir.
: — On réunit quable est celle qui orne la couronne royale d’An-
souvent à cette constellation celle d’Ântinoüs, qui gleterre elle a près de 6 centimètres de diamètre.
;

en est voisine. AIGUILLAT, Spinax, nom vulgaire du Squale


AIGREFIN. Voy. æglefin. acanthias, espèce de chien de mer. L’Aiguillât pos-
AlGREMOINE,A5T{OTom'a,plantevivace,delafam. sède des évents et a les dents petites et tranchantes;
des Rosacées-Dryadées , aux feuilles longues, ailées, lapartie antérieure deses nageoires dorsales est munie
aux fleurs jaunes, tubuleuses, à cinq pétales, dis- d’une longue et forte épine de nature cornée, qui
posées en épis terminaux. L’A. eu/)oforia se distingue perce comme une aiguille, d’où son nom. Il man-
à ses feuilles qui embrassent la tige , et à son fruit que de nageoires à l'extrémité du corps. Ces pois-
hérissé de pointes : elie est commune en France. On sons ne dépassent pas un mètre de longueur. L’A.
s’en sert en médecine , comme tonique contre les ordinaire est d’un gris bleuâtre en dessus et d’un
,
catarrhes pulmonaires. On l’emploie en gargarismes blanc sale sous le ventre. Il vit de poissons, de
contre les maux de gorge, en cataplasmes détersifs, crustacés, de mollusques. Sa chair est blanche et peu
ou comme vulnéraire et comme vermifuge. Plante — délicate. On retire de son foie une huile limpide
de la famille des Papavéracées. Voy. argémone. employée dans les arts, et à laquelle on attribue la
AIGRETTE (A’arista, épi, ou, selon Gébelin, de vertu de calmer les douleurs rhumatismales. Sa
crista, crête), faisceau de plumes effilées et droites peau est rude et sert aux tourneurs pour polir.
qui orne le haut de la tête de certains oiseaux, tels AIGUILLE (du latin aculeus aiguillon, dérivé
que le duc, Je héron, le hibou, le paon, etc. — A’acus, aiguille) , petit instrument d’acier fort délié,
On a étendu ce nom : 1“ à un bouquet de plumes pointu par un bout, percé par l’autre, et qui sert à
(plumet) et aux panaches que l’on porte sur les coudre. Pour fabriquer les aiguilles, on emploie du
chapeaux ou les casques dans l’armée, ou que l’on fil d’acier d’excellente qualité. L’aiguille passe par
emploie pour la coiffure des femmes ; 2» à un fais- une foule de mains et subit un grand nombre d’o-
ceau de pierreries ou de diamants disposé en forme pérations : lorsque le fil d’acier est suffisamment
d’aigrette et destiné à la parure; 3“ à une pièce tréfdé ou dégrossi , on le coupe par brins à peu
d’artifice dans laquelle les étincelles forment en se près d’égale longueur; un second ouvrier prend
réunissant une aigrette de feu ; 4« à des faisceaux ces brins et les palme, c’est-à-dire aplatit sur Ten-
de rayons lumineux qu’on aperçoit aux extrémités clume le bout qui doit faire la tête de Taiguille ;
et aux angles des corps électrisés, et qu’on nomme l’aplatissement fait, on passe les aiguilles par le
aigrettes lumineuses. feu pour recuire Tacier et lui conserver ainsi toute
En Botanique, on donne le nom A’ aigrettes à des sa douceur; puis un autre ouvrier, armé d’un poin-
toufles de filaments qui couronnent la graine ou le çon, perce sur Tenclume une des faces aplaties;
fruit de certaines plantes telle est l’aigrette du pis-
: le trou ainsi formé prend le nom de chas; on
senlit ou des chardons, qui se détache à la moindre évide ensuite ce trou , c’est-à-dire on pratique à la
agitation de l’air, et va transporter la graine à lime une petite rainure de chaque côté du trou pour
de longues distances, h’ aigrette des plantes est dite recevoir le Cl ; enfin , on empointe Taiguille. Cette
membraneuse, lorsqu’elle forme un bourrelet autour dernière opération , qui s’exécute en faisant tourner
du fruit (comme dans \a. chicorée) squammeuse la pointe de Taiguille sur une pierre d’émeri mise
composée d’écailles (œillet d’Inde) ; soyeuse, formée en mouvement par une roue à main, était autre-
de poils fins ou soies ; poilue, si ses poils sont simples fois très-pernicieuse pour la santé des ouvriers, à
(chardon)', plumeuse, si les poils sont ramassés; cause de la poussière qu’elle développe; aujour-
sessile, si le faisceau de poils part immédiatement d’hui tout danger a disparu, grâce à un mécanisme
iu fruit; pédiculée ou stipitée, si elle est au som- inventé en 1SÜ9 par un ouvrier anglais, G. Prior,
met d’un petit filet nommé pédicule ou stipe. et à l’aide ducpicl cette poussière est enlevée par
En Zoologie, on appelle spécialement Aigrette le vent d’un fort soufflet. L’aiguille ainsi terminée,
une espèce de héron qui porte une belle aigrette sur il faut encore procéder à d’autres opérations non

le dos, et l’on distingue la grande Aigrette, dont moins importantes, telles que la trempe, le polis-
les miles adultes ont les plumes du bas du dos sage, le dégraissage et finalement le triage et
longues et effilées, et la petite Aigrette, dont les X affinage. —
La grande perfection des aiguilles ne
plumes du bas du dos sont effilées , mais moins lon- consiste pas seulement dans la finesse et la trempe
gues que celles du héron grande aigrette. de Tacier, mais surtout en ce que la pointe soit
AIGREURS, rapports de gaz ou de liquides at- exactement dans Taxe et que Tœil ou chas ne coupe
gris, sont le résultat tantôt du mauvais choix des pas le C’est ce qui distingue les aiguilles de
fil.
aliments, tantôt d’une digestion pénible ou d’une bonne fabrique anglaise , faites avec un soin tout
sécrétion acide des cryptes de l’estomac. Dans ce particulier. La fabrication des aiguilles d’embal-
dernier cas, on les combat par l’emploi des ab- lage, à tricoter, etc., est plus ou moins seUiblable
sorbants, notamment de la magnésie, que Ton prend à celle des aiguilles à coudre.
délayée dans de Teau ou en pastilles; mais ce n’est On a étendu le nom A’aiguille à tout ce qui a
là qu'un palliatif qui ne dispense pas de traiter di- quelque analogie avec cet instrument, soit pour
rectement la maladie d’estomac. Tusage , soit pour la forme pointue : par exemple
AIGUE-MARINE (A’aqua marina, eau de mer), à des tiges métalliques dont on se sert en chirur-
nom que Ton donne dans la bijouterie à une va- gie, comme Xaiguille à cataracte, Xaiguille à
riété d’émeraude commune dont la couleur est d’un fistule, à inoculation, à séton, Xaiguille qui sert
vert bleuâtre , comme Teau de mer. Les Aigues- à l’acuponcture ; —
aux verges métalliques qui ser-
mariues sont rangées par Beudant dans la famille vent à indiquer l’heure sur les cadrans solaires.
, ,

AIGU 27 - AILE
les horloges , les montres , ou à marquer la direc- cher du vêtement. Aujourd’hui,
les diverses parties
tion du courant magnétique dans la boussole : on elle n’a plus guère d’usage que comme ornement :
nomme celles-ci aiguilles aimantées ( Voy. ci- c’est, chez nous, une simple décoration, qui entre
après) ;

aux sommets des montagnes taillées en dans certains uniformes. Dans la cavalerie, elle est
pointes aiguës (YAiguille du Midi, près de Cha- de fil ou de coton pour les simples cavaliers, d’or ou
mouni,en Suisse) —
àdes monuments pointus (VAi-
;
d’argent pour les officiers, et mélangée de Cl et de
uille ou Obélisque de Cléopâtre, celles de Saint- métal pour les sous-officiers ; elle se porte pendue k
ierre de Rome, de la place de la Concorde); — l’épaule. —
Les aspirants de marine portent l’aiguil-
à des clochers très-élevés (YAiguille d’Anvers, de lette d’or. —
Les aiguillettes se terminent aux deux
Strasbourg, les Aiguilles de Chartres) ; —à cer- bouts par de petits cylindres argentés ou dorés, dits
tains poissons de fo*‘me très -allongée que l’on afférons. —
On nomme encore Aiguillette une es-
nomme Aiguilles de mer, tels que les syngnathes, pèce d’escargot mince et effilé, du genre Bulime.
l’orphie ,
etc. AIGUILLON (du latin aculeus, dérivé d’acus,
Dans Chemins de fer, on appelle aiguilles des
les aiguille). Ce mot, qui signifie au propre une pointe
portions de rails qui servent à opérer les change- de fer qu’on met au bout d’un bâton pour piquer
ments de voie ; ces aiguilles peuvent tourner autour les bœufs , a été étendu à certains organes d’ani-
de boulons verticaux et sont liées entre elles par une maux et de végétaux qui ont quelque analogie avec
traverse rigide de manière à ne pouvoir se déplacer l’aiguillon. —
Dans le règne animal, Taiguilloq est
l’une sans l’autre : elles forment un chemin tempo- une sorte de dard, organe offensif et défensif très-
raire sur lequel passe la locomotive. On appelle ai- délié, en forme de petite aiguille, que certains in-
guilleur l’ouvrier chargé de manœuvrer les aiguilles. sectes (abeilles, bourdons, frelons , guêpes, etc.)
AIGUILLE AIMANTÉE, petit barreau ou lame d’a- portent à l’extrémité de l’abdomen ; souvent il pro-
cier, pointu par les deux bouts, mobile sur un duit une piqûre dangereuse en introduisant sous la
pivot et rendu magnétique par influence, est la peau un liquide irritant qui y est contenu; souvent
partie essentielle de la boussole. Une aiguille ai- aussi l’aiguillon reste dans la plaie, et l’insecte meurt
mantée qu’on abandonne à elle-même se tourne de en perdant.
le —
Dans le règne végétal , on donne
mauière que ses extrémités, o\x pôles se dirigent ce nom aux piquants dont plusieurs plantes sont ar-
vers les pôles magnétiques de la terre. L’extrémité mées; ils diffèrent de Tépine en ce qu’ils ne sont
sud ou australe Ae l’aiguille est tournée vers le nord, fixés qu’à l’écorce et s’en détachent facilement, tan-
l’extrémité nord ou boréale est tournée vers le midi. dis que l’épine fait corps avec les parties où elle
Cette propriété remarquable se reproduit partout : croît ; le rosier, la ronce , l’acacia ont des aiguillons ;
sur toute la surface de la terre, au sommet des le houx, l’épine-vinette ont des épines.
plus hautes montagnes comme dans les mines les AIL, en latin Allium, plante bulbeuse, de la fa-
plus profondes, partout l’aiguille aimantée prend mille des Asphodélées, vivace ou bisannuelle, dont
une direction fixe à laquelle elle revient lorsqu’on l'oignon, d’une odeur forte et d’un goût piquant e'
Dans le même lieu, les aiguilles aiman-
l’en écarte. bien connu, se compose de plusieurs petites gousses
téesprennent des directions sensiblement parallèles ; réunies sous une enveloppe commune. Cet oignon
mais , sur des points de la terre qui sont éloignés s’appelle tête d’ail. Outre Tail ordinaire (A. sati-
de quelques degrés en longitude ou en latitude, ce vum) , on connaît plusieurs variétés intéressantes :

parallélisme n’existe plus, et l’on voit l’aiguille dé- le poireau [A. porrurri), la ciboule (A. fistulosum),
vier plus ou moins à l’E. ou à l’O. du méridien. En la.civette (A. schœnoprasum) , Y oignon proprement
outre, l’aiguille aimantée ne conserve pas partout dit (A. cepa), l’échalote (A. ascalonicum) la ro-
la position horizontale, mais incline plus ou moins cambole (A. scorodoprasum), qui sont utilisées dans
vers le centre de la terre. On nomme déclinaison l’économie domestique, et Y Ail doré (A. Moly), plante
la déviation de l’aiguille vers l’E. ou vers l’O., et d’ornement (Fn;/. moly). Les Égyptiens paraissent
i>ic/i«awow l’angle qu’elle forme avec l’horizon [Voy. l’avoir cultivé les premiers; il était dans leur pays
BOUSSOLE, DÉCLINAISON, INCLINAISON). — Enfin, plu- moins âcre que dans le nôtre. De nosjours, il s’en fait
sieurs causes accidentelles agissent sur l’aiguille ai- une grande consommation dans le Midi , où il sert
mantée, ou pour la déranger brusquement de sa po- à assaisonner presque tous les mets. L’ail pos-
sition, OU pour troubler au moins la régularité de ses sède des propriétés médicales très-nombreuses ; sa
variations diurnes ; telles sont les tremblements de vertu vermifuge est connue. On le considère, en
terre , les éruptions de volcans , et surtout les auro- outre, comme fébrifuge , diurétique , antiseptique,
res boréales. Quand le tonnerre frappe des corps aiitiscorbiitique. En mâchant des feuilles de persil ou
aimantés, ou quand il tombe seulement à quelque de cerfeuil , on peut neutraliser l’odeur de l’ail.
distance, il change, détruit ou renverse leur ma- AILANTE, ATLANTE. Voy. vernis de la chine.
gnétisme, et expose ainsi le navigateur à des erreurs AILE, en latin ala, partie du corps des oiseaux,
funestes. Le fer même qui entre daus la construction de plusieurs insectes et même de quelques poissons,
du navire peut suffire pour faine dévier l’aiguille. qui leur sert à voler ; cet organe est l’analogue du
On appelle aiguille aimantée astatique, c.-à-d. bras. Les oiseaux et les insectes ont des ailes d’une
non (du grec a priv. et istèmi, j’arrête), une
fixe forme plane et large ; celles des oiseaux sont revê-
aiguille aimantée disposée de manière qu’elle cesse tues de plumes; celles des insectes sont fines et
d(obéir au magnétisme de la terre ; elle sert à étu- transparentes. L’aile de la chauve-souris est mem-
dier les propriétés du magnétisme dans les aimants. braneuse et allongée. —
Ce nom a été étendu à
On détruit l’effet de la terre- en plaçant en présence des organes ou à des objets qui n’ont avec l’aile
de l’aiguille aimantée un barreau aimanté disposé des oiseaux qu’une analogie fort éloignée.
de telle sorte que son pôle le plus voisin soit pareil Les Anatomistes nomment ainsi certaines parties
à celui de même nom que l’aiguille tourne de son situées de chaque côté d’un organe ; les ailes du nez,
côté par l’iiifluence de la terre ; en éloignant ou en formant le côté externe de l’ouverture des narines;
rapprochant ce barreau, on peut arriver à un point l’aile de l’oreille, partie supérieure et évasée du
où son contrebalance exactement l’action de
efl’et pavillon de l’oreille. —
On a aussi nommé Aile la
la terre. Un
autre moyen consiste à opposer à une lèvre extérieure de plusieurs coquilles, lorsqu’elle esi
aiguille aiguille de même force dont les pôles
une plus dilatée qu’à l’ordinaire; les nageoires de plusieurs
soient tournés eu sens contraire. mollusques, et même quelques espèces d’animaux ;

AIGUILLETTE (diminutif d’aiguille), morceau l’Aile d’aigle ou Strombe géant ; l'Aile de chauve-
de tresse , de tissu ou de cordon plat et rond ferré souris, ou Strombe pied de pélican. Voy. ces mots.
,
par les deux bouts, qui a servi longtemps à atta.- En Botanique, on nomme aile la partie latérale de
, ,,

AIMA — 28 AIMA
la corolle des Papilionacées ; on appelle encore ainsi On donne souvent
ture ou un faisceau magnétique.
toutes les membranes saillantes des végétaux dispo- aux aimants forme de fer-à-cheval.
la
sées aux côtés de la tige, des rameaux, etc. On Une aiguille aimantée , suspendue librement
nomme feuilles ailées celles qui sont composées de prend une direction déterminée, du S. au N. (V. ai-
deux folioles opposées. guille AIMANTÉE et boussole) La force directrice à
.

En Architecture, on nomme ailes deux parties laquelle elle obéit réside dans la terre, qui est elle-
construites à droite et à gauche, pour accompagner même un vaste aimant , ayant une ligne moyenne
le principal corps de logis; les ailes d’une église et des pôles opposés (Voy. magnétisme terrestre).
en sont les bas-côtés. — Dans l’Art militaire et la — Les aimants servent à reconnaître la présence du
Marine, les ailes sont les deux extrémités d’une fer, même en petite quantité , dans les minerais et
armée rangée en bataille, et faisant face à l’en- dans les pierres précieuses ; à séparer de petits objets
nemi; l'aile droite est celle qui est à la droite du corps en fer, tels que des goupilles, confondus dans des
d’armée, Vaile gauche, celle qui est à la gauche. amas de poudres métalliques ou de tout autre alliage ;
AILE ou ALE, espôcc de bière. Voy. ale. enfin, à former la boussole qui dirige le navigateur,
AILERON. On nomme ainsi, chez les oiseaux, en lui indiquant approximativement la position des
l’extrémité de l’aile , composée de trois , quatre ou points cardinaux.
cinq plumes longues et étroites , dites pennes : Les anciens connaissaient les propriétés de l’ai-
c’est ce qu’on nomme aussi fouet de l’aile; — chez mant, qu’ils appelaientwaÿnev, pierre herculéenne,
les insectes , de petites lamelles ou écailles placées sideritis ou pierre de Lydie. Mais ce ne fut que dans
au-dessous du point où naissent les ailes anté- le XII® siècle que l’on connut en Europe la faculté
rieures, et qui se continuent avec d’autres écailles qu’a ce minerai de se diriger constamment vers
semblables, nommées cueillerons; elles sont blan- le pôle nord (Voy. boussole). Le médecin anglais
châtres et arrondies ; — chez les poissons , les os Gilbert a le premier démontré, à la fin du xvi® siè-
qui retiennent les rayons des nageoires. — En cle, que la terre est magnétique et que c’est son
Mécanique, ce sont les petites planches dont sont action qui dirige l’aiguille aimantée. —
Les Égyp-
garnies les roues des moulins, et sur lesquelles tiens croyaient beaucoup aux propriétés thérapeu-
tombe l’eau , dont le poids fait tourner ces roues. tiques de l’aimant, et lui attribuaient une action mer-
AIMANT (par contraction du grec adamas, ada- veilleuse, soit àl’intérieur, soit à l’extérieur. Cet usage
mantos, diamant, à cause de la dureté de la pierre de l’aimant était depuis longtemps tombé dans l’oubli :

d’aimant), nom donné d’abord à une espèce de Mesmer, au dernier siècle, le remit en vogue [Voy.
minerai de fer, d’un aspect métallique, d’un noir magnétisme animal). De nos jours, l’aimant est peu
brillant, et qui a la propriété d’attirer le fer, Ta- employé comme moyen de traitement ; on lui re-
cier, le cobalt et 1e nickel ; puis appliqué générale- connaît cependant une vertu sédative et antispasmo-
ment à des barres d’acier rendues magnétiques artili- dique, et on l’emploie contre les névralgies ; M. Réca-
ciellement {Voy. aimantation); on nomme ces der- mier l’a récemment remis en honneur pour cet usage.
niers aimants artificiels. La pierre d’aimant ou aimant de ceylan. Voy. tourmaline.
aimant naturel, se compose d’une combinaison de AIMANTATION , opération par laquelle on com-
protoxyde et de peroxyde de fer (FeO-f-Fe’ O’), munique à l’acier ou au fer des propriétés magné-
qu’on appelle fer oxydulé magnétique. On la trouve tiques. On emploie pour cela divers procédés :
en Suède, en Norw^e, à l’île d’Elbe et aux États- 1® la simple touche, opération qui consiste à frot-
Unis d'Amérique. — Lorsqu’on plonge un aimant ter la pièce qu’on veut aimanter sur un fort ai-
soit naturel, soit artificiel, dans de la limaille de mant naturel ou artificiel, en la faisant glisser
fer, on voit celle-ci
y adhérer ; si l’on présente Tai- chaque fois d’un bout à l’autre, toujours dans le même
mant à distance, la limaille en est attirée et s’é- sens et sans en changer le pôle ; 2“ la touche séparée,
lance sur lui. Certains aimants sont très-faibles, et ou procédé de Duhamel, procédé avantageux pour ai-
sous un grand volume n’exercent sur le fer qu’une manter les aiguilles de boussole on dispose sur une
;

attraction peu sensible ; d’autres sont très-puissants même ligne et à une certaine distance l’un de l’autre
et peuvent soulever des masses de 50 et même de deux barreaux aimantés dont les pôles opposés se re-
100 kilogrammes. — La limaille ne se répand pas gardent; sur ces barreaux, qui restent fixes, on place
uniformément sur la surface d’un aimant ; elle l’aiguille qu’il s’agit d’aimanter ; prenant alors deux
s’amoncelle surtout autour de deux points opposés autres barreaux aimantés, un de chaque main, on les
qu’on appelle les pôles de l’aimant, et il reste vers le pose au milieu de l’aiguille en les inclinant sur elle
milieu une ligne dont les points n’exercent aucune de 25® ou 30®, et on les fait glisser en sens contraire
action attractive, et qui se nomme ligne neutre ou sous cette même inclinaison , de manière à ce qu’ils
ligne moyenne. Si l’on brise un aimant en un arrivent en même temps aux extrémités de l’aiguille ;
nombre quelconque de parties et qu’on plonge là, on les relève, on les rapporte au milieu, et l’on
dans la limaille chacune de ces parties, on trouve répète la môme manœuvre jusqu’à ce que l’aiguille
que chacune d’elles devient un aimant à son tour, se trouve suffisamment aimantée ; —
3® la double
ayant ses deux pôles et sa ligne moyenne au mi- touche, ou procédé d’Æpinus, qui s’emploie pour
lieu. Quelquefois on observe plus de deux pôles aimanter les pièces fortes; il est semblable au pré-
sur un aimant; alors, chaque pôle touche toujours cédent, avec la différence qu’on promène les bar-
un pôle de nom contraire; on dit qu’un pareil ai- reaux aimantés ensemble, et sans les rapprocher,
mant a des pôles conséquents. — Dans les aimants, depuis le milieu de la pièce jusqu’à l’une de ses
les pôles de même nom se repoussent les pôles de extrémités , puis on les ramène à l’extrémité oppo-
,

nom contraire s’attirent, et ces attractions ou ré- sée , et l’on revient par la même route à plusieurs
pulsions sont en raison inverse du carré des di- reprises. — Outre ces trois procédés d’aimantation
stances. On peut s’en assurer aisément, en sus- l’action de la terre, le choc, la torsion, les dé-
pendant librement un aimant et en approchant charges électriques, les courants voltaïques, peuvent
successivement les deux pôles d’un second ai- encore développer dans le fer et dans l’acier les
mant. propriétés magnétiques ainsi, les croix de fer pla-
:

Les aimants prennent des noms diffé-


artificiels cées sur les clochers des églises deviennent à la
rents : aiguilles aimantées, lames aimantées, bar- longue de très-bons aimants; tous les outils des
reaux aimantés, etc., suivant leurs dimensions. forgerons sont dans un état magnétique , etc. C’est
La réunion de plusieurs aiguilles ou de plusieurs même en soumettantdesbarreauxde feràl’action d’un
lames aimantées ayant toutes les pôles de même courant continu qu’on- a obtenu les aimants les plu®
nom tournés dans le même sens forme une arma- puissants (Voy. électro-magnétisme) ; on en a fait
,

AIR - 29 — AIR
tout récemment d’importantes applications dans la que, une quantité variable de vapeur d’eau et un peu
téléeraphie électrique. d’hydrogène carboné. Cette composition de l’air pur
AINE (jadis aigne, corruption du latin inguen), et normal peut être modifiée par des causes acci-
jonction de la cuisse et du bas-ventre, est un enfon- dentelles, telles que la respiration des animaux ^ la
cement anguleux formé des muscles larges de l’ab- combustion du bois ou du charbon , la décompo-
domen qui s’unissent avec les muscles de la partie sition des matières organiques par la putréfac-
antérieure de la cuisse. Cette partie , siège de nom- tion , etc. —
L’air joue un rôle immense dans la
breux ganglions lymphatiques, est sujette à des nature il est indispensable à la vîe des animaux
:

tumeurs, telles qu’ abcès par congestion et bubons, à auxquels il fournit l’oxygène nécessaire à la respi-
des hernies, à des anévrismes. ration ; il ne l’est pas moins à la vie des plantes
AINESSE (d’aîné, dérivé A’antè natus, né anté- qui y puisent l’oxygène ,
l’azote et l’acide carbo-
rieurement). Longtemps le titre d’aîné donna droit nique ; il détermine le phénomène de la combus-
à certaines prérogatives , notamment à celle de pren- tion ;
il est le véhicule du son , et par suite du lan-
dre dans la succession des parents une plus grande gage; enfin, il est utilisé par l’industrie de l’homme
part que les autres enfants ; c’est ce qu’on appelait et employé comme force motrice dans la navigation
droit d’aînesse. Ce droit remonte à la plus haute à voile, les moulins à vent, les fusils à vent, les
antiquité; l’histoire d’Ésaü et de Jacob nous le chemins de fer atmosphériques, etc.
montre établi chez les Hébreux. En Égypte, en Grèce, La pesanteur de l’air, entrevue par Aristote, connue
à Rome, chez les Germains, l’atné jouissait de pri- de Bacon, ne fut nettement exprimée pour la pre-
vilèges particuliers; cependant ce droit n’est pas mière fois qu’en 1643 par Torricelli, disciple de Ga-
consacré par la législation romaine. En France , le lilée. Des fontainiers de Florence ayant inutilement
droit d’aînesse n’était pas connu sous la race ; tenté d’élever l’eau , par le moyen de la pompe, à
la couronne et les alleux se partageaient alors entre une hauteur plus grande que 32 pieds, Galilée
les frères; sous les races suivantes, il fut introduit soupçonna le premier que l’ascension de l’eau dans
afin de mettre un terme aux perpétuelles divisions le corps de pompe était due à la pression exercée
des Etats ; de la famille royale , il s’étendit bientôt par l’air sur la surface libre du liquide contenu
à celles des seigneurs féodaux, puis à toutes les dans le réservoir, et que la limite de 32 pieds
autres; il était régi par le Droit coutumier. Ce droit était la hauteur nécessaire pour qu’une colonne
d’aînesse , si contraire à l’égalité et aux sentiments d’eau fît équilibre à cette pression. Plus tard ,
Tor-
d’affection que le père porte à tous ses enfants in- ricellimit ce principe hors de doute. Pascal
distinctement , a été aboli en France par les lois du confirma cette théorie par de nouvelles expérien-
15 mars 1790 et du 8 avril 1791. Charles X tenta en ces. De son côté Mariette découvrit la loi qui règle
vain de le rétablir en 1826 ; cette proposition im- la compressibilité
,

Ce ne fut qu’à la
de l’air. —
populaire fut rejetée par la chambre des Pairs elle- fin du siècle dernier qu’on connut la composition
même. Le droit d’aînesse ne fut maintenu que pour de l’air et le rôle que joue ce fluide dans les com-
l’hérédité du trône et pour certains cats particuliers binaisons chimiques. Déjà , en 1630 , Jean Rey
(Foÿ. MAJORAT). — Le droit d’aînesse subsiste encore ayant vérifié l’expérience de Brun , pharmacien de
dans la plupart des autres pays de l’Europe , en Bergerac , qui avait trouvé que l’étain augmente de
Russie , en Êspagne , en Italie , en Angleterre sur- poids par la calcination expliqua ce phénomène ,
tout, où il assure la puissance de l’aristocratie, en l’attribuant à l’absorption de l’air par le métal;
mais où il condamne une foule d’enfants de famille cependant les idées de Rey restèrent ensevelies
à la misère. — Dans l’ancien régime, les cadets, dans l’oubli jusqu’en 1774 à cette époque Priest-:

privés de leur part dans l’héritage, embrassaient ley et Bayen reconnurent que toutes les substances
le parti des armes ou se consacraient au service di- désignées sous le nom de chaux métalliques doi-
vin; souvent aussi, ils allaient chercher fortune en vent à l’absorption d’un des principes de l’air l’excès
pays étranger. de poids et tous les caractères qui les distinguent
AIR (du grec aer), fluide gazeux qui forme au- du métal qu’elles contiennent. Enfin Lavoisier,
tour du globe terrestre une enveloppe désignée sous complétant les recherches de ses devanciers, donna
le nom à'atmos’phère. L’air paraît incolore quand la première analyse de l’air, examina les produits
il ne forme pas une couche très-épaisse mais vu de toutes les combustions, et parvint à fonder une
,
en m^se, il est bleu ; cette couleur, attribuée par le théorie nouvelle que toutes les expériences ulté-
vulgaire à une voûte céleste imaginaire, se montre rieures n’ont fait que consolider. Toutefois, il admit
dans toute sa pureté en l’absence des nuages. L’air encore trop d’oxygène dans l’air, et les véritables
nous paraît sans odeur et sans saveur, mais il est proportions ne furent établies que par les analyses
probable que nous en jugeons ainsi par l’habitude de MM. de Humboldt et Gay-Lussac, dont les résul-
où nous sonunes de le respirer dès notre naissance tats ont été confirmés par les derniers travaux do
;
enfin , l’air est pesant comme tous les corps gazeux, MM. Dumas, Boussingault , Régnault, etc.
et comme eux très-élastique : 1 litre d’air, à la AIR INFLAMMABLE. Voy. HYDROGÈNE.
température de 0» et sous la pression de 0“,76, AIR, en Musique (de l’italien aria, qu’on dérive
pèse 1 gr., 2935 ; l’air est donc 770 fois moins pe- du latin œra, chiffre, signe de prosodie chez les
sant que l’eau. La pesanteur d’une masse d’air Romains) , morceau de musique à une seule partie
donnée varie selon l’état de l’atmosphère ; on me- principale. L’air est le plus souvent composé pour
sure cette pesanteur au moyen du baromètre (Voy. le chant ou pour la danse ; de là la distinction des
ce mot). D n’est guère possible de déterminer airs de chant, qui prennent les noms de romances,
exactement la hauteur de l’atmosphère car elle ne cavatines, rondeaux, couplets, etc., et des airs de
,
finit pas brusquement à une certaine élévation l’air
danse, tels que le menuet, la gavotte, \a.courante.
devient seulement de plus en plus rare à mesure
;

qu’on s’élève ; cependant cette hauteur a été évaluée


la gigue, V anglaise, X allemande, etc. Parmi —
les airs de chant on distingue de petits airs, qui
approximativement à environ 80,000 mètres (ou 20 ne se composent guère que de deux ou trois phra-
lieues.) Le poids de la colonne d’air qui presse surune ses , et de grands airs ou airs d’opéra ( Varia ou
surface d’un centimètre carré est d’un kilogr. environ. la cavatine des Italiens), qui se composent ordinai-
L’air atmosphérique, que les anciens regardaient rement d’un cantabile, souvent précédé d’un ré-
comme un corps simple et qu’ils mettaient au nom- citatif et suivi d’un allegro impétueux; mais cette
bre des 4 éléments est un mélange d’oxygène et coupe se modifie de mille manières ; ainsi, l’air peut
,
d’azote, dans la proportion de 21 à commencer par un allegro animé, être suivi d’un
79; il ren-
ferme en outre quelques millièmes d’acide carboni- cantabile, et revenir au sujet et au mouvement
, , , , , , ,,

AIRE 30 - AJUS
yrimitifs. Dans tous les cas, le grand air doit avoir sont pas d’accord sur la manière d’écrire ce met :
Ie double objet d’exprimer Un sentiment profond les uns préférant aire, comme dérivant d’area,
et de faire briller la voix et le talent du chanteur. superficie , champ ; les autres , air, qu’ils dérivent
— On appelle airs de bravoure dans les opéras d’arare , sillonner.
ceux qui ont plus spécialement cette dernière des- AIRELLE, FacciniMm, genre de plantes de la
tination. —
Longtemps les airs de danse eurent un famille des Éricacées, tribu des Vacciniées, dont il
caractère déterminé et furent faits exprès ; aujour- forme le type. L’A. myrtille [Vaccinium myrtil-
d’hui on les tire le plus souvent des opéras en vogue ; lus) ainsi nommée à cause de sa ressemblance
cependant on a conservé certains airs de danse, le avec le myrte , est un arbuste à tiges anguleuses
fandango, la valse, \& polonaise, le galop, la polka. rameuses, à fleurs d’un blanc lavé de rouge, aux-
Ces airs doivent se distinguer surtout par un mou- quelles succèdent des baies d’un bleu noirâtre qui
vement gracieux et par un rhythme bien cadencé. ont une saveur acide et rafraîchissante ; il est com-
— Chaque peuple a ses airs nationaux et ses chan- mun dans les bois, les lieux couverts et monta-
sons populaires : tels sont les barcarolles à Venise, gneux. Une autre oipcc.e,\’ A. ponctuée [Vacc. vitis
les tarentelles et les villanelles à Naples , le ranz idæa ) , est un sous-arbrisseau à fleurs rougeâtres
des vaches en Suisse, les liederen Allemagne, les en grappes terminales penchées. Les baies sont éga-
boléros les seguidillas en Espagne, les songs en lement rouges, acides, et peuvent servir à préparer
Ecosse et en Irlande. En France, chaque province une boisson fermentée fort agréable. On en fait
a les siens l’Auvergne a ses bourrées ; le Poitou
; usage dans la médecine et la teinture. Les mar-
ses branles; la Bourgogne j ses noéls, etc. chands de vin se servent quelquefois de ce fruit
AIR A, nom botanique de la Canche. Voy. ce mot. pour colorer le vin aussi le nomme-t-on teint— vin.
;

AIRAIN , mot indéterminé par lequel on traduit — L’A. coussinette [Vacc. Oxycoccus) dite aussi
généralement l’expression œs des Romains. Ceux-ci Canneberge, se plaît dans les endroits marécageux
paraissent avoir quelquefois désigné par ce mot le du nord de l’Europe. Ses tiges sont déliées, li-
cuivre pur; mais plus fréquemment ils l’ont appli- gneuses et garnies de petites feuilles. Sa fleur isolée
qué aux alliages de ce métal avec plusieurs autres donne, en se dépouillant, un fruit rouge et très-
substances métalliques, notamment avec l’or, l’ar- acide. Les Russes font de ce fruit une boisson de
gent, le zinc, le plomb et l’étain. La fabrication couleur rosacée très-rafraîchissante et antiscorbu-
de l’airain était une partie importante de l’art mé- tique. Dans les arts on s’en sert pour nettoyer et
tallurgique chez les anciens ; ils s’en sei’vaient blanchir l’argenterie.
principalement pour faire de la monnaie et des AISSELLE (du \d.X\n axilla) cavité qui se trouve
statues. L’airain de Délos et celui d’Égine étaient les au-dessous de la jonction du bras avec l’épaule. Sa
plus estimés. —
On appelait airain de Corinthe un peau est molle, fine, et attachée aux parties qui
alliage qu’on supposait s’être produit fortuitement l’entourent par un tissu très-extensible et lâche.
par la fusion d’un grand nombre de métaux pré- Les maladies qui s’y forment sont l’engorgement
cieux pendant l’incendie de cette viUe par Mummius, des ganglions, les abcès, les bubons (qui, dans les
alliage que l’art sut reproduire. —
Le mot airain temps de peste, sont un des symptômes de l’infec-
s'emploie aussi, la plupart du temps dans le langage tion ) , les anévrismes. —
On nomme ainsi en Bo-
poétique, pour désigner plus particulièrement les al- tanique l’angle formé par une feuille ou par un
liages de cuivre et d'étain qui servent à la fabrication rameau sur une branche ou sur la tige. L’organe
des canons, des cloches, des statues, etc. Voy. bronze. situé dans cet angle prend l’épithète A’axillaire :

AIRE (du latin area), se dit, en Géométrie, de la ainsi les fleurs de la pervenche sont axillaires.
superficie d’une figure. Pour mesurer l’aire ou la AJONC, Ulex, genre de la famille des Légumi-
surface d’une figure plane, on prend pour unité neuses, sous -ordre des Papilionacées , tribu des
de mesure l’aire d’un carré dont les côtés sont Lotées. Ce genre ne renferme que des arbustes
l’unité linéaire. Ainsi, en adoptant le mètre pour velus, à feuilles simples, longues et épineuses, à
unité des mesures linéaires et le mètre carré pour fleurs jaunes et solitaires. L’Ajonc d’Europe, ap-
unité de surface, l’aire d’une figure quelconque pelé aussi Genet épineux. Jonc marin et Sain-
sera déterminée quand on connaîtra combien elle foin d’hiver, est un arbrisseau toujours vert dont
contient de mètres carrés ou de parties de mètre les feuilles, d’abord souples, se changent, à la fin
carré. Toutes les propositions de la géométrie re- de l’automne, en épines dures, d’un vert sombre.
latives à l’aire des figures planes peuvent se rame- L'ajonc pousse naturellement dans les lieux secs et
ner aux suivantes : 'Tout rectangle a pour mesure arides. On l’emploie pour nourrir les bestiaux
le produit de sa base par sa hauteur; l’aire d’un pour chauffer le four et faire des enclos. Cette
triangle est égale à la moitié du produit de sa base plante, qui vient spontanément dans nos pays, a
[lar sa hauteur; l’aire d’un parallélogramme est la vertu d’utiliser les mauvaises terres, qu’elle rend,
égale au produit de sa base par sa hauteur; l’aire par l’incinération, propres à la culture après 6 ans.
d’un trapèze est égale à la moitié du produit de sa AJOUPA , nom donné dans les colonies à une es-
hauteur j>ar la somme des deux bases parallèles. pèce de hutte portée sur des pieux , que l’on re-
AIRE-DE-VENT OU AIR-DE-VENT. Les marins nom- couvre à la hâte de branchages , de paille ou de
ment ainsi la trente-deuxième partie de l’horizon ; jonc. Les marins construisent des ajoupas quand
ce qui, en divisant l’horizon en 360 degrés, donne ils vont à terre sur une côte inhabitée pour renou-
pour chaque aire-de-vent 15 degrés, 15 minutes. veler leurs provisions.
Pour les dénommer, on prend les noms assortis AJOURNEMENT. En Droit, on appelle ainsi
d’abord aux quatre points cardinaux (est, nord par lequel un huissier dénonce à une per-
l’acte
midi, ouest); puis aux qnattve col latéraux [nord- sonne une demande formée contre elle, avec som-
ouest, sud-est. sud-ouest , nord-est); aux huit in- mation de comparaître à certain jour; c’est ce
termédiaires (sud-sud-est, sud-sud-ouest, etc.); et qu’on appelle communément assignation [Voy. ce
enfin aux seize points marins compris entre les seize mot). Tout ce qui concerne les ajournements est
points susdits [nord-quart-nord-est, nord-est-quart- réglé par le Code de Procédure (liv. II, titre u).
tiord, nord-est-quart-est, etc.). Les aires-de-vent AJUGA, plante. Voy. bugle.
écrites sur la r-oie des vents, cercle placé sous l’aiguille AJÜGOIDËES, tribu formée par Bentham dansla fa-
aimantée de la boussole, servent à indiquer la di- mille des Labiées, renferme les genres Ajuga (Bugle),
rection suivie par cette aiguille, et par suite celle Amethystea. Teucrium (Germandrée), Cyinaria, etc.
des vents. Les aires se nomment encore rumbs , AJUSTEUR’ [d’ad jusfum, sous-entendu rfiri-
demi-rumbs , quarts de rumb. — Les marins ne gere, rendre juste, exact), ouvrier qui, dans les
, , ,

ALAM 31 — ALBA
arts mécaniques, réunit les diverses parties d’une chimie , on remplace généralement les alambics par
machine exécutées par d’autres ouvriers, et qui des cornues. —
On attribue aux Arabes la construction
les assemble et les raccorde pour qu’elles puissent des premiers alambics.’ Arnaud de Villeneuve , au
fonctionner. Dans l’horlogerie, l’ajusteur est plus XIII® siècle, en propagea Tusage en Europe.
ordinairement appelé finisseur j dans d’autres arts, ALANGIÉES (d’alangî, nom hindou du genre
on le nomme monteur. —
L’ajusteur, dans l’art du type), petite famille que M. de Gandolle a détachée
monnayage, est chargé de donner le poids légal des Myrtacées. Elle ne se compose que du seul genre
aux flans des monnaies, c’est-à-dire aux pièces dé Alangium qui ne renferme qu’une espèce, VA. à
métal destinées à passer sous le balancier pour être dix pétales [A. decapetalum), arbre de l’Inde à
frappées. —
On appelle ajustoir une petite balance fleurs grandes et odorantes et ayant pour fruit un
où l’on pèse et ajuste les monnaies avant de les drupe monosperme , bon à manger. Le suc des ra-
marquer ; on la nomme aussi tre'buchet. cines est employé au Malabar contre la morsure des
AJUTAGES ou ajutoirs (du verbe ajouter), pe- serpents et comme purgatif.
tits tuyaux coniques ou cylindriques qui s’ajoutent ALATERNE , alaternus, L., arbrisseau
ou s’adaptent à l’extrémité d’un tuyau plus grand, du genre Nerprun, qu’on trouve surtout dans les
pour régler l’écoulement d’un liquide. La forme lieux humides du midi de l’Europe, atteint quel-
de l’ajutage influe beaucoup sur la vitesse de l’é- quefois 5 mètres de haut; son feuillage, toujours
coulement , et par suite sur la dépense d’eau vert, est d’une teinte sombre ; ses feuilles sont
dans le même temps. Un ajutage de même forme luisantes, ovales, légèrement dentelées sur les bords
que la veine fluide peut augmenter la dépense du li- et d’une consistance assez ferme. Cet arbrisseau est
quide dans le rapport de 3 à 2. Au contraire , un très-branchu ; il a Técorce brune ; ses fleurs , peu
ajutage cylindrique ou conique la diminue. C’est apparentes, sont verdâtres et sentent le miel. On
aussi l’ajutage qui détermine la forme du jet du li- l’a introduit dans les jardins d’agrément, où il
quide. L’emploi des ajutages, lorsqu’il est fait avec forme des buissons. On le multiplie de graines , de
ai t, produit des effets très-heureux, tels que gerbes, marcottes et d’éclats. Autrefois cet arbre était ré-
berceaux, etc. —
On donne aussi le nom d’ajutage à puté de mauvais voisinage , parce que le suc qu’il
un petit tuyau de métal ou de caoutchouc destiné à fournit est couleur de sang.
joindre l’un à l’autre deux appareils chimiques. ALAUDIDÉES {d’alauda, alouette), famille d’oi-
AKENE ou ACHÈNE (du grec a privatif, et chainô, seaux de Tordre des Passereaux conirostres de Cu-
s’ouvrir). On applique cette épithète à un genre de vier, renferme deux sous-familles ; les Alaudinées,
fruit indéhiscent c’est généralement un fruit sec, g.-tjpel'alouette,etles Anthusinées.g-.tyÿeVanthus.
;
à une seule semence, dont le péricarpe, réduit à ALBACORE, nom donné au Thon et à l’Espadon.
une lame mince, adhère plus ou moins intimement ALBATRE (du grec alabastros, qui a la même si-
avec l’enveloppe de la graine et avec le tube du gnification), nom donné à deux sortes de pierres de
calice comme on le remarque dans la semence de composition différente, que Ton emploie dans les
,
carotte et la chicorée. arts : et —
VA. calcaire. VA. gypseux
VA. gypseux
AKIS (mot grec qui signifie poiwfe), coléoptère ou alabastrite, sulfate de chaux hydraté, est remar-
du genre Pimélie, section des Hétéromères, famille quable par sa blancheur proverbiale, mais il est
des Mélasomes; petit insecte noir, lisse, dont le extrêmement tendre et le moindre frottement peut
corselet, plus large que la tête et fortement échan- en détacher des parcelles; on le sculpte pour en
cré en avant, a les bords relevés sur les côtés. On faire des objets d’ornement, vases, pendules, petites
en connaît plusieurs variétés qui vivent sur les ter- statues, etc. Il en existe de vastes carrières àVol-
lains tenant en dissolution des substances salines. terra, en 'Toscane; on a trouvé à Lagny, près de
ALABANDINE , pierre précieuse que Ton trou- Paris , un albâtre veiné qu’on exploite avec avan-
vait dans les environs d’Alabanda, en Carie. Elle
tenait le milieu entre le grenat et le rubis
tage. —
VA. calcaire, dit aussi A. oriental, A.
;
elle est proprement dit, variété de chaux carbonatée, est
plus transparente que le premier, moins obscure beaucoup plus dur et peut même rayer le marbre ;
que le second; elle est dure et anguleuse. On la il est susceptible d’un beau poli ; il est d’un blanc
nomme aujourd’hui spinelle rouge pourpré. On lui laiteux , un peu roux ou jaune de miel , et offre des
donne le premier rang après le rubis. veines qui sont d’un agréable effet. On en fait de
ALABASTRITE. Voy. albatre gypseüx. beaux ouvrages , des vases , des camées , et même
ALABASTRON, nom donné par les Grecs à des de grandes statues. Les anciens, qui en faisaient
vases à parfum sans anse, faits en albâtre, a été un grand usage, le tiraient de l’Egypte, de l’Asie
ensuite appliqué à une mesure de capacité usitée Mineure, de Tlnde. On a trouvé à Montmartre, près
autrefois en Grèce et en Orient; elle valait un demi- de Paris, un albâtre calcaire d’un beau jaune de
xestès, un cotyle; en mesures françaises, 0 lit., 26. miel, mais en petite quantité.
ALAMBIC (du grec ambix vase distillatoire ALBATROS (du latin albatus, vêtu de blanc),
précédé de l’article arabe al), appareil employé Biomedea oiseaux aquatiques de Tordre des Pal-
dans les arts chimiques pour distiller, c’est-à-dire mipèdes, de la famille des Longipennes ou Grands-
pour séparer un liquide volatil des substances fixes Voiliers , sont les oiseaux d’eau les plus gros et les
ou moins volatiles que lui. Les trois parties essen- plus voraces. Leur séjour habituel à la surface des
tielles d’un alambic sont la cucurbite, le chapi-
: eaux les a fait surnommer pélasgiens; leur taille
teau et le réfrigérant. La cucurbite est la partie énorme les a fait appeler par les matelots moutons
inférieure dans laquelle sont placées les matières à du Cap et vaisseaux de guerre. Us atteignent en
distiller; elle doit être construite de manière à pré- effet un mètre de longueur, et leurs ailes étendues
senter à l’action de la chaleur la plus grande sur- dépassent trois mètres; leur bec est terminé par un
face possible. Le chapiteau conduit les vapeurs de crochet qui semble ajouté après coup et est d’un
la cucurbite dans le réfrigérant c’est un tuyau blanc jaunâtre ; le dessus du corps est blanc avec
;
ajusté à ces deux parties; il doit être assez large quelques bandes brunes, et le dessous tout blanc;
pour ne pas opposer de résistance aux vapeurs qui les jambes sont courtes, et les pattes, qui n’ont que
le traversent. Le réfrigérant est la partie dans la- trois doigts, dirigés en avant, sont d’un rose pâle. L’al-
quelle les vapeurs se condensent et prennent Tétat batros est lourd, lâche et glouton ; il vit de poisson
liquide ; il consiste ordinairement en un serpentin et en dévore une énorme quantité. On connaît 5 es-
ou tube en spirale, qui plonge dans Teau froide. pèces d’albatros : VA. commun, le plus grand do
La forme des alambics varie suivant les besoins des tous, dont le cri ressemble au braiment de Tàne;
industries qui s’en servent. Dans les laboratoires de TA. exilé ou A. gris; VA. chocolat ou bai-brun,
— ,.

ALBÜ S — ALCA
VA. brun ou fuligineux ; VA. ruban-jaune ou à portée d’Allemagne en France au commencement
sourcils noirs. Les Albatros habitent les mers au- de ce siècle. — C’est aussi un portefeuille de pocVie
strales, et, malgré leur volume considérable, ils ou mémorandum à l’usage des voyageurs.
volent rapidement et s’avancent très-loin en pleine ALBUMEN (mot latin qui signifie glaire, blanc
mer. Leur chair est dure et d’un goût détestable. d’œuf), partie de l’amande ou de la graine appliquée
ALBERGIER, arbre fruitier, assez grand, à feuilles sur l’embryon , auquel il sert de nourriture quand il
en cœur, dentelées, plus petites que celles de l’a- est jeune. L’albumen n’a pas d’organisation vascu-
bricotier. Ses fruits, nommés alberges, tiennent de laire. Il manque dans plusieurs graines, et sa nature
la pêche et de l’abricot ; ils sont précoces , mûrs à varie beaucoup : il est sec et farineux dans les Grami-
la mi-août, généralement abondants et de bonne nées, coriace dans les Ombellifères , oléagineux et
qualité; leur couleur est jaune fîtncé; leur peau, ra- charnu dans les Euphorbiacées , corné dans les Ru-
boteuse et colorée ; leur chair est fondante, vineuse, biacées et membraneux dans les Labiées. C’est le
légèrement amère. Le noyau est gros , et contient périsperme de Jussieu et l’endosperme de Richard.
une amande amère. C’est à. tort qu’on regarde ALBUMINE [à’ albumen, blanc d’œuf ), matière
quelquefois l’albergier comme une variété de l’abri- visqueuse, blanchâtre, d’une saveur un peu salée,
cotier ; il forme dans ce genre une espèce distincte. et qui constitue l’un des éléments des corps orga-
On le cultive surtout en Touraine. nisés (animaux et végétaux). Elle se distingue des
ALBINOS (dimin. à’albus, blanc). On nomme autres substances organiques par la propriété qu’elle
ainsi certains individus dont la peau est blafarde ou possède de se coaguler par la chaleur. Elle constitue
d’un blanc fade , ainsi que les cheveux et les poils, presque en totalité le blanc d’œuf et le sérum du
dont les yeux rouges et pâles ne peuvent supporter sang ; on la trouve dans la matière cérébrale et
la lumière du jour. Cette anomalie est due à l’ab- nerveuse, dans l’humeur vitrée de l’œil, dans l’eau
sence du pigment , matière qui colore la peau, les des hydropiques et dans tous les liquides séreux.
yeux et les cheveux. C’est le résultat d’une maladie Les cheveux, les ongles, les durillons de toute sorte
qui peut attaquer l’homme sous tous les climats ; sont formés d’albumine concrétée. Elle est égale-
mais ce n’est pas le caractère d’une race particu- ment contenue dans le suc des légumes, des raves,
lière, comme on l’a cru longtemps. On trouve beau- des choux-fleurs, des asperges; quand on fait bouil-
coup plus d’albinos en Afrique, parmi les nègres, que lir ce suc, il s’en sépare un coagulum qui est iden-
dans tous les autres pays ; ce qui leur a fait donner tique au blanc d’œuf. Les amandes et les noix en
le nom de nègres blancs. Les albinos mâles sont renferment aussi. L’albumine est une combinaison de
généralement impuissants; mais les femmes peu- carbone, d’hydrogène, d’azote et d’oxygène avec do
vent devenir mères. — L’albinisme se rencontre petites quantités de soufre et de phosphore. On —
souvent chez des animaux; c’est à cette maladie s’en sert en médecine dans les cas d’empoisonne-
qu’est due la blancheur du poil dans les souris, ment par des sels minéraux (principalement de
les éléphants , les serins , les cerfs , les chiens , les cuivre et de mercure) ; battue et mêlée avec l’huile,
lapins et dans certains merles ; car lesmerles blancs, elle guérit les brûlures récentes. Dans les arts, on
pour être rares , n’en sont pas moins réels. l’emploie pour clarifier les divers liquides , les su-
ALBITE , espèce de feldspath. Voy. schorl blanc. cres, etc., et pour coller les vins, parce qu’elle forme
ALBUGESE ou albügo {à'albus, blanc), tache en se coagulant une sorte de réseau qui entraîne
de l’œil , vulgairement nommée taie , est produite les substances tenues en suspension dans ces li-
par le dépôt d’une matière blanche entre les lames quides. On s’en sert encore pour donner plus de
de la cornée. Ses causes sont l’ophthalmie, les vices blancheur et de légèreté à certaines pâtes, pour re-
dartreux , scrofuleux , etc. La tache , opaque , lai- coller la porcelaine et le verre cassés, etc.
teuse quand elle est récente, devient, avec le temps, ALCADE. Voy. le Bict. univ. d’Hist. et de Géogr.
crayeuse et nacrée; elle est peu douloureuse. L’al- ALCADÉES {à’alca, pingouin), tribu de la fa-
bugo est d’autant plus difficile à guérir qu’elle est mille des Brachyptères, ordre des Palmipèdes de
plus ancienne et que le malade est plus âgé. On em- Cuvier; on en a fait une famille composée des
ploie à cet effet un collyre composé de sucre candi genres Pingouin, Guillemot, Mergule, Macareux,
en poudre fine et d’un peu de nitre, de vitriol ou Ce'rorhynque et Starique, et caractérisée par des
,d’os de sèche. pieds implantés très en arrière , entièrement palmés
ALBUGINÉ {à’albus, blanc) , épithète donnée en et sans pouce, des ailes courtes, peu propres au vol.
Anatomie aux membranes remarquables à la fois —
On y avait aussi, mais à tort, rapporté le Plongeon
par leur blancheur et leur consistance ; on nomme ALCAHEST, mot arbitrairement forgé par Para-
tunique albuginée de l’œil, la sclérotique ; humeur celse pour désigner une liqueur propre , selon lui
nlbuginée, l’humeur aqueuse de l’œil; fibre albu- à guérir toute sorte d’engorgements. Ce nom a été —
ginée, celle qui forme les tendons, les ligaments donné par Van Helmontà un dissolvant universel et
articulaires; cette fibre se distingue des autres par à un remède propre à raunener les corps à leur 1” vie.
sa fermeté et son élasticité ; on la nomme, selon ses —L’Alcahest de Glauber est une liqueur épaisse que
diverses applications, a^one'üro5e, tendon, ligament, l’on obtient en faisant détoner sur des charbons' ar-
ALBUM, mot latin qui veut dire blanc. Ôn nom- dents du nitrate de potasse, ce qui le transforme en
mait ainsi chez les Romains des tablettes blanches sous-carbonate de potasse. UAlcahest de Respour
ou des murs blanchis avec un enduit de plâtre , sur est un mélange de potasse et d’oxyde de zinc.
lesquels les préteurs publiaient leurs édits , ou bien ALCAÏQUE (vEBs), vers grec inventé par le poète
sur lesquels on affichait des documents officiels. Alcée, et adopté chez les Latins, est formé de quatre
Selon quelques auteurs , ce mot désignait seule- pieds et d’une césure, qui se place au milieu : le
ment les caractères blancs avec lesquels on les 1er pied est un spondée, rarement un iambe ; le 2® un
écrivait. Par suite, on a nommé a/ium le droit iambe ; puis la césure , et enfin deux dactyles :
prétorien, pour le distinguer du droit civil, que
Düice èt dëc8 rum ïst pr5 pllrl X mSrt.
Von nommait rubrica (de couleur rouge), parce 1 j 1 |

qu’on écrivait les titres des lois en rouge. — Au-


— On appelle strophe alcdique une strophe com-
jourd’hui on appelle album un portefeuille composé posée de 4 vers, dont les deux premiers sont alcai-
de feuilles détachées sur lesquelles les personnes ques , comme dans ces vers d’Horace r
dont on veut conserver le souvenir, ou dont on veut
Omnes eodem cogimur omnium
posséder un autographe, écrivent leurs noms, leurs
:

Yersatur urna : serius ocius .

ensées, des airs notés , peignent des portraits, des Sors exitura et nos in eeterouni
,

eurs ou des paysages, etc. Cette mode a été im- Kxilium imposilura cymbœ.
, , , ,, , ,,

ALCA — 33 — ALCH
ALCALI (de l’arabe al-kali, la soudeL se dit en même plateau de la balance l’alcali et l’acide des»
Chimie de certaines substances douées d une saveur tiné à le saturer, contenus dans deux ballons con-
àcre et urineuse, caractérisées par leur causticité tigus, et, après les avoir mêlés, on fait une nou-
et par l’énergie avec laquelle elles se combinent avec velle pesée; la différence de poids sur la première
les acides. Les alcalis solubles dans l’eau ramènent pesée indique l’acide carbonique dégagé. Ces deux
au bleu le tournesol rougi par les acides, verdissent méthodes sont décrites avec beaucoup de détails
le sirop de violettes, et brunissent la teinture de dans le Précis d’analyse de M. Frésénius.
curcuma. Les anciens chimistes n’appliquaient le ALCALIN, ALCALINITÉ, se disent, en Cliimie,
mot alcali qu’à trois substances la potasse, qu’ils
: de la propriété que possèdent certains corps solu-
nommaient a/ca/i minéral] la soude, alcali végé- bles dans l’eau de ramener au bleu le tournesol
tal] et l’ammoniaque, alcali volatil. La chimie rougi par les acides : on dit réaction alcaline, par
moderne distingue les alcalis proprement dits opposition à réaction acide. Les sulfures alcalins
comprenant, outre les trois précédents, la lithine; sont les sulfures formés de soufre et de quelqu’un
et les alcalis terreux ou terres alcalines, compre- des métaux qui produisent avec l’oxygène les alcalis
nant la chaux, la baryte, la strontiane et la ma- ou oxydes alcalins (potassium , sodium , calcium
gnésie. A l’exception de l’ammoniaque, tous ces baryum). On appelle sels alcalins les sels à base
alcalis sont des oxydes métalliques ; aucun d’eux d’alcali, surtout ceux qui renferment un excès de
ne se rencontre dans la nature à l’état de liberté. On Côtte
les appelle aussi alcalis caustiques pour les distin- ALCALOÏDE (c’est-à-dire xemê/aê/e à l’alcali),
guer des alcalis carbonatés, combinaisons des al- synonyme A’alcali végétal. Voy. alcali.
calis caustiques avec l’acide carbonique, qui par- ALCANNA, plante plus connue sous le nom do
tagent beaucoup de propriétés avec les alcalis libres. HENNÉ. Voy. ce mot.
— Les alcalis végétaux de la chimie moderne ALCARAZAS, ou mieux alcarraza, mot arabe
appelés aussi bases végétales, alcaloïdes ou alcalis qui désigne un vase poreux en forme de bouteille
organiques sont de beaucoup plus nombreux que dont on se sert dans les pays chauds, surtout en
les alcalis fournis par le règne minéral; ils con- Espagne, pour rafraîchir l’eau. Ces vases étant, par
tiennent tous du carbone, de l’hydrogène et de leur porosité , légèrement perméables , la vaporisa-
l’azote, et la plupart d’entre eux de l’oxygène. tion qui a lieu à leur surface leur enlève assez de
Parmi ces alcaloïdes, les uns existent tout formés calorique pour refroidir le liquide qu’ils contien-
dans les organes des plantes, en combinaison avec nent. On les place à l’ombre, et on les expose à un
certains acides : tels sont la quinine, la morphine, courant d’air pour augmenter l’évaporation. Selon
la strychnine, etc.; les autres sont le produit de M. Darcet, ils sont formés d’un mélange de 5 parties
réactions chimiques sur certaines substances orga- de terre calcaire et de 8 parties d’argile ; on y in-
niques : tels sont l’aniline, la quinoléine, la tolui- troduitaussi un peu de sel. —
Ce genre de vases était
dine, etc. Les alcalis végétaux naturels sont géné- connu de toute antiquité chez les Egjqjliens ; les
ralement insolubles dans l’eau, ce qui permet de Arabes l’introduisirent en Espagne. On les fabrique
les extraire des organes qui les renferment, en aussi avec succès en France M. Fourmy, qui a le
:

traitant ceux-ci par de l’acide chlorhydrique ou premier fabriqué de ces vases à rafraîchir, les a
sulfurique affaibli, et décomposant la solution par nommés hydrocérames.
de la chaux ou de l’ammoniaque, qui vient alors ALCEDÏDÈES {A’alcedn, nom de l’alcyon ou du
précipiter les alcaloïdes. Presque toutes les plantes martin-pêcheur), famille d’oiseaux de l’ordre des
vénéneuses doivent leur action à de semblables al- Passereaux, formée aux dépens de celle des Syndac-
calis : la ciguë contient la conine; la belladone tyles de Cuvier, est caractérisée par un bec fort
renferme l’atropine; le pied d’alouette staphisaigre, allongé, droit, presque quadraiigulaire; pieds à
dit herbe aux poux contient la delphine, etc. Ces tarses très-courts , complètement syndactyles. Elle
alcalis sont devenus, pour la plupart, des remèdes comprend les genres Martin - pécheur, Ispida ou
précieux dont l’emploi a remplacé, dans presque Céryle. Céyx, Alcyon, etc.
tous les cas, celui des végétaux dont on les extrait. ALCÉE (du grec alkéa, mauve), genre déplantés
Les alcalis minéraux étaient connus fort ancien- de la famille des Malvacées, réuni aujourd’hui par
nement (Yoy. l’art, do chacun d’eux). La découverte la plupart des botanistes au genre Althéa ou Gui-
des alcalis végétaux ne remonte qu’à l’année 1817, mauve. L’espèce la plus remarquable est YAlthea
époque à laquelle Sertuerner, pharmacien de Ha- rosca {Alcée des jardins. Rose tréniière ou Passe-
novre, découvrit la morphine dans l’opium. Depuis rose), qui fait l’ornement des parterres. Sa tige est
lors, la liste des alcalis végétaux s’est considérable- élevée, droite, velue, couverte de belle? fleurs
ment accrue, grâce aux recherches de MM. Pelletier dont la nuance varie du blanc au rouge jaune et
et Caventou , Robiquet, Brandes , Geiger, Henry fils au cramoisi. Elle est originaire de Syrie , d’où elle
et Plisson. Dans ces derniers temps, Woehler, Hof- fut apportée à l’^oque des croisades. Une autre
mann, Gerhardt et Zinin ont fait connaître des pro- espèce, venue de Chine, à fleurs blanches et pour-
cédés à l’aide desquels on peut produire certains al- pres panachées, est très- recherchée des amateurs.
calis végétaux au moyen des réactions chimiques. ALCHEMILLÉ ou alchimille, genre de plantes
ALCALIMÈTRE (de l’arabe al-kali, et du grec de la famille des Rosacées; herbe vivace, aux feuilles
métron mesure ) , instrument servant à détermi- palmées ou digitées et aux fleurs verdâtres, en co-
ner les proportions d’alcali caustique ou carbonaté rynibes ou en grappes terminales. L’A. vulgaire,
contenues dans les potasses et les soudes du com- ou Pied-de-lion est très-commune dans les prés
merce. Les parties alcalines étant les seules utiles et bois montagneux : elle possède des pro-
les
au blanchisseur, au teinturier, au savonnier, etc., priétés astringentes. Les alchimistes employaient
cette détermination indique la valeur intrinsèque dans l’opération du grand œuvre la rosée recueillie
de ces produits. Deux méthodes sont en usage : la sur ses feuilles : de là son nom. L’A. des Alpes
première, proposée en 1801 par Descroizillcs et A. alpina et argentea) est remarquable par le
modifiée par Gay-Lussac, est la plus expéditive ; iivet soyeux et argenté de la lame inférieure de
elle consiste à saturer l’alcali par de l’acide sulfu- ses fenilies.
rique étendu, d’un titre connu, et contenu dans ALCHIMIE (de l’article arabe al et du mot chi-
une burette graduée ; le point de saturation se re- mie). science occulte qui étudiait, comme aujou.-d’liui
connaît à l’aide d’un papier de tournesol. L’autre la chimie, les combinaisons des corps, et cherchait
méthode, moins prompte, mais plus exacte, est à surprendre les secrets de la nature, mais dans le
due à MM. Frésénius et Will : on équilibre sur le but chimérique d’opérer la transmutation des mê-
3
,,

ALCO —U— ALCO


taux en transformant les substances plus viles en les veines. dissout fort bien les résines, les es-
11
métaux précieux , de faire de l’or et de composer sences, les matières grasses; il se combine avec les
une panacée ou remède universel, propre à prolonger acides, et produit ce que les chimistes appellent des
indéfiniment la vie. L’agent tout-puissant au moyen éthers. — ün obtient l’alcool absolu en distillant
duquel l’alcliimistc devait opérer ces merveilles l’alcool du commerce avec des substances très-avides
était appelé la pierre p/iilosophale; et l'opération d’eau, telles que la chaux vive ou le carbonate de
elle-même était le grand œuvre. Le mercure, l'or, potasse. L'alcool du commerce s’obtient en soumettant
l'antimoine, sont les métaux dont les alchimistes à la distillation les liquides sucrés qui ont éprouvé la
se servaient le plus. L'alchimie s’associait le plus fermentation siiiritueuse. Cette opération se prati-
souvent à l'astrologie et à la magie. Les Égyptiens que en grand sur les vins. Ou tire aussi de l’alcool du
l’appelaient V Art sacré, parce que cet art n’était cidre, des mélasses, de la betterave, de la pomme de
connu que de leurs prêtres; on l’a aussi nommée \'art terre, des grains, du bois même, etc. —
l/alcool est,
hermétique, parce i|ue l’invention en était attribuée après l’eau, le dissolvant le plus général. Les chi-
à Hermès Trismégiste. Le nom d'alc/iimie est dû aux mistes l’emploient très-fréquemment dans leurs tra-
Arabes, et ne parait pas remonter au delà du vaux d’analyse; les pharmaciens le font servir à la
IX' siècle. Quant à la science elle-même, ses adep- préparàtion des teintures et des alcoolats. On l’u-
tes lui attribuaient la plus haute antiquité prati-
:
tilise dans les arts à la fabrication des vernis sic-
quée, selon eux, même avant le déluge, par Tu- catifs; les parfumeurs en consomment aussi beau-
balcain, elle fut conservée par Cbam, (iis de Noé, à coup pour composer une foule de liqueurs aroma-
qui elle emprunta son nom et (lui l’enseigna aux tiipies, qu’ils désignent sous les noms d’esprits
Egyptiens. Ce qui parait vrai, c’est que ce dernier d’odeur, d’extraits d’odeur, d’eaux de senteur,
peuple eut de bonne heure, ainsi que les Chinois, des d’eaux spiritueoses. Etendu d’eau et pris en petite
connaissances étendues en chimie, et que c’est de quantité, l’alcool excite les forces momentanément,
ses mains que cette science passa aux Grecs et aux tandis qu’à plus haute dose il les détruit, et pro-
Arabes, qui l’apportèrent en Occident. Elle régna duit l’ivresse. L'usage trop fréquent de l’alcool à
au moyen âge; discréditée à mesure que les mé- l’état d’eau -de -vie devient presipie toujours une
thodes rationnelles firent des progrès, elle céda la source d'irritations chroniques et de lésions orga-
place, dès le xvii« siècle, à la Chimie, qui hérita niques des plus graves. L’alcool se répand promp-
de son nom, en conservant ce ([u’elle pouvait con- tement dans tous les organes, qui en restent im-
tenir d’utile. Cependant elle compte encore quel- prégnés : quelques médecins attribuent à cette

ques adeptes, dupes ou charlatans. Après l’antique imprégnation générale de l’économie les combus-
flermos, père de l’Art sacré, à quion attribue les tions spontanées, qu’on observe surtout chez ceux
livres dits hermétiques, qui paraissent avoir été qui ab'isent des liqueurs fortes.
fabriqués en Egypte au ni' ou iv' siècle de notre Dans le commerce, on rencontre l’alcool à divers
ère^ on nomme parmi les plus célèbres alchimistes états de concentration. Pour déterminer exactement
le Grec Zosime, écrivain du v« siècle, auteur d’un son degré de force, on se sert d’instruments appelés
livre sur VArt de faire de l’or; les Arabes Geber aréomètres et alcoomètres {Voy. ces mots). Le —
ou Giaber (ix® siècle ), Al- Farabi , Avicenne, et commerce a adopté des noms particuliers pour dis-
depuis, le moine Roger B.icon, Albert le Grand, tinguer les didérents degrés de spirituosité de l’al-
Raymond Luile , Nicolas Flamel , Georges Agri- cool. Les premiers produits de la distillation, mar-
cole, Basile Valentin, les Rose-croix, Paracelse, quant depuis 16® jusqu’à 20“ de l’aréomètre de
qui obtint une immense renommée en appliquant Cartier, portent le nom d’eau-de-vie. On appelle
l’alchimie à la médecine. Au xvui® siècle même, particulièrement preuve de Hollande ou eau-de-
de grands charlatans , le comte de Saint-Germain vie ordinaire celle qui marque 19®, et eau-de-vie
Cagliostro, J. -J. Casanova, firent de nombreuses forte celle qui a de 21 à 22®. Au delà de ce degré,
dupes en pi étendant posséder les secrets de l’alchi- les produits alcooliques prennent le nom d’esprits,
mie. — Quelque chimérique que cet art pût être et le plus ou moins d’eau qu’ils contiennent s’ex-
dans son but, il reposait sur l’observaiion de quel- prime par des nombres qu’on indique sous la forme
ques faits merveilleux, mais réels, et on lui doit de fractions. Ces nombres font connaître la quan-
d'imporUntes découvertes. Lenglet Dufresnoy a tité d’eau qu’il faut ajouter à chaque partie d’es-
donné une Histoire de la philosophie hermétique, prit pour le ramener à l’état d’eau-de-vie ordi-
1742;Schmieder,unef/(xf.rfe/’Afc/«'»!ie,Halle,i832; naire ou à 19®. Ainsi on nomme esprit trois-cinq
M. ¥\"mer,VAlchimieetlesAlchimisles, Paris,1854. de l’alcool à 29® 1/2 , parce qu’en prenant 3 volumes
ALCOOL Ole l’arabe n/-ea/io/ , corps très-subtil), de ce liquide, et y ajoutant i volumes d’eau, on
dit aussi hydrate d’oxyde d’éthyle, esprit-de-vin obtient 5 volumes d’eau-de-vie à 19®; on appelle
eau-de-vie, trois-six; liquide incolore, très-volatil esprit trois-six de l’alcool à 33®, doxit 3 volumes
et très-combustible, composé de carbone, d’hydro- mêlés à 3 volumes d’eau produisent 6 volumes
gène et d’oxygène dans les rapports de C‘H"0’, d’eau-de-vie à 19®, etc.
et se produisant dans la fermentation des liquides Voici les titres et les noms vulgaires des différents
sucrés. Dans l’état de pureté chimique, on le dé- alcools du commerce ;

signe plus particulièrement sous le nom d’alcool Ar^omè* Alcoomètre


Ire de
absolu ou d’alcool anhydre; mais c’est toujours à de Cartier. Gay*Luscae. Den.^ité.
l’état de mélange avec une proportion d’eau plus Eau-de-vie faible 37"9 0,957
ou moins grande qu’on le trouve dans le com- Jd 42®5 0,949
merce. L’alcool absolu des chimistes a une densité Id .. 18» 46®5 0,943
de 0,79 et bout à 78». Sa saveur est âcre et brû- Eau-de-vie ordinaire..... 19® 50®1 0,936
lante; son odeur faible, mais enivrante. 11 absorbe Id 53»4 0,930
rapidement i’iiiimidité de l’air; mêlé avec l’eau, il Eau-de-vie forte 56®5 0,924
dégage de la chaleur; avec la neige, dans une Id ,. 22® 59®2 0,918
proportion d’une partie d’alcool pris à la tempéra- Esprit trois-cinq 78®0 0,X69
ture de 0» et d’une demi-partie de neige, il donne Esprit trois-six . . 33® 85®1 0,851
un froid qui peut aller jusqu’à 37®. 11 enlève l’eau Esprit trois-sept ,. 35® 88«5 0,840
même aux parties vivantes, qu’il racornit, ce qui Esprit rectifié ,. 36® 90»2 0,835
le rend très-propre â la conservation des prépara- Esjirit trois-huit 92»5 0,826
tions anatoniiques ; c’est encore par la même raison Alcool à 40® .. 40® 95»9 0,814
qu’il détermine la mort quand on l’injecte dans Alcool absolu 100®0 0,794
, , , ; ,

ALCY - 35 — ALER
C’est probablement aux Arabes qu’on doit l'art ou fdets en nombre variable. Ils sont tantôt en
d’extraire l’alcool du xin et des autres liqueurs fer- forme d’arbustes, tantôt semblables à des champi-
mentées. Arnaud de Villeneuve, savant du xiii» gnons, d’autres fois ils forment sur la surface des
siècle, à qui on fait quelquefois lionneur de cette corps une croûte assez épaisse. Ils ont de belles cou-
découverte, ne lit que propager l’usage de l’alcool leurs que la lumière leur fait (lerdre. Les cendres
en médecine. Ce que Raymond Luile et scs suc- d’alcyons brûlés étaient jadis employées comme den-
cesseurs appelaient quinta essentia, d’où l’on a tifrices.On leur attribuait aussi la propriété de faire
formé quintessence et dont ils faisaient la base de pousser les cheveux cl la barbe. —
Ce genre donne
leurs travaux alchimiques, n était autre chose que son nom à l’ordre des Alcyonées ou Atrynniens de
de l’esprit-de-vin rectifié au moyen de la chaleur Lamonroux,qui renferme,oulrer/l/t7/on proprement
du fumier. Au xv® siècle, l’esprit-de-vin n’était en- dit, V Alcyonelle, V Ammothée la Loltdaire, etc.
core qu’un médicament et ne se trouvait que dans ALCYONEES, ai.cvoneli.e. Von. aixyon.
l’officine des pharmaciens; mais, avant la lin du ALDERARAN (en arabe, qui brille), étoile de
XVI» siècle, il servait déjà comme boisson dans première grandeur, placée dans Vceil du Taurq^fu.
presque tous les pays de l'Europe. ALLEE, nom que les Hindous donnent à leurs
ALCOOLAT, alcool qui a été chargé, au moyen villages, principalement sur la côte de Coroman-
de la distillation, des parties aromatiques de certains del ; ce nom vient des Arabes.
végétaux : ce nom a remplacé celui A' esprit. On peut ALDÉIIY’ÜE (par contraction Acsmolf^alcooldés-
citer \’A. vulnéraire , VA. de coehléuria ,
Veau de hydrogéné), dit aussi éther o.rygéné liquide inco-
Cologne, le baume de Fiorarenti. Les alcoolats lore, extrêmement volatil , composé de carbone ,
sont simples ou composés: simples, quand il n’eii- d'hydrogène et d'oxygène dans les rapports de
tre qu’une seule substance dans leur préparation ; C‘11‘0*, et résultant de l’action de l’oxygène sur
composés , quand on a distillé l’alcool sur plusieurs l’alcool. 11 se forme dans un gr.and nombre de cir-
substances. constances, lorsque l’alcool est mis en cont.act avec
ALCOOLATE, combinaison d''alcool avec un sel. des corps oxygénants; il se produit, entre autres ,
ALCOOMÈTRE (c. -à-d. mesure de l’alcool), dans la préparation du vinaigre , quand l’accès de
espèce d’aréomètre servant à indi(iuer la quantité l’air à l’alcool n’est pas assez comfdet pour la trans-
d’alcool contenue dans les esprits-de-vin du com- formation de ce rnpiiile en acide acétique II a été
merce; il a été construit par Cay-Lussac en 1824. découvert par M. Liebig en 1835.
Il marque 0“ dans l’eau et 100“ dans l’alcool ab- ALE (mot anglais qu’on prononce été), espece
solu ; il indique immédiatement la (piantité d’al- de bière anglaise, blonde, transparente et sans
cool réel qui existe dans un esprit : ainsi l’esprit amertume, parce qu’on la fabrique sans houblon.
qui marque 60“ contient 60 pour 100 d’alcool Elle est le produit de la fermeulation de la drèche
pur. Comme les variations de température augmen- qu’on a fait infuser d;wis de l’eau boidllante. On en
tent ou diminuent le volume des liquides, et par fait de deux sortes Vale légère, rafraîchissante;
;

suite leur densité , les indications de l’alcoomètre Vede de garde, boisson nourrissante et tonique,
ne sont exactes qu’autant qu’elles sont prises à la mais qui enivre vite, parce qu’elle contient une
température à laquelle l’instrument a été gradué, assez grande quantité d’alcool. On estime Valed’É-
c'est-a-dire à 15 degrés; mais M. Gay-Lussac a cosse. On fabrique aussi de l’at'e en France.
construit des tables où les corrections à faire sont ALEGTORS (du grec aleclor. coq), nom donné
indiquées. MM. Lerebours et Secretaii ont construit par quelques-uns à une fam. de l’ordre de Gallinacés
un thermomètre alcoométrique. —
Pour reconnaître d’Amérique, intermédiaires entre les dindons et les
la proportion d’alcool contenue dans les vins, on faisans; ils ont la queue large et arrondie, com-
en distille une portion; on note le volume de l’al- posée de douze plumes grandes et roides , et man-
cool faible obtenu
,
et l’on détermine le degré à quent d’éperons aux jambes. Ces oiseaux vivent dans
l’aide de l’alcoomètre. Descroizilles a imaginé pour les bois, se nourrissant de bourgeons cl de fruits;
ces essais un petit alambic, perfectionné depuis par ils sont très-sociables, et se réduisent facilcnrenl en
M. Gay-Lussac par M. Dunal de Montpellier.
et domestici té. Le pri ne. genre est le Pénélope. V, ce mot.
ALCüRAN ,
livre sacré des Musulmans. Voy. le ALEMRROTH (motchaldéen qui signifie le ehef-
Dict. univ. d’IUst. et de Géogr. d’œuvre de l’art). Les alchimistes nommaient ainsi
ALCYON , nom que les Grecs donnaient à un oi- le produit de la sublimation du deutochlorure de
seau qui faisait son nid sur le bord de la mer ou, à mercure (sublimé corrosif) et du sel ammoniac; ils
ce qu’ils croyaient , sur la mer elle-même. On ne le nommaient aussi .sel de sagesse. Ce produit jouit
sait pas bien quel était cet oiseau : les uns le re- de propriétés stimulantes; il a été abandonné par
trouvent dans le martin-pêcheur; les autres dans la médecine moderne.
le pétrel des tempêtes ou dans l’hirondelle salan- ALÊNE, poinçon droit ou courbe destiné à per-
gane dont les Chinois recherchent les nids comme cer le cuir, dont les cordonniers et les bourreliers
mets délicat. Selon la Fable, Alcyone, femme de font un continuel usage ils s’en servent pour per-
:

Céyx, roi de Trachine, s’étant précipitée dans la mer cer deux morceaux de cuir qui doivent être cousus
en apprenant la mort de son époux, avait été ch.angée ensemble. L’alêne est en acier, et se fabrique à la
en alcyon. Cet oiseau était consacré à Thétis. 11 forge ou à la lime. Le fabricant d’alênes est dit
était le symbole de la paix et de la tranquillité, aténier. — On nomme alêne, dans le midi de la
parce qu’il ne peut faire son nid sur la mer que France, la raie à museau aigu, dite raie oxyrhinque.
quand ses eaux sont calmes. On donnait le nom de ALÈNOIS (cresson). Voy. cresson.
jours alcyoniens aux quinze jours de l’année pen- ALEPINÉ , étoffe dont la chaîne
en soie et l.a
est
dant lesquels l’alcyon était supposé faire son nid et trame en A’Alep, se
laine. Cette étoffe, originaire
couver ses œufs à la faveur du calme de la mer (c’é- fabrique aujourd’hui avec succès en France, no-
taient le jour du solstice d’hiver, les sept qui le pré- tamment à Amiens. —
On nomme Galles alépines
cèdent et les sept qui le suivent). des noix deg.alle qui viennent d’Alep.
Quelques ornithologistes donnent le nom A’alcyon ALERIONS (A'aqxdlario diminutif A’aquila)
ou clcyone au martin-pêcheur, oiseau de mer et nom donné autrefois à de petites aigles sans bec ni
des marécages, et en font le type d’un genre qui jambes que l’on mettait dans les armoiries et qui
comprend plusieurs especes : A. tétradactyle sans avaient les ailes étendues. Lorsqu’il y avait plus
huppe, A. tétradactyle huppé, et A. iridactyle. de trois aigles dans un écu, ou que, le nombre des
ALCïON, genre de Polypes nus, de la famille des aigles étant de trois seulement, ces oiseaux étaient
Alcyoniens, couronnés à leur extrémité de tentacules accompagnés d’autres pièces héraldiques, on les
3.
, ,

ALGÈ — 36 — ALGÈ
nommait aiglettes ou alérions. La maison de Lor- emploie sont prises arbitrairement :
lettres qu’elle
raine portait d’or à la bande de gueules, chargée toutefois, on désigne ordinairement les quantités
de trois alérions d'argent. La maison de Montmo- connues parles premières lettres de l’alphabet, a,
rency portait 16 alérions en mémoire d’autant de b, c, d, etc., et l’on réserve les trois dernières, x,
drapeauï pris sur l’ennemi. y, Z, pour désigner les inconnues; n exprime un
ALÉSOÎR {de lès, bords, côtés) , instrument ou nombre quelconque. —
Outre les lettres , l’al-
machine dont on se sert pour terminer les surfaces gèbre se sert encore, pour abréger le calcul, de
cylindriques concaves, par exemple pour agrandir, certains signes particuliers dont les principaux sont :
arrondir et polir la surface intérieure d’un corps le signe de l’addition, -f-, pltis: a -|- 6; le signe de
de pompe, d’une machine à vapeur, le canon la soustraction,
, —
moins : a —
ô; le signe de la
d’une bouche à feu, d’un fusil, etc. L’objet à aléser multiplication, x , qui multiplie : a y. b, ou a . 6,
étant fixé dans un étau , Valésoir effectue son tra- ou même ab; le signe de la division, j, qui di-
vail en tournant sur lui-même, et en avançant
dans le sens de son axe; par ce double mouvement, vise ; ^ ou a ; b:
b
le signe de l’égalité , = ,
égal à :

il coupe, refoule ou use la matière, jusqu’à ce que

le calibre du trou sur lequel il opère soit du même a=b; de supériorité ou d’infériorité, >,
les signes

cabbre que lui. h’alésage dans le fer, l’acier, le plus grand :a>b, et <, plus petit ; a< b ; le coefp. -
cuivre rouge, l’étain, le plomb, etc., se fait à dent, chiffre qui s’écrit à la gauche d’une lettre pour
l’huile ou à l’eau, il se fait à sec dans la fonte de
exprimer que la quantité qu’elle représente do‘>t être
fer. On le facilite dans le cuivre jaune en mettant
répétée plusieurs fois ; ainsi, au lieu d’écrire, a a
-\-a, on écrit 3a; Vexposatâ, nombre placé à droite
de la cire. L’invention de l’alésoir ne parait pas re-
et un peu au-dessus d’une lettre, et qui indique sa
monter delà du dernier siècle.
.au
ALEXANDRIN (vers), vers français de six pieds
puissance, c’est-à-dire combien de fois la quantité
ou plutôt de douze syllabes. Vuy. vens. exprimée par cette lettre doit être multipliée par
ALEXIPHARMAQUES (du grec alexéin, repous- elle - même , ou combien de fois cette lettre doit

ser, et pharmacon, drogue, poison), remèdes propres


être prise comme facteur : ainsi ,
a’ est pour
à prévenir ou à détruire les mauvais effets des poi- a a X a; enfin, pour désigner qu’on prend la ra-
X
sons. On rangeait dans cette classe les racines d'an- cine d’un nombre, c’est-à-dire qu’on descend de la
gélique, d’aunée, de gingembre, les feuilles de puissance au nombre dont elle provient, on emploie
le signe x/, appelé radical, en mettant entre les
menthe, de thym; les fleurs de sureau, d’œillet;
l’écorce d’orange, de cannelle, etc. C’étaient, en
branches un chiffre qui marque le degré de la racine
gén., des remèdes toniques, excitants, sudorifiques. à extraire : ainsi y
a veut dire racine 3» ou cu-
ALEXITÈRES (d'alexéin) remèdes préservatifs. bique de a.
ALEZAN (de l’arabe ulhezan) poil de cheval ti- Les opérations de l’algèbre sont les mêmes que
rant sur le roux. Ce poil a plusieurs nuances qu’on celles de l’arithmétique : addition, soustraction,
désigne sous le nom A' alezan clair, alezan poil de multiplication, division, élévation aux puissances,
vache, alezan bai, alezan vif, alezan obscur, extraction des r.aeines; mais comme en algèbre on
alezan brûlé. Les chevaux dont le poil a cette der- désigne les valeurs numériques par des lettres,
nière nuance passent pour être tres-vigoureux. chaque problème y conduit à une solution exprimée
AI.EENIDE , nouvelle composition métallique dé- par ces lettres entremêlées de signes c’est ce qui :

couverte en IfôO par MM. Ch. et M. Halphen, et constitue une formule algébrique, sorte de t.abieau
qui imite parfaitement l’argent. On en fait des des opérations à exécuter pour obtenir la réponse
couverts de table et autres pièces d’argenterie. au problème. On-exprime à l’aide de deux formules
Celte composition p.araît n’ètre que du maillechort disposées en équations {Voy. ce mot), les relations
argenté, et contient : cuivre, 591; zinc, 30‘2; qui existent entre des quantités différentes.
nickel , 97 fer, 10.

L’origine de l’algèbre ne peut être déterminée
ALGALIE (mot d’origine ar.abe), sonde creuse avec ex.actitude , et bien qu’il en existe des traces
qu’on introduit dans la vessie pour faire évacuer dans les écrits des plus anciens mathématiciens,
l’urine. On les fait, selon le besoin, en argent, en ce n’est proprement que depuis Diophante, au-
platine, en gomme élastique, ou bien encore en teur grec d’Alexandrie au iv® siècle , qu’elle a
tissu de soie enduit d’huile de Un. Voy. sonde. formé une science vraiment distincte de l’arith-
ALGAROT, poudre inventée par Victor Algarotti, métique. On ignore par qui les Arabes connurent
médecin de Vérone. C’est un oxychlorure d’anti- l’algèbre : les uns supposent qu’ils la tenaient des
moine qu’on obtient en traitant le chlorure d’anti- Grecs; d’autres qu’ils en doivent la connaissance
moine par l’eau distillée. On employait autrefois aux Indiens. Toujours est-il que l’algèbre et son
cette poudre comme purgative et émétique, et on nom ont été transmis à l’Europe, et particulière-
lui donnait le beau nom de mercure de vie; au- ment à l’Espagne par les Arabes , vers l’an 1100.
jourd'hui elle est presque entièrement abandonnée. L’Italie paraît avoir cultivé cette science, après son
ALGÈRRE (
de l’arabe al-djaber, science des introduction en Europe, avant toutes les autres
restitutions). C’est la science des nombres consi- nations : Lucas de Burgo (Lucas Paciolus) publia
dérés dans leurs rapports généraux, ou l’arithmé- plusieurs traités d’algèbre vers la fin du xv« siècle.
tique généralisée. Les nombres, comme tous les Après lui, Jérôme Cardan , professeur à Milan, se
objets des connaissances liumaines, peuvent être rendit célèbre, au milieu du xvi® siècle , par la pu-
considérés eu particulier et en général; de là deux blication de son Arte magna, contenant la résolu-
branches de la science des nombres : X arithméti- tion des équations du troisième degré , résolution
que, qui a pour objet les faits, et Valgèbre, qui établit qui lui avait été révélée en partie par Nicolas Tar-
de ces faits En disant, par ex., que 5 multiplié
les lois . taglia celle des équations du quatrième degré est
;

par 4 donne le même produit que 4 multiplié par due à Scipion Ferrari , élève de Cardan. A la même
5, on énonce un fait d’urillimétiqiie; mais si l’on époque, la science algébrique fut cultivée avec ar-
établit d’une manière générale que le produit de deur en Allemagne, en Angleterre et en France;
deux nombres quelconques est le même dans quel- c’est surtout depuis Viète, savant français du
que ordre qu’on les multiplie , on formule une XVI® siècle , que l’algèbre a changé de face. Sor-
proposition d’algèbre, une loi des nombres. — tant enfin des considérations individuelles, cet il-

L’algèbre représente les nombres par des lettres, lustremathématicien envisagea les nombres d’une
et considère les propriétés qu’ils possèdent indé- manière beaucoup plus générale, et établit l’usage
pendamment de toutes valeurs déterminées; les des lettres pour représenter toutes les quantité*
, , ,,, , ,

ALIB - 37 — ALIG
connues ou inconnues; ce qui fît donner à son al- ALIBOUFIER, Styrax, arbrisseau originaire du
gèbre le nom de spécieuse, parce que tout y est Levant, acclimaté dans le midi de la France et en
représenté par des symboles ; Viète s’éleva jusqu’à Italie, appartenant à la famille des Diospyrées. L’A-
la résolution générale des équations de tous les liboufier officinal fournit, par une incision faite à
degrés. Après lui, Albert Gérard en Flandre et à son tronc et à scs rameaux, une gomme aroma-
Harriot en Angleterre s’illustrèrent par d’impor- tique nommée storax. Les aliboufîers forment dans
tantes découvertes. Au xvii» et au xviii® siècle, les jardins d’agréables buissons. Leurs fleurs, blan-
beaucoup de mathématiciens enrichirent le do- ches et semblables à cellesdes orangers, leurs feuilles,
maine de l’algèbre Descaries découvrit l’applica-
: qui sont d’un beau vert, font un bel effet.
tion de l’algèbre à la géométrie; Leibnitz et New- ALIDADE (de l’arabe ul-hidad règle), règle
ton se disputèrent la découverte du calcul diffé- mobile de bois ou de métal , portant perpendiculai-
rentiel Lambert publia de profondes recherches
;
rement à chaque extrémité une pinnule ou plaque
sur les diviseurs des nombres et sur les fonctions percée d’une fente dans son milieu. On s’en sert
continues Lagrange perfectionna les méthodes
;
pour viser les objets et déterminer leur direction,
d’ajiproximation ; Laplace féconda la science des lorsqu’on lève les plans à l’aide de l’instrument
nombres dans sa brillante Analrjse des probabi- nommé planchette (Voy. ce mot). On remplace avec
lités; enfîn, Euler étendit la théorie des suites, avantage les pinnulesde l’alidade par une lunette qui
créa le calcul algébrique des fonctions circulaires permet à la vue de s’étendre plus loin et de mieux
traita entièrement la mécanique par l’algèbre, et ajuster les signaux. — On appelle encore alidade
perfectionna considérablement le calcul différentiel la règle mobile qui, partant du centre d’un cercle
et le calcul intégral. Plusieurs autres noms illustres, divisé en degrés, peut en parcourir tout le limbe
tels que Fermai, Bernouilli, Moivre, Wallis, Stir- pour mesurer les angles.
ling, Maupertuis, d’Alembert, etc., perfectionnèrent ALIENATION (à’alienum facere, rendre autre
encore, dans ces deux siècles, toutes les branches ou étranger), transport qu’une personne fait à une
do l’algèbre. Deux femmes. Maria Agnesi au xviiio autre d’une propriété soit mobilière, soit immobi-
siècle et Sophie Germain de nos jours, doivent aussi lière :donner, vendre, échanger, c’est aliéner. On
être comptées parmi les plus habiles algébristes. distingue VA. à titre gratuit, comme une donation,
L’algèbre d’Euler avec des notes de Lagrange un legs, et VA. à titre onéreux, comme une vente,
«'elles de Lacroix, de Bourdon , dt MM. Mayer et un échange, un prêt de consommation. L’aliénation
Choquet, de M. Ch. Briot, de MM. Lionnet, far- n’est pas permise par la loi française ;1» aux pro-
nier, etc., sont les traités classiques les plus estimés. priétaires incapables, c’est-à-dire aux interdits et aux
ALGOL, étoile brillante. Voy. persée. mineurs qui n’ont point réclamé l’entremise de leurs
ALGOBITHME, mot arabe dont plusieurs auteurs, tuteurs, anx femmes mariées qui n’y sont point dû-
siii tout les Espagnols, se sont servis, après les Arabes, ment autorisées, aux époux mariés sous le régime
pour signifîei' la science des nombres et notamment dotal ; 2" aux propriétaires grevés de substitution
i.x pratique de l’Algèbre. —
Il se prend aussi pour et aux gens de rnain-morte. Les biens de mineur,
désigner la méthode et la notation de toute espèce les biens propres à la femme mariée ne peuvent être
de calcul : c’est dans ce sens qu’on dit Valgorithme aliénés qu’à -certaines conditions. En outre, il y a
du calcul intégral, l'algorithme du calcul exponen- des choses qui de leur nature ne peuvent être alié-
tiel, V al yorithme du calcul des sinus, etc ' nées : telles sont, dans les monai'chies, les domaines
ALGUES, Algœ, plantes agames, de texture de la couronne, les majorais, les terres substituées.
cellulaire ou filamenteuse, dépourvues de vaisseaux, ALIÉNATION MENTALE, terme général sous lequel on
et ordinairement aquatiques, susceptibles de se re- réunit les diverses maladies mentales (Voy. folie,
produire soit par gemmes , soit par sporules ou DÉMENCE, monomanie). — En Droit, l’aliénation
séminules répandues sur leur surface. Jussieu en mentale est une cause d’interdiction.
avait fait la première famille de sa classe Acoty- ALIÉNÉS. Ces malheureux, si longtemps aban-
lédonie en Conferves, qui habitent
et les divisait donnés sans secours ou traités avec barbarie comme
les eaux douces, et Fucus ou Varechs, qui habitent des animaux malfaisants, ont, depuis le commen-
tes eaux salées. Lamouroux les partagea en Hydro- cement de ce siècle, attiré l’attention de médecins
phytes ou algues d’eau douce, et Thalassiophytes philanthropes et du gouvernement. MM. Pinel et Es-
qui vivent dans les eaux salées. Aujourd’hui , on quirol donnèrent l’exemple de substituer aux trai-
les partage communément en trois sections com- tements violents dont ils étaient l’objet, des mesures
prenant chacune un certain nombre de tribus ; de douceur, et firent tomber les chaînes dont le
les Zoospermées (Zoosporées et Sysporées de M. De- plus souvent ils étaient chargés. L’Etat, par di-
caisne) , les Flor idées ou Choristosporées et les verses mesures, adoucit leur sort en France : la loi
Phycoïdées ou Haplosporées (Voy. ces mots). Les du 30 juin 1838 leur ouvrit de nombreux asiles en
algues sont généralement recueillies comme engrais. faisant une obligation à chaque département d’en-
Les paysans rassemblent en monceaux celles que la tretenir un établissement public destiné à les rece-
mer apporte sur le rivage, et les répandent sur le voir et à les soigner. Ces mesures ont déjà produit
sol, ou les font sécher pour les brûler et pour ex- les meilleurs effets.
traire de leurs cendres la soude et l’iode qu’elles ALIGNEMENT (de ligne) tracé que fait l’auto-
contiennent. Quelques algues sont alimentaires rité administrative pour fixer la largeur de la voie
comme Vulve étendue et le varech comestible en publique et la ligne sur laquelle doivent être con-
Ecosse, la durwillée utile au Chili, la laitue de struits les bâtiments qui bordent les rues et les
mer. Vulve ombiliquée et les gélidies que les hi- routes. Pendant longtemps, les maisons ont été
rondelles salanganes emploient à la confection de construites sans règle et sans plan; les premiers
leurs nids. D’autres enfin, comme la mousse de actes de l’autorité en France pour régulariser les
Corse, les varechs, son t vermifuges. O n doit à J . Agardh constructions remontent à Henri IV, qui rendit un
un Species Algarum fort estimé (iMnrfa?,1848,etc. ). édit sur ce sujet en 1607. Un décret impérial du
ALIBI (mot latin qui signifie ailleurs). Ce mot 16 septembre 1807 résuma et coordonna toutes les
exprime qu’une personne était dans un lieu autre dispositions antérieures; c’est depuis celte époque
que celui où on la supposait être en même temps. que la plupart des villes de France, Paris surtout,
h'alibi est invoqué en justice comme moyen de dé- se sont transformées. Par application de ce décret,
fense , et consiste à prouver que l’accusé se trouvait, l’administration trace des plans , fixe des tracés et
par son éloignement du lieu où a été commis l’acte des hauteurs auxquels chacun est tenu de se con-
incriminé, dans l'impossibilité d'y prendre part. former : une Commission d’alignements est iusti-
, , , — ,

ALIS — 38 ALKE
tuée à cet effet dans le sein des conseils municipaux étamines périgyniques, formée par Richard £,uk
des grandes villes. — On trouvera dans le Diction- dépens des Joncs de Jussieu, a pour type l’Alisma.
naire (T Administration tout ce qui concerne cette Elfe renferme des plantes herbacées, vivaces, à
matière; l’auteur y fait connaître par qui et com- feuilles simples et croissant sur le bord des ruis-
ment l’alignement doit être donné, quels sont les seaux , des étangs et dans les terres marécageuses.
droits et les obligations des particuliers en matière Elles forment 3 genres; Atisma, Damasonium et Sa-
d’alignement, et y traite des réclamations et des gitlaria. La plupart des espèces appartiennen t à l’Eu-
contraventions. Voy. voiniE. rope; quelques-unes sont propres aux Tropiques.
ALUIENTS (d’a/ere, nourrir). Le choix des ali- ALISME. Alisma (mot grec qui veut dire plan-
ments est ce qui influe le plus sur la santé. Les tain d’eau ), genre de plantes herbacées , vivaces
aliments qui nourrissent le plus sous le moindre type de la famille des Alismacées : calices à 6 divi-
volume doivent, toutes choses égales d’ailleurs, être sions profondes, dont les 3 intérieures sont péta-
préférés par les sujets qui se livrent à des travaux loides et les 3 extérieures vertes et caliciformes;
fatigants. Les aliments considérés comme rafrai- ordinairement 6 étamines, pistils très-nombreux,
îhissants sont ceux qui , par l’abondance de leur réunis en tête au centre de la fleur. 11 renferme dix
eau de végétation et par leur acidité plus ou moins espèces dont une, le plantain d’eau ou fluteau (A.
prononcée, calment la soif et tempèrent la chaleur plantago, L.) , croit en France sur le bord des ma-
animale : tels sont les fruits rouges, les cerises, les rais et des étangs. Ses tiges sont droites, lisses,
groseilles, les framboises, les fraises, les oranges, triangulaires, creuses, articulées ou nouées; ses
les citrons, les melons, l’oseille, les salades, etc. fleurs petites , roses , et portées sur une longue tige;
Les aliments excitants ou e'chauffants sont ceux qui les feuilles radicales sont droites, ovales, engainan-
stimulent les tissus organiques; ils doivent en partie tes. On a attribué à sa racine pulvérisée la propriété
cette propriété à diverses substances, telles que le de guérir la rage, mais rien n’est moins certain.
poivre, le sel, le girofle, le gingembre, la cannelle, ALIZARINE , matière colorante rouge que l’on
le laurier, le thym, l’ail, etc. Les aliments tuniques retire de VAlizari (Rubia tinctorum), racine sèche
excitent lentement les tissus et leur communiquent de la garance. Elle est mêlée dans la garance à une
une force durable : tels sont principalement le pain, antre matière de couleur jaune, dont on la sépare
les grosses viandes et le gibier; ce sont, en général, par la macération. C’est à MM. Robiquet et Collin
ceuj qui contiennent le plus de fibrine, comme la que l’on doit Ip. découverte de l’Alizarine et des
chair musculaire du bœuf, du mouton, etc.; de gé- moyens de l’isoler (1826). Voy. garance.
latine, comme les os, les membianes, la chair ALIZÉS (vents), qu’on dérive A’alis, vieux mot
musculaire des jeunes animaux; A' albumine (cer- qui signifiait uni, régulier; se dit de certains vents
veau, foie, œufs, huîtres, e.\.e.), A’osniazome (bouil- qui, dans les mers ouvertes et au large des côtes,
lon et viandes rôties), de gluten (pain et fécules); soufflent perpétuellement dans la même direc-
enfin, les aliments mixtes (poissons), formés de pro- tion, et qui s’étendent des deux côtés de l’équateur
portions è peu près égales de fibrine, de gélatine et jusqu’au 30® degré de latitude environ. La tendance
d’albumine. Malgré leur extrême variété, tous les des vents alizés est de l E. à l’O. , comme le mou-
aliments se composent chimiquement des mômes vement diurne du soleil. Selon les uns, l’explication
éléments : oxygène, hydrogène, azote et carbone. de ces vents repose sur ce fait général, que l’air
Leur vertu nutritive est en proportion de leur azote. froid venu des climats septentrionaux coule par le
Ondoitau Gautier un Tr. des Aliments (IS29) et a bas vers l’air chaud de l’Equateur, et que celui-ci
M. Payen un Tr. des Substances alimentaires se déverse par le haut sur le premier ; selon d’au-
En Jurisprudence, on nomme aliments ce qui est tres ils seraient l’elfet de la rotation de la terre.
,

nécessaire à la nourriture, au logement et à l’en- ALIZIER , Cralœgus genre de la faiiffilc des


tretien d’une personne ; ou fournit les aliments soit Rosacées, tribu des Pomacées ; calice à 5 dents,
en nature, soit en argent, ce qui constitue une corolles à 5 pétales étalés et arrondis, ovaire ayant
pension viagère. Le père, et après lui, la mère, puis de 2 à 5 loges, styles glabres, fruit charnu, oblong,
les ascendants paternels ou maternels, doivent des comme la poire, couronné par les dents du calice.
aliments à leurs enfants ou descendants; les en- L'A. i/anc, dit aussi Alloucliier {C. aria), est un ar-
fants, les gendres et brus sont tenus de nourrir leurs bi’isseau épineux assez commuu sur toutes les monta-
parents pauvres; les époux, de s’alimenter l’un l’au- gnes de France. La dureté de son bois le fait recher
tre (Code civil, art. 203, 205 et suiv.) ; mais ces cher par les menuisiers, les tourneurs et les luthiers;
secours ne sont accordés que dans la proportion des ces derniers en font des flûtes. Les fleurs sont ter-
besoins de celui qui les réclame et de la fortune de minales, étalées, petites, blanches et roses; les
celui qui les doit (art. 208;. Les aliments sont en- feuilles sont ovales, dentées, argentées au-dessous,
lore dus au débiteur par celui qui le fait incarcé- l’écorce grisâtre ; les fruits , dits alizés sont rouges,

rer. On nomme provision alimentaire la somme agréables au goût et bous à manger. L’écorce et les
attribuée par les juges jusqu’à l'issue du procès à fruits sont astringents; on les recommande contre
celle des piarties qui réclame des aliments. la diarrhée. — L A~eiviier et l'Aubepinc ne sont,
ALIQLAM'E (du latin aliquantus en quelle ainsi cpie le Torminal, que des espèces d’Alizier.
quantité), se dit, en Mathématiques, des partiis ALKEKENGE (nom arabe), Physalis, genre de
d'nn tout qui, répétées un certain nombre de fois, plantes de la famille des Solanécs. La seule espèce
ne font pas ce nombre complet, mais un nombre qui soit indigène est connue sous le nom vulgaire
plus grand ou plus petit : ainsi , 2 est une partie de Coqueret : c’est une plante herbacée , remarqua-
aliquante de7; en ctfet, 7 est compris entre 2x3 ble par son calice à cinq lobes, renflé pendant la
et 2x4 ou entre 6 et 8.
, maturité, et formant une sorte de vessie, d’un rouge
ALiyUüTE (du latin aliquotus, combien de fois), vif, ainsi que hi baie qui y est contenue. Ses baies
se dit, en Mathématiifues, d'une (luantité i|ui divise sont employées comme diurétiques. On les a préco-
une autre exactement, ou qui, répétée un certain nisées tout récemment comme un succédané du
nombre de fois, reproduit cette autre quantité : quinquina et de ses préparation.s contre les fièvres
ainsi, 2, 3, 4, C, qui divisent exactement 12, en sont intermittentes, jiropriétés que l’expérience n’a pas
les [larties ahquotes. Avant la prédominance du sys- encore suffisamment constatées.
tème décimal, les parties uliquotes étaient d'un usage ALKERMES (de l’arabe al, le; ethonnès, écai •
fréquent dans le calcul des nombres complexes. late), liqueur de table fort agréable , mais trcs-exci-
ALI SES (vents), ALISIER. iiuzEs , alizier. taute , tire son nom des graines de kermès qu’on
ALISMACEËS, famille de Mouocotylédones , à emploie pour lui donner une belle couleur rouge
; , , , —

ALLA — 39 — ALLI
(Voy. kermès). Pour la préparation de cette liqueur, ALLEGE (d’alléger), petit bâtiment dont la
on prend Feuilles de laurier, 500gram.; macis,
:
forme et la grandeur varient selon le besoin, et dont
35 gr.; muscade et cannelle, 61 gr.; girofle, 8 gr.; la fonction est d’alléger les grands navires, de por-
on pendant six semaines dans 11 litres
fait infuser ter une portion de leur charge pendant leur arme-
d'alcool on filtre et on distille pour en tirer
faible ;
ment ou leur désarmement. Ce ne sont génétale-
12 litres , en ajoutant 750 gr. de sucre et en colo- ment que des barques dont le service se borne â
rant avec le kermès. Celte liaueur, recherchée en parcourir un port ou une rade. Cependant on donne
Italie, se prépare surtout à Florence, au couvent aussi ce nom à des navires; celui qui ramena de
de Santa-Maria-Novella. On en faisait aussi beau- Luxor l’obélis(|ue de la place de la Concorde était
coup à Moié.pellier. une allège à trois mâts verticaux de 35 mètres de
ALLAH , nom de Dieu chez les Arabes et les quille environ. —
En Architecture, on nomme Al-
Mahométans, répond à ceux A’Elohim et Adoncii, lège un mur d’appui dans l’embrasure d’une fenê-
chez les Juifs. L'adoration d'Allah est recomman- tre; il d’une éiiaisseur moindre auo la fenêtre.
est
dée par le Koran comme le dogme fondamental de ALLÉGORIE (du grec allas, autre, et agoreuô,
la religion. —
Le mot Allah signifie par excellence parler) , fiction qui offre à l’esprit un objet de ma-
l'être diene de culte , t'être adorable. nière à lui en représenter un autre avec lequel il a
ALLAITEMENT. H peut être pratiqué soit par la des rapports. C’est aussi une figure de style, que l’on
mère, soit par une nourrice, soit par un animal, soit définit une métaphore continuée. De là deux sortes
enfin par des moyens artificiels. d’allégories : l’une qui a l’étendue d’un poëme,
y Allaitement maternel, plus naturel, est aussi
le comme les Moutons de M“® Deshoulières,
Allé- les

le meilleur de tous, sauf de rares circonstances où il gories de J.-B. Rousseau (Minerve, la Vérité, la
pourrait être funeste à la mère et nuisible à l’en- Morosophie) ou d’un morceau qu’on pourrait dé-
fant. 11 faut que la mère qui veut nourrir soit d’une tacher , comme les Prières la Ceinture de Vénus
bonne constitution ,
sans aucune alfection hérédi- d’Homère , la Mollesse de Boileau, V Envie, dans la
taire qu’elle jouisse d’une bonne santé , qu’elle ait
,
Henriade l’autre, qui se réduit à un rapproche-
un lait de bonne qualité et assez abondant. Quatre ment pour lequel quelques vers ou même quelques
ou cinq heures après la délivrance, la mère doit pré- mots suffisent :

senter le sein; l’enfant y puisera le premier lait,


Snr les ailes du Temps la Tristesse s'envole.
colostrum , dont les propriétés légèrement laxatives
sont en rapport avec le besoin qu’il a de rendre son Lemierre a donné à la fois l’exemple et le carac-
méconium. —
Tant que l’enfant trouve au sein de tère essentiel de l’allégorie dans ce vers célèbre :
sa mère une nourriture suffisante, il n’est pas né- L’Allégorie habite un palais diaphane.
cessaire de donner d’autres aliments; il faut sur-
lui
tout s’abstenir de toute nourriture solide avant les L’allégorie n’est pas moins familière au peintre et
premières dents. Vers le l'i® ou 15® mois arrive au sculpteur qu’au poète. On admire l’allégorie par
l’époque du sevrage, qui sera d’autant plus facile laquelle Prudhon a représenté le Crime poursuivi
que l’enfant y aura été graduellement préparé. —
par la Justice et le Remords. L’allégorie est telle-
Pour V Allaitement pratiqué par une nourrice, ment familière à l’esprit humain , que C’est à elle
Voy. NOURRICE. que l’on doit la plupart des fables du paganisme.
Allaitement par une femelle de mammifère. Beaucoup de passages de l’Ecriture paraissent éga-
Bien que le lait de jument et d’ànesse ait le plus lement ne pouvoir s'expliquer qu’en les considérant
d’analogie avec le lait de la femme, on préfère comme des allégories, comme l’ont fait S. Matthieu,
la chèvre à cause de la facilité avec laquelle elle se S. Paul, S. Clément d’Alexandrie, Origène , S. Au-
laisse teter. Il faut choisir une chèvre bien confor- gustin , S. Grégoire ,
et beaucoup de théologiens
mée, blanche et sans cornes. Le lait de chèvre, actif, modernes , surtout en Allemagne.
nourrissant, convient aux enfants lymphatiques. ALLEGRO (du latin alacer, vif, gai), mot ita-
Allaitement artificiel. 11 consiste a nourrir l’en- lien qui signifie gai joyeux mais qui , en Musi-
,

fant avec du lait de vache ou de chèvre réchauffé que, n'indique que le degré de vitesse que l’on doit
au bain-marie; on se sert à cet effet soit du verre, donner au mouvement d’un morceau. Ce mouve-
soit du petit pot, soit du biberon. Cet allaitement ment tient le milieu entre Vandantino et le presto:
doit être rejeté toutes les fois qu’il est possible il admet plusieurs modifications, que rendent les

de faire autretnent ;
il ne donne souvent que des en- expressions allegro moderato, agitato, vivace,
fants pâles et chétifs. Dans ce mode d’allaitement, maesloso, etc. Le premier morceau d’une sympho-
au lieu de couper le lait avec de l’eau d’orge , de nie , d’un quatuor, d’une pièce de musique instru-
gruau, ou avec du bouillon, il serait préférable, mcntale,est presque toujours un allegro. L’alle- —
pour les premiers temps surtout , de se procurer le gretto est un diminutif de l’allegro, qui indique un
premier lait de chaque traite, l’analyse ayant dé- mouvement un peu plus léger et animé.
montré que ce lait, plus léger et moins nourris- ALLELUIA (mot hébreu signifiant louez le Sei-
sant, ne renferme que 5 à 10 pour cent de crème, gneur) , cri d’acclamation , chant de joie ordinaire
tandis que le lait qui vient à la fin de la traite en dans les jours de solennité et d’allégresse, qui a
contient 12, 15 et 20 pour cent, et s’éloigne ainsi passé de la synagogue à l’égiise ; se fait surtout
beaucoup du lait de femme. entendre dans le temps de Pâques. On ne chante
ALLANTOÏDE (du grec allas, ullantos, boyau), pas l’alléluia aux offices des morts ni depuis la Septua-
sorte de sac membraneux, faisant partie de l’arrière- gésirne jusqu’à la fin du Carême. Ce chant, fort ancien
faix des mammifères, a son siège entre le chorion dans rÈglise grecque, fut introduit dans l’Eglise
et l’amnios, et contient un liquide nommé liqueur latine par S. Jérôme, au temps du pape Damase.
allantoique. L’allantoide communique avec la vessie ALI.EI.U1A , nom vulgaire de VOxalide blanche
du fœtus au moyen d’un canal nommé ouraque. On (Oxalis acetosella, L.), dite aussi Suntleou Pain
croit que sa fonction est de recevoir l’iirine que de coucou. Celte plante fleurit vers Pâques : d’où son
sécrètent les reins pendant la vie intra-utérine. — nom. Elle est fort sèmblable à l’cseille, et fournit
Wœhlcr a découvert dans la liqueur allantoique le sel dit sel d'oseille (oialate acidulé de potasse).
de la vache et dans l’urine du veau un principe ALLEU, nom de la terre libre dans le régime
cristallisable qu’il a nommé allantoïne. 11 est insi- féodal. Voy. le Dict. univ. d’Ilist. et de Gécgr.
pide, sans action sur les couleurs végétales et très- ALLIAGE, combinaison d’un métal avec d’au-
soluble dans l'eau. On l’obtient artificiellement par tres métaux. Quand l’un des métaux combinés est
l’action du peroxyde de plomb sur l’acide urique. du mercure, l'alliage porte le nom d’amalgame
,

ALLI _ 40 — ALLI
{Voy. ce mot). Lorsque les métaux s’unissent entre Il est évident que les problèmes de cette seconda
eux ,
changent plus ou moins de propriétés :
ils espèce ont une multitude infinie de solutions. Dans
tantôt ils deviennent plus sonores, comme le cuivre notre exemple, si l’on double les résultats, on a
.allié à l’étain; ta.ilôl plus durs, comme l'argent 4 1/2 et 5 1/2 hectolitres, qui conviennent aussi
ou l’or alliés au cuivre; d'autres fois, l’alliage est bien que 2,25 et 2,75 ; on pourrait de même tri-
plus fusible que métaux composants, comme,
les pler, quadrupler, décupler, et, en général, multi-
par exemple, de bismuth, plomb et étain,
l’alliage plier ces deux nombres par telle quantité qu’on
dit alliage de Darcet. La densité des alliages est jugerait à propos, soit entière, soit fractionnaire.
ordinairement plus grande que celle des métauxeon- L’arithmétique ne fournit, pour ces sortes de ques-
stituants, les molécules se trouvant alors plus rappro- tions, que des méthodes de tâtonnement : leur so-
chées par leur aCGnité qu’elles ne l’étaient par leur lution générale ne peut s’obtenir que par l’algèbre.
cohésion. Généralement, ils sont moins ductiles ALLIANCE (du latin alligare, lier), se dit parti-
que leurs composants; enfin, ils sont souvent plus culièrement, en Droit, de l’union de l’homme et
oxydables. Les alliages ont été considérés longtemps de la femme par mariage {Voy. mariage et affinité),
comme de simples mélanges , par la raison qu’on et, en Politique, de l’union de deux ou plusieurs
peut mêler les métaux fusibles en proportions quel- Etats qui se rapprochent dans le but de se défendre
conques ; mais on a reconnu depuis que beaucoup ou d’attaquer un ennemi commun ; de là alliance
d’alliages sont de véritables combinaisons chimi- défensive et alliance offensive (Pour les alliances les
ques, car ils peuvent s’obtenir sous la forme cris- plus célèbres dans l’histoire, Voy. le Bict. univ.
tallisée, à l’instar des autres combinaisons. On — d’Hist. et de Géogr., au mot alliance).
trouve dans la nature quelques alliages; mais le En Théologie, on nomme alliance l’union du
plus souvent ils sont le produit de l’art, et s’ob- Seigneur avec l’homme, et l’on distingue Ancienne :

tiennent tous par le moyen de la chaleur. Parmi alliance, celle que Dieu contracta avec Abraham et
les alliages les plus utilisés dans l’industrie, faut il ses descendants, et qu’il confirma par la loi de
citer :bronze (étain et cuivre) ;
le le laiton (cuivre Mo'ise ; Nouvelle alliance, celle dont Jésus-Christ a
et zinc) auquel se rattachent le chrgsotalque et le
,
été le médiateur et qu’il a scellée de son sang. In-
similor; Xb. soudure des plombiers {^\orab et étain); dépendamment de ces deux alliauces solennelles, on
les alliages qui servent à faire les caractères d’im- cite encore dans les livres sacrés celle que Dieu fit
primerie (plomb , antimoine , et quelquefois cui- avec Adam avant et après le péché originel; celle
vre); ou la poterie d’étain (étain, antimoine et qu’il fit avec Noé , et don t l’arc-en-ciel fut le signe; celle
cuivre) ; et ceux qui sont connus sous le nom de qu’il fit avec des Israélites par l’intermédiaire de Moïse,
métal d’Alger (étain, plomb, antimoine), de wi<f- et dont le gage fut les tables de la loi, conservées
tal de la reine (étain, antimoine, plomb, bis- dans l’arche d’alliance. L’alliance de Dieu avec Adam
muth) , employé pour les théières anglaises ; d'al- a reçu le nom de loi de nature; l’alliance avec Moïse,
liage de Dai'cet (bismuth, étain , plomb ), fusible à celui de loi de rigueur ; l’alliance avec le genre hu-
90®, dont on fait les plaques fusibles ou soupapes de main par la médiation de J.-C. est la loi de grâce.
sûreté, et dont quelques dentistes se servent pour ALLIE, celui qui est joint à un autre par un lien
plomber les dents ; enfin les alliages de l’or et de d’affinité. Pour les effets civils de ce lien, V. affinité.
l’argent avec le cuivre, qui sont usités dans la fa- ALLIGATOR ou caïman , une des trois grandes
brication des monnaies et \’ orfèvrerie. divisions du genre Crocodffe, renferme plusieurs
ALLIAGE (règle d’) , Opération d’arithmétique qui espèces particulières aux grands fleuves de l’Amé-
sert à trouver : 1® le prix d’un mélange, les quantités rique du Sud ; ils ont le museau large et obtus,
et les prix des parties mélangées étant connus ; 2° la les dents très-inégales et dirigées en dedans, à la
quotité des parties à mélanger, d’après un prix fixé mâchoire inférieure, les pieds à demi palmés; ils
d’avance pour le mélange, et le prix connu des par- atteignent une longueur de 4 à 6 mètres. Leur
ties à mélanger. Voici comment on procède : couleur est d’un brun verdâtre en dessus avec des
l®r cas : on a mêlé 10 hectolitres de blé à 24 fr. bandes transversales irrégulières et blanchâtres en
avec 12 à 25 fr. et 7 à 30 fr.; que vaut le mélange? dessous ; ce sont les moins aquatiques des croco-
diles. L’alligator marche assez vite en droite li-
10 hectolitres à 24 fr. font 240 fr.
12 — à 25 — 300
gne , ne tourne qu’avec peine, mais nage avec une
7 — à 30 — 210
effrayante rapidité ; il a pour ennemis le jaguar, le
tigre et surtout le marsouin. Les indigènes man-
gent la chair de cet animal malgré la forte odeur
29 hect. coûtent ensemble 750 fr.
de musc qui lui est propre; les nègres se servent do
En 750 par 29 on trouvera que l’heetolitre
divisant sa graisse contre les rhumatismes; ils tannent sa
du mélange vaut 25 fr. 86 c. peau , qui donne un assez bon cuir. On voit de
2' cas 11 s’agit de faire un mélange de blé temps à autre des alligators en Europe dans les

:

dont l’hectolitre revienne à 27 fr. 75 c., avec des ménageries ambulantes des bateleurs. Cuvier dé-
blés à 25 et 30 fr. combien en faut-il prendre de
: rive le nom d’alligator du portugais lagarto, cor-
chacun? On commence par prendre la différence des ruption du latin lacerta, lézard; d’autres le font
prix donnés sur le prix du mélange, et l'on écrit venir de legator, nom vulgaire du crocodile dans la
ces différences en ordre inverse, de cette manière : presqu’île de Gange. 11 peut venir tout simplement

Prix du mélange 27 du latin alligare, lier, enlacer, parce qu’on attri-


fr. 75 c.
25 — différence buait à ces animaux (quoique à tort) l’art d’attirer
— différence 2,25
fr.
Prix donnés et de tromper les passants en imitant la voix d’un
30 fr. 2,75
enfant qui pousse des cris plaintifs. Les natura- —
Si l’on mélange 2,25 hectolitres à 25 fr. avec 2,75 hec- listes comptent 5 espèces d’alligators ; l’A. à pau-
tolitres à 30 fr., le blé reviendra à 27 fr. 75 c., pières osseuses; \’A. à museau de brochet, VA. à
ainsi qu’on peut s’en assurer par le calcul ; lunettes, VA. cynocéphale, et VA. à points noirs.
Voy. crocodile.
2,25 hectolitres à 25 fr. font 56 fr. 25 c.
2,75 — à 30 — 82 50 ALLITÉRATION ( de littera
tion des mêmes lettres , surtout des mêmes conson-
lettre ) ,
répéti-

nes. Elle produit quelquefois d’heureux effets d’har-


5,00 hect. coûtent ensemble 138 fr. 75 c.
monie imitative , comme dans ces vers célèbres :
Donc 1 hectolitre coûte 138 fr. 75 c. divisés par Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur res Utes?
5, c’est-à-dire 27 fr. 75 c. I
croupe se recourbe en replis tortueux.
, , , , , ,

ALLU ki — ALMI
en fabriquer 60,000 à l’heure. Une
Elle sert encore à aider la mémoire, comme dans M. Pelletier,

quelques proverbes ; « Qui terre a guerre a. Qui seule fabrique, celle d’ÈlIe Dixon à Newton en An-
refiMe, imise. » Mais elle devient un défaut lors- gleterre, en fabrique plus de 2 milliards par an. Le
qu’elle ne peint rien, et n’est que l’effet de la né- D' Roussel a publié, dans la collection Roret, un
gligence du poëte, comme dans ce vers de Voltaire : Manuel des allumettes chimiques.
ALLURE (A’aller, marcher) , manière dont une
KoOf n’est rien que Nanine n'honorc.
il
personne ou un anima! marche habituellement ou
qu’un jeu puéril qui n’a porte son corps en marchant. Les allures du cheval
Souvent l’allitération n’est
sont de quatre sortes, le pas, le frof , l’amble le
d’autre mérite que celui de la difficulté vaincue,
comme dans ces poëmes dont tous les mots commen- galop. — Dans la Marine, on nomme allure la dispo-
sition de la voilure par rapport au vent que reçoit
çaient par la même lettre : on sait que dans un
le bâtiment. On distingue trois allures ou trois ma-
poëme composé eu l’honneur de Charles le Chauve
nières de marcher le plus près le largue et le
tous les mots commençaient par la lettre C; dans
:

vent arrière.
un autre, où l’on chantait la guerre des Pourceaux,
tous les mots commençaient par la lettre P :
ALLUVION (en latin alluvio, de luo, baigner,
ad, auprès ) , accumulation successive de vase , do
Plaudite PorcfUi, porcorum pigrapropago
,
sable, de gravier, de débris organiques et d’autres
Progredilur, etc.
matériaux, entraînés et rejetés sur les côtes par ies
— Chez les peuples Scandinaves, l’allitération ou eaux de la mer, et sur les rivages et à l’embouchure
l’emploi desmêmes consonnes était le principe do- des fleuves et des grandes rivières. Elle donne nais-
minant de la versification , comme la mesure chez sance aux terrains d’alluvion, les plus récents de
les anciens et la rime chez nous. tous, et dont plusieurs se forment presque sous
ALLOPATHIE (du grec allas, autre, el pathos, nos yeux : les deltas de la basse Égypte et du Da-
maladie), système de médecine opposé à Vhomœo- nube, le sol des vallées du Pô et de TArno, les
pathie, a pour objet de guérir les maladies en re- polders de la Hollande , et, en général, une grande
courant à des remèdes d’une nature contraire , sui- partie des terrains qui bordent la mer du Nord sont
vant l’aphorisme : Contraria contrariis curuntur. des exemples d’alluvions dues aux crues d’eau de
C’est la médecine hippocratique.-— On nomme allo- l’époque actuelle. La surface des grandes plaines et
pathes, allopathistes, les partisans de ce système. le fond des grandes vallées sont aussi recouverts or-
ALLOUCHIER, nom donné à VAlizier à fleurs dinairement d’un puissant terrain d’alluvion, qui
blanches, parce qu’on emploie son bois, qui est remonte à des temps antérieurs à l’époque actuelle.
très-dur, à faire des alluchons de moulin et des vis — En Jurisprudence, l’alluvion, qui n’est qu’un
de pressoir. Voy. alizier. cas de l’accession donne au propriétaire le droit
ALLRUNES (du mot runes, caractères Scandi- de s’approprier le terrain qui s’est ainsi formé dans
naves), espèce de poupées couvertes de caractères les limites de sa propriété. L’exercice de ce droit est
runiques, auxquelles les anciens Germains deman- réglé par les articles 556 et suiv. du Code civil, qui
daient des oracles. Ils donnaient encore ce nom à ont été modifiés en 1850 de manière à rendre plus
leurs sorcières ou à des racines de plantes auxquelles équitable le partage des terrains d’alluvion.
iis attribuaient des propriétés merveilleuses. ALMANACH (qu’on dérive de Tarabe al manach,
ALLUCHON , dent d’une roue d’engrenage qui ne le comput) , nom vulgaire du calendrier. Les an-
fait pas corps avec la couronne : c’est une pièce de ciens almanachs contenaient, outre le calendrier
bois ou de fonte qui s’adapte à la roue pour en proprement dit, des prédictions sur les phénomènes
former les dents. Tantôt les alluchons sont implan- astronomiques ou météorologiques, et même sur
tés perpendiculairement à la surface courbe de la les événements politiques; on connaît surtout en
roue , qui prend le nom de hérisson; tantôt ils s’a- ce genre l’ Almanach de Nostradamus publié par
daptent à la partie plane et latérale vers son contour ; cet astrologue de 1550 à 1567, celui de Matthieu
cette seconde espèce de roue s’appelle rouet. Dans les Laensberg, A\i Almanach de Liège, publié à partir
machines qui éprouvent beaucoup de frottement et de 1636. A ces prédictions ridicules on a, de nos
dont les dents sont par conséquent promptement jours, substitué dans les almanachs, qui sont la
usées, il faudrait changer souvent la roue tout en- principale lecture du peuple , des notions utiles sur
tière, si les alluchons n’obviaient à cet inconvénient. l’agriculture, l’industrie, la politique, etc. On —
ALLUMETTES. Pendant longtemps on n’a em- a étendu le nom à’Almanach à une foule de livres
ployé que les allumettes soufrées , que tout le monde publiés annuellement avec un calendrier en tête, et
connaît ; elles ont été depuis quelques années rem- dont le but est de donner au public des productions
placées par les allumettes oxygénées , phosphori- nouvelles, des renseignements utiles, ou de propager
ques, etc. —
On appelle allumettes oxygénées des certaines doctrines : tels sont l’Almanach des Muses,
allumettes soufrées dont on enduit l’extrémité d’un recueil annuel de poésies nouvelles qui eu t une grande
mélange de chlorate de potasse, de fleur de soufre vogue dans le dernier siècle; l’ Almanach nautique,
et d’eau gommée. Pour faire usage de ces allumettes, qui a pris depuis 1788 le titre de Connaissance des
on les trempe dans un flacon qui contient des fila- temps et qui est publié par le Bureau des longitudes ;

ments d’amiante imprégnés d’acide sulfurique : l’Alm. impérial (jadis A. royal, A. national], fondi;
dès qu’on retire l’allumette, elle s’enflamme. Les en 16'79, qui contient, outre l’état des souverains, la
allumettes phosphoriques, dites aussi A. chimiques liste officielle de tous les fonctionnaires; l’Almanach
allemandes, sont enduites d’une pâte composée de du commerce, fondé par Delatynna en 1798, et con-
phosphore, de nitrate ou de chlorate de potasse tinué depuis parBottin les Almanachs de Weimar,
;
et de ^mme, colorée avec de l’indigo ou du mi- de Gotha précieux pour la généalogie et la
etc.,
nium, Pour éviter que Thumidité ne les altère on ,
chronologie. Voy. calendrier, annuaire.
les trempe dans un vernis à la sandaraque. On n’a ALMÉES, danseuses et chanteuses en Orient.
qu’à frotter l’allumette contre un corps sec, et on Voy. le Dict. univ. d'Hist. et de Géogr.
la voit s’enflammer. Ces allumettes sont beaucoup ALMICANTARATS (de l’arabe almocantharat).
plus commodes que les précédentes, mais aussi On nomme ainsi, en Astronomie, descercles parallèles
plus dangereuses. —
La fabrication des allumettes à l’horizon qu’on imagine passer partons les degrés
n’est pas sans intérêt et sans importance : quatre du méridien : ils servent à faire connaître la hauteur
ou cinq ouvrieos, en se partageant l’ouvrage, en du soleil et des étoiles; aussi les appelle-t-on souvent
fabriquent 4 ou 5,000 à l’heure. On peut même, cercles ou parallèles de hauteur; ils sont d'usage
au moyen d’un rabot récemment inventé par dans la gnomonique pour tracer des cadrans solaires.
, , , , , ,

ALOS _ ^^2 — ALPA


ALMUD ou ALMUDE, mesure de liquides en Portu- d’insectes et de petits poissons. Vers la fin d’avril
gal, vaut 16 lit., 54 cent. Eile se divise en Icantares et pendant le mois de mai , elles remontent, pour
et 12 cavadas; 18 ainuidcs font un baril; 26, une frayer, dans les fleuves et quelquefois dans leui's af-
•pipe ; 52 ,
un tonneau. fluents : on pêche l’alose au tramail, et elle meurt
ALOÉS (en grec, aloè), genre de plantes grasses aussitôt qu’on l'a tirée de l’eau.
de la famille des Liliacécs, tribu des Aloiiiées, au ALOUATES, Stentor, esjièce de singes, de la
calice tubuleux , cylindriciue , aux feuilles spi- famille des Hurleurs, du sous-genre Sapajou, ha-
neuses, cbarnues, réunies à base de la hampe,
la bitant les contrées chaudes de l’Amérique. Ils sont
et se terminant par un épi làclie de fleurs rouges. à peine hauts de 6 décim., ont la queue forte et
L'aloès appartient presque exclusivement à l’Afri- prenante, la poitrine large. Ils ont une voix forte,
que; cependant on le trouve aussi dans le midi do effrayante, tout à fait disjiroportionnée avec leur
l’Europe , et on le cultive dans nos jardins. Son suc petite taille, ce qui est dû à la rapacité énorme des
fournit des matières colorantes et une gomme rési- ventricules de leur larynx, où l’air expiré résonne
neuse, amère, odorante et utile en médecine. On comme dans un tambour. Ces singes, lestes et fa-
tire de ses feuilles un fil très-fort et très-blanc dont rouches, s’attroupent dans les bois. Ils pansent
on fait des cordes, les meilleures qui existent, des eux-mêmes leurs blessures. Leur chair est bonne à
filets, des tissus. Le suc de l’aloès se distingue dans manger.
le commerce en A sncotrin ou succotrin (tiré d’abord
. ALOUCHIER. Voy. allouciiier.
de nie de Socotora), d'un jaune transparent, d'une ALOUETTE (
latin alauda , genre d’oiseaux
du )

saveur amère et aromatique, d’une odeur forte; de l’ordre des Passereaux, de la famille des Alau-
aloès hépatique, plus grossier, d’un rouge brun dinées ( Conirostres de Cuvier ) , se trouve dans
comme le foie (en grec hépar) ; aloès caballin, moins toute l’Europe, dans l’Inde et l’Afrique, et a pour
estimé, d’un brun sale, et usité seulement comme type Y alouette des champs, qui est un peu plus
médicament pour les chevaux. L’aloès, pris à petite grosse que le moineau. Ou connaît le plumage
dose, est tonique ; à plus haute dose , c’est un pur- de l’alouette , d’un gris roussâtre , son chant conti-
gatif puissant; on l’emploie contre la jaunisse et la nuel, dont les accents sont perçants et mélodieux,
constipation ; son effet est lent, mais sûr : on le défend l’activité avec laquelle elle cherche sa nourri-
aux personnes affectées d’hémorroides. La pulpe de ture dans les champs, sur les routes; la manière
ses feuilles neutralise les brûlures. L’aloès fait la base dont elle s’élève dans les airs en chantant de plus
de la préparation mmmke élixir de Ion que vie. L'A- — en plus fort jusqu’au moment où elle se laisse
loès-pilte est la même chose que V Agace. Voy. ce mot. tomber à terre avec une rapidité extraordinaire; on
ALOÈS (Bois d’) , ou bois d’aigle. Voy. aquilaire. connaît aussi la facilité avec laquelle elle apprend
ALÜI (du latin ad legem selon la loi ; ou du toutes sortes d’airs. L’alouette libre vit ordinaire-
verbe alloyer, ancienne variante (Y allier), alliage ment dans les champs; elle se nourrit de petits vers
de métaux précieux fait dans des proportions con- et de petits insectes; mais en cage elle mange vo-
venables à la destination du mélange. Il signiüe aussi, lontiers de la pâtée faite avec du pain et des graines
en parlant des matières d’or et d’argent , le titre écrasées. Enfermée, elle essaye continuellement de
légal de ces métaux. Un objet, une monnaie est de s’envoler, et se casserait bientôt la tète si on n’avait
bon aloi quand la matière est au titre de l’ordon- la précaution de couvrir la cage avec une toile. Les
nance; ils sont de bas ou de mauvais aloi quand alouettes font leur nid à terre, dans l’avoine, le
ils n’ont pas le titre qu’ils devraient avoir. trèfle, la luzerne. A l’entrée de l’hiver elles se ré-
ALOÏNEES, tribu de la famille des Liliacées, unissent en troupes nombreuses; elles engraissent
renferme genres Aloës et Yucca.
les beaucoup à cette époque; on leur donne alors com-
ALOPÉCIE (du grec alopex renard; animal munément le nom cle mauviettes; dans cet état,
sujet à une espèce de gale suivie de dépilation). On elles sont recherchées par les chasseurs, qui les
nomme ainsi la chute temporaire des cheveux et attrapent au filet ou qui les tirent au miroir. On dis-
des poils elle diffère de la calvitie
: qui en est la tingue plusieurs espèces d’alouettes VA. commune,
:

perte permanente. L’alopécie a lieu , soit à la suite qui a l’ongle du pouce remarquablement long, ce
d’excès ou de maladies qui tiennent presque toutes qui l’aide à marcher dans les terres labourées;
d un état anormal de la peau, soit par l’ellel de YA. calandre, qui est plus grosse, et dont le bec est
cosmétiques irritants. Un des moyens de traitement plus fort et a la forme conique; elle se distingue
réputés les plus efficaces, c’est de raser fréquem- aussi par sa gorge blanche et son collier noir ; elle
ment la région dénudée, d’y pratiquer des lotions habite les pays chauds; VA. huppée, dite aussi A.
émollientes si la peau est sensible ou irritée; to- des chemins et Cochevis, qui se fait remarquer par
niques au contraire, lorsqu’il s’agit de réveiller sa petite huppe de plumes qu’elle redresse à volonté.
l'action des follicules pileux. On y joindra des em- ALOUETTE DE MER, Pclidna, oisoau du genre des
brocations d'huile d’amandes douces, ou de laurier, Bécasseaux , de 1a famille des Echassiers , a le bec
de lavande, de camomille; l’usage de la pommade crochu, le pouce long, les jambes assez hautes et
de üupuytren; enlin des frictions faites avec un mé- nues à leur partie inférieure. Son vol est vif et
lange d'huile d’amandes douces et de rhum. rapide. Ces oiseaux forment des sociétés nombreuses.
ALOPECUflUS(c.-à-rl. guette f/e Renard). F.vulpin. On les trouve sur les rivages des deux continents;
ALOSE (en latin alosa), espèce du genre Ha- ils sont longs de 15 centimètres environ, cendrés en

reng, de la famille des Chipes, qui se trouve sur dessus du corps, blancs en dessous; la poitrine est
!es côtes de l’Europe et de l’Amérique du Nord. nuagée de gris en hiver; en été, leur plumage est
Elle a pour type Yalose commune qui ne diffère fauve tacheté de noir, avec de petites taches noires
du hareng que par une échancrure au milieu de la sur le devant du cou et de la poitrine, et une pla-
mâchoire supérieure, par sa taille plus grande qui que noire sous le ventre. Leur chair est bonne tant
atteint jusqu'à un mètre, par l’absence de dents et mais elle rancit en vieillissant.
qu’elle est fraîche,
par une tache noire derrière les ouies; elle a la tète ALPAGA ou ALPAGA, espèce de Ruminants, du
large et veinée, le dos épais et arrondi, le ventre genre Lama, propreà l’Amérique méridionale, in-
mince et tranchaut. La chair de l’alose est très- termédiaire entre le lama proprement dit et la vi-
délicate femelles sont plus grosses, et offrent un
; les gogne, avec lesquels il a été longtemps confondu.
meilleur manger que
les mâles. —
Valose finie est Il porte une laine remarquable par sa longueur, sa

moins délicate que l’alose commune; elle se recon- finesse et son moelleux. Cet animal est alerte, doux
naît aux petites dents dont sa bouche est garnie et et s’attache à l’homme. Les alpacas ont vécu en do-
4 sa forme plus allongée. —
Les aloses vivent devers, mesticité en Espagne; ils pourraient se naturaliser
, , ,

ALPH — 43 — ALST
de même dans le la France.
midi de —
On a étendu graphe, a fait sentir le besoin d’un alphabet complet,
le nom à’alpaca à une belle étoffe faite avec la applicable à toutes les langues; Wilkins, Dalgarno
lai ne de l’alpaca. Dans ces derniers temps on a vendu et Lodwick chez les Anglais, Leibnitz en Allema-
à Paris, sous ce nom, des étoffes de laine à longs gne, Debrosses et Volney chez nous, ont tenté de
poils, très-cliaudes et d'un prix très-modique. C'est remplir cette lacune; mais aucun résultat n’a pu
à Ternaux qu'on doit cette utile fabrication. être obtenu jusqu’ici. —11 a été publié des recueils

ALPHA, première lettre de l’alphabet grec, em- comparatifs d’alphabets; les plus complets sont
pruntée à y’aleph des Phéniciens et des Hébreux, ceux de De Dry [Alphaheta.... a mundo creato,
correspond à notre A. —
Les mots alpha et ôméga Francf. , 1596), de Des Hauterayes (Caractères et
s’emploient pour dire le commencement et la lin, Alphabets des langues mortes et vivantes, dans
parce que ces deux lettres sont la première et la les planches de V Encyclopédie ) des Bénédictins
dernière de l’alphabet grec c’est ainsi que Dieu dit
; (Nouveau traité de Diplomatique 1765), la Pan-
de lui dans l’Apocalypse (ch. i, v.8) : Je suis l’alpha tographia de l’anglais Ed. Fry, Lond., 1799, et les
et Vàméija. Alphabets publiés par les presses de la Propagande
ALPHAlîET (des mots alpha et hêla, noms des à Rome.
deux premières lettres de l’alphabet grec). Malgré ALPHABET MAKÜEL. VolJ. SOURDS MUETS.
l’extrême diversité des langues et des écritures, la ALPHONSIN , instrument de chirurgie , ainsi
plupart des alphabets offrent, dans le nombre, le nommé d’Alphonse Ferri, chirurgien, qui l’inventa
nom, l’ordre et môme la forme des caractères, des en 1552, est destiné à extraire les balles du corps.
ressemblances qui attestent une origine commune. Il est composé de trois branchas élastiques réunies

Les Egyptiens , les Chaldéens et les Phéniciens se dans une poignée commune, susceptibles de s’entre-
disputent l’honneur d’avoir inventé l’écriture al- écarter par leur extrémité libre , qui est en forme
phabétique; selon l’opinion la plus commune, cet de cuiller, et entourées d’une virole courante qui
honneur appartiendrait aux Phéniciens, dont l’al- les rapproche comme un porte crayon. Cet instru-
phabet offre, au reste, de grandes analogies avec ceux ment est peu usité aujourd'hui; on le remplace par
des Chaldéens, des Hébreux, des Syriaques, des des tire-balles et des pinces à gaine.
Arabes, des Persans et des Arméniens. C’est le Phé- ALPHüS (motgrec qui signifie blanc], sortedelè-
nicien Cadmus qui aurait apporté eu Grèce l'alpha- pre caractérisée jiar des taches é/ane/(e« et farineuses.
bet et l’art d’écrire ; ALPINIA (de Pr. Alpin, botaniste), genre de Zin-
gibéracées , tribu des Alpiniées. Voy. galanga.
Phœnices primi, famæ si creditur, ausi
UaDsuram rudibus vocem signare ûguris (Luc.» Pbor»., UI, aâO), ALPISTE, Phalaris, genre de la famille des Gra-
minées, a la tige frêle, les feuilles longues et
Les Grecs, en colonisant l’Italie, introduisirent
minces, les fleurs disposées en épis ovales et al-
leur alphabet chez les Etrusques, qui le transmi-
longés, le fruit oblong. Une espèce, VA. des Cana-
rent aux Romains avec quelques variations dans la
ries , produit dus graines qui se mangent en
forme des caractères ; les Romains le 'répandirent
bouillie dans l’Espagne, et donne un fourrage ex-
dans toute l’Europe. L’alphabet grec, comme le
cellent. Cette plante sert à la nourriture des oiseaux
phénicien, n’avait dans i’origine que 16 lettres :
domestiques, surtout des serins. La farine qu’elle
-y, J, f, /, JC, A, V, O, JT-, p, (7, r, u.
fournit est employée avec succès pour l'encollage
Palamède inventa, dit-on, au siège de Tioie les des tissus fins. — On remarque encore VA. aspe-
4 lettres 6, §, (p, %, et Simonide y ajouta, cinq relle, dite Riz bâtard parce que ses graines pour-
siècles après, les lettres Ç, >/, \p, a. L’alphabet la- raient remplacer le riz, et VA. chiendent, cultivée
tin, apportédc Grèce, dit-on, par l’Arcadien Evandre, dans les jardins à cause de ses panachesde fleurs pur-
n’eut aussi d'abord que 16 lettres, comme le prouvent purines et de ses feuilles rayées de jaune et de vert.
les inscriptions étrusques; c’étaient ; a, b, c, d, e, f ALQUIFÜUX (mot d’origine arabe), nom donné
i, m,n, O, p, r, s, t, u ; ce n’est que plus tard qu’on
l, par les potiers à la galène ou sulfure de plomb
y ajouta les 7 lettres g, h, k, q, x, y, z. Claude naturel. Ils l’emploient à l’état pulvérulent pour
voulut y introduire trois nouveaux signes , mais faire le vernis noir sur les poteries
;
ce vernis n'est
cette innovation ne dura pas plus que son règne. autre chose qu’un émail très-fusible, rendu noir
— Notre alphabet, qui n’est que celui des Latins par l’interposition du sulfure de plomb. En Orient,
et qui nous est commun avec presque tous les peu- les femmes se servent de l’alquifoux pour se teindre
ples de l’Europe, a 25 lettres; il n’en avait que les cils et les soui'cils.
23 quand on ne distinguait pas les lettres i et y, ALRUNES. Voy. allrunes.
U et U, distinction dont la première idée remonte ALSINE (en grec alsinè, nom d’une plante des
au xvi« siècle, mais qui n’est bien établie que de- bois, dérivé A’alsos, bois), Alsina, genre de la
puis une soixantaine d’années. —
Après l’alphabet famille des Caryophyllées. L’A. media est cette
phénicien, les plus importants à connaître sont ceux jolie petite plante si connue sous les noms vulgaires
de l’Inde, surtout celui du Devanagari le dialecte de Mouron des oiseaux ou de Morgeline {Morsus
le plus parfait du sanscrit; on y compte 50 carac- ÿrtWwa?), parce que les oiseaux et les poules en sont
tères; et au lieu d’être jetées au hasard comme dans très -avides. Sa tige est menue, rameuse; ses feuilles
nos alphabets, les lettres sont disposées dans un sont ovales, aigues, d’un vert tendre. La fleur est
ordre philosophique, d’après leurs analogies natu- blanche, petite, portée sur un long pédoncule. La
relles. —
On remarque aussi l’alphabet runique, ré- plante fleurit toute l’année; elle passe pour avoir
pandu dans le nord de l’Europe et dont il ne reste des propriétés rafraîchissantes. U ne faut pas la
que quelques vestiges dansles anciennes inscriptions. confondre avec le Mouron rouge (Anagallis), qui
Pour être parfait , un alphabet devrait avoir appartient aux Primulacées.
autant de signes qu’il y a d’éléments de la voix ALSINÈES (du genre type Alsine), tribu des
à. noter (on en compte de 35 à 40) et n’en avoir Caryophyliées , renfermant les genres A Sa-
pas davantage; or, la plupart des alphabets man- gina, Buffonia, Queria, Arenaria, Brachystemma,
quent de plusieurs de ces signe, (en français, par Holosfeum, Stellaria, Cerastium, Malachium.
exemple, on est obligé de donner à la lettre e plu- ALSODINEES. Voy. violacées.
sieurs valeurs : e, é, ê), et en même temps les alpha- ALSTROEMERIE (du botaniste Ch. Alstrœmer),
bets ont plusieurs signes surabondants (c dur, k, q, genre d’Amaryllidées, propre à la partie équinoxiale
remplissent dans notre écriture le même office). Cette du nouveau monde. L’A. pélégrine ou Lis des
imperfection des alphabets, qui est la principale Incas, originaire du Pérou, e«t une des plus belles
source des difficultés qu’offrent la lecture et l’ortho- fleurs connues ; racine vivace, tige haute de 80 centi-
, , ,, , ,,

ALTO — 44 ALUM
mètres, feuilles contournées, longues, pointues, fleurs ALUCITE (du latin ûJ/mcco, éclairer,
briller),
grandes, à six divisions inégales, blanches, rayées petits insectes lépidoptères, à couleurs métalliques
et lavées de rose à l’extérieur, marquées à la base très-resplendissaiites, appartiennent au genre Pha-
d’une tache jaune, et pointillées de pourpre en de- lène et à la section des ’Tinéites, et ont du rappoit
dans. Quelques espèces répandent une odeur suave. avec les teignes, les ptérophores, les py raies et les
Ces plantes ne sont cultivées que dans nos serres. ypsolophes. Ce genre a été créé par Fabricius. On
ALTAIR ou ATAÏR, étoile centrale de la constel- distingue : l’A. xylostelle, qui vit sur difl'érents ar-
lation de l’Aigle, est de première grandeur. brisseaux et qui attaque de préférence les choux et
ALTER EGO (c’est-à-dire autre moi], titre oflî- les navets parmi les plantes polagèr. s VA. delaju-
;

ciel en usage dans le royaume des Deux-Siciles, en lienne; l’A. des grains, qui fit de grands ravages dans
vertu duquel le roi transmet à un vicaire général l’Angoumois en 1770, etc. On a fait beaucoup de re-
le plein exercice de sa puissance, faisant en quel- cherches pour détruire YAlucite du blé; le meilleur
que sorte de ce vicaire une seconde personne royale. procédé est celui qu’a proposé M. Doyère en 1850 ;
Il correspond à ce qu’on appelait chez nous lieute- il consiste à chauffer le blé jusqu’à 60 degrés ce
(

nant général du royaume. qu’on appelle le soixante/') ; à cette température


ALTERNAT, méthode par laquelle on alterne l’insecte est détruit sans que le grain soit altéré.
les cultures en forçant le sol à donner des produits ALUDEL (d’a privatif, et du latin luturn, qui
successifs de difl'érents genres, adaptés à la nature n’est point luté, qui reste ouvert). Les chimistes
de la, terre. C’est une des opérations les plus déli- nomment ainsi des espèces de pots ouverts par leur
cates et les plus nécessaires de l’économie rurale. partie inférieure et supérieure, et qui s’emboîtent
Voy. ASSOLEMENT. les uns dans les autres, en sorte qu’ils peuvent for-
ALTERNES (feuilles). Voy. feuilles. mer un tuyau plus ou moins long. Le pot ou Yalu-
ALTERNES-EXTERNES et ALTERNES-INTERNES (aNGLES). del qui termine ce tuyau doit être fermé par le
Voy. ANGLES. haut, et n’avoir qu’un petit trou. On emploie ces
ALTESSE [A’altus élevé), titre d’honneur vases pour la sublimation du soufre et du mercure.
qui se donne actuellement aux princes non sou- ALÛMELLE (d’abord alamelle, qu’on dérive du
verains , a longtemps été porté par les rois eux- latin lamella, petite lame). On nomme ainsi : 1“ en
mèmes. 'Les rois d’Angleterre jusqu’à Jacques termes de Tabletiers, une lame de couteau aiguisée
et ceux d’Espagne jusqu’à Charles V , n’ont point d’un seul côté, comme le serait un ciseau de menui-
eu d’autre titre. Eu France, le titre d’ Altesse fut sier, et qui sert à gratter le buis, l’ivoire, l’écaille,
porté d’abord par les ducs d’Orléans. Eu 1633 , les la corne , etc. ; c’est une alumelle qui forme la
aînés de la brandie cadette de Bourbon prirent le partie essentielle du rabot; 2“ dans la Marine, des
titre <ï Altesse 7-oyale; et sous Louis XIV, le titre petites plaques de fer très-plates, dont on garnit les
d’Altesse ayant été étendu aux princes l%itimés, mortaises pour que le frottement des barres n’en
le prince de Condé prit , pour s’en distinguer, le use pas le bois intérieur.
litre d’Altesse sérénissime. Aujourd’hui, sauf quel- ALUMINATE, combinaison de l’alumine avec un
ques exceptions, le titre d’Altesse royale ou im- autre oxyde. On rencontre plusieurs aluminates
tériale appartient à tous les princes issus en droite dans la nature : tels sont le spinelle , le pléo7iastc,
la. gahnite, la cymophane qui sont des aluminates
figné d’un roi ou d’un empereur, et celui d’Al-
tesse sérénissime à leurs collatéraux. de magnésie, de protoxyde de fer, d’oxyde de zinc,
ALTHEE (en grec althaia, d’althéin, guérir), et de glucine.
nom scientifique du genre de plantes malvacées ap- ALUMINE (du latin alumen, alun), dit aussi
pelé ordinairement Guimauve', les espèces princi- oxyde d’aluminium, terre d’alun', combinaison
pales sont l’A. officinale [Voy. guimauve) et VAlcée de l’oxygène avec l’alunynium (Al'O’); se trouve
ou Rose trérnière [Voy. alcée). On extrait de la dans la nature à l’état cristallisé , plus ou moins
racine Yalthéine, mélange de magnésie et d’une pur, et constitue alors le co7'indon, le7'ubis, la
substance cristallisable identique à l’asparagine. topaze orientale, le saphir o/'iental, l’émei'i. L’a-
ALT1SE ou ALTiftUE, Altica (du grec halticos lumine des laboratoires est une poudre légère
l'auteur), petit insecte coléoptère, de la famille des blanche, insipide, inodore, infusible à la chaleur des
Cycliques, a la singulière faculté de sa'uter comme plus violents feux de forge ; elle est insoluble dans
les puces. L’espèce la plus commune en France et l’eau, mais elle se dissout dans les acides, si elle n’a
la plus grande est l’A. potagère, dite aussi Puce- pas été soumise à une trop forte calcination. Récem-
rotte longue de 5 millim. , verte ou bleue ment précipitée d’une de ses' combinaisons , elle se
ovale, allongée, avec la couverture des ailes poin- présente sous forme de gelée blanche ( tiyd/'ate
tillée; les antennes ou filets de la tête sont noires. d’alumine), soluble dans la potasse: dans cet état,
L’A. rubis, la plus jolie, est d’un rouge doré écla- elle a une affinité prononcée pour les matières co-
tant, avec les ailes vertes ou bleues. — Cet insecte lorantes, qu’elle enlève à l’eau et aux autres sub-
est très-commun dans les environs de Paris, et vit stances qui y sont unies; elle forme, avec ces ma-
surtout sux dépens des crucifères. 11 est très-nuisible. tières colorantes, des composés insolubles qui portent
ALTITUDE, hauteur d’un lieu au-dessus de lamer. dans les arts le nom de laques. Simplement dessé-
AL'fO (du latin altus, profond), nom donné au- chée , l’alumine absorbe l’humidité des corps avec
trefois au genre le plus grave des voix aiguës des lesquels ou la met en contact, et happe à la langue.
femmes et des hommes. On dit aujourd’hui haute- L’alumine existe dans tous les sols propres à la
contre en parlant des hommes, et contralto ou culture [Voy. argile); elle est aussi une des par-
contralto en parlant des femmes. — On appelle ties constituantes de l’alun des teinturiers. — Ou
aussi alto un iiLstruinent à 4 cordes [la, ré , sol, l’obtient pure, soit en calcinant au rouge de l’alun
ut) connu jadis sous le nom de viole', c'est un in- d’ammoniaque, soit en précipitant l’alun de po-
strument un peu plus gi-and que le violon ordi- tasse par de l’ammoniaque. —
L’alumine se com-
naire, et qui, dans un orchestre, tient le milieu porte avec certaines bases comme un véritable
entre le violon et le violoncelle ou la basse. On acide , et forme avec ces bases des composés salins
l’appelle aussi alto viola ou quitite.— Autrefois on appelés aluf/iinates : tel est l’aluminate de ma-
appelait alto basso un instrument de percussion à gnésie qui constitue le rubis spinelle. Avec la
,
cordes que le musicien frappait d’une main, tandis silice ,
forme des silicates qui constituent soit
elle
que de l’autre il jouait sur la flûte un air qui s’u- l’argile la plus pure, servant à fabriquer la por-
nissait aux sons de l’alto accordé à l’octave, à la celaine , soit les terres employées à la confection
quinte et à la quarte. des poteries communes, et les glaises qui servent
,, ,

ALUN 45 — ALYS
à garantir les bassins d’infiltrations. — A part les une fabrique semblable à la Tolfa (près de Civita-
silicates naturels formant les argiles, les glaises, Yecchia) , où se trouve une riche mine d’alun. Plu-
les diverses terres et une fo\jile de minéraux, il
sieurs exploitations de mines d’alun s’élevèrent suc-
n’y a, parmi les combinaisons de l’alumine, que cessivement, au XVI® siècle, en Allemagne, en
le sulfate et surtout Valun qui présentent de Espagne et en France ; mais cette industrie ne fit

l’intérôt. Les sels d'alumine solubles ont, en gé- de véritables progrès que dans les temps modernes,
néral, une saveur astringente et douceâtre; ils par le secours de la chimie. A la fin du siècle der-
sont incolores, et donnent, par l’ammoniaque, un nier, Curaudau établit la première fabrique d’alun
précipité gélatineux d’hydrate d’alumine. artificiel à Javelle , près de Paris; à la même épo-

L’histoire de l’alumine se rattache à celle de l’a- que, Chaptal en fonda une à Montpellier. La pro-
lun ; ce n’est que depuis 1754 que Margraff a re- duction totale de Talun en France s’élève annuelle-
connu la nature particulière de l’oxyde terreux que ment à 3 millions de kilogrammes; le département
l’on extrait de ce sel. de l’Aisne en fournit seul la moitié.
ALUMINITE, minéral blanc et terreux, trouvé ALUN ALUMiNÉ, dit aussi Alun saturé de sa terre,
pour première fois aux environs de Halle, et, plus
la sous-sulfate de potasse et d’alumine insoluble, qui
tard, dans les terrains tertiaires d’Auteuil et de s’obtient quand on fait bouUlir Talun avec de Talu-
Lunel-Vieil (Gard). C’est un sous-sulfate d’alumine. mine en gelée.
ALUMllNltjIVl, métal qu’on extrait des combinaisons ALON d’ammoniaqoe , alun renfermant de l’ammo-
d’alumine, surtout du chlorure,' en les traitant par le niaque à la place de la potasse , se prépare de la
potassium et lesodium. Isolé parM. Wœhler en 1827, même manière, et présente les mêmes propriétés.
sous la forme d’une poudre grise, il a été obtenu en On utilise à la fabrication de ce sel le sel d’ammo-
masse compacte par M. Deville en 1854; il a alors niaque fourni en grandes quantités par les usines à
l’éclat de l’argent, mais est plus léger et plus tenace. gaz de l’éclairage. On le distingue de Talun ordi-
ALUN , sel blanc , très-soluble dans l’eau , as- naire en le triturant avec de la chaux humide ; il
tringent, cristallisé en octaèdres réguliers, est formé exhale alors une odeur ammoniacale très-prononcée.
par la combinaison du sulfate d’alumine avec le ALUN DE CHROME, alun renfermant de Toxyde de
sulfate de potasse et l’eau (A1’0“,3S0’ -|-KO,SO“-f- chrome à la place de Talumine contenue dans Talun
24ag'). Il existe tout formé aux environs de plu- ordinaire ; il est d’un violet foncé , presque noir.
sieurs volcans ; mais la quantité en est si faible ALUN DE FER, alun renfermant du sesquioxyde de
qu’il faut recourir à différents procédés pour four- fer à la place de Talumine renfermée dans Talun
nir au commerce les 4 ou 5 millions de kilogrammes ordinaire.
qui lui sont annuellement nécessaires. Tantôt on le ALUN DE PLUME , alumine sulfatée naturelle qui ,

retire de l’alunite; tantôt on l’obtient en abandon- forme fibreuse. Voy. alunogène.


se présente sous
nant au contact de Tair des schistes alumineux ALUN DE ROME OU cuBiouE , alun Ordinaire cristal-
préalablement calcinés; on lessive le produit, et on lisé en cubes et fabriqué à la Tolfa, près de Civita-
ajoute du sulfate de potasse. Enfln, en traitant les Vecchia, dans les Etats romains. Ses cristaux sont
argiles les plus pures par l’acide sulfurique faible rendus opaques par une très-petite quantité d’alu-
et versant dans les liqueurs concentrées du sulfate mine mécaniquement interposée; ils ont d’ailleurs
de potasse, on produit de toutes pièces de Talun très- la même composition que Talun octaèdre.
pur. — Dans le commerce, l’alun est ordinairement ALUN DE SOUDE, alun renfermant de la soude à la
en grosses masses blanches et translucides, qu’on place de la potasse contenue dans Talun ordinaire.
obtient en faisant fondre les cristaux dans leur eau ALUNAGE , opération qui consiste , dans la tein-
de cristallisation , et coulant le liquide dans de ture, à fixer les couleurs sur les tissus, â l’aide de
grands vases , où il se fige. —
La calcination bour- Talun. Voy. mordançage.
soufle l’alun , et le transforme en une poudre lé- ALUN^E, dite aussi Pierre d’alun. Beurre de
gère, poreuse et blanche; ceta/«w calciné est em- montagne, minéral blanc, tantôt dur, tantôt tendre
ployé par les médecins pour ronger les ulcères et et terreux , qu’on rencontre dans le tuf trachytique
les chairs baveuses. —
L’alun sert principalement de la Tolfa et du mont Dore. C’est un sulfate d’alu-
dans la teinture comme mordant. 11 est d’autant mine et de potasse hydraté. Pendant longtemps , la
plus estimé qu’il contient moins de sulfate de fer, pierre d’alun de la Tolfa fournissait au commerce
attendu que ce sel lui communique la propriété une grande partie de Talun employé. Pour retirer
d’altérer certaines couleurs délicates, comme celles Talun de l’alunite, on grille celle-ci et onia transporte
de la gaude et de la cochenille. On reconnaît la sur une aire où on l’arrose continuellement, afin de
présence du fer dans Talun en ajoutant à sa solu- la faire elDeurir; on la réduit ensuite en pâte, on la
tion quelques gouttes de ferrocyanure de potas- lessive à chaud , et on la fait cristalliser.
sium : si Talun contient du fer, le mélange prend ALUNOGÈNE , alumine sulfatée naturelle. Ce se!
alors une bleue.
teinte —
L’alun s’emploie aussi est fréquent dans les solfatares, où il est le produit
pour préserver les substances animales de la putré- de l’altération des trachytes par les vapeurs qui les
faction, pour conserveries peaux avec leurs poils, traversent. Dans les mines , on le voit s’efileurir à
pour garantir les bois et toiles de l’incendie la surface des roches qui contiennent des pyrites.
pour fabriquer le papier, la colle forte , pour raffi- 11 se présente sous la forme de houppes concrétion-
ner le sucre, pour clarifier les eaux bourbeuses ; nées ou de fibres déliées , analogues à la soie.
les blanchisseuses des environs de Paris s’en servent ALVÉOLE (du latin alveolus, diminutif de al-
pour éclaircir Teau de Seine, rendue trouble par veus, lit, cavité, loge), cellules ou loges que les
les orages. —
Outre Talun ordinaire, il existe di- abeilles et les guêpes se construisent pour y élever
vers composés isomorphes de cet alun, qui renfer- leurs larves; elles sont en cire, et ont toutes la
ment de l’ammoniaque, de la soude, du chrôme, forme d’un petit godet hexagonal ; la réunion des
du fer, etc., à la place de la potasse et de l’alumine. alvéoles forme le gâteau ; elles servent à la fois
La connaissance de Talun nous vient de TO- de berceau aux jeunes abeilles et de magasin de
rlent ; jusqu’au xv« siècle, il fut surtout préparé miel. — On applique aussi ce nom, en Anatomie,
à Constantinople , à Alep , en Syrie , d’où Ton aux cavités creusées dans Iss os des mâchoires et
tirait Talun connu sous le nom à’ alun de roche, nom destinées à recevoir les dents , et , en Botanique
qu’il porte encore dans le commerce. La première aux petites cavités du réceptacle où sont logées les
fabrique d’alun fut établie en Europe au xv® siècle, semences de certaines fleurs : le réceptacle alors est
dans l’ile d’lschia,par un marchand génois, nommé dit alvéolé.
Perdis. A la même époque, Jean de Castro éleva ALYSSE, Alyssum{à’a privatif, et lyssa, rage,
, ,,

AMAL — 46 — AMAN
parce que les anciens attribuaient k cette plante des consiste k broyer le minerai avec de l’eau pour en
propriétés elïïcaces contre cette maladie) , Yulgaire- faire une espèce de pkte, k y incorporer du sel
ment Passe-rage, genre de la famille des Crucifères, marin, puis du magistral (mélange d’oxyde de fer
renferme plusieurs espèces trés-eommunes : VA. et de sulfate de cuivre, provenant^du grillage de la
faune (A. saxatile, L.), originaire de Candie, pyrite de cuivre), et enfin du mercure. Quand l’a-
très-cultivée dans les jardins, où elle est connue malgamation s’est opérée, au bout de deux ou trois
sous le nom de Corbeille d’or; ses fleurs jaunes, mois, on lave le produit, puis on presse et on dis-
petites, mais nombreuses, forment, en effet, de tille l’amalgame. Ce procédé perd beaucoup de mer-
larges touffes dorées d’un aspect agréable; son fruit cure. — L’amalgamation a été inventée au Mexique
consiste en une silicule orbiculaire , velue et aplatie ; en 1557 par un mineur nommé Bartolomé de Mé-
VA. sinuée, originaire d’Espagne; VA. des Pyré- dina , et introduite au Pérou en 1571 par Fernandez
nées, arbrisseau propre à former de beaux buis- de Velasco. Adoptée en Europe dans le courant du
sons : ses fleurs sont petites, blanches, réunies au siècle dernier, elle a été moaifiée depuis par de
nombre de 20 à 25, et durent fort longtemps. Born , et perfectionnée par Charpentier, Gellert et
ALYTE , batracien anoure , connu sous le nom plusieurs autres métallurgistes allemands.
de Crapaud accoucheur. Voy. accoucheur. AMALGAME (du grec ama, ensemble, et gamos,
AMADOU (qu’on dérive du latin ad manumdulcc, mariage, ou, selon d’autres, d’un mot arabe), alliage
doux au toucher), substance spongieuse fournie par du mercure avec d’autres métaux. Les amalgames
la partie interne d’un champignon appelé Agaric sont décomposés par lachaleur,et dégagentalors tout
de chêne ou Amadouvier {Boletus igniarius de le mercure ; plusieurs sont fusibles k la température
Linné) , et préparée de manière à prendre feu au ordinaire. —
Les amalgames d’or et d’argent servent
moyen d’une étincelle produite par une pierre à k dorer et k argenter les autres métaux. Un amal-
fusil et un briquet. Pour préparer l’amadou , on game d’étain sert k mettre les glaces au tain. Les den-
enlève d’abord de l’agaric la partie supérieure qui tistes emploient souvent l’amalgame d’argent pour
est très-coriace; la partie fongueuse, d’un jaune plomberies dents; en Angleterre, on fait servir au
brun, placée au-dessous, est ensuite coupée en tran- même usage l’amalgame de palladium. C’est avec
ches minces et battue au marteau , jusiju’à ce un amalgame de bismuth qu’on donne aux globes
qu’elle devienne tout à fait souple : dans ce premier de verre une apparence métallique.
état , l’agaric sert pour arrêter les hémorragies. Pour AMANDE (en grec , amygdalè). Ce nom , limité
en faire de l’amadou propre k allumer le feu , on d’abord au fruit de l’Amandier, s’est ensuite étendu
l’imprègne d’une dissolution de nitrate de potasse au corps blanc et tendre renfermé dans le noyau
ou de nitrate de plomb, et on le fait sécher. Quel- de certains fruits. Les botanistes le prennent même
quefois on roule l’amadou dans de la poudre k ca- dans un sens plus général : ils nomment amande
non : c’est Vamadou noir. Les vesses-de-loup, sorte la substance blanche contenue dans toute graine ;
de plantes du genre Lycoperdon donnent un ama- ainsi entendue, l’amande présente deux parties dis-
dou tout préparé qu’il sulTit d’imbiber d’une légère tinctes VembryoH, partie essentielle de la reproduc-
:

eau de poudre. On fait aussi de l’amadou avec des tion, et le périsperme, qui sert k nourrir l’embryon.
feuilles de papier k sucre, et mémo avec du linge — Les amandes proprement dites ont des propriétés
qu’on laisse brûler jusqu’k ce que la flamme s’étei- diG'ércntes, selon l’espèce d’amandier qui les porte.
gne, et qu’on étouffe k l’instant. — L’emploi de l’a- On distingue des awnrnrfM rfoMces, bonnes k manger,
madou contre les hémorragies était connu des an- qui renferment une huile blanche et douce usitée en
ciens : longtemps négligé, il a été renouvelé, k la pharmacie, surtout pour les loochs blancs et les émul-
Gn du siècle dernier, par un nommé Brossard, et sions (les unes, dites flol, son^à coque dure, les autres
a été fort utile dans nos grandes guerres. d coque tendre); des amandes amères, gui contien-
AMADOUVIER, champignon du genre Bolet, nent de l’acide cyanhydrique , et qui sont em-
avec lequel on fait l’amadou. Voy. agaric et bolet. ployées comme fébrifuges et toniques. Ou a, en
AMALGAMATION , opération par laquelle on outre , désigné , dans le commerce , par des noms
combine le mercure avec d’autres métaux. On l’ap- particuliers plusieurs sortes d’amandes : A. à la
plique surtout k l’extraction de l’argent. On distin- dame à. coc\ne grosse, solide, arrondie, pointue
,

gue deux procédés : VA. .saxonne on de Freyherg, k l’un dos bouts , couverte de trous et sillonnée de
et VA. américaine. A Freyherg, après avoir bo- lignes vermiculaires ; A. à la princesse, en coques
cardé (écrasé) le minerai d’argent, on le mêle avec de moyenne grosseur, aplaties, minces, fragiles,
un dixième de sel marin , et on le grille dans un jaunâtres et d’une saveur douce; A. de Chinon
fourneau k réverbère, afin de convertir le sulfure dépouillées de leurs coques et d’un jaune brun;
d’argent en chlorure. Ensuite on réduit en poudre A. de Valence, grandes, aplaties, pointues k l’une
Cne le produit de la calcination , et on le met avec de leurs extrémités, et comprimées dans la partie
de l’eau et des disques de fer forgé dans des ton- moyenne; A. d'Italie, plus petites, moins douces
neaux traversés par un axe horizontal ipii tourne au et moins déprimées au milieu; A. d’Espagne et de
moyen d’une roue. Après avoir fait mouvoir les ton- Malaga , d’une saveur douce et très-agréable , sem-
neaux pendant une heure, on y introduit du mer- blable k celle des noisettes ; A. de MÙhaun (Avey-
cure, et on le remet de nouveau en mouvement pen- ron), qu’on vend dépouillées de leur coque, eu
dant 16 ou 18 heures. Danscette opération, lechlorure fèves longues et aplaties, etc.
d’argent est décomposé par le fer : il en résulte du AMANDIER, Amygdalus, genre de la famille
chlorure de fer soluble et de l’argent métallique des Rosacées, tribu desDmpacées ou Amygdalées,
très-divisé qui s’unit au mercure. L’amalgame d’ar- se compose d’arbres et d’arbrisseaux k feuilles
gent, étant liquide k la température ordinaire, se étroites, lancéolées, dont les fleurs s’épanouissent
rassemble aisément, et s’obtient pur par le lavage. de très-bonne heure. Le fruit est charnu , globu-
On le soumet ensuite k la distillation en le chauf- leux ou allongé, marqué d’un sillon longitudinal
fant sur des plateaux circulaires de fer, disposés et renfermant un noyau dont la surface est mar-
les uns au-dessus des autres , et recouverts d’une quée de sillons irréguliers, et dans lequel on trouve
cloche de fer : le mercure se volatilise et se con- l’amande ( Voy. ce mot). Le genre Amandier com-
dense dans le bas de l’appareil; l’argent reste sur prend deux espèces principales VA. commun et
:

les plateaux. Ge procédé , malgré le prix élevé du VA. -pécher [Voy. pêcher). L’amaudier commun,
mercure, est le seul qui convienne pour le traite- originaire du Levant ou de l’Afrique, réussit sur-
ment des minerais pauvres. — La métiiode améri- tout dans le midi de l’Europe, où il atteint 10 mè-
caine, plus ancienne que le procédé de Freyherg, tres de hauteur. Ses fleurs , petites et blanches ,
, , , ,,,, , , , , , , , ,

AMAR — 47 — AMAZ
s’ouTrent aux premiers rayons du soleil de jan- lidées vraies et les Galanthées. Les Amaryllidées
vier : aussi sout-elles souvent détruites par les vraies renferment les genres
Amaryllis, Narcissus,
gelées. On distingue deux espèces d’amandier com- Zephyranthes , Corbularia, Ajax, Clinanllte, Pan-
mun : l’A. à amandes douces et VA. à amayi- cratium, Crinum, Cyrtanthus Uabranlhus etc,
,

des amères. Le bois de cet arbre est dur et bien AMARYLLIS, belle plante de la famille des Nar-
coloré ; ce qui le fait rechercher par les tourneurs. cissées, a sans doute reçu, â cause de sa beauté,
Du tronc découle une gomme rougeâtre, analogue le nom de la bergère Amaryllis, chantée par Vir-
à la gomme arabique. Outre l’amandier commun gile dans ses È
g log ues. EWe ,esi en eflèt, re-
les jardiniers cultivent VA. argenté, ainsi nommé marquable par la grandeur, la forme et l’éclat de
de la couleur de son feuillage, et VA. nain, qui ne ses fleurs, qui exhalent une odeur très-suave. Les
s'élève guère à plus de 70 centimètres : c’est un joli amaryllis proviennent d’un oignon comme les ja-
arbrisseau , à fleurs de couleur pourpre. —
L’aman- cinthes; leurs feuilles sortent de terre; du milieu
dier reçoit les grelTes du pêcher et de l’abricotier. du faisceau qu’elles forment s’élève une tige plus
AMANITE , genre de Champignons, ainsi nommé ou moins allongée , qui se termine par une ou plu-
du mont Amanus en Cilicie , où ils étaient très- sieurs fleurs rouges, jaunes ou roses. On distingue
abondants, est caractérisé par une bourse {volva) surtout ; VA. très-belle plus connue sous le nom
qui entoure le champignon dans sa jeunesse, et par de Lis-saint-Jacques originaire du Mexique ; sa
un pédicule bulbeux à la base. Son chapeau est fleur unique, du plus beau rouge pourpré, se com-
garni en dessous de feuillets inégaux. Les princi- pose de trois pétales inférieurs et de trois autres
pales espèces d’amanites sont les Oronges. Ce genre pétales qui se redressent en Tair en s’écartant comme
renferme à la fois les champignons les plus recher- les bras d’une croix ; on ne la cultive que depuis
chés pour la fable et ceux qui sont le plusvénéneux. 1593, époque où on l’apporta en Espagne; —VA.
AMARANTACÊES , famille de plantes dicotylé- de Guernesey qui porte plusieurs fleurs à la fois ,
dones apétales , renferme des végétaux herbacés à d’un rouge vif; elle est originaire de l'ile de France
feuilles alternes ou opposées, à fleurs petites, réu- et du Japon , et Ton présume qu’elle ne croît na-
nies en épis et en grand nombre. A cette famille turellement à Guernesey que parce qu’un vaisseau
appartiennent les genres Amarante, qui en est le venant d’Asie y aura porté des oignons de cette belle
type, et Gomphrene ou Amarantme. plante; — VA. belladonne originaire des Antilles,
AMARANTE (du grec a privatif, et mardinô, se remarquable par ses grandes fleurs roses mêlées de
flétrir), Amarantus genre type de la famille des blanc, qui sont quelquefois au nombre de huit sur
Amarantacées, ainsi nommé à cause de la persi- la même tige ; on peut la cultiver en pleine terre,
stance de ses fleurs, renferme des plantes herbacées, pourvu qu’on lui choisisse un terrain léger et une
annuelles, dont les fleurs sont en épis ou en grap- exposition chaude; —VA. jaune, vulgairement
pes, et disséminées dans toutes les contrées du nommée Narcisse; elle est beaucoup moins belle
monde. L’amarante est cultivée dans les jardins et moins rare que les précédentes; on la trouve
d’ornement , et fleurit en automne. L’A. à fleurs dans tous les jardins.
en queue nommée aussi Discipline religieuse ou AMAUROSE (du grec amaurosis, obscurcisse-
Queue de retiardjAwae tige haute de près d’un mètre, ment), dite aussi goutte sereine , cataracte noire,
des feuilles ovales, oblongues, rougeâtres, des fleurs diminution ou perte complète de la vue, produite
en longues grappes, pendantes et cramoisies; elle par la paralysie du nerf optique ou de la rétine,
se sème d’elle-même et vient partout. L’A. créte- sans altération appréciable dans l’organisation de
de-coq, ou Pns'te-velours { Celosia), a ses fleurs en Tœil; elle peut kre bornée à un seul œil, ou les
forme de panache, et ressemble à du velours d’une affecter tous les deux à la fois. Elle a pour causes
belle couleur rouge mêlée de violet; c’est cette es- principales ; l’exposition de Tœil à une vive lumière,
pèce qui a donné son nom à la couleur amarante. des lectures assidues, la vieillesse, les contusions du
L’A. tricolore a ses feuilles tachées de jaune, de globe de Tœil ou du front, les lésions organiques du
vert et de rouge ; les fleurs sont vertes et latérales. cerveau, les études microscopiques, les chagrins
L’A. blette a la tige rameuse, couchée à la base, prolongés , la colère, l’ivresse répétée, la plétliore ,
les feuilles ovales, échancrées au sommet; cette la suppression de la sueur, d’un émonctoire , d’un
espèce est comestible. —
L’amarante était, chez les exanthème cutané, d’une hémorragie périodique;
anciens, le symbole de l’immortalité. Les magiciens la disparition prompte de la teigne des dartres
,
attribuaient aux couronnes faites de cette fleur la de la goutte, du rhumatisme ; les accès d’hystérie
vertu de concilier la faveur et la gloire à ceux qui d’épilepsie l’apoplexie ; les saignées trop rappro-
;
en portaient. Dans l’Académie des jeux floraux chées ; les poisons narcotiques. L’invasion a lieu tan-
l’amarante d’or est le prix de Tode. — Christine tôt graduellement et tantôt subitement. L’amaurose
reine de Suède, avait institué en 1653 un oy'dre est complète ou incomplète ; ordinairement conti-
de l’ Amarante, qui ne fut pas conservé après elle. nue elle est quelquefois périodique : sa durée est
AMARANTINE. Voy. gomphrène. généralement longue. Le pronostic est très -grave
AMARQUE (de marquer). Voy. bouée ou tonne. quand la maladie occupe les deux yeux , qu’elle est
AMARRE , câble ou chaîne servant à attacher au très-ancienne; que la pupille est déformée, dilatée,
rivage une barque ou un vaisseau. On donne en- et qu’on voit une teinte grisâtre au fond de Tœil.
core ce nom aux cordages qui servent au touage Le traitement varie comme les causes il est gé-
:

au halage, à Tévitage des navires, ainsi qu’au bout néral ou local. Le traitement général consiste dans
de corde qu’on jette à un canot, à un homme pour l’emploi de tous les moyens dérivatifs et révulsifs.
Taiüer à acoster. — Amarrer, c’est assujettir, ar- Parmi les remèdes locaux. On recommande les fric-
rêter, lier un objet, ou mettre un vaisseau en état tions et applications narcotiques sur Tœil, celles de
de n’être pas entraîné par les vents. baume de Fioraventi, de gaz acide sulfureux, de gaz
AMARYLLIÜEES , famille naturelle de végétaux ammoniac, la vapeur d’éther phosphoré; les sachets
monocotylédons , est un démembrement formé aromatiques, dont on couvre les yeux ; enfin , on
par Robert Brown aux dépens des Narcissées de a essayé les sternutatoires, l’électricité et le galva-
Jussieu, et a pour type V Amartjllis. Ses caractères nisme. Le Dr Deval adonné un Traité de T Amaurose.
sont ; calice monosépale, tubuleux, à six divisions.; AMAZONES, nom donné par Buffon aux jierro-
étamines au nombre de six , â ûlets libres ou sou- quets à plumage vert, dont le fouet de i’aile est
dés , ovaire infère, style simple, stigmate trilobé. coloré de rouge et de jaune. On les trouve dans
La famille des Amaryllidées se divise en quatre l’Amérique du Sud sur les bords du fleuve des Ama-
tribus : les Hypoxydées les igavées, les Amaryl- zones. Ces perroquets se distinguent par Téclat , la
|
, , , ,

AMBI — 48 — AMBR
vivacité de leurs couleurs , leur facilité à parler, et que l’homme fait exception et se sert exclusivement
par une douceur qui les fait rechercher. de la main droite. 11 serait cependant à désirer que
AMAZONITE, espèce de feldspath vert, opaque, les deux mains fussent également exercées; il est
susceptible de recevoir un beau poli, ainsi nommée même certaines professions dans lesquelles on ne
parce qu'on la trouve sur les bords du fleuve des peut bien réussir si l’on n’est ambidextre : telles
Amazones. Les anciens la connaissaient, comme sont la chirurgie ,
l’art vétérinaire et plusieurs mé-
le prouvent les camées et les vases grecs faits de tiers, comme celui de l’aiguiseur, du tourneur, etc.
cette substance qu'on voit encore dans plusieurs AMBLE (du latin ambulare, se promener), sorte
musées. Us la tiraient de l'Orient ou des monts d’allure entre le pas et le trot, par laquelle l’ani-
Ourals , où l'on en trouve encore. Voy. jade. mal, pour avancer, fait mouvoir simultanément ses
AMBASSADEUR (du bas latin ambascia qu'on deux membres du même côté. L’ours et la girafe
dérive lui-même du celtique amhacht serviteur, sont les deux seuls animaux qui marchent naturel-
ministre) , agent diplomatique de premier ordre, lement l’amble; c’est aus.°i l’allure du poulain, et
envoyé par un prince ou un Etat souverain près d'un quelquefois même du cheval aéjà grand; mais le
autre prince ou État, pour le représenter, ou pour plus souvent cette allure est chez le cheval l’effet
donner communication des volontés du gouverne- de l’art. On y façonne également l’àneet le mulet.
ment qui l'envoie. Les ambassadeurs sont ordinaires Cette façon d’aller, qui fatigue beaucoup les épaules
ou extraordinaires. Les ambassadeurs ordinaires du coursier, est extrêmement douce pour le cava-
résident auprès des gouvernements étrangers, et lier^ L’amble était fort en honneur au moyeu âge;
ont pour mission d'aplanir les difficultés qui pour- on dressait à marcher l’amble des haquenées pour
raient survenir entre l'Etat qu'ils représentent et les abbés, les châtelaines, etc. Aujourd’hui cette
celui près duquel ils sont accrédités. Les ambassa- allure est fort peu cultivée dans nos manèges.
deurs extraordinaires sont ceux qu’on envoie dans AMBLY... (du grec ambly, obtus), mot qui entre
un cas particulier, comme un couronnement, un dans la composition de beaucoup de termes scien-
mariage , etc. Les ambassadeurs jouissent de cer- tifiques amblygone, à angles obtus; amblyope,
:

taines prérogatives : ils ont accès toutes les fois à vue faible ; amblyptère à ailes tronquées , etc.
qu'ils le désirent auprès du chef de l’État; leur — L’amblyopie est le premier degi’é de l’amau-
personne et leur domicile sont inviolables; pendant rose : dans cet état, te malade ne peut distinguer
longtemps même ils eurent droit d’asile. Les am- que les objets volumineux, bien éclairés, et d’une
bassadeurs remplissent en général pour leurs compa- couleur tranchée.
triotes les fonctions d’ofQciers civils. —
L'usage des AMBON (du grec amhôn, hauteur ou bord en
ambassadeurs résidents ne remonte pas au delà du saillie), tribune sur le devant du chœur d’une église,
xiii® siècle. Quoique chaque Etat entretienne des dans laquelle on montait autrefois soit pour prê-
représentants auprès des autres Etats , fort peu de cher, soit pour lire ou chanter certaines parties do
ces représentants ont le titre et le rang d'ambassa- l’office; on y lisait le graduel, l’évangile etl’épîtrc.
deurs : sous la monarchie , la France n’entretenait Il est question de l’ambon dans nos annales dès
d’ambassadeurs qu’auprès de l’Autriche , de la Bel- l’an 800. On voit encore un ambon à Paris dans
gique, des Deux-Siciles, de l’Eispagne, des Etats l’église Saint-Etienne-du-Mont et à Notre-Dame ;
Romains, de la Grande-Bretagne, de la Russie, de l’église Saint-Clément, à Rome, en a trois. On con-
la Sardaigne, de la Suisse et de la Turquie, puis- naît davantage V ambon sous le nom de jubé.
sances qui avaient également des ambassadeurs au- AMBRE (en arabe ambar), nom donné à deux
près d’elle; elle n’entretenait auprès des autres substances, l’ambre jaune et l’ambre gris, qui
gouvernements que des ministres plénipotentiaires n’ont guère de commun que d’être toutes deux
dos envoyés extraordinaires ou des chargés d’affai- aromatiques.
res. En 1848, la France remplaça ses ambassadeurs AMBRE JAUNE, dit aussî Succîn ou Carabé, espèce
par des ministres plénipotentiaires : depuis l’avéne- de résine fossile, jaune, diaphane, d’une odeur
ment de l’empereur Napoléon III, les anciennes am- agréable, sui generis, homogène et susceptible de
bassades ont été rétablies. On doit à Wicquefortl’Am- recevoir un beau poli. Lorsqu’on le soumet à la des-
bassadeur et ses fonctions (Cologne, 1715, 2 vol. siccation , il donne de l’acide succinique. Il appar-
in-4°), ouvrage classique sur la matière, et à Mar- tient particulièrement aux terrains tertiaires; il ac-
tens le Manuel diplomatique, Leipzig, 1823, in-8». compagne le lignite dans plusieurs localités, comme,
AMBASSE , genre de poissons de la famille des par exemple, autour de Soissons et à Saint-Paulet
Percoides , formé par Cuvier et Valenciennes. L’A. (Gard). Il existe en assez grande quantité dans les
de Commerson, ainsi nommé parce que ce natura- dunes sablonneuses qui bordent le rivage de la mer
liste l’observa le premier, est l’espèce type. Il at- Baltique, entre Kœnigsberg etMémel; le mouve-
teint jusqu’à 20 centim. de longueur; son dos est ment des eaux en dépose beaucoup sur la côte. Il
d’un vert brunâtre, quelquefois pointillé de noir ; parait provenir d’une espèce de conifères antédilu-
une bande argentée se fait remarquer sur les deux viens, dont on ne rencontre plus que les graines
côtés du coi ps, depuis l’ouverture des ouïes jusqu’à et les cônes; il était primitivement fluide, comme
la queue. Sa chair est très-estimée. On trouve ce le prouvent les insectes et les brins de plante qu’il
poisson en abondance dans les mers de l’Inde et contient quelquefois. Les poètes anciens supposaient
sur les côtes de l’île Bourbon ; on le conserve dans que les grains d’ambre provenaient des larmes de.s
la saumure comme les anchois. sœurs de Phaéthon. —
L’ambre entre dans la com-
AMBE (du latin ambo, deux), combinaison de position du vernis gras et sert à fabriquer de petits
deux numéros pris ensemble à la loterie, et qui objets d’ornement, colliers, chapelets, etc. L’ambre
sont sortis ensemble. L’ambe simple pioduisait 270 jaune {électron, en grec) devient électrique par le
fois la mise, et l’ambe déterminé 5,100 ambe dé-
: frottement ; c’est de son nom grec qu’est dérivé le
terminé se disait de deux numéros sortant dans mot d’électricité. 11 est antispasmodique et excitant.
l’ordre indiqué par le joueur. —
Ambe se dit aussi AMBRE GRIS, substaiice grasse, aromatique, qui
nu loto de deux numéros gagnants placés sur la donne un parfum analogue au musc. Elle pio-
même ligne horizontale. vient de certains cachalots, notamment le Phy-
AMBIDEXTRE (du latin ambo, deux, et dextera, seler macrocephalus et parait être une concrétion
xnain droite), qui se sert inditl'éremment, et avec formée dans les intestins ou dans l’estomac de ce
la même adresse, de la main droite et de la main cétacé. On la trouve ordinairement en petits mor-
gauche. Tous les mammifères munis de mains sont ceaux, quelquefois aussi en masses d’un volume
ambidextres ; ce n’est que par l’effet de l’éducation assez considérable, flottant à la surface de la mer.
,

AMBK — 49 - AME
aux environs de Madagascar, de la cûle de Coro- loges parle spadix qui est plan, contient d’un côté
mandel , des lies Moluques et du Japon. Elle est une seule fleur femelle sessile, de l’autre 8 étamines
plus légère que l’eau et d’un gris cendré ; elle se disposées sur deux rangées. Ce genre ne se compose
ramollit par la chaleur et fond comme la cire. Elle que d’une seule espèce, VA. de Bassi (botaniste
se compose en grande partie d’un corps gras parti- bolonais), petite plante vivace qui croit en Sicile.
culier, appelé ambréine, vanté jadis comme aphro- AMBULANCE [d’ambulare, marcher, se dépla-
disiaque et antispasmodique. L’ambre gris n’est cer), espèce d’hôpital militaire attaché à un corps
plus guère employé que dans la parfumerie. d’armée en campagne, et qui peut se transporter
On nomme ambre blanc une variété de l’ambre en tout lieu. Une ambulance peut être établie dans
jaune ,
moins colorée ; —
ambre noir, le jayet. un bâtiment particulier au voisinage du champ de
AMBRÉINE , matière d’un blanc brillant , insi- bataille, ou sous une tente, ou même en pleine
pide , presque inodore, fusible à 30», se volatilisant campagne, derrière les rangs de l’armée. On y
au-dessus de 100». L’eau ne la dissout pas. Ella place les soldats malades ou blessés. Le service de
s’obtient en traitant l’ambre gris par l’alcool; la l’ambulance se compose de chirurgiens qui pansent
connaissance en est due à MM. Pelletier et Caventou. ou opèrent les blessés, et d’infirmiers militaires or-
AMBRÉIQUE (acide), acide obtenu par l’action ganisés en compagnies d’ambulance, qui relèvent
de l’acide nitrique sur l’ambréine. 11 est jaune en les blessés et les soignent. On distingue : A. vo-
masse, blanc quand il est divisé. 11 fond au-dessus lantes, placées près du lieu du combat et dont les
de 100», renferme de l’azote, mais ne donne pas d’am- membres vont quelquefois chercher les blessés au
moniaque dans sa décomposition; il est peu soluble milieu même du feu, et A. de réserve, qui res-
dans l’eau froide, et se dissout dans l’alcool et l’éther. tent sur le derrière et forment des hôpitaux tempo-
AMBRETTE {A’arnbre), Succinea, espèce odo- raires. —Ce n’est guère que depuis Henri IV qu’on
,

rante du genre Ketmie, de la famille des Malva- a songé à établir un service de ce genre ; mais il n’a
cées. C’est un arbrisseau originaire de l’Asie et de été vraiment constitué que pendant les grandes guer-
l’Amérique, haut de plus d’un mètre, à feuilles res de la République et de l’Empire. C’est à Percy
palmées à 5 ou 7 divisions pointues et dentées ; ses et à Larrey qu’il doit le plus : ce dernier institua les
îleurs, portées sur un pédoncule assez long, sont de ambulances volantes en 1793, à l’armée du Rhin.
couleur jaune soufre; ses graines, petites, réni- AME (des mots anima animus) , en grec psyché,
,

formes, exhadent une odeur marquée d’ambre et principe de la vie et de la pensée, substance conçue
de musc : elles servent dans la parfumerie , et sont comme immatérielle, et qui, jointe au corps, con-
employées pour la fabrication du parfum dit poudre stitue l’homme. Elle est l’objet d’une science parti-
de Chypre. Ces graines, nommées aussi abelmosch culière, la Psychologie Voy. ce mot).
(

(graine de musc), furent longtemps en usage pour Immatérialité de l’âme. On prouve que l’âme
parfumer la poudre à blanchir les cheveux. est immatérielle en s’appuyant sur ce principe :
On nomme poire d’ambrette une petite poire qui Que des propriétés différentes supposent des sub-
a un goût d’ambre. stances distinctes; or, l’observation nous fait décou-
Le nom A'ambreüe a aussi été donné à un genre vrir dans la nature deux ordres de propriétés
de Mollusques gastéropodes voisin des Hélices, qui essentiellement différentes : d’un côté, l’étendue,
a une coquille ovale, allongée; on en trouve sur la solidité , la figure , la pesanteur, etc. ; de l’autre,
les bords du Rhin et aux environs de Paris. chez certains êtres, le sentiment, la pensée, la vie;
AMBROISIE (du grec ambrotos, immortel), nour- donc, il existe deux sortes de substances dans les-
riture des dieux, qui, selon la Fable, rendait im- quelles résident ces propriétés ; le corps ou la ma-
mortels ceux qui en mangeaient. Elle était neuf tière, Vâme ou V esprit. Bien plus, on reconnaît
fois plus douce que le miel , et exhalait une odeur que plusieurs de ces propriétés sont non-seulement
,
suave. L’essence nous en est inconnue. Le plus distinctes, mais opposées, incompatibles; que tan-
grand nombre des auteurs en font un aliment so- dis que les corps sont inertes, esclaves de la fatalité,
lide, et l’opposent au nectar, qui était un breuvage. l’homme se sent actif et libre; que tandis que le
AMBROISIE, Ambrosia, genre de la famille des Co- corps est composé d’un amas de molécules qui se
rymbifères, a pour caractères ; fleurs monoïques, séparent , qui se renouvellent perpétuellement
corolles très-courtes, 1 style, 2 stigmates ; fruits re- l’homme sent en lui quelque chose qui reste un et
couverts par le calice. Ce genre renferme des herbes simple ou indivisible au milieu des sensations venues
ou des arbustes à feuilles alternes ou opposées et sou- des sources les plus diverses ; qui est identique, et qui
vent découpées. On en connaît cinq ou six espèces, persiste à travers toutes les vicissitudes de l’organisme;
toutes propres à l’Amérique, à l’exception d’une d’où l’on conclut que l’âme est essentiellement dis-
seule qui croît sur le bord de la mer dans les pays tincte du corps et ne saurait être confondue avec lui.
du midi de l’Europe; c’est VA. maritime, herbe L’immatérialité de l’âme sert à démontrer son
haute d’un demi-mètre, à racine fibreuse, à feuilles immortalité. Voy. ce mot.
ti ès-découpées
,
soyeuses , blanchâtres ; odeur aro- L’âme fut d’abord conçue sous la forme d’un
matique, saveur un peu amère. Elle est regardée souffle (anémos, anima], d’une flamme, en un
comme stomachique et résolutive; on en fait des mot , d’une substance plus subtile que le corps.
infusions dans l’eau, le vin, etc. Pythagore et Anaxagore paraissent être les pre-
AMBROISIE ANSÉRiNE, Chenopodium ambrosioides, miers qui aient formulé philosophiquement la dis-
plante potagère du genre Chénopode, que l’on dit ori- tinction de l’âme et du corps ; recueilli par Platon
ginaire du Mexique, quoiqu’elle se trouve naturelle- et par Aristote, le dogme de la spiritualité a été
ment en France , est annuelle, rameuse , garnie de pour ainsi dire constitué et établi sur des bases so-
feuilles d’un beau vert , de fleurs blanchâtres , dispo- lides par les Néoplatoniciens; adopté par les Pères
sées en petites grappes, qui s’épanouissent en juin et de l'Eglise, il entra dans l’enseignement officiel des
durent jusqu’en octobre. Elle répand une odeur aro- Scolastiques. Descartes plaça l’essence de l’âme dans
matique et agréable. On la cultive en pleine terre et la pensée, comme celle du corps dans l’étendue;
dans les jardins. On a pris quelque temps ses feuilles Leibnitz, sortant de l’abstraction , dans laquelle était
en infusion sous le nom vulgaire de thé du Mexique. resté Descartes, donna pour substratum à iapensée la
AMBROSINIEES, tribu de la famille des Aroidées, monade, être simple, essentiellement actif et sensible.
renferme les deux genres Ambrosinie et Crypto- Non contents de distinguer l’âme du corps, les
coryne. Le premier de ces genres est curieux à cause philosophes se sont demandé : 1» comment l’âme
de sa spathe roulée, presque close, et terminée par communique avec le corps ; 2» où elle réside ;
une longue pointe. Cette spathe , partagée en deux 3» quand elle s’est unie au corps; 4» c« qu’elle devient

A
, , ,

AME 50 — AMEN
à la mort; 5» si l’àme est propre à l’iionime , si les ditions diverses dans lesquelles ils se trouvent placés.
animaux, si le monde même n’ont pas aussi une àme. Les principaux auteurs à consulter sur \’Âme
Sur le !<"' point, quatre réponses ont été faites : sont : Platon (Phédon, Alcibiade), Aristote (De
selon les uns , l’àme et le corps agissent physique- Anima), Plotin (Ennéades) Nemesius (De Natura
ment l’un sur l’autre {influx phÿsique), ce qui est hominis). Descartes (Méditations), Wolf (Psycho-
ou ne rien expliquer ou tomber dans une contra- logie). Astruc (Immatérialité et immortalité de
diction en assimilant' l’àme au corps; selon d’au- l’Ame), Bonnet (Essai analytique sur les facultés
tres , les deux substances ne peuvent agir l’une sur de Pâme\, A. Baxter (Recherches sur la nature de
l'autre, maisil existe entre elles un médiateur, que l’âme), Collins (Essais sur la nature et la desti-
Cudworth nomme médiateur plastique et dont U nation de Pâme), La Luzerne (Dissertation sur la
fait un être d’une nature particulière, tandis que spiritualité de l’âme).
Descartes et êlalebrauche le trouvent dans Dieu AME (Musique). L’âme du violon et des autres
même [assistance divine) ; selon Leibnitz, il n’y a instruments à cordes est un petit cylindre de bois
ni action réciproque , ni médiateur ; mais l’âme et qui se pose debout entre la table supérieure et le
le corps, comme deux horloges bien réglées qui fond de l’instrument, dans le double but de main-
marcheraient d’accord, se développent parallèlement tenir la distance respective des parties et d’établir
en vertu de leur nature propre et de l’impulsion entre elles des vibrations uniformes.
qu’ils ont reçue une fois pour toutes du Créa- AMEN, mot hébreu qui signifie ainsi soit-il,
teur qui les a accouplées (harmonie préétablie). terminait toutes les prières chez les Juifs. Au com-
Sur le 2' point, les uns, distinguant plusieurs mencement d’une phrase (Amen dico vobis) il
âmes, ont, avec Platon, assigné à chacune un siège signifiait en vérité, certai«e?ne?d. Aujourd’hui, les
particulier à l’âme raisonnable, le cer>jeau; à l’âme
•.
Chrétiens et les Mahométans disent aussi amen à
irascible, la poitrine; à l’âme concupiscible, le bas- la fin de leurs prières. Ce mot a même passé chez
ventre; les autres lui ont donné un siège unique, nous dans le style familier, et s’emploie dans les
soit le cerveau tout entier, soit une partie du cer- locutions suivantes : Depuis Pater jusqu’à Amen;
veau, la glande pinéale (Descartes), le corps cal- dire Amen à tout ce qu’on dit, etc.
leux (la Peyronie), le cervelet, etc.; d’autres enfin AMENAGEMENT, art qui consiste à diviser une
la disent répandue dans tout le corps et amalgamée forêt en coupes successives et à régler l’étendue et
avec chacune de ses parties (Plolin). l’âge des coupes annuelles. Cet art n’a commencé
Sur le 3« point, Platon, Origène, etc., ont pensé à attirer l’atlenlioii qu’au dernier siècle, et a été
que les âmes existaient antérieurement, et que Dieu l’objet des travaux de Buffon, Duhamel, Béaumur,
unit une âme à un corps au moment de la nais- Rozier, Varenne de Feuille, Pertuis, etc., dont
sance, taudis que la plupart des théologiens ensei- les recherches ont été ésumées par Baudrülart, dans
l

gnent que Dieu crée une nouvelle âme pour chaque son Dictionnaire des Forêts.
nouveau corps; quelques-uns, approuvés en cela AMENDE (du latin menda, faute), peine pécu-
par Leibnitz, croient que toutes les âmes ont existé niaire imposée par la loi, ou laissée à l’arbitraire du
en germe dans le premier homme et qu’elles se juge, pour punir une faute légère, le plus souvent
propagent, comme les corps, par la génération. une simple contravention aux règlements de police.
Sur le 4° point, quelipies philosophes , les disci- Tantôt l’amende est une peine principale et isolée,
ples de Leucippe, de Démocrite et d’Epicure chez tantôt c’est une peine accessoire en tout cas, elle
:

les anciens, les matérialistes, tels que d’Holbach, ne pi oCte jamais qu’au fisc. —On retrouve les traces
Lamettrie, Broussais, chez les modernes, croient que de cette peine dans toutes les législations ; au moyen
l’àme meurt avec le corps , ou plutôt ils ne la dis- âge on l’admettait pour les crimes les plus graves,
tinguent pas du corps; mais la plupart des philo- même pour le meurtre, lorsque le coupable était
sophes, d’accord en cela avec les diverses religions, noble ou seigneur; chez les Francs, on appelait
ont admis qu’apros la mort, l’âme avait une vie nou- wehrgeld ou composition la somme payée dans ce
velle dans laquelle elle était récompensée ou punie cas à la famille de l’offens'é , et frède ou gage de
selon ses œuvres, laissant d’ailleurs aux religions paix, la part que le fisc prélevait sur cette somme.
positives le soin do décrire le genre des peines et — Faire amende honorable, c’était autrefois aller
des récompenses. Pythagore, allant plus loin, pré- nu , en chemise, la torche à la main, et la corde au
tendit que les âmes animaient successivement plu- cou, demander pardon à Dieu et au roi, à la porte
sieurs corps (Métempsycose). d’une église ou ailleurs , d’un crime quelconque.
Sur le dernier point, les anciens, d’après Ari- Aujoui d’hui c’est demander pardon d’une offense à
stote, accordaient aux animaux une âme sensitive quelqu’un , lui faire réparation.
et donnaient même aux plantes une Û7ne végéta- AMENDEMENT (du latin amendare, corriger). On
tive, réservant pour l’homme Vâme rationnelle nomme ainsi en Agriculture les matériaux et les
qui s’unit en lui aux deux autres; Descartes refuse opérations qui ont pour but d’accroître la faculté
toute âme aux bêtes et en fait de pures machines; végétative d’un sol , et d’en modifier la nature par
Condillac restitue une àme aux bêtes et leur accorde l'addition de substances étrangères qui lui man-
des facultés analogues aux nôtres, mais inférieures quaient. L’art des amendements doit être appliqué
et proportionnées à leur organisation. —
Enfin , la en raison combinée de la nature du sol et de celle
Inpart des philosophes anciens, Timée, Platon, des végétaux que l’on veut obtenir. Les principaux
énon, Plotin et ses disciples donnent au Monde amendements sont l’argile pour un sol_ sableux ;
une âme, que les uns distinguent de Dieu, que les le sable pour un sol argileux; les marnes, la
autres confondent avec lui ; on peut rapporter à craie concassée, le plâtre, le sel marin, le nitre,
cette dernière classe les panthéistes modernes, Va- les cendres, qui agissent surtout comme stimu-
nini, Spinosa, Schelling, etc. lants de la végétation. On étend quelquefois ,
Sur toutes ces questions, le plus sage serait peut- mais à tort, le nom d’amendements aux engrais.
être de dire qu’elles sont hors de notre portée. L’art des amendements ne date guère que du der-
Toutefois, on lèverait une partie des ditficultés re- nier siècle; il a fait en grande partie la prospérité
latives aux rapports de l'âme et du corps, si , au lieu agricole de l’Angleterre et de la Belgique ; il est
d’établir un antagonisme absolu entre les deux sub- encore trop négligé en France. Franklin, au xviii« siè-
stances, on admettait, avec Leibnitz, que toutes cle, et de nos jours MM. de Dombasle, Boussingaull
deux procèdent de monades, éléments simples, et Gasparin, ont beaucoup contribué à le mettre en
ayant en puissance la vie et le mouvement , et qui honneur. La Maison rustique du xix» siècle (vol. I,
se produisent sous différentes formes, suivant les con- ch. 3) donne, sur ce sujet, de précieuses directions.
, , , , , ,

AMIA — 51 — AMID
nomme amendements les modi- montagne. L’amiante se compose de silicate de ma-
En Politique, on
flcations apportées à une loi lors de sa discussion gnésie, souvent hydraté, en proportions qui le rap-
publique dans les
,

chambres ou assemblées délibé- prochent de l’amphibole et du pyroxène. —


Les an-
rantes. Les amendements doivent être imprimés et ciens regardaient l’amiante comme une espèce de lin
distribués avant d’être discutés. produit par une plante des Indes : ils en faisaient
AMEN'T AGEES, famille de plantes qui, dans la des nappes et des serviettes qu’on jetait au feu pour
classification de L. de Jussieu, comprend un grand les blanchir; des mèches de lampe qui brûlaient dans
nombre de genres , remarquables par la forme de l’huile sans se consumer; des linceuls pour les cada-
leurs fleurs disposées en chatons (amentum ). Les vres , afin de pouvoir recueillir leurs cendres sans
ormes, les bouleaux, les peupliers , les saules, les qu’elles se mêlassent à celles du bûcher. Les alchi-
chênes et les châtaigniers en font partie. Les Ameii- mistes l’appelaient lin vif ou laine de salamandre,
tacées de L. de Jussieu forment aujourd’hui 7 fa- parce que, suivant eux, la salamandre était à l’é-
milles : les Ulmacées, les Cupulif'ères les Bétu- preuve du feu. L’art de filer l’amiante a été retrouvé
lacées les Saticinées, les Myricées, les Juglan- de nos jours en Italie on en fait du papier et de la
:

de'es, les Platames, et comprennent les plus beaux dentelle incombustibles; M. Aldini en a fait des vête-
arbres de nos forêts et quelques arbustes , comme ments servant à préserver les pompiers des premières
le coudrier et l’aune. atteintes du feu; on emploie aussi l’amiante pour
AMER, nom vulgaire de la vésicule du fiel. retenir l’acide sulfUrique dans les briquets oxygénés.
AMERS , médicaments caractérisés par la savepr — Cette substance, autrefois très-rare et très-chère,
toute spéciale que rappelle ce nom : tels sont le quin- est aujourd’hui très-commune on la trouve dans les
;

quina, le quassia, la gentiane, le café, la petite Hautes-Alpes, dans les Pyrénées (près de Barèges),
centaurée , la camomille, le scordium, la rhubarbe, en Écosse, en Corse, et dans la Tarantaise en Savoie ;
l’écorce d’orange, la fève saint-Ignace, où l’amer- c’est de ce dernier pays qu'on tire l’amiante dont
tume est plus ou moins forte. On retrouve ce goût les filaments sont les plus longs et les plus soyeux.
dans des familles entières, les Labiées, les Corym- AMICT (du latin amictus, vêtement), linge bénit,
bifères, les Laurinées , où il est associé à divers de forme carrée , que les ecclésiastiques se mettent
principes aromatiques. Les amers ont des vertus sur les épaules avant de revêtir l’aube, et après
médicales précieuses : ils sont stomachiques , fébri- l’avoir un instant placé sur la tête. Le diacre , le
fuges, anthelmiutiques, emménagogues ; on leur sous-diacre et les induts portent aussi l’amict quand
attribue même la propriété de combattre la goutte : ils servent à l’autel. Cet ornement est considéré

la poudre du duc de Portland, longtemps recomman- comme le symbole de la retenue que doivent garder
dée contre la goutte , n’est qu'un composé d’amers. ceux qui le portent.
AMÉTHYSTE (du grec ame'thystès formé de a ,\MIDES (formé d’am, première syllabe d'ammo-
privatif, et mélkè ivresse, parce que les anciens niaque, et de la terminaison ide), classe décomposés
attribuaient à cette pierre la propriété de préserver qui diffèrent des sels ammoniacaux par l’absence des
de l’ivresse ) , pierre précieuse de couleur violette éléments de l’eau, et qui sont capables de se conver-
est un quartz transparent, coloré par de l’oxyde de tir en ces sels en s’assimilant les éléments de l’eau.
manganèse; elle s’emploie dans la bijouterie. Les La chimie organique surtout est riche en amides. A
plus belles améthystes viennent des Indes, des As- chaque amide correspond un acide ; aussi désigne-
turies, du Brésil, de la Sibérie; on en trouve aussi t-on les amides par les noms de leurs acides : amide
en France et en Allemagne. La couleur violette de phosphorique ou phosphamide, amide oxalique
cette pierre l’a fait adopter pour orner l’anneau pas- ou oxamide, etc. Ces corps ont une grande impor-
toral des évêques, ce qui l’a fait nommer pierre d'é- tance théorique : MM. Laurent et Gerhardt ont fait
vêque . —
L’A. orientale est une variété de corindon. connaître les lois de leur composition. La première
AMETHYSTÉE , plante annuelle de la famille amide a été découverte eu 1830 par M. Dumas, en
des Labiées , ainsi nommée de la ressemblance de distillant de l’oxalate d’ammoniaque. Le résidu ob-
sa couleur avec celle de l’améthyste , est haute de tenu était représenté par C’0*,N*H% composé qui
30 centimètres. Elle est originaire de la Sibérie ; on ne diffère de l’oxalate employé que par l’absence
la cultive dans nos jardins. Sa tige porte des feuilles de deux atomes d’eau.
opposées et d’un vert tendre. Ses fleurs, petites, do AMIDINE , substance opaque ou demi-transpa-
couleur bleu-violet, sont disposées trois par trois, rente, de couleur blanche ou jaunâtre, très-friable,
et répandent une odeur suave. inodore , insipide , soluble dans l’eau bouillante
AMEUBLISSEMENT (de meuble). Lorsque les insoluble dans l’alcool , que l’on obtient en aban-
époux font entrer en communauté tout ou partie donnant à lui-même l’empois d’amidon, à la tem-
de leurs immeubles présents ou futurs, les assimi- pérature ordinaire, avec ou sans le contact de l’air.
lant par fiction à des meubles , cette clause s’ap- AMIDON (par corruption du grec amylon, dérivé
pelle, en Droit, ameublissement {Voy. sur ce sujet lui- même d’a privatif, et mylé, meule, c’est-à-
les art. 1505 et suiv. du Gode civil). dire farine faite sans le secours delà meule), poudre
En Agriculture, on appelle ameublissement le blanche et sans saveur, formée de granules sphé-
travail qui consiste à t’endre une terre plus meuble, roïdes , ovoïdes ou plus ou moins allongés , qu’on
plus légère on y réussit par de fréquents binages,
: extrait de diverses plantes, tellesque les céréales et au-
qui, en même temps qu’ils enlèvent les herbes nui- tres graminées, les semences des légumineuses (fèves,
sibles facilitent l’action des rosées et des eaux
,
haricots , pois , lentilles) , les racines ou tubercules
pluviales. charnus de la pomme de terre, du topinambour,
AMIANTE (du grec amiantos, incorruptible), du manioc , les tiges des palmiers, plusieurs espèces
substance minérale, tantôt verte ou grisâtre, tantôt de lichens, les racines d’aunée, de dahlia, les bulbes
blanche , qu’on rencontre en masses fibreuses ou du lis, les fruits du chêne, du marronnier d’Inde,
feutrées, souples et soyeuses, se trouve particuliè- du châtaignier, etc. On donne particulièrement le
rement dans les fissures des dépôts de serpentine. nom d’amidon à l’amidon des céréales ; on appelle
L’amiante semble s’enflammer au feu , mais ne su- fécule l’amidon extrait de la pomme de terre.
b.t point de détérioration ; celte propriété et sa — Le plus ancien procédé pour extraire l’amidon
structure filamenteuse lui ont fait donner par Haiiy consiste à altérer profondément les farines par une
le nom iVasbesIe flexible, par opposition à l’as- longue fermentation; le gluten devient ainsi solu-
beste proprement dite , dont les fibres sont plus ble , et l’un peut alors en séparer facilement l’ami-
roides : on la désigne aussi sous les noms de papier don. D’après un procédé préférable dû à M. E. Martin,
fossile, liège fossile, cuir fossile, bois et carton de de Vervins, on fait une pâte de la matière d’où
4.
,,,
, ,, , , , , , ,

AMIR -- 52 — AMMO
l’ou veut extraire l’amidon ,
soumet cette
et l’on veu , le duc d’Angouiâme. Après 1830, le titre pu-
pâte à un lavage continu sur un tamis en toile mé- rement honorifique de grand amiral disparut; mais
lallique : on obtient, d’une part, dans le liquide, Louis-Philippe créa trois titres d’amiraux ; une loi
l’amidon en suspension et la matière sucrée dis- du 17 juin 1841 maintint ce nombre pour les temps
soute; de l'autre, sur le tamis, le gluten sans al- de guerre, mais le réduisit à deux en temps de
tération. L’extraction de la fécule de la pomme de paix. Les amiraux furent assimilés aux maréchaux
terre se fait par le même procédé, après que les de France , et ne purent être pris que parmi les
tubercules ont été réduits en pulpe très-fine. On hauts officiers de la marine. Ils ont sous leurs or-
trouve dans le commerce plusieurs espèces de fécules dres des vice-amiraux et des contre-amiraux, qui,
connues sous lesnoms dearrow-root, tapioka, sagou, dans l’usage, sont tous salués du titre d’awtrat
qui ne sont que diverses formesde l’amidon. Àl'étatde [Voy. ces mots). — Le vaisseau monté par un ami-
pureté, l’amidon, quelle qu’en soit l’origine, est ral est dit vaisseau amiral. En outre, il y a dans
partout identique, et ne constitue qu’une seule es- chaque grand port un vaisseau dit Vamiral sur
pèce chimique. — L’amidon renferme du carbone lequel flotte le pavillon du préfet maritime ; il sert
de l’hydrogène et de l’oxygène dans les rapports de corps de garde principal , et est affecté à la po-
il est insoluble dans l’eau froide; l’eau lice du port ; on y passe les revues.
chaude le convertit en une matière collante et mu- En Conchyliologie, on nomme amiral une co-
cilagineuse, appelée vulgairement empois. quille univalve du genre Cône, qui se trouve sur
L’amidon se colore en bleu par une solution les côtes de la mer des Indes, le Conus ammiralit
d’iode. La sensibilité de l’amidon comme réactif de Linné. Ce coquillage est très-beau et très -re-
de l’iode est telle qu’on peut reconnaître dans un cherché.
liquide, au moyen d’une solution aqueuse d’amidon, AMIRAUTÉ. C’était autrefois une cour conten-
jusqu’à 1/550,000 d’iode libre. Sous l’influence des tieuse ayant une juridiction spéciale , distincte des
acides faibles, aidés de la chaleur, l’amidon se con- tribunaux judiciaires. On y rendait la justice sur
vertit d’abord en une matière gommeuse, diterfeaj- les faits et les contestations de la marine et du com-
trine, puis en une matière sucrée appelée glucose ou merce, sous le nom et l’autorité de l’amiral. L’ami-
sucre de fécule. La même transformation s’effectue rauté avait dans tous les ports du royaume des sièges
parl’actioude \a.diastase{Voy. ceniot) coiitenuedans et des bureaux. Le chef des officiers de chaque sié^ge
l’orge germée. Ces transformations donnent à l’ami- prenait le nom de lieutenant de l’amirauté. —
don une grande importance dans plusieurs arts in- Napoléon avait créé en 1810 un Conseil de marine;
dustriels , entre autres dans la fabrication de l’eau- supprimé en 1814, ce conseil fut rétabli en 1824
de-vie dite eau-de-vie de pommes de terre. sous le nom de Conseil d’amirauté, pour régler
La fécule offre un aliment abondant, assez nour- tout ce qui concerne la marine. D fut réorganisé
I issant et facile à composer :sa fadeur naturelle en par mie ordonnance du 26 août 1830, qui fixa le
fait l’excipient approprié d’une foule de matièies nombre de ses membres à sept ; un amiral, vice-
d’assaisonnement. Dans les fabriques d’indiennes président , deux vice-amiraux, deux contre-amiraux
l’amidon de blé est employé pour épaissir les mor- (un de ces derniers est directeur du personnel de la
dants, auxquels il donne plus de consistance que la marine) , un officier supérieur du génie maritime
gomme. L’apprêt qu’on donne aux toiles de lin , de directeur des ports, un commissaire général, direc-
chanvre et de coton, pour leur communiquer du teur des fonds et des soldes de retraite ; il est pré-
lustre et une certaine fermeté, est souvent fait avec sidé par le ministre de la marine. Ce conseil a été
de l’empois de fécule. Autrefois on consommait une reconstitué par décret du 16 janvier 1850. — En
énorme quantité d’amidon pour poudrer les che- Angleterre, l’Amirauté, composée de plusieurs
veux. Les confiseurs en font un usage journalier commissaires appelés lords de F Amirauté a la
pour la composition des dragées. En Médecine , on direction suprême de tout ce qui concerne la ma-
emploie l’amidon comme adoucissant; on le donne rine, et possède les attributions judiciaires de l’an-
en lavement dans les diarrhées. cienne amirauté de France.
AMIE [d’amis, nom de la Pélamide chez les Grecs), AMMI ( mot tiré du nom grec d’une plante incer-
genre de poissons de la famille des Scombéro'ides taine) , plante herbacée de lafamille des Ombellifères,
a pour type le Scombre pelamys ou Pelamys sarde originaire du Levant. 11 y en a plusieurs espèces ; on
des ichthyologistes modernes. Aujourd’hui ce pois- distingue VA. majus dont les semences aromati-
son se trouve surtout en Amérique, dans les ri- ques, très-chaudes, sont analogues au cumin; VA.
vières de la Caroline. visnaga dit herbe aux cure-dents parce que les
AMILACË, nom donné aux corps ou substances rayons de ses ombelles servent aux 'Turcs à faire des
qui ont par leurs propriétés générales du rapport brosses à dents qu’on expédie pour Marseille.
avec l’amidon. On a nommé fécule amilacée toute AMMINÉES, tribu des Ombellifères, section des
poudre végétale blanche qui ressemble à l’amidon. Orthospermées , renfermant les genres Ammi. Ci-
AMIRAJL ( de l’arabe émir al ma, chef de l’eau cuta, Zizia, Apium, Petroselinum Ægopodium,
.

commandant de mer), général en chef de la flotte. Carum, Pimpinella, Sium,Sison, Buplevrum, etc.
Ce titre, emprunté à la marine arabe , parait avoir AMMOCOETE ( du grec ammos sable , et koité,
d’abord été adopté par les Siciliens et les Génois. gîte) , genre de poissons établi par Duméril , de la
Saint Louis est le premier qui ait introduit cette famille des Cyclostomes, assez ressemblant aux an-
dignité en France ; il fit de l’amiral une des grandes guilles et aux lamproies. L’A. lamproyon, lam-
dignités de la couronne, et lui confia l’administra- prillon est long d’environ 20 centim. et gros
tion de la marine ; il investit de cette charge , en comme un fort tuyau de plume. Son dos est ver-
1270, Florent de Varennes. Charles lY créa, en dâtre et le dessous de son corps blanc. U s’enfonce
1322, un grand amiral, avec de nouvelles préro- dans le sable , et vit de petits poissons. L’A,
gatives. RicheÜeu , redoutant l’influence que cette rouge est d’un rouge de sang plus foncé sur le
,

haute dignité pouvait donner à celui qui eu était dos que sous le ventre. On trouve ces poissons à
revêtu , la supprima en 1627. Louis XIV la rétablit l’embouchure de la Seine. A Rouen, on mange la
en 1669, mais en diminuant les prérogatives de ce première espèce, et toutes deux servent d’appât
grand ofllcier de la couronne. Supprimé de nouveau pour la pêche.
en 1791 par l’Assemblée nationale, le titre de grand AMMODYTE (c’est-à-dire, en grec, qui habite
amiral fut nominalement rétabli en 1806 par Na- dans le sable). Voy. éqüille.
poléon, qui le conféra à son beau-frère Murat ; il fut AMMON (corne d’), nom vulgaire de l’Ammonite
maintenu par Louis XYlll, qui le donna à son ne- [Voy. ce nom). — En Anatomie, on appelle Cornes
, , , ,,

AMMO — 53 — AMNI
dTAmmon deux sailliesmédullaires recourbées en les fosses d’aisances, dans les cimetières, dans les
forme de corne, et allant,dans le cerveau, du corps charniers remplis d’immondices. Elle fournit à la
calleux à la partie inférieure des ventricules latéraux. végétation l’azote nécessaire à la formation d’i*n
AMMONÉES. Voy. ammonidées. grand nombre de composés.
(sel), ainsi nommé à Ammonium Les alchimistes ne connaissaient l’ammoniaque
'
AMMONIAC
oasis de l’ancienne Libye d’où on tirait ce sel, qu’en dissolution dans l’eau; Priestley le premier
dit aussi Chlorhydrate ou Hydrochlorate d’am- l’a isolée à l’état de gaz. Les anciens Egyptiens

moniaque, Chlorure d’ammonium ; sel composé ainsi que les Arabes , savaient préparer le sel am-
d’acide chlorhydrique et d’ammoniaque ( HCl
NH’). Il estblanc, fibreux, se cassant avec diffi-
+ moniac, d’où l’ammoniaque s’extrait encore aujour-
d’hui. Voy. AMMONIAC (sel).
culté, fort soluble dans l’eau, d’une saveur fraîche, AMMONIDEES ou ammonées (du grec ammos, sa-
un peu piquante. On l’emploie, dans les arts, pour ble), famillede Coquilles qui se reconnaissent à leurs
l’étamage et la soudure, et dans les laboratoires cloisons sinueuses, découpées dans leur contour, se
pour la préparation de l’ammoniaque. —
On trouve réunissant entre elles contre la paroi intérieure de
le sel ammoniac dans les urines humaines et dans la coquille, et s’y articulant par des sutures décou-
la Dente des animaux qui mangent des herbes sa- pées. distingue Y Ammonite et la Baculite.
On y
lées, particulièrement dans celle des chameaux. ammonite, genre de la famille des Ammoni-
Les volcans , les houillères embrasées en fournissent dées , renferme des coquilles en forme de dis-
également. — De temps immémorial, on sut en ques en spirale, découpées dans leur contour, à
Égypte extraire le sel ammoniac de la fiente des cha- tours contigus et apparents , percées dans leur in-
meaux; dans ce pays, où les excréments servent térieur par une sorte de tube. Ces coquilles, qui
de combustibles, la suie qu’ils fournissent est chauffée atteignent souvent une grande dimension, ne sont
dans de grands matras en verre, et le sel ammoniac encore connues qu’à l’état fossile ; elles forment quel-
se condense alors sur les parois et s’y moule en quefois des chaînes de montagnes entières. Leur
quelque sorte ; de là la forme particulière des pains intérieur est orné de belles couleurs. Quelques-unes
du commerce. En France, le sel ammoniac et les sont converties en agates.On nomme vulgairement
autres combinaisons ammoniacales se préparent en l’Ammonite Corwe d’Ammon.
grand dans les fabriques, à l’aide de toute espèce AMMONIUM, nom donné par les chimistes à une
de matières animales azotées qu’on soumet à l’action combinaison hypothétique d’azote et d’hydrogène,
du feu dans des cylindres en fonte ; on distille ainsi dans les rapports de NH'*, et qui jouerait le rôle
de la corne, du vieux cuir, des chiffons de laine, de métal dans les sels ammoniacauix. Le chlorhy-
et l’on combine le produit avec les acides nécessaires. drate d’ammoniaque, par exemple, s’obtient par la
AMMONIAQUE, dit aussi Alcali volatil, Azo- combinaison directe de l’acide chlorhydrique (HCl)
ture d' hydrogène , Amidure d’ hydrogène , Oxyde et de l’ammoniaque (NH^); la théorie de l’ammo-
d’ammonium' combinaison d’azote et d’hydrogène nium fait de ce produit un chlorure d’ammonium
(NH®, 1 volume d’azote et 3 volumes d’hydrogène et suppose que l’hydrogène se serait détaché du
condensés à 2 volumes) , gaz incolore, d’une densité chlore de l’acide chlorhydrique pour se porter sur
de 0,596, d’une saveur âcre et caustique, d'une l’ammoniaque et produire ainsi le métal composé
odeur urineuse et pénétrante ; éteint les corps en ammonium, lequel se serait ensuite combiné avec
combustion, se liquéfie par un froid de —40", et se le chlore. Cette hypothèse, due à Ampère, fait
solidifie par l’action simultanée d’un grand froid et rentrer les combinaisons de l’ammoniaque dans la
d’une pression de plusieurs atmosphères. — L’eau théorie générale des sels , et explique pourquoi les
dissout jusqu’à 670 fois son volume de gaz ammo- sels ammoniacaux ont toujours la même forme que
niaque ; la solution , dite ammoniaque liquide, est les sels de potasse correspondants.
fréquemment employée dans les laboratoires de chi- AMMONIURES, composés résultant de la combi-
mie pour i'extraction et la décomposition d’une naison de l’ammoniaque avec les oxydes de certains
foule de sunstances; elle sert aux teinturiers pour métaux, comme l’or, l’argent, le mercure, le pla-
dissoudre ou pour nuancer certaines matières colo- tine. Ces composés, dont la préparation est fort
rantes,aux dégraisseurs pour nettoyer lesétoffes, etc. dangereuse, détonent avec violence par la percus-
Appliquée sur la peau , elle la rougit , et même si
,
sion, la chaleur ou le frottement. Un décigrammo
elle est concentrée, elle la brûle; aussi est-elle em- d’ammoniure de bi-oxyde d’or produit une explo-
ployée pour cautériser les morsures des serpents sion comparable à celle d’un pistolet.
venimeux et des chiens enragés, les piqûres des AMNÉSIE ( du grec a priv. , et mnésis mé-
guêpes et d’autres insectes. L’irritation produite par moire), perte de la mémoire, est considérée par
le gaz ammoniaque dans les membranes olfactives quelques auteurs comme une maladie particulière;
peut être utilisée pour rappeler à la vie des per- elle est le plus souvent le symptôme de quelque
sonnes asphyxiées ou tombées en syncope. —L’am-
moniaque sature les acides, et produit avec eux les
maladie cachée. Elle peut aussi être l’éffet de causes
apparentes, telles que blessures, épanchement do
sels ammoniacaux, dont les principaux sont le: sang ou de sérosité, inflammation. Elle offre toutes
chlorhydrate ou sel ammoniox, le carbonate le sortes de variétés, et peut être purement partielle;
nitrate, V acétate, le sulfate et \o phosphate. On on voit des personnes perdre la mémoire des dates,
reconnaît ces combinaisons en ce qu’elles dégagent des noms propres, même des noms communs, tout
de l’ammoniaque quand on les broie avec de la en conservant, du reste, l’intégrité de leurs facultés.
chaux. La dissolution d’ammoniaque ramène au AMNIOS (mot grec de même signification), mem-
bleu le tournesol rougi par les acides, verdit le sirop brane lisse, transparente, de nature séreuse, d’une
de violettes, et brunit le papier de curcuma. Lors- grande ténuité , qui sert d’enveloppe au fœtus dans
qu’on ajoute à un sel d’ammoniaque de la potasse le sein de la mère. Elle le recouvre directement et
ou de la chaux, l’ammoniaque est expulsée. Cette est couverte elle-même par une autre membrane
réaction s’utilise pour l’extraction de l’ammoniaque : nommée chorion. L’amnios exhale à l’intérieur un
on l’obtient, en effet, en chauffant ensemble parties fluide nommé les eaux de l’amnios, ou simple-
égales de chaux vive et de sel ammoniac. ment les eaux, au milieu duquel nage le fœtus
L’ammoniaque est la plus commune des combi- dans le sein de la mère. Ce fluide est limpide,
naisons azotées : elle se répand dans l’atmosphère jaunâtre ou blanchâtre et comme laiteux. Il sert à
par suite des décompositions qui s’accomplissent garantir le fœtus d’une compression douloureuse
sans cesse à la surface du globe dans les matières a modérer ou amortir les chocs extérieurs, et à
organiques ; elle .se développe en abondance dans préparer les voies à l’accouchement.
, ,

AMOK — 54 — AMPE
AMNISTIE (du grec anrnestia, oubli), pardon, Pour les fusils à silex , l’amorce est une portion de
r^ission d’une peine accordée à. celui qui s’est la charge de la cartouche que l’on verse dans le
rendu coupable d’un délit ou d’un crime. Comme bassinet. Pour les armes à percussion , c’est une
le droit de grâce, le droit d’amnistie appartient petite quantité de poudre fulminante , fixée dans le
ordinairement au souverain. En France, il était fond d’une capsule qui elle-même se place sur un
exercé par les rois, qui cependant y ont plusieurs petit cône percé, nommé la cheminée. Ces dernières
fois fait intervenir le pouvoir législatif. La Consti- amorces sont préférables, parce qu’elles permettent
tution de 1848 exigeait une loi spéciale. —
Presque de faire feu malgré le vent et la pluie, et augmen-
toujours après les révolutions on accorde des am- du départ.
tent la promptitude
nisties, parce que les lois ordinaires seraient inap- AMORPHA (du grec amorphes, difforme, à
plicables. Les plus célèbres amnisties sont : celle de cause de l’irrégularité, de la corolle), arbrisseau de
Tlirasybule, qui créa ce nom pour une loi qu’il fit la Caroline, de la famille des" Légumineuses, dont
rendi-e à Athènes, après l’expulsion des trentetyrans; les fleurs sont très-irrégulières, sa corolle man-
celle qui fut accordée par Charles IX en 1570 aux pro- quant d’ailes et de carène. Sa racine pelée guérit
testants, et qui n’en fut pas moins suivie de la Saint- les maux de dents. \JA. fruticosa se cultive dans
Barthélemy (1572); celle par laquelle Charles II, nos jardins. Ses feuilles, d’un vert noir, ses fleurs,
rétabli sur le trône d’Angleterre , accorda la grâce en long épi ponrpre et violet, sont d’un aspect
aux juges de son père; celle de 1802, qui rouvrit la agréable. On appelle cet arbrisseau Indigo bâtard,
France aux émigrés; celle par laquelle Louis XVIII quoiqu’il ressemble peu à l’indigotier, et qu’il n’ait
pardonna à ceux qui avaient pris part au retour pas sa vertu colorante. C’est un arbre d’agrément.
de Napoléon (1816), mais en faisant de nombreuses AMORPHE (du grec amorphos, sans forme), épi-
exceptions. Louis-Philippe en accorda une à tous thète donnée aux minéraux dont la cristallisation est
les condamnés politiques en 1837 à l’occasion du confuse, et, en général, à toutes les substances, ou
mariage de son fils, le duc d’Orléans. parties, dont la forme est mal déterminée.
AMODIATION (du latin ad modium, au bois- AMORTISSEMENT {A’amortir, annuler). On
seau), bail à ferme d’une terre au moyen du par- nomme ainsi aujourd’hui l’extinction graduelle de
tage des produits dans une proportion stipulée en- la dette publique au moyen de fonds consacrés au
tre le propriétaire et le fermier (dit en ce cas colon rachat des rentes. La première idée de cette institu-
partiah'e). On dit amodier une terre pour l’aller- tion appartient aux États de Hollande , qui la fondè-
mer eu grain ou eu argent. Voy. sur ce genre de bail rent en 1655. Des institutions analogues furent adop-
le Cod. civ., art. 1763, 1827 et suiv. tées successivement par le pape Innocent VI ,
par
AMOME, Amomum (du grec amomon, nom d’une l’Angleterre, sur la proposition de Robert Walpole :

plante odoriférante de l’Inde), genre de la famille Pitt la réorganisa d’après les calculs du D' Price.
des Amomées, renferme des herbes aromatiques, En F rance, M. de Machault avait proposé dès 1743
originaires des pays chauds, à racines épaisses, à le projet d’une Caisse d’amortissement : ce projet
feuilles entières, lancéolées, engainantes, à fleurs ne fut mis à exécution qu’en 1764, mais sans suc-
en épi ou en petite grappe terminale; calice trilide, cès; réorganisée en 1784, cette institution fut aban-
corolle à 4 divisions, 1 étamine â filet plane, et tri- donnée dès 1788 ; rétablie en 1799, elle fonctionna
lobé au sommet. On emploie les graines de ces avec succès sous l’Empire ; elle a été reconstituée par
plantes comme épices et coir.me assaisonnements, les lois de finances de 1816 et 1817 et dotée d’un
dans les ragoûts indiens; quelques espèces servent revenu annuel. La révolution de 1848 est venue
â des usages médicinaux. Chez les anciens, ce genre suspendre son action. Les financiers ne sont pas d’ac-
de plantes jouissait d’une grande réputation. Les cord sur l’eflicacité des caisses d’amortissement, du
espèces les plus connues sont le Cardamome et la moins telles qu’ellessontaujourd’hui constituées : elles
Graine de paradis. ont été supprimées de fait en Angleterre depuis 1827.
AMOMÉES (A’ Amomum, type de la famille), fa- On nommait autrefois en France amortissement
mille de plantes herbacées, monocotylédones, créée une permission que le roi accordait, moyennant finan-
par Richard et répondant aux Balisiers de Jussieu, ces ,
aux gens de main-morte églises et commu-
aux Drymyrrhizées deVentenat et àux Scitamine'es nautés religieuses, de posséder des fiefs et héritages à
de Brown. Racines tubéreuses, épaisses et aromati- perpétuité, contrairement aux anciennes constitu-
ques; feuilles simples, entières, engainantes; fleurs tions de la France. Louis IX régla que, pour obtenir
grandes , en épi uu en grappe ; capsules à trois cette autorisation, l’intéressé payerait au roi un droit
valves (s’ouvrant de trois côtés). Les genres de cette arbitrairement taxé par lui et aux seigneurs une in-
famille sont, outre l’Amomum, qui en est le type, demnité. Les patentes par lesquelles on donnait ces
le Balisier, le Gingembre, le Curcuma, etc. On faveurs furent appelées lettres d’amortissement.
divise aujourd’hui cette famille en deux tribus, les AMOURETTE, nom vulgaire de plusieurs plantes
Zingibe'racées et les Cannées. des champs qui se font remarquer par un port
AMONT (du latin ad montem, du côté de la gracieux. Il s’applique spécialement à une plante
montagne, d’en haut), terme dont les bateliers se vivace de la famille des Graminées, du genre Brize,
servent pour signifier le côté d’où descend un fleuve, qui habite les prés secs et les montagnes dénudées
une rivière; il est l’opposé A’aval, et c’est dans ce de bois. Elle fournit un fourrage court, mais de
sens qu’on dit le pays d’amont, le vent d’amont;
: bonne qualité, aimé des chevaux, des vaches et
on dit encore : en amont de la ville, en amont surtout des moutons. Ses épis sont courts et ovales.
du pont, pour désigner un endroit de la rivière — On appelle A. des prés la Lychnide fleur de
qui est au-dessus de la ville, du pont. Aller en coucou, A. moussue la Saxifrage hypndide, et
amont, c’est aller en remontant le cours de l’eau. petite A. le Paturin airagroste. —
Le Bois d’amou-
— Dans la Marine , on appelle Vent d’amont le rette est celui d’une espèce d’acacia mimosa.
vent compris depuis le N.-E. jusqu’au S.-E. , en AMPÉLIDÉES grec ampélos, vigne), famille
(flu
passant par l’E. de plantes dicotylédones polypétales hypogynes ,
AMORCE, petite quantité de poudre placée à qui renferme plusieurs genres dont le plus impor-
l’extérieurdes armes détonantes, et dont l’in- tant est la Vigne. Ces plantes, successivement nom-
flammation communique le feu à la charge â tra- mées par les botanistes rén/'/’ères, Vitacées, Sarmen-
vers une ouverture pratiquée à cet effet, et qu’on tacées, ont enfin reçu de Kunth le nom A’Ampéli-
nomme lumière. Pour les pièces d’artillerie, l’a- Leurs fleurs sont petites, verdâtres, formées d’un
morce est généralement renfermée dans une paille calice à 4 ou 5 divisions très-petites, d’une corolle
ou un roseau mince et prend le nom A’étoupille. à 4 ou 5 pétales alternant avec les dents du calice.
, , ,, , , ,

AMPH — 55 — AMPH
d’autant d’étamines opposées aux pétales , et d’un amphigouri une petite parodie en style amphigou-
OTaire libre qui devient une baie lors de sa maturité. rique dans laquelle on reproduit les rimes de la
AMPÉLITE (du grec ampélos vigne), schiste pièce que l’on veut tourner en ridicule. Scarron,
argileux noir, qu’on mettait anciennement au pied Collé, ont fait des amphigouris. Tout le monde con-
des vignes, soit pour détruire les insectes nuisi- naît celui qui commence par ce vers :
bles, soit pour servir d’engrais; c’est un mélange Un jour qu’il faisait huit , je dormais éveillé etc.
,

d’anthracite et de matières phylladiennes schis-


teuses, fortement chargé de pyrite blanche. On AMPHlMACRÉ(d’a??îp/iî, autour; macros, long),
distingue ÏA. alunifère, employée à la fabrication pied de vers grec ou latin , composé d’une brève
de l’alun, et VA. graphique, nommée vulgaire- entre deux longues, comme càsiîtàs; on l’oppose à
ment pierre d’Itaiie et craijon des charpentiers VAmphibraque (formé de brachys, bref), qui se
parce qu’elle leur sert à faire des crayons noirs. compose d’une longue entre deux brèves, ainàré.
AMPÉLOGRAPHIE (du ampélos vigne, et AMPHINOME, genre d’Annélides. Fou. aknélides.
graphe, décrire), traité de la vigne {Voy. vigne). AMPHIPODES {éV amphi, des deux côtés, et pous,
Cette intéressante partie de la science a été surtout podos pied), nom donné par Latreille à de petits
avancée par les travaux de M. C. Odart, qui a Crustacés aquatiques et terrestres qui forment son
donné sous ce titre un ouvrage qui fait autorité. 14' ordre. Ils constituent le 3' ordre de la sectioii
AMPHIBIE (du grec amphibies, à double vie), des Malacostracésde Cuvier. La tête de ces animaux
nom donné aux animaux qui ont la propriété de est distincte du thorax et porte quatre antennes. Le
vivre sur la terre et sous l’eau ; ces animaux ont à corps est muni de huit paires de pieds, et se ter-
la fois des poumons pour respirer l’air atmosphé- mine par une espèce de queue. Ces animaux ont
rique et des branchies pour respirer l’air contenu généralement, à la base extérieure des pieds et à par-
dans l’eau : tels sont les sirènes, les protées, les tir de la deuxième paire, des bourses vésiculaires
ménobranches, les axolotls. Les phoques, les morses, dont on ignore l’usage. Les Amphipodes forment
les crocodiles, les castors, improprement appelés trois familles, les Crevettines, les Podocérides et
amphibies puisqu’ils n’ont pas de branchies, ne les Hypérines.
peuvent rester dans l’eau qu’un temps très-court AMPHISBÉNE [à' amphi, des deux côtés, et
et sont forcés de venir de temps en temps à la sur- baino marcher), nom donné par les Grecs à un
,

face pour respirer. Les larves de plusieurs reptiles, serpent auquel ils attribuaient la faculté de mar-
comme le têtard de la grenouille, sont amphibies cher en arrière comme en avant. Ce nom est au-
dans les premiers temps de leur existence. jourd’hui appliqué par les naturalistes à des rep-
AMPHIBOLE (^du grec amphibolos ambigu, à tiles de la famille des Ophidiens apodes de Cuvier,
cause de son analogie avec d’autres minéraux), le que l’on ne trouve guère qu’en Amérique et dans
Schorl noir des anciens minéralogistes, genre mi- quelques parties de l’Afrique, qui ont un volume
néralogiq.ue comprenant des substances blanches, égal dans toute l’étendue du corps, et dont la queue
vertes ou noires, fort analogues aux pyroxènes, est aussi grosse que la tête, ce qui la fait confondre
clivables aussi en prismes rhomboidaux, mais où avec elle , et ce qui explique l’erreur des anciens.
les faces sont inclinées de 124<> à 127°. La densité Leur tête est recouverte de grandes plaques; leur
des amphiboles varie de 2,9 à 3,2. Ils renferment de corps est revêtu d’écailles égales , uniformes , car-
la silice combinée avec de la magnésie et de la chaux rées et lisses. Ces animaux n’ont qu’un poumon et
ou du protoxyde de fer. On distingue 1’^. blanche, ne sont pas venimeux. Ils sont ovipares et se nour-
appelée aussi Trémolite ou Grammatite dont l’a- rissent rl’insectes et de fourmis. La taille des am-
miante est une variété; VA. verte ou Actinote, dite phisbenes varie de 2 à 60 centimètres. Leur couleur
aussi Amphibolite VA. noire ou Hornblende VA.
•, est blanche rosée, bleue jaunâtre, blanche avec
;
aciculuire ou Strahlsiein des Allemands; VA. gra- des bandes noirâtres ou brunâtres, ou enlin brune.
nuliforme ou Pargasite, à laquelle les minéralo- AMPHISCIEISS {A’ amphi, des deux côtés, et skia,
gistes ailemands ont donné le nom de tigererz ombre), nom qu’on donne aux peuples qui demeu-
mine tigrée; VA. compacte ou cornéenne. Les rent entre les deux tropiques, et qui, par cette
amphiboles appartiennent à peu près à tous les raison, jettent une ombre méridienne en un temps
dépôts de cristallisation, où elles forment des cou- de l’année vers le midi, et en l’autre, vers le nord.
ches plus ou moins considérables en compagnie AMPHITHEATRE (du grec amphi, autour, et
du mica, du feldspath, des grenats, etc. Mêlées avec théatron, théâtre), vaste édifice destiné chez les
l'orlhose ou l’albite, elles constituent les siénites Romains à donner au peuple des spectacles, des
et les diorites. Elles sont surtout communes dans combats d’animaux, de gladiateurs, des représen-
les terrains trachytiques
,
notamment au Saint- tations dramatiques, des exercices nautiques. L’am-
Cothard, dans le Tyrol, la Saxe, la Bohême, etc. phithéâtre était de forme ronde ou ovale. Dans le
— On en fait des boutons d’habits, des manches milieu était une place ovale nommée arène à cause
de couteaux et des verres noirs ou verts. du sable fin (en latin arena) qui la recouvrait,
AMPHIBBAQUE, pied de vers grec. V. amphimacre. et où avaient lieu les spectacles. L’arène était en-
AMPHlGÈNE (du grec amphi, doublement, et tourée d’un large mur, haut de 4 à b mètres :
génos, naissance, parce qu’on peut en diviser les sur ce mur était placé un premier rang de sièges
cristaux dans deux sens diüérents), dit aussi Leucite, A
nommé podium. partir du podium, des rangs
Leucolite, Grenat du Vésuve, minéral cristallisé en de sièges , placés les uns au-dessus des autres , s’é-
trapézoèdre translucide, généralement incolore ou levaient en gradins jusqu’au sommet de l’édifice.
d'un blanc de lait, appartient aux terrains volcani- Ces sièges étaient divisés en trois étages, entre
ques et se trouve dans les laves de la Somma, de lesquels il y avait des allées circulaires, prœcinc-
Frascati, d’Albano, près de Rome, etc., ainsi que tiones. De distance en distance étaient pratiqués
dans les roches basaltiques des bords du Rhin. C’est des escaliers pour monter d’un étage à l’autre, scc-
un silicate d’alumine et de potasse. laria. Sous le premier rang de sièges, autour de
AMPHIGOURI (du grec amphi, autour, et gyros, l’arène, étaient des voûtes peu élevées, dans les-
cercle ), discours buriesque fait à dessein dont les quelles on renfermait les gladiateurs , ou les bêtes
,
mots n’ont entre eux aucune liaison et ne présen- féroces qu’ils devaient combattre, ou l’eau qui devait
tent aucun sens raisonnable. Les deux plaidoyers changer l’arène en un bassin pour les naumachies.
et La sentence qui se trouvent dans Je Pantagruel Ces voûtes, caveœ étaient fermées par des grilles
de Rabelais (liv. 11, c. 11-13) offrent un exemple de fer (ferreis clathrîs); et au-dessous d’elles,
curieux d’amphigouri. — En Roésie, on nomme entre le mur et l’arène, était un canal plein d’càu,
, , , ;

AMPL — 56 — AMPU
nommé euripus, pour empêcher les bêtes féroces astre quand il se trouve à l’horizon. Elle est occase
de s’élancer sur les spectateurs. Le peuple entrait et ou occidentale quand on la compte du point de
sortait par de vastes portes nommées vomiforia. l’occident , pour un astre qui se couche ; ortive ou
L’amphithéâtre étaitdécouvert. Quand il pleuvait ou orientale, quand on la compte du point de l’orient,
que la chaleur était trop forte, on étendait des toiles pour un astre qui se lève. •
au-dessus. —Les hommes de chaque condition AMPOULE (du latin ampuUa, fiole à ventre
avaient un quartier particulier {cuneus). Des maî- bombé), nom donné, 1» en Chimie et en Pharma-
tres de cérémonies, designatores assignaient à cie , à de petites fioles de verre , et en général à
chacun sa place. L’empereur, les sénateurs et les tous les vaisseaux qui ont un col assez long et un
ambassadeurs étrangers se plaçaient sur le podium. gros ventre; 2° en Médecine, à une tumeur nom-
Le siège de l’empereur (suggestum) était élevé mée aussi cloche et phlyctène, et formée par du
comme une chaire et surmonté d’un dais. La place pus ou de la sérosité, accumulé entre le derme et
de celui qui donnait les jeux et celle des vestales l’épiderme de la peau, à la suite de brûlures, de
étaient décorées d’un pavillon semblable. Derrière pression forte, de frottements rudes ou répétés;
les sénateurs étaient les chevaliers sur quatorze 3» en Botanique, à des filaments transparents,
rangs. Derrière ceux-ci enfin, le peuple s’asseyait simples ou rameux, cylindriques, articulés, que
sur des degrés de pierre, popularia. — Les Ro- possèdent certaines plantes marines, et auxquels ces
mains empruntèrent les amphithéâtres aux Étrus- plantes doivent la propriété de surnager.
ques. Jules César paraît avoir fait construire le Ou appelait Sainte-Ampoule une fiole remplie
pi'emier à Rome, l’an 45 avant J.-C.; il était en d’huile bénite, qui servait à sacrer les rois de France.
bois. Auguste en fit construire un en pierre, l’an 26 Voy. le Dict. univ. d’Hist. et de Géogr.
avant J.-C. Le plus célèbre amphithéâtre est le Co- AMPULLAIRE [A'ampulla, ampoule) , Mollusque
lysée, construit à Rome sous Vespasien et achevé de l’ordre des Pulmonés de Cuvier, caractérisé par
sous Titus, l’an 80 de J.-C. D avait 540 m. environ une coquille globuleuse, ventrue, ayant une ou-
de circonférence et 80 arcades. 11 pouvait conte- verture large et presque ronde. Ces animaux ha-
nir cent vingt mille spectateurs. 11 en reste encore bitent la terre, les lacs, les fleuves et les rivières;
des ruines. — 11 existait aussi de nombreux amphi- ils sont carnivores, herbivores et frugivores. On

théâtres dans le reste de ritalie, en Espagne, en remarque l’A. idole, qui habite le Mississipi, fleuve
Gaulej on cite dans notre pays ceux de Saintes, d’Amérique : c’est une des plus grosses espèces con-
d’Autun, d’Arles, de Fréjus, de Nîmes; ce dernier les Indiens l’ont en vénération; VA. cordon
nues;
a été conservé presque intact. bleu, reconnaissable aux zones bleues qui teignent
On nomme amphithéâtre modernes :1° un son dernier tour.
demi-cercle élevé vis-à-vis de la scène dans les théâ- AMPUTATION (du latin amputare, couper). Les
tres, rempli de degrés placés les uns au-dessus des amputations se pratiquent ou dans la continuité
autres, d’où les spectateurs voient le spectacle plus des membres, ou dans leur contiguité cette der-
commodément; 2» un lieu où le professeur donne nom A'amputation dans
nière opéi'ation prend le
ses leçons et fait ses démonstrations; les plus remar- l’article. Dans Tun ou dans l’autre cas, il est né-
quables en ce genre sont, à Paris, ceux de l’École cessaire de conserver une quantité de parties molles
la Sorbonne, du Muséum d’histoire
de médecine, de suffisante pour recouvrir les os. On remplit cette
du Conservatoire des arts et métiers.
naturelle et condition par Tune des trois méthodes suivantes :

AMPHITRITE, nom donné par Cuvier à un genre la méthode circulaire, la méthode à lambeaux,
d’Annélides, de la famille des Tubicoles. Ces ani- et la méthode ovalaire ou oblique.
maux, semblables à des vers, ont à la partie anté- 1«. Wamputation circulaire, qui longtemps fut
rieure de la tète des espèces de pailles ou filets de la seule pratiquée , consiste à couper les chairs d’un
couleur dorée, rangés en peigne ou en couronne, seul trait, perpendiculairement à Tos; mais ce mode
ce qui sans doute leur a fait donner le nom de la de division des parties molles avait l’inconvénient
reine des mers; autour de la bouche sont de très- de produire la dénudation de Tos et la conicité du
nombreux filets. Us habitent des tuyaux légers qu’ils moignon ,
par la rétraction plus ou moins grande
se composent eux-mêmes, et qu’ils transportent avec dos chairs et des téguments : aussi J.-L. Petit,
eux. On distingue VA. dorée (A. auricoma), dont Cheselden, Louis, Valentin, Alençon, B. Bell, etc.,
le tube est formé de grains ronds de diverses couleurs. ont-ils imaginé divers procédés pour ne couper les
AMPHITRITE, astéroidc. Voy. plakète. parties molles qu’en deux ou trois temps, eu égard
AMPHORÉ (en grec amphoreus , A’amphi, des au degré de contractilité des tissus incisés , et de
deux côtés, et phérô, porter), vase à deux anses manière que la plaie représente un cône creux,
dans lequel on conservait le vin. A Rome , on mar- au fond duquel se trouve l’extrémité de Tos.
quait sur chaque amphore l’année du consulat sous 2“. Wamputation à lambeaux a été pratiquée d’a-

lequel le vin avait été recueilli. C’était aussi le nom bord par Lowdham, chirurgien d’Oxford, en 1679;
d’une mesure de liquides usitée en Grèce et à Rome. Verduin, d’Amsterdam, en 1696, et Sabourin , de
L’amphore grecque, plus connue sous le nom de Genève, eu 1702, en revendiquèrent l’invention.
métrhès, valait 38 lit., 83 de nos mesures. L’am- Us ne conservaient qu’un seul lambeau. Malgré les
phore romaine, nommée aussi quadrantal avait modifications avantageuses apportées à cette mé-
un pied romain en tous sens. On en conservait au thode par Garengeot, Lafaye, O’Halloran, chirur-
Capitole un type ou modèle qui prenait le titre A'am- gien irlandais, etc. , on Ta presque généralement
phora capitoiina. Élle contenait 2 urnes, ou 8 conges abandonnée. Ravaton et Vermalle proposèrent cha-
ou 48 setiers, et valait de nos mesures 25 lit., 89. cun, en 1739, un nouveau procédé par lequel ils
AMPLEXICAULÉ (du latin amplecti, embrasser, conservaient deux lambeaux. Pour pratiquer cette
ttcaulis, tige), nom donné en Botanique aux feuilles amputation , on plonge l’instrument tranchant à
qui s’élargissent à leur base et embrassent leur tige, travers les chairs, près du point où Ton veut scier
comme les feuilles de l’aloès, des agaves. l’os , là où doit être la base des lambeaux ; et , le
AMPLITUDE, ligne horizontale comprise entre membre étant traversé de part en part, on taille
le point d’où l’on suppose que commence un arc de haut en bas, sans retirer l’instrument, un lam-
ou une portion de parabole et le point où cet arc beau conique à son extrémité; on fait ensuite un
so termine. Dans le jet des bombes, on nomme semblable lambeau de l’autre côté de Tos.
amplitude de jet l’arc de la courbe que décrit le 3®. Les amputations obliques, appelées par Scou-
projectile. —
En Astronomie, on nomme amplitude tetten amputations ovalaires, à raison de la forme de
l’arc de l'horizon compris entre l’équateur et cet leur surface, sont en quelque sorte une transition des
, , , , , ,,

AMYG 57 — ANAB
amputations circulaires aux amputations à lambeaux; amandes amères et dans les feuilles du laurier-
elles ont pour caractère essentiel la section des par- cerise , du prunier, etc. H a la propriété de se dé-
ties molles sur un plan oblique ou en bec de flûte. composer en présence de Teau de l’albumine des
et
De quelque manière que les parties molles aient amandes amères en huile essentielleet en acide prus-
ètè divisées, il reste ensuite à scier l’os; puis, à sique. On en doit la découverte à MM. Robiquet et
lier les artères. Le pansement différé suivant que Rüutron-Charlard (1830). MM. Liebig etWiehler en
l'on a en vue l’adhésion primitive ou secondaire ont proposé l’emploi en médecine en place de Teau
des bords de la plaie. distillée d’amandes amères et de laurier-cerise.
Depuis peu d’années , la chirurgie a trouvé pour AMYGDALITE, dite aussi Angine tonsillaire
les amputations un secours puissant dans les anes- Esquinancie inflammation des amygdales. Celte
thésiques qui annulent la douleur. Voy. chloro- maladie est le plus souvent produite par un refroi-
FOKME et ÉTHÉRISATION. dissement subit. Ses principaux symptômes sont le :

On nomme Appareil à amputation un appareil gonflement des amygdales, leur rougeur, la diffi-
qui contient tout ce qui est nécessaire soit pour culté d’avaler et de respirer, la sensation d’un corps
l’amputation, soit pour les ligatures et le panse- étranger, la parole confuse et gênée; en déprimant
ment : tourniquet, garrot, couteaux, bistouris, scies, base de la langue, on voit les amygdales tumé-
la
tenailles incisives, pinces à disséquer , tenaculuin, dépasser les piliers du voile du palais; le plus
fiées
aiguilles courbes, bandelettes, compresses, üls, ordinairement les symptômes augmentent d’inten-
épmnges, etc. sité pendant trois ou quatre jours, et diminuent
AMULETTE (que Ton dérive de l’arabe liamdil ensuite sous l’influence d’un traitement antiphlogis-
préservatif, ou du latin amoliri préserver), objet tique très-actif. On prescrit les boissons délayantes
consacré par la superstition et la crédulité, et que et mucilagineuses, les cataplcismes émollients au-
Ton porte sur soi afin d’écarter les démons, les tour du cou , et les vapeurs de même nature diri-
maladies , les accidents , etc. Les Chaldéens et les gées vers Tarrière-bouche. On applique des sang-
Égyptiens cominuniquerent aux Grecs et aux Ro- sues au cou , mais en ayant soin , dès qu’elles ont
mains la croyance aux amulettes. Les peuples sau- cessé de saigner, de faire prendre un pédiluve irri-
vages de l’Amérique, de TÜcéanie, de l’Afrique, tant, et d’insister sur les moyens dérivatifs les plus
les Musulmans et les Arabes sont ceux qui vénè- énergiques. Souvent la saignée générale est néces-
rent le plus toute sorte d’amulettes : ils portent saire. Gettu maladie peut durer de 4 à 14 jours. Le
continuellement sur eux des objets auxquels ils plus souvent la terminaison est heureuse.
donnent de grands pouvoirs. Ces objets sont, soit AMYGDALOIDE (d amygdalè, amande, et eidos
des pierres taillées d’une certaine manière, avee ressemblance). Ou appelle ainsi tout fragment de
certains caractères mystiques écrits dessus; soit des roche contenant dans son intérieur des espèces de
figures de divinités, des versets du Coran; ils va- noyaux plus ou moins arrondis, souvent de nature
rient d’après Tintention de chaque personne. — dill'érente de celle de la masse qui ies renferme.
L’usage des amulettes pénétra même dans le chris- Presque toutes les agates employées dans la bijou-
lianisme; il devint général au moyen âge, et les terie proviennent de noyaux de ce genre, que Ton
vestiges en subsistèrent longtemps; on sait que recueille principalement aux environs d’Oberstein
l'ascal lui-même portait une amulette. Les conciles (Oldenbourg).
ont condamné l’usage des amulettes, avec lesquelles AMYLACE. Voy. ahilacé.
il ne faut cejiendant pas confondre les reliques des
AMYRIDEES, tribu de la famille des Térébin-
saints, les agnus et autres objets bénits par les thacées est formée du seul genre Amyris, nom
,
prières de TEglise. latin du Dalsamier. Voy. balsamier.
AMURES {d'ad murum, attaché au mur), cor- ANA, nom que Ton donne à des recueils de pen-
dages qui servent à amurer les voiles , c’est-à-dire sées détachées, de bons mots, de traits d’histoire,
à les maintenir du côté d’où vient le vent. On d’anecdotes relatives aux hommes qui se sont fait
nomme amure de revers celle qui se trouve sous remarquer par leur esprit ou par leurs actions [ana
le vent. On üxe les amures dans un trou pratiqué
n’est que la terminaison du nominatif pluriel neutre
dans le côté du vaisseau . et que Ton nomme dogue d’adjectifs latins en anus, ajoutée à divers noms pro-
d'amure. Amurer tout (ms , c’est tirer les amures, pres). Tels sont les Menagiana, Bievriana, Bonapar-
et par suite les points des voiles où elles sont fixées

tiana, Voltairiana, etc., recueils des pensées, des ac-
le plus près des dogues d’amure.
tions ou des bons mots de Ménage , de M. de Bièvre,
AMYGDALÉES ou dropacées , groupe formé par de Bonaparte, de Voltaire. Le premier livre qui ait
L. de Jussieu dans la famille des Rosacées, consti- porté un titre de ce genre est le Scaligeriana, recueil
tuant aujourd’hui une tribu, et même, selon quel- d’observations sur divers écrits, recueillies dans les
ques botanistes, une famille, contient la plupart ouvrages de Scaliger, savant célèbre du xvi® siècle;
de nos arbres fruitiers à noyau monosperme (abri- il fut publié en 1666. Au commencement de ce siè-
cotier, prunier, pêcher, amandier, etc.) il tire son cle , un compilateur infatigable. Cousin d’Avallon,
;
nom du mot grec amygdale , amande. On remar- a publié un nombre prodigieux de recueils de ce
que dans les Amygdalées la présence du principe le genre. D’Artigny a donné un catalogue des Ana
plus vénéneux que Ton connaisse, Tacide cyanhydri- dans ses Nouveaux mémoires d’histoire.
que, qui se trouve dans les feuilles et les noyaux. En Médecine, ana est employé dans les ordon-
AMYGDALES (du grec amydalè , amande, à nances pour indiquer qu’il faut mêler ensemble une
cause de leur forme), nom de deux glandes mu- quantité égale de drogues, autant de Tune_que de
queuses, de forme ovoide, rugueuses à leur surface, l’autre. On écrit très-fréquemment â et aa; il est
au tissu mou et d’un gris rougeâtre, placées près de probable que le mot ana est résulté de la réunion
la racine de la langue. Elles servent à sécréter une des deux a joints au moyen de l’euphonique n.
liqueur muqueuse qui facilite la digestion et la dé- ANABAINE ( du grec anabaino monter, parce
glutition. On peut cependant, dans quelques cas, en que l’Anabaine monte à la surface des eaux) , végé-
pratiquer la résection sans inconvénient. On les tal de la tribu des Nostocinées, famille des Phycées,
lomme aussi tonsilles. Voy. amygdalite. avait d’abord été mis par les naturalistes au rang
AMYGDALINE (du grec amygdalè, amande), des Zoophytes. Les Anabaines sont des êtres qui
principe chimique composé de carbone, d’hydro- servent de transition entre les végétaux et les ani-
gene, d’azote et d’oxygène ( C*“H*’NO’*4-6off ), maux, et qui participent de ces deux grandes divisions
cristallisé en feuillets blancs et nacrés soluble naturelles. Us sont caractérisés, selon Bory de Saint-
,
dans Teau et l’alcool. On le rencontre dans les Vincent, par des filaments libres et simples, à double
, , ,

ANAG — 58 — ANAG
tube, dont l’extérieur est lisse et inarticulé, tandis les croyances des Indiens, l’amande aurait la pro-
que l’intérieur est composé d’articles ovoïdes, dispo- priété d’atténuer les humeurs, d’exalter les sens, et
sés comme les grainsd’un collier. Ces êtres sont de donner de l’esprit. Le suc de l’écorce, combiné
muqueux au tact. Us ont un mouvement progressif avec la chaux, sert, comme l’huile extraite de la
semblable à la manière dont rampent les lombrics noix d’acajou, à marquer le linge d’une manièrb
de terre. L’.4. fausse oscillaire, d’un vert noir, indélébile.
semblable à des brins de ficelle , forme un tissu très- ANACHORÈTE (mot grec dérivé û’anachoréd, se
serré sur les plantes qui habitent les eaux pures retirer, vivre à l’écart) ,
homme retiré du monde ,

Stagnantes. L'A. membranine a des filaments plus qui vit en solitaire dans un désert, pour ne s’occu-
fins que la précédente, d’un beau vert foncé, ram- per que de Dieu et n’avoir plus commerce avec
pant sur les plantes des fossés tranquilles. L'A. les hommes. Les anachorètes remontent aux pre-
thermale tapisse les bassins d’eau chaude. L’i4. im- miers siècles du christianisme. On en trouve même
palpable a ses filaments presque imperceptibles, et le berceau chez les Juifs : une de leurs sectes, les
teint d’une couleur verte la surface de la vase. Esséniens , s’adonnait depuis longtemps à la vie
L'A, lichéniforme croît vers la fin de l’automne sur contemplative. Ils se multiplièrent aux ii« et ni® siè-
la terre grasse des jardins ombragés, dans les allées cles par suite des persécutions ordonnées contre les
des potagers et les endroits nus des pelouses; elle Chrétiens. Un grand nombre d’entre eux se réfugiè-
y forme des taches luisantes d’un vert triste. On — rent dans les déserts de la Thébaïde. Plusieurs sont
a donné aussi le nom AiAnabaine à une plante eu- célèbres on connaît surtout Paul l’Ermite ou le
:

phorbiacée, grimpante, originaire du Brésil. Thébain, qui passe pour le premier anachorète (250),
ANABAS (du anabaino monter), genre de S. Antoine, S. Paeôme, S. Siméon Stylite, qui
poissons de la famille des Pharyngiens-Labyrinthi- s’imposaient d’incroyables privations {Voy. ermite).
formes , fondé sur une seule espèce de la mer des — Peu à peu les anachorètes se réunirent entre
Indes, qui grimpe, dit-on, sur les plantes aquatiques, eux, et formèrent des congrégations sous le nom de
et qui peut vivre assez longtemps hors de l’eau. Les cénobites. Ce fut là l’origine de l’état monastique.
jongleurs indiens s’en servent pour amuser le peu- ANACHRONISME (du grec ana, qui exprime in-
ple. L’Anabas a 15 centim. environ ; il est de cou- terversion, et chronos, temps), faute contre ta
leur verte, sombre, quelquefois rayé de bandes chronologie. Virgile commet sciemment un ana-
transversales : sa chair est fade et désagréable : ce- chronisme quand il fait vivre ensemble Ènée et Di-
pendant les Indiens la mangent, à cause des pro- don , quoique le premier soit de près de trois cents
priétés médicales qu’ils lui attribuent. ans antérieur à l’autre. C’est par un anachronisme
ANABLEPS {dlanablépô, lever les yeux, regarder consacré que l’on place la naissance de Jésus-Christ
en haut), genre de poissons créé par Artedi et placé l’an 4004 du monde; il a été reconnu que cette
par Cuvier dans les Cyprinoïdes. Us ont le tiers date, déterminée par Denys le Petit au vi® siècle,
postérieur du corps aplati sur les côtés la partie devait être reportée à trois ou quatre ans plus tôt.
;

antérieure, ainsi que la tête, très-déprimées; ils — Anachronisme se dit, par extension, de toute
sont couverts de larges écailles ; la bouche est une erreur qui attribue aux personnages d’une époque
fente transversale aussi large que le museau. L’Ana- les idées, les usages, les costumes d’une autre épo-
bleps est surtout remarquable par la singulière dis- que. Les peintres italiens ont commis beaucoup
position de son œil, dont plusieurs parties sont d’anachronismes dans le costume et les attributs ;
le
doubles : on y distingue deux cornées, deux iris théâtre présentait constamment un anachronisme du
et deux prunelles; ce qui lui donne la singulière même genre en habillant à la moderne les person-
faculté d’avoir deux champs de vision; c’est-à-dire nages antiques : Voltaire, aidé de Lekain, a fait
de regarder en môme temps au-dessus de sa tête et cesser ce choquant anachronisme.
autour de lui. Ce poisson est commun en Améri- ANACLASTIQUE (du grec anaclaô, briser, ré-
que, où on le nomme gros-œil, parce que son œil fracter), qui concerne la réfraction de la lumière.
est gros et saillant. 11 atteint 25 centim. de longueur. Ainsi on dit tables anaclastiques pour tables de
Sa chair est très-estimée. réfraction; point anaclastique celui où un rayon
ANACAMPTIQUE (du grec anacamptô, réfléchir), lumineux réfracté rencontre la surface qui le ré-
nom donné quelquefois à la partie de l’Optique qui tracte; courbes anaclastiques, courbes apparentes
traite de la réflexion de la lumière en général; il que forme le fond d’un vase plein d’eau pour un
est synonyme de Catoptrique. —
On emploie aussi œil placé dans l’air, ou le plafond d’une chambre
ce mot pour désigner la réflexion des sons. pour un œil placé dans un bassin plein d’eau au
ANACANTHE (du grec a privatif, et acantha, milieu de cette chambre, ou la voûte du ciel vue
épine), genre de poissons de la famille des Raies, par réfraction à travers l’atmosphère.
ainsi nommés parce qu’ils n’ont pas de nageoires ANACOLUTHE (en grec anacoluthos, incohérent,
dorsales ni d’aiguillons, a pour type l'A. orbicu- d’a privatif, et acolouthos, compagnon), eilipse
laire de la mer Rouge. par laquelle on retranche dans une phrase le cor-
ANACARDIACEES, tribu de la famille des Téré- rélatif ordinaire de l’un des mots exprimés. Ainsi
binthacées, renfermant, outre le genre type Ana- dans ce vers de Virgile {En., 11, 331) :
cardium (Anacardier), les genres Pistacia, Comocla- Müii^quot magDis nuDquam veoere Mycenis »
dia, Cyrtocarpa, Odina, Pegia, Solenocarpus
Schinus, Lilhræa, Rhus, Botryceras, Anaphre- le quoi exigerait un tôt, qui ne s’y trouve pas; dans
nium, Ozoroa, Melanorrhcea, Cluta, Mangifera, ce vers de Voltaire [Mérope, 1, 3) :
Semecarpus, Buchanania, Erythrostigma. Qui sert bien soo pa^s n*a pas besoin d^sTtax ,

ANACARDIER (en grec anacardion, dérivé lui-


même de cardia cœur), genre d’arbres de la fa-
,
on sous-entend celui devant qui,
mille des Térébinthacées, propre à l’Inde, à fleurs ANACRÈONTIQUE (genre) , genre de littérature
petites, disposées en grappes, à fruits en forme dont Anacréon a donné le modèle, consiste à chanter
de cœur, appuyés sur un réceptacle charnu un peu dans des vers légers et gracieux les plaisirs, les ris,
plus gros que le fruit , mais jamais aussi développé l’amour, le vin. Catulle et Horace, chez les Latins;
que dans la pomme d’acajou. Ce genre est si voisin Pétrarque, Guarini,en Ilalie; en France, Chaulieu,
de l’acajou (Cassuvium) que quelques botanistes ne La Fare, St-Aulaire, Voltaire, Parny, Dorât, Pezay,
l’cn distinguent pas. L’on mange l'amande de ce cultivèrent , bien qu’avec des succès fort divers, ce
fruit, nommée anacarde ou noix de marais. Il genre de poésie, qui trop souvent blesse la décence.
fournit un vernis très-recherché en Chine. D’après ANACïCLlQÜE (du grec anacyaléô, retourner en
, , ,,,

ANAG — 59 — ANAL
gens inverse), nom donné à certains vers qui offrent ANALCIME grec a privatif , et alcimos, fort;
(^du

un sens, soit qu’on les lise naturellement, soit sans force), suWtance minérale, ainsi nommée à
qu’on les lise à rebours. Les vers anacydiques joui- cause de son peu de vertu électrique , est composée
rent d’une grande vogue sous Charles IX et de silice, d’alumine, de soude et d’eau. Elle est
Louis Xll, où ils reçurent le nom de rétrogrades blanche, avec des nuances couleur de chair ; ses
lus à rebours ils offraient encore, outre le sens, la cristaux, qui affectent la forme trapézoïdale, offrent
mesure et la rime. —
Les anciens connaissaient ces des propriétés optiques fort curieuses. On la trouve
sortes de vers; les nommaient sotadiques, de
ils au mont Etna, dans les lies Hébrides, en Ecosse, etc.
Sotadès, poëte grec de Maronée en Tbrace, qui ANALE, nageoire voisine de Vanus. Voy. nageoire.
passait pour en être l’inventeur. Envoiciun exemple: ANALECTES, Analeeta (du grec andlégô, choi-
subito motibus ibit amor.
sir), titredonné à divers recueils de morceaux choisis
Roma libi
d’auteurs anciens ou à des coliections de pièces déta-
AXADYOMÈPJE (mot grec qui signifle sortant de chées, rassemblées pour les conserver. On connaît
l'eau), genre de Polypes à cellules, dont le polypier surtout les Analeeta veterum poetarum de Brunck
est composé d’articulations régulièrement disposées (Strasbourg, 1785, 3 vol. in-8»), qui est la plus
en brandies, sillonnées de nervures symétriques et complète des anthologies publiées jusque-là.
articulées comparables à certaines dentelles. Ce ré-
,
ANALEMME (du grec analemma, hauteur),
seau est formé d’une substance un peu cornée, re- terme d’ Astronomie qui désigne une opération au
couverte d’un enduit gélatineux et verdâtre. Ces moyen de laquelle on trouve la hauteur d’un astre
polypes habitent les côtes de France et d'Italie. On à toute heure et le moment de son passage au méri-
les rencontre dans la mousse de Corse. dien. Cette opération n’est autre que la projection
ANAGALLIDE, Anagallis (du grec anagélaô, orthographique de la hauteur de l’astre sur un des
éclater de rire, parce que les anciens attribuaient plans de la sphère. —
On emploie aussi le mot ana-
à cette plante la faculté de guérir ia mélancolie) lemme comme synonyme de Planisphère, pour dé-
genre de la famille des Primulacées, renfermant signer la projection orthographique de tous les cer-
plusieurs plantes herbacées. La plus commune est cles de la sphère sur les colures des solstices.
VA. des champs vulgairement Mouron rouge, qui ANALEPTIOUE (du grec analepticos, conforta-
a les tiges faibles, un peu couchées et rameuses, les tif), tout ce qui tend à rétablir les forces. Les fécules,
feuilles opposées , ovales, les fleurs ordinairement les bouillons, les gelées animales, le chocolat, les
d’un rouge brique , variant quelquefois du blanc au œufs, sont des aliments analeptiques. La classe
bleu. Elle fleurit dans les champs depuis mai jus- des toniques fournit les médicaments analeptiques.
qu’en octobre. Elle tue les oiseaux à qui on la donne. ANALOGIE (du grec analogia, proportion , cor-
Il ne faut donc pas la confondre avec le Mouron des respondance) , ressemblance plus ou moins parfaite
oiseaux ou Alsine {Voy. ce mot). On l’a longtemps entre plusieurs choses. —
La Logique étudie l’analogie
préconisée contre la rage, mais sans preuve. comme étant le fondement de raisonnements nom-
ANAGALLIüEES, tribu de la famille des Pri- breux, qui ont la plus grande importance dans les
mulacées renfermant les genres Anagallis (genre sciences ainsi que d.ans la conduite de la vie. On en
^
type), Micropyxis, Centunculus. distingue trois sortes, selon la nature des rapports sur
ANAGOGIE (du grec anagogè, action d’élever, lesquels on s’appuie or, ces rapports peuvent être
:

transport) , interprétation figurée d’un fait ou d’un 1” d’effet à cause ou de cause à effet, 2“ de moyens à
texte de la Bible, pour lui faire signifler les choses fin ou de fin à moyens, 3“ de pure ressemblance ou
du ciel. L’interprétation anagogique est celle que de concomitance. De l’analogie des effets on conclut
l’on lire d’un sens naturel et littéral, pour s’élever à celle des causes ; de l’analogie des moyens à celle
à un sens spirituel et mystique. de la fin; de la ressemblance partielle à une ressem-
ANAGRAMME (en grec anagramma écrit à re- blance totale. Condillac a exposé complètement ce
bours) , transposition ou dérangement des lettres sujet dans son Art de raisonner, et a montré com-
d’un ou de plusieurs mots , pour en former un ou ment les trois sortes de raisonnement par analogie
ou plusieurs autres qui aient un sens différent. L’a- concourent à nous apprendre que les hommes qui
nagramme du mot Versailles est ville seras; celle nous entourent, qui sont faits comme nous (analogie
du poëte Pierre de Ronsard, Rose de Pindare; de pure ressemblance); qui agissent comme nous
celle de Marie Touchet, maîtresse du roi Charles IX, (analogie de cause) ; qui ont les mêmes organes que
je charme tout; de vigneron, ivrogne; de logica, nous (analogie de moyens), doivent être en tout point
caligo. Dans le nom de Pilastre du Rosier, qui exé- nos semblables, et posséder les mêmes facultés que
cuta la première ascension aérostatique, on trouva : nous, bien que nous ne puissions observer directe-
Tues le premier roi de l’air (la lettre;? étant prise ment en eux ces facultés.
pour abréviation de premier). Lorsque Bonaparte En Mathématiques, analogie est synonyme de pro-
arriva au pouvoir, on trouva dans les mots Révolution portion. —
On nomme analogies de Napier (ou Né-
française cette prédiction : Un Corse la finira On . — per) , quatre formules découvertes par ce géomètre
attribue l’invention des anagrammes à Lycophron pour la résolution des triangles sphériques. Ces for-
poëte grec qui florissait environ 280 ans avant J. -G. mules, très-usitées dans les calculs trigonométriques,
Elles furent en vogue à la cour de France au sont les suivantes :
XVI' siècle : Daurat y excellait. Le goût de ces la-
= COS. 1/2 [B — C).
X
1

borieuses bagatelles a passé depuis longtemps. tang. -|-(ô-f c) cot. -Lfl


ANAGYRE ou bois voKTST:,Anagyris fœtida (nom cos. 1/2 I
+ CL
tang. Ÿ 6 — c) =
sin. 1/2 (B C).
grec dérivé de gyros. cercle, à cause de la forme cot. a x
arrondie de ses fruits) , arbrisseau d’un mètre env.
(
sin. 1/2 1

1/2 (b
+ C).

C) =
de haut, de la famille des Légumineuses, à feuilles cos. .
c).
tang. -i-
(B -j- cot. jpka
trifoliées, blanchâtres, cotonneuses, à fleurs jaunes cos. 1/2- + c .

tang. A (B — C) =
en faisceaux; la gousse est plane, allongée, un peu sin. 1/2 (6 c)
Ax
1

cot.
courbée, et renferme plusieurs graines. bleuâtres,
réniformes. L’épithète de puant donnée à cet arbris-
sin. 1/2 (6 + c).

seau vient de l’odeur fétide qu’exhalent son écorce ANALYSE (du grec analuô, délier, dissoudre),
ou ses feuilles quand on les froisse. 11 se plaît sur les réduction d’une chose en ses parties. La définition
lieux montueux du Midi de ia France et de l’Espagne. de ce mot varie selon qu’il s’agit d’opérations ma-
Ses fleurs devancent le printemps. Ses feuilles sont ré- térielles , mentales ou grammaticales.
solutives;sessemeDces fournissent un puissantvomitif. Dans l’ordre matériel, l’analyse est mécanique si
, , ,

ANAL — 60 — ANAP
elle se borne à détacher, sans en altérer la nature ler ces matières dans des appareils appropriés , et à
les parties unies entre elles, comme les rouages d’une recueillir les produits de la combustion. —
L’ana-
montre, d’une machine, les couches d’un minéral, I lyse chimique , très-imparfaite jusqu’au commence-
les organes d’un végétal ou d’un physique, \
ment de ce siècle, est aujourd’hui d’une grande
si elle isole successivement les différentes forces qui précision, grâce aux travaux de Berzélius, Stro-
j

concourent à la production d’un phénomène; chi- meyer, Berthier, H. Rose, etc. MM. Gay-Lussac et
mique, si elle décompose un corps en ses principes Thénard ont fait les premières analyses exactes des
constituants. Voy. ci-après analyse chimique. matières végétales et animales; les perfectionne-
Dans l’ordre intellectuel, l’analyse prend le nom de ments apportés à leur méthode par M. Liebig et
philosophique; on la nomme aussi k. logique, par M. Dumas ont donné une grande impulsion à la
opposition aux précédentes, qu’on réunit sous le nom chimie organique. Le Traité d’analyse de M. Henri
d'A. physique. L’analyse philosophique varie elle- Rose (traduit par Jourdan, 2 vol. in-8», Paris) est
même selon qu’on l’applique dans les sciences d’ob- l’ouvrage le plus complet sur cette matière. Le
servation ou dans les sciences de raisonnement ; Précis d’analyse d^ M. Frésénius (traduit en franc,
dans les premières, elle est descriptive, si elle se par Sacc, 1847) et le Précis rf’azm/. ÿuaWaftuede MM.
borne à décomposer par la pensée un tout complexe Gerhardt et Chancel (1855) sont les meilleurs abrégés.
en observant successivement et avec ordre ce qui d’a- ANALYSE MATHÉMATIQUE. Elle cousiste à supposer
bord avait ôté vu simultanément; abstractive et com- vrai ce qui est en question , à tirer de ces supposi-
parative, si elle compare les choses entre elles, afin tions les conséquences qui en dérivent, et de celles-ci
de les classer d’après leurs ressemblances. Dans l’un de nouvelles , jusqu’à ce qu’on soit parvenu à quel-
et l’autre cas , elle est dite psychologique, si c’est à que chose qui soit évidemment vrai ou faux , d’évi-
l’âme seule qu’elle s’applique. demment possible ou impossible. La nature de cette
Dans les sciences de raisonnement, elle est induc- dernière conséquence décide de la vérité ou de la
tive, si elle remonte des effets aux causes , des faits possibilité de la proposition qu’on examine. Ou at-
particuliers aux lois générales; déductive, si elle tribue à Platon la première application de la mé-
démontre une vérité en prouvant qu’elle est impli- thode analytique aux constructions de la géométrie.
quée dans une vérité déjà connue ; mathématique, — Quelques mathématiciens donnent au mot ana-
si elle s’applique à la solution des problèmes ma- lyse une signification plus étendue et moins rigou-
thématiques. Voy. ci-après, analyse mathématique. reuse, en l’appliquant à presque toutes les branches de
A chacune de ces analyses correspond un procédé la science des nombres ainsi ils nomment l’algèbre,
:

opposé, la synthèse, qui va des parties au tout, des analyse finie; le calcul différentiel, analyse infini-
causes aux effets, des principes aux conséquences. tésimale, etc. Ds désignent aussi, sous le nom de
On définit l’analyse en général, d’après le but géométrie analytique l’application de l’algèbre .à
qu’elle se propose partout, méthode d’invention, la géométrie, c’est-à-dire la partie de la géométrie
d’investigation; et la synthèse, méthode d’exposi- qui traite spécialement de la génération et de b
tion, de doctrine, d’enseignement. On a beaucoup comparaison universelle des étendues.
disputé sur la prééminence de l’analyse et de la syn- ANANAS, Bromelia, type de la famille des Bro-
thèse Condillac et ses disciples exaltent l’analyse et
: méliacées, plante vivace, épineuse, originaire de
lui sacrifient lasynthèse; mais , dans le plus grand l’Amérique du Sud, a un port élégant, des feuilles
nombre des cas, ces deux méthodes sont insépara- longues et vertes, radicales, roides, enveloppant
bles, et doivent concourir pour donner une connais- une tige assez forte, droite, charnue et robuste, cou-
sance complète des objets. ronnée elle-même d’un épi de fleurs nombreuses et
En Grammaire, l’analyse étudie le discours dans '

violacées, auxquelles succèdent des baies si pressées


tous ses éléments , et chaque élément sous tous ses qu’elles ne semblent faire qu’un seul fruit. Ce fruit,
aspects; elle est dite logique, quand elle décompose qui a la forme d'une pomme de pin et qui, à sa ma-
la proposition en ses éléments constituants, sujet turité, est d’un jaune doré , exhale un parfum des
logique, attribut logique, verbe; grammaticale, plus agréables; sa chair est délicieuse. Il y a plu-
quand elle prend chaque mot à part pour en faire sieurs variétés d’ananas, à fruits rouges, blancs,
connaître l’espèce, le nombre , le cas, la personne, violets, noirs, pyramidaux, etc. En Europe l’ananas
le mode, etc. se cultive en serre-chaude ; mais , malgré les soins
ANALYSE CHIMIQUE. C’est l’ensemble des opérations les plus minutieux, il y perd une partie de son par-
à l’aide desquelles le chimiste détermine la nature fum. Pour reproduire cette plante, il suffit de dé-
et les proportions des parties constituantes d’un tacher avec soin le bouquet de feuilles vertes qui
composé. On distingue VA. qualitative, recherche surmonte le fruit, et de le mettre en terre ; on pro-
de la nature des parties constituantes , et l’A. quan- page encore l’ananas au moyen d’œilletons qui se for-
titative ou Dosage, recherche des proportions dans ment à côté des pieds qui ont fleuri. —
L'ananas est
lesquelles ces parties sont combinées. mentionné pour la première fois dans un voyage
Vanalyse qualitative précède toujours le dosage : fait au Brésil en 1555 par le Français Jean de Léry.
elle consiste, en général, à dissoudre dans un li- Importé en Angleterre sous Charles II par le jardi-
quide approprié la substance qu’on examine, à ver- nier Rose il ne pénétra que plus lard en France
,
:

ser dans la solution d’autres solutions d’une nature Louis X'V fit servir, en 1733, sur sa table à Ver-
connue appelées réactifs, telles que des acides, des sailles les deux premiers ananas qui aient mûri sous
alcalis , des sels , de manière à y produire des chan- notre climat. — On nomme vulgairement A. des
gements apparents, soit d’état, soit de couleur. Les bois ou sauvage, la Tillandsie; A. pitte, une va-
solvants employés sont l’eau , l’acide chlorhydrique, riété d’ananas non épineuse; A. fraisier, une espèce
l’acide nitrique, l’eau régale, les alcalis. Cette mé- de fraisier dont le fruit est gros; — A. de mer, le
thode d’analyse est dite par la voie humide : on madrépore, plus connu sous le nom dèAstrée,
l’oppose à l’analyse par la voie sèche, qui se fait au ANAPESTE (en grec anapaistos dérivé d'ana-
moyen de la chaleur. —
Les opérations de V analyse paio, frapper à rebours), pied des vers grecs et
quantitative sont entièrement subordonnées à la latins, est composé de deux brèves et une longue
nature et au nombre des éléments à doser; le chi- (sôbôlês), au rebours du dactyle qui se compose
miste les combine de manière à séparer chaque élé- d’une longue suivie de deux brèves.
ment sous une forme qui permette d’en prendre le ANAPHORE (du grec ana, en haut; phérb,
poids exact. Le dosage des matières organiques porter) , figure de rhétorique qui consiste à répéter
s’exécute d’après un procédé particulier connu sous le même mot au commencement de deux ou plu-
le nom d'analyse organique, et qui consiste à brû- sieurs phrases, ou à recommencer delà même ma-
, . , , , ,

ANAS — 61 — ANAT
nière les divers membres d’une période, comme dans abouchement). On nomme ainsi, en Anatomie, la

la célèbre imprécation de Camille {Hor., IV, 5) : communication qui existe soit entre les vaisseaux
soit entre les nerfs au moyen de leurs embranche-
Rome, l'unique objet de mon ressentiment! ,

Rome h qui vient ton bras d'immoler mon amant


,
I ments. Les anastomoses servent à la circulation du
Rome qui t’a nu naître.... sang et du fluide nerveux que l’on suppose exister
ANARCHIE (du grec a priv., et archè, pouvoir, dans les nerfs.
autorité), état d’un peuple, d’une cité qui n’a plus ANATHÈME (en grec anathéma, chose exposée
ni chef ni autorité à laquelle on obéisse. L’histoire en haut), nom donné chez les anciens à une offrande
offre de trop nombreux exemples de cet état fu- suspendue dans les temples des dieux, ou à une
neste ; à Rome, dans le l®' siècle avant J.-C., siè- victime expiatoire dévouée aux dieux infernaux. —
cle marqué par les proscriptions de Marins, de Sylla, Dans l’Eglise chrétienne , ce mot devint synonyme
par les luttes et le triumvirat d’Octave , d’Antoine de malédiction, et désigna la séparation d’un hommo
et de Lépide ; aux 2® et 3® siècles , quand les préto- de la communion des üdcles, séparation prononcée
riens font et défont les empereurs; en France, sous par un concile, par le pape ou un évéque, contre un
les derniers Carlovingiens , époque où se dissout le hérétique. L’Eglise a quelquefois étendu l’anathème,
lien féodal et où chaque seigneur se rend indépen- C -à-d. la malédiction, à des animaux malfaisants.
dant; pendant la démence de Charles VI; sous les — Lorsqu’un hérétique veut se convertir, il est
règnes de Charles IX et de Henri III; dans les an- obligé de dire anathème à ses erreurs; cet anathème
nées 1793 et 1794, et dans les premiers mois qui est dit abjiiratoire.
suivirent la révolution de 1848; en Pologne, après ANATIDÈES (du latin anas canard), famille de
l’extinction de la race des Jagellons et l’établisse- l’ordre des Palmipèdes de Cuvier, se compose de
ment de la royauté élective , etc. L’anarchie aboutit toutes les espèces que Linné comprenait dans son
le plus souvent au despotisme. —
De nos jours , il genre Anas, groupe des plus naturels, caractérisé
s’est trouvé un sophiste pour présenter Y Anarchie par un bec large , le plus souvent déprimé et ar-
comme l’idéal de la société; M. Proudhon, auteur de rondi à son extrémité , revêtu d’une peau molle
ce système, définit l’anarchie (qu’il écrit an-archie) plutôt que d’une véritable corne , garni à ses bords
lasuppression de toute intervention gouvernementale. de lamelles transversailes en forme de petites dents ;
ANARRHIQUE (du grec anarrichômai grimper, ce qui lui a fait aussi donner par Cuvier le nom de
parce qu’on ci’oit que ce poisson grimpe sur les ro- Lamellirostres On le divise en Cygnes, Oies, Ca-
chers sous-marins), poisson de la famille des Go- nards et Céréopsis.
bioides , a la peau lisse et muqueuse , les nageoires ANATIFE, genre de Mollusques de la famille des
pectorales etcaudalearrondies(les nageoires ventrales Cirrhopodes pédiculés : coquille composée de 5 val-
n’existent pas) , la bouche armée de nombreuses ves (2 de chaiiDe côté et la 5® sur le bord dorsal),
dents,, d’une grande force. L'A.-loup, nommé aussi réunies par une membrane qui les borde et les
Loup marin, Chat marin, etc., habite les mers du maintient; dans la coquille fermée, ces valves sont
Nord et vient souvent sur nos côtes. C’est un poisson rapprochées en forme de cône aplati, soutenu sur
féroce et dangereux, qui dépasse2 mètres; sa chair, un pédicule flexible dont l’animal se sert pour se
comparable à celle de l’anguille peut se manger,
,
fixer sur différents corps; ces mollusques s’attachent
mais elle est peu estimée. Sa couleur est d’un brun à la cale des navires. L’Anatife se retrouve dans
noirâtre, un peu plus clair sous le ventre, avec douze toutes les mers. On en mange plusieurs espèces. —
ou treize bandes verticales brunes sur les côtés. Sa Le nom A'anatife est dérivé d’anos, canard, et
peau sert à faire de la colle forte et des lanières. fero, porter, produire, parce que l’on croit, dit-on,
ANAS. Voy. canard et anatidées. dans le Nord de l’Europe que ces animaux donnent
ANASARQUE (du grec a priv., et asarcos, mai- naissance aux canardf. sauvages.
gre; non maigre, bouffi), hydropisie ou accumu- ANATOCISME (du grec anatocismos, reproduc-
lation de sérosité dans le tissu cellulaire, surtout tion des intérêts), contrat usuraire qui consiste à
dans le tissu sous-cutané. La peau est froide, lui- percevoir l’intérêt des intérêts mêmes, en ajoutant
sante, et d’une couleur blanc de lait. Les princi- ces intérêts au capital , et formant ainsi un autre
pales causes qui déterminent l’anasarque sont l’ac- capital dont on tire aussi les intérêts. L’anatocisme
tion prolongée de l’humidité atmosphérique , la est condamné par les lois civiles et canoniques. Ce-
suppression brusque d’une transpiration abondante pendant il est autorisé par notre Code civil (art. 1154)
ou de quelque écoulement; elle vient souvent chez lorsqu’il s’agit d’intérêts échus et dus au moins pour
les enfants à la suite de la rougeole ou de la scar- une année entière.
latine, lorsqu’on les expose trop tôt à un air froid ANATOMIE du (
grec anatemno couper, dissé-
et humide. La terminaison de l’anasarque est quel- quer), science qui a pour objet rétude des organes
quefois fâcheuse. Dans les cas les plus favorables, qui, par leur réunion, constituent les êtres orga-
la sérosité s’écoule du corps par les voies urinaires. nisés , animaux ou végétaux. Cette science ne pro-
— U faut bien distinguer l’anasarque essentielle de cède qu’en divisant ou disséquant le corps qu’on
celle qui n’est que symptomatique. Le traitement veut connaître : de là son nom. Elle prend le nom
diffère peu de celui de l’hydropisie {Voy. ce mot). d’j4. générale, lorsqu’elle s’occupe de la structure et
ANASTAÏIQUE (du grec anastaticos, qui res- des propriétés des tissus communs à divers organes,
suscite), vulgairement Rose de Jéricho, genre de et d’.4. descriptive, lorsqu’elle s’attache plus parti-
lantes, de la famille des Crucifères, croissant en culièrement à la description des formes et de la
yrie,en Palestine et en Egypte, a la tige rameuse, figure de chaque organe. L’anatomie, soit générale,
garnie de feuilles oblongues,et terminée par des épis soit descriptive, se divise, en outre, selon son objet,
de fleurs blanches. Dès que la graine a atteint l’épo- en A. végétale ou Phytotomie, lorsqu’ eUe s’appli-
que de la maturité , cette plante se pelotte et se que aux végétaux, A. animale ou Zootomie, quand
dessèche. Les vents l’arrachent au sol sablonneux elle s’occupe des animaux. Cette dernière prend le
d’Afrique ; la mer la charrie jusque sur nofe côtes. nom d'A. humaine ou Anthropotomie quand elle
Lorsqu’elle touche une terre humide, les racines a pour but de faire connaître la structure du corps
s’accrochent au sol , et une nouvelle végétation s’ac- humain; d'A. comparée, quand elle considère l’or-
complit ; c’est là la raison de son nom. Cette plante ganisation d’animaux autres que l’homme. L’Ana-
a des propriétés hygrométriques : elle se dilate et tomie humaine se subdivise en Squelettologie, étude
s'étend quand l’air est humide, et se resserre quand des parties dures du corps, comprenant Vostéolo-
il est sec. gie, étude des os, et \a. synaesmotogie, étude des li-
ANASTOMOSE (en grec anastomôsis, ouverture, gaments; Sarcologie, étude des poities moUes,
, , , , , , ,

ANCH — 62 — ANCR
comprenant iBimyologie, étude des muscles; la«e- par une taille plus petite et une bouche plus large.
vrologie, des nerfs; Vangiologie, des vaisseaux; Leur tète se prolonge en un petit museau conique
Vadénologie. des glandes; la splanchnologie des et pointu. Ils ont de 10 à 11 centimètres , sont al-
viscères; la. aermatologie, des téguments généraux. longés, étroits, ronds sur le dos, couverts d’écailles
— On a nommé A. chirurgicale l’étude des or- larges, transparentes, qui se détachent de la peau
organes considérés sous te rapport des opérations à avec une grande facilité. Us vivent en troupes nom-
exécuter; A. pathologique celle des altérations que breuses. On en prend chaque année, pendant le
l’état de maladie produit dans les organes du corps printemps et l’été, une quantité innombrable sur
humain; A. artificielle ou imitative, l’art de mo- nos côtes du midi : c’est dans les nuits obscures , et
deler et de représenter avec de la cire, du plâtre ou en les attirant par une vive clarté , qu’on les pêche
du carton, les difl'érentes préparations d’anatomie. avec des filets nommés en Provence rissoles. Frais,
Inconnue aux anciens, qui eussent regardé comme les anchois sont peu estimés. On les sale presque tous
une profanation l’ouverture d’un cadavre, l’Anato- pour les conserver et les exporter. Pour les saler, on
mie humaine fut longtemps remplacée par la dis- leur arrache la tête et on les vide; on les lave en-
section des animaux les plus rapprochés de l’homme. suite; puis on les place dans des barils ou de petites
Hérophile, Èrasistrate, médecins du iii' siècle av. boites de métal, et on les dispose de telle manière
J.-C., passent pour être les premiers qui aient dis- qu’il y ait un lit de sel et un lit d’anchois. On a
séqué des corps humains. Galien, au ne siècle après coutume de mêler au sel de la poussière d’argile,
J.-C., rassembla en un corps toutes les connais- ce qui leur donne une couleur rougeâtre. Les meil-
sances anatomiques obtenues jusqu’à lui , et ses leures salaisons se font à Fréjus, à Cannes, à Saint-
ouvrages firent loi pendant plus de mille ans. Au Tropez et autres lieux du littoral de la Méditerranée.
xive siècle, un médecin de Bologne, Mondini, fit On en fait un grand commerce à Marseille. On em-
des démonstrations publiques d’anatomie (1.315). ploie les anchois comme assaisonnement. Les an-
Vesale , en publiant son grand traité De corporis ciens faisaient un grand usage de ce poisson; il entrait
hurnani fabrica (1543), fut le véritable créateur dans leur saumure [garum).
de l’anatomie scientifique, qui fit de rapides progrès ANCHÜSEES (du genre Anchuse, qui en est le
entre les mains de Harvey, Malpigbi, Stcnon, Èlis- type ) , sous-ti-ibu des Borraginées , comprend les
süii, Albinus, Haller, et surtout de Bicbat. genres Cérinthe, Echium, Pulmonaria, Lithosper-
L’Anatomie comparée, née au dernier siècle des tra- 77mm , Nonnea , Dioclea , Lycopsis Anchusa Bo-
, ,

vaux de Vicq d’Azyr et de Daubenton, a ôté presque t/'iospe/'mum Myosotis, Symphytum, Borrago
dès le début portée au plus haut degré par Cuvier, Trachystemon.
,


Le genre Anchuse, type do celte
dont les tr.avaux ont été complétés par Bliimenbach, tribu, renferme une espèce médicinale, l’A. itali-
Duméril, Blainville, Meekel, Carus, etc. De son côté, que ou Bnylosse, quicroitauxenvir. de Paris, et qu’on
Geoffroy-St-Hilaire faisait faire un nouveau pas à la emploie pour remplacer la bourrache, comme mu-
science en créant l’anatomie philosophique. cilagineuse , diaphorétique et diurétique.
L’étude de l’anatomie, qu’il n’est pas toujours pos- ANCOLIE, Aquitegia, plante de la famille des Re-
sible de faire sur la nature même, a trouvé do puis- nonculacées, tribu des Elléborées, remarqualfle par
sants auxiliaires, d’abord dans des planches gravées, l’organisation de sa fleur, qui ressemble à un capuchon
puis dans la sculpture et dans le moulage en cire, qui ou a un bec avec des serres d’aigle, et par ses feuilles,
a été porté à une admirable perfection par Znmbo qui forment une espèce de cornet où se déposent
et Galii, en Italie, Laumonier et Pinson, en France; les gouttes de pluie et de rosée. On cultive VA. vul-
ces moyens ont été surpassés de nos jours par les gaire QU des bois, nommée aussi Gant de Notre-
procédés dus au D>' Auzoux : il réussit en 1822 à fa- Dame qui est un des plus beaux ornements de nos
briquer avec une pâte de carton des pièces d’anatomie parterres ; elle est vivace , à fleurs bleues qui de-
d’une admirable fidélité, qui peuvent se monter et se viennent doubles par la culture, blanches, jaunes,
démonter à volonté : c’est ce qu’il nomme a7iatomie rouges, violettes et panachées; VA. des Alpes, plus
élastique (du grec klastos, qui peut se briser). petite, à fleurs bleues; VA. de Sibérie, à fleurs
Les ouvrages classiques d’anatomie les plus répan- grandes , bleues et entourées d’un anneau blanc ;
dus aujourd’hui sont ceux d’A. Boyer, Bayle, Cloquet, l’A. du Canada, au port élégant, aux fleurs d’un
Cruveilhicr, Velpeau, et le Traité complet de TA. de beau rouge mêlé de jaune saflrané , portées par un
T homme de Bourgery et Jacob, 1830-52. pédoncule légèrement courbé. —Le nom d’ancolie
ANCHE (du grec anchô, serrer, rétrécir, parce parait être une corruption à’aquilegia gouttière,
que l’anche rétrécit le passage de l’air). On ap- nom que les anciens donnaient â cette plante, parce
pelle ainsi le bec de quelques instruments à vent qu’elle recueille, dans le cornet que forment ses
dits, à cause de cela, instruments à anche, tels que feuilles, l’eau de la pluie et de la rosée.
le hautbois, la clarinette, le cor anglais et le bas- ANCRAGE , lieu de la mer où l’on peut commo-
son. L’anche est ordinairement formée de deux dément jeter l’a«cre ; on le nomme i)lus ordinaire-
languettes de roseau, fort minces, appliquées l’une ment mouillage. —
On nomme droit d’ancrage le
sur l’autre et ajustées sur un petit tube de métal. droit qu’on exige des bâtiments qui mouillent sur
Cet appareil s’adapte à l’instrument de diverses une rade étrangère ; ce droit est fixé par les règle-
manières, et l’exécutant lui imprime, en soufflant ments particuliers do chaque nation maritime
dedans et en le pressant entre ses levres, des vi- ANCRE (du latin anchot'a), instrument en fer
brations qui produisent le son. L’anche de la cla- forgé servant à retenir les vaisseaux au mouillage
rinette n’a qu’une seule languette, appliquée sur un par le moyen d’un câble c’est une barre ou tige
:

bec d’une forme particulière. Dans l’orgue, quelques dont l’extrémité inférieure se partage eu deux cour-
tuyaux sont armés d’un appareil analogue , qu’on bes terminées chacune par un fort crochet destiné
nomme jeu d’anche. — On appelle aussi anche le à s’enfoncer sur le fond. L’ancre se compose de 5
conduit par lequel passe le grain dans un moulin. parties : 1® un a7ineau en fer, que l’on nomme or-
ANCHILOPS (d'anchi, proche de, et ops, œil), ganeau, qu’on entortille de petites cordes que l’on
petite tumeur située vers le grand angle de l’œil, au- nomme amboudinure et qui sert pour y attacher
devant ou à côté du sac lacrymal. Souvent il per- un câble; 2® la verge ou tige droite, dont l’extré-
siste et forme un kyste. Lorsqu’il vient à s’ouvrir, mité est percée d’un trou par où passe l’anneau;
il s’en écoule une matière muqueuse ou purulente. 3® la croisée ou crosse, qui est soudée au bout de
Le petit ulcère qui lui succède se nomme œyilops. la verge , et dont chaque moitié est appelée bras
ANCHOIS, E.ngraulis, poissons de couleur brune, ou bi'anche ; 4® deux pattes qui sont des espèces de
de la famille des Glupes, se distinguent des harengs crochets ou pointes recourbées, l’une à droite et Fan-
, ,

ANDP - 63 — Am
tre i îi peu près semblables à des hame-
gauche, les végétaux dans lesquels les deux sexes sont réu-
çons assemblage de deux pièces de bois
5° le jas nis , et qui se suffisent à eux-mêmes pour se re-
; ,
do même proportion et figure, jointes ensemble par produire. —
On a proposé de réserver ce nom aux
dos chevilles de fer au-dessous du trou de la verge plantes qui ont les deux sexes dans des fleurs sépa-
et à angle droit avec la crosse son ofûce est d’em-
: rées sur le même individu, comme le noyer et le noi-
pècher l'ancre de coucher de plat sur le sable , et setier, et de donner le nom d’hermaphrodite à toutes
de faire que l'une des pattes s’enfonce dans le ter- celles dont les sexes sont réunis dans une même fleur.
rain solide qui se trouve au fond de la mer. Les ANDROÏDE [d'aner, homme et eidos, forgie, qui
vaisseaux ont ordinairement trois ancres , deux qui ressemble à l'homme) , automate à figure humaine,
sont toujours prêtes à ia poupe, et une troisième, qui , au moyen de ressorts habilement disposés â
aiipelée l'ancre de salut, qui est plus forte que les l’intérieur, exécute plus ou moins bien les mouve-
deux autres, et dont on se sert pour sauver le vais- ments de l’homme. On connaît le flûteur deVaucan-
seau en danger de périr sur une côte. Un bâtiment son,lejouenrd’échecsdeKempelen,etc. F. automate.
à trois mâts porte six ou sept ancres. Le poids des ANDROMÈDE constellation voisine du pôle arc-
ancres varie de 100 à 3,000 kiiogr. —
Ou appelle
,

tique, près de Cassiojiée et de Persée, se compose


ancre d’ affourché une ancre légère qui sert à affour- de 59 étoiles. Elle est représentée dans les plani-
cherun \)h,\mcïd,.Âffourcher, c’est jeter une 2® ancre sphères célestes par une figure de femme enchaînée
en sens opposé, de manière que les cordages qui re- qui rappelle la fable d’Andromède.
tiennent les deux ancres forment entre eux une es- ANDROMÈDE , genre de Bruyères , de la famille
pèce de fourche. Le vaisseau , retenu par les deux des Èricacées , forme des arbrisseaux s’élevant quel-
ancres, qui ont des directions opposées, ne change quefois à la hauteur d’arbres, ayant les feuilles al-
presque point de place, pendant les changements de ternes ou opposées , coriaces , et les fleurs en grap-
marée ou de vent. pes ou en épis. Le port élégant des Andromèdes les
Il se fait des ancres en plusieurs endroits de a fait admettre comme ornement dans nos jardins;
France; une des fabriques les plus considérables est on remarque VA. en arbre, bel arbuste à feuilles
celle des Forges de la Chaussade, entre Guerigny elliptiques ; VA. magnifique, buisson d’un mètre en-
et Cosne (Nièvre) ; on y fait annuellement 600 mil- viron de hauteur, dont les feuilles sont couvertes en
liers d’ancres, le plus grand nombre pour la marine dessous d’une poudre blanche; VA. à plusieurs
militaire. 11 y a encore des fabriques d’ancres dans feuilles, aux feuilles luisantes, toujours vertes. Cet
l’Angoumois, le Berry, à Douai, à Toulon, etc. arbrisseau est indigène de l’Amérique tropicale. Il
En Architecture, on nomme ancre une barre de est le type de la tribu des Andrornédées.
fer en forme de S, T, Y , ou même en ligne droite, ANDROPHORE (d’awer, m^eyphoros, qui porte),
qui, passée dans l’œil d’un tirant, relient l’écar- nom donné par quelques botanistes au filet de l’é-
tement de la poussée des voûtes ou dos murs d’un tamine lorsqu’il porte plusieurs anthères, ou plutôt
bâtiment, maintient les tuyaux de cheminée fort à la réunion des filets en un ou plusieurs faisceaux.
élevés, ou affermit les pilots de garde dont on garnit C’est ce qui caractérise les classes 6®, 7« et 8® de
les devants d’un quai ou d’une jetée. Linné. Voy. étamine.
ANCRE , anker, mesure de liquides employée dans ANDROPOGON, c’est-â-dire barbe d’homme (d’«-
le Nord et la Hollande, h’anker d’Amsterdam con- ner, homme; poÿou, barbe), genre de Graminées,
tient 32 mingles, à peu près 37 lit. 15 cent, h’anker ainsi nommé à cause de ses racines touffues, a pour
de Suède, de même capacité, contient 15 pots de caractères ; épillets géminés ou ternés, celui du cen-
Suède. L’anier de Danemarsk contient 37 lit. 68 cent. tre sessile, hermaphrodite, uniflore; fleurs en épis.
ANDALOÜSITE , pierre commune en Andalousie, Il donne son nom â la tribu des Andropogonées, qui
plus connue sous le nom de macle. Voy. ce mot. compte jusqu’à 150 espèces. Les principales sont :
ANDANTE (participe du verbe italien andare, VA. nard, dont la racine {Nard indien) a des pro-
aller). Ce mot sert, en Musique, à indiquer un mouve- priétés excitantes; V A.schœnanihus, aussi originaire
ment gracieux et modéré, plus animé que V adagio des Indes et de l’Arabie, exhalant une odeur de
et plus lent que X'allegro. C’est celui qui caractérise, citron ; ses fleurs se prennent en infusion comme le
en général , les airs que l’on désigne par le titre de thé ; VA caricosum, qui sert de chaume pour couvrir
.

cantubile. On le prend quelquefois substantivement les maisons à file de Java. Les racines d’une autre
pour indiquer un morceau de musique qui a ce ca- espèce entrent, sous le nom de chiendent, dans la
ractère. h’andantino est un diminutif de l’andante, confection de brosses et de balais. Celles de VA.
dont le mouvement est un peu plus accéléré. squarrosus ont reçu le nom de Vétiver ( de veto et
ANDOUILLE , sorte de charcuterie , consiste le vermis), parce qu’elles exhalent une odeur aroma-
plus souvent en boyaux et chair de porc , mêlés de tique à laquelle on attribue la vertu de préserver
graisse et hachés, qu’on enferme dans un autre les vêtements de l'invasion des vers.
boyau. C’est un mets peu relevé : on estime pour- ANE (du latin asmus), quadrupède non rumi-
tant les andouilletles de Truyes. On fait aussi des nant, faisant partie du genre Cheval, se distingue
xndouiilesde sanglier, de bœuf, de fraise de veau, etc. du cheval par une tête plus grosse et moins allon-
— On dérive le mot du latin edulïum, bon à manger. gée, par des oreilles plus longues, par une queue
ANDOUlLLEll, terme de 'Vénerie. F. bois de cekf. garnie de poils à son extrémité seulement , par des
ANDBENE, insecte hyménoptère, de la famille épaules plus étroites, traversées, chez le mâle, d’une
des Mellifères, dont l’espèce la plus commune, ligne noire qui se croise avec une autre ligue de
ÏA. des murs, se rencontre en France. Elle est môme couleur tracée le long de l’écliiue, par un dos
longue de 15 millim., d’un noir bleuâtre, avec des plus tranchant, par une croupe moins carrée, enfin
poils blancs sur la tète; le corselet, l’abdomen, pur un cri dilférent on sait que le braiment est le cri
:

les pieds et les ailes sont noirâtres. La femelle dé- de l’âne, et le hennissement celui du cheval. L’âne vit
pose dans les murs un miel particulier d’une odeur dans nos climats de 15 à 16 ans. Accouplé à la jument,
narcotique. L’Andrène est le type de la famille des il donne le mulet. On connaît la sobriété de l'âne,

Andrenètes créée par Latreille. son aptitude au travail , la sûreté de sa marche ; on


ANDROCYNE (du grec aner, génitif andros connaît aussi ses vices, qui l’ont rendu un objet de
homme, et gynè, femme). En Zoolcgie, on donne mépris; mais ces vices viennent on grande partie de
spécialement le nom d’androgynes aux animaux l’état de dégradation dans lequel il est tombé par
qui , tout en possédant les deux sexes, ne peuvent se suite du peu de sr in qu’on prend de lui et des mau-
reproduire qu’en s’accouplant deux à deux, comme vais traitements dont on l’accable.
les limaces. — En Botanique, on nomme ainsi L’âne parait être, comme le cheval, originaire de
, ,

ÂNÉM — 64 — ANÉR
l'Arabie; on croit qu’il n’est autre que V Onagre, qui à la différence de la girouette qui en indiqua
viten grandes troupes dans les déserts de l’Asie cen- la direction. Celui de Wolf consiste dans un mé-
trale: dans cet état, il est de la grandeur d’un cheval canisme qui , s’adaptant à une girouette ou à un
de moyenne taille et porte la tête haute; ses oreilles moulinet, fait mouvoir une aiguille autour d’un
sont moins longues et plus fines; il est actif, vigi- cadran où sont tracées les divisions d’une rose des
lant, sociable avec ses pareils, et sa fuite est aussi vents. L’anémomètre de Lind est un niveau d’eau
rapide et plus soutenue que celle du meilleur che- dont un des tubes verticaux est courbé horizontale-
val. En Perse , les ânes sont d’une beauté remar- ment , de manière à pouvoir être opposé au vent :
quable et peuvent soutenir longtemps une vitesse l’ascension de l’eau refoulée dans l’autre tube in-
de 10 kilomètres à l’heure. On trouve aussi en dique la vitesse. L’anémomètre le plus communé-
Égypte, en Grèce et même en Espagne des ânes ment employé consiste en une simple planche carrée,
d’une beauté, d’une tailie et d’une force bien su- appuyée au centre contre un ressort à boudin
périeures à ce que nous connaissons. Aussi l’âne qu’elle déprime; une tige de fer est fixée à la
était-il estimé chez les Orientaux et chez les Grecs planche pour Taccrocher et la retenir lorsqu’elle
(surtout en Arcadie) presque à l’égal du cheval : est arrivée au plus haut point de pression. M. De-
c’est encore aujourd’hui chez quelques peuples la lamanon a inventé un anémomètre musical composé
monture des gens de condition , le cheval étant ré- de 21 tuyaux, où le vent, en entrant, produisait,
servé pour les combats. selon sa force, les notes de trois octaves successives.
La peau de l’âne, dure et élastique, sert à faire ANÉMONE (mot grec qu’on dérive A’anémos,
des tambours, des cribles, des tamis, du gros par- vent, parce que cette fleur se plaît en plein vent),
chemin et de la peau de chagrin. genre de la famille desRenonculacées, type de la tribu
ANECDOTES (du grec anecdotes, non publié), des Anémonées, se compose de jolies plantes vi-
nom donné primitivement à divers recueils d’ou- vaces, à tige droite et robuste, à feuilles d’un vert
vrages inédits, le plus souvent tirés des manuscrits foncé, découpées, à fleurs doubles, dont les cou-
grecs : tels sont les Ânecdota græca de Muratori leurs sont magnifujiies et variées. C’est une des
(1709) et ceux de Bekker (1804), les Anecdota litte- plus belles plantes de nos jardins : elle ffeurit<des
raria de J.-Chr. Amaduci (17'73). —
On l’a depuis premières et annonce le retour du printemps. On
appliqué à un court récit contenant de petits faits en compte plus de 300 variétés , parmi lesquelles
neufs et de nature à intéresser; on a fait de nombreux on distingue VA. pulsatille , d’un beau violet,
recueils de récits de ce genre qui sont lus avec quoique un peu sombre, emblème de la tristesse;
plaisir comme délassement. Un
des mieux faits est VA. en ombelle, des montagnes de Provence; VA.
le Manuel anecdotique de Celnart, 4 v. in-18. hépatique d’un bleu tendre , variant au rose , au
— On connaît sous le nom A'Ana des recueils d’a-
,

violet et au blanc; VA. Sylvie, à fleur blanche et


necdotes relatives à un même personnage. Voy. ana. purpurine; VA. des fleuristes, reproduisant les
ANÉLECTRIQUE (du grec a priv., et électron, couleurs de Tarc-en-ciel , même le vert, et faisant
électricité), se disait autrefois des corps qui n’étaient l’ornement le plus riche de nos parterres , etc. Les
point électrisables par le frottement , tels que les anémones se plaisent dans des plaines élevées et
métaux et l’eau , par opposition aux corps dits idio- recherchent des lieux exposés au vent; on peut en
électriques (la cire, le verre). Aujourd’hui, on sait obtenir presque en toute saison , en les plantant à
que tous les corps sont électriques par le frotte- divers mois de l’année. Ces plantes. si brillantes se
ment; mais que les corps bons conducteurs, comme fanent facilement, et sont l’emblème de la fragilité ;
l’eau les métaux précédemment regardés comme
, ,
elles n’ont point d’odeur; enfin on assure qu’elles
anélcctriques , ont seulement besoin d’être isolés sont aussi dangereuses que belles, et qu’elles doivent
pour conserver l’électricité que le frottement leur a être mises au nombre des poisons âcres exerçant
communiquée. une action corrosive sur les tissus, et stupéfiante
ANÉMIÉ (du grec a priv., et aima, sang), état sur le système nerveux. — Selon la Fable , l’ané-
morbide opposé à la pléthore, consiste, non pas, mone était née du mélange du sang d’ Adonis et des
comme le mot l'indique, en une diminution absolue larmes de Vénus.
de la quantité du sang, mais dans un abaissement ANÉMONE DE MER, nom douné aux Actinées, qui
de la qualité, le nombre des globules de ce liquide ressemblent souvent à une fleur épanouie.
devenant inférieur au nombre normal. Suivant ANÉMOSCOPE (du grec anémos, vent, et sco~
MM. Andral et Gavarret la moyenne normale dies
,
péin observer. Voy. girouette et anémomètre.
globules est de 127 sur 1,000. L’abaissement de ce ANEMOMÉES, tribu des Renonculacées, est formée
nombre à 113 et même au-dessous n’est pas in- des genres Anémone (genre type), Vhalictrum
compatible avec l’état de santé. C’est le chiffre 80 Pulsatille, Hépatique, Hamadryas , Hydrastis .

qu’on doit regarder comme la limite où le vice du Adonis, Myosw~us.


sang commence à être décidément morbide. Le mal ANENCÉPHALIE (d’a priv., et encéphalon, cer-
est plus grand encore si les globules tombent à 60 veau), monstres qui naissent sans cerveau ni moelle
ou à 50 ; ce dernier chiffre est celui qu’on a cou- épinière. Cette monstruosité est presque exclusive-
tume de rencontrer dans la chlorose confirmée. ment propre à l’espèce humaine. Les fœtus ainsi
L’eau augmente dans le sang à proportion que les conformés naissent vers le 7« ou le 8« mois de la
globules y diminuent. Les symptômes essentiels de grossesse, et meurent en naissant. M. Geoffroy-
l’anémie sont la décoloration et l’affaiblissement. Saint-Hilaire en a fait une famille de l’ordre des
Quand elle est portée à un haut degré, il y a pâleur Autosites. — A parler rigoureusement , il n’y a ja-
extrême de la peau et des surfaces muqueuses visi- mais absence complète de l'encéphale; on en ren-
bles, et toutes les fonctions sont plus ou moins contre toujours quelques rudiments.
troublées. Cet état est généralement l’effet de l’in- ANÉROÏDE (du grec a priv., et d’aer, air) , es-
suffisance des aliments ou de l’usage de substances pèce de baromètre, qui se compose d’une boîte mé-
trop peu nutritives, d’évacuations exagérées, etc.; tallique dans laquelle on fait le vide. La paroi su-
quelquefois aussi il survient sans causes apprécia- périeure est assez mince pour céder sensiblement
bles. L’anémie essentielle réclame l’emploi des fer- à la pression atmosphérique et s’enfoncer en se r.ip-
:

rugineux , des amers , des toniques de la nature du prochant ou en s’éloignant de la paroi opposée, sui-
quimiuina, et un régime analeptique. vant que cette pression augmente ou diminue, elle
ANÉMOMÈTRES (du grec anémos, vent, et mé- met en mouvement un index dont les divisions, dA-
tron, mesure). On possède une foule d’instruments terminées expérimentalement, corresponden t â celles
de ce nom destinés à mesurer la force du vent de l’échelle des baromètres ordinaires. L’anéroïde est
, , . ,

ANÉV — 65 — ANGE
moins fragile que le baromètre et se laisse aisément ce mot) : on les appelait actifs,
parce que de cette
transporter, mais ses indications ne sont pas aussi affection résulte une augmentation de la force con-
rigoureuses. On l’a proposé pour l’usage des marins et tractile du cœur. Quant aux anévrismes passifs, ils

des aéronautes. 11 a été inventé en 1847 par M. Védy consistent dans l’amincissement des parois du cœur,
ANESTHESIE (d’a privatif, et aisthésis, sensi- d’où résulte l’agrandissement de ses cavités et l’af-
bilité) privation générale ou partielle de la faculté faiblissement de ses fonctions. Voy. coeur.
,

de sentir. Ou nomme
anesthésiques les substances ANGARIES (du grec angaréia, corvée). On ap-
qui, comme cbloroforme, l’éther et les divers
le pelle ainsi, en Droit maritime, les prestations et les
liquides étliérés, ont la propriété de suspendre la obligations qu’impose un souverain aux navires ar-
sensibilité. On y recourt journellement depuis quel- rêtés dans ses ports et dans ses plages , comme de
ques années pour annuler la douleur dans les opé- transporter pour lui, en temps de guerre, des sol-
rations chirurgicales. On doit à M. le D' Bouisson dats, des armes, des munitions de guerre, etc.,
un Traité de la Méthode anesthésique (1852). moyennant indemnité; aucun navire ne peut se
ANETH (du grec anethon, fenouil odorant), soustraire à l’obligation des angaries. A l’époque de
plante aromatique annuelle, de la famille des Om- l’expédition d'Egypte, cette obligation a été mise
bcllifcres, commune dans le midi de la France, en en vigueur dans les ports de Marseille , de Toulon
Espagne et en Italie. Elle monte à 40 ou 60 centi- et autres
,
pour le transport de l’armée. Ce n’est du
mètres. Son odeur est forte et agréable, son goût reste que quand les vaisseaux de guerre ne peuvent
âcre et piquant. Ses racines servent, dans la cui- suffire au service de transport que les puissances ma-
sine , à donner du goût aux végétaux. On en retire ritimes ont ainsi recours aux bâtiments de la ma-
une huile essentielle , autrefois très-recherchée en rine marchande.
médecine et employée par les gladiateurs, à cause de ANGE (du grec aggélos, envoyé, messager),
la propriété qu’on lui attribuait d’augmenter les créature spirituelle et intelligente, immortelle et
forces. En Médecine , on prescrit scs graines comme incorruptible, intermédiaire entre l’homme et la
toniques, excitantes et carminatives. Les confiseurs Divinité. Les théologiens divisent les anges en trois
les emploient en guise d’anis. Cette plante était pour hiérarchies , et chaque hiérarchie en trois ordres.
les anciens le symbole de la joie : ils se couron- La Irc
comprend les Séraphins, les Chérubins et
naient d’aneth dans les festins. les Trônes; la 2«, les Dominations, les Vertus et
ANÉYIUSME (du grec aneurusma, dilatation). les Puissances
;
la 3«, les Principautés les Ar-
On nomme proprement anévrisme une tumeur pro- changes, à la tête desquels on place saint Michel,
duite dans l’intérieur d’une artère par la dilatation et les simples Anges, dont le nom s’est étendu à
des membranes qui constituent ses pai’ois : c’est tous; ces derniers sont attachés spécialement aux
VA. vrai. On a étendu ce nom aux tumeurs pro- hommes. C’est à S. Denis l’Aréopagite qu’on attribue
duites par ie sang épanché hors d’une artère cette classification.
(A. faux), ainsi qu’aux dilatations du cœur. La fonction des anges, en général, est de bénir
Anévrismes des artères. On les divise en trauma- Dieu et de chanter ses louanges. On distingue de
tiques o\i spontanés, selon qu’ils sont ou non la suite bons anges, les seuls qui conservent le nom dé anges,
d’une blessure. L’A. vrai est généralement spon- et de mauvais anges ou anges déchus, que Dieu a
tané, ou, du moins, il survient sans cause appa- précipités dans l’abîme, à cause de leur révolte, et
rente ; tantôt il est externe, quand il affecte tes artères qui sont devenus les démons. Chaque homme, en
placées superficiellement, comme dans l’anévrisme naissant, reçoit de Dieu un ange gardien, destiné
du jarret , qu’on observe souvent chez les laquais à le pousser au bien , en détruisant la puissance du
obligés de monter derrière les voitures; tantôt il démon. Les Catholiques rendent un culte aux an-
est interne, quand il affecte les artères intérieures : ges : la Fête des saints anges gardiens se célèbre le
l’abus des boissons spiritueuses , les passions vio- 2 octobre. Les Protestants rejettent ce culte.
lentes, le chagrin, occasionnent souvent l’anévrisme On représente les anges sous des traits humains,
interne : c’est une maladie grave contre laquelle il n’y pareequ’ils ont souvent apparu ainsi à ceux àqui Dieu
a pas de traitement direct; on ne peut la combattre les a envoyés. On leur donne des ailes pour mar-
que par un traitement débilitant (saignées fréquentes, quer la promptitude avec laquelle ils obéissent à
diète rigoureuse ou régime lacté) , par le repos et Dieu et la protection dont ils environnent ceux dont
l’emploi de la digitale. —
Pour les anévrismes ex- la garde leur est confiée. Le vêtement qui les couvre
ternes , l’oblitération de l’artère est le seul moyen est lumineux et léger; ils sont presque toujours en-
de guérison : on l’obtient quelquefois par une tourés d’un nuage blanc. C’est à peu près ainsi
compression méthodique longtemps exercée, soit qu’on représente Gabriel annonçant à la vierge
sur la tumeur elle-même , soit au-dessus d’elle Marie l’incarnation du Verbe , Raphaël conduisant
de manière à arrêter le cours du sang ; mais le plus Tobie, Michel terrassant Lucifer. Quelquefois on
souvent il faut recourir à la ligature de l’artère. peint les anges sous les traits de petits enfants nus
Quand on ne fait aucun traitement, la tumeur finit et ailés,
emblèmes d'innocence ; d’autres fois ils
par s’ouvrir, et cette rupture de l’anévrisme en- sont représentés simplement par des tètes d’enfants
traîne une hémorragie mortelle ou la gangrène de entourées de deux ailes.
la partie malade. La doctrine des anges nous vient des Juifs ; elle était
L’A. faux est le plus souvent traumatique; c’est également répandue parmi les Perses et les Babylo-
une plaie de l’artère, avec épanchement de sang niens; il parait même que ce n’est que pendant la
dans le tissu cellulaire environnant les médecins ; captivité de Babylone que les Juifs connurent les
en ont constaté plusieurs espèces, parmi lesquelles noms des anges. Les Pères de l’Eglise ne sont pas
on remarque TA. variqueux, dit aussi A. par anas- complètement d’accord sur leur nature. Le P. Mal-
tomose, lorsque, par suite d’une double lésion donat a résumé les données sur ce sujet dans sa
d’une artère et d’une veine, le sang, par une anas- Théologie des Anges.
tomose contre nature, passe de l’artère dans la ANGE DE MER OU SQUATiNE , poîssoH de la famille
veine, et distend les parois de ce dernier vaisseau. des Plagiostomes , établie par Duméril, se place
Anévrismes du cœur. Ils se distinguent eu A. ac- entre les squales et les raies : les nageoires pecto-
tifs et A. passifs. Les premiers, improprement rales sont blanches et étendues comme celles que l’on
nommés anévrismes puisqu’ils consistent dans un donne aux anges; la tète est arrondie, et la bouche
développement morbide des parois du cœur, qui en fendue à son extrémité. Ou en connaît trois espèces,
rétrécit les cavités bien loin de les dilater, sont au- dont deux se pêchent sur nos côtes ; 1“ VA. squa-
jourd’hui désignés par le nom A' hypertrophie Voy. tine, de 2 à 3 mètres de long ; toute la partie su-
(

5
, , , , , . , , ,

ANGI — 66 — ANGL
périeure du corps est couverte d’une peau rude et en A. laryngée et A. trachéale. Le Croup n’est
d’un gris roussâtre ; le mâle a de petites épines au qu’une variété de cette dernière , variété nommée
bord des pectorales; 2° VA. épineux, qui porte le aussi A. membraneuse, polypeuse, striduleuse, etc.
long du dos une rangée de fortes épines. — On appelle A. laryngée œdémateuse ou œdème
ANGE d’oRj monnaie d’or en usage sous Philippe de la glotte le gonflement œdémateux de la mem-
de Valois et sous les régnes suivants, ainsi nom- brane muqueuse qui tapisse l’ouverture supérieure
mée parce qu’elle portait l’eftlgie d’un ange, valait du larynx, par l’infiltration séreuse ou purulente
75 sous de l’époque (environ 21 fr. 3ü cent, de notre du tissu cellulaire sous-jacent.
monnaie). Vorj. angelot. On nomme A. maligne ou gangréneuse uno espèce
ANGÉIOGRAPHIE , angéiologie. Voy. angio- d’angine caractérisée par le développement de pla-
graphie , etc. ques irrégulières, d’un blanc jaunâtre ou grisâtre, et
ANGÉLICÉES, tribu de la famille des Ombelli- d’un aspect lardacé, qui, s’accumulant rapidement
fères, section des Orthospermées, renferme les genres sur les amygdales, les côtés du pharynx et le voile du
Angelica (g. type), Archangelica, Selinum. palais, obstruent les voies aériennes et étouffent le
ANGELIQUE , Angelica (ainsi nommée par allu- malade : c’est VA. couenneuse de Guersant, la Biph-
sion à ses vertus bienfaisantes) , plante aromatique thérite de Bretonneau. —
L’A. de poitrine ou Ster-
et charnue, de la famille des Ombeliifèrcs, genre nalgie est une névrose des organes de la respiration.
type de la tribu des Angélicées : tige droite, ro- Le traitement de l’angine est, en général, celui
buste, cannelée, s’élevant â la hauteur de 2 mètres; des inflammations aiguës, et varie selon l’espèce.
feuilles grandes, ailées et d’un beau vert; ombelles Voy. AMYGDALITE , CROUP, LARYNGITE , etC.
à rayons nombreux, étalés; fruits ovoïdes et ren- ÀNGIOLOGIE, ANGIOGRAPHIE ( du grec angéioH
fermant deux graines. On en connaît neuf ou dix vaisseau, et légô, graphô, parler, décrire) , descrip-
espèces; la plus belle est l’A. archangélique que tion des vaisseaux du corps humain, partie de l’Ana-
l’on croit originaire de Syrie , mais qui vient aussi tomie qui traite des vaisseaux du corps humain.
naturellement en France et dans le nord de l’Eu- Elle comprend l’étude des artères [artériologié)
rope. Sa tige , ses feuilles, ses racines et ses semen- celle des veines {phlébologie) et celle des vaisseaux
ces sont odorantes, stomachiques, cordiales et ver- lymphatiques {angiohydrologie).
mifuges. Confites dans du sucre, ses tiges donnent ANGIOSPERMIË (du grec angéion, vase, capsule,
des conserves délicieuses et parfumées, et offrent et sperma, graine). C’est, dans la classification
un aliment agréable et salutaire. Sa racine , qui botanique de Linné , le 2« ordre de sa 14« classe.
fournit une liqueur spiritueuse, est employée cemme Il comprend toutes les plantes qui, avec quatre éta-
diurétique; ses feuilles peuvent être utiles à l’entre- mines didynames, ont leur graine renfermée dans
tien et à l’hygiène de la bouche. C’est surtout dans la une capsule ; telles sont les scrofulaires les digi-
ville de Niort que l’on prépare l’angélique du com- tales, les bignones. —
Ces plantes prennent elles-
merce. — On a donné encore ce nom à une variété de mêmes le nom éV Angiospermes
la Poire, à la Podagraire et à une espèce d’Aralie. ANGLE (du latin angulus), se dit, en Géométrie,
ANGELOT, monnaie du moyen âge, ainsi nom- de la portion d’espace comprise entre plusieurs
mée parce qu’elle portait l’empreinte d’un petit ange. lignes ou plusieurs surfaces inclinées qui se rencon-
11 y en eut en or et en argent. L’angelot d’or, dimi- trent. Les lignes ou les surfaces qui forment l’angle
nutif de Vange d’or, fut usité en France depuis 1240 sont les côtés de l’angle ; leur point de rencontre est
jusque sous le règne de Louis XL S. Michel y était le sommet. On désigne un angle formé par 2 lignes
figuré avec une épée dans la main droite, un écu soit par une seule lettre placée au sommet, soit par
de fleurs de lis dans la main gauche, et un serpent trois lettres écrites sur les côtés et au sommet de
sous les pieds. Cet angelot valait un écu d’or fin l’angle, la lettre du sommet étant placée entre les
environ 14 fr. 20 c. — Un angelot d’or d’une moin- deux autres. Lorsque les côtés sont des droites,
dre valeur (7 fr. 40 c.) fut frappé, en 1427, par le l’angle est dit rectiligne ou angle plan; quand ce
roi d’Angleterre Henri VI, alors maître de Paris. sont des courbes, il prend le nom de curviligne ; il
Le même prince émit aussi .un angelot d’argent, s’appelle mixtiligne quand l’un des côtés est droit
qui valait environ 5 fr. 60 c. de notre monnaie. et l’autre courbe. —
On nomme A. droits les
:

ANGELUS, prière à la sainte Vierge, qui com- angles formés par deux lignes perpendiculaires entre
mence par ces mots Angélus Bomini nuntiavit elles; A. obtus, les angles plus grands, et A. aigus,
Mariæ (l’Ange du Seigneur annonça à Marie). les angles moindres qu’un angle droit; A. corres-
Elle se compose de 3 versets , dont chacun est suivi pondants, les angles dont les côtés sont situés dans
de la salutation angélique. Les Catholiques la réci- le même sens, l’un en dedans, l’autre en dehors de
tent trois fois par jour, le matin, à midi et le soir ; deux parallèles, et tous deux du même côté de la
on sonne la cloche chaque fois pour avertir de sécante; A. internes, les angles qui sont compris
faire cette prière. Le pape Urbain II institua cet en dedans de deux parallèles coupées par une sé-
usage au concile de Clermont. Jean XXII rédigea, en cante; A. externes, les angles en dehors de ces pa-
1316, la prière telle qu’elle est encore récitée aujour- rallèles; A. alternes internes, les angles situés en
d’hui. Louis XI l’introduisit en France en 147^ dedans de deux parallèles, d’un côté différent de
ANGINE (du latin angere, suffoquer, étrangler), la sécante; A. alternes externes, les angles situés
vulgairement mal de gorge, esquinancie, inflamma- en dehors de ces parallèles et d’un côté différent de
tion plus ou moins intense de l’arrière-bouche et du la sécante; A. adjacents, ceux qui sont formés par
pharynx, ou du larynx et de la trachée-artère. De là la rencontre de deux lignes et qui ont un côté com-
deux espèces principales d’angine : celle qui a son mun; A. opposés, deux angles qui se touchent par
siège dans les voies alimentaires, caractérisée par le sommet et dont les côtés de l’un sont formés par
la gêne de la déglutition ; et celle qui affecte les le prolongement des côtés de l’autre.
voies respiratoires , dont le symptôme principal est On appelle : Angles dièdres (du grec dis, deux
la difficulté de respirer. fois, et hédra, base) les portions de l’espace indéfini
La Ir», dite A. gutturale, consiste dans l’in- comprises entre deux plans qui se coupent; A. po-
flammation de la membrane muqueuse qui revêt lyèdres (du grec poly, beaucoup, et hédra), ou
l’isthme du gosier, le voile du palais, ses piliers, A. solides, les angles formés par trois ou plusieurs
la luette, les amygdales, etc. Elle se subdivise, plans dont les intersections vont se réunir en un
selon la partie affectée, en A. tonsillaire ou amyg- même point ; chacun des angles rectilignes formant
dalite , A. pharyngée et A. œsophagienne. l’angle solide prend le nom de face.
La 2‘, VA. des voies respiratoires, se subdivise Les angles qui ont leurs sommets au centre d'un
, , , ,

ANGL — 67 — ANGU
même cercle sont entre eux comme les arcs inter- bord des dents supérieures et par le point le plus
ceptés par leurs côtés ; les angles qui interceptent saillantdu front et l’autre s’étend horizontalement
,

des arcs égaux sont égaux. On peut donc mesurer du conduit ded’oreille aux mêmes dents. Camper à
tout angle proposé, en décrivant de son sommet cherché, en comparant l’ouverture de cet angle
pris pour centre, et avec un rayon quelconque, un dans les différents animaux, à calculer le volume du
arc de cercle, et en cherchant le nombre de degrés cerveau et à juger par là du degré d’intelligence de
de l’arc qui est limité par la rencontre des deux chacun d’eux. Plus cet angle est aigu, plus le cer-
côtés (Foy. rappotîteür). Si l’angle à mesurer est, veau de l’animal est petit, plus son intelligence est
par exempte , formé par deux routes qui se croi- obtuse. L’homme a reçu le plus grand cerveau de
sent, ou par des rayons visuels dirigés d’un lieu tous, et dans l’espèce humaine, l’Européen est le
vers deux objets désignés, on emploie une circon- mieux partagé : chez les Européens , l’angle facial
férence divisée en degrés et armée d’une alidade est de 80 à 85®; chez les Mogols, de 75°; chez les
ou d’une lunette mobile autour du centre et pou- nègres, de 70 à 72®; celui dé l’orang-outang est
vant se placer sur tous les raj’ons du cercle; en de 67®. L’angle facial du Jupiter Olympien et de
dirigeant la lunette successivement vers les deux l’Apollon du Belvédère a plus de 90®.
objets, et lisant sur le limbe l’arc parcouru dans ANGOISSE (du latin angere, presser). C’est pro-
le mouvement du rayon , on obtient la mesure de prement un sentiment de resserrement à la région
l’angle cherché. C’est sur cette théorie que sont fon- épigastrique, accompagné d’une grande difficulté
dées les divisions du graphomètre, de la boussole, du de respirer et d’une tristesse excessive c’est le
:

cercle répétiteur, du théodolite, et de tous les instru- dernier degré de Xanxiélé. Cet état pénible résulte
ments destinés il mesurer les angles sur le terrain. ordinairement de la vue d’un danger qui nous me-
En Astronomie, on nomme A. déposition l’angle nace et que nous sentons ne pouvoir éviter, ainsi
que forment les arcs menés d’une étoile au pôle de que de commotions morales souvent renouvelées;
l’écliptique et à celui de l’équateur; il est formé c’est aussi le symptôme de plusieurs maladies, telles
par les arcs sur lesquels se comptent la latitude et la que l'hypocondrie, la rage, la folie.
déclinaison; A. horaires, ceux qui sont formés au On appelait jadis poire d’angoisse un instrument
pôle par les plans des cercles horaires et le plan du en forme de poire avec lequel les voleurs bâillon-
méridien; leur mesure est l’arc de l’équateur compris naient ceux qu’ils voulaient dépoudlcr. Ce mot
entre ces cercles. Ces angles varient à chaque in- s’emploie encore au figuré.
stant : tant que l’étoile est vers l’E., elle se rap- ANGORA, nom donné à une race de chats, de
proche du méridien et l’angle horaire décroît; il lapins et de chèvres à poil long et soyeux , ori-
est nul au méridien et croît en sens opposé après ginaires d’Angora ( Ancyre), en Anatolie.
ce passage; A. de commutation, l’angle formé au ANGOSTURE, sorte d’écorce. Voy. angusture.
centre du soleil par deux lignes, dont l’une est tirée ANGREC, Lfmoiforum.g.d’Orchidées.F. luiodore.
de la terre et l’autre du lieu de la planète réduite à ANGUILLE, Murœna de Linné, pois-
l’écliptique; A. d’élongation, l’angle formé par son connu de tous , type de la famille des Anguil-
deux lignes menées de la terre, l’une au soleil, l’au- liformes, abonde dans les rivières, les lacs et les
tre à la planète; ou bien la différence entre le lieu étangs de toute l’Europe. Elle a le corps grêle,
du soleil et le lieu géocentrique de la planète; A. cylindrique , souple , couvert d’une peau grasse et
de longitude, celui qui est formé au pôle de l’éclip- glissante, dont les écailles ne sont visibles qu’après
tique par le méridien et le cercle de longitude d’une le dessèchement ; la tête étroite et pointue, la bou-
étoile; A. parallactique formé par le vertical et che garnie de dents. Ces poissons ont la propriété
le cercle de latitude. de vivre hors de l’eau et de ramper comme les rep-
En Optique, on nomme A. visuel ou optique tiles; on les trouve souvent dans les prés maréca-
l’angle formé par deux rayons visuels menés du geux. Leur couleur est le plus souvent noirâtre ou
centre de l’œil aux extrémités d’un objet. L’œil es- d’un vert olive en dessus, et jaunâtre ou blanche
time la grandeur d’un objet suivant la grandeur de en dessous. La chair des anguilles fournit un ali-
l’image qui se peint sur la rétine; cette image est ment aussi sain qu’agréable. L’A. commune est
toujours en rapport avec l’ouverture de l’angle que très-répandue en Europe, en Amérique et en Asie.
font entre eux les rayons extrêmes partis de l’objet Elle se tient cachée pendant le jour dans la vase,
et qui vont se croiser dans la prunelle. Une consé- et sort la nuit pour aller à la recherche de sa nour-
quence nécessaire de ce mode d’appréciation est riture, qui consiste en vers et en petits poissons;
qu’un même objet est jugé plus grand ou plus petit, elle a communément de 5 à 10 décim. de long; elle
suivant la distance. —
peut dépasser de beaucoup cette taille: Le Congre,
En Physique, on nomme A. d’incidence l’angle ou A. de mer, atteint une longueur de plus de 2 mè-
formé par le rayon incident et la normale, ou per- tres; son corps est de couleur blanchâtre, ses na-
pendiculaire au point d’incidence; A. de réflexion, geoires verticales portent une bordure noire ; c’est un
l’angle formé par le rayon réfléchi et la normale poisson fort commun pendant toute l’année sur les
A. de réfraction, l’angle formé par le rayon ré-
;
marchés de Paris; la chair en est peu délicate. —
fracté et la noraale; A. de polarisation, l’angle On croit que l’anguille est ovovivipare c’est-à-
que le rayonréfléchi,complétementpolarisé,faitavec dire que les œufs éclosent dans le sein de la mère.
la normale. Brewster a découvert que la tangente de On a récemment fait des expériences intéressantes
cetangle est toujours égale à l’indice de réfraction. sur les moyens de multiplier ce poisson, qui est
L’angle de polarisation n’est pas le même pour les aussi facile à élever qu’il est précieux.
différents minéraux ; aussi, dans beaucoup de cas, la On connaît ce proverbe ; Il semble l’anguille de
connaissance de cet angle suffit-elle pour reconnaître Melun , il crie avant qxCon l’écorche pour dire :
les espèces auxquelles ils appartiennent : le dia- Il se plaint avant d’avoir du mal. Ce proverbe vient,
mant, par exemple, sur lequel on ne peut faire dit-on, de ce qu’un bourgeois de Melun, nommé
aucun essai quand il est taillé, se distingue immé- L’Anguille , jouant le rôle de saint Barthélemy dans
diatement des pierres fausses par cette observation. un mystère , fut effrayé et cria avant que le bour-
L’angle de polarisation maximum du diamant (celui reau, qui s’approchait en feignant de vouloir l’écor-
sous lequel ses surfaces polarisent la lumière en cher, eût mis la main sur lui.
plus grande proportion) est de 21» 59'; celui du ANGUILLIFORMES , famille de poissons, formée
verre est de 35« 25'; celui du quartz, de 33® 2'. par Cuvier dans l’ordre des Malacoptérygiens apo-
ANGLE FACIAL, angle formé par la rencontre de des. Ces poissons manquent de nageoires ventrales,
deux lignes, dont l’une passe verticalement par le ont le corps allongé , couvert d’une peau épaisse et
5.
, , , ,

ANI 68 ANIM
gluante, les dcailles peu visibles, une vessie nata- rique, a bec très-arqué et très-élevé supérieure-
le
toire de forme variable et singulière. A cette fa- ment , les ailes faibles , à rémiges courtes , la queue
mille appartiennent les genres Anguille, Murène, longue, étagée. Il est très-familier et susceptible de
Ophisure , Gymnote, Gymnarque Equille etc.
,
domesticité. Un même nid sert à plusieurs femelles;
ANGUIS, serpent. Appliqué d’abord à tous les rep- c’est en commun qu’elles
y pondent et qu’elles y
tiles opliidiens, ce nom, tout latin, désigne aujour- couvent. L’Ani se nourrit de lézards, d’insectes, et
d’hui une famille de reptiles à corps cylindrique, souvent s’abat sur le dos des animaux pour
y en-
dépourvu de membres apparents, et dont l’organi- lever la vermine qui les ronge : c’est de là que lui
sation intérieure se rapproche de celle des lézards. vient le nom scientifique de Crotophaga (^du grec
Ils ont la bouche petite, à peine dilatable; les croton, tique, vermine; phagé, manger). La chair
dents petites, nombreuses, serrées; le corps revêtu de cet oiseau est de mauvais goût.
d’écailles uniformes, listes, etc. h’ Anguis vit de pe- ANIL. Voy. INDIGOTIER.
tits insectes et est vivipare. La longueur de son corps ANILIDES (du portugais anil indigo), s’emploie
est de 40 à 50 centimètres. L'A. fragile ou Serpent en Chimie comme terme générique pour désigner
de verre, ainsi nommé à cause de la facilité avec une classe de composés qui diffèrent des sels d’ani-
laquelle il se brise entre les doigts, est inoffensif line par les éléments de l’eau, et qui peuvent se
et habite les bois sablonneux de l’Europe il
: est convertir en ces sels en siassimilant ces éléments.
gros comme le petit doigt ; sa couleur varie d’un Ils ont été découverts par M. Gerhai'dt eu 1846.
blanc argenté au brun fauve ou grisâtre. On le ANILINE (même étymologie opilanilide), alcali
nomme vulgairement Orvet, Envoyé et Aveugle. végétal huileux, très-âcre, d’une odeur aromatique,
ANGUSTURE, Angostura, écorce usitée en mé- composé de carbone, d’hydrogène et d’azote, dans
decine , ainsi nommée de la ville de ce nom en les rapports de C**H'N. M. Fritzsche l’a découvert
Guyane, où on l’a connue pour la première fois. 11 en distillant l’indigo avec la potasse; il se rencontre
en existe deux sortes, qu’il est important de distin- en abondance dans l’buile du goudron de houille.
guer : la vraie qui est un remède précieux, et la 11 forme avec les acides des sels cristallisables, qui

fausse, qui est un poison dangereux. L'A. vraie, se colorent en violet avec le chlorure de chaux.
que fournit le Cusparé {Cusparia Bomplandi), ANILLE (du latin anellus, annellus, petit anneau).
arbre d’Amérique est livrée par le commerce en
,
On nomme ainsi, en Technologie, une espèce d’anneau
morceaux variables de forme de grosseur et de en fer qui soutient la meule supérieure d’un mou-
,

longueur, amincis sur les bords, très-fragiles, peu lin à farine ; —


en Hydraulique, une sorte de tirants
épais , d’une texture peu serrée , d'une odeur désa- ou d’anneaux de fer scellés dans le parement des
gréable et d’une saveur très-amère. Elle a une vertu bajoyers d’une écluse, pour retenir les poteaux de
tonique et anli-dyssentérique, et est employée comme garde posés le long des branches et sur les faces
succédané du quinquina contre les fièvres, surtout de l’avant-bec des piles; —
dans le Blason, une figure
contre la lièvre jaune. L’^l. fausse, qui se trouvequel-, en forme de deux G adossés ; on dit porter d’azur :

quefois mélangée à la vraie, est fournie par le com- à une anille d’argent entourée d’une couronne de
merce en morceaux plus forts , non amincis sur les gueules.
bords, non fragiles, pesants , compactes , à surface ANIMAL (règne), l’ensemble des êtres organisés
grisâtre ou couleur de rouille, inodores et très-amers. connus sous le nom général d’animaux, c’est-à-dire
Ou ignore rarb.>'e qui la produit; les uns l’attribuent doués de sensibilité et de mouvement. Linné les
au Brucea ferruginea, les autres au Strychnos co- distinguait des êtres appartenant aux deux autres
lubrina de Linné ou au Strychnos nux vomica. règnes de la nature dans les lignes suivantes :

ANHELATION (du latin anhelare, souffler), es- Mineralia c?'escunt ; Vegetabilia crescunt et vi-
soufflement, état dans lequel la respiration est fré- vant; Animalia crescunt, et vivant, et sentiunt.
quente , courte , et les mouvements de la poitrine Cuvier partageait les animaux en 4 grands em-
très-prononcés, accompagne un grand nombre d'af- branchements 1“ VERTÉBRÉS , se subdivisant en
:

fections , telles que l’asthme , les anévrismes , etc. Mammifères, Oiseaux, Reptiles et Poissons ; 2» mol-
ANHINGA (nom brésilien de cet oiseau), Plotus LUSûUES, qui u’ont point de squelette, et se subdi-
L., genie d’oiseaux Palmipèdes totipalmes, ont le visent en Acéphales, Céphalopodes, Ptéropodes
bec plus long que la tête, le cou mince et allongé, Gastéropodes, Brachiopodes et Cirrhopodes ; 3“ ar-
la queue grande et large, contrairement aux oi- ticulés, se subdivisant en Crustacés, Arachnides,
seaux d’eau. L’Anhinga habite les contrées les plus Myriapodes Annélides et Insectes; 4» rayonnés
,

chaudes de l’Amérique et fait son nid sur les ar- ou zooPHYTES, subdivisés en Échinodermes, Intes-
bres; il se traîne difficilement à terre, mais il a le tinaux, Acalèphes Polypes et Infusoires.
,

vol très-élevé. Il est piscivore, et excellent nageur Les progrès de la science ont modifié quelques
en même temps que percheur. Sa chair est mauvaise. parties du système de Cuvier. Les Articulés ont été
ANHYDRE (du grec a priv., et liydor, eau), épi- placés avantlcsMüllusqucs etont été partagés en deux
thète donnée par les chimistes à certaines combi- sous-embranchements les articulés phopreme.vt
:

naisons qui ne renferment pas d’eau, ou qui ont été DITS , comprenant /«secles, Myriapodes, Arachni-
privées d’eau par un procédé quelconque; on dit : des, Crustacés et Cirrhopodes, et les vers, jiartagés
acide anhydre, sel anhydre, par opposition à en 4 classes Annélides, Rotateurs, Turbellariés
:

acide hydraté , sel hydraté, qui contient de l’eau. et Helminthes. Les Mollusques ont formé de même
ANHYDRIDE , synonyme d’acide anhydre. 2 sous-embranchements les mollusüues proprement
:

ANHYDRITE minéral cristallin, blanc ou gris,


,
dits: Céphalopodes, Gastéropodes, Ptéropodes et
composé de sulfate de chaux anhydre, est très-ré- Acéphales, et les holluscoides, formés des Tuni-
pandu dans les Alpes, où il forme quelquefois des ciers et des Bryozoaires. Enfin les Zoophytes (dont
masses considérables à la jonction des terrains de les lutestin.aux ont servi à former la classe des Hel-
cristallisation et des terrains de sédiment. 11 est minthes dans le sous-embranchement des Vers),
impropre à la fabrication du plâtre. Une variété comprennent maintenant Echinodermes Acalé-
:
,

légèrement siliceuse, d’un gris bleuâtre, est em- phes Polypes, Infusoires et Spongiaires. Cette
,

ployée en Italie pour faire des tables et des cheminées, division est celle qui est adoptée dans le Cours élé-
sous le nom de marbre de Bergame ou de bardi- mentaire d’ Histoire naturelle de M. Milue-Edvi'ards.
qlio; on la tire de Vulpino, à 60 kil. de Milan. ANIMALCULES, animaux tellement petits qu’ils
ANI (nom indigène), Crotophaga, genre d'oiseaux ne peuvent être distingués qu’à l’aide d’un micro-
de l’ordre des Grimpeurs, famille des Cuculidées, scope. Ou les appelle aussi pour ce motif micro-
originaire des contrées les plus chaudes de l’Amé- scopiques. La connaissance de ces êtres est encore
, ,

ANKY — 69 — ANNE
fort imparfaite. On a attribué à l’invasion d’ani- être relâchés, il faut faire exécuter graduellement
malcules malfaisants les maladies épidémiques. des mouvements à l’articulation malade.
ANIME, espèce de cuirasse composée de lames de ANNALES. C’est proprement la relation simple
métal, était d’un usage général au moyen âge; on impartiale et sans jugement des faits qui se passent
s’en servait encore en Italie il y a deux siècles, sous chaque année ; les annales servent à la formation
le nom l’anima, animetta. L’anime a aussi été des histoires. Les plus anciennes annales connues
appelée garde-cœur. sont celles de la Chine, qui remontent jusqu’à près de
ANIMÉ. Voy. résine animé. 3,000 ans avant J.-C. Les plus célèbres sont, chez les
ANIÂIISME {à' anima, âme), système physiolo- Grecs, celles des Athéniens, écrites sur les marbres
gique qui explique les phénomènes de la vie et de dits de Paros ou d'Arundel; chez les Romains, les
la maladie par l’action de l’âme, au lieu de les rap- Annales maximi, qui servirent à l'histoire de Roipe ;
porter â des causes purement physiques ou chimi- le soin de les rédiger était une des fonctions du grand

ques. Cette doctrine, dont Y archée Je Van-Helmoiit prêtre; il écrivait sur des tablettes tous les événe-
paraît être le germe, a été soutenue au xviiie siècle ments qui avaient eu lieu dans l’Etat , et exposait
par le célèbre Stahl , professeur à l’université de ces tablettes dans son logis , afin que le peuple pût
Halle; elle se retrouve, avec quelques modifications, aller les lire. C’est ce qui les faisait aussi appeler
dans la théorie du principe vital de l’école de Annales pontificum. Cette coutume, qui remonte
Montpellier, de Barthez, Bordeu, etc. Elle a perdu aux- premiers temps de Rome, subsista jusqu’en
du terrain à mesure que l’action des causes physi- 134 avant J.-C. —
On a étendu le nom à’ Annales
ques a été mieux connue ; mais elle compte encore à des histoires suivies on connaît surtout sous ce
:

de chauds partisans et puise de solides arguments titre les Annales de Tacite , qui embrassent l’his-
dans l’influence incontestable du moral sur le phy- toire des événements qui eurent lieu depuis la mort
sique. Ses partisans s’appellent Animistes. d’Auguste jusqu’à celle de Néron c’est un des plus
:

ANIS Pimpinella anisum (du grec am'50«, même


. beaux monuments de la littérature romaine.
signifie.), plante annuelle de la famille des Ombelli- ANNEAU (du latin annulas) , ornement en usage
fères, tribu des Amminées. Elle appartient au genre dès la plus haute antiquité : on le trouve chez les
Boucage et est caractérisée par son fruit réticulé et Egyptiens, les Hébreux, les Perses, les Grecs,desquels
le peu de durée de sa tige, qui est annuelle. On la il passa aux Romains. Dans quelques pays, on en por-

cultive en grand aux environs d’Angers , de Bor- tait même aux pieds. A Rome, l’anneau distinguait
deaux, en Espagne et en Orient. Elle est originaire les différents ordres de citoyens. Dans les premiers
de l’Egypte. Ses graines sont très-aromatiques, et temps de la république, les sénateurs étaient les seuls
exhalent une odeur agréable : en Italie et en Alle- qui eussent droit de porter l’anneau d’or. Bientôt ce
magne, on inèle ces graines avec le pain; partout droit s’étendit aux chevaliers, puis à toutes les autres
elles entrent dans la plupart des pâtisseries. Les classes, et enfin il ne fut plus une distinction. Ce-
dragées d’anis sont très-estimées, surtout celles de pendant l’anneau de fer demeura toujours la marque
Verdun, ainsi que la liqueur d’anis ou anisette : caractéristique des esclaves. —
Les anneaux ser-
l’anisette de Bordeaux a un grand renom ; cepen- vaient souvent, comme chez nous, de cachets {an-
dant celle d’Amsterdam lui fait une redoutable con- nuli sigillarii) ; le mari en donnait un à son épouse
currence. On emploie Vanisvert en médecine comme le jour des fiançaillesannulas nuptialis ou spon-
(
stomachique et apéritif, pour réveiller les forces salifias), usage qui s’est aussimaintenu chez les mo-
vitales, favoriser la digestion, augmenter le lait dernes {alliance) ; en mourant, on le laissait, comme
chez les nourrices et les femelles des animaux, on le voit par la mort d’Alexandre , à celui qu’on
aider l’expectoration. On en retire-une huile grasse voulait désigner pour son héritier ou son successeur.
odoi-ante et une huile essentielle bleue qui, â h’ anneau est, avec la crosse, le symbole du pou-
Francfort et dans d’autres localités, sert à teindre voir pastoral ; il est donné par le pape aux évêques,
l’eau-de-vie. —
On nomme Anis âcre ou A. aigre le aux archevêques et aux cardinaux ; il est le plus sou-
cumin , Am's de Paris une variété de fenouil dont vent d’or, et au milieu est enchâssée une améthyste.
on mange les racines et le bas de la tige , Anis —U anneau du pêcheur est un anneau ou sceau avec
étoilé la Badiane de la Chine, qui sert aussi à fa- lequel le pape signe les brefs apostoliques. 11 porte
briquer l’anisette de Bordeaux. Voy. badiane. l’image de saint Pierre (rjui fut lui-même pêcheur),
ANISETTE , liqueur fort estimée , produite par assis dans sa barque. L’usage de cet anneau re-
la distillation de l’alcool avec de l’anis. Voy. anis. monte aux premiers siècles de l’Eglise. L’anneau doit
ANISIQUE (acide), dit aussi acide dracique ou être rompu à la mort de chaque pontife.
draconique, acide incolore, solide et cristallisé, En Astronomie, on appelle anneau astronomique,
qui se produit par l’action de l’acide nitrique sur solaire ou horaire, un petit cadran portatif sur le-
l’essence d’anis et l’essence d’estragon ; découvert en quel sont gravés les signes du zodiaque. Cet anneau
1841 par M. Cahours. Sa formule est C’®H’0’’H0. est percé d’une rainure à jour recouverte d’un autre
ANKYLOSE (du grec agkylos, courbé), diminu- anneau mobile et percé d’un trou qu’on fait corres-
tion ou impossibilité absolue des mouvements d’une pondre aux signes du zodiaque qui paraissent pen-
articulation naturellement mobile. On distingue dant le mois. Le point lumineux qui passe par ce
VA. vraie ou complète, lorsqu’il y a soudure des trou exposé au soleil indique l’heure gravée sur la
extrémités articulaires entre elles; etl’d. fausse ou surface du cercle, et par suite la latitude du lieu
incomplète, lorsque les surfaces articulaires exé- où l’on se trouve.
cutent encore quelques mouvements les unes sur En Anatomie , on nomme anneau toute ouverture
les autres. On a vu des sujets chez lesquels l’anky- qui traverse un muscle et livre passage à des vais-
lose complète s’est étendu à tous les membres. L’an- seaux ou à des nerfs tels sont principalement
:

kylose, vraie ou fausse, suppose toujours que le Vanneau inguinal ou sus-pubien creusé dans l’é-
membre est resté longtemps immobile, comme il paisseur du muscle costo-abdominal , et où s’enga-
arrive à la suite des luxations, des fractures, etc. gent les viscères dans la hernie inguinale ou des-
Ce peut être aussi un elfet des progrès de Tâge. On cente, et Vanneau ombilical qui , dans le fœtus,
remédie à ce mal au moyen des bains, des cataplas- donne passage aux vaisseaux ombilicaux et dont la
mes, des fomentations émollientes, des embrocations cicatrice forme le nombril. —
En Histoire naturelle,
huileuses, et par l’usage des eaux thermales de on emploie aussi ce nom pour désigner certaines
Bourbonne, do Baréges, prises en bains, douches et parties des plantes et des animaux des classes infé-
boissons. Lorsque, par l’usage de ces moyens, les rieures, comme dans les champignons, les mousses,
ligaments et les autres parties molles commencent à les fougères, les insectes, les annélides, etc.
,
, ,,

ANNE — 70 — ANNE
ANNEAUX COLORÉS , phénomène d’optique que pré- astronomique. L’année tropique est l’année solaire
sentent tous les corps diaphanes réduits en lames vraie, c.-à-d. le temps que met le soleil à revenir
assez minces, est produit par l’effet de deux ré- au même tropique, et, par conséquent, celui qui
flexions uniformes, qui ont litu aux deux surfaces de est nécessaire pour que chaque saison se reproduise
ces lames. On l’observe dans les bandes de verre souf- dans le même ordre. C’est pour cela que les astro-
flées à la lampe et gonflées jusqu’au point d’éclater ; nomes l’appellent aussi année équinoxiale. Us nom-
dans les lames de clivage des cristaux; dans les bulles ment année sidérale celle qui est calculée sur le
de savon ou dans les gouttes d’huile qui s’étalent sur retour apparent du soleil à la même étoile. Le re-
l’eau. 11 se produit également dans les métaux po- tour du soleil aux mêmes étoiles exigeant un temps
lis, comme le fer et l’acier, sous l’action de la cha- plus considérable que le retour du soleil à l’équa-
leur et au contact de l’air; il est dù, dans ce cas, année excède l’année tropique de 20' 20".
teur, cette
à une légère pellicule d’oxyde. Enfin l’air, les va- L’année civile a toujours été chez tous les peu-
,

peurs et les gaz donnent naissance au même phé- ples , ou solaire ou lunaire. Chez les Egyptiens
nomène. Newton en a le premier reconnu les lois : l’année civile était composée de 360 jours et di-
1“ Dans chaque substance , les couleurs changent visée en 12 mois de 30 jours ; après le 12® mois
avec l’épaisseur de la lame et avec l’obliquité sous on ajoutait 5 jours additionnels , qui portaient à
laquelle on la regarde ; mais dans tous les cas elles 365 jours la durée totale de l’année. L’année des
disparaissent quand la lame est trop mince ou trop Juifs était une année lunaire, composée de 12 mois
épaisse. 2° Les couleurs simples donnent des an- alternativement de 30 et de 29 jours; elle était
neaux qui sont alternativement brillants et sombres ; ainsi de 354 jours. Tous les 3 ans, on ajoutait un
dans les différentes couleurs, les anneaux du même 13e mois de 30 jours; cette année, dite embolis-
ordre ont des diamètres d’autant plus grands que mique ou intercalaire avait 384 jours; chaque
les couleurs qui les forment sont moins réfrangibles. 7® année était une année sabbatique; au bout de
3“ Dans une lame mince quelconque, les épaisseurs 7 semaines d’années, ou de 49 ans, on célébrait
correspondant aux anneaux brillants des différents Vannée du jubilé (Voy. sabbat, jubilé). —
L’année
ordres suivent la série des nombres impairs 1,3, grecque était à la fois lunaire et solaire, c.-à-d.
5,7, etc., tandis que les épaisseurs correspondant que les mois étaient réglés sur le cours de la lune,
aux anneaux noirs suivent des nombres pairs Q, 2, et la longueur de l’année sur le cours du soleil. Ce
4. 6, etc. 4“ Dans deux lames de diverses substances, qui avait nécessité ce mélange , c’est que les céré-
les épaisseurs qui correspondent aux anneaux du monies civiles et religieuses étaient fixées , tantôt
même ordre produits avec la même lumière sont au retour des phases de la lune, tantôt au retour
entre elles eu raison inverse des indices de réfrac- des différentes saisons. Après de nombreux essais
tion de ces substances. pour accorder ces deux années, les Grecs adoptè-
On doit aussi à Newton la découverte des anneaux rent une année fautive de 360 jours, composée de
colorés produits par les plaques épaisses : lorsqu’un 12 mois de 30 jours chacun ; mais bientôt on s’a-
rayon solaire entre dans la chambre noire par une perçut que d’un côté la révolution de la lune n’était
ouverture de 4 ou 5 millim. de diamètre , et qu’il pas exactement de 30 jours, et que, de l’autre, l’an-
tombe sur un miroir concave de verre étamé qui née de 360 jours retardait sur l’année solaire , de
le renvoie exactement dans la direction de l’inci- manière que les saisons ne tombaient plus dans les
dence , on distingue autour de l’ouverture , sur un mêmes mois ; alors on forma des mois qui avaient
carton blanc disposé à cet effet, une série d’anneaux alternativement 29 et 30 jours , ce qui faisait une
très-éclatants. Newton a reconnu que : 1“ dans une année de 354 jours. Puis, pour mettre cette année
lumière homogène quelconque , les carrés des dia- en harmonie avec l’année solaire, on ajoutait tous
mètres suivent, pour les anneaux brillants, la série les 2 ans à la fin du dernier mois un mois sup-
des nombres pairs 0, 2, 4, 6, etc., et pour les an- plémentaire de 30 jours , nommé posidéon 2“ ; ce
neaux sombres, la série des nombres impairs 1, 3, qui faisait une période de 25 mois lunaires et de
5. 7, etc. ; 2“ avec un même miroir, placé à la même 738 jours. On nomma ce cycle de 2 ans la diété-
distance , les diamètres des anneaux de même ordre ride (2 fois Vannée'). La diétéride ne redressait
dans les différentes couleurs vont en décroissant, pas entièrement les erreurs , et ne rétablissait pas
depuis le rouge jusqu’au violet, et leurs rapports encore l’égalité entre l’année lunaire et l’année so-
sont les mêmes que pour les anneaux formés dans laire elle avait 6 h. 21' de moins que 25 révolu-
:

les lames minces; 3» les diamètres des anneaux de tions de la lune, et 7 j. 12 h. 22' de plus que 2 an-
même couleur et de même ordre , formés avec des nées solaires. Après plusieurs essais de correction,
miroirs de même rayon et de différente épaisseur, on forma vers le v® siècle avant J.-C. un cycle
sont réciproquement proportionnels aux racines car- nommé octaétéride ou période de 8 années. Sup-
rées des épaisseurs des miroirs. posant l’année solaire de 365 jours un quart , l’an-
ANNEAU DE SATURNE. VoiJ. SATURNE. née lunaire de 354, 8 années solaires =2,922 jours,
ANNÉE (du latin annus) , nombre déterminé de 8 années lunaires =
2,832 jours; la différence était
jours qui forment une certaine période solaire ou donc au bout de 8 ans de 90 jours, dont on pouvait
,
lunaire, suivant qu’on mesure le temps par les ré- faire 3 mois chacun de 30 jours. Si donc, dans
volutions du soleil ou par celles de la lune. l’espace de 8 années lunaires, on intei'cale ces 3 mois,
L’année est dite astronomique on civile, suivant la totalité sera la même que celle des 8 années so-
que cette division du temps s'applique spécialement laires. Ou répartit ces 3 mois dans les 8 ans le
:

aux phénomènes célestes ou aux usages sociaux. 1»’' au bout de la


3®, le 2® au bout de la 5®, le 3® au
La durée de l’année astronomique solaire, cal- bout de la 8®, en sorte que ces 3 annéesavaientchacune
culée sur le temps qu’emploie le soleil à faire le 13 mois au lieu de 12, et 384 jours au lieu de 354.
tour de l’écliptique , c.-à,-d. le temps qui s’écoule L’année des Romains eut d’abord 10 mois seu-
entre un solstice et un solstice semblable , ou bien lement , puis 12. Pour régler les intercalations
entre un équinoxe et un équinoxe semblable est Jules César fit venir à Rome Sosigène , astronome
,
de 365 jours 5 h. 48' 51" 6"'. La durée de l’année d’Alexandrie , lequel , supposant que l’année eom-
astronomique lu7iaire est calculée sur la durée de mune était de 365 jours un quart, établit que l’an-
12 lunaisons, chacune d’elles étant de 29 j. 12 h. née commune serait trois fois de suite de 365 jours,
44' 2" 8'"; cette année se compose ainsi de 354 et la quatrième de 366. Le jour intercalaire se pla-
j.
8 h. 48' 34". Ce sont ces fractions diflicilement çait 6 jours avant les calendes de mars, et on l’ap-
appréciables pour les usages de la vie sociale qui pelait bissexto calendas d’où nous avons donné à
forment la différence entre l’année civile etl’année cette année le nom de bissextile. Cette réforme.
, , , ,

ANNE — 71 — ANNU
qui date de l’au 47 avant J.-C., est connue sous le également sur les deux côtés du corps; le genre
nom d’ère julienne. Amphinome, type de cet ordre, se distingue à ses
Mais l’année julienne est trop longue d’environ pieds saillants armés de soies sans crochets, et à la
11', 10 ou 12", qui produisent à peu près un jour disposition de ses branchies qui existent à tous les
en 134 ans, ou 3 jours en 400 ans. En 1582, les segments du corps , excepté aux 3 ou 4 premiers.
inconvénients résultant de cette erreur devinrent Ces animaux habitent les mers des contrées chaudes.
assez manifestes pour que le pape Grégoire XllI M. Milne-Edwards fait des Annélides sa Ir® classe
cherchât à y remédier par une nouvelle réforme- ; des Animaux annelés ou vers , qu’il place après les
on fut obligé de retrancher 10 jours à l’année ci- Insectes , les Arachnides et les Crustacés , et il les
vile , et le 5 du mois d’obtebre 1582 fut compté fait suivre des Rolifères que Cuvier avait placés dans
pour le 15; mais aün qu’une pareille confusion ne les Infusoires, et des Vers intestinaux (Turbellariées
se renouvelât plus , on dut retrancher ce qu’il y et Helminthes), dont Cuvier avait fait sa 2“ classe
avait de trop dans l’année julienne , c.-à-d. un jour de Zoophytes.
sur 134 ans : à cet effet, on convint qu’à l’avenir ANNEXE (du latin annexas, formé de ad, à ; nec-
3 des années séculaires qui, d’apiès le calendrier tere, lier, ce qui est joint à une chose principale) se,

julien, devaient être bissextiles, seraient communes, disait en termes de Droit féodal , des terres ou do-
,

et que dans la 4® seulement on intercalerait un jour maines attachées à une seigneurie dont ils n’étaient
supplémentaire. Cette réforme , connue sous le nom pas mouvants ou dépendants. —Aujourd’hui ce mot
de grégorienne a été généralement adoptée , quoi- exprime en Droit 1® les pièces ajoutées à un acte et
;

qu’à des époques fort diverses ( les Anglais ne l’ad- en dépendant ; 2° les acquisitions ajoutées à une pro-
mirent qu’en 1752). Le calendrier julien n’est plus priété possédée précédemment, et que l’on a augmen-
suivi qu’en Russie et en Grèce; l’ancienne manière de tée ; 3® certains endroits consacrés à l’exercice du
compter s’appelle le vieux style par opposition à
,
culte , et qui ne sont ni paroisses ni succursales.
celle qui est en usage dans le reste de l’Europe , et ANNUAIRE [ééannus, année), publication annuelle
qu’on nomme nouveau style ; elle est aujourd’hui dans laquelle on donne, outre le calendrier de l’année,
en retard sur le nouveau style de 12 jours. l’histoire et la statistique d’un pays, d’un départe-
En 1792, on imagina en France une réforme du ment , d’une ville , d’une société , et où l’on rend
calendrier, en empruntant aux Égyptiens la divi- compte de tous les changements qui ont eu lieu
sion de l’année en 12 mois de 30 jours avec l’ad- dans le courant de l’année. Les ouvrages le plus es-
dition de jours épagomènes, qu’on appela complé- timés en ce genre sont V Annuaire historique de Le-
:

mentaires, au nombre de D ou de 6 , suivant que sur; VAnnuaire des Deux-Mondes publié pour la
l’année était commune ou bissextile. Ce calendrier, première fois en 1851 par les éditeurs de la Revue
dit républicain, n’a été en usage que durant envi- des Deux-Mondes. On a étendu le nom d’An-
ron 13 ans (1792-1805). nuaire à ce qui s’appelait précédemment A/wanacA r
L’époque du commencement de l’année a varié Annuaire du Commerce, Annuaire militaire, An-
chez tous les peuples. Les Égyptiens, les Chaldéens, nuaire du Clergé etc. \Voy. almanach). —
\jArb-
les Perses, les Syriens, les Phéniciens
,
les Cartha- nuaire du Dur-eau des longitudes, publié chaque
ginois, lacommençaientàl’équinoxe d’automne. C’est année à Paris , est un recueil d’observations astro-
aussi vers cette époque (au 25 septembre) que les Juifs nomiques et météorologiques extraites de la Connais-
commençaient leur année civile, bien que l’année sance des Temps, el contient diverses Tables usuelles.
ecclésicistique commençât à l’équinoxe du printemps. Cet ouvrage parut pour la première fois en 1796.
— Le commencement -de l’année des Grecs se trou- ANNUEL. En Botanique , on nomme plantes an-
vait au solstice d’hiver à la première réforme (22 dé- nuelles, par opposition à plantes vivaces, colles qui
cembre) , et au solstice d’été (3 juillet) à la deuxième. croissent, se développent et meurent dans l’année.
— Celle des Romains commençait à l’équinoxe du On nomme bisannuelles celles qui vivent deux ans.
printemps sous Romulus, au solstice d’hiver depuis La première année , la tige se flétrit ; elle en pro-
Numa. — En France, le commencement de l’année a duit une nouvelle qui meurt avec elle à la fin de
souvent varié en général, sous la première race, ce
; la seconde année. Le blé et toutes les Graminées sont
fut le mai , jour où l’on passait les troupes en annuels; le chou, la carotle sont bisannuels.
revue. Sous la deuxième race, ce fut le jour de Noël, Dans la Liturgie , annuel signifie Messe dite tout
au solstice d’hiver. Sous la troisième , le jour de les jours ou chaque semaine de l’année du deuil pour
Pâques. Un édit de Charles IX, de 1564, ordonna le repos de l’âme d’un défunt.
que l’année commencerait le l®' janvier. — L’an- ANNUITÉ (d’annus, année) , mode de payement
née républicaine commençait le vendémiaire, qui dans lequel le débiteur s’acquitte envers le créancier
correspondait alternativement au 22 et au 23 sep- en lui versant chaque année une somme composée
tembre. Voy. CALENDRIER. partie des intérêts, partie d’une fraction de capital.
ANNÉE CLIMATÉRIQUE. Voy. CLIMATÉRIQUE. Soit une somme de 10,000 fr. empruntée pour dix
ANNÉLIDES ( à’annellus, petit anneau), classe ans à 5 0/0 au lieu de payer chaque année 500 fr.
:

d’animaux articulés , renfermant des vers au corps d’intérêts qui ne diminuent en rien le capital à
mou , au sang rouge , qui vivent dans la mer, rembourser, on peut , par un calcul facile , trouver
dans le sable humide , etc. ; leur corps est muni une somme qui, la même pour chaque année,
soit de segments , soit de rides transverses qui res- comprenne à la fois les intérêts et une portion du
semblent à de petits anneaux. Ce nom fut créé par capital, portion qui s’accroîtra chaque année, tandis
Lamarck pour désigner les animaux que Cuviei qu’au contraire les intérêts diminueront; cette
appelait Vers à sang rouge. D’après lui les Anné^
,
somme est 1,295 fr. Ce mode de remboursement
lides se divisent en 3 ordres : Â. apodes (Hirudées, est , on le voit , le moins onéreux M. Grémilliet
Echiuridées ) ; A. antennées (Aphrodites, Néréides, a donné ,
dans sa Théorie du calcul des intérêts
Eunicées, Amphinomes); A. sédentaires (Dorsalées, des tables qui offrent la solution de toutes les
Maldaoées, Amphitritées, Serpulées). Les travaux
plus récents de M. de Blainvîlle et de M. Milne-
questions d’annuités. —
Le remboursement par an-
nuités, d’abord employé en Angleterre, a été adopté
Edwards ont apporté des modifications à cette divi- depuis en France et dans plusieurs autres États. —
sion. Aujourd’hui on divise les Annélides en 4 or- On a par suite étendu le nom d’annuités à des ac-
dres : les A. errantes, les Tubicoles ou Sédentaires, tions ou engagements productifs d’intérêts, mis en
les Terricoles et les Suceuses. circulation par le Trésor à l’occasion d’un emprunt
Les .4. errantes, qui forment le ordre, ont public dont le capital est remboursable par fractions
leurs organes, et surtout leurs branchies, disposés à des échéances déterminées. En France, il avait.éte
, , , , , . , ,

ANON — 72 — ANSE
créé 60 millions A’anmités de ce genre pour payer large de plus de 25 centim. et écailleux à l’extérieur
;
les reconnaissances do liquidation ; ces annuités il renferme plusieurs graines. On en compte
jusqu’à
étaient de deux classes, l’une, de 10 millions, à 40 espèces, entre autres VA. muricata, nommée
6 Oyü d'intérêt, l’autre, de 50 millions, à 4 0/0. aussi Corossol ou Cachiman ; VA. à trois pétales ou
ANOBIUM (c.-à-d. sans vie), insecte. K. vrillette. Cherimolia et 1’^. écailleuse ou Pommier can-
ANOBLISSEMENT. Voy. noblesse. nelle, dont les fruits sont très-succulents et se ser-
ANODINS (du grec a priv., et odynè, douleur) , re- vent sur les tables au Pérou. Ceux de VA. réticulée
mèdes qui ont la propriété de calmer et même de ou Cœur-r/e-éeew/ se donnent aux animaux de basse-
faire cesser entièrement une douleur. Les médica- cour. La graine passe pour vénéneuse; mais on re-
ments gélatineux, mucilagineux, les corps gras, etc. tire de l’écorce un remède contre la dyssenterie.
sont anodins. L’opium, le pavot, la ciguë, la jus- ANONYME (du grec a priv., et onoma, nom). On
quiame, en un mot les narcotiques à petites doses, nomme ainsi et les écrits dont l’auteur ne se nomme
prennent plus spécialement ce nom. pas et l’auteur même de ces écrits. Baillet avait pu-
ANODONTE (d’a priv., aiodous, odontos, dent) blié dès 1690, sous le titre d’ Auteurs déguisés, des
genre de Coquilles, de la famille des Mytilacés, que recherches sur les ouvrages anonymes de son temps.
l’on trouve très-souvent dans les fleuves et dans les Le bibliophile Barbier a donné un ouvrage complet
étangs de nos pays, sont minces et fi-agiles, compo- et précieux sur la matière , le Dictionnaire des ou-
sées d’une nacre assez belle, argentée, recouverte vrages anonymes et pseudonymes, 4 vol. in-S», 1822.
d’une peau verte; elles ressemblent aux moules, et Le voile de l’anonyme a trop souvent servi à cacher
doivent leur nom à la forme de leur charnière qui de coupables attaques. Condamnées de tout temps par
est linéaire et sans dents. L’A. dilatée grande de la morale, elles ont été flétries par le poëte qui a dit :
15 à 20 centimètres, sert aux habitants des cam-
ÜQ écrit clandestin n'est point d'un honnêtehomme .
pagnes pour écrémer le lait. Quand me nomme.
j'attaque quelqu'un , je signe et je
ANOLIS (nom indigène) , genre de Reptiles sau-
riens de l’Amériqvie et des Antilles, de la famille Les attaques anonymes faites par la voie de la presse
des Lézards iguaniens de Duméril , se distinguent se trouvent atteintes par la loi de 1850, qui prescrit
par la largeur de leurs doigts ; ce qui les a fait de signer tous les articles de journaux.
nommer Larges-doigts. Leur couleur est varialile ANONYME (société). Voy SOCIÉTÉ ANONYME.
comme celle des caméléons. Les Anolis mordent for- ANOPLOTHÉRIUM (du grec anoplos sans ar-
tement et avec assez d'acharnement la main qui les mes, tAeVioa, animal), mammifère fossile de l’ordre
saisit ; mais leur morsure est innocente. des Pachydermes, restitué par Cuvier d’après des
ANOMAL, ANOMALIE (d’a priv., et nomos, loi, débris trouvés dans des carrières de plâtre aux envi-
règle) , nom donné à ce qui s’écarte de la règle com- rons de Paris. Ces animaux, dont la race est éteinte,
mune. En Botanique, on nomme anomales les par- avaient le pied fendu en deux doigts comme le cha-
ties de la plante (fleurs, feuilles, etc.), qui par leur meau; chaque mâchoire renfermait 20 dents. On
forme irrégulière se distinguent de la classe dont distingue VA. commun, de la taille d’un ânon, am-
elles auraient dû faire partie. phibie herbivore, au poil lisse et court, et ressem-
En Astronomie , on appelle anomalie la distance blant à la loutre , animal nageur et peut-être plon-
d’un astre à son périhélie. L’A. moyenne est la di- geur ; et l’.4. moyen, de la taille et de la forme d’une
stance d’un astre à son périhélie avec cette condition gazelle , herbivore et u’iiabitant pas les lieux hu-
nécessaire qu’elle est toujours proportionnelle aux mides. — C’est par l’Anoplothérion que Cuvier a
temps ;
VA. vraie est l’angle formé au centre du so- commencé à démontrer que parmi les ossements
leil par le rayon vecteur et le grand centre de l’el- fossiles il y avait des débris de races d’animaux in-
lipse : la dill'érence entre VA. vraie et VA. moyenne connues aujourd’hui dans la nature vivante.
donne l’é(|uation du centre ou
l’équation de l’orbite. ANOREXIE (du grec a priv., etorexis, appétit),
\J A. excentrique est celle qui est vue du centre état maladif dans lequel on n’éprouve aucun désir
d’un cercle circonscrit à l’ellipse , pour un point du de prendre des aliments. Voy. appétit.
cercle qui a la même ordonnée que l’ellipse. ANOSMIE (du grec a priv. et osmè, odeur) , af-
ANOMALISTIQÜE [à’ anomalie] se dit, en As- faiblissement ou perte de l’odorat on l’observe
:

tronomie, du temps qu’une planète qui part de dans le rhume de cerveau , dans la lièvre ataxique
l’un des sommets de son orbite met à y revenir, et dans l’hystérie ; on l’attribue tantôt à l’abondance
c.-à-d. de la durée de toutes ses anomalies ce temps : et à l’altération du mucus nasal, et tantôt à la sé-
diffère de la révolution sidérale , parce que l’axe de cheresse de la membrane muqueuse des fosses na-
l’orbite varie de position. C’est dans ce sens que l’on sales. Les parfumeurs, qui vivent dans une atmo-
dit révolution anomalistique, année anomalistique. sphère chargée de substances très-odorantes, et les
ANOMIE (d’a priv., et nomos règle, irrégulier), ouvriers qui respirent journèliement des vapeurs
genre de coquilles de la famille des üstracés, à deux irritantes , sont sujets à l’anosmie.
valves inégales , minces et translucides , d’une cou- ANOURES (du grec a priv., et oura, queue), nom
leur jaune plus ou moins foncée. Ces coquilles s’at- donné par Duméril à une famille de Batraciens qui,
tachent sur les corps marins , sur des animaux et dans l’âge adulte , n’ont point de queue tels sont :

même sur d’autres coquilles. Une de leurs valves est \c% Grenouilles les Crapauds, tes, Rainettes.
percée , aplatie ; l’autre est plus grande , concave ANSERINE (d’anYcr, oie , parce que cette plante
et entière. L’espèce la plus commune, la Pelure d'oi- a des feuilles en forme de patte d’oie) , Clienopodium,
gnon, habite la Méditerranée, la Manche et l’Atlan- genre type de la famille des Atriplicées ou Chéno-
tique. Les riverains la mangent comme les huîtres. podées ; tige cannelée, feuilles alternes, fleurs ver-
ANONACÊES [d’Anone, genre type) , famille ae dâtres, peu apparentes et disposées en petits pa-
plantes dicotylédones polypétales, renferme des ar- quets à l’extrémité des rameaux. Les graines de VA.
brisseaux ou des arbres étrangers, à rameaux nom- verte se mangent en guise de millet, et les feuilles
breux , à feuilles simples et alternes; les fleurs sont en guise d’épinards. L’A. pourprée se cultive dans
placées à l’aisselle des feuilles ou des rameaux, sans les jardins; la médecine emploie VA. vermifuge et
stipules. VA. fétide : celle-ci passe pour calmer les douleurs
ANONE (nom indigène), genre type de la fa- après l’accouchement. —
Voy. ambroisie ansérine.
mille des Anonacées, est composé d’arbrisseaux ori- ANSERINEES (du genre type Ansérùie) tribu
ginaires des contrées voisines de l’équateur. Ou les de la famille des Atriplicées ou Chénopodées, com-
cultive en Espagne. Leur fruit charnu est en forme de prendles genres Chenopodium ^nsérine], Beta,
poire ou de cœur et composé de plusieurs baies; il est Ambrina (Ambroisie ansérine), Blitum (blèle).
, , , ,, ,,

ANTE — 73 — ANTH
Od nomme aussi Anserinées {d’anser, oie) une sous- ignore leur destination , les uns en faisant l’organe
famille d’oiseaux de la famille desAnatidées, ordre des du tact; les autres, de l’odorat ou de l’ouïe Ton :

Palmipèdes, comprenant les genres Oie et Bernache. pense cependant assez généralement qu’elles servent
ANSPECT (du celtique ann spek, un levier) , nom à ces animaux d’organes du toucher.
donné à des leviers de dilférentes proportions qui ANTENNEES, 2® ordre des Annélidesde Lamarck,
servent, dans la marine militaire, à pointer les ca- correspondant aux Annélides errantes de Cuvier.
nons de 30 , 24, 18 et 12. Les anspects sont faits en Voy. ANNÉLIDES.
bois de frône ou d’orme; le gros bout, taillé en ANTENNULES. Voy. palpes.
sifflet , est aujourd’hui ferré. ANTÈOCCUPATION, figure de Rhétorique, qui
ANSPESSADES, nom donné anciennement à des consiste à aller au-devant d’une objection pour la
officiers armés de lances dans l’infanterie française. détruire. ,Foy. prolepse.
Il
y avait douze anspessades par bande de trois cents ANTHÈLE (du grec anthélion, petite fleur)
hommes; ces emplois étaient réservés à la noblesse grappe de fleurs dont les rameaux sont longs et
et étaient payés 30 livres par mois. Le nom d’anspes- étalés. Ce mot est spécialement appliqué par Meyer
sades est une corruption de l’italien lande spezzate, â l’inflorescence des joncs.
lances brisées ; on les nommait ainsi parce que, quand ANTHELMINTIQUES [d’anti, contre, et helmins,
un gentilhomme sortait de la cavalerie pour venir ver) , remèdes contre les vers. Voy. vermifuges.
servir dans l’infanterie , il brisait sa lance pour la ANTHEMIDÉES, sous-tribu des Sénéciouidées, de
-accourcir. la famille des Composées, renferme les genres An-
ANTAGONISTE (du grec anti contre, agonizo- thémis oo. Camomille, genre type , iliarafa , Le-
mai, lutter), qui agit en sens opposé. En Anatomie, pidophorum, Ptarniica , Achillea, Diotis , San-
ou nomme muscles antagonistes des muscles atta- tolina, Lasiospermum Xanthocephalum, Leucan-
,

chés à la même partie et agissant en sens contraire. themum, Matricaria, Pyrethrum, Chrysanthemum,
Il n’y a pas de muscle qui n’ait scs antagonistes. Cotula, Aromia, Cenia, Athanasia, Eriocladium,
— En Physiologie , on appelle antagonisme l’oppo- Artemisia, Tanacetum, Abrotanella, Hippia, Erio-
sition qui existe entre certains organes ou certaines cephalus.
fonctions, comme entre le cerveau et l’estomac, ANTHÉMIS (mot grec qui signifie petite fleur,
entre le système nerveux et le système musculaire. fleuron).Voy. camomille et curïsanthéme.
ANTARCTIQUE (du grec an O', contre, à l’op- ANTHÈRE (du grec anthéros, fleuri , dérivé lui-
posite , et arctos ourse , constellation boréale ) , se même d’anthos, fleur). On nomme ainsi dans les
dit du pôle méridional et du cercle qui l’entoure fleurs un petit sac membraneux de couleur jaune ,
par opposition au pôle boréal ou arctique et au violette ou rougeâtre, de forme le plus souvent
cercle polaire arctique. Voy. pôle et cercles. ovoïde, placé au sommet du filet de Vétamine, et qui
ANTARES, étoile de première grandeur située renferme la poussière fécondante ou pollen. L’an-
au cœur du Scorpion. Voy. scorpion. thère se compose de deux poches (quelquefois quatre,
antécédent (de cedere ante, passée devant). et même davantage) unies entre elles ou séparées par
En Arithmétique ce mot désigne le et le 3« terme un corps nommé connectif. Leur disposition varie
d’une proportion le 2« et le 4« terme sont dits
: beaucoup. L’anthère ne s’ouvre qu’à l’époque de
conséquents. — En Logique, c’est la If® des deux l’entier épanouissement de la fleur. Le nombre la
propositions dont se compose un enthymème. — forme et la disposition des anthères ont fourni
,
aux
En Grammaire , c’est le nom ou pronom qui pré- auteurs de classifications de bons caractères botani-
cède le relatif qui , lequel, et lui impose son genre ques. —Le mot même d’anthère entre dans plusieurs
et son nombre. Dans cette phrase : Dieu qui nous dénominations , comme celle de Synanthérées.
gouverne. Dieu est l’antécédent du relatif qui. ANTHERIG (du grec anthéricos, plante qu’on croit
ANTÉDILUVIEN, tout ce qui a existé avant le la même que l’Asphodèle) , Phalangium. genre de Li-
déluge. Les savants appliquent spécialement ce nom liacées renfermant un grand nombre d’espèces her-
aux animaux , aux plantes et aux divers corps or- bacées, indigènes dans les parties chaudes d’Europe,
ganiques que l’on suppose antérieurs au déluge , d’Asie, au Cap, à la Nouvelle-Hollande, est le type
dont les races ou les espèces se sont peidues : tels de la tribu desAnthéricées de Linné racines fasci-
:

sont les Mastodontes , \cs Anoplothériums etc. Ces culées-fibreuscs feuilles radicales filiformes fleurs
débris et ceux d’autres animaux encore existants ,
,

en grappes ou en panicules. — V. savon (Plante ,

à).
comme le rhinocéros, l’éléphant, etc., se trouvent ANTHERICEES, tribu des Asphodélées, renferme
en grand nombre dans le sein de la terre [Voy. les genres Anthericum (genre typio) , Asphndelus
fossiles). — Les géologues donnent le nom d’anté- Ilemerocallis, Stypandra, Cæsia, Tricoryne.
diluviennes aux formations alluviales qu’on sup- ANTHERIDIE (diminutif d’anï/ière). Voy. mousses.
pose avoir précédé le déluge. AN'THÈSE ( du grec anthésis, floraison ) , épa-
ANTEFIXE (du latin ante, devant, et fixus nouissement des fleurs. L’anthèse est soumise à Tin-
fixé) , ornement employé dans l’architecture des fluence du climat, de la chaleur, de la lumière,
anciens, avait ordinairement la forme d’une pal- de la température, des saisons, et même de l’heure.
mette ou d’une tète de lion, et s’appliquait au bord ANTHIAS, nom grec d’un poisson de la Méditer-
des toits couverts de tuiles creuses pour en masquer ranée, le même que le Barbier ou Serran. V. serran.
les vides. Les anciens coloraient souvent les anté- ANTHOLOGIE (du grec nnlhos, fleur, et /éÿd,
Qxes des plus vives couleurs. choisir; choix de fleurs, bouquet) , se dit figuré-
ANTENNE (en latin antenna), vergue d’une ga- ment d’un recueil de petites pièces de vers choisies.
lère et autres bâtiments gréés en voiles latines. Les On a fait des recueils de ce genre dans toutes les
antennes sont longues , formées de plusieurs pièces nations lettrées : ainsi il y a des anthologies la-
d’assemblage ; par leur construction , comme par la tines, françaises, anglaises, arabes même; cependant
position qu’on leur donne, elles diffèrent beaucoup ce nom est resté plus spécialement attaché à un-re-
des vergues adaptées à nos voiles carrées. Le nom cueil de poésies grecques formé au xiv' siècle par Pla-
d’antenne est surtout usité dans la Méditerranée. nude. V. ANTHOLOGIE au Dict. d’Hist. et de Géogr.
ANTENNES (ainsi nommées à cause de leur ana- ANTHOZOAIRES [fleurs-plantes). Voy. polypes.
logie avec les antennes des navires) , vulgairement ANTHRACITE (du grec anthrax, charbon),
cornes, filets articulés, mobiles, rétractiles, com- vulgairement houille éclatante, charbon inconibus-
posés de petits cylindres creux , et pilacés entre les 0'6/e, substance noire, d’un éclat métalloïde, friable,
yeux des insectes et des crustacés. Elles varient à brûlant lentement et avec difficulté , sans répandre
l’infini, quant à leur forme et à leur nombre. On de fumée ni d’odeur. Ces derniers caractères la
, , , , , , , ,,

ANÏÜ — 74 ANTl
distinguent le la houille. L'anthracite est composé phes, surtout en Allemagne. Platner, qui publia
de carbone j le silice , do fer, avec traces d’hydro- sous ce titre un ouvrage célèbre (Leipzig, 1772)
gène et de matières terreuses. Ce minéral a les s’en sert pour désigner la psychologie ou la science
mêmes usages que la houille ; il produit une cha- qui traite de l’intelligence humaine , des facultés
leur intense , mais il est très-diilicile à allumer. qui distinguent particulièrement Thomme des au-
C'est avec l'anthracite pulvérisé, uni ù, de la houille tres animaux. Burdach entend par Anthropologie
et à une petite quantité d’argile, qu’on forme les Teiisemble des connaissances anatomiques, chimi-
bûches économiques, que l’on place au fond des ques , physiologiques et p:^fchologiques relatives à
cheminées pour entretenir le feu. On peut aussi le Thomme. Prise dans toute son étendue, l’Anthropo-
tailler comme le marbre et en faire des ornements logie est la science universelle de Thomme, soit qu’on
de cheminée. —
L'anthracite se rencontre le plus le considère comme un individu, dans sa structure,
souvent dans les terrains de sédiment; on le trouve dans sa composition et dans ses phénomènes physio-
ar couches. Les gîtes les plus considérables en logi(iues et intellectuels, soit qu’on Tétudie comme
rance sont ceux des bords de la Loire, entre Angers une espèce, présentant plusieurs races vivant en so-
et Nantes; ils se prolongent dans l’I Ile-et-Vilaine, ciété et se perfectionnant par la civilisation.
ainsi que dans la Mayenne et dans la Sarthe. ANTHROPOMORPHISME [à’ anthropos homme,
ANTHRAX (du grec anthrax, charbon), tumeur et morphè forme) , erreur de ceux qui attribuent
inflammatoire du tissu cellulaire sous-cutané et do à Dieu un corps humain. Cette erreur, qui paraît
la peau, très-dure et très-douloureuse , offrant à son naturelle aux peuples dans l’enfance , engendra
centre une escarre noire entourée d’un cercle rouge et Tidolàtrie dès les premiers temps ; elle fut également
luisant. On distingue deux espèces d’anthrax: loT.i4. professée dans les premiers siècles du christianisme
bénin ou furonculeux se terminant comme le Fu- par des hérétiques que combattirent S. Èpiphane
roncle par la formation et la chute d’un bourbil- Origène et S. Augustin. Tertullien semble pencher
lon; 2“ VA. malin o\\ pestilentiel plus connu sous vers cette erreur.
le nom de Charbon, tumeur essentiellement gan- ANTHROPOPHAGES (
d’anthropos homme ,
gi'éneuse et amenant une mort prompte si l’on ne se eiphugo, manger). L’anthropophagie parait avoir
hâte d’y remédier par V incision et la cautérisation. régné de tout temps chez les peuples barbares. Sans
— Lç traitement de V Anthrax bénin consiste d’a- rappeler les horribles festins de Tantale, de Ly-
bord dans l’application d’un grand nombre de sang- caon, de 'l'hyesle, si célèbres dans la Fable, sans
sues et de cataplasmes émollients, ensuite dans le parler de Polyphème et des Lestrygons, qui, au
débridement de la tumeur au moyen d’incisions cru- dire d'Homère , dévorèrent les compagnons d’U-
ciales; on expulse par des pressions méthodiques le lysse; les Scythes, les Germains, les Bohèmes, les
pus et les bourbillons détachés, et l’on panse avec Celtes , les Carthaginois , les Ethiopiens , furent an-
des plumasseaux de charpie enduits d’onguent dé- thropophages, au dire de Strabon et de Pline. Lors de
tersif, par-dessus lesquels on place un cataplasme la découverte de l’Amérique , on trouva l’anthropo-
émollient. —
Pour VA7ithrax malm, Voy. cuarbon. phagie établie chez les Caràibes des Antilles, chez
ANTHRAX. Les Entomologistes donnent ce nom à les peuples du nouveau continent , même dans les
un genre de mouches de Tordre des Diptères, fa- cminres civilisés du Mexique et du Pérou. Elle règne
mille des Tanystomes de Cuvier. Les Anthrax volent encore aujourd’hui parmi les sauvages de l’Améri-
avec une grande rapidité. On les voit souvent pla- que du nord, dans le centre de l’Afrique, surtout
ner au-dessus des fleurs, où ils restent longtemps chez les Jaguas ; en Asie , chez quelques peuplades
comme suspendus ,en imprimant à leurs ailes un de TInde , dans les îles de la Sonde , surtout à Su-
mouvement vibratoire. Leur ailes sont moitié opa- matra , chez les Battas , dans l’Australie , la Nou-
ques et moitié transparentes , et la partie opaque est velle-Zélande , la Polynésie. Toutefois on doit dire
ordinairement noire, d’où leur nom. que le plus souvent Thomme ne se nourrit de chair
ANTHRÈNE (du grec anthrénè, guêpe, frelon), humaine (jue quand il est pressé par la faim ou qu’il
genre de Coléoptères pentamères clavicornes, ayant veut assouvir sa vengeance ou satisfaire ses dieux ;
pour type VA. des musées; ils n’ontrien de coimnun les sauvages les plus féroces respectent ceux de leur
avec les guêpes, dont GeoU'roy leur a bien à tort tribu; ils ne dévorent que les ennemis pris à la
donné le nom. La larve des anthrènes fait beau- guerre ou les victimes offertes en sacrifice.
coup de tort aux collections d'histoire naturelle : ANTHUSINEES (du latin anthus, pipit), famille
on prévient leurs ravages par une grande propreté d’oiseaux. Vou. alacdidées et pipit.
et en fermant hermétiquement les armoires. Cet in- ANTHYLLIS, g.deLotées,analogiieauTrèfle, ren-
secte contrefait le mort quand on le touche. ferme des arbrisseaux à feuilles imparipennées, à sti-
ANTHROPOLITHE (du grec anthropos homme, pules adhérentes au pétiole, à fleurs terminales, en ca-
et lithos pierre) , nom donné à des ossements fos- pitule. L’A. vulneraria passe pour vulnéraire.
siles que Ton a cru être des ossements humains ou ANTI ,
mot grec qui signifie contre, entre
des hommes pétrifiés. On a beaucoup discuté sur dans la composition d’un grand nombre de mots et
ces débris , au moyen desquels on a voulu prouver exprime opposition : antijebrile, antinational, etc.
un premier eataclysme plus ancien que notre dé- ANTIAPHRODISIAQUÉ (du grec anti, contre,
luge; mais la plupart ont été reconnus pour être des aphroditè, Vénus), substances propres à amortir
restes de mammifères ou de reptiles. Jusqu’à présent l’appétit vénérien : Vagnus castus, le camphre, le
on n’a point trouvé de véritables ossements humains fiénuphar, ont été regardés comme tels.
dans les terrains les plus anciens ni même dans les ANTIARIS (du mot japonais antjar, nom de cette
terrains tertiaires de tous les étages. Il n’en a été plante) , plante de la famille des 'ürticées, particu-
trouvé que dans des roches de formation récente, lière à Tîle de Java. Une espèce, le boun-upas,
comme à la Guadeloupe ou dans les brèches osseuses nommée par les botanistes Antiaris toxicaria,
qui remplissent les fentes des rochers sur les côtes plante à écorce lisse , épaisse , blanchâtre , à
de laMéditerranée,commeàGibraltar, à Nice, à Cor- feuilles alternes , ovales , d’un vert pâle , produit un
fou, etc.; on a trouvé en 1837, dans les brèches osseu- poison extrêmement violent c’est un suc blanc on
:

ses de 1 lie de Candie, une portion de squelette humain jaunâtre , laiteux et visqueux ; les Javanais s’en
qui se voit au Muséum d'histoire naturelle de Paris. servent pour empoisonner leurs flèches.
ANTHROPOLOGIE (û’anthropos, homme, logos, ANTICHRESE (du grec anti, à la place de, et chrè-
discours) ,
nom vague donné à Tétude de l’homme sis, usage : échange) , contrat par lequel un débi-
soit physique, soit moral, a été indistinctement teur, en nantissement de sa dette, remet aucréancier
employé par les physiologistes et par les philoso- un immeuble avec la faculté d’en percevoir les fruité,
, , , , , ,

ANTI — 75 - ANTI
\ la charge d'imputer annuellement la valeur de ces se volatilise au rouge blanc et brûle au contact de
fruits sur les intérêts et ensuite sur le capital de Pair en répandant d’abondantes vapeurs blanches
lacréancc (Codeciv., art. 2071, 2072 et 2085). C’est d’oxyde d’ antimoine qui se condensent sur des
ce qu’on nommait mort-gage. Celui au profit de qui corps froids en petits cristaux blancs et brillants,
Vantichi'èse est consentie est appelé antichréiste. appelés autrefois fleurs ou neige d’antimoine. —
ANTICHTHONES [à'anti, en opposition ; c/tfAon Il se rencontre rarement dans la nature à l’état

terre), peuples qui habitent à deux points opposés métallique , état sous lequel on le nomme dans le
de la tei're , mais à égale latitude. Les saisons sont commerce régule d’antimoine', on l’extrait du sul-
renversées pour ces peuples. fure. Ce sulfure, que Ton nomme aussi stibine, anti-
ANTICIPATION. On nomme ainsi ,
en termes de moine cru, se trouve en masses fibreuses ou grenues,
Commerce, les avances sur consignation de mar- de couleur grise ; il fond à la seule flamme d’une
chandises , avances que les négociants sont dans l’u- bougie. Ou rencontre le sulfure d’antimoine dans les
sage de faire à leurs correspondants qui leur envoient terrains anciens en France, dans le Puy-de-Dôme,
:

des marchandises en commission, et leur adressent le Gard, TAriége et la Vendée; en Angleterre,


des cargaisons. Les anticipations sont ordinairement en Saxe, en Suède, au Hartz, en Hongrie, au
d’un tiers du montant de la facture. Mexique, en Sibérie, aux Indes orientales, à Mar-
ANTIDATE (du latin ante, avant, datus, donné), tabaii, au Pégu, à Bornéo, etc. On préparait au-
date* d’un acte antérieure à celle qu’il devrait réel- trefois avec ce sulfure une foule de médicaments
lement avoir. L’anO'ofaie peut, dans un acte public, destinés surtout à combattre les affections cutanées
constituer le' crime de faux , surtout lorsqu’elle tend chroniques, la syphilis, le rhumatisme, la goutte,etc.
ci porter préjudice à autrui elle est souvent une
: On le fait quelquefois encore entrer dans la pré-
cause de nullité. L’art. 139 du Code de commerce paration de certaines décoctions sudorifiques. Les
défend expressément d’antidater les ordres des bil- anciens chimistes donnaient le nom de crocus me-
lets ou lettres de change. Le législateur, en établis- tallorum (safran des métaux) et de verre d’anti-
sant la formalité de l’enregistrement, a pris de sages moine à 1 antimoine sulfuré plus ou moins grillé,
mesures contre l’antidate des actes. et contenant une certaine quantité d’oxyde d’an-
ANTIDOTE (dugrecanfirfo/ov, donné contre), L'om timoine.
donné aux substances propres à neutraliser les poisons L’antimoine forme avec l’oxygène trois combi-
et les venins, à les décomposer ou à se combiner avec l’oxyde d’antimoine, l’acide antimonieux
naisons :

eux pour former des produits inertes et inolfensifs : et l’acide ardimonique. En outre, il forme avec les
on emploie l’albumine contre le sublimé corrosif, le acides un grand nombre de sels : on sait que l’émé-
sel contre le nitrate d’argent, les acides contre les tique n’est qu’un tartrate d’antimoine et de potasse.
poisons alcalins, etc. Ces remèdes, pour produire un —
On reconnaît , en général , les combinaisons de
effet, doivent être administrés immédiatement après l’antimoine au sulfure orangé qui se précipite par
l’introduction du poison. — 11 ne peut exister d’anti- l’addition de l’hydrogène sulfuré à leur solution
dote universel : le remède varie nécessairement se- ainsi qu’aux taches caractéristiques qu’elles donnent
lon la nature du mal. C’est donc à l’occasion de avec l’appareil de Marsh.
1 article consacré à chaque poison
que l’on fera con- L’antimoine entre dans un grand nombre d’allia-
naître son antidote. Vog. poison. ges; il sert à donner aux métaux de la dureté et les
AN’TIENNE (abréviation à’untiphonè, répons), pa- rend cassants : c’est surtout avec Tétain, le plomb,
roles tirées des livres saints, originairement chantées le bismuth qu’on Tallie. Ces alliages servent à faire
à l’office par deux chœurs qui se répondaient alterna- des poteries d’étain , des ustensiles de ménage, sur-
tivement. Aujourd’hui, l’antienne est un chant ou un tout les belles théières anglaises en métal de la
récitatif qui précède ou suit les psaumes ou les can- reine, des couverts en métal d’Alger, des caractères
tiques ; quelquefois pourtant on les chante seules : d’imprimerie et les planches stéréotypes. Les usten-
c’est ce qui arrive dans les antiennes solennelles, siles formés de ces alliages sont très-brillants, mais
comme celles de commémoraison ou de procession. promptement et noircissent.
se ternissent
On choisit, en général, pour antiennes des passages On nomme quelquefois A. blanc, Toxyde d'anti-
courts tirés de l'Ecriture, qui conviennent à la fête moine; A. en plumes, un minéral composé de sul-
que Ton célèbre. — On donne aussi ce nom à quel- fure de plomb et de sulfure d’antimoine; beurre
ques prières en l’honneur de la Vierge, comme le d’ A., une combinaison de chlore et d’antimoine
Satve Regina, l’Alma Redemptoris mater, qui sont employée en médecine comme escarrotique , et qui
suivies d’un verset d’un répons et d’une oraison, sert dans l’industrie pour bronzer les métaux, surtout
ANTI-LAITEUX. Voy. lait. les canons de fusil ; A. diaphoi'étique une combinai-
ANTILOPE ( par corruption du nom à’antlio- son d’antimoine et de potasse qu’on prescrit comme
lops donné par Eustathe à un animal à longues sudorifKjue , etc.
cornes dentelées), genre de Mammifères ruminants, L’aut (moine ne fut connu comme métal que fort
de la famille des Tubicornes, qui se place entre les tard; c'est à Basile Valentin, moine. du xv" siècle,
cerfs et les chèvres. Les Antilopes se distinguent par qu’on en attribue la découverte. Cependant son prin-
leurs cornes ci'euses, entourant un noyau osseux; cipal composé , le sulfure, était fort anciennement
par leurs formes gracieuses, leur légèreté à la course, connu ; il est déjà mentionné par Hippocrate et Ga-
leur vue perçante , la finesse de leur ouie et de leur lien, qui l’employaient à l’extérieur, surtout dans les
odorat ; elles sont timides , paisibles , sociables , et collyres secs. Dioscoride le cite sous le nom de mimmi,
vivent ordinairement en troupes. On les trouve prin- Pline sous celui de stibium. Les alchimistes en
* cipalement dans l’Afrique centrale; cependant il en firent une étude approfondie; ils lui attribuaient
existe aussi plusieurs espèces en Asie ; on en a même des propriétés merveilleuses et lui donnaient le titre
ti'ouvé en Europe et en Amérique. On les divise en de régule ou petit roi ; ils découvrirent presque tous
plusieurs espèces [Gazelles, Bubales, Oryx, Acuticor- ses composés et en tirèrent des remèdes puissants,
nes, Strepsicères, Léiocères, Ramicères, Tseirans
)
dont quelques-uns donnèrent lieu à de vives discus-
dont les caractères sont peu tranchés ot sur lesquelles sions [Voy. ANTIMONIAUX et émétiûue).
les naturalistes ne sont pas d’accord. L’Isar des Quant à l’origine du nom, on conte que le moine
Pyrénées, ou Chamois, est une variété d’Antilope. Basile Valentin ayant remarqué l’action purgative
ANTUVIOINE, Antimonium, Stibium, métal d’un exercée sur des animaux par une préparation d’anti-
blanc bleuâtre brillant, lamelleux, se rapprochant moine qu’ils avaient avalée par hasard, imagina de
J
beaucoup de 1 arsenic , avec lequel il est souvent s’en servir également pour traiter ses confrères, mais
Ottélé, d’une densité d’en v. 6,75,. se fond â env. 480", que tous en moururent; c’est de là, dit-on, que serait
, , , , , ,

ANTI — 76 — ANTI
venu nom à’antimoine, c.-à-d. contraire ans. moi-
le nisme ingénieux qui s’adapte à un orgue, à un har-
nes. D’autres dérivent ce nom de ce que pendant long- monium ou à un piano, et exécute sur ces instru-
temps on a cru que ce métal ne se trouvait yamaii seul ments mêmes, au moyen d’une manivelle ou d’un
dans la nature [anti monos opposé à la solitude). levier, les airs les plus difficiles. Ce mécanisme se
ANIIMONIATES, sels formés par l’acide antimo- compose d’une boite oblongue, dont la partie supé-
nique et une base métallique. rieure est recouverte d’une plaque de métal percée
ANTIMONlAUXj classe de médicaments dont l’an- dans sa largeur d’une série de petites ouvertures
timoine est la base ou le principe actif. Les prin- très-rapprochées, laissant passage à des becs d’acier
cipaux sont X’éynttique le soufre doré et le ker- qui font saillie. Ces becs se prolongent à l'intérieur
mès, que les praticiens prescrivent contre les scro- de la boîte et correspondent avec chaque note de
fules , les maladies chroniques de la peau , celles des l’instrument. La musique est notée sur de petites
organes pulmonaires et des viscères abdominaux. planchettes de bois dans lesquelles sont implantées
Beaucoup d'antimoniaux sont des poisons irritants. des pointes de fer; on place ces planchettes sur l’ap-
ANTIMOISIEÜX (acide), combinaison de l’anti- pareil et on tourne la manivelle. Les pointes dont
moine avec l’oxygène, donnant avec les bases les celle-ci est armée rencontrant successivement en
antimonites. passant les becs d’acier en saillie, ceux-ci s’abais-
AISTIMOÎSIQUE (acide), combinaison de l’anti- sent et transmettent leurs mouvements aux touches.
moine avec l'oxygène , renfermant plus d’oxygène L’antiphonel a été inventé en 1846 par M. A. Dcbain.
que l’acide antimonieuxj c’est une poudre jaunitre, AN’TIPHRASE (du grec anti contre, et phrazô,
rougissant le tournesol , soluble dans l’acide cblor- parler), figure de Rhétorique par laquelle on em-
hj'drique et la potasse. Elle donne avec les bases ploie une locution, une phrase, dans un sens con-
Ipç nnfimnYtintpç traire à sa signification ordinaire et à la pensée
ANTIMONITES, sels formés par l’acide antimo- même de celui qui parle ; il s’y mêle un certain degré
nieux et une base métallique. d’ironie. C’est par antiphrase que les Crées nom-
ANTIMONIURES, combinaisons de l’antimoine maient les Furies Euménides, c.-à-d. bienveillantes,
avec un autre métal. On rencontre plusieurs antimo- la merNoirePonfM Euxinus, ou mer Hospitalière
niuresdans la nature, notamment Tantimoniure d'ar- que Ton donna à deux des Ptolémées, qui avaient fait
gent (discrase), de plomb {plomb antirnonié) , etc, périr les auteurs de leurs jours, les surnoms de Phi-
ANTINOMIE (du grec a?iti, en opposition, et no- lopator, Philométor (qui aime son père, sa mère).
mos loi). On nomme ainsi en Philosophie la con- ANTIPODES (du grec anti, contre, etpous, po-
tradiction qui existe entre des principes qui pa- dos, pied), se dit et des points diamétralement op-
raissent également vrais. Kant s’est plu, dans sa posés du globe terrestre, et des êtres qui habitent
Critique de la raison pure à rassembler les anti- les contrées placées dans cette situation. Les pays
nomies qui s’olfrcnt à notre esprit; c’est ainsi que qui sont sur des parallèles à Téquateur, à égal éloi-
Ton peut essayer de soutenir à la fois que le monde est gnement de ce cercle et aux extrémités d’un même
éternel, ou qu’il a eu un commencement; qu’il est diamètre, les uns au midi, les autres au nord, enfin
infini ou qu’il doit avoir des bornes; que la matière qui ont le même méridien et qui sont sous ce mé-
est divisible à l’infini ou que la divisibilité infinie ridien à la distance les uns des autres de 180®, c.-à-d.
est impossible; qu’il y a de la liberté dans le de la moitié du méridien , ces pays sont antipodes ;
monde , ou que tout est soumis à la fatalité ; que leurs habitants ont effectivement les pieds diamétra-
tout est contingent ou qu’il existe un être néces- lement opposés. Les antipodes de Paris sont dans le
saire. Kant en conclut à l’impuissance de la raison Grand-Océan, au Sud-Est de la Nouvelle-Zélande.
humaine. — On nomme aussi antinomies en Ju- Les antipodes éprouvent à peu près les mêmes de-
risprudence , les contradictions qui existent entre grés de chaleur et de froid, et ont des jours et des
deux lois ou deux dispositions d’une même loi. nuits d’une égale longueur, mais en des temps op-
ANTlODüNTALGlQUES {à’anii, contre; odoiis, posés : ainsi, quand il est midi pour l’un des anti-
dent, et alqos, douleur), moyens propres à combat- podes, il est minuit pour l’autre; et lorsque pour
tre le mal de dents. Voy. de.nts et odontalgie. l’un les jours ont atteint leur plus grand accrois-
ANTIPAPE (de anti, contre, et pape\ nom donné sement, ils sont pour l’autre au point le plus court.
à ceux qui, à dilférentes époques, prirent le titre Les antipodes, aujourd'hni incontestés, ont été
de pape, en opposition au souverain pontife élu le sujet de nombreuses controverses chez les an-
canoniquement. Us sont sortis, les uns des rivalités ciens : Lactance se moque de ceux qui croyaient aux
intérieures de l'Eglise , les autres de l’influence de antipodes; saint Augustin combat aussi leur exi-
la politique, surtout de l’intervention des empereurs stence ; le pape Zacharie censura le prêtre 'Virgile
d’Allemagne dans les affaires d'Italie. On en compte pour avoir soutenu une opinion analogue. L'incrédu-
28 du me au xve siècle. Fby. leurs noms dans la lité générale qui régnait à Tégard des antipodes est
liste des papes, au Dict. univ. d’Hist. et de Géoyr. un des plus grands obstacles qu'ait rencontrés Chris-
ANTll’HLOGISTlQUE (du grec anti, contre, et tophe Colomb pour faire approuver son projet de
phlox,phlogos, inflammation), se dit du traitement voyage. Le succès de ce voyage commença la dé-
et des médicaments propres à combattre l'inflamma- monstration des antipodes; elle fut complétée par
tion. Le traitement antiphlogistique, recommandé la navigation de Magellan autour du monde.
surtout par l’école de Broussais, consiste dans l’emploi ANTIPYRETIQUÉS (du grec pyrétos, fièvre).
des saignées générales ou locales, des boissons aqueu- Voy. fébrifuges.
ses ou amylacées, mucilagineuscs ou acidulés, selon ANTIQUAIRE, savant qui s’occupe de l’élude des
les circonstances, des bains tièdes, des applications monuments et des objets antiques ; on dit de pré-
émollientes et de l’abstinence. férence aujourd'hui Archéologue. On ne donne plus
On a aussi appliqué Tépithète à’antiphlogistique guère le nom d’antiquaires qu’à certains amateurs
à la chimie de Lavoisier, parce qu’elle combattait qui , le plus souvent sans études préparatoires, font
la doctrine du phlogistique de Stahl. des collections de fragments, de médailles, de mon-
ANTIPHONAIRE (du grec antiphonè, antienne), naies, d’objets de tout genre, antiques, ou qu’on leur
livre d’église contenant le chant des Matines , des vend pour tels. — Il s’est formé en France et à
Laudes et autres heures, et offrant en même temps l’étranger plusieurs sociétés qui se livrent à l’étude,
les répons et les versets, le tout noté en plain-chant. à la collection et à la conservation des objets anti-
Le pape Grégoire le Grand passe pour être le pre- ques, surtout des monuments nationaux la plus an-
:

mier auteur de ces recueils. cienne est celle de Londres, qui date de 1572; la So-
ANT.tPUONEL {d’anti, eiphonè, voix), méca- ciété des Antiquaires de France^ fondée en 1805 sous
; — , , ,

ANTI 77 — AORl
le titre d’Académie celtique, a rendu de grands ser- putréfaction). On a proposé comme tels des remèdes
\ices. Voy. ANiiauiTés , archéologie. fort divers ; les véritables antiseptiques sont pris
ANTl(^UES. On comprend sous ce nom les mé- dans la classe des acides , des astringents , des toni-
temps anciens qui nous sont
dailles et statues des ques, des stimulants. La potion antiseptique con-
parvenues; il y a au Louvre une Salle des anti- tient de la serpentaire de Yirginie, du sirop de
ques qui renferme d'immenses richesses. M. de Cla- quinquina, de la teinture alcoolique de quinquina,
rac ,
qui fut conservateur du Musée après Yisconti, du camphre , de l’acétate d ammoniaque liquide.
en a donné un bon catalogue. On lui doit, en outre, ANTISPASMODIQUES, remèdes propres à com-
le Musée de la sculpture antique (1827, etc.). Les battre les spasmes à ramener à l’état nor-
c.-à-d.
savants modernes qui ont écrit avec le plus de goût mal la sensibilité des muscles et des nerfs trop ir-
sur les Antiques sont ; Yisconti, Winckelmann rités, et à combattre les convulsions : tels sont les
Wollf, Heyne , Bouterweek , Boettiger. gommes-résines fétides, le musc, l’ambre gris, le
ANTIQUITÉS. L’étude dés antiquités embrasse camphre et toutes les plantes qui, comme les sau-
tout ce qui concerne les temps anciens institutions,
: ges, les menthes, les mélisses, etc., contiennent
croyances , usages , arts , monuments , tels que tem- du camphre. Les eaux distillées de lis, de muguet,
ples,
édifices publics , tombeaux , sculptures , pein- de fleurs d’oranger, les éthers et les teintures éthé-
tures, pierres gravées, ustensiles, inscriptions, etc. rées, sont aussi antispasmodiques. La potion an-
Elle a été l’objet de travaux immenses , parmi les- tispasmodique du Codex se compose de sirop de
quels on remarque les Trésors d’ Antiquités sacrées
; fleur d’oranger, d'eau distillée de fleurs de tilleul et
d’ügliolini ,
grecques de Gronovius,
à' Antiquités d’oranger, d’éther sulfurique.
à' Antiquités romaines de Grævius
,
Sallengre , Pa- ANTISPASTIQUE. Ce mot s’emploie comme syno-
lini; les ouvrages de Potter, Lambert Bos, Ilaver- nyme d’antispasmodique, et a la même étymologie.
eamp, relatifs à la Grèce; de Rosini, Nieuport, ANTISTROPHE (du grec antistréphô, se retour-
Pitiscus , Maternus, Heyne, relatifs à Rome ; de Mu- ner), 2v partie des stances dans la poésie lyrique des
ratori sur l’Italie au moyen âge; les recherches de anciens Grecs. On la nommait ainsi , parce qu’après
Grupeii , Hcineccius, Hummel, sur les Antiquités avoir chanté la strophe en marchant dans uii sens, le
teutoniques de J. Martin, La Sauvagère , sur les chœur chantait l’antistrophe en revenant sur scs pas.
Antiquités gauloises ; de AY. Baxter sur les Antiqui- ANTITHESE (du grec antithésis, opposition) ,
fi-
tés britanniques j ceux d’A. Lenoir et de Dusomme- gure de style qui oppose les pensées aux pensées ^ les
rard sur les anciens monuments français. Les An- mots aux mots. Ce vers de Corneille au sujet d Au-
tiquités grecques de Robinson, et les Antiquit.rom. guste offre un bel exemple d’antithèse

d’Adam sont des livres classiques. V. archéologie, £l iDOQlé sur le faite, il aspire à desceudre.
:

ANTIRRHINÉES , tribu de la famille des Scro-


fulariées , renferme les genres Antirrhinum ( genre Ou trouve une piquante antithèse dans l’épigramme
type), Linaria, Galuesia. Maurandia , Lophosper- d’Ausone sur üidon , que l’on a ainsi traduite

mum, Rhododtitun. \J Antirrhinum est appelé vul- Pauvre Didoo où Ta réduite
,

De tes mdris le triste sort?


gairement i/M/her, Èlufledeveau owGueule-de-loup.
I/im en mourant cause la fuite.
ANTISCIENS (À'anti, en opposition, skia, om- L'autre en .fuyant cause ta mort.
bre) , peuples dont les ombres ont à midi des direc-
L’antithèse plaît infiniment par le contraste
tions contraires ce sont les peuples situés sous la
:
qu’elle présente à l'esprit; mais il est facile d’en
même longitude et ayant une latitude égale les
, abuser. On a justement blâmé cette antithèse que
uns au-dessus et les autres au-dessous de l'équa-
teur. Les uns et les autres voient passer le soleil
Racine met dans la bouche de Pyrrhus :

au méridien dans le même instant, mais ceux-ci Bj-ûlé de plus de feux que je n’en allumai.

dans la saison d’été, ceux-là dans la saison d'hiver; ANTONOMASE (du grec anti, eu place de, et
s’ils regardent le soleil à midi, ils se trouveront
en onoma, nom; échange de nom) ,
figure de Rhétori-
face l’un de l'autre, et leurs ombres seront opposées.
que dans laquelle on emploie le nom commun pour
ANTISCORBUTIQUES, substances propres à com- le nom propre (le Sage, le Roi prophète, \’ Apôtre,
battre le scorbut : telles sont les racines du raifort,
V Orateur romain, pour Salomon , David, S. Paul
les feuilles du cochléaria du cresson , et un grand
, Cicéi'on) , ou le nom propre pour le nom commun :
nombre de plantes crucifères. Les sucs antiscorbu-
tiques sont obtenus , selon le Codex par expression Du Auguste aisément peut faire des Virgiles.
,
de parties égales de feuilles de cochléaria de cres- ANTOFLE du grec anthopihylle),
(par corruption
son et de trèfle d’eau. — ,
Ou prépare le vin anti- fruit du giroflier, charnu, noir, aromatique, de
scorbutique en mettant macérer pendant huit jours forme ovo'ide, analogue à l’olive, fournit une huile
dans une bouteille de vin blanc, en quantités déter- essentielle très-répandue et sert à faire des confitures
minées, de la racine fraîche de raifort sauvage très-agréables. Vog. giroflier et clou de girofle.
coupée menu, des feuilles fraîches de cochléarîa, ANUS (mot latin de même signification) orifice
,
de trèfle d’eau, des graînes de moutarde noîrc con- du rectum, situé à 3 centimètres environ au-devant
tuses , et du scî ammonîae. —
Les feuilîes fi aîciies du coccyx , est fermé par un anneau musculeux
de cochléarîa , de trèfle d’eau de cresson de fun- nommé sphincter de l’anus, qui, en partie sou-
,
taîne , la racine de raifort sauvage les oranges mis à l’empire de la volonté, permet ou empêche
,
amères et la cannelle sont, avec le vin blanc et le la sortie des matières contenues dans l’intestin. —
sucre, les éléments du sirop) antiscorbutique. On nomme anus artificiel une ouverture faite par
ANTISCROFULEUX, remèdes propres à combattre l’art pour suppléer à l’anus naturel on y a recours :

les scrofules. Les pilules antiscrofuleuses sont com- lorsqu’il y a imperforation du rectum ou absence de
posées de scamrnonée et sulfure de mercure noir, cet intestin. —
L’a/mv est dit contre nature lorsque,
oxyde d’antimoine blanc, cloportes préparés et savon au lieu de se trouver à l’endroit ordinaire , il s’ouvre
amygdalin, avec sirop des cinq racines X’élixir anti- à 1 ombilic ou dans toute autre région. Les chirur-
;
scrofuleux, de racine de gentiane carbonate d’am- giens établissent artificiellement un anus contre
,
moniaque, alcool à 5G° cent. Si l’on remplace le car- nature dans certaines lésions de l’extrémité infé-
bonate d ammoniaque par trois gros de carbonate de rieure du canal Jntestinal. L’anus peut être le siège
soude, on a Vélixir antiscrofuleux de Pegrilhe . de plusieurs affections plus ou moins graves, telles
Aujourd hui on emploie surtout comme autiscrofu- que fistules, ulcères, hémorroïdes, etc.
leux les préparations d’iode, AORISTE(du grec a priv., et oristos, défini) , un
ANTISEPTIQUES (du grec anti, contre, eisepsis. des temps passés des verbes grecs, exprime tantôt
. , ; ,,

APAT 78 — aphi
une action d’habitude, tantôt une action faite à une recommandaient également Y apathie (qu’ils nom-
époque déterminée; il est alors analogue à notre maient aussi ataraxie, imperturbabilité), comme
prétérit déünii 11 semble que dans ce dernier cas le souverain bien , comme le but de la sagesse.
il
y ait contradiction entre la fonction de l’aoriste et APATITE (du grec apataô, tromper), chaux phos-
le nom de ce temps; mais on peut dire que l’aoriste phatée naturelle, se rencontre en petits filons dans le
est par lui seul indéterminé, et qu’il ne devient défini granit, en masses vertes ou jaunes, cristallines ou con-
qu’au moyen des adverbes de temps qu’on y joint. Il crétionnées; c’est la plus dure des substances cal-
!«'' et 2e, qui caires. Sa transparence l’avait d’abord fait prendre
y a en grec deux aoristes qu’on appelle
diffèrent par la forme plutôt que par lo sens ; le 1er pour une pierre précieuse de là son nom. Les va-
:

dérive du futur premier, le 2® du futur second. riétés en sont nombreuses. Celle qui est transparente
AORTE (mot grec de même signification), dite a été nommée Béryl de Saxe ou Augustite celle qui
aussi grande artère, vaisseau dorsal, principale est en cristaux bleuâtres, ii/oroa;üïe; celle quiestver-
artère du corps destinée à porter le sang rouge dans dâtre, Pierre d’asperge ; celle qui est pulvérulente.
tous les organes. Elle part du ventricule gauche du Terre de marmarosch; la variété blanche et ter-
cœur, s’élève d’abord un peu au-dessus, et se recourbe reuse, Phosphorite, parce que sa poussière embrasée
ensuite pour descendre jusqu’au bassin : cette cour- devient phosphorescente. Il y a encore des apatites
bure se nomme crosse de l’aorte', elle varie, selon violettes, rouges, jaunâtres, vert foncé, lami-
les animaux , d’étendue , de formes et de disposition. naires, lamellaires , granulaires foreuses, com-
,

Quelques animaux, comme la sèche, ont deux aortes. pactes, etc. Les plus belles se trouvent en Saxe, en
— L’aorte peut être le siège do maladies graves; la Bohême , en Suisse et en Espagne.
plus commune est Tanévrisme. L’inflammation de APEPSIE (du grec a priv., et peptô, cuire, digé-
l’aorte prend le nom à’ aortite. A Cooper et M. James rer) défaut de digestion , mauvaise digestion ; état
,
ont tenté sans succès la ligature de Taorte dans des maladif qui empêche que l’aliment pris ne fournisse
cas d’anévrisme désespérés. Toutefois la même ex- le chyle qui sert à la formation du sang et à la nour-
périence faite sur des animaux a réussi à Cooper lui- riture du corps. Ce terme est aujourd'hui peu usité;
même, à Béclard et à plusieurs autres chirurgiens. on dit plutôt dyspepsie.
AOUT (par corruption à’augustus). Ce mois se APERCEPTION , mot créé par Leibnitz et que ce
nommait d’abord jrexfi/is, parce qu’il était le sixième philosophe oppose h perception. «La perception,
de Tannée de Romulus, qui n’était que de dix mois. selon lui , c’est l’état intérieur de la monade repré-
Il devint le huitième de Tannée de Numa, qui ajouta sentant les choses externes, et ï’ aperception est la
deux mois à celle de Romulus mais il n’en conserva
; conscience ou la connaissance réflexive de cet état in-
pas moins son nom primitif de sextilis jusqu’à Au- térieur, laquelle n’est pas donnée à toutes les âmes. »
guste : cet empereur lui donna le sien en Tlionneur APEREA, espèce type du genre Cobaye. Voy. ce mot.
des victoires qu’il avait remportées pendant ce mois APÉRITIF (du latin aperire, ouvrir, quî ouvre le
l’an 8 avant J.-C. —Ce mois étant dans nos cli- passage ) , substances propres à rétablir la liberté
mats celui où mûrissent les blés et la plupart des dans les voies digestives, biliaires, urinaires, etc. ;
fruits, on prend souvent le mot d’août pour la mois- tels sont les sels purgatifs employés à petites doses ,
son et la récolte mêmes. De là aussi l’expression les racines d’ache , de fenouil , de persil , d’asperge
aoùter pour mûrir. —
Le mois d’août a 31 jours. de petit houx. Les racines de capillaire , de chien-
APAGOGIE (du grec apo, de,etag'<5, conduire; dent, de chardon-roland, d’arrête-bœuf et de fraisier,
déduire) , méthode de raisonnement qui sert à prou- les substances toniques amères (la scorsonère , le
ver la vérité d’une proposition en démontrant Tab- pissenlit , la chicorée et autres plantes de la même
surdité d’une proposition contraire : c’est ce qu’on famille), et divers ferrugineux (les oxydes et sels de
nomme aussi Deductio ad absurdum. fer, et les eaux minérales ferrugineuses) , ont la
APANAGE (du bas latin apanare, approvisionner même propriété , mais à un moindre degré : ce qui
de pain, doter), espèce de dot, en terres ou en re- les fait nommer apéritifs mineurs.
venus , que Ton donne awx princes d’une maison ré- APÉTALES (d’a priv., et pétalon, pétale). On
gnante , pour qu’ils puissent vivre d’une manière donne celte épithète aux fleurs dépourvues de pé-
conforme à leur rang. L’apanage n’est en usage que tales, et par conséquent de corolles, comme les Gra-
depuis les rois de la 3e race ; il remplaça les partages minées et les Amarantacées. Tournefort avait donné
de territoire qui avaient été si funestes aux deux ce nom à une de ses classes.
premières dynasties. La législation des apanages en APHÉLIE (du grec apo, loin, et hélios, soleil)
France s’est fixée lentement : de Hugues Capet jus- point de l’orbite d’une planète où elle se trouve à
qu’à la fin du règne de Philippe-Auguste , les fils de sa plus grande distance du soleil. On l’oppose à pé-
France reçoivent certains domaines en toute pro- rihélie, point de l’orbite où la planète se trouve à
priété; le roi ne se réserve que la suzeraineté. A sa plus petite distance du soleil. Le soleil occupant
partir de Louis VIU on stipule la condition du re- un des foyers de l’ellipse parcourue parles planètes,
tour à défaut d’hoirs. Sous Philippe le Bel , les le point de l’ellipse le plus éloigné do cet astre et le
collatéraux sont exclus , ainsi que les filles, du droit point le plus rapproché sont les deux extrémités de
à l’apanage territorial qui est remplacé pour les la droite qui passe par les foyers cette ligne est
:

filles par une dot en espèces. Charles IX fixa par une dite grand axe ou ligne des absides. Voy. absides.
ordonnance de 1566 la législation sur ce point , et’ APHÉRÈSE (du grec aphairésis, retranchement),
cet état de choses subsista jusqu’en 1790. La consti- figure grammaticale par laquelle on retranche une
tution de cette époque assurait aux princes des syllabe ou une lettre au commencement d’un mot,
rentes apanagères au moment de leur mariage. Des à la différence de l’apocope qui s’exerce sur la fin
dispositions semblables furent proposées sous Louis- du mot. LasI j’ai tant souffert! pour Hélas 1 Lors,
Philippe en faveur des princes de la famille royale ; ouvrant Tœil, pour A /ors. L’aphérèse n’a lieu que
adoptées sans difficulté pour le prince royal (duc rarement en français.
d’Orléans) , elles furent rejetées à Tégard du duc APHIDIENS (du grec aphis, puceron ), famiile
de Nemours (1840). On doit à M. Dupin aîné un de Tordre des Hémiptères, section des Homoptères
Traité des apanages (1817 et 1835). établie par Latreille, a pour type le genre Puceron.
APATHIE (d’a priv. , et pathos, passion) , exemp- Ces petits insectes, ordinairement mous , vivent sur
tion de trouble. Les Stoïciens entendaient par ce les végétaux , dont ils pompent les sucs au moyen
mot l’anéantissement des passions par la raison, de leur trompe. On nomme Aphidiphages une fa-
insensibilité volontaire qui est le triomphe de la mille de Coléoptères qui vivent de ces insectes :
liberté et Tapanage du vrai sage.— Les Pyrrhoniens tels sont les Coccinelles, les Hémérobes.
,. , ,

APHT — 79 APOG
APHONIE (du grec a priv.,etp7iO>î^, son , voix), APHYE (du grec aphyè, loche), petit poisson de
privation de la voix , état dans lequel le malade ne la Méditerranée du genre des Gobies. —
Ce nom est
peut produire aucun son. L'aphonie diffère de l'ea;- quelquefois synonyme de fretin, et dans ce cas il
tinction de voix, dans laquelle des sons^ même ar- s’appliqiie également aux goujons aux surmulets et
,
ticulés, mais extrêmement faibles, se font entendre. même à l’anchois.
L'aphonie résulte naturellement des lésions affec- API (d’appianim malum, pomme d’Appius , Ro-
tant les organes vocaux , telles que l’inflammation main qui , au rapport de Pline , obtint ces pommes
aiguë ou chronique de la membrane muqueuse du par la greffe) , nom vulgaire d’une variété de Pom-
larynx et des autres parties des voies aériennes , la mier dont le fruit est assez estimé. La pomme d’api
bronchite et l’angine gutturale , le croup , l’œdème est petite
,
d’un rouge vif d’un côté , blanche de
de la glotte, la phthisie laryngée, les ulcères sy- l’autre; la peau est très-fine; la chair est blanche
,
philitiques; elle reconnaît aussi pour cause l’action ferme at croquant sousladent, l’eau douce et sucrée.
subite dn froid, les efforts de chant, de déclamation, APIAIRES (d’apis abeille ), tribu d’insectes Hy-
les cris répétés, la frayeur, la colère, l’ivresse, cer- ménoptères mellifères , section des Porte-aiguillons.
taines névroses, etc. —
Le traitement varie d’après Les Apiaires se distinguent des autres Hyménoptères
les causes. Les gargarismes émollients , l’eau d’orge par l’allongement de leur mâchoire , de leurs palpes
miellée, la décoction des quatre fruits pectoraux, et de leurs lèvres qui forment une espèce de trompe
l’inspiration de vapeurs émollientes et sédatives, les et par la forme déliée de leur languette ordinaire-
,
cataplasmes autour du cou, les sangsues et ventouses ment terminée en une pointe qui est souvent velue
scarifiées au cou, à la nuque, les pédiluves sinapisés, ou soyeuse; elles ont la tête triangulaire, verticale.
les frictions avec la pommade stibiée sur la région Elles volent avec rapidité de fleur en fleur pour re-
du larynx , les vésicatoires et sétons à la nuque , cueillir le miel. Cette tribu se divise en deux classes :
l’insufflation d’alun dans la gorge et les gargarismes les A. solitaires ou parasites et les A. sociales',
aluminés, les purgatifs, la cautérisation de la mu- les Abeilles proprement dites (apes) sont un des
queuse laryngée avec une solution de nitrate d’ar- genres principaux de cette tribu, d‘>nt elles forment
gent, sont les moyens le plus souvent prescrits. le type et à laquelle elles donnent leur nom.
APHORISME (du grec aphorizô, définir), défini- APICULTURE (d’apis, abeille, cultura, culture),
tion ou sentence dans laquelle on présente briève- partie de l’Agronomie qui traite de l’éducation des
ment ce qu’il y a de plus important à savoir sur une abeilles, a été surtoutcultivéeenAllemagne. On doità
chose les aphorismes doivent renfermer en peu de
: P. de Beauvois et à M. de Frarière de bons Tr. d’A.
mots beaucoup de sens. Cette forme convient surtout M. Lombard a fait avec succès des cours sur ce sujet.
aux sciences : on connaît en Médecine les Apho~ APlüN (du grec apion, poire, sans doute â cause
rismes d’Hippocrate , de l’école de Salerne , de de leur forme), genre de Coléoptères tétramères,
Boerhaave; en Droit, ceux de Godefroy; en Poli- de la grande famille des Curculionites. Ces insectes,
tique, ceux de Harrington. Le Novum organum de de fort petite taille (4 à 5 millim.), font, à l’état de
Bacon est aussi écrit en aphorismes. larve , de grands ravages dans les récoltes'de grain.
APHRODISIA(îl]ES (du grec Aphrodite, Vénus) APIUM, nom latin et botanique de l’.4c/ie.
remèdes propres à rétablir les forces des organes re- APLATISSOIR, instrument qui, dans les forges,
producteurs. Les substances aromatiques, stimulantes sert à aplatir et étendre les barres de fer, se com-
ou toniques, telles que les truffes, les champignons, pose de cylindres de fer qu'on tient approchés ou
les baumes, le musc, le safran surtout les cantha-
,
éloignés à discrétion , et entre lesquels la barre de
rides , phosphore,
le passent pour avoir cette vertu ; fer, entraînée par le mouvement que font ces cy-
mais , lors même qu’il ne serait pas immoral de re- lindres sur eux-mêmes , est allongée et aplatie.
courir à de tels moyens, il ne faudrait en user qu’a- A-PLOMB (fil-). Voy. fil-a-plomb.
vec la plus grande circonspection ; car leur abus peut APLUSTRE (du lat. aplustrum, esp. de girouette),
amener les maladies les plus graves , mêm.e la mort. ornement en forme de girouette garnie de banderoles,
APHRODITES (du grec Aphrodite, Vénus), fa- qui se plaçait au haut de la poupe des navires. C’é-
mille d’Annélides errantes ; tête distincte munie tait, dans la Sculpture, un des attributs de Neptune.
d(antennes, trompes armées de quatre mâchoires; APLYSIE (du grec aplysia, saleté, à cause de
pieds très-développés , inégaux, et alternes dans la son odeur nauséabonde), genre de Mollusques gas-
plus grande longueur du corps. Le type de cette fa- téropodes voisin des Limaces, au corps charnu,
mUle est Y A. hérissée, qu’on trouve sur nos côtes, oblong, allongé ou arrondi, bombé en dessus, plat
et qui se fait remarquer par ses brillantes couleurs. en dessous , sans coquille. On les trouve sur presque
APHTHES (en grec aphtha, du verbe aptéin, toutes les côtes; elles habitent les plages peu pro-
enflammer), petites ulcérations blanchâtres et brû- fondes, vaseuses ou sableuses. Les pteheurs leur
lantes qui se développent sur la membrane mu- attribuent des qualités malfaisantes : elles rejettent,
queuse de la bouche ou du tube digestif, et se ter- en effet, lorsqu’on cherche à les prendre, une li-
minent ordinairement par cicatrisation. Les aphthes queur infecte que l’on a prise pour un venin mor-
sont tantôt idiopathiques et iaxXbl symptomatiques tel et qui entrait, dit-on jadis dans les poisons des
,
On les observe à tous les âges de la vie , quelquefois Romains. Cuvier croit que cette liqueur, qui est rouge-
chez les nouveau-nés. Les aphthes simples et discrets foncé , n’est autre que la pourpre des anciens. Les
sont une indisposition légère qui cède promptement Aplysies ont reçu le nom vulgaire de Lièvres marins,
à la diète, aux boissons adoucissantes et relâchantes, sans doute à cause de leurs tentacules antérieures
comme l’eau d’orge, l’eau de veau, le petit kit, etc. qui sont très-longues, comme les oreilles du lièvre.
Dans l’aphthe confluent, il faut insister d’abord sur APOCOPE (du grec apocoptâ, couper), retran-
les collutoires adoucissants et calmants, comme la chement d’une lettre ou d’une syllabe à la fin d’un
décoction de guimauve , de pavot , de laitue , avec mot Tun%Vin’,Viden\ p. Tune, Visne, etc. Les poètes
:

addition de lait. On touchera les aphthes les plus français usent quelquefois de l’apocope '.je voi pour
douloureux avec du mucilage de pépins de coing, je vois; encor pour encore, etc. On dit par apocope
soit pur, soit additionné de quelques gouttes de lau- grand’mcre, grand’messe, etc.
danum. Aussitôt que les ulcérations seront peu dou- APOCRISIAIRE (du grec apocrisis, réponse), di-
loureuses, on emploiera les astringents et les exci- gnitaire du Bas-Empire , chargé de faire connaître
tants avec ménagement, les boissons acidulées, puis les décisions du souverain. Les apocrisiaires for-
les caustiques , le borate de soude
,
l’acide chlorhy- maient un corps d’officiers publics; leur chef portait
drique, l'alun, le nitrate d’argent : ce dernier le titre de grand apocrisiaire et remplissait les
moyen amène une prompte cicatrisation. fonctions de chancelier, garde du sceau. — On don-
, ,, ,, , ,

APOG — 80 — APON
nait aussi cerom à des ecclésiastiques députés par le d’une planète à la terre. Il répond au périhélie dos
pape près la cour de Constantinople ou de toute autre modernes. —
Les termes à’apogée et périgée ne
cour. —Sous la Ir® race de nos rois et même sous peuvent aujourd’hui s’appliquer proprement qu’aux
Charlemagne, on nommait ajweri'^iaiî-e l’officier ec- rapports de la lune et de la terre : Tapogée est le
clésiastique remplissant les fonctions désignées de- point où la lune est le plus éloignée de notre globe,
puis sous le titrede grand aumônier le périgée celui où elle en est le plus rapprochée.
APOCRYPHES (du grec apocryphes caché, tenu APOGON (d’a priv., et ;)oÿon, barbe), genre de
secret) , livres dont l’auteur est inconnu ou supposé poisson de la famille des Pcrco'ides , très-estimé des
et dont l’autorité est douteuse. Ces livres étaient anciens qui l’appelaient mulliis. Il n’a point de bar-
très-nombreux avant la découverte de l’imprimerie, billons,d’où son nom. Ha le corps long de l.lcentim.,
la fraude étant alors favorisée par le défaut de pu- d’un très-beau rouge, à reflets dorés et argentés, aux
blicité et de moyens de contrôle. On cite comme écailles unies, larges cl loinbant facilement. Sa
apocryphes , parmi les ouvrages profanes , les Art- chair est douce et délicate , surtout sur les côtes de
nales d’Egypte attribuées à ïhaut, les écrits attri- la Méditerranée. On le nomme en quelques endroits
bués à Hermès Trismégiste, les Livres sibyllins, le liai des rougets. Artédi l’appelle Mullus imberbis.
les Vers dorés de Pythagore, les Poèmes d'Orphée APOLLONICON {A’ Apollon, dieu des arts), grand
et plusieurs autres livres fabriqués par l’école d’A- orgue à cylindre, propre à être touché par plusieurs
lexandrie, les, fragments d’auteurs anciens publiés musiciens à la fois, au moyen de cinq claviers adap-
par Annius de Viterbe. — Il a paru dans les premiers tés les uns à côté des autres. Le son en est majestueux
siècles de l’Église une foule de livres apocryphes, se et très-varié. Il fut inventé à Londres en 1817 par
rattachant, les uns à l’Ancien Testament, tels que F light et Robson ; il est analogue au Panharmonicon
V Apocalypse d’Adam, V Évangile d’Ève le Livre de Maelzel, et à T Apollonion, instrument à deux cla-
de Seth le Testament de Noé, le Livre d’ Abraham, viers inventé par Jean Vœller à Darmstadt vers la fin
le Testament des douze patriarches
;
les autres, du xvni® siècle, et qui était touché par un automate.
au Nouveau Testament : Évangile selon les Hé- APOLOGÉTIQUE , partie de la science théologi-
breux, etc. [Voy. évakgile). La plupart de ces livres que qui expose les motifs, prouve la vérité et la per-
ont péri. — L’Église , pour épargner aux üdélcs fection du christianisme, et qui répond aux attaques
toute incertitude ,
a dressé une liste des livres re- de scs adversaires. On désigne spécialement sous lo
connus comme authentiques : c’est ce qu’on nomme titre d’Apo/o^'èéei ou quelques auteurs
Livres canoniques. Voy. canoniques (livres). des premiers siècles qui ont écrit en ce sens : S. Jus-
APOCY’N (du grec ay;o, loin de, A'^on, chien; plante tin, Athénagore, Taticn, Théophile et Hermias,
dont les chiens doivent s’éloigner), genre type de parmi les Grecs; Tertullicn, Minutius Félix, Lac-
la familie des Apocynées, section des Apocynées tance , Arnobe, parmi les Latins; et, chez les mo-
vraies, composé de plantes exotii[ues, vivaces, ro- dernes, Hugo Grotius, Nœsselt, Less, Reinhard,
bustes et traçantes, à fouilles opposées, glabres, à Spalding , Rosenmuller, etc. On y joint quelquefois
calice et à corolle quinquéfides, à cinq étamines, à l’auteur du Ge«i’e du Christianisme.

ovaire double, surmonté d’un stigmate presque ses- APOLOGUE (du %ree apologos récit détourné)
sile. Nous citerons parmi les espèces TA. maritime,
: récit d’une action allégorique attribuée le plus sou-
dont le suc est fort vénéneux; TA. gobe-mouches, dont vent à des animaux , dans lequel on a pour but d’ar-
les pétales en se contractant retiennent les petits in- river indirectement à une conclusion morale et in-
sectes qui s’y posent, et les emprisonnent; TA. à structive ; cette conclusion, qu’on appelle la morale
feuilles herbacées, plante textile comme le chanvre. de la fable, peut n’ètre pas exprimée. Le style de
T'outes sécrètent un suc laiteux qui est vénéneux. l’apologue doit être simple, familier, naturel et
APOCYNÉES, famille de plantes dicotylédones, même na'if. L’apologue parait être né de la nécessité
monopétales, hypogyues, remarquable par les poils de faire entendre des vérités qu’il eût été difficile ou
soyeux qui surmontent sa graine , et qui dans quel- dangereux de présenter sans déguisement : aussi en
ques especes, surtout dans les Asclépiades, sert à place-t-on le berceau dans les cours :
faire des étolfes [Voy. ouate). Cette famille est di- Jamais la vérité n’enlre mieux chez les rois
visée aujourd’hui, d’après Brown, en doux sections Que lorsque de la fable elle emprunte la voix«
:

lus Asclépiadées et lus Apocynées vraies. Cette der- L’origine de l’apologue se perd dans la nuit des
nière a pour type TApocyn, et renferme en oub e les temps on en trouve plusieurs exemples dans l’An-
:

Pervenches, les Lauriers-roses, etc. M. Endlicher cien Testament (représentations de Nathan à David,
partage cette 2® section eu quatre sous-ordres Ca- : de Joatham aux Sichémites, etc.) et dans les premiers
rissées, Oqjhioxylées , Euapocynées et Wrightiées. temps de l'histoire des Grecs et des Romains (apo-
APODEb (d'a priv., et pous ,
podos pied) ,
épi- logues de Stésichore, de Ménénius, etc.); on eu at-
thète qui s’applique également à certains oiseaux tribue le plus souvent l'invention au Phrygien Ésope
qui ont les pieds si courts qu’ils ont de la peine à (qu’on place au vi® siècle avant J. -C.), parce que c’est
marcher, aux poissons dépourvus de nageoires, et lui qui paraît avoir cultivé ce genre avec le plus de
aux larves des insectes dépourvus de pattes. suite et de succès chez les anciens. Cependant l’In-
Lamarck et Blainville nomment spécialement dien Pilpay , l’Arabe Lokman , lui disputent la prio-
Apodes une classe d’Annélides (jui comprend la plus rité. Après eux, les plus célèbres fabulistes sont:
grande partie des vers intestinaux. chez les Grecs , Babrius, dont les fables ont été ré-
APÜDiCTlQUE (du grec upodeiknumi démon- cemment retrouvées chez les Romains , Phèdre ,
;

trer) , se dit en Logique des jugements qui sentie Aviauus; en Italie, Faorne, Abslemius, auteur de
résultat de la démonstration et non de l'expérience, failles latines Gasti , l’ingénieux auteur des Ani-
,
et qui, par conséquent, entraînent la conviction de maux parlants; en France, l’inimitable La Fon-
leur nécessité on oppose les connaissances apodicti-
: taine, Lamotle, Florian, Aubert, Lcbailly , Boisard,
ques, la certitude apodicliijue, aux connaissances sen- Arnault, Viennet; en Angleterre, J. Gay,Dodslcy;
sibles, à la certitude empirique. C’est surtout dans en Allemagne, Lessing, Pfefl’el; en Russie, Kryloff.
I école do Kant (jue cette dénomination est usitée. APONÉVROSES (du svecapo, Ae,heuron, nerf,
^
APOGEE (du grec apo, loin de, et gè, terre). parce que les anciens les regardaient comme des
C’est, dans le système de Ptolérnée et des anciens, expansions nerveuses) , membranes blanches, lui-
le point de l’orbite d'une planète où elle est le plus santes, très-résistantes, composées de fibres entre-
éloignée de la terre. Le soleil est