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La loi Boursière qui organise la Consolidation des comptes

au Maroc

La consolidation est une technique qui permet de transcrire dans des états financiers
uniques la situation financière d’un ensemble de sociétés apparentées appelé «Groupe» qui
est formé d’une maison mère et des filiales. Si je prends l’exemple de Maroc Telecom où
j’œuvre en tant que responsable de la consolidation du groupe, on trouve Maroc Telecom SA
qui est la maison mère se trouvant au Maroc, et ses douze filiales consolidées en Afrique
(Mauritanie, Côte d’Ivoire, Mali, Gabon etc.) qui forment ce qu’on appelle le périmètre de
consolidation du Groupe Maroc Telecom. Alors puisqu’on est simultanément côté sur la
Bourse de Paris et celle de Casablanca, nous avons l’obligation légale de publier des comptes
consolidés selon les normes internationales IFRS (International Financial Reporting
Standards). Du coup, depuis la parution de cette obligation en 2005, des départements
dédiés à la consolidation financière ont vu le jour chez la plupart des grands groupes.
Maintenant, le problème se pose au niveau des profils qui se chargeront de ces
départements, les consolideurs financiers en l’occurrence. Au Maroc, on ne trouve pas le
profil adéquat pour l’exercice de la consolidation et on pense que les comptables peuvent
faire l’affaire comme ce fût le cas autrefois.

Les textes qui imposent la consolidation des comptes au Maroc se présentent comme suit :

1. Loi 38-05 relative aux comptes consolidés des établissements et entreprises publics publiée le 16
mars 2006

2. Loi 52-01 modifiant et complétant le dahir portant loi 1-93-211 du 21 septembre 1993 relatif à la
bourse des valeurs de Casablanca.

3. Loi 17-95 sur les sociétés anonymes (articles 143 et 144) publiée en août 1996.

 La loi 38-05 relative aux comptes consolidés publiée le 16 mars 2006 :


 Dans son article premier :

Les établissements publics ainsi que les sociétés d’État, filiales publiques et entreprises
concessionnaires, …..possédant ou contrôlant des filiales et des participations au sens des articles
143 et 144 de la loi 17-95 relative aux sociétés anonymes doivent établir et présenter des comptes
consolidés selon la législation en vigueur, ou à défaut, selon les normes internationales en vigueur.

 Dans son deuxième et dernier article:


Cette loi prend effet, à partir du deuxième exercice ouvert après sa publication au bulletin officiel.

Ce texte oblige les sociétés d’État, les filiales publiques et les entreprises concessionnaires à
présenter des comptes consolidés selon:

• La législation en vigueur, ou à défaut,

• Selon les normes internationales en vigueur.

Le premier exercice de consolidation est celui commençant le 1er janvier 2008 pour les sociétés et
entreprises publiques ayant un exercice comptable coïncidant avec l’année civile. De ce fait, un
exercice de référence en l’occurrence 2007 doit être également retraité.

 Loi 17-95 sur les sociétés anonymes (articles 143 et 144) publiée en août 1996 :

Les articles 143 et 144 de la loi 17-95 relative aux sociétés anonymes stipulent :

 Article 143 : Au sens de l'article qui précède, on entend par :

- filiale, une société dans laquelle une autre société, dite mère, possède plus de la moitié du capital ;

- participation, la détention dans une société par une autre société d'une Fraction du capital
comprise entre 10 et 50 %.

 Article 144 : Une société est considérée comme en contrôlant une autre :

- lorsqu'elle détient directement ou indirectement une fraction de capital lui conférant la majorité
des droits de vote dans les assemblées générales de cette société ;

- lorsqu'elle dispose seule de la majorité des droits de vote dans cette société en vertu d'un accord
conclu avec d'autres associés ou actionnaires qui n'est pas contraire à l'intérêt de la société ;

 Loi 52-01 modifiant et complétant le dahir portant loi 1-93-211 du 21 septembre 1993
relatif à la bourse des valeurs de Casablanca.

Le Dahir portant loi 1-93-211 du 21 septembre 1993 modifié et complété par la loi 52-01 relatif à la
bourse des valeurs précise dans son article 14 :

« Peuvent être inscrits à la cote de la Bourse des valeurs, dans trois compartiments distincts, les titres
de capital négociables émis par les personnes morales, selon les conditions suivantes :

….En outre, les personnes morales ayant des filiales telles que définies à l’article 143 de la loi 17-95
relative aux sociétés anonymes, doivent présenter des comptes annuels consolidés selon la
législation en vigueur, ou, à défaut, selon les normes internationales en vigueur. »