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PLAN

INTRODUCTION

I-Clarification conceptuelle : exigence morale et bonheur

II-Lien entre bonheur et exigences morales

III-Conciliation entre exigences morales et le désir du bonheur

CONCLUSION

1
DEVELOPPEMENT

La question du bonheur est une question qui traverse tout homme depuis l’antiquité en
passant par le moyen-âge, la modernité pour finir à la période contemporaine. Elle représente
le quotidien de chaque l’homme et le préoccupe où qu’il se trouve. Ainsi, il est indispensable à
l’homme. La morale aussi apparait comme indispensable pour l’action et l’épanouissement de
l’homme. Les deux sont aujourd’hui partout. Un problème se pose aujourd’hui c’est la nécessité
d’une conciliation entre exigences morales et le désir du bonheur. Les exigences morales
présentent-elles un obstacle pour le bonheur ? Peut-on être heureux sans la morale ? Comment
peuvent-elles contribuer au bonheur ? Voilà tant de préoccupation qui nous bouleversent notre
quotidien. Dans notre développement nous donnerons une clarification des deux concepts
ensuite nous donnerons le lien qu’il y a entre le désir du bonheur et les exigences morales et
enfin nous montrerons s’il y a une possibilité de conciliation des deux concepts.

I-Clarification conceptuelle

Afin d’obtenir une meilleur compréhension du problème que pose ce sujet, il importe pour
nous de nous focaliser sur les concepts auxquels renvoie le sujet. Cela nous impose le devoir
de procéder à une brève clarification conceptuelle.

 Bonheur : Etymologiquement le mot ‘‘bonheur’’ est dérivé des deux mots latins
« bonum augurum » qui se sont donc déformés lentement en « bon oûr » en français
anciens puis ensuite en « bonheur ». Ce mot signifie la chance, le sort heureux, le bien-
être, la satisfaction, le contentement.
Le bonheur se définit comme un évènement heureux, joyeux. Il désigne l’état de la
conscience pleinement satisfaite. Le bonheur est l’état de complète satisfaction, de
plénitude. C’est une circonstance favorable.
« Le bonheur est un état de satisfaction complète qui remplit toute la conscience »1.
Il est caractérisé par sa plénitude et sa stabilité. C’est un état global.
 Morale : Etymologiquement elle vient du latin « mores » (mos au pluriel) qui veut dire
mœurs, conduite, comportement, coutume, manière d’agir, genre de vie, habitude.
La morale se définit comme un ensemble de principes de jugement, de règles de
conduite relatives au bien et au mal, de devoirs, de valeurs qui parfois est érigés en

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André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, Editions Puf, Paris 2013, p.116
doctrine, qu’une société se donne et qui s’imposent autant à la conscience individuelle
qu’à la conscience collective.
« C’est un ensemble des règles de conduites admises à une époque ou par un groupe
d’hommes »2
Elle se définit ainsi comme une pensée du bien et du mal, un corps d’impératives
positifs et négatifs, une recherche des valeurs. Elle est synonyme à l’éthique.
 Exigences morales : C’est tout ce que les règles de conduites réclament de l’homme
en société pour le mieux et le bien vivre ensemble.
 Désir du bonheur : C’est la sensation que chacun a d’accéder à un état de satisfaction,
de jouissance

II-Lien entre exigence morale et bonheur

Chaque être humain agit spontanément de façon à éviter la douleur ou la peine et dans
le but de faire l’expérience du plaisir et de la satisfaction. Cette expérience est à l’origine du
sentiment de bonheur. Lorsque la morale détermine les règles selon lesquelles nous devons agir
n’a-t-elle pas un rôle important dans l’accession au bonheur ?

Tous les êtres humains cherchent le plaisir, le bonheur et la satisfaction. Le bonheur est
intrinsèque à l’agir humain. Il est universel ; tout le monde cherche le bonheur mais tous n’ont
pas la même approche du bonheur. Pour Aristote le bonheur est « ce à quoi on tend en toutes
circonstances »3, c’est-à-dire le moteur secret de toutes les actions de l’homme. Tout ce que
nous faisons est en vue du bonheur. Blaise Pascal affirme à cet effet : « Tous les hommes
recherchent d’être heureux même celui qui va se pendre »4. Ainsi pour lui-même celui qui se
donne la mort en tant quête de bonheur car selon ce dernier après la mort il sera heureux et
comblé. Plus nous connaissons la satisfaction moins on rencontre les difficultés. Le bonheur
désigne alors un accomplissement. C’est en cela que les philosophes utilitaristes affirment :
« Par bonheur, on entend le plaisir et l’absence de douleur ; par malheur, la douleur et la
privation de plaisir »5. Pour eux c’est une maximisation des plaisirs et une minimisation des
peines. Il existe une relation inséparable entre exigence morale et bonheur. Ces deux termes
doivent aller de pair. Il n’y a pas l’un sans l’autre et vice-versa. La morale n’est pas un obstacle

2 3
Idem, p.654
3
Aristote, Ethique à Nicomaque, Garnier-Flammarion, Paris 1965, p.19, Ch. I, Lv I
4
B. PASCAL cité par J. M. AUBERT in Abrégé de la morale catholique, Desclée-Novalis, 1987, p.25.
5
J. Stuart Mill, L’Utilitarisme, 1863
pour le bonheur. Pour les philosophes eudémonistes il existe un lien étroit entre la morale et le
désir du bonheur. Selon eux être heureux signifie qu’on ne soit pas troublé par ses désirs, ce qui
a rapport avec la vertu. Elle joue alors un rôle important dans l’accession au bonheur et ne doit
pas être prise à la légère. C’est pourquoi Aristote affirme : « Tous ceux qui ne s’y prennent pas
ainsi manquent leur but »6. Or avec Aristote nous voyons que cette finalité ne peut qu’être le
bonheur. Tout homme a besoin de la morale pour atteindre le bonheur car elle permet à l’homme
de respecter la liberté des autres dans l’accession de son bonheur à lui. C’est en cela qu’Aristote
parle des vertus pour arriver au bonheur dans sa perspective. Chez lui, être vertueux c’est tendre
vers sa destination. Ainsi le bonheur ne va pas aux extrêmes. Il consiste à agir selon la vertu qui
la convient. Il n’a donc rien de meilleur pour l’homme. Par conséquent il s’agit de s’en tenir à
présent aux règles. Ainsi donc l’homme ne peut pas vivre heureux sans les exigences morales
car la conscience n’est pas au-dessus des lois morales.

III-Conciliation entre désir du bonheur et exigences morales

Dans la société, pour un vivre ensemble adéquat il faut un respect strict des lois morales. C’est
pour Jean-Jacques ROUSSEAU parle de liberté en tant respect des lois de la société. Pour
atteindre donc le bonheur, l’état de la satisfaction, il est impératif que ces règles soient
respectées. Il existe alors une possible conciliation entre le désir du bonheur et les exigences
morales. Tout homme doit trouver son bonheur en accomplissant son devoir. Dans la Critique
de la Raison pratique, Kant montre que le bonheur individuel, recherché par tout un chacun
suivant ses propres penchants, ne peut être une finalité morale. La recherche du bonheur peut
fournir des maximes personnelles d’action, mais non des lois de volonté, même si l’on prend
pour finalité le bonheur de tous. Cette conciliation est importante et radicale. Le bonheur et la
vertu coïncident parfaitement car ce qui est fait par devoir ne peut être rapproché de l’état de
satisfaction tant désiré. En effet, les devoirs qui incombent à chaque homme ont pour objet de
lui permettre de s’accomplir et non de le déposséder de lui-même. Le devoir est alors une
condition du bonheur. Ainsi la morale conduit au bonheur. Kant affirme ainsi : « Assurer son
propre bonheur est un devoir »7. Les exigences morales sont en vue de la finalité de l’homme.
Ce sont des moyens pour atteindre la finalité. Cette dernière est le bonheur ; ce qui fait donc
que les exigences morales nous permettent d’atteindre le bonheur. De nos jours elles font parties

6
Aristote, Ethique à Nicomaque, Garnier-Flammarion, Paris 1965, p.46, Ch I, Lv II 4
7
Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs,
de l’éducation et donc l’homme est contraint de les respecte car l’éducation exige le respect des
règles morales. Elles sont donc des conditions sine qua non pour le bonheur. Pour les exigences
morales sont des moyens à mettre en œuvre pour atteindre, pour parvenir au bonheur. Nous
avons ainsi donc besoin des exigences morales pour que cette finalité qui intrinsèque à l’homme
puisse aboutir. Ainsi donc les exigences morales visent le bonheur. Cela implique alors que
sans les exigences morales, l’homme se retrouvera à la dérive. Elles contribuent donc au
bonheur dans le sens où elles permettent à l’homme d’être libre. Elles aident l’homme à être
vertueux. Ainsi donc cet homme vertueux aura une disposition constante à accomplir une sorte
d'actes moraux, par un effort de volonté. Cela le conduirait à être une personne de qualité, portée
à un degré supérieur.

En définitive, nous avons fait une clarification conceptuelle des concepts : morale et
bonheur. Le bonheur est donc l’état de complète satisfaction tandis que la morale elle, est un
comportement, manière d’agir. Le bonheur est une réalité intrinsèque à l’homme. Il devient
alors tout ce pour quoi l’homme vit et travaille. Ces deux concepts ont donc un rapport étroit
dans la vie de l’homme. Pour être donc heureux il faut faire usage de la morale. Ainsi donc les
exigences morales contribuent à l’accession du bonheur grâce à la capacité qu’elles donnent à
l’homme de se déployer dans la liberté.

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BIBLIOGRAPHIE

André LALANDE, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, Editions


Puf, Paris 2013
Aristote, Ethique à Nicomaque, Garnier-Flammarion, Paris 1965
Blaise PASCAL cité par J. M. AUBERT in Abrégé de la morale catholique,
Desclée-Novalis, 1987
Emmanuel KANT, Fondements de la métaphysique des mœurs, Vrin, Paris 2008
Jacqueline RUSS, Dictionnaire philosophique, Bordas, Paris 2012
J. Stuart Mill, L’Utilitarisme, 1863