Vous êtes sur la page 1sur 23

Le Financement Relationnel Bancaire

des PME

Houdaifa Ameziane, Mohamed Tahrouch


et Maria Segdali
Université Abdelmalek Essaâdi, GREFAM-ENCG Tanger -Maroc

Résumé
Nous ambitionnons à partir de cette recherche de voir, comment à
travers un Financement Relationnel Bancaire, les asymétries
informationnelles au sein des PME seraient réduites, et permettrait de
minimiser les situations de rationnement qui défavorisent ce segment
d'entreprise? Nous mettrons l'accent dans un premier point sur les
différents apports théoriques ayant porté sur l'effet de la mise en place
d'un Financement Relationnel Bancaire sur l'accès des PME au crédit,
puis nous présenterons les résultats de l’étude empirique.

Mots clé : Financement relationnel bancaire, asymétrie


informationnelle, PME.

Introduction
Etant une ressource indispensable aux PME, le financement
bancaire présente certaines caractéristiques en relation avec la
spécificité de ces entreprises, jugées très opaques
informationnellement. L’existence des asymétries informationnelles
amène les banques à restreindre leur offre de crédit, en refusant de
financer certaines PME, qui opèrent dans des secteurs risqués, ou
encore celles ne disposant pas de garanties suffisantes. De tels
constats, ont poussé certains auteurs à préconiser un Financement
Bancaire Relationnel dans l’objectif d’accroître les chances d’accès
des PME au crédit bancaire.
L’inefficience du système d’information des PME et leurs
asymétries d’informations sont des facteurs qui compliquent leur
évaluation par les banques, et par conséquent leur exclusion de l’offre
de crédits de ces dernières. De même les PME, présentent certaines

159
 
spécificités qui augmentent leur surexposition au rationnement du
crédit, notamment l’insuffisance des fonds propres, l’absence de
stratégie sur le long terme pour la décision de crédit (Belletante,
2001)11.
L’ensemble de ces arguments, et bien d’autres, ont été développés
par plusieurs auteurs, dans un cadre d’analyse décrit par la théorie du
rationnement de crédit, plaçant les effets de la sélection adverse et
d’aléa moral, au centre des déterminants de l’accès des PME aux
ressources bancaires. Le financement relationnel bancaire, peut, quant
à lui, exercer un effet contre cyclique et favoriser l’accès des
entreprises contraintes à la dette (Dietsch, 2002).
En effet, l'une des solutions avancées par la littérature bancaire
contemporaine consiste à établir une relation étroite, intense et durable
avec une seule banque. L'objectif est de résoudre les problèmes
d’informations et augmenter les chances d’obtenir les crédits (Berger
et Udell , 2002). Un financement monobancaire permettrait, alors à la
banque de détenir un avantage informationnel quantitatif résultant de
sa manière de gérer les coûts de contrôle (Diamond, 1984).
De même Sharpe (1990)12 a signalé la particularité du financement
relationnel bancaire dans la réduction des asymétries d’information, et
la réduction des coûts d’agence, compte tenu de l’accès privilégié des
banques aux informations internes des entreprises. BlackWell et
Winters (1997)13 de leurs parts, ont prouvé que la mise en place d'un
financement relationnel bancaire s’avère très avantageuse pour les
PME, dans la mesure ou elle minimise le coût du capital et augmente
les chances d’accès aux fonds grâce à une offre diversifiée du crédit
en cohérence avec leur besoin.
Dès lors, Nous visons à partir de cette recherche de voir, comment
à travers un Financement Relationnel Bancaire, les asymétries
informationnelles au sein des PME seraient réduites, et permettrait de
minimiser les situations de rationnement qui défavorisent ce segment
d'entreprise? Nous mettrons l'accent dans un premier point sur les
différents apports théoriques ayant porté sur l'effet de la mise en place
                                                                                                                       
11
BELLETANTE. B, LEVRATTO. N, PARANQUE. B, « Diversité économique et
modes de financement des PME », L’Harmattan, Ed Paris, 2001.
12
S.SHARPE, « Asymetric Information, bank lending and implicit contracts: a
stylized model of customer relationships », Journal of Finance, vol 25, 1990.
13
D.W. BLACKWELL et D.B.WINTERS « Banking relationships and the effect of
monitoring on loan pricing », the journal of Financial Research , vol 2, 1997.

160
 
d'un FRB sur l'accès des PME au crédit, puis nous présenterons les
résultats de notre étude empirique.

I- Le Financement Relationnel Bancaire


Tout au long des années quatre-vingt, la littérature théorique a mis
en évidence les avantages d’une relation bancaire exclusive, favorisant
un accès au financement facile aux PME, avec des conditions plus
favorables. La raison est simple, un financement relationnel
permettrait à la banque de bien connaître l’entreprise, accumuler de
l’information sur sa fiabilité et son niveau de risque, et par conséquent
réduire au maximum les problèmes d’anti-sélection inhérents à la
relation de crédit. La banque serait alors plus encline à faciliter l’accès
des PME au capital, ajuster les taux d’intérêts en fonction du risque
évalué, et demander moins de garantie dans le cadre d’un financement
relationnel que dans celui d’un financement transactionnel.
Dans ce sens, les dirigeants des PME favorisent cette relation, dans
l’objectif de réduire leur déficit informationnel et leur manque de
transparence financière. En effet, la prise de décision d’octroi de
crédit, qui se base sur une information collectée et analysée tout au
long de la relation par une même personne, permet d’instaurer un
sentiment d’assurance chez les dirigeants et une meilleure visibilité
chez les agents de crédit (Cole, 2000). Les opinions et les jugements
de ces derniers constituent la principale source d’information, pouvant
engendrer des prises de décisions subjectives, en matière d’octroi de
crédits aux PME. Dès lors, comment peut on définir un financement
relationnel bancaire ? Et dans quelle mesure la mise en place d’un
financement relationnel bancaire pourrait influencer les conditions
d’accès des PME au financement ?
1-1 Définition et avantages du financement relationnel bancaire
Plusieurs auteurs se sont intéressés à définir la notion du
financement relationnel bancaire. Ainsi Ongena et Smith (2000)14 le
définissent comme étant : « la connexion entre une banque et un client
qui va au-delà de la simple exécution de transactions financières
anonymes ».
Boot (2000) en distinguant, de sa part, les deux stratégies utilisées
par les banques pour gérer le risque de crédit à savoir : la stratégie
                                                                                                                       
14
S.ONGENA and D.SMITH, « What determines the number of bank relationships?
Cross-country evidence”, journal if Financial Intermediation, vol 9, 2000, p32.

161
 
transactionnelle et la stratégie relationnelle, définit le financement
relationnel bancaire comme : « la fourniture de services financiers par
un intermédiaire qui :
• investit afin d’obtenir des informations spécifiques sur son
client, le plus souvent de manière prioritaire,
• évalue la rentabilité de cet investissement à la fois au travers de
multiples interactions étalées dans le temps avec le même client
et par le biais de plusieurs produits »15.
Berger (1999)16, quant à lui, précise que trois conditions doivent
être remplies pour la mise en place d’un financement relationnel
bancaire, il s’agit de:
• la non disponibilité au public des informations recueillies par
l’intermédiaire financier,
• l’aspect temporel dans l’utilisation des informations recueillies à
l’occasion de multiples interactions avec l’emprunteur,
généralement par le biais des différents services financiers,
• la confidentialité des informations recueillies qui sont censées
être non public et dans la propriété du financeur.
A partir de ces définitions, il en résulte que le financement
relationnel bancaire se base sur l’existence d’une information
confidentielle, non disponible, et destinée exclusivement à la banque,
et dont l’utilisation se matérialise dans des actes de financements
successifs et conventionnels.
Par ailleurs, une littérature abondante présente le capital risque et le
crédit fournisseur comme les modes de financement relationnels par
excellence, dans lesquels le financeur conduit une action sur la durée
et bénéficie d’un accès privilégié à l’information lui permettant
d’intervenir en cas de mauvaise gestion de l’entreprise17.
Quant aux avantages du financement relationnel bancaire, nous
présentons les plus apparents, notamment :

                                                                                                                       
15
A.BOOT, “Relationship banking/ what do we know?”, Journal of Financial
Intermediation, vol 4, 2000, p 8.
16
A.BERGER, « The dynamics of market entry: the effects of mergers and
acquisitions on de novo entry and small business lending in the banking industry »,
Finance and Economics Discussion Paper, Board of Governors of the Federal
Reserve System, 1999.
17
LUDOVIC VIGNERON, op cité page 24

162
 
• la confidentialité : son principe place la banque dans une
situation de monopole et exclusivité informationnels qui
permettent de déplacer les problèmes de sélection adverse en
dehors de la relation de clientèle, et découragent les offres de
financements alternatives. Dés lors, l’entreprise communique à
sa banque principale les informations nécessaires à la juste
évaluation de son risque, et par conséquent de se rapprocher de
la situation optimale et échapper au phénomène de rationnement
de crédit.
• La flexibilité des contrats formels mis en place : cet avantage du
financement relationnel bancaire résulte des facilités de
renégociation des clauses des contrats de crédit formels qu’il
permet. La nature, principalement implicite des engagements de
long terme inclus dans cette formule, permet typiquement
d’obtenir des conventions moins rigides que celles ayant cours
dans le cadre transactionnel18.
• Le contrôle renforcé du débiteur : comme nous l’avons déjà
présenté dans notre premier chapitre, Jensen(1986), dans son
analyse en matière des coûts d’agence, a postulé que
l’endettement peut être utilisé par les propriétaires de
l’entreprise comme un moyen de contrôle et discipline des
dirigeants. De même les banques, tout en ayant un accès aux
informations confidentielles de leurs clients, lors d’une relation
de financement, jouent un rôle primordial dans ce mécanisme
de contrôle et discipline. Dès lors, la mise en place du
financement relationnel bancaire favorise le contrôle renforcé de
l’entreprise et par conséquent une réduction des coûts d’agence
et des problèmes de l’aléa moral.
• L’instauration de liens affectifs (Heide et John, 1990) qui
permettent de se prémunir contre l’opportunisme19. En fait, dans
une relation de financement, les banques optent pour des
contrats de crédits qui s’adaptent à la situation des emprunteurs
telle qu’elle a été ressentie. Cette adaptation, d’origine affective,
peut donner naissance à des manifestations d’opportunisme, et
comme il l’a expliqué Charreaux (1990), le bon fonctionnement
                                                                                                                       
18
LUDOVIC VIGNERON, op cité, page 29.
19
E. LAMARQUE, « Management de la Banque : Risques, Relation client,
Organisation », Edition PEARSON Education France, 2008 p 121

163
 
des relations ne peut reposer que sur la confiance, surtout en la
présence de failles dans les contrats.
• L’acquisition d’une bonne réputation : cet avantage est le
résultat des autres précédents, dans la mesure où le financement
relationnel bancaire permet d’émettre des signaux sur la qualité
et la solvabilité des entreprises.

1-2 PME et le financement relationnel bancaire


Plusieurs travaux de recherche se sont attachés à identifier les effets
de la mise en place d’une relation « banque - entreprise » dans le
cadre du financement sur les conditions d’accès des PME au crédit
bancaire. Néanmoins, toute étude commence par une mise au point
sur l’opposition traditionnelle qui existe entre l’approche
transactionnelle et l’approche relationnelle choisie par les banques
dans leurs relations avec leurs clients.
En fait, l’approche transactionnelle renvoie à l’analyse du contrat
stricto sensu, et conçu comme un mécanisme de coordination destiné à
assurer la réalisation d’une transaction (ou d’une série de transactions
rigoureusement identiques), indépendamment des autres interactions
que l’entreprise a avec ses partenaires20. C’est un synonyme de froide
rationalité, perçu comme un instrument défensif derrière lequel les
parties contractantes pourraient se retrancher au moment opportun.
Dans la pratique, ce modèle est qualifié de « banque à l’acte », et
reflète une relation purement transactionnelle limitée dans le temps21.
Or, la définition proposée par Berger et Udell (2002) permet d’établir
une différence de taille, entre le financement relationnel bancaire et le
financement transactionnel, dont l’aboutissement permet d’identifier
le modèle de financement le plus proche pour la catégorie des PME.
En effet, selon ces deux auteurs, le financement transactionnel
privilégie une relation « banque–entreprise » distanciée et de court
terme, avec un échange d’information moins intense. Ainsi,
l’information collectée est de nature quantitative (information
comptable, fiscale…), facile à recueillir, impersonnelle, et non
confidentielle. Elle est qualifiée d’information « hard ».
Toutefois, le financement relationnel préconise une relation
« banque-entreprise » étroite et de long terme donnant naissance à une
                                                                                                                       
20
Idem, p 118
21
E. LAMARQUE, idem, P 232.

164
 
information qualitative, personnelle, et confidentielle. Cette
information est dite « soft »22, dans la mesure où elle procure à la
banque un avantage d’exclusivité permettant de réduire les asymétries
d’informations et par conséquent le rationnement de crédit.
A partir de cette comparaison, on peut déjà déduire que le
financement transactionnel est beaucoup plus approprié aux
entreprises transparentes informationnellement, disposées à fournir
systématiquement des garanties, et par conséquent écarte les PME de
son champ d’action.
Dès lors, le financement relationnel bancaire se présente comme
modèle de financement qui permet la réduction des asymétries
d’informations dont témoigne les PME. La flexibilité de ses contrats
répond au manque de formalisme et professionnalisme chez cette
catégorie d’entreprise mais renforce, en même temps, le contrôle et
impose une discipline pour les dirigeants des PME.
Trois éléments permettent d’identifier l’établissement d’un
financement relationnel bancaire :
• La durée de la relation entre la banque et l’entreprise, c’est-à-
dire le temps écoulé entre la date de début de leurs interactions
et celle de recensement des données ;
• Le degré d’exclusivité mesuré par le nombre de banques avec
lequel travaille habituellement l’entreprise ;
• Le champ d’application, c’est-à-dire le courant d’affaires qui
lient la banque à l’entreprise.
Les PME, en s’inscrivant dans des structures contractuelles
particulières à l’image du financement relationnel, voient leur accès au
financement bancaire de plus en plus facile par rapport aux autres
sources de financement.
L.VIGNERON, dans sa thèse sur le financement relationnel
bancaire, aboutit à la conclusion suivante : « l’effet du financement
relationnel bancaire sur les conditions de financement des PME,
semble réduire clairement les difficultés dûes au rationnement du
crédit, de même que, dans une moindre mesure, la nécessité de fournir
des garanties, même si dans le domaine la prise en compte des
différents types de sûretés et de financement disponibles n’est pas
parfaite ; quant aux coûts du crédit, la possibilité pour la banque
                                                                                                                       
22
L’information « soft » est collectée par le chargé de clientèle suite aux entretiens
réguliers et discussions fréquentes avec l’entrepreneur.

165
 
principale de tirer profit de son avantage informationnel rend les
résultats sur ce point moins nets »23.
Pour notre recherche, nous essayerons de tester la présence de ce
type de contrat dans la relation des PME de notre échantillon avec
leurs banques, en vue de mesurer l’impact de la mise en place d'un
FRB sur l’accès des PME au financement bancaire.

II- Méthodologie de recherche


La méthodologie de recherche du présent travail s’inscrit dans le
cadre du paradigme positiviste basé sur une approche hypothético-
déductive. Ainsi, nous avons procédé dans un premier temps, par une
étude critique et référencée des différents apports théoriques liés
directement et indirectement avec le thème de recherche. Ensuite
notre étude empirique a retenu comme terrain d’investigation, un
échantillon de 113 entreprises de Tanger Tétouan. Le questionnaire a
constitué notre support de collecte de données pour la réalisation de
l’étude quantitative. Ainsi, à l’aide de SPSS 21.0, nous avons réalisé
une analyse descriptive pour déterminer les caractéristiques des PME
de notre échantillon, et se faire une appréciation d’ordre général des
conditions de financement de ce segment d’entreprise. Par la suite,
nous avons procédé à la réalisation d’une analyse factorielle
exploratoire : corrélation et analyse en composantes principales, pour
s’assurer de la qualité de représentation des items et de la fiabilité de
l’instrument de mesure des variables identifiées. Enfin, grâce à la
méthode de la régression linéaire multiple, nous avons mis à l'épreuve
les variables décrivant la mise en place d'un Financement Relationnel
Bancaire et celles de la décision d'octroi de crédit aux PME de
échantillon. l'objectif est de permettre une contribution à
l’identification de l'intensité de la relation du FBR et l'accès des PME
au crédit bancaire susceptible de favoriser leur développement.

III- Résultats descriptifs


Notre échantillon se compose de 113 entreprises, appartenant à la
région de Tanger Tétouan, et opérant dans les secteurs d’activité
suivants : la confection, l’agro-alimentaire, la pêche, le transport

                                                                                                                       
23
LUDOVIC VIGNERON, op cité, p 63.

166
 
logistique, la promotion immobilière, l’industrie mécanique, le BTP et
les services.
3-1- Les caractéristiques des entreprises enquêtées
De l’ensemble des réponses recueillies, nous pouvons conclure que
notre échantillon est composé à 91% de PME (60% des entreprises
emploient moins de 50 salariés), opérant dans des secteurs diversifiés
avec une représentativité significative de la composition du tissu
industriel marocain et plus particulièrement de celui de la région de
Tanger Tétouan.
Ainsi, nous constatons que les PME de notre échantillon présentent
certaines spécificités quant au profil de leurs propriétaires, qui
s’occupent dans 90% des cas de la gestion de leurs entreprises, avec
une expérience assez importante, et une moyenne d’âge mature.
La spécificité de ces PME est constatée à partir de la prédominance
de la forme juridique Sarl à 95% et de la composition du capital à
caractère familial (70% des cas), et d’origine marocaine (91% des
cas).
Dans le même sens, les PME enquêtées, de part leur dimension
opèrent dans des secteurs, qui se caractérisent par une concurrence
complète, ne leur procurant pas une position de monopole dans leur
marché, et moyennement exposés à la concurrence internationale.
L’impact réglementaire est faiblement influant pour la majorité des
cas.
Enfin, la spécificité des PME peut être déduite de la nature de la
relation entretenue avec les partenaires commerciaux et qui demeurent
loin des cas d’extrémité en matière de prix et de délais de paiement
(peu d’entreprises ont un seul client ou un seul fournisseur, et dont le
délai de paiement exigé ou accordé soit au comptant).
3- 2- Les caractéristiques du Financement Relationnel Bancaire
La nature de la relation banque-entreprise constitue une
caractéristique primordiale du processus de financement bancaire des
PME, dans la mesure où elle devient déterminante, lors de la décision
d'octroi de crédits.
Nous tacherons à analyser les réponses relatives aux variables,
identifiées à partir le la théorie, et permettant de décrire la nature de
cette relation, notamment : le nombre de banque en relation avec
l’entreprise, le volume du chiffre d’affaire traité avec les banques et le
degré de dépendance de l’entreprise vis-à-vis de la banque en matière
de financement.
167
 
3-2-1 Le nombre de banques
L’analyse du tableau relatif à la détermination du nombre de
banques des entreprises enquêtées, fait apparaître les résultats
suivants :

Tableau 1- L’exclusivité de la relation des entreprises de


l’échantillon
Nombre de banques Fréquence Pourcentage %
- Jamais 5 4,5
- Rarement 19 17,1
- Souvent 34 30,6
- Toujours 55 47,7
Total 113 100

Nous constatons que 48% des entreprises sont toujours clientes


exclusives d’une seule banque, alors que 31% entretiennent souvent
une relation d’exclusivité avec leur banque et 21% travaillent avec
plus d’une banque. Nous pouvons, de ce fait, déduire que les PME de
notre échantillon sont à des proportions, presque égales, une
exclusivité de la relation bancaire et une orientation vers la
multibancarité.
3-2-2 La domiciliation du Chiffre d’affaires
Cette variable permet d’apprécier la force de la relation, à travers le
volume d’affaires traité par l’entreprise avec les banques qui
détiennent son compte. Ainsi, nous constatons que 65% des
entreprises de notre échantillon domicilient la totalité de leur chiffre
d’affaires chez une seule banque. Tandis que, 34% des cas traitent
leurs courants d’affaires avec deux à trois banques. Seulement une
seule entreprise, qui fait partager ses opérations entre plusieurs
banques (plus de trois banques).
Le tri croisé de ces deux variables est récapitulé dans le tableau
suivant :

168
 
Tableau 2- Croisement de l’exclusivité de la relation bancaire
et la domiciliation du chiffre d’affaire des entreprises enquêtées.
Domiciliation du chiffre d’affaires
Exclusivité de
la relation Jamais Rarement Souvent Toujours Total
- Jamais 1 0 0 0 1
- Rarement 2 7 0 0 9
- Souvent 2 11 16 0 29
- Toujours 0 1 18 53 72
Total 5 19 34 53 113

Il ressort de ces résultats que 53 entreprises, entretiennent une


relation exclusive en termes de nombre de banques et domicilient leur
chiffre d’affaires dans une seule banque, soit 47% de l’échantillon.
Tandis que 34 entreprises sont souvent en relation exclusive avec et
une seule banque, où elles domicilient leurs chiffres d’affaires, soit
30% des cas. Ce qui permet de déduire que plus que la moitié de notre
échantillon, entretient une relation exclusive et intense avec une seule
banque. Les autres cas, nous permettent de déduire que certaines
PME se sont orientées de plus en plus vers la recherche d’autres
banques pour se financer.
3-2 -3 Le besoin du financement bancaire
Tableau 3- le besoin de financement bancaire exprimé par les
entreprises de l’échantillon
Le capital en mdhs Fréquence Pourcentage %
- Jamais 5 4,5
- Rarement 10 9
- Souvent 7 6,3
- Assez souvent 16 14,4
- Toujours 75 65,8
Total 113 100

Le tableau ci-dessus fait ressortir que 66% des entreprises


entretenues expriment toujours un besoin de financement bancaire,
15% l’expriment assez souvent, tandis que seulement 4% des cas
prétendent ne pas avoir besoin du financement bancaire. Ces
pourcentages reflètent le degré de dépendance des entreprises de notre
échantillon du crédit bancaire pour financer leur besoin.

169
 
De même, la lecture du tableau relatif à la fréquence des besoins de
financement des entreprises enquêtées, permet de constater que 62%
des cas déclarent un besoin mensuel des ressources bancaires pour
financer leurs activités. 18% ont besoin d’un financement bancaire
une fois par an, tandis que les autres sollicitent la banque mais pour
des fréquences irrégulières. De ce fait, nous pouvons déduire la force
de la relation des PME avec leurs banques manifestée par un degré
élevé de dépendance en matière de financement de leur besoin
d’exploitation et de développement.
Par ailleurs, nous avons posé une question relative à la
concrétisation de ce besoin de financement à travers la formulation
d’une demande de crédit, et dont les résultats sont présentés dans le
tableau suivant :

Tableau 4- Les entreprises de l’échantillon ayant formulées une


demande de crédit bancaire
Demande de crédit Fréquence Pourcentage %
Oui 107 94,7
Non 6 5,3
Total 113 100

Nous constatons que 95% des entreprises de l’échantillon ont


formulé une demande de crédit auprès de leur banque en vue de
formaliser leur besoin de financement. L’importance de cette
proportion ne peut que confirmer le besoin naturel que prouvent les
PME envers les banques, jugées comme leurs principaux partenaires,
d’où la force de la relation qui les relie.
De ces résultats, nous pouvons conclure que les entreprises, en
l’occurrence les PME, commencent à s’orienter davantage vers la
multiplication de leurs relations bancaires en vue de chercher des
sources de financement à des conditions plus avantageuses.
Néanmoins, cette multiplicité bancaire ne se manifeste pas dans la
domiciliation du chiffre d’affaires, vu que plus que la moitié de
l’échantillon traite exclusivement avec une seule banque. Dès lors,
nous nous interrogeons sur l’impact de ces pratiques relationnelles sur
l’accès au financement.
Par ailleurs, nous déduisons que la relation de la banque avec la
PME est d’autant plus forte, que le besoin de financement est

170
 
manifesté chez presque toutes les entreprises de l’échantillon (sauf 9),
et à des fréquences relativement importantes.
3-2- 4 La relation banque PME lors d’un financement
Cette variable sera expliquée à travers le recoupement de la
décision d’octroi de crédit avec les relations bancaires des PME ayant
formulé une demande de financement.

Tableau 5- Tri croisé de la relation des entreprises avec leur


banque et la décision d’octroi de crédit
Décision d’octroi de crédit
Total
Favorable Défavorable Favorable
sous réserve
Relation exclusive :
- Toujours 24 23 2 49
- Souvent 16 14 4 34
- Rarement 7 8 2 17
- Jamais 3 0 0 3
Total 50 45 8 103
Domiciliation du
chiffre d’affaires
chez une banque :
- Toujours 33 31 4 68
- Souvent 13 11 3 27
- Rarement 3 3 1 7
- Jamais 1 0 0 1
Total 50 45 8 103

La lecture des résultats du tableau ci-dessus permet de constater


que les PME qui entretiennent, toujours ou souvent, une relation
d’exclusivité avec leur banque (la tenue et la domiciliation du chiffre
d’affaires chez une seule banque) ont accédé au crédit à hauteur de
56%, tandis que les autres entreprises de l’échantillon ont reçu des
réponses défavorables. De même, les entreprises qui sont rarement en
relation exclusive avec une seule banque ont accédé au crédit à
hauteur de 53%. Néanmoins, nous remarquons que les entreprises, qui
n’entretiennent jamais une relation exclusive avec une banque, ont
accédé à 100% au crédit. Ce constat est expliqué, dans notre enquête,
par la dimension de ces entreprises. En effet, les entreprises qui ont

171
 
déclaré avoir des relations avec plus de trois banques, et dont les
demandes ont été acceptées pour le financement, font partie de la
catégorie des grandes entreprises réalisant un chiffre d’affaires
supérieur à 50.000 mdh (tableau en annexe du tri croise de la variable
chiffre d’affaires et relations bancaires).
A partir de ces résultats, nous pouvons déduire que même les PME
qui se sont orientées vers la diversification de leurs sources de
financement, ont été capables à des proportions moyennes d’accéder
au crédit. Cette nouvelle tendance des PME vers la multibancarité
peut être expliquée par l’effet de la concurrence qu’a connue le secteur
bancaire de la région de Tanger Tétouan sur les parts de marché de la
clientèle-entreprise.
VI- Résultats analytiques: FRB et accès des PME au crédit
bancaire
A ce stade, nous présenterons les résultats de l’analyse factorielle
exploratoire des données collectées sur le Financement Bancaire
Relationnel et la décision d'octroi de crédit aux PME de l'échantillon.
4-1 L’ACP du Financement Bancaire Relationnel
Le Financement Relationnel Bancaire de la PME a été traduit
empiriquement, en prenant en compte de ses trois principales
composantes : le nombre de banques en relation, le volume du chiffre
d’affaires domicilié et le degré de dépendance du financement
bancaire.

Tableau 6 - Echelle de la variable relation avec la banque


RELATION BANQUE-PME
Code de l’item Libellé de l’item
RELBQUE 1 La fréquence du besoin de financement bancaire
RELBQUE 2 Le nombre de banques en relation
RELBQUE 3 Le chiffre d’affaires domicilié chez les banques en
relation

Les tests d’aptitude à la factorisation des données et la vérification


de la cohérence interne de cette variable sont présentés dans le tableau
suivant :
 

172
 
Tableau 7 - Résultats de l’analyse factorielle appliquée à
l’échelle de la relation avec la banque
Composantes
Items Qualité de la représentation
1
RELBQUE1 ,831 ,690
RELBQUE2 ,849 ,721
RELBQUE3 ,849 ,721
Variance Test de
Valeurs propres alpha Test KMO
expliquée Bartlett
2,131 71,040 0,7957 0,709 Significatif
Total VE 71,040

L’analyse factorielle exploratoire menée sur l’échelle de relation


avec la banque montre que les items sont bien factorisables. Le KMO
est largement supérieur à 0,5 (0,709) et le test de Bartlett est
significatif. La qualité de la représentation des trois items dépasse 0,5,
ce qui montre que tous les énoncés doivent être gardés. L’échelle
mesurant la variable relation avec la banque est unidimensionnelle :
un seul facteur explique 71,040 % de la variance totale des items. De
même, l’échelle présente une bonne stabilité statistique (alpha de
Cronbach = 0,7957) traduisant une bonne qualité psychométrique de
cette échelle.
4-2- Résultats de L’ACP pour la variable conséquente du
modèle
La vérification de la qualité des mesures de la variable à expliquer
du modèle conceptuel, à savoir la décision d’octroi de crédit, repose
une analyse en composantes principales des six items choisis pour sa
représentation. Le tableau suivant retrace les codes et contenus des
énoncés choisis :

173
 
Tableau 8 - Echelle de la variable décision d’octroi de crédit
DECISION D’OCTROI DE CREDIT
Code de l’item Libellé de l’item
DECREDIT 1 La réponse à la demande de crédit
DECREDIT 2 La communication de la réponse de la demande de
crédit
DECREDIT 3 Le délai de traitement des dossiers pour avoir une
décision de crédit
DECREDIT 4 La formalisation des garanties après accord de crédit
DECREDIT 5 Le renouvellement des lignes de crédit
DECREDIT 6 Le processus pour le renouvellement des dossiers de
crédit

Les résultats de l’analyse en composantes principales appliquée à la


décision d’octroi de crédit aux entreprises de l’échantillon sont
récapitulés dans le tableau suivant :

Tableau 9- Résultats de l’analyse factorielle appliquée à


l’échelle du Décision d’octroi du crédit avant le retrait des items
DECREDIT1, DECREDIT3 et DECREDIT5
Composantes
Items Qualité de la représentation
1 2 3
DECREDIT1 -,298 ,282 ,762 ,382
DECREDIT2 ,200 ,611 -,413 ,585
DECREDIT3 -,132 ,646 -,340 ,450
DECREDIT4 -,342 ,618 ,319 ,601
DECREDIT5 ,634 ,196 ,049 ,442
DECREDIT6 ,766 ,052 ,115 ,702
Test de
Valeurs propres Variance expliquée alpha Test KMO
Bartlett
1,794 25,626 0,583 0,502 Significatif
1,310 18,718
1,104 15,775
Total VE 60,119

174
 
L’indice KMO (0,502) et le test de sphéricité de Bartlett sont
satisfaisants. Nous pouvons alors réaliser l’analyse factorielle
exploratoire sur l’échelle de mesure de la décision d’octroi de crédit.
Les résultats montrent qu’il faut éliminer les items dont la qualité de
représentation est inférieure au seuil recommandé. Leurs qualités de
représentation sont respectivement de 0,382, 0,450 et 0,442.
L’analyse factorielle montre une structure tridimensionnelle. Trois
facteurs dont la valeur est supérieure à l’unité (Critère de Kaiser)
expliquent 60,119% de l’information totale contenue dans les six
items. De plus, la valeur de la cohérence interne Alpha de Cronbach
(0, 583) est inférieure à l’indice recommandé par la littérature (0,6).

Tableau 10 - Résultats de l’analyse factorielle appliquée à


l’échelle du Décision d’octroi du crédit après le retrait des items
DECREDIT1, DECREDIT3 et DECREDIT5
Composantes
Items Qualité de la représentation
1 2
DECREDIT2 ,223 ,898 ,856
DECREDIT4 -,716 ,488 ,751
DECREDIT6 ,825 ,181 ,713
Variance
Valeurs propres alpha Test KMO Test de Bartlett
expliquée
1,243 41,423 0,832 0,536 Significatif
1,077 35,904
Total VE 77,327

Après élimination des trois items mal représentés, les tests


effectués sur les trois items restants confirment la bidimensionnalité
de l’échelle. L’analyse en composante principale révèle deux facteurs
restituant 77,327% de la variance totale. Nous réalisons que le retrait
des items a conduit à une nette amélioration de cette variance qui était
de 60,119%. Les résultats de l’ACP présentés dans le tableau ci-
dessus montrent que la variable Décision d’octroi de crédit est
bidimensionnelle.

175
 
4-3 Tests des relations causales entre les caractéristiques du
financement relationnel bancaire des PME et la décision d’octroi
de crédit
Il s’agit de régresser la variable décision d’octroi de crédit, et les
variables choisies pour décrire l’acte de financement relationnel
bancaire des PME enquêtées.

Tableau 11 - Relations entre les caractéristiques de la relation


du financement bancaire et la décision d’octroi du crédit
Régression linéaire multiple
Variable
R2 R2 ajusté F ddl Sig.
dépendante
,593 ,528 20,319 4 ,000
Coefficients non
Décision
standardisés Coefficients
d’octroi du
standardisés t Sig.
crédit Erreur
B (Bêta)
standard
Constante -2,738 E-017 ,090 ,000 1,000
Relation avec la ,337 ,035 ,337 2,963 ,000
banque
Taille ,077 ,135 ,080 2,837 ,000
Secteur 0,385 0,115 0,273 3,351
,000
d'activité
Partenaires
0,099 0,051 0,122 2,183 ,000
commerciaux
Profil du
0,437 0,137 0,261 3,202 ,000
propriétaire

Au regard des résultats récapitulés dans le tableau ci-dessus,


plusieurs constats peuvent être exposés. La relation des entreprises
avec leur banque, et les caractéristiques des PME expliquent 52% (R²
ajusté =0,528) de la variance totale de la décision d’octroi de crédit.
Ce résultat est largement supérieur au seuil recommandé par Hair et al
2007, et conforté par l’indice de Fischer (F=20,319), qui dépasse de
loin le F théorique de la table statistique. Ainsi, le t de Student de la
relation de financement calculé, est de 2,963, dépassant le t standard
préconisé par la table statistique, le coefficient standardisé Bêta est de
0,337, et le p=0,000. Ces résultats expliquent que plus une relation
bancaire est exclusive, plus la mise en place d’un financement
176
 
relationnel bancaire est préconisée et par conséquent l’accès des PME
au crédit bancaire est favorisé. Autrement dit, une relation
monobancaire avec les banques permet de déterminer la décision
d’octroi de crédit.
En effet, l’impact de la relation bancaire sur la disponibilité du
crédit aux PME, a fait l’objet de deux théories traitant différemment le
choix du mode de financement bancaire adapté pour l’accès au crédit.
Une approche soutient les avantages d’un financement bancaire
exclusif, selon laquelle une relation banque-entreprise exclusive
facilite l’accès aux crédits (Yosha, 1995 ; Sharpe, 1990 ; Jafee 1971 ;
Hodgman, 1963, Bebczuk 2004). A contrario, une deuxième approche
confirme les incidences négatives d’une telle relation bancaire sur
l’accès aux crédits et propose la multibancarité comme solution au
risque de rationnement de crédit aux PME (Von Rheinbaben et
Ruckes, 2004. Rajan 1992, Detragiache et Al, 2000 ; D’Auria et Al,
1999). Notre hypothèse converge vers la première approche, dans la
mesure où la force de la relation, mesurée par le nombre de banque et
l’étendue des transactions, affecte positivement la disponibilité de
crédit (Berger et Udell 2002). De même, la théorie d’intermédiation
financière considère le caractère exclusif d’une relation bancaire de
long terme comme un facteur indispensable pour la minimisation des
coûts de financement pour les PME (Diamond, 1984). Fama (1985)
confirme ce constat en soutenant que la monobancarité ne peut qu’être
bénéfique pour les PME opaques informationnellement, et leur offre
un meilleur accès au crédit bancaire avec des conditions favorables.
Dans ce sens, certains auteurs proposent la mise en place du
financement relationnel bancaire en vue de faciliter l’accès des PME,
jugées opaques, aux ressources bancaires, (Boot, 2000 ; Berger et
Udell, 2002 ; Stein, 2002, Garella, 1996). De même, les différentes
études effectuées sur la question associent des indicateurs de
rationnement aux indices de mise en place d’un financement
relationnel qui sont la durée de la relation, son degré d’exclusivité, et
son champs mesuré par le volume du courant d’affaires domicilié
(Vigneron 2008). Enfin, de nombreuses études sont venues mettre en
évidence les bienfaits d’une relation exclusive de long terme sur la
demande de la garantie. Ainsi, Boot et Thakor (1994), Cole (1998),
Padilla et Pgano (2001) laissent présager une diminution de la quantité
de garanties dans le cadre d’une relation exclusive et un financement
relationnel bancaire. De même, pour Steijvers et Voordeckers (2009),
177
 
« la force de la relation banque PME peut substituer à la garantie pour
la disponibilité des crédits ».

Conclusion
La théorie du financement relationnel bancaire exposé dans cet
article, vient confirmer l’effet positif de la relation bancaire exclusive
sur la disponibilité de crédit. Plus spécifiquement pour les PME, les
études empiriques menées dans différents pays concluent sur une
amélioration de leur accès aux financements bancaires par la mise en
place de ce type de conventions, voire même une réduction de la
demande de la garantie. Dans le même cadre théorique, la nature de
l’information, collectée par les agents de crédits dans un contexte
relationnel personnalisé, est considérablement utilisée dans le
processus de prise de décision de crédit. Deux types d’informations
sont distingués : l’information quantitative, émanant des états
financiers et des scores, reflète la situation financière de l’entreprise et
son niveau de risque ; et l’information qualitative basée, sur un
relationnel fort et de proximité avec l’entreprise, permettant une
réduction de l’asymétrie informationnelle et favorisant les PME dans
leur accès au crédit bancaire.
Les résultats de notre recherche viennent confirmer ceux des
travaux ayant traiter l'impact du FRB sur le rationnement de crédit des
PME. Ainsi, nous avons constaté, à partir de notre étude empirique sur
un échantillon des PME de Tanger Tétouan, qu’une relation bancaire
exclusive est liée positivement à la décision d’octroi de crédit. Ceci
s’explique par la force de la relation mesurée par le volume du courant
d’affaires traité avec la banque de financement, et par la disponibilité
de l’information collectée grâce à la relation réduisant, ainsi, l’opacité
informationnelle des PME. Dès lors, la mise en place d’un
financement relationnel bancaire via une relation exclusive permet de
dépasser les problèmes d’asymétrie d’information, et favorise un
accès facile des PME au crédit bancaire.

178
 
Bibliographie
• AGUENIOU. S, « Accès au financement : les PME attendent sans trop
d’illusion les mesures de la loi de Finances 2013 », La Vie Economique,
Octobre 2012.
• ALBOUY .M, « Crise financière : quelles leçons pour la finance » ;
Revue Française de Gestion, n° 193, 2009.
• ANG. J. S, « small business uniqueness and the theory of financial
management », the journal of small Business Finance, vol1, 1991.
• BANI. S, « la contribution de la PME au développement économique »,
Blog Economie et Gestion, 25 Mars 2011.
• BARTHELEMY. J et DOUBLET. J. M, « Quelques enseignements de
la crise », Revue Française de Gestion, n° 193, 2009.
• BATAC. J et MAYMO. V, « Les nouveaux outils de pilotage dans les
banques », n°191, 2009.
• BEBCZUK.R.N, « What determines the access to credit by SMEs in
Argentina ? », document de travail 48, Universidad Natioanl de la Plata,
2004.
• BECCHETTI.L, GARCIA.M et TROVATO.G, « Credit Rationing and
credit view: Empirical Evidence from loan data », Centre for Economic
and International Studies, vol 2, 2009.
• BERGER. A, FRAME. W et MILLER .N.H, “Credit scoring and the
availability, price, and risk of small business credit”, Journal of money,
credit and banking, vol 37, pp 191-222, March 2005..
• BOOT.A, “Relationship banking what do we know?”, Journal of
Financial Intermediation, vol 4, 2000.
• CASSAR. G, HOLMES. S « capital structure and financing of Smes,
Accounting and Finance”, vol 43, 2003.
• CHARREAUX. G, « Théorie Financière et Stratégie Financière», IAE
DIJON, Août 1992.
• COUSSERGUES. S, « La banque, structures, marchés, gestion » 2ème éd.
Paris : Dalloz, 1996.
• COWLING.M “ The role of loan guarantee schemes in alleviating
credit rationing in the UK”, Journal of financial stability, volume 6, pp
36-44 April 2010
• CRESSY.R et TOIVANEN. O, “Is there adverse selection in the credit
market?”, Venture Capital Vol 3, pp 215-238, 2001.
• D’AURIA.C, FOGLIA.A, et MARULLO-REEDTZ.P, “Bank interest
rates and credit relationship in taly”, Journal of Banking and Financial,
vol 23, 1999.

179
 
• DANIELE. N, « L’économie du nouveau dispositif et les conséquences
de la nouvelle réglementation », Revue d’Economie Financière, n°73,
2004.
• DE ANGELO. H et MASULIS R. W, « optimal capital structure under
corporate and persona taxation »journal of financial economics vol 8,
1990.
• DIAMOND. D, “Financial intermediation and delegated monitoring”,
Review of Economics Studies, vol 51, 1984.
• GROSSMAN. S et HART. O, « Corporate Financial structure and
managerial incentives », Economic theory discussion paper University of
Cambridge, 1980
• GUILHON.A « le changement est un apprentissage », Revue Française
de Gestion, n° 120, 1998.
• GUISO. L, “High tech firms and credit rationing”, Journal of Economic
Behaviour and Organization Vol 35 p 39-59, 1998.
• HOLMES. S et KENT. P, « An Empirical analysis of the Financial
Structure of Small and Large Australiun manufacturing enterprises », The
journal Of Small Business Finance, vol 1 1991.
• JENSEN. M. C et MECKLING. W. H, « theory of the firm :
Managerial Behavior, Agency Costs and Ownership Structure », Journal
Of Financial Economics Vol 3 , 1976.
• JENSEN. M. C et SMITH. C. W, « stockholder, manager and creditor
interests: application of agency theory », in Altman, E, et Subramanian,
Recent Trends in Corporate Finance.
• KIM. E. H, « A mean variance theory of optimal capital structure and
corporate debt capacity », The Journal of Finance, Vol 3, 1978.
• KOENIG. G, « Les théories de la firme », éditions Economica, 1993
• KRAUS. A et LITZENBERGER. R. H, « A state preference model of
optimal financial leverage » The journal of Finance, Vol 28, 1973.
• LAMARQUE. E « La Banque sait-elle encore gérer le risque ? », Revue
Française de Gestion, n° 198-199, 2009.
• LELAND.H et PYLE. D, « informational asymmetries, financial
structure and financial intermediation », Journal of Finance, vol 32, issue
2, May 1977.
• MODIGLIANI. F et MILLER. M, « The cost of Capital Corporation
Finance and the Theory of Investisment » American Economy Review
Jun 1958.
• MODIGLIANI. F et MILLER. M, « Corporate income taxes and the
costs of capital : a correction », American Review Vol 53, n°3, 1963.

180
 
• MYERS. S. C et MAJLUF. N. S, « Corporate financing and investment
decision when firms have information that investors do not have »,
Journal of Financial Economics, N°3 1984.
• PETERSEN. P et RAJAN. R, « The benefits of lending relationship :
evidence from small business data », The journal of Finance , Vol 49,
Num 1, March, 1994
• ROSS. S, « The determination of financial structure: the incentive
signalling approach », Bell Journal of Economics, vol 8, Issue 1 , 1977.
• SHARPE. S, « Asymetric Information, bank lending and implicit
contracts : a stylized model of customer relationships », Journal of
Finance , vol 25, 1990.
• STIGLITZ. J et WEISS. A, « Credit rationning in markets with
imperfect information », American Economic Review, 1981.
• THIETART R. A, « Méthodes de Recherche en Management », 3ème
édition DUNOD, Paris 2007.
• TITMAN. S ET WESSELS. R, « The Determinants of Capital Structure
Choice », The Journal of Finance, March, Vol 43, 1998.
• TORRES. O, « PME : De nouvelles approches », Editions Economica,
Collection Recherche en Gestion, Octobre 1998.

181