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Chapitre introductif : Croissance, Notions du référentiel : VA ,PIB, revenu/tête, population active

changement social, développement

Fiche 1 – Définition et analyse de la croissance

I- Définition de la croissance

1 – Définition

• La définition de F.Perroux : « l’augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues (chacune de
ces périodes comprenant plusieurs cycles quasi décennaux) d’un indicateur de dimension : pour une nation le
produit global net en termes réels. Ce n’est pas l’augmentation du produit réel par habitant. » . Il ajoute « qu’elle
s’accompagne de progrès économiques variables et réalisés dans des changements de structure. »

• Cette définition comprend 4 éléments essentiels :


• la croissance se déroule dans le long terme : plusieurs années voire dizaine d’années (ex. les 30
glorieuses).
• la croissance est auto-entretenue : la croissance d’aujourd’hui contribue à la croissance de demain
(cercle vertueux)
• la croissance se réfère à un indicateur quantitatif (principalement le PIB).
• la croissance n’est pas homothétique, c’est-à-dire qu’elle engendre des transformations
structurelles ( l’évolution des structures de consommation , des secteurs de production, etc.).

• At ten ti on : Il ne faut donc pas assimiler l’expansion à la croissance : en effet :


 l’expansion est une phase de la conjoncture, qui se caractérise par une élévation rapide de la
richesse nationale sur une courte période ;
 dont le taux de croissance est supérieur au trend, c’est-à-dire à la croissance de la longue
période.

2 – Définition des indicateurs retenus afin de mesurer la croissance

L’indicateur quantitatif qui a été retenu pour étudier la croissance est soit le PIB soit le RNB (qui a remplacé
le PNB dans le nouveau système de comptabilité nationale)

a. PIB / PNB

• Dé fi ni ti on : Le PIB mesure la somme des valeurs ajoutées produites par les entreprises implantées
dans le pays (la richesse créée) Il faut ajouter à cette somme des valeurs ajoutées, la TVA grevant les
produits et les droits de douanes puisque ces données figurent dans la valeur des utilisations finales
correspondantes (consommation et exportations).
• Rappel : la valeur ajoutée est la différence entre :
• le chiffre d’affaires( valeur de la production : prix x quantité )
• et les consommations intermédiaires (valeur des biens et services détruits lors du
processus de production), en prenant en compte la variation des stocks

VAB = CA - CI + ∆ S

• Le PNB mesure la valeur ajoutée réalisée par les entreprises ayant la nationalité du pays étudié
quelle que soit leur lieu d’implantation.

• Rema r que : Le PIB est donc basé sur un critère géographique (le territoire), le PNB sur un critère
de nationalité.

b. Le RNB

• Dé fi ni ti on : RNB = PIB - revenus versés par les entreprises étrangères implantées dans le pays à
l’extérieur + revenus reçus des entreprises ayant la nationalité implantées à l’étranger.
• Rema r que s :
- Pour pouvoir comparer la valeur du P.I.B. d'une année sur l'autre et voir si elle augmente, il
est nécessaire d'enlever les effets de l'inflation sur la mesure du P.I.B., c'est-à-dire de le
calculer à prix constants.
- En effet, comme le P.I.B. est calculé en utilisant les prix des produits, si ce prix augmente, on
peut croire que le P.I.B. augmente alors que ce n'est pas vrai réellement.
- Le plus souvent, la croissance économique est donc mesurée par le taux de croissance
annuel du P.I.B. réel (c'est-à-dire corrigé de l'inflation).

3 -La critique des indicateurs mesurant la croissance (1 p 30)

a. le PIB n’est même pas un bon indicateur de la richesse matérielle

Le PIB laisse de côté bon nombre d’activités productives :


- toutes celles en fait qui échappent aux règles traditionnelles du marché (on parle alors d’économie informelle : troc ,
autoconsommation qui ne se font pas dans le cadre du marché ) .
- Ainsi, le travail des femmes au foyer n’est pas comptabilisé dans le PIB (« évitez de vous marier avec votre
majordome ou votre femme de ménage, vous feriez baisser le PIB . » ) .
Pour savoir dans quels cas cette critique est valable , cliquez : ici
Pour connaître la raison de ce choix , cliquez : ici

b. le PIB n’assure pas une bonne qualité de comparaison entre les différents pays

pour un exemple , cliquez : ici


Il est nécessaire de calculer un taux de change en parité de pouvoir d’achat ( PPA )(2 p 30 , cf TD) . Pour établir une
comparaison, on doit :
• convertir toutes les monnaies dans une monnaie de référence (le dollar),
• mais il faut tenir compte des variations de pouvoir d’achat existant entre pays de niveaux de
développement différents.
• On va alors prendre comme taux de change la valeur qui égalise les pouvoirs d’achat des monnaies
dans les différents pays, c’est-à-dire qui égalise la valeur d’un panier de biens pris comme
référence.

c. on compte , selon J.P.Delas , comme richesse ce qui est nuisance ou réparation des dégâts de
l’économie monétaire .

Constat : « On a pu résumer cette idée par une formule lapidaire : nuisances + réparations = double progrès » En effet , la richesse
dégagée par une usine qui pollue augmentera le PIB mais il en sera de même pour les appareils qui seront mis en place afin de lutter
contre la pollution .
Solution : Il aurait fallu prendre en compte les effets externes ( tels que la pollution, cf. cours de 1° et chapitre politiques
économiques de terminale ) générés par l’activité et comptabiliser les richesses négatives en les soustrayant du PIB.

d. le PIB/habitant n’est pas un bon indicateur du bien-être de la population

F.Perroux écrivait : « la croissance ce n’est pas l’augmentation du produit réel par habitant » .
Plusieurs critiques ont donc été émises à l’encontre de cet indicateur::
• le PIB/habitant est une moyenne qui peut dissimuler des inégalités extrêmes (Brésil) . Or le développement
doit permettre de satisfaire les besoins fondamentaux de toute la population ; il faut donc disposer
d’indications sur la répartition du revenu national, sur la proportion de personnes vivant en dessous du seuil
de pauvreté.
• il laisserait penser que certains pays ( les émirats producteurs de pétrole ) qui ont le PIB/habitant le plus élevé
sont aussi ceux qui sont le plus développés mais il n’en est rien . Ces pays n’ont pas développé d’industrie ;
ils vivent de la rente de matières premières. On peut dès lors douter de leur aptitude à générer une croissance
durable.

e. le PIB est un indicateur brut et non pas net

Question : « Peut-on mettre sur le même plan un pays qui produit de la vraie valeur ajoutée et un autre qui ne s’enrichit qu’en
dilapidant son patrimoine naturel ? Autrement dit, il considère comme une création de richesses, ce qui n’est en réalité qu’une
exploitation (donc une dépréciation) du patrimoine naturel. » .
Solution : Il s’avère donc nécessaire de calculer un autre indicateur de développement : le développement durable ou soutenable
(fiche 6 )
Pour avoir un historique de la croissance (1p 16) : ici

II- Les sources de la croissance

1. Une croissance extensive : la contribution des facteurs de production

Définition : Une croissance extensive est une croissance qui résulte du seul accroissement quantitatif des facteurs de
production. On produit 2 fois plus car on utilise deux fois plus de facteurs de production (main d’œuvre et capital). Cette
croissance se produit donc sans gains de productivité. Dès lors, elle bute inéluctablement sur des goulots
d’étranglement, comme ceux que connaissaient les sociétés traditionnelles.

Plus d’informations sur la croissance extensive : cliquez ici


2. Vers une croissance intensive : le rôle de la productivité et du progrès technique

• L’apparition puis le développement du progrès technique a permis de connaître une croissance intensive.
• Déf in it ion de la croi ssance in ten si ve : La croissance intensive est une croissance qui économise les
facteurs de production grâce aux gains de productivité générés en particulier par le progrès technique.
Pour multiplier par 2 les quantités produites il n’est pas nécessaire d’augmenter proportionnellement la
quantité de facteurs de production . Une innovation (cf. Schumpeter, chapitre investissement et progrès
technique) par exemple telle qu’une meilleure organisation du travail (cf. Taylor ou Ford) permet au même
nombre de travailleurs d’être plus efficaces et donc de produire plus.
Pour un exemple portant sur l’agriculture : cliquez : ici

3. Le rôle des valeurs

o Les économistes aussi bien marxistes que libéraux ont longtemps développé des théories matérialistes qui postulaient que
les conditions financières , les innovations jouaient un rôle déterminant et que les conditions culturelles ( la superstructure
au sens marxiste ) étaient une variable déterminée . Mais l’analyse développée par Weber dès la fin du XIX°siècle a
démontré l’importance des valeurs et n particulier le rôle qu’a joué la rationalisation dans l’apparition du capitalisme et de la
croissance : pour plus d’informations sur l’ analyse de Weber : ici

o Les économistes libéraux ont cherché à limiter l’intervention de l’Etat considérée comme un élément perturbateur entravant
l’autorité du marché .Mais du fait de « la faiblesse de l’Etat , des inégalités , des conflits ethniques ou religieux , l’insécurité
des personnes et des biens découragent l’investissement , en particulier extérieur dans de nombreux pays . A l’évidence , il
faut un cadre stable , prévisible et favorable aux échanges . » selon A.Parienty : pour plus d’informations sur cette
controverse entre les analyses libérales : cliquez ici
et tiers-mondistes de la croissance : cliquez ici

III- Les conséquences de la croissance :la croissance engendre des transformations structurelles

La croissance ne se traduit pas seulement par une augmentation des quantités produites mais aussi par de nombreuses
transformations :ainsi les 30 Glorieuses furent, selon J.Fourastié, l’âge de toutes les ruptures.

1 - L’évolution des structures de production ( 3p 16 et11 p 19 )

a. Constat

Depuis 2 siècles , la répartition sectorielle du PIB comme celle de la population active ont fortement évolué :
- la part dans le PIB et dans la population active de l’agriculture n’a cessé de diminuer
- au profit, dans un premier temps, de l’industrie,
- puis dans un second temps, c’est le secteur tertiaire qui connaît le développement le plus rapide.
On est ainsi passé :
- d’une société agricole et rurale au XVIII° siècle
- à une société industrielle et urbaine jusqu’au milieu du XX° siècle.
- Depuis lors semble se développer une société postindustrielle.
Pour voir l’évolution de la structure de la population active et du PIB , cliquez ici

b. Explications

Ceci résulte de 2 phénomènes dont les effets se sont complétés :

 l’effet productivité : les lois de Fourastié(rappel du cours de seconde et 4 p 17)

J.Fourastié a construit une théorie qui reprend la typologie sectorielle établie par C. Clark en insistant,
comme critère de différenciation sur les rythmes différents de progrès technique et de productivité :
• le secteur primaire (rassemble l’ensemble des activités productrices de matières
premières issues de la nature : agriculture et mines) se caractériserait par un progrès
technique et des gains de productivité intermédiaires .
• le secteur secondaire (correspond à la transformation continue sur une grand échelle
de matières premières en produits transportables : principalement le secteur
industriel) se caractérise par un progrès technique et des gains de productivité très
élevés
• le secteur tertiaire ( rassemble les services , c’est-à-dire les biens immatériels produits
dans divers types d’activité :marchandes ( commerce , transport , ... ) ou non
marchandes ( éducation , santé ) ) se caractérise par un progrès technique et des
gains de productivité faibles : pour produire plus , il faut faire appel à davantage de
main-d’œuvre ( croissance de type plutôt extensive ) .
 l’effet demande : les lois d’Engel (rappel du cours de seconde et 5 p17)

• Présentation des lois dErnst Engel a caractérisé l’évolution de la structure de la consommation en


fonction du revenu des ménages .Il distingue 3 types de biens :
• les biens inférieurs ou de première nécessité : la part des dépenses consacrées à
l’entretien physique ( la nourriture) est d’autant plus forte que le revenu est faible .
Quand le revenu s’accroît, le coefficient budgétaire de l’alimentation diminue :
l’élasticité-revenu de l’alimentation est donc inférieure à 1 .
• les biens dits normaux : la part des dépenses consacrée aux vêtements, à l’habitation,
au chauffage et à l’éclairage est invariable , quel que soit le revenu . Le coefficient
budgétaire de ces biens est donc constant, l’élasticité-revenu est égale à 1
• les biens supérieurs ou superflus : la part des dépenses consacrées à l’éducation , la
santé , les loisirs s’accroît avec le revenu : le coefficient budgétaire s’élève avec le
revenu , l’élasticité -revenu est supérieure à 1 .

• Définition de l’élasticité ( rappel première) : l ‘élasticité revenu d’un poste de consommation (par
exemple l’alimentation) mesure la sensibilité des dépenses alimentaires à une variation du
revenu : Elasticité revenu : η = (∆Q/ Q) / ( ∆R/R)
R= revenu, Q = dépenses consacrées à un poste alimentaire, ∆= variation .

La croissance économique , par l’augmentation du revenu qu’elle va engendrer , va donc déterminer un bouleversement de la
structure de consommation des ménages ( 8 p 15 ).On observe alors, non seulement une élévation du niveau de vie mais aussi une
transformation du mode de vie .

2 – Niveau et mode de vie .

a – le niveau de vie (12 p 19)

• Défi ni ti on : Il correspond à la quantité de biens et de services dont peut disposer un individu, un ménage en
fonction de ses ressources : le niveau de vie est donc un indicateur de type quantitatif.

• Constat : L’élévation du niveau de vie, depuis deux siècles, a permis à la population de :


- satisfaire un nombre croissant de besoins,
- ce qui a permis dans un premier temps d’éloigner le spectre de la famine,
- et dans un second temps, de satisfaire des besoins qui étaient en apparence réservés à une minorité de la population.
Pour un exemple portant sur les ouvriers depuis un siècle , cliquez ici

• Remarque : Néanmoins, cela ne signifie pas que les disparités de consommation aient totalement disparu .Des individus
ayant des niveaux de vie comparables peuvent avoir des structures de consommation très différentes (1 p 16 : dernier
paragraphe).

b –le mode de vie

• Défi ni ti on : En effet, le mode de vie qui désigne les façons de vivre , de se nourrir , de se vêtir , d’utiliser son
temps , ses loisirs ne dépend pas seulement du revenu ( variable quantitative ) ; il est fonction aussi de variables
qualitatives telle l’appartenance sociale ( le niveau d’éducation, la catégorie sociale d’appartenance , etc. .)

Pour plus d’informations sur la relation entre niveau et mode de vie , cliquez ici

3- L’évolution de la structure de la population active (7 p 18 et 10 p 19)

La transformation des structures de production et de consommation engendre de profonds bouleversements de la structure de la


population active : ensemble de la population ayant un emploi rémunéré ou en cherchant 1 ;
o Dans tous les pays développés , on assiste à un mouvement de salarisation : le pays capitaliste le plus avancé ( les Etats-
Unis) est aussi celui qui compte le moins d’indépendants . Ces dernières années , les pays en développement ont emprunté le
même chemin ( doc 10 p 19) )
o Depuis la Révolution industrielle , la structure des CSP a fortement évolué en France en raison du passage d’une économie
rurale et agricole à une économie urbaine et industrielle , puis post-industrielle : le pourcentage d’agriculteurs est passé de
plus de 60 % à moins de 5% , au bénéfice dans un premier temps des emplois d’ouvriers dont la part a culminé en 75 à 35%
pour chuter à moins de 25 % en 2005 ( crise industrielle et délocalisations) . Les effectifs du tertiaire ont vu leur part
fortement progressé , aussi bien pour les peu qualifiés ( la part des employés est passée de 36 à 2005 de 10 à un peu moins
de 30 % ) que pour les plus qualifiés ( la part des professions intermédiaires est passée entre 54 et 2005 de 7 à 20 % , celle
des cadres supérieurs de 2 à 15% )
Chapitre introductif :Croissance,
changement social, développement

Fiche 2 – Définition et analyse du changement social


I. Définition du changement social

1. Les erreurs à éviter

Il ne faut pas assimiler le changement social à un événement social :


• c’est à dire une élection, une grève , par exemple. Chacun de ces événements sociaux est un point d’orgue
dans la vie d’une communauté, d’une entreprise.
• Mais cet événement peut, ou bien n’avoir aucun effet sur la vie de celles ci (remplacement d’un personnel
politique par un autre , statu quo des positions des parties en conflit, etc.) , ou bien être la source de
modifications lentes ou brutales d’une organisation par exemple ( modification des structures et des rapports
de pouvoir, etc.).
Pour voir la distinction introduite par Parsons entre changement d’équilibre et changement de structure , cliquez ici

2. Les caractéristiques du changement social ( 19 p 25 )

Cette distinction opérée par les auteurs qui se sont préoccupés du changement social se caractérise par 4 points
• Le changement social doit donc être un changement de structure , c’est à dire qu’on doit pouvoir observer une
modification de l’organisation sociale dans sa totalité ou dans certains de ses composants essentiels.
• le changement social est repérable dans le temps: c’est à dire que l’on peut désigner ce qui a été modifié entre deux
moments. Le changement tend donc à être identifié par rapport à une situation de référence.
• le changement social est durable: c’est à dire que les transformations structurelles observées ont une certaine
stabilité. On ne parlera donc de changement social qu’après s’être assuré de la pérennité des modifications
étudiées.
• Le changement social est évidemment un phénomène collectif, il concerne une communauté, une organisation, une
collectivité ou s’il s’agit par exemple d’un changement de représentations des individus pris collectivement

II. Les facteurs du changement social


Pour des informations sur la démarche étudiée pour étudier le changement social , cliquez ici
• Il est important de noter que comme l’indique R Boudon, la sociologie moderne tend à répudier l’idée selon laquelle il
existerait une cause dominante du changement social, elle tend même à reconnaître la pluralité des types de changement
• .En cela elle s’oppose aux grandes théories construites au 19 ème siècle , telles celle de Marx qui sont des théories dites
monistes car elles accordent à un facteur (le matérialisme historique chez Marx) un rôle déterminant . Il ne faut pas oublier
non plus que le changement social ne se fait jamais sans conflit (cf chapitre conflits sociaux).

1 - le facteur démographique.

a -le rôle de la densité matérielle dans l’analyse durkheimienne .

Comme l’indique G Rocher c’est Durkheim qui a le premier et le plus poussé en avant l’analyse du facteur démographique dans le
changement social. Nous verrons (chapitre changement social et solidarités ) que, pour Durkheim , le progrès de la division du
travail a entraîné une transformation radicale des sociétés ( passage de la solidarité mécanique à la solidarité organique). Or, ce
progrès de la division du travail, Durkheim l’attribue à l’accroissement démographique (qui est aussi à l’origine d’un accroissement
de la densité morale de la population).
Pour des informations sur l’analyse de D.Riesman qui met aussi en avant l’influence du facteur démographique , cliquez ici

2- le progrès technique (cf chapitre investissement et progrès technique )

Le progrès technique est considéré, en particulier depuis le 19 ème siècle, comme un facteur déterminant du changement social .
 Plusieurs analyses peuvent être mises en évidence :
• l’analyse de Marx :il suffit de prendre pour exemple le déterminisme matérialiste cher à Marx (cf chapitre
conflits sociaux) qui fait dépendre les rapports sociaux de l’évolution des forces productives (cf la célèbre
phrase : « le moulin à bras vous donnera la société avec le suzerain, le moulin à vapeur, la société avec le
capitalisme industriel »).
• L’analyse de Mumford : pour avoir plus d’informations , cliquez ici
• J.A.Schumpeter ( cf chapitre investissement et progrès technique ) insiste , quant à lui , sur le rôle des
innovations et de l’entrepreneur dans le processus de croissance et de développement .

 Limites de ces analyses :Il n’en reste pas moins que toutes les théories accordant au progrès technique un rôle central ont
une faiblesse majeure : comment expliquer son apparition , il faut alors ternir compte du contexte socioculturel (22 à 25 p
26-28)
Chapitre introductif : Croissance, Notions du référentiel : IDH
changement social, développement

Fiche 3– Le développement : définition et indicateurs

I. Définition du développement

1. La distinction croissance –développement

L’assimilation entre croissance et développement qui a souvent été faite par de nombreux auteurs, en particulier Rostow
est très critiquable . E n effet , la croissance est un phénomène économique et quantitatif , alors que le développement
est d’ordre social , culturel donc qualitatif .

2. Définition de F.Perroux

Comme l’indique F.Perroux, « l’économiste à qui on demande qu’est ce que le développement doit à mon sens répondre :
le développement est la combinaison de changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à faire
croître cumulativement et réellement son produit réel global. »

Pour une autre définition : celle de Sen , cliquez ici

3. Les caractéristiques du développement

Hugon insiste sur 3 dimensions essentielles du développement :


• le développement doit assurer à tous une amélioration du bien-être ce qui passe nécessairement
par une réduction des inégalités
• le développement nécessite l’application de nouveaux droits et libertés donc une démocratisation
plus poussée des sociétés
• enfin, le développement doit s’inscrire dans une perspective de préservation des intérêts et choix
des générations futures.

Pour plus d’informations sur l’analyse de P.Hugon cliquez ici

II. Les indicateurs du développement

Deux écoles s’opposent selon C.Bernard :


• ceux qui proposent de corriger le PIB tout en conservant les méthodes de la Comptabilité nationale : ils
calculent alors des PIB en PPA par exemple.
• ceux qui proposent de construire un nouvel indicateur dont le PIB ne serait qu’un des éléments .P.Samuelson
propose de calculer un bien-être économique net (BEN). F.Perroux un bonheur national brut ( BNB ) . Toute
la difficulté est alors de traduire tous les indicateurs qualitatifs en valeurs monétaires

Solution :. C’est ce défi qu’a essayé de relever le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) qui a construit 2
nouveaux indicateurs : l’Indicateur de Développement Humain ( IDH ) et l’ Indicateur de Pauvreté Humaine ( IPH ) .

1. L’IDH

a. définition de l’ IDH

Il veut être la mesure du développement humain entendu au sens où les besoins fondamentaux sont couverts . L’IDH se
calcule à partir de la combinaison de 4 critères :
• l’espérance de vie , comprise entre 25 et 85 ans
• le taux d’alphabétisation des adultes
• le nombre moyen d’années d’études
• le niveau de PIB/habitant en PPA .

Conc lus ion : « L’ IDH résulte de leur combinaison puisque c’est la somme pondérée selon les coefficients fixés par le
PNUD des 4 valeurs . Les indicateurs PIB réel par habitant ajusté et espérance de vie à la naissance pèse chacun pour un
tiers dans l’IDH, le taux d’alphabétisation des adultes et la moyenne des années d’études respectivement pour 2/9 et 1/9

Pour plus d’informations sur le calcul de l’IDH par le PNUD , cliquez ici : ici

b. Intérêt de l’IDH

Il permet de :
• dépasser la simple comptabilisation quantitative du PIB et il mesure donc mieux le niveau de développement
atteint par un pays .
• Il établit donc une hiérarchie des pays différente de celle du PIB . Pour l’année 92 , le Canada occupe la 11°
place au classement du PNB/habitant , mais la 1° à celui de l’IDH . Au contraire , la Guinée occupe le 139°
rang pour le PNB/habitant , et le 173° rang pour l’IDH . De même , la hiérarchie des pays suivant le PIB
réel par habitant et celle de l’IPH ne se recoupent pas . Les profils de la Suède et des Etats Unis sont ainsi très
différents selon B.Stern .

2. L’IPH

a. Définition

L’indicateur de pauvreté humaine mesure le dénuement au niveau des quatre grands aspects de la vie humaine :
• la capacité de vivre longtemps et en bonne santé mesurée par le pourcentage de personnes
risquant de décéder avant un âge fixé
• le savoir mesuré par le pourcentage d’adultes analphabètes
• les moyens économiques mesurés par L’absence d’accès à des conditions de vie décentes qui se
décompose en 3 variables :
- pourcentage d’individus privés d’eau potable
- pourcentage d’individus privés d’accès aux services de santé
- pourcentage d ’enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition
• La participation à la vie sociale

Ces éléments sont les mêmes pour tous les pays qu’ils soient industrialisés ou en développement. Seuls les critères les
mesurant varient, pour tenir compte des différences dans les réalités de ces pays . On calcule alors un IPH1(pour les
PVD) et un IPH2 (pour les pays industrialisés)

Pour plus d’informations sur le calcul de l’IPH par le PNUD , cliquez ici

b. Intérêt

Cet indicateur a l’avantage de révéler mieux que l’IDH la capacité redistributive des pays .

Pour des indicateurs mesurant les inégalités hommes-femmes , cliquez sexospecifique de developpement humain (ISDH) et
indicateur de participation des femmes (IPF) ici

III. Les limites de ces indicateurs


S’ils prennent en compte les critères socioculturels , ce qui est un progrès , ils ne sont pas capables de :
• rendre compte de la dynamique des structures économiques et sociales, qui seules permettraient de mesurer le
développement car l’IDH et l’IPH sont des indicateurs statiques.
• Comme l’ensemble des indicateurs synthétiques IDH et IPH sont critiqués pour le choix arbitraire de leurs
composants mais aussi des pondérations qui permettent leur agrégation en un indice synthétique.
• La forte corrélation de l’IDH avec le PIB pose la question de l’utilité de l’IDH puisqu’il ne paraît pas pas
apporter d’informations supplémentaires, il donne alors raison aux théoriciens libéraux qui ne voient pas la
nécessité de construire de nouveaux indicateurs en constatant que le PIB fournit une information suffisante
• l’IDH semble réduire le concept de développement humain aux progrès de la santé, de l’instruction et du
niveau de vie, ce qui occulte la question des libertés politiques, de la participation à la vie sociale et à la
sécurité physique . Or ces capacités sont aussi universelles et fondamentales que savoir lire, écrire ou que la
santé. La faiblesse de l’IDH est qu’étant un indicateur chiffré synthétique, il se révèle incapable de prendre en
compte des dimensions qualitatives comme le degré de liberté et de démocratie qui ne sont pas facilement
mesurables.
Chapitre introductif : Croissance,
changement social, développement

Fiche 4– L’analyse libérale de la relation croissance - développement

Selon les économistes libéraux :


• jusqu’à la Révolution Industrielle, les sociétés ne connaissaient ni progrès, ni croissance.
• Dans cette perspective, la Révolution Industrielle aurait engendré :
- un processus de ruptures permettant de passer d’économies statiques pauvres, dominées par la nature
- à des économies dynamiques qui améliorent continûment le bien-être de leur population.
• Le modèle de croissance et de développement ayant été suivi par les actuels PDEM est, selon de nombreux
économistes, généralisable à tous les pays quelque soit leur histoire, leur modèle culturel.
• Il devrait donc apporter à toutes les sociétés qui les suivent le bien-être économique et social.

I. Les sociétés traditionnelles bloquent la croissance

1. Les caractéristiques des sociétés traditionnelles

Ces sociétés sont des sociétés holistes où l’individu est déterminé par le groupe ce qui a 2 conséquences :
• L’individu appartient alors au groupe de ses parents : il n’ y a pas de mobilité sociale
• Tout changement est refusé : les sociétés sont statiques , les valeurs héritées sont respectées
Pour avoir plus d’informations sur les sociétés traditionnelles , cliquez ici

2. empêchent la croissance

Le progrès technique est donc impossible , car il remettrait en cause les fondements même de la société :
• l’individu innovateur changerait de statut
• il y aurait une remise en cause des valeurs traditionnelles

Il paraît alors difficile d’assurer une croissance économique et démographique forte , car :
• elles ne peuvent lutter contre les aléas de la nature ( par exemple , une tempête qui détruit les récoltes)
• comme la production ne peut augmenter , il ne peut y avoir d’augmentation de la population ( cf analyse de Malthus)
pour en savoir plus , cliquez ici

Conclusion :

Constat : La structure sociale et économique des sociétés traditionnelles semble rendre impossible la libération de l’homme des
besoins fondamentaux.
Explications : Les philosophes des Lumières vont s’efforcer de démontrer que le responsable de cette situation est la société féodale
qui, en entravant l’action individuelle, donc les droits naturels de l’individu interdit toute croissance économique.
En effet , selon les libéraux, l’homo oeconomicus est une caractéristique naturelle, il existe dans toutes
les sociétés et à toutes les époques . Si l’homo oeconomicus paraît absent des sociétés traditionnelles,
c’est parce que celles-ci se sont efforcées en imposant des ordres, des statuts, des corporations de
contraindre l’individu qui est naturellement égoïste et rationnel à rechercher non pas son intérêt
individuel mais à se conformer aux besoins de la société.

II. Le passage à la croissance

1. La suppression des sociétés traditionnelles est une nécessité pour les libéraux

Dans ces conditions ,il faut libérer l’individu de l’ordre social qui le contraint afin de le libérer du besoin .Dès lors , la croissance
économique deviendra une fin en soi .

Mesures préconisées : Il faut donc comme préalable à tout décollage économique remettre en cause l’échelle des valeurs imposée
par la société traditionnelle en offrant aux individus des possibilités différentes de celles qui se présentaient aux générations
précédentes
Solutions préconisées par les libéraux : Il est donc urgent, pour les libéraux, d’abolir cet héritage du
vieux monde afin de laisser jouer les lois naturelles du marché. Le libre-accès au travail, l’institution d’un
libre marché du travail marquent l’avènement d’un monde social rationnel par la destruction de l’ordre
social arbitraire de l’ancienne société.
Conséquences attendues : la liberté du travail en libérant l’initiative privée, le goût du risque et de
l’effort, le sens de la compétition va conduire l’individu à désirer une amélioration de sa condition qui sera
source d’efficacité et de dynamisme économique .

2. Un mécanisme universel

C’est ce qui s’est passé pour les pays occidentaux à partir du XVIII° siècle . Les auteurs libéraux vont alors proposer des théories
développant l’idée que tous les pays suivent la même progression .

a. La thèse de Rostow

 Les 5 stades de Rostow

Rostow, dans une perspective libérale, va s’efforcer de montrer que la croissance économique nécessite
une rupture avec l’ordre ancien ; il va développer un schéma en 5 phases qui reprend celui suivi par
l’Angleterre depuis le 18° siècle :
• Premier stade les sociétés traditionnelle : ce sont des sociétés rurales , à faible mobilité sociale et
où le système des valeurs empêche tout progrès technique . La croissance est donc très faible
voire nulle
• Second stade : les conditions préalables au décollage : c’est un ensemble de transformations
fortes qui rendent le décollage possible : par exemple , une révolution agricole qui , en
augmentant la productivité agricole , permet de libérer de la main d’œuvre
• Troisième étape : le décollage ou take-off : c’est la période où l’on passe des sociétés
traditionnelles aux sociétés industrielles . Cette période de 20 ou 30 ans est marquée par un taux
d’investissement très élevé et par quelques branches motrices tirant toute l’économie
• Quatrième étape la maturité : c’est un longue période où les innovations se généralisent à
l’ensemble de l’économie et où une diversification des activités apparaît
• Cinquième étape : la phase de consommation de masse : les biens industriels se diffusent à
l’ensemble de la population . Comme les besoins fondamentaux sont assurés , de nouveaux
besoins apparaissent et sont progressivement comblés
Pour une analyse plus développée de la théorie de Rostow , cliquez ici

 Les conclusions de Rostow sur le schéma de développement

Rostow écrit : « que le pays le plus développé industriellement ne fait que révéler aux économies les
moins développées l’image de leur propre futur. » En ce sens, les pays en développement ne sont pas
différents des pays développés, ils sont seulement en retard ( théorie dite du retard ) .
Mesures préconisées par Rostow : Les PVD, pour connaître une croissance et un développement n’ont
alors qu’à suivre un modèle de référence, considéré par Rostow comme la seule voie possible ( the one
best way ) : c’est le modèle de l’Angleterre depuis le XVIII° siècle qui leur permettra de connaître une
croissance économique forte et durable qui engendrera un développement économique à terme et
rapprochera les PVD de la situation des PDEM aujourd’hui .

b. La thèse de Fukuyama : la fin de l’histoire

F Fukuyama va s’inscrire dans la logique de Rostow, mais en intégrant les données issues du nouveau
contexte dans lequel il se situe : Rostow rédige son ouvrage au début des années 60, Fukuyama au début
des années 90, à l’époque de l’effondrement du bloc soviétique et de son modèle.
Selon Fukuyama , un seul modèle assure simultanément la croissance , le bien-être et la démocratie :
celui des pays occidentaux basé sur :
• la liberté économique ( économie de marché) : le marché assure la croissance économique la plus
forte ( cf chapitre sur le marché de première
• la liberté politique ( démocratie libérale ) : celle-ci permet d’assouvir les aspirations immatérielles
des individus ( dignité)
• Selon Fukuyama , la liberté économique est un préalable à la liberté politique A Prezeworski vient
récemment de démontrer qu’au-dessus d’un PIB/habitant de 6000$/an il n’y a pas d’exemple de
pays qui soit revenu à un régime autoritaire. L’Espagne, Taiwan, la Corée du Sud ont tous réussi
leur transition démocratique autour de ce chiffre magique.
Conclusion : une fois que le modèle libéral se sera généralisé , on assistera à « la fin de l’histoire » : un
modèle de société optimal ayant été déterminé
Pour aller plus loin dans la connaissance de l’analyse de Fukuyama , cliquez ici
III. Assure automatiquement le développement
Comme le montrent Rostow et Fukuyama dans leur modèle , la croissance entraîne obligatoirement du développement :

1. Une relation de corrélation :

On constate que les pays de l’OCDE qui sont les pays les plus riches sont aussi les pays les plus développés et qu’au contraire les
pays n’ayant pas connu de croissance économique sont sous développés (13 p 18)
pour en savoir plus sur cette relation de corrélation , cliquez ici

2. Transformée en relation de causalité

Cette relation de causalité est mise en évidence dans la courbe de Kuznets qui relie 2 variables : PIB/habitant et niveau des inégalités
qui est un élément du développement :

 Premier stade : les sociétés traditionnelles où le PIB/hab et les inégalités réduites , car la faiblesse de la croissance empêche
tout surplus à partager

 Deuxième stade : dans la première phase de croissance , celle-ci se traduit par une augmentation des inégalités car :
o La croissance nécessite un taux d’investissement élevé , donc un taux d’épargne élevé . Comme ce sont les plus
riches qui ont le taux d’épargne le plus élevé , il faut accepter une hausse des inégalités
o Tous les individus n’ont pas les mêmes capacités pour profiter des opportunités de la croissance

 Troisième stade : passé un certain seuil , l’augmentation du PIB/hab se traduit par une réduction des inégalités . La forte
augmentation de la richesse générée par la croissance économique va permettre aux pays ayant connu un décollage
économique d’améliorer le sort de la population et d’assurer le bien-être de la population , car :
• Cette augmentation de la richesse permet d’augmenter le niveau de vie et d’améliorer le mode de vie : la consommation
augmente et se transforme ( cf lois d’Engel , fiche 1 )
• De prendre en charge les dépenses d’infrastructure ( d’éducation , de santé ) : la population est plus instruite et en meilleure
santé
• comme la population est plus riche et plus instruite , les revendications changent d’après R.Inglehart : de matérielles , elles
deviennent immatérielles . La population souhaite alors plus de liberté , plus d’égalité .

3. Un cercle vertueux apparaît

Comme la population est plus instruite et en meilleure santé , sa productivité augmente , puisque elle peut plus facilement innover et
que le nombre de personnes absentes au travail diminue . La croissance intensive est donc relancée .
D’après les libéraux , un cercle autoentretenu entre croissance et développement existe : la croissance est l’élément moteur qui lance
le développement qui en retour renforce la croissance .

Conclusion des auteurs libéraux , notamment de Rostow :L’étude des facteurs quantitatifs semble être le meilleur indicateur selon
Rostow pour analyser les performances économiques d’un pays . Pour étudier le niveau de développement d’un pays , il suffit de
connaître son PIB/habitant .
Chapitre introductif : Croissance,
changement social, développement

Fiche 5– La remise en cause de l’automaticité de la relation croissance- développement

La vision libérale a été fortement critiquée car :


• elle assimile trop facilement la croissance au développement,
• elle apparaît comme ethnocentriste (cf. cours première sur la culture)
• le modèle de développement proposé par les libéraux ne peut donc être adopté par des pays de culture non
occidentale

I. Croissance et développement une assimilation discutable

1. La croissance n’entraîne pas automatiquement le développement

Si le développement rend certes la croissance irréversible ( il n’y a pas de développement sans


croissance ) , la proposition inverse : la croissance génère inéluctablement le développement ,
ne se trouve pas toujours vérifiée .

a. Constat

Certains pays tels que le Brésil, ont :


• connu une croissance économique très forte depuis les trente dernières années ; le Brésil est ainsi entré dans
le club fermé des 10 premiers PIB mondiaux ,
• sans pour autant atteindre le stade de pays développé. En effet, un certain nombre d’indicateurs montre que le
Brésil reste très en retard par rapport aux pays développés : deux tiers de sa population sont sous-alimentés
alors que le Brésil est l’un des premiers exportateurs agricoles mondiaux ; le Brésil est la 8 ° puissance
économique du monde capitaliste mais le tiers de ses habitants habite dans des bidonvilles, 75 % des paysans
sont sans terre.

Conclusion : on peut alors parler de mal développement qui nécessite l’élaboration de nouveaux indicateurs ne se limitant pas à
mesurer l’augmentation de la richesse matérielle : le PIB n’est donc pas un bon indicateur du développement comme l’affirment les
libéraux .

b. explications

L’augmentation des la richesse crée est donc une condition nécessaire pour assurer du développement , mais elle n’est pas suffisante .
D’autres facteurs sont indispensables :
• comment cette croissance est obtenue :
- une croissance qui repose sur l’exploitation de la main d’œuvre ne peut assurer de développement
- ou bien si cette croissance se traduit par une exploitation très forte des ressources naturelle non renouvelables ( cf
fiche 6 développement durable)
• comment cette croissance est répartie :
- les fruits de la croissance doivent être réparties de manière équitable et favoriser les plus démunis
- l’augmentation des richesses ne doit pas servir à effectuer des dépenses inutiles au développement ( dépenses
militaires ou pharaoniques : « éléphants blancs »

La croissance n’est pas une condition nécessaire et suffisante pour assurer le développement

A.Sen va plus loin et considère que le développement ne nécessite seulement pas une croissance préalable , car : « l’éducation et les
soins médicaux sont des services intensifs en travail, donc relativement peu coûteux dans les pays pauvres (en raison de la faiblesse
des rémunérations). Si ces pays ont moins d’argent à dépenser, ils ont aussi besoin de moins d’argent pour fournir ces services. Pour
cette raison beaucoup de pays pauvres ont de fait été capables de développer largement les services éducatifs et médicaux sans
attendre d’être prospères. »
Son raisonnement est le suivant :
• Le développement d’un pays est avant tout fondé sur sa capacité à éduquer et à soigner sa population
• Ce sont des activités de services demandant beaucoup de travail et peu de capital
• Les pays pauvres ont un excédent de main d’œuvre , le salaire y est donc faible
• Le coût de production de l’enseignement et de la santé est donc bas
• Les pays pauvres peuvent ainsi les financer

Pour des informations supplémentaires : un article du Monde de Sen en mai 2006 sur « mondialisation et justice sociale : cliquez ici
2. Développement et croissance , une relation complexe
Une relation de circularité lie croissance et développement , les 2 variables sont interdépendantes . Il ne faut donc pas favoriser l’un
au détriment de l’autre , mais les articuler

II. La conception libérale de la relation croissance-développement est ethnocentriste

La relation libérale entre croissance et développement est ethnocentriste :


- Un seul chemin mène au développement
- Le développement se définit par rapport à des critères occidentaux : efficacité, égalité , justice , éducation

1. Plusieurs voies de développement sont possibles

Le succès économique des pays asiatiques est la preuve que le développement peut s’obtenir de manières différentes :
- Une société holiste : Japon
- Une intervention forte et ciblée de l’Etat : Corée du Sud ou le Japon avec le Miti ( ministère de l’industrie )
- Une dictature politique alliée avec une économie du marché : la Chine

2. La définition du développement dépend de la culture du pays ( cf cours de première : culture et


socialisation)

Le développement est une notion qualitative qui dépend des aspirations de la population . Celles-ci relèvent des valeurs de la société
qui peuvent être différentes de celles des pays occidentaux :

- L’exemple le plus célèbre est celui de M.Sahlins dans son ouvrage « Age de pierre , âge d’abondance » :
• A priori , les bushimans arrivent à peine à subvenir à leurs besoins
• Or , quand Sahlins étudie de manière plus approfondie cette société , il se rend compte que les bushmans passent
très peu de temps à chercher leur nourriture
• Sahlins en conclut que obtenir uniquement le minimum vital est un choix et non une obligation , car leurs valeurs
sont différentes de celles des occidentaux : ils ne souhaitent pas accumuler des biens matériels , mais disposer de
temps libre
- Ainsi , les pays occidentaux ne pourraient pas juger de l’état de développement des autres pays car ils ne disposent pas des
bons outils de mesure : un pays pauvre peut considérer comme essentiel de disposer d’une armée puissante pour garantir
son indépendance et donc y consacrer des sommes importantes au détriment de l’éducation et de la santé .

Pour plus de détails sur l’ethnocentrisme des PDEM , cliquez ici

Pour une critique de l’analyse de Fukuyama par A.Touraine , cliquez ici

III. Un modèle qui n’est donc pas transposable : les critiques à l’encontre de la théorie du retard
Les PED actuels ne pourraient pas suivre avec succès le modèle préconisé par Rostow pour 2 raisons .

1. L’histoire n’est pas linéaire

Postulat : La thèse de Rostow « repose sur une vision linéaire de l’histoire :


• les bons sont les américains qui montrent la voie, les Etats-Unis préfigurent donc ce
que seront tôt ou tard l’ensemble des pays du monde.
• La théorie de Rostow est, dans le modèle du développement, l’équivalent de ce que
soutenait F.W.Taylor dans le domaine de l’organisation du travail : pour chaque
problème , il existe one best way , une seule bonne solution . » .

Critique : Ceci suppose que les différents pays sont dans des situations socio-économiques comparables,
ce qui est loin d’être le cas. Les PVD ne sont pas en retard, ils sont différents.

Pour en savoir plus sur la situation spécifique des PED notamment des effets néfastes de la colonisation ,
cliquez ici

Pour une défense de la colonisation , la thèse de J.Marseille , cliquez ici

2. Tous les pays ne passent pas par les mêmes stades

Postulat :
• « L’histoire se déroule de façon implacable. On ne brûle pas les étapes dit Rostow,
chaque pays doit passer par un même nombre de stades, un peu comme un homme
avant d’être adulte . » .
• Cette vision de l’histoire est statique, elle suppose que l’ environnement international
auquel sont confrontés les pays demeure identique .

Critique : Or, il n’en n’est rien :


• D Clerc écrit : « L’Inde des années 90 n’est pas analogue à la France des années
1750 », elle est confrontée à des défis différents (elle a par exemple subi la
colonisation) .
• La simple répétition du modèle anglo-saxon conduirait donc inéluctablement à un
échec,
• d’autant plus que les conditions économiques du démarrage sont aujourd’hui
beaucoup plus difficiles à réunir qu’au siècle dernier .Clerc écrit : « le sous-
développement se maintient parce que les conditions à réunir pour le démarrage
s’éloignent au fur et à mesure que le pays tente de les maîtriser, un peu à la façon
dont l’horizon s’éloigne au fur et à mesure qu’on essaye de l’atteindre. »
• car le développement des PDEM bloque celui des PED : les PDEM sont très compétitifs
car ils disposent d’une main d’œuvre qualifiée e de stocks de capitaux . Les PED ne
peuvent donc lutter et sont obligées de se spécialiser dans des secteurs peu porteurs (
cf chapitre mondialisation)

Pour des informations supplémentaires sur :


- l’intégration différente des PED dans le commerce mondial , cliquez ici
- les relations inégales entre pays riches et pays pauvres , cliquez ici

- La dégradation des termes de l’échange des PED , cliquez ici


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