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La contention

1. Généralités
1.1 Définitions
• Contention : ensemble des procédés et appareillages destinés à stabiliser les
corrections
orthopédiques et orthodontiques obtenues par un traitement actif.
Action de maintenir par des moyens artificiels des organes déplacés.
• Récidive : "qui revient". Réapparition d'une maladie après sa guérison, après retour à
la santé.
Apparition d'une malposition ou d'une malocclusion reproduisant à un degré plus ou moins
marqué les anomalies initiales ou n'ayant pas de rapport avec celles initiales (BASSIGNY).
• Rechute : reprise d'une maladie qui était en voie de guérison (échec de traitement).
• Stabilité : propriété d'un corps de revenir à sa position d'équilibre initial si on l'en
écarte.
Tendance à rester dans un état définit quand il est soumis à des contraintes normales.

1.2 Intérêt de la question


- Difficulté de prévoir la stabilité ou la récidive d'un traitement, imputable à la méthodologie du
traitement ou au praticien.
HAHN, si vous ne pouvez prévoir une contention efficace pour un cas, ne le traitez pas.
- La récidive est reconnue et est considéré comme un problème.
OPPENHEIM, la contention est le plus difficile problème en orthodontie. En fait, c'est le problème.
ANGLE, la contention est souvent considéré avec légèreté. Les difficultés rencontrées y sont pourtant
plus grandes que pour le traitement lui-même.
HAWLEY, si quelqu'un veut prendre mes cas quand ils sont terminés, assurer la contention et prendre
la responsabilité de la suite, je serais heureux de lui donner la moitié de mes honoraires.
- La récidive est multifactorielle et différente des processus normaux de croissance et du
vieillissement.
- La contention permanente permet d'éviter toute récidive. Elle oblige cependant à une surveillance
à long terme.
- La contention constitue le traitement préventif de la récidive.
CHATEAU, un traitement orthodontique ne vaut que dans la mesure où son résultat est durable.
Sinon, il est nuisible.

1.3 Historique
• Différentes écoles
- Ecole occlusale : l'occlusion est le facteur le plus important pour stabiliser une dent dans sa
nouvelle position (KINGSLEY, ANGLE).
- Ecole de la base apicale : pour que l'occlusion soit stable, la dent doit être perpendiculaire sur sa
base (LUNDSTROM).
- Ecole de l'incisive inférieure : (TWEED).
- Ecole musculaire : l'occlusion doit être compatible avec la fonction et l'équilibre musculaire
(RIEDEL, BRODIE).
- Aujourd'hui, on tient compte de la position de l'incisive mandibulaire mais également des critères
occlusaux statiques et dynamiques dans les 3 sens de l'espace.

• Différentes théories
- Théorie de l'équilibre : si tout est bien terminé, un équilibre s'établit. La croissance résiduelle sera
harmonieuse, la contention est donc inutile.
- Théorie du décalage : il existe un décalage entre la position dentaire et l'environnement oral, entre
la croissance mandibulaire et maxillaire. Une contention doit donc être maintenue jusqu'à la fin de
la croissance.

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- Théorie de l'assistance partielle : il faut une aide temporaire, le temps de la réorganisation
tissulaire.

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2. Buts de la contention
- Stabiliser les dents pendant la réorganisation tissulaire (REITAN).
BEGG : il faut permettre et diriger la récidive pour permettre à l'os de se déposer et résister aux forces
masticatoires.
TWEED : la contention n'est pas souhaitable, il faut redistribuer les cartes et laisser l'occlusion
individuelle s'établir (recovery).
- Favoriser l'établissement d'une bonne occlusion.
Si cela ne peut se réaliser spontanément, il faut réaliser une équilibration occlusale. Il faut éviter les
interférences, éliminer les contacts non travaillant et en RC et parfois faire des restaurations
prothétiques.
- Limiter les effets d'une pathogénie nouvelle ou encore existante.

3. Procédés de stabilisation des effets du traitement


Ils contribuent à la stabilisation des effets du traitement en modifiant la tension des fibres
desmodontales ou les conditions d'équilibre dentaire ou occlusal sont exécutées par le
praticien.

3.1 Surcorrection
3.1.1 En cours de traitement
La position est surcorrigée à l'aide de l'appareil actif pendant quelques semaines puis ramenée en
position idéale avant la contention. Ce procédé est difficile à appliquer à toute une arcade et risque de
provoquer des dénudations (en cas de vestibuloversion).
Pour ZACKRISSON, il faut vérifier l'alignement des bords libres des incisives mandibulaires car une
légère rotation est un point faible et risque de provoquer une récidive. Une surcorrection efface tout
risque de souscorrection.

3.1.2 En fin de traitement


Elle est fortement conseillée pour anticiper une éventuelle et inévitable récidive :
- Dans les classes III.
- Dans les classes II, la croissance terminale mandibulaire favorisera le maintien du résultat et
permettra une surcorrection progressive.
- Lors d'une surcorrection dentaire, il n'est pas possible de prévoir le degré de récidive. Il y a un
risque de provoquer des prématurités (facteur d'instabilité).

3.2 Réduction de l'angle incisif


Pour RIEDEL, un petit angle inter incisif est un facteur de stabilité pour la correction de la
supraclusion.
L'équilibre de vestibuloversion dépend de l'équilibre labio lingual.

3.3 Fibrotomie
PINSON : sans fibrotomie, la récidive moyenne est de 16° pour une rotation (56%). Avec une
fibrotomie, la récidive moyenne est de 8,5° (25%).

3.4 Coronoplasties
Il s'agit de la modification de forme d'une couronne d'une dent, par réduction ou par addition :
- Pour des raisons esthétiques (bords libres des incisives, atténuation d'une forme triangulaire).
- En cas de DDD ou DDM.
- Accroît la stabilité de la denture.
En conduisant à une meilleure occlusion, l'orthodontiste réduit sensiblement les risques de récidive.

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4. Les principes de la contention
La contention est presque toujours indispensable pour contrecarrer la tension des fibres
gingivales et laisser le temps aux comportements musculaires de s'adapter au nouvel
équilibre.

4.1 Contention immédiate


REITAN : le mouvement de récidive est maximum dans les 2 heures qui suivent la dépose de
l'appareil.
PARKER : la moitié de la récidive totale a lieu dans les 12h après la dépose de l'appareil.
L'appareil actif doit être neutralisé et laissé en place 2 mois avant la dépose.
Le système de contention doit être préparé alors que l'appareil actif est encore en place.

4.2 Contention intelligente


Une contention doit s'opposer précisément et individuellement aux risques de récidives que présente le
patient.
ANGLE : puisque les dents ont tendance à retourner à leur position initiale, le 1er principe à retenir
pour le dessin de l'appareil de contention est qu'il doit s'opposer aux mouvements des dents vers leur
position première, et seulement à ce retour.
- 1ère question : savoir si le traitement a induit une modification des rapports antéro postérieurs des
arcades. Si oui, il faut entreprendre un système de contention bimaxillaire.
- 2ème question : savoir s'il existe une expansion transversale involontaire ou volontaire. Dans ce cas,
elle doit être maintenue par un plaque amovible, mais se pose alors le problème du non port par le
patient.
Utiliser un système de contention différent à chaque arcade, c'est courir le risque de voir apparaître
une dysharmonie transversale entre les 2 arcades.
- 3ème question : S'il existe un traitement de la supra, est-ce qu'il existe suffisamment souvent des
contacts en bout à bout, sinon la contention doit être des butées cingulaires.
- 4ème question : types de mouvements dentaires individuels. La réorganisation des fibres
desmodontales se fait sur plusieurs années. Une plaque amovible est peu efficace pour contrer une
récidive de rotation.

4.3 Contention prolongée


La contention doit être maintenue jusqu'à ce que les tissus environnant la dent et les fonctions orales
soient adaptés à la nouvelle position dentaire et à la forme d'arcade. La contention doit être poursuivie
jusqu'à ce que toutes les causes de récidives aient disparues :
- Jusqu'à la fin de la croissance faciale : risque de croissance tardive (supra, encombrement, classe
III).
- Jusqu'à ce que l'équilibre occlusale soit stable, c'est à dire jusqu'à la fin des phénomènes de
dentition (germectomie, ou évolution complète des M3).
- Jusqu'à l'équilibre des pressions musculaires, en harmonie avec les dimensions données par le
traitement.
- Jusqu'à ce que les fibres transeptales soient passives (plusieurs années).

4.4 Contention fixée


Tous les systèmes de contention ne peuvent être fixés, mais chaque fois que c'est possible, il faut
préférer les appareillages fixes.
Le résultat d'un traitement bien conduit est trop précieux pour pouvoir être confié à d'autres qu'à nous
même (PHILIPPE).
La contention fixée n'est pas toujours indiquée, elle n'a pas que des avantages et implique des
contrôles.

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5. Contention en fonction du type de malocclusion
5.1 Décalage des bases
5.1.1 Sens sagittal
• Après orthopédie
- Contention après correction d'une promaxillie :
. FEO : elle sert à corriger le décalage et sera maintenue en contention jusqu'à la fin de la croissance.
Elle peut être associée à une gouttière.
. Bumper : pour éviter le déplacement mésial des molaires maxillaires. Il peut être complété avec des
élastiques sur les faces vestibulaires des dents maxillaires.
. Appareil fonctionnel : il réalise alors une contention active du maintien des rapports sagittaux jusqu'à
la fin de la croissance.
- Contention après correction d'une brachygnathie maxillaire : hyper correction à l'aide d'un masque
de DELAIRE.
- Contention après correction d'une prognathie mandibulaire non chirurgicale : à l'aide d'un appareil
fonctionnel tel que le masque de DELAIRE pour une contention active jusqu'à la fin de la
croissance.
- Contention après correction d'une rétrognathie mandibulaire :
. Contention mécanique passive avec un plan incliné rétro incisif (IZARD).
. Activateur : PETROVIC a montré que la meilleure contention serait le maintien de l'appareil qui a
servi à la correction et ce jusqu'à la fin de la croissance.

• Après orthodontie
Dans le cas d'une correction par TIM de classe II ou III, TWEED et BEGG ne conseillent pas de
contention.

• Vestibulo version ou linguo version incisive


. Plaque de HAWLEY.
. Spring retainer.
. Attelle fixe.
. Arc lingual collé (ZACKRISSON).
. Grilles collées (grille d'ELLMAN, grille de Ribon).

• Proglissement ou rétroglissement
Aucune contention n'est nécessaire si le recouvrement incisif est suffisant.

5.1.2 Sens vertical


• Infraclusion antérieure
- Par insuffisance d'éruption antérieure : à partir du moment où les incisives ont été égressées
mécaniquement, une contention est recommandée :
. Plaque de HAWLEY avec maintien sur les incisives maxillaires.
. Gouttière de repositionnement pour éliminer les interférences des tissus mous (SHAPIRO).
- Par ingression postérieure :
. Plaque en résine recouvrant les faces occlusales des molaires, mais dégageant les bords libres des
incisives.
. Gouttière de repositionnement.

• Supraclusion
- Correction par ingression incisive
. La meilleure des contentions est un traitement bien fini ou en hyper correction (bout à bout) avec un
angle inter incisif fermé.
. Plaque de SVED.
. Plan rétro incisif supérieur (RIEDEL, HAWLEY).
. Gouttière inférieure.
. Tooth positionner.

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. Attelle collée de PM à PM maxillaire et mandibulaire.
- Correction par égression molaire : elle doit être maintenue jusqu'à la fin de la croissance et réalisée
dans la limite d'un espace libre résiduel suffisant.

5.1.3 Sens transversal


• Endognathie maxillaire
Si tous les auteurs sont d'accord pour la nécessité d'une contention après disjonction, ils divergent sur
le but de cette contention. Sa durée est, elle aussi très discutée.
. Arc transpalatin.
. Plaque à vérin.

• Inversé d'occlusion latérale


Une contention n'est pas forcément nécessaire, mais une hyper correction est souhaitable.
. Gouttière de repositionnement (PHILIPPE).

• Distance inter canine


. Arcs linguaux soudés sur bagues.
. Arcs collés 3-3.

5.2 Troubles inter-arcades


5.2.1 Manque de longueur d'arcade
- Mésio postion molaire supérieure :
. FEO sur bague portée jusqu'à l'évolution de M2.
Pour CHATEAU, il n'y aura pas de récidive si l'indication de la FEO a été bien posée (pas
d'encombrement postérieur).
- Macrodontie relative : l'éruption des M3 peut pour certains auteurs et dans certains cas être tenue
responsable d'un encombrement tardif.
- Croissance mandibulaire tardive : la contention des incisives inférieures devra se continuer jusqu'à
la fin de la croissance mandibulaire.
- Faible encombrement : si le traitement a été la vestibuloversion, il faut maintenir la contention de
façon définitive.

5.2.2 Points de contact défectueux


Cela peut entraîner un chevauchement dentaire. Dans le cas de dents de forme triangulaire, il est alors
possible d'avoir recours au stripping pour stabiliser les contacts inter dentaires.

5.2.3 Rotations
- La présence de points de contacts serrés n'est pas suffisante pour prévenir leur récidive.
- Il faut éviter les prématurités occlusales et faire une équilibration.
- Le rôle des fibres parodontales dans la récidive de la correction des rotations est essentiel
(fibrotomie).
Inefficacité de cette intervention chirurgicale sans le maintien de la dent corrigée pendant un minimum
de temps (EDWARDS).

5.2.4 Diastèmes
• Localisés
- Entre les incisives centrales : la stabilisation est fonction de la cause.
. Présence d'un germe surnuméraire : le maintien de la fermeture de l'espace doit être prolongé.
. DDD : elle nécessitera d'augmenter le diamètre des dents supérieures ou de réduire l'arcade
inférieure.
. Frein labial hypertrophique : une contention par plaque de HAWLEY sera suffisante mais de longue
durée.

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- Localisé au niveau des sites d'extraction : l'accumulation de tissu gingival au cours de la fermeture
des espaces d'extraction nécessite son élimination immédiate à la fin de la fermeture (EDWARDS,
MAC COLLUM).
• Généralisés
. DDD.
. Pulsion linguale persistante : elle voue le traitement à l'échec. La contention ne sera d'aucun secours.
. Lèvres atoniques : contention permanente.

5.2.5 Dents incluses


La récidive est rare. La contention pourra être réalisée par l'appareillage multibague soit par une
plaque en résine.

6. Les dispositifs de contention


6.1 Dispositifs unimaxillaires
6.1.1 Appareillages unimaxillaires amovibles
• Plaques de HAWLEY
Cette plaque ne serait pas l'appareil de contention le plus utilisé dans le monde si elle ne présentait pas
de multiples qualités.
- Elle doit être peu épaisse, monter sur les faces linguales des dents, s'insinuer entre les dents pour
maintenir les rotations.
- Elle ne doit pas gêner l'évolution de M2, ni comporter d'éléments passant au niveau occlusal.
Elle peut être portée jour et nuit. Lors d'un port à mi-temps, il faut s'assurer que l'ICM avec ou sans
plaque est identique pour éviter les phénomènes de jiggling.

• Plaque amovible mandibulaire


Elle est plus gênante qu'au maxillaire et comporte le même défaut (amovibilité).

• Gouttières thermoformées
- Avantages
. Peu encombrantes, donc bien acceptées.
. Elles permettent une contention dans les 3 sens de l'espace.
- Inconvénients
. Elles interfèrent avec l'occlusion surtout dans la partie postérieure, ce qui risque de faire une
surpression occlusale sur M2. Il faut faire un épaississement de la partie antérieure.
. Lors d'un port à mi-temps, il faut vérifier qu'il existe la même occlusion avec ou sans gouttière.

Le défaut principal de ces appareils est d'être amovible, donc d'être trop souvent cassé ou égaré.
SHERIDAN propose de faire l'appareil en double sur le même moulage pour contrer cet inconvénient.

6.1.2 Appareillages unimaxillaires fixés


• Les éléments du collage
- Fil collé : il est inclu dans la colle pour éviter les déplacements dentaires, mais laisse une partie de
la mobilité physiologique. Il doit être courbé selon le dessin de l'arcade.
- Colle : elle ne doit pas interférer avec l'occlusion et doit individualiser les dents.
- Méthodes : elles peuvent être directes ou indirectes.
- Décollement : le plus souvent entre la colle et la dent, donc il ne faut pas négliger la préparation
des surfaces amélaires (risque de caries).
- Grille collée : surtout quand il existe des problèmes parodontaux (grille de KEVLAR). Défauts :
. Les bords du ruban risquent de blesser la langue.
. La largeur du ruban risque l'extension de la colle jusqu'à la gencive (problème d'hygiène dans un
contexte parodontal affaibli).
. Les dents sont totalement immobilisées, il n'existe plus de mobilité physiologique, le parodonte n'est
pas stimulé (contexte parodontal affaibli).
. Difficultés pour le nettoyage (contexte parodontal affaibli).

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. Lors d'un décollement, il est très difficile de recoller un élément.

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• Dispositifs collés
- Le 2 dents : système collé sur 33 et 43 : il permet le maintien de la largeur inter canine.
- Le 6 dents inférieures de 33 à 43 : c'est la meilleure contention pour les rotations. La colle doit être
à distance de la gencive, et ne doit pas solidariser 2 dents adjacentes. Le contrôle doit être fréquent
car un décollement passe inaperçu.
- Le 6 dents supérieues de 13 à 23 : il ne doit pas entrer en contact avec la gencive ni avec
l'occlusion.
- Le 8 dents supérieures de 15 à 25 : dans les cas traités avec extraction de 14-24.
- Le 12 dents supérieures de 17 à 27 : fil collé sur les faces linguales des incisives et canines et sur
les faces occlusales des prémolaires et molaires. C'est une contention permanente chez l'adulte,
moins mutilante qu'une attelle coulée et les risques sont moindres en cas de décollement partiel.

• Attelles coulées collées


Elles doivent être réalisées par un spécialiste en prothèse fixée, car il s'agit d'un travail difficile à
exécuter (choix de l'axe d'insertion au paralléliseur). Elles sont indiquées lors de problèmes
parodontaux, mais posent des problèmes lors de décollement partiel (carie).

6.2 Dispositifs bimaxillaires


6.2.1 Dispositifs bimaxillaires amovibles
• Les positionneurs
- Le tooth positioner : appareil fabriqué sur un montage de dents du patient montées en parfait
alignement et en parfaite ICM. Il enveloppe les 2 arcades.
- Les positionneurs ou finisseurs : ils sont préfabriqués de différentes tailles avec la même forme
d'arcade. Il ne faut pas les utiliser en appareil de contention car ils ne maintiennent pas la forme
d'arcade du patient si celle-ci est différente de celle de l'appareil. Il faut s'en servir seulement pour
corriger un défaut ponctuel d'alignement.
- L'élastopositionneur (OSAMU) : il est construit sur un montage du patient, les dents sont placées
en position idéale et le montage réalisé sur un articulateur semi adaptable. Les défauts principaux
sont l'encombrement et la difficulté d'élaboration.

• Les activateurs
Il faut les faire aussi peu encombrent que possible. Ils n'ont pas la souplesse des TP, il est donc
difficile de les proposer en contention de longue durée.

• TIM sur plaques amovibles


Pour éviter de faire sortir les plaques de la bouche, il faut que les crochets pour les élastiques soit au
niveau du plan d'occlusion. Le port est nocturne avec des élastiques de très faible tension.

6.2.2 Dispositifs bimaxillaires fixés


• Butées cingulaires
Réalisation de composites sur les faces palatines des incisives et canines maxillaires pour empêcher la
récidive de la supraclusion. Elles maintiennent les rapports antérieurs dans le sens vertical et
constituent un dispositif à effet bimaxillaire. Elles s'ajoutent au fil de contention maxillaire.

• Elastique nocturne antérieur


Indiqué pour la contention des classes II,1 : il s'agit d'attaches collées sur les M1-M2 inférieures avec
des sectionnels et des élastiques très doux s'appuyant sur les faces vestibulaires des incisives
supérieures.

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7. Contention chez l'adulte
7.1 Définition
Adulte : individu parvenu au terme de sa croissance et de sa maturation. Age civil supérieur à 18 ans.
Il existe 3 types d'adultes :
- Jeune : traitement identique aux adolescents, la seule différence est l'absence de croissance. Il
n'existe pas de différence au niveau des systèmes de contention.
- Adulte au parodonte sain : patient motivé dont le traitement comporte des compromis. La
contention est de longue durée.
- Adulte au parodonte affaibli : le traitement est limité, avec des compromis. La contention est
adaptée aux problèmes parodontaux.

7.2 Intérêt de la question


Le traitement de l'adulte est pluridisciplinaire, il existe des compromis en fonction de l'état dentaire et
parodontal. La contention doit tenir compte des édentement, du contexte parodontal sain ou affaibli
mais sous surveillance.
Le développement des traitements d'orthodontie chez l'adulte est dû :
- Meilleure connaissance physiologique et pathologique du parodonte avec une adaptation des
techniques d'orthodontie.
- Progrès de la chirurgie orthognatique.
- Développement des systèmes orthodontiques non apparents.
- Meilleures informations des patients et des omnipraticiens.
- Augmentation de l'âge moyen de la population.
- Développement des traitements pluridisciplinaires.

7.3 Spécificités de l'adulte


7.3.1 Pluridisciplinarité
Les objectifs de traitement chez l'adulte sont fonction de l'âge, de l'état général, de l'état de la denture,
de l'état parodontal et de la motivation du patient.
Ils sont d'améliorer l'esthétique dentaire et facial, la fonction, facilité l'hygiène, assurer la longévité du
système dentaire.
Il faut une étroite collaboration entre toutes les disciplines de la chirurgie dentaire.

7.3.2 Psychologie et motivation


L'adulte demande un traitement court. Il y a souvent des compromis. La contention doit être longue
voire permanente.
PHILIPPE : l'adulte est un être au parodonte faible, mais au caractère fort.

7.3.3 Absence de croissance


Les décalages squelettiques sont compensés par la chirurgie maxillo-faciale orthognatique. Si la
préparation orthodontique est correcte et qu'il existe un bon calage occlusal, il n'y a pas besoin de
contention de la correction du décalage squelettique.

7.3.4 Cavité buccale et arcades dentaires


L'examen de la cavité buccale et des arcades dentaires montre qu'il n'existe pas toujours de rapport
entre l'âge civil du patient et l'état de sa bouche.
Il existe de grandes variétés de malocclusions et malpositions chez l'adulte aggravées par les
abrasions, les reconstitutions et la prothèse qui modifient le tableau clinique et le complique;

7.3.5 Vieillissement parodontal et ses conséquences orthodontiques


Le parodonte en vieillissant devient plus vulnérable aux atteintes extérieures.
• Parodonte superficiel : Il existe une diminution de la kératinisation, des échanges qui
se répercutent sur le nombre et l'activité des éléments cellulaires. En conséquence, il existe
une diminution des possibilités de défense et de réparation avec une augmentation du temps de
cicatrisation.

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• Parodonte profond :
- Desmodonte : sa largeur diminue, ainsi que sa vascularisation, ce qui entraîne un renouvellement
des fibres plus lent, donc un ralentissement du mouvement et une augmentation du temps de
stabilisation. Le temps de contention doit donc être allongé.
- Os alvéolaire : le métabolisme calcique et le turn over diminuent. La hauteur d'os alvéolaire
diminue, ce qui provoque une diminution de l'ancrage et donc un risque de mobilité dentaire
accru. La contention est fixe et souvent associée à de la prothèse.
• Plaque dentaire : l'accumulation est favorisée par une diminution du flux salivaire et
une salive plus épaisse. Il faudra réaliser un système de contention adapté à une bonne hygiène
du fait d'une contention permanente.

7.3.6 Contexte articulaire


L'orthodontiste doit détecter les patients à risque pour ne pas aggraver ou déclencher de problèmes
articulaires. Si le traitement est réalisé pour stabiliser un traitement articulaire, il est nécessaire de faire
une équilibration occlusale et la contention ne doit pas interférer avec les faces occlusales et les
surfaces de guidage.

7.4 La contention
7.4.1 Objectifs
Ils sont identiques pour les adolescents et les adultes.
- La contention vise à empêcher la récidive après le traitement d'orthodontie.
- Elle vise à supprimer les mobilités dentaires de l'adulte, lors de maladie parodontale, de diminuer
les traumas et de prévenir les migrations secondaires.
- La contention est systématique et de longue durée car pour des raisons physiologiques,
histologiques et fonctionnelles, les dents tendent à revenir à leur position d'origine
(FONTENELLE).

7.4.2 Types de contention


Ils sont fonction :
- Des risques liés à la malocclusion initiale.
- Des mouvements réalisés.
- De l'état parodontal.
- De l'âge du patient.
Ils seront fixes :
- Fils tressés collés (aux 2 arcades).
- Fils intra coronaires et linguaux inclus dans du composite.
- Attelles coulées collées.
- Grilles de Ribon ou d'ELLMAN.
- Attelles en U (idéales lors de dents avec rétraction pulpaire suffisante).
- Bridge.
Dans le cas d'édentements multiples, ces systèmes pourront être complétés par une prothèse amovible
décolletée pour le respect du parodonte marginal.

7.5 Conclusion
- Les systèmes de contention sont complexes à réaliser et doivent être pris en charge par des
praticiens capables de les réaliser (parodontistes, les réalisations prothétiques de grande étendue
doivent être contrôlées par un occlusodontiste).
- Le suivi doit être réalisé sur une très longue période car ces systèmes sont des moyens de
contention "permanents" (vérification qu'il n'existe pas de décollement).
- Le patient doit être informé du coût de cette partie du traitement et du suivi parodontal post
thérapeutique obligatoire.
- Souvent, chez l'adulte il s'agit d'un traitement avec compromis, donc la stabilité du traitement est à
surveiller. La contention permet le maintien des résultats.

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8. Conclusions
- Le type de contention doit être choisi selon les particularités de chaque cas et de chaque type de
traitement, en fonction des récidives possibles.
- Chaque procédé de contention à ses points faibles, d'où l'intérêt des procédés de prévention et de
stabilisation (parfaite occlusion et profonde ICM).
- Si une contention bien conduite est inefficace et qu'il existe une récidive, alors le traitement n'a
pas pris en compte tous les facteurs de récidives. Dans ce cas, il faut refaire le traitement
(PHILIPPE).
- Les résultats ne sont jamais définitifs car "le propre du vivant est d'être changeant" (PHILIPPE).
Des malpositions apparaissent au cours de la vie chez des sujets traités ou non traités.
VANARSDALL, le traitement orthodontique n'a qu'un effet passagé.
- Pour SHERINAN, il y a transfert de responsabilité, pour lui "quand la contention commence mon
travail est fini. J'ai fait de mon mieux, maintenant c'est au patient de maintenir le résultat obtenu et
pour toute la vie". Pour ce faire, il fait une duplication de l'appareil de contention en cas de perte
ou de fracture.
GOTTLIEB "même les meilleurs patients perdent peu à peu courage. Demander à quelqu'un de porter
l'appareil de contention toute sa vie, ce n'est pas seulement irraisonnable, c'est aussi irréaliste".
- Empêcher l'évolution des arcades du fait de la maturation, de la maladie ou du vieillissement du
patient n'est pas compris dans le contrat du traitement d'orthodontie.
- La fréquence des récidives est généralement sous estimé. La stabilité des résultats doit être
recherché par le traitement puis par la contention. Il n'existe pas de stabilité si le diagnostic est
incomplet, le plan de traitement inadapté et l'ICM mal équilibrée.
- La contention, au même titre que le traitement doit être spécifiquement adaptée à chaque cas et sa
durée ne doit pas être abrégée.

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