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De l’esclavage des nègres

montesquieu de l’Esprit des lois


PRESENTATION
• De l’Esprit des lois est une œuvre considérable de Montesquieu qui comprend 31 livres écrit en 20 ans. Le but était
de comprendre et ordonner les institutions de la société et notamment les différents système politiques (inventaire
donc qui constitue une ressource précieuse aujourd’hui). Il analysa ainsi les causes des différents régimes avec le
climat, le terrain, les mœurs du pays, les traditions, religions...
• Montesquieu est issu de la noblesse bordelaise qui est une ville très prospère grâce au commerce triangulaire. Il
dénonce cela courageusement : « honte pour l’humanité et la chrétienté » et aussi dans cet extrait au livre 15 chapitre
5.
• Il utilise une démonstration par l’absurde et feignant de prendre la défense du commerce : faux arguments pour
mieux le démolir. Texte ironique et courageux car il prend parti contre l’Église qui ferme les yeux.

1 paragraphe = un argument

I-UN TEXTE PARFAITEMENT CONSTRUIT


Le texte est parfaitement construit comme une démonstration philosophique. Dès la première ligne il dénonce la
thèse. Plaidoyer en faveur de l’esclavage illustré par des exemples : « voici » (1) et arguments/exemples empruntés
à différents domaines :
1 – Historique et économique
2 – Philosophique (7 à 16)
3 – Sens commun (17 à 18)
4 – Arguments moraux destinés à absoudre les européens (19 à la fin)

Les arguments sont introduis par des éléments soit disants scientifique :
- expressions impersonnelles : « naturel »
- généralisation en « on » avec l.9 ;14 ;20
- vocabulaire pseudo scientifique : « preuve »(17)
Néanmoins second degrés pour le lecteur avec le « si » (1) qui indique une hypothèse, une fausse rigueur logique,
un système imagé, impression renforcée par le conditionnel « ce que je dirais »(1). Montesquieu se démarque du
discours et fait prendre du recul au lecteur > indique des arguments faux et la démonstration par l’absurde.

II – UN RAISONNEMENT PAR L’ABSURDE

1- Historique et économique ----- paragraphe 2 et 3 --- lignes 3 à 6


• Deux arguments énoncés avec simplicité (pseudo rigueur scientifique) et réels mettent en évidence le commerce
triangulaire ( « Europe (1), Amérique (1), Afrique (2) »).
• Contexte de guerre a provoqué la création du commerce d’où la responsabilité de l’Europe. Ironie utilisée ligne
3 : peuples « civilisés »(3) = violents et sanguinaires (« exterminé »(3) »), cela est présenté comme une nécessité
inéluctable : « ils ont dû mettre en esclavage »(3/4).
• Les défenseurs de l’esclavage apparaissent comme des gens cyniques considérant les hommes comme des objets
: « pour s’en servir »(4). Raisons invoquées ; économique : « le sucre serait trop cher »(5). Les Européens préfèrent
le profit à l’humain, disproportion entre les souffrances et le sucre qui n’est pas indispensable.

2 – Arguments philosophiques ---- paragraphes 4 à 7 ----- ligne 7 à 16


• Fausse logique grammaticale avec les propositions consécutives (fonctionnement Cause + conséquence), ici les
conséquences sont sans relation avec la cause : absurde > « et ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible
de les plaindre » (7/8) = aucun rapport entre les deux. Début de la ligne 6 il n’y a pas de conséquence alors que la
phrase en sous entend une. Cela vise à discréditer la démonstration. Problème de cause/conséquence aussi ligne 11
à 13 avec la couleur et les peuples d’Asie.
• Tout repose sur la couleur (11) : noire (7;10;12) : argument non valable. Ligne 9 à 10 : confusion entre le physique
et le spirituel « une âme » vs « un corps tout noir ». Dieu est présenté comme un argument d’autorité (que l’on ne
peut réfuter) mais utilisation de la figure de style l’épanorthose = revenir ce que l’on a dit en ajoutant une précision
« qui est un être très sage »(9), « surtout une âme très bonne »(10) signifie une faiblesse, une autocorrection. >argu-
ments idiots.
• Ligne 14 à 16 arguments fondés sur la couleur présentés comme un syllogisme faux. « Les Egyptiens, les meilleurs
philosophes du monde »(15) « ils faisaient mourir tous les hommes roux »(15) >> de nouveau argument de la cou-
leur significativement absurde qui fait un parallélisme avec la couleur noir = on tue selon les couleurs : ironie.

3- Argument de bon sens


Ligne 17/18 les arguments reposent sur l’ignorance. Les esclavagistes se croient dans le meilleur pays. L’or est la
valeur primordiale > tout peuple qui ne considère pas l’or est inférieur : « une preuve que les nègres n’ont pas le sens
commun, c’est qu’ils font plus de cas d’un collier de verre que de l’or ». Alors que la soif de l’or est au contraire c’est
une preuve de cupidité > prisonnier de ses conventions. Ce sens commun n’est pas universel voilà ce que montre
Montesquieu, les esclavagistes n’ont pas de légitimité = déconsidération de l’énonciateur. Éloge des noirs qui ne
sont pas compromis par l’or et le luxe.

4 – Arguments moraux -----paragraphe 9 et 10


Premier argument qui refuse toute remise en cause : excuse ils sont « chrétiens »(21) alors que cette religion pro-
meut le contraire de cette cupidité. 2 ème argument : attaque aux princes, la charité et l’humanité devrait suffire à la
conduite des hommes et sauver les esclaves. Critique des princes d’Europe (23) : ils sont doublement responsables
parce qu’ils sont puissants (donc influents) et chrétiens > satire politique. Feinte d’une attaque aux détracteurs de
l’esclavagisme : « petits esprits » : ironie.
Les seules valeurs des esclavagistes sont économiques. Montesquieu rend l’esclavage odieux. Et en prenant leur
point de vue il s’oppose indirectement. Il inclut le lecteur pour qu’il s’en différencie.

CONCLUSION :
Sous des formes argumentatives, ce texte présente des postulats (arguments qu’on ne peut pas démontrer). Recours
à une articulation logique mal utilisée. Exemples absurdes. Le texte prend ironiquement le point de vue des esclava-
gistes tout en démontrant leur contradiction > stupides, manque de cœur, non chrétiens.
Les peuples « barbares » le sont moins que les européens avec le commerce triangulaire. Raisonnement uniquement
économique ou pour jouir d’éléments superflus (sucre).

GROSSO MODO
Différentes attaques :
• Esclavagistes qui se basent sur de faux raisonnements, leur cupidité et une autojustification tronquée.
• Église qui ferme les yeux sur le commerce et sert d’excuses aux esclavagistes
• Prince, luxe qui entraîne la cupidité et une adoration à l’or à la différence des noirs
• Plus largement ceux qui profitent du commerce, preuve d’un manque de valeur

Procédés :
• Ironie
• Incohérence grammaticale et articulation logique faussées
• Démonstration du raissonnement contradictoires des esclavagistes en prenant leur point de vue
• Chaque argumenté presenté en cache un autre qui est souvent de sens contraire

AUTRES RESSOURCES

• http://lewebpedagogique.com/bac-premiere/de-lesprit-des-lois-de-montesquieu-un-commentaire-redige-gra-
tuit/
• http://bacfrancais.chez.com/esclavagedesnegres.html
• http://www.litterales.com/texte--61-_-De%20l_esclavage%20des%20Negres%20(Livre%20XV,%20cha.html