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COMPTABILITE COURS

1 Enregistrement comptable
1.1 Techniques de l’enregistrement comptable
Toute opération incluant un montant doit être constatée par une pièce comptable et enregistrée dans
des comptes (d’un livre de comptes) en respectant des règles.

Première règle :
Les opérations doivent être enregistrées dans l'ordre chronologique.
Deuxième règle : le principe de la partie double
Lors de l'enregistrement d'une opération, deux comptes au moins sont utilisés :
* l'un des comptes constate la ressource, il est crédité,
* l'autre compte constate l'emploi, il est débité.
Troisième règle :
Pour une opération donnée, le montant enregistré au débit doit être égal au montant enregistré au
crédit.

Exemple de tenue d'une comptabilité


L’entreprise VETI, fabricant de vêtements, effectue une opération de règlement. Elle retire de l'argent
de la caisse, 1200 €, pour régler sa dette envers l’entreprise CotPlant, un fournisseur de fil de coton.
Pour constater cette opération, VETI remplit une pièce comptable : la pièce de caisse

Pièce de caisse n° 20

Dépense 1200 €

règlement
Objet
CotPlant

VETI enregistre cette pièce comptable dans deux comptes :


1 compte constate l'emploi : 1 compte constate la ressource :
le remboursement de la dette l'argent retiré de la caisse
40101 - Dette à CotPlant 531 - Caisse
Débit Crédit Débit Crédit

1200 1500 3500 1200

Montant de la dette Montant prélevé


Montant remboursé à CotPlant Argent en caisse

Les nouveaux soldes de ces deux comptes sont bien sûr calculés à la suite de cette opération :
40101 – Dette à CotPlant : créditrice de 300 € ; 531 – Caisse : créditrice de 2300 €

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1.2 Le plan de comptes


Le plan de comptes est la liste des comptes utilisés par l'entreprise. Cette liste est établie à partir du
plan comptable général, document qui précise les règles à établir pour comptabiliser les opérations et
les comptes.

On distingue :

Les comptes de bilan (biens et dettes) → actif et passif du bilan


Classe 1 : comptes de capitaux (dettes) → passif
Classe 2 : comptes d'immobilisations (biens) → actif
Classe 3 : comptes de stocks (biens) → actif
Classe 4 : comptes de tiers (biens / dettes) → actif / passif
Classe 5 : comptes financiers (biens) → actif

Les comptes de gestion (charges et produits) → compte de résultat


Classe 6 : comptes de charges
Classe 7 : comptes de produits

Exemple : extrait du plan de comptes de l’entreprise VETI, fabricant de vêtements

Classe 1 : comptes de capitaux Classe 6 : comptes de charges


101 - Capital 6011 - Achats de coton
164 - Emprunts auprès des établissements de crédit 6021 - Achats de produits chimiques
Classe 2 : comptes d'immobilisations 60224 - Achats fournitures de magasin
211 - Terrains 60225 - Achats fournitures de bureau
2182 - Matériel de transport 6031 - Variation des stocks
2183 - Matériel de bureau et matériel informatique (matières premières et fournitures)
2184 - Mobilier 615 - Entretien et réparations
Classe 3 : comptes de stocks 616 - Primes d'assurances
311 - Stocks commandés en attente 623 - Publicité
321 - Produits chimiques 626 - Frais postaux et de télécommunications
3224 - Fournitures de magasin 63 - Impôts, taxes
3225 - Fournitures de bureau 64 - Charges de personnel
3311 - Jeans en production 66 - Charges financières
3312 - T-shirts en production Classe 7 : comptes de produits
3551 - Jeans finis 7071 - Ventes de jeans
3552 - T-shirts finis 7072 - Ventes de T-shirts
Classe 4 : comptes de tiers 71355 - Variation des stocks produits finis
401 - Fournisseurs 74 - Subventions d'exploitation
40101 - CotPlant
40102 - TergalIndus
40199 - Fournisseurs divers
411 - Clients
41101 - E.Leclerc
41102 - Jennyfer
41199 - Particuliers
445 - Etat, taxes sur le chiffre d'affaires
Classe 5 : comptes financiers
5121 - Crédit Agricole
531 - Caisse

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1.3 Le compte de résultat


Le compte de résultat est une mise en face à face des dépenses de l’entreprise et de ses recettes, du
point de vue de la production effectuée et des ventes réalisées, sur l’année civile.

Précisions les sous-classes des classes 6 (charges) et 7 (produits) qui le composent :

Charges (classe 6) Produits (classe 7)


60 Achats, variations de stock 70 Vente de marchandises
Services extérieurs
61 71 Variation des stocks produits finis
(ex : locations, assurances, entretien)
Autres services extérieurs
62 (ex : publicité, transports, électricité,
téléphone, poste)
63 Impôts et taxes

64 Charges de personnel 74 Subvention d'exploitation


Autres charges de gestion courante Produits de gestion courante
65 75
(ex : redevance pour brevets) (ex : revenus de locations d’immeubles)
Charges financières Produits financiers
66 76
(ex : agios, intérêts des remboursements) (ex : placements)
Charges exceptionnelles
67 77 Produits exceptionnels
(ex : procès)
68 Dotations aux amortissements

Produits – Charges = RESULTAT

Commentaires sur le compte de résultat :


Ce dernier comptabilise d’une part les dépenses liées à la production, au stockage, à la masse
salariale, à la commercialisation, et d’autre part aux recettes liées à la vente et aux produits
financiers.

Tous ces postes trouvent leur valeur symétrique (comme on l’a vu en 1.1) dans les parties adéquates
du bilan (voir partie suivante).

Le résultat n’est pas un bénéfice financier (il inclut par exemple la variation de stock de produits finis,
mais non vendus)

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1.4 Le bilan
Photographie, à un instant t, des ressources et du patrimoine d’une entreprise.

ACTIF (emploi des ressources) PASSIF (origine des ressources)

Immobilisations Capital personnel


Terrains
Actif Bâtiments RESULTAT Capitaux
immobilisé Véhicules propres
matériel Subventions
d’équipement
Capitaux
permanents
Stocks
Dettes à
Matières premières
long et
Produits finis Emprunts
moyen
Créances clients
terme
Actif circulant
Disponibilités
Banque Dettes
Caisse fournisseurs
Dettes à court terme

L’actif et le passif s’équilibrent forcément : le premier représente le patrimoine (physique et


numéraire) de l’entreprise, tandis que le second désigne l’origine financière de ce patrimoine.

Par exemple : le capital personnel et les subventions (Passif) ont été utilisés pour l’achat
d’immobilisations (Actif) ; le résultat et les emprunts (P) pour investir dans de nouveaux matériels et
acheter du stock de matières premières (A) ; les dotations aux amortissements (en négatif dans le
compte de résultat, donc dans P) diminuent d’autant la valeur des véhicules et du matériel (A).

Deux cas particuliers :


Les créances clients sont des produits comptés en positif dans le compte de résultat, donc dans P, car
il s’agit de ventes réalisées. Elles ne sont pas encore créditées en banque (A), mais sont « en
attente » dans le compte créances clients (A).
Les dettes fournisseurs sont des charges, donc en négatif dans le calcul du résultat, donc dans P, car il
s’agit de dépenses engagées pour la production ; elles sont également créditées dans le compte
« dettes fournisseurs » (P).

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2 Les amortissements
2.1 Présentation
2.1.1 Généralités
Les amortissements concernent l'achat ou la possession d'un bien destiné à perdre de la valeur au
cours du temps. Par exemple : un véhicule ; une machine qui va s'user ; un ordinateur ; un bâtiment ;
etc…
La valeur du bien acheté est donc importante, et on ne peut envisager de comptabiliser cette charge
(compte de résultat) en une seule fois dans l'exercice correspondant à la date de l'achat. En effet,
l'utilisation de ce bien pourra se faire sur une période longue, ce qui justifie que la charge totale qu'a
représenté son achat soit répartie sur le nombre d'exercices correspondant.
La charge annuelle provenant de cette répartition sera appelée dotation aux amortissements.
2.1.2 Vocabulaire
Amortissements : Constatation comptable de la perte de valeur d'un bien qui se déprécie avec le
temps
Investissements : Achats utilisables sur plusieurs exercices (donc à amortir)
Dotation aux amortissements : Montant annuel ("perte de valeur") de l'amortissement calculé ; c'est
donc la charge à prendre en compte pour l'exercice
Foncier : qui se rattache à un "fonds de terre", par opposition au superficiaire (constructions et
plantations)
2.1.3 Ce qui s’amortit
En pratique, on n'amortit que les achats d'une valeur supérieure à 380 € :
gros matériel, construction, véhicule, ...
Frais d'établissement (inscription, notaire, …) ; brevets, licences, marques.
Les achats d'animaux ne s'amortissent pas.
Les biens fonciers ne s'amortissent pas. Seuls s'amortissent les travaux d'amélioration foncière
(drainage, …).

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2.2 Différents types d’amortissement


2.2.1 L’amortissement linéaire
Un bien peut perdre sa valeur à vitesse constante dans le temps.
On parlera alors d' AMORTISSEMENT LINEAIRE.

Ex : gros outillage (amortissement plus ou moins long), ordinateur ou logiciel (amortissement rapide)

2.2.2 L’amortissement dégressif


Un bien peut perdre sa valeur à une vitesse diminuant dans le temps.
On parlera alors d' AMORTISSEMENT DEGRESSIF.

2.3 Le calcul des amortissements


L'amortissement est une charge, qui contribue à diminuer le résultat de l'exercice, et donc à
diminuer l'impôt sur le bénéfice. L'administration fiscale surveille donc de près la pratique de
l'amortissement en définissant ses règles : durées, barèmes et coefficients à utiliser.
2.3.1 Montant total à considérer : prix de l'immobilisation
Le prix de l'immobilisation est la somme des coûts suivants :
Prix d'achat HT + charges d'installation HT + charges de livraison HT + options
= PRIX DE L'IMMOBILISATION = VO (valeur d’origine)
Les montants sont Hors Taxes (lorsque la TVA est déductible)

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2.3.2 L’amortissement linéaire


En théorie : chaque année, un même montant (annuité d'amortissement) est compté en charges.

1
On définit le Taux d'amortissement Linéaire : TL = Ici, TL = 1/5 = 0,2 = 20%.
D

En pratique : l'achat s'est fait au cours de l'année N. Il n'est donc pas logique de compter une
première annuité (pour l'année N) aussi forte que les annuités des années suivantes.
La première annuité sera calculée au prorata du nombre de mois d'utilisation du bien à l'année N.

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2.3.3 L’amortissement dégressif


Le Taux d'amortissement Dégressif (TD) se calcule sur la base du Taux d'amortissement Linéaire (TL)
pondéré par un coefficient donné par l'administration fiscale.

TD = TL × coefficient
Durée de Valeur du
l'amortissement coefficient
3 ou 4 ans 1,25
5 ou 6 ans 1,75
plus de 6 ans 2,25
1
On calcule aussi, pour chaque année, un Taux Linéaire sur le nombre n d'années Restantes : TR = .
n
Le calcul de l'annuité (dotation aux amortissements) se déroule ainsi :
Tant que TD > TR : annuité = TD × VNC
Dès que TR > TD : annuité = TR × VNC

Exemple : achat d'un véhicule d'une valeur de 12000 € ; amortissements dégressifs sur 6 ans.
date de l'achat : 1er janvier 2018.

Calcul de TD :
TR
Calculs des différents TR : année 2018 : reste 6 ans 16,67 %
année 2019 : reste 5 ans 20 %
année 2020 : reste 4 ans 25 %
année 2021 : reste 3 ans 33,33 %
année 2022 : reste 2 ans 50 %
année 2023 : reste 1 an 100 %

annuité
année TR TD VNC précédente VNC finale
d'amortissement
2018 16,67 % 29,17 % 12000 3500,4 8499,6
2019 20% 29,17 % 8499,60 2479,33 6020,27
2020 25% 29,17 % 6020,27 1756,11 4264,15
2021 33,33 % 29,17 % 4264,15 1421,38 2842,77
2022 50% 29,17 % 2842,77 1421,38 1421,38
2023 100% 29,17 % 1421,38 1421,38 0,00

Remarque : lorsque l’achat ne s’effectue pas au 1er janvier, la première annuité d’amortissement est
pondérée au pro rata de la fraction d’année considérée.

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2.4 La comptabilisation des amortissements


2.4.1 Schéma général
La dépense initiale sera ici considérée comme faite directement à partir du compte bancaire.
Les emprunts et leurs remboursements seront traités ultérieurement.

2.4.2 Enregistrement comptable


Actif /
En moins En plus pour le compte Passif Classe
Achat du bien (valeur 1000) 1000 Banque A 5
Acquisition du bien 1000 Immobilisations A 2
année N
Dotation aux
annuité 1 Immobilisations A 2
amortissements
Charge annuité 1 Charges P 6

Dotation aux
annuité 2 Immobilisations A 2
amortissements année N + 1
Charge annuité 2 Charges P 6
Dotation aux
annuité 3 Immobilisations A 2
amortissements année N + 2
Charge annuité 3 Charges P 6

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3 TVA et fiscalité
3.1 Vocabulaire des produits et charges

3.2 Principe de la TVA


3.2.1 Vocabulaire
Impôts directs : impôts sur les bénéfices, les revenus, impôts locaux
Impôts indirects : TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) sur les produits de consommation
3.2.2 Origine, application
La TVA a été créée en 1955 en France.
Cette taxe est imposée par l'Etat, sur l'achat d'un bien de consommation.
Elle s'est généralisée à tout type de biens en 1966, et s'est étendue à la CEE en 1979.
Elle représente pour l'Etat environ 50 % de ses recettes d'impôt.
3.2.3 L’entreprise et la TVA
L’entreprise est un collecteur de TVA au bénéfice de l’Etat.
Toute entreprise (agricole, industrielle, commerciale) achète des biens ou des services et est donc a
priori soumise à la TVA. Cependant, il y a des exonérations pour :
les entreprises d'exportation
les établissement d'enseignement scolaire
les hôpitaux et médecins

Une entreprise doit faire chaque année civile une déclaration de TVA contenant :
Un total de la TVA récoltée sur ses ventes
Un total de la TVA déductible sur ses achats

3.3 Calcul de la TVA


5,5% : Taux réduit (médicaments, livres, produits alimentaires « de première nécessité »))
20% : Taux normal

Montant HT + TVA = Montant TTC (TVA = Taux × Montant HT)

HT × 1,055 = TTC ou HT × 1,20 = TTC

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3.4 Comptabilisation de la TVA


(Etat = tiers → comptes de tiers)
3.4.1 TVA collectée par l'Etat (compte 4457)
partie I de la déclaration

TVA sur les ventes, les produits


TVA sur les cessions d'immobilisations (vente d'un fourgon, d'une machine, …)

3.4.2 TVA récupérable (compte 4456)


partie II de la déclaration

TVA sur les achats, les charges

3.4.3 TVA à payer (compte 4455)


partie III de la déclaration

= TVA collectée - TVA récupérable

3.5 Régimes fiscaux


Ils dépendent de la recette annuelle (chiffre d'affaires, CA)

3.5.1 Forfait
Sont soumises au forfait les entreprises qui réalisent un chiffre d'affaires inférieur à :
· 75 000 € pour les agriculteurs et les entreprises de vente ou transformation de viandes.
· 22 500 € pour les prestataires de services.

Le contrôleur des impôts fixe un chiffre d'affaires (forfait) pour 2 années, suivant la déclaration que
lui fait l'entreprise, et un montant de TVA à payer suivant ses recettes et ses achats.

3.5.2 Réel simplifié


Sont soumises au réel simplifié les entreprises qui réalisent un chiffre d'affaires compris entre :
75 000 € et 525 000 € pour les agriculteurs et les entreprises de vente ou transformation de
viandes.
22 500 € et 150 000 € pour les prestataires de services.

Les entreprises fournissent une déclaration mensuelle ou trimestrielle simplifiée (formulaire CA4),
ainsi qu'une déclaration récapitulative annuelle (formulaire CA12).
Le contrôleur des impôts fixe un coefficient forfaitaire, qui correspond à la part qu'a représenté la
TVA dans le CA de l'entreprise lors de l'année précédente.

CA du mois × coefficient forfaitaire = montant prévisionnel de la TVA


Après réduction du montant déductible de la TVA sur les achats, on obtient le
Montant prévisionnel net à verser

Une régularisation se fait en fin d'année, puis le calcul du coefficient qui sera appliqué l'année
suivante.

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3.5.3 Réel
Sont soumises au régime réel les entreprises qui réalisent un chiffre d'affaires supérieur à :
525 000 € pour les agriculteurs et les entreprises de vente ou transformation de viandes.
150 000 € pour les prestataires de services.

Ces entreprises doivent remplir une déclaration mensuelle détaillée (formulaire CA3).

Exemple
L'entreprise Michel a déclaré en octobre 2019 (HT) :
vente de marchandises à 20 % : 6 000 €
vente de marchandises à 5,5 % : 5 200 €
achat de marchandises à 20 % : 4 000 €
achat de marchandises à 5,5 % : 3 000 €
achat d'immobilisations à 20 % : 2 000 €

Quel est le montant de TVA à verser à l’Etat ce mois-ci ?


- TVA collectée : 20%×6000 + 5,5%×5200 = 1486 €
- TVA récupérable : 20%×4000 + 5,5%×3000 + 20%×2000 = 1365 €
- TVA à payer : 1486 – 1365 = 121 €

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4 Comptabilité Analytique d’Exploitation


4.1 Définitions et objectifs de la CAE
4.1.1 Objectifs
* Répartir les charges d’une entreprise entre les différents coûts
* Déterminer pour chaque produit fabriqué son résultat analytique
Cela implique de :
- Connaître les coûts des différentes fonctions de l’entreprise ;
- Connaître le volume de ces coûts dans le processus de production d'un produit et les comparer
au prix de vente ;
- Savoir quels produits sont bénéficiaires et lesquels sont déficitaires.

4.1.2 Définitions
Charge : élément d’un coût
Frais : regroupement de charges

Coût de revient (prix de revient) : coût complet d’un produit au stade final
Il se décompose en trois coûts de natures différentes :
+ Coût d’achat : somme des charges affectées à l’achat d'un produit
+ Coût de production : somme des charges affectées à la fabrication d'un produit
+ Coût de distribution : somme des charges affectées à la distribution et à la vente

Marge : différence entre le prix de vente et un coût (marge commerciale : sur coût d’achat)
Taux de marge : rapport entre la marge commerciale et le coût d’achat
Résultat : différence entre le prix de vente et le coût de revient
Taux de marque : rapport entre la marge commerciale et le prix de vente

ce qu'a coûté un produit


COUT DE REVIENT
COUT de production
COUT de distribution
COUT d’achat
Frais de Frais de Frais de Frais de Frais de Frais de Frais de
matières livraison autres stockage fabric. conditionn. autres livraison vente autres

charge 1 charge 1 charges charge 1 charge 1 charge 1 charges charge 1 charge 1 charges
charge 2 charge 2 charge 2 charge 2 charge 2 charge 2 charge 2
… … … … … … …

4.2 Nature des charges en comptabilité analytique


4.2.1 Charges non incorporables
Il s'agit d'éléments dont on ne tient pas compte en comptabilité analytique car ils ne concernent pas
l'exploitation. Ex : charges exceptionnelles, provisions pour dépréciation des créances clients, …

4.2.2 Charges incorporables


Elles sont issues de la comptabilité générale, donc présentes dans le compte de résultat, et sont
totalement incorporées dans les coûts.

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consommation de matières premières : frais propres aux achats, valeur des produits stockés
→ compte 60
frais (main d'œuvre, …)
→ comptes 61 à 69

Il en existe deux catégories :


* Les charges directes : On peut les affecter directement à un coût
Ex : achat de matières premières, en vue de l'élaboration d'un unique produit A ;
salaire de l'ouvrier de production travaillant sur le produit A
* Les charges indirectes : On ne peut pas les affecter directement à un coût
Ces charges sont à répartir sur les coûts de différents produits. Elles font l'objet d'un
regroupement dans un tableau de répartition des charges indirectes et sont affectées à l'aide de
clés ou de pourcentages de répartition à différents coûts (approvisionnement, production,
distribution) ou ventilées sur les différents secteurs de l'entreprise (ex : ateliers) pour être ensuite
affectées à des coûts dans chaque secteur.
exemple de mode de ventilation à plusieurs secteurs : frais de publicité ventilés dans chaque
atelier au prorata du chiffre d'affaires réalisé, ou du nombre d'heures travaillées
exemple de mode d'affectation à des coûts : frais d'essence et d'entretien d'un véhicule
affectés pour 30 % au coût d'achat et pour 70 % aux frais de vente.

4.2.3 Charges incorporables supplétives


Ce sont des charges n'apparaissant pas dans le compte de résultat, mais qui sont ajoutées dans les coûts
en raison de leur signification économique.
Ex : rémunération du chef d’entreprise (si ce n'est pas comptabilisé), rémunération du taux de
l'argent (lorsque les capitaux de l'entreprise sont placés)

4.3 Enchaînement des coûts


Les coûts sont hiérarchisés, ils s'effectuent dans un ordre défini :

4.3.1 Coût d'achats + approvisionnements


Achats matières premières + charges directes d'achat (ex : transport) + charges indirectes d'achat

Ex : prix d'achat de la matière (4 350 kg) : 8 000 € + frais de transport : 700 €


coût d'achat : 8 700 € ; coût d'achat moyen : 2 €/kg

4.3.2 Coût de production


Consommation des matières premières par la fabrication + charges directes de production + charges
indirectes de production

Ex : consommation de 3 500 kg de matière première : 7 000 € + frais de fabrication : 5 250 €


coût de production : 12 250 € ; coût de production moyen : 3,5 €/kg

4.3.3 Coût de revient des produits finis vendus


Coût de production + charges directes (ex : frais de vente, transport, expédition) + charges indirectes
(ex : personnels administratifs)

Il se calcule pour chaque produit fini vendu.

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Exemple :
On a fabriqué au mois de janvier 2000+N un produit unique à partir d'une seule matière première, puis
on en a vendu une certaine quantité.

Prix d'achat de 800 kg de matière première : 11 760 €, Frais d'achat : 1 200 €


Matière consommée pendant la production : 750 kg ; Frais de production : 6 600 €
Frais de distribution : 3 500 € ; Quantité vendue : 700 kg

Calculer : 1 - le coût d'achat moyen ; 2 - le coût de production moyen ; 3 - le coût de revient unitaire des
produits finis vendus

1 – Coût d’achat : 12 960 € ; coût d’achat moyen : 12960/800 = 16,20 €/kg


2 – Coût de production : 16,20×750 (consommation de matières) + 6600 = 18 750 € ;
coût de production moyen : 18750/750 = 25 €/kg
3 – Coût de revient : 25×700 (coût de production produits finis vendus) + 3500 = 21 000 € ;
coût de revient unitaire : 21000/700 = 30 €/kg

4.4 Les marges


Une marge est la différence entre un prix net de vente et le coût correspondant

Marge (brute) d'achat : Prix net de vente – coût d'achat


Marge (brute) de production : Prix net de vente – coût de production
Marge nette = bénéfice net : Prix net de vente – coût de revient des produits finis vendus

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5 Analyse financière du bilan


La lecture du bilan apporte plusieurs informations sur la situation financière de l’entreprise :
- Valeur totale des différents moyens de production
- Montant des dettes par catégories
- Montant et évolution des capitaux propres

A partir de ces informations, on va chercher à se faire une idée sur les équilibres financiers de
l’entreprise :
- L'endettement est-il acceptable globalement ?
- N'y a-t-il pas trop de dettes à court terme ?
- L’entreprise dispose-t-elle de suffisamment d'argent pour engager les différentes phases du cycle
de production ? Cet argent est-il disponible suffisamment longtemps ?

5.1 BILAN : schéma général


ACTIF (emploi des ressources) PASSIF (origine des ressources)

Immobilisations Capital personnel


Terrains
Actif Bâtiments RESULTAT Capitaux
immobilisé Véhicules propres
matériel Subventions
d’équipement
Capitaux
permanents
Stocks
Dettes à
Matières premières
long et
Produits finis Emprunts
moyen
Créances clients
Actif circulant terme
Disponibilités
Banque Dettes
Caisse fournisseurs
Dettes à court terme

Remarque sur les capitaux propres :


Son montant exprime une sécurité pour l’entrepreneur et ses partenaires. Il représente l'argent qui
resterait après la vente de tous ses biens et le remboursement de toutes ses dettes.
Ce montant est notamment important pour les banques, mais l’entrepreneur doit plutôt considérer son
évolution dans le temps.
Chaque année, les capitaux propres augmentent du résultat, diminués des prélèvements privés.

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5.2 Le fonds de roulement (FR)


Il permet de mesurer l'équilibre financier de l'entreprise.

Prenons l'exemple d’une usine :


Pour démarrer son cycle de production, des frais ont été engagés :
- achat de matières premières
- frais courants machines (entretien et réparation)
Une partie de ces dépenses pourra être couverte par des emprunts à court terme ; de plus, les
fournisseurs acceptent généralement des paiements à 30 jours. Toutefois, certains cycles de production
sont longs.
Pour ne pas se trouver en défaut de trésorerie, l’entrepreneur doit disposer d'une quantité d'argent
mobilisable sur une longue durée (comme pour les investissements) pour financer une partie de son
actif circulant : c'est son fonds de roulement.

ACTIF PASSIF
Actif immobilisé Capitaux propres Capitaux
FR Dettes à long et moyen terme
permanents
Actif circulant
Dettes à court terme

F.R. = Capitaux Permanents - Actif Immobilisé


F.R. = Actif circulant - Dettes à court terme

F.R. = Capitaux Permanents - Actif Immobilisé :


Le fonds de roulement s'intéresse au bon FINANCEMENT DES IMMOBILISATIONS.
S'il est positif : Les capitaux permanents sont supérieurs aux biens immobilisés, donc les ressources à
long terme financent à elles seules des possessions à long terme.
L'excédent (FR > 0) est donc disponible pour aider à financer le cycle de production.
S'il est négatif : Les capitaux permanents sont inférieurs aux biens immobilisés, donc les ressources à
long terme sont insuffisantes pour financer les possessions à long terme. Une partie des
immobilisations est donc financée par du court terme, ce qui est dangereux, puisque cela implique la
revente d'immobilisations pour rembourser ces dettes.
En conclusion : Le FR doit être positif, mais pas trop important car cela signifierait que les
investissements ne sont pas en rapport avec la capacité de financement de l'entreprise
(fonctionnement en sous-régime).

F.R. = Actif circulant - Dettes à court terme


Avec ce deuxième point de vue, on ne s'intéresse plus au fond de roulement en tant que capacité de
financement d'immobilisations, mais en tant que santé de la trésorerie.
Cela permet à l'entreprise d'apprécier son équilibre financier à court terme, c'est à dire la possibilité
qu'elle aura de transformer des liquidités pour faire face à ses engagements dans les mois à venir.
Un FR positif signifie que les actifs circulants sont suffisants pour faire face au remboursement des
dettes à court terme.

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COMPTABILITE COURS

5.3 Le besoin en fonds de roulement (BFR)


Détaillons au préalable l'actif circulant et les dettes à court terme :

Actifs à cycle court FR


- Biens vivants Dettes non financières
Actif circulant - Stocks Dettes fournisseurs Dettes à court
Disponibilités Crédits de trésorerie terme
Caisse et banque Emprunts à court terme

On définit ainsi le Besoin en Fonds de Roulement :


BFR = Actifs à cycle court – Dettes non financières

Le BFR est un besoin de financement lié au décalage dans le temps entre le moment où les charges sont
engagées et où les produits correspondants sont encaissés.
Principalement : décalage entre paiement des dettes fournisseurs et encaissement des créances.

Ce besoin peut donc être minimisé :


- en raccourcissant les délais de créances
- en rallongeant ceux des dettes fournisseurs
- en optimisant la gestion des stocks en cours

Le FR (réel) couvre-t-il le BFR ?


Lorsque le fonds de roulement couvre le BFR, l'exploitation peut financer le fonctionnement de ses
productions sans recourir à des dettes supplémentaires à court terme (emprunts auprès de banques,
dettes aux fournisseurs).

Lorsque le BFR est supérieur au fonds de roulement, le contraire se produit : recours à des dettes pour
financer une partie des stocks.

Le BFR étant parfois difficile à apprécier,


une approche rapide permet de faire une première analyse du fonds de roulement :
FR = Stocks + Créances + Disponible - Dettes normales

On considère qu'en régime "de croisière", les créances et le disponible couvrent les dettes à court terme
normales. Donc FR = Stocks (en terme de valeur).
Il suffit alors de répondre à la question suivante : le FR (réel) couvre-t-il les besoins de stock ?

Différents cas de figure :


- en production de masse, en flux tendu, il est sain que le fonds de roulement couvre l'essentiel du
BFR et que les dettes à court terme soient très réduites.
- dans le cas d’ateliers nécessitant des avances très importantes de trésorerie (stock important de
matières premières, transformations longues de ces dernières, pour une production
volumineuse et ponctuelle bien plus tard), un recours important aux dettes à court terme est
logique.

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5.4 Trésorerie nette globale (TNG)


Trésorerie Nette = Disponibilités – Crédits de trésorerie
(donc FR = BFR + TNG)
Elle exprime la comparaison entre le numéraire disponible et les remboursements à honorer à court
terme. Il est donc sain que la TNG soit positive.
Si elle est très forte, les importantes disponibilités pourraient être investies.
Si elle est très faible, recours à d'autres prêts, donc beaucoup d'intérêts, et baisse du résultat.

5.5 Schéma du bilan d'une entreprise en bonne santé économique :


ACTIF PASSIF
Actif immobilisé Capitaux permanents
Terrains Capitaux propres
Bâtiments A1 Capital personnel
Véhicules P1 Subventions d'investissement
Réinvestissement annuel
Matériel
(résultat)
Dettes à long et moyen terme (DLMT)
FR

Actif circulant
Actifs à cycle court BFR Dettes à court terme
biens vivants, stocks A2a
P2a Dettes aux fournisseurs
créances
A2 P2
Disponibilités
P2b Crédits de trésorerie (dettes financières)
banque A2b
caisse TNG

Total actif = A1 + A2 Total passif = P1 + P2

Fonds de Roulement = P1 – A1
S'il est positif, P1 > A1, donc nos capitaux permanents nous permettent d'investir dans de nouvelles
immobilisations.

Fonds de Roulement = A2 – P2
S'il est positif, nos liquidités et possessions à vendre prochainement permettront de rembourser nos
dettes à court terme.

BFR = A2a – P2a


S'il est positif, nos prochaines rentrées d'argent sur ventes nous permettront de rembourser les dettes
fournisseurs (sur achats). Le BFR rend compte de la bonne santé du cycle de production.

TNG = A2b – P2b


Si elle est positive, nos liquidités disponibles seront suffisantes pour rembourser les emprunts bancaires
à court terme. On n’aura pas besoin d'attendre les prochaines ventes de produits finis pour rembourser
la banque, ce qui est sécurisant.

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5.6 Ratios financiers


Les ratios sont des valeurs à comparer à 1, issues du calcul du rapport entre deux valeurs
caractéristiques.

5.6.1 Ratio de trésorerie


Actif circulant
Ratio de trésorerie =
Dettes à court terme

En théorie, il faut qu'il soit supérieur ou égal à 1 (FR positif) pour que l'entreprise soit assurée de pouvoir
subvenir au remboursement de ses dettes à court terme par ses actifs circulants, donc sans être obligée
de vendre d'immobilisations.

5.6.2 Ratio d'indépendance financière


Capitaux propres
Ratio d'indépendance financière =
Capitaux permanents

Ce ratio montre le degré d'indépendance de l'entreprise vis à vis des banques.

5.6.3 Ratio d'endettement


Dettes totales (C, M et L terme)
Ratio d'endettement =
Passif

Juridiquement, il ne doit pas dépasser 0,8.


Au-delà de cette valeur, les banques ne peuvent plus vous accorder de nouveaux prêts.
Sa valeur ne peut se commenter qu’en fonction des productions (intensive, extensive, …)

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