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3.

L'ANALYSE DYNAMIQUE : LES TABLEAUX DE FLUX

Avec le bilan, l'analyse de la défaillance est tournée vers le passé. En effet, on ne trouve dans
le bilan que des VALEURS STOCKS (à l’exception du résultat de l’exercice qui est un flux)
et ces valeurs stocks résultent d'un cumul d'opérations réalisées sur plusieurs exercices passés.
On dit d’ailleurs que le bilan donne une vision "sédimentaire" de l'activité de l'entreprise. En
outre, les montants inscrits dans le bilan sont des valeurs qui cumulent des opérations
réalisées dans des contextes différents.

L’analyse sur les valeurs stocks est appelée analyse statique et permet de juger d'un état
d'équilibre ou de déséquilibre.

L’analyse dynamique porte sur des évolutions, des variations entre les bilans, c’est-à-dire sur
des VALEURS FLUX et permet de compléter l’analyse statique en se demandant comment
évolue l'état d'équilibre ou de déséquilibre d’un exercice à l’autre (ou entre le bilan
d'ouverture et le bilan de clôture).

Avant de présenter les tableaux de flux, il faut revenir sur les différents types de flux.

3.1. LES DIFFERENTS TYPES DE FLUX, CAF ET CASH-FLOW

a) Les différents types de flux

• Les flux réels : ils sont le reflet des transactions entre l’entreprise et son environnement et
se traduisent par des flux entrants et sortants.

• Les flux de liquidités ou monétaires : sont la contrepartie monétaire des flux réels.

Exemple 1 : le versement d’un emprunt par d’une banque se traduit par un flux monétaire
entrant (le flux réel sortant étant le titre d’emprunt).

Exemple 2 : le versement de salaires (flux monétaire sortant) en contrepartie d’une force de


travail (flux réel entrant).

Les flux de liquidités peuvent être :


- immédiats (encaissements et décaissements)
- différés (créances et dettes)

NB. Les flux différés sont importants en France car nous avons une comptabilité
d'engagement (et non pas une comptabilité de caisse ou « recettes – dépenses » que l’on
trouve dans les pays anglo-saxons).

• Les flux fictifs : ne donnent pas lieu à des encaissements ou décaissements (qu’ils soient
immédiats ou différés). Il n’y a pas d’entrée ou sortie de liquidités : amortissements et
provisions pour l'essentiel. Ces flux fictifs sont aussi appelés "produits et charges calculés" :
leur existence provient d’un calcul par l’entreprise ou par le fisc et non pas d’un produit ou
d’une charge véritable.

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Exercice d'illustration

Soit une entreprise avec les données simples suivantes :


Chiffre d’affaires = 1000, dont 100 seront encaissés sur l’exercice suivant
Consommations intermédiaires = 300
Frais de personnel = 500
Amortissements = 50
Reprise sur provisions = 10
Impôts sur les Sociétés = 30
Trésorerie initiale (en début d’exercice) = 20

Etablir les SIG et calculer le résultat de l'exercice puis identifier les flux réels immédiats et
différés.

Calcul des SIG (selon les règles de la comptabilité produits-charges):


CA 1000
- CI 300
= VA 700
- FP 500
= EBE 200
- Amort 50
+ Reprise prov 10
= RE (et RCAI) 160
- IS 30
= RExercice 130

Par type de flux, on a :

- Flux de liquidités (contrepartie de flux réels) :


- immédiats : 1000 – 100 – 300 – 500 – 30 = 70
- différés = 100
total flux de liquidités immédiats et différés = 170

- Flux fictifs : - 50 + 10 = - 40

- Flux réels + flux fictifs = 170 - 40 = 130 = Résultat de l’exercice

Constats :

a) Puisqu’ils contiennent des flux fictifs, le résultat d’exploitation, le RCAI, le résultat de


l’exercice sont de mauvais indicateurs du profit d’une entreprise. Il faut bien privilégier l’EBE
(cf. partie 2).

b) Puisqu’il ne contient que des flux réels, le solde 170 est aussi un indicateur de résultat (de
profit) pertinent. Il intègre tous les flux réels du compte de résultat (d’exploitation, financiers,
exceptionnels), c’est-à-dire toutes les activités de l’entreprise (alors que l’EBE ne prend en
compte que flux réels d’exploitation). Ce solde s’appelle la CAF.

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c) Au cours de l’exercice, le solde des flux de liquidités (réels) immédiats est positif (70) et ce
flux de liquidités vient s’ajouter au liquidités existantes (trésorerie à l'ouverture). Ce flux est
appelé le flux de trésorerie ou excédent de trésorerie :
trésorerie initiale 20
+ solde des flux (ou excédent) de trésorerie 70
= trésorerie finale 90

Le solde des flux ou excédent de trésorerie s’appelle en anglais : le cash-flow (« flux de


fric »).

En résumé et à retenir :

Solde des Solde des Solde des


Flux (réels) immédiats Flux (réels) immédiats Flux (réels) immédiats
Flux (réels) différés Flux (réels) différés
Flux fictifs

= Résultat net = CAF = Excédent de trésorerie


ou cash-flow

Une question s'impose, quel est alors le meilleur indicateur du résultat de l'activité d'une
organisation : la CAF ou le cash-flow ?

b) La capacité d’autofinancement (CAF)

! 1#!Définition!et!calcul!

C’est le solde de l’ensemble des opérations monétaires du CR


des flux de liquidités immédiats ou différés
des produits encaissés et encaissables – les charges décaissées et décaissables

On appelle souvent ce solde le « surplus de liquidités » ou « surplus monétaire ».

Deux modes de calcul de la CAF sont possibles à partir du compte de résultat (page
suivante) :

- la méthode directe (ou additive) : calcul des flux de liquidités en commençant directement
par l’EBE (puisqu’il ne contient pas de flux fictifs) et poursuite par le calcul des flux de
liquidités (donc réels) de la partie financière et exceptionnelle du compte de résultat, que l’on
peut appeler « EBE hors exploitation ». Donc CAF = EBE + EBHE. Ce calcul souligne que
la CAF est le surplus de liquidité globale ou encore le profit monétaire global.

- la méthode indirecte (ou soustractive) : on neutralise les flux fictifs contenus dans le résultat
de l’exercice. CAF = Résultat de l’exercice – flux fictifs. Ce calcul souligne que la CAF ne
contient que des flux réels.

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Calcul par la méthode additive
EXCÉDENT BRUT D’EXPLOITATION
+ Transfert de charge d’exploitation
+ Autres produits (d’exploitation)
– Autres charges (d’exploitation)
+ Quotes-parts d’opérations réalisées en commun
+ Produits financiers (sauf reprises sur provisions)
– Charges financières (sauf dotations aux amortissements et aux provisions financiers)

EBHE + Produits exceptionnels (sauf produits des cessions d’immobilisation,


quote-part des subventions virées au résultat de l’exercice,
reprises sur provisions exceptionnelles)
– Charges exceptionnelles (sauf valeur comptable des immobilisations cédées,
dotations aux amortissements et aux provisions exceptionnels)
– Participation des salariés aux fruits de l’expansion
– Impôts sur les bénéfices
= CAPACITÉ D’AUTOFINANCEMENT

Calcul par la méthode soustractive


RESULTAT DE L’EXERCICE
– Plus ou moins-value sur cessions d’immobilisations
– Subventions d’investissement rapportées au résultat (quote-part)
+ Dotations aux amortissements et provisions (d’exploitation, financières, exceptionnelles)
– Reprises sur amortissements et provisions (d’exploitation, financières, exceptionnelles)
= CAPACITÉ D’AUTOFINANCEMENT

! 2#!Utilité!et!limite!de!la!CAF!

• La CAF est un indicateur de rentabilité : c’est le profit monétaire tiré de l’ensemble de


l’activité de l’entreprise.

• La CAF est un indicateur de financement : ce profit va servir à couvrir les besoins


financiers dont les principaux sont :
- les investissements
- l'augmentation du BFR NB. Ce sont des flux comme la CAF
- le remboursement d'emprunt
- le versement de dividendes

NB. CAF – dividendes = autofinancement (au sens strict)

Si la CAF couvre ces besoins financiers fondamentaux, le risque de défaillance sera écarté.

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Intérêt de la CAF. Elle a un double visage : indicateur du risque de perte et indicateur du
risque de défaillance.

Mais… la CAF n’est qu’un surplus monétaire potentiel ou théorique : car elle contient des
flux différés qui sont à décaisser et à encaisser dans un avenir plus ou moins proche. Une
partie de la CAF n’est donc pas disponible en totalité à l’instant t...

Il est donc difficile de juger de la CAF dans le temps donc de la comparer d’un exercice à un
autre et de faire des comparaisons d’une entreprise à une autre (elle dépend des décalages
temporels qui seront en outre propres à chaque entreprise).

Ratios usuels avec la CAF. Ils mettent l’accent sur la capacité de la CAF à couvrir deux
besoins financiers qu’on juge parmi les plus importants :

CAF (ou autofinancement) l’entreprise autofinance-t-elle ses moyens de production ?


Investissements d’exploitation

Dettes financières à long terme peut-elle rembourser ses dettes à long terme ?
CAF
norme empirique : ce ratio doit être < à 4 (années de remboursement)

Ces ratios expriment la notion d’autonomie financière.

c) Le cash-flow (ou excédent de trésorerie)

De ce qui précède, on est tenté d’éliminer les flux (réels) différés dans la CAF, c’est-à-dire de
calculer le cash-flow en passant de l’optique produit-charge à l’optique recette-dépense.

Comment le faire de façon rapide, sans reprendre le calcul en détail ?

Cash-Flow = CAF – solde des flux différés


= CAF – (solde flux encaissables - solde flux décaissables)

Les flux encaissables sont composés des stocks et des créances, les flux décaissables des
dettes. Exemple :
créances n = 100 stocks n = 50 dettes n = 70
créances n+1 = 120 stocks n+1 = 40 dettes n+1 = 80

Solde flux encaissables en n+1 :


= flux encaissables n+1 – flux encaissables de n encaissés en n+1
= (120 + 40) – (100 + 50)
en mettant ces chiffres dans un autre ordre sans modifier le résultat :
= (120 - 100) + (40 - 50)
= var créances + var stocks

Solde flux décaissables en n+1 :


= solde des flux décaissables en n+1 – solde des flux décaissables en n
= 80 – 70
= var dettes

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On a donc : solde des flux différés en n+1 = var stocks + var créances – var dettes
= variation du BFR de n à n+1

Donc : Cash-flow = CAF – var BFR = Excédent de Trésorerie Globale (ETG)

Et retenons d’emblée, considérant la méthode additive du calcul de la CAF :

Cash-flow = (EBE + EBHE) – (var BFRE + var BFRHE)

d’où, en se centrant sur l’exploitation (le cœur du fonctionnement de l’entreprise) :

Cash-flow d’exploitation (CFE) = EBE – var BFRE


= Excédent de trésorerie d’exploitation (ETE)

Avec l’excédent de trésorerie, on dispose d’un indicateur de résultat-profit robuste car :

- pas de flux fictifs Indicateur affranchi des distorsions comptables


- les stocks sont exclus du calcul
- pas de décalages de décaissement et d’encaissement.

Subsiste l’influence de l’évaluation de la production


immobilisée mais cela reste très marginal

Ce solde permet une comparaison dans le temps et inter-entreprises fiable.

On répond ainsi à la question de savoir quel est le meilleur résultat entre la CAF et l'ETG (le
cash-flow).

L'analyse des flux consistera à recenser dans un tableau l’ensemble des flux. Deux types de
tableaux de flux seront construits d'après ce qui précède :
- un tableau de financement : recense les flux réels immédiats et différés et la CAF en
sera le pilier
- un tableau de flux de trésorerie : recense les flux réels immédiats et l’ETG (ou ETE)
en sera le pilier.

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3.2. PRINCIPES DE CONSTRUCTION DES TABLEAUX DE FLUX

Seront identifiées dans un tableau les variations des postes du passif (flux de ressources) et les
variations des postes de l’actif (flux d’emplois) avec la règle de classement suivante :
si augmentation d'actif / diminution de passif => c'est un flux d’EMPLOI
si diminution d’actif / augmentation de passif => c'est un flux de RESSOURCE

On ne retiendra en outre que les flux réels, immédiats et/ou différés, c’est-à-dire ceux qui
ont réellement affecté le patrimoine (le bilan) de l’exercice, sachant que :
- si l'on recense les flux immédiats et différés, on sera en présence d'un TABLEAU DE
FINANCEMENT (cf. 3.4.)
- si l'on recense uniquement les flux immédiats, on sera en présence d'un TABLEAU DE
FLUX DE TRESORERIE (cf. 3.5.).

Historiquement, le premier tableau de flux a été un tableau de financement, sans agencement


ou sans classement particulier des flux entre eux : c'est le tableau de financement basique
appelé Tableau des flux d'Emplois et de Ressources (TER).

Il constitue une aide au repérage des flux. On a dit que ce type de tableau débute par la CAF.
Rappelons qu'elle est le résultat de l’exercice (et le seul flux du bilan) débarrassé des flux
fictifs. Il est d’usage d’inscrire la CAF en premier car, en supposant qu’elle est normalement
positive, cela permet de la comparer aux autres flux de ressources et aux flux d’emplois.
L’idée est de se demander si la CAF est suffisante pour faire face aux besoins, c’est donc la
question de l’autonomie financière qui est au cœur d’un tableau de flux et de l’analyse
dynamique.

☞ LES PRINCIPAUX FLUX D’EMPLOIS ET DE RESSOURCES


(Le Tableau des flux d'Emplois et de Ressources - TER)

FLUX D’EMPLOIS FLUX DE RESSOURCES

Insuffisance d'autofinancement ou : Capacité d’autofinancement

Diminution de capital Augmentation de capital

Distribution de dividendes Subventions d'investissement

Investissements - d’exploitation Cessions d'immobilisations - d’exploitation


- financiers - financières

Remboursement de dettes financières à LT Augmentation des dettes financières à LT

Remboursement des dettes financières à CT ou : Augmentation des dettes financières à CT

Augmentation des stocks ou : Diminution des stocks

Aug. des créances commerciales et diverses ou : Diminution des créances commerciales et diverses

Dim. des dettes commerciales et diverses ou : Aug. des dettes commerciales et diverses

Augmentation des liquidités ou : Diminution des liquidités

NB. Faire bien sûr apparaître les retraitements éventuels

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3.3. INTERET DES TABLEAUX DE FLUX

Ils permettent une vision dynamique du risque de défaillance


- comment le risque a évolué au cours de l'exercice ?
- comment les causes du déséquilibre ont évoluées ?
- comment l'entreprise a-t-elle géré le risque ?
- l'entreprise a-t-elle réussi à le contenir ?

Mais aussi :

La synthèse de la politique ou stratégie financière


- stratégie de croissance interne ou externe ?
- politique d'investissement (croissance / repli) ?
- politique de dividendes (relations avec actionnaires)
- politique d'endettement (autofinancement / dettes) ?

La prévision de l'équilibre financier


Sur la base d’une prévisions de la CAF, quelles devront être les autres ressources
nécessaires pour couvrir les besoins prévus => des arbitrages à faire ? Quelle
marge de manoeuvre financière ?

3.4. LES TABLEAUX DE FINANCEMENT

Tout comme le bilan dont il est issu, le tableau de financement prendra plusieurs
configurations possibles en fonction de l'approche théorique retenue.

a) Tableau de financement patrimonial

Le tableau de financement s’attachera ici à voir comment évolue le FR qui est la variable-clé
de l’analyse patrimoniale
soit par le haut du bilan : soit par le bas du bilan :
CAF + autres flux de ressources de l’actif
Flux de ressources du passif court
long
– Flux d’emplois de l’actif court
= VARIATION GLOBALE DU FR
– Flux d’emplois de l’actif long

= VARIATION GLOBALE DU FR

Exemple : si le FDR augmente => le passif long augmente => diminution du passif court =>
diminution du risque de faillite.

b) Tableau de financement fonctionnel standard

Il reprend la logique de l’équation de trésorerie FR – BFR = TRE en mettant en évidence les


variations de ces trois éléments :

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FLUX DE RESSOURCES STABLES
• Capacité d’autofinancement
• Augmentation de capital
• Cession d’immobilisations
• Dettes financières stables contractées
• Subvention d’investissement
– FLUX D’EMPLOIS STABLES
• Investissements (incorporels, corporels, financiers)
• Remboursement de dettes financières stables
• Dividendes distribués
= VARIATION DU FDRF (I)
FLUX D’EMPLOIS D’EXPLOITATION
• Augmentation des stocks
• Augmentation des créances d’exploitation
• Diminution des dettes d’exploitation
– FLUX DE RESSOURCES D’EXPLOITATION
• Diminution des stocks
• Diminution des créances d’exploitation
• Augmentation des dettes d’exploitation
= VARIATION DU BFRE (A)
FLUX D’EMPLOIS HORS EXPLOITATION
• Augmentation des créances hors exploitation
• Diminution des dettes hors exploitation
– FLUX DE RESSOURCES HORS EXPLOITATION
• Diminution des créances hors exploitation
• Augmentation des dettes hors exploitation
= VARIATION DU BFRHE (B)
VARIATION DU BFR GLOBAL = (A) + (B) = (II)
Variation des liquidités
– Variation des dettes financières à CT
= VARIATION DE LA TRÉSORERIE = (I) – (II)

A ces tableaux fondamentaux s’ajoutent ceux élaborés par le législateur (le plan comptable)
ou les professionnels (Ordre des experts comptables, Banque de France, cabinets conseils…).

c) Tableau de financement du plan comptable

Il est généralement présenté dans sa version en liste et en deux parties :

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Calcul de la variation du fonds de roulement net global Exercice N Exercice N-1
Ressources durables:
Capacité d'autofinancement de l'exercice
Cessions ou réductions d'éléments de l'actif immobilisé:
Cessions d'immobilisations :
- incorporelles
- corporelles
Cessions ou réductions d'immobilisations financières
Augmentation des capitaux propres:
Augmentation de capital ou apports
Augmentation des autres capitaux propres
Augmentation des dettes financières (a) (b)
Total des ressources (I)
Emplois stables:
Distributions mises en paiement au cours de l'exercice
Acquisitions d'éléments de l'actif immobilisé:
Immobilisations incorporelles
Immobilisations corporelles
Immobilisations financières
Charges à répartir sur plusieurs exercices (c)
Réduction des capitaux propres (réduction de capital, retraits)
Remboursements de dettes financières (a)
Total des emplois (II)
Variation du fonds de roulement net global :
Ressource nette (I-II) + +
ou
Emploi net (II-I) - -

(a) Sauf concours bancaires courants et soldes créditeurs de banques.


(b) Hors primes de remboursement des obligations.
(c) Montant brut transféré dans l'exercice.

Cette première partie calcule la variation du FR en partant de la CAF. Elle regroupe les flux
de ressources durables et les flux d’emplois stables.

Si flux de Ressources > flux d’Emplois => augmentation du FR => c’est une ressource nette

La seconde partie (page suivante) calcule la variation du BFR et la variation de la TRE avec
le bouclage sur la relation : var BFR + var TRE = var FDR.

si var BFR + var TRE > 0 => en « ressource nette »


si var BFR + var TRE < 0 => en « emploi net »

Au final, on aura ainsi l’égalité usuelle entre les 2 parties : ressources = emplois
ressource nette (FDRNG > 0) = emploi net (var BFR + var TRE < 0)
ou emploi net (FDRNG < 0) = ressource nette (var BFR + var TRE > 0)

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Utilisation de la variation du fonds de roulement net global Exercice N Exercice N-1

Variation "Exploitation":
Variation des actifs d'exploitation (a)
Stocks et en-cours
Avances et acomptes versés sur commandes
Créances clients, comptes rattachés et autres créances d'exploitation (b)
Variation des dettes d'exploitation (c):
Avances et acomptes reçus sur commandes en cours
Dettes fournisseurs, comptes rattachés et autres dettes d'exploitation (d)
A.
Besoins de l'exercice en fonds de roulement
ou
Dégagement net de fonds de roulement dans l'exercice

Variation "Hors exploitation" :


Variation des autres débiteurs (a) (b) (e)
Variation des autres créditeurs (c) (d)
B.
Besoins de l'exercice en fonds de roulement "Hors exploitation"
ou
Dégagement net de fonds de roulement "Hors exploitation" au cours de l'exercice

Variation "Trésorerie"
Variation des disponibilités (a)
Variation des concours bancaires courants et soldes créditeurs de banques (c)
C.
Variation nette de trésorerie + ou - + ou -

Utilisation de la variation du fonds de roulement net global (A+B+C) :


Emploi net (f) - -
ou
Ressource nette (g) + +

(a) Les augmentations des éléments d'actif concernés engendrent des besoins en fonds de roulement qui seront affectés du signe (-).
Inversement, les diminutions de ces éléments dégagent des ressources en fonds de roulement qui seront affectées du signe (+).
(b) Y compris charges constatées d'avance selon leur affectation à l'exploitation ou non.
(c) Les augmentations des éléments de passif concernés dégagent des ressources en fonds de roulement qui seront affectées du signe (+).
Inversement, les diminutions de ces éléments engendrent des besoins en fonds de roulement qui seront affectées du signe (-).
(d) Y compris produits constatés d'avance selon leur affectation à l'exploitation ou non.
(e) Y compris valeurs mobilières de placement.
(f) Emploi net égal à la ressource nette dégagée par le calcul I - II précédent.
(g) Ressource nette égale à l'emploi net dégagé par le calcul II - I précédent.

Quelle est la logique de construction du tableau du PCG ?

Les titres des parties indiquent que le tableau est organisé autour du FR, ce serait donc une
approche patrimoniale. Mais on trouve la mise en relation entre le FR, le BFR et la TRE, ce
serait une approche fonctionnelle... On a un mélange, une confusion entre les 2 approches !

En outre, c’est une approche fonctionnelle modifiée qui est proposée. La relation choisie (var
FDR = var BFR + var TRE) signifie qu’on considère que le FDR doit être affecté au
financement de la var du BFR et de la TRE (d’où le titre de la 2ème partie). Ce n’est pas
vraiment la logique fonctionnelle : le FR finance le BFR (ou le BFRE selon l'approche
rénovée).

Au final, ce tableau de financement du PCG refuse de trancher entre les approches


patrimoniale et fonctionnelle. Il en perd son caractère opératoire, il n’est pas très lisible et cela
explique que les analystes financiers sont très critiques à l’égard de ce tableau.

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d) Le tableau de financement de la Banque de France

Son architecture est en 3 parties avec 3 questions correspondantes :

• Quels sont les besoins de financement de l’entreprise (solde A) ?


Il s’agit ici des besoins centrés sur l’exploitation : investissements industriels et
financiers + var BFR

• Quel est l’autofinancement généré par l’entreprise (solde B) ?


Calcul de la CAF diminuée des dividendes, par la méthode additive.

• Comment évoluent les autres ressources de financement (solde C+D) provenant des
associés, du groupe et du système bancaire ?

Tableau de financement Banque de France (1988)


Investissement productif (y compris biens acquis en crédit-bail)
+ Acquisitions de participation
+ Variations des autres actifs immobilisés
- Cessions d'actifs et subvention d'investissement reçues
+ Variation du BFRE
+ Variation du BFRHE
+ Variation des disponibilités
A = EMPLOIS NETS DE CESSION
Valeur ajoutée
- Charges de personnel
= Excédent brut d'exploitation
- Intérêts (y.c. intérêts des loyers de crédit-bail)
- Impôts sur les bénéfices
- Distribution mises en paiement au cours de l'exercice
+ Transferts de charges
+ Autres produits hors exploitation (*)
- Autres charges hors exploitation (*)
B = AUTOFINANCEMENT
(A - B) = BESOINS NETS DE FINANCEMENT (ou CAPACITÉ si A - B < 0)
C = APPORTS OU RETRAITS DES ASSOCIÉS ET DU GROUPE
En capital
En dettes financières
Nouveaux emprunts (y.c. part en capital des loyers à échoir de crédit-bail)
- Remboursements d'emprunts
+ Variation des crédits bancaires courants
D = VARIATION DE L'ENDETTEMENT
(C + D) = RESSOURCES EXTERNES

(*) Ces deux rubriques résument les autres postes intervenant dans le calcul de la CAF
par la méthode additive :
- produits financiers
- produits exceptionnels (sauf produit des cessions…)
- charges exceptionnelles (sauf VNC des immo cédées et DAP except)

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L’interprétation se fait en 2 temps : retracer l’évolution des besoins de financement, puis
ses différents modes de couverture.

1- Confrontation des flux d’autofinancement aux flux d’emplois


Y a-t-il besoin ou excédent (capacité) ? Le rapprochement des emplois et de
l’autofinancement se fait au final : il n’y a pas de règles sur l’affectation de
l’autofinancement à des emplois précis.

2- Comment est utilisée la capacité de financement


Ou comment le besoin d’autofinancement est-il couvert) ?
Quelle est la politique financière vis-à-vis des apporteurs de fonds ?

L’analyse met l’accent sur la capacité de l’entreprise à financer elle-même sa croissance


= règle implicite de bonne gestion financière (voir plus loin le DAFIC).

Quel tableau retenir pour l’analyse ?

Le TER basique fera parfaitement l’affaire. Si l'on retient l'approche fonctionnelle, on


condensera certains flux pour faire apparaître le BFR. Par exemple ainsi :

FLUX D’EMPLOIS FLUX DE RESSOURCES


Insuffisance d'autofinancement ou : Capacité d’autofinancement
Diminution de capital Augmentation de capital
Distribution de dividendes Subventions d'investissement
Investissements Cessions d'immobilisations
Remboursement de dettes financières à LT Nouvelles dettes financières à LT
Diminution des dettes financières à CT ou : Augmentation des dettes financières à CT
Augmentation du BFR ou : Diminution du BFR
Augmentation des liquidités ou : Diminution des liquidités

En réalité, la question ne se pose plus car les tableaux de trésorerie ont désormais supplanté
les tableaux de financement en reprenant d'ailleurs la logique présente dans le tableau de
financement de la Banque de France, lui-même influencé par la notion de DAFIC (voir plus
loin).

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3.5. LES TABLEAUX DE FLUX DE TRESORERIE

a) L’architecture des tableaux de flux de trésorerie

On a vu que la mesure des flux réels immédiats était pertinente, avec la notion d’excédent (ou
flux) de trésorerie (ou cash-flow). On peut donc éliminer les flux réels différés d’un tableau
de financement et on obtiendra un tableau de flux de trésorerie1. Ce tableau sera d’autant plus
utile que la trésorerie est une variable fondamentale dans l’analyse de la défaillance.
Comprendre comment varie la trésorerie permettra de mieux analyser le risque de défaillance.

L’architecture d’un tableau de trésorerie repose sur le découpage du fonctionnement de


l’entreprise en 3 blocs (c’est une norme internationale, l’IAS n°7). Est mesuré le flux de
trésorerie généré par chaque bloc :
- le flux de trésorerie provenant de l’activité (cycle production-vente) => solde A
- le flux de trésorerie provenant de l’investissement => solde B
- le flux de trésorerie provenant du financement => solde C

• SOLDE A : flux de trésorerie issu de l’activité (exploitation)


On le calcule soit en débutant par l’EBE, soit par la CAF, en éliminant les flux différés par la
variation des BFR :

EBE
– var BFRE Résultat exercice
= ETE ou – flux fictifs
+ EBHE = CAF
– var BFRHE – var BFR
= ETG = ETG

• SOLDE B : flux de trésorerie d’investissement


investissements (d’exploitation, financiers)
+ subventions
– cessions
= flux d’investissement

• SOLDE C : flux de trésorerie de financement


augmentation ou diminution de capital
+ nouvelles dettes financières
– remboursement de dettes financières
= flux de financement

1
Dans le langage courant, on raccourcit la dénomination par « Tableau de trésorerie ».
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b) L’intérêt d’un tableau de trésorerie

Il permet de comprendre comment varie le risque de défaillance en détaillant la variation de la


trésorerie. Mais c’est toujours la question de l’autonomie financière qui est au cœur de ce
tableau car il doit être analysé en rapprochant les soldes entre eux et dans cet ordre :

Etape 1 : Le solde A couvre-t-il le solde B ?

Si oui, cela signifie :

- que l’entreprise dispose d’un profit monétaire (ETG) positif : elle est donc
performante et rentable. Et simultanément, elle réussit à faire face à ses engagements
courants : elle règle ses fournisseurs, elle rémunère ses salariés, ses créanciers (frais
financiers) et les pouvoirs publics (impôts divers). Cela signifie qu’elle est solvable.
On voit que ce solde permet de juger à la fois de la performance (on réussit à
dégager un profit…), de la rentabilité (qui est suffisant…) et de la solvabilité (pour
faire face aux engagements courants) ;

- que l’entreprise peut financer sa croissance. Si le solde A-B est positif cela veut dire
qu’avec l’EBE (ou la CAF), l’entreprise a réussi à financer la variation du cycle
d’exploitation (la variation du BFR) et la variation du cycle des investissements
(variation des immobilisations).
Autrement dit, l’entreprise a réussi à financer la variation de son capital économique :
var des immobilisations (= investissements) + var du BFR
Elle a donc réussi à financer sa croissance normale et elle est donc autonome
financièrement => pas de risque de défaillance.

Si non, il suffit d’inverser les constats précédents.

Etape 2 : que fait-on du solde A-B ?

S’il est positif on regardera, dans le bloc C, ce qu’on a fait de cet excédent de trésorerie :
s’est-on désendetté, a-t-on versé des dividendes… ? S’il est négatif, comment a-t-on
financé ce besoin : par apport des actionnaires, de nouvelles dettes auprès des banques ?

Ces questions permettent à nouveau de juger de la politique financière et d’aborder encore


le risque de défaillance sous l’angle d’un endettement excessif ou non.

On pourrait penser que le solde C ne sera que le reflet du solde A-B. Pas vraiment, car
d’une part, l’entreprise pourra puiser dans ses liquidités pour financer le solde A-B (dans la
trésorerie active). Et d’autre part, tout dépend de ce que l’on considère comme relevant de
la trésorerie car il n’y a pas de définition objective de la trésorerie…

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c) Le débat sur la définition de la trésorerie et la position de l'ANC

La définition de la trésorerie n'est pas aussi simple que cela et fait l'objet de controverses. Le
problème porte sur le statut des concours bancaires courants. Ils sont souvent récurrents : une
banque renouvelle généralement automatiquement les découverts bancaires accordés à une
entreprise. Dans ce cas, ces découverts récurrents peuvent être considérés comme un moyen
de financement stable et feront donc partie du financement au même titre que les dettes
financières à long terme. Ils ne seront plus considérés, comme c’est le cas dans l’approche
fonctionnelle, comme de la trésorerie passive.

C’est ce point de vue que préconise l’approche pool de fonds. Et c’est aussi le point de vue du
tableau de la Banque de France : les CBC (et également les EENE) sont intégrées dans le
calcul du solde C (dans le bloc du financement).

Pour l’OEC, il faut faire une différence entre les CBC momentanés et ceux qui sont
automatiquement renouvelés. Les premiers (les CBC momentanés) resteront en trésorerie
passive et les seconds seront considérés comme du financement. Toute la difficulté de cette
position est de faire la distinction entre CBC momentanés ou non, ce qui nécessite des
informations précises qu'un analyste externe aura du mal à obtenir (ce sera plus facile pour
l'expert-comptable qui établit les comptes de l'entreprise…). L'OEC préconise de considérer
les CBC comme momentanés lorsqu'ils sont inférieurs à 3 mois.

L’ANC (Autorité des normes comptables) en reste à une vision fonctionnelle stricte et
considère que tous les CBC demeurent dans la trésorerie passive (ne participent pas au
financement).

Nous avons développé dans ce cours l'analyse financière du point de vue du manager, c'est-à-
dire l'approche fonctionnelle. On suivra alors les recommandations de l'ANC, ce que fait
d'ailleurs la plupart des entreprises.

Le tableau des flux de trésorerie proposé par l'ANC figure à la page suivante et calcule au
final la variation de la trésorerie nette.

Un second et court tableau est ajouté pour faire apparaître les évolutions des composantes de
la trésorerie nette, avec le calcul trésorerie actif (appelée brute) – trésorerie passif (qui fera
donc apparaître les CBC).

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Trésorerie brute
– Soldes débiteurs et concours bancaires courants (dettes financières à CT)
= Trésorerie nette

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