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DRA Droit Bancaire 2012-2013

LES ETABLISSEMENTS DE CREDIT AU MAROC

INTRODUCTION GENERALE :

La logique de la libéralisation et de la mondialisation touche aujourd’hui tous les secteurs de


l’économie aussi bien sur le plan national qu’international. Des mutations importantes ont
changé le paysage économique et politique planétaire.

A l’origine de ces bouleversements, l’éclatement politique des ex-pays de l’Est notamment


l’Union Soviétique ouvrant la voie à une hégémonie des Etats Unis sur l’échiquier international.

La logique de confrontation jadis observée sur le plan politique s’est transformée en une
confrontation économique où la concurrence internationale est devenue de plus en plus vive.

On est passé alors d’une alliance entre Etats d’obédience politique et idéologique similaire à des
groupements privilégiant les intérêts économiques partagés par les Nations.

Le Maroc, adopta une nouvelle politique économique lui permettant d’intégrer le nouvel ordre
mondial afin d’asseoir sa croissance économique et sa compétitivité tout en préservant ses
équilibres fondamentaux internes. Le processus de réformes fût entamée dés 1983 avec le plan
d’ajustement structurel visant une action de libéralisation progressive en harmonie avec des
impératifs d’ordre social, les nouvelles mesures se succédèrent sur le plan de la politique
budgétaire, de l’échange, de la fiscalité, des privatisations etc.

L’analyse de la tendance fait ressortir une nouvelle vision étatique consistant à mener les
réformes qui créent les ingrédients nécessaires pour un rôle de plus en plus régulateur de
l’économie.

Ainsi, observons-nous un désengagement progressif de l’Etat des secteurs jugés jadis prioritaires
tel le logement, le tourisme, … en ouvrant la voie au libre jeu du marché.

Le deuxième axe majeur des réformes entreprises concerne le système financier qui s’inscrit
également dans la mouvance des politiques menées sur le plan économique.

On ne soulignera jamais assez l’importance des problèmes monétaires et financiers dans le


développement des économies, dans leur stabilité macro-économique et leurs perspectives
d’avenir.

Au niveau mondial, plusieurs réformes de libéralisation monétaire et financière ont été


entreprises. Ces réformes avaient pour objectif d’éliminer la répression financière en libérant les
taux d’intérêt et permettre le passage d’une économie d’endettement à une économie de
marchés financiers.

La politique quantitative a cédé la place à la politique qualitative reposant sur le libre jeu du
marché et les mécanismes de contrôle indirect. D’importantes actions ont été entreprises à cet
effet : déréglementation, désintermédiation, décloisonnement, désencadrement, libéralisation
des taux d’intérêt.

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Les innovations financières issues de la libéralisation se sont accrues de manière très rapide
grâce à des technologies informatiques très avancées qui ont gagné l’ensemble de la planète.

C’est dans cet environnement que s’inscrit la réforme bancaire au Maroc teintée par une
politique fondée sur les mécanismes du marché de crédit et le contrôle indirect.

La réforme du système financier et bancaire marocain est fortement inspirée des innovations
observées au niveau international, elle se veut un moyen au service des réformes entreprises
dans le cadre économique, et un facilitateur de l’intégration du pays dans le nouvel ordre
mondial.

Cette réforme a été adoptée en tenant compte des réalités économiques marocaines. Elle
englobe la politique monétaire, la réforme des établissements de crédit et les marchés des
capitaux.

Dés lors la politique de crédit s’avère nécessaire dans la mesure où elle vise la correspondance
entre la création monétaire et le niveau de l’offre en biens et services, elle vise également
l’approvisionnement de l’activité économique en crédit. Autrement dit les autorités monétaires
peuvent mener une politique soit expansive soit restrictive, pour ce faire, elles disposent d’un
ensemble de techniques de contrôle.

Dans cette perspective, les banques et les établissements de crédit porteurs d’innovation
constitue le recours indispensable.

Pour essayer de bien cerner les contours du domaine des établissements de crédit au Maroc, il
sera nécessaire de le faire à la lumière de la question suivante :

Comment les EC parviennent-t-ils à animer le marcher bancaire et financier


Marocain ? Et comment sont-t-ils agréés à le faire ?

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Cette question-Problématique sera conjuguée à travers le plan


organisationnel suivant  :

PARTIE I : PRESENTATION ET OPERATIONS DES ETABLISSEMENTS DE


CREDIT AU MAROC :

Présentation des établissements de crédit au Maroc

Opérations, activités et contrôle des établissements de crédit au


Maroc.

PARTIE II : CONDITIONS D’EXERCICE DES ETABLISSEMENTS DE CREDIT


AU MAROC :

Obtention de l’agrément d'exercice des EC au Maroc ;

Retrait de l’agrément d'exercice des EC au Maroc.

CONCLUSION

RENVOIS

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES

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PARTIE I : PRESENTATION ET CONDITIONS D’EXERCICE DES ETABLISSEMENTS DE CREDIT AU


MAROC :

A. PRESENTATION DES ETABLISSEMENTS DE CREDIT :

La loi bancaire de 2006, à l'instar de celle de 1993, fait une distinction entre deux familles
d'établissements de crédit : d'une part les banques et d'autre part les sociétés de financement.
Ces deux catégories d'établissements sont différenciées par rapport aux deux critères essentiels
suivants :

 La possibilité qui leur est conférée de recevoir ou non des dépôts à vue ou d'un terme
court, n'excédant pas deux ans ;
 La faculté d'effectuer librement ou de manière restrictive les différentes opérations
prévues par la loi.

1. Les banques :
Selon l'article 11 de la loi bancaire, les banques sont autorisées à :
 Recevoir du public des fonds à vue ou d'un terme inférieur ou égal à deux ans. L'article 11
précise qu'elles sont les seules à y être habilitées.
 Distribuer des crédits ;
 Gérer et mettre à la disposition de leur clientèle, tous moyens de paiement-;
 Réaliser des opérations connexes à leur activité (change, opérations sur les valeurs,
conseil, présentation d'opérations d'assurance, intermédiation dans les transferts de
fonds ;
 Prendre des participations dans des entreprises existantes ou en création sous réserves
qu'elles respectent, pour cela, les limites réglementaire fixées par Bank Al Maghrib.

Les banques répondant à ces critères sont au nombre de 20 établissements dont 6 seulement
sont publics ou semi-publics.

 Les établissements bancaires à caractère public ou semi-public :


Créés initialement par l'Etat pour remplir des missions spécifiques en matière de financement,
ces établissements sont énumérés comme suit :
 Bank Al Amal, dont le capital est détenu à 75% par les résidents marocains à l'étranger et
qui a été créée en vue de promouvoir leurs projets d'investissement ;
 Banque Centrale Populaire (B.C.P) : constituant le Crédit Populaire au Maroc «CPM» avec
les Banques Populaires Régionales, cette institution a pour objet principal de financer la
P.M.E et l'artisanat ;
 CDG Capital, filiale à 100% de la CDG, elle a pour objectif de dynamiser les marchés des
capitaux marocains et de contribuer au développement de l'épargne longue.
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 Crédit Agricole du Maroc (CAM) : Initialement Caisse Nationale du Crédit Agricole (CNCA),
cette banque transformée en SA, continue de soutenir le financement de l'agriculture et
ce, aussi bien au niveau des investissements qu'en matière de campagnes agricoles ;

 Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH) : Cet établissement concourt au développement de


l’immobilier et des investissements touristiques au Maroc ;

 Fonds d'Equipement Communal (FEC). Ce fonds, qui a eu le statut de banque en 1996, a


pour objet de financer les travaux et les équipements des collectivités locales.

P.S : On ne peut citer ces établissements sans évoquer la Banque Nationale pour le
Développement Economique (BNDE) disparu du paysage bancaire et oui a joué un rôle
important dans la promotion des investissements industriels de 1959 à 2005. Celle-ci est
aujourd'hui remplacée par CDG Capital.

 Les banques privées :


Ces banques ont déployé d'importants efforts dans l'implantation d'agences et de succursales
au Maroc et à l'étranger ainsi que dans rétablissement de réseaux de correspondants bien
développés.

En outre, elles ont pratiquement toutes une participation étrangère dans leur capital.
Au nombre de 10 elles sont reprises comme suit :
 Arab Bank Maroc ;
 Attijariwafa Bank ;
 Banque Marocaine du Commerce Extérieur (BMCE), privatisée en 1995 ;
 Banque Marocaine pour le Commerce et l'Industrie (BMCI) ;
 Casablanca Finance Markets (CFM) ;
 Citibank Maghreb (Citibank) ;
 Crédit du Maroc (CDM) ;
 Média Finance (MDF) ;
 Société Générale Marocaine de Banque (SGMB) ;
 Union Marocaine de Banque (UMB) ;

 Les banques offshores :
Elles sont régies par la loi n° 58-90 relative aux places financières offshore (promulguée par le
dahir n° 1-91-131 du 26 février 1992).

Leur activité est tournée essentiellement vers les non-résidents (collecte de toute forme de
ressources en monnaies étrangères convertibles, opérations de placement financier,
d'arbitrage...).

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Mais elles peuvent, à l'instar des banques étrangères, réaliser avec des résidants toutes
opérations autorisées par l'Office des changes.

Ces banques doivent obtenir un agrément auprès de Bank Al Maghrib, régler un droit de licence
et s'inscrire au registre de commerce de leur place financière offshore. Elles sont également
soumises au contrôle de Bank Al Maghrib.

Installées toutes à Tanger, les banques offshore, sont actuellement au nombre de 6 :


 Attijari International Bank (Attijari. I.B - BOS) ;
 Banque Internationale de Tanger (B.I.T - BOS) ;
 BMCI - Groupe BNP (BMCI - BOS) ;
 Chaâbi International Bank (Chaâbi International) ;
 Société Générale Tanger Offshore (SGT - OS)
 Succursale Offshore de la BMCE (Suce. O.S BMCE)

Celles-ci bénéficient de régimes douanier, fiscal et de change de faveur.

2. Les sociétés de financement :


La deuxième composante des établissements de crédit est représentée par les sociétés de
financement que le législateur a soumis, depuis 1993, au contrôle de Bank Al Maghrib en raison,
surtout, du développement important réalisé par ces établissements, notamment dans les
domaines du crédit à la consommation et du crédit-bail.

Ces établissements de crédit ne peuvent effectuer, parmi les opérations liées à l'activité bancaire
et définies par les articles 1 et 7 de la loi bancaire de 2006, «que celles précisée» dans les
décisions d'agrément qui les concernent ou, éventuellement, dans les dispositions législatives ou
réglementaires qui leur sont propres».

Par dérogation, les sociétés de financement peuvent être autorisées, dans le cadre de leur
agrément, à recevoir du public des fonds d'un terme supérieur à un an (extrait de l'article 11 de la
même loi).
Notons que cette clause est beaucoup plus souple que celle qui était énoncée dans la loi de 1993
(laquelle interdisait aux sociétés de financement de recueillir du public des fonds à vue ou d'un
terme inférieur ou égal à 2 ans).

 La distinction entre sociétés de financement :


La loi distingue ainsi, 2 catégories de sociétés de financement :

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 Les sociétés de financement dont les opérations sont limitées par des dispositions législatives
ou réglementaires propres.
Parmi cette catégorie on peut citer : la Caisse Marocaine des Marchés qui, tout en étant une
société anonyme de droit privé, a été créée par arrêté du Directeur des Finances du 29 août 1950,
modifié par arrêté du Ministre des Finances du 12 juin 1964. En vue d'assurer le financement des
entreprises titulaires de marchés administratifs de travaux ou de fournitures.

 Les sociétés de financement dont l'activité est précisée dans leur agrément
II s'agit principalement des sociétés suivantes :
 sociétés de crédit bail mobilier et immobilier ;
 sociétés de crédit à la consommation (automobiles, électroménagers) ;
 sociétés d'affacturage ;
 sociétés de cautionnement et de mobilisation de créances ;
 sociétés de gestion des moyens de paiement ;
 sociétés de crédit immobilier ;
 sociétés de financement sur nantissement de marchandises ;
 sociétés de cautionnement mutuel.

 Les différentes sociétés de financement


Ces différentes sociétés, classées ainsi par métier, sont reprises comme suit :

a) Sociétés de crédit à la consommation :


 Acred ;  Finacred ;  Sonac ;
 Assalaf Chaâbi ;  Fnac ;  Sogefinancement ;
 BMCI Crédit Conso  Safacred ;  Sorec Crédit ;
 Salaf;  Taslif;
 Cetelern Maroc ;
 Saiaf  Wafasalaf.
 Crédit Eqdom ;
 Al Moustaqbal  Attijari Immobilier ;
b Wafa Immobilier.  Salafin ;
 Wafa Cash.  Sofac Crédit ;

c) Sociétés de cautionnement  :
 Caisse Marocaine des Marchés (CMM) ;
 Dar Ad-Damane (DAD).

d) Sociétés de crédit-bail (leasing) :


 BMCI Leasing ;
 Chaâbi Leasing ;
 Crédit du Maroc Leasing ;
 Maghrébail ;
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 Maroc-leasing ;
 Sogelease Maroc ;
 Wafabail.

e) Sociétés d'affacturage (factoring) :


 Attijari Factoring ;
 Maroc Factoring.

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B. LES OPERATIONS, ACTIVITES ET CONTROLE DES ETABLISSEMENTS DE CREDIT AU MAROC :

1. LES OPERATIONS DE BANQUE ET LES ACTIVITES CONNEXES :

L'article premier de la loi bancaire du 14 février 2006 définit les établissements de crédit comme :
«Les personnes morales qui exercent leur activité au Maroc, quels que soient le lieu de leur siège
social, la nationalité des apporteurs de leur capital social ou de leur dotation ou celle de leurs
dirigeants et qui effectuent, à titre de profession habituelle, une ou plusieurs des activités
suivantes : la réception de fonds du public, les opérations de crédit, la mise à disposition de la
clientèle de tous moyens de paiement ou leur gestion.

Deux principales remarques ressortent de cette définition :

 Tout d'abord, la loi bancaire de 2006, reprenant celle de 1993, ne lie plus les opérations de
dépôts et de crédit et leur exercice simultané pour être considéré comme un établissement
de crédit.

En effet, il suffit, aujourd'hui d'effectuer, à titre habituelle, une seule des 3 activités prévues par
la loi (reprises dans l'article premier ci-dessus), pour avoir le statut d'établissement de crédit.

 La deuxième remarque est constituée par l'introduction depuis 1993, aux cotés des notions
de dépôts et de crédit d'une nouvelle catégorie d'opérations, qui est la mise à disposition de
la clientèle de tous moyens de paiement ou leur gestion.

Cette novation, qui s'inspire de lois bancaires étrangères, prend en considération le


développement important des nouveaux moyens de paiement comme la monnaie électronique
ou monétique. Elle constitue, en soi, une modernisation du cadre juridique de l'activité bancaire.

 La réception des fonds du public :


Dans son article 11, la nouvelle loi bancaire considère que seules les banques, parmi les
établissements de crédit, sont habilitées à recevoir du public des fonds à vue ou d'un terme
inférieur ou égal à 2 ans.

Cette prérogative importante qui est concédée aux banques s'est accompagnée, d'obligations
nouvelles et de contraintes destinées à mieux protéger les déposants.

Notons que la loi bancaire de 2006 a introduit la possibilité pour les sociétés de financement de
bénéficier d'une dérogation, dans le cadre de leur agrément, leur permettant de -recevoir du
public des fonds d'un terme supérieur à 1 an.

 Caractéristiques des fonds reçus du public :

Aux termes de l'article 2 de la loi bancaire «sont considérés comme fonds reçus du public les
fonds qu'une personne recueille de tiers sous forme de dépôt ou autrement, avec le droit d'en
disposer pour son propre compte, à charge pour elle de les restituer.

Sont assimilés aux fonds reçus du public :

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 Les fonds déposés en compte à vue, avec ou sans préavis, même si le solde du compte peut
devenir débiteur ;

 Les fonds déposés avec un terme ou devant être restitués après un préavis ;

 Les fonds versés par un déposant avec stipulation d'une affectation spéciale, si l'entreprise
qui a reçu le dépôt ne le conserve pas en l'état, à l'exception des fonds versés auprès des
sociétés légalement habilitées à constituer et gérer un portefeuille de valeurs mobilières ;

 Les fonds dont la réception donne lieu à la délivrance, par le dépositaire, d'un bon de caisse
ou de tout billet portant intérêt ou non.»

Cette définition appelle à 3 remarques :

(1) Les fonds doivent émaner de tiers. La loi a cependant prévu des dérogations pour préserver
le fonctionnement normal des entreprises notamment dans leurs relations avec leurs
actionnaires ou associés (apports en comptes courants), avec leur personnel (dépôts du
personnel de l'entreprise) et avec leurs établissements de crédits (fonds provenant des concours
de ces derniers).

C'est ainsi que l'article 2 de la loi bancaire a prévu des exceptions en énonçant : «- Toutefois, ne
sont pas considérés comme fonds reçu du public :

 Les sommes laissées en compte dans une société par les associés en nom, les
commanditaires et les commandités, les associés, les gérants, les administrateurs, les
membres du directoire ou du conseil de surveillance et les actionnaires détenant 5% au
moins du capital social ;

 Les dépôts du personnel de l'entreprise lorsqu'ils ne dépassent pas 10% du capital social ;

 Les fonds provenant de concours d'établissements de crédit et des organismes assimilés


visés aux paragraphes 3,4 et 5 de l'article 107 ci-dessous (il s'agit entre autres, des
banques et des sociétés de financement spécialisées dans les opérations de crédit-bail,
d'affacturage, de vente à réméré d'effets et de valeurs mobilières...)».

(2) L'entreprise a le droit de disposer des fonds reçus du public pour son propre compte. Cette
notion fait obstacle au principe selon lequel le dépositaire doit restituer la chose gardée en l'état
sans l'altérer ou en disposer librement.

Les banques sont donc habilitées à affecter ces fonds à leurs propres opérations (crédits,
extensions du fonds de commerce...) en respectant toutefois le ratio de liquidité qui les oblige à
garder actuellement un rapport minimum fixé à 100% et de manière permanente entre :

 D'une part, leurs éléments d'actif disponibles et réalisables à court terme et les
engagements par signature reçus, et,
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 D'autre part leurs exigibilités à vue et à court terme et les engagements par signature
données.

(3) Ces fonds doivent-être restitués. Cette affirmation exclut du champ de la loi : les subventions
ou les aides non remboursables, les dons et les libéralités.

 Le contrat de dépôt de fonds :

Le code de commerce de 1996 définit ce contrat, dans son article 509, comme celui «par lequel
une personne dépose des fonds auprès d'un établissement bancaire, quel que soit le procédé de
dépôt, et lui confère le droit d'en disposer pour son propre compte à charge de les restituer dans
les conditions prévues au contrat».

L'article 510 ajoute que «le dépositaire n'est pas libéré de son obligation de restitution si, non, le
cas de saisie, il paie sur un ordre non signé par le déposant ou son mandataire...».

Cette dernière stipulation est regrettable car l'exécution d'un ordre, notamment pour les
paiements par cartes, s'effectue dans le cadre d'un contrat de mandat où les utilisations
frauduleuses sont supportés par le porteur-déposant et ce, jusqu'à son opposition.

 Les opérations de crédits :

L'octroi des crédits est un monopole qui est accordé, pratiquement, à l'ensemble des
établissements de crédit, contrairement aux dépôts à moins de 2 ans dont les banques ont
l'exclusivité.

La définition des crédits a été développée pour la première fois dans la loi bancaire de 1993.

Reprise quasi-textuellement dans la loi de 2006, celle-ci précise dans son article 3 ce qui suit :

« Constitue une opération de crédit tout acte, à titre onéreux, par lequel une personne met ou
s'oblige à mettre des fonds à la disposition d'une autre personne, à charge pour celle-ci de les
rembourser, ou prend, dans l'intérêt d'une autre personne, un engagement par signature sous
forme d'aval, de cautionnement ou de toute autre garantie ».

Sont assimilées à des opérations de crédit :

 Les opérations de crédit-bail et de location avec option d'achat et assimilées ;


 Les opérations d'affacturage ;
 Les opérations de vente à réméré d'effets et de valeurs mobilières
 Et les opérations de pension telles que prévues par la législation en vigueur.

Cette définition appelle les remarques suivantes :

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 L'engagement d'une personne «qui met ou s'oblige à mettre, à titre onéreux, des fonds à la
disposition d'une autre personne» intègre deux notions importantes liées entre elles:

 La première couvre toute les formes de crédits : facilités, avances, cessions de créance
(comme l'escompte) de même que les engagements futurs (promesses de prêts ou
d'achats des créances) ;

 La seconde touche à la rémunération du service ainsi rendu.

 La notion de remboursement est limitative parce qu'elle met en présente deux personnes
seulement, (celle qui remet les fonds, l'autre qui les reçoit et doit les rembourser) alors que
certaines techniques de crédit comme celle, très développée, de l'escompte permettent au
banquier de mettre à la disposition du tireur (créancier) le montant escompté, le
remboursement étant effectué, à l'échéance, auprès du tiré (principal débiteur) et non du
tireur comme le voudrait le texte. Cela est d'autant plus vrai dans la technique d'escompte
sans recours qui s'est énormément développée au plan international (Cf. Infra).

 Le code de commerce, y a remédié dans son article 526 qui définit l'escompte comme étant
«la convention par laquelle l'établissement bancaire s'oblige à payer par anticipation au
porteur le montant d'effets de commerce ou autres titres négociables à échéance
déterminée que ce porteur lui cède à charge d'en rembourser le montant à défaut de
paiement par le principal obligé...»

 La définition inclut, outre les crédits par signature qui prennent une place très importante
dans les concours bancaires, et la vente a réméré, des techniques plus récentes comme le
crédit-bail et l'affacturage.

Le monopole des banques et des sociétés de financement en matière Je crédits, souffre


plusieurs exceptions.

Celles-ci prennent en considération le caractère habituel et courant développés dans le cadre des
relations entre les entreprises et leur clientèle ou encore le caractère social de certains prêts
(avances aux salariés).

Toute personne peut donc pratiquer, sans restriction, les opérations suivantes (stipulées dans
l'article 12 de la nouvelle loi bancaire) :

 consentir à ses contractants, dans l'exercice de son activité professionnelle, des délais ou
des avances de paiement, notamment sous forme de crédit commercial ;

 conclure des contrats de location de logements assortis d'une option d'achat ;

 procéder à des opérations de trésorerie avec des sociétés ayant avec elle, directement ou
indirectement, des liens de capital conférant à l'une d'elles un pouvoir de contrôle effectif
sur les autres ;

 émettre des valeurs mobilières ainsi que des titres de créances négociables sur un marché
réglementé ;

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 consentir des avances sur salaires ou des prêts à ses salariés pour des motifs d'ordre
social ;

 émettre des bons et des cartes délivrées pour l'achat, auprès d'elle, de biens ou de
services déterminés ;

 prendre ou mettre en pension des valeurs mobilières inscrites à la cote de la bourse des
valeurs, des titres de créances négociables ou de valeurs émises par le Trésor».

Ces exceptions ont pour objet de ne pas gêner ou de ne pas remettre en cause ces différentes
pratiques dont l'importance pour la vie des entreprises et le développement des techniques
commerciales et financières, n'est pas à démontrer.

 Les moyens de paiement et leur gestion :

1 - Définition des moyens de paiement  :

L'article 6 de la nouvelle loi bancaire précise que «sont considérés comme moyens de paiement
tous les instruments qui, quel que soit le support ou le procédé technique utilisé, permettent à
toute personne de transférer des fonds.»

Cette définition très large couvre donc aussi bien les moyens de paiements traditionnels (comme
le chèque, l'effet de commerce, le virement et l'avis de prélèvement) que les moyens de
paiements récents comme la monétique et la télématique.

2 - Les moyens de paiement : 3ème monopole des établissements de crédit  :

L'introduction de cette catégorie d'opérations de banque, dès la loi bancaire de 1993, reprise par
celle de 2006, a été motivée par 2 considérations principales :

 La première est liée aux développements rapides des nouveaux moyens de paiement
tels que la monétique et les transferts magnétiques.

 La seconde provient du souci des autorités monétaires de contrôler l'évolution de ces


opérations et de leurs risques afin de protéger les déposants tout en appréhendant
mieux leur influence sur la conduite de la politique monétaire.

Hormis les banques, toute société ou grande surface peut-être habilitée à exercer les opérations
de mise à la disposition de la clientèle des moyens de paiement par le biais d'une filiale
spécialisée. Cette filiale deviendrait donc une société de financement qui pourrait réaliser ces
opérations (après l'obtention pour mémoire, de l'agrément requis à cet effet).

La loi bancaire a autorisé les établissements de crédits à effectuer, en plus des opérations de
banque détaillées plus haut, des opérations connexes à leur activité et à prendre des
participations.

 Les activités connexes aux opérations de banque :


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Ces activités, au nombre de huit, sont énoncées par l'article 7 de la loi bancaire 2006 et sont
reprises ainsi qu'il suit :

1. Les opérations de change : II convient de noter que même si elles sont autorisées, les
opérations de change ne peuvent être effectuées par un établissement de crédit que dans la
mesure où il est nommé «intermédiaire agréé» par l'Office des Change.

2. Les opérations sur or, métaux précieux et pièces de monnaie :

3. Le placement, la souscription, l'achat, la gestion, la garde et la vente de valeurs mobilières,


de titres de créances négociables ou de tout produit financier ;

4. La présentation au public des opérations d'assurance de personnes, d'assistance et


d'assurance-crédit :

5. L'intermédiation en matière de transfert de fonds ;

6. Le conseil et l'assistance en matière de gestion de patrimoine ;

7. Le conseil et l'assistance en matière de gestion financière : l'ingénierie financière et, d'une


manière générale, tous les services destinés à faciliter la création et le développement des
entreprises, sous réserve des dispositions législatives relatives à l'exercice illégal de certaines
professions (expertise comptable par exemple) ;

8. Les opérations de location simple de biens mobiliers ou immobiliers, pour les établissements
qui effectuent, à titre habituel, des opérations de crédit-bail.

 La prise de participations dans des entreprises :

L'article 8 de la loi bancaire permet aux établissements de crédit de prendre des participations
dans des entreprises existantes ou en création «sous réserve du respect des limites fixées, par
rapport à leurs fonds propres et au capital social ou aux droits de vote de la société émettrice,
par circulaire du Gouverneur de Bank Al Maghrib après avis du Comité des Etablissements de
Crédit».

 Les apports novateurs dans les opérations de banque :

On ne peut conclure sur les opérations de banque sans évoquer les innovations importantes,
introduites par la loi bancaire de 1993 et reproduites dans celle de 2006, qui sont nombreuses.

Parmi celles que nous avons déjà développées, rappelons sans les détailler :

- l'inclusion des moyens de paiement dans l'activité bancaire ;


- la définition des crédits ;
- la réglementation, pour la première fois, des opérations de crédit-bail et d'affacturage.

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A côté de ces dispositions, 3 mesures importantes touchant indirectement les opérations de


banque ont été prévues par le législateur. Il s'agit de :

1. La faculté d'adaptations du texte aux évolutions futures de l'activité bancaire et financière :

A cet effet, la loi bancaire a conféré au Ministre des Finances la possibilité d'autoriser les
établissements de crédit, à pratiquer, par arrêtés, d'autres opérations qui sont effectuées
habituellement par les établissements de crédit sur les places financières internationales.

2. L'acceptation, en matière judiciaire, des relevés de compte des établissements de crédit :

Cette mesure qui est édictée par l'article 118 de la loi bancaire, prévoit qu'en «matière judiciaire,
les relevés de comptes établis par les établissements de crédit selon les modalités fixées par
circulaire du Gouverneur de Bank Al-Maghrib, après avis du Comité des établissements de crédit,
sont admis comme moyens de preuve entre eux et leurs clients, dans les contentieux les
opposant, jusqu'à preuve du contraire.»

Cette disposition introduite par la loi bancaire de 1993 ne concernait que les clients
commerçants. La loi de 2006 l'a étendu à tous les clients des établissements de crédit.

C'est une mesure qui évitera aux juges de contester les relevés de comptes bancaires parce qu'ils
sont produits par l'une des parties en contentieux, à savoir l'établissement du crédit lui-même.

Elle intègre les évolutions constatées dans d'autres pays, basées d'une part, sur les techniques
informatiques modernes, impliquant une automaticité dans l'inscription chronologique des
opérations, et d'autre part, les contrôles importants qui sont réalisés, en la matière, par la
Banque Centrale.

Le code de commerce a confirmé cette règle (dans son article 492) tout en édictant les
conditions y afférentes à savoir notamment que «le relevé de compte indique de façon
apparente le taux des intérêts et des commissions, leur montant et leur mode de calcul».

3. La non application aux opérations de dépôts et de crédits du taux légal des intérêts et du
maximum des intérêts conventionnels fixés par le dahir du 9 octobre 1913 :

Contrairement aux 2 mesures étudiées plus haut, celle-ci (qui est prévue dans l'article 115 de la loi
bancaire du 14 février 2006) est critiquable car le taux légal, fixé à 6% dans le dahir du 9 octobre
1913 précité, était pris en considération par les tribunaux quand il n'y avait de contrat écrit ou
lorsque les établissements de crédit omettaient ou négligeaient de déterminer avec précision le
taux débiteur applicable dans les conventions de crédit les liant à leur clientèle ou encore en y
portant des mentions vagues sujettes à différentes interprétations (tels que «taux en vigueur »,
«taux variable ou TBB + marge» sans autres indications...).
Pour les entreprises, cela permettait également d'atténuer les pressions d'une accumulation
d'intérêts élevés, pour les contentieux qui perduraient dans le temps.

Aujourd'hui et en cas d'imprécisions sur les conditions débitrices attachées à un crédit, les
tribunaux n'auront d'autres choix que de se référer aux taux minimums et maximums déclarés
par les établissements bancaires à Bank Al Maghrib et publiés par elle, en penchant tantôt pour
l'un, tantôt pour l'autre ou encore pour leur moyenne ; ce qui est beaucoup moins précis que le

1
DRA Droit Bancaire 2012-2013

taux légal de 6%, interdit d'application pour les opérations bancaires par la loi du 14 février 2006,
pour mémoire.

2. L'ACTIVITE DES ETABLISSEMENTS DE CREDIT AU MAROC :

L'activité des établissements de crédit a connu des transformations profondes, particulièrement


au cours des dix dernières années.

Plusieurs facteurs y ont contribué ; nous en résumerons les principaux comme :

 l'influence des mutations des marchés financiers et bancaires extérieurs et les pressions en
changements et en innovations que celles-ci exercent sur les établissements de crédit ;

 les progrès fulgurants des technologies induisant l'utilisation des nouveaux moyens
informatiques et de télécommunication en vue de rendre, plus performants, les services
financiers et bancaires ;

 l'accélération des réformes dans les domaines bancaires, financiers et commerciaux à


l'origine d'un foisonnement de textes fondamentaux et réglementaires et ainsi de
modifications dans les règles relatives à l'activité des établissements de crédit ;

 la faible bancarisation de la population marocaine ;

 les nouveaux besoins d'une clientèle mieux avisée et plus exigeante ;

 la montée des risques avec l'augmentation des créances en difficulté ;

 et la régression de la rentabilité globale des établissements de crédit, à l'instar de ceux de


nombreux pays.

Nous examinerons, respectivement dans ce qui suit, l'activité des banques (A) puis celle des
sociétés de financement (B).

a. l'activité des banques :

Les changements intervenus dans l'environnement externe et dans les réalités internes des
banques 'ont engendré des modifications importantes au niveau de leurs implantations, de leurs
dépôts, de leurs crédits, de leurs fonds propres et de leurs rentabilité.

Implantation des banques au MAROC : 2011 2010 2011


I. BANK AL-MAGHRIB 20 20
Nombre d’agences 18 18
Nombre de succursales 2 2
II. BANQUES (Nombre de guichets) 4787 5 113
AL BARID BANK 943 963

ARAB BANK PLC 10 10

1
DRA Droit Bancaire 2012-2013

ATTIJARIWAFA BANK 867 944

BANCO SABADELL 1 1

BANK AL-AMAL 1 1
BMCE BANK 605 622
BANQUE MAROCAINE POUR LE COMMERCE ET L'INDUSTRIE 266 308
CAJA DE AHORROS Y PENSIONES DE BARCELONA "LA CAIXA" 1 1
CASABLANCA FINANCE MARKETS 1 1
CDG CAPITAL 1 1
CITIBANK MAGHREB 2 2
CREDIT AGRICOLE DU MAROC 337 373
CREDIT DU MAROC 293 318
CREDIT IMMOBILIER ET HOTELIER 170 189
CREDIT POPULAIRE DU MAROC 944 1 014
FONDS D'EQUIPEMENT COMMUNAL 1 1
MEDIAFINANCE 1 1
SOCIETE GENERALE 337 357
UNION MAROCAIN DE BANQUES 6 6

A fin décembre 2005, l'implantation des banques au niveau national comprenait 2.233 guichets.
fin 2011, ils sont de l’ordre de 5113.

Ce réseau dessert 208 localités permettant ainsi une bonne répartition de l'implantation
bancaire à travers le territoire national. Cependant, l'axe Casablanca / Nouaceur - Rabat / Salé, en
raison de son importance économique, renferme à lui seul 40,62% avec 907 agences.

Au niveau international, les banques marocaines s'ouvrent de plus en plus sur les pays étrangers
particulièrement ceux où la présence des ressortissants marocains est importante, le réseau
extérieur des filiales, succursales, agences, délégations et bureaux de représentation atteint 78
guichets. La France occupe, a cet égard, la première place suivie par le Bénélux et l'Allemagne
pays qui regroupent globalement près de 90% des implantations extérieures des banques
marocaines.

b. l'activité des sociétés de financement :

II convient de rappeler, pour mémoire, que la loi bancaire du 6 juillet 1993 reprise par celle plus
récente du 14 février 2006 a intégré les sociétés de financement en tant qu'établissement de
crédit en les soumettant au contrôle de Bank Al Maghrib et aux règles prudentielles édictées par
les autorités monétaires (Cf. Présentation des établissements de crédit en section I de ce
chapitre) et en les organisant sous la houlette de leur association, l'APSF (32).

La mise en place de ce cadre juridique a été comme un déclic à la dynamisation de ces sociétés
dont l'activité a enregistré une progression très importante.
1
DRA Droit Bancaire 2012-2013

L'évolution de ces sociétés de financement, créées en grande partie par des établissements
bancaires et des financiers avisés, résulte principalement de l'attraction des taux appliqués,
avoisinant généralement les maximums autorisés.

Les banques, à travers leurs filiales spécialisées, y trouvent leur compte doublement : au niveau
de ces taux très élevés mais également comme moyen pour augmenter la distribution de leurs
propres concours.

L'essor notable des sociétés de financement a été rendu possible grâce à leur ouverture au
grand public, à leur adaptation croissante à ses besoins et aux conditions d'octroi souples,
souvent moins contraignantes que celles des banques.

Nous examinerons ce développement de leur activité à travers l'évolution de leurs crédits, et de


leurs bilans.

3. CONTROLE DES ETABLISSEMENTS DE CREDIT AU MAROC :

 Les organes de tutelle et de représentation :

Les structures des établissements de crédit sont organisées autour :

- des autorités de tutelle et de contrôle (Section I) ;


- et des organes de consultation et de représentation (Section II).

SECTION I : les autorités de tutelle et de contrôle :


Composées du Ministre des Finances et de Bank Al Maghrib, les autorités de tutelle des
établissements de crédit, dont particulièrement la banque centrale, ont vu leurs pouvoirs de
réglementation, de contrôle et de sanction renforcer depuis l'entrée en vigueur de la loi bancaire
du 14 février 2006.
La loi bancaire de 2006, à l'instar de celle de 1993, a voulu, cependant, aménager une plus grande
place à la concertation entre les autorités monétaires et les établissements de crédit en
prévoyant :
 l'avis consultatif du Conseil National du Crédit et de L'Epargne "CNCE" pour toutes les
questions intéressant le développement de l'épargne ainsi que de l'évolution de l'activité des
établissements de crédit
 et l'avis nécessaire du Comité des Etablissements de Crédit sur toutes les questions
opérations, et modalités liées à l'activité des établissements de crédit et revêtant un
caractère général (conditions d'exercice, règles comptables, mesures prudentielles et de
contrôle...).
 Enfin, les sanctions graves à rencontre des établissements de crédit ou de leurs
administrateurs et dirigeants comme le retrait de l'agrément ou encore la nomination d'un
administrateur provisoire ne sont prises qu'après avis de la Commission de Discipline des
Etablissements de Crédit.

SECTION II : organes de consultation et de représentation :

1
DRA Droit Bancaire 2012-2013

Les établissements de crédit agréés en tant que banques et les banques offshore ainsi que ceux
agréés en tant que sociétés de financement sont tenus respectivement d’adhérer aux
associations professionnelles dénommées « Groupement professionnel des banques du Maroc »,
ou « Groupement professionnel des sociétés de financement du Maroc  » régies par les
dispositions du dahir du 3 joumada I 1378 (15 novembre 1958) relatif au droit d’association, tel
qu’il a été modifié et complété4.

Les statuts des deux associations précitées ainsi que toutes modifications y relatives sont
approuvés par le ministre chargé des finances, après avis du Comité des établissements de
crédit. 

Les associations professionnelles des établissements de crédit  étudient les questions


intéressant l’exercice de la profession, notamment l’amélioration des techniques de banque et
de crédit, l’introduction de nouvelles technologies, la création de services communs, la
formation du personnel et les relations avec les représentants des employés.

Elles peuvent être consultées par le ministre chargé des finances ou le gouverneur de Bank Al-
Maghrib sur toute question intéressant la profession. De même, elles peuvent leur soumettre
des propositions dans ce domaine.

Les associations professionnelles des établissements de crédit servent d’intermédiaire, pour les
questions concernant la profession, entre leurs membres, d’une part, et les pouvoirs publics ou
tout autre organisme national ou étranger, d’autre part.

Elles doivent informer le ministre chargé des finances et le gouverneur de Bank Al-Maghrib de
tout manquement, dont elles ont eu connaissance, dans l’application, par leurs membres, des
dispositions de la présente loi et des textes pris pour leur application.

Elles sont habilitées à ester en justice lorsqu’elles estiment que les intérêts de la profession sont
en jeu et notamment lorsqu’un ou plusieurs de leurs membres sont en cause.

Les établissements de crédit assurent une mission essentielle dans la vie économique, en
rapport avec leur pouvoir de création monétaire, leur rôle primordial dans la mobilisation de
l'épargne ainsi que dans les relations financières extérieures.

L'importance des engagements qu'ils portent et du risque systémique que leur défaillance fait
courir à l'ensemble de l'économie justifie leur statut particulier parmi les sociétés commerciales.
En effet, l'exercice de la profession « établissements de crédit » au Maroc est régi par des
dispositions relevant aussi bien des législations nationales (droit commercial), du droit d'essence
bancaire (loi bancaire, règlement portant plan comptable bancaire, réglementation
prudentielle… ) que de conventions internationales (notamment recommandations du Comité
de Bâle).

Cette réglementation spécifique vise essentiellement à garantir leur solvabilité, leur liquidité, la
protection des déposants et, de manière générale, la sécurité du système bancaire dans son
ensemble.

Chiffres clés du secteur bancaire marocain   2012  :

1
DRA Droit Bancaire 2012-2013

Nombre d’établissements de crédit et organismes assimilés : ………83

- Banques :………………………………………………………….…19
- Sociétés de financement : ………………………………………….36
- Banques offshore :………………………………………………….. 6
- Associations de micro-crédit : ……………………………………...12
- Sociétés intermédiaires en matière de transfert de fonds : ………8
- Autres établissements :………………………………………………2

Réseau :

- Au Maroc : 4.787 agences, soit un guichet pour 6.600 habitants.


- A l’étranger : 19 filiales, 75 agences et succursales et 57 bureaux de représentation.

Effectif des établissements de crédit et organismes assimilés : 42.000 environ.

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DRA Droit Bancaire 2012-2013

PARTIE II : CONDITIONS D’EXERCICE DES ETABLISSEMENTS DE CREDIT AU MAROC :

Certains auteurs 1 ont vu dans la loi bancaire une « loi de police spéciale au commerce de
l’argent »2. Et qui dit loi de police dit papier d’identité, contrôle par les autorités, ainsi l’agrément
constitue-t-il »l’outil fondamental de la surveillance étatique des établissements de crédit »3.

Au Maroc, comme ailleurs, la nécessite d’un agrément avant d’exercer l’activité d’établissement
de crédit est aujourd’hui une évidence.4

Un établissement de crédit, doit avant d’exercer son activité sur le territoire du royaume du
Maroc, avoir été préalablement agrée, soit en qualité de banque, soit en qualité de société de
financement.

Il en va de même des changements susceptibles d’affecter les modifications ultérieures de cette


structure agrée, ils doivent être subordonnes à l’octroi d’un nouvel agrément.

A. L’OBTENTION DE L’AGREMENT :

A l’instar de la loi bancaire française du 24 janvier 1984 qui exige dans son article L.511-10 du
COMOFI (Code monétaire et financier), l’obtention de l’agrément avant l’exercice de l’activité
des établissements de crédit. L’article 27 de la loi bancaire marocaine n° 34-03 dispose « avant
d’exercer leur activité, les établissements doivent obtenir l’agrément de BANK AAL-MAGHRIB
après avis du comite des établissements de crédit ».

Pour accorder l’agrément, le comité des établissements de crédit s’assure que chaque
établissement :

 Présente des perspectives d’activité équilibrée,


 Possède une organisation qui assure durablement son développement,
 Ou dispose des moyens techniques, financiers et humains suffisants pour faire face aux
risques inhérents à la nature des activités agrées.

Par ailleurs et afin de permettre une meilleure modulation dans la délivrance de l’agrément en
fonction de l’activité réellement projetée, l’article 35 de la loi bancaire marocaine est venue
préciser qu’est subordonné à l’octroi d’un nouvel agrément dans les formes et les conditions
prévues à l’article 27 ci-dessus, toute opération portant sur :

 La fusion de deux ou plusieurs établissements de crédit ;


 L’absorption d’un ou plusieurs établissements de crédit par un autre établissement.

Mais lorsque la demande d'agrément émane d'un établissement de crédit ayant son siège à
l'étranger, soit pour la création d'une filiale, soit pour l'ouverture d'une succursale au Maroc,
cette demande doit être accompagnée de l'avis de l'autorité du pays d'origine habilitée à délivrer
un tel avis.

1
-Amal EL Aissi, « prévention et traitement de la défaillance des établissements de crédit au Maroc, »mémoire
d’obtention du master 2008-2009.
2
-Edouard Manceau « le sort de l »agrément »,rev.Dr.bancaire et bourse,Mai-juin 1996 ;N° 55.p.90 et s.
3
-Ibidem. p 91.
4
- en France l’agrément n’était pas nécessaire avant les lois des 13 et 14 1941.en Grande Bretagne avant l’acte de 1979.
1
DRA Droit Bancaire 2012-2013

BANK AL-MAGHRIB s'assure, également, que les dispositions législatives et réglementaires qui
sont applicables aux établissements de crédit du pays d'origine ne sont pas de nature à entraver
la surveillance de la filiale ou de la succursale dont la création est envisagée au Maroc.

La création de filiales ou l'ouverture de succursales ou bureaux de représentation, à l'étranger,


par des établissements de crédit ayant leur siège social au Maroc sont subordonnées à l'accord
préalable du gouverneur de BANK AL-MAGHRIB, après avis du Comité des établissements de
crédit.

BANK AL-MAGHRIB contrôle la croissance de l’établissement de crédit en conditionnant la


délivrance de l’extension de l’agrément à un apport de fonds propres supplémentaires destines
à courir les risques nouveaux.

Le défaut du respect des conditions fixées par BANK AL-MAGHRIB ou le non respect des
engagements souscrit peut entrainer le retrait de l’agrément.

Parmi les conditions de fond imposées à la délivrance d’un agrément d’établissement de crédit,

BANK AL-MAGHRIB tien compte principalement  :

 Du capital social et de l’adéquation des fonds propres ;


 De la qualité (compétence et honorabilité) des dirigeants ;
 De la qualité des apporteurs des capitaux ;
 Du dispositif prudentiel.

 Le capital social et adéquation des capitaux propres  :

L’article 29 de la loi n° 34-03 dispose que «  tout établissement de crédit ayant son siège social au
Maroc doit justifier à son bilan d’un capital minimum effectivement libéré ou lorsqu’il s’agit d’un
établissement public, d’une dotation totalement versée, dont le montant doit être égal ou moins
au capital minimum ; tel que fixé pour la catégorie ou la sous catégorie dont il relève ».

Les articles 1 et 2 de la circulaire du gouverneur de BANK AL-MAGHRIB n° 20/G/2006 du


30/11/2006 relative au capital minimum des établissements de crédit fixant les modalités
d’application des dispositions de l’article 30 de la loi 34-03,fixant le minimum obligatoire des
fonds propres dont doivent disposer, en capital, ou en dotation versée, les différentes catégories
d’établissements de crédit.

Pour les banques le capital minimum est fixé à 200.000.000 dhs, toutefois, lorsque
l’établissement de crédit agrée en qualité de banque ne recueillie pas de fonds du public, le
capital minimum exigible est 100.000.000 dhs.

Pour les sociétés de financement, l’article de la même circulaire énonce que, les sociétés de
financement qui effectuent les opérations du crédit immobilier ou les opérations du crédit bail
doivent justifier à son bilan, d’un capital effectivement libéré ou d’une dotation totalement
versée de 50.000.000 dhs.

1
DRA Droit Bancaire 2012-2013

Alors que pour les sociétés de financement agrées en vu d’effectuer les opérations de crédit à la
consommation, le capital minimum est fixé à 20.000.000 dhs, tandis que celles qui effectuent les
opérations de mise à la disposition de la clientèle de tous moyens de paiement, le montant est
fixé à 10.000.000 dhs.

Enfin les sociétés de financement qui effectuent des opérations de cautionnement doivent
justifier d’un capital minimum de 1.000.000 dhs.

Les établissements de crédit ayant leur siège social à l'étranger, peuvent, après agrément du
Ministre des Finances, exercer leur activité au Maroc via des succursales, des agences ou des
guichets. Les établissements de crédit ayant leur siège social au Maroc ne peuvent être
constitués que sous la forme de société anonyme à capital fixe, à l'exception de ceux que la loi a
dotés d'un statut particulier.

L'actif de tout établissement de crédit doit, à tout moment, excéder effectivement, d'un
montant au moins égal au capital minimum ou à la dotation minimum, le passif exigible, sans que
les versements des actionnaires ou la dotation, selon le cas, puissent être compensés,
directement ou indirectement, notamment par des prêts, avances ou souscription de titres de
créance ou de capital, ayant pour objet la reprise du capital ou de la dotation.
Honorabilité et expériences des dirigeants

Les personnes appelés à assumé une responsabilité au sein d’un établissement de crédit, doivent
non seulement posséder l’honorabilité nécessaire mais également ne pas cumulé plusieurs
fonctions.

 Les règles relatives à l’honorabilité :

Nul ne peut, à un titre quelconque, fonder, diriger, administrer, gérer ou liquider un


établissement de crédit :

S’il a été condamné irrévocablement pour crimes (réprimés par les articles 334à391 et 505 à 574
du code pénal), pour infraction à la législation des changes, en vertu de la législation relative à la
lutte contre le terrorisme,

S’il a été frappé d'une déchéance commerciale(en vertu des dispositions des articles 721 à 724 de
la loi 17-95 formant code de commerce) et qu'il n'a pas été réhabilité ;

S’il a fait l’objet d’une condamnation irrévocable en vertu des dispositions des articles 135 à 146
de la loi bancaire n° 34-03.

S’il a fait l'objet d'une condamnation prononcée par une juridiction étrangère et passée en force
de chose jugée pour l'un des crimes ou délits ci-dessus énumérés ;

S’il a fait l'objet d'une radiation irrévocable, pour cause disciplinaire, d'une profession
réglementée et qu'il n'a pas été réhabilité.
Ces règles s’appliquent aussi bien aux principaux dirigeants, les fondateurs, les nombres du
conseil d’administration, conseil de surveillance qu’aux personnes chargées de contrôler,
d’administrer, de gérer ou de représenter à titre quelconque un établissement de crédit

1
DRA Droit Bancaire 2012-2013

 Les règles de non cumul des fonctions :

Est prévu par le législateur, soucieux d’éviter le conflit d’intérêt et les abus de la part des
dirigeants. Elle s’applique selon l’art 37 au président directeur général, au directeur général, aux
membres du directoire ainsi que toute personne ayant reçu délégation de pouvoir de direction
du président directeur général, du conseil d’administration ou de surveillance d’un
établissement de crédit.

Ces personnes ne peuvent cumuler leur fonction avec des fonctions similaires dans tout autre
entreprise à l’exception de celle qu’elle pouvait exercer au sein :

 de société de financement ne recevant pas des fonds du public comme c’est le cas
notamment des sociétés de crédit bail, filiales de banque.
 les sociétés d’investissements comme par exemple la société nationale d’investissement
(SNI)
 les sociétés de service contrôlé par l’établissement de crédit concerné et dont l’activité aurait
pu être exercée par celui-ci dans le cadre normale de la gestion, telle que les sociétés gérant
le patrimoine immobilier, lié à l’exploitation de l’établissement de crédit et les sociétés
effectuant de travaux informatiques dans ceux de l’établissement considéré

 La règle de non cumul et ces derniers cas sont des exceptions.

L’obligation de soumettre les dirigeants à une appréciation par les autorités bancaires est
également universellement acceptée, il en va de même de l’autorisation à donner aux
actionnaires.

La loi n° 34-03 relative aux établissements de crédit et organisme assimilés, a adopte la condition
de qualification et expérience professionnelle des dirigeants des établissements de crédit.

 La qualité des apporteurs et l’organisation de l’actionnariat :

Le gouvernement d’entreprise peut se définir comme l’ensemble des relations entre la direction,
l’organe délibérant (conseil d’administration en général), les apporteurs de capitaux
(actionnaires le plus souvent) et d’autres parties prenantes aux activités de l’établissement
(commissaires aux comptes et auditeurs externes).

Un bon gouvernement d’entreprise est l’une des clés de la réussite de l’établissement. Les
apporteurs de capitaux sont les personnes physiques ou morales qui détiennent une part du
capital social. Ils doivent être tenus régulièrement et suffisamment informés de l’activité, la
situation financière et la gestion de l’établissement, au moyen de rapports réguliers et
circonstanciés.

La qualité des apporteurs de capitaux dépend de la nature de l’activité de l’établissement et de


sa situation, de l’importance de la participation et de l’influence que l’actionnaire ou l’associe
peut exercer sur l’activité de l’établissement.

Ainsi, un actionnaire ou les actionnaires agissent ensemble ne peuvent détenir le contrôle


majoritaire d’un établissement de crédit(…) que s’ils disposent d’une surface financière et d’une

1
DRA Droit Bancaire 2012-2013

expérience en matière bancaire et financière appropriée à la nature et éventuellement à l’objet


de l’agrément »5.

 Du dispositif prudentiel :

 Les ratios et coefficients de solvabilité et des risques ;


 La rigueur comptable ;
 Le contrôle interne et externe ;
 La communication auprès de BAM.

5
- Comite des établissements de crédit, Rapport annuel 1991.
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DRA Droit Bancaire 2012-2013

 Procédure de l’obtention de l’agrément :

L’exercice de l’activité d’établissement de crédit est soumis à l’agrément préalable du


gouverneur de Bank Al Maghrib après avis du « Comité des Etablissement de Crédit ».

La demande d’agrément est adressée à Bank Al Maghrib qui s’assure entre autres:

 Que l’établissement de crédit demandeur a son siège au Maroc et qu’il est constitué sous
la forme de société anonyme à capital fixe,

 Que le capital minimum fixé par Bank Al Maghrib est totalement libéré.

 De l’adéquation des moyens humains, techniques et financiers à l’implantation projetée


et au programme d’activité envisagé,

 De l‘expérience professionnelle et de l’honorabilité des fondateurs, des apporteurs de


capitaux, des membres des organes d’administration, de direction et de gestion et qu’ils
n’ont pas fait l’objet de condamnation pénale et qui ne sont pas frappés de déchéance
commerciale,

La décision d’agrément ou de refus est prise dans un délai maximum de 4 mois à compter de la
date de réception de l’ensemble des documents exigés.

Bank Al Maghrib peut limiter l’agrément à l’exercice de certaines opérations seulement dans le
cas où il est établi que les moyens humains, techniques et financiers mis en œuvre sont
insuffisants par rapport au programme envisagé.

Est aussi subordonné à l‘octroi d’un nouvel agrément toute opération portant sur la fusion de
plusieurs établissements de crédit et l’absorption d’un ou plusieurs établissements de crédit par
un autre ainsi que les changements qui affectent la nationalité, le contrôle d’un établissement de
crédit ou la nature des opérations.

Les établissements de crédit sont tenus de notifier à Bank Al Maghrib toute ouverture,
fermeture ou transfert d’agences ou de guichets.

Les établissements de crédit agréés sont tenus de communiquer tous documents et


informations dans les conditions définies par Bank Al Maghrib.

En France, la procédure d’obtention de l’agrément est identique à celle suivie au Maroc ; le


comité des établissements de crédit et des entreprises d’investissement dans son rapport annuel
décrit la procédure de traitement des demandes d’agrément : il convient de suivre un périple
jalonné de 6 étapes 6:

 Saisine officielle du CECEI ;


 Élaboration du dossier ;
 Instruction technique ;
 Délibération du CECEI ;
 Notification de la décision ;
6
- Christophe Léquevaque, « droit des défaillances bancaires » ; économisa, 2002.p.60 et s.
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DRA Droit Bancaire 2012-2013

 Compte rendu de la réalisation du projet.

En cas de refus de l’agrément, peut-on procéder à une voie de recours contre les décisions
administratives prononcées par le gouverneur de Bank Al Maghrib ?
La loi bancaire n° 34-03 n’apporte pas de solution satisfaisante, la décision de la Bank Al Maghrib
est définitive et irrévocable.

En France, en cas de refus d’agrément, un pourvoi pour excès de pouvoir peut être diligenté
devant le conseil d’Etat contre la décision administrative émise par le CECEI.

La responsabilité du CECEI devrait être recherchée dans la délivrance ou le refus de délivrance de


l’agrément, « il résulte des dispositions des articles 29 à 31 de la loi du 24 janvier 1984 modifiée
par la loi du 2 juillet 1996,que le comité des établissements de crédit et des entreprises
d’investissements n’a pas de personnalité juridique propre et constitue un organe de l’Etat.des
lors, il convient de rechercher la faute lourde de l’Etat.

Pour l’heure, tout porte à croire que seule la faute lourde du CECEI pourrait être recherchée.

1
DRA Droit Bancaire 2012-2013

B. LE RETRAIT D’AGREMENT  LA PERTE :

L’article 99 de la loi bancaire n° 34-03 énonce qu’en cas de retrait d’agrément nul « ne peut faire
état de sa qualité d'établissement de crédit qu'en précisant qu'il est en liquidation ». On peut se
poser la question suivante :

Pourquoi la loi précisait –elle cette qualité ? Est ce pour dire que si l’entreprise agissait dans ces
domaines ne relevant pas des activités exercées par des établissements de crédit, elle ne serait
pas soumise à l’obligation de signaler la liquidation et qu’il n’y aurait pas de liquidation pour les
autres activités ?7

La jurisprudence française avait admis que l’activité bancaire se distinguait de la personne


morale qui n’était pas dissoute 8 en raison du seul retrait d’agrément 9.par ailleurs, cette analyse
se trouvait confrontée par le fait qu’une distinction entre les différentes activités de
l’établissement de crédit semblait réalisable ,ce qui permettait de ne pas liquider qu’une partie
de l’entreprise ,ou encore de ne pas liquider que l’activité bancaire, tout en reconnaissant à la
personne morale la possibilité pour ses autres activités de poursuivre son existence. 10

La loi bancaire marocaine, considère que cette distinction n’est plus d’actualité. En effet, l’article
44 de la dite loi énonce que la décision d’agrément est notifiée a l’établissement de crédit
entraine la radiation de l’établissement concerné de la liste des établissements de crédit agrées.

La loi 34-03 soulève les difficultés pour un établissement de crédit qui sollicite son retrait
d’agrément sans faire disparaître sa personne morale parce qu’il a une activité annexe.

L’article 85 dispose que « Les établissements de crédit ne sont pas soumis aux procédures de
prévention et de traitement des difficultés de l'entreprise prévues respectivement par les
dispositions des titres I et II du livre V de la loi n° 15-95 formant Code de commerce. »

 Le retrait de l’agrément par BANK AL-MAGHRIB ou la liquidation de l’activité bancaire :

Le retrait de l’agrément à un établissement de crédit est prononcé par le gouverneur de Bank Al-
Maghrib dans les quatre cas suivants:

D’abord, soit à la demande de l’établissement de crédit lui- même. C'est-à-dire, si ce dernier ne


veut plus de son agrément ou ne veut plus exercer une activité bancaire.

Ensuite soit lorsque l’établissement de crédit  n’a pas fait usage de son agrément dans un délai
de douze mois, à compter de la date de notification de la décision portant agrément ;n’exerce
plus son activité depuis au moins six mois  ou ne remplit plus les conditions au vu desquelles il a
été agréé ;

Le retrait d’agrément est aussi prononcer lorsque la situation de l’établissement de crédit est
considérée comme irrémédiablement compromise. C'est-à-dire lorsque ce dernier ne peut plus
être redressé.
7
Ibidem, p .64.
8
- contra :Douyére, « Rapport à l’Assemblée Nationale »Doc.Parl.Ass.Nat,n° 1846 ;30/11/1983.P.70.
9
-CE 15 octobre 1954 ; Rec, P.536.
10
- D.1992 Som.com ; 355.Obs.Vasseur, Ca, Aix, 21 mars 1993, D.1994, p.201 ; note Vasseur.
1
DRA Droit Bancaire 2012-2013

Enfin, soit à titre de sanction disciplinaire. Dans ce cas, l’avis de la Commission de discipline des
établissements de crédit est requis.

Selon l’article 99 de la loi bancaire n° 34-03, le retrait de l’agrément n’entraine que la liquidation
des opérations de banque et prend effet à l’expiration d’une période dont la durée est fixée par
le gouverneur de BANK AL-MAGHRIB.

Pendant cette période, l’établissement de crédit demeure soumis au contrôle de BANK AL-
MAGHRIB prévu aux articles 53 et 55 de la loi n° 34-03 ; l’établissement ne peut effectuer que les
opérations de banque strictement nécessaires à l’apurement de sa situation et doit limiter les
autres activités annexes et il ne peut faire état de sa qualité d’établissement de crédit qu’en
précisant qu’il est en liquidation.

Aussi dans le domaine de la sanction disciplinaire ,l’article 128 de la même loi dispose que « En
cas de non respect des dispositions des articles 8, 38, 40, 42, 45, 46, 48,49, 50, 51, 55, 106, 116, 117
et 119 ci-dessus et des textes pris pour leur application ,Bank Al-Maghrib est habilitée à appliquer
à l'établissement concerné une sanction pécuniaire égale au plus au cinquième du capital
minimum auquel il est assujetti ,indépendamment de la mise en garde ou de l'avertissement
prévus respectivement aux articles 58 et 61 de la présente loi. »

Les dispositions qui précèdent sont également applicables en cas de non respect par les
établissements de crédit, de la constitution de réserves obligatoires auprès de BANK AL-
MAGHRIB telle que prévue par la loi régissant cette institution.

La loi n° 34-03 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés énonce dans l’article
43 derniers alinéas que, L’avis de la Commission de discipline des établissements de crédit est
requis dans les cas prévus aux 2 e, 3 e et 4 e paragraphes ci-dessus (cas prévues aux retraits
d’agréments).autrement dit, l’avis du comité des établissements de crédit n’est pas requis.

En outre, tout établissement de crédit dont l’agrément a été retiré entre en liquidation. Dans le
cas des établissements de crédit ayant leur siège à l’étranger, le retrait d’agrément entraine la
liquidation des éléments du bilan et du hors bilan des filiales et des succursales. Afin de préserver
les intérêts de la clientèle.

La décision de liquidation peut être reportée au terme d’un délai fixé par l’administration de
tutelle.de même l’article 99 de la loi bancaire marocaine n° 34-03 rappelle que « Pendant le délai
de liquidation, l'établissement en question demeure soumis au contrôle de Bank Al-Maghrib
prévu par les dispositions des articles 53 et 55 de la présente loi et ne peut effectuer que les
opérations strictement nécessaires à sa liquidation.

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DRA Droit Bancaire 2012-2013

Conclusion :
Mercredi 9 novembre 2011, l’agence de notation internationale Standard & Poor’s a relevé la note
du secteur bancaire marocain, le faisant passer du groupe 8 au 7 sur une échelle de 1 à 10, où 10
est la pire note et 1 la meilleure. Cette amélioration, qui fait suite à la refonte du système de
classification de l’agence, montre que le système bancaire du Maroc est devenu plus résilient, à
l’instar d’autres pays, faisant partie du même groupe, tels que la Russie, la Jordanie, la Hongrie
ou la Bulgarie.

Cela dit, malgré ce relèvement, la position actuelle du Maroc, selon le référentiel de S&P, signifie
que le risque attaché au secteur bancaire demeure «très élevé».

Pour l’agence de notation, ce risque est attribuable principalement à la nature de l’économie


marocaine, qui reste très dépendante de secteurs cycliques et influencée par des facteurs
exogènes, comme l’agriculture et le tourisme.

Même s’il ne s’agit pas d’une dégradation, les autorités monétaires marocaines ont accueilli la
nouvelle note du secteur bancaire marocain avec une certaine insatisfaction. Abdellatif Jouahri,
gouverneur de Bank Al-Maghrib, a affirmé dans une déclaration à la presse qu’il espérait une
progression de deux grades, et qu’il y a certains points dans le rapport de l’agence sur lesquels il
y a matière à discuter.

 1 - La médiation dans les EC ;


 2 - Les EC et la loi de protection du consommateur;
 3 - Le traitement des difficultés des EC;
 4 - L’abstentionnisme des EC au financement des sociétés en difficultés;
 5 - Les EC et les banques islamiques ;
 6 - Les EC et le blanchiment de capitaux;
 7 - La concurrence entre les EC.

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DRA Droit Bancaire 2012-2013

RENVOIS  :
 1 Didier R. Martin, Droit commercial et bancaire marocain, Al Madriss
 2 Comité de Bales II

 3 Article 21 de la loi 34-03 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés

 4 Article 25 de la loi 34-03 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés

BIBLIOGRAPHIE  :
 La loi n° 34-03 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés ;
 Didier R. Martin, Droit commercial et bancaire marocain, Al Madriss ;

 APERCU SUR LE SYSTEME BANCAIRE MAROCAIN , Direction du contrôle des


établissements de crédit ;

 Georges Rippert et René Roblot, Droit commercial, Tome II.

 Tahar DAOUDI,La banque au Maroc ,imprimerie Beni Snassen.

 Tahar DAOUDI, les opérations de banque, collection BANQUE.

 M’hammed KETTANI, le système bancaire marocain et son environnement,


édition : école marocaine de banque et de commerce international.

 Mohamed Azzedine BERRADA, les techniques de banque de crédit et de commerce


extérieur au Maroc, Éditions SECEA.2007.