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CO N S T R U C T I O N E T T R AVAU X P U B L I C S

Ti264 - Techniques du bâtiment : l'enveloppe du bâtiment

Techniques du bâtiment :
Construire métallique

Réf. Internet : 43806

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III
Cet ouvrage fait par tie de
Techniques du bâtiment : l'enveloppe du bâtiment
(Réf. Internet ti264)
composé de  :

Techniques du bâtiment : Connaître les matériaux de la Réf. Internet : 43804

construction

Techniques du bâtiment : Construire en béton armé Réf. Internet : 43805

Techniques du bâtiment : Construire métallique Réf. Internet : 43806

Techniques du bâtiment : Construire développement durable Réf. Internet : 43820

Techniques du bâtiment : Les charpentes Réf. Internet : 43808

Techniques du bâtiment : Les couvertures Réf. Internet : 43809

Techniques du bâtiment : Les toitures-terrasses Réf. Internet : 43810

Techniques du bâtiment : Les fenêtres et les portes Réf. Internet : 43818

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IV
Cet ouvrage fait par tie de
Techniques du bâtiment : l'enveloppe du bâtiment
(Réf. Internet ti264)

dont les exper ts scientifiques sont  :

Williams PAUCHET
Ex Maître d'oeuvre de la Défense Nationale, Conseiller technique en
construction et génie civil

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V
Techniques du bâtiment : Construire métallique
(Réf. Internet 43806)

SOMMAIRE

1– Dimensionnement des éléments d'ossature en acier Réf. Internet page

Sécurité sous les efforts appliqués aux ossatures en acier TBA1300 11

Les moments de flexion et les efforts tranchants des poutres TBA1305 13

Les liaisons mécaniques des structures TBA1310 17

Méthode énergétique en mécanique des structures TBA1315 19

Recherche des efforts dans les structures à barres (treillis) TBA1320 27

2– Dimensionnement des sections Réf. Internet page

Étude des sections TBA1325 31

Comportement général de l'acier TBA1330 35

Les forces moléculaires et contraintes en un point TBA1335 37

Les relations entre la contrainte et la déformation TBA1340 39

Hypothèse de la conservation des sections droites TBA1345 41

Base de calcul de l'Eurocode 3 TBA1350 43

Résistance des sections transversales TBA1355 47

Les problèmes d'instabilité élastique TBA1360 51

3– Fabrication et mise en œuvre Réf. Internet page

Les critères de choix des aciers de construction TBA1364 59

La découpe industrielle des aciers de construction TBA1368 61

L'usinage et la mise en forme des aciers de construction TBA1370 65

Rivetage, boulonnage et collage des aciers de construction TBA1374 71

Le soudage des aciers de construction TBA1376 75

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VII
Conception, typologie et spécificités des assemblages métalliques TBA1380 85

Les constructions parasismiques en acier TBA1398 99

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Techniques du bâtiment : Construire métallique
(Réf. Internet 43806)

1
1– Dimensionnement des éléments d'ossature en acier Réf. Internet page

Sécurité sous les efforts appliqués aux ossatures en acier TBA1300 11

Les moments de flexion et les efforts tranchants des poutres TBA1305 13

Les liaisons mécaniques des structures TBA1310 17

Méthode énergétique en mécanique des structures TBA1315 19

Recherche des efforts dans les structures à barres (treillis) TBA1320 27

2– Dimensionnement des sections

3– Fabrication et mise en œuvre

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9
1

10
Référence Internet
TBA1300

Sécurité sous les efforts appliqués


aux ossatures en acier

I – Principes d’obtention de la sécurité .....................................................


A. États limites .........................................................................................
TBA1300

-2
2
1
B. Résistance et déformabilité de l’acier................................................ — 2
II – Actions ................................................................................................... — 3
III – Combinaisons d’actions ...................................................................... — 3
A. Combinaisons pour les ELS ............................................................... — 3
B. Combinaisons pour les ELU ............................................................... — 3
C. Combinaisons pour les phases de montage..................................... — 4

ne construction métallique, pour se montrer sécuritaire, doit répondre à


U quelques principes techniques parmi lesquels :
– satisfaire aux ELS (États limites de service) en restant élastique ;
– anticiper les ELU (États limites ultimes) grâce à une marge de sécurité
satisfaisante avant la ruine.
Pour ce faire, il faut à la fois tenir compte de la résistance et de la déformabi-
lité de l’acier soumis aux phénomènes de traction, cisaillement, et contraintes
diverses, aussi bien directes (comme la neige ou le vent,…), indirectes (type :
variations de températures,…), qu’exceptionnelles (à l’instar d’un séisme ou
autre catastrophe naturelle).
L’article donne un ensemble d’équations pour le calcul des prises en compte
d’une ou plusieurs actions combinées et des efforts appliqués, y compris les
actions climatiques extrêmes.
L’auteur aborde aussi les risques liés aux phases de montage des ossatures
en acier. Étaiements, haubanages, ancrages et/ou contreventements provi-
soires s’avèrent alors nécessaires pour garantir une sécurité optimale.
Parution : mars 2005

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


est strictement interdite. – © Editions T.I.
TBA1300 - 1

11
1

12
Référence Internet
TBA1305

Les moments de flexion


et les efforts tranchants des poutres

I – Signes .....................................................................................................
II – Console ..................................................................................................
TBA1305 - 2
— 2
1
III – Poutre à une travée .............................................................................. — 3
A. Poutre sur appuis simples .................................................................. — 3
B. Poutre encastrée.................................................................................. — 5
IV – Poutres continues sur appuis simples ............................................... — 8
A. Application aux poutres droites......................................................... — 8
B. Application aux poutres droites continues sur appuis simples ...... — 12

n charpente métallique, comment calculer les moments de flexion et les


E efforts tranchants sur une poutre métallique ? Comment anticiper le
nombre d’inconnues, souvent important, rencontré sur ce type particulier de
construction métallique ?
Il y a une méthode, issue du Génie Civil, consistant à évaluer les forces néga-
tives et les moments de flexion jouant en sens opposé sur la poutre.
De nombreux exemples de calculs d’efforts tranchants, de déformées, et de
réactions d’appuis, très détaillés, sont donnés pour :
– des consoles ;
– des poutres sur appuis simples ;
– des poutres encastrées (partiellement ou totalement) ;
– des poutres droites continues sur appuis simples (avec des charges uni-
formes, positionnées sur 4 appuis, à 2 ou 3 travées… ce jusqu’à 8 travées).
Le lecteur trouvera ici des applications concrètes aux équations universelles
de la résistance des matériaux, la méthode de calcul par balancement de
moments, ainsi que la mise en œuvre de l’équation de Navier-Bresse (réser-
vées aux cas généraux des poutres droites ou à grand rayon de courbure).
Enrichi de nombreux diagrammes, l’article fournit une approche complète du
dimensionnement des éléments d’ossatures en acier rencontrés dans diverses
situations architecturales.
Parution : mars 2005

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TBA1305 - 1

13
Référence Internet
TBA1305

LES MOMENTS DE FLEXION ET LES EFFORTS TRANCHANTS DES POUTRES

1 I - SIGNES II - CONSOLE
Méthode – On place l’appui à droite et on écrit, pour une
Méthode – En charpente métallique on compte dorénavant
section quelconque :
comme en génie civil, sens conventionnel identique aux
mathématiques (cf. Fig. 1) : – que l’effort tranchant est égal à la somme des forces verti-
cales de gauche ;
– longueurs positives mesurées vers la droite ; – que le moment de flexion est égal à la somme des moments
dus aux actions de gauche.
– forces négatives orientées vers le bas ;
– moments positifs de flexion tendant à faire tourner la section Exemple 1
dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.
Calculer les efforts tranchants et moments de flexion dans la
poutre d’auvent inclinée de la figure 3a, qui reçoit une charge
verticale uniforme de 150 daN/ml.

• Tronçon AB
Aux 150 daN par mètre de poutre inclinée à 30° sur l’horizonta-
le correspond :

150 2
q= = 150 x = 173 daN
cos 30° 3
par mètre de projection horizontale. Les sollicitations sont donc
les mêmes que dans la poutre horizontale de la figure 3b et c.
Le diagramme des efforts tranchants croît linéairement de 0 en
A à VB = – 173 x 5,00 = – 865 daN, et la réaction en B vaut RB
= + 2 771 daN.
Le diagramme des moments de flexion, nul en 0 et à tangente
horizontale en A, croît paraboliquement jusqu’à :
Fig. 1 : Sens positif des abscisses, forces et moments de flexion.
173 x 52
MB = + = + 2 162, 5 daNm
2
Ainsi, une charge F = 200 daN appliquée à x = – 2,60 m
à gauche d’une section S engendre un moment M = x F = • Tronçon BC
– 2,60 x – 200 = + 520 daN/m (cf. Fig. 2). II est assimilable à la poutre horizontale BC uniformément char-
gée de la figure 3b et c, avec un moment appliqué en B.
Au niveau de toute section, il y a évidemment équilibre entre En B, la travée BC réagit à MB = + 2 162,5 daNm venant de la
les sollicitations exercées sur sa partie gauche et celles exer- gauche.
cées sur sa partie droite. On choisit très généralement La réaction en B est trouvée en écrivant l’équilibre des mo-
d’étudier cet équilibre par rapport aux forces de gauche. ments en C :

173 x 6, 22
MC = 0 + B− 1, 2 R = 0
2
RB= + 2 771 daN
Calcul de Rc : RB + Rc + 173 x 6,2 = 0, d’où Rc = – 1 699 daN.
Le diagramme d’effort tranchant est une droite joignant l’extré-
mité de VB = +1 906 daN à celle de VC = +1 699 daN.
Le diagramme des moments de flexion est une parabole calée
sur la ligne de fermeture MB MC. Son moment au milieu de BC
vaut : Mm = + 1 050,6 daNm.
On voit que des moments positifs se développent sur toute la
longueur de la travée BC.
La composante verticale sur le bracon BD est R B, soit :
– 2 771 daN.
Fig. 2 : Exemple de sens positifs.

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TBA1305 - 2

14
Référence Internet
TBA1305

LES MOMENTS DE FLEXION ET LES EFFORTS TRANCHANTS DES POUTRES

Fig. 3 : Calcul d’une poutre d’auvent.

III - POUTRE À UNE TRAVÉE Exemple 2

Calculer les efforts tranchants et moments de flexion qui se


développent dans les poutres P1 portant la toiture d’un super-
A. Poutre sur appuis simples marché (cf. Fig. 4a) et dans certaines poutres P2 portant en
plus deux suspentes (cf. Fig. 4b).
Méthode – Soit une poutre AB supportant différentes charges
1/ Poutre P1 (cf. Fig. 4a)
(cf. Fig. 4) :
• Réaction en A (en posant MB = 0 ou, plus simplement, que
chaque appui prend la moitié de la charge :
• La réaction d’appui en A se calcule en écrivant que l’ensemble
algébrique des moments des forces à gauche de B est égal à 7, 5
RA = RB = 350 x = 1 312, 5 daN
zéro. 2
• Effort tranchant maximal : VA = + 1 312,5 daN et VB = – 1 310 daN.
• La réaction d’appui en B donne avec l’ensemble des autres Le diagramme est linéaire.
forces une somme algébrique nulle. • Moment maximal, à mi-travée (moment médian) :
Mmed = (– 3,75) x (+ 1 312,5) + (– 350 x 3,75 x 3,75/2) =
• Le moment de flexion appliqué sur une section quelconque S 2 461 daNm.
est égal à la somme algébrique des moments des actions si- Ce calcul est d’ailleurs l’application de la formule courante :
tuées à gauche.
ql2
Mmed
• L’effort tranchant en S est égal à la somme algébrique des for- 8
ces à gauche. Le diagramme des moments est parabolique.

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TBA1305 - 3

15
Référence Internet
TBA1305

LES MOMENTS DE FLEXION ET LES EFFORTS TRANCHANTS DES POUTRES

Fig. 4 : Calcul d’une poutre de toiture.

2/ Actions supplémentaires sur la poutre P2 (cf. Fig. 4b) • Moment maximal, certainement en C :
• Réaction en A (en posant MB = 0) : MC = (2,10) (380) = + 798 daNm.
(– 7,50 RA) + (– 5,40 x – 510) + (– 1,50 x – 60) = 0 Le moment MD se calcule aisément à partir de la force de droite :
d’où RA = + 380 daN et, comme RA + RB – 510 – 60 = 0 : MD = (1,50) (+ 190)) = + 285 daNm
RB = 510 + 60 – 380 = + 190 daN. Le diagramme est en ligne brisée.
• Effort tranchant maximal : VA = + 380 daN. 3/ Actions globales sur P2 (cf. Fig. 4c)
Le diagramme est plat à deux décrochements. On totalise les deux cas précédents.

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TBA1305 - 4

16
Référence Internet
TBA1310

Les liaisons mécaniques


des structures

I – Principes relatifs aux liaisons................................................................


A. Caractères d’une liaison mécanique..................................................
TBA1310 - 2
— 2
1
B. Liaison rigide ou liaison élastique ..................................................... — 3
II – Isostatisme, hyperstatisme et mécanisme.......................................... — 4
A. Cas d’un seul solide ............................................................................ — 4
B. Cas d’un système de solides .............................................................. — 4
C. Étude de cas......................................................................................... — 5

es liaisons mécaniques des structures répondent, dans le bâtiment, à un


L classement double où le terme « mécanique » est en fait secondaire. En
effet, en constructions métalliques, les liaisons sont rarement de pure méca-
nique, on parle plutôt de structures isostatiques ou hyperstatiques simples.
Voire encore, pour simplifier davantage, et suivant leurs caractéristiques, de :
– liaisons démontables ;
– liaisons non démontables.
Ces liaisons, dites mécaniques (appuis simples, articulations, encastrements,
parfois des rotules,…), s’identifient ensuite selon certains paramètres tels que :
– les mouvements relatifs d’un élément par rapport à un autre, ce qui
conduit à décrire la notion de « degrés de liberté » répartie en 6 mouvements
(3 translations et 3 rotations) ;
– les composantes d’effort qui sont autant d’inconnues de liaison et quali-
fient les liaisons considérées finalement comme rigides ou élastiques.
L’article, après avoir traité des cas généraux des liaisons, aborde les ques-
tions de l’isostatisme, de l’hyperstatisme et du mécanisme qui interrogent les
principes fondamentaux de la statique.
Divers exemples concrets de calcul, comme la « méthode des coupures »
(pour rendre la structure isostatique), ainsi que de nombreuses études de cas,
sont en plus égrenés au fil de l’article. Par exemple, l’auteur cite successive-
ment la situation des :
– systèmes réticulés ;
– systèmes critiques ou instables ;
– poutres cantilevers ;
– portiques (encastrés, articulés, à symétrie particulière de formes et/ou de
charges, etc.).
Parution : mars 2005

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TBA1310 - 1

17
Référence Internet
TBA1310

LES LIAISONS MÉCANIQUES DES STRUCTURES

I - PRINCIPES RELATIFS AUX LIAISONS

Définition – Lier deux éléments, c’est introduire entre eux une


dépendance ou un lien, (par exemple : liaison des idées dans
un texte, agent de liaison, liaison de deux ensembles de
nombres en mathématiques par une loi que l’on nomme appli-
cation ou fonction, etc.).
Ainsi, une liaison établit une ou des relations entre des
éléments.

1 On appelle degré de liaison, une liaison qui peut être totale


ou partielle (par exemple éléments assemblés par soudure ou
emmanchés à force, éléments articulés ou emboîtés, etc.).
Il existe donc divers degrés de liaison, et le degré d’une liaison
sera défini par le nombre de relations liant les deux éléments.
De même, on dit d’une liaison qu’elle est d’ordre 1 lorsque
celle-ci est réalisée directement entre deux éléments. On peut
aussi la nommer liaison simple.
Une liaison est dite d’ordre 2 lorsqu’elle est réalisé à l’aide d’un
élément intermédiaire, et ainsi de suite… Une liaison d’ordre
supérieur à 1 est dite complexe.
En construction, la plupart des liaisons sont permanentes ;
aussi les classe-t-on de préférence en liaisons démontables
ou non démontables.

A. Caractères d’une liaison mécanique


Mouvement relatif d’un élément par rapport à un autre –
Une liaison mécanique peut se caractériser par la ou les pos-
sibilités de mouvements relatifs d’un élément par rapport à un
autre (cf. Fig. 1).
Prenons par exemple un des deux éléments comme référence
et attachons-lui un repère trirectangle supposé fixe (cf. Fig. 1a).
S’il n’existe aucune liaison mécanique entre les deux éléments,
l’élément 2 peut décrire n’importe quel mouvement par rapport
à l’élément 1.
Et comment peut-on caractériser le mouvement le plus
général de l’élément 2 (cf. Fig. 1b) ? Tout simplement par la
translation dans une direction quelconque d’un des points de Fig. 1 : Mouvement relatif d’un élément par rapport à un autre.
l’élément 2 , par exemple M2, et par la rotation de ce même
élément 2 autour d’un axe de direction quelconque passant
par M2.
Donc le mouvement le plus général peut être décrit, à un Degrés de liberté – C’est pourquoi on dit qu’un solide a, dans
instant donné, à l’aide d’un vecteur Translation d’un point de l’espace, six degrés de liberté lorsqu’il n’est soumis à aucune
l’élément, et d’un vecteur Rotation de l’élément autour du point liaison avec le solide de référence. Ces six degrés de liberté
choisi précédemment. sont :

Ces deux vecteurs et ont chacun trois projections sur les – la translation parallèle à l’axe des x ;
axes du repère de référence (cf. Fig. 1c), avec Tx, Ty, et – la translation parallèle à l’axe des y ;
– la translation parallèle à l’axe des z ;
Tz pour les translations et avec Ux, Uy et Uz pour les – la rotation autour d’un axe parallèle à l’axe des x ;
rotations. – la rotation autour d’un axe parallèle à l’axe des y ;
Ces six quantités définissent complètement, à chaque instant, – la rotation autour d’un axe parallèle à l’axe des z ;
le mouvement de l’élément 2 par rapport à l’élément de Dans le plan, le nombre de degrés de liberté se réduit à trois :
référence.

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TBA1310 - 2

18
Référence Internet
TBA1315

Méthode énergétique en mécanique


des structures

1. Généralités ............................................................................................... TBA1315 - 2 1


2. Théorème de Clapeyron : travail des forces extérieures ............. — 3
3. Théorèmes généraux .............................................................................. — 4
I – Théorème de réciprocité de (Maxwell) Betty....................................... — 4
II – Théorème de Maxwell, réciprocité des déplacements ...................... — 9
III – Théorème de Castigliano .................................................................... — 11
IV – Théorème de Ménabréa ...................................................................... — 12
4. Méthode des forces (calculs des structures
faiblement hyperstatiques)................................................................... — 16
I – Exemple de calcul .................................................................................. — 16
II – Intégrale de Mohr (remarque de Muller, Breslau).............................. — 17
III – Exemples toutes méthodes confondues ............................................ — 18
IV – Cas des charges mobiles – Lignes d’influence.................................. — 36
V – Cas des arcs isostatiques ..................................................................... — 37

application de forces extérieures (moment, effort normal et effort tran-


L’ chant) à un système matériel élastique est prétexte, dans cet article, à
explorer les principes de la thermodynamique à travers l’étude concrète de
nombreux exemples types.
Les méthodes énergétiques de calculs en mécanique des structures passent
par la connaissance de divers théorèmes, successivement abordés dans le
cadre de cas pratiques. Par exemple :
– le théorème de Clapeyron qui permet la compréhension du travail des
forces extérieures ;
– le théorème de réciprocité de (Maxwell) Betty qui facilite les calculs de
réactions d’appuis de structures hyperstatiques, ou encore les déplacements
de forces appliquées ;
– le théorème de Castigliano qui exprime le potentiel en fonction de chaque
force distincte, notamment dans les réactions de liaisons surabondantes des
systèmes hyperstatiques ;
– le théorème de Ménabréa, conséquence du théorème de Castigliano, qui
est particulièrement bien adapté au calcul des réactions de systèmes
hyperstatiques.
Une deuxième partie de l’article est consacrée à la méthode des forces dans
les calculs des structures faiblement hyperstatiques. On y traite de l’intégrale
de Mohr et de quelques exemples toutes méthodes confondues : sur une
poutre à 2 appuis, pour la résolution des cadres et portiques (actions d’encas-
trement, système symétrique et antisymétrique,…), sur une structure en treillis,
ou encore un pont à béquille.
Enfin, dans une troisième section, trois études de cas (une partie de bâtiment
industriel, la particularité des charges mobiles – comme un convoi routier – et
l’arc isostatique) constituent une analyse très pédagogique.
Parution : mars 2005

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TBA1315 - 1

19
Référence Internet
TBA1315

MÉTHODE ÉNERGÉTIQUE EN MÉCANIQUE DES STRUCTURES

1 1 Généralités
Données – Considérons un système matériel élastique (S). dus aux déformations petits). Il n'y a pas d'apport de chaleur
Amenons ce système de l'état initial (1) à l'état final (2) par extérieure.
l'application d'un système de forces extérieures.
Dans ces conditions, on a : ΔQ = 0
Le principe de la conservation de l'énergie nous permet
d'écrire : On peut alors écrire : ΔWe = ΔU

ΔQ + ΔWe = ΔE + ΔU Cette équation traduit le premier principe de la thermodyna-


mique exprimant que le travail des forces extérieures ne
Où : dépend que de l'état initial et de l'état final du système, c'est-
à-dire que la transformation se fait de manière réversible.
– ΔQ = quantité de chaleur fournie au système ;
– ΔWe = travail des forces extérieures ; Le théorème de l'énergie cinétique appliqué au système
– ΔE = variation d'énergie cinétique ; s'écrit :
– ΔU = variation d'énergie interne.
ΔE = ΔWe + ΔWi
Hypothèses – On formule deux hypothèses.
Où ΔWi = travail des forces intérieures.
1/ Les systèmes matériels (structures) étudiés passent de
l'état 1 à l'état 2 par une succession d'états d'équilibre. Dans notre cas, ΔE = 0, cela implique que :
Ces systèmes sont stables (donc au moins isostatiques). En
conséquence : ΔE = 0. ΔWe = – ΔWi = ΔU

2/ On suppose les liaisons d'appuis parfaites, c'est-à-dire sans Le travail des forces extérieures est donc égal (au signe près)
frottement, et les solides du système parfaitement élastiques au travail des forces intérieures au système, appelé aussi
(frottement interne négligeable ; liaisons fixes, déplacements énergie de déformation ou encore potentiel interne.

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TBA1315 - 2

20
Référence Internet
TBA1315

MÉTHODE ÉNERGÉTIQUE EN MÉCANIQUE DES STRUCTURES

2 Théorème de Clapeyron :
travail des forces extérieures
Hypothèse – Supposons un système (S) initialement à l'état
naturel (pas de contraintes). Appliquons à (S) un système de
forces (ou couple) {Fi}, l'équilibre restant assuré.
Soit δi le déplacement du point d’application de la force Fi
suivant son support. 1
Sous l'effet de λ Fi, pour 0 < λ < 1, le déplacement est λ δi,
en vertu de l'hypothèse de linéarité (loi de Hooke).
Si λ varie de dλ, (petite variation), le travail de la force de λ Fi
correspondant à cette variation a pour valeur :

dWe = λFi ⋅ d(λδi)


Lorsque le système passe de l'état initial (λ = 0) à l'état final
(λ = 1), le travail de la force s’écrit :
1 1
We = ∫0 λFi.δid
. λ = Fi.δi∫0 λ.dλ

et le travail du système de forces entier s'écrira :

1
We = ∑ Fi.δi
2 i
Expression du travail des forces intérieures en fonction Fig. 1 : Élément de poutre de longueur ds.
des éléments de réduction des forces extérieures
(moment, effort normal et effort tranchant) – Considérons
un élément de poutres de longueur ds. Soit et les élé-
et
ments de réduction en G des forces à gauche (cf. Fig.1).
Ces éléments valent en G’ : et . Sous l'effet on obtient en effectuant les produits scalaires :
de ces efforts, l'élément de poutres s'est déformé :
1 ⎛ N2 Ty2 Tz2 Mt2 My2 Mz2 ⎞
Avec comme déplacement : de G’, et dWi = ⎜ + + + + + ⎟ ds
comme rotation de la section droite. 2 ⎝ ES GSy GSz GJ EIy EIz ⎠

En vertu du théorème de Clapeyron, on peut écrire : Soit, pour toute la poutre :

1 l ⎛ N2 Ty2 Tz2 Mt2 My2 Mz2 ⎞


Wi = ∫0 ⎜ + + + + + ⎟ ds
2 ⎝ ES GSy GSz GJ EIy EIz ⎠
Or, dans le repère local x, y, z on a :

Remarque
Dans le cas des poutres à plan moyen chargées dans leur
plan, ce qui est souvent le cas, l'expression se réduit à :
Et de même :
1 l ⎛ N2 T2 M2 ⎞
Wi = ∫ ⎜ + + ⎟ ds
2 0 ⎝ ES GSy EIz ⎠

avec Sy la section réduite.


Et comme : C'est l'expression la plus couramment utilisée de l'énergie de
déformation ou potentiel interne d'une poutre.

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TBA1315

MÉTHODE ÉNERGÉTIQUE EN MÉCANIQUE DES STRUCTURES

3 Théorèmes généraux

I - THÉORÈME DE RÉCIPROCITÉ DE (MAXWELL) BETTY B. Application

1 Expressions des travaux W12 et W21 (cf. Fig. 1) – On con-


serve toujours M, N et T (moment, effort normal et effort
A. Données tranchant le long de la poutre).

Considérons deux états d’équilibre distincts d’un système


élastique identique S, le premier état étant obtenu en appli-
quant à S un système de forces extérieures {F1} et le second
en lui appliquant un système {F2}.

• Sous {F1}, le déplacement d’un point Ai de S vaut δi1, et sous


{F2}, ce déplacement vaut δi2. De même sous {F1 + F2}, ce dé-
placement vaut δi1 + δi2.

• Soit W1 et W2 les potentiels internes emmagasinés par S, res-


pectivement sur l’action de {F1} et {F2}.

• Soit W le potentiel relatif à l’action de {F1 + F2}.

Nous pouvons exprimer W en procédant de deux façons


différentes.

À partir de l’état naturel de S, appliquons {F1}, puis super-


posons {F2} – L’étude du chemin de chargement donne de
l’état initial « 0 » sans chargement, à l’état {F1} un potentiel
interne W1.

De même, en superposant {F2}, cela donne en partant de {F1}


un chargement {F1 + F2} avec un potentiel interne W2 + W12.

Ce qui revient à exprimer W (le potentiel relatif de F1 + F2) =


W1 + W2 + W12, W12 étant la somme des travaux des forces F1
sous l’effet de l’application des forces F2.

À partir de l’état naturel de S, appliquons {F2} puis super- Fig. 1 : Expressions des travaux W12 et W21.
posons {F1} – En procédant de la même manière que
précédemment, nous pouvons écrire :
On a :
L’état initial « 0 » sans chargement, à l’état {F2} donne un
potentiel interne W2, et en superposant à {F2}, un système de – état 1 : M1(x), N1(x), T1(X) qui nous donnent W1 ;
forces extérieures {F1} un chargement {F2 + F1} avec un poten- – état 2 : M2(x), N2(x), T2(X) qui nous donnent W2,
tiel interne W1 + W21. et donc :
Cette fois, W = W2 + W1 + W21. – état (1 + 2) M(x) = M1 + M2 ;
– N(x) = N1 + N2 ;
W21 étant la somme des travaux des forces F2 sous l’effet des – T(x) = T1 + T2.
forces F1.
Donc W, le potentiel relatif à l’action de {F1 + F2}.
En vertu du premier principe de la thermodynamique, et dans
l’hypothèse des petites déformations, le potentiel W doit être Calculons W1 :
le même dans les deux cas, car il ne dépend que de l’état
initial et de l’état final du système. F1δ11 1 l ⎡ M1( x )2 N1( x )2 T1( x )2 ⎤
W1 = = ∫⎢ + + ⎥ dx
On doit donc avoir : W12 = W21 2 2 0 ⎣ EI ES GS1 ⎦

d’où l’énoncé du théorème de Betty (réciprocité des travaux) : De même pour W2 :


« Le travail d’un système de forces {F1} pour un dépla-
F2δ22 1 l ⎡ M2( x )2 N2( x )2 T2( x )2 ⎤
cement élastique provoqué par l’application d’un W2 = = ∫⎢ + + dx
système de forces {F2} est égal au travail du système 2 2 0 ⎣ EI ES GS1 ⎥⎦
de forces {F2} provoqué par l’application du système
{F1}. » Et donc :

1 1 l ⎡ M( x )2 N( x )2 T( x )2 ⎤
W=
2
[F1(δ11 + δ12) + F2(δ21 + ]δ22) = ∫ ⎢
2 0 ⎣ EI
+
ES
+
GS1 ⎦
⎥ dx

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22
Référence Internet
TBA1315

MÉTHODE ÉNERGÉTIQUE EN MÉCANIQUE DES STRUCTURES

Expression de W12 (travail de F1 au cours de l’application au travail des forces de l’état (2) pour le déplacement de l’état
de F2) – W12 = F1xδ12 (de même W21 = F2xδ21). (1) :
On doit donc avoir : (1) W1 + W2 +W12 = W, soit avec les Soit :
expressions précédentes :
C

F1δ11 F2δ22 1 P.υD + ∫ q.υ(α ).dα − RB.υB = 1.0 = 0 car W12 = W 21 = 0


W= + + F1δ12 = [F1(δ11 + δ12) + F2(δ21 + ]δ22) A
2 2 2
D’où :
D’où :

F1δ12 = F2δ21 ⇒ W12 = W 21


C
P.υD + ∫ q.υ(α ).dα
A
1
Seconde expression de W12 : W12 = W–W1–W2 – Avec (1), RB =
υB
soit :
Si on néglige les déformations dues à l’effort normal et à
l’effort tranchant, on peut écrire :
1 l ⎡ (M1 + M2)2 (N1 + N2)2 (T1 + T2)2 ⎤
W12 = ∫ ⎢ + + ⎥
2 0 ⎢⎣ EI ES GS1 ⎥⎦ M1
W12 = ∫ m2 dx avec M1(x) moment fléchissant dans
structure EI
1 l ⎡ M1( x )2 N1( x )2 T1( x )2 ⎤
dx − ∫⎢ + + ⎥ l’état (1) ;
2 0 ⎢⎣ EI ES GS1 ⎥⎦
et m2(x) moment fléchissant dans l’état (2).

1 l ⎡ M2( x )2 N2( x )2 T2( x )2 ⎤ on aura alors :


dx − ∫ ⎢ + + ⎥ dx
2 0 ⎢⎣ EI ES GS1 ⎥⎦
C
M1
W12 = ∫m 2 dx = 0
On obtient : A EI

l
⎡ (M1M2) (N1N2) (T1T2) ⎤ on peut écrire (principe de superposition) (cf. Fig. 2b) :
W12 = ∫ ⎢ EI + + dx = W 21 = F1.δ12 = F2.δ21
0 ⎣ ES GS1 ⎥⎦
M1( x ) = Mp( x ) + Mq( x ) + MR( x ) état (1)
Et en généralisant pour chaque état, on peut envisager un
système de forces quelconques appliqué à la structure et D’où l’équation avec l’état (2) :
écrire :
C C C
Mp Mq MR
⎡ M1(M2) N1(N2) T1(T2) ⎤ ∫m 2
EI
dx + ∫ m2
EI
dx + ∫m 2
EI
dx = 0
W12 = ∑ ∫ Fi.δij.dΩ = ∫ ⎢ EI + ES + GS1 ⎥ds A A A
Structure Structure ⎣ ⎦
Chacune des intégrales peut être calculée à l’aide du tableau
des intégrales de Mohr. On obtient ainsi une équation permet-
⎡ M2(M1) N2(N1) T2(T1) ⎤
W 21 = ∑ ∫ Fj.δji.dΩ = ∫ ⎢ EI + ES + GS1 ⎥ ds tant de calculer RB.
Structure Structure ⎣ ⎦
Remarque
Où :
– F = force ou couple ;
C
MR C
m22
– δ = déplacement ou rotation ; ∫m 2
EI
dx = − RB ∫ dx
A A EI
– dΩ = 1 pour une force concentrée ;
– ds = 1 pour une charge répartie.
D. Application du théorème de réciprocité
C. Calcul d’une réaction d’appui de structures de (Maxwell) Betty
hyperstatiques Calcul d’un déplacement en un point d’une structure – La
méthode est encore générale. Appliquons-la à une structure
Mode d’application du théorème de Betty – La méthode en treillis (cf. Fig. 2c).
décrite à propos de cet exemple (cf. Fig. 2) est généralisable
à n’importe quel type de structures. Soit à chercher le déplacement vertical du point D de la struc-
ture soumise à l’état (1).
Soit à chercher la réaction RB (cf. Fig. 2a). Pour cela, on rem-
place l’appui B par l’action qu’il exerçait sur la poutre, c’est-à- On considère que l’état (2) définit avec une charge l’unité au
dire RB. La structure est alors rendue isostatique. point D et dans la direction du déplacement cherché.
On considère deux états de charges de cette structure : D’après le théorème de Betty :
– état (1) : l’état initial ;
N1 Ni
– état (2) : la poutre soumise à une charge unité appliquée en 1.υD = ∫ n2 dx = ∑ ni2 1 li
B, dans la direction de RB. Cela implique une déformation ver- structure ES Toutes ESi
ticale VB. barres

En écrivant le théorème de Betty, le travail des forces de l’état (Les moments sont nuls dans les barres). On fera éventuelle-
(1) pour les déplacements correspondants de l’état (2) est égal ment un Crémona pour chercher les N1i de l’État (1) et un autre
pour les n2i dans l’état (2).

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TBA1315

MÉTHODE ÉNERGÉTIQUE EN MÉCANIQUE DES STRUCTURES

Fig. 2 : Mode d’application du théorème de réciprocité de (Maxwell) Betty.

Exemple 1 : calculer l’effort horizontal HD de la structure Avec un système sans chargement correspondant à l’état (2) m2(x).
hyperstatique d’ordre 1 (cf. Fig. 3) – Notre structure isosta-
tique correspond à l’état (1) avec HD appliqué en D et tel que
le déplacement horizontal μD = 0. L’état (2) est cette même
structure sans le chargement avec une force « unité = 1 »
appliquée aussi en D avec un déplacement δD2.
L’étude du système isostatique de l’état (1) conduit à un système :
M1(x) = M1F + M1q + M1H

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MÉTHODE ÉNERGÉTIQUE EN MÉCANIQUE DES STRUCTURES

Fig. 3 : Calcul de l’effort horizontal d’une structure hyperstatique.

Expression du moment M1F entre zéro et « h » : Expression du moment M1q entre zéro et « l » :
+ Fx pour 0 < x < h/2, − F(x − h ) pour h/2 < x < h, et
2 ql qx2
x−
Fh pour 0 < x < l 2 2
− x
2l

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MÉTHODE ÉNERGÉTIQUE EN MÉCANIQUE DES STRUCTURES

Expression du moment M1/m2 : – x pour 0 < x < h et – x pour


0 < x < l. W12 = Pυ2D + Fδ 2 C = W 21 = 1. υC1 υC1 déplacement vertical en
C recherché.
En remplaçant dans W12 les expressions des moments sur la
structure, on obtient : N1( x ).N2( x )
W12 = ∫ dx avec « i » comme indice des barres
structure ES
h ⎛ Fh Fh ⎞
⎜⎝ − x⎟
2 − Fx2 h
− Fh l
2 2l ⎠
W12 = ∫ dx + ∫ x.dx + ∫ −h dx N1i.N2i li
dx
0 EI1 h 2EI1 0 EI2 W12 = ∫ dx = ∑ N1i .N2i ∫
2 structure ES i 0 ES i

1 ⎛ ql
⎜ x−
qx2 ⎞

Si ESi est constant il nous restera :
l
⎝2 2 ⎠ ⎡h x2 l
h 2
x h ⎤2
+ ∫ −h + HD ⎢ ∫ dx + ∫ EI2 dx + ∫ EI3 dx ⎥ N1i.N2i.li
0 EI2 ⎢⎣0 EI1 0 0 ⎥⎦ υC = ∑
i ESi

D’où, en intégrant ou à l’aide des intégrales de Mohr, nous Par la méthode des coupures (appelée aussi méthode de
obtenons : Ritter) ou avec un Crémona, nous obtenons dans le
tableau 1 les différents efforts dans chaque barre ainsi que
les différentes valeurs de N1(x) et N2(x), avec, par convention,
Fh3 3Fh3 Fh2 l ql3h
W12 = − − − − + « + » pour les barres comprimées et « – » pour les barres
24 EI1 16 EI1 4 EI2 12 EI2 tendues.

⎡ h3 h2 l h3 ⎤ Et si on additionne le produit de chaque barre, l’expression lit-


+ HD ⎢ + + ⎥=0 térale est :
⎢⎣ 3 EI1 EI2 3 EI3 ⎥⎦

Reste à remplacer respectivement chaque terme par sa valeur l ⎛ ⎞


pour obtenir HB l’inconnue hyperstatique. υC =
ES 3 ⎜⎝
2P +
F
2
11 + 3 3 ⎟

( )
Si on prend :
– F = 1 000 daN , Si on prend P = 100 daN, F = 300 daN et la section = 5 cm2,
– q = 200 daN/ml ; υC = 0,6 mm.
– l = 10 m ;
Pour le déplacement horizontal μC, il suffit de placer en C une force
– et h = 6 m,
fictive égale à 1 horizontale pour N2(x) et de chercher les efforts
on a : dans chaque barre. On constatera que seule la barre AC est sol-
licitée en traction de valeur 1. Reste donc, en comparant avec la
– I1 = 2 000 cm4 ; i i
– I2 = 4 000 cm4 ; première ligne du tableau précédent, à faire le produit N1 .N2 .li
– et I3 = 3 000 cm4. ESi
avec N2i = – 1 (traction).
HD = + 481,5 daN

Exemple 2 : quel est le déplacement horizontal μC et le


déplacement vertical υC (cf. Fig. 4) ? – Comme précédem- μC =
Fl
ES 2
1+ ( 3 )
ment, nous allons avoir la structure seule avec le chargement
N1(x) puis N2(x) avec une charge fictive unitaire appliquée en C Application numérique : μC = 0,16 mm.
verticalement.

Tab. 1 – Valeurs des efforts dans chaque barre

Barre N1 i N2i
.li N1i.N2i.li
Produit
ESi ESi

AC –
F
2
(1+ 3 ) – 3 l
ES
+
Fl 3
ES 2
1+ ( 3 )
2 l 2Fl 2
CD F 2
3 ES ES 3

DB P+F 2 2 l
3 ES
(
2l P + F 2 )
ES 3

0 l 0
DA –P
3 ES

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TBA1315 - 8

26
Référence Internet
TBA1320

Recherche des efforts


dans les structures à barres (treillis)

I – Méthode graphique dite de Crémona ..................................................


A. Principe ................................................................................................
TBA1320

-2
2
1
B. Méthode ............................................................................................... — 2
C. Méthode analytique dite de Ritter...................................................... — 5
II – Cas des poutres à treillis multiples...................................................... — 6
A. Description du fonctionnement ......................................................... — 6
B. Remarques concernant les possibilités d’adaptation plastique ...... — 7
III – Conclusion générale ............................................................................ — 8

armi les problèmes de statique existant en construction métallique, se


P posent ceux des efforts dans les structures à barres (treillis). Cet article
propose diverses méthodes pour les résoudre, toutes basées sur la méthode
énergétique.
Une première partie s’intéresse à la méthode graphique dite « de Cremona ».
À travers quelques exemples, comme l’étude d’une structure triangulée, et
l’exercice de la méthode dite « de Ritter », le lecteur comprendra le principe de
la démarche et la progression des équations.
Un second chapitre traite des poutres à treillis multiples, prétexte à se
pencher sur le problème de déformabilité de l’acier et les questions de l’adap-
tabilité plastique, tant interne, qu’externe.
Cet article bref se révèle un bon guide pour appréhender correctement ces
problèmes de statique. De plus, il attire l’attention sur la nécessité de rigueur
dans les calculs. Certains outils de simplification, tels que la méthode des rota-
tions ou celle « de Cross », doivent être maniés avec précaution. De même
d’ailleurs que les programmes de calculs informatiques eux-mêmes, dont
l’interprétation peut être source de confusions, à moins d’être préalablement
expérimenté sur le sujet délicat des problèmes de ruine.
Parution : mars 2005

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TBA1320 - 1

27
Référence Internet
TBA1320

RECHERCHE DES EFFORTS DANS LES STRUCTURES À BARRES (TREILLIS)

1
I - MÉTHODE GRAPHIQUE DITE DE CRÉMONA Traçons sur une échelle de force donnée le vecteur sur un
support OA (tel que ) puis deux vecteurs quelconques
Cette méthode de résolution de problèmes de statique par un
procédé graphique est moins précise que les procédés analy- et pour que l’on ait avec équipol-
tiques que nous avons vus jusqu’à présent mais elle permet
d’obtenir des résultats beaucoup plus rapides et de manière lent à et équipollent à . Cette construction traduit
plus concrète. l’équilibre des forces considérées.

Il est à noter que la statique graphique ne traite que des pro- L’égalité des vecteurs résultant est donc très simple à assurer,
blèmes plans, c’est-à-dire que toutes les forces sont et ce, d’une infinité de manières puisque le point P peut être
coplanaires. pris quelconque dans le plan.

Si le problème proposé n’est pas un problème plan, il sera Le triangle des forces ainsi formé s’appelle le dynamique des
nécessaire de le ramener à un problème plan en projetant suc- forces, et le point P s’appelle le pôle. Le support des forces
cessivement le système de forces étudié sur trois plans et s’appelle les rayons polaires.
distincts xOy, xOz ou yOz d’un repère galiléen. Pour construire le dynamique, on choisira une échelle conve-
nable afin de pouvoir déterminer des grandeurs relativement
précises.
A. Principe
Système composé de plusieurs forces en équilibre – Con-
Équilibre des nœuds – Jusqu’à présent, nous savons calculer sidérons maintenant un système composé de plusieurs forces
les éléments de réduction d’un système de forces en un point en équilibre (cf. Fig. 2) , chaque force prise indi-
connaissant toutes les forces composant le système. La viduellement peut être entourée par deux autres forces, et
méthode propose de résoudre le problème inverse, c’est-à-dire
pour , et pour , etc.
connaissant une force , trouver deux forces et telles que
Si, maintenant, pour chaque force du système initial, nous
ces deux forces admettent la force comme résultante traçons sur un même dynamique chaque triangle de forces
(cf. Fig. 1). ayant un seul pôle commun P, nous obtenons le dynamique
du système.
L’origine de la première force à l’extrémité de la dernière
force peut être reliée pour obtenir la résultante du sys-
tème, en intensité et en direction.
On constate que l’on peut remplacer le système d’origine
composé de plusieurs forces par deux forces équivalentes cor-
respondant aux premiers rayons polaires et aux derniers
rayons polaires de notre dynamique.
Donc, sur notre funiculaire, nous pouvons relier le premier
cordon O’α avec le dernier cordon O"δ support des vecteurs
et , pour obtenir à l’intersection l la position du vecteur
résultant du système, (la direction étant obtenue par le
dynamique).
Fig. 1 : Principe – Équilibre des nœuds. Il nous reste à appliquer cette méthode pour les systèmes
triangulés formés par un assemblage de barres droites cons-
tituant un réseau de triangles juxtaposés.
Considérons une force portée par l’axe D1 fixe. Puisque le
système des deux forces et est équivalent à , nous devons
B. Méthode
avoir par définition : , d’où :
(même moment résultant en I). Exemple d’une structure triangulée – Prenons comme
exemple la structure de la figure 3a. Toutes les forces exté-
Connaissant , on peut déterminer arbitrairement et ; on rieures au système sont appliquées au niveau des nœuds et
leurs lignes d’action sont dans le plan de triangulation.
a donc une infinité de solutions dans le choix de et .
Déterminons dans un premier temps les réactions d’appui.

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28
Techniques du bâtiment : Construire métallique
(Réf. Internet 43806)

1– Dimensionnement des éléments d'ossature en acier 2


2– Dimensionnement des sections Réf. Internet page

Étude des sections TBA1325 31

Comportement général de l'acier TBA1330 35

Les forces moléculaires et contraintes en un point TBA1335 37

Les relations entre la contrainte et la déformation TBA1340 39

Hypothèse de la conservation des sections droites TBA1345 41

Base de calcul de l'Eurocode 3 TBA1350 43

Résistance des sections transversales TBA1355 47

Les problèmes d'instabilité élastique TBA1360 51

3– Fabrication et mise en œuvre

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29
2

30
Référence Internet
TBA1325

Étude des sections

I – Nouvelles notations ............................................................................... TBA1325 - 2


II – Centre de gravité ................................................................................... — 2
III – Moments statiques (module de flexion élastique) ............................ — 4
IV – Moments et produit d’inertie (moment quadratique)....................... — 6
V – Caractéristiques principales – Produit d’inertie..................................
A. Démonstration.....................................................................................


9
9
2
B. Applications ......................................................................................... — 12

eux éléments plutôt contradictoires sont à considérer dans l’étude des


D sections. D’un côté, la mise en application de la règlementation des Euro-
codes pour les constructions métalliques modifie la notation des
caractéristiques dimensionnelles d’un profil, en particulier l’axe principal
d’inertie. De l’autre, il faut retenir que la théorie des poutres (et donc des sec-
tions) est avant tout basée sur des modèles mathématiques qui conservent la
notation « conventionnelle » du système d’axe.
L’article aborde donc l’étude des sections en traitant successivement :
– du centre de gravité, avec l’exemple d’une aire plane ;
– des moments statiques (module de flexion élastique) ;
– des moments et produit d’inertie ou moment quadratique ;
– sans oublier les axes principaux d’inertie.
Il se poursuit avec une démonstration à la recherche d’un « profil idéal » et
de quelques exemples applicatifs où abondent les équations, étapes de calculs
et schémas nécessaires à la compréhension du processus théorique.
Parution : mars 2006

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TBA1325 - 1

31
Référence Internet
TBA1325

ÉTUDE DES SECTIONS

2 I - NOUVELLES NOTATIONS Donc, si A = A1 + A2 et si G1 et G2 sont les centres de gravité


respectifs de A1 et A2, G est le centre de gravité des points
G1 et G2.
Uniformisation européenne – La nouvelle norme concernant
les axes de référence des profils a été modifiée au bénéfice De la même manière, si l’aire possède un axe de symétrie ou
de la mise en application de la réglementation des Eurocodes un diamètre, le centre de gravité se trouve sur cet axe ou sur
pour les constructions métalliques (l’Eurocode 3) afin de ce diamètre.
prendre en compte tous les partenaires européens.
Application – Soit à déterminer les coordonnées de G1 et G2
Ainsi, la notation des caractéristiques dimensionnelles d’un des aires respectives A1 et A2 (cf. Fig. 3).
profil a principalement été modifiée par le changement de l’axe
principal d’inertie qui s’appelle dorénavant Y (à la place de X)
et, par conséquent, par la substitution de Y par Z. Les fonctions en y et en z sont de la forme : et

Cela présente l’avantage de garder l’axe X dans le sens de


l’axe principal du profil et de préserver ainsi une certaine cohé-
rence avec les axes choisis pour la mécanique des structures.
La figure 1 reprend les principaux changements concernant la avec :
notation et les symboles avec l’ancienne et la nouvelle
notation.
et :
Néanmoins, la théorie des poutres, et donc des sections, est
essentiellement basée sur des modèles mathématiques où l’axe
des abscisses est la plupart du temps l’axe « x ». Pour cette
raison, et afin de ne pas trop perturber notre compréhension, D’où l’expression du centre de gravité z1 de G1 :
nous garderons pour les démonstrations « magistrales » ce
système d’axe conventionnel. avec

II - CENTRE DE GRAVITÉ
Ce qui donne :
Définition d’une aire plane – Tout d’abord, donnons la
définition d’une aire plane, A.
Soit :
En coordonnée cartésiennee, celle-ci se définit de la manière
suivante :
3b
et donc : zG1 =
En coordonnées polaires : cela donnerait : 8
De même, l’expression du centre de gravité y1 de G1 est la

Définition du centre de gravité d’une aire plane – De la


suivante : avec :
même manière, on définit le centre de gravité (cf. Fig. 2) d’une
aire plane par le point d’application de la résultante qui serait
appliquée uniformément sur toute la surface :
Ce qui donne en Y :
D’où :

Soit : =
et en Z :

∫ z.dA
G= A et donc :
A

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32
Référence Internet
TBA1325

ÉTUDE DES SECTIONS

Fig. 1 : Nouvelle notation concernant les dimensions et les caractéristiques des profils.

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TBA1325 - 3

33
2

34
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TBA1330

Comportement général de l’acier

I – Généralités.............................................................................................. TBA1330 - 2
II – Conséquences et intérêts technologiques .......................................... — 2
III – Éléments de réflexion .......................................................................... — 3
IV – Introduction aux calculs suivant l’Eurocode 3................................... — 4
2
acier de construction possède une série de caractéristiques qui lui sont
L’ propres. Il est impératif de bien les connaître pour être capable de tenir
compte de leurs avantages et inconvénients en construction métallique.
Bien que court, cet article est complet en s’attachant à donner l’essentiel à
retenir. Si les essais conventionnels permettent déjà de mesurer les qualités
intrinsèques de l’acier de construction, ils gagnent à se compléter de calculs
suivant l’Eurocode 3 et ses nouvelles notations.
C’est ainsi que l’article débute en rappelant le comportement plastique de
l’acier, et continue avec les éléments de réflexion que sont les risques de
rupture fragile, extrêmement difficiles à évaluer. La dernière partie est consa-
crée aux additifs de normes (faits au détour des années 1980) qui introduisent
une notion jusqu’ici écartée : le calcul en plasticité.
Les notations récentes de l’Eurocode 3 sont condamnées, par nature, à évo-
luer, mais l’article offre pour l’instant un récapitulatif précieux sous forme d’un
tableau comparatif. Grâce à une comparaison entre caractéristiques géométri-
ques et mécaniques, le lecteur reconnaîtra aisément les principaux caractères
utilisés en calcul de vérification des sections.
Le lecteur complétera la connaissance de ce domaine avec l’article [TBA1364]
qui traite plus spécifiquement des critères de choix des aciers de construction.
Parution : mars 2006

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TBA1330 - 1

35
2

36
Référence Internet
TBA1335

Les forces moléculaires


et contraintes en un point

I – Définition de la contrainte ..................................................................... TBA1335 - 2


II – Propriétés de la contrainte ................................................................... — 2
III – Variation de la contrainte autour d’un point
– Contraintes principales ............................................................................ — 3
IV – Contrainte en M relative à une direction quelconque
– Cercles de Mohr ....................................................................................... — 4 2
éfinir les contraintes passe par l’étude du rôle des actions extérieures que
D sont les forces, les moments et les actions des appuis. D’autre part,
lorsqu’on s’intéresse aux propriétés de la contrainte, on doit tenir compte de
leur double type : normale et tangentielle.
L’article rappelle qu’une contrainte est d’abord le rapport d’une force sur une
surface, et ensuite concerne tout à la fois un point et une direction, voire deux
directions opposées. Pour simplifier, retenons déjà que la contrainte est appa-
rentée à une pression (elle utilise d’ailleurs la même unité de mesure, le Mpa).
Dans un souci pédagogique, l’auteur donne divers exemples de calculs à
travers le prisme élémentaire, le prisme tronqué, le parallélépipède rectangle
élémentaire, plus le cas particulier de l’ellipsoïde, cadre de travail pour l’ana-
lyse des lignes isostatiques (entrée dans le domaine de l’« élasticimétrie »).
Pour de plus amples informations, le lecteur est invité à lire les articles com-
plémentaires [TBA1340] et [TBA1345].
Parution : mars 2006

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TBA1335 - 1

37
Référence Internet
TBA1335

LES FORCES MOLÉCULAIRES ET CONTRAINTES EN UN POINT

I - DÉFINITION DE LA CONTRAINTE Étant équivalents, ces deux systèmes ont les mêmes élé-
ments de réduction, en particulier au centre de gravité (CdG)
de l’aire plane (A).
Rôle des actions extérieures – Les actions extérieures,
Ces actions moléculaires sont relatives à l’action de (G) sur
2 forces et moments, y compris les actions des appuis, main-
tiennent la pièce en équilibre (cf. Fig. 1).
(D), (cf. Fig. 2), donc à la direction , normale à (A) et orientée
de (G) vers (D).
Elles peuvent par conséquent être rapportées à l’unité de

surface et le rapport équivalent à une quantité finie qui

est la contrainte au point M relative à la direction . D’où :

Fig. 1 : Pièce en équilibre sous l’effet des actions extérieures. Fig. 2 : Élément de droite (D).

Le plan π partage la pièce en un élément gauche (G) et en


un élément droite (D) ainsi que l’ensemble des actions sur II - PROPRIÉTÉS DE LA CONTRAINTE
chaque tronçon en .
Contrainte normale et contrainte tangentielle (cf. Fig. 3) –
M est un point de (A) dans π et est perpendiculaire à π et
(D) est en équilibre sous l’action de et des forces molé- de sens (G) vers (D).
culaires sur la section (A) soit .
De cela on peut déduire que la contrainte relative à M et à ,
soit , peut être définie par ses deux composantes :

Donc : • : composante portée par et correspondant à la con-


trainte normale ;
• : composante perpendiculaire à donc dans π et cor-
Or : respondant à la contrainte tangentielle.
Unités et mesure – Nous avons le rapport d’une force sur une
surface, donc la contrainte a la même dimension qu’une pres-
sion et par conséquent l’unité est le Pascal (1 N/m2) ou
maintenant l’unité courante 1 Mpa = 1 N/mm2.

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TBA1335 - 2

38
Référence Internet
TBA1340

Les relations entre la contrainte


et la déformation

I – Relations d’équivalence......................................................................... TBA1340 - 2


II – Déformation de la matière en un point ............................................... — 2
III – Propriétés de la déformation............................................................... — 3
IV – Relations entre la contrainte et la déformation................................. — 4
A. Élasticité classique – Loi de Hooke ....................................................
B. Cas particuliers ....................................................................................


4
5
2
renant comme point de départ qu’il y a des relations d’équivalence entre
P forces moléculaires et contraintes, c’est-à-dire possibilité de liaison entre
forces extérieures connues et forces intérieures inconnues, l’article démontre
l’insuffisance de cette démarche — et de ces calculs — si on veut vraiment
maîtriser l’anticipation de contraintes en un point. Pour aller plus loin, il faut
être capable de générer des hypothèses intelligentes sur les déformations, et
les relations qu’elles entretiennent avec lesdites forces intérieures.
L’article se concentre donc sur le phénomène des déformations vu comme
l’addition cumulative d’un ensemble de modifications à l’échelle moléculaire.
On y comprend précisément ce qu’est une « déformation pure », une dilatation
cubique, etc.
La démonstration aboutit à une approche synthétique où l’idée de
« contrainte » est une réaction naturelle de la matière qui cherche à « résister »,
donc à compenser, les forces à l’œuvre dans une « déformation ».
Pour de plus amples informations, le lecteur est invité à lire les articles com-
plémentaires [TBA1335] et [TBA1345].
Parution : mars 2006

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TBA1340 - 1

39
Référence Internet
TBA1340

LES RELATIONS ENTRE LA CONTRAINTE ET LA DÉFORMATION

I - RELATIONS D’ÉQUIVALENCE
Relations entre forces moléculaires et contraintes en un

point – Dans larticle de TBA 1335 nous avons vu les relations
2 qu’il y a entre les forces moléculaires et la contrainte en un point.
Celles-ci font apparaître que :
force moléculaire
Si (A) est une section droite perpendiculaire à l’axe de la
pièce, les systèmes ont les mêmes éléments de réduction en
G, centre de gravité de la section (cf. Fig. 1).

Fig. 1 : Section droite – Élément de réduction en G.

Fig. 2 : Pièces à plan moyen chargées dans ce plan.


II en résulte les relations d’équivalence suivantes :
Mais les relations d’équivalence permettent de relier les forces
extérieures connues aux forces intérieures inconnues. Cepen-
ainsi que : dant ces relations ne donnent qu’un résultat global pour toute
une section droite et elles sont insuffisantes à elles seules
comme moment pour parvenir à la connaissance de la contrainte en un point.
Il devient nécessaire de les compléter par des hypothèses sur
de torsion. les déformations et sur les relations entre déformations et
forces intérieures.
Pour les pièces à plan moyen chargées dans ce plan
(cf. Fig. 2), le plan moyen est plan de symétrie pour toutes les
forces existant dans la pièce. Nous avons donc : est
dans le plan moyen et perpendiculaire au plan moyen. II - DÉFORMATION DE LA MATIÈRE EN UN POINT

Les relations d’équivalence deviennent :


Explication du phénomène – Un corps considéré dans deux
états (1) et (2) définis par des conditions particulières (sollici-
tations mécaniques, température, hygrométrie…), a changé
de forme (ou s’est déformé) si la distance des couples de
ainsi que : points M1 et M2 n’est pas égale dans l’état (2) à ce qu’elle était
dans l’état (1).

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TBA1340 - 2

40
Référence Internet
TBA1345

Hypothèse de la conservation des


sections droites

I – Généralités.............................................................................................. TBA1345 - 2
II – Conséquence et résolutiondu problème fondamental ...................... — 3
III – Détermination des conditions de stabilité ......................................... — 3

2
aire l’hypothèse de la conservation des sections droites passe par la
F connaissance de l’équilibre élastique sur l’ensemble de toutes les sections
des matériaux en jeu.
Pour ce faire, une série d’autres hypothèses encore plus restrictives sont
nécessaires, comme celle dite « de Navier-Bernoulli » qui obligent à déter-
miner trois inconnues de déformation. À chaque étape du calcul, il faut garder
à l’esprit le risque d’erreurs dû à l’influence de paramètres souvent négligés
comme les phénomènes d’instabilité.
D’où la présence, en dernière partie de cet article, d’outils permettant de
déterminer les conditions de stabilité avec les notions de calcul élastique, con-
trainte dite « déterminante », la théorie de Coulomb, etc.
D’aucuns jugeront ces connaissances inutiles dans un contexte réglemen-
taire où les vérifications se concentrent au domaine plastique. Cependant, ces
méthodes sont un plus de compétences à maîtriser dans la théorie complexe
des poutres.
Pour de plus amples informations, le lecteur est invité à lire les articles com-
plémentaires [TBA1335] et [TBA1340].
Parution : mars 2006

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TBA1345 - 1

41
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TBA1345

HYPOTHÈSE DE LA CONSERVATION DES SECTIONS DROITES

I - GÉNÉRALITÉS Mais, si cette hypothèse est satisfaite (l’expérience prouve


qu’elle l’est dans certains cas), la déformation en un point
quelconque de la pièce peut être connue si on connaît la
Résistance des matériaux – Le problème de la résistance déformation de la fibre moyenne (cf. Fig. 1).

2
des matériaux qui consiste à déterminer les contraintes et les
déformations dans une pièce en connaissant les forces exté- Ainsi, pour connaître la déformation en un point M, il suffit de
rieures n’est pas encore résolu. Nous disposons maintenant connaître sa position avant et après déformation. Si M(x, y)
des relations d’équivalence et pour une pièce parfaitement est un point de la section droite (A) normale en G à la fibre
élastique de la loi de Hooke. moyenne de la pièce, après déformation le point vient en
En fait, si les équations d’équivalence concernent une section M’(x’, y’) dans le plan de la section droite (A’) normale en G’
droite de la pièce, le problème de l’équilibre élastique inté- à la fibre moyenne déformée donc : y = y’ et z = z’
resse l’ensemble de toutes les sections et, pour appliquer la
La position de M’ sera donc déterminée si on connaît la posi-
loi de Hooke, c’est une série d’équations d’équivalence qu’il
tion de G’et la rotation du plan de (A’) par rapport à celui de
faudrait résoudre.
(A).
La seule possibilité consiste à faire des hypothèses plus res-
trictives permettant d’appliquer simultanément les équations En particulier, si la déformation de la fibre moyenne s’est
d’équivalence et la loi de Hooke, ce qui permettrait de lever effectuée (cas courant) dans le plan xGy, la position de M’
l’indétermination. sera définie par la connaissance de trois inconnues :

Hypothèse de Navier-Bernoulli (ou de conservation des sec- • les coordonnées x et y de G’;


tions droites) – Cette hypothèse nous dit que au cours de la
déformation élastique d’une pièce, toute section droite reste • la rotation de (A’) par rapport à (A) (ou l’angle des tangentes
plane, identique à elle-même et normale à la fibre moyenne en G et G’et la fibre moyenne) ; ce que l’on appelle le « rayon
déformée (ce qui n’est pas toujours vrai). de courbure ».

Fig. 1 : Déformation de la fibre moyenne.

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TBA1345 - 2

42
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TBA1350

Base de calcul de l’Eurocode 3

I – Actions et combinaisons d’actions ....................................................... TBA1350 - 2


II – Classification des sections transversales ............................................ — 3
A. L’Eurocode 3 ........................................................................................ — 3
B. Méthode de classification ................................................................... — 6
III – Propriétés des aciers conformes aux normes ................................... — 16
2
et article reprend les bases de calcul de l’Eurocode 3.
C Parmi beaucoup de changements de notations, l’Eurocode 3 a instauré
une classification des sections transversales en 4 familles en fonction de cri-
tères tels que l’élancement des parois, la résistance de calcul, la capacité de
rotation plastique, les risques de voilement local, etc. L’article permet de clari-
fier cette répartition et explique au passage les mécanismes de ruine et ceux
de la plastification.
Identifier les « classes » de l’Eurocode 3 peut ainsi s’aborder de plusieurs
manières, soit en fonction des rapports largeurs/épaisseurs des parois compri-
mées, soit suivant la distribution des contraintes des parois comprimées, soit
encore selon les limites d’élasticité réparties, pour chaque référence de profil,
en deux grilles (par compression seule ou flexion seule). Ce classement permet
ensuite de déterminer un coefficient partiel de sécurité. Ce chapitre fait l’objet
de nombreux exemples et schémas applicatifs.
L’article se conclut sur les exigences minima des Eurocodes en matière de
critères d’essais et de valeurs nominales des aciers.
Parution : mars 2006

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TBA1350 - 1

43
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TBA1350

BASE DE CALCUL DE L'EUROCODE 3

I - ACTIONS ET COMBINAISONS D’ACTIONS • Le DTU P06-006 d’avril 2000 – règles N 84 – Actions de la


neige sur les constructions – définit les charges à prendre en
compte pour la neige
Les actions agissant sur une structure sont de trois types : • Le DTU P06-002 d’avril 2000 – règles NV 65 – Règles défi-
2 • les actions permanentes G : nissant les effets de la neige et du vent sur les constructions
et annexes – définit les charges à prendre en compte pour le
• les actions variables Q : vent.
• pour les actions des gradients thermiques, la variation rela-
• les actions accidentelles. tive de longueur est de – 4.10–4 à + 3.10–4.
Actions permanentes G – Ce sont : Combinaisons d’actions à l’ELS (état limite de service) –
• le poids propre ; Elles servent exclusivement pour le calcul ou la vérification
des déformations (flèches et déplacements). Ces combinai-
• l’action de la précontrainte ; sons d’actions sont :
• le déplacement éventuel des appuis ; • pour une action variable : G + Q ;
• la déformation éventuelle imposée à la construction. • s’il y a plusieurs actions variables : G + 0,9ΣQi
Actions variables Q – Ce sont :
Exemple
• les charges d’exploitation ;
Prenons un bâtiment industriel situé en région (zone) 2 de
• l’action du vent ; neige soit :
• l’action de la neige ; • pour la neige normale Sn = 45 daN/m2 et pour la neige extrê-
• éventuellement, l’action des gradients thermiques. me Se = 75 daN/m2 ;

Actions accidentelles – Ces actions sont rarement prises en • pour le vent, prenons Wn et We pour les parois verticales.
compte mais deviennent obligatoires si elles sont spécifiées Les combinaisons fondamentales sont :
sur le cahier des charges (les explosions et les chocs occa-
sionnés par des véhicules, par exemple). • Pour la toiture :

Combinaisons d’actions à L’ELU (état limite ultime) – La – ELU : situation durable et transitoire : 1,35.Gmax + 1,5.(Sn, Se)
sécurité est obtenue en surestimant chaque sollicitation par et 1,35.Gmax + 1,5.(1,2.Wn) ;
une pondération des efforts élémentaires qui la composent. – ELS : situations rares : G + (Sn, Se) et G + (1,2.Wn)
Cette pondération tient compte des possibilités d’erreur (esti-
mation) et du risque de plus ou moins grand qu’une telle • Pour un plancher :
répartition se produise. – ELU : situation durable : 1,35.Gmax + 1,5Q ;
Cette sollicitation majorée permet de calculer une contrainte – ELS : situations rares : G + Q ;
normale de tension pondérée et/ou une contrainte tangentielle – situations fréquentes : G + ψ1.Q avec ψ1 = 0,77 pour un bâti-
pondérée en un point de la section droite. ment industriel.

Pour tenir compte de la nature de la sollicitation (traction, • Pour les portiques transversaux :
cisaillement, flambement), on détermine une contrainte carac-
téristique et on la compare à une limite caractéristique du – ELU : situation durable et transitoire : 1,35.Gmax + 1,5.Q + (Sn, Se)
matériau fixé par le règlement. 1,35.Gmax + 1,5.Q + (1,2.Wn)
1,35.Gmax + 1,5.(Sn, Se) + Q
Ainsi, les sollicitations majorées font l’objet de combinaisons 1,35.Gmax + 1,5.(1,2.Wn) + Q
d’actions et sont : – ELS : situations rares : G + Q + 0,67.(Sn, Se)
G + Q + 0,67.(1,2.Wn)
• pour une seule action variable : 1,35.Gmax + Gmin + 1,5Q :
G + (Sn, Se) + 0,67.Q
– Gmax étant une action permanente défavorable ; G + (1,2.Wn) + 0,67.Q
– Gmin, une action permanente favorable ; – Situations fréquentes : G + 0,77.Q
– Q, une action variable défavorable ; G + 0,15.(Sn, Se) + 0,65.Q
G + 0,2.(1,2.Wn) + 0,65.Q
• pour plusieurs actions variables : 1,35.Gmax + Gmin + 1,35ΣQi

Textes de référence Valeurs limites concernant les déformations – Les valeurs


• La norme NF P06-001 de juin 1986 – Bases de calcul des limites des déformations des structures métalliques ne sont
constructions – donne une estimation concernant les charges pas brutalement et réglementairement imposées car elles
d’exploitation. dépendent de divers critères propres à chaque construction.

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TBA1350 - 2

44
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TBA1350

BASE DE CALCUL DE L'EUROCODE 3

Exemple II - CLASSIFICATION DES SECTIONS TRANSVERSALES


L’installation de ponts roulants, d’ascenseurs, de façades
vitrées, etc, exigera des déformations très limitées et une A. L’Eurocode 3
grande rigidité des structures afin de garantir le bon fonctionne-
ment des installations. En revanche, la structure d’un simple Principe – L’Eurocode 3 a instauré une classification des sec-
entrepôt tolérera des déformations nettement plus importantes. tions transversales en fonction de critères comme
l’élancement des parois, la résistance de calcul, la capacité de
rotation plastique, les risques de voilement local, etc.
Les choix incombent donc aux concepteurs, maîtres Ainsi, quatre classes de sections ont été définies, allant de la
d’ouvrages ou utilisateurs, qui finalement sont censés con- section la plus performante à la section la plus fragile et
naître les contraintes diverses affectant la construction quant s’échelonnant de la classe 1 à 4 (cf. Tab. 1).
à son utilisation ou sa destination finale.
• La classe 1 concerne les sections transversales pouvant at-
Si ces choix n’ont pas été exprimés au niveau des cahiers des teindre leur résistance plastique, sans risque de voilement lo-
charges, le règlement Eurocode 3 recommande en général les
limites suivantes concernant les flèches et les déplacements
cal, et possédant néanmoins une capacité de rotation
importante pour former une rotule plastique. 2
admissibles :
• La classe 2 concerne les sections transversales pouvant at-
teindre leur résistance plastique, sans risque de voilement lo-
• toitures : f ≤ l/200 ;
cal, mais avec une capacité de rotation limitée.
• planchers : f ≤ l/250 ; • La classe 3 concerne les sections transversales pouvant at-
teindre leur résistance élastique en fibre extrême, mais non leur
• planchers supportant des poteaux : f ≤ l/400 ; résistance plastique, du fait des risques de voilement local.
• poteaux de portiques, déplacement : Δ ≤ l/300 ; • La classe 4 concerne les sections transversales ne pouvant
atteindre leur résistance élastique, du fait des risques de voile-
• poteaux de portiques avec pont roulant : Δ ≤ l/500. ment local.

Tab. 1 – Classification des sections transversales

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TBA1350 - 3

45
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TBA1350

BASE DE CALCUL DE L'EUROCODE 3

En fait, le nouveau règlement fait apparaître des types de on choisit la classe de la section la plus défavorable donc la
comportements correspondant à des « lois » pour chaque classe la plus haute afin de toujours se placer en sécurité du
classe de section de profil et permettra de choisir la méthode point de vue de la vérification.
de calcul de vérification des sections par une analyse plas-
tique ou, plus conventionnelle, élastique. Mécanisme de la plastification – Pour essayer de com-
prendre le mécanisme de la plastification, prenons pour une
Pour les parois comprimées d’une section transversale (âme petite démonstration une poutre isostatique sur deux appuis
ou semelle) qui se retrouveraient dans des classes différentes, soumise à une charge uniformément répartie « q » (cf. Fig. 1).

Fig. 1 : Mécanisme de la plastification.

Lorsque l’on augmente la charge, les contraintes ne sont plus


Le moment maximal est de la forme : . proportionnelles aux déformations, les fibres extrêmes se plas-
tifient. D’où : M ≥ Mel (cf. Fig. 1b).
La répartition des contraintes normales est linéaire
(cf. Fig. 1a). On peut augmenter la charge jusqu’à plastification totale de la
section la plus sollicitée (pour nous, au milieu de la poutre.)
Le comportement du matériau est en phase élastique d’où : dans ce cas, M atteint alors Mel. La zone centrale et plastifiée
M ≤ Mel, Avec Mel, le moment élastique correspondant au et la courbure de la poutre est très importante. On admet qu’il
stade où les contraintes sur les fibres extrêmes atteignent la se forme, dans la section médiane, une rotule plastique ou
limite élastique fy. articulation. La poutre se comporte comme deux éléments

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TBA1350 - 4

46
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TBA1355

Résistance des sections


transversales

I – Préambule............................................................................................... TBA1355 -2
II – Traction et compression pure – Effort normal.................................... — 2
III – Cisaillement pur – Effort tranchant ..................................................... — 3
IV – Torsion pure – Moment de torsion..................................................... — 7
V – Flexion simple – Moment fléchissant..................................................
VI – Flexion simple – Moment fléchissant et effort tranchant .................


10
14
2
VII – Flexion simple – Moment fléchissant et effort normal .................... — 16
VIII – Flexion simple – Moment fléchissant, effort normal
et effort tranchant ....................................................................................... — 17

ne structure métallique correctement calculée présuppose d’avoir une


U stabilité statique globale, c'est-à-dire aussi bien sur le plan de sa structure
générale, qu’au niveau individuel de tous ses éléments constitutifs.
À ce titre, on se rend compte notamment, au fil de l’article, combien sont
importants les calculs d’instabilité élastique.
Afin d’être utile et concret, l’auteur utilise successivement comme exemples
des cas précis comme :
• l’effort normal en traction et compression pure ;
• l’effort tranchant en cisaillement pur ;
• la torsion pure et le moment de torsion ;
• la flexion simple dans diverses situations de moment fléchissant :
– cas simple,
– avec effort tranchant,
– avec effort normal,
– avec effort normal et effort tranchant.
De nombreux exemples et des schémas explicatifs complètent, et explicitent,
chaque étape de calculs.
Le lecteur complètera la connaissance de ce domaine avec l’article [TBA1360]
qui traite plus spécifiquement des problèmes d’instabilité élastique.
Parution : mars 2006

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TBA1355 - 1

47
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TBA1355

RÉSISTANCE DES SECTIONS TRANSVERSALES

I - PRÉAMBULE II - TRACTION ET COMPRESSION PURE – EFFORT


NORMAL (CF. FIG. 1)

2 Le calcul d’une structure exige que, sous toutes les combinai-


sons d’actions possibles, définies réglementairement, la
stabilité statique soit assurée tant globalement au niveau de
Définition – On ne considère que des poutres droites à plan
moyen, homogène et isotrope et présentant une loi de
la structure, qu’individuellement au niveau de chaque élément. comportement linéaire et élastique (cf. Fig. 1a).
La réduction des forces à gauche se réduit en G et le centre
En effet, les actions développent diverses sollicitations qui de gravité de la section à une sollicitation unique et normale
génèrent des contraintes au sein du matériau et des déforma- (traction).
tions des éléments. Il s’agit donc, afin de garantir le degré de
sécurité souhaité (ou souhaitable), de vérifier que les con- La section correspondant au repère R étant prise comme réfé-
traintes et les déformations restent en deçà des limites rence (considérer fixe), après déformations la section (A) vient
admissibles. en (A’) et « a » en a’.

Deux cas de figure se présentent : D’après l’hypothèse de Navier et Bernoulli, ∀ a ∈ (A) et pour
la direction , la déformation longitudinale est constante et
la déformation transversale est égale à 0.
• le cas des petites déformations ;
Ce résultat entraîne, d’après la loi de Hooke : ∀ a ∈ (A) et, pour
• le cas des grandes déformations. la direction , la contrainte normale est constante = – E.
et la contrainte tangentielle = – G. égale à 0.
Cas des petites déformations – Tant que l’on reste dans le
D’où (cf. Fig. 1b) si l’on regarde la contrainte au point « a »,
domaine des petites déformations, on admet que les sollicita-
les scissions seront maximale pour les directions situées dans
tions ne varient pas (ou peu) sous l’effet des déformations, ce
un cône d’axe parallèle à x et de demi-angle au sommet π/4.
qui conduit simplement à vérifier que les contraintes restent
inférieures à la contrainte de ruine.
L’équation de déformations est :
Cas des grandes déformations – Dans ce cas, les déforma-
tions modifient considérablement les sollicitations qui les ont Et la variation de longueur du petit tronçon vaut :
initiées et nécessitent des calculs spécifiques.

L’apparition de déformations importantes dans certaines


pièces peut survenir :
dans le cas général où la section (A) est constante ( ) est
constant, d’où :
• dans le domaine élastique, lorsque la corrélation linéaire ef-
forts/déformations n’est plus vérifiée, les déformations aug-
mentant plus vite que les efforts appliqués ;

• dans le domaine élasto-plastique, lorsqu’il y a écoulement Remarque


plastique.
Par convention, on obtient de la compression si σ ≤ 0 et de
la traction si σ ≥ 0.
Les grandes déformations affectent les zones comprimées des
pièces, qui peuvent présenter trois types de comportements Vérifications – Concernant la vérification d’un élément solli-
caractéristiques, dénommés phénomènes d’instabilité : cité en traction axiale, l’effort de traction N dans chaque
section doit toujours rester inférieur à l’effort résistant de trac-
• le flambement, qui affecte les barres simplement comprimées tion, avec comme expression :
(flambement simple) ou comprimées et fléchies (flambement
flexion) qui est très dangereux ; N ≤ NR = min de(Npl ;Nu ; Nnet)
Sachant que :
• le déversement, qui affecte les semelles comprimées des piè-
ces fléchies ; • Npl est la résistance plastique de la section brute et vaut
Npl = A.fy/γM0 ;
• le voilement, qui affecte les âmes des pièces fléchies.
• Nu est la résistance ultime de la section nette au droit des
trous de fixation Nu = 0,9.Anet.fu/γM2 ;
L’étude des phénomènes d’instabilité élastique est particuliè-
rement importante en construction métallique, du fait de • Nnet est la résistance plastique de la section nette pour les as-
l’utilisation de plus en plus fréquente d’éléments minces ou semblages par boulons précontraints à L’ELU et vaut
présentant de grands élancements. Nnet = Anet.fy/λM0.

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TBA1355 - 2

48
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TBA1355

RÉSISTANCE DES SECTIONS TRANSVERSALES

Pour ce qui concerne la vérification d’un élément sollicité en


compression axiale, l’effort de compression N dans chaque
section transversale doit rester inférieur à l’effort résistant de
compression (lorsqu’il n’y a pas de risque de flambement),
avec comme expression : N ≤ NR

Sachant que pour les sections de classes 1, 2, ou 3,


NR = Npl = A.fy/λM0 donne la résistance plastique de la section
brute, et que pour les sections de classe 4, NR = N0 = Aeff.fy/λM1
donne la résistance de calcul de la section brute au voilement
local. Avec Aeff l’aire efficace de la section.

La vérification des pièces à la compression simple est rare-


ment effectuée. En effet, celle-ci entraîne en général à la
vérification au flambement (cf. TBA 1360).

Exemple
2
Prenons un plat de 50 × 6 de nuance S 235 sollicité unique-
ment en traction pure par un effort (cf. Fig. 2) :
N = 55,6 KN (cf. Fig. 2a).
Le profil est de classe 1 donc : γM0 = 1
On doit vérifier N ≤ Npl avec Npl = A.fy/γM0
Comme : A = 50 × 6 = 300 mm2 et fy = 235 MPa ⇔ Npl = 300 ×
235/1 = 70,5 KN
D’où : N ≤ Npl est vérifiée.
Si maintenant on perce un trou (cf. Fig. 2b) pour la fixation de
∅ 14, la section diminue. Cette fois la section nette devient
Anet = 300 mm2 – (14 × 6) = 216 mm2
La vérification nécessaire est : N ≤ Nu = 0,9.Anet.fu/γM2 d’où :
Nu = 0,9 × 216 × 235/1,25 = 36,5 KN
Cette fois, la section n’est plus suffisante car
N = 55,6 ≥ Nu = 36,5 KN.
Il faudra au minimum une section de :

III - CISAILLEMENT PUR – EFFORT TRANCHANT


(CF. FIG. 3)
Définition – Le système des forces à gauche d’une section
droite (A) est équivalent en son centre de gravité au seul effort
tranchant appelé maintenant V. Avec : = 0 ; = 0 ; = 0 et
≠ 0.

Les forces de gauche tendent à faire glisser la partie gauche


par rapport à la partie droite est cela parallèlement à (A).

Une telle sollicitation est appelée cisaillement transversal.

Si la pièce ne comporte pas de plan de symétrie, bien que la


pièce soit chargée dans un plan principal d’inertie (donc
= 0), on constate qu’une contrainte de torsion se manifeste.
Fig. 1 : Contrainte relative à la facette.
La définition du cisaillement pur ne s’applique correctement
Pour ce qui concerne la déformation due à la traction (géné- qu’à des pièces à plan moyen chargé dans ce plan.
ralement un allongement), la contrainte dans cette zone est
inférieure à la limite élastique fy et donc la déformation ε cor-
respondante est faible. La vérification est effectuée seulement Exemple
lorsque l’on veut évaluer l’allongement de la barre. Ne serait-
ce que pour vérifier le comportement de la structure déformée. Une poutre au droit d’un appui. Une tige de rivets ou un
boulon. Une cisaille.

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TBA1355 - 3

49
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TBA1355

RÉSISTANCE DES SECTIONS TRANSVERSALES

Ainsi, et en admettant que la loi de Hooke et l’hypothèse de


Navier-Bernoulli soient vérifiées, le déplacement relatif de
deux sections voisines se réduit à une simple translation per-
pendiculaire à l’axe.
Nous obtenons pour tout point « a » de la section droite (A) une
déformation pure normale (dilatation) ⇔ = 0 et une déforma-
tion pure tangentielle (glissement) ⇔ = constante.
Ce qui entraîne, d’après la loi de Hooke :
• la contrainte normale : = – E. ⇒ =0;
• la contrainte tangentielle : = – G. ⇒ = constante.
Ce qui nous conduit, pour le cas des pièces à plan moyen

2
chargées dans le plan, aux relations d’équivalence suivantes :

• ;

• ;

• ;

• , car il y a symétrie des points a1 et a2 par


rapport au plan moyen.

Remarque
Cette étude n’est valable que dans le cas des pièces dont
l’action de est prépondérante et s’exerce sur une faible
longueur, dans le cas des assemblages par exemple.
Pour ce qui est des déformations (cf. Fig. 3b), considérons
toujours un élément de longueur Δx.
Soit dy le glissement de la face de droite (A2) par rapport à la

Fig. 2 : Traction pure. face de gauche (A1) pour une épaisseur dx : On a


angle de distorsion.
Remarque
L’effort tranchant ne peut agir isolément sur une pièce que Or, est le déplacement tangentiel par unité de longueur.
dans des sections particulières.
Soit V(x) l’effort tranchant sur un tronçon de longueur x, M(x) C’est donc la déformation pure tangentielle.
étant nul sur ce tronçon.
D’où : avec le module d’élasti-
De la relation on déduit que V = 0 sur le tronçon,
ce qui est en contradiction avec l’hypothèse émise. cité
Ainsi le cisaillement pur ne peut être obtenu que dans des
sections particulières voisines de celle où sont appliquées
υ = 0,3 coefficient de Poisson pour l’acier.
les charges. C’est-à-dire où l’hypothèse de Saint-Venant
n’est pas valable. Et le déplacement relatif de (A2) par rapport à (A1) est :
La répartition des contraintes n’est donc pas celle donnée
par le calcul élastique.
Conséquence (cf. Fig. 3a) – Sous l’action du cisaillement pur
V, la section (A1) glisse parallèlement à elle-même par rapport
à (A2) supposée immobile. D’où V = F est important et M = F.d avec (A) la section réduite de la forme :
est négligeable.
L’hypothèse de Navier et Bernoulli n’est pas vérifiée. En effet,
la section droite reste plane, identique à elle-même, mais ne
reste pas normale à l’axe longitudinal déformé. Exemple : pour une section rectangulaire :
Cependant, pour un effort F limité, l’inclinaison reste faible. De
plus, il y a réversibilité des déformations et de la proportion- Finalement, dans le cas particulier où l’effort tranchant est
nalité aux efforts appliqués. La loi de Hooke est donc constant et la section (A) constante, nous obtenons :
sensiblement vérifiée.
, d’où l’équation correspondant à la déformation
Enfin, la suite de l’étude montrera que l’action de V se traduit
dans la section droite par l’apparition uniquement de con- due à l’effort tranchant vue précédemment.
trainte de cisaillement pur.

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TBA1355 - 4

50
Référence Internet
TBA1360

Les problèmes d’instabilité


élastique

I – Le Flambement....................................................................................... TBA1360 -2
A. Définition.............................................................................................. — 2
B. Étude théorique ................................................................................... — 2
C. Longueur de flambement ................................................................... — 3
D. Conditions de sécurité ........................................................................
E. Vérifications .........................................................................................


4
6
2
II – Le déversement ..................................................................................... — 15
III – Le voilement ......................................................................................... — 19
A. Origine ou causes du phénomène d’instabilité ................................ — 19
B. Vérifications ......................................................................................... — 20
1. Méthode post-critique ...................................................................... — 21
2. Méthode du champ diagonal de traction ....................................... — 21
C. Exemple ............................................................................................... — 23

es problèmes d’instabilité élastique, objet de cet article, peuvent se classer


L en trois genres, successivement traités dans cet article : le flambement, le
déversement et le voilement.
Pour le flambement, après l’étude théorique du phénomène basée notam-
ment sur l’hypothèse d’Euler, l’auteur explicite la longueur de flambement, les
conditions de sécurité, et conclut en vérifiant les termes de la théorie d’Euler.
De nombreux exemples de calculs de flambement clôturent ce chapitre.
Concernant le déversement, l’origine ou les causes du phénomène d’instabi-
lité participent d’une recherche de l’économie.
Quant au voilement, qui correspond à une déformation accidentelle d’une
pièce de faible épaisseur mais de grande dimension, l’auteur propose deux
méthodes de calcul : celle du post critique simple et celle du champ diagonal
de traction. Divers exemples de calcul à l’appui facilitent la compréhension des
divergences de ces méthodes.
Le lecteur complétera la connaissance de ce domaine avec l’article [TBA1355]
qui traite plus spécifiquement des résistances de section transversale.
Parution : mars 2006

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TBA1360 - 1

51
Référence Internet
TBA1360

LES PROBLÈMES D'INSTABILITÉ ÉLASTIQUE

I - LE FLAMBEMENT Quelle est alors la valeur de l’effort normal juste néces-


saire pour maintenir l’équilibre ? – Par hypothèse, la
déformation est faible. Le phénomène d’instabilité se mani-
feste avant que le matériau n’atteigne sa limite élastique, on

2 A. Définition reste donc dans le domaine du comportement élastique.


D’après la loi fondamentale de la flexion issue de la résistance
des matériaux, le moment fléchissant est de la forme :
Définition – Le flambement fait allusion à la flamme.
(Flambée, flambage.) Il s’agit d’une pièce sollicitée à la com-
pression simple avec une charge appliquée suivant l’axe avec M = N.y d’où :
longitudinal rectiligne de la pièce.

Explication du phénomène – L’expérimentation démontre Si on pose , on obtient une équation du


que l’effort de compression n’est jamais idéalement appliqué
suivant l’axe moyen de la section. En effet, les pièces ne sont
jamais rigoureusement rectilignes de par les diverses manu- genre :
tentions et transports, voire dès la sortie des laminoirs. Sur
chantier, les poteaux ne sont jamais parfaitement verticaux. Et C’est une équation différentielle du second ordre et la résolu-
si l’on rajoute à cela les tolérances de laminage (inerties varia- tion de cette équation est la solution d’une équation générale
bles) ainsi que les défauts d’homogénéité (module d’élasticité de la forme : y(x) = A.sinα.x + B.cosα.x
E variable) on comprend aisément que la charge initialement
appliquée à l’axe de la pièce se trouve inévitablement décalée, La détermination des constantes A et B s’opère grâce aux
générant par la même occasion un petit moment de flexion conditions aux limites :
« parasite » suffisamment important, mais réel est inévitable,
et majorant considérablement la contrainte de compression. • pour x = 0 ⇔ y = 0 donc B = 0 ;
La pièce prend alors la forme d’une flamme ondulée, d’où le • pour x = l ⇔ y= 0 donc A.sinα.l = 0.
nom de flambage. Ce phénomène a été étudié par Euler
(1743), Rankine, Dutheil, Love, Résal, etc., pour aboutir à de Or, A ≠ 0, sinon y serait nul quel que soit x, donc sin α.l = 0
nombreuses formules tout aussi complexes et aussi peu entraîne α.l = k.π d’où :
commodes.

Celle retenue par la commission européenne fait largement


référence à la théorie d’Euler.
En supposant que y ne s’annule pas, c’est-à-dire que la poutre
reste fléchie et en équilibre, il faut que k soit au moins égal

B. Étude théorique à 1. Comme cela revient à faire d’où :

Hypothèse d’Euler – Euler ne fait aucune hypothèse sur la


cause du flambement. Il suppose qu’une pièce parfaitement
cylindrique, sollicitée par un effort normal N de compression
suivant l’axe de la pièce x’, x, a pris sous l’influence d’une
cause indéterminée une faible courbure (cf. Fig. 1). Avec k = 1, N est la charge (ou force) critique d’Euler et notée
N K.

Remarque
L’équation de la ligne élastique est pour k = 1 :

Pour l’équation devient : donc la

ligne élastique est une sinusoïde de la forme : .


La flèche étant petite, une charge N = NK maintiendra la
pièce dans l’état de déformation initiale.
Si N ≤ NK la pièce se redressera.
Si N ≥ NK la déformation augmentera et la rupture se pro-
duira brutalement.
En ce qui concerne la charge critique, celle-ci a été définie
en considérant une pièce articulée aux deux extrémités.
La formule d’Euler est applicable quelles que soient les
Fig. 1 : Hypothèse sur le flambement – Pièce comprimée. liaisons aux extrémités à condition de remplacer l par la dis-

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TBA1360

LES PROBLÈMES D'INSTABILITÉ ÉLASTIQUE

tance lK qui sépare deux points d’inflexion, réels ou fictifs, de sieurs points intermédiaires ne peuvent pas se déplacer. À ces
la ligne élastique. points situés sur l’axe de la pièce, donc sur la ligne d’action
de l’effort de compression et où M = 0, correspondent des
D’où : avec lK la longueur libre de flambement. points d’inflexion de la déformée. Suivant leur nombre, un,
deux…, etc., la longueur libre de flambement sera :

C. Longueur de flambement lK = l0/2 ; lK = l0/3 ; lK = l0/n + 1

Dans les cas courant (cf. Fig. 2), la valeur de lK est déterminée
en considérant un poteau continu sur lequel un, deux ou plu-

Fig. 2 : Longueur de flambement.

Pièce encastrée à une extrémité et libre à l’autre (cf. Fig. L’équation de la déformée est de la forme :
2a) – Dans ce cas :

lK = 2.lo

Pièce encastrée aux deux extrémités (encastrements


Soit :
fixes) (cf. Fig. 2b) – Du fait de la symétrie :

lK = lo/2
Si on pose , on obtient une équation du genre :
Pièce encastrée aux deux extrémités (encastrement avec
déplacement latéral) (cf. Fig. 2c) – Dans ce cas :

lK = l o

Pièce encastrée à une extrémité, articulée et maintenue à C’est une équation différentielle du second ordre et la résolu-
l’autre (cf. Fig. 2d) – Dans la section x : tion de cette équation est la solution d’une équation générale

de la forme :
M = –N.y + F.x

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TBA1360 - 3

53
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TBA1360

LES PROBLÈMES D'INSTABILITÉ ÉLASTIQUE

La détermination des constantes A et B s’opère grâce aux bement n’est pas à craindre. En effet, la contrainte limite
conditions aux limites : élastique sera atteinte avant la contrainte critique.
• pour x = 0 ⇔ y(0) = 0 donc B = 0 ; Par contre, pour tout élancement supérieur à l’élancement cri-
tique, la pièce périra par flambement.

• pour x = l ⇔ y(lo) = 0 d’où : (1) À la limite de bifurcation d’équilibre, pour laquelle σK = σe, cor-
respond l’élancement critique λK. Dans le cas d’un poteau bi-
articulé en acier, l’élancement critique vaut : (cf. Fig. 3) :
Et la dérivée y’(lo) = 0 d’où : (2)

Le système d’équations (1) et (2) a une solution non nulle si

et seulement si c’est-à-dire pour


N ≠ 0. Ce qui entraîne que tg.α.lo = α.lo
2 En supposant que y ne s’annule pas entre A et B, la valeur à
retenir est la plus petite différente de zéro. On démontre que
cette valeur est :

D’où : et comme

Qui devient :

Dans l’expression (3) le coefficient 2 est repris par le


règlement par un coefficient m qui prendra différentes valeurs
en fonction des conditions aux appuis.
Fig. 3 : Élancement critique.
Pièce encastrée à une extrémité, articulée et libre à l’autre
(cf. Fig. 2e) – Dans ce cas : Remarque
lK = 2.lo/3 Cette théorie a l’avantage de la simplicité mais n’est pas véri-
fiée par l’expérience. Pratiquement les hypothèses ne sont
Ces valeurs de lK ainsi que m sont précisées dans les Euro- jamais vérifiées.
codes 3.
L’expérience montre que la théorie d’Euler est valable pour les
faibles élancements λ ≤ 20 et pour les grands élancements
D. Conditions de sécurité λ ≥ 100. Mais elle ne l’est pas pour les élancements moyens
qui sont les plus fréquents.
Contrainte critique – À la charge critique d’Euler Ce fait est d’autant plus grave que l’écart entre théorie et expé-
rience ne va pas dans le sens de la sécurité.
(1) on peut faire correspondre une contrainte cri-
La connaissance de cette théorie est cependant nécessaire
car la charge (ou la contrainte) d’Euler intervient dans les
tique (A étant la section droite de la poutre). méthodes utilisées actuellement.
Amplification de la déformée initiale – À partir de cette
théorie, il est intéressant d’examiner la déformation de la pièce
D’où on peut écrire avec (1) : avec par une amplification de la déformée initiale. Prenons pour
démonstration une poutre articulée aux deux extrémités.
, i étant le plus petit rayon de giration de la section (cf. Fig. 4).
Par hypothèse, l’équation de la déformée initiale est de la
droite de la pièce qu’il faudra prendre en compte pour la vérifi-
cation et pour la détermination d’un coefficient de réduction x. forme :
Donc pour une inertie l minimale et à l’élancement maximal
Sous l’action de N appliquée suivant l’axe théorique, la
.
déformée prendra un accroissement y1.

D’où finalement : Après le nouvel équilibre, l’expression du moment devient :


M(x) = –N(yo + y1) et l’expression de la déformée s’écrit :
Élancement critique – Mais quel est l’élancement critique
λK ? (1)

Soit pour l’élancement critique . Théoriquement, L’intégrale générale de cette équation est de la forme :
y1 = A.sinα.x + B.cosα.x +
pour tout élancement inférieur à l’élancement critique, le flam-

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TBA1360 - 4

54
Référence Internet
TBA1360

LES PROBLÈMES D'INSTABILITÉ ÉLASTIQUE

• En phase 1 : la barre bi-articulée présente une déformée ini-

tiale . Le comportement est élastique et la flèche


au milieu est égale à : f = fo + f1 et s’écrit aussi :

• En phase 2 : la section au milieu est partiellement plastifiée.


• En phase 3 : il y a création d’une rotule plastique et le moment
plastique transmis devient Mp = 2.A.σe s’il n’est pas contrarié
par la présence de N.

Fig. 4 : Amplification de la déformée initiale.


2
Encore une fois, la détermination des constantes A, B et C
s’opère grâce aux conditions aux limites ;
• pour x = 0 ⇔ y1 = 0 donc B = 0 ;
• pour x = l ⇔ y1 = 0 donc A.sinα.l = 0 ;
• pour x = l/2 ⇔ y1 = f1 donc A.sinα.l/2 + C = f1.
La seconde condition nécessite soit :
• A = 0 ⇔ C = f1 ;
• α.l = 0 ;
• α.l = π ⇔ A + C = f1 pour que la troisième condition soit satis-
faite.
Dans tous les cas, on aura : C = f1 et

• Soit : (2) et en identifiant (1)

avec (2) il vient :

ou : Fig. 5 : Flambement – Plastification de la section.

La flèche au milieu vaudra simplement : .


En remarquant que : et en
faisant le rapport membre à membre : On peut représenter sur un graphique (cf. Fig. 6) le compor-
tement de cette barre. On remarque que, en dessous d’un
point de bifurcation d’équilibre, ou N = NK pour une barre idéa-
avec toujours lement parfaite et en équilibre, il existe une loi de
comportement (phases 2 et 3) qui se traduit par une diver-
gence d’équilibre associée à une plastification partielle. Le
point d’intersection des deux courbes correspond à un point
de divergence d’équilibre. Ce point correspondrait à une ruine
L’équation de la ligne moyenne après déformation devient : brutale de la section.
Sollicitation de flexion simple avec compression : règle
du tiers central – Imaginons pour finir un poteau de section
rectangulaire comprimé par un effort normal P appliqué à une
• Soit : . Cette ligne correspond à une am- distance u de l’axe de la pièce (cf. Fig. 7).
plification de la déformée initiale dans le rapport Le moment fléchissant est alors un vecteur porté par un des
axes principaux de la section. La sollicitation est donc celle de
et est appelée coefficient d’amplification de la flexion simple avec de la compression. (C’est le début du
flambement.)
contrainte. Ce coefficient prendra des valeurs différentes en
fonction des conditions aux appuis. Cette sollicitation est intéressante à étudier. Prenons les élé-
ments de réduction en G ; ceux-ci ont pour valeurs : N = –P
Et la flèche au milieu vaut : et M = P.u. La répartition des contraintes normales dans la
section nous donne donc :
Plastification de la section – Si maintenant on continue de
charger en augmentant N de manière à plastifier la section
(cf. Fig. 5), on peut définir trois phases de comportement.

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TBA1360 - 5

55
2

56
Techniques du bâtiment : Construire métallique
(Réf. Internet 43806)

1– Dimensionnement des éléments d'ossature en acier

2– Dimensionnement des sections


3
3– Fabrication et mise en œuvre Réf. Internet page

Les critères de choix des aciers de construction TBA1364 59

La découpe industrielle des aciers de construction TBA1368 61

L'usinage et la mise en forme des aciers de construction TBA1370 65

Rivetage, boulonnage et collage des aciers de construction TBA1374 71

Le soudage des aciers de construction TBA1376 75

Conception, typologie et spécificités des assemblages métalliques TBA1380 85

Les constructions parasismiques en acier TBA1398 99

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57
3

58
Référence Internet
TBA1364

Les critères de choix des aciers


de construction

I – Choix de la nuance de l’acier ................................................................ TBA1364 - 2


A. Pour les ensembles ............................................................................. — 2
B. Pour les pièces ou sous-ensembles................................................... — 2
II – Choix de la qualité de l’acier ................................................................ — 2
III – Facteurs modifiant les caractéristiques de l’acier ............................. — 3
IV – Éléments de conclusion ...................................................................... — 3

acier est réputé pour ses propriétés élastiques, ductiles et résistantes à 3


L’ la rupture. Cependant, choisir un acier de construction suppose de
connaître différents autres paramètres comme sa nuance, sa qualité, et surtout
tous ces facteurs d’influence mécanique (écrouissage, traitements thermiques,
vitesses d’essai, etc.), ainsi que les contraintes de traction triaxiales, les pro-
cessus de rupture, l’alternance des sollicitations, etc.
Un article très court et synthétique avec un diagramme récapitulatif et com-
paratif des principales influences mécaniques rencontrées en conditions réelles
d’utilisation.
Le lecteur complétera la connaissance de ce domaine avec l’article [TBA1330]
qui traite plus spécifiquement du comportement général de l’acier.
Parution : décembre 2007

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59
3

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Référence Internet
TBA1368

La découpe industrielle des aciers


de construction

I – Matière première.................................................................................... TBA1368 -2


II – Introduction ........................................................................................... — 2
III – Principe de la découpe ........................................................................ — 2
IV – Le cisaillage .......................................................................................... — 2
V – Le poinçonnage .................................................................................... — 3
VI – L’oxycoupage ....................................................................................... — 6
VII – La découpe au laser............................................................................ — 8
VIII – La découpe au plasma ...................................................................... — 11
IX – Autres technologies de découpes ......................................................
X – Le tronçonnage .....................................................................................


12
14 3
omment découper industriellement des aciers de construction ? Devenue
C un pan déterminant de tous les secteurs de l’industrie, la découpe de
l’acier a ses propres spécificités techniques car elle n’a cessé de vivre une
métamorphose significative au fil des évolutions technologiques.
À partir essentiellement de barres, tubes, tôles et plaques d’acier, le profes-
sionnel pratique quatre sortes de manipulation : découpes, perforations, mises
en forme et assemblage.
L’article explore dans le détail les diverses méthodes de découpe, depuis la
plus ancienne, le cisaillage, jusqu’à la découpe par jet d’eau (la plus récente),
en passant par le poinçonnage, l’oxycoupage, la découpe plasma, l’électroéro-
sion et la découpe chimique et la découpe laser.
Très pédagogique, l’auteur reste concret dans le survol de toutes ces
méthodes de découpe de l’acier en citant des applications précises, souvent
méconnues, telles que la chaudronnerie, le grugeage, l’usage de la poudre de
fer, … Sans oublier d’aborder les défauts possibles de coupe et leurs causes
probables.
La seconde moitié de l’article est consacrée aux découpes sophistiquées que
sont les découpes laser, plasma et enfin par jet d’eau, chimie et électroérosion
à fil. Dans les premiers cas, il est donné des conseils de choix de types d’arcs,
entre autres. Dans le dernier cas, caractéristiques, avantages et inconvénients
y sont résumés.
L’article se termine en expliquant le principe du tronçonnage réservé à la
découpe des barres.
Parution : décembre 2007

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61
Référence Internet
TBA1368

LA DÉCOUPE INDUSTRIELLE DES ACIERS DE CONSTRUCTION

I - MATIÈRE PREMIÈRE III - PRINCIPE DE LA DÉCOUPE

Opérations de découpe – La matière première du charpen- Deux principes – Nous distinguons les deux principes
tier est essentiellement formée de barres, de tubes, de tôles suivants :
et de plaques qu’il convient de mettre aux dimensions, de • Soit on exerce de chaque côté de la pièce un effort mécanique
percer et de mettre aux formes prévues aux plans, avant de pour obtenir la rupture. Le cisaillage peut s’obtenir d’un seul
les assembler. Telles sont les opérations de découpe les plus coup (poinçonnage), ou progressivement (cisaillage des tôles).
3 couramment utilisées.
• Soit on crée une saignée le long du contour à découper.
Mécaniquement (jet d’eau), thermiquement (plasma, oxycou-
page), ou par action combinée (fil en électroérosion).
II - INTRODUCTION Avantage du procédé – C’est un procédé très économique
car la perte de matière est minimale et donne une précision
Les divers procédés de découpe – Les principes de la suffisante et un bon état de surface. Les déformations sont fai-
découpe existent depuis très longtemps. Dans la vie quoti- bles, ce qui évite les reprises. Les matières diverses pouvant
dienne, il est nécessaire de découper les aliments, les tissus, être travaillées peuvent donner des formes plus ou moins
les bois... complexes et le temps d’usinage est souvent plus court que
par les autres procédés.
Dès le début de l’ère industrielle, on trouve la découpe. Les
progrès de la chimie et la généralisation de l’électricité per-
mettent, dès la fin du XIXe siècle, la découpe du métal par IV - LE CISAILLAGE
cisaillage et autorisent ainsi les travaux de chaudronnerie,
dont le soudage.
Principe du cisaillage – On réalise la séparation totale ou
Dans le même temps, l’oxycoupage se développe comme un partielle d’un élément métallique à l’aide de deux lames dont
dérivé du soudage. l’une au moins est mobile (cf. Fig. 1).
Sous l’action de la contrainte imposée par la partie active des
À partir de 1920, la connaissance de la lumière due à Einstein lames, une déformation élastique se produit, puis un glisse-
et la maîtrise des énergies permettent la naissance d’autres ment avec décohésion du métal suivant 2 directions formant
procédés. Les études sur les matériaux nouveaux et le déve- un angle. Cet angle, ainsi que la profondeur de décohésion
loppement de l’informatique viennent s’ajouter à ces progrès. varient suivant la nuance du métal et son état (cf. Fig. 1a).
Ainsi, de nouveaux procédés apparaissent successivement :
Le profil de la face cisaillée peut être amélioré en améliorant
• la découpe plasma, dérivée de l’oxycoupage ; la direction du glissement par le jeu (cf. Fig. 1b).
Ceci a lieu au détriment de la perpendicularité de la coupe.
• l’électroérosion et la découpe chimique rendues possibles par
Ce paramètre est pris en considération pour les métaux peu
la connaissance des atomes ;
fragiles, la décohésion finale n’ayant pas d’effet secondaire.
• la découpe laser associée au soudage, toujours en évolution ; Pour les métaux fragiles, la décohésion peut amorcer une fis-
suration longitudinale (sens des fibres) nécessitant un réglage
• le jet d’eau, dernier né, a commencé en 1970 et s’est déve- précis du jeu.
loppé depuis 1980.
On prend généralement :

Importance du procédé • β = 4° pour les aciers durs ;

La découpe industrielle occupe une place de plus en plus • β = 6° pour les aciers doux et est légèrement diminué par
grande dans tous les secteurs de l’industrie. On la retrouve l’affûtage (90° > θ > 50°) suivant la dureté du métal à cisailler.
dans les ateliers de structures métalliques mais aussi en
On modélise l’opération de cisaillage à un couple tendant
chaudronnerie (cisaillage, poinçonnage, oxycoupage) ainsi
à faire basculer la pièce (action de F) d’où la force F 1. Le
que sous des aspects modernes, comme le laser et le jet
métal intercalé introduit une contrainte F 2 qui produit l’arra-
d’eau que l’on retrouve également dans l’agro-alimentaire,
chement et a une incidence sur les dimensions du produit
l’industrie du tissu, du cuir, du carton, des matériaux compo-
découpé.
sites et des matériaux de très grande dureté de l’industrie
automobile ou aéronautique. Les autres procédés sont très Pour le caillage avec des lames parallèles on peut évaluer
utilisés pour l’usinage des matériaux métalliques même très l’effort F nécessaire pour la coupe à :
durs et pour des formes complexes et ou de petites dimen-
sions. F = L1.e.Rc ce qui donne environ F1 = 45 % de F.

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TBA1368

LA DÉCOUPE INDUSTRIELLE DES ACIERS DE CONSTRUCTION

Avec Rc (la résistance au cisaillement) égale à 0,8.Rm (Rm cisaillage plus faible. L’effort peut donc se traduite par la
Résistance maxi à la traction de la matière). formule : e 2 .Rc .
F=
Pour le cisaillage avec un angle des lames, l’effort est 2.tan α
considérablement moindre étant donné une section de

Fig. 1 : Principe de cisaillage (© ETI).

Les différents cisaillages – On distingue : V - LE POINÇONNAGE


• le mode de cisaillage (cf. Fig. 2) avec des lames parallèles
(cf. Fig. 2a) où le cisaillage est simultané sur toute la longueur Principe – Le poinçonnage consiste à forcer un poinçon à
et on obtient une coupe généralement rectiligne. Effort travers le métal. Il se détache de la pièce un morceau de
important ; forme vaguement tronconique appelé débouchure ou riblon
(cf. Fig. 3).
• et le cisaillage avec des lames obliques (cf. Fig. 2b) où il faut
un angle important puisque F décroît. Si α > 15° le métal peut La forme irrégulière du trou oblige à percer à un diamètre de
se dérober (cf. Fig. 2c). Il faut trouver un compromis afin que la 1 à 2 mm supérieur au passage d’un rivet ou d’un boulon qui
partie découpée et fortement fléchie ne soit pas trop déformée doit le traverser.
(cf. Fig. 2d). C’est un cisaillage sur un contour fermé. La section du poinçon
a la forme de l’ajour à poinçonner ou de la pièce à découper :
Avec trois types de cisailles :
• la tôle est mise en position entre la matrice d’une part et le
• à lames longues : type cisailles guillotines avec 2°30 < α < 6° poinçon et le serre-flan d’autre part (cf. Fig. 3a) ;
pour les coupes rectilignes. L’angle le plus faible ne déformant
pas la longueur découpée si F2 (cf. Fig. 1a) est annulée par une • la tôle est serrée entre la matrice et le serre-flan (cf. Fig. 3c) ;
largeur de bande suffisante ;
• découpage de la tôle par le poinçon (cf. Fig. 3b) ;
• à lames étroites avec α = 15° pour les coupes de formes cur-
• le poinçon remonte avant le serre-flan qui fait fonction de
vilignes ou sinueuses avec une avance constante et une coupe
dévêtisseur : il empêche la tôle de remonter avec le poinçon et
progressive. Pour une épaisseur constante, la diminution de L
de fléchir. Enfin, le serre-flan remonte pour effectuer un autre
(la longueur de la coupe) réduit la surface de contact (tôle/la
cycle (cf. Fig. 3d).
lame) facilitant ainsi une oscillation de la pièce qui est libérée à
chaque point mort haut de la machine et ainsi la découpe d’une Sauf moyens spéciaux, le poinçonnage, qui demande une
pièce autre que rectiligne (cisaille à lame courte) ; pression considérable, est utilisé que sur des tôles d’épaisseur
dépassant rarement 15 mm. C’est un procédé souvent utilisé
• à lames circulaires (cf. Fig. 2e) : les lames sont rotatives et car il est rapide et peu coûteux.
motrices. Pour un diamètre convenable des lames et bien
réglé, le métal à découper est entraîné et cisaillé en continu. Les efforts exercés sur le métal produisent un écrouissage
Leurs axes peuvent être parallèles ou inclinés par rapport au local, parfois des amorces de déchirures et toujours des con-
plan de coupe (cf. Fig. 2f). traintes résiduelles qui réduisent sa résistance aux charges.

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TBA1370

L’usinage et la mise en forme


des aciers de construction

1. L’usinage.................................................................................................... TBA1370 - 2
2. La mise en forme ..................................................................................... — 7
I – Le pliage.................................................................................................. — 7
A. Les plieuses universelles .................................................................... — 7
B. Les presses plieuses............................................................................ — 9
II – Le coudage ............................................................................................ — 12
III – Le cintrage ............................................................................................ — 13
IV – Le roulage............................................................................................. — 16
3
usinage et la mise en forme des aciers de construction ne se résument
L’ pas aux opérations de perçage même si celles-ci représentent l’essentiel
des étapes d’usinage en assemblages d’aciers par rivets ou boulons.
C’est ainsi que l’article étudie successivement les conditions de coupe, les
caractéristiques du foret hélicoïdal, la notion de « vitesse de moindre usure »,
les contraintes à une bonne lubrification lors de la mise en œuvre d’un foret (la
vitesse de coupe dépend du type de matière).
En sus aux opérations de perçage classiques, se surajoutent parfois le
lamage, l’alésage, le taraudage, le carottage, le trépannage, avec un schéma
démonstratif à l’appui. Autant de termes propres au vocabulaire d’un chau-
dronnier, métallier ou charpentier, mais peu connu d’autres professions.
En résumé un article exhaustif sur l’usinage et la mise en forme des aciers de
construction. Le lecteur complétera la connaissance de ce domaine avec
l’article [TBA1374] qui traite plus spécifiquement du rivetage, boulonnage et
collage des aciers de construction.
Parution : décembre 2007

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TBA1370

L’USINAGE ET LA MISE EN FORME DES ACIERS DE CONSTRUCTION

1 L’usinage

L’outillage – Les opérations de perçage constituent l’essentiel Le foret hélicoïdal – On caractérise en général le foret par
des opérations d’usinage en vue des assemblages par rivets son diamètre, sa longueur et sa matière. La matière à usiner
ou boulons. Il s’agit de réaliser des trous pour lesquels on va caractériser la géométrie de l’outil, le type d’affûtage ainsi
recherche une forme cylindrique par coupe de métal en pleine que l’angle d’hélice du foret (cf. Fig. 1).
matière. L’opération qui consiste à réaliser un trou par
découpe oxyacétylénique ou par plasma (ZIP) est prohibée. La figure 2 nous donne un comparatif sur les incidences des
angles de la partie active pour le perçage de l’acier.

Fig. 1 : Le foret hélicoïdal (© ETI).

Conditions de coupe – La condition essentielle pour l’usi- Cette vitesse de rotation est directement liée à la vitesse de
nage par enlèvement de copeaux est de déterminer la vitesse coupe de l’outil. La vitesse de coupe correspond à la longueur
de rotation de l’outil en tour par minute (N = tr/min). Non seu- du copeau que produirait l’outil en une minute et est exprimée
lement pour l’obtention d’un trou mais aussi pour que en mètre/minute.
l’opération puisse donner le meilleur résultat de coupe avec
une usure d’outil la moins prématurée possible. Elle est donnée par le fabricant et est directement liée à la
nature du matériau de l’outil mais aussi au mode de travail
En effet, une vitesse trop lente ou inversement trop rapide (perçage, fraisage, tournage…) à la nature du travail (ébauche
va entraîner la détérioration quasiment instantanée de ou finition…) à la nature du métal à travailler ainsi qu’aux
l’outil. angles d’affûtage.

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TBA1370

L’USINAGE ET LA MISE EN FORME DES ACIERS DE CONSTRUCTION

Fig. 2 : Incidence des angles de la partie active pour le perçage de l’acier (© ETI).

Ainsi, pour un outil en acier rapide courant de type X 165 W Co La vitesse de moindre usure V0 est celle qui donne le débit
V Cr 12 10 05 04, la vitesse de coupe recommandée pour percer maximum D0 (cf. Fig. 5a).
de l’acier ordinaire est de l’ordre de 25 m/min. Mais pour des
aciers à outil de meilleure qualité on peut, dans certaines condi- On peut également démontrer qu’il existe entre V0 et Vl une
tions, tourner avec des vitesses de coupe allant jusqu’à 80 m/min. D0
vitesse qui donne un débit de moitié : De = .
Il existe aussi des outils types stellites, céramiques ou diamants 2
où la vitesse de coupe peut atteindre 800 à 1 000 m/min.
La figure 3 donne des vitesses de coupes pour le percement Cette vitesse Ve = 4 V0 est appelée vitesse économique. Elle
de matières courantes avec un outil en acier rapide. 3
donne une usure plus rapide de l’outil mais elle permet
Pour la détermination de la vitesse de rotation (N = tr/min), il d’obtenir une production horaire plus importante (cf. Fig. 5b).
suffit de prendre la longueur du copeau pour une minute
(Vitesse de coupe Vc = m/min) et de la diviser par la longueur Le choix entre vitesse de moindre mesure et vitesse écono-
qu’effectue l’arrête tranchante en un tour. Pour un foret, c’est mique se fera en fonction de l’outil. En effet, si celui-ci est
le périmètre. difficile à confectionner, difficile et long à affûter ou avec un
positionnement et réglage important, la vitesse de moindre
D’où : N = V . mesure est préconisée.
π.D
Un abaque permettra de déterminer avec une relative préci- Ce choix est rarement mis en évidence en structures métalli-
sion la fréquence de rotation (cf. Fig. 4). ques mais il est important d’en avoir une notion.
Vitesse de moindre usure – Le volume de copeaux qu’un Lubrification – Le foret travaille dans des conditions difficiles.
outil est susceptible de produire entre deux affûtages succes- Il est soumis à des efforts de torsion, de flambage et de frot-
sifs s’appelle le débit. Il est exprimé en décimètres cubes tement qui crée un échauffement difficile à refroidir dans les
(dm3) (cf. Fig. 5). trous profonds car l’âme du foret ne coupe pas. L’usure des
listeaux peut entraîner le coincement du foret dans les trous
Une courbe résultant de travaux expérimentaux montre les profonds.
débits d’un outil en fonction des vitesses en partant d’un outil
affûté jusqu’à nécessité d’un réaffûtage pour chaque essai. On Afin de préserver les caractéristiques du foret il faut refroidir
constate que, pour une vitesse limite Vl il y a l’usure instan- cet outil. Généralement celui-ci se fait par arrosage abondant
tanée de l’outil. De la même manière, pour une vitesse trop de l’outil de la pièce. Le principe consiste à absorber la quan-
lente V1 l’outil s’use prématurément. tité dechaleur produite par un lubrifiant.

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TBA1370

L’USINAGE ET LA MISE EN FORME DES ACIERS DE CONSTRUCTION

Fig. 3 : Vitesse de coupe pour le percement des matières courantes avec un outil en acier rapide(© ETI).

Le lubrifiant permet la diminution du frottement du copeau par Dans le cas contraire, le perçage est une opération d’ébauche,
rapport à l’outil, empêche la « soudure » du copeau adhérent la finition se fait ensuite avec un outil de forme (alésoir) ou un
et évacuent la chaleur produite. outil à aléser, on parle alors d’alésage. D’autres applications
peuvent être réalisées à partir de l’opération de perçage :
Les lubrifiants utilisés doivent très conducteurs pour évacuer la
chaleur produite, très lubrifiant pour réduire le frottement, très • le lamage : exécution soignée de logements pour tête de vis ;
mouillant pour s’infiltrer entre l’outil et le copeau, rès onctueux pour
résister aux efforts, très stable pour conserver ses qualités dans le • l’alésage : obtention, pour un trou, d’une bonne précision géo-
temps, protéger contre la corrosion et demeuré antiseptique. métrique et dimensionnelle ainsi que d’un bon état surface ;
Les lubrifiants peuvent être de différente nature et en fonction,
principalement, de la nature du métal usiné. Pour les aciers, on • le taraudage : usinage de sillons hélicoïdaux pour former des
prend généralement un lubrifiant d’origine minérale (huile de filets dans la paroi d’un trou (sur une tige, la même opération
coupe « chimique » + eau). L’aluminium est lubrifié au pétrole s’appelle le filetage) ;
ou au suif. La fonte et les alliages de cuivre ne sont pas lubrifiés.
• le carottage : obtention d’un disque de diamètre variable
Autres applications – Le perçage peut être une opération de selon l’outil choisi ;
finition lorsque les qualités géométriques (dimension, état de
surface) obtenues sont suffisantes pour la fonction à assurer • le trépannage : réalisation de trou de grand diamètre de faible
(passage de vis) (cf. Fig. 6). épaisseur (tôles).

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TBA1370

L’USINAGE ET LA MISE EN FORME DES ACIERS DE CONSTRUCTION

Fig. 4 : Abaque permettant de déterminer avec une relative précision la fréquence de rotation(© ETI).

Fig. 5 : Débit d’un outil en fonction de la vitesse (© ETI).

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TBA1374

Rivetage, boulonnage et collage


des aciers de construction

1. Les assemblages ...................................................................................... TBA1374 - 2


I – Nature de la liaison réalisée .................................................................. — 2
II – Le rivetage ............................................................................................. — 3
III – Le boulonnage...................................................................................... — 9
2. Le collage .................................................................................................. — 17
I – Principe ................................................................................................... — 17

ans le domaine de la construction métallique, les techniques d’assem-


3
D blage sont fondamentales. En effet, les pièces métalliques sont des ajouts
d’éléments finis assemblés entre eux selon un savoir-faire à maîtriser.
Les méthodes utilisées vont du soudage au frettage, en passant par, entre
autres, le collage, le vissage ou encore le clippage. Pour choisir la solution
technique la plus appropriée à un assemblage, il faut connaître la nature de la
liaison réalisée : s’agit-il d’un assemblage continu ou discontinu ?
Quel est le rivetage adapté à la pièce à travailler (par clinchage, sertissage,
etc.) ? Dans le cas de rivets et boulons, quelles distances et entraxes faut-il
prévoir suivant la structure de l’acier en jeu ? Comment calculer une ligne de
trusquinage ? Que signifie rivetage à froid ou rivelonnage ? Comment recon-
naître les caractéristiques géométriques du boulonnage ? Quelles sont les
spécifications Eucodode d’un boulon ? Quelles sont les dispositions construc-
tives d’un assemblage par boulons ? Voici quelques-unes des questions
auxquelles répond concrètement cet article.
Le rivetage, boulonnage et collage des aciers de construction est ici intelli-
gemment synthétisé. Le lecteur curieux complétera la connaissance de ce
domaine avec l’article [TBA1370] qui traite plus spécifiquement de l’usinage et
de la mise en forme des aciers de construction.
Parution : décembre 2007

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TBA1374

RIVETAGE, BOULONNAGE ET COLLAGE DES ACIERS DE CONSTRUCTION

1 Les assemblages

Introduction – La plupart des pièces de structures métalli- I - NATURE DE LA LIAISON RÉALISÉE


ques sont constituées d’éléments finis assemblés entre eux.
Les métaux ferreux et non ferreux peuvent être assemblés de
multiples façons : soudage, collage, vissage, rivetage, agra- Assemblages discontinus – L’examen de la liaison réalisée
fage, sertissage, clippage, frettage... (cf. Fig. 1) montre une discontinuité entre les surfaces de
contact (cf. Fig. 1a).
Définition – Un assemblage est une liaison complète durable
qui solidarise deux ou plusieurs pièces sans possibilité de La zone de contact entre deux pièces présente un état de
mouvements relatifs. On distingue : surface moyen. On remarque l’importance des espaces vides
séparant les deux pièces : le contact est ponctuel.
• les assemblages permanents : le démontage (séparation des
3 pièces) est impossible ou du moins difficile. La liaison est
irréversible ;
Ce type de liaison caractérise les assemblages mécaniques
qui réalisent et maintiennent un simple contact entre deux
pièces grâce à un élément extérieur dont la déformation élas-
• les assemblages démontables : les pièces sont liées de façon tique assure un serrage durable des pièces. Dans la pratique,
réversible, la fréquence des démontages est alors un para- ce type d’assemblage mécanique est réalisé par vissage
mètre important. (démontable) ou rivetage (permanent) ainsi qu’à la déforma-
tion d’une ou des pièces constitutives de l’assemblage (c’est
le cas notamment du sertissage, clippage, dudgeonnage). Ces
assemblages sont permanents.

Fig. 1 : Nature de la liaison (© ETI).

Assemblages continus – Ils sont réalisés selon les procédés • Par dilution
suivants :
Ces techniques qui utilisent une fusion localisée des bords sont
• Avec un matériau de remplissage de très loin les plus utilisées ; elles constituent l’ensemble des
L’espace séparant les deux surfaces en contact est comblé procédés de soudage en phase liquide. Le mélange en phase
(cf. Fig. 1b) soit par un adhésif non métallique (procédé de col- liquide de deux matériaux métalliques nécessite des points de
lage), soit par un métal différent de celui qui constitue les fusion voisins et la miscibilité des deux matériaux, ce qui est le
pièces à assembler (procédé de brasage). La liaison qui s’éta- cas de tous les alliages d’aluminium (cf. Fig. 1c).
blit ainsi peut être le résultat de plusieurs phénomènes physico-
chimiques comme : • Par déformation plastique
– l’attraction physique due aux forces interatomiques ; Sous l’action d’une action mécanique suffisante (pression), la
– une liaison chimique résultant de la formation d’un composé déformation plastique du métal assure un contact suffisamment
intermédiaire dont la nature est fonction des matériaux en intime pour qu’une liaison interatomique puisse avoir lieu en
présence. phase solide (cf. Fig. 1d).

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TBA1374

RIVETAGE, BOULONNAGE ET COLLAGE DES ACIERS DE CONSTRUCTION

Ces techniques sont relativement peu utilisées et souvent Principe – Un rivet se compose d’une tige cylindrique munie
combinées avec un apport thermique qui facilite la liaison. d’une tête appelée tête d’origine. Après introduction dans le
Elles sont utilisées pour des applications spécifiques : trou des pièces, la partie émergeante est refoulée, ce qui pro-
soudage à froid des feuilles minces. La liaison s’effectuant en voque le gonflement de la tige qui remplit le logement et la
phase solide, elles offrent d’intéressantes possibilités formation d’une tête de fermeture ou rivure qui assure un
d’assemblage de métaux différents (aluminium-cuivre). serrage axial (cf. Fig. 2).
La longueur à prévoir en plus de l’épaisseur à assembler est
Remarque
de 1,5 fois le diamètre du rivet pour une tête ronde et de 0,8
La réalisation d’une liaison continue n’est pas toujours fois le diamètre pour une tête fraisée (cf. Fig. 3).
nécessaire sur toute la surface de contact des pièces (sou-
dage par points). Un assemblage riveté est conçu pour travailler généralement
au cisaillement car il est moins adapté aux efforts axiaux et
Choix d’une technique d’assemblage – Il se fait principale- comporte plusieurs rivets. Ce procédé est maintenant concur-
ment en fonction des caractéristiques essentielles de rencé par le soudage par points et par les procédés de collage
l’assemblage désiré (démontable ou permanent), de la nature mais il reste très utilisé notamment dans l’aéronautique car il
des matériaux assemblés et des qualités demandées à la permet l’assemblage de matériaux d’épaisseurs différentes et/
liaison (résistance, étanchéité...). ou de compositions différentes, ne crée pas de perturbations
thermiques dans les pièces assemblées et ne nécessite pas
Ainsi, les assemblages mécaniques sont en principe les seuls d’investissements coûteux.
démontables, les techniques de collage trouvent leur intérêt
dans les nombreuses possibilités d’assemblage de matériaux
très différents, mais les techniques utilisant une fusion des
Avec les procédés actuels, l’opération s’effectue facilement et
peut être automatisée.
3
bords des pièces (procédés de soudage courant) sont les plus
utilisées.
Seule une bonne connaissance de tous les procédés utilisa-
bles et des conditions de réalisation de l’assemblage
(équipements disponibles, importance de la série, coûts,
délais...) permet de faire un choix judicieux répondant aux pro-
priétés demandées à l’assemblage.

II - LE RIVETAGE

Définition – C’est une liaison « encastrement » indémontable


d’un ensemble de pièces par refoulement ou par expansion
de matière d’un élément malléable. De moins en moins utilisé
en structures métalliques, ce moyen de liaison reste d’une
bonne fiabilité lorsque les règles de conception sont bien
appliquées. Fig. 2 : Pose d’un rivet (© ETI).

Fig. 3 : Calcul de la longueur sous tête(© ETI).

Les rivets – Les rivets ont différentes formes de têtes côté. On parle alors de rivet à expansion ou rivet aveugle.
(cf. Fig. 4). Quand ils sont pleins, ils demandent une acces- La rivure est obtenue par traction sur la tige qui se rompt
sibilité de part et d’autre de l’assemblage, mais il existe des une fois les pièces accostées (cf. Fig. 5).
rivets spéciaux pour les assemblages accessibles d’un seul

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TBA1374

RIVETAGE, BOULONNAGE ET COLLAGE DES ACIERS DE CONSTRUCTION

On utilise de préférence des rivets du même alliage que le métal Remarque


de base. En effet, pour les alliages d’aluminium par exemple, Il est préférable d’utiliser plusieurs rivets de petit diamètre
les caractéristiques mécaniques peuvent varier beaucoup d’un que quelques rivets de gros diamètre. En effet, pour une
alliage à l’autre, et pourraient entraîner des déformations des résistance de pièce à assembler égale, les petits rivets
tôles si le rivet est plus résistant que les tôles et inversement offrent une section résistante plus avantageuse (cf. Fig. 6).
l’assemblage perdrait de sa résistance si le rivet est moins
résistant. Pour les assemblages hétérogènes, il faut prendre les
mêmes précautions que pour les assemblages vissés.

Fig. 4 : Rivets d’assemblage (© ETI).

Fig. 5 : Rivets à expansion ou rivets aveugles (© ETI).

Autres rivetages – Enfin (cf. Fig. 7), on distingue le rivetage Dispositions constructives – Ces dispositions sont com-
avec ou sans rivet rapporté : munes aux assemblages rivés ou boulonnés.
1/ Les pinces longitudinales et transversales ainsi que les
• les rivets autopoinçonneurs (cf. Fig. 7a) ;
entraxes minimum et maximum pour les boulons et rivets sont
donnés dans le tableau 1 avec les notations données à la
• le clinchage (cf. Fig. 7c) ; figure 8. Ces dispositions sont en partie liées à l’exposition des
attaches ainsi que de leurs protections.
• et le sertissage (cf. Fig. 7d). Sachant que t est l’épaisseur de la pièce attachée extérieure
la plus mince.
Les rivets autopoinçonneurs permettent un rivetage rapide car À noter qu’il n’y a pas de valeur maximale d’entraxe, de pinces
souvent automatisé. Ils offrent l’avantage d’un assemblage par longitudinales et transversales, sauf dans les cas où les barres
une opération unique (pas de perçage), une étanchéité au sont comprimées, afin d’éviter le voilement local et de prévenir
liquide et aux gaz ainsi qu’une robotisation possible. la corrosion dans les barres exposées, ainsi que pour les
barres tendues exposées afin de prévenir la corrosion.
Le clinchage est surtout employé pour l’assemblage des tôles On notera toutefois qu’il est préconisé de limiter la distance
et des profilés par une déformation locale et à froid. L’opéra- entre axes p, à 14 fois l’épaisseur de la plus mince des pièces
tion est mécanique, rendant difficile l’exécution sur chantier. assemblées sans dépasser 200 mm.

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TBA1376

Le soudage des aciers


de construction

1. Modes opératoires .................................................................................. TBA1376 - 2


I – Généralités.............................................................................................. — 2
II – Le pointage ............................................................................................ — 4
III – Quelques notions d’électricité............................................................. — 6
2. Les principaux procédés de soudage................................................. — 8
I – Introduction ............................................................................................ — 8
II – Présentation des différents procédés de soudage ............................. — 8
3. Évolution des procédés et techniques intéressant
les structures métalliques ....................................................................
I – Le soudage de produits prépeints ........................................................


40
40
3
II – Soudage des aciers galvanisés ............................................................ — 40
III – Réparation des soudures..................................................................... — 41
IV – Corrosion des assemblages hétérogènes.......................................... — 41
4. Contraintes et déformations d’origine thermique......................... — 43
I – Phénomènes de retrait et leurs conséquences.................................... — 43
II – Limitation des déformations pendant le soudage.............................. — 44
III – La méthode « chaude de retrait » ....................................................... — 45
5. Calculs de vérification ........................................................................... — 46
I – Généralités et définitions ...................................................................... — 46

ci est abordé le soudage d’un matériau métallique.


I Principe, utilisation, avantages, méthodes, terminologie, techniques de poin-
tage (préparation des soudures proprement dites), et quelques notions d’électricité
en guise de rappel, sont le point d’entrée de ce grand article complet.
Les principaux procédés de soudage, très nombreux, sont au centre de ce
travail exhaustif :
– la flamme oxyacétylénique ;
– le soudage TIG (pour Tungsten Inert Glas) ;
– le soudage à l’arc avec électrodes enrobées ;
– les soudages MIG et MAG ;
– le soudage avec fil fourré ;
– le soudage à l’arc sous flux en poudre, nommé aussi « arc submergé » ;
– le soudage par résistance par points qui a produit d’autres techniques
dérivées comme le soudage par résistance à la molette, par bossages ;
– le soudage par résistance électrique qui possède des variantes telles que le
soudage en bout simple, ou en bout par étincelage, ou encore par induction ;
– le soudage au plasma ;
– le soudage par faisceau d’électrons ;
– le soudage par faisceau laser ;
– le soudage par friction ;
– le soudage par explosion ;
– le soudage électrique à l’arc pour éléments de fixation.
L’avant-dernière partie de l’article est ouverte sur l’évolution des procédés et
techniques pour soudures sur des produits pré-peints ou des aciers galvanisés,
sans omettre le sujet délicat de la réparation des soudures et de la corrosion
des assemblages hétérogènes.
Enfin, la conclusion porte sur la question des contraintes et déformations
d’origine thermique. On y trouve la description de la méthode curieusement
nommée « chaude de retrait », ainsi que tous les calculs de vérification appro-
priés aux spécificités des assemblages par soudures.
Parution : mars 2008

Agrémenté d’une multitude d’exemples et de schémas descriptifs, ce travail


est une mini-bible des techniques de soudage sur matériaux métalliques.

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TBA1376

LE SOUDAGE DES ACIERS DE CONSTRUCTION

1 Modes opératoires

I - GÉNÉRALITÉS flamme oxyacétylénique, arc électrique, plasma, bombarde-


ment électronique, laser, etc.
3 Principe du soudage – L’opération de soudage consiste à
réunir ou rassembler deux pièces ou plusieurs parties consti-
Le soudage simplifie les assemblages et offre les meilleures
garanties de résistance mécanique, d’étanchéité, de continuité
tutives d’un assemblage en perpétuant la continuité de la thermique, électrique et magnétique.
matière entre les parties à assembler par chauffage, par pres-
sion ou par combinaison des deux. Les méthodes de soudage – On distingue le soudage
exécuté sans effort mécanique extérieur, de celui exécuté
Un produit d’apport dont le point de fusion est du même ordre avec effort. La première méthode exige toujours une élévation
de grandeur que celui du matériau de base peut être utilisé. de la température jusqu’à fusion des bords des éléments à
Si on soude les métaux, on soude aussi les matières plasti- assembler et nécessite souvent l’introduction dans le joint d’un
ques, les matériaux composites, les céramiques, le verre, etc. apport extérieur de métal. Dans la seconde, la liaison peut être
Utilisation et avantages – Le soudage peut aussi être utilisé obtenue soit par fusion des éléments à assembler, soit à partir
pour exécuter des rechargements. On rapporte du métal à cer- de bords demeurant à l’état solide mais portés à température
tains endroits d’une pièce pour compenser une usure de de plasticité du matériau.
frottement ou de chocs avec un apport plus noble ou plus dur
Terminologie – La confusion est fréquente entre le soudage,
en surface pour réparer des pièces accidentées ou corrodées.
le brasage et le soudo-brasage. Il est donc opportun de définir
La multiplicité des procédés confère au soudage un domaine avec précision ces trois procédés d’assemblage.
d’applications quasi illimité, de la fabrication des microproces-
seurs à celle des pétroliers géants. Dans le cas particulièrement important des matériaux métalli-
ques, le soudage se présente sous deux aspect : le soudage
L’essor industriel du soudage a été rendu possible grâce à la autogène et le soudage hétérogène (brasage ou soudo-
mise au point de puissantes sources d’énergie thermique : brasage) (cf. Fig. 1).

Fig. 1 : Les termes du soudage (© ETI).

Pour distinguer ces deux procédés, il faut d’abord préciser d’apport » qui est un métal étranger aux pièces à assembler
deux termes : celui de « métal de base » qui est le métal et qui peut intervenir dans l’opération d’assemblage.
constituant les pièces à assembler, celui du « métal

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Ainsi, la distinction entre le soudage autogène et le soudage métal de base. L’assemblage se fait par « accrochage ». On dit
hétérogène se fait aisément : aussi par diffusion métallique. Dans les deux cas, on cherche à
augmenter la surface d’accrochage car seul le métal d’apport
• en soudage autogène (cf. Fig. 2), les pièces à assembler par- est porté à température de fusion. Pour le soudo-brasage, il y a
ticipent à la constitution du joint. On cherche à assurer la conti- un dépôt de cordon et la préparation des bords est identique à
nuité de la matière avec un métal d’apport de nature la plus celle d’une soudure autogène. Pour le brasage, on limite le jeu
proche possible des pièces à assembler ; entre les pièces à assembler de manière à ce que le métal
d’apport s’infiltre par capillarité lorsque la température de
• en brasage (cf. Fig. 3), ou soudo-brasage au contraire (cf. « mouillage » est atteinte (cf. Fig. 5).
Fig. 4), la constitution du joint est apportée par la seule inter-
vention du métal d’apport généralement de nature différente du

Fig. 2 : Soudure autogène (© ETI).

Fig. 3 : Brasage (© ETI).

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Fig. 4 : Soudo-brasage (© ETI).

Fig. 5 : Accrochage et mouillage en brasage et soudo-brasage (© ETI).

Les différentes formes de soudures – Restent à définir les Toutefois, la distance entre ces points doit être assez faible
différentes formes de soudures et notamment sur les types de pour éviter des variations de l’écartement entre les éléments
joints (cf. Fig. 6), sur quelques préparations spécifiques sous l’effet des déformations en cours de soudage. Pour les
(cf. Fig. 7) et finalement sur les différentes positions (cf. assemblages de grande largeur, on admet un entraxe de
Fig. 8). Cette notion est primordiale tant il est vrai que la réus- l’ordre de 30 à 40 fois l’épaisseur des pièces pour des épais-
site d’une soudure passe d’abord par le choix d’une seurs inférieures ou égales à 20 mm. Pour les pièces
conception d’assemblage adaptée au soudage puis de la pré- d’épaisseur supérieure à 20 mm, cet intervalle reste de l’ordre
paration et enfin de la position à laquelle sera exécutée la de 60 cm mais la section des points doit être augmentée en
soudure. fonction de l’épaisseur.

Section des points – La section de chaque point doit être


suffisante pour résister sans rupture aux efforts auxquels ils
II - LE POINTAGE sont soumis, en particulier pendant l’exécution des premières
soudures sur un ensemble préalablement constitué par poin-
Principe – À moins que des dispositions spécifiques par tage. Lorsque la section et le nombre de points sont
bridage mécanique de maintien des pièces, avant et en cours insuffisants, ceux-ci peuvent se rompre. Dans ce cas, ils
de soudage, aient été prises, le pointage reste l’opération qui n’assurent plus leur fonction et même si les modifications
consiste à réunir provisoirement les éléments à assembler par d’écartement ou de niveau des pièces demeurent admissi-
de petits cordons de soudure discontinus avant l’exécution des bles, ils doivent être éliminés par meulage puis reconstitués.
soudures proprement dites. Il est en effet très dangereux de recouvrir un point cassé par
une passe de soudure, en raison de la très grande probabilité
Distance entre les points de soudage – Il n’existe pas de de persistance, et même de prolongation, de cette fissure
règle précise pour définir le nombre et la dimension des points. dans le dépôt.

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Fig. 6 : Les types de joints (© ETI). 3

Fig. 7 : Les préparations spécifiques (© ETI).

Fig. 8 : Les positions de soudage (© ETI).

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Exécution des points – Chaque point doit être exécuté avec trôle par ressuage est conseillé afin de vérifier l’absence de
le même produit d’apport et surtout avec les mêmes précau- défaut de surface.
tions que pour la première passe de la soudure. En particulier,
lorsque des conditions thermiques du soudage (préchauffage En conclusion
ou postchauffage) doivent être appliquées, le pointage sera
exécuté avec au moins autant de rigueur que pour le soudage Le pointage est une opération délicate qui mérite une grande
proprement dit. En effet, l’énergie dissipée pour l’exécution attention. Une qualification du mode opératoire et des sou-
d’un point étant peu importante, le refroidissement est très deurs chargés de l’appliquer peut être nécessaire lorsqu’il
rapide et risque de provoquer une trempe vive sous cordon. s’agit de constructions de sécurité.
Étant donné que chaque point est généralement très bridé, les
risques de fissuration sont très grands et il convient de s’en
prémunir.
III - QUELQUES NOTIONS D’ÉLECTRICITÉ
Utilisation de clames et étriers – Pour les assemblages bout
à bout et en angle de pièces épaisses, on utilise des clames
L’alimentation électrique – Toute installation de soudage
ou des étriers dont deux éléments sont soudés provisoirement
nécessitant l’apport d’une source électrique doit être con-
sur chacune des pièces, des dispositifs de serrage mécanique
nectée sur le réseau EDF qui délivre (cf. Fig. 9) :
permettant d’assurer ensuite les efforts nécessaires à l’accos-
tage et à la mise à niveau des deux pièces à souder. Ces • un courant alternatif d’une intensité de 200 A maximum en
clames sont ensuite dessoudés et sont réutilisables. Les sou- monophasé et de 100 A en triphasé ;
3 dures de fixation de ces clames nécessitent les mêmes soins
que ceux qui sont demandés pour l’exécution de la soudure
d’assemblage (choix des produits d’apport, cycle thermique,
• une fréquence de 50 Hz ;

préchauffage, etc.). La dépose doit être effectuée par meulage • une tension alternative de 220 V, 380 V en monophasé ou en
en évitant tout arrachement ou blessure des pièces. Un con- triphasé, ou 415 V en triphasé.

Fig. 9 : Raccordement au réseau (© ETI).

Principe de l’arc électrique – Pour créer un arc électrique Il existe ainsi des appareils mixtes (cf. Fig. 11) qui permettent l’uti-
entre l’électrode et la pièce à souder, il faut que l’une et l’autre lisation de différents procédés de soudage avec arc électrique.
soient à des polarités différentes. Selon les procédés de sou-
dage, l’électrode et la pièce à souder changent de polarité. Le courant pulsé – L’évolution des composants électroniques
Généralement l’électrode est reliée au pôle négatif pour le a permis de passer de la diode (générateurs simples) aux
procédé à l’électrode enrobée mais elles peuvent être tantôt « thyristors », puis aux transistors. Ainsi, la technologie du trai-
au « + » tantôt au « – ». tement du signal a évolué et a rendu possible la modification
de la fréquence des signaux, c’est ce que l’on appelle le
courant pulsé. Grâce à cette forme d’onde, on obtient des pics
En soudage, on obtient, grâce à un transformateur « T », une
plus hauts (donc plus chauds) et des pics plus bas (donc plus
faible tension (50 V maximum) et une forte intensité (parfois
froids) autour d’une valeur moyenne (cf. Fig. 12).
supérieure à 1 000 A). Éventuellement une modification du
courant alternatif en courant redressé est obtenue grâce à un Hacheur et onduleur – Un poste de soudure est constitué
pont redresseur « R » ainsi qu’avec un hacheur « H » pour le d’organes. La manière de disposer ces différents organes
changement de fréquence (cf. Fig. 10). (transformateur, redresseur et « hacheur ») à l’intérieur du
poste permet d’obtenir un hacheur de thyristors ou de transis-
Si on veut un courant continu, seul un générateur pourra le tors, ou un onduleur (à base de transistors). L’avantage de
fournir. l’onduleur est qu’il est d’un poids réduit (cf. Fig. 13).

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Fig. 10 : Obtention du courant de soudage (© ETI).


3

Fig. 11 : Appareils mixtes – Alternatifs et continus (© ETI).

Fig. 12 : Le courant pulsé (© ETI).

Fig. 13 : Disposition de différents organes à l’intérieur d’un poste (© ETI).

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2 Les principaux procédés de soudage

I - INTRODUCTION d’apport peut éventuellement être différente de celle du maté-


riau de base.
Principe des différents procédés de soudage – Le principal
procédé de soudage par fusion est le soudage oxyacétylé-
nique. Un dérivé, le soudage électrique avec une électrode en
tungstène infusible (TIG) s’apparente du point de vue mode
II - PRÉSENTATION DES DIFFÉRENTS PROCÉDÉS DE
opératoire. SOUDAGE
Vient ensuite le procédé qui utilise l’arc électrique avec élec-
trode enrobée, le procédé à l’arc sous protection gazeuse
avec fil continu fusible (MIG et MAG). Ces deux procédés sont A. Le soudage oxyacétylénique
3 les plus répandus dans les assemblages de constructions
métalliques. Reste le soudage par résistance et, pour des
Historique – Pour la petite histoire, le soudage oxyacétylé-
applications spécifiques, les procédés par faisceau d’électrons
nique a été étudié par Le Chatelier vers 1885 pour ce qui
ou par faisceau laser.
concerne la mise en œuvre des deux gaz, oxygène O2 et acé-
Tous opèrent de proche en proche, par déplacement d’une tylène C2H2.
source de chaleur quasi ponctuelle qui détermine dans les élé-
ments à assembler un front d’échauffement extrêmement Origine de la flamme oxyacétylénique – Cette flamme
brutal à l’arrière duquel se forme le bain de fusion. Pour aug- résulte de la combustion du mélange d’oxygène (1,1 volume)
menter la pénétration en profondeur de la fusion, on est et d’acétylène (1 volume) (cf. Fig. 1). En réalité, pour brûler 1
amené à écarter ou à chanfreiner les bords à assembler. Il faut volume d’acétylène il faut 2,5 volumes d’oxygène, mais c’est
alors recourir à un apport extérieur de métal sous forme de en fait l’oxygène de l’air ambiant qui apporte sa contribution à
fils ou d’électrodes fusibles. La composition chimique du métal hauteur de 1,5 en volume.

Fig. 1 : La flamme oxyacétylénique (© ETI).

Soudage manuel – Le dard produit une combustion primaire s’applique aux aciers courants, aux aciers alliés, aux fontes et
qui engendre à son extrémité une température qui peut à de nombreux métaux non ferreux.
atteindre 3 150 °C lorsque le mélange C2H2 et O2 est correc-
tement équilibré dans le chalumeau. L’action réductrice des Utilisé de façon courante dans tous les domaines de l’indus-
gaz produits protège le métal en fusion. En revanche, le trie, il occupe toujours une place importante dans le soudage
panache, zone la plus volumineuse de la flamme, est le siège des épaisseurs inférieures à 6 mm et particulièrement en
d’une combustion secondaire avec l’air à caractère oxydant. tuyauteries. En outre, la flamme oxyacétylénique donne des
possibilités variées de procédés connexes au soudage comme
Le métal d’apport, généralement sous forme de baguette de fil
l’oxycoupage, le rechargement, la métallisation, le décapage,
dressé de Ø 0,8 mm à Ø 4 mm, est amené manuellement ou
la trempe superficielle, etc.
automatiquement dans le bain de fusion (cf. Fig. 2). L’énergie
calorifique de la flamme fait fondre localement la pièce à assem-
bler pour constituer le bain de fusion et le fil d’apport est amené Enfin, une flamme carburante (excès d’acétylène) donnera
dans celui-ci au fur et à mesure de l’avance. Après refroidisse- une température inférieure à celle de la flamme normale. Elle
ment, un cordon de soudure assure le maintien des pièces. est employée pour les rechargements durs notamment en
trempe superficielle. À l’inverse, une flamme oxydante (excès
Domaines d’application – Procédé manuel par excellence et d’oxygène) permet le soudage des laitons et facilite les opé-
se prêtant bien à l’automatisation, le soudage oxyacétylénique rations de soudo-brasage mais pas sur les alliages légers.

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Du point de vue de la sécurité, il ne faut jamais graisser les


surfaces en contact avec l’oxygène.

Ne pas utiliser de cuivre pour la fabrication de pièces en


contact avec l’acétylène.

B. Le soudage TIG

Principe du soudage TIG – Principe comparable au soudage


au chalumeau pour ce qui est du mode opératoire, ce procédé
est particulièrement réservé aux épaisseurs faibles inférieures
à 5 ou 6 mm. La technologie des postes a largement évolué
et demande une bonne connaissance du procédé pour la
bonne réalisation de pièces, mais aussi pour éviter les décon-
venues sur les générateurs.

Dans le procédé TIG (de l’anglais : Tungsten Inert Gas), l’arc


est établi au sein d’une atmosphère neutre (argon ou hélium)
entre la pièce à souder et une électrode métallique réfractaire
(de Ø 0,8 mm à Ø 4 mm) non consommable en tungstène pur
3
(ou thorié) dont le point de fusion est extrêmement élevé
(3 000 °C). La chaleur dégagée par l’arc fait fondre les bords
de la pièce et l’éventuel métal d’apport qui contribue à la for-
Fig. 2 : Soudage oxyacétylénique – Principe du soudage manuel (© ETI). mation du cordon (cf. Fig. 3).

Fig. 3 : La torche de soudage TIG (© ETI).

Le flux de gaz inerte, généralement à base d’argon ou type : Cu-Sn, Cu-Si, Cu-Al, Cu-Ni, le titane et ses alliages,
d’hélium, protège de l’air environnant l’électrode, le bain de le nickel et ses alliages : Ni-Cu, Ni-Cr -Fe, Ni-Cr-Fe-Mo, Ni-
fusion et, le cas échéant, l’extrémité du fil d’apport. On évite Mo, etc.
ainsi toute oxydation.
Les soudures sont de haute qualité et de bonne compacité.
La présence de thorium permet d’utiliser les électrodes avec
Les cordons présentent un aspect lisse. Le soudage peut se
une intensité de courant plus élevée car le pouvoir émissif du
faire en toutes positions.
tungstène augmente, ce qui facilite l’amorçage mais aussi
permet la stabilité de l’arc en cours de soudage.
Gaz utilisés – Selon les matériaux à assembler, les gaz de
Les avantages du soudage TIG – Outre l’automatisation, soudage sont différents (cf. Tab. 1). Les débits pour l’argon et
les avantages de ce procédé sont nombreux. Il permet les mélanges à base d’argon varient selon les cas de 5 à 15 l/
notamment d’assembler les aciers au carbone non efferves- mn. Pour l’hélium, ils doivent être doublés. Ce sont des gaz
cents, les aciers inoxydables et les réfractaires, l’aluminium classés parmi les gaz rares mais que l’on trouve industrielle-
et ses alliages, le magnésium et ses alliages. Il permet aussi ment de manière courante. La pureté est contrôlée et est de
le soudage du cuivre désoxydulé et certains alliages du 99,99 % pour l’argon.

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Tab. 1 – Nature du gaz selon les matériaux à assembler pour le soudage TIG

Cuivreux
Aciers non alliés Aciers inoxydables
Matériaux de base Alliages légers
et faiblement alliés Nickel et alliages
Al < 8 % Al > 8 %

Argon Argon Argon + Hélium


Hélium
Courant continu
Argon + Hélium (épaisseurs fines en
Pôle « – » à l'électrode
Argon + Hydrogène Hélium automatique)
Argon + Hydrogène

Argon Argon
Courant alternatif
Argon + Hélium Argon + Hélium

L’incorporation d’hydrogène dans l’argon améliore la pénétra-

3 tion et la vitesse de soudage. La pénétration est profonde et


étroite.
L’addition d’hélium dans l’argon augmente l’énergie de l’arc,
améliore la pénétration, la vitesse de soudage et l’aspect du
cordon. La pénétration est également profonde et large.
Amorçage par haute fréquence – L’amorçage de l’arc a été
facilité par l’apparition d’un poste avec un dispositif d’amor-
çage par haute fréquence (HF) (cf. Fig. 4). Grâce à cette
technique, on évite de mettre en contact l’électrode en tungs-
tène avec la pièce à souder. En effet, un simple contact
suffisait pour déposer de la poussière ou encore pour occa- Fig. 4 : Soudage TIG – Dispositif d’amorçage par haute fréquence (© ETI).
sionner une inclusion de tungstène dans le cordon final, ce qui
est rédhibitoire dans certaines activités telles que le nucléaire, Comme le montre la figure 5, avec ce dispositif le gaz s’écoule
l’aéronautique, etc. Reste un inconvénient toutefois car la et l’arc HF jaillit entre l’électrode et la pièce à souder. Vient
haute fréquence peut causer des perturbations du réseau ensuite l’amorçage de l’arc de soudage entre l’électrode et la
informatique ou des commandes numériques environnantes si pièce à souder. Il n’y a plus besoin d’établir un contact pour
la source émettrice n’est pas correctement isolée (blindage avoir l’arc.
des connectiques).

Fig. 5 : Soudage TIG – Phase d’amorçage par haute fréquence (© ETI).

II existe également un autre type d’amorçage plus moderne où sur la pièce à souder et la phase de pénétration offre un bain
l’arc électrique jaillit automatiquement quand l’électrode s’éloigne plus profond que large. En revanche, en polarité inverse, les
de la pièce à souder. Cet amorçage ne nécessite pas de HF. électrons quittent la pièce à souder pour aller percuter l’élec-
trode. Nous obtenons ce que l’on appelle la phase de
Polarité directe ou inverse – Hormis pour le soudage des décapage, car elle donne la possibilité de casser la couche
alliages légers d’aluminium, on emploie toujours la polarité superficielle d’alumine (AL2 O3) pour les alliages légers. Ainsi,
négative « – » à l’électrode et la polarité positive « + » sur la pour souder des alliages légers, nous utiliserons du courant
pièce. Comme le montrent les dessins représentés par la alternatif, sans omettre de décaper les bords des pièces et le
figure 6, en polarité directe l’impact électronique est concentré métal d’apport.

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Conception, typologie et spécificités


des assemblages métalliques

1. Terminologie des ossatures métalliques.................................. TBA1380 - 2


2. Conception ............................................................................................... — 9
3. Assemblages soudés ............................................................................. — 10
4. Conception des assemblages.............................................................. — 20
5. Assemblages de type articulé............................................................. — 30
6. Assemblages de type semi-encastré................................................. — 40
7. Assemblages de type encastré........................................................... — 45 3
8. Raccordements ....................................................................................... — 50
9. Assemblages de bâtiments courants................................................ — 57
10. Aspect économique ............................................................................... — 67

a conception, la typologie et les spécificités des assemblages métalliques


L sont au centre de ce petit article très bref, mais complet.
L’assemblage est considéré comme un « élément sensible ». De ce fait, il y a
des règles et des exigences à respecter en la matière, dont l’essentiel consiste
à anticiper les problèmes préalables et les risques à venir.
Ensuite, il s’agit de réussir la conception de l’assemblage lui-même. Savoir
calculer les efforts, les déformations, la résistance, etc., est au cœur des
connaissances techniques de base en construction métallique.
Enfin, il est fait un rappel synthétique des éléments basiques élémentaires
destinés à entrer dans la composition d’un assemblage métallique.
Le lecteur complétera la connaissance de ce domaine avec l’article [TBA1374]
qui traite plus spécifiquement du rivetage, boulonnage et collage des aciers de
construction.
Parution : juin 2008

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CONCEPTION, TYPOLOGIE ET SPÉCIFICITÉS DES ASSEMBLAGES MÉTALLIQUES

1 Terminologie des ossatures métalliques

Définitions – Comment parler de structures métalliques sans Bavette – Lame métallique protégeant des infiltrations d’eau
parler du langage approprié au métier de charpentier de pluie les interstices de pénétrations ou de parties mobiles
métallique. situées en toiture.
Les termes les plus couramment utilisés appartiennent à ceux Bêche – Butée soudée perpendiculaire à une platine de pieds
du charpentier bois et peuvent même être utilisés par le cou- poteau et pénétrant dans le béton de fondation pour résister
vreur ainsi que tous les métiers du bâtiment. On peut à un effort horizontal.
néanmoins rencontrer des mots qui sont propres à la char-
pente métallique (baïonnette, gousset, échantignolle, fourrure, Bracon – Barre oblique reliant une panne avec l’entrait d’une
etc.). ferme.

3 La localisation des éléments décrits est indiquée aux figures 1


à 5.
Bretelles – Pièce de liaison unissant deux membrures par
encastrement à ses extrémités (on dit également : barrette).

About – Extrémité d’une pièce (un fer), usinée ou préparée Brisis – Tôle relevée en bas de pente pour amortir l’écoule-
pour être assemblée avec une autre pièce. ment des eaux pluviales.
Cadre – Ossature composée de poteaux et de traverses
Acrotère – Saillie verticale d’une façade au-dessus du niveau
assemblés rigidement entre eux et capables d’assurer leur
d’une toiture-terrasse ou d’une toiture à faible pente pour
propre stabilité (on dit également : portique).
masquer la couverture.
Caisson – Section creuse, carrée, rectangulaire, trapézoïdale
Agrafe – Pièce de forme adaptée permettant la fixation de cer-
ou circulaire dont les parois sont exécutées à partir de tôle
tains éléments de couverture, de bardages, de planchers ou
pleine et dont le but est de résister particulièrement à la com-
de façade.
pression ou à la torsion.
Aiguille – Tige ou barre travaillant à la traction et supportant
Calepinage – C’est le résultat de l’effet décoratif que l’on peut
en son centre le tirant de certaines fermes (on dit également :
donner aux tôles de bardages.
suspentes).
Cantilever – Système de construction appliqué à des poutres
Ancrage – Ensemble des moyens employés pour solidariser comportant deux travées ou plus et caractérisées par le fait
un poteau avec sa fondation. que des articulations sont disposées dans les travées (le but
Ancre – Pièce de fer, généralement en forme de X, placée à recherché étant la diminution des contraintes ainsi que des
l’extrémité d’un chaînage pour s’opposer à l’écartement des flèches).
murs principaux. Chaise – Console métallique scellée dans un mur pour servir
Appentis – Toiture à une seule pente adossée à un mur ou d’appui à un élément de construction.
un bâtiment. Chandelle – Poteau provisoire pour servir d’étai sous une
Arbalétrier – Membrure supérieure d’une ferme. poutre.

Arête – Angle saillant formé par l’intersection de deux sur- Chéneau – Sorte de gouttière disposée en bas des pentes de
faces planes ou courbes. toiture et servant à recueillir des eaux de pluie et à les diriger
vers les tuyaux de descente.
Arêtier – Pièce de charpente placée sous l’arête (à l’intersec-
Chevêtre – Profilés dont les extrémités s’appuient sur deux
tion de deux versants de toiture) et sur laquelle s’assemblent
solives, deux poutres ou deux pannes afin de constituer une
les autres éléments de charpente (pannes, chevrons, etc.).
ouverture de trémie, de plancher ou de toiture.
Auvent – Petit toit en appentis au-dessus d’une entrée fixée
Chien assis – Lanterneau à une seule pente situé en rampant
« en console » scellée dans le mur.
sur une toiture inclinée et en sens contraire du versant.
Baie – Ouverture aménagée dans un mur, une cloison où un
Clame – Pièce métallique fixée à l’extrémité d’une barre et
bardage pouvant recevoir une porte ou une fenêtre.
servant à réaliser un accostage précis pour faciliter un assem-
Baïonnette – Petit poteau de section réduite en prolongation blage ou l’exécution d’une soudure.
d’un poteau destiné à supporter les fermes des combles ou le Clé d’arc – Milieu d’un arc en charpentes métalliques ou
prolongement du bardage. faîtage des fermes.
Ballonnage – Raidissage transversal provisoire d’un entrait Closoir – Pièce métallique de calfeutrement.
de fermes empêchant son flambement lors du levage avec
prise en faîtage. Connecteur – Organe de liaison placé entre une poutre métal-
lique et une dalle de béton pour solidariser les deux matériaux.
Bandeau – Pièce en saillie horizontale et continue sur une
façade montée le long de la ligne d’égout pour masquer le Console – Poutre à une travée en porte-à-faux comportant un
chéneau et la rive de toiture. appui à encastrement, l’autre extrémité étant dans le vide.
Bardage – Façade très légère ondulée ou nervurée formant Contrefiche – Barre oblique reliant un poteau avec l’entrait
l’enveloppe d’un bâtiment industriel. d’une ferme (on dit également : aisselier).

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CONCEPTION, TYPOLOGIE ET SPÉCIFICITÉS DES ASSEMBLAGES MÉTALLIQUES

Contreventement – Dispositif assurant la stabilité de l’ossa- Feuillure – Entaille longitudinale devant recevoir une pièce
ture d’un bâtiment soumis à des actions horizontales. présentant une saillie longitudinale complémentaire.
Corbeau – Petite console en saillie destinée à supporter des Fichage – Intervalle de réglage aménagé entre la face supé-
efforts importants. rieure d’un appui et le dessous de la plaque d’embase d’un
poteau.
Corniche – Partie saillante ceinturant une construction à la
partie supérieure de la façade. Fourrure – Pièces en tôle ou en fer plat utilisée pour com-
penser un vide dans certains assemblages.
Costière – Pièce sur laquelle s’appuie la rive d’une couverture
autour d’une trémie, d’un lanterneau. Fruit – Inclinaison sur la verticale d’une membrure d’un
Couronnement – Pièce métallique disposée à la partie supé- poteau. C’est aussi l’inclinaison nécessaire donnée aux mon-
rieure d’un pan de fer ou d’une ossature de bardage. C’est une tants d’une porte pour en faciliter la fermeture.
sorte de chaînage.
Galendage – Cloison de briques ou de moellons remplissant
Couvre-joint – Plaques de liaison réunissant par des rivets le vide entre deux fermes.
ou des boulons les abouts de deux éléments d’une même
pièce (on dit également : éclisse). Gousset – Pièce en tôles planes servant à l’assemblage de
barres convergentes ou au raidissement d’une platine.
Coyau – Cale de forme triangulaire utilisée pour relever la
Héberge – C’est la ligne droite ou brisée située à la partie
pente d’une couverture au droit de la gouttière.
Crapaud – Système d’attache permettant la fixation sur une
supérieure d’un mur séparatif.

Heurtoir – Butée ou socle portant un tampon amortisseur et


3
poutre sans faire de percements dans l’aile ou la membrure
inférieure d’une traverse. servant à arrêter un véhicule ou un pont roulant en fin de
course sur un chemin de roulement.
Crinoline – Sorte de garde-corps de forme tubulaire disposé
sur les échelles fixes afin de protéger d’une chute éventuelle. Hourdis – Sorte de remplissage en brique en terre cuite ou
en béton disposé entre les solives et servant de support pour
Croix de Saint-André – Barre disposée en forme de croix la confection d’un plancher de béton armé.
(contreventement).
Jambe de force – Poteau incliné destiné à soulager la poutre.
Croupe – Versants de toiture permettant de renvoyer les eaux
pluviales sur les chéneaux. C’est aussi une ferme placée Jarret – Pièce métallique formant l’angle d’un portique (on dit
transversalement au long-pan d’un bâtiment sur le versant. également : hanche).
Dévers – Pente ou inclinaison volontaire ou accidentelle d’une Jouée – Paroi verticale longitudinale et latérale d’un
pièce ou d’une construction. lanterneau.
Diagonales – Barre oblique d’une poutre triangulée.
Lambourde – Pièce sur laquelle seront clouées les lames de
Dormant – Cadre fixe des menuiseries. Solidaire du gros parquet.
œuvre.
Lambrequin – Bandeau en tôles formant la rive d’une cou-
Dosseret – Poteau métallique épousant la forme d’un pilastre verture sur le pignon d’un bâtiment ou d’un lanterneau.
ou d’un contrefort de mur et destiné à renforcer ces derniers.
Lanterneau – Partie surélevée d’un comble, souvent parallèle
Échantignolle – Pièce en fer plat plié fixant une panne sur au faîtage et disposé symétriquement de part et d’autre de
l’arbalétrier d’une ferme ou sur la traverse d’un portique. celui-ci. Par extension, on utilise aussi ce terme pour les fenê-
tres de toit assurant l’éclairage ou la ventilation de couloirs ou
Écharpe – Contreventement réalisé par une barre disposée de cage d’escalier.
en diagonale d’une palée comportant plusieurs poteaux.
Larmier – Terme de maçonnerie, destiné à interrompre le ruis-
Éclisse – Pièce assurant la liaison, l’alignement et la trans- sellement des eaux sur les appuis de fenêtres (on dit
mission de certains efforts entre deux éléments adjacents ou également : goutte d’eau, jet d’eau).
consécutifs d’une ossature, d’une panne, d’un rail.
Empannon – Pièce destinée à diviser en plusieurs portées Libage – Assise de maçonnerie constituée par des pierres de
intermédiaires l’intervalle entre deux fermes de manière à grande dimension sur laquelle on fait reposer une colonne, un
réduire la section des pannes (on dit également : faux poteau.
arbalétrier). Lien – Barre reliant deux à deux des pannes ou des lisses.
Encorbellement – Pièce de construction se trouvant en saillie
Liernes – Liens de pannes en cornières croisées reliant res-
par rapport au nu d’une façade. Partie d’ossature en
pectivement en ciseaux les membrures supérieures et
débordement.
inférieures d’une panne en treillis.
Engravure – Intersection par scellement d’une bande de zinc
dans une rainure pratiquée dans une paroi pour détourner le Limon – Poutre supportant les marches d’un escalier (on dit
ruissellement des eaux de pluie. également : joue).

Entrait – Membrure inférieure d’une ferme (travaille générale- Linçoir – Chevêtre placé devant un conduit de cheminée ou
ment en traction). devant certaines parties de murs impropres à supporter les
solives d’un plancher.
Faîtage – Arrête longitudinale formée au sommet d’une toiture
par la rencontre des deux versants. Linteau – Poutre horizontale située à la partie supérieure
d’une baie (on dit aussi : poitrail).
Ferme – Poutre triangulée dont la membrure supérieure est à
simple ou à double inclinaison. Lisses – Barre horizontales d’une ossature de bardages.

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CONCEPTION, TYPOLOGIE ET SPÉCIFICITÉS DES ASSEMBLAGES MÉTALLIQUES

Longeron – Poutre longitudinale dans une ossature porteuse Parapet – Ancien nom donné aux garde-corps d’ouvrages
à structure quadrillée. Généralement disposée parallèlement d’art.
aux poutres principales
Parclose – Profilés en forme de coulisses permettant le main-
Long-pan – Paroi d’une construction située dans un plan tien du vitrage dans les feuillures de châssis.
parallèle à la rive ou à l’égout de la toiture. Dans une cons-
truction rectangulaire ce sont les murs parallèles à l’axe du Pas – Écartement entre deux rivets ou boulons consécutifs et
faîtage. dans une même file.

Longrine – Poutre longitudinale disposée à la base d’une Paumelle – Ferrure pivotante et permettant la rotation d’une
paroi et supportant tout ou partie du poids du bardage. C’est porte ou d’une fenêtre.
aussi les poutres qui relient les massifs de fondation dans Pied – Partie inférieure de poteaux, d’une béquille de portique,
l’infrastructure d’une construction. articulée ou encastrée.
Mansard – Forme de comble dont les versants brisés déga- Piédroit – Élément de construction à génératrice verticale
gent un volume qui permet de le rendre habitable. La partie servant d’appui à un arc ou à une voûte (on dit aussi :
la plus inclinée du comble est le « brisis ». béquille).
Marquise – Petit auvent vitré placé au-dessus d’une porte Pignon – Façade la plus étroite d’un bâtiment.
donnant sur l’extérieur.
Pilastre – Premier barreau du bas d’une rampe d’escalier.
3 Membrure – Partie supérieure et inférieure d’une poutre géné-
ralement disposée dans le plan perpendiculaire à l’âme ou au
Terme employé aussi pour les montants renforçant une grille
et placé de loin en loin.
treillis. Dans les poutrelles laminées, les membrures sont
appelées « ailes ». Dans les poutres reconstituées et soudées, Pilier – Poteau de forte section supportant des charges
les membrures sont appelées « semelles ». élevées dans un bâtiment important.

Meneau – Montant métallique ou maçonné formant une sépa- Pince – Distance donnée à l’écartement entre le bord d’une
ration verticale entre deux châssis. pièce et le premier trou d’un rivet ou d’un boulon.

Moignon – Partie extrême de travée de portique soudée en Platine – Plaque d’assemblage située à l’extrémité d’un
atelier sur les poteaux et réalisant un nœud parfaitement poteau ou d’une poutre.
encastré. Poinçon – Montant central d’une ferme à deux pentes (tra-
Moice – Poutre composée de deux membrures parallèles et vaille généralement en compression).
solidaires. Portique – Système formé par deux montants et une traverse
droite ou brisée.
Montant – Barre reliant les membrures d’une poutre trian-
gulée, barre verticale d’une ossature de bardage, élément Poteau – Élément vertical sur lequel s’attachent des poutres.
vertical ou peu incliné d’un portique.
Potelet – Petit poteau de dimensions réduites et n’ayant à
Nœud – Point ou concours de deux ou plusieurs barres d’une supporter qu’une charge restreinte (on dit aussi : quille).
ossature en assemblage commun.
Potence – Ossature constituée par un montant pivotant
Noue – Ligne creuse déterminée par la rencontre de deux ver- portant une traverse horizontale à la partie supérieure pour
sants d’une toiture lorsqu’elle forme un angle rentrant. C’est desservir une aire de travail.
l’inverse de l’arêtier.
Poutraison – Terme utilisé pour désigner l’ensemble des
Nu – Terme employé pour éviter toute erreur afin de donner poutres composant un plancher.
les références d’un élément dont on considère la justesse.
Poutre – Élément souvent horizontal recevant principalement
Ossature – Ensemble de toutes les barres d’une construction des charges verticales.
assemblées entre elles pour former le squelette sur lequel
viendront prendre appuis les hourdis des planchers, la couver- Pureau – Terme de couverture qui désigne la partie de tuiles
ture, les murs et cloisons d’un édifice (on dit aussi : structure). non recouvertes par la tuile supérieure. C’est également la
cote d’espacement des lattis sur les chevrons.
Ourlet – Bord d’une tôle mince façonnée suivant une forme
cylindrique. Radier – Dalle de béton armé servant de fondation pour les
constructions sur sol incohérent.
Ouvrant – C’est la partie mobile d’une porte (on dit aussi :
vantail). Rampant – Surface inclinée de la toiture d’un bâtiment.
Rejingot – Partie en saillie d’un jet d’eau d’une fenêtre ou baie
Palée – Rangée de poteaux métalliques généralement reliés
vitrée.
par des poutres horizontales et des diagonales formant ainsi
un plan capable d’une rigidité élevée. La palée de stabilité est Relevé – Se dit de la membrure inférieure, ou entrait, d’une
située entre deux poteaux et reprend tous les efforts horizon- ferme quand celle-ci n’est pas horizontale.
taux appliqués à l’ossature dans le plan de ces poteaux.
Retroussé – Se dit de la membrure inférieure, ou entrait,
Panne – Poutre horizontale reliant les fermes et reportant sur d’une ferme lorsque cette barre est assemblée sur l’arbalétrier.
celle-ci les charges et surcharges de couverture.
Sablière – Poutre horizontale de rive se situant au niveau des
Panne faîtière – Panne située au sommet d’une toiture à deux retombées des fermes et supportant généralement une allège.
versants.
Sabot – Plaque épaisse en fonte ou en acier moulé utilisée
Panne sablière – Panne située en bas d’un versant de toiture. comme plaque d’appui et de répartition sous les poteaux
métalliques.

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Solin – Joint assurant l’étanchéité et le calfeutrement d’une Treillis – Terme définissant un choix technologique concer-
couverture située contre un mur. nant la structure d’une poutre, d’un poteau ou d’une ferme
dans laquelle l’âme est remplacée par un réseau de barres
Solive – Poutrelles formant l’ossature directe ou primaire d’un triangulées.
plancher. Les solives supportent le hourdis.
Trémie – Ouverture aménagée dans un plancher pour établir
Sommier – Bâti formé de poutrelles jointives interposées un escalier, un ascenseur, etc.
entre une pièce métallique de grandes dimensions et son
massif de fondation. Trumeau – Éléments porteurs, généralement en maçonnerie,
situés entre deux baies et descendant du haut en bas de la
Suspente – Tige ou pièce métallique toujours verticale soute- façade.
nant par effet de traction une masse suspendue.
Trusquinage – Axe servant de guide pour implanter et percer
Tablier – Tout ou partie de l’ensemble des éléments résistants les trous qui recevront les boulons ou les rivets d’un
constituant l’ossature porteuse d’un pont. assemblage.
Travée – Intervalle entre deux fermes, entre deux poteaux, Ventelles – Persiennes fixes formées par des barres de tôles
pris dans le sens longitudinal du bâtiment. assujetties à des cadres métalliques.
Traverse – Poutre horizontale ou légèrement inclinée reliant La figure 5 donne quelques terminologies d’éléments de
deux montants. couvertures.

Fig. 1 : Enveloppe du bâtiment (© ETI).

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Fig. 2 : Structure primaire et secondaire (© ETI).

Fig. 3 : Squelette d’un bâtiment (© ETI).

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Fig. 4 : Terminologie d’éléments de charpente (© ETI).

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Fig. 5 : Terminologie d’éléments de couverture (© ETI).

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2 Conception

Introduction – Tout assemblage ou jonction dans une struc- tique hasardeuse ou trop optimiste des efforts, une mauvaise
ture constitue un « élément sensible » en raison : évaluation de la rigidité des éléments.

• des nombreuses contraintes techniques qui le conditionnent : • Recherche d’une sécurité homogène : c’est la partie la plus
encombrement, efforts à transmettre, comportement, condi- faible de l’assemblage qui conditionne seule la ruine. Inutile de
tions de montage, etc. ; surdimensionner certains éléments par rapport à d’autres.

• des perturbations qu’il impose, plus ou moins graves selon le • Favoriser la répartition des efforts, l’épanouissement des
moyen d’assemblage et la qualité de la conception : concentra- « lignes de force » (recherche d’une distribution uniforme, d’un
tion d’efforts au droit des rivets et boulons, contraintes addition- niveau modéré de contraintes).
nelles, fragilisation due à la soudure.

C’est dans ce domaine précis, difficilement modélisable et


automatisable que l’ingénieur et le technicien de construction
• Prévoir et permettre les déplacements ou déformations
nécessaires... 3
• Faciliter le montage, réservé au chantier, en favorisant le
métallique ont à exploiter toutes leurs compétences. minimum d’opérations.
Quelques règles et exigences à respecter – Bien qu’il soit Conception de l’assemblage – Un assemblage doit être
difficile de généraliser tant les cas de figure rencontrés sont conçu et calculé pour satisfaire aux conditions suivantes :
divers, quelques règles générales devront rester présentes à
l’esprit du concepteur : • Les efforts internes doivent équilibrer les sollicitations exer-
cées sur l’assemblage.
• Apporter un soin particulier à l’étude des assemblages.
• Chaque élément constitutif doit résister aux efforts définis et
• Le risque dû à une structure mal dimensionnée est bien sou- être adopté dans l’analyse.
vent moins grave que celui dû à de mauvais assemblages... • Les déformations de chaque élément doivent rester infé-
rieures à leur capacité de déformation.
• Dans le premier cas, la ductilité du matériau engendrant des
déformations excessives permet de prévenir la ruine. Dans le • Les déformations, modélisées par leur limite élastique, doi-
second cas, la rupture brutale et physique des éléments a des vent être cinématiquement et plastiquement admissibles.
conséquences immédiates et importantes.
• La répartition des efforts internes doit être en rapport avec les
• Un dimensionnement correct ne peut être effectué que dans rigidités relatives des éléments de l’assemblage.
le respect des hypothèses de calcul adoptées pour la structure.
Sinon, la distribution des efforts dans les barres n’est pas celle • La conception même de l’assemblage doit pouvoir faciliter
escomptée et certains assemblages seront sous-dimen- non seulement les calculs du point de vue de la résistance mais
sionnés. aussi de tenir compte des exigences de fabrication en atelier.
Éléments de base élémentaire, pour la conception d’un
• Respecter les hypothèses et les lois de comportement des
assemblage – Ces éléments sont les suivants :
matériaux (élasticité, résistance des matériaux) : caractéristi-
ques de poutres, variations progressives de section, continuité • le choix des dimensions localisant les zones ductiles ;
de la ligne moyenne...
• l’utilisation des raidisseurs ;
• Prendre en compte les perturbations et les effets aggravants
dus à la présence des trous (concentration de contraintes), • la convergence des axes des éléments entre eux ;
l’excentrement des organes de liaison par rapport aux efforts • le dégagement pour le passage à l’exécution des soudures ;
(moments « secondaires » souvent importants), la redistribu-
tion des efforts due à la plastification, une distribution hypothé- • la préparation au montage sur le chantier, etc.

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3 Assemblages soudés

I - LA SOUDABILITÉ II - LES DÉFAUTS « MÉTALLURGIQUES » D’UNE SOUDURE


Les différents aspects de la soudabilité – Comme nous La fissure « à chaud » pour les aciers courants de cons-
l’avons développé dans le chapitre relatif à la soudabilité des truction métallique – Elle se produit et se traduit
aciers, il est primordial d’avoir à l’esprit la complexité qu’est la généralement par la présence de fissures longitudinales dans
soudabilité sous ses trois aspects différents, à savoir : le métal fondu. Ce type de fissure est le plus souvent attri-
buable à l’existence de contraintes élevées au moment où le
• la soudabilité opératoire ; métal est encore très chaud. Ce phénomène ne doit normale-
3 • la soudabilité métallurgique ; ment pas être rencontré.

La fissure par « arrachement lamellaire » – Elle est consé-


• et la soudabilité constructive.
cutive à une fissuration se produisant parallèlement à la peau
La soudabilité opératoire – Elle se rapporte à la possibilité d’un produit laminé au droit d’une soudure sollicitant ce maté-
et à la facilité d’application d’un procédé de soudage sur un riau dans la direction de l’épaisseur.
matériau donné. Elle est généralement bonne pour les aciers
de construction métallique soudée avec des procédés cou- Un code de bonnes pratiques permet en général de se pré-
rants mais n’implique pas que les propriétés du joint réalisé munir contre ce risque dès la conception des assemblages :
soient bonnes.
• en favorisant des joints à retrait libre ;
La soudabilité métallurgique – Elle concerne les consé-
quences métallurgiques locales de l’exécution d’un • en évitant les sollicitations directement perpendiculaires à la
assemblage soudé par un procédé donné. En effet, la fusion peau des produits par un choix judicieux de préparation des
locale implique un certain nombre de phénomènes qui se pro- pièces (cf. Fig. 1) ;
duisent dans la zone fondue ou aux abords immédiats du bain
de fusion appelé zone thermiquement affectée (ZAT). Ces • et avec un choix des produits d’apport conduisant à un métal
phénomènes sont liés aux modifications physico-chimiques déposé ayant une limite d’élasticité inférieure à la résistance
imposées par le cycle thermique associé aux déformations et effective du métal de base. Cette mesure est particulièrement
contraintes locales. Ils ont des conséquences très diverses efficace et peut d’ailleurs être limitée aux passes immédiate-
selon les familles et les nuances d’aciers considérées. ment en contact avec la peau de la tôle concernée (beurrage).

Parmi les risques les plus fréquents nous avons : Toutes les conditions opératoires susceptibles de diminuer les
contraintes orientées perpendiculairement à la peau du laminé
• Les fissurations sous différentes formes (fissuration à chaud, sont à rechercher. En particulier, le soudage en passes de
arrachement lamellaire des produits laminés, fissuration à froid fortes sections doit être préféré au soudage en passes étroites
des aciers ferritiques (trempants). multiples.
• La fragilisation par différents processus (trempe, grossisse- Si pour des raisons liées au risque de rupture fragile, les sou-
ment de grain, vieillissement, etc.). dures doivent être exécutées en passes étroites, il faut
procéder par couches parallèles à la peau du laminé plutôt
À ces différents risques peuvent s’ajouter les phénomènes que par couches de remplissage perpendiculaires à la bissec-
d’effervescence, d’oxydation, etc. trice du chanfrein (cf. Fig. 2).
La soudabilité constructive – Elle concerne le comporte-
En ce qui concerne le choix des tôles, on privilégiera des qua-
ment du matériau soudé dans une structure soumise aux
lités d’aciers possédant des niveaux garantis de ductilité dans
sollicitations de service (ou d’épreuve).
le sens de l’épaisseur et donc moins susceptibles aux risques
Sur des assemblages avec des éléments soudés, certaines d’arrachement lamellaire. Les nuances correspondantes
régions sont soumises à des effets locaux relatifs aux cycles subissent un calmage spécial (acier qui ne retient pas, à la
thermiques et des contraintes internes (résiduelles ou de ser- solidification, de gaz dissous dans sa masse comme les souf-
vice) subsistent sur l’ensemble de l’assemblage devenu flures) conférant à l’acier une structure à grains fins. Ils n’ont
continu par la présence des soudures. Selon les épaisseurs pas de limite d’élasticité minimale garantie supérieure à 500
et la complexité des formes, la rigidité apportera des con- N/mm2.
traintes plus ou moins importantes.
La fissure « à froid » – Ce type de fissure est, de loin, le
Ainsi, le comportement d’une construction ne dépend pas uni- défaut le plus redouté dans le soudage des aciers.
quement des caractéristiques intrinsèques du métal de base
et des assemblages soudés, mais également de la géométrie Dans le cadre des aciers couramment utilisés en construction
de l’ensemble de la construction et de ses contraintes propres. métallique, la fissuration à froid n’apparaît en général que lors
du soudage avec électrodes enrobées ou fils fourrés. Ce phé-
On a particulièrement observé le risque de rupture fragile ou nomène ne se produit que beaucoup plus rarement lors du
rupture brutale dans le cas des aciers à structure ferritique et soudage MAG (fil plein) et, compte tenu des énergies de
le risque de rupture par fatigue des structures soumises à des soudage mises en jeu, pratiquement jamais lors du soudage
chargements dynamiques. sous flux.

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Fig. 1 : Conception pour éviter l’arrachement lamellaire (© ETI).

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nues après soudage. La validité de l’interprétation


conventionnelle des résultats obtenus n’est pas absolue.
Ainsi, pour un acier au C-Mn, le carbone équivalent est géné-
ralement défini par la formule suivante de l’Institut international
de la soudure (IIS) :

%Mn %Cr
Céq = %C + +
6 5
La susceptibilité d’un acier à la fissuration à froid sera d’autant
plus grande que les valeurs de carbone équivalent et de
dureté sous cordon seront élevées.
Le choix des conditions de soudage – Ce choix est essen-
tiel pour éviter les phénomènes de trempe au voisinage de la
ligne de fusion. Cette préoccupation impose de limiter la
vitesse de refroidissement dans la ZAT (zone affectée thermi-
quement). En soudage à l’arc, les principales variables
permettant de maîtriser cette vitesse de refroidissement sont
3 Fig. 2 : Répartition des passes pour l’exécution d’une soudure d’angle (© ETI). l’énergie de soudage et, dans une moindre mesure, la tempé-
rature initiale du joint (préchauffage). La vitesse de
Les fissures à froid sont en général situées parallèlement à la refroidissement d’un joint soudé sera d’autant plus lente que
ligne de fusion et peuvent apparaître sous différentes formes l’énergie de soudage mise en jeu et la température de pré-
(cf. Fig. 3 ). chauffage seront élevées.
Cependant, l’épaisseur et la configuration des éléments à
assembler, conditionnant ensemble la dissipation globale de
la chaleur, constituent également des paramètres importants
à prendre en considération dans l’établissement d’un mode
opératoire de soudage.
La présence d’hydrogène dissous dans le métal fondu et
diffusé en ZAT constitue un paramètre prépondérant vis-à-vis
du risque de rupture par fissuration à froid. Les principales
sources d’hydrogène dans un joint soudé proviennent des pro-
duits d’apport (présence d’humidité dans les enrobages et les
flux) et des impuretés présentes sur les bords à souder. Il peut
également y avoir reprise d’hydrogène dans l’atmosphère
ambiante lorsque le soudage s’effectue en conditions
humides.
Précautions à prendre pour la fabrication – Il y a lieu de
respecter les trois types de précautions suivants :
• Qualité de la préparation du joint, propreté des pièces et con-
ditions d’exécution du soudage.
La préparation du joint devra être réalisée avec soin (éviter les
arrachements, éliminer les résidus d’oxycoupage et les traces
de lubrifiant provenant des outils de manutention, de débit,
etc.). On évitera de souder sur des pièces rouillées, sales ou
Fig. 3 : Forme de fissure à froid (© ETI). humides (attention aux condensations). Les opérations de sou-
dage devront être effectuées en l’absence de toute humidité
Les causes de la fissuration à froid sont essentiellement dues excessive (pluie, brouillard...).
à l’existence de contraintes importantes de bridage et de • Choix et conditionnement des électrodes, des fils fourrés, des
retrait se manifestant au niveau de la soudure par la trempe flux.
du métal située au voisinage de la ligne de fusion et/ou par la
La plus grande partie de l’hydrogène dissous dans un joint
présence d’hydrogène dans le cordon de soudure.
soudé provient de la décomposition dans l’arc électrique de la
Les contraintes du cordon de soudure résultent de retraits vapeur d’eau contenue dans les enrobages et flux des produits
empêchés ou contrariés et/ou de contraintes s’exerçant sur les d’apport. Il demeure donc essentiel de sélectionner des pro-
éléments soudés aussitôt après le soudage. Ces contraintes duits d’apport à degré hydrogène diffusible très bas et de res-
dépendent de la nature de l’élément considéré et jouent un pecter les conditions d’utilisation prescrites par les fabricants,
rôle très important. Dans de nombreux cas, la conception de étuvage et protection contre la reprise d’humidité sur les postes
l’assemblage et le choix des séquences de soudage peuvent de travail.
permettre de les minimiser. • Choix des conditions de soudage.
Trempabilité d’un métal – Pour limiter les phénomènes de À épaisseur égale, l’augmentation de l’énergie de soudage,
trempe, l’attention du soudeur doit se porter sur les deux para- l’application d’un préchauffage ou mieux encore, d’un pré-
mètres que sont la trempabilité du métal soudé et le choix des chauffage suivi d’un postchauffage vont tendre à réduire la
conditions de soudage. vitesse de refroidissement du joint soudé. Par ce biais, toutes
ces dispositions favorisent le dégazage de l’hydrogène resté
La trempabilité d’un métal est souvent caractérisée par son piégé à la solidification du métal fondu et concourent à réduire
carbone équivalent et les valeurs de dureté sous cordon obte- les risques de fissuration à froid des aciers ferritiques.

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III - LA RUPTURE FRAGILE • promouvoir le soudage à basse énergie linéaire en exécutant


le remplissage des joints en passes étroites non balayées ;
Définition – La « ténacité » ou « sensibilité à la rupture • réduire les contraintes résiduelles par des traitements
fragile » définit la résistance d’un matériau ou d’une soudure adaptés.
à s’opposer à l’amorçage et/ou à la propagation d’une rupture
brutale.
Pratiquement, une soudure présente une bonne ténacité
lorsque la rupture intervient lentement avec une grande défor- IV - LA RUPTURE PAR FATIGUE
mation plastique préalable. Ce type de rupture est qualifié de
« ductile » par opposition à la rupture dite « fragile ».
Principe – Une soudure ou un élément de structure travaille
La sensibilité d’un acier à la rupture – On définit la sensi- à la fatigue lorsque les contraintes de service, au lieu d’être
bilité d’un acier à la rupture fragile en fonction : constantes (statiques), varient périodiquement dans le temps
entre une valeur minimale et une valeur maximale.
• de son épaisseur ;
Lorsque des assemblages soudés sont soumis en service à
• de sa limite d’élasticité ainsi que sa nuance ;
des contraintes de fatigue, ils peuvent se rompre pour des
• de sa vitesse de déformation ou d’application des valeurs de contraintes très inférieures aux valeurs de résis-
tance ou même de limite d’élasticité du métal. Ces ruptures
contraintes ;
• du niveau des contraintes triaxiales de traction auxquelles est
se produisent souvent de façon brutale sans qu’il y ait allon-
gement ou déformation de la pièce.
3
soumis l’acier (induites par le dessin de la pièce ou par la pré-
sence d’une entaille) ; Pour des conditions de sollicitations données, la tenue à la
fatigue d’une structure dépend essentiellement du soin
• de la température de service de la structure et de la résilience apporté aux formes et aux parachèvements des soudures, des
de l’acier ; défauts de compacité présents dans les soudures, et presque
• de la résilience du métal de base à la température considérée jamais de problèmes liés au dimensionnement ou à la
mais aussi des cordons de soudure dans l’état final de la cons- métallurgie.
truction.
La géométrie d’ensemble des assemblages – Le premier
Ce risque doit être considéré dès la conception en fonction critère à considérer résulte de la géométrie d’ensemble des
des conditions de service. assemblages. Les choix doivent être guidés par les codes de
conception et calcul de structures, qui proposent une classifi-
Les précautions à prendre – Cependant, lors de la fabrica- cation des assemblages issue de l’expérimentation, établie en
tion, des précautions importantes sont à prendre comme : fonction de leur susceptibilité à amorcer et propager une
• limiter au maximum l’écrouissage du métal car ceci entraîne rupture par fatigue.
une augmentation des caractéristiques de résistance et donc
une diminution de celles de ductilité ; La forme générale des cordons – Le second critère con-
cerne la forme générale des cordons. Par exemple, la
• exécuter des assemblages exempts de défauts formant convexité d’un cordon d’angle ou plus généralement toute
comme des entailles. En particulier éliminer tous collages, les variation brutale de profil constitue un facteur aggravant. Il
manques de fusion, les fissures et caniveaux ; s’agit là de l’effet macrogéométrique (cf. Fig. 4).

Fig. 4 : Fatigue des assemblages soudés – Forme des soudures (© ETI).

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TBA1380

CONCEPTION, TYPOLOGIE ET SPÉCIFICITÉS DES ASSEMBLAGES MÉTALLIQUES

La microgéométrie – On trouve enfin un effet de microgéo- dynamiques sera obtenue par l’application des conseils sui-
métrie dans le cas de concentrations de contraintes très vants :
locales n’intéressant que les zones spécifiques du cordon
comme la zone de raccordement d’une soudure bout à bout • les soudures bout à bout doivent présenter une passe de
ou le pied et la racine d’un cordon d’angle car c’est dans ces pénétration sans effondrement bien raccordée au métal de
régions que l’on trouve habituellement les entailles naturelles base, et des passes de finition plates ou légèrement bombées ;
des cordons. • le profil des soudures d’angle doit être plat ou concave ;
La combinaison de ces trois effets géométriques conditionne • les défauts superficiels (caniveaux, morsures d’arc, cratères
la localisation des ruptures. Néanmoins, le dernier cité cons- de fin de cordon, etc.) et les défauts de compacité (notamment
titue le critère prépondérant vis-à-vis du risque de rupture par les défauts plans) sont à proscrire ;
fatigue.
• des traitements de parachèvement des soudures (cf. Fig. 5)
Les défauts de compacité dans les soudures – La résis- sont souhaitables en pratiquant un meulage soigné de la sur-
tance à la fatigue dépend également des défauts de compacité face des soudures afin d’améliorer leur profil en supprimant les
présents dans les soudures. Les défauts plans (collages, fis- discontinuités de forme ;
sures, caniveaux, manques de fusion ou de pénétration) sont • pour améliorer le comportement des zones à forte concentra-
beaucoup plus dangereux que les défauts volumiques (souf- tion de contraintes, un traitement thermique de relaxation des
flures, inclusions de laitier). contraintes est conseillé ;

3 Conseil pour améliorer la résistance des assemblages –


Sur le plan pratique de la fabrication, l’amélioration de la résis-
• finalement l’introduction de contraintes de compression par
martelage des soudures ou par grenaillage localisé peut être
tance des assemblages soumis à des sollicitations préconisé.

Fig. 5 : Parachèvement des soudures (© ETI).

V - COMMENT ÉVITER LES DÉFORMATIONS soudure peut être compensé par la réalisation simultanée d’un
cordon opposé de même section.
Le soudage MAG – Il faut tendre à utiliser des procédés de Quand cette disposition n’est pas réalisable, il y a lieu d’opti-
soudage utilisant une faible énergie calorifique linéaire. À ce miser l’ordre d’exécution des cordons également désigné par
titre, le soudage MAG doit être préféré au soudage avec élec- l’expression « séquence de soudage ».
trodes enrobées et a fortiori au soudage TIG.
Les règles logiques et fondamentales de soudage – La
Limiter les longueurs et sections des cordons de soudage définition d’une séquence de soudage est régie par les trois
– D’une façon générale, les déformations seront d’autant règles suivantes :
moins importantes que le volume de métal fondu sera plus
faible. En conséquence, les longueurs et les sections des • Souder à retrait transversal libre : cette règle, impérative vis-
cordons de soudures doivent être limitées au strict minimum, à-vis des soudures bout à bout, l’est un peu moins au sujet du
tout en restant compatibles avec une bonne exécution et retrait des soudures d’angle et des soudures à recouvrement.
l’application des règles de calcul de résistance. Cette consi- • Souder symétriquement les dispositions symétriques ou
dération conduit non seulement à une diminution des approximativement symétriques. Il existe deux manières d’y
contraintes et déformations, mais également à un gain sur le satisfaire :
prix de revient des structures.
– soit en procédant à plusieurs opérateurs symétriquement
La recherche de dispositions symétriques des soudures – disposés ;
Elle permet d’éviter les déformations par opposition des effets – soit en travaillant à un seul opérateur et en fractionnant
de retrait. Pour les soudures bout à bout, les préparations l’assemblage en éléments alternativement opposés, dont
symétriques en X permettent l’opposition des couples de rota- l’effet local peut être estimé négligeable.
tion autour de l’axe de la soudure évitant le pliage. Dans le
cas des assemblages d’angle, le basculement de l’élément • Compenser par des moyens appropriés le pliage ou la flexion
rapporté sur l’élément continu par l’exécution d’une seule au retrait longitudinal des soudures dissymétriques.

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Les constructions parasismiques


en acier

1. Options de principe en projet parasismique ................................... TBA1398 - 2


2. Mécanismes plastiques globaux
et coefficients de comportement ....................................................... — 5
3. Mécanismes locaux dissipatifs et non dissipatifs ......................... — 10
4. Logique et effets du dimensionnement en capacité..................... — 13
5. Objectifs et critères du projet dissipatif .......................................... — 17
6.
7.
Assemblages poutre/poteau.................................................................
Ossatures avec triangulations à barres centrées...........................


22
27
3
8. Ossatures à triangulation à barres excentrées ............................... — 35
9. Conception générale des bâtiments parasismiques
à ossature acier........................................................................................ — 41

es aciers de construction répondant aux normes sont ductiles et cette


L caractéristique fait a priori des profilés, plats et tôles, d’excellents produits
pour réaliser des constructions stables en zone sismique, car ces produits en
acier permettent de réaliser une dissipation d’énergie élevée, et ce, dans plu-
sieurs schémas de déformation.
Les observations effectuées après des tremblements de terre majeurs confir-
ment généralement le caractère parasismique efficace des constructions
métalliques, mais des exceptions existent. Ainsi, le séisme de Northridge
(USA), en 1994, et celui de Kobe (Japon), en 1995, ont conduit à des fissura-
tions locales nombreuses dans certains bâtiments. Le caractère métallique
d’une construction n’est donc pas nécessairement synonyme de qualité para-
sismique et seules des options réfléchies permettent d’assurer le
comportement global ductile recherché.
Le projet de construction devra favoriser la formation de zones dissipatives
saines où se développent des déformations locales ductiles, lesquelles devront
se produire à des endroits choisis. Ceci sera réalisé par le respect de règles
particulières relatives aux matériaux, aux éléments et aux assemblages, ainsi
que par l’application de critères de hiérarchie découlant tous du concept
général de « dimensionnement en capacité » spécifiques à chaque type
d’ossature.
Ces règles et critères, dont le développement est récent, n’étaient pas inscrits
dans la première version des règles PS92. On les présente ici dans le contexte
de la formulation retenue dans l’Eurocode 8, code parasismique en vigueur
dans toute l’Europe en 2011. Le choix a été fait de garder dans le texte qui suit
les symboles utilisés dans la version française de l’Eurocode 8, qui compren-
nent parfois des indices en terminologie anglaise.
Parution : juillet 2011

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LES CONSTRUCTIONS PARASISMIQUES EN ACIER

1 Options de principe
en projet parasismique

I - CONCEPT GÉNÉRAL Une structure correspondant à la première option est plus


lourde. Il se peut qu’elle n’offre pas la marge de sécurité per-
mettant de subir avec succès une action sismique plus élevée
Il existe deux approches dans le dimensionnement d’ossa- que prévu. Dans ce cas, son comportement global apparaît
tures devant résister aux tremblements de terre. Il s’agit de « fragile ». Il s’agit du concept non dissipatif.
concevoir des structures soit :
Dans une structure conçue selon la seconde option, des parties
volontairement choisies de la structure sont conçues pour leur
– dont les sections sont très grosses et où ne se développent capacité de déformation plastique cyclique et l’ossature entière

3 que des contraintes élastiques ;


– dont les sections des barres sont plus petites, de sorte
qu’elles permettent de former des zones plastiques
est proportionnée de manière telle que seules les zones locales
prévues se déforment plastiquement. Le comportement est
alors ductile. La structure dissipe ainsi de façon permanente
nombreuses. une énergie. Il s’agit du concept « dissipatif » (cf. Fig. 1).

du du

(a) Concept non dissipatif (b) Concept dissipatif

Structure non dissipative


Vréponse élastique - Structure
dimensionnée pour rester
élastique sous séisme

Structure dissipative
Vréduit - Structure
dimensionnée pour
plastifier sous séisme

du d
Déplacement ultime

Fig. 1 : Exemple de comportements globaux de structure dissipative et non dissipative.

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LES CONSTRUCTIONS PARASISMIQUES EN ACIER

La structure non dissipative s’effondre dans un mécanisme II - CLASSES DE DUCTILITÉ


n’impliquant qu’un seul étage. Un comportement ductile, qui
implique des capacités de déformation plastique, est intéres-
sant pour résister aux séismes, car en raison des incertitudes Pour obtenir une structure capable de subir sans s’effondrer
sur la connaissance du niveau réel de l’action sismique future, les déformations engendrées par l’action sismique, le concep-
d’une part, et de l’imprécision des analyses de la réponse des teur a le choix entre des ossatures où :
ossatures sous séismes, d’autre part, il arrive que l’action sis-
mique et/ou ses effets soient plus grands que prévus. Cette
• les déformations sont élastiques ;
sursollicitation est facilement absorbée par un peu plus de dis-
sipation d’énergie dans des mécanismes plastiques, alors que
les éléments de la structure seraient incapables de fournir un • des déformations plastiques limitées ont lieu dans des zones
supplément de résistance élastique. plastiques peu nombreuses ;

De plus, la réduction du cisaillement en base (Vréduit < Vélastique) • des déformations plastiques plus importantes ont lieu dans
entraîne la même réduction des sollicitations appliquées à la des zones plastiques nombreuses.
fondation, ce qui conduit à une réduction du coût des
infrastructures.
On montre à la figure 2 ce qui différencie ces choix, en termes
En raison de la ductilité du matériau acier et des nombreux de comportement global d’ossature exprimé par leur résis-
mécanismes plastiques possibles dans les éléments de struc- tance au cisaillement horizontal global VEd en fonction du
ture ou les assemblages faits de ce matériau, les constructions
métalliques permettent la dissipation d’énergie dans des
mécanismes de déformation plastique.
déplacement horizontal d en tête du bâtiment (les études mon-
trent que, en première approche, d est indépendant du choix
effectué).
3

VEd

DCL
(a) Projet à réponse purement élastique DCL

DCM

(b) Projet modérément dissipatif DCM

DCH

(c) Projet très dissipatif DCH

SDe (T ) d

DCL classe de ductilité limitée DCM classe de ductilité moyenne DCH classe de ductilité haute

Fig. 2 : Comportement d’ossatures de même période T soumises à poussée progressive jusqu’au déplacement de projet SDe(T).

Cette figure permet de comprendre la signification du coeffi- Pour réaliser des valeurs élevées de q, il faut créer les condi-
cient de comportement utilisé dans l’Eurocode 8 EN 1998- tions de formation de zones dissipatives nombreuses et
1:2004 pour différencier les 3 types de projet définis plus haut. fiables, car la stabilité de la structure demande que :
Dans ce code, qui sera applicable dans toute l’Europe en
2011, ce coefficient intervient comme diviseur de l’action sis- – les déformations plastiques locales restent limitées, car il y a
mique de calcul de référence et est d’autant plus élevé que la une limite à la capacité de déformation qu’un élément structural
structure est plus dissipative et q est égal à : peut offrir tout en gardant une résistance quasi constante ;
– les zones dissipatives soient nombreuses, pour éviter les
q = Vréponse élastique / Vréduit exigences de déformation plastiques locales trop élevées
résultant de la concentration des déformations de la structure
Le tableau 1 indique la gamme des valeurs de q retenue dans en peu de points ;
l’Eurocode 8 pour les 3 classes de ductilité DCL, DCM et DCH. – le travail de déformation plastique ait lieu dans des zones de
la structure prévues à cette fin, en position et en capacité, car
Pour un type d’ossature donné, une classe de ductilité se dis- il n’est pas possible de donner à toutes les zones de la structure
tingue par la valeur du coefficient de comportement q qui lui des caractéristiques idéales de déformation plastique ;
est associé et par des exigences fonction de cette classe, – ces zones dissipatives correspondent à un mécanisme de
d’autant plus élevées que q est grand. ruine globale et non à un mécanisme de ruine partiel.

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LES CONSTRUCTIONS PARASISMIQUES EN ACIER

Tab. 1 – Principes de dimensionnement, classes de ductilité des structures et limites supérieures


des valeurs des coefficients de comportement q

Classe de ductilité Intervalle des valeurs de référence du coefficient


Principe de dimensionnement
de la structure de comportement q

Comportement de structure faiblement q ≤ 1,5 – 2


DCL (limitée)
dissipatif

q≤4
DCM (moyenne)
Également limité par type d’ossature
Comportement de structure dissipatif
q>4
DCH (haute)
Uniquement limité par type d’ossature

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LES CONSTRUCTIONS PARASISMIQUES EN ACIER

2 Mécanismes plastiques globaux


et coefficients de comportement

I - RELATION ENTRE TYPE D’OSSATURE ET COEFFICIENT • une maille d’ossature en portique peut former 4 rotules plasti-
ques : q ≥ 4 (cf. Fig. 1a) ;
DE COMPORTEMENT q
• une maille triangulée ne comporte qu’une diagonale en trac-
Les valeurs de q associées à un type donné d’ossature reflè- tion plastique : q ≤ 4 (cf. Fig. 1b) ;
tent sa capacité à former des zones dissipatives nombreuses. • la stabilité d’un contreventement en K est liée à celle d’une
Ainsi, on voit à la figure 1 que : diagonale comprimée, dont le comportement ne peut être duc-
tile : q = qmin = 1,5 (cf. Fig. 1 c). 3
P P P

F F F

(a) 4 rotules plastiques q = 6 (b) 1 diagonale plastique q = 4 (b) Pas de mécanisme plastique q = 1,5

Fig. 1 : Coefficient de comportement q. Reflète le potentiel de dissipation d’énergie de chaque type structural.

Pour un type structural donné, le nombre de zones plastiques projet, car les 3 conditions pour concevoir correctement une
potentielles est fonction de la redondance ou degré d’hypers- structure dissipative sont :
taticité du type structural. La valeur de q est fonction de cette
redondance par le biais du paramètre de redistribution • définir le mécanisme global plastique visé comme objectif et
plastique. ses zones dissipatives ;

αu/α1 • assurer que les zones dissipatives seront fiables ;

Avec : • éviter les déformations plastiques, les ruines fragiles, les ins-
tabilités ailleurs dans la structure.
• α1 : multiplicateur de l’action sismique horizontale de calcul
pour lequel on atteint la résistance plastique d’un élément
structural, Tab. 1 – Coefficients de comportement q (valeurs maximales)
Coefficients de comportement q (valeurs maximales)

• αu : multiplicateur pour lequel un mécanisme global plastique


est formé. Classe de ductilité
Type d’ossature
On peut établir αu/α1 par une analyse en poussée progressive,
mais des valeurs par défaut sont données dans l’Eurocode 8. DCL DCM DCH

Portique autostable 1,5* 4 5αu/α1


II - VALEURS DE q Ossature à triangulation centrée en X 1,5* 4 4

Les valeurs maximales de q à utiliser dans des projets se réfé- Ossature à triangulation centrée en V 1,5* 2 2,5
rant à l’Eurocode 8 sont présentées au tableau 1. Elles
dépendent du type structural, de la classe de ductilité DC Ossature à triangulation excentrée 1,5* 4 5αu/α1
choisie et de αu / α1, et correspondent aux mécanismes plas-
tiques globaux présentés aux figures 1, 2, 3, 4 et 5. Il importe Pendule inversé 1,5* 2 2αu/α1
d’être conscient de ces mécanismes, qui sont les objectifs du

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LES CONSTRUCTIONS PARASISMIQUES EN ACIER

(Suite)
Il est donc possible de concevoir des structures parasismiques
Coefficients de comportement q (valeurs maximales)

de chacun de ces types structuraux. Chacun possède des


Classe de ductilité spécificités qu’il faut aussi connaître et considérer.
Type d’ossature
DCL DCM DCH
III - OSSATURES EN PORTIQUE
Portique autostable avec triangulation
1,5* 4 4αu/α1
centrée en X Les ossatures en portique sont des structures dans lesquelles
la résistance aux forces horizontales est assurée principale-
Portique autostable avec remplissages en ment par la flexion des barres (cf. Fig. 2). Comme des rotules
béton, ou maçonnerie en contact avec 1,5* 2 2 plastiques sont des mécanismes locaux très dissipatifs et sta-
l’ossature, mais non connectés bles, en particulier dans les poutres parce que l’effort axial y
est faible, des ossatures en portique bien proportionnées pour
Portique autostable avec remplissages développer un nombre élevé de rotules plastiques dans les
4 5αu/α1 poutres ou dans les assemblages peuvent être très dissipa-
isolés de l’ossature
tives. Leur coefficient de comportement q est alors de l’ordre
* l’annexe nationale peut autoriser q = 2 en classe DCL. de 5 à 6.
En France, q = 2 est accepté si des justifications appropriées sont
3 fournies (d’après la norme NF EN 1998-1/NA).
Les structures en portique sont, par nature, assez souples, de
sorte que les limitations de déformation sous séisme « de
service » et la prise en compte de l’effet P-Δ à l’ELU font
souvent la décision dans le dimensionnement des barres.

= 1,2 = 1,3

= 1,1

(a) Ossature en portique

=1 = 1,1

(b) Ossature en « pendule inversé »

Fig. 2 : Ossatures en portique et en « pendule inversé » (d’après NF EN 1998-1:2005).

Des ossatures en portique dans lesquelles 50 %, ou plus, de IV - OSSATURES AVEC TRIANGULATION À BARRES
la masse est située dans le tiers supérieur de la hauteur de
la structure ou dans lesquelles l’essentiel de la dissipation de CENTRÉES
l’énergie a lieu à la base d’un élément unique du bâtiment sont
dénommées « ossatures en pendule inversé ». Elles sont peu
Les ossatures avec triangulation à barres centrées sont des
dissipatives et on leur attribue q ≤ 2,2. Pour leur usage en
structures dont les barres forment des mailles en triangle
zone sismique, les ossatures en pendule inversé font l’objet
(cf. Fig. 3 et 4). Les axes des barres sont concourants aux
de restrictions relatives à l’élancement relatif λ des poteaux
sommets des triangles, en des points appelés « nœuds ».
et au coefficient θ de sensibilité au déplacement entre étages
( λ ≤ 1,5 et θ ≤ 0,20).
Les efforts développés dans les barres sont essentiellement
des efforts normaux, l’existence de flexion ne résultant que
Ces ossatures en « pendule inversé » peuvent toutefois être d’imperfections ou de non-alignement des forces dans les
considérées comme des ossatures en portique et caractéri- assemblages. Ces ossatures sont stables, même si chaque
sées par un facteur q élevé, si la structure primaire possède nœud est une articulation ou rotule. Il existe de nombreuses
plus d’un poteau dans chaque plan de résistance et si l’effort topologies possibles, qui ne sont pas égales par la dissipation
normal est limité à NEd < 0,3 Npl,Rd dans chaque poteau. d’énergie globale qu’elles permettent.

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LES CONSTRUCTIONS PARASISMIQUES EN ACIER

Fig. 3 : Ossatures à triangulation diagonale en X et en X découplée (d’après NF EN 1998-1:2005).

(a) En V (b) En V inversé (c) Variante de V inversé

Fig. 4 : Ossatures à triangulation en V (d’après NF EN 1998-1:2005).

Une bonne topologie est telle que la stabilité de l’ossature Ossatures à triangulation diagonale – La résistance aux
soumise à l’application de forces horizontales d’une orientation forces horizontales peut être assurée par les seules diago-
donnée est assurée même si on enlève de l’ossature toutes nales tendues et en négligeant dans le calcul l’existence des
les diagonales comprimées par l’application de ces forces. diagonales en compression. Ce type de triangulation atteint un
Une telle topologie peut être dissipative, car les barres en trac- coefficient de comportement q = 4. Il peut s’agir de triangula-
tion plastiques constituent un mécanisme dissipatif stable. tions en X ou « croix de St-André », ou d’autres géométries
(cf. Fig. 3).
Si des diagonales de contreventement comprimées sont
nécessaires à la stabilité de l’ossature, le coefficient de com- Ossatures à triangulation en V – La résistance aux forces
portement q est moins élevé. Si le mécanisme de ruine horizontales demande de considérer, à la fois, les diagonales
implique la plastification ou le flambement des poteaux de tendues et comprimées (cf. Fig. 4). Ces triangulations sont
l’ossature, aucune dissipation stable d’énergie n’est possible moins dissipatives (q ≤ 2,5) que les précédentes, car les
et on limite q à 1,5. barres comprimées flambent, mais elles possèdent une cer-
taine ductilité si les poutres ont une inertie suffisante. Par
Les ossatures avec triangulation à barres centrées sont, par exemple, elles sont dimensionnées pour l’action gravifique
nature, des structures plus raides que les ossatures en por- sans considérer leur appui sur le V.
tique. En effet, la distance entre les poteaux, qui constituent
les membrures d’un contreventement en triangulation, est de Ossatures à triangulation en K – L’intersection des diago-
plusieurs mètres, alors que la hauteur de la section constituant nales se trouve sur le poteau (cf. Fig. 1). On a vu que la stabilité
un poteau de portique est large de moins d’un mètre, en des ossatures à triangulation en K est liée au comportement
général. Les ossatures avec triangulation à barres centrées non linéaire des diagonales comprimées et qu’en conséquence,
permettent d’atteindre une grande raideur et de bénéficier plei- il ne peut être question de ductilité, d’où q = qmin = 1,5.
nement du coefficient q maximum défini au tableau 1.

On distingue 3 types d’ossatures avec triangulation à barres


centrées :
V - OSSATURES AVEC TRIANGULATION À BARRES
EXCENTRÉES
– à triangulation diagonale ;
– à triangulation en V ; Les ossatures avec triangulation à barres excentrées sont
– à triangulation en K. des structures dont les barres forment, à la fois, des mailles

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LES CONSTRUCTIONS PARASISMIQUES EN ACIER

en triangle et des mailles en quadrilatère (cf. Fig. 5). On raideur et la résistance aux forces horizontales d’une ossa-
retrouve des typologies proches de triangulations centrées, ture avec triangulation à barres excentrées est assurée
mais où l’axe de certaines barres a volontairement été principalement par des éléments soumis à des efforts nor-
rendu non concourant au nœud, créant des tronçons maux, mais on utilise l’excentricité de la configuration pour
soumis à des sollicitations de flexion et de cisaillement. développer les déformations plastiques dans les « tronçons
Ainsi, l’ossature de la figure 5a correspond à une ossature sismiques » sous des forces extérieures appliquées infé-
à triangulation centrée en V inversé dont on aurait écarté rieures à celles requises pour atteindre la charge limite des
les barres du V au point d’intersection avec la poutre. La autres barres.

αu
= 1,2
α1

(a) proche du V inversé (b) proche du V

Fig. 5 : Ossatures avec triangulation à barres excentrées (d’après NF EN 1998-1:2005).

L’énergie est dissipée dans ces tronçons par flexion cyclique VI - OSSATURES EN PORTIQUE, COMBINÉES AVEC DES
ou par cisaillement cyclique, deux mécanismes locaux très
dissipatifs. Si on utilise des configurations permettant de TRIANGULATIONS CENTRÉES
garantir que tous les tronçons d’excentrement seront actifs,
ces structures sont caractérisées par des coefficients de com- Ces structures couplent des portiques et des triangulations
portement similaires aux portiques (q = 6) et combinent ainsi centrées agissant dans la même direction (cf. Fig. 6). Les
raideur et capacité de dissipation. forces horizontales sont réparties en proportion des raideurs
relatives de ces contreventements.

αu
= 1,2
α1

= +

Fig. 6 : Ossatures en portique, combinées avec des triangulations centrées.

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LES CONSTRUCTIONS PARASISMIQUES EN ACIER

Ces ossatures hybrides combinent la raideur des ossatures à


triangulation et la capacité de dissipation d’énergie des porti-
ques, évitant la pénalisation habituelle des ossatures en pur
portique par les critères sur la limitation des effets du 2e ordre
et la déformabilité horizontale.

VII - OSSATURESMÉTALLIQUES COMPORTANT DES


NOYAUX OU MURS EN BÉTON

Les noyaux ou murs en béton font partie de la structure pri-


maire de contreventement et sont vérifiés comme des
structures en béton armé (cf. Fig. 7). Ils sont les seuls vérifiés Fig. 7 : Ossatures métalliques comportant des noyaux ou murs en béton (d’après NF EN
sous séisme si les structures métalliques peuvent être consi- 1998-1:2005).
dérées comme secondaires, c’est-à-dire reprenant moins de
15 % de l’action sismique. Si les structures métalliques parti- Si les remplissages sont structurellement déconnectés de
cipent significativement au contreventement, les éléments en l’ossature en acier sur leurs bords latéraux et supérieurs, les
acier, ou mixtes acier-béton, doivent aussi être vérifiés pour ossatures en portique sont dimensionnées comme des struc-
la reprise de l’action sismique. tures en acier, mais il faut se préoccuper de l’interaction
ossature/remplissage. Si les remplissages sont en contact
avec l’ossature acier, il faut évaluer les efforts internes dans
3
les poutres et poteaux correspondant à un travail des remplis-
VIII - OSSATURES EN PORTIQUE COMBINÉES AVEC DES sages en bielles diagonales.
REMPLISSAGES

Les ossatures en portique, dans lesquelles des remplissages


en béton sont connectés efficacement à la structure en acier,
relèvent du projet de structures mixtes.

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