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Université Sidi Mohammed Ben Abdallah

Ecole Nationale de Commerce et de Gestion


-Fès-

Préparé par :
Lamiae CHAOUNI
Sara ZARYOUHI
Khadija OUDRHIRI IDRISSI
Encadré par:
Mme SAHBANI 1
Introduction

I. Définition de la notion du groupe et du prix de


transfert
II. Techniques de transfert indirect de bénéfices
III. Cadre Réglementaire des prix de transfert
IV. Les méthodes de détermination des prix de
transfert
V. Politique de fixation de prix de transfert

Cas pratique : Renault


Conclusion
2
I - Définition de la notion du groupe et du prix
de transfert

1. La notion du groupe

• La notion de groupe suppose l'existence de liens de dépendance


entre les différentes entreprises qui le composent.
• Son existence repose sur la réunion de deux éléments:
- Un lien de dépendance (financière, juridique, économique...) : Il
en résulte une domination généralement exercée par la majorité
et qui se traduit par un droit d’influence dans la gestion des
filiales;
-Une direction unique capable de lui apporter des techniques de
gestion générale, une aide financière, commerciale…etc.

3
I - Définition de la notion du groupe et du prix de transfert
1. La notion du groupe

a. Notion de dépendance

Deux entreprises sont dépendantes -et donc appartiennent à un même groupe -

si l'une d'elle participe directement ou indirectement à la


direction, au contrôle ou au capital de l'autre ou si les deux
entreprises sont détenues ou sont sous l'influence d'une même
entreprise ou d'un même groupe. Le lien de dépendance peut
être juridique (de droit) ou de fait.

4
I - Définition de la notion du groupe et du prix de transfert
1. La notion du groupe
a. Notion de dépendance
 LaLadépendance
dépendancejuridique
juridiquedededroit
fait

Une
l y entreprise française
a dépendance de est
faitplacée sous la dépendance
si l'entreprise étrangère d'une
exerceentreprise étrangère française
dans l'entreprise lorsque
cette dernièreou
directement possède directement
indirectement ou indirectement
un véritable une part
pouvoir de décision (ou prépondérante
inversement). dans son
capital ou la majorité absolue des droits de vote dans les assemblées d'actionnaires ou
d'associés. Enexemple,
Il existe, par pratique,dans
la les
détention de la majorité du capital (plus de 50%) suffit à
cas suivants:
caractériser la dépendance.
— une entreprise française qui est liée par un contrat avec une entreprise étrangère qui lui
impose le prix de produits vendus ;
—Ex
Ex::Dépendance
dépendance
deux juridique
juridique
entreprises française indirecte
directe
et étrangère qui ont le même nom et qui utilisent le concours
des mêmes représentants et se partagent les commandes recueillies par ces représentants

La dépendance de fait se caractérise donc par la capacité d'une entreprise à imposer des
conditions économiques à une autre entreprise.

5
I - Définition de la notion du groupe et du prix de transfert
2. Notion des prix de transfert

Selon (OCDE):
les prix de transfert sont "les prix auxquels une entreprise transfère des biens corporels, des
actifs incorporels, ou rend des services à des entreprises associées".

Ils
Cela
se définissent
concerneplusaussi
simplement
toutescomme
les étant les prix des
prestations de transactions
services
entre sociétés :d'un
intragroupes mêmedegroupe
partage et frais
certains résidentes d'Étatsentre
communs différents : ils
plusieurs
supposent desdu
entreprises transactions intragroupes
groupe (frais et le passage
d'administration d'une frontière.
générale ou de siège),
mise à disposition de personnes ou de biens, redevances de
Il s'agit finalement d'une opération d'import-export au sein d'un même
concession de brevets ou de marques, relations financières, services
groupe, ce qui exclut toute transaction à l'international avec des sociétés
rendus par une
indépendantes entreprise
ainsi du groupe
que toute aux intragroupe
transaction autres entreprises…
sans passage de
frontière.
Les prestations de services non rémunérées et les mises à
disposition gratuites de personnel ou d'éléments incorporels entre
entreprises associée

6
I - Définition de la notion du groupe et du prix de transfert
2. Notion des prix de transfert

Exemples :

7
I - Définition de la notion du groupe et du
prix de transfert
3. Les prix de transfert et l’optimisation de la charge
d’impôt
• Les prix de transfert sont un moyen qui permet
d’optimiser au sein d’un même groupe la
pondération de la masse fiscale mondiale via le
transfert territorial de revenus d’un pays à fort
imposition à un autre à imposition favorable.
• Exemple:
• soit une entreprise marocaine commercialisant à
l’étranger un produit pour un prix de 100 dhs (le
coût de revient de ce produit étant de 80 dhs).
8
I - Définition de la notion du groupe et du prix de
transfert
3. Les prix de transfert et l’optimisation de la charge d’impôt
Cas n°1
• Ese marocaine 100 DH client final (à l’étranger)

• L’entreprise réalise de ce fait une marge de 20 dhs sur laquelle elle


sera imposée intégralement au Maroc

Cas n°2
• Ese marocaine 85 DH filiale 100 DH client final (à
l’étranger)
• L’entreprise marocaine réalise un résultat de 5 dhs au lieu de 20 dhs
Ainsi le groupe ne sera taxé à l’impôt marocain que sur un résultat
faible
• le supplément (20-5 =15) n’étant taxé qu’au taux réduit applicable
dans le pays de la filiale.
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I - Définition de la notion du groupe et du prix de transfert
4. Problématique des prix de transfert

 Les prix de transfert affectent l’assiette fiscale des


États
 Les États vérifient que les entreprises situées sur leur territoire
sont correctement rémunérées pour leur opérations avec des
entreprises étrangères liées
 Déclarent un résultat proportionné aux activités déployées
 Risques importants de désaccords avec les
administrations
 Les valorisations retenues par les entreprises ne reflètent pas
toujours le prix de marché
 Les contrôles fiscaux sur les prix de transfert, source
d’insécurité importante pour les entreprises
 Les contrôles fiscaux sur les prix de transfert génèrent une
double imposition
10
I - Définition de la notion du groupe et du prix de transfert
4. Problématique des prix de transfert

• Afin de pouvoir s'assurer que les bases d'imposition de


chaque pays sont les plus justes possibles, d'éviter les
conflits entre les différentes administrations fiscales et
les distorsions de concurrence entre les entreprises, les
pays membres de l'OCDE ont adopté le principe du
"prix de pleine concurrence" pour les opérations
intragroupes.
• Il signifie que le prix pratiqué entre des entreprises
dépendantes doit être le même que celui qui aurait été
pratiqué sur le marché entre deux entreprises
indépendantes.

11
II- Techniques de transfert indirect de
bénéfices
• Le transfert de bénéfices peut être observé à travers de
nombreuses situations :

Achat à prix majorée ou vente à prix minoré

Versement des redevances excessives

Les prêts intragroupes

L’abandon de créance

Sous capitalisation

Distribution déguisée des dividendes


12
II- Techniques de transfert indirect de
bénéfices

1. Achat à prix majorée ou vente à prix minoré


• Dans ce cas, il peut arriver que les achats de la
filiale auprès de l'entreprise étrangère soient
faits à des prix majorés ou que les ventes à
l'entreprise étrangère soient effectuées à des
prix minorés.
• Ces moyens peuvent être, en effet, utilisés pour
transférer indirectement à l'étranger une partie
des bénéfices réalisés par la société.

13
II - Techniques de transfert indirect de
bénéfices
2. Versement de redevances excessives
• Les sociétés placées sous la dépendance de sociétés
étrangères versent parfois à ces dernières d'importantes
redevances. Ces redevances stipulées par contrat sont, en
général, destinées à rémunérer certains services rendus par la
société mère, qui vont de la concession d'une licence
d'exploitation d'une marque, d'un brevet, d'un procédé ou d'une
formule de fabrication à l'assistance directe dans les domaines
technique, scientifique, commercial ou administratif.
• D'une manière générale, la société devra démontrer que de
telles dépenses sont légitimes et qu'elles correspondent bien à
la rémunération normale des services effectivement fournis par
la société étrangère.
• On observera, à cet égard, que les sommes versées à ce titre
peuvent atteindre des montants élevés sans pour autant
apparaître a priori comme excessives. 14
II-Techniques de transfert indirect de bénéfices

3. Les prêts intragroupes


• Les prêts intragroupes peuvent être utilisés comme étant
un mécanisme favorisant le transfert des bénéfices. En
effet, l’entreprise prêteuse peut être rémunérée à un
taux excessif.
• Les conventions de non double imposition prévoient
généralement que la partie jugée excédentaire des
intérêts servis entre entreprises dépendantes ne
bénéficient pas du régime fiscal de faveur prévu par les
dispositions conventionnelles.
• En effet, la partie excédentaire des intérêts reste
imposable, selon le régime de droit commun applicable
aux revenus de valeurs mobilières imposables, dans le
pays de la source. 15
II-Techniques de transfert indirect de bénéfices

5. La sous capitalisation
• « Une forme sophistiquée de transfert des bénéfices par
le biais d’intérêts est la sous capitalisation ». Ce procédé
consiste à créer une filiale avec un capital insuffisant
pour le financement de l’activité et à lui accorder en
parallèle un prêt à intérêts.
• Le transfert de bénéfice est, généralement, établi
lorsque la société mère est située dans un pays à
fiscalité moins avantageuse que celle du pays de la
filiale.

16
II-Techniques de transfert indirect de bénéfices

6. L’abandon de créance
• La société mère peut décider d’abandonner sa créance
vis-à-vis de sa filiale pour l’aider à surmonter les
difficultés financières qu’elle rencontre.
• Néanmoins, l’abandon de créance peut constituer un
moyen de transfert des bénéfices du pays de la société
mère vers celui de la filiale.
7. Distribution déguisée de dividendes
• Le cas où une société procède à une diminution de
capital par le biais d’un versement aux actionnaires,
immédiatement suivi d’une incorporation de réserves
dans le capital.
17
III- Cadre réglementaire des prix de transfert
• La loi marocaine prévoit dans L’article 4 du livre des
procédures fiscales que:
• Lorsqu'une entreprise a directement ou indirectement
des liens de dépendance avec des entreprises situées
au Maroc ou hors du Maroc, les bénéfices indirectement
transférés, soit par voie de majoration ou de diminution
des prix d'achat ou de vente, soit par tout autre moyen,
sont rapportés au résultat fiscal et /ou au chiffre
d’affaires déclarés.
• En vue de cette rectification, les bénéfices indirectement
transférés, sont déterminés par comparaison avec ceux
des entreprises similaires ou par voie d’appréciation
directe sur la base d’informations dont dispose
l’administration. 18
III- Cadre réglementaire des prix de transfert

• Et que Lorsque l'importance de certaines dépenses engagées ou


supportées à L’étranger par les entreprises étrangères ayant une
activité permanente au Maroc n'apparaît pas justifiée, l'administration
peut en limiter le montant ou déterminer la base d'imposition de
l'entreprise par comparaison avec des entreprises similaires ou par
voie d'appréciation directe sur la base d’informations dont elle
dispose.
• Par ailleurs, si la loi marocaine réprime toute sorte de transfert indirect
des bénéfices à l’étranger dans les mêmes conditions sans distinction
aucune entre la nature des pays destinataires de ces bénéfices, il n’en
demeure pas moins que toutes ces dispositions relèvent du droit
interne, alors que les transactions avec des entités étrangères sont
régies au niveau fiscal, en cas de leur existence, par les conventions
fiscales signées en vue d’éviter les doubles impositions.

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III- Cadre Réglementaire des prix de transfert

D’après la convention fiscale franco-marocaine:


• l’Etat contractant (en l’occurrence le Maroc), peut
appréhender la partie des bénéfices indûment transférée
à l’étranger et par conséquent les rattacher à l’entreprise
locale pour les imposer. (Article 11, alinéa 1)
• les dispositions relatives aux redevances ne sont
applicables qu’à la partie jugée normale de ces
paiements, lorsque le débiteur a des liens de
dépendance avec le bénéficiaire et que les conditions
acceptées ou imposées dans leurs relations ne sont pas
celles du marché. Donc la déductibilité fiscale n’est
acquise que pour la fraction de la redevance qui
représente le montant ‘raisonnable’ de la transaction
contestée. (Article 14, alinéa 6) 20
III-Les méthodes de détermination des
prix de transfert
1.les méthodes 2.les méthodes
traditionnelles récentes
Méthode du prix La méthode de
comparable sur répartition des
le marché libre bénéfices

Méthode du La méthode de
coût de revient répartition de la
majoré marge nette

Méthode du prix
de revente
21
IV- Les méthodes de détermination des prix
de transfert
1. Les méthodes traditionnelles
- Les méthodes traditionnelles admises par l’OCDE

Ces méthodes sont


caractérisées par le fait qu’elles
restent axées sur l’objet de la
transaction, notamment le prix.
• La méthode du prix du marché Elles n’abordent pas la question
de la rentabilité de l’entreprise,
• La méthode fondée sur le prix ce qui est plus logique car il
de revente s’agit d’une question de prix et
non d’analyse financière.
• La méthode fondée sur le coût
de revient
22
Méthode du prix comparable La méthode du prix de revient
La méthode du prix de revente
sur le marché libre majoré
•La méthode du prix comparable sur le •L'objectif de cette méthode est de •Cette méthode consiste à
marché libre est la plus simple des connaître le prix auquel un produit déterminer le coût de revient du
méthodes. Elle consiste à comparer le prix acheté à une entreprise liée est bien ou du service vendu ou
de transfert appliqué entre les entreprises revendu à un client indépendant (le fourni à une entreprise liée, et à y
Ex: méthode de prix de revente
liées, au prix du bien ou du service pratiqué
prix de revente), ajouter une marge bénéficiaire
• pour ensuite y soustraire une marge de pleine concurrence, obtenue
Afin d’illustrer cette situation, prenons l’exemple d’une filiale
entre un acheteur et un vendeur
indépendants.
brute (la marge sur prix de revente) en utilisant un comparable
permettant à la société de distribution interne ou externe à l'entreprise.
qui achète un produit auprès de sa société mère à 160 DH et
•Cette méthode est la plus satisfaisante car liée de couvrir ses frais de ventes et Le prix obtenu est considéré
c'est la plus directe et la plus fiable pour ses autres charges d'exploitation, comme le prix de pleine
le vend à 210 DH. Ses frais d’exploitation sont estimés à 20
déterminer le prix de pleine concurrence. •et de se voir attribuer un bénéfice concurrence qui doit être
•Cette méthode est particulièrement adaptée pratiqué pour la transaction entre
DH. Admettons également que l’administration fiscale
aux entreprises qui commercialisent des
tenant compte des fonctions réalisées
et des risques assumés. les deux entreprises liées.
Exemple :considère
une entreprise a déterminé
marchandises couramment vendues sur le
que le bénéfice quesur
normal le lecoût
prixde
de production d'une
vente doit être
•Cette marge brute de pleine •Elle nécessite donc de
marché. déterminer :
bicyclette de
est5%,
égalelle
à 150 €.
•En revanche, elle est inadaptée aux
procéderait
concurrence est obtenue en utilisant
à l’ajustement suivant :
un comparable interne ou externe à •– les coûts de production directs
transactions portant sur des produits très (ex : coût d'achat des matières
Elle doit ensuite définir la marge à appliquer pour rémunérer son activité et
élaborés ou des biens incorporels (savoir-
l'entreprise. Le prix ainsi obtenu est
considéré comme un prix de pleine premières) et indirects (ex : frais
fixer ainsi Prix
le prix
faire, brevets).
dede vente
vente de client
à un la bicyclette
• Le prix de marché peut être obtenu en
au distributeur.
concurrence.
indépendant 210 DH
de réparation et d'entretien) ;
•–
•Cette méthode est à recommander les autres charges
utilisant un comparable interne ou externe à pour les activités où l’essentiel de la d'exploitation (ex: frais de vente,
Bénéfice (4,7%) 10 DH
l'entreprise : marge est lié a un savoir-faire de frais généraux et frais
Pour cela,Frais
elle peut utiliser des
20 comparables
•– interne : l'entreprise concernée ou une
d’exploitation DH internes (l'entreprise ou une
distribution, aux activités où le administratifs).
autre entreprise du même groupe vend ou marketing est essentiel, ou aux •Dans le domaine de la
autre entreprise du groupe
Prix d’achat normalfabrique
180 DH les mêmes produits ou des produits
achète à une entreprise indépendante le produits de luxe. production, cette méthode est
même type de biens ou de services ; particulièrement adaptée aux
comparables qu'elle
D’après vend
cette à des
méthode, le distributeurs
•– externe : une entreprise indépendante indépendants
prix: d’achat normal
•Exemple
ouà à180
est arrêté des prestataires de services et aux
sous-traitants qui ont des
donneurs DH
d'ordre indépendants), des comparables
vend ou achète le même type de biens ou
tandis que le prix d’achat
de services à une autre entreprise payé par laexternes
société (un
est fabriquant
de 160 fonctions et des risques réduits
indépendant
indépendante.réalise une transaction identique avec une autre
DH, d’où un transfert de bénéfice vers l’étranger de 20 DH (la entreprise et donc des perspectives de
résultats limitées. Elle est
indépendante).
différence : 180-160)
également recommandée
lorsque des produits semi-finis
Dans l'hypothèse où, d'après les comparables, la marge du producteur est sont vendus
entreprises liées.
entre des

de 10 %, le prix de pleine concurrence entre le producteur et le distributeur


est de 165 € (150 € x 110 %).
23
IV- Les méthodes de détermination des
prix de transfert
2- Les méthodes récentes
• Les méthodes traditionnelles fondées sur une
comparaison avec des transactions de pleine
concurrence (prix comparable sur le marché libre, prix de
revente et prix de revient majoré) sont les plus directes et
les plus fiables pour s'assurer que les rémunérations
entre les entreprises liées sont de pleine concurrence.
• Néanmoins, lorsque les données ne sont pas disponibles
ou d'une qualité insuffisante, des méthodes
transactionnelles de bénéfices peuvent être appliquées.
• Elles consistent à comparer les bénéfices de
transactions entre entreprises associées avec ceux
réalisés pour des transactions comparables entre des
entreprises indépendantes.
24
IV-Les méthodes de détermination des
prix de transfert
2- Les méthodes récentes
Il existe deux méthodes transactionnelles :

la méthode du partage des bénéfices

la méthode transactionnelle de la
marge nette

25
IV- Les méthodes de détermination des
prix de transfert
2- Les méthodes récentes
 La méthode du partage des bénéfices
Cette méthode est particulièrement adaptée lorsque les
projets ou les activités au sein du groupe sont tellement
communs et imbriqués qu'il n'est pas possible de
déterminer et/ou de justifier une valorisation pour chaque
opération (ex : construction et assemblage par plusieurs
entreprises liées d'un même produit, vendu ensuite à un
client indépendant).

26
III-Les méthodes de détermination des
prix de transfert
2- Les méthodes récentes
 La méthode du partage des bénéfices
Le recours à cette méthode est également possible
lorsque les méthodes traditionnelles ne peuvent pas être
utilisées en l'absence de comparables indépendants
pertinents, ou lorsque les deux entreprises liées mettent
en œuvre des actifs incorporels significatifs qui rendent
difficile l'application des méthodes traditionnelles
décrites ci-avant.

27
IV-Les méthodes de détermination des
prix de transfert
2- Les méthodes récentes
 La méthode du partage des bénéfices
La méthode consiste à déterminer le résultat consolidé
pour le groupe sur l'ensemble des opérations, impliquant
différentes entreprises liées, pour le partager ensuite
entre ces mêmes entreprises, en fonction de critères
pertinents, afin d'obtenir une allocation des bénéfices
comparable à celle qui aurait été obtenue dans une
situation de pleine concurrence, compte tenu du
contexte considéré, des fonctions exercées, des actifs et
des moyens utilisés, des risques supportés…

28
IV-Les méthodes de détermination des
prix de transfert
2- Les méthodes récentes
 La méthode du partage des bénéfices
• Exemple :
1ère étape. Détermination du résultat consolidé pour le groupe qui
est lié à la production et à la vente de la chaussure.
Le bénéfice consolidé pour le groupe pour la fabrication et la vente de
la chaussure est de 60 € (100-10-30).

29
IV-Les méthodes de détermination des
prix de transfert
2- Les méthodes récentes
 La méthode du partage des bénéfices
• Exemple :
• 2e étape : Répartition du résultat consolidé entre les deux entreprises
de production et de distribution liées, selon une clé de répartition
appropriée prenant en compte, par exemple, les charges d'exploitation
(charges d'exploitation de chaque entreprise liée / charges d'exploitation
de toutes les entreprises liées) :
• – contribution du producteur aux charges d'exploitation : 10 / 40 = 25 %,
• – contribution du distributeur aux charges d'exploitation : 30 / 40 = 75 %.
• Avec cette clé de répartition, le résultat revenant à chaque entreprise est
le suivant :
• – producteur : 60 € x 25 % = 15 €
• – distributeur : 60 € x 75 % = 45 €.
30
IV- Les méthodes de détermination des
prix de transfert
2- Les méthodes récentes
 La méthode du partage des bénéfices
• En pratique, la méthode du partage des bénéfices
suppose d'appliquer préalablement les méthodes
traditionnelles pour rémunérer les fonctions élémentaires
ensuite de répartir le bénéfice résiduel selon une clé de
répartition appropriée.
• Cette méthode ne doit être utilisée qu'en dernier recours,
ce qui suppose d'avoir démontré que les autres méthodes
ne sont pas pertinentes. Très intuitive, elle est toutefois
utile pour valider a posteriori la cohérence des résultats
obtenus à l'aide de la méthode principale utilisée pour fixer
les prix de transfert.

31
IV - Les méthodes de détermination des
prix de transfert
2- Les méthodes récentes

 la méthode transactionnelle de la marge nette


• Cette méthode consiste à déterminer à partir de
données appropriées (exemple : les charges, le chiffre
d'affaires, la valeur des actifs…), la marge bénéficiaire
nette que réalise une entreprise dans le cadre d'une
transaction intragroupe, et à la comparer à celle qu'une
entreprise indépendante réaliserait pour une transaction
comparable.

32
III - Les méthodes de détermination des
prix de transfert
2- Les méthodes récentes

 la méthode transactionnelle de la marge nette


Elle suppose de raisonner en ratio de marge
nette (par exemple, des ratios de bénéfice
d'exploitation par rapport au chiffre d'affaires, de
rendement des actifs, ou d'autres indicateurs de
bénéfice net) et non pas en prix.
Dans l'hypothèse où l'entreprise réalise un ratio
de marge nette semblable à celui des
entreprises qui réalisent une transaction
comparable, ses prix de transfert sont des prix
de pleine concurrence. 33
IV - Les méthodes de détermination des
prix de transfert
2- Les méthodes récentes

la méthode transactionnelle de la marge


nette.
Exemple :

34
IV-Les méthodes de détermination des
prix de transfert
2- Les méthodes récentes
 la méthode transactionnelle de la marge nette.
• Si une entreprise de distribution comparable réalise une marge
d'exploitation de 10% (bénéfice d'exploitation/chiffre d'affaires),
• le prix de pleine concurrence du produit vendu par le producteur à son
distributeur étranger peut être déterminé comme suit : Prix de vente (prix de
pleine concurrence car pratiqué avec un tiers) : 20 €.
• Marge d'exploitation du distributeur issue de l'analyse de comparabilité: 20 x
10% = 2 €.
• L'attribution au distributeur d'une marge d'exploitation de 2 € suppose que le
total de ses charges d'exploitation (y compris le prix d'achat du produit) soit
de: 20-2 = 18 €.
• Si le total des charges d'exploitation (hors prix d'achat du produit) est de 8 €
le prix de transfert devra être de: 18-8 = 10 €.
IV - Les méthodes de détermination des
prix de transfert
2- Les méthodes récentes

la méthode transactionnelle de la marge


nette.
ce type de méthode, fondée sur une comparaison des
marges nettes, s'applique à tous les biens corporels,
incorporels ainsi qu'aux prestations de services. Elle
nécessite pour estimer avec fiabilité un résultat de pleine
concurrence, un niveau de comparabilité similaire à celui
qui est requis pour les méthodes du prix de revient
majoré et du prix de revente, avec une étude
approfondie des différences fonctionnelles et
éventuellement l'application d'ajustements appropriés.
36
V Politique de fixation de prix de transfert

• A ce jour, il n’existe pas au Maroc d’obligation de produire une


documentation relative aux prix de transfert lors du dépôt de la
déclaration de résultat de la société. Ce n’est que dans le cadre
d’une
Cettevérification
obligation de documentation
comptabilité que l’entreprise
ne doit doit pas
cependant être en
mesure de justifier
occulter l'intérêt sa politique
propre quede prix de transfert.
comporte pour l'entreprise la
• Pour
définition d’une politique
les entreprises, de prix
la portée de transfert.
de cette obligation est souvent floue :
En outre,
Que fournir ?d’une
faut-il appuyée Sous bonne
queldocumentation elle pourra
format ? Quelles sont les
permettre à d’un
conséquences l’entreprise
défaut de deprésentation
sécuriser sa situation fiscale?
de documentation
dans le cas d’un contrôle fiscal.
Il semble utile de suivre la démarche de définition d’une
politique de prix de transfert laquelle s’accompagne de la
constitution d’une documentation.

37
V politique de fixation de prix de transfert

Première étape : détermination du périmètre des entités


liées
En premier lieu, il convient d'identifier les entreprises liées.

D'une part c'est une exigence de l'administration (organigramme du


groupe sur les exercices vérifiés) d'autre part c'est un préalable
indispensable pour circonscrire le champ de la politique de prix de
transfert.

Cette première étape est relativement aisée. Dans 90% des


cas, les entreprises liées sont celles détenues directement
ou indirectement par une même société mère.
Néanmoins, la co-détention par deux sociétés mères peut
éventuellement poser un problème pour délimiter le
périmètre des entités liées.
38
V Politique de fixation de prix de transfert

Seconde étape : détermination des flux intra-groupe

• La seconde étape vise à définir les transactions avec les entités


liées.
• Les contrats, les flux financiers, matières ou échanges intellectuels
permettront de déterminer un premier périmètre.
• Il est recommandé d'avoir, pour chaque transaction, un contrat à
présenter à l'administration fiscale.
• Avoir un tableau des flux intra-groupes donnant notamment l'identité
des entreprises impliquées au 1er niveau, le type de transaction (ex
achat de tôles prédécoupées), le volume financier du flux (ex :
montant des achats), la méthode de prix de transfert, etc...
permettra de synthétiser les informations.

39
V Politique de fixation de prix de transfert

Troisième étape : l'analyse fonctionnelle


• Elle consiste à déterminer, normalement pour chaque entité
participant à la transaction, les fonctions et les risques assumés.
• Cette analyse a un double objectif, classiquement elle vise à
préparer le choix d'une méthode de détermination des prix de
transfert et la recherche de comparables, mais elle doit également
conduire à évaluer la juste répartition des profits ou des pertes
réalisées par le groupe à raison de la transaction données.
• Dans ce cadre, l'analyse fonctionnelle viendra compléter les
informations provenant de l'analyse des flux. Elle réunira des
informations des services opérationnels (qui fait quoi, quand,
comment, combien, où, pourquoi ?) mais également des services
financiers (quels coûts, quelle rentabilité pour chaque entité).

40
V Politique de fixation de prix de transfert

Quatrième étape : le choix de la méthode


• Le choix de la méthode est la partie la plus cruciale et la plus
difficile de la détermination d'une politique de prix de transfert.
• Le choix de la méthode doit résulter de la conjonction de l'analyse
fonctionnelle et des comparables disponibles.
• Selon les recommandations OCDE, il convient normalement de
descendre les méthodes une par une en partant de la plus directe
pour s'arrêter à celle qui permet d'obtenir le résultat le plus fiable.
• Si on choisit directement une méthode (par exemple : le prix
comparable sur le marché libre), il est recommandé de la tester
avec une méthode de bénéfice (la méthode de répartition de la
marge nette ou Répartition de profit). En fonction des résultats,
on pourra renforcer la démonstration de la pertinence de la méthode
ou pratiquer des ajustements.
41
V Politique de fixation de prix de transfert

Cinquième étape

• La cinquième étape consiste à implémenter la méthode de prix de


transfert définie comme étant la plus appropriée et à vérifier que les
résultats obtenus sont conformes à ceux attendus.
• Cette étape, qui peut nécessiter des modifications substantielles
dans le système d'information, est également importante. De
nombreuses entreprises construisent des politiques de prix de
transfert reposant sur des données prévisionnelles. Lorsque ces
données ne sont pas très fiables, ce qui peut être le cas notamment
quand elles sont destinées et utilisées à des fins commerciales, les
résultats sont souvent incohérents.

42
V Politique de fixation de prix de transfert

Cinquième étape

• Par exemple si un groupe applique la méthode de répartition de la


marge nette pour déterminer la rémunération d'une filiale de
distribution, il devra pour l'appliquer au quotidien tirer des résultats
de cette méthode un coefficient qui, appliqué sur les ventes donnera
le prix intra-groupe. Or la structure de résultat sera rarement assez
stable pour produire d'une année sur l'autre le même taux de marge
nette à partir du même coefficient de conversion.
• Plutôt que d'essayer de convaincre l'administration fiscale que cette
situation reflète la pleine concurrence, il sera préférable de procéder
régulièrement à des ajustements pour parvenir à la marge nette
attendue.

43
Raison Sociale Renault Maroc
Forme juridique SA
Siège France
CA du groupe pour le 1er semestre 9535 Millions d’euros
2012
Filiale au Maroc Renault Tanger
Date d’inauguration Février 2012
Parts dans la société 47,5% du capital de Renault Tanger est
détenu par la CDG.

Secteur d’activité Automobile


Activité Construction automobile
Régions d’implantation - Le groupe Renault est organisé en 5 grandes
régions : Europe, Eurasie, Euromed , Asie-Afrique
et Amérique.
- Il est présent en 118 pays
• la société mère se situe en France. L’entreprise Renault
est présente au Maroc au travers son usine implantée au
niveau de la TFZ (Zone franche de Tanger). Cette usine
est considérée comme étant un établissement stable, en
répondant aux critères suivants :

– Il s’agit d’une installation matérielle permanente lui permettant


d’exercer une partie de son activité au Maroc.

– L’usine jouit d’une autonomie de gestion. C’est-à-dire une


habilité à contracter.
• Ainsi, la société est exonérée de l’IS pour
5 ans, elle sera imposable selon un taux
réduit de 8,75% pour les 20 ans suivants,
et ensuite elle sera imposable à hauteur
du taux réduit de 17,5%.
• En ce qui est des prêts intra-groupe, la société
reçoit les prêts de la part de la société-mère
située en France ainsi que de l’établissement
situé en Suisse.
• A ce titre, les intérêts concernés sont
imposables au niveau de la France et de la
Suisse.
• Le Maroc quant à lui, il impose ces intérêts par
voie de retenue à la source à hauteur de 15%
du montant brut.
Pour déterminer le prix de transfert pour la
réalisation des transactions intra-groupe, la
société fait recours à la méthode du cost plus,
méthode du prix de revient majoré
.
Rappel : méthode du prix de revient majoré

• Cette méthode consiste à déterminer le coût de revient


du bien ou du service vendu ou fourni à une entreprise
liée, et à y ajouter une marge bénéficiaire de pleine
concurrence, obtenue en utilisant un comparable interne
ou externe à l’entreprise. Le prix obtenu est considéré
comme le prix de pleine concurrence qui doit être
pratiqué pour la transaction entre les deux entreprises
liées.
• Cette méthode s’avère comme étant simple, et
facilement applicable dans certains cas.
Pratique du prix de transfert chez Renault :
 La société mère Renault France approvisionne son Usine Renault
Tanger de pièces entrant dans la production des voitures LOGAN.
 Elle a expédié 3600 unités au prix de 25,5 euros l’unité. Ces
dernières lui coûtent réellement 25 euros.

si on se réfère au prix de pleine concurrence, on devrait lui facturer


ces pièces à :
25 + (25 * 5%) = 26,25
Montant de la facture établie par la société mère : 25 * 3600 = 90 000
euros
Montant de pleine concurrence : 26,25 * 3600 = 94 500 euros
Pratique du prix de transfert chez Renault :

• On constate alors que la société française minore son


chiffre d’affaire français en facturant un prix de vente
inférieur à celui de pleine concurrence. Elle transfert
ainsi une partie de ses bénéfices à son site marocain
afin de pouvoir profiter des avantages fiscaux que lui
procure l’état de résidence ( le Maroc au travers de
l’exonération pendant les 5 premières années suivie de
taux réduits).
• L’essentiel des transactions effectuées à l’échelle mondiale est fait
par et au sein des firmes multinationales. Au sein de ces
entreprises, les différentes entités réalisent des opérations
transfrontières entre elles. ainsi, se développe un commerce
intragroupe fermé caractérisé par son internationalisation et en
même temps son internalisation. Les prix de transfert pratiqué à
l’occasion de ce commerce intégré constituent pour le groupe de
sociétés un véritable enjeu comptable et fiscal.

• La détermination des prix de transfert constitue un exercice


complexe. Les règles en la matière ne garantissent pas un résultat
exact. Les appréciations objectives se mêlent à des considérations
subjectives. Le principe de pleine concurrence qui doit sous-tendre
toute politique de prix de transfert est d’application délicate. Les
comparables qui assurent la bonne mise en œuvre de ce principe
ne sont pas toujours disponibles.
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