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INTRODUCTION

La Productivité agricole est aujourd’hui au cœur du débat économique. Plusieurs pays


considèrent la production animale et végétale comme pilier du développement économique.
Madagascar est un pays essentiellement agricole, ce secteur occupe la première place dans
l'économie nationale et emploie plus de 70% de la population active. Depuis une trentaine
d’années, le secteur agricole contribue en moyenne à 35% du PIB de la population malagasy
et la production est principalement tournée vers l’autosubsistance. A Madagascar, en plus du
symbole de l’unité nationale, de la fraternité, de la richesse et de la culture Malagasy,
l’agriculture et l’élevage font partie des principales activités agricoles du pays. Ils présentent
une potentialité importante de développement et apparaît comme un levier fondamental pour
la diminution de la pauvreté et de la faim. Madagascar se subdivise en 22 Régions ; La
Région Haute Matsiatra est l’une de ces Régions et notre étude va se baser sur cette Région.

Cette étude a pour objectif de présenter les différents types d’activités agricoles dans la
Région Haute Matsiatra, ses forces et ses faiblesses ainsi que ses impacts dans l’économie de
la Région.

C’est ainsi que notre thème de mémoire va porter sur l’ : « Etude de l’impact économique de
l’agriculture et l’élevage dans la Région Haute Matsiatra »

Face à cette situation, nous nous posons la question suivante « Les produits agricoles de la
Région Haute Matsiatra contribuent-elles vraiment à la croissance économique de la
Région ? »

Cette question de recherche regroupe nous amène à voir le domaine agricole dans lequel la
population de la Région Haute Matsiatra se focalise; puis les enjeux et les problèmes
rencontrés par les agriculteurs ainsi que les moyens pour gérer les problèmes et améliorer la
productivité des agriculteurs en vue d’assurer la croissance économique de la Région Haute
Matsiatra.

Suite à des recherches sommaires nous avançons à titre d’hypothèse les points suivants :

Hypothèse 1 : Les agriculteurs de la Région Haute Matsiatra sélectionnent leurs activités en


fonctions de leur emplacement géographique et climatique.

Hypothèse 2 : La faiblesse du rendement et l’insuffisance de production sont dues aux


différents problèmes rencontrés par les agriculteurs.

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Hypothèse 3 : Pour améliorer la production agricole, il faut mettre à jour les différents
paramètres dans l’activité agricole.

Pour arriver aux termes de son objectif, le présent mémoire va se diviser en trois grandes
parties différentes dont la première sera constituée par la présentation du cadre d’étude, du
concept de base et de la méthodologie de travail ; la deuxième portera sur les analyses et
résultats de la recherche sur les activités agricoles dans la Région Haute Matsiatra et la
troisième sera consacrée aux discussions et recommandations.

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CHAPITRE I : CADRE PHYSIQUE DE LA REGION HAUTE MATSIATRA

I.1. Localisation géographique et cadre physique

I.1.1. Localisation géographique


La Région Haute Matsiatra est située dans la province de Fianarantsoa, dans le centre de l’île.
Elle fait partie des hautes terres centrales de Madagascar et est située entre 45,51°et 47,41°
longitude Est et 20,68° et 22,21° latitude Sud. La capitale de la Région est Fianarantsoa. Elle
s’étend sur une superficie de 23 034,6 km², représentant 20,46 % de la superficie totale de la
province de Fianarantsoa.
Elle est délimitée par la Région Amoron’i Mania au Nord, la Région Ihorombe au Sud, la
Région Vatovavy Fitovinany à l’Est et les Régions Atsimo Andrefana et Menabe à l’Ouest.
La Région Haute Matsiatra compte au total 7 Districts (dont Isandra, Ikalamavony,
Ambohimahasoa, Lalangina, Fianarantsoa I, Vohibato, Ambalavao), 82 communes et 787
fokontany.

Figure 1 : Localisation de la Région Haute Matsiatra

Source : « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Haute_Matsiatra&oldid=124565023 ».

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DISTRICT SUPERFICIE en km2
Ambalavao 4 826
Ambohimahasoa 1 824
Fianarantsoa I 113,6
Ikalamavony 9 824
Isandra 1 450
Lalangina 1 758
Vohibato 3 239
Ensemble de la région 23 034,6

Tableau 1. Superficie de c chaque District dans la Région Haute Matsiatra


Source : PRD Région Haute Matsiatra réactualisé en 2015

D'un point de vue géographique, la Région présente une grande diversité de situations liées
principalement à la variabilité :
D’abord du relief : hauts plateaux au centre (altitude supérieure à 1000 m) ; relief assez
accidenté et zone de transition avec la falaise Tanala à l'est ; modelé collinaire évoluant vers
la plaine à l'ouest. Ensuite, du climat : la Région est globalement soumise à un climat tropical
d'altitude caractérisé par une saison fraîche presque sèche d'avril à octobre et une saison
chaude et très pluvieuse de novembre à mars. Cependant, il présente certaines variations en
fonction des zones considérées : pluviométrie beaucoup plus élevée à l'est (2000 mm contre
800 à 900 mm dans le reste de la région) et températures relativement basses au centre
(inférieures à 20°C en moyenne sur l'année).
D'un point de vue économique, l'agriculture constitue l'activité dominante : La zone orientale
est favorable aux cultures de rente, plus particulièrement le café. Sur les hauts plateaux du
centre, la presque totalité des vallées sont exploitées et les pentes présentant des possibilités
d’irrigation sont occupées par les rizières en étage. Les autres cultures vivrières (manioc,
patate douce, haricot, maïs, etc …), destinées surtout à l’autoconsommation, sont très
pratiquées. Par ailleurs, les cultures maraîchères et fruitières (agrumes surtout) sont
importantes et la viticulture est en plein essor dans la Région. La culture du tabac est prospère
dans le Sud. La riziculture reste la production principale.

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I.1.2. Relief

La Région Haute Matsiatra est située dans la partie Sud des hauts plateaux et est caractérisée
par un relief montagneux, heurté par des massifs vigoureux isolés et sillonnés par des
dépressions étroites. Trois sous régions naturelles forment la Région :

- la partie orientale, à topographie indécise, correspond à la zone de transition entre la falaise


Tanala et les hautes terres centrales. Les bas-fonds marécageux constituent une réserve à
superficialité importante, mal exploitée pour la riziculture. L’altitude moyenne est de 1 000m;

-les hautes terres centrales correspondent à la partie méridionale du pays Betsileo. Zone
densément peuplée et relativement bien desservie, les hautes terres centrales présentent un
relief montagneux sillonné par des vallées plus ou moins étroites ;

-la partie occidentale et australe offre un paysage de grandes plaines et pénéplaines propices à
l’élevage et à l’extension de la riziculture (vastes plaines de Tsitondroina et de Zomandao ).

I.1.3. Hydrologie

L’hydrographie de la Région est caractérisée par le bassin versant du Mangoky. Le réseau


hydrographique de ce bassin versant prend sa source dans les rivières Manantanana-
Zomandao et Ihosy (au sein des Régions Haute Matsiatra et Ihorombe).

Un système hydrologique très important prend naissance dans le massif d’Andringitra et


génère, en aval, des rivières importantes dont Zomandao (affluent de la Mangoky),
Menarahaka, Lantara (affluents du Manampatra) et Rienana. Les bassins versants dépendant
de ces rivières jouent un rôle important en matière de développement agricole et nombreux
sont les villes/villages qui dépendent des cours d’eau sortant du massif. La Région est
traversée par trois grandes rivières, qui forment toutes des affluents du fleuve Mangoky,
notamment :

- la rivière Zomandao au Sud de la Région ;

-la rivière Manantanana dans la partie centrale ;

-et la rivière Matsiatra qui prend source dans la partie centrale et passe dans la ville de
Fianarantsoa mais qui plus en aval, forme la limite Nord-Ouest de la Région.

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La superficie totale du bassin versant de Mangoky est de 55 750 km² et il se déverse dans le
canal de Mozambique. Les principaux cours d’eau sont Mitody, Manambaroa, Fanindrona
avec la source de Fisakana traversant Fandriana et Manandriana dans la Région Amoron’i
Mania. Il y a aussi le fleuve Namorona qui traverse la Région Vatovavy Fitovinany mais dont
la source se trouve dans la Région Haute Matsiatra. Comme ce fleuve Namorona alimente une
centrale hydro-électrique, une dégradation du bassin versant le protégeant aura des impacts
sur la fourniture d’électricité de plusieurs villes de la Province de Fianarantsoa.

A part les grandes rivières et les cours d’eau, la Région abrite également des lacs et des zones
marécageuses non négligeables. Quelques sites, ayant fait l’objet d’études et d’inventaires
méritent pourtant, d’être souligné :

-la zone d’Ambalakindresy est constituée par des lacs et des marais dont certains ont été déjà
convertis en périmètres de cultures et en rizières ;

-marais et lacs de la région de Sahambavy au bord du Chemin de Fer de Fianarantsoa-Côte


Est (FCE), plus précisément à une vingtaine de kilomètres environ à l’Est de la ville de
Fianarantsoa ;

-marais d’Ambodivohitra : c’est un grand marais situé dans la forêt humide de moyenne
altitude au Nord-Est d’Ambalavao. Beaucoup de ruisseaux circulent dans la station entre la
végétation herbacée qui couvre environ les 96 % de sa superficie ;

-zones humides de la vallée de Manambolo : ces zones humides de la zone périphérique


d’Andringitra comprennent une rivière et plusieurs marais localisés dans les dépressions et les
basfonds de la vallée de Manambolo. La Région est bordée par des collines couvertes de
lambeaux de forêt primaire de moyenne altitude et de savanes herbeuses .

I.1.4. Pédologie

La Région Haute Matsiatra est caractérisée par des sols ferralitiques jaunes/rouges et rouges ;
de superficies assez importantes, mais discontinues. L’on remarque en outre la présence de
sols ferrugineux tropicaux couvrant la partie centrale de la Région et des îlots d’association de
sols ferralitiques rouges et jaunes/rouges et des sols faiblement ferralitiques et Ferri sols. Cet
ensemble est réuni dans l’espace de la Région par des sols peu évolués et rankers, ainsi que
des sols peu évolués dunaires sableux. Les bas-fonds portent essentiellement des sols

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hydromorphes à Gley. Leur mise en valeur a commencé depuis l’installation de la population
dans la zone et comporte deux aspects : aménagement et mise en culture.

Les terrasses rizicoles (kipahy) constituent une particularité de la Région. Pour pallier
l’insuffisance des bas-fonds et profitant des possibilités de captage d’eau en hauteur, les
paysans ont installé des terrasses irrigables sur les flancs des collines .

I.1.5. Géologie

La géologie de la Région Haute Matsiatra se démarque par la coexistence de deux systèmes :

-le système de Vohibory qui s’allonge et se rétrécit du Nord vers le Sud ;

-le système du graphite, dans la partie Est et parallèlement à la côte.

Entre ces deux systèmes sont plaqués :

-des roches granitiques et migmatites de Tampoketsa, sous forme de minces filets allongés le
long des Régions d’Amoron’i Mania, de Haute Matsiatra et d’Ihorombe, toujours du Nord au
Sud ;

-des couches allongées parallèles à la côte et des îlots discontinus de roches granitiques ;

-le système Androyen : très important dans la Région. Ce système couvre environ le tiers de la
Région Haute Matsiatra dans sa partie occidentale. Ce sont des roches essentiellement
cristallines. Les terrains sédimentaires sont aussi importants dans les parties centrales et
orientales de la Région.

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CHAPITRE II : CONCEPT DE BASE

II.1.L’AGRICULTURE

II.1.1.présentation

L’agriculture (du latin agricultura, composé à partir de ager, champ et colere, cultiver) est un
processus par lequel les êtres humains aménagent leurs écosystèmes et contrôlent le cycle
biologique d'espèces domestiquées, dans le but de produire des aliments et d'autres ressources
utiles à leurs sociétés. Elle désigne l’ensemble des savoir-faire et activités ayant pour objet la
culture des sols, et, plus généralement, l’ensemble des travaux sur le milieu naturel (pas
seulement terrestre) permettant de cultiver et prélever des êtres vivants (végétaux, animaux,
voire champignons ou microbes) utiles à l’être humain.

La délimitation précise de ce qui entre ou non dans le champ de l’agriculture conduit à de


nombreuses conventions qui ne font pas tout l’objet d’un consensus. Certaines productions
peuvent être considérées comme ne faisant pas partie de l'agriculture : la mise en valeur de la
forêt (sylviculture), l’élevage d’animal aquatique (aquaculture), l’élevage hors-sol de certains
animaux (volaille et porc principalement), la culture sur substrat artificiel (cultures
hydroponiques)... Mis à part ces cas particuliers, on distingue principalement la culture pour
l'activité concernant le végétal et l'élevage pour l'activité concernant l'animal.

L'agronomie regroupe, depuis le XIXe siècle, l’ensemble de la connaissance biologique,


technique, culturelle, économique et sociale relative à l'agriculture.

En économie, l’économie agricole est définie comme le secteur d'activité dont la fonction est
de produire un revenu financier à partir de l’exploitation de la terre (culture), de la forêt
(sylviculture), de la mer, des lacs et des rivières (aquaculture, pêche), de l'animal de ferme
(élevage) et de l'animal sauvage (chasse). Dans la pratique, cet exercice est pondéré par la
disponibilité des ressources et les composantes de l'environnement biophysique et humain. La
production et la distribution dans ce domaine sont intimement liées à l'économie politique
dans un environnement global.

II.1.2.historique

L’agriculture est apparue à partir de 9 000 av. J.C., indépendamment dans plusieurs foyers
d'origines, dont les mieux connus à ce jour se trouvent au Moyen-Orient, en Chine, en Méso-

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Amérique ainsi qu'en Nouvelle-Guinée. C'est ce que l'on a appelé la révolution néolithique. À
partir de ces foyers, l'agriculture s'est diffusée en moins de 9 000 ans sur la plus grande partie
de la terre. Néanmoins, au XIXe siècle, 20 % de l'humanité avait encore un mode de vie
chasseur-cueilleur.

L'apparition de l'agriculture entraîne de nombreuses modifications sociales : apparition de


sociétés de classe, aggravation des inégalités hommes-femmes, augmentation importante de la
population mondiale mais dégradation de l'état sanitaire général des populations, entraînant le
passage à un nouveau régime démographique caractérisé par une forte mortalité et une forte
natalité.

En se répandant dans les zones précédemment couvertes de forêts, elle a donné naissance à
des systèmes de culture sur abatis-brûlis, tandis que dans les écosystèmes de prairie et de
steppe, elle a donné naissance à des systèmes agricoles pastoraux. Suite à la progressive
augmentation de la population, les forêts ont régressé et les systèmes de culture sur abatis-
brûlis ont laissé la place à une série diversifiée de systèmes agraires : systèmes basés sur la
maîtrise complexe de l'irrigation (Mésopotamie, Égypte, Chine, Andes), systèmes de
riziculture aquatique, systèmes de savane, systèmes de culture attelée légère (dans l'Empire
Romain). Suite à la révolution agricole du Moyen Âge, les systèmes d'agriculture attelée
légère européens (caractérisés par l'usage de l'araire) donnent naissance aux systèmes de
culture attelée lourde (caractérisés par l'usage de la charrue).

Suite à l'échange colombien, à partir de 1492, l'intensification du commerce maritime mondial


et la mise en contact de l'ancien et du nouveau monde modifient fortement les systèmes
agraires, en permettant aux plantes cultivées américaines (maïs, pomme de terre, tomate,
piment, haricot...) de se diffuser en Europe, Afrique et Asie. De même, les plantes et animaux
domestiques de l'ancien monde pénètrent en Amérique. Cet échange contribuera à la mise en
place du système des plantations et à la colonisation de l'Amérique.

La révolution agricole du XVIIIe siècle (parfois appelée première révolution agricole), née en
Angleterre et aux Pays-Bas, basée sur la suppression de la jachère et une meilleure
complémentarité entre élevage et cultures, augmente la productivité agricole de l'Europe (sans
toutefois atteindre celle des systèmes rizicoles d'Asie du Sud-Est).

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Au XIXe siècle, la révolution industrielle conduit à une première phase de mécanisation de
l'agriculture. Le développement de l'agronomie pendant ce siècle conduit aux premières
pratiques modernes de chaulage et de fertilisation. Le XIXe siècle est également caractérisé
par la colonisation européenne de nouvelles terres agricoles (en Amérique du Nord, en
Argentine, en Russie, en Australie et en Nouvelle-Zélande) et par l'expansion du système des
plantations. Les premiers engrais azotés chimiques sont produits industriellement dans les
années 1910 (par le procédé Haber-Bosch, principalement). Mais ce n'est qu'à partir de 1945
que l'agriculture d'Europe et d'Amérique du Nord voit une intensification massive de sa
production par le recours simultané à la motorisation (tracteur, moissonneuse-batteuse,
récolteuse automotrice...), à la mécanisation, aux engrais chimiques, aux pesticides et à de
nouvelles variétés végétales adaptées à ces conditions (céréales à paille courte, par exemple).
Se développe en parallèle l'élevage hors-sol. Le développement de la recherche et du conseil
agronomique est également un élément clé de ce processus (en France, par exemple par la
création de l'INRA et des instituts techniques agricoles, développement de l'enseignement
agricole). Cette intensification accélère fortement le phénomène d'exode rural, qui avait
commencé en Europe vers 1870, ainsi que la spécialisation des régions et des exploitations
agricoles dans quelques productions. En France, la Bretagne se spécialise dans l'élevage
intensif, l'Île-de-France dans les grandes cultures (céréales, betterave...), le pourtour
méditerranéen dans la vigne et les fruits et légumes, etc.

Dans les pays en développement, un processus de modernisation analogue se produit, la


révolution verte, basée sur de nouvelles variétés de plantes, des intrants et la maîtrise de
l'irrigation. Néanmoins, au début du XXIe siècle, la majorité de la paysannerie des pays du
Sud n'a pas accès aux techniques de la révolution verte .

Dans la dernière moitié du XXe siècle, la déprise agricole, diverses crises économiques de
l'agriculture intensive, plusieurs crises environnementales et sanitaires, ainsi que le
développement de la prise de conscience environnementale, conduisent à une critique des
conséquence sociales et environnementales de l'intensification agricole. Elles conduisent à la
création et à la diffusion de modèles agricoles alternatifs (agriculture biologique, agriculture
paysanne, agro écologie...).

Malgré l'exode rural massif contemporain, la population agricole active serait d'environ 1,34
milliard de personnes soit près de 43 % de la population active mondiale.

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L'agriculture recouvrait 37,7 % des terres émergées en 2013.

II.2.L’ELEVAGE

II.2.1.presentation

L’élevage est une activité visant, par l’entretien, la reproduction, l’amélioration et l’utilisation
d’animaux domestiques, à la satisfaction des besoins d’ordre matériel, alimentaire notamment,
mais également d’ordre symbolique, psychologique ou religieux.

Les animaux domestiques représentent environ 28 % de la valeur mondiale totale des produits
agricoles et constituent une part de l’alimentation humaine, bien supérieure dans les pays
développés que dans les pays en voie de développement.

La plupart des animaux domestiques élevés de par le monde le sont dans de petites unités
agricoles. Les méthodes traditionnelles d’élevage dépendent beaucoup du degré de contrôle
qui doit être exercé sur les animaux, ainsi que de leur utilisation. Celle-ci est rarement
exclusive. Ainsi, les animaux élevés surtout pour leur force de travail sont aussi producteurs
de lait, de viande et de matières qui entrent dans la confection de vêtements. Cependant,
l’utilisation des animaux est étroitement liée à la culture et aux traditions des éleveurs. Dans
certaines régions du monde, l’Inde en particulier, les bovins, qui ont un caractère sacré, ne
servent pas à produire des denrées alimentaires, hormis le lait.

Dans les pays industrialisés, l’élevage se limite à un type d’animal et se pratique dans de
grandes fermes à haute productivité. Ces méthodes modernes impliquent la concentration de
nombreux animaux dans des enclos ou des cages de petites dimensions, une alimentation
enrichie sous forme de farines concentrées, une stimulation de la croissance par divers
moyens sérieusement réglementés et une vaccination contre les maladies.

Les méthodes d'élevage intensif aboutissent au parcage de la volaille dans de petites cages,
des porcs dans des enclos, des moutons et des bovins sur des superficies réduites. Cette
pratique permet d’économiser de la main-d’œuvre et permet de réduire les coûts associés à
l’alimentation des animaux. L’isolement en cage individuelle facilite également la lutte contre
les maladies et la protection contre les prédateurs. Mais ces pratiques, qui empêchent les
animaux de suivre une croissance et un comportement naturel, suscitent de plus en plus de

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réactions négatives de la part des consommateurs et des associations de protection des
animaux.

L’environnement, en particulier le climat, joue également un rôle important dans la


domestication et dans l’utilisation des animaux. En Asie du Sud-Est, les buffles sont utilisés
comme bêtes de trait, car ils sont adaptés au sol, à la température et à l’humidité élevées qui
règnent dans cette région du monde, tandis que le cheval a été le principal animal de trait des
régions tempérées au sol ferme, jusqu’à ce qu’il soit remplacé par le tracteur. Les bovins
indiens, acclimatés aux conditions chaudes et humides, sont largement utilisés aujourd’hui
dans le sud des États-Unis, car ils supportent mieux le climat de cette région que les bovins
européens.

II.2.2.historique

L’élevage est probablement apparu il y a quelque 10 000 ans, à peu près en même temps que
l’agriculture, cette période correspondant à la révolution néolithique, et succédant à une très
longue période de chasse, de pêche et de cueillette. D’autres indices, notamment les
enseignements tirés par la biologie moléculaire du patrimoine héréditaire des animaux
domestiques actuels, ainsi que des restes de leurs ancêtres sauvages, suggèrent que la
domestication des animaux a pu commencer bien plus tôt, ce qui serait d’ailleurs conforme à
de nombreux mythes et traditions des civilisations anciennes. Ainsi, tout en restant des
chasseurs, les hommes ont pu contrôler la population des troupeaux sauvages en prélevant
uniquement les animaux qui leur étaient nécessaires, et en laissant les autres dans une semi-
liberté à l'intérieur de zones closes, comme des vallées fermées par des murs de pierre. Il est
de toute façon difficile de conclure, d’autant que l’élevage laisse, du point de vue
archéologique, peu de traces, et que la domestication est un phénomène qui s'est étalé dans le
temps. En effet, domestiquer des animaux sauvages en élevant les petits arrachés très tôt à
leur mère est une pratique courante avec les gazelles, les sangliers et même les bébés tigres,
mais concevoir un élevage permanent avec des descendants de ces animaux vivant à
l'intérieur de la communauté humaine se révèle beaucoup plus complexe. C'est la
modification génétique des animaux, visible, notamment, dans les dents et la section des os, et
due au nouvel environnement, auquel ils ont été soumis, qui permet de distinguer un animal
domestiqué. Les débuts de la domestication peuvent toutefois, pour chaque espèce, se situer
dans l’aire où se rencontraient les ancêtres sauvages. Cette constatation ne conduit cependant
guère à des éléments précis quand, comme c’est le cas pour le sanglier, ancêtre du porc, et

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pour l’aurochs, forme disparue du bœuf, le territoire s’étend ou s’étendait à toute l’Eurasie
tempérée et à l’Afrique du Nord.

Originellement, l’élevage consistait essentiellement en l’exploitation de la faune naturelle,


éventuellement avec déplacement (nomadisme ou transhumance), pour suivre les variations
saisonnières de la population animale, de la même manière que les chasseurs du paléolithique
suivaient la transhumance de leur gibier. Les éleveurs protégeaient leurs animaux des
prédateurs, les abreuvaient, récoltaient leurs produits par des techniques simples : traite,
saignée, tonte, abattage et préparation. Le but premier de l'élevage était avant tout de disposer
chaque jour de lait et d'avoir éventuellement de la viande en réserve ; l'abattage des animaux
relevait en effet généralement d’un rituel et ne se pratiquait que dans des circonstances
particulières. L'élevage destiné à la vente ne se concevait par ailleurs que pour assurer la
nourriture des populations qui ne le pratiquaient pas comme par exemple dans les régions où
la présence de la mouche tsé-tsé rendait impossible son développement. Pour l’élevage
industriel moderne mais extensif, le développement a consisté à faire assister le berger par le
cheval, le véhicule tout-terrain, voire l’hélicoptère.

Avec la sédentarisation de l’espèce humaine et l’intensification de l’élevage, notamment dans


les régions à saison froide caractérisée, le logement hivernal des animaux s’est imposé.
Parallèlement, il fallait les nourrir grâce aux réserves constituées à la belle saison, à partir de
plantes conservées par dessiccation (foin), ou par fermentation acide (ensilage). L’élévation
du niveau de production a nécessité des apports alimentaires plus riches, plus concentrés en
éléments nutritifs, faisant des animaux domestiques, même ruminants, des concurrents de
l’espèce humaine pour les céréales, par exemple.

III.1.SITUATION ACTUELLE DE L'AGRICULTURE ET L’ELEVAGE DANS LES


PAYS EN VOIE DE DEVELOPPEMENT

III.1.1. les pays moins avancés en général

En dépit de l'importance qu'elle revêt pour l'économie, la production agricole aussi bien pour
les marchés intérieurs que pour l'exportation, dans les PMA, est demeurée essentiellement
sous-développée. Bien qu'elle ait légèrement augmenté pendant la période 1995-1998, le taux
d'augmentation a à peine dépassé le taux d'accroissement démographique et, pour les
années 90 dans leur ensemble, la production par habitant a en fait diminué. En outre, la
lenteur de l'augmentation de la production vivrière et les fluctuations marquées d'une année

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sur l'autre de la production demeurent des problèmes majeurs et chroniques pour les PMA et
constituent les principales causes de l'aggravation de leur pauvreté et de leur insécurité
alimentaire. Entre 1969-1971 et 1996-1998, la proportion de la population totale des PMA
souffrant de malnutrition est passée de 38% à 40%, tandis qu'en chiffres absolus, le nombre
de personnes sous-alimentées est passé de 116 millions à 235 millions. Pour le reste des pays
en développement, en revanche, cette proportion, par rapport à la population totale, était de
18% en 1996-1998. En outre, les indicateurs de pauvreté montrent que la proportion de
personnes vivant en deçà du seuil de pauvreté (défini comme étant de 1 dollar par jour) a
augmenté dans nombre de PMA.

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CHAPITRE III : METHODOLOGIE

Comme nous avons vu ci-dessus, l’agriculture et l’élevage constituent les activités


dominantes dans la Région Haute Matsiatra ; ces activités sont des piliers du développement
économique d’un pays, c’est ainsi que notre étude porte sur : « L’étude de l’impact
économique de l’agriculture et l’élevage dans la Région Haute Matsiatra »

Cet ouvrage a été réalisé par en suivant différentes étapes, dont :

1. la recherche documentaire

Comme technique de documentation, nous avons tout d’abord utilisé les documents contenus
dans le cours d’économie rurale, nous avons aussi collecté des documents concernant les
activités agricoles dans la Région Haute Matsiatra auprès de la Direction Régionale du
Développent de l’Agriculture Haute Matsiatra (DRDA) et auprès de la chambre du commerce
et de l’industrie Haute Matsiatra.

2. la recherche sur internet

La recherche sur internet nous a beaucoup aidés sur la collecte des données pendant la
réalisation de cet ouvrage.

3. le mode d’analyse des donnees

Il s’agit du processus par lequel on transfert les données d’une copie papier vers un fichier
électronique. Les données ont été saisies et analysées sur ordinateur. Le logiciel Word a été
utilisé pour le traitement du texte.

4. limite de la recherche

Durant la réalisation de cet ouvrage nous avons rencontré des obstacles et des difficultés,
notamment l’insuffisance des données et des documents sur internet.

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CHAPITRE VI : QUELQUES TYPES D’AGRICULTURE DANS LA REGION
HAUTE MATSIATRA

I.SURFACE CULTIVABLE / SURFACE CULTIVEE

La Région Haute Matsiatra dispose d’un potentiel agricole mesurée par la disposition d’une
surface cultivable de 503 905 ha répartie entre les sept Districts : Ambalavao (111 822 ha),
Ambohimahasoa (126 700 ha), Fianarantsoa I (1.154 ha), Isandra (19 228 ha), Lalangina (89
128 ha) et Vohibato (40 425 ha). La superficie cultivée est très disparate dans la Région avec
des Districts comme Isandra et Vohibato ayant une superficie cultivée représentant 60,6 % et
55,8 % des surfaces cultivables et des Districts comme Ambalavao et Ambohimahasoa où la
potentialité agricole reste peu exploitée avec une surface cultivée représentant seulement 9,8
% et 14,4 % de la surface cultivable.

Par rapport à la situation au niveau national, la Région Haute Matsiatra représente 4,9 % des
surfaces cultivables totales et 2,1 % des surfaces cultivées. Le rapport surface cultivée/
cultivable fait ressortir une proportion cultivée relativement faible au niveau de la Région,
seulement 22 % contre une moyenne nationale de 51,7 %.

District Surface cultivable Surface cultivée (ha) Surface


(ha) cultivée /cultivable
Ambalavao 111 822 10 971 9,8 %
Ambohimahasoa 126 700 18 199 14,4 %
Fianarantsoa I 1 154 500 43,3 %
Ikalamavony 115 448 24 833 21,5 %
Isandra 19 228 11 644 60,6 %
Lalangina 89 128 22 378 25,1 %
Vohibato 40 425 22 546 55,8 %
Total de la région 503 905 111 071 22,0 %
Madagascar 10 140 964 5 245 237 51,7 %

Tableau 2 : Surface cultivable/ cultivée

Source : Source : PRD Région Haute Matsiatra réactualisé en 2015

La vocation agricole divise la Région en deux catégories de sous régions :

- La première concerne les Districts à prédominance de cultures vivrières dans lesquels la


présence des cultures de rente reste faible (inférieure à 20 % des exploitations). Ce groupe est

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composé des Districts de Fianarantsoa II, Ambohimahasoa et Ikalamavony, et caractérisé par
la prédominance de la riziculture.

- La seconde catégorie est constituée par les Districts disposant des poches de cultures de
rente et industrielles. Elle concerne essentiellement les Districts de Fianarantsoa II et
d’Ambalavao.

II.QUELQUES TYPES DES CULTURES VIVRIERES

II.1.LE RIZICULTURE

II.1.1.l’importance de la riziculture dans l’économie de la région

1. Les paysans betsileo, une population rizicultrice

La riziculture constitue depuis, des siècles, l’activité principale du pays betsileo comme le dit
R.P. Dubois : « La vie Betsileo est dans sa rizière. Son activité ne connait guère d’autre travail
que la culture et le travail de la rizière. Dire du riz est le pain quotidien du Betsileo ce n’est
pas assez dire, c’est plus que son pain puisqu’il constitue, à lui seul, l’élément essentiel et
suffisant de tous ses repas…Avoir du « laoka », c’est déjà faire fête, n’avoir pas du riz c’est la
misère ».

Ce rôle primordial de la riziculture apparait dans la paysage même et le travail fourni par les
paysans est d’autant plus méritoire qu’il n’est guère favorisé par la nature .On ne rencontre
pas, en pays betsileo, de ces vastes plaines ou de ces large vallées si fréquentes dans d’autres
Régions. Ce sont plutôt des collines aux pentes escarpées qui dominent, séparées par des
vallées étroites. C’est dans ce cadre apparemment peu propice, pourtant, que le riziculteur
déploie un talent remarquable pour maitriser l’eau, l’amener par un système de canalisation
savant jusqu’au sommet des hauteurs, dont la physionomie est transformée par des rizières
étagées, aménagées en courbes de niveau, comme en Extrême Orient. Aucun espace
disponible et exploitable n’est laissé inculte : là où la riziculture irriguée n’est pas praticable,
les paysans plantent du manioc ou des patates ou du maïs. Les façons culturales, non moins
minutieuses, relèvent d’un véritable jardinage. Le riz est d’abord semé en pépinière et puis
repiqué. Les rizières sont ensuite sarclées une ou deux fois. Pour toutes ces opérations, seules
sont utilisées la traditionnelle bêche Malagasy à longue lame, « l’angady » et pour le sarclage
le « kibiro », petit bêche au fer en forme de sagaie, l’usage de la charrue ne pénètre guère en
pays betsileo, le hersage tend cependant à remplacer progressivement le piétinage des rizières.

17
Quant à la fumure (engrais), elle n’est pas inconnue en pays betsileo, mais son emploi reste
insuffisant par rapport aux besoins d’un sol victime d’une déforestation ancienne et de feux de
brousse pratiqués régulièrement chaque année avant la saison sèche. Il n’est pas étonnant que
malgré des efforts aussi soutenus et une technique aussi remarquable, les températures assez
basses aidant, les rendements soient plutôt faibles : 1,2 ou 1,3 tonnes à l’hectare au
maximum. La production suffit en général à une population croissant lentement jusqu’au
lendemain de la seconde guerre. Le problème se complique par la suite à cause de la poussée
démographique et des impératifs nouveaux de l’économie.

Figure 2 : Carte de Zonage agro climatique de la Région Matsiatra Ambony


Source : Direction Régionale du Développent de l’Agriculture Haute Matsiatra

II.1.2.types de cultures
La riziculture est particulièrement importante dans la zone de Fianarantsoa. Elle occupe la
moitié des surfaces cultivées et les trois-quart (¾) des exploitations paysannes ont un rapport
riz/surface tanety supérieur ou égal à 1. Plus d'un ménage sur 4 ont moins de 50 ares de
rizières dans la partie Est de la zone. Alors que dans l'Ouest, la même proportion est observée
pour ceux disposant de 1 hectare.
L'aménagement des rizières en gradins est typique du pays Betsileo (récupération des sols de
pente potentiellement irrigables).

18
II.1.3.reflexion aropa haute matsiatra : éléments sur l’adoption du sri

La réduction de la pauvreté et la sécurité alimentaire dans le milieu rural Betsileo, comme


dans tout Madagascar, ne seront jamais résolues tant que la production rizicole ne sera pas
améliorée.
Beaucoup d’efforts ont été engagés au niveau de la Région Haute Matsiatra dans ce sens, et
les techniciens ont misé sur le SRI, Système de Riziculture Intensif, car indiscutablement c’est
une réussite technique : forte participation paysanne dans la découverte, adaptation aux
différentes contraintes : sol pauvre et insuffisance d’eau, et rendement prometteur, qui peut
contribuer à remédier au déficit rizicole régional.
La technique a été découverte dans la Région Betsileo, et de nombreux techniciens et
producteurs nationaux, voire internationaux, ont eu du succès suite à la reprise de la
technique. Mais curieusement lors de l’analyse de la filière riz, menée récemment avec le
Projet AROPA Haute Matsiatra, il a été constaté que les producteurs rizicoles ont du mal
à pratiquer cette technique : 11 852 Ha en SRI sur 82 318 Ha, c’est-à-dire 14% de la surface
rizicole cultivée seulement. La diffusion du SRI s’est heurtée aux réalités des petits
producteurs (80%).

Le SRI est très exigeant en travail, presque 50 % de travail supplémentaire par rapport à la
technique traditionnelle : sarclages périodiques, suivi de l’introduction d’eau, repiquage. La
majorité des producteurs étant catégorisée comme des petits producteurs, il leur arrive lors des
campagnes d’aller travailler en tant que salariés agricoles dans les champs des producteurs
voisins. Les riziculteurs n’ont alors pas le temps d’assurer les travaux (surtout le sarclage) de
leurs propres champs. Le paiement du salariat agricole leur procure des ressources monétaires
assurant les besoins immédiats. Ainsi, même si le SRI demande peu d’investissement en
intrants extérieurs, il demande plus de travail. Les petits producteurs, même convaincus du
bon rendement obtenu avec le SRI, commencent à le pratiquer mais les contraintes sont telles
qu’ils abandonnent très vite.

- Les petits producteurs, en comparant les techniques traditionnelles et le SRI, pensent tout de
suite que la technique est très complexe avec une exigence de perfection.
- La majorité des producteurs n’ose pas prendre de risques en investissant dans le paquet
technique : semences améliorées, fertilisation, investissement en main d’œuvre pour les
travaux etc... De plus, ils ne sont pas à l’abri des risques climatiques. Les producteurs ne sont
pas encore disposés à investir (ou à recourir aux organismes de micro-finance) s’ils ne sont

19
pas persuadés du gain au final. Les producteurs connaissent la technique SRI, mais ils n’en
maitrisent pas parfaitement la gestion.
- Les producteurs, s’ils bénéficient de l’encadrement technique et financier, sont partants pour
adopter le SRI, mais une fois que les techniciens se retirent, ils abandonnent complètement ou
partiellement, et cela donne une fausse interprétation de l’adoption du SRI.

On se demande si ce n’est pas au niveau de la technique même qu’il y a des éléments qui
freinent sa diffusion. La recherche devrait aller dans ce sens. Par exemple l’utilisation de
semences de base au lieu de semences améliorées, une souplesse sur l’âge des plants : planter
des jeunes plants (en SRI) demande plus d’attention aux femmes qui repiquent, et elles
travaillent à la tâche, une réduction du nombre et de la fréquence du sarclage, une gestion
souple de la lame d’eau et enfin l’adaptation de la quantité de fertilisation.

Le SRI n’est donc pas à la portée des producteurs vulnérables. Seuls les producteurs qui ont
des ressources financières solides et stables sont en possibilité de l’adopter.

Les réactions des producteurs face à l’adoption du SRI

Les trois grandes conditions qui favorisent l’adoption du SRI sont, comme nous l’avons
précédemment cité :
-La capacité d’investir dans les mains d’œuvre, les intrants et les matériels.
-La capacité physique des rizières pour faciliter l’alternance : asséchement/introduction d’eau.
-La maitrise de la gestion de l’exploitation agricole.

Ainsi face à la résolution de ces problèmes il y a plusieurs types de producteurs :

- Les producteurs qui ne pratiqueront pas le SRI : ils trouvent que la technique est trop
complexe : les réticents, non convaincus. Ils ne sont pas en contact avec des vulgarisateurs,
ou des formateurs pour le suivi, ne sont pas sensibles aux innovations et n’ont pas assez
d’informations.

- Ceux qui ont commencé grâce aux encadrements (technique et financier) et au fil des temps
abandonnent : les convaincus bloqués. Ils se sentent à l’aise par rapport aux conditions
techniques, mais bloqués par rapport aux autres (ex. temps de travail, main d’œuvre). Ce sont
la plupart des producteurs qui se convertissent dans le SRA, intermédiaire entre la technique
traditionnelle et la technique intensifiée.

20
- Ceux qui ont commencé avec des petites parcelles et font de l’extension au fil des années. Ils
sont convaincus et n’abandonnent pas la technique intensive : les adoptants, convaincus. Ils
ont la maitrise technique, la conviction, l’envie de changer le système de production, le temps
d’effectuer le changement.

Il est intéressant donc de renforcer les échanges et partages, surtout au moment de la récolte,
mais laisser l’initiative aux producteurs eux même ; de choisir les outils de diffusion adéquats
et de renforcer le conseil à l’exploitation familiale (CEF) pour cibler toute la famille
(notamment les parents récalcitrants, plus durs à convaincre).

Bref, il est indiscutable que « la première clé de réussite du SRI est le fait d’être persuadé que
la technique répond à un problème que s’est posé le producteur ». Il faut que le producteur
soit lui-même motivé et convaincu et qu’il rassemble tous les moyens pour arriver à son
objectif de productivité. Il faut qu'il y ait une autoréflexion au niveau des producteurs. La
méthode SRI peut en effet être une bonne solution, mais elle n’est pas à systématiser.

Figure 3 : Rizière dans la Région Haute Matsiatra

Source : http://www.ifad.org http://www.capfida.mg http://www.maep.gov.mg

© 2009 AROPA

21
II.2.LES FILIERES MANIOC ET MAÏS

II.2.1. Présentation des filières étudiées


Les filières manioc et maïs, respectivement deuxième et troisième cultures vivrières du pays
après le riz, ont été choisies pour la place importante qu’elles occupent dans la vie de tout
Malgache tant pour sa consommation quotidienne que comme source de revenus.
La province de Fianarantsoa constitue la principale Région productrice de manioc avec 40% à
50% de la production nationale. Elle est globalement excédentaire et pourvoit à
l’approvisionnement des autres Régions (Antananarivo, Toliara, Betroka).
Le maïs et le manioc jouent un rôle capital dans la sécurité alimentaire. Lors des périodes de
soudure, ils constituent les aliments essentiels des familles rurales. Ce sont des filières qui
contribuent à la réduction de la vulnérabilité alimentaire et financière des ménages de la
Région. De plus, ils occupent une place prépondérante dans le revenu du ménage. Le riz,
première culture de nécessité, est surtout cultivé pour l’autoconsommation, tandis que le maïs
et le manioc, sont cultivés d’une part pour l’autoconsommation, mais aussi, par leur vente,
pour l’apport d’une rente substantielle aux ménages. Le maïs, premier apport financier de la
famille, est vendu la plupart du temps avant la fête nationale, permettant aux familles de
participer aux festivités ainsi que de payer les frais liés aux différentes coutumes locales
(construction de tombeaux, mariage, etc.).
Le manioc, quant à lui, autorise de plus grosses rentrées d’argent lors de la période de
soudure. Il permet l’achat de riz et de matériel agricole, et de procéder à d’autres gros
investissements tels que la rénovation de maisons, l’achat de cheptel, etc... Actuellement, le
prix de vente de leurs produits n’est pas assez rémunérateur pour les producteurs et les
restreint dans leurs investissements. La contractualisation est envisagée comme un moyen de
développer et de leur assurer une part de bénéfices plus stables.
Le maïs et le manioc sont donc essentiels pour les ménages et leur survie financière. Il est
donc primordial d’aider les paysans à obtenir des prix rémunérateurs pour ces deux produits
grâce à la contractualisation.
Ces aliments constituent les matières premières rentrant dans la composition de la provende,
mélange de farines et de graines de légumineuses qui sert à l’alimentation des porcs et des
volailles. La demande des provenderies pour ces matières premières est en évolution
constante. Il est donc nécessaire de bien comprendre ces filières et d’identifier les goulets
d’étranglement. Il sera ainsi plus aisé, par une meilleure compréhension de leur

22
fonctionnement, d’assurer leur développement et de répondre ainsi à leurs besoins, en hausse
constante.

II.2.2. Flux de commercialisation

Pour la sous-filière manioc sec, la Région Haute Matsiatra, et plus particulièrement le District
d’Ambalavao, constitue une des plus importantes zones d’approvisionnement des principaux
marchés d’Antananarivo et d’Antsirabe.
Pour les sous-filières maïs et manioc sec, la Région alimente deux types de marchés : les
marchés d’approvisionnement des ménages et l’approvisionnement des provenderies.
Les communes d’Ambinaniroa et d’Ankaramena alimentent principalement les provenderies
d’Antsirabe et d’Antananarivo, ainsi que les marchés de Fianarantsoa et d’Antananarivo. En
période de crise, les produits sont également acheminés dans le sud du pays.
Les variétés cultivées dans cette zone sont des variétés principalement destinées aux
provenderies. Elles peuvent cependant être vendues pour l’alimentation humaine après
transformation en farine alimentaire.

II.2.3. Catégories d’acteurs au sein des filières maïs et manioc


II.2.3.1.Typologie des exploitations
On retrouve quatre différents types d’exploitations dans les deux sites étudiés. Ils sont
catégorisés suivant la taille des exploitations, indifféremment du type de cultures. Les
itinéraires techniques explicités dans les points relatifs au maïs et au manioc sont semblables
pour chaque type d’exploitation.
• Petites exploitations : ce type d’exploitation possède moins d’un hectare pour l’ensemble
des cultures. Les exploitations sont généralement diversifiées, avec un fort morcellement
parcellaire. Elles sont destinées, principalement, à l’autoconsommation.
La vente occasionnelle sert à combler les besoins de la famille. Le stockage est rarement
pratiqué par manque de moyens financiers. Les exploitations de ce type possèdent rarement
leur propre matériel agricole.
• Exploitations moyennes : exploitations de 1 à 5 ha. Ce type d’exploitation est majoritaire
dans les deux sites. Les producteurs y cultivent principalement du manioc, du maïs et du riz.
Les cultures de maïs et de manioc sont destinées principalement à la vente ; une petite partie
seulement est gardée pour l’autoconsommation et l’alimentation du bétail. Généralement, les

23
productions sont stockées puis revendues en période de soudure. Ce type d’exploitation
possède une à deux charrues à bœufs.
• Grandes exploitations : exploitations de plus de 5 ha. Ce type d’exploitation, plus rare, se
rencontre par exemple chez les grands collecteurs locaux. Les grandes étapes culturales sont
réalisées par de la main d’œuvre rémunérée. Elles possèdent tout le matériel agricole
nécessaire.
Pour ces trois types d’exploitations présentées, les surfaces cultivables en riz irrigué sont
limitées. En effet, la présence ou non des rizières ainsi que la taille de celles-ci, dépendent
essentiellement des terres acquises par héritage. Il est, dès lors, difficile, voire impossible,
pour un agriculteur de sous-louer ou d’acquérir des terres irriguées pour cultiver le riz, si
celles-ci ne lui ont pas été transmises par succession.
• Exploitations spécialisées dans la culture de manioc : elles ont un caractère bien
spécifique. Lors du Programme d’Appui à la Résilience aux Crises Alimentaires de
Madagascar (PARECAM), 80 jeunes ont été installés dans la commune d'Ambinaniroa. Ils
ont pu bénéficier de formations sur la culture du manioc, et 400 ha de terrains ont été
délimités suivant les courbes de niveau, puis redistribués aux jeunes, à raison d’environ 4 ha
par personne.

Figure 4 : Productrice de manioc


Source : Programme de soutien aux pôles de microentreprises rurales et aux économies
régionales (PROSPERER) Novembre 2012

24
II.2.3.2 Catégories d’acteurs en amont de la filière
• Les producteurs de cette zone sont ce qu’on pourrait qualifier de « gros producteurs ». Ils
vendent une quantité non négligeable des produits au marché ; la vente se fait, plus
généralement, directement à un des différents acteurs de la filière (démarcheurs, collecteurs,
intermédiaires).
• Démarcheurs / producteurs : pour augmenter leurs sources de revenus, certains
producteurs possédant une charrette partent à la recherche de produits pour quelques
intermédiaires, les collecteurs locaux.
• Les démarcheurs sont rattachés soit à des intermédiaires, soit à des collecteurs locaux. Leur
rôle est de prospecter au sein de leur village afin de rassembler les produits commandés par
leur(s) patron(s). Ils travaillent sur les fonds fournis par les collecteurs. Un collecteur travaille
généralement avec plusieurs démarcheurs par village.
• Les rabatteurs : leur rôle est d’aiguiller les collecteurs extérieurs vers des intermédiaires ou
des producteurs. Ils prospectent à travers les villages et identifient les quantités stockées par
les producteurs et les intermédiaires. Ils sont indépendants. Ils ne travaillent pas pour des
intermédiaires en particulier et sont payés par commission.
• Les intermédiaires sont divisés en deux catégories : les plus petits travaillent pour le
compte d’un ou de deux grossistes, et les intermédiaires ayant une certaine ancienneté et une
clientèle importante et diversifiée peuvent travailler à leur propre compte.
Ces derniers types d’intermédiaires travaillent sur fonds des clients et, en partie, sur fonds
propres. Leur rôle consiste à amasser les produits locaux en période de récolte. Ils travaillent
avec les démarcheurs qui vont rechercher les produits locaux dans les différents villages.
Lorsque les intermédiaires ont obtenu assez de produits pour remplir un camion de 30 tonnes,
soit ils contactent leurs clients, soit ils les vendent aux collecteurs extérieurs de passage.
Certains tentent d’augmenter leurs revenus en s’occupant eux-mêmes du transport jusqu’au
marché. Il est à noter que ce type de stratégie est exceptionnel à cause du manque de moyens
financiers.

25
Figure 4 : Maison d'un collecteur, facilement identifiable grâce à la présence d’une balance
devant la maison
Source : Programme de soutien aux pôles de micro entreprise rurales et aux économies
régionales (PROSPERER) Novembre 2012
• Les collecteurs locaux sont des acteurs en plus petit nombre, mais en situation de
monopsone : ils possèdent, dans la filière, une place importante due à leur position sociale. Ils
sont souvent, eux-mêmes, de gros producteurs. Malgré les tarifs bas qu’ils pratiquent, les
producteurs leur vendent les produits pour des raisons « sociales ». En effet, ce sont
généralement les personnes les plus nanties du village. Ils aident les producteurs du village en
rendant divers services tels que prêt d’argent, prêt de matériel, achat de médicaments, etc. En
contrepartie, les villageois doivent leur vendre leur production lors de la période de récolte. Ils
travaillent généralement sur fonds propres et quelque peu sur l’avance des clients. Ils ont des
relations fidélisées avec quelques clients.
• Les collecteurs extérieurs prospectent sur de plus larges étendues. Ils travaillent en
majorité pour les provenderies d’Antsirabe et d’Antananarivo. Ils fonctionnent la majorité du
temps avec les intermédiaires, pour des raisons de sécurité et vu le manque de confiance des
gens de la région envers les étrangers.

26
PRODUCTEUR

DEMARCHEURS
INTERMEDIAIRE

COLLECTEURS LOCAUX

RABBATEURS

COLLECTEURS

GROSSISTE/DETAILLANT TRANSFORMEURS CONSOMMATEURS


S

Figure 6 : Processus des maniocs et maïs depuis les producteurs jusqu’aux consommateurs

Les communes d’Ankaramena et d’Ambinaniroa étant situées à une centaine de kilomètres du


marché du District, les producteurs sont dans l’impossibilité de transporter eux-mêmes leurs
produits sur ce marché. Il est à noter que le marché local est relativement restreint avec une
très faible capacité d’absorption : il est souvent réservé à la vente des produits frais. Les
producteurs sont contraints de vendre leurs produits à un des acteurs spécialisés dans la
collecte des produits.
Les chefs-lieux de la commune d’Ankaramena étant situés sur la route nationale 7 (RN7), les
acteurs rencontrés sur ce village se limitent aux producteurs, intermédiaires, collecteurs
extérieurs ainsi qu’aux démarcheurs des villages plus éloignés.
En revanche, pour la commune d’Ambinaniroa, vu l’enclavement de la zone, les quantités
produites et les larges étendues de prospection favorisent l’augmentation du nombre
d’acteurs. Sur ce site, tous les types d’acteurs présentés précédemment sont présents.

27
La collecte des produits, à la différence des autres villages, ne se fait pas exclusivement les
jours du marché. Les différents acteurs spécialisés dans la collecte des produits peuvent
obtenir quotidiennement les quantités nécessaires au remplissage des camions, et ce grâce à
l’action de prospection des démarcheurs qui travaillent sans relâche.

Figure 7 : Collection du manioc sec


Source : Programme de soutien aux pôles de micro entreprises rurales et aux économies
régionales (PROSPERER) Novembre 2012

II.2.3.3.Catégories d’acteurs en aval des filières


Les grossistes / détaillants : ils ont des relations fidélisées avec les collecteurs. Ils travaillent
généralement avec deux ou trois collecteurs prospectant sur des zones distinctes. Les
grossistes / détaillants vendent différents produits en gros ou au détail tels que des chips, des
bougies et autres. La vente du maïs et manioc sec (transformé ou non) est souvent secondaire.
Les détaillants : ils sont spécialisés dans la vente des produits locaux. Ils travaillent avec un
certain nombre de collecteurs avec lesquels ils entretiennent des relations fidélisées, basées
sur la confiance. Ces détaillants peuvent être soit des vendeurs permanents (pavillons au
niveau du marché), soit des vendeurs occasionnels (vente seulement le jour du marché).
II.2.4. Stratégies de commercialisation des différents acteurs
Diverses stratégies sont mises en place par les différents acteurs de la filière pour parer aux
problèmes de commercialisation.
Ce point tente de faire une présentation non exhaustive des stratégies existantes.
4.1 Stratégies des producteurs
Les producteurs sont les acteurs de la filière rencontrant le plus de difficultés. Ce sont donc
eux qui ont développé le plus de stratégies pour faire face à tous les obstacles. Les types et le
nombre de stratégies des producteurs sont fonction de la quantité des produits à vendre (et

28
donc la taille de leurs parcelles), ainsi que de l’éloignement et de la difficulté d’accéder au
marché urbain.
Les stratégies de commercialisation rencontrées sur ce site diffèrent principalement en raison
des plus grandes quantités commercialisées et de la forte concurrence entre les producteurs.
On recourt peu aux systèmes d’entraide par souci de gain de temps et d’efficacité. De plus, les
gens de cette Région privilégient le fait d’être rémunérés pour le travail accompli.
Les quantités produites étant plus importantes, les producteurs peuvent stocker jusqu’à la
période de soudure et vendre occasionnellement une partie de leur production pour faire face
aux besoins du ménage.
Les marchés de proximité étant des petits marchés à faible capacité d’absorption, les produits
doivent être nécessairement commercialisés en dehors de la zone. Pour ce faire, les
producteurs n’ont le choix qu’entre deux types de ventes :
• vente aux démarcheurs / collecteurs locaux
• vente aux collecteurs extérieurs
Le choix s’opère suivant divers critères :
• Capacité de transport : si le producteur ne possède pas de charrette, il sera dès lors
dépendant des démarcheurs pour vendre ses produits à un prix souvent non rémunérateur. S’il
est, au contraire, propriétaire d’une charrette, il peut se déplacer jusqu’au lieu de transaction et
y amener ses produits. Il peut vendre ses produits soit aux intermédiaires, soit aux collecteurs
locaux, soit directement aux collecteurs extérieurs.
• Gains financiers : Les producteurs, lors de la période de commercialisation, font tout
d’abord la tournée des opérateurs de marchés afin de s’informer des prix en cours.
Bien qu’occasionnelle, la vente auprès des collecteurs extérieurs est la plus avantageuse. La
commercialisation par un collecteur local ou un intermédiaire est plus fréquente mais moins
rémunératrice. Obtenir le maximum de gains possibles, mais aussi le caractère urgent ou non
d’avoir de l’argent en main, influenceront la vente.
• Pour des raisons sociales : Beaucoup de producteurs délèguent la commercialisation de
leurs produits à un des opérateurs du marché local. Cette pratique est basée sur la confiance
mutuelle et aussi sur des raisons d’ordre social. Les producteurs de cette zone ont peu
confiance en les étrangers. En effet, par le passé, certains producteurs ont été escroqués par
des collecteurs extérieurs. De plus, bon nombre des producteurs préfèrent vendre leurs
produits aux collecteurs locaux. En effet, ces collecteurs sont souvent aisés et,
occasionnellement, leur prêtent de l’argent ou leur viennent en aide.

29
Les producteurs de la Région préfèrent donc vendre aux locaux, même pour un prix moins
rémunérateur, car cela leur permet de s’assurer ainsi de pouvoir compter sur une aide en cas
de besoin.
4.2 Stratégies des intermédiaires et des collecteurs
Ces opérateurs de marché sont généralement des collecteurs de l’ensemble des produits
locaux et travaillent tout au long de l’année. Par cette diversification de produits et donc de
période de récolte, ils s’assurent des rentrées d’argent continues. Pour le transport des
produits, l’État octroie des permis suivant le type de produits transportés. Dans notre cas, les
transporteurs et collecteurs possèdent des permis spécifiques aux produits locaux (maïs,
manioc, haricots, pois de terre, voanjobory et riz). Lors du ramassage des produits, ils les
collectent dans l’ordre de priorité suivant : le riz, suivi du maïs, du manioc sec, du haricot et
ensuite du voanjobory. Le riz, en effet, sert de base à l’alimentation malgache. Ils peuvent
donc facilement l’écouler sur le marché. L’achat du maïs est préféré au manioc, car il permet
d’obtenir de plus grands bénéfices à la revente. L’avantage du manioc réside en sa facilité
d’obtenir le tonnage demandé par les clients en un temps relativement court.

Figure 8 : Stock de maïs


Source : Programme de soutien aux pôles de micro entreprises rurales et aux économies
régionales (PROSPERER) Novembre 2012
III.QUELQUES TYPES DE CULTURES INDUSTRIELLES
III.1.VIGNE

Comme pour tous les vignobles tropicaux, celui de Madagascar a vu le jour avec la
colonisation. On l'a introduit bien avant le XXème siècle mais sa pratique date seulement des
années 1920. De 1960 à 2000, la surface des vignes à vin de Madagascar est passée de 250ha
à 550ha en passant par plus de 800 dans les années 1980. Cette stagnation, voire cette
décroissance, s'explique par le fait que la vitiviniculture malgache est, en crise selon les uns,

30
demeurée dans sa phase de jeunesse où elle se cherche une spécificité selon les autres, nous
dirions, quant à nous, qu'elle est toujours dans sa phase de lancement ou naissance pendant
laquelle elle évolue en cherchant sa voie. Elle cherche sa voie en étant azonale (vignoble sous
les tropiques) et en étant marginale (au niveau local et mondial). Les vignobles malgaches ont
leur particularisme et sont loin de l'uniformisation. Un premier type de vignoble concerne les
vignobles (50ares en moyenne), celui des paysans, qui intègrent la logique de l'exploitation
agricole traditionnelle du Betsileo sud ou Haute Matsiatra, associant la culture du riz, la
culture pluviale et les cultures spéculatives dont la viticulture. Un deuxième type, les grandes
propriétés (à partir de 5ha), se démarquent par sa logique entrepreneuriale à raison d’une
propriété à Antsirabe et le reste dans le Bestileo sud. Enfin, un troisième type est celui des
religieux catholiques, en voie de disparition à Antananarivo et se localisant surtout dans le
Betsileo sud. Azonal ou marginal, le vignoble malgache existe à travers une filière
embryonnaire, certes, mais permettant imperceptiblement l'amorce de l'acquisition de la
culture bachique, et, ayant déjà une « influence certaine » sur l'économie régionale et
nationale. En fait, deux filières cohabitent à Madagascar: la filière paysanne où le vignoble
n'est que l'amont, détaché de la production de vin et de l'aval c'est-à-dire de la distribution à la
table du consommateur.
La deuxième est celle agri-industrielle des grandes propriétés à logique entrepreneuriale, où
les maillons s'intègrent les uns les autres. Dans tous les cas, ces vignobles structurent l'espace.
La viticulture fait vivre plus de 800familles, les uns, la majorité, des viticulteurs, les autres
des employés permanents des grandes propriétés. En période de grands travaux, ce chiffre
dépasse les 1000 familles.
L'amont comprend la pépinière, les intrants, la formation, le financement...L'aval constitue la
distribution, la commercialisation, la consommation et rassemble toutes les personnes
s'occupant des cageots, des emballages, du transport, du stockage, du commerce de gros ou de
demi gros, de détail (restaurateurs, épiceries, grandes surfaces), et bien entendu, des
consommateurs mêmes. Le maillon central ou le milieu de la filière concerne les cavistes, les
œnologues, les négociants, les importateurs de bouteilles, de bouchons...Mais il faut
remarquer que la filière n'est pas appuyée ni par les pouvoirs régionaux ni par les pouvoirs
nationaux. La filière n'est pas non plus encadrée par des systèmes juridiques clairs
(législation...)

31
III.1.1.a la découverte du vin et des vignobles betsileo

Les terroirs malgaches se trouvent principalement dans la Région Haute Matsiatra, autour de
Fianarantsoa et d’Ambalavao. On y retrouve des conditions climatiques idéales. Ce sont les
Français et les Suisses qui y ont implantés les premiers vignobles au XIXème siècle avec des
cépages de raisins blancs et rouges au goût fruité et prononcé. Un immigrant chinois
dénommé Chan Foui les a imités, créant l’une des plus anciennes caves à vins du pays.

Le domaine du Lazan’i Betsileo a retrouvé son prestige d’antan après avoir été confronté à de
multiples changements de dirigeants. Il est connu pour la variété de ses vins, proposant du
rouge, blanc, gris, avec des textures différentes dont le moelleux et le mousseux. On apprécie
son vin apéritif qui commence à entrer dans les mœurs.

La propriété de Clos Malaza est l’autre grand fabricant du pays. A Fianarantsoa, le monastère
de Maromby perpétue la tradition des moines dans la fabrication de vins. Le domaine a son
propre vignoble. C’est une étape incontournable sur la route du vin, un circuit touristique
souvent proposé par les tours operators. La cave de Soavita y figure également.

III.1.2.production de vin

Selon le directeur général de la société vinicole Lazan’i Betsileo, l’entreprise renaît depuis
quelques années de ses cendres. De 450 tonnes de récolte en 2007, la production de vigne a
décollé l’année suivante (680 tonnes) pour atteindre les 837 tonnes actuellement. Lazan’i
Besileo sort de ses caves actuellement quelques 400 000 bouteilles par an sur une production
totale de 600 000 litres. Rajomalahy François Régis, le DG de Lazan’i Betsileo est fier de ces
performances. C’est le résultat, dit-il, du fructueux partenariat qu’entretiennent depuis trois
ans Lazan’i Betsileo et les vignerons français de Bourgogne et de Bordeaux. Outre le volet
formation et échanges d’expériences que rapporte ce partenariat, tous les ans, des spécialistes
de ces deux régions effectuent des missions dans la Haute Matsiatra et descendent sur terrain
pour appuyer les vignerons de Lazan’i Betsileo. Ils sont plus de 625 ménages à vivre
aujourd’hui convenablement de ce breuvage dont les vignobles s’étendent sur 300ha dans la
Région Haute Matsiatra. L’entreprise elle-même emploie à temps plein 83 individus.

32
III.2. THE

III.2.1.Presentation

Une seule Région est productrice de thé, il s'agit de la province de Fianarantsoa. Tout le thé
de Madagascar vient de Sahambavy, zone située à quelques kilomètres de Fianarantsoa.

Les plants de thé viennent d'Asie (Chine et Inde) et d'Afrique (Kenya). Les plants sont
acclimatés en pépinière pendant 1 an et ce n'est qu'au bout de 2 ans après le repiquage en
plantation que les premières récoltes de feuilles pourront commencer.

La plantation de Sahambavy produit du thé noir et du thé vert, ainsi que des thés aromatisés à
la vanille et à la menthe. Les malgaches étant plutôt café que thé, la majeur partie de la
production théière est donc exportée.

Figure 9 : Plantation du thé sahambavy

Source : NatureMadagascar © Copyright 2014

III.2.2.Historique

Le thé Sahambavy pousse à une altitude de 1250m, sur une colline verdoyante avec une vue
sur les rizières et les petits lacs à l'horizon. C'est le paysage de Sahambavy qui signifie le
champ des femmes vu le nombre de femmes qui y travaillent. L'histoire de la culture de ce thé

33
à Madagascar remonte à 1970 lors des premières tentatives de culture du thé provenant du
Kenya. Grace à l'altitude, le climat humide, les conditions sont favorables, et le patient travail
des agriculteurs du thé ont donné un très bon résultat et en 1978 la première usine de
fabrication a été créée. En 1996, elle a été privatisée et à partir de cette époque, elle continue à
cultiver et produire un excellent thé. Aujourd'hui, les plantations occupent environ 350
hectares dont un tiers est géré directement par les agriculteurs.

III.2.3.Les étapes de production du thé sahambavy

Collecte :

Environ 250 personnes collectent manuellement chaque jour les feuilles déjà prêtes à la
préparation, et à l'aide des paniers, les transportent au centre de collecte. Il faut environ 5 kg
de feuilles pour produire 1 kg de thé. La récolte maximale a lieu du mois d'Octobre au mois
d'Avril où elle peut atteindre 20 tonnes par jour. Le travail des enfants est strictement interdit,
mais il est inévitable que parfois les enfants après l'école aident les parents qui travaillent dans
les champs. Toutefois, il ne s'agit pas du travail minoré car la société a mis en place une école
pour les enfants des employés.

Séchage :

La première phase de la production est le séchage. Les feuilles sont étalées sur des grands
séchoirs horizontaux ventilés où ils perdent 30% de leur eau. Elles sont ensuite réduites en
fines lanières par l'aide d'une machine.

Fermentation :

La fermentation, qui est peut-être la plus importante phase et dure environ 1 heure, le thé
développe son gout et arôme. L'oxydation produit la couleur brune caractéristique des feuilles
du thé.

Séchage/roasting

Les feuilles sont séchées afin d'arrêter la fermentation. Le thé passe dans un four à 121 °
Celsius (250 ° Fahrenheit) pendant 15 minutes; ce séchage est réalisé par une chaudière
alimentée par du bois d'eucalyptus.

34
Filtre/emballage

Le thé est ensuite nettoyé de ses impuretés et filtré par une machine électrique traditionnelle
en bois et en acier; la distance entre les rouleaux d'acier et la bande transporteuse est finement
ajustée selon le type de thé à traiter. Il est ensuite divisé par qualité et emballé dans une
double couche d'aluminium pour éviter l'absorption d'humidité et d'autres odeurs.

III.2.4.contrôle de la qualité

Un laboratoire contrôle constamment la qualité du thé provenant de la production, des


dégustations sont effectuées pour contrôler la couleur et l'apparence des fibres ainsi que
l'arôme et l'acidité.

Madagascar produit environ 500 tonnes de thé par an, ce qui correspond à environ 0,01% du
marché mondial. 80% de la production est exportée au Kenya et à Mombasa, où se tient la
plus grande bourse de thé dans le monde. Les grandes marques telles que Lipton, d'autres
acheteurs européens et américains établissent le prix du marché. Le thé Sahambavy est
demandé sur le marché international pour sa qualité.
L'infusion a une couleur très agréable ambrée au goût intense et aromatisé. Elle s'associe bien
avec du lait, du miel ou du sucre brun comme le préparent les habitants du pays. Mélangé
avec un peu de vanille, le thé Sahambavy est plus doux. Nature Madagascar offre aussi un
mélange constitué exclusivement de thé Sahambavy et la vanille Bourbon de qualité
supérieure couper en petits morceaux, à ne pas confondre avec le thé aromatisé à la vanille
vendu au marché où l'arôme de vanille est le résultat de la vanilline de synthèse.

35
Figure 10 : Thé sahambavy
Source : NatureMadagascar © Copyright 2014

III.3.TABAC

III.3.1.description de la filière

Le tabac est une plante annuelle poussant aussi bien dans les pays tropicaux que dans les pays
tempérés. La température optimum pour son développement est de 27°C. La végétation est
ralentie au-dessous de 15°C et il y a un risque de brûlure des feuilles au-delà de 30°C.
Le tabac préfère les sols profonds, riches en humus. Les sols alluvionnaires ou baiboho lui
conviennent très bien. La culture du tabac à Madagascar se répartit dans 4 zones : Itasy,
Hauts-Plateaux Nord et Sud en culture pluviale, Mahajanga et Miandrivazo en culture de
décrue. Deux cycles de culture du tabac existent dans cette région située à la limite sud des
Hauts Plateaux : l’un en saison des pluies au flanc des collines (ou tanety), l’autre en saison
sèche sur terres de décrue (ou baiboho).
III.3.2.culture de tabac a ambalavao
Comme pour le tissage des lamba, ce sont les commerçants merina qui ont véritablement fait
de la culture du tabac dans cette Région une spéculation.
La variété cultivée à Ambalavao est le tabac corsé, à feuille épaisse, gommeuse, à taux de
nicotine élevé, et utilisé uniquement comme tabac à mâcher.
Le tabac est d’introduction très ancienne à Madagascar. Sa présence est signalée par Flacourt
en 1661 et on ne sait si ce sont les Portugais ou les Français qui l’introduisirent par la région
de Fort-Dauphin.

36
Les Malgaches sont très amateurs de tabac à chiquer et il est probable qu’il soit cultivé dans la
région d’ambalavao depuis très longtemps. Toujours est-il que ce sont les Merina qui en
organisèrent la collecte dans la région d’Ambohimandroso, qui reste le grand centre de
production du Bassin. Le tabac devait être vendu vers la côte est et surtout vers le sud, régions
qui absorbent encore aujourd’hui la plus grande partie du tabac vendu en fraude.
La culture du tabac corsé fut règlementée en zones autorisées à partir de 1932. Dès lors, le
SEITA (Régie française) se chargea de la collecte, de la préparation (fermentation), du
conditionnement du tabac, et de l’approvisionnement des manufactures.
En 1962, la production malgache de tabac corsé était de 920 tonnes, dont 230 tonne, soit 25%
provenaient de la région d’Ambalavao. La production du Bassin est passée de 80 tonnes en
1952 à 120 tonnes en 1953, 180 tonnes en 1956 pour atteindre 330 tonnes en 1962. Depuis, la
production se maintient à peu près au même niveau malgré les efforts clés des services
officiels qui cherchent à concentrer la production de tabac corsé dans la région d’Ambalavao,
pour mieux la surveiller.
Tout paysan, dans le Bassin, a le droit de demander à planter 1.000, 2.000, 3.000 pieds ou
même plus. Lorsque les plants sont faits, le contrôleur vient compter le nombre de pieds
effectivement plantés. Peu avant la récolte, il reviendra compter les pieds effectivement en
charge. En fonction de ce nombre, le paysan sera tenu de livrer une certaine quantité
minimum à la Mission des Tabacs (50 kg pour 1.000 pieds).

III.3.3.les techniques et les produits


Les techniques
La production de tabac comprend les étapes suivantes:
· La pépinière : production des jeunes plants ; les semences sont fournies gratuitement par
OFMATA pour garantir la pureté variétale.
· La culture au champ : la transplantation des jeunes plants, l’entretien des plantations et la
récolte.
· La préparation de la récolte : la récolte des feuilles, le séchage et enfin le manocage ou mise
en masse.
A ce stade de la production, les rendements varient de 500 kg/ha à 1500 kg/ha de feuilles
sèches à 28% d’humidité (tabac en vert), selon les variétés, les zones et les fumures apportées.
Par la suite, les tabacs sont livrés dans les magasins de l’OFMATA et subissent une
fermentation afin d’éliminer certains constituants nocifs à la santé et stabiliser le tabac à un
taux d’humidité de 13% pour être utilisable par les industriels.

37
IV.FILIERE HUILE ESSENTIELLE
IV.1.L’importance relative du produit
La Région Haute Matsiatra couvre une superficie de 20.959 km2 dont 1.165 km2 environ de
superficie totale cultivée (PRD Haute Matsiatra). Le ravintsara est très bien adapté au sol et au
climat. Endémique à Madagascar, il possède des caractéristiques spécifiques qui lui valent
d’être apprécié sur le marché international. Le géranium lancé il y a une dizaine d’années ne
put se développer convenablement à cause d’une maladie et il persiste difficilement dans
certaines zones. Les autres plantes aromatiques comme le romarin sont négligeables bien que
les opérateurs commencent la culture de plantes non traditionnelles. Ils initient aussi
l’exploitation des plantes sauvages qui se trouvent en quantité et en qualité.
Aucune statistique officielle n’étant disponible, le Réseau Huiles Essentielles estiment qu’il
existe actuellement 30.000 pieds de ravintsara, soit équivalent à 30 ha de plantation. Les
rencontres avec les producteurs ont pourtant permis de recenser plus de 46.000 pieds de
ravintsara et le nombre est croissant car après de nombreuses sensibilisations, les paysans ont
commencé à en planter depuis deux ans. Les plantes exploitées dans la Région Haute
Matsiatra sont :

Nom botanique Nom vernaculaire


Cinnamonum camphora Ravintsara
Rosmarinus ossicinalis Romarin
Cymbopongo nardus Citronnelle
Cymbopongo martinii Palmarosa
Eucalyptus critriodora Eucalyptus olive
Lantana camara Radriaka
Tagetes bipinata Tagète
Melaleuca virdiflora Niaouli
Pelargonium roseum Géranium
Helychrysum faradifani Ahibalala
Helychrysum bracteiforum Rambiazina lahy
Rhus taratana Taratana
Pradia altissima Dingadingana
Tableau 3 : Différents types des plantes

Source : PROGRAMME DE SOUTIEN AUX PÔLES DE MICRO-ENTREPRISES RURALES ET AUX


ECONOMIES REGIONALES PRET FIDA N° 737-MG. DON FIDA N° 996-MG Octobre 2009

38
Les principales communes productrices de ravintsara sont : Sahambavy, Ankarinarivo,
Soatanana.
La filière fait partie des filières porteuses de la Région Haute Matsiatra. Le Plan Régional de
Développement l’a mis en priorité pour le Pôle Est. L’objectif est d’ « accroître la production
d’huiles essentielles respectant les normes de qualité tout en préservant l’environnement afin
de contribuer à l’amélioration des revenus et la création de nouveaux emplois ».
L’avantage comparatif de la Région se situe dans ses conditions agro-climatiques qui
favorisent la plantation du ravintsara par rapport aux autres régions de l’Ile. Il faut souligner
que le ravintsara malgache est apprécié du marché international du fait de l’absence de
camphre parmi ses composantes.
IV.2.Situation de la filière au niveau régional
La Haute Matsiatra représente une Région à fort potentiel dans la filière huiles essentielles. En
2007, la Région a produit 1.500 kg d’huile essentielle de tagètes, 250 kg d’huile essentielle de
ravintsara, 200 kg d’autres huiles essentielles, ce qui a généré Ar 215 millions de chiffres
d’affaires dont Ar 40 millions pour les paysans (feuilles de tagètes, ravintsara, Lantana …).
En effet, les opérateurs coopèrent avec les paysans pour la production de matières premières,
tout en réalisant des plantations privées. Les paysans ont ainsi participé à 18,6 % dans ce
chiffre d’affaires global (Réseau huile essentielle de la Haute Matsiatra). 168 groupements de
base ont également travaillé avec le Centre des Huiles Essentielles de Fianarantsoa (CHEF) en
2001.
IV.3.Le positionnement des micro-entreprises dans la filière
Le Programme PROSPERER a identifié 347 micro-entreprises travaillant dans la filière huile
essentielle. Ce sont surtout des agriculteurs à 97 %. La répartition de ces micro-entreprises se
présente comme suit :
District Nombre de micro-entreprises
Ambalavao 10
Ambohimahasoa 32
Isandra 122
Lalangina 108
Vohibato 75
Tableau 4 : Les micro-entreprises rurales dans la Région Haute Matsiatra

Source : PROGRAMME DE SOUTIEN AUX PÔLES DE MICRO-ENTREPRISES RURALES ET


AUXECONOMIES REGIONALES PRET FIDA N° 737-MG. DON FIDA N° 996-MG Octobre 2009

39
Lalangina et Isandra représentent les 2/3 des micro-entreprises identifiées. Il faut cependant
nuancer ce chiffre car il traduit un certain intérêt des paysans pour la culture des PAM et leur
désir d’en faire notamment pour le District d’Isandra. L’inventaire des micro-entreprises
effectué est biaisé car un grand nombre des micro-entreprises répertoriées ne font pas encore
de culture de PAM. Les enquêtes sur terrain ont montré que ces paysans commencent juste la
culture ou envisage seulement dans un proche avenir de le faire.
Les communes du District de Vohibato et de Lalangina concentrent plus de 50 % des micro-
entreprises intervenant dans la filière. Cette concentration s’explique par le choix de cette
zone sur les différents projets qui sont intervenus pour l’appui à la filière. Ces micro-
entreprises sont constituées à plus de 95 % par des cultivateurs qui ont initié leur plantation
depuis plus de 3 ans. Ces cultivateurs plantent surtout du ravintsara. Il reste également
quelques parcelles de géranium mais elles ne sont plus exploitées.
La multiplication du nombre de cultivateurs fait ressortir l’insuffisance du nombre de
transformateurs qui pourraient extraire ces huiles essentielles (moins de 5 %). De plus, ces
alambics sont concentrés à Fianarantsoa et ses environs. Le ravintsara domine la production
des distillateurs de la Haute Matsiatra mais ceux-ci commencent à chercher d’autres nouveaux
produits issus des plantes sauvages (tagète, Eucalyptus citriodora, ahibalala, taratana,
dingadingana …). Le besoin principal de ces agriculteurs se situe au niveau de l’accès à des
graines ou des jeunes plants de ravintsara qui leur permettraient d’étendre leur plantation.

40
CHAPITRE V : QUELQUES TYPES D’ELEVAGE DANS LA REGION HAUTE
MATSIATRA

I.1. GENERALITE DE L’ELEVAGE

Zone à vocation agropastorale par excellence vu ses conditions climatiques propices à des
activités agricoles diversifiées, la Région Haute Matsiatra est favorable à toutes les
spéculations en matière d’élevage.

I.1.1 Le cheptel

La Région peut être répartie en deux zones géographiques suivant son importance :

Moyen Ouest

C’est essentiellement pour un élevage extensif et la promotion de bovins et petits ruminants


(grande étendue de pâturage naturel).

Les hautes terres traversées par la RN 7

Il y a importance de l’élevage à cycle court dont porcin, volailles, apiculture (une des filières
prioritaires) et du développement laitier (zone incluse dans le triangle laitier).

Le tableau ci-après présente la situation de quelques cheptels au niveau de la Région.


L’élevage de volaille qui constitue l’une des filières prioritaires, tient le premier rang suivi par
celui des zébus, des porcs, des caprins et des ovidés.

Pour ce qui est de l’élevage bovin, ce sont les Districts d’Ambalavao et d’Ikalamavony qui
sont les principaux éleveurs avec plus de 30 % du nombre de zébus du total de la Région,
avec un ratio moyen de 4 têtes de zébu par éleveur pour les 6 Districts contre 5,6 têtes de zébu
par éleveur pour le District de Vohibato.

41
Bovin Porcin Ovin Caprin Volaille Nombre Cheptel
d’éleveurs bovin/
bovins éleveur
Ambalavao 34,1 % 15,4 % 29,0 % 7,1 % 23,9 % 24 771 4,0
Ambohimahasoa 8,9 % 23,3 % 22,2 % 9,3 % 28,1 % 6 445 4,0
Fianarantsoa I 1,7 % 7,1 % 0,0 % 0,0 % 9,6 % 1 250 4,0
Ikalamavony 33,1 % 18,6 % 23,5 % 75,4 % 5,1 % 24 000 4,0
Isandra 6,7 % 6,6 % 19,1 % 6,1 % 10,9 % 4 854 4,0
Lalangina 5,9 % 11,5 % 3,1 % 1,0 % 10,5 % 4 305 4,0
Vohibato 9,5 % 17,5 % 3,2 % 1,0 % 12,0 % 4 913 5,6
Total région 100,0 % 100,0% 100,0% 100,0% 100,0% 70 538 4,1
% Madagascar 4,6 % 9,7 % 8,8 % 1,3 % 2,2 %
Tableau 5 : Cheptel dans la Région Haute Matsiatra

Source : PRD Région Haute Matsiatra réactualisé en 2015

I.1.2 Disponibilité des services aux agriculteurs et aux éleveurs

Les sept (07) Districts de la Région Haute Matsiatra sont pourvus de structures d’appui, en
l’occurrence de cabinets vétérinaires pour l’élevage, tandis que seul le District de
Fianarantsoa-I dispose de dépôts de vente d’engrais et de semences pour l’agriculture.
Toutefois, les unités de transformation des produits de l’élevage demeurent insuffisantes. En
termes de disponibilité des services aux éleveurs, la Région Haute Matsiatra dispose au total
de 4 vétérinaires mandataires. Par rapport aux infrastructures, elle dispose de 4
tueries/abattoirs en 2011, ainsi que de 2 couloirs de vaccination.

Toutefois, il est à remarquer que les Districts d’Isandra, Lalangina et Vohibato ne disposent
d’aucune tuerie ni abattoir ; et que seuls les Districts d’Ambalavao et Ikalamavony possèdent
de couloirs de vaccination dans la Région. En ce qui concerne l’effectif des unités de
distribution d’intrants, la Région dispose au total de 38 dépôts et 4 officines. Ces dernières
sont localisées dans les Districts de Fianarantsoa-I, Ambalavao et Ikalamavony.

42
I.2.L’ELEVAGE BOVIN DANS LA REGION HAUTE MATSIATRA

On trouve surtout le premier type d’élevage dans le sud et le sud-est de Madagascar. Les
bœufs sont principalement utilisés lors des rituels coutumiers (décès, circoncision, mariage)
ou pour payer la construction des tombeaux familiaux. De même, pour les régions du Sud-Est
de Fianarantsoa, les zébus sont d’abord signes de richesse lors des cérémonies coutumières
(décès, exhumation) avant d'être des moyens de production dans l'agriculture, ce qui est le
contraire de la perception sur les Hautes-Terres. En tant que moyens de production, les
estimations des focus groups donnent 42% des agriculteurs qui utilisent la traction animale
pour le labour et 48% qui pratiquent le piétinement des rizières par les bœufs. Cette pratique
peut être vue dans toute l’Ile mais c’est dans la partie de Fianarantsoa qu'elle est la plus
remarquable. En effet, le pourcentage de paysans utilisant la traction animale pour le labour
ou pratiquant le piétinement des rizières par des zébus est de 70% à Fianarantsoa. Dans la
région de la Haute Matsiatra, ce sont dans les sous-préfectures de Fianarantsoa II,
d'Ambalavao et d'Ikalamavony qu'il y a plus de têtes de bœufs.
I.2.1.ambalavao et l’élevage bovin
Ambalavao est une ville d'environ 35.000 habitants, située sur la route nationale RN 7, à 56
km au sud de Fianarantsoa dans la Région Haute Matsiatra. Elle se trouve dans la zone qui
marque la transition entre la région des Hauts Plateaux occupés par le peuple Betsileo, habiles
cultivateurs, et celle du Sud habitée par le peuple Bara, grands éleveurs de zébus. La frontière
entre les deux est constituée par les 'Portes du Sud", des mamelons rocheux situés à 7 km en
dehors de la ville. Le marché de zébus est l'une des attractions de la ville. Ce marché occupe
un parc de deux hectares aux abords de la ville (tandis que le marché classique se tient à
l'intérieur de la ville). Il a lieu le mercredi et jeudi matin. Il s'est créé vers 1916 à l'époque où
la route du Sud venait d'être prolongée de Fianarantsoa - Ambalavao, laissant la place ensuite
à la piste. Le zébu (Bos taurus indicus), omby en malgache, est un bovidé domestique qui se
caractérise par une bosse de graisse juste après son encolure, sa peau flasque sous le collier et
son aptitude à supporter la chaleur. A Madagascar, il est surtout utilisé comme animal de trait
et pour le piétinement des rizières ainsi que pour sa viande et son cuir. Sa production de lait
est nettement plus réduite que celle de la vache. Dans le pays Bara, le zébu est souvent élevé
dans de vastes troupeaux.

43
Figure 11 : Marché de zébus à Ambalavao
Source : Madagascar, Marché de zébus à Ambalavao Copyright © 2017 WillGoTo
On estime que, chaque semaine, près de 2000 zébus transiteraient par le marché d'Ambalavao.
Les convois des éleveurs s'observent dans la région bien avant l'ouverture du marché, ayant
entamé le trajet tôt dans la nuit ou la veille, voire bien avant encore. Sur le marché, les
vendeurs et leurs aidants ont parfois fort à faire pour éviter la dispersion de leur troupeau
lorsque, pour une raison ou une autre, l'un des zébus s'emballe. Les acheteurs, eux, inspectent
minutieusement les bêtes, y compris leurs sabots, et s'enquièrent des prix demandés avant
d'entamer le marchandage. Une fois l'affaire conclue, il faut remplir les formalités sanitaires.
La livraison et le paiement se fait généralement le lendemain. La majorité des
animaux présentés à la vente à Ambalavao viennent d'Ihosy et du Grand Sud et sont achetés
principalement pour le compte de négociants d'Antananarivo ou leurs intermédiaires. Les
zébus sont ensuite transportés par camion vers la capitale ou emmenés à pied vers
Fianarantsoa et Antsirabe (d'où, la nécessité d'avoir des sabots en bon état).
Malgré une bonhommie apparente, d'importantes affaires y sont traitées et, les transactions se
réglant essentiellement en espèces, les participants prennent leurs précautions pour tenir les
fonds à l'abri. Peu d'éleveurs savent écrire, mais tous comptent parfaitement.
Selon les évaluations, le marché de zébus d'Ambalavao est le plus grand ou le deuxième plus
grand marché de zébus de Madagasacar. Il est célèbre dans toute l'ile. L'autre grand marché de

44
zébus se tient à Tsiroanomandidy, dans une région moins fréquentée par les touristes à 212
km à l'ouest de la capitale Antananarivo, et ses débuts remonteraient à 1822.
Une bonne partie de la viande de zébus est consommée à Antananarivo. Dans les campagnes,
le zébu est surtout utilisé pour sa force de travail. Dans la vie quotidienne, la majeure partie de
la population malgache ne se nourrit pas de viande de zébu, trop chère, mais plutôt le cas
échéant de celle de poulet. Le zébu n'est consommé que lors de grandes occasions. On estime
qu'actuellement, la consommation annuelle moyenne pour l'ensemble du pays ne serait que de
2 kg par habitant. Dans tout le pays, le zébu (omby) accompagne les grandes étapes de la vie
d'un Malgache, de sa naissance à sa mort. Le zébu sert de dot lors de mariages, fait fonction
de monnaies d'échange dans d'autres occasions de la vie et est sacrifié lors de cérémonies
funéraires ou autres. En outre, à l'occasion des fêtes de la circoncision et du retournement des
morts (Famadihana), les nombreux invités, parfois tout le village, consomment souvent de la
viande de zébu. Chez les Bara, c'est une tradition forte répandue pour les jeunes gens d'aller
voler quelques zébus, pour faire la preuve de leur bravoure et le cas échéant démarrer un
élevage ou constituer un futur dot. Avoir été emprisonné pour un tel fait serait
même reconnu par les jeunes filles comme preuve de virilité. Les voleurs de zébus sont
appelés "dahalo". Des vols sont également perpétrés de manière plus violente par des
bandits. Ces derniers temps (2012), ces vols se sont fortement amplifiés en particulier dans le
sud du pays (on parle de 15.000 zébus volés, en quelques mois seulement, par des bandes
armées) et ont pris un caractère mafieux. Des affrontements ont eu lieu entre les bandes de
voleurs d'une part et les forces de l'ordre ou les éleveurs d'autre part, ce qui a causé la perte de
plusieurs hommes dans le sud de l'Ile. Ces vols se développent à la faveur de l'instabilité
politique du pays et donnent lieu à des trafics qui ne peuvent se réaliser qu'avec des
complicités à des niveaux sans doute élevés. Des exportations auraient lieu via les Comores.
Le transit par les autres iles de l'Océan Indien n'est pas en principe possible vu les contrôles
de traçabilité qui y sont en vigueur. Le trafic a lieu alors que l'Union Européenne a levé
l'embargo sur l'importation de la viande bovine malgache en février 2012, décision au profit
de laquelle Madagascar projette d'exporter 50.000 bêtes sur pieds certifiés par les autorités
sanitaires sur une durée de 18 mois. Les autorités ont réagi par l'envoi de renforts ou d'unités
spéciales de l'armée dans les régions les plus concernées et par la réglementation des
exportations vers les Comores. En janvier et en août 2013, des affrontements mortels
entre voleurs et villageois se sont à nouveau produits dans le sud de l'île. La persistance de la
crise politique et le manque d'aides financières extérieures qui en résulte ne permettent pas
aux autorités de mettre en place de véritables solutions telles que le contrôle de la traçabilité

45
du bétail. Ajoutons que le pays compte un total de 10 millions de zébus (avec un taux de
croissance annuelle de 0,8%) pour une population de 22 millions d'habitants et que son équipe
nationale de football s'appelle «Baréa» (ce qui signifie «zébu»), preuve supplémentaire de la
place particulière du zébu dans la société malgache.
Globalement, le cheptel bovin est constitué par plus de femelles que de mâles. Le rapport de
masculinité du cheptel s’évalue à environ 95%, sauf pour la province d’Antananarivo où ce
rapport est de 166%. En effet, l’élevage de bovin sur les Hauts Plateaux d’Antananarivo et de
Fianarantsoa est moins extensif. Cette pratique vise essentiellement à satisfaire les besoins en
force de travail, d’où l’importance relative des bovins mâles.

I.3.L’ELEVAGE PORCIN DANS LA REGION HAUTE MATSIATRA

La pratique de l’élevage porcin concerne l’ensemble du territoire national. L’effectif du


cheptel est estimé à 1 247 043 têtes. Les deux provinces d’Antananarivo et de Fianarantsoa
regroupent 67% de l’effectif total, dont 27% sont concentrés dans les Régions d’Analamanga
et Vakinankaratra, 18% dans les Régions Amoron’i Mania et Haute Matsiatra. 179 992 têtes
assurent la reproduction dont 112 667 têtes de truies et 67 325 verrats.
La race locale prédomine aussi bien pour les mâles que pour les femelles. Le nombre de truies
de races améliorées est estimé à 7 723 têtes dont plus de 5 400 têtes pour la province
d’Antananarivo. En se référant aux résultats du Recensement National de l’Agriculture de
1984-1985, l’effectif du cheptel porcin a enregistré un taux de croissance annuel moyen de
2,7%, malgré l’épidémie de la peste porcine africaine.
Province Porcins mâles Total Porcins femelles Total
Antananarivo 234 949 266 157 501 107
Fianarantsoa 160 387 178 360 338 747
Toamasina 50 639 53 336 103 975
Mahajanga 56 367 69 478 125 845
Toliara 64 566 68 848 133 414
Antsiranana
Madagascar 587 180 659 863 1 247 043

Tableau 6 : Répartition du cheptel porcin par province


Les porcs que l’on rencontre à Fianarantsoa appartiennent soit à un type local, soit à des races
perfectionnées d'importation. En pratique, on trouve de petits noyaux de porcs locaux non

46
améliorés vivant en semi-liberté autour des villages ou, de petits élevages d’animaux métissés
obtenus par croisement avec des géniteurs d’importation ; ou encore des élevages semi-
industriels d’importance moyenne de races perfectionnées à l’état pur.

I.4.FILIERE AVICULTURE

I.4.1. poulet gasy

La plupart des paysans malagasy pratique l’élevage de poulet gasy de façon traditionnelle
depuis des décennies. C’est une activité qui concerne au moins 67% de la population de
Madagascar. Pour la Région Haute Matsiatra, le cheptel volaille est estimé à 1 104 600 en
2009. L’objectif du Plan Régional de Développement (PRD) est d’améliorer la production de
poulets gasy afin d’augmenter l‘apport protéique dans l’alimentation des consommateurs de la
Région et de diversifier les sources de revenus.

A titre de référence, chaque ménage malagasy consomme une très faible quantité de poulets
gasy sauf durant les périodes festives. On parle d’une consommation de 1,5kg/hab/an. C’est
une filière jugée porteuse pour la Région Haute Matsiatra selon le PRD, c’est une des raisons
pour laquelle plusieurs organismes et projet/programmes interviennent dans la filière. Le type
d’appui diffère selon l’organisme, ça peut aller de la production jusqu’à la commercialisation
en passant par la transformation. On a constaté lors de cette étude filière poulets gasy dans la
Haute Matsiatra effectué par AROPA que nombreux sont les producteurs qui ont du mal
à adopter les techniques d’élevage améliorées acquises lors des formations octroyées par ces
différents organismes d’appui.

L’adoption de la technique améliorée d’élevage de poulets gasy nécessite un investissement


assez important. On constate tout d’abord un problème de mentalité des paysans qui ne
considèrent pas l’aviculture comme principale activité mais tout simplement comme élevage
traditionnel. Pourtant, le poulet gasy est un produit prise des consommateurs mais la
prolifération des maladies, les vols, l’insuffisance de l’encadrement et du contrôle sanitaires
limitent la production. Pour ce faire, plusieurs techniques nécessitent d’être adoptées par les
éleveurs :

- Aménagement d’une infrastructure servant de poulailler.

- Amélioration de la souche et de l’alimentation.

47
- Contrôle et suivi sanitaire des volailles.

Conscients de toutes ces améliorations, nombreux aussi sont les éleveurs qui n’ont pas les
moyens nécessaires et suffisants pour pouvoir réaliser ces changements. En plus de ces
problèmes cités en supra, on constate une insuffisance des producteurs de poussins, et de race
qui donne plus de production. Comme c’est une activité nouvelle dans la Région Haute
Matsiatra, on n’en a recensé que dans le District d’Ambalavao et de Vohibato. Sur le plan de
la commercialisation, la production ne s’oriente pas vers le marché. D’une part tous les
membres actifs d’organisations paysannes ont chacun leur collecteur fixe et d’ autre part ils
vendent eux- mêmes leurs produits le jour de marché. Ainsi, les producteurs ne prennent pas
en compte les collecteurs qui gagnent le plus de marge bénéficiaire. Un manque de
communication est aussi à déplorer au sein des membres actifs des organisations paysannes,
leurs râles restent encore flous pour les éleveurs.

Figure 12 : Collecteurs des poulets « gasy »

Source : Association ProPAGE pour AROPA HM Avril 2010

Force est de constater que la filière poulet gasy peut effectivement être porteuse car l’offre ne
satisfait pas encore la demande. Les différentes techniques améliorées proposées jusque-
là sont encore inaccessibles pour la plupart des éleveurs. Il faudra mener des recherches afin
d’alléger le coût de production.

48
CHAPITRE VI : QUELQUES FORCES ET FAIBLESSE DANS QUELQUES TYPES
D’AGRICULTURE ET D’ELEVAGE

I. AGRICULTURE

I.1.CULTURE VIVRIERE

I.1.1.diagnostic stratégique de la filière au niveau régionale :

Les forces/opportunités et Faiblesses/menaces de quelques cultures vivrières dans la région


matsiatra ambony

Filières Forces/Opportunités Faiblesses/Menaces


riziculture - Disponibilité de surface - Offre locale en semences améliorées
cultivable/aménageable dans l’Ouest et des insuffisante en termes de quantité
mains d’œuvres qualifiées à l’Est ; - Faiblesse du rendement rizicole liée au
- Centre semencier : Nasandratrony, Anosy ; non maîtrise de l’eau
-La riziculture occupe la moitié des surfaces - Inondation et ensablement des bas-
cultivées dans la zone de Fianarantsoa. fonds
- Haute Matsiatra occupe la première place en - Mauvaise gestion des périmètres
matière de superficies cultivées dans la Province irrigués dans la partie centrale de la
de Fianarantsoa : 114.715ha en 1999 soit 49,6% Région
de la surface totale cultivée dans le faritany. - Manque d’infrastructure de stockage
- Démarrage des « Sous projets riz » appuyés par
- Faible adoption de techniques de
le PSDR et ses partenaires stratégiques
production et de gestion appropriées :
- Marchés largement ouverts pour le
pratiques de techniques de production
ravitaillement des zones internes déficitaires et
peu performantes, matériel de production
des autres Régions (Vatovavy Fitovinany, Atsimo
rudimentaire.
Atsinana, Atsimo Andrefana, Anosy)
- Capacité de gestion de l’exploitation et
- Projet d’intervention de BAMEX axé sur
des ressources insuffisantes dues à
l’amélioration de l’approvisionnement, la
l’insuffisance de l’assistance technique
distribution et le financement
dans le moyen Ouest
- Existence de variétés adaptées aux conditions
- Accès limité au financement
agro-écologiques de culture et aux exigences des
- Faible adoption de techniques intensives
marchés
de production : problèmes d’accès aux
- Existence du groupement semencier à
facteurs d’intensification (maîtrise de l’eau,
Nasandratrony et CMS à Fianarantsoa

49
Présence des projets/programmes : FOFIFA, semences améliorées, engrais, crédit,
AROPA, PROSPERER… marchés)
- Terres cultivables très vastes et fertiles à l’ouest - Difficultés des riziculteurs à bien gérer
En moyen ouest leur produit : stockage pour la
consommation et valorisation pour les
ventes
- Absence de structure d’encadrement de
proximité depuis la mise en veilleuse des
activités des services publics de la
vulgarisation
Hautes terres :
- Saturation de l’occupation des bas-fonds
et des gradins rizicoles sur les Hautes
Terres

Maïs et - Disponibilité de surface Maïs


manioc cultivable/aménageable -la production reste pour l’autoconsommation

- Produit à très forte potentialité de croissance - Le rendement à l’hectare est encore


faible à cause de l’insuffisance d’intrants
rapide
agricoles
- Haute Matsiatra occupe la première place en -L’invasion des maladies et insectes sur la
matière de superficies cultivées dans la culture diminue énormément le rendement
Province de Fianarantsoa : 114.715ha en 1999 Manioc
soit 49,6% de la surface totale cultivée dans le - Les variétés rustiques couramment plantées
faritany. par les paysans sont facilement frappées par
les maladies (la mosaïque et l’Anthracnose)
-L’obtention des boutures est difficile au
moment de la plantation

50
I.2.CULTURE INDUTRIELLE

I.2.1.diagnostic stratégique
Les forces/opportunités et Faiblesses/menaces de quelques cultures industrielles dans la
région matsiatra ambony

Filière Forces/Opportunités Faiblesses/Menaces


Vitivinicole - Des sociétés productrices de vin dans la - Demande nationale loin d’être satisfaite.
Région - Concurrence des produits importés en
-Conditions agro-écologiques favorables à provenance d’Afrique du sud et d’Europe,
la viticulture et les produits locaux tels que le vin de
- Vastes terres cultivables palme, le vin de canne et le vin de miel.
- Viticulteurs organisés : des nouvelles - Concurrence des produits synthétiques
gammes de produits de qualité en - Système de taxation actuelle pénalisant
émergence les viticulteurs : les taxes sont trop élevées.
- Redressement significatif de la Société - Disponibilité limitée et cherté des intrants
Lazan’i Betsileo suite au partenariat avec la à tous les niveaux de production (engrais,
Région Bourgogne produits phyto sanitaires, bouteilles…)
- Les manifestations économiques telles que - Importance du secteur informel qui offre
le festival du vin contribuent à la promotion des produits de moindre qualité, mais
de la filière nettement moins cher.
- Une culture spécifique qui fait la - Accessibilité limitée des zones de
renommée de la Région production au moment de la vendange
- Insécurité constituant un frein de
développement à la production de vin.
- Importation de vin par les grandes
surfaces.
- rendement et qualité affectés par le
changement climatique
- Insuffisance de l’encadrement
- Environnement juridique peu incitatif
pour l’investissement

51
The -La production du thé à Madagascar se -Développement de la plantation encore
trouve à sahambavy faible
-Vastes terres cultivables -Exploitation de la filière mal organisée
- Filière porteuse pour la caisse de la Région - Insuffisance de moyens adéquats pour
-Conditions agro-écologiques favorables l’extension de la surface de production
pour la culture du thé -Changement climatique
- Monopole de la filière par le SIDEXAM

Tabac -Conditions agro-écologiques favorables -Textes obsolètes ne répondant plus à la


pour la production de tabac corsé. réalité et au besoin pour le développement
-Fortes maîtrise de la technique de de la filière
production par les planteurs -Filière sujette à de nombreuses fraudes et
-Filière très réglementée par l’Etat à travers des circuits de commercialisation
l’OFMATA parallèles et illégaux
- Filière porteuse pour la caisse de l’Etat -Monopole de la filière par l’OFMATA,
- Marchés organisés et revenus assurés pour prix non intéressant pour les producteurs
les planteurs d’où règne de marché noir
- Compétitivité du tabac corsé de la Région
par rapport à des variétés nobles d’autres
zones de production
- Forte concurrence du marché parallèle.
- Conflits éternels entre OFMATA et les
planteurs en matière de norme/qualité et de
mode de paiement

52
II.FILIERE HUILE ESSENTIELLE

II.1.diagnostic stratégique de la filière au niveau régionale


Les forces/opportunités et Faiblesses/menaces de la filiere huile essentielle dans la région
matsiatra ambony

Filière Forces/Opportunités Faiblesses/Menaces


Huile -Conditions climatiques et géographiques - Manque de plantations à grande échelle
essentielle favorables à la culture des plantes à huiles - Insuffisance de moyens adéquats pour
essentielles. l’extension de la surface de production
- Diversité de plantes naturelles, cultivées - Manque de compétence (maîtrise
et/ou encore à l’état sauvage technique) permettant de répondre aux
-Filière structurée besoins du marché
- Existence de marchés potentiels et/ou réels
- Filière en voie d’organisation,
non encore couverts : des demandes locales
foisonnement du secteur informel
(Homéo pharma entre autres) et extérieures
- Effectivité de la création d’emploi
non satisfaites
productif en milieu rural qui semble ne pas
- Existence de groupement d’acteurs déjà
être évidente par le biais de la filière
structurés
- Maîtrise technique de la plantation encore
très limitée.
- Risque de disparition de certaines
variétés suite à des exploitations sauvages
- Développement de la plantation encore
faible
- Exploitation de la filière mal organisée
- Risques d’épuisement et de destruction
des espèces sauvages dus à l’exploitation
abusive et irrationnelle.
- Manque de plantations à grande échelle
- Insuffisance de moyens adéquats pour
l’extension de la surface de production
- Manque de compétence (maîtrise
technique) permettant de répondre aux
besoins du marché

53
II.L’ELEVAGE

II.1.1.diagnostic stratégique
Les forces/opportunités et Faiblesses/menaces de quelques elevages dans la région matsiatra
ambony

Filière Forces/Opportunité Faiblesses/Menace


Bovin - Rôle capital dans l’économie de la Région - Prolifération des maladies et des vols
-Marché de zébu étant l'une des attractions - Défaillance du contrôle de l’état sanitaire
de la ville des bêtes vendues sur le marché
- Insuffisance de l’encadrement sanitaire
et du contrôle sanitaire
- Défaillance du système de conservation
et de transformation
-Insuffisance de formation sur l’élevage
bovin
-Hausse de prix des vaccins pour les bêtes
-Déficiences constatées dans l’application
de la loi

Porcin - L'élevage représente, pour les paysans, une - Défaillance du contrôle de l’état sanitaire
source de revenus et de viande des bêtes vendues sur le marché
-La viande de porc est la plus demandée - Insuffisance de l’encadrement sanitaire
après celle du bœuf à Madagascar et du contrôle sanitaire
-Manque de moyens financiers des
éleveurs
-Race porcine locale en voie de disparition
-Insuffisance de formation sur l’élevage
porcin
-Hausse de prix des vaccins pour les bêtes
-La Peste Porcine Classique et la
Peste Porcine Africaine
sont les deux maladies qui freinent le

54
développement de l’élevage porcin à
Madagascar. Or, l’élevage de porc permet
d’assurer de meilleurs revenus aux
producteurs dans des délais courts et de
répondre ainsi à leurs besoins.
Aviculture - Produit très prisé des consommateurs par - Prolifération des maladies et des vols
rapport au goût fade des poulets de chair - Défaillance du contrôle des mouvements
- Déclin de la filière poulet de chair avec les de la population avicole et de l’état
difficultés engendrées par la disponibilité et sanitaire des volailles vendues sur le
le coût des matières premières alimentaires et marché
les diverses maladies -Insuffisance de l’encadrement sanitaire et
- Existence de complexe à Iboaka pour le du contrôle sanitaire
développement de la filière : production et - Production et débouchés des produits
vulgarisation de races pures, centre de avicoles encore marginalisés et non
formation professionnalisés par les paysans
- Existence des débouchés et des pôles - Défaillance du système de conservation
d’attraction au travers des marchés et de transformation
hebdomadaires. - Tendance actuelle de la généralisation de
- Présence de collecteurs extérieurs la couverture sanitaire (multiplication des
intervenant sur les marchés hebdomadaires et GDS)
expédiant vers d’autres Régions (Ihorombe, - Faible adoption des techniques par les
Atsimo Andrefana, Antananarivo) éleveurs non membres d’association
- Services d’agro véto fournisseurs : AFAFI, - Concurrence des autres zones de
AGRIVET, MIZAMI, CVA… production
- Soutiens financiers et appuis techniques du -Prix de vente non compétitif par rapport à
PSDR, de la DREL et des l’élevage traditionnel qui n’a pas
projets/programmes (AROPA, beaucoup de charges
PROSPERER)
-Partenariat avec IMVAVET pour couverture
sanitaire
-Goût et qualité bio des poulets gasy très
appréciés par les consommateurs locaux et
étrangers

55
CHAPITTRE IV : VERIFICATION DES HYPOTHESES

Hypothèse 1 : les agriculteurs dans la Région Haute Matsiatra sélectionnent leurs


activités en fonctions de leur emplacement géographique et climatique :

Généralement, sur les hauts plateaux, presque toute la totalité des vallées sont exploitées et les
pentes présentant des possibilités d’irrigation sont occupées par les rizières en étage. Les
autres cultures vivrières destinées surtout à l’autoconsommation sont très pratiquées avec des
techniques adéquates.
La partie orientale de la Région est destinée aux cultures industrielles comme le thé. Dans le
Sud le tabac... Par contre dans le moyen Ouest, la plantation de manioc et maïs sont
abondants, à part la riziculture.
Les méthodes de production restent toutefois traditionnelles si bien que le nombre de paysans
qui pratiquent la méthode culturale améliorée ou qui utilisent la fumure organique est encore
relativement faible, avec un effectif avoisinant les 43 932 paysans, tandis que ceux qui
utilisent de la fumure minérale est de 33 285.
Ce sont les Districts d’Ambalavao, d’Ambohimahasoa, de Lalangina et de Vohibato qui
recensent le plus de paysans qui pratiquent une méthode culturale améliorée (plus de 10 000
paysans). En ce qui concerne les techniques agricoles utilisées, la majeure partie des paysans
de la Région a déclaré utiliser la technique traditionnelle (5 Districts sur 7). Seuls les Districts
de Fianarantsoa I et d’Ambohimahasoa utilisent déjà la technique semi-mécanisée.
L’usage des techniques mécanisées reste encore au stade d’essai, et n’est pas encore
développé dans les 7 Districts que compte la Région.
Tous ces faits nous amène à confirmer la première hypothèse. Autrement dit, l’hypothèse 1
est vérifiée.

Hypothèse 2 : la faiblesse du rendement et l’insuffisance de production sont dus aux


différents problèmes rencontrés par les agriculteurs tels que :

 la dégradation des ressources naturelles (terre et eau);


 le changement climatique (qui influe sur les récoltes et les prix);
 la pénurie des moyens de production;
 les perspectives économiques limitées;

56
 le manque d’accès des ruraux aux marchés;
 le faible niveau d’instruction et de qualification.

Par rapport à cela, l’on peut dire que la seconde hypothèse est également confirmée.

Hypothèse 3 : pour améliorer la production agricole il faut mettre à jour les différents
paramètres dans l’agriculture et l’élevage.

Effectivement, pour faire évoluer ces secteurs, il faut :

 Une utilisation des semences améliorées


 Une amélioration de la maitrise d’eau
 Une mécanisation agricole
 Une vulgarisation des techniques culturales améliorées
 Une utilisation des engrais
 Un renforcement de la sécurité en milieu rural

Tout cela nous amène à la confirmation de la troisième hypothèse. Donc, l’hypothèse 3 est
alors vérifiée.

57
CHAPITRE VIII:QUELQUES SOLUTIONS ADOPTEES AUX PROBLEMES DANS
L’AGRICULTURE ET L’ELEVAGE

I.AGRICULTURE

I.1.CULTURE VIVRIERE

Quelques solutions dans quelques cultures vivrières comme la riziculture, maïs et manioc

Filière Objectifs Solutions


Riziculture Augmenter la production rizicole pour - Accroissement de la valeur ajoutée de la
assurer la sécurité alimentaire et avoir filière par la promotion du riz pluvial et
une production excédentaire. du riz pour exportation
- Professionnalisation des producteurs à
travers le renforcement de la capacité
- Réduction des risques d’inondation et
ensablement des bassins versants
- Extension de la superficie cultivée par
l’exploitation des ressources dans l’Ouest
de la Région, amélioration de la
productivité de la culture dans la partie
centrale et Est de la Région
- Vulgarisation des semences améliorées

maïs et manioc Augmenter la production de maïs et Pour la région de la Haute Matsiatra le


manioc et réduire le période de soudure développement de la culture dépend de :
-Création de groupement
-Production de semences
-Introduction des variétés améliorées
-Implantation des tests en milieu paysan
-produire des boutures
- lutter contre les maladies
-organiser la commercialisation

58
I.2.CULTURE INDUTRIELLE

Filières Objectifs Solutions


Vitivinicole Augmenter la production de raisin et de - Booster les sociétés existantes par
vin l’organisation et la professionnalisation
des producteurs et la relation entre
producteur et transformateur.
- Promotion de la compétitivité par
l‘augmentation de la productivité de
raisin et de vin en adoptant qualité,
amélioration des conditions cadres
(législation, taxe, politique de gestion des
entreprises) afin l’approche d’acquérir un
label permettant de rehausser la
renommée du vin de la Région.
- Renforcer le lobbying pour améliorer
les conditions cadres de développement
de la filière (dépolitisation, taxation,
législation)
-Renforcer le dispositif
d’approvisionnement des producteurs en
facteurs de production
- Contribuer à un meilleur accès des
paysans aux intrants et matériels
agricoles
- Intensifier la recherche et la diffusion
des produits phytosanitaires biologiques
de substitution.
- Soutenir le renforcement et
l’accompagnement techniques des
viticulteurs
- Plaidoyer pour l’élaboration d’une
norme nationale sur le vin impliquant les
acteurs.

59
- Appuyer les départements concernés
dans le contrôle de qualité et de légalité.
- Développer des partenariats pour la
diffusion des informations sur le marché,
les normes de qualité et la législation

The Accroître la production du thé -Extension et amélioration de la


respectant les normes de qualité production pour des produits de quantité
et de qualité
-Assurance de la qualité de la
transformation locale
Tabac Augmenter la productivité de la filière Développement de lobbying pour assurer
tabac et la retombée du secteur sur la retombée de la filière sur l’économie
l’économie régionale régionale et l’ouverture à la privée
- Amélioration des conditions cadre de
développement de la filière afin d’assainir
la filière tabac
- Renforcement de la compétitivité en
rehaussant la productivité du secteur par
l’adoption de variété noble et de qualité,
l’extension de la surface cultivée,
développement des infrastructures
production et d’exploitation tout en
professionnalisant les acteurs de la filière.
• Renforcer l’intensification de la culture
tabacole
- Doter les producteurs en facteurs de
production (matériels, semence,
motopompe, produits de traitement.)
- Consolider les systèmes d’irrigation
- Vulgariser le tabac noble
• Structurer et professionnaliser des
planteurs
- Renforcer l’encadrement technique et

60
organisationnel des planteurs
• Développer l’aval de la filière tabac
- Assainir le marché parallèle
- Diffuser et vulgariser les textes
réglementaires sur le tabac
- Mettre en place une usine de
transformation locale de tabac, un centre
de collecte et stockage

I.3.FILIERE HUILE ESSENTIELLE

Filière Objectif Solutions

Huile Accroître la production d’huiles - Extension et amélioration de la


essentielle essentielles respectant les normes de production pour des produits de quantité
qualité et de qualité
- Assurance de la qualité de la
transformation locale
- Renforcement de la capacité des
pépinières d’entreprise
- Création d’emploi productif en milieu
rural par le biais de la filière
- Définir la spécialisation des zones
productrices
- Mettre en place un centre de
multiplication des plants (pépinières)
- Soutenir la production à grande échelle
de plantes aromatiques
- Mettre en place un système de
formation professionnalisant sur la filière.
- Appuyer la vulgarisation des textes
régissant la filière

61
- Assurer un meilleur accès des
producteurs au financement
- Mettre en œuvre des mesures
d’accompagnement pour la protection de
l’environnement
- Renforcer le développement de la filière
intégrée et la formalisation de la filière
- Mener des actions de promotion pour
conquérir les marchés potentiels
- Organiser la filière de l’amont à l’aval

II.ELEVAGE

Filières Objectifs Solutions


Bovin Eradiquer les maladies et les vols de -Augmentation des nombres de
zébus dans la Région vétérinaires dans la Région
-Renforcement de la sécurité dans la
Région
-La criminalisation du vol de bœufs dans
la loi actuelle
-La reconnaissance du dina
Porcin Eradiquer la peste porcine africaine - Assurer la couverture sanitaire de
l’élevage porcin par le développement et
dynamisation du partenariat entre
organisation paysanne et secteur privé
• Mise en œuvre de plan de lutte contre
les maladies
- Renforcement de la capacité du service
d’élevage et appui au redéploiement des
vétérinaires privés
• Intensification de la production porcine

62
- Réalisation des recherches sur
l’amélioration des souches et
l’alimentation
- Développement de la fourniture de
service de proximité (alimentation, santé
animale, …)
• Appui à l’organisation et la
professionnalisation des éleveurs
- Structuration des éleveurs
- Renforcement de la capacité technique
et de gestion des éleveurs.
Aviculture Augmenter la production de poulets Stratégies
gasy et le revenu des acteurs - Assurer la couverture sanitaire de
l’élevage avicole par le développement et
la dynamisation du partenariat entre
organisation paysanne et secteur privé
- Promouvoir le label « poulet gasy » par
la structuration et la professionnalisation
des éleveurs tout en développant des
infrastructures de production et
d’exploitation
• Mise en œuvre de plan de lutte contre
les maladies
-réglementation de la circulation,
couverture vaccinale
- Renforcement de la capacité du service
d’élevage et appui au redéploiement des
vétérinaires privés
• Intensification de la production avicole
- Réalisation des recherches sur
l’amélioration des souches et
l’alimentation
- Développement de la fourniture de

63
service de proximité (alimentation, santé
animale, …)
• Appui à l’organisation et la
professionnalisation des éleveurs
- Structuration des éleveurs
- Renforcement de la capacité technique
et de gestion des éleveurs
• Appui à la mise en marché de poulet de
race locale
- Etat de lieux sur la filière avicole
- Mise en place des dispositifs
d’abattages et de conservation, marché de
bestiaux
- Couverture sanitaire du cheptel aviaire
- Développement du partenariat et voir de
près la santé animale
-Redynamisation des associations
existantes et incitation des éleveurs-
individuels à se regrouper en association.
- Evaluation de l’état sanitaire des poulets
gasy. Faire une prophylaxie sanitaire et
médicale bien adaptée par rapport aux
immunités maternelles des poulets gasy.
- Appui à la production et à la
commercialisation des producteurs de
« poussin gasy ».
- Une fois ce problème résolu, renforcer
l’appui au niveau de la commercialisation
par des contrats de marché avec les
collecteurs et les CHR.
- Mise en œuvre du plan de lutte contre
les maladies réalisées au niveau régional
en septembre 2009

64
- Réalisation des recherches sur
l’amélioration des souches et
l’alimentation
- Développement de la fourniture de
service de proximité (alimentation, santé
animale)
- Renforcement de la capacité technique
et de gestion des éleveurs.

65
CONCLUSION

Bref, les secteurs productifs principaux sont l’agriculture et l’élevage. L’activité agricole est
dominée par les cultures vivrières, mais avec l’évolution des besoins monétaires, les cultures
industrielles et de contre-saison se sont développées. Avec l’agriculture, l’élevage, surtout
bovin, constitue une activité essentielle au sein de la Région. La principale zone d’élevage est
celle de la sous-préfecture d’Ambalavao. Les éleveurs doivent faire face à l’insuffisance des
moyens pour la protection de la santé animale et surtout à l’insécurité qui sévit à la campagne
du fait de la recrudescence des vols de bœufs (Fianarantsoa II, Ikalamavony).

L’offre de riz local présente environ 60% de déficit par rapport aux besoins de la population
de la Région, les productions d’autres produits vivriers sont globalement suffisantes avec une
marge d’environ 23%. Outre le marché intérieur, des opportunités d'exportation sont à
exploiter pour écouler les excédents de production. C’est ainsi que le manioc, avec un
excédent de 49% environ, devra trouver un débouché potentiel comme le marché régional de
l’Océan Indien et les marchés européens. Le maïs, avec 24% d’excédent, s’exporte aussi
facilement. Tous ces produits exportables doivent répondre impérativement à des normes de
qualité et de conditionnement parfois contraignantes mais indispensables pour garder une
bonne image de marque.

Malgré toutes ces disponibilités de l'ensemble vivrier, la population rurale de la Région fait
face et ce, depuis plusieurs années, à des problèmes alimentaires et nutritionnels aggravés par
la détérioration du contexte agro-socio-économique causée par la pauvreté extrême, surtout en
milieu rural.

66