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Chapitre I : Introduction et Généralités

I) Construction mécanique

La construction mécanique et l’ensemble des activités, méthodes et techniques liées à la conception de machines
et mécanismes.

II) Méthodologie de la construction

La construction mécanique se fait en cinq étapes

1- Conception : Avoir un meilleur rapport qualité/prix


 Conception (modélisation) d’une idée
 Conception des solutions technologiques : choix des matériaux, choix des éléments (vis,
roulement, …)
2- Projection de la solution : Augmenter les chances de réussite du produit
 Représentation schématique (dessin 2D)
 Modélisation 3D (simulation sur ordinateur, prototype, …)
3- Etude et calcul : Dimensionnement (vérification) de la structure
 Etude statique (RDM)
 Etude dynamique (DDS)
 Etude en fatigue (MLDR)
 Etude thermique
 Etude rhéologique
 …..
4- Dessin : Archiver la conception
 Dessin d’ensemble  Montage
 Dessin de définition  gamme d’usinage
5- Fabrication : Réaliser les composants de la structure avec un meilleur rapport qualité/prix
 Usinage : Tournage, fraisage, …
 Moulage : Moulage en sable, moulage des pièces en plastique,…
 Formage : Emboutissage, forgeage, …
 Soudage : soudage à l’arc, ….

Dans ce présent module, nous allons nous limiter à la conception mécanique dont particulièrement les étapes 1
et 3. Autrement dit, nous allons voir les éléments de machines les plus utilisés dans la construction mécanique
tels que : les vis, boulons, engrenages, arbres et courroies… et procéder à leurs calculs.

III) Etude d’une conception : la procédure se fait comme suite


• Bilans des forces (recenser les différentes charges appliquées et calculs des réactions….)
• Identification des sollicitations (traction, flexion, torsion, cisaillement, …)
• Vérification à la résistance.

1- Différents types d’appui

a) Appui simple : modélisé par une seule réaction normale au plan d’appui, et
schématisé comme le montre la figure ci-contre.

Application :
Calculer les réactions d’appuis de la poutre représentée ci-contre.

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∑ / = 0 →
−  +
 = 0

∑ / = 0 →  = 0 Or  =   60°

La condition d’équilibre statique n’est pas vérifiée, donc le corps


est en mouvement horizontal.

b) Appui double (triple): tout dépend du problème à considérer en 2D ou en 3D. Lorsque le chargement est en
2D (autrement dit, la composante de la charge suivant z est nulle) l’appui est modélisé par deux réactions
seulement, l’une suivant x et l’autre suivant y. Sinon, en général l’appui double (triple) est modélisé par trois
réactions pour éviter toutes confusions.

c) Encastrement : Lorsque le chargement est en 2D l’encastrement est modélisé deux réactions et un moment
comme c’est illustré par la figure ci-dessous. Par contre, si le chargement est quelconque l’encastrement est
modélisé par trois réactions et trois moments.

2- Sollicitations statiques
a) Traction/compression


 =


 : Contrainte appliquée


N : Effort normal appliqué
S : section droite perpendiculaire au sens du chargement.

NB : La valeur de la contrainte (σ) est la même dans n’importe quel point de la pièce (vue que N et S sont
constants).

b) Flexion

 = !


e: Epaisseur de la pièce
#$ %
 = " : Moment d’inertie quadratique (Pour un cercle :  = &'
, pour un rectangle
() *
 = ).
+,
NB : La contrainte varie linéairement avec l’épaisseur.

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c) Torsion
.
- = !


#$ % ()() 1 2(1 )
 =  : Moment d’inertie polaire (Pour un cercle :  = , pour un rectangle  = ).
/, +,

Il faut noter que les contraintes engendrées par la traction et la flexion sont des contraintes normales et
elles sont notées σ, alors que les contraintes de cisaillement et de torsion sont des contraintes tangentielles et
elles sont notées τ.

NB : En faisant une comparaison entre ces contraintes, on remarque que les contraintes de flexion et de
torsion présentent des valeurs très importantes par rapport à celles de traction et de cisaillement. C’est pour
cela, qu’il est préférable lors d’une construction d’éviter les sollicitations de flexion et de torsion. Un exemple
pratique très utilisé pour éviter les contraintes de flexion est présenté sur la figure suivante.

IV) Condition de résistance


7
 ≤ 56 =


 : Contrainte appliquée (Traction, flexion, …) ;


7 : Limite élastique du matériau ;
 = 1,3 → 2 ∶ => ?@ ABCé>EB=F G=CE?@
s: Coefficient de sécurité.
 = 2 → 4 ∶ => ?@ ABCé>EB=F I>BJE?@
56 : Contrainte admissible du matériau.
-7
- ≤ 5-6 =


- : Contrainte de cisaillement appliquée (torsion, cisaillement, …)


-7 : Contrainte élastique de cisaillement. Si cette valeur n’est pas connue, on prend (pour les aciers, alliages
d’aluminium, alliage de cuivre..) :

KL ≈ N, O PL

V) Coefficient de sécurité

Pourquoi utiliser un coefficient de sécurité ?

 La limite élastique du matériau est calculée dans les laboratoires dans le cas statique, c’est-à-dire la
vitesse d’application de la charge est très faible  ce qu’on ne peut pas reproduire en pratique.

 La taille des éprouvettes utilisées dans les laboratoires est très petite  Ainsi, pour les pièces de grandes
tailles, la probabilité d’avoir des défauts devient importante.

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 Les valeurs des contraintes élastiques (de rupture, …) données dans les ouvrages sont des valeurs
moyennes.

Est-ce-que la structure peut résister si  = 7 ? NON

Pourquoi la valeur du coefficient de sécurité est plus importante dans le cas des matériaux fragiles ?

 Les matériaux ductiles présentent une déformation plastique avant la rupture finale de la structure, alors
que les matériaux fragiles (tels que les fontes, béton, …) se rompent brutalement c’est-à-dire dès qu’il ya
naissance d’une fissure sa propagation est immédiate.
 Les matériaux fragiles ne supportent pas les chocs.

VI) Sollicitations composées

En pratique, les structures sont soumises simultanément à plusieurs sollicitations de natures différentes ; dans ce
cas, la contrainte résultante (équivalente) se calcule comme suite :

a) Traction + Flexion

7 = Q + R

b) Flexion + cisaillement
7 = S(R ), + (-TUV ), Formule de Coulomb

c) Flexion + torsion (critère de Von Mises)

7 = S(R ), + (- Q ),

d) Traction + Torsion :

7 = S(Q ), + 3(- Q ),

Et la condition de résistance s’écrit :

PL
PLW ≤
X

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VII) Liaison avec frottement

Pour résoudre les problèmes de la statique, la considération systématique du frottement n’est pas obligatoire.
Cependant, dans certains cas sa considération est indispensable pour le fonctionnement de quelques mécanismes
tels que le système de freinage, embrayage, déplacement des voitures, fixation des vis…

Explication : Posons une pièce de poids P sur un plan horizontal. Dans le cas statique, la réaction du plan « N » est
égale et opposée au poids de la pièce (voir la figure A).

Appliquons maintenant graduellement sur cette pièce une force horizontale F comme c’est illustré sur la figure B.

Nous remarquons, que la pièce ne bougera pas tant que la force F est inférieure à une certaine valeur limite notée
« T ». En considérant les lois de la statique, appliquées à la figure B, nous aurons :

Y / = 0 ⇒ −+ =0 ⇒ =

Y / = 0 ⇒ =0
Or  ≠ 0 puisque c’est une charge extérieure dont la valeur est non nulle. Ainsi, nous constatons qu’il existe une
force T qui équilibre et s’oppose au mouvement dû à la force F. Cette force T est appelée force de frottement
statique et elle dépend d’un grand nombre de paramètres à savoir : état de surface, matériaux, lubrification, …

Finalement,
Y / = 0 ⇒ \=

VIII) Coefficient de frottement statique (μ)

Le coefficient de frottement statique « μ » est défini par la relation suivante,


lorsqu’il n’y a pas de mouvement relatif entre les deux pièces en contact :

\
] = CJ ^ =


Où ^ est l’angle de frottement et R la résultante des efforts N et T.

Les valeurs du coefficient de frottement statique sont connues et elles sont


disponibles dans les livres de normes (matériaux). On peut citer quelques
valeurs de μ pour différentes combinaisons de matériaux:

- Acier/Acier : 0,2 - 0.3


- Acier/glace : 0,02
- Pneu/route : 0,8 sèche – 0,5 mouillée
- Acier/garniture de frein : 0,4

Remarque : Quand la pièce est en mouvement, on définit le coefficient de frottement dynamique noté ν.