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WORKOVER

Introduction

Les interventions que l’on est amené à réaliser sur un puits sont très nombreuses et peuvent
être regroupées en opérations de mesure, d’entretien ou de reprise de puits.

Les mesures peuvent concerner aussi bien l’état de l’équipement que la qualité de la liaison
couche-trou ou l’état du gisement aux abords du puits.

Les opérations d’entretien, comme celles de reprises, concernent principalement


l’équipement ou la liaison couche-trou.

Les opérations d’entretien sont les opérations relativement simples, réalisables dans le puits
en exploitation, et donc en pression, à l'aide de moyens légers tels que le travail au câble.

Par contre, les opérations de reprise sont les opérations mettant en jeu des moyens plus
lourds et pouvant parfois être réa1isée en laissant le puits en pression (en utilisant une unité
de "coiled-tubing" ou une unité de ‘snubbing’ par exemple) mais nécessitant généralement
de ‘tuer’ le puits (c’est-à-dire de mettre en place dans le puits un fluide dont la pression
hydrostatique tient la pression de gisement).

Les interventions sur les puits peuvent être décidées suite à:

 des considérations relatives à l’exploitation telles qu’une chute ‘anormale’ de la


production ou l’usure des équipements,

 des considérations relatives au gisement soit pour connaître son évolution, soit
pour s’adapter au mieux à son comportement,

 des incidents intervenus en réalisant les interventions décidées pour les raisons ci-
dessus, par exemple pour essayer de récupérer un ‘poisson’ laissé dans le puits.

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I- Généralités

1.Complétion
1.1- Déffinition

La complétion des puits comprend toutes les activités réalisées à l'intérieur d'un puits
après son forage afin d'en extraire le pétrole ou le gaz en toute sécurité.
C' est une opération qui consiste à descendre dans le puits la dernière colonne de
casing « casing de production », les équipements de production « packer, tubing,
Vanne de circulation… » .

1.2. Objectif d’une complétion :

Le principal objectif de la complétion d’un puits considéré sous les aspects mise en
place de l’équipement du puits et procédures de mise en service, est :

 Optimiser les performances de productivité ou d’injectivité pendant toute la durée


de vie du puits,

 Assurer la fiabilité et la sécurité d’exploitation de gisement,

 Optimiser la durée de vie active de puits et ses équipements,

 Avoir la possibilité d’adapter les équipements de puits a fin d’envisager


éventuellement des modifications ultérieures,

 Minimiser l’investissement initial, les frais d’exploitation et le coût des éventuels


reconditionnements.

Ces objectifs ne sont pas cités dans un ordre préférentiel mais, dans tout les cas,
doivent finalement prendre en compte l’exploitation rationnelle et économique du
réservoir.

1.3. Equipements de puits en production :

13.1. La tête de puits :

C'est l'élément de base assurant la sécurité du puits, elle doit pouvoir supporter la pression à
l'interieur du puits fermé.

De plus, elle permet le réglage du débit en agissant sur la duse latérale, la suspension de la
colonne de production, la réalisation de l'étanchéité entre le cuvelage et la colonne de
production, l'accès à l'annulaire ainsi créé (tête de tubing ou "tubing head spool"'

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1.3.2. La colonne de production ("tubing") :


C'est un tubulaire récupérable et entièrement contenu dans la partie cuvelée du puits, qui
permet d'acheminer l'effluent du fond du puits jusqu'en surface (ou inversement sur les puits
injecteurs) à une vitesse suffisante pour assurer une remontée convenable de l'ensemble
des phases, mais non excessive, de manière à limiter les pertes de charge. La colonne de
production permet aussi de changer les fluides dans le puits par circulation colonne-
annulaire et, si elle est utilisée avec un packer, de protéger le cuvelage de la corrosion et
des fortes pressions.

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1.3.3. Les "packers" de production :


La fonction principale d'un packer est de réaliser une étanchéité en fond de puits entre la
colonne de ;production et le cuvelage. Ceci permet non seulement de protéger le cuvelage
de l'action du fluide produit ou injecté (corrosion, surpression), mais aussi d'exploiter
plusieurs couches séparément par le même puits .

1.3.4. Les sièges :


Les sièges ou "landing nipples", partie intégrante de la colonne de production, procurent
une gorge d'ancrage et une portée polie permettant d'y laisser en place - et avec étanchéité
si nécessaire - des outils de production descendus au câble dans le puits.
Les principaux outils de production sont les suivants : enregistreurs de pression, bouchon,
vanne de sécurité de subsurface, . .. On équipe en général la colonne de production d'un ou
deux, voire trois sièges.

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1.3.5. Les vannes de circulation :


Ces équipements, appelés aussi "sliding sleeve" (SS) ou "sliding slide door" (SSD), sont
vissés entre deux tubes de la colonne de production et permettent de réaliser en fond de
puits une communication contrôlée entre la colonne de production et l'annulaire colonne-
cuvelage dans le cas où le puits est équipé avec un packer. Ils sont manoeuvrés au câble.
La présence d'un de ces équipements au-dessus du packer procure un moyen simple de
changer le fluide dans le puits en fin d'équipement .

1.3.6. Les vannes de sécurité de subsurface ;


Leur but est de fermer la colonne de production dans le cas d'un problème grave (fuite,
incendie) au niveau de la tête de puits ou en mer d'une détérioration de la partie immergée
du puits. Elles sont généralement placées à une profondeur de 30 à 50 m par rapport au sol
ou au fond de la mer.

Le dispositif le plus fréquent est la vanne de sécurité de subsurface pilotée depuis la surface
("Surface Controlled Subsurface Safety Valve : SCSSV") . Elle est maintenue ouverte grâce
à une pression hydraulique importante exercée depuis la surface et transmise par une ligne
de contrôle. La purge, automatique ou manuelle, de cette ligne en surface permet à un
ressort de fermer la vanne.

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2 - Interventions "légères" sur puits en pression ''Le travail au câble''

La méthode de base d’intervention sur les puits en pression pendant leur exploitation est le
travail au câble.

2.1. Principe et domaine d’application

Le travail au câble ou ‘wire-line’ est une technique qui permet d’intervenir dans les puits en
exploitation en utilisant une ligne en fil d’acier pour introduire, descendre, placer et repêcher
dans le tubing les outils et instruments de mesure nécessaires à une exploitation rationnelle.
2.2. Avantages de wireline

 interventions dans le tubing sans ‘tuer’ le puits ; grâce à un sas raccordé à la tête
de puits, les opérations peuvent se dérouler sous pression, voire même sans
arrêter la production;

 rapidité d’exécution grâce à un matériel léger, très mobile, mis en œuvre par deux
ou trois opérateurs spécialisés;

 economie d’argent, conséquence des deux causes précédentes

 production non ou très peu stoppée,

 couche productrice non endommagée par l’intervention (puits non"tué").

 moyens matériels et humains simples, donc relativement peu onéreux et de


mise en œuvre rapide.

2.3. Inconvénients de wireline

 le travail demande un personnel très qualifié,

 le travail est très hasardeux dans les puits fortement déviés, chargés en sable ou
avec effluent visqueux,

 le travail est impossible en présence de dépôts durs,

 les possibilités offertes par le câble sont limitées (le câble ne peut travailler qu’en
traction et à un niveau très modéré pas de rotation ou de circulation possible).

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Unité de wire line

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3 - Interventions lourdes sur puits en pression

Aux cours de ces interventions il est possible de circuler, de mettre du poids sur l’outil de
fond et de tourner; mais la résistance en traction du câble est faible.

3.1. Le coiled-tubing’

3.1.1 Principe et domaine d’application

L’unité de coiled-tubing est constituée d’un tube métallique continu de 3/4’’ à 1’’ 1/2 de
diamètre (env. 19 à 38 mm) enroulé sur une bobine (coil) ou tambour et qui peut être
descendu ou remonté dans un puits en pression. Pour ce faire, le tube, muni en son
extrémité d’un clapet anti-retour (du moins en général), est manœuvré par un injecteur au
travers d’un système d’étanchéité (B.O.P. :" Blow Out Preventer"). Sa mise en œuvre
nécessite une équipe spécialisée d’au moins trois personnes.

Le coiled-tubing qui permet de réaliser rapidement (appareil léger, pas de vissage de tube,..)
et sous pression certaines interventions sur le puits, est avant tout un appareil qui permet de
circuler dans le puits. Il est donc utilisé en particulier pour:

 alléger la colonne hydrostatique préalablement à la perforation en dépression


après équipement),

 démarrer ou redémarrer (après stimulation par exemple) un puits éruptif par


circulation d’un liquide ‘léger’ ou par injection d’azote,

 réaliser un ‘gas-lift’ temporaire (lors d’un essai en cours de forage, en attendant


une reprise de puits, ...),

 réduire et optimiser ainsi la section de passage à travers le tubing (puits ayant des
problèmes de ségrégation des phases lourdes suite à une réduction de débit),

 nettoyer le tubing (sable, sel, paraffines, hydrates, ...) par circulation d’un fluide
adapté (eau, saumure, huile chaude, alcool, ...)

 nettoyer le fond du puits par circulation (dépôt de sable, ...),

 mettre en place au droit de la ou des zones â traiter de l’acide, des solvants,

 mettre en place par circulation un fluide de neutralisation (en vue d’une reprise de
puits, ...).

Théoriquement, d’autres opérations sont aussi réalisables mais il faut préalablement bien
prendre en considération les difficultés que cela pose et les risques encourus; de plus il n’est

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pas certain que le coiled-tubing soit alors le moyen le mieux adapté et le plus économique en
fin de compte, pour réaliser ces opérations telles que:

 la mise en place de bouchons de ciment,

 de petits reforages à la turbine (sédiment, bouchon de ciment, ...),

 certaines instrumentations (repêchage d’un poisson avec un overshot, ...).

Citons aussi le cas particulier des puits horizontaux où le coiled-tubing peut être utilisé
pour amener des outils dans un drain horizontal, en particulier pour réaliser des diagraphies
(dans ce cas un câble électrique aura été mis en place dans le tube avant son enroulement
sur le tambour).

Unité de coiled-tubing

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3.1.2 Description du matériel

Outre le tube proprement dit constituant le coiled tubing, l’équipement comporte


principalement:

 un tambour,

 un injecteur,

 un ensemble de sécurité (B.O.P.),

 des équipements complémentaires de surface: cabine, centrale d’énergie, grue,

 des accessoires de fond.

Installation de coiled-tubing

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3.2- Le snubbing
3.2.1 Principe et domaine d'application
Comme pour le coiled-tubing, le ‘snubbing’ permet de descendre dans un puits en pression
un tubulaire muni en son extrémité d’un clapet anti-retour en utilisant un dispositif de
manœuvre et un système d’étanchéité appropriés.
Mais au lieu d’utiliser un tube enroulé sur un tambour, on utilise des tubes de type ‘tubing’
que l’on raccorde classiquement par vissage les uns aux autres au fur et à mesure que l'on
descend dans le puits.
Ceci permet d’utiliser des tubes présentant un diamètre plus important que celui du ‘tube
enroulé’ utilisé en coiled-tubing. Bien entendu, on reste limité par le tubing qui équipe le puits
et à travers lequel il faut pouvoir passer.
L’unité de snubbing offre donc une meilleure capacité de débit, une meilleure résistance à la
traction et une meilleure capacité de rotation ainsi que la possibilité de mettre, du poids sur
l’outil.
L’unité de snubbing permet bien entendu d’effectuer, mais avec une mise en œuvre plus
longue, l’ensemble des opérations réalisables au coiled-tubing.
Elle permet en outre
 des circulations à débit plus élevé (ce qui peut compenser les manœuvres plus
longues),
 des nettoyages de dépôts durs nécessitant du poids sur l’outil et de la rotation,
 de mettre en place un tubing concentrique ‘permanent’ pour l’injection d’inhibiteur,
pour gas-lift,
 la pose de bouchons de ciment,
 des reforages ‘légers’ (bouchon de ciment, ...),
certaines instrumentations (repêchage de poisson wire-line ou coiled-tubing, ...),
3.2.2 Description du matériel
Une unité de snubbing se compose essentiellement
 d’un dispositif de manœuvre des tubes,
 d’un dispositif de sécurité en tête de puits,
 d’une centrale hydraulique.
A cela il faut ajouter les accessoires de fond que l’on veut incorporer au tubing manipulé.

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Unité de snubbing

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II - Interventions lourdes sur les puits tués''Work over »


Pour certaines interventions sur puits, en particulier quand il est nécessaire de remonter le
tubing et son équipement, il peut être préférable ou nécessaire de ‘tuer’ le puits
préalablement c’est-à-dire de remettre en place dans le puits un fluide de contrôle exerçant
une pression hydrostatique supérieure à la pression de gisement. On peut alors travailler
puits ‘ouvert’ et sans pression en tête.

1. Moyens d’interventions sur puits "tues"

Ils sont fonction principalement:


 de la profondeur du puits,
 de l’équipement en place dans le puits,
 de ce qu’il y a à faire.
On peut utiliser des unités légères dites unités de service ou plus couramment ‘servicing unit’
ou ‘pulling unit’. Ce sont des appareils mobiles, légers, de mise en place rapide sur la tête de
puits et principalement destinés à manipuler (monter ou descendre) des tiges de pompage
ou des tubings, et ce à des profondeurs n’excédant généralement pas 2000 ou 2500 m. A la
limite ce peut être des simples grues.
On utilise aussi des unités plus importantes, ‘comparables’ à des appareils de forage et
appelées classiquement appareil de "workover"; ils peuvent être de type léger, moyen ou
lourd.
Quelle qu’elle soit, l’unité doit être dotée d’un équipement approprié et spécialisé permettant
de réaliser les interventions dans les meilleures conditions de sécurité et d’efficacité, et en
particulier:
 du matériel de sécurité : B.O.P, B.P.V , gray valve,
 de pompes haute pression, de bacs de stockage,
 du matériel de levage, vissage et instrumentation adapté aux tubings et aux tiges
de forage de petit diamètre utilisé en reprise de puits,
 du matériel de travail au câble (y compris le matériel d’instrumentation
correspondant), voire du matériel de diagraphie électrique.
2. Déroulement général d’une intervention
2.1 Préparation du puits (avant l’arrivée de l’unité d’intervention)
Cela concerne principalement:
 le contrôle au travail au câble de l’état du puits (contrôle du tubing, top sédiment),
 le contrôle de l’intégrité du puits (tests en pression, ...),

 l’ouverture d’un dispositif de circulation en fond de puits.

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2.2 Mise en sécurité du puits (avant installation de l’unité d’intervention)

Cette opération consiste à mettre en place des bouchons (ou ‘plugs’) dans le tubing pour
installer l’unité d’intervention sur la tête de puits en toute sécurité.

On dispose de trois moyens de base:

 l’utilisation de bouchons mis en place par travail au câble et ancrés dans des
sièges prévus dans le tubing (généralement en fond de puits et proche du packer),

 la fermeture de la vanne de sécurité de subsurface, si elle existe,

 la pose d’un clapet anti-retour dans l’olive de suspension du tubing (B.P.V : back
pressure valve).

2.2 Mise en place de l’unité d’intervention

Une fois le puits en sécurité, la mise en place de l’appareil et de tout son équipement
(bassin, pompes, atelier, ...) peut s’effectuer tout en respectant les consignes et les distances
fixées par la sécurité. Toutefois le remplacement de la tête de production par le bloc
d’obturateur (B.O.P.) n’est pas encore entrepris.

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2.3. Différentes phases et organisation d’un workover

2.3.1. Information
Décision d’intervention

- Historique du puits
- Evènement motivant l’intervention
- Tubage
- Investigation complémentaire - Cimentation
- Diagraphie
- Reconnaissance chantier
- Complétion

- Interventions diverses sur le puits en vue


- Diagnostics
d’affiner l’information
- Hypothèses * Wire line
* Echantillonnage
* Analyses
* Contrôle etc..
.

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2.3.2. Programme
Rédaction du programme sous forme de texte Moyens Nécessite d’enquête sur…

- But du workover - Appareil type


- Intérêt de l’intervention - Appareil type
- Caractéristiques techniques
* Equipement de fond. Fiche technique - Les fournisseurs et contracteur
* Equipement de surface Possibilité; disponibilité; délais
_Matériel nécessaire -
- Caractéristiques de production
* Les essais de puits _équipement et manutention
* Evolution de la production (jaugeage) - Les services techniques
* Situation actuelle ( PG, Q, PT,diam Duse) Possibilité; opinion; suggestions
- Actions à entreprendre
* Préparation du chantier - Produits divers, boue, eau
(phase préliminaire) - La logistique
Aménagement de la plateforme Transport; approvisionnement; hébergement
Neutralisation du puits
* Déroulement des opérations -Capacité de stockage bacs
- L’appareil
Déséquipement
Réparation État; capacité; personnel confirme
Recompilation

Points critiques éventuels sur la procédure Moyens Nécessite d’enquête sur…


- Situation d’échecs et solutions de remplacement Choix judicieux du matériel - Essentiellement les fournisseurs et
- Impasses à éviter. Situation d’abandon en cas de force d’instrumentation contracteurs
majeure - Les services techniques

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2.3.3. Opération d’un workover

Préparation du chantier Intervention préalable


- Travaux de génie civil état de la éventuellement
plateforme et réfection si
nécessaire - Snubbing
* Bourbier - Wire line: Contrôle;
* Ligne de torche Pose Plug ; Ouverture SSD
* Ligne d’eau - SPE: perforation en vue
- Tête de puits de neutralisation et
* Test coupe tubing si
Anchor seal coince
* Contrôle
- Divers
* Clôtures à enlever
Réception technique
* Trancons de pipe à dégager s’ils
gênent l’installation de l’appareil Avec ingénieur de sécurité pour
* assurer l’accès a la plateforme les essais, test, contrôles divers.
dessablage; réfection de la piste si
elle est endommagée

Neutralisation du puits en vue


Implantation de l'appareil
de la sécurité avant
l’aménagement de l’appareil

Phases Séquences Préparation et synchronisation


Décomplétions réparation Des - Réception, contrôle et préparation du
récomplétion ou abandon différentes matériel avant sa mise en œuvre
éventuel si instrumentation phases en - Rédaction et diffusion des procédures
laborieuse ne donne aucun opérations avec consignes au personnel exécutif
résultat, avec reconversion ponctuelles
possible du puits en - Réunion d’information
producteur d’eau - Estimation des temps d’opération et
délais à respecter pour les différentes
tentatives d'instrumentations
- Rapports journaliers

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2.3.4. Fin de l’opération

Rapport de work over

TECHNIQUE FINANCIER
Situation initial du puits Consommation :
Situation Final du puits - Outils
Fiche technique - Produits à boues
Tête de puits - Tarifs de toute opération de sous
traitante
Fiches de circulation des fluides
Chronologies des opérations Noter les - Boue
différents incidents survenus en cours de - Opérations électriques et wire line etc…
work over
Situation initial du puits
- Pertes partielles de boue
- Pertes totales dé boue
Avec évaluation des volumes
- état de la colonne de production

SUIVI DU PUITS APRES WORK OVER


Incidence de la production gain ou perte
Echantillonnage
Test sur séparateur pour évaluer son potentiel
Contrôle par rapport à l’état de référence

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3. Neutralisation d’un puits

3.1. Introduction

La condition première avant toute installation d’un appareil de work over sur un puits est que
ce dernier soit neutralisé contrairement au snubbing ou coiled tubing spécialement conçues
pour intervenir sur des puits sous pression. La neutralisation d’un puits consiste à mettre en
place par pompage circulation directe ou inverse un fluide (boue) de densité tel que la
pression hydrostatique exercé par le fluide sera légèrement en surpression par rapport à la
pression de gisement.

3.2 Préparatif à réaliser avant la neutralisation

Ces préliminaires dépendent essentiellement du type de complétion et des équipements qui


la compose.

- Présence ou absence de vanne de circulation

- Nécessité de perforation (tubing puncher).

- Complétion simple

- Complétion double

3.3. Conditions matérielles de neutralisation

L’idéal est que la neutralisation se fasse 24 à 48 heures maximum avant l’arrivée de


l’appareil de work over afin d’éviter les inconvénients liés à la présence de la boue dans le
puits tel que:

- Filtrat profond suivi en mud cake interne

- Décantation de la boue

- Répétition de la neutralisation

- Endommagement de la couche

3.4 Caractéristique du fluide de neutralisation

3.4.1 Densité

Afin de définir une Δ P optimale, il est fortement recommander de réaliser une mesure de
pression de fond pour connaître la valeur exact de la pression de gisement de puits.

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3.4.2 Choix du fluide

Il dépend des exigences du work over envisager de façon à ne pas être préjudiciable à la
couche.

3.4.3 Volume à mettre en place

Le volume requis généralement représente 1.5 fois le volume du puits.

3.5 Préparation du chantier

3.5.1 Tête de puits

- Vérifier l’état des vannes et leur fonctionnement

- Tester les dispositifs d’étanchéité séparant les différents annulaires procéder au


réparations éventuelles en cas de fuite.

- Neutraliser ou éliminer les dispositifs de sécurité composant la tête de puits.

- Vérifier les manomètres et les remplacer éventuellement par des éléments étalonnés
compatible avec les pressions attendus

- Tester l’ensemble de la tête de puits à la pression de service.

3.5.2 Choix du sens de circulation

Le choix du sens de circulation est un critère important, on appel circulation directe lorsque le
pompage se fait dans le sens tubing annulaire, la circulation inverse est dans le sens
contraire annulaire tubing.

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On prendra comme critère le rapport de volume entre tubing - EA, on choisira le sens qui
nous donnera le plus grand volume au retour de façon a ce que l’interférence sur la couche
soit la moindre possible et surtout qui évite le squeeze du fluide pompé dans la formation

3.6 Conseils pratiques

 On veillera à ce que le débit de la pompe reste constant pendant toute la durée de


l’opération.

 Vérifier périodiquement la densité du fluide passant dans le puits

 L’idéal est d’avoir un moyen de mixage sur chantier pour homogénéiser la boue au
niveau des bacs de stockage.

3.7 Fin de l’opération

 Le pompage serra continuer au-delà du volume de puits avec le reste de boue


disponible sur chantier.
 Une fois l’opération est terminée , on s’assure qu’il y a stabilisation entre tubing et
espace annulaire.
 On met en place alors la BPV au niveau de l’olive de suspension dans le filetage
prévu à cet effet.
 L’appareil de reprise peut alors s’installer.

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3.8 Méthodes de neutralisation d’un puits


Le choix de procédure de neutralisation est déterminé en fonction :
- Type de fluide de la formation
- Pression des pores
- La perméabilité de la formation
- L’état de caising et de tubing
- La pression de service des équipements en surface
- Type de fluide de complétion
- La possibilité de circuler en directe ou inverse
Pour neutraliser un puits on utilise :
 circulation (directe ou inverse)
 pas de circulation (bull-heading).
Les mesures de sécurité :
 vérifier la fermeture de la vanne maîtresse supérieur
 vérifier la fermeture de la vanne de curage
 connecter les équipements en surface
 vérifier la ligne de torche

 tester l’installation

La détermination des pertes de charge à partir de tableau de perte de charge de saumure

Perte de charge pour une saumure de densité 1,2 PSI/100m


Débit des pompes Diamètre et PN de tubing
Bpm l/min 23/8 27/8 27/8 27/8 31/2 31/2
4,7 6,5 7,9 8,7 9,3 11,2
½ 80 1,93 0,7 0,9 1,04 0,27 0,3
1 159 7 2,66 3,33 3,66 0,93 1,16
2 318 26 9,33 12 14 3,67 4,34
3 477 58 20,3 26,4 30,3 7,67 9
4 636 104 36 46 52,66 13 15,33

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3.8.1 Neutralisation par circulation directe (long way)


 Procédure :
 Egaliser les pressions de part et d’autre de la vanne de circulation (SSD)
 Etablir la communication entre intérieur tubing et l’espace annulaire par
ouverture SSD ou la perforation de tubing.
 Relever les pressions en tête de tubing et d’annulaire après stabilisation.
 Déterminer les pertes de charge de la saumure dans le système tubing,
annulaire d’après le tableau.
 Calculer les paliers de l’évolution de pression de surface aux différentes
phases.
 Démarrer la pompe progressivement de 0 à Qr et maintenir pendant ce temps
la pression en tête de l’annulaire constante et égale à la valeur lue après
perforation et stabilisation (dans la majorité des cas cette pression sera égale à
0 et la duse doit être laissée complètement fermée jusqu’à ce que la valeur de
pression de tête de tubing atteind la valeur calculée).
 Suivre les paliers de l’évolution des pressions en surface selon le graphe.
 Continuer le pompage à pression de circulation constante jusqu’à le retour de
fluide de contrôle au surface.
 Arrêter le pompage, fermer le puits et observer les pressions. (On doit lire P tbg
= Pann = 0)
 Méthode de traitement pour neutraliser un puits (long way)
1ère étape : Démarrage de contrôle :
 La densité de fluide de contrôle :
p pore  M s
d f .cont  .10,2( Kg / l )
Z

 La perte de charge initiale (tubing plein d’huile)


2
P  Qr 

 Z .d h 
Pc1  . . .( Bar )
14,5  Q p 
  100.d s 

Avec :
- P : Perte de charge de saumure de densité 1,2 psi/100m
- Qr : Le débit de contrôle en l/mn
- Qp : Le débit des pompes en l/mn (d’après l’abaque)
- ds : densité de saumure
- Z : cote packer

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 Perte de charge finale (tubing plein avec le fluide de contrôle)


2
P  Qr   Z .d fcont 
Pcr  . . .( Bar )
14,5  Q p   100 .d s 

 Le volume de l’interieur tubing :


Vint tbg = C int tbg . L (l)
 Le volume de l’espace annulaire :
Vann = C ann . L (l)
 Nombre de coups pour remplir l’intérieur tubing :
Vint tbg
N1  (coups)
Qu

Qu : débit unitaire de la pompe en l /coups.


 Nombre de coups pour remplir l’intérieur espace annulaire
Vann
N1  (coups)
Qu

 Nombre de coups totaux


N = N1 + N2 (coups)
 La pression en tête de tubing
Z .d f comp
Ptbg1   Gh .Z
10,2
Avec :
Z : longueur coté packer
Df comp : densité de fluide de complétion
Gh : le gradient d’huile
 La pression en tête d’annulaire :
Pann1 = 0
2ème étape : Tubing plein avec le fluide de contrôle :
 Hauteur d’huile dans l’espace annulaire :
Vint tbg
h1  ( m)
Cint ea

 La pression hydrostatique annulaire :

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d f comp
Ph ann  Gh .h1  ( Z  h1 ) ( Bar )
10,2

 La pression hydrostatique tubing plein de fluide de contrôle :


d f cont .Z
Ph int  ( Bar )
10,2

 La pression statique en tête (6) d’annulaire :


Pann 2  Ph int  Ph ann ( Bar)

 La pression statique en tête de tubing


Ptbg2 = 0
 La pression de circulation finale
Prr = Pcr
3ème étape : Arrivé de fluide de formation en surface
 La pression hydrostatique intérieure tubing :
d f cont .Z
Ph int  ( Bar )
10,2

 La pression hydrostatique annulaire :


( Z  h1 ).d f cont
Ph ann  Gh .h1  ( Bar )
10,2

 La pression statique en tête d’annulaire :


Pann3 = Ph int – Ph ann (Bar)
 La pression statique en tête de tubing:
Ptbg3 = 0
 La pression finale de circulation :
Prr = Pcr
4ème étape : Arrivée de fluide de contrôle en surface
 Nt = N1 + N2
 Prr = Pcr
 Pann4 = 0
 Ptbg4 = 0

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3.8.2 Neutralisation par circulation inverse (short way)


 Procédure :
 Egaliser les pressions de part et d’autre de la SSD
 Etablir la communication entre l’intérieur tubing et l’espace annulaire par
ouverture de la SSD ou par la perforation de tubing.
 Relever les pressions en tête de tubing et d’annulaire.
 Déterminer les pertes de charge
 Calculer les paliers de chute de pression ensuite on va démarrer la pompe
progressivement jusqu’à atteindre le débit de contrôle qui est compris entre 200
et 400 l/mn en ajustant sur la duse pour maintenir une pression en tête de
tubing puis on suivre les paliers
 Suivre les paliers de chute de pression
 Continuer le contrôle à débit constant en gardant la duse complètement
ouverte jusqu’à le retour de fluide de contrôle en surface
 Arrêter le contrôle
 Fermer le puits et observer les pressions en tête de tubing et d’annulaire.
En principe on doit lire Ptbg = Pann = 0
 Méthode de traitement pour neutraliser un puits (Shortway).

 Perte de charge initiale (tubing plein avec d’huile) :

2
P  Qr   Z .d h 
Pc1  . . .( Bars)
14,5  Q p   100.d s 

 Perte de charge (tubing plein avec le fluide de complétion) :

2
P  Qr   Z .d fcomp 
Pcr  . . .( Bars)
14,5  Q p   100.d s 

 Perte de charge (tubing plein avec le fluide de contrôle) :

2
P  Qr   Z .d fcont 
Pcr  . . .( Bars)
14,5  Q p   100.d s 

 Nombre de coups pour remplir l’intérieur tubing :

Vint tbg
N1  (coups)
Qu

26
workover

 Nombre de coups pour remplir l’espace annulaire :

Vint ea
N2  (coups)
Qu

 Nombre total des coups

Nt = N1 + N2 (coups)

 Pression initiale de circulation :

Pr1 = Pc1 + Pann1 => Pr1 = Pc1

 Pression de circulation finale :

PR r  Pcr

1ère étape : Démarrage de contrôle :

 La pression stabilisée (statique) en tête de tubing après égalisation de


pression :

d f cmp .Z dh  Z
Ptbg1   (Bars)
10,2 10,2

 La pression stabilisée en tête de l’annulaire

Pann1 = 0

 La pression initiale de circulation :

Pr1 = Pc1 + Pann1 = Pc1

 Le nombre de coups à partir de quelle la pression en tête de tubing s’annule

Vint tbg
N1  (Bars)
Qu

2ème étape : Evacuation complète de la colonne d’huile (N = N1)

 Hauteur de fluide de contrôle dans l’espace annulaire :

Vint tbg
h f .cont  (m)
Cint ea

27
workover

 La pression hydrostatique annulaire :

( Z  h f .cont )d f .comp
Ph ann  G f .cont .h f cont  ( Bars)
10,2

 La pression hydrostatique (tubing plein avec le fluide de complétion) :

d f .comp  Z
Ph int  ( Bars)
10,2

 La pression statique en tête de tubing :

Ptbg2 = 0

 La pression statique en tête de l’annulaire :

Pann2 = Ph int – Ph ann

 La pression de circulation initiale :

Pr2 = Pc2 + Pann2 (Bars)

3ème étape : Annulaire plein avec le fluide de contrôle (N = N2)

 La pression hydrostatique (tubing plein avec le fluide de complétion) :

Z  d f .comp
Ph int  ( Bars)
10,2

La pression statique en tête d’annulaire :

Pann3 = Ph int – Ph ann (Bars)

La pression statique en tête de tubing :

Ptbg 3 = 0

La pression de circulation :

Pr3 = Pc2 + Pann3 (Bars)

4ème étape : Arrivée de fluide de contrôle en surface

N = Nt = N1 + N2

Ptbg4 = 0
à l’arrêt de circulation
Pann4 = 0

28
workover

3.8.3 Neutralisation par bull-heading


3.8.3.1.Cas d’un tubing intégrale
L’opération de bull-heading est une des méthodes le plus recommandé pour neutraliser un
puits producteur de gaz. Elle consiste à pomper un fluide de contrôle dans le tubing de
production afin d’esquisser le fluide de formation à travers les perforations.
 Procedure :
Le procédure de neutralisation par bull-heading consiste à :
- Calculer le volume intérieur de tubing
- Calculer la pression maximale admissible en surface au début et à la fin de
l’opération.
- Etablir le graphe de pression en fonction de volume de fluide de contrôle pompé :
 limiter la pression d’éclatement
 la pression maximale admissible pour ne pas fracturer la formation
 la pression statique en tête de tubing.
- Choisir un débit réduit de façon que la vitesse de pompage soit supérieure à la
vitesse de migration de gaz dans le tubing.
 Méthode de traitement :
 Le volume intérieur tubing :
Vint tbg = L . Cint tbg (l)
l : longueur coté perforation
 La densité de fluide de contrôle :
Ppores 10,2
d f .cont  (kg / l )
Z
 La pression admissible en surface :
- La pression admissible maximale en tête de tubing au début d’opération
d frac  Z
Padm1   G gaz  Z ( Bars)
10,2
dfrac : la densition de fracturation.
Z : longueur coté perforation
- La pression admissible à la fin de circulation (opération) :
(d frac  d r )  Z
Padm 2 
10,2
dr : la densité intérieur tubing (fluide de contrôle)
Padm2  Padm1

29
workover

- La pression statique initiale stabilisée en tête de tubing


Ptbg1 est une donnée.
- La pression stabilisée en tête de tubing à la fin de l’opération
Ptg2 = 0
Remarque :
La représentation graphique de l’évolution de pression en tête de tubing est utilisé
comme guide durant l’opération de neutralisation.

Pression Pression
(Bars) Pfrac (Bars)

Padm1
Ptbg1

Padm2
Ptbg2 = 0
Volume de fluide de contrôle pompé dans le tbg

3.8.3.2 Cas d’une communication entre intérieur tubing et espace annulaire :


Cette communication entre l’intérieur et l’espace annulaire peut entraîner le passage de
fluide de formation dans l’espace annulaire.
Cette communication peut être causée par:
- une défaillance de tubage
- mauvaise étanchéité de pocker ou des élementsdu fond
- mauvaise cimentation avec défaillance du tubage
Dans ces conditions le meilleur moyen pour neutraliser le puits est d’utiliser la méthode de
bull-heading tubing / espace annulaire afin d’assurer une contrôle effectif de la pression de
fond.
Cette méthode consiste à pomper un fluide de contrôle dans le tubing et travers l’espace
annulaire pour esquisser le fluide de contrôle dans le réservoir.
Le débit de contrôle doit être choisi de façon les interfaces de fluide de contrôle et le fluide
de formation soit régulier et au même niveau pendant tout l’opération de neutralisation

30
workover

 Methode de traitement par neutralisation par bullheading


 Le volume intérieur tubing :
Vint tbg = Cint tbg  Z (l)
 Volume espace annulaire :
Vea = Cint ea . Z (l)
 La pression maximale admissible au démarrage le pompe :
d frac .Z
Padm1   ( Ppore  Ptbg1 )
10,2

 La pression maximale admissible après remplissage l’intérieur tubing avec fluide


de contrôle
(d frac  dr) Z
Padm 2 
10,2

 La pression statique en tête de tubing après remplissage de l’intérieur de tubing


avec le fluide de contrôle
Ptbg2 = 0
 La pression statique en tête d’annulaire après remplissage de puits avec le fluide
de contrôle

Pann2 = 0

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