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Arnaud CAUCHOIS

Gaétan BOURCIER
Malo GOHIER
Institut universitaire de Technologie de Havre
Département Génie Civil
Année universitaire 2004-2005
1ère année de DUT

PROJET TUTEURE DE 1ERE ANNEE

Les étapes et les techniques de construction


du viaduc du Bec

Enseignant tuteur : Mr Jacob


LES ETAPES ET LES TECHNIQUES DE CONSTRUCTION DU VIADUC DU BEC

REMERCIEMENTS

Tout d’abord, nous tenons à remercier vivement Mr Biagio RICETTI, chef de


chantier du viaduc du Bec qui a totalement collaboré en nous autorisant plusieurs visites
de chantier, en nous transmettant différents plans du viaduc et en répondant à toutes nos
questions.
Nos remerciements s’adressent également à tous ceux qui nous ont apporté leur
compétence, leur aide dans l’élaboration de ce projet notamment à notre professeur
encadrant Mr Daniel Jacob.

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LES ETAPES ET LES TECHNIQUES DE CONSTRUCTION DU VIADUC DU BEC

SOMMAIRE :

I. PRESENTATION GENERALE DU PROJET :..................................................................... 3


1. SUJET : .............................................................................................................................. 3
2. LE VIADUC DU BEC: CARACTERISTIQUES :............................................................ 3
a. Fonctions : ...................................................................................................................... 3
b. Intervenants : .................................................................................................................. 3
c. Dimensions : ................................................................................................................... 3
d. Environnement : ............................................................................................................. 4
II. LES FONDATIONS : ........................................................................................................... 4
1. RECONNAISSANCE DES SOLS : .................................................................................. 4
2. PRESENTATION DES FONDATIONS : ......................................................................... 4
3. DEROULEMENT DE L’EXECUTION DES FONDATIONS : ....................................... 5
a. Creuser les fouilles: ........................................................................................................ 5
b. Ceinturer les fouilles: ..................................................................................................... 5
c. Couler le béton dans le puit : .......................................................................................... 5
d. Caler les armatures: ........................................................................................................ 5
e. Coulage du béton pour les semelles et du béton de propreté: ........................................ 5
III. LES PILES : ......................................................................................................................... 7
1. PRESENTATION : ............................................................................................................ 7
2. STRUCTURE GENERALE : ............................................................................................ 7
a. Matériaux utilisés: .......................................................................................................... 7
b. Dimensions : ................................................................................................................... 8
3. STRUCTURE INTERNE: ................................................................................................. 8
a. Ferraillage : ..................................................................................................................... 9
b. Bétonnage : ................................................................................................................... 10
IV. LE TABLIER : ................................................................................................................... 11
1. STRUCTURE MIXTE : ................................................................................................... 11
2. CONCEPTION DU TABLIER : ...................................................................................... 11
a. Poutres en acier : .......................................................................................................... 11
b. Ferraillage : .................................................................................................................. 11
c. Bétonnage : ................................................................................................................... 12
V. CONCLUSION : ................................................................................................................. 13
VI. SOURCES :........................................................................................................................ 13

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LES ETAPES ET LES TECHNIQUES DE CONSTRUCTION DU VIADUC DU BEC

I. PRESENTATION GENERALE DU PROJET :

1.SUJET :

Dans le cadre de notre première année pour l’obtention du DUT (diplôme universitaire
technologique), nous devons rendre et présenter devant un jury un projet tuteuré. Ce dernier
est l’élaboration d’un travail de groupe sur un sujet ayant un lien direct avec le génie civil
(bâtiment ou travaux publics). Pour notre projet tuteuré nous avons choisi de travailler sur un
ouvrage en cours de construction. Nous avons lancé nos recherches vers les travaux publics et
en l’occurrence les ouvrages d’art. Nous en sommes venus à travailler sur le projet du viaduc
du bec dont nous ferons l’exposé ensuite. Notre sujet est donc le suivant : « Les étapes et les
techniques de construction du viaduc du Bec. ». (photo 1).

2.LE VIADUC DU BEC: CARACTERISTIQUES :

a.Fonctions :

Le viaduc du bec se situe à une dizaine de kilomètre de la ville de Brionne dans l’Eure
au sud-ouest de Rouen et à une cinquantaine de minutes du Havre en voiture. Ce viaduc
s’inscrit dans le tracé de la future autoroute A28 entre Rouen et Alençon. Il permettra à
l’autoroute d’enjamber la vallée du bec. (document 1). Accueillant dans un premier temps sur
son tablier de 15 mètre de large une chaussée 2 fois 1 voie. Il sera doublé lorsque le trafic le
justifiera.

b.Intervenants :

Concessionnaire : Société Autoroute de Liaison Seine Sarthe


Constructeur : GIE constructeurs
Maître d’œuvre : Alisée
Maître d’ouvrage : Quille (Bouygues).

c.Dimensions :

Le viaduc du bec mesure 640 mètres de long, 15 mètres de large et entre 40 et 45


mètres de hauteur. La structure du viaduc est un ouvrage bipoutre mixte (50% béton/ 50%
acier). Les piles sont en béton tandis que le tablier est composé d’une ossature métallique.
Après creusement et bétonnage des points d’ancrages (culées) du tablier, sur les versants de la
vallée, la construction des 8 piles a commencé. Les piles situées sur les versants à proximité
des culées sont réalisées en priorité afin qu’elles puissent accueillir sur leurs chevêtres les
premiers éléments de la structure du tablier. Lorsque les piles sont achevées un nouveau
tronçon de charpente est raccordées au premier et le nouvel ensemble guidé par un « avant
bec » est poussé jusqu’aux piles suivantes.

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LES ETAPES ET LES TECHNIQUES DE CONSTRUCTION DU VIADUC DU BEC

d.Environnement :

L’environnement compte pour une grande part dans l’élaboration du projet, des plans
et des caractéristiques techniques. Le viaduc sera peint en vert pour mieux s’intégrer dans le
paysage. Si le viaduc est simple sans hauban ou suspentes c’est pour qu’il soit visible de
moins loin. Pour la jonction entre l’autoroute et le viaduc le chantier à dû creuser les flancs de
colline. Des arbres seront replanter dans la zone autour du viaduc.

II. LES FONDATIONS :


En génie civil, on rencontre des fondations quelque soit l’ouvrage à réaliser. Les
fondations sont les éléments de liaison entre le sol et l’ouvrage qui permettent l’assise, la
transmission des charges au sol et de limiter les tassements. Son dimensionnement dépend de
la l’ampleur de l’ouvrage et du type de sol rencontré.

1.RECONNAISSANCE DES SOLS :

Les sondages ont été effectués aux niveaux des piles et des culées à l’aide d’un forage
à la tarière puis avec l’essai pressiométrique. Ce dernier permet de mesurer la déformation
latérale de la paroi d’un forage par introduction d’une cellule de mesure. Le relevé des
mesures nous informe sur :
¾ les niveaux des différentes couches
¾ leurs épaisseurs
¾ la profondeur du sondage
Ceux ci s’effectue afin d’obtenir un terrain qui soit le meilleur possible pouvant
assurer un bon ancrage des fondations.
Ici le bon terrain aux niveaux des piles est alluvionnaire (c’est une roche dite meuble
formée par l'accumulation de dépôts d'alluvions, ces dépôts peuvent être fluviatiles). On
trouve par-dessus ce terrain des argiles de différents types. Les argiles, à cause de leurs
caractéristiques trop meuble et trop plastique ne sont pas utilisées pour supporter les
fondations. Suite à l’étude des sols, un béton a dû être coulé jusqu’au bon terrain qui contient
des alluvions pour permettre ensuite de couler les semelles par-dessus.

2.PRESENTATION DES FONDATIONS :

Les fondations utilisées sont dites superficielles puisque le rapport de la hauteur sur la
base des fondations est faible (le critère est le suivant : h/b<6), c'est-à-dire que les bases des
fondations ont une profondeur pas très élevée par rapport à la surface du terrain.
On rencontrera alors des roches qui doivent être peu fissurées, saines, non désagrégées.

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LES ETAPES ET LES TECHNIQUES DE CONSTRUCTION DU VIADUC DU BEC

fondation

3.DEROULEMENT DE L’EXECUTION DES FONDATIONS :

a.Creuser les fouilles:

La première phase des travaux porte sur le creusement des fouilles qui s’effectuent
avec des pelles mécaniques et des bennes preneuses. Un puit de fondation sera par la suite
créer sous chaque piles de l’ouvrage. Un puit ressemble à un gros pilier non armé qui prend
appui sur le sol le plus résistant et il peut recevoir de fortes charges.
Par ailleurs, des précautions sont à prendre en compte contre le gel et les arrivées d'eau,
susceptibles de provoquer des glissements de terrain.

b.Ceinturer les fouilles:

Des palplanches ont été placées le long des parois verticales des fouilles pour éviter les
éboulements et pouvoir pomper l’eau pour se mettre au sec, par la suite elles resteront en
place.

c.Couler le béton dans le puit :

Cette tâche très délicate est effectuée par une équipe de plongeurs spécialement
formée à cet effet et ils utilisent un scaphandre. Ils descendent en fond de fouille pour
commencer à couler le béton. La manœuvre est très difficile car le tube par lequel le béton
sort doit toujours rester en contact avec le béton coulé et ne jamais être en contact avec l’eau.

d.Caler les armatures:

La phase suivante consiste à positionner les armatures des semelles par-dessus le béton
coulé pour le puit.

e.Coulage du béton pour les semelles et du béton de propreté:

Les semelles sont coulées en béton B30, au bout de 28 jours le béton a une résistance
de 30 MPa. Un contrôle de l'agressivité du milieu (terrain, eau, etc.…) permettra d'affiner le
choix du ciment et le dosage. L'épaisseur de la couche de propreté ne doit pas être inférieure à
0,04 m et fait ici pour le viaduc 100mm d’épaisseur. On a coulé un béton de propreté
uniquement sous les piles 1 et 8.

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Numéro de piles Dimensionnement des semelles Béton de propreté

1 10x12x2.50 100

2 10x12x2.50
3 9x10x2.50
4 10x11x2.50

5 10x12x2.50

6 9x10x2.50

7 10.5x12.5x2.50

8 10.5x12.5x2.50 100

L’ouvrage se compose de 8 piles avec ses fondations superficielles et de 2 culées sous


lesquelles on a des fondations profondes avec des pieux.
Tableau récapitulant les armatures pour une seule semelle :

Repère Diamètre Longueur Nombre


01 HA32 12.00 42
02 HA32 2.80 42
03 HA25 12.00 20
04 HA25 2.35 20
05 HA14 6.83 336
06 HA32 11.50 50
10 HA14 10.40 18
11 HA25 3.55 84
12 HA14 1.39 36
13 HA14 12.00 18
14 HA14 3.53 100
15 HA16 10.97 50
17 HA16 12.00 42
18 HA16 1.68 42

Bâtard d’eau: En présence d’un cours d’eau au milieu de la rive, des palplanches ont
du être disposées en carrée pour assurer l’étanchéité de la semelle (Photo 2).

Palplanche : c’est un profilé nervuré de section particulière obtenu par laminage à chaud ou
par profilage à froid. La propriété essentielle des palplanches est de pouvoir être assemblées
entre elles par coulissage longitudinal (enclenchement) pour, après enfoncement dans le sol,
constituer des éléments de murs de soutènement, des écrans imperméables.

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LES ETAPES ET LES TECHNIQUES DE CONSTRUCTION DU VIADUC DU BEC

III. LES PILES :

1.PRESENTATION :

Les piles composent la structure portante du viaduc (Photo 3). Ce sont elles qui
descendent les charges du tablier aux fondations. Leur fonction principale est bien sûr
d’élever l’ensemble de la structure. Elles permettent ainsi aux viaducs de s’adapter à la
morphologie du terrain porteur en fonction de la hauteur de ces piles et aussi de garder le
tablier du viaduc relativement horizontal même si une légère déclinaison existe. Ce sont donc
elles qui définissent la hauteur de l’ouvrage. Les piles reçoivent de fortes charges de la part du
tablier mais aussi de leur propre poids, elles sont pourtant assez fines pour donner un certain
esthétisme à l’ensemble. Nous allons donc essayer de comprendre comment de tels ouvrages
tiennent en équilibre avec toutes les contraintes qu’elles subissent.

2.STRUCTURE GENERALE :

a.Matériaux utilisés:

Les piles sont construites en béton armé. Le béton armé est du béton composé
d’armatures, c'est-à-dire de barres de fer de différentes tailles, de différents diamètres, qui
permettent au béton de mieux résister en traction. En effet le béton résiste très bien en
compression.

Force de compression :

Malheureusement pour lui, le béton ne subit pas que des forces de compression, loin
de là. Il subit en effet aussi des forces de traction, or il résiste très mal à ce type de forces.

Force de traction :

Pour remédier à ce problème nous avons trouvé une solution : ajouter au béton un
matériau qui résiste très bien en traction. Ce métal a été trouvé, c’est le fer. Aujourd’hui il
nous suffit donc d’ajouter des barres de fer appelées armatures au béton pour que celui-ci ne

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LES ETAPES ET LES TECHNIQUES DE CONSTRUCTION DU VIADUC DU BEC

cède pas. L’avantage du fer par rapport aux autres métaux qui résistent eux aussi bien en
traction est que l’acier a le même coefficient d’allongement que le béton. C'est-à-dire que si
sous l’action de la chaleur une poutre en béton s’allonge de quelques centimètres, les
armatures en acier vont s’allonger d’autant, cela permet une bonne cohésion entre les deux
matières.

b.Dimensions :

Le viaduc de la Risle est composé de 8 piles (de P1 à P8) et de deux culées (CO et
C9). Comme nous l’avons dit précédemment la hauteur des piles s’adapte à la morphologie du
terrain. Les piles ont donc toutes une hauteur différente les unes par rapport aux autres. Dans
la hauteur des piles sont aussi pris en compte la semelle de 2,500 m de hauteur et le béton de
propreté de 0,100 m de hauteur (béton de propreté uniquement sur piles P1, P7, P8).

P1 : 19,002 m
P2 : 41,502 m
P3 : 44,402 m
P4 : 43,801 m
P5 : 45,201 m
P6 : 45,201 m
P7 : 44,001 m
P8 : 25,501 m.

On se rend bien compte avec ces données que le terrain est loin d’être plat. Les
données sont très précises car il a été demandé une faible pente sur le tablier et la précision est
le maître mot pour un ouvrage réussi. Une simple petite erreur de précision peut avoir des
conséquences non négligeables sur le chantier.
Comme il a été dit plus haut, les piles possèdent des semelles de dimensions imposantes. Elles
possèdent toutes la même hauteur mais leur longueur et leur largeur sont différentes selon la
nature du sol et donc de la géométrie des fondations.
Les piles ne sont pas seulement composées de semelles. A leur sommet, celles-ci sont
composées de chevêtres (Photo 4). Ces dernières stabilisent le tablier. En effet ces chevêtres
sont en fait un élargissement de la pile. Cela permet au tablier de se reposer sur une plus
grande surface. Le tablier est donc plus stable dans le sens de sa largeur et possède donc une
plus grande inertie sur cet axe.
Pour être aussi plus équilibrées, il est évident que les piles sont plus larges à leur base qu’à
leur sommet. Pour ce fait, le raccourcissement, s’il existe, ne se fait pas progressivement mais
de manière brutale, en une fois. Seules les piles 1 et 8 ne possèdent pas de rétrécissement.

3.STRUCTURE INTERNE:

Comme nous l’avons dit, les piles sont décomposées en deux grande parties : les piles
à proprement parlé et les chevêtres qui assure la liaison avec le tablier grâce à des appuis (voir
plus loin). Ces deux parties sont faîtes en béton armé, c’est pourquoi nous allons d’abord
présenter leur ferraillage puis leur bétonnage.

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LES ETAPES ET LES TECHNIQUES DE CONSTRUCTION DU VIADUC DU BEC

a.Ferraillage :

La partie supérieure des piles est composée de cages d’armatures de type U201 et 202.
Chaque cage est composée de différents aciers. Chaque type d’acier possède un diamètre
différent.

Les deux tableaux suivants récapitulent le nombre et la masse des aciers nécessaires dans une
cage d’armature.

U202 :

TYPE HA HA HA
DIAMETRE 12 14 16
MASSE INDIVIDUELLE 0.888 1.208 1.578
LONGUEUR TOTALE 284 993 954
MASSE TOTALE 252 1200 1406

Les longueurs sont en mètre, les diamètres en millimètres, la masse individuelle en mètres et
la masse totale en kilogrammes.

U201 :

TYPES HA HA HA HA HA
DIAMETRES 8 10 12 14 16
MASSE INDIVIDUELLE 0.395 0.617 0.888 1.208 1.578
LONGUEUR TOTALE 46 34 424 1004 968
MASSE TOTALE 18 21 376 1213 1528

Les unité sont les mêmes que pour le tableau de type U202.

Le tableau suivant récapitule le nombre et la masse d’aciers nécessaires au total pour les cages
U201 et U202 des huit piles.

TYPES HA HA HA HA HA
DIAMETRES 8 10 12 14 16
MASSE INDIVIDUELLE 0.395 0.617 0.888 1.208 1.578
LONGUEUR TOTALE 364 269 7652 22924 22057
MASSE TOTALE 144 166 6794 27702 34813

Les unités sont les mêmes que dans les tableaux précédents.

Ces tableaux, surtout le dernier qui récapitule la totalité des aciers nécessaires sur le
chantier pour les cages de type U201 et U202 nous montrent bien que les aciers sont
omniprésents. La masse totale dont ces cages ont besoins est de 69919 kg, une masse énorme.

Pour ériger l’ensemble des piles, deux jeux de coffrages ont donc été utilisés. Un jeu
pour la partie basse des piles et un jeu pour la partie haute.

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LES ETAPES ET LES TECHNIQUES DE CONSTRUCTION DU VIADUC DU BEC

Pour l’élaboration des chevêtres, destinées à assurer la liaison tablier piles, trois cages
d’armatures ont été utilisées pour un jeu de coffrage. Voici le récapitulatif total des
armatures :

TYPES HA HA HA HA HA HA
DIAMETRES [mm] 14 16 20 25 32 40
MASSE INDIVIDUELLE [kg/ml] 1,208 1,578 2,466 3,854 6,313 9,864
LONGUEUR TOTALE [m] 4787,74 192,99 97,28 115,57 64,48 378,58
MASSE TOTALE 2159,59 304,54 239,89 445,40 407,06 3734,31

La masse totale d’armatures en acier dont un chevêtre à besoin pour être achevée est
de 10914,79 kg soit une masse de 87318,32 kg pour l’ensemble des huit piles. Ce chiffre est
impressionnant et il faut s’en douter, compte pour une grande part dans l’étude de prix du
chantier.

b.Bétonnage :

Le béton utilisé pour ériger les piles est un B25. Cela veut dire qu’au bout de 28 jours,
ce béton résiste à une contrainte de 25MPa. C’est un béton d’une résistance commune. Le
béton des piles est coulé par parties successives. Chaque levée mesure cinq mètres de hauteur.
Il a donc fallu implanter des grues à tours mobiles pour la manutention.

Pour bétonner les piles on a utilisé deux jeux de coffrages : un jeu pour le partie basse
et un jeu pour la partie haute des piles. Ce sont des sortes de moules qui prennent la forme de
la section à couler. Ces coffrages sont préfabriqués en pièces détachées en dehors du chantier
et sont montées à leur emplacement sur le chantier à l’aide d’une grue. Chaque coffrage peut
être réutilisé. Il faut savoir que les piles du viaduc du bec sont creuses. Les coffrages sont
donc fermés de tous les côtés sauf sur le dessus pour permettre aux compagnons de couler le
béton.

Le fait que les piles soient creusent ne changent en rien leur résistance aux contraintes.
Tous les calculs et le choix du béton ont été faits pour avoir les mêmes capacités de résistance
que des piles pleines. L’avantage de cette technique de piles creuses est, on s’en doute, la
possibilité de réduire les coûts. Le béton est en effet le principal matériau utilisé sur le
chantier avec l’acier. Pouvoir réduire sa quantité permet aussi d’aller plus vite. Les piles sont
décoffrées plus rapidement et on peut passer plus vite au coulage du coffrage de la partie
supérieure.

Les chevêtres aussi doivent être coulées. Un coffrage leur est uniquement destiné.
Grâce à leurs dimensions réduites, les chevêtres, contrairement aux piles, sont coulés en une
seule fois. Les chevêtres sont les points ultimes de l’édification des piles. Lorsque celles-ci
sont coulées et que l’on peut les décoffrer, la construction du tablier peut commencer.

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LES ETAPES ET LES TECHNIQUES DE CONSTRUCTION DU VIADUC DU BEC

IV. LE TABLIER :

1.STRUCTURE MIXTE :

La structure du viaduc du bec est mixte (béton/acier). Les piles sont en béton
tandis que le tablier est composé d’une ossature métallique.

2.CONCEPTION DU TABLIER :

a.Poutres en acier :

La structure du tablier est fabriquée au niveau des culées. Des poutres d’aciers sont
livrées directement de l’entreprise de construction métallique sur le chantier par convois
exceptionnels. Au moyen d’une grue, les poutres d’une hauteur de 3,50 mètres sont disposées
en parallèle (Photo 5). Une bipoutre est ensuite constitué par le soudage d’entretoises
perpendiculaires (Photo 6). Il faut en moyenne deux jours de travail à un soudeur expérimenté
pour réaliser la soudure d’assemblage de deux tronçons de poutres. Chaque soudure fait
l’objet d’un contrôle rigoureux effectué par un bureau de contrôle indépendant. Les bipoutres
sont mise en place en plusieurs lancements (Photo 7). Le lancement est effectué à un niveau
supérieur à celui des piles. Grâce à un système de vérins, la charpente est ensuite descendue
pour reposer sur le chevêtre de la pile. Le premier tronçon de charpente posé, un second
segment lui est raccordé au niveau de la culée. Le nouvel ensemble ainsi constitué est à son
tour poussé vers les piles suivantes et ainsi de suite. Au total, sept lancements seront
nécessaires pour mettre en place l’ensemble de la charpente métallique du viaduc.

b.Ferraillage :

Comme pour les piles, c’est un béton armé qui a été choisi pour la conception du
tablier. Une cage d’armature est donc fabriquée en attente du béton. Le ferraillage est réalisé
au niveau des culées. Grâce à une machine (Photo 8), on prend le ferraillage, puis on le fixe à
l’endroit voulu. Il est dirigé grâce à des rails.

Hourdis type « E » :

Types HA HA HA HA HA
Diamètres 12 16 20 25 32
Longueur développée total par diamètre 1472,67 164,6 1431,69 977,9 7,2
Masse linéique (Kg/ml) 0,888 1,578 2,467 3,853 6,316
Poids total par diamètre 1307,731 259,739 3531,979 3767,849 45,475
Poids total (Hors pertes et chutes) (T) 8,912

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LES ETAPES ET LES TECHNIQUES DE CONSTRUCTION DU VIADUC DU BEC

Hourdis type « D » :

Types HA HA HA HA HA HA
Diamètres 12 14 16 20 25 32
Longueur développée totale par diamètre 1476,32 618,4 153 1899,3 975,45 7,2
Masse linéique (Kg/ml) 0,888 1,208 1,578 2,467 3,853 6,316
Poids total par diamètre (m) 1310,972 747,027 241,434 4685,573 3758,409 45,475
Poids total (Hors pertes et chutes) (T) 10,041

Poids total du ferraillage pour le tablier :

Ø12 Ø14 Ø16 Ø20 Ø25 Ø32


Longueur développée total par diamètre 26540,91 5565,6 2858,4 29978,91 17580,15 129,6
Masse linéique (Kg/ml) 0,888 1,208 1,578 2,467 3,853 6,316
Poids total par diamètre 23,570 6,723 4,511 73,950 67,736 0,819
Poids total (Hors pertes et chutes) (T) 170,585

c.Bétonnage :

Une fois installée, la cage d’armature est bétonnée. Le béton est amené par camions
depuis la centrale de Brionne. Il est pomper à l’aide de camion pompe pour pouvoir
l’acheminer sur toute la longueur du viaduc sur les différents coffrages. L’épaisseur du
hourdis de béton est de 25 cm sur l’axe du tablier et de 35 cm sur les poutres métalliques. Le
béton est un B40, cela signifie qu’il peut résister à une contrainte de 40 Mpa à 28 jours. Le 22
mars 2005, le bétonnage du tablier du viaduc du bec s’est achevé avec plus d’un mois
d’avance sur le planning. Au total, plus de 3000m 3 de béton ont été mis en place sur le viaduc
en 4 mois. Une performance remarquable compte tenu de l’hivers de cette année !
Cette opération a été l’occasion de mette en œuvre 2 innovations qui ont contribué à son
succès.
Les deux équipages mobiles (Photos 9 et 10) de 20 mètres de long ont, en effet, été
conçus à l'aide d'un logiciel permettant de visualiser les outils en 3 dimensions. Ce logiciel a
également facilité le montage sur site, l'optimisation des postes de travail et des zones de
circulation.
Par ailleurs, la pénibilité du travail a pu être réduite grâce à l'utilisation d'équipements
hydrauliques remplaçant les palans manuels (voir photo 7, 8, 9, 10,11).

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LES ETAPES ET LES TECHNIQUES DE CONSTRUCTION DU VIADUC DU BEC

V. CONCLUSION :
Pour élaborer notre dossier nous avons fait plusieurs visites de chantier à différentes
étapes de la construction du viaduc. Cela nous a permis de constater la complexité du
chantier, les différents corps de métier avec leur méthode de travail, les différents matériels.
La construction d’un viaduc est compliquée de part ses dimensions d’abord et aussi des
contraintes environnementales (relief et nature du sol, climat). La mixité de l’ouvrage est la
démonstration que plusieurs matériaux peuvent s’utiliser dans un même projet et cela en
parfaite compatibilité. Le viaduc comme beaucoup de chantier se conçoit selon un sens
logique de bas en haut: d’abord les fondations puis les piles et enfin le tablier.
Ce projet tuteuré a été très enrichissant et très intéressant pour nous. Nous avons eu la
chance d’avoir beaucoup de plans du viaduc ce qui nous a concrètement montré comment ils
étaient dessiner. Nous avons pu mettre nos connaissances en pratique ou les observer. Nous
avons aussi pu connaître le travail en groupe, en nous partageant la recherche et la rédaction
du dossier, ainsi nous avons pu tout les trois nous investir dans ce projet sans encadrement
permanent. Le projet tuteuré est une bonne occasion de voir réellement ce que nos études vont
nous permettre de réaliser et d’approfondir nos connaissances.

VI. SOURCES :
Mr

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