Journal de Mycologie Médicale 15 (2005) 220–229

http://france.elsevier.com/direct/mycmed/

ARTICLE ORIGINAL/ORIGINAL ARTICLE

Étude de l’activité antifongique de divers extraits de cannelle Antifungal activity of different cinnamon extracts
O. Senhaji a,*, M. Faid b, M. Elyachioui c, M. Dehhaoui b
Laboratoire de recherche et d’analyses médicales de la gendarmerie royale, avenue Ibn-Sina-Agdal, Rabat 101008087, Rabat Maroc b Institut agronomique et vétérinaire Hassan-II, PO Box 6202 Rabat, Maroc c Université Ibn-Toufail, faculté des sciences de Kenitra, PO Box 133, Kenitra, Maroc
Reçu le 28 juin 2005 ; accepté le 11 juillet 2005
a

MOTS CLÉS Cannelle ; Activité antifongique ; Aspergillus ; Candida ; Penicillium

Résumé Objectif. – L’activité antifongique de divers extraits aqueux, hexanique, méthanolique et éthanolique de cannelle est étudiée sur diverses souches de champignons lévuriformes et filamenteux. Matériel et méthodes. – La cannelle est extraite cinq fois par épuisements. Les extraits de cannelle sont testés en utilisant trois techniques différentes ; la technique de dilution en gélose pour la détermination des extraits actifs, une microméthode de dilution en milieu liquide pour déterminer les concentrations minimales inhibitrices (CMI) des extraits sur la croissance des levures et enfin, une macrométhode de dilution en milieu liquide permettant l’évaluation des extraits sur la production de la masse mycélienne des souches filamenteuses. Résultats. – Les résultats obtenus montrent que tous les extraits ont une activité sur les levures. Par ailleurs, la détermination des CMI des extraits a mis en évidence des niveaux d’action variables. La CMI n’a pas été influencée par le nombre d’épuisement et l’extrait 5 était aussi inhibiteur que l’extrait 1. L’analyse statistique révèle que l’extrait hexanique est le plus actif avec des CMI comprises entre 2 % (v/v) et 6,2 % (v/v), suivi de l’extrait méthanolique et l’extrait aqueux pour lesquels les CMI se situent entre 2,5 % (v/v) et 12,5 % (v/v), et enfin l’extrait éthanolique avec des CMI variant entre 5 % (v/v) et 12,5 % (v/v). Par ailleurs, les essais préliminaires montrent que presque tous les extraits ont une activité sur les moisissures. L’évaluation des effets des extraits sur la production mycélienne montre que l’extrait hexanique est le plus actif. En effet, l’extrait hexanique, utilisé à la concentration de 10 % (v/v) induit une inhibition totale de la croissance des moisissures testées. L’analyse statistique de la variance révèle que Penicillium cyclopium est la moisissure la plus sensible suivie d’Aspergillus parasiticus, A. niger et enfin A. flavus. Conclusion. – Parmi les différents extraits de cannelle étudiés, les extraits hexaniques présentent la meilleure activité antifongique sur les levures et moisissures testées. © 2005 Publié par Elsevier SAS.

* Auteur correspondant. Adresses e-mail : senhajiwafae@yahoo.fr (O. Senhaji), faidmohamed@yahoo.fr (M. Faid). 1156-5233/$ - see front matter © 2005 Publié par Elsevier SAS. doi: 10.1016/j.mycmed.2005.07.002

Étude de l’activité antifongique de divers extraits de cannelle

221

KEYWORDS Cinnamon; Antifungal activity; Aspergillus; Candida; Penicillium

Abstract Objective. – This study was undertaken to determine the antifungal activity of cinnamon bark. Material and methods. – Extract from cinnamon with water, hexan, methanol and ethanol were tested on fungi using the method of microtitration assay. Cinnamon was extracted with water, hexan, methanol and ethanol five times and the extracts of each solvent were tested separately for their antimicrobial activity. The minimal inhibitory concentration (MIC) was determined. The extracts were tested on fungal strains using three different techniques; the agar dilution test for the determination of the active extracts, a microtitration method to determine the minimal inhibitory concentration (MIC) of the extracts on growth of yeasts and finally a macrodilution test allowing the evaluation of the extracts on the mycelial mass production by the fungal strains. Results. – The results showed that all the extracts displayed antifungal activity on yeasts. In addition, the determination of the MIC of the active extracts revealed different levels of action. However, the MIC was not influenced by the number of extractions and the fifth extract was as inhibiting as the first one. Finaly, statistical analysis revealed that the hexanic extract was the most active with the MIC varying from 2% (v/v) to 6.2% (v/v), followed by the methanol and water extracts whose the MIC ranged from 2.5% (v/v) to 12.5% (v/v), and the ethanolic extract whose MIC ranged from 5% (v/v) to 12.5% (v/v). Preliminary tests showed that almost all the extracts displayed antifungal activity on moulds. Evaluation of the effects of mycelial production showed that the hexanic extract had the best antifungal effect with a concentration of 10%, and that all 5 extracts were able to totally inhibit the growth of all the species tested. These observations were confirmed by a statistical analysis of variance which revealed that Penicillium cyclopium was the most sensitive mould followed by Aspergillus parasiticus, A. niger and finally A. flavus. Conclusion. – Among the different extracts of cinnamon studied, hexanic extracts were shown to be the most active on the yeasts and moulds tested. © 2005 Publié par Elsevier SAS.

Introduction
Les candidoses sont des maladies dues au développement, chez l’homme ou l’animal, de levures du genre Candida dont l’espèce la plus connue et la plus redoutable pour l’homme est Candida albicans. Au cours de la dernière décennie, un grand intérêt a été réservé à l’étude des candidoses, tant de point de vue biologique, que de point de vue nosologique et thérapeutique. Cette importance donnée à l’étude des candidoses fait suite à l’apparition de la résistance des souches aux médicaments les plus communément utilisés [2,11,18,20] et aux complications que ces germes produisent chez des patients à profil clinique particulier [7]. Ainsi les candidoses autrefois qualifiées de banales, sont maintenant classées parmi les infections graves pouvant engendrer un taux élevé de mortalité et de morbidité chez les immunodéprimés et les diabétiques. La chimiothérapie antifongique a montré une grande efficacité contre les candidoses superficielles. Cependant, les atteintes profondes restent les plus difficiles à traiter compte tenu de la cytotoxicité des antifongiques systémiques. On assiste ces dernières années à un regain d’intérêt pour les plantes médicinales et aromatiques et pour leurs extraits, face à la méfiance accrue suscitée

par l’usage des produits chimiques, aussi bien dans le domaine thérapeutique que dans le domaine alimentaire. L’activité antimicrobienne de nombreuses plantes et de la cannelle en particulier, très connue pour son effet antimicrobien [9,19]. L’utilisation des plantes ou de leurs extraits pourrait constituer une excellente alternative aux problèmes de résistance et de cytotoxicité des antifongiques. Aussi, le but de ce travail est de contribuer à l’étude du pouvoir antifongique des extraits aqueux et organiques de cannelle.

Matériel et méthodes
Préparation des extraits de cannelle
Extraits organiques Des extractions successives avec des solvants organiques (50 ml) de polarité croissante (hexane, éthanol et méthanol) sont réalisées sur les broyats des écorces de cannelle (10 g). Après trois heures de macération sous agitation, le mélange est filtré sur papier Wattman no 4. Le gâteau restant est récupéré et l’opération est renouvelée cinq fois afin de réaliser cinq épuisements pour chaque solvant que nous avons gardés séparément.

222 Les extraits obtenus sont stockés à 4 °C et à l’abri de la lumière jusqu’au moment de leur utilisation. Extrait aqueux Parallèlement, un extrait aqueux est préparé par macération d’un broyat de cannelle à chaud dans de l’eau distillée pendant 15 minutes. Nous avons procédé de la même manière que pour les extraits organiques. Les extraits obtenus sont stockés à 4 °C et à l’abri de la lumière jusqu’au moment de leur utilisation.

O. Senhaji et al. certain nombre de groupes chimiques réputés pour leurs effets antimicrobiens. Recherche des substances stéroliques La recherche est fondée sur la réaction de Lieberman-Burchard. Trois grammes de broyat de plante sont mis à macérer dans 15 ml de chloroforme pendant 20 minutes. Le mélange est ensuite filtré, puis concentré à 2 ml. Un millilitre d’anhydride acétique, puis 1 ml d’acide sulfurique concentré sont successivement additionnés. La présence de composés stéroliques donne une coloration rouge-brune virant au brun-violacé.

Microorganismes testés
L’activité antifongique des différents extraits de cannelle est évaluée sur les souches suivantes : C. albicans HSZ01, C. albicans IP4872, C. albicans, Candida glabrata, Aspergillus flavus IP1202-1, Aspergillus. niger ATCC16404, Aspergillus parasiticus NRRL2999 et Penicillium cyclopium IP1231-80. Ces souches ont été obtenues auprès des laboratoires de bactériologie de l’hôpital des spécialités otoneuroophtalmologie de Rabat, de microbiologie de l’institut national d’hygiène (Rabat) et de microbiologie alimentaire et biotechnologie de l’institut agronomique et vétérinaire Hassan-II (Rabat).

Recherche des saponosides
Elle est effectuée selon la technique décrite dans la pharmacopée française (IX éd), se fondant sur la détermination de l’indice de mousse. Dans une fiole conique de 500 ml, on introduit 100 ml d’eau bouillante et 2 g de broyât de plante. L’ébullition est maintenue pendant 30 minutes. Le mélange est filtré, refroidi et ajusté à 100 ml. Dans une série de dix tubes à essai, sont introduits successivement 1, 2, 3, 4,...10 ml du décocté, tous les tubes sont complétés à 10 ml avec de l’eau distillée et agités vigoureusement pendant 15 secondes. Après un repos de 15 minutes, la hauteur de la mousse est mesurée. Si cette dernière est égale à 1 cm, la dilution de la substance dans ce tube correspond à l’indice de mousse recherché. Un indice supérieur à 100 est considéré comme une réaction positive témoignant d’une richesse de la plante en saponosides.

Préparation des suspensions des microorganismes
Les suspensions de levures sont préparées à partir du bouillon d’enrichissement « Yeast Extract Sucrose » (YES) (Bio-Rad, Marnes-la-Coquette, France) des différentes souches incubées pendant 24 heures à 30 °C. À 9 ml d’eau physiologique stérile, on ajoute 100 ll du bouillon d’enrichissement. Pour les moisissures, les suspensions sont préparées à partir d’une culture de 10 jours sur milieu yeast extract glucose (YEG) (Bio-Rad). Les suspensions sont préparées dans de l’eau physiologique contenant du tween 80 et ajustée à 105 conidies/ml pour les moisissures et 106 cellules/ml pour les levures après comptage à la cellule de Malassez.

Recherche des coumarines
Un infusé à 10 % ou un extrait alcoolique est examiné à la lumière UV. Une fluorescence bleutée indique une réaction positive. Remarque : d’autres composés présentent également une fluorescence nette aux UV. Cette mise en évidence ne correspond donc qu’à une indication, et non une identification.

Recherche des flavonoïdes
Deux millilitres d’infusé sont ajoutés à 2 ml d’alcool chlorhydrique et 0,2 g de poudre de magnésium. Une coloration orange à rouge apparaît en présence des flavonoïdes.

Tests préliminaires sur l’étude de la composition chimique de l’écorce de cannelle
Les essais phytochimiques ont été menés selon les techniques classiques décrites par Paris et Moyse [17], Bouquet [3] et Debray et al. [4]. Ces essais consistent à mettre en évidence la présence d’un

Recherche de flavanes
Deux millilitres d’infusé à 10 % sont mélangés dans l’acide chlorhydrique concentré renfermant 2 % de

Étude de l’activité antifongique de divers extraits de cannelle vanilline. L’apparition d’une coloration rouge indique une réaction positive.

223

Recherche des anthocyanes
Deux millilitres d’infusé sont ajoutés à 2 ml d’acide chlorhydrique 2 N. L’apparition d’une coloration rose-rouge qui vire au bleu-violacé par addition d’ammoniac indique la présence d’anthocyanes.

Recherche des proanthocyanidols
À 2 ml d’infusé sont additionnés 2 ml d’acide chlorhydrique concentré ; le tout est laissé pendant cinq minutes dans un bain-marie bouillant ; l’apparition d’une coloration rouge indique une réaction positive.

de dilutions successives de demi en demi sont alors ajoutés à chacun des puits. Chaque puits est ensuite ensemencé par 10 ll de la suspension microbienne à 106 cellules/ml. À la fin de la période d’incubation à la température adéquate, le MTT est préparé extemporanément à 0,4 mg/ml dans de l’eau physiologique stérile. Dix microlitres de la solution MTT sont rajoutés dans chaque puits. La plaque est réincubée pendant 10 à 30 minutes à 37 °C. Les puits où une croissance a eu lieu montrent une couleur bleu-violette. Les témoins négatifs ont été préparés dans des puits isolés par ajout des souches testées aux milieux adéquats sans inhibiteur. Effet sur la croissance mycélienne (macrométhode) L’effet antifongique des différents extraits sur la croissance des champignons filamenteux a été évalué par une macrométhode en milieu liquide, rapportée par Jong-Gyu et al. [10]. Dans des flacons contenant le milieu yeast extract sucrose (YES) et le produit à tester à différentes concentrations, nous ensemençons 0,1 ml de la suspension fongique contenant 105 conidies/ml. Le volume final de chaque flacon est de 20 ml. Après 14 jours d’incubation à 28 °C, chaque échantillon est filtré puis autoclavé, le poids sec du mycélium est ensuite déterminé. La CMI relative à chaque extrait est déterminée comme étant la plus faible concentration de l’extrait qui inhibe totalement la croissance fongique.

Évaluation de l’activité antifongique
Technique de diffusion en gélose L’étude de l’activité antifongique est réalisée par la technique décrite par Grange et Davery [6]. Un millilitre de chaque extrait de la plante est ajouté à 9 ml de gélose de Sabouraud (Becton Dickinson, Royaume-uni) maintenu à 45 °C. Le mélange est ensuite versé dans des boîtes de Pétri. Ces dernières sont mises à sécher pendant 15 minutes à 37 °C. Cent microlitres de la suspension de microorganismes à 105 conidies/ml pour les moisissures et 106 cellules/ml pour les levures, sont ensemencés par inondation en surface de la gélose nutritive. Les boites de pétri sont incubées à 30 °C pendant 48 heures pour les levures et 72 heures pour les moisissures. Sont considérées positives les cultures où il y a une croissance fongique visible à l’œil nu. Les témoins négatifs ont été préparés par ajout des souches testées aux milieux adéquats sans inhibiteur. Effet sur la croissance des levures (microméthode) Pour chaque extrait la CMI est déterminée comme étant la concentration minimale de l’extrait qui inhibe totalement la croissance du champignon testé. La détermination des CMI des extraits de plantes vis-à-vis des souches de Candida sp. est réalisée selon la technique de microtitration sur plaques stériles à fond plat (Bio-Rad), décrite par Eloff et al. [5], en utilisant le tétrazolium (MTT : 3-(4,5dimethylthiazol-2-yl)-2,5diphenyltetrazolium bromide (Sigma, Saint-Louis, MO) comme indicateur de viabilité. On dépose 100 ll de RPMI 1640 à 2 % de glucose tamponné à pH 7 dans chaque puits. Quatre-vingt dix microlitres du produit à tester ou

Analyses statistiques
L’objectif de ces analyses est de vérifier si l’effet observé est : souche dépendant et/ou extrait dépendant. L’analyse appropriée est une analyse de la variance à trois critères de classification modèle croisé mixte (logiciel SAS). Il est à noter que l’influence du facteur « filtration » n’a pas été étudiée car considérée comme aléatoire et a de ce fait servi comme facteur « bloc ».

Résultats
Effet des extraits de cannelle sur les levures
Les résultats émanant des tests par la méthode de dilution en gélose ont montré que presque tous les extraits sont doués d’une activité inhibitrice sur C. albicans à l’exception de la quatrième filtration de

224
Tableau 1 Effet inhibiteur des extraits de cannelle sur la croissance de Candida Table 1 Inhibitory effect of different extracts of cinnamon on Candida growth. Extrait Extrait hexanique F1 F2 F3 F4 F5 F1 F2 F3 F4 F5 F1 F2 F3 F4 F5 F1 F2 F3 F4 F5 C. albicans 1/40 = 2,5 % 1/32 = 3,1 % 1/16 = 6,2 % R 1/16 = 6,2 % 1/32 = 3,1 % 1/8 = 12,5 % 1/8=12,5 % R 1/16 = 6,2 % 1/10 = 10 % 1/8 = 12,5 % R R 1/10 = 10 % 1/16 = 6,2 % 1/8 = 12,5 % 1/8 = 12,5 % R 1/16 = 6,2 % C. albicans IP4872 1/40 = 2,5 % 1/32 = 3.1 % 1/16 = 6,2 % R 1/16 = 6,2 % 1/32 = 3,1 % 1/8 = 12,5 % 1/8 = 12,5 % R 1/16 = 6,2 % 1/10 = 10 % 1/8 = 12,5 % R R 1/10 = 10 % 1/16 = 6,2 % 1/8 = 12,5 % 1/8 = 12,5 % R R C. albicans HSZ01 1/40 = 2,5 % 1/32 = 3,1 % 1/16 = 6,2 % R 1/16 = 6,2 % 1/32 = 3,1 % 1/8 = 12,5 % 1/32 = 3,1 % R 1/16 = 6,2 % 1/10 = 10 % 1/8 = 12,5 % R R 1/10 = 10 % 1/16 = 6,2 % 1/8 = 12,5 % 1/8 = 12,5 % R 1/16 = 6,2 %

O. Senhaji et al.

Extrait méthanolique

Extrait éthanolique

Extrait aqueux

C. glabrata 1/50 = 2 % 1/40 = 2,5 % 1/30 = 3,3 % 1/16 = 6,2 % 1/30 = 3,3 % 1/40 = 2,5 % 1/40 = 2,5 % 1/16 = 6,2 % R 1/8 = 12,5 % 1/20 = 5 % 1/16 = 6,2 % R R 1/16 = 6,2 % 1/40 = 2,5 % 1/20 = 5 % 1/20 = 5 % R 1/16 = 6,2 %

Les résultats correspondent aux CMI exprimées en v/v ; R : souche résistante aux plus fortes concentrations testées.

chaque extrait et de la troisième filtration éthanolique qui sont sans effet au niveau des souches de Candida testées. Par ailleurs, la détermination des CMI relatives aux extraits actifs a mis en évidence des niveaux d’activité antifongique variables selon l’extrait utilisé. Ainsi, l’extrait aqueux montre des CMI de l’ordre de 1/40 = 2,5 % (v/v) à 1/8 = 12,5 % (v/v). Pour les extraits organiques, nous remarquons que l’extrait hexanique est le plus actif ; en effet, les CMI sont de l’ordre de 1/50 = 2 % (v/v) à 1/16 = 6,2 % (v/v), suivi de l’extrait méthanolique dont les CMI varient de 1/40 = 2,5 % (v/v) à 1/8 = 12,5 % (v/v) et enfin, l’extrait éthanolique dont les CMI vont de 1/8 = 12,5 % (v/v) à 1/20 = 50 % (v/v) (Tableau 1). Les résultats retranscrits dans le Tableau 2 suggèrent que l’interaction est non significative
Tableau 2 Analyses statistiques de l’effet antilevures des extraits de cannelle (p > F). Analyse de la variance Table 2 Statistical analysis of effects of different extracts of cinnamon on the growth of yeasts. Variance analysis. Source de variation Souches de levures (F1) Extraits (F2) Interaction : F1 × F2 Carrés moyens 402,80 2080,08 209,31 Degré de liberté 3 3 9 p > Fa 0,5439 0,0155 0,9413

(p = 0,9413 > 5 %), le facteur « souche » s’est avéré non significatif (p = 0,5439 a > 5 %). En revanche, le facteur extrait s’est révélé significatif (p = 0,0155 < 5 %). Pour affiner davantage l’analyse dans le but d’identifier l’extrait le plus actif, une comparaison particulière des moyennes par la méthode de Student Newman et Keuls a été réalisée. Cette comparaison a révélé que l’extrait hexanique est le plus actif (Fig. 1).

Effet des extraits de cannelle sur la croissance des moisissures
Les différents extraits ont été également testés sur certaines espèces de moisissures pathogènes ou opportunistes. L’essai d’inhibition sur milieu solide a montré que presque tous les extraits ont une activité antifongique, hormis quelques filtrations, comme la cinquième filtration de l’extrait méthanolique et la quatrième filtration de l’extrait aqueux.

a Le test est significatif si (p > F) < 5 %. The test is significant if (P > F) < 5%.

Figure 1 Évolution de la moyenne des sommes des CMI en fonction de l’extrait. Figure 1 Evolution of the MIC sum as a function of the extract.

Étude de l’activité antifongique de divers extraits de cannelle
Tableau 3 Effet des extraits de cannelle sur la croissance d’Aspergillus niger Table 3 Effect of different extracts of cinnamon on the growth of Aspergillus niger.

225

Concentration

Extrait hexanique

F1 F2 F3 F4 F5 Extrait F1 méthanolique F2 F3 F4 F5 Extrait F1 éthanolique F2 F3 F4 F5 Extrait aqueux F1 F2 F3 F4 F5 Contrôle 310

Aspergillus niger ATCC16404 Poids du mycélium 10 % 4% 2% 1% mg/20 ml Pourcentage mg/20 ml Pourcentage mg/20 ml Pourcentage mg/20 ml Pourcentage inhibition inhibition inhibition inhibition (%) (%) (%) (%) 0 100 0 100 198 36 299 96 0 100 89 71 245 21 315 0 0 100 95 69 304 2 325 0 0 100 108 65 322 0 335 0 0 100 124 60 335 0 340 0 0 100 0 100 201 35 325 0 0 100 0 100 225 27 352 0 0 100 125 60 341 0 366 0 0 100 201 35 352 0 365 0 314 0 320 0 360 0 366 0 0 100 0 100 102 67 286 8 0 100 0 100 203 34 298 4 0 100 123 60 315 0 342 0 0 100 245 21 356 0 389 0 0 100 302 3 389 0 401 0 0 100 0 100 132 57 214 31 0 100 112 64 233 25 288 7 0 100 135 56 289 7 322 0 189 39 265 15 321 0 402 0 0 100 255 18 356 0 425 0

L’évaluation des effets des extraits sur la production de la masse mycélienne des moisissures (Tableaux 3–6) montre que l’extrait hexanique possède le meilleur effet antifongique. À la concentration de 10 % (v/v) et pour toutes les filtrations, il inhibe totalement la croissance de toutes les espèces de moisissures testées. À la concentration de 1 % et pour la première filtration, il réduit la croissance mycélienne d’A. niger, d’A. flavus, d’A. parasiticus et de Penicillium cyclopium respectivement de 96, 30, 25 et 17 %. En revanche, à la concentration de 4 % et pour la cinquième filtration, le pourcentage d’inhibition de la croissance mycélienne est compris entre 54 % et 71 %. À la concentration de 2 % et pour la première filtration, l’extrait méthanolique diminue la masse mycélienne d’A. parasiticus, d’A. flavus, de P. cyclopium et d’A. niger respectivement de 100, 58, 56 et 35 %. À la concentration de 1 % et pour la première filtration, un effet modéré a été obtenu par l’utilisation de l’extrait aqueux. Les pourcentages d’inhibition de la croissance mycélienne sont compris entre 11 et 29 %. À la concentration de 4 % pour la première filtration les différents extraits montrent une inhibition de 100 % de toutes les moisissures testées.

Ces observations sont analysées par une étude de variance (Tableau 7). Il y a un effet souche (p = 0,0000 < 5 %). Le facteur extrait est significatif (p = 0,0014 < 5 %). La comparaison des moyennes par le test de Newman-Keuls fait ressortir quatre groupes différents, c’est-à-dire que la sensibilité des quatre moisissures vis-à-vis des différents extraits n’est pas la même. Ainsi, le champignon le plus sensible est P. cyclopium suivi d’A. parasiticus, A. niger et enfin, A. flavus. Ces résultats concordent avec ceux rapportés par Beraoud (1990). Concernant l’interaction moisissure extrait, on remarque que vis-à-vis de P. cyclopium, l’extrait hexanique est le plus actif, suivi des extraits méthanolique, aqueux et éthanolique. Pour A. parasiticus, l’extrait le plus actif est l’extrait aqueux suivi des extraits hexanique, éthanolique et méthanolique. Pour A. niger l’extrait hexanique est le plus actif puis les extraits éthanolique, aqueux et méthanolique Enfin, pour A. flavus, on note que l’extrait hexanique est le plus efficace suivi des extraits méthanolique, éthanolique et aqueux. Ainsi l’extrait le plus actif et la moisissure la plus sensible sont respectivement l’extrait hexanique et Penicillium cyclopium. Ces observations sont confirmées par les Figs. 2 et 3.

226
Tableau 4 Effet des extraits de cannelle sur la croissance d’Aspergillus flavus Table 4 Effect of extracts of cinnamon on the growth of Aspergillus flavus.

O. Senhaji et al.

Concentration

Extrait hexanique

F1 F2 F3 F4 F5 Extrait F1 méthanolique F2 F3 F4 F5 Extrait F1 éthanolique F2 F3 F4 F5 Extrait aqueux F1 F2 F3 F4 F5 Contrôle 435

Aspergillus flavus IP 1202-1 Poids du mycélium 10 % 4% 2% 1% mg/20 ml Pourcentage mg/20 ml Pourcentage mg/20 ml Pourcentage mg/20 ml Pourcentage inhibition inhibition inhibition inhibition (%) (%) (%) (%) 0 100 0 100 102 76 305 30 0 100 0 100 154 64 402 7 0 100 76 82 204 53 425 2 0 100 132 69 356 18 455 0 0 100 124 71 366 16 460 0 0 100 0 100 181 58 294 32 0 100 0 100 267 38 300 31 0 100 140 68 276 36 402 7 155 64 298 31 325 25 425 2 205 53 300 31 402 7 465 0 0 100 0 100 292 33 325 25 0 100 0 100 302 30 322 26 0 100 269 38 386 11 386 11 0 100 298 31 425 2 465 0 0 100 325 25 475 0 478 0 0 100 0 100 140 68 307 29 0 100 0 100 221 49 465 0 0 100 0 100 255 41 486 0 315 27 374 14 386 34 496 0 390 33 377 13 378 13 475 0

Tableau 5 Effet des extraits de cannelle sur la croissance d’Aspergillus parasiticus Table 5 Effects of different extracts of cinnamon on the growth of Aspergillus parasiticus. Aspergillus parasiticus NRRL 2999 Poids du mycélium 10 % 4% 2% 1% mg/20 ml Pourcentage mg/20 ml Pourcentage mg/20 ml Pourcentage mg/20 ml Pourcentage inhibition inhibition inhibition inhibition (%) (%) (%) (%) 0 100 0 100 0 100 190 25 0 100 0 100 190 50 286 25 0 100 0 100 260 32 376 1 0 100 114 70 325 14 425 0 0 100 148 61 386 0 478 0 0 100 0 100 0 100 214 44 0 100 0 100 0 100 298 21 0 100 196 48 258 32 325 14 245 35 300 21 326 14 478 0 265 30 325 14 386 2 489 0 0 100 0 100 0 100 264 30 0 100 0 100 180 52 286 2 0 100 0 100 148 61 376 1 0 100 264 30 296 22 389 0 0 100 284 25 324 15 425 0 0 100 0 100 0 100 232 13 0 100 0 100 0 100 325 14 0 100 0 100 199 48 399 0 189 50 235 38 287 24 405 0 0 100 0 100 223 41 415 0

Concentration

Extrait hexanique

F1 F2 F3 F4 F5 Extrait F1 méthanolique F2 F3 F4 F5 Extrait F1 éthanolique F2 F3 F4 F5 Extrait aqueux F1 F2 F3 F4 F5 Contrôle 380

Étude de l’activité antifongique de divers extraits de cannelle
Tableau 6 Effet des extraits de la cannelle sur la croissance de Penicillium cyclopium Table 6 Effect of different extracts of cinnamon on the growth of Penicillium cyclopium.

227

Concentration

Extrait hexanique

F1 F2 F3 F4 F5 Extrait F1 méthanolique F2 F3 F4 F5 Extrait F1 éthanolique F2 F3 F4 F5 Extrait aqueux F1 F2 F3 F4 F5 Contrôle 225

Penicillium cyclopium IP 1231-80 poids du mycélium 10 % 4% 2% 1% mg/20 ml Pourcentage mg/20 ml Pourcentage mg/20 ml Pourcentage mg/20 ml Pourcentage inhibition inhibition inhibition inhibition (%) (%) (%) (%) 0 100 0 100 87 61 187 17 0 100 0 100 86 62 209 7 0 100 0 100 91 59 256 0 0 100 98 56 104 54 276 0 0 100 103 54 165 27 287 0 0 100 0 100 98 56 104 54 0 100 0 100 103 54 123 45 89 61 112 50 124 45 226 0 102 55 125 44 153 32 236 0 135 40 146 35 163 27 276 0 0 100 0 100 0 100 190 15 0 100 0 100 167 26 190 15 125 44 146 35 205 10 264 0 135 40 163 27 234 0 286 0 0 100 147 35 265 0 298 0 0 100 0 100 112 50 201 11 0 100 0 100 156 31 234 0 0 100 0 100 203 10 256 0 98 56 134 40 243 0 276 0 0 100 105 53 236 0 287 0

Discussion
La gravité des candidoses, couplée à l’insuffisance en médicaments efficaces, nous a conduits à nous intéresser à l’inépuisable source de produits naturels à vertu thérapeutique : les plantes médicinales. À côté des médicaments synthétiques prescrits dans le traitement des candidoses, de nombreux produits naturels ont été testés dans le but de
Tableau 7 Résultats des analyses statistiques de l’effet antimoisissures des extraits de cannelle (p > F) analyse de la variance Table 7 Statistical analysis of effects of different extracts of cinnamon on the growth of fungal. Variance analysis. Source de variation Souches de moisissures(F1) Extraits (F2) Concentration (F3) Interaction : F1 × F2 Interaction : F1 × F3 Carrés moyens 151300,17 Degré de liberté 3 p > Fa 0,0000

trouver un antifongique efficace, sans effet néfaste et moins cher [13–16,21,22]. C’est dans cette optique que des extraits de cannelle ont été testés contre la croissance de levures du genre Candida. Ainsi les résultats émanant des tests d’inhibition des Candida sp. montrent que tous les extraits testés ont une activité antifongique. Concernant l’extrait aqueux nous remarquons qu’il a une activité inhibitrice très prononcée. En effet, Beraoud (1990) a effectué une analyse chimique de l’extrait aqueux de cannelle et a mis en évidence la présence de cinnamaldhyde et d’eugénol qui sont les

21293,67 1375332,13 8143,17 26688,92

3 3 9 9

0,0014 0,0000 0,0324 0,0000 Figure 2 Évolution de la somme du poids du mycélium en fonction de l’extrait. Figure 2 Evolution of the weight sum of mycelia as function of the extract.

The test is significant if (P > F) < 5%. a Le test est significatif si (p > F) < 5 %

228

O. Senhaji et al.
Tableau 8 Détermination de la composition chimique des écorces de cannelle Table 8 Chemical composition of cinnamon barks. Substances chimiques Substances stéroliques Flavonoïdes Flavanes Coumarines (UV) Anthocyanes Leucoanthocyanes Dérivées quinoniques Saponines Polyphénols Tanins + : présence, – : absence. +: presence, –: absence. Broyats des écorces de cannelle + + + – + + – + + +

Figure 3 Évolution du poids moyen du mycélium en fonction de la moisissure. Figure 3 Evolution of the weight sum of mycelia as function of the moulds.

composés majeurs, ce qui laisse supposer que l’effet antifongique de cannelle est dû en partie, au passage de ces deux composés dans l’extrait au cours de l’infusion. Le même auteur a mis en évidence la présence des tannins dans l’extrait aqueux, et a démontré qu’ils ont un effet antifongique. Pour les extraits organiques l’extrait hexanique est le plus actif (Fig. 1). Cette efficacité serait liée au pouvoir du solvant à solubiliser plusieurs composés contenus dans le broyat de la plante [12]. Concernant la cinquième filtration de tous les extraits qui est aussi inhibitrice que la première filtration, le phénomène peut être expliqué par le fait qu’il y a des composés qui sont actifs, mais qui sont solubilisés après un certain temps de contact avec le solvant. Ainsi, l’activité antifongique est non seulement fonction de nature chimique de l’extrait [25], mais aussi de la méthode d’étude utilisée [12,23]. Concernant l’effet des extraits de cannelle sur la croissance des moisissures, nous remarquons que la cannelle est douée d’une forte activité antifongique [12]. Ainsi, à une concentration de 1 % les différents extraits sont toujours actifs, et à une concentration de 10 % il y a une inhibition totale de tous les champignons testés avec toutes les filtrations. Nos résultats concordent avec ceux rapportés par Bachmann [1] qui a démontré que la cannelle est efficace sur trois genres de moisissures : Alternaria, Penicillium et Aspergillus. Hitokoto et al. [8] ont étudié l’effet de 13 plantes aromatiques et sept épices sur la croissance des espèces suivantes : A. parasiticus, A. flavus et A. versicolor. Sur les 20 échantillons testés, l’écorce de cannelle a inhibé totalement la croissance fongique. Hitokoto [8] et Beraoud (1990) ont étudié l’effet antifongique des extraits aqueux des épices ; ils ont rapporté que l’extrait aqueux de cannelle à 20 % a pu inhiber totalement la croissance et la toxinogenèse d’A. pararsiticus, A. flavus et A. versicolor.

Enfin Beraoud (1990) a trouvé aussi que sur huit épices étudiées, la cannelle est celle qui présente le pouvoir antifongique le plus puissant. En comparant l’effet de la cannelle sur la croissance des moisissures testées, nous avons observé que A. niger est plus résistant que A. flavus, alors que A. parasiticus et P. cyclopium sont plus sensibles. Ces activités antifongiques des différents extraits peuvent être dues aux composés biologiquement actifs qu’ils contiennent. Le criblage phytochimique des écorces de cannelle (Tableau 8) a montré l’absence de coumarines. En revanche, ces écorces contiennent, entre autres, des substances stéroliques, flavonoïdes, des flavanes, saponines, anthocyanes et leucoanthocyanes ; ces substances ont été identifiées comme produits antimycotoxiques et/ou antifongiques. En effet, les saponines se sont montrées capables d’inhiber la croissance fongique [24]. D’une manière générale, aussi bien pour les levures que pour les moisissures, l’extrait le plus actif est l’extrait hexanique. Cette efficacité serait liée au pouvoir du solvant à solubiliser un ou plusieurs composés chimiques contenus dans le broyat de la plante.

Conclusion
Les résultats obtenus sont encourageants et confirment l’intérêt de l’utilisation des extraits de cannelle en médecine locale comme agent antifongique et en biotechnologie comme agent conservateur. Il est donc intéressant de continuer cette étude dans le but de déterminer le mode d’action des extraits de cannelle sur les levures et les moisissures.

Étude de l’activité antifongique de divers extraits de cannelle

229

Références
[1] Bachman FM. The inhibiting action of certain spices on the growth of microorganisms. J Indust Eng Chen 1961;8:623– 1620. Balkis MM, Leidish SD, Mukheryei PK, Ghannoun MA. Mechanism of fungal resistance. Drugs 2002;62:1025–140. Bouquet M. Travaux et documents de l’Orstom. 1971 (Paris, no 13). Debray M, Jacquemin H, Razafindrambo R. Travaux et documents de l’Orstom. 1971 (Paris, no 8). Eloff JNA. Sensitive and quick microplate method to determine the minimal inhibitory concentration of plant extracts for bacteria. Planta Med 1998;64:711–3. Grange JM, Devey RW. J R Soc Hyg 1990;83:159–60. Hirsch HA, Gynakol R. Vulvovaginal candidosis: definition of the disease and its special problems and treatment in pregnancy. J Clin Microbio 1985;25:5–11. Hitokoto H, Morozumz S, Wauke T, Sakai S, Ueno I. Inhibitory effects of condiments and herbal drugs on the growth and toxin production of toxigenic fungi. Micopathologia 1978;66:167–1161. Hsieh PC. Antimicrobial effect of cinnamon extract. Taiwanese J Agric Chem Food Sci 2000;38:184–93. Jong-Gyu K, Yong-Wook L, Pan-Gyi K, Woo-Sup R, Hideharu S. Reduction of aflatoxins by Korean paste and its effect on cytotoxicity and reproduction of toxicity -part I: Inhibition of growth and aflatoxinsproduction of Aspergillus parasiticus by Korean soybean paste (Doen-jang) and identification of the active component. J food Prot 2000; 63:1295–8. JuJ Y, Polhamus C, Marr KA, Holland SM, Bennett JE. Efficacies of Fluconozole, Caspofungin and Amphotericin B in Candida glabrata infected p 47-phox-1-knochout mice. Antimicro Agents Chemother 2002;46:1240–5. Kalemba D, kunicka A. Antibacterial and antifungal properties of essential oils. Curr Med Chem 2003;10:829–1813. Kundu B, Srinivasan T, Kesarwani A, Batras Shukle PK. Identification of novel antifungal monopeptides through the screening of Candida spp isolated from the oral cavities. Bioorg Med Chem Lett 2002;12:1473–6.

[2] [3] [4] [5]

[6] [7]

[14] Lene J, Ammeenah GF, Anne A. Antibacterial and antifungal activity of medicinal plants of Mauritius. Pham Biol 1998;36:153–61. [15] Liu Y, Ryan ME, Lee HM, Larzor G, Leung MK, Golub LM. A chemically modified tetracycline (CMT-3) is new antifungal agent. Antimicrob Agents Chemother 2002;46:1447–54. [16] Namik F, Mir-Babayev, Roger DW. Plants of the Republic of Azerbaijan with potential medicinal applications. Part II. Pharm Biol 1997;35:190–3. [17] Paris R, Moyse H. Précis de matière médicinale. Paris: Masson; 1969. [18] Ramage G, Bachmann S, Patterson TF, Wickes RL, LopezRibot JL. Investigation of multidrug afflux pumps in relation to fluconazol resistance in C albicans biofilms. J Antimicrob Chemother 2002;49:973–80. [19] Renée J, Grayer, Bakhy K, Achad M, Tantaoui-Elaraki A. Almond paste: physicochemical and microbiological characterization and preservation with sorbic acid and cinnamon. J Food Prot 1995;58:550–1547. [20] Rodero L, Cuenca-Estrella M, Cordora S, RodriguezTudela JL. Translent fungemia caused by an amphotericin B resistant isolate of C Haemulonii. Caries Res 2002;36:93– 100. [21] Singh VK, Anwar Ali Z, Siddiqui MK. Medicinal plants used by forest ethnics of Gorakhpur district, India. International Journal of Pharmacognosy 1997;35:194–206. [22] Soroush S, Gholamera A, Ronald M, Mohsen D. Phytopharmaceuticals. Part I. Antifungal activity of selected Iranian and Canadian plants. Pharm Biol 1998;6:8–80. [23] Suhr KI, Nielsen PV. Antifungal activity of essential oils evaluated by two different application techniques against rye bread spoilage fungi. J Appl Microbiol 2003;94(suppl 4):74–665. [24] Turner RB, Lindsey DL, Bishop RD. Isolation and identification of 5,7 dimethoxyisoflavone. An inhibitor of Aspergillus flavus from peanuts. Mycopathologie 1975;57:39–40. [25] Viollon C, Chaumont JP. Antifungal properties of essential oils and their main components upon Cryptococcus neoformans. Mycopathologia 1994;128(suppl 3):3–151.

[8]

[9] [10]

[11]

[12] [13]

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful