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Support : Candide ou l’optimisme , 1759 ; Voltaire. Macro-compétence : Lire méthodiquement, repérer les

Support :

Candide ou l’optimisme, 1759 ; Voltaire.

Macro-compétence : Lire méthodiquement, repérer les indices et reconnaitre les enjeux et les procédés d’écriture dans le conte philosophique de Voltaire : Candide ou l’optimisme.

Problématique : Candide… de Voltaire, un conte, un conte philosophique ou la synthèse des deux ?

Liminaire :

Candide… de son auteur Voltaire constitue l’un des piliers du programme de la deuxième année du baccalauréat. En effet, c’est le premier projet séquentiel que nous allons voir avec les élèves sous forme de séquences didactiques. C’est un conte philosophique que les élèves sont appelés à analyser et comprendre voire détecter tous ses indices. Certes, l’œuvre est philosophique, mais vu sa richesse référentielle, elle contient un amalgame entre le narratif, l’imaginaire et les réflexions savantes et sérieuses. Ainsi, notre travail consiste à étudier les extraits de l’œuvre qui mettent en exergue la philosophie de Voltaire, les théories, les abus et les injustices qu’il dénonce et combat. Cela n’exclut pas catégoriquement les autres aspects de l’œuvre : nous attirerons l’attention des apprenants sur le merveilleux et le fictif. Par là s’annonce donc, notre axe du travail qui sera illustré par des extraits de l’œuvre où nous suivrons l’itinéraire de Candide, d’où le fait d’attirer l’attention aussi sur le roman d’apprentissage. Notre objectif sera donc, construire et développer chez l’apprenant des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être ; et ce par :

*L’acquisition progressive d’un savoir encyclopédique, littéraire et culturel. *L’acquisition des savoirs instrumentaux et méthodologiques. *La familiarisation avec des méthodes de pensée et d’organisation. *La maîtrise de la langue. *L’affinement des techniques et des méthodes d’études des textes/discours littéraires. *La capacité à s’autonomiser et à s’auto-évaluer. A ce stade l’élève lui aussi sera appelé à :

*Réfléchir sur la portée, la valeur et l’instrumentation des expressions littéraires. *Se forger un esprit de globalisation et de synthèse. *Elargir ses horizons de pensée et de communication.

Macro-compétence : Lire méthodiquement, repérer les indices et reconnaitre les enjeux et les procédés d’écriture
Macro-compétence : Lire méthodiquement, repérer les indices et reconnaitre les enjeux et les procédés d’écriture
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Macro-compétence : Lire méthodiquement, repérer les indices et reconnaitre les enjeux et les procédés d’écriture
Macro-compétence : Lire méthodiquement, repérer les indices et reconnaitre les enjeux et les procédés d’écriture
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Macro-compétence : Lire méthodiquement, repérer les indices et reconnaitre les enjeux et les procédés d’écriture
Macro-compétence : Lire méthodiquement, repérer les indices et reconnaitre les enjeux et les procédés d’écriture
Macro-compétence : Lire méthodiquement, repérer les indices et reconnaitre les enjeux et les procédés d’écriture
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Macro-compétence : Lire méthodiquement, repérer les indices et reconnaitre les enjeux et les procédés d’écriture
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Macro-compétence : Lire méthodiquement, repérer les indices et reconnaitre les enjeux et les procédés d’écriture

Macro-compétence : Lire méthodiquement, repérer les indices et reconnaitre les enjeux et les procédés d’écriture dans le conte philosophique de Voltaire, Candide ou l’optimisme.

Problématique :

Candide…de Voltaire un conte, un conte philosophique ou la synthèse des deux ?

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : T.E et A. orales.

Durée :

2 heures.

Sujets : *Le siècle des lumières. *Le conte et le conte philosophique. *Le titre de l’œuvre : Ses origines. *Hypothèses de lecture. Compétences visées : l’élève doit être capable d’ :

effectuer des recherches pour informer et s’informer. exposer des informations relatives à l’œuvre en question.

effectuer des recherches pour informer et s’informer. exposer des informations relatives à l’œuvre en question.

émettre des hypothèses à partir des recherches effectuées.

A- Le siècle des lumières :

Le 18 ème siècle : siècle des grands philosophes qui prennent pour modèle la monarchie anglaise, plus libérale et plus tolérante.

- Quel sens donner au mot lumière ? Au 17 ème S : la foi ou la clarté de l’esprit. Au 18 ème S : une clarté qui doit se propager dans toute l’humanité pour faire triompher la raison contre la superstition et l’intolérance.

- Les philosophes du siècle des lumières :

Sources des lumières : *l’œuvre de Descartes 1 et la libre pensée qui se développe en Angleterre surtout Newton 2 et Locke 3. *le modèle politique anglais qui se base sur la monarchie parlementaire en accordant une grande liberté religieuse et intellectuelle. Ainsi, au 18 ème S, la France devient le principal foyer des lumières.

e S , la France devient le principal foyer des lumières. → La première œuvre dans

La première œuvre dans ce siècle : Le Dictionnaire Historique et Critique de P. Bayle (1697). Il y a aussi d’autres précurseurs comme Fontenelle 1 ou Fénelon 2 , mais les philosophes qui ont influencés la pensée politique française et européenne sont :

- Montesquieu : (1689-1755) : dans Les lettres persanes et L’esprit des lois

(1748), il prône

une séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire) pour éviter la tyrannie.

- Voltaire (1694-1778) : est le plus qui a marqué son siècle. Parmi ses œuvres célèbres, citons : Lettres anglaises (1734), Candide (1759), Traité sur la tolérance, Le dictionnaire philosophique… Son principal ennemi est l’église. Il n’a pas cessé de défendre la liberté et la tolérance en souhaitant un système monarchique éclairé par la pensée philosophique.

-

Diderot (1713-1784) : est, avec D’Alembert, le fondateur de l’Encyclopédie (1745, 1772).

-

Rousseau (1712-1778) : le contrat social (1762), défend l’égalité, la souve- Raineté du peuple et le régime républicain. -Comment se diffusent les idées des lumières ? Paris devient la capitale spirituelle et intellectuelle de toute l’Europe et le français devient la langue de la culture et des échanges diplomatiques. Mais, les lumières restent parmi la noblesse et la haute bourgeoisie surtout financière. Or, les principaux penseurs et leur entourage se réunissent dans des salons, des cafés (Le Procope à Paris) et les journaux contribuent à les défaire au large public :

-

Parmi les salons célèbres, ceux de M me Tencin, de M elle Lespinasse ou de M me Geoffrin.

-

Multiplication des académies de lettres et des sciences.

-

Multiplication des bibliothèques qui permettent aux livres de se diffuser facilement.

une grande tension apparait entre les penseurs et l’église voire le trône, surtout dans les

paroisses rurales. Ainsi, la censure est devenue plus vigilante :

Encyclopédie interdite et elle circule sous le manteau.

Après 1770, la révolution commence à se préparer.

B- Le conte et le conte philosophique :

Le conte : - En moyen âge européen : récit non épique en prose ou en vers souvent d’origine populaire. Il relate des faits fictifs : contes d’aventure, des fabliaux comme contes.

-En général : récit court d’aventures merveilleuses, fantastiques et extraordinaires ; parfois il est comique voire didactique. Il se rattache à la tradition orale avant l’existence de la littérature. D’habitude, il commence par : «Il était une fois » et se termine par : « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » Il échappe à toute temporalité et à toute localisation, son but est de divertir et détendre. C’est du mensonge autorisé puisque les personnages sont imaginaires et les faits racontés n’ont jamais existé et n’ont aucune profondeur psychologique. Son intérêt est centré sur l’action et sur le merveilleux, on voyage à un univers féérique où il y a un monde de surnaturel… Le conte philosophique : -Le précurseur c’est Voltaire :

Zadig, Candide… : histoire inventée qui suscite la réflexion sur les questions de l’humanité. C’est aussi une grande question sur le mode de vie, de pensée, les traditions et les mœurs de toute une période. N.B : Il a en commun avec le conte classique, la forme brève, les péripéties, l’univers merveilleux mais l’esprit philosophique y est constamment à l’œuvre. Il contient l’esprit de révolte et de contestation transmis par l’ironie, l’humour grinçant et le comique. C- Le titre de l’œuvre : Son origine.

- Traduit de l’allemand de M r Le Docteur Ralph.

- Le nom du héros (Candide) est accolé à une doctrine philosophique (l’optimisme).

- L’ouvrage set attribué à un écrivain allemand, peut-être James Ralph sachant que Voltaire cherche l’anonymat.

- Voltaire a dévoué son œuvre de peur d’être censuré ou emprisonné et ce à cause de l’église ; dans une lettre rédigée le 10 mars 1759, il déclare : « Dieu me garde d’avoir la moindre part à cet ouvrage(…) Comme je trouve cet ouvrage très contraire à la décision de la Sorbonne et aux décrétales, je soutiens que je n’y ai aucune part ».

- Le titre indique qu’il s’agit d’une œuvre qui dénonce l’optimisme : un westphalien (Candide) qui s’assure de l’inconstance du bonheur et de la fortune. Il évolue au milieu du mal : la guerre, le tremblement de terre, la cupidité, l’intolérance, les épidémies (la vérole), les caprices des rois, l’esclavage…

D-Hypothèses de lecture :

- Qu’est-ce qui fait de ce titre un résumé de l’œuvre en question ?

- Dans quelle mesure le titre donne une idée générale sur le contenu de l’œuvre ?

Niveau : 2 è m e A.bac. Séance : Lecture méthodique. Durée : 2 heures.
Niveau : 2 è m e A.bac. Séance : Lecture méthodique. Durée : 2 heures.

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : Lecture méthodique. Durée : 2 heures. Support : Candide ou … , Voltaire Extrait 1 : chapitre l, p13 Compétence visée : l’élève doit être capable de:

Extrait 1 : Chapitre 1

relever les éléments essentiels de l’incipit.

COMMENT CANDIDE FUT ÉLEVÉ DANS UN BEAU CHÂTEAU, ET COMMENT IL FUT CHASSÉ D'ICELUI.

Il y avait en Westphalie, dans le château de M. le baron de Thunder-ten-tronckh, un jeune garçon à qui la nature avait donné les mœurs les plus douces. Sa physionomie annonçait son âme. Il avait le jugement assez droit, avec l'esprit le plus simple ; c'est, je crois, pour cette raison qu'on le nommait Candide. Les anciens domestiques de la maison soupçonnaient qu'il était fils de la sœur de monsieur le baron et d'un bon et honnête gentilhomme du voisinage, que cette demoiselle ne voulut jamais épouser parce qu'il n'avait pu prouver que soixante et onze quartiers, et que le reste de son arbre généalogique avait été perdu par l'injure du temps.

Monsieur le baron était un des plus puissants seigneurs de la Westphalie, car son château avait une porte et des fenêtres. Sa grande salle même était ornée d'une tapisserie. Tous les chiens de ses basses-cours composaient une meute dans le besoin ; ses palefreniers étaient ses piqueurs ; le vicaire du village était son grand aumônier. Ils l'appelaient tous monseigneur, et ils riaient quand il faisait des contes.

Madame la baronne, qui pesait environ trois cent cinquante livres, s'attirait par là une très grande considération, et faisait les honneurs de la maison avec une dignité qui la rendait encore plus respectable. Sa fille Cunégonde, âgée de dix-sept ans, était haute en couleur, fraîche, grasse, appétissante. Le fils du baron paraissait en tout digne de son père. Le précepteur Pangloss était l'oracle de la maison, et le petit Candide écoutait ses leçons avec toute la bonne foi de son âge et de son caractère. Pangloss enseignait la métaphysico-théologo-cosmolonigologie. Il prouvait admirablement qu'il n'y a point d'effet sans cause, et que, dans ce meilleur des mondes possibles, le château de monseigneur le baron était le plus beau des châteaux et madame la meilleure des baronnes possibles.

« Il est démontré, disait-il, que les choses ne peuvent être autrement : car, tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin. Remarquez bien que les nez ont été faits pour porter des lunettes, aussi avons- nous des lunettes. Les jambes sont visiblement instituées pour être chaussées, et nous avons des chausses. Les pierres ont été formées pour être taillées, et pour en faire des châteaux, aussi monseigneur a un très beau château ; le plus grand baron de la province doit être le mieux logé ; et, les cochons étant faits pour être mangés, nous mangeons du porc toute l'année : par conséquent, ceux qui ont avancé que tout est bien ont dit une sottise ; il fallait dire que tout est au mieux. » Candide écoutait attentivement, et croyait innocemment ; car il trouvait Mlle Cunégonde extrêmement belle, quoiqu'il ne prît jamais la hardiesse de le lui dire. Il concluait qu'après le bonheur d'être né baron de Thunder-ten- tronckh, le second degré de bonheur était d'être Mlle Cunégonde ; le troisième, de la voir tous les jours ; et le quatrième, d'entendre maître Pangloss, le plus grand philosophe de la province, et par conséquent de toute la terre. Un jour, Cunégonde, en se promenant auprès du château, dans le petit bois qu'on appelait parc, vit entre des broussailles le docteur Pangloss qui donnait une leçon de physique expérimentale à la femme de chambre de sa mère, petite brune très jolie et très docile. Comme Mlle Cunégonde avait beaucoup de dispositions pour les sciences, elle observa, sans souffler, les expériences réitérées dont elle fut témoin ; elle vit clairement la raison suffisante du docteur, les effets et les causes, et s'en retourna tout agitée, toute pensive, toute remplie du désir d'être savante, songeant qu'elle pourrait bien être la raison suffisante du jeune Candide, qui pouvait aussi être la sienne.

Elle rencontra Candide en revenant au château, et rougit ; Candide rougit aussi ; elle lui dit bonjour d'une voix entrecoupée, et Candide lui parla sans savoir ce qu'il disait. Le lendemain après le dîner, comme on sortait de table, Cunégonde et Candide se trouvèrent derrière un paravent ; Cunégonde laissa tomber son mouchoir, Candide le ramassa, elle lui prit innocemment la main, le jeune homme baisa innocemment la main de la jeune demoiselle avec une vivacité, une sensibilité, une grâce toute particulière ; leurs bouches se rencontrèrent, leurs yeux s'enflammèrent, leurs genoux tremblèrent, leurs mains s'égarèrent. M. le baron de Thunder-ten-tronckh passa auprès du paravent, et voyant cette cause et cet effet, chassa Candide du château à grands coups de pied dans le derrière ; Cunégonde s'évanouit ; elle fut souffletée par madame la baronne dès qu'elle fut revenue à elle-même ; et tout fut consterné dans le plus beau et le plus agréable des châteaux possibles.

l-Mise en situation :

1-Situation : *Identification du chapitre : 1 er chapitre de l’œuvre de Voltaire,

Candide ou l’optimisme, publiée en 1759.

*Contenu : Le chapitre nous informe sur les personnages, le lieu et le

temps (le baron indique qu’il s’agit de la période des inégalités sociales) :

Le chapitre remplie la fonction de l’incipit.

2-Typologie : *Genre : conte philosophique… *Type : texte narratif à dominante descriptive : caractérisation, tps verbaux… 3-Focalisation : narrateur omniscient (focalisation zéro) , il connait les soupçons des domestiques sur la bâtardise de Candide (cf. L6-7, p 13) et sait que Candide trouve la jeune Cunégonde très belle (cf. 10-11 p 15) ll-Hypothèse de lecture :

Dans quelle mesure le chapitre en question présente les caractéristiques d’un incipit du conte philosophique ?

lll-Axes de lecture :

1 er axe : L’incipit : fonctions et caractéristiques :

1-Les personnages :

Personnages

Caractérisants

Interprétations

Candide

jeune, doux, droit, simple, attentif, innocent, timide, croit au bonheur…

Identifié par ses relations et ses dépendances, portrait vu par l’entourage de sa personne…

M. Le baron

puissant seigneur, riche.

Défini par les attributs de sa puissance, en plus de sa vanité et sa tyrannie.

M me La baronne

grosse, considérable, honorable, digne, respectable.

Définie par son apparence.

Cunégonde

17 ans, haute en couleur, fraîche, grasse…

Définie par sa sensualité et son désir accablant.

Le fils du baron

Réplique du père

Education et tares héréditaires

Pangloss

Oracle de la maison, le plus grand philosophe…

Défini par son ton doctoral, bavard, sûr de lui, flatteur, au service du pouvoir…

*A quoi peut-on résumer le caractère de chacun de ces personnages ?

-Candide : la candeur. -Cunégonde : la sensualité. -M. Le baron : l’orgueil. -Pangloss : Le bavardage.

*Que représentent M. Le baron et Pangloss du point de vue social ?

-M. le baron représente la politique et l’aristocratie alors que Pangloss représente l’idéologie et la philosophie.

*Qu’est-ce qui caractérise le discours de Pangloss ? Citez le texte.

-Le discours de Pangloss est long et sans logique (cf.§ 1,2 p 14).

2-Le lieu :

*Où se déroulent les faits de ce conte ? Citez le texte.

-D’abord l’action commence dans le château du baron, ensuite Candide va découvrir plusieurs lieux.

3-Le temps :

Y a-t-il dans le texte des indicateurs sur le temps des faits narrés ?

-Il n’y a aucune indication qui précise le temps mais les personnages tel que M. Le baron, laissent prévoir qu’il s’agit du temps de la noblesse et des inégalités sociales.

Remarque :

Peut-on parler d’un incipit ?

-Effectivement, ce chapitre remplit la fonction d’un incipit.

2 ème axe : Les indices d’un conte philosophique :

-Repérez dans le chapitre les éléments qui nous permettent de parler du début d’un conte ?

On a :

la formule : « Il y avait … » qui rappelle le début des contes de fée : « Il était une fois… » le château est le lieu voire le décor par excellence du bonheur et des aventures merveilleuses. Les personnages qui sont réduits à des qualités : candeur, orgueil, sensualité, bavardage… L’absence des indications temporelles souligne l’atemporalité du conte.

Quel est le ton dominant dans ce chapitre ? Justifiez.

 

Exemples

justifications

Tonalité

1-« …son château avait une porte et des fenêtres » § 2 Ch1 p 13

Fausse explication basée sur l’évidence : château ordinaire dévalorisation

ironique

2-« ses palefreniers (valets) étaient aussi ses piqueurs » « Ils l’appelaient tous mon seigneurs » § 2 Ch1 p 13

Les domestiques ont plusieurs emplois : cela contredit la puissance et la noblesse, il est incapable d’avoir autant de valets. Sa puissance ne réside que dans son discours.

 

3-« Pangloss enseignait la méta-physico- cosmolo-nigologie. Il prouvait admirablement qu’il n’y a point d’effets sans causes » § 2 Ch1 p 14

L’expression « nigo » sous entend que le professeur et son élève sont «des nigauds » stupides

-Quelle interprétation donnez-vous à cette ironie ?

Ridiculiser la puissance du baron et de Pangloss. Contester le pouvoir de l’aristocratie et de la philosophie optimiste.

N.B : Il s’agit donc de deux exemples qui relèvent de la dimension philosophique du conte.

lV-Traces écrites :

Idée générale sur la fonction de l’incipit dans un conte philosophique : à part sa fonction ordinaire (lieu, temps, personnages…) il y a présence de l’ironie.

V-Prolongement :

Relevez d’autres caractéristiques concernant le conte philosophique dans les chapitres ll et lll de l’œuvre en question.

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : langue et communication. Durée : 1 heure. Titre : L’argumentation construire un § argumentatif. Compétence visée : l’élève doit être capable de:

1-Observons :

Construire un § argumentatif.

Texte :

Il me paraît presque démontré que les bêtes ne peuvent être de simples machines. Voici ma preuve : dieu leur a fait précisément les mêmes organes de sentiment que les nôtre ; donc, s'ils ne sentent point, dieu a fait un ouvrage inutile. Or dieu de votre aveu même, ne fait rien en vain ; donc il n'a point fabriqué tant d'organes de sentiment pour qu'il n'y eut point de sentiments ; donc les bêtes ne sont point de pures machines.

2-Compréhension et conceptualisation :

Voltaire, lettres philosophiques, 1734.

1-Relevez l'idée directrice de voltaire.

L'idée directrice de voltaire : «

les

bêtes ne peuvent être de simples machines. »

2- Quels sont les arguments avancés par Voltaire ?

les arguments avancés par voltaire :

« dieu leur a fait précisément les mêmes organes de sentiment que les nôtre « dieu de votre aveu même, ne fait rien en vain »

»

3- Exprimez l'expression de la supposition autrement. . J'exprime l'expression de la supposition autrement : supposons qu'ils ne sentent point, dieu a fait un ouvrage inutile.

4- a- Relevez les trois conséquences (conclusions) avancées par voltaire. b- Par quels liens logiques sont-elles introduites ? c- utilisez des liens équivalents pour les remplacer.

Les trois conséquences (conclusions) :

a- « s'ils ne sentent point, dieu a fait un ouvrage inutile. » « il n'a point fabriqué tant d'organes de sentiment pour qu'il n'y eut point de sentiments » « les bêtes ne sont point de pures machines. » b- Ils sont introduites par : « donc ». c- Des liens équivalents : c'est pourquoi, alors, ainsi. (Ces liens ne sont pas interchangeables).

5- a-Relevez un lien logique introduisant une opposition. b- Remplacez-le par un lien équivalent. a- Un lien logique introduisant une opposition : « or ». b- Un lien équivalent : pourtant.

6- Quelle est le thème traité dans le texte ?

Le thème traité dans le texte : preuve de l'intelligence des bêtes.

REMARQUE :

1- définition :

Le paragraphe est une unité typologique(le premier mot est écrit en retrait) qui facilite la saisi du sens. Il contient une idée directrice (idée principale), des arguments, des explications, des exemples et des illustrations.

2-la structure du paragraphe. Dans un paragraphe, on trouve :

a- l'idée principale : chaque paragraphe ne doit contenir qu'une seule idée directrice : il ne faut pas aller dans les détails dès la première phrase car en disant tout on risque de tomber dans le vide. On commence plutôt par une généralité pour pouvoir la développer par la suite… b- les arguments : sans arguments qui, viennent pour soutenir l'idée directrice, il n'y a point d'argumentation. Les arguments servent à justifier ou à expliquer l'idée avancée au début du paragraphe pour la valider. c- les exemples : avec les explications, elles servent à illustrer les arguments avancés et à les concrétiser. d- la conclusion : peut être un rappel de l'idée directrice ou une ouverture élargissant le raisonnement vers un paragraphe suivant.

3- l'ordre du paragraphe :

a- le point de vue ouvre le raisonnement, qui sera suivit par les arguments et les illustrations :

explications et exemples. b- le point de vue vient comme le couronnement d'un raisonnement : c'est une conséquence des arguments qui lui précédent.

3-Production :

les voitures polluent l'atmosphère.

L’argent fait le bonheur.

Appartenir à une classe sociale précise détermine la valeur d’une personne…

La cigarette tue.

la publicité développe l'économie.

Consigne d'écriture : développez un paragraphe argumentatif en utilisant la même structure vue dans le texte de voltaire.

4-Appropriation :

Texte 1 :

après bien des observations sur la nature, faites avec mes cinq sens, des lunettes, des microscopes, je dis un jour à M. Idrac : « on se moque de nous ; il y' a point de nature, tout est art : c'est par un art admirable que toutes les planètes dansent régulièrement autour du soleil, tandis que le soleil fait la roue sur lui-même. »

Voltaire, les oreilles du comte de Chesterfield, 1775.

Questions :

1- a-où se situe le point de vue de voltaire ? b- relevez-là. 2- relevez une explication. Joue-t-elle un rôle d'illustration ou d'argument ? 3- y'a-t-il une ironie dans le raisonnement de voltaire ? Justifiez votre réponse.

Réponses :

1. a- le point de vue de voltaire se situe au milieu du texte.

b- «

il y' a point de nature, tout est art. »

2. une explication : «

Régulièrement autour du soleil, tandis que le soleil fait la roue sur lui-même. » Elle joue un rôle d'argument.

c'est

par un art admirable que toutes les planètes dansent

3.

une ironie dans le raisonnement de voltaire existe bel et bien : un « soleil (qui) fait la roue sur

lui-même. » et des « planètes dansent » sont une façon amusante de traiter un sujet aussi sérieux que celui de la création ! Malin (dans le bon sens).Voltaire

Texte 2. Il est évident que vingt voleurs vigoureux, condamnés à travailler aux ouvrages publics toute leur vie, servent à l'état par leur supplice, et que leur mort ne fait du bien qu'au bourreau, que l'on paye pour tuer les gens en public. Rarement les voleurs sont-ils punis de mort en Angleterre, on les transporte dans les colonies. il en est de même dans les vastes états de la Russie, on n'a exécuté aucun criminel sous l'empire de l'autocratrice* Elisabeth… les crimes ne sont point multipliés par cette humanité, et il arrive presque toujours que les coupables relégués en Sibérie y deviennent gens de bien. On remarque la même chose dans les colonies anglaises. Ce changement heureux nous étonne, mais rien n'est plus naturel. Ces condamnés sont forcés à un travail continuel pour vivre. Les occasions du vice leur manquent : ils se marient, ils peuplent. Voltaire, commentaire sur l'ouvrage « des délits et des peines. (1766).

Questions :

1-a- quelle est l'idée directrice ? b- où se trouve-t-elle ? 2- repérez et relevez tous les arguments avancés par voltaire. 3- combien d'exemples donne-t-il pour illustrer ses arguments ? Relevez-les. 4- a la fin du paragraphe, voltaire introduit une explication, par quel élément de la ponctuation le fait-il ?

Réponses :

1. l’idée directrice :

a- « il est évident que vingt voleurs vigoureux, condamnés à travailler aux ouvrages publics toute leur vie, servent à l'état par leur supplice, et que leur mort ne fait du bien qu'au bourreau, que l'on paye pour tuer les gens en public. ».

b- elle se trouve au début du texte.

2.

les arguments avancés par voltaire :

«

les crimes ne sont point multipliés par cette humanité,

»

«

les

coupables relégués en Sibérie y deviennent gens de bien. »,

«

les occasions du vice leur manquent

».

3.

pour illustrer ses arguments, il donne deux exemples : « rarement les voleurs sont-ils punis de

mort en Angleterre,

4. voltaire introduit une explication en utilisant les deux points (:) «

peuplent » Texte 3. La famine, la peste et la guerre sont les trois ingrédients les plus fameux de ce bas monde. On peut ranger dans la classe de la famine toutes les mauvaises nourritures ou la disette nous force d'avoir recours pour abréger nôtre vie dans l'espérance de la soutenir. On comprend dans la peste toutes les maladies contagieuses, qui sont au nombre de deux ou trois mille. Ces deux présents nous viennent de la providence. Mais la guerre, qui réunit tous ces dons, nous vienne de l'imagination de trois ou quatre cents personnes répandues sur la surface de ce globe sous le nom de princes ou de ministres. (…) Ce qu'il y'a de pis, c'est que la guerre est un fléau inévitable. Voltaire, article« guerre », dictionnaire philosophique(1764).

Questions :

1. a- où se repère le point de vue de voltaire ? b- relevez-la.

2. relevez les explications utilisées par voltaire.

3. relevez une antiphrase du texte.

», « il en est de même dans les vastes états de la Russie,

»

: ils se marient, ils

Réponses :

1. a- le point de vue de voltaire se repère à la fin du texte.

b- le point de vue : «

la

guerre est un fléau inévitable. »

2. les explications utilisées par voltaire :

« on peut ranger dans la classe de la famine toutes les mauvaises nourritures ou la disette nous force d'avoir recours pour abréger nôtre vie dans l'espérance de la soutenir. »

« on comprend dans la peste toutes les maladies contagieuses, qui sont au nombre de deux ou trois mille. »

3. une antiphrase du texte : « ces deux présents nous viennent de la providence. »

4. voltaire établit la différence entre la guerre, la famine et la peste pour montrer que la guerre, à la

différence de la famine et de la peste (fruit de la providence), elle vient des hommes.

Source : Marocagreg/Rachid Idoubiya

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : A.P.E. Durée : 1 heure. Sujet : Croyez-vous que les origines familiales sont suffisantes pour déterminer la valeur d’une personne. Compétence visée : l’élève doit être capable de:

rédiger un essai (réussir une introduction)

1 ère phase : *lecture du sujet et repérage des mots-clés.

*Identification du type de texte à produire : texte argumentatif.

*rappel des étapes d’un texte argumentatif

argumentatif. *rappel des étapes d’un texte argumentatif N.B : Qu’est-ce qu’un essai ? attirer l’attention sur

N.B : Qu’est-ce qu’un essai ?

attirer l’attention sur le genre du texte à réaliser : essai

l’attention sur le genre du texte à réaliser : essai Texte argumentatif se composant de trois

Texte argumentatif se composant de trois étapes bien distinctes :

L’Introduction est composée de trois parties:

1) Le sujet amené: reprenez le sujet avec vos propres mots. Vous pouvez lui apporter une touche personnelle en le situant dans le temps et/ou dans l'espace. Dites, par exemple, si le problème posé dans le sujet est en adéquation avec votre époque et avec votre contexte culturel et/ou géographique. 2) Le sujet posé: essayez de dégager de ce sujet une problématique, c'est-à-dire la question essentielle qui est sous-entendue dans le sujet amené. 3) Le sujet divisé: exposez brièvement votre plan. Cette partie va vous permettre de guider le lecteur dans votre développement: vous lui annoncez de quoi vous allez parler et dans quel ordre. Vous devez donc énumérer, en une

phrase, les deux ou trois idées essentielles que vous allez traiter: Nous débuterons cette argumentation par

pour

démontrer que

Enfin, nous nous pencherons sur

En clair, essayez de donner une articulation à vos différentes

parties.

Faire le développement :

Limitez-vous à un développement en deux ou trois parties qui correspondent à vos idées essentielles.

- chaque partie du développement correspond à une idée essentielle, donc à un paragraphe.

- chaque partie du développement doit être clairement détachée du reste du travail. Il est donc nécessaire de sauter une ligne entre chaque partie. Enfin, n'hésitez pas à sauter deux lignes pour encore mieux détacher l'ensemble du développement de l'introduction et de la conclusion.

- les différentes parties doivent être équilibrées: elles doivent avoir, plus ou moins, la même longueur.

- les règles de rédaction de chacune des parties sont les mêmes.

- les idées essentielles doivent être suffisamment éloignées des autres (pour / contre, cause / conséquence retrouve pas d'éléments identiques ou similaires dans les différentes parties.

) afin que le lecteur ne

La rédaction d'une partie répond généralement aux règles suivantes:

- énonciation de l'idée essentielle: vous devez exposer, dès la première phrase, votre première idée essentielle.

- argumentation (idée secondaire): votre idée essentielle peut être divisée en plusieurs idées secondaires. Traitées l'une après l'autre, ces idées secondaires vont vous permettre d'argumenter et d'aborder en détail les différents éléments de votre idée essentielle.

- illustration / exemple: il est important d'illustrer la première idée secondaire avec un exemple tiré de votre expérience personnelle et/ou de votre culture générale.

Faire la conclusion :

La conclusion constitue la dernière partie de votre travail. Il est important d'y apporter grand soin afin de laisser le lecteur sur une bonne impression. La conclusion est généralement composée de deux parties:

1) une synthèse de l'ensemble de votre développement: Vous reprenez ici, sans les répéter, les éléments qui vous paraissent les plus marquants de votre travail. Il s'agit, par exemple, de peser le pour et le contre des idées essentielles que vous avez développées, et qui peuvent représenter deux points de vue différents. C'est à vous d'y apporter une nuance, d'en tirer une leçon, une morale et d'en faire part au lecteur. 2) une ouverture au sujet que l'on vous a proposé au départ: Proposez au lecteur une nouvelle piste de réflexion à partir du sujet initial. Reformulez cette nouvelle piste, cette ouverture, comme s'il s'agissait d'un nouveau sujet d'essai argumentatif.

N.B : *Attirer l’attention sur le rôle important des liens logiques et des exemples (argumentatif ou illustratif) qui doivent accompagner chaque argument un seul exemple pour chaque argument. *Respecter l’alinéa : sauter une ligne après chaque §.

2 ème phase :

N.B : *accorder aux élèves un moment pour travailler individuellement (se focaliser sur l’introduction). *faire lire quelques introductions. *passer au travail collectif soit en choisissant une introduction parmi celle lue et l’affiner, soit préparer une autre collectivement.

Application :

Introduction : Amorcer le sujet : Certaines personnes croient encore que l’origine d’une famille lui donne : Amorcer le sujet : Certaines personnes croient encore que l’origine d’une famille lui donne le droit d’être trop valorisée… Problématiser : C’est pourquoi il faut se demander si cette croyance est rationnelle / logique / acceptable… Plan : Face à cette situation, nous allons en premier temps montrer que les origines d’une personne(ne) sont (pas) source de sa valeur… Puis nous aborderons ce sujet du point de vue psychique afin de montrer son impact sur la psychologie de la personne qui y croit.

Développement : Certes, certaines personnes sont tops attachées à leurs origines fami- liales. En premier lieu, : Certes, certaines personnes sont tops attachées à leurs origines fami- liales. En premier lieu, ……………………………… En second lieu, ……………………………………… Puis, …………………………………………… En plus, ……………………………………………. D’ailleurs, ………………………………………. Enfin, …………………………………………

Exemples de qqs argts : - croire à ses ancêtres et aux gloires qu’ils ont réalisées + exple -énumérer les postes qu’ils ont occupés pendant une durée bien déterminée + exple. -rappeler certains liens avec d’autres familles qui ont un certain pouvoir et une certaine influence dans le pays + exple. -se croire être capable de réaliser certaines tâches et fonctions Juste parce qu’on a un nom de famille bien connu + exple.

Or, cette manière de réfléchir n’est plus acceptable de nos jours. Ces personnes ont des troubles psychiques. Si on consulte un psychologue il n’hésitera guère de les qualifier et de les catégoriser parmi des malades psychiques qui ont besoin d’un traitement peut-être de longue durée. D’une part, ……………………………………….

D’autre part, ………………………………

En plus, ……………………………

Exemples de qqs arguments : -Ces personnes vivent loin de la réalité quotidienne + exple -Elles sont incapables de s’intégrer dans la nouvelle société qui fait abstraction aux racines en faveur du travail, de la réussite et de la gloire personnelle +exple. -Ces gens sont incapables de réussir leur vie seuls, ils chantent les réussites de leurs aïeuls afin d’aboutir à leurs objectifs + exple. -C’est à cause de leurs familles et de la protection dont ils bénéficient ainsi que de fausses idées qu’ils leur inculquent que ces personnes se soumettent à leurs chimères + exple.

Conclusion : En général /Bref/ Pour résumer… : En général /Bref/ Pour résumer…

+ exple. Conclusion : En général /Bref/ Pour résumer… Être d’origine de n’importe quelle famille importe

Être d’origine de n’importe quelle famille importe peu ; ce qui très important c’est……………. + fermer le sujet par une idée qui peut ouvrir un autre débat / sujet argumentatif.

Remarque : Le sujet se focalisera sur la manière de préparer une introduction d’un essai mais si le profil de la classe s’avère bien, il est utile de travailler tout le sujet. Dans le cas contraire, on procédera à d’autres sujets et on effectuera des travaux de groupes sous formes d’atelier d’écriture juste pour l’introduction.

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : Lecture méthodique Support : Candide … Voltaire Extrait 2 : chapitre lll Durée : 2 heures Compétence visée : l’élève doit être capable de:

relever les procédés de la critique que l’auteur adresse à la guerre.

Extrait 2 : Chapitre 3

COMMENT CANDIDE SE SAUVA D'ENTRE LES BULGARES, ET CE QU'IL DEVINT

Rien n'était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu'il n'y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent d'abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d'hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu'il put pendant cette boucherie héroïque.

Enfin, tandis que les deux rois faisaient chanter des Te Deum chacun dans son camp, il prit le parti d'aller raisonner ailleurs des effets et des causes. Il passa par-dessus des tas de morts et de mourants, et gagna d'abord un village voisin ; il était en cendres :

c'était un village abare que les Bulgares avaient brûlé, selon les lois du droit public. Ici des vieillards criblés de coups regardaient mourir leurs femmes égorgées, qui tenaient leurs enfants à leurs mamelles sanglantes ; là des filles éventrées après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros rendaient les derniers soupirs ; d'autres, à demi brûlées, criaient qu'on achevât de leur donner la mort. Des cervelles étaient répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupés.

Candide s'enfuit au plus vite dans un autre village : il appartenait à des Bulgares, et des héros abares l'avaient traité de même. Candide, toujours marchant sur des membres palpitants ou à travers des ruines, arriva enfin hors du théâtre de la guerre, portant quelques petites provisions dans son bissac, et n'oubliant jamais Mlle Cunégonde. Ses provisions lui manquèrent quand il fut en Hollande ; mais ayant entendu dire que tout le monde était riche dans ce pays-là, et qu'on y était chrétien, il ne douta pas qu'on ne le traitât aussi bien qu'il l'avait été dans le château de monsieur le baron avant qu'il en eût été chassé pour les beaux yeux de Mlle Cunégonde.

Il demanda l'aumône à plusieurs graves personnages, qui lui répondirent tous que, s'il continuait à faire ce métier, on l'enfermerait dans une maison de correction pour lui apprendre à vivre.

Il s'adressa ensuite à un homme qui venait de parler tout seul une heure de suite sur la charité dans une grande assemblée. Cet orateur, le regardant de travers, lui dit : « Que venez-vous faire ici ? y êtes-vous pour la bonne cause ?

- Il n'y a point d'effet sans cause, répondit modestement Candide, tout est enchaîné nécessairement et arrangé pour le mieux. Il a fallu que je fusse chassé d'auprès de Mlle Cunégonde, que j'aie passé par les baguettes, et il faut que je demande mon pain

jusqu'à ce que je puisse en gagner ; tout cela ne pouvait être autrement. - Mon ami, lui dit l'orateur, croyez-vous que le pape soit l'Antéchrist ?

- Je ne l'avais pas encore entendu dire, répondit Candide ; mais qu'il le soit ou qu'il ne le soit pas, je manque de pain.

- Tu ne mérites pas d'en manger, dit l'autre ; va, coquin, va, misérable, ne m'approche de ta vie. » La femme de l'orateur, ayant

mis la tête à la fenêtre et avisant un homme qui doutait que le pape fût antéchrist, lui répandit sur le chef un plein quel excès se porte le zèle de la religion dans les dames !

O ciel ! à

Un homme qui n'avait point été baptisé, un bon anabaptiste, nommé Jacques, vit la manière cruelle et ignominieuse dont on traitait ainsi un de ses frères, un être à deux pieds sans plumes, qui avait une âme ; il l'amena chez lui, le nettoya, lui donna du pain et de la bière, lui fit présent de deux florins, et voulut même lui apprendre à travailler dans ses manufactures aux étoffes de Perse qu'on fabrique en Hollande. Candide, se prosternant presque devant lui, s'écriait : « Maître Pangloss me l'avait bien dit que tout est au mieux dans ce monde, car je suis infiniment plus touché de votre extrême générosité que de la dureté de ce monsieur à manteau noir et de madame son épouse. »

Le lendemain, en se promenant, il rencontra un gueux tout couvert de pustules, les yeux morts, le bout du nez rongé, la bouche de travers, les dents noires, et parlant de la gorge, tourmenté d'une toux violente et crachant une dent à chaque effort.

l-Mise en situation :

Situer le passage en question :

Situation : chassé du paradis terrestre (le château), Candide tombe entre les mains des

Bulgares et assiste au pire des fléaux qui ravagent la terre, la guerre.

Identifiez la typologie de ce texte en justifiant votre réponse.

Extrait narratif descriptif :*§ 1 : Description de l’armée en utilisant des caractérisants (adjs), qqs

figures de style (voir §), en plus de l’impft. *§ 2 : Narration en utilisant le passé simple avec le respect de la chro -nologie.

De quelle focalisation s’agit-il ?

Qui voit ? Qui rapporte les faits ?

C’est Candide. C’est le narrateur.

rapporte les faits ? C’est Candide. C’est le narrateur. Focalisation interne. ll-Hypothèse de lecture : Qu’est
rapporte les faits ? C’est Candide. C’est le narrateur. Focalisation interne. ll-Hypothèse de lecture : Qu’est

Focalisation interne.

ll-Hypothèse de lecture :

Qu’est ce qui fait de ce chapitre une dénonciation de la guerre, du fanatisme et des dogmes ?

lll-Axes de lecture :

1 er axe : La guerre est absurde et atroce :

*Comment Candide perçoit-il la guerre ? Pourquoi ? Il la perçoit avec naïveté vu qu’il était habitué à une vie paisible dans un environnement Rassurant.

*Relevez les champs lexicaux qui caractérisent cette guerre.

Champ lexical de la musique

Champ lexical de la guerre

Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours…

Les canons, les mousqueteries, la baïonnette, les morts…

*Quelle est l’image qui se laisse dégager de cette description ? Qui s’y cache derrière ? C’est une image absurde et illogique qui se laisse dégager. Ici, c’est Voltaire, d’un œil ironique, qui critique les boucheries opposant les Abares (les Mongols) et les Bulgares (tributs sans origines intégrées au 14 ème S dans l’empire turc et russe) Parmi les indices de l’ironie trouvons-nous :

Beau, cf. L 1 p 19. cf. L 1 p 19.

Purificateur, cf. L 6 p 19. cf. L 6 p 19.

Juste, cf. L 4 p 19. cf. L 4 p 19.

*Où résident la stupidité et l’absurdité de la guerre ? Justifiez par le texte. La guerre est organisée, d’abord sous forme d’une fête. En plus on porte un désintérêt total aux victimes.

Exples : cf. § 1 L 1 , 2 , 3 _ § 2 L 4 , 5 1 L 1, 2, 3 _ § 2 L 4, 5

*Repérez toutes les figures de style qui dénoncent la guerre. L’accumulation : cf. § 1 L 1 p 19. L’antithèse : cf. L 2-3 p 19. L’oxymore : cf. L 12 p 19. L’euphémisme : cf. L 6 p 19 : « … la mousqueterie ôta… » « … tua… »

*Quel est le ton dominant dans ces deux § ? Justifiez. Le ton ironique. Cf. support pour justification

Rque : Qu’en est-il pour l’optimisme de Candide ? Justifiez. Candide commence à découvrir la réalité de la vie et le vrai tableau commence à se dessiner devant lui. Il va commencer à remettre en question ce qu’il apprit de Pangloss Ex : cf. L 6, 11, 15 p 19 _ L 5 p20

2 ème axe : dénonciation du fanatisme et des dogmes dans toutes leurs formes.

Devant tout ce qu’il a vu, comment devient candide ? Pourquoi ? Il est étonné, terrifié… «Candide, qui tremblait comme un philosophe, … » cf. § 1 L 11 p19 vu Qu’il pensera juste après à remettre en question le rôle de l’intellectuel surtout les dogmes et les principes de Pangloss.

Relevez dans le texte les formes dogmatiques et fanatiques citées par le narrateur. 1_Le fanatisme politique : les deux rois qui visent à détruire tout ce qui est dans l’autre camp.

Cf. § 2 L 13 p 19.

2_ Le fanatisme religieux : *Chanter des Te Deum pour célébrer la victoire. Cf. § 2 p19. * Le comportement de l’orateur avec Candide qui refuse de l’aider car ce dernier n’embrasse pas les mêmes idées que lui. Cf. L17 L35 p20

Par quoi s’achève l’aventure de Candide ? Par rencontrer Jacques l’anabaptiste. Cf. 37 P 20.

Etablissez une comparaison entre l’orateur et jacques :

Jacques l’anabaptiste

L’orateur

Il ne parle pas, il ne professe aucune foi (pratiquer une religion), sa réaction est dictée par l’humanité, la fraternité et la pitié. Cf. L 36p20.

Phraseur, professionnel du discours, aucun rapport entre ses paroles et ses actes, obsédé par sa haine envers le Pape. Cf. L 17 p20.

Commenter le tableau ci-dessus :

Contrairement au fanatisme religieux incarné par le discours de l’orateur, Voltaire oppose le modèle de la tolérance et du véritable humanisme qui émane de Jacques. C’est une critique grinçante du fanatisme de façon ironique.

lV-Traces écrites :

Cf axes. V-Prolongement :

Cherchez d’autres formes fanatiques que Voltaire a ciblées dans les chapitres qui suivent.

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : langue et communication. Durée : 1heure. Titre : L’argumentation Les connecteurs logiques. Compétence visée : l’élève doit être capable de:

reconnaitre et réemployer les connecteurs logiques.

1-Observons :

a- « comme nous sommes grands amis, il me fit confidence de son amour. »(Molière) b- « un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. »(Lamartine) c- « pour grands que sont les rois, ils sont ce que nous sommes. » (Corneille) d- la critique est facile mais l'art est difficile. e-« on travaille parce qu'on a besoin de manger.» (S.well). f- il est tombé, c'est pourquoi on a dû l'emmener à l'hôpital. g-malgré son âge cet ancien athlète est toujours en forme. h- c'est parce qu'ils avaient trop peur de vaincre qu'ils échoué. i- les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. j- je m'inquiète pour toi car tu ne me donnes aucune nouvelle. k- je joue, j'écoute, donc je comprends. l-« il était généreux quoiqu'il fût économe. » (Victor Hugo) m- « je ne fais pas le bien que j'aime et je fais le mal que je hais. » (Racine)

2-Conceptualisation :

a-Relevez les liens logiques contenus dans les phrases ci-dessus :

b-Placez chaque lien logique dans la case qui lui convient, dans le tableau ci-dessous :

Rapports logiques

la cause

la conséquence

le but

l'opposition

la concession

liens logiques

3-Production :

Construisez des phrases contenant des liens logiques à partir de ce qui est indiqué ci-dessous :

La cause, la conséquence, le but, l’opposition, la concession.

4-Appropriation :

Texte1 :

Dans le texte suivant les liens logiques entre les phrases sont implicites. Explicitez-les. « Je ne pense pas que l'importance de la science dans notre société signifie la fin de l'art et de la littérature. La science donne à l'homme un pouvoir grandissant sur le monde extérieur ; la littérature l'aide à mettre l'ordre dans son monde intérieur. Les deux fonctions sont indispensables. » (A. Maurois)

Texte : 2 Relevez les liens logiques explicites du texte et dites quelle est leurs relations logiques. Y’a-t-il des liens implicites dans le texte ? « Toutes les lectures ne se valent pas, mais n'importe laquelle vaut mieux que pas de lecture du tout. Lire un journal, c'est mieux que se laisser imbiber passivement par le ronronnement audiovisuel ; lire un mauvais livre, c'est mieux que pas de livre du tout, parce que la lecture appelle la lecture, et que la « mauvaise » finira toujours par entraîner la bonne. » François Nourissier, Le Figaro magasine, 1992.

Retenir :

1- Un texte n'est pas seulement une suite de phrases et de paragraphes, il est organisé selon une logique et une progression. les idées s'enchainent donc selon des rapports bien définis. 2- Dans un texte argumentatif, les idées entretiennent des relations logiques grâce à l'emploi des liens logiques explicites ou implicites. ces derniers peuvent exprimer l'opposition, l'addition, la concession, la cause, la conséquence, etc. elles permettent d'organiser et de comprendre la logique interne du texte. 3- Pour souligner la relation logique qui unit les phrases entre elles, de nombreux mots, adverbes ou locution adverbiales, conjonction de coordinations ou de subordination sont constamment utilisés. 5-Prolongement :

Pour chaque relation logique emploie cinq liens logiques dans cinq phrases différentes.

RELATION LOGIQUE SOULIGNÉE

TERMES D'ARTICULATION UTILISÉS

Indiquer une cause

parce que, car, en effet, puisque, vu que, à cause de, sous prétexte que, en raison de, etc.

Indiquer une conséquence

donc, ainsi, c'est pourquoi, si bien que, en conséquence, par conséquent, aussi, etc.

Opposer

or, mais, pourtant, cependant, toutefois, néanmoins, en revanche, alors que, etc.

Justifier

pour, afin de, afin que, dans le but de, etc.

Concéder

bien que, certes, c'est vrai que, sans doute.

Expliquer

en d'outres termes, c'est-à-dire, d'ailleurs.

Illustrer

par exemple, notamment, comme, c'est le cas de, etc.

Ajouter

d'une part…d'autre part, d'abord, ensuite en fin, en outre, de plus, puis, d'un côté d'un autre côté, etc.

Source : Marocagreg/Rachid Idoubiya

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : A. Orales (exposé) Sujet : la guerre de nos jours : causes et conséquences Compétences visées : l’élève doit être capable de:

débattre d’un sujet d’ordre social, économique, politique…

justifier et argumenter son point de vue.

Parler librement devant un auditoire.

1 ère phase :

Communiquer le sujet en avance aux élèves pour le préparer à domicile.

Cibler un volontaire pour qu’il prépare le sujet et le débat.

2 ème phase :

Orienter les élèves pour que leur travail soit bien ciblé :

les élèves pour que leur travail soit bien ciblé : Plan de l’exposé : La guerre

Plan de l’exposé :

La guerre : historique : phénomène récent ? ancien ? Ses causes : sur le plan économique…. ………… politique… ………… social…. Ses conséquences : politiques, économiques, sociales… Quelques solutions : *développer la communication entre les peuples… comment… ? *combattre l’analphabétisme dans certains pays pour lutter contre les dictatures… *dépasser les intérêts personnels en faveur des intérêts du peuple…

3 ème phase :

Bilan du débat.

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : A.P.E. Durée : 1 heure. Sujet : Le monde de nos jours est ravagé par de nombreux fléaux (guerres, maladies…) qui engendreront sûrement la disparition de l’être humain. Rédigez un texte argumentatif dans lequel vous dénoncez ces conditions. Compétences visées : l’élève doit être capable de/d’ :

rédiger un texte argumentatif (réquisitoire) selon le plan analytique.

exploiter les liens logiques convenablement

1 ère phase :

Lecture du sujet et repérage des mots-clés. Identification du type de texte à produire : texte argumentatif Rappeler les critères d’un texte argumentatif : thèse, liens logiques, exemples…

Identification du plan à respecter : *causes *conséquences *solutions

du plan à respecter : *causes *conséquences *solutions Plan analytique . 2 è m e phase

Plan analytique.

2 ème phase :

Travail collectif : la chasse aux idées sur le tableau :

3 ème phase :

de nos jours, le monde est de plus en plus infecté. Des maladies incurables par là, des guerres par-ci… *Problématiser :

C’est pourquoi il faut se demander si la race humaine ne court pas rapidement à sa fin sans penser à s’en sortir et vivre dans la paix. *Annoncer le plan :

Cela nous pousse à réfléchir sur les causes ; les conséquences sans oublier de proposer quelques solutions.

Introduction : *Amener le sujet par une idée générale :

Développement :

Les causes :

Certes, l’homme court rapidement à sa perte…

Il n’est pas satisfait de sa situation… + exemple…causes : Certes, l’homme court rapidement à sa perte… Il ne cherche qu’à s’enrichir … +

Il ne cherche qu’à s’enrichir … + … exemple…Il n’est pas satisfait de sa situation… + exemple… Il ne pense qu’à ses intérêts personnels

Il ne pense qu’à ses intérêts personnels surtout sur le plan économique… + exemple…Il ne cherche qu’à s’enrichir … + … exemple… Le plus fort n’a qu’un seul objectif

Le plus fort n’a qu’un seul objectif : assujettir le faible et l’exploiter… + exemple…personnels surtout sur le plan économique… + exemple… Les conséquences : Naissance des conflits entre les

Les conséquences :

Naissance des conflits entre les peuples… + exemple …faible et l’exploiter… + exemple… Les conséquences : Absence de communication et recourt à la violence

Absence de communication et recourt à la violence entre les nations … + exemple…: Naissance des conflits entre les peuples… + exemple … Destruction des infrastructures des pays… +

Destruction des infrastructures des pays… + exemple …et recourt à la violence entre les nations … + exemple… Anéantissement total des valeurs humaines

Anéantissement total des valeurs humaines nobles… + exemple…et recourt à la violence entre les nations … + exemple… Destruction des infrastructures des pays…

Quelques solutions :

Encourager la paix et veiller sur sa propagation dans le monde…Quelques solutions : Penser à l’intérêt commun et écarter tout ce qui personnel… Ouvrir le dialogue

Penser à l’intérêt commun et écarter tout ce qui personnel…la paix et veiller sur sa propagation dans le monde… Ouvrir le dialogue entre les peuples

Ouvrir le dialogue entre les peuples malgré la différence des religions, des langues…à l’intérêt commun et écarter tout ce qui personnel… Détruire les frontières entre les nations et

Détruire les frontières entre les nations et encourager le déplacement entre les pays…peuples malgré la différence des religions, des langues… ☺ ☺ ☺ ☺ Conclusion : Conclure par

Conclusion :

Conclure par une idée générale en laissant le sujet ouvert :

Bref, si l’Homme continue à réfléchir ainsi, il court certainement à la perte de son espèce… Il doit revoir sa manière d’agir … mais avec le conflit d’intérêt le pourra-t-il ?par une idée générale en laissant le sujet ouvert : Remarque : Le travail se fera

Remarque :

Le travail se fera au début individuellement en accordant un peu de temps aux élèves pour réaliser au moins l’introduction, puis on passera au travail collectif sur le tableau.

Niveau : 2 è m e A.bac. Séance : Lecture méthodique Support : Candide …

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : Lecture méthodique Support : Candide … Voltaire Extrait 3 : chapitre XVlll p 69 Extrait : « Après cette longue…. à sa majesté » Durée : 2 heures. Compétence visée : l’élève doit être capable d’:

identifier les caractéristiques de l’utopie dans l’Eldorado.

Extrait 3 : Chapitre XVΙΙΙ.

Ce qu’ils virent dans le pas d’Eldorado

[…] Après cette longue conversation, le bon vieillard fit atteler un carrosse à six moutons, et donna douze de ses domestiques aux deux voyageurs pour les conduire à la cour : « Excusez-moi, leur dit-il, si mon âge me prive de l'honneur de vous accompagner. Le roi vous recevra d'une manière dont vous ne serez pas mécontents, et vous pardonnerez sans doute aux usages du pays s'il y en a quelques-uns qui vous déplaisent. »

Candide et Cacambo montent en carrosse ; les six moutons volaient, et en moins de quatre heures on arriva au palais du roi, situé à un bout de la capitale. Le portail était de deux cent vingt pieds de haut et de cent de large ; il est impossible d'exprimer quelle en était la matière. On voit assez quelle supériorité prodigieuse elle devait avoir sur ces cailloux et sur ce sable que nous nommons or et pierreries.

Vingt belles filles de la garde reçurent Candide et Cacambo à la descente du carrosse, les conduisirent aux bains, les vêtirent de robes d'un tissu de duvet de colibri ; après quoi les grands officiers et les grandes officières de la couronne les menèrent à l'appartement de Sa Majesté, au milieu de deux files chacune de mille musiciens, selon l'usage ordinaire. Quand ils approchèrent de la salle du trône, Cacambo demanda à un grand officier comment il fallait s'y prendre pour saluer Sa Majesté ; si on se jetait à genoux ou ventre à terre ; si on mettait les mains sur la tête ou sur le derrière ; si on léchait la poussière de la salle ; en un mot, quelle était la cérémonie. « L'usage, dit le grand officier, est d'embrasser le roi et de le baiser des deux côtés. » Candide et Cacambo sautèrent au cou de Sa Majesté, qui les reçut avec toute la grâce imaginable et qui les pria poliment à souper. En attendant, on leur fit voir la ville, les édifices publics élevés jusqu'aux nues, les marchés ornés de mille colonnes, les fontaines d'eau pure, les fontaines d'eau rose, celles de liqueurs de canne de sucre, qui coulaient continuellement dans de grandes places, pavées d'une espèce de pierreries qui répandaient une odeur semblable à celle du girofle et de la cannelle. Candide demanda à voir la cour de justice, le parlement ; on lui dit qu'il n'y en avait point, et qu'on ne plaidait jamais. Il s'informa s'il y avait des prisons, et on lui dit que non. Ce qui le surprit davantage, et qui lui fit le plus de plaisir, ce fut le palais des sciences, dans lequel il vit une galerie de deux mille pas, toute pleine d'instruments de mathématique et de physique.

Après avoir parcouru, toute l'après-dînée, à peu près la millième partie de la ville, on les ramena chez le roi. Candide se mit à table entre Sa Majesté, son valet Cacambo et plusieurs dames. Jamais on ne fit meilleure chère, et jamais on n'eut plus d'esprit à souper qu'en eut Sa Majesté. Cacambo expliquait les bons mots du roi à Candide, et quoique traduits, ils paraissaient toujours des bons mots. De tout ce qui étonnait Candide, ce n'était pas ce qui l'étonna le moins.

Ils passèrent un mois dans cet hospice. Candide ne cessait de dire à Cacambo : « Il est vrai, mon ami, encore une fois, que le château où je suis né ne vaut pas le pays où nous sommes ; mais enfin Mlle Cunégonde n'y est pas, et vous avez sans doute quelque maîtresse en Europe. Si nous restons ici, nous n'y serons que comme les autres ; au lieu que si nous retournons dans notre monde seulement avec douze moutons chargés de cailloux d'Eldorado, nous serons plus riches que tous les rois ensemble, nous n'aurons plus d'inquisiteurs à craindre, et nous pourrons aisément reprendre Mlle Cunégonde. » Ce discours plut à Cacambo : on aime tant à courir, à se faire valoir chez les siens, à faire parade de ce qu'on a vu dans ses voyages, que les deux heureux résolurent de ne plus l'être et de demander leur congé à Sa Majesté.

l-Mise en situation :

a-Situez le passage en question.

Situation : après s’être échappés des oreillons, candide et Cacambo découvre un pays de merveilles : l’Eldorado.

b-Typologie : Quel est le type de ce passage ? Justifiez. c’est un texte à dominante narrative : présence du passé simple, en plus de l’impft (cf. texte).

c-Point de vue : De quelle focalisation s’agit-il ? Justifiez. il s’agit de la focalisation interne : le narrateur sait autant que ses personnages. Il raconte tout ce qu’ils (les personnages) savent, en plus de la présence des verbes de perception et des indicateurs de l’espace (Cf. extrait).

ll-Hypothèse de lecture :

Qu’est ce qui fait de ce passage un appel clair à un monde idéal (utopique) remplaçant une réalité atroce ?

lll-Axes de lecture :

1 er axe : Un monde utopique difficile à réaliser :

Par quoi se termine la rencontre de Candide avec le bon vieillard ? Justifiez.

Se sont séparés gentiment et avoir de beaux cadeaux… Cf. § 1 p 71.

Comment jugez-vous le comportement du bon vieillard avec Candide ? y a-t-il des personnes pareilles dans notre monde réel ? Justifiez.

Donner l’occasion aux élèves de s’exprimer…

Qui reçoit Candide et son ami juste après ? Justifiez.

Le roi de L’Eldorado. Cf. § 3 p 71

Comment se comporte-t-il avec eux ? Justifiez.

Presque de la même façon que le vieillard. Cf. § 3 p 71

Etablissez une comparaison entre le bon vieillard et le roi dans l’Eldorado vis-à-vis Candide et son ami :

Le vieillard

Le roi

Bon, généreux, poli… Cf.§ 1 p71

Gracieux, poli, généreux… Cf. L 1 p72, §2 p 72

Relevez les figures de style qui caractérisent les deux personnages.

Cf extrait p 71-72

Quel est l’objectif du narrateur en faisant rencontrer Candide avec le vieillard et le roi ?

Montrer qu’il n’y a pas de différence entre les gens quelle que soit leur classe sociale…

Par quoi se termine la rencontre du roi ?

Par visiter la ville. Cf. § 1 p72.

Qu’est ce qui caractérise cette ville ? Comparez-la avec une ville moderne de nos jours.

Ville de l’Eldorado

Ville moderne de nos jours

pays cultivé pour le plaisir comme pour le besoin.guerres.

guerres.pays cultivé pour le plaisir comme pour le besoin.

brigands.cultivé pour le plaisir comme pour le besoin. guerres. utile et souvent agréable. sauvages. beauté des

utile et souvent agréable.sauvages.

sauvages.utile et souvent agréable.

beauté des habitants.avidité.

avidité.beauté des habitants.

beauté des constructions.rapacité de l'Europe pour l'or et les pierres.

rapacité de l'Europe pour l'or et les pierres.beauté des constructions.

profusion des repas.rapacité de l'Europe pour l'or et les pierres. hôtellerie payée par le gouvernement « le pays

hôtellerie payée par le gouvernement « le pays où tout va bien »souffrances de la faim.

souffrances de la faim.hôtellerie payée par le gouvernement « le pays où tout va bien »

hôtellerie payante (payée ou prison).« le pays où tout va bien » souffrances de la faim. adore Dieu. tout allait

adore Dieu.tout allait mal en Westphalie.

tout allait mal en Westphalie.adore Dieu.

pas de prières.grossièreté.

grossièreté.pas de prières.

Remerciements.Dieu.

Dieu.Remerciements.

pas de prêtre.prières personnelles.

prières personnelles.pas de prêtre.

absence de mal.moines enseignants.

moines enseignants.absence de mal.

générosité et sens de l'accueil.querelleurs, assassins.

querelleurs, assassins.générosité et sens de l'accueil.

simplicité.mesquinerie et peur de l'étranger.

mesquinerie et peur de l'étranger.simplicité.

splendeur des édifices publics.marques de déférences, ridicule de l'absolutisme royal. soif d'être différent des autres, d'être plus

marques de déférences, ridicule de l'absolutisme royal.soif d'être différent des autres, d'être plus riche.

soif d'être différent des autres, d'être plus riche.marques de déférences, ridicule de l'absolutisme royal.

pas de cour de justice, pas de procès, pas de prison.palais des sciences.

palais des sciences.pas de cour de justice, pas de procès, pas de prison.

donner…payer, acheter…

payer, acheter…donner…

Commentez cette comparaison. Quelle en est le but ?

Souligner la différence entre la réalité et ce qu’on veut… Le but est de rêver d’une ville

utopique :

Utopie :*pays imaginaire ou tout est au mieux… *Conception imaginaire d’un gouvernement, d’une société idéale.

Identifiez les figures de style qui caractérisent la ville de l’Eldorado.

Cf. extrait

Comment Candide voit-il les choses à la fin en se rappelant le château où il a vécu ? Justifiez.

Il remet en question ce qu’il apprit dans le château… Cf.L 26 p 72.

Que décide-t-il à la fin ? pourquoi ?

Il décide de quitter l’Eldorado… il se rappelle de Cunégonde… Cf. L26 p 72.

2 ème axe : une critique acerbe à la société réelle.

De quel type de société le narrateur rêve-t-il ? ses caractéristiques ?

Une société idéale où règnent justice, équité, tolérance…

Que pense-t-il alors de la société réelle ?

Il est pessimiste vis-à-vis de sa société, il lui porte un regard critique.

Relevez toutes les expressions et phrases implicites et explicitent qui justifient cela.

Cf. extrait.

Quelle est la tonalité dominante dans ce passage ? Justifiez.

En ce qui concerne l’Eldorado, on a la tonalité laudative. Cf. Extrait. En ce qui concerne la ville réelle, on a la tonalité ironique. Cf. Extrait.

L’idée du narrateur concernant la ville idéale rejoint une philosophie particulière. La quelle ? quel est son philosophe ?

La philosophie grecque. Son philosophe c’est Platon.

lV-Traces écrites :

Cf tableaux ci-dessus.

V-Prolongement :

Exposé : Quel regard portez-vous sur les nouvelles villes actuellement ? Apportent-elles tout ce que l’homme cherche ?

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : langue et communication. Durée : 1heure Titre : Les temps du récit : valeurs temporelles et aspectuelles Compétence visée : l’élève doit être capable d’:

l-Observons :

identifier les valeurs temporelles et aspectuelles des temps du récit.

« Cacambo, qui donnait toujours d'aussi bons conseils que la vieille, dit à Candide : « Nous n'en pouvons plus, nous avons assez marché ; j'aperçois un canot vide sur le rivage, emplissons-le de cocos, jetons-nous dans cette petite barque, laissons-nous aller au courant ; une rivière mène toujours à quelque endroit habité. Si nous ne trouvons pas des choses agréables, nous trouverons du moins des choses nouvelles. - Allons, dit Candide, recommandons-nous à la Providence. » Ils voguèrent quelques lieues entre des bords tantôt fleuris, tantôt arides, tantôt unis, tantôt escarpés. La rivière s'élargissait toujours ; enfin elle se perdait sous une voûte de rochers épouvantables qui s'élevaient jusqu'au ciel. Les deux voyageurs eurent la hardiesse de s'abandonner aux flots sous cette voûte. Le fleuve, resserré en cet endroit, les porta avec une rapidité et un bruit horrible. Au bout de vingt-quatre heures ils revirent le jour ; mais leur canot se fracassa contre les écueils ; il fallut se traîner de rocher en rocher pendant une lieue entière ; enfin ils découvrirent un horizon immense, bordé de montagnes inaccessibles. Le pays était cultivé pour le plaisir comme pour le besoin ; partout l'utile était agréable. Les chemins étaient couverts ou plutôt ornés de voitures d'une forme et d'une matière brillante, portant des hommes et des femmes d'une beauté singulière, traînés rapidement par de gros moutons rouges qui surpassaient en vitesse les plus beaux chevaux d'Andalousie, de Tétuan et de Méquinez. »

Extrait du chapitre XV11, Candide…, Voltaire.

2-Compréhension et conceptualisation :

Quel est le type de ce texte ? justifiez votre réponse.

C’est un texte narratif : présence des temps du récit à savoir le passé simple, l’imparfait… En plus du discours…

Soulignez tous les verbes contenus dans le texte, indiquez leur temps et la valeur temporelle et aspectuelle pour chacun en complétant le tableau ci-dessous :

Verbe

Temps

Valeur temporelle

Valeur aspectuelle

Donnait

Imparfait

Habitude

Action accomplie (achevée)

Ils voguèrent

Passé simple

La narration

Action accomplie

Nous n’en pouvons plus

Présent

Enonciation : rendre les faits réels.

Action accomplie

nous avons assez marché

Passé composé

Antériorité par rapport au présent

Action accomplie

était cultivé

P-Q-P

Antériorité par rapport à l’impft.

Action accomplie

Remarque :

Action accomplie : action finie, achevée, coupée de la situation de l’énonciation. Action inaccomplie : action en train de se produire.

3-Production :

Phase réservée aux élèves : ils sont appelés à construire des phrases.

4-Appropriation :

Soulignez dans le texte ci-dessous les temps du récit et indiquez leurs valeurs aspectuelles et temporelles :

Il donna l'ordre sur-le-champ à ses ingénieurs de faire une machine pour guinder ces deux hommes extraordinaires hors du royaume. Trois mille bons physiciens y travaillèrent ; elle fut prête au bout de quinze jours, et ne coûta pas plus de vingt millions de livres sterling, monnaie du pays. On mit sur la machine Candide et Cacambo ; il y avait deux grands moutons rouges sellés et bridés pour leur servir de monture quand ils auraient franchi les montagnes, vingt moutons de bât chargés de vivres, trente qui portaient des présents de ce que le pays a de plus curieux, et cinquante chargés d'or, de pierreries et de diamants. Le roi embrassa tendrement les deux vagabonds. Ce fut un beau spectacle que leur départ, et la manière ingénieuse dont ils furent hissés, eux et leurs moutons, au haut des montagnes. Les physiciens prirent congé d'eux après les avoir mis en sûreté, et Candide n'eut plus d'autre désir et d'autre objet que d'aller présenter ses moutons à Mlle Cunégonde. « Nous avons, dit-il, de quoi payer le gouverneur de Buenos- Aires, si Mlle Cunégonde peut être mise à prix. Marchons vers la Cayenne, embarquons- nous, et nous verrons ensuite quel royaume nous pourrons acheter. »

Extrait du chapitre XV111, Candide… , Voltaire.

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : A. Orales (exposé) Durée : 2heures.

Sujets : 1/La république de Platon 2/La cité idéale du philosophe musulman AL FARABI 3/ L’Eldorado de Voltaire.

Compétences visées : l’élève doit être capable d’:

effectuer des recherches pour informer et s’informer. exposer et comparer des informations concernant un thème précis.

N.B :

Le travail sera effectué par les élèves sous forme d’un exposé. On désignera trois élèves pour traiter trois axes :

1 er axe : La république de Platon :

La République de Platon (Analyse & Résumé)

Platon : La République de Platon (Analyse & Résumé) Résumé de la République de Platon :

Résumé de la République de Platon :

La République est le livre le plus célèbre et le plus influent de la philosophie de Platon. Mais en soi, la République n’existe pas, ni en théorie ni en pratique à son époque. Elle est donc inventée, construite par l’architecte Socrate. Mais le thème majeur de ce dialogue est celui de la justice ou :

comment organiser la cité ?

Le livre est organisé en 10 livres distincts, durant lesquels Platon présente les différents aspects de sa cité idéale, de la place des philosophes dans la cité à la conception de la subjectivité en passant par l’éducation des enfants.

Livre 1 de la République :

Dans le Livre I, Socrate donne deux définitions distinctes de la justice. La première est fournie par Polémarque, qui suggère que la justice consiste à “faire du bien à vos amis et causer des dommages à vos ennemis.” Cette définition, qui est une traduction de la morale conventionnelle, est prise en considération. Cependant, très vite, ses défauts apparaissent clairement : comment peut-on savoir qui est un ami et qui est un ennemi ? Les amis ne sont-ils pas capables de faire du mal ? Et qu’est-ce que faire du bien ? Ici affleure déjà l’idée qu’une définition doit reposer sur des notions solides : il faut donc remonter à l’essence du concept et non se contenter de fausses apparences. Une deuxième définition, donnée par Thrasymaque, est la suivante : «La justice est l’obéissance à l’intérêt du plus fort». Mais selon Socrate, la justice est bonne à la fois dans ses moyens et dans sa fin et ne peut donc exiger la soumission en tant que moyen. Selon Socrate, la justice est “l’excellence de l’âme”. Socrate sait cependant qu’il a été trop vague et qu’il devra se faire plus précis. Le livre I se termine par une autre question. La vie juste est-elle plus gratifiante que la vie injuste? Même si le premier livre n’a pas avancé de manière déterminante dans la définition de la justice, il a réussi néanmoins à poser le cadre et la méthode utilisée.

Livre 2 de la République :

Au début du livre 2, une nouvelle définition apparaît : la justice est un compromis conçu pour la protection mutuelle des citoyens d’un État. En d’autres termes, la justice est un artefact crée par l’Etat pour empêcher les citoyens de se nuire les uns les autres. Mais Socrate n’aime pas l’idée que la justice soit non-naturelle, instituée. Socrate affirme que l’Etat ne doit faire que refléter la justice naturelle. Ainsi commence l’immense édifice de l’Etat juste. Socrate aborde d’abord la division du travail entre les classes de la société.

Livre 3 de la République :

Les arts dans l’éducation sont traités dans le livre 3. La poésie, accusée de déformer le réel, est la cible de toutes les attaques de Socrate. En lieu et place de la poésie, bannie de la Cité, Socrate prône l’enseignement de la musique, seule à même de développer les vertus chez les citoyens :

courage, sagesse, tempérance. La deuxième partie de l’éducation est consacrée à l’éducation physique. La formation physique est au moins aussi importante que la formation intellectuelle des citoyens. Le livre se termine avec le mythe phénicien, lequel affirme que les citoyens sont faits d’un certain mélange de métaux, d’or, d’argent, de fer et de laiton. Ce mélange détermine leur position sociale.

Livre 4 de la République:

Dans le livre 4 il est question bonheur des gardiens. La raison d’être de l’Etat est d’exister pour le bien du plus grand nombre et non pour celui-ci de quelques-uns. Fondé sur la division des tâches, la question de la défense et de la sécurité apparaît : les guerriers seront les gardiens de la Cité. Estimant la Cité est parfaite, Socrate repose la question de la justice en partant de quatre vertus : il définit le courage, la tempérance et la sagesse, mais il doit ouvrir une parenthèse avant d’atteindre la justice. La digression donne les trois principes de l’âme: la raison, la passion et l’appétit. Lorsque ceux-ci existent en harmonie, la justice règne. Mais il s’agit d’une définition provisoire.

Livre 5 de la République :

La question abordée est : comment éviter que cette cité idéale disparaisse ? Socrate présente plan très futuriste détaillant le contrôle de la population et une forme élaborée d’eugénisme. Les forts doivent se forte reproduire plus souvent que les plus faibles. Les enfants faibles sont éliminés ou cachés sans même que leur soit donné un nom. Socrate envisage aussi une manière d’améliorer les Etats existants : pour cela, il faut que les philosophes deviennent rois ou, plus probablement, que les rois deviennent philosophes. Mais à son tour, Socrate pose la question: qu’est-ce qu’un philosophe? Cela conduit Socrate à développer sa théorie des formes, l’idée que le réel n’est qu’une illusion et que le philosophe, grâce à la contemplation des idées, accès aux essences, à la vérité. Le philosophe, par la dialectique, cherche et monte vers le vrai.

Livre 6 de la République :

Socrate fait face aux critiques dans le livre 6, dirigées contre sa classe des guerriers : Adimante estime que les gardiens sont des monstres. Socrate défend leur noblesse et leur altruisme en s’appuyant sur la parabole du pilote et son équipage. La multitude selon Socrate ne sait pas ce qui est le mieux pour elle. Ils faut des individus désintéressés et compétents pour les gouverner. Socrate est obligé alors de développer la relation entre les gardiens et la philosophie. Gardiens, dit-il, cessent d’être les gardiens quand ils abandonnent la vérité.

Livre 7 de la République :

Le livre 7 est dominé par l’allégorie de la caverne. Socrate peint une scène : une grotte obscure est l’hôte d’un groupe de prisonniers, enchaînés de telle façon qu’ils ne peuvent pas bouger la tête. Ils sont forcés de regarder le mur face à eux. Un feu reflète les ombres sur ce mur. Ayant toujours été dans la grotte, ils croient que les ombres sont vraies. Puis, un jour, un prisonnier est libéré. Il découvre que les ombres sont une illusion, il est aveuglé par la lumière en sortant de la grotte. Retournant livrer sa vérité aux autres prisonniers, il doit affronter leurs rires. Ce prisonnier libéré est le philosophe qui, riche de la vérité, va la répandre auprès de ceux qui vivent dans les ténèbres.

Livre 8 de la république :

Socrate analyse les différentes formes de régimes politiques. Il existe quatre formes corrompues :

la timocratie, l’oligarchie, la démocratie et la tyrannie. Ce dernier est présenté comme le pire des régimes.

Livre 9 de la république :

Le livre 9 explore la figure du tyran et la compare à celle du philosophe. Le tyran agit pour son propre bien, est régi par des appétits insatiables, est menacé de tous les côtés et à chaque instant par la trahison et l’assassinat. Ainsi, son pouvoir est en réalité une forme extrême d’esclavage. Le tyran est le paradigme du désordre et de l’injustice. Socrate achève le livre 9 sur l’idée que même si l’Etat idéal est une construction théorique, le philosophe doit toujours vivre comme si il était réel à l’intérieur de lui.

Livre 10 de la république:

Le dernier livre de la République pose l’immortalité de l’âme et traite de sa destinée après la mort. Bien que l’homme juste tire de grandes récompenses dans la vie mortelle, c’est dans l’au-delà que sa vertu est le mieux reconnue. Les dieux reçoivent l’homme juste, qui a cherché toute sa vie à les imiter, sur un pied d’égalité.

Conclusion :

La République est sans conteste le dialogue majeur de Platon, dans la mesure où l’étendue des thèses exposées est prodigieuse. La Cité Idéale, fondée sur la justice, inspirera l’ensemble de la philosophie politique après Platon.

Source : Internet

2 ème axe : La cité idéale/vertueuse d’AL FARABI :

Les éléments fondateurs de la cité vertueuse d’AL FARABI :

La cité se base sur la religion. Existence d’un seul Dieu, chef suprême qui a tout crée sans participation de quiconque. L’être humain doit vivre en groupe, il ne peut réaliser ce qu’il veut tout seul. Il est né pour s’associer aux autres afin de progresser … En ce qui concerne le chef de la cité : il est pour cette cité comme le cœur pour le corps et ses auxiliaires doivent lui ressembler. Ses caractéristiques : il doit être chef par nature (caractéristique innée), c’est un don pour lui. il doit avoir la forme et la vocation d’être chef de la cité.

avoir la forme et la vocation d’être chef de la cité. Tout cela Tout cela ne

Tout cela Tout cela ne peut se réaliser que si le chef est doté de 12 qualités :

Il ne doit avoir aucun défaut dans ses membres.se réaliser que si le chef est doté de 12 qualités : Compréhensible et compréhensif. Apprend

Compréhensible et compréhensif.: Il ne doit avoir aucun défaut dans ses membres. Apprend bien pour ne rien oublier

Apprend bien pour ne rien oublierdéfaut dans ses membres. Compréhensible et compréhensif. Très intelligent. Eloquent (bien parler) et aime

Très intelligent.et compréhensif. Apprend bien pour ne rien oublier Eloquent (bien parler) et aime l’apprentissage. Non

Eloquent (bien parler) et aime l’apprentissage.Apprend bien pour ne rien oublier Très intelligent. Non gourmand (en ce qui concerne la nourriture,

Non gourmand (en ce qui concerne la nourriture, les boissons et le sex)Eloquent (bien parler) et aime l’apprentissage. Aime la vérité et déteste le mensonge. Déteste

Aime la vérité et déteste le mensonge.(en ce qui concerne la nourriture, les boissons et le sex) Déteste l’injustice et partisan de

Déteste l’injustice et partisan de la volonté et de la patience.et le sex) Aime la vérité et déteste le mensonge. 3 è m e axe :

3 ème axe : L’Eldorado de Voltaire :

I- Les caractéristiques de l'utopie

1- Le luxe et la richesse

les maisons sont excessivement luxueuses : elles sont "bâties comme des palais d'Europe "

les vêtements indiquent la richesse du peuple, même ceux des enfants : ils sont "vêtus de draps d'or"

l'abondance : le repas est pantagruélique : les plats sont nombreux, et tous exotiques : pour Candide, l'exotisme représente une luxe. Les récipients même indiquent la richesse du village : ils sont faits dans "un espèce de cristal de roche".

les larges pièces d'or que Candide et Cacambo ont ramassés sont "des cailloux de grands chemins" aux yeux des habitants : les conquistadors cherchaient de l'or, mais cet or n'a dans cet endroit aucune valeur.

cette impression de grande richesse est encore accentuée par la gratuité : le gouvernement offre la nourriture aux habitants et aux étrangers, et il leur offre le luxe aussi : le gouvernement lui aussi est riche (par opposition à la France : misère est grande, et le gouvernement est pauvre lui aussi) 2- Un monde de plaisir et de bonheur

Plaisir des sens : "musique très agréable" => plaisir de l'ouïe, écoute est agréable "odeur délicieuse" => plaisir de l'odorat également "ragoûts exquis, pâtisseries délicieuses" => plaisir du goût les enfants qui les servent sont beaux et bien vêtus => plaisir de la vue Les sens sont ravis, pleinement satisfaits, accentuant le bonheur et le plaisir des habitants et des voyageurs.

Les habitants sont heureux et montrent leur bonheur : ils rient ("éclatèrent de rire"). Il y a un équilibre : on compte autant de filles que de garçons (" deux garçons et deux filles") : la population est stable, équilibrée.

Les habitants sont généreux : après avoir servi un repas pantagruélique, ils s'excusent de la mauvaise chère qu'ils ont présentée aux voyageurs.

3- Politesse et savoir-vivre

Extrême politesse et discrétion de la part des commerçants et des voituriers présents dans l'auberge (dans le monde de Candide, les voituriers sont les moins polis de tous)

Les habitants sont honnêtes : aubergistes auraient pu profiter de l'ignorance de Candide et Cacambo et leur réclamer un dû pour le repas, mais ils les informent.

Conclusion partielle : Voltaire fournit absolument tout ce qui constitue un monde idéal : les gens sont heureux, riches et tout le monde s'entend bien. Ce monde idéal émerveille Candide et Cacambo qui ne croient pas ce qu'ils voient. Mais cette incrédulité est aussi celle du lecteur, car Voltaire force les traits de l'utopie à dessein.

II- La satyre : l'ironie de Voltaire

1- Il force les traits de l'utopie et l'aspect merveilleux

C'est un monde plein de sensations agréables : le ravissement de tous les sens montre que les deux voyageurs évoluent dans un rêve.

L'abondance du repas montre elle aussi que ce n'est qu'un rêve : tout y est trop abondant pour être réel : le morceau de viande qu'ils mangent "pesait deux cent livres" ; jamais, dans un monde réel, l'abondance est aussi extrême.

La gratuité du repas provoque l'incrédulité de Candide, mais, en même temps que Candide, les lecteurs n'y croient pas non plus. Voltaire, en exagérant, se moque de ce monde idéal, il le caricature.

2- La morale de Voltaire

Voltaire caricature ce monde pour montrer qu'il n'existe pas, qu'il est "trop parfait" pour être réel.

Dans la dernière réplique de Candide, c'est Voltaire qui s'exprime : quand il parle de ce monde idéal, il dit qu'il "faut absolument qu'il y en ait de cette espèce". Par cette phrase, il explique que l'on veut absolument qu'un monde parfait existe, mais que ce n'est qu'un rêve.

Voltaire insiste sur le fait qu'un monde parfait tel que l'Eldorado ne peut exister, ce n'est qu'un rêve.

CONCLUSION

Ce monde idéal nous est présenté avec ironie par Voltaire: ce pays est absolument merveilleux, tout le monde y est heureux, mais il n'existe pas. Voltaire nous rappelle en quoi consistent nos rêves. Il dénonce l'utopie, et avec l'utopie, il dénonce le rêve : il faut être réaliste, arrêter de rêver. Mais cet extrait pose aussi une question : après avoir vu ce monde idéal, que faut-il faire? Le texte qui termine Candide répond à cette question : Candide et ses amis achètent une ferme et cultivent leur jardin. C'est la morale de Candide : Voltaire nous rappelle que le bonheur est le fruit du travail et non du rêve. => Rapprochement : Lettres Persanes, de Montesquieu : dans la lettre 12, il parle des troglodytes, et dénonce lui aussi l'utopie d'un monde idéal.

Lu par Laetitia - source : litteratureaudio.com

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : A.P.E. Durée : 1 heure. Sujet : Vous avez certainement une conception

personnelle sur

la ville. En tant que jeune, rédigez un texte (argumentatif, descriptif…) dans lequel vous tracez les grandes ligne d’une ville idéale comme vous l’imaginez. Compétence visée : l’élève doit être capable de :

1 ère phase :

rédiger un texte (argumentatif) relevant des caractéristiques utopiques.

Lecture du sujet et repérage des mots-clés.

Rappel du type de texte à rédiger : argumentatif et descriptif.

Attirer l’attention sur la structure argumentative, sans oublier de mentionner le type de plan à suivre : plan simple avec liens logiques, arguments et exemples.

2 ème phase :

Côté pratique :

Accorder un peu de temps aux élèves pour préparer quelque chose sur leur brouillon. Faire lire quelques uns. Choisir un sujet parmi ceux des élèves et le finaliser ensemble, sur le tableau sinon travailler ensemble en désignant un secrétaire. Plan exemple :

un secrétaire. ☺ ☺ ☺ ☺ Plan exemple : Introduction : * amener le sujet par
un secrétaire. ☺ ☺ ☺ ☺ Plan exemple : Introduction : * amener le sujet par
un secrétaire. ☺ ☺ ☺ ☺ Plan exemple : Introduction : * amener le sujet par

Introduction :

*amener le sujet par une idée générale :

Tout être humain rêve de vivre dans la paix, la quiétude et la stabilité… *exprimer son point de vue sous forme de thèse :

C’est pourquoi, il me semble qu’il (L’Homme) mérite de vivre dans une cité/ville/pays idéale, non pas comme celle décrite par les grands philosophes comme Platon, mais une ville lui offrant les possibilités d’être heureux…

Développement :

*Reprendre autrement la thèse :

En effet, l’Homme mérite une cité convenable… D’une part, le milieu doit être doté de tous les moyens technologiques qui lui favoriseront une vie paisible à savoir… D’autre part, il ne doit rien payer, surtout si on sait que les gouvernements élus sont faits pour veiller sur le citoyen… Puis, la justice doit être la clé de cette ville. Nul mendiant, ni vagabond, ni gueux ne doit exister, tout le monde doit jouir d’une vie aisée… En plus, sur le plan santé, le citoyen doit avoir accès aux soins gratuitement, et les hôpitaux doivent être bien équipés et à sa disposition… Enfin, les gens doivent se sentir libre de s’exprimer, d’avoir de bonnes justifications sur toutes les réactions des responsables sans que ces derniers se gênent et recourent à la punition… Ce dernier acte doit être banni de la société…

Conclusion :

*Résumer tout ce qui à été dit autrement… Bref, l’Homme depuis son existence a été toujours honoré, il mérite une vie meilleure loin de tout ce qui peut troubler sa paix…

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : Lecture méthodique Durée : 2 heures Support : Candide … Voltaire Extrait 4 : chapitre XIX. p 75 De : « En approchant… A :… Surinam » Durée : 1 heure. Compétence visée : l’élève doit être capable de:

déceler un plaidoyer éloquent contre l’esclavage.

Extrait du chapitre xɪx :

Ce qu’il arriva à Surinam, et comment Candide fit connaissance avec Martin.

« … En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n'ayant plus que la moitié de son habit, c'est-à-dire d'un caleçon de toile bleue ; il manquait à ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite. « Eh, mon Dieu ! lui dit Candide en hollandais, que fais- tu là, mon ami, dans l'état horrible où je te vois ?

- J'attends mon maître, M. Vanderdendur, le fameux négociant, répondit le nègre.

- Est-ce M. Vanderdendur, dit Candide, qui t'a traité ainsi ?

- Oui, monsieur, dit le nègre, c'est l'usage. On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez

du sucre en Europe. Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait :

" Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux, tu as l'honneur d'être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par là la fortune de ton père et de ta mère. " Hélas ! je ne sais pas si j'ai fait leur fortune, mais ils n'ont pas fait la mienne. Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous. Les fétiches hollandais qui m'ont converti me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d'Adam, blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous cousins issus de germains. Or vous m'avouerez qu'on ne peut pas en user avec ses parents d'une manière plus horrible.

- Ô Pangloss ! s'écria Candide, tu n'avais pas deviné cette abomination ; c'en est fait, il faudra qu'à la fin je renonce à ton optimisme.

- Qu'est-ce qu'optimisme ? disait Cacambo.

- Hélas ! dit Candide, c'est la rage de soutenir que tout est bien quand on est mal. » Et il versait des larmes en regardant son nègre, et en pleurant il entra dans Surinam… »

son nègre, et en pleurant il entra dans Surinam… » Ι - Mise en situation :

Ι-Mise en situation :

1-Situez le passage en question Situation :

Candide et Cacambo quittent l’Eldorado dans l’espoir de retrouver Cunégonde mais la situation de l’esclave rencontré les rend tristes et émus devant cette abomination.

2-Typologie :

Passage à dominante narrative : *respect de la chronologie. *respect des temps de la narration : P.S et prést narratif (cf. texte) N.B : la composante discursive rend les faits réels (cf. passage)

3-Focalisation :

On a la focalisation interne : on perçoit les choses à travers la pensée et les yeux du personnage en question (l’esclave).

ΙΙ-Hypothèse de lecture :

Qu’est ce qu’est fait de ce passage un plaidoyer retentissant contre l’esclavage ?

ΙΙΙ-Axes de lecture :

1 er axe : La mise en scène de la situation du nègre :

Identifiez les personnages de ce passage, leur situation sociale et ce qu’ils symbolisent :

Tableau :

Personnages

Situation sociale et origine

symbolisation

Candide

Européen, noble

Complice de la traite mais il s’oppose à ses compatriotes par sa douceur, sa sympathie et son esprit philosophique.

Cacambo

Valet d’origine de Cadix. C’est un métis entre l’espagnol et le Tucuman (ville d’Argentine)

Il sait tout faire et tout être :

moine, laquais, soldat… C’est le bras droit de Candide. Il l’aide dans son périple.

Le nègre

Africain, misérable

Soumission, maltraitance, esclavage…

Identifiez le portait du nègre :

Cf. § 2 : … étendu par terre, moitié habillé, jambe gauche et mains droite coupées.

Pourquoi une telle description ?

Attirer l’attention de Candide et surtout du lecteur pour s’interroger sur la condition de l’être

humain, particulièrement les esclaves

de l’être humain, particulièrement les esclaves Déclencher une polémique . Quelle réflexion

Déclencher une polémique.

Quelle réflexion philosophique mène Candide dans ce passage ? Justifiez.

Candide élève le niveau du débat à la controverse (polémique) philosophique. La question de Cacambo « qu’est-ce qu’optimisme ? » est un tournant décisif dans la vie de Candide qui dévoile son ignorance sur l’état des nègres (cf. § 2 p 76).

2 ème axe : Plaidoyer éloquent contre l’esclavage :

Quel est le type de discours utilisé par le nègre en parlant de sa situation ? Justifiez. Discours argumentatif :

Thèse : ma situation est lamentable.de sa situation ? Justifiez. → Discours argumentatif : Argts : - mon maitre m’a traité

Argts : - mon maitre m’a traité ainsi (Vanderdendur). -c’est l’usage. -on nous donne un caleçon… cf. -mon maitre m’a traité ainsi (Vanderdendur). -c’est l’usage. -on nous donne un caleçon… cf. § 1 p76. -ma mère m’a vendu.

Liens logiques : cf. § 2 pp 75/76 cf. § 2 pp 75/76

Quel genre de relation y a-t-il entre l’esclave et son seigneur ? Relation de soumission, d’assujettissement, de dominant/dominant…

Relevez les formules les plus frappantes dans le discours du nègre :

*c’est à ce prix que vs mangez du sucre en Europe. *les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous…

Que reproche le nègre à ses exploitants (les chrétiens) ? *Il les traite d’hypocrites surtout qu’ils veillent à convertir les esclaves… *Il les traite de menteurs car ils leurs disent qu’il n’y a pas de différence entre Blancs et Noirs, alors qu’eux, ils les vendent et les traitent plus malhonnêtement que leurs animaux domestiques (cf. p 76)

A quelle valeur l’Homme est-il réduit dans ce passage ? Justifiez. Il est réduit à une valeur de 10 écus (cf. p 76).

Quels procédés stylistiques met en œuvre le nègre pour justifier sa situation ? justifiez par des exemples en les expliquant. *L’ironie : « le fameux négociant… »

→ *L’ironie : « le fameux négociant… » Vanderdendur : son nom indique sa cruauté. Le

Vanderdendur : son nom indique sa cruauté. Le discours de la mère : « tu as l’honneur d’être esclave de nos seigneurs les

blancs. »

d’être esclave de nos seigneurs les blancs. » Elle lui promet « l’honneur » alors que

Elle lui promet « l’honneur » alors que son état est lamentable, d’où l’emploi de « Hélas » qui rejette le raisonnement de la mère en montrant son inutilité. *L’hyperbole : « Les chiens, les singes… que nous »

L’hyperbole : « Les chiens, les singes… que nous » L’animal est très bien traité par

L’animal est très bien traité par rapport à l’homme, en Europe.

Quel est l’objectif d’une telle présentation ? présenter un plaidoyer retentissant contre l’esclavage en Europe.

Quelle transformation crée-t-il cet épisode dans le parcours de Candide ? Justifiez. Il subit un grand choc qui le conduit à se révolter, pour la première fois, contre l’optimisme :

« il faudra qu’à la fin je renonce à ton optimisme. » cf. p 76.

ΙV-traces écrites :

Conclusion : Que dénonce Voltaire ? Comment ? Avec quels procédés ? Voltaire dénonce le commerce triangulaire des êtres humains et critique l’optimisme de Pangloss. Pour ce faire, il utilise l’ironie et le discours direct (discours du nègre)

l’ironie et le discours direct (discours du nègre) C’est un plaidoyer pour la liberté de l’être

C’est un plaidoyer pour la liberté de l’être humain voire l’égalité et la fraternité.

V-Prolongement :

Exposé autour de la situation des nègres au 18 ème siècle « l’esclavage »

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : langue et communication. Durée : 1 heure.

Titre : L’exemple dans le texte argumentatif.

Compétence visée : l’élève doit être capable d’:

identifier le rôle de l’exemple dans un texte argumentatif.

Support :

1. Le mot intolérance est un mot fort, il dénonce une attitude que tout le monde récuse 1 et que

2.toutes les idéologies 2 condamnent. Il évoque les guerres de religion, les persécutions, toutes les

3.barbaries fondées sur le refus de l’autre. Il couvre aussi des comportements plus insidieux 3 :

4.bien des intolérances sont vécues au quotidien.

5. Lors d’une séance de travail de l’académie universelle des cultures, consacrée à la

6.réflexion sur l’enseignement de la tolérance, l’ancien directeur du centre culturel italien de 7.New York, Furio Colombo, a raconté une expérience conduite dans une école américaine. 8.L’institutrice avait réparti ses élèves en deux groupes aléatoires 4 et numériquement égaux, 9.celui des bleus et celui des rouges. Elle avait alors mis une politique de discrimination 5

10.caractérisée : elle ne s’occupait que des élèves bleus, ne réglait son enseignement que sur eux.

11. Eux seuls étaient autorisés à venir s’asseoir près d’elle et à bavarder avec elle, tant et si bien

12.que les bleus commençaient à croire qu’ils étaient réellement supérieurs aux enfants de l’autre

13.groupe.

14. Et puis le lundi suivant, tout avait changé : c’était devenu le tour des rouges d’être l’objet 15.de toute les attentions et de jouir de tous les privilèges, tandis que les bleus étaient tenus à 16.l’écart et bientôt méprisés par les rouges qui avaient oublié l’époque où ils étaient traités 17.comme les parias 6 de la classe. Au bout d’un certain temps, l’institutrice avait arrêté 18.l’expérience et rendu à tous ses élèves un statut et un traitement rigoureusement paritaire 7 .

19. C’est alors qu’elle avait pu attirer leur attention sur ce que cela signifie dans notre société

20.d’être marginalisé 8 , en raison de son appartenance à un groupe ethnique 9 ou à une classe

21.sociale.

22. Il est relativement facile de démontrer l’absurdité des idéologies du mépris ou de la

23.haine. C’est l’objet de toute éducation civique. […] Françoise Barret-Ducroco ; Le Monde de l’éducation, avril 1997.

Barret-Ducroco ; Le Monde de l’éducation, avril 1997. 1 -Que personne n’admet. 2 -Doctrines, croyances,

1-Que personne n’admet. 2-Doctrines, croyances, systèmes de pensée… 3-Sournois, trompeurs. 4-constitués au hasard.

5-Traitement différent par rapport à l’autre. 6-Personnes tenues à l’écart, méprisées.

7-Egaux.

8-Mis à l’écart. 9-Relatif à un même groupe de population.

à l’écart. 9 -Relatif à un même groupe de population. Ι -Compréhension et conceptualisation : 1-Situation

Ι-Compréhension et conceptualisation :

1-Situation d’énonciation :

*Quel est le thème en question dans ce texte ?

*Qu’annonce le titre ?

*Sur quel problème de société l’auteur se penche-t-elle ?

*Que révèle le vocabulaire du 1 er § sur la position de l’auteur ? Justifier.

opposé à tout acte de discrimination (cf. 1 er §)

*Que veut démontrer l’auteur ? *Quelle est sa thèse, reformulez-la?

l’auteur ? * Quelle est sa thèse, reformulez-la? L’éducation. L’éducation qui s’oppose à la

L’éducation.

? * Quelle est sa thèse, reformulez-la? L’éducation. L’éducation qui s’oppose à la marginalisation et

L’éducation qui s’oppose à la marginalisation et l’exclusion.

qui s’oppose à la marginalisation et l’exclusion. Le problème de l’intolérance. Il est complètement

Le problème de l’intolérance.

et l’exclusion. Le problème de l’intolérance. Il est complètement Démontrer les conséquences de

Il est complètement

Le problème de l’intolérance. Il est complètement Démontrer les conséquences de l’intolérance (cf. L 2

Démontrer les conséquences de l’intolérance (cf. L 2-4 ) L’intolérance doit être exclue de la société.

*Dans quelle partie du texte se trouve-t-elle ?

*Dans quelle partie du texte se trouve-t-elle ? Dans le 1 e r § (cf. L

Dans le 1 er § (cf. L 1-2 )

*Que rapportent les § 2 et 3

*Quel moyen l’auteur utilise-t-elle pour convaincre le lecteur ?

moyen l’auteur utilise-t-elle pour convaincre le lecteur ? Ils rapportent une expérience (cf. texte) Elle utilise

Ils rapportent une expérience (cf. texte)

le lecteur ? Ils rapportent une expérience (cf. texte) Elle utilise l’exemple. 2-Le rôle de l’exemple

Elle utilise l’exemple.

2-Le rôle de l’exemple :

Complétez le tableau ci-dessous en repérant les 5 étapes de l’expérience de l’institutrice :

 

Indices de tps

Etapes de l’expérience

Réaction des élèves

L

8 -L 10

P.Q.P

Répartition des élèves en 2 grpes aléatoires, égaux avec la mise en œuvre d’une politique de discrimination.

Aucune

L

10 -L 13

Impft + P.Q.P

L’institutrice ne s’occupait que des élèves bleus en ignorant les rouges.

Les bleus croyaient qu’ils étaient supérieurs aux rouges.

L

14 -L 17

Lundi suivant + P.Q.P

Le tour des rouges est venu et elle a négligé les bleus à tel point de les mépriser.

Les bleus ont oublié ce qu’ils ont fait aux rouges

L

17 -L 18

Au bout d’un certain temps +P.Q.P

Expérience terminée et retour au climat normal

Ø

L

19 -L 21

P.Q.P

Morale tirée : comprendre ce que c’est le fait d’être marginalisé à cause de sa classe sociale ou de son appartenance à un grpe ethnique déterminé

Les élèves se sont rendu compte de la valeur d’une telle expérience.

*En quoi consiste l’expérience de l’institutrice ?

Sensibiliser les élèves des dangers de la*En quoi consiste l’expérience de l’institutrice ? *Quel est son objectif ? *Vs semble-t-il atteint ?

*Quel est son objectif ?

*Vs semble-t-il atteint ?

Discrimination qui mène à l’intolérance. Propager entre les élèves l’idée de la tolérance et de l’égalité

quelle que soit l’appartenance sociale et ethnique. Certainement, puisqu’il n’y avait aucune réaction de la part des élèves.

n’y avait aucune réaction de la part des élèves. *Pourquoi l’auteur relate-t-elle cette expérience ?
n’y avait aucune réaction de la part des élèves. *Pourquoi l’auteur relate-t-elle cette expérience ?

*Pourquoi l’auteur relate-t-elle cette expérience ?

*Pourquoi l’auteur relate-t-elle cette expérience ? Montrer les dangers de l’intolérance et prouver que

Montrer les dangers de l’intolérance et

prouver que l’éducation civique commence

à l’école. *Quelle est la valeur de cet exemple ? Est-il illustratif ou argumentatif ? Justifiez.

exemple matériel, il a été vécu, donc il est témoin d’un ensemble de faits qui pourront aider à dépasser certains conflits et aideront à apprendre l’éducation civique. Il est donc argumentatif puisqu’il soutient la thèse avancée dans le 1 er §. 3-Traces écrites :

Pour comprendre le rôle d’un exemple dans un texte argumentatif, il faut :

rôle d’un exemple dans un texte argumentatif, il faut : C’est un dégager la thèse défendue

C’est un

dégager la thèse défendue par l’auteur du texte, c.-à-d. la position qu’il adopte sur un problème et défend par des arguments. repérer les passages où il est question d’un cas particulier concret (événement, anecdote, expérience

personnelle…)

se demander si l’exemple sert à expliquer ou à préciser un argument (exple illustratif) ou s’il sert d’argument et est indispensable à la démonstration (exple argumentatif). ΙΙ-Réemploi :

Rédigez un article sur l’éducation à la solidarité. Utilisez ou à défaut imaginez sur ce thème une expérience qui constituera l’argumentation.

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : A. Orales et T.E (exposé) Durée : 1 heure.

Sujet : Identifiez et exposer les différentes formes d’esclavage dans le monde actuel.

Compétences visées : l’élève doit être capable d’:

se documenter sur un thème universel. Exposer des informations.

1 ère phase :

Partager la classe en groupes. Expliquer le sujet. Lancer le travail de deux façons différentes : *soit en classe en permettant à chaque grpe de bénéficier d’une connexion afin de lui faciliter les recherches. *soit de leur demander de préparer le travail En dehors de la classe.

2 ème phase :

Chaque groupe désignera son porte-parole et les autres sont appelés à les écouter, les critiquer et leur montrer les lacunes en leur proposant des solutions.

3 ème phase : traces écrites :

Recopier les axes essentiels sur le cahier de cours.

Plan exemple :

Quelques formes de l’esclavage moderne : Le trafic d’être humain comme nouvelle forme d’esclavage… Le
Quelques formes de l’esclavage moderne :
Le trafic d’être humain comme nouvelle forme
d’esclavage…
Le travail des enfants…
Les travaux forcés…
Les mariages forcés…
Le servage pour dette…
Esclavage sous contrat…

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : A.P.E. Durée : 1 heure. Sujet : Rédigez un plaidoyer contre l’esclavage moderne. Compétence visée : l’élève doit être capable d’ :

exprimer et défendre son point de vue.

1 ère phase :

Lecture du sujet et repérage des mots-clés.

Identification du type de texte à produire

mots-clés. ∑ Identification du type de texte à produire texte argumentatif à plan simple : thèse

texte argumentatif à plan simple : thèse + arguments + illustrations

2 ème phase :

Accorder du temps aux élèves pour préparer le sujet sur le brouillon.

3 ème phase :

Faire lire quelques élèves sinon passer entre les rangs et corriger le maximum de production.

4 ème phase :

Se mettre d’accord avec les élèves sur un sujet qui parait remplir les critères demandés, le réécrire sur le tableau et l’affiner ensemble.

5 ème phase :

Traces écrites.

PlanPlanPlanPlan exempleexempleexempleexemple :

Introduction :

Amener le sujet par une idée générale : l’esclavage n’a jamais été éradiqué de al société mondiale…

Problématiser : C’est pourquoi il faut se demander s’il est possible un jour de voir la société mondiale lutter contre cette abomination.

Développement :

Rappeler le thème : En effet, nombreuses sont les formes de l’esclavage dans le monde actuel (revenir sur ce qui a été traité dans la séance des T.E) + les exemples (Voltaire)

Montrer son point de vue clairement : être contre toutes formes de l’esclavage : frapper fort sur les mains de toutes les personnes qui y participent, fournir de l’aide aux pays qui sont sources de cette abomination…, développer le niveau de vie des citoyens afin qu’ils ne pensent pas quitter leurs pays comme le cas des subsahariens…

Conclusion :

Résumer ce qui a été dit brièvement sans tomber dans la répétition.

Ouvrir le sujet par une question, une proposition ou une idée générale sous forme de solution

Niveau : 2 è m e A.bac. Séance : Lecture méthodique Durée : 2 heures.
Niveau : 2 è m e A.bac. Séance : Lecture méthodique Durée : 2 heures.

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : Lecture méthodique Durée : 2 heures. Support : Candide … Voltaire Extrait 5 : chapitre XXX. P 121. Durée : 2 heures Compétences visées : l’élève doit être capable de:

déceler les indices de l’excipit dans le conte philosophique. découvrir la maturité du héros.

Chapitre XXX :

CONCLUSION

Candide, dans le fond de son cœur, n'avait aucune envie d'épouser Cunégonde. Mais l'impertinence extrême du baron le déterminait à conclure le mariage, et Cunégonde le pressait si vivement qu'il ne pouvait s'en dédire. Il consulta Pangloss, Martin et le fidèle Cacambo. Pangloss fit un beau mémoire par lequel il prouvait que le baron n'avait nul droit sur sa sœur, et qu'elle pouvait, selon toutes les lois de l'Empire, épouser Candide de la main gauche. Martin conclut à jeter le baron dans la mer. Cacambo décida qu'il fallait le rendre au levanti patron et le remettre aux galères ; après quoi on l'enverrait à Rome au père général par le premier vaisseau. L'avis fut trouvé fort bon ; la vieille l'approuva ; on n'en dit rien à sa sœur ; la chose fut exécutée pour quelque argent, et on eut le plaisir d'attraper un jésuite et de punir l'orgueil d'un baron allemand.

Il était tout naturel d'imaginer qu'après tant de désastres, Candide, marié avec sa maîtresse et vivant avec le philosophe Pangloss, le philosophe Martin, le prudent Cacambo et la vieille, ayant d'ailleurs rapporté tant de diamants de la patrie des anciens Incas, mènerait la vie du monde la plus agréable ; mais il fut tant friponné par les Juifs qu'il ne lui resta plus rien que sa petite métairie ; sa femme, devenant tous les jours plus laide, devint acariâtre et insupportable ; la vieille était infirme et fut encore de plus mauvaise humeur que Cunégonde. Cacambo, qui travaillait au jardin, et qui allait vendre des légumes à Constantinople, était excédé de travail et maudissait sa destinée. Pangloss était au désespoir de ne pas briller dans quelque université d'Allemagne. Pour Martin, il était fermement persuadé qu'on est également mal partout ; il prenait les choses en patience. Candide, Martin et Pangloss disputaient quelquefois de métaphysique et de morale. On voyait souvent passer sous les fenêtres de la métairie des bateaux chargés d'effendis, de bachas, de cadis, qu'on envoyait en exil à Lemnos, à Mytilène, à Erzeroum. On voyait venir d'autres cadis, d'autres bachas, d'autres effendis, qui prenaient la place des expulsés et qui étaient expulsés à leur tour. On voyait des têtes proprement empaillées qu'on allait présenter à la

Sublime Porte. Ces spectacles faisaient redoubler les dissertations ; et quand on ne disputait pas, l'ennui était si excessif que la vieille osa un jour leur dire : « Je voudrais savoir lequel est le pire, ou d'être violée cent fois par des pirates nègres, d'avoir une fesse coupée, de passer par les baguettes chez les Bulgares, d'être fouetté et pendu dans un auto-da-fé, d'être disséqué, de ramer en galère, d'éprouver enfin toutes les misères par lesquelles nous avons tous passé, ou bien de rester ici à ne rien faire ?

- C'est une grande question », dit Candide.

Ce discours fit naître de nouvelles réflexions, et Martin surtout conclut que l'homme était né pour vivre dans les convulsions de l'inquiétude, ou dans la léthargie de l'ennui. Candide n'en convenait pas, mais il n'assurait rien. Pangloss avouait qu'il avait toujours horriblement souffert ; mais ayant soutenu une fois que tout allait à merveille, il le soutenait toujours, et n'en croyait rien. Une chose acheva de confirmer Martin dans ses détestables principes, de faire hésiter plus que jamais Candide, et d'embarrasser Pangloss. C'est qu'ils virent un jour aborder dans leur métairie Paquette et le frère Giroflée, qui étaient dans la plus extrême misère ; ils avaient bien vite mangé leurs trois mille piastres, s'étaient quittés, s'étaient raccommodés, s'étaient brouillés, avaient été mis en prison,

s'étaient enfuis, et enfin frère Giroflée s'était fait turc. Paquette continuait son métier partout, et n'y gagnait plus rien. « Je l'avais bien prévu, dit Martin à Candide, que vos présents seraient bientôt dissipés et ne les rendraient que plus misérables. Vous avez regorgé de millions de piastres, vous et Cacambo, et vous n'êtes pas plus heureux que frère Giroflée et Paquette.

- Ah, ah ! dit Pangloss à Paquette, le ciel vous ramène donc ici parmi nous, ma pauvre enfant ! Savez-vous bien que vous m'avez coûté

le bout du nez, un oeil et une oreille ? Comme vous voilà faite ! Et qu'est-ce que ce monde ! » Cette nouvelle aventure les engagea à philosopher plus que jamais.

Il y avait dans le voisinage un derviche très fameux, qui passait pour le meilleur philosophe de la Turquie ; ils allèrent le consulter ; Pangloss porta la parole, et lui dit : « Maître, nous venons vous prier de nous dire pourquoi un aussi étrange animal que l'homme a été formé.

- De quoi te mêles-tu ? dit le derviche, est-ce là ton affaire ?

- Mais, mon Révérend Père, dit Candide, il y a horriblement de mal sur la terre.

-Qu'importe, dit le derviche, qu'il y ait du mal ou du bien ? Quand Sa Hautesse envoie un vaisseau en Égypte, s'embarrasse-t-elle si les souris qui sont dans le vaisseau sont à leur aise ou non ?

- Que faut-il donc faire ? dit Pangloss.

- Te taire, dit le derviche.

- Je me flattais, dit Pangloss, de raisonner un peu avec vous des effets et des causes, du meilleur des mondes possibles, de l'origine du mal, de la nature de l'âme et de l'harmonie préétablie. » Le derviche, à ces mots, leur ferma la porte au nez.

Pendant cette conversation, la nouvelle s'était répandue qu'on venait d'étrangler à Constantinople deux vizirs du banc et le muphti, et qu'on avait empalé plusieurs de leurs amis. Cette catastrophe faisait partout un grand bruit pendant quelques heures. Pangloss, Candide et Martin, en retournant à la petite métairie, rencontrèrent un bon vieillard qui prenait le frais à sa porte sous un berceau d'orangers. Pangloss, qui était aussi curieux que raisonneur, lui demanda comment se nommait le muphti qu'on venait d'étrangler. « Je n'en sais rien, répondit le bonhomme, et je n'ai jamais su le nom d'aucun muphti ni d'aucun vizir. J'ignore absolument l'aventure dont vous me parlez ; je présume qu'en général ceux qui se mêlent des affaires publiques périssent quelquefois misérablement, et qu'ils le méritent ; mais je ne m'informe jamais de ce qu'on fait à Constantinople ; je me contente d'y envoyer vendre les fruits du jardin que je cultive. » Ayant dit ces mots, il fit entrer les étrangers dans sa maison : ses deux filles et ses deux fils leur présentèrent plusieurs sortes de sorbets qu'ils faisaient eux-mêmes, du kaïmac piqué d'écorces de cédrat confit, des oranges, des citrons, des limons, des ananas, des pistaches, du café de Moka qui n'était point mêlé avec le mauvais café de Batavia et des îles. Après quoi les deux filles de ce bon musulman parfumèrent les barbes de Candide, de Pangloss et de Martin.

« Vous devez avoir, dit Candide au Turc, une vaste et magnifique terre ? - Je n'ai que vingt arpents, répondit le Turc ; je les cultive avec mes enfants ; le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice, et le besoin. »

Candide, en retournant dans sa métairie, fit de profondes réflexions sur le discours du Turc. Il dit à Pangloss et à Martin : « Ce bon vieillard me paraît s'être fait un sort bien préférable à celui des six rois avec qui nous avons eu l'honneur de souper.

- Les grandeurs, dit Pangloss, sont fort dangereuses, selon le rapport de tous les philosophes : car enfin Églon, roi des Moabites, fut

assassiné par Aod ; Absalon fut pendu par les cheveux et percé de trois dards ; le roi Nadab, fils de Jéroboam, fut tué par Baaza ; le roi

Éla, par Zambri ; Ochosias, par Jéhu ; Athalia, par Joïada ; les rois Joachim, Jéchonias, Sédécias, furent esclaves. Vous savez comment périrent Crésus, Astyage, Darius, Denys de Syracuse, Pyrrhus, Persée, Annibal, Jugurtha, Arioviste, César, Pompée, Néron, Othon, Vitellius, Domitien, Richard II d'Angleterre, Édouard II, Henri VI, Richard III, Marie Stuart, Charles Ier, les trois Henri de France, l'empereur Henri IV ? Vous savez

- Je sais aussi, dit Candide, qu'il faut cultiver notre jardin.

- Vous avez raison, dit Pangloss : car, quand l'homme fut mis dans le jardin d'Éden, il y fut mis ut operaretur eum, pour qu'il travaillât, ce qui prouve que l'homme n'est pas né pour le repos.

- Travaillons sans raisonner, dit Martin ; c'est le seul moyen de rendre la vie supportable. »

Toute la petite société entra dans ce louable dessein ; chacun se mit à exercer ses talents. La petite terre rapporta beaucoup. Cunégonde était à la vérité bien laide ; mais elle devint une excellente pâtissière ; Paquette broda ; la vieille eut soin du linge. Il n'y eut pas jusqu'à frère Giroflée qui ne rendît service ; il fut un très bon menuisier, et même devint honnête homme ; et Pangloss disait quelquefois à Candide : « Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles ; car enfin, si vous n'aviez pas été chassé d'un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l'amour de Mlle Cunégonde, si vous n'aviez pas été mis à l'Inquisition, si vous n'aviez pas couru l'Amérique à pied, si vous n'aviez pas donné un bon coup d'épée au baron, si vous n'aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d'Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches.

- Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »

FIN

Candide, mais il faut cultiver notre jardin. » FIN Ι -Mise en situation : a-Situation :

Ι-Mise en situation :

a-Situation :

C’est le dernier chapitre du conte philosophique de Voltaire, Candide ou l’optimisme. Après tant d’épreuves et de malheurs, Candide retrouve enfin Cunégonde. Il remet en question progressivement la philosophie de son précepteur Pangloss, c’est l’arrivée à la maturité : le chapitre en question constitue dons le texte de clôture (excipit).

b-Typologie :

Le texte est à dominante narrative (impft, passé simple…), en plus la composante discursive constitue une bonne partie dans le chapitre (rendre les faits réels).

C-Focalisation :

Le narrateur est omniscient, il sait tout de ses personnages…en plus des pronoms personnels (il, je, vous…) et les verbes de perception… cf. texte : c’est donc la focalisation zéro.

ΙΙ-Hypothèse de lecture :

Dans quelle mesure peut-on considérer l’excipit de ce conte philosophique comme une arrivée à la maturité du héros ?

ΙΙΙ-Axes de lecture :

1111 erererer axeaxeaxeaxe :::: LaLaLaLa naissancenaissancenaissancenaissance dudududu héroshéroshéroshéros dansdansdansdans l’excipitl’excipitl’excipitl’excipit :

Qu’est-ce qui fait de ce passage l’épilogue (conclusion) du conte ? Justifiez L’union des personnages à la fin.

Le mariage de Candide avec Cunégonde.

Cf. § 2 p 121.

La décision de travailler (cultiver son jardin pour pouvoir vivre.

Relevez dans les propos et l’attitude de Candide ce qui montre qu’il s’est affranchi de la philosophie de Pangloss.

Le retour de Candide dans sa métairie est un retour sur soi-même (cf. § 2 L 20 p 124). Candide […] fit de profondes réflexions… (cf. §2 L 20 p 124) « Je sais aussi, dit Candide […] notre jardin. » (cf. L 36 p 124). « […] mais il faut cultiver notre jardin » (cf. p 125)

Peut-on dire que Candide a achevé son parcours initiatique ? Justifiez.

Effectivement, puisque son raisonnement dépasse celui de Pangloss, en plus il s’est convaincu

qu’il faut travailler pour vivre et pour changer le monde.

Que pensez-vous du raisonnement de Pangloss dans le 1 er et le dernier § ?

Il n’a pas changé, il s’attache tjrs à sa philosophie et son faux-raisonnement même s’il a vécu le

contraire de ce qu’il pense (cf. pp 121/125).

Peut-on dire que Candide est devenu héros à la fin de l’œuvre ? Comment ?

Certainement, puisqu’il a commencé à raisonner et voir le monde de façon réelle, il a même décidé

de travailler.

2222 èmeèmeèmeème axeaxeaxeaxe :::: LaLaLaLa métamorphosemétamorphosemétamorphosemétamorphose dudududu héroshéroshéroshéros :::: causescausescausescauses etetetet effetseffetseffetseffets.

La rencontre de Candide avec le vieillard et le derviche est décisive, montrez comment ?

Le derviche refuse de dialoguer avec Candide et ses amis sur la métaphysique, ce qui les pousse à chercher des solutions de certaines questions, qu’ils vont trouver chez le vieillard. Ce dernier apaisera

leur soif (cf. p 123, 124).

Etablissez une comparaison entre le vieillard et le derviche en montrant leur influence sur Candide et ses amis.

Le derviche

Le vieillard

sur Candide et ses amis. → Le derviche Le vieillard Le plus grand philosophe de la

Le plus grand philosophe de la Turquie. Refuse de s’engager dans les débats métaphysiques. Pas d’explication logique concernant le rapport entre le bien et le mal. Il préfère se replier dans le silence. Refuse de partager son savoir et donner des éclaircissements

(Cf .§2, p 123).

Il aggrave la situation du grpe qui devient de plus en plus pessimiste.

Il donne un sens à sa vie en cultivant son jardin avec ses enfants. Il refuse la politique et il travaille pour éloigner « le vice, le besoin et l’ennui »

pour éloigner « le vice, le besoin et l’ennui » (Cf. § 3 p 123) Il

(Cf. § 3 p 123)

Il influence positivement Candide et ses amis en les poussant à travailler à l’exception de Pangloss, l’inchangeable.

Que devient l’état des personnages avant et après avoir décidé de « cultiver le jardin » ?

Ils ont subi une grande métamorphose dans cet espace clos qu’est le jardin :

Avant : Cunégonde : plus laide, acariâtre (querelleuse/ acerbe) insupportable. La vieille : infirme, de mauvaise humeur.

Cacambo

Pangloss : désespéré. Martin : accroché à son pessimisme, prend les choses en patience.

: excédé (fatigué) de travail, maudit sa destinée.

Après : Cunégonde : excellente pâtissière. Paquette : brodeuse. La vieille : s’occupe du linge. Frère Giroflée : menuisier, honnête homme. Pangloss : aucun changement.

Cf. 125 .

Cf. L23 p 121 L9 p 122.

ΙV-Traces écrites :

La clausule du conte indique que le héros a atteint sa maturité et le renversement du fond en comble s’est effectué : si Pangloss a refusé le changement ; Candide l’a accepté.

Niveau : 2 ème A.bac. Séance : langue et communication. Durée : 2 heures. Titre : Le discours direct / indirect. Compétence visée : l’élève doit être capable d’:

identifier les caractéristiques du discours rapporté.

Ι-Compréhension et conceptualisation :

Le style indirect est employé pour rapporter des paroles. Ce rapport nécessite quelques transformations grammaticales dans les verbes entre guillemet. Le verbe introducteur est intouchable. En effet, ces changement se réalisent quant le verbe introducteur est au passé, sinon il n’ya aucune transformation grammaticale concernant les verbes entre guillemets :

LESLESLESLES CHANGEMENTSCHANGEMENTSCHANGEMENTSCHANGEMENTS :

VERBE INTRODUCTEUR AU PASSE :

Présent => imparfait :

Futur => conditionnel simple : Ex : Il m'a dit: 'je téléphonerai' → Il m'a dit qu'il téléphonerait Futur antérieur => Conditionnel passé :

EX : Il m'a dit:' nous aurons terminé la chambre avant de venir.' →Il m'a dit qu'ils auraient terminé la chambre avant de venir. Passé composé => Plus que parfait : EX : Il m'a dit:'J'ai tout vendu'→Il m'a dit qu'il avait tout vendu.

Passé simple→P.Q.P : EX : Il répondait : <<Ali travailla>>→Il répondait qu’Ali avait travaillé.

EX : Il m'a dit: 'je vais bien'.

→ Il m'a dit qu'il allait bien

ATTENTIONATTENTIONATTENTIONATTENTION !!!!!!!!

Les règles de concordance de temps sont des règles mécaniques, mais il arrive qu’elles ne soient pas appliquées si le sens de la phrase l’autorise :

1 er cas : Le présent de vérité générale ne change pas au D.IND même si le verbe introducteur est au passé : EX : Le professeur nous a dit : << L’eau bout à cent degré>> Le professeur nous à dit que l’eau bout à cent degré. 2 ème cas : Le futur qui n’est pas encore réalisé ne change pas au D.IND même si le verbe introducteur est au passé : EX : La radio a dit : <<En l’an 3000, les hommes auront plus de loisirs>>. →La radio a dit qu’en l’an 3000, les hommes auront plus de loisirs. 3 ème cas : Le conditionnel, le subjonctif, l’imparfait, le P.Q.P ne subissent aucun changement en passant di D.D vers le D.INDIRECT quelque soit le temps du verbe introducteur. EX : Il a répondu : <<Qu’Ali finisse son travail>> → Il a répondu qu’Ali finisse son travail.

LES CHANGEMENT DES INDICATEURS SPATIO-TEMPORELS:

ATTENTION !!!!! Les indicateurs spatio-temporels changent quelque soit le temps du verbe introducteur :

LesLesLesLes indicateursindicateursindicateursindicateurs dededede tempstempstempstemps :

Aujourd'hui => Ce jour-là. EX : Lucile pensait :' Je vais faire les courses aujourd'hui' →Lucile pensait qu'elle allait faire les courses ce jour-là Hier => La veille. EX : Le commerçant lui a dit: 'J'ai été livré hier' →Le commerçant lui a dit qu'il avait été livré la veille.

Demain => Le lendemain. EX : Mais il a ajouté : 'votre commande n'arrivera que demain'. →Mais il a ajouté que sa commande n'arriverait que le lendemain. Le (jour) prochain => Le (jour) suivant. EX : Il a terminé par: <<elle n'arrivera pas le jour prochain>> →Il a terminé par qu’elle n’arriverait pas le jour suivant.

NB : 1/Maintenant, en ce moment

→ A ce moment -là, au moment même

/2/Avant-hier →L’avant-veille. /3/Après-demain → Le surlendemain/4/ Cette année→ CeEe année-

là./5/Il y a un an →Un an auparavant./6/La semaine dernière→ La semaine précédente/

LesLesLesLes indicateursindicateursindicateursindicateurs dededede lieulieulieulieu ::::

Ici → Là. EX : Ali dit : <<J’habite ici>> → Ali dit qu’il habitait là. A cet endroit→ A cet endroit-là. EX : Ali affirmait : << L’accident a eu lieu à cet endroit>> →Ali affirmait que l’accident avait eu lieu à cet endroit-là.

Les modifications des pronoms dans le style indirect :

EX : Il/elle m'a dit : <<Je suis là>> →

EX : Il m'a dit : <<Tu viendras aussi!>>

EX : Il m'a dit: <<Vous viendrez!>>

EX : Il m'a dit <<Nous serons là>>/<<On sera là>>

Il m'a dit qu’il/elle était là

Il m'a dit que je viendrais aussi.

Il m'a dit que nous viendrions.

→ Il m'a dit qu'ils seraient là.

Les modifications des démonstratifs dans le style indirect :

Ex : Il m'a dit: ' Je n'ai plus ce livre'

Il m'a dit qu'il n'avait plus ce livre-là.

EX : Il m'a dit: 'Cet enfant est sage'

Il m'a dit que cet enfant-là était sage.

EX : Il m'a dit : 'Je vais régler ce problème'

Il m'a dit qu'il allait régler ce problème-là.

Les modifications des possessifs dans le style indirect :

EX : Il m'a dit: ' Je n'ai plus votre livre'

Il m'a dit qu'il n'avait plus mon livre

EX : Il m'a dit: ' Je n'ai plus vos livres'

Il m'a dit qu'il n'avait plus nos/mes livres

EX : Il m'a dit: ' Je suis dans ma voiture

Il m'a dit qu'il était dans sa voiture.

EX : Il m'a dit :'Je vais régler votre problème' →

EX : Il m'a dit: ‘Ce pull est à toi'

EX : Il m'a dit: 'Ce chat n'est pas à moi'