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PLAN DU COURS

I. DEFINITION DE LA MATIERE
II. FINALITES DE LA MATIERE
III. SOURCES DE LA MATIERE
IV. RAPPORT DU DROIT PENAL SPECIAL ET LES AUTRES DISCIPLINES REPRESSIVES
JURIDIIQUES

TITRE I : LES INFRACTIONS CONTRE LES PERSONNES

PREMIER CHAPITRE : L’HOMICIDE VOLONTAIRE

SECTION I : ELEMENTS CONSTITUTIFS DE L’INFRACTION

SOUS-SECTION I : ELEMENT LEGAL

SOUS-SECTION II : ELEMENT MATERIEL

A- ACTE DE L’AUTEUR DE L’INFRACTION

B- REALISATION D’UN RESULTAT

C- EXISTENCE D’UN LIEN DE CAUSALITE ENTRE LES DEUX ELEMENTS

SOUS-SECTION III : ELEMENT MORAL

SECTION II : REPRESSION ET CIRCONSTANCES ENTOURANT LA COMMISSION

SOUS-SECTION I : CIRCONSTANCES AGGRAVANTES

SOUS-SECTION II : CIRCONSTANCES ATTENUANTES

DEUXIEME CHAPITRE : L’HOMICIDE INVOLONTAIRE

SECTION I : ELEMENTS CONSTITUTIFS DE L’INFRACTION

SOUS-SECTION I : ELEMENT MATERIEL

SOUS-SECTION II : ELEMENT MORAL

SECTION II : REPRESSION ET CIRCONSTANCES ENTOURANT LA COMMISSION

SOUS-SECTION I : REPRESSION

SOUS-SECTION II : CIRCONSTANCES ENTOURANT LA COMMISSION

A- CIRCONSTANCES AGGRAVANTES
B- CIRCONSTANCES ATTENUANTES

TROISIEME CHAPITRE : LES ATTEINTES A L’INTEGRITE PHYSIQUE DE LA PERSONNE

SECTION I : COUPS ET BLESSURES VOLONTAIRES

SOUS-SECTION I : ELEMENTS CONSTITUTIFS DE L’INFRACTION

A- ELEMENT MATERIEL
B- ELEMENT MORAL

SOUS-SECTION II : REPRESSION

A- CIRCONSTANCES AGGRAVANTES
B- CIRCONSTANCES ATTENUANTES

1
SECTION II : COUPS ET BLESSURES INVOLONTAIRES

SOUS-SECTION I : ELEMENTS CONSTITUTIFS DE L’INFRACTION

A- ELEMENT MATERIEL
B- ELEMENT MORAL

SOUS-SECTION II : REPRESSION

QUATRIEME CHAPITRE : LES ATTEINTES RESULTANT D’OMMISSION VOLONTAIRE

SECTION I : L’OMISSION D’EMPECHER UNE INFRACTION

SOUS-SECTION I : ELEMENTS CONSTITUTIFS DE L’INFRACTION

A- ELEMENT MATERIEL
B- ELEMENT MORAL

SOUS-SECTION II : REPRESSION

A- CIRCONSTANCES AGGRAVANTES
B- CIRCONSTANCES ATTENUANTES

SECTION II : LA NON ASSISTANCE CONTRE UN DANGER

SECTION III : LE DANGER RESULTANT DE L’ERREUR JUDICIAIRE

TITRE II: LES INFRACTIONS CONTRE LES BIENS

CHAPITRE 1 : LE VOL

SECTION I : LE VOL SIMPLE

SECTION II : LES VOLS SPECIAUX

SECTION III : LES INFRACTIONS VOISINES

CHAPITRE II : L’ESCROQUERIE

SECTION I : ELEMENTS CONSTITUTIFS

SECTION II : REPRESSION

CHAPITRE III : L’ABUS DE CONFIANCE

SECTION I : ELEMENTS CONSTITUTIFS

SECTION II: REPRESSION

CHAPITRE IV : LA BANQUEROUTE

SECTION I : ELEMENTS CONSTITUTIFS

SECTION II : REPRESSION

CHAPITRE V : RECEL

SECTION I : ELEMENTS CONSTITUTIFS

SECTION II : REPRESSION

TITRE III: LES INFRACTIONS CONTRE LA SURETE DE L’ETAT

2
PREMIER CHAPITRE : LES ATTEINTES CONTRE LA SURETE INTERIEURE DE L’ETAT

SECTION I : LE COMPLOT

SECTION II : L’ATTENTAT

SECTION III : LES BANDES ARMEES

DEUXIEME CHAPITRE : LES ATTEINTES CONTRE LA SURETE EXTERIEURE DE L’ETAT

SECTION I : ELEMENTS CONSTITUTIFS DE LA TRAHISON ET L’ESPIONNAGE

SECTION II : REPRESSION DE LA TRAHISON ET L’ESPIONNAGE

TITRE IV: LES ATTEINTES AUX INTERETS PUBLICS OU LES INFRACTIONS CONTRE LA
CONFIANCE PUBLIQUE

PREMIER CHAPITRE : LES INFRACTIONS COMMISES PAR LES FONCTIONNAIRES PUBLICS


CONTRE L’ORDRE PUBLIC

SECTION I : CORRUPTION

SECTION II : LES ATTEINTES AUX LIBERTES PUBLIQUES

SECTION III : VIOLATION DU DOMICILE

SECTION IV : TORTURE

DEUXIEME CHAPITRE LES INFRACTIONS COMMISES PAR LES PERSONNES CONTRE L’ORDRE
PUBLIC

SECTION I : LES VIOLENCES CONTRE LES FONCTIONNAIRES

SECTION II : LA REBELLION

TITRE V : LES INFRACTIONS CONTRE L’ORDRE DE LA FAMILLE ET LA MORALITE


PUBLIQUE

PREMIER CHAPITRE : LES INFRACTIONS CONTRE L’ORDRE DE LA FAMILLE

SECTION I : L’AVORTEMENT

SECTION II : L’ATTEINTE AUX MINEURS ET A LA FAMILLE

DEUXIEME CHAPITRE : LES INFRACTIONS CONTRE LA MORALITE PUBLIQUE

SECTION I : LE VIOL

SECTION II : LES ATTENTATS A LA PUDEUR

SECTION III : L’OUTRAGE

SECTION IV : LES ACTES IMPUDIQUES

SECTION V : LES AUTRES ATTENTATS AUX MŒURS

3
« Au Moyen-âge, c'était plus simple, on ne punissait qu'en fonction du
délit ou du crime : on coupait la main d'un voleur sans exception.
Qu'importe qu'il eût volé par cupidité ou pour ne pas mourir de faim.
Jadis, punir était une sorte de mathématique à chaque action
correspondait une peine clairement définie au préalable. Notre droit
pénal d'aujourd'hui est plus intelligent, il appréhende la vie avec plus
de justice mais il est aussi plus compliqué».

Ferdinand VON SCHIRACH, Crimes, GALLIMARD, Paris,


2011.

I- DEFINITION DE LA MATIERE
Le droit pénal ou le droit de l’infraction et la réaction sociale qu’elle suscite peut être
défini au sens large comme étant l’ensemble des règles déterminant et constituant « en
infractions les faits de l'homme qui, à raison du trouble social qu'ils provoquent, justifient
l'application à leur auteur de peines ou de mesures de sûreté ». Cette définition peut être tirée
de celle accordée à la loi pénale au niveau de l’article premier du code pénal. L’on peut
également le définir comme étant une science juridique développant une approche fondée sur
l’observation du phénomène criminel auquel il entend apporter des réponses à travers
l’édiction de normes et de sanctions, en passant des unes aux autres par un processus
judiciaire. Ainsi, le droit pénal pose des interdits reconnus dans une société donnée et veille à

4
leur respect: à cet égard, il constitue un miroir particulièrement éclairant de l’échelle des
valeurs acceptées à un moment donné par la collectivité1.
En résumé, le droit pénal peut être défini comme « l'ensemble des règles ayant pour objet de
déterminer les actes antisociaux, de désigner les personnes pouvant être déclarées
responsables et de fixer les peines qui leur sont applicables »2.

II- FINALITES DE LA MATIERE

Si l’on se penche dans l’étude des finalités poursuivies par le droit pénal, celles-ci sont
axées autour de deux éléments : l’instauration de la sécurité des individus ainsi que la garantie
des libertés individuelles. Dans ce cadre, notons qu’« ne notion juridique est un élément et le
produit d’un ordre juridique porteur d’une rationalité et d’une valeur spécifique.
Représentation abstraite d’une réalité concrète, la notion est un construit de l’ordre juridique
destiné à lui donner prise sur la réalité en vue de répondre à des besoins juridiques précis».
Ainsi, l’équilibre entre la sécurité des citoyens qui appellent à une réaction prompt, certaine et
infaillible et des intérêts de la personne poursuivie suppose une justice équilibrée garantissant
le respect des droits de défense et du procès équitable donnant prise sur la réalité en vue de
répondre à ces besoins juridiques précis à savoir la sécurité et la liberté.

III- SOURCES DE LA MATIERE


Le droit pénal puise ses sources du droit international ainsi que national.
 SOURCES INTERNATIONALES

Le Préambule de la Constitution marocaine de 2011 consacre le principe de la primauté des


conventions internationales sur le droit interne du pays ainsi que l’harmonisation en
conséquence des dispositions pertinentes de la législation nationale3.

1
DEBOVE F., FALLETTI F. et DUPIC E., Précis de droit pénal et de procédure pénale, Presses Universitaires
de France, Paris, 2013, p. 3.
2
KOLB P., LETURMY L., Droit pénal général, Dalloz-Gualino, Paris, 2010, p. 1.
3
Le préambule de la constitution marocaine de 2011 dispose que : « Se fondant sur ces valeurs et ces principes
immuables, et fort de sa ferme volonté de raffermir les liens de fraternité, de coopération, de solidarité et de
partenariat constructif avec les autres Etats, et d’œuvrer pour le progrès commun, le Royaume du Maroc, Etat
uni, totalement souverain, appartenant au Grand Maghreb, réaffirme ce qui suit et s’y engage: (….)- accorder
aux conventions internationales dûment ratifiées par lui, dans le cadre des dispositions de la Constitution et des
lois du Royaume, dans le respect de son identité nationale immuable, et dès la publication de ces conventions, la
primauté sur le droit interne du pays, et harmoniser en conséquence les dispositions pertinentes de sa législation
nationale».

5
L’article 55, al. 2 de la constitution marocaine précise que le Roi signe et ratifie les traités.
Concernant les traités de commerce ou ceux engageant les finances de l’État ou dont
l’application nécessite des mesures législatives, ainsi que les traités relatifs aux droits et
libertés individuelles ou collectives des citoyennes et des citoyens, ne peuvent être ratifiés
qu’après avoir été préalablement approuvés par la loi.

A ce titre, l’on peut donner l’exemple de la Convention des Nations Unies contre la
criminalité transnationale organisée à Palerme le 12 décembre 2000 des Nations Unies contre
la criminalité transnationale organisée signée à Palerme le 12 décembre 2000 suite à la
Résolution 55/25 de l’Assemblée générale du 15 novembre 20004.

 SOURCES NATIONALES
Concernant ses sources nationales, le droit pénal les PUISE principalement de la constitution
et de sa législation nationale.
1. LA CONSTITUTION MAROCAINE DE 2011

La constitution marocaine prévoit plusieurs dispositions quant au droit pénal. Il s’agit


des éléments suivants :

L’article 23 de la constitution énumère ce qui suit :

- Nul ne peut être arrêté, détenu, poursuivi ou condamné en dehors des cas et des formes
prévus par la loi. (Art. 23 de la constitution).

- La détention arbitraire ou secrète et la disparition forcée sont des crimes de la plus


grande gravité et exposent leurs auteurs aux punitions les plus sévères.

. - Toute personne détenue doit être informée immédiatement, d’une façon qui lui soit
compréhensible, des motifs de sa détention et de ses droits, dont celui de garder le silence.

- Toute personne détenue doit bénéficier doit bénéficier, au plus tôt, d’une assistance juridique
et de la possibilité de communication avec ses proches, conformément à la loi.

- La présomption d’innocence et le droit à un procès équitable sont garantis.

4
Dahir n° 132.02.1 rendu le 9 Chaoual 1424 (4décembre 2003) publiant la dite Convention des Nations Unies.
B.O. n°5186 rend le 12/02/2004, pp. 494-519.

6
- Toute personne détenue jouit de droits fondamentaux et de conditions de détention
humaines. Elle peut bénéficier de programmes de formation et de réinsertion.

- Est proscrite toute incitation au racisme, à la haine et à la violence. Le génocide, les crimes
contre l’humanité, les crimes de guerre et toutes les violations graves et systématiques des
droits de l’Homme sont punis par la loi.

L’article 22 de la constitution précise également les éléments suivant :

- Il ne peut être porté atteinte à l’intégrité physique ou morale de quiconque, en quelque


circonstance que ce soit et par quelque personne que ce soit, privée ou publique.

- Nul ne doit infliger à autrui, sous quelque prétexte que ce soit, des traitements cruels,
inhumains, dégradants ou portants atteinte à la dignité.

- La pratique de la torture, sous toutes ses formes et par quiconque, est un crime puni par la
loi.

Finalement, l’article 109 de la Constitution marocaine prévoit : « Est proscrite toute


intervention dans les affaires soumises à la justice. Dans sa fonction judiciaire, le juge ne
saurait recevoir d’injonction ou instruction, ni être soumis à une quelconque pression.
Chaque fois qu’il estime que son indépendance est menacée, le juge doit en saisir le Conseil
Supérieur du Pouvoir Judiciaire ».

2. LA LEGISLATION PENALE
Concernant la législation pénale, elle n’est pas limitée au code pénal pour le droit pénal de
fond et le code de procédure pénale pour les éléments de procédure. Elle regroupe les textes
suivants :
- Code pénal
- Le Dahir du 15 novembre 1958 formant code de la presse tel qu’il a été modifié et
complété le 3 octobre 2002.
- Dahir (21 mai 1974) relatif à la répression de la toxicomanie et la prévention des
toxicomanes.
- Dahir du 5 octobre 1984 relative à la répression des fraudes sur les marchandises
- Code des douanes et impôts indirects du 9 octobre 1977
- Code de commerce

7
- Code de travail
- Code de la route du 11 février 2010
- Loi n° 31-08 sur les mesures de protection du consommateur
IV- OBJET DE LA MATIERE
Le droit pénal regroupe différentes branches. Il s’agit principalement du droit pénal général, la
pénologie, le droit pénal spécial, la procédure pénale, le droit pénal international, le droit
international pénal et finalement la criminologie.
 Droit pénal général définit le champ d’application des lois pénales (art. 1-12 C.P.),
énonce les conditions de punissabilité (art. 110- 162 C.P.), détaille les sanctions pénales (art.
13-109 C.P.)
 Pénologie s’attache à étudier les sanctions encourues, prononcées et exécutées.
 Droit pénal spécial constitue le catalogue des comportements socialement
inadmissibles (art. 162-612 CP), se composant premièrement d’un état de fait qui détaille le
comportement incriminé : l’infraction pénale ainsi que sa conséquence juridique : la peine
encourue.
 Procédure pénale institue les règles et les autorités appelées à appliquer le droit
pénal dans le cadre d’un processus judiciaire appelé procès pénal.
 Droit pénal international tend à organiser la coopération internationale afin
d’apporter aux juridictions saisies les éléments d’appréciation qui leur sont nécessaires
comme le recours à l’extradition ou à des commissions rogatoires internationales5.
 Droit international pénal a trait aux infractions définies par le droit
international (génocide, crime contre l'humanité...) et aux juridictions internationales chargées
de leur répression. A ce niveau, la Convention de Rome de juillet 1998 a même prévu la
création d’une cour pénale internationale permanente siégeant à La Haye afin de connaître
pour l’avenir de tels agissements6. Le Maroc a signé cette convention en date du 08 juillet
2000.
 Criminologie est une science issue de la spécialisation du droit pénal s’attachant à
analyser les facteurs susceptibles de conduire à des comportements déviants ou criminels.
Tout comportement interdit par la loi sous peine de sanction pénale constitue une
infraction dont l’étude de la spécificité relève du droit pénal spécial.

5
DEBOVE F., FALLETTI F. et DUPIC E., op. cit., p.8.
6
Ibid., p. 9.

8
Avant de développer le plan du cours du droit pénal spécial, il est important de
rappeler certaines notions de base du droit pénal général par rapport à la classification ou la
qualification des infractions. Dans ce sens, il est intéressant de donner la classification de
l’infraction selon la gravité en vertu de l’article 111 du code pénal qui dispose que «Les
infractions sont qualifiées crime, délit correctionnel, délit de police ou contravention….».

Tout comportement interdit par la loi sous peine de sanction pénale constitue une
infraction dont l’étude de la spécificité relève du droit pénal spécial. Ainsi, afin de pouvoir
qualifier une infraction selon sa gravité de crime de délit ou de contravention, il est nécessaire
de consulter la sanction pénale qui lui est attribuée par le code pénal au niveau de la partie du
droit pénal spécial.
Concernant le crime, l’article 16 du code pénal dispose que « Les peines criminelles
principales sont :
1° La mort;
2° La réclusion perpétuelle;
3° La réclusion à temps pour une durée de cinq à trente ans;
4° La résidence forcée;
5° La dégradation civique ».
Pour les délits de police ou bien correctionnel, l’article 111 du code pénal énonce que
« L'infraction que la loi punit d'une peine d'emprisonnement dont elle fixe le maximum à plus
de deux ans est un délit correctionnel;
L'infraction que la loi punit d'une peine d'emprisonnement dont elle fixe le maximum à deux
ans ou moins de deux ans, ou d'une amende de plus de 200 dirhams est un délit de police».
Enfin, l’article 18 du code pénal souligne que les sanctions réservées aux contraventions sont
les suivantes : « - La détention de moins d'un mois ;
- L'amende de 30 dirhams à 1.200 dirhams ».
Dans notre cours portant sur le droit pénal spécial, l’étude va porter sur les différentes
catégories de crimes, de délits et de contraventions à travers une « étude analytique des
diverses infractions envisagées une à une dans leurs éléments particuliers et dans les

9
modalités de leur répression »7. La discipline qualifie les faits selon la typologie de
l’infraction en meurtre, viol, vol ou autres…

TITRE I : LES INFRACTIONS CONTRE LES PERSONNES

Les atteintes aux personnes, les violences ne sont pas un phénomène nouveau,
enracinement dans l’histoire de l’humanité. Ces violences participent du phénomène criminel
dans son ensemble. Phénomène aussi vieux que le phénomène lui-même, l’étude de ces
infractions va porter sur l’homicide volontaire (PREMIER CHAPITRE), l’homicide
involontaire (DEUXIEME CHAPITRE), LES ATTEINTES A L’INTEGRITE PHYSIQUE
DE LA PERSONNE (TROISIEME CHAPITRE) ainsi que les atteintes résultant d’omission
volontaire (QUATRIEME CHAPITRE).

PREMIER CHAPITRE : L’HOMICIDE VOLONTAIRE

SECTION I : ELEMENTS CONSTITUTIFS DE L’INFRACTION

7
R. MERLE et A. VITU, Traité de droit criminel, 6ème éd., Cujas, Paris, 1988, p. 9 cité dans A. EN-
NEFKHAOUI, Précis du droit pénal spécial : étude approfondie et analytique, SOMADIL, Casablanca, 2016,
p.25.

10
Dans le cadre de l’étude de l’homicide volontaire, l’on va s’intéresser à l’élément légal
(Sous-section I), à l’existence d’un comportement caractérisant la matérialisation et
l’extériorisation de la volonté constitue également un élément constitutif de l’infraction, c’est
l’élément matériel (Sous-section II) à l’attribution à un individu la responsabilité d'une
infraction (Imputabilité) ayant commis une faute (culpabilité), il s’agit de l’élément moral
(Sous-section III).

SOUS-SECTION I : ELEMENT LEGAL

« Nullum crimen, nulla poena sine lege», l’adage traduit l’un des principes
fondamentaux du droit pénal qui est la légalité des délits et des peines. L’article 3 du code
pénal dispose que « Nul ne peut être condamné pour un fait qui n'est pas expressément prévu
comme infraction par la loi, ni puni de peines que la loi n'a pas édictées». Concernant
l’homicide volontaire, l’article 392 du code pénal énonce que « Quiconque donne
intentionnellement la mort à autrui est coupable de meurtre». Les articles suivants organisent
les conditions de la répression du meurtre en tenant compte des circonstances de commission
(AGGRAVANTES ET ATTENUANTES).

SOUS-SECTION II : ELEMENT MATERIEL

Les croyances, les opinions comme les pensées criminelles échappent à la loi pénale
en absence d’extériorisation de la volonté délictueuse. Dans le cadre de l’homicide
volontaire, l’élément matériel se rapporte au résultat consistant la mort d’autrui, mais aussi un
acte qui doit avoir provoqué ce résultat. Ainsi, dans l’homicide volontaire, l’on retrouve « la
mort d’autrui » excluant le suicide. Le meurtre ne paraît être réalisé que sur une personne
excluant l’interruption illégale de grossesse concernant le fœtus (Art. 449 du C.P.). De plus, le
meurtre ne peut être réalisé que sur une victime en vie « infraction impossible». A ce titre, il
convient de mettre l’accent sur les éléments formant de cet élément matériel à savoir l’acte de
l’auteur de l’infraction (A), la réalisation d’un résultat (B) puis l’existence d’un lien de
causalité entre les deux éléments (C).
A- Acte de l’auteur de l’infraction

Le fait de donner la mort à autrui abstraction fait du moyen utilisé qu’il soit mortel ou pas. Le
fait matériel engendrant la mort est retenu et non pas le moyen utilisé. Ex.: frapper la victime

11
avec un bâton sur la tête, poignarder la victime avec un couteau au niveau du cœur ou encore
électrocuter, étrangler ou noyer la victime.

B- Réalisation d’un résultat


Le résultat criminel qui est la mort d’une personne non pas un animal. C’est le décès qui va se
constater médicalement : c’est une preuve du second élément constitutif.

C- Existence d’un lien de causalité entre les deux éléments

L’établissement de la responsabilité pénale8 totale de l’auteur si l’homicide est involontaire.


S’il est volontaire, la responsabilité est déterminée dans le cadre de la tentative.

Arrêt de la cour suprême du 18 décembre 1980 a relevé que « les juges du fond doivent établir
le lien de causalité entre l’acte du prévenu, et le préjudice de la victime. Ils doivent
caractériser ce lien qui sert de justification de leur décision, et qui va servir la suprême dans
l’exercice de son contrôle sur la qualification des faits, et une bonne application de la
peine»9.

SOUS-SECTION III : ELEMENT MORAL

L’élément moral de l’infraction permet de connaître l’état d’esprit de l’auteur de l’infraction


en appréciant sa volonté, l’intention derrière la commission de l’infraction ainsi que le mobile
le poussant à la commettre. Cet élément moral est directement lié avec la responsabilité
pénale de l’auteur de l’infraction qui doit jouir d’un pouvoir de discernement ainsi qu’une
volonté de commission de l’infraction et la possibilité de lui attribuer cette responsabilité de
l’infraction (l’imputabilité). Dans ce contexte, l’article 392 du code pénal énonce que «
Quiconque donne intentionnellement la mort à autrui est coupable de meurtre». Dans ce
cadre, l’intention se définit comme la volonté du résultat de l’infraction, cette intention est un
dol spécial c’est-à-dire la volonté de donner la mort à la victime. Cet élément intentionnel
permet de distinguer ce crime avec d’autres infractions comme l’homicide involontaire (l’art.
433 du C.P.).
L’existence du lien moral entre l’auteur de l’infraction et l’acte matériel constitutif de
l’infraction agissant par une volonté libre et un total discernement et une réelle réalisation des

8
Être responsable pénalement, c’est être tenu d’une obligation: celle de répondre de l’infraction commise en
subissant la sanction que la société détermine pour sa répression. C’est mettre une infraction sur le compte d’une
personne ayant commis une faute.
9
G.T.M., n°28, p. 61 cité par A. EN-NAFKHAOUI, Précis du droit pénal spécial, op. cit., p. 50.

12
éléments de l’infraction. Ceci concerne l’établissement de la responsabilité pénale qui génère
des conséquences juridiques.

SECTION II : REPRESSION ET CIRCONSTANCES ENTOURANT LA


COMMISSION

L’on étudiera successivement la répression du meurtre simple (Sous-section I) puis les


circonstances entourant la commission (Sous-section II).

SOUS-SECTION I : REPRESSION

Le code pénal punit le meurtre simple de la réclusion perpétuelle aux termes de


l’article 392 du code pénal.

SOUS-SECTION II : CIRCONSTANCES AGGRAVANTES ET ATTENUANTES

A- CIRCONSTANCES AGGRAVANTES
1- LA PREMEDITATION

Élément purement psychologique ne pouvant être établi que par les circonstances de
fait qui ont entouré la commission du meurtre, la préméditation telle qu’elle a été définie par
l’article 392 du code pénal « consiste dans le dessein, formé avant l'action, d'attenter à la
personne d'un individu déterminé, ou même de celui qui sera trouvé ou rencontré, quand
même ce dessein dépendrait de quelque circonstance ou de quelque condition ». « Si la
juridiction a été convaincue après des investigations et plaidoirie que la preuve est suffisante
pour établir la préméditation, mais sans démontrer les circonstances de fait qui ont entouré
la commission du meurtre, qui vont permettre à la cour suprême d’exercer son contrôle,
l’arrêt encourt donc la cassation pour défaut de motif »10.

2- GUET-APENS
L’article 395 du code pénal dispose que « Le guet-apens consiste à attendre plus ou moins de
temps, dans un ou divers lieux, un individu, soit pour lui donner la mort, soit pour exercer sur
lui des actes de violences ». Élément temporel.
3- MEURTRE PAR EMPOISONNEMENT

10
Arrêt n° 287 de la cour suprême, première chambre du 9 mars 1959, cité par A. EN-NEFKHAOUI, Précis
du droit pénal spécial : étude approfondie et analytique, op. cit., p. 54.

13
L’article 398 du C.P. dispose que « Quiconque attente à la vie d'une personne par l'effet de
substances qui peuvent donner la mort plus ou moins promptement, de quelque manière que
ces substances aient été employées ou administrées, et quelles qu'en aient été les suites, est
coupable d'empoisonnement et puni de mort».
4- PARRICIDE
L’article 396 du code pénal énonce que « Quiconque donne intentionnellement la mort à son
père, à sa mère ou à tout autre ascendant est coupable de parricide et puni de la peine de
mort ».
5- CONCOMITANCE DU MEURTRE AVEC UN CRIME

L’article 392, al. 2 du code pénal prévoit que « Le meurtre est puni de mort :

- Lorsqu'il a précédé, accompagné, ou suivi un autre crime »

6- MEURTRE LIE AVEC CRIME ET DELIT

L’article 392, al. 2 du code pénal dispose que « Le meurtre est puni de mort :

- Lorsqu'il a eu pour objet, soit de préparer, faciliter ou exécuter un autre crime ou un délit,

- soit de favoriser la fuite ou d'assurer l'impunité des auteurs ou complices de ce crime ou de


ce délit».

B- CIRCONSTANCES ATTENUANTES
1- LE CHANTAGE
L’article 416 du C.P. souligne que Le meurtre, les blessures et les coups sont excusables s'ils
ont été provoqués par des coups ou violences graves envers les personnes.
2- LE MEURTRE COMMIS EN REPOUSSANT PENDANT LE JOUR
L'ESCALADE OU L'EFFRACTION DES CLOTURES, MURS OU ENTREE
D'UNE MAISON OU D'UN APPARTEMENT HABITE OU DE LEURS
DEPENDANCES.
Cette circonstance entre dans le cadre de l’état de nécessité qui consiste à échapper à
un danger menaçant la personne ou autrui. Cette cause d’irresponsabilité pénale élimine
l’élément moral. Ainsi, la réunion des trois éléments suivants est nécessaire pour établir cette
cause d’irresponsabilité pénale :
o Infraction doit être nécessaire

14
o Intérêt sauvegardé supérieur à l’intérêt sacrifié
o Danger actuel et imminent.

Dans ce contexte, l’article 417 du C.P. dispose que « Le meurtre, les blessures et les
coups sont excusables s'ils ont été commis en repoussant pendant le jour l'escalade ou
l'effraction des clôtures, murs ou entrée d'une maison ou d'un appartement habité ou de leurs
dépendances.

S'ils ont été commis pendant la nuit, les dispositions de l'article 125, alinéa 1, sont
applicables ».

L’article 125, al. 1er du C.P. dispose que « Sont présumés accomplis dans un cas de
nécessité actuelle de légitime défense :1° L'homicide commis, les blessures faites ou les coups
portés, en repoussant, pendant la nuit, l'escalade ou l'effraction des clôtures, murs ou entrée
d'une maison ou d'un appartement habité ou de leurs dépendances; ».

3- LE MEURTRE DE L'UN DES EPOUX SUR LA PERSONNE DE


L'AUTRE EN FLAGRANT DELIT D’ADULTERE

L’article 418 du C.P. dispose que « Le meurtre, les blessures et les coups sont
excusables s'ils sont commis par l'un des époux sur la personne de l'autre, ainsi que sur le
complice, à l'instant où il les surprend en flagrant délit d'adultère ».

4- L’INFANTICIDE: LA MORT A UN ENFANT NOUVEAU-NE

L’article 397 du code pénal prévoit que « Quiconque donne intentionnellement la mort
à un enfant nouveau-né est coupable d'infanticide et puni de la peine de mort s’il y a
préméditation également.

La mère, auteur principal ou complice du meurtre ou de l'assassinat de son enfant nouveau-


né, est punie de la peine de la réclusion de cinq à dix ans, mais sans que cette disposition
puisse s'appliquer à ses coauteurs ou complices».

DEUXIEME CHAPITRE : L’HOMICIDE INVOLONTAIRE

Un homicide peut être commis par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou


inobservation des règlements causant la mort à autrui. Il s’agit de l’homicide involontaire dont

15
l’on étudiera les éléments constitutifs (Section I) puis la répression et circonstances entourant
la commission (Section II).

SECTION I : ELEMENTS CONSTITUTIFS DE L’INFRACTION

SOUS-SECTION I : ELEMENT LEGAL :

L’homicide involontaire est défini par l’’article 432 du code pénal qui dispose que
«Quiconque, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou inobservation des
règlements, commet involontairement un homicide ou en est involontairement la cause». Il est
à noter que la victime doit être un être humain et non un animal. Ainsi, l’homicide
involontaire d’un animal est puni par l’article 609 du code pénal, al. 36 constituant une
contravention de deuxième catégorie11.

SOUS-SECTION I : ELEMENT MATERIEL

A- LE COMPORTEMENT FAUTIF

La responsabilité pénale est établie sur la base d’un comportement humain fautif aux termes
de l’article 432 du C.P. énonçant que « quiconque, par maladresse, imprudence… ».

Ex.: Si une branche d’arbre tue dans sa chute un passant bousculant un deuxième
passant qui tombe à son tour dans un fossé et trouve la mort. Ainsi, le premier passant ne peut
être poursuivi pour homicide involontaire parce que le comportement engendrant la mort du
deuxième passant est le résultat d’une force majeure qui est la chute de l’arbre. Il ne suffit pas
d’exiger une faute pour qu’il ait responsabilité pénale fondée sur l’imprudence : il faut que
soit rapportée devant le juge la preuve de cette faute.

Ce comportement fautif est caractérisé par des actes de commission (comme par
exemple un automobiliste en excès de vitesse) mais aussi des actes d’abstention (par exemple,
le chef d’entreprise qui omet d’appliquer les normes d’hygiène et de sécurité).

B- LE DOMMAGE

Le dommage ou Le résultat du comportement fautif consiste en la réalisation du décès de la


victime sinon l’infraction sera qualifiée autrement que l’homicide involontaire.

11
C.S., arrêt n° 726 rendu en date du 28/1/1986, doss. pénal n° 85/13653 publié dans la revue Al MIYAR ‫المعيار‬,
n°7 et 8, pp. 104 ss cité par
.271 .‫ ص‬،2017،‫ الدار البيضاء‬،‫ المطبعة النجاح الجديدة‬،‫ مجموعة القانون الجنائي و العمل القضائي‬،‫محمد بفقير‬

16
C- LE LIEN DE CAUSALITE

L’article 432 du code pénal dispose que « Quiconque…..commet involontairement un


homicide ou en est involontairement la cause ». Il en ressort de la lecture de cet article que
l’établissement du lien cause à effet entre le résultat qui est le décès et le comportement fautif
est nécessaire. Dans ce sens, la jurisprudence écarte la responsabilité pénale si ce lien n’est
pas établi. C.S. arrêt du 12 avril 196212.

SOUS-SECTION II : ELEMENT MORAL

L’auteur de l’infraction doit avoir eu le comportement fautif volontairement et en être


conscient mais sans avoir pour objectif la réalisation du résultat découlant de ce
comportement. L’article 432 du C.P. a énonce les cinq types du comportement fautif. Il s’agit
de l’imprudence, la maladresse, la négligence, l’inattention et l’inobservation des règlements.

1. Imprudence, maladresse ou négligence: Dans le cadre des ces infractions, il n’existe


pas l’intention de violer la loi pénale mais il y a tout de même à la base la volonté de
commettre l’acte reproché13. A titre d’exemple, un automobiliste qui effectue un dépassement
sur une ligne continue le fait bien de façon volontaire mais n’avait nullement l’intention de
causer un accident où un piéton avait trouvé la mort.
2. Inattention : l’on rencontre ces fautes chez les chirurgiens commettant de vérifier
après l’opération le nombre de pinces utilisées pendant son intervention14.
3. Inobservation des règlements : il s’agit non seulement des décrets et arrêtés pris par
l’autorité administrative mais aussi les circulaires et instructions ministérielles ainsi que les
règles de déontologie observées dans certaines professions15.

SECTION II : REPRESSION ET CIRCONSTANCES ENTOURANT LA


COMMISSION

SOUS-SECTION I : REPRESSION

La répression prévue par l’article 432 du code pénal concernant l’homicide involontaire est «
l'emprisonnement de trois mois à cinq ans et d'une amende de 250 à 1.000 dirhams ».

.132 .‫ص‬، 2017،‫ الرباط‬،‫ الوجيز في شرح القانون الجنائي الخاص‬،‫ مجيدي السعدية و اخرون‬،‫ احمد قيلش‬،‫ انظر‬12
13
G. Clément, F.DUBOST et J-Ph.VICENTINI, op. cit., p. 98.
14
A. EN-NEFKHAOUI, op. cit., p. 76.
15
Idem, p. 76.

17
A ce titre, les circonstances aggravantes et atténuantes sont déterminantes de la pratique de la
sanction par le juge.

SOUS-SECTION II : CIRCONSTANCES ENTOURANT LA COMMISSION

A- CIRCONSTANCES AGGRAVANTES

Dans le cadre des circonstances aggravantes, l’article 434 du C.P. énonce que les
peines prévues aux 432 et 433 se rapportant aux homicides involontaires ainsi que les coups et
blessures sont portées au double lorsque l'auteur du délit a agi en état d'ivresse, ou a tenté, soit
en prenant la fuite, soit en modifiant l'état des lieux, soit par tout autre moyen, d'échapper à la
responsabilité pénale ou civile qu'il pouvait encourir. Il est à noter que le juge est tenu de
pratiquer la peine d’emprisonnement associée de l’amende.

B- CIRCONSTANCES ATTENUANTES
L’article 149 du C.P. dispose que « le juge, sauf disposition légale contraire, dans tous les cas
où la peine édictée est celle de l'emprisonnement et de l'amende ou l'une de ces deux peines
seulement, peut, lorsqu'il constate l'existence de circonstances atténuantes, réduire la peine
au-dessous du minimum légal, sans toutefois que l'emprisonnement puisse être inférieur à un
mois et l'amende inférieure à 120 dirhams ». L’article 55 du C.P. ajoute que « En cas de
condamnation à l'emprisonnement ou à l'amende non contraventionnelle, si l'inculpé n'a pas
subi de condamnation antérieure à l'emprisonnement pour crime ou délit de droit commun, la
juridiction de jugement peut, par une disposition motivée de sa décision, ordonner qu'il sera
sursis à l'exécution de la peine».

TROISIEME CHAPITRE : LES ATTEINTES A L’INTEGRITE PHYSIQUE DE LA


PERSONNE

Dans ce chapitre, l’on traitera les coups et blessures volontaires (Section I) ainsi que
les cous et blessures involontaires (Sous-section II).

SECTION I : COUPS ET BLESSURES VOLONTAIRES

SOUS-SECTION I : ELEMENTS CONSTITUTIFS DE L’INFRACTION

A- ELEMENT LEGAL :
L’article 400 du code pénal énonce que « Quiconque, volontairement, fait des
blessures ou porte des coups à autrui ou commet toutes autres violences ou voies de fait, soit
18
qu'ils n'ont causé ni maladie, ni incapacité, soit qu'ils ont entraîné une maladie ou une
incapacité de travail personnel n'excédant pas vingt jours, est puni d'un emprisonnement d'un
mois à un an et d'une amende de 200 à 500 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement.
Lorsqu'il y a eu préméditation ou guet-apens ou emploi d'une arme, la peine est
l'emprisonnement de six mois à deux ans et l'amende de 200 à 1.000 dirhams ».

B- ELEMENT MATERIEL
L’élément matériel est constitué par tout acte entraînant une atteinte de la victime. La gravité
de l’atteinte est évaluée au moyen d’une expertise médicale. Les coups constituent tous les
gestes par lesquels s’accomplit un contact brutal, immédiatement ou par l’intermédiaire d’un
objet matériel quelconque, entre le coupable et le corps de la victime. Quant aux blessures,
elles ne sont que les effets résultant des coups portés.
Dans ce contexte, il est important de mettre l’accent sur les éléments constitutifs de l’élément
matériel. Il s’agit de l’acte violent, le résultat et le lien de causalité. Ainsi, l’acte violent
constitue l’acte de commission par lequel son auteur ait délibérément voulu occasionner des
blessures à la victime que l’acte ait été prémédité ou non. Aussi, un résultat doit être réalisé.
Encore, un lien de causalité doit être établi c'est-à-dire une incapacité TT ou une mutilation,
amputation ou privation de l'usage d'un membre, cécité, perte d'un œil ou toutes autres
infirmités permanentes.

Il est important de souligner que le législateur a apporté une protection supplémentaire pour
les enfants en vertu de l’article 408 du C.P. qui dispose que « Quiconque volontairement fait
des blessures ou porte des coups à un enfant âgé de moins de quinze ans ou l'a
volontairement privé d'aliments ou de soins au point de compromettre sa santé, ou commet
volontairement sur cet enfant toutes autres violences ou voies de fait à l'exclusion des
violences légères, est puni de l'emprisonnement d'un an à trois ans ».

C- ELEMENT MORAL
L’élément moral de l’infraction permet de connaître l’état d’esprit de l’auteur de l’infraction
en appréciant sa volonté, l’intention derrière la commission de l’infraction ainsi que le mobile
le poussant à la commettre. Toutefois, les motifs qui l’ont poussé à commettre cette infraction
ne sont pas retenus. A titre, d’exemple dans une bagarre entre deux personnes, les deux
bagarreurs sont sanctionnés des résultats. Il n y a pas de compensation en matière pénale.

19
SOUS-SECTION II : REPRESSION

 Répression des crimes

 Infraction de coups et blessures entrainant la mort (Art. du 403 et 404, al 3 du


C.P.).

 Infraction de coups et blessures ou autres violences ou voies de fait entrainant


un handicap (Art. 402 du C.P.).

 Répression des délits

 Des blessures ou porte des coups à autrui ou commet toutes autres violences ou
voies de fait, soit qu'ils n'ont causé ni maladie, ni incapacité, soit qu'ils ont entraîné une
maladie ou une incapacité de travail personnel n'excédant pas vingt jours (Art. 400 du C.P.).

 les blessures ou les coups ou autres violences ou voies de fait ont entraîné une
incapacité supérieure à vingt jours (Art. 401 du C.P.).

 Répression des contraventions: amende de 20 à 200 DHS.

C- CIRCONSTANCES AGGRAVANTES
D- CIRCONSTANCES ATTENUANTES

Ces circonstances sont prévues par les articles 416 à 421 du C.P. Il est que les
circonstances atténuantes propres l’homicide sont associées avec les atteintes corporelles par
coups et blessures au niveau code pénal.

L’article 420 du code pénal dispose que « Les blessures faites ou les coups portés sans
intention de donner la mort, même s'ils l'ont occasionnée, sont excusables lorsqu'ils ont été
commis par un chef de famille qui surprend dans son domicile un commerce charnel illicite,
que les coups aient été portés sur l'un ou l'autre des coupables».

L’article 421 du code pénal prévoit que « Les blessures et les coups sont excusables
lorsqu'ils sont commis sur la personne d'un adulte surpris en flagrant délit d'attentat à la
pudeur ou de tentative d'attentat à la pudeur, réalisé avec ou sans violence, sur un enfant de
moins de dix-huit ans.

20
Les mêmes faits sont excusables lorsqu'ils sont commis sur la personne d'un adulte surpris en
flagrant délit de viol ou de tentative de viol ».

SECTION II : COUPS ET BLESSURES INVOLONTAIRES

SOUS-SECTION I : ELEMENTS CONSTITUTIFS DE L’INFRACTION

A- ELEMENT MATERIEL
L’élément matériel au niveau de l’infraction des coups et blessures rejoint celui de
l’homicide involontaire. il est à noter que le seule différence se trouve au niveau du résultat du
comportement fautif qui est le décès dans le cadre de l’homicide involontaire.
• LE COMPORTEMENT FAUTIF
• LE DOMMAGE : Résultat variant de l’homicide involontaire qui est la mort.
• LE LIEN DE CAUSALITE
B- ELEMENT MORAL

Concernant, l’élément des coups et blessures involontaires, il ne varie pas de celui de


l’homicide involontaire. Il s’agit de l’Imprudence, la maladresse, la négligence, l’inattention
et l’inobservation des règlements.

SOUS-SECTION II : REPRESSION

Concernant les peines encourues pour les coups et blessures, l’article 433 du code
pénal dispose que « Quiconque, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou
inobservation des règlements, cause involontairement des blessures, coups ou maladies
entraînant une incapacité de travail personnel de plus de six jours est puni de
l'emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 200 à 500 dirhams ou de l'une de
ces deux peines seulement ». L’article 434 du même code ajoute que les peines prévues à cet
effet sont portées au double lorsque l'auteur du délit a agi en état d'ivresse, ou a tenté, soit en
prenant la fuite, soit en modifiant l'état des lieux, soit par tout autre moyen, d'échapper à la
responsabilité pénale ou civile qu'il pouvait encourir.

L’article 435 du code pénal consacre les cas de provocation involontaire c'est-à-dire
par maladresse, imprudence, inattention ou inobservation des règlements, l'incendie des
propriétés mobilières ou immobilières d'autrui entraînant la mort d'une ou de plusieurs

21
personnes ou leur cause des blessures, est coupable d'homicide ou de blessures involontaires
et puni comme tel.

QUATRIEME CHAPITRE : LES ATTEINTES RESULTANT D’OMMISSION


VOLONTAIRE

L’on étudiera dans les atteintes résultant d’omission volontaire, l’omission d’empêcher
une infraction (Section I), la non assistance contre un danger (Section II) puis le danger
résultant d’une erreur judicaire (Section III).

SECTION I : L’OMISSION D’EMPECHER UNE INFRACTION

L’article 430 énonce quant à la répression de l’omission d’empêcher une infraction


que : « Quiconque pouvant, sans risque pour lui ou pour des tiers, empêcher par son action
immédiate, soit un fait qualifié crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle d'une
personne, s'abstient volontairement de le faire, est puni de l'emprisonnement de trois mois à
cinq ans et d'une amende de 200à 1.000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement».

Il en ressort de la lecture de cet article que la nature de l’infraction à empêcher et


l’opportunité d’intervention dépendent de la consommation de l’infraction ainsi que l’absence
du risque et l’omission d’agir. Dans ce contexte, le fait que l’accusé présent dans le lieu où se
trouve la victime agressée et de ne pas appeler l’ambulance pour l’assister et la sauver avant
sa mort malgré le fait qu’il pouvait appeler sans mettre en danger sa personne constituent des
éléments suffisants pour établir l’infraction de non assistance à une personne en danger16.

SECTION II : LA NON ASSISTANCE CONTRE UN DANGER

SOUS-SECTION I : ELEMENTS CONSTITUTIFS DE L’INFRACTION

A- ELEMENT MATERIEL
1. L’existence d’un péril
o La nature du péril : il doit concerner une personne et non des biens et doit menacer
l’intégrité physique de la personne.

C.S, arrêt en date du 14/05/2008 sous le n° 882/5, doss n° 05/25859 publié dans la revue ALMILAF n° 14, p. 16
309 ss cité par
.271 .‫ ص‬،.‫ س‬.‫ م‬،‫محمد بفقير‬

22
o L’origine du péril : il peut découler d’une cause naturelle (événement climatique,
maladie, projet de suicide, accident causé par un tiers).
o Les caractères du péril : C’est donc la jurisprudence qui estime que le péril doit être de
nature à nécessité une intervention immédiate. L’on ne peut considérer d’infraction, i le péril
s’est déjà réalisé et qu’il n’y a plus d’assistance possible et que la victime est déjà décédée
mais même si la mort est certaine mais non encore arrivée cette personne a comme même le
droit à une assistance morale.
2. L’absence d’assistance
Il s’agit d’une infraction d’omission mais pas seulement. Les juges considèrent qu’on
peut parfois omettre par commission.
Ex : la fourniture d’indication à une personne suicidaire.
B- ELEMENT MORAL
La non assistance à une personne en danger n’est puni que s’elle est volontaire
(Refuser de répondre à un appel de secours). Ainsi, si une personne passe devant un blessé
sans le voir, on ne peut rien lui reprocher.

SOUS-SECTION II : REPRESSION

L’article 431 énonce quant à la répression des atteintes résultant d’omission volontaire
que « Quiconque s'abstient volontairement de porter à une personne en péril l'assistance que
sans risque pour lui, ni pour les tiers, il pouvait lui prêter, soit par son action personnelle,
soit en provoquant un secours, est puni de l'emprisonnement de trois mois à cinq ans et d'une
amende de 200 à 1.000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement». Il est important de
retenir que cette infraction sanctionne le comportement (l’inaction ou l'inertie) plus que le
résultat.

SECTION III : LE DANGER RESULTANT DE L’ERREUR JUDICIAIRE

L’article 378 dispose que « Quiconque connaissant la preuve de l'innocence d'une


personne incarcérée préventivement ou jugée pour crime ou délit, s'abstient volontairement
d'en apporter aussitôt le témoignage aux autorités de justice ou de police est puni :

S'il s'agit d'un crime, de l'emprisonnement de deux à cinq ans et d'une amende de 250 à 1.000
dirhams.

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S'il s'agit d'un délit correctionnel ou de police, de l'emprisonnement d'un mois à deux ans et
d'une amende de 200 à 5.000 dirhams, ou de l'une de ces deux peines seulement.

Toutefois, n'encourt aucune peine celui qui apporte son témoignage tardivement, mais
spontanément.

Les dispositions du présent article ne s'appliquent pas au coupable du fait qui motivait la
poursuite, à ses coauteurs, à ses complices et aux parents ou alliés de ces personnes jusqu'au
quatrième degré inclusivement ».

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