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Revue de l'Art

Le retour du baroque : us et abus


Madame Monique Mosser, Monsieur Alain Mérot

Citer ce document / Cite this document :

Mosser Monique, Mérot Alain. Le retour du baroque : us et abus. In: Revue de l'Art, 1990, n°90. pp. 5-7;

doi : https://doi.org/10.3406/rvart.1990.347865

https://www.persee.fr/doc/rvart_0035-1326_1990_num_90_1_347865

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Editorial

Le retour du baroque us et abus

avec
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la
compilé par Gérard de Cortanze Anamorphose Antithèse Arcimboido
Artifice Asam Auhigné Autriche pour la seule lettre Plus sérieux mais
tout aussi proliférant le projet de UNESCO intitulé Itinéraires du
baroque dont un des buts serait de dégager les analogies constitutives
de ce que on pourrait appeler espace baroque afin examiner les
permanences éventuelles nos jours une sensibilité baroque
Devant ces débordements on ne peut que constater la prudence accrue
des historiens de art et même des esthéticiens la suite de Pierre
Charpentrat et Anthony Blunt ils mettent en garde contre abus du
terme en le vidant parfois de toute susbstance Face un Paolo Portoghesi
qui en élargit application Art Nouveau Yves Bottineau passe
consciencieusement en revue tous les aspects de art des xvile et xvine
siècles de la Russie au Mexique dans le gros ouvrage intitulé Art
baroque titre imposé on le suppose par éditeur On retrouve cette
neutralité affichée transposée au domaine de esthétique dans intro
duction de Philippe Minguet ce bel album images qui appelle France
baroque On lit un bon résumé des débats menés autour du baroque
depuis le début de ce siècle mais dans un esprit oecuménisme voulant
éviter les exclusives auteur de Esthétique du rococo relativise les
polémiques Sa réflexion quelque peu désabusée est image de antholo
gie elle accompagne Hésitant redéfinir et utiliser un terme usé elle
fait en fin dé compte entrer un peu de tout Baroque tend ainsi quand
on refuse écouter les sirènes de la mode devenir une étiquette très
vague caractérisant fort mal toute une époque toute une civilisation
une civiltà comme disent les Italiens habiles brasser dans leurs grandes
expositions de Turin Naples des domaines souvent hétérogènes Le
doute des historiens débouche sur une banalisation un concept bon
tout faire et qui ne applique plus seulement histoire des styles
Si étude de architecture et dès arts plastiques guère gagné ces
temps derniers une utilisation souvent abusive et indifférente intérêt
des historiens et du public est déplacé vers autres aspects jusque-là
négligés la rhétorique la musique le théâtre la danse art des jardins
voire la cuisine. Et ce est pas seulement un répertoire de formes et de
figures qui est trouvé ainsi exploré On est penché en même temps sur
tout un savoir-faire sur des pratiques un peu ou totalement oubliées au
profit des réalisations on avait rejeté ou porté aux nues celles-ci en
ignorant celles-là était se condamner ne rien comprendre Il
peut-être davantage un art baroque une manière une interprétation
baroques un art de dire de phraser accentuer de déclamer de dessiner
voire de se promener et de regarder
Il semble ainsi que accent se soit déplacé de essence du baroque
laquelle étaient attachés Wolfflin puis Eugenio Ors ses modalités
histoire du goût par exemple est privilégiée Le catalogue de la récente
exposition Seicento insistait beaucoup sur engouement des Fran ais du
XVIIe siècle pour la peinture italienne contemporaine les travaux Antoine
Schnapper sur les collectionneurs vont dans le même sens Peu peu
intérêt se porte sur la manière de concevoir oeuvre art et de la
regarder grâce une compréhension plus profonde de la période toutes
disciplines rapprochées Les recherches sur unité des arts visuels
comme celle exemplairement menée par Irving Lavin sur le bel composto
du Bernin échappent justement aux discussions byzantines comme un
cloisonnement fâcheux et débouchent sur une authentique histoire de la
culture qui intègre un grand nombre éléments précisément articulés au
lieu de se cantonner analyse stylistique On peut même dire que toute
étude approfondie de cette culture baroque soigneusement recentrée
dans histoire et dans espace se présente plus ou moins consciemment
comme une critique de la notion de style un style con comme une
essence qui réapparaîtrait sous différents avatars certains moments et
reviendrait ainsi occuper hui le théâtre de la mode la simple
imagerie qui juxtapose sans ordre ni chronologie des signes vides
opposerait alors une iconographie qui tente expliciter le contenu des
uvres en un point donné du temps et pour un milieu défini et qui tient
compte de unité visuelle et conceptuelle des grandes réalisations du XVIIe
et du vine siècles
Alain Mérot Monique Mosser

Ouvrages et articles cités en abrégé


Guy Scarpetta Artifice Paris 1987
Guy Scarpetta Le temps de artifice City 51 avril 1989) pp 50-58
Dominique Fernandez Le Banquet des Anges Europe baroque de Rome Prague Paris 1984
Gérard de Cortanze Le baroque Paris 1987
Pierre Charpentrat Le mirage baroque Paris 1967
Anthony Blunt Some Uses and Misuses of the Terms Baroque and Rococo As Applied to Architecture
British Academy Proceedings 158 1972
Paolo Portoghesi Luca Quattrocchi Folco Quilici Baroque et Art Nouveau Le Miroir de la Métamorphose
Paris 1988 traduit de italien
Yves Bottineau Art baroque Paris 1986
Philippe Minguet Esthétique du rococo Paris 1966
Philippe Minguet France baroque Paris 1988
Seicento Le siècle de Caravage dans les collections fran aises Sous la direction Arnault Brejon de Lavergnée
et Nathalie Voile catalogue de exposition Paris Grand-Palais) 1988-1989
Antoine Schnapper Le Géant la Licorne et la Tulipe Collections et collectionneurs dans la France du XVIIe
siècle Histoire et histoire naturelle Paris 1988 un second tome en préparation sur les collections
artistiques
Irving Lavin Bernini and the Unity of the Visual Arts Princeton 1979

Centres d'intérêt liés