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Aristote

Aristote

philosophe

Dates 384 av. J.-C.-322 av J.-C

Aristote

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Origine Grèce

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Aristote est un philosophe grec qui naquit à Stagire (actuelle Stavros) en Macédoine, (d?où le surnom de
« Stagirite »), en 384 av. J.-C., et mourut à Chalcis, en Eubée, en 322 av J.-C.

Sommaire
• 1 Biographie
• 2 Division de la philosophie d?Aristote
♦ 2.1 La conception de la nature
◊ 2.1.1 La critique de la théorie
platonicienne des Idées
◊ 2.1.2 La matière et la forme
◊ 2.1.3 Le devenir
◊ 2.1.4 Le bien et le bonheur
◊ 2.1.5 La vertu et le vice
♦ 2.2 La politique

Sommaire 1

également appelé École péripatétique (ou péripatéticienne). Or. mathématique et théologie .7 L'entéléchie • 3 L'économie aristotélicienne ♦ 3. pour lui. à Athènes en 335.3 Une pensée fixiste ◊ 2. Philippe. éthique et politique . À la cour du roi de Macédoine.5. la poétique comprend toutes les activités qui produisent une ?uvre. physique.5. la nature a cinq caractéristiques cumulatives. médecin d?Amyntas III de Macédoine.3 La prudence ◊ 2. Il fonde ensuite le Lycée. Biographie 2 .2. il acquiert de nombreuses amitiés.5.3 La logique ou organon ♦ 2. il fuit Athènes et meurt à Chalcis en 323.4 Volonté et responsabilité ♦ 2.2.2.1 La chrématistique ♦ 3. car elle diffère de la division habituellement reçue (logique. animal politique ◊ 2.2 Théorie de l'esclavage ◊ 2. mais au contraire un être "naturel".1 Liste des ?uvres ♦ 4. s?inspirant peut-être des divisions utilisées pour l?organisation des armées (cette thèse serait à expliquer). cette division est remarquable. Il y demeure jusqu?en 348. il vient suivre les cours de Platon à l?Académie à l?âge de 18 ans (vers 367).1 Le bien ◊ 2. Menacé par le parti anti-macédonien à la mort d?Alexandre le Grand. La conception de la nature Pour Aristote. Division de la philosophie d?Aristote Aristote a été l?un des premiers à procéder à des classifications hiérarchiques systématiques des connaissances et des concepts.4 Liens externes Biographie Fils de Nicomaque. Aristote ◊ 2. la philosophie pratique et la philosophie poétique. éthique) : la philosophie théorétique.4 Critique du communisme ♦ 2.5 L?Éthique ◊ 2.5. La partie théorétique se divise à son tour en physique.4 La métaphysique ♦ 2. la philosophie pratique en économique.6 Poétique ♦ 2. puis devient le précepteur d?Alexandre le Grand.1 L'homme.2 La théorie de la valeur • 4 Lectures connexes ♦ 4. la Cité n'est pas une construction artificielle des hommes.2 Littérature secondaire ♦ 4. Sa philosophie se divise en trois parties .2.2 La vertu ◊ 2.3 Citations ♦ 4.

déployer et parachever leur Forme. et ainsi de suite à l'infini. si on ne peut faire de démonstration scientifique qu'avec des concepts universels et nécessaires. Il n'est pas nécessaire qu'un individu donné arrive à la perfection ou à l'achèvement de sa Forme spécifique . La justice nous permet de régler celles de nos actions qui affectent autrui (c'est donc la vertu sociale par excellence). Aristote formule ici l'argument dit du "troisième homme" : si l'Idée était une substance. Enfin. dans une Cité qui est elle-même honorable. sa substance. L'un ne peut se concevoir sans l'autre. pour l'homme aristotélicien. La vertu et le vice Nous devons conduire notre vie conformément à la raison. L'horizon dernier du bonheur est. dont toute sa philosophie découle : la prudence. entre notre raison et nos passions. L'accomplissement de la nature de l'homme (son épanouissement) et de la cité est une fin en soi. les vices ensuite. elle serait un individu. Le devenir Le devenir est la tendance de tous les êtres soumis à la génération et à la corruption à réaliser. qui nous prédisposent à agir en sens contraire . elle s'ajouterait à l'homme individu sensible. et qui détermine notre action spontanément. politique) : c'est par l'étude des diverses réalisations concrètes de l'essence qu'on pourra guider l'action humaine au mieux au milieu des aléas du devenir. d'être honoré. rhétorique. le mal anti-naturel. c'est-à-dire réputation de vertu. soit séparé du monde sensible (versant ontologique). et le bonheur en est le critère. sans que nous ayons besoin d'y réfléchir (là encore. la force et la tempérance. c'est l'union de la matière et de la forme. Il ne faut jamais oublier que la pensée d'Aristote est une pensée de la perfection et de l'immobilité. Voir également la partie consacrée à l'éthique. Aristote fixe quatre vertus cardinales. plutôt que du mouvement. Mais il n'y a pas de science de l'accident : tout n'est pas écrit ni mécanique. La morale doit rendre l'homme et la Cité heureux. qui nous induisent à agir dans le sens de la réalisation de notre nature . il récuse le fait que l'universel. les vertus tout d'abord. qui sont des éléments psychiques intermédiaires entre le conscient et l'inconscient. Aristote est conscient des limites cognitives de la raison humaine (il est donc précurseur de Hayek). La force et la tempérance sont les dispositions permanentes qui nous permettent de bien régler nos passions. la justice. ce qui est une vision de l'individu sensible à la fois opposée à celle de Platon. La prudence nous permet de régler notre raison même. Donc. Le bien et le bonheur Chez Aristote. La matière et la forme L'individu concret. et qui peut être considérée comme un fondement de l'individualisme contemporain. respectivement. irascibles et concupiscibles. le rapprochement avec la coutume selon Hayek est net). des éléments contingents ou des accidents peuvent l'en empêcher. La critique de la théorie platonicienne des Idées 3 . le bien est naturel. Aristote La critique de la théorie platonicienne des Idées Aristote s'oppose à l'Idéalisme de Platon . et tous deux participeraient alors d'une troisième Idée d'homme. Toutefois. les tendances enfin. et c'est pourquoi il y a un sens et un intérêt à constituer des sciences pratiques (éthique. C'est la raison pour laquelle il fonde sa science de l'action humaine autour trois concepts. ainsi que de la force des passions. et non des être sensibles singuliers (versant épistémologique de l'idéalisme). objet de la science.

D'un point de vue libéral. rendus tels par la loi positive (par exemple. Par ailleurs. La Cité est conçue comme une "communauté de communautés". la philosophie d'Aristote ne se laisse pas facilement ranger dans une catégorie. il existe des esclaves par nature. mais qualitatif. conformément à sa nature. en ce sens que l'ensemble formé par les villages est d'une nature différente de chacun d'entre eux . La Cité permet à l'homme de bien vivre . Le fait. il faut être en relation avec autrui. On le voit. il peut même y avoir entre eux de l'amitié. qui pratique l'isonomie. pose sans conteste les jalons de l'individualisme contemporain. il s'agit aussi. La politique 4 . en assumant pleinement sa fonction (même inférieure). le maître et l'esclave (autour de leur conservation commune). mais il ne s'agit pas seulement du bien-être matériel cher aux utilitaristes . Le protestantisme reprendra cette thèse. En effet. Et il n'y a d'être égaux que dans la Cité. Puisqu'ils sont différents. par la loi de la guerre). la Cité n'est pas une association directe d'individus. Or. chaque village. c'est-à-dire la plénitude de sa nature. animal politique La Cité est définie comme la forme la plus parfaite de communauté humaine. Ces quelques éléments pourraient laisser supposer qu'Aristote. n'est pas quelque chose qui s'ajoute à sa nature. qui réside dans son bonheur. le passage du village à la Cité représente un saut non pas quantitatif. maître et esclave sont complémentaires . la famille. et enfin la Cité. c'est notamment par le truchement de l'autarcie qu'Aristote défini cette essence propre à la Cité. qui sont certes des hommes. qu'incarne la Cité et sa justice. il y a aussi des esclaves par convention. mais puise au contraire dans chacune. de vivre dans une Cité. en y ajoutant l'immanence de la Révélation. C'est par le sens du juste et de l'injuste que l'homme de distingue des abeilles ou des fourmis. la justice est une vertu prééminente. d'atteindre par la Cité son achèvement. le village. Aux côtés de ces esclaves par nature. et ce point sépare radicalement Aristote des pensées individualistes. l'essence de l'homme. mais qui possèdent une raison inférieure . l'individu travaille à son propre bonheur. Sur les points précédents. Aristote La politique La Politique est le maître ouvrage d'Aristote. autour d'être égaux. celui qui concentre la plupart de ses thèses politiques. pour être juste. c'est indéniable. mais une association de groupes. Théorie de l'esclavage Pour Aristote. holiste ou individualiste. Là encore. un accident . pour l'homme. loin d'être un précurseur des penseurs de la liberté. chaque groupe est composé d'individus que la nature a radicalement différenciés. Par conséquent. un ensemble regroupant le couple (réuni autour de la procréation). ils sont incapables d'une libre spéculation. d'une science autonome. En effet. et c'est en plus un fait de nature. La Cité (ou l'État) est donc une forme spontanée et nécessaire. s'en éloigne fortement. L'homme. qu'aucun individu n'a jamais créée ou inventée. Hayek reprendra largement ces thèses pour son ordre spontané. pour l'homme. son systémisme revêt un sens particulier : chaque Cité. jusnaturaliste ou utilitariste. Pour autant. L'homme n'est pas non plus un être simplement social au sens des animaux grégaires. c'est un attribut constitutif de son essence.

la proposition sera définie comme la composition d?un sujet et d?un attribut. et non des individus sans lien mutuel. La logique ou organon L?Organon est un ensemble de traités qui expose la logique aristotélicienne. prônée par Platon. développée et perfectionnée au Moyen Âge . pour lui. Critique du communisme Aristote critique la communauté de biens parmi les Gardiens. Une Cité est une communauté organique. et de famille individu. Ce faisant. Aristote envisage donc une taille idéale de l'État qui prend l'exact contre-pied du constructivisme : il faut en effet qu'il puisse "être embrassé facilement d'un seul coup d'oeil". La logique d?Aristote fut longtemps dominante. si son unification était trop poussée. l'amour abstrait pour la collectivité ne remplace pas l'amour qui lie les individus entre eux. La forme de la proposition est donc : B appartient à A. Les Catégories analysent donc les termes des propositions . car selon lui. mais c?est fort douteux. Aristote est aussi un précurseur des pensées réactionnaires contemporaines. Donc le communisme est la négation de l'altruisme. De ces deux points de vue. outil) ou une propédeutique ? Nous ne le savons pas. ne doit être ni trop grande. l'espèce est permanente. contrairement à Platon. Si Aristote passe pour l?inventeur de la logique formelle. encore faut-il avoir. le statut de la logique dans sa pensée n?est pas très clair : est-elle un organon (instrument. (Pour un exposé complet de la théorie du syllogisme voyez à cet article). elle demeure limitée dans et par sa Forme. en fonction des besoins de la cité. pour éviter les confusions. un problème dialectique consiste à demander si l?un appartient réellement à l?autre ou non. il existe aussi une logique mégarico-stoïcienne. Aristote a sur la propriété privée une vision "modérée" : le législateur peut agir autoritairement. pour faire preuve de générosité. et donc pour donner. mais l?ordre de ces traités n?est pas chronologique. ni trop peuplée . en cette matière. de Cité elle deviendrait famille. Aristote Une pensée fixiste On ne trouve chez Aristote aucune idée du progrès . être commun. il en résulterait l'impossibilité de la tenir en ordre. En effet. un simple exercice dénué de certitude scientifique. composée d'éléménts différents et complémentaires. mais elle n?est pas la seule logique de l?Antiquité . Il semble. Il est donc possible qu?Aristote entendait en réalité mettre le savoir déjà constitué sous la forme systématique du syllogisme. car il est dans la nature humaine d'aimer posséder. les Seconds Analytiques des syllogismes dont les prémisses sont nécessaires et les Topiques traitent des syllogismes dont les prémisses sont probables (raisonnement dialectique à partir d?opinions généralement acceptées). en cas de besoin. La Cité. les Premiers Analytiques traitent du syllogisme en général. par conséquent. néanmoins il en use très rarement. très différente dans ses principes Une pensée fixiste 5 . Par ailleurs. la Cité est par nature une pluralité . le communisme est donc anti-naturel. Les deux premiers traités de l?Organon traitent des éléments du syllogisme (les termes et les propositions) . Mais cet exercice souligne toutefois la nécessité de bien distinguer le sens des mots. Aristote a d?abord réfléchi aux règles de la discussion (Topiques) avant que ses recherches dans le domaine de la logique ne lui permettent d?inventer la théorie du syllogisme (raisonnement en grec) : il a répertorié l?ensemble des syllogismes dans les Premiers Analytiques. Toujours est-il que la dialectique devient pour lui. que la logique devait permettre à ses yeux d?inventer des raisonnements producteurs de savoir . mais seul l'usage des fruits de la production devra pouvoir. de même. Enfin. Aristote oppose aussi au communisme des arguments utilitaristes : on prend très peu soin de ce qui est commun .

Selon lui. antérieur. action immanente qui a sa fin en elle-même. Pour y répondre. toute action tend vers un bien qui est sa fin . la recherche aristotélicienne porte plus particulièrement sur les manières de dire l?être. Cependant pour Aristote. Mais pour ce qui est de l?être. relatif. et la poïesis.e. tel un dieu. possession. Dans les Catégories. au sens large la production d?une ?uvre extérieure à l?agent. La signification du bien n?est donc pas unique. passion. postérieur. Le postulat est donc l?unité des fins humaines. lieu. il n?est pas une substance. • son caractère fonctionnel. ou des principes et causes de l?être et de ses attributs essentiels. Ainsi la définition des essences dépend-elle de la philosophie première. Aristote distingue la praxis. qualité. tous les sens dérivent du sens primitif et essentiel de l?être de la substance. quantité. privation. position. mais une unité analogique entre différentes acceptions. tels que être en puissance ou en acte. les honneurs ou les richesses. n?a besoin de rien ni de personne. avoir. La métaphysique pose la question de savoir ce qui fait qu?un être est ce qu?il est. Aristote (voir Stoïcisme). toute métaphysique se réduit à la question suivante : qu?est-ce que la substance ? Le livre Z de la Métaphysique cherche à répondre à cette question (voir substance (Aristote)). action. Le bien suprême est le bonheur. en effet. i. on ne peut rien y ajouter . mais les opinions le concernant sont variables : ce bien serait le plaisir. • l?achèvement : il est fini. le bien suprême est au-delà des biens particuliers qui ne sont que des moyens par lesquels le bonheur peut se réaliser. La question fondamentale de la métaphysique est donc la substance. de ce qui se dit sans combinaison (les termes des propositions) : substance (????? / ousía). La logique ou organon 6 . Cette distinction place d?une part les sciences pratiques (éthique et politique) et les sciences poétiques. Les moyens ne font pas la quiddité de la fin . Aristote souligne trois caractéristiques du souverain Bien : • l?autosuffisance ou autarcie : l?homme heureux. Cette liste est variable et semble devoir être complétée par d?autres concepts. Cette catégorisation est l?ancêtre des catégories de l?entendement de Kant. temps. C?est pour lui la science de l?être en tant qu?être. La métaphysique Le mot métaphysique n?est pas connu d?Aristote. Le bien Selon Aristote. Aristote explique plusieurs sens de ce qui se dit simplement. mais on peut subordonner les fins à la fin dernière de l?homme par rapport à laquelle elles sont elles-mêmes des moyens. L?Éthique Dans le domaine de l?action. Il ne semble pas considérer la possibilité de conflits par exemple entre des fins techniques et des fins morales.

Néanmoins. La vertu La vertu (aretè. ce sont celles que nous faisons par violence ou par ignorance. Il y a néanmoins une norme objectivable : le milieu entre un défaut et un excès. Ce n?est ni un don. Mais un homme peut faire aussi une mauvaise action parce qu?il ignore qu?elle est mauvaise. parce qu?il est des choses qu?il dépendait de l?homme de savoir et qu?il aurait dû savoir (Éthique à Nicomaque. Et ainsi. • l?acte propre de chaque être est celui qui est le plus conforme à son essence : c?est l?excellence de l?âme. son discernement acquis qui sont les critères de la droite règle. mais du pathos et de l?êthos (m?urs). car c?est l?expérience de l?homme prudent. et qu?il n?a pas l?idée d?une action meilleure qu?il faudrait faire. Au contraire. dépend aussi des circonstances extérieurs . lequel est déterminé par la droite règle et tel que le déterminerait l?homme prudent. Certaines de nos actions ne peuvent être rapportées à notre volonté et on ne peut par conséquent nous en rendre responsables. Aussi le bonheur de l?homme. Aucune définition générale de la vertu ne peut être donnée. quoiqu?il en soit de notre ignorance. nous nous apercevons parfois de notre ignorance et notre erreur. Enfin. Aristote Dans sa conception du bonheur. l?homme vertueux est celui qui tire parti des circonstances pour agir avec toujours le plus de noblesse possible : l?homme se contente du meilleur possible. que nous soyons motivés par des sentiments nobles ou par l?égoïsme de la passion. le dernier caractère du bien. La vertu doit donc pénétrer la partie irrationnelle de l?âme. Mais. Qu?en est-il des actions faites en vu du plaisir ? Nous les faisons toujours de nous-mêmes. sans être passif. Nous subissons en effet quelquefois des contraintes extérieures auxquelles il nous est impossible de résister. La prudence Volonté et responsabilité Aristote est le premier philosophe de l?Antiquité à avoir analysé les conditions de la détermination volontaire. activité et faire . Ces actions. nous commettons le mal en nous trompant sur les circonstances où nous sommes et sur les moyens qu?il s?agit d?employer. et nous reconnaissons que nous avons mal agit. Nous ne sommes donc pas responsables de notre conduite. possession ou simple potentialité. consistant dans un juste milieu relatif à nous. ni une science. l?ignorance ne fait pas tout pardonner : il y a des cas où l?on punit l?ignorance. s?il dépend de lui. et ne recherche pas un illusoire absolu. elle n?est jamais absolue. La moralité n?est pas seulement de l?ordre du logos (connaître le bien ne suffit pas pour le faire). excellence) est une disposition acquise. et nous considérons toujours les principes généraux qui doivent diriger la volonté. il est usage effectif. « c?est parler pour ne rien dire ». III). dire comme les Stoïciens que le sage est heureux jusque sous la torture. l?usage mesuré de la passion qui n?est pas une moyenne mathématique mais un équilibre individualisé et relatif à la situation. Aristote ne se limite pas à la vertu : le bonheur ne peut être achevé sans les biens du corps et les biens extérieurs. Aristote définit donc les vertus dans les situations sans lesquelles elles n?existent pas. L?existence précède ainsi le concept d?une vertu. dans les vertus intellectuelles et morales. En conséquence. Notre volonté les fait parce que nous y Le bien 7 . est d?être l?acte propre de chaque être : • le bonheur n?est pas être. On ne peut donc l?accuser de faire volontairement le mal.

ou catharsis vient de la pitié et la crainte qu?éprouvent les spectateurs envers les personnages de la tragédie. l?épopée. au-delà de l'expérience. malgré eux et par conséquent avec peine. dans son ouvrage. l'entéléchie. Il s'agit d'un processus qui mène des capacités. Pierre Lemieux. sans la nommer ou citer Aristote : chaque individu veut naturellement donner un sens à sa vie et il est le seul capable de le faire. considérant qu?elle avilissait l?homme et lui faisait croire sur les dieux des choses fausses. Ce qui compte dans la vie. car c?est toujours en vue de ces choses que les hommes font tout ce qu?ils font. le fait de son existence porte en lui-même la valeur qu'est le droit à son épanouissement. elle semble appropriée pour chevaucher les deux. du fait du deus ex machina final (Médée emporte les cadavres des enfants qu?elle a eus avec Jason sur un chariot de feu). Cette purification. se rapporte à « cette fugace et difficile notion qu'est le sens de la vie ». Les spectateurs des tragédies prennent plaisir à voir des scènes qui leur seraient insoutenables dans la vie quotidienne : c?est peut-être dans cette esthétisation que les sentiments peuvent se purifier. L'arnarcho-captalisme. le fait que les individus sont distinctement détachés les uns des autres et aussi. probablement une des plus connues d?Aristote. attendu que ce sont des objets extérieurs. Contrairement à son maître. Or il est ridicule d?accuser les objets extérieurs plutôt que de s?en prendre à soi-même de la facilité que l?on a à s?en laisser séduire. pour Aristote. Pour que cette catharsis soit possible. Le meilleur exemple. L?intrigue. la Médée d?Euripide est considérée comme un exemple inférieur de tragédie. La Poétique s?intéresse aux différents aspects de l?art poétique. qui entre autres dans la République et dans les Lois s?était montré très critique envers la tragédie. écrit Nozick. Platon. ses facultés. » Parce que l'existence humaine est inséparable du sens donné par l'individu à sa vie. Aristote voit dans cet art un moyen pour l?homme de se purifier l?âme de ses passions. à l?opposé. parce qu?ils n?envisagent que le côté agréable. comme seconde raison. sa puissance de changement jusqu'à l'actualisation ou la réalisation de son potentiel. des imitations aussi vraisemblables que possibles. » (Éthique à Nicomaque. « Cette notion. explique les raisons de l'existence de Droits individuels en s'appuyant sur les travaux de Robert Nozick. dans le texte d?Aristote. et se dérouler sans accroc depuis la situation de départ jusqu?à la conclusion. Il invoque la séparabilité des corps humains. elle. La manière dont opère la catharsis n?est pas claire. ce qu'un individu recèle en lui. a l'allure qu'il faut pour servir à jeter un pont sur la dichotomie entre ce qui est et ce qui doit être. c?est l??dipe Roi. III) Poétique Dernière ?uvre du corpus aristotélicien. Aristote trouvons notre plaisir : nous en sommes donc responsables : « Que si l?on prétend que tout ce qui est agréable et beau exerce sur nous une sorte de contrainte. il faut que les personnages soient une imitation (mimêsis) des passions humaines. nécessairement liée à la première. de Sophocle . doit être aussi cohérente que possible. comme la tragédie. et de manière anecdotique la musique. alors il faudrait dire que tout exerce sur nous un empire violent . Aristote mentionne un futur ouvrage sur la comédie qui fait partie des ?uvres disparues d?Aristote. Ce niveau doit l'amener à son plus haut degré d'achèvement. les autres avec plaisirs. L'entéléchie Le concept d'entéléchie chez Aristote se rapproche de la notion d'âme pour un chrétien ou de monade pour Leibnitz. Volonté et responsabilité 8 .

De la jeunesse et de la vieillesse . la Cité aristotélicienne doit être autarcique. Il faut toujours avoir en mémoire que pour Aristote. devient une fin.De la sensation et des sensibles . l'argent.Des rêves - De la divination dans le sommeil . Il oppose un art naturel d'acquérir.Seconds Analytiques . La croissance démesurée. la mauvaise chrématistique commence donc lorsque le négoce devient un but en soi .Les Réfutations Sophistiques • De la Génération et de la Corruption • Sur L?Univers • La Physique • Traité du Ciel • Les Météorologiques • De L?Âme • Petits Traités D?Histoire Naturelle . une démesure. L'anarcho-capitalisme L'économie aristotélicienne La chrématistique On l'a dit. C'est l'introduction de la monnaie qui constitue le vice premier. En ce sens. à une mauvaise chrématistique. La théorie de la valeur Lectures connexes Liste des ?uvres Note : cette liste n?est pas chronologique. • Organon comprenant : . qui consiste à se limiter aux besoins naturels de l'homme.De l'interprétation . Aristote Pierre Lemieux. la bonne chrématistique. au lieu de n'être qu'un médiateur entre deux marchandises. le progrès c'est d'approcher toujours plus de la Forme de l'homme. La bonne chrématistique (art d'acquérir des richesses). Mais si ce qui fonde la propriété est l'acquisition de biens nécessaires par nature à la vie.De la mémoire et de la réminiscence . L?attribution de certaines ?uvres est douteuse (d dans la liste). Aristote approuve l'échange jusqu'au stade du "petit négoce". on s'est mis à rechercher ce bien particulier qu'est la monnaie pour elle-même . la philosophie aristotélicienne est une philosophie de l'immobilisme. et la marchandise sert uniquement d'intermédiaire. mais représente l?ordre traditionnel du corpus aristotélicien. indéfinie. consiste à se nourrir et à subvenir à ses besoins élémentaires. et à plus forte raison. il y a aussi une limite à cette propriété : la nature elle-même.De la vie et de la mort • Histoire des Animaux L'entéléchie 9 .Catégories (Aristote) .Du sommeil et de la veille . Il condamne aussi.Les Topiques .De la respiration .Premiers Analytiques . et non d'augmenter indéfiniment toutes ses possibilités. artificielle et déréglée : le capitalisme et le grand commerce. un principe d'illimitation. le prêt à intérêt. opposée à l'idée même de progrès.De la longévité et de la vie brève . est une hybris. Avec elle.

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