Vous êtes sur la page 1sur 334

BENCHMARK

ÉDITION 2016

e - CO M M E RC E
Philippe HUMEAU
@Philippe_HUMEAU

“Mesure ce qui est mesurable


et rend mesurable ce qui ne l’est pas.”
GA L I L E O GA L I L E I
Un mot
de l’auteur
On ne commence pas à écrire un livre sans bonnes
raisons. Cela nécessite beaucoup de temps, d’impli-
cation et d’engagement. La motivation de l’auteur ne
vient que d’une seule source : ses lecteurs. L’écriture de
cette nouvelle version a pris plus de 20 mois !

Les retours que nous avons reçus de la part de la communauté à propos de la


version précédente ont été incroyables et le nombre de lecteurs a largement aug-
menté entre les deux premières versions, passant de 15 000, pour la première ver-
sion, à un nombre estimé à 60 000 lecteurs pour la seconde, faisant de ce rapport
l’un des plus lus parmi le monde des professionnels du e-commerce.

Vos précieux commentaires ont été pris en compte et le livre comprend désormais
plusieurs nouveaux indicateurs, mais aussi d’autres solutions, et j’espère sincère-
ment que cette nouvelle version saura répondre à vos attentes. Je tiens également
à adresser un grand merci aux éditeurs des différentes solutions examinées. Ils ont
investi du temps et des ressources pour nous aider à obtenir l’image la plus pré-
cise possible de leur solution, sachant pertinemment que cette étude dit tout : les
bonnes choses, les mauvaises, et tout le reste, en toute franchise. Ils nous ont pour-
tant permis d’avoir accès à tous les documents, fiches produits et cas clients dont
nous avions besoin pour mener cette étude, ce qui a été très apprécié.

Ce travail n’aurait absolument pas été possible sans le soutien de NBS System, la so-
ciété que j’ai fondée en 1999 et qui fait désormais partie du Groupe Oceanet Tech-
nology, qui m’a aidé à mener à bien cette étude de bien des manières. Une telle
charge de travail est difficilement réalisable par une seule personne. Je voudrais
remercier Lucie Saunois et Myriam Fiévé pour leur aide dans l’organisation des flux
d’information et des recherches, Adrien Urban pour la création de notre outil de
recensement (Colossus) et l’ensemble de l’équipe de NBS System pour avoir rendu
possible cet ambitieux projet.

POUR CONTACTER L’AUTEUR

philippe.humeau@
nbs-system.com @philippe_humeau http://bit.ly/1XC77M2
SOMMAIRE
UN MOT DE L’AUTEUR _______________________ P 2
AUTRES OUTILS ET CONTENU _________________ P 4
AVANT-PROPOS ____________________________ P 5
LES SOLUTIONS EN VUE ______________________ P 39
WEBSPHERE COMMERCE ____________________ P 50
ORACLE COMMERCE _______________________ P 76
HYBRIS ___________________________________ P 102
DEMANDWARE ____________________________ P 134
INTERSHOP ________________________________ P 154
MAGENTO ________________________________ P 176
VIRTUEMART ______________________________ P 198
OXID ESALES ______________________________ P 208
SHOPWARE _______________________________ P 230
RBS CHANGE ______________________________ P 240
OPENCART ________________________________ P 254
DRUPAL COMMERCE _______________________ P 264
PRESTASHOP ______________________________ P 284
ZEN CART _________________________________ P 202
WOO COMMERCE _________________________ P 310
CONCLUSION _____________________________ P 320
GLOSSAIRE _______________________________ P 328

3
Autres outils
et contenus
Cette étude comparative ainsi que toutes les autres études effectuées au cours
de ces dernières années ne se résument pas, loin de là, à ce livre. Nous fournissons
également plusieurs autres outils destinés à aider les e-commerçants à prendre
leurs décisions.

Vous trouverez l’étude complète en ligne, incluant le tableau général des KPI
et disponible en plusieurs langues, en allant sur le lien : http://bit.ly/1iNZ2UE

Nous avons également mené une étude sur la satisfaction des utilisateurs finaux des
solutions e-commerce (les e-commerçants) quant à la solution qu’ils utilisent.
Les résultats de cette enquête de satisfaction exclusive sur les solutions e-commerce
sont disponibles ici : http://bit.ly/2cwoiQV

Une version de cette étude, destinée aux cadres dirigeants et aux consultants, est
également disponible dans un format plus léger, davantage axé sur la présentation.
Même si elle ne contient pas tous les détails et toutes les histoires spécifiques
de chaque solution, cette édition destinée aux consultants vous permet d’aller plus
facilement droit au but. Vous pouvez la consulter ici : http://bit.ly/2bQyML3

Enfin, pour tirer pleinement parti de l’incroyable contenu que nous avons recueilli tout
au long de notre travail, nous avons décidé de publier un « outil d’aide à la sélection
des solutions ». Après avoir répondu à 20 questions simples sur votre entreprise,
cet outil vous propose les 3 solutions les mieux adaptées à vos besoins et vous en
fournit le contenu. Il est très pratique à utiliser et vous permettra de réduire à l’essentiel
votre temps de lecture. Vous pouvez trouver cet outil en ligne ici : http://bit.ly/2bQ3f6X

avant-propos
Avant-propos sur la
3 version de cette étude
e
comparative
UNE LIGNE ÉDITORIALE INDÉPENDANTE ET RIGOUREUSE

Comme précédemment, nous avons sélectionné les solutions examinées dans ce


livre en fonction de leur popularité et de leur variété. Aucun paiement n’a été reçu
de la part des éditeurs des solutions et cet ouvrage n’est sponsorisé par aucune
tierce partie. NBS System et l’auteur ont entièrement pris en charge tous les coûts de
cette étude. Notre but ultime est de rester indépendant, afin de fournir un aperçu
des différents acteurs le plus précis et impartial possible.

Nous avons examiné principalement des solutions « non-SaaS » car il fallait bien que
nous nous fixions certaines limites. Le nombre de produits SaaS explose littéralement
et les comparer aurait nécessité un livre à part entière. Nous avons fait cependant
une exception notoire à ce principe en intégrant Demandware. Même si ce produit
est une solution basée sur le SaaS, il rivalise avec les meilleurs produits destinés aux
clients les plus importants, alors que généralement les produits SaaS sont orientés
vers la « foule » de petits sites démarrant leur entreprise en ligne, à moindre coût.
La plupart des solutions examinées, cependant, s’orientent vers le SaaS et, lorsque
cela est possible, une description ainsi qu’une évaluation sont incluses.

En dehors des citations des éditeurs, facilement identifiables car elles sont entre
« guillemets », en italique, et suivies du nom de leurs auteurs, tous les autres
commentaires, les analyses et les conclusions qui en sont tirés ainsi que les différents
points de vue exposés sont uniquement ceux de l’auteur. Certaines conclusions
peuvent devenir obsolètes, voire inexactes, mais nous avons fait de notre mieux
pour vous fournir une étude aussi exhaustive que possible compte tenu des
informations, du temps et du budget dont nous disposions.

MISE À JOUR DES SOLUTIONS PRÉCÉDEMMENT EXAMINÉES ET


PRÉSENTATION DE NOUVELLES SOLUTIONS

Cette troisième version du livre comprend une mise à jour de toutes les solutions
examinées dans la version précédente, accompagnée de nouveaux indicateurs
et KPI. Chaque solution bénéficie d’une mise à jour présentant sa situation actuelle,
et notamment son positionnement sur le marché ainsi que les fonctionnalités
qu’elle propose. Nous avons également souhaité garder l’étude de 2013 afin que
le lecteur puisse voir comment chaque éditeur a évolué depuis lors.

5
Les nouvelles solutions que nous avons ajoutées bénéficient d’une analyse complète
« à partir de zéro », comme nous l’avions fait pour les 12 solutions précédentes.

QUELS ONT ÉTÉ LES CRITÈRES QUI NOUS ONT PERMIS DE DÉCIDER
D’INCLURE OU NON UNE SOLUTION ?

Lorsque nous avons décidé d’intégrer des nouvelles solutions, le choix a été difficile
à effectuer. Pourquoi inclure une solution plutôt qu’une autre ? Sur quels critères
fonder ce choix ? La popularité, les fonctionnalités en vogue, la qualité du code ou
de l’équipe ? Au final, nous avons choisi d’offrir de la diversité au lecteur.

• DEMANDWARE
Demandware a été incluse « à la demande générale ». Nous avons en effet
littéralement reçu des centaines de demandes en ce sens. Celles-ci paraissaient
légitimes, Demandware étant une solution que toute marque ou détaillant du Tier 1
ou 2 pourrait considérer dans un appel d’offre. Maintenant que la société s’est fait
racheter par Salesforce, le futur de ce nouveau géant est assuré. Nous ne pouvions
pas résister à l’envie de fournir une analyse complète de ce produit.

• WOOCOMMERCE
Même si elle est simple et moins évoluée que la plupart des autres solutions
examinées, WooCommerce est basée sur WordPress, ce qui permet aux personnes
déjà à l’aise avec ce CMS de renommée internationale de l’étendre avec des
fonctionnalités e-commerce. Étant donné que WooCommerce a pris de plus en
plus d’importance au cours des deux dernières années et qu’elle a été largement
adoptée, il semble donc tout à fait naturel de l’inclure dans cette étude. Nous ne
pouvions ignorer le framework e-commerce le plus utilisé dans le monde.

• SHOPWARE
La sacro-sainte terre de l’e-commerce, l’Allemagne, a encore frappé avec un
nouveau framework. Certains diront que c’est une solution PHP/Zend de plus,
d’autres qu’elle va sérieusement concurrencer OXID eSales voir Magento. Mais si
une chose est bien sûre, c’est que le framework attire beaucoup d’attention et
quand l’Allemagne adopte un nouveau champion, cela vaut vraiment la peine
de s’y attarder.

NOTRE MÉTHODOLOGIE

Nous avons gardé la même méthodologie que lors de la version précédente du


livre. Toutes les informations ont été recueillies à travers :
• Des interviews
• Des tests techniques
• Un audit automatisé (de grande envergure) sur les sites qui utilisent ces

avant-propos
technologies
• Un dialogue avec les clients finaux et les intégrateurs
• Des documentations (documents en ligne des éditeurs et/ou de tiers)

Les chiffres et les graphiques proviennent à la fois de sources de BuiltWith et de


nos propres outils. Le processus comprend l’analyse des données, l’analyse
automatique de l’URL cible, la génération et l’interprétation des graphiques. En
marge de ce travail, un formulaire a été publié afin de recueillir et de rassembler les
opinions et retours des utilisateurs des solutions (c’est-à-dire des personnes utilisant
le back office de la solution e-commerce).

JOUER LA BONNE CARTE DANS UN MARCHÉ EN PLEINE CROISSANCE

Ce livre a été écrit en gardant Tout est une question de choix et de


à l’esprit que le fait de faire les gestion, mais au cœur de chaque
bons choix peut faire prospérer projet e-commerce, il y a un produit
votre entreprise en ligne. qui va propulser le site et prendre en
main ses clients. Bien choisir ce
premier élément clé est une tâche très compliquée pour tout le monde, celle-ci
devant tenir compte de dizaines, voire de centaines de variables. Le choix effectué
va alors donner à l’entreprise une longueur d’avance pour les trois prochaines
années ou, au contraire, réduire ses chances de vraiment trouver la place qu’elle
mérite en ligne.

Dans un marché pesant globalement 1100 milliards d’euros en 2015 et qui devrait
atteindre 1700 milliards d’euros en 2018, tout est possible. La typologie, allant du
pure player en progression au B2B un peu dépassé par l’évolution technologique,
il existe une incroyable variété de possibilités et de besoins. Certains choisiront de
surfer sur le marché asiatique (550 milliards d’euros) pour profiter des retombées de
son incroyable explosion, d’autres feront du marché du mobile leur priorité car il est
prévu qu’il progresse de 15 % d’ici à 2018.

D’UN PROJET INFORMATIQUE À UN PROJET AGILE

En lisant les différents chapitres de ce livre, et en particulier le chapitre « les solutions


en vue », vous allez probablement constater que le marché 2016 fourmille de
nouveaux acteurs, tandis que ceux qui sont là depuis longtemps semblent avoir
des difficultés à s’adapter. La vague SaaS a emporté avec elle beaucoup de parts
de marché, le modèle de licence classique a eu du mal à s’adapter à l’ère du
Cloud et le bon vieil « enfermement propriétaire » pèse plus que jamais dans le
cycle de décision du client.

Il y a 10 ans, un projet e-commerce était essentiellement un projet informatique,


piloté par les « professionnels d’Internet », et aucun directeur de marketing

7
raisonnable n’aurait jamais osé remettre en cause l’avis du directeur technique
sur ces questions-là. Aujourd’hui, on trouve dans les entreprises des postes qui
n’existaient même pas il y a cinq ans : « shop manager », ou gérant de la boutique
en ligne, directeur du numérique, expert en transformation numérique, analyste big
data, etc. L’e-commerce est plus devenu un nouveau canal de distribution qu’une
spécialité informatique, un moyen permettant d’atteindre ses objectifs et non plus
un projet piloté par des informaticiens.

Les acteurs référents, comme Zalando dans le marché de la chaussure, ou encore


Etsy, vendent les mêmes produits que les autres. Ils le font mieux, plus rapidement,
et avec un modèle fondamentalement orienté vers le service. Ils ont battu les
acteurs historiques sur leurs propres marchés, des entreprises centenaires parfois,
en l’espace de 5 ans seulement.

Les clients changent leurs habitudes de consommation en moins d’un an, de


nouveaux canaux de distribution ou de communication émergent tous les mois, de
même que de nouveaux fournisseurs, services et produits. Tous ces changements
mettent une énorme pression sur les entreprises qui doivent préserver leurs parts de
marché et s’adapter aux attentes de leurs clients.

Ces acteurs, incontournables En effet, blâmer les produits pour leur


sur leur segment, ne sont pas manque d’agilité est une chose, mais
la transformation la plus profonde est
seulement techniquement agile,
probablement la transformation
ils ont aussi une organisation interne. Ces leaders disposent, par
interne très différente. exemple, d’une unité d’affaires
responsable des prix, uniquement des prix, du plus bas au plus élevé, de l’achat à
la livraison, pour l’affichage ou la mise à jour des produits. Une autre prendra en
charge la mobilité, les applications ou le responsive design, et ainsi de suite. Ces
organisations verticales sont totalement différentes des modèles classiques
habituellement en place au sein des équipes des détaillants.

Leur force n’est pas d’avoir raison à chaque fois qu’ils prennent une décision. Leur
principal facteur de succès repose au contraire sur leur capacité à essayer 10
nouvelles approches par mois. Ils échouent 8 fois mais apportent une innovation,
ou juste un meilleur service, 2 fois sur 10. Etsy, Zalando et les autres pure players ou
acteurs incontournables sur leur segment expérimentent et sortent de nouvelles
fonctionnalités en continu, parfois jusqu’à plusieurs fois par jour ! Leurs plateformes,
faites maison et sur mesure, sont extrêmement agiles, ce qui leur permet de
contourner l’ancien modèle de cycle en V et de réduire au maximum les délais.

Comment les produits conçus avant les années 2000 font-ils face à ce type de
défi ? Comment peut-on sortir une nouvelle fonctionnalité en quelques jours,
valider son code 10 fois par jour, avec des produits comme Oracle Commerce,
Magento, Demandware, ou encore WebSphere Commerce ? C’est un challenge
difficile à relever mais les marques, les détaillants, et bien d’autres acteurs encore

avant-propos
doivent maintenant l’envisager s’ils ne veulent pas être éjectés de leurs propres
marchés historiques.

Les places de marché sont le meilleur exemple d’un changement d’époque que
la plupart des marques et des détaillants n’ont pas su gérer à temps. Pourquoi une
marque serait-elle obligée de se montrer sur d’autres canaux que sur ses propres
canaux ? Eh bien tout simplement parce que ces nouveaux acteurs ont pris une
place prépondérante, qu’ils ont conquis le cœur des clients avec un nombre
incalculable de services et qu’ils ont apporté de la valeur ajoutée avant même
que les marques ne commencent à réaliser que quelque chose était en train de
se passer.

Des approches axées sur les microservices, des plateformes hybrides combinant
les meilleurs services de leurs catégories, des méthodes de développement agiles,
des plateformes basées sur le Cloud et de nouvelles méthodes d’intégration
apparaissent et il est désormais probablement temps de penser agile : « tentez,
échouez, recommencez ! ».

Enfin, pour les principaux éditeurs Java, Demandware a été un choc. La plupart
d’entre eux se sont adaptés et offrent maintenant une version SaaS de leur logiciel le
plus célèbre, selon différentes approches. IBM et Oracle ont opté pour le « headless
commerce », en gardant le moteur, mais en remplaçant l’interface frontale par une
GUI basée sur le Web, multi-locataires et plus agréable. Hybris a décidé de créer
une toute nouvelle version de son système, en repartant entièrement de zéro avec
une approche axée sur les micro services.

CHOISIR LA BONNE SOLUTION EN FONCTION DE VOS BESOINS

Ce livre vise à vous donner un aperçu pertinent et utile de tous les acteurs examinés.
Les solutions e-commerce exclusivement SaaS n’ont pas été examinées, même
dans le Tier 4, où elles sont pourtant très importantes (voir ci-après le paragraphe
« segmentation du marché » qui illustre l’organisation des Tiers). Elles peuvent
représenter une très bonne alternative aux solutions classiques dans la même
gamme de prix.

Pour faire très simple, La structure de cette étude vise à


optez pour le SaaS si vous avez aider les décideurs à faire le bon
un budget limité et que vous choix. Voici la démarche à laquelle
nous avons pensé pour vous faire
n’avez pas vraiment besoin de
gagner le maximum de temps et que
personnalisation. vous puissiez vous concentrer sur les
Si ce n’est pas le cas, examinez les détails spécifiques de votre projet :
concurrents du Tier 4 proposés ici,
car ils offrent un très bon rapport
qualité-prix

9
1 Commencez par évaluer le Tier auquel appartient votre projet. Les principales
clefs sont ici le chiffre d’affaires que vous souhaitez réaliser avec votre solution
e-commerce, votre budget ainsi que le nombre de visiteurs prévus pendant
les pics de trafic. Dans les prochaines pages, vous pouvez voir le graphique
de la segmentation du marché concernant ces points.
2 Cela devrait vous fournir une liste courte, comprenant de 2 à 4 solutions. Si
vous visez plus de 200 000 visiteurs par jour au cours de vos pics de trafic,
les solutions basées sur Java seront plus performantes et résisteront mieux
aux ralentissements. Si vous êtes sous ce seuil, vous avez généralement un
grand nombre d’options et vous devrez choisir entre des solutions PHP ou des
solutions basées sur Java.
3 Il est alors conseillé de consulter le tableau des KPI sur l’URL indiquée ci-après
afin de comparer les caractéristiques principales ainsi que le domaine
d’excellence de chaque solution en fonction de vos propres besoins :
http://bit.ly/1M1lsd3
4 Ensuite, une lecture approfondie des chapitres du livre consacré à ces 2 ou 3
dernières solutions vous aidera généralement à effectuer votre choix.
5 Enfin, les intégrateurs de systèmes sont aussi importants que le produit lui-
même. Les méthodes, la tarification et les délais qu’ils vont proposer en
fonction des différentes technologies seront évidemment les éléments qui
vous permettront de vous décider pour une solution, ou au contraire de
renoncer à celle-ci.

JAVA OU PHP ?

Java et PHP sont deux mondes extrêmement différents. Les solutions Java visent
principalement les très grands comptes (Tier 1 & Tier 2), ce que l’on peut facilement
comprendre, notamment à travers quatre points essentiels :
• La rapidité du back office, particulièrement dans le cas de nombreuses
connexions concourantes.
• Les coûts des licences et des prestations sont beaucoup plus élevés (PHP est
plus accessible).
• La gestion massive d’un grand nombre de références (SKU).
• La couche présentation est mieux séparée de la couche logique, ce qui
permet de monter en charge plus facilement.

Lorsqu’il faut gérer un grand nombre d’utilisateurs et de transactions, Java est


le roi en termes de vitesse et de montée en charge. Aucune plateforme PHP ne
pourrait par exemple égaler une plateforme Hybris ou Intershop à ce jour. Cela est
principalement lié à deux facteurs : tout d’abord, Java est un langage compilé et
donc beaucoup plus efficace que PHP pour gérer les tâches répétitives. Ensuite, le
modèle « en entonnoir » fait que le nombre de requêtes SQL affluant vers la base
de données est bien moins important que dans un modèle PHP classique.

avant-propos
Dans l’ensemble, les plateformes montent mieux en charge et utilisent beaucoup
moins de ressources par utilisateur connecté. Le temps de chargement des pages
reste meilleur, même en cas de forte charge.
Les solutions Java ont toutefois aussi des inconvénients. Tout d’abord, vous devez
séparer les couches logiques, données, et présentation, ce qui signifie que vous
avez besoin d’une infrastructure plus importante. Si vous êtes un compte de taille
« moyenne » pouvant normalement fonctionner sur 4 serveurs, vous devrez donc
très probablement augmenter ce nombre, en passant à 6 serveurs, voire à 8. Cela
dit, au-delà de 400 000 visiteurs uniques par jour, Java utilisera moins de serveurs
que PHP pour servir la foule de vos visiteurs.

Les logiciels e-commerce sont différents des simples CMS du fait qu’ils visent à
délivrer un contenu spécifique à chacun des utilisateurs. Ces derniers temps, la
personnalisation est sur toutes les lèvres dans l’e-commerce, ce qui est très différent
du modèle des médias classiques par exemple, qui fournissent le même contenu
à tout le monde. Un contenu personnalisé implique que la plupart des caches ne
pourront pas être exploité pour stocker une page pré-rendue et la délivrer à tout
le monde. Lorsque la plupart des systèmes de cache ne sont plus utilisables, votre
serveur finit par interpréter du code PHP pour générer le contenu personnalisé.
Java procède à peu près de la même manière, mais son mode de « calcul » est
plus rapide.

Toutefois, il est possible que tout cela soit sur le point de changer. L’un des plus
grands utilisateurs de PHP dans le monde est Facebook, qui a de toute évidence
de sérieuses raisons de chercher à optimiser chaque ses ressources informatiques,
les coûts d’hébergement représentant l’une des lignes budgétaires les plus
importantes de cette société.

Une version pseudo-compilée de PHP, appelée HHVM, a été créée et leur a permis
d’obtenir des résultats quasi miraculeux. Inspirée par cette approche, Zend (la
société qui édite PHP), est en train d’intégrer un mécanisme natif similaire dans PHP
7 (qui correspond à PHP 5.7 selon le système précédent de suivi des versions). Que
vous utilisiez le système de compilation PHP 7 ou HHVM, vous obtiendrez dans les
deux cas des résultats assez impressionnants.

Au final, HHVM / PHP7 Il y a encore quelques points à optimiser au


sont capables de fournir niveau de la conception et de l’architecture
interne, afin de réduire le nombre de requêtes
des résultats très proches
SQL provenant d’un framework e-commerce
de ce ceux de Java. basé sur PHP, mais un grand pas en avant est
sur le point d’être fait.

Avec des logiciels PHP (et open source) capables de rivaliser sur le terrain de
la performance avec des solutions Java (généralement non open source), la
prochaine génération de solutions e-commerce basées sur PHP sera certainement
plus compétitive sur le segment du Tier 2, où le volume de visiteurs est difficile à

11
gérer. Magento a déjà annoncé par exemple que Magento 2 sera compatible
avec HHVM, et ce n’est pas prendre un grand risque que de considérer que tous
les acteurs basés sur Symfony et sur Zend suivront dans les deux prochaines années.

Le coût des licences et des prestations


Un simple point de référence :
des sociétés travaillant en Java
si vous avez un jour à gérer (Intershop, Hybris, IBM et Oracle) est
plus de 200 000 visiteurs par jour, souvent plus élevé. Le TCO (coût total
Java représente encore de possession) est globalement
un choix évident. presque toujours plus élevé avec un
framework Java, mais il offre également davantage de possibilités.

Le monde PHP a également des intégrateurs de système de haut niveau, fiables et


très professionnels. Il offre d’autres avantages, tels que :
• Des tarifs plus abordables
• Un plus grand nombre de développeurs
• L’open source, permettant ainsi une grande extensibilité grâce à de nombreux plugins
• Un cycle de sécurité rapide pour détecter et corriger les éventuelles vulnérabilités
• De nombreux forums permettant de trouver des réponses aux questions les plus fréquentes.

Graphique 1 : Tarifs d’hébergement Java vs PHP

RECENSEMENT

Cette étude est accompagnée d’un recensement que nous avons effectué sur
Internet afin d’étudier le poids des technologies e-commerce. Quelles solutions sont
utilisées, et où le sont-elles, quel est leur taux d’adoption/d’attrition, leur temps de
chargement, etc.

avant-propos
SOURCES DE DONNÉES & OUTILS
Pour créer les différents graphiques et obtenir les chiffres que vous trouverez dans
ce livre, plusieurs sources et méthodes ont été utilisées.
Sources de données :
• Base de données de BuiltWith (en partie)
• Base de données de Wappalyzer (entièrement)
• Base de données de NBS System
• Top 1 million d’Alexa
• Base de données des TLD .com

Prise d’empreintes & outils de collecte :


• BuiltWith (prise d’empreintes de la technologie, parts de marché, étendue
géographique)
• Wappalizer (prise d’empreintes de la technologie)
• Colossus (outil interne permettant de vérifier le contexte d’hébergement, le
temps de génération du code HTML, SEO, classement, etc.)

Les graphiques et les tableaux de recensement ci-après sont principalement


basés sur les résultats de Colossus. L’outil a fonctionné pendant quelques jours
pour recueillir le maximum de données possible sur une base de données de 1,8
millions de sites e-commerce. Au final, entre les sites maison, les URL personnalisées
et les autres embuches potentielles, Colossus a pu examiner entièrement et avec
précision un peu plus d’un million de sites e-commerce.

NOMBRE DE SITES PAR TECHNOLOGIE


Plus que souvent, les fournisseurs de technologie revendiquent un nombre de sites
en production bien plus élevé que ce qu’il est en réalité. Les chiffres sont exagérés
de plusieurs dizaines de pourcents et peuvent carrément être multipliés par 5, voire
parfois plus. Quels que soient les chiffres sur lesquels vous vous appuyez, il y a une
marge d’erreur. Pour fournir notre propre estimation, nous avons demandé aux
éditeurs quelles étaient leurs propres méthodes de comptage, puis nous avons
vérifié leurs chiffres, en les comparant avec ceux de BuiltWith ainsi qu’avec nos
propres résultats obtenus grâce à Colossus.

Nous étions parfois plus précis que Builtwith, parfois moins, certaines technologies
étant plus difficiles que d’autres à identifier avec précision. Le tableau suivant
contient toutes les URL uniques (shopEU.census.com et shopUS.census.com
compteraient ici pour 2) que nous avons pu associer grâce à une technologie
précise.

Nous avons aussi obtenu de grandes différences avec les chiffres des éditeurs car
certains comptent leurs environnements de préproduction, de développement ou
de qualification parmi leurs boutiques en ligne, ce que nous ne faisons pas.

Au final, le Web est probablement peuplé d’environ 2,3 millions de sites au meilleur
de nos capacités d’estimation. Une grande majorité d’entre eux (> 90 %) sont soit

13
des acteurs extrêmement petits, faisant moins de 20 000€ de chiffre d’affaires
en ligne, soit tout simplement oubliés/désertés ou pas vraiment vivants. Les 10
% restants sont répartis dans toutes les typologies de boutiques, allant des plus
grandes aux plus petites.

CHIFFRES DE CHIFFRES DE ESTIMATION


TECHNOLOGIE NOS CHIFFRES
L’ÉDITEUR BULL/WITH FINALE
Intershop N/C 573 667 667
Demandware 1 200 2 139 2 893 2 893
Hybris N/C 1 432 1 771 1 771
Websphere Commerce N/C 1 503 257 1 503
Oracle Commerce N/C 1 847 922 1 847
Shopware 56 000 11 777 2 077 20 000
Oxid e Sales N/C 19 682 10 562 19 682
Magento EE 3 200 6 932 2 965 3 000
Opencart N/C 252 000 195 000 252 000
VirtueMart N/C 83 000 5 354 5 354
Zen Cart N/C 95 000 30 620 95 000
Drupal Commerce 60 000 7 320 3 677 7 320
Magento 280 000 248 000 189 000 248 000
PrestaShop 249 000 193 000 152 000 221 000
WooCommerce 650 000 910 000 314 000 482 000

Tableau 1 : Adoption du produit en fonction des fournisseurs e-commerce


(chiffres de mars 2016)

Ces chiffres ne peuvent, d’une certaine manière, pas être considérés comme
« exacts », mais nous estimons que la marge d’erreur est l’une des plus faibles
que l’on puisse obtenir à ce jour. Nous avons parfois gardé les chiffres de BuiltWith
plutôt que les nôtres (comme dans le cas de WebSphere Commerce par exemple)
lorsque nous avons senti qu’ils étaient plus précis ou que notre système ne faisait
probablement pas du bon boulot. À l’inverse, nous avons parfois considéré que
notre estimation était la meilleure lorsque nous savions avec certitude que les
chiffres de BuiltWith subissaient de grandes variations d’une semaine à l’autre, ou
simplement lorsque notre niveau de certitude était meilleur. Enfin, les méthodes
de comptage de certains éditeurs sont relativement précises (comme celles de
PrestaShop) et nous avons décidé combiner leurs propres chiffres avec ceux de
BuiltWith pour en faire une moyenne.

WooCommerce, Drupal Commerce et VirtueMart, reposant sur d’autres frameworks


(à savoir WordPress, Drupal et Joomla) sont souvent les plus difficiles à évaluer.
Dans ces cas, nous avons écarté les chiffres de BuiltWith lorsque ceux-ci n’étaient
pas crédibles, probablement parce que leur algorithme de prise d’empreintes a
confondu un WordPress avec un WooCommerce par exemple. Dans ce cas précis,
faute de mieux, nous avons fait une moyenne entre les chiffres de l’éditeur et les
nôtres. Pour Drupal Commerce, notre signature est exacte, mais probablement trop
« étroite » et c’est la raison pour laquelle nous avons préféré garder les chiffres de

avant-propos
BuiltWith.
TEMPS DE GÉNÉRATION DU CODE HTML
Cette donnée est d’une importance capitale dans la mécanique interne d’un
framework. Traite-t-il les données rapidement, ou prend-il plus de temps pour
assembler le code HTML envoyé à votre navigateur ? La vitesse étant un facteur
déterminant en matière de taux de conversion, cela a donc toute son importance.

Le problème est que tout le monde n’est pas égal dans ce domaine. De toute
évidence, une page très simple avec 2 produits chargés sera plus rapide à générer
qu’une page contenant un catalogue complet. De plus, les clients qui utilisent par
exemple Oracle Commerce ont des budgets bien plus importants que ceux qui
utilisent Zen Cart. Cela se traduit par de meilleurs serveurs, de meilleurs services
d’optimisation et services dédiés.

Pourtant, à un moment donné, lorsque vous indexez un million de sites, le temps


moyen de génération du code HTML devient une donnée statistiquement précise.
Si vous avez l’intention d’utiliser PrestaShop mais que vous avez un budget
d’hébergement de 10 000 dollars par mois, vous obtiendrez de meilleurs résultats
que cette moyenne, et cela est vrai dans l’autre sens, si vous hébergez, par exemple,
un site web Hybris sur une infrastructure sous-dimensionnée.

EN QUOI CONSISTE EXACTEMENT LE TEMPS DE GÉNÉRATION HTML ?


Sur la capture d’écran ci-après, extraite d’une console de navigateur Chrome,
nous pouvons voir la répartition d’une requête HTML. Pour simplifier un peu, tout
commence par une recherche DNS, où le nom www.store.com est converti en une
adresse IP 11.7.37.227.

La connexion réseau TCP est ensuite établie. Une requête HTTP est alors envoyée
à la boutique et le serveur génère un contenu HTML pour votre navigateur, en
fonction de plusieurs paramètres (langue, localisation, contenu, etc.). Cela est
représenté par la barre verte ci-dessous.

Enfin, votre navigateur télécharge le contenu et l’affiche.


CONNECTION SETUP TIME

Queueing 2.42 ms
Stalled 1.28 ms
DNS Lookup 0.01 ms
Initial connection 8.88 ms
REQUEST/RESPONSE TIME

Request sent 0.05 ms


Waiting (TTFB) 30.67 ms
Content Download 2.74 ms

15
Dans le graphique suivant, seul le TTFB (Time To First Byte, temps d’attente entre la
requête HTML et le premier octet reçu sur le navigateur du client) a été compté.
Cela correspond réellement au temps que les serveurs ont mis à générer le contenu
HTML (ou à les lire depuis le cache). Il exclut tous les autres temps de transfert et
de DNS, pour ne restituer que ce seul paramètre avec précision. Voici les résultats
obtenus :

Homepage average HTML generation time (in milliseconds)


Java PHP
1 600
1 400
1 200
1 000
800
600
400
200
0
WEBSPHERE ORACLE DRUPAL WOO
INTERSHOP DEMANDWARE HYBRIS SHOPWARE OXID ESHOP MAGENTO EE OPENCART VIRTUEMART ZEN CART MAGENTO CE PRESTASHOP
COMMERCE COMMERCE COMMERCE COMMERCE

Tout d’abord, Java est de toute évidence plus rapide. Pas seulement parce que
le langage lui-même est plus rapide, mais aussi parce que les clients utilisant des
produits coûteux basés sur Java investissent plus d’argent dans leurs infrastructures
et services dédiés.

C’est Intershop qui, finalement, reste la solution la plus rapide à ce jeu, en moyenne
tout au moins. Cela dit, Hybris, Demandware et WebSphere Commerce ne sont
qu’à quelques millisecondes, toutes les quatre pouvant être considérées comme
extrêmement rapides. Au-delà des simples temps de rendu, les gros pics de trafic
Dans le graphique suivant, seul le TTFB (Time To First Byte, temps d’attente entre
la s montent extrêmement bien en charge. Oracle Commerce est toujours bien
placée, mais néanmoins 43 % plus lente qu’Hybris ou Demandware en moyenne.

Vient ensuite le monde PHP. Parmi ces acteurs, Shopware est celui qui, de loin,
se comporte le mieux, suivi par OXID eSales et Magento Enterprise Edition (EE).
OpenCart, VirtueMart, et tous les autres jusqu’à WooCommerce sont assez lents.
Pour être juste, les sites ayant installé VirtueMart fonctionnent principalement avec
la version précédente de VirtueMart et les plus récents se comportent beaucoup
mieux, ayant des temps similaires à ceux de Shopware.

Il faut également garder à l’esprit que Magento Community Enterprise (CE),


PrestaShop, WooCommerce, et tous les autres, sont généralement utilisés pour les
approche « bare metal », avec des administrateurs ayant très peu de connaissances
sur la façon d’optimiser correctement les serveurs pour ce travail.
Une moyenne effectuée sur une base aussi grande a malgré tout du sens.

avant-propos
ÉVITER LE PIÈGE DE LA LISTE DES FONCTIONNALITÉS

Enfin, pour vous guider dans vos choix, nous avons décidé de mettre en évidence
les différences plutôt que de mettre l’accent sur les fonctionnalités communes que
chaque éditeur fournit. Il est évident que certaines solutions ont un système de
merchandising beaucoup plus avancé, un tunnel de validation de commande
plus personnalisable, etc., mais nous allons tenter de mettre en avant ce qui est
plus avancé dans une solution que dans une autre, et de passer sur les éléments
vraiment basiques comme les moteurs de promotion standards ou la capacité à
construire votre liste de menu, que tout le monde propose de nos jours.

Plus des deux tiers des fonctionnalités présentent de grandes similitudes, et opter
pour Oracle Commerce ou Shopware pour les couvrir ne ferait aucune différence,
la véritable valeur ajoutée d’une solution coûteuse étant ailleurs.

Par ailleurs, certaines fonctionnalités, auparavant spécifiques à une solution


(ou bien plus avancées), sont devenues maintenant des éléments standards,
proposés par toutes les solutions. Les points de différenciation sont ainsi plus faciles
à identifier et nous avons pu nous concentrer davantage sur la philosophie et la
stratégie globale de chacune des solutions, plutôt que sur une très longue liste de
fonctionnalités, d’une certaine manière moins pertinente.

LA SEGMENTATION DU MARCHÉ

ATTENTION ! Il est important Afin de faciliter la lecture de notre


de bien regarder le graphique étude, nous souhaitons partager
certaines bases. Pour pouvoir
ci-après, car il donne toutes
différencier les clients et les solutions,
les clés permettant de bien nous devons commencer par
comprendre ce livre. présenter un système simple : Les Tiers.
Le principal KPI est le chiffre d’affaires, réalisé en ligne, par le client. Un client ayant
un chiffre d’affaires global de 300 millions de dollars, mais une activité de 5 millions
de dollars en ligne, sera considéré comme un client du Tier 3, et non un client du
Tier 1.

Le Tier 1 représente le segment supérieur du marché, les plus grands sites, ceux dont
le classement se situe dans le Top 500 sur Internet ou générant un chiffre d’affaires
de plusieurs centaines de millions de dollars en ligne. Ils sont peu nombreux, mais
représentent un chiffre d’affaires estimé à 30 % de tous les revenus effectués en
ligne.

Le Tier 2, de taille un peu plus grande, comprend les sites facturant entre 20 et 200
millions de dollars en ligne.

Le Tier 3 comprend les sites générant entre 2 et 20 millions de dollars en ligne. Il

17
représente le plus grand bassin de clientèle pour les fournisseurs de solutions étant
donné que le Tier 1 utilise principalement des solutions maison ou des solutions très
importantes comme Oracle Commerce ou WebSphere Commerce, et que le Tier
4 est en train de passer massivement aux solutions SaaS comme Bigcommerce,
Shopify, etc.

Le Tier 4 est composé de petits sites lançant leur activité ou représentant un


nouveau canal de distribution pour une petite entreprise, ou encore des boutiques
« volontairement » petites (comme les sites créés pour fournir des revenus
complémentaires à un couple). 95 % des commerçants en ligne font moins
d’un million de dollars par an en ligne. Il convient également de signaler qu’un
commerçant sur deux démarrant dans le Tier 4 avec un objectif de 100 mille dollars
ou moins échoue, ou abandonne, au cours de la première année.

TIER 1
SITES = 1 000
• > 100 M€$ online revenues TIER 2
• 5 000 orders/day SITES = 20 000
• =1/3 of global market • 20 to 100 M€$ online revenues
revenues • >500 orders/day
• Mature retailers, B2B & brands

TIER 3
SITES = 100 000
• 2 to 20 M€$ online revenues
• >50 orders/day
• SMB & emerging businesses

TIER 4
SITES = > 1 000 000
• <1 M€$ online revenues
• <5 orders/day
• Small/Personnal businesses

avant-propos
ANALYSE DE LA CONCURRENCE EN FONCTION DES TIERS

Généralement, tous les deux ans, Magento a pris d’assaut le marché


du Tier 3 en 2009 et 2010. En 2011 et
nous assistons à l’ascension d’un
2012, c’est ensuite Hybris, récemment
nouveau leader et, acquise par SAP, qui a connu une
ce fut le cas de nouveau ascension fulgurante dans le Tier 2 et,
ces deux dernières années. si l’on devait retenir une chose ayant
marqué ces deux dernières années, c’est sans aucun doute la montée en puissance
de Demandware sur le marché du Tier 2.

La croissance accélérée de Demandware, se nourrissant sur le même segment de


clientèle, n’a pas seulement pris Hybris par surprise, la solution SaaS est également
venue défier à la fois les plus grands acteurs, comme Oracle Commerce
(anciennement ATG) par exemple, et des plus petits concurrents, comme Magento
par exemple, sur leurs marchés. Demandware, comme nous le verrons plus loin
dans le livre, n’est pas adaptée à toutes les entreprises mais, si vous êtes une
marque ou un détaillant faisant plus de 5 millions d’euros en ligne, cette solution
fera très probablement partie de votre présélection.

À ce stade, on ignore encore si le duo Demandware/Salesforce gardera sa position


dominante encore longtemps, ou si un autre acteur se détachera à nouveau, mais
ils ont de toute évidence visé juste ces deux dernières années.

TIER 1
Le Tier 1 a vu la stagnation de deux des plus grands acteurs dans le domaine du
e-commerce : Oracle Commerce (anciennement ATG) et WebSphere Commerce
d’IBM. Ils n’ont cessé d’innover, mais leurs chiffres d’affaires ont quelque peu stagné,
si ce n’est reculé. Les deux produits ont toutefois fortement progressé, intégrant plus
de fonctionnalités que jamais auparavant.

Hybris, plus habituée à une croissance à deux chiffres que ces grandes maisons,
a aussi beaucoup souffert de la montée en puissance de Demandware. Son
acquisition par SAP a par ailleurs pris un certain temps, décourageant une partie
de l’équipe de vente et ralentissant temporairement le champion allemand des
solutions omnicanal. Une telle acquisition prend du temps, généralement 2 ans
mais, en contrepartie, lorsque ce duo Hybris/SAP sera réorganisé, il sera très puissant.

Oracle, IBM et SAP ont très bien compris la leçon de Demandware en ce qui
concerne le modèle SaaS de livraison et de partage des revenus, et tous lancent
leurs initiatices pour porter leur produit « sur le Cloud » afin de regagner le terrain
perdu. IBM a été le premier à suivre la tendance en créant une offre « CaaS »
(commerce en tant que service) mais, comme d’habitude, le géant est assez discret
à ce sujet et l’offre manque de visibilité par rapport au plan de communication très
agressif de Demandware, ce qui ralentit son adoption.

19
Les géants (IBM, Intershop, Oracle et Hybris) sont pilotés par des ingénieurs. Ils font
de bons produits, s’adaptent aux tendances, mettent à jour leurs fonctionnalités
et, pendant des années, cela a été suffisant pour maintenir leur position, voire
progresser, dans ce domaine. Mais la montée en puissance de Demandware
constitue un nouveau paradigme. Cette société est dirigée par des spécialistes du
marketing et non par des ingénieurs. Cela a ses avantages et ses inconvénients,
mais les avantages prennent le dessus semble-t-il. Demandware a décidé de
cibler un marché très spécifique (celui des détaillants et ds marques) plutôt que
de couvrir l’ensemble de l’échiquier (B2B, pure player, etc.). L’objectif principal était
aussi de répondre à 80 % des besoins des clients avec une offre unique, simple, et
tout compris. Le marché est simple : « Je prends une partie de vos revenus et vous
n’avez plus à vous soucier de rien. Faites juste votre métier et laissez-nous gérer les
aspects techniques compliqués ! »

Le Tier 1 est un segment très spécifique, où tout est lent. Sur ce marché particulier,
cela prend plusieurs mois, si ce n’est plusieurs années, pour gagner ou perdre
des positions. Les actions de prévente prennent un temps énorme, les validations
de concept sont quasiment les sites définitifs actuels et les cycles de décision
impliquent de nombreux interlocuteurs.

Les clients ne sont pas seulement rares, ils sont aussi exigeants et, assez souvent,
ils utilisent des solutions personnalisées « en interne », difficiles à changer pour
un logiciel étranger. Ces géants comptent déjà souvent des centaines de
développeurs en interne et n’ont pas l’intention de remplacer tout leur personnel à
la fois ni même de former à nouveau les membres de leur équipe. En raison de tous
ces facteurs, le marché du Tier 1 est très particulier :
• Peu de clients
• Changement des sites et des technologies environ tous les 40 mois en moyenne
• Les clients ont un pouvoir de négociation considérable qu’ils peuvent exploiter
• Les ventes sont réalisées après un très long cycle
• Renouvellement fréquent de l’engagement des clients avec les mêmes fournisseurs de
technologie, afin d’éviter d’énormes coûts de changement et une situation de chaos

Au final, chaque année, ces géants ne seront même pas 50 à adopter une nouvelle
technologie. Chaque contrat vaut des millions, mais ce marché est, finalement, très
petit en termes de chiffre d’affaires possible pour les éditeurs de logiciels.

Voici quelques prévisions concernant le segment du Tier 1 :


1 Oracle Commerce devra choisir si cela vaut la peine de poursuivre
de s’investir dans l’e-commerce et, si c’est le cas, elle devra changer
profondément sa stratégie afin de s’adapter aux nouvelles tendances du
marché. Oracle Commerce n’a jamais eu si peu de nouveaux comptes qu’en
2014 à notre connaissance, ce qui a fragilisé sa position, même aux États-
Unis, historiquement son meilleur marché. Le tableau est encore plus sombre
en Europe où le produit ne suscite que très peu d’intérêt, principalement en
raison de son coût très élevé, de son business model vieille école et de la

avant-propos
rareté de ses ressources qualifiées. Certains gros projets signés il y a deux
ans connaissent encore quelques contretemps et ne peuvent pas soutenir les
périodes de promotion, ou ont explosé leurs budgets, tout cela contribuant à
ce ralentissement. Le fait de s’orienter vers le SaaS va probablement sauver le
produit du lent déclin auquel il aurait été sinon promis. Exploiter la puissance
d’Oracle Commerce dans le Cloud au lieu de devoir faire face à des temps
de développement longs peut changer la donne et apporter une réelle
alternative à celle de Demandware.

2 Demandware va très probablement essayer d’acquérir plus de marques


dans ce segment, sans pour autant que cela devienne une obsession ou
dépenser des millions pour s’y adapter, étant donné que son positionnement
la rend naturellement attractive (ou non) pour les clients générant plus de
100 millions de dollars en ligne. Avoir la possibilité de s’emparer de comptes
phares est toujours bon à prendre, mais Demandware est une entreprise très
focalisée sur un marché très spécifique : celui des marques. La société basée
à Boston a déjà acquis quelques références dans ce segment, ouvrant ainsi
de nouvelles perspectives dans l’esprit d’autres clients. La principale barrière
serait que ces clients sont souvent des pure players, ou qu’ils sont très exigeants
en ce qui concerne les développements spécifiques, ce qui ne correspond
pas au modèle de Demandware. Maintenant que Salesforce possède
Demandware, leur équipe commune de commerciaux sera plus active que
jamais sur le marché, ce qui permettra aux deux sociétés d’acquérir encore
plus de clients.

3 WebSphere Commerce tente de s’adapter à la tendance du marché, mais


IBM ne peut pas exactement être comparée à un chat en terme d’agilité.
Bien que tout prenne du temps, le produit est resté très à jour, faisant de
WebSphere Commerce un acteur très endurant dans le Tier 1. Un leader ne
peut que perdre sa position et IBM, qui en est bien consciente, prend soin de
renouveler autant de contrats que possible, en exploitant l’empreinte souvent
très importante qu’elle a dans le système d’information du client. L’offre
logicielle très étendue peut effrayer les petits comptes, mais dans le Tier 1,
cela est plutôt une force. À l’instar d’Oracle Commerce, l’avenir de la solution
est sans doute dans un modèle de livraison SaaS.

4 Hybris est toujours attractive pour les clients du Tier 1 mais a souffert de
son acquisition par SAP en termes de ventes et d’agilité mais, même si la
machine est lente à démarrer, sa puissance est considérable. SAP travaille
déjà avec la plupart des plus grandes entreprises du monde pour ce qui est
de leur solution ERP, et Hybris en est une extension commerciale naturelle.
Donc, même si la zone de confort d’Hybris était plutôt les clients du Tier 2,
nous allons très probablement assister dans les prochaines années à une
progression dans le Tier 1, en raison de la liste de contacts incroyable de SAP.
Par ailleurs, l’écosystème qui avait l’habitude d’intégrer SAP est très désireux

21
d’inclure désormais Hybris dans son catalogue afin de diversifier ses sources
de revenus, apportant plus de ressources pour déployer Hybris et davantage
de points de contact pour vendre le produit. Il est très probable qu’Hybris
va, lentement mais sûrement, conquérir des parts de marché dans le Tier 1,
probablement en mettant fortement l’accent sur le B2B de manière à éviter
d’avoir à faire face à la forte concurrence de Demandware dans le B2C.

5 Intershop semble perdue dans ce marché mené par des entreprises très
puissantes. La société continue de subir la forte concurrence de SAP,
directement en Allemagne, son propre pays. Après cette période de doute,
où les chiffres étaient dans le rouge pendant deux années consécutives,
la société semble voir le bout du tunnel. Après avoir restructuré ses coûts
d’exploitation (-25 %) et recentré son activité sur l’aspect éditeur plutôt que
sur celui du service, l’entreprise a stabilisé ses dépenses et ses revenus et
a annoncé son premier trimestre équilibré (au quatrième trimestre 2015).
Intershop semble être moins en vue parmi les offres existant sur le marché,
même si la société propose des prix très agressifs pour regagner du terrain.
La société a toutefois récemment fait quelques belles opérations, et il faut
espérer que cela lui permettra de retrouver une position bien méritée. Elle
est par ailleurs un leader notoire dans le monde du B2B, en pleine explosion.

Certains produits du Tier 1 sont très intéressants, très complets, mais leurs éditeurs
ont du mal à les vendre (notamment dans les Tiers 2 et 3) dans un modèle « on
premise ». Ceci est particulièrement vrai pour IBM, Oracle et Intershop, qui ont fait
face à la rude concurrence tant d’Hybris que de Demandware.

Un dernier point sur les solutions du Tier 1 : elles ont toutes appris du succès de
Demandware et se dirigent désormais plus rapidement que jamais vers le SaaS.
Ces produits sont tous basés sur Java et bénéficient d’une architecture 3-Tiers,
permettant de séparer les couches les unes des autres.

Pour servir leurs ambitions SaaS, Oracle, IBM et Intershop ont choisi d’utiliser leur
moteur principal selon l’approche « headless ». L’approche « sans tête » signifie
simplement que la partie exposée sur le Web est enlevée et remplacée par une
autre, adaptée à une utilisation SaaS, tandis que le moteur au-dessous reste le
même.

Cela signifie que vous « n’avez qu’à » repenser et redévelopper l’ensemble de la


partie Web, et que les couches inférieures restent en grande partie inchangées. Le
SaaS envoie ensuite directement des requêtes à l’API et remplit les différents rôles,
consistant à interagir avec les clients et les propriétaires de boutiques.

D’un côté, cette approche est meilleure que celle consistant à simplement installer
le logiciel sur une plateforme Cloud et à le partager (une imitation de SaaS en
quelque sorte) et, d’un autre côté, cela ne nécessite pas d’avoir à redévelopper
tout le produit.

avant-propos
Cela peut représenter Ces sociétés, ayant besoin de
références malgré des produits à la
une très belle opportunité
fois très bons
pour les clients des Tiers 2 et 3. et matures, proposent donc des
remises, changent leur modèle de facturation et mettent en place des offres
agressives. Cela est particulièrement vrai pour Intershop qui propose dernièrement
une importante remise sur son produit, et pour IBM qui propose maintenant
WebSphere Commerce avec un business model « par vente ». Pour un client, avoir
la possibilité de se mettre à niveau, pour un prix comparable, en passant de
Magento par exemple à WebSphere Commerce ou à Intershop, est une opportunité
très intéressante qui pourrait être envisagée.

WEBSPHERE ORACLE
HYBRIS INTERSHOP DEMANDWARE
COMMERCE COMMERCE

Tendances prévues sur le Tier 1 pour 2016-2018

TIER 2
S’il y a eu du nouveau entre 2013 Comme exposé dans l’analyse du
et 2015, c’est probablement la Tier 1, les excellents produits
forte ascension de Demandware « d’ingénieurs », ayant créé l’ensemble
le plus complet de fonctionnalités, ont
sur le marché du Tier 2.
longtemps délaissé le marketing. Le
nouveau venu a d’abord pensé à tous les besoins de marketing et c’est seulement
après qu’il a cherché à créer le produit qui pourrait y répondre...

Les vieilles habitudes et le mode de livraison de licence traditionnel semblent


encore beaucoup peser pour Oracle comme pour IBM (même si cette dernière
s’est convertie au modèle de facturation « par vente »). Lutter contre leur propre
complexité interne, trouver de nouveaux canaux et réorganiser les systèmes de
bonus des commerciaux ainsi que le nouveau modèle de livraison, tout cela
représente un important changement de culture d’entreprise, difficile à subir.
Passer à un mode de facturation et de livraison plus dynamique prendra encore
du temps, notamment pour les solutions conçues pour fonctionner « on premise »
alors que d’autres sont « nées dans le Cloud ».

Il est par contre surprenant qu’Hybris n’ait pas appuyé sur la gâchette plus tôt car la
solution aurait eu très logiquement sa place dans le Cloud de SAP. La stratégie de
SAP tourne en effet entièrement autour du Cloud ces derniers temps, à tel point que
la société ne communique qu’à ce sujet et, pourtant, Hybris n’est pas encore « sur
le Cloud » avec SAP. Nul doute que l’on constatera dans les prochaines années, et
plus probablement mi 2016.

23
Le Tier 2, c’est synonyme de « business » : avec des sociétés matures et des clients
plus nombreux que dans le Tier 1. Ces sociétés hésitent également moins à changer
leur solution. Globalement, ce Tier est l’un des marchés les plus attractifs pour les
éditeurs proposant des solutions haut de gamme. Ce segment, auparavant zone
de confort pour WebSphere Commerce et Hybris, (Oracle Commerce n’était pas
tellement intéressée par ce Tier), s’est transformé en cauchemar dernièrement. Il
est essentiellement peuplé de marques et de détaillants qui n’ont bien souvent pas
de grandes connaissances en informatique. Les éditeurs se sont adaptés à ces
clients spécifiques et les incitent à opter pour la personnalisation d’une boutique
de démonstration existante plutôt que pour un projet de développement complet
et sur mesure. En définitive, au lieu de proposer une intégration « de zéro », ils ont
tendance à personnaliser une boutique de démonstration déjà très complète et
fonctionnelle. Certains éditeurs ont même personnalisé plusieurs de ces « boutiques
démo », par secteur d’activité. Cela permet de réduire les coûts de tout le monde,
tout en offrant davantage de possibilités quant au délai de réalisation.

Ces marques sont précisément la cible de Demandware (& Salesforce) qui,


comme indiqué précédemment, a réussi à très bien pénétré le marché avec sa
solution. Dans le même temps, Hybris était occupée à redéfinir les processus avec
sa nouvelle maison-mère, IBM tentait de s’adapter au SaaS et Intershop concentrait
ses efforts sur le B2B et le Tier 3 pour convaincre de nouveaux clients. Au final, la
voie était assez libre pour Demandware, qui a profité de l’occasion à une vitesse
que l’on n’avait encore jamais vue.

Avec le passage au SaaS, Pris de court, Hybris a perdu plusieurs


les principaux acteurs, offres au profit de son « nouveau »
rival Demandware et le Tier 2 est
qui sont souvent orientés Tier 1
devenu le point de mire de tous les
et Tier 2, vont désormais fournisseurs de solutions haut de
cibler les commerçants du Tier 3. gamme. Même si Magento essaye
depuis des années d’émerger sur ce marché, la solution ne convainc pas vraiment
les grandes marques ni les détaillants en raison de sa capacité assez moyenne à
faire face à un trafic important et aux pics d’activités. Peu de commerçants sont
passés à Magento sur ce Tier et le retard considérable qu’a pris Magento 2 n’a
certainement n’a pas aidé non plus.

Sur le Tier 2, nous trouvons également un grand nombre de grandes entreprises


B2B. Hybris est de plus en plus adaptée à cette activité, Intershop y est à l’aise et
Demandware n’est pas axée dessus, (n’étant en fait pas adaptée pour répondre
aux demandes B2B). Par conséquent, la voie semble libre pour Hybris et Intershop
qui n’ont plus qu’à ouvrir le coffre-fort et puiser dans cet immense bassin de
clientèle.

Le Tier 2 sera certainement le terrain d’une belle bataille entre les principaux acteurs.
WebSphere Commerce va tenter de convaincre avec sa solution CaaS et peut-être
que même IBM investira sérieusement dans ce domaine afin de faire connaître

avant-propos
son offre à un plus large public lorsque tout sera prêt. Hybris va essayer de revenir
dans ce segment avec l’aide du puissant SAP, tout simplement parce que le Tier 2
est vital pour la solution et que le produit fournit des capacités omnicanal parmi les
plus solides, dont ce segment particulier a besoin.

Demandware va évidemment essayer de gagner encore plus de terrain et de


maîtriser sa croissance très rapide, qui provoque quelques retards pour les gros
clients qui sont assez allergiques aux surprises. Magento va quant à elle enfin sortir
une version 2 (fin 2016?), qui pourrait résoudre une partie de ses problèmes de
montée en charge et la rendre mieux adaptée à ce segment. Il y a toutefois des
exceptions notoires, en ce qui concerne la capacité de Magento à convaincre
les clients du Tier 2, notamment au Royaume-Uni et en partie aux États-Unis. Les
solutions basées sur Java sont malgré tout encore largement privilégiées en raison
de leur capacité à monter en charge.

WEBSPHERE ORACLE
HYBRIS INTERSHOP DEMANDWARE MAGENTO
COMMERCE COMMERCE

Tendances prévues sur le Tier 2 pour 2016-2018

TIER 3
Le marché du Tier 3 est généralement
Il n’y a jamais eu autant de choix, le terrain de jeu par excellence des
mais les performances solutions PHP. À ce stade, les clients
sont très différentes ont tendance à regarder leurs coûts
au niveau des fournisseurs. de très près et recherchent des
solutions non contraignantes. L’open
source excelle dans ce segment grâce à sa flexibilité et à son faible coût d’entrée,
mais aussi parce que la popularité des solutions offre un très grand choix d’interfaces
avec presque tous les produits tiers possibles. Le marché du Tier 3 a cela d’intéressant,
par rapport aux Tiers 1 et 2, qu’il ne cesse de croître en termes de nombre de sites.
Marques émergentes, sites de pure players ayant des revenus en progression,
nouveaux sites essayant d’obtenir une place au soleil : tout cela contribue à la
croissance continue de ce marché.

Ce segment est aussi un « terrain d’essai » où les acteurs progressent ou tombent,


en démontrant que leur modèle est adapté à la demande et que leur entreprise
est suffisamment bien structurée pour développer une activité rentable. Magento
est sans aucun doute le roi dans ce domaine et oppose une très forte résistance
aux nouveaux arrivants. Même si la filiale d’eBay a récemment connu quelques
années compliquées avec le départ de ses deux fondateurs, un manque de
vision et de sérieux retards concernant la sortie du très attendu Magento 2, rien n’a
vraiment pu empêcher Magento de conquérir ce marché. La sortie de Magento
2 pourrait à nouveau augmenter les ventes de ce leader du Tier 3, donnant à ce
produit vedette un coup de jeune très attendu.

25
Ceci étant dit, cela fait maintenant plusieurs années que tout le monde attend
Magento 2. L’éditeur a connu plusieurs revers et, pour couronner le tout, il n’y
a pas eu de véritable vision pour mener la bataille pendant un certain temps.
Magento avait heureusement généré une activité commerciale telle que toute la
communauté a suivi. Magento 2 va cependant changer beaucoup de choses,
mais pas toutes les bases, et certaines d’entre elles ne sont plus vraiment adaptées.
C’est probablement la raison pour laquelle nous n’avons pas constaté de
progression importante au niveau de la taille du bassin de clientèle de Magento.

Les chiffres de l’édition Enterprise (qui est la version payante de Magento) ne


progressent plus de façon soutenue dans la plupart des pays et la ligne des revenus
provenant des licences est devenue moins impressionnante. Dans le paragraphe
« Market services & other revenues » (Services marchands et autres revenus) du
rapport annuel d’eBay, le chiffre d’affaires de l’édition Enterprise affiche même un
léger recul, passant de 74 millions de dollars à la fin de l’année 2013 à 72 millions
de dollars fin 2014, soulignant bien la crise à laquelle Magento fait face. Par ailleurs,
Demandware est aussi devenue attractive pour les marques du Tier 3, marchant
parfois sur les platebandes qui étaient auparavant principalement réservées à
Magento.

En parallèle cependant, la plupart des autres solutions n’ont pas non plus été
ultra performantes. Drupal Commerce a tenté de convaincre plus de clients haut
de gamme, mais n’est pas montée en flèche ou n’est, tout au moins, pas encore
comparable à Magento en termes de force, et a finalement été vendue après
que Commerce Guys a abandonné le projet. Fin 2013, la société affichait moins
d’1 million d’euros de chiffre d’affaires global, pour 2 millions d’euros de perte. Les
chiffres de 2014 ne sont pas encore disponibles, mais ils n’ont aucune raison non
plus d’être transcendantaux. Drupal Commerce connaît un succès mitigé, avec
peu de grandes marques étendant leur site Drupal (CMS) avec des capacités
e-commerce et le tsunami qu’ils attendaient lorsqu’ils ont démarré dans ce domaine
n’a jamais vraiment été à la hauteur de leurs attentes. Cela étant dit, le marché
de Drupal est très vaste et bien vivant, et Symfony 2 suscite un tel engouement
chez les développeurs que, mécaniquement parlant, Drupal Commerce peut
encore progresser dans ce segment, malgré son rachat. Cela reste une meilleure
performance que celle de RBS Change, dont la société mère a fait faillite, faisant
couler le navire avant même que « Change » n’ait vraiment pu décoller.

Certains acteurs comme VirtueMart ou OXID eSales ont vu leurs parts de marché
légèrement s’étioler. OXID fait notamment face à un défi difficile avec de nouveaux
acteurs locaux (Allemand), comme Shopware, mais aussi Magento et même
maintenant PrestaShop. Avoir échoué à internationaliser l’entreprise et être attaqué
sur son propre marché local, aussi bien par des entreprises internationales que
locales, ne facilite pas la vie de cet acteur reconnu et respecté en Allemagne.

« Change », un CMS omnicanal français, a été acquis par Proximis et sauvé de


l’échec, mais il est la preuve vivante qu’avoir une très bonne solution sur le plan

avant-propos
technique est loin d’être suffisant pour se développer dans ce segment surpeuplé.
Ce gâchis avait été annoncé dans la version précédente de cette étude, mais
nous regrettons quand même sincèrement que cette excellente solution sur le plan
technique n’ait eu aucune chance de participer à la bataille et nous lui souhaitons
de réussir dans son aventure SaaS. Cela illustre également parfaitement le fait
que lorsque l’on est à la fois un éditeur et un intégrateur, il est difficile pour votre
écosystème d’intégrateur de vous faire confiance.

L’autre leçon que l’on peut tirer Un modèle de service est très peu
de cet exemple fiable et monte difficilement en
charge pour atteindre des sommets
est qu’il est compliqué
du fait qu’il repose sur des humains et
de trouver un business model non des machines ou des licenses. La
fiable et rentable lorsque solution est devenue, sous le nom de
l’on est une solution open source. Proximis, un produit SaaS visant les
clients du Tier 3.

Il est assez intéressant de constater que les nouveaux acteurs continuent de tenter
leur chance sur ce marché spécifique, essentiellement open source et le marché
allemand nous offre une nouvelle fois un nouveau venu : Shopware. Très dynamique
et prenant de l’ampleur, cette solution va malgré tout devoir faire face au même
défi qu’OXID : se développer à l’international ou se heurter à un plafond de verre
au niveau local. Thelia, même si elle n’est pas directement examinée dans cette
édition, essayera également très probablement de percer sur le segment du Tier 3.

OpenCart commence à convaincre les entreprises du Tier 3, et l’on peut également


observer initiative très intéressante de Virto Commerce, une solution basée sur
DotNet, permettant aux agences de DotNet de voir à nouveau la lumière sur un
marché e-commerce traditionnellement dominé par PHP ou Java.

PrestaShop s’est remise de la situation dangereuse dans laquelle elle était et a


levé des fonds afin de transformer son business model en SaaS. Elle a tout de
même gagné en puissance sur le Tier 3, grâce notamment à l’acquisition de
nouvelles références et à la signature d’importants contrats. La société n’a jamais
cessé de progresser en termes techniques, de même que dans sa vision et dans
son approche commerciale, et cette persévérance commence à payer. Même
si elle se concentre sur le Tier 4 et sur une approche SaaS, PrestaShop maintient
une version classique de son produit (avec le même code source) et fera très
probablement de nombreuses affaires dans le Tier 3 dans les 3 prochaines années.

Tout cela indique que le marché du Tier 3 est assez mature et ne passe pas si
facilement que cela d’un éditeur à l’autre.

27
DRUPAL
MAGENTO PRESTASHOP OPENCART VIRTUEMART OXID ESALES SHOPWARE
COMERCE

Tendances prévues sur le Tier 3 pour 2016-2018

TIER 4
Consolidation des produits Le Tier 4 regroupe 95 % des sites e-commerce
classiques et montée en du monde. Même si le nombre est très
puissance du SaaS. important en valeur absolue, les clients eux-
mêmes ont de petits budgets, voire aucun
budget. Ils font face à une offre abondante, répartie entre, d’une part, les solutions
SaaS comme Shopify, Bigcommerce, etc. et, d’autre part, les frameworks open
source.

Le SaaS propose habituellement des coûts d’entrée très bas et une capacité
de personnalisation moindre, alors que les solutions open source sont plus
flexibles et complètes en termes de fonctionnalités. Le parfait intermédiaire serait
WooCommerce, aussi facile à administrer et à personnaliser que WordPress (la
solution repose dessus), mais en même temps pas aussi complète que PrestaShop
ou qu’OpenCart pourraient l’être.

En l’espace de quelques minutes, La solution a été si largement adoptée


un site WordPress existant que les chiffres donnent le vertige. En
peut devenir un distributeur quelques années, WooCommerce a
automatique, avec des capacités conquis des centaines de milliers de
sites web, dépassant largement
certes basiques, mais efficaces.
PrestaShop, Magento et OpenCart.

PrestaShop est tel un phénix. Au bord du K.O. il y a quelques années, la société a


émergé à nouveau des profondeurs, dépassant même les performances qu’elle
aurait pu atteindre avant ses années sombres. Grâce à une activité rentable et
à une nouvelle levée de fonds, PrestaShop est dorénavant dans une très bonne
position pour maintenir sa forte emprise sur le Tier 4 et pour que sa version SaaS
représente une menace plus que sérieuse pour Shopify et ses rivaux. Le concept de
maintenir un code source unique entre le SaaS et la version du produit est un choix
très intelligent, permettant à l’entreprise de développer les deux activités sans avoir
à faire de réels efforts supplémentaires.

Zen Cart compte un peu plus d’une centaine de milliers de sites actifs en ligne, ce
qui en fait un acteur réel dans ce segment. Le principal inconvénient de la solution
à ce jour est que son business model n’est pas très rentable et que le produit est
plus développé comme une activité secondaire par quelques bénévoles qui y
passent le temps qu’ils peuvent. Cela explique l’évolution assez lente du produit
ainsi que l’offre de service plutôt rare.

avant-propos
Shopware est une marée montante en Allemagne. Trois pays nous proposent de
solides solutions e-commerce : les États-Unis, l’Allemagne et la France et, parmi
ceux-ci, l’Allemagne a toujours été à la fois un adopteur précoce sur le marché et
génératrice de solutions vraiment bien conçues. Intershop (dont Demandware est
un cousin éloigné), OXID eSales, Shopware, VirtueMart, ces solutions ont toutes été
créées en Allemagne. Shopware pourrait se fondre dans la masse, mais le fait que
les Allemands l’adoptent rapidement, parfois pour de nouveaux projets, parfois
pour remplacer leur OXID eSales, est tout à fait significatif et pourrait conférer à
Shopware le statut de force émergente qui compte. Le produit étend son pouvoir
semaine après semaine, dans le Tier 4 tout au moins, mais affronter PrestaShop au
niveau international sera malgré tout difficile.

Magento n’a jamais vraiment été un acteur du marché du Tier 4. De nombreux


propriétaires de sites l’ont adopté dans ce segment, mais eBay n’insiste pas
vraiment beaucoup pour développer ce marché, basé sur sa version CE (celle qui
est gratuite). C’est toutefois un bon cheval de Troie pour PayPal, mais le produit reste
coûteux à développer et à intégrer, et lourd à héberger pour les petits budgets. Les
sites appartenant à la partie supérieure du Tier 4 le prennent en considération,
mais aujourd’hui, au-dessous d’un demi-million de dollars, la plupart se tourneraient
plutôt vers PrestaShop ou vers une offre SaaS.

OpenCart connaît un succès impressionnant et commence à se répandre sur


toute la planète, avec plus de 250 000 sites en ligne. Il semble que le framework est
aussi discret dans sa communication qu’il est efficace lorsqu’il s’agit d’acquérir de
nouveaux clients. Un acteur solide du Tier 4 en somme, qui progresse de surcroît.

OXID eSales a essayé de maintenir sa position dans le Tier 3, mais la solution


s’adresse de plus en plus aux sites du Tier 4, où le rapport de force lui est un peu
plus favorable. OXID opère encore principalement à l’intérieur de ses frontières
et ne se développe pas vraiment à l’échelle internationale, mais les propriétaires
d’entreprises du Tier 4 basés en Allemagne adorent tout simplement le produit. Par
ailleurs, la société a décidé de passer rapidement au B2B, proposant un nouvel
ensemble de fonctionnalités, embrassant ce marché émergent qui connaît une
croissance rapide.

WOO-
MAGENTO PRESTASHOP ZEN CART OPEN CART OXID ESALES SHOPWARE
COMMERCE

Tendances prévues sur le Tier 4 pour 2016-2018

29
CONCLUSION

Il faut aussi garder en tête que tous les marchés sont différents et qu’un acteur
puissant en Europe peut être faible aux États-Unis ou en Asie. Le panorama n’est
absolument pas homogène à travers le monde. Hybris est visiblement plus solide
en Angleterre, en Europe du Nord et en Allemagne qu’en France ou même aux
États-Unis par exemple.

Par ailleurs, Magento a encore du mal à convaincre les clients du Tier 2 en Europe,
ce qui n’est pas le cas au Royaume-Uni ni aux États-Unis. Ce sont les intégrateurs de
systèmes qui font le marché, en recommandant un produit ou un autre en fonction
de leurs compétences et de leur expérience. Les éditeurs et les clients jouent un rôle
dans ce processus, mais le rôle que jouent les agences web est particulièrement
crucial sur tous les marchés locaux et cela est particulièrement vrai pour les produits
open source. Tous les nouveaux arrivants devraient commencer par travailler avec
ce réseau de partenaires s’ils veulent avoir une prise sur le marché.

Pourtant, le secteur du commerce de détail fait face à une crise mondiale. Ce n’est
pas le cas de tous les commerces de détail ni le cas partout dans le monde, mais
la grande crise financière a eu de lourdes conséquences et de nombreux acteurs
ont soit disparu, soit ils ont vu leur marge fondre comme neige au soleil. L’industrie
du luxe, de même que les secteurs de l’électronique et du voyage, n’ont pas été
aussi durement touchés, mais les marques normales vendant des produits d’entrée
de gamme à milieu de gamme ont été fortement frappées en Europe. Même les
très grandes marques ont maintenant tendance à être très prudentes quant à la
façon dont elles dépensent leur argent et le ROI est le premier mot qui vient à la
bouche de tous.

Là encore, pour être en mesure de répondre aux besoins de ces clients ayant
des budgets moins importants, les éditeurs et leurs intégrateurs de systèmes
personnalisent de plus en plus des boutiques de démonstration déjà existantes
plutôt que de fournir des sites créés « à partir de zéro ». Cela est logique si vous
n’êtes pas une marque de luxe très spécifique, ou aussi compliquée qu’une
boutique Apple. Les consommateurs ont leurs petites habitudes, ils aiment avoir
leur panier dans le coin en haut à droite, leur menu dans la partie supérieure et
la barre de recherche centrée, vers le haut, etc., alors pourquoi contrarier leurs
habitudes puisque ces boutiques prédéfinies réduisent justement le coût de
production de votre site ? Voici venir le règne de la personnalisation plutôt que
celui de l’intégration en profondeur.

Si la flèche s’arrête sur 100 M €, cela ne signifie évidemment pas que la solution
ne peut pas générer un chiffre d’affaires supérieur. La longueur des flèches et leur
positionnement ont été soigneusement pensés, mais cela reste une « moyenne ».
Certains clients peuvent atteindre 20 millions d’euros avec OpenCart et d’autres 1
million d’euros avec Hybris, mais ce n’est pas « habituel ».

avant-propos
Sur les Tiers 1 et 2 par exemple, les solutions sont plus adaptées pour accueillir
un grand nombre d’utilisateurs sur leur front et back office et deviennent très
souples quand il s’agit d’interfaçage. Elles correspondent donc mieux aux grandes
entreprises.

« ZONE DE CONFORT » PAR SOLUTION

J
A
V
A

Solution / Tier TIER 4 TIER 3 TIER 2 TIER 1


Turnover to handle 0 M€ 0.5 M€ 1 M€ 5 M€ 10 M€ 20 M€ 50 M€ 100 M€ > 100 M€
Build Budget (*) 100 - 300 K€ 0,3 - 1 M€ 1 - 2 M€ > 2 M€
Run Budget/Year (**) 100 - 300 K€ 0,3 - 1 M€ 1 - 2 M€ > 2 M€

P
H
P

Solution / Tier TIER 4 TIER 3 TIER 2 TIER 1


Turnover to handle 0 M€ 0.5 M€ 1 M€ 5 M€ 10 M€ 20 M€ 50 M€ 100 M€ > 100 M€
Build Budget (*) 0 - 40 K€ 100 - 300 K€ 0,3 - 1 M€ 1 - 2 M€
Run Budget/Year (**) 0 - 40 K€ 100 - 300 K€ 0,3 - 1 M€ 1 - 2 M€

zone de confort encore correct limites d’usage


(*) Build Budget : Le budget inclut les licences (lorsqu’elles sont nécessaires) et les développements/l’intégration.
(**) Run Budget/Year : Le budget inclut les frais de licence et d’entretien, les évolutions du site, l’hébergement.

31
TENDANCES POUR 2015/2016
Dans la sphère du e-commerce, en constante évolution, les fournisseurs innovent
constamment tandis que les gérants de boutiques en ligne cherchent en
permanence à apporter plus de valeur ajoutée à leurs clients et à leur entreprise.
Dans ce monde en perpétuel mouvement, certains éditeurs réagissent plus vite
que d’autres et nous avons défini quelques éléments clés sur lesquels il serait
certainement intéressant de travailler l’année prochaine. Quelles tendances doit-
on donc rechercher dans les fiches techniques de l’éditeur ?

1 E-PoS, V-PoS (point de vente électronique / point de vente virtuel) : certains


fournisseurs de solutions e-commerce souhaitent prendre les commandes de
la caisse enregistreuse du point de vente. Plusieurs éditeurs ont montré un
vif intérêt à cet égard. E-PoS signifie Point de Vente Électronique, et décrit
plus particulièrement la capacité d’un commerçant à utiliser un logiciel
(souvent basé sur le Cloud) sur une tablette plutôt que la traditionnelle caisse
enregistreuse. V-PoS signifie « Point de Vente Virtuel » et décrit la capacité des
commerçants à effectuer des transactions de cartes de crédit directement
en ligne au lieu d’utiliser le terminal de carte de crédit classique (TPE).
Cette tendance est également liée à l’augmentation des transactions « en
magasin » effectuées directement grâce au site web. Les fournisseurs de
SaaS, comme Demandware par exemple, s’intéressent à ces v-PoS car, si les
transactions sont effectuées depuis leur logiciel, le système de commissions
est également applicable. Parallèlement à cela, cela intéresse également
les commerçants. Leur espace physique en magasin étant limité, cela leur
permet de se débarrasser de la ligne de caisse et de disposer d’un espace
de rayonnage supplémentaire ainsi que de vendeurs disponibles pouvant
se consacrer à la vente aux clients et non plus seulement aux opérations de
caisse.

2 SaaS : le marché a tendance à adopter le SaaS pour différentes raisons.


Même si les produits « on-premise » seront encore là pendant un certain
temps et qu’ils ne vont probablement pas disparaître du marché de sitôt
(certains clients ont tout simplement besoin de ce type d’installation), le
SaaS est de toute évidence sur une pente ascendante. Le côté technique
des projets devient plus simple et l’infrastructure n’implique plus d’avoir un
travail organisé autour de quatre équipes : le fournisseur, l’intégrateur de
systèmes, la société d’hébergement, et le client. Le processus SaaS implique
généralement un acteur de moins, ce qui simplifie le processus. Cela a
toutefois un coût, offrant moins de flexibilité ainsi que des performances et
une sécurité souvent « mutualisée » et moins faite sur mesure, d’un autre côté,
la relation contractuelle est, au jour le jour, plus facile.

3 Mobile : comment peut-on encore écrire cela en 2015 ? N’était-ce pas


tendance il y a trois ans ? Peut-être, mais le fait est que c’est seulement
maintenant que la demande des clients explose vraiment. Il y a de

avant-propos
nombreuses façons différentes d’intégrer une entreprise sur le mobile : via
le portail d’autres entreprises, à travers les places de marché, par le biais
de votre propre application ou par le biais d’un modèle réactif HTML5. Le
marché du B2B sur les mobiles est certes à la hausse, mais une application
B2B doit être organisée de façon totalement différente de celle d’un site
de vente privé. Les technologies ont évolué, le comportement des clients a
évolué, et cette tendance prometteuse il y a 3 ans est en train de devenir une
partie non négligente de l’entreprise.

4 Places de marché : plus les façons d’exposer vos produits sont nombreuses,
plus cela génère de ventes. Présenter un catalogue sur eBay, Amazon ou
PriceMinister, sans avoir besoin de mécanismes complexes pour le faire, est un
moyen facile d’augmenter votre chiffre d’affaires. Une place de marché est
également un système à deux voies, permettant à un marchand d’héberger
sur son propre site web des articles produits par d’autres, d’enrichir son
catalogue et de fournir une expérience plus complète au client final. Que
ce soit pour élargir son propre catalogue (Tiers 1 & 2) ou pour l’exporter vers
d’autres portails de vente (Tiers 3 & 4), les places de marché sont désormais
devenues un incontournable pour de nombreuses entreprises. Il y a des
acteurs de taille dans ce domaine, comme Mirakl par exemple, et cela ne
fait pas de doutes que quelques-uns de ces acteurs seront soit intégrés, soit
tout simplement acquis par des fournisseurs importants.

5 Logistique : la première année, il est possible de survivre avec une organisation


chaotique. À long terme cependant, la logistique n’est plus seulement une
source de satisfaction pour les clients, c’est aussi un facteur de différenciation,
un élément porteur d’activité permettant par ailleurs d’améliorer les marges
lorsqu’elle fonctionne bien. La logistique est désormais plus importante que
jamais, comme Amazon l’a prouvé au monde. De nombreuses entreprises
et, par là même, de nombreux éditeurs, travaillent à renforcer ce point.
L’expérience omnicanal repose fortement sur une très bonne logistique
(l’OMS notamment) et de plus en plus d’entreprises essayent de livrer le jour
même de l’achat, lorsque cela est possible. La logistique est également un
élément clé de toute bonne stratégie transfrontalière, où une boutique en
ligne doit effectuer une livraison dans un pays voisin.

6 Omnicanal : le consommateur est maintenant tout-puissant, informé, exigeant,


et constamment pressé. L’omnicanal faisait déjà partie des tendances dont
nous parlions dans notre étude comparative de 2013, mais il a pris encore
de l’importance depuis que certaines marques ont commencé à offrir de
vraies expériences omnicanal. Le consommateur s’habitue à ces pratiques et
attend de plus en plus que tous les détaillants les lui proposent. Voici quelques
exemples : commander en ligne et aller rendre ce qui ne convient pas dans
un magasin physique, pouvoir se faire livrer directement à son domicile
une paire de chaussures dans une couleur qui n’est pas disponible dans
le magasin dans lequel vous êtes, depuis un autre magasin, commander

33
en ligne et être livré dans un magasin, etc. Ceci n’est que le début, mais la
transformation des entreprises est un long processus et les produits logiciels
sont là pour les aider dans cette aventure. Des éditeurs comme Hybris ont
basé toute leur communication et leurs produits autour de cette logique.
« Omnicanal » fait dernièrement référence à la capacité d’un acteur à
fournir une intégration transparente de ses canaux de revente et de rester
cohérent au niveau de sa logistique, tout en permettant la reconnaissance
de la fidélité à travers tous les canaux. Il est également intéressant de voir
que la plupart des éditeurs mettent fortement l’accent sur l’OMS (Système
de Gestion des Commandes). Ce module particulier est essentiel pour tous
les vrais produits omnicanal car il gère de nombreux aspects de l’activité
commerciale comme les stocks, les entrepôts, le réapprovisionnement, la
chaîne logistique, etc. Hybris, Magento, Intershop et quelques autres encore
ont soit acquis, soit développé leur propre OMS de manière à pouvoir fournir
à leurs clients de meilleures capacités omnicanal. Celles-ci sont (la plupart
du temps) facturées séparément du produit principal.

7 Personnalisation : toujours personnaliser l’expérience d’achat. La


personnalisation est la capacité à présenter la bonne information, au
bon endroit, au bon moment, et à la bonne personne. C’est une fonction
en constante évolution. Hier, cela consistait à présenter les bons produits
au client en fonction de son parcours de navigation, de l’historique de
ses transactions ou de ses référents. Aujourd’hui, plus d’outils et d’axes de
personnalisation peuvent être fournis, comme la localisation géographique,
les tendances dans un pays ou dans une ville, les prévisions météo, ou même
des informations spécifiques. La personnalisation consiste dernièrement à
proposer un contenu unique à un visiteur unique en fonction de facteurs
contextuels uniques. Dans une certaine mesure, chaque page présentée
à un utilisateur doit être spéciale, en fonction de tout critère que le logiciel
e-commerce peut trouver et exploiter. Fournir un contenu pertinent à travers
le bon canal a certainement stimulé la montée en gamme ainsi que les
ventes croisées.

8 Shopping social : 2 consommateurs sur 3 ont déjà annulé un achat en raison


de mauvaises critiques. Près de quarante pour cent des achats d’impulsion
sont par contre motivés par une bonne critique. Grâce aux réseaux sociaux
proposant de nouveaux boutons « Acheter », leur impact sur vos ventes ne
fera qu’augmenter. Par ailleurs, de nombreux produits deviennent populaires
grâce aux réseaux sociaux et ces retours peuvent certainement trouver leur
place dans un moteur de recommandation. La personnalisation bénéficie
également de cette interaction sociale, avec un contenu ciblé plus
précisément en fonction des traces laissées par l’utilisateur sur les différents
réseaux.

9 La modularité technique : Les approches API et microservices joueront


probablement un rôle essentiel. Qui n’a jamais rêvé d’un grand CMS,

avant-propos
associé à une solution compatible avec l’ERP existant, d’un nouveau moteur
de recherche rapide et malléable, d’un PIM intégré et d’un puissant outil
de marketing ? C’est sûr que certaines solutions, principalement sur le Tier
1, sont bonnes dans presque tous les domaines, mais elles ne sont pas
nécessairement les meilleures. Les architectures et API modernes permettent
aujourd’hui à la plupart des composants d’interagir ensemble et une
plateforme e-commerce pourrait de plus en plus ressembler à un patchwork
technique, un mash-up, constitué des meilleurs composants pour un besoin
spécifique, tout en restant une plateforme cohérente et stable.

QUELQUES MOTS SUR LES DIFFÉRENCES DE FONCTIONNALITÉS B2B / B2C


Il existe de nombreuses façons de comparer les solutions, mais deux activités
diffèrent vraiment en termes de besoins : Le B2B et le B2C. Le fait que le site puisse
vendre à d’autres entreprises (B2B, Business to Business) implique une différence de
taille par rapport au monde B2C (Business to Consumer, entreprises aux particuliers).
Au départ, peu de solutions étaient pensées directement pour des activités
B2B. Nous pouvons en citer quelques-unes comme Insight soft, OroCommerce,
WebSphere Commerce, Oracle Commerce, évidemment Intershop et, maintenant,
Hybris. Même si cette dernière n’a pas conçu ces fonctionnalités nativement et
qu’elle les a ajoutées par la suite, elle peut désormais sans problème être incluse
dans la liste. À l’opposé, des solutions comme Demandware, PrestaShop, Zen Cart,
Drupal Commerce et beaucoup d’autres ne sont pas faites pour le marché B2B, et
ne le ciblent même pas réellement d’ailleurs.

Qu’est-ce qui différencie alors vraiment les activités B2B des activités B2C d’un point
de vue fonctionnel ?

Beaucoup de choses en fait. Tout d’abord, la façon dont les clients commandent
leurs produits ou services, mais aussi le fait que dans un contexte B2B, le client est
déjà identifié et connecté à la plateforme alors que ce n’est pas toujours le cas
sur un site B2C (au début). Cela signifie également que les attentes en termes de
personnalisation du contenu sont encore plus élevées que dans le B2C.

Une solution B2B doit gérer :

• Des activités de grossiste


• Des réseaux de distribution/redistribution pour l’OMS (système de gestion des
commandes)
• Des capacités de gestion de commandes spécifiques
• Un système de gestion de la TVA (avec/sans, en fonction de différents
facteurs)
• Un système de navigation à facettes pour le catalogue spécifique (liste de
prix et de produits spécifiques en fonction du client connecté)
• Gestion des rôles (montant maximal de dépenses, cycles de validation,
traitements après-commande, etc.)
• Commandes multicanal spécifiques (téléphone, fax, en ligne, etc.)

35
• Recommandation spécifique / moteur permettant la montée en gamme
• Parfois des capacités avancées de présentation des produits
• Sélection de l’affichage des produits en fonction de différents facteurs
(marge ou autres paramètres)
• Le réapprovisionnement (commandes récurrentes)
• La facturation différée (en fin de mois par exemple)
• Une intégration plus profonde de l’ERP et du CRM pour gérer les lots importants
ou les expériences clients
• Possibilité d’un système de notation des clients et de validation de leur
crédibilité et solvabilité
• Des processus métier sur mesure
• Montant maximal de dépenses en fonction du profil (en fonction de la
personne dans l’entreprise, du montant de la commande ou du produit
acheté, etc.)
• ...

Ces fonctionnalités sont presque toutes uniquement dédiées au B2B et les solutions
B2C n’ont pas de véritables raisons d’y avoir recours. Certaines personnes essayent
bien sûr d’utiliser Magento et de la modifier en y ajoutant des extensions ou des
développements personnalisés apportant ces fonctionnalités mais, au final, celles-
ci sont plus des rafistolages que de réelles intégrations et il y aura toujours au moins
une chose qui ne sera pas automatisée, optimale ou même couverte.

Compte tenu du fait que le monde du B2B préserve généralement mieux ses
marges et que beaucoup de ses acteurs sont dans les Tiers 2 et 3 et disposent
de budgets conséquents, on peut miser gros sur le fait que les fonctionnalités de
certaines solutions seront étendues à l’avenir pour couvrir par la suite ces besoins
spécifiques.

Si vous êtes actuellement un client orienté B2B, vous pouvez vous concentrer en
toute sécurité sur :

• Intershop
• Hybris
• OroCommerce (mi 2017)
• WebSphere Commerce
• Insight soft (en SaaS)

Et ignorer les autres solutions présentées dans cette étude qui, soit sont axées
sur le B2C, soit seraient très compliquées à adapter aux opérations B2B. D’autres
solutions (qui ne seront pas abordées ici) pourraient certainement également être
intéressantes, mais il serait compliqué d’en couvrir ici davantage.

avant-propos
EXPLICATION D’UNE ANALYSE DE SOLUTION TYPIQUE
Le tableau situé au début de la présentation des solutions montre des informations
de base sur l’éditeur, son produit, les versions examinées, le modèle de licence ainsi
que quelques autres KPI standardisés.

La force de l’étendue géographique


La plupart des solutions ont leurs
territoires géographiques
privilégiés, où elles sont plus
généralement adoptées et
utilisées, apportant ainsi aux
clients finaux un meilleur accès
aux ressources dans leur langue
et une main-d’œuvre locale plus
importante. Par exemple, essayer
de travailler avec Oracle Commerce (anciennement ATG) est un acte quasiment
désespéré en France alors que ce n’est pas le cas aux États-Unis, où il y a plus de
ressources disponibles, et il en va de même pour toutes les solutions. Cela peut alors
valoir la peine de tenir compte de leur zone géographique de confort. Les données
proviennent d’un million de sites e-commerce pour lesquels nous avons vérifié le
numéro d’AS ainsi que la position géographique correspondant à l’IP.

Positionnement sur le Tier


TIER 4
Où l’adoption de la solution est-elle la plus significative ?
TIER 3
TIER 2
Ce graphique montre le Tier dans lequel la solution a le plus
de potentiel et la plus grande présence. Dans cet exemple, la
TIER 1
solution est forte sur le Tier 2 et a également quelques clients sur
les Tiers 1 et 3.

Temps moyen de génération du code HTML de la page d’accueil


Cela est souvent un élément essentiel en termes de performances et de montée
en charge. Une solution ayant des difficultés à générer sa page d’accueil dans
un temps correct a d’ailleurs de sérieux problèmes. Étant donné que le contenu
de la page d’accueil est censé être le même pour tout le monde, il ne devrait
pas impliquer de calculs complexes et la page d’accueil devrait être générée en
quelques millisecondes. La valeur affichée a été calculée sur un grand nombre de
sites et nous avons mesuré le temps de génération de leur page d’accueil entre la
première requête et le contenu HTML généré. Ceci est communément appelé le
TTFB, Time To First Byte. Cette valeur exclut tous les temps de transfert et correspond
uniquement au temps mesuré avant que le site n’envoie son contenu HTML.

37
Évolution en fonction des Tiers

TIER 1 TIER 2 TIER 3 TIER 4

Ce tableau indique si la solution progresse, stagne ou connaît une croissance nulle


dans chaque segment de marché.

Dans cet exemple, la solution stagne sur les marchés des Tiers 1 & 2, régresse sur le
marché du Tier 3, et n’est pas représentée sur le marché du Tier 4.

La solution par rapport à ses concurrents


ORACLE
DEMANDWARE HYBRIS INTERSHOP MAGENTO EE
COMMERCE

Ce tableau illustre les parts de marché gagnées ou perdues par chaque solution
par rapport à chacun de ses concurrents directs.

Ainsi, selon le tableau ci-dessus, la solution examinée a perdu du terrain par rapport
à Oracle Commerce, Demandware et Magento mais est restée stable par rapport
à Hybris et à Intershop. Ces valeurs sont extraites de la base de données de BuiltWith.

[Informations tirées de l’analyse de 2013] : Ce titre signifie que la solution a été


examinée dans la version 2013 de l’étude. Ce qui a été mentionné et expliqué
auparavant a encore la plupart du temps tout son sens aujourd’hui et il est souvent
intéressant de voir où en était la solution avant de lire la mise à jour 2016.

[Analyse 2016] : Cette partie de l’étude correspond au nouveau contenu. Elle


explique ce qui est arrivé à cette solution au cours des deux dernières années
ainsi que nos prévisions pour les deux prochaines années. Il s’agit d’une analyse
différentielle, mais elle pourrait tout aussi bien être lue de manière indépendante
(notamment par les lecteurs ayant lu la version précédente).

avant-propos
LES
SOLUTIONS
EN
VUE

39
Les solutions en vue
La liste des produits que nous n’avons pas pu couvrir dans cette version est aussi
longue que les nuits d’hiver en Islande. De nombreuses entreprises nous ont demandé
d’examiner leurs solutions, mais notre temps et notre bande passante étant limités, nous
avons dû faire des choix, souvent difficiles.

Cette étude serait toutefois incomplète si certaines des solutions en vue n’étaient pas
mentionnées.

Commençons par l’analyse d’une tendance intéressante


sur le marché. Beaucoup de gens commencent à penser
que les systèmes de CMS et d’encaissement sont des
couches différentes et qu’ils doivent donc être traités par
différents produits. C’est l’approche de la plateforme
ONGR, créée par l’un des anciens fondateurs d’OXID
eSales. Le concept est simple mais très efficace. En utilisant
ONGR, vous pouvez garder votre back end de « transaction », qui pourrait être Magento
ou OXID eSales par exemple, et utiliser ONGR comme une interface utilisateur ultra-
rapide pour présenter votre produit. De cette façon, vous restez compatibles avec la
colonne vertébrale de votre commerce existant tout en bénéficiant d’une interface
utilisateur CMS de dernière génération et rapide.

Et ils ne sont pas les seuls à aller dans ce sens. Beaucoup d’agences ont en effet essayé
d’interfacer Magento avec Drupal Commerce par exemple.

Il est également intéressant de mentionner qu’une société


émergente du nom de Melis Technology propose un CMS
incroyable, rapide, fiable et évolutif avec un back office
très agréable, basé sur le Framework Zend. Ses fonctionnalités e-commerce sont
encore simples pour le moment, mais elles couvrent la majeure partie des besoins
classiques et son administration est très agréable.

Dans un autre registre, Adobe Marketing Cloud est en train de


compléter sa boîte à outils. Après avoir mis, avec succès, sa
suite créative (Photoshop, Dreamweaver, etc.) sur le Cloud, la
société propose désormais un ensemble d’outils très complet,
en mode SaaS ou on-premise, permettant d’offrir les meilleures fonctionnalités du
commerce en ligne. Après l’acquisition de nombreux leaders dans le domaine
(Omniture, Scene 7, DmDex, Neolane, etc.), l’entreprise a rassemblé ses outils dans une
suite centralisée mais modulaire.

Les solutions en vue


Cette « suite » est désormais très complète, allant des outils de création aux outils
d’analyse, en passant par les campagnes de marketing et l’analyse du ROI. Tous les
produits sont reliés entre eux, même s’il est toujours possible pour un client de
commencer avec un ou deux modules, puis d’intégrer les autres plus tard.

L’entreprise Adobe est connue pour prendre son temps afin de bien faire les choses
et le Cloud de Marketing sera certainement bientôt un acteur à prendre en compte.
Son expertise dans la gestion de contenu l’a déjà placée dans le coin en haut à droite
de toutes les analyses Gartner et il est probable que l’ensemble des fonctionnalités
e-commerce soit bientôt également examiné. Le back office (non testé) nous a paru
avoir une belle apparence et la plupart des fonctionnalités classiques d’un système
e-commerce sont déjà mises en œuvre.

De nombreuses grandes entreprises utilisent déjà le produit : Conrad, Philips, Uniqlo,


QVC et même Dell. Même si les composants des solutions sont pour la plupart déjà
en production depuis un certain temps, l’intégration de la suite complète est encore
toute récente, plaçant selon nous AMC (Adobe Marketing Cloud) dans le Tier 2. Tous
les outils sont évolutifs et haut de gamme, mais le Tier 1 est un segment où, avant toute
chose, l’intégration avec le cycle de la chaîne de production et de vente du client
est primordiale. Ce point nécessite de l’expérience, de l’expérience et encore de
l’expérience. AMC peut certainement devenir une solution du Tier 1 dans quelques
années et même si elle équipe quelques une des plus grandes entreprises, s’établir
dans le Tier 1 nécessite un certain temps car il faut convaincre les clients d’accepter
que des centaines de millions de dollars de ventes reposent sur votre système.

La solution est encore assez originale par rapport à la majorité des autres concurrents,
pas seulement en raison de ses fonctionnalités de génération de contenu (Adobe
Creative Suite), mais également d’une manière plus générale en termes de vision.
L’approche modulaire, permettant au produit d’être compatible avec d’autres leaders
comme Elastic Path par exemple, ou même de permettre au client de choisir de
manière autonome tout ou rien parmi les possibilités, allant de la BI, l’analyse, la création
ou le CMS au ciblage ou à l’engagement social, est une capacité formidable. Adobe
plaide pour le « commerce piloté par l’expérience », ce qui signifie qu’elle place le
client au centre de tous les outils et efforts, pour lui fournir une expérience d’achat à la
fois belle et efficace.

La solution est née après les « 15 glorieuses » (2000-2015) qui ont vu l’ascension de
WCS, Intershop, Magento et d’une grande quantité d’autres solutions. AMC considère
que sa jeunesse est une force, car elle permet d’apporter une toute nouvelle vision à
ce marché en pleine évolution. Adobe estime que ce ne sera pas la transformation
des anciens modèles de la dernière décennie en outils modernes qui prédominera,
mais plutôt une nouvelle approche, qui prendra en considération tous les nouveaux
défis dans une toute nouvelle perspective. L’approche « ERP » de l’e-commerce qui a
dominé pendant des années est souvent très éloignée des besoins du commerce de
détail omnicanal, du marketing dynamique ou même des décisions en temps réel.
L’objectif d’AEM (Adobe Experience Manager) est d’apporter une réponse à la
question de l’omnicanal, là où les back offices doivent gérer plusieurs défis et ne pas

41
seulement afficher le contenu ERP : l’OMS, le DMP, le PIM et bien d’autres encore. Ces
interactions du back office sont ensuite converties à une expérience de front office
pour le client, à travers de nombreux canaux, et dans de nombreuses conditions. AEM
vise à Simplifier ces interactions, tant pour le client que pour le gérant du magasin et est
disponible sous la forme on-premise ou en mode SaaS.

Spree Commerce et Shoppe ne pouvait pas faire partie de


cette analyse, mais méritent néanmoins que l’on s’y intéresse.
Ces frameworks Ruby ou Python requièrent des processus
d’intégration plus poussés, mais cela les rend assez intéressants pour les entreprises
capables de planifier correctement des projets à moyen et à long terme. Néanmoins,
les avantages sont à portée de main pour ceux qui n’ont pas peur de construire des
choses en Ruby on Rails afin d’obtenir une solution e-commerce entièrement
personnalisée. Avoir une plateforme composée de Spree et d’Engine Yard ou d’Heroku
est, par exemple, une excellente solution à long terme, mais nécessite certainement un
peu plus de travail par rapport à une approche plus « classique » (disons connue)
comme avec Magento par exemple.

Parmi les étoiles montantes, nous pourrions citer plusieurs autres


noms. Sellvana, conçu par un ancien architecte de Magento, a
attiré l’attention avec sa première levée de fonds de cinq millions de dollars. La société
vise à fournir une courbe d’apprentissage plus facile que celle de Magento, avec de
meilleures performances et davantage de modularité. Ses nombreuses couches
d’abstraction (framework au-dessus du framework) pourraient être considérées
comme une qualité ou comme un inconvénient, seul l’avenir nous le dira.

Satchmo est un projet basé sur Django et donc Python. La


qualité de code inhérente à Python la rend un peu plus
stricte que PHP sur plusieurs points, et performante. Django
SHOP est un projet encore à un stade précoce, capable d’exploiter l’excellente couche
Django pour mettre une boutique en ligne. Son projet GitHub semble cependant un
peu au point mort et, sans évaluation plus profonde de sa viabilité, nous ne pouvons
donc faire de véritables recommandations mais un projet python ne peut que retenir
notre attention.

Virto Commerce apporte une alternative très intéressante


aux autres solutions Dot Net présentes sur le marché, à
savoir principalement Nop Commerce et Sitecore. Le
produit bénéficie d’une toute nouvelle conception
basée sur les dernières meilleures pratiques dans le
monde des plateformes Microsoft. Nativement compatible avec Microsoft Cloud
(Azure), codée en ayant à l’esprit des architectures modernes, la plateforme est déjà
très riche en fonctionnalités, a été bien testée et des sites comme la version russe de Tao
Bao l’utilisent. Les architectes qui l’ont conçue sont expérimentés dans le commerce
électronique ; et le back office du produit a beaucoup hérité de l’interface utilisateur
de Windows 8. Même si elle a clairement été un échec pour les machines de bureau,

Les solutions en vue


ces visuels semblables à ceux de « Metro » sont très appréciables sur un tableau de
bord, car ils montrent les KPI les plus pertinents en un coup d’œil. Comme la plupart des
plateformes DotNet, le produit est très rapide et évolutif. Virto Commerce pourrait
ramener les agences spécialisées en DotNet dans le jeu de l’e-commerce, dont elles
ont été exclues pendant près d’une décennie maintenant (avec Sitecore gérant par
elle-même l’intégration, Insite étant un SaaS et NopCommerce ne drainant pas
vraiment d’activité). Virto pourrait exploiter quelques opportunités intéressantes pour
ces agences, souvent bien structurées et bénéficiant de groupes importants de
codeurs expérimentés.

NopCommerce est un framework basé sur DotNet, qui est sur le


marché depuis quelques années déjà. Malheureusement, il
semblerait qu’il ait rencontré peu d’engouement sur le marché
et maintenant que Virto Commerce est aussi entré dans la
bataille du DotNet, son dynamisme semble un peu à la traîne
par rapport à des logiciels plus grands comme Sitecore ou Insite
Software.

Ne pas mentionner Insite soft serait un oubli


regrettable. La société développe une grande
expertise B2B, basée sur son framework DotNet
et elle commence à attirer sérieusement
l’attention. Forrester l’a qualifiée de « rival
crédible » dans la zone de B2B. Le feedback qui ressort le plus souvent jusque-là est que
l’entreprise a une compréhension à la fois très bonne et profonde des spécificités du
B2B, son délai d’intégration est remarquable (il va de 3 à 6 mois), et cela rend la solution
très intéressante pour tous ceux qui lancent un appel d’offres pour une plateforme B2B.

Thelia est une société française qui édite une solution


e-commerce basée sur Symfony 2. Ce framework est devenu
très populaire ces derniers temps en raison de ses très bonnes
performances et de la bonne lisibilité du code. Thelia n’a pas
été la seule à prendre cette direction. Oro (voir ci-dessous) est également en train de
passer de Zend à Symfony, comme la plupart des grands acteurs PHP du reste. Thelia
propose déjà un système très riche en fonctionnalités, fourni dans un back office très
lisible et efficace. Le nombre de ses références augmente tous les jours et ce concurrent
pourrait nous surprendre tous et grimper dans la hiérarchie bien établie des solutions
e- commerce. Légère, fraîche, nouvelle et qui mérite sans aucun doute que l’on y jette
un coup d’œil, Thelia propose la majorité des fonctionnalités que l’on puisse exiger d’un
système de e-commerce, comme la segmentation, la gestion de paniers abandonnés,
un bon CMS, une API REST, des expéditions multiples et bien d’autres encore. Peu
importe sa taille actuelle, elle a déjà sans aucun doute du potentiel.

Sitecore est maintenant en charge de Commerce Server (ex


plateforme Dot Net de Microsoft), qu’elle a acquise auprès de
Microsoft il y a quelques années. Elle vise plutôt les grands projets
(Tier 2), mais offre une gamme de services et une intégration très
soignée avec Dynamics. Tel qu’il est conçu, ce n’est pas un produit

43
qu’un simple intégrateur de système peut gérer, mais les fonctionnalités et les
performances sont bonnes et méritent donc sans conteste de figurer dans ce livre.

Le logiciel OROCommerce est, au moment


où nous écrivons ce livre, le nouveau venu
le plus prometteur. Dirigé par le talentueux
Yoav Kutner, co-fondateur et ancien directeur technique de Magento, ce composant
vise à être la couche e-commerce de la plateforme ORO. Cette plateforme comprend
déjà un système de PIM très complet et puissant (Akeneo) et un CRM (OroCRM). Par
ailleurs, d’autres projets progressent (ERP, ETL, etc.) pour compléter la suite. L’architecture
Symfony 2 de ce framework, avec la vision de Yoav Kutner et un financement déjà
acquis sont des atouts précieux pour démarrer.

Il est plus que probable Si vous ajoutez à cela le fait que Roy Rubin (co-
qu’OroCommerce devienne fondateur et ancien PDG de Magento) a été
le prochain « géant » nommé au conseil d’administration et que le
secteur et la communauté ont de l’admiration
du e-commerce
pour ces dirigeants, OroCommerce est
dans quelques années. décidément bien née. En fait, en étant honnête,
Oro commerce a toutes les caractéristiques d’un succès annoncé. OroCommerce
cherche à conquérir le monde du B2B, pour commencer. Il y a fort à parier sur le fait
qu’à moyen terme la solution entrera également en compétition dans le domaine du
B2C. Toujours est-il que le B2B est certainement un excellent terrain de départ, avec des
besoins très ciblés et spécifiques, mais aussi avec des clients qui, ayant préservé de
bonnes marges, ont les moyens d’investir.

Avec une vision d’ensemble claire et de nombreux composants pour compléter la suite
commerce (PIM, CRM, etc.) ORO va fournir une solution très flexible et solide. Quand il
sera temps « d’appuyer sur la pédale », cette société pourrait effectuer une seconde
levée de fonds auprès de n’importe quel investisseur en capital-risque capable de
comprendre, même vaguement, que lorsque l’on vend sa première entreprise à eBay,
il est plus que probable que l’on rencontre une deuxième fois le succès.

Mozu est le nouveau projet de Volusion destiné à


concurrencer Demandware. Clairement conçue pour cibler
le même groupe, Mozu a commencé à communiquer
largement ces derniers temps sur ses capacités à concourir sur le Tier 2. Malgré tout,
Volusion cible plus les marchés du Tier 4, voire ceux du Tier 3, mais cette initiative de
communication vise clairement à augmenter la valeur moyenne des contrats ainsi que
la taille des clients. La société annonce 230 000 heures de développement, ce qui
correspond à peu près à 125 ans, soit 125 personnes à temps plein pendant un an pour
construire les fonctionnalités intégrées dans Mozu, ce qui semble assez improbable.
Nous ne savons pas au moment d’écrire ces lignes si cette tentative réussira à faire
concurrence à Demandware, mais en tout cas quelqu’un essaie !

Les solutions en vue


Proximis est une entreprise qui permet une meilleure
interaction entre le Web et le magasin. La startup a
été fondée à l’origine sur la capacité de la société
à permettre aux clients, sur un site Web existant, de
bénéficier facilement d’e-réservation, d’e-livraison
et aussi d’un localisateur de magasin. En résumé, le client peut acheter ou réserver en
ligne, trouver un magasin à proximité puis aller chercher ses achats en magasin.

Dans le même temps, RBS Change (dont on a parlé précédemment notre édition
2013) s’est effondrée, principalement parce que la société propriétaire de la suite de
commerce « Change » a fait faillite. Mais Change était déjà prête à devenir un acteur
solide dans le monde de l’omnicanal, avec des fonctionnalités intégrées définitivement
orientées dans la même direction que Proximis. Le PDG de Proximis a alors décidé de
racheter la suite commerce Change à RBS et d’y intégrer le service qu’elle fournissait
déjà. Enfin, en 2015, Change a été rebaptisée Proximis et est devenue une offre SaaS.
La stratégie de la société est très logique, proposant à la fois un plugin pour les sites
existants et une suite complète permettant de couvrir tous les aspects de la boutique
tout en offrant par ailleurs beaucoup de flexibilité. Pour ce qui est des fonctionnalités
elles-mêmes, elles sont très proches de celles que Change couvrait dans notre édition
2013.

Spryker est également un nouvel acteur sur le marché. La


société est dirigée par le talentueux Boris Lokschin, qui était
déjà derrière la société allemande Symmetrics. Symmetrics
était un intégrateur Magento et la société a été acquise il y a
quelques années par CGI Inc. Boris Lokschin a ensuite passé
plusieurs années à renforcer ses compétences en gestion d’entreprise et à apprendre
la gestion de grands projets e-commerce. Après ces deux expériences, il a fait équipe
avec un groupe de vétérans du e-commerce et d’entrepreneurs en série (Alexander
Graf, Nils Seebach et l’ancien directeur technique de Rocket Internet, Fabian Wesner)
pour construire Spryker, sur la base des apprentissages collectifs des pure players,
connaissant une croissance rapide en ligne.

Spryker est, en termes de concept et d’architecture, basée sur les expériences de plus
de 200 projets Rocket Internet (réalisé sur la plateforme Alice&Bob de Rocket Internet)
et sur Project A Ventures (la pile appelée Yves&Zed) de l’ancien directeur technique
Fabian Wesner. Fort de ces éléments et de l’expérience de centaines de projets
Magento, Hybris, ATG (désormais Oracle Commerce), ou encore Demandware, Boris,
Alex et Nils se sont également impliqués au sein d’entreprises leaders du numérique,
de projets de transformation ou de pure players en ligne.

Désormais avec Spryker, l’équipe propose une nouvelle alternative dans le secteur
du e-commerce des Tiers 1 & 2. Spryker en est encore à ses débuts mais annoncera
très prochainement (au moment où nous écrivons) quelques grandes références. Le
concept derrière le framework est de créer des composants aussi autonomes que
possible (CMS, caisse, catalogue, etc.), de sorte que chacun d’entre eux puisse être

45
amélioré, remplacé ou même séparé dans un environnement différent, une approche
résolument orientée micro-services. En outre, certaines meilleures pratiques, comme
une séparation claire entre l’interface utilisateur et le back end, un code basé sur
SOLID, des hyper-performances sans cache, l’utilisation de KV-Storage et beaucoup
d’autres concepts d’architecture ont été appliquées pour supporter d’ambitieux
projets ecommerce de pure players en lignes, de projets de transformation numérique
ou de business models non-standards, comme les places de marché, les banques, les
assurances, le B2B, etc.

Spryker exploite le meilleur des composants les plus performants avec des architectures
Redis, Propel, ElasticSearch et NoSQL natives, ainsi qu’un solide SDK mobile, une
puissante API REST et des fonctionnalités BI natives. Symfony 2 et Silex font partie des
frameworks utilisés pour obtenir de grandes capacités d’évolutivité et de durabilité ainsi
qu’un code d’une grande propreté. Une séparation claire des problèmes, des packs
déployables individuellement avec des composants faiblement couplés les uns aux
autres rendent le framework plus allégé, propre et rapide, permettant de construire des
business models individuels plus rapidement, sans hériter d’un système monolithiques,
surchargé de fonctionnalités.

Spryker vise à amener les environnements basés sur PHP à un autre niveau qui, avec
PHP 7, pourraient certainement rivaliser avec les performances de systèmes Java. Les
relations commerciales du PDG et de l’équipe avec Otto, PAV, Rocket Internet et CGI ne
seront pas un avantage négligeable pour construire les premières références. Spryker
est sans aucun doute un acteur émergent à surveiller de près. On murmure même que
Spryker commencerait bientôt à alimenter une partie du célèbre site Zalando...

Reaction commerce est une façon radicalement nouvelle


de concevoir une plateforme de commerce électronique.
Tout d’abord, elle est basée sur des composants très basiques.
Pas de conception de modèle haut de gamme, pas d’API
complexes, de frameworks imbriqués ni de taxonomies incompréhensibles pour les
développeurs. Reaction commerce est basée sur HTML, CSS, JS et c’est tout... Retour à
l’essentiel, avec tous les avantages que cela comporte. Léger, universel, rapide et
simple sans être simpliste. Construite au-dessus du framework Meteor JS, RC a également
été pensée en ayant en tête la compatibilité avec Dockers. Jusqu’à présent, la solution
déclare avoir lancé 8 500 boutiques au cours de sa version alpha. Les fonctionnalités
sont construites sous forme de modules, simples et efficaces, et 65 fonctionnalités sont
déjà disponibles, faisant de RC un concurrent potentiel pour les éditeurs de solutions
e-commerce bien établis.

Il semble que dernièrement, tous les logos d’entreprises


e-commerce modernes doivent ressembler à une sorte
d’Origami. Probablement parce que la flexibilité et la
conception sont deux clés du succès. Néanmoins, Sylius
propose une autre solution de commerce électronique basée sur le framework
Symfony2. Juste une autre ? Non, il serait injuste de présenter les choses comme ça.

Les solutions en vue


En fait, les professionnels sont déjà très excités par Sylius et louent la qualité et
l’organisation du code source ainsi que son approche très modulaire. Le produit suscite
de l’intérêt aux États-Unis et commence également à se répandre en Europe. Même si
elle est encore en version Beta (à l’heure où nous écrivons), Sylius attire déjà beaucoup
de curieux, d’adopteurs précoces et d’experts. En reposant sur le célèbre Doctrine pour
mapper des objets, sur Behat pour le codage du langage naturel et sur PHPspec pour
créer une structure de la base de données pilotée par le comportement, il apparaît
que la qualité globale et l’intelligibilité du code source sont incomparablement plus
élevées que la plupart des autres outils que l’on peut trouver.

Avec sa courbe d’apprentissage plus régulière, sa conception élégante et son


approche basée sur les composants qui propose des modules découplés, Sylius
est sur le point de devenir synonyme de conception élégante en PHP et, comme
les codes source clairs, maintenables et abordables sont généralement un très bon
centre de profit pour les entreprises d’intégration, Sylius est un acteur à surveiller de
près. Néanmoins, être à la fois un éditeur et une société de service est une situation
délicate qui représente un petit inconvénient. En effet, être un concurrent de son propre
écosystème d’intégration est une très mauvaise idée et la plupart des entreprises ayant
essayé ce modèle ont beaucoup souffert ou n’y ont simplement pas survécu. Elles font
généralement cela pour vivre au cours de leurs premières années mais, si nous ne
devions donner qu’un seul conseil à Sylius, ce serait celui de fuir ce modèle, de lever
des fonds et d’être un pur éditeur, leur solution le mérite amplement !

CONCLUSION

Il semble que les solutions e-commerce recommencent à fleurir un peu partout. Il y a


non seulement quelques nouveaux acteurs qui commencent à se montrer sur les Tiers
1 et 2, tels qu’Adobe Marketing Cloud et Spryker, mais les Tiers 3 et 4 sont également en
train de se peupler d’acteurs très innovants.
Le temps où Magento était trop fort pour laisser de la place à la concurrence semble
révolu et les nouveaux arrivants ne sont absolument pas effrayés par la répartition des
parts de marché existante. Ils la perçoivent même au contraire comme une formidable
opportunité d’apporter la 3ème génération de site Web aux clients les plus curieux afin
d’emmener la foule derrière eux par la suite, comme Magento en son temps.

Des entreprises comme ONGR, Akeneo (un système de PIM solide comme le roc basé
sur la plateforme ORO), Commerce tools ou Adobe voient l’avenir de façon modulaire.
Un intégrateur de systèmes peut utiliser ElasticSearch d’un côté, un CMS Symfony
comme Melis d’un autre côté et un PIM comme Akeneo à côté. Un autre pourrait
décider d’intégrer quelques-uns des composants très intéressants d’Adobe Marketing
Cloud pour couvrir certains aspects spécifiques de l’activité. D’autres commerçants
auront peut-être envie de garder leur solution Magento ou OXID eSales pour gérer
les transactions, tout en choisissant une solution ONGR pour gérer très rapidement le
traitement de la page et l’affichage, avec un CMS bien présenté.

47
Il est très probable que, d’ici Certaines solutions, comme Sitecore ou
quelques années, les meilleures Change (désormais Proximis), qui
boutiques e-commerce ne seront appartenaient avant à des sociétés
différentes, sont revenues avec d’autres
plus seulement basées sur un seul
méthodes ou de nouveaux propriétaires
composant, mais sur plusieurs, et ont « redémarré » en abordant les
de manière à répondre produits qui étaient bons, mais mal
parfaitement à leurs besoins commercialisés, avec une nouvelle
internes et ceux des clients. approche.

Tout cela représente de bonnes nouvelles car les clients auront plus de choix que jamais
dans ce marché qui était un peu statique depuis quelques années maintenant. Parmi
nos favoris, il semble évident qu’ORO va devenir une société clef du secteur. Insite est,
selon nous, également sur une très bonne pente et le monde du B2B bénéficiera de
deux grands produits en complément d’Intershop.

Thelia est une société endurante, qui prend le temps d’emmener sa solution toujours un
peu plus haut chaque année et, même s’il lui manque encore des fonds pour exploser
vraiment, elle a incontestablement une bonne base. Sylius semble très prometteuse et,
si l’entreprise peut devenir un éditeur pur, elle a un très bel avenir devant elle. Reaction
commerce apporte un point de vue rafraîchissant sur les architectures e-commerce
modernes. Simple à prendre en main pour les développeurs, ce qui est un point
essentiel pour la plupart des marchands, elle pourrait très bien s’enflammer rapidement.
Enfin, Spryker a déjà une odeur de succès avant même d’être officiellement sur le
marché, puisque la société est imprégnée d’expérience et dispose d’un solide réseau
commercial.

Une autre tendance intéressante est que la plupart des produits PHP énumérés ici sont
passés de divers frameworks à Symfony 2. L’adoption du framework dans le monde
e-commerce PHP est unanime, ce qui montre l’ampleur des atouts de Symfony
et à quel point son avenir semble être brillant. Le côté serveur ou les bibliothèques
JavaScripts étendues sont également de plus en plus populaires pour accélérer le
temps de rendu des pages, faisant de Silex, Node ou encore Angular JS les pierres
angulaires du prochain paysage e-commerce à venir.

C’est un écosystème incroyablement vivant et l’année 2015, qui a vu de talentueux


éditeurs e-commerce commencer à émerger un peu partout dans le monde, a
sans aucun doute marqué un tournant dans le secteur. Il n’y aura probablement
que quelques grands gagnants car de plus en plus de détaillants et de marques
ne s’intéressent plus au produit lui-même, mais plutôt aux résultats. Il y a 5 ans, ils
demandaient un site Magento, maintenant, ils ont gagné en expérience et en maturité
et se concentrent principalement sur leurs ventes et leur cœur de métier, laissant aux
intégrateurs le choix des outils, ce qui une très bonne chose.

Les solutions en vue


TABLEAU DES KPI
ORIGI-
FONC-
SOLUTION TIER NOUS AIMONS CE QUE NOUS ATTENDONS
NALITÉ
TIONS
CMS Il est intégrable sur des boutiques
ONGR 2 & 3 ••••• Une adoption plus grande
Only exIstantes
Très bonne évolutivité, joli back
Plus de fonctionnalités
MELIS 3 ••• ••
office e-commerce
ADOBE MARKE- Des premières compétitions avec
1 & 2 •••• ••••• Vision et modularité
TING & CLOUD leurs adversaires du Tier 1
SPREE Rigueur et évolutivité du Ruby Une stratégie de développement
3 •• •••
COMMERCE on Rails à l’international
Créé par un ancien architecte Le design compliqué du
SELLVANA 3 • ••
Magento Framework
INSITE Le délai de commercialisation Une version B2C, une ouverture à
2 & 3 ••• ••••
COMMERCE très court d’autres intégrateurs
Une levée de fonds pour aider à
THÉLIA 3 •• •••• La progression de cette société
l’internationalisation
L’ensemble de fonctionnalités Une ouverture à d’autres
SITESCORE 2 •• ••••
très complet intégrateurs
ORO Le team «ceinture noire» menée Voir ce que la solution contient, et
2 & 3 ••• ?
COMMERCE par Y. kutner ses performances
L’ambition de concurrence Voir si le produit attire des clients
MOZU 3 • ••
Demandware du Tier 2
PROXIMIS
3 ••• ••• L’approche omnicanal Une adoption plus large
Les bonnes pratiques et Voir les performances et la liste
SPRYKER 2 •••• ?
l’architecture moderne de fonctionnalités
REACTION L’approche directe entièrement Voir si une communauté large
3 & 4 ••••• •••
COMMERCE en JS rejoint cette vision
NOP Voir si le produit va regagner de
3 •• ••• La plateforme Dotnet historique
COMMERCE la vitesse
VIRTO La plateforme .NET de dernière Une levée de fonds et une
2 & 3 •••• •••
COMMERCE génération, un joli back office meilleure visibilité
Les bonnes pratiques de PHP, une Une levée de fonds et l’abandon des
SYLIUS 3 & 4 ••••• •••
belle courbe d’apprentissage activités d’intégrateur

“ZONE DE CONFORT” PAR SOLUTION

O
n

t
h
e

R
a
d
a
r

Solution Tier TIER 4 TIER 3 TIER 2 TIER 1


Intended turnover 0 M€ 1 M€ 5M€ 20 M€ 50 M€ 100 M€ > 100 M€
Build Budget 0 € - 100 K€ 100 K€ - 300 K€ 0,3 M€ - 1 M€ 1 M€ - 2 M€
Run Budget/Year 0 € - 100 K€ 100 K€ - 300 K€ 0,3 M€ - 1 M€ 1 M€ - 2 M€

49
websphere
Commerce:
être une des solutions
les plus complètes ne
suffit plus

WebSphere Commerce
INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LA SOLUTION

Éditeur IBM
Chiffre d’affaire en 2014 128 milliards $ (toutes activités confondues)
Business model (e-commerce) Licence, commission par vente
Coût de la licence Voir plus bas
Technologie Java
Framework Architecture tout-en-un
Base de données DB2, Oracle
Websphere Commerce 7 pack de fonctionnalités
Version (à la date de l’étude)
8 & version 8
Licence Propriétaire et abonnement
Première sortie 2005
Origine États-Unis
Budget de réalisation d’un site
150 K€ / 500 K€ / 1 M K€
(Bas/Moyen/Haut)
Typologie de recommandation Détaillants, marques, B2B

Temps moyen
Étendue Sites en Utilisation
de génération
géographique production par Tier
du code HTML

TIER 4
TIER 3
TIER 2
1 503 410 ms
TIER 1

Positionnement dans le Tier et tendances futures

TIER 1 TIER 2 TIER 3 TIER 4

Performances sur le marché par rapport à la concurrence


ORACLE
DEMANDWARE HYBRIS INTERSHOP MAGENTO EE
COMMERCE

51
INFORMATIONS TIRÉES DE L’ANALYSE DE 2013
(SUIVIES DE LA MISE À JOUR DE 2016)

DEUX ANS D’ASSIMILATION


Quand on pense au e-commerce, au dynamisme et aux nouvelles tendances, peu
de gens pensent à IBM. Pourtant, l’entreprise est à l’origine d’une grande partie des
systèmes d’information modernes et le fait de ne pas être une start-up ne signifie
pas pour autant que l’on est dépassé.

Un géant comme IBM ne peut pas être éjecté, quel que soit le marché sur lequel
il se positionne. Pour des raisons de réorganisation, l’une de ses stratégies peut
momentanément souffrir d’un manque de justesse, mais l’entreprise sera toujours
en mesure de faire des choses.

Avec sa ligne de produits « Smarter » (smarter city, smarter commerce, smarter


planet, etc.), « Big Blue » est en train de faire du e-commerce l’une de ses priorités.
L’entreprise s’est montrée un peu timide ces deux dernières années dans ce
domaine, principalement parce qu’elle avait beaucoup à faire avec l’acquisition
de technologies et de personnel destinés à pouvoir mieux répondre à ses clients.
Après un cycle de consolidation au cours duquel IBM a investi près de 3 milliards
de dollars dans plusieurs acquisitions, Sterling Commerce, DMO Digital Analytics et
Tealeaf sont désormais intégrés à WebSphere Commerce et le géant peut être de
retour dans l’arène.

Ces deux années lui ont été nécessaires pour créer une ligne d’activité cohérente,
mais elles ont eu aussi un coût, laissant le champ libre à un nouvel acteur (Hybris) et
laissant le temps à un concurrent déjà présent (ATG, désormais Oracle Commerce)
de préparer son propre retour en Europe. (Même si, dans les pays du Nord ainsi
qu’au Royaume-Uni et aux États-Unis, IBM a perdu moins de terrain et que son
image ne s’est pas autant dégradée.)

UN ACTEUR MAJEUR EST DE RETOUR


La gamme de produits Les packs de fonctionnalités sont
e-commerce d’IBM, livrés tous les 6 mois afin de préserver
la dynamique du marché. Par
WebSphere Commerce,
exemple, le FEP6 a (entre autres
a vu le jour en 1996. choses) été le déclic pour modifier les
Avec la version 7 (sortie fin 2009) éléments visuels sur le site et a
et le pack de fonctionnalités 6 apporté un système d’URL d’aperçu
(appelé FEP6), IBM a désormais un fonctionnel, sans avoir besoin de se
produit qui est tout sauf obsolète. connecter.

Déjà acteur majeur sur les Tiers 1 et 2, sa part de marché sur le Tier supérieur est
plus grande que celle d’Hybris et d’Oracle Commerce (anciennement ATG).
IBM n’est pas très réputée à l’heure actuelle dans le domaine du e-commerce,

WebSphere Commerce
principalement parce qu’au cours des trois dernières années elle s’est consacrée
sur ce marché aux innovations, aux nouveaux arrivants, à sa transformation, etc.

De plus, avec des références comme Staples (15 milliards de dollars en ligne),
Canon, Ikea, Sony, Goodyear, Zara et bien d’autres de ce type, IBM pourrait avoir
l’air d’être « seulement » un acteur du Tier 1. En réalité, la stratégie de l’entreprise
consiste à s’ancrer plus profondément dans le Tier 2 et peut-être à essayer
d’aborder également la partie supérieure du Tier 3. De plus, avec l’arrivée de l’offre
SaaS, les clients dont le chiffre d’affaires en ligne va de 5 à 10 millions de dollars
jusqu’à plusieurs milliards de dollars peuvent maintenant sérieusement envisager
d’adopter WebSphere Commerce.

UN PRODUIT À JOUR
Les concurrents de WebSphere Commerce qualifient ce produit de « nul », de soi-
disant complexe et de très coûteux (entre autres amabilités). La démonstration
technique que nous avons vue était loin de cette image ; et IBM a une vraie carte
à jouer, là où on l’attend le moins. Le back office n’est certes pas le plus attirant
visuellement, mais il est parmi les plus complets.

Bien sûr, il y a de nouveaux venus sur la place, mais personne ne devrait oublier
que le leadership n’est ni gagné, ni perdu d’avance : rien n’est encore joué pour
les années à venir.

Avoir une gamme de produits totalement intégrée peut parfois donner mal à la
tête. Si vous choisissez WebSphere Commerce, il sera livré avec la base de données
DB2 (Oracle est également pris en charge) ainsi qu’avec le serveur d’application
maison (un Apache modifié et une machine virtuelle Java).

D’autre part, le fait d’avoir un produit complet permet à IBM de vous dire en toute
sécurité ce que vous devez gérer : un volume spécifique ou une typologie de trafic.
De plus, les mises à niveau sont en quelque sorte plus sûres car la chaîne complète
peut être reproduite dans le laboratoire d’IBM avant qu’un pack de service ne soit
mis sur le marché. Ce système est très évolutif mais cela a un prix : vous devez vous
adapter à l’environnement de piles d’IBM car ce n’est pas l’éditeur qui s’adaptera
à vous.

Autre fait d’importance : WebSphere Commerce a une documentation très


exhaustive, parfois même trop d’ailleurs, et complètement publique. Certains
de ses concurrents se sont certainement beaucoup inspirés de ces précieuses
ressources pour améliorer leur propre produit. Il est parfois frappant de voir à quel
point certaines fonctions, proposées par des logiciels créés bien après WebSphere
Commerce, sont similaires.

WebSphere Commerce a un back office en flash fonctionnel (le centre de gestion).


Certains vous diront que c’est un choix très particulier mais cela rend finalement la
gestion très pratique, permettant par exemple la fonction glisser & déposer. Cela

53
permet aussi au gérant du magasin d’avoir une interface conviviale. Le fait que la
back office ne soit pas compatible sur iPad n’est pas un problème car la gestion
d’un grand site e-commerce ne se fait pas de toute façon depuis un iPad.

La version actuelle intègre un éditeur de catalogue totalement comparable à


celui de Magento ainsi qu’un moteur de promotion presque identique.

Le package de software Le back office est réactif, bien


et de produits configurables organisé et fonctionnel. Il fournit
est de très bonne qualité, également un accès plus étroit aux
au point que le configurateur principales fonctions : un système de
est utilisé par Cisco « precision marketing », une gestion
cross-canal et également un accès
et certains producteurs
intégré aux composants OMS
et revendeurs automobiles. (Système de Gestion des
Commandes) et DMO (Digital Marketing Optimization) en option.

Le moteur de recherche est alimenté par SolR et WebSphere Commerce bénéficie


d’un système à facettes très correct. À ce propos, il est intéressant d’apprendre que
le concept de la navigation à facettes a été élaboré par IBM et que l’entreprise
avait même quelques brevets dans ce domaine. Une fonctionnalité intéressante
que nous avons appréciée : le back office inclut des vidéos pédagogiques pour
aider l’utilisateur à comprendre certaines fonctionnalités.

Les briques complémentaires qu’IBM peut fournir sont « Plug & Play », c’est-à-dire
qu’aucune intégration spécifique n’est nécessaire pour que les fonctions OMS,
DMO ou Tealeaf fonctionnent avec WebSphere Commerce. Le produit principal
est lui-même basé sur Java, Apache Struts et Rational Application Developer (sur
Eclipse IDE améliorée avec des plugins visuels).

LICENCE, SAAS ET TARIFICATION


Le catalogue de logiciels d’IBM est incontestablement très grand et pour éviter de
perdre des clients en raison de sa complexité, IBM a fait plusieurs choix. Pour la ligne
de produits spécifiques WebSphere Commerce, cela se traduit par un système de
paiement « pay as you grow » (paiement évolutif) assorti d’une approche plug &
play pour les produits complémentaires.

La licence WebSphere Commerce classique, qui comprend la pile applicative et


DB2, se décline en plusieurs versions : Express, Professional et Enterprise.

L’édition Express a été adaptée pour les entreprises des marchés intermédiaires
(moins de 1 000 salariés). L’édition Professional est plus puissante car elle a
beaucoup plus de fonctionnalités, la plus importante étant la possibilité de gérer
le traitement des commandes cross-canal. La solution sera capable de connecter
l’ERP avec les points de vente (PDV) et avec d’autres partenaires des canaux
de distribution. Cette édition est conçue pour les e-commerçants B2C de taille

WebSphere Commerce
plus importante ayant un réseau de points de vente ou un site de commerce
électronique qui génère un chiffre d’affaires élevé (Tier 2).

L’édition Enterprise est adaptée aux e-commerçants ayant un chiffre d’affaires


plus élevé et elle inclut toutes les caractéristiques énumérées ci-dessus ainsi
que la gestion multi-boutiques et les fonctionnalités B2B. IBM garantit que cette
fonctionnalité permettra aux e-commerçants de créer de nombreux sites, tous
uniques, au service des différentes marques, régions ou groupes ciblés, le tout sur
une seule instance du logiciel.

Les licences sont livrées avec des cas d’utilisation, des structures filaires, des
chartes éditoriales, des outils de tests (tests unitaires, scenarios sélénium, tests de
non-régression, etc.), et une boutique statique permettant de tester rapidement le
concept (très pratique pour les partenaires d’intégration).

Il est alors possible d’ajouter facilement les composants OMS, DMO et Tealeaf. Il
s’agit là de l’approche « classique », plutôt orientée vers les clients du Tier 1.

Mais la concurrence a fait bouger les lignes et forcé IBM à se précipiter vers le
modèle de paiement « pay as you grow » (paiement évolutif) et vers des modèles
de facturation plus diversifiés. Il est maintenant possible d’utiliser WebSphere
Commerce comme un SaaS, où le prix de vos licences est fixé en fonction de votre
chiffre d’affaires. Le SaaS est à la mode dans la stratégie d’IBM. De fait, quelques
autres produits ayant ce mode de livraison sont déjà disponibles.

En ce qui concerne le dimensionnement de l’infrastructure (dont le prix de la


licence dépend également), un service interne est chargé d’évaluer la puissance
nécessaire pour gérer le trafic attendu. À ce propos, le prix de WebSphere
Commerce a récemment évolué de manière incontestable et est devenu
beaucoup plus agressif. L’offre SaaS est un exemple, mais certaines plateformes
raisonnables peuvent obtenir des billets d’entrée au-dessous de 100 000 euros sur
3 ans.

La licence inclut le logiciel, la maintenance et les révisions ultérieures du logiciel


(mineures et majeures), la documentation et les modèles. La première année, le
support est inclus dans le prix. Le forfait annuel est ensuite de 20 % pour les années
suivantes. Le support est 24/7 et illimité et les tickets sont pris en charge dans les 2
heures.

55
BOUTIQUES DE DÉMONSTRATION ET APPROCHE DE PERSONNALISATION
Cela permet aux clients qui souhaitent
Une boutique démo « Aurora », prendre le chemin de l’intégration de
très complète, permet de voir et de comprendre les principales
faire une démonstration des fonctionnalités de chacune d’elles.
fonctionnalités de WebSphere Pour les clients qui choisissent une
Commerce. personnalisation basée sur l’un de
D’autres boutiques spécialisées ces modèles (la version SaaS), il
propres à ce marché sont convient de choisir la base la plus
proche de leurs besoins.
disponibles : B2C, B2B, Mobile,
localisation par langue Le temps d’intégration moyen d’un
ou par pays, etc. projet important prend généralement
entre 6 et 12 mois. Il s’agit d’un cycle de projet complet, où IBM maîtrise parfaitement
le service conseil qu’elle propose depuis longtemps déjà. D’autre part, la méthode
de personnalisation permet de mettre un projet en ligne en 2 à 4 mois. Après deux
ans, la « réversibilité » est totale et garantie. Vous pourrez récupérer vos données et
votre design à tout moment.

Cette approche « full OPEX » (approche intégrale basée sur les dépenses
d’exploitation), où votre site est comptabilisé comme un coût d’exploitation et
non comme un investissement, est une tendance plus fréquente sur les nouveaux
marchés qui testent leur business model ou dans les entreprises désireuses de réduire
leur plan d’investissement en cette période de crise. Le modèle de facturation
actuel est lié aux pics de trafic, mais nous croyons qu’il évoluera également vers un
système basé sur le chiffre d’affaires, le concept étant de toute façon d’avoir un
modèle de paiement « pay-as-you-grow ».

On appelle ce mode d’intégration « SaaS », en référence au sens premier du terme :


il s’agit d’un logiciel, loué comme un service et IBM a de bonnes raisons de se
précipiter dans cette direction. Tout d’abord, parce qu’Hybris fournit des méthodes
de facturation de licences extrêmement souples. Ensuite, parce que cela ne fait
aucun doute que WebSphere Commerce est puissant, complet et évolutif, mais
que c’est aussi un produit complexe à comprendre et à développer.

Les utilisateurs sont généralement très satisfaits des fonctionnalités, mais les
développeurs rencontrent des difficultés avec la pile applicative complexe, 100 %
pensée et élaborée par IBM. Si vous recherchez vos pratiques habituelles Java, la
courbe d’apprentissage sera raide.

Est-ce que WebSphere Commerce va réussir dans cette voie ? Il est encore trop
tôt pour le dire. De même que pour Hybris, peu de clients ont déjà bénéficié de
ces méthodes pour raccourcir les délais de développement. Cependant, si IBM
veut atteindre le Tier 3, où les clients ont moins de ressources internes ou moins de
budget, prendre cette voie est une nécessité. L’intégration « classique » sur mesure
est réservée aux grands clients disposant de budgets conséquents et ayant des

WebSphere Commerce
planifications plus longues.
Performances
La pile applicative d’IBM offre de très bonnes performances natives. L’inconvénient
de ne pas être standard et propriétaire est ici compensé par un contrôle total de
tous les composants, donnant à IBM une vision très précise des besoins techniques
pour un projet spécifique.

PERFORMANCES
La pile applicative d’IBM offre de très bonnes
performances natives. L’inconvénient de ne pas
être standard et propriétaire est ici compensé par
un contrôle total de tous les composants, donnant
à IBM une vision très précise des besoins
techniques pour un projet spécifique.

Dans notre livre de l’année dernière, nous avons


beaucoup insisté sur les problèmes ou les performances des systèmes de caches
des solutions. Ce point est certainement l’une des clés de l’évolutivité, de l’efficacité
de chaque performance et du coût.

WebSphere Commerce intègre le système « DynaCache » sur ce point précis.


En outre, il est à noter que la plupart des solutions Java et surtout WebSphere
Commerce utilisent le modèle « en entonnoir », qui diminue la pression sur les
ressources à chaque étape (voir graphique).

Le DynaCache lui-même est Pour ceux qui sont familiarisés avec


Magento, le système est très proche
capable de multiplier par 3
d’un FPC (Full Page Cache) et d’un
le débit de la plateforme, cache de bloc qui auraient fusionnés.
permettant d’obtenir des Pourtant, le système de dépendance
performances tout à fait est plus évolué que celui de Magento,
comparables aux plus permettant à WebSphere Commerce
performantes du marché. de faire des invalidations de cache
spécifiques à tout moment d’une
session de navigation, sans invalider l’ensemble du FPC. Une fonction comparable
a été récemment ajoutée à la version Magento EE 1.13, même si elle est encore
moins orientée « contraintes ». WCS n’invalide un bloc dynamique ou un bloc
statique (appelé fragment) que s’il doit le faire.

D’après ce que nous avons compris, la résolution des dépendances de cache


est également effectuée par le filtre cache du moteur de cache dynamique
qui permet l’invalidation, le « tout-ou-rien » (Hit or Miss) des requêtes du client. Il
faut aussi noter que ce système de cache est entièrement personnalisable par
l’administrateur du site qui peut définir la stratégie de cache.

57
Pour faire court, WebSphere Commerce n’invalide jamais entièrement un cache
mais est capable d’évaluer en permanence ce qui dépend de quoi et quel
fragment ou contenu statique doit être invalidé ou pas.

Pour conclure sur ce système très impressionnant, la mise en cache de fragment


Edge est supportée nativement.

Offrir les meilleures performances a un prix : il faut connaître beaucoup de


technologies différentes ainsi que l’environnement spécifique d’IBM. Si vous
souhaitez exploiter toute la puissance et peaufiner chaque point, il est important
que vous soyez formés à ce système DynaCache et bien informés sur le réglage
des technologies suivantes : JVM (Machine Virtuelle Java), les paramètres de
file d’attente, DB2, JMS, en plus des classiques (OS / CPU / HDD / Réseau). Par
conséquent, il est fortement recommandé de choisir une société d’hébergement
ayant développé une véritable expertise dans ces domaines.

UN OUTIL MARKETING ET DE PERSONNALISATION ÉPOUSTOUFLANT


L’approche centrée sur le client en fonction de son comportement est maintenant
plus que des mots, c’est devenu un outil visuel.

L’outil « Precision Marketing » est une fonctionnalité qui, à ce jour


et pour autant que nous le sachions, est absolument unique sur
le marché puisque WebSphere Commerce est la seule solution
offrant un tel outil de pointe combiné à une interface intuitive.

L’illustration ci-dessus montre un scénario complet, basé sur cet outil, entièrement
édité par un éditeur visuel simple.

WebSphere Commerce
L’équipe marketing et le gérant du magasin peuvent désormais, de manière
dynamique et avec la fonction glisser-déposer, créer des parcours clients, des
scénarios de navigation, des tests A/B et bien plus encore. Avec près de 20
déclencheurs (canal, social, histoire, navigation, recherche, etc.) et autant d’actions
(promotion, vente croisée/montée en gamme, point de vente, e-mail, SMS, bornes,
etc.), les possibilités sont énormes. Google est votre référent externe ? La requête
du client était cappuccino ? Vous pouvez ensuite pousser dynamiquement sur la
page d’accueil votre gamme de machine à café.

Avec l’outil DMO « au-dessus », cela devient possible d’utiliser « intelligent offer », qui
détecte automatiquement la recommandation à afficher à l’utilisateur, en fonction
d’une analyse du trafic et des opérations réalisées (par exemple : l’utilisateur qui
achète X achète aussi généralement Y). DMO propose également une analyse
conjointe de l’efficacité du scénario de « Precision Marketing ». Comme le disent
les IBMistes, DMO représente la « sagesse des corbeaux », en permettant aux
recommandations et aux scénarios de s’adapter « à la volée ». L’outil « Precision
Marketing » de WebSphere Commerce n’a pas besoin de DMO pour être
autonome, c’est une extension intéressante, mais pas indispensable.

Les possibilités sont tout simplement incroyables. Imaginons juste qu’un gérant de
magasin veuille récompenser l’un des ambassadeurs de la marque. Il peut détecter
les personnes qui parlent le plus de la marque sur les réseaux sociaux et leur envoyer
des SMS ou des e-mails pour leur offrir un code de réduction. Il peut également
faire automatiquement la relance de base d’un panier abandonné lorsqu’un
visiteur n’y a pas touché depuis 7 jours. Tests A/B, branchement conditionnel sur
un mot recherché, marketing cross-canal, mise en page spécifique en fonction de
différents paramètres, etc. Il semble qu’ici, la créativité est la seule limite.

De plus, toutes les règles peuvent être vérifiées afin de comprendre pourquoi une
décision a été déclenchée. Le système est livré avec une vidéo d’auto-formation
en 13 langues, la fonction est donc non seulement intuitive à utiliser, mais elle
bénéficie aussi d’une documentation complète.

TEALEAF & DMO


Tealeaf, récemment acquis par IBM, est un produit très intéressant. Il identifie
les problèmes, les perturbations et les ruptures dans la navigation des clients. Si
quelque chose les agace, si un accès leur est refusé ou encore si quelque chose
bloque leur décision d’achat, Tealeaf devrait vous permettre de l’identifier.

Il s’agit d’une « gestion de l’expérience client » qui permet au commerçant de


voir ce que le client voit, de réduire les abandons et d’utiliser un tableau de bord
global pour donner la priorité à l’amélioration des sites en fonction de l’expérience
« silencieuse » de l’utilisateur, celle dont ils ne vous parlent pas directement.

59
DMO est une solution basée sur la « sagesse de la foule ». Elle permet aux directeurs
de magasins de comprendre les tendances et les comportements des visiteurs. Il
s’agit en fait d’une solution d’analyse web orientée e-commerce, qui vérifie un
grand nombre de paramètres et de réactions pour faire parler les statistiques.

Associé à l’outil « Precision Marketing », ce système est très précis et efficace,


notamment pour déterminer le profil des utilisateurs et réagir de façon dynamique
à leurs actions.

ÉCOSYSTÈME
L’écosystème est moins développé que celui d’une solution e-commerce open
source comme PrestaShop, Drupal Commerce ou Magento, mais les ressources
internes d’IBM sont grandes. L’entreprise compte plus de 300 personnes dans le
monde, principalement basées au Canada en ce qui concerne le laboratoire
e-commerce.

La complexité du catalogue et de l’intégration transversale des compétences


a amené le géant à segmenter ses offres et à les rendre aussi modulaires que
possible. Cela permet à des partenaires extérieurs de travailler sur un ou plusieurs
composants, en fonction de leurs besoins ou de leur taille.

L’éditeur lui-même fournit les produits ainsi que des conseils. Il propose également
un accompagnement des projets. Les clients ou les intégrateurs ont également
accès à des experts en conseil (prestations facturées par Global Business Service)
qui vont les aider à améliorer leurs performances, la formation ou d’autres aspects.

En ce qui concerne les partenaires, Aliznet, Technology Everywhere, Salmon,


Micropole, CGI, Sogeti, Infosys, HCL, Pixelixir, Ecocea et bien d’autres à travers
le monde, sont capables de se développer sur la plateforme. (Quoi qu’il en
soit, lorsque vous contactez IBM, vous serez très probablement redirigés vers un
partenaire compétent).

WebSphere Commerce
OMS, MULTICANAL ET MOBILES
Le développement mobile est basé sur Worklight qui fournit les fonctions HTML5,
Hybrid & Native, intégrant un serveur d’application privé et une API REST. IBM parle
du concept d’« omni-consommateur » et c’est là que commence la stratégie cross-
canal, à la croisée des fonctionnalités mobiles et du produit OMS.

L’entreprise Sterling Commerce Le livre se concentre principalement


a été acquise par IBM sur la solution e-commerce, nous
passerons donc rapidement sur les
pour son OMS. fonctions secondaires, mais pour les
Elle était déjà le leader mondial clients des Tiers 1 et 2, un OMS fait
dans le domaine du Système de incontestablement une grande
Gestion des Commandes différence.
et équipait 6 des plus grands
clients de ces solutions sur 10. IBM Order Management, le système
de gestion des commandes d’IBM,
permet la conception de workflows très efficaces pour faire face aux nombreuses
commandes qu’un site e-commerce doit traiter. La suite est composée des
applications mobiles associées « Order Management », « Always in stock » et « Drop
ship & Store ». Pour ne parler que de l’OMS, celui-ci permet au cross-commerce
d’être plus efficace dans le système « acheter en ligne / retirer en magasin ». Par
exemple, lorsqu’une commande est passée en ligne, il est possible de demander
à un magasin physique de préparer cette commande pour que le client vienne
la récupérer. Plusieurs actions peuvent être déclenchées à tout moment de
la commande, vers tous les canaux. Lorsque le produit est prêt, l’OMS peut par
exemple déclencher l’envoi d’un message SMS pour en informer le client.

La personne qui tient le magasin peut suivre les commandes directement à partir
de son navigateur ou via une application de téléphone très complète, ce qui
le rend très pratique à gérer au quotidien (celle-ci inclut des fonctions comme
scanner les codes-barres sur une coque ou un lecteur de cartes de crédit).

L’OMS permet la gestion sur seuil, de faire l’inventaire en temps réel des différents
stocks sur les différents canaux de distribution, de gérer les cartes de fidélité et bien
plus encore, ce qui en fait un véritable plus pour les activités cross-canal dans un
grand site grand. (Certaines fonctionnalités sont présentées ici :
http://www.youtube.com/watch?v=OCyc9S6XNlE).

En ce qui concerne les capacités PIM, le Master Data Management d’IBM (MDM
ou PIM) est pré-intégré et configuré avec WebSphere Commerce. Il est toujours
moins évolué que celui d’Hybris et certains clients, voulant davantage que les
simples fonctions de base d’une PIM, ont pour cela décidé de choisir celui d’Heiler.

Pour compléter les aspects cross-canal, la caisse enregistreuse du PDV (Point de


Vente) peut avoir accès à un moyen de paiement plus intelligent si ce dernier
utilise déjà une machine IBM.

61
LE CMS :
C’est le centre de gestion qui organise le CMS. Il gère des éléments tels que des
fichiers (images, docs, etc.) ou des URL. Ces éléments sont stockés et triés et peuvent
être utilisés dans n’importe quelle feuille de produit ou par l’outil de marketing pour
remplir dynamiquement une section e-spot (un emplacement de précision dans
une page).

Des pages types sont disponibles et le gérant du magasin peut choisir un modèle
spécifique pour créer facilement un nouveau contenu ou réorganiser la page
d’accueil ou celle du panier, sans avoir besoin d’avoir de compétences en
codage. La solution permet de gérer un espace de travail test pour éviter de
casser une fonctionnalité du site en production, avec une gestion des autorisations
d’accès utilisateur complète. Dans chaque espace de travail (stocks, segment de
clients) une simulation peut être faite ainsi qu’une prévisualisation, ce qui permet
de simuler une vente flash avant qu’elle n’ait lieu, par exemple. Le système permet
également de modifier l’installation en un clic et une équipe peut travailler sur la
mise en ligne de la nouvelle collection, sans interférer avec le site principal.

CONCLUSION
Avec un produit très complet Comme beaucoup d’acteurs, IBM a
et une approche marketing adopté l’approche « Kickstart »
impressionnante, WebSphere (démarrage au quart de tour), avec
Commerce Server est un acteur un modèle SaaS et des boutiques
démo adaptables qui permettent
naturel sur le marché du Tier 1.
aux clients de créer des boutiques en
ligne rapidement et sans devoir être confrontés à la difficulté de créer un projet
complet « à partir de zéro ».

Avec cette nouvelle stratégie, IBM est en mesure de répondre à plus de demandes
« raisonnables ». En fait, WebSphere Commerce est aussi étonnant pour un client
modeste que pour Staples, donnant aux clients des Tiers 2 et 3 une formidable
occasion d’exploiter la puissance du WebSphere Commerce pour leur propre
activité. Certains clients ont désormais la possibilité de choisir entre un Magento et
un WebSphere Commerce d’IBM, à des prix comparables et avec des délais de
commercialisation similaires.

Comme Oracle et Intershop, IBM devra revoir ses plans en raison de l’acquisition
d’Hybris par SAP. L’offre d’IBM est très complète, mais elles sont désormais trois
grandes entreprises à être capables de fournir un vaste catalogue de logiciels et
de prestations.

Nous ne pouvons que regretter le fait que toute la pile applicative de WebSphere
Commerce soit propriétaire, ce qui ne convient ni au LAMP classique, ni aux
modèles de l’industrie Java. Cette philosophie est de la vieille école et elle pourrait
bénéficier d’un lifting d’autant plus qu’IBM est devenu un partisan sérieux de
l’open source. C’est vraiment dommage que cette philosophie n’ait pas encore

WebSphere Commerce
gagné WebSphere Commerce. Ces choix obligent l’entreprise d’hébergement à
être compétente en ce qui concerne la pile applicative DB2/JVM/Apache-derby
mais, d’un autre côté, ce package offre des possibilités d’évolution faciles et sûres.
Toujours en ce qui concerne la marge de progression, WebSphere Commerce offre
une gestion des données moins souple et moins complète qu’Hybris à un certain
point de vue, mais nous pouvons certainement nous attendre à des progrès dans
ce domaine car Hybris est désormais considéré comme un concurrent de poids.

WebSphere Commerce fournit un nombre incroyable de fonctionnalités et peut,


le plus souvent, gérer tous vos besoins. Mais tout a un prix et l’achat de la suite
complète « intégrale » peut devenir très coûteux.

Le Tier 1 est encore un terrain de jeu naturel pour « Big Blue ». Elle y offre une
expertise par secteur, par solution, et ses clients peuvent se permettre de s’offrir le
« pack global », incluant DMO, l’OMS, et Tealeaf.

La fonction principale qui a impressionné notre équipe a été sans aucun doute
l’outil de « Precision Marketing ». Celui-ci est complètement unique, tant par son
approche que par sa complétude. Un des points essentiels qu’il convient de
souligner est que l’équipe de marketing est totalement autonome et peut utiliser
des fonctionnalités extrêmement avancées, sans avoir besoin de connaissances
techniques. Avec un simple glisser & déposer, il est possible d’appliquer des filtres,
un branchement conditionnel, une analyse et bien plus encore.

Ce point ne doit bien sûr pas nous faire oublier une approche cross-canal forte et
intégrée, un système de cache remarquablement efficace, un service web très
développé et un système de searchandising plus que correct.

La documentation abondante peut être considérée comme un avantage ou


un inconvénient, selon sa taille, mais on ne peut vraiment pas se plaindre d’avoir
accès à cette ressource en cas de besoin. Disons simplement qu’elle pourrait être
plus centralisée, plus conviviale et mieux structurée. Les produits complémentaires
DMO, Tealeaf ou encore l’OMS vont bien compléter le tableau d’ensemble, à un
coût additionnel, bien entendu.

63
MISE À JOUR 2016
UN PRODUIT PHARE QUI POURRAIT BÉNÉFICIER D’UN MEILLEUR MARKETING
Pour débuter, voici une anecdote à propos de WebSphere Commerce, qui est
une assez bonne illustration des capacités du produit. Fatigué qu’on lui réponde
toujours « Oui, c’est possible », un consultant interrogeant un expert de WebSphere
Commerce a essayé de le pousser dans ses retranchements. La question était la
suivante : « WebSphere Commerce peut-elle changer dynamiquement le CSS pour
doubler la taille du bouton d’achat lorsque le dernier site visité par le client est
Amazon ». Inévitablement, la réponse a été « Oui, elle le peut », une fois de plus...

Pourtant, le problème aujourd’hui est de moins en moins la capacité à pouvoir couvrir


absolument tous les besoins. La loi de Pareto s’applique ici, et 80 % des utilisateurs
utilisent seulement 20 % des fonctionnalités d’un logiciel. Par ailleurs, beaucoup
d’entreprises cherchent maintenant à hybrider les meilleurs logiciels dans chacun
des domaines, BI, OMS, CMS, ERP, CRM, etc. Nul doute que le portefeuille d’IBM
offre un très grand choix de possibilités, mais cela fait aussi grimper rapidement les
prix et la plupart des clients souhaitent avoir plus de souplesse et être en mesure de
choisir un par un chacun des composants.

Néanmoins, même s’il n’est pas clic & play et que c’est encore un « produit
monolithique », WebSphere Commerce a des capacités presque infinies.

Le principal obstacle d’IBM IBM est une entreprise très puissante,


pour développer ses ventes personne n’en doute. Pourtant,
quand il s’agit d’imposer un produit
n’est pas le produit en lui-même,
ou de conserver un leadership,
mais plutôt la façon dont elle certaines de ses stratégies sont
communique autour de lui. surprenantes. L’une d’elle en
particulier a joué un grand rôle dans la récente stagnation de WebSphere
Commerce : la communication d’entreprise. IBM communique sur sa marque et
non sur ses produits, alors que des concurrents comme Demandware ou encore
Hybris mettent leur produit en avant. Ce qui peut s’avérer une stratégie payante
aux États-Unis semble être inadapté en Europe étant donné le nombre de nouveaux
projets que la plupart des partenaires ont vu au cours des deux dernières années.

En restant générique, personne ne connaît vraiment le prix du produit, ni quelles


sont ses références et même ses fonctionnalités, ni non plus ce dont il est capable.
Le but de cette stratégie de communication est évidemment d’obtenir que toute
grande entreprise ayant une question d’ordre informatique la pose à IBM, mais
dans un monde où la communication est maintenant très spécifique et ciblée,
cela donne parfois l’impression qu’IBM est en train de perdre du temps.

La plupart des concurrents de WebSphere Commerce mettent en avant leur


produit et leurs références clients, créent des évènements de tout type, créent
des partenariats avec d’autres marques, réservent des lieux pour rassembler les

WebSphere Commerce
communautés et les personnes influentes ou achètent de la publicité et, à ce jour,
Big Blue a été un peu timide sur ce front.

Une autre partie de l’explication à cette contre-performance pourrait être le fait que,
depuis des années, WebSphere Commerce était un produit piloté par des ingénieurs
et des experts, avec une interface utilisateur relevant un peu de la vieille école.
Lorsque vous ne devez pas affronter la concurrence, cela ne ralentit pas votre taux
d’adoption. Mais depuis une dizaine d’années, beaucoup d’éditeurs ont commencé
à fournir des back offices plus simples, conçus pour le fameux « utilisateur final ». Vous
savez, ces personnes comme vous et moi derrière l’écran qui n’ont pas un double
doctorat en physique quantique et en mathématique du chaos.

Lorsqu’elle est mise au défi par un client prêt à adopter une autre plateforme, IBM
(comme Oracle d’ailleurs) tend également à lancer un audit de « compliance »,
comprenez qu’ils vont passer en revue toutes les licences IBM que vous utilisez et
que vous avez oublié de payer, ce qui peuvent s’élever à plusieurs millions pour
les grandes entreprises. De toute évidence, même si l’argent est dû, ces méthodes
agacent les clients car cela les oblige à ne pas changer, non pas à cause du
produit, mais en raison des risques financiers.

Auparavant un leader incontesté, WebSphere Commerce doit maintenant faire


face non seulement à Hybris, mais aussi à Demandware, Intershop et Oracle
Commerce, ces deux derniers étant très agressifs sur leurs tarifs pour regagner
du terrain. L’initiative « CaaS » (Commerce as a Service) était également un
projet difficile à exécuter, qui n’a été adopté que par très peu de personnes,
probablement parce qu’IBM n’a pas véritablement fait d’efforts de communication
autour de cette offre.

2015 : UNE ANNÉE IMPORTANTE POUR LE COMMERCE ÉLECTRONIQUE CHEZ IBM


Voyons maintenant ce qui s’est amélioré du côté de chez WebSphere Commerce.

Tout d’abord, une volonté de se développer autour du e-commerce, qui est en train
de devenir une réalité. Une unité commerciale transversale autour de Commerce
a été créée en 2015, lors de la profonde réorganisation interne de Big Blue. Cette
unité d’affaires est maintenant structurée et alimentée afin de gagner des parts de
marché. La vision globale est de fournir une expérience d’achat, à travers tous les
canaux, aussi cohérente et transparente que possible pour l’utilisateur final.

Une autre tendance intéressante influence actuellement la stratégie : la


convergence B2C et B2B. Cela pourrait être illustré par l’exemple de la
« quincaillerie ». Les consommateurs pourraient vouloir acheter auprès du même
fournisseur à la fois en tant que professionnel et en tant que simple client. Il en
va de même pour le propriétaire du magasin, qui peut vouloir toucher à la fois
le segment des professionnels (B2B) et les simples utilisateurs (B2C). WebSphere
Commerce était déjà adaptée pour servir à la fois les clients B2B et B2C, faciliter
cette convergence B2B/B2C est donc assez simple pour IBM.

65
Parmi les solutions gérées par cette unité commerciale, nous avons pu constater
qu’IBM possède désormais sa propre passerelle de paiement, IPG (IBM Payment
Gateway) et opère dans des centaines de pays. Même si elle n’est pas encore un
collecteur (le magasin a un seul contrat avec son fournisseur de paiement et le
fournisseur en a des centaines dans plusieurs pays), IPG peut déjà être comparée
avec la plupart des passerelles de paiement à travers le monde et permet de suivre
chaque centime dépensé en frais de commission par les quelques 300 méthodes
de paiement supportées.

Pour en revenir à WebSphere Commerce, l’arrivée sur le marché de la version


majeure (8) fin 2015 apporte de grands changements.

Tout d’abord, le back office IBM a également décidé de le


ne repose plus sur le composant nettoyer le backoffice et de le rendre
Flash, mais uniquement plus convivial avec un tout nouveau
« look and feel », palliant ainsi le retard
sur du Dynamic HTML (5) et CSS 3.
accumulé au fil des années.

Par ailleurs, l’initiative « Design thinking » (ou réflexion conceptuelle), lancée par IBM,
regroupant des dizaines de designers, n’avait pas seulement pour but de redessiner
le back office. Le front office a également bénéficié de leurs compétences.
Aurora (la boutique démo) arrive maintenant sous plusieurs versions spécifiques
pour répondre au plus près à tous les besoins (B2C, B2B, etc.). L’idée est d’éviter les
projets d’intégrations longs (et risqués) et d’utiliser plutôt une boutique conçue et
optimisée selon les dernières meilleures pratiques, ainsi que d’importer votre « look
and feel » et vos produits, de les connecter à votre système d’information interne et
de commencer à vendre.

WebSphere Commerce vise à couvrir des besoins d’entreprise très variés, du B2C
au B2B, allant de ceux générant un nombre de transactions très élevé comme
les biens de consommation courante (les piles par exemple) à ceux hautement
expérientiels (comme les montres de luxe). Dans cette perspective, il est nécessaire
que le CMS puisse gérer des cas très différents.

Ceci est précisément le but de Commerce Composer, qui permet d’utiliser des
cartouches « dynamiques » pour intégrer diverses extensions et des outils de
fournisseurs tiers, qui peuvent désormais être intégrés facilement dans la conception
frontale. Ces zones dynamiques sur la page peuvent également être remplis par
plusieurs composants préexistants de WebSphere Commerce. Cette logique était
déjà présente dans plusieurs produits (y compris WebSphere Commerce), mais
l’extension du système destinée à couvrir également les produits tiers permet plus
de flexibilité que jamais. Si quelqu’un a envie d’intégrer BazaarVoice, Pluck ou
Miralk, cela peut maintenant se faire en prenant beaucoup moins de temps.

Watson (le programme d’intelligence artificielle d’IBM) commence également


à être intégré dans WebSphere Commerce avec, par exemple, des fonctions

WebSphere Commerce
d’analyse et un catalogue potentiel d’optimisation/recommandations basé sur
ses fonctions d’analyse sémantique. L’éditeur d’outils d’optimisation omnicanal
DemandTec a également été acquis, formant ainsi un duo très attrayant avec les
fonctionnalités « intelligentes » de WebSphere Commerce.

Parmi les nouvelles fonctionnalités importantes, nous observons une profonde


évolution vers une approche RESTful depuis le dernier pack de fonctionnalités
de WebSphere Commerce 7, puis dans WebSphere Commerce 8. Le moteur est
maintenant en mesure d’être administré « sans tête », ce qui signifie que vous
pourriez, si vous en aviez envie, retirer totalement la « tête », c’est-à-dire l’interface
utilisateur Aurora (la boutique démo) pour assembler votre propre interface
utilisateur reposant sur l’API REST. Les requêtes REST peuvent être directement faites
au moteur de WebSphere Commerce à partir de la page JSP. Les pages JSP
peuvent désormais exploiter les requêtes REST à la place de Databeans, comme
c’était avant le cas.

Comme d’habitude, et comme on pouvait s’y attendre, IBM a ajouté encore


plus de fonctionnalités et d’outils dans sa Commerce Suite, même si WebSphere
Commerce a presque toujours dominé sur le plan technique et en termes de
fonctionnalités. Cela est encore vrai aujourd’hui et l’offre de produits d’IBM
propose l’une des solutions les plus complètes (sinon la plus complète) du marché,
performante, efficace et fiable.

IBM a également tiré les leçons du passé et a beaucoup travaillé au cours des
2 dernières années à « l’autonomisation » des utilisateurs, nouveau concept
tendance. Derrière ce mot à la mode, il y a une réalité. C’est, pour faire simple,
le fait que des utilisateurs non spécialisés deviennent de plus en plus en mesure
d’utiliser les outils pour réaliser leurs activités marketing et de vente, en ayant des
fonctionnalités CMS simples, des composants et des modèles prédéfinis, ou tout
juste une simple interface utilisateur.

Watson et Commerce Insights, pour environ 200 $ par utilisateur et par mois,
fourniront un aperçu très détaillé et intéressant de vos ventes, taux de conversion,
marges de progression, et répondront même à des questions telles que « quantité
achetée par produit » ou « meilleure vente du troisième trimestre ».

DE NOUVELLES MÉTHODES DE FACTURATION ET DE LIVRAISON


Mais s’il fallait mettre l’accent sur un aspect de l’évolution de WebSphere Commerce
au cours des deux dernières années, au-delà du simple point de vue technique, ce
serait sans aucun doute sur l’adaptation d’IBM aux nouveaux modèles de vente et
notamment le SaaS.

Le « passage au Cloud » fait désormais partie de la stratégie de Big Blue, ce


qui est encore plus visible avec l’acquisition de Softlayer (une plateforme IaaS).
Cette orientation est renforcée par le fait que WebSphere Commerce, Commerce
Insights (la suite analytique) et de nombreux autres produits peuvent maintenant

67
être facturés « par commande ». Cela signifie en fait que vous payez ce que vous
consommez.

Le précédent modèle de licence reposait sur PVU (Processor Value Unit), c’est-à-
dire que vous payiez les licences en fonction du nombre et du type de processeurs
que vous utilisiez. Le passage au nouveau modèle représente donc un grand bond
en avant. Le modèle précédent était non seulement un frein dans une organisation
moderne, mais IBM était également entourée de services SaaS, prêts à manger le
marché avec leur modèle novateur. Le modèle de facturation par commande
convient à presque tout le monde et devient de plus en plus le modèle standard
de ce secteur.

Le deuxième avantage est que ce modèle de facturation est parfaitement adapté


aux clients des Tiers 2 et 3. Le produit d’IBM est un très bon produit, mais il est
quasiment impossible qu’équiper uniquement les plus gros détaillants du monde
qui représentent un marché potentiel moindre que ce que peuvent générer les
Tiers 2 et 3. De toute évidence, arriver dans une activité du Tier 3, faire un chiffre
d’affaires de 5 millions d’euros en ligne, avec une facture en amont d’un million
pour la licence et l’intégration, n’était pas la façon la plus avantageuse d’aborder
ces clients.

Cette nouvelle stratégie de Les clients du Tier 3 sont plus nombreux


facturation « par commande » mais surtout, ils apportent des
permettra au géant références, de la renommée en quelque
sorte, et peuvent raconter autour d’eux
d’aller chasser sur de nouveaux
que WebSphere Commerce est aussi
territoires. adaptée à leurs besoins.

LE MOTEUR EN QUELQUES MOTS


WebSphere Commerce est un système propriétaire écrit en Java. Il repose sur
plusieurs autres composants comme Dojo pour la partie JavaScript ou SoIR pour
le moteur de recherche, et est compatible avec DB2 (base de données d’IBM) et
avec Oracle.

La suite comprend de nombreux outils comme WCBD (un outil d’intégration


continue), un moteur de test automatisé, un outil de surveillance des performances
léger, un solide système de vérification fonctionnelle, des connecteurs natifs à des
systèmes de place de marché (comme Mirakl), des systèmes de calcul de l’impôt
(comme Avalara ou Taxware) et bien d’autres encore.

L’EXPÉRIENCE CLIENT DIRIGÉE PAR LES DONNÉES


Comme cela a déjà été constaté par le passé dans d’autres entreprises, IBM
envisage que l’expérience client soit à l’avenir dirigée par les données. En effet,
puisque le but ultime de toute entreprise est de proposer le bon produit au bon
client, au bon moment, et à travers le canal adapté, le fait de collecter et de traiter
des données pour fournir un aperçu pertinent est une chose importante.

WebSphere Commerce
« Le commerce dirigé par les Connaître en temps réel la
données offre la possibilité segmentation et le ciblage contextuel
d’identifier les tendances de devient un atout essentiel pour fournir
des offres au bon moment. Disposer
style de vie et les opportunités
des outils permettant de gérer ces
d’affaires en temps réel, ce sources d’information et de détecter
qui permet aux entreprises de les besoins devient crucial. L’une des
dialoguer avec le client ». IBM orientations prises par WebSphere
Commerce sera de fournir de plus en
plus d’outils pour permettre aux gérants de magasin d’être efficaces dans
l’exécution omnicanal.

Comme le personnel d’IBM le dit, cette nouvelle ère de l’omnicanal nécessite


d’être capable de :
• Analyser le comportement des clients à travers les sessions, les dispositifs et le
cycle de vie du client en combinant les données quantitatives, qualitatives et
comportementales.
• Exécuter des modèles d’évènements en cascade basés sur l’offre permettant
de déclencher le « suivi de ciblage » basé sur accepter, rejeter ou activité de
présentation.
• Fournir des fonctionnalités de merchandising qui proposent automatiquement
la prochaine meilleure opération de prix ou des recommandations de prix
unique.
• Aborder directement les clients dans le magasin avec de meilleures
recommandations et offres contextuelles et pertinentes, tout en offrant une
qualité de service exceptionnelle.
• Prendre des décisions d’approvisionnement intelligentes en réalisant une
commande pour assurer la rentabilité maximale.

Et puisque Big Blue n’est pas un nouveau venu dans le monde de l’intelligence
artificielle (chercher « Watson » sur Google pour plus d’informations), cette
nouvelle façon d’interagir avec les clients, à travers un langage naturel, les réseaux
sociaux ou même en magasin, porte un nom : Il s’agit du Commerce Cognitif. Les
racines profondes sont une fois de plus la capacité à gérer toutes les informations
contextuelles recueillies par le client (ou directement fournies par lui) afin d’adapter
et d’optimiser l’expérience.

Ce n’est pas un match gagné d’avance, mais le département R&D a toujours


essayé d’anticiper les tendances afin d’identifier les tendances futures et ils
pourraient, une fois de plus, avoir raison.

UNE VISION PRATIQUE DU E-COMMERCE OMNICANAL


IBM a déjà un pied dans les points de vente depuis des dizaines d’années grâce
à son produit de caisse enregistreuse. Cette proximité avec les besoins du terrain
et les prévisions des détaillants eux-mêmes a amené l’entreprise à penser que
l’omnicanal ne serait pas seulement une question de récupérer des informations
puis de les délivrer à travers le bon canal.

69
Il y a en effet un revers à la médaille, celui du cycle de décision d’achat lui-même.
On prévoit que d’ici 2017, 50 % des ventes des magasins seront influencées par
les canaux numériques. Aujourd’hui déjà, quand un client se promène dans un
magasin d’électronique, il en sait souvent plus sur le produit qu’il a l’intention
d’acheter que les vendeurs eux-mêmes.

Cette tendance va influencer la façon dont les associés du magasin choisiront


les outils leur permettant de vérifier leurs stocks à travers les différents inventaires
de l’entreprise pour assurer la vente. Ils devraient également pouvoir vérifier les
marchandises en transit, commander directement à partir d’un autre stock et faire
des promesses de livraison fiables.

À l’inverse, le magasin physique devra stocker plus de biens pour honorer les
commandes en ligne, sacrifiant une partie de l’espace de vente lui-même. Certains
membres du personnel du magasin devront alors expédier, directement à partir
du magasin, les commandes réalisées sur la boutique en ligne. Cela nécessitera
de toute évidence un puissant système de gestion des commandes (OMS) pour
soutenir cette chaîne d’approvisionnement très dynamique et IBM a d’ailleurs
acquis le leader de ce domaine, Sterling Commerce, il y a de ça quelques années.

Côté détaillants, un approvisionnement agile et la gestion optimale des commandes


seront des points essentiels de cette relation bidirectionnelle omnicanale. C’est
donc plus de services proposés au client, mais il faut aussi espérer certains
avantages pour le détaillant lui-même.

ÉVOLUTION DES PDV


IBM a décidé de faire équipe avec Toshiba pour fournir des fonctionnalités de
caisse PDV et mobiles, qui sont déjà intégrées dans WebSphere Commerce. Cela
permettra également aux partenaires du magasin de gérer chaque commande
sur chaque canal, et d’offrir en continu une fonction « save the sale » aux clients
ne trouvant pas les produits exacts qu’ils cherchaient (taille, couleur, modèle, etc.),
cette fonction permettant d’effectuer la vente en magasin depuis le site web.

Un autre partenariat avec Apple permet également à IBM de proposer au magasin


des solutions personnelles pour gérer les ventes à travers des dispositifs Ipad, un peu
comme vous auriez pu le faire vous-même dans un magasin Apple. Le dispositif
hébergera ensuite une application dédiée capable de converser avec le service
web du magasin pour éviter d’utiliser toute l’interface utilisateur et de la surcharger.

De façon plus générale, les éditeurs de logiciels de gestion de PDV comme Cegid
et autres devront faire face à une réelle concurrence avec l’augmentation de ces
pratiques pour lesquelles ils ne sont pas vraiment prêts, et dans lesquelles le fait
de pouvoir contrôler le moteur du commerce sur le web apporte un avantage
concurrentiel indéniable.

WebSphere Commerce
PROGRÈS TECHNIQUES RÉALISÉS DE 2013 À 2016
Les packs de 3 fonctionnalités sortis entre 2013 et 2015 ont apporté un nouveau lot
de fonctionnalités, parmi lesquelles on peut citer :
• Commerce Composer : il s’agit d’une bibliothèque de modèles et de widgets
conçue pour être conviviale et exploitable par des personnes non expertes
en informatique. Composer permet au gestionnaire de magasin de créer
facilement des pages et du contenu directement à partir du back office.
• Les fonctions B2B intégrées à la boutique démo Aurora (souvent utilisée
comme base pour personnaliser un site spécifique) ont également été
améliorées avec des fonctionnalités incluant des listes de demandes
d’achat, de nombreuses commandes enregistrées, les droits du produit, la
tarification contractuelle, l’organisation, l’enregistrement de l’acheteur, et
bien plus encore.
• Aurora, la boutique démo, est désormais totalement réactive, permettant
ainsi de s’adapter parfaitement aux formats des tablettes, smartphones et
phablettes.
• Des nouvelles fonctionnalités de merchandising et de recherche ont été
incluses, parmi lesquelles on peut citer : les recommandations de produits,
une visibilité du produit améliorée dans la recherche basée sur les attributs
des produits, des catégories de catalogues remplis dynamiquement en
fonction des règles, etc.
• Le mappage de l’image permet à plusieurs parties d’une image d’être
actives et de répondre différemment en fonction de l’endroit sur lequel on
a cliqué.
• Le système d’importation permet désormais d’automatiser une comparaison
entre le contenu existant et le nouveau contenu afin d’importer et de traiter
uniquement les éléments vraiment nouveaux au lieu de l’ensemble des
données.
• L’intégration avec le « Marketing Center » d’IBM basé sur le Cloud permet
aux clients d’exploiter les outils d’analyse en temps réel pour adapter leur
positionnement marketing.
• Un éditeur WYSIWYG simple appelé CKeditor permet désormais à l’utilisateur
de créer des pages facilement.

Enfin, de toute évidence, depuis qu’IBM a récemment acquis Softlayer (une


plateforme Cloud), WebSphere Commerce est maintenant nativement compatible
et peut être déployée sur Softlayer.

Le « cœur » technique de la solution a également progressé sur plusieurs aspects :


• Toutes les API sont désormais disponibles en REST et la création d’une nouvelle
API REST a été simplifiée. Les réponses peuvent maintenant être disponibles à
la fois en format Json et en format XML.
• L’amélioration du moteur de recherche fournit de meilleurs temps de
construction de l’index de recherche ainsi qu’une amélioration globale de
la performance.

71
FEUILLE DE ROUTE
La feuille de route pour les deux prochaines années se concentre également sur
plusieurs points intéressants. Tout d’abord, IBM mettra l’accent sur la transformation
des idées en action, en introduisant de nouveaux outils commerciaux destinés à
l’utilisateur et permettant aux marchands de s’adapter rapidement à l’évolution
des dynamiques commerciales.

Le fait qu’IBM privilégiera désormais le Cloud plutôt que le modèle « on-premise »


représente aussi un changement majeur. Les nouvelles fonctionnalités et les
nouveaux produits commenceront par être de plus en plus disponibles dans le
Cloud, avant d’être parfois délivrés sous un modèle classique « on-premise ».

L’entreprise s’intéresse également de près aux capacités de searchandising en


magasin et le service de scénario de navigation (déjà très puissant en tant que tel
dans le produit) va désormais inclure des scénarios de tests à variables multiples.
Le « responsive design » couvrira également l’ensemble du processus de paiement
de manière à offrir une meilleure expérience mobile.

WebSphere Commerce fournira également plus d’intégrations avec des solutions


de tiers, tels qu’Adobe, Apple, Twitter, Pitney Bowes, ainsi que de nombreuses autres
solutions commerciales.

En outre, pour répondre à l’une des préoccupations dont nous avons précédemment
parlé, l’équipe d’IBM travaille à la simplification de l’interface utilisateur. Alors que
de plus en plus de composants deviennent sophistiqués, les équipes de conception
vont se concentrer sur la facilité de prise en main.

Pour finir avec la feuille de route, l’équipe travaille également sur les dernières
tendances afin de fournir une expérience omnicanal incluant : boutique, web,
centre d’appel, ventes sur le terrain, l’« lnternet des objets » et probablement
des ponts vers d’autres produits du portefeuille, comme par exemple des outils
d’analyse ou permettant d’apporter des informations précises sur la situation.

WebSphere Commerce 8 est disponible depuis fin 2015 et apporte quelques


nouvelles fonctionnalités intéressantes. Il est par exemple possible pour un
représentant du service client de se connecter en prenant l’identité d’un client et
de l’aider à finaliser sa commande ou à gérer son compte. Le centre de gestion
utilise maintenant HTML dynamique avec le framework Spring, permettant à IBM
de se débarrasser de Flash et de faire quelques améliorations visuelles sur le back
office. Des fonctionnalités du centre de cadeaux seront également disponibles
directement à partir du magasin physique, afin de permettre une meilleure
expérience cross-canal.

WebSphere Commerce
CONCLUSION 2016
WebSphere Commerce était un produit exceptionnel pour les utilisateurs avertis
mais beaucoup trop compliqué pour la plupart des gérants de magasin. IBM a
bien compris cela et est en train de changer sa stratégie de produit de nombreuses
façons pour étendre ses activités à de plus petits acteurs et retrouver globalement
la croissance sur ce segment e-commerce.

Le rajeunissement du back office, un business model de facturation plus flexible


ainsi que plusieurs mises à jour techniques et l’adaptation de la technologie devrait
aider Big Blue à atteindre cet objectif.

Le côté technique est encore un des points sur lesquels l’entreprise se concentre,
ce qui reflète l’esprit de cette société profondément axée sur la technique et
l’importance du rôle de ses ingénieurs mais, comme beaucoup d’expériences l’ont
montré par le passé, ce n’est pas le meilleur produit qui gagne la bataille la plupart
du temps, mais plutôt celui qui est le mieux commercialisé et, ces derniers temps,
celui qui est le plus convivial.

Néanmoins, WebSphere Commerce d’IBM est un produit de premier plan, fort d’une
dizaine d’années d’expérience, sans aucun doute complet, efficace et soutenu
par un géant qui investit des millions dans la R&D, recrute des experts parmi les
meilleurs et acquiert des produits de référence lorsque cela s’avère nécessaire.
Avec un budget quasi illimité, ce n’est plus qu’une question de temps et de volonté
avant que WebSphere Commerce soit de retour à la place qu’elle mérite dans la
compétition.

Les grandes améliorations apportées à l’interface utilisateur B2B sont visibles.


WebSphere Commerce était déjà forte sur ce point, mais cela lui a permis de
devenir co-leader avec Intershop.

Le dicton « Personne n’a encore jamais été licencié pour avoir choisi IBM » le prouve
encore. Il y a peu de risque lorsque l’on adopte WebSphere Commerce en tant
que tel. Le problème, comme d’habitude, est plutôt de trouver un intégrateur très
efficace et talentueux qui pourra mettre à profit tout le potentiel du produit. Cela
dit, l’équipe produit encourage vraiment les agences web à réduire au minimum
la partie intégration et à plutôt personnaliser la boutique démo Aurora grâce à un
pack de fonctionnalités très complet.

Avec un fort accent mis sur l’interface utilisateur, tant pour l’utilisateur final que pour
les gérants de magasin, WebSphere Commerce est entrée dans une nouvelle ère
et, finalement, le produit pourrait pénétrer dans les Tiers 2 et 3.

Ce serait d’excellentes nouvelles pour les entreprises de taille moyenne étant donné
que WebSphere Commerce est derrière un grand nombre de très grands sites à
travers le monde, gérant des milliards de chiffre d’affaires, et que le logiciel est le
même que vous soyez Staples ou une entreprise de taille moyenne. Obtenir l’accès

73
à toutes les fonctionnalités très puissantes que WebSphere Commerce contient, à
un prix raisonnable, serait une très bonne raison d’envisager de choisir ce produit si
vous êtes dans la partie supérieure du Tier 3 ou dans le segment du Tier 2.

L’initiative CaaS semble maintenant évoluer vers un CoC (Commerce on Cloud),


ce qui dénote sans doute une nouvelle dynamique pour envahir ce segment en
croissance. Même si le produit n’a pas été conçu à l’origine pour le « Cloud », IBM
possède tous les moyens pour délivrer WebSphere Commerce sur le Cloud, par
exemple sur Softlayer, qui est son propre Cloud.

Par ailleurs, le fait qu’une entreprise du Tier 2 ou 3 ait la possibilité d’exploiter toute
la puissance de WebSphere Commerce à un coût minime par vente est juste
incroyable. En effet, même si vous payeriez 1 ou 2 $ par vente, le coût de la licence
du produit et les frais d’hébergement étant entièrement intégrés, cela en fait une
arme formidable à un coût très abordable.

Sachant qu’IBM souhaite acquérir des clients et des références sur l’offre CaaS/
CoC, il est très probable que les marques qui tentent leur chance obtiendront
un retour sur investissement très intéressant. En effet, des millions investis en R&D
accessibles pour une fraction du prix précédent, cela représente une promesse
très attrayante.

WebSphere Commerce
LES POINTS FORTS DE WEBSPHERE COMMERCE
(Plus il y a de points, mieux c’est. Sur chaque KPI (indicateur clé de performance),
il y a au moins une solution avec 5 points ; il s’agit donc d’une comparaison entre
les solutions).

POSITIONNEMENT WEBSPERE COMMERCE


Chiffre d’affaires pour envisager la solution (On premise / SaaS) > $10 M/$2 M
Positionnement actuel sur le marché Tier 1 -2
Direction de l’éditeur Tier 1 - 3
Profil (B2C, B2B) B2C/B2B
Opensource Non, Java
L’éditeur met en avant… Les outils marketing
L’éditeur met en avant… Le cross commerce
L’éditeur met en avant… La personnalisation
Les outils marketing et la boutique de
Nous sommes impressionnés par…
démonstration
Nous sommes sceptiques sur… L’adoption de la communication
Buget minimum pour créer un site (On premise / SaaS) 500k$/80k$
KPI GÉNÉRAUX WEBSPERE COMMERCE
Le coût de la solution (licence, intégration, hébergement) (On premise / SaaS) HHK / HHHK
Progressivité et /ou flexibilité des frais de licence/location HHHH
Délai de commercialisation (On premise / SaaS) HH / HHH
Variété/Qualité des boutiques de démonstration à s’adapter à un usage spécifique (mis
HHHH
à part la boutique standard)
Capacités marketing basiques (moteur de promotion, coupon, carte cadeau, etc…) HHHHH
Niveau de navigation & présentation multidimensionnelle du catalogue (multi-bou-
HHHH
tiques/mulitlangues/etc…)
Ecosystème (communauté, partenaires, intégrateurs, forums, etc…) HHK
Convivialité et facilité d’utilisation du back office HHHK
KPI TECHNIQUES (PLUS IL Y A DE POINTS, MIEUX C’EST !) WEBSPERE COMMERCE
Complexité du développement personnalisé pour étendre le système HH
Nombre de logiciels/extensions/services non disponibles HH
Nombre de produits/services complémentaires de l’éditeur HHHHH
Évolutivité & performances du front office (temps de chargement des pages) HHHH
Vitesse du back office et évolutivité (nombre d’utilisateurs simultanés) HHHH
Capacités de CMS natives HHHH
Capacité de service web/API natives (connexion avec des tiers, comme un ERP ou un
HHHHH
logiciel de logistique)
Liste des fonctionnalités B2C (par défaut, sans extensions ou programmes parallèles) HHHHK
Mobile (application native, application hybride, responsive design) HHHHH
KPI DES FONCTIONNALITÉS AVANCÉES WEBSPERE COMMERCE
Capacités de searchandising avancé & de personnalisation HHHHH
Capacités de multi/cross/omni canal HHHHH
Gestion avancée native du catalogue (PIM, multi-catalogue, attributs, lots…) HHHH
SGC (Système de Gestion des Commandes) intégré ou connecté nativement HHHHK
Outils marketing avancé (marketing adaptif, tunnels de navigation dynamiques, etc…) HHHHH
Capacités B2B natives HHHH

75
oracle
Commerce:
les temps sont durs
« on-premise », mais
prometteurs sur le
Cloud

Oracle Commerce
INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LA SOLUTION

Éditeur ORACLE
Chiffre d’affaire en 2014 38,23 milliards $
Business model (e-commerce) On-premise, on cloud
Coût de la licence NC (on-premise)
Technologie Java
DAF, Nucleus, Data everywhere Architecture,
Framework Knockout.js, Jquery, Require.js, Twitter boostrap,
crossroads
Base de données Oracle, Mysql, DB2
Version (à la date de l’étude) 11.2 (on-premise)
Licence Propriétaire
Première sortie 1998 (ATG a été acquise en janvier 2011)
Origine États-Unis
Budget de réalisation d’un site
150 K€ / 500 K€ / > 500 K€
(Bas/Moyen/Haut)
Typologie de recommandation Détaillants, grands magasins, marques

Temps moyen
Étendue Sites en Utilisation
de génération
géographique production par Tier
du code HTML

TIER 4
TIER 3
TIER 2
1 847 480 ms
TIER 1

Positionnement dans le Tier et tendances futures

TIER 1 TIER 2 TIER 3 TIER 4

Performances sur le marché par rapport à la concurrence


WEBSPHERE
DEMANDWARE HYBRIS INTERSHOP MAGENTO EE
COMMERCE

77
INFORMATIONS TIRÉES DE L’ANALYSE DE 2013
(SUIVIES DE LA MISE À JOUR DE 2016)

UN PEU D’HISTOIRE
Art Technology Group (ATG) a été fondée dans les années 90 par deux diplômés
du MIT et a été rachetée par Oracle pour 1 milliard de dollars en 2010. ATG a été
l’une des rares entreprises à avoir survécu à la bulle internet et l’entreprise est
devenue l’un des leaders dans le monde de l’e-commerce, une histoire quelque
peu semblable à celle d’Intershop d’ailleurs.

Quand Oracle a décidé d’acquérir ATG, elle n’affichait pas d’aussi bons résultats
financiers que certains de ses concurrents, mais il était clair qu’elle avait un grand
potentiel technique et c’est ce qui a attiré Lawrence J. Ellison, le charismatique
PDG et magnat des affaires qui dirige Oracle.

La solution fait désormais partie de l’environnement d’Oracle et joue sur le secteur


du Tier 1, avec les autres frameworks Java, tels qu’Intershop, Hybris et IBM WebSphere
Commerce. De même qu’IBM, Oracle a acquis d’autres sociétés leaders ou au
potentiel élevé, afin de renforcer son offre, à savoir RightNow, Fatwire, Retek et le
célèbre Endeca et, à l’instar d’IBM également, ces acquisitions ont conduit à un
processus d’assimilation qui a pris près de 2 ans.

Oracle connaissait le potentiel de l’e-commerce dans l’avenir de l’industrie du


web et n’a pas hésité à faire de gros investissements pour ses boutiques. C’est de
toute façon un comportement habituel chez Oracle qui est un acheteur en série
et qui est connu pour l’intérêt qu’elle porte à ce mode de croissance. La décision
d’acheter Sun, avec les célèbres Java et MySQL, était là encore très stratégique,
comme la quasi-totalité des décisions d’Oracle d’ailleurs.

Même si l’entreprise dont la trésorerie atteint des milliards de dollars a perdu du


terrain en Europe, ses forces convergent pour faire ce changement. En ce qui
concerne IBM, l’ascension rapide d’Hybris a été une surprise pour Oracle ; mais
le géant a un plan. En fait, la plupart des grandes entreprises ont des produits
d’Oracle, que ce soit la base de données, PeopleSoft, ATG, MySQL, Java ou l’un de
ses logiciels, parmi les centaines qu’elle gère. Cette très forte empreinte dans les
industries de pointe fournit aux représentants locaux d’Oracle, aux ingénieurs, au
personnel ou aux commerciaux un incroyable réseau leur permettant de recueillir
des informations sur les besoins des clients. C’est également pour eux un excellent
moyen de pouvoir chuchoter directement à l’oreille des décideurs.

Oracle Commerce
IBM procède de la même manière et Hybris a engagé, précisément dans cette
intention, des personnes ayant déjà des réseaux. Ces trois-là vont désormais utiliser
des réseaux très similaires pour détecter des projets, tout particulièrement depuis
qu’Hybris reçoit l’aide de son grand frère SAP. Nous pouvons peut-être extrapoler
ce qui se passe en France. Un groupe de trois commerciaux, plusieurs personnes
chargées de la prévente ainsi qu’un spécialiste CRM/commerce de détail est
censé se former prochainement, certains d’entre eux venant de Pixmania. Si une
telle association se reproduisait dans d’autres pays de l’U.E., le message de l’éditeur
serait alors clair : ATG est de retour en Europe.

Au contraire d’Hybris, d’Intershop et d’IBM, nous n’avons pas perçu de réelle volonté
de la part d’Oracle d’essayer d’atteindre les petits clients. Le cœur du segment
d’ATG est le Tier 1 et plus précisément le TOP 500 des détaillants. Le représentant
d’Oracle avec qui nous avons discuté semble ne pas vraiment avoir l’intention de
s’adresser aux clients dont le chiffre d’affaires en ligne n’atteint pas au moins 15
millions d’euros. En revanche, il considère ce montant comme une bonne base à
partir de laquelle il est possible d’aider les clients à atteindre de nouveaux sommets,
en particulier grâce à l’internationalisation.

L’EXPÉRIENCE CLIENT AU CŒUR DE LA PHILOSOPHIE D’ATG

Les trois piliers d’ATG sont : l’expérience client, le


comportement des clients et la fourniture d’outils
permettant d’être compétitif. Selon la vision de la
société, la gestion d’un commerce de détail se
compose de trois activités principales : acheter,
commercialiser et vendre. Vient ensuite l’étape
suivante : Prix & Promotion, jusqu’à avoir les
meilleurs prix (pas les plus bas), ceux-ci étant la
clé pour obtenir de meilleures ventes & marges. Sur ce point, Oracle s’appuie sur le
logiciel et l’expérience de Retek. Le géant a en effet acquis cette entreprise au tout
début de sa vague d’achats e-commerce.

La gestion d’une entreprise en ligne fait appel à la fois au marketing entrant et


au marketing sortant, d’où l’une des priorités : transférer le budget investi dans les
opérations de back office vers le front office, vers l’acquisition, l’expérience et la
fidélisation de clients.

Pour ce faire, le dynamisme et le rythme des changements est un élément clé.


S’adapter à un marché en constante évolution, de la meilleure façon possible, en
offrant aux consommateurs une expérience achat & support cohérente, à travers
tous les canaux, semble être une philosophie de premier plan.

Oracle considère comme nous que la plupart des e-commerçants font désormais
face à Amazon. Il ne s’agit plus d’un jeu entre IBM et Oracle. Désormais, cela tourne

79
plutôt à la bataille entre un détaillant et Amazon. L’intention d’Oracle de fournir les
meilleurs outils pour faire face à ce nouveau paradigme se matérialise par sa forte
orientation expérience client.

Avec des outils adaptés, il est possible de fournir une expérience client sur mesure,
plus profonde et plus complète que celle qu’Amazon pourrait livrer et, en plus, un
détaillant sera également en mesure d’exploiter un réseau de magasins physiques.
Amazon doit satisfaire tout le monde et tous types de besoins, alors qu’un
commerçant particulier peut se concentrer uniquement sur le fait d’apporter une
expérience produit plus cohérente. C’est comme la différence entre acheter une
paire de Nike dans un magasin Footlocker ou chez Wal-Mart.

• L’expérience client pour acquérir des visiteurs,


• L’expérience client pour les convertir,
• L’expérience client pour qu’ils parlent de votre marque,
• Et l’expérience client pour qu’ils soient satisfaits et qu’ils reviennent.

Et ce ne sont pas que des mots. L’acquisition d’Endeca a en effet été faite dans
ce but précis. De plus, l’un des deux back offices est destiné à « l’expérience
utilisateur » et l’autre au « e-commerce ».

La personnalisation « inside out » permet au détaillant d’apporter à ses clients


les plus fidèles une expérience plus pratique et la personnalisation « outside in »
permet au site de se transformer lui-même pour un nouveau visiteur, en fonction du
profil de la session de navigation déterminé par Endeca. La commercialisation, au
lieu d’être vraiment séparée et placée dans un module différent, est considérée
comme une extension de la personnalisation.

Quand nous en sommes venus au sujet du cross-canal, le représentant avec qui


nous avons parlé a simplement dit : « Un canal est principalement une barrière
organisationnelle », soulignant clairement que la société fait peut-être une
différenciation en interne, mais qu’une chose telle que la distinction entre les
canaux n’existe pas pour les clients.

INTÉGRATION VERSUS DÉVELOPPEMENT


À l’instar d’Hybris, d’IBM et de quelques autres, Oracle propose des magasins ATG
préconçus, appelés « Customer Reference Stores » (Magasins de Référence Client).
Ils ont été conçus afin d’éviter de devoir créer des sites « à partir de zéro », ce qui
nécessite généralement une gestion orientée projet. Les magasins de référence
permettent une intégration rapide grâce à la personnalisation d’un magasin
existant, développé selon les meilleures pratiques par l’équipe de l’éditeur. Il existe
une deuxième version de ce magasin de Référence Client : la version B2B.

Ce système est également un compromis entre une approche totalement sur


mesure et un délai de commercialisation rapide. Le temps nécessaire pour la mise

Oracle Commerce
en ligne avec une boutique de référence est d’environ 6 mois alors qu’avec un
système de commerce global cela peut prendre un an, voire plus, en fonction du
niveau de maturité du client. La boutique de référence est multilingue, multi-pays,
multi-devises et intègre la plupart des fonctionnalités classiques d’ATG et d’Endeca.

ENDECA : LE TIR DE SNIPER


Quand Oracle a acquis Endeca, nul doute qu’Hybris et IBM se soient senties toutes
les deux un peu contrariées, d’autant plus qu’IBM avait déjà vu Oracle acquérir
l’une des technologies phares de sa stratégie : Java... Cependant, en ce qui
concerne la niche précise de l’e-commerce, Oracle a fait un coup de maître en
acquérant Endeca.

Hybris travaillait activement avec Endeca et de nombreux grands clients ont voulu
aller au-delà des fonctions intégrées de Solr en termes de navigation à facettes.
Il en va de même pour IBM, mais Big Blue avait déjà travaillé sur une plus grande
intégration et personnalisation de Solr, améliorant ses capacités. Quoi qu’il en
soit, lorsqu’Oracle a acquis Endeca, cela a en quelque sorte remis en cause la
pérennité de la collaboration à long terme entre les deux sociétés. Oracle aura au
moins gagné la possibilité de mieux contrôler la façon dont Endeca peut collaborer
avec Hybris et IBM. Jusqu’à présent, il semble que le produit soit toujours disponible
auprès d’IBM & d’Hybris si le client le souhaite mais, pour être honnête, quand un
client impose Endeca, Oracle est probablement immédiatement mise au courant
d’un projet e-commerce sur lequel elle peut rivaliser avec ATG.

Les bureaux d’Endeca et d’ATG sont désormais dans le même bâtiment à Boston,
ce qui favorise une interaction plus étroite entre les équipes. Tous sont en contact
avec la société-mère Oracle, fournissant des solutions pour les détaillants comme
des back end, des bases de données, des ERP et bien d’autres encore.

Avant Endeca, Oracle personnalisait les sites de ses clients grâce à la technique.
Avec Endeca, il crée maintenant des expériences utilisateurs personnalisées à
partir de toutes les expériences consommateurs antérieures et grâce à la « sagesse
de la foule ».

ENDECA : LE NEC PLUS ULTRA DES OUTILS DE PERSONNALISATION


Si tant de clients clés utilisaient Endeca sur le Tier 1 (Hybris, WebSphere Commerce
et ATG), c’est vraisemblablement parce que cette solution était la meilleure pour le
searchandising, l’expérience client et la navigation à facettes.

Après deux ans de travail, Endeca et ATG ont réussi une intégration agréable et
sans limites et ne font désormais qu’un. C’est là que l’on peut dire qu’Oracle est à
la fois expérimentée dans l’édition de logiciels et dans l’acquisition d’entreprises.
En effet, réussir une intégration de manière si parfaite ne peut être que le fruit de
l’expérience et du travail.

81
Dans un monde où Amazon est un leader de poids, les solutions e-commerce
doivent apporter des axes de différenciation. « L’expérience client d’Amazon n’est
pas si exceptionnelle que ça » (d’après ce que l’on dit), d’où la stratégie d’Oracle
d’améliorer ce point. Au centre de cette stratégie, il s’agit d’offrir une expérience
client de qualité tout en retenant la clientèle sur le long terme (surtout quand on
voit aujourd’hui le coût d’acquisition d’un client).

Endeca a une gestion multidimensionnelle du catalogue, d’une certaine manière


assez proche du modèle EAV de Magento. Les échanges peuvent être faits en
JSON, avec des messages XML, ce qui en fait une solution très polyvalente et facile
d’accès, quel que soit le langage. Le système n’est donc pas seulement bon en
soi, il est aussi facilement extensible avec d’autres langages de programmation.

Endeca a pour rôle de fournir toutes les fonctionnalités de personnalisation


qu’Oracle vend dans sa suite e-commerce. Peu importe si le visiteur est un nouveau
venu ou un visiteur régulier, Endeca va recueillir les informations le concernant et
être capable de lui proposer le bon produit en utilisant des stratégies différentes.

Si un visiteur connu vient sur le site, Endeca va vérifier son historique d’achat et les
informations recueillies seront stockées en fonction du profil du visiteur. Les produits
affichés apparaîtront alors en fonction des goûts de ce client et selon des règles de
commercialisation. C’est la méthode « inside-out ».

Si le visiteur n’est pas connu, ce sera la méthode de commercialisation « outside-


in » qui sera appliquée. Edenca essayera de comprendre comment le visiteur est
venu sur le site (d’où il vient, en utilisant le référent et les paramètres d’URL), quel
type de mots-clés il a tapé sur Google, la façon dont le visiteur navigue sur le site,
la façon dont il regarde les produits et puis les éléments affichés s’adapteront à ce
comportement client unique, étape par étape.

Lorsque suffisamment de données auront été recueillies, il sera alors possible


de créer des règles de fonctionnement qui associeront le contenu du site avec
les profils des visiteurs. Cette fonctionnalité est vraiment formidable pour tous les
professionnels de l’e-commerce qui savent que proposer les bons contenus, au
bon moment et au bon client est l’un des aspects les plus difficiles de l’e-commerce.
Quand un site est capable de personnaliser tous les contenus en fonction des goûts
des visiteurs, le taux de conversion grimpe mécaniquement. Les modèles peuvent
être modifiés dynamiquement en fonction du déclencheur du référent, du canal,
de la date, du segment, du dispositif utilisé, du composant, de la localisation ou de
tout autre critère.

Endeca n’est pas un outil entièrement automatisé. Il y a du travail à faire, il a


besoin d’être mis à jour, mais il propose un framework intéressant qui permet
de « transformer » le contenu du site en fonction de la typologie de l’utilisateur.
Les règles qui ont été déclenchées par le système peuvent être contrôlées afin
d’en vérifier les raisons et elles peuvent être rapidement corrigées en cas de

Oracle Commerce
comportement incorrect.

Voici les captures d’écran d’un processus de personnalisation sur les boutiques
de démonstration d’ATG et d’Endeca. Nous avons eu le privilège de participer à
une démonstration en direct et nous avons été frappés par la facilité d’utilisation
de toutes les fonctionnalités d’Endeca. À titre d’exemple, sur ces captures d’écran,
on peut voir toutes les étapes qu’il faut faire pour configurer sur la page d’accueil
l’affichage de pantalons spécifiques, juste pour le « trentième groupe et quelques ».
Ce comportement peut être installé en quelques minutes et être utilisé pendant des
périodes cruciales, comme Noël par exemple. Pour chaque catégorie différente
(hommes, femmes, hommes autour de 25 ans, femmes qui n’achètent que des
pantalons, etc.), l’e-commerçant peut configurer différentes pages d’accueil.

ATG est livrée avec Endeca incorporée (et vraiment proprement intégrée par
défaut) et il est (toujours) possible d’acheter le produit séparément, pour l’intégrer
à une autre plateforme e-commerce.

83
MULTI & CROSS CANAL
On devrait appeler le produit Oracle Commerce plutôt qu’Oracle e-commerce
étant donné que, comme la plupart des solutions cross-canal, l’éditeur souhaite
faire tomber les barrières entre l’e-commerce et le commerce « classique » qui
existent dans sociétés de vente au détail. Le « silo » du commerce physique et du
commerce en ligne n’existe que sur un plan organisationnel interne et Oracle se
bat contre cette logique en proposant des produits qui vont dans ce sens.

Oracle Commerce
Dans la réalité, les clients naviguent entre les canaux,
recueillant des informations sur l’un, publiant un
avis sur l’autre et achetant sur un troisième. Dans ce
contexte, les « canaux » ont tendance à être des
obstacles organisationnels. Néanmoins, ce commerce
sans frontières implique pour l’entreprise d’avoir des
produits solides pour supporter cette flexibilité. Ce
n’est pas un réel problème pour Oracle qui compte
des milliers de produits et notamment des ERP très
puissants capables d’intégrer la gestion optimale
des commandes, la chaîne d’approvisionnement, la logistique, la facturation,
l’expédition, etc. À l’instar d’IBM, le portefeuille de logiciels de l’entreprise est très
large et Oracle possède notamment plusieurs solutions ERP, pour les plus grandes
entreprises comme pour celles de taille moyenne.

Le cœur d’ATG est multi-sites depuis un peu plus de deux ans et gère de nombreux
canaux, comme le Web, le Mobile, Call Center (intégré dans ATG), un magasin
social et physique. Sephora et même Louis Vuitton gèrent les ventes en magasin
depuis leurs boutiques physiques, en se connectant au site internet depuis une
tablette. La dernière version (10.2) propose une application universelle pour iPad
et iPhone. On peut regretter que le SDK d’Android ne soit pas encore disponible
pour la version actuelle d’ATG, mais l’éditeur va très probablement résoudre ce
problème.

85
B2B
Les 4 leaders des Tiers 1 et 2 offrent tous des compétences de haut niveau dans
le B2B.

Ce n’est donc pas étonnant que ces clients aient des chiffres d’affaires
conséquents, exigent de nombreuses fonctionnalités spécifiques et fassent une
grosse consommation de produits complémentaires.

C’est la raison pour laquelle ATG a inclus dans son produit quelques fonctionnalités
B2B importantes. Les modules B2C et B2B étaient généralement séparés auparavant,
mais le produit est dorénavant livré nativement avec les deux, probablement parce
que les limites sont de moins en moins nettes pour de nombreuses entreprises, qui
font à la fois du B2C pour leurs clients finaux et du B2B pour leurs revendeurs.

Un magasin de référence B2B spécifique est disponible. Il comprend des flux


de commandes spécifiques, comme notamment un centre de coûts, des
accréditations et des limites d’engagement, une facturation automatique, des
commandes récurrentes, la génération des commandes, et bien plus encore. Les
fonctions de personnalisation, qui sont en quelque sorte le cœur de l’expérience
B2C, sont également disponibles en B2B.

Complété par d’autres composants tels qu’eBusiness Suite, Siebel ou DOO, le


produit excelle vraiment en fournissant des prestations de service B2B efficaces.
Le BCC (Business Control Center) permet de gérer plusieurs organisations, contrats,
utilisateurs, autorisations ainsi qu’une tarification spécifique par client, plusieurs
niveaux de prix en fonction du volume, des catalogues spécifiques et bien plus
encore.

UN BACK OFFICE TRÈS ATTRAYANT & ÉVOLUTIF


Pendant la démonstration, nous avons vraiment apprécié l’organisation du back
office. Il n’est pas vraiment révolutionnaire en termes de technologie, mais le
concept est très intéressant.

Tout d’abord, la console est toujours contextuelle. Vous n’avez pas en permanence
une multitude de menus, sous-menus ou d’icônes sous les yeux. Vous ne passez
donc pas votre temps à chercher votre chemin, le back office vous montrant
uniquement les articles qui peuvent vous intéresser en fonction du contexte dans
lequel vous vous trouvez. Si vous modifiez le catalogue, les éléments visibles à
l’écran n’affichent que les actions en rapport avec cette tâche. Après avoir vu
beaucoup de back offices différents, on peut dire que la simplicité et l’aspect
soigné de celui-ci font vraiment la différence.

La console elle-même est en Flex pour pouvoir inclure les fonctions glisser & déposer.
Par contre, l’inconvénient est incontestablement que vous ne pouvez pas l’utiliser
avec une tablette. Elle intègre également une fonction bluffante : la possibilité
de basculer facilement du back au front et inversement pour pré-visualiser les

Oracle Commerce
modifications que l’on fait. C’est intéressant car vous pouvez revenir en arrière à
tout moment, sans avoir besoin d’un environnement de pré-production. Vous testez
une modification à la volée et vous la validez ou vous l’annulez aussi simplement
que si vous annuliez une manipulation dans un logiciel de bureau. Vous pouvez
également simuler facilement une vue de segment client ou vérifier vos règles
de commercialisation. De plus, l’outil de merchandising visuel permet une édition
visuelle agréable des pages.

Le moteur de promotion est suffisamment intelligent pour être réactif et quand le


volume d’un panier s’approche d’un seuil (par exemple 98 $ dans le panier pour
une promotion à partir de 100 $), la promotion s’affiche. Le moteur de promotion,
très proche de ceux de Magento et de WebSphere Commerce, est complet et
efficace. Il n’a rien de vraiment unique, mais tous les éléments principaux des
solutions leaders y sont disponibles.

La structure du serveur d’applications, commune à tous les produits Java, permet


au back office de fonctionner correctement, même lorsque de nombreux acteurs
l’utilisent simultanément. Le système incorpore des workflows clairs, avec des
étapes de validation, un fonctionnement multi-utilisateurs, un système de retour en
arrière, des fonctions de mise en scène et de pré-production.

La navigation est simple et claire, très orientée gérant du magasin.

Les deux consoles sont séparées (back office & vente) afin de permettre de
meilleures performances globales. La console de vente est en HTML et JavaScript,
et utilise Ajax pour que les ventes puissent se faire à partir d’une tablette. Elle est
légère et efficace, ce qui permet à des centaines de vendeurs de l’utiliser en même
temps sans tuer les performances du système. De plus, si vous êtes un très gros
client et que vous avez des volumes impressionnants, Oracle fera entrer Exadata et
Exalogic dans la danse. Cela coûte très cher mais les résultats sont incontestables.

AUTRES POINTS TECHNIQUES


Le logiciel est, bien sûr, multi-boutiques, multi-devises et le magasin de référence
utilise des JSP. Les profils utilisateur peuvent être partagés entre toutes les vues
des magasins et les paniers peuvent également bénéficier de ce mécanisme de
partage, on peut filtrer le catalogue par site et la barre de recherche inclut par
défaut le système d’auto-complétion.

Sur le plan de la performance, nous avons vu une démonstration sur un ordinateur


portable standard et Endeca était néanmoins très rapide, ce qui est de bon
augure en ce qui concerne les performances globales de l’interface utilisateur.
Le fait que le moteur d’Endeca ne soit pas en Java et qu’il n’utilise pas d’accès à
la base de données (pour la vue de l’interface utilisateur) contribue à ces bonnes
performances (pour l’administrer, vous aurez donc besoin de Java).

87
FRAMEWORK
La plateforme e-commerce d’Oracle est un ensemble de différentes solutions
appelé Oracle ATG Commerce Suite. ATG comprend plusieurs éléments « racine »
(tous intégrés au produit par défaut) :

• « Dynamo Application Framework » (DAF) fournit la couche de base du code,


nécessaire pour faire fonctionner la plateforme e-commerce sur n’importe
quel serveur.
• Nucleus est un framework de composants et de services Java prédéfinis que
les développeurs d’applications peuvent personnaliser et utiliser comme
base pour la construction d’un site web.
• Endeca est le moteur de searchandising et de personnalisation.
• FatWire fournit les fonctionnalités CMS.

Vous pouvez ensuite ajouter, sur demande, des applications supplémentaires qui
optimisent les performances du framework. ATG Web Commerce Merchandising,
Search, Business Intelligence et Service Center sont les principales. Si vous voulez
en savoir plus sur toutes les applications, nous vous recommandons de lire cette
documentation officielle.

Une solution de recommandations est également disponible pour aider les


e-commerçants à afficher le bon produit au bon moment. Pour cela, elle crée des
statistiques sur la boutique en ligne, le catalogue de produits et le comportement
de l’acheteur et les met en relation avant de les analyser en profondeur. Les
recommandations de produits sont ensuite liées à ces données plutôt que fondées
sur les achats antérieurs. La solution de recommandations est uniquement axée
sur les produits alors que le module de personnalisation permet de changer
dynamiquement le contenu entier du site.

PIM & GESTION DE PRODUITS AVANCÉE


Au contraire d’Hybris, pour qui le PCM (PIM) est un composant essentiel inclus dans
la solution, Oracle et IBM fournissent des composants complémentaires pour gérer
cette fonction. Cela a pour conséquence un coût plus élevé, mais les PIM/PCM
sont eux-mêmes plus avancés que ceux d’Hybris.

Comme pour celui de WebSphere Commerce, ATG a une application PIM de


pointe, couvrant tous les aspects du problème et pas seulement ceux liés au
e-commerce. Ce produit s’appelle « PIM data Hub ». En interne, vous disposez
déjà au sein d’ATG d’un catalogue de produits de pointe, facilement extensible et
notamment pour l’e-commerce.

SERVICE WEB & STRUCTURE


ATG repose sur un framework d’intégration qui s’appelle « Data Anywhere
Architecture (DDA) » et qui permet l’interfaçage de plusieurs sources de données,
en utilisant des structures XML. DDA intègre :

Oracle Commerce
• Les jeux de données ATG (utilisateurs, commandes, catalogues, etc.).
• Des connecteurs externes (base de données, LDAP, HTML, XML), ainsi qu’un
système de cache avancé.
• Un connecteur universel (Integration Repository) qui permet de programmer
en Java un connecteur spécifique « sur mesure ».
• L’interfaçage global entre l’intégration et le modèle de données est
entièrement en XML

Le service Web vous permettra d’interagir avec la quasi-totalité des fonctionnalités


de base des composants d’ATG, à savoir : tous les jeux de données, les méthodes
de sessions utilisateur, les commandes (créer, mettre à jour, etc.), les prix, les
promotions, les inventaires, les catalogues, etc. On peut quasiment tout faire grâce
aux méthodes du service Web, notamment mettre à jour un panier, déconnecter
un utilisateur, vérifier un niveau de stock ou actualiser n’importe quelle règle.

Il est possible d’étendre ce service Web déjà très riche en concevant vos propres
méthodes, grâce à un assistant, pour manipuler les objets, quels qu’ils soient, ou
pour appeler n’importe quelle méthode. De plus, tous ces services sont également
accessibles en mode REST.

LE CMS : FATWIRE
Le CMS acquis par Oracle s’appelle Fatwire
et il est, comme pour Endeca, entièrement
intégré à ATG. Le centre de contrôle global
s’appelle WebCenter Sites.

Des pages pré-formatées sont fournies par


défaut pour animer les promotions du site.
Oracle va bientôt sortir des livres blancs
pour aider à comprendre les méthodes et
les procédures d’intégration d’un modèle
efficace.

Les fonctionnements d’Endeca et du CMS


sont étroitement liés, permettant ainsi la
création de pages contenant ces deux
produits ainsi que de divers éléments tels
que documentation, vidéo, images, etc.
Endeca Experience Manager se charge
ensuite d’envoyer le visiteur vers la création
adaptée à ce qu’il recherche.

L’éditeur utilise les fonctions glisser &


déposer et est totalement WYSIWYG. La
fonction glisser & déposer permet de déplacer les différents blocs qui composent

89
une page, les contenus sont facilement modifiables et contrôlables, directement
dans le contexte.

MODÈLE DE LICENCE
Le modèle de licence est très classique. Il s’agit d’un achat de départ, suivi d’un
montant annuel représentant 22 % de la facturation des licences globales. Ce
système donne accès à toutes les nouvelles versions et à l’équipe de support.

Oracle est actuellement en train d’étudier le modèle de livraison et de facturation


SaaS, vraisemblablement parce que la concurrence se dirige clairement dans
cette direction (c’est le cas d’IBM) ou a déjà sauté le pas (comme Hybris).

Oracle est cependant déjà très sensibilisée au modèle de livraison SaaS, plusieurs
de ses produits l’ayant déjà adopté, comme HCM (Management des Ressource
Humaines) ou certains produits CRM. Le projet est en route et il faudra probablement
attendre encore plusieurs trimestres pour qu’il soit finalisé.
Actuellement, l’utilisation des licences est soit facturé par nombre de processeurs,
soit par nombre d’utilisateurs de l’application. Oracle est très transparente quant
à sa politique de prix (disponibles publiquement sur ce site). Cela dit, avec la
volonté de reprendre les affaires et la pression exercée par Hybris pour acquérir
des références, il y a certainement une marge de négociation possible.

CONCLUSION
Soyons honnêtes : si vous n’êtes pas une entreprise du Tier 1 (ou une grande
entreprise du Tier 2), ATG n’est probablement pas un choix logique. L’éditeur
concentre tous ses efforts sur les entreprises qui font au minimum quelques dizaines
de millions en ligne si elles visent une croissance exponentielle. Par contre, si vous
êtes déjà au-dessus de ces chiffres, ATG est une solution que vous ne pouvez pas
ignorer lors d’un appel d’offres. C’est l’un des progiciels e-commerce les plus chers,
mais il est sans doute aussi l’un des plus complets.

Le délai nécessaire pour lancer une activité e-commerce avec ATG peut être
rapide (6 mois) avec un site pré-codé. Lorsque les besoins sont complexes, cela
peut prendre beaucoup de temps. La méthode consistant à personnaliser un site
pré-codé en est encore à ses tout débuts. Pour être honnête, l’expérience semble
commencer maintenant pour Oracle. (Hybris a 6 mois d’expérience dans ce
domaine et IBM environ 3 au moment où nous écrivons ces lignes).

Nous n’avons pas vraiment pu rassembler de preuves concernant l’existence d’un


OMS intégré (proposé nativement par Hybris et qu’IBM fournit par l’intermédiaire
de l’excellent (et facultatif) Sterling Commerce), mais certains outils concernant le
B2B existent cependant, comme eBusiness Suite, Siebel ou encore DOO. Si l’OMS
est important pour votre entreprise B2C, vous devriez rencontrer l’équipe d’Oracle
pour creuser ce point directement car nous n’avons pas trouvé au sein d’ATG de
solution vraiment intégrée permettant de répondre à ce besoin. C’est en quelque
sorte étonnant étant donné que la solution cherche à couvrir les besoins des

Oracle Commerce
grandes enseignes et des grandes marques ainsi que les besoins B2B. Toute grande
entreprise B2C sera confrontée à la nécessité d’avoir un Système de Gestion des
Commandes complet, de sorte qu’Oracle est certainement en train de préparer
quelque chose en ce qui concerne ce point précis.

Un autre problème connu concerne les performances du moteur de recherche


sur les grands catalogues. Ce point semble faire apparaître la nécessité d’une
optimisation et d’une réflexion approfondies, même si nous n’avons pas eu la
possibilité de le vérifier par nous-mêmes.

En revanche, ATG propose d’autres fonctions très faciles à utiliser, comme le


déploiement multi-site / multi-pays / multi-devises. Celles-ci sont très fonctionnelles
et rapides à mettre en marche.

Vous pouvez acheter toutes les briques que vous voulez dans votre portefeuille
(ATG est toutefois livrée avec Endeca nativement). Si votre entreprise a besoin d’un
grand nombre de logiciels qu’Oracle peut fournir, l’éditeur apportera des conseils
en architecture et viendra avec un intégrateur personnalisé en fonction de vos
besoins.

La documentation relative à ATG est fantastique, très complète, et on peut la


trouver facilement en ligne. Il existe certes des experts de l’intégration d’ATG, mais il
faut juste être prêt à les payer très cher, le fait qu’ils soient vraiment nécessaires se
reflète en effet dans le prix.

ATG est une solution onéreuse, dédiée à la clientèle haut de gamme. L’entreprise
a la ferme intention de revenir sur le marché européen, où elle a été moins active
ces dernières années, perdant du terrain au profit des nouveaux arrivants. Comme
IBM, Oracle semble avoir profité de ces deux années où elle s’est montrée discrète
pour développer une intégration plus poussée des technologies qu’elle a acquises
dans un framework central. L’heure est désormais venue de (re)construire une
dynamique sur le plan international. En ce qui concerne l’Europe, l’expansion d’ATG
implique de pouvoir désormais disposer d’une force de vente locale, d’un réseau
de partenaires et de quelques équipes de support vraiment fortes et localisées afin
de corriger l’image qu’elle avait auparavant. Mais la tempête arrive avec l’Alliance
SAP/Hybris. Cette nouvelle grande puissance va en effet essayer de se développer
rapidement en Europe, où Oracle a fermement l’intention d’être de retour. Pire
encore, ce nouveau duo peut également atteindre l’Amérique d’une manière plus
efficace encore que lorsqu’Hybris était seule.

91
MISE À JOUR 2016
LA FIN DU MODÈLE DE LICENCE
Cela fait maintenant quelques années qu’Oracle Commerce est en perte de
vitesse à travers le monde. Le produit, même s’il est très complet et à jour, était
sans aucun doute parmi les plus complexes à intégrer et il était rare de trouver des
développeurs qualifiés sur le terrain. Par moment, Oracle a essayé de s’imposer
davantage en ayant une importante présence commerciale dans le domaine,
mais la beaucoup projets se sont arrêtés ou ont été compliqués en raison du grand
retard qu’ils avaient pris.

En Amérique du Nord, un grand partenaire d’hébergement a également relayé


que le nombre de clients potentiels autour d’Oracle Commerce avait fortement
chuté en 2014. Comme WebSphere Commerce, le modèle de licence est devenu
obsolète au cours des deux dernières années, le plus probablement en raison
de la montée du SaaS de Demandware. Les chiffres que nous avons analysés
ont montré que le principal concurrent d’Oracle Commerce au cours des deux
dernières années était sans aucun doute Demandware.

« Oracle est un acteur Oracle lui-même est victime d’une


PaaS/IaaS très solide croissance « lente », de seulement 2,6
et il est temps % entre 2013 et 2015. Il était vraiment
temps que la société change sa
que l’e-commerce entre stratégie. En 2013, elle a alors décidé
dans la ronde », nous a dit de mettre la plupart de ses produits
un dirigeant anonyme. sur le Cloud.

LA MONTÉE DU SAAS ORACLE COMMERCE CLOUD SERVICES (OCCS)


Après des années de développement, la solution est devenue très puissante et
robuste et cela aurait représenté une sérieuse perte de temps de créer une version
SaaS à partir de zéro. De nombreux composants ont été mis à jour mais, comme
dans le cas d’IBM, l’entreprise a privilégié la stratégie d’approche « headless
commerce ».

Cela signifie que les développeurs ont gardé le moteur Java, les fonctionnalités,
l’API et toutes les relations et les structures de la base de données, mais que tout a
été refait à partir de zéro en ce qui concerne l’interface utilisateur.

Cela peut paraître une sorte de solution intermédiaire, mais les produits Java ont
tendance à très bien gérer les monter en charge et partager les ressources d’une
infrastructure n’est pas réellement un problème. Cependant, la partie frontale,
l’interface utilisateur graphique affichée aux clients, doit être totalement redéfinie
pour s’adapter à une interface Web partagée (multi-tenant).

Le travail de l’équipe a donc consisté à réinventer une GUI et à la connecter à l’API


existante du moteur principal afin d’offrir un produit qui embrasserait vraiment la
philosophie SaaS.

Oracle Commerce
En passant au SaaS, OCCS a également permis de résoudre un autre problème
qu’avaient les plateformes Oracle Commerce classiques : celui des fonctionnalités
sur mesure et de l’intégration. OCCS a été pensé de manière à ce que les
entreprises n’aient désormais plus rien à développer. Le mouvement a commencé
avec les boutiques de démonstration (connues sous le nom de CRS, ou Customer
Reference Store), qui étaient des boutiques client prédéfinies, adaptées à un usage
spécifique. Le concept est actuellement mis en avant afin d’éviter tout problème
de programmation et les importants délais de commercialisation qu’impliquent
trop de code sur mesure.

Si vous avez envie d’utiliser OCCS, vous choisissez un modèle qui est proche des
besoins de votre activité (commerce de détail, B2B, magasin de technologie, etc.)
et vous commencez à le personnaliser. Le principal travail consiste à définir le « look
& feel », le contenu, le merchandising, etc., mais personne n’a plus besoin d’écrire
une seule ligne de code, principale source des problèmes auxquels Oracle était
confrontée. Pour autant que l’on sache, aucune boutique n’est sortie sans voir été
auparavant développée pendant au moins un an alors que maintenant, avec
OCCS, les seules personnalisations nécessaires sont effectuées avec une création
de modèles HTML et du JavaScript, réduisant le délai de commercialisation de
plusieurs semaines. Comme Hybris, PrestaShop ou Magento, une place de marché
sera mise en place afin que les codeurs ou les agences tiers puissent développer
des widgets pour OCCS.

OCCS est officiellement disponible depuis l’été 2015, mais des fonctionnalités sont
régulièrement ajoutées. Les fonctionnalités originales d’Oracle Commerce sont,
au moment où nous écrivons, portées rapidement sur le Service Cloud d’Oracle
Commerce (OCCS) et 80 % d’entre elles sont apparemment déjà disponibles. Les
fonctionnalités de personnalisation et de segmentation sont actuellement en train
d’être portées d’Oracle Commerce à OCCS, et l’ensemble des fonctionnalités du
produit devrait être disponible au début du second semestre 2016.

L’une des fonctionnalités exceptionnelles de ce SaaS est que le fameux moteur de


recherche Endeca y est nativement disponible. Endeca était l’une des meilleures
technologies de navigation à facettes et de recherche disponibles lorsqu’Oracle
l’a acquise, et fournir l’accès à cet outil très puissant, sans frais supplémentaires, est
définitivement un plus pour OCCS.

Au-delà des simples fonctions de recherche, Endeca fournit un système


extrêmement détaillé et flexible permettant de personnaliser ce qui est montré
à l’utilisateur dans une boutique spécifique, après une recherche spécifique ou
même contextuellement. Parmi les autres fonctionnalités intégrées, nous pourrions
aussi citer le PIM (système de gestion de l’information produit) et le DAM (Digital

93
Asset Manager, système de gestion des ressources numériques), qui travaillent
ensemble pour associer automatiquement les produits à l’image appropriée,
permettant ainsi au gérant de la boutique de gagner beaucoup de temps.

OCCS cible de toute évidence les gérants de boutiques, leur fournissant des
rapports sur les KPI, par défaut ou personnalisés, et une toute nouvelle interface,
totalement orientée entreprise. Oracle Commerce avait déjà un back office très
avancé, intuitif et efficace, et cela ne fait pas vraiment de doute que la société va
prêter la même attention à la conception du back office SaaS.

Au moment où nous écrivons, OCCS est uniquement disponible aux États-Unis étant
donné que l’Europe n’a pas encore son propre parc de serveurs, mais cela ne
devrait plus tarder. En ce qui concerne l’hébergement du logiciel, comme dans
tous les Saas, l’offre est « tout compris » et inclut même le CDN d’Akamai, sans frais
supplémentaires.

« Nous mettons énormément Les plus gros clients d’Oracle


l’accent sur les ventes Commerce pourraient conserver le
de tous les produits Cloud, modèle de licence encore un certain
temps étant donné que le SaaS
y compris OCCS bien sûr »,
d’Oracle vise les plus petits
nous a confirmé commerçants, mais il est très probable
un dirigeant d’Oracle. qu’à long terme le SaaS prédominera
pour tous les segments. Lorsque les
décideurs sont des directeurs du numérique ou de marketing, le SaaS devient plus
attrayant que le produit sous licence et, dernièrement, c’est également une
tendance qui se répand chez les directeurs techniques.

OCCS : UN TOUT NOUVEAU BUSINESS MODEL


Pour des entreprises comme SAP, IBM ou Oracle, passer à un système de facturation
flexible, basé sur la croissance ou sur le chiffre d’affaires de leurs clients, a été une
révolution. La transformation à l’intérieur de ces sociétés, qui avaient l’habitude de
verser des commissions à leurs commerciaux en fonction des licences vendues,
a été énorme. Oracle a néanmoins réinventé son business model avec OCCS, et
c’est mieux ainsi.

Encore une fois ces géants, en se réinventant, offrent de grandes opportunités au


client final. Ces produits, figurant parmi les meilleurs de leur catégorie et qui étaient
auparavant impossibles à obtenir pour les clients qui ne faisaient pas partie des 500
plus grands détaillants, sont maintenant devenus très abordables. Il faudra compter
encore au minimum 100 000 dollars par an, mais cela ne représente même pas un
cinquième de ce qu’Oracle Commerce coûtait il y a seulement quelques années.
Le nouveau business model est basé soit sur le nombre de pages vues par les
consommateurs, soit sur un pourcentage du chiffre d’affaires réalisé en ligne. En ce
qui concerne la facturation en fonction du chiffre d’affaires, les premiers chiffres

Oracle Commerce
montrent un taux d’environ 4 %, très comparable à celui de Demandware et …
négociable.

La principale différence avec les concurrents SaaS d’OCCS est la possibilité


d’acheter un pack de pages vues, avec la garantie d’avoir une performance
pouvant être multipliée jusqu’à 10 fois. Voici un exemple pour illustrer cela : si
un commerçant achète 800 000 pages par mois, le nombre de pages pourrait
exploser jusqu’à 8 millions, avec une performance et un niveau de service garantis.
Si ce même commerçant atteint le seuil de pages qu’il a achetées, les pages
supplémentaires seront facturées au même prix, sans pénalités. Avec un budget
de 125 000 dollars, un client OCCS pourra émettre jusqu’à 5 millions de pages. Pour
10 millions de pages, le budget sera de 230 000 dollars, 20 millions de pages seront
facturées 340 000 dollars et 50 millions de pages coûteront 600 000 dollars.

Pour un détaillant standard, le rapport d’1€/visiteur est généralement assez exact,


avec un utilisateur standard visualisant 20 pages. Ces 5 millions de pages se
convertissent ensuite en un chiffre d’affaires de 250 000€, pour un coût de 100
000 €. Il serait alors recommandé d’opter pour un panier moyen plus élevé ou
d’adopter un pourcentage du chiffre d’affaires plutôt qu’un pack de pages. Pour
des volumes plus élevés, comme 20 millions de pages par exemple, des paniers
potentiellement plus grands et moins de pages par visiteur, la facturation par page
pourrait être cependant vraiment intéressante pour le client final. Le gérant de la
boutique doit sur ce point étudier attentivement les résultats des analyses pour
évaluer quel est le modèle qui lui convient le mieux.

PROGRÈS TECHNIQUES
Compte tenu du fait que la plupart des fonctionnalités disponibles dans Oracle
Commerce le seront très bientôt aussi dans OCCS et que, hormis la GUI, le reste des
produits est comparable, l’analyse couvrira Oracle Commerce comme une seule
entité.

Comme Hybris et WebSphere Commerce, Oracle Commerce inclut désormais des


fonctionnalités natives permettant de gérer l’assistance client par téléphone. Ce
module, appelé CSC (pour Commerce Service Center), permet au commerçant
d’accompagner les clients pendant le processus de vente ou de les aider s’ils font
face à un problème avec leur produit.

L’ancien « Page Builder », système permettant de construire les pages, a été


remplacé par un CMS de nouvelle génération appelé « Experience Management
Tool », ou outil de gestion de l’expérience, qui permet de créer des pages plus
complexes et inclut un workflow pour réaliser des projets, valider, publier, traduire,
etc. Vous pouvez également regarder simplement ce qui est nouveau dans un
document ou même déclencher un contournement d’urgence d’une étape du
workflow si cela est nécessaire. Bootstrap est maintenant entièrement intégré
dans le back office, ce qui permet à un concepteur de simplement faire glisser
et déposer son contenu, tout en maintenant une parfaite portabilité sur tous les
appareils mobiles.

95
La présentation de l’interface frontale est très indépendante de la technologie, ce
qui permet d’utiliser plusieurs bibliothèques et d’exploiter les requêtes JSON pour
remplir les différentes cartouches de modèle avec des requêtes API. Elle repose
maintenant sur Twitter Bootstrap, Knockout JS et LESS pour la gestion du CSS.

La gestion de l’information produit intégrée est incroyable et aussi facile à utiliser


que possible. Dans la version « on-premise » d’Oracle Commerce, l’interface de la
zone de travail (commune à d’autres parties du produit) permet à l’utilisateur de
faire glisser et déposer des produits dans la zone de travail afin de les modifier et
de les mettre à jour avec une simplicité sans précédent, y compris les interfaces
avancées d’import/export.

Eloqua, le composant gérant l’automatisation du marketing (e-mails, social, etc.)


est désormais adapté au B2B et est compatible avec de nombreux autres logiciels
basés sur le Cloud pour importer/exporter facilement des données vers et depuis
d’autres applications. Combiner ce composant avec InQuira (Oracle Knowledge,
spécialisé dans la gestion des connaissances) est également possible pour fournir
plus de contenus sur mesure à des groupes cibles très spécifiques. InQuira inclut
des fonctions avancées de gestion du workflow et de la création, de recherche en
langage naturel ainsi que d’analyse et de rapport.

La suite de tests A/B est nativement intégrée, ce qui permet au client de gérer
facilement des « expériences » et de voir, parmi plusieurs versions, quelle page
fonctionne le mieux.

Désormais, il est également possible de créer des scénarios plus avancés avec la
plateforme. Ils permettent au framework de réagir en fonction de la localisation
de l’utilisateur, de ses actions, des pages consultées, etc., d’associer une réponse
adaptée comme une remise, l’envoi d’un e-mail, ou encore de remplir une
cartouche avec des éléments spécifiques. Le système ne semble pas être aussi
complet que celui de WebSphere Commerce, mais il va assurément dans la
bonne direction.

Le système de tarification peut maintenant gérer des changements de prix temporels


(pour les produits ayant des fluctuations de prix). Il permet également d’avoir des
attributs étendus plus dynamiques comme la forme, la taille, la longueur, ou même
des attributs personnalisés, comme la longueur de la diagonale de l’écran pour un
téléviseur ou encore de choisir le type de rétroéclairage, facilitant ainsi l’exploitation
de ces attributs. Les produits configurables (essentiels pour beaucoup d’entreprises
B2B) sont désormais plus flexibles, aussi bien pour l’intégration de SKU connexes
que pour des éléments configurés, des sous-éléments indépendants, tels que l’on
peut avoir à utiliser lorsque l’on achète un PC personnalisé en ligne (RAM, CPU,
etc.) Le produit CPQ de configuration, tarification et devis (Configure Price Quote)
est nativement interfacé pour permettre de puissantes interactions.

Oracle Commerce a également beaucoup progressé dans le domaine de l’omni-

Oracle Commerce
canal et propose maintenant des interactions spécifiques « store-to-web » et « web-
to-store » consistant à dynamiser les relations entre les boutiques en ligne et les
points de vente réels, comme « obtenez 10 % de remise supplémentaire si vous
utilisez votre carte de fidélité » ou « obtenez la livraison gratuite si vous payez avec
PayPal », etc. Ces promotions par type d’offre sont également très adaptées aux
boutiques B2B. Une épicerie peut par exemple inciter les clients à payer comptant,
ou un détaillant peut vouloir stimuler l’activité de sa boutique physique en affichant
une promotion incitant les clients à se rendre dans le magasin.

10 autres langues ont été ajoutées au moteur MDEX de la plateforme, permettant


d’utiliser Oracle Commerce dans plus de 50 langues différentes, le convertissant en
l’un des supports les plus complets que nous n’ayons jamais vu. Le support IBeacon
est désormais inclus dans ASA (Assisted Selling Application, l’application de vente
assistée de la boutique destinée aux associés).

Parmi les fonctionnalités assez uniques d’Oracle Commerce, il y a aussi le nouveau


SSO (Single Sign On, l’authentification unique), permettant aux gestionnaires de
contrôler les autorisations et les actions directement depuis l’annuaire LDAP, et à
l’utilisateur de se connecter une seule fois et d’utiliser tous les outils sans problèmes.
Nous avons eu quelques aperçus de la feuille de route et l’accent est fortement
mis sur les fonctionnalités B2B, l’« Experience Manager », ainsi que sur quelques
améliorations fonctionnelles.

L’une des priorités de l’équipe sera également d’apporter la plupart des


fonctionnalités existantes d’Oracle Commerce n’ayant pas encore transférées
vers la version SaaS. De plus, et aussi inattendu que cela puisse paraître, les
fonctionnalités de thèmes et modèles réactifs, qui n’étaient pas les meilleures
d’Oracle Commerce (nativement tout du moins), seront aussi probablement
améliorées. Nous nous attendons également à ce que plus de ponts natifs soient
créés avec d’autres produits d’Oracle qui sont déjà mis sur le Cloud ou qui le seront
bientôt, pour faciliter l’intégration de l’OCCS.

En ce qui concerne le B2B, Oracle Commerce gère maintenant différentes


listes de prix en fonction des clients identifiés, des limites et de l’acceptation
des commandes, de la génération des devis, des retards de paiement et de
facturation, des achats groupés, des remises sur quantité, des exonérations de TVA,
des commandes répétées ou récurrentes en un clic, de la gestion d’affiliation, des
comptes du commerce de gros, des représentants, du téléchargement direct de
listes SKU pour remplir un panier, etc. les améliorations sont réelles et le produit est
maintenant parmi les meilleurs de sa catégorie au niveau du B2B.

ORACLE RETAIL XSTORE POS & RMS


Oracle fait partie de ces entreprises qui croient en la gestion des ventes du point
de vente à travers la boutique en ligne de la marque. Afin que les associés de la
boutique puissent effectuer leurs services, le composant Xstore permet de voir les

97
stocks, d’effectuer des commandes avec retrait en magasin ainsi que des actions
« save the sale », en achetant sur la boutique en ligne des produits n’étant peut-
être pas disponibles en magasin dans la bonne taille ou dans le bon modèle. Les
données de l’utilisateur sont connues à travers tous les canaux, permettant ainsi la
gestion de la fidélisation ou encore d’apporter des conseils mieux ciblés.

En dehors de ces fonctionnalités classiques, Oracle fournit au gestionnaire d’autres


outils, comme la prise en charge de dépôts bancaires, des horaires de travail, de
la gestion du temps et des rapports. Elle prend également en charge la gestion de
la fiscalité locale, les signatures numériques, l’impression des factures, les chèques-
cadeaux, et a même un ensemble de fonctionnalités et de workflow spécifiques
pour les magasins de proximité.

Cette suite de systèmes RMS/boutiques est l’une des plus complètes du marché
et montre qu’Oracle a l’intention de pousser la porte de ces PDV où elle n’est pas
autant représentée qu’IBM pourrait l’être.

CONCLUSION
En dépit de son application de commerce riche en fonctionnalités, Oracle a
néanmoins fait face à une perte d’intérêt de la part des clients. Une intégration des
produits trop compliquée, des licences coûteuses, un manque de développeurs
qualifiés et de longs délais avant la mise en ligne en ont découragé plus d’un. La
réponse était logique : porter cette solution puissante mais complexe en SaaS.

Plus d’intégration, plus de lignes de Java à coder, juste de la personnalisation,


du JavaScript, du HTML et du CSS. OCCS fournit les mêmes fonctionnalités que le
produit classique (ou presque), ce qui rend désormais cette suite incroyablement
complète très attrayante. Les packs proposés sont basés soit sur le nombre de pages
HTML générées, soit sur le chiffre d’affaires réalisé et évoluent avec l’entreprise
elle-même, rendant la solution abordable à partir de 250 000 euros (100 000 euros
pour l’intégration et 150 000 euros pour un montant décent de transactions). Ce
nouveau positionnement rend le service Cloud d’Oracle Commerce accessible
aux commerçants du Tier 2, et même du tier 3.

Oracle Commerce est une solution exceptionnellement complète, qui progresse


rapidement là où elle doit le faire, comme dans le B2B ou sur le sujet de l’OMS.
OCCS, l’offre SaaS, peut probablement changer la donne puisque le délai de
commercialisation et les coûts seront fortement réduits pour le client final. La
solution Oracle Commerce originale sera toujours disponible sous le système de
licence classique, mais l’accent est désormais mis sur la version SaaS, et c’est une
bonne chose étant donné que la plupart des projets basés sur le produit sous
licence classique souffraient des retards.

À l’heure actuelle, OCCS est disponible dans le monde entier, mais les serveurs sont
basés aux États-Unis, ce qui entraîne des délais supplémentaires pour les clients
européens, même si ceux-ci sont considérablement réduits grâce à l’utilisation

Oracle Commerce
d’Akamai, un autre grand atout de la solution. Quelques points de présence
européens seront très probablement bientôt disponibles.

La version d’OCCS que nous avons pu voir semble être suffisamment avancée pour
démarrer la production et la plupart des fonctionnalités du produit d’origine seront
très bientôt disponibles de toute façon. Cette nouvelle offre SaaS est faite pour être
très polyvalente et interfacer avec les produits d’Oracle déjà sur le Cloud, comme
CPQ (configuration, tarification et devis), Order Management Cloud (gestion des
commandes sur le Cloud), Marketing Cloud, Sales Cloud (les ventes sur le Cloud),
CRM Cloud (gestion des relations clients sur le Cloud) , Service Cloud, etc.

Le cap est clair : tout doit être basé sur le Cloud et capable d’interfacer avec les
autres produits de la maison.

Pour tout client des Tiers 3 ou 2 qui souhaitent essayer, notre conseil serait d’attendre
jusqu’à septembre 2016 afin que tous les composants de la suite originale d’Oracle
Commerce soient intégrés dans le SaaS, et que quelques agences ou clients
expérimentés aient fait leurs premiers essais, mais tout dans l’OCCS tend à moyen
terme vers un redémarrage concluant d’Oracle Commerce. Le produit original sert
de nombreux détaillants du top 500 à travers le monde et le fait qu’il soit désormais
accessible à un public plus large est une belle opportunité pour beaucoup
d’entreprises !

99
LES POINTS FORTS DE ORACLE COMMERCE
(Plus il y a de points, mieux c’est. Sur chaque KPI (indicateur clé de performance),
il y a au moins une solution avec 5 points ; il s’agit donc d’une comparaison entre
les solutions).

POSITIONNEMENT ORACLE COMMERCE


Chiffre d’affaires pour envisager la solution (On premise / SaaS) > $10 M/$1 M
Positionnement actuel sur le marché Tier 1
Direction de l’éditeur Tier 1 - 3
Profil (B2C, B2B) B2C/B2B
Opensource Non, Java & SaaS
L’éditeur met en avant… La personnalisation
L’éditeur met en avant… Le merchandising
L’éditeur met en avant… L’expérience dans le Tier 1
Nous sommes impressionnés par… La navigation e tle back office
Nous sommes sceptiques sur… Le timing du projet, les coûts
Buget minimum pour créer un site (On premise / SaaS) 500k$/200k$
KPI GÉNÉRAUX ORACLE COMMERCE
Le coût de la solution (licence, intégration, hébergement) (On premise / SaaS) HK /HHHK
Progressivité et /ou flexibilité des frais de licence/location HH
Délai de commercialisation (On premise / SaaS) HH /HHH
Variété/Qualité des boutiques de démonstration à s’adapter à un usage spécifique
HHK
(mis à part la boutique standard)
Capacités marketing basiques (moteur de promotion, coupon, carte cadeau, etc…) HHHHK
Niveau de navigation & présentation multidimensionnelle du catalogue (multi-bou-
HHHHH
tiques/mulitlangues/etc…)
Ecosystème (communauté, partenaires, intégrateurs, forums, etc…) HK
Convivialité et facilité d’utilisation du back office HHHHH
KPI TECHNIQUES (PLUS IL Y A DE POINTS, MIEUX C’EST !) ORACLE COMMERCE
Complexité du développement personnalisé pour étendre le système HK
Nombre de logiciels/extensions/services non disponibles HH
Nombre de produits/services complémentaires de l’éditeur HHHHK
Évolutivité & performances du front office (temps de chargement des pages) HHH
Vitesse du back office et évolutivité (nombre d’utilisateurs simultanés) HHHHH
Capacités de CMS natives HHHH
Capacité de service web/API natives (connexion avec des tiers, comme un ERP ou
HHHH
un logiciel de logistique)
Liste des fonctionnalités B2C (par défaut, sans extensions ou programmes parallèles) HHHHK
Mobile (application native, application hybride, responsive design) HHHK
KPI DES FONCTIONNALITÉS AVANCÉES ORACLE COMMERCE
Capacités de searchandising avancé & de personnalisation HHHHH
Capacités de multi/cross/omni canal HHHH
Gestion avancée native du catalogue (PIM, multi-catalogue, attributs, lots…) HHHHK
SGC (Système de Gestion des Commandes) intégré ou connecté nativement HHHK
Outils marketing avancé (marketing adaptif, tunnels de navigation dynamiques,
HHHH
etc…)
Capacités B2B natives HHHK

Oracle Commerce
NOTES

101
Hybris:
Retour sur le marché,
soutenue par un titan

hybris
INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LA SOLUTION

Éditeur SAP
Chiffre d’affaire en 2014 N/C
Business model (e-commerce) Produits et services
Coût de la licence Varie beaucoup d’un client à l’autre
Technologie Java
Framework -
Base de données MySQL, NoSQL, MongoDB
Version (à la date de l’étude) 5.7
Licence Propriétaire
Première sortie 2002
Origine Suisse
Budget de réalisation d’un site On premise : minimum 300K€ (Yaas, informations
(Bas/Moyen/Haut) pas encore disponibles)
Typologie de recommandation Tier 1 & 2, B2C et B2B

Temps moyen
Étendue Sites en Utilisation
de génération
géographique production par Tier
du code HTML

TIER 4
TIER 3
TIER 2
1 771 370 ms
TIER 1

Positionnement dans le Tier et tendances futures

TIER 1 TIER 2 TIER 3 TIER 4

Performances sur le marché par rapport à la concurrence


ORACLE WEBSPHERE
HYBRIS INTERSHOP MAGENTO EE
COMMERCE COMMERCE

103
INFORMATIONS TIRÉES DE L’ANALYSE DE 2013

QUI EST HYBRIS ?


Hybris, acteur dynamique sur le marché depuis plus d’une décennie, a obtenu
ces derniers temps des résultats impressionnants en termes de croissance et de
performance. Avec une expérience inégalée sur les meilleures pratiques (à travers
des centaines de projets) impliquant les catalogues et les systèmes de gestion des
produits, Hybris a gagné du terrain parmi les principales solutions e-commerce
européennes.

L’entreprise, fondée en 1997 Aujourd’hui, quel que soit l’angle sous


à Munich, connaissait la lequel vous examinez Hybris, vous
croissance depuis des années trouverez certainement que c’est une
réussite, à l’image de ses investisseurs
lorsqu’elle s’est lancée
qui ont récemment injecté 30 millions
il y a quelques années de dollars dans la solution.
sur la vague du e-commerce
et a commencé Mieux encore, quelques mois plus
à prendre son envol. tard, en juin 2013, Hybris a été acquise
par l’un des plus grands acteurs au monde dans le domaine des logiciels : SAP.
Partageant la même culture, la même langue et la même mentalité (Hybris est une
solution basée en Suisse), Hybris et SAP étaient naturellement compatibles. SAP va
renforcer le positionnement d’Hybris en fournissant les principaux accès aux grands
comptes avec lesquels elle travaille déjà, et elle va également renforcer les bases
du logiciel grâce à sa base de données et, surtout, son système ERP célèbre dans
le monde entier.

L’ERP est déjà un élément central dans la stratégie e-commerce, qui manquait
de toute façon à Hybris pour pouvoir rivaliser avec les acteurs dominants : IBM et
Oracle. C’est désormais de l’histoire ancienne car d’ici quelques mois, cette partie
sera couverte par SAP, le roi de cette spécialité. Cette belle alliance est en train de
donner naissance à une nouvelle superpuissance dans le monde du e-commerce.

Et comme le succès arrive rarement par hasard, on ne rencontre chez Hybris


que des personnes expérimentées. La plupart des dirigeants se sont formés au
sein de grandes entreprises de logiciels (Sales force, SAP, etc.). Ils accumulent
généralement des années de pratique et un large réseau de contacts. La recette
de leur succès : une expertise, des références et des logiciels capables de gérer
des projets complexes et des gros volumes sans faiblir. Il faut noter également le
récent recrutement de Brian Walker, qui travaillait auparavant chez Forrester. Ce
transfert a jeté un peu de suspicion en ce qui concerne l’objectivité des analyses
que Forrester a réalisées sur Hybris, mais cela apporte en tout cas un dirigeant très
compétent de plus à l’entreprise.

Dans notre version précédente de ce livre, nous avons considéré Hybris comme

hybris
étant principalement un acteur du Tier 2. La solution a depuis fait du chemin vers
le Tier 1 et Hybris est maintenant un acteur dont il faut tenir compte, même pour
les plus grands projets, comme le confirment par exemple les récentes signatures
de Metro, Cosco ou Samsung prove. Cela est d’autant plus évident depuis qu’elle
est détenue par SAP, l’entreprise se concentrant désormais également sur les plus
gros clients.

En plus de la composante ERP, le fait de se rapprocher de SAP apportera aussi


quelques synergies à Hybris, comme un très bon aperçu de la relation client sur
tous les canaux avec SAP Jam social et une plateforme analytique en temps réel,
Hana, avec son système de traitement base de données en mémoire.

LE « NOUVEL ARRIVANT »
Oracle ATG, WebSphere Commerce et Intershop, les trois grands leaders des
Tiers 1 et 2 se livraient depuis des années une concurrence tranquille. Ils ont signé
d’énormes contrats avec des marques internationales sans qu’il n’y ait de réel
danger à l’horizon. La concurrence était presque organisée, ou en tout cas connue,
et même l’arrivée de Demandware était attendue et négociée. Tout allait pour le
mieux dans le monde des solutions Java mais un jour, une équipe allemande a
amicalement dynamité la partie...

Stratégie différente, philosophie différente, dirigeants expérimentés, produit sérieux,


Hybris les a plutôt pris de court et a ensuite très rapidement accéléré la cadence.
Grâce à ses fonctionnalités de haut niveau et en ciblant principalement les grands
clients orientés cross-canal, Hybris a commencé à marquer des points de façon
significative. Aujourd’hui, Hybris est considéré comme « l’un des trois », avec Oracle
ATG et IBM WebSphere Commerce. L’entreprise a innové dans un segment où rien
de vraiment nouveau ne s’est passé depuis quelques années et a trouvé sa place
grâce à une stratégie agressive.

Au départ, Hybris était principalement connue pour sa Gestion de Contenu Produit


(PCM), mais en intégrant un Système de Gestion des Commandes (OMS) et avec
la mise en œuvre de sa stratégie multicanal, l’entreprise est rapidement devenue
un acteur très complet.

Cependant, il ne faut pas oublier qu’Hybris n’est pas la seule solution performante
au niveau de ces fonctions, même si elle est effectivement très visible et qu’elle
est très probablement celle qui communique le plus, donnant l’impression d’être
la seule à innover sur ce marché. Une fois ceci précisé, il y a de bonnes raisons au
battage médiatique actuel autour de cette solution.

LES TROIS PILIERS D’HYBRIS


• Gestion de Contenu Produit (PCM), le cheval de Troie
La gestion de contenu produit (PCM) est la pierre angulaire de la solution et son

105
atout majeur. Aujourd’hui, peu de solutions sont en mesure de fournir un PCM aussi
complet, en particulier dans un contexte e-commerce. Certaines solutions existent
mais actuellement peu d’entre elles sont nativement interfacées avec un logiciel
e-commerce (à l’exception du prometteur Akeneo). Le PCM d’Hybris est une carte
majeure et c’est l’une des fonctions principales ayant permis de convaincre les plus
grandes marques d’inclure Hybris dans leur offre.

L’approche centrée La gestion de produit peut se faire via


sur le contenu peut également différents canaux et toutes les activités
annexes y sont associées : impression,
être vue dans les divers médias, magasin physique, réseaux
« cockpits » (les centres de sociaux, etc. Véritable marque de
gestion) des solutions fabrique d’Hybris, cette spécialisation
est précieuse pour les grandes
qui affichent tous des informations
marques qui ont à gérer des millions
étendues sur les produits de produits et qui sont amenées à
lorsqu’ils sont gérés/vus/modifiés. changer fréquemment au fil du temps.

Le principal point fort du PCM est sa capacité à gérer des produits d’une manière
très fonctionnelle. Prenons l’exemple d’une nouvelle couleur introduite dans le
catalogue. Le produit doit donc être mis à jour. En plus d’être convivial, le PCM va
permettre à l’e-commerçant de mettre à jour la nouvelle couleur sur le site, dans
tous les PDV, mais aussi dans le catalogue imprimé via une passerelle directe entre
Hybris PCM et In Design (Iquest.comet développé par Werk-2). C’est franchement
pratique quand on sait le temps qu’il faut pour mettre à jour le contenu des fichiers
d’impression un par un. Le PCM est un gain de temps, donc un gain de productivité,
en particulier pour les e-commerçants qui doivent gérer de très grandes listes de
produits. Également appréciable pour son application eShop Manager, le PCM
signale les fiches produit incomplètes qu’il détecte pour permettre d’en effectuer
rapidement la correction.

Bien sûr, le PCM peut gérer des packages, des règles, des ressources virtuelles et
avancées orientées objet, des attributs. Le seul petit problème qu’il pourrait y avoir
est le compromis qu’Hybris a choisi de faire entre taille & performance. Pour éviter
l’écueil du modèle EAV (celui utilisé par Magento par exemple) qui oblige un grand
nombre de requêtes « jointes » à récupérer complètement tous les paramètres
d’un produit, Hybris fonctionne par défaut sur une matrice de 100 colonnes. Elles
sont préétablies, qu’elles soient utilisées ou non, et si un produit est présent dans
plusieurs catalogues, elles sont dupliquées pour chacun d’entre eux, ce qui rend
le système assez rapide mais aussi un brin consommateur de ressources lorsqu’il
s’agit de stockage.

Hybris sait qu’elle a un excellent produit PCM et, parmi les 500 clients que la
solution revendique, un peu moins de la moitié n’ont pas encore adopté la solution
e-Commerce, mais le PCM lui-même. La stratégie visant à poser cette première
brique dans un environnement client pour ensuite le convertir entièrement à Hybris
Software Suite est une spécialité de la maison.

hybris
Système de Gestion des Commandes (OMS)
Les principaux éditeurs de solutions e-commerce ont tendance à améliorer
leur système en faisant l’acquisition d’autres technologies. Nous avons tout
particulièrement observé que les solutions Java rachètent des sociétés car ce sont
celles qui ont le plus d’argent. Hybris ne fait pas exception à la règle, avec l’acquisition
d’iCongo en 2011. L’acquisition de ce système de gestion de commande intégré
(OMS) était stratégique. En ajoutant de nouvelles fonctionnalités à la solution, elle
cherchait à devenir encore plus compétitive pour tous les grands comptes qui
souhaiteraient choisir Hybris.

L’OMS a été conçu pour optimiser L’une des principales fonctions de ce


le processus de logistique global, OMS consiste à pouvoir contrôler les
une clé de la rentabilité stocks de tous les entrepôts et de tous
et de l’évolutivité, comme les points de vente, en temps réel, par
statut, article, entrepôt, quantité, etc.
l’a démontré Amazon.
Avec Hybris, le client fixe les règles
qu’il veut appliquer pour sa logistique (par exemple urgence ou réduction des
coûts) et l’OMS cible le bon entrepôt ou point de vente (le plus proche s’il s’agit
d’une urgence ou le moins cher s’il s’agir de réduire les coûts) en fonction de la
localisation géographique du client.

L’OMS prend en charge NoSQL sur MongoDB (pour des raisons de performance et
de coûts), il intègre un système de règles avancé pour pouvoir établir le prix des frais
de livraison et automatiser les requêtes relatives aux stocks en fonction de différents
facteurs. Cette brique n’est pas séparée du fonctionnement global et fonctionne
au contraire dans un workflow global, permettant aux différentes phases de
préparation (prélèvement, emballage, étiquetage, expédition...) d’être gérées de
manière centralisée. Légèrement moins complète que Sterling Commerce d’IBM,
la solution fournit tout de même un framework très complet et évolutif, capable de
gérer les sites des clients les plus exigeants.

Pour éviter d’altérer les performances, l’ERP et l’OMS ne sont pas directement reliés
entre eux par une liaison en temps réel. Ils fonctionnent au contraire de manière
asynchrone, ce qui assure la tolérance aux pannes et aux ralentissements du
système de sauvegarde de l’ERP.

• Stratégie multicanal
La vision globale d’Hybris est de devenir une solution qui réponde à tous les besoins
d’un e-commerçant, du prélèvement dans l’entrepôt lorsqu’un achat a été effectué
sur un téléphone ou sur un site web, à la livraison physique en magasin. Tous les
canaux doivent être couverts et toutes les données doivent être regroupées dans
un système central appelé Master Data Management (MDM).

Quoi qu’il en soit, au-delà du battage médiatique actuel, la solution parle de


multicanal et de cross-canal depuis 2005 et elle intègre un véritable produit dédié
(comme l’OMS & le PCM) ou des ponts, afin de permettre aux clients de réussir

107
dans ce domaine, comme l’OCC (Omni Canal Connect). Dans sa version 5, Hybris
fournit également un système de gestion en magasin « instore manager », un outil
qui permet au vendeur d’un magasin physique de fournir au client des informations
provenant du site ou encore de réaliser directement la vente à partir du point de
vente physique.

En d’autres termes, Hybris devient la couche centrale de l’ensemble du système


e-commerce en recueillant des données provenant des canaux en ligne/hors ligne,
de tous les utilisateurs et des sources internes/externes. Avec Hybris, vous pouvez
connecter à peu près tout ce que vous voulez. Hybris veut être perçue comme une
solution omni-canal qui permet l’omni-commerce en donnant au client une vue
unique des commerçants à travers le commerce numérique et physique.

Selon M. Chemouny,
Vice-Président Europe du Sud
et Amérique Latine d’Hybris,
« la stratégie multicanal Cela est résumé dans le graphique
est l’ADN de l’entreprise, ci-dessous.
Hybris est née avec ».

MOBILE
Aucune stratégie multicanal ne serait complète sans une gestion Mobile.

Là encore, les acheteurs ont changé leurs habitudes et les éditeurs de logiciels
ont dû faire face à ce nouveau type d’usage. Hybris a, une fois de plus, envisagé
le problème selon une approche globale et différente. Le besoin de mobilité est
croissant dans les villes où il devient de plus en plus compliqué de conduire d’un
point A à un point B sans être confronté à des heures d’embouteillages.

Ajouté à d’autres réflexions, cela a amené l’éditeur à considérer le Mobile comme


un canal totalement différent, devant donc être géré de manière centralisée et
harmonieuse mais avec une utilisation spécifique. Le contenu affiché provient d’un

hybris
catalogue spécifique, avec une application qui varie totalement en fonction de
votre typologie.

Certaines marques affichent juste un catalogue, d’autres gèrent des catalogues


très volumineux pour vos achats alimentaires et enfin certains sont B2B... Cela
montre non seulement qu’il y a différents types d’usage et de besoins, mais aussi
différents canaux, clients, volumes, etc.

Hybris tient compte de tous ces Une marque aura peut-être besoin
aspects et propose d’un responsive design là où un
une application pour IOS acteur B2B aura besoin d’une
application transactionnelle, moins
ou pour Android mobile,
design, mais plus performante et
et surtout un SDK pour permettre incluant plus de fonctionnalités.
aux développeurs de créer
des applications sur mesure.

CMS
Le CMS fournit est très correct, il permet l’édition visuelle des contenus et aussi
d’avoir accès à des fonctionnalités avancées sans avoir besoin de faire appel à
un intégrateur HTML. En outre, le CMS est le lien entre les données et la vue, deux
fonctions distinctes qui sont étroitement liées.

Le CMS facilite également, comme la plupart des composants Hybris, le travail


collaboratif ainsi qu’un workflow. Il permet également de modifier, prévisualiser et
valider les différentes mises à jour.

B2B
Le B2B est nativement un bon marché pour Hybris. Avec des fonctionnalités
multicanal et une gestion de catalogue centralisée (incluant la version imprimée),
il avait déjà les bases. Poussant plus loin son avantage, Hybris a créé des outils
spécifiques.

Les clients d’Hybris peuvent déléguer certaines fonctions à leurs propres clients,
comme par exemple émettre des demandes, faire des devis, gérer des budgets,
créer des commandes récurrentes, etc. Il est également possible de gérer les
autorisations des différents profils, ce qui permet à la fois d’avoir un contrôle plus
strict et de pouvoir déléguer davantage.

Un accélérateur B2B dédié est également disponible, mettant un peu plus l’accent
sur cette fonction particulière. Intershop est encore un peu en avance sur ce point
précis, mais le fait qu’Hybris mette l’accent de manière si significative sur le cross-
canal en fait un candidat naturel sur ce segment.

109
MODÈLE DE LIVRAISON
Ce qui fait également la force d’Hybris, c’est sa capacité à fournir des applications
tant « à la demande », qu’« on-premise » ou encore hybrides. Cette souplesse dans
la facturation des licences permet aux clients d’essayer les fonctions spécifiques de
la solution puis de passer ensuite à une solution plus intégrée.

• À la demande
Il s’agit plus précisément Si un e-commerçant a juste besoin de
d’un forfait mensuel auquel quelques fonctionnalités ou n’a pas
tout le budget nécessaire pour
s’ajoute un montant progressif,
exécuter toutes les applications
par seuil, en fonction du résultat. d’Hybris, il peut décider d’en
sélectionner certaines et de payer à la demande. Le modèle « à la demande »
d’Hybris est SaaS (déjà hébergé) et c’est un bon moyen pour une marque bien
établie de tester un nouveau marché ou une activité e-commerce. Dans le modèle
« à la demande », un pourcentage sur le chiffre d’affaires réalisé en ligne est
facturé.

Les tarifications sont soit calculées en fonction d’un système « Pay As You Grow »
(paiement évolutif), soit en fonction des revenus « revenue-based ». Le modèle
« à la demande » permet de migrer vers un modèle « on-premise » ou hybride si
les e-commerçants décident de devenir propriétaires de la solution. Ce nouveau
modèle de livraison d’Hybris est clairement un moyen de rivaliser avec Demandware
et son modèle SaaS à la demande.

Hybris sait à quel point il est difficile de lancer un projet et le temps que cela prend
a une grande marque, et c’est pour cela qu’elle se sert de ce modèle de livraison
pour établir un premier contact avec le client. Cette stratégie est intelligente et c’est
d’ailleurs l’une des raisons de la réussite actuelle de la solution. Toutefois, soyez bien
conscients qu’Hybris parie sur la réussite de ses clients avec ce mode de livraison et
que la réversibilité des contenus (le fait de pouvoir les récupérer) n’est possible que
dans certaines conditions, liant les clients à la solution jusqu’à ce qu’ils atteignent
un certain seuil.

• On-premise
« On-premise » signifie que vous êtes propriétaire de l’ensemble de la solution et
que la tarification est basée soit sur les CPU/CORE soit sur le système « Pay As You
Grow » (paiement évolutif). Ce modèle peut également être choisi avec Hybris
managed services si le client ne veut pas avoir à gérer l’hébergement ou s’il a déjà
un partenaire dans ce domaine.

La facturation est calculée en fonction du nombre de cœurs. Le montant minimum


est de 100 000 euros, mais la licence est alors perpétuelle et elle inclut les nouvelles
versions (majeures et mineures). Les frais annuels récurrents de maintenance et de
mise à niveau vont de 18 à 26 %, selon le niveau de service demandé.

hybris
Durant ces projets d’intégration, Hybris assure désormais elle-même la gestion de
la qualité afin d’éviter certains problèmes qui ont eu lieu par le passé. Quoi qu’il
en soit, c’est ce qu’attendent les clients du Tier 1 d’un acteur majeur, et le modèle
« on-premise » est principalement fait pour eux.

• Hybrid
Le modèle hybrid est un mélange entre les modèles « sur site » et « à la demande ».
Voici une citation d’Ariel Ludi, PDG d’Hybris, expliquant le modèle : « Avec le modèle
hybrid d’Hybris, un client peut commencer avec « à la demande » et, lorsqu’il atteint
une masse critique ou veut avoir davantage de contrôle sur certains aspects de la
solution, il change pour on-premise. Le client est en fin de compte libre de choisir
où faire la coupure entre on-premise et à la demande et peut, avec le temps,
passer plus d’éléments vers la formule On-Premise si cela est nécessaire ».

Hybris peut également apporter un soutien au business plan d’un nouveau


projet e-commerce et fournir ensuite au client les fonctions qui lui conviennent.
Par exemple, une marque peut choisir de n’utiliser que le PCM et, petit à petit,
demander de plus en plus de fonctionnalités au fur et à mesure que le site se
développe. En conséquence, Hybris est impliqué dans l’ensemble du projet et
connaît tous les besoins des clients.

Le modèle de tarification est fixé au début du projet et est alors basé sur le chiffre
d’affaires envisagé. Alors que d’autres solutions ont des modèles de licence très
strictes, Hybris a fait le choix de commencer doucement et développer son activité
commerciale main dans la main avec ses clients en leur proposant une solution
puissante qui va leur permettre de se développer.

LES ACCÉLÉRATEURS
Les partenaires sont en fait divisés en deux groupes : l’un qui travaille sur les
accélérateurs et l’autre qui fait de l’intégration. En France, par exemple, Decade
et Business & Decision sont des partenaires qui travaillent autour de l’intégration
d’accélérateurs sur les Tiers 2 et 3 tandis que GFI, Keyrus et Sqli travaillent sur
« l’intégration complète », comme Accenture (à une échelle mondiale).

Un accélérateur est une boutique de démonstration, déjà parfaitement


fonctionnelle, qui a un objectif spécifique comme le B2B ou les télécommunications
par exemple. Un e-commerçant peut choisir ces boutiques préconfigurées qui lui
permettent de réduire les délais avant sa mise en service. L’intervalle de temps
considéré varie de trois à six mois, ce qui est un délai plutôt court pour une solution
complète comme Hybris. L’accélérateur est un bon moyen d’acquérir les meilleures
pratiques de la solution et de démarrer un projet e-commerce à partir de zéro.
Cela permet de valider un business model avant de monter en puissance vers une
version plus grande.

111
Au lieu de passer du temps à rédiger un cahier des charges, les accélérateurs
permettent au client et à l’intégrateur de travailler seulement sur la différence entre
ce qu’un accélérateur spécifique fait déjà et les besoins des clients. En raison de la
séparation minutieuse entre le modèle de données et sa couche de présentation,
l’accélérateur devient principalement un CMS, rendant possible une intégration
rapide tout en permettant au client de profiter de la pleine puissance d’Hybris.

Il existe plusieurs accélérateurs Les boutiques « accélérateurs » sont


disponibles en B2B et B2C prêtes à être affichées sur les
en fonction de votre marché : téléphones et la personnalisation du
magasin d’électronique en B2B, design peut être faite très facilement,
ce qui réduira le temps d’intégration
magasin de détail en B2C,
et augmentera le taux de réussite.
grand magasin, Plusieurs clients d’Hybris continuent à
télécommunications, utiliser les accélérateurs comme
luxe, vendeur de produits principal site e-commerce.
non matériels, etc.
Et si d’un côté l’accélérateur lie le client à Hybris, il lui fournit également un accès
non négligeable aux capacités d’Hybris, à un moindre coût. Chaque médaille a son
revers mais ce compromis, s’il est évalué soigneusement, peut être très intéressant.

L’acquisition récente d’Hybris par SAP peut modifier légèrement ce point étant
donné qu’à l’heure actuelle nous ne connaissons pas le programme de SAP. Est-
ce que SAP va amener Hybris à se concentrer principalement sur les clients du
Tier 1 ? Si cette volonté d’être plus accessible à la clientèle de classe moyenne
survivra à ce changement stratégique ou non, nous ne le savons pas à la date de
publication de ce livre.

SEARCHANDISING ET MERCHANDISING
Comme toute solution JAVA, Hybris possède des fonctionnalités avancées de
searchandising et de merchandising. Ces deux concepts marketing sont vraiment
importants pour les e-commerçants des Tiers 1 et 2. Ils permettent d’optimiser le taux
de conversion (le Saint Graal du e-commerce) en affichant le bon produit, au bon
moment, et au bon visiteur.

En d’autres termes, le searchandising est le moyen de faciliter et d’intégrer la


recherche sur un site e-commerce. Par exemple, avoir de nombreux filtres tels
que le choix des couleurs, la taille, l’univers du produit et une recherche basée
sur l’auto-complétion, qui va comprendre ce que vous cherchez et afficher les
produits d’une manière dynamique, c’est ce que nous avons appelé l’optimisation
searchandising.

Le Merchandising est la façon dont un site adapte son affichage en fonction


du comportement, des achats, des paniers abandonnés, des ventes flash, etc.
Le site est entièrement dynamique et l’équipe marketing peut choisir les produits

hybris
qui seront poussés selon un calendrier précis. Quand les e-commerçants ont des
milliers et des milliers de produits, c’est la seule façon de personnaliser le contenu,
comme si vous faisiez vos achats dans un magasin physique et que vous décidiez
d’aller dans la section femmes pour acheter quelque chose de précis.

Avec Hybris, ces deux concepts marketing sont gérés par Endeca, une solution
puissante qui a été rachetée par Oracle ATG (voir la partie sur Oracle Commerce
pour plus d’informations sur Endeca). Endeca est toujours un partenaire stratégique
pour Hybris mais cette acquisition a clairement affaibli Hybris dans ces 2 domaines
stratégiques pour tous les grands e-commerçants. Que se passera-t-il si un jour
Oracle décide d’arrêter de faire des affaires avec Hybris ?

LA STRATÉGIE D’HYBRIS
De plus en plus de marques sont attirées par Hybris et nous avons constaté qu’en
Europe la solution avait grignoté des parts de marché à ses concurrents. Un bref
coup d’œil sur les derniers chiffres de 2012 nous montre la croissance de la solution :
+ 126 clients, + 60 % de croissance, un chiffre d’affaires total supérieur à 110 millions
de dollars et une augmentation de + 200 % du chiffre d’affaires en Amérique du
Nord.

Hybris veut rester la solution e-commerce ayant la plus forte croissance en termes
de chiffre d’affaires et a levé 30 millions de dollars pour atteindre cet objectif. La
stratégie de sortie de l’investisseur était claire : l’introduction en bourse. SAP ayant
acheté la société lui a finalement offert un retour sur investissement plus rapide
qu’il n’y paraît. Mais qu’elle se positionne en tant qu’investisseur ou en tant que
SAP, Hybris doit augmenter sa part de marché et coloniser de nouveaux marchés.

Cela pourrait également conduire l’entreprise à « manger » un peu plus du chiffre


d’affaires de son écosystème en faisant plus de choses sur le plan interne qu’à
l’heure actuelle, consolidant des revenus en réalité réalisés par d’autres. La société
est déjà souvent considérée comme un joueur « solo » par ses partenaires ou par
des partenaires potentiels et la nécessité d’augmenter massivement son propre
chiffre d’affaires peut amplifier cette perception.

En ce qui concerne l’internationalisation, Hybris se lance avec déjà une solide


expérience : celle de l’Europe. Multilingue, multi-devises, sauf peut-être pour le
système d’imposition incompréhensible des États-Unis, la solution a déjà connu la
complexité de l’internationalisation à travers son expérience européenne.

En ce qui concerne l’expansion sur les Tiers 1 et 2, Hybris bénéficie de trois


stratégies qui ont fait leurs preuves. La première, dont nous avons parlé un peu
plus tôt, consiste à mettre le pied dans la porte avec le PCM. La seconde est
plus liée à l’approche philosophique. La prévente d’Hybris est souvent liée au
business plan lui-même. Pour faire court : « dîtes-nous quels sont vos projets et nous
ferons les calculs, en maximisant votre vrai potentiel en ligne et hors ligne, puis
nous construirons ensemble votre business plan ». Que cela vous plaise ou non,

113
le client sensible à cet état d’esprit peut rapidement être convaincu. Sans oublier
l’équipe commerciale qui concentre ses efforts sur une cible précise. Elle chasse
littéralement les clients qu’elle veut gagner et agit comme un sniper, ne dépensant
pas son énergie inutilement sur des cibles de moindre importance mais en se
concentrant au contraire sur les grands comptes.

La dernière méthode habituellement utilisée consistait à pratiquer des prix très


variables en fonction de la « valeur » et de l’intérêt que le client ciblé représentait
pour Hybris. Mais maintenant que l’entreprise doit exploiter des revenus beaucoup
plus importants, le temps de la flexibilité extrême des grilles de prix des Tiers 1 et 2
risque d’appartenir au passé. Quoi qu’il en soit, sur le marché du Tier 1, la solution
est souvent plus en concurrence avec un développement spécifique qu’avec
d’autres concurrents, or le développement en interne est très coûteux. Hybris se
positionne cependant comme une bonne option, indépendamment d’un fort taux
d’actualisation sur les prix publics.

Toutefois, la croissance attendue par l’investisseur ne peut pas seulement se faire


en diminuant les marges de négociation, en faisant plus de choses en interne et
en s’établissant dans de nouveaux pays. L’entreprise a été très innovante en ce qui
concerne le système de licences et la facturation des coûts, avec un système de
paiement évolutif « Pay As You Grow » qui lui permet de se tourner vers un bassin de
clientèle vraiment important et en pleine croissance : le Tier 3.

Qu’est-ce que cela va changer pour les e-commerçants ? Le Tier 3 est le cœur du
marché, où presque toutes les solutions sont en concurrence. Si Hybris développe
un modèle basé sur les accélérateurs, encore plus simple qu’aujourd’hui et
ne nécessitant que peu de personnalisations, il y a des chances pour qu’Hybris
devienne l’une des principales solutions e-commerce leaders étant présentes sur 3
Tiers à la fois (1, 2 et 3).

Hybris a de grands projets pour l’avenir et les dirigeants feront tout ce qu’ils pourront
pour conquérir le marché. Nous devons absolument suivre cette solution avec
attention, car l’entreprise fera de nombreuses annonces en 2013 et la nouvelle
version (Hybris 5.0) ne sera que le début.

Une fois de plus, cette stratégie peut évoluer au cours des prochains mois ou
années car SAP peut changer de cap, même si cela semble peu probable étant
donné que les deux sociétés se renforcent mutuellement.

« L’INCIDENT » ENDECA
Lorsqu’Endeca a été rachetée par Oracle, ce fut un double mauvais coup pour
Hybris. Endeca était non seulement le revendeur exclusif d’Hybris pour les États-
Unis, mais la plupart de ses installations étaient aussi alimentées par sa couche
searchandising. Les relations sont maintenant différentes et l’on trouve encore
Endeca dans certaines installations d’Hybris, mais l’avenir du couple n’est plus du
tout évident.

hybris
Cette décision d’Oracle a également forcé Hybris à trouver rapidement une
alternative à Endeca lorsque les clients manifestent des besoins en recherche &
merchandising avancés. L’équipe a en quelque sorte résolu le problème par une
intégration plus poussée de SolR, mais comme cela a été fait dans l’urgence, cette
intégration reste un peu moins avancée que celle d’IBM.

Il serait logique maintenant que SAP acquiert une société spécialisée dans le
searchandising et la personnalisation, comme FredHopper ou Celebros, pour
compléter sa gamme et remplacer Endeca.

LES MARGES DE PROGRESSION


Il ne faut pas compter sur le personnel pour vous dire quelles sont les marges de
progression d’Hybris.

Ils sont briefés comme des politiciens et vous devez déceler les points sur lesquels
ils ne mettent pas l’accent pour trouver les potentiels points faibles de cette
solution ultra puissante. Quand vous osez affronter les plus grands noms du secteur
comme IBM ou Oracle et que vous voulez rivaliser avec l’une des solutions les plus
expérimentées comme Intershop, vous devez avoir une réponse quasi parfaite à
tout. Cela est également vrai si vous voulez faire face aux petits commerçants dans
le Tier 3 et Hybris, comme tout le monde, a des marges de progression.

En premier lieu, Hybris doit renforcer son écosystème, en permettant aux partenaires
de travailler et de gagner avec l’éditeur. L’évangélisation est évidemment un autre
point car de nombreux clients des Tiers 1 et 3 n’ont pas encore tellement conscience
qu’Hybris peut répondre à leurs besoins et, comme toutes les autres solutions, le
framework doit être connu et maîtrisé par les développeurs pour permettre à plus
de clients d’être livrés.

La mise en cache des pages par reverse proxy et le système de mise en cache lui-
même ne sont pas encore optimaux, ce qui laisse de la marge pour l’amélioration
des performances, même si hors de la boîte, le framework délivre un temps de
chargement très rapide pour chaque page. L’un ne contredit cependant pas
l’autre car la vitesse de rendu d’une page individuelle montre la qualité du moteur
global là où la prise en main du cache est plus liée au coût de la mise à niveau.
À l’heure actuelle Hybris est très rapide dans le rendu des pages mais peut être
optimisée en ce qui concerne sa consommation de ressources afin de diminuer le
coût de son évolutivité. D’autre part, nous avons apprécié le fait que les outils aient
des accès séparés aux données, et aient même parfois une base de données
différente, conférant ainsi à la solution la capacité d’avoir plusieurs personnes qui
travaillent simultanément sur la plateforme.

En ce qui concerne le searchandising et le merchandising, la perte d’Endeca a


porté un coup dur et les fonctionnalités natives du produit peuvent être améliorées.
Pourtant, rien n’empêche le client d’adopter Endeca ou d’autres produits comme

115
Celebros, Fredhopper ou de demander une intégration plus poussée du moteur
SolR natif.

On sait moins que la pile logicielle d’Hybris renferme deux faiblesses, appelées Jalo
et Impex. Jalo est un composant Java (Jakarta Logic) intégrant à la fois le modèle
de données et la logique métier. L’une des fonctions principales gérées par Jalo est
la session de l’utilisateur, qui conserve ses paramètres, mais l’objet de la session Jalo
n’est pas persistant. Cela pose de nombreux problèmes car le composant n’est
plus entretenu par la communauté depuis 2001. Il n’a alors plus évolué et ne s’est
donc pas adapté aux nouveaux usages ni à la nouvelle structure des données,
dégradant la capacité évolutive de la plateforme, ou tout du moins le coût de la
montée en charge. Hybris pense à remplacer le composant par quelque chose
de plus efficace et de bien entretenu comme Hibernator ou JPA, mais rien n’est
encore fait.

Impex, la couche utilisée pour importer et exporter des données (d’où son nom
Imp-Ex) est également très intéressante. C’est ce qu’ont utilisé les vieux SGDB
comme Informix ou COBOL, mais il n’est absolument pas compatible avec XML,
il est en format CSV. Si votre ERP ou CRM est plus évolué et fonctionne en XML
(c’est très probablement le cas), un pont XML -> CSV et CSV -> XML devra être créé.
Cela devient très compliqué d’utiliser Blob/Clob (grand objet binaire ou grand
objet caractère). De la même manière, des données complexes ou hiérarchisées
peuvent devenir un problème. Pour pallier ce déficit, certains clients intègrent un
ETL tiers comme Talend pour faire correspondre les deux ensembles de données.

Peut-être également en raison du caractère relativement récent du travail,


quelques intégrations ont connu des problèmes et des retards. Le choix de l’éditeur
d’orienter massivement les clients vers son accélérateur a été en partie fait pour
résoudre ce point, en partie pour conquérir des parts de marché dans le segment
du Tier 3. Les accélérateurs étant conçus par l’équipe de l’éditeur, cela permet de
garantir un code de qualité et d’éviter les complications liées à l’intégration, ce qui
permet de répondre au problème de manière très constructive. Néanmoins, pour
être un acteur des Tiers 1 et 2, il est parfois nécessaire d’adapter son produit afin
d’exploiter au maximum tout son potentiel. Hybris peut le faire, sans aucun doute,
mais comme nous l’avons dit précédemment, l’intégration des partenaires sera un
élément clé.

Pour répondre à ces points et aussi (principalement) à la feuille de route de la


fonctionnalité, Hybris possède un comité consultatif clientèle (Customer Advisory
Board). C’est l’endroit idéal pour exprimer vos demandes à l’éditeur de façon
structurée, ce qui manque à d’autres acteurs comme Magento par exemple.

HYBRIS & RBS CHANGE : DEUX APPROCHES DIFFÉRENTES SUR UNE MÊME QUESTION ?
Même si les entreprises sont de taille différente, on peut comparer les approches
philosophiques e-commerce d’Hybris et de RBS Change car elles ont toutes les
deux une vision axée sur le multi/cross canal. Le point de vue d’Hybris consiste à

hybris
créer une suite logicielle intégrée globale cherchant à traiter autant de points que
possible. La vision de son cousin Change est quant à elle de gérer l’e-commerce et
de laisser d’autres logiciels, généralement déjà préexistant dans l’environnement
du client, faire le travail dont ils s’occupent déjà.

Change prétend être uniquement un logiciel e-commerce qui interface avec


d’autres, alors qu’Hybris veut être une suite complète de commerce modulaire.

ASPECTS TECHNIQUES COMPLÉMENTAIRES


La solution est basée sur Java et la plupart de ses composants s’appuient sur des
frameworks. Il est tout à fait possible, sinon recommandé, de travailler avec un
IDE comme Eclipse. Le back office utilise une interface utilisateur XUL, offrant une
belle intégration visuelle. Quoi qu’il en soit, il convient de souligner que les back
offices, même s’ils ne sont pas entièrement intégrés à un autre comme dans ATG
(désormais Oracle Commerce), sont très agréables visuellement parlant et leur
présentation est « un régal pour les yeux ».

Le mobile peut être développé via un SDK. Le service web est très complet et
il comprend une nomenclature riche facilement accessible permettant de
développer des produits complémentaires, des interfaces, des ponts ou encore
des services. Il fait partie des plus développés que nous ayons vus jusqu’ici.

Puisque l’acquisition d’Endeca par Oracle a sérieusement remis en cause la


pérennité des relations entre les deux sociétés, Hybris doit maintenant s’appuyer
sur SolR pour s’occuper de la navigation à facettes et du searchandising, au moins
dans sa version native. L’intégration actuelle de SolR dans Hybris est correcte sans
être extraordinaire, mais elle couvre les besoins classiques. Si on a besoin d’aller
au-delà, en mode intégration, il est possible de remplacer SolR par un moteur plus
avancé ou de le personnaliser en fonction de ses besoins.

CONCLUSION

Hybris est une solution Hybris a clairement une position


très équilibrée, dominante, si ce n’est de leader, au
capable de s’adapter niveau de certains KPI, et elle doit
progresser sur des fonctionnalités
rapidement aux changements
telles que le merchandising, le
et déjà assez mature searchandising et le marketing de
pour couvrir plusieurs besoins. pointe.

En termes d’écosystème, il n’y a pas (encore) beaucoup d’intégrateurs qui travaillent


avec la solution et faire partie de ce monde privilégié semble être compliqué. Les
logiciels tiers ne sont pas tellement nombreux, mais le produit est déjà très complet
et de toute façon facilement extensible.

Techniquement robuste, parfois complexe à intégrer, mais incontestablement

117
puissante, Hybris a fait un choix judicieux en proposant un grand nombre
« d’accélérateurs ». Ces boutiques en lignes prédéveloppées, adaptées à des
utilisations concrètes, permettront de réduire le temps d’intégration et d’augmenter
le taux de réussite, ainsi que de faciliter la pénétration sur le marché du Tier 3.
Les e-commerçants qui évoluent à la frontière entre le Tier 2 et le Tier 3 devraient
probablement envisager un accélérateur dans leur approche car c’est une
formule économiquement très intéressante, qui offre en plus de bonnes options de
délais de commercialisation.

Hybris connaît ce problème et a fait un choix judicieux en fournissant des


accélérateurs sous la forme de boutiques préconfigurées, qui diminuent le temps
d’intégration tout en étant quasiment clé en main. Celles-ci peuvent être utilisées
aussi bien par les e-commerçants qui n’ont pas un budget suffisant pour démarrer
un projet Hybris à partir de zéro que par les plus grands acteurs qui veulent valider
un business model.

Les trois principaux atouts d’Hybris sont son PCM, son OMS et sa stratégie multicanal.
Avec ces outils, un e-commerçant sera prêt à livrer une concurrence féroce et
son investissement sera facilement rentable s’il y a une équipe ou des personnes
compétentes qui savent comment manipuler ces trois armes. En cas de plus gros
besoins, le service web, très complet, peut vous aider à réaliser une intégration
spécifique.

Maintenant que la solution est détenue par SAP, les portes du marché du Tier 1 sont
grandes ouvertes et beaucoup de choses peuvent se produire entre les quatre
solutions Java et au sein de leurs bassins de clientèle. Avec une levée de fonds et
une maison-mère solide comme le roc, nous pouvons miser beaucoup sur Hybris
sans vraiment risquer gros.

hybris
MISE À JOUR 2016

DEUX ANNÉES DE TRANSITION AU COURS DESQUELLES LA CONCURRENCE S’EST


DURCIE
Pour tout dire, les entreprises n’ont pas toutes été contentes de voir leurs forces et
faiblesses exposées dans le « Benchmark of e-Commerce 2013 », notre précédente
étude comparative des solutions e-commerce.

Les réactions ont été variées, allant des encouragements à des menaces de
procès. Hybris a été un peu contrariée au début mais, un an après, les ingénieurs
techniques et commerciaux sont venus nous remercier lors d’un salon sur l’e-
commerce. Pourquoi un tel revirement ? Eh bien, tout d’abord parce que cette
étude les a aidé à identifier les marges de progression et ensuite parce qu’ils
étaient toujours confrontés aux mêmes questions, celles que nous avions soulevées,
et qu’ils avaient alors des réponses toutes préparées et avaient corrigé plusieurs
points depuis.

Quoi qu’il en soit, la plupart de ce qui posaient problème est maintenant corrigé
et Hybris se comporte à cet égard comme une entreprise d’ingénieurs, avec un
état d’esprit allemand très pragmatique. Deux années se sont écoulées depuis
qu’Hybris a été acquise par SAP. La raison qui se cache derrière cette acquisition,
d’après un vice-président de SAP, était que SAP gérait seulement la partie « back
office » et qu’ils avaient aussi besoin d’une « vitrine », notamment sur le mobile, pour
entrer dans le monde du e-commerce mais aussi pour exploiter davantage de
ventes sur leur immense bassin de clientèle.

Les deux sociétés ont dû commencer par s’adapter l’une à l’autre, adapter leurs
produits et réorganiser leurs équipes. Le côté technique n’a généralement pas
été un problème et, à partir de deux produits totalement séparés, nous avons
pu remarquer que des ponts ont commencé à se développer dans différents
domaines : Hana d’abord (nous en reparlerons plus tard), puis le Cloud de SAP,
différents connecteurs ainsi que de nombreux autres points ont également
commencé à converger. Le travail n’est pas encore terminé, mais les produits sont
incontestablement en train de fusionner.

En ce qui concerne les ventes par contre, les choses sont devenues un peu
confuses. Dans un premier temps, le marché était divisé en plusieurs catégories et
aussi bien les commerciaux de SAP que ceux d’Hybris étaient responsables de tel
ou tel segment. Hybris gérait les nouvelles demandes à son égard en directe tandis
que le personnel de SAP réalisait des ventes complémentaires sur leurs clients
existants. Mais il y avait aussi une taille de contrat en fonction de laquelle une offre
devait être transférée à quelqu’un d’autre, etc. Tout cela est devenu compliqué,
parfois démotivant pour l’équipe d’Hybris et d’une certaine manière impossible à
vraiment comprendre pour le client final.

Ceci, entre autres facteurs, a conduit certaines personnes à quitter l’entreprise ou

119
à changer de poste. Dans un même temps, Demandware, qui n’était jusqu’alors
pas considérée comme une grande menace (probablement en raison du choix
maladroit d’un directeur inadapté à la mission à l’ époque), a décidé d’embaucher
un PDG sérieux et d’appuyer sur l’accélérateur. D’à peine visible et encore moins
crédible, Demandware est devenue une force que l’on ne peut plus arrêter sur
le marché du Tier 2 du B2C, en particulier pour les marques. Même si un vice-
président de SAP pense que, et je cite : « Demandware sert un sous-ensemble du
marché, essentiellement les marques », c’était néanmoins un sérieux revers.

Demandware sert essentiellement des marques et il y a 2 ans, ils étaient encore


proches de zéro en ce qui concerne l’omnicanal, mais les choses ont évolué du
côté des fonctionnalités omnicanales de Demandware et les marques représentent
encore une grande partie du marché du B2C. Même pour Hybris, le problème ne
pouvait plus être ignoré.

Tout le monde s’attendait par ailleurs à ce que la transition vers le Cloud et le SaaS ait
lieu plus tôt étant donné que SAP faisait uniquement de la publicité dans le monde
entier sur ce seul sujet mais, deux ans plus tard seulement, les premières vraies
offres SaaS commencent seulement à être disponibles. Il était déjà possible pour
tout client d’être hébergé sur le « Cloud » d’Hybris, mais cela était principalement
une offre d’hébergement et pas vraiment une offre SaaS en tant que telle.

Maintenant que cette fusion est bien avancée, les affaires ont repris, l’affluence de
prospects s’est améliorée depuis le deuxième trimestre 2015. Cela ne compensera
pas le grand ralentissement des deux derniers trimestres de 2014 et du premier
trimestre 2015, mais c’est toutefois un très bon signe.

Les chiffres officiels d’Hybris, recueillis lors du Sommet 2016 d’Hybris à Munich,
montrent une croissance des revenus de 44 % et font part de 740 nouveaux
clients en 2015. Il y a toutefois beaucoup de façons de présenter des chiffres
impressionnants et lorsque l’on décide de creuser un peu, la réalité est un peu moins
brillante. À titre d’exemple, les 740 nouveaux clients ne sont pas uniquement des
clients e-commerce. Ce chiffre inclut également les clients PCM (PIM, gestionnaires
de catalogue produit), les formations, etc. Ainsi, il est peu probable que le nombre
exact de nouveaux clients ayant intégré la solution en 2015 spécifiquement dans
le commerce électronique, atteigne ces chiffres. La santé globale de l’entreprise
semble néanmoins être bonne et Hybris a annoncé 300 mises en service en 2015,
ce qui reste assez impressionnant.

Le principal problème auquel Hybris a dû faire face a été l’inquiétude croissante


de ses partenaires, qui ont vu SAP ou Hybris rivaliser avec eux dans le domaine des
services.

Le géant évolue vers le Cloud & SaaS et quelle que soit la prochaine référence
importante à venir, il préfère la gérer lui-même, ce qui soulève quelques inquiétudes
dans son écosystème. Comme toujours, être un éditeur et fournisseur de services

hybris
tend à mécontenter les partenaires commerciaux, ce que savent bien RBS Change,
Intershop, OXID et beaucoup d’autres encore.

ADOPTION DU MARCHÉ DU B2B


Chaque acquisition coûte son pesant de personnes compétentes, mais personne
n’est irremplaçable et une grande société trouve toujours une solution. La première
partie consistait à régler les questions commerciales de manière à ce que les
agents commerciaux puissent être de retour à leur travail et arrêter de perdre du
terrain face à la concurrence ou en luttes intestines.

Cela a été fait, les départs ont été couverts par des personnes nouvellement
recrutées, certains dirigeants ont été remplacés où et lorsque cela a été nécessaire
et la segmentation a évolué pour apporter une bouffée d’air frais à l’équipe
d’Hybris. En outre, les grilles de prix ont été établies d’une manière un peu plus
structurée...

SAP emploie près de 75 000 personnes pour servir 300 000 clients, a une empreinte
considérable dans la plupart des entreprises facturant plus d’un milliard de dollars
et possède des bureaux dans plus de 130 pays... L’entreprise sert essentiellement
des activités B2B et B2B2C et a littéralement accès à des milliers de décideurs à
travers le monde. Ceci est bien plus qu’un grenier à blé pour Hybris, et cette vaste
zone de chasse offre de nombreuses possibilités de ventes complémentaires.

Hybris faisait déjà de grands progrès vers le B2B, mais la tendance est maintenant
en train de s’accélérer, en voici les trois principales raisons :
• Ses principaux concurrents en B2B, IBM et Intershop, ne font pas vraiment de
grandes performances ces derniers temps, ce qui ouvre de l’espace à Hybris
• Un de ses sérieux concurrents, Demandware, n’a vraiment pas beaucoup de
poids dans le segment du B2B (et ne semble d’ailleurs pas s’y intéresser plus
que cela)
• Enfin, lorsque votre société mère vous offre l’accès à des milliers d’entreprises
B2B ou B2B2C, cela est déjà en soi un sacré facteur de motivation.

Au-delà des possibilités commerciales, cette fusion a également élargi le réseau


de partenaires des deux parties, permettant à des entreprises qui auparavant
n’intégraient que SAP de travailler aussi sur Hybris, et réciproquement.

Rejoindre le monde B2B est très probablement un pari sûr, d’autant que la plupart
des experts à travers le monde prévoient une véritable explosion de ce marché
dans les années à venir. La feuille de route d’Hybris comprend un grand nombre
de nouvelles fonctionnalités dans un avenir proche pour répondre aux besoins
spécifiques du monde du B2B. Aux États-Unis par exemple, ce marché en croissance
représente déjà plus de 6 milliards de dollars en 2015 et devrait dépasser les 20
billions d’ici à 2020. Ce marché est déjà 7 fois plus grand que celui du B2C...

121
Même si Hybris n’est pas encore la meilleure de la classe en ce qui concerne les
fonctionnalités B2B, l’entreprise est néanmoins très compétente et sa feuille de
route inclut déjà les fonctionnalités qui lui manquaient.

COMPRENDRE LE PORTEFEUILLE DE PRODUITS


La gamme de produits est maintenant plus large qu’elle ne l’a jamais été. Pour bien
comprendre les possibilités et les objectifs des produits au sein de ce portefeuille,
nous allons commencer par en donner un rapide aperçu. Il existe quatre grandes
familles de produits dans l’offre d’Hybris :

Comme Hybris le dit, l’objectif est de « fournir une expérience client cohérente,
au bon moment, à travers chaque point de contact, sur chaque canal, intégré
à l’entreprise afin de maximiser les résultats ». Ce qui est intéressant ici, c’est que
nous commençons à voir des outils SAP (Jam & BRIM) apparaître directement dans
les présentations de produit d’Hybris, montrant que la fusion progresse sur tous les
fronts.

hybris
MISES À JOUR AU NIVEAU TECHNIQUE
La dernière version que nous avons testée pour notre étude de 2013 était la version
5.0. À l’heure où nous écrivons, nous en sommes déjà à la version 5.7.

Même si l’architecture de base d’Hybris a déjà 10 ans, la plupart des parties qui
la composent ont été mises à jour au fur et à mesure. Certaines d’entre elles ont
même subi un long chemin de mise à niveau et, à titre d’exemple, Jalo (voir l’étude
de 2013) est de plus en plus éloignée du produit, XML est devenu un standard à
travers l’application et l’équipe produit a fait de sérieux efforts sur la plupart des
aspects techniques pour adopter les meilleures pratiques 2015 et poursuivre cette
orientation B2B. La fusion avec SAP a également apporté son lot de nouvelles
fonctionnalités et de nouveaux ponts entre la société mère et sa filiale, comme la
collaboration entre JAM et BRIM, le gestionnaire de facturation et de l’optimisation
des revenus.

Mais la solution elle-même a également progressé sur plusieurs fronts. Tout d’abord,
l’application « inStore » d’Hybris permet aux vendeurs en magasin de gérer les
ventes et d’utiliser la technologie CCP (NFC) ou de scanner des codes-barres pour
renseigner les clients sur la disponibilité d’un produit spécifique, à travers plusieurs
magasins ou entrepôts.

Ensuite, et cela était très attendu, un OMS complet est maintenant disponible. Il
permet aux entreprises d’établir des formules permettant de vérifier les disponibilités,
traiter l’exécution, gérer les commandes fractionnées et proposer un workflow
complet (il est totalement intégré à Hybris Commerce). Il semblerait également
qu’Hybris soit en train de travailler de manière intensive à l’amélioration de son
approche CRM.

Dans la suite standard Hybris Commerce, certaines fonctions font désormais


partie du produit de base, telles que : le paiement pour clients non enregistrés, la
facturation d’abonnement (paiements récurrents), acheter en ligne/récupérer en
magasin ou la vérification d’adresses de livraison par CyberSource.

Nous aurions aimé constater une meilleure séparation entre les ensembles de
données de production et de préproduction pour permettre de manipuler sans
danger l’environnement de préproduction, mais ce point est sans doute dans la
feuille de route des versions à venir.

Il faut noter également qu’un SDK complet est sorti pour développer les
applications natives iOS et Android. Le SDK est basé sur une bibliothèque API
permettant d’interagir avec Hybris au plus bas niveau, les fonctionnalités les plus
importantes étant disponibles (parcourir, panier, paiement, gestion de commande,
gestion de compte, code QR, NFC, localisateur de magasins, etc.). Ce SDK fournit
des applications de démonstration à personnaliser afin de gagner du temps dans
le processus de développement. Une application de démo B2B spécifique n’est
cependant pas (encore) disponible.

123
Le panneau de contrôle a également évolué (l’intégration de plugins est
désormais possible), positionnant ainsi Hybris parmi les bons acteurs en matière
d’efficacité et de propreté du back office, mais le back office n’était déjà pas
vraiment été une faiblesse chez Hybris. Parmi les changements importants, on peut
noter la personnalisation plus profonde de l’outil de recherche (par défaut SolR,
même si certains clients apprécient toujours la puissante combinaison Endeca/
Hybris), qui permet de promouvoir les produits en fonctions de règles plus évoluées
et plus souples, et une « navigation à facette prenant en charge les catégories »
permettant ainsi de choisir les facettes visibles et leur commande, par catégorie.

Pour nos lecteurs chinois et japonais, le fait de bénéficier d’une traduction dans leur
langue maternelle représente un avantage incontestable, les premiers bénéficiant
en plus d’un « accélérateur » dédié (magasin préconfiguré personnalisable).
Toujours à propos des accélérateurs, de nombreuses améliorations ont été
apportées :
• Paiement express (mode invité, guest checkout)
• Création d’un plan de site automatique (sitemaps) pour Google
• Ventes croisées dans la page panier
• Frappe clavier anticipée lors des recherches
• Support des Captcha lors de la création du compte client
• Le thème par défaut réduit considérablement les efforts nécessaires pour
construire un thème de vitrine s’adaptant au marchand
• Un thème de base qui est maintenant adapté aux mobiles (responsif)

Et, plus spécifiquement pour l’accélérateur de B2B :


• Prise en charge de produits multidimensionnels
• Grilles de commandes pour prendre en charge la commande rapide de
produits multidimensionnels
• Recherche avancée pour les codes de produits multiples et les grilles
organisées générées automatiquement
• Visibilité des stocks disponibles et futurs
• Prise en charge des catalogues publics interactifs
• API RESTful B2B, un nouvel ensemble de services web qui prennent en charge
l’intégration avec l’application Commerce B2B
• Les clients B2B peuvent désormais se connecter et réaliser des achats en
mode « libre-service » (facturation en fin de mois par exemple)

Enfin, le module d’assistance client permet de réaliser des ventes auprès du client
en temps réel et la prise en charge du service en utilisant un site ayant la même
apparence que celle utilisée par le client. Il permet également au personnel du
service client de prendre en charge le panier d’un client depuis le site pour l’aider
et finaliser un achat. Il sera aussi très probablement bientôt en interaction avec
un service d’assistance technique en ligne étant donné que d’autres solutions
proposent déjà ce service.

hybris
L’OMS
Cette fonctionnalité était très attendue et est un grand pas en avant pour la solution.
IBM avait acquis Sterling quelques années auparavant pour pallier ses propres
lacunes dans ce domaine, mais Hybris a plutôt préféré créer son propre produit.

L’OMS bénéficie des extensions régulières de fonctionnalités d’une version d’Hybris


à l’autre. Il prend en charge toutes les fonctionnalités de base que l’on peut
attendre d’un OMS correct, mais a aussi été étendu avec la prise en charge de
la fonction « Acheter en ligne / Retourner en magasin », les réductions partielles
ou la réattribution automatisée, la priorisation des commandes, le tri des envois en
fonction de la date de traitement des commandes, etc.

L’OMS et la solution hybris sont cependant facturés séparément.

UNE INTÉGRATION PLUS POUSSÉE AVEC SAP


Cela pouvait sembler évident mais sachant que SAP et Hybris avaient une
expérience, des habitudes de programmation, et des API différentes, etc. cela
aurait pu être plus long.

Obtenir les informations nécessaires d’un monstre de la taille de SAP pour


s’interfacer profondément avec un autre produit est un défi. Pourtant, dans les
dernières versions, les équipes ont commencé à fournir un niveau d’intégration plus
profond des deux produits.
Le premier changement a été de mettre à jour le modèle et le concentrateur de
données afin de fournir une solution plus harmonieuse et davantage orientée vers
des services API. L’un des objectifs semble être d’effectuer un effort d’intégration
plus rapide dans le flux import/export externes vers des CRM, PLM, ERP, etc.

L’ERP de SAP représentait une intégration d’une importance cruciale et Hybris est
déjà capable de traiter la gestion des commandes asynchrones avec SAP. Le
mécanisme peut être 100 % du côté d’Hybris. Le logiciel récupère les données de
SAP de manière asynchrone (produits, clients, commandes, prix, stocks) pour être
en mesure de travailler de son côté sans interroger constamment SAP. Hybris peut
toutefois également fonctionner complètement en mode synchrone avec SAP et
dans ce cas, toutes les données résident dans le back end de l’ERP SAP et son
consultées et modifiées en temps réel.

Les commandes peuvent également être directement importées dans Hybris à


partir de la solution « Référentiel d’Activité Client » de SAP.
Il y a fort à parier que les futures versions d’Hybris iront encore bien plus loin dans
ce processus d’intégration.

HANA : FURIEUSEMENT RAPIDE


Hybris peut également bénéficier de la toute nouvelle base de données Hana de
SAP comme base de données back end.

125
Même si la technologie Hana est une base de données
en est encore à ses débuts phare pour les entreprises ayant un
grand volume d’activités et qui
et souffre de quelques problèmes
nécessitent des performances
dus à sa jeunesse, exceptionnelles, et nous avons pu voir
comme des problèmes que jusqu’à présent, les promesses
de sécurité par exemple, ont été tenues.
il y a fort à parier que cela sera
corrigé rapidement. Le concept de base est d’être
capable de stocker toutes les tables en mémoire, en lecture comme en écriture,
permettant ainsi d’obtenir des performances incroyables. Pour faire court, les
architectures modernes, en particulier « Cloud », utilisent souvent un NAS ou un
SAN pour stocker des données. Ces unités de disque de réseau, même si elles
sont performantes la plupart du temps, sont encore accessibles par une couche
réseau, principalement par le protocole NFS. Il est cependant possible d’intégrer
des disques locaux dans les machines si cela est nécessaire, mais cette approche
de type « bare metal » (c’est-à-dire serveur physique) a de moins en moins les
faveurs des sociétés d’hébergement car elle est moins flexible que l’approche
« Cloud ».

SAP (l’ERP) n’est pas connu pour être franchement léger. Une instance SAP vide
pèse déjà 100 GB par exemple alors imaginez lorsque vous la remplissez de millions
d’enregistrements. Le système n’est donc pas trop réactif, c’est le moins que l’on
puisse dire, et tout cela est devenu un sérieux problème pour SAP. Pour faire court,
Hana est la réponse à ces problèmes.

Les bases de données, qu’elles soient stockées localement sur un disque ou à


distance sur un NAS, exploitent toujours le mécanisme de cache « en mémoire »
interne. La principale différence avec Hana est que les données, les procédures
stockées, et tous les composants autour sont directement dans la RAM. Après le
cache du processeur lui-même, c’est pour le moment le moyen le plus rapide que
l’on puisse utiliser pour stocker et lire des données.

Des tests préliminaires ont montré un impressionnant gain de performance : elle


a été multipliée par 14 en lecture et en écriture... C’est incroyablement rapide et
parfaitement adapté pour les lourdes charges des instances SAP ou Hybris. Quand
on sait que l’accès à la base de données correspond généralement en grande
partie au temps de génération d’une page Web, il est facile de comprendre à quel
point cette évolution peut être fondamentale.

Hybris en tant que telle était déjà l’une des plateformes les plus rapides que l’on
pouvait trouver, lorsqu’elle était correctement configurée et hébergée. Son « poids »
sur la base de données était parmi les plus bas du marché mais avec Hana, ce
n’est pas seulement le temps de rendu des pages qui est en train de fondre comme
neige au soleil, c’est également la capacité de la plateforme qui explose.

hybris
Le seul problème concernant Hana est de pouvoir obtenir du matériel « sur mesure »
avec 512 GB et même jusqu’à 1 TB de RAM... Oui, vous lisez bien ces chiffres et ils
sont « inhabituels », c’est le moins que l’on puisse dire, mais le stockage du moteur,
de toutes les tables et des procédures dans la RAM a un coût.

PLACE DE MARCHÉ
Voyant que la plupart des acteurs PHP avait du succès avec leur place de marché
de plugins, les produits Java ont commencé à en proposer à leur tour. Demandware
a pris le meilleur départ, mais Hybris n’est pas loin derrière. L’un des avantages
d’une place de marché d’extension est que vous n’avez pas à développer vous-
même tous les connecteurs ou toutes les fonctions, la communauté s’en charge,
pour un coût réduit.

Étant donné le rythme auquel certains nouveaux acteurs, passerelles de paiement,


SaaS ou BI surgissent à travers le Web, les intégrer tous est au mieux très prenant, au
pire un cauchemar. Laissez les autres faire le travail à votre place, vous en tirerez
profit.

Les places de marché comprendront très probablement des produits de la maison,


de tiers et de partenaires. Nous ne savons pas si Hybris validera les extensions
avant la publication, mais ce serait une bonne option étant donné que Magento
et PrestaShop, présents depuis longtemps dans le domaine des extensions de
marché, ont parfois eu des problèmes avec des extensions défectueuses. Certains
développeurs occasionnels peuvent parfois confondre un développement
artisanal avec un développement de qualité industrielle. Le risque est moindre
dans un environnement Java car les boucles inutiles ou l’allocation de mémoire ne
dépasseront probablement pas le stade du compilateur et il est beaucoup moins
facile de développer une extension en Java qu’en PHP.

Le business model ne sont pas connus à ce jour, mais il semblerait que plusieurs
options soient actuellement étudiées. Une solution pourrait être de proposer à
des partenaires de payer une commission pour héberger leurs extensions dans
le Cloud. Certains frais de marketing pourraient également être incorporés mais
l’objectif est d’étendre la plateforme et de permettre l’innovation, de sorte que ces
frais, quelle que soit leur forme et ce à quoi ils sont destinés, resteront probablement
dans des limites raisonnables.

FEUILLE DE ROUTE
D’ici un an, un an et demi, Hybris prévoit de sortir certaines fonctionnalités liées à
l’intégration de données permettant d’afficher une vue unique d’un client ou d’un
segment de clients. Ces sortes de « facettes » permettront de mieux comprendre
le comportement de ces clients et de mieux penser en termes de personnalisation
et de promotions.

En tant qu’éditeur, Hybris (tout comme Oxid) a décidé de ne pas se lancer dans
la stratégie ePDV/vPDV (voir introduction sur les points de vente). La raison de

127
cette décision, ou tout du moins celle annoncée est, je cite « une taille unique ne
convient pas à tout le monde, nous laissons ça aux spécialistes ». Demandware, par
exemple, traite essentiellement avec les entreprises du Tier 2, le B2C et les marques.
Les besoins ici sont très cohérents et la plupart du temps les mêmes de l’un à l’autre.

Les clients d’Hybris sont plus variés : B2C, B2B, détaillants, grossistes, etc. Ils vont des
épiceries au chiffre d’affaires élevé aux fabricants automobiles, en passant par
les quincailleries. Les regrouper dans un même logiciel de Point De Vente virtuel
couvrant tous ces besoins pourrait donc s’avérer compliqué.

Au lieu de cela, Hybris parie sur son application SDK et laisse le marché à ses
partenaires d’intégration, ce qui leur offre une assez belle opportunité.

À grande échelle, la stratégie d’Hybris de miser sur ce SDK, cette place de marché et
cette API étendue est de permettre la création d’un écosystème de développeurs,
en fournissant des micros services cohérents. Tous les outils sont disponibles et
entretenus, la créativité des agences et des partenaires (et le budget) sont ici les
seules limites.

Core+, le moteur actuel, sera arrêté après la version 5.6 et remplacé par un tout
nouveau moteur. Par ailleurs un nouveau moteur de persistance remplacera
également très bientôt Jalo, devenu obsolète. Hybris 6 remplacera également
l’ancien panneau de contrôle HMC (Hybris Management Console).

Enfin, lors du Sommet d’Hybris, un stand a présenté une nouvelle approche : Infinite
Cart. Le concept est très intéressant et totalement nouveau. Un client entre dans un
vrai magasin physique et utilise un lecteur RFID pour « présélectionner » les articles
qui l’intéressent en cliquant sur leurs radio-étiquettes. À la fin de la visite, il reçoit un
ticket comprenant un code QR et, lorsque celui-ci est scanné avec une application
de code QR, un navigateur va automatiquement le diriger vers un panier en ligne
pré-rempli. Le concept permet au consommateur de rester anonyme et de revenir
à son panier à chaque fois qu’il le souhaite, ou de tout simplement donner le code
à ses sous-traitants pour leur permettre d’acheter les produits sélectionnés par
exemple.

HYBRIS DANS LE CLOUD, HYBRIS YAAS


Ce point fait partie de ceux pour lesquels Hybris est en train de modifier son
positionnement et où le marketing n’est pas encore totalement abouti. Nous allons
tout d’abord commencer par différencier les deux offres : « Dans le Cloud » et
« SaaS ».

La première consiste à héberger votre instance Hybris au sein d’une infrastructure


semi-interne d’Hybris. Jusqu’à présent, les retours étaient mitigés, mais l’offre existe
toujours.

hybris
LA PLATEFORME YAAS
D’autre part, Hybris prépare une véritable offre SaaS, nommée YaaS.

La plateforme, même à ses débuts, a déjà alimenté une plateforme de dons


utilisée en 2016 pendant le Super Bowl, ce qui est déjà une belle prouesse pour un
jeune système.

YaaS a une approche très différente de celle d’IBM ou d’Intershop. En gros, ces
deux dernières retirent leur interface utilisateur habituelle et la remplace par une
nouvelle, spécialement conçue pour être partagée sur une plateforme Web. Le
SaaS utilise ensuite une GUI (interface utilisateur graphique) dédiée en gardant
le même moteur transactionnel. C’est ce que l’on appelle l’approche « headless
commerce » (ou commerce « sans tête », c’est-à-dire que l’on enlève juste la tête, la
GUI, que l’on remplace de manière à s’adapter à une approche SaaS).

YaaS est une réécriture complète du code. Peu de code sera réutilisé, et le moteur
n’est pas utilisé en mode « headless », il est complètement nouveau. La plateforme
YaaS est totalement orientée micro services avec des « briques » individuelles
(composants) séparées les unes des autres mais qui communiquent entre elles. Ce
qui est intéressant, c’est que vous pouvez remplacer n’importe quelle partie par
une autre. Un autre avantage est aussi que si l’un des composants ne fonctionne
plus, cela ne devrait pas bloquer toute la plateforme.

La plateforme est facilement extensible et une place de marché permet à tout


client de « brancher » sur sa boutique YaaS une extension qu’il a choisie dans la
place de marché. Les langages de programmation pouvant interagir avec YaaS
sont également une grande force car ils ne prennent pas seulement en charge
Java mais aussi une grande variété de langages très courants comme Python, PHP,
et bien d’autres encore.

À l’heure actuelle, YaaS repose sur la plateforme AWS d’Amazon et n’est disponible
qu’aux États-Unis. Certains intégrateurs qui ont tenté leur chance ont dit qu’il
s’agissait d’une plateforme encore très instable, modifiée et étendue tous les jours.
L’approche ici est quasiment à l’opposé du produit « on-premise », une plateforme
complètement agile soutenue par un développement tout aussi agile.

Le business model a également totalement évolué avec un quota de requêtes libres


vers les différents composants et micro services disponibles lorsque vous créez la
boutique. Par la suite, un système de facturation basée sur le nombre de requêtes
faites aux différents composants est activé pendant la phase de production.

Enfin, YaaS devrait être stabilisée et disponible au milieu de l’année 2017.

CONCLUSION
Hybris a fait de grands progrès sur plusieurs points, devenant ainsi une solution de
premier plan dans sa catégorie. Le produit est maintenant parfaitement adapté

129
pour les activités B2B et B2B2C où il excelle et peut exploiter tout le potentiel de sa
maison-mère SAP.

Le portefeuille de produits s’est élargi et il est devenu parfois un peu difficile de


comprendre quelle solution fait quoi. Nous supposons que le marketing est un peu
en retard par rapport à l’évolution technique et que l’entreprise n’a pas eu le temps
de restructurer complètement son matériel de communication pour lui permettre
de refléter les changements internes. Il est parfois difficile de déterminer quelles
sont les fonctionnalités intégrées dans le produit de base et ce que les extensions
fournissent. À titre d’exemple, la suite marketing d’Hybris semble attractive et
proposer un pack de fonctionnalités intéressantes, mais nous nous posons encore
des questions en ce qui concerne ce qu’Hybris Commerce continue à faire dans
ce domaine précis.

Les prix ont évolué mais manquent encore un peu de transparence et varient
beaucoup d’un client à l’autre. Il semblerait que les clients de SAP puissent
bénéficier d’une remise, mais chaque projet est cependant facturé différemment,
ce qui laisse une large place à la négociation. Si vous avez besoin d’une partie
spécifique de la suite, prenez bien soin de demander ce qui est inclus ou non. En
ce qui concerne les négociations, gardez à l’esprit que les prix pour des projets très
similaires avec des paramètres similaires peuvent varier du simple au quintuple.

Du côté de la performance, Hybris est l’une des solutions les plus rapides au monde.
Elle est au même niveau qu’Intershop en ce qui concerne le temps de chargement
de la page. Le fait que les instances d’Hybris soient généralement dédiées vous
permet d’avoir une meilleure performance globale. En effet, elles ne dépendent
pas du tout d’une activité voisine, comme dans le cas de Demandware, en tout
cas lorsqu’hybris est utilisé « on-premise ».

Hybris monte globalement en charge sans aucun problème et peut accueillir


un grand nombre de clients, sans le moindre ralentissement, même sur des
configurations très raisonnables. La promesse de 10 pps par cœur (10 pages
délivrées par seconde et par cœur) est une estimation prudente. Dans nos propres
environnements nous pourrions souvent atteindre 20 pages ou plus et un client
a même fait un pic à 67 pps ! Ces environnements nécessitent de très bonnes
compétences pour fonctionner correctement, mais si l’on fait le bon choix et que
l’on prend le temps de peaufiner, il n’y a pas de réelle limite à l’évolutivité d’Hybris.

L’arrivée d’Hana va même améliorer ces performances et Hybris deviendra alors


l’une des rares solutions capables de traiter plusieurs millions de visiteurs par jour.
Ces chiffres en font un acteur naturel du Tier 1 et du Tier 2 pour le B2C. L’arrivée
de Demandware dans ce secteur a toutefois pris Hybris un peu de court et le B2B
semble maintenant offrir un avenir intéressant pour la suite, d’autant plus que ce
marché émergent est très prometteur et que la concurrence y est moins agressive.
Les très grands catalogues SKU du B2B feront que l’utilisation d’Hana ainsi que
l’interfaçage avec SAP deviendront encore plus important pour les clients orientés

hybris
ERP.

Les petits défauts et les points techniques posant problème que nous avions
soulignés précédemment dans notre analyse de 2013 ont presque tous été
corrigés. Dans le même temps, Hybris a également étendu ses capacités avec des
composants essentiels comme L’OMS, une suite de marketing complète et plusieurs
produits supplémentaires.

L’assimilation par SAP a pris 2 ans mais Hybris est en train de retrouver son
dynamisme, même dans le domaine du B2C, affichant une meilleure organisation
et une structure plus stable. Comme un dirigeant de SAP nous l’a dit « Hybris est
vivant et se porte bien ». (Nous aurions juste ajouté « maintenant » à la fin de la
phrase)

Hybris est en effet à nouveau en pleine effervescence et la R&D est très active, en
particulier avec le nouveau produit SaaS qui sortira bientôt sur le marché.

Nous ne savons pas encore à ce stade si la solution sera en mesure d’être de retour
à la compétition au niveau de Demandware sur le Tier 2 du B2C, même avec leur
nouvelle initiative Yaas. L’outil n’a pas de limites en tant que tel, mais le business
model et les coûts pourraient ralentir l’activité. L’alliance avec SAP et la nouvelle
orientation d’Hybris en ont fait un acteur très solide à long terme, qui va s’enraciner
profondément dans le marché dans les dix prochaines années, en tout cas au
moins dans le segment B2B et très probablement également dans le B2C.

131
LES POINTS FORTS DE HYBRIS
(Plus il y a de points, mieux c’est. Sur chaque KPI (indicateur clé de performance),
il y a au moins une solution avec 5 points ; il s’agit donc d’une comparaison entre
les solutions).

POSITIONNEMENT HYBRIS
Chiffre d’affaires pour envisager la solution (On premise / SaaS) > $5 Million
Positionnement actuel sur le marché Tier 2
Direction de l’éditeur Tier 1 - 3
Profil (B2C, B2B) B2C/B2B
Opensource Non, Java
L’éditeur met en avant… Le PIM
L’éditeur met en avant… L’omnicanal
L’éditeur met en avant… L’engagement client
Nous sommes impressionnés par… Les progrès
Nous sommes sceptiques sur… Le pricing «variable»
Buget minimum pour créer un site (On premise / SaaS) 250k$/100k$
KPI GÉNÉRAUX HYBRIS
Le coût de la solution (licence, intégration, hébergement) (On premise / SaaS) HHH /HHHK
Progressivité et /ou flexibilité des frais de licence/location HHHK
Délai de commercialisation (On premise / SaaS) HH /HHH
Variété/Qualité des boutiques de démonstration à s’adapter à un usage spécifique
HHHHH
(mis à part la boutique standard)
Capacités marketing basiques (moteur de promotion, coupon, carte cadeau, etc…) HHHHK
Niveau de navigation & présentation multidimensionnelle du catalogue (multi-bou-
HHHHK
tiques/mulitlangues/etc…)
Ecosystème (communauté, partenaires, intégrateurs, forums, etc…) HHH
Convivialité et facilité d’utilisation du back office HHHL
KPI TECHNIQUES (PLUS IL Y A DE POINTS, MIEUX C’EST !) HYBRIS
Complexité du développement personnalisé pour étendre le système HHH
Nombre de logiciels/extensions/services non disponibles HHH
Nombre de produits/services complémentaires de l’éditeur HHHH
Évolutivité & performances du front office (temps de chargement des pages) HHHHH
Vitesse du back office et évolutivité (nombre d’utilisateurs simultanés) HHHHK
Capacités de CMS natives HHHH
Capacité de service web/API natives (connexion avec des tiers, comme un ERP ou un
HHHHH
logiciel de logistique)
Liste des fonctionnalités B2C (par défaut, sans extensions ou programmes parallèles) HHHHK
Mobile (application native, application hybride, responsive design) HHHHK
KPI DES FONCTIONNALITÉS AVANCÉES HYBRIS
Capacités de searchandising avancé & de personnalisation HHHHK
Capacités de multi/cross/omni canal HHHHH
Gestion avancée native du catalogue (PIM, multi-catalogue, attributs, lots…) HHHHH
SGC (Système de Gestion des Commandes) intégré ou connecté nativement HHHH
Outils marketing avancés (marketing adaptif, tunnels de navigation dynamiques, etc…) HHHHK
Capacités B2B natives HHHH

hybris
NOTES

133
demand-
ware:
une forte croissance
soutenue par une vision
du futur

Demandware
INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LA SOLUTION

Éditeur Demandware Inc.


Chiffre d’affaire en 2014 > 200 M$
Business model (e-commerce) Commission par vente
Coût de la licence Gratuit - modèle SaaS
Technologie Java
Framework Architecture tout-en-un
Non applicable
Base de données
(Oracle, inclus dans l’architecture)
Version (à la date de l’étude) Non applicable - SaaS
Licence Propriétaire & abonnement
Première sortie 2005
Origine États-Unis
Budget de réalisation d’un site
50 à 100K€ / 250K€ / > 500K€
(Bas/Moyen/Haut)
Typologie de recommandation Marques et détaillants

Temps moyen
Étendue Sites en Utilisation
de génération
géographique production par Tier
du code HTML

TIER 4
TIER 3
TIER 2
2 893 370 ms
TIER 1

Positionnement dans le Tier et tendances futures

TIER 1 TIER 2 TIER 3 TIER 4

Performances sur le marché par rapport à la concurrence


ORACLE WEBSPHERE
HYBRIS INTERSHOP MAGENTO EE
COMMERCE COMMERCE

135
HISTORIQUE

Demandware a été fondée en 2004 par Stephan Schambach et Wayne Whitcomb.


Quoi que l’on puisse penser de M. Schambach, force est de constater que sa vision
du e-commerce lui donne une longueur d’avance. Il était déjà derrière Intershop,
la plus ancienne des solutions e-commerce, qu’il a conçue en 1992, alors que
je commençais à peine mes études. Prévoir aussi longtemps à l’avance que l’e-
commerce pourrait avoir une telle importance, à un moment où la plupart des
gens n’avaient pas d’e-mail, ni même d’accès à Internet, est tout à fait incroyable.

Il a pu partir d’Intershop et créer Demandware après un accord dont les détails ne


sont pas bien connus, mais certains de ses contacts racontent qu’il a pu conserver
la propriété du code source et le réutiliser. Que cela soit exact ou non n’a de toutes
façons que peu d’importance puisque les deux produits ont évolué dans différentes
branches depuis maintenant plus de dix ans, ce qui les a rendus totalement
différents. Lorsqu’il a fondé Demandware, sa nouvelle vision du commerce en ligne
s’articula autour de certains piliers essentiels :
• L’approche Cloud & SaaS : même s’il n’était alors pas officiellement connu
sous ce nom (on l’appelait plutôt « ASP » à l’époque), le concept consistait
déjà à se débarrasser du projet et de l’infrastructure pour proposer plutôt un
service tout compris. La devise de Demandware : « Si vous réfléchissez à votre
plateforme, c’est que nous ne faisons pas notre travail » résume bien cela.
• Mettre l’accent sur les besoins des clients : pour bien aborder une activité
spécifique, il ne faut pas se disperser. Essayer de couvrir toutes les possibilités
pour tous les types d’activités risquerait de vous rendre moins pointu dans les
niches spécifiques. Demandware cible, les B2C et, plus particulièrement, les
marques et les détaillants.
• Évoluer et s’adapter à un paysage en constante évolution, en fournissant de
manière centralisée une application cohérente.

« Demandware ne s’est pas Compte tenu du niveau de la vision


convertie au SaaS, que M. Schambach peut avoir, cela
il est née dans le Cloud ». ne fait aucun doute que cet homme
Sorayah Banomyong – est soit un voyageur temporel, soit un
gourou naturel du e-commerce. Avec
Demandware.
Intershop comme avec Demandware,
sa vision a peut-être été un peu en avance sur son temps, donnant à ces entreprises
quelques sueurs froides à leurs débuts mais, des années plus tard, ce démarrage
précoce est devenu une force incontestable, lui donnant une nette longueur
d’avance sur ses concurrents.

La société, basée dans le Massachusetts, a été financée par des partenaires de


capital-risque et est entrée en bourse le 15 mars 2012. Au moment d’écrire ces
lignes, l’entreprise cherchait à lever un peu plus de fonds (quelques dizaines de
millions) pour accélérer encore davantage son développement.

Demandware
L’ACQUISITION PAR SALESFORCE
Le 1er juin 2016, Salesforce a annoncé son rachat de Demandware, pour un
budget exorbitant de 2,8 milliards de dollars. Cependant, ce rapprochement a du
sens puisque ces deux entreprises ont beaucoup en commun. Premièrement, et
évidemment, leur business model : étant toutes les deux en SaaS, les applications
sont totalement compatibles, vont s’interfacer facilement, ce qui était d’ailleurs déjà
le cas grâce aux nombreux ponts pré-existants entre les plateformes, antérieurs
même à l’accord.

Les clients ciblés par ces solutions sont tout à fait comparables, et Salesforce attire
de plus en plus de clients majeurs du Tier 1, une direction également suivie par
Demandware. Les deux sociétés sont douées pour attirer des clients, et sont situées
aux Etats-Unis. Ce ne sont que quelques-unes des raisons pour lesquelles peu de
rapprochement sont aussi légitimes que le leur dans le paysage du e-commerce.

Et à l’inverse des solutions classiques « on premise », qui mettent en général 2 ans à


fusionner avec leur nouveau propriétaire (Oracle/Endeca, IBM/Sterling, SAP/Hybris,
etc.), ces deux-là vont certainement fusionner plus vite que jamais. Ce devrait être
très simple techniquement ; reste la collaboration marketing, et celle des ventes,
qui peuvent être parfois compliquées (comme avec SAP/Hybris). Mais là encore, le
nouveau géant pourrait nous surprendre.

DYNAMISME ACTUEL DE LA SOLUTION


Le mâle dominant de la meute en chasse un autre tous les deux ans, comme nous
l’avons dit précédemment.

Magento était la petite fiancée du e-commerce de 2009 à 2011. La solution open


source s’est ensuite fait bousculer et a été mise à l’écart des clients du Tier 2 par
Hybris, qui a bénéficié d’un bon battage médiatique et de l’acquisition d’un
meilleur portefeuille clients entre 2012 et 2014.

Mais si l’on devait relever un point marquant depuis qu’Hybris a été acquise par SAP,
c’est certainement la percée de Demandware en Europe et, plus globalement, le
bond en avant que la solution a fait dans le monde entier, culminant par l’acquisition
de Demandware par Salesforce. De sources fiables, la solution nord-américaine a
remporté beaucoup plus de nouveaux clients (significatifs) qu’aucun autre de ses
concurrents au cours des derniers semestres. Les chiffres fournis par Builtwith ainsi
que son grand dynamisme le prouvent doublement.

Il y a cependant différentes sous-catégories dans le vaste monde du e-commerce :


B2B, B2C, commerce de gros, revendeurs, pure players, etc. et Demandware n’est
pas adaptée à tous. Elle est, par contre, très forte dans une niche spécifique :
les marques à destination du B2C. Sur ce segment spécifique, l’entreprise offre
une solution très complète, polyvalente et efficace, à un prix comparable à ses
concurrents.

137
En ce qui concerne les Tiers, Demandware a indéniablement étendu sa capacité
à convaincre des marques plus grandes et plus petites d’adopter sa solution. Alors
que, dans le passé, la solution était principalement adoptée par des entreprises
ayant un chiffre d’affaires compris entre 10 et 50 millions de dollars, Demandware
compte maintenant quelques dizaines d’entreprises gérant plus de 100 millions de
dollars en ligne et a également trouvé un moyen d’être compétitive pour des plus
petites marques appartenant au Tier 3 (1 à 20 millions de dollars facturés en ligne).

Pour les 5 « gros » (Oracle Commerce, WebSphere Commerce, Hybris, Intershop


et Magento EE), la bataille sur le segment des marques et des détaillants a été
dure et a récemment tourné en faveur de Demandware. La solution ne gagne pas
toujours et ne le fait pas de manière constante, mais elle est certainement devenue
aujourd’hui le concurrent le plus sérieux sur ce segment spécifique. Il y a aussi des
inconvénients, même pour un détaillant (on en reparlera un peu plus loin), pouvant
conduire certains clients à faire un autre choix mais aujourd’hui, personne ne peut
plus sous-estimer Demandware aux États-Unis, en Europe et en Asie.

LE DÉBAT SUR LES COÛTS


Plusieurs points sont à prendre en compte lorsque l’on essaie d’évaluer de manière
réaliste le ROI d’une solution. Assez souvent, les directeurs techniques, marketing
ou des opérations ne prennent en compte que leurs propres coûts, par silo, et en
oublient la « vue d’ensemble ».

Une activité e-commerce a besoin d’avoir son propre P&L global, évaluant chaque
dépense et chaque recette pour comprendre parfaitement quel est le « coût par
vente » réel. C’est la façon dont Demandware explique depuis des années son
business model, sans grand succès au départ en Europe. Les chefs d’entreprise
européens ont souvent pensé qu’ils pourraient globalement obtenir un meilleur prix
en achetant tous leurs produits ou prestations individuellement plutôt qu’en pack.
Par la suite, après avoir connu des modèles de licence parfois compliqués, de
longs cycles de développement et d’éventuelles difficultés, ils sont revenus sur leurs
positions et ont commencé à réintégrer les modèles SaaS dans le circuit.

Même si le modèle « je contrôle toutes les briques » est parfois meilleur, ce que
l’on oublie souvent dans l’équation, c’est la « friction » que tout cela implique. La
gestion de systèmes d’intégration, d’une équipe interne, de gestionnaires de projet,
d’une société d’hébergement et de l’éditeur constitue, en soi, un coût au regard du
temps que cela prend.

L’approche SaaS de Demandware consiste à proposer un pack regroupant la


licence et l’hébergement et de fournir à tout le monde un produit et une plateforme
unique, permettant ainsi de réduire le coût de l’ensemble.

Cela dit, Demandware n’est pas particulièrement bon marché. L’objectif (non
officiel) de l’éditeur est de proposer un pack qui coûterait exactement la même
chose que le fait de posséder une solution classique (non SaaS) tout en réduisant,
pour le même prix, la complexité du projet et le travail interne.

Demandware
Le business model basé sur les commissions est désormais mieux accepté en Europe
et dans le monde et l’on peut dire que Demandware a gagné cette bataille. L’idée
ici est donc de négocier les frais de commission, qui représentent habituellement
entre 1 et 4 % du chiffre d’affaires réalisé, en fonction de la durée du contrat et du
chiffre d’affaires. Bien sûr, le fait que Demandware souhaite intégrer une marque
ou percer sur un segment particulier peut représenter une opportunité tarifaire
pour le client.

Le principal point à négocier avec Demandware est clairement ce pourcentage


de commission par vente. C’est une arme à double tranchant pour l’éditeur car
le fait de réduire les coûts à un seul KPI permet également au client de pouvoir
justement négocier ce point.

Le coût, à long terme, devient de plus en plus un point d’attention des clients qui
réussissent. Payer 3 % de commission lorsque l’on fait un petit chiffre d’affaires est
un taux qui peut être acceptable mais, plus tard, on peut vouloir ajuster ce taux
plus rapidement que le délai fixé dans le contrat et c’est ce qui mène le modèle
de « délégation » à sa perte. Seuls Netrada et, d’une certaine manière GSI, y
ont survécu. Toutes les autres sociétés basant leurs revenus sur celui des clients
sont inéluctablement tombées sous cette menace. Cependant, le taux n’est pas
constant : il diminue à mesure que les volumes augmentent. Cela signifie qu’un
client démarrant avec un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros peut avoir un taux
de 4 % puis que ce taux peut tomber progressivement à 1%, lorsqu’il atteint 100 M€.

À titre d’exemple, une marque faisant environ 30 millions d’euros de chiffre


d’affaires obtiendra une commission d’environ 2 %. Cela signifie que Demandware
sera payée plus d’un demi-million d’euros par an (600 K €) pour gérer les ventes. La
première année, la société devra également payer un intégrateur (dont le prix peut
varier, disons de 80 à 300 K €) mais, l’année suivante, le coût sera principalement
lié à la commission en elle-même.

Si un commerçant Le principal problème ici est que ces


a un pourcentage nominal commissions sont calculées sur le
« chiffre d’affaires brut », et non sur le
de 2,5 % et un taux
« net », ce qui signifie que la
de retour produits de 25 %, commission est prise même si le
le taux réel n’est plus de 2.5 % produit est retourné.
mais de 3.125 %.
Le modèle n’est donc pas Cette somme pourrait sembler
forcément adapté, par exemple, importante mais, encore une fois, elle
aux sociétés avec un fort taux de inclut la « licence », l’hébergement, et
retour, qui serait partit intégrante le temps passé à la maintenance du
de leur business model. produit. On pourrait probablement
obtenir un meilleur prix avec le
modèle « classique » (non SaaS), mais cela impliquera aussi une gestion beaucoup
plus importante.

139
D’une certaine manière, si vous avez une activité générant 100 millions d’euros de
chiffre d’affaires, laisser une commission d’un million d’euros par an commence
à devenir difficile. C’est également la raison pour laquelle nous avons classé le
produit comme étant approprié pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est
compris entre 5 et 50 millions d’euros, la limite maximale tournant probablement
autour de 100 millions d’euros. Ce n’est pas une limite de capacité de traitement,
mais plus une limite potentielle du modèle, ceci étant, tout se négocie.

Ce qui est également intéressant dans le « pack »


c’est que, tel que le recommandent les meilleures
pratiques du SaaS, Demandware fournit une équipe
de support qui met tout en œuvre pour
accompagner son client et lui mettre le pied à
l’étrier lorsque l’opération commence. Son but est
de toute évidence de faire en sorte que les revenus
d’un site Web augmentent afin de toucher les
commissions. C’est pour cela que de nombreux
membres de l’équipe à travers le monde se dédient
entièrement à la formation, au support technique
ainsi qu’à apporter leur aide de quelque manière
que ce soit. Cela pourrait être superflu pour les
grands comptes, déjà structurés et expérimentés,
mais cette aide est vraiment bienvenue pour les
marques ayant une expérience en ligne limitée. Les
retours clients concernant cette équipe sont, par
ailleurs, bons. Ils confirment avoir des contacts
réguliers avec l’équipe et des retours pertinents,
provenant de la synthèse de dizaines d’autres références comparables.

Pour conclure sur ce sujet, il semblerait qu’un OMS soit bientôt intégré à
Demandware et, si cela se confirme, on ne sait pas encore si le prix du produit
sera fixé différemment, si les frais de commission augmenteront ou même si le
produit sera simplement intégré comme une nouvelle fonctionnalité, sans frais
supplémentaires (moins probable).

UNE OFFENSIVE MAJEURE SUR LE PDV (POINT DE VENTE)


Un changement intéressant a lieu chez Demandware, IBM, Oracle et dans une
moindre mesure chez Hybris et Magento. Tous ces éditeurs, et en particulier les trois
premiers, ont décidé de prendre le contrôle des PDV.

Tous s’accordent à dire que cela est principalement fait dans le but d’offrir une
meilleure expérience client à travers tous les canaux. Le PDV est en effet un aspect
essentiel à la gestion d’une bonne stratégie omnicanale, mais il ne faut pas se
voiler la face, d’autres intérêts sont en jeu.

Demandware
Avant tout, le chiffre d’affaires provenant des ventes hors ligne est encore
considérable par rapport à celui réalisé en ligne. Il représente encore entre 80 et
92 % des revenus totaux selon les pays. Si ces ventes peuvent fournir des revenus
supplémentaires aux éditeurs, c’est alors un excellent complément de chiffre
d’affaires. Mais au-delà de cette vision très commerciale, il y a en fait un réel intérêt
pour le client (la marque ici) à numériser son PDV.

Les éditeurs habituels de logiciels de caisse sont souvent un peu « vieillots » et


pratiquent des tarifs très élevés pour fournir la sacro-sainte caisse enregistreuse. Les
marques ont été obligées de payer le prix fort pendant de nombreuses années
maintenant et ne voient pas trop d’inconvénients à passer à une solution plus
fonctionnelle et moins coûteuse.

En outre, le client final, que ce soit dans le magasin


ou en ligne, est de plus en plus souvent prêt à
acheter en ligne puis à aller chercher ses achats en
magasin et, une fois dans le magasin, il cherche à
obtenir un produit hors stock vendu à partir du stock
en ligne, ou retourne un article dans un PDV, etc. Ces
nouvelles habitudes requièrent une étroite synergie
entre le système d’information et le magasin
physique.

Tout cela a amené Demandware, IBM et Oracle à se


lancer dans une sérieuse bataille pour conquérir les
PDV. La réponse de Demandware a été d’acquérir
la société Tomax afin de fournir un système de PDV
intégré et moderne, ainsi qu’un système « Endless
Aisle », permettant au client de commander lui-
même depuis une « borne ». Ce système fournit
également des fonctionnalités permettant de gérer les besoins de base du
magasin tel que les stocks, les plannings de l’équipe commerciale ou encore les
tableaux de bord. Ce produit est vendu séparément du modèle SaaS classique et
requiert une facturation spécifique. Dans les années à venir, Tomax s’intègrera de
plus en plus dans la plateforme globale, mais le système est déjà modulaire de
sorte qu’un client peut choisir une fonction ou une autre comme il l’entend.

Il ne doit pas être confondu avec un autre système récemment mis sur le marché
par Demandware : le DSS. Il s’agit de l’acronyme de « Digital Store System », un
système de boutique numérique qui vise à fournir un bon système « Save the
sale », c’est-à-dire de vente en magasin depuis le site lorsque le produit n’est pas
en stock, ainsi que des fonctionnalités d’e-PDV (Point De Vente électronique) et
de v-PDV (Point De Vente virtuel). Pour résumer, un représentant de la boutique
passera une commande via le DSS, directement depuis le back office de la
vitrine numérique, au nom du client. Le système permet également de gérer le
programme de fidélisation de la clientèle ainsi que de consulter l’historique des

141
achats de la personne. Cette option est « gratuite » si l’on considère qu’aucune
licence spécifique n’est facturée, mais le système de commissions de la plateforme
Demandware s’applique cependant aux ventes effectuées via le DSS.

« Le Demandware d’hier était une Le modèle SaaS offre de grands


plateforme e-commerce. avantages mais connaît aussi souvent
Le Demandware d’aujourd’hui des limites lorsque l’on essaie
et de demain est une plateforme d’intégrer de façon cohérente
l’ensemble de ses systèmes de
unifiée pour le commerce
logistique, ERP, CRM et autres systèmes
omnicanal ». commerciaux dans la colonne
Alan Bunce, Demandware. vertébrale de l’activité. Ceci est
également la raison pour laquelle
Demandware acquiert des technologies visant à fournir un plus large éventail de
services et à essayer de rivaliser avec IBM, SAP et Oracle. Son dernier achat, au
moment où nous écrivons ces lignes, a été Mainstreet Commerce, qui apporte à la
suite globale un bon centre d’orchestration des commandes de même qu’un
système de livraison directe au client et un OMS.

En 2016, le RMS (Retail Management System) de Demandware (DSS) subit


d’importantes améliorations. Le système de recommandation prédictive mentionné
plus haut est désormais accessible depuis la tablette des employés des points de
vente. Ont également été intégrés un meilleur support vidéo, l’option pour faire
livrer les produits commandés en magasin plutôt que chez soi, et la possibilité pour
les employés d’accéder à la liste de souhaits en ligne des consommateurs.

POSITIONNEMENT SUR LE MARCHÉ & VISION DU FUTUR


Demandware a pénétré le Tier 2 et a également une forte présence dans le Tier
3. Le premier phénomène s’explique par le très grand panel de fonctionnalités
que propose la solution et le deuxième par le fait que les comptes du Tier 3 sont
généralement à l’aise avec un modèle « tout compris », où moins il y a de sous-
traitants à gérer, mieux c’est.

La vision est également en ligne avec ce positionnement depuis que SaaS ne rime
désormais plus avec « petit site ». Même si Demandware est le seul SaaS réellement
« haut de gamme » à notre connaissance, il a définitivement changé la perception
que l’on en a et s’est imposé dans le paysage du Tier 2.

Qu’en est-il maintenant des Tiers 4 et 1 ? En ce qui concerne le Tier 4, il est très
peu probable que Demandware ou ses intégrateurs essayent de se lancer sur ce
marché, composé en très grande partie de très petits sites. Par contre, l’entreprise
essaie fortement de devenir compétitive sur le Tier 1, en particulier grâce à leur
nouvel allié, Salesforce.

De fait, même s’il n’y a que peu de clients facturant plus de 100 millions de dollars
en ligne à travers la plateforme de Demandware, la société compte déjà plus de

Demandware
20 clients classés dans le Tier 1. De plus, même si elles ne font pas encore un chiffre
d’affaires du niveau du Tier 1, d’immenses marques telles que L’Oréal utilisent déjà
la plateforme et voient leurs résultats augmenter grâce à elle. Nul doute que le
business model avait besoin d’être adapté et que les marges ont été durement
négociées mais, au bout du compte, Demandware est en train de gagner son pari
et de percer sur le Tier 1.

Les récentes acquisitions de Tomax et de Mainstreet Commerce visent à renforcer


le positionnement de Demandware dans le Tier 2 et peut-être à flirter un peu plus
avec le Tier 1, même si le système connaît certaines limites.

ÉVALUATION TECHNIQUE
La mécanique interne de Demandware ne peut pas vraiment être vue en raison de
l’aspect SaaS de la plateforme. Cela étant dit, certaines choses sont publiquement
documentées ou visibles.

Le moteur principal est basé sur Java, ce qui permet d’obtenir de bonnes
performances, relativement constantes, sous de lourdes charges. Nous avons pu
constater des variations concernant le temps de chargement des pages lorsque
des grands clients fonctionnaient sous de lourdes charges ou au moment des
périodes de promotion ou des « Black Fridays » de certains pays, mais seul Java
peut supporter des charges importantes et évoluer aussi facilement. En moyenne,
le temps de chargement d’une page est assez stable et correct.

Par ailleurs, le système de mise en cache repose sur celui d’Akamai et les IP
exposées sont celles d’Akamai, qui distribue le cache et le contenu, et il est vrai que
celui-ci est délivré rapidement. Le temps de génération du code HTML, géré par
la logique de Demandware, est la seule chose qui peut parfois ralentir le système,
mais cela reste inhabituel.

Le langage interne permettant d’étendre la plateforme est basé sur JavaScript


(ECMAScript 3 pour être plus précis). Il s’appelle « Demandware script » et est
accessible via une API REST. La vitrine peut être personnalisée grâce à un système
de modèles, de pipelines, de scripts et de fichiers XML. Ces « cartouches » sont
ensuite intégrées au logiciel pour propulser la boutique nouvellement créée.

Au cas où un commerçant chercherait à avoir des fonctionnalités spécifiques qui


ne sont pas déjà proposées par la plateforme ou apportées par ses extensions,
le modèle SaaS peut alors s’avérer limité. Il est en effet possible de créer des
fonctionnalités spécifiques, ou de les demander directement à Demandware
lors des réunions de feedback des clients. Cela dit, la feuille de route est encore
la prérogative de Demandware et la plupart du temps, si l’on a besoin d’une
fonctionnalité spécifique, il est préférable de la développer soi-même. Le problème
de cette approche est que Demandware ne peut pas garantir que les mises à
niveau de sa base ne briseront pas, avec le temps pas, la fonction ajoutée.
Quoi qu’il en soit, lors du passage à un environnement comme Demandware, il

143
est recommandé d’utiliser les fonctionnalités du produit plutôt que d’essayer de
détourner le produit et de l’utiliser comme une plateforme d’intégration, car il n’a
pas été conçu pour cela.

Il est intéressant de noter que le système de personnalisation contient des


« pipelines » qui sont capables d’agir comme le flux de données XML décrit. Aussi,
sans surprise, on retrouve le même type d’éditeur visuel qu’Intershop fournit. Les
deux sociétés s’étant partagé le même PDG et il ne fait aucun doute qu’un peu
d’ADN et de meilleures pratiques sont passés de l’une à l’autre.

Même si, au départ, un éditeur de flux graphique est quelque chose d’inhabituel,
la plupart des développeurs qui ont travaillé sur Intershop ou Demandware
considèrent que cela apporte une grande valeur ajoutée. M. Schambach a
certainement trouvé cette technique efficace lorsqu’il dirigeait Intershop puisqu’il
l’a réinjectée dans la culture de Demandware.

Pour ajouter une dernière pierre à l’édifice, tout développeur peut utiliser un
« Pipelet » prédéfini (ou en intégrer un nouveau) qui réalisera quelques actions
JavaScript, comme la mise à jour du panier ou encore le pré chargement d’une
donnée en arrière-plan, etc.

Sur un plan plus opérationnel, le back office peut être qualifié d’honnête étant donné
la complexité et le large éventail de fonctionnalités que couvre Demandware. Il
est suffisamment rapide pour travailler efficacement et, à l’exception d’Oracle qui
a clairement une approche différente à cet égard, il est comparable à tous les
produits Java traditionnels. Le seul bémol ici est que le back office n’est pas des
plus faciles d’utilisation parmi ceux que nous avons testé.

Offrir de nombreuses fonctionnalités implique de les organiser de manière logique,


pour qu’il soit le plus simple possible pour l’utilisateur de relier les fonctionnalités
et la gestion des données. Toutes les grandes solutions souffrent de problèmes
similaires et une formation est souvent nécessaire pour exploiter au mieux les
meilleurs aspects de la solution, si l’on ne veut pas que les utilisateurs restent sur
le pourcentage classique des 80/20, où 80 % des utilisateurs utilisent seulement
20 % du produit. L’équipe d’intégration de Demandware accompagne ses clients
dans ce processus. Le back office pourrait néanmoins bénéficier à long terme
d’une meilleure conception, présentant uniquement des éléments contextuels ou
pertinents, tel que le fait par exemple Oracle Commerce.

En ce qui concerne les fonctionnalités, presque tout ce qui est important pour les
commerces de détail classiques et l’activité des marques est déjà intégré dans la
plateforme. Bien sûr, vous ne trouverez pas ou peu de fonctionnalités B2B dans cet
outil, mais quand il s’agit du profile classique B2C : le contenu dynamique de CMS,
le marketing, les promotions, les statistiques, etc. tout est déjà là.

Demandware
Les capacités de merchandising de la plateforme sont bonnes et suffisamment
complètes pour couvrir la plupart des besoins sur les segments des Tiers 2 et 3.
Elles comprennent des offres produits dynamiques et configurables qui dépendent
d’un grand nombre de variables que la marque peut choisir d’utiliser. Des
fonctions spécifiques à certains segments sont également possibles, ainsi qu’une
personnalisation très convenable du contenu affiché, facilement modifiable et
personnalisable par le gérant du magasin.

Le problème n’est pas tant ce qu’il contient, mais ce qu’il ne contient pas. Le
produit contient en fait plein de fonctionnalités mais si vous recherchez un système
de gestion avancée des ressources numériques ou un système de gestion des
commandes personnalisé, vous devrez très probablement les interfacer avec
un système existant ou recréer un workflow ou un outil spécifique à l’intérieur de
Demandware. Non pas que cela soit impossible à faire, mais si un jour la société
décide de ne plus utiliser Demandware, tout ce travail sera perdu.

Il faut noter également qu’en raison du langage et du système semi-propriétaires,


un temps de formation sera nécessaire pour les équipes qui utilisaient avant un
autre système et, si la société venait à changer sa plateforme e-commerce par la
suite, ce temps serait également perdu.

Mais contrairement à la plupart des feedbacks entendus sur ce point, les clients
ont toujours le plein contrôle de leurs données et de leurs analyses et ce, depuis
le premier jour. Ils peuvent abandonner Demandware à tout moment en les
emportant toutes avec eux. Les problèmes de « réversibilité » ne sont pas vraiment
liés à ce point précis mais plutôt aux investissements, au contrat et à l’organisation
interne de l’équipe.

Désormais, Demandware inclut également un « système de merchandising


prédictif », qui exploite des analyses de données et des algorithmes prédictifs
pour proposer des recommandations de produits qui personnalisent l’expérience
utilisateur. Le merchandising prédictif a été proposé aux premiers utilisateurs en
2015, et est désormais disponible pour tous. Fait intéressant, le système a également
été connecté au système de génération d’emails, ce qui permet aux marques
d’envoyer des emails encore plus ciblés à leurs consommateurs.

Les améliorations apportées récemment aux capacités de merchandising du


Demandware Commerce Cloud incluent également une nouvelle fonctionnalité
de tri de visuels, qui permet aux marchands de glisser & déposer des produits dans
des trames de catégories. Il fournit aussi des capacités de recherche avancées et
de filtrage dans les produits et catégories. En plus de cela, Demandware a sorti
un merchandising basé sur les attributs, qui permettent à un marchand de mieux
planifier ses gammes et ses personnalisations.

145
UN AVENIR PRÉVISIBLE
L’avenir de Demandware semble désormais être plus sûr que jamais. La société fait
encore des pertes, ce qui a presque toujours été le cas depuis le début (l’acquisition
de clients est coûteuse), mais la société cotée en bourse peut facilement lever
plus de fonds en cas de besoin. L’alliance formée avec Salesforce garantit aussi
le futur de la compagnie sur le long terme. La rentabilité sera encore un KPI à
atteindre mais il ne fait aucun doute que c’est également l’avis des actionnaires
et que la société trouvera un jour son équilibre. En fait, il est très probable que
Demandware sera rentable dès l’instant où l’entreprise décidera de ralentir un peu
ses investissements.

Néanmoins, cette rentabilité est un point non négligeable puisque l’éditeur peut
avoir à un moment donné à augmenter ses prix pour stabiliser son business model.
Toutefois, les clients étant profondément liés au modèle SaaS, il est également
probable qu’ils restent, même dans un tel cas de figure.

Du côté du marché, SAP prépare déjà plusieurs réponses à la menace croissante


que représente Demandware. Tout d’abord, il semble qu’une offre SaaS sera
disponible en 2017. Ensuite, la réorganisation de l’entreprise est maintenant presque
terminée après la fusion d’Hybris et les commerciaux vont retrouver leur efficacité
sur le terrain. Enfin, Hybris parie beaucoup sur le marché du B2B, où SAP est déjà
très forte, afin d’accroître ses parts de marché dans un contexte où Demandware
n’a pas vraiment de poids.

Oracle semble un peu paralysée ces derniers temps, ou du moins manque de


réponses originales face à cette nouvelle menace mais son SaaS pourrait changer
la donne. IBM a essayé d’offrir son WebSphere Commerce dans un modèle CaaS
(Commerce As A Service), mais personne ne sait vraiment pour le moment grand-
chose à ce sujet et la conversion d’une aussi grande application à un modèle de
livraison SaaS n’est pas une tâche aisée.

Donc, même si tout n’est pas encore parfait, l’avenir de Demandware ne fait pas
vraiment de doute et la solution va très probablement continuer à se développer
sur le segment du Tier 2 ainsi que sur celui du Tier 1. Un nombre croissant de
partenaires s’intéressent également à l’initiative de Demandware appelée
Distributed Commerce. Illustrons ce propos : la société a déjà formé des partenariats
avec Pinterest et Salesforce.com pour permettre à ses clients de vendre à leurs
clients finaux par l’intermédiaire des boutons « achetez maintenant » sur les
réseaux sociaux et de services. Ces transactions sont directement connectées à la
plateforme Demandware.

C’est logique, Salesforce apporte un superbe CRM aux capacités de Demandware,


et il ne fait aucun doute que ce duo va conquérir de plus en plus de parts de
marché sur le court et moyen terme, particulièrement dans le Tier 2, où les deux
sociétés sont bien installées. On peut s’attendre à des offres combinant à la fois les
plateformes de Demandware et Salesforce, et à travers Demandware, Salesforce

Demandware
pourrait bien être capable de devenir le CRM de référence pour les PoS des
marchands, ce qui est une perspective très intéressante pour eux.

FORCES ET FAIBLESSES
Comme toutes les solutions que nous avons examinées, Demandware a de
grandes forces et quelques marges de progression.
Du côté positif, le fait d’avoir une solution combinant à la fois la plateforme logicielle
et l’infrastructure d’hébergement élimine les relations éditeur/système intégrateur/
services dédiés et réduit les frais généraux globaux du projet.

La « client success team » (l’équipe d’intégration) représente clairement une


grande valeur ajoutée grâce à l’aide qu’elle apporte aux entreprises dans le
démarrage de leur environnement. Même si cela pourrait être difficile d’ajouter
de nouvelles fonctionnalités personnalisées, la plupart des boutiques respectent
la loi de Pareto, en utilisant 20 % des fonctionnalités pour couvrir 80 % de leurs
besoins. L’empilement de milliers de fonctionnalités pourrait rendre le back office
moins efficace alors qu’en fin de compte la plupart des détaillants ont des besoins
très comparables.

Il est également important de garder à l’esprit que les données (catalogue,


commandes, analyses, stocks, etc.) sont entièrement accessibles à tout moment,
permettant ainsi d’effectuer une éventuelle migration vers une autre plateforme,
si besoin est.

Le business model lui-même implique que votre entreprise ajoute des OPEX
(dépenses d’exploitation) à son bilan et presque pas de CAPEX (dépenses
d’investissement). Dans la plupart des cas, ce ne sera pas vraiment un problème,
mais certaines marques privilégient le CAPEX (comme dans le cas des stocks)
pour, à la fin de l’année, équilibrer leur bilan comme elles l’entendent.

En ce qui concerne les marges de progression, certaines améliorations sont faciles


à réaliser, d’autres dépendent fortement du modèle SaaS lui-même. Par exemple,
le fait d’avoir un produit tout-en-un ne vous permet pas (ou que partiellement)
de désactiver certains composants dont vous n’avez pas besoin pour accélérer
les traitements. C’est principalement pour cela que Demandware ne sera
probablement jamais en mesure d’égaler les solutions les plus rapides à délivrer les
pages, comme Intershop ou Hybris par exemple, la solution devant être compatible
avec tous les cas d’utilisation. La base technique étant commune à tout le monde,
vous devrez faire avec tout ce qui existe.

Cela vaut également pour la feuille de route. Des réunions de clients sont mises en
place chaque année pour recueillir l’opinion des utilisateurs afin de l’ajuster. Au-delà
du fait que certains des clients interrogés ne semblent pas avoir connaissance de
ces réunions, vos demandes seraient regroupées, soupesées, et il n’y a finalement
aucun moyen d’être sûr qu’elles seront intégrées ou, tout du moins, qu’elles le seront
dans les délais prévus.

147
Techniquement parlant, la plateforme est efficace et bien conçue. Il n’y a
pas grand-chose à dire sur ce point, sauf peut-être que les modèles pourraient
exploiter une « amélioration progressive » ou une « dégradation élégante » pour
mieux répondre aux différentes capacités des machines, comme sur WebSphere
Commerce par exemple. Ces techniques consistent essentiellement à adapter le
site au navigateur en y accédant et à activer ou non certaines fonctions qui en
dépendent. À titre d’exemple, aucun site Demandware ne peut fonctionner sans
que JavaScript soit activé, ce qui pourrait être fait différemment pour continuer à
supporter tous les cas d’autant qu’une pile JavaScript peut devenir instable, en
particulier sur les appareils mobiles, et que les performances JavaScript d’un site
peuvent influencer les autres ouverts sur le même navigateur.

En ce qui concerne les données financières, le chiffre d’affaires ne cesse


d’augmenter, mais les bénéfices se font encore grandement attendre pour le
moment. Cela ne sera plus un problème majeur maintenant que Salesforce est
dans la boucle, mais il est possible que les prix augmentent dans un futur proche,
le rachat ayant couté très cher.

Rassembler une communauté autour d’un produit propriétaire est toujours un peu
compliqué et Demandware le sait. L’équipe se concentre sur le développement
des offres disponibles dans « LINK », leur place de marché, mais la croissance est
encore un peu lente. Cela dit, tous les modules/extensions intégrés à l’ensemble
sont doublement vérifiés par l’équipe de base, permettant ainsi d’assurer la
compatibilité et l’efficacité à long terme, ce qui est de toute évidence un plus,
notamment par rapport à Magento.

Cependant, une communauté n’est pas seulement composée d’éditeurs de


produits tiers et l’on constate un autre point qui fait débat : les intégrateurs système
et agences. Bien sûr, ce n’est pas bien compliqué d’intégrer dans Demandware des
modèles et des fonctionnalités de base. Cependant, encore très peu d’agences
ont été validées par Demandware pour fournir des sites. Cette insuffisance peut
devenir un gros problème pour deux raisons. Tout d’abord, parce que les agences
et les intégrateurs de systèmes sont encore ceux qui « obtiennent » l’activité. Même
si les clients ont maintenant tendance à contacter directement Demandware, il
y a encore un marché qui se fait directement de gré à gré entre les clients et
les intégrateurs. Ensuite, parce que le temps entre une signature et une mise en
service a également tendance à augmenter. Il est passé de 3 à 6 mois et peut aller
parfois maintenant jusqu’à 9 mois, en fonction de la planification des partenaires
d’intégration et évidemment aussi de la complexité du projet.

Demandware doit absolument former davantage de partenaires et commencer


à diversifier son écosystème pour être en mesure de délivrer à plus grande
échelle. Par exemple, 80% de leurs magasins en France ont été réalisés par un seul
intégrateur, ce qui montre les problèmes subis par les clients s’ils veulent des délais
courts, ou même simplement bénéficier d’un choix quant à leur partenaire.

Demandware
L’approche de la boîte noire est aussi souvent une préoccupation en termes de
sécurité. Centraliser une telle quantité de données sensibles de clients, paiements
et produits fait de Demandware une excellente cible pour les hackers. On pourrait
objecter qu’ils respectent toutes les normes de sécurité, comme PCI/DSS, etc.
mais, malheureusement, les hackers ne se soucient pas beaucoup de cela. Il
est indéniable que les plateformes Java sont généralement assez robustes, mais
personne n’a été ou ne sera jamais assez prudent en matière de sécurité, d’autant
que Demandware offre un trésor potentiel bien plus intéressant qu’un simple site, à
savoir des millions d’enregistrements clients et de produits. Il faut aussi vivre avec le
fait que vos données ne sont pas sous votre contrôle intégral, Demandware ou des
services de surveillance basés aux US peuvent y accéder.

Cette plateforme a déjà été victime d’attaques DDoS il y quelques temps


démontrant que, même si elle n’a pas été piratée, la solution pourrait encore être
bloquée de temps en temps tout comme n’importe quel site. Ces menaces sont
traitées avec beaucoup de soin par l’équipe, mais elles illustrent le fait que les
pirates se sont déjà intéressés à Demandware ou à certains de ses clients par le
passé.

Pour traiter la menace spécifique des DDoS, et accélérer la livraison des contenus,
Demandware a inclus un CDN. Avec ces niveaux ajoutés de protection contre les
DDoS et un service CDN, les clients d’Asie Pacifique vont profiter d’une meilleure
protection et de meilleures performances, ainsi que du fait que le cache de pages
entières soit géré à la fois en HTTP et en HTTPS.

Ces plateformes SaaS ne sont pas plus ou moins sécurisées que les autres mais en
cas de piratage, les éditeurs ont généralement tendance à conclure un accord
avec les clients touchés pour éviter que cette nouvelle ne se répande. Cela ne veut
pas dire que c’est déjà arrivé à Demandware ni même que l’entreprise réagirait de
cette façon, mais personne ne devrait sous-estimer la motivation que représente un
tel trésor. Il est aussi possible de voir le verre à moitié plein et de considérer comme
une force le fait de défendre un périmètre cohérent et géré en interne.

Parmi les faiblesses, on pourrait considérer la durée d’engagement, (généralement)


très longue, comme un inconvénient. Certains contrats courent sur 5 ans, avec
des pénalités en cas de désengagement précoce, ce qui pourrait être un frein
pour certains clients, en particulier dans un marché en constante évolution
comme l’e-commerce. La durée d’engagement conditionnant le pourcentage de
commission, cela peut être un point sensible.
Enfin, les capacités de reporting natif de Demandware sont plutôt mal notées par
ses utilisateurs, qui semblent en attendre plus, ou du moins, pour être plus précis,
attendre plus d’autonomie pour générer des rapports personnalisés sur leur tableau
de bord.

149
CONCLUSION
Demandware est parfaitement adaptée pour les commerces B2C de détail, les
marques ou les entreprises ayant un positionnement de pure player, dont les
chiffres d’affaires varient entre 5 et 50 millions d’euros facturés en ligne, voire plus.
Cette affirmation est encore renforcée par le rapprochement de Demandware et
Salesforce. Et si la société considérant Demandware n’est pas tant expérimentée
que cela dans l’e-commerce, le choix n’en est que plus judicieux. En effet, les frais
généraux techniques sont moins élevés, le chemin de mise en ligne est plus court et
l’on peut compter sur l’aide de l’équipe de support de Demandware pour booster
le démarrage de l’activité.

La solution peut également être adaptée aux clients des Tiers 1 ou 3, en fonction de
leur volonté de préserver les marges pour ce qui est du premier, et de leur capacité
à obtenir un accord intéressant sur les commissions pour ce qui est du second. Par
d’autres aspects, Demandware n’est pas non plus une solution miracle. Il ne vaut
mieux pas essayer de faire une vitrine B2B compliquée ou d’avoir de nouvelles
approches trop novatrices du commerce sur le web avec ce produit. Toutes les
entreprises ne sont pas à l’aise pour passer en mode SaaS pour des raisons de
réglementation, de confidentialité ou même financières, liées à leur activité, ou
même parce que ce n’est tout simplement pas dans la culture de l’entreprise mais,
pour d’autres, notamment pour les marques évoluant dans le Tier 2, Demandware
est une option sérieuse.

La solution est bien pensée, bien mise en œuvre, et tant que vos besoins
correspondent à ceux de la plupart des gens, vous ne devriez pas rencontrer de
sérieuses limites lors de son utilisation. Le business model SaaS reste, ce que votre
entreprise peut apprécier ou non, et un DAF peut être à la recherche de CAPEX
ou d’OPEX en fonction des objectifs de l’entreprise, alors que Demandware est
nettement orientée OPEX. Ce business model basé sur OPEX ne répond d’ailleurs
pas toujours aux besoins de tous, notamment à ceux des marques ayant de petites
marges qui peuvent, en activant le produit de base et les extensions, voir leurs
marges fondre lorsque l’on en déduit 2, 4 ou 6 %.

Sur le plan technique, il n’y a pas de inconvénients majeurs. Cette plateforme est
stable, auto-évolutive et bien distribuée dans le monde grâce aux capacités CDN
premium d’Akamai. Elle propose un très grand nombre de fonctionnalités, comme
dans de nombreux grands produits dans ce domaine, et le back office est correct
sans être le meilleur en ce qui concerne la lisibilité et l’organisation. Rien de bien
terrible à ce sujet, mais l’interface utilisateur n’est peut-être pas la meilleure que l’on
puisse trouver. L’approche « gérant de boutique » est totalement respectée grâce
à des cartouches correctement pré-créés et le site offrira une grande flexibilité au
gérant de la boutique.

Certains éditeurs comme Hybris et IBM pensent également se lancer dans le


domaine du SaaS, d’autres concurrents peuvent même se développer, des
solutions SaaS existantes pourraient également enrichir leur liste de services, mais

Demandware
Demandware a actuellement une nette longueur d’avance en ce qui concerne
les grands sites.

Attention cependant, l’approche « tout-en-un » pourrait donner l’illusion de la


simplicité, mais elle ne résout pas tous les problèmes et elle vous lie étroitement à
la société. Néanmoins, Demandware est indéniablement une magnifique solution
pour un segment de marché spécifique et, après quelques mois d’utilisation, les
clients semblent être, dans l’ensemble, satisfaits du produit. Les inconvénients sont
sans aucun doute le fait d’être très fortement lié au fournisseur et la complexité de
l’intégration des fonctionnalités personnalisées. Cela pourrait être en effet difficile
pour certains de revenir sur leur décision après quelques mois, le cas échéant.

Enfin, l’entreprise est en croissance et attache beaucoup d’importance à s’entourer


de personnes professionnelles et dévouées, qui vont être à votre service dans
presque toutes les parties du monde. Demandware a peu de concurrence sur ce
segment et même si Hybris, Oracle, IBM, Intershop ou Mozu tentent d’apporter une
alternative sur ce marché, Demandware se trouve encore dans un environnement
favorable à sa croissance, que le rapprochement avec Salesforce devrait stimuler.

151
LES POINTS FORTS DE DEMANDWARE
(Plus il y a de points, mieux c’est. Sur chaque KPI (indicateur clé de performance),
il y a au moins une solution avec 5 points ; il s’agit donc d’une comparaison entre
les solutions).

POSITIONNEMENT DEMANDWARE
Chiffre d’affaires pour envisager la solution (On premise / SaaS) > $3 Million
Positionnement actuel sur le marché Tier 2
Direction de l’éditeur Tier 1 - 3
Profil (B2C, B2B) B2C
Opensource Non, Java
L’éditeur met en avant… La personnalisation
L’éditeur met en avant… La simplicité
L’éditeur met en avant… Le business model tout-en-un
Il répond à la plupart des
Nous sommes impressionnés par…
besoins des commerçants
Nous sommes sceptiques sur… La profitabilité
Buget minimum pour créer un site (On premise / SaaS) 50k$
KPI GÉNÉRAUX DEMANDWARE
Le coût de la solution (licence, intégration, hébergement) (On premise / SaaS) HHK
Progressivité et /ou flexibilité des frais de licence/location HHHHH
Délai de commercialisation (On premise / SaaS) HHHK
Variété/Qualité des boutiques de démonstration à s’adapter à un usage spécifique (mis
HHH
à part la boutique standard)
Capacités marketing basiques (moteur de promotion, coupon, carte cadeau, etc…) HHHHK
Niveau de navigation & présentation multidimensionnelle du catalogue (multi-bou-
HHHH
tiques/mulitlangues/etc…)
Ecosystème (communauté, partenaires, intégrateurs, forums, etc…) HH
Convivialité et facilité d’utilisation du back office HHH
KPI TECHNIQUES (PLUS IL Y A DE POINTS, MIEUX C’EST !) DEMANDWARE
Complexité du développement personnalisé pour étendre le système HHHK
Nombre de logiciels/extensions/services non disponibles HHHK
Nombre de produits/services complémentaires de l’éditeur HHK
Évolutivité & performances du front office (temps de chargement des pages) HHHHK
Vitesse du back office et évolutivité (nombre d’utilisateurs simultanés) HHHHK
Capacités de CMS natives HHHH
Capacité de service web/API natives (connexion avec des tiers, comme un ERP ou un
HHHK
logiciel de logistique)
Liste des fonctionnalités B2C (par défaut, sans extensions ou programmes parallèles) HHHHH
Mobile (application native, application hybride, responsive design) HHHHH
KPI DES FONCTIONNALITÉS AVANCÉES DEMANDWARE
Capacités de searchandising avancé & de personnalisation HHHH
Capacités de multi/cross/omni canal HHHK
Gestion avancée native du catalogue (PIM, multi-catalogue, attributs, lots…) HHH
SGC (Système de Gestion des Commandes) intégré ou connecté nativement HHH
Outils marketing avancé (marketing adaptif, tunnels de navigation dynamiques, etc…) HHHHK
Capacités B2B natives H

Demandware
NOTES

153
intershop:
Le temps béni
du B2B est arrivé

intershop
INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LA SOLUTION

Éditeur Intershop
Chiffre d’affaire en 2014 42,7 millions €
Business model (e-commerce) On-premise, on Cloud
75 K€ pour 1 core + test de préproduction, 50K€
Coût de la licence
pour les suivants
Technologie Java
Jquery, SoIR, Gradie, Jersey, Droots, Twitter
Framework
bootstrap, Groovy, Require.js, etc…
Base de données Oracle (7.6), Postgres (7.7)
Version (à la date de l’étude) 7.6.1 (On-premise)
Licence Propriétaire
Première sortie 1992
Origine Allemagne
Budget de réalisation d’un site
150K€ / 250K€ / > 200K€
(Bas/Moyen/Haut)
Typologie de recommandation Détaillants, B2B

Temps moyen
Étendue Sites en Utilisation
de génération
géographique production par Tier
du code HTML

TIER 4
Environ TIER 3
667 TIER 2
290 ms
(300
clients) TIER 1

Positionnement dans le Tier et tendances futures

TIER 1 TIER 2 TIER 3 TIER 4

Performances sur le marché par rapport à la concurrence


WEBSPHERE ORACLE
DEMANDWARE HYBRIS MAGENTO EE
COMMERCE COMMERCE

155
INFORMATIONS TIRÉES DE L’ANALYSE DE 2013
(SUIVIES DE LA MISE À JOUR DE 2016)

HISTORIQUE

Intershop est une société allemande fondée en 1992 et cotée à la Bourse de


Francfort. Ce n’est pas seulement l’une des plus anciennes solutions e-commerce
qui existe : c’est aussi l’une des rares entreprises à avoir survécu à la bulle internet à la
fin des années 90. Intershop est une multinationale qui a des bureaux partout dans
le monde, ce qui représente une vraie force dans le paysage de l’e-commerce.
La solution est utilisée par de grandes entreprises comme T-mobile, HP, Sun
Microsystem, Smart, Tom Tom et beaucoup d’autres. Intershop cible uniquement
les entreprises qui sont sur les Tiers 1 et 2 et dont les principaux concurrents sont
Oracle ATG, IBM WebSphere Commerce et Hybris.

Les références qu’elle a acquises ainsi que l’image d’une société très expérimentée
sont des atouts qu’Intershop tente d’exploiter afin de devenir LA solution entre
toutes. Les grandes entreprises savent que travailler avec Intershop coûtera de
l’argent, mais elles sont sûres que le travail sera fait de manière efficace. La « rigueur
allemande » célèbre dans le monde entier est l’ADN de l’entreprise.

D’un autre côté, cette image peut aussi être un inconvénient, Intershop
pouvant être perçue comme une entreprise manquant un peu de créativité. Le
département marketing a été créé il y a un an seulement. Ce simple fait illustre
parfaitement l’énorme fossé qui existe entre la philosophie des autres solutions et
celle d’Intershop. Comme c’est souvent le cas et comme c’est le cas aussi d’OXID
eSales par exemple, Intershop n’est pas la meilleure pour faire la promotion de ses
produits, de ses innovations ou de ses très gros clients. Ses concurrents, par contre,
comme Hybris par exemple, font tout pour être vus dans les médias. Quand la
solution Intershop 7.0 est sortie, la communication a été loin d’être impressionnante
et nous n’en avons pas vraiment su grand-chose en dehors de l’Allemagne... Cela
semble un peu étrange pour une solution qui a des clients et des utilisateurs dans
le monde entier.

Intershop est désormais confrontée à un nouveau défi : celui de garder sa place


dans le paysage à un moment où IBM et Oracle sont de retour aux affaires et où
Hybris est poussée vers l’avant par son nouvel « ami » SAP. Cette dernière nouvelle
est certainement la pire pour Intershop, étant donné qu’Intershop et SAP sont toutes
les deux des sociétés basées en Allemagne et cela paraît donc plus qu’évident
que SAP puisse facilement attaquer les clients allemands d’Intershop avec Hybris.

UN PRODUIT ÉVOLUTIF ADAPTÉ POUR LES GROS JOUEURS - LE « SYSTÈME DU TIER 3 »


Intershop est une solution qui offre une évolutivité incroyable.
Capable de gérer des millions de produits et de traiter des dizaines de milliers de
commandes par jour, Intershop a été conçue pour les grands projets e-commerce

intershop
ayant une stratégie internationale et multi-sites. Après 20 ans d’expérience,
Intershop continue d’afficher des résultats impressionnants. Par exemple, une
célèbre marque gère à elle seule pas moins de 25 boutiques Intershop en ligne
comptant des millions de produits, dans plus de 30 pays, et traduites en 20 langues.

Voici quelques autres statistiques impressionnantes qui nous ont été données
par Jean-Claude Noguès, un revendeur français d’Intershop. Un de ses clients,
La Monnaie de Paris (l’entreprise qui fabrique les euros français et des pièces/
médailles de collection), peut faire jusqu’à 10 000 commandes/heure quand un
nouvel euro français est lancé. Toujours selon M. Noguès, Intershop est une solution
très évolutive. Lors des pics d’activité, il est en effet possible d’y ajouter des serveurs,
sans limites, de manière « hot plug ». Intershop a été conçue pour les plus grands
et certains des principaux clients de la solution réalisent tous les jours jusqu’à 5
commandes/secondes !

Au total, si l’on regroupe tous les clients d’Intershop, ceux-ci gèrent des sites dans 75
pays, dans plus de 50 langues, ils servent le nombre impressionnant de 1,5 milliard
de pages et affichent plus de 250 millions de produits, qui sont vus 715 millions de
fois par jour... Tout cela se traduit par 1,3 millions de commandes et des ventes à
hauteur de 200 millions d’euros en moyenne chaque jour...

L’architecture trois Tiers (Tier web, Tier application, Tier données) conçue par
Intershop est l’une des clés de la grande évolutivité de la solution. Ce système
permet à chacun des Tiers d’évoluer en fonction des besoins, par le biais d’un
mécanisme de mise en cache qui assure une vitesse constante et des temps de
réponse fiables. Il est en quelque sorte comparable à la conception d’IBM dans
WebSphere Commerce, sauf que la capacité « Hot Plug » est ici unique. (NBS
System est la seule société d’hébergement dédié en mesure de fournir ce type
d’extensibilité de plateforme « hot-plug » pour Magento, mais pour des raisons de
R&D interne et non de capacité native du produit, comme c’est le cas d’Intershop).

Les 3 applications ont leurs propres mécanismes et sont conçues pour que tout ce
qu’elles fournissent soit optimisé. Le Tier web gère le système de cache et le serveur
de page, en vérifiant ce qui peut être statique et ce qui doit être dynamique. Le
Tier applicatif exécute toutes les tâches principales, de la génération de pages à
la demande d’informations sur la livraison dans le système de transport. Enfin, le
Tier de données est divisé en une base de données relationnelle et un système de
fichiers partagés, qui gère le référentiel de données.
Intershop a décidé de « diviser la charge de travail » afin de développer sur chaque
niveau des optimisations spécifiques, permettant ainsi à la solution d’être robuste et
fiable quand un pic de trafic apparaît.

157
L’illustration ci-dessus montre la segmentation de l’architecture Intershop, commune
à tous les frameworks Java.

LE FRAMEWORK MULTI-TOUCH POINT APPLICATION


La « Multi-Touch Point Application », l’application avec écran tactile multipoint, est
la pierre angulaire de la stratégie multicanal d’Intershop. Intershop est destinée aux
grands projets internationaux qui ont des besoins techniques élevés et nécessitent
une plateforme capable de gérer de nombreux problèmes complexes au niveau
global. Intershop a donc élaboré un framework d’application « Multi-Touch Point »
(voir image ci-dessous) qui aide les entreprises à optimiser tout leur système
d’information grâce à la segmentation des organisations, des applications et des
référentiels.

Le client peut établir un


modèle en fonction des
données dont il a besoin
pour ses applications, puis
ensuite choisir les règles
de fonctionnement et
les caractéristiques de
chaque application.

L’objectif étant de créer


une plus grande flexibilité
entre toutes les entreprises
(un site au Royaume-
Uni et aux États-Unis par
exemple). Cela permet aux
entreprises de partager des segments et de recueillir plus facilement les données

intershop
de toutes les opérations effectuées à travers le monde : celles d’une campagne de
marketing au Royaume-Uni et d’une vente flash aux États-Unis par exemple.

Ce framework permet de synchroniser le modèle e-commerce au niveau


international.

Le Mutli-Touch Point est un outil qui utilise Intershop pour la gestion multicanal.
Quel que soit le canal par lequel les clients ont l’habitude d’acheter (PC, tablette,
mobile, en magasin, etc.), toutes les données et les flux sont centralisés. Cela facilite
à la fois la vie du personnel informatique et celle de l’équipe de marketing, qui
ont besoin de segmenter et de gérer les données concernant les canaux d’où
proviennent les ventes.

SEARCHANDISING ET MERCHANDISING
Intershop a plusieurs fonctions de recherche intéressantes qui sont inclues dans la
version standard de la solution.

• Searchandising
Selon Intershop, plus de la moitié des acheteurs en ligne utilisent la fonction de
recherche pour trouver ce qu’ils recherchent. En d’autres termes, cette fonction
a une influence majeure sur les ventes. Cette fonction est appelée « Intershop
Advanced Search » (Recherche avancée Intershop) et elle inclut FACT-Finder
d’Omikron. FACT-Finder est une solution bien connue, qui fonctionne également
avec Magento et OXID eSales, et qui fournit des fonctions de recherche et de
navigation à facettes ainsi que des indicateurs concernant l’utilisation.

Grâce à la fonction de recherche, la solution trouve le bon produit indépendamment


des erreurs de frappe, d’orthographe, des mots composés, du singulier ou du pluriel,
sans avoir à effectuer de manipulations. La capacité de suivi permet de stocker
et de gérer les données dans les fichiers journaux afin de vérifier les produits sur
lesquels on a cliqué, qui ont été placés dans le panier puis achetés. Cela permet
au gérant de la boutique de mieux comprendre le comportement des clients et
d’adapter sa stratégie de searchandising en fonction des tendances, des saisons,
etc.

Enfin, FACT-Finder propose également la navigation à facettes. Les résultats de la


recherche sont regroupés dynamiquement par catégorie, permettant ainsi aux
clients d’affiner les résultats par prix, taille, couleur, etc., et de localiser le produit
souhaité à partir d’une liste de résultats.

• Merchandising
En ce qui concerne le merchandising et la recommandation, Intershop propose
une fonctionnalité appelée « Intershop Advanced Recommendation Engine ». Ce
moteur de recommandation avancé est basé sur les solutions Prudsys RDE. Prusdys
est un logiciel modulaire allemand d’analyse en temps réel qui a développé un
moteur de décision en temps réel (RDE pour « Realtime Decisioning Engine »).

159
Prudsys travaille aussi en collaboration avec IBM, OXID eSales et Hybris.

Prusdys RDE permet d’optimiser et de personnaliser entièrement le processus


de vente sur tous les points de contact clients, sans avoir besoin d’effectuer de
manipulations. Il convertit les données recueillies à partir de l’analyse en temps
réel en produits personnalisés et en offre d’information, un processus qui permet
également la création de recommandations individuelles pour les visiteurs
anonymes du site. La fonction de recommandation peut également, en fonction
des objectifs de vente, être utilisée pour définir dynamiquement des prix dans le
but d’augmenter les marges.

L’ARCHITECTURE DE L’APPLICATION D’INTERSHOP


En termes de développement, Intershop a une philosophie vraiment différente de
celle de la plupart des autres solutions. Cet environnement de développement
basé sur Eclipse s’appelle Intershop Studio. Les développeurs y convertissent tous
leurs processus logiques et leurs workflows dans une interface utilisateur graphique.
Selon les utilisateurs d’Intershop, cette méthode, lorsqu’elle est maîtrisée, représente
vraiment un gain de temps. Bien sûr, les gens doivent être formés, mais cette
approche atypique permet aux développeurs de se libérer l’esprit quand il s’agit
de la logique de développement car ils peuvent essayer, tester et optimiser leurs
idées presque « en temps réel » grâce à l’IDE.

Cette méthode de développement implique néanmoins que les développeurs


comprennent le concept à l’origine du produit, mais elle leur permet ensuite de
traduire leurs idées directement dans une interface graphique au lieu de les coder.
Un aspect très positif de cette méthode est que les erreurs de codage sont moins
fréquentes puisque les développeurs n’ont pas à coder jour et nuit pour développer
quelque chose de complexe. Avec Intershop, ils ont plutôt à réfléchir à la manière
dont ils peuvent organiser ensemble les composants visuels dans le gestionnaire
visuel de pipeline appelé Visual Pipeline Manager (VPM), afin de créer quelque
chose de logique. Ensuite, Intershop Studio génère automatiquement le code Java
correspondant. C’est vraiment impressionnant !

Afin de mieux décrire cette


touche de magie, l’illustration ci-
contre montre les couches qui
font partie de l’architecture de
l’application. Le processus
commence par la cartographie
des objets business puis se dirige
ensuite vers les « pipelets » et les
gestionnaires de pipeline afin
d’être finalement traduit en code
via une interface visuelle. Le tout
aboutit ensuite dans la couche
de présentation qui affiche la

intershop
page web en HTML avec des modèles et des feuilles de style.

• La couche business object


Première couche de l’architecture, l’objet métier ou « business object » est l’endroit
où la solution Intershop 7 est configurée, adaptée et étendue. Cette interface
permet aux e-commerçants de mettre en relation des objets entité avec leurs
attributs et leurs contacts via une interface d’application.

• Couche pipeline
Les pipelines sont au cœur de la capacité d’’Enfinity à séparer la logique
métier du code et de la conception web. Un pipeline est un modèle logique
d’un processus métier spécifique. Chaque pipeline est composé d’un certain
nombre de « pipelets » (comparables aux servlets Java conventionnels offrant
une fonctionnalité spécifique). Ceux-ci sont utilisés pour modéliser un processus
métier complexe. L’utilisation d’un éditeur graphique dans Intershop Studio pour
gérer, créer et modifier des pipelines est une fonction unique du processus de
développement.

• La couche Pipelet
Un Pipelet est un élément d’un programme individuel ayant une fonction métier
spécifique et clairement définie, telle que « obtenir le prix de ce produit » ou encore
« montrer les catégories auxquelles ce produit appartient ». Les pipelets sont des
classes Java qui divisent les fonctionnalités fournies par la couche des objets métier
en petits composants réutilisables. Chacun de ces éléments a sa propre fonction
individuelle, qui peut être utilisée dans différents pipelines.

• La couche présentation
La dernière couche de l’architecture est faite pour « présenter » les développements
qui ont été faits. Elle montre les résultats définitifs dans les pages HTML et permet de
voir comment une page peut être structurée par Intershop Studio. Les principaux
outils de cette couche sont les modèles et les feuilles de style. Les feuilles de style
précisent la manière dont les pages et le contenu statique sont affichés. Par ailleurs,
les modèles peuvent contenir des déclarations et des expressions d’Intershop
Markup Language (IML) qui fournissent un contenu dynamique directement
lié à la session ou au visiteur particulier (informations sur la livraison ou données
relatives au profil personnel). Ces outils, combinés avec l’architecture d’Intershop,
permettent aux e-commerçants de créer différentes pages à partir d’un même
modèle. L’IML permet également d’avoir des contenus pseudo-dynamiques, c’est-
à-dire d’insérer un bloc dynamique dans un contenu statique afin d’optimiser la
performance.

Grâce à une telle architecture, un projet basé sur Intershop composé d’environ 25
% de développement spécifique et de 75 % de personnalisation du workflow peut
se faire sans toucher une seule ligne de code. Ce modèle remonte à 1999 et il est
l’un des atouts majeurs d’Intershop. Intershop ne fournit pas d’accélérateurs ni de
boutiques kickstart comme IBM et Hybris, mais ce modèle de développement réduit

161
les besoins en termes de temps et de budget total et c’est la raison pour laquelle
les propositions commerciales d’Intershop peuvent parfois être très compétitives au
niveau des prix.

GESTION DE L’INFORMATION PRODUIT (PIM)


Les clients d’Intershop font partie des plus grandes marques du monde et la solution
est connue pour être l’une des meilleures dans le B2B. En conséquence, Intershop
a sa propre technologie de gestion de l’information produit (PIM) et celle-ci est
vraiment intéressante.

Lorsque vous gérez des milliers de produits, l’impression du catalogue de l’entreprise


peut vite devenir un cauchemar. Avec Intershop, toutes les informations produit
sont stockées et centralisées dans une seule instance qui donne la possibilité de
publier des informations sur chacun des canaux et de générer automatiquement
le contenu à imprimer.

La structure de la PIM est assez simple. Le gérant du magasin doit définir les types de
produits, les attributs et les infrastructures des produits. Par la suite, si une information
est modifiée, il sera facile de la modifier dans toute la liste des produits, la qualité
des données étant assurée.

Un autre atout majeur du système PIM d’Intershop est sa capacité à pouvoir


importer des données directement d’un ERP. La PIM va convertir les informations
qu’elle a reçues de l’ERP vers le référentiel Intershop. Elle analyse automatiquement
les formats de fichiers d’importation et les fusionne dans Intershop avec le modèle
de données.

LE COMMERCE MOBILE
En ce qui concerne le commerce mobile, Intershop a une fonction dédiée,
appelée Intershop Mobile Connector, qui utilise la technologie Sevenval FIT. Cette

intershop
technologie permet aux boutiques e-commerce d’être accessibles de n’importe
quel dispositif (PC, tablette, smartphone) grâce à un balayage automatique. La
boutique adapte son contenu en fonction des applications que le client utilise :
non seulement avec le système d’exploitation, mais aussi avec le navigateur, les
résolutions d’écran, les exigences particulières des écrans tactiles, les claviers, les
molettes de défilement et les stylets.

Ce « responsive design » natif est un bon point pour Intershop. Cela lui permet
de vraiment pouvoir réduire le temps de développement si toutes les pages sont
conçues de manière à s’adapter à tous les dispositifs. Après le développement,
tout est automatisé et c’est beaucoup mieux qu’un modèle intégralement en
« responsive design » qui tente de s’adapter à tous les dispositifs. Intershop choisit
de délivrer des pages uniques afin d’offrir une expérience d’achat sur mesure.

Toutefois, les résultats d’Intershop sont dans la moyenne de ceux du commerce


mobile car elle fournit principalement un « responsive design » alors que d’autres
concurrents, pour permettre la personnalisation, fournissent des applications ou
des SDK. Le SDK ou les applications, en fournissant d’autres produits / informations
/ expériences utilisateurs, sont également très utiles pour rendre le canal mobile
entièrement spécifique. Le connecteur mobile d’Intershop est loin d’être faible en
matière de « responsive design », mais ne permet pas d’avoir (pour le moment) une
expérience totalement personnalisée sur un mobile.

CMS
Le CMS d’Intershop fournit toutes les fonctionnalités nécessaires aux informaticiens
et aux utilisateurs professionnels. Un contenu multimédia riche peut être administré
et géré au sein du CMS et il supporte les fonctions d’édition WYSIWYG en temps réel
pour les non-techniciens.

Les changements de modèles des catégories, produits, groupes ou segments


d’utilisateurs, promotions ou tests A/B peuvent être créés et gérés par des
utilisateurs professionnels sans qu’un déploiement de code ne soit nécessaire.
Les modifications et les contenus dynamiques réalisés avec Intershop Studio dans
l’architecture de l’application peuvent être pré-visualisés dans le CMS.

B2B
Le modèle B2B est l’activité historique de la solution, qui a construit son succès sur
ce modèle. Par conséquent, Intershop fournit une liste incroyable de fonctionnalités
pour le B2B, la plus complète d’ailleurs parmi celles de toutes les solutions que nous
avons analysées jusqu’à présent.

Intershop possède des magasins dans 75 pays et ses contenus sont traduits dans plus
de 50 langues. La solution répond aux demandes des grandes entreprises qui ont
besoin de boutiques e-commerce disponibles dans de nombreuses langues pour
satisfaire tous leurs clients internationaux. HP, l’un des plus gros clients d’Intershop,

163
gère 17 langues et plus de 40 devises grâce à un modèle B2B complexe et unique
construit avec Intershop.

La solution a la capacité de s’adapter au business model de son client. Il n’existe


pas de modèle préconçu pour e-commerçants car le B2B est assez complexe. Les
fonctionnalités et la flexibilité d’Intershop dans le B2B permettent à la solution de
s’adapter à presque n’importe quelle architecture complexe qu’un client peut
avoir. Intershop a par exemple construit des fonctionnalités de gestion de contenu
et de partage de contenu sur la plateforme de Merck. Elle a également conçu
la boutique en ligne de Deutsche Telekom (le premier fournisseur de services
en technologies de l’information et de la communication en Allemagne) pour
supporter une infrastructure totalement nouvelle où plus de 100 systèmes sont
connectés.

Intershop fournit des fonctionnalités B2B telles que la gestion des commandes,
les profils de clients, le merchandising, l’approvisionnement électronique ou
l’intégration dans d’autres ERP. En d’autres termes, la solution a le matériel nécessaire
pour satisfaire vraiment tous les besoins B2B complexes que l’on peut imaginer,
car c’est sa spécialité première. Toutes les fonctions principales auxquelles on peut
penser sont le plus probablement natives.

LA STRATÉGIE D’INTERSHOP
Comme nous le disions, Intershop est l’une des plus anciennes solutions e-commerce
sur le marché, mais nous ne voyons pas vraiment l’équipe lors d’événements
professionnels ou d’opérations de communication officielles au-delà des frontières
de l’Allemagne.

Intershop n’a pas de filiale en France ni au Royaume-Uni. Certaines entreprises sont


des revendeurs de la solution, mais il n’y a pas de stratégie véritablement marquée
et aucune aide ne leur est apportée localement. Cela est regrettable car Intershop
est une solution qui peut intéresser les grandes entreprises, partout dans le monde.
Les revendeurs essayent d’être visibles sur leurs marchés, mais ils se battent contre
d’autres solutions encore plus visibles et parfois même entre eux lorsque qu’un
e-commerçant est intéressé par Intershop.

Intershop doit faire quelque chose à ce sujet, au moins en Europe de l’ouest


car la solution est de plus en plus considérée comme endormie sur son énorme
potentiel alors que ses concurrents sont agressifs. Intershop semble toutefois être
suffisamment occupée avec son partenaire stratégique GSI Commerce et son plus
gros client HP, pour qui des centaines de personnes travaillent à temps plein. En
outre, l’entreprise allemande se concentre principalement sur le marché américain
et sur l’Asie et a laissé de côté l’Europe occidentale, laissant la porte ouverte à ses
concurrents. L’équipe, nichée dans sa tour à Jena (ville allemande), semble avoir
un peu le « syndrome de la tour d’ivoire », n’étant pas vraiment en phase avec les
changements très rapides qui se produisent sur son marché.

intershop
LES INCONVÉNIENTS D’INTERSHOP
Comme nous l’avons dit, Intershop cible les marques internationales ayant au
moins un chiffre d’affaires compris entre 10 millions et 1 milliard d’euros. Intershop
est une solution JAVA typique qui nécessite un budget conséquent pour lancer un
site web. En conséquence, la solution n’est destinée qu’à un petit nombre de clients
potentiels, généralement parmi les 1 000 plus grands détaillants mondiaux. La
solution est sans aucun doute puissante, mais l’équipe ne fait pas de réels efforts de
communication ou de marketing qui lui permettraient pourtant de dire au monde
ce qu’elle est capable de faire exactement. Par exemple, l’équipe commerciale
pense que le fait d’avoir une gestion de l’information produit (PIM) est quelque
chose d’habituel ou encore que la possibilité de changer l’aspect visuel sans
efforts est quelque chose de commun. Pensée par des ingénieurs, développée par
des ingénieurs et dirigée par des ingénieurs, il semble que la société dispose d’une
certaine marge d’amélioration en ce qui concerne sa stratégie commerciale et
marketing.

Intershop sait qu’elle doit revoir la philosophie de l’entreprise afin d’être mieux
équipée face à ses concurrents beaucoup plus extravertis. Quand on voit que
Magento est capable de créer un évènement comme Imagine e-commerce
(et d’en tirer profit), d’autres solutions plus grandes paraissent bien plus petites.
Comme autre exemple, nous pouvons citer la présence soutenue d’Hybris dans les
médias et en ligne ces deux dernières années, conduisant à un véritable battage
médiatique. IBM et ATG parient sur leurs réseaux déjà présents à l’intérieur des
entreprises ciblées pour être en mesure d’imposer leurs solutions.

Ce point est désormais une clé du développement et Intershop sait que la stratégie
de faire « profil bas » ne peut plus continuer bien longtemps. L’éditeur tente
actuellement d’améliorer son programme de partenariat et veut être plus visible
au niveau international. L’objectif est de montrer aux concurrents que la solution
possède de nombreuses années d’expérience et que les équipes sont prêtes à se
battre contre les nouveaux venus, impatients de manger une part du gâteau des
Tiers 1 et 2. En effet, il n’y a pas qu’IBM et Oracle qui veulent faire leur retour : Hybris
sillonne déjà intensivement la place et Magento a la ferme intention d’accéder
au Tier 2. Quand le temps devient orageux comme cela, la stratégie joue un rôle
fondamental, surtout depuis la récente acquisition d’Hybris par SAP.

Le dernier inconvénient d’Intershop que nous avons constaté est le fait que la
solution n’intègre que la base de données d’Oracle et, selon les spécialistes
d’Intershop, la base de données d’Oracle est chère et complexe à maîtriser, bien
que ce soit un outil très puissant.

D’après ce que nous savons, Intershop est la seule solution Java qui ne fonctionne
qu’avec une seule base de données (même ATG supporte MySQL). Cela réduit
nettement la portée en termes d’optimisation des coûts et impose d’avoir un
système d’information compatible avec Oracle. Curieusement, c’est aussi une
façon pour Oracle (qui détient ATG), de savoir quand et où un projet Intershop

165
est prévu. Toutefois, en ce qui concerne l’évolutivité visée par la solution, ce choix
s’explique en quelque sorte de lui-même. Nous leur avons néanmoins posé la
question et voici la réponse d’Andrej Maihorn :

« Nos marchés cibles sont principalement les entreprises et le support aux grands
environnements de commerce évolutifs. Oracle a fait ses preuves et offre de
nombreuses fonctions intégrées, prend en charge tous les aspects de l’évolutivité,
de l’infrastructure et des scénarios de déploiement. Beaucoup de nos clients
utilisent déjà Oracle dans leurs environnements. Voici de nombreuses raisons pour
lesquelles vous pourriez vouloir utiliser Oracle, en plus des aspects mentionnés ci-
dessus :
• Certainement un meilleur support (presse, correctifs, mises à jour, etc.)
• Incroyablement rapide lorsqu’elle traite les requêtes complexes. Oracle
possède PL/SQL, un langage intégré très puissant.
• Oracle peut être personnalisée et adaptée, bien plus par exemple que
MySQL.
• La performance d’Oracle est solide comme un roc et sa gestion garantit la
solution contre les développeurs qui n’y connaissent rien.
• Oracle propose des fonctions Sauvegarde à chaud : MySQL fournit cette
fonction uniquement pour des moteurs sélectionnés.
• Oracle fournit des mécanismes de mise en cluster, ce qui n’est pas le cas de
MySQL ».

CONCLUSION
Intershop est une solution mature et complète qui fournit des fonctionnalités pour
des projets internationaux et très techniques sur le Tier 2, mais l’un de ses problèmes
est le fossé qui sépare ses fonctions B2B et B2C.

Très compétitive en ce qui concerne la couverture des besoins en B2B, Intershop,


qui inclut de nombreuses fonctionnalités de base et qui est à l’origine de brillantes
études de cas concernant des clients tels que HP, Merck ou encore Deutsche
Telekom, est leader dans ce domaine. Il s’agit d’une solution e-commerce puissante
et très mature dont il faut tenir compte pour les grands sites e-commerce.

Cependant, Intershop essaie de rattraper son manque d’innovation dans le B2C


par rapport à d’autres solutions et c’est pour améliorer ce point que la nouvelle
version de la solution (Enfinity 7) a été conçue. Le framework multicanal (appelé
multi-touch point) pour la stratégie multicanal est l’une des nouvelles fonctionnalités
sur lesquelles Intershop met l’accent afin de renforcer le côté B2C. Par ailleurs,
les fonctionnalités de PIM, de searchandising et de merchandising ont été
considérablement améliorées. Ces outils restent toutefois moins emblématiques
que la PIM d’Hybris, l’outil « Precision Marketing » de WebSphere Commerce ou
que le système de personnalisation d’ATG (Endeca).

intershop
Le marché allemand va devenir très concurrentiel pour Intershop (notamment avec
l’arrivée du couple SAP/Hybris) et à l’international en raison des manœuvres d’IBM
et d’Oracle puisque que SAP va essayer d’acquérir de plus en plus de comptes
dans l’e-commerce, grâce à un ticket commun avec son ERP très intéressant.

Nous avons trouvé qu’Intershop studio et l’architecture de son application étaient


impressionnants et qu’ils pouvaient réduire considérablement les coûts de
développement des e-commerçants et aussi les délais de mise sur le marché, les
projets Java ayant généralement des cycles de développement durant au moins
entre 6 et 12 mois.

Intershop est une solution puissante. Cela doit être dit et répété. Elle souffre d’un
énorme manque de communication et de plus en plus de gens voient Intershop
comme un acteur e-commerce « has been » alors que c’est au contraire l’un des
plus respectables.

Son fondateur est aussi celui qui a fondé Demandware par la suite ! Intershop a de
nombreux atouts et certains d’entre eux sont parmi les mieux notés dans notre liste
de KPI mais, pour les e-commerçants, il reste encore le problème de l’écosystème.
Il n’y a pas tellement d’intégrateurs d’Intershop bien connus et les seuls qui font
encore confiance à la solution sont tentés de se spécialiser sur Hybris car c’est
la solution qui explose en ce moment. Intershop doit être de retour dans le jeu,
rapidement et avec force, car elle est à l’heure actuelle dans une position instable
alors qu’elle devrait plutôt incarner un leader naturel.

167
MISE À JOUR 2016

DEUX ANS DE RESTRUCTURATION


Comme beaucoup d’acteurs historiques, Intershop avait besoin de se réinventer et
de changer les bases de sa stratégie. Des choix courageux ont été faits et, à l’instar
d’IBM, d’Hybris et d’Oracle, Intershop parie désormais sur le SaaS, une terre promise
découverte ni plus ni moins que par son ancien fondateur Stephan Schambach.
Comme nous l’avons mentionné précédemment, Intershop est la société
d’ingénieurs typique pour qui la médiatisation et les tendances ne comptent pas
autant que les valeurs techniques. C’est d’ailleurs, peut-être, la raison pour laquelle
le département marketing a réagi un peu lentement face à la montée du SaaS et
a mis un peu de temps avant de se lancer dans cette compétition.

Intershop a dû affronter plusieurs défis au cours de ces dernières années. Le premier


a de toute évidence été la montée d’Hybris, qui se trouve dans le même segment
de clientèle, puis de Demandware. Toutes deux ont été en mesure de détourner
des clients d’Intershop et de les amener à choisir leurs propres systèmes. Hybris est
maintenant basée dans le même pays (l’Allemagne) et Demandware a été créée
par l’ancien fondateur d’Intershop, deux facteurs qui n’ont pas du tout aidé.

Mais les difficultés ne s’arrêtent pas là. Alors que les ventes diminuaient, Intershop
a dû se couper le bras droit en s’éloignant de ses « services professionnels », qui
couvrent essentiellement les services d’intégration à façon. Comme toute autre
société qui est à la fois éditeur et intégrateur de son produit, Intershop a dû faire
face au défi d’anciens partenaires ou de partenaires potentiels qui n’envisageaient
pas vraiment de devoir être en concurrence avec l’éditeur. Absolument toutes les
entreprises qui essaient de gagner sur l’édition de produit et le service d’intégration
finissent par perdre, toutes, sans exception, et il curieux de voir qu’Hybris prend le
même chemin. Néanmoins, avec un ralentissement de son chiffre d’affaires et une
unité d’affaires de services professionnels pesant plus de la moitié de son chiffre
d’affaires global (et comptant plus de 100 employés), Intershop était confrontée à
un choix difficile.

Soit elle devait prendre ses distances avec les services professionnels afin de
retrouver des partenaires mais, dans un même temps, se couper de revenus
significatifs, soit elle devait rester dans la même position et perdre encore plus de
partenaires et les ventes qu’ils génèrent.

La décision a été prise et la société se concentre désormais seulement sur son


activité d’éditeur (même s’il y a une période de transition). Les nouvelles ne sont
tout de même pas si mauvaises puisqu’en 2015, pour la première fois depuis un
certain temps, la société a affiché des résultats positifs. Certes, le bénéfice est
faible, mais l’essentiel est qu’elle n’affiche plus les pertes importantes dont elle était
habituée. Le chiffre d’affaires global entre 2013 et 2015 a néanmoins diminué de
20 %, passant de 53,6 millions à 42,7 millions d’euros alors que le marché a, lui,
augmenté en moyenne de 12 % par an sur la même période.

intershop
Le principal actionnaire d’Intershop, eBay, (qui détient 26 % de ses actions) était
également un client important par l’entremise de GSI. Il sera intéressant d’analyser
par la suite cette relation complexe car eBay s’est débarrassé de certains de ses
actifs, à savoir son portefeuille de service « Entreprise » (qui comprenait notamment
Magento et GSI). La relation entre eBay et Intershop n’a donc plus beaucoup de
sens et si Intershop peut recommencer à croître grâce à ses nouveaux plans,
eBay pourrait revendre ces 26 % à un nouvel investisseur, permettant à l’entreprise
d’obtenir plus de liquidités afin de développer ses activités.

UN ACTEUR AYANT DES VALEURS ET DU POTENTIEL


Même si Intershop a souffert ces deux dernières années, cette entreprise peut
encore apporter une grande valeur. Avec ses 25 ans d’expérience dans le
commerce électronique, Intershop est tout sauf nouveau dans ce domaine. La
conception du moteur est élégante, le personnel est compétent et dévoué et
beaucoup de clients historiques sont restés fidèles à Intershop.

La société a livré quelques sites intéressants dans des délais courts par rapport à
Hybris, IBM ou encore Oracle, même « on-premise », et le moteur a toujours été mis
à jour, s’alignant sur les dernières évolutions du marché, y compris dans le domaine
de l’omnicanal.

La performance globale et l’évolutivité de la plateforme sont restées intactes. Ce


leadership est d’ailleurs visible dans l’introduction de ce livre, où Intershop occupe
la première place en ce qui concerne le temps de génération du code HTML,
et surpasse tous ses concurrents sur cet indicateur clef pour la performance et la
monté en charge.

La plupart des grandes entreprises de conseil à travers le monde s’attendent à


une explosion dans le secteur du B2B, où un grand nombre d’entreprises de
taille moyenne ne sont pas encore équipées. Intershop possèdant la meilleure
couverture fonctionnelle B2B à ce jour, l’entreprise est en droit d’espérer capter une
partie de ce marché en pleine croissance.

Les courts cycles d’intégration, même dans un modèle on-premise, les fonctionnalités
B2B et les prix très attractifs ces derniers temps sont incontestablement des atouts
dont Intershop peut tirer parti pour revenir au sommet. Il est également important
de se rappeler que la plus ancienne solution e-commerce du marché affiche plus
d’une référence à son actif, parmi lesquelles on peut citer : HP, Merck, Mercedes,
Bosch, Xerox, Nokia, Deutsche Telekom, entre autres.Nouveaux outils.

169
NOUVEAUX OUTILS : OMS, PIM, COMMERCE INSIGHT, OCST, CENTRE DE CONTACT
OCST est l’acronyme d’Omni Channel Service Toolkit, un ensemble de
ressources pour le service omnicanal. Ce composant d’Intershop permet à un
client de « standardiser le développement d’applications tierces autour de la
plateforme Intershop », comme l’indique l’éditeur. Ce SDK vise à créer facilement
des applications offrant une expérience centralisée et optimale au client final
à travers tous les points de contact. Le SDK est livré avec une application démo
de centre de contact afin de mieux illustrer les principes fondamentaux de ce
composant.

Le nouvel OMS a déjà assez de fonctionnalités pour être considéré comme mature
et prêt pour la production. Il gère la disponibilité des produits classiques, l’état et
la gestion des commandes ou des retours, ainsi que la fusion de commandes à
travers différents canaux, un système de livraison directe, les centres entreposant
les commandes que les clients doivent aller chercher, les stocks et l’appel au centre
d’assistance. L’OMS d’Intershop est disponible en version SaaS et peut également
gérer les priorités de temps ou de coût, pour permettre un arbitrage plus précis.

Un tout nouveau PIM est également entré dans la ronde pour compléter le paysage.
Il dispose des fonctions de gestion des données de base du produit, d’importation
de produits à partir de sources externes, de niveaux de catégories personnalisées,
d’attribution de catégories en fonction des règles, de facettes personnalisées (vue)
par canal, de validation de produits, de stock et de traitement par lots. FootLocker
l’utilise déjà en production.

Commerce Insights est le composant d’analyse. Il fournit des tableaux de bord,


des rapports et des indicateurs. L’outils comprend également le suivi technique,
l’analyse de l’activité (comportement des visiteurs, tendances des ventes, etc.) et
offre des droits d’accès en fonction de l’utilisateur.

intershop
Le centre de contact est le module de relation client. Il fournit des fonctions de prise
de commande ou qui permettent de terminer la commande par téléphone, une
interface avec L’OMS, un système de notation et une structure organisationnelle
très flexible pour les centres d’appels.

MISES À JOUR AU NIVEAU TECHNIQUE


En ce qui concerne les mises à jour techniques, Intershop a énormément travaillé
sur ses fonctions B2B, point sur lequel la solution dominait déjà. La gestion des
comptes permet à un vendeur en magasin d’offrir des conditions d’achat et de
prix spécifiques à travers des listes de prix pré-négociées. Elle gère désormais
aussi les commandes récurrentes et un nouveau système « de navigation rapide »
permet une visualisation en mode « gestion » au lieu d’une mise en page classique
orientée B2C, qui a été réorganisée pour accélérer le travail des professionels.

Le centre de coûts « do-it-yourself » et les fonctions de gestion budgétaire


facilitent l’interaction des clients B2B avec leurs fournisseurs en centralisant tous
les achats effectués par une entreprise dans un budget consolidé. Un processus
d’approbation globale, avec des droits séparés par profils, permet un contrôle plus
strict du workflow d’achat ainsi que la gestion du centre de coûts et des contrats.

L’intégration de fonctionnalités B2B est influencée par l’expérience de la


compagnie en B2C, et vice-versa. Quand une solution propose des fonctionnalités
B2B avancées, comme Intershop, le B2C n’est pas problématique puisqu’il est plus
compliqué de répondre aux besoins du B2B que du B2C. Intershop n’abandonne
donc pas le B2C, ni ne ralentit son évolution ; elle croit plutôt que le développement
continu des fonctionnalités de B2B aideront le produit à se maintenir en B2C, et
que les bonnes pratiques du B2C bénéficieront également aux clients B2B.
Techniquement, Intershop peut désormais gérer des contrats spécifiques au B2B,
établis entre un client final et son prestataire. Ses ingénieurs ont également intégré
la possibilité de faire des négociations en ligne pendant l’établissement de ce
contrat, et accepte les notes de crédit, qui sont utiles à la fois au B2B et au B2C.

Le moteur de livraison a également bénéficié d’une mise à niveau et permet


maintenant l’utilisation de règles pour optimiser le transport en fonction des
volumes, du poids et des formes.

Hormis ce focus sur le B2B, d’autres parties du produit ont également été
améliorées. Par exemple, le panier peut désormais contenir des milliers de produits,
et gérer l’importation d’une liste de produits prédéfinis en « Batch » ainsi que des
commandes récurrentes.

La nouvelle API « Synaptic Commerce » permet une intégration plus rapide des
nouveaux outils, par exemple de nouvelles passerelles de paiement, qui peuvent
être activés rapidement par quelques actions de configuration et déployés à
l’échelle mondiale dans l’organisation en un rien de temps. Synaptic est également
nativement interfacée avec Adobe Marketing Cloud pour faciliter les interactions

171
avec la suite d’applications riche en fonctionnalités proposée par Adobe, qui
enrichit le CMS d’Intershop avec son interface WYSIWYG. La solution comprend
aussi maintenant un système natif de tests A/B très variés.

Grâce aux fonctions API de segmentation de la clientèle, il est facile d’intégrer des
logiciels tiers comme des CRM pour permettre aux contenus ciblés et personnalisés
d’être adressés à des groupes spécifiques de clients.

De nouvelles boutiques « blue print store » (c’est le nom de la boutique de


démonstration d’Intershop) ont également été intégrées ou mises à jour. Elles
incluent toutes les fonctionnalités classiques mais essentielles, comme le « responsive
design », les cartouches ou les « rich snippets », des fonctions SEO avancées, etc.
Elles se classent certainement parmi les plus complètes du marché et le client
peut désormais choisir entre Intronics, Primtech, Inspired et Sport in motion, quatre
boutiques de démonstration différentes, pour lancer son développement.

À noter également que les informations publiées sur Intershop 7.6 indiquent qu’elle
est compatible avec Openstack, un changement de plus visant à s’intégrer le plus
harmonieusement possible dans le paysage technologique de la clientèle. Ce n’est
pas le seul standard qui a trouvé sa place dans le produit, puisque le standard OCI
(standardisation des données produits, un peu comme l’EDI (Echange de Données
Informatisé, dans l’industrie automobile)) est pleinement supporté, tout comme une
compatibilité étendue avec les systèmes d’approvisionnement.

La feuille de route d’Intershop contient également des idées intéressantes,


comme le fait que les opérations de maintenance de machines industrielles ou
de bureautique puissent être anticipées et prévues par la suite de commerce,
pour générer une commande de pièces automatiquement. Cette maintenance
prédictive est maintenant possible avec l’IoT (Internet of Things, l’internet des
objets) : de plus en plus de machines envoient leur statut de santé et leurs niveaux
de consommables, et peuvent donc anticiper les maintenances. Là encore, cette
fonctionnalité est très orientée B2B, comme la majorité des initiatives récentes de
la société.

LE SAAS & LE CLOUD


Intershop n’a pas de SaaS en tant que tel et n’en a pas prévu à court terme. La
raison derrière cela est néanmoins très logique. Intershop a toujours eu une très
forte séparation des entités (organisations) et est capable de gérer nativement
différentes activités sur la même plateforme. En bref, Intershop était déjà entièrement
multi-tenants (multi-locataires) et n’avait pas vraiment besoin de modifications pour
gérer plusieurs clients à travers différentes organisations.

Par conséquent, la plupart des entreprises proposant un SaaS avec Intershop ont
simplement mutualisé une licence pour X clients et la solution, très évolutive et
nativement rapide, n’a pas connu de problèmes à ce jour.

intershop
L’avantage de cela est qu’Intershop peut proposer des services autour de ce type
d’instances, comme intégrer le modèle graphique ou former à la solution, pour un
prix très abordable. La dernière étape était d’adapter un business model adéquat,
ce qui est actuellement le cas avec une tarification spéciale basée sur les paniers
gérés (checkouts). À un coût de 40 centimes d’euro par panier (pour le B2C),
nous pouvons considérer Intershop comme l’une des offres les plus attractives du
marché.

Pour le B2B, les prix doivent être déterminés avec Intershop, mais il est également
très probable qu’ils seront parmi les plus agressifs du marché, rendant Intershop
encore plus attractive pour les clients B2B orientés SaaS.

Il est intéressant de noter que la société fait également souvent équipe avec des
logisticiens pour inclure l’expédition dans un magasin spécifique et, là encore, grâce
au système d’organisation multiple, cela peut être fait de manière complètement
personnalisée pour chaque client, même si le cœur motorise plusieurs boutiques
différentes.

Cette « pseudo » approche SaaS peut sembler un peu simple mais la tarification est
du coup très intéressante. De plus, il n’y a pas d’intégration ni de redéveloppement
grâce à la conception originale qui est adaptée en fonction du type d’activité.

À la mi-2016, Intershop sera nativement compatible avec le Cloud Azure (celui


de Microsoft), et permettra de déployer simplement des serveurs en un clic et en
quelques heures. Le choix d’Azure n’est pas étonnant, puisqu’Intershop voulait tirer
profit de la capacité d’établir une interface native avec Dynamics et Navision,
deux produits Microsoft souvent utilisés avec la solution. Cette combinaison de
produits et de plateformes permet à Intershop de relancer la compétition avec
Hybris, et sa maison-mère SAP, qui propose également une plateforme complète
(Cloud+ERP+CRM). Intershop profitera également des « Scale Sets » d’Azure
(comparables à l’Auto Scaling Group d’AWS), qui permettent de créer des serveurs
dynamiquement, quand la charge augmente.

Pour mieux rentrer dans l’aire du Cloud, la communication entre les processus ainsi
que les systèmes de cache a été retravaillée et adapté. Une CLI (interface de ligne
de commande) est présnte pour permettre d’écrire des scripts et, par exemple,
de créer un environnement de test en une heure. L’interface de programmation
applicative REST, complète depuis déjà 3 ans, a également été améliorée pour
couvrir ces nouvelles fonctionnalités.

CONCLUSION
La société a désormais fait le bon choix en décidant de se concentrer sur son
activité d’éditeur. L’une de ses principales tâches consistera à reconstruire un
réseau de partenaires (comptant déjà 150 membres dans le monde) mais, au-delà
de cela, rien n’entrave plus sa progression. Côté finances, la société est revenue
dans le vert et sa capacité à obtenir de nouveaux investisseurs est également

173
importante puisqu’eBay pourrait être remplacée à moyen terme par un nouveau
venu si Intershop confirme sa tendance positive.

La version SaaS d’Intershop est prête à se battre avec celles de ses concurrents,
à savoir Demandware, Oracle, Hybris et IBM. C’est tout à fait unique de voir une
entreprise effectuer un tel revirement sous la pression de son ancien PDG, désormais
à la tête de son principal concurrent mais, au bout du compte, la multiplication des
initiatives SaaS bénéficiera aux clients.

L’OMS tant attendu est également prêt et le produit a globalement évolué d’une
manière très intéressante, en continuant à suivre les dernières tendances tout en
préservant ses atouts originaux. Le B2B est plus que jamais dans le point de mire
d’Intershop, domaine dans lequel elle était dominante technologiquement.

Étant donné que le marché B2B connaît une croissance rapide, comme cela a été
le cas du B2C il y a 10 ans, Intershop pourrait certainement récupérer de nouveaux
clients dans ce domaine. C’est là d’ailleurs que réside la grande différence entre
Demandware et Intershop, la première se concentrant totalement sur le B2C tandis
que la seconde cible le B2B, ce qui pourrait éviter qu’elles ne soient en concurrence
directe. Le côté technique est mature tout en étant moderne, à l’exception peut-
être du back office qui semble un peu vieillot par rapport à certains autres.

Peu de compagnies sont aussi bien équipées qu’Intershop, techniquement parlant,


pour capturer la croissance exponentielle du B2B attendue sur les prochaines
années. Mais la société n’est pas non plus à la traîne en B2C, avec plus de 20
ans d’expérience. Désormais, Intershop s’oriente de plus en plus sur le marché des
petites et moyennes entreprises, en offrant plus de profondeur à ses clients, et où
il y a plus de prospects que dans le « top 500 » des marchands mondiaux. Il n’est
pas étonnant qu’Intershop concentre autant d’efforts pour le B2B, puisqu’au-delà
de la croissance de ce secteur, l’entreprise génère déjà plus de revenus grâce à
ses clients B2B que B2C.

Intershop est donc parfaitement adaptée aux entreprises B2B, sans pour autant être
inadaptée au B2C. Le nouveau SaaS offre un modèle de facturation très attractif
et est plus avancé que beaucoup d’autres. IBM est toujours en quête de trouver sa
vraie voie, Oracle est en train de terminer sa migration et Hybris YaaS est à peine un
embryon au moment où nous écrivons.

La société a été restructurée et le coût global de fonctionnement a diminué de 25


%. En parallèle, Intershop apporte sur le marché une version SaaS, un nouvel OMS,
l’entreprise semble donc être de retour dans la compétition.

Nous recommandons Intershop pour les entreprises B2C des Tiers 2 et 3 et sans
aucun doute pour toutes celles du B2B, quelle que soit leur taille, la version SaaS
étant plus appropriée pour les entreprises du Tier 3. Décidément, les légendes ne
meurent jamais.

intershop
LES POINTS FORTS D’INTERSHOP
(Plus il y a de points, mieux c’est. Sur chaque KPI (indicateur clé de performance),
il y a au moins une solution avec 5 points ; il s’agit donc d’une comparaison entre
les solutions).

POSITIONNEMENT INTERSHOP
Chiffre d’affaires pour envisager la solution (On premise / SaaS) > $1 Million
Positionnement actuel sur le marché Tier 1 - 3
Direction de l’éditeur Tier 2 - 3
Profil (B2C, B2B) B2B / B2C
Opensource Non, Java
L’éditeur met en avant… L’expérience
L’éditeur met en avant… L’évolutivité
L’éditeur met en avant… Le B2B
Nous sommes impressionnés par… Le générateur de code
Nous sommes sceptiques sur… Leur propention à «revenir»
Buget minimum pour créer un site (On premise / SaaS) 100 k$
KPI GÉNÉRAUX INTERSHOP
Le coût de la solution (licence, intégration, hébergement) (On premise / SaaS) HHHH
Progressivité et /ou flexibilité des frais de licence/location HHHH
Délai de commercialisation (On premise / SaaS) HHHK
Variété/Qualité des boutiques de démonstration à s’adapter à un usage spécifique (mis
HHHH
à part la boutique standard)
Capacités marketing basiques (moteur de promotion, coupon, carte cadeau, etc…) HHHHK
Niveau de navigation & présentation multidimensionnelle du catalogue (multi-bou-
HHHH
tiques/mulitlangues/etc…)
Ecosystème (communauté, partenaires, intégrateurs, forums, etc…) HHK
Convivialité et facilité d’utilisation du back office HHH
KPI TECHNIQUES (PLUS IL Y A DE POINTS, MIEUX C’EST !) INTERSHOP
Complexité du développement personnalisé pour étendre le système HHHHK
Nombre de logiciels/extensions/services non disponibles HHH
Nombre de produits/services complémentaires de l’éditeur HHHH
Évolutivité & performances du front office (temps de chargement des pages) HHHHK
Vitesse du back office et évolutivité (nombre d’utilisateurs simultanés) HHHHK
Capacités de CMS natives HHHK
Capacité de service web/API natives (connexion avec des tiers, comme un ERP ou un
HHHH
logiciel de logistique)
Liste des fonctionnalités B2C (par défaut, sans extensions ou programmes parallèles) HHHH
Mobile (application native, application hybride, responsive design) HHHHK
KPI DES FONCTIONNALITÉS AVANCÉES INTERSHOP
Capacités de searchandising avancé & de personnalisation HHHK
Capacités de multi/cross/omni canal HHHK
Gestion avancée native du catalogue (PIM, multi-catalogue, attributs, lots…) HHHH
SGC (Système de Gestion des Commandes) intégré ou connecté nativement HHHH
Outils marketing avancé (marketing adaptif, tunnels de navigation dynamiques, etc…) HHHK
Capacités B2B natives HHHHH

175
magento:
2016, l’année de la
reprise ?

Magento
INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LA SOLUTION

Éditeur Ebay Inc.


Chiffre d’affaire en 2014 120 M $ (estimation)
Business model (e-commerce) Freemium (version gratuite et payante + services)
Pourcentage du chiffre d’affaires réalisé avec la
Coût de la licence
version EE
Technologie PHP
Framework Zend
MySQL, oracle & MsSQL devraient fonctionner
Base de données également. Tentative d’intégration NoSQL et Mon-
go déjà réaisées avec succès avec la version EE.
Version (à la date de l’étude) Communauté : 1.9, entrepirse : 1.14
Licence Open source, OSL V3
Première sortie 2008
Origine États-Unis
Budget de réalisation d’un site
25K€ / 50K€ / 150K€
(Bas/Moyen/Haut)
Marques et revendeurs, boutiques à thème ou
Typologie de recommandation
boutiques spécalisées dans un produit

Temps moyen
Étendue Sites en Utilisation
de génération
géographique production par Tier
du code HTML

TIER 4
TIER 3
6 932 EE TIER 2 702 ms EE
248 000 CE 1 190 ms CE
TIER 1

Positionnement dans le Tier et tendances futures

TIER 1 TIER 2 TIER 3 TIER 4

_ -

Performances sur le marché par rapport à la concurrence


ORACLE WEBSPHERE DEMAND- DRUPAL
HYBRIS INTERSHOP PRESTASHOP VIRTUEMART OPENCART ZEN CART
COMMERCE COMMERCE WARE COMMERCE

177
INFORMATIONS TIRÉES DE L’ANALYSE DE 2013

HISTORIQUE
Le succès de Magento est l’un des plus impressionnants jamais connus dans le
domaine du e-commerce. Peu d’entreprises ont été capables de connaître un
développement aussi rapide et important. Aujourd’hui, Magento est le leader sur
presque tous les Tiers (à l’exception du Tier 1), la solution bénéficie toujours de
l’énorme soutien de sa communauté et occupe chaque année une place plus
importante sur le marché.

En 2007, Roy Rubin et Yoav Kutner Yoav Kutner, le directeur technique, a


ont posé les premières bases proposé de concevoir de A à Z un
de Magento, à un moment nouveau framework open source,
basé sur Zend, afin d’obtenir un peu
où le marché était
de soutien de la communauté. Roy
désespérément à la recherche Rubin, le PDG, a décidé de mettre
d’une alternative à toutes les forces et les réserves de
l’osCommerce agonisant. l’entreprise pour relever ce défi.

Basé à Los Angeles, les dirigeants de l’entreprise ont été voir


les communautés naissantes tant de fois qu’ils auraient pu
acheter un aller-retour gratuit pour la lune avec tous les miles
qu’ils ont accumulés. Après 3 ans d’activité, PayPal les a
reconnus et a acheté une quantité importante des actions
puis, un an plus tard, eBay a achevé l’acquisition (la valeur
de la transaction est souvent évaluée autour de 180 millions de dollars).

L’architecte technique à l’origine de ce fantastique succès, le brillant Yoav Kutner,


s’attèle maintenant à d’autres créations, avec son logiciel OroCRM, un CRM open
source, dédié au e-commerce.

UNE ANNÉE DANS L’OMBRE DE MAGENTO 2


Magento « 1 » a conquis le cœur de près de 150 000 e-commerçants et un peu
plus de 2 000 d’entre eux ont même décidé d’acheter la licence « Enterprise » de
l’éditeur. Ce fut un succès vif et rapide. Le produit a même commencé à toucher
certaines entreprises du Tier 1 dont le chiffre d’affaires dépassait les cents millions
en ligne.

Magento 2 est tout de même très attendue et ce, pour plusieurs raisons. Cette
nouvelle plateforme permettra non seulement de corriger les bugs passés mais
également de refactoriser en profondeur un grand nombre de composants. Le
code sera documenté, simplifié et quelques améliorations technologiques seront
apportées (voir ci-dessous).

Toutefois, lorsque que vous êtes en train de restructurer en profondeur votre

Magento
plateforme principale, cela devient compliquer de vendre la version actuelle à
des clients qui savent qu’ils auront à rebâtir leur site après la sortie de la version 2.0
et c’est la raison pour laquelle les personnes que nous interrogées chez eBay sont
restées évasives sur la date de sortie. Elles ne voulaient pas pénaliser les ventes des
licences actuelles. Le fait que ce projet open source rassemble des contributions
joue également un rôle important, de même que le fait que presque tous les
développements de logiciels prennent, à un moment ou à un autre, du retard.

Les ventes de la version EE sont déjà dans certains pays un peu en-dessous des
chiffres attendus pour le dernier semestre et il ne serait donc pas très judicieux
de compromettre davantage ces chiffres. Pour faire face à ces enjeux, l’éditeur a
trouvé une stratégie : sortir une dernière version robuste (à savoir l’EE 1.13) avant la
sortie de la version 2, et garantir au client un support de 3 ans. Magento 2 est prévue
en version bêta pour la fin de 2013 et des tests de production seront probablement
effectués entre la fin du 1er trimestre et le 2ème trimestre 2014.

UN BREF COUP D’ŒIL SUR 2012

OBJECTIFS QUE NOUS CONSIDÉRIONS ESSENTIELS EN 2012


Fin 2011, nous considérions que les points suivants étaient essentiels pour que
Magento puisse conserver son leadership :
• Convaincre des clients du Tier 2 et peut-être aussi certains du Tier 1.
• Se remettre en marche d’un point de vue technique après la fusion avec
EBay Inc. et le départ de Yoav Kutner.
• Renforcer le support de la version EE en termes de compétences et de
réactivité.
• Améliorer les performances globales de la solution.
• Continuer à faire évoluer la version CE (libre et open source).

Magento est le leader en termes Elle domine le marché du Tier 3, a


de parts de marché (sans connu une croissance sur le Tier 2 et
tenir compte de la taille des s’est même un peu montrée sur le
commerçants). segment du Tier 1. EBay a contribué à
ce que la solution perce chez de plus
gros clients, faisant de 10 à 100 millions de dollars en ligne. La percée sur le Tier 2
commence à être significative et elle est impressionnante de par sa rapidité.
Magento n’a pas fait que convaincre les plus gros commerçants : elle domine
désormais totalement le marché du Tier 3 avec une part de marché supérieure à
25 %, atteignant même 40 % dans certaines régions...

Pourtant, Magento doit rester prudente en ce qui concerne ses positions existantes.
Elle est sans aucun doute leader sur le Tier 3, mais de grands acteurs comme IBM
ou encore Hybris lorgnent ce segment. De plus, avec leur nouvelle approche
consistant à fournir des boutiques en ligne faciles à personnaliser, ces deux-là ont
la ferme intention de convaincre un grand nombre de petits acteurs du Tier 2 et du

179
Tier 3 qu’ils peuvent obtenir un produit plus fonctionnel et plus développé à un prix
comparable. Le bassin de clientèle de la licence EE de Magento est clairement
ciblé et IBM et Hybris proposent des fonctionnalités très attrayantes et des prix
alléchants pour les attirer.

En ce qui concerne le leadership technique, rien ni personne ne remplacera


jamais la perte de Yoav Kutner, ce qui a contribué à ce que Magento agisse telle
une belle au bois dormant (techniquement parlant) au cours de l’année dernière.
La réorganisation de l’équipe ukrainienne et de sites de production qu’eBay a faite
a également coûté son pesant de personnes qualifiées. L’équipe technique a été
réorganisée et certains processus ont été renforcés. La feuille de route ne s’est pas
vraiment améliorée, mais elle était tellement en avance sur la concurrence que
Magento ne ressentait aucune urgence à la développer.

Sur ce point, M. Rubin nous a dit : « Le produit a mûri rapidement et c’était une
bonne stratégie au début. Depuis qu’eBay est intervenue, l’entreprise a été
restructurée et nous avons été plus prudents depuis les 18 derniers mois car le bassin
de clientèle était plus large. Nous avons dû nous en occuper et faire attention aux
moindres détails. Le mouvement [technique] a dû ralentir et nous avons dû être
plus prudents. Ce n’est pas vraiment dû à l’acquisition par eBay, mais plutôt au fait
que nous avons connu une croissance rapide ».

EBay s’est également concentrée sur le fait d’apporter de la stabilité à la clientèle


de la version Enterprise et à répondre plus rapidement aux demandes de support.

Même si le niveau et le contenu des solutions que l’équipe du support a trouvées à


son arrivée sont encore inégaux, les choses ont progressé dans ce domaine. Il y a
encore une marge d’amélioration, en particulier lorsque l’éditeur souhaite rivaliser
avec des solutions plus grandes en fournissant un service de meilleure qualité dans
ce domaine.

En ce qui concerne le personnel, un autre départ, qui était prévu, a eu lieu : celui de
Bob Schwartz. Il a quitté l’entreprise après avoir accompli la mission pour laquelle il
avait été désigné. Ce départ n’est pas vraiment dommageable pour l’entreprise au
niveau de l’activité puisque, même si Bob Schwartz était un président très présent,
tout cela était déjà planifié lorsqu’eBay a racheté Magento et organisé la fusion
des équipes.

La version Enterprise a fait des progrès et est aujourd’hui l’un des produits les
plus stables que l’on puisse trouver, tandis que la version CE n’a pas fait de réel
progrès et que ses utilisateurs se sont sentis un peu « seuls ». D’autre part, ce n’est
un secret pour personne que M. Kutner était la seule personne orientée open
source dans l’entreprise et qu’eBay n’est pas vraiment habituée à ce modèle. La
version CE est complètement « au point mort », mais nous avons eu la chance
de tester une première version de Magento EE 1.13 et les performances ont été
clairement boostées, cette version marque une rupture en termes d’efficacité et

Magento
peut « occuper la place » jusqu’à la sortie de la version 2.0.

EBAY, MAGENTO GO, X.COMMERCE & THE FABRIC


Le projet était peut-être trop ambitieux, ou trop timidement défini, mais au final :
« The Fabric était un trop gros défi et cela n’a pas fonctionné ». X.Commerce s’est
donc réorienté et centré sur Magento.

Et comme l’a souligné Roy Rubin lors de son interview : « l’e-commerce ne concerne
pas juste notre propre technologie ; eBay nous apporte un réseau de partenaires,
un portefeuille de technologies et de compétences, l’accès à de nouvelles
données, etc.

Si les commerçants veulent être en mesure de rivaliser, et même d’affronter


Amazon, je crois que le groupe eBay peut apporter une grande valeur ajoutée et
de nombreux outils et services dans ce domaine ».

Mais une question demeure : qu’est devenu Magento GO ? L’éditeur l’a lancé il y
a quelques années en faisant une campagne de communication forte, puis l’a
totalement laissé tomber lors de sa dernière rencontre Imagine. L’approche était
séduisante et avec Magento comme SaaS d’entrée de gamme, c’était un sérieux
rival sur ce marché du SaaS. Mais il semble que les choses n’ont pas aussi bien
marché et Magento, qui déteste parler de problèmes ou d’échecs, a préféré
enterrer silencieusement la solution plutôt que de s’expliquer sur ses erreurs.

Peut-être que « Go » réapparaîtra un jour avec Magento 2, chez un distributeur


professionnel eBay à l’esprit dynamique, ou peut-être pas, c’est difficile à dire.

LA COMMUNAUTÉ ET LE MODÈLE OPEN SOURCE


Lorsque Magento parle de communauté, cela peut vouloir dire plusieurs choses
et étant donné le succès de cette communauté, nous pouvons prendre quelques
lignes pour l’analyser. Tout d’abord, Magento a une communauté d’intérêts. C’est
le principal succès de l’éditeur, rapprocher un écosystème utile et bénéfique pour
tout le monde. Il est allé au-delà, créant des amitiés et des aventures personnelles
mais au départ et à l’arrivée, il y a toujours le business.

Tant que cette communauté partagera les mêmes intérêts, elle restera vivante
et en bonne santé. Mais l’un des piliers de cette communauté était... la version
Community du logiciel. Depuis quelques années maintenant, la version
« Community Edition » a été un peu mise de côté, ayant connu peu
de mises à jour et pas ou peu de nouvelles fonctionnalités. A tel
point qu’en 2013, lors de la dernière rencontre « Imagine » (meeting annuel qui a
lieu aux États-Unis), la version CE 1.8 n’a été annoncée que pendant 20 secondes,
alors que l’événement durait 2 jours et demi... La version CE n’a été mentionnée à
aucun autre moment.

181
Cette attitude a semé le doute quant à l’engagement de Magento pour cette
version de son produit. De plus, eBay laisse également de l’espace pour le
développement d’un autre produit open source et gratuit, ce qui pourrait être une
erreur étant donnée la vitesse à laquelle un nouveau produit peut en chasser un
autre.

En outre, seul un faible pourcentage de sites Magento utilise la version EE. La


CE est une manière très accessible de commencer avec Magento puis, par la
suite, de pouvoir mettre à niveau avec une licence EE. Couper les ailes de la CE
compromet donc aussi la possibilité qu’a cette version de convaincre les gens de
choisir ce framework plutôt qu’un autre. La version CE (et le produit Magento en
général) était beaucoup plus avancée que celle de ses concurrents, même après
la récente percée technique. EBay a pu rester sur sa position pendant un certain
temps, mais les acteurs émergents sont désormais dans les parages.

EBay n’était pas vraiment un éditeur et n’est certainement pas une entreprise
orientée open source, même si elle progresse dans ce sens. Il s’agit d’une activé
axée sur le développement de son chiffre d’affaires, ce qui est logique. L’open
source n’est pas vraiment sa première préoccupation, ce qui explique qu’elle
ait récemment développé la version EE et mis de côté la version CE. Le véritable
changement peut venir de la version 2 : soit la licence évolue vers un modèle
encore plus strict, soit le code source retravaillé maintiendra une licence orientée
open source (modèle Freemium) et redonnera un nouveau souffle à la version CE.

MAGENTO 2.0
Cette version inclura des changements importants dans le code de base, dans
la liste des fonctionnalités et au niveau de l’efficacité. Comme tout a un prix,
Magento 2 ne sera pas rétro-compatible avec Magento 1. Il ne sera pas possible
d’effectuer une mise à niveau directe mais un processus de migration devrait être
fourni. Avec la restructuration profonde du logiciel, on devrait également assister à
la renaissance de la version CE, qui profitera (toutes les sources sont d’accord sur
ce point) de ces nouvelles bases.

Parmi les changements attendus, on peut citer ceux-ci :


• Des services web renforcés, avec le support de REST
• Un support pour d’autres bases de données (comme MS SQL, Oracle, NoSQL, etc.)
• Documentation
• Des capacités de tests unitaires
• Une profonde réécriture du code source pour le simplifier
• De meilleures performances
• Des fonctionnalités du CMS et de création de modèles plus avancées
• Etc. (vous pouvez en voir d’autres sur le référentiel GIT :
https://github.com/magento/magento2)

Magento
LES OBJECTIFS POUR 2013
Avec la feuille de route presque publique de Magento 2, nous pouvons mettre
en évidence quelques-unes des fonctionnalités qui manquent et que nous
aurions aimé trouver et quelques-uns des éléments clés qui pourraient procurer la
croissance de demain.

Certaines de ces fonctionnalités représentent déjà les tendances actuelles, comme


par exemple : des fonctionnalités cross-commerce, des fonctionnalités de service
web étendues, une gestion de produits avancée (PIM), des fonctionnalités CRM de
pointe, de solides fonctionnalités du CMS, etc.

Mais l’un des points fort de Magento a toujours été son extensibilité. La boutique
« Magento connect » est livrée avec des extensions et des produits qui compensent,
grâce à des éléments externes, les fonctions de base qu’il manque. En cela,
l’ancien directeur technique Yoav Kutner va peut-être apporter, avec OroCRM, une
réponse de taille au sujet du CRM et Akeneo risque de sérieusement changer la
donne avec son logiciel PIM (Produit de Gestion d’Information).

Restent les fonctionnalités cross-commerce et cross-canal qu’il serait très intéressant


de trouver prochainement au cœur de la solution. Actuellement, aucune mesure
concrète n’a été prise en ce sens. Ce sera peut-être le cas pour la version 2 ?

À PROPOS DE LA LICENCE EE
Avec une part de marché indécente sur la plupart des Tiers, Magento s’est
non seulement imposée comme leader dans la plupart des domaines, mais la
solution concurrence désormais les grandes entreprises. Le succès de sa licence
d’entreprise, qui alimente maintenant quelques milliers de sites à travers le monde,
a été un facteur essentiel à sa croissance et à sa crédibilité. Le pari a été gagné.

Mieux encore, plus ceux-ci sont gros, plus ils ont tendance à prendre la licence
Enterprise. Près de la moitié d’entre eux l’utilisent sur le Tier 2. Magento a soigné ses
relations clients, et cela commence à payer. Le temps que la cellule de support
a passé à l’organisation dans le but d’offrir une meilleure qualité joue également
un rôle important, de même que le portefeuille de références qui ne cesse de
s’agrandir.

Il est cependant regrettable que quelqu’un ne puisse, avec le temps, être


entièrement « propriétaire » de sa licence EE. Le paiement de la licence est
entièrement renouvelable chaque année. La plupart des concurrents de
Magento vous font payer leur licence une seule fois puis vous facturent un forfait
annuel (généralement autour de 20 %). Magento est plus proche d’un « service
d’abonnement » vous accordant un droit d’usage plutôt que d’une licence.

La formule EE propose également une option intéressante, la « peak licence », pour


les pointes de trafic. Avec des sociétés d’hébergement qui sont de plus en plus en
mesure de fournir de la flexibilité dans le Cloud, les serveurs peuvent être sollicités

183
pour faire face à des pics de trafic temporaires. La licence « peak » EE coûte 5 900
dollars pour une utilisation maximum de 25 % du temps par an.

UN SCOOP, PEUT-ÊTRE…
EBay a près d’une centaine de millions de comptes actifs, PayPal en compte
environ 2 millions, Magento a 150 000 boutiques et... il y a encore quelque chose à
jouer. Le projet n’est pas encore prêt ou officiel, mais il semble que chez eBay un
groupe de travail interne envisage de mettre sur le marché un nouveau service
d’exploration de données.

En somme, ce service offrirait Mais avec toutes ces données, eBay


pourrait être sur le point de sortir un
à tous les commerçants d’eBay,
service en temps réel qui, par la
de Magento ou de GSI simple intégration d’un fichier JS,
une incroyable flexibilité pourrait permettre au commerçant
en temps réel, due à toutes d’afficher les produits selon un
les informations recueillies par comportement dynamique. Le temps
eBay, à travers tous ses canaux. change ? Les clients achètent
beaucoup de manteaux d’hiver sur
eBay ? Les britanniques se précipitent pour faire le plein de pastilles combustibles ?
PayPal enregistre de nombreuses transactions concernant un produit spécifique ?
Toutes ces données recueillies pourraient amener un changement en temps réel
du comportement de votre boutique, des produits mis en valeur ou de ceux
présentés lors d’une action de montée en gamme.

CONCLUSION
Extensible et flexible, la solution peut couvrir, grâce à sa gigantesque liste de
fonctionnalités ou à ses nombreuses extensions, un très large éventail de besoins.
Magento est encore un produit difficile à coder et tout le monde n’est pas capable
de le gérer correctement. Le choix de l’éditeur de certifier les développeurs était
donc nécessaire pour élever le niveau du code et pour que seules les personnes
compétentes y aient accès. C’est également un choix très intelligent puisque les
entreprises paient pour obtenir leur label et que peu de choses sont faites (pour le
moment) pour vérifier la qualité de leur travail. De plus, si un partenaire propose
des références et une liste de programmeurs certifiés, même s’il fait partie de la
catégorie « silver » ou s’il s’agit d’un partenaire associé, il est généralement fiable.

Durant la période 2012 - début 2013, la CE (Community Edition, l’édition gratuite)


a été mise de côté, voire quasiment abandonnée car rien n’a été fait du côté
d’eBay pour la faire progresser. La pâle version 1.8, sortie à Imagine 2013, ne fait pas
vraiment de progrès significatifs. Tout l’accent est mis sur la version EE, ce qui est un
signal inquiétant pour les personnes qui comptent à long terme sur la version CE.
Étant donné que le code source de la version EE est « privé » et que la version CE a
été mise de côté, l’éditeur a en quelque sorte pris de la distance par rapport à son
modèle open source, ce qui est regrettable à de nombreux points de vue.

Magento
Magento est en train de percer sur le marché du Tier 2, commence parfois à être
visible sur le Tier 1, et est aussi en train de gagner du terrain sur le Tier 3. La pause
technique qu’elle a faite en 2012 est principalement liée aux efforts que l’équipe a
fournis dans sa réorganisation, mais aussi et surtout dans la version 2.

Il n’y a pas grand-chose à attendre en termes de nouvelles fonctionnalités avant le


premier trimestre 2014, mais la version 1.13 de l’EE permettra une nette amélioration
des performances et donnera une plus grande stabilité à un produit dont la version
est déjà propre. Nous aurions apprécié avoir quelques nouveaux outils comme
un OMS (système de gestion des commandes), un CMS, des fonctionnalités cross-
canal ou B2B pour compléter la liste déjà impressionnante des fonctionnalités du
produit, mais cela devra attendre au moins jusqu’à l’arrivée de Magento 2.

Magento devra faire face à des concurrents, mais elle a surtout cherché récemment
à gagner du terrain sur le Tier 2 ainsi qu’à restructurer ses ventes, ses partenaires et
ses processus. Maintenant que cela est fait, Magento 2 attire toute l’attention et ce
sera un tournant décisif du match.

Le marché informatique évolue rapidement et les concurrents de cette entreprise


leader ne sont pas dupes. Hybris a levé 30 millions de dollars afin de consolider
sa position de leader sur le marché ciblé par Magento, tandis qu’IBM, Intershop
et Oracle ont la ferme intention d’être de retour sur l’échiquier. Change publiera
bientôt une version 4 très puissante et efficace, orientée CMS et cross-canal.
Drupal Commerce compte aussi jouer un rôle sur le marché du Tier 3. Très solide
et soutenue par un géant, Magento peut toujours être rejointe par ses concurrents,
au moins sur leurs propres segments, comme c’était le cas d’OsCommerce lorsque
Magento est arrivée pour tout révolutionner.

Aucune entreprise (ou très peu) travaillant sur Magento ne souffre de la crise.
Le framework, pour être maîtrisé, requiert des capacités techniques et Magento
s’attaquera à cet aspect dans la version 2, mais le marché développé par l’éditeur
est à l’image d’un buffet à volonté, qui ne cesse de grossir et dans lequel chaque
professionnel en informatique compétent est invité à prendre sa part du gâteau.

185
MISE À JOUR 2016
Les deux dernières années ont été très difficiles pour Magento. Ils avaient déjà
perdu Yoav Kutner (l’ancien directeur technique) peu de temps après l’acquisition
d’eBay, puis en 2014, Roy Rubin (ancien PDG) est également parti, lorsque que ses
obligations prirent fin.

Ebay disposait de plusieurs personnes pour combler ces postes, mais les choix
qu’elle a d’abord fait n’étaient vraiment pas pertinents et ont plombé son
dynamisme. Ce qui a sans doute le plus affecté la solution, c’est certainement son
manque de vision. Pendant des années, Roy & Yoav ont mis toute leur énergie à
développer une communauté et à montrer le chemin de manière très précise, ce
qui était rassurant pour toutes les entreprises reposant sur Magento, qu’elles soient
des intégrateurs de systèmes, des sociétés d’hébergement ou des clients finaux.

Tout cela s’est arrêté peu de temps après l’acquisition. EBay a alors emmené
Magento sur le chemin « X.commerce » et « the fabric », de bonnes idées sur le
papier, mais qui n’était au final que du marketing, sans objectifs lisibles.

« Je pense que l’on peut parler Après quelques années, eBay a


des « jours sombres » réalisé que son savoir-faire en tant
de la solution. Disons simplement qu’éditeur n’était pas vraiment au
que cette période a pris fin niveau des attentes de ses clients.
et que The Fabric n’est plus ». L’entreprise a annoncé que
Mark Lavelle l’ensemble des solutions d’eBay
Enterprise allaient être vendues et
que PayPal retrouverait son autonomie.

Les solutions d’eBay Enterprise ont été vendues pour 925 millions de dollars à un
consortium d’investisseurs mené par Permira. Même s’il est pour le moment difficile
de juger si cette transaction est une bonne ou une mauvaise chose pour Magento,
le nouveau propriétaire a au moins accès à une grande quantité d’argent, si besoin
est. Si nous faisons le calcul, il est intéressant de noter que GSI et Magento ont été
acquises pour 2,5 milliards de dollars (2,4 rien que pour GSI) et que le portefeuille
d’eBay Enterprise était plus grand que ces deux solutions réunies.

Au final, la valeur globale de ce portefeuille a été bradée au tiers de sa valeur


d’acquisition, un sérieux revers dans la stratégie d’eBay.

UNE NOUVELLE GESTION


Magento manquait d’inspiration et d’orientation stratégique depuis maintenant des
années et il n’est pas évident qu’un fonds d’investissement puisse fournir ces deux
éléments mais, récemment, de nouveaux visages sont apparus dans le paysage :
Mark Lavelle et Steve Yankovich ont pris le relai de Roy & Yoav, respectivement.

Mark Lavelle est un entrepreneur. Fondateur de « Bill Me Later », il a fait passer son
entreprise de 4 à 400 personnes avant de la revendre à PayPal pour plus de 800

Magento
millions de dollars. Cela reflète ses compétences entrepreneuriales. Il est d’ailleurs
connu pour être un très bon négociateur. Steve est également un entrepreneur
doté d’une grande expérience : il a en effet fondé Movaris, qu’il a ensuite revendue
à Trintech.

Ce duo semble bien fonctionner ensemble et ils ont beaucoup appris de leurs
expériences eBay respectives.

Par ailleurs, Mark était l’un des négociateurs derrière l’acquisition de Magento par
Paypal à l’époque. Il a ensuite participé à la séparation de Magento et d’eBay
avant de finalement en reprendre le leadership. Pour faire court, il connaît la
société de l’intérieur.

Magento est redevenue une société indépendante, une « grande startup » comme
Mark Lavelle la qualifie, dotée d’un financement, certes, mais à nouveau réactive.

UN BON PACKAGE DE DÉPART D’EBAY INC.


Mais au-delà de la prise en charge de Magento, Mark a fait un « hold-up », tout à
fait élégant par ailleurs.

Pendant des années, eBay a dépensé plusieurs millions dans la création d’un
OMS (Order Management System - Système de Gestion des Commandes). Tout en
séparant les différents outils et produits que Permira acquerrait à eBay, Mark Lavelle
a négocié pour que l’OMS soit intégré a Magento. Même si l’on ne connaît pas le
montant payé, nous sommes certainement très loin de son coût réel.

Donc, si vous aussi étiez surpris de voir Magento déclarer avoir développé un OMS
et un RMS (Retail Management System, logiciel de gestion des points de ventes
pour détaillants) en seulement quelques mois, alors que la société a eu du mal à
finaliser Magento 2 en 4 ans, vous avez maintenant l’explication.

Le RMS permettra aux magasins associés de passer sur la caisse enregistreuse


classique et de vendre directement depuis leurs tablettes en magasin. Cet
écosystème sera ouvert, permettant aux développeurs tiers de s’y pour créer de
nouvelles applications et extensions.

L’OMS permet également à Magento de s’ouvrir de plus en plus au monde du B2B.


Par ailleurs, même si Magento n’a pas été conçue pour s’adresser à ce marché,
de nombreux sites B2B figurant dans le top 1 000 d’IRCE l’utilisent toujours comme
plateforme. Il est naturel que le produit progresse dans cette direction, d’autant
plus que le B2B est un marché important, en croissance, à côté duquel Magento
ne peut tout simplement pas passer !

BEAUCOUP DE TRAVAIL POUR REGAGNER LA CONFIANCE


ET TROUVER UN NOUVEL ÉLAN
En raison du retard important (plus de 3 ans) qui a eu des conséquences sur la
sortie de Magento 2, et des salons internationaux en perte de vitesse (qu’ils soient

187
maison, comme « Imagine » ou pilotés par la communauté), beaucoup de gens
ont commencé à penser que Magento avait atteint le sommet de sa courbe de
croissance en 2014, et que le produit était maintenant sur le déclin.

Si vous ajoutez à cela la montée en puissance d’OroCommerce, créée et financée


par Yoav Kutner et Jary Carter (ancien vice-président de Magento) et le fait
que Roy Rubin a été nommé au conseil d’administration, il y a fort à parier sur
le fait qu’OroCommerce sera un concurrent sérieux pour Magento dans les deux
prochaines années.

Pour compliquer encore davantage l’équation, les ventes de Magento EE


(Enterprise Edition, la version payante du produit) progressent peut-être un peu
au niveau mondial, mais elles diminuent en Europe. Cela pourrait s’expliquer à
la fois par la rude concurrence de Demandware sur le segment du Tier 2 (auquel
s’adresse la version EE) et la montée d’autres concurrents comme Hybris ou même
Intershop, très agressifs sur les prix ces derniers temps.

Dans un même temps, les tarifs de la licence EE ont fortement augmenté au cours
des 3 dernières années, faisant un bond de 12 000 dollars à 18 000 dollars, alors que
l’offre de service ou même les fonctionnalités du produit n’ont pas progressé de
50 %, loin s’en faut. La nouvelle grille de prix pour Magento 2 EE semble inclure un
pourcentage du chiffre d’affaires réalisé en ligne, ce qui va aussi en faire grincer
des dents plus d’un.

Enfin, Magento a souffert de beaucoup de très graves failles de sécurité, payant


le fait de ne jamais avoir effectué de révision complète du code de sécurité. Les
principales s’appelaient SUPEE, dont la plupart ont eu un impact énorme, entraînant
d’importantes fuites de données et amenant même à compromettre les serveurs.
Cela, évidemment, n’était pas vraiment le moment pour l’entreprise étant donné
les autres problèmes de fond qui accaparaient déjà toute l’attention de l’équipe.
Il y a des années comme ça...

MAIS PRENONS DE L’ALTITUDE


Magento est tout sauf enterrée, pour plusieurs raisons essentielles.

Magento est toujours dans la compétition sur la plupart des marchés et, même
si ses résultats sont un peu moins bons que d’habitude, les ratios ne sont pas non
plus alarmants. Cela fait des années qu’elle suscite des doutes, mais la société est
encore stable, rentable et a de la valeur. Il n’y a donc aucune raison de craindre
qu’elle disparaisse bientôt. Par ailleurs, la société compte déjà 3 300 licences d’EE
vendues dans le monde entier et aurait fait (selon la direction) ses meilleurs résultats
au quatrième trimestre 2015.

En regardant le verre à moitié plein, il y a beaucoup de raisons qui montrent que


Magento sera encore là pendant au moins cinq ans. Tout d’abord, Magento 2
sort, enfin, sur le marché. Cette refonte globale de la technologie va donner à

Magento
Magento une nouvelle jeunesse pour les années à venir. Et même si Magento 2
n’a pas été aussi profondément remanié que beaucoup l’auraient souhaité et
que certaines questions techniques ne sont pas totalement résolues, Magento 2
a connu globalement une importante mise à niveau, créant ainsi une base solide
pour l’avenir. L’ajout d’un OMS et d’un RMS (Retail Management System) représente
également une mise à niveau considérable des fonctionnalités omnicanales de
Magento.

Par ailleurs, si nous regardons en arrière, cela a littéralement pris une dizaine
d’années à osCommerce pour vraiment disparaître, lorsqu’elle a été totalement
dépassée technologiquement par Magento. OsCommerce n’avait alors pas
le quart du nombre de sites en production que Magento compte aujourd’hui.
Donc, même si la société n’était pas été redémarrée correctement, il est plus que
probable que Magento soit encore là pendant encore au moins 5 ans, d’autant
plus que de nombreuses entreprises reposent déjà sur elle.

Cela est particulièrement vrai pour les intégrateurs de systèmes qui ont investi
beaucoup de temps et d’argent pour former leurs équipes, obtenir une visibilité et
des références. Ils conseillent souvent le client final sur la technologie qui devrait
être utilisée et la plupart d’entre eux sont très réticents à l’idée de lancer un nouveau
cycle de formation sur un nouveau système e-commerce. Le changement aurait
vraiment lieu si une autre plateforme pouvait obtenir plus de demandes que
Magento et commencer à rassembler des entreprises plus rapidement que
Magento.

Même si l’accord avec Permira n’est pas complètement connu, rien ne dit pour le
moment que l’opération aura un impact négatif. Bien sûr, Permira ne peut pas être
le responsable de la stratégie qui fait tant défaut à Magento, mais les entreprises
d’investissement sont parfaitement conscientes de ce qu’il faut faire pour que
cette entreprise reprenne son envol. Imaginons ce que pourrait devenir Magento
2 sous la houlette de Mark Lavelle tout en ayant quelques dizaines de millions
pour faire rebondir la société… Une chose est sûre pour le moment : Permira et
ses co-investisseurs ont toutes les raisons de faire en sorte que Magento retrouve
la croissance, la première d’entre elle étant que c’est dans leur propre intérêt.
Cependant, Permira pourrait aussi avoir un « agenda secret », en vue de revendre
à nouveau Magento d’ici 3 à 5 ans, ce qui ne serait pas inhabituel pour ce fonds.
Cependant, rien n’est encore vraiment connu de cet horizon d’investissement ou
de ses conditions.

La communauté, même si elle est moins enthousiaste qu’auparavant, est toujours


là et ne demande qu’à avoir de bonnes raisons de repartir à l’assaut. En bref, le
dragon est endormi, mais loin d’être mort. Maintenant, la vraie question est de
savoir qui ou ce qu’il faudra pour rebondir et faire redécoller le produit.

« C’est un jour que les partisans de Magento ont longtemps attendu. Et un jour que
nos concurrents ont longtemps craint ! » a déclaré le tout nouveau PDG quand

189
Magento a été séparé d’Ebay. Cependant, même si l’autonomie change beaucoup
de choses, il n’est pas certain que les commerciaux de Demandware soient déjà
sous anti dépresseurs après cette déclaration. Il reste malgré tout indéniable que
Magento est toujours un acteur majeur sur le grand échiquier de l’Ecommerce.
Toujours est-il que la plupart des gens de la communauté souhaiteraient voir des
choses concrètes plutôt que d’entendre des discours de motivation et il y a du
travail pour regagner leur confiance.

« Ma mission est tout simplement de permettre à Magento


d’atteindre son potentiel maximum. Nous aimons profondément
Magento, ce produit nous passionne et nous nous sentons une
responsabilité envers lui. Mais il n’a jamais été évident que nous
aurions une seconde chance. Si nous sommes ici aujourd’hui
en tant que société indépendante très solide, c’est grâce aux
nombreuses changements que nous avons mises en œuvre, mais
aussi parce que nous avons eu beaucoup de chance ». Mark
Lavelle.
MAGENTO 2 : LA PRIORITÉ ULTIME
Magento 2 représente un investissement considérable et la société souhaite
effectuer la transition le plus rapidement possible. D’abord, parce que Magento
1 avait quelques problèmes qui ne pouvaient pas vraiment être résolus sans une
mise à niveau globale du socle fondamental. Ensuite, parce que les problèmes de
performance et d’évolutivité compromettaient la capacité de Magento à accéder
au marché du Tier 2.

Magento était aussi un produit de « startup », créé il y a plus de 8 ans autour d’une
toute petite équipe. La conception était compliquée, les pièges nombreux et la
sécurité n’était pas vraiment la principale préoccupation. De nombreux intégrateurs
ont essayé de développer des sites mais très peu, disons 10 % d’entre elles, faisaient
un travail vraiment de haute qualité.

L’énorme succès de Magento est alors devenu sa faiblesse, de plus en plus de


clients déçus se plaignant des problèmes d’évolutivité et de performance de la
solution. En fait, Magento est capable de très bien monter en charge, mais il lui faut
pour cela à la fois un intégrateur très compétent et une société d’hébergement
experte. Si vous pouvez rassembler ce duo, même avec Magento 1, gérer des
centaines de transactions par seconde est tout à fait faisable et les pages peuvent
être chargées en moins d’une seconde et demie.

Magento 2 a amélioré ses normes de qualité, son niveau technique et ses standards
de sécurité. Cependant, encore moins d’entreprises seront en mesure de gérer ce
framework qui, ayant fortement évolué vers les meilleures pratiques, est encore plus
abstrait et complexe qu’auparavant.

Magento
Tout à un prix, mais Magento a clairement besoin de faire une transition très rapide
vers Magento 2 afin de laisser la plupart de ses problèmes derrière elle. À l’heure
où nous écrivons, Magento a annoncé qu’elle allait progressivement supprimer la
version 1 en poussant tous les nouveaux projets à démarrer sur Magento 2. C’est
un pari risqué dans un contexte où certains clients sont déjà repassés à l’édition CE
après avoir déjà utilisé l’édition EE.

La zone de risque est accrue du fait qu’il n’y ait pas de possibilité de mise à niveau
en tant que tel vers Magento 2. Passer de Magento 1 à Magento 2 est donc à peu
près équivalent à redévelopper le site de zéro puisque Magento 2 n’est pas rétro-
compatible. Cela signifie donc que les clients peuvent choisir de signer à nouveau
avec Magento, ou choisir d’essayer une autre plateforme pour une durée et un prix
tout à fait comparable...

La plupart des rapports des experts de Magento s’accordent sur le fait qu’il est
encore plus difficile de développer avec Magento 2 qu’avec Magento 1... Ce n’est
pas un mince exploit étant donné que Magento était déjà considérée comme
une des solutions ayant la courbe d’apprentissage la plus raide dans le monde
open source. Avec plus de couches d’abstraction, plus de classes, plus de tests,
plus de fichiers XML, tout cela visant à fournir un meilleur code et une plus grande
compatibilité, mais rendant le travail plus complexe, Magento prend un risque. Les
règles de programmation ne sont pas encore toutes totalement fixées et certaines
lignes directrices ne sont pas vraiment claires (et que dire des observateurs et des
intercepteurs ?), quant à la documentation elle provient encore principalement de
la communauté.

Il existe deux types de professionnels de l’intégration Magento : les bons, et


les très mauvais, mais ces retours proviennent essentiellement de sociétés très
expérimentées proposant des extensions très réputées. Ces développeurs, qui se
plaignent de la lourdeur du framework de Magento 2, ne sont pas exactement
Monsieur tout le monde. Par ailleurs, Dima Soroka, un des architectes de Magento 1,
a fait quelques tests de charge et a constaté que la première version de Magento
2 était plus lente que Magento 1, ce que nos propres tests confirment... Comme
d’habitude, Magento va s’améliorer avec le temps, mais les clients adoptant
Magento 2 dès 2016 pourraient faire face à certains des problèmes qu’ils avaient
connus avec Magento 1 à ses débuts. Comme avec toutes les innovations lancées
sur le marché, un temps d’adaptation sera nécessaire.

D’un autre côté, on en sait de plus en plus maintenant sur Magento 2 et l’équipe
de développement du produit a sans aucun doute compris et traité la plupart
des problèmes. Tout d’abord, Magento 2 est plus modulaire et réduit le nombre
d’interdépendances. L’API a été considérablement améliorée et également
rendue plus rapide. Un programme d’installation va vérifier que les conditions
préalables et les dépendances sont correctement traitées. Le produit global
est livré avec un framework de test automatisé et des tests unitaires de la

191
plupart des composants. Les fonctionnalités liées aux thèmes et au CMS ont été
considérablement améliorées pour plus de flexibilité et de rapidité. Les systèmes
de tests de pré-production et de prévisualisation sont désormais des fonctionnalités
natives, permettant aux gestionnaires de magasins d’être plus autonomes dans la
gestion de leurs contenus.

Si les fournisseurs d’extensions sont si sceptiques par rapport à Magento 2, c’est peut-
être parce que les intégrateurs de solutions utiliseront moins d’extensions, utilisant
plus de fonctionnalités natives qu’auparavant. Il sera peut-être plus compliqué de
personnaliser Magento avec des fonctionnalités maison, mais en contrepartie,
l’intégration de base sera plus facile.

Toujours sur les extensions, l’une des briques essentielles de Magento, de nombreux
changements sont attendus. Le programme d’installation détectera les conflits
potentiels et certaines extensions seront réexaminées par l’équipe de Magento afin
de vérifier qu’elles respectent bien les meilleures pratiques. La nouvelle place de
marché de l’extension Magento Connect proposera une interface plus complète
dotée d’une collection d’extensions personnalisées, pouvant être utilisées sans
risque en production tout en garantissant aux partenaires la qualité de leur code.

Magento 2 impose également l’usage de TDD (Test Driven Development, c’est-à-


dire un développement piloté par les tests) qui, même s’il rend le développement
plus détaillé, est une bonne pratique permettant d’éviter les bugs, la régression du
code et bien d’autres problèmes complexes.

Les performances haut de gamme ont toujours été assez difficiles à atteindre avec
Magento et l’éditeur s’est également énormément concentré sur ce point précis,
annonçant la prise en charge native d’HHVM, de PHP 7 et de Varnish. Cela pourrait
être considéré comme une fonctionnalité parmi tant d’autres, mais elle est tout à
fait essentielle, tant pour les performances que pour l’évolutivité. Ces choix sont
extrêmement sages et permettront peut-être à Magento de rivaliser dans le Tier 2,
où la performance et la scalabilité revêtent une importance majeure. Magento
2 prendra également en charge la séparation de la base de données du front
office, du back office et des paniers, augmentant ainsi encore plus avant les
performances.

En ce qui concerne les fonctionnalités, il n’y a pas grand-chose à ajouter à l’analyse


de 2013 étant donné que le panel est resté en grande partie inchangé et que
les principaux changements ont essentiellement concerné Magento 2, l’OMS et le
RMS.

Magento
TARIFICATION
La tarification de Magento 2, comme chez tous les éditeurs, est négociable. Bien
que les tarifs de la version Cloud soient encore inconnus à ce jour, voici déjà la
celle concernant les licences serveurs classiques :

EXTENSION DU PORTEFEUILLE
Depuis un certain temps maintenant, Magento est essentiellement un système
permettant de propulser un site de e-commerce, disponible en deux versions, CE
& EE. Magento Inc. est restée sur la même ligne pour la version CE : elle est conçue
pour les petites entreprises. La version EE fournit quant à elle « un riche ensemble
de fonctionnalités robustes qui peuvent être adaptées en vue d’accélérer la
croissance des entreprises à travers les canaux numériques et physiques ».

Mais la vraie nouveauté ici, Magento OM (Order Management)


c’est « Magento Commerce peut ramener Magento dans la
Order Management », compétition en ce qui concerne le
combat omnicanal et le commerce
un produit SaaS conçu pour
transfrontalier. C’est une extension très
gérer de manière optimale les intéressante qui s’ajoute aux
commandes, les stocks, etc. fonctionnalités natives de Magento et
qui sera bien évidemment exploitée
par les outils du marché des extensions, des intégrateurs et de tiers, comme Akeneo
(PIM) ou autres.

En plus de ces bonnes nouvelles, Magento a également lancé une évaluation de


la qualité pour assainir la place de marché de Magento Connect. Il était temps,
diront certains, étant donné que cette place était devenue un référentiel pour tous
les types de code, les bons, les mauvais et les pires. La plupart des extensions ne
respectaient même pas les meilleures pratiques de base dans le développement
de Magento. Tout cela est sur le point de changer avec l’ascension de Magento
2, qui permet un suivi bien plus cohérent des bugs, la non régression et l’évaluation

193
de la qualité (Q.A). La place de marché sera très probablement divisée en deux
catégories, les extensions « certifiées » et les autres, que vous utilisez à vos propres
risques.

Enfin, Magento Retail Commerce est une suite de produits conçue pour permettre
aux associés des magasins de prendre en charge les clients directement dans les
PDV (points de vente), depuis une tablette. Ceci, allié à l’OMS, ramène vraiment
Magento dans l’arène de l’omnicanale, ce qui est une bonne nouvelle pour tout
l’écosystème, qui attendait ce virage.

QUELQUES NOUVELLES D’IMAGINE


Comme tous les ans depuis 5 ans maintenant, Magento a ressemblé son écosystème
à Las Vegas, pour le fameux salon « Imagine ». Et, comme à l’accoutumé, l’éditeur
a fait de nombreuses annonces, et comme souvent, trop à l’avance.

En termes de stabilité ou de performances, Magento 2 n’est pas prêt pour une mise
en production, mais le produit a tout de même été annoncé comme final et prêt
à utiliser il y a déjà quelques mois. Cette fois-ci, Magento a finalisé un accord avec
Rackspace autour de son « Magento Cloud », avant de le présenter sur scène le
jour suivant. Finalement, Rackspace s’est retiré et c’est Plateform.sh qui a été choisi
pour être l’hébergeur partenaire de ce futur Magento sur le Cloud. L’accord n’a
d’ailleurs été confirmé que quelques heures avant que Magento ne l’annonce sur
scène…

Cette précipitation, cette volonté de vouloir


absolument profiter de la scène pour
annoncer quelque chose n’est pas nouveau,
mais étant donné les expériences
précédentes de Magento avec le Cloud (en
l’occurrence, Magento Go), il aurait été
bénéfique de prendre le temps de tout
finaliser. En plus de tout cela, Plateform.sh ne
propose pas de services managés, ce qui
laisse une inconnue pour le client final, en
tous cas à la date où nous écrivons ce livre.
Enfin, suite aux annonces faites lors des
keynotes sur la scène principale, les ateliers
donnaient parfois des points de vue
contradictoires au sujet d’une fonctionnalité
ou d’un planning, montrant bien la confusion
apportée par cette précipitation.

Cependant, le point positif est que le profileur PHP de Symfony (Blackfire) sera
intégré à cette offre, tout comme celui de New Relic. C’est un pas en avant, même
s’il aurait été plus logique d’intégrer des outils de référence de l’univers Magento,
comme Quanta Computing qui est spécialisé dans l’étude des sites Magento.

Magento
Cependant, proposer des outils comme Blackfire et New Relic va offrir plus de
contrôle sur les différents composants de Magento, tout comme les nouvelles lignes
de commande de Magento 2 et de Plateform.sh.

À cette heure, beaucoup de points annoncés changent, et nous ne pouvons


pas faire de vraies évaluations sur ce que Magento 2 sera ou ne sera pas dans le
Cloud. Le seul point probable est que Magento 2 et la plateforme Cloud ne seront
pas prêtes à la production avant la rentrée 2016. La grille des tarifs n’est également
pas connue à ce jour.

CONCLUSION 2016
Si nous pouvions envoyer un message à la direction actuelle de Magento, ce serait
celui-ci : Magento est un écosystème, pas un produit. Si la solution est traitée en tant
que tel, Magento redeviendra un géant, qui permettra à des centaines de milliers
d’entreprises de surfer sur la vague mais sous-estimer ce point pourrait conduire le
produit à un lent déclin.

Magento 1.9 CE (Community Edition) et 1.14.1 EE sont des versions très stables,
bénéficiant de longues séries de patchs, de mises à jour et d’optimisations. Le
produit est sans aucun doute abouti et efficace et on peut considérer que son
utilisation est sûre lorsqu’elle accueille entre 1 000 et 100 000 visiteurs uniques par
jour. Au-delà de ce seuil, les optimisations de code et d’infrastructure doivent
être prises en main par des personnes très expérimentées pour atteindre des
performances haut de gamme et régulières.
Lorsque les licences 1 EE de Magento disparaîtront, le passage forcé à Magento
2 pourrait être un peu chaotique pour les agences les moins expérimentées, mais
le marché s’adaptera dans les six mois à un an. Cela va aussi sûrement faire un
peu de ménage dans le paysage car certains intégrateurs ne survivront pas à
la conception sophistiquée utilisé dans Magento 2 et ne seront plus capables
de bricoler comme certains le faisaient auparavant. Magento 2 peut devenir un
produit orienté grands comptes, repoussant une partie de sa communauté vers
des bases techniques plus simples, mais nous avons eu la confirmation de première
main que la version CE continuera à exister et sera maintenue dans le temps.

Malgré tout, à l’heure où nous écrivons ce livre, et peu importe ce que le marketing
de Magento essaie de faire passer, Magento 2 n’est pas « sec ». Ses performances
ne sont pas prêtes pour le stade de la production, et des bugs sont toujours tapis un
peu partout. On peut s’attendre à ce que Magento 2 soit probablement prêt pour
de la production réelle à la fin de l’année 2016.

Malgré tout, les marchands gardent leur système e-commerce en moyenne 38


mois et l’avenir de Magento est assuré pour au moins les 5 prochaines années.
Si les contraintes du projet le permettent, il serait probablement sage d’adopter
Magento 2 plutôt que Magento 1. Le produit est en effet déjà sur le marché,
mais ne sera pas rétro-compatible avec les versions précédentes. Autrement dit,
adopter une version 1.X de Magento maintenant impliquerait très probablement

195
une importante migration, voire un redéveloppement, d’ici 6 mois à un an, ce qui
serait à la fois un gaspillage d’argent et de temps.

Si l’on tient compte de tous ces facteurs, il serait logique et prudent d’attendre
fin 2016 avant d’adopter Magento 2 et de lancer une refonte du site avec cette
technologie. Si vous possédez déjà un site Magento, pas de problème, il suffit
juste de le garder un peu plus longtemps et de reporter de quelques mois votre
prochaine grande mise à jour. La plupart de l’architecture et des fonctionnalités
sont déjà connues et des tests de production seront effectués sur l‘ensemble de
Magento 2.

À long terme, Magento connaîtra soit le sort d’osCommerce, à savoir un long


ralentissement, soit un beau rebond pour atteindre des résultats encore meilleurs
que ses pics précédents. À ce stade, il n’y a aucune raison d’avoir peur d’adopter
Magento, c’est toujours l’acteur dominant sur le Tier 3.

Magento
LES POINTS FORTS DE MAGENTO
(Plus il y a de points, mieux c’est. Sur chaque KPI (indicateur clé de performance),
il y a au moins une solution avec 5 points ; il s’agit donc d’une comparaison entre
les solutions).

POSITIONNEMENT MAGENTO (2)


Chiffre d’affaires pour envisager la solution (On premise / SaaS) > $500 K
Positionnement actuel sur le marché Tier 2 - 3
Direction de l’éditeur Tier 2
Profil (B2C, B2B) B2C
CE Oui / EE Non (les deux en
Opensource
PHP)
L’éditeur met en avant… La polyvalencece
L’éditeur met en avant… La communauté
L’éditeur met en avant… Les coûts
Nous sommes impressionnés par… L’ecosustème
La rapidité d’adoption de
Nous sommes sceptiques sur…
Magento 2
Buget minimum pour créer un site (On premise / SaaS) 35 k$
KPI GÉNÉRAUX MAGENTO (2)
Le coût de la solution (licence, intégration, hébergement) (On premise / SaaS) HHH
Progressivité et /ou flexibilité des frais de licence/location HHH
Délai de commercialisation (On premise / SaaS) HHK/?
Variété/Qualité des boutiques de démonstration à s’adapter à un usage spécifique
HH
(mis à part la boutique standard)
Capacités marketing basiques (moteur de promotion, coupon, carte cadeau, etc…) HHHH
Niveau de navigation & présentation multidimensionnelle du catalogue (multi-bou-
HHHH
tiques/mulitlangues/etc…)
Ecosystème (communauté, partenaires, intégrateurs, forums, etc…) HHHHH
Convivialité et facilité d’utilisation du back office HHH
KPI TECHNIQUES (PLUS IL Y A DE POINTS, MIEUX C’EST !) MAGENTO (2)
Complexité du développement personnalisé pour étendre le système HHK
Nombre de logiciels/extensions/services non disponibles HHHHH
Nombre de produits/services complémentaires de l’éditeur HHH
Évolutivité & performances du front office (temps de chargement des pages) HHK/HHHK
Vitesse du back office et évolutivité (nombre d’utilisateurs simultanés) HK
Capacités de CMS natives HK
Capacité de service web/API natives (connexion avec des tiers, comme un ERP ou un
HK
logiciel de logistique)
Liste des fonctionnalités B2C (par défaut, sans extensions ou programmes parallèles) HHHK/HHHHK
Mobile (application native, application hybride, responsive design) HHH
KPI DES FONCTIONNALITÉS AVANCÉES MAGENTO (2)
Capacités de searchandising avancé & de personnalisation HH
Capacités de multi/cross/omni canal HH
Gestion avancée native du catalogue (PIM, multi-catalogue, attributs, lots…) HH
SGC (Système de Gestion des Commandes) intégré ou connecté nativement HHH
Outils marketing avancés (marketing adaptif, tunnels de navigation dynamiques, etc…) HHK
Capacités B2B natives HHK

197
virtue-
mart:

VirtueMart
INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LA SOLUTION

Éditeur VirtueMart
Chiffre d’affaire en 2014 N/C
Business model (e-commerce) Certifications et modules
Coût de la licence Gratuit
Technologie PHP 5
Framework Joomial
Base de données MySQL
Version (à la date de l’étude) VM3
Licence GPL
Première sortie 1998
Origine Allemagne
Budget de réalisation d’un site
5 K€ / 5 À 10 K€ / 15 K€
(Bas/Moyen/Haut)
Typologie de recommandation Pure player

Temps moyen
Étendue Sites en Utilisation
de génération
géographique production par Tier
du code HTML

TIER 4
TIER 3
TIER 2
5 354 920 ms
TIER 1

Positionnement dans le Tier et tendances futures

TIER 1 TIER 2 TIER 3 TIER 4

_ _ _

Performances sur le marché par rapport à la concurrence


DRUPAL
MAGENTO PRESTAHOP OPENCART ZEN CART
COMMERCE

199
INFORMATIONS TIRÉES DE L’ANALYSE DE 2013

MAMBO, JOOMLA! ET VIRTUEMART, UNE HISTOIRE UN PEU COMPLIQUÉE

VirtueMart est un framework e-commerce open source


gratuit écrit en PHP, basé sur Joomla!, c’est l’un des CMS
open source les plus connus au monde. VirtueMart a une
histoire un peu compliquée, son développement ayant été étroitement lié au projet
de Joomla! Le modèle open source étant déjà assez compliqué en soi, lorsque
deux projets open source sont interdépendants, cela peut alors devenir doublement
complexe.

Pour faire court, avant VirtueMart il y avait phpShop,


une application web e-commerce basée sur
Mambo, un autre CMS open source, à partir duquel
le fork Joomla! (ci-après Joomla) a été créé en août
2005.

Après le fork de Mambo, phpShop a changé son nom en


VirtueMart, supportant officiellement le CMS nouvellement créé :
Joomla. Joomla est d’ailleurs l’un des rares exemples de fork ayant
surpassé son logiciel parent.
VirtueMart a utilisé pendant longtemps les
nombreuses fonctionnalités de phpShop créées
par le développeur en chef Sören Eberhardt-
Biermann. Ce module e-commerce basé sur
Joomla était le plus connu au sein de la
communauté et le duo Joomla et VirtueMart a été le seul module capable de
fournir un CMS et des fonctions e-commerce durant pas mal de temps.

Cependant, de nouveaux projets e-commerce open source


et beaucoup plus modernes se sont développés, comme
Magento ou PrestaShop par exemple, donnant à VirtueMart
une image quelque peu obsolète. Les utilisateurs n’étaient
plus satisfaits de la solution et ont demandé une extension
e-commerce plus stable, plus professionnelle et surtout plus complète. Mais, à cette
époque, la base installée de VirtueMart était déjà importante et la capacité du
CMS avait convaincu certains sites importants, apportant à VirtueMart des parts de
marché sur les tiers 3 et 4.

Il était temps de créer une nouvelle version de la marque afin de conserver la base
d’utilisateurs de VirtueMart mais aussi pour être en conformité avec les nouvelles
pratiques du e-commerce. C’est ainsi que Sören Eberhardt-Biermann en est venu

VirtueMart
à choisir Max Milbers comme nouveau chef de projet et lui a confié la mission de
concevoir une architecture et un code source complètement nouveaux. VirtueMart
2.0 est sortie en décembre 2011, incluant certaines des meilleures pratiques de la
programmation moderne.

VIRTUEMART E-COMMERCE AU-DESSUS DU CMS DE JOOMLA :


AVANTAGES & INCONVÉNIENTS
À l’heure actuelle, VirtueMart est toujours très populaire, et un grand nombre
d’e-commerçants l’utilisent en production. Ceci-dit, les boutiques qui utilisent
actuellement VirtueMart dans la section « boutiques en production » du site officiel
ne sont pas très connues et semblent être plutôt des petits projets e-commerce.
Ni les marques internationales ni les détaillants de renommée mondiale ne sont
représentés. VirtueMart est principalement utilisée par la communauté Joomla
et cela pourrait prendre du temps avant que la solution ne connaisse autant de
succès que d’autres grands frameworks e-commerce.

Le succès et la popularité du framework sont liés à sa très grande communauté


et, bien sûr, à celle de Joomla. Le forum officiel de VirtueMart est dynamique. Il
compte plus de 300 000 membres et plus de 250 000 messages y ont été postés.
De nouvelles discussions y sont lancées chaque jour, signe d’une communauté
vivante. La section des extensions du site officiel de VirtueMart ne montre que 60
extensions disponibles (mais il y a cependant plus de 200 extensions VirtueMart
sur le site officiel de Joomla). Une recherche sur themeforest n’a donné que 19
résultats.

Ces statistiques nous montrent le problème d’une solution basée sur un CMS
connu. De même que Drupal Commerce et son manque de développements
en interne, VirtueMart ne propose pas beaucoup d’extensions (mêmes payantes)
et utilise la puissante communauté de Joomla pour développer ses capacités
complémentaires.

Il y a toujours un peu de l’histoire de la poule et l’œuf dans un tel partenariat entre


deux parties d’un logiciel. Si un e-commerçant faisait une mise à jour de Joomla ou
de VirtueMart, est-ce que les deux versions seraient compatibles ? Les extensions
dédiées de VirtueMart fonctionneront-elles toujours ? VirtueMart est-elle autonome
en ce qui concerne sa feuille de route ? Si une mise à jour a été faite sur Joomla,
VirtueMart continuera-t-il à la supporter, et quand le fera-t-elle ?

Une autre préoccupation que l’on peut avoir avec Joomla concerne la sécurité. Le
logiciel a été des années durant très impopulaire dans le domaine de la sécurité,
servant de terrain d’entraînement pour les nouvelles recrues. On disait même qu’il
était plus que facile de trouver des vulnérabilités dans Joomla ou dans l’une de ses
extensions. Nous avons souvent vu des failles de sécurité basiques au niveau de
l’extension Joomla, comme XSS (Cross Site Scripting) et SQLi (injections SQL), mettant
les propriétaires des sites dans des situations critiques. Joomla a une mauvaise
réputation dans ce domaine. Se reposer sur ce framework pour développer un

201
système commercial nécessite donc d’être très attentif à ce qui est fait et au choix
des extensions. Il faut faire (de toute façon), au strict minimum, une vérification ou
un pentest du site avant qu’il ne soit officiellement mis en fonctionnement.

Ces points devront être pris en compte au moment de choisir VirtueMart. Être lié à
un puissant CMS est une bonne chose, mais cela a aussi quelques inconvénients
qui doivent être analysés.

FONCTIONNALITÉS
VirtueMart fournit les fonctionnalités de base d’une solution e-commerce :
commentaires, évaluations, page de paiement, gestion de coupons, gestion de la
TVA et toutes les autres fonctionnalités dont peuvent avoir besoin les e-commerçants
pour gérer une boutique de manière efficace.

Toutefois, il lui manque les fonctions avancées nécessaires au cas où les besoins
deviendraient un peu plus compliqués que ceux d’une simple boutique B2C de
base. Le commerce mobile, le B2B, le multicanal ou encore la multi-boutique
sont quelques-unes des fonctions qui ne sont pas prévues dans la solution hors
de la boîte. De plus, le B2B et le multicanal sont compliqués à construire en tant
qu’extensions car ils nécessitent une certaine structure globale de l’infrastructure
sous-jacente. L’équipe en charge du développement de la solution, qui ne compte
que 5 développeurs, fait face à un manque flagrant de main-d’œuvre pour être en
mesure d’améliorer la solution.

D’un côté positif, bien sûr, le CMS est de très bonne qualité et VirtueMart se classe
parmi les meilleurs dans le monde PHP sur ce point précis, avec Drupal Commerce
et RBS Change (désormais Proximis). Le système de modèles est également basé
sur Joomla, ce qui permet à VirtueMart d’offrir des milliers de choix disponibles, le
CMS étant utilisé dans le monde entier par une importante communauté open
source. Cela permettra donc aux e-commerçants d’installer un modèle et/ou de
passer de l’un à l’autre, même sans être vraiment technophiles.

VirtueMart peut être considéré comme un module Joomla facilement


personnalisable grâce à des extensions et des modèles développés par la
communauté Joomla. Un autre point positif : il est assez facile de trouver un bon
« Joomlancer » (freelance spécialisé dans Joomla), à des prix abordables et, si une
fonction venait à manquer, l’e-commerçant la trouverait certainement parmi les
centaines proposées par Joomla.

VirtueMart sait que se lancer dans un nouveau framework comme Joomla peut
poser quelques problèmes et tente pour cela d’apporter son aide en mettant
à la disposition de tous, sur son site officiel, une partie documentation très bien
faite. Des tutoriels sont proposés dans le but de donner des instructions, étape par
étape, sur la façon d’accomplir certaines tâches spécifiques avec VirtueMart. Des
manuels sont également prévus pour pouvoir se former par soi-même au back
office. Ces guides sont clairs et écrits de manière à ce que tout le monde puisse les

VirtueMart
comprendre. C’est suffisamment rare pour que cela mérite d’être signalé. De plus,
pour les développeurs, l’équipe de VirtueMart a créé un wiki ouvert à tous.

(Vue de l’administrateur de VirtueMart)

CONCLUSION
La concurrence exercée par le duo Drupal et Drupal Commerce est de toute
évidence rude pour le duo VirtueMart et Joomla. Drupal n’a rien à envier à Joomla
en ce qui concerne les capacités de son CMS, son extension e-commerce est
moderne et efficace, elle se développe et est financée. Le défi est de taille.

Selon la dernière enquête que nous avons réalisée en avril 2013 (basée sur le top 1
million d’Alexa), VirtueMart est la deuxième solution e-commerce la plus représentée
sur le web (après Magento). Dans le même temps, nous avons également constaté
que VirtueMart avait perdu un peu plus de 8 % de sa clientèle en 8 mois. Ce déclin
est bien inférieur à celui de Zen Cart, mais perdre environ un pour cent par mois,
dans un marché en croissance de plus de 10 % par an, n’est néanmoins pas bon
signe.

VirtueMart a connu bien des difficultés au cours de sa vie, mais cette seconde
version est un signe de maturité. Toutefois, si garder sa base de clientèle existante
est une chose, en acquérir une nouvelle est une autre affaire, et cinq développeurs
ne peuvent suffire à lutter équitablement contre la concurrence.

La solution e-commerce est stable, mise à niveau, et une équipe de développeurs


travaille dessus. Basée sur Joomla, elle tire également parti de ses points forts : un
CMS souple, un système de modélisation facile à utiliser et une grande communauté
qui fournit de nombreux supports, tant au CMS qu’à la solution e-commerce.

D’un autre côté, le fait d’être basé sur Joomla pourrait causer quelques problèmes.
Le concept de VirtueMart est de construire une boutique en ligne, en utilisant les

203
extensions disponibles. Choisir les extensions qui répondent à un besoin précis est
assez simple et les mettre ensemble également, mais l’inconvénient de ce concept
est que Joomla peut devenir un désastre si l’on y installe trop d’extensions. Le CMS
n’étant pas vraiment fait pour gérer un grand nombre d’extensions aurait en effet
tendance à perdre beaucoup en termes de performance, sans parler de la
sécurité. Étant donné que les novices ont la mauvaise habitude d’installer le plus
d’extensions possible sans vérifier si elles sont encore à jour ou compatibles entre
elles ou avec les versions utilisées, cela peut conduire à certains problèmes.

VirtueMart a de nombreuses qualités mais doit encore être améliorée de façon à


pouvoir rivaliser avec Drupal Commerce ou PrestaShop. Les fonctions fournies ne
sont pas suffisantes pour les e-commerçants qui, par exemple, souhaiteraient avoir
des interactions avec un groupe de magasins physiques. Une feuille de route claire
doit être annoncée par l’équipe. Enfin, le fait que les fonctions déjà fournies par les
extensions ne seront jamais développées dans la version native de la solution n’est
peut-être pas la meilleure façon de procéder dans une perspective à long terme.

L’équipe de base est petite, elle compte 6 à 7 personnes impliquées à temps plein,
mais le nombre global de personnes qui contribuent à la solution s’élève à 40
autour du cœur et 100 développeurs fournissent des extensions. Si l’on ajoute à
cela une assez grande communauté d’une centaine de traducteurs, VirtueMart
apparaît comme un projet très dynamique.

Parmi les évènements à venir Si c’est le cas, VirtueMart serait plus


prévus dans la feuille de route, complète que WooCommerce en ce
qui concerne les fonctionnalités, ce
l’équipe de base cherche à
qui permettrait aux fans de WordPress
devenir indépendante de choisir entre plusieurs frameworks
de Joomla et pense aussi pour transformer leur CMS en un
apporter VirtueMart à WordPress. webshop.

VirtueMart
MISE À JOUR 2016

Même si le produit a évolué vers la version 3, avec de nouvelles fonctionnalités


et une mise à jour de la conception, VirtueMart a perdu du terrain par rapport
à la plupart des autres solutions au cours des deux dernières années. Ceci est
probablement la raison pour laquelle l’équipe a décidé d’effectuer une importante
refonte de sa base technique.

Tout d’abord, VirtueMart 3 est désormais compatible avec Joomla 2.5 et 3.X, ce qui
permet au framework de rester compatible avec son parent. Comme dans le cas
de Drupal Commerce, ces évolutions sont souvent limitées par la feuille de route
d’une autre équipe, mais l’avantage est, en contrepartie, que Joomla gère toute
une couche de fonctions nativement, que Virtuemart n’a pas à entretenir.

Par ailleurs, Joomla ayant apporté beaucoup de nouvelles pratiques et


d’optimisations, comme une grande mise à niveau de la compatibilité de la
mobilité, une meilleure interface, l’authentification à deux facteurs, l’utilisation de
Jquery ou de CSS Less, VM3 a hérité de tous ces avantages. Ce n’est jamais vraiment
« gratuit » du fait qu’une version majeure implique que les composants reposant
sur elle soient ajustés ou même redéveloppés, mais les avantages dépassent la
plupart du temps les coûts que cela engendre.

Au contraire de Magento 2 De toute évidence, certaines


ou de Drupal Commerce 2, extensions peuvent souffrir d’une mise
à niveau « de sang-froid », mais disons
VM3 a un chemin
que cela sera beaucoup plus facile à
de mise à niveau existe prendre en main qu’un
et la mise à jour peut se faire redéveloppement global.
facilement à partir de « Joomla
install manager », le gestionnaire
d’installation de Joomla.

LA VITESSE ET LES FONCTIONNALITÉS DU PRODUIT ONT BÉNÉFICIÉ D’UNE IMPORTANTE


MISE À NIVEAU
Le point le plus frappant lorsque vous essayez VM3, c’est la vitesse. Un travail
important a incontestablement été effectué par Joomla et VirtueMart autour de
cet aspect et l’on ressent instantanément la différence. La navigation est fluide et
ne ralentit pas, même lors des actions « ajouter au panier », généralement fatales
pour les outils basés sur PHP. Le back office est aussi agréablement réactif et facile
à prendre en main, avec une organisation simple mais correcte.

Parcourir les produits est également plus rapide en raison de l’utilisation des appels
Ajax, préchargeant les voisins et les variantes du produit qui est affiché. Le cœur
consomme également moins de requêtes SQL qu’auparavant, ce qui correspond
à un gain de 25 % selon les déclarations de l’équipe.

205
Nous pouvons seulement espérer que l’équipe de Joomla a travaillé dur sur les
aspects de sécurité car les versions précédentes étaient connues pour être très
sujettes à d’importantes failles de sécurité. À ce jour, Joomla a subi une nouvelle
grosse faille de sécurité, qui montre que l’équipe a toujours des progrès à faire à
ce niveau.

Parmi les principales fonctionnalités ajoutées à la version 3, nous pouvons trouver un


panier en Ajax, qui permet d’afficher différents taux de TVA en fonction du produit
acheté. L’intégration avec Amazon a également bénéficié d’une importante
mise à jour, de même que le système de modèle ou la gestion des champs de
personnalisation du produit. Stocker le contenu d’un panier pour les utilisateurs
enregistrés est maintenant possible (ce qui est très agréable lorsque vous préparez
un panier avant les soldes ou un black friday).

Même si la solution est principalement utilisée par les entreprises des Tiers 3 et 4,
quelques grandes références comme l’aéroport d’Heathrow utilisent déjà VirtueMart
pour faire tourner leurs boutiques de duty free. Néanmoins, nous recommanderions
plutôt VirtueMart pour les Tiers 3 et 4, déjà équipés avec Joomla. Des milliers
d’extensions Joomla sont également disponibles pour les clients VirtueMart, ainsi
qu’un référentiel de plusieurs centaines d’extensions VirtueMart spécialisées. Les
améliorations apportées sur le terrain de l’omnicanal (localisateur de magasins et
un système d’évaluation des stocks par magasin), la compatibilité PCI/DSS et les
fonctionnalités B2B, permettent désormais d’élargir la portée de VirtueMart a des
entreprises de plus grandes tailles.

VirtueMart est visiblement l’une des rares « petites » équipes ayant fait de réels progrès
au cours de ces deux dernières années. L’entreprise a trouvé un business model qui lui
permet de vendre des extensions pour son propre produit et d’obtenir des fonds grâce
aux partenariats qu’elle a faits. Cet élégant contournement du problème classique
éditeur/intégrateur semble être suffisamment stable et rentable pour motiver l’équipe
à étendre et à maintenir son produit.

CONCLUSION
Il faudrait pas mal de temps pour examiner complètement tous les changements et
cela ne permettrait finalement pas aux lecteurs de savoir s’il est préférable de choisir
d’adopter VM3 ou pas. Ce qu’il y a d’important à retenir, c’est probablement que
VM3 est beaucoup plus rapide que ses prédécesseurs et profite de la mise à niveau
sous-jacente de la base de Joomla.

Le point principal concernant cette étude 2016 est que VirtueMart est toujours en vie
et que l’équipe a investi beaucoup de temps et d’énergie pour que cette version
soit à jour, rapide et fiable. Apparemment, il n’y a pas de nuages à l’horizon, Joomla
se porte bien, et est encore opensource. Le business model d’iStraxx (la compagnie
derrière VM3) semble consister à accroître son réseau de partenaires (qui paient
probablement leur visibilité). La société génère également des revenus en intégrant
d’autres produits sur son propre produit. Même si elle n’est certainement pas dans le
modèle intégrateur + éditeur, ce compromis permet à VM3 de pouvoir être utilisée

VirtueMart
totalement gratuitement. Certaines questions légitimes se posent concernant la taille
d’iStraxx, étant donné qu’une petite entreprise ne peut pas soutenir un rythme de
changements aussi rapide qu’une grande, mais quelques développeurs sont parfois
meilleurs qu’un grand nombre.

VM3 est un produit adapté pour le segment du Tier 3 et, comme WooCommerce
ou Drupal Commerce, ce produit est principalement conçu pour les entreprises
qui sont déjà familiarisées avec Joomla sur lequel elle repose. Elle est complète et
suffisamment extensible pour apporter des fonctionnalités e-commerce correctes à la
plupart des clients du Tier 3. La liste des fonctionnalités du logiciel est maintenant très
complète et la reprogrammation d’une grande partie de VirtueMart (en raison de la
mise à niveau de Joomla) en fait une solution très rapide et, en général, la rapidité est
également synonyme de scalabilité pour la prise en charge des pics de trafic.

LES POINTS FORTS DE VIRTUEMART


(Plus il y a de points, mieux c’est. Sur chaque KPI (indicateur clé de performance),
il y a au moins une solution avec 5 points ; il s’agit donc d’une comparaison entre
les solutions).
POSITIONNEMENT VIRTUEMART
Chiffre d’affaires pour envisager la solution (On premise / SaaS) > $200 K
Positionnement actuel sur le marché Tier 4
Direction de l’éditeur Tier 3 - 4
Profil (B2C, B2B) B2C
Opensource Oui, PHP
L’éditeur met en avant… La simplicité
L’éditeur met en avant… La communauté
L’éditeur met en avant… Le système de thèmes
Nous sommes impressionnés par… L’écosystème
Nous sommes sceptiques sur… Le rythme d’évaluation
Buget minimum pour créer un site (On premise / SaaS) 10 k$
KPI GÉNÉRAUX VIRTUEMART
Le coût de la solution (licence, intégration, hébergement) (On premise / SaaS) HHHH
Progressivité et /ou flexibilité des frais de licence/location n/a
Délai de commercialisation (On premise / SaaS) HHHK
Variété/Qualité des boutiques de démonstration à s’adapter à un usage spécifique
n/a
(mis à part la boutique standard)
Capacités marketing basiques (moteur de promotion, coupon, carte cadeau, etc…) HHK
Niveau de navigation & présentation multidimensionnelle du catalogue (multi-bou-
HHH
tiques/mulitlangues/etc…)
Ecosystème (communauté, partenaires, intégrateurs, forums, etc…) HHHH
Convivialité et facilité d’utilisation du back office HHHK
KPI TECHNIQUES (PLUS IL Y A DE POINTS, MIEUX C’EST !) VIRTUEMART
Complexité du développement personnalisé pour étendre le système HHHK
Nombre de logiciels/extensions/services non disponibles HH
Nombre de produits/services complémentaires de l’éditeur H
Évolutivité & performances du front office (temps de chargement des pages) HHH
Vitesse du back office et évolutivité (nombre d’utilisateurs simultanés) HHH
Capacités de CMS natives HHHHK
Capacité de service web/API natives (connexion avec des tiers, comme un ERP ou un
HK
logiciel de logistique)
Liste des fonctionnalités B2C (par défaut, sans extensions ou programmes parallèles) HHK
Mobile (application native, application hybride, responsive design) H
KPI DES FONCTIONNALITÉS AVANCÉES VIRTUEMART
Capacités de searchandising avancé & de personnalisation HH
Capacités de multi/cross/omni canal H
Gestion avancée native du catalogue (PIM, multi-catalogue, attributs, lots…) H
SGC (Système de Gestion des Commandes) intégré ou connecté nativement H
Outils marketing avancé (marketing adaptif, tunnels de navigation dynamiques, etc…) H
Capacités B2B natives HK

207
OXID
eSales:
virage vers le B2B pour
regagner de la vitesse

OXID eSales
INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LA SOLUTION

Éditeur Oxid eSales


Chiffre d’affaire en 2014 N/C estimé à environ 7 M€
Business model (e-commerce) Certifications et modules
Coût de la licence Pro edition : 2 900€, EE : 12 000€, B2B : 32 000€
Technologie PHP
Framework Bootstrap, Less, Jquery, Smarty
Base de données MySQL
Version (à la date de l’étude) 4.9.7
Licence Open source - GPL V3
Première sortie Open source depuis 2010
Origine Allemagne
Budget de réalisation d’un site
50 K€ / 100 K€ / > 300 K€
(Bas/Moyen/Haut)
Typologie de recommandation Détaillants, B2B

Temps moyen
Étendue Site en Utilisation
de génération
géographique production par Tier
du code HTML

TIER 4
TIER 3
Environ TIER 2
600 ms
20 000
TIER 1

Positionnement dans le Tier et tendances futures

TIER 1 TIER 2 TIER 3 TIER 4

_ _

Performances sur le marché par rapport à la concurrence


DRUPAL
MAGENTO PRESTASHOP VIRTUEMART OPENCART
COMMEFCE

209
INFORMATIONS TIRÉES DE L’ANALYSE DE 2013

CONTEXTE HISTORIQUE
OXID eSales a été créée en 2003 par Andrea Seeger, Lars & Eric Jankowfski et Roland
Fesenmayr. La solution est devenue open source (GPL V3) lorsque sa 4e version a
été rendue publique, en octobre 2008. C’est l’une des 5 solutions allemandes que
nous avons analysées dans ce livre, faisant de l’Allemagne le pays le plus prolifique
sur le marché des solutions e-commerce.

Récemment, lors du dernier OXID Commons (le rendez-vous annuel de la


communauté d’OXID eSales), dans un style très à la « Steve Job », le produit est passé
à GitHub, en direct sur scène, enracinant le framework encore plus profondément
dans le modèle open source.

Comme beaucoup de frameworks modernes, et surtout comme Magento,


OXID eSales a commencé son travail en 2003. Seules quelques solutions étaient
disponibles à l’époque et la plupart d’entre elles étaient à usage commercial et
propriétaire. La seule option qui restait alors était osCommerce, et elle était déjà
dépassée en 2003 de toute façon. Cela a conduit les Américains de Varien et les
allemands d’OXID eSales à commencer à éditer leurs propres solutions.
L’objectif de l’équipe était de créer un framework permettant aux intégrateurs tiers
de créer des boutiques pour eux ou pour leurs clients.

Aujourd’hui, avec de solides références telles que Neckermann (les Galeries


Lafayette allemandes) ou Medimops, qui fait des milliers de transactions en ligne
tous les jours, OXID eSales est une solution mature, solide, doté d’une qualité de
production est haut de gamme. Le framework est très réputé en Allemagne, où
il se bat contre Magento pour ce qui est des parts de marché, mais il manque
indéniablement de visibilité et de stratégie au niveau international.

OXID eSales est assise sur le marché du Tier 3 avec ses offres freemium (sur le Tier
4 avec sa version gratuite), mais elle cible aussi certains clients qui se laisseraient
normalement séduire par ses cousins allemands Intershop et Hybris. Cela pourrait
sembler être un objectif lointain, mais l’éditeur a déjà quelques clients importants et
prestigieux comme Carrera, Intersport, Zeiss, ou la boutique de pièces de rechange
de Mercedes Benz.

LES TROIS PILIERS D’OXID ESALES

UNE COMMUNAUTÉ PUISSANTE ET FLORISSANTE


La communauté d’OXID eSales, composée de partenaires, de clients, de
contributeurs et de l’éditeur, est très active et fait preuve d’un grand dynamisme.
L’évènement emblématique « OXID Commons » rassemble d’ailleurs une fois par
an tous les professionnels et fans de la solution.

OXID eSales
Les chiffres de cette année, si l’on
ne tient compte que des
informations indiquées sur le
forum, révèlent près de 30 000
utilisateurs enregistrés, 18 000 fils
de discussions et 120 000
messages postés.

En raison de son importance, et


comme nous le verrons plus tard,
cette communauté pourrait aussi
permettre de s’ouvrir à d’autres
pays, certains outils importants
seront également mis à jour
grâce à la communauté, comme
le Wiki, les tutoriels, les traductions,
le système de newsletter, etc.

Cette année, OXID Commons (2013) a accueilli 800 participants et 50 exposants. Un


Barcamp a eu lieu le lendemain, où près d’une centaine de participants se sont
réunis pour échanger leurs idées, faire part de leurs impressions commentaires et
contribuer ainsi à la feuille de route d’OXID eSales, notamment en ce qui concerne
la mise à jour du système, Solr, ses performances, etc.

Une architecture et un code source propres


Nous retrouvons la « touche allemande » dans le code source d’OXID eSales pour
ce qui est de sa qualité et de son contrôle.

Même si les tests unitaires dépendent de leur niveau de qualité, ceux-ci couvrent
désormais plus de 93 % du code d’OXID eSales. À ce jour, aucun autre framework
open source (et très peu de payants) ne peut en dire autant.

Par ailleurs, les commentaires relatifs au code ne sont pas présents partout, il est
toujours en avance sur le code source de Magento et la complexité de la structure de
la base de données le rend beaucoup plus évolutif que son concurrent américain.
Toujours dans la démarche qualité, l’équipe propose un service permettant de
certifier des modules réalisés par des sociétés tierces afin de s’assurer qu’ils sont
bien conformes aux exigences de la plateforme. En fait, 75 des 500 extensions sont
certifiées sur le marché des modules.

À noter également que l’Allemagne est un pays terriblement compliqué en ce qui


concerne les lois et les usages, rendant le logiciel déjà prêt face à la plupart des
idées saugrenues qui pourraient surgir dans l’esprit des autres gouvernements. Par
exemple, quand nous avons demandé si le produit était déjà en conformité avec
la loi européenne de régulation des cookies, cela a fait sourire notre interlocuteur,

211
car c’est en quelque sorte le minimum que la solution pouvait faire, étant contrainte
de s’adapter à des réglementations bien plus complexes au niveau local.

UN SYSTÈME DE MISE À NIVEAU SIMPLE


Une autre clé importante de la réussite d’OXID eSales réside dans son système de
mise à jour très intéressant. Le domaine du e-commerce est en constante évolution,
de nouveaux outils y sont ajoutés et modifiés chaque jour. La gestion d’une activité
si intense de mise à jour n’est pas facile pour l’éditeur, mais elle est encore plus
difficile à organiser pour les clients finaux.

Personne n’a vraiment obtenu de résultat comparable à l’incroyable système de


mise à jour de WordPress mais OXID eSales a fait un excellent travail autour des
scripts de mises à niveau, qui sont bien au-dessus de ceux de ses concurrents PHP.
Si vous souhaitez passer d’une version à l’autre, disons de la version 4.7.0 à la version
4.7.5, vous pouvez utiliser une mise à jour cumulative étant donné que le système
de base de données et de modèle ne seront probablement pas si différents,
permettant ainsi la rétrocompatibilité de vos thèmes et de vos extensions. (Pour en
savoir plus sur cette fonctionnalité, n’hésitez pas à vous rendre sur :
http://wiki.oxidforge.org/Cumulative_Packages)

Il existe aussi un chemin de migration simple pour passer de la version CE


(Community Edition) à la version PE (Professional Edition) et de la version PE à la
version EE (Enterprise Edition). Vous pouvez même passer de la version CE à la
version EE. Cette prestation s’appelle « cross update ». La migration est scriptée, la
principale différence étant la mise à jour de la structure de la base de données.
L’équipe de support est accessible pour terminer le travail si vous êtes un client PE
ou EE.

LES ÉDITIONS COMMUNITY, PROFESSIONAL ET ENTERPRISE


À l’instar de Magento, OXID eSales est disponible en 3 versions : CE, PE et EE pour
Community Edition, Professional Edition et Enterprise Edition. Il est même probable
qu’OXID eSales ait créé cette segmentation de marché avant Magento. Quoi qu’il
en soit, le code source initial est totalement identique entre toutes les versions et
d’autres services ou fonctions sont apportées, en plus de la version CE.

La version PE offre un éditeur WYSIWYG intégré (WYSIWYG Pro). Celui-ci est


uniquement disponible dans la version sous licence d’OXID eSales, à partir de la
version PE, car il ne fait pas lui-même partie des composants GPL. Ce composant
ne donne pas entière satisfaction à l’équipe et sera remplacé prochainement,
probablement par un produit compatible avec la licence GPL, qui sera proposé à
partir de la version CE.

La version PE est également livrée avec un système de connecteur SOAP (Simple


Object Access Protocol) supplémentaire pour relier votre ERP à votre boutique
OXID eSales. Un ensemble de services est inclus, le support professionnel, qui est
accessible durant les heures ouvrables ou plus tard en fonction de vos besoins.

OXID eSales
L’Enterprise Edition (EE) a été conçue pour les clients nécessitant un scénario de
charge élevée et elle gère principalement la gestion des évolutions et des pics
de trafic. Pour compléter l’offre EE, le logiciel intègre un système de permissions
et de rôles plus approfondi, avec un réglage fin, jusqu’au niveau de la gestion de
chaque champ.

La version EE fournit également la gestion multi-boutique et multi-catalogue grâce


à un système intéressant de « boutique principale » et de « mandats », qui sont une
sorte de sites subalternes. La base de données peut être divisée en termes d’accès,
les esclaves gérant les accès en lecture (READ) et le maître gérant les accès en
écriture (WRITE), ce qui facilite considérablement la montée en charge d’un site à
forte charge.

La licence est à vie et en ce qui concerne le coût du support, il est légèrement


moins cher que la plupart des concurrents. Le modèle commence à 59 par mois
pour le support de la version PE, auquel il faut ajouter un montant correspondant à
1 % par mois du prix de la licence pour l’édition Enterprise.

B2B
Le B2B ne fait pas partie des points forts d’OXID eSales, qui fournit des fonctions
très basiques nativement dans ce domaine particulier. Si vous avez déjà rempli un
numéro de TVA, même dans une boutique B2C, la TVA ne s’affiche plus dans la
version EE, mais ce n’est pas non plus un gros problème.

Cela dit, l’éditeur y pense et la communauté apporte quelques réponses avec


des modules tels que les séries de ceux édités par Shoptimax (SMX) et plusieurs
autres. Ces modules offrent un système de remises en fonction de la quantité,
des systèmes de TVA, permettent la gestion de l’impression du catalogue, et bien
d’autres fonctions encore.

Néanmoins, le B2B n’est pas encore nativement la force d’OXID eSales, d’après ce
que nous avons pu voir.

MOBILE & MULTICANAL, INCLUANT UN ACCÈS AU PDV


OXID eSales a quelques outils intéressants dans le service Multi & Cross canal. Tout
d’abord, certains d’entre nous ont eu l’occasion de voir une sorte de « iPhone
géant », une surface tactile, conçue pour parcourir la boutique en ligne, lorsque
l’on est dans le magasin. Cet appareil, construit par Polytouch, est visuellement très
attrayant pour les clients qui se tournent tout naturellement vers lui pour parcourir
votre catalogue. Si aucun vendeur n’est disponible dans la seconde, l’écran peut
mettre le client en mémoire « tampon » pendant quelques minutes, jusqu’à ce que
l’un d’eux se libère, ou il peut également être utilisé pour effectuer des transactions
en magasin.

213
Le dispositif PDV est très particulier et, une fois
détecté par le site, son affichage s’adapte aux
besoins locaux spécifiques du magasin. Cela
permet de mieux gérer la navigation via une
interface adaptée aux écrans tactiles.

L’Allemagne est un marché avec une structure


spécifique et des consommateurs très
exigeants. Le « cross commerce »» devient
donc un besoin par défaut pour la plupart
des marques et des détaillants. Le battage
médiatique autour de « l’Omni-canal » et des
« omni-consommateurs » a même fait sourire
notre contact chez OXID eSales, car cela avait
été anticipé par l’équipe depuis déjà un bon
moment maintenant.

Certaines fonctionnalités classiques comme le localisateur de magasin, le scanner


de code-barres, ou « paiement en magasin, livraison à domicile » sont intégrées.
Certains des modules disponibles sur la place de marché sont destinés à améliorer
les fonctionnalités natives d’OXID eSales, rendant sa fonction multicanal conviviale.
Même si elle n’est pas parfaite ou complète sur ce point, OXID eSales peut déjà
offrir une expérience étonnamment abordable et correcte aux entreprises qui
choisissent de l’adopter.

Un design mobile sera livré en juin, directement dans le modèle par défaut de
la boutique de démonstration, permettant une personnalisation rapide. À la fin
de l’année, un responsive design global sera livré par l’équipe, basé sur Twitter
Bootstrap. Ce sera simplement un package supplémentaire, un modèle par défaut
nativement « responsive ». Le système est assez simple : vous pouvez réaliser votre
propre modèle personnalisé à partir du modèle central principal, ce qui permet
d’obtenir une intégration très efficace du canal mobile, à un faible coût.

Un partenaire d’OXID eSales, Mobilemojo, offre également une application native


pour les appareils Apple, mais il semblerait qu’Android ait pour le moment été
laissé de côté. D’autres sociétés publient des modules sur la place de marché pour
vous aider à démarrer votre expérience mobile.

INTERNATIONALISATION
L’entreprise a cherché à s’exporter en France afin de gérer un premier mouvement
d’expansion, mais le résultat a été un échec (comme nous nous y attendions et le
signalions dans la première version de ce livre). La création d’une filiale, détenue et
administrée par l’équipe principale, semble être un élément essentiel pour réussir
mais OXID eSales, à cette époque, a essayé de vendre le logiciel sous licence
exclusivement à un revendeur tiers.

OXID eSales
Il n’en reste pas moins que cette expérience est désormais digérée et que la
volonté de se développer sur un autre marché est encore quelque part dans un
coin de l’esprit de l’entreprise, même si rien ne l’incite vraiment à le faire.

Le marché allemand est en effet l’un des plus grands d’Europe, se classant à la
deuxième ou première place selon les différentes études et les différents chiffres
que nous avons pu nous procurer. De plus, quand on est une solution open source,
il est également possible de s’étendre à de nouveaux marchés, avec l’aide d’outils
adaptés à votre communauté.

À ce propos, Marco Steinhäuser (le community manager d’OXID) a un plan pour


réformer globalement les outils de la communauté, comme le forum, le marché de
l’extension, le système de traduction et quelques autres encore.

OXID eSales fournit déjà une traduction 100 % complète des éléments de front et
de back office en :
• Allemand
• Anglais
• Français

Et 5 autres sont en route. (Pour en savoir plus sur ce sujet :


http://translate.oxidforge.org/)

La seconde tentative d’OXID eSales consiste désormais à mettre un pied en Pologne,


par l’intermédiaire de MakoLab, un partenaire à la fois important et dynamique.
D’une manière plus générale, il est plus que probable que l’entreprise essaye de se
développer à travers une communauté de partenaires locaux, comme Magento
l’a fait avec succès auparavant.

OXID EFIRE

OXID eFire fournit un point central pour


interfacer avec d’autres plateformes :
passerelle de paiement, système de prix,
gestionnaires de flux, ciblage, places de
marché, systèmes de crédit, programmes de
fidélisation, système de gestion des
commandes, etc.

Il extrait des données de votre site web et


alimente les plateformes tierces.

À titre d’exemple, OXID eFire peut extraire la


liste complète de produits coûtant moins de 30
€, invendus au cours des 30 derniers jours, et
les publier sur eBay.

215
Ce n’est là qu’une des nombreuses fonctionnalités de ce modèle SaaS vraiment
unique et très intéressant. Le système est satisfaisant même s’il n’est pas encore
suffisamment étrenné pour obtenir une qualité haut de gamme, mais il en prend la
direction (c’est prévu pour la fin d’année). Malgré cela, il est néanmoins largement
utilisé par les clients d’OXID. Les Allemands étant du genre prudent, il ne peut donc
pas être bien loin de sa forme définitive.

EFire semble, à première vue, être un système très avancé et pourtant facile à
prendre en main, permettant d’automatiser et d’intégrer facilement des services
de tiers.

Il semble qu’OXID eFire ne soit pour le moment disponible que pour le marché
allemand, ce qui est logique bien que regrettable. Cette fonctionnalité est vraiment
bien pensée et le fait d’apporter des services SaaS en continu à la boutique via
cette plateforme est une évolution intéressante du modèle.

ASPECTS TECHNIQUES

RECHERCHE
Le moteur de recherche par défaut fournit les fonctionnalités simples et efficaces
habituelles que l’on peut attendre de lui et offre aussi un petit bonus en rendant
possible l’association de mots-clés et de produits. Cela vous permet, par exemple,
de répondre automatiquement aux fautes de frappe les plus courantes faites par
vos clients.

Il peut également être remplacé par FactFinder, une solution très efficace, offrant un
support de qualité. Les deux équipes étant basées dans la même ville (Freiburg), il
n’est pas étonnant qu’elles se soient rencontrées. Celebros est également interfacé
via un module et Solr est facile à intégrer.

Certains commerçants, comme Mayersche, n’indexent pas moins de 6,5 millions


de produits avec un combo OXID eSales et Solr, ce qui prouve que les limites vont,
au moins, au-delà de ces chiffres.

QUALITÉ DU CODE
En ce qui concerne les méthodes de développement, OXID eSales est codé avec
les méthodes Agile, ce qui permet nativement aux équipes spécialistes de ces
techniques d’aller plus vite au but.

Contrairement à Magento, qui commencera à le faire dans sa version 2, OXID


eSales intègre des fonctionnalités de tests unitaires dans presque toute la surface
du logiciel. Rien de tel que la rigueur allemande !

Il existe de nombreuses usines de code dans l’e-commerce et le feedback de la


plupart des experts s’étant penchés sur le code d’OXID eSales est généralement

OXID eSales
positif : le code et les modèles sont propres, parmi les plus qualitatifs du marché.
Le framework est beaucoup plus facile à maîtriser pour un développeur que ceux
de Drupal Commerce ou encore de Magento, et moins expérimental que ceux de
VirtueMart ou de Zen Cart.

PERFORMANCES
L’exemple le plus frappant est le site Medimops, qui gère plus de trois millions de
produits, des milliers de commandes par jour et montre de bonnes performances
techniques en ce qui concerne la vitesse de chargement des pages.

Le système de cache est efficace et le cache avancé du back end, comme


memcached, est pris en charge, de même que le système Varnish ESI. Le système
« Dynamic Content Cache » d’OXID eSales permet de réduire le nombre de requêtes
SQL à environ 1/10 de leur nombre initial. La structure de la base de données est
assez simple, comprenant 5 fois moins de tables qu’une instance Magento.

QUELQUES PRÉCISIONS
La nouvelle version Enterprise 5 offre également la possibilité de séparer les bases
de données en lecture et en écriture (Read & Write), pour fournir une capacité
d’évolution incroyable. Aucun autre framework n’a jamais vraiment mis en œuvre
à grande échelle cette séparation spécifique des deux fonctions avec MySQL, ce
qui sera assez unique.

Les équipes ont pris un certain retard avec la mise en œuvre d’un web service
RESTful, même si un projet de communauté existe. Le secteur du e-commerce
semble adopter massivement cette philosophie RESTful, car elle permet les appels
sans blocage, ainsi qu’une meilleure évolutivité, un meilleur temps de latence et
une sécurité accrue. L’équipe de l’éditeur n’a cependant pas encore converti
son service web en une version compatible avec REST et OXID eSales est plutôt
orientée SOAP actuellement, qui n’est pas bloquant de toute façon.

Smarty est utilisé comme un système de modèles, mais sa performance unitaire est
inférieure à celle de RBS Change cependant (en utilisant la même bibliothèque),
d’après ce que nous avons pu voir en ligne. Cela dit, l’évolutivité et la vitesse de
rendu unitaire ne sont pas toujours directement liées et OXID eSales présente une
très bonne capacité d’évolutivité.

Un moyen facile de démarrer une boutique consiste à télécharger le système OXID


eSales, à le déployer et à personnaliser un thème enfant basé sur Azure (le modèle
par défaut). Pour finir le travail, il vous suffit de jeter un œil sur la place de marché
et de trouver les modules dont vous aurez besoin pour votre site. Par exemple, vous
pouvez également télécharger les données de démonstration pour faire des tests,
si vous voulez comparer la solution.

L’équipe d’OXID fournit, en plus du support de l’agence web, le soutien direct de


l’éditeur. Dans le cas de besoins très particuliers, comme par exemple des modules
sur mesure, l’éditeur peut parfois s’en charger directement.

217
CONCLUSION
OXID eSales est une solution légère, de qualité et mature. Elle est livrée avec de
nombreuses fonctions intégrées qui peuvent être facilement étendues grâce à la
place de marché de modules.

Le code et l’architecture sont restés simples, un peu comme dans PrestaShop, ce


qui permet des intégrations très rapides. Il a d’ailleurs été dit qu’une équipe de
2 développeurs a été capable de créer un site en 2 semaines, à partir de zéro
(http://www.ellapaul.de).

La plateforme OXID eFire, qui permet d’utiliser de nombreux services différents


de tiers sans pour autant nécessiter d’intégration, est brillante mais encore limitée
aux allemands. L’internationalisation est l’une des principales faiblesses d’OXID
eSales de toute façon, qui compte peu d’entreprises offrant des prestations dans
d’autres pays. OXID eSales est beaucoup plus proche d’un système e-commerce
personnalisable là ou Magento est plutôt un framework destiné à être intégré, ce
qui réduit généralement de 50 % les délais de mise sur le marché.

Le sentiment d’efficacité est renforcé par les faits : de grands sites choisissent la
solution OXID eSales et connaissent une belle réussite grâce à elle, les volumes
peuvent être vraiment impressionnants et la solution est solide comme un roc. Enfin,
OXID eSales est un concurrent très sérieux de Magento dans son cœur de cible et
l’histoire aurait été très différente si le produit avait cherché plus tôt à acquérir une
visibilité à l’échelle européenne.

Solution allemande propre et sérieuse, les premiers grands clients du Royaume-Uni


ou de la France qui choisiront de tenter leur chance avec ce produit bénéficieront
sans aucun doute de toute l’attention et du contrôle de qualité allemands que l’on
peut imaginer, la solution s’assurant ainsi de la réussite de ces premières références
de cas clients.

OXID eSales
MISE À JOUR 2016

LA COMPÉTITION S’INTENSIFIE
Au cours de ces trois dernières années, OXID n’a pas progressé aussi rapidement
que ses concurrents.

Dans le domaine B2C, OXID eSales est plus en concurrence avec Magento
qu’avec toute autre solution. Hybris s’adresse en effet principalement aux clients
plus importants et, par ailleurs, il y a toujours une très large présence des anciens
systèmes ou de ceux développés en interne. Magento et OXID eSales ont, quant à
elles, partagé le même segment de clientèle pendant des années.

En ce qui concerne la bataille en Allemagne, environ 40 % des principaux sites


de commerce électronique allemands sont gérés par OXID eSales et 60 % par
Magento (selon leurs propres chiffres). Magento possède 129 clients dans le TOP
1 000 et OXID en compte 89, ce qui montre à quel point la solution a résisté à
l’ascension fulgurante du leader américain.

Mais, tandis que Magento essayait de régler ses problèmes internes, Shopware a
commencé à gagner en visibilité et à monter en puissance, évoluant de plus en
plus vers le segment du Tier 3, justement celui qu’OXID privilégie également. Compte
tenu de la sortie prochaine de Magento 2 et de la progression de Shopware (dont
le chiffre d’affaires est déjà probablement plus élevé que celui d’Oxid), la société
doit s’adapter rapidement et évoluer pour maintenir sa position.

Pour remédier à cette situation, l’équipe d’OXID a fait du B2B sa principale priorité.
Mais elle n’est pas la seule, d’autres acteurs étant également bien décidés à obtenir
des parts de marché dans ce sous-ensemble spécifique de clients, comme leur
concurrent allemand Shopware ou encore la plateforme OroCommerce à paraître,
qui est depuis le début totalement orientée B2B. Ayant subi la forte concurrence
exercée par Demandware sur le segment B2C, Hybris s’oriente également de plus
en plus vers le B2B et nous pouvons donc nous attendre à une compétition de taille.

La société a résisté jusqu’à présent sur l’un des marchés e-commerce les plus
compétitifs au monde et compte même de nouveaux clients importants dont
Porsche Design, Beautylane et Sheego notamment, qui sont venus s’ajouter à un
portefeuille déjà très impressionnant incluant des références telles que 3M, Unilever,
Deutsche Post ou encore Mercedes Benz.

Pour vraiment percer au niveau international, consolider sa position en Allemagne,


préserver un avantage concurrentiel destiné à consolider ses profits, sa part de
marché et maintenir la concurrence à distance, OXID aurait probablement
maintenant avantage à bénéficier d’une levée de fonds. Rien pour le moment ne
laisse présager que c’est ce que souhaite faire l’entreprise, mais dans un tel contexte,
il apparaît difficile pour OXID d’envisager une croissance exponentielle sans
l’injection d’argent frais et une véritable stratégie d’internationalisation. L’approche

219
actuelle consisterait plutôt à s’associer avec des partenaires internationaux comme
Arvato et de fournir une intégration simple des outils de commerce transfrontaliers,
ce qui permettrait aux entreprises allemandes de vendre en Europe.

À l’opposé de PrestaShop, qui a montré très tôt une véritable volonté de se


développer à l’international, OXID est plus comme Shopware, développant
une forte présence sur le marché local (allemand) sans afficher de réels signes
d’internationalisation.

La vision des dirigeants d’OXID est très réaliste cependant, comme on peut le
constater dans ces propos :

« Dans le monde B2C, les marges de la majorité des commerçants diminuent. La


rentabilité et la flexibilité des outils de commerce sont de plus en plus importantes.
Nous allons voir de plus en plus de commerçants mettre en place avec succès
des concepts de personnalisation destinés à optimiser la monétisation du trafic
durement gagné ».

Ou encore dans ceux-ci :


« Les business models traditionnels dans la production et la distribution sont
confrontés à un besoin croissant de transformation numérique, ce qui mène de plus
en plus d’entreprises à effectuer leurs transactions B2B en ligne, sur une plateforme
de commerce intégrée. »

Pour toutes ces bonnes et évidentes raisons, OXID concentre désormais ses efforts
sur le marché B2B.

LICENCE, SUPPORT ET DOCUMENTATION


Le prix de la licence d’OXID eSales est raisonnable, même si la version B2B est en
supplément. Selon l’éditeur, le coût global d’un projet varie généralement entre
80 et 300 000 euros, (licence, intégration et personnalisation incluses), ce qui est
très comparable aux tarifs de Magento et semble parfaitement correspondre aux
pratiques du marché pour ce type de projets.

OXID eSales propose une gamme de prix très attractive pour sa plus petite version.
La version PE est facturée 2 900€, l’édition Enterprise est au prix de 12 000 , et
l’édition B2B est vendue à 32 000€. Le prix de cette dernière édition peut sembler
bien supérieur aux deux autres, mais peu de produits PHP sont déjà prêts pour
gérer le B2B ; et ceux qui le sont, sont plutôt plus chers. Il ne fait aucun doute que
l’équipe a également la volonté d’absorber les coûts de R&D, mais par rapport à
Intershop, Insite Software ou Hybris, OXID eSales reste dans une bonne gamme de
prix.

À ce prix de base, il faut ajouter l’abonnement annuel correspondant au service


de support (environ 20 % du prix de base) et un montant supplémentaire pour
les serveurs additionnels, comme les serveurs frontaux, de préproduction ou de

OXID eSales
qualification. Le coût est finalement difficile à prévoir car chaque client reçoit
directement d’OXID un devis personnalisé. (Les licences sont à vie).

OXID eSales est globalement très bien placée en termes de tarifs et offre un bon
rapport qualité-prix en termes de fonctionnalités et de stabilité pour toute entreprise
de taille moyenne. Il existe aussi une version CE disponible gratuitement, sous
licence GNU GPLv3.

La société propose aussi des services professionnels, même s’ils sont pour la plupart
réservés à une personnalisation en profondeur spécifique plutôt qu’à l’intégration
habituelle. OXID ne connaît que trop bien la valeur d’une communauté puissante
pour commencer à jouer avec le feu en devenant elle-même un intégrateur. Les
conseils sur les spécifications du projet ou sur des personnalisations spécifiques
semblent donc marquer la limite, l’intégration restant du ressort des partenaires
d’intégration.

Le produit bénéficie d’une bonne documentation, plutôt complète, disponible


en anglais et en allemand dans la plupart des cas, incluant des tutoriels vidéo.
Par rapport à Magento, dont la plus grande partie du travail d’information a été
faite par la communauté, OXID investit davantage de temps à gérer cette tâche
complexe. Nous pouvons, là encore, retrouver ici la touche allemande, aucun
produit ne pourrait en effet être sérieusement pris en considération par un client
allemand sans une documentation appropriée et structurée.

À partir de la version professionnelle (également disponible pour les versions


Enterprise et B2B), le support est inclus dans le coût de la licence. Ce support
donne accès à des correctifs, des nouvelles versions et des mises à jour continues.
Un support à long terme est également inclus pour permettre au client de migrer
en douceur des versions obsolètes vers les versions plus récentes. Un Responsable
support dédié, très facilement joignable par e-mail ou par téléphone, d’après ce
qu’en disent les partenaires, prend en charge le client. Enfin, la société propose
également des formations aux utilisateurs et partenaires d’intégration, dans son
propre centre de formation.

MODULES, COMMUNAUTÉ ET ÉCOSYSTÈME


Toutes les solutions open source profitent de la puissance de la communauté et
OXID ne fait pas exception à la règle. Celle-ci est très vivante et produit un grand
nombre d’extensions permettant de modifier ou de mettre à jour les fonctionnalités
natives du système d’OXID eSales.

Plus d’un millier de modules sont disponibles sur OXID eXchange, parmi lesquels
l’éditeur garantit que 80 sont sécurisés. Le site de modules d’OXID eSales en
propose 400 autres et les projets d’OXID eSales en comptent aussi 265, ce qui élève
le nombre total de modules à environ 2 000.

221
La communauté d’OXID est connue pour aimer les rencontres et les évènements, les
afters s’ensuivant étant tout aussi légendaires que ceux des salons « Imagine » de
Magento. Des milliers de développeurs et de travailleurs indépendants proposent
leurs services, postent des commentaires sur les blogs et produisent des contenus,
de la documentation et même des modules. L’écosystème comprend également
les sociétés d’hébergement. En Allemagne, les clients souhaitant opter pour OXID
eSales ne devraient donc rencontrer aucun problème pour trouver de la main-
d’œuvre et des professionnels qualifiés.

La relation saine qui existe entre l’éditeur et ses prestataires de services repose
également sur le fait qu’OXID eSales ne propose jamais de services d’intégration
directement aux clients finaux (ou seulement de façon tout à fait exceptionnelle).

Cela étant dit, cet écosystème est pour le moment principalement disponible en
Allemagne, la communauté étant très limitée au-delà des frontières du pays, à
l’exception peut-être de la zone DACH (Allemagne, Autriche et Suisse).

ASPECT TECHNIQUE & FEUILLE DE ROUTE


Les fonctionnalités d’OXID eSales peuvent facilement être comparées à celles de
Magento, la positionnant par là-même parmi les solutions PHP les plus complètes.
Comme souvent dans le monde PHP, les CMS et les outils de marketing avancés
sont légers (en dehors de la gestion de la fidélisation, des coupons, cadeaux, etc.)
et, pour ce qui est du reste, OXID eSales propose à peu près tout et offre même la
possibilité d’élargir la boutique grâce à sa place de marché d’extensions.

Le moteur de recherche natif est assez basique de par sa conception, comme


le signale l’éditeur. Chaque client est encouragé à utiliser des modules ou des
produits de tiers pour l’utiliser comme une véritable barre de recherche. Solr fait
évidemment partie des incontournables, mais ElasticSearch est également pris
en charge par certains modules. Le produit est également compatible avec le
célèbre moteur de recherche allemand FACT-Finder. Celebros, Diamond Search
Tool et beaucoup d’autres peuvent aussi facilement être intégrés à la boutique.

Il est vrai que, d’un côté, la volonté d’OXID de garder un moteur de recherche
basique peut paraître assez surprenante mais, d’un autre côté, de nombreuses
entreprises spécialisées proposent des composants plus efficaces que la plupart
des solutions e-commerce, certains d’entre eux étant même gratuits, et la décision
de ne pas investir dans ce domaine devient alors assez logique.

Notre dernière étude comparative mentionnait eFire, mais cette offre a été stoppée
depuis car elle attirait des clients trop petits qui n’étaient plus la cible de l’entreprise.

Les performances de l’interface d’OXID eSales sont bonnes et la solution se classe


à la deuxième place, juste derrière Shopware, en ce qui concerne la vitesse de
son moteur pour générer le code HTML des pages. Même si la plupart des pages
que nous avons pu tester dans une installation de Shopware sont plus rapides d’un

OXID eSales
bon 20 %, OXID eSales se place toujours parmi les bons acteurs PHP et, d’après
ses partenaires d’hébergement, la solution est connue pour monter en charge
correctement. Cela est probablement dû à sa solide conception technique sous-
jacente et à l’utilisation de composants légers pour les fonctionnalités liées aux
thèmes de l’interface frontale, comme Smarty par exemple.

On ne connaît pas les performances du back office lorsque plusieurs utilisateurs


sont connectés en même temps (à titre d’exemple, celles de Magento 1 sont un
désastre). Lorsqu’un seul utilisateur est connecté, il semble qu’OXID eSales se classe
dans la moyenne, n’étant ni particulièrement lent, ni particulièrement rapide. Les
processus « ajouter au panier » et « validation de commande » sont rapides et ne
ralentissent pas l’utilisateur lorsqu’il procède à ses achats.

Étant donné que Magento a subi plusieurs graves failles de sécurité, il serait injuste
de ne pas mentionner le fait qu’OXID eSales n’a pas souffert autant en termes de
sécurité. Cela pourrait être dû au fait qu’un moins grand nombre de personnes a mis
le nez dans le code, la solution étant moins exposée, mais aussi certainement plus
probablement au fait que la solution est également assez solide techniquement
pour résister contre les tentatives de piratage.

L’édition Enterprise inclut désormais un système de base de données maître/esclave,


une certaine compatibilité native avec Varnish ainsi qu’un module « OXID4SAP ». La
version Enterprise peut maintenant gérer plus d’un millier de sous-boutiques.

Le code source est disponible sur GitHub et les demandes d’extraction peuvent
être émises par la communauté, permettant ainsi une meilleure interaction entre
l’entreprise et les développeurs.

UN ENVIRONNEMENT CONVIVIAL POUR LES DÉVELOPPEURS, ORIENTÉ VERS LA QUALITÉ


Pour permettre aux développeurs d’utiliser et de
personnaliser OXID eSales dans les meilleures
conditions possibles, l’équipe a sorti une machine
virtuelle spécifique qu’ils peuvent installer dans leur
environnement de travail de manière à isoler la
solution et obtenir les ajustements spécifiques dont
ils ont besoin pour la faire fonctionner en douceur.

Par ailleurs, l’équipe permet à ses partenaires


d’avoir accès aux versions bêta de l’édition
Enterprise afin de les aider à appréhender la
solution le plus tôt possible, mais aussi pour qu’ils puissent recueillir rapidement les
premiers retours.

Les tests unitaires, qui permettent un contrôle de qualité des tests de code source
et de non-régression, couvrent plus de 80 % du logiciel. Cette pratique fonctionne
depuis longtemps maintenant (plus de 6 ans) pour OXID eSales, montrant à quel

223
point le processus d’ingénierie est parfaitement maîtrisé en termes de contrôle de
la qualité.

CŒUR, API & PERFORMANCES


Le cœur d’OXID eSales est devenu un peu vieillot à l’heure où nous écrivons ces
lignes, même si l’équipe travaille à l’intégration de composants modernes comme
Symfony, Bootstrap ou encore Composer. L’équipe de développement travaille
également sur une meilleure approche « mobile », un nouveau back office, un
meilleur CMS et une refonte globale de la plateforme, probablement prévue pour
la version 5.

Une API est un élément clé lorsqu’il s’agit d’interfacer un produit avec d’autres.
L’API derrière OXID eSales est connue pour être plutôt complète et efficace, même
si la documentation n’est pas accessible en ligne. Ce dernier point est inattendu
pour un produit open source. Si les fonctionnalités natives ne couvrent pas vos
besoins spécifiques, vous pourrez recourir à des extensions fournissant encore plus
de méthodes de service web, comme oxidjson par exemple.

Étant donné que la stratégie d’OXID est de ne pas créer pour le moment de
composants ERP, CRM, OMS (Order Management System – Système de Gestion
de Commande) ou PIM, tous les produits de tiers devront interagir par le biais de
cette API, qui devrait couvrir la plupart des besoins. Un module certifié permettant
d’interfacer un ERP est disponible. Il interagit à la fois dans les fichiers CSV (Comma
Separated Values) et SOAP, de manière bidirectionnelle.

La feuille de route comprend également plus d’outils avancés d’expérience client,


incluant notamment la personnalisation et la gestion des campagnes. Il semble
que les efforts fournis par Shopware dans ce domaine ainsi que la demande
globale du marché aient poussé OXID à en faire l’une de ses priorités.

Chez OXID, on a également pensé à Symfony 2. Après Shopware, PrestaShop,


OROCommerce, Sylius et beaucoup d’autres, OXID est prête à sauter le pas à son
tour et à refactoriser une partie de son code source sous le framework PHP leader.

B2B & SAAS


La version B2B d’OXID eSales repose sur le même moteur sous-jacent que toutes les
autres versions et elle est construite au-dessus de l’édition Enterprise. Si vous activez
cette licence, vous aurez accès à un ensemble spécifique de fonctionnalités et
d’extensions qui sont ajoutées au produit.

Les experts sont unanimes sur le fait que l’e-commerce B2B est en pleine expansion
et OXID a également constaté que ses propres clients B2C étaient de plus en plus
en interaction avec les revendeurs et les grossistes. De plus en plus d’entreprises B2B
sont également en train de tester un modèle de vente directe, grâce à la flexibilité
de systèmes modernes de boutiques en ligne. Pour le moment, les activités B2B sont
déjà en augmentation de 50 %, d’après l’un des dirigeants de la société.

OXID eSales
En ce qui concerne le B2B, OXID eSales en est encore à un stade précoce.
L’entreprise affiche trois références : Zeiss, Unilever Food Solutions et Lekkerland,
mais peu d’informations expliquant pourquoi ces sociétés ont décidé d’utiliser OXID
eSales dans un contexte B2B sont disponibles en ligne. Le logiciel vise à permettre
aux entreprises allemandes de gérer leurs activités commerciales transfrontalières,
ce qui est tout à fait logique pour les sites aussi bien B2B que B2C.

OXID eSales propose malgré tout à peu près tous les outils nécessaires pour survivre
dans un environnement B2B, comme une liste de prix en fonction de l’utilisateur,
l’établissement d’un montant maximal de dépenses par profil, un système de
livraison directe, un montant minimal par commande, des commandes groupées,
l’exonération de la TVA, les comptes d’affiliés et ceux de grossistes. Les extensions
et plugins permettent à une entreprise de prendre rapidement en charge la
génération de devis, la facturation de fin de mois, la budgétisation, la gestion des
représentants et la facturation globale pour une entreprise (compte d’entreprise).
Les commandes rapides et récurrentes sont également prises en charge, ainsi
que les workflows et la gestion des centres d’achat. OXID a interfacé Microsoft
Navision, SAP, Sage, Dynamics et Pixi, afin de permettre aux entreprises possédant
ces produits d’avoir une intégration plus rapide.

À ce stade, ces fonctionnalités couvrent plus de 80 % de l’ensemble des


fonctionnalités B2B indispensables, positionnant OXID eSales comme un acteur
émergent sur ce marché, où peu de produits PHP se sont encore réellement
engagés.

Le SaaS semble faire partie des plans si l’on en juge certaines présentations, mais
pas grand-chose à ce sujet n’a été révélé à ce jour : le produit est disponible via
Bitnami afin de bénéficier d’un serveur préconfiguré automatiquement. Il existe un
pseudo SaaS, qui est en fait plus un modèle de facturation, basé sur les volumes
effectués par le client.

OMNICANAL
Le principal changement entrepris vers l’omnicanal, et notamment les PDV, a été
la mise en place du grand écran Polytouch, une sorte d’iPhone géant permettant
d’afficher la boutique sur un grand écran doté d’un support tactile, afin de laisser
les clients interagir avec la boutique en ligne, directement depuis le PDV.

Bien que l’idée en elle-même semble bonne sur le papier, le secteur ne l’a pas
vraiment adoptée massivement et les autres fonctionnalités omnicanal ne sont pas
si développées que cela. Il n’y a pas de RMS ni d’OMS disponibles nativement et
la version mobile du back office n’est pour le moment pas vraiment adaptée pour
une utilisation en magasin. Un nouveau modèle réactif, reposant sur Bootstrap,
devrait dans les prochains mois (courant 2016) aider à résoudre ce problème.

OXID a choisi de se reposer sur ses partenaires pour l’OMS, la PIM, et la plupart

225
des composants essentiels à une stratégie omnicanal complète. La véritable
raison ayant motivé ces choix est peut-être qu’elle dispose de ressources limitées.
Le produit ne peut toutefois pas encore être considéré comme le meilleur des
produits en matière de capacités omnicanal, et l’entreprise le sait. L’un des axes de
la stratégie d’OXID eSales pour 2016 est précisément d’améliorer considérablement
ses capacités dans ce domaine-là.

Depuis 2012 et les premiers composants de PDV d’OXID eSales, il y a eu peu de


grandes avancées sur le domaine omnicanal, mais le pseudo RMS (essentiellement
le back office utilisé directement depuis le magasin) peut toutefois permettre à un
associé du magasin d’avoir accès à des produits, de créer des commandes et de
prendre en charge les paiements.

MARGES DE PROGRESSION
Le back office d’OXID eSales est assez « froid ». Ce ne sont pas les couleurs amusantes
et le JavaScript qui font la qualité d’un back office, et il y a là certainement de la
place pour l’amélioration. Il est indéniablement complet et plutôt bien organisé,
mais un peu austère.

Par ailleurs, lorsque l’on compare le back office d’OXID eSales avec celui de
Shopware, le second propose une organisation plus attractive et certaines
fonctionnalités indispensables aujourd’hui, comme un vrai CMS visuel fonctionnant
en drag & drop permettant à l’utilisateur final de contrôler totalement les contenus
de son interface frontale. Le back office ne s’adapte pas vraiment non plus à un
dispositif mobile et fournit la même résolution et le même modèle de page, quel
que soit le dispositif de connexion. L’équipe est bien consciente de ces faiblesses,
en tout cas en ce qui concerne le CMS et, à l’heure où nous écrivons ces lignes, elle
travaille d’ailleurs sur un nouveau CMS.

Pour être honnête, de nombreux utilisateurs d’OXID eSales, particulièrement


Allemands, pourraient également apprécier que leur back office n’évolue pas
tant ou si rapidement que cela. La solution est largement répandue et a conquis
de nombreux adopteurs précoces, qui en sont parfois à leur première expérience
e-commerce et ne recherchent pas vraiment le changement.

L’interface frontale de la boutique de démonstration, bien que fonctionnelle, a une


conception très vieille école, à l’instar de la présentation de ses produits, ce qui ne
la rend pas non plus vraiment attrayante. Ce point peut être entièrement corrigé
grâce à l’utilisation d’un modèle créé par la communauté, mais il n’y en a pas tant
que ça et beaucoup d’entreprises d’intégration aiment par ailleurs démarrer avec
la boutique de démonstration, puis la personnaliser par la suite.

Pour son développement international, OXID compte sur un réseau de partenaires.


Ceci dit, si la solution prévoit de beaucoup progresser dans cette voie, elle pourrait
alors avoir à commencer à créer une communauté à l’étranger, et éventuellement
à faire équipe avec des partenaires. Aussi étrange que cela puisse paraître, il est

OXID eSales
probablement plus compliqué pour une entreprise existante de commencer à se
développer à l’international que pour un nouveau venu séduisant.

CONCLUSION
Être OXID n’est pas simple. D’un côté, vous bénéficiez d’une grande communauté,
d’une grande expérience et de nombreuses références. D’un autre côté, votre
marché national est un cauchemar. Il existe de nombreuses autres solutions PHP,
qui sont plus ou moins en concurrence avec vous sur le même marché.

Shopware progresse, VirtueMart et xt:commerce sont toujours dans les parages,


tandis qu’Intershop et Hybris, qui sont des solutions basées en Allemagne sur les
Tiers 1 et 2, lorgnent vers les clients du Tier 3. Quelques personnes clés, n’étant plus
motivées, ont quitté l’entreprise et OXID doit désormais redéfinir son business plan
pour essayer de stabiliser sa croissance.

À l’instar de quelques autres acteurs, comme Shopware ou Magento par exemple,


OXID envisage son avenir dans le secteur du B2B. Tout le monde semble être
d’accord sur le fait que ce marché va exploser dans les deux prochaines années
et OXID, qui cible aussi des boutiques plus grandes, de plus gros clients, souhaite
les accompagner dans la « transformation numérique de leurs entreprises ». Tout
cela est logique, mais certaines fonctionnalités allant de pair avec cette stratégie
semblent manquer à ce jour, comme un OMS, une PIM, ou encore certaines
fonctionnalités de B2B plus complexes. Le logiciel permet d’intégrer des produits
de tiers afin de répondre à ces besoins et lorsqu’il s’agit d’omnicanal et de B2B, un
OMS interne pourrait bien être aussi une bonne option. Il y a également une marge
de progression en termes de couverture de fonctionnalités omnicanal globales.

En ce qui concerne les aspects visuels du back office et du front office, OXID eSales
semble se situer plutôt parmi les acteurs ayant un bon potentiel de progression.
Leur « look & feel » est froid et pas vraiment en phase avec les dernières tendances,
et il leur manque un vrai CMS ainsi qu’un modèle en « responsive design » pour
le back office. Le front office fourni par défaut pourrait également bénéficier de
sérieux efforts au niveau de la conception et de l’interface utilisateur. La conception
technique du produit et les mécanismes sont bons, mais le commerce est une
question d’expérience, pas seulement de stabilité et de performance.

OXID eSales date un peu maintenant et le cœur, le CMS, la documentation et


la présentation font l’objet d’une refonte afin de permettre aux commerçants et
aux intégrateurs de bénéficier d’un environnement mis à jour. Le processus est en
marche au moment où nous écrivons ces lignes et la majorité des mises à jour devrait
être disponible dans les nouvelles versions. À ce stade, nous recommanderions
aux futurs clients potentiels d’attendre un peu afin que ces fonctionnalités soient
disponibles, plutôt que d’adopter la version actuelle, comme cela a été le cas
avec Magento 1 & 2. La technique d’origine, extrêmement solide, permet depuis
maintenant quelques années au produit de survivre sans mises à jour majeures
du cœur, mais il est désormais temps de redéfinir certains composants ainsi que
l’interface utilisateur pour affronter les trois à cinq prochaines années.

227
OXID eSales est néanmoins une entreprise sérieuse et respectée. La solution est
solide comme le roc, elle a évolué correctement sur le plan technique et alimente
les principaux représentants de la scène e-commerce allemande. À l’instar de
Shopware, cela s’avère compliqué pour OXID de percer sur le marché en dehors
de l’Allemagne et la concurrence au niveau national pourrait devenir un problème
mais le marché allemand, qui recèle de nombreuses entreprises de taille moyenne
toujours à l’affût d’une bonne solution à un prix abordable, est suffisamment grand
pour tout le monde.

OXID eSales est une solution adaptée aux clients du Tier 3, aux détaillants B2C et
aux entreprises B2B de taille moyenne, ayant la capacité de gérer des chiffres
d’affaires en ligne d’environ 5 à 40 millions d’euros selon nous. Vous ne prenez pas
un grand risque si vous êtes une société allemande à la recherche d’un système
solide. OXID a en effet un écosystème très vivant et cet acteur devrait être présent
pendant un certain temps encore, même s’il est peu probable à l’heure actuelle
que la solution se développe au-delà des frontières allemandes.

OXID eSales
LES POINTS FORTS DE OXID ESALES
(Plus il y a de points, mieux c’est. Sur chaque KPI (indicateur clé de performance),
il y a au moins une solution avec 5 points ; il s’agit donc d’une comparaison entre
les solutions).

POSITIONNEMENT OXID ESALES


Chiffre d’affaires pour envisager la solution (On premise / SaaS) > $500 K
Positionnement actuel sur le marché Tier 3 - 4
Direction de l’éditeur Tier 2 - 3
Profil (B2C, B2B) B2C
Opensource Oui, PHP
L’éditeur met en avant… La performance
L’éditeur met en avant… L’évolutivité
L’éditeur met en avant… La montée en version facile
Nous sommes impressionnés par… Le système de montée en version
Nous sommes sceptiques sur… Les ambitions de la solution
Buget minimum pour créer un site (On premise / SaaS) 50 k$
KPI GÉNÉRAUX OXID ESALES
Le coût de la solution (licence, intégration, hébergement) (On premise / SaaS) HHHH
Progressivité et /ou flexibilité des frais de licence/location n/a
Délai de commercialisation (On premise / SaaS) HHHHK
Variété/Qualité des boutiques de démonstration à s’adapter à un usage spécifique
HHH
(mis à part la boutique standard)
Capacités marketing basiques (moteur de promotion, coupon, carte cadeau, etc…) HHH
Niveau de navigation & présentation multidimensionnelle du catalogue (multi-bou-
HHHHK
tiques/mulitlangues/etc…)
Ecosystème (communauté, partenaires, intégrateurs, forums, etc…) H H H (DE only)
Convivialité et facilité d’utilisation du back office HHK
KPI TECHNIQUES (PLUS IL Y A DE POINTS, MIEUX C’EST !) OXID ESALES
Complexité du développement personnalisé pour étendre le système HHHH
Nombre de logiciels/extensions/services non disponibles HHHK
Nombre de produits/services complémentaires de l’éditeur HHH
Évolutivité & performances du front office (temps de chargement des pages) HHHH
Vitesse du back office et évolutivité (nombre d’utilisateurs simultanés) HHHH
Capacités de CMS natives HHK
Capacité de service web/API natives (connexion avec des tiers, comme un ERP ou un
HHH
logiciel de logistique)
Liste des fonctionnalités B2C (par défaut, sans extensions ou programmes parallèles) HHH
Mobile (application native, application hybride, responsive design) HHH
KPI DES FONCTIONNALITÉS AVANCÉES OXID ESALES
Capacités de searchandising avancé & de personnalisation HH
Capacités de multi/cross/omni canal HK
Gestion avancée native du catalogue (PIM, multi-catalogue, attributs, lots…) H
SGC (Système de Gestion des Commandes) intégré ou connecté nativement H
Outils marketing avancés (marketing adaptif, tunnels de navigation dynamiques, etc…) HH
Capacités B2B natives HHK

229
Shopware:
la force tranquille

Shopware
INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LA SOLUTION

Éditeur Shopware
Chiffre d’affaire en 2014 Environ 10 M€
Business model (e-commerce) Licence
Coût de la licence Dépend du pack, licence perpétuelle (0 - 6 000€)
Technologie PHP (Symphony)
Framework Bootstrap, Jquery, Doctrine, Smarty, Extjs
Base de données MySQL
Version (à la date de l’étude) 5.1
Licence Open source
Première sortie 2008
Origine Allemagne
Budget de réalisation d’un site
25 K€ / 50 K€ / > 100 K€
(Bas/Moyen/Haut)
Typologie de recommandation Détaillants

Temps moyen
Étendue Sites en Utilisation
de génération
géographique production par Tier
du code HTML

TIER 4
TIER 3
Environ TIER 2
500 ms
12 000
TIER 1

Positionnement dans le Tier et tendances futures

TIER 1 TIER 2 TIER 3 TIER 4

_ _

Performances sur le marché par rapport à la concurrence


DRUPAL
MAGENTO PRESTASHOP VIRTUEMART OPENCART
COMMEFCE

231
ANALYSE DE 2016

D’ÉTRANGES SIMILITUDES
Shopware n’est pas une société comme les autres. Elle a été fondée il y a près de
seize ans par deux jeunes garçons et son siège social se trouve à Schöppingen,
en Allemagne. Ce n’est pas la peine de chercher sur la carte, il s’agit d’une petite
ville de 8 000 habitants, près de la frontière hollandaise. Habitée par un état d’esprit
« famille », Shopware pourrait facilement être comparée à sa cousine OXID eSales
en termes de structure et de mode de vie. Néanmoins, la comparaison s’arrête ici,
comme nous le verrons plus loin.

L’histoire des fondateurs ressemble également beaucoup à celle de Magento,


où deux amis (ici deux frères et un ami) ont commencé par créer une agence
web avant de décider de créer leur propre outil de commerce, pensant que cela
constituerait une meilleure approche que d’utiliser OsCommerce.

Bien que la société soit totalement autonome financièrement et qu’elle ne soit


soutenue par aucun capital-risqueur, elle affiche une croissance impressionnante
(40 % sur un an, et elle compte désormais 100 employés). Elle est devenue de plus
en plus populaire au cours des deux dernières années, notamment en Allemagne
où elle a été adoptée massivement. La société est rentable depuis maintenant
plusieurs années et a reçu en 2015 le prix « Deloitte Technology Fast 50 Award »,
récompensant les 50 entreprises technologiques ayant connu une croissance
significative de leur chiffre d’affaires sur les cinq derniers exercices.

Comme nous le savons tous, lorsque l’on commence à être aussi en vogue en
Allemagne (la sacro-sainte terre du e-commerce avec plus de 8 solutions), c’est
qu’il y a de bonnes raisons à cela. Shopware est une entreprise qui connaît une
croissance rapide, ayant de belles valeurs et proposant un produit différent, une
société qui ne cherche pas le succès à tout prix, mais qui est néanmoins en plein
essor.

Shopware a commencé à connaître une forte croissance à partir de 2010, lorsque


le produit est devenu « open source », mais qui a vraiment explosé en 2014, voyant
son taux d’adoption devenir exponentiel. La principale empreinte géographique
de l’entreprise est en Allemagne, mais elle est aussi présente au Royaume-Uni,
au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Suisse et en Autriche. En dehors de ces pays,
l’expansion internationale n’est pas vraiment la priorité actuelle de Shopware, mais
la version open source gratuite pourrait mettre le feu à l’étranger.

« Get together », l’évènement annuel de la communauté, rassemblera cette année


pas moins de 1 600 personnes. Ce chiffre, plus élevé que celui de la plupart des
autres solutions open source dans le monde actuellement, reflète bien la popularité
de la solution, tout au moins en Allemagne. A titre de comparaison, Imagine
(l’événement Magento), hors inflation traditionnelle des chiffres, doit compter
environ 2500 à 3000 personnes.

Shopware
VALEURS ET CONCEPTS
L’histoire de Shopware est marquée par différents piliers, à commencer par
Sebastian, l’un des fondateurs, qui est sans nul doute un spécialiste de l’interface
utilisateur. Cela pourrait sembler un détail, mais quand on regarde la conception
de l’interface graphique et la structure du back-office, il est frappant de voir à
quel point la convivialité et l’originalité ont été soigneusement et méthodiquement
étudiées. Par rapport à d’autres systèmes de boutiques dont l’aspect et la
convivialité se ressemblent presque tous dans le monde PHP, Shopware apporte
une vision rafraîchissante.

La deuxième valeur distinctive que nous avons pu identifier est probablement


l’avantage qu’elle peut tirer de son orientation « entreprise familiale ». Étant donné
que l’entreprise est relativement petite dans ce monde e-commerce et qu’elle
est située loin des grandes villes, le soin apporté aux clients et à la communauté
sont des valeurs sacrées. Nous avons déjà pu ressentir l’implication profonde de
tous les employés lors de l’évaluation que nous avons faite, les gens du marketing
étant capables de vous guider à travers les moindres détails du back-office. Les
commentaires envoyés par les développeurs et les clients sont traités rapidement,
sans doute aussi parce que la société est entièrement gérée selon les méthodes
agiles.

Enfin, Shopware est un framework nouvelle génération, basé sur Symfony


2 et orienté selon les méthodes agiles. Dotée d’une qualité technique « à
l’allemande » et de composants modernes, Shopware est en mesure de fournir
un environnement flexible, à jour, mais encore suffisamment léger pour fournir de
bonnes performances.

UN CMS IMPRESSIONNANT
L’une des très grandes différences que l’on remarque chez Shopware, c’est que
les boutiques ne se ressemblent pas toutes. Cela vient principalement du système
de storytelling appelé « Shopping Worlds ». Ce composant permet de créer très
facilement, grâce aux fonctions glisser & déposer, des pages qui racontent une
histoire. Les produits sont présentés dans un environnement racontant une histoire
visant à capter l’attention, composée d’une image d’arrière-plan, de cartes pixel,
d’une présentation de produits liés les uns aux autres, etc.

L’effet est difficile à décrire, mais vous pourrez mieux vous en rendre compte en
visionnant en temps réel un exemple sur la boutique de démonstration en ligne :
http://www.shopwaredemo.co.uk/cooking-pleasure-und-provence/
recipes/#emotion--start

233
Quoi qu’il en soit, le
résultat est très intéressant
et les exemples pris, ici
une recette présentant le
menu réalisé avec
plusieurs contenus
interactifs, peuvent
totalement s’appliquer à
la plupart des
commerces de détail. Au
lieu d’une recette de
cuisine, on peut par exemple créer un lookbook présentant un mannequin habillé
et proposant une carte d’images permettant de zoomer de manière interactive, ou
encore afficher des vidéos ou des produits en relation avec ceux présentés.

Pour être honnête, les mots ne rendent pas justice à ce qu’est réellement ce
système, mais si l’on regarde une démonstration en temps réel, depuis l’interface
frontale et encore plus depuis le back-office, il devient tout à fait convaincant.

En plus de cela, le système d’édition qu’il y a derrière est un CMS très avancé, qui
ne saurait souffrir de comparaison avec des solutions bien plus coûteuses comme
Demandware ou encore WebSphere Commerce. Simple et pourtant efficace, le
CMS permet d’aligner/modifier et d’affiner plusieurs composants sur une grille, tout
en offrant une expérience totalement réactive.

Alors que la plupart des solutions PHP ne se souciaient même pas d’inclure un
CMS dans leur produit, il est très intéressant de voir une solution comme Shopware
proposer un système de gestion de contenu efficace et vraiment riche en
fonctionnalités, dont la majorité peuvent être prises en main sans connaissances
en HTML, JavaScript ni CSS.

Ce back-office orienté interface utilisateur, et plus particulièrement le CMS avancé,


permet à l’utilisateur final de prendre entièrement les commandes du « look and
feel » de la boutique, c’est-à-dire de son aspect et de sa convivialité, en proposant
une expérience d’achat différente et en permettant à la marque de contextualiser
les produits de façon pratique et agréable.

LICENCE, SUPPORT ET DOCUMENTATION


Le système de licence et de prix de Shopware est vraiment attractif. S’agissant d’un
logiciel open source, on peut parfaitement l’utiliser gratuitement et démarrer une
boutique sans licence. Par ailleurs et contrairement à beaucoup d’autres éditeurs,
le support semble performant et les clients en semblent satisfaits, ce qui lui confère
une véritable valeur ajoutée.

Shopware
À partir de la version professionnelle, deux composants d’importance sont
inclus, tous deux liés au CMS très intéressant que Shopware fournit : le storytelling
(également appelé « Shopping Worlds ») et l’édition numérique. Pour le modique
prix de 1 295 euros, ce serait une erreur de faire l’impasse sur ces grandes valeurs,
même pour une boutique à petit budget.

La licence est perpétuelle et le paiement ne s’effectue qu’en une seule fois. À


cela s’ajoute un petit forfait mensuel pour l’assistance, mais son montant est
vraiment raisonnable, sachant que la « Professional edition », le niveau d’entrée de
gamme, est à partir de 49 euros par mois. Elle propose les packs « Professional »,
« Professional Plus » (5 995 euros) et « Enterprise », le devis de ce dernier étant
personnalisé directement par l’éditeur. Les versions « Plus » et « Enterprise » sont
installées gratuitement par un partenaire d’hébergement de Shopware agréé,
permettant ainsi de garantir que les meilleures pratiques seront appliquées.

En outre, les deux versions haut de gamme incluent la suite de promotion avancée
« Advanced Promotion Suite » (ou APS), qui étend les capacités de Shopware en ce
qui concerne ses fonctionnalités de commercialisation. L’APS est l’un des 13 plugins
premium développés par l’éditeur lui-même et elle permet aux commerçants
de planifier et d’exécuter des campagnes de marketing pour des occasions
spécifiques, comme par exemple les soldes, les journées « Black Fridays » ou encore
Pâques.

Un effort a été fait pour créer et entretenir un centre Wiki et de documentation


très complet, contenant des informations destinées à tous les professionnels
impliqués dans le cycle de développement de la boutique. On peut y trouver des
informations sur les réglages avancés, la configuration ou l’intégration, mais un
commerçant peut aussi apprendre grâce à des guides pratiques très complets.
À titre d’exemple, la fonction CMS appelée « Shopping Worlds » bénéficie d’une
explication complète et détaillée ainsi que de captures d’écran qui illustrent
comment l’utiliser mais aussi comment apprendre à connaître toutes les options
qu’elle propose, sur plus de 10 pages !

Il se peut que quelques phrases soient encore en allemand, même dans le Wiki
anglais ou dans la boutique démo, mais elles sont rares et la plupart des contenus
sont affichés dans un très bon anglais, ce qui permet à la plupart des clients et des
professionnels d’utiliser cette documentation.

MODULES, COMMUNAUTÉ ET ÉCOSYSTÈME


La communauté Shopware est développée en Allemagne mais est presque
inexistante dans les autres pays. Cela étant dit, cette communauté est active et
aime se réunir une fois par an lors de l’évènement « Meetup » organisé par l’éditeur,
ou lors de manifestations privées.

Cette communauté a fourni la plupart des 2 000 modules et thèmes d’extension


disponibles, dont 800 sont internationaux, la majorité étant anglais. L’éditeur lui-

235
même propose un ensemble de 13 extensions premium, conçues en interne, et
qui couvrent un large éventail de besoins, de la personnalisation du panier aux
fonctionnalités B2B, en passant par les packs, l’amélioration de newsletters, le Multi-
boutique, etc.

La société considère aussi ses clients comme un laboratoire d’idées, dont elle
aime tenir compte afin de rester au plus près de leurs besoins, notamment lorsqu’ils
échangent sur les fonctionnalités, la feuille de route ou encore sur d’autres aspects.

La taille de Shopware n’a pas empêché l’entreprise de gagner de grandes


marques de détaillants comme Gaastra, une boutique disponible en 8 langues (et
appartenant au groupe Mc Gregor) dont le chiffre d’affaires s’élève à 100 millions
d’euros dans le monde, dont probablement 10 bons millions sont réalisés en ligne.

Shopware dispose d’un programme de certification pour ses partenaires


d’intégration et d’hébergement et d’un centre de formation interne.

FONCTIONNALITÉS ET BACK OFFICE


L’organisation d’un back-office est toujours une question de goût personnel
mais, après en avoir testé des dizaines, j’ai l’impression que celui-ci est vraiment
compréhensible et bien organisé. Il est réactif et efficace, comme notamment son
système de fenêtres imbriquées, même lorsque l’on a parfois tendance à en ouvrir
beaucoup à la fois, ce qui peut devenir compliqué, en fait, exactement comme
si l’on utilisait son ordinateur de bureau. En règle générale, le back-office n’a rien
à envier à des solutions plus grandes. Même si Demandware propose plus de
fonctionnalités par exemple, je lui préfère la convivialité et l’organisation du back-
office de Shopware.

En ce qui concerne les fonctionnalités de commerce, Shopware propose la plupart


de celles que l’on peut attendre d’un système de commerce électronique. Ce qui
n’est pas directement géré par la solution peut facilement être interfacé via l’API
REST bien présentée, des extensions de tiers de la place de marché ou par le biais
de l’intégration de marchés de produits (comme Akeneo pour le PIM).

PERFORMANCES
Le plugin IonCube est utilisé pour protéger les modules de Shopware qui ne sont
pas open source, ceux appelés « premium » et livrés sous licence. IonCube avait
parfois tendance par le passé à compromettre les performances, notamment la
capacité d’accueil des sites les plus fréquentés, mais étant utilisé uniquement pour
les services du back office, cela ne devrait pas poser de problème.

Les premiers tests effectués par l’équipe avec PHP 7 (5.7) ont montré une très bonne
compatibilité et un gain de performances allant de 15 à 20 %, et jusqu’à 200 % en
fonction de la tâche effectuée. Les performances des boutiques de démonstration
étaient vraiment très bonnes : les sites testés, comme Gaastra, délivrant des pages
en moins d’une seconde et, dans le pire des cas, en moins de 2 secondes.

Shopware
Dans notre enquête globale, Shopware s’est également montré la solution PHP la
plus rapide, ce qui n’est pas un mince exploit. Son architecture et ses composants
modernes ainsi que son bon niveau technique contribuent certainement à ce bon
score. Il est indéniable que tant l’interface frontale que le back office sont rapides.
Le support natif d’ElasticSearch rend également le moteur de recherche très
performant. Décidément, la solution marque des points en termes de performances.

MARGES DE PROGRESSION
Être une entreprise familiale présente des avantages mais aussi quelques
inconvénients. En règle générale, même si Shopware est un excellent logiciel, les
utilisateurs des pays ne faisant pas partie de la stratégie de l’entreprise ne peuvent
pas autant compter sur la communauté que ceux des pays germanophones. Pas
de grande expansion ni de conquêtes prévues pour le moment, Shopware est une
entreprise modeste et humble mais qui, d’un autre côté, semble prendre grand
soin de ses clients. L’évolutivité de l’entreprise, basée dans une petite ville, pourrait
poser un problème à long terme mais, pour le moment, cela fonctionne.

L’écosystème des intégrateurs, principalement basé dans des pays germanophones,


représente sans aucun doute une limite pour l’internationalisation de cette solution.
Même si le produit peut être utilisé dans les pays où l’on parle l’anglais, ou même
dans d’autres pays, tant qu’aucun écosystème local ne sera créé et animé en
France, en Italie, en Espagne ou encore aux États-Unis, il est peu probable que le
produit conquière des parts de marché dans ces régions. Le modèle open source
peut encore contrebalancer ce point puisque toute personne intéressée peut
télécharger le produit et démarrer une activité, et sera très probablement prise en
charge par l’équipe de Shopware.

Sur un plan plus technique, le B2B n’est pas encore vraiment traité par le produit,
mais la feuille de route prévoit vraiment un chantier allant dans ce sens. À ce stade
cependant, les clients B2B devraient probablement envisager de choisir d’autres
produits, plus avancés dans ce domaine spécifique.

Les outils de marketing sont corrects et le CMS est certainement un plus, mais les
fonctionnalités avancées de marketing ne sont pas encore comparables à celles
des leaders du marché, comme WebSphere Commerce, Demandware ou encore
Intershop. Étant donné que l’entreprise concentre ses efforts dans ce domaine, ces
fonctionnalités seront très probablement présentes dans les futures versions. À titre
d’exemple, il est déjà possible de proposer des contenus spécifiques à certains
segments de clientèle, et de proposer des offres de fidélité ou des animations de
marketing comme « pour 1 acheté, 20 % de réduction sur le deuxième ». Avoir une
approche « une page par utilisateur », personnalisée jusqu’au dernier bit, basée sur
des facteurs avancés comme la géographie, l’histoire, les référents, les contextes,
etc., n’est cependant pas encore possible nativement.

En outre, il semble qu’avec la combinaison de frameworks tels que Zend et Symfony,


certains aspects concernant la compatibilité avec le système antérieur pourraient

237
devenir complexes. De plus, l’équipe travaille énormément pour nettoyer le code
et le simplifier afin de le rendre plus performant et de le mettre à jour, même si le
produit est lui-même parmi les meilleurs de ceux que nous avons pu tester dans sa
catégorie en termes de performances des boutiques.

Le back-office est très propre et compréhensible mais dans l’e-commerce, un


grand nombre de fonctionnalités sont liées les unes aux autres. La conception d’un
groupe spécifique de produits vous conduirait naturellement à l’exploiter dans
une autre partie du produit, comme par exemple les composants d’édition de la
page d’accueil. Cela aurait été intéressant d’avoir des liens contextuels pour être
en mesure d’accéder facilement à des composants, naturellement liés à d’autres,
directement à partir de ceux que vous êtes en train d’utiliser. Même si cela est
cependant encore très rare dans les autres produits, étant donné tout le soin que
les développeurs et les concepteurs ont apporté à l’interface utilisateur du produit,
pourquoi ne pas en demander plus !

Au niveau de l’omni-canal, le produit est encore simple et propose un localisateur


de magasins et des fonctionnalités mobiles irréprochables (responsive design),
mais il manque quelques autres fonctionnalités comme un RMS, un OMS, et ce qui
fait la force des grandes entreprises comme Hybris.

Il n’y a pas d’OMS ni de PIM disponibles par défaut, mais certains peuvent être
facilement intégrés pour couvrir cet aspect. De plus en plus d’éditeurs de solutions
ont toutefois tendance à laisser la PIM à des spécialistes et à développer leurs
propres OMS (Magento, Hybris, Intershop, etc.). La fonction retour produit n’est pas
non plus gérée nativement et nécessite une extension, mais ceci ne représente pas
un gros inconvénient car il existe des solutions disponibles sur le marché permettant
de s’interconnecter avec Shopware.

CONCLUSION
Malgré une création dont l’histoire est proche de celle de Magento, un état d’esprit
très similaire à celui d’OXID eSales, et un positionnement qui nous rappelle celui de
PrestaShop, Shopware reste unique par de nombreux aspects.

Si vous êtes à la recherche d’un outil assez simple à développer, reposant sur une
solide fondation (Symfony), très rapide, présentant les produits d’une manière
différente et permettant de donner plus d’autonomie au gérant du magasin,
notamment grâce à de très bonnes fonctionnalités CMS qui ne requièrent pas
nécessairement d’expérience technique, alors Shopware pourrait bien être la
solution qu’il vous faut.

Shopware est adaptée aux détaillants du Tier 4 ainsi qu’à ceux appartenant
au segment inférieur du Tier 3, et pourrait alimenter sans grand problème des
boutiques faisant jusqu’à 20 millions d’euros de chiffre d’affaires. La solution est
en concurrence avec PrestaShop, Magento et OXID eSales, même si ces deux
dernières pourraient être plus avancées en termes de fonctionnalités (nativement
tout du moins).

Shopware
Cela est particulièrement vrai pour les pure players qui n’auront pas besoin
de fonctionnalités omni-canal avancées ni d’outils complexes de gestion des
commandes ou de marketing. La conception, tant de l’interface frontale que du
back-office, est très bien pensée et conviviale, et le CMS est certainement l’un des
plus avancés dans le monde des solutions PHP e-commerce.

Même si la société est basée en Allemagne et ne va probablement pas se


développer à l’international dans un futur proche, la solution prend également
parfaitement en charge l’anglais, et d’autres langues sont également disponibles
par le biais de packs de traduction. Tous les pays anglophones ou germanophones
peuvent déjà utiliser le produit et bénéficier de l’équipe de support basée en
Allemagne. La seule limite ici consisterait à trouver des intégrateurs qualifiés de
Shopware en dehors des pays de langue allemande.

LES POINTS FORTS DE SHOPWARE


(Plus il y a de points, mieux c’est. Sur chaque KPI (indicateur clé de performance),
il y a au moins une solution avec 5 points ; il s’agit donc d’une comparaison entre
les solutions).
POSITIONNEMENT SHOPWARE
Chiffre d’affaires pour envisager la solution (On premise / SaaS) From 0+
Positionnement actuel sur le marché Tier 3 - 4
Direction de l’éditeur Tier 3
Profil (B2C, B2B) B2C
Opensource Oui, PHP
L’éditeur met en avant… Le service client
L’éditeur met en avant… Le CMS
L’éditeur met en avant… La mise en valeur des produits
Nous sommes impressionnés par… Le CMS
Nous sommes sceptiques sur… L’internationalisation
Buget minimum pour créer un site (On premise / SaaS) 10 k$
KPI GÉNÉRAUX SHOPWARE
Le coût de la solution (licence, intégration, hébergement) (On premise / SaaS) HHHHK
Progressivité et /ou flexibilité des frais de licence/location n/a
Délai de commercialisation (On premise / SaaS) HHHHK
Variété/Qualité des boutiques de démonstration à s’adapter à un usage spécifique
HHH
(mis à part la boutique standard)
Capacités marketing basiques (moteur de promotion, coupon, carte cadeau, etc…) HHHK
Niveau de navigation & présentation multidimensionnelle du catalogue (multi-bou-
HHH
tiques/mulitlangues/etc…)
Ecosystème (communauté, partenaires, intégrateurs, forums, etc…) H H H H (DE only)
Convivialité et facilité d’utilisation du back office HHHH
KPI TECHNIQUES (PLUS IL Y A DE POINTS, MIEUX C’EST !) SHOPWARE
Complexité du développement personnalisé pour étendre le système HHHH
Nombre de logiciels/extensions/services non disponibles HHHH
Nombre de produits/services complémentaires de l’éditeur HH
Évolutivité & performances du front office (temps de chargement des pages) HHHH
Vitesse du back office et évolutivité (nombre d’utilisateurs simultanés) HHHK
Capacités de CMS natives HHHHH
Capacité de service web/API natives (connexion avec des tiers, comme un ERP ou un
HHH
logiciel de logistique)
Liste des fonctionnalités B2C (par défaut, sans extensions ou programmes parallèles) HHH
Mobile (application native, application hybride, responsive design) HHHK
KPI DES FONCTIONNALITÉS AVANCÉES SHOPWARE
Capacités de searchandising avancé & de personnalisation HH
Capacités de multi/cross/omni canal HK
Gestion avancée native du catalogue (PIM, multi-catalogue, attributs, lots…) HK
SGC (Système de Gestion des Commandes) intégré ou connecté nativement H
Outils marketing avancé (marketing adaptif, tunnels de navigation dynamiques, etc…) HK
Capacités B2B natives HK

239
rbs
change

RBS & Change


INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LA SOLUTION

Éditeur Shopware
Technologie PHP (Symphony)
Première sortie O2008
Origine Allemagne
Les en-têtes ne sont pas applicables (ce n’est pas un framework - Données non significatives)

241
INFORMATIONS TIRÉES DE L’ANALYSE DE 2013

RBS & CHANGE


Change a été développée et alimentée par RBS, une société française qui n’a
absolument aucun lien avec la célèbre banque écossaise. Le groupe s’occupe
principalement de l’ingénierie et de la revente de matériel informatique lorsque, il
y a un peu plus de dix ans, certaines personnes au sein de RBS ont décidé de créer
un framework, à l’origine un CMS, pour leurs propres besoins.

La solution a évolué pendant Change, l’un des acteurs les plus


près de 10 ans puis a commencé surprenants du marché, est désormais
à inclure des fonctionnalités un concurrent à prendre en
considération dans l’arène du Tier 3.
e-commerce et est rapidement
L’entreprise a de grands objectifs et
devenue une plateforme souhaite augmenter rapidement ses
mondiale, entièrement open parts de marché sur les Tiers 3 & 2,
source depuis 2010. tout en pouvant continuer à prendre
en charge des projets ayant un
budget compris entre 50 et 100 000 euros.

Pourtant, pour lever des fonds et gagner en autonomie, l’équipe de Change doit
maintenant se séparer de RBS, sa maison mère. Les activités ne sont pas les mêmes,
les objectifs non plus et même si RBS finance l’équipe, un framework open source
tel que Change a besoin d’une structure d’entreprise quelque peu différente. À
noter également que la société mère RBS a une activité d’éditeur qui est perçue
comme pouvant parfois faire concurrence aux partenaires intégrateurs de Change
et cela met toujours mal à l’aise de voir qu’un éditeur peut devenir à l’occasion
votre concurrent en matière d’intégration.

Même si cette situation est de moins en moins fréquente, Change doit maintenant,
pour toutes les autres raisons mentionnées ci-dessus, mener une vie autonome.
Cela lui permettrait de lever des fonds et de se développer au niveau international,
tout en envoyant un message sérieux aux acteurs du marché quant à sa capacité
à jouer un rôle majeur dans les années à venir.

2013 est une année de transition pour Change, que ce soit en ce qui concerne le
logiciel lui-même ou la société. 2014 devrait voir l’explosion à une bien plus grande
échelle de cet acteur très expérimenté, avec sa toute nouvelle version 4 ainsi
qu’une nouvelle structure destinée à l’activité de l’éditeur.

RBS & Change


LA PHILOSOPHIE DE CHANGE
Tout d’abord, pourquoi avoir choisi le nom de « Change » ?

Nous n’avons pas de réponse Tout d’abord, Change se définit


officielle, mais peut-être comme un CMS e-commerce, orienté
simplement parce que sa cross-canal. La solution a une vision
très claire et le framework, quand on
philosophie tout entière est
le creuse un peu, est totalement en
différente. Les enjeux auxquels phase avec cet état d’esprit. Quoi
s’attaque Change sont les qu’il en soit, tout au long de nos
mêmes mais les méthodes pour échanges, nous avons ressenti une
les aborder sont quelque peu grande cohérence entre les discours
différentes. de tous les interlocuteurs avec qui
nous nous sommes entretenus. Les
résultats sont clairs, les méthodes sont claires et, techniquement parlant, ces
personnes savent exactement où elles vont.

De plus, si le développement commercial a encore une marge d’amélioration, la


vision technique est quant à elle déjà très mature.

La conception du produit est vraiment différente à plusieurs égards. À titre


d’exemple, lorsque vous créez la fiche produit, vous décrivez celui-ci en utilisant
XML. Lorsque cela est fait, tout le back office intègre alors automatiquement les
nouveaux champs de vos produits et leur associe automatiquement le composant
approprié pour l’éditer.

En outre, certains extraits de code PHP sont aussi créés afin de vous aider à intégrer/
interroger n’importe quel paramètre de votre produit ou catégorie directement
depuis votre code. Vous ne décrivez plus votre catalogue en quelque sorte, vous
compilez sa structure et Change s’occupe de tout, de la base de données à la
méthode, en permettant d’accéder aux contenus depuis le CMS.

Prenons, à titre d’exemple, les workflow du framework. Associer le workflow


technique du framework avec l’aspect humain est essentiel et les fonctions
primitives permettant de le faire sont construites dans la logique du framework. Ils
sont, encore une fois, configurables via XML et vous pouvez appeler n’importe quelle
méthode du service web et personnaliser votre propre workflow. Si nous prenons le
workflow « retour produit », vous pouvez le définir et le site central validera chaque
étape. Change peut générer en ligne l’étiquette pour aider votre client à retourner
le produit par la poste, l’entrepôt scannera ensuite cette étiquette avec un lecteur
de code-barres peut-être relié à une application C#, qui mettra à jour les services
web du site et remboursera le client tout en comptabilisant ce produit à nouveau
dans les stocks. Chaque rôle utilisateur peut gérer une partie d’un workflow.

« La conception du workflow est une tâche très difficile à demander à une agence
web/un intégrateur et très peu de solutions offrent un framework pour développer

243
et personnaliser les vôtres aussi facilement » explique Éric Voltzenlogel. L’équipe de
Change a identifié cela comme un enjeu moderne. Elle a beaucoup travaillé sur
cet aspect précis et on peut vraiment dire que le résultat est souple et intelligent.
Les intégrateurs partenaires apprécient la conception de type « couteau suisse »
de Change, qui fournit des outils, sans les rendre dépendants de conceptions ou
de processus rigides.

C’est juste un autre exemple, mais ici la clé se trouve dans le fait que la philosophie
est différente. Vous devez personnaliser le framework pour qu’il s’adapte à votre
processus, il ne s’agit donc pas ici de réelle « personnalisation d’une boutique de
démonstration », mais ce produit peut s’adapter comme un gant à la plupart des
processus d’entreprise, avec un système de programmation à la fois très logique
et structuré. Il n’est pas nécessaire de « programmer » Change en profondeur pour
atteindre cet objectif, puisque le moteur gère lui-même le workflow, fournit une
configuration facile grâce à XML et génère même des codes PHP pour vous aider.

« Change devient une plaque tournante de la communication en fournissant à


votre système de vente, à votre ERP, à votre CRM ou tout à autre composant, une
plateforme de communication étendue via un accès HTTP/HTTPS » nous a expliqué
l’architecte en chef Franck Stauffer. Cette façon de penser peut paraître un peu
technique, et elle l’est en effet, mais elle a pour résultat une plus grande souplesse
et beaucoup de liberté dans la façon de penser vos ventes au niveau mondial. Il
s’agit là d’une approche programmatique du e-commerce.

« Change » permet au directeur technique de décider comment l’application


d’entreprise dédiée sera faite, dans quelle langue, sur quel dispositif, quel groupe
d’utilisateur elle vise, en s’appuyant sur une banque de données centrale intégrant
également la logique transactionnelle et de workflow.

Cette souplesse et cette philosophie est le pilier d’un autre élément essentiel de
Change : le cross-commerce.

CROSS-COMMERCE & CROSS-CANAL


« Change » peut aussi se transformer facilement pour une typologie de clients
spécifiques grâce à ce système de workflow très efficace. Comme Éric Volgentzel
nous l’a dit : « [Change] remplit les trous en traitant tous les petits problèmes
techniques que d’autres systèmes ne gèrent pas, à un coût abordable ».

Voici un autre exemple simple qui permet de mieux expliquer la logique. Manfield,
une marque qui utilise Change comme système e-commerce, n’a pas de stocks
centralisés ni d’entrepôt. Chaque commande faite en ligne doit être vérifiée dans
l’ERP interne existant puis expédiée directement du point de vente physique ayant
le produit en magasin. Donc, si vous commandez 3 articles, ils peuvent être livrés de
3 endroits différents, sans que le client en soit informé.

Les marques et les détaillants qui possèdent des points de vente physiques ont

RBS & Change


souvent construit leurs systèmes et processus différemment, chaque projet devenant
ainsi tout à fait unique. Le mode de pensée de Change lui permet de s’adapter à
presque toutes les typologies sans nécessité de modifier les systèmes, les habitudes
ou les méthodes existantes. Si le PDV utilise une caisse enregistreuse, un lecteur de
code-barres ou un dispositif spécifique, il peut s’adresser directement au système
nerveux de Change à travers son service web et Change poursuivra ensuite avec
les données, en les envoyant vers un autre logiciel si nécessaire ou en les traitant
lui-même si c’est à lui de les gérer.

Change se dirige plus vers un standard « omnicanal » que vers le cross-canal.


Tous les canaux ont maintenant tendance à être utilisés en même temps comme
vecteurs d’information, de transaction, de communication et de fidélisation.
N’importe quel canal doit être en mesure de fournir toutes ces fonctions.

TECHNIQUEMENT : UN FRAMEWORK RICHE EN FONCTIONNALITÉS


La conception globale Les composants open source externes
de Change est à la fois choisis pour couvrir certains besoins,
très bien conçue comme le CMS ou le moteur de
recherche, sont de qualité et étaient
et ingénieuse.
parfaitement actuels lorsqu’ils ont été
L’architecture sélectionnés. On peut citer par
est élégante, légère et flexible. exemple PHPTAL, Solr ou Smarty.

Les versions 3.X actuelles souffrent encore un peu de l’esprit « maison » qui a
conduit le développement à son état actuel, elles ne respectent pas encore toutes
les normes de codage, mais la mise en œuvre est globalement correcte, ce qui
explique les très bonnes performances de la solution.

Le processus d’installation aurait pu être rendu plus facile mais, dans un projet de
Change et à ce prix, le client ne le fait jamais lui-même, c’est un intégrateur qui s’en
charge. Cependant, la structure pourrait (et va) bénéficier d’un peu de nettoyage,
d’une configuration centralisée, d’un meilleur programme d’installation et d’une
certaine normalisation.

En ce qui concerne les fonctions principales du e-commerce, le système de


navigation à facettes et de recherche s’appuie sur SolR et est très efficace, les
différents états/étapes d’une commande sont gérés de manière asynchrone,
permettant un traitement fluide et la tolérance aux pannes d’un composant
externe (annonces, passerelle de payement, ou autre).

Le système de gestion des commandes n’est pas aussi complet que ceux de
Sterling Commerce et d’Hybris, mais il est tout de même très correct, notamment du
fait de ses workflows très efficaces. La facturation peut être contrôlée dans ou en
dehors de Change grâce à un ERP dont l’intégration est possible avec Cegid, SAP,
Navision, Colombus, et certaines applications AS400. Les courriers et le paiement
différés peuvent être déclenchés lors de l’expédition de la commande. Enfin, vous

245
trouverez toutes les fonctions classiques que l’on est en droit d’attendre de tout
système e-commerce.

Le back office utilise XUL, ce qui implique l’utilisation de Firefox, mais XUL étend
les capacités de base du langage HTML et lui donne un plus bel aspect. Ce n’est
pas follement innovant ni particulièrement esthétique, mais il fait bien le boulot et
est assez explicite. Le service web contient environ une centaine de méthodes en
version 3.6.4, presque toutes orientées vers la gestion du catalogue et des produits.

À propos des fonctions secondaires, quelques goodies sont nativement inclus,


comme un forum, un blog, une galerie photo et un générateur de formulaire très
pratique.

QUAND LE CMS EST AU CŒUR DE LA LOGIQUE


Toutes les solutions mettent l’accent sur leur positionnement. Change & Hybris
partagent de nombreux points de vue, mais diffèrent sur un point : l’un fait la
plupart des travaux avec son propre produit (Hybris), l’autre laisse les autres faire
ce qu’ils font déjà et se concentre sur le côté e-commerce (Change).

Mais au-delà de cette première grande différence, un point commun les


rassemble : Change parie beaucoup sur son CMS, comme le fait Hybris. Le CMS
intégré dans Hybris est très bon pour ce que l’on en a vu et Change tend à avoir
une orientation MVC très comparable (Modèle/Vue/Contrôleur), séparant les
données de la couche vue.

Quand vous avez l’intention d’être une solution cross-canal conviviale, vous devez
absolument être en mesure de livrer vos contenus sur plusieurs types d’écran
différents, avec différentes connexions Internet et des besoins clients variés. Nous
retrouvons ici la philosophie de Change, car il est tout à fait possible d’utiliser la
base de produit stockée dans Change et de remplacer l’application de l’interface
utilisateur sur n’importe quel canal, si le client se sent plus à l’aise avec un autre
produit ou avec un produit préexistant.

Pour Change, le CMS est le point Les formations sont essentiellement


central, une fois que vous avez axées sur cela car dans l’esprit de
compris ses fonctionnalités l’entreprise, e-commerce =
merchandising = gestion de contenu,
et son organisation,
un point de vue largement partagé
tout devient très simple. par Drupal Commerce.

Le back office reflète bien sûr cette orientation avec une fonction de personnalisation
facile à utiliser et, si vous souhaitez aller plus loin dans la personnalisation, la création
de modèles est rendue très facile grâce à l’utilisation de PHPTAL & Smarty (et plus
tard dans la V4 de Twitter Boostrap). Le framework fournit également des extraits
de code PHP natifs permettant d’accéder à tous les contenus des articles ou des
catégories du catalogue.

RBS & Change


EXTRÊMEMENT RAPIDE & ET HAUTEMENT ÉVOLUTIVE
Les performances de Change sont juste... impressionnantes. Ce sont aussi les plus
rapides (juste devant Hybris) selon l’étude que nous avons effectuée auprès d’un
million de sites.

Nous ne nous sommes pas contentés de nous fier uniquement à notre première
étude : nous avons aussi des clients qui utilisent déjà Change et nous avons
également eu l’occasion de mettre la solution au banc d’essai. Le produit gère 4
fois plus de trafic qu’un produit Magento avec la même infrastructure, en ayant un
temps de chargement du cœur plus court.

Sur les serveurs web frontaux, nous comptons (en interne) 10 000 visiteurs uniques
par jour et par cœur, là où nous modulons généralement Magento sur 2 500 visiteurs
uniques par cœur et par jour. En outre, la séparation entre les accès en lecture et
en écriture (Read & Write) dans la base de données pour le front et le back office
donne vraiment une vitesse incroyable au framework.

Avec SolR comme moteur de Le fait d’avoir une empreinte aussi


recherche, qui indexe de façon faible sur les ressources du serveur a
un impact très positif : vous dépensez
très efficace le catalogue, nous
moins pour monter en puissance, et le
avons là tout simplement la produit monte très bien en charge.
solution la plus rapide du marché
à ce jour. Dans la version 4, l’intégration
d’AngularJS et le nettoyage du code
rendra son fonctionnement encore plus rapide, ce qui n’était pas précisément
urgent, compte tenu des performances actuelles, mais c’est tout de même un beau
bonus à prendre en compte.

UN MODÈLE OPEN SOURCE MALADROIT


Le modèle open source choisit actuellement par Change est peu adapté au
développement d’une réelle communauté de développeurs. Si vous voulez avoir
une activité avec Change, vous avez besoin d’être formés au préalable à la théorie,
ce qui représente une condition coûteuse. C’est un principe sain d’une certaine
manière, qui permet d’éviter l’augmentation du nombre de développeurs freelance
et la multiplication d’un grand nombre d’extensions.

La licence Affero elle-même n’est pas vraiment un problème et est tout à fait adaptée.
Quoi qu’il en soit, le code source est disponible sur GitHub et certaines personnes
semblent commencer à contribuer, mais nous sommes loin de la dynamique de
Magento qui a rassemblé des milliers de développeurs en quelques mois.

247
Les temps sont différents et Change ne progresse pas dans un marché presque
vide, comme c’était le cas de Magento. Cette situation peut être également liée à
un marché qui n’est pas très adapté et la liste des contributions reste assez courte.
Étant donné que l’interface et l’ouverture de ce marché d’extension est une clé
pour se faire rapidement adopter au niveau international, ça ne fait aucun doute
que l’équipe de Change travaille sur une refonte. La philosophie de Change est
de toute façon de ne pas tout faire en interne et de laisser les experts faire ce
dans quoi ils excellent, en interfaçant plutôt avec eux. Un framework qui n’est pas
disposé à faire tout par lui-même doit donc rassembler une communauté pour
créer des ponts vers d’autres logiciels et des extensions pour renforcer ou étendre
les fonctionnalités internes.

Il est évident aussi que sensibiliser la communauté des développeurs autour de cet
excellent framework devrait l’aider à prendre de l’ampleur.

LA VERSION 4
La version 4 de Change, attendue pour septembre, va révolutionner une grande
partie des bases de la solution. Les concepts et l’esprit de Change restent intacts,
mais de nombreux changements sont annoncés sur le plan technique.

Tout d’abord, la solution a opté pour angularJS (de Google), qui permet de
nombreuses améliorations très intéressantes. Même si Change était déjà la solution
la plus rapide et la plus légère sur le marché, Angular va stimuler encore davantage
le côté rapidité en réduisant les manipulations DOM (Document Object Model) et
en permettant également au contrôleur de vue de configuration avancée d’être
directement du côté du client, réduisant ainsi la pression exercée sur les serveurs.

Le moteur de modèle, anciennement PHPTAL, sera remplacé par un composant


plus moderne : Twig. À noter également que, comme Drupal Commerce, Change
supportera ElasticSearch, un moteur de recherche moderne et très efficace,
pouvant être distribué et entièrement RESTful. (REST : Representational State Transfer)
SQLite rejoindra également la série des bases de données supportées.

AngularJS fournit également un modèle MVC très efficace et permet, entre autres
fonctionnalités intéressantes, de remplir de façon dynamique une partie d’une
page sans avoir besoin de régénérer la totalité du code HTML. Cela signifie en fait
que l’on peut « faire un trou » dans une page statique et le remplir avec du contenu
dynamique. Pour ceux qui sont familiarisés avec le Full Page Cache de Magento,
il s’agit d’une version beaucoup plus efficace donnant la possibilité d’être en FPC
tout le temps, même lorsqu’un contenu basé sur le client s’affiche sur la page. De
plus, au contraire du cache très soigné et avancé d’IBM qui nécessite quelques
ajustements, le système de cache de la v4 de Change sera simple à utiliser et à
paramétrer grâce à l’utilisation d’AngularJS.

Change était la solution la plus rapide ? Et bien, c’était avant... Désormais, elle
va passer de légère, évolutive et étonnamment rapide à une solution dont on
demandera « est-ce que quelqu’un a vu la page se charger ? »

RBS & Change


La version 4 utilisera également le Twitter Bootstrap, un ensemble d’outils très
pratiques et efficaces permettant une intégration parfaite des modèles en
« responsive design ». Les différents acteurs du marché prévoient soit la disparition
des applications avec habillage (par exemple les sites « responsive design ») soit la
disparition de l’approche de cette application. Nous n’avons pas d’avis particulier
à ce sujet mais il est évident que la technologie APP et les fournisseurs évoluent
beaucoup plus rapidement et que ceux-ci sont plus difficiles à coder qu’un modèle
en « responsive design ». Pour cette simple raison, choisir Twitter Bootstrap ne peut
pas être un mauvais choix.

AngularJS et Twitter bootstrap seront également intégrés au back office afin de


l’améliorer, de le débarrasser de la couche XUL et de lui assurer un maximum
de compatibilité sur les tablettes, les mobiles et les navigateurs qui ne sont pas
seulement Firefox ou affiliés. Angular offre également la possibilité d’envoyer une
page, remplie avec un contenu spécifique, via une simple URL et ce, à des fins de
révision ou de validation, le destinataire recevant exactement le même contenu.

Le service web sera également renforcé étant donné que toute la philosophie de
la solution consiste à permettre à Change d’interagir avec d’autres composants
d’un système d’information existant. Davantage de méthodes seront disponibles
dans une approche REST, permettant des interactions plus profondes entre les
composants et avec la logique de Change, même sans l’interface web frontale.
Change sera une plaque tournante pour la présentation et les transactions entre
les systèmes, en affichant en continu des contenus sur différents canaux. Tous les
contenus auront des méthodes de service web pour permettre une interaction
directe. De fait, le service web devra être parfaitement complet étant donné que
l’objectif de l’éditeur est de construire ses propres interfaces utilisateurs et back end
au-dessus du service web de REST.

Également disponible en version 4 : le workflow incluant les fonctions de validation


step & right, un système de traduction interne, et bien plus encore. Aucun PCM/PIM
(Gestion de l’Information Produit) ne sera directement incorporé, mais des ponts
seront créés pour faciliter l’intégration avec les PCM/PIM externes, probablement
comme Akeneo, un autre produit open source, dédié à la PIM.

La version actuelle n’utilise pas de framework. La v4 intégrera quant à elle


le Framework Zend. Cette démarche est importante pour plusieurs raisons, à
commencer par le fait d’être dans un processus d’uniformisation du style de
codage et de l’espace de noms. En fait, le code est plutôt propre, mais il y a
une marge de progression pour atteindre les meilleures pratiques actuelles de la
programmation orientée objet en PHP. L’équipe est parfaitement consciente de
cela et l’adoption de ZF2 est le résultat de cette réflexion. Il offrira de meilleures
capacités de personnalisation, un meilleur processus d’évolution, une stratégie qui
n’est pas entièrement « faite maison » et une meilleure uniformisation de l’installation.

La version 3.6 est déjà très complète et les éditeurs offrent sans aucun problème un

249
chemin de migration de la version 3.6 vers la version 4. Cela permet à l’éditeur de
continuer à vendre la version 3.6 avant la sortie de la version 4, et au client d’être sûr
d’obtenir la mise à niveau vers la version 4 dès que celle-ci sera disponible.

Enfin, n’oublions pas le point phare apporté par la version 4 de Change : le système
de périphérique maître/esclave. Cette fonction est tout à fait unique, bien pensée,
et très utile pour les e-commerçants prêts à se déployer à l’échelle mondiale.
Illustrons cela par un exemple.

Imaginez une société basée à New York. La société possède des filiales à Paris, à
Tokyo et à Reykjavik. Avec tout le respect dû à nos amis islandais, leur marché est
plus petit et l’entreprise signe un petit contrat avec une société d’hébergement
locale. Le marché français est important et la filiale commence à travailler avec une
infrastructure plus grande. Le Japon est quant à lui un marché de taille moyenne
où la société ne prévoit que cinq mille visiteurs par jour. New York sera le maître, et
les périphériques de Reykjavik, Paris et Tokyo seront les esclaves. Ils pourront gérer
localement leurs commandes, celles-ci étant néanmoins consolidées au niveau
du système central à New York. Chaque gérant du magasin local aura son back
office. Celui du périphérique maître sera quant à lui consolidé, lui permettant ainsi
de voir ce qui se passe dans les périphériques esclaves. Si, dans le futur, l’entreprise
souhaite se déployer en Espagne ou en Autriche, il lui suffira simplement d’avoir un
contrat avec des hébergeurs locaux, de leur donner l’accès SSH au périphérique
maître et le magasin local sera alors automatiquement déployé.

En plus d’être une méthode de déploiement très rapide, c’est aussi un bon
système de montée en gamme, avec une gestion déléguée localement et
une consolidation dans le périphérique maître. Le dialogue est établi entre les
périphériques en utilisant les méthodes natives du service web de Change. En
outre, la logique centrale est d’être « proche du client », ce qui permet encore une
fois des performances de pointe.

CONCLUSION
Change est une plateforme qui stocke des contenus, intégrant un système de
workflow très intelligent et puissant et offrant des performances incroyables.
La solution se positionne comme étant un CMS pour l’e-commerce avec une
orientation très marquée vers le cross-canal/cross-commerce. Ce positionnement
fait qu’elle se trouve plus souvent confrontée à Hybris qu’à Magento ou à Drupal
Commerce, ce qui permet aux équipes de Change d’offrir une alternative vraiment
économique à la solution allemande très puissante.

L’entreprise compte déjà de grandes références comme Yamaha Motorsport,


Ducan diet, Rossignol ou encore Auber. Son marché naturel est définitivement la
partie supérieure du Tier 3 et un peu du Tier 2, où les clients font de 5 à 50 millions
de chiffre d’affaires en ligne. Avec une licence dont le coût est déjà abordable
et un coût d’évolutivité 3 à 5 fois inférieur à celui de ses concurrents, la solution est
nativement faite pour aborder les clients qui recherchent de la souplesse dans leurs

RBS & Change


interactions avec les systèmes. Ces points forts font de Change un choix logique
et naturel, que les marques ou les détaillants ayant à la fois des points de vente
physiques et un site e-commerce ont tout intérêt à inclure dans leur appel d’offre.

Change s’adapte également très facilement aux demandes B2B, principalement


en raison de sa flexibilité, jusqu’à ce qu’une certaine taille soit atteinte. Pour les
principaux acteurs B2B, les fonctions intégrées dans Intershop, IBM et Hybris pour
gérer les canaux vont faire la différence. Le seuil de Change, qui se situe autour de
dix millions de dollars de chiffre d’affaires, permet néanmoins à des activités B2B de
taille moyenne de faire un pas dans le commerce en ligne avec Change.

La version 4 promet d’être une base solide comme le roc pour assurer la croissance
de Change, à condition que le framework prenne son autonomie par rapport à la
société mère RBS. Une fois que cela sera fait, on peut parier que Change deviendra
un acteur international vraiment important, l’une des solutions PHP les plus haut de
gamme pour l’e-commerce.

L’écosystème de Change a été Nous avons récemment découvert


multiplié par 2 entre 2012 et 2013, qu’il pouvait être délicat d’utiliser
rassemblant des intégrateurs, des plusieurs serveurs frontaux dans la
version 3.x. Si cela n’est pas impossible,
développeurs et des partenaires cela n’est ni simple ni abouti, ce qui
tiers qui ont permis au logiciel de est quelque peu regrettable.
se renforcer mais également de
signer avec des plus gros clients. Les prochaines étapes sont les
suivantes : une version v4 robuste
(dans le temps), une séparation d’avec RBS pour permettre une levée de fonds et
l’internationalisation dans la foulée. Si toutes ces conditions sont remplies, Change
passera peut-être d’ici quelques années de la position « d’important acteur français
sur le marché intermédiaire » à celle d’un acteur ayant un poids majeur dans l’e-
commerce au niveau international.

251
MISE À JOUR 2016
Comme nous nous y attendions, RBS a fait faillite et la société n’existe plus. Change,
le produit, a été acquis lors de la liquidation par une nouvelle entreprise appelée
Proximis et a été rebaptisé Proximis omnichannel.

La solution est maintenant livrée sous un modèle SaaS, avec les autres outils de
Promixis, qui fournissaient déjà des fonctionnalités cross-commerce « web-to-store ».
La majorité de l’équipe de base est restée et le moteur principal de la solution
correspond en grande partie à la description de RBS Change version 4 figurant
dans l’analyse de 2013. La solution commence à susciter de l’intérêt en France et
pourrait d’ici quelques années émerger sur la scène internationale, en tant que
solution très efficace du Tier 3, pour les détaillants souhaitant fournir une expérience
omnicanal à leurs clients.

Vous pouvez trouver plus de détails dans le paragraphe intitulé « Solutions en vue »,
qui contient quelques informations supplémentaires sur Proximis.

RBS & Change


NOTES

253
opencart:
une solution
de plus en plus
mystérieuse

opencart
INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LA SOLUTION

Éditeur OpenCart
Chiffre d’affaire en 2014 N/C
Business model (e-commerce) Modules
Coût de la licence Gratuit
Technologie PHP 5
Framework Jquery, Bootstrap
Base de données MySQL
Version (à la date de l’étude) 2.2
Licence Open source
Première sortie 2009
Origine États-Unis
Budget de réalisation d’un site
5 K€ / 10 K€ / > 10 K€
(Bas/Moyen/Haut)
Typologie de recommandation Petits pure players ou marques

Temps moyen
Étendue Sites en Utilisation
de génération
géographique production par Tier
du code HTML

TIER 4
TIER 3
Environ
TIER 2
252 000 770 ms
sites
TIER 1

Positionnement dans le Tier et tendances futures

TIER 1 TIER 2 TIER 3 TIER 4

_ _ _

Performances sur le marché par rapport à la concurrence


DRUPAL
MAGENTO PRESTASHOP VIRTUEMART ZEN CART
COMMEFCE

255
INFORMATIONS TIRÉES DE L’ANALYSE DE 2013

QUI SE CACHE DERRIÈRE OPENCART ?


OpenCart est une solution e-commerce open source PHP fondée par Daniel Kerr.
Il n’y a pas tellement d’informations sur l’histoire d’OpenCart et sur la façon dont
les dirigeants ont décidé de créer cette solution. C’est plutôt inhabituel car la
communauté open source aime généralement relayer ce genre d’histoire.

OpenCart a été créée en 2009 et la solution présente déjà des chiffres


impressionnants. L’étude menée par Wappalyzer sur le top 10 des applications
les plus répandues classe OpenCart en quatrième position sur une base de 140
000 sites web répertoriés. L’étude menée par Tim Robertshaw classe OpenCart en
sixième position et estime que ce framework a gagné près de 40 % de part de
marché en seulement six mois.

UN INCIDENT DE BLOG INTÉRESSANT


Nous avions déjà parcouru des tonnes de sites et de blogs parlant d’OpenCart
lorsque websynn.com a finalement attiré notre attention.

Un post intitulé « pourquoi il ne faut pas utiliser OpenCart » nous a interpellé. L’auteur
dénonce non seulement la grossièreté de l’équipe de l’éditeur sur les forums, mais
aussi le système de mise à niveau des solutions.

Nous avons d’abord pensé qu’il s’agissait juste d’un message de plainte parmi tant
d’autres, mais les commentaires étaient cette fois-ci vraiment intéressants. L’équipe
officielle d’OpenCart a répondu aux auteurs et a déclenché la guerre dans la
section des commentaires, impliquant les fans d’OpenCart et ses détracteurs.

Plusieurs personnes ont pointé du doigt les aspects négatifs de la solution et


les mauvaises manières de l’équipe sur le forum officiel. C’est sans doute l’une
des raisons pour lesquelles l’un des administrateurs et le contributeur principal
d’OpenCart, qui s’appelle « Qphoria », a commenté le message en disant que,
parfois, il peut effectivement lui arriver de perdre patience et de répondre de
manière inhabituelle car il reçoit les mêmes e-mails 10 fois par jour. C’est une
réponse plutôt dure de la part d’un community manager, mais nous devons tout de
même garder à l’esprit qu’OpenCart est une solution open source dont l’utilisation
est gratuite. Comme l’a expliqué Qphoria, peu de développeurs travaillent sur
le projet et les utilisateurs attendent des réponses professionnelles exactement
comme s’il s’agissait d’un service payant.

Les commentaires et feebacks sur ce post sont toujours une bonne source
d’informations. Si cela vous intéresse d’avoir des feebacks directs sur ce sujet et si
vous avez le temps, alors n’hésitez pas à y jeter un œil, il y en a des centaines !

opencart
OPENCART - UN GRAND SUCCÈS ?
Nous nous sommes rendu compte avec le temps que de jeter un rapide coup d’œil
sur le forum d’une solution open source permettait généralement d’obtenir des
chiffres intéressants. Les forums d’OpenCart comptent 52 000 utilisateurs alors que,
en comparaison, Magento en a plus d’un million et PrestaShop 400 000. La solution
est plus jeune, mais les chiffres ne sont pourtant pas encore si impressionnants.

Sur le plan positif, la communauté OpenCart, bien que petite, est relativement
internationale et active. Il est possible de trouver des extensions qui permettent
de traduire votre site web dans pas moins de 17 langues différentes ! En ce qui
concerne les paiements, le site officiel d’OpenCart affirme que 23 passerelles
de paiement sont déjà inclues dans le produit ! On peut trouver sur internet de
nombreux contenus relatifs à OpenCart. Dans l’ensemble, nous pensons qu’il est
préférable d’avoir une petite communauté, mais formée de personnes vraiment
motivées par la solution.

La communauté d’OpenCart ne semble pas (pour le moment) organiser


d’évènements ou de barcamps, même si ceux-ci permettraient de mettre en
relation les membres de la communauté avec l’équipe de l’éditeur.

En ce qui concerne les partenaires, OpenCart a gagné en popularité aux États-Unis


où la solution compte déjà onze partenaires, et au Royaume-Uni, où elle en a sept.
Dans l’ensemble, OpenCart est bien répandue au niveau international avec des
partenaires dans 26 pays au total, montrant qu’une dynamique est en train de se
développer.

QU’EN EST-IL DES PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES ?


OpenCart est basée sur un framework « Modèle – Vue – Contrôleur » classique,
destiné à faciliter l’ensemble de la structure du code afin d’aider les développeurs
qui grâce à une hiérarchie organisée du code. Ce modèle est très utile lorsque
plusieurs équipes travaillent sur un même projet (agences web et développeurs
internes par exemple). L’objectif est de séparer la couche de base de données
(modèle), l’affichage de modèles pour l’interface frontale et le back end (vue), et
le code fonctionnel (modèle) afin d’atteindre l’objectif principal : la réutilisabilité
du code.

Le framework MVC (presque toutes les solutions PHP sont basées sur cette
typologie) aide à concevoir un code propre et optimisé pour le futur site. Un code
propre est essentiel pour éviter les ennuis en cas de modification sur le site. Une
seule erreur dans votre code, et votre site souffrira beaucoup après une mise à jour
de la solution, surtout si un changement profond est fait dans la conception du
framework ou de son workflow. On appelle cela une « dette technique », c’est-à-
dire que l’on atteint rapidement l’objectif, mais en ayant une dette, que l’on devra
rembourser plus tard.

257
OpenCart est une solution conviviale pour les développeurs : l’architecture
du système, la configuration de l’héritage, le système de configuration XML et
l’utilisation du modèle MVC, tout cela fait qu’il est généralement agréable de
travailler avec. La solution offre un large éventail de documentation (comment
installer, configurer, administrer la boutique en ligne, etc.) sur son site internet, ce
qui est un point positif pour une solution open source. Grâce à cette bibliothèque,
il est facile pour les développeurs d’essayer OpenCart. De glorieux concurrents,
comme Magento par exemple, proposaient beaucoup moins de documentation
à leurs débuts.

Les intégrateurs HTML apprécieront également l’existence de milliers de thèmes


officiels, payants ou téléchargeables gratuitement. Une recherche avec OpenCart
sur themeforest.net montre 181 résultats alors que PrestaShop en montre 45 et
Magento 212, ce qui démontre également l’intérêt des freelances pour la solution.
Là encore, la communauté OpenCart est petite mais efficace !

L’un des modules les plus connus d’OpenCart est « vQmod » (Virtual Quick Mod),
créé par Qphoria. Ce module a été conçu afin de faciliter la vie de ceux qui veulent
modifier les fichiers de base de la solution sans entraver leur capacité à mettre
à jour le logiciel. VQmod enregistre en fait la modification apportée à la base
sous la forme de fichiers XML. La source est ensuite corrigée avec les modifications
apportées au fichier de script puis enregistrée dans un fichier temporaire.

Ce fichier temporaire est remplacé par l’original lors de l’exécution et le fichier


source d’origine reste toujours intact. Cela entraîne une modification « virtuelle »
de la base lors de l’exécution sans qu’aucune modification réelle ne soit écrite
dans les fichiers de base. VQmod n’est pas limité à OpenCart et peut être utilisé sur
d’autres CMS ou sur d’autres plateformes. Nous pouvons apprécier une fois de plus
la qualité de la communauté !

Vue de l’administrateur d’OpenCart

opencart
DES FONCTIONNALITÉS AVANCÉES SONT DISPONIBLES GRÂCE AUX EXTENSIONS
OpenCart est une solution qui couvre les besoins de base des e-commerçants.
Des fonctionnalités telles que la gestion multi-boutique, les coupons, les chèques
cadeaux, ou encore les multiples taxes sont inclues par défaut dans la version. Si
certaines fonctionnalités ne sont pas encore disponibles, il est possible que vous
les trouviez dans le répertoire d’extension d’OpenCart, celui-ci contenant plus de
8 000 extensions (dont 2 500 gratuites). Cela représente un nombre intéressant
d’extensions disponibles par rapport à d’autres solutions telles que PrestaShop,
Drupal Commerce ou encore Magento, qui ont pourtant du choix !

Mais ce bel avantage est également un point faible pour OpenCart. La solution
par défaut ne fournit pas de fonctionnalités avancées telles que le commerce
mobile ou les outils multicanaux, par exemple. Il est cependant facile de trouver
une extension pouvant répondre aux besoins des commerçants. Pour le commerce
mobile, il existe de nombreux modèles disponibles qui sont prêts à l’emploi ainsi
que des extensions qui offrent un « responsive design ». Il en est de même pour
le B2B, la gestion des blogs et bien d’autres fonctionnalités dont un commerçant
pourrait avoir besoin.

Le principal inconvénient ici est que la personnalisation à l’extrême peut conduire


à des problèmes de performance. Que va-t-il arriver à une boutique si certaines de
ses extensions ne supportent pas une nouvelle version du cœur ? L’e-commerçant
devra trouver des solutions, engager des consultants, et peut-être même modifier le
code de son site web, ce qui pourrait conduire à un gaspillage d’argent.

OpenCart n’est donc pas la meilleure solution pour les e-commerçants qui ne
sont pas habitués à ce modèle. Évaluer les extensions, les comparer, vérifier si
elles répondent aux normes de sécurité et, enfin, les installer et les tester, tout cela
est un long processus, d’autant plus pour des e-commerçants qui n’auraient pas
d’expérience en ligne. Sur les Tiers 3 et 4, beaucoup d’entre eux ne sont pas des
professionnels de l’informatique et ces deux segments sont pourtant ciblés par
OpenCart.

CONCLUSION
OpenCart est une solution qui peut être utilisée pour différents types d’activité. Les
start-up, les entreprises qui se lancent dans l’e-commerce ou même les professionnels
plus expérimentés peuvent choisir cette solution pour leur activité. OpenCart est une
solution professionnelle qui offre un grand nombre de fonctionnalités e-commerce,
gratuitement. Elle est facile à installer et facile à prendre en main, elle propose de
nombreux thèmes, sa communauté, petite mais internationale, peut venir en aide,
et ses tarifs d’hébergement sont raisonnables.

La solution cible le Tier 3 et le Tier 4 et se pose en sérieux concurrent sur ce segment.


D’après nos recherches et nos études, OpenCart semble être davantage utilisée
par les développeurs ayant une solide expérience en PHP. Ils ont adopté la solution
et aiment jouer avec elle par le biais d’une personnalisation complète comprenant

259
des extensions et des développements faits en interne. OpenCart est certainement
une solution à envisager lorsque l’on a des compétences en programmation. Il
existe des milliers de thèmes et d’extensions disponibles sur le site officiel et les
boutiques sont facilement personnalisables. L’installation de la solution n’est pas si
compliquée que cela, celle-ci est facile à prendre en main et les forums peuvent
aussi vous aider sur ce point.

D’une certaine manière, cette solution peut également être envisagée dans une
perspective d’investissement. D’autres frameworks tels que Magento ont commencé
de la même manière, avec des chiffres comparables, avant de connaître l’énorme
succès qu’on leur connaît. OpenCart monte assurément en puissance, et plus
encore aux États-Unis qu’en Europe, mais ce n’est peut-être qu’une question de
temps avant que l’écosystème ne se développe.

Cependant, OpenCart pourrait être délicat à prendre en main pour un novice en


informatique qui voudrait se lancer dans une première boutique e-commerce. Nous
ne voyons pas encore beaucoup d’agences qui proposent OpenCart dans leurs
prestations par exemple. Les e-commerçants technophiles peuvent développer
seuls leur boutique en ligne, les autres peuvent recruter un directeur technique ou
commencer à chercher à recruter l’un des membres pointus de la communauté.

La stratégie d’OpenCart n’est pas vraiment lisible et nous ne savons pas encore
à quoi nous attendre de la part de l’entreprise. Nous aimerions trouver la « perle
rare », et ce framework l’est peut-être, mais de nombreuses questions restent
encore ouvertes quand nous pensons à OpenCart et à son avenir. Nous souhaitons
cependant le meilleur à cette solution pour son développement.

opencart
MISE À JOUR 2016
Malgré nos nombreux efforts et notre insistance, notre équipe n’a pas pu avoir
accès aux dirigeants d’OpenCart. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais nos
efforts sont restés vains. Sans véritable évaluation de la solution permettant de
connaître sa valeur technique ainsi que la vision stratégique de ses dirigeants, il
nous paraît inapproprié de faire une analyse complète de la solution.

La version courte serait qu’Opencart est une solution simple mais puissante,
exploitable par les clients du Tier 4. La solution ne semble pas avoir de
fonctionnalités marketing ou omnicanal avancées nativement, mais elle peut
convenir à un petit pure player. On peut aussi la considérer comme plus complexe
que WooCommerce, mais moins que PrestaShop.

La solution a toutefois su attiré, probablement en raison de son modèle gratuit, un


très grand nombre d’utilisateurs, principalement aux États-Unis et au Royaume-Uni.
L’éditeur a peu de bande passante, ce qui fait d’OpenCart une solution pour ceux
qui aiment plonger au cœur d’un logiciel par eux-mêmes ou avec l’aide de la
communauté.

261
LES POINTS FORTS DE OPENCART
(Plus il y a de points, mieux c’est. Sur chaque KPI (indicateur clé de performance),
il y a au moins une solution avec 5 points ; il s’agit donc d’une comparaison entre
les solutions).

POSITIONNEMENT OPENCART
Chiffre d’affaires pour envisager la solution (On premise / SaaS) From 0+
Positionnement actuel sur le marché Tier 4
Direction de l’éditeur Tier 3 - 4
Profil (B2C, B2B) B2C
Opensource Oui, PHP
L’éditeur met en avant… Les extensions
L’éditeur met en avant… La communauté
L’éditeur met en avant… Les coûts
Nous sommes impressionnés par… Le nombre d’extension
Réservée aux bons
Nous sommes sceptiques sur…
développeurs
Buget minimum pour créer un site (On premise / SaaS) 10 k$
KPI GÉNÉRAUX OPENCART
Le coût de la solution (licence, intégration, hébergement) (On premise / SaaS) HHHHH
Progressivité et /ou flexibilité des frais de licence/location n/a
Délai de commercialisation (On premise / SaaS) HHHK
Variété/Qualité des boutiques de démonstration à s’adapter à un usage spécifique
n/a
(mis à part la boutique standard)
Capacités marketing basiques (moteur de promotion, coupon, carte cadeau, etc…) HHK
Niveau de navigation & présentation multidimensionnelle du catalogue (multi-bou-
HHH
tiques/mulitlangues/etc…)
Ecosystème (communauté, partenaires, intégrateurs, forums, etc…) HHHK
Convivialité et facilité d’utilisation du back office HHH
KPI TECHNIQUES (PLUS IL Y A DE POINTS, MIEUX C’EST !) OPENCART
Complexité du développement personnalisé pour étendre le système HHK
Nombre de logiciels/extensions/services non disponibles HHHH
Nombre de produits/services complémentaires de l’éditeur H
Évolutivité & performances du front office (temps de chargement des pages) HHHHK
Vitesse du back office et évolutivité (nombre d’utilisateurs simultanés) HHH
Capacités de CMS natives HH
Capacité de service web/API natives (connexion avec des tiers, comme un ERP ou un
HK
logiciel de logistique)
Liste des fonctionnalités B2C (par défaut, sans extensions ou programmes parallèles) HHK
Mobile (application native, application hybride, responsive design) H
KPI DES FONCTIONNALITÉS AVANCÉES OPENCART
Capacités de searchandising avancé & de personnalisation HH
Capacités de multi/cross/omni canal H
Gestion avancée native du catalogue (PIM, multi-catalogue, attributs, lots…) H
SGC (Système de Gestion des Commandes) intégré ou connecté nativement H
Outils marketing avancés (marketing adaptif, tunnels de navigation dynamiques, etc…) H
Capacités B2B natives HK

opencart
NOTES

263
drupal
commerce:
quelles sont les
priorités de l’éditeur ?

drupal commerce
INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LA SOLUTION

Éditeur Commerce Guys/Acro Media / Actualys


Chiffre d’affaire en 2014 0,8 M€
Business model (e-commerce) Support, licence
Coût de la licence Voir plus bas
Technologie PHP
Framework Drupal 7 - Bientôt Drupal 8 (incluant symfony 2)
Base de données MySQL
Version (à la date de l’étude) 7.x-1.11
Licence GPL GNU
Première sortie 2011
Origine France
Budget de réalisation d’un site
5 K€ / 50 K€ / 150 K€
(Bas/Moyen/Haut)
Typologie de recommandation Marques

Temps moyen
Étendue Sites en Utilisation
de génération
géographique production par Tier
du code HTML

TIER 4
TIER 3
TIER 2
7 320 990 ms
TIER 1

Positionnement dans le Tier et tendances futures

TIER 1 TIER 2 TIER 3 TIER 4

_ _ _

Performances sur le marché par rapport à la concurrence

MAGENTO PRESTASHOP VIRTUEMART OPENCART ZEN CART

265
INFORMATIONS TIRÉES DE L’ANALYSE DE 2013
(SUIVIES DE LA MISE À JOUR DE 2016)

DRUPAL ET DRUPAL COMMERCE


Drupal Commerce (D-C) est une solution basée sur un modèle très spécifique qui
doit être compris si l’on veut le choisir pour son activité e-commerce.
Alors, qui fait quoi dans Drupal Commerce ?

Premièrement, il y a Drupal, un CMS open source puissant utilisé par une large
communauté. Drupal a été créée en janvier 2001 (date de la première version)
et a de nombreuses années d’expérience. Le CMS est robuste, il est utilisé par de
grandes entreprises comme Twitter, Ikea, MTV UK ou encore la Maison Blanche et il
est facile à prendre en main.

Drupal est connu pour être En plus de cela, une couche


une superstar dans e-commerce a été développée par
le domaine du CMS. Commerce Guys, l’entreprise qui est
derrière Drupal Commerce. Cette
couche apporte les outils nécessaires pour créer un site e-commerce au-dessus de
Drupal : gestion des produits et du catalogue, système fiscal, processus
d’encaissement, gestion des commandes, etc.

En d’autres termes, Drupal Commerce est une solution e-commerce construite sur
la dernière version de Drupal (v.7) qui conjugue la souplesse de Drupal avec les
fonctionnalités e-commerce dont ont besoin les e-commerçants.

Drupal Commerce est la plus jeune plateforme e-commerce de ce panorama. La


version 1.0 a été annoncée lors de l’évènement DrupalCon de Londres en 2011 et
a connu un succès rapide. La communauté Drupal attendait cette version avec
impatience. Les utilisateurs de Drupal avaient hâte de savoir si ce framework allait
battre Ubercart (le précédent module e-commerce de Drupal) et révolutionner l’e-
commerce de Drupal, comme annoncé par Commerce Guys.

Commerce Guys affirme que 25 000 sites sont actifs depuis la première version (ces
chiffres nous semblent un peu « gonflés ». Le PDG nous a dit qu’« actuellement,
aucune solution n’était passée de 0 à 25 000 boutiques en 18 mois. [...] c’est un
démarrage nettement plus rapide que ceux de Magento et de PrestaShop ».

Toujours selon Commerce Guys, le marché français ne représente que 8 % alors


que les États-Unis et le Royaume-Uni adoptent Drupal Commerce à un rythme plus
rapide.

L’ENTREPRISE
Quelques mots doivent être dits sur la société qui est derrière Drupal Commerce, à
savoir Commerce Guys. C’est une société française et américaine qui a également
une filiale au Royaume-Uni. Cela représente un total (au moment de la publication)

drupal commerce
de 55 employés, dont 30 en France. Les États-Unis gèrent le développement de
la communauté avec le charismatique aka Ryan Szrama, « Monsieur Drupal
Commerce », qui essaie de convertir les utilisateurs de Drupal à Drupal Commerce.

La plupart de la Recherche et du Développement se fait en France, le directeur


technique est également français. Certains américains travaillent en France et
l’équipe est composée de nombreuses nationalités différentes.

Drupal Commerce Commerce Guys a levé 5 millions de


est relativement internationale dollars en mars 2012 auprès d’Alven
Capital, ISAI et également Open
et n’a pas peur de se développer
Ocean Capital, les mêmes qui ont
partout où il y a de la place soutenu MySQL il y a quelque temps
pour le faire ! de cela. Selon Frédéric Plais, PDG de
Commerce Guys, « le fait d’avoir des gens de l’équipe de MySQL derrière nous
(l’une des plus grandes réussites de l’open source) est quelque chose de très
gratifiant ».

DÉPENDRE DE DRUPAL : C’EST UNE BONNE OU UNE MAUVAISE CHOSE ?


Drupal Commerce utilise la communauté open source pour renforcer sa solution.
Le cœur du framework est en effet complètement personnalisable avec pas moins
de 16 000 modules disponibles gratuitement. Drupal Commerce n’a donc pas
ajouté de nouvelles grandes fonctionnalités à son framework car, selon Commerce
Guys, les modules existants fournissent déjà tout ce dont on peut avoir besoin. Cela
est vrai dans un sens, mais que faire si un e-commerçant a des besoins très précis
qui nécessitent des développements spécifiques ? Est-ce que la solution peut
couvrir tous ses besoins avec les modules ?

S’appuyer sur Drupal est une vraie force qui peut aussi se révéler être une grande
faiblesse. En effet, en s’appuyant fortement sur une couche clé qui n’est pas sous
son contrôle, Drupal Commerce n’est pas vraiment entièrement maîtresse de son
destin. Par ailleurs, Drupal est connue pour être très innovante. Les technologies,
les fonctionnalités de base et le framework qu’elle utilise évoluent rapidement.
Drupal Commerce devra s’adapter à ces changements alors que la solution n’a
que peu de contrôle sur eux. Bien sûr, certains des principaux développeurs de
Commerce Guys contribuent à la construction de la feuille de route de Drupal,
mais être totalement dépendant de bases dont vous n’avez que peu de contrôle
peut tout de même être un pari risqué.

Si vous êtes un développeur Drupal expert et que l’on vous demande de construire
un site e-commerce, votre choix peut se porter tout naturellement sur Drupal
Commerce. Vous connaissez déjà parfaitement le CMS et vous serez rapide et
efficace dans la gestion des workflows et des données. Un développeur Drupal
va gagner du temps à coup sûr puisque le framework a été adapté pour lui mais,
pour ceux qui ont une autre expérience et qui n’ont jamais pratiqué Drupal, il ne
faut pas sous-estimer la courbe d’apprentissage car elle est au moins aussi raide
que celle de Magento.

267
Drupal Commerce est une La facilité de prise en main pour les
solution qui combine deux utilisateurs finaux a un prix et les
couches puissantes mais celles- e-commerçants doivent tenir compte
du fait que Drupal est l’un des
ci pourraient aussi ajouter de la
frameworks PHP les plus évolués et
complexité au projet. compliqués du marché. De plus, il ne
faut pas oublier que Drupal est un produit qui change constamment, et cela à un
rythme très rapide.

DRUPAL 8 ET DRUPAL COMMERCE 2.0


La liste des fonctionnalités de Drupal Commerce ne rivalise pas encore avec celle
des acteurs du Tier 1 ni même avec celles de solutions présentes depuis longtemps,
comme Magento ou PrestaShop. La gestion rapide des versions (5 sorties en 18
mois) montre cependant une volonté de progresser dans ce domaine.

Comme indiqué précédemment, Drupal Commerce est totalement dépendante


des évolutions de Drupal. Ceci est illustré, pour le meilleur et pour le pire, dans le
projet Drupal 8. Cette nouvelle version du CMS de classe internationale est une
refonte profonde des fondamentaux du framework. Elle reposera désormais en
partie sur le projet de Symphony 2, en constante évolution et qui monte en flèche
dans la communauté PHP. Mais il s’agit d’un changement parmi tant d’autres car
le projet Drupal 8 représente probablement la plus ambitieuse refonte de toutes
les versions. Pour faire court, quand un projet open source modifie sa version
principale, c’est généralement pour des raisons importantes. Il en va de même
pour Drupal Commerce, migrant de la branche 1.X à la 2.X.

Drupal Commerce étant étroitement liée au moteur de Drupal, l’équipe a décidé


de geler la feuille de route et le développement jusqu’à la sortie de la version 2
de Drupal, ce qui est tout à fait logique. Drupal 8 devrait sortir dans une version
stable en juillet ou en août 2013 et Drupal Commerce devrait être lancée au même
moment en version Beta.

On peut s’attendre à de nouvelles fonctionnalités pour compléter la liste des


capacités existantes et également à une plus grande capacité d’intégration
du service web. API est un maître-mot dans le projet Drupal Commerce et
Drupal 8 (comme la plupart du secteur informatique de toute façon) va dans
le sens des services web REST. C’est un très bel atout (et gratuit de surcroît) pour
Drupal Commerce qui n’a pas à le créer lui-même et à partir de zéro. Comme
habituellement chez Drupal Commerce, les avantages et les inconvénients de
Drupal semblent souvent se compenser mutuellement. La gestion du panier
consommera moins de ressources avec un système de signalisation à la place
d’une actualisation systématique. On pourra utiliser le système de tarification
grâce à des points d’entrée avec une API pour permettre une interaction à la fois
meilleure et plus légère. Le processus de paiement sera également profondément
corrigé. Tous les changements profonds et l’intégration de fonctionnalités peuvent
être suivis sur roadmap page of Drupal commerce.

drupal commerce
BOUTIQUES KICKSTART
Pour les développeurs qui ne sont pas
des ninjas de Drupal ou pour ceux qui
ne veulent pas passer des heures sur
le projet, il est possible de lancer une
« boutique Kickstart » avec des
configurations préinstallées. La
langue, la monnaie, la TVA et de
nombreuses autres fonctionnalités
peuvent être décidées lors de
l’installation, afin de disposer d’un
magasin prêt à fonctionner dès que
possible. Selon Commerce Guys, le
lancement d’une boutique Kickstart
représente un grand gain de temps
(entre 50 à 100 heures pour la
personnalisation).

Cette fonction est une grande


réussite pour Drupal Commerce
car on rencontre habituellement
les « boutiques accélérateur » dans
les frameworks Java et celles-ci
sont généralement réservées aux
acteurs les plus grands. Pour un
e-commerçant, être capable de
configurer rapidement une boutique
tout en conservant une bonne
capacité de personnalisation est
quelque chose de formidable. On peut facilement tester un business model sans
avoir à y passer énormément de temps ni à dépenser des sommes considérables.

Le principal piège de ces accélérateurs est identique à celui de la famille Java :


si un e-commerçant démarre un site web avec un accélérateur, il sera très
profondément lié à Drupal Commerce. Si l’e-commerçant souhaite cesser d’utiliser
Drupal Commerce, il devra redémarrer son projet à partir de zéro. Kickstart,
accélérateur et Demandware sont très semblables sur ce point : ils sont fonctionnels
et offrent un ticket d’entrée plus faible, mais ils rendent le client très dépendant et
prisonnier de la solution.

PLACE DE MARCHÉ DE COMMERCE


La place de marché est dédiée Drupal Commerce a construit sa
aux clients pour qui les bases propre place de marché dans
proposées par la solution laquelle vous pouvez acquérir un
PaaS (Platform as a Service), quelques
ne sont plus suffisantes
extensions, un support et des

269
formations. Il s’agit essentiellement de l’endroit où vous pouvez trouver toutes les
prestations payantes proposées par Drupal Commerce.

• Commerce Platform
La PaaS (Platform as a Service), appelée « Commerce Platform », cible les
développeurs de Drupal Commerce. Il s’agit d’un environnement dans lequel les
développeurs peuvent faire leurs tests, gérer plusieurs équipes, créer leurs propres
workflows personnalisés et voir qui fait quoi grâce à une interface propre et bien
conçue. Cette plateforme est dans un environnement sécurisé, des sauvegardes
sont effectuées en continu et elle permet un rétablissement dynamique du service.
Les développeurs peuvent utiliser la plateforme afin de trouver de nouvelles
optimisations ou de créer de nouveaux conteneurs de développement de manière
flexible.

Cette plateforme a-t-elle été construite afin de diminuer la complexité du


développement de Drupal Commerce ? C’est bien possible et, si c’est le cas, cela
montre que Commerce Guys est consciente que cela représente un obstacle.
L’entreprise essaye de faciliter la vie des développeurs et n’importe qui peut
demander une invitation sur la version bêta.

• Formations & extensions


Drupal Commerce propose des formations pour les débutants, pour les
développeurs, et une master class pour ceux qui n’ont pas d’expérience
directe avec Drupal mais qui veulent convertir leurs talents de développeurs en
compétences Drupal Commerce prêtes à l’emploi.

En ce qui concerne les extensions de commerce payantes particulières, 10 d’entre


elles seulement sont disponibles pour le moment, comme PayPal, Skrill, be2bill,
Kiala, Jirafe et quelques autres. Il s’agit principalement de solutions de paiement
et d’outils de logistique et d’analyse. Ce chiffre est faible à un point préoccupant
par rapport à celui de Magento, dont le nombre d’extensions atteignait plusieurs
centaines après un an. À l’heure où nous écrivons ces lignes, Magento compte
désormais 322 extensions libres.

Drupal fournit bien sûr déjà tout autour du CMS, mais les extensions de Magento
Connect sont loin de ne concerner que le CMS. Ces chiffres ne sont-ils pas
étonnamment bas pour une plateforme revendiquant que, d’ici quelques mois,
elle sera adoptée par un bien plus grand nombre d’entreprises que PrestaShop et
Magento...?

POURQUOI CHOISIR DRUPAL COMMERCE ?


Drupal Commerce a signé avec des références de taille, telles que RoyalMail,
Kenzo, McDonalds, Cartier ou encore The Doors.

Toutes doivent gérer un grand nombre de contenus (photos, vidéos, chansons, etc.)
afin de préserver leur identité de marque qui a été créée depuis des années dans

drupal commerce
le monde « physique ». Par exemple, Kenzo et Cartier sont deux marques de luxe
extrêmement exigeantes quant à leur stratégie de communication et de marketing.
La seule façon de préserver cette stratégie sur Internet est d’être capable de gérer
facilement les contenus et Drupal Commerce répond clairement à ces besoins.

Le côté CMS (venant de Drupal) accroît le potentiel de l’équipe marketing grâce


à un outil simple et efficace permettant de gérer le contenu et les visuels. On peut
également être intéressé par le composant e-commerce car la partie CMS gère
déjà fréquemment une identité visuelle en ligne. Le site web peut finalement devenir
la pierre angulaire de l’image de l’entreprise avec une équipe marketing capable
d’adapter directement les contenus en fonction des tendances, du lancement de
nouveaux produits ou de toute autre actualité sur l’entreprise.

Gratuite et open source, Drupal Cette possibilité exclut très


Commerce peut également être probablement le développement
un bon point de départ pour les personnalisé. Cela consiste plus en
une intégration et une
petites boutiques d’e-commerce
personnalisation légère. Toutefois,
et les pure players qui veulent Drupal Commerce est une solution
un site web robuste malgré un évolutive et peut être adaptée aux
budget serré. cycles de vie de nombreux sites web
classiques grâce à ses nombreux
modules. Par ailleurs, si un problème concernant le CMS semble difficile à résoudre,
cela ne prendra pas longtemps pour trouver la solution sur les forums, lors des
évènements organisés ou sur d’autres sites car la Communauté Drupal est tout
simplement gigantesque.

MOTEUR DE PROMOTION, DE RECHERCHE & NAVIGATION À FACETTES


Drupal Commerce intègre par défaut un moteur de promotion. Celui-ci peut gérer
les besoins de base du travail de promotion, avec les scénarios « fréquemment »
utilisés.

Si on a besoin d’établir des règles avancées, comme celles que M. Plais nous a
données comme exemple « -20 % sur les produits blancs, vendredi matin, de 6 à 10
heures, à Paris seulement », il existe un outil plus avancé appelé « Rules » (Règles).
Pour en savoir plus : (http://bit.ly/10Cj2Oz).

Pour l’animation classique du catalogue (création de diaporama, nouvelle page


de collection, etc.), un module Drupal très célèbre, appelé « Views » (ou Vues, et
oui, à Drupal, on fait simple) est utilisé. Celui-ci est extensible, ce qui signifie qu’avec
un peu de code, vous pouvez l’adapter parfaitement aux besoins de votre site.

La recherche est gérée par Search API, qui peut être relié à SolR, Elasticsearch et
quelques autres moteurs de recherche. Ce module gère également des fonctions
de navigation « à facette », comme le filtrage et un catalogue dynamique affichant
les fonctionnalités. Plus de détails sur :
http://demo.commerceguys.com/ck/products

271
Les fonctionnalités multi-* sont partiellement gérées par le moteur principal de
Drupal (langue, localisation, etc.) et quelques autres le sont par le moteur de
Drupal Commerce (monnaie, catalogues, etc.)

CROSS-COMMERCE, B2B ET MOBILE


Être jeune et plein de talent n’apporte pas la maturité instantanément. Intershop,
Change, et bien d’autres ont mis des années à développer leurs fonctions cross-
commerce et B2B. De plus, Drupal commerce ne semble pas vraiment cibler ce
segment de marché, d’où le peu de fonctionnalités inclues nativement dans le
framework pour couvrir ces besoins.

Les entreprises ayant des activités cross-canal ou B2B ne seraient pas encore
vraiment à l’aise avec Drupal Commerce. La version 2 de Drupal commerce, qui
arrive bientôt, offrira une API REST complète, qui permettra aux tiers de compenser
ces problèmes, si quelqu’un toutefois est prêt à apporter sa contribution dans ce
domaine. La seule capacité native de Drupal Commerce concernant le cross-
commerce est sa capacité mobile, ce qui peut suffire à un pure player en ligne.
Pour les marques qui disposent d’un canal de distribution physique et qui souhaitent
utiliser la pleine puissance du commerce cross-canal, impliquant le point de vente
physique, Drupal Commerce n’a toutefois pas encore de réponse à fournir.

Complètement à l’opposé, il devrait être assez facile de faire un très beau « site »
mobile car le framework Drupal offre toutes les fonctionnalités nécessaires au
développement d’un modèle intégralement en « responsive design ». Les fonctions
primitives nécessaires font déjà partie des normes de Drupal, rendant les modèles,
quels qu’ils soient, faciles à afficher sur une tablette ou sur un téléphone. Ce ne sera
pas gratuit, mais vous ne serez pas limités par le framework.

La plateforme « Commerce Kickstart » devrait bientôt fournir une application native


destinée à être compatible avec l’iPhone et l’iPad.

DRUPAL COMMERCE : UN ÉNORME SUCCÈS ?


Selon l’équipe de Direction, Drupal Commerce connaît un succès phénoménal et
unique sur le marché du e-commerce et de l’open source, comptant des dizaines
de milliers de téléchargements par mois. Toujours selon cette même équipe, plus
de 25 000 boutiques e-commerce ont adopté Drupal Commerce en seulement 18
mois. En mars 2013, Commerce Guys a annoncé que le nombre de téléchargements
du framework avait atteint les 300 000...

Drupal Commerce avait peu de boutiques en production selon le « Top 1 million


d’Alexa », une étude réalisée en mars 2013 par Tom Robertshaw. Nous obtenons
des chiffres similaires lorsque nous exécutons notre propre moteur de détection,
bien que Drupal Commerce soit difficile à détecter. L’éditeur compte environ 450
boutiques dans le même échantillon, sa méthode de détection étant précise. Si
nous extrapolons ces chiffres (et non les nôtres), cela nous donne un peu plus de
dix mille sites en production utilisant Drupal Commerce…

drupal commerce
Ceci étant dit, tous les éditeurs que nous connaissons jouent avec les chiffres,
Magento avec ses boutiques actives, Hybris « confond » souvent ses clients
internationaux (incluant la PIM) avec le nombre de ses clients de solutions
e-commerce, etc. Un autre outil qui donne une vision pragmatique du marché
est themeforest.net. Ce site est une place de marché dédiée aux thèmes pour les
solutions CMS et e-commerce. Si un e-commerçant ou une entreprise veut créer un
site Web rapidement et ne souhaite pas avoir à gérer la conception du site, il se
rend sur ThemeForest, parcourt tous les thèmes disponibles et en achète un dans
la liste. Les concepteurs offrent de toute évidence des thèmes pour les solutions
e-commerce et CMS qui sont massivement utilisés car ils ont ainsi plus de chance
de gagner de l’argent avec.

Une recherche sur ThemeForest nous a donné (le 18 mai) 263 résultats avec
Magento, 62 avec PrestaShop et 3 678 avec WordPress. Une recherche Drupal
Commerce a donné 5 résultats contre 122 pour le CMS Drupal lui-même. Là encore,
on constate un rapport d’au moins 50 entre Drupal Commerce et Magento...

D’après toutes les analyses que nous avons réalisées, il semble difficile que
Drupal Commerce ait atteint les chiffres qu’elle annonce publiquement et nous
ne pouvons que regretter que le « besoin de paraître grand » ait conduit à cette
stratégie un peu exagérée (ces chiffres proviennent du site web de Drupal.

CONCLUSION
Si l’on devait décrire Drupal Commerce en un mot, ce serait souplesse. La solution
est destinée tant aux grandes marques qu’aux petites entreprises. Les équipes de
marketing des marques doivent être capables de fournir facilement de nombreux
contenus et le puissant CMS de Drupal est déjà l’un des plus robustes à ce niveau.

Pour les petites entreprises, Drupal Commerce est une solution qui peut s’adapter
à des budgets serrés pour la création d’un site web évolutif. Drupal Commerce a
également lancé son offre « Kickstart », avec des boutiques préconfigurées qui
ciblent tous ceux qui n’ont pas assez de compétences en informatique pour lancer
un site web à partir de zéro, et c’est aussi pour cela que Drupal Commerce est une
solution qui convient à tant de typologies d’entreprises, sa zone de confort allant du
Tier 4 à la zone d’entrée du Tier 2.
Nous pouvons d’une certaine manière nous interroger sur la manière dont la
vision commerciale de Drupal Commerce peut évoluer. Offrir de la formation
et des prestations de service n’est pas vraiment évolutif. Si vos clients se
multiplient rapidement, votre bande passante humaine deviendra vite un goulet
d’étranglement. Le SaaS, en revanche, permet de faire évoluer rapidement et de
manière correcte sur le long terme et devient même encore plus puissant lorsque la
clientèle augmente. Si nous croyons en ces deux points, il y a de grandes chances
pour que Drupal Commerce se dirige tout droit dans cette direction, en utilisant
la couche de service uniquement en tant que source de revenu temporaire pour
alimenter les autres unités commerciales. Cela dit, la levée de fonds a également

273
été faite pour satisfaire ce point, laissant un léger doute quant aux intentions réelles
sous-jacentes. Il est probable que Commerce Guys ne cherche à maintenir ses
services que pour les très grands sites dont le choix ne se porterait de toute façon
jamais sur une offre SaaS, mais qui sont cependant de très bonnes vitrines.

La souplesse de Drupal est également due à son grand écosystème : les agences
web, les développeurs et de nombreux autres partenaires ont déjà décidé de
mettre l’accent sur Drupal et sont à deux pas de son frère Drupal Commerce. Ceci
est très bien pour les e-commerçants quand on sait que l’écosystème d’une solution
est souvent la clé du succès, en particulier dans le domaine de l’open source.
Trouver un bon développeur ou une bonne agence ne sera pas si difficile, mais
les nouveaux arrivants chez Drupal devront cependant faire face à une courbe
d’apprentissage abrupte, en raison de son architecture spécifique et très avancée.
Nous vous conseillons donc, comme pour Magento, de prendre des personnes
expérimentées pour gérer la création de votre site.

Être basé sur Drupal est ce que l’on peut appeler une garantie de qualité. Si votre
objectif principal est plus l’édition de contenu que les fonctions natives, choisir
Drupal Commerce ne peut pas être une grosse erreur. Drupal est puissante et
robuste, son code est propre, ce n’est donc pas prendre de gros risques que de
baser votre activité e-commerce sur cette solution. Les architectes qui sont derrière
les solutions et qui pilotent la feuille de route et le développement sont des experts
de Drupal, et ils sont parfaitement capables d’anticiper et même de tirer parti au
mieux des évolutions de Drupal (le CMS).

La version 2 de Drupal Commerce sera une première refonte permettant d’atteindre


la maturité et la stabilité plus rapidement. Les sorties trop précoces et encore «
fraîches », que nous regrettions dans la branche 1.5.X de PrestaShop, ont peu de
chances de se produire avec Drupal Commerce. Le framework est encore très
jeune et moins complet que certains de ses concurrents en ce qui concerne la liste
des fonctionnalités, mais il est néanmoins profondément mature pour ce qui est de
ses principes fondamentaux de codage et de son développement de base.

Axé sur le CMS et laissant derrière elle les outils B2B et cross-canal, Drupal se met
dans une position très particulière, en ne couvrant pas certains besoins des plus
grands, tout en offrant d’excellentes possibilités aux clients du Tier 3. Le framework
est toutefois encore très jeune et on peut parier sans risque que les lacunes au
niveau de la couverture des besoins des grandes marques ou des détaillants
seront rapidement comblées.

Un autre point clé de Drupal Commerce réside dans son approche du back
office hautement personnalisable, à tel point qu’un workflow peut être divisé en
différentes parties, chacune menant à une interface de backoffice spécifique
dédiée à une population. Le back office peut ainsi être entièrement sur mesure,
adapté et personnalisé de manière à s’adapter à chaque besoin.

drupal commerce
Cependant, Drupal Commerce doit encore améliorer la courbe d’apprentissage
de ceux qui ne maîtrisent pas le CMS Drupal. Commerce Guys tente de se
concentrer sur la communauté Drupal afin de répandre la solution aussi vite que
possible, mais a tendance à oublier les non-utilisateurs de Drupal, qui pourraient
être intéressés par la solution.

Drupal Commerce est un framework plus qu’une solution, permettant au client


et aux intégrateurs de faire exactement ce qu’ils veulent sans avoir à apporter
absolument tous les composants d’une solution globale, le but étant de transformer
le produit pour le client plutôt que l’inverse, une philosophie partagée par de plus
en plus de gens dans le monde du e-commerce.

275
MISE À JOUR 2016

EXPERTS DU FINANCEMENT
Commerce Guys sait vraiment comment parler aux investisseurs. Après ses deux
premiers tours de financement (800 000 euros pour le premier et 3,2 millions d’euros
pour le second), la société a obtenu un nouveau tour de financement en 2014 de
5,3 millions d’euros. 1,95 millions supplémentaires ont également été accordés à la
société par le programme d’Innovation et de Recherche européen.
Au total, cela fait plus de 11 millions d’euros qui ont été investis. Et, même si Drupal
Commerce aime jouer sur l’ambiguïté avec Drupal pour paraître plus attrayante,
l’entreprise semble hypnotiser les investisseurs. Cependant, au final, l’activité
de Drupal commerce ne décollant pas, les activités de développement ont été
cédées à Actualys.

MAIS ELLE N’EST PLUS CENTRÉE SUR DRUPAL COMMERCE ?


Au cours de la dernière année, selon le suivi effectué de l’activité de développement
de Drupal Commerce, 82 % des codes ajoutés/corrigés ont été validés par deux
développeurs seulement : Szrama (65 %) et Bojans (17 %). Cela semble logique
puisque l’équipe a été réduite entre 2013 et 2014 et aussi compte tenu du fait
que Commerce Guys, depuis 2013, se concentre essentiellement sur son nouvel
environnement d’hébergement Cloud : Platform.sh.

Certains cadres dirigeants de l’entreprise soutiennent que Drupal Commerce est un


projet axé sur la communauté. Un grand nombre de fonctionnalités et d’extensions
sont en effet effectuées par des petites entreprises de freelances qui permettent
d’étendre les capacités du produit, comme Magento l’a fait avec la place de
marché « Connect ». Cela marche tant que les développeurs qui y contribuent
voient la possibilité de se faire de l’argent avec leurs créations.

L’une des forces de Commerce Guys de Drupal a été de compter dans ses rangs
Damien Tournoud, l’un des contributeurs au cœur de Drupal. Avoir la capacité
d’influer sur la feuille de route de Drupal pour inclure Drupal Commerce a
certainement été un levier intéressant. Toutefois, depuis deux ans maintenant,
l’intérêt de Damien est passé du projet Drupal Commerce à Platform.sh et son
attention est désormais portée sur la possibilité de créer une offre cloud Amazon
basée sur le service web, comportant un ensemble de fonctionnalités orienté
développeur.

Commerce Guys a alors également réalisé que Drupal Commerce ne pouvait


pas devenir une source importante de revenus en tant que tel, avec un marché
très concurrentiel et un modèle de service dont l’évolution lui fera difficilement
atteindre des sommets. D’autres entreprises ont essayé ce modèle, consistant à
être à la fois un éditeur et un centre de service pour leurs clients, mais elles n’ont
pas réussi à décoller.

drupal commerce
D’autre part, Platform.sh étant une plateforme de Cloud, elle pourrait évoluer vers
des entreprises de plus grandes tailles avec moins de personnel et générer des
revenus plus récurrents. Cette promesse est certainement plus attrayante, tant pour
l’entreprise que pour ses investisseurs, qu’un modèle de service autour de Drupal
Commerce, menant à la décision de cession de cette activité.

Les dernières levées de fonds ont donc été faites pour investir essentiellement dans
Platform.sh plutôt que dans Drupal Commerce. Pour gérer cette étape charnière,
l’équipe s’est divisée, Damien gérant Plateform.sh tandis que les membres de
l’équipe de Drupal Commerce s’occupaient de Drupal Commerce.

Des validations de code et des correctifs sont presque tous les jours publiés sur le
projet Git, mais l’activité globale effectuée sur la base n’est pas comparable à
celle d’autres solutions et repose essentiellement sur deux développeurs. Dans un
marché en constante évolution comme celui de l’e-commerce, où les entreprises
ne cessent d’innover et de s’adapter aux nouvelles tendances, deux développeurs
pour couvrir à la fois la maintenance et le développement semble un peu léger
par rapport à ce que tout autre éditeur investit en réalité pour rester dans la course.

DRUPAL COMMERCE AU-DESSUS DE DRUPAL 8


Drupal Commerce se trouve effectivement au-dessus de Drupal. On sait que Drupal
8 est une reconstruction majeure de la plateforme et que l’adoption de Symfony en
tant que framework de base change beaucoup de choses au sein de Drupal. De
toute évidence, c’est la même chose pour Drupal Commerce.

Afin de s’adapter à ces changements, l’équipe de Drupal Commerce a commencé


à entreprendre plusieurs adaptations plus profondes. Tout d’abord, le code lui-
même n’est plus seulement disponible sur les sites de Drupal, la nouvelle branche
(Drupal Commerce 2) est maintenant aussi accessible au public sur GitHub.
Ryan et Bojan sont toujours les principaux contributeurs, mais le changement est
visible, Drupal Commerce 2 démarre lentement mais sûrement pour prendre de
l’indépendance par rapport à Drupal.

« Tout ce qui n’est pas « persistant Cela n’est cependant pas le seul
chez Drupal » est désormais changement stratégique dans le
publié sur GitHub plutôt que sur panorama. L’équipe vise également
à se reposer davantage sur Symfony
Drupal.com » - Frédéric Plais.
et moins sur la base de Drupal elle-
même. Il est question d’être aussi autonome que possible par rapport à Drupal, tout
en tirant parti de la puissance d’un framework structuré et entretenu tel que
Symfony. Le code est en cours de reconstruction et est réorienté dans un même
temps. La version, au moment où sont écrites ces lignes, en est encore au stade du
développement.

Le coup d’envoi a d’ailleurs été ostensiblement donné par Fabien Potencier (co-
fondateur de Symfony), Thelia et Sylius.

277
L’approche de Drupal Commerce consistant à impliquer les agences, les
partenaires et même des concurrents comme Thelia ou Sylius pour organiser
ensemble des « itérations », est intéressante. L’équipe aime travailler de façon
souple et partager avec d’autres leurs méthodes de travail, ouvrir la feuille de route
et tirer parti d’une plus grande puissance de travail grâce à la fois à l’open source
et au travail en équipe.

L’architecture globale tend désormais à être constituée d’un cœur, entretenu par
l’équipe de Drupal Commerce, et d’environ 8 modules « secondaires essentiels »,
pour l’expédition, le paiement, l’encaissement, etc. Les modules de la communauté
(environ 600) sont ensuite mis à disposition par la communauté. L’objectif étant de
« macro-assembler » les différentes briques et de parvenir rapidement au but.

L’ACTIVITÉ DE DRUPAL COMMERCE A UN NOUVEAU PROPRIÉTAIRE


Lorsque l’on écrit un livre comme celui-ci, il est assez fréquent que l’on entende
parler d’un évènement modifiant le contenu de l’analyse. C’était le cas il y a 3
ans avec l’acquisition d’Hybris par SAP et cette année ne fait pas exception avec
l’éclatement de l’activité de Drupal Commerce et le rachat de Demandware par
Salesforce.

La nouvelle est parue le 10/02/2016 : Commerce Guys a divisé la société en trois


entités puis en a vendu deux. Commerce Guys semble continuer avec Plateform.
sh à travers une société indépendante. L’activité de Drupal Commerce France
passe sous le contrôle d’Actualys (une société française faisant de l’intégration,
comptant environ 35 employés), tandis que l’activité américaine a été prise en
charge par Acro Media (d’à peu près la même taille), de même que l’équipe de
développement de base.

QUELQUES MOTS SUR PLATEFORM.SH


Le but de Plateform.sh est clair : fournir un contexte optimisé pour héberger les
projets de Drupal, Drupal Commerce et Symfony, dans un environnement souple et
convivial pour les développeurs.
Le principe n’est pas vraiment nouveau, les entreprises reposant sur les instances
d’Amazon pour automatiser la création de serveurs et les louant sur une base
mensuelle sont légion. La plupart des entreprises d’hébergement modernes
fournissent également des services dédiés au-dessus du service web d’Amazon,
en se focalisant de manière différente sur DevOps afin d’apporter des services
secondaires tels que l’automatisation, le déploiement automatique du code
source et des fonctionnalités comparables.

Mais Commerce Guys a expressément ajouté une CLI (interface en ligne


de commande) et une API REST pour permettre d’utiliser des méthodes de
développement réactives et d’automatiser les choses : un environnement de
développeurs, pensé par des développeurs experts pour leurs collègues.

drupal commerce
Cette réorientation des objectifs & ressources de Commerce Guys vers un business
model charnière est logique, mais cela fait néanmoins concurrence à l’activité de
Drupal Commerce. Héberger une boutique développée avec Drupal Commerce
sur un Cloud dédié peut être une bonne option, mais des centaines d’autres
entreprises fournissent également des services pour le faire et une seule est elle-
même l’éditeur de la solution.

Comme d’habitude, les entreprises utilisant Drupal ou Plateform.sh à des fins de


développement et celles l’utilisant vraiment comme environnement d’hébergement
sont toutes mélangées dans le matériel promotionnel de Commerce Guys. Cela
peut donc être une bonne idée de bien vérifier par vous-même les références
mentionnées.

SANTÉ DE L’ENTREPRISE ET TAUX D’ADOPTION DE DRUPAL COMMERCE


En ce qui concerne l’adoption du framework, Commerce Guys utilise les chiffres
du site de statistiques de Drupal et revendique 60 000 sites web en production.
Le nombre de sites de BuiltWith est estimé à 21 000, chiffre qui serait inférieur à
celui d’osCommerce même aujourd’hui, et qui pourrait bien être surévalué pour
différentes raisons.

Tout d’abord, les statistiques de Drupal sont basées sur le nombre d’instances
d’appel de la fonction « mise à jour », lancée lorsque vous vous connectez au back
office. Cela signifie en fait que ce chiffre inclut également les environnements de
préproduction, de développement et de test. Même les sites non accessibles au
public peuvent interroger le code de mise à jour et sont ajoutés au calcul.

La méthode BuiltWith pour enregistrer un site utilisant une technologie n’est pas
connue avec précision, mais il est fort probable qu’elle utilise une approche basée
sur les signatures, méthode qui pourrait éventuellement également être inexacte.
Drupal Commerce est assez difficile à distinguer de Drupal car la signature implique
de tester un mécanisme spécifique, assez difficile à découvrir.

Selon notre propre recensement (effectué à partir de notre base de données


comprenant 1,4 millions de sites e-commerce), la signature de Drupal Commerce
a seulement été trouvée 3 676 fois, en production. Comme nous l’avons dit
précédemment, la signature est assez difficile à repérer vraiment et la réalité est
probablement quelque part entre nos chiffres et ceux de BuiltWith. Un grand
nombre de développeurs ayant essayé et observé le produit peuvent finalement
ne pas l’avoir mis en production. Quelle que soit la façon dont vous mesurez le
succès de Drupal Commerce, celui-ci est mitigé. Néanmoins, le comparer avec
celui de WooCommerce serait une erreur étant donné que Drupal Commerce vise
à motoriser des sites plus sophistiqués, mais par rapport à Magento ou à PrestaShop,
dont les segments de clientèle sont identiques (Tier 3), l’accélération est moindre.

Les finances de la société, que l’on peut consulter en ligne, sont inquiétantes. Le
chiffre d’affaires global a chuté de 14 % entre 2013 (1 million d’euros) et 2014 (0,85

279
million d’euros), le bénéfice net est passé de -2 millions d’euros à -2,8 millions d’euros
et le nombre d’employés a également diminué, passant de 26 à 19. La société a
également une filiale au Royaume-Uni, qui affiche de très petits chiffres (155 000
livres de passif et 275 000 livres d’actifs).

Même avec un financement important, le taux de consommation de trésorerie reste


élevé et les revenus ne compensent pas encore les dépenses. Dans un marché
en pleine croissance, les investisseurs ne peuvent pas indéfiniment financer les
entreprises incapables de valider un business model. Les pertes accumulées au
cours des 4 dernières années dépassent déjà les 5 millions d’euros et même s’il
reste des liquidités, le rythme actuel des dépenses pourrait mettre l’entreprise en
danger en moins de 2 ans si elle ne trouve pas une source de revenu stable grâce
à ses initiatives de Cloud.

UN GRAND BASSIN DE CLIENTÈLE ET UNE CERTAINE DYNAMIQUE


Si certains signaux sont inquiétants, d’autres sont quant à eux positifs.

Drupal Commerce commence à rencontrer un peu d’engouement sur le marché


et l’intérêt de la clientèle semble à la hausse. C’est là que nous pouvons prendre
la mesure de toute la complexité de l’activité open source. Votre logiciel pourrait
devenir un succès alors que la maison-mère ou même tout simplement les
développeurs qui sont derrière lui crient famine. C’était le cas de grandes briques
de l’open source comme OpenSSL, utilisées par des millions d’entreprises, livrées
dans les versions de plusieurs centaines de micro logiciels ou de logiciels ayant
une toute petite équipe de base, sous-financée. C’est aussi ce qu’il s’est passé pour
le fameux patch de sécurité Linux, GRSec, et de nombreux autres. Qui se soucie
d’ailleurs de la façon dont GCC (l’ensemble des compilateurs de GNU) ou Bash (le
principal Shell Unix) sont financés ?

Reste le fait que Drupal Commerce pourrait devenir une alternative à Ubercart,
WooCommerce ou même Magento, si une entreprise pouvait réinventer le business
model et investir suffisamment de ressources pour lui donner de la visibilité et lui
fournir de la main-d’œuvre.

Outre ces signes très positifs, Drupal lancera bientôt une version très importante de
son produit : la version 8. Certaines versions peuvent être considérées comme plus
ou moins importantes en fonction du contexte, mais la v8 du très célèbre CMS est
une réinvention totale de Drupal, ayant un fort impact sur Drupal Commerce.

Le passage à Symfony 2 et la reprogrammation d’une grande partie des fonctions


a pris du temps, mais cela va sans aucun doute mener Drupal encore plus loin,
permettant à de nombreuses entreprises d’investir dans ce très solide CMS, à
l’avenir garanti. De nouveaux clients vont se pencher sur Drupal, tandis que les
clients actuels seront confortés dans leurs choix, ce qui ne pourra que bénéficier à
Drupal Commerce.

drupal commerce
Commerce Guys a pris la mesure de ce virage il y a déjà un certain temps et a
préparé son propre produit pour évoluer avec son grand frère. Très peu de temps
après, Drupal annoncera la v8 et dans quelques mois, la première version de
Drupal Commerce v2 sera également disponible pour les développeurs.

Par ailleurs, quelques nouvelles références sont intégrées, comme certaines


marques du groupe Richemont, Yves Rocher, « la monnaie de Paris », Eurostar,
Royal Mail et BPost.

CONCLUSION
Assez souvent (sinon toujours), le modèle éditeur + intégrateur n’a pas fonctionné
pour les logiciels open source. RBS Change n’y a pas survécu, Drupal Commerce
non plus, et l’on pourrait citer beaucoup d’autres exemples. La question est
assez simple, si vous proposez à la fois la solution et son intégration, vous êtes
en concurrence avec vos propres agences, intégrateurs et partenaires. Ceux-ci
perdent alors confiance et ne souhaitent pas mettre votre produit en avant. Il est
très probable que ce scénario se reproduise à nouveau avec Actualys et Acro
Media, qui sont des « partenaires exclusifs ».

Lors de l’évaluation de l’empreinte de Drupal Commerce sur le marché, il faut être


prudent car aussi bien techniquement qu’en termes de communication, la ligne est
très floue entre Drupal et Drupal Commerce. Certains ont présenté des références
qui n’existaient plus ou sont passés à une autre technologie entre-temps, comme
Kenzo, Cartier ou McDonalds, tandis que d’autres marques ont décidé d’y adhérer.
Il est possible que Commerce Guys voie son avenir dans l’hébergement plutôt que
dans son travail d’éditeur, mais cela laisserait un terrible vide dans l’écosystème
e-commerce PHP. Drupal Commerce est en quelque sorte assis sur une mine d’or
grâce à Drupal et l’architecture solide et évolutive qu’elle fournit. De nombreuses
entreprises ayant déjà « adopté » Drupal souhaiteraient probablement étendre leur
site actuel à des fonctionnalités e-commerce et Drupal Commerce est le moyen le
plus évident de le faire.

Le produit est simple sans être simpliste, mais il aurait pu bénéficier d’une équipe
de codeurs plus grande pour l’améliorer, surtout avec tous les fonds levés à ce jour.
Au lieu de cela, seuls deux codeurs passionnés semblent très actifs sur le produit,
ce qui ne montre pas un grand intérêt de la part de l’éditeur.

Si votre entreprise est attachée à Drupal, Drupal Commerce peut être un choix
intéressant, surtout avec la version 2 à venir bientôt sur Symfony. L’avenir nous
dira si Drupal Commerce a survécu aux récents changements et si la solution a
décollé. L’intérêt croissant des clients de taille moyenne et le tsunami que Drupal 2
va déclencher pourrait faire du bien au projet de Drupal Commerce. Néanmoins,
il s’agit d’un monde très concurrentiel pour les solutions et un grand nombre de
nouveaux arrivants, avec de nombreuses cartes en main, se bousculent. Rien n’est
joué pour Drupal Commerce, ni dans un sens, ni dans l’autre.

281
LES POINTS FORTS DE DRUPAL COMMERCE
(Plus il y a de points, mieux c’est. Sur chaque KPI (indicateur clé de performance),
il y a au moins une solution avec 5 points ; il s’agit donc d’une comparaison entre
les solutions).

POSITIONNEMENT DRUPAL COMMERCE


Chiffre d’affaires pour envisager la solution (On premise / SaaS) > $200 K
Positionnement actuel sur le marché Tier 3
Direction de l’éditeur Tier 2
Profil (B2C, B2B) B2C
Opensource Oui, PHP
L’éditeur met en avant… Le CMS
L’éditeur met en avant… La communauté
L’éditeur met en avant… La modularité
Nous sommes impressionnés par… Le CMS
Nous sommes sceptiques sur… Leur futur
Buget minimum pour créer un site (On premise / SaaS) 20 k$
KPI GÉNÉRAUX DRUPAL COMMERCE
Le coût de la solution (licence, intégration, hébergement) (On premise / SaaS) HHHHK
Progressivité et /ou flexibilité des frais de licence/location n/a
Délai de commercialisation (On premise / SaaS) HHHK
Variété/Qualité des boutiques de démonstration à s’adapter à un usage spécifique (mis à
HHHK
part la boutique standard)
Capacités marketing basiques (moteur de promotion, coupon, carte cadeau, etc…) HH
Niveau de navigation & présentation multidimensionnelle du catalogue (multi-boutiques/
HHH
mulitlangues/etc…)
Ecosystème (communauté, partenaires, intégrateurs, forums, etc…) HHHH
Convivialité et facilité d’utilisation du back office HHHK
KPI TECHNIQUES (PLUS IL Y A DE POINTS, MIEUX C’EST !) DRUPAL COMMERCE
Complexité du développement personnalisé pour étendre le système HHH
Nombre de logiciels/extensions/services non disponibles HH
Nombre de produits/services complémentaires de l’éditeur HH
Évolutivité & performances du front office (temps de chargement des pages) HHHH
Vitesse du back office et évolutivité (nombre d’utilisateurs simultanés) HHH
Capacités de CMS natives HHHHH
Capacité de service web/API natives (connexion avec des tiers, comme un ERP ou un
HH
logiciel de logistique)
Liste des fonctionnalités B2C (par défaut, sans extensions ou programmes parallèles) HH
Mobile (application native, application hybride, responsive design) HHH
KPI DES FONCTIONNALITÉS AVANCÉES DRUPAL COMMERCE
Capacités de searchandising avancé & de personnalisation HHK
Capacités de multi/cross/omni canal H
Gestion avancée native du catalogue (PIM, multi-catalogue, attributs, lots…) H
SGC (Système de Gestion des Commandes) intégré ou connecté nativement H
Outils marketing avancés (marketing adaptif, tunnels de navigation dynamiques, etc…) HH
Capacités B2B natives H

drupal commerce
NOTES

283
presta-
shop:
le phœnix
renaît de ses cendres

prestashop
INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LA SOLUTION

Éditeur PrestaShop SA
Chiffre d’affaire en 2014 Environ 14 M€ en 2015
Business model (e-commerce) Modules, SaaS, Support
Coût de la licence Gratuit
Technologie PHP 5
Framework Symfony 2
Base de données MySQL, PostGreSQL, MariaDB
Version (à la date de l’étude) 1.7
Licence Open source
Première sortie 2008
Origine France
Budget de réalisation d’un site
2 K€ / 10 K€ / > 40 K€
(Bas/Moyen/Haut)
Typologie de recommandation Détaillants, Marques, Petits pure players

Temps moyen
Étendue Sites en Utilisation
de génération
géographique production par Tier
du code HTML

TIER 4
TIER 3
Environ TIER 2
1 200 ms
220 000
TIER 1

Positionnement dans le Tier et tendances futures

TIER 1 TIER 2 TIER 3 TIER 4

_ _

Performances sur le marché par rapport à la concurrence

MAGENTO PRESTASHOP VIRTUEMART OPENCART ZEN CART

285
INFORMATIONS TIRÉES DE L’ANALYSE DE 2013

À PROPOS DE LA SOLUTION
PrestaShop est une solution e-commerce PHP et open source française créée par
Bruno Lévêque, facile à prendre en main et très répandue dans le monde. Il y a 135
000 boutiques en ligne (dont 2 % en mode SaaS) qui fonctionnent avec PrestaShop
aujourd’hui. Chaque mois, entre 100 et 150 boutiques en ligne sont lancées avec
PrestaShop. Cette solution est l’un des leaders e-commerce en termes de boutiques
en ligne actives selon la plupart des études, y compris celle que nous avons réalisée
avec notre propre outil.

C’est un point très positif pour tous les futurs e-commerçants qui souhaitent
utiliser cette solution. Plus une solution est répandue, plus il est facile de trouver
de l’aide, des informations, des fonctionnalités complémentaires gratuites, de
bons organismes qui connaissent la solution, etc. En choisissant une telle solution,
les chances d’échouer sont considérablement réduites. C’est la force de l’open
source et PrestaShop dispose d’une grande communauté.

Avec près de 50 % de ses revenus provenant de la place de marché des extensions,


la solution dispose désormais d’un business model qui semble être rentable. Il
paraîtrait même que l’entreprise (c’est son PDG qui le dit) fait de nouveau des
bénéfices depuis 2013. Son fondateur annonce quant à lui que le chiffre d’affaires
estimé pour les États-Unis est de 2 millions de dollars, ce qui est une bonne nouvelle.

TECHNIQUEMENT
Techniquement parlant, PrestaShop est un système PHP orienté objet, très lisible
et facile d’accès. La solution repose sur la base de données MySQL et a une
empreinte sur les performances techniques du serveur. PrestaShop est, de loin, la
solution la plus simple à développer parmi celles examinées dans ce livre. Ce seul
fait explique déjà pourquoi ce framework est largement adopté au niveau mondial.
Les techniques de codage très évoluées de Drupal Commerce ou de Magento
sont sans aucun doute sophistiquées et d’une certaine manière efficaces, mais
elles excluent un grand nombre de développeurs de par leur complexité.

Pourtant, la simplicité ne signifie pas que l’on soit limité pour autant. Le service
web est l’un des plus développés du marché et ses nombreuses fonctionnalités
sont constamment améliorées. L’application mobile est bonne et plutôt complète,
même par rapport à celles fournies par les entreprises facturant des milliards de
dollars. La liste des fonctionnalités est très poussée, grâce notamment à la venue
dans l’entreprise de Christophe Cremer. Le rêve de PrestaShop de devenir une
nouvelle Magento a probablement conduit l’entreprise à certains excès mais cela
lui a aussi permis de faire pendant cette période un bond de géant en ce qui
concerne sa feuille de route.

Une grande partie du code a dû être retravaillé car l’empressement qui prévalait à
ce moment-là était peut-être une bonne chose pour le marketing mais n’était pas si

prestashop
efficace en termes de qualité. Le fondateur lui-même s’est recentré sur l’essentiel et
a corrigé beaucoup d’erreurs et quelques failles de sécurité. À sa sortie, la version
1.5 a été considérée par beaucoup comme une version bêta, un travail non abouti.
Les difficultés semblent maintenant être résolues et le code source de PrestaShop
est de nouveau très opérationnel et beaucoup plus propre.

Le système de cache, moins avancé que celui de Magento, n’est donc pas
aussi efficace. Cependant, le système étant assez léger, les sites développés
sous PrestaShop peuvent fonctionner rapidement si la configuration du serveur
ou les performances sont bien réglées. Dans la zone d’ombre, on peut noter que
PrestaShop ne repose encore sur aucun framework.

On pourrait penser que la version 2 en utilisera un mais, pour l’instant, tout est « fait
maison ». Cette approche a des avantages mais aussi quelques inconvénients,
qui ont conduit la plupart des autres solutions à s’appuyer sur un framework (Zend,
Symfony, Drupal, etc.). De plus, même des solutions basées sur Java reposent sur
des frameworks. Le framework détient de nombreuses fonctions primaires, vous
permettant de vous concentrer sur votre propre valeur ajoutée. Par exemple, quel
est l’intérêt de redévelopper un connecteur de base de données, un parseur ou un
système de cache si votre framework les fournit déjà ?

Loin de ne faire que courir après les autres, PrestaShop cherche également à
innover là où elle peut, comme ça a été le cas avec l’assurance paniers virtuels
ou avec l’exportation directe vers eBay. Certains applicatifs de tierces parties
intéressants permettent de manipuler le catalogue avec un applicatif « riche »
(écrit en langage C) qui permet de gagner beaucoup de temps en l’éditant en
mode déconnecté (une synchronisation par le service web est faite par la suite).

Comme toutes les solutions en PHP, PrestaShop ne peut pas atteindre les plus
grandes entreprises (générant plusieurs dizaines ou centaines de millions d’euros
en ligne) car au-delà du défi technique, les solutions PHP utilisent un langage
interprété (PHP), MySQL la plupart du temps, mais pas de serveur d’applications
de logiciels médiateurs. Cela ne permet pas de créer un entonnoir, comme dans
la solution WebSphere Commerce, où des milliers de chargements simultanés
n’impliquent pas des millions de requêtes dans la base de données.

Le back office est en langage HTML de base (pas en XUL ou en Flash), mais il
est clair et plus convivial que celui de Magento. Par ailleurs, une démonstration
entièrement fonctionnelle est disponible en ligne sur leur site web, tant pour le front
office que pour le back office. (http://www.prestashop.com/en/demo).

Lorsque nous avons testé la vitesse de la solution, nous avons constaté que les
temps de chargement de PrestaShop étaient lents, mais cela est principalement
dû au fait que les personnes utilisant PrestaShop ont généralement un petit budget
et utilisent des sociétés d’hébergement inefficaces et non spécialisées.

287
COMME NOUS L’AVIONS PRÉVU, PRESTASHOP A CONNU UNE ANNÉE DIFFICILE
Dans notre première édition, nous avions indiqué que la solution PrestaShop était
adaptée aux petits e-commerçants et que sa stratégie consistant à essayer de
rivaliser avec Magento était probablement une erreur. La dernière phrase de notre
conclusion sur PrestaShop était : « [...] De même, avoir une stratégie « en propre »
et ne plus se focaliser uniquement sur celle de Magento pourrait être bénéfique,
la solution a suffisamment d’avantages à faire valoir pour se forger un chemin. Être
différent, unique, jouer de ses propres forces a souvent beaucoup plus de vertus
que de courir après le meilleur de sa catégorie ».

QUE S’EST-IL PASSÉ ?


PrestaShop a traversé une rude tempête en 2012 et beaucoup de gens ont cru
que la solution était sur le point de mourir. De nombreuses personnes licenciées
ont porté plainte contre l’entreprise, les premières versions 1.5 sorties n’étaient pas
abouties et avaient des bugs, les revenus étaient encore incertains et le business
model était mal conçu.

Tout a commencé lorsque l’ancien PDG, Christophe Cremer, a été écarté par ses
associés. Sa stratégie de courir après Magento a été une erreur très coûteuse et
PrestaShop s’est trouvée au bord de la faillite.

La société était à court d’argent et a dû licencier des développeurs, dont certaines


personnes clés. Certains d’entre eux ont décidé de poursuivre l’entreprise en justice
ce qui, en France, peut coûter vraiment * très cher *.

Quand tout cela a été divulgué, l’ensemble de l’écosystème e-commerce se


demandait si PrestaShop allait survivre à cette crise. Mais c’est dans les périodes
de crise que l’on reconnaît les personnes fortes et comme le dit le dicton chinois :
« Les tuiles qui protègent de la pluie ont toutes été installées par beau temps ». Le
fondateur a revu ses prérogatives et a nommé M. Tezner PDG afin de restructurer
l’entreprise, tout en corrigeant les aspects techniques et en essayant de percer sur
le marché américain. La société a déménagé ses bureaux du centre de Paris vers
la banlieue et a commencé à modifier sa stratégie de communication. Aujourd’hui,
PrestaShop n’a pas honte de dire que la solution a pour cœur de cible les petits
e-commerçants. C’est plutôt judicieux quand nous savons que, rien qu’en France,
95 % des e-commerçants ont un chiffre d’affaires inférieur à 1 million d’euros.

Ces décisions difficiles ont sans doute sauvé l’entreprise d’un avenir encore plus
sombre et, même si cela a été dur pour PrestaShop, la solution est toujours présente
et connaît même une croissance continue. Quoi qu’il en soit, les logiciels open
source largement adoptés ne meurent jamais. Lorsqu’ils atteignent une telle
ampleur, il y a toujours quelqu’un pour s’occuper du framework, ce qui permet aux
commerçants de choisir une solution open source pour se sentir rassurés. Depuis
septembre 2012, les comptes sont annoncés à nouveau dans le vert, mais cela est
difficile à vérifier puisque la société ne publie ni son bilan ni ses comptes. (Selon la
loi française, l’entreprise devrait les publier, mais elle peut aussi choisir de ne pas le
faire et préférer payer une amende).

prestashop
L’entreprise semble être maintenant sur la bonne voie et capable de réagir et de
s’adapter à un marché en constante évolution. Le test de résistance a été plus
difficile que pour la plupart de ses concurrents, mais PrestaShop a tenu bon.
Les idées développées en interne sont intéressantes et certains changements
importants sont à prévoir au cours de 2013.

QUELLES SONT LES NOUVEAUTÉS DE PRESTASHOP ?


La version 1.5 a été faite pour cibler les grands comptes. Elle était censée apporter
toutes les nouvelles fonctionnalités qui manquaient à PrestaShop pour être en
mesure de rivaliser avec Magento : multi-devises, multi-boutiques et multi-stock... à
peu près toutes les fonctions commençant par « multi ».

C’est le dernier héritage légué par l’ancien PDG Christophe Cremer et PrestaShop
n’a pas pu stopper cela car une stratégie de communication complète destinée
à promouvoir toutes ces fonctionnalités était déjà prévue. Le bon côté de la
version 1.5 est qu’elle offre aux petits e-commerçants la possibilité d’obtenir des
fonctionnalités qui sont généralement destinées aux grands.

L’application mobile a été améliorée (même si elle était déjà parmi les plus
convaincantes du marché) et les e-commerçants ont désormais accès à un
large éventail de thèmes en « responsive design » sur addons.prestashop.com.
L’équipe de développement veut vraiment simplifier la vie des utilisateurs et des
développeurs en leur fournissant des applications de codage faciles à prendre en
main. L’application mobile a été récompensée au salon français du e-commerce
en tant que meilleure application dans la catégorie Mobile.

En ce qui concerne la feuille de route, PrestaShop a déjà commencé le


développement d’une version 2.0 et a prévu de nouvelles versions mineures afin
d’améliorer les fonctionnalités tous les 2 ou 3 mois.

L’équipe veut continuer l’internationalisation de sa communauté dans l’objectif de


devenir la 1ère solution e-commerce en termes de boutiques e-commerces actives
dans le monde. Un autre de ses objectifs principaux est que la solution devienne en
2013 encore plus facile à utiliser pour les e-commerçants et les développeurs. Les
développeurs travaillent également sur une refonte de PrestaBox, la version SaaS
de PrestaShop, et de grands changements seront annoncés en 2013.

PRESTASHOP VA-T-ELLE ESSAYER DE DEVENIR UN SAAS ?


Comme nous le disions ci-dessus, seulement 2 % des utilisateurs utilisent la version
« SaaS like » de PrestaShop alors que l’objectif de l’entreprise est de devenir le
numéro un des solutions e-commerce pour les petits comptes. Si PrestaShop veut
conquérir l’ensemble du marché, nous pouvons supposer qu’elle va utiliser son
SaaS comme une pierre angulaire de sa stratégie à long terme afin d’être le
logiciel e-commerce le plus facile à utiliser au monde.

289
Pour les e-commerçants qui ne s’y connaissent pas en hébergement, en web
design, en PHP ou encore pour ceux qui n’ont pas toutes les compétences
nécessaires pour gérer une activité e-commerce : le SaaS est la seule solution.

Mais Prestabox ne peut être, en l’état, la solution SaaS leader de demain. Ce


système n’est pas encore entièrement autonome, complet et évolutif. De plus, Il a
de sérieux concurrents, bien équipés, sur son marché national (la France). Oxatis
& Powerboutique et ePages occupent une place prépondérante. Sur le plan
international, Venda, BigCommerce, Shopify ou encore Demandware ont de plus
en plus de parts de marché. Pour s’imposer dans ce panorama très compétitif,
PrestaShop devra donc apporter à la fois un produit très complet et efficace,
mais aussi un business model novateur. L’expérience accumulée avec PrestaBox
pourrait également aider l’entreprise à passer en douceur d’un modèle à l’autre.

Pourtant, PrestaShop vient d’une sphère où les coups volent et où les e-commerçants
sont particulièrement exigeants. Amener le produit d’intégration à un SaaS de
qualité comparable sèmerait sans aucun doute la pagaille parmi les acteurs
existants. Si cela est fait d’une manière intelligente, le produit d’intégration open
source pourrait partager le code source du SaaS, permettant à PrestaShop de
maintenir une unique gamme de produits capable d’aborder également le
marché du SaaS.

Avec 8,6 % de parts de marché et 130 000 boutiques en ligne actives dans le
monde, le modèle SaaS serait la prochaine étape logique pour la solution et l’on
pourrait assister très prochainement à une compétition féroce entre ces acteurs du
e-commerce SaaS.

EXPANSION AUX ÉTATS-UNIS


Bruno Lévêque, co-fondateur de PrestaShop, est allé aux Etats-Unis pour vivre son
rêve américain et a donné son statut international à la solution. Son objectif est de
concurrencer les autres solutions directement sur le terrain et d’obtenir 15 % des
parts de marché aux États-Unis. Cela semble assez difficile à réaliser quand on voit
que Magento (le leader mondial du e-commerce) gère 200 000 boutiques en ligne
partout dans le monde et possède 26 % des parts de marché.

Mais cette expansion est stratégique pour PrestaShop dont les dirigeants ont
compris que s’ils voulaient s’ancrer profondément dans le Tier 4 et se positionner
dans le Tier 3, être connu en France n’était pas suffisant. D’autre part, si la solution
devenait célèbre aux États-Unis, le marché le plus concurrentiel pour les solutions
e-commerce, elle pourrait devenir un leader incontestable dans le monde entier.

Par ailleurs, M. Lévêque aime le modèle américain, la manière de penser des


capital-risqueurs et l’état d’esprit en général de ses pairs de la Silicon Valley. C’est,
sans aucun doute, une source d’inspiration constante pour son projet.

prestashop
M. Lévêque est un stratège et un expert technique mais quand PrestaShop a
connu une période difficile vers octobre 2012, il aurait peut-être été intéressant
que le co-fondateur de la solution lui-même parle à la communauté à travers
des communiqués de presse, des conférences de presse ou lors d’un barcamp.
Benjamin Teszner a surmonté l’essentiel de la tempête et a fait un gros travail en
répondant à toutes les personnes qui ont essayé de ruiner la solution. Cette question
de leadership aurait pu être un piège pour PrestaShop qui a beaucoup misé sur
sa communauté mais qui manque d’un leader pour promouvoir le produit et ses
atouts. L’ancien PDG avait d’autres faiblesses, mais il a en tout cas certainement
beaucoup attiré l’attention sur le produit.

CONCLUSION
PrestaShop a modifié sa stratégie et c’est une bonne nouvelle. Le nouveau PDG,
Benjamin Teszner, a non seulement décidé d’arrêter de courir après Magento, mais
aussi de commencer à gagner plus d’argent afin d’être rentable.

PrestaShop a perdu beaucoup de temps avec ce changement de direction mais


la solution est encore massivement utilisée par les boutiques en ligne et il ne fait
aucun doute qu’elle va apprendre de ses erreurs. L’objectif de devenir le leader
sur le Tier 4 semble accessible, mais cela nécessitera un business model différent
et novateur...

L’équipe a maintenant une feuille de route claire, elle connaît la stratégie de


l’entreprise et de nouvelles fonctionnalités sont prévues. Si PrestaShop investit dans
une version SaaS et consolide son business model, nous pourrions voir l’émergence
sur le Tier 4 d’un leader de poids.

Pour les e-commerçants qui se lancent en ligne, deux voies sont possibles : prendre
un SaaS ou personnaliser un framework d’intégration en fonction de leurs besoins.
À l’heure actuelle, PrestaShop s’inscrit dans cette seconde lignée et représente
une solution très abordable, avec des ressources qualifiées faciles à trouver. La
simplicité de la solution, la disponibilité d’un écosystème solide, tout cela garantit
une intégration facile, dans les limites d’une planification contrôlée.

Des modèles très efficaces et bien pensés sont disponibles, incluant de nombreux
autres modules qui laissent souvent les intégrateurs avec une faible charge de
travail, consistant souvent en une petite intégration. PrestaShop peut aussi être
une véritable alternative pour tous ceux qui gèrent une activité plus grande, mais
qui souhaitent éviter la complexité des autres acteurs, notamment pour les pure
players, car l’infrastructure n’est pas conçue pour couvrir les besoins des magasins
physiques.

291
MISE À JOUR 2016
DE RETOUR DE L’ENFER
Nous avons quitté PrestaShop alors qu’elle était dans une position compliquée
au moment de notre dernière étude, mais la société était déjà en train de se
remettre. Le PDG a de nouveau changé et a été remplacé par quelqu’un de très
expérimenté et dynamique.

Mme Corinne Lejbowicz était auparavant PDG de LeGuide, mais elle a aussi exercé
de nombreuses fonctions importantes au sein de différentes sociétés, y compris
au sein de très grandes sociétés telles que Vivendi. Parallèlement, Bruno Lévêque
continue à développer l’activité aux États-Unis et à récolter les meilleurs conseils
qu’il puisse obtenir des leaders d’opinion de la Silicon Valley.

Même si PrestaShop est une solution destinée au Tier 4, cela ne l’a pas empêché
jusqu’à maintenant de conquérir plusieurs marques prestigieuses, comme Zippo,
Will.I.am, Parrot, Décathlon HKG ou encore Waterman. La solution se développe
au-delà des frontières européennes et suscite même un bel intérêt en Amérique
du Sud.

Les enjeux sont importants dans la mesure où PrestaShop s’est fixé des objectifs
ambitieux et que la société doit également satisfaire les capital-risqueurs qui l’ont
soutenue. La dernière levée de fonds de 6,75 millions d’euros a eu lieu début 2014,
faisant suite à celle de 3 millions d’euros faite en 2011. Même si la société s’améliore,
le point principal de cette nouvelle levée de fonds était un business plan tout à fait
différent.

En effet, même si PrestaShop pouvait progresser et être rentable avec son business
model classique de place de marché de module, celui-ci aurait difficilement
permis à l’entreprise de peser plus d’une dizaine de millions. PrestaShop a plutôt
préféré s’engager dans la bataille SaaS. Le marché compte déjà de puissants
rivaux comme Shopify, Volusion, Big Commerce ou même le concurrent local
Oxatis, mais la réputation déjà bien établie et la base d’utilisateurs de PrestaShop
donne du crédit à ses ambitions.

Pour pouvoir exploiter des bénéfices dans un monde où la concurrence est rude (et
s’il y en a bien un, c’est sans aucun doute celui du SaaS), la société doit néanmoins
commencer par être organisée et rentable. Grâce au travail et à l’expérience de
Mme Lejbowicz ainsi qu’à l’héritage de M. Teszner (l’ancien
PDG), PrestaShop est désormais forte, et ses 120 employés sont
prêts pour cette bataille.

Le phénix renaît de ses cendres et est prêt à reprendre son envol


et, afin de marquer cette dynamique retrouvée, l’entreprise a
déménagé son siège social dans le centre de Paris, affiche un
tout nouveau logo et... s’est même offert un chat ! Elle a donc
désormais à peu près tout ce qu’il faut pour réussir sur Internet.

prestashop
Le marché du e-commerce étant en plein essor à travers le
monde, PrestaShop est déterminée à accroître davantage sa
portée internationale et à aider les nombreux détaillants potentiels
à aborder le marché en ligne avec une solution puissante mais
facile à prendre en main.
LA VERSION SAAS
Lorsque votre solution alimente 220 000 boutiques à travers le monde, vous avez,
comme toute entreprise, des obligations. Passer à un modèle entièrement SaaS et
laisser tomber la base de clients existante aurait été maladroit.

L’équipe de PrestaShop a été assez intelligente pour construire la version SaaS sur
la version classique « on premise ». Cela permet de maintenir un seul code source,
tout en le rendant accessible à travers deux canaux différents.

Avec « PrestaShop Cloud », le commerçant obtient presque tout gratuitement. Le


modèle de rémunération est basé sur des partenaires tiers (paiement, logistique,
etc.) qui paient pour être intégrés à la solution, mais aussi sur le support, où les 10
premiers tickets sont gratuits et où les tickets suivants coûtent environ 15 euros, et sur
la revente de modules.

Un grand nombre de modules sont livrés gratuitement mais d’autres, conçus par
PrestaShop ou par des développeurs de la communauté, sont facturés à des
prix de l’ordre de 200 euros. En bref, si le tiers en question souhaite par la suite
vous vendre quelque chose (comme un coût par transaction par exemple), son
module sera très probablement gratuit, mais si vous étendez les fonctionnalités de
PrestaShop avec un module, cela pourrait vous être facturé.

Des centaines de thèmes sont disponibles, certains d’entre eux étant réactifs, et ils
sont à un prix vraiment très raisonnable, allant de 30 à 150 €.

Hors de la boîte, la plateforme


est malgré tout très complète
et même si les performances
sont moyennes en termes de
temps de chargement (mais
rien de dramatique, ne vous
inquiétez pas), le produit est
incroyablement complet,
positionnant PrestaShop parmi les meilleurs SaaS d’entrée de gamme disponibles
de sa catégorie. Il est évident qu’il n’est en aucune façon comparable à
Demandware pour le moment (notamment sur le plan marketing), mais Shopify et
Big Commerce peuvent commencer à se faire du souci. Par rapport à d’autres
solutions SaaS, PrestaShop Cloud propose environ 600 fonctionnalités gratuites, qui
seraient sinon facturées plusieurs milliers de dollars par Shopify par exemple.

293
L’équipe de PrestaShop ne fait pas qu’offrir un bon produit, elle fournit également
des conseils à travers ses blogs, ses newsletters ou même sur son site, notamment
grâce à un assistant qui vous aide à intégrer la solution. Une ludification a
également été intégrée, vous permettant d’accumuler des points tout au long de
votre parcours d’e-commerçant.

Exploiter une base de plusieurs centaines de milliers de commerçants travaillant


déjà sur la plateforme donne également à PrestaShop la possibilité de monter le
modèle en gamme sur sa base de clientèle existante, offrant une nouvelle façon
de monétiser ces clients qui sans quoi auraient été « gratuits ».

Un « pack de démarrage » coûtant 2 000 euros a également été mis en place


par l’équipe de support afin d’aider les nouveaux commerçants à démarrer avec
quelques modules essentiels, un thème correct et l’assistance de spécialistes
pendant quelques heures pour les aider à faire leurs premiers pas et à intégrer leur
premier catalogue.

Le back office est complètement


compatible avec une utilisation mobile, ce
qui est très appréciable, et il est également
très comparable, pour ne pas dire identique,
à celui que la version « on premise » doit
proposer. Ce back office est bien organisé,
sobre mais efficace, avec juste ce qu’il faut
de travail effectué sur l’interface utilisateur
pour le rendre tendance sans pour autant
en faire un sapin de Noël.

Les fonctionnalités de reporting ont un bel aspect visuel mais se concentrent sur
les activités essentielles, le taux de transformation, les meilleures ventes, les paniers
abandonnés, etc.

À noter également que PrestaShop est désormais compatible avec Docker et peut
aussi expédier sur Azure.

UNE GESTION DE LA COMMUNAUTÉ AU TOP


PrestaShop s’est énormément rapproché de sa communauté, tant de développeurs
que d’utilisateurs finaux. Grâce aux réseaux sociaux comme Twitter par exemple,
l’entreprise fournit quantité de très bons conseils et d’articles bien pensés sur les
meilleures pratiques en e-commerce ou encore sur les nouvelles tendances.

Le « meet-up », l’évènement qui a lieu chaque année à Paris, rassemble maintenant


quelques milliers de personnes, chiffre très comparable à la foule que Magento
peut rassembler lors de ses salons « Imagine ». Cet évènement a été étendu à
Madrid et à Milan, et les États-Unis sont probablement aussi sur la liste.

prestashop
Le forum est très actif et compte habituellement environ 2 000 personnes connectées
en même temps, cumulant 2 millions de messages. Il s’agit d’une véritable mine
d’or pour tous ceux qui souhaitent obtenir une réponse rapide, que ce soient les
utilisateurs finaux ou les développeurs, ou pour tout simplement en apprendre
davantage sur la solution. D’autres évènements pilotés par la communauté sont
également en train de se créer spontanément. PrestaShop évalue leur nombre à 2
« meet up » par semaine dans le monde.

L’équipe est fière de présenter son forum comme « le forum e-commerce le plus
grand et le plus actif du monde », ce qui pourrait être tout à fait vrai d’après nous.
Il est peu probable que l’on puisse trouver une meilleure source d’information que
ces forums, commentaires postés sur les blogs et newsletters, sans débourser le
moindre centime.

La communauté est un atout majeur pour PrestaShop étant donné que c’est elle
qui pilote principalement l’internationalisation du produit. La traduction, bien sûr,
mais aussi certaines fonctions liées à un marché spécifique, sont souvent réalisées
au niveau local, les développeurs locaux étant mieux placés que quiconque pour
adapter le logiciel.

Afin de continuer à progresser dans cette direction, PrestaShop a créé un « fonds


d’intégration » doté d’un million de dollars, destiné à cofinancer les développeurs
locaux et à les aider à créer leurs extensions. Les revenus sont alors partagés à
50/50 entre le développeur et PrestaShop. La logique est de faire en sorte que
le paiement et la logistique soient rapidement adaptés à un pays spécifique, et
de continuer à accélérer l’internationalisation de PrestaShop. Après seulement
quelques mois d’existence, la société a déjà reçu des centaines de demandes de
développeurs et 60 modules sont déjà disponibles pour les clients finaux.

ÉVALUATION TECHNIQUE
Historiquement parlant, PrestaShop n’a pas utilisé de framework spécifique jusqu’à
la version 1.7. Les fonctionnalités de base étaient directement construites sur PHP,
sans aucune bibliothèque intermédiaire comme Zend ou Symfony. Certains
composants secondaires étaient utilisés pour JS ou CSS, mais le cœur sous-jacent
de PHP était 100 % maison.

Depuis la version 1.7 par contre, les choses évoluent en direction de Symfony.
Le framework français envahit totalement tous les CMS et toutes les solutions
e-commerce basés sur PHP, et PrestaShop ne fait pas exception à la règle.
Transférer tout le code source existant vers Symfony représente un immense travail
pour l’équipe, c’est pourquoi l’entreprise a pour le moment fait le choix de faire
cohabiter les deux frameworks (PrestaShop & Symfony) pendant encore un certain
temps. Durant la période de transition, qui mènera finalement probablement à une
version de PrestaShop entièrement en Symfony (version 2 ?), seules les nouvelles
fonctionnalités, ou celles qui sont refaites, seront conçues nativement dans Symfony.

295
La version 1.6 a contribué à effectuer de nombreuses corrections de code, ce qui
était absolument nécessaire, mais aussi à l’adoption des meilleures pratiques, telles
que les fonctions de ventes croisées du panier, l’affichage rapide du produit ou
encore une conception entièrement réactive pour le front et le back office. Le
back office a bénéficié d’une grande restructuration destinée à le réorganiser et à
faire en sorte qu’il soit adapté pour les mobiles, tout en ayant aussi un aspect visuel
plus attractif.

La version 1.7 va encore plus loin dans cette voie. Aucune fonctionnalité spécifique
n’a été ajoutée, mais elle contient à la place des changements plus orientés sur
l’esthétique. Ces changements sont néanmoins essentiels pour être en phase
avec l’état d’esprit de PrestaShop visant à lever les barrières d’entrée, aussi bien
techniques que commerciales, pour les nouveaux commerçants. Les principaux
changements dans la version 1.7 consistent en une réorganisation des noms et
contenus des menus, laissant place à plus de priorisations orientées utilisateur.
Par exemple, les fonctionnalités qui sont liées aux ventes et qui sont utilisées tous
les jours seront regroupées dans le même menu afin de faciliter leur exploitation
quotidienne.

De nouveaux écrans « d’assistance » seront regroupés afin d’améliorer l’expérience


d’intégration. Un grand nombre d’utilisateurs, en particulier sur le produit Cloud,
essayent la boutique sans en fait jamais importer ni créer de produits, ce qui est
la première étape de toute entreprise en ligne. Ces assistants visent à faciliter
l’intégration des nouveaux arrivants afin de les guider et de leur permettre de
réaliser leur première vente.

La page dédiée à l’acquisition de modules sera également refaite pour permettre


aux utilisateurs d’installer ou de mettre à niveau, de façon transparente, une
extension payante directement depuis le back office, sans qu’il soit possible de
passer commande ou de payer sur la place de marché des extensions.

De même que pour Magento, la communauté internationale de PrestaShop


représente l’une de ses grandes forces. Jusqu’à présent, PrestaShop a développé
170 modules et la communauté en a développé pas moins de 4 800, pour répondre
à diverses spécificités du marché ou pour inclure de nouvelles fonctionnalités.
Actuellement, 65 langues et 150 devises sont prises en charge, selon l’équipe.

Les performances globales de PrestaShop ne sont pas encore comparables à


celles des frameworks plus récents, et le temps moyen de génération du code
HTML de la solution est un peu moins bon, y compris pour le back office. Cela dit,
les performances sont étroitement liées au travail d’intégration et même si elles
ne sont pas seulement de la responsabilité de PrestaShop, il y a des marges de
progression à exploiter.

L’une d’elles pourrait en effet concerner les bases de données, qui sont parfois pour
les solutions PHP un goulot d’étranglement en termes de performance. PrestaShop

prestashop
prend désormais en charge MariaDB et le toujours plus tendance PostgreSQL au-
dessus du classique MySQL. Ces bases de données de nouvelle génération sont
généralement plus efficaces et permettent de mettre en place des configurations
plus redondantes.

La création de thèmes est également une des clés du succès. Étant donné que
PrestaShop n’a pas, à ce jour, de vrai CMS, la création initiale des thèmes de la
boutique représente une étape primordiale. Même avec une grande communauté,
PrestaShop a attiré plus de développeurs PHP que de concepteurs HTML. Cela
s’explique par le fait que les thèmes étaient aussi auparavant étroitement liés
au code de la boutique. Éditer un thème n’était pas seulement une question de
conception et d’intégration du CSS, ce qui limitait les concepteurs de thèmes à
ceux qui possédaient à la fois une expérience dans de code de PrestaShop et les
compétences en conception nécessaires.

PrestaShop a décidé de changer cela et fournit désormais un thème « nu »,


découplé du code, intégrant uniquement les fonctions de base d’une boutique. Les
concepteurs de thèmes peuvent alors éditer facilement son contenu et concevoir
un « look and feel » unique pour leurs thèmes, sans avoir à toucher au code de
PrestaShop. L’équipe espère que cela incitera davantage de concepteurs à
produire des thèmes de meilleure qualité étant donné qu’actuellement la plupart
des thèmes en général sont en fait une copie du thème par défaut, réadapté avec
une conception spécifique.

Pour résumer les progrès réalisés au cours de ces deux dernières années, PrestaShop
se dirige désormais vers les meilleures pratiques, comptant sur Symfony pour
rationaliser le code PHP, mais aussi sur un découplage du code et des thèmes de
manière à permettre plus de personnalisation, ainsi que sur une véritable refonte
de l’interface utilisateur et du back office orienté utilisateur. La version 1.7 est moins
une version orientée fonctionnalité qu’un travail de convivialité.

FEUILLE DE ROUTE
Même si la feuille de route n’est pas publique en tant que telle, elle tient compte
d’un grand nombre de commentaires de la communauté et des commerçants.
Ces derniers sont impliqués dans la feuille de route et les tests du produit de manière
à garder un œil sur leurs besoins et leurs retours.

L’équipe surveille également le marché des extensions pour vérifier quelles


demandes deviennent tendance, mais ne trouve aucune réponse. C’est le signe
qu’il manque alors un outil ou une fonction spécifique et cela l’aide à hiérarchiser
les priorités de la feuille de route pour répondre à ces besoins.

En ce qui concerne les outils de PDV (Point De Vente), le fondateur de PrestaShop,


Bruno Lévêque, estime que ce marché n’est pas encore mature et qu’il évoluera
beaucoup dans les deux prochaines années. PrestaShop ne va pas se lancer dans
cette bataille avec un de ses produits, mais très probablement par le biais d’un

297
partenariat. Certaines méthodes de l’API ou certains modules peuvent peut-être
aussi résoudre le problème à court terme.

Pour le moment, la société n’a pas de véritable plan pour aborder le marché
B2B, les principaux objectifs concernant le B2C devant d’abord être remplis.
L’équipe de Bruno Lévêque pourrait aussi, secrètement, être en train de travailler
sur un algorithme d’apprentissage automatique visant à apporter un peu plus
d’intelligence au produit, comme des recommandations prédictives ou basées
sur le comportement et l’optimisation de la recherche, qu’elle pourrait également
appliquer au marché des extensions.

La feuille de route se concentre cependant principalement sur ce seul objectif :


rendre l’expérience e-commerce aussi simple que possible pour tout nouveau
commerçant à travers le monde.

MARGES DE PROGRESSION
Les fonctionnalités de marketing de PrestaShop sont très simples et limitées à des
promotions, des chèques-cadeaux, des coupons, etc. La personnalisation ou le
contenu dynamique d’une page, les incitations, les recommandations ou encore
le moteur de recherche pourraient être plus développés. Même si les modules
couvrent en partie ces manques, la solution est toujours derrière un grand nombre
de ses concurrents sur ce point, et toutes les extensions de marketing sont payantes,
laissant le produit gratuit « hors de la boîte » presque sans aucun de ces modules.

Il n’y a pas vraiment de workflow dans la solution, que ce soit pour l’édition du
produit, l’expédition ou l’édition de la page. Même si ces outils sont principalement
des fonctionnalités orientées Tier 3, ils pourraient aider PrestaShop à grimper
dans la chaîne de valeur. Également plus orientées Tier 3, mais néanmoins
utiles pour ceux qui ne sont pas des pure players, la plupart des fonctionnalités
omnicanal de PrestaShop en sont juste à un stade embryonnaire en termes de
maturité, et pourraient bénéficier d’investissements plus importants. À l’exception
d’un localisateur de magasin et d’une application mobile, PrestaShop ne couvre
presque aucun autre aspect.

Avoir une compatibilité native PCI DSS serait une bonne chose pour pouvoir ensuite
se développer au Royaume-Uni et aux États-Unis. Bénéficier au moins d’une révision
du code PCI DSS par un expert de ce règlement ne ferait en tout cas pas de
mal. Toujours sur le chapitre de la règlementation, avoir une gestion native de la
réglementation des cookies de l’Union Européenne apporterait une belle valeur
ajoutée.

Le CMS est presque inexistant et même si créer les thèmes va devenir plus facile,
de telles fonctions sont de plus en plus indispensables, même pour les produits
SaaS. Les commerçants souhaitent être capables de personnaliser les pages, les
contenus, et de les éditer facilement sans pour autant avoir de connaissances en
HTML. Shopware fait un travail formidable sur ce point particulier et pourrait être

prestashop
une source d’inspiration. De même que pour le CMS, la solution ne propose pas
de vrai DAM (système de gestion des ressources numériques), de manière à gérer
facilement la base de données d’images et de vidéos.

Enfin, même si PrestaShop a retrouvé la rentabilité en 2014, elle peinait à équilibrer


son budget en 2015. Il lui reste encore aujourd’hui une marge de progression pour
devenir rentable durablement, même si cela est en bonne voie.

CONCLUSION
PrestaShop a joué très intelligemment en transformant le cœur même de solution
en une base polyvalente permettant d’alimenter aussi bien sa version SaaS
que sa version « on premise ». En maintenant un seul code source, les nouvelles
fonctionnalités peuvent être disponibles sur les deux plateformes à la fois, ce qui
diminue la charge de travail tout en permettant une évolution plus rapide des
fonctionnalités.

L’objectif de PrestaShop est clair : passer au plus vite de 250 000 boutiques,
principalement livrées « on premise », à 1 million de boutiques, principalement
dans le Cloud. Comme le fondateur l’indique : « L’objectif de PrestaShop est de
lever les barrières financières et techniques du e-commerce ».

Chaque projet dans le monde L’initiative SaaS est encore récente,


devrait pouvoir utiliser PrestaShop, mais a déjà embarqué de nombreux
à l’exception des 50 plus grandes clients, faisant par là même de
PrestaShop un acteur sérieux sur ce
boutiques de chaque pays.
marché en pleine expansion. Alors
Corinne Lejbowicz, PDG. que la concurrence dépense
beaucoup d’argent pour obtenir du trafic et de nouveaux commerçants,
PrestaShop peut compter sur son nom et sur son actuelle base d’utilisateurs de plus
de 200 000 boutiques, qui contribueront certainement à l’aider à percer le marché
avec succès. Au cours des trois dernières années, le produit « on premise » a
également séduit plus de clients que toute autre solution sur le Tier 4, à l’exception
peut-être d’OpenCart et de WooCommerce, qui s’adressent à des marchés
différents de toute façon.

Contrairement à d’autres solutions du Tier 4, et notamment les solutions allemandes,


PrestaShop a complètement embrassé un destin international et connaît une
expansion à travers le monde plus rapide que la plupart des autres frameworks.
Sa politique consistant à aider les développeurs locaux en les finançant, ainsi
que l’attention portée à la communauté, contribuent certainement à faire de
PrestaShop une solution totalement internationale, même si 78 % de sa clientèle est
toujours européenne pour le moment.

Le produit a énormément évolué depuis 3 ans. La version 1.6 a corrigé les erreurs
de la version 1.5, qui avait à l’époque laissé une impression de travail inachevé.
La version 1.7, désormais sur le marché, est le résultat d’un grand nombre de tests,

299
d’études et de travail sur l’interface utilisateur. Elle est entièrement réactive et est
bien positionnée en termes de meilleures pratiques e-commerce. PrestaShop
est une solution très complète pour un acteur du Tier 4, capable de gérer des
boutiques jusqu’à ce qu’elles atteignent 10 millions d’euros, voire plus, de chiffre
d’affaires en ligne.

L’entreprise est toutefois encore petite, par rapport à d’autres grands acteurs
américains, tant « on premise » que dans le domaine du SaaS. Magento pèse
quelques centaines de millions, de même que Shopify, ce qui fait de PrestaShop
un outsider, non pas à cause de son produit, mais en raison de sa taille. La société,
même si elle réalise « seulement » 15 millions d’euros de chiffre d’affaires, est
toujours bien placée pour contrer les plans des principaux acteurs, et a d’ailleurs la
ferme intention de le faire.

Que PrestaShop devienne un jour ou non une entreprise pesant une centaine
de millions, c’est une autre question mais, selon tout vraisemblance, elle pourrait
parfaitement se faire racheter dans les prochaines années par un concurrent qui
souhaiterait acquérir sa base de commerçants, et très probablement pas pour 15
millions d’euros...

Financièrement parlant, PrestaShop a entrepris il y a quelques années une


restructuration courageuse, qui booste aujourd’hui sa croissance. La société a
retrouvé son équilibre financier et est bien organisée, le taux d’adoption de son
produit n’a jamais été aussi élevé qu’aujourd’hui et il y a de grandes chances que
PrestaShop soit encore là pour au moins les dix ans à venir, même si elle se fait
racheter d’ici là par l’un de ses concurrents.

Les commerçants B2C prévoyant de faire moins de quelques dizaines de millions


en ligne devraient vraiment regarder de près ce que propose PrestaShop, et tout
particulièrement les pure players, étant donné que les capacités omnicanal ne
sont pas encore les meilleures sa catégorie. Très peu de solutions dans le monde
apportent pour chaque euro investi autant de valeur ajoutée que PrestaShop dans
ce segment.

prestashop
LES POINTS FORTS DE PRESTASHOP
(Plus il y a de points, mieux c’est. Sur chaque KPI (indicateur clé de performance),
il y a au moins une solution avec 5 points ; il s’agit donc d’une comparaison entre
les solutions).

POSITIONNEMENT PRESTASHOP
Chiffre d’affaires pour envisager la solution (On premise / SaaS) From 0+
Positionnement actuel sur le marché Tier 4
Direction de l’éditeur Tier 3
Profil (B2C, B2B) B2C
Opensource Oui, PHP
L’éditeur met en avant… La simplicité
L’éditeur met en avant… Les coûts
L’éditeur met en avant… La communauté
Nous sommes impressionnés par… Le «rebond»
Nous sommes sceptiques sur… La génération de cash
Buget minimum pour créer un site (On premise / SaaS) 10 k$
KPI GÉNÉRAUX PRESTASHOP
Le coût de la solution (licence, intégration, hébergement) (On premise / SaaS) HHHHH
Progressivité et /ou flexibilité des frais de licence/location n/a
Délai de commercialisation (On premise / SaaS) HHHHH
Variété/Qualité des boutiques de démonstration à s’adapter à un usage spécifique
HHH
(mis à part la boutique standard)
Capacités marketing basiques (moteur de promotion, coupon, carte cadeau, etc…) HHHK
Niveau de navigation & présentation multidimensionnelle du catalogue (multi-bou-
HHH
tiques/mulitlangues/etc…)
Ecosystème (communauté, partenaires, intégrateurs, forums, etc…) HHHHK
Convivialité et facilité d’utilisation du back office HHHH
KPI TECHNIQUES (PLUS IL Y A DE POINTS, MIEUX C’EST !) PRESTASHOP
Complexité du développement personnalisé pour étendre le système HHHHH
Nombre de logiciels/extensions/services non disponibles HHHHH
Nombre de produits/services complémentaires de l’éditeur HHK
Évolutivité & performances du front office (temps de chargement des pages) HHH
Vitesse du back office et évolutivité (nombre d’utilisateurs simultanés) HHH
Capacités de CMS natives HHK
Capacité de service web/API natives (connexion avec des tiers, comme un ERP ou un
HHHH
logiciel de logistique)
Liste des fonctionnalités B2C (par défaut, sans extensions ou programmes parallèles) HHHH
Mobile (application native, application hybride, responsive design) HHHK
KPI DES FONCTIONNALITÉS AVANCÉES PRESTASHOP
Capacités de searchandising avancé & de personnalisation HH
Capacités de multi/cross/omni canal HK
Gestion avancée native du catalogue (PIM, multi-catalogue, attributs, lots…) HHK
SGC (Système de Gestion des Commandes) intégré ou connecté nativement H
Outils marketing avancés (marketing adaptif, tunnels de navigation dynamiques, etc…) HH
Capacités B2B natives H

301
Zen Cart

zen cart
INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LA SOLUTION

Éditeur Zen Ventures, LLC


Chiffre d’affaire en 2014 N/C
Business model (e-commerce) N/C
Coût de la licence Gratuit - Open source
Technologie PHP
Framework Aucun
Base de données MySQL
Version (à la date de l’étude) v.1.5.4
Licence GPLv3
Première sortie 2003
Origine États-Unis
Budget de réalisation d’un site
5 K€ / 10 K€ / > 10 K€
(Bas/Moyen/Haut)
Typologie de recommandation Pure players

Temps moyen
Étendue Sites en Utilisation
de génération
géographique production par Tier
du code HTML

TIER 4
TIER 3
Environ TIER 2
950 ms
95 000
TIER 1

Positionnement dans le Tier et tendances futures

TIER 1 TIER 2 TIER 3 TIER 4

_ _ _

Performances sur le marché par rapport à la concurrence


DRUPAL
MAGENTO PRESTASHOP VIRTUEMART OPENCART
COMMERCE

303
INFORMATIONS TIRÉES DE L’ANALYSE DE 2013

UNE SOLUTION ANCIENNE, MAIS ENCORE RECONNUE


Selon le site officiel de Zen Cart, la première version de la solution remonte à juin
2003. Le code de Zen Cart est, à l’origine, un fork d’osCommerce et la solution
est désormais très répandue dans le monde du e-commerce. Zen Cart a toujours
des développeurs et des amateurs, et il est assez facile de trouver de l’aide et de
l’information à son sujet. Zen Cart est même le fork le plus populaire d’Oscommerce !

Zen Cart est même le fork le plus Statistiquement parlant, Zen Cart est
populaire d’Oscommerce ! à la septième place dans le
classement Wappalyzer, avec 5 652
sites utilisant la solution. Notre propre
exploration du top 1 Million Alexa classe Zen Cart en quatrième position, mais avec
2 000 boutiques de moins qu’en 2012.

1 600 plugins sont disponibles sur le site officiel de Zen Cart et plus de 6 millions de
téléchargements ont été effectués. Le nombre de plugins n’est pas si énorme que
cela si l’on considère le fait que la solution a dix ans, mais elle représente toujours
une bonne source pour les e-commerçants ayant besoin d’une personnalisation
spécifique sur leur boutique en ligne. Zen Cart semble avoir perdu une quantité très
significative de ses parts de marché en seulement un an !

Le forum est aussi une grande source d’aide pour tous les « Zenners » car beaucoup
d’entre eux y participent. Le nom du forum est d’ailleurs assez amusant : « Zen Cart
Support » (supp