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Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa
produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa L orsque le concept de banque islamique
produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa L orsque le concept de banque islamique

Lorsque le concept de banque islamique avec ses valeurs éthiques a vu le jour, le monde

financier n‟y a pas cru. Tout le monde se demandait ce que les valeurs ou l‟éthique avait avoir avec la finance. Cependant, les attitudes sont entrain de changer et le concept de banque islamique gagne du terrain chaque jour.

Depuis ses débuts, datant de 1975, la finance islamique connaît une croissance

remarquable. En effet, à l‟époque, on ne dénombrait qu‟une seule institution financière islamique (IFI) alors qu‟on en dénombre environ 300 aujourd‟hui. Par ailleurs, selon les dernières estimations, les actifs islamiques représenteraient une masse d‟environ 500 milliards USD (Standards & Poors, 2007) dont une grande partie proviendrait du Moyen Orient.

Deux raisons majeures expliquent ce succès. Premièrement, l‟augmentation du prix des

hydrocarbures a généré des excédents de liquidités dans la région du Golfe persique. Deuxièmement, le choc du 11 septembre 2001 a créé une sorte de scission entre l‟Occident et les communautés musulmanes à travers le monde. Cette situation aurait engendré un regain religieux permettant aux institutions financières islamiques de s‟accaparer cette clientèle.

Les produits financiers islamiques sont destinés aux investisseurs désireux d‟obéir aux

lois de la charia qui régissent la vie quotidienne des musulmans. Ces lois interdisent de verser ou de percevoir un intérêt fixe et prohibent l‟investissement dans des secteurs comme le tabac, l‟alcool et l‟armement. Le principe consiste à relier le rendement du contrat islamique à la productivité et à la rentabilité du projet, pour assurer une répartition équitable de la richesse. Il est également fondé sur la théorie du partage des pertes et profits.

Les institutions financières islamiques proposent des gammes de plus en plus diversifiées

des produits pour répondre à la forte demande du grand nombre de musulmans qui recherchent des produits conformes à leurs valeurs islamiques. Le caractère compétitif de ces produits attire les investisseurs musulmans et autres.

Le caractère compétitif de ces produits attire les investisseurs musulmans et autres. Projet de fin d’études
Le caractère compétitif de ces produits attire les investisseurs musulmans et autres. Projet de fin d’études

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Pour le Maroc, qui avait développé et réglementé son secteur bancaire et financier pour

contenir les changements planétaires dans ce domaine et s‟aligner aux standards internationaux en la matière, une telle réussite ne peut que l‟inciter à revoir sa politique financière et le pousser à rechercher une issue pour s‟adapter aux nouveaux besoins du public.

Le feu vert donné par la Banque Centrale Marocaine (banque AL Maghreb) aux

établissements de crédit pour présenter au public les trois produits : Ijara, Moucharaka et Mourabaha, est intervenu le 13 septembre 2007.

Attijariwafa Bank

« premier groupe bancaire et financier du Maghreb et septième au

niveau africain) a été la première banque marocaine a lancer les produits alternatifs avec la proposition de deux formules de financement de biens immobiliers : « Miftha Al Kheir » et « Miftah Al Fath » basées respectivement sur le principe de « la Mourabaha » et « Ijar wa Iqtina ». Et plusieurs autres banques marocaines s‟y sont mises aussi.

La commercialisation de ses produits n‟est pas faite sous le nom « produits islamiques »

mais sous l‟appellation "Produits alternatifs" avec la mention « conformes aux règles de la chariaâ ». Ceci montre, non seulement que les enjeux ne sont pas uniquement financiers, mais aussi la prudence de la banque centrale du royaume, qui a mis sur le marché seulement trois produis de toute la panoplie islamique existante.

Malgré cette offre, ces produits alternatifs n‟ont pas connu le succès attendus et cela à

cause de plusieurs barrières qui ont freiné davantage le développement des produits islamiques dans un pays tel que le Maroc.

Ce

projet que nous proposons, intitulé « les produits financiers alternatifs : cas Dar

Assafaa » essayera de dévoiler les vrais enjeux de la commercialisation de ces produits au Maroc, à travers une démarche en deux parties.

La première partie, portera le titre «Approche théorique des produits financiers

alternatifs», et traitera les concepts et les principes généraux des transactions commerciales en Islam, ainsi que ses différents types, ensuite l‟ouverture du secteur bancaire marocain sur les produits islamiques appelés alternatifs, et on va conclure cette partie par les différentes stratégies marketing de la finance islamique.

cette partie par les différentes stratégies marketing de la finance islamique. Projet de fin d’études Page
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Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

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La seconde partie, sous le titre « Stratégie de la commercialisation des produits financiers

alternatifs et les perspectives de leurs développements au Maroc : cas DAR ASSAFAA »,

quant à elle, sera consacrée à la recension des principaux freins qui n‟ont pas permis à ces produits de se développer en nous inspirant du cas de cette société de financement pionnière qui s‟est spécialisée dans la commercialisation de ces produits financiers.

Nous proposons ici de répondre aux questions suivantes:

Quels sont les facteurs qui bloquent la commercialisation des produits alternatifs au Maroc ?

Est ce que la finance alternative pourra-t-elle se faire une place de choix au Maroc ?

Quelles sont les mesures nécessaires pour un vrai succès de ces produits au Maroc?

La réponse à toutes ces questions sera abordée en nous basant à la fois sur des enquêtes

auprès de la clientèle potentielle de cette société et des entretiens avec deux grands défenseurs de ces produits financiers aussi bien sur le plan théorique, en leurs qualités de professeurs de finance, que sur le plan pratique en leurs qualités de parlementaires ayant déposé devant la parlement un projet de loi relatif aux banques islamiques au Maroc, en l‟occurrence Monsieur Lahcen Daoudi et Monsieur Najib Boulif.

Leurs avis respectifs nous permettront de dresser un état des lieux des produits financiers

alternatifs, ainsi que les freins à leur commercialisation et les perspectives développement.

de

leur

que les freins à leur commercialisation et les perspectives développement. de leur Projet de fin d’études
que les freins à leur commercialisation et les perspectives développement. de leur Projet de fin d’études

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Partie préliminaire : Approche théorique des Produits Financiers Alternatifs
Partie
préliminaire :
Approche théorique des
Produits Financiers
Alternatifs
Partie préliminaire : Approche théorique des Produits Financiers Alternatifs Projet de fin d’études Page 4
Partie préliminaire : Approche théorique des Produits Financiers Alternatifs Projet de fin d’études Page 4

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Introduction de la première partie

Cette partie de notre projet s’efforce de présenter, suivant une approche théorique, les principes des
Cette partie de notre projet s’efforce de présenter,
suivant une approche théorique, les principes des
transactions commerciales en Islam, et d’analyser la
conception croisée des deux systèmes financiers,
islamiques et classiques. Par la suite, on va traiter
l’ouverture du secteur bancaire marocain sur les
produits islamiques appelés alternatifs. Et on va
conclure cette partie par les différentes stratégies
Marketing des produits financiers alternatifs.
partie par les différentes stratégies Marketing des produits financiers alternatifs. Projet de fin d’études Page 5
partie par les différentes stratégies Marketing des produits financiers alternatifs. Projet de fin d’études Page 5

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Chapitre I : place des produits financiers alternatifs dans le cadre de la finance islamique

La finance islamique se développe étonnamment vite. Depuis ses débuts, il y a une

trentaine d‟année, le nombre d‟institutions financières islamiques dans le monde est passé d‟une seule en 1975 à plus de 300 aujourd‟hui dans plus de 75 pays. Les activités de cette finance, sont aujourd‟hui en forte croissance et en pleine diversification. En effet, la finance islamique a réussi, à s‟adapter à la nouvelle ère, en se référant aux différents préceptes de la chariaâ qui est le code de conduite de tout musulman en tout lieu et à toute époque.

Et c‟est pour cette raison que nous présenterons de manières scindées, les fondements et

les instruments de la finance islamique afin de les implanter dans le système financier marocain.

I. Les fondements de la finance islamique, origines et contexte historique.

La Finance islamique est fondée sur l‟interdiction par l'Islam de l'usure, appelée en arabe

"Riba". Il ne s'agit pas seulement de l'usure au sens usuel du terme que nous lui connaissons, mais aussi de l'application à toute forme de financement d'un taux d'intérêt prédéterminé et fixe, quel qu'il soit, si bien que, dans la religion musulmane.

1. Le contexte historique de la finance islamique :

La première banque a été crée en Egypte en 1963 « Ghamr Saving Bank » dans le village

de Mit Ghamir. Cette initiative, engagée par un économiste s‟appelle « AHMED AL - NAGGAR ». En 1975, on assistait à un véritable lancement avec la création de Banque Islamique de Dubaï. Ce fût une initiative populaire qui a été suivie par la création de la Banque Islamique de Développement à Jedda, établissement international, groupant les pays membres de l‟organisation de la conférence islamique 1 . Ces banques ont longtemps eu pour raison d‟être l‟émergence d‟une demande latente, par le développement et la promotion de nouveaux moyens de financements en conformité avec la chariaâ.

1 Jusqu‟en avril 1999, la banque compte 53 pays membres contre 22 membres à sa création en 1975.

avril 1999, la banque compte 53 pays membres contre 22 membres à sa création en 1975.
avril 1999, la banque compte 53 pays membres contre 22 membres à sa création en 1975.

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Quelques autres banques islamiques virent le jour durant la décennie 70 qui ne s‟est pas

achevée, sans la création du premier groupe financier islamique " DAR AL MAL AL ISLAMI "en suisse, qui est une société holding 2 , traitant avec 22 banques, et sociétés diverses. Le second groupe islamique "AL BARAKA " voit le jour en 1983. Cette décennie voit s‟accélérer le rythme de création des banques islamiques dans les pays suivants : Koweït, Bahreïn, Qatar, Jordanie, Arabe Saoudite….la volonté de plier la vie des affaires aux disciplines a gagné durant cette décennie la Malaisie, le Bangladesh, les Philippines, l‟Angleterre, le Luxembourg, le Danemark…, on voit naître également pendant cette décennie les premiers guichets d‟opérations bancaires islamiques ouverts au sein de banques traditionnelles. C‟est le cas De Bank MISR et la banque nationale de développement en Egypte, et aussi d‟autres banques ou caisses aux Etats Unis, à Vienne, et en Suisse.

Dans d‟autres pays comme l‟Iran, Pakistan et Soudan, le système financier est

entièrement islamique. Par contre les deux systèmes coexistent en Koweït, Qatar, Émirats arabes unis (EAU) et Bahreïn.

En Août 1983, une loi fût promulguée en Iran, interdisant expressément aux banques de

percevoir ou de verser des intérêts, et précise les conditions applicables aux dépôts qui leur sont confiés. Au Pakistan, toute la législation bancaire a été remodelée. La banque centrale Pakistanaise elle-même a été remaniée et insiste sur le modèle islamique.

Enfin, le Maghreb se voit doter de banques islamiques dès 1984, date de la création

de " BEIT ETTAMOUIL SAOUDI TOUNSI " qui a été crée avec des fonds Tunisiens (la République Tunisienne et l‟Office National de Sécurité Sociale de Tunis) et saoudiens (Al Baraka Bank), ayant pour but d‟encourager les investissements arabes et islamiques et de développer les relations socio économiques entre ces pays. Suivie de la création de la " BADOR " en Mauritanie. En 1991, cette année qui a été datée par la création de Banque " Al Baraka " en Algérie. Suivie par la création de la banque tunisienne " NOOR " en 2008.

2 Est une société ayant pour vocation de regrouper des participations dans diverses sociétés et d'en assurer l'unité de direction.

dans diverses sociétés et d'en assurer l'unité de direction. Projet de fin d’études Page 7
dans diverses sociétés et d'en assurer l'unité de direction. Projet de fin d’études Page 7

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Ces banques ont connu une prospérité remarquable depuis leur création. L‟intérêt que

manifeste la population musulmane à l‟égard de ces banques a poussé à la prolifération de plusieurs sièges et agences. En effet, l‟accueil de cette population s‟est concrétisé par une augmentation croissante des dépôts. À titre d‟exemple, entre 1979 et 1984, la banque islamique de Bahreïn enregistra une augmentation des dépôts de plus de 1020%. Les dépôts dans la banque islamique de Dubaï affichèrent également plus de 500% de croissance.

Au Maroc, Après avoir rejeté plusieurs demandes d‟installation de banques islamiques

sur le territoire marocain, le Gouverneur de Bank Al-Maghrib (banque centrale du Royaume du Maroc), a annoncé le 23 mars 2007 l‟adoption d‟une recommandation relative aux modes de financement alternatifs en vue de leur commercialisation par les établissements de crédit.

2. Les principes fondamentaux de la finance islamique.

LIslam, à la fois religion et communauté, recouvre aussi bien les aspects spirituels que

les aspects temporels de la vie humaine. Le coran, source par excellence du Droit Musulman, en même temps qu‟il indique les obligations spirituelles de l‟homme telles que, la Prière, la Zakat, traite aussi les aspects de la vie économique que ses aspects soient relatifs à la thésaurisation, à l‟investissement, aux dépenses ou à l‟épargne.

L‟Islam a établi des règles morales autour de l‟acte commercial ou financier et

généralement autour de l‟ensemble des types de transactions qui ne doivent pas être interdites par la loi islamique, c'est-à-dire qu‟ils doivent respecter les préceptes de la chariaâ.

Dans ce sens, on peut dire que la finance islamique s‟articule sur les principes suivants :

L‟interdiction du prêt à intérêt 3 , considéré comme de l‟usure 4 (Riba) :

Pour l‟Islam, le prêt à intérêt est strictement interdit. Le mot « Riba » ou « intérêt »

désigne, au sein d‟une transaction, tout surplus ou avantage sans équivalent de service. Le prêteur, placé dans une position de force par rapport à l‟emprunteur s‟appuie sur la difficulté de ce dernier pour s‟enrichir sans fournir le moindre effort. Ceci est aussi loin que possible de la justice, la fraternité et la générosité qui présentent des principes fondamentaux de l‟Islam.

3 L‟intérêt est la somme que le débiteur paie au créancier en rémunération de l‟usage de l‟argent prêté, selon le petit Larousse.

4 L‟usure quant à elle est intérêt perçu au-delà du taux licite, délit commis par celui qui prête de l‟argent à un taux d‟intérêt excessif, selon le petit Larousse.

qui prête de l‟argent à un taux d‟int érêt excessif, selon le petit Larousse. Projet de
qui prête de l‟argent à un taux d‟int érêt excessif, selon le petit Larousse. Projet de

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La prohibition du Riba, plus particulièrement dans sa dimension d‟usure, comme nous

l‟entendons, est inscrite dans plusieurs versets relatifs à la question du "Riba". Aussi, pouvons-nous lire : "ce que vous donnez comme usure pour accroître les biens des hommes, ne croitra pas chez dieu. " 5 . "Ceux qui mangent l’usure ne se lèveront (le jour de résurrection), que comme ceux que le démon agite" 6 . "Dieu a permis la vente et a interdit l’usure 7 . Cette attitude de l‟islam, converge avec celle de toutes les religions. Aussi bien le christianisme que le judaïsme interdisent le prêt à intérêt. 8

Et on peut distinguer deux types de Riba :

Riba al Fadl : est une vente ou échange d'un bien contre un autre de même nature avec

un surplus. Le Prophète (sur lui la paix) a dit : "De l'or contre de l'or, de l'argent contre de l'argent, du blé contre du blé, de l'orge contre de l'orge, des dattes sèches contre des dattes sèches, du sel contre du sel : quantité égale contre quantité égale, main à main. Celui qui donne un surplus ou prend un surplus tombe dans l'intérêt…" 9 .

Riba an- nasîah (à terme) : est une somme payée pour l'usage de capitaux empruntés

ou en contrepartie d'un rééchelonnement dans le paiement d'une dette. C'est à dire une personne donne un crédit à quelqu'un, et ce dernier doit lui rembourse plus tard la somme avec un surplus: c'est à dire que le délai accordé pour le paiement du crédit est facturé.

L'interdiction des transactions portant sur des éléments prohibés :

Avant de s'engager dans un contrat (commercial ou autre), le musulman doit s'assurer que

l'objet de celui-ci est licite et ne s'oppose pas à ses impératifs moraux et religieux.

L'interdiction du Gharar 10 :

En toute chose, le musulman doit se garder d'adopter une attitude ou de faire quelque

chose qui aurait pour conséquence d'entraîner des tensions et des conflits au sein de la société.

5 Sourate ARROUM verset 39.

6 Sourate AL BAQARA verset 275.

7 Sourate AL BAQARA verset 275.

8 Malika kettani „‟Une banque originale : la banque islamique‟‟ page : 11

9 Rapporté par Muslim, n° 1584.

10 Gharar : incertitude. Le Gharar est un concept complexe qui recouvre certains types d‟incertitudes ou d‟imprévus .

un concept complexe qui recouvre certains types d‟incertitudes ou d‟imprévus . Projet de fin d’études Page
un concept complexe qui recouvre certains types d‟incertitudes ou d‟imprévus . Projet de fin d’études Page

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C 'est justement pour cette raison que, dans les affaires et le commerce, il ne lui est pas

permis de conclure un Bay'ou el Gharar, c'est-à-dire une transaction qui renferme un flou non négligeable au niveau d‟un des biens échangés et/ou qui présentent en soi un caractère hasardeux et incertain. C'est le cas notamment :

- Lorsque la vente porte sur une marchandise qui n'est pas déterminée de façon précise.

- Lorsque la transaction est conclue sans que le prix de la marchandise ne soit fixé de façon claire.

- Lorsque la transaction porte sur une marchandise déterminée que le vendeur ne possède pas encore.

- Lorsque le transfert de propriété est conditionné à un évènement hasardeux. 11

L‟encouragement de la participation aux bénéfices et aux pertes dans les investissements :

L‟interdiction par le Droit Musulman de tout rendement fixe du capital, ne veut pas dire

que le capital ne doit pas être rémunéré. La formule de rechange au taux d‟intérêt fixe est la participation aux profits et le partage des pertes.

La notion de base est celle du risque. Le créancier, dont les fonds sont utilisés à des fins

d‟investissements, doit tirer une partie appropriée des bénéfices, plutôt que le montant préétabli de revenus que représentent les intérêts. Et si l‟entreprise subit des pertes, il doit également assumer ces pertes ; mais en aucun cas, le détenteur du capital argent ne doit s‟assurer des bénéfices sans risques, en prêtant simplement ses fonds. C‟est là une application de la règle idéaliste d‟égalité et de justice entre les contractants.

La Finance

Islamique

est

souvent

qualifiée

de

«

participative

»,

à

partir

du

fonctionnement des contrats de participation, elle a mis en place un système basé sur le Partage des Pertes et des Profits (appelé communément le principe des « 3P »). Ce système permet d‟associer le capital financier au capital humain, et exige que la participation doit être fixé dans une proportion et non par un bénéfice à la signature du contrat.

Plus concrètement, un investisseur doit confier ses fonds à un entrepreneur avec qui il

partagera les bénéfices en fonction de la performance de l‟actif sous-jacent, il devra

11 Edition spéciale : « Comprendre la finance islamique» Avril 2008-Rabî‟outh thâniy 1429.

: « Comprendre la finance islamique» Avril 2008- Rabî‟outh thâniy 1429 . Projet de fin d’études
: « Comprendre la finance islamique» Avril 2008- Rabî‟outh thâniy 1429 . Projet de fin d’études

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également partager toute perte éventuelle avec cet entrepreneur si celle-ci n‟est pas due à une négligence ou une faute grave de ce dernier. Ainsi le client d‟une banque Islamique a pratiquement un statut d‟actionnaire dans les investissements liés à ses contrats et son revenu prend la forme de dividende 12 .

La condamnation de la thésaurisation 13 :

Elle est la conséquence de l‟idée qui constitue le support de la théorie économique du

Droit Musulman, à savoir que toutes les richesses appartiennent à Dieu et doivent être utilisées par ses créateurs, conformément à ses préceptes. Il est donc interdit d‟immobiliser des richesses. Dans le coran, il est dit : « A ceux qui thésaurisent or et argent, sans les dépenser dans la voie de Dieu, fait l‟annonce d‟un supplice douloureux. Un jour, ces métaux rendus incandescents un feu de l‟enfer, leur seront appliqués sur leurs fronts, leurs flancs, et leurs dos- et on leur dira- voici ce que vous amassiez, pour vous-même, savourez donc ce que vous avez thésaurise » 14 .

Il est aussi interdit de dilapider les richesses. « Ceux qui gaspillent les richesses- dit le

coran-, sont les frères de Satan » 15 . Les richesses doivent circuler continuellement dans le cadre du « licite » pour assurer le bien-être de la société et doivent être valorisées par le travail 16 .

L‟interdiction du Maysir et du Qimar :

L‟interdiction du Maysir et du Qimar

est

explicitement

citée

dans

le

Coran

:

« O vous qui avez cru ! Le vin, la divination par les entrailles des victimes ainsi que le tirage

Le

diable ne cherche qu‟à introduire parmi vous les germes de la discorde par l‟animosité et par la haine à travers le vin et le jeu (de hasard) et à vous détourner de l‟invocation de Dieu et de

la prière. Allez vous donc y mettre fin ? » 17 .

au sort (jeu de hasard : Maysir) ne sont qu‟un acte impur de ce que fait Satan. Évitez-le !

12 Malika KETTANI „‟Une banque originale : la banque islamique‟‟ page : 13

13 La thésaurisation est le fait de conserver son argent sans le faire fructifier. C'est une forme d'épargne. Cela ne fait donc pas circuler l'argent et donc cela ne stimule pas l'économie. Source : http://www.becompta.be/modules/dictionnaire/41-comptable-thesaurisation.html.

14 Sourate ATTAWBA verset 34.

15 Sourate AL ISRAE verset 27.

16 Malika kettani „‟Une banque originale : la banque islamique‟‟ page : 12

17 Sourate 5, versets 90 et 91.

originale : la banque islamique‟‟ page : 12 1 7 Sourate 5, versets 90 et 91.
originale : la banque islamique‟‟ page : 12 1 7 Sourate 5, versets 90 et 91.

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Le Maysir était un jeu de hasard, il vient de l‟adjectif arabe Yasîr qui veut dire facile :

avant l'avènement de l‟Islam, les arabes considéraient ces jeux comme moyen facile de gagner l‟argent…

Le Qimar et le Maysir se définissent comme toute forme de contrat dans lequel le droit

des parties contractantes dépend d'un événement aléatoire. C'est notamment ce principe que l'on trouve dans les jeux de hasard et les pariages avec mise.

3. Comparaison des institutions financières islamiques et classiques :

L‟activité dans les secteurs financiers et bancaires, comme toute autre activité

économique, a aujourd‟hui un rôle à jouer dans la société qui va bien au-delà d‟un simple commerce.

C‟est ainsi que les institutions financières et bancaires, pour s‟adapter à la nouvelle ère,

on été aculées à mettre en place des mécanismes de plus en plus sophistiqués et mieux adaptés à la nouvelle structure économique et sociale. Des nouveaux concepts financiers, ne dépondant plus de la finalité de profit, mais qui intègrent des principes spirituels ou éthiques forts, commencent à se développer.

Alors qui est ce qui diffère les institutions financières islamiques de celles classiques ?

a. Les institutions financières islamiques

L‟économie islamique désigne la pratique de l‟économie en accord avec les principes de

la doctrine islamique. Elle a été conçue au début du vingtième siècle pour faire face aux idéologies communistes et capitalistes, et avait pour but de libérer les économies des pays musulmans du poids de l‟exploitation et de l‟oppression des forces coloniales. Comme toute théorie économique, l‟économie Islamique aspire à atteindre un idéal de société où les besoins humains fondamentaux sont satisfaits, où les ressources sont utilisées de manière optimale et où les richesses sont partagées équitablement pour toucher toutes les classes sociales.

Les institutions financière islamiques contemporaines se caractérisent par l‟intervention

directe dans les transactions financées par elles mêmes et le respect de la chariaâ. La rémunération qu‟elles perçoivent se justifie par leur qualité de copropriétaires, aux résultats

perçoivent se justifie par leur qualité de copropriétaires, aux résultats Projet de fin d’études Page 12
perçoivent se justifie par leur qualité de copropriétaires, aux résultats Projet de fin d’études Page 12

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des projets financés (pertes ou profits). Ainsi, les institutions s‟associent systématiquement avec leurs clients dans des opérations rentables plutôt que de leur prêter ses fonds. L‟accent mis sur la prise de participation affecte la nature même des techniques bancaires utilisées et implique l‟existence essentielle d‟un service, spécialisé, chargé de l‟évaluation des projets.

Il y‟a deux principales démarches (Malaisie, et Yémen), les banques islamiques doivent

être soumises à un régime de contrôle et de réglementation par la banque centrale entièrement différent de celui qui appliqué aux banques classiques. La seconde reconnait le caractère particulier des activités bancaires islamiques, mais préfère les placer sous le même régime de contrôle et de réglementation de la banque centrale comme pour les banques classiques, avec de légères modifications et des lignes directrices spéciales qui sont généralement officialisées par des circulaires de la banque centrale (Bahreïn, Qatar…).

b. Les institutions financières classiques

Les banques traditionnelles collectent les fonds et les utilisent dans des opérations de

crédit. Elles fixent pour les emprunteurs un taux d‟intérêt supérieur à celui des déposants, et tirent leurs revenus de la différence entre intérêts débiteurs et créditeurs. Ces institutions transforment également pour leur propre compte, les dépôts à court et moyen terme des clients, en crédit à moyen et à long terme, en tirent des revenus de cette transformation. 18

Les banques sont soumises, selon les réglementations spécifiques à chaque pays, à

l‟autorité de différents organismes de tutelle et de régulation. En général, ces établissements sont organisés selon un système pyramidal dont la réglementation bancaire et financière est placée sous la responsabilité de la Banque centrale du pays, les comités qui travaillent sous sa responsabilité et les autorités des marchés financiers tels que l‟AMF (Autorité des Marchés Financiers) pour la France et la SEC (Securities and Exchange Commission) aux Etats-Unis.

Les établissements classiques mettent à la disposition de leur clientèle à travers des

réseaux d‟agences et des services diversifiés en constante rénovation.

Ces produits et services sont offerts, suivant le statut de l‟établissement, 19 aussi bien aux

entreprises qu‟aux particuliers. Ils n‟ont pas d‟appellations identiques, puisqu‟ils différent

18 Malika KETTANI: „‟une banque originale la banque islamique ‟‟page 108.

19 Banque de dépôt (banque de détail ou banque d‟affaires), banque d‟investissement, banque de détail (mutualiste, commerciale ou mixte), banque spécialisée…etc.

banque de détail (mutualiste, commerciale o u mixte), banque spécialisée…etc. Projet de fin d’études Page 13
banque de détail (mutualiste, commerciale o u mixte), banque spécialisée…etc. Projet de fin d’études Page 13

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d‟un établissement à l‟autre. Néanmoins les principes restent, en général, les mêmes, malgré quelques différentiations qu‟on peut remarquer en immigrant à travers les établissements, les pays ou les continents.

L‟accès aux produits et services demande, généralement, seulement un engagement et

des garanties de la part du client. Ils peuvent concerner le financement, les dépôts et les épargnes et d‟autres produits et services.

c. La comparaison entre les institutions financières islamiques et les institutions classiques :

Les institutions financières islamiques ont été crées comme une alternative aux

institutions classiques ou conventionnelles, pour offrir des opérations d‟investissement, de financement ou de commerce compatible avec la chariaâ.

Comparaison des caractéristiques

Les institutions financières islamiques ont des aspects très spécifiques par rapport à leurs

homologues classiques, au niveau de l‟organisation et de la gestion. Aussi, la finance islamique repose sur des principes différents de ceux adoptés par sa concurrente classique où les taux d‟intérêt flottent selon des conditions purement économiques. Donc, à la différence du système classique, la finance islamique se base sur des principes qui concernent, notamment, l‟interdiction de l‟usure, l‟encouragement de la participation aux bénéfices et aux pertes dans les investissements, la condamnation de la thésaurisation et la valorisation du travail.

Les principes qui régissent le fonctionnement d‟un système économique islamique sont

différents de l‟esprit des systèmes conventionnels. En effet, le système Islamique se distingue principalement par ses dimensions morale et religieuse dans la définition des problèmes économiques, ce qui implique que les agents économiques ne doivent pas considérer la profitabilité comme l‟unique ni le principal critère de prise de décision.

En conséquence, un système financier islamique, tout en intégrant des objectifs de

rentabilité et d‟efficacité, se doit de respecter l‟ensemble des principes éthiques de la chariaâ. Ainsi d‟autre paramètres sont à prendre en compte lors de toute évaluation économique, ceux-

paramètres sont à prendre en compte lors de toute évaluation économique, ceux - Projet de fin
paramètres sont à prendre en compte lors de toute évaluation économique, ceux - Projet de fin

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ci comprennent des objectifs tels que la fraternité humaine, la justice socio-économique, la paix mentale, le bonheur, la famille, ou encore l‟harmonie sociale.

Parmi les reproches au système classique, l‟insuffisance de l‟implication de ces

établissements dans les activités de leurs clients. C‟est ce qui donne une avance aux institutions classiques qui s‟attachent au partenariat entre les parties, au caractère équitable des contrats, à la relation entre financement et productivité de l‟investissement, au partage des risques et surtout à l‟honnêteté dans la relation commerciale.

Comparaison des produits financiers :

La plus part des produits financiers islamiques se retrouvent dans la liste de leurs

homologues classiques avec, tout de même, un vernissage de conformité à la chariaâ. Le tableau ci-après donne quelques correspondances entre ces produits.

la chariaâ. Le tableau ci-après donne quelques correspondances entre ces produits. Projet de fin d’études Page
la chariaâ. Le tableau ci-après donne quelques correspondances entre ces produits. Projet de fin d’études Page

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

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Tableau 1 : la correspondance entre les produits financiers islamiques et leurs homologues

classiques.

L’appellation

Objet

L’appellation

Objet

 

islamique

classique

Mourabaha et

Prêt sans intérêt à court terme avec marge bancaire préétablie (intermédiation).

Micro-crédit

Activité s’inscrivant en rupture avec les modalités et procédures régissant les crédits bancaires.

Qard Hassan

Ijara

Achat d’un actif par la banque puis location à son client avec promesse de vente à terme.

Crédit-bail

Option d'achat permet au client de devenir propriétaire du matériel.

As-salam ou

Achat d’un actif par la banque puis sa revente à terme à son client (paiement différé).

Vente à terme ou forward

Il s´agit d´un accord de vendre un actif à un prix et une date future précisés dans le contrat.

Bay’muajjal

 

Financement d’un projet par la banque avec partage des pertes et profits selon un ratio préétabli.

 

Activité

financière

Capital-

consistant pour un investisseur à entrer au capital de sociétés qui ont besoin de capitaux propres.

Moudaraba

investissement

 

Cofinancement par la banque et le client avec partage des pertes et profits selon un ratio préétabli.

Capital-

Moucharaka

investissement

Sukuk

Emprunt

Contrat par lequel une personne morale reçoit en prêt une certaine somme d’argent de la part des souscripteurs des titres obligataires qu’elle a émis.

 

Emprunt obligataire adossé à un contrat de crédit-bail

obligataire

  Emprunt obligataire adossé à un contrat de crédit-bail obligataire Projet de fin d’études Page 16
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II. Les principaux instruments de la Finance Islamique

L‟ensemble de la pratique de la finance islamique repose sur des modes de financement

et de placement qui ne font pas intervenir le paiement d‟intérêt. D‟une manière générale, ils s‟appliquent à des opérations d‟investissement, d‟achat de marchandises, de services ou d‟actifs immobilisés. Et chacune de ces opérations fait l‟objet d‟un contrat entre la banque et l‟emprunteur.

1. Les types de produits de financements

Les banques islamiques assurent le financement en utilisant deux méthodes principales.

La première méthode s‟applique aux opérations de participation aux profits et aux pertes

en faisant intervenir la Moucharaka et la Moudaraba. Dans ce cas, la rémunération n‟est pas fixée à l‟avance et dépend des résultats réalisés en aval de l‟opération de financement.

La seconde s‟applique aux opérations de vente de marchandises ou de services à crédit et

conduit donc à un endettement de la partie qui achète ces biens et services. Elle fait intervenir un certain nombre de modes de financement tels que la Mourabaha, l‟Ijara, le Salam, et l‟Istisnaa. La rémunération de la banque dans ces cas est une partie du prix de vente.

Théoriquement, il y a un grand nombre de modes de financement islamiques. Nous nous

limiterons à décrire les principaux modes utilisés par les banques islamiques tout en précisant que la porte reste ouverte pour le développement de nouvelles formules de financement pourvu qu‟elles soient conformes aux règles de la chariaâ.

A. Les modes de financement participatifs

Dans ce cadre les banques islamiques, mettent à la disposition du public une panoplie de

produits financiers islamiques, destinés aux clients désireux d‟obéir à la chariaâ.

Les produits disponibles sur le marché et les plus connus sont :

à la chariaâ. L es produits disponibles sur le marché et les plus connus sont :
à la chariaâ. L es produits disponibles sur le marché et les plus connus sont :

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a. Moucharaka

Définition :

Le contrat de Moucharaka se définit de manière générale comme une joint-venture entre

une banque et son client, lesquels constituent ensemble une société. Les deux parties souscrivent ainsi au capital de cette société et participent aux pertes à hauteur de leur participation et aux profits selon un prorata prédéterminé. Il est assimilé au Capital Risque.

On distingue deux types de contrats :

- La Moucharaka Tabita (fixe) : L‟établissement de crédit et le client demeurent partenaires au sein de la société jusqu‟à l‟expiration du contrat.

- La Moucharaka Moutanakissa (dégressive) : L‟établissement de crédit se retire de la société au fur et à mesure de l‟avancement du projet financé.

Caractéristiques de ce produit :

La Moucharaka en tant que mode de financement est basée sur la répartition des risques

entre les associés. Elle est constituée des sociétés de capitaux à la recherche de nouvelles formules de prise de participation. Cette dernière ne peut être prise que dans des sociétés de capitaux : Société Anonyme (SA), Société à Responsabilité Limitée (SARL), Société en Commandite par Action (SCA), et la Société Anonyme Simplifiée (SAS).

Ainsi, la banque islamique ne peut financer seule le projet. En effet, un ou plusieurs

partenaires peuvent également faire un apport en numéraire ou en nature, et ce, à la différence du contrat de « Moudaraba » où la banque finance seule le projet.

Conditions de validité de ce produit :

Pour que ce produit être valide, il faut que ces conditions être exigibles :

- L‟apport de chaque partie doit être disponible au moment de la réalisation de l‟opération.

- Chacune des deux parties doit accepter le principe de la participation aux pertes et profits de l‟entreprise financée. Toute convention visant à garantir à l‟une des parties la

financée. Toute convention visant à garantir à l‟une des parties la Projet de fin d’études Page
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récupération de son concours indépendamment des résultats de l‟opération est nulle et non avenue. À cet égard, la Banque n‟a le droit de réclamer le remboursement de son apport que dans les cas de violation par son partenaire d‟une clause quelconque du contrat Moucharaka, de négligences graves dans la gestion de l‟affaire (par référence aux règles usitées en la matière), et des cas de mauvaise foi, dissimulation, abus de confiance et autres actes similaires.

- La clé de répartition des bénéfices entre les deux parties doit être explicitement arrêtée lors de la conclusion du contrat afin d‟éviter toute cause de litige.

- Le partage des profits ne peut avoir lieu qu‟après réalisation effective des bénéfices. Des avances peuvent être néanmoins prélevées d‟un commun accord entre les parties concernées, à charge de régularisation à la clôture de la Moucharaka ou de l‟exercice selon le cas).

- Les biens et prestations, objet de la Moucharaka, doivent être conformes aux prescriptions de l‟Islam (licites).

Avantages de ce produit :

Le produit Moucharaka présente les avantages suivants :

La nouveauté : La Moucharaka constitue une vraie innovation, permettant à certaines entreprises de trouver des modes de financements conformes à leur éthique. Le financement à tout moment : La Moucharaka est un mode de financement possible à tout moment du « cycle de vie » de l‟entreprise, aussi bien pour ce qui est de la création, du développement, de l‟augmentation de capital, et de l‟acquisition ou la rénovation des équipements. La contribution au développement économique : La Moucharaka permet d‟établir un véritable partenariat d‟un autre type de banque. La transparence : Les parties du contrat « Moucharaka » participent aux pertes à hauteur de leur participation et aux profits selon un prorata prédéterminé.

Le produit « Moucharaka », en tant qu‟un mode de financement qui se base sur le

principe de la répartition des bénéfices et des pertes entre la banque et le client, il présente plusieurs avantages pour les deux parties :

entre la banque et le client, il présente plusieurs avantages pour les deux parties : Projet
entre la banque et le client, il présente plusieurs avantages pour les deux parties : Projet

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Pour la Banque :

On distingue :

Le libre choix : Selon les cas, la banque peut notamment souscrire des actions ordinaires, des actions à dividende prioritaire ou assorties de bon de souscription d‟actions. Créneau de placement : La Moucharaka offre à la banque des opportunités de placement à long et moyen terme de ses ressources. Source de revenus : La Moucharaka constitue, pour la banque, une source de revenus réguliers assurant à ses actionnaires un taux de rémunération assez intéressant.

Pour le client :

Le produit Moucharaka présente plusieurs avantages pour le client tels que :

La réalisation de projet : La Moucharaka permet à toute entreprise de réaliser ses ambitions tout en accédant à une nouvelle formule de financement. Le partage des pertes subies : En cas de résultat déficitaire, la banque ne peut prétendre à une quelconque rémunération, et est tenue d‟assumer sa quote part dans la perte en sa qualité d‟associé.

b. Moudaraba

Définition :

C‟est un contrat entre deux parties : le propriétaire du capital (Rabb al mal) et un

entrepreneur (manager) appelé Moudarib, pour investir dans une activité prédéterminée qui donne à chacun une part du résultat déterminée lors de la signature du contrat. La perte du manager étant le coût d‟opportunité de sa propre force de travail qui a échoué de générer un surplus de revenu. En dehors du cas de violation du contrat ou d‟une négligence, le manager n‟a pas à garantir ni le capital investit, ni la réalisation d‟un profit. Bien que le pourvoyeur de fonds puisse imposer, dans les termes du contrat, certaines conditions que le manager accepte d‟ailleurs, mais il n‟a aucun droit de s‟ingérer dans le travail quotidien du Moudarib.

mais il n‟a aucun droit de s‟ingérer dans le travail quotidien du Moudarib. Projet de fin
mais il n‟a aucun droit de s‟ingérer dans le travail quotidien du Moudarib. Projet de fin

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Avantages de ce produit :

En établissant un fonds Moudaraba, la banque islamique entend répondre à un besoin

constamment exprimé par sa clientèle.

Les promoteurs, les artisans, les petites et moyennes entreprises trouveront dans cette

forme de financement une possibilité supplémentaire de faire valoir des innovations inexploitées ou de saisir les chances et opportunité qu‟ils peuvent identifier mais qu‟ils ne peuvent autrement réaliser, faute des ressources financières nécessaires.

La banque islamique doit viser aussi par ce produit financier à encourager l‟esprit

d‟entreprise tout en valorisant l‟apport non financier de ceux dont le capital est incorporé en eux-mêmes : la droiture et l‟intégrité, la transparence et un know-how spécifique destiné à satisfaire des besoins réels grâce à un effort continu.

Notons enfin, que ce produit Moudaraba nécessite une gestion complètement différente

des autres types de financement (leasing, vente à tempérament, Mourabaha…).Il nécessite de la part du chargé d‟affaire une diligence et un suivi permanent 20 .

B. Les modes de financement basés sur la dette :

Le mode de financement non proportionnel c‟est un contrat entre un financier (la banque)

et un bénéficiaire par lequel les deux parties conviennent d‟entrer en partenariat pour l‟acquisition d‟un bien, tel que décrit ci-dessus, mais à la condition que le financier le vende au bénéficiaire à un prix convenu et selon un échéancier déterminé.

a. Mourabaha (contrat de vente avec marge de bénéfice)

Définition :

On entend par « Mourabaha » tout contrat par lequel un établissement de crédit acquiert,

à la demande d‟un client, un bien meuble ou immeuble en vue de lui revendre à son coût d‟acquisition plus une rémunération convenue d‟avance.

20 Institut islamique de recherche et de formation : Introduction aux techniques islamiques de financement, première édition, page 60.

: Introduction aux techniques islamiques de financement, première édition , page 60. Projet de fin d’études
: Introduction aux techniques islamiques de financement, première édition , page 60. Projet de fin d’études

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Le terme de cette opération varie de 6 à 18 mois. Cet instrument de finance permet de

satisfaire les demandes des clients en ce qui concerne l‟acquisition des biens d‟équipement, de production, de consommation, etc.

La Mourabaha peut revêtir deux aspects :

- Transaction directe entre un vendeur et un acheteur.

- Transaction tripartite entre un acheteur final (ou donneur d‟ordre d‟achat), un premier vendeur (le fournisseur) et un vendeur intermédiaire (exécutant de l‟ordre d‟achat).

Cette dernière formule a été retenue dans les pratiques bancaires islamiques. La Banque

intervient en qualité de premier acheteur vis à vis du fournisseur et de revendeur à l‟égard de l‟acheteur donneur d‟ordre (le client). La Banque achète la marchandise au comptant ou à crédit et la revend au comptant ou à crédit à son client moyennant une marge bénéficiaire convenue entre les deux parties.

Les conditions de validité de « Mourabaha » :

On remarque que mal interprétée, cette formule peut conduire à l‟usure condamnée par l

droit musulman. C‟est pour cela, elle est soumise à ces conditions :

- Le prix de vente doit être connu par les deux parties.

- Le bénéfice à réaliser doit être déterminé avec précision.

- Le vendeur doit être réellement en possession du bien lors de sa revente.

- Le prix ne doit subir aucune modification en cas de retard ou d'anticipation de paiement.

- Le consentement des parties est nécessaire.

- Le prix de revient, la marge bénéficiaire de la Banque et le (s) délai (s) de paiement doivent être préalablement connus et acceptés par les deux parties.

(s) de paiement doivent être préalablement connus et acceptés par les deux parties. Projet de fin
(s) de paiement doivent être préalablement connus et acceptés par les deux parties. Projet de fin

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Les caractéristiques du produit 21 :

Le produit « Mourabaha ou la vente avec une marge bénéficiaire » se caractérise par :

Cible: Mourabaha est accessible à toute personne physique ou morale intéressée par une solution de financement à court ou moyen terme.

Objet : Mourabaha finance les biens mobiliers et immobiliers, qui existent au moment de la conclusion du contrat.

Assurances:

On distingue :

Assurance de personne facultative: Le client a le choix de souscrire une assurance décès invalidité assurant le règlement des échéances restant dues en cas de décès ou invalidité. Cette assurance permettra la protection des proches.

Assurance dommages obligatoire: La polie d'assurance dommage protégeant le bien financé en cas de destruction total ou partielle est obligatoire.

Avantages du produit :

Mourabaha est le contrat le plus populaire et le plus utilisé par les institutions

bancaires islamiques. Elle présente différents avantages tels que :

- La rapidité et l‟accès immédiat au bien : Mourabaha est un contrat tripartite, l‟achat et la revente se font simultanément. le client bénéficie de la jouissance du bien dès la signature du contrat.

- Souplesse des modalités de paiement : le client peut régler la banque en un ou plusieurs versements pendant une durée convenue à l‟avance.

- Mourabaha s‟adapte à l‟évolution de la situation financière du client : le client peut régler partiellement ou totalement à tout moment le reliquat de la valeur du bien.

- La transparence du coût : Mourabaha permet au client de maîtriser le coût de sa transaction : il connait à l‟avance le prix d‟acquisition du bien, la rémunération de la banque ainsi que les échéances à régler.

21 Groupes Banque Populaire : Guide pratique des produits : Ijara, Moucharaka, Mourabaha

Groupes Banque Populaire : Guide pratique des produits : Ijara, Moucharaka, Mourabaha Projet de fin d’études
Groupes Banque Populaire : Guide pratique des produits : Ijara, Moucharaka, Mourabaha Projet de fin d’études

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b. Ijara (crédit bail ou leasing)

Définition 22 :

On entend par Ijara, Crédit-bail ou bien Leasing, tout contrat selon lequel un

établissement de crédit met, à titre locatif, un bien meuble ou immeuble déterminé, identifié et propriété de cet établissement, à la disposition usage autorisé par la loi.

Les contrats d‟Ijara peuvent revêtir l‟une des deux formes suivantes :

- Ijara sans engagement d‟achat par le locataire, appelée « Ijara tachghilia » ou location

Simple.

- Ijara assortie d‟un engagement d‟acquisition ferme de la part du locataire à l‟issue d‟une

période convenue d‟avance et l‟engagement ferme de la banque de lui céder ce bien à l‟issue de la même période ; il s‟agit alors d‟un contrat dit Ijara wa Iqtina.

L‟Ijara wa Iqtina ressemble, en beaucoup de points au leasing conventionnel. Il en diffère

néanmoins par le fait que dans l‟Ijara wa Iqtina, la promesse de vente; le transfert de propriété est différé mais inéluctable, alors que dans le leasing la promesse de vente est unilatérale, puisque le locataire bénéficie d‟une option d‟achat.

Conditions de validité de produit « Ijara » :

Pour que ce produit être conforme aux préceptes de chariaâ, il doit remplir les conditions

suivants :

L‟objet de la location doit être connu et accepté par les deux parties.

La location doit porter sur des biens durables, c‟est à dire non destructibles du fait de la jouissance ou de l‟utilisation.

Le bien loué de même que les accessoires nécessaires à son usage, doivent être remis à l‟utilisateur en état de servir à l‟utilisation à laquelle ledit bien est destiné.

La durée de location, le délai de paiement, le montant du loyer et la périodicité doivent être déterminés et connus à la conclusion du contrat de leasing.

22 Groupes Banque Populaire : Guide pratique des produits : Ijara, Moucharaka, Mourabaha

Groupes Banque Populaire : Guide pratique des produits : Ijara, Moucharaka, Mourabaha Projet de fin d’études
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Le loyer peut être payé d‟avance, à terme ou par tranches selon la convention des parties.

Les deux parties peuvent convenir d‟un commun accord d‟une révision du loyer, de la durée de location et de toutes autres clauses du contrat.

La destruction ou la dégradation du bien loué d‟un fait indépendant de la volonté de l‟utilisateur n‟engage la responsabilité de ce dernier que s‟il est établi et qu‟il n‟a pas pris les mesures nécessaires pour la conservation du bien avec le soin d‟un bon père de famille.

Avantages de ce produit 23 :

Le produit « Ijara » présente des avantages tels que :

-

La liberté : Location d‟un bien adapté aux besoins du client ; le choix du bien est effectué par le client lui-même ;

-

La flexibilité : Le client peut revoir la durée de location ou le montant du loyer en commun accord avec sa banque (en fonction de la nature du bien) ;

-

Souplesse : Le client peut librement s‟acquitter le loyer non échus pour réduire la durée de location s‟il veut acheter le bien ;

-

Droit de jouissance : Le client dispose du bien à sa guise sans contrainte tout au long de la durée de location ; à la fin de la période il en devient propriétaire ;

-

La stabilité : La banque en pourra à aucun moment revoir le montant des loyers à l hausse ;

-

La tranquillité : avec Ijara le client dispose de son bien et à l‟esprit tranquille.

c.

Salam (crédit bail ou leasing)

Définition :

Salam peut être défini comme un contrat de vente avec livraison différée de la

marchandise. Ainsi, contrairement à la Mourabaha, la Banque n‟intervient pas comme vendeur à crédit de la marchandise acquise sur commande de sa relation, mais comme acquéreur, avec paiement comptant d‟une marchandise qui lui sera livrée à terme par son partenaire.

23 Groupes Banque Populaire : Guide pratique des produits : Ijara, Moucharaka, Mourabaha

Groupes Banque Populaire : Guide pratique des produits : Ijara, Moucharaka, Mourabaha Projet de fin d’études
Groupes Banque Populaire : Guide pratique des produits : Ijara, Moucharaka, Mourabaha Projet de fin d’études

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Le contrat Salam peut être utilisé à court terme, à moyen terme ou à long terme :

À court terme, le contrat Salam s‟applique parfaitement dans le domaine agraire où la durée ne dépasse pas un an.

À moyen terme, Salam convient au financement des opérations d‟investissements de certaines entreprises de taille moyenne, dont la maturité des projets ne dépasse pas cinq années.

À long terme, Salam permet le financement de gros projets industriels qui ne sont pas engagés qu‟à condition d‟obtenir des contrats fermes d‟achat telles les constructions navales et aéronautiques.

Les conditions de validité de ce produit :

Le contrat de vente n‟est variable que si certaines conditions sont réunies. Ces conditions

portent sur :

- La date exacte et le lieu de livraison doit être spécifié dans le contrat.

- Le consentement des parties est nécessaire.

- La marchandise objet du contrat doit être connue (en nature et qualité), quantités (en nombre, en volume, ou en poids) et valorisée (en monnaie ou en autre contrepartie en cas de troc).

- Le délai de livraison de la marchandise par le vendeur doit être fixé dans le contrat et connu des deux parties.

- Le prix (ou la contrepartie) de la marchandise doit être fixé dans le contrat, connu des deux parties et payé par l'acheteur (la Banque) comptant.

- Le lieu de livraison doit être déterminé et connu des deux parties.

- L'acheteur peut exiger du vendeur une caution pour garantir la livraison de la marchandise à l'échéance ou tout autre garantie réelle ou personnelle.

- L'acheteur peut mandater le vendeur pour vendre et/ou livrer la marchandise, à l'échéance, à une tierce personne moyennant une commission ou sans commission. Le vendeur est alors personnellement redevable vis à vis de l'acheteur du recouvrement du prix de vente.

- L'acheteur ne peut vendre la marchandise avant sa livraison par le vendeur. Toutefois, il est autorisé à le faire par le biais d'un contrat Salam parallèle.

il est autorisé à le faire par le biais d'un contrat Salam parallèle. Projet de fin
il est autorisé à le faire par le biais d'un contrat Salam parallèle. Projet de fin

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Description du processus du produit Salam:

Pour les modalités de pratique de ce type de contrat, plusieurs étapes se présentent à fin

de respecter ses principes :

1. La Banque (acheteur) passe une commande à son client pour une quantité donnée de marchandises, d‟une valeur correspondant à son besoin de financement.

2. Le client (vendeur) adresse à la Banque une facture proforma 24 indiquant la nature, les quantités et le prix des marchandises commandées.

3. Les deux parties, une fois d‟accord sur les conditions de la transaction, signent un contrat d‟As-salam reprenant les clauses convenues (nature des marchandises, quantités, prix, délais et modalités de livraison et/ou de vente pour le compte de la Banque etc

4. Parallèlement, les deux parties signent un contrat de vente par procuration par lequel la Banque autorise le vendeur à livrer ou à vendre (selon le cas) les marchandises à une tierce personne. Le vendeur s‟engage, sous sa pleine responsabilité à recouvrer et à verser le montant de la vente à la Banque.

5. Outre les garanties ordinaires exigées par la Banque dans ses activités de financement

, d‟une assurance-crédit pour se prémunir contre le risque de non paiement des acheteurs finaux, de même qu‟une assurance couvrant les marchandises avec subrogation au profit de la Banque.

6. À l‟échéance, au cas où la Banque aurait choisi de mandater le vendeur pour écouler les marchandises pour son compte, ce dernier les facturera pour le compte de la Banque et livrera les quantités vendues en prenant soin, si la banque le juge nécessaire, d‟exiger des acheteurs de faire viser les bons d‟enlèvement aux guichets de cette dernière (mesure destinée à permettre le suivi et le contrôle de l‟opération).

elle peut requérir du vendeur la souscription

(cautions, nantissements, hypothèques

7. La rémunération du mandat du vendeur peut être consentie sous forme d‟une commission, d‟une ristourne ou d‟une participation à la marge dégagée par la vente des marchandises. Elle peut aussi être décomptée au début de la transaction et intégrée au montant de l‟avance (financement As-salam). En tout état de cause, son montant

24 Une facture proforma est une facture « pour la forme » où le commerçant s‟engage sur les prix, les conditions de livraisons, les modalités de paiement, bref sur toutes les conditions dans lesquelles il va fournir la marchandise.

paiement, bref sur toutes les conditions dans lesquelles il va fournir la marchandise. Projet de fin
paiement, bref sur toutes les conditions dans lesquelles il va fournir la marchandise. Projet de fin

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doit être calculé par référence aux taux de marge pratiqués sur le marché pour des opérations similaires.

8.

La Banque peut utiliser la technique du warrantage en exigeant, dans les modalités contractuelles de livraison, l‟entreposage des marchandises dans un magasin général et les vendre, elle-même ou par l‟entremise de son client en endossant le warrant et en gardant le récépissé en guise de garantie de paiement.

9.

Le prix de vente des marchandises par le vendeur pour le compte de la Banque, doit dégager une marge nette (après déduction des commissions et autres frais) au moins égale au taux de rentabilité annuel minimum tel que fixé dans sa politique de financement.

d.

Istisnaa (contrat de traitance) et Al-Istisnaa A-Tamwili (financement par voie de l‟Istisnaa) :

Définition :

Istisnaa est un contrat d‟entreprise en vertu duquel une partie (MOUSTASNI‟I) demande à

une autre (SANI‟I) de lui fabriquer ou construire un ouvrage moyennant une rémunération payable d‟avance, de manière fractionnée ou à terme. Il s‟agit d‟une variante qui s‟apparente au contrat SALAM à la différence que l‟objet de la transaction porte sur la livraison, non pas de marchandises achetées en l‟état, mais de produits finis ayant subi un processus de transformation.

Istisnaa A-Tamwili qui est utilisé par les banques islamiques comporte deux contrats

distincts. Le premier est conclu entre le bénéficiaire et la banque dans lequel le prix est payé par l‟acheteur à une date ultérieure via des versements échelonnés ; la banque s‟engageant à délivrer la marchandise commandée à une date convenue. Le second contrat d‟Istisnaa est un sous contrat conclu entre la banque et un fabricant qui s‟engage à manufacturer la marchandise selon un cahier des charges bien spécifique. La banque s‟engage à payer le prix de la marchandise commandée soit au comptant, soit par versements échelonnés pendant le processus de fabrication. Le fabricant s‟engage par sa part à livrer le produit fabriqué à la banque à la date mentionnée dans le contrat qui est d‟ailleurs la même que celle figurant sur le premier contrat Istisnaa. L‟acheteur initial (c‟est-à-dire) pourrait être autorisé à recevoir la marchandise directement auprès du fabricant.

pourrait être autorisé à recevoir la marchandise directement auprès du fabricant. Projet de fin d’études Page
pourrait être autorisé à recevoir la marchandise directement auprès du fabricant. Projet de fin d’études Page

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Les conditions de conformité d’Istisnaa 25 :

Pour que ce produit être conforme aux préceptes de chariaâ, il doit remplir les conditions

suivants :

1.

Le principe de base est que la rémunération de la Banque dans le cadre de l‟ISTISNA‟A se justifie par son intervention en qualité d‟entrepreneur responsable de la réalisation des travaux afférents à la construction de l‟ouvrage objet du contrat, que cette intervention ait lieu directement ou par l‟entremise de sous-traitants.

2.

Le contrat d‟ISTISNA‟A doit porter sur un travail de transformation d‟une matière, d‟un produit semi-fini ou de composants en un produit fini prêt à l‟utilisation.

3.

Le contrat doit préciser la nature, la quantité, la qualité et les spécificités du bien à fabriquer.

4.

La matière, les composants ou les produits semi-finis doivent être apportés ou financés par le SANI‟I (l‟entrepreneur).

Utilité de ce mode de financement 26 :

L'Istisnaa est une formule qui permet à la Banque Islamique d'apporter son concours

dans le cadre de travaux de construction, de réfection, d'aménagement et de finition

d'équipements de

d'ouvrages de masse. Elle permet aussi de financer la construction

production, de transport et de consommation sur commande des utilisateurs et/ou des

revendeurs.

2. Les produits de placement :

Les banques islamiques, à l‟instar de leurs homologues traditionnelles, procèdent

également à l‟ouverture de compte bancaire, à l‟acceptation des dépôts, aux opérations de change, au paiement et à l‟encaissement de chèques pour le compte de leurs clients. Et elles procèdent aussi au prêt, mais sans intérêt.

Concernant les dépôts, la propriété des fonds est transférée au banquier dépositaire,

maisles fonds restent disponibles au profit du déposant, qui pourra les retirer à tout moment. Il existe cependant plusieurs sortes de compte de dépôt en banque islamique.

25 http://www.labanqueislamique.fr/salam.htm

26 http://www.labanqueislamique.fr/istisnaa.htm

2 6 http://www.labanqueislamique.fr/istisnaa.htm Projet de fin d’études Page 29
2 6 http://www.labanqueislamique.fr/istisnaa.htm Projet de fin d’études Page 29

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a. les comptes courants

Les comptes courants ou bien comptes à vue permettent au déposant d‟effectuer tous

les ordres à travers la banque islamique, dans la limite du solde inscrit. La banque elle, ne prélève aucune rémunération en contre partie de leur gestion, mais elle investie une part de ces fonds, et les bénéfices qui en découlent reviennent aux actionnaires, dont les dépôts garantissent l‟intégralité de ces fonds.

b. les comptes d‟épargne

Les comptes d‟épargne sont alimentés par la partie des revenus que les individus

décident de constituer en réserve. Les titulaires ne perçoivent aucun intérêt en contrepartie de leurs dépôts, mais bénéficient de certains avantages de la part de la banque, à savoir la priorité dans l‟octroi de prêts sans intérêt par exemple.

c. les comptes d‟investissement

Les comptes d‟investissement sont destinés à faire fructifier l‟argent des déposants. La

banque, à travers ses fonds propres, ne couvre pas ces capitaux. Les titulaires des comptes participent eux aux bénéfices et pertes des projets dans lesquelles les fonds sont investis.

Les banques islamiques procèdent au placement des comptes à vue des déposants, et des

comptes d‟épargne. Ces placements se font toujours dans des opérations d‟investissements et de ce fait, les banques islamiques s‟emparent de la totalité des bénéfices puisque l‟intérêt est interdit pour les déposants.

Au niveau des banques islamiques, ce qui importe le plus, c'est la rentabilité du projet à

financer dans la mesure où la rémunération de la banque dépend de cette rentabilité. Ce partage des profits entre le client et la banque s'explique par le fait que le bénéfice n'est que le fruit de deux éléments intimement liés: le travail et le capital.

n'est que le fruit de deux éléments intimement liés: le travail et le capital. Projet de
n'est que le fruit de deux éléments intimement liés: le travail et le capital. Projet de

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

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3. Le produit d’assurance

En forte croissance depuis quelque temps, la finance islamique ne se limite pas aux

obligations et aux produits bancaires. Les produits d'assurances islamiques se diversifient et s'adaptent aux exigences particulières de la clientèle musulmane. L'assurance islamique représente aujourd'hui un marché embryonnaire mais porteur.

Le processus d'assurance comporte, selon les religieux, un élément d'incertitude et

d'ambiguïté. Par hypothèse, il existerait une disproportion entre la prime payée par l'assuré et le capital ou l'indemnité qu'il va peut être recevoir. Cette disproportion «disqualifie le processus qui prône l'égalité entre les partenaires du contrat». Cet argument défendu par certains n'a pas de légitimité.

a. Takaful assurance:

Le concept de Takaful a été pratiqué sous différentes formes depuis plus de 1400 ans. Il

provient du mot arabe Kafala, qui signifie «se garantir l‟un l‟autre» ou «garantie conjointe». En principe, le système de Takaful est basé sur la coopération mutuelle et l‟assistance entre le groupe ou des souscripteurs. C‟est une forme d‟assurance mutuelle. L‟assurance, telle qu‟on la connaît aujourd‟hui (assurance décès, santé, automobile, …) se contracte sur la base d‟une prime à fonds perdus.

Le principe du produit Takaful ressemble dans son fonctionnement à une coopérative.

Payer une cotisation (ou prime ou don ou participation selon la nomenclature qu‟on lui donnera) par le souscripteur à la compagnie d‟assurance élimine de ce fait le caractère incertain, c‟est-à-dire le fonds perdu. Un groupe de personnes contracte le produit Takaful. Chacun donne une cotisation. Cet argent collecté est placé par la compagnie dans des activités «islamiquement correctes». Les bénéfices engendrés de ce placement et même les pertes seront par la suite distribués aux souscripteurs.

Les activités «islamiquement correctes» sont définies par un comité religieux qui gère les

placements de l‟assurance (Exit la bourse, la loterie, ou toute activité basée sur les taux d‟intérêt).

(Exit la bourse, la loterie, ou toute activité basée sur les taux d‟intérêt). Projet de fin
(Exit la bourse, la loterie, ou toute activité basée sur les taux d‟intérêt). Projet de fin

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Parmi Les principes du Takaful on peut citer :

Les souscripteurs d‟un contrat d‟assurance coopèrent entre eux pour leur bien commun. Chaque souscripteur paie sa prime pour aider ceux qui sont dans le besoin.

Les pertes sont partagées et les dettes réparties suivant le système de "POOLING".

Le caractère incertain est éliminé par la souscription et la compensation. Cela n‟entraine aucun avantage à l‟un qui coûterait quoique ce soit aux autres.

En théorie, le Takaful est perçu comme une assurance coopérative, où ses membres

versent une certaine somme dans un pot commun. Le but de ce système n‟est pas le bénéfice mais la garantie du principe de "se porter assistance l‟un l‟autre". L‟assurance commerciale est strictement illicite pour le musulman comme en ont convenu la majorité des savants contemporains car elle contient les éléments suivants :

b. La différence entre assurance classique et alternative :

Le produit Takaful diffère de l‟assurance classique au niveau de la gestion des

placements et des actifs et le partage du profit. Le caractère spécial de ce produit impose un traitement à part. Autrement dit, toutes les actions financières de la compagnie, relevant du contrat Takaful, ne doivent pas se mélanger aux autres activités «classiques» et qui pourraient ne pas être «conformes à la chariaâ». La séparation d‟actifs est de ce fait de rigueur.

Mais le plus attrayant pour le client, c‟est le partage du profit. Les bénéfices qui sont

dégagés par la société d‟assurances de ses placements «islamiques» sont alors partagés avec les souscripteurs. Et ce, sur la base d‟un quota défini à l‟avance. Évidemment, pour que les opérations se fassent dans les règles de la chariaâ, un audit financier est effectué par un comité religieux spécialisé et qui supervise toutes les opérations liées à l‟assurance Takaful. Mais comme tout produit nouveau, l‟assurance Takaful devra convaincre le marché et la clientèle.

produit nouveau, l‟assurance Takaful devra convaincre le marché et la clientèle. Projet de fin d’études Page
produit nouveau, l‟assurance Takaful devra convaincre le marché et la clientèle. Projet de fin d’études Page

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

III. Les développements de la finance dite « alternative » au Maroc

En introduisant des produits bancaires islamiques, le Maroc voulait que ces derniers

contribuent au développement du pays, surtout au niveau social et économique, et comme ça conserver l'équilibre social et économiques que l'Etat se batte depuis toujours pour le stabiliser. Mais la question qui se pose est ce que la finance alternative pourra-t-elle se faire une place de choix au Maroc ?

1. Le Maroc vers les produits alternatifs

Le Maroc est l‟un des rares pays arabe ou les banques islamiques ne font pas partie de la

toile bancaire. Le wali de la Banque centrale a annoncé, haut et fort et à maintes reprises, que le Maroc repousse toute idée d'implantation de banques islamiques au Maroc. A ses yeux, il n'est pas question de privilégier un pays du Golfe par rapport à un autre, puisque généralement ce sont eux qui ont manifesté le plus d'intérêt ces dernières années. Zoubeir Ben Terdeyet, fondateur d‟Isla-Invest Consulting (premier cabinet de la Finance Islamique en France), a signalé : «Les banques commerciales marocaines veulent conserver leur part de marché. Surtout que les banques islamiques fondent leur stratégie marketing sur le volet religieux. Et cela risque de leur coûter cher».

a. Le contexte de la Finance alternative au Maroc

Après 20 ans d‟attente et de bataille avec la « Bank Al Maghrib », ce dernier a autorisé

aux banques de commercialiser quelques produits financiers islamiques comme première expérience tout en appliquant sur celles-ci les mêmes législations de tarifications au niveau des taxes et des impôts. Cette décision est justifiée par la volonté d'augmenter la bancarisation mais surtout d'attirer les capitaux du Golfe qui sont très demandeurs. L‟expérience a été concluante et a même incité les responsables à signer leur accord pour ouvrir une structure bancaire islamique.

Les produits alternatifs ont été lancés en 2007 sur le marché sans préparation. Mais il

s‟agirait avant tout d‟un problème de forme et de fonds.

préparation. Mais il s‟agirait avant tout d‟un problème de forme et de fonds. Projet de fin
préparation. Mais il s‟agirait avant tout d‟un problème de forme et de fonds. Projet de fin

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Problème de forme : Tout d‟abord labelliser des produits financiers «halal» signifie différencier et montrer du doigt les services financiers classiques. Pour les banques le sujet est complexe. Positionner ces nouveaux produits par rapport à leur offre conventionnelle s‟avère délicat. Communiquer dans une même structure sur des services si différents n‟est pas aisé. Dans ce contexte, la filialisation des services financiers alternatifs pourrait être un remède. Selon nos informations, le marché s‟orienterait vers cette alternative. Trois banques de la place auraient déposé un dossier d‟agrément auprès de Bank Al-Maghrib. Et l‟enjeu est important car ces établissements pourraient obtenir le même type d‟agrément que celui accordé aux banques conventionnelles. Avec à la clé, la possibilité de collecter des dépôts et de pouvoir offrir à leur clientèle la panoplie classique des services bancaires tels que chéquier, carte monétique.

Problème de fonds également, car, très vite, le cadre fiscal est apparu inadapté.

Problèmes de droits d‟enregistrement, de TVA avec double imposition. Avec une conséquence fâcheuse. Des produits sensiblement plus chers, le surcoût constaté est de l‟ordre de 20 à 30%. Ces problèmes ont été partiellement résolus avec les lois de Finances de 2009 et 2010. Dans ce contexte, le manque d‟explication et de sensibilisation de la clientèle a pénalisé la commercialisation de ces produits.

Mais depuis le lancement des produits alternatifs en 2007, le gouvernement a cherché à

aligner leur régime fiscal sur celui des produits bancaires classiques. Ainsi, la loi de Finances 2009 a permis que les droits d‟enregistrement ne se paient désormais qu‟une seule fois. La TVA a été réduite de 20 à 10% depuis la loi de Finances 2010. Par ailleurs, la taxation est appliquée sur la marge bénéficiaire de la banque sans toucher le montant «principal» de l‟emprunt comme dans le cas d‟un emprunt avec intérêts. La loi de Finances 2010 a voulu donner un nouveau souffle au produit «Mourabaha». Ainsi, depuis le 1er janvier 2010, le contribuable ayant conclu un contrat de «Mourabaha» pour l‟acquisition d‟un logement destiné à son habitation principale, peut bénéficier de la déduction de la rémunération convenue d‟avance avec sa banque, dans la limite de 10%, de son revenu global imposable.

Trois jours après l‟entrée en vigueur de la recommandation de Bank Al-Maghrib

autorisant la commercialisation des produits islamiques, Attijariwafa bank lève le voile sur son offre «halal», et enfin la première banque alternative marocaine est née. Elle n‟est pas très grande et son offre n‟est pas très étoffée à l‟instar de celles qui existent aux quatre coins du

n‟est pas très étoffée à l‟instar de celles qui existent aux quatre coins du Projet de
n‟est pas très étoffée à l‟instar de celles qui existent aux quatre coins du Projet de

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

monde, mais elle a vu le jour. Elle s‟appelle Dar Assafaa, une filiale 100% Attijariwafa Bank. Officiellement, il ne faut pas l‟appeler banque islamique. C‟est un établissement de crédit qui offre des solutions alternatives de financement. Le choix des mots est important. Alors que tous les pays du monde utilisent l‟expression consacrée «banque islamique», au Maroc, on considère qu‟il y a un seul secteur bancaire et plusieurs offres complémentaires.

b. L‟apport socio-économique des produits bancaires alternatif au Maroc

Comme beaucoup de pays du tiers monde le Maroc connaît une grande crise d'habitat,

que les crédits traditionnels, n'ont pas pu résoudre, et encore plus, les banques sont même soupçonnés de l'accentuer notamment par la spéculation , et par des crédits qui ne répondent pas aux demandes d'un grand nombre de clients, qui ont des convictions religieuses contraires aux principes sur lesquelles ces crédit sont basées, surtout les taux d'intérêts prohibés par les préceptes de la charia ( 42% de ceux qui refusent les crédits bancaires au Maroc c'est pour des motifs religieux) selon une étude faite par une association spécialisé dans la matière.

Donc l'introduction de ces produits va certainement encourager cette catégorie de

citoyens, pour acheter leurs propres maisons, par des produits bancaires conforme à la chariâa, qui répondent à leurs attentes, et de cette façon on va remédier au moins partiellement à ce fléau qui peut engendrer des problèmes sociaux, qui menace la stabilité sociale du pays, notamment les bidonvilles que le Maroc combatte avec voracité, Il y' a aussi un autre intérêt de plus grande importance, qui est l'épanouissement du secteur de l'immobilier, car en donnant plus de crédits conformes aux préceptes de l'islam, en va encourager beaucoup de gens à acheter des logements ce qui va se répercuter sur ce secteur qui est liée avec plusieurs secteurs économiques majores

D'autre part la finance islamique en interdisant l'intérêt, il va empêcher le favoritisme du

capital par rapport au travail, le capital doit par conséquent profiter à son détenteur et à celui qui le profite par son travail. Et d'une autre côté elle vise à empêcher la formation au sein de la société d'une classe détentrice des capitaux et d'une autre misérable qui travaillerait pour le bien être de la première, et c'est le but de la Moucharaka qui va créer une complémentarité entre ces deux classes pour le bien de la société toute entier.

complémentarité entre ces deux classes pour le bien de la société toute entier. Projet de fin
complémentarité entre ces deux classes pour le bien de la société toute entier. Projet de fin

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Il y a aussi l'intérêt financier du fait que ces produits ; vont certainement contribuer dans

le processus de bancarisation que le Maroc poursuit ces derniers années, car d'une part les banques auront plus de produits à présenter, et d'autre part elles cibleront une nouvelle catégorie de clients, qui' ont été négligé auparavant.

Il faut aussi signaler que les produits islamiques, vont aider beaucoup ceux qui pratiquent

des métiers libéraux, comme les médecins, les avocats, les notaires pour équipier leurs bureaux, par Ijara ou Mourabaha, notamment ceux qui ont des convictions religieuses.

Enfin l'intérêt économique de ces produits réside aussi dans le fait, que c'est une manière

qui va attirer plus d'investisseurs des pays de golf, qui vont amener avec eux plus de devises et créeront de ce fait plus d'emplois. Mais toutefois il reste de savoir si tous ces apports sont palpables sur la pratique, ou seulement de simples spéculations théoriques.

2. Les acteurs de la finance alternative

Le marché monétaire est l‟une des principales composantes du système financier. C‟est

un marché qui permet aux banques de gérer leur excédents et déficits de trésorerie et aux intervenants d‟effectuer des placements et emprunts à court, moyen et long terme. Le marché monétaire s‟inscrit dans un mouvement de modernisation après l‟entrée des produits financiers alternatifs depuis quelques années.

Le système bancaire marocain a doté une panoplie de produits alternatifs adaptés aux

règles de la Chariaâ. Ces produits qui sont mis à la disposition de la clientèle aux côtés des produits bancaires classiques, sont assujettis aux règles prudentielles et comptables définies par Bank Al-Maghrib qui souligne que le système bancaire national est apte à gérer en même temps des produits classiques et des produits alternatifs et le Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM). Ainsi que l'adoption par le comité des établissements de crédit des textes qui les régissent 27 .

Alors quels sont les intervenants sur ce marché ? Et dans quelles mesures peuvent

intervenir ?

quelles mesures peuvent intervenir ? 2 7 http://www.zizvalley.com/Article/307.html Projet de fin d’études Page 36
quelles mesures peuvent intervenir ? 2 7 http://www.zizvalley.com/Article/307.html Projet de fin d’études Page 36

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les acteurs de contrôle et de régulation :

La Banque Centrale (Bank Al-Maghreb)

La Banque Centrale du Royaume du Maroc, dénommée « Bank Al-Maghrib», est un

établissement public doté de la personnalité morale et de l‟autonomie financière. Elle a été créée en 1959 en substitution à l‟ancienne « Banque d‟Etat du Maroc ».

Missions fondamentales de Bank Al-Maghrib 28 :

Bank Al-Maghrib a pour mission de :

- Exercer le privilège de l'émission des billets de banque et des pièces de monnaie ayant cours légal sur le territoire du Royaume ;

- Mettre en œuvre les instruments de la politique monétaire pour assurer la stabilité des prix ;

- Veiller à la stabilité de la monnaie et à sa convertibilité ;

- Veiller au bon fonctionnement du marché monétaire et à assurer son contrôle ;

- Etablir et publier les statistiques sur la monnaie et le crédit ;

- Gérer les réserves publiques de change ;

- S'assurer du bon fonctionnement du système bancaire et veiller à l'application des dispositions législatives et réglementaires relatives à l'exercice et au contrôle de l'activité des établissements de crédit et organismes assimilés ;

- Veiller à la surveillance et à la sécurité des systèmes et moyens de paiement et à la pertinence des normes qui leur sont applicables ;

- Assurer le rôle d'agent financier du Trésor ;

- Conseiller le Gouvernement dans le domaine financier ;

- Représenter le Gouvernement auprès des institutions financières et monétaires internationales créées en vue de promouvoir la coopération dans les domaines monétaire et financier ;

- Participer à la négociation des accords financiers internationaux et à leur exécution.

internationaux et à leur exécution. 2 8 http://www.bkam.ma/wps/portal/net Projet de fin d’études Page 37
internationaux et à leur exécution. 2 8 http://www.bkam.ma/wps/portal/net Projet de fin d’études Page 37

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

En outre, Bank Al-Maghrib occupe une place tout à fait particulière dans l‟appareil

bancaire marocain. Elle est, en effet, présente dans toutes les instances collégiales créée par la loi à travers son Gouverneur qui est vice-président du Conseil National de la Monnaie et de l‟Epargne et président du Conseil des Etablissement de Crédit.

Le groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) 29 :

En application de l‟article 101 de la loi bancaire de 1993, tout établissement de crédit est

tenu d‟adhérer à une association professionnelle. Les banques doivent d‟adhérer au groupement professionnel des banques du Maroc et les sociétés de financement à l‟Association Professionnelle des Sociétés de Financement.

Les statuts de ces associations doivent être approuvés par le ministre de l‟Economie et de

Finances, après avis conforme du Comité des Etablissements de Crédit.

Ces associations professionnelles ont quatre missions essentielles :

Défendre les intérêts de la profession avec possibilité d‟ester en justice lorsqu‟elles estiment que leurs intérêts sont en jeu et, notamment, lorsqu‟un ou plusieurs de leurs membres sont en cause ;

- Jouer un rôle d‟intermédiaire entre leurs membres d‟une part, et les pouvoirs publics ou tout autre organisme national ou étranger d‟autre part ;

- Veiller à l‟observation, par leurs membres, des dispositions de la loi bancaire et des textes pris pour son application. Elles doivent porter à la connaissance des autorités de tutelle tout manquement relevé dans ce domaine et proposer éventuellement à la commission de discipline les sanctions qui s‟imposent à l‟encontre de l‟un ou plusieurs de leurs membres.

- Enfin, étudier les questions intéressant l‟exercice de la profession, notamment l‟amélioration des techniques de banque et de crédit, la stimulation de la concurrence, la création de services communs, l‟introduction de nouvelles technologies, la formation du personnel. Dans le même ordre d‟idées, les associations professionnelles peuvent être consultées par les autorités monétaires sur toute question intéressant la profession, comme elles peuvent leur soumettre des propositions dans ce domaine.

29 TAHAR DAOUDI : « la banque au Maroc »

des propositions dans ce domaine. 2 9 TAHAR DAOUDI : « la banque au Maroc »
des propositions dans ce domaine. 2 9 TAHAR DAOUDI : « la banque au Maroc »

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Signalons que le GPBM comprend un certain nombre de commissions et de sous-

commissions spécialisées dans les différents domaines de la banque. Ces commissions présidées souvent par des banquiers, se réunissent régulièrement, pour débattre des questions afférentes au bon fonctionnement de l‟activité bancaire. L‟objectif étant de parvenir à améliorer la qualité des prestations offertes à la clientèle, à uniformaliser les modalités pratiques d‟applications des circulaires, instructions et note de Bank Al-Maghrib, de l‟office des changes et de l‟administration des douanes, et de veiller, en fin, au respect de la déontologie bancaire afin de préserver l‟image de marque de la profession.

Enfin, le GPBM fait parvenir au système bancaire un certain nombre d‟informations

utiles telles que les évolutions des ressources et emplois bancaires en faisant ressortir la part du marché de chaque établissement de crédit.

Le conseil national de la monnaie et de l’épargne (CNME) 30 :

Venant en remplacement de l‟ancien « comité du crédit et du marché financier » créé en

1967, lui-même se substituant au « comité des banques » institué en 1943, cette nouvelle entité qui a essentiellement un rôle consultatif se particularise par deux atouts majeurs se rapportant à sa composition et à ses différentes attributions.

En effet, concernant son organisation l‟article 16 de la loi 1993 stipule qu‟il est institué

un conseil consultatif dénommé « Conseil National de la Monnaie et de l‟Epargne » dont la composition et le fonctionnement sont fixés par décret.

Présidé par le Ministre de l‟Economie et des Finances ou, en son absence, par le

Gouverneur de Bank Al-Maghrib, ce conseil comprend 29 membres permanents prévus par le décret d‟application du 21 juillet 1993 :

- Six représentants de l‟Etat dont principalement les autorités monétaires ;

- Un représentant des collectivités locales ;

- Neuf membres des activités économiques, sociales et financières ;

- Treize représentants des établissements de crédit.

30 TAHAR DAOUDI : « la banque au Maroc »

des établissements de crédit. 3 0 TAHAR DAOUDI : « la banque au Maroc » Projet
des établissements de crédit. 3 0 TAHAR DAOUDI : « la banque au Maroc » Projet

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

La composition du Conseil National de la Monnaie et de l‟Epargne traduit la volonté du

législateur marocain de favoriser la concertation et la coopération entre les autorités monétaires et les représentants de la profession. Cette organisation institutionnelle permet la participation de la profession aux décisions relatives à la réglementation bancaire et contribue à la bonne qualité technique des décisions et à leur acceptation par tous les intéressés.

Par ailleurs, le CNME est un véritable organe de concertation. Il est consulté sur toute

question intéressant, les orientations de la politique monétaire et du crédit et les moyens de sa mise en œuvre. Il donne également son avis sur les conditions générales de fonctionnement des établissements de crédit. Il peut constituer, en son sein, des groupes de travail pour mener toutes études qui lui sont confiés par le Ministre de l‟économie et de finances ou qu‟il juge utile, portant notamment sur l‟examen des implications des orientations de la politique monétaire et du crédit sur le développement régional. Selon l‟article 17 de la loi bancaire un de ces groupes dénommés, groupe de conjoncture économique et sociale aura obligatoirement à se pencher sur les rapports entre les établissements de crédit et la clientèle et sur l‟information du public.

Enfin, le CNME peut formuler des propositions ou suggestions dans les domaines qui

entrent dans sa compétence et peut, à ce titre, demander à Bank Al-Maghrib et aux administrations compétentes de lui fournir toute information dont il a besoin pour l‟accomplissement de sa mission.

Les acteurs d’exécution

Dès la deuxième semaine du mois d‟Octobre 2007, les premiers produits de financement

alternatifs existaient déjà sur le marché Marocain. C‟était Attijariwafa bank, le leader du pays, qui avait ouvert ce marché. Le reste des établissements s‟est montré, au début, un peu hésitant et discret en ce qui concerne ses réalisations dans ce domaine, peut être qu‟ils avaient attendu la réaction de la clientèle à ces produits tant attendus.

Parmi les banques marocaines qui commercialisent ces produits dites "alternatifs" on

peut distinguer :

qui commercialisent ces produits dites "alternatifs" on peut distinguer : Projet de fin d’études Page 40
qui commercialisent ces produits dites "alternatifs" on peut distinguer : Projet de fin d’études Page 40

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Attijariwafa Bank

C‟est un groupe bancaire et financier Marocain, elle est née de la fusion de la Banque

Commerciale du Maroc et de Wafabank en 2003, est considérée aujourd'hui comme le premier groupe bancaire et financier du Maghreb et le septième au niveau africain, avec plus de 4,2 millions de clients et 12 400 collaborateurs.

Présent dans vingt un (21) pays, le Groupe se donne pour priorité la proximité avec ses

clients et les met au cœur de sa stratégie via son ambitieux programme de bancarisation et ses efforts d‟innovation continus.

En plus de l‟activité bancaire, le Groupe opère, à travers des filiales spécialisées, dans

tous les métiers financiers : assurance, crédit immobilier, crédit à la consommation, leasing, gestion d‟actifs, intermédiation boursière, conseil, location longue durée, factoring…

Doté d‟une assise financière solide, d‟un capital de savoir-faire diversifié et d‟outils

d‟expertise modernes, le Groupe a réussi à se hisser en leader national incontesté des crédits à l‟économie et des crédits à la consommation, des activités de corporate banking et de banque d‟investissement, de la gestion d‟actifs et des métiers de la bourse, du leasing et de la bancassurance.

Attijariwafa bank est basé au Maroc et opère dans 21 pays : en Afrique (Tunisie,

Mauritanie, Sénégal, Mali, Côte d‟Ivoire, Gabon, Congo, Cameroun, Guinée Bissau, Burkina- Faso) et en Europe (France, Belgique, Allemagne, Pays bas, Italie et Espagne) à travers des filiales bancaires contrôlées majoritairement par le groupe et à Abu-Dhabi, Dubaï, Londres, Riyad, Shanghai, Mauritanie et Tripoli à travers des bureaux de représentation. 31

La Banque Populaire :

La Banque Populaire existe depuis 1926 au Maroc, créée à l'époque sur le modèle

Français institué par le dahir du 25 mai 1926, portant sur l'organisation du crédit au petits et moyens commerce et industrie, et ce par la création des sociétés à capital variable dite « Banques Populaires ».

à capital variable dite « Banques Populaires ». 3 1 www.attijariwafabank.com Projet de fin d’études Page
à capital variable dite « Banques Populaires ». 3 1 www.attijariwafabank.com Projet de fin d’études Page

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Ce n'est que vers l'année 2000 que la Banque Centrale Populaire (BCP) s'est transformée

en société anonyme à capitale fixe avec comme première recommandation l'ouverture de son capital aux Banques Populaires Régionales (BPR) à hauteur de 21% et au secteur privé à concurrence d'au moins 20%. Ainsi, les Banques Régionales se sont dotées d'une autonomie avec leur implication dans le développement économique et social de leur région.

Première institution Bancaire du Royaume, le Groupe Banque Populaire a tissé pendant

plus de 3 décennies des relations de partenariat solides, qui permettent aujourd'hui une pluralité de profils, un creuset riche de cultures et de compétences diversifiées et un renouvellement de générations.

Ces relations de longue date ont très tôt dépassé le cadre de satisfaction des besoins des

communautés pour investir progressivement des produits et services bancaires et financiers spécifiques et d'étendre aux domaines éducatif, culturel et social.

La Banque Marocaine de Commerce Extérieur (BMCE) :

La Banque Marocaine de Commerce Extérieur (BMCE), c'est une banque commerciale

marocaine filiale du groupe Finance Com,32 qui a été créée par les Pouvoirs Publics le 1er Septembre 1959.

BMCE Bank a pour objet, dans le cadre du Dahir portant loi n° 1-93-147 du 15

Moharrem 1414 (6 juillet 1993), relatif à l‟exercice de l‟activité des établissements de crédit et de leur contrôle :

- D‟effectuer toutes opérations de banque, de change, de trésorerie, d‟aval, d‟acceptation, d‟escompte, de réescompte, de découvert en compte courant et toute forme de crédit à court, moyen et long termes ; contracter tous emprunts, tous engagements en toutes monnaies ; acheter, vendre ou céder tous biens mobiliers ou immobiliers ; pratiquer toutes opérations de transit ou de commissions, de commerce de métaux précieux ;

- D‟effectuer tous placements, souscriptions, achats et ventes en bourse ou autrement, au comptant ou à terme de titres et d‟effets de toutes natures ;

32 FINANCE.COM est un groupe marocain privé avec des ambitions régionales et internationales, s‟articulant autour de 4 métiers clairement identifiés et intervenant dans les services financiers, assurances et réassurances, secteur de télécommunication et d‟industrie.

assurances et réassurances, secteur de télécommunication et d‟in dustrie. Projet de fin d’études Page 42
assurances et réassurances, secteur de télécommunication et d‟in dustrie. Projet de fin d’études Page 42

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

- De prendre, de détenir et de gérer des participations dans toutes entreprises bancaires financières, immobilières, industrielles et commerciales pour elle même ou pour le compte de tiers ;

- Et plus généralement, d‟effectuer toutes opérations bancaires, financières, commerciales, industrielles, mobilières et immobilières pouvant se rattacher directement ou indirectement à son objet social.

2. Les produits alternatifs lancés sur le marché par les banques Marocaines.

Dès la deuxième semaine du mois d‟Octobre 2007, les Banques Marocaines commencent

à commercialiser les produits alternatifs qui permettent aux clients de mener des opérations tant dans le secteur de l‟immobilier (Mourabaha et Ijara) que dans celui de l‟entreprise (Moucharaka).

Les produits d‟Attijariwafa bank et ses filiales :

D‟après la lettre du 09/10/2007 adressée aux différents responsables, 33 Attijariwafa bank

était à avoir mis sur le marché deux formules de financements qui sont « Miftah Al Kheir », basé sur« Mourabaha » pour l‟acquisition des biens immobiliers et « Miftah Al Fath » basé sur le principe d‟ « Ijara wa Iqtina », pour la location d‟immeubles avec option d‟achat.

Dans le package d‟Attijariwafa bank, que nous détaillerons pour avoir une idée sur les

premiers produits alternatifs, on trouve « Miftah Al Kheir » qui est un contrat par lequel l‟établissement acquiert, à la demande d‟un client, un bien immobilier construit à usage d‟habitation ou professionnel en vue de le lui revendre moyennant une marge bénéficiaire convenue d‟avance. Le règlement par le client se faisant par mensualité constante.

Ce produit présente les caractéristiques suivantes 34 :

Quotité de financement : jusqu‟à 100% ;

Capacité d‟endettement : à hauteur de 40% du revenu net ;

Durée de remboursement : 25 ans maximum ;

33 Lettre Circulaire du 09/10/2007, N° - 172/07, code classement : 124 (Banques des particuliers et des professionnels d‟Attijariwafa bank) concernant le lancement, à partir du 10/10/2007, des produits alternatif « Miftah Al Kheir » et « Miftah Al Fath »

« Mourabaha » : Guide pratique des produits, Ijara, Moucharaka et Mourabaha du groupe banques

34 Fiche synthétique Miftah Al Fath populaires

et Mourabaha du groupe banques 3 4 Fiche synthétique Miftah Al Fath populaires Projet de fin
et Mourabaha du groupe banques 3 4 Fiche synthétique Miftah Al Fath populaires Projet de fin

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Périodicité : mensualité constante ;

Âge client : minimum 18 ans et maximum 70 ans à la dernière échéance ;

Assurances à la charge du client : Décès / invalidité + Incendie / Sécurmanzil ;

Pour l‟assurance décès invalidité, la prime d‟assurance est mensualisée et intégrée à

l‟échéance.

-

Si le prix du bien < ou = à 200 kdh : souscription à l‟assurance Incendie qui est contractée et payée séparément par le client. Il s‟agit d‟une assurance perte financière suite à incendie total.

-

Si le prix du bien > à 200 kdh : souscription à l‟assurance Sécurmanzil (par le paiement d‟une prime annuelle).

Pénalité de retard : commission forfaitaire unique pour chaque impayé de 300 DH.

Frais de dossier : 0.3% du prix d‟acquisition par la banque diminué de l‟autofinancement avec minimum de 1000DH et maximum de 4000 DH.

Tarification :

-

Prix de vente = prix d‟acquisition + frais de la 1 ère transaction + prime d‟assurance + marge de la banque.

-

Le calcul de la marge est basé sur le prix d‟acquisition + frais de la 1 ère transaction Autofinancement.

-

L‟autofinancement est considéré comme une avance sur le prix de vente.

Pour « Miftah Al Fath », il s‟agit d‟un contrat selon lequel l‟établissement de crédit met

à la disposition du client, à titre locatif, un bien immobilier, assorti de l‟engagement ferme du client (locataire) d‟acquérir le bien au terme du contrat.

Ce produit présente les caractéristiques suivantes :

Bien à acquérir : logement ou local professionnel ;

Durée : Mini 10 ans et Max 20 ans ;

La dernière échéance doit coïncider au plus tard au 31/12 de l‟année du 70 ème universitaire du client ;

au plus tard au 31/12 de l‟année du 70 è m e universitaire du client ;
au plus tard au 31/12 de l‟année du 70 è m e universitaire du client ;

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

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Financement :

- Jusqu‟à 100% du prix du bien à financer ;

- Possibilité de versement d‟un premier loyer majoré en cas d‟apport personnel (ne doit pas être supérieur à 20% de la valeur totale du bien) ;

- Valeur résiduelle à payer au terme du contrat : 10% du prix d‟acquisition.

Loyers : fixes et payables mensuellement ;

Pas de remboursement partiel par anticipation ;

Assurances : Décès invalidité + Incendie (assurance perte financière suite à incendie total) ;

Pénalité de retard : commission forfaitaire unique de 300 DH par impayé ;

Tarification :

Loyers fixes, payables mensuellement ;

Frais à la charge du locataire :

- Frais de dossier : 0.3% du capital avec minimum 1000 DH et maximum 5000DH ;

- Frais de 1 ère transaction (frais de mutation, taxe notariale, honoraires notaire) ;

- Frais d‟assurance vie et Incendie ;

- Taxe urbaine (pas d‟abattement) ;

- Au terme du contrat : frais 2 ème transaction sur valeur résiduelle (enregistrement, mutation, taxe notariale, honoraires notaire).

Et en ce qui concerne Wafasalaf, la filiale d‟Attijariwafa bank, qui est spécialisée dans le

crédit à la consommation et le crédit automobile, elle aussi dans ce créneau en mettant en place dès le mois d'octobre 2007 le produit "Ijar Al Wafaa", qu‟il s‟agit comme son indique, d‟une location avec option d‟achat qui suit les recommandations de la banque centrale relatives aux produits « alternatifs » 35 .

Ce produit permet au client de désigner un véhicule de son choix que Wfasalaf se charge

d‟acheter pour lui. L‟opération se fait moyennant un contrat de location entre les deux parties. Le client a la possibilité de choisir le montant et la durée de location qui doit être comprise entre 48 et 60 mois. Le contrat donne la possibilité au client d‟acheter son véhicule à tout

35 Zakaria OURIQUA : « la commercialisation des produits islamiques, dits alternatifs, par les banques marocaines la problématique et les enjeux ? », page 58.

alternatifs, par les banques marocaines la problématique et les enjeux ? », page 58. Projet de
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moment sans être forcé d‟aller au terme de la durée du contrat. Autre spécificité, de ce produit, le client qui opte pour ce type de financement n‟est pas obligé d‟apporter une avance. Quant au produit « Taksit auto» qui est lancé par wafasalaf au début de 2008, et qui est basé sur Mourabaha, il a retiré temporairement pour des raisons techniques, des agences de wafasalaf.

En juin 2010, Attijariwafa Bank a crée une filiale appelée " Dar Assafaa " considéré

comme une société de financement qui dispose d'un agrément fourni par Bank Al Maghrib lui permettant de distribuer les produits alternatifs autorisés par le système bancaire Marocain. En d'autre terme, Dar Assafaa est une société de financement, ciblant les particuliers et les professionnels souhaitant financer leurs projets d'acquisition de biens meubles ou immeubles par le biais de produits alternatifs ne faisant pas usage des intérêts bancaires classiques. Sous le label « Dar Assafaa », la société de financement spécialisé commercialisera une gamme de financements conformes à la Charia, désignés par « alternatifs » selon l‟appellation officielle au Maroc. 36 Cette nouvelle entité indépendante, d'un capital de 50 millions de dirhams, repose pour son financement, dans un premier temps, sur des fonds propres institutionnels ainsi que des instruments alternatifs de dettes 37 .

À son lancement, Dar Assafaa dispose d‟un réseau de 9 agences situées dans les plus

grandes villes du Royaume, à savoir : Casablanca, Rabat, Marrakech, Agadir, Tanger, Oujda, Fès et Meknès. Par la suite, Dar Assafaa projette d‟étendre progressivement son réseau d‟agences pour couvrir les principales localités du Maroc.

Au

03 janvier 2011 Attijariwafa bank, annonce le lancement du Plan d‟Épargne en

Actions « PEA Capital Actions ». Conçu pour les clients et les non clients d‟Attijariwafa bank, ce plan d‟épargne est un instrument d‟investissement constitué par des actions et des certificats d‟investissement, inscrits à la cote de la bourse de Casablanca, des droits d‟attribution et de souscription afférente à ces actions ainsi que des titres d‟ OPCVM actions.

Le Plan d‟Épargne Actions « PEA Capital Actions » permet au client de profiter des

performances de la bourse à moyen terme dans un cadre fiscal avantageux.

36 www.darassafaa.com

3 7 http://www.agadirinou.com/modules/news/article.php?storyid=5911 Projet de fin d’études Page 46
3 7 http://www.agadirinou.com/modules/news/article.php?storyid=5911 Projet de fin d’études Page 46

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À travers cette nouvelle offre, Attijariwafa bank libère l‟épargne en mettant la bourse à la portée de tous. Le souscripteur peut alimenter son Plan d‟Épargne en Actions « PEA Capital Actions » à sa convenance et à son rythme, jusqu‟à hauteur de 600 000 DH. Après une durée de 5 ans, les dividendes et les plus-values générés dans le cadre du « PEA Capital Actions » sont totalement exonérés d‟impôt.

De plus, le client bénéficie gratuitement d‟un accès à wafabourse. Com pour optimiser la

gestion de son plan d‟épargne. Ce lancement est soutenu par une campagne de communication d‟envergure Médias et Hors Médias (Télé, radio, Presse, Affichage Urbain, PLV et Marketing Direct). Grâce au Plan d‟Épargne en Actions « PEA Capital Actions », il est facile de faire fructifier et de diversifier ses placements tout en bénéficiant de la progression des rendements des marchés boursiers, avec une exonération fiscale intéressante. Communiqué de presse Bénéfices.

Les produits alternatifs du groupe banques populaires 38 :

Pour le Groupe Banques Populaires, l'entrée dans le créneau des produits alternatifs est

fait par une offre sous le nom « Al Badil chaabi », qui comprend deux formules dont les intitulés reprennent les mêmes appellations de la banque centrale sont:

Ijara wa Iqtinaa : pour le crédit leasing. Mourabaha : pour l'achat pour le compte client.

Le produit « Ijara wa Iqtinaa », est dédié uniquement au leasing immobilier. Et on attend

par ce produit, tout contrat selon lequel la Banque met, à titre locatif, un bien immeuble dont elle a la propriété, à la disposition d‟un client. Ce dernier s‟engage fermement à acquérir le bien immeuble à l‟issue de la période convenue d‟avance et l‟engagement ferme de la Banque de lui céder ce bien à l‟issue de la même période.

Le processus de mise en place de ce produit se présente selon les étapes suivantes :

La négociation avec le vendeur est menée au préalable par le client et est matérialisée par un devis dédié à cette opération. La Banque, après une expertise concluante, procède à l‟acquisition du logement choisi.

concluante, procède à l‟acquisition du logement choisi. 3 8 www.gbp.ma Projet de fin d’études Page 47
concluante, procède à l‟acquisition du logement choisi. 3 8 www.gbp.ma Projet de fin d’études Page 47

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La Banque met le bien en location en faveur du client.

La Banque procède à la vente du bien à la fin de la période de location, convenue à l‟avance.

Quant au produit « Mourabaha » de la Banque Populaire, il peut se rapporter aussi bien à

un bien immeuble (appartement, maison, local, terrain…) qu‟à un bien meuble (équipement, marchandises, voyages organisés, véhicules…). Il s‟agit d‟une transaction d‟acquisition et de revente matérialisée par un contrat tripartite liant l‟établissement financier (premier acheteur), le client (acheteur final) et le fournisseur (vendeur).

Le produit de la Banque Marocaine de Commerce Extérieur (BMCE) :

La BMCE Bank commercialise un seul produit qui est disponible jusqu'à aujourd'hui, sur

le marché. Il s'agit de "Ijara" qui concerne un contrat selon lequel l'établissement achète un bien immobilier désigné par le client qui exploite le bien immobilier pendant 25 ans (âge limite 65 ans) contre un loyer périodique prédéfini assorti d'un engagement ferme de l'acquérir au terme du contrat. Pour ce produit "Ijara", la banque ne prête pas une somme d'argent au client, mais elle achète le bien choisi par lui même, pour son compte.

En ce qui concerne les tarifs du produit, ils sont presque identiques à ceux des autres

banques et c‟est le client qui supporte toutes les charges.

à ceux des autres banques et c‟est le client qui supporte toutes les charges. Projet de
à ceux des autres banques et c‟est le client qui supporte toutes les charges. Projet de

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Chapitre II : les différentes stratégies Marketing des produits financiers alternatifs

Le système bancaire islamique est arrivé à un point d‟inflexion majeur dans sa courte

histoire en tant que nouvel intermédiaire financier. C‟est une question de marginalisation éventuelle voire de survie.

L‟innovation, le marketing, l‟investissement dans les hommes et les fusions sont donc

essentiels pour la survie des banques islamiques. La survie dans un monde en changement nécessite des stratégies adaptées et des plans d‟affaires bien étudiés.

La finance islamique a différents stratégies marketing, tel que la stratégie duale, une

fenêtre islamique au sein des banques classiques et banques 100% islamiques.

I. Les stratégies marketing des Produits Financiers Alternatifs adoptés dans le monde.

Les banques islamiques sont implantées dans toutes les parties du monde musulman côte

à côte avec les banques conventionnelles. Certaines banques traditionnelles, à l‟intérieur et à l‟extérieur du monde musulman, ont trouvé dans les banques islamiques une innovation qui mérite d‟être suivie. C‟est pourquoi un bon nombre d‟entre-elles ont ouvert des branches, des guichets ou lancé des fonds qui offrent des services bancaires et financiers islamiques.

Ainsi, la pratique bancaire islamique prend, de nos jours, l‟une des trois formes

suivantes.

pratique bancaire is lamique prend, de nos jours, l‟une des trois formes suivantes. Projet de fin
pratique bancaire is lamique prend, de nos jours, l‟une des trois formes suivantes. Projet de fin

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1. Stratégie duale :

Cette hypothèse est caractérisée par la co-existance de banques islamiques et de banques

traditionnelles. Elle est celle de la quasi-totalité des pays islamiques où ces institutions existent.

Cette situation pose des problèmes aux autorités monétaires, qui voient une partie du

système financier constitué par les banques islamiques échapper à leur contrôle. Le système islamique ne donne prise aux autorités monétaires, sur aucun des points d‟application de la politique monétaire (rémunération des dépôts, coût des crédits, liquidités bancaires, volumes des capitaux permanents).

Chaque banque islamique décide elle-même du partage des profits(ou des pertes), entre

les parties prenantes. Aucune règle ne régit ce partage qui diffère d‟une banque à une autre et d‟une opération à une autre.

De plus, les autorités monétaires sont obligées de tenir compte de l‟existence de ces

banques, de leur adapter leur politique, leurs instruments (une banque islamique ne peut souscrire des bons de trésor, des bons d‟équipement, et autres titres d‟emprunt du trésor) et de remettre en cause toute une structure établie depuis longtemps tels que les ratios classiques (ratios de solvabilité, de liquidités dont le calcul n‟est plus possible) 39 .

Dans ce contexte, on peut citer quelques pays qui adoptent cette stratégie :

39 Malika KETTANI: „‟une banque originale la banque islamique ‟‟page 119.

3 9 Malika KETTANI: „‟une banque originale la banque islamique ‟‟page 119. Projet de fin d’études
3 9 Malika KETTANI: „‟une banque originale la banque islamique ‟‟page 119. Projet de fin d’études

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Tableau 2 : les pays qui adoptent la stratégie duale.

Les pays

 

Ces banques islamiques

 
 

-

Banque

internationale

islamique

pour

Égypte

l’investissement et le développement.

- Banque islamique Faysal.

 
 

- Banque sociale Nasser.

Malaisie

- Holding BIMB Berhard

 

Tunisie

- Beit Ettamwil Al-Tunisi Al-Saudi

 

- NOOR Bank.

 

- Banque Zitouna

 

Algérie

- Algeria Gulf Bank

 

- Banque Al Baraka

- Banque Al Salam

Bahreïn

- Banque islamique Faysal

 

- Première banque islamique d’investissement

- Société Al Amin de Titres

 

Mauritanie

- BADOR

 

Émirats Arabes Unis

- Banque islamique de Dubaï

 

Koweït

- Société de crédit (Finance House) du Koweït

 

- Banque islamique du Bangladesh

 

Bangladesh

- Banque Al-Baraka du Bangladesh

- Banque islamique Al-Arafah

 

Canada

- Islamic Co-operative Housing Corporation .

 

Etats-Unis d’Amérique

- American Finance House Larib

 

Grande-Bretagne

- Al Safa Investment Fund

 

Jersey (Îles Anglo-

- Société financière Faysal

 

Normandes)

 

Jordanie

- Banque islamique de Jordanie

 

Luxembourg

Holding international du système de banque islamique

-

Suisse

- Dar al Maal al-Islami

 

- Société financière Faysal

Turquie

- Société turque de crédit Albaraka

 

Yémen

- Banque islamique du Yémen

 
de crédit Albaraka   Yémen - Banque islamique du Yémen   Projet de fin d’études Page
de crédit Albaraka   Yémen - Banque islamique du Yémen   Projet de fin d’études Page

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2. Banques islamiques

C‟est le cas de l‟Iran et du Pakistan qui ont adopté un système bancaire totalement

islamisé. Dans ce système, les autorités monétaires ne seront plus confrontées au problème de

la création monétaire puisque l‟intervention des banques islamiques ne peut être inflationniste

car elle est faite sur la base de participation.

Toutefois, il y‟a lieu de remarquer que ces institutions se caractérisent par une réticence à

l‟égard des investissements à long terme, à rentabilité différée, et dont les effets sur le

processus de développement est déterminant.

Cette réticence peut inhérer à la jeunesse de ces banques, qui ne peuvent encore assumer

les risques liés aux investissements à long terme 40 .

Tableau 3 : les pays qui ont un système totalement islamisé.

Les pays

Les banques islamiques

Iran

- Banque Melli Iran

- La Saderat

- la banque Mellat

- la banque Tejarat

Pakistan

- Meezan bank

Soudan

- Banque islamique Faysal

- Banque agricole du Soudan

3. Fenêtres islamique au sein des banques classiques

Les banques islamiques de détail et les banques conventionnelles qu‟elles soient locales

dans les pays musulmans ou occidentales sont sans aucun doute en concurrence directe en ce

qui a trait à la collecte des dépôts.

40 Malika KETTANI: „‟une banque originale la banque islamique ‟‟page 120.

4 0 Malika KETTANI: „‟une banque originale la banque islamique ‟‟page 120. Projet de fin d’études
4 0 Malika KETTANI: „‟une banque originale la banque islamique ‟‟page 120. Projet de fin d’études

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Cependant les banques islamiques d‟investissement ont vu le jour pour, entre autres,

éponger et placer les liquidités sur le marché. En plus de ces banques d‟investissement, des fenêtres islamiques sont également venues s‟ouvrir au sein des banques classiques.

Selon un banquier islamique : « Beaucoup de banques occidentales ouvrent des fenêtres

islamiques. Elles ont vu une opportunité pour attirer des fonds et elles ont les actifs qu‟elles peuvent structurer conformément à la Chariaâ pour les attirer. Elles ont l‟expertise technique pour cela. »

Les fenêtres islamiques des banques occidentales génèrent grâce au réseau étendu de leur

maison mère respective les actifs nécessaires qui font défaut aux banques islamiques confrontées à la tâche de trouver emploi à leurs ressources.

Certains considèrent ces fenêtres islamiques comme un moyen d‟attirer les capitaux

islamiques et que leurs promoteurs n‟ont aucun engagement vis-à-vis de la religion musulmane ou envers la communauté des clients musulmans. D‟autres au contraire les considèrent comme une étape vers la création d‟une banque islamique, le temps de se familiariser avec le concept et développer une masse d‟affaires critique qui rende l‟opération viable. (Exemple d‟une fenêtre islamique au Maroc: Dar Assafaa, première société de financement alternatif, filiale à 100% d‟Attijariwafa bank).

I. La stratégie de la banque centrale

Bank Al- Maghreb, par son circulaire 41 du 13 Septembre 2007, donne l‟autorisation aux

établissements de crédit de présenter au public les produits Ijara, Mourabaha, et Moucharaka. D‟après le gouverneur de cette institution, ces trois produits font tous l‟objet d‟un contrat entre le client et la banque et ils seront mis à la disposition de la clientèle aux côtés des produits bancaires classiques.

Juste avant l‟autorisation, par l‟institution de tutelle, des produits alternatifs, les

établissements de crédit essayaient, autant que possible de préserver le secret de leurs initiatives. Ils étaient très discrets sur leurs réalisations et dans leur communication autour de ces produits. Chaque établissement, voulait éviter de donner le moindre indice à la

41 La circulaire 33/G/2007 du septembre, qui prévoit dans son article 17 l‟entrée en vigueur de ses dispositions à partir du 1 ER Octobre 2007.

17 l‟entrée en vigueur de ses dispositions à partir du 1 E R Octobre 2007. Projet
17 l‟entrée en vigueur de ses dispositions à partir du 1 E R Octobre 2007. Projet

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concurrence. Dans cette atmosphère, on s‟attendait à ce que ces établissements, après l‟affrontement des intérêts sur le segment de l‟immobilier, allaient trouver des nouveaux terrains de guerre pour conquérir leurs parts de ce marché ambitieux.

Ces établissements étaient tenus de respecter certaines recommandations lors de la

présentation de leurs offres, avaient des objectifs marketings bien précis. Quelles sont ces recommandations et les objectifs des établissements ?

1. Les choix stratégique par la banque centrale (entretien de wali Bank Al-

Maghrib)

Pour atteindre leurs objectifs, la banque centrale a tracé trois lignes de conduites que

nous pouvons résumer ci-après :

• satisfaire • préserver la les intérêts demande de la du marché banque
• satisfaire
• préserver
la
les intérêts
demande
de la
du marché
banque
• réserver l’intérêt du client
• réserver
l’intérêt du
client

Première linge : satisfaire la demande du marché par :

- La réponse à la demande très importance exprimée par un segment de la population qui souhaite disposer d‟une gamme de formules de financement autres que les formules classiques ;

- La mise sur le marché des formules de financement, autre que les formules classiques, adaptée aux attentes et à l‟éthique de la clientèle cible.

Deuxième linge : préserver les intérêts de la banque par :

- La satisfaction d‟un besoin exprimé par une large frange de la population ;

- L‟étouffement du portefeuille clientèle tous segments confondus ;

- La saisie du manque à gagner résultat du désintéressement de la clientèle ciblée des formules de financement classiques. Ces formules peuvent être un moyen de

ciblée des formules de financement classiques. Ces formules peuvent être un moyen de Projet de fin
ciblée des formules de financement classiques. Ces formules peuvent être un moyen de Projet de fin

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

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bancarisation de cette population, n‟ayant pas encore une relation avec la banque et cherchant un premier contrat ;

- Le confortement de la position de la banque sur créneau des produits de financement, tout en acquérant de nouveaux clients et fidélisant sa clientèle en portefeuille, tous segments confondus ;

- La procuration au consommateur d‟un sentiment de quiétude (effet psychologique) ;

- La confortation de la banque sur le créneau des produits de financement, tout en acquérant de nouveaux clients et fidélisant sa clientèle en portefeuille, tous segments confondus.

Troisième ligne : préserver l‟intérêt du client :

- La mise à sa disposition de formules de financement répondants à ses convictions éthiques et lui permettant d‟avoir un sentiment de quiétude ;

- Son accomplissement par la banque, en tant que vendeur intermédiaire pour l‟accompagnement de la transaction commerciale, relative au bien mobilier ou immobilier choisi et désigné par lui-même.

Afin d‟explorer la stratégie adopté par la banque centrale vis-à-vis les produits alternatifs

financiers, nous avons fait appel à un entretien 42 qui a eu de Wali Bank Al- Maghrib au moment du lancement, il ressort de cet entretien que la stratégie officielle adoptée par la Banque centrale et celle de fenêtre islamique au sein d‟une banque classique. En effet la Banque centrale craint de crée dualisme ˝ Banque islamique/Banque non islamique ˝ c‟est ce qu‟affirme le Wali 43 :

« C’est comme si nous mettions à la disposition de la clientèle deux types de guichets. L’un adapté aux règles de la Chariaâ, l’autre pour les produits classiques ».

42 Entretien accordé de la Nouvelle Tribune, publié le 17/1/2007 et réalisé par AFIFA DASSOULI 43 Voir annexe n° 1

publié le 17/1/2007 et réalisé par AFIFA DASSOULI 4 3 Voir annexe n° 1 Projet de
publié le 17/1/2007 et réalisé par AFIFA DASSOULI 4 3 Voir annexe n° 1 Projet de

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1. Circulaire de Bank Al Maghreb 44

Bank AL-Maghreb et le groupement professionnel (GPBM) avaient préparé des

recommandations sous forme de guide, relatif aux offres des produits Ijara, Moucharaka et Mourabaha. Ce guide avait pour finalité l‟orientation de la communication par les établissements de crédit sur la commercialisation de ces produits qui devrait être menée avec prudence et vigilance, afin de ne pas désarticuler l‟offre des produits classiques.

A cet effet, chaque établissement de crédit devait conduire sa propre communication sur

ces produits dans le respect des principes directeurs ci-après 45 :

Le contenu des messages publicitaires doit être soumis à un droit de regard de Bank Al Maghreb, préalablement à leur diffusion au public ;

La communication devrait être axée sur l‟intérêt que présenteraient le recours à ces produits pour la réalisation des projets de la clientèle et éviter toute comparaison avec les produits classiques ;

Aucune mention à caractère religieux et assimilés ne doit y être incluse ;

Les établissements de crédit devraient éviter de faire de la surenchère ou la course vers la part de marché ;

Le réseau et notamment les chargés de clientèle devraient être sensibilisés au langage à adopter vis-à-vis de la clientèle et veiller au respect des dispositions de la recommandation ;

Les partenaires éventuels des établissements de crédit, s‟ils sont appelés à faire des publicités autour de ces produits, doivent formellement s‟engager à respecter ces conditions.

44 Zakaria OURIQUA : « la commercialisation des produits islamiques, dits alternatifs, par les banques marocaines la problématique et les enjeux ? », page 49 45 Voir annexe n°2

marocaines la problématique et les enjeux ? », page 49 4 5 Voir annexe n°2 Projet
marocaines la problématique et les enjeux ? », page 49 4 5 Voir annexe n°2 Projet

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa
Partie pratique : Stratégie de la commercialisation des PFA et perspectives de leurs développements au
Partie pratique :
Stratégie de la
commercialisation des PFA et
perspectives de leurs
développements au Maroc : cas
DAR ASSAFAA
des PFA et perspectives de leurs développements au Maroc : cas DAR ASSAFAA Projet de fin
des PFA et perspectives de leurs développements au Maroc : cas DAR ASSAFAA Projet de fin

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

Introduction de la deuxième partie

A près la recommandation n° RN33/G/2007 de Bank Al Maghrib relative à la commercialisation des
A près la recommandation n° RN33/G/2007 de Bank Al
Maghrib relative à la commercialisation des produits
alternatifs (Ijara, Moucharka et Mourabaha), toutes les
banques ont mis en place leurs produits « Halal ». Par
ailleurs et contrairement à ce que pensaient le mangement de
ses banques et les médias, les clients n‟ont pas fait la queue
devant les guichets pour s‟offrir ces nouvelles solutions.
Nous allons donc dans ce chapitre expliquer pourquoi ses
produits islamiques dits « alternatifs » ne sont pas
développés après plus d‟un an de leur lancement
« alternatifs » ne sont pas développés après plus d‟un an de leur lancement Projet de
« alternatifs » ne sont pas développés après plus d‟un an de leur lancement Projet de

Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

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Chapitre I : Stratégie Marketing des Produits Financiers Alternatifs :

cas DAR ASSAFAA

Le marketing est l‟art de faire converger les actions de l‟entreprise en vue de satisfaire

aux mieux les besoins de sa clientèle, dans le cadre de politiques cohérentes visant à optimiser l‟efficacité globale de l‟entreprise face à son marché.

Le marketing n'est pas une bataille de produits, mais une bataille de perception. (Al Ries

& Jack Trout - Les 22 lois du marketing). Les responsables de marketing s'emploient à mener des études pour " collecter des données objectives ". Ils analysent l'environnement, tâchent de s'assurer que les faits ne les contredisent pas, puis, rassérénés, entrent dans l'arène du marché, sûrs d'avoir le meilleur produit, persuadés que le meilleur finit toujours par triompher.

Il alterne des phases qui relèvent de la stratégie et d‟autres qui relèvent de l‟opérationnel.

Ce sont des démarches complémentaires et interdépendantes.

Alors, dans ce chapitre on va entamer les différentes stratégies marketing afin d‟analyser

la situation de Dar Assafaa au niveau stratégique et opérationnel.

I. Présentation de Dar Assafaa

Dar Assafaa Litamwil est la première, et pour le moment la seule, Société de

Financement du Maroc qui est dédiée exclusivement à la distribution des produits alternatifs.

Dar Assafaa est une filiale à 100% du groupe Attijariwafa bank, et dotée d‟un capital

initial de 50 Millions de Dirhams (DH), la société « Dar Assafaa Litamwil » a annoncé le lancement de ses activités de financement alternatif au Maroc en juillet 2010.

Cette annonce fait suite à la décision du gouverneur de Bank Al-Maghrib n° 27 du 28 Ier

Joumada 1431 (13 mai 2010) portant agrément de « Dar Assafaa Litamwil » en qualité

1431 (13 mai 2010) portant agrément de « Dar Assafaa Litamwil » en qualité Projet de
1431 (13 mai 2010) portant agrément de « Dar Assafaa Litamwil » en qualité Projet de

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Les produits financiers alternatifs au Maroc : cas Dar Assafaa

de société de financement spécialisée dans la commercialisation des produits alternatifs, publiée au bulletin officiel n° 5852 du 18 Rajeb 1431 (1 juillet 2010) 46 .