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EXERCICES SUR LES CARACTERISTIQUES DU RECIT

LECON

 LES GENRES NARRATIFS :

Les principaux genres narratifs sont le conte, la nouvelle et le roman. Ce


sont des récits de fiction avec des personnages imaginaires. Mais contrairement
au conte, qui se déroule généralement dans un univers merveilleux ou magique,
la nouvelle et le roman se situent la plupart du temps dans un univers qui
ressemble à la réalité (on dit qu'ils sont vraisemblables ou réalistes), même
quand ils contiennent des éléments étranges ou mystérieux.

‚ LE ROMAN :

Le genre romanesque est né au XII siècle. Au Moyen Âge, en vers, puis en


prose, il raconte les aventures des chevaliers (romans de chevalerie) et les
amours des nobles dames (romans courtois).
Évoluant au cours des siècles dans sa forme et ses thèmes, le roman triomphe au
XIX siècle avec les romans réalistes ou naturalistes. Les romanciers tiennent alors
à représenter le monde réel tel qu'il est (rôle de l'argent, femmes, amour, vie à la
campagne) : Honoré de Balzac, Gustave Flaubert ou Émile Zola s'inscrivent dans
l'évolution réaliste des peintres Courbet et Millet.
C'est également au XIX siècle qu'apparaît le roman fantastique.
Publiés d'abord sous forme de feuilletons dans les journaux, ces romans
connaissent un grand succès public. Les éditeurs publient alors des œuvres
entières, et les meilleurs écrivains ont été récompensés par des prix littéraires.
Aujourd'hui, de nombreux romans sont publiés chaque jour, souvent dans des
collections bon marché. Certains deviennent des best-sellers (les mieux vendus).
On distingue plusieurs sortes de romans: policier, réaliste, naturaliste, historique,
roman d'amour, fantastique, etc.

ƒ TEMPS DE L’HISTOIRE ET TEMPS DE LA NARRATION :

Dans la lecture d'un roman, il faut distinguer le temps de l'histoire, c'est-à-


dire la durée et l'ordre dans lequel se sont déroulés les événements (réels ou
imaginaires), et le temps de la narration, qui correspond à l'ordre et au rythme
choisis par le narrateur pour faire son récit.
De nombreux indices temporels (temps verbaux, dates, références historiques et
compléments circonstanciels) permettent au lecteur de savoir quand et sur quelle
durée se déroule l'histoire.
Dans le roman - comme dans les autres formes de récit -, les temps du passé les
plus employés sont le passé simple (actions successives, limitées dans le temps
= éléments de premier plan) et l’imparfait (descriptions, circonstances de
l'action = éléments d'arrière-plan). On trouve aussi le conditionnel (pour
exprimer le futur dans le passé), le plus-que-parfait (pour marquer l'antériorité
dans le passé) et le passé antérieur (antériorité immédiate par rapport à un
verbe au passé simple).

„ LE RYTHME DE LA NARRATION :

Mais le narrateur peut volontairement bouleverser l'ordre chronologique. Il


peut évoquer des faits antérieurs à ceux qu'il est en train de raconter : on parle
alors de retour en arrière (« flash-back »). Parfois, le narrateur veut informer le
lecteur d'un événement à venir: il s'agit d'une anticipation.
Le narrateur n'attribue pas la même importance a tous les événements qu'il
relate: il ne respecte donc pas la durée réelle de l'histoire.
Il peut passer sous silence une période plus ou moins longue par le biais d'une ce
qui permet d'accélérer la narration.
Au contraire, il peut mettre l'accent sur un temps fort du récit à travers une
scène: celle-ci ralentit le rythme de la narration et concentre l'attention du
lecteur sur un événement particulier.

EXERCICES : ANALYSE DE TEXTES

 RETABLIR L’ORDRE DU RECIT

Le personnage cherche désespérément de quoi manger.


a. Il renouvela la poursuite jusqu'au moment où l'eau redevint boueuse, mais il
ne pouvait attendre davantage ; il déboucla son seau de fer-blanc et commença à
vider la mare.
b. Il regarda en vain dans chaque mare. Enfin, vers le crépuscule, il découvrit
dans l'une d'elles un poisson solitaire, pas plus gros qu'un véron.
c. Puis, l'eau devint trop trouble pour lui permettre de voir le poisson, et il lui
fallut attendre qu'elle se fût éclaircie.
d. Il plongea son bras jusqu'à l'épaule, mais le manqua. Il le chercha des deux
mains et remua la boue laiteuse du fond. Dans son ardeur, il tomba dans la mare
et se trempa jusqu'à la ceinture.
e. Au bout d'une demi-heure, la mare était presque à sec : il n'y restait plus une
tasse d'eau. Pas de poisson.

D'après Jack London, «L'Amour de la vie », 1993, trad. Paul Wenz.

1) Remettez les phrases dans l'ordre pour retrouver le récit dans sa


continuité (la première phrase est la b).
2) Sur quels indices vous êtes-vous appuyé ?
3) À quels temps ce récit est-il rédigé ?
‚ REPERER LA CHRONOLOGIE DU RECIT

Jack, handicapé, est bloqué chez lui par son chien enragé, BLackie. Sa femme
Linda vient de Lui téléphoner pour lui dire qu'elle arrivait, et elle a raccroché
avant qu'il ait eu Le temps de la prévenir de la situation.

La voix se tut et Jack, accablé, posa près de lui sa canne à pêche. Elle allait
venir. Elle allait ouvrir la porte. Blackie se précipiterait sur elle. Non. Pas ça !
Surtout pas ça. Lui aussi, il aimait Linda. Tous ses doutes, tous ses griefs, tout ce
mauvais temps étaient balayés. Restait cette immense douleur. Linda allait
mourir s'il ne trouvait pas, tout de suite, une ultime parade. Car elle ne l'avait
sûrement pas entendu, quand il avait crié. Il l'espérait de toutes ses forces.

Boileau-Narcejac, Usurpation d'identité, 1980.

1) Recopiez le texte, puis soulignez les phrases qui appartiennent au récit.


Mettez entre crochets celles qui correspondent aux pensées du personnage.
2) D'après le personnage, quels événements se produiront dans un futur proche?
3) Cet extrait comporte un retour en arrière : de quoi le personnage se souvient-il
?

ƒ ANALYSER UNE ELLIPSE :

Victime d'une justice expéditive, Giuseppe Bruno a été condamné à mort et


exécuté, laissant une femme et un orphelin...

La pauvre mère resta donc au village de Bauso avec le petit Pascal Bruno,
alors âgé de cinq ans ; mais comme, selon l'habitude, et pour guérir par
l'exemple, on avait exposé la tête de Giuseppe dans une cage de fer, et que ce
spectacle lui était trop pénible, un jour elle prit son enfant par la main et disparut
dans la montagne. Quinze ans se passèrent sans qu'on entendît reparler ni de l'un
ni de l'autre.
Au bout de ce temps, Pascal reparut. C'était un beau jeune homme de vingt
et un à vingt-deux ans, au visage sombre, à l'accent rude, à la main prompte
[...].
Alexandre Dumas, Le Capitaine Arena, 1842.

1) À quel temps les actions successives sont-elles évoquées dans ce texte ?


2) Ce texte comporte une ellipse narrative. Quelle est sa durée ? Pourquoi
l'auteur n'a-t-il pas jugé utile de raconter ce qui s'est passé pendant cette
période ?
3) À votre avis, comment l'histoire va-t-elle se poursuivre ?
„ ETUDIER UNE CHUTE :

Mathilde a perdu un collier qu'elle avait emprunté à une amie, Madame Forestier.
Sans le lui dire, elle s'est endettée pendant des années pour lui en racheter un
autre... Plusieurs années après, elle la rencontre dans la rue...

«Tu te rappelles bien cette rivière de diamants que tu m'as prêtée pour
aller à la fête du ministère ? Eh bien, je l'ai perdue.
- Comment ! Puisque tu me l'as rapportée.
- Je t'en ai rapporté une autre toute pareille. Et voilà dix ans que nous la payons.
Tu comprends que ce n'était pas aisé pour nous, qui n'avions rien... Enfin, c'est
fini, et je suis rudement contente. »
Madame Forestier s'était arrêtée. [...]
« Oh ! ma pauvre Mathilde! Mais la mienne était fausse. Elle valait au plus cinq
cents francs !... »
Guy de Maupassant, « La Parure », 1884.

1) Pourquoi Mathilde est-elle contente ?


2) À votre avis, comment va-t-elle réagir après avoir entendu Madame Forestier ?
3) Cet extrait correspond aux dernières lignes de la nouvelle. Pourquoi peut-on
dire que c'est une chute ?

EXERCICES D’OUTILS DE LANGUE

VOCABULAIRE

 Classez ces mots dans trois champs lexicaux différents.

maisonnette - square - auberge - jardin - ferme - bistrot - parc - cabaret - jardin


d'hiver - serre - manoir - masure - estaminet - habitation - gentilhommière
- jardinet - taverne - bâtisse - potager - château - palais - restaurant - roseraie -
exploitation - café - gargote -verger - chaumière.

‚ Employer des synonymes

Faites correspondre un synonyme à chacune des pièces de la maison.

1. le boudoir a. le cagibi
2. le vestibule b. la cave
3. le corridor c. le bureau
4. le réduit d. le couloir
5. le cabinet de travail e. l'entrée
6. les combles f. le grenier
7. le chai g. le petit salon

ƒ Utiliser des expressions latines

Retrouvez dans le dictionnaire le sens de ces expressions latines fréquemment


utilisées dans la langue courante, et employez-les dans une phrase de votre
choix.
1. un modus vivendi - 2. un alter ego - 3. être docteur honoris causa. - 4. le
numerus clausus - 5. nota bene - 6. grosso modo.

„ Relever un champ lexical

Retrouvez, dans cet extrait, deux champs lexicaux opposés. Quelle image se
dégage du personnage ?

Elle souffrait sans cesse, se sentant née pour toutes les délicatesses et tous les
luxes. Elle souffrait de la pauvreté de son logement, de la misère des murs, de
l'usure des sièges, de la laideur des étoffes. Toutes ces choses dont une femme
de sa caste ne se serait même pas aperçue, la torturaient, l'indignaient. La vue
de la petite Bretonne qui faisait son humble ménage éveillait en elle des regrets
désolés et des rêves éperdus. Elle songeait aux antichambres muettes,
capitonnées avec des tentures orientales, éclairées par de hautes torchères de
bronze [...]
Guy de Maupassant, «La Parure ", 1884.

GRAMMAIRE

… Reconnaître et analyser les déterminants

Indiquez la nature des déterminants en gras. Précisez à quel mot ils se


rapportent. Quels sont les noms sans déterminants ?

Rêvant de la sorte, il se trouva dans une des grandes rues de Pétersbourg,


devant une maison d'assez vieille architecture.
La rue était encombrée de voitures, défilant une à une devant une façade
splendidement illuminée. Il voyait sortir de chaque portière ouverte tantôt le petit
pied d'une jeune femme, tantôt la botte à l'écuyère d'un général, cette fois un
bas à jours, cette autre un soulier diplomatique.
Pelisses et manteaux passaient en procession devant un Suisse gigantesque ;
Hermann s'arrêta.

Alexandre Pouchkine, «La Dame de pique ", 1834.


† Employer des indicateurs de temps

Quels indicateurs employez-vous pour évoquer des retours en arrière ? Des


anticipations ? Complétez le tableau suivant.

Retour en arrière Présent Présent Anticipation

Avant-hier Après-demain

La semaine La semaine
dernière prochaine
Hier Demain

Il y a 3 mois Dans 3 mois

L’an dernier L’année prochaine

‡ Varier l'expression du temps

Complétez les phrases suivantes à l'aide des compléments circonstanciels


proposés.

1. Ce fut le premier janvier qu'... -2.Alors qu'il s'apprêtait à bondir sur sa proie,...
- 3. Depuis que je suis tout petit, ... - 4. En cette magnifique matinée de
printemps, ... - 5. Par une froide nuit d'hiver, ... .

a. il s'approcha du village enfoui sous la brume. - b. il décida d'arrêter de fumer. -


c. les oiseaux chantaient à tue-tête. - d. elle s'enfuit, mise en alerte par un bruit.
- e. j'ai l'habitude de commencer la journée par un solide petit déjeuner.

ˆ Faire des retours en arrière

Complétez les phrases suivantes en mettant les verbes entre parenthèses au


plus-que-parfait.

L'inspecteur arrêta le coupable qui passa rapidement aux aveux. Pour assassiner
sa femme, il (acheter) de la mort-aux-rats deux jours auparavant, puis il l’
(mélanger) à de la crème caramel qu'il (préparer) pour le dessert. Mais le chat
(goûter) la crème et, en rentrant de son travail, sa femme (trouver) l'animal déjà
mort à côté de la coupe de crème. Elle (appeler) la police : deux inspecteurs
(effectuer) des prélèvements et les analyses (être) formelles : quelqu'un (vouloir)
l'assassiner. Les forces de l'ordre l' (attendre) et on lui (passer) les menottes dès
qu'il (franchir) le seuil !
‰ Faire des anticipations

Même exercice. Les verbes entre parenthèses seront au conditionnel.

Plus il réfléchissait, plus le meurtrier regrettait son geste. Il pensait à son avenir :
il (passer) plusieurs années en prison ? Sans aucun doute, il (perdre) ses amis
qui rapidement l'(oublier). Que (devenir)-il quand il (sortir) ? Il voulait refaire sa
vie : il (retrouver) un appartement, (chercher) un nouvel emploi, (faire) de
nouvelles connaissances. Jamais plus il ne (se laisser) dominer par la haine. Les
policiers pouvaient toujours le surveiller : il ne (recommencer) plus. Il se disait
qu'il (partir) à l'étranger dès que possible. Alors on l' (oublier) définitivement.

Š Identifier le narrateur

Précisez si, dans ces extraits, le narrateur est ou non un personnage de l'histoire
racontée. Justifiez votre réponse.

1) Mais, à ce moment, une femme qui entrait lui causa une surprise. Elle avait
reconnu Madame Robert. Celle-ci, avec sa jolie mine de souris brune, adressa un
signe de tête familier à la grande blonde maigre, puis vint s'appuyer au comptoir
de Laure.

Émile Zola, Nana, 1880.

2) Il lisait en épelant les syllabes, les murmurant à mi-voix comme s'il les
dégustait, et, quand il avait maîtrisé le mot entier, il le répétait d'un trait. Puis il
faisait la même chose avec la phrase complète, et c'est ainsi qu'il s'appropriait les
sentiments et les idées que contenaient les pages.

Luis Sepulveda, Le Vieil Homme qui lisait des romans d'amour, 1994.

Pendant le souper, qui fut rehaussé de folies étincelantes, je me laissai, tout


doucement, aller à mon innocente manie de l'observation - et, je dois dire, je ne
fus pas sans m'apercevoir bientôt que mon vis-à-vis méritait, en effet, quelque
attention.

Auguste de Villiers de l'lsle-Adam, « Le Convive des dernières fêtes » in Contes


cruels, 1883.

ORTHOGRAPHE

11. Distinguer des homonymes


Complétez les phrases suivantes en choisissant la forme qui convient : m'a/ma ;
m'ont/mon ; l'as/l'a/la ; t'ont/ton ; t'a/ta.

1.Il ... vivement encouragé. - 2. Les faits récents... conduit à perdre... calme,
mais je compte sur toi pour te reprendre. - 3. Alors tu... eu, ... examen ? - 4.
Ils ... pris ... stylo. 5. ... tante ... dit qu'elle m'emmènerait au cinéma. 6. Cette
histoire, il ... entendue des dizaines de fois. 7. On... recommandé la plus grande
prudence, alors contrôle ... vitesse. - 8. ... mère de Jules ... pris par la main.

12. Différencier les graphies d'un même son

Orthographiez correctement tous les mots se terminant par le son « é » ou « è ».

Plusieurs personnes ont été interpell... dans les Pyrén... après avoir allum... des
feux destin... à débroussaill... un pr... en bordure de for... . Le feu a dévast...
plusieurs hectares et endommag... deux granges où du fourrage était stock...
pour l'hiver. Les pompiers, arriv... très vite, ont eu du mal à cern... les flammes
et à maîtris... l'incendie. Les imprudents, qui voulaient seulement désherb... un
terrain avant de le labour..., ont été verbalis....

13. Accorder le verbe

Accordez les verbes avec leur sujet en les conjuguant au présent puis au passé
simple.

1. Beaucoup d'élèves (oublier) de relire leur copie. -2. Ce (être) les secours qui lui
(sauver) la vie. - 3. Ni la pluie ni le vent ne le (dissuader) de sortir. - 4. Mon frère
et moi (aller) au cinéma. - 5. La plupart des gens (aimer) lire. - 6. Peu de foyers
(refuser) de s'équiper d'une télévision. - 7. C'est vous qui (avoir) raison. - 8. Le
hors-d'œuvre, le plat de résistance, l'entremet, tout (être) délicieux. 9. Combien
de trains (dérailler) chaque année ? -10. Est-ce toi qui (entretenir) le jardin ?

Dictée préparée (niveau difficile)

Le pâle petit jour du matin, d'un matin banal, grisâtre et pluvieux, filtra dans la
chambre par les interstices des rideaux. Les bougies blêmirent et s'éteignirent,
laissant fumer âcrement leurs mèches rouges ; le feu disparut sous une couche
de cendres tièdes ; les fleurs se fanèrent et se desséchèrent en quelques
moments ; le balancier de la pendule reprit graduellement son immobilité. La
certitude de tous les objets s'envola subitement. L'opale, morte, ne brillait plus ;
les taches de sang s'étaient fanées aussi, sur la batiste, auprès d'elle ; et
s'effaçant entre les bras désespérés qui voulaient en vain l'étreindre encore,
l'ardente et blanche vision rentra dans l'air et s'y perdit.
Auguste de Villiers de l'lsle-Adam, «Vera »,1883.

a) Attention aux accents !


Relevez les mots qui comportent des accents :
. graves ou aigus (par exemple: se desséchèrent).
. circonflexes (par exemple: blême).
Quel est l'homonyme qui se distingue du mot tache par un accent ? Que signifie-
t-il ?
b) Les interstices sont les parties vides qui se trouvent entre (<< inter ») les
montants des volets.
c) La batiste est une toile de coton très fine, à ne pas confondre avec le prénom
Baptiste, « celui qui baptise » ou « donne le baptême ».
d) Comment sont formés les adverbes âcrement, graduellement, subitement ?