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PHOTO : B. SOUHIL

PHOTO : SAMI K. PUBLICITÉ PHOTO : B. SOUHIL LE QUOTIDIEN INDÉPENDANT - Dimanche 14 décembre

LE QUOTIDIEN INDÉPENDANT - Dimanche 14 décembre 2014

COUPE DU MONDE DES CLUBS ESS 0 - AUCKLAND CITY 1

L’Entente rate le coche

LIRE L’ARTICLE DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL KAMEL BENIAÏCHE EN PAGE 30

ÉDITION DU CENTRE

N°7353 - Vingt-cinquième année - Prix : Algérie : 20 DA. France : 1 . USA : 2,15 $. ISSN : 1111-0333 - http://www.elwatan.com

REPORTAGE PROMESSES NON TENUES DES AUTORITÉS Les laissés-pour-compte de Hassi Messaoud ◗ LIRE LE REPORTAGE
REPORTAGE
PROMESSES NON TENUES DES AUTORITÉS
Les laissés-pour-compte
de Hassi Messaoud
◗ LIRE LE REPORTAGE RÉALISÉ
PAR HOURIA ALIOUA EN
PAGES 4 ET 5

NOUVEAU CADRAGE BUDGÉTAIRE 2015-2019

LE GOUVERNEMENT EST-IL PRÊT À REVOIR SA COPIE ?

L e cadrage financier du plan quinquennal

2015-2019, doté d’une

enveloppe globale

de 262 milliards de dollars, sera au menu de la réunion du gouvernement qui se tiendra mercredi prochain sous la présidence du Premier ministre,Abdelmalek

Sellal.

Zhor Hadjam (Suite page 6)

ministre,Abdelmalek Sellal. Zhor Hadjam (Suite page 6) SAHARA OCCIDENTAL ABDELAZIZ APPELLE À DES «MESURES

SAHARA OCCIDENTAL

ABDELAZIZ APPELLE À DES «MESURES SÉVÈRES»

«La drogue en provenance du Maroc constitue une menace réelle pour la paix et la sécurité dans la région», selon le président sahraoui.

LIRE L’ARTICLE DE RABAH BELDJENNA EN PAGE 11

LE YÉMEN FACE AUX RÉVOLTES

LES CONVULSIONS DE L’ANCIENNE «ARABIE HEUREUSE»

LIRE L’ARTICLE DE AMNAY IDIR EN PAGE 10

FACE AUX RÉVOLTES LES CONVULSIONS DE L’ANCIENNE «ARABIE HEUREUSE» LIRE L’ARTICLE DE AMNAY IDIR EN PAGE

El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 2

L’ACTUALITÉ

LASKRI À PROPOS DE L’ADHÉSION DE L’ARMÉE À L’INITIATIVE DU FFS

«Le pouvoir et ses institutions vont participer à la conférence nationale»

Une conférence-débat autour de la conférence nationale de consensus a été animée hier par le FFS à Boumerdès.

l’armée va participer ou pas à la conférence nationale. Lors du débat, la souveraineté de la conférence nationale du consensus et la création des organismes d’exécution des décisions qui en résultent ont été également soulevées. L’ex-premier secrétaire du FFS souligne que même la révision de la Constitution proposée par le pouvoir pourra être dis- cutée lors de cette conférence nationale. C’est d’ailleurs, d’après ses dires, l’une des raisons pour laquelle la date du 24 février a été choisie. D’autres intervenants ont insisté sur la finesse avec laquelle les concertations doivent être menées. A ce propos, la diplomatie a été recommandée. M. Meziani

reconnaît que ce n’est pas chose facile. Pour sa part, Ali Laskri, n’excluant pas le complot à l’égard de l’Algérie en provo- quant la chute des prix du pétrole, déclare

D e prime abord, l’idée du consensus

emballe tous les participants à la

que la démarche du FFS ne s’inscrit pas dans l’immédiat et ses initiateurs ne sont pas pressés. Au sujet de la concertation entre deux positions radicales, celle des par- tis au pouvoir et celle des parties qui exigent un changement radical, M. Laskri, déclare que la démarche du FFS va aller au-delà des mandats institution- nels. Par ailleurs, le sénateur du FFS, Brahim Meziani, qualifie de «malheureux» l’atti- tude du Front du changement accusant son parti d’être du côté du pouvoir. «C’est honteux de dire que le FFS soutient Bou- teflika», lance-t-il à l’adresse d’un étudiant reprochant au FFS de servir le pouvoir par cette initiative. Et de poursuivre : «Par la conférence nationale de consensus, le FFS cherche à sauver l’Algérie et non pas le système.» Djedjiga Rahmani

conférence-débat animée hier par le

FFS à Boumerdès. Néanmoins, ces der- niers se sont montrés très réticents quant à l’aboutissement de la conférence nationale

de consensus (CNC) attendue le 24 février 2015. Cette initiative vise «à construire une issue consensuelle, pacifique et démo- cratique». «Mais cela va-t-il se faire avec ou sans la participation de l’armée ?», se demande l’un des citoyens ayant pris part au débat. «Le réel pouvoir est détenu par

l’armée jusque-là. Est-ce que cette institu- tion a été approchée par le FFS ? De quelle manière va-t-elle participer à la conférence ?», s’interroge cet intervenant.

A cette question, M. Laskri a préféré parler

de l’implication de toutes les institutions du pouvoir à la CNC que d’appeler par son nom l’institution militaire ou d’affirmer si

AMAR SAADANI À TIZI OUZOU

«Nous appelons à l’officialisation de tamazigh»

L e secrétaire général du FLN, Amar Saa- dani, a animé hier un meeting à la maison

de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Au cours de cette rencontre, tenue

dans une salle archicomble, le conférencier

a déclaré que le FLN appelle à l’officiali-

sation de tamazight. «Nous appartenons à ce peuple, à ce pays, à cette langue, personne ne peut nous en dissocier et nous serons les premiers à défendre tamazight», a-t-il clamé. Auparavant, il avait fait part de l’installation de mouhafadhas, notamment à Tizi Ouzou, Azazga et Draâ El Mizan, ainsi que l’ouverture de kasmas FLN à travers

la wilaya. S’adressant à ses militants, il a dit : «Rassurez-vous : même si Saadani est là aujourd’hui, il n’y sera plus demain, ni ne restera éternellement à la tête du FLN. La place est désormais aux jeunes pour

reprendre le flambeau. Personne ne peut fermer les portes aux militants.» Il a dénoncé aussi «cette main de l’étran- ger, inacceptable, qui veut installer chez nous son Daech», allusion à ces groupes terroristes qui tentent de s’implanter dans certains pays arabes en vue d’instaurer un califat de l’Etat islamique. Le conférencier a appelé l’ensemble des citoyens et des mili-

tants démocrates de cette région à œuvrer pour l’unité des rangs du peuple en étant vigilants quant aux dangers qui guettent l’Algérie. «Nous devons tous agir pour contrecarrer tout complot qui viserait notre pays», a ajou- té Amar Saadani, clamant que son parti res- pectera le peuple, sa Constitution et préser- vera ses ressources. Il a indiqué que l’Arabie Saoudite est à l’origine de la baisse des prix du pétrole et a appelé les partis démocrates à agir en rangs unis contre tout risque de crise, économique ou autre visée, susceptible de toucher l’Algérie. S.Yermèche

visée, susceptible de toucher l’Algérie. S.Yermèche APPEL POUR UNE «JOURNÉE SANS ACHATS» «Le gouvernement

APPEL POUR UNE «JOURNÉE SANS ACHATS»

«Le gouvernement doit mettre fin à la cherté des produits»

L a cherté des produits de première nécessité ces

dernières semaines fait réagir. L’Association de

protection et d’orientation des consommateurs et de

son environnement (Apoce) lance un appel pour boycotter les marchés le 20 décembre prochain. Par cette action symbolique, baptisée «Journée sans achats», l’association souhaite interpeller les pouvoirs publics pour mettre fin au dysfonctionnement qui touche l’ensemble des circuits de la distribution commerciale. «Le gouvernement est appelé à mettre fin à la cherté des produits», est-il souli- gné. Intervenant lors d’une conférence de presse animée hier à Alger, le président de l’Apoce, Mustapha Zebdi, souligne que «le gouvernement doit agir pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens algériens, qui s’érode de manière continue». Il préconise «une politique concrète pour plafonner les marges de bénéfices sur les produits de première nécessité, dont les prix, pour certains articles, ont doublé, et ce, dans l’impunité la plus totale et sans le moindre contrôle». «La Journée sans achats» que lance l’Apoce le 20 décembre prochain est «une forme de contestation pacifique et citoyenne», insiste M. Zebdi. «Nous n’avons pas une obligation de résultats. C’est une obligation de ne pas se taire face à des agissements sans éthique. La parole doit revenir au citoyen algérien. Lui seul peut décider de la réussite de cette journée ou pas. L’essentiel est de mettre la lumière sur cette cherté scandaleuse des produits. Outre qu’elle n’est pas justi- fiée, elle est provoquée sans scrupules par les mafias des marchés», observe M. Zebdi. Et d’ajouter : «Les citoyens doivent se réapproprier les outils du boycott pour contrer les cercles occultes qui sont derrière la cherté des produits, encouragés par la déstructuration des circuits de distri- bution et l’absence de marchés de proximité.» Selon le président de l’Apoce, «plusieurs associations ainsi que des commerçants ont répondu favorablement à l’initia- tive, de même que des citoyens de divers horizons». Par

ailleurs, Mustapha Zebdi estime que «la problématique est globale». «La situation est catastrophique. La sécu- rité alimentaire du pays dépend de paramètres extérieurs. Jusqu’à quand cette option du tout import continuera- t-elle ? Il est plus que nécessaire de penser à la relance économique et agricole», soutient-il. Enfin, le président de l’Apoce dit «recevoir des menaces et des intimidations, en raison des activités de son association». «Tout est fait pour détruire notre association. Mais cela ne va pas nous empêcher de militer et de dire la vérité aux consomma- teurs», déclare-t-il, déterminé. M. B.

RND

Bensalah cible l’opposition

L e secrétaire général du RND, Abdelakder Bensalah, tire à nouveau sur les partis d’opposition regroupés dans

la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD). Profitant d’une réunion de coor- dination avec les secrétaires de wilaya, tenue hier à Alger, Abdelkader Bensalah a dénoncé «la remise en cause de la légitimité du président Bouteflika» et la demande d’une élection présidentielle anticipée émise par l’opposition. Il est reproché à ces partis qui ont, selon Bensalah, appelé à l’ingérence étrangère, de vouloir mener le pays vers une véritable impasse. Le président du Sénat qualifie la démarche de la CNLTD d’«irresponsable» et d’«abjecte». «Ces parties qui, au nom du droit à l’opposition, reven- diquent la vacance du pouvoir sont-elles conscientes du danger d’un tel discours, propagé dans un contexte régio- nal marqué par l’instabilité et l’incertitude ?», s’est-il interrogé, avant d’accuser l’opposition de «fabriquer des problèmes» pour faire, ensuite, «des lectures et analyses erronées de la scène politique». Ce faisant, le premier res- ponsable du RND réaffirme l’appui de son parti à toutes les réformes et chantiers engagés par le chef de l’Etat, particulièrement le projet de révision de la Constitution et cela quel que soit le mode choisi pour son adoption. «Nous approuverons cet amendement quelle que soit son issue ; qu’il passe par le biais des deux Chambres du Parlement ou par voie référendaire, parce que notre for- mation place l’intérêt suprême du pays au-dessus de toute

autres considération», lance-t-il. NabilaAmir

El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 3

L’ACTUALITÉ

LE RCD APPELLE À UNE MOBILISATION POUR SORTIR DE LA CRISE MULTIFORME

«Le clanBouteflika-Toufik a instauré un climat politique délétère»

Lors de la réunion de vendredi dernier, le RCD a évoqué la situation politique et économique que traverse l’Algérie.

L e Rassemblement pour la culture

et la démocratie (RCD) charge

à nouveau le pouvoir et ses poli-

tiques socioéconomiques. Réuni ven- dredi dernier à Alger, le secrétariat national du parti se dit, en effet, «vivement préoccupé» par les signaux alarmants qui prédisent le pire pour le pays. «Le RCD exprime ses vives in- quiétudes quant à la dégradation alar- mante de tous les indicateurs sociaux et économiques du pays ainsi que du climat politique délétère instauré par l’autisme et la politique de la fuite en avant du clan Bouteflika-Toufik», explique ce parti dans un communiqué rendu public, hier. Selon le RCD, l’Algérie «subit des luttes d’arrière-garde, de reliquats d’un système qui, pour survivre en- core, hypothèque la pérennité de l’Etat national». Cette situation est aggra- vée, ajoute-t-on, par «la vacance de pouvoir, en conséquence de l’impo- tence avérée du chef de l’Etat est plus que jamais porteuse de tous les dangers pour la nation». Le constat du secrétariat national du RCD est sans concessions. «Sur tous les plans, la détérioration est dénominateur commun», estime le parti de Moh- cine Belabbas, dénonçant la remise en cause des libertés individuelles et collectives, les menaces qui pèsent sur les mouvements associatifs et syn- dicaux ainsi que la privatisation des médias publics. «Les manifestations sont interdites pendant que la jeunesse est marginalisée et la précarité gagne de larges segments de la société. Le travail et l’effort sont disqualifiés ;

PHOTO : D. R.
PHOTO : D. R.

Réunion du secrétariat national du RCD, vendredi à Alger

le revenu national est pompé par une minorité antinationale, rentière, préoccupée par la rapine, ses intérêts étroits et sa reproduction au détriment du devenir national», déplore encore le RCD. Sur le plan économique, la di- rection du RCD «estime que l’incurie de la gouvernance de Bouteflika n’est pas nouvelle». «En 2008, les officiels ont affirmé que la crise qui a secoué le système financier international ne touchera pas l’Algérie. Ils plaidaient l’effet positif de l’obsolescence de notre système bancaire algérien et lor- gnaient déjà sur le niveau des réserves de change pour maintenir un statu quo qui ruine les bases matérielles de la nation algérienne», lit-on dans le

même communiqué. Le parti revient également sur les récentes déclara- tions politiques du vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’ANP,Ahmed Gaïd Salah.

«UNE INTRUSION DÉCLARÉE DE GAÏD SALAH» «L’intrusion décalée de Gaïd Salah dans l’encensement des farces élec- torales du régime inquiète au plus haut point. Le RCD note que devant la partialité et l’abus qui ont marqué l’ensemble des processus électoraux depuis l’indépendance, l’état-ma- jor de l’ANP a plutôt fait preuve, officiellement, de retenue quant au degré de légitimité du pouvoir poli-

tique en place. Cela est conforme au rôle constitutionnellement dévolu à l’armée», précise-t-on dans le même communiqué. Ce faisant, le RCD rappelle «ses engagements responsables» pour la «défense du caractère républicain de l’Etat, l’alternative démocratique, la citoyenneté, la solidarité et la justice sociale». «Notre parti milite pré- sentement pour l’organisation paci- fique d’une transition démocratique comme alternative salvatrice à un système enkysté dans la démarche du pire», ajoute-t-on dans ce docu- ment, en appelant à une mobilisa- tion des Algériennes et Algériens. Madjid Makedhi

TIZI N’KOUILAL (BOUIRA)

L’ANP

installe un

camp

militaire

L’Armée nationale populaire (ANP)

a décidé d’installer un campement

militaire àTizi N’kouilal, sur les hauteurs du Djurdjura. Des engins

ont été mobilisés pour procéder aux terrassements des lieux pour

y installer des roulottes et autres

équipements dont les militaires ont besoin, dans le cadre des opérations

de ratissage. C’est en ce lieu, que les djihadistes de Jund Al Khilafah

(Soldats du califat) avaient enlevé,

le 21 septembre dernier, le guide

français de haute montagne, Hervé Gourdel, 55 ans, décapité deux jours après par le groupe armé se réclamant de Daech. L’installation

de ce camp militaire devrait faciliter

le travail des unités de l’armée et

superviser de près les différentes opérations de ratissage qui, selon des sources, se poursuivent dans les maquis de Kabylie, visant à capturer ou éliminer les éléments du groupe de cette cellule terroriste qui rôde dans la région. Depuis vendredi dernier, des engins militaires ont été mobilisés pour procéder à l’ouverture d’un tronçon

de la RN30 reliant Bouira à Tizi Ouzou, et ce, dans le but de faciliter

le ravitaillement des militaires

stationnés à Tizi N’kouilal. Le tronçon profitera également aux

populations de la région. Une chose est sûre, l’installation d’un camp militaire en haute montagne

a été le souhait de beaucoup de

gens, notamment les touristes, les randonneurs et autres amoureux de

la nature, qui ne cessent d’affluer

dans la région.

A. Fedjkhi

LOUISA HANOUNE À ORAN

«Les nouveaux riches», grave menace pour la stabilité nationale

L ouisa Hanoune pense que «la collusion entre les intérêts privés et certains centres de déci- sion au plus haut niveau de l’Etat» représente une grave menace sur l’économie nationale et

par extension sur la stabilité politique du pays. A l’interrogation : «Le président de la République aurait-il changé de cap par rapport à ce qui a été développé dans sa campagne électorale ?»,

la réponse est mitigée, mais certains ministres,

comme ceux de la Santé ou de l’Industrie, en ont eu pour leur compte. Elle reproche au premier d’avoir passé le marché des équipements de ra- diothérapie avec un particulier qui va représenter une multinationale pour les revendre aux hôpi-

taux qui sont évidemment publics. Le ministre de l’Industrie est coupable à ses yeux d’avoir fait des déclarations visant à offrir toutes les garan- ties aux Européens et aux Américains remettant de fait en cause la notion de préférence nationale développée à partir de 2009. La porte-parole du PT intervenait, hier à Oran, pour dénoncer «ces nouveaux riches tapis dans l’ombre durant le décennie noire et qui, aujourd’hui, avancent à visage découvert pour tenter de remettre en cause les acquis et les orientations de la Révolution algérienne». Elle dénonce les conflits d’intérêts qui touchent même certains ministres et se demande s’il n’y

a pas d’autorité suprême pour arrêter tout cela.

Elle fait évidemment le distinguo entre un privé producteur de richesse qui contribue à l’essor de l’économie nationale et à qui il est juste demandé de respecter la réglementation (syndi- cale, fiscale, etc.) et la masse des importateurs, des concessionnaires, des propriétaires de boîtes de communication douteuses touchant à tous les domaines et qui bénéficient de marchés de

gré à gré et tant d’autres affairistes aux appétits voraces qui, pour elle, «siphonnent les richesses du pays et constituent un grave danger». Elle s’étonne qu’on en arrive à ce que certains hommes d’affaires accompagnent les déléga- tions officielles à l’étranger et se permettent de parler au nom du gouvernement. Ce sont eux qui remettent en cause la règle dite des 51/49% et veulent anéantir le secteur public qu’elle défend. Ce dernier ayant augmenté son chiffre d’affaires de 18%, preuve de son dynamisme malgré les difficultés. Pour elle, cette règle doit d’ailleurs s’appliquer en priorité aux entreprises publiques et acces- soirement aux entités privées lorsqu’elles sont productrices de richesses, car dans sa conception de la politique économique, le public et le privé

doivent être complémentaires

«Les nouveaux

riches n’ont ni la culture bourgeoise ni ne participent à l’économie nationale.» Louisa

Hanoune trouve par ailleurs que «l’Etat est miné

de l’intérieur» à cause de la collusion avec les milieux d’affaires, une situation jugée «plus dangereuse que le terrorisme». «Si le président de la République a changé de politique, le peuple

est en droit d’exiger des explications et, dans le cas contraire, il n’est permis à aucun ministre d’annoncer des mesures contraires.» Djamel Benachour

et, dans le cas contraire, il n’est permis à aucun ministre d’annoncer des mesures contraires.» Djamel

El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 4

PHOTO : D. R.

REPORTAGE

PROMESSES NON TENUES DES AUTORITÉS

Les laissés-pour-compte de Hassi Messaoud

Les délégués de 13 quartiers de Hassi Messaoud ont consigné, sur un PV cosigné par le chef de daïra, leur exigence de recevoir une commission interministérielle sous huitaine.

barrage de police permanent installé

face de Trans Baouchi était dégagé ce

matin-là. C’est l’entrée de la ville en venant

de Ouargla. Son baromètre. La veille, plus de 300 personnes occupaient les lieux avec leurs banderoles, seuls les piétons avaient le droit de passer ; l’axe Hassi Messaoud-Irara leur a appar- tenu le temps d’une manifestation où personne n’a eu le droit d’accéder ou de sortir de la base du

24 Février à bord d’un véhicule. Pour l’heure, la circulation est fluide, c’est bon signe, le policier nous cède le passage. La tumultueuse Hassi Mes- saoud nous ouvre ses portes. Nous sommes donc au lendemain de la manifestation des habitants de Hassi Messaoud qui, fait inédit, ont réussi à s’entendre sur un mot d’ordre : demander au gouvernement de lever le gel décrété voilà plus de dix ans sur cette ville dynamique.

CRÉDIBILITÉ Les habitants des 13 principaux quartiers de la ville étaient au rendez-vous. Entamée via les réseaux sociaux depuis fin novembre, la protes- tation a pris forme en décembre. Les événements sanglants de Touggourt, avec leur bilan tragique de quatre morts et 53 blessés, ont eu un effet cata- lyseur. Toutes les frustrations réprimées depuis une décennie sont remontées à la surface de la façon la plus brutale. Après un premier mouve- ment organisé vendredi dernier, lors du passage du wali accompagné de la commission de Belaïz, les jeunes ont compris qu’ils devaient agir au plus vite. Ainsi, après avoir bloqué l’accès à la base-vie du 24 Février d’Irara toute la journée, mercredi dernier, les représentants de la société civile ont accepté la médiation du chef de daïra qui les a conviés, le lendemain, à une réunion où ils ont exigé «un mécanisme spécial, avec un pouvoir exécutif immédiat, ayant pour finalité la levée du gel en vigueur à Hassi Messaoud en ver- tu du décret exécutif n°05-127 du 24 avril 2005 déclarant la région ‘zone à risques majeurs’ portant transfert du siège du chef-lieu de la com- mune au lieudit Oued El Merâa», à 90 km de là. Le procès-verbal de la réunion, dont nous détenons une copie, stipule que le représentant de l’Etat a pris acte de la revendication, convenant d’un délai de sept jours pour constituer une com- mission interministérielle ayant toutes les préro- gatives de prise de décision locale. Les délégués ont par ailleurs exigé la présence d’un représen- tant personnel du Premier ministre ainsi que de délégués des ministères de l’Intérieur, l’Energie, de l’Emploi et de l’Habitat. Des «personnalités crédibles et intègres» qui viendraient les écouter

L e

en

et intègres» qui viendraient les écouter L e en A Hassi Messaoud, les résidants veulent connaître

A Hassi Messaoud, les résidants veulent connaître le sort réservé à leur ville

et prendre de vraies décisions. Ils veulent des réponses concrètes à des questions pendantes depuis dix ans, des interrogations existentielles sur le sort réservé à leur ville, ce qu’il adviendra d’eux d’ici la construction de la nouvelle ville, où seront construits les 4000 logements annoncés – ils sont virtuellement trimballés entre l’ancienne

et la nouvelle ville – au moment ou les actuels habitants souffrent de promiscuité et d’absence d’alternative avec la saturation du parc logement existant. Les idées les plus folles les taraudent :

paralysie de la ville, fermeture des vannes du pétrole, suicide collectif… La menace est lancée. Hassi Messaoud, 72 000 km 2 de superficie, 790

LES 17 MESURES QUI PÉNALISENT HASSI

1. Gel des attributions de tout permis de

construire pour les activités non liées

directement à l’activité pétrolière

2. Classement en tant que zone à risques

majeurs par décret

3. Sécurisation des installations pétrolières

4. Réglementation et sécurisation de la

circulation sur les routes et les dessertes pétrolières

5. Etablissement d’un inventaire des lieux

6. Révision du PDAU de la ville

7. Création d’une nouvelle ville à l’extérieur du

périmètre d’exploitation du champ pétrolier

8. Lancement d’un plan de délocalisation des

infrastructures de base

9. Création d’une nouvelle zone industrielle

parapétrolière en dehors du champ pétrolier 10. Mise en place des mesures incitatives pour

la délocalisation des activités et des habitations

11. Elimination des bidonvilles et constructions

illicites

12. Elaboration d’un plan de dépollution,

notamment la démolition de toute habitation

ou infrastructure installée à proximité d’un

puits

13. Mise à jour des plans et schémas des

installations de production et des réseaux

pipelines

14. Matérialisation par balise des ouvrages

enterrés (pipelines, câbles électriques, etc.)

15. Vulgarisation de la formation en HSE

16. Mise en place des normes les plus sévères

en matière de sécurité industrielle

17. Gel des attributions de registres du

commerce

sociétés nationales et multinationales et plus de 20 000 offres d’emploi par an. Ses enfants se disent pourtant exclus de cette opulence, eux qui n’ont ni emploi ni logement. Ils refusent cette position de laissés-pour-compte. Qui sont-ils, que veulent-ils, pourquoi maintenant ? Que de questions à poser à ces gens qui ont osé paralyser Irara, l’emblématique base-vie du groupe Sona- trach, qui abrite sa division forage et exploration, mais aussi les sièges de ses associations avec des entreprises multinationales.

QUI SONT-ILS ? La base du 24 Février, immense domaine floris- sant, verdoyant, arborant tous les signes osten- tatoires de l’opulence pétrolière, domine une bonne partie de Hassi Messaoud. Un domaine qui échappe au commun des habitants de Hassi, en rupture totale avec la ville en déchéance qui supporte sans honte aucune son statut de chasse gardée. Ici, les bases logistiques poussent comme des champignons, bravant le gel imposé aux pauvres en exploitant le moindre mètre carré du périmètre urbain ou industriel de première proxi- mité, y compris autour du fameux puits historique de Messaoud Rouabah, le Bédouin qui a donné son nom à la ville et au champ pétrolier. Il y a là les sièges d’opulentes sociétés, de splendides résidences entourées de clôtures en barbelés. Et puis, parsemées ici et là, des quartiers populaires. La cité des 1850 Logements, des maisons pré- fabriquées datant d’une cinquantaine d’années, abritant à elles seules un tiers de la population de la ville, qui s’est métamorphosée en égout à ciel ouvert en raison du manque d’entretien. Bouamama, Hassi Khouildat, Emir Abdelkader, Essalem, Toumiat, Hassi El Bakra, 300, 442, 40 Logements, des noms communs pour des cités à l’image des quartiers défavorisés d’Algérie,

sauf que ceux-là appartiennent à la plus riche commune d’Algérie, une commune qui engrange

les plus importantes retombées fiscales du pays, avec une budget annuel de 8 milliards de dinars et qui dort sur un matelas de 3300 milliards alloués au différents projets de développement de la ville.

Des chiffres qui sortent le plus normalement du monde de la bouche du président de l’APC, qui se reconnaît impuissant devant le diktat de

Sonatrach et du Conseil interministériel dont le dernier, tenu le 2 décembre dernier, n’a apporté

aucune nouveauté. Youssef Yousfi, le ministre de

l’Energie, aurait même décliné toute réflexion à propos des préoccupations des citoyens de cette

ville. «Je suis là pour explorer, un point c’est tout», aurait-il répondu. Houria Alioua

des citoyens de cette ville. «Je suis là pour explorer, un point c’est tout», aurait-il répondu.

El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 5

PHOTO : EL WATAN

PHOTO : EL WATAN

REPORTAGE

MOHAMED YASSINE BENSACI. Président de l’APC de Hassi Messaoud

«Legouvernement doit établir définitivement le statut de Hassi Messaoud»

Entretien réalisé par Houria Alioua

Quelle est votre appréciation de la situa- tion au lendemain de la manifestation ? La situation prévalant à Hassi Messaoud est essentiellement due à un cumul des retards dans la concrétisation du plan de développement de la ville par les différentes assemblées commu- nales qui sont succédé depuis la promulgation du décret 05/127 classant un champ pétrolier, mais aussi toute une agglomération urbaine de plus de 60 000 habitants, comme «zone à risques majeurs». La nouvelle ville, le citoyen l’attend depuis une dizaine d’années, une décision annoncée par les plus hautes instances du pays sans prendre en considération les préoccupations du citoyen ni le développement démographique d’une ville aussi attractive que Hassi Messaoud. Lors d’une rencontre avec la société civile en 2011, Nacer Maaskri, l’ancien wali de Ouargla, avait annoncé 40 projets structurants à Hassi Messaoud, dont 4000 logements. Deux ans après, ces logements ont été affectés à la nouvelle et non pas l’ancienne ville. En outre, le Conseil interministériel a dernièrement annoncé qu’il n’y aura pas 4000 logements destinés aux citoyens, mais un quota non encore défini de «logements de fonction». Les citoyens ont pris leur mal en patience pendant toutes ces années, mais ils ne voient pas le bout du tunnel. Chaque jour, des cérémonies d’attribution de logements et de terrains sont filmées par l’ENTV, de nouveaux projets sont lancés sous toutes les formules, partout sauf à Hassi Messaoud. C’est la crise du logement, mais aussi le chômage des enfants de cette ville qui poussent les gens dehors. L’Etat aurait dû

y penser. Personne n’a pris la peine, parmi les

décideurs, de leur expliquer les choses, les délais,

la localisation, le relogement ou le logement de

ceux qui attendent depuis des années. La donne

sécuritaire et économique est une ligne rouge,

les habitants s’y tiennent et les pouvoirs publics

le savent, mais rien n’a été fait pour régler les

problèmes. Les habitants ont décidé d’exprimer leur ras-le-bol, ils interpellent le Premier ministre

et le ministre de l’Energie sur des préoccupations

réelles. Nous ferons le point dans une semaine. Vous faites partie du conseil interminis- tériel de la ville nouvelle. Pourquoi les pro- blèmes de l’ancienne ville n’y sont pas réglés ?

J’y siège, en tant que membre, avec le wali et le président de l’APW de Ouargla. Nous exprimons des doléances qui dépassent nos pré- rogatives et ne trouvent pas de réponse chez les ministres qui s’y trouvent. J’ai personnellement exposé le problème du logement, des terrains d’autoconstruction et des périmètres agricoles lors de la rencontre du 2 décembre, soit huit jours avant cette manifestation. Le ministre de l’Ener- gie m’a rétorqué que ce n’était pas de son ressort

et que Sonatrach était là pour l’exploration des

hydrocarbures.

Nous sommes là depuis deux ans seulement

et nous organisons régulièrement des débats pu-

blics où nous donnons des nouvelles, des délais

et de l’espoir. Les habitants comprennent que la

reprise du dossier du développement de la ville est difficile. Nous parons au plus urgent dans un contexte social très complexe. Mais il se trouve que nous n’avons pas d’éléments de réponse sur

la question la plus problématique, à savoir le lo-

gement. Toutes nos propositions sont atermoyées ou carrément rejetées par le gouvernement. Je

atermoyées ou carrément rejetées par le gouvernement. Je suis désolé d’avoir à gérer des affaires de

suis désolé d’avoir à gérer des affaires de démo- lition de constructions illicites alors que je suis censé construire et développer cette ville. Avant d’être maire, je suis citoyen à part entière de la ville et j’ai attiré l’attention du gouvernement sur

la colère de la population et ses risques, d’autant qu’on ne connaît pas le statut réel de cette ville ni de celle à venir.

Vous voulez dire que le dégel administratif n’a pas fonctionné ?

C’est le décret 441 modifiant et complétant le texte 05/127 qui a décidé du dégel partiel de cer- tains segments, comme le registre du commerce pour une annexe de société qui devra toutefois être basée à Ouargla, ainsi que certains projets

touchant à l’extension et la réhabilitation de l’hôpital de la ville, véritable centre de transit et d’évacuation, mais aussi la rénovation des écoles,

des routes et des réseaux d’AEP et d’assainisse-

ment. Mais rien pour le logement ; au contraire,

les 4000 logements inscrits pour Hassi Messaoud

ont été transférés à la nouvelle ville dont on ne

connaît toujours pas le délai de réalisation 10 ans après son annonce. Le dégel a permis d’inscrire

200

logements ruraux, 988 terrains sociaux et

103

dossiers de résorption de l’habitat précaire,

or quand on est sortis en juillet dernier locali-

ser les terrains, les représentants du secteur de

l’énergie ont émis des réserves : ils veulent dé-

passer le rayon de 20 km du périmètre de sécurité du champ pétrolier et nous imposer 50 km sur

des terrains qui appartiennent à la commune. Et

Alnaft n’a pas répondu à notre demande envoyée il y a plus d’un mois. Quelles solutions concrètes proposez- vous ? Primo, nous voulons que le gouvernement et Sonatrach décident une bonne fois pour toutes de garder la ville actuelle de Hassi Messaoud et d’assurer la prévention des risques industriels d’une autre manière que celle préconisée il y a

dix ans. Les moyens technologiques existent.

Nous avons un parc logement de 18 000 unités, autant transférer des puits au lieu de nous mettre dans cette situation. Nous avons également proposé l’exploitation des assiettes foncières urbaines existantes ; elles peuvent accueillir une première tranche de 5000 à 10 000 logements en préfabriqué, pour atténuer la crise actuelle, répondre à un besoin pressant sans pour autant mettre en péril les futurs projets. Dans l’attente

de la réalisation de la nouvelle ville, je pense que le gouvernement doit statuer définitivement sur le statut de Hassi Messaoud, en prenant des déci-

sions courageuses et concrètes.

H. A.

PHOTO : EL WATAN

Dégel partiel ?

PHOTO : EL WATAN Dégel partiel ? Le décret n°11-441 du 14 décembre 2011, modifiant et

Le décret n°11-441 du 14 décembre 2011, modifiant et complétant le décret exécutif n°05-127 du 24 avril 2005, déclarant Hassi Messaoud commezone à risques majeurs, donne au wali de Ouargla la prérogative d’accorder desautorisations

d’immatriculation au registre du commerce pour les activités et les investissements à caractère industriel, commercial, touristique, agricole. Il peut également autoriser la délivrance de permis de construire ou de concessionspour desinvestissementsnon liés directement à l’industrie des hydrocarbures. Dans le même sillage, il peut autoriser la construction d’établissements scolaires et de formation professionnelle, d’établissements de santé, d’infrastructurespour l’administration locale, des programmes de logements publics, la réfection et l’extension des réseaux routiers de la ville, ses réseaux d’alimentation en eau potable, en électricité

et gaz et les réseaux d’assainissement. Ali Bouguerra

a usé de ces nouvelles prérogatives pour lancer

l’extension de l’hôpital de Hassi Messaoud, la réfection du réseau routier et quelques projets touchant lesréseauxtertiaires, maisbeaucoup reste à faire. Le wali, au même titre que le Président de l’APC, bute sur le problème de l’autorisation non donnée par Alnaft qui statue sur lesterrainsconstructibles. A souligner que le décret de modification stipule que ces autorisations sont soumises à l’avis d’uncomité

de pilotage présidé par le wali et qui veille à préserver

la sécurité des installations de l’industrie et les

gisements d’hydrocarbures dans le champ pétrolier et

la zone urbaine de Hassi Messaoud.

ALLAL ROUABEH. Petit-fils de Messaoud, fondateur de Hassi Messaoud

«Nous paralyserons la ville si nous n’avons pas la réponse que nous attendons»

Entretien réalisé par Houria Alioua

Que demandez-vous au gouvernement ? Ce n’est pas notre première protestation, nous nous plaignons, depuis 2005, des effets dus au gel de notre ville et nous attendons depuis 10 ans des décisions qui ne sont jamais venues. Les walis successifs nous ont reçus, mais ont toujours avancé que la décision les dépassait, que le gouvernement avait pris une décision définitive, etc. Nous avons demandé le logement en priorité, nous ne sa- vions pas que ce gel incluait même l’habitat, la santé, l’éradication. Nous ne comprenons toujours pas pourquoi ces décisions sont prises sans prendre en considération notre vie, nos besoins. Vous avez parlé de situation sociale difficile. Qu’en est-il vraiment ? La plupart des logements existants sont des F3 ou des logements évolutifs. Le gel des constructions a pénalisé tout le monde

à Hassi El Bakra ou Khouildat, ce sont des

haouchs, des enclos qui ont été distribués

avant 2004 et qui abritent plusieurs familles

à la fois. Même topo à Toumiat ou Boua-

mama et même les bâtiments, quand les enfants viennent à se marier, la situation devient intenable. Cela devrait être une évolution naturelle, mais à Hassi Messaoud c’est une explo- sion démographique. Aucune formule de logement étatique, par d’autoconstruction, quand tu croises chaque matin ta belle-sœur

devant les toilettes communes, ça devient de l’indécence. Les gens ne veulent plus

supporter ça. Il y a eu des divorces, des

conflits familiaux, sans parler des fléaux dus à la promiscuité. Et puis nous avons un problème politique, me semble t-il, il y a une entente cordiale entre les 48 wilayas, les enfants de Hassi Messaoud ont protesté pa- cifiquement jusque-là, ils n’ont ni incendié des édifices publics, ni touché à un pipeline. Ils bloquent la route sans causer des dégâts. Hassi Messaoud offre les richesses à toute l’Algérie, mais elle doit subir des res- trictions décidées par des gouvernants com- plètement déconnectés de la réalité. Ils ne se rendent même pas compte qu’ils ont gelé une ville de 70 000 habitants et annoncé la construction d’une autre où aucune pierre n’a été posée. Vous êtes le petit-fils du fondateur de la ville. Comment imaginez-vous la vie à Hassi Messaoud avec la levée du gel ? Je tiens à vous dire que je suis parmi ceux qui ne veulent pas quitter Hassi Mes- saoud, c’est ma ville natale, celle de mon grand-père et de mes parents et personnelle-

ment, je ne veux pas entendre parler de ville nouvelle. Qu’on nous laisse vivre en paix ici. Ces

risques redoutés ne vont pas plus arriver maintenant qu’il y a dix ans. Je suis prêt à mourir pour que Hassi Messaoud devienne la ville qu’elle mérite, que tous les Algériens méritent, je suis profondément triste qu’elle soit dans ce pitoyable état.Je suis chômeur, je n’ai pas de logement, mais je suis dans ce mouvement de réhabilitation de ma ville et j’espère, du fond du cœur, que pour une fois une sage décision sera prise cette semaine pour éviter des dérapages inutiles, car nous comptons aller jusqu’au bout.

inutiles, car nous comptons aller jusqu’au bout. Comment ça, jusqu’au bout ? Nous attendrons patiemment

Comment ça, jusqu’au bout ? Nous attendrons patiemment jeudi pro- chain, nous repartirons voir le chef de daïra et s’il n’aura pas la réponse que nous attendons, alors ce sera la paralysie totale de Hassi Messaoud, nous fermerons les vannes du pétrole jusqu’à la venue de Sellal. H. A.

Erratum

Une erreur technique a fait que leslégendes desphotosdesarchitectesont été interverties dans le dossier de Mustapha Benfodil en pages 4 et 5 de notre édition du samedi 13 décembre. Il fallait lire : pour le premier portrait Halim Faïdi et Larbi Merhoum pour le second. Toutes nos excuses aux concernés et à tous nos lecteurs.

PHOTO : DR

El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 6

ÉCONOMIE

BUDGÉTISATION DU PLAN QUINQUENNAL 2015-2019

Le gouvernement a-t-il les moyens de sa politique ?

Si le budget prévu pour l’année prochaine est déjà ficelé dans le cadre de la loi de finances pour 2015, il reste à définir les montants globaux jusqu’en 2019.

Suite de la page 1

L e ministre des Finances, Mohamed Djellab, doit présenter à cette occasion une note sur les

dotations des différents secteurs à la lumière des besoins exprimés par les ministres le 17 juillet 2014, lors d’un précédent Conseil de gouvernement, en vue de la concrétisation des différents projets programmés pour les cinq années à venir. Si le budget prévu pour l’année prochaine est déjà ficelé dans le cadre de la loi de finances 2015, il reste à définir les montants globaux jusqu’en 2019. La réunion du gouvernement précède le prochain Conseil des ministres consacré à l’adoption du plan quinquennal 2015-2019 qui doit se tenir avant la fin de l’année sous la présidence de Abdelaziz Bouteflika, avant la signature officielle de la loi de finances 2015. Il reste à savoir comment le gouvernement, confronté à la baisse brutale des prix du prix du pétrole qui a perdu plus de 40% de sa valeur en quelques semaines, va pouvoir faire face aux dépenses prévues pour le renforcement des infrastructures et la relance de l’investissement, notamment dans l’industrie. En annonçant le montant alloué au prochain plan quinquennal, le Premier ministre, qui s’exprimait en marge de la tenue de la tripartite, en septembre 2014, avait refusé de se laisser démonter par ce qu’il a qualifié de «projections pessimistes» venant

qu’il a qualifié de «projections pessimistes» venant Le ministre des Finances dans un exercice difficile avec

Le ministre des Finances dans un exercice difficile avec la chute des prix du pétrole

des détracteurs du gouvernement. «Nous avons établi trois hypothèses et nous avons choisi la plus optimiste, mais c’est un choix qui a été fait sur des bases réalistes (…) nous ne dirigeons pas vers des horizons inconnus», avait- il répondu aux «partisans de la critique destructive» qui, selon lui, sèment une «ambiance de pessimisme» sur l’avenir de l’Algérie en fustigeant toutes les actions économiques du gouvernement. M. Sellal avait réitéré la même appréciation lors du discours qu’il a prononcé à l’ouverture de la conférence sur le développement économique et social, organisée en novembre dernier, en refusant le «pessimisme» de ses

adversaires. Il a également estimé que le plan d’investissement, élaboré sur la base de prévisions solides, devrait porter la croissance économique de l’Algérie à 7% en 2019.

RECETTES EN BAISSE Le moins que l’on puisse dire, cependant, c’est que le temps n’aura pas donné raison au Premier ministre, dont le gouvernement se retrouve aujourd’hui confronté à une chute drastique des recettes d’exportation d’hydrocarbures. Il est vrai que dans l’immédiat, l’Exécutif peut puiser dans les réserves pour financer les projets prévus, mais cela ne risque-t- il pas d’aggraver la vulnérabilité du

pays, relevée d’ailleurs par le Fonds monétaire international (FMI) dans sa note de projection consacrée à l’Algérie, rendue publique vendredi ? Il est déjà évident que l’Algérie ne pourra pas engranger, cette année, les 60 milliards dollars de recettes sur lesquels tablait le ministre de l’Energie, YoucefYousfi, il y a quelques semaines, en vue du maintien de l’équilibre du budget de l’Etat. Et la situation risque de devenir intenable si les cours du pétrole s’installent durablement en dessous d’un seuil acceptable pour l’Algérie. Youcef Yousfi évoque d’ores et déjà la possibilité de l’élaboration d’une loi de finances complémentaire pour 2015 au cas où les prix continuent sur une tendance baissière. Selon les prévisions du FMI, les recettes d’hydrocarbures de l’Algérie s’établiront à 58,8 milliards de dollars en 2014 et à 49,8 milliards de dollars en 2015 ; ce qui n’augure pas, si la projection se confirme, de bonnes perspectives économiques pour le pays. Dan0s ces conditions, le gouvernement maintiendra-t-il le cap concernant le plan quinquennal ? Cela reste tout à fait plausible au vu de la stratégie de l’optimisme affichée par les membres du gouvernement, malgré la baisse des cours du pétrole. Sonatrach a annoncé d’ores et déjà qu’elle maintiendrait inchangé son plan d’investissement de 90 milliards de dollars pour les cinq ans à venir. Le gouvernement devrait en faire de

Z. H.

même.

LES IMPORTATIONS AUPRÈS DE CE FOURNISSEUR ONT CHUTÉ DE 41%

L’OAIC se détourne du blé français

AGRICULTURE

Une part de 9% au PIB

Le taux de croissance enregistré dans le secteur agricole s’est chiffré à 11% durant le quinquennat 2010-2014, tandis que sa contribution dans le PIB a dépassé les 9%, a indiqué, hier à Alger, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelouahab Nouri. Dans sa présentation du bilan agricole du quinquennat lors d’une réunion des cadres de son secteur en

présence d’autres membres du gouvernement, M. Nouri a considéré que la dynamique qu’a connu son secteur commençait à donner des résultats, «c’est la raison pour laquelle l’accompagnement du secteur devrait être plus prononcé» dans les années à venir. Citant d’autres résultats, le ministre a estimé la valeur de

la production agricole à 2761

milliards de dinars en 2014 contre 2550 milliards en 2013.

A

ce propos, il a avancé que

le

gouvernement avait décidé

de renforcer son soutien au secteur agricole durant le prochain quinquennat. Par ailleurs, M. Nouri a admis que l’évaluation des réalisations du secteur agricole avait permis de constater la nécessité d’une réadaptation des dispositifs de soutien afin qu’ils soient au diapason du développement connu par les différentes filières agricoles. Ainsi, pour répondre aux besoins exprimés par les producteurs et les éleveurs et

permettre une augmentation de la productivité, le gouvernement a décidé de renouveler son soutien pour l’achat des génisses, et ce, dans l’objectif de relancer les filières lait et la production de viandes rouges.

Il s’agit aussi, selon

L e blé français perd sa primauté sur le marché algérien. Miné par une mauvaise saison, le blé de

l’Hexagone ne suscite plus le même appétit en Algé- rie. Les exportations françaises vers l’Algérie ont en effet baissé de près de la moitié. Les statistiques de l’établissement public FranceAgriMer font état d’une baisse de 41% des exportations françaises de blé vers l’Algérie trois mois après le début de la saison de commercialisation 2014-2015. Ainsi entre juillet et octobre 2014 l’Algérie n’a importé que 1,3 mil- lions de blé issu de l’Hexagone, contre 2,2 millions de tonnes à la même période une année auparavant. Bien que les producteurs de l’Hexagone aient réus- sit à compenser le manque à gagner en réorientant leurs cargaisons vers d’autres marchés à l’image de l’Egypte, ou des clients moins traditionnels tels que la Thaïlande, ceux-ci accusent un recul global de leurs exportations de 9%. Il faut dire que le blé français perd cette saison l’un de ses plus gros clients. L’Algérie achète 80% de ses cé- réales auprès de fournisseurs français. Cependant, un

été pourri marqué par des intempéries et le froidont

l’Agriculture et du développement rural, Abdelwa-

M. Nouri, de réviser et

terre et de tomate destinée à

gâché les récoltes céréalières en France, avec moins de blé meunier pour le pain et plus de blé fourrager pour l’alimentation du bétail. Si FranceAgriMer est revenu il y a quelques semaines à la charge afin de mettre en avant, études à l’appui, les qualités du blé hexagonal, celles-ci ont été mises en doute, notam-

hab Nouri, avait d’ailleurs précisé à plusieurs reprises que l’Algérie était très exigeante sur la qualité du blé meunier qu’elle importait et qu’il fallait que les four- nisseurs respectent les règles et les clauses du cahier des charges. Coup dur donc pour les fournisseurs de l’Hexagone,

d’élargir le type de soutien réservé à l’acquisition de matériel agricole spécialisé, dont les planteuses et les récolteuses de pomme de

ment pour ce qui est de sa teneur en protéines.

ceci d’autant que le marché algérien, au-delà de son

la

transformation

Pour compenser, la France avait décidé d’importer du blé d’Ukraine et de le mélanger aux cargaisons livrées à ses clients. Un procédé qui n’a d’ailleurs pas été apprécié côté algérien. C’est ainsi que l’Office in- terprofessionnel des céréales (OAIC) avait interpellé ses fournisseurs, les avertissant qu’il refusait toute cargaison d’origine mixte. S’appuyant sur les clauses du cahier des charges, l’OAIC avait décidé de ne pas prendre possession de ce type de livraisons. L’Office s’est également appuyé sur l’un des critères de qualité du blé, à savoir l’indice de Hagberg qui détermine

importance, pèse par son potentiel de croissance. L’Algérie a importé 5 millions de tonnes lors de la saison 2012-2013 et 6,5 millions de tonnes durant la saison 2013-2014. La tendance est toujours à la hausse, vu qu’au premier semestre 2014, les quanti- tés de blé importé ont progressé 15,16%, passant de 3,173 millions de tonnes en 2013 à 3,655 millions de tonnes cette année. Aussi, l’Algérie a lancé, ces der- nières semaines, plusieurs appels d’offres pour des cargaisons de blé livrables en janvier et février 2015. Cependant, l’OAIC a préféré, cette fois, s’orienter

industrielle, dans l’objectif de pallier au manque de main- d’œuvre. Les pouvoirs publics vont également soutenir les agriculteurs qui souhaitent acquérir du matériel de froid afin d’augmenter les capacités de stockage, comme ils ont décidé de soutenir la création d’unités de transformation

la teneur en protéines, critère qui pose d’ailleurs

vers des fournisseurs de la Baltique, de Pologne et

de fruits et légumes, a-t-il fait

problème pour les récoltes françaises. Le ministre de

d’Allemagne.

Melissa R.

savoir.

APS

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El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 7

ALGER INFO L a wilaya d’Alger a décidé de récupé- rer ses biens. Après le

ALGER INFO

ALGER INFO L a wilaya d’Alger a décidé de récupé- rer ses biens. Après le cercle

L a wilaya d’Alger a décidé de récupé- rer ses biens. Après le cercle Taleb Abderrahmane et l’hôtel des Négo-

ciants, les services de Abdelkader Zoukh viennent de s’installer, depuis la fin de semaine dernière, au café le Milk Bar, situé sur la place Emir Abdelkader (Alger- Centre). Géré par un particulier depuis la fin des années 1980, le célèbre café de la rue Larbi Ben M’hidi (ex-rue d’Isly), où a été perpétré un attentat à la bombe en 1956 (juste après le massacre de la rue de Thèbes, Casbah), sera désormais géré par un EPIC de la wilaya, l’OPLA. «La wilaya a décidé de récupérer son bien. Le gérant, qui a contesté au début l’opération, a finalement signé un PV et a pris tous ses équipements. L’établissement, qui se compose d’un sous- sol, est la propriété de la wilaya qui l’a donné en gérance à ce monsieur qui occu- pait les lieux depuis 1988», précise Rachid Kirat, le directeur de l’Office des parcs et loisirs d’Alger (OPLA), signalant que le gérant, sexagénaire, originaire de Skikda, est décédé en fin de semaine d’une crise cardiaque. Des ouvriers de l’Office sont ac- tuellement à pied d’œuvre pour «retaper» le café et l’ouvrir aux clients. Les travaux seront achevés dans une semaine. «Nous avons d’ores et déjà entamé des travaux de réfection. Le café sera ouvert dans une semaine», promet M. Kirat, qui signale que le personnel qui travaillait avec l’ancien gé- rant a été «repris» et bénéficiera de la cou- verture sociale. Le Milk Bar n’était pas trop fréquenté, car la clientèle était rebutée par les prix excessifs affichés et la mauvaise qualité du service. «Les riverains étaient contents qu’on reprenne l’établissement. Nos prix seront raisonnables. Mais nous voulons que l’espace garde un certain stan- ding pour qu’il ne se clochardise pas. Une petite hausse sera faite, mais les prix seront très abordables», estime le DG de l’OPLA. La wilaya d’Alger a décidé de récupérer

INSTANTANÉ

L a criminalité a augmenté dans nos cités de 2% depuis 2012, selon le chef du service de la recherche et analyse crimi-

nelles à la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), soulignant que les principales causes de cette criminalité sont, entre autres, l’absence de l’autorité parentale, l’échec scolaire et l’oisiveté. Aussi, même si parfois la criminalité n’est ni affichée ni dénoncée, elle demeure latente, car il n’y a ni plainte ni alerte de la société civile, laisse entendre le commissaire, qui met en avant l’importance de réaliser des infrastructures de loisirs et de détente et de culture aux alentours des cités et des quartiers. Des propos avancés avec justesse, lorsqu’on sait que nos cités, surtout les nouveaux lotissements fraîchement réalisés, – sans les équipements de base –, sont devenues presqu’un réceptacle de la violence au quotidien, à l’image de Birtouta, Souidania, Haouch El Mihoub, la cité El Malha, sans compter d’autres quartiers urbains et périurbains, où parfois l’on assiste à des batailles rangées. S’il est vrai que cette violence est à impu- ter à cette promiscuité qui pèse dans cette cohabitation entre «autochtones» et nouveaux pensionnaires venus de différents horizons, dont les jeunes trublions tiennent à imposer leur diktat, il n’est pas faux de mettre en avant l’absence d’infras- tructures de base pour la tranche juvénile. Dans ce registre, serait-il superfétatoire de dire que la ville de Medellin a réussi en dix ans à réduire le taux de violence à 80%, grâce à la politique de proximité ? Au travers de ses politiques

Le Milk Bar a été retapé pour rouvrir dans une semaine

Kirat.

L’OPLA EST CHARGÉ DE LA GESTION DES ESPACES

Le Milk Bar et le cercle Taleb récupérés par la wilaya

La wilaya d’Alger a décidé de récupérer toutes les infrastructures publiques abandonnées suite à l’instruction prise à la mi-septembre par le Premier ministre lors du mini-Conseil inter- ministériel (CIM) consacré à la capitale.

inter- ministériel (CIM) consacré à la capitale. toutes les infrastructures publiques aban- données (locaux,

toutes les infrastructures publiques aban- données (locaux, restaurants, ex-Aswak El Fellah). Une instruction du Premier ministre a été prise après la réunion consacrée à la capitale il y a quelques mois. «Abdelmalek Sellal a insisté lors du dernier mini- Conseil interministériel sur la nécessité de récupérer les locaux abandonnés par l’Etat. Ce qui a été fait juste après», a pré- cisé dans un précédent entretien à El Watan le président de l’APC d’Alger-Centre, Abdelhakim Bettache. Deux espaces sont d’ores et déjà pris en charge par la wilaya, à savoir l’hôtel des Négociants à la rue Larbi Ben M’hidi et le café de l’UNEA (cercle Taleb Abderrahmane), non loin de la place Audin. «L’OPGI a eu gain de cause. Le particulier qui prétendait être propriétaire des lieux alors qu’il était

simple locataire a été débouté par la jus-

tice. L’entreprise a été installée (…) pour effectuer des travaux de réhabilitation. Il en sera de même pour le cercle Taleb Abderrahmane. Une fois livrées, les deux structures seront gérées par l’OPLA», a précisé l’élu. Selon le DG de cet Office, l’établissement de la wilaya devrait béné- ficier d’autres structures des domaines publics. «Nous gérons depuis 2009 et 2011 les hôtels El Kettani et de Dar El Beïda (aéroport). Nous avons aussi récupéré une structure au Caroubier dans le cadre de l’aménagement de la Baie d’Alger (Sablettes). Nous avons installé l’entreprise pour réaménager la structure qui servait auparavant de siège pour le contrôle tech- nique. Nous avons décidé d’y aménager un restaurant et une cafétéria», relève M.

Nadir Iddir

PHOTO : SAMI K.

EPIC EXTRANET

PAS DE SCHÉMA POUR LA COLLECTE DANS L’IMMÉDIAT

E xtranet, entreprise de nettoiement, de la collecte et du transport des déchets ménagers, a engagé

plusieurs opérations telles que l’élaboration d’une démarche d’expertise managériale, du schéma organisationnel et opérationnel pour la gestion des missions de collecte (DMA) et nettoiement des 29 communes extra-muros de la wilaya d’Alger. L’établissement vient toutefois d’annoncer aux soumissionnaires à l’appel d’offres que l’avis en question est infructueux. La direction de l’EPIC a décidé d’engager des moyens modernes pour effec- tuer la collecte dans les communes de la périphérie de la capitale. «En plus de l’aspect organisationnel qui a été remanié, tout l’aspect opérationnel a pu aussi être revu. Nous avons acquis 125 véhicules tous types confondus, grâce aux opérations de gré à gré engagées par l’entreprise et les APC. Avec toutes ces opérations et aussi grâce aux locations engagées auprès des privés, nous disposons actuellement de 233 véhicules, soit le chiffre arrêté au début. Alors qu’à notre démarrage, en janvier dernier, nous dis- posions d’à peine 3000 agents, nous en faisons tra- vailler actuellement 5000. Nous pouvons dire qu’il y a une maîtrise de tout le processus de collecte dans la capitale, dont nous couvrons 80% du territoire (29 communes extra-muros de plus de 600 km 2 , a préci- sé dans un précédent entretien à El Watan le directeur de l’entreprise, Rachid Mechab, en début d’année. Extranet, créée par la wilaya d’Alger au mois de juin 2013, a pour objectif la collecte et le transport des déchets ménagers dans les communes extra-muros de la capitale à partir du 1 er janvier 2014. N. Id.

PÔLE UNIVERSITAIRE DE SIDI ABDALLAH

PAS D’ENTREPRISES DE VIABILISATION

L es travaux de réalisation du pôle universitaire de Sidi Abdallah (Mahelma) font toujours du sur-

place faute d’entreprises réalisatrices. Cette «défec- tion» explique, semble-t-il, la décision de la direction des équipements de la wilaya d’Alger de proroger les délais. En effet, la DEP de la wilaya a informé l’en- semble des entreprises intéressées par l’avis d’appel d’offres national restreint relatif aux travaux de via- bilisation du site du pôle universitaire de Sidi Abdal- lah que la date limite de dépôt des offres, prévue le 7/12/2014, est prorogée au 16/12/2014 (mardi) à 13h. Pour rappel, l’entreprise indienne Shapoorjipallonji,

qui a décroché un contrat de plus de 21 milliards de dinars, a été chargée en 2012 de ce projet. Le contrat

qui lie la société à l’administration de la wilaya porte sur la réalisation de 20 000 places pédagogiques à Sidi Abdallah pour près de 14,6 milliards de dinars. Le délai de réalisation de ce projet est fixé à 36 mois. Le marché comprend, a-t-on indiqué, aussi la réalisation des structures d’accompagnement de cette nouvelle université pour 6,8 milliards de dinars, selon

la même source.

N. Id.

MAHELMA SANS EAU

L es coupures d’eau dans la nouvelle cité des 1256 Logements AADL de Mahelma, non loin de

Zéralda, sont devenues courantes et même régulières. Autre caractéristique, elles durent de plus en plus longtemps. Pas moins de cinq jours dernièrement, avec au bout une reprise laborieuse de tout juste quelques heures et même moins. Et dire que cette cité devait être réceptionnée avec ses ouvrages hydrau- liques qui devaient la préserver de telles coupures. Il n’en est rien et la cité en souffre. Ses habitants évidemment. Jusqu’à quand ? A. I.

HORAIRES DES PRIÈRES Alger et ses environs

DIMANCHE 14 DÉCEMBRE 2014

     

M. Tchoubane

De Medellin à Haouch El Mihoub

urbaines, Medellin initie le chemin de la paix et de l’équité en élaborant des projets intégrant les zones les plus pauvres et les plus violentes. Sa politique s’appuie sur l’urbanisme social à travers un investissement durable, visant à réduire sensible- ment le taux de criminalité, tout en renforçant la sécurité des habitants. Jugez-en ! «La mairie de Medellin consacre un peu plus de 40% de ses quelque 1,5 milliard de dollars de budget annuel à l’éducation et la culture et s’enorgueillit d’être parmi les trois villes les plus innovatrices du monde», rapporte-t-on et ce, grâce à un urbanisme social bien réfléchi et des équipe- ments culturels qui ne sont pas pleins de vide. N’est-ce pas que la sécurité et la culture de proximité demeurent deux principaux produits recherchés par la population ? La ville de Medellin s’est lancée, faut-il préciser, dans une ambitieuse politique d’investissements publics, en ouvrant des centres d’intégration sociale dotés de crèches, de salles d’exposition, de lieux de rencontre, de bibliothèques, de ludothèques et d’autres espaces récréatifs pour enfants et d’expression artistique pour les jeunes. Le sombre passé de la ville de Pablo Escobar semble, dit-on, bien loin derrière elle. Un résultat qui doit mettre la puce à l’oreille et donner des idées à certains responsables de nos institutions, surtout que l’Etablissement arts et culture se vautre dans une gestion indigente : la médiocrité est maître des lieux, les infrastructures désertées ou chichement exploitées et les bonnes volontés court-circuitées.

 

PHOTOS: D.R.

El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 7

RÉGION

EST

EL TARF

Un nouveau visage pour le chef-lieu ?

Depuis 1999, la wilaya a bénéficié de 162,146 milliards de dinars pour son développement et à voir la situation actuelle on est en droit de se demander où il sont passés.

H ier samedi, à la salle Betchine

du chef-lieu d’El Tarf, le Wali

a tenu à rencontrer ce qui est

appelé la société civile pour l’informer et débattre, afin de contribuer à leur réussite, des projets et des réalisations qui concernent plusieurs secteurs ; ceux de l’urbanisme, de l’architecture et de la construction, du logement et des équipements publics avec l’OPGI, de la santé, de la jeunesse et des sports et du tourisme. Depuis 1999, El Tarf a bénéficié de 162,146 milliards de di- nars soit un peu plus d’un milliard de dollars pour son développement et à voir la situation actuelle on est en droit de se demander où il sont passés. Le Wali d’El Tarf a déclaré que ses priorités sont l’hydraulique et l’AEP, la jeunesse et les sports et le tourisme, ceci dans un esprit de transparence totale et avec beaucoup de communi- cation à laquelle il croit pour capter l’énergie des citoyens bénéficiaires de ces projets. Les intervenants ont tour à tour, avec force de diapos, montré leurs projets respectifs et tout spécialement qui concernent le chef-lieu. Le Directeur de l’urbanisme a été le plus long à exposer ses projets d’aménagement

a été le plus long à exposer ses projets d’aménagement Des projets sans délais ! urbains.

Des projets sans délais !

urbains. Boulevards avec des trottoirs jalonnés de rampes de lampadaires, des ronds-points et carrefours plus fonctionnels, des placettes et des pro- menades avec splendides fontaines et jets d’eau magiques. Ceci pour traiter les accotements de l’entrée des routes qui mènent au chef-lieu, et occuper les espaces non

lotis dans et autour de l’agglomération jusqu’à Sidi Belgacem, un noyau urbain excentré et sans liaison avec le centre. Beaucoup d’images et d’ani- mation mais pas de chiffres ni de dates arrêtées pour les délais sauf le litur- gique inch-Allah qui le plus souvent est suivi par Allah ghaleb. Beaucoup trop de béton et des palmiers au lieu

des espèces locales pour masquer la verdure naturelle de la région que

l’on sait, mais sans en être vraiment convaincu, que c’est le véritable atout de la région. Mais peut-on échapper

à cette vision unilatérale du dévelop-

pement ? La salle Betchine avec ses 300 places était comble avec les représentants d’associations promptes à se mobili- ser pour ce genre de rassemblements et qui forment cette masse hétéroclite appelée société civile, le plus souvent chloroformée. La rencontre, organisée dans l’urgence, a suscité des com- mentaires mitigés. Pour les uns c’est

une excellente chose que d’avoir une idée sur le nouveau visage d’El Tarf, à condition que cela soit mené à terme et

à bien. Pour les autres, plus critiques,

c’est une opération de communication du wali car ce n’est qu’une fois que les projets sont bouclés ou en cours qu’on invite les gens à discuter de leur bien fondé. D’autres encore feront remarquer que ce contact direct avec les relais du pouvoir est une réaction à des articles récents de la presse locale qui se sont interrogés sur l’opportunité de la construction de murs de béton le long des routes. Slim Sadki

COMMUNE EL BOUNI DE ANNABA

Prochaine distribution de 952 logements

S ur les 3200 demandeurs de logement, tous types confondus, au niveau de la commune d’El Bou-

ni, la mairie a pu éliminer 1625 inscrits sur le fichier.

Cette importante coupe fait suite à l’assainissement de la liste des souscripteurs. M elle BOUACIDA NA- CIMA, élue APC, chargée de la communication, l’a confirmé à El Watan: «La commune d’El Bouni a réglé la situation des occupants des 500 logements de la localité Sarouel, issus du programme sectoriel 2002-2014. En effet, les occupants ont squatté ces logements, financés par la banque mondiale, avant de verser leurs apports personnels. Ce qui a poussé l’agence foncière de les poursuivre en justice. C’est là où la commune est intervenue, après enquête, et a réglé à travers un compromis heureux, la situation entre les deux parties. Le problème des 300 logements LSP des crêtes, en est un autre où notre mairie a fait de même. Ces 300 locataires ont acheté clandestinement les logements de leurs propriétaires initiaux. Après enquête, la commune a assisté les nouveaux acquéreurs pour obtenir des actes en leurs noms sans cependant

bénéficier du don CNL. La même procédure a été appliquée pour les 625 logements de la cité Boukh- mira I et II. Au total, ils sont 1625 demandeurs à être désinscrits du fichier du logement social». Mais la commune d’El Bouni, la plus importante de la wi- laya de Annaba, n’est pas au bout de ses peines. En effet, les constructions illicites ceinturent toujours son chef-lieu, dispersées à travers les différentes lo- calités telles que Chabbia, Sidi Salem, Bouzaâroura, H’djar Eddis, Bédari et Sarouel. Heureusement que le relogement des familles occupant ces habitations, permettra la récupéra- tion d’assiettes foncières nécessaires pour achever l’éradication des bidonvilles dont le président de l’assemblée populaire d’El Bouni Abdelaziz Latra- che, se fixe un délai à la veille de la fin de son man- dat en 2017. Avant cette date ultime, l’élu détaille son programme en soulevant un problème crucial. Selon lui, «En 2013, 74 habitations précaires ont été programmées pour la démolition par décisions, dont seulement 11 ont été exécutées et depuis, 63 sont en attente. Cette année, 56 ont été programmées

sur lesquelles 19 seulement ont été démolies et 37 épargnées. Avant fin mandat 2017, les constructions illicites seront complètement éradiquées de la com- mune d’El Bouni». Toujours dans le même contexte, la daïra d’El Bouni qui chapeaute toute l’opération, nous a renseignés sur l’avancement de l’opération par localités. Selon le chef de daïra d’El Bouni, Nehyaten Yahia, «Pour résoudre le problème des habitations pré- caires, la daïra d’El Bouni a prévu la distribution de 962 logements durant le premier semestre 2015. Quelques 185 logements sont destinés aux deman- deurs de la localité de Boukhadra, 650 pour ceux de Berka Zarga, Sarouel, Oued Nil et 1 er mai, et 127 pour Laâlalig. Pour le quota de Sarouel, la liste a été établie et remise à l’OPGI et les logements doivent être attribués durant la dernière semaine de l’année en cours. Les enquêtes des 120 logements, réservés pour la cité SAS, sont en cours et les listes seront re- mises à l’OPGI cette semaine. Pour El Bouni centre, l’enquête débutera en janvier 2015». LeilaAzzouz

INSTITUT FRANÇAIS

L’Esprit d’équipe, selon Daniel Herréro

C eux qui ont tenté de débattre sur le thème de «l’Esprit de l’Equipe», n’ont jamais pu convaincre

mieux que Daniel Herréro. C’est l’avis de ceux qui ont assisté, non sans être impressionnés, jeudi soir à la salle Philippe Muray de la résidence du consulat général de France à Annaba. Universitaires, hommes d’affaires et dirigeants d’entreprises étrangers et nationaux ont, en effet, étaient tenus en haleine, durant plus de deux heures, par un véritable «One man show», assuré par ce personnage hors du commun, dont la conférence a été ponctuée par une longue ovation. Cheveux cendrés entourés d’un bandeau rouge et barbe fleurie, le rugby- man Daniel Herréro, en chemise slim bleu ciel a, de par son expérience sportive, su faire, à travers un langage propre à lui, le parallèle et comparer avec une aisance exemplaire le monde du Rugby et de l’entreprise. Excellent pédagogue à l’accent toulonnais, il a réussi à travers son propre vocabulaire, assorti souvent de métaphores humoristiques, d’expliquer «la manière de mener son équipe au plus

d’expliquer « la manière de mener son équipe au plus haut niveau de performance, d’être conscient

haut niveau de performance, d’être conscient de l’importance de la cohésion de groupe et sa gestion notamment par la motivation des hommes jusqu’au dépassement de soi-même». Pour ce faire, il ne lésine pas sur les exemples, puisés dans son grand sac d’expérience sportive de joueur et d’entraineur. «Il faut avoir du tempérament» insiste-t-il devant un parterre de différents «Quotients Intellectuels» comme il se plait à le souligner. Cet amoureux d’Omar El Khayyam, a, avec art et manière, pu dominer la grande salle pleine à craquer. Ainsi, l’invité de marque de David Queinnec, le nouveau directeur de l’institut Français, a associé le geste à la parole pour donner son avis sur le coach, l’entraineur et le meneur, révélant que : «100% des sportifs de haute performance ont choisi leur chemin contre 50% à 55% des cadres dirigeants d’entreprises qui malheureusement ne l’ont pas fait. Ce qui pèse lourd sur leurs avenir et environnement professionnels». M. - F. G.

leurs avenir et environnement professionnels ». M. - F. G. BISKRA 257 retraits de permis de

BISKRA

257 retraits

de permis

de conduire

D ans le cadre de la lutte contre toutes les formes de criminalité et de la protection des personnes

et des biens, la sureté de la wilaya de Biskra a enregistré, pour le mois de Novembre, 262 affaires dont 188 ont été traitées et 158 transmises à la justice, indique un communiqué de ce corps de sécurité. Impliquant 264

personnes dont 6 mineurs, ces affaires

ayant abouti au placement en détention préventive de 72 prévenus tournent essentiellement autour des agressions corporelles (123 affaires), des vols (85 affaires) et du trafic de drogue (12 affaires) impliquant 20 personnes à l’encontre desquelles 14 mandats de dépôt ont été émis par le procureur de la république, est-il précisé. Par ailleurs, ce document fait état de 930

infractions au code de la route et 179 délits ayant entrainé le retrait du permis de conduire à 257 contrevenants. A

noter que 49 accidents de la route ayant

causé des blessures plus ou moins graves à 58 personnes ont émaillé le

mois écoulé.

H.

M.

12 blessés dans un accident

D ouze personnes ont été blessées dans une collision entre un bus

de transport de personnel et un véhi- cule de tourisme survenue dans la nuit de vendredi à samedi au lieu-dit El Menchi, dans la périphérie sud de Biskra, a appris l’APS auprès de la Pro- tection civile. Les 12 victimes blessées, tous passagères du bus ont été évacuées vers le service des urgences de l’éta- blissement public hospitalier de Biskra pour recevoir les soins nécessaires, a précisé la même source. Une enquête a été ouverte par les services de la sûreté de wilaya pour déterminer les circons-

800 retraits de permis de conduire, 2 morts et 68 blessés

L es retraits de permis de conduire ne semblent pas être une mesure coer-

citive à même de limiter les victimes des accidents de la circulation routière qui sont en constante augmentation dans les différentes routes de la wilaya de Annaba. Selon un décompte officiel de la sureté de wilaya de Annaba, pas moins de 800 retraits de permis de conduire ont été enregistrés durant le mois de novembre. Parallèlement, deux personnes ont trouvé la mort dans 81 accidents durant la même période. Ces accidents ont fait

également 68 blessés de différents de- grés de gravité dont la cause principale est le non-respect du code de la route. De l’autre côté, la lutte contre la délin- quance affiche des chiffres effarants. En effet, les mêmes services de sécurité ont arrêté, en novembre, 42 personnes recherchées, et interpellé 194 autres pour différents chefs d’inculpation. Parmi ces derniers, 68 sont appréhen- dés pour détention d’armes prohibées, 42 pour possession et usage de stupé- fiants et substances psychotropes, en plus de 84 autres pour différents chefs d’inculpation, placés sous mandat de

dépôt.

L. A.

PHOTO : ABDELKRIM B.

El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 7

ORAN INFO
ORAN INFO
ORAN INFO

ORAN INFO

ORAN INFO
ORAN INFO

RETOUR SUR LA VISITE DE LA MINISTRE DE LA CULTURE À ORAN

La restauration des sites patrimoniaux au menu

La ministre de la culture, Nadia Labidi, a effectué, jeudi dernier, une visite de travail dans la wilaya d’Oran. Une occasion propice pour faire un tour d’horizon des nombreux projets à caractère culturel dont regorge la wilaya, et qui sont, pour la plupart, encore en état chantier.

E n premier lieu, la ministre s’est rendue sur le chan- tier du futur siège de la

direction de la Culture, située à la zone est de la ville, là où se constitue ce qu’on appelle com- munément «la cité adminis- trative». Beaucoup cependant émettent des réserves quant à voir la future direction cultu- relle s’éloigner du centre-ville pour se «perdre» dans la péri- phérie. Par la suite, direction le vieil-Oran. Mme Labidi a choisi de se rendre au Palais du Bey. Ce site patrimonial, de par sa taille, est le plus grand au niveau de la wilaya (6hectares), si ce n’est, hélas, son état de délabrement avancé. L’année dernière, il a cependant béné- ficié d’une enveloppe de 85 millions de dinars en vue de sa restauration qui se fera en par- tenariat avec une agence turque spécialisée dans le domaine de la sauvegarde du patrimoine. «Les Turcs ont séjourné pen- dant 15jours à Oran où ils ont pris des échantillons du site pour les analyser», nous explique un responsable de la direction du bâtiment. L’opé- ration sera donc menée par le ministère de l’habitat, à travers la DUCH, et une équipe turque. Travailler avec les étrangers dans le domaine de la restaura- tion est une bonne chose selon la ministre, «car, dit-elle, ce qui est important pour nous est le transfert du savoir-faire. Avec les retards qu’on a enregistrés en matière de sauvegarde du patrimoine, on a souvent affaire à des bureaux d’études qui ne

PHOTO : AKRAM
PHOTO : AKRAM

L’échaffaudage sur la Chapelle notre Dame du Salut enfin posé

sont pas spécialisés». Cepen- dant, aucune date n’a été à ce jour arrêtée quant à l’entame officielle des travaux de res- tauration. «Ce patrimoine peut devenir une source extraordi- naire de biens, de revenus et de valorisation», précise Mme Labidi. Il faut noter néanmoins qu’une vingtaine de familles occupent actuellement le site. Le wali d’Oran, Abdelghani Zaalane, a déclaré à ce propos qu’ils seront délogés une fois les travaux entamés. «Il ne sert à rien de les déloger actuel- lement, car auquel cas, le site sera squatté par d’autres fa- milles». Quant au Châteauneuf, cette carcasse d’une vingtaine d’étages qui jouxte le Palais, et

que beaucoup d’Oranais sur- nomment «la verrue d’Oran», il devra faire office du futur siège de l’APC. Edifié durant les années 70, les travaux du Châteauneuf ont été stoppés en 1986, suite à la spectacu- laire chute du prix du pétrole. Cependant, aux dires des auto- rités locales, «il est impossible aujourd’hui de procéder à sa démolition, car comme il a été doté de paramètres parasis- miques, sa démolition pourrait fortement endommager le site du Palais du Bey». La déléga- tion ministérielle s’est ensuite dirigée vers la mosquée d’Imam Sidi El Houari, et la chapelle Notre Dame du Salut (sur les hauteurs de la ville), toutes deux

considérées comme des sites patrimoniaux. Elle déclarera par la suite qu’il est nécessaire, afin de faire face aux lenteurs administratives, de créer des directions régionales d’études et de suivis des opérations de restauration des sites patrimo- niaux. Dans cette optique, on apprendra que l’OGBCE sera promu en direction régionale. Enfin, chose étonnante : lors de la réunion organisée l’après- midi dans l’hémicycle de la wilaya, on a constaté qu’aucune association patrimoniale n’a été invitée. Le milieu associatif a tout simplement été zappé alors qu’il est le premier concerné par les projets de sauvegarde du patrimoine ! Akram El Kébir

MUSÉE D’ART MODERNE D’ORAN (MAMO)

L’édifice sera réceptionné en juin 2015

L e projet du futur musée d’art moderne d’Oran (Mamo) avance à pas raison-

nables. Le taux d’avancement des travaux est de 50%, et l’infrastructure devra être ré- ceptionnée le mois de juin prochain. «L’art moderne nécessite parfois des montages monumentaux, explique le chef de projet, aussi, on a récupéré un édifice en atrium qui y est complètement adapté». Le Mamo, étalé sur superficie de 7000 m 2 , sera donc installé à la rue Larbi Ben M’hidi, en lieu et place des anciennes galeries d’Oran. Fermé durant les années 90, l’édifice, construit en 1922, s’effritait à mesure que le temps passait, et cela au grand dam des Oranais. Aussi, sa conversion en musée d’art mo- derne a reçu des avis plutôt favorables de la part du grand public. Il sera conçu autour d’un atrium, et s’étagera sur sept niveaux, avec accès à la terrasse «végétalisée» qui aura une vue panoramique sur la baie d’Oran. De plus, le future Mamo compren- dra également un atelier pour enfants, une exposition permanente, des espaces pour abriter des expositions temporaires, une bibliothèque, et enfin une cafétéria et des boutiques. Le musée aura deux entrées, la première depuis la rue Larbi Ben M’hidi

PHOTO : AKRAM
PHOTO : AKRAM

Le futur musée d’art moderne d’Oran (M.A.M.O.)

qui sera ouverte au public, et la deuxième depuis la rue des Aurès (la Bastille), «qui sera réservée aux espaces de restauration des œuvres d’une collection en cours d’acquisition». Enfin, il faut noter qu’il

subsiste actuellement des problèmes de mitoyenneté qui entache quelque peu le bon déroulement des travaux : il s’agit notamment de fuites d’eau émanant d’ha- bitations voisines. A. E. K.

SUITE À L’ANNONCE DE LA FERMETURE DE LA CINÉMATHÈQUE

DES ORANAIS EXPRIMENT LEUR INQUIÉTUDE

À l’annonce de la fermeture de la cinémathèque d’Oran pour une période de deux mois en vue de sa rénova-

tion, de nombreux cinéphiles oranais ont exprimé, via

la Toile, leur appréhension. Il faut savoir que la cinéma-

thèque est la seule salle qui «carbure» quotidiennement

à Oran, à raison de deux séances par jour. «La cinéma-

thèque était le seul espace culturel dont on pouvait se targuer. Je suis un habitué de cette salle, et la voir se fermer pendant deux mois m’est pénible. Car on sait bien

qu’ici, les délais ne sont jamais respectés. J’ai bien peur que ces travaux vont s’éterniser, et qu’à la fin, c’est nous qui allons en pâtir», nous dit Mokhtar, un habitué de la cinémathèque. D’autres sont moins fatalistes : «Voir la cinémathèque se rénover est plutôt une bonne chose, car ça reste le seul espace de cinéma à Oran plus ou moins potable. Il mérite donc un beau lifting pour qu’on ne soit plus tenu, à titre d’exemple, de supporter ce trait en plein milieu de l’écran. Mais attention ! S’ils la rénovent pour que le résultat soit le même que celui de la dernière fois, c’est pas la peine!», prévient Houaria. Sahraoui, un retraité de 67 ans, nous expliquera : «Ce que je préconise est la réouverture des autres salles de cinéma. C’est bien beau de rénover la cinémathèque mais pourquoi ne fait-on pas de même avec les autres salles que compte Oran, et qui se trouvent, pour la plupart, dans un piteux état?» Une autre cinéphile, Hayet, nous expliquera : «Je ne vois pas la raison d’une nouvelle rénovation. La ciné- mathèque est plutôt dans un bon état, et elle a bénéficié d’une restauration il y a à peine quelques années de ça». Hamid, pour sa part, nous dira: «J’avoue n’être pas un habitué de la cinémathèque. Pour tout vous dire, je n’y vais qu’au gré des évènements culturels. Cela dit, à présent qu’elle va fermer, je ressens comme un pincement au cœur, et regrette de ne pas l’avoir fréquentée plus souvent. Espérons néanmoins qu’elle sera réceptionnée dans les délais comme promis!» Selon le centre ciné- matographique algérien, les délais de la rénovation de la cinémathèque ne dépasseront pas deux mois, et la salle sera à nouveau fonctionnelle le 1er mars prochain. Wait

A. E. K.

and see…

FESTIVAL DU FILM ARABE

UNE COMMISSION SERA DÉSIGNÉE

amais un festival de cinéma n’a été à ce point «ins- table» que celui d’Oran qui a pour thématique «le

film arabe». Il s’agit là, bel et bien, d’un festival qui a

«la bougeotte» tant il ne parvient pas à se fixer à une

date précise. Pour rappel, la première édition, en 2007,

a eu lieu durant la saison estivale. En 2010, le rendez-

vous cinématographique d’Oran a été poussé au mois de décembre, avant d’être un tantinet avancé, en 2013, pour le mois de septembre. Pour l’année 2014, il n’a tout simplement pas eu lieu. La ministre de la Culture, Nadia Labidi, lors de sa visite à Oran, a soulevé ce pro-

blème. «Il ne faut pas entrer dans le piège de l’automa- tisme, expliquera-t-elle. Je veux que le festival du film arabe soit un festival fort, à plus forte raison quand on voit ce qui se passe autour de nous dans le monde arabe !», et de préciser ensuite que la première mesure est de réhabiliter les salles déjà opérationnelles, à savoir le Régent, le Colisée et la cinémathèque, en les équipant avec des appareils modernes. Autre mesure

: une commission sera installée au niveau d’Oran, et

elle sera la plus à même d’arrêter une date à laquelle

le festival se tiendra. «Peut-être le festival aura-t-il lieu

le mois de mai 2015, ou alors, il sera tout simplement reporté pour la prochaine rentrée, ça sera à la com- mission de décider. Une chose est sûre : il ne faut pas favoriser la médiocrité et le bricolage». A. E. K.

J

HORAIRE DES PRIÈRES
HORAIRE
DES
PRIÈRES
Fajr 06h33 Dohr 12h57 Asr 15h32 Maghreb 17h50 Isha 19h16
Fajr
06h33
Dohr
12h57
Asr
15h32
Maghreb
17h50
Isha
19h16

PHOTO :EL WATAN

El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 8

RÉGION

CENTRE

PROTECTION CIVILE À MOUZAÏA

Bientôt une unité opérationnelle

La wilaya de Blida consacre une enveloppe financière pour le lancement d’une unité de pompiers.

L a commune de Aïn Romana, située dans la zone montagneuse sud, à 8 km
L a commune de Aïn
Romana, située dans la
zone montagneuse sud,
à 8 km du chef-lieu de la
daïra de Mouzaïa et ses 15 000
habitants, éparpillés à travers
les localités de Bordj Emir
Abdelkader, Rayhane,
N’haoua, Sidi Yakhlaf,
Yasmath et Sidi Amour, béné-
ficieront dans pas moins de
quatre années d’une unité de
la Protection civile.
Le choix du terrain pour la
réalisation de cet ambitieux
projet vient d’être fait, reste
l’enveloppe financière qui
sera dégagée du budget de
wilaya pour l’entame des tra-
vaux. C’est ce que nous a
révélé le colonel Abdelkader
Ghoualem, premier respon-
sable du secteur de la Pro-
tection civile de la wilaya de
Blida, en marge de l’inaugu-
ration, le 11 décembre passé,
de l’unité secondaire de la
Protection civile de Mouzaïa.
Cette nouvelle structure, ba-
sée à la sortie ouest de la ville,
est implantée sur la RN 62,
reliant l’autoroute A1, la RN4
et la RN42. En fonction depuis
La Protection civile étend sa présence sur le territoire de Blida
tection civile, dans la région
ouest de la wilaya de Blida,
est le troisième, après ceux
des communes limitrophes
de La Chiffa et d’El Affroun.
Cette réalisation est équipée
de tous les moyens néces-
saires devant permettre aux
sapeurs-pompiers d’accom-
plir leurs missions dans les
meilleures conditions. Selon
le chef de l’unité intervenant
H24, cette dernière est com-
posée de 50 agents d’interven-
tion, deux éléments recrutés
dans le cadre du dispositif de
l’insertion professionnelle des
jeunes, encadrés par trois offi-
ciers et sous-officiers. Quant
au matériel, l’unité est dotée
de trois engins lourds anti-
incendie et autant d’ambu-
lances, dont une médicalisée.
«Cette unité de la Protection
civile est d’une grande utilité,
surtout pour une région boi-
sée comme celle de Mouzaïa
et de Aïn Romana pour lutter
efficacement contre les feux
de forêt qui sont légion en été,
et un axe routier meurtrier»,
atteste un citoyen. Notre inter-
locuteur n’a pas tort, puisque
les éléments de la Protection
civile de Mouzaïa ont effectué
155 interventions pour cir-
conscrire des incendies durant
la période allant du 1 er mai
au 30 novembre de l’année
en cours. Durant la même
période, les éléments de cette
structure ont porté assistance
à
des victimes de 176 acci-
dents de la route et assuré 474
évacuations vers les urgences
de la polyclinique de Mou-
zaïa. Ces chiffres attestent de
le 1 er mai dernier, elle a pour
mission d’assurer la couver-
ture opérationnelle de la daïra
de Mouzaïa. Son périmètre
d’intervention est délimité au
nord jusqu’au village agricole
Beni Chougrane, au sud par la
commune de Aïn Romana, à
l’est par la bourgade dite Hay
Zedri et à l’ouest par le com-
plexe agroalimentaire Amour.
Ce nouveau siège de la Pro-
l’importance d’une telle struc-
ture implantée à Mouzaïa,
pour la protection des biens et
des personnes et l’assistance
aux victimes de tout événe-
ment malheureux. Pour cela,
l’unité secondaire de la Pro-
tection civile de Mouzaïa met
à
la disposition des citoyens,
outre le 14, deux autres numé-
ros : le 025 44 60 06 et le
025 44 59 22.
Abdelkader Lazereg

Le poste de P/APC déclarévacant

D ans le cadre des dispositions de l’article 74 du code communal,

le wali de Médéa a réuni, jeudi après- midi, au siège de l’Hôtel de ville, les membres de l’APC de Médéa en ses- sion extraordinaire. Il devait à cet égard constater l’aban- don de poste du président d’APC occupé par Adelhafid Bencherguia qui n’avait pas respecté scrupuleusement le délai d’un mois prévu à l’article 73 pour approuver sa démission par délibération. Le secrétaire général de la munici- palité a donc été chargé de traiter le courrier et les affaires courantes de la commune jusqu’à l’élection d’un nouveau P/APC. Selon une source d’information concordante, dix-huit membres élus sur trente-trois de l’Assemblée n’ont pas répondu à la convocation du chef de l’exécutif de wilaya. Ce bras de fer risque de générer un blocage total au sein de l’APC qui va à l’encontre des intérêts de la population de Médéa. A. T.

MÉDÉA

Les architectes surmontent leurs divergences

J eudi dernier, le conseil local de l’Ordre des architectes de la wilaya de Médéa (CLOA) a convoqué ses 150 adhérents pour tenir sa deuxième assemblée générale ordinaire de l’année 2014 à la maison de la Culture Hassane El Hassani. Cette rencontre est venue à point pour faire toute la lumière, au moment où une quarantaine d’adhérents signataires d’une pétition sont montés au créneau pour dé- noncer les agissements du bureau exécutif en l’accusant de plusieurs griefs, entre autres le favoritisme, le despotisme et le manque de transparence dans la gestion du conseil local de l’Ordre. Le président du conseil national de l’Ordre des archi- tectes, Djamel Chorfi, accompagné de ses collaborateurs, a rehaussé de sa présence cette assemblée présidée localement par l’architecte Youcef Abdelmoumen, qui a présenté à l’occasion ses bilans moral et financier aux membres présents. Prenant la parole, M. Chorfi a voulu à travers son intervention mettre en relief le noble métier d’architecte en le plaçant à sa juste valeur, en précisant qu’il est aujourd’hui indissociable et incontournable dans l’ave-

nir de la construction dans le pays. L’ora- teur a invité ses confrères à hisser le niveau du dialogue sur des sujets plus intéressants et importants qui défient l’avenir de la corporation par une coriace concurrence étrangère. Celle-ci ne va pas tarder, elle pointera bientôt avec le démarrage du plan quinquennal prochain 2015/2019, où des bureaux d’études étrangers vont rentrer en force, coïncidant avec l’adhésion de l’Algérie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). A l’issue de cette inter- vention, un débat s’est instauré, où tous les malentendus et équivoques qui persistaient auparavant par faute de communication ont été éclairés avec des documents à l’ap- pui présentés par le bureau local, sous l’ar- bitrage du bureau national de l’Ordre des architectes. L’incident, qui avait pris des proportions inquiétantes menaçant même la stabilité du CLOA, semble clos grâce à la maturité et au bon sens de plusieurs adhérents, de sages qui sont intervenus en optant pour la solution de réconciliation des deux clans dans l’intérêt général de la corporation.

A. Teta

dans l’intérêt général de la corporation. A. Teta BLIDA Interventions de la Protection civile A u

BLIDA

Interventions de la Protection civile

A u cours de la semaine écoulée, les éléments de la Protection

civile ont eu à intervenir dans différents endroits. Ils ont pu

sauver d’une mort par asphyxie une adolescente résidant à Ouled

Yaïch. Cette dernière avait inhalé du monoxyde de carbone pro- venant d’un chauffage défectueux. Ils sont également intervenus pour évacuer au CHU de Blida un cinquantenaire heurté par une voiture qui traversait imprudemment l’autoroute à proximité de

la ville de La Chiffa. Le malheureux a rendu l’âme lors de son

transfert à l’hôpital. Ils ont aussi circonscrit deux incendies. L’un s’est déclaré dans un café dans la localité de Bahli (commune

de Soumaâ), et l’autre dans un magasin d’alimentation générale

à Haï Fetel (commune d’Ouled Yaïch). Les deux sinistres ont

provoqué une panique indescriptible chez les voisins des deux locaux et causé d’importants dégâts matériels.

Hocine Mallek

Anarchie à l’état civil

L e service d’état civil de l’antenne de l’APC Hadj Hamdi de Médéa, installé au sous-sol d’une école, ne répond plus

aux normes d’une structure d’accueil censée offrir un service public digne de ce nom. La structure n’est ni adéquate, encore moins convenable pour recevoir dans de bonnes conditions les nombreux citoyens et citoyennes qui prennent d’assaut chaque matin ces lieux. La contrainte reste entière, même si le service

a été partiellement informatisé. Des chaînes interminables et

des bousculades sont constatées en particulier à chaque rentrée sociale. Ledit local est trop exigu et mal aéré par manque de fenêtres. Il servait, autrefois, comme garage pour la voiture du directeur d’école, mais il a été aménagé par la suite pour la délivrance de pièces d’état civil. 200 mètres plus loin se trouve l’ancienne et historique mairie située au centre-ville qui est

abandonnée et dans un état de dégradation avancée. C’est une bâtisse composée d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage

avec deux grandes salles et plusieurs bureaux. Ce monument légendaire porte encore de nos jours une plaque en marbre blanc, où il est gravé : «Ici est né Jean Richepin le 4 février 1849», un grand écrivain contemporain. Sur la même façade, trois portraits

en faïence immortalisent également de grandes figures d’érudits

religieux qui ont marqué par leur savoir la population de la ville

de Médéa. Les gens, qui ne cessent de se plaindre de cet état de

fait, se demandent pourquoi l’APC s’entête-t-elle à garder les citoyens dans l’étroitesse de cet inconfortable sous-sol, alors que

la solution est à portée de la main pour mieux servir les admi-

nistrés. Ce spacieux édifice peut aussi servir à la création d’un

centre d’informatisation de tout l’état civil de la municipalité de

Médéa.

A. T.

LAGHOUAT

Détournements à la cité universitaire

L a cité universitaire Les Frères M’naouare, à Laghouat, est frappée de plein fouet par la mauvaise gestion, la corruption

et les détournements de fonds, selon des sources sûres. Des

documents confidentiels, dont on détient des copies, dévoilent

que de graves dépassements durant ces deux années universi- taires ont été enregistrés à la cité universitaire. Des factures avec des sommes gonflées destinées aux fournisseurs, en plus d’une absence totale de livres d’inventaires qui devaient être envoyés à

la direction des œuvres universitaires de Laghouat sont signalées.

Les mêmes documents indiquent également un détournement

dans les dépenses liées à la nourriture et le non-respect du menu, malgré les directives et instructions adressées par le ministre de

la tutelle quant à l’amélioration de la qualité du menu. «L’instruc-

tion ministérielle stipule que la nourriture servie aux étudiants doit être dispensée comme elle se doit, et le menu doit être égale- ment conforme aux normes. Mais, au niveau de cette cité univer- sitaire, on trouve l’application de ces instructions sur les factures seulement, tandis qu’en réalité rien n’est fait pour l’amélioration du menu», peut-on lire dans des lettres de réclamation adres- sées par un cadre supérieur de la cité à la direction des œuvres universitaires de Laghouat. Cette dernière n’a pas encore réagi. Taleb Badreddine

EL WATAN

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DESSIN: SOUHAYLA

El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 8

RÉGION

EST

ASSOCIATION DES MÉDECINS DE AÏN BEIDA

ENCORE UNE

BONNE ACTION

DE FORMATION

Encore une fois, c’est l’association des médecins d’Aïn Beida qui se distinge et organise une journée médicale et scientifique au profit des jeunes

praticiens, ce qui entre dans leur formation continue. La journée d’hier samedi a été animée par des professeurs de médecine, venus expressément du CHU de Bab El Oued. Les communicants ont abordé tous les thèmes relatifs aux maladies des poumons. Le docteur S. Khakha

a développé un sujet relatif à la prise en charge de l’asthme au long cours, alors que Khenouf s’est attaqué à la B.P.C.O (broncho pneumopathie chronique obstétrique). C’est une maladie difficile de détecter, pourtant elle est la cause de beaucoup de décès. La professeure A. Fissah s’est

longuement étalée sur le cancer broncho-pulmonaire, une maladie dont la prévalence est en perpétuelle hausse, d’autant qu’elle se situe entre 80 et 90% chez les fumeurs. Pour l’asthme, la prévalence pour 100.000 habitants est de 2 à 5 %.

Il en est de même pour la

pneumonie aiguë communautaire, communication présentée par le docteur N. Djami. Cette communication comme toutes celles qui l’ont précédé ont suscité un large débat. L’association des médecins d’Aïn Beida qui fête ses huit ans d’existence, organise quatre à six journées scientifiques par an. Madame S. Amiar, présidente de l’association, se plaint

du fait que ni l’APC d’Aïn Beida,

ni l’APW d’Oum El Bouaghi ne

prêtent aide et assistance à leur

organisation. «Organiser une journée scientifique et faire appel à des professeurs en médecine pour donner des

communications instructives aux jeunes praticiens de toute la wilaya n’est pas une mince affaire», nous explique

la présidente. Et d’ajouter :

«Malgré le manque de financement, notre association

se bat pour que la santé se porte

bien dans notre wilaya.»

L. B.

TÉBESSA

Les sans-diplômes entre la misère le jour et le trafic la nuit

Souvent, ces chômeurs rentrent chez eux sans le moindre sou.

A Chaque jour, et avant ême le lever de soleil, sous un temps glacial, des jeunes et des pères

de familles s’attroupent devant le car- refour situé tout près de la route menant vers la wilaya de Souk Ahras. D’autres s’attablent dans le café d’en face, attendant qu’on leur propose de l’emploi, même de quelques heures.

On les voit courir derrière des camions de transport de ciment ou encore, pire supplier des entrepreneurs pour leur offrir de taches de main d’œuvre. Trouver du travail s’avère très difficile voire impossible pour ces jeunes sans diplômes ni formation, qui affrontent des difficultés au quotidien, vivant au jour le jour sans avenir ni horizon. Ils se disent anéantis et laissés pour compte par les autorités qui n’arrivent pas à leur trouver un emploi décent et à temps plein. «J’ai été pris dans la liste d’attente dans le recrutement des ou- vriers professionnels catégorie 3 (OP3) initié en mars dernier par la direction

catégorie 3 (OP3) initié en mars dernier par la direction d’éducation, mais jusqu’à présent je n’ai

d’éducation, mais jusqu’à présent je n’ai rien reçu», confie le jeune Ridha à El Watan. Ils font de petites bricoles de manutention, de démolition, ou bien travaillent dans les champs de

pomme de terre lors de la cueillette ; une corvée contre une rémunération minable qui ne subvient même pas à leurs besoins les plus élémentaires. Pire encore. Souvent, ces chômeurs rentrent

bredouille sans un dinar, et du coup, leur situation s’aggrave davantage «je n’ai pas gagné un seul sou depuis une semaine» s’indigne Abdallah, père de deux enfants. Devant cette rude réalité, certains chômeurs et afin de nourrir leurs enfants affirment avoir été contraints de s’adonner à la contre- bande et à l’écoulement de la drogue et autres fléaux à l’image de Larbi, 54 ans. «Je travaillais comme gardien à l’ELA- TEX (usine de textile lainière) avant sa fermeture. Pour subvenir aux besoins de ma famille, je déchargeait le ciment ou autres marchandises le jour, et je faisais de la contrebande la nuit, mais cette activité devient de plus en plus difficile depuis que l’étau s’est resserré autour des frontières». A Tébessa, le fléau du chômage qui menace la paix sociale, demeure le seul souci pour cette frange de la société ne possédant aucun choix si ce n’est souffrir en si- lence. Ces jeunes rêvent d’une insertion professionnelle, pas plus, disent-ils.

DÉTOURNEMENT DU CONVOI DE FONDS À OUM EL BOUAGHI

Les voleurs ont acheté des appartements !

8 milliards de centimes ont été récuperés.

E n un mois et demi, les enquêteurs de la gendarme- rie nationale viennent de démêler l’écheveau de la

spectaculaire affaire du vol du camion de transport de fond à Oum el Bouaghi. Alors que le délicat chauffeur est toujours dans la nature, ses acolytes, au nombre de sept (7) ont tous été arrêtés. Voici le film officiel des évènements qui ont défrayé la chronique à Oum El Bouaghi et au-delà.

Le mardi 28 octobre dernier, à 15 heures, les deux agents chargés de sécuriser le fourgon transportant des fonds ont contacté le 1055 pour faire état du vol du fourgon qu’ils étaient chargés de sécuriser. Ce mardi, le véhicule de marque Mercédès Benz, appartenant à la société Amnal, domiciliée à Sidi Mabrouk (Constantine) se dirigeait vers la wilaya d’Oum El Bouaghi, conduit par Gh. R., un jeune ayant des antécédents judiciaires et accompagné de deux agents de sécurité. Arrivé à quelques encablures de la

ville d’Aïn Beida, le conducteur simule une panne du fourgon. Il demande alors aux deux agents de pousser le véhicule. Une fois ces deux derniers descendus, le conducteur prend la fuite vers une autre destination. Le scénario est aussi vieux que le métier de voleur.

Le coup est en effet calqué sur de nombreuses affaires du genre. On se souvient du convoyeur de fonds qui s’était envolé avec 11 millions d’euros appartenant à une banque à Lyon, dès que ses accompagnateurs avaient le dos tourné.

L’ARGENT INVESTI Les agents, pris de court, contactent les services de la gendarmerie nationale de la ville d’Aïn Beida. Tout de suite, l’alerte est donnée pour passer au peigne fin tous les environs. Branle-bas de combat au niveau de toutes les brigades mobilisées pour la circonstance. Il n’a pas fallu longtemps pour que fût découvert le fourgon près de la localité de Beririche (commune de Berriche), sur la route nationale N 80 reliant Aïn Beida à la wilaya de Guelma. Malheureusement, «allégé» de la modique somme de 14 milliards et 240 millions de centimes, destinés à alimenter les bureaux de poste de la région. Les services judiciaires de la gendarmerie nationale d’Alger entreprennent des recherches auprès des suspects. Des recherches qui finissent par donner des résultats. L’affaire im- plique sept individus, et ce après que le procureur

de la république près le tribunal d’Aïn Beida a élargi la compétence des enquêteurs qui se sont déplacés

à Constantine pour interroger un certain Dh. A. qui

a reconnu sa complicité. Selon ses aveux, le coup a

été planifié depuis deux mois avec Gh. A., et Gh. R. Tous reconnaissent également avoir suivi le fourgon

après sa sortie de Constantine jusqu’à l’entrée d’Aïn Beida pour faire leur coup. Qu’en est-il de l’argent volé? L’enquête révèle que le premier mis en cause, Gh. R., a acheté un domicile à M’Sila au nom de Gh.

N., domicile où fut d’ailleurs découverte la somme de

8 milliards de centimes. Le principal accusé a aussi acquis une autre maison à Guelma. Les deux maisons furent mises sous scellé. Jeudi dernier, les six individus sont traduits devant

le tribunal d’Aïn Beida qui a placé sous mandat de

dépôt Gh. A., et Dh. A. pour vol qualifié, association

de malfaiteurs, ainsi que H. S. pour non dénonciation.

K. S., M. F., S. A., S. Ch. et Z. S. sont placés sous

contrôle judiciaire pour les mêmes délits, tandis que

le principal accusé, à savoir le conducteur du fourgon,

Gh. R. est toujours en cavale faisant l’objet d’intenses

recherches.

L. Baâziz

PATRIMOINE MUSICAL À SOUK AHRAS

Richesse du répertoire et diversité des genres

animations des soirées musicales de la saison estivale en font un ingrédient indispensable pour la réussite des festivals. «Le chaâbi fait partie de la mémoire collective des habitants de Souk-Ahras et il est courant de voir des gens entonner des chansons de Guerroua- bi ou de Meskoud», souligne un amateur de cette école musicale.

TERROIR ET MUSIQUE TRADITIONNELLE La musique purement traditionnelle, c’est le docteur Khecheb qui en parle : «On ne peut parler musique dans une région sans se référer à la culture du terroir. Beggar Hadda, une chanteuse-phare de Souk-Ahras qui a encore son public, est l’expression d’un art né dans la privation et les malheurs de l’occupation. C’est donc, un point de départ pour retracer des faits constatés et interprétés par une chanteuse de l’époque. En l’écoutant, les gens de sa géné- ration revivent ces moments intenses de leur vie collective». Le malouf et les Aïssaoua, sont les plus présents à Souk-Ahras. Pour une fête familiale, pour célébrer une réussite scolaire avec faste ou

pour célébrer une réussite scolaire avec faste ou V ille cosmopolite par excellence, Souk-Ahras compte tous

V ille cosmopolite par excellence, Souk-Ahras compte tous les genres musicaux, même si le malouf occupe la première place.

L’on assiste à une véritable «poussée» des chanteurs hip-hop. La génération montante dispose de moyens et a su mettre à profit You- tube pour faire écho de ce nouveau genre. Des surnoms qui font fi des usages et des appellations conventionnelles sont déjà des références pour un public jeune épris d’innovation. C’est en solo que Karim-El-Gang, Rasta-Crazy ou SAG, décrivent en mots crus le chômage et les problèmes quotidiens de beaucoup de jeunes rêvant d’amour et de vie décente. Ce genre de musique ratisse large dans les rangs des jeunes puisqu’il est devenu le porte-voix de cette frange de la population. Explication d’un afficionado : «Les rythmes et les paroles des chanteurs hip-hop me donnent envie de danser tout en décryptant des messages simples, et c’est là, je crois, le secret de leur popularité parmi les jeunes». Le chaâbi, une

musique, pourtant, pas trop connue dans les villes de l’intérieur du pays, est jalousement préservée par ses adeptes à Souk-Ahras. Les

pour souhaiter un bon retour à une personne restée absente pour une longue durée, des troupes locales créent par le rythme et la bon- homie des chanteurs, la fête. «Les gens de cette ville ne peuvent s’en passer car ils sont, dans leur majorité, nés dans des maisons à patio où le malouf, une musique que l’on peut écouter en famille, faisait (et fait) partie de leur quotidien. Idem pour le chant Aïssaoua qui, lui, a, une empreinte, plutôt, reli- gieuse», souligne l’un des frères Bouraoui, membres de la troupe Ichbilia. Rares sont les villes de l’intérieur du pays où l’on compte une telle

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RÉGION

OUEST

ÉDUCATION

Le secteur comble le déficit en encadrement à Oran

59 surveillants généraux et 19 directeurs des études vont rejoindre leurs nouveaux établissements respectifs et prendre leur fonction pour essayer, tant bien que mal, de rattraper le retard accumulé, voire s’adapter à leurs nouvelles responsabilités.

I l a fallu attendre tout un trimestre pour que le secteur de l’Education de la wilaya d’Oran pallie -en partie

apparemment- le déficit en encadre- ment administratif dont souffraient de nombreux établissements scolaires, et plus précisément, les CEM et les lycées. Les nouveaux responsables aux postes de surveillant général du moyen et de directeur des études (ex-censeur) du secondaire ont commencé à récupérer leurs affectations à la fin de la semaine

écoulée. Ainsi, 59 surveillants géné- raux et 19 directeurs des études vont rejoindre leurs nouveaux établissements

respectifs et prendre leur fonction pour essayer, tant bien que mal, de rattraper le retard accumulé, voire s’adapter à

leurs nouvelles responsabilités. Ce sont, en fait, des enseignants qui, après avoir réussi au concours qui s’est déroulé le 22 et 23 octobre passé, ont été promus

à ces postes. Si pour les postes de sur-

veillant général, le nombre de candidats ayant pris part au concours dépassait le nombre de postes à pourvoir, on a appris que, pour ceux de directeur des études, les postulants étaient moins nombreux et, donc, les 19 participants ont été rete- nus. Ce qui laisse supposer, pour ce der-

nier cas, qu’il reste encore des postes à pourvoir. Les trois épreuves du concours ont porté sur des sujets de culture géné- rale, de gestion administrative et sur les sciences de l’éducation. Cependant, certains parents, au parfum de ces nou- velles affectations, se demandent, d’ores

et déjà, qui va remplacer les enseignants promus à d’autres postes et quel va être le sort des élèves qu’ils avaient en charge et qui vont se retrouver sans enseignants pour une certaine durée, ou, peut-être, pour le reste de l’année en cours. Un autre déficit à combler ! M. Milagh

MANQUE D’ENCADREMENT À NAAMA

S elon le président du syndicat national des

travailleurs de l’Education (SNTE), M. Mahamedi Abdelhafid, il y a encore un manque assez significatif

quant à l’encadrement dans certains CEM et

lycées. Et ce, malgré la réunion de la rentrée scolaire. Il cite le manque de conseillers pédagogiques au nouveau lycée de Mecheria, au CEM 18 février à Naâma, au CEM Chenal à

Asla, au CEM Bendahou Abedelaziz à Ain Benkhelil et aussi au lycée Hamidou et au Technicum de Mecheria. Il ajoute que le lycée des Frères Azzouz et le lycée Hamidat sont dépourvus de censeurs.

Par ailleurs, les adjoints d’éducation font défaut dans plusieurs établissements, tels que le CEM de Asla, de Kasdir et le nouveau lycée de Mecheria.

D. Smaili

RAMKA (RELIZANE)

Les lycéens boycottent les cours

PHOTO : DR
PHOTO : DR

Les lycéens réclament que les salles de cours soient chauffées

C e jeudi, vers 9h, les élèves des classes de terminale du lycée de

Ramka, localité sise au sud-est du chef lieu de wilaya, ont unanimement décidé d’abandonner les bancs pour dénoncer l’absence du chauffage dans les salles de cours. «Nous sommes transis par le froid, nous n’avions pu nous concentrer sur nos cours», a souligné Ahmed, un lycéen de la 3 ème AS qui précisera:

«On est dans une région où le mercure

enregistre ses plus bas niveaux notam- ment en cette période où les monts de l’Ouarsenis sont couverts d’un man- teau de neige». Un autre élève n’a pas manqué de souligner que la chaudière est en panne depuis l’année et qu’au-

cune décision n’a été prise pour la répa- rer et nous voilà, nous les scolarisés contraints de suivre nos cours dans des salles frigorifiques. Les parents quant

à eux n’ont manqué d’exprimer leurs

courroux devant cette situation qui ne peut, selon eux, que perturber la bonne scolarisation de leurs enfants. Le hic, ont-ils ajouté, est que cet établissement est confronté à une valse de proviseurs. Tous les sanctionnés ont été affectés vers ce lycée et le dernier vient d’être réaffecté de nouveau. Huit ans seule- ment après son inauguration, «l’établis- sement parait tel un site historique» ont

conclu les élèves. Issac B.

HAI EL MENZAH (EX- CANASTEL)

Les habitants réclament un meilleur cadre de vie

L es habitants des 7 lotissements immobiliers de hai El Menzah

(ex- Canastel) à l’Est d’Oran vivent le calvaire au quotidien.

Cela s’accentue durant la période hivernale en raison des

chutes de pluies entrainant des inondations perturbant la circulation dans les chaussées qui deviennent impraticables. L’opération de bitumage que les habitants attendent depuis des lustres avec beaucoup d’espoir selon le délégué du secteur urbain, M. Rachi Nourredine, est très importante et doit être accompagnée par la mise en place d’un véritable réseau d’assainissement pour l’évacuation des eaux de pluies ainsi que la création des avaloirs dans les zones d’habitations et surtout au niveau de la nouvelle péné- trante reliant Canastel, Belgaid et Kristel. Malgré plusieurs requêtes,

à ce jour, aucune solution n’a été prise. À Bir El Djir, juste à côté, de nouveaux lotissements immobiliers relevant de juste à proximité ont bénéficié de plusieurs travaux d’aménagement et de bitumage de

T. K.

leurs chaussées.

EL BAYADH

Trois morts et deux blessés graves sur la route

U n tragique accident de la circulation s’est produit, vendredi dernier en début d’après-midi, sur la RN 6 A à quelques encablures de la

zone d’activité, proche du chef-lieu de wilaya. Le bilan établi fait état

de 3 personnes décédées sur le coup et de deux autres grièvement bles-

sées. Il s’agit d’une collision frontale entre deux véhicules de tourisme

Rafik M.

roulant en sens inverse.

HECHASTA (MOSTAGANEM)

Trois blessés graves dans l’explosion d’une bonbonne de gaz

U ne explosion de gaz s’est produite dans un appartement, aux envi- rons de 18h hier, au niveau de la bourgade de Hachachta Ammour,

dans la commune de Sour, distante d’une trentaine de kilomètres du chef-lieu de Mostaganem. Les riverains se sont précipités vers le lieu de la détonation. Les témoins remarquent une grande fumée qui pro- vient du lieu de détonation, a-t-on appris. A l’instant même, la chambre prend feu. Alertés, les éléments de la protection civile arrivent quelques minutes plus tard et dégagent les victimes qui sont transférées en ur- gence à l’établissement hospitalier public de proximité d’Ain Tedèles. Ils ont maîtrisé l’incendie qui a pris aux étages supérieurs. Les sinistrés sont une mère de 45 ans et ses deux enfants âgés de 11 et 15 ans, ajoute notre source. Il est à signaler qu’une enquête a été aussitôt ouverte par la gendarmerie pour déterminer les circonstances de ce drame qui a failli endeuiller toute une famille. A. Taoui

CHLEF

Chettia plongée dans le noir

C hettia, l’une des plus importantes communes de la wilaya en termes d’habitants, est plongée dans le noir, à cause de la défectuo-

sité du réseau d’éclairage public. A la nuit tombée, les quartiers offrent

un spectacle de désolation où il est quasiment impossible de circuler à pied. La ville a, certes, subi dernièrement des travaux d’aménagement

urbain mais ceux-ci se sont limités aux seules artères principales, lais- sant à l’abandon plusieurs sites d’habitations. Les habitants interpellent donc les pouvoirs publics pour se pencher en urgence sur ce problème récurrent qui cause de sérieux désagréments aux populations locales. Cela ne fait que renseigner sur les retards considérables qu’accusent cette agglomération en matière de rénovation urbaine et d’amélioration du cadre de vie des citoyens. Il faut rappeler que la commune de Chet- tia, située à 7 km au nord de Chlef, abrite plus de 80 000 habitants dont un grand nombre occupent des habitations en préfabriqué réalisés suite

au séisme de 1980.

A.Yechkour

LE CRASC NOUS ÉCRIT

Le colloque international «Entre Algérie et France : migrations, football et médias», organisé au CRASC d’Oran, les 3 et 4 décembre 2014, est le résultat du partenariat scientifique établi entre le CRASC, le labora- toire Telemme –MMSH (Université d’Aix Marseille), Pangée Network, l’ANR Écrin et l’Institut Français d’Oran.

PHOTO: EL WATAN

El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 9

RÉGION

EST

EN PRÉVISION DE LA SAISON HIVERNALE À MILA

DES

MESURES

DE PRISE

EN CHARGE

D’ÉVENTUELS

SINISTRÉS

En prévision de la saison hivernale, connue pour ses rigueurs dans les montagnes du nord de Mila, un dispositif de prise en charge d’éventuels sinistrés ou de transitaires en détresse vient d’être mis en place par la wilaya de Mila. De nombreux établissements scolaires viennent, en effet, d’être consignés pour servir de lieu de séjour temporaire pour d’éventuels sinistrés ou des personnes de passage dans la région en détresse. Sept lycées, dotés de dortoirs et de réfectoires, sont réquisitionnés pour l’opération, souligne notre source qui affirme :

«des instructions ont été données aux responsables des établissements concernés pour qu’ils assurent des repas chauds et une prise en charge en matière d’hébergement à toute personne se trouvant en détresse dans la région durant toute la saison d’hiver ». Ainsi, en cas de nécessité, les lycées Kheira Zarrouki de Chelghoum Laïd, Abdelhafid Boussouf de Mila, Kamel Abdellah Bacha d’Oued Endja, Chahid Si El Houes de Baïnan, Maârak Djebel Halfa de Ferdjioua, Ali Djaâfar de Tadjenanet et Kard Ali Mouhcini d’Arras seront transformés en centres de transit au profit d’éventuels sinistrés. Kamel B.

INFORMATIONS

UTILES

1-Lycée kheira Zarrouki à Chelghoum Laïd Capacités d’accueil :

300 lits/ Tel .0791578770 2-Abdelhafid Boussouf

à MilCapacités : 72 lits / Tel : 0795361212 3-Kamel Abdellah Bacha

à Oued Endja

Capacités : 300 lits/ Tel : 0779093137 4-Si El Houes à Baïnan Capacités : 300 lits /

Tel : 0776099221

5-Maârak Djebal Halfa

à Ferdjioua

Capacités : 100 lits/ Tel : 0772327359 6-Ali Djaâfar à Tadjenanet Capacités : 300 lits/ Tel : 0770145864 7-kard Ali Mohcini à Arras Capacités : 300 lits/ Tel : 0771667505

DÉVELOPPEMENT À OULED RAHMOUN (CONSTANTINE)

Des promesses comme du vent

Il y a 7 mois, le maire s’était engagé à répondre aux doléances.

le maire s’était engagé à répondre aux doléances. Un quartier non viabilisé à côté de l’abattoir

Un quartier non viabilisé à côté de l’abattoir abandonné ( à droite)

L es habitants de la commune d’Ouled Rahmoun attendent toujours l’amélioration de

leur cadre de vie. L’achèvement des projets inscrits par la munici- palité accuse du retard en dépit des multiples promesses et déclara- tions formulées par le P/APC, il y a sept mois, suite à la publication, dans nos colonnes, d’un article traitant du développement de cette commune. De visu, rien n’atteste du moindre changement. Cadre de vie dégradé, projets abandonnés, sinistrose endémique touchant les jeunes, et même l’absence de panneaux de signalisation, souci que les habitants avaient sou- levé sur nos colonnes n’a pas été traité. Pis encore, le panneau cité en exemple, indiquant l’entrée

à l’agglomération, est désormais attaché à un arbre à l’aide d’un un fil de fer !! Même le stade communal dont les travaux ont été entamés en 2009 demeure inachevé. Les gradins sont encore à l’état de coffrage et les autres travaux ont été abandon- nés, tout simplement. L’ouvrage, ainsi exposé à la dégradation, est mis dans l’état à la disposition des équipes sportives et a même accueilli des tournois. Quand nous avons pris contact avec le maire, au mois de mai der- nier, pour avoir plus de précisions sur les projets abandonnés, notre interlocuteur avait déclaré que le projet du marché de proximité, sis à l’entrée de la commune, «a été abandonné par ses prédéces-

SAISIE DE PLUS DE 16 KG DE KIF

Trois (03) personnes, âgées entre 41 et 43 ans, ont été arrêtées le jeudi soir à l’entrée de la commune Didouche Mourad par les

éléments de la brigade de recherche et d’intervention (BRI), pour trafic de drogue, apprend-on de sources sécuritaires. Les personnes interpellées étaient à bord d’une Peugeot 207 en possession de 16,4 kg de kif traité. Selon notre source, c’est suite à des informations que les éléments de la BRI, ont pu surprendre ces trafiquants qui avaient l’intention de quitter la wilaya de Constantine. Ces derniers ont été mis en détention préventive en

attendant l’achèvement de l’enquête.

Y. S.

seurs parce que considéré comme

un mauvais projet». Les travaux ont été lancés en 2002, et le taux d’avancement n’a pas atteint les 50%. Mais les habitants continuent

à se demander si ce marché sera

un jour fonctionnel ou exploité à d’autres fins utiles. Concernant le stade et la crèche, deux projets en cours de réalisa- tion, le maire avait affirmé qu’il ne restait que l’aménagement ex- térieur, surtout que le délai des travaux n’avait pas encore expiré. «Plusieurs mois ont passé et aucu- ne initiative n’a été prise pour opé- rer un changement. Même l’abat- toir du quartier Rabah Zaâmta, est fermé sans être restauré», a déclaré un citoyen de la commune. Les habitants s’interrogent sur le sort réservé par les responsables locaux à l’abattoir et à la crèche, laquelle a été construite à Chen- nouf M’barek, il y a plus de 5 ans. Le même problème que celui de l’école de Cila. Et de rappeler que les lieux de distraction et de loisirs pour les jeunes y sont inexistants. Toutes non tentatives de joindre le P/APC d’Ouled Rahmoun, pour répondre à nos questions et celles des habitants sont restées vaines. Yousra Salem

APC DE BATNA

Un bilan peu convainquant

L es habitants de Batna ne se

sont pas bousculés au portillon

pour assister au bilan d’une année de l’APC présenté, hier, par le maire Karim Maroc, en présence du conseil communal. Les rares présidents des comités de quartiers qui étaient présents ont été unani-

mes à montrer les failles qu’à faire l’éloge des réalisations accom- plies. Les représentants des quar- tiers populaires ont surtout insisté sur les préoccupations de la vie quotidienne : la salubrité, l’assai- nissement et les routes. Il est vrai que les routes à Batna, en dehors des grands axes, sont à peine car-

rossables avec en sus presque un

dos d’âne par maison. Par temps de pluie, des flaques se forment et deviennent de véritables mares au point où, même durant la période hivernale, les citoyens se plaignent de moustiques ! Karim Maroc renvoie la balle dans le camp de

l’Algérienne des Eaux (ADE). Cette dernière chargée de réaliser 12.000 branchements à l’eau po- table n’est arrivée jusqu’au jour d’aujourd’hui qu’à réaliser 3000 ; et les routes ne peuvent être répa- rées qu’une fois les branchements finis. La propreté était parmi les problèmes les plus posés et a

même poussé l’un des intervenants

à suggérer l’ouverture de bars

pour finir avec ces bouteilles et ces canettes qui parsèment les rue et ruelles chaque matin que Dieu fait. La collecte des ordures mé- nagères était également de mise et les citoyens n’arrêtent pas d’en de- mander. La levée se fait de manière intempestive et les intervenants ont suggéré qu’elle le soit de manière régulière et à la même heure. Aussi difficile soit elle, la solution de ces problèmes incombe à la mairie en premier chef et elle doit être son premier souci.

Lounes Gribissa

EL MILIA (JIJEL)

Des bâtiments menacés par les infiltrations des eaux de pluie

L es infiltrations des eaux de pluie à travers des façades et des terrasses perméables sont de plus en plus un risque qui pèse en permanence sur l’intégrité des bocs d’habi-

tations gérés dans la ville d’El Milia, par l’OPGI. C’est notamment le cas du bloc 8 de la cité 100 logements zone Est, situé dans le groupement d’habitation du 18 février, à la proche banlieue de la ville. Les infiltrations d’eau, qui ont d’ailleurs, mis hors usage des parties entières dans cer-

tains appartements, sont devenues la hantise des locataires. «J’ai alerté le service concerné qui a envoyé des personnes prendre des photos à l’intérieur de l’appartement et puis plus rien», affirme un locataire habitant au dernier étage de ce bloc. Le même interlocuteur indique que le salon de son appartement est hors usage, à cause de ces infiltrations. Dans le même bloc, des logements situés à l’étage inférieur souffrent du même problème depuis les premières chutes de pluie. Dans la cage d’escalier, ces infiltrations virent carré- ment à l’accumulation d’eau dans les étages, pendant que des fissures sont apparues exposant ce bloc à un sérieux danger. Par ailleurs, des locataires ont fait part des mêmes problèmes dans d’autres blocs construits au début des années 1990 par une entreprise de l’ex Yougoslavie. Les infiltrations des eaux de pluie sont toujours la cause principale de cette situation, faute d‘un entretien régulier. Au service de l’OPGI on avance, plutôt, l’argument des citernes d’eaux installées sur les terrasses pour justifier ce problème. Autant dire qu’en ab- sence d’une solution à ce problème, c’est tout le patrimoine immobilier de l’OPGI qui risque de subir les effets pervers

de cette situation.

Adam S.

750 LOGEMENTS

Les bénéficiaires

connus aujourd’hui

A nnoncée il y a deux semaines, selon des confirmations recueillies auprès du P/APC de la ville d’El Milia, la

liste des 750 logements socio-locatifs est finalement prévue pour être affichée ce dimanche. «Tout est fin prêt pour que cette liste soit affichée, ce dimanche à six heures du matin», a confirmé ce même responsable. Notre interlocuteur a, par ailleurs, indiqué que le choix des bénéficiaires a été fait sur la base des textes de lois qui limi- tent l’attribution de ces logements à ceux qui justifient d’un revenu mensuel inférieur ou égal à 24.000 DA. Il y a quel- ques jours, des rumeurs ont couru sur un éventuel report de la divulgation des noms des bénéficiaires de ces logements par crainte de débordements. A. S.

26 navires en rade à Djendjen, un record

V ingt-six (26) navires marchands étaient stationnées en rade, vendredi au large du port de Djendjen (Jijel), ce qui

constitue un record depuis la mise en service de cette infras- tructure au début des années 1990. Selon une source de l’entreprise portuaire, cette mise en rade résulterait des mauvaises conditions météorologiques enre- gistrées ces derniers jours dans la région. Le mouvement de la navigation arrêté à la journée de ven- dredi indique que ces navires, battant pavillon de plusieurs pays (Malte, Iles Cook, Indonésie, Panama, Singapour, Anti- gua et Barbade, Gibraltar…), transportant des cargaisons de céréales (maïs, orge), de ciment, de bois rouge, de véhicules et de tubes, sont entrés entre le 28 novembre et le 12 décem- bre derniers. A ce jour, seuls trois navires (un cimentier, un céréalier et un car-carrier) sont à quai pour le déchargement de leurs marchandises, selon la même source qui a précisé que neuf (9) autres navires sont attendus au port.

D’importants travaux de modernisation et d’extension sont en cours de réalisation au sein de cette infrastructure portuaire, notamment un terminal de transbordements pour lui permettre de jouer pleinement son rôle de hub pour les trafics transcontinentaux. Pour rappel, l’ordre de service (ODS) avait été notifié le 18 mai 2014 à l’entreprise sud-coréenne Daewoo pour la réali- sation de ce terminal pour un délai de trente (30) mois et un montant de dix-neuf(19) milliards de dinars. Jusqu’à fin septembre dernier, ce port a enregistré un trafic de plus de 3,7 millions de tonnes de marchandises diverses. La toute récente «prouesse» de ce port a été effectuée le 17 octobre dernier avec le déchargement de colis exceptionnels, en l’occurrence trois (3) turbines génératrices d’électricité de 284 tonnes chacune destinées à la réalisation de la méga-cen- trale électrique de Bellara (El Milia), a-t-on ajouté.

PHOTO: ELWATAN

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El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 9

KABYLIE INFO
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ENTRETIEN

ENTRETIEN

D r HIMEUR.Assistant en neurochirurgie au CHU de Béjaia

«Le Spina-bifida est une maladie fréquente en Algérie»

E n marge de la première journée sur la maladie «Spina-bifida» qui a eu

lieu, hier, à la maison de la culture Taous Amrouche de Béjaia, Dr Himeur, assistant en neurochirurgie au CHU de Béjaia apporte ici un éclairage sur le projet de recherche sur la maladie et l’état des lieux de sa prise en charge en Algérie et particulièrement à Béjaïa.

Entretien réalisé par Nordine Douici

Pouvez-vous nous dressez un état des lieux de ce qui se pra- tique en Algérie en matière de prise en charge des malades, en mettant en exergue les difficul- tés qui peuvent entraver cette dernière ? J’aimerai préciser, avant de parler de la prise en charge, que le Spina-bifida est une maladie congénitale qui touche le nouveau- né. Elle se caractérise par une poly-malformation. Toutefois, ces malformations peuvent être éviter dans 70% des cas rien qu’à la prise de l’acide folique qui est une vita- mine qui n’est pas synthétisée par le corps humain et normalement toutes les femmes à un mois avant la conception et pendant les trois premiers mois de la grossesse

doivent prendre ces vitamines pour prévenir justement cette maladie. Il faut savoir que nos voisins ont déjà lancé des programmes de prévention et ont réussi à réduire sensi- blement cette maladie. Chez nous, ça reste une maladie fré- quente. Toutes les régions en souffrent et la cause de cela est le manque de supplémentation en acide folique et une mau- vaise alimentation des femmes enceinte. A mon sens, il doit y avoir un programme officiel destiné aux femmes comme le vaccin antigrippal qui devient pratiquement obligatoire. Car une fois le bébé est né atteint de cette maladie, il lui faut une prise en charge multidis- ciplinaire ou neurochirurgicale qui renvient assez chère.

Le spina-bifida est-il opéré en Algérie ? Là, je profite et j’insiste pour dire que tous les services de neu- rochirurgie en Algérie opèrent le spina bifida. Ça se fait en Algérie. Les demandes de prise en charge à l’étranger ne sont pas justifiées pour ce qui est de cette maladie. Mais pour peu que les pouvoirs pu- blics mettent les moyens, à savoir, l’équipement et les infrastructures

moyens, à savoir, l’équipement et les infrastructures nécessaires. Surtout qu’environs 300 spécialistes

nécessaires. Surtout qu’environs 300 spécialistes exercent en Algé- rie et c’est un nombre respectable car il n’y a pas de disproportion par rapport au nombre de malades et de moyens. La seule difficulté en Algérie, c’est que la neurochirur- gie n’est pas généralisée à travers toutes les structures de santé. À Béjaïa, par exemple, ce n’est qu’en 2010 qu’elle a été introduite dans nos services.

Vous allez présenter, à l’occa- sion de cette journée d’informa- tion votre projet de recherche.

En quoi consiste-il ? Et com- bien de cas ont-ils été opérés dans votre service ? Depuis 2012 à ce jour, nous avons opéré 60 cas sous la coupe du Pr Tliba, chef du service neurochirurgie qu’il a lui-même créé. Mais nous ne sommes pas contentés de prendre en charge ces inter- ventions, car Tliba qui est éga- lement doyen de la faculté de médecine de l’université de Béjaia a proposé un projet de recherche qui est agréé par le ministère de la santé. La faculté de médecine a en- gagé sa responsabilité sociale en parrainant ce projet. Le projet porte sur la prise en charge multidisciplinaire de spina-bifida. Son objectif est de réunir tous les intervenants dans cette pathologie, car il associe des neurochirurgiens, des infirmiers, les psychiatres, les gynécologues, mais surtout, la valeur ajoutée de ce programme, c’est qu’il a intégré le partenaire social dans ce processus, qui sont les parents des malades ; ils étaient sensibilisés de l’importance de ce projet. Du coup, ces parents ont créé leur association qui travaille avec les autres intervenants en étroite col- laboration dont les autorités. N. D.

QUE SIGNIFIE «SPINA-BIFIDA » ?

Le spina-bifida est le développement incomplet de la colonne vertébrale. Il s’agit d’une malformation qui survient avant la naissance, causant la paralysie et la perte de sensibilité des membres inférieurs. Le spina- bifida cause également des problèmes de fonctionnement de la vessie et des autres fonctions d’élimination. Il peut aussi entraîner des pertes de coordination des mains, de la vue et de l’ouïe et engendrer des problèmes d’apprentissage.

QUELLE PRÉVENTION ?

De récentes études ont révélé que l’ajout de vitamine B, l’acide folique, au régime alimentaire des femmes en âge de procréer peut réduire considérablement les risques de malformations du tube neural qui amène le spina- bifida. Les femmes concernée devraient prendre 0.4 mg d’acide folique par jour, au moins, un mois avant la conception et les 3 premiers mois de grossesse. Source : Association des parents et malades Spina-bifida de Béjaïa (APMSB)

«Je le fais pour ma fille, pour tous les enfants atteints de Spina-bifida»

K aiba Nadir, est le père d’une fillette de 10 ans atteinte de la maladie

Spina-bifida, une maladie congénitale qui se caractérise par le développement incomplet de la colonne vertébrale. Le bébé Imane ne pouvait compter que sur la combativité de son père qui a sillonné plusieurs wilayas à la recherche d’une prise en charge adéquate ; le CHU de Béjaia ne disposait pas alors d’un service neurochirurgicale. Mais en vain. Autant de contraintes ont fait que la paralysie des membres infé- rieurs d’Imane était irréversible. Très courageux, le père n’a pas pour autant baisser les bras. Se voyant à travers tous les parents et les enfants qui souffrent de cette maladie, il décida, appuyé par une équipe de chirurgiens dévouée du CHU de Béjaia, de créer l’Association des parents et malades Spina-bifida dont il est le Président. Un seul projet lui tient à cœur à présent : voir un Centre spécialisé pour les malades Spina-bi- fida à vocation régional se réaliser à Béjaïa. «Lorsque je regarde ma fille, je me dit que je le fais pour toi, ma fille, et pour tous les enfants atteints de cette maladie», martela-t-il, contenant mal ses émotions. A ce propos, il a déclaré :

«Nous allons proposer un avant-projet de réalisation d’un centre multidisci- plinaire pour ces malades. J’ai conçu l’étude et la maquette personnellement ainsi que l’évaluation du coût de réali- sation qui ne dépassera pas 15 milliards de centime. Si l’Etat ne trouve pas d’assiette de terrain, nous sommes prêts à en proposer des terrains pour peu que

nous sommes prêts à en proposer des terrains pour peu que l’administration nous aide à mettre

l’administration nous aide à mettre en œuvre ce projet». Pour qu’en fin, les ma- lades ne seront plus obligés de parcourir le pays pour de simples examens ni de solliciter les hôpitaux étrangers pour effectuer les interventions

qu’il faut savoir qu’actuellement, les parents des malades et leurs enfants se déplacent beaucoup pour des examens et analyses qui coûtent très chers, de surcroît». Au chapitre des accessoires et le remboursement des appareils acquis chez l’Office national d’appareillage et accessoires pour personnes handica- pées (ONAPH), il dira : «Nous avons des problèmes vis-à-vis de l’ONAPH pour ce qui est de l’acquisition des équipements et accessoires pour ces handicapés. Nous militons aussi pour que ces les produits de l’ONAPH soient remboursables et livrés dans les délais». Quant au but de cette première journée sur la maladie «Spina-bifida» que l’association a organisé hier en col- laboration avec le service de neurochi- rurgie du CHU de Béjaia, le président déclara qu’ils visent la sensibilisation de la population pour faire connaître cette maladie, les informer sur les moyens de prévention. Et aussi, inter- peller les autorités afin qu’ils mettent les moyens pour soulager un tant soit peu les malades. Nordine Douici

chirurgicales. Il a indiqué aussi : «Le centre comme nous l’avons conçu aura une capacité de 20 à 30 lits. Il sera équipé d’un bloc opé- ratoire, une salle d’obser- vation, des bureaux pour les médecins spécialistes qui interviendront dans les dif- férentes étapes de prise en charge d’un malade. Parce

El Watan Bureau de BÉJAÏA

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CONDITIONS DE RECRUTEMENT

Les chômeurs demandent une enquête

L es chômeurs de Béjaia revendiquent une commission d’enquête pour mettre la lumière sur les conditions de recrutement dans les

entreprises et les administrations publiques. Profitant d’une vague de recrutement annoncée par les services des œuvres universitaire de l’Université Abderrahmane Mira, et de l’entreprise portuaire de Béjaia (EPB) ainsi que dans les autres services étatiques, une dizaine de chômeurs ont organisé en fin de semaine un sit-in devant le siége de la wilaya avant de décider de passer la nuit devant le portail pour mettre en garde contre les passe-droits et l’ambiguïté qui entour les opérations de recrutement. Ces manifestants qui sont inscrits pour la plupart, depuis 2008 à l’agence nationale de l’emploi (ANEM), ont toutes les raisons de croire que les postes d’emplois sont «distribués» en dehors des textes réglementaires. Les protesta- taires soupçonnant qu’il existe «des pistonnées» qui ont tété recrutés récemment à l’EPB, il revendique le recrutements selon l’ancien- neté des demandeurs d’emploi inscrits auprès de l’Anem. Bien que notre inscription soit plus ancienne, à savoir, depuis 2008 au niveau de l’Anem, disent-ils, les organismes employeurs recrutent les nou- veaux inscrits. Réagissant à cette question, les responsables de la direction de l’emploi ainsi que ceux de l’Anem, de l’Ansej, et de la Cnac ont promis, tous simplement, de veiller à ce que les recrute-

ments se fassent dans la transparence totale insistant sur les critères

N. D.

d’éligibilités.

ÉCOLE PRIMAIRE FRÉRE SOUMARI (BÉJAÏA)

Les élèves en danger

L es classes de l’école primaire Les frères Soumari de Béjaia sont menacés d’effondrement. Le chantier de construction d’un mur

de soutènement qui devait conforter les classes est à l’arrêt. Les der- nières fortes précipitations ont provoqué un éboulement partiel de la cours qui a failli engloutir les salles. Pas moins de 270 élèves y sont scolarisés. Evaluant le danger et face à l’immobilisme des autorités locales quant à la reprise des travaux, les parents des élèves ont rete- nu leurs enfants à la maison, de peur que les chérubins s’aventurent dans ces classes dont les murs risquent à tout moment de céder. N. D.

El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 10

INTERNATIONALE

CHRONOLOGIE

LE YÉMEN FACE AUX RÉVOLTES SÉCESSIONNISTES ET ZAÏDITES

1918

Indépendance du Yémen du Nord après le démantèlement de l’empire ottoman.

1967

Indépendance du Yémen du Sud.

MAI 1990 Unification de la République du Yémen du Nord avec le

Yémen du Sud. Le président est Ali Abdellah Saleh dirige le Yémen du Nord depuis

S urnommée à l’époque romaine l’«Arabie heureuse», unique répu-

blique de la péninsule arabique, le

1978. Yémen est confronté aujourd’hui à une

crise politique à l’issue incertaine. Outre le mouvement sécessionniste du Sud et

l’hydre Al Qaîda, la révolte des Zaïdites

ou Houthis (une branche chiite) ne fait qu’aggraver une situation déjà précaire avec la prise de la capitale, Sanaa, par ces insurgés le 21 septembre dernier. Le 7 novembre, à l’initiative des Etats-unis, le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) a pris des sanctions

contre l’ex-président Ali Abdellah Saleh et deux chefs houthis pour avoir provoqué l’instabilité du pays ; elles consistent en

l’interdiction à tous les Etats membres de l’ONU de leur délivrer des visas d’entrée. Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité, Washington a accusé l’ ex-pré-

sident Saleh d’«aller au-delà de la simple tentative de semer le chaos à travers le Yémen» en utilisant les Houthis non seulement pour «décrédibiliser le gouver-

nement, mais aussi pour créer un climat

d’instabilité propice à un coup d’Etat». Le lendemain, le président Abd Rabbo Man- sour Hadi est limogé de la direction du Congrès populaire général (CPG), parti dirigé par Abdallah Saleh. Il lui est repro- ché d’avoir sollicité l’ONU pour sanc-

tionner son prédecesseur. La situation est

suivie avec intérêt par les Etat-Unis et des pays de la région, à savoir l’Arabie Saou- dite, le Qatar et l’Iran. Abdellah Saleh est suspecté par ses adversaires d’alliance avec ses ennemis d’hier, les Houthis. Pour

preuve, l’attitude passive de ses partisans dans l’armée face à leur offensive pour la conquête de la capitale. Ce dernier a indiqué, le 24 novembre, à la chaîne de télévision égyptienne CBC Extra, n’avoir joué «aucun rôle» en la circonstance. Il a accusé son successeur d’avoir «amené» à Sanaa ces milices «pour combattre les Frères musulmans». Il a relevé ne pas vouloir combattre les Houthis auxquels il a fait la guerre pendant dix ans sous sa présidence. «Je ne suis pas contre les

1994

Guerre de sécession : le Sud perd face au Nord.

JANVIER 2009 Les branches d’Al Qaîda saoudienne et yéménite fusionnent sous l’appellation Al Qaîda dans la péninsule arabique (AQPA).

JANVIER 2011 Début de la révolte contre le président Saleh.

MARS 2012 Les insurgés houthis s’emparent de la ville de Saâda.

27 FÉVRIER 2012 Abdellah Saleh quitte le pouvoir. Abd Rabbo Mansour Hadi lui succède.

MARS 2013 Ouverture de la conférence du dialogue national sanctionnée, en janvier 2014, par un document permettant la rédaction d’une Constitution.

21 SEPTEMBRE 2014 Les Houthis s’emparent de la capitale Sanaa. Un nouveau gouvernement est formé en octobre.

7 ET 8 NOVEMBRE Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopte des sanctions contre l’ex-président Ali Abdallah Saleh. Le lendemain, le président Abd Rabbo Mansour Hadi est limogé de

la direction de son parti, le Congrès populaire général

(CPG).

Les convulsions de

l’ancienne «Arabie heureuse»

Le vent de révoltes populaires qui a soufflé en 2011 a contrarié l’ambition de Abdellah Saleh, qui s’apprêtait à modifier la Constitution pour se représenter à la présidentielle de 2013 et gouverner à vie.

à la présidentielle de 2013 et gouverner à vie. Houthis car ils sont devenus une force

Houthis car ils sont devenus une force politique dans le pays», a-t-il indiqué, appelant à «les impliquer dans les ins- tances du pouvoir». L’Arabie Saoudite s’est montrée discrète en conséquence, plutôt soucieuse d’affaiblir l’influence sur la scène politique des Frères musulmans représentés par son allié d’hier, Al Islah. Le royaume wahhabite constate à ses dépens l’ascendant de la confrérie dans les rouages du pouvoir, appuyé par le Qatar. Rivale de Riyad, Doha constitue un soutien important à cette congrégation et a condamné la destitution du président égyptien Mohamed Morsi par les mili- taires, en juillet 2013. Et la dynastie Al

Saoud a cautionné la prise du pouvoir par le général Al Sissi. Durant l’ère de Gamel Abdel Nasser, Riyad a soutenu la confrérie, adversaire du raïs. Le Yémen, de son côté, accuse l’Iran de soutenir les Houthis et le mouvement sécessionniste du Sud. En janvier 2013, les autorités yéménites ont annoncé avoir intercepté un bateau venant d’Iran, chargé d’armes des- tinées aux Zaïdites. Le 2 avril dernier, la porte-parole du ministère iranien des Af- faires étrangères, M me Marzieh Afkham, a observé que «de tels propos sont tenus alors que se poursuivent les ingérences au Yémen et les actions de certains pays de la région, qui sont contraires aux

intérêts et la sécurité de ce pays», allusion

à l’Arabie Saoudite. Elle a exhorté les

autorités yéménites à «agir sérieusement pour arrêter et punir les responsables du meurtre» du diplomate iranien Ali Asghar Assadi, tué en janvier 2014 à Sanaa, et obtenir la libération d’un autre diplomate iranien, Ahmad Nikbakht, enlevé en été 2013 dans la capitale.

SPIRALE CASUS BELLI Depuis 2004, la province de Saâda, bastion des Zaïdites, à la frontière avec

l’Arabie Saoudite, est en conflit armé avec Sanaa. Jusqu’à 2010, six guerres ont eu lieu entre les deux bélligérants. Abdellah Saleh les justifie par le fait que les Houthis veulent rétablir l’imamat aux dépens de la république. Côté Wash- ington, l’attaque du destroyer USS Cole de l’US Navy en octobre 2000 dans le port de Aden, au Sud, et les attentats du 11 septembre 2001 l’ont incité à revoir la politique régionale. Sanaa devient l’allié des Etats-Unis dans sa guerre à Al Qaîda. D’où la révolte en 2004 des Houthis, qui accusent Abdellah Saleh d’être inféodé à Washington qui a lancé un an plus tôt la seconde guerre d’Irak. Le Qatar propose ses bons offices pour trouver une issue au conflit. Cependant, la médiation de 2007 suivie d’un traité en février 2008 n’a pas empêché la reprise des combats en avril de la même année. De son côté, Riyad in- tervient militairement en novembre 2009

à Saâda. En août 2010, un autre traité est

signé à Doha entre le gouvernement et les insurgés. Le vent de révoltes populaires qui a soufflé en 2011 a contrarié l’ambi- tion de Abdellah Saleh, qui s’apprêtait à

modifier la Constitution pour se repré- senter à la présidentielle 2013 et y rester

à vie. Après avoir survécu à un attentat,

il se fait soigner en Arabie Saoudite, où il signe ensuite un accord de transi- tion qui le contraint à céder le pouvoir. Cela dit, le Yémen demeure, comme de coutume, un puzzle que chaque partie impliquée tente de reconstituer avec ses propres pièces. Amnay Idir

A. I.

Voisinage de promiscuité

Les relations entre le Yémen et le royaume wahhabite sont marquées par des discordes. En 1990, lors de l’invasion du Koweït par les forces de Saddam Hussein, Sanaa, tout en s’opposant à cette opération de conquête, a refusé d’intégrer la coalition internationale pour libérer cette monarchie.

les Zaïdites dans leur guerre contre les «républicains» de 1962 à 1970. Durant la guerre de sécession en 1994, entre le Nord et le Sud, l’Arabie Saoudite a soutenu paradoxalement les sudistes qu’elle dénonce jusque-là comme des «communistes». Le 26 février 1995, l’Arabie Saoudite et le Yémen signent

D’où l’ire de Washington et

à

La Mecque un accord suivi

Riyad. En représailles, l’Arabie Saoudite a expulsé près de 800 000 émigrés yéménites

d’une reconnaissance par Sanaa du traité de Taef. Six comités sont créés pour

 

de son territoire. Un coup dur

tracer les frontières terrestres

pour l’économie yéménite,

et

maritimes. Dix-huit mois

sevrée ainsi d’une source

après, les négociations

 

importante de devises. Pour

échouent. Le traité de Taef

Sanaa, le voisin wahhabite

a

été signé en 1934 entre

cherche à affaiblir l’unité du pays consacrée en 1990. A cela

Riyad et Sanaa. Il consacre la légitimité de l’Arabie Saoudite

s’ajoute un conflit frontalier entre les deux pays. Sanaa n’a jamais reconnu l’annexion par Riyad des provinces de Jizan,

sur les trois provinces de Jizan, Najran et de Asir conquises militairement par IbnSaoud pour les annexer à son

Asir et Najran. Et les Saoudiens ont soutenu les royalistes, dont

royaume.

A. I.

ENTITÉS DIFFÉRENTES POUR UNE UNITÉ BIAISÉE

U nifiés en 1990 les Yémen du Nord et du

dant, à l’intérieur il élimine ses opposants

le nomme en août 1982 à la commission

Sud sont entrés en guerre de sécession

et

alimente l’esprit tribalo-religieux hérité

permanente du CPG et facilite son accession

en 1994. Ce qui traduit l’échec des deux

de l’ère royaliste. Les tribus du Nord se

rôle sur le plan politique. Le président Ab-

à

la présidence de l’Assemblée nationale.

pays quant à phagocyter leurs contradictions sur la conception de l’Etat héritées du passé. Indépendant à la fin de la Première Guerre mondiale, le Yémen du Nord est dirigé par un imamat (monarchie). En 1962, le

regroupent en deux grandes confédérations, les Hashed et les Bakil, et jouent un grand

dellah Saleh les a longtemps utilisées pour se maintenir au pouvoir.

Mais dans ce jeu d’alliances, le président Saleh favorise la tribu Sanhan de la confé- dération Hashid, principalement son clan, lesAfaash. Ancienne colonie britannique, le Yémen

colonel Abdallah Al Selal renverse l’imam

A

côté des atavismes tribaux, il y a l’élément

du Sud obtient son indépendance en 1967

Mohamed El Badr. Suit une guerre civile

Monde arabe, trouvent en ce pays un autre

religieux entretenu par le parti Al Islah de

et bascule dans le camp soviétique. Ainsi,

où l’Egypte soutient les républicains et

la

confrérie des Frères musulmans dirigé

de par son histoire, le tribalisme n’a pas de

l’Arabie Saoudite les royalistes. Riyad et

par Abdellah Al Ahmar. Puissant chef de la

poids politique. Cependant, le pays vit au

Le Caire, qui se disputent le leadership du

confédération tribale des Hashed, il dispose d’une grande autorité sur la moitié du Nord

rythme des coups d’Etat et assassinats poli- tiques. Le président Robaya Ali est exécuté

âtre pour se livrer une guerre par procura-

et

de l’appui, à l’époque, de Riyad. Il s’est

en 1978 pour tentative de coup d’Etat. Le

tion. Le conflit prend fin en 1970 avec la

opposé à l’union avec le Yémen du Sud et

président Abdelfatah Ismail finit par s’exiler

proclamation de la République. Mais cela

a

entretenu des rapports conflictuels avec

à

Moscou en 1980 pour revenir en 1985. En

est loin d’instaurer la stabilité dans le pays

le

pouvoir central, sous la présidence d’Al

1986, une guerre civile éclate, opposant les

qui demeure secoué par les assassinats

Hamdi (1974-1977). Ne pouvant heurter

partisans de Abdelfatah Ismaïl et de son suc-

politiques et deux guerres contre le voisin

le

pouvoir de ce chef de tribu capable de

cesseur, Ali Nasser Mohammed. Ce dernier

du sud en 1972 et 1979. Au pouvoir en 1978, après l’assassinat d’Ahmed Al Ghachemi, Abdellah Saleh mène une politique d’équi- libre avec Washington et Moscou et de bon voisinage avec le Yémen du Sud. Cepen-

mobiliser des milliers d’hommes en armes, le président Saleh a choisi, depuis son arrivée au pouvoir, de composer avec lui. Il l’associe ainsi à la direction du pays au sein d’un Conseil consultatif créé en mai 1979,

se réfugie au Nord et son prédécesseur est tué. La découverte de gisements de pétrole dans les décennies 1980 et 1990, au Nord et au Sud, a suscité l’espoir. Mais la guerre civile de 1994 a laminé l’unité. A. Idir

El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 11

PHOTO : DR

INTERNATIONALE

FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT EN TUNISIE

Un casse-tête dénommé Ennahdha

Alors que l’élection présidentielle se dirige progressivement vers la consécration du candidat favori, Béji Caïd Essebsi, c’est la composition du prochain gouvernement qui fait polémique.

la composition du prochain gouvernement qui fait polémique. Les leaders d’ Ennahdha et de Nidaa Tounes

Les leaders d’ Ennahdha et de Nidaa Tounes ou le difficile consensus pour former le nouveau gouvernement

Tunis De notre correspondant

L a polémique créée autour du soutien de certains partis à la candidature de Béji Caïd Essebsi trouve son origine dans leur

désir d’apposer leur empreinte sur le prochain

gouvernement. Ainsi, le Front populaire conditionne son sou- tien à BCE par l’éloignement d’Ennahdha du prochain gouvernement. Slim Riahi ne voit, par contre, les islamistes que dans le camp soutenant Béji, alors que l’on commence à cafouiller du côté d’Ennahdha, où plusieurs

voix demandent à Ghannouchi la reddition des comptes. Le leader des islamistes essaie par tous les moyens de ne pas perdre contact avec Nidaa Tounes afin d’associer Ennahdha au pouvoir, d’une manière ou d’une autre. Ghannouchi est convaincu, semble-t-il, que le positionnement de son parti dans l’opposition ne saurait qu’ac- célérer l’arrivée du congrès de tous les bilans de son mouvement, celui des vingt années d’exil et des trois années de pouvoir, avec un risque évident d’implosion. Il suffit, par ailleurs, de lire la lettre du dirigeant nahdhaoui, Hédi Brik, publiée sur sa page facebook, appelant à un congrès-bilan, pour

comprendre le niveau des dissensions au sein de ce mouvement. Donc, alors que le verdict de la présidentielle n’a pas été encore prononcé, c’est plutôt la prochaine gouvernance de la Tunisie qui retient l’attention. Et c’est normal, eu égard au rôle attribué par la Constitution au gouverne- ment dans le pouvoir exécutif.

UNE MAJORITÉ À GÉOMÉTRIE VARIABLE Les avis sont partagés concernant la com- position de la majorité pour gouverner. Un premier avis dit que Nidaa Tounes dispose déjà du soutien de 120 députés à l’Assemblée des représentants du peuple, sans l’appui du Front populaire et d’Ennahdha, et que le candidat Béji Caïd Essebsi à la présidence du gouvernement peut se suffire à cette majorité pour gouverner. Un deuxième avis considère que la situation de crise, traversée par la Tunisie, impose du doigté dans la gouvernance pour éviter les secousses politiques. Et, à ce titre, il est impératif d’assurer un large consensus autour du prochain gouvernement afin qu’il bénéficie du soutien de la communau- té internationale, sans lequel la sortie de la crise ne saurait être envisagée. Une telle approche signifie qu’Ennahdha accorde son appui à ladite équipe, quitte à ce que le gouvernement soit formé de compétences nationales. La Tunisie aborde donc le deuxième tour des présidentielles alors que cette question perti- nente de la coalition gouvernementale n’a pas été encore résolue. Ce sera le premier défi posé à Béji Caïd Essebsi, actuel président de Nidaa Tounes et candidat favori à la présidence de la Tunisie. Mourad Sellami

NOUVELLES RÉVÉLATIONS DU HACKER CHRIS COLEMAN SUR LE MAKHZEN

Le Maroc, un ami discret et fidèle d’Israël

Le royaume du Maroc est classé parmi les cinq plus grands clients africains d’Israël.

L e Maroc, qui se présente comme le chantre de la cause

palestinienne, entretient en réa- lité des relations des plus amicales avec Israël. Des relations qui se si- tuent aux antipodes des intérêts des Palestiniens. C’est, une nouvelle fois, le hacker Chris Coleman, le Julian Assange marocain, qui en fait la révélation. Celui-ci vient, en effet, de publier sur son mur facebook une lettre confidentielle, datée du 18 mai 2011, du direc- teur général au ministère israélien des Affaires étrangères, Raphaël Barak, adressée à son «ami» l’ex- secrétaire général du ministère marocain des Affaires étrangères, Youssef Amrani, qui montre clai- rement l’existence de liens institu- tionnels entre le royaume du Maroc

et Israël. En plus de prouver que Rabat a ouvert depuis belle lurette son espace aérien aux avions israé- liens, cette missive confirme que la coopération entre les deux pays est, pour le moins, très dense. D’autres documents mis en ligne par Chris Coleman attestent ainsi que bien qu’il assure la présidence du Comité Al Qods et en dépit des bombardements et du blocus meurtrier de la bande de Ghaza, le Maroc continue ses échanges avec Israël. L’information vient d’ailleurs d’être corroborée par le bureau central israélien des statistiques. Le bilan des échanges commerciaux entre les deux pays pour les cinq premiers mois de l’année 2014, rendu public par cet organisme, fait même ressortir une

forte hausse des importations ma- rocaines en provenance d’Israël. Le Maroc est classé parmi les cinq plus importants clients africains d’Israël. Plus concrètement, le vo-

lume des importations marocaines d’Israël avoisine les 3,2 millions de dollars, soit environ 14% du total

de ses importations.

Ces chiffres attestent que le Maroc

a fait clairement le choix d’avoir

Israël comme partenaire écono- mique. S’agissant des exportations de marchandises marocaines vers Israël, celles-ci ont connu, par

contre, une baisse de 81%, passant

de 28,3 millions de dollars au cours

des cinq premiers mois de 2013

à 5,3 millions de dollars durant la

même période de 2014. L’orga- nisme israélien des statistiques

indique que la baisse enregistrée dans les exportations marocaines vers l’Etat hébreu peut s’expliquer par le fait que beaucoup d’entre- prises marocaines et israéliennes recourent à des canaux commer- ciaux de plus en plus complexes. En clair, il est difficile de les

retracer. La raison du recours à de tels pro-

cédés ? Ils tendraient à camoufler l’ampleur des échanges entre les deux pays, dénoncés par l’opinion publique marocaine. La gêne née de la diffusion des statistiques des échanges par les

autorités israéliennes aurait ain- si poussé les sociétés d’import-

export marocaines et israéliennes à afficher plus de discrétion dans leurs transactions. Z. C.

SAHARA

OCCIDENTAL

Abdelaziz appelle à des «mesures sévères»

L e Maroc «continue de défier ouvertement» les Nations unies et «sape» ses efforts visant à aboutir à une solution au conflit

du Sahara occidental, a regretté, hier à Alger,

le président de la RASD, Mohamed Abdelaziz.

Intervenant à l’ouverture de la 5 e conférence internationale d’Alger sur «Le droit des peuples

à la résistance : le cas du peuple sahraoui», le

président Abdelaziz a saisi l’occasion pour exhorter la communauté internationale à prendre des mesures «sévères» contre le Maroc. «C’est bien le Maroc qui refuse de recevoir l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, et de

permettre à sa représentante spéciale, Kim Bol- duc, d’entamer sa mission», a-t-il affirmé. Ainsi, selon lui, le Maroc est «responsable de crimes contre l’humanité pour avoir édifié le mur de séparation qu’il a truffé de millions de mines, interdites d’usage à l’échelle internationale».

Il a en outre réitéré son appel à l’élargissement

des prérogatives de la Mission des Nations unies

pour le référendum au Sahara occidental (Minur- so) à la surveillance des droits de l’homme dans les territoires occupés. Et tout en insistant sur

la nature «indiscutable» du droit des Sahraouis

à l’autodétermination, Mohamed Abdelaziz

a estimé que «l’acharnement du Maroc à lui

refuser ce droit et en pratiquant la répression, ne font qu’accentuer la détermination du peuple sahraoui à poursuivre son combat». «Les tenta- tives du Maroc d’imposer le fait colonial se sont avérées vaines et ont été accueillies par un refus catégorique de la part des Sahraouis», a-t-il indiqué. Le secrétaire général du Front Polisario a par ailleurs averti que la drogue en provenance du Maroc constitue une «menace réelle» pour la

paix et la sécurité dans la région, accusant le makhzen de pratiquer une «politique expansion- niste» à l’égard de ses voisins. «En raison de cette situation, le royaume marocain contribue au financement et à l’encouragement de la cri- minalité organisée et du terrorisme transnatio- nal», a-t-il mis en garde. Intervenant à l’occasion de cette conférence qui

a vu la participation de plusieurs délégationsve-

nues des quatre coins du monde, le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), Saïd Ayachi, orga- nisateur de cette manifestation, a réaffirmé le soutien «indéfectible» de l’Algérie à l’égard de la question sahraouie. Un soutien qui, poursuit-il, «est puisé de son respect à la légalité internatio-

nale et de sa culture révolutionnaire». M. Ayachi

a dénoncé l’attitude du Maroc, considérant que

«ni la fuite en avant ni le défi de la communauté internationale ne sauraient être la solution au conflit du Sahara occidental». «Seul le respect la légalité internationale doit en être l’issue juste et rapide», de ce conflit, a-t-il conclu. La présidente de la Fondation sahraouie aux USA, Suzanne Scholte, a déclaré : «C’est un

conflit terrible que nous vivons», estimant que

le peuple sahraoui est «un peuple noble qui s’est

toujours comporté de manière pacifique. Nous devons travailler tous ensemble jusqu’à ce que le peuple sahraoui soit libre». R. Beldjenna

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El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 15

MISE EN PLACE
MISE EN PLACE

SANTÉ

MISE EN PLACE DE LA STRATÉGIE NATIONALE CONTRE LE TABAGISME

Interdiction de fumer dans les espaces publics dès 2015

Une instruction du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière soumet l’ensemble des structures de santé publiques et privées à une interdiction totale de fumer dans les enceintes de l’ensemble des établissements de santé (publics et privés), y compris dans leurs locaux administratifs, techniques et de restauration, mais également l’ensemble des structures de l’administration centrale et organismes sous tutelle.

L e plan national multisectoriel de lutte intégrée contre les facteurs de risque des maladies non transmis-

sibles (MNT) 2014-2018 est sur le point d’entamer sa phase opérationnelle. La stratégie est donc axée sur quatre princi- paux chapitres, à savoir la «lutte contre le tabagisme», «alimentation et nutrition», «activité physique, sport et mobilité ac- tive», ainsi que le «cadre de coordination». Une nouvelle feuille de route pour le ministère de la Santé qui sera orientée vers des actions sur le terrain pour traquer les facteurs de risques des maladies non trans- missibles. Les établissements scolaires, les infrastructures de santé, au niveau local et national, et d’autres milieux de la vie publique seront les premières cibles. La lutte contre le tabagisme est le première action qui prendra effet prochainement à travers une campagne de sensibilision contre le tabagisme pour laquelle le minis- tère de la Santé a consacré une stratégie nationale. «En application de la décision n°4 du 14 juillet 2014 de M. le Premier ministre relative à l’installation d’un comité national de prévention et de sen- sibilisation sur le tabagisme, le MSPRH se propose d’apporter sa contribution en vue d’asseoir une stratégie nationale multisectorielle de sensibilisation contre le tabagisme», lit-on dans le document portant stratégie nationale contre le taba- gisme et de signaler que «cette décision du

Premier ministre qui constitue un exemple de responsabilité du gouvernement vis- à-vis de sa population vient renforcer et impulser la riposte nationale à cette épidémie croissante du tabagisme qui est d’ailleurs mondiale et qui constitue une menace importante pour la santé, avec des répercussions socio-économiques impor- tantes dans les prochaines années, et ce, d’autant que le tabac est la cause essen- tielle de la recrudescence des maladies chroniques non transmissibles, principale- ment les maladies cardio-vasculaires et les cancers lesquels constituent, actuellement, des problèmes majeurs de santé publique dans notre pays». Pour Smaïl Mesbah, directeur de la pré- vention au ministère de la Santé, «face à cette menace, la lutte contre les maladies non transmissibles a été érigée en priorité nationale, elle s’est traduite par l’élabora- tion d’un plan national stratégique multi- sectoriel de lutte intégrée contre les fac- teurs de risques axée sur la prévention et dont le tabagisme a été considéré comme

étant premier facteur de risques.» A cet

égard, il y a lieu de rappeler que l’Algérie s’est résolument inscrite dans la lutte contre le tabac et a ratifié la convention cadre de l’OMS de lutte antitabac en mars

2006 par décret présidentiel n° 06-120 du

12 mars 2006, comme elle a déjà entrepris de mettre en œuvre les dispositions du décret exécutif n°01-285 du 24 septembre

2001 fixant les lieux publics où l’usage du

tabac est interdit. Mais force est de consta- ter et les différentes inspections l’ont mon- tré, cette interdiction est insuffisamment respectée par les professionnels de santé, les malades, le public et par les visiteurs. Ce non-respect des instructions est d’au- tant plus inacceptable que les structures de santé aussi bien publiques que privées ont, plus que jamais, un rôle majeur à jouer dans la lutte contre le tabagisme dans la mesure où, d’une part, toutes structures de santé confondues publiques et privées doivent être des lieux d’exemplarité en matière de respect des dispositions régle- mentaires de lutte contre le tabagisme et,

régle- mentaires de lutte contre le tabagisme et, CHICHA ET CIGARETTE ÉLECTRONIQUE SERONT INTERDITES ■ La

CHICHA ET CIGARETTE ÉLECTRONIQUE SERONT

INTERDITES

La stratégie nationale de lutte contre le tabagisme prévoit des mesures d’accompagnement par la mise en place d’un dispositif d’aide au sevrage tabagique qui est actuellement en cours au ministère de la Santé. Elle prévoit également l’élaboration des textes portant interdiction de l’usage des alternatives aux cigarettes. Il s’agit de l’interdiction de la chicha et des cigarettes électroniques.

d’autre part, la crédibilité des messages de santé aux yeux du public passe par le respect par ceux-là-mêmes qui les for- mulent. C’est pour cela que le ministre de la Santé vient de signer une instruction qui soumet l’ensemble des structures de santé publiques et privées à une interdiction totale de fumer. Cette interdiction, a-t-il souligné, concerne tous les lieux des enceintes de l’ensemble des établissements de santé (publics et privés) y compris leurs locaux adminis- tratifs, techniques et de restauration, mais également l’ensemble des structures de l’administration centrale et de ses organes déconcentrés ainsi que tous les établisse- ments sous tutelle. Cette instruction vient également supprimer les emplacements réservés aux fumeurs et intégrer dans le règlement intérieur des établissements de santé les articles 8, 9 et 10 du décret exé- cutif n° 01-285 du 24 septembre 2001, qui sont en rapport avec les sanctions adminis- tratives et disciplinaires encourues en cas d’inobservation de ces règles. Parallèlement, et en application de la décision n°4 du 14 juillet 2014 de M. le Premier ministre relative à la mise en place d’un comité national de prévention et de sensibilisation sur le tabagisme, une stra- tégie nationale multisectorielle de sensi- bilisation contre le tabagisme a été arrêtée. Djamila Kourta

P r NOUREDDINE ZIDOUNI. Pneumologue*

«Des caravanes vont sillonner le pays pour informer sur les méfaits du tabac»

Propos recueillis par Djamila Kourta

Le tabac est responsable de 30% des cas de can- cer enregistrés chaque année enAlgérie, soit 90% des cancers bronchiques. Confirmez-vous cela ? Il s’agit de l’estimation la plus proche de la réalité. Effectivement, le tabagisme est responsable d’une ma- jeure partie des cancers toutes localisations confondues, mais le cancer bronchique reste le plus fréquent. L’Algérie, signataire de la convention-cadre de lutte contre le tabagisme de l’OMS, est déterminée désormais à mener une lutte sans merci contre le tabagisme dans le cadre du Plan cancer pour la période 2015-2019, bien que des lois existent déjà depuis plusieurs années. Quelles sont les mesures prises à ce jour ? L’interdiction de l’usage du tabac dans les lieux publics a fait l’objet du décret exécutif n° 01-285 du 24 septembre 2001. De plus, la convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac a été ratifiée par notre pays par dé- cret présidentiel n° 06 - 120 du 12 mars 2006. Force est de constater que cet arsenal juridique n’a pas permis de lutter efficacement contre ce fléau qu’est le tabagisme. C’est pourquoi a été créé en juillet 2014 un comité national de prévention et de sensibilisation sur le tabagisme auprès du Premier ministre. Ce comité, que j’ai l’honneur de présider, a déjà tenu deux séances de travail et émis un certain nombre de recommandations par tous les secteurs participant à ce comité, à savoir la Santé, l’Intérieur et les Collectivités locales, la Justice, les Affaires religieuses, le Commerce, les Transports, le Travail, l’emploi et la Sécurité sociale, la Solidarité, la Jeunesse et la Communication. Ce comité doit s’étendre au secteur de l’Education nationale, l’Enseignement supérieur, la Formation professionnelle. Concernant l’action concertée du Plan cancer et du comité sectoriel

sur le tabagisme, il a été décidé d’adapter les actions contenues dans le «Plan national multisectoriel de lutte intégrée contre les facteurs de risques des maladies non

transmissibles «qui reflètent les grandes lignes de lutte contre le tabagisme. Ces actions se déclinent en quatre objectifs :

- Renforcer la législation et la réglementation antitabac en conformité avec les dispositions de la convention- cadre de la lutte antitabac.

- Créer un environnement favorable pour réduire le

tabagisme.

- Offrir une aide au sevrage tabagique.

- Mettre en place un système de surveillance du taba-

gisme. Ces actions seront menées dans le cadre du Plan can- cer pour la période 2015-2019 conjointement avec les actions préconisées par le comité sectoriel de sensibilisa- tion sur le tabagisme. Vous présidez le comité sectoriel de lutte contre le tabagisme rattaché au Premier ministère chargé de la mise en œuvre des recommandations du plan national de lutte contre le tabagisme qui sera lancé en 2015. Qu’en est-il exactement ? Le comité national de prévention et de sensibili- sation sur le tabagisme a émis des recommandations auprès du Premier ministre qui seront mises en œuvre en 2015. Ces actions portent essentiellement, au départ, sur la plus large sensibilisation possible sur les méfaits liés au tabac en direction du large public en général et des couches les plus vulnérables de la population en parti- culier. Les diverses enquêtes menées ont montré que le début de l’intoxication tabagique commence à l’adoles- cence, mais qu’il existe une tendance à la diminution de la consommation tabagique après 50 ans. Cette stratégie d’information et de sensibilisation du public portera sur les risques et les dangers pour la santé de la consomma- tion de tabac, et l’exposition à la fumée de tabac. Les

catégories de population ciblées par cette stratégie sont : les adolescents et les jeunes, les adultes, les femmes (surtout les femmes enceintes), les personnels des administrations publiques, les travailleurs des secteurs publics et privés, les éducateurs des milieux sociocultu- rels, religieux, sportifs et les professionnels de la santé.

Quelles seront les mesures strictes dont vous

avez déjà parlé qui seront appliquées dans un premier temps, et commentcomptez-vous convaincre

lesAlgériens ?

Les principales mesures issues des recommanda-

tions du comité consistent avant tout à élaborer des

textes réglementaires et définir le cadre juridique par

chaque département ministériel composant ce comité sectoriel applicable dans chaque secteur. Ces mesures devront tenir compte de la préservation des libertés individuelles dans un cadre organisé. Des mesures spécifiques sectorielles concernant les lieux publics figurent parmi les recommandations proposées, telles les hôpitaux sans tabac, les transports sans tabac, les contributions des personnels médicaux de la sécurité sociale, l’information et la sensibilisation au niveau des infrastructures de jeunesse et des ONG actives dans la protection de la jeunesse, l’implication des associations de protection des consommateurs, l’association des mé- decins des structures pénitentiaires à la sensibilisation en milieu carcéral, des actions spécifiques de solidarité, l’élaboration de messages audiovisuels, l’association de partenaires des médias audiovisuels et l’utilisation des réseau sociaux. Des caravanes de sensibilisation impliquant des acteurs d’horizons divers, professionnels et partenaires de santé vont sillonner le pays pour mettre en œuvre cet immense challenge qui est d’informer et de persuader les populations de ne pas s’adonner à cette addiction qu’est le tabagisme et les fumeurs d’arrêter de

D. K.

fumer.

*Chef de service au CHU de Beni Messous et président du comité national de prévention et de sensibilisation sur le tabagisme.

UNECAMPAGNE DE SENSIBILISATION POUR DESMILIEUX DE VIE SANS TABAC

Le ministère de la Santé s’apprête àlancer prochainement unelarge campagne de sensibilisation du grand public contre le tabagisme. Elleporteraprincipalement sur les risques et les dangers pour la santé que représentent la consommation de tabac, l’exposition à la fumée de tabac et sur les avantages liés à l’arrêt du tabac et d’un mode de vie sans tabac. Elleviseraàpermettreune réelle prise de conscience de ces risques afin d’éviter la première cigarette, ou inciter à l’arrêt de la consommation du tabac. Le but de cettecampagneest l’amélioration de la santé de la population par la réduction de la morbidité et de la mortalité liées à la consommation de tabac, réduire la prévalence du tabagisme dans la population générale, augmenter la proportion de la population connaissant les méfaits du tabac, renforcer les capacitésdesacteursimpliqués dans la lutte antitabac, et enfin le rappel de l’interdiction de fumer qu’il y a lieu de respecter et de faire respecter : dispositions du décret exécutif n°01-285 du 6 Radjeb 1422 correspondant au 24 septembre2001, fixant leslieux publics où l’usage du tabac est interdit et les modalités d’application de cette interdiction: affiches, spots autocollants. Comme il est aussi recommandéd’utiliser desimages choc et consacrer 50% de la surface du paquet de cigarettes aux mises en garde sanitaires avec imageschoc: «Mesurequi s’est révéléeefficacepourencourager les fumeurs à renoncer au tabac et àdissuaderlesnonfumeursà entrer dans le tabagisme, d’autant qu’ellessont d’unrapport coût- efficacitéétant donnéquelesfrais d’impression sont à la charge du fabricant de tabac», relève la direction de la prévention et de la promotion de la santé. Seront concernéspar cettecampagneles adultes, les adolescents et les jeunes, les professionnels de la santé, lestravailleursdessecteurs publics et privés, les femmes (surtout lesfemmesenceintes), les éducateurs: religieux, sportifs, culturels, et les personnels des administrationspubliques. Cette interdiction de fumer s’appliquera en fait dans les établissements de santé: «Hôpital sanstabac»; les établissements de formation et d’enseignement : «Ecole sans tabac» ; «Université sans tabac» ; les transports :

«Transport sans tabac» ; les lieux de travail : «Administration sans tabac» ; «Entreprises sans tabac» ; les stades : «Stade sans tabac» ; les grandes surfaces et

les locaux commerciaux.

D. K.

PHOTOS : D.R.

El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 17

CULTURE

REMILA TASSADIT. Metteur en scène

«Sauvegarder tamazight à travers la création artistique»

Entretien réalisé par K. Smaïl

On dit de vous que vous êtes la plus jeune metteur en scène d’Algérie En effet, c’est une vérité ; au-delà du fait que ce titre m’honore, il est surtout une responsabi-

lité. L’histoire retiendra pour ou contre nous la qualité de notre implication dans ce domaine. L’artiste et/ou le créateur est aussi porteur du message des jeunes qui luttent pour avoir leur place dans la société. Nous nous efforçons aussi de donner une image réelle de la femme créa- trice, notamment à travers le théâtre, «le père des arts». Alors que les dramaturges montent des pièces pour adultes, vous vous êtes versée dans celui des enfants ; pourquoi ?

Il y a, à mon avis, un besoin impérieux, sinon

vital d’investir dans le théâtre pour enfants, et ce, au regard du peu quantitatif et qualitatif que produisent les théâtres, les associations et les coopératives engagés dans ce créneau. D’autant plus que le théâtre est le creuset où se retrouvent autant d’arts qui concourent à élever le niveau culturel, cultiver le sens du beau et la sensibi- lité de l’enfant, à travers la scénographie, la réalisation et le jeu des acteurs. L’investissement s’impose aussi du fait du développement des nouvelles technologies, dont l’enfant constitue un enjeu par des offres, dont la qualité et les objectifs vont parfois à l’encontre de ce que nous citions précédemment. La responsabilité des artistes et des créateurs est entièrement engagée ! C’est une forme de pédagogie ? A l’école par exemple ? Oui, c’est aussi une méthode pédagogique utilisée par des pays développés dans leur pro- gramme d’éducation. Nous devons réhabiliter le théâtre pour enfants et lui donner sa place à

le théâtre pour enfants et lui donner sa place à l’école. Il s’agit de semer cette

l’école. Il s’agit de semer cette graine de l’amour du beau, du goût artistique chez nos enfants. Ils constitueront le public connaisseur et exigeant de demain ! Vous écrivez accessoirement des textes pour le public comme la pièce Khalidoune La spécialisation dans un segment donné est une excellente chose, mais il ne s’agit pas de se couper des autres créneaux. Certes, j’ai un public important dans le théâtre pour enfants, mais cela ne m’a pas empê- chée d’expérimenter l’écriture pour les adultes à travers Khalidoune. Les échos et comptes rendus favorables de la presse constituent pour moi un encouragement à aller de l’avant dans la forma-

tion et l’expérimentation qui restent vitales dans ce domaine. Quelle est la différence entre les deux écri- tures, juvénile et adulte ? L’écriture pour enfants est plus difficile et plus exigeante. L’enfant a besoin d’émerveille- ment pour développer son imaginaire, mais il faut tenir compte des exigences psychologiques, éducationnelles qui nous interpellent durant notre acte de création. J’y suis particulièrement sensible, d’autant plus que je suis mère de trois enfants. Quant au théâtre pour adultes, il a sur- tout besoin d’une construction dramaturgique exploitant au mieux les techniques et les arts mobilisés à cet effet au profit du texte. Votre ambition porte aussi sur la promo- tion du théâtre en tamazight Tamazight est notre identité avant d’être notre langue. Il est vital de la sauvegarder et de la développer, notamment à travers la création artistique et culturelle. Depuis ma jeunesse, j’ai toujours milité pour la cause amazighe aussi bien dans diverses associations qu’à travers l’action culturelle. Actuellement, je travaille sur une nouvelle création en arabe et en tamazight destinée aux enfants, elle s’intitule Ser Djedi (Le secret de mon grand-père) et sera réalisée au théâtre de Béjaïa qui est ma première école du temps du théâtre amateur et vers lequel je suis retournée et où j’exerce mon métier depuis une dizaine d’années. Vous avez une autre passion pour le cinéma ? Le cinéma et la télévision sont l’autre monde qui m’a accueillie et où à la fin de mes études à l’institut de Bordj El Kiffan j’ai eu quelques expériences avec plusieurs réalisateurs, dont Dahmane Ouzid, Bachir Derais, Lamine Merbah, Larbi Lakhel… K. S.

JOURNÉES NATIONALES DU COURT MÉTRAGE DE SIDI BEL ABBÈS

J’existe, prix de la meilleure œuvre

Le documentaire J’existe, du cinéaste Mohamed Mohamdi, a remporté le prix de la meilleure œuvre aux premières Journées nationales du film du court métrage de Sidi Bel Abbès, clôturées jeudi dernier.

C court métrage de 4 minutes, projeté en clôture à la salle de cinéma Amarna (ex-Olympia), raconte l’histoire d’un jeune handicapé,

amputé d’une jambe, victime d’une mine antipersonnel semée par le colonisateur français. Le jury, présidé par le cinéaste Mellak Djillali, a décerné le deuxième prix au documentaire El Aar, réalisé par Khaled Bounab d’Alger, et le troisième à Rendez-vous, du cinéaste Mokhtar Sofiane de Sidi Bel Abbès. Wech N’dir, de Zoubiri Mounir d’Alger a,

par ailleurs, remporté le prix spécial du jury. J’existe participera en

e

mars 2015 au Festival du Cinéma et handicap, en France, selon l’APS. Selon le président de l’association «Cinéma, jeunesse, création», Larbi Hamid, les trois lauréats de cette édition participeront, en avril 2015, au Festival international du film à New York. Les premières journées nationales du film de court métrage, organisées par la direction de la culture en collaboration avec l’association Cinéma, jeunesse, créa- tion ont vu la participation de cinéastes venus de 15 wilayas du pays. M. Abdelkrim

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BLOC-NOTES

CINÉMA

*5

e édition du Festival international du

cinéma d’Alger (FICA) dédié au film engagé, aura lieu du 12 au 18 décembre

2014, à la salle El Mougar. Madame Zehira Yahi est la commissaire du festival.

Aujourd’hui

10h : Rencontre des réalisateurs avec la

presse et le public 15 h : Concerning Violence (Suède) – 116

min

17h : Nelson Mandela : the myth and me

(Afrique du Sud – Allemagne) – 86 min 19h30 : Eyes of a thief (Ouyoun El Haramiya) (Palestine) – 98 min

of a thief (Ouyoun El Haramiya) (Palestine) – 98 min Demain 10h : Rencontre des réali

Demain

10h : Rencontre des réalisateurs avec la

presse et le public. 15h : Braddock America (France) – 101

min

17h : Examen d’Etat (France, Congo) – 92

min

19h30 : Les sœurs quispe (Chili /

Argentine / France) – 80 min *Institut français d’Alger

7, rue Hassani Issad

Tél : 213 (0) 21 73 78 20/21 Mercredi 17 décembre de 15h à 18h30

A l’affiche, le film 9 mois ferme, d’Albert Dupontel (France, Comédie, 82’, 2013) .

Avec Sandrine Kiberlain, Albert Dupontel, Nicolas Marié…

MUSIQUE

Institut français d’Alger

7, rue Hassani Issad

Tél : 213 (0) 21 73 78 20/21 Jeudi 18 décembre à 19h30

Spectacle «Claude Nougaro, le petit

taureau»

Entrée sur carte d’accès.

HOMMAGE

A Mahieddine Bachtarzi à l’Ecole de

journalisme

L’Ecole nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information (ENSJSI) organisera un événement culturel sous le thème : «Le texte humoristique engagé, et ce, à l’auditorium n°1 de l’école, demain lundi 15 décembre 2015. Un hommage sera rendu à Bachtarzi.

et ce, à l’auditorium n°1 de l’école, demain lundi 15 décembre 2015. Un hommage sera rendu

El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 21

CULTURE

FOLIO

FOLIO
FOLIO

L’oiseau qui a perdu ses ailes

Par Djilali Khellas

O n se demande

après la lecture

de L’oiseau qui

a perdu ses ailes

si, chez Moncef

Nourani (1) , la mort délivre, et

la folie n’est pas interpla-

nétaire. En effet, le décor de ce roman pousse l’absence jusqu’à la complicité. A vrai dire, on ne sait si la ville de Bakoucha existe. Elle est dessinée et non peuplée. Les boulevards et les rues n’ont

pas d’autre raison d’être que de servir aux foulées du per- sonnage principal (Abd El Wadoud). Les habitants se terrent et l’éclairage est in- terrompu assez tôt pour que l’assassin puisse vaquer à ses rendez-vous. Un restau- rant peuplé de larves libi- dineuses, une mosquée sans

style, une villa qui en a trop

un chantier de construc-

et

tion abandonné. Tels sont les horizons fantastiques et étri-

qués que Moncef Nourani

a fait surgir pour permettre

à ses personnages de jouer

aux quatre coins de la déso-

si

lation désertique. Ce roman, L’oiseau qui a perdu ses ailes, se réclame d’une représenta- tion monstrueuse de la fata- lité. La passion confisque les protagonistes et les dévore en vase clos, sans accepter d’être détournée ou canalisée. Un vague réceptionniste épris d’une jeune blanchisseuse que se partage la clientèle d’un restaurant attenant à l’hôtel où il travaille, tel est la trame du roman de Moncef Nou- rani. La fille, peu flattée de sa conquête et qui n’avait jamais cru qu’un amant de cœur pût prendre l’aspect d’un quadragénaire un peu voûté, maladroit et embarrassé de ses mains, se contente assez mal de ce que le sort lui envoie. Facile avec ceux qui la paient et qui n’ont d’autre existence à ses yeux que celle que leur confère leurs verse- ments, Hassina exaspère Abd El Wadoud par ses réticences et sa coquetterie, jusqu’au jour où, tel un galant de répertoire, il crochète après maintes ten- tatives la fenêtre de sa bien-

aimée. Il s’écorche les mains mais trouve la chambre vide.

Il s’écorche les mains mais trouve la chambre vide. Hassina a renoncé, en effet, à servir

Hassina a renoncé, en effet, à servir d’enseigne au restau- rant de l’entremetteuse. Il em- porte une serviette après avoir fourragé dans le lit qu’il laisse ensanglanté. Après quelques heures de vagabondage, il ren- contre Hassina dans une ruelle mal éclairée. Au comble de la surexcitation, et sans vouloir l’entendre, il la projette vio- lemment sur le sol, la roue de coups et lui déchire le visage au moyen d’une branche d’oli- vier. Croyant avoir assassiné Hassina, Abd El Wadoud tue, pour de bon cette fois, un enfant (10 ans) inoffensif qui passait et qu’il prend pour un mouchard, puis il va méditer jusqu’à l’aube dans un chan- tier de construction abandon- né. Les mois passent, Hassina défigurée est retournée chez madame Niferri, la patronne

de l’hôtel-restaurant, qui a promis à sa clientèle la guéri- son prochaine de sa locataire. Abd El Wadoud, que l’on n’a pas encore arrêté, revient rôder sur les lieux de son crime. «Un client du restaurant» le sur- prend un jour et court aussitôt le dénoncer à la police. Une fin presque classique. Tous les personnages de L’oiseau qui a perdu ses ailes exsudent leur atmosphère comme la seiche son encre. Ils jouissent, entre autres effroyables immunités, de n’offrir aucune place au rachat. Cependant, le roman est bien mené. Le suspense est assuré par cette fuite en avant d’Abd El Wadoud et par une enquête policière maîtrisée de bout en bout par le romancier . D. K. 1)- Ecrivain tunisien de langue arabe.

RENCONTRE À L’ENSJSI

RENCONTRE À L’ENSJSI
RENCONTRE À L’ENSJSI
RENCONTRE À L’ENSJSI

Achewiq, chant des femmes-courage

Les moins de 20 ans ne connaissent pas achewiq, chant ancestral des femmes kabyles. Pourtant, ce sont des jeunes, dont l’âge n’excède pas la trentaine, qui ont décidé d’organiser un hommage aux femmes qui ont pu résister à la société sclérosée de leur temps, en faisant entendre leur voix. Dans tous les sens du terme. Des étudiants de l’Ecole de journalisme et des sciences de l’information (ENSJSI) ont, en effet, organisé un après-midi festif où furent évoqués ce genre musical et ses adeptes. Parmi les invités venus parler de leurs parcours, figuraient Djida Tamechtouht, qui a côtoyé les plus grandes voix de ce genre musical, telles que Cherifa et Hnifa, mais aussi des artistes plus jeunes, Djamel Kaloun et Amel Zen. La spécialiste du genre, Khadidja Djama, voix très appréciée des auditeurs de la radio Chaîne II, était aussi de la partie. Elle a évoqué doctement le parcours de ces femmes kabyles qui ont perpétué, sans trop se soucier des qu’en-dira-t-on, ce chant traditionnel. Sous la houlette de leur enseignant, Khaled Lalaoui, lui-même féru de musiques du terroir, Yacine Bellik, Kamylia Harouni, Ferka Ouardia et Yagoub Meriem, inscrits au Master 2 dans le cadre d’un module intitulé Socio-culturel, ont projeté au début de la rencontre un court reportage où il est dit en substance que achewiq (littéralement prélude) est l’«apanage» des femmes kabyles qui exprimaient par des textes simples, quelquefois sans accompagnement musical, leurs joies et leurs peines. Les temps n’étaient pas faciles pour ces femmes qui ont décidé d’affronter les leurs, mais pas seulement. Parmi les figures qui ont su «universaliser» ce genre, il est impossible de ne pas citer Taous Amrouche, dont la voix a empli l’auditorium de l’école. La cantatrice, écrivaine issue d’une famille de lettrés (Fadhma sa mère, mais aussi Jean El Mouhoub), n’a pas seulement affronté le milieu où elle vivait, mais aussi les institutions qui voulaient réduire au silence une voix contestataire. Elle était interdite de scène lors du Panaf de 1969. Le mode d’expression des femmes kabyles est identique à celui interprété à Ghardaïa (Izlem), à Tamanrasset (Ahellil), à Sétif (Sraoui) ou encore à Tipasa et le mont Chenoua (Daynen). Intervenant à la fin pour remettre des trophées aux participants, le professeur M. Benzaoui, directeur de l’ENSJSI, rappelle les valeurs que s’efforce d’ancrer son établissement, à savoir partage et altérité. L’école de l’ex-ITFC organisera, demain, une rencontre sur le texte humoristique engagé. Un hommage sera rendu à Mahieddine Bachtarzi, né un

15 décembre 1897.

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El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 22

CONTRIBUTION

AHMED HADDANOU, DIT EL KABA

Un des chevaliers de l’ombre

AHMED HADDANOU, DIT EL KABA Un des chevaliers de l’ombre Par M’hamed Bacha Tazir PHOTO :

Par M’hamed Bacha Tazir

PHOTO : M. SALIM
PHOTO : M. SALIM

I l y a un peu plus de 2 ans, le 11 juin 2012, dis- paraissait à jamais, à l’âge de 86 ans, un des soldats de l’ombre de la résistance algérienne, le militant nationaliste Haddanou Ahmed, dit El Kaba. Nous habitions le même quartier, le célèbre boulevard Cervantès, sur les hauteurs de Belcourt, actuellement Belouizdad. Avant le débarquement des forces alliées en Afrique du Nord le 8 novembre 1942, nous, les jeunes de l’époque, sortions à peine de l’adolescence, mais étions animés d’une farouche volonté de nous émanciper. Aussi, nous sentions la nécessité impérieuse de nous organiser. Ce fut là l’origine de la création du Comité de la jeunesse de Belcourt (CJB) durant les années quarante du siècle dernier. Au sein de ce comité, j’avais la responsabi- lité du district du Bd Cervantès. Ahmed El Kaba en faisait partie avec Abdelkader Bouda. Rapidement, notre organisation prenait de l’ampleur. Nos réu- nions se déroulaient parfois dans la fameuse grotte de Cervantès, parfois dans la forêt des Arcades toute proche. En 1943, sous la pression des Alliés, la France fut contrainte de fermer le camp de concen- tration de Djenane Bourezg où était enfermé Si Ahmed Bouda. Libéré, Si Ahmed Bouda, qui gérait une petite crémerie dans le quartier, nous réunissait dans la soupente de son petit magasin. Ahmed El Kaba habitait le même immeuble que Si Ahmed Bouda au 8 Bd Cervantès. Quelques mois avant son décès, El Kaba accorda un entretien à une radio péri- phérique d’Alger, entretien au cours duquel il révèle un grand nombre de faits et d’événements qui se déroulèrent avant et pendant la période de la guerre de Libération nationale. Il rend alors hommage à certains militants d’alors, véritables «chevaliers de l’ombre» du Mouvement national et de la résistance. Il commença à rendre un vibrant hommage au grand militant Radjef Belkacem, ainsi qu’à Fillali Embarek et Cheikh Banoune qui furent pour lui une école du sacrifice et du dévouement pour la cause nationale. Il les avait côtoyés lors de son affectation en France par le parti. En effet, Radjef Belkacem jouissait parmi les militants et la direction du parti de considération et de respect. Je me rappelle que lors du premier congrès du PPA à Alger, les 15 et 16 février 1947, congrès qui créa l’Organisation spéciale (l’OS), branche armée du parti, les séances se déroulaient sans interruption sous la présidence de Messali. Celui-ci, lorsqu’il était contraint de se retirer momentanément, cédait la présidence de la séance à Radjef Belkacem. Ce qui prouve l’estime et la haute considération dont jouissait ce dernier auprès de tous les congressistes. Aussi, El Kaba avait une admiration sans borne pour Radjef Belkacem auquel il rendra un vibrant hommage. Adhérent de l’Etoile nord-africaine (ENA), membre du comité de direction en 1937 et membre fon- dateur du Parti du peuple algérien (PPA), Radjef Belkacem, après l’indépendance, s’occupa des enfants de chouhada. Il est mort dans l’anonymat total. El Kaba évoqua également deux autres figures du nationalisme algérien : Fillali Abdellah dit Embarek dit El Kheffif et Bannoune Akli. Fillali Abdellah est natif de la région de Collo. Il passe sa jeunesse à Constantine. Chassé par le chômage, il s’installe en France en 1934 et adhère à l’Etoile nord-africaine dont il sera membre de la direction dès l’année 1936. Après la dissolution de ENA, il participe à la création du Parti du peuple algérien

(PPA). Il accompagna Messali à la préfecture de police de Paris pour déposer les statuts du nouveau parti le 11 mars 1937. El Kaba rappelle, ce que peu de personnes savaient, que Fillali qui avait la res- ponsabilité de l’Organisation du PPA en Oranie à la fin de l’année 1945 et que, déguisé en paysan maro- cain, il assista à son propre procès au tribunal de Saïda, alors qu’il est déclaré en fuite. Le tribunal le condamne à mort par contumace. Le parti lui confia par la suite la responsabilité de son imprimerie clandestine. Cette imprimerie, révèle El Kaba, était située à El Kadous, près de Birkhadem, dans la cave du directeur français de l’époque du Crédit lyonnais. Le gardien du domaine, Si Hassen, avait mis la cave de cette villa à la disposition du parti. Autre figure du nationalisme algérien qui eut une forte influence sur El Kaba lors de son séjour en France en qualité de responsable régional du PPA, dans la région de Marseille, c’est le militant Banoune Akli dit Cheikh Banoune. Ce dernier, né présumé en 1889 en Kaby- lie, s’expatrie en France en 1916 à la recherche du travail. Il est recruté comme ouvrier pour remplacer les travailleurs français envoyés combattre sur le front. Après la Première Guerre mondiale, il reste en France et s’y établit. Benoune Akli rencontre Si Djilani et participe à la première réunion qui, le 16 mai 1926, décide la création officielle de l’Etoile nord-africaine (ENA). Il est membre de son comité central. Après la dissolution de l’ENA en 1929, il refuse la tutelle du parti communiste français (PCF) et suit le groupe qui se constitue autour de Messali. En mai 1933, l’ENA est relancée et c’est Banoune Akli, membre du comité de direction, qui met son local à la disposition de l’Etoile après que celle-ci ait été chassée d’un immeuble appartenant à un grou- pement de coopérateurs à direction communiste. La majorité de son temps est consacrée à l’activité de l’ENA. Il lui est arrivé de louer à ses frais un car pour emmener les travailleurs, le 18 octobre 1934, à un meeting. Pendant la Seconde Guerre mondiale, après avoir été arrêté à plusieurs reprises, il fut dirigé vers un camp de concentration en France puis trans- féré en Allemagne en mai 1944. Libéré en juin 1945, il rejoint le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD). Vieux militant courageux, pionnier de la lutte pour la libération de l’Afrique du Nord, Cheikh Bannoune est mort à Alger en 1983 dans l’anonymat le plus complet. Ahmed El Kaba, dans son entretien à la radio, déplore vivement la méconnaissance de l’Algérie indépendante et notamment les autorités officielles de la valeur et des sacrifices de ces pionniers du XX e siècle de la lutte du peuple algérien pour sa libération des griffes du colonialisme français. El Kaba se rappelle que tout jeune, il accompagnait Si Ahmed Bouda dans ses tournées le soir, soit pour des réunions clan- destines, soit à des fêtes de mariage où Si Ahmed Bouda ne manquait jamais de prendre la parole pour faire passer le message afin que le peuple algérien s’organise pour la lutte contre le colonialisme fran- çais. A cette époque, les maquisards de la Kabylie se réfugiaient à Alger, notamment à Belcourt où ils étaient comme des «poissons dans l’eau». Parmi ces glorieux maquisards, il y avait particulièrement Krim Belkacem et Amar Ouamrane. A propos du défilé du 1 er mai 1945 organisé par le PPA à l’occa- sion de la fête du travail, El Kaba rappelle que les instructions du parti étaient catégoriques : «Ne pas avoir même une épingle dans la poche». Les mots d’ordre étaient : «Libérez Messali», «Libérez les détenus politiques». Au cours du défilé, El Kaba se trouve au 2 e rang derrière El Ghazali Belhaf- faf qui était à la tête du cortège. Une brigade de police arrive et tente de bloquer le cortège. Belhaf- faf brandit alors le drapeau algérien et crie : «En avant !». La police française réagit violemment et commençaàtirer. Belhaffaftombalepremier, suivide Boualemellah Ahmed dit Gada, du boulevard Cer- vantès et Abdelkader Ziar, de Saint Eugène (actuel- lement Bologhine). Il y eut des dizaines de blessés. Une semaine après à Sétif, le 8 mai 1945, le même scénario s’est reproduit mais avec une ampleur ter- rifiante. Un simple défilé pacifique pour célébrer la victoire des armées alliées sur le nazisme, à laquelle des milliers d’Algériens ont participé, a été transfor- mé par les tenants du colonialisme en un massacre épouvantable à Sétif, Guelma et Kherrata, se soldant par la mort de plus de 45 000 Algériens assassinés par les colons, les soldats français et sénégalais, ainsi que des miliciens locaux. La première victime fut le jeune scout Saal Bouzid qui portait le drapeau

algérien. Il fut abattu froidement par le commis- saire de police de Sétif parce qu’il a refusé de se dessaisir du drapeau qu’il portait en tête du cortège. D’ailleurs, quelques jours avant ce massacre épou- vantable, lors de notre procès devant le tribunal militaire de la rue Cavaignac, le 4 mai 1945, le com- missaire du gouvernement de l’époque, le capitaine Difranco, requit contre nous des peines de travaux forcés à temps en évoquant la tuerie du 1 er mai 1945 de la rue d’Isly (actuellement Larbi Ben M’hidi). «Le sang a coulé dans les rues d’Alger, cria-t-il et parmi les responsables, vous en avez certains devant vous !», en pointant le doigt vers nous qui étions sur le banc des accusés avec un regard plein de haine. Si Ahmed Bouda fut condamné à 20 ans de travaux forcés par contumace, Tazir M’hamed Bacha à 12 ans de travaux forcés, et Stamboul Nourredine à 10 ans de la même peine, avec pour tous les condam- nés confiscation des biens présents et à venir. En septembre 1948, raconte El Kaba, il est contacté par Aït Ahmed qui lui demande s’il dispose d’armes de poing. Suite à sa réponse affirmative, il lui annonce que Ouali Bennaï, alors grand responsable PPA de la Kabylie, vient d’être arrêté à Oran. Et que cer- tainement il sera conduit à Tizi Ouzou par la PRG qui le fera transiter par la préfecture d’Alger, siège de la police des renseignements généraux, dirigée à l’époque par le commissaire divisionnaire Costes et son adjoint le commissaire Touron. Aït Ahmed insiste pour que Ouali soit absolument libéré par tous les moyens, soit à la rentrée, soit à la sortie de la préfecture d’Alger. El Kaba fit appel à deux mili- tants du PPA connus pour leur courage et leur témé- rité : Abdelkader Bouda, neveu de Si Ahmed Bouda, et Abdelkader Taglit. Le jour venu, le petit groupe s’installa sur la Rampe Bugeaud, (actuellement Bd Ben Boulaïd), face à l’entrée de la préfecture, prêt à entrer en action pour libérer Bennaï Ouali. Après plusieurs heures d’attente, ils voient arriver vers eux, d’un pas nonchalant, Aït Ahmed qui leur annonça que Si Ouali a été conduit directement d’Oran à Tizi Ouzou. El Kaba rappelle qu’à l’époque, Aït Ahmed était responsable de l’Organisation spéciale (l’OS), mais il s’était abstenu d’avoir recours à cette organisation pour une simple action ponctuelle, réservant l’implication de l’OS pour l’avenir, c’est- à-dire le déclenchement de l’insurrection à l’échelle nationale.

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES FRANÇAISES DE 1946 La décision du parti de participer aux élections législatives françaises de 1946 a semé le désarroi au sein des jeunes militants organisés, structurés et aux- quels les dirigeants ont toujours prôné la préparation de l’action directe armée, voilà qu’on nous propose la voie des élections malgré le fait du trucage érigé en institution par l’administration coloniale, pour le deuxième collège réservé aux «indigènes». C’est alors que les responsables du parti nous ont expliqué que cette participation nous permettra de «dénoncer les Français chez eux». En militants disciplinés, continue El Kaba, nous nous sommes engagés dans cette bataille électorale. Malgré les pressions, les menaces et tous les moyens d’intimidation d’une administration omniprésente et omnipotente, aidée par les béni oui-oui, le parti a quand même réussi à arracher cinq sièges de députés. Au Parlement fran- çais, à l’occasion du débat sur le statut de l’Algérie en novembre 1946, nos cinq représentants n’ont pas manqué de «dénoncer les Français chez eux». L’intervention la plus impressionnante et la plus pa- thétique qui a galvanisé toute la jeunesse algérienne de l’époque fut celle du docteur Mohamed Lamine Debaghine, député de Constantine. Il a débuté son discours ainsi : «Mesdames, Messieurs. Mes collègues du groupe pour le Triomphe des libertés démocratiques en Algérie, qui m’ont précédé à cette tribune, ont amplement démontré, s’il était encore besoin de le faire, que la colonisation a été pour notre malheureux pays une véritable catastrophe, et ceci à tous les points de vue. Mais ce serait une très grande erreur de croire, par exemple, que le désir d’indépendance du peuple algérien provient unique- ment du fait que la colonisation n’ait pas réussi au sens matériel du mot. Cela signifierait, par exemple, que si la colonisation s’était traduite dans le domaine matériel par une amélioration du standing de vie de la population musulmane, cela nous aurait peut-être amené à concevoir de bonne grâce la perte de notre personnalité, de notre souveraineté, de

notre culture. Il n’en est rien. Quand bien même la France aurait réalisé des merveilles dans ce qu’elle appelle sa colonie d’Algérie, quand bien même toutes les faussetés qu’on colporte à l’avantage de la colonisation seraient vraies, quand bien même le peuple algérien, de misérable qu’il était à ce qu’on nous assure, sous sa propre loi, serait devenu, par la vertu des baïonnettes françaises, le peuple le plus sain, le plus cultivé, le plus prospère » L’orateur est alors interrompu par le ministre fran- çais de l’Intérieur. Lamine Debaghine reprit la pa- role et répliqua en ces termes : «Je suis ici pour dire la vérité et je continuerai. Mes paroles ne dépassent pas ma pensée et je répète ce que je disais devant le juge d’instruction. N’oubliez pas, mesdames et messieurs, l’Algérie est une nation. Elle a été une nation et a été sou- veraine. Seule l’agression de 1830 lui a fait perdre sa souveraineté. On a trop tendance à l’oublier. Par exemple, l’affirmation répétée à tous les ins- tants, aussi bien par le gouvernement que par les membres-mêmes de cette assemblée, que l’Algérie constitue tantôt comme une partie intégrante de la France, tantôt trois départements français, tantôt comme on vient de le dire une collectivité territo- riale de la République française, est une affirmation unilatérale, dénuée de tout fondement. De plus, les traités conclus entre l’Etat algérien et les nations, telles que l’Angleterre, les Etats-Unis et la France elle-même, prouvent que l’Algérie était considérée comme une nation souveraine. Bien mieux, non seulement la France a échangé des instruments diplomatiques qui ne laissent aucun doute sur la reconnaissance de la souveraineté de l’Algérie à cette époque, mais encore — et cela on ne le sait pas suffisamment — il y a eu au XVI e siècle une véritable alliance entre la France et l’Algérie. Et une alliance ne peut se conclure qu’entre deux Etats souverains et non entre un vassal et un suzerain. Par ailleurs, l’Algérie était à ce point considérée comme un Etat souverain par la France elle-même, qu’en 1793, pendant la guerre que celle-ci soutenait contre l’Europe entière, aussi bien pendant la Révolution que pendant le consulat, la France jugea que seule la nation algérienne, qui était à cette époque souve- raine, pouvait la ravitailler en blé, en chanvre pour les cordages de ses navires, en chevaux, et même lui prêter gracieusement de l’argent. Cela s’est produit en 1797. Depuis, il est vrai, il y a eu 1830. Le peuple algérien a lutté. Plus de deux millions de ses enfants sont tombés entre 1830 et 1857 dans la guerre d’indépendance. En 1830, il y a eu l’agression impé- rialiste par désir de lucre et de conquête. L’histoire du blé de Bacri et Busnach le prouve amplement. Le plus fort s’est jeté sur le plus faible et il en est résulté t’état de fait que nous étudions aujourd’hui… Sa solution du point de vue du droit des gens, au point de vue du droit strict, au point de vue du droit inter- national, ne peut être autre chose que l’évacuation de d’Algérie par les troupes françaises, la restitution des terres expropriées à leurs légitimes proprié- taires, la restitution des médersas à la culture arabe, la restitution des mosquées à la culture musul- mane. Veut-on une solution qui soit basée sur la justice ? C’est le droit des peuples à disposer d’eux- mêmes que nous réclamons, nous Algériens, et ce droit, nous avons conscience de l’avoir chèrement acquis par nos sacrifices au cours des Deux Guerres mondiales durant lesquelles nous avons contribué à préserver de l’esclavage des peuples actuellement libres, mais qui peut-être ne l’étaient plus après 1940. Le peuple algérien nous a mandatés, nous élus nationalistes algériens, pour proclamer au peuple français et au monde entier que l’Algérie ne reconnaît pas l’état de fait créé par la conquête de 1830, que l’Algérie n’est pas française, qu’elle ne l’a jamais été et qu’elle ne reconnaît pas à la France le droit de lui donner un statut quel qu’il soit et, qu’au surplus, aucune solution ne peut être acceptée par le peuple algérien si elle n’implique pas au premier chef la garantie absolue d’un retour à sa souveraineté nationale. C’est pourquoi nous réclamons l’élection d’une Assemblée constituante algérienne, souveraine, élue au suffrage universel, sans distinction de race, ni de religion. C’est la seule solution qui, en postulant le retour à la souveraineté nationale de notre peuple, constitue par là-même la solution juste et démocratique du problème algé- rien.» (1) Ainsi, après avoir dénoncé le colonialisme français chez lui en 1946, comme on vient de le lire, l’Algérie combattante a été contrainte, le 25 août

El Watan - Dimanche 14 décembre 2014 - 23

CONTRIBUTION

de la lutte de Libération nationale

1958, soit douze ans après, de porter sa guerre de Libération en France-même, comme l’a rappelé le professeur Daho Djerbal, historien et enseignant à l’université, lors d’une conférence qu’il a animée à la médiathèque Amara de Chéraga, le 25 août 2014, à l’occasion de la célébration du 56 e anniversaire de l’ouverture du second front : «L’objectif était clair. Il fallait cibler les points névralgiques de l’économie française pour affaiblir et épargner les populations civiles pour ne pas donner une image de barbares ou de criminels. Seules les personnalités politiques connues pour leur hostilité et leur haine envers l’Algérie, les harkis, et les officiers supérieurs de l’armée et de la police française sont ciblés. En portant ainsi la guerre de Libération de l’Algérie en France-même, les maquis de la Kabylie, des Aurès et de l’Ouarsenis ont été relativement soulagés de la pression de l’armée coloniale, obligeant celle-ci

à consacrer une partie de ses effectifs à la protection

des sites stratégiques en métropole.» L’éminent professeur ajoute : «Le 25 août 1958 reste pour moi une date à graver en lettres d’or dans le parcours de la lutte menée par la communauté algérienne immi- grée en plein cœur du territoire ennemi. Je compare cette date à celle du 20 août 1955, jour de l’offensive

du Nord constantinois menée par ZighoutYoucef». (2) Ali Haroun, l’un des dirigeants de la Fédération de France, invité du «Forum de la Mémoire» organisé par le quotidien El Moudjahid, a apporté un témoi- gnage précis sur l’ouverture du second front sur le territoire de l’ennemi : «L’ouverture d’un second front en métropole avait démontré que la Révolution était l’œuvre du FLN. Parmi les objectifs assignés

à la Fédération, en plus de l’organisation, il fallait

mener des actions de sabotage sur le territoire de l’ennemi. Le but étant d’attaquer le potentiel économique de la France coloniale. Pour cela, les commandos ont été formés dans les bases de l’ALN au Maroc.» (Il serait juste de mentionner ici que l’insurrection du 1 er Novembre 1954 en Algérie a accéléré le processus de libération des pays frères voisins, le Maroc et la Tunisie, et par la suite la décolonisation de toute l’Afrique. Cela doit être rappelé sans aucune autoglorification. C’est une donnée factuelle et une vérité historique). «Le 25 juillet 1958, une réunion est tenue à Cologne, en Allemagne, pour faire le point sur cet objectif et surtout fixer une date. C’est ainsi que la date du 25 août 1958 est retenue comme jour J ; cette nuit, près de 80 actes de sabotage sont réalisés. Plus que ce qui a été fait lors de la nuit du 1 er novembre 1954». Ali Haroun regrette que ces actions héroïques ne soient pas connues. «En l’espace d’un mois, dira- t-il, une centaine d’attentats ont été enregistrés et d’énormes dégâts matériels occasionnés à l’ennemi avec 80 morts dans les deux camps. A cela s’ajoute un grand nombre d’arrestations et de condamna- tions à mort.» (3) Ainsi, après avoir dénoncé le colonialisme français au sein-même de l’Assemblée nationale française, le peuple algérien, à travers le FLN, porta la guerre sur le territoire français, obligeant la France à conserver des contingents entiers de soldats en métropole afin de protéger les sites stratégiques. Le départ de Ahmed El Kaba en France, après le défilé du 1 er Mai, et les manifestations du 8 Mai 1945, célébrant la victoire des Alliés contre le nazisme, à laquelle ont participé des centaines de milliers d’Algériens, une répression féroce s’abattit sur le peuple algérien. Elle s’étendit à tout le pays. Ainsi, à Belcourt, plus de 300 arrestations ont été opérées, parmi lesquelles il y avait Ahmed El Kaba. Tous les détenus ont été emprisonnés à la prison de Bab El Oued, actuel- lement siège de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Cette prison militaire compre- nait dans son sous-sol plusieurs voûtes qui, selon certains historiens, servaient de marché aux esclaves durant la période ottomane. C’est dans cette prison, révèle El Kaba, pendant leur détention, qu’il a connu Amar Ouamrane, Askri Kaddour, H’cène Sadoune et Mohamed Benmokadem, enfermés dans les cel- lules de la voûte réservées aux condamnés à mort. Ils formaient le groupe de Cherchell, où Ouamrane était en garnison à cette époque. Ils étaient poursui- vis pour complot contre la souveraineté française. La loi française d’amnistie de janvier 1946 a permis

la libération de tous les détenus politiques de cette période, hormis ceux dont les actions furent consi- dérées par les autorités coloniales comme relevant du droit commun. Libéré, El Kaba est convoqué par Benkhedda, alors secrétaire général du MTLD.

Il lui annonça qu’il a décidé de l’envoyer en France

pour lui éviter une nouvelle arrestation qui pourrait lui coûter cher, d’une part, et d’autre part que le parti avait besoin là-bas, pour son organisation, de militants aguerris. C’est ainsi qu’El Kaba devient permanent à plein temps du parti en 1950, avec un salaire de misère, précise-t-il. A Paris, il est reçu par M’hammed Yazid, responsable, en ce temps- là, de l’organisation du parti en Europe. Moussa

Boulkarma de Skikda était alors responsable de la délégation permanente du MTLD à Paris. Yazid annonça à El Kaba qu’il était affecté à Marseille. Ce dernier se rappelle qu’on était en plein mois de Ramadhan : «Yazid me présente au responsable de la kasma de Marseille, un nommé Mahieddine de Dellys.» ‘‘Dorénavant, me dit Yazid, tu t’appelleras Toufik’’, qui était le prénom de Toufik Benoueniche, étudiant auquel il devait me présenter, mais que

nous n’avons pas trouvé ce jour-là chez lui.» Au

cours de cette période marseillaise, El Kaba a assis- té, malgré lui, à un étrange dialogue par téléphone entre le président du parti, Messali El Hadj, et le député MTLD Khider Mohamed. Celui-ci était sur

le point de voir son immunité parlementaire levée à

cause de son implication dans l’attaque de la poste d’Oran, sa voiture ayant servi au transport des fonds d’Oran à Alger. Khider criait au téléphone : «Ma- nich rayeh ya Sid El Hadj ! Manich rayeh ! J’en ai marre des prisons françaises.» Il a répété plusieurs fois ce cri du cœur «Manich rayeh !» Mais Messali insistait auprès du député Khider pour qu’il se laisse arrêter après la levée de son immunité parlemen-

taire. Ce sera l’occasion pour le parti, selon Messali,

de lancer une campagne d’agitation médiatique pour

obtenir sa libération. Mais Khider a refusé catégori- quement et a rejoint le Caire malgré l’opposition du leader du MTLD.

LA TRAVERSÉE DE LA MÉDITERRANÉE PAR LES FUGITIFS DE L’OS Après le démantèlement partiel de l’OS, consé- quence d’un dérapage de la section de Tébessa de l’Organisation spéciale, Aït Ahmed Hocine est

l’objet de recherches intenses par la police politique coloniale française. Il était devenu impérieux pour

le parti de soustraire ce responsable à une éventuelle

arrestation. Il fallait donc coûte que coûte l’évacuer

hors d’Algérie. Le parti, qui avait des ramifications dans toute l’Europe et particulièrement en France,

Alger pour les faire évacuer vers la France’’. Pour me convaincre, ajoute El Kaba, il m’accompagna à la poste où on prend contact par téléphone avec Benkhedda. Celui-ci me donne l’ordre de rentrer à Alger où le parti a besoin de toi, me dit-il .» Avant de me rendre à Alger, je me suis mis à la recherche du contact avec l’officier de marine qui nous a permis d’évacuer Aït Ahmed. Un militant de Marseille m’a fait obtenir un rendez-vous pendant lequel nous avons négocié le montant de chaque traversée. Nous avons laissé entendre à l’officier de marine qu’il s’agissait de deux gars du milieu de La Casbah qui cherche un refuge à Marseille. Il a exigé 10 000 francs pour chaque passage, ce qui représentait une somme importante à l’époque. Ainsi, nous avons convenu d’un rendez-vous à Alger pour lui présen- ter Ahmed Ben Bella, le premier fugitif. Tout s’est déroulé comme prévu. Ben Bella accompagné de l’officier de marine a embarqué la veille de l’appa- reillage du navire. Il passa la nuit dans la cabine de l’officier ; quant à moi, comme la première fois, j’ai pris un titre de passage en 3 e classe. A Marseille, j’ai accompagné Ben Bella dans un appartement

d’un militant où, comme pour Aït Ahmed, nous attendait Fillali Embarek qui accompagna le fugitif

à Paris où il a été aussi pris en charge par Moumdji

Zinelabidine dit Si El Hocine qui l’accompagna en Suisse. Le même scénario se répéta quelque temps après pour transférer Ahmed Mahsas en Suisse, dans les mêmes circonstances et les mêmes personnages, tous dévoués à la cause nationale et prêts à tous les sacrifices. Le quatrième fugitif que j’ai accompa- gné dans la traversée de la Méditerranée, précise

Ahmed El Kaba, est le militant Khitter de Dellys qu’il ne faut pas confondre avec Khider Mohamed, député du MTLD. Débarqué à Marseille, Khitter me demanda de le laisser se débrouiller tout seul pour se rendre à Paris. Il était impliqué dans l’attaque de la poste d’Oran.

AHMED EL KABA ET MOHAMED BELOUIZDAD

Dans son entretien, Ahmed El Kaba révèle que les six membres fondateurs du FLN étaient membres du PPA-MTLD et ont tous été choisis et incorporés à l’Organisation spéciale (l’OS) par Mohamed

Belouizdad. Il s’agit de Mohamed Boudiaf, Ben- boulaïd Mostefa, Ben M’hidi Larbi, Bitat Rabah, Didouche Mourad et Krim Belkacem, auxquels se sont joints les membres de la délégation extérieure,

du stock, Mohamed demanda au regretté Khemissa Mohamed, qui disposait d’une camionnette, le maximum du chargement dans des caisses qui seront cachées chez plusieurs militants, notamment chez Mohamed Saradouni, vieux militant qui tenait un vaste hangar de pièces usagées situé à l’empla- cement actuel de la station téléphérique. Une partie de ces grenades fut stockée chez Mahsas qui occupait une chambre à l’impasse Cervantès chez Mostefa Mohamed. Il y en avait partout, dans son armoire et même sous son lit de telle sorte qu’il se plaignait, en plaisantant, de ne plus avoir assez de place pour dormir. Ces faits démontrent amplement que bien avant la création de l’OS dont il sera le pre- mier responsable, Mohamed Belouizdad était pro- fondément convaincu que la libération de l’Algérie passait inévitablement par l’utilisation des armes.»

QU’IL FALLAIT ABSOLUMENT S’ORGANISER POUR ATTEINDRE CET OBJECTIF 3) - «Après l’arrestation en plein jour de Mos- tefa qui était chef de district dans l’organisation, la police fit une descente au domicile de Mohamed. Il réussit à se sauver par la fenêtre et à se cacher dans un coin du balcon d’un voisin européen. En 1945,

après la désignation de Mohamed pour remettre sur pied l’organisation dans l’Est du pays, durement éprouvée après les événements du 8 Mai 1945, j’ai assuré, poursuit El Kaba, en ma qualité de per- manent du parti, la liaison avec la région de l’Est. En effet, après ces événements, l’organisation du Constantinois fut presque entièrement détruite par une féroce répression. Le bureau politique désigna alors Mohamed Belouizdad en tant que responsable en remplacement de Djemaâ pour remettre sur pied l’organisation du parti dans cette région vitale du pays.» 4)- «Une fois, je reçois l’ordre de convoyer, avec Abdelkader Bouda, un contingent de tracts impri- més par l’Organisation qui seront placardés sur les murs de la ville de Constantine. Le travail devait être effectué par les militants de cette ville. Mohamed convoqua le responsable local et lui demanda de faire venir un groupe de militants pour effectuer la mission entre 23h et minuit. A l’approche de l’heure convenue, le responsable local, dont j’ai oublié le nom, se présenta à Mohamed en lui annonçant, complètement désolé, qu’aucun des militants convo- qués ne s’est présenté au rendez-vous. Mohamed,

a

réussi à prendre contact avec un officier de la

à

savoir Ahmed Ben Bella, Mohamed Khider et

avec calme, lui répond : ‘‘Qu’à cela ne tienne,

marine marchande navigant sur la ville d’Oran ou

Hocine Aït Ahmed. Ils constituèrent les neuf chefs

nous allons nous-mêmes effectuer le travail et aux

la

ville d’Alger (le souvenir n’est pas précis), pour

historiques de l’insurrection qui ont fixé la date du

endroits convenus.’’Tout en préparant la répartition

convaincre, moyennant finances, de prendre en

charge le fugitif jusqu’à Marseille. Il fallait donc trouver un accompagnateur pour Aït Ahmed. C’est alors que le choix est porté sur Ahmed El Kaba, surnommé Toufik à Marseille. «C’est alors, relate

le

et le présente à l’officier de marine qui l’embarque

début de la lutte armée au 1 er Novembre 1954. Ils sont tous les neuf membres du même parti, le PPA. Ahmed El Kaba ajoute : 1) - «La première fois que j’ai eu affaire à Mohamed Belouizdad en tant que militant structuré fut à l’occasion de la projection

des paquets et de la colle qui devait être utilisée, nous voyons arriver, quelques minutes après, un groupe de militants prêts à se mettre au travail. Ce fut un soulagement général, car cela prouvait que malgré la terrible répression, le parti avait toujours

Ahmed El Kaba, que Yazid est venu à Marseille pour me présenter à l’officier de marine marchande avec lequel nous mettons au point le scénario pour

de films arabes dans les cinémas de Belcourt. A cette époque, l’Algérie était tellement coupée de son envi- ronnement naturel qui est celui du monde islamique

sa disposition des militants dévoués et volontaires pour n’importe quelle mission au service de la cause.»